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Dissertation russie

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  • 1. Patricia PEYCELON Pour le 16 décembre 2010PIGE 2 B2 LA CRISE DEMOGRAPHIQUE RUSSE :
  • 2. La Russie, actuelle ou Fédération de Russie, est née après la chute de l’URSS en 1991,et reste encore après la partition avec les autres républiques soviétiques regroupées dans laCEI (Communauté des Etats Indépendants), le plus vaste des pays du monde, s’étendant surdeux continents, le continent européen et le continent asiatique. La Russie s’étend sur plus de 17 millions de km2, compte environ 9 fuseaux horaires.Le nombre d’ethnies, de nationalités (100) est l’un des plus important sur le globe, avec unesoixantaine de langues ainsi que 5 religions. Sa capitale est Moscou, sa langue officielle le russe, et sa monnaie est le rouble. Mêmesi elle est entourée de mers et d’océan c’est un vaste pays de climat continental avec desmilieux très froids. La population de l’URSS a subi des variations au début du XXème siècle du fait desguerres, des famines, des purges staliniennes, et comptait 293 047 571 habitants en 1991.LaRussie a proprement parler comptait 147,8 millions d’habitants en 1989, et 145 millions en2001.A la fin du règne soviétique, une économie de marché s’est mise en place ainsi qu’un régimeparlementaire pluraliste. La Russie détient beaucoup de ressources, et est l’un des plus grandsproducteurs et exportateur de gaz et de pétrole au monde. Cependant, la situation économiquedoit faire face à une situation démographique défavorable, avec à la suite de la chute durégime soviétique, un déclin démographique de l’ordre de 0,5% par an, du fait d’une baisse dela natalité ainsi que d’une forte augmentation de la mortalité, avec une espérance de vie enbaisse, due à différents facteurs que nous reverrons, dont les troubles politiques etéconomiques des années 1990. Selon les prévisions, la population des plus de 60 ans devraitencore doubler de 2005 à 2020 avec l’entrée du troisième âge suite à la seconde guerremondiale qui a elle-même engendré un déficit des naissances. Par ailleurs, on a observé unebaisse de la fécondité des générations qui est passé en dessous de 2 enfants par femme. .Lastructure des âges a donc été fortement modifiée en Russie. . Des effets migratoires sont aussien cause.Le gouvernement russe est très inquiet de cette forte baisse de la population russe, et essayede mettre en place des solutions qui pourraient être efficaces pour lutter contre cette crisedémographique. Cette situation parait être conjoncturelle, suite à la crise globale connue parles Russes dans les années 90, et couplée probablement à une tendance historique etdifficilement réversible.
  • 3. Nous allons donc voir dans un premier temps quelles sont les causes de cette forte baisse de ladémographie russe, puis dans un second temps quels sont les moyens mis en place par legouvernement pour lutter contre cette forte criseI- Les causes de la crise démographique: Tout d’abord, il faut savoir que la Russie connaît un développement plutôt difficileque ce soit d’ordre politique, économique, et social d’où découle le problème démographique.Suite à la chute de l’URSS, la Russie s’est effondrée, avec le passage à l’économie de marchébien qu’elle reste encore une puissance en devenir. La chute démographique de la nouvelleRussie s’est d amplifiée par des faits historiques.Depuis les années 1990, la Russie a donc connu un net déclin de sa population qui est passéede 147,8 millions d’habitants en 1989 à 142 millions en 2009, avec un nombre de jeunes entre15 et 24 ans qui devrait diminuer de moitié en 2015.Selon Vladimir Poutine, président du pays en 2000, la baisse démographique de la Russieserait « la menace de la survie de la nation ». Cette baisse de la population russe est due àdeux facteurs principaux : la baisse de la natalité et la hausse de la mortalité. S’ajouteégalement un flux migratoire négatif.La baisse de la natalité, qui existait déjà au début du XXème siècle, s’est accentuée dans lesannées 90, et de 1987 à 1999 le nombre de naissances est passé de 2,5 millions par an à 1,2million par an et il stagne actuellement. En effet, de nos jours, le taux de natalité est très bas,de moins de 1.5 naissance/femme, et