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Jean coldefy open-data_lyon Jean coldefy open-data_lyon Document Transcript

  • ENTRETIEN AVEC JEAN COLDEFYcoordinateur des programmes gestion de trafic et transports publics au service Mobilité urbaine du Grand Lyon Réalisé par Anne Caroline JAMBAUD Novembre 2012Quelle place occupe la production régulation de trafic - , un acteur privéde données au sein du service n’ayant pas les moyens de lesmobilités ? financer, compte tenu des modèles économiques actuels de l’informationLa production de données temps réel voyageur.est essentielle à la régulation du trafic -mission dévolue à la puissance Pour collecter des données de mobilitéPublique - et à l’information des temps réel de manière fiable etvoyageurs. permanente, il faut « Tout le monde se focalise sur en effet mettre desGlobalement, la chaîne l’open data, mais il faudrait capteurs dans lede gestion de mettre l’effort sur la collecte de sol ; ce sont desl’information sur les la donnée, sa qualité et son outils quidéplacements s’articule entretien » permettent deautour de trois compter le trafic,éléments : la collecte de données, leur généralement par détection destraitement, puis leur diffusion, à ces variations du champ magnétique. Ilfins de régulation de trafic et faut ensuite des systèmes de télécomd’information aux voyageurs. qui rapatrient toute cette information à un PC central.Quelques sociétés font de l’informationaux voyageurs avec des données Ce PC central nécessite descollectées par leurs propres moyens : équipements informatiques, de grosc’est le cas de TomTom, Coyotte, etc. logiciels, etc. qui traitent ces donnéesMais ces services sont très spécifiques et activent des plans de feux ou deset déconnectés des aspects de systèmes d’information aux voyageurs.politique publique. Par ailleurs, en Cela implique des infrastructuresmilieu urbain, les données privées de numériques très coûteuses. Sous letrafic routier sont encore très macadam, il y a donc de la très hautelargement insuffisantes pour pouvoir technologie !assurer une information trafic dequalité sans les conjuguer avec les Aujourd’hui il y a 1500 carrefours àdonnées publiques. feux dans l’agglomération lyonnaise, dont 1100 environ sont reliés au PCQuel coût représente la production central de régulation de trafic, le PCde données ? Criter. 40% de ces carrefours sont équipés de boucles qui permettent deLes coûts de collecte sont de loin les faire remonter l’état du trafic en tempsplus importants dans la chaîne réel. Ces données-là nous serventd’information déplacements ; c’est pour donc à faire de l’information auxcela qu’ils sont aujourd’hui supportés voyageurs en temps réel et elles sontpar la puissance publique - qui les particulièrement fiables, parce que trèsutilisent aussi pour sa mission de 1  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • régulièrement contrôlée par les permettrait d’avoir des services encoreéquipes du Grand Lyon. meilleurs et des opérateurs privés qui puissent faire vivre ces services et lesNous améliorons cela tous les ans et développer. Nous n’en sommes pastestons de nouvelles technologies, encore là, mais c’est la piste ànotamment les véhicules dits traceurs, poursuivre.équipés de GPS et de puces GSM quipermettent de remonter toutes les Pour monter en qualité, il fautminutes des vitesses et des positions améliorer la collecte de la donnée. Or,(c’est la technologie à la base des en milieu urbain, c’est très compliquéservices TomTom et Coyote par et très coûteux.exemple). Cela suppose davantage de capteurs,En quoi la fiabilité des données est- des capteurs très bien entretenus, quielle déterminante ? Est-ce un soient vérifiés tous les ans, et desargument économique ? données remontées en temps réel, à la minute. Tout cela nécessite desLa fiabilité de la donnée est moyens informatiques et des équipesindispensable pour des applications pour entretenir ces systèmes.critiques comme la régulation de trafic.Elle n’a pas toujours bénéficié de Êtes-vous favorable à l’ouverturel’attention nécessaire pour l’information des données publiques dans leà l’usager. Pourtant, si la donnée n’est champ de la mobilité ?pas