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Compte-rendu du séminaire ProspecTIC & Territoires

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Compte-rendu du séminaire ProspecTIC & Territoires Compte-rendu du séminaire ProspecTIC & Territoires Presentation Transcript

  • ProspecTIC & Territoires prospective technologique, prospective territoriale et action publique Compte-rendu du sĂ©minaire Jeudi 19 octobre 2006, 9h30-17h, mairie de Valbonne Sophia Antipolis SOMMAIRE Introduction aux dĂ©bats : Les TIC, parents pauvres de la prospective territoriale................... 2 2- Participants au sĂ©minaire............................................................................................................ 3 3- Compte-rendu des travaux.......................................................................................................... 5 Objectifs du sĂ©minaire.................................................................................................................5 3-1 Panorama de la prospective territoriale en 2006 .................................................................5 3.2- La prospective territoriale selon l'agence d'urbanisme .......................................................7 Retour d'expĂ©rience - Le cas du projet Le Havre Pointe de Caux : la gouvernance en question .......................................................................................................................................9 3-3 Le territoire et l'action publique face aux nouvelles tendances technologiques.................10 EncadrĂ© - DiffĂ©rentes mĂ©thodes de prospective technologique : le projet FISTERA................13 3-4 Difficiles relations entre prospective technologique et prospective territoriale.................14 3-5 Exemples de "scĂ©narios 2026"............................................................................................15 Annexe 1 : programme du sĂ©minaire ........................................................................................... 16 Annexe 2 : MĂ©thodologie des travaux en atelier : le jeu des scĂ©narios...................................... 18 Annexe 3 : PrĂ©sentation du programme "Villes 2.0" de la FING ............................................................. 27 Avec le soutien de Partenaire
  • INTRODUCTION AUX DEBATS : LES TIC, PARENTS PAUVRES DE LA PROSPECTIVE TERRITORIALE Aujourd'hui, dans les exercices de prospective territoriale, la dimension TIC n'est pratiquement prise en compte que sous l'angle de la couverture du territoire par les rĂ©seaux haut dĂ©bit et mobiles. Pourtant, les TIC influent de bien d'autres manières sur les dynamiques territoriales. En outre, les TIC Ă©voluent, vite et profondĂ©ment. Autrement dit, l'Ă©volution des TIC est susceptible d'avoir un effet encore plus profond qu'aujourd'hui sur la structuration des territoires, les modes de vie et les formes de socialisation, la localisation et l'organisation des activitĂ©s, les conditions de compĂ©titivitĂ© des territoires, etc. A l'inverse, d'autres dynamiques influent sur l'Ă©volution technologique : les chercheurs et les entreprises n'investissent pas par hasard dans tel domaine plutĂ´t que tel autre. S'intĂ©resser aux TIC dans la prospective territoriale ne signifie donc pas cĂ©der Ă  un quelconque dĂ©terminisme technologique, mais enrichir la liste des variables et paramètres qui influent sur l'avenir des territoires – voire mĂŞme, identifier de nouveaux domaines de R&D pertinents Ă  soutenir. Marier prospective technologique et prospective territoriale : une nĂ©cessitĂ© En outre, la FING a produit en 2005, avec le soutien de la DIACT, une rĂ©flexion sur l'impact potentiel de la prospective technologique sur la prospective territoriale1. Dans ce contexte, la FING a organisĂ© en rĂ©gion Provence Alpes CĂ´te d'Azur la première Ă©dition d'un sĂ©minaire de travail autour de ces questions : quelles perspectives, quels dĂ©fis, la prospective technologique ouvre t-elle aux territoires? Quelles ruptures envisager? Comment, pratiquement, intĂ©grer les TIC et leurs usages dans la prospective territoriale? Le travail qui sera menĂ© sur le thème "ProspecTIC et Territoires" est une des lignes d’action du programme Villes 2.02 de la FING (Cf annexe 3). La FING remercie tout particulièrement M. Marc Daunis, maire de Valbonne, conseiller rĂ©gional, prĂ©sident de l'AREA pour nous avoir permis d'organiser ce sĂ©minaire dans la salle Michel Rolland, ancien maire de Valbonne. Dans son mot de bienvenue, M. Daunis a particulièrement insistĂ© sur les temps longs et la nĂ©cessitĂ© pour les collectivitĂ©s territoriales de savoir prendre en compte les enjeux technologiques. Il remarquait l'importance d'acteurs comme la Fondation internet nouvelle gĂ©nĂ©ration dans sa capacitĂ© Ă  y contribuer. Nous tenons Ă  le remercier pour l'excellence de son accueil et de celui de l'ensemble du personnel municipal. 1 "Enrichir la dimension "TIC" de la prospective territoriale" : http://www.fing.org/jsp/fiche_actualite.jsp?STNAV=&RUBNAV=&CODE=11430496451 58 2 http://www.fing.org/villes2