est en dessous du taux de reproduction (2,1 enfants parfemme). Ceci n’est cependant pas un phénomène uniquement russe, puisqu’il touche laplupart des pays développés, mais certains facteurs peuvent être aggravants en Russie.Le taux de fécondité est très faible en Russie dans les années 90 et le principal institut destatistiques russe a estimé qu’à la fin des années 1990, environ une femme sur trois étaitstérile. Ce problème est en partie lié au recours à l’avortement qui est, comme à l’époquesoviétique une méthode contraceptive, pouvant aller jusqu’à 3 ou 4 avortements par femme,et dans des conditions médicales non sécurisées. L’OMS (Organisation mondiale de la santé)répertoriait deux avortements pour une naissance en 1990, et ce chiffre était quasi-inchangéen 2000. Ces problèmes sont dus aux problèmes de revenus et au manque d’avancée
  • 4. médicale, les femmes ne disposant pas de moyens de contraception occidentaux comme lapilule, le préservatif ou encore le stérilet etc….Cette stérilité importante a aussi engendré une augmentation de la prostitution en Russie ainsiqu’à l’étranger. Et les femmes qui partaient à l’étranger devenaient souvent des esclavessexuelles, soumises aussi à l’augmentation de la contamination par le SIDA. En outre, lesenfants qui avaient la chance de naître ne pouvaient pas crier victoire. En 1998, le tauxd’abandon des nouveaux-nés était de 9%. Pour les familles, il n’y avait aucun intérêt à avoirbeaucoup d’enfants car il n’y avait aucune aide en retour, comme les allocations familiales etc…, En 1998, 1 million d’enfants erraient dans les rues…L’accroissement de la mortalité est le deuxième facteur observé. Cet accroissement atoujours été l’un des plus important par rapport aux pays européens et ce sont les décès deshommes russes qui sont à l’origine de cette détérioration. En effet, aujourd’hui un hommerusse tout juste majeur a une chance sur deux d’atteindre un âge avancé, alors que les hommesaméricains ont 9 chances sur 10. Par ailleurs, l’espérance de vie d’un homme russe estbeaucoup plus faible que celle de la femme, soit de 13 ans inférieur, un des contrastes le plusimpressionnant au monde. Ainsi les hommes en âge de travailler sont peu nombreux enRussie. L’augmentation de la mortalité trouve ses origines surtout durant les années 2000dans les suicides et les homicides. Le problème de l’alcoolisme est intriqué et la dégradationdu système de soins est un paramètre également importantLa Russie a été classée au deuxième rang mondial pour le nombre d’homicides (28,4 pour100000 habitants) en 2000 et au 3ème rang pour les suicides (38,4 pour 100 000 habitants) en2002. Chômage, alcoolisme important, avec ses conséquences indirectes en terme d’accidentsde travail , accident domestique ou de la route, de violence, et développement de certainesmafias, sont l’origine de ces classements négatifs.L’alcoolisme, cercle vicieux, favorisé aussi par la pauvreté, a fait plus de 27 000 morts, avecune consommation de 11 litres d’alcool par habitant et par an en 1988, et actuellement celle-ci a encore augmenté et atteint 14 litres d’alcool par habitant et par an. Chiffre important toutde même...Cette forte consommation d’alcool engendre plusieurs problèmes comme lesaccidents de la route, du travail, ainsi que de violence (l’ivresse est l’une des plus grandescauses de meurtres en Russie).
  • 5. Ensuite, comme dans beaucoup de pays, la Russie a été, et est toujours confrontée à un tauxde chômage croissant (0.1% en 1990, 0.8% en 1992 et 7.5% en 1994). Celui-ci favorise aussil’alcoolisme et les suicides.Le pays a été aussi exposé à de nombreuses maladies sexuellement transmissibles comme leSIDA ainsi que la syphilis. Fin 2005, il y avait environ 350 000 personnes infectées par levirus du SIDA. Et pour la syphilis, les personnes infectées sont passées de 8000 à 400 000entre 1990 et 1999.La Russie a connu aussi un regain de maladies qui n’existaient même plus dans nombre depays du Tiers-Monde : diphtérie, typhus, choléra, fièvre typhoïde... Mais surtout latuberculose qui frappa la population de plein fouet.Ceci est dû à la dégradation du système de soins, qui était initialement organisé pour tenter decombattre les maladies infectieuses ainsi que les épidémies qui étaient très fréquentes