fiable, aucun service de qualité nepourra se développer et l’usager C’est un sujet complexe qu’au Grandrestera dans une posture Lyon nous essayons de traiter encompréhensible de méfiance et ne regardant tous les tenants et lessera en aucun cas prêt à participer au aboutissants. Selon le type definancement de ces services. données, les positions peuvent être différentes ; il n’y a pas forcément deCar personne, aujourd’hui, n’achète de position de principe à avoir.l’information aux voyageurs. Elle esttoujours fournie gratuitement parce Trois objectifs sont avancés par lesqu’elle est souvent jugée médiocre. tenants de l’open data : d’abord lePour pouvoir passer d’une logique de développement économique, puis lagratuité à une logique de participation démocratie participative et lafinancière, il faut monter en qualité. transparence – chacun apprécie jusqu’où il veut aller ce sur point – ainsiSi une information sur les que des logiques d’image et dedéplacements fiable, précise, et temps modernité.réel, permet d’éviter de perdre 1h parmois, ou de se retrouver bloqué dans Sur les données de mobilité, notreun bouchon ou une gare, on peut principe est la mise à disposition pourimaginer que l’usager pourrait qu’il y ait un foisonnement de servicesparticiper à son financement avec par économiquement autonomes desexemple des formules de 1 à 2€ par fonds publics, en s’assurant qu’il y aitmois, ce qui constituerait des une cohérence avec nos politiquesparticipations symboliques mais publiques. Si on fournit des données – 2  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • par exemple de trafic en temps réel - à Donc oui, nous sommes favorables àdes opérateurs qui, grâce à la mise à disposition des donnéesl’information du Grand Lyon, mobilité, en veillant à la cohérenceconstatant qu’il y a des bouchons sur avec les politiques publiques deune voie, envoient le trafic sur d’autres mobilité, et en assurant par la qualitévoies (sans information trafic) le long de la donnée, des services utiles etdesquelles il y a des écoles et des fiables pour des usages multiples.habitations, c’est totalement incohérentavec nos politiques publiques. Nous Comment s’assurer qu’une fois lesavons donc besoin d’avoir des données ouvertes l’intérêt généralgaranties. Il faut dans l’exemple cité soit préservé ?que les opérateurs s’engagent à Au-delà des clauses juridiquesmodifier leur algorithme de calcul de classiques - mettre à jour la donnée,navigation pour s’assurer qu’ils ne indiquer la source, ne pas dénaturernuisent pas à l’intérêt général. L’open les données – on peut très bien ajouterdata n’est donc pas forcément la des clauses portant sur la cohérencesolution systématique. avec les politiques publiques. Ainsi, onTout le monde se focalise sur l’open s’autorisera à stopper la mise àdata, mais il faudrait mettre l’effort sur disposition à ceux qui nela collecte de la donnée, sa qualité et respecteraient pas les politiquesson entretien. publiques ou qui auraient des effets pervers tels que ce serait nuisible à laIl faut se rappeler que le principal collectivité, c’est-à-dire au bienobjectif de l’ouverture des données est commun.le développement économique. Orc’est une théorie qui n’a pas été Mais il y a des données où il n’y a pasdémontrée par les faits. Sur les mises d’enjeux de ce type-là, par exempleà disposition de données réalisées, pour tout ce qui est lié au vélo. Il paraîttrès peu de services ont été créés qui donc plutôt raisonnable d’ouvrir cessoient autonomes des finances données le plus largement possible.publiques. Nous mêmes donnons Mais de la même façon, si les servicesdepuis plusieurs années nos données produits à partir de ces données sontde mobilité à un certain nombre de mauvaise qualité et que cela a und’opérateurs qui ont beaucoup de mal impact négatif, et bien on regardera.