  • 2- PARTICIPANTS AU SEMINAIRE Claude EUROMED Amenc Claire Telecom Valley / France Telecom R&D Behar Gino Conseil RĂ©gional Provence Alpes CĂ´te d'Azur - Mission TIC Bontempelli Jean-Claude TĂ©lĂ©onomia Boscher Luc Siemens Brandani Jean-Pierre Directeur de l'Incubateur Belle de Mai Brocart Pierre CommunautĂ© d'agglomĂ©ration de la RiviĂ©ra Française Brossart Laure UniversitĂ© d'Avignon -UMR 6012 – ESPACE Casanova CommunautĂ© d'agglomĂ©ration Nice CĂ´te dAzur Lionel Chaudanson Marc Maire de Valbonne, conseiller rĂ©gional, prĂ©sident de l'AREA Daunis Chambre rĂ©gionale de commerce et d'industrie Provence Alpes CĂ´te JoĂ«l Deflaux d’Azur Corse - Responsable des Ă©tudes Bruno Responsable de la commission du PĂ´le SCS Delepine Denis France Telecom R&D Dufresne Louis- AGAM Dupont Laurent Philippe LIPSOR Durance Olivier Comptoir des savoirs Eschapasse Conseil RĂ©gional Provence Alpes CĂ´te d'Azur - Directeur du Thierry Fellmann DĂ©veloppement et de l'Economie RĂ©gionale Laurent Conseil GĂ©nĂ©ral Alpes Maritimes Feraud Alexandre AF Consultant Forest George Vulog Gallais LoĂŻc UniversitĂ© d'Avignon -UMR 6012 – ESPACE Grasland Jallifrier- Sylvie CommunautĂ© d'agglomĂ©ration Toulon Provence MĂ©diterranĂ©e Verne Daniel FING Kaplan Laurent Telecom Valley / France Telecom R&D Londeix Christian GREDEG - DEMOS Longhi StĂ©phane Conseil RĂ©gional Provence Alpes CĂ´te d'Azur - Mission TIC Martayan Philippe INRIA / Ville de Valbonne Sophia Antipolis Mussi Pierre FING Orsatelli Amel GREDEG - DEMOS Oueslati Virginie CommunautĂ© d'agglomĂ©ration Moyen-Pays Provençal Paillard Alain Expert indĂ©pendant Puissochet MickaĂ«l FING Raybaud Evelyne GREDEG-IDEFI-RODIGE Rouby Alain ESIL Samuel Catherine GREDEG-IDEFI-RODIGE Thomas
  • 3- COMPTE-RENDU DES TRAVAUX Objectifs du sĂ©minaire Parmi les objectifs de ce premier sĂ©minaire autour de la prospective technologique et territoriale : • Faire converger prospective territoriale et prospective technologique : Mieux prendre en compte les facteurs technologiques parmi l'ensemble des facteurs susceptibles d'influer en profondeur sur l'avenir des territoires et sur les stratĂ©gies des acteurs ; Enrichir le dialogue entre les acteurs territoriaux et les acteurs technologiques, tant dans le champ de la R&D que dans celui des applications territoriales. • Identifier les manques en terme de sujets de recherche et/ou d'outils de mesure (Tout particulièrement dans le domaine de la prospective technologique) • DĂ©gager des pistes de R&D Ă  moyen et long terme • RepĂ©rer les signaux faibles sur le(s) territoire(s) et les applications possibles au- delĂ  des technologies • Donner des clefs de lecture Ă  l'action publique face Ă  ces Ă©volutions 3-1 Panorama de la prospective territoriale en 2006 Philippe Durance, LIPSOR La prospective (du moins la prospective "Ă  la française") est une discipline fondĂ©e par Gaston Berger Ă  la fin des annĂ©es 50. Ses objectifs peuvent se rĂ©sumer Ă  Ă©clairer le prĂ©sent Ă  la lumière des futurs possibles pour l’action. Elle est Ă  la fois une attitude, une posture vis-Ă -vis de l’avenir ("l’avenir se construit, il ne se subit pas") et une activitĂ© (une dĂ©marche appliquĂ©e dans un cadre donnĂ©, entreprise ou territoire) Gaston Berger avait dĂ©fini cinq composantes de l’attitude prospective3 : voir loin (Prendre en compte tous les Ă©clairages possibles qu'ils soient humains, gĂ©ographiques, etc.) voir ensemble, voir large, prendre des risques (ou ce qui revient presque au mĂŞme, faire des choix), penser Ă  l’homme. Dans l'acception française, chaque exercice de prospective nĂ©cessite de sĂ©parer deux temps : le temps de l'exploration et celui de l'action. Dans le premier cas, il s'agit d'envisager les futurs possibles ; on va rester o dans le champ des possibilitĂ©s et tâcher de rĂ©pondre Ă  la question : que peut-il advenir ? Le deuxième temps est celui de la prĂ©paration de l’action (stratĂ©gie). Il s'agit o d'Ă©tablir des choix possibles pour se prĂ©parer aux changements attendus et provoquer les changements souhaitĂ©s : que puis-je faire ? que vais-je faire ? comment le faire ? C'est notamment en ce sens que la prospective est dite stratĂ©gique. 3 "L'attitude prospective", Gaston Berger, 1959 : http://www.prospective.fr/Bibliotheque/Attitude_prospective.htm
  • La prospective se dĂ©finit aussi par un ensemble de mĂ©thodes et outils qui ont pour objectifs de pour sortir des sentiers battus, aller au-delĂ  des idĂ©es reçues et dĂ©passer les schĂ©mas mentaux qui aboutissent souvent Ă  reproduire des choses existantes. Il convient de remarquer que tout exercice de prospective se heurte Ă  deux Ă©cueils majeurs et assez rĂ©pandus : le risque dit "du marteau" ("tout est un clou" : confondre la mĂ©thode avec le sujet, appliquer Ă  tout problème la mĂŞme approche) et le rĂŞve du clou ("Il n'y a pas de marteau" : ignorer les prĂ©cĂ©dents, les règles, les mĂ©thodes applicables). Il y a donc un Ă©quilibre constant Ă  trouver entre ces deux extrĂŞmes. En rĂ©sumĂ©, la prospective peut se rĂ©sumer Ă  un triptyque : la prospective est une rĂ©flexion sur le futur, destinĂ©e Ă  fonder l’action (expression d’une volontĂ© stratĂ©gique) par l’appropriation (motivation, mobilisation des hommes). A quoi sert la prospective territoriale ? La prospective territoriale est une prospective stratĂ©gique appliquĂ©e aux territoires dans une optique d’amĂ©nagement et de dĂ©veloppement. Elle s'est fortement dĂ©veloppĂ©e dans les annĂ©es 70 sous l’égide de la Datar (on Ă©voquait souvent le "ScĂ©nario de l’inacceptable4" dont se sont largement inspirĂ©es les politiques publiques d'amĂ©nagement du territoire dans les annĂ©es 70s), dans une optique « centralisĂ©e » En France, on a constatĂ© un certain renouveau la prospective territoriale dans les annĂ©es 2000, comme consĂ©quence de la dĂ©centralisation, des nouvelles formes d’organisation et de gestion des territoires (pays, intercommunalitĂ©s, etc.) et des nouvelles formes de schĂ©mas collectifs et de contractualisation (SCOT par exemple). Elle est un instrument privilĂ©giĂ© pour aider Ă  comprendre les