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Chapitre11
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Chapitre11

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Anton rencontre son chef, Martin accompagne ses amis au Col de la Croix...

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  1. CHAPITRE 11 Anton, encore faible, avait décidé de ne pas accompagner les trois hommes partis pour Feissal.Il se rendit donc au journal pour y mettre au clair tous les éléments dont il disposait.Tôt le matin, Delcourt et Baret, guidés par Martin, avaient pris la route pour les alpages afin de se rendrecompte de ce quil se passait au vieux fort du Vernet. - Bonjour Anton, sourit Bénédicte quand elle vit le jeune homme entrer dans le hall. Que sest-ilpassé ? - Rien de grave, juste une petite dispute avec ma mère, plaisanta le journaliste en réajustant sacasquette et ses lunettes sombres. - Ben dis donc, elle est du genre costaud, ajouta la secrétaire en observant le visage bleuté de sonami. - Eh oui ! Que veux-tu ! Elle na pas accepté que je sorte hier soir avec ma nouvelle fiancée.Le jeune homme déposa une bise sur la joue de sa collègue et fila directement à son bureau. - Vitaz ! Lança une voix déterminée depuis lautre bout du couloir.Anton reconnu immédiatement son rédacteur en chef. - Ah, monsieur Lebert ! Justement, je voulais vous voir. - Assez plaisanté, dit sèchement le petit homme, cest quoi cette histoire avec votre reportage surAuthon ? - Et bien, en fait... - Pas de balivernes avec moi, Vitaz ! Un certain Bunel ma contacté. Il travaille pour legouvernement.Lebert fixait le journaliste droit dans les yeux. - Ce travail sur lequel vous mavez envoyé est plus complexe que prévu et... - Et je me retrouve avec la police dans mon bureau, coupa le rédacteur en lançant des éclairs. - Comment ça ? - Deux inspecteurs sont venus hier soir pour me poser des questions sur vous et votre enquête. - La police ? - Oui, la police ! Les deux gars voulaient des renseignements sur vos sources. Il paraît que vousdétenez des documents qui sont plutôt limites. - Mais patron... - Vous savez ce que jen pense, Vitaz, alors pas de cachotteries avec moi. Si vous jouez le jeu, je vousprotège. Si vous jouez perso, alors je ne peux rien pour vous.Le rédacteur en chef sinterrompit pour signer un papier que lui présenta un stagiaire qui passait. Lorsque lejeune se fut éloigné, il reprit : - Jai bien limpression que vous êtes embarqué dans une sale histoire mon jeune ami et mon rôlenest pas de vous savonner la planche. Vous le savez bien. - Je sais patron, je sais. - Alors ! - Nous sommes tombés dans un piège, cest une histoire qui nous dépasse. - Nous ?Le jeune homme réalisa soudain son erreur. Il en avait trop dit. - Oui, enfin je veux dire par rapport au journal. - Daccord, daccord ! Et ce Bunel, cest qui exactement ? - Le directeur du CIEDRA, un service spécial attaché directement au Premier Ministre. - Deval ? - Oui, Deval. - Mais quest-ce que vous avez à voir avec tous ces gens-là ?Anton, embarrassé par cette question, ne savait plus comment sy prendre. Il connaissait la franchise etlhonnêteté de Lebert, aussi ne voulait-il pas le tromper.Après un petit moment de silence, le rédacteur comprenant les hésitations du jeune homme, dit calmement :