à en vivre. Ce sont des modèles Comment accepter qu’à partir deéconomiques fragiles du fait du données publiques qui auraient étémanque de complétude (données sur mal retraitées, soit diffuser de fauxune partie du réseau, ne concernant horaires ou de mauvaises informationspas tous les modes de transports, etc.) avec un impact commercial négatif suret parfois du manque de qualité. les sociétés privées qui assurent unPourtant, si on fournit des données de service public (transports en communbon niveau, je suis persuadé qu’on ou Vélo’v) ? Imaginons : les opérateursarrivera à trouver des business de parking donnent leurs données àmodèles qui soient autonomes des des gens qui indiquent que leurfinances publiques. parking est plein alors qu’il ne l’est pas. Ça a forcément un impact commercial 3  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • sur ces sociétés, sur la mobilité et ça Y a-t-il des données qui vousdégrade l’image du service. seraient très utiles mais qui seraient trop coûteuses à collecter ?Il faudrait sortir d’un discours un peubinaire qui assure que la mise à Comme toute structure, nous veillons àdisposition des données est forcément la juste utilisation de nos moyens. Parun bien en soi. Ça peut l’être, mais il exemple, nous travaillons aujourd’huifaut s’en assurer et prendre des sur les temps de parcours. Il y adispositions pour que le service différentes technologies qui existent ;corresponde à l’intérêt général. on est en train de les tester à la fois fonctionnellement et sur le planA notre sens, le point essentiel n’est économique. Si cela nous coûte troppas tant la mise à disposition des cher au regard de la valeur ajoutée, ondonnées, que la qualité de la donnée ne le fera pas. On recherche toujourset sa complétude. L’effort doit porter là le meilleur équilibre entre la valeurdessus. C’est valable en France, en ajoutée, apportée à la fois pour nosEurope et dans le monde. systèmes de régulation et pour nos voyageurs, et le coût d’investissementEn l’espèce, où est l’intérêt général et d’exploitation / maintenance.dans le domaine de la mobilité :dans la diminution de la part modale Avoir des données sur des temps dede la voiture individuelle ? parcours est très utile. Notamment pour construire des historiques car enL’enjeu principal est connu, il n’est pas milieu urbain on est fondamentalementspécifique à Lyon mais à l’ensemble sur de la récurrence : un lundi à 08h30des agglomérations européennes, ressemble beaucoup à un autre lundi àc’est le report modal de l’usage 08h30, un jour de départ en vacancesimmodéré de la voiture particulière à un autre jour de départ envers les autres modes quand cela est vacances… Si nous avions des tempspossible et pertinent. Tout ce qui incite de parcours communicables fiables,au report modal de la voiture les gens porteraient déjà un autreindividuelle vers les transports regard sur leurs habitudes de mobilité,collectifs, la voiture partagée et prendrait du recul sur la réalité des(covoiturage, autopartage) ou le vélo temps de trajets et des coûts des(pour les faibles distances) est de déplacements. C’est typiquement lel’intérêt de tous. Inversement, est type de données que nous souhaitonsincohérent tout ce qui incite à l’usage mettre à disposition, et travailler avectrop systèmatique de la voiture l’usager pour qu’il les enrichisse.individuelle ou dégrade l’image d’unservice public de mobilité, qui est de C’est aussi un axe que nous étudions :grande qualité sur l’agglomération faire participer les usagers àlyonnaise. l’enrichissement des données. On fournit de la donnée et on demanderait à l’usager de l’améliorer, selon une logique communautaire de type web 2.0. Ainsi, pour donner un exemple, les usagers pourraient participer à 4  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • l’enrichissement des données sur les qui permet à des conducteurs detemps de parcours entre les véhicules de livraison d’avoir uneprincipales origines / destinations de information en temps réel et unel’agglomération selon les principaux information spécifique au fret (hauteurmodes de déplacement. Tout cela a des ponts, ondes vertes, aires deaussi un coût ; il faut que l’on regarde livraison, etc.). Cela permettra auxcomment le faire de la manière la plus gens qui organisent les tournées deefficace. Dans Optimod Lyon, nous livraison de les optimiser.travaillons avec nos partenaires surces différents axes : fonctionnels, Qu’apporte le Grand Lyon au projettechniques et économiques. Optimod’Lyon : le carburant, c’est- à-dire les données ?En