dynamiques territoriales et faire ressortir les enjeux entre l’évolution souhaitable du territoire et les Ă©volutions possibles de son environnement. C'est l'objectif principal. Elle est Ă©galement un prĂ©texte au dĂ©veloppement d’une culture de l’anticipation et au dĂ©bat collectif sur les enjeux du futur, pour stimuler du dĂ©bat public. De fait, elle permet d'engager les acteurs locaux dans la dĂ©finition de stratĂ©gies ambitieuses, volontaristes et proactives, susceptibles de faire converger le possible et le souhaitable. La prospective territoriale est devenue aujourd’hui aussi un moyen de dĂ©bat public et de co-construction d’un avenir commun, un outil de gouvernance Elle est aussi un moyen de favoriser la mise en lumière de donnĂ©es ignorĂ©es ou nĂ©gligĂ©es, ainsi que la prise de recul sur des questions souvent traitĂ©es dans l’urgence. Que produit la prospective territoriale ? Elle produit principalement des reprĂ©sentations du futur sous la forme de scĂ©narios (exploratoire). Parfois, elle participe Ă  la production de schĂ©mas dont les horizons temporels peuvent ĂŞtre plus courts (SCoT, PLU, etc.). Elle raconte des histoires et permet d'imaginer des souhaits pour le territoire. Limites et difficultĂ©s de la prospective territoriale L’intĂ©gration des diffĂ©rentes composantes de l’attitude prospective constitue le principal frein Ă  l'exercice :. • Les tensions temporelles, notamment quand on parle de prospective technologique : la prospective territoriale travaille Ă  des horizons de 15, 20, 30 ans, etc. alors que de telles durĂ©es reprĂ©sentent des siècles pour la prospective technologique (et 4 "ScĂ©nario de l'inacceptable. Une image de la France en l'an 2000", TRP, 1971 : http://www.diact.gouv.fr/datar_site/datar_prospective.nsf/$ID_Document/CLAP- 6QSGPV
  • souvent pour les acteurs du territoire)… D'oĂą la difficultĂ© d'intĂ©grer l'un dans l'autre. Mais quoiqu'il en soit, imaginer des scĂ©narios dans 30 ans reste un exercice difficile. • Le passage de l’exploratoire au normatif, notamment dans une optique participative, pose Ă©galement quelques problèmes. Imaginer des futurs possibles reste relativement aisĂ© ; effectuer les choix est une tout autre affaire. On touche lĂ  aux questions de gouvernance et des difficultĂ©s de dialogue entre acteurs, en particulier quand on parle de "dĂ©finition du souhaitable" (Qui a vocation Ă  dĂ©cider? Comment rĂ©aliser les arbitrages ?). • Enfin, la prise en compte des ruptures est difficile (le « pire » n’arrive jamais ou n’arrive qu’aux autres…). Facteurs-clĂ©s de rĂ©ussite Parmi les facteurs clefs de rĂ©ussite des exercices de prospective territoriale : • La prise de conscience par les acteurs locaux de la nĂ©cessitĂ© du changement Ă  partir d’une vision Ă  long terme • Une volontĂ© politique forte : acceptation d’ouvrir et de partager le pouvoir • Une forte implication de l’État et de ses services dĂ©concentrĂ©s (PrĂ©fecture, DRE, …) o articulation avec les collectivitĂ©s territoriales initiatrices o relais dans la diffusion des expĂ©riences, de partage de l’information et des connaissances, de renforcement des fonctions d’observation • Associer le plus largement possible les acteurs locaux : participation, implication, appropriation • ConsidĂ©rer que le projet de territoire est un dĂ©but et non une fin… 3.2- La prospective territoriale selon l'agence d'urbanisme Louis-Laurent Dupont, AGAM En guise d'illustration des propos de Philippe Durance, Louis Laurent Dupont, chargĂ© des Ă©tudes Ă  l'AGAM5, prend appui sur deux exemples : la rĂ©flexion du territoire autour du Havre (cf encadrĂ©) et la dĂ©marche menĂ©e par l'agglomĂ©ration Marseillaise, qui dĂ©bute Ă  peine. Il existe, au niveau des agences d'urbanismes, d'autres types d'approche de prospective territoriale/planification de l'espace, moins systĂ©mique, appliquĂ©e Ă  des objets particuliers comme les transports. Certains aspects de l'exercice de planification spatiale restent Ă  approfondir : • le lien entre prospective territoriale et dĂ©clinaison spatiale : on manque d'options un peu fines d'amĂ©nagement • la prospective des moyens (a-t-on les moyens de sa stratĂ©gie? Comment fait-on avec peu de moyens?) • la prospective technologique reste une vraie question ; on formule des hypothèses, mais cela reste assez vague La dĂ©marche de prospective de l'agglomĂ©ration marseillaise 5 http://www.agam.org
  • L'agglomĂ©ration marseillaise s'inscrit dans une grande mĂ©tropole rassemblant Aix, Aubagne, Arles, ou encore Berre, d'oĂą des questions phares de gouvernance qui se sont posĂ©es Ă©galement au Havre lors la constitution du dernier SCOT. La communautĂ© marseillaise (Marseille Provence MĂ©tropole) est confrontĂ©e Ă  de fortes tensions, qui appellent des choix et ensuite, leur traduction opĂ©rationnelle sois la forme d'une politique d'amĂ©nagement. Parmi les caractères contextuels de l'agglomĂ©ration : un territoire assez enclavĂ©, une population plutĂ´t pauvre, l'existence de l'opĂ©ration Euromed visant notamment Ă  dĂ©velopper des activitĂ©s de service donc en rupture avec un milieu industriel portuaire. .. La dĂ©marche marseillaise reprend un peu les mĂŞmes principes que celle qui s'est appliquĂ©e au Havre, mais avec une approche moins englobante et systĂ©mique. On y retrouvera des cycles de sĂ©minaires oĂą la prĂ©sence d'Ă©lus et de la sociĂ©tĂ© civile est prĂ©vue, ainsi qu'un travail de benchmark. Cette dĂ©marche commence actuellement, en octobre 2006. Les aspects technologiques y seront sans doute plus prĂ©sents qu'au Havre, notamment sous l'impulsion des pĂ´les de compĂ©titivitĂ©.