  2. - Bien, je vois. Vous avez quarante-huit heures, Vitaz, pas une minute de plus. Je peux vous couvriret les balader pendant ce temps mais je veux votre histoire complète sur mon bureau à la fin de ce délai.Anton, rassuré, sourit. - Merci patron. - Vitaz, pas de blagues avec moi.Le journaliste appréciait le caractère de Lebert qui savait être indulgent et faire la part des choses quandnécessaire.Les deux hommes se séparèrent mais arrivé au bout du couloir, Lebert sarrêta et lança : - Vitaz, quarante-huit heures !Anton se retourna et, tout en souriant, fit un salut militaire à son chef, avant de franchir la porte de sonbureau.En entrant il remarqua immédiatement une grande enveloppe posée sur sa table. Il la saisit et la tourna poursapercevoir quelle avait été délivrée par porteur spécial. Il ny avait que son nom dinscrit sur une face etaucune indication sur lidentité de lexpéditeur.Après sêtre installé dans son fauteuil, il louvrit et découvrit un cédérom dans une boite plastifiée. De la mainil fouilla lintérieur de lenveloppe mais ne trouva rien dautre.Il démarra son ordinateur et y introduisit le disque. - Zut ! Dit-il simplement en restant la bouche ouverte face à ce quil découvrit sur son écran. Martin avait pris la tête du trio qui progressait dun bon pas en direction de la cabane dAinac. Ilsavaient convenu déviter la bergerie en passant par le versant opposé qui les amènerait droit sous le Col de laCroix. Pour ces hommes en bonne forme, la montée ne fut pas difficile et ils arrivèrent au niveau du col peuavant midi. - Il faut passer par la crête, indiqua le jeune garçon en indiquant de la main une enfilade de petitssommets sur la gauche.Ils se remirent en route pour venir prendre position à lendroit où Martin avait observé le manège delhélicoptère. - Le fort est de lautre côté. On ne peut pas le voir mais là-bas on peut distinguer lentrée de la galeriequi y mène.Le garçon passa ses jumelles à Delcourt qui se mit à scruter la direction indiquée. - Cest là que vous avez vu lhélicoptère ? Demanda Barret. - Non, il était resté plus haut. Ici cest trop raide.Tout en poursuivant son observation, le policier réfléchit à la façon de sy prendre et commença à exposerson plan à ses compagnons. - Pour le moment, tout ça ne me paraît pas très évident. En tout cas, il semblerait quil ny aitpersonne dans les parages. Le risque sera plutôt quand nous serons entrés dans la galerie.Il fit une pause puis, se tournant face à ses amis, poursuivit : - Une fois à lintérieur nous naurons plus de sortie possible si jamais ces gars nous bloquent lepassage. La situation deviendra vite compliquée.Il regarda dabord Xavier, puis Martin. - On ne peut pas sengager tous les trois dans ce piège à rat, cest bien trop risqué. En cas de coup dur,il faut au moins que lun de nous puisse redescendre pour alerter les secours.À son tour Baret regarda Martin qui annonça dune voix calme : - Je comprends et puis je connais la région mieux que personne, je serai vite en bas. - Oui, sourit Delcourt, il est préférable que ce soit vous qui restiez en arrière. Nous tenterons dallerjusquau fort. Il est loin de lentrée de la galerie ? - Non, deux cents mètres environ mais cest très sombre et humide. - Pas de problème, fit le policier en sortant du matériel de son sac.Baret ajusta la lampe frontale que lui avait donnée Delcourt et enfila une veste de toile ainsi que des gants decuir.Le policier, tout en limitant, ajouta : - Si à seize heures nous ne sommes pas sortis, redescendez dans la vallée et prévenez le capitaineDiniz de la gendarmerie. - Entendu. - Pendant notre absence, notez tout ce que vous observerez.