quoi consiste le projetOptimod’Lyon ? Nous apportons effectivement de la donnée, grâce aux centaines deOptimod’Lyon est un projet capteurs fixes installés dansd’expérimentation dont les objectifs l’agglomération qui nous renseignentsont de concentrer l’ensemble des sur le trafic en temps réel. Nousdonnées de mobilité de l’agglomération apportons aussi des donnéesen un seul endroit, d’améliorer leur historisées qui nous permettent decollecte (en testant de nouveaux connaître l’état de saturation du traficsystèmes de collecte), et de traiter ces toute les minutes depuis plus de 4 ansdonnées pour fournir trois grands sur environ 400 capteurs.services aux usagers. Optimod Lyonpermettra ainsi de faire de la prédiction Mais en plus de ce « carburant », nousde trafic routier à une heure, base de apportons aussi la compréhension denouveaux services de régulation de ces données. Nous sommes toujourstrafic (prévenir la congestion plutôt dans des contextes spécifiques -qu’intervenir en curatif) et d’information selon la typologie des villes, la taillevoyageur ; il proposera également un des axes de circulation, l’implantationnavigateur urbain inter modal en temps des grands équipements, des pôlesréel, autrement dit un outil, sur un site d’emploi et d’habitation, etc. Il estweb ou une application mobile, qui essentiel de connaître ce contextepermettra d’avoir l’ensemble de pour comprendre pourquoi tellel’information mobilité (trafic routier, donnée sur tel tronçon a cette forme-làparking, TCL, TER, Vélo’v, à telle heure de la journée. Si vouscovoiturage, etc.) et de calculer un n’êtes pas exploitant du réseau, vousitinéraire pour aller de A à B en êtes incapable d’exploiter cette donnéefonction de différents critères et avec correctement. C’est un point trèsune information sur les coûts. important : dans Optimod’Lyon, il y aL’application vous alertera avant votre un travail commun entre les équipesdépart et pendant votre déplacement, qui développent les services – ledes éventuelles perturbations et vous secteur privé, que ce soit IBM, Cityproposera un autre itinéraire lorsque way, etc. – et les exploitants publics –cela sera nécessaire. Le 3e grand en l’occurrence le Grand Lyon – pourservice est un navigateur de fret urbain être capable d’analyser les données.(le fret représente 10% du trafic urbain) Si vous mettez à disposition des 5  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • données sans cette compréhension du l’autre, etc. Le report modal ne se feracontexte local, il sera très difficile à un pas de la voiture vers les TC deopérateur privé de l’interpréter manière exclusive. Cela ne correspondcorrectement et de fournir une pas aux besoins des habitants ni à lainformation de qualité. Il pourra estimer capacité d’absorption des TC.que tel tronçon est saturé alors qu’enfait il s’agit d’une zone à deux voies Ce mode de pensée, qui se retrouvedont l’une est bloquée par un camion dans les institutions, se duplique dansde livraison qui stationne précisément le secteur privé avec dessur le capteur. Du coup, cela peut fonctionnements très cloisonnés : vousfausser l’information fournie à l’usager. avez des navigateurs routiers, des navigateurs transports en commun,La valeur absolue d’une donnée sur etc. Mais il n’y a pas de navigateurune route ou sur une autre n’a pas la intermodal alors qu’on utilise tous lesmême signification. Cette intelligence- différents modes selon nos besoins.là se trouve chez l’exploitant du Aujourd’hui, vous êtes obligé deréseau. jongler entre différents sites, différentes applis, etc. Si vous laissezEn quoi le projet Optimod’Lyon votre voiture à une gare TER ou de TCpeut-il intéresser d’autres urbains vous n’avez pas d’outil sur lecollectivités ? trafic routier allant jusqu’à ce parc relais, ni sur les places deNous mettons au point un référentiel stationnement du parc relais. Si le parcde données qui soit un modèle relais est plein vous le découvrez enduplicable dans d’autres villes. L’idée arrivant.est d’utiliser les standards existants, etde relier entre elles les données de Fondamentalement, il faut être capablemanière structurée pour optimiser le de fournir de manière intégrée desystème global