  • Retour d'expĂ©rience - Le cas du projet Le Havre Pointe de Caux6 : la gouvernance en question La rĂ©flexion prospective Ă  20 ans sur le territoire du Havre Pointe de Caux Estuaire a Ă©tĂ© engagĂ©e pour faire Ă©merger une vision et une ambition globales de long terme, largement partagĂ©es, ainsi que pour fĂ©dĂ©rer les communautĂ©s du ScoT. Elle illustre les enjeux dĂ©crits par Philippe Durance: la complexitĂ© des questions de gouvernance, les tensions temporelles et les questions tenaces de reprĂ©sentation de chacun sur son territoire. La dĂ©marche s'est Ă©talĂ©e sur 9 mois (juin 2004-avril 2005) et a Ă©tĂ© pilotĂ©e par une agence d'urbanisme qui s'est adjoint les services de cabinet d'Ă©tudes, dont Futuribles. Elle poursuivait trois principaux objectifs : • intĂ©grer un diagnostic en dynamique du territoire et de sa position relative dans l’espace français et europĂ©en ; • assurer l’ingĂ©nierie et l’animation de sĂ©minaires de prospective conduisant Ă  l’élaboration de scĂ©narios ; • mettre en Ă©vidence les Ă©volutions possibles (futurs possibles), les enjeux majeurs associĂ©s et les options stratĂ©giques envisageables (futurs souhaitables) pour le territoire. La dĂ©marche a Ă©tĂ© jalonnĂ©e par une sĂ©rie de 4 sĂ©minaires rassemblant des Ă©lus, mais aussi des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile, avec un système d'ateliers destinĂ©e Ă  favoriser les Ă©changes. C'est une approche que l'on peut qualifier de systĂ©mique. 35 variables clefs, internes et externes ont Ă©tĂ© dĂ©finies (dĂ©mographie, mobilitĂ©, enseignement supĂ©rieur, gouvernance Ă  l'Ă©chelle de l'agglomĂ©ration, mais aussi Ă  l'Ă©chelle rĂ©gionale, etc.). La technologie a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e, mais sans doute pas suffisamment. La deuxième Ă©tape a consistĂ© Ă  poser des hypothèses sur l'avenir de ces variables clef et de les discuter en groupe. La 3e Ă©tape a consistĂ© Ă  construire des scĂ©narios pour croiser des hypothèses relatives au du contexte externe (concurrence internationale notamment) et les choix du territoire (comme par exemple le rĂ©Ă©quilibrage du dĂ©veloppement Ă©conomique ou l'accent mis sur le portuaire). Autrement dit, dans un contexte donnĂ©, quelles cartes le territoire du Havre devait-il jouer? Sur cette base, il s'agissait ensuite d'effectuer des choix. C'est assurĂ©ment l'une des parties les plus difficiles du processus. Un consensus s'est dĂ©gagĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de sortir du "tout portuaire". Dans le fond, la difficultĂ© rĂ©side plus dans les options Ă  mettre en Ĺ“uvre pour appliquer ce scĂ©nario. Enfin, la question des moyens s'est ensuite posĂ©e (en termes matĂ©riels mais aussi en termes de gouvernance). Enseignements de "l'expĂ©rience Havraise" • La dĂ©marche a eu pour effet de modifier la reprĂ©sentation du territoire ; la part du port en a Ă©tĂ© un peu relativisĂ©e… • Il y a eu un dĂ©bat sur les fondamentaux Ă©conomiques du territoire, mais aussi sur l'Ă©mergence de prĂ©occupations environnementales comme facteur de dĂ©veloppement • Il faut souligner l'implication des Ă©lus qui ont jouĂ© le jeu 6 http://www.diact.gouv.fr/datar_Site/DATAR_ProspectiveInfo.nsf/7abac3c1555cb08dc125655a004fdece/65d 198784c120c9fc1257073005357b6/$FILE/Prospective-Info%20Retours%20d'exp%C3%A9riences.pdf
  • 3-3 Le territoire et l'action publique face aux nouvelles tendances technologiques Daniel Kaplan, FING La FING a produit en 2005 un premier document librement tĂ©lĂ©chargeable destinĂ© Ă  "vulgariser" la prospective technologique TIC Ă  5-10 ans, Ă  destination des dĂ©cideurs publics et privĂ©s : ProspecTIC7. Il en ressort 6 principaux facteurs majeurs d'influence des TIC sur l'avenir des territoires : 1- L’omniprĂ©sence et la continuitĂ© des rĂ©seaux 2- L’adjonction de puces Ă  toute sorte d’objets et l’enrichissement de leurs interactions avec leur environnement 3- L’infrastructure informationnelle et l’évolution du "web sĂ©mantique" 4- Une tendance Ă  l’incertitude autour de la sĂ©curitĂ© dans les TIC et les rĂ©seaux 5- L’insertion des TIC dans les pratiques Ă©conomiques et sociales 6- La relation de la sociĂ©tĂ© au progrès technologique* 1- OmniprĂ©sence et continuitĂ© des rĂ©seaux La tendance majeure est celle de l'omniprĂ©sence, de la continuitĂ© et de l'interchangeabilitĂ© des rĂ©seaux : il y a du rĂ©seau (filaire et/ou sans-fil, chaque forme s'appuyant sur plusieurs technologies Ă  la fois) partout, tout le temps, en toutes circonstances. Les communications circulent sans encombre de l'un Ă  l'autre ; la mobilitĂ© n'interrompt pas les Ă©changes et limite de moins en moins la qualitĂ© et le dĂ©bit de ce qui peut ĂŞtre Ă©changĂ©. Ces rĂ©seaux sont de plus en plus banalisĂ©s, au sens oĂą ils vĂ©hiculent indiffĂ©remment toutes