  3. - Daccord. - Bien, on y va, annonça le policier en donnant une tape amicale sur lépaule de larchitecte.Les deux hommes descendirent prudemment jusquà lentrée de la galerie en scrutant les alentours. Ilsallumèrent leurs lampes et, après avoir salué Martin dun signe de main, sengagèrent dans lobscurité. Bunel avait été plutôt surpris par lappel du journaliste qui semblait vouloir prendre les choses enmain. Il lui avait simplement demandé à le rencontrer car il détenait des informations importantes et sachantque le temps était compté, avait proposé une rencontre immédiate au journal.Le directeur du CIEDRA, qui avait installé son bureau opérationnel dans les locaux de la préfecture, sentitque les choses saccéléraient.Dans la nuit il avait reçu le rapport de Delbar concernant sa convocation chez Deval, mais rien de particuliernen ressortait. Quand il lavait eu au téléphone dans la matinée, son adjoint sétait montré évasif et peuprécis. Bunel nen apprenait pas plus que ce quil avait lui-même donné comme renseignements à Delbar.Ils tournaient en rond.Il en ressortait malgré tout que Dibaccio le banquier, semblait plus impliqué dans le financement des projetsque ce quil pensait.Deval avait annoncé à Delbar que le gouvernement avait été dans lobligation de demander une rallonge decrédit au banquier afin de mener le programme jusquà son terme.Ce geste des financiers navait dailleurs pas été sans contreparties et cétait sur ce point particulier que Bunelaccrochait. Le directeur navait aucune idée de ce que pouvaient être ces contreparties notées dans le rapportde son adjoint. Il naimait pas cela.Dabord surpris par la singulière confidentialité du sujet, il ne comprenait pas pour quelles raisons son vieilami Deval semblait le laisser en dehors du coup. Cétait bien la première fois quil agissait comme ça avec luiet cela donnait encore plus détrangeté à laffaire.Un doute commença à naitre dans son esprit. Le Premier Ministre nétait-il pas simplement en train delécarter ?Il fit signe à Perez de préparer la voiture.Accompagné de ses deux agents, Bunel se rendit au journal où lattendait Vitaz.Il se fit annoncer par la secrétaire et attendit le jeune homme qui parut peu après. - Monsieur Bunel, je vous remercie dêtre venu.Le directeur savança pour serrer la main tendue.Anton, avec un petit sourire, ajouta en désignant Perez et Morin qui sinstallaient dans le salon dattente : - Et encore merci à vos hommes qui sont aimablement intervenus pour me protéger.Bunel ne répondit que par un rictus en passant devant le journaliste qui lui indiquait la porte de son bureau. - Asseyez-vous, je vous en prie. Bien ! Par habitude avec vous, je serai direct.Le directeur prit place dans le fauteuil faisant face à Anton. - Ça sera mieux, en effet. - Jai en ma possession des documents très compromettants pour le CIEDRA.Bunel ne broncha pas. Ayant lhabitude de ce genre de situation dans laquelle son interlocuteur engageait lesnégociations en montrant son avantage, il allait devoir jouer serré. - Quattendez-vous de moi ? - Mademoiselle Tourange a disparu juste après vous avoir rencontré et nous étions les trois seuls àconnaître votre rendez-vous. - Et donc ? - Vous ne comprenez pas ? - Désolé. Non.Devant lair sérieux du directeur, Anton eut un moment dhésitation. - Voyons monsieur Bunel, je vous propose un échange. - Un échange ? Quel échange ? - Les informations que je détiens sur votre organisation contre la libération de mademoiselleTourange. - Cest impossible, répliqua aussitôt le directeur. - Comment ça impossible ?Bunel se cala bien au fond de son siège et croisa les jambes.Il sentait quil reprenait lavantage. - Tout simplement parce que je ne sais pas du tout où est votre amie et que je ny suis pour rien dans
  4. son enlèvement.Cette phrase eut leffet dune bombe sur le journaliste qui avait été loin dimaginer cette hypothèse. - Mais... Je pensais que...Avec un aplomb déconcertant, le directeur acheva le jeune homme : - Mademoiselle Tourange ne sest jamais présentée à notre rendez-vous.Anton, dans lincapacité de contrôler sa surprise, se leva pour aller jusquà la fenêtre quil ouvrit. Il avaitsoudain besoin dair frais, ses poumons allaient exploser.Au bout de quelques secondes, il trouva la force de se ressaisir et, se retournant vers son visiteur, demanda : - Vous ne lavez pas rencontrée ? - Non. Elle a disparu avant. - Mais qui ? - Je ne sais pas. Je comprends simplement quon cherche à nous nuire. - Nous ? - Oui, à vous autant quà moi. - Dans quel but ? - Vous, à cause de vos