de mobilité et que l’information sur l’ensemble des offresdemain des opérateurs privés puissent de mobilité, et d’accompagner levenir plugger leurs solutions sur ce voyageur dans son déplacement. Avecréférentiel, et qu’ils puissent le faire à Optimod’Lyon, nous relions lesLyon, Toulouse, Göteborg, Madrid, etc. données mobilité entres elles, pourde manière relativement uniforme. On rendre possible l’intermodalité.essaie donc de construire un futurstandard d’architecture et de mise en L’ouverture des données répond àrelation des données de mobilité un objectif de développementurbaine. A titre d’exemple, cela économique. Plusieurs sociétéspermettrait de relier entre elles une privées sont engagées dans leinformation bouchon ou accident sur projet Optimod’Lyon ; commentun tronçon routier avec une ligne de peuvent-elles y trouver leurbus. Ce lien permettrait de fiabiliser compte ?l’information donnée dans les TC etd’optimiser la gestion des bus. L’un des objectifs d’Optimod’Lyon est effectivement que des sociétésPlus profondément, il faut arrêter de françaises développent leur savoir fairepenser en silos : il y a les transports en et soient au top niveau européen etcommun d’un côté, la voiture de mondial. Il y a donc clairement des 6  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • visées commerciales. Les retombées cela se situe essentiellement en milieuévaluées par les partenaires privés urbain qui concentre lesd’Optimod Lyon sont de l’ordre de 83 problématiques de mobilité.millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, on est sur des logiques d’optimisation des infrastructures :L’idée est que ces sociétés co comment faire passer plus dans lesinvestissent dans les développements mêmes tuyaux, mais aussi commentpour être capables de développer des connecter entre eux les réseaux. Pouroffres, fonctionnellement et cela, il faut avoir des informations entechniquement très concurrentielles temps réel. Des centres de gestion depar rapport à ce qui se fait ailleurs. trafic se développent donc depuis uneCela permet aussi de fixer de la R&D dizaine d’années, et contiennent une(Recherche et Développement) en intelligence incroyable : des centainesFrance. de km de fibre optique, des milliers de capteurs, des systèmes informatiquesEn général, la R&D n’est pas en lien très puissants, etc. C’est ça l’avenir. Laavec l’exploitation. Or, avec Optimod, France a des grands acteurs surl’exploitant est très impliqué dans l’infrastructure ; il faut qu’elle sel’expérimentation. Nous voulons des renforce sur la partie software etsolutions qui marchent à horizon de 3 équipement informatique. Il faut opérerans et que nous puissions exploiter et ce virage-là. Les Hollandais l’ont fait ilmaintenir à des coûts optimum et y a plus de 10 ans ; ils ont appelé ça lesupportables. Nous avons de fortes big shift. Nous ne l’avons pas encoreexigences ; il y a donc une tension fait.entre les équipes qui innovent et cellesqui exploitent pour converger vers Pas simple quand l’autorité dans lequelque chose qui apporte une réelle domaine du transport et desplus value, soit robuste et facilement mobilités est éclatée entre plusieursexploitable et qui donc aboutisse dans organismes !la vie réelle. De ce point de vue là, il ya très peu d’équivalents en Europe. C’est vrai qu’il est assez lourd deLes fonctionnalités développées et leur connecter les réseaux entre eux, carintégration dans un centre de gestion c’est à chaque fois une organisationde trafic seraient des premières différente qui s’en occupe. Sur le planeuropéennes voire mondiales. technique, nous avons sur Lyon un vrai temps d’avance, avec des réseaux deEn quoi cette importance de plus en transports performants, disposantplus cruciale de la production et du d’information en temps réel, entraitement des données fait-elle constante amélioration et de bellesévoluer les contours et les missions entreprises dans la région lyonnaisedu service mobilité ? qui travaillent sur ces sujets. Il faut les renforcer. Par rapport à desIl faut que l’on comprenne que le homologues allemands, les entreprisestemps des grandes infrastructures est françaises sur ces sujets sont de tailleterminé ou est