sortes de contenus. De fait, les distinctions auxquelles nous sommes habituĂ©s (rĂ©seau fixe/mobile, rĂ©seaux de donnĂ©es/de tĂ©lĂ©phonie/de diffusion audiovisuelle) ont de moins en moins cours. Pour les personnes comme pour les objets, la connexion devient la situation normale, la dĂ©connexion l'exception. Cependant, la qualitĂ© et le dĂ©bit des rĂ©seaux continuent de s'amĂ©liorer de manière continue et ces amĂ©liorations n'atteignent pas du tout au mĂŞme rythme les zones denses et solvables, et les zones rurales ou socialement dĂ©favorisĂ©es. 2- L' "internet des objets" Le concept d'"Intelligence Ambiante" telle que la dĂ©finit la Commission EuropĂ©enne repose sur trois changements majeurs : l’adjonction de puces Ă  toute sorte d’objets, l’enrichissement de leurs interactions avec leur environnement et leur capacitĂ© de communiquer entre elles, voire de collaborer Ă  plusieurs, jusqu'Ă  constituer ensemble de vĂ©ritables rĂ©seaux pour accomplir ensemble certaines tâches. Les mondes physique et numĂ©rique s'entremĂŞlent. Tout objet, tout lieu, tout individu dispose d'une "extension numĂ©rique" et des moyens d'interagir avec les autres, localement ou Ă  distance. Aux interfaces numĂ©riques traditionnelles s'ajoutent, d'une part, des interfaces "tangibles", physiques et d'autre part, des systèmes de "rĂ©alitĂ© augmentĂ©e" qui enrichissent la perception physique d'informations numĂ©riques. 3- Infrastructure informationnelle et "web sĂ©mantique" 7 www.fing.org/prospectic
  • Les systèmes d'information traditionnels, ainsi que les systèmes d'"intelligence ambiante", produisent une masse sans prĂ©cĂ©dent de donnĂ©es d'origines et de natures diffĂ©rentes, potentiellement exploitables par des acteurs publics et privĂ©s. Ces donnĂ©es sont de plus en plus riches et organisĂ©es de manière Ă  pouvoir ĂŞtre comprises par d'autres systèmes que ceux par lesquels elles ont Ă©tĂ© produites. Le "web sĂ©mantique" et les technologies mobiles, entre autres, permettent d'imaginer des manières entièrement nouvelles de dĂ©livrer des services (publics ou privĂ©s) aux citoyens et consommateurs : nouveaux services composites, nouveaux intermĂ©diaires, nouveaux points de distribution, nouvelles formes de proximitĂ©, services Ă  domicile ou en mobilitĂ©, dĂ©cloisonnement... avec, potentiellement, un impact considĂ©rable sur la localisation des services, sur les acteurs du service et les modèles Ă©conomiques, ainsi que sur les lieux et les moments auxquels les individus y ont recours. 4- SĂ©curitĂ© dans les TIC et les rĂ©seaux Le dĂ©veloppement des TIC et des rĂ©seaux s'accompagne d'une forte tension autour de la sĂ©curitĂ© : • D'un cĂ´tĂ©, l'interconnexion gĂ©nĂ©ralisĂ©e et permanente, et le recours croissant aux TIC dans toutes les activitĂ©s, accroĂ®t structurellement l'exposition aux risques informatiques des organisations comme des individus. Ces risques deviennent physiques avec le lien croissant entre la sphère numĂ©rique et la sphère physique. • De l'autre, les TIC sont de plus en plus fortement mobilisĂ©es Ă  des fins sĂ©curitaires, qu'il s'agisse de rĂ©pondre aux menaces ci-dessus ou de sĂ©curiser les personnes et les biens, de dĂ©fendre l'ordre public, etc. Ces deux tendances contribuent toutes deux Ă  faire Ă©merger un dĂ©bat autour de la protection de la vie privĂ©e, de la libertĂ© d'agir, d'aller et venir ou encore d'innover, dont il est difficile de savoir Ă  ce stade Ă  quel point d'Ă©quilibre il mènera. 5- Insertion des TIC dans les pratiques Ă©conomiques et sociales La sociĂ©tĂ©, en France comme ailleurs, s'est appropriĂ© les TIC Ă  un rythme extrĂŞmement rapide. Les TIC se banalisent dans la vie professionnelle comme dans la vie privĂ©e ou les relations sociales. On peut a minima prĂ©voir que : • L'arrivĂ©e Ă  maturitĂ© de gĂ©nĂ©rations nĂ©es avec le numĂ©rique fera de ces technologies des outils normaux et quotidiens, plutĂ´t qu'un sujet d'interrogations gĂ©nĂ©rales ; les dĂ©bats sur les TIC se spĂ©cialiseront par secteur, par usage, etc. • NĂ©anmoins, la poursuite d'un mouvement rapide d'innovation reproduira sous d'autres formes des fractures, des Ă©carts gĂ©nĂ©rationnels, des transformations dans les pratiques sociales et les circuits Ă©conomiques ; • Une part importante, voire (comme aujourd'hui) dominante de l''innovation dans les services et les usages proviendra, non pas des grands acteurs du secteur, mais des utilisateurs eux-mĂŞmes ainsi que de toutes petites entreprises ; • L'appropriation sociale des TIC continuera de s'organiser avant tout autour de l'Ă©change et des relations sociales, avec une reconfiguration constante des canaux de communication, des rĂ©seaux relationnels, des formes et des modes d'expression... ; • La tension autour de la propriĂ©tĂ© intellectuelle ne s'apaisera pas.