enRussie avant et durant l’époque soviétique, mais qui n’a pas su ou n’a pas eu les moyens des’organiser pour faire face aux causes actuelles majeures de mortalité que sont les maladieschroniques, cardio-vasculaires ou les cancers touchant une population vieillissante fortementcomme le montre la pyramide des âges . L’état russe ne s’est pas intéressé à cette nouvelleère de soins, qui est actuellement l’une des moins avancée, ce qui est problématique car lesmaladies augmentent aussi de jour en jour à cause des mauvaises conditions de vie, etailleurs, non seulement le système est défaillant mais les locaux également, 40% des hôpitauxrusses n’ayant pas l’eau chaude. …Ceci explique pourquoi l’espérance de vie est très faible pour les hommes russes ainsi quecelles des femmes russes du fait des avortements dont nous avons parlé précédemment.Comme le faisait remarquer un officiel russe, les lois du système de santé ont détruit ce quiexistait déjà auparavant, sans remplacement par la suite.Le solde migratoire est le troisième paramètre de cette crise démographique. Il s’est avèréeffectivement négatif, ce qui veut dire que les départs de Russes sont plus nombreux que lesarrivées d’étrangers. Il n’y a pas eu d’afflux de migrants ni avant ni après la dissolution del’URSS. Dans les années 70, on parlait beaucoup d’échanges de populations entre lesrépubliques de l’URSS, la Russie étant devenue une terre d’accueil après avoir plutôt exportésa population, mais cette immigration était peu élevée et visait surtout la migration enprovenance des républiques à main d’œuvre excédentaire. A un moment, le solde migratoire aété positif. Le nombre de migrants arrivés en Russie en 1995 était en fait comparable à celuide 1989, mais le nombre d’émigrants était inférieur. Puis l’immigration a diminué et cela n’a
  • 6. pas compensé la décroissance naturelle de la population. Les flux de migration ont une doubleorigine. D’une part, il s’agit du retour en Russie de descendants de Russes installés dansd’autres républiques à l’époque soviétique, soit un retour aux sources qui correspond d’aprèsA Vichnevski à 80% des flux migratoires entre 1989 et 2007. D’autre part, il s’agitd’immigrants venus d’anciennes républiques pauvres et surpeuplées, surtout du centre del’Asie, soit une migration économique. Ce second flux devient plus important que le premier,parfois temporaire, mais pouvant devenir définitif.II) Les mesures mises en place pour faire face à cette crise démographique :Les gouvernements successifs ont essayé donc de mettre en place plusieurs moyens politiqueset économiques pour que cette crise cesse. Des solutions sont prévues pour plus de 10 ans.Mais la reconversion risque d’être longue car les dégâts sont importants. Des experts ontprévu que certains enjeux ne soient réalisés que dans le courant de l’année 2015.Tout d’abord, l’Etat encourage la procréation des femmes. En 2007 ,il y avait environ 1,36enfant par femme pour 2,1 enfants par femme nécessaire pour assurer le renouvellementcomplet de la population d’un pays.Le gouvernement russe, sous V Poutine a revalorisé la prime de maternité de 16 à environ 35euros/mois, durant 18 mois pour le premier enfant et a crée une allocation de 71 euros/moispour le second enfant. A cette prime s’ajoute le versement d’un compte bancaired’investissement d’environ 6000 euros, incitatif a priori. Ces mesures ont permis au paysd’augmenter sa natalité de 4% dans l’immédiat. Malheureusement, cette politique nemarchera peut-être pas sur le long terme, et elle ne pourra donc pas dans le futur augmenter lanatalité. Des mesures ont été aussi prises pour revaloriser une série de prestations familiales.De plus, pour favoriser la natalité le gouvernement a mis en place des aides au crédit ou aulogement des parents.Il a également décidé de mettre un place dans la province d’Oulianovsk un jour fériéconsacré à la procréation. Etrangement, V Poutine a l’air de vouloir autoriser la polygamiedans le but d’augmenter le nombre d’enfant pas femme, mais cette proposition ne plaît pas àtout le monde, et elle reste donc en attente.Nous avons aussi vu que l’une des causes de la crise démographique russe est le fort tauxd’alcoolisme. Il s’agit d’un phénomène très important et fortement ancré dans la société russe.