recherches qui dérangent, moi pour être à la tête du CIEDRA.Anton reprit place dans son fauteuil. - Bon sang ! Mais qui ? - Monsieur Vitaz, que les choses soient claires. Vous êtes en pleine investigation concernant destravaux effectués par lorganisme que je dirige et jusquà présent vous navez cherché que dans deuxdirections, le CIEDRA et moi. - Que voulez-vous dire ? - De mon côté je suis certain dapprendre des choses que jignorais et qui mobligent à adapter sanscesse mes positions. Vous détenez des informations, ces gens détiennent votre amie, proposez-leur cetéchange dont vous me parliez.Anton vit que Bunel ne plaisantait pas. - Ce qui mintéresse Monsieur Vitaz, et vous le savez déjà, cest lidentité de votre informateur qui secache dans ma maison. - Et ? - Cest simple, vous maidez à le démasquer et je ferai tout mon possible pour votre amie.Le journaliste, décontenancé par ce marché inattendu, prit un moment pour réfléchir.Bunel ajouta : - Avec les renseignements dont vous disposez désormais, débusquez lespion en le faisant sortir deson trou et sauvez votre amie. - Mais je vous ai dit que ce que jai reçu peut faire exploser le CIEDRA et vous faire tomber avec. - Je prends le risque. - Vraiment ? - Ai-je seulement le choix ? Ces personnes infiltrées dans mon service veulent ma peau de toutesfaçons. Jignore pour qui ils travaillent mais je peux déjà présumer des conséquences.Anton observait le directeur qui, encore une fois, létonnait par sa lucidité et sa faculté danalyse. - Nous navons plus les cartes en main, monsieur Vitaz. Contactez les ravisseurs et proposez-leur matête en leur livrant ces informations. Ils libèreront votre amie, jen suis persuadé.Le journaliste eut encore un moment dhésitation avant de reprendre : - Ce nest pas tout monsieur Bunel, mes amis sont déjà sur les traces des ravisseurs. Nous avançonsde notre côté et comme jai quelques problèmes à bien saisir votre rôle dans cette histoire, il nous étaitdifficile de vous faire confiance. - Je vois, dit simplement le directeur en se levant, alors que chacun joue son rôle et advienne quepourra.Sur ces mots énigmatiques, il approcha de la porte quil ouvrit puis se tourna vers Anton toujours assis : - Bonne chance monsieur Vitaz.Il franchit la porte sous le regard perplexe du journaliste et disparut dans les couloirs.Le jeune homme se demanda sil navait pas fait une erreur en refusant loffre de Bunel et songeaimmédiatement à ses compagnons partis pour Feissal.Ne prenaient-ils pas de risques inconsidérés à vouloir régler cette affaire eux-mêmes ?
  5. De son poste de guet, Martin entendit le bruit dun moteur. Accroupis derrière les rochers, il pointases jumelles en direction du ronronnement et put apercevoir un véhicule tout-terrain grimper péniblement lespentes du versant nord. Il se dirigeait droit vers lentrée de la galerie.En une fraction de seconde lui vint limage de ses amis à lintérieur du tunnel. Si les occupants de la voituresy rendaient, alors les deux hommes seraient coincés.Le garçon posa ses jumelles. Il lui fallait agir rapidement pour éviter que le piège ne se referme. Il avait troissolutions, aller droit sur le véhicule sous un prétexte quelconque dans le but de détourner lattention desnouveaux venus ou bien foncer directement dans la galerie avec lespoir de retrouver ses compagnons pourles avertir. Il pouvait aussi rester à son poste et attendre, comme lavait suggéré Delcourt.Toutes ces options furent analysées en un court instant puis, en voyant la voiture approcher dangereusement,le garçon se dressa, passa son sac sur le dos et, dun pas décidé, prit la direction du col.Il était certain que les occupants du véhicule le verraient et si ses calculs étaient bons, avec un peu de chance,se mettraient à sa poursuite.Il avait décidé déloigner le plus longtemps possible le danger de lentrée de la galerie. Sachant toutefois quilprenait le risque de révéler leur présence dans les environs, il se persuada quil avait fait le bon choix.En quelques minutes il avait remonté une bonne partie de la côte. Il se tourna et fut satisfait de voir que lavoiture, après un court arrêt, avait bifurqué vers lui.Son pari étant gagné, il fallait à présent gagner du temps en baladant ces indésirables et connaissantparfaitement lendroit, se fit une joie de mener à bien cette nouvelle mission.Il laissa dabord la voiture gagner un peu de terrain sur lui puis, après sêtre assuré quelle le suivait bien,bascula sur le versant sud en direction de la bergerie.

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