  • 6- Relation de la sociĂ©tĂ© au progrès technologique A mesure que les technologies numĂ©riques deviennent omniprĂ©sentes et "descendent" dans les objets, les espaces et les corps, on peut s'attendre Ă  voir Ă©merger des risques nouveaux et un dĂ©bat public sur l'Ă©thique de l'innovation, la protection des libertĂ©s et des individualitĂ©s, voire l'application du principe de prĂ©caution Ă  l'innovation numĂ©rique. Le tour que prendra ce dĂ©bat peut avoir des consĂ©quences importantes dans plusieurs domaines tels que le degrĂ© de dĂ©veloppement des technologies de surveillance, le contrĂ´le de l'immigration, les investissements en R&D et leur localisation dans des rĂ©gions du monde plus ou moins sensibilisĂ©es aux enjeux Ă©thiques.
  • EncadrĂ© - DiffĂ©rentes mĂ©thodes de prospective technologique : le projet FISTERA8 PrĂ©sentation d'Alain Puissochet FISTERA (Foresight on Information Society Technologies in the European Research Area) est un exercice collectif de prospective pour la sociĂ©tĂ© de l'information, financĂ© par la Commission europĂ©enne dans le contexte de l'Espace europĂ©en de la recherche. L'objectif du projet FISTERA consistait Ă  faire un point des exercices de prospective technologique en Europe et dans le monde. Au passage, il s'agissait Ă©galement d'entraĂ®ner les "nouveaux entrants" Ă  s'y lancer. En filigrane, l'idĂ©e de FISTERA Ă©tait de favoriser l'Ă©mergence d'une "prospective europĂ©enne". En effet, la prospective est assez traditionnellement un exercice national). Une des focales de l'Ă©tude prĂ©sentĂ©e par Alain Puissochet, qui porte sur la pĂ©riode 2002-2005, consistait Ă  analyser l'existant, tant dans ses mĂ©thodes que ses rĂ©sultats et leur Ă©volution. L'exercice se limitait Ă  la base aux TIC, mais au vu de la grande diversitĂ© des pays reprĂ©sentĂ©s et donc de la diversitĂ© des dĂ©coupages, les Ă©tudes se sont Ă©galement penchĂ©es sur les aspects sociĂ©taux et gĂ©ographiques dans le contexte de la "sociĂ©tĂ© de l'information".Faits marquants de ces Ă©tudes : • Contrairement Ă  la prospective "Ă  la française" que dĂ©crivait Philippe Durance (Voir 3-1), dans la plupart des cas, la prospective n'est pas exercĂ©e dans un but d'action, mais plutĂ´t de mettre en avant des conclusions, des points chauds, etc. Ă  disposition des industriels, chercheurs et grand public. • Il y a 10-15 ans, la prospective consistait en des Ă©changes entre scientifiques pour produire des Ă©tudes purement techniques ; depuis, on a Ă©tĂ© obligĂ©s d'introduire les sciences humaines (sociologie, etc.). MĂŞme quand on parle de technologie, il faut introduire la focale sociĂ©tale. • Dans les systèmes d'Ă©valuation des projets de recherche, de plus en plus, on rĂ©alise des Ă©valuations ex-ante plutĂ´t qu'ex-post. Ce que l'on cherche Ă  mesurer ce ne sont pas les rĂ©sultats scientifiques, mais leurs impacts. Donc on est obligĂ© de prendre en compte le contexte. Et celui-ci est de plus en plus Ă  considĂ©rer au niveau le plus local. Principales tendances observĂ©es en lien avec les territoires : • La plupart des pays du monde manquent de compĂ©tences pour apprĂ©hender les diffĂ©rentes facettes de la prospective • La difficultĂ© du transfert technologique de la recherche vers l'industrie n'est pas un phĂ©nomène franco-français ; beaucoup de pays s'y heurtent • La pĂ©nurie de ressources naturelles est une constante dans tout exercice ; le vieillissement des populations Ă©galement • Les TIC en tant que telles perdent de l'importances par rapport aux domaines pĂ©riphĂ©riques comme les biotechnologies. Les NBIC (convergence entre nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) constituent le cadre de rĂ©fĂ©rence le plus commun pour l'avenir • Les pratiques d'"'enternainment" et leurs diffĂ©rentes facettes sont de plus en plus mentionnĂ©es dans les Ă©tudes de prospective ("Second Life" est-il un jeu ?) 8 http://fistera.jrc.es/
  • 3-4 Difficiles relations entre prospective technologique et prospective territoriale Discussion Une des difficultĂ©s de la prise en compte de la synergie entre les deux dynamiques de prospective (territoriale et technologique donc) est liĂ©e Ă  la confrontation des horizons temporels. En effet, pour permettre de projeter des tendances ou d’envisager des ruptures, la prospective territoriale travaille communĂ©ment avec un horizon temporel de l’ordre de 20 Ă  25 ans (2030). Cet horizon dĂ©passe largement celui qu’il semblerait raisonnable d’utiliser avec des objectifs similaires pour un exercice Ă©quivalent en matière de TIC. • Un exemple de l’importance de relier prospective technologique et prospective territoriale : le cas de la mobilitĂ©. La mobilitĂ© des personnes reprĂ©sente une des dynamiques fondamentales d’un territoire donnĂ©, qu’il soit international, national ou local ; elle reprĂ©sente Ă©galement un enjeu primordial pour les territoires, que ce soit en matière de politique publique (intĂ©gration, mobilitĂ© sociale, etc.) qu’en termes d’économie. Quelques Ă©conomistes ont mis en lumière ces dernières annĂ©es l’importance pour un territoire de l’économie dite « prĂ©sentielle », basĂ©e sur la captation des dĂ©penses des personnes prĂ©sentes sur le territoire Ă  un moment donnĂ©, et qui se mesure en termes de revenus et non plus de PIB. Il s’agit principalement des revenus issus des retraitĂ©s, des touristes, des dĂ©placements induits par le travail (dissociation lieu de vie/lieu de travail), etc. Le dĂ©veloppement de cette Ă©conomie va devenir un enjeu de poids pour bon nombre de territoire. Le croisement d’une variable « Accès aux rĂ©seaux », par exemple, avec la mobilitĂ© des personnes, et donc le dĂ©veloppement d’une Ă©conomie prĂ©sentielle, pourrait mettre en lumière de types d’évolution possibles : soit partir du principe que la facultĂ© d’ubiquitĂ© rendue possible par un accès o simple et omniprĂ©sent (sans fil) favorise la mobilitĂ© ; soit partir du principe que ce mĂŞme accès, par le dĂ©veloppement du travail Ă  o domicile, conduit Ă  une rĂ©duction de la dissociation entre lieu de vie et lieu de travail, rĂ©duisant ainsi un type de mobilitĂ©, au dĂ©triment de l’économie prĂ©sentielle. • On raisonne souvent du point de vue d'un territoire ; or, les technologues qui ont des choses Ă  essayer, Ă  montrer, etc. ont besoin de le faire quelque part!!! D'oĂą la nĂ©cessitĂ© pour chacun de sortir de ses propres reprĂ©sentations et de dialoguer avec les territoires.