en train de se terminer ! plus petite, le paysage est plusCe qui reste à faire c’est vraiment du parcellisé ; il y a donc un vrai enjeu àrésiduel par rapport à ce qu’on a connu avoir des acteurs plus importants. Il y adans les décennies précédentes et 7  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • d’excellents savoir faire, il faut C’est dans l’intérêt de l’usager et de lasimplement que cela se structure. collectivité.L’un des enjeux de l’ouverture des Comment envisagez-vous ladonnées est de permettre des participation des usagers ?croisements de données quipourraient susciter des services Les usagers participeront de manièreinnovants. Qu’en est-il dans le plus active à l’enrichissement deschamp de la mobilité ? données et au financement des services d’information. Le service seraLe croisement de données auquel tout vraiment optimisé si on sort de lale monde pense est le couplage du logique : « je consomme de latemps de transport avec la recherche mobilité » pour : « je participe àd’habitation. Cela se fait aux Etats- l’amélioration du système deUnis ou en Angleterre. Si un service mobilité ». Cela signifie qu’il faut êtrepermettait d’indiquer les solutions de dans des postures où l’on ne place pastransport, le temps de déplacement et les gens uniquement en situation deleur coût en fonction de son consommation. Si je suis dans unemplacement, c’est sûr qu’il permettrait système de consommation, jede faciliter le choix de localisation. Il y demande toujours plusa peut être d’autres croisements à d’infrastructures, de services, etc. Laimaginer, avec des logiques d’achat, voiture est certainement un mode dede commerce, etc. déplacement fantastique, sauf quand tout le monde s’en sert en mêmeCe que nous souhaitons, c’est qu’il y temps : la somme de décisionsait plus de services d’information individuelles ne fait pas forcémentmobilité de qualité, indépendants des l’intérêt commun. Or, si on avaitfinances publiques. Mais si d’autres seulement 10% des trajets qui ne seservices naissent d’un croisement de faisaient plus en voiture individuelle, çadonnées, c’est tant mieux ! enlèverait 20 000 voitures par jour, ce qui changerait fondamentalement laSi on se projette dans 10 ou 20 ans, configuration du trafic routier et laquelles évolutions imaginez-vous qualité de vie en ville (20 000 voituresdans le champ de l’info mobilité ? en moins en ville cela fait 200 000 m2On aura de l’information en temps réel au sol récupéré). Sur Lyon où 220 000pratiquement partout, ainsi que de voitures rentrent chaque jour dansl’information sur les récurrences de l’agglomération, cela correspondrait àmobilité : quel temps je mets ce que chacun une fois par semainehabituellement pour aller de A à B en s’essaye à un autre mode deutilisant tel mode et tel mode, à quel déplacements : covoiturage (le tauxcoût. Elle sera coproduite avec d’occupation des voitures est de 1 auxl’usager. On aura une intégration des heures de pointe : il ya clairement despolitiques de mobilité. Le système de réserves de capacité dans la voiture !),mobilité sera géré en tant que tel, TC, vélo (58% des déplacements englobalement : la voirie, les transports voiture font moins de 3 km : la aussien commun, les trains, les vélos, etc. des marges de manœuvre existent). Cela ne marchera que si l’usager a un 8  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com  
  • intérêt, en temps et en argent, à le en covoiturent d’autres de gagner pourfaire. cela un peu d’argent, et que le service soit en temps réel, un peu comme unL’injonction économique, plus que le autostop communautaire, il est fortdiscours moralisateur sur la pollution, probable que ces services rencontrentest sans aucun doute la plus efficace : leur marché.quand le baril de pétrole sera à 200 $,les usagers seront poussés à lâcher la Optimod Lyon vise aussi à préparervoiture. Mais pour cela, il faut que le l’avenir en anticipant sur cessystème soit prêt et qu’il y ait des évolutions.alternatives possibles et efficaces. Parexemple, si des services decovoiturage permettaient aux gens qui 9  Direction de la Prospective et du Dialogue Public   20 rue du lac ‐ BP 3103 ‐ 69399 LYON CEDEX 03  www.millenaire3.com