  • 7. Plusieurs campagnes anti-alcool ont été mises en place durant les années 1984-1987 lancéespar Gorbatchev, même si sur le coup l’espérance de vie a augmenté, les russes ont finalementcontinué à consommer de l’alcool, et la hausse de mortalité a repris.Le gouvernement a essayé de limiter les distilleries clandestines ainsi que les fabricationsdites « domestiques » appelées « somogon » en russe et voulait rendre obligatoire letraitement des alcooliques .Mais malheureusement cette politique a été supprimée par Eltsineet donc la consommation d’alcool par habitant par an a augmenté de 11 litres à 14 litres.Gorbatchev, par la même occasion et dans le même but préventif pour éviter de nombreuxcancers de poumons, avait mis en place une politique anti tabagisme. Il avait donc décidé demettre en place, comme déjà dans de nombreux en Europe, des zones réservées aux fumeurspour éviter aux personnes non fumeuses de profiter du tabagisme passif. Par ailleurs, les prixdes cigarettes ont augmenté, mais bien évidemment cela n’évite pas les personnes fumeusesd’aller acheter des cigarettes, dont le prix est inférieur en Russie par rapport à d’autres payseuropéens.Le gouvernement a également mis en place un nouveau code de la route pour essayer deréduire le nombre d’accidents indénombrables et meurtriers car les routes russes sont aussiparmi les plus dangereuses d’Europe.Globalement, aujourd’hui l’espérance de vie des hommes russes augmente, de l’ordre de 2,5ans, s’établissant à 67,88 ans. L’écart qui était bien marqué entre l’espérance de vie deshommes russes et des femmes russes (de 13 ans), va pouvoir petit à petit diminuer.Ensuite, comme dit précédemment dans les causes, le chômage est très important en Russie,source également de suicides. Le gouvernement a décidé de lancer une politique de luttecontre le chômage, en supprimant le double emploi qui est beaucoup pratiqué en Russie et enouvrant plus de postes dans certaines entreprises.De plus, Moscou compte sur une amélioration de son solde migratoire. En effet, Moscoucontinue à inciter le rapatriement des Russes vivants encore dans l’ex-URSS ou à l’étranger,soit environ 25 millions de personnes selon Agora Vox. D’après Anatoli Vichneski cettesolution est considérée comme « le moyen le plus efficace, ainsi que le plus risqué, derésoudre les problèmes démographiques russes » Malheureusement, et sûrement, les ex russesde l’URSS ont fait un choix durable en allant habiter à l’étranger et en partant de la Russie quia connu un grand déséquilibre et qui n’est pas encore résolu.
  • 8. Pour finir, les rapports entre les russes et leurs voisins comme l’Union Européenne et la Chinemais également l’Asie centrale, seront certainement transformés, en notant que les rapportsactuels ne sont pas liés à la population en tant que telle mais aux rapports de force qui sontapparus du fait des nombreuses ressources naturelles dont l’UE est très dépendante.Cependant, la reprise d’une démographie positive dépend aussi directement du contexteéconomique. Après une reprise importante en 1998, la crise mondiale récente a retentifortement sur l’économie, avec au début de 2009 une baisse de 30% de la valeur du rouble etune baisse de 9.5% du PIB, liée en grande partie à la baisse du prix des hydro-carbures dontl’exportation est une principales sources de revenus. L’amélioration de l’économie passantpar une diversification est devenue indispensable et pourra favoriser l’évolutiondémographique.
  • 9. Conclusion :La crise démographique qui touche la Russie n’est pas exceptionnelle en soi, car beaucoup depays dits développés voient leur natalité baisser. Par contre la mortalité reste encore élevée,surtout parmi les hommes, et outre les mesures énoncées, le système de santé doit aussiévoluer. Le gouvernement espère une amélioration de l’espérance de vie à 75 ans pour lesdeux sexes à l’échéance de 2025, alors qu’elle était de 61.4 ans pour les hommes en 2007, etinférieure à la plupart des pays développés, dans lesquels elle devrait aussi dépasser 80 ansentre 2020 et 2025.Actuellement, la population de la Russie est plutôt en hausse après cette importante crisedémographique. Ce pays connait en effet, une période de « baby boom ». Durant ces dernièresannées la population a augmenté de 21%, ce qui prouve que la Russie se reprend en main parrapport aux années 1990. En 2006, V Poutine avait affirmé que le problème démographiqueétait « le problème le plus pressant de la Russie actuelle ». Des mesures sont prises pour tenterd’augmenter la natalité et le nombre de familles dites nombreuses. Si les problèmes del’avortement et de la contraception ne sont pas résolus, le taux d’abandon des enfants adiminué, et les enfants sont de plus en plus désirés par les familles. D’après le pédiatre GalinaGoubanova , les parents seraient donc plus préparés à la naissance d’enfant, financièrementcomme physiquement. Cette évolution ne pourra se poursuivre cependant seulement si lasituation économique s’améliore vraiment.En ce qui concerne la composante migratoire, il semble que le besoin en migrants soitactuellement de plusieurs centaines de milliers de personnes par an, mais encore faut-ilpouvoir les assurer, et que les russes ne développent pas la phobie des migrants puisquel’immigration est parfois source de problèmes socio - culturels, sans parler de la concurrencesur le marché du travail d’autant plus difficile à accepter en période de chômage.Le News & World Report proclame cependant en couverture optimiste que « La Russierenaît ».Références :A Joubert : Quand s’arrêtera la crise démographique Russe ? Agora Vox, 15/1/2009.A Vichnevski : les enjeux de la crise démographique en Russie, Russie.Nei.Visions, n°41,juin 2009

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