  • 3-5 Exemples de "scĂ©narios 2026" ScĂ©nario 2026 « CommunautĂ© des migrants » Le vieillissement de la population entraĂ®ne Ă  la fois une vague de fond de rĂ©sidences alternĂ©es au Maroc pendant les saisons automne/hiver/printemps et un besoin accru de main d’œuvre pour accompagner le quatrième âge. Il existe donc une double migration : - du sud vers le nord pour le travail - du nord vers le sud pour le loisir. De nouveaux services liĂ©s Ă  la personne se dĂ©veloppent pour proposer des applications innovantes avec tĂ©lĂ©mĂ©decine, tĂ©lĂ©services intĂ©grĂ©s pendant la pĂ©riode de rĂ©sidence au Maroc. Certaines collectivitĂ©s territoriales, comme la ville de Lyon, ont choisi de dĂ©localiser leurs rĂ©sidences pour personnes âgĂ©es. Dans ces conditions, le scĂ©nario pose la question de l’ici et de l’ailleurs. Comment exercer ses droits alors que l’on est plus prĂ©sent. Le droit de vote reste-t-il liĂ© Ă  la condition de la domiciliation ou Ă©volue-t-il ? Car l’universalitĂ© est rendue possible par les technologies. Un conflit se noue lors d’un conseil municipal auquel assistent les rĂ©sidents de la maison de retraite de la ville de Lyon installĂ©e quelque part au Maroc. 10 novembre 2026 Une communautĂ© de 600 personnes part de Lyon Satolas dans le tout nouvel Airbus A 380 mis en service quelques mois plus tĂ´t. Direction l’aĂ©roport de Casablanca avec comme destination finale Essaouira, l’ancienne Mogador, pour la rĂ©sidence communale en temps partagĂ©. ArrivĂ©s sur place, les rĂ©sidents se retrouvent dans leur environnement numĂ©rique habituel. Quelques jours après leur arrivĂ©e, le maire de Lyon les invite Ă  prĂ©parer le Conseil municipal auxquels ils participent Ă  distance, toujours avec assiduitĂ©. Les moyens budgĂ©taires limitĂ©s posent la question de l’allocation des ressources au travers d’un budget participatif. A cette occasion, la question du renouvellement de la climatisation de leur rĂ©sidence se pose. Il est vrai que les lyonnais actifs qui ne connaissent pas la rĂ©sidence ont jugĂ© la dĂ©pense peu urgente et l’ont relĂ©guĂ© Ă  un autre conseil municipal provoquant l’indignation de l’ensemble des rĂ©sidents. L’opposition marquĂ©e entre les deux groupes se cristallise sur le coĂ»t des nombreux services dont est dotĂ©e la rĂ©sidence (tĂ©lĂ©mĂ©decine, tĂ©lĂ©surveillance, tĂ©lĂ©communication, tĂ©lĂ©enseignement, etc.) jugĂ© prohibitif par la population restĂ©e Ă  Lyon Les rĂ©sidents lyonnais qui passent dĂ©sormais plus de la moitiĂ© de l’annĂ©e au Maroc menacent de ne plus payer leurs impĂ´ts Ă  Lyon. En rĂ©ponse, les lyonnais considèrent dans leur immense majoritĂ© que la dĂ©localisation de la vie locale ne devrait plus ĂŞtre acceptĂ©e ; seule la rĂ©sidence devrait permettre la participation Ă  la vie locale. D’ailleurs, dans l’exercice de son mandat national, le Maire ne pointe-t-il pas rĂ©gulièrement l’ardente obligation d’ouvrir la vie locale aux migrants non europĂ©ens installĂ©s Ă  Lyon parfois depuis plusieurs dĂ©cennies ? Une dĂ©chirure numĂ©rique intervient au moment prĂ©cis oĂą le Maire dĂ©cide de rompre avec sa communautĂ© extĂ©rieure proposant Ă  un groupe privĂ© de racheter la rĂ©sidence et de remettre en cause la possibilitĂ© de participation Ă  distance au Conseil municipal.
  • ANNEXE 1 : PROGRAMME DU SEMINAIRE MatinĂ©e : "Renouveler nos perspectives" • 9h00 : Accueil des participants • 9h30 : prĂ©sentation des enjeux de la journĂ©e Mission TIC et mission amĂ©nagement du territoire de la RĂ©gion Provence Alpes CĂ´te d'Azur et/ou un Ă©lu du Conseil RĂ©gional • 10h : Ă©tat de la prospective territoriale Sur quoi porte la prospective territoriale ? A quoi s'intĂ©resse-t-elle ? Que produit-elle ? Quels messages gĂ©nĂ©raux s'en dĂ©gagent-ils aujourd'hui ? Philippe Durance, Lipsor (Laboratoire d'Investigation en Prospective StratĂ©gique et Organisation) Louis-Laurent Dupont, AGAM – La dĂ©marche de prospective sur le territoire Le Havre Pointe de Caux Pause (< 15 mn) • 11h : Ă©tat de la prospective technologique et implications territoriales Quels paradigmes nouveaux Ă©mergent-ils de la prospective technologique Ă  10-20 ans ? Quelles incidences peut-on en attendre sur les territoires ? Daniel Kaplan, FING Alain Puissochet, expert indĂ©pendant • 12h : Discussion : Chercher les ruptures En quoi la prospective technologique apporte-t-elle des surprises pour les territoires ? Qu'est-ce qui peut changer de manière radicale ? A quels scĂ©narios nouveaux pourrait- on penser ? Dans quels domaines peut-on penser que l'impact et le rĂ´le des technologies peuvent ĂŞtre les plus importants ? 12h45- DĂ©jeuner en commun
  • Après-midi : "Revoir nos perspectives" • 14h : « ateliers 2026 » (durĂ©e approximative : 1h30) Chaque atelier croise un domaine d'action territoriale, une ou plusieurs tendances technologiques, une situation d'usage… Ă  l'horizon 2026, pour raconter une histoire. [Voir en page suivante les modalitĂ©s de dĂ©roulement des ateliers] Pause (< 15 mn) • 15h45 : partage et discussion des histoires DĂ©gager les lignes de force, les questions-clĂ©s, les incertitudes, les ruptures possibles… • 16h30 : conclusions opĂ©rationnelles De quoi a-t-on besoin pour penser autrement l'avenir des territoires ? Peut-on repĂ©rer des initiatives, des signaux faibles intĂ©ressants dans la rĂ©gion ? Comment les acteurs territoriaux et les acteurs des TIC peuvent-ils mieux travailler ensemble ? Y a-t-il de nouveaux axes de R&D Ă  encourager ?... 17h : fin du sĂ©minaire
  • ANNEXE 2 : METHODOLOGIE DES TRAVAUX EN ATELIER : LE JEU DES SCENARIOS Objectif Au travers de la production d'"histoires du futur" (en 2016), identifier des manières dont la prise en compte des technologies ouvre des pistes nouvelles Ă  la prospective territoriale, et donc Ă  l'action de la part des territoires. Les groupes Environ 7 participants par groupe. Doivent ĂŞtre prĂ©dĂ©terminĂ©s Ă  partir de la liste des inscrits (rĂ©ajuster dans la matinĂ©e en fonction des prĂ©sents), pour obtenir de la diversitĂ© : • RĂ©partir les intervenants entre les groupes • Un Ă©quilibre techniciens / territoriaux, acadĂ©miques / acteurs, si possibles hommes / femmes La mission : Nous sommes en 2016. A partir des Ă©lĂ©ments contenus dans les cartes, racontez : • Une scène • Ou bien une journĂ©e • Ou bien un dĂ©roulement de 2006 Ă  2016, avec une ou deux Ă©tapes intermĂ©diaires Le dĂ©roulement • On distribue une carte "Contexte" diffĂ©rente par groupe • Chaque groupe se dote d'un rapporteur • Chaque groupe dispose de toutes les autres cartes, rĂ©parties en 4 tas • Chaque participant tire une carte Ă  son tour : 1 carte dans le tas "orientation" o 2 cartes dans le tas "thème" o 2 cartes dans le tas "technologies" o 1 carte dans le tas "tendances lourdes" o (s'il y a plus de cartes Ă  tirer que de participants, certains participants tirent deux fois) • On Ă©tale toutes les cartes • Echauffement (30 mn) : Les participants se rĂ©partissent par sous-groupes de 2 personnes o Ils choisissent 3 cartes de 3 catĂ©gories diffĂ©rentes, et dĂ©crivent rapidement o (10 mn) une situation que le croisement des 3 leur Ă©voque Les sous-groupes partagent ensuite leurs travaux. Ils identifient des points o communs, des surprises, des contradictions
  • Une histoire du futur : en partant de la carte "contexte", les participants dĂ©crivent une scène ou une journĂ©e de 2016, ou encore une histoire de 2006 Ă  2016 Ils peuvent capitaliser sur les situations dĂ©crites dans la phase prĂ©cĂ©dente o Ou sinon, enrichir leur histoire en ajoutant successivement une carte, puis o une autre, puis une autre... • PrĂ©parer la restitution : Donner un nom Ă  l'histoire o RĂ©pĂ©ter l'histoire o La restitution et la discussion • Chaque groupe dispose de 5 mn pour raconter son histoire • La discussion porte sur : Ce qui nous surprend dans les histoires o Ce qui paraĂ®t commun aux histoires o Ce qui paraĂ®t contradictoire ou paradoxal o Ce qui semble changer de majeur entre aujourd'hui et 2016 o Ce que l'intervention active des technologies apporte Ă  la vision de l'avenir o Ce que cela ouvre comme perspectives ou dĂ©fis aux territoires o
  • Contexte (1 carte) Usage : la carte centrale, celle qui dĂ©finit autour de qui ou de quoi se construit l'histoire. Choisie au hasard. Contexte Contexte Tom, 30 ans, La famille au travail... Martin... Contexte Contexte La commune pĂ©riurbaine La PME de La Treille... Toutatout SARL... Contexte Contexte Jeanne, La communautĂ© Ă©lue locale... des migrants de......
  • Thème (choisi dans les missions territoriales - 2 cartes) Usage : thèmes Ă  aborder, au travers de leurs traductions dans le contexte de l'histoire. Carte choisir au hasard. Thème Thème AmĂ©nagement du territoire CohĂ©sion sociale Urbanisme Aide sociale Thème Thème DĂ©bat public, Culture, loisirs, citoyennetĂ©, gouvernance sport Thème Thème DĂ©veloppement Education, Ă©conomique formation Thème Thème Gestion des risques MobilitĂ©, et des crises transports
  • Thème Thème SĂ©curitĂ© Habitat collectif
  • Technologies (2 cartes) Usage : 2 ensembles de technologies sur lesquels se fondent certaines des transformations ou dĂ©cisions racontĂ©es dans l'histoire. Cartes tirĂ©es au hasard. Technologies Technologies RĂ©seaux "Intelligence ambiante", omniprĂ©sents informatique omniprĂ©sente Technologies Technologies "Infrastructure informa- IdentitĂ©, sĂ©curitĂ© : tionnelle" : donnĂ©es et RFID, biomĂ©trie, services partagĂ©s, gĂ©olocalisation, traces, indexĂ©s, interopĂ©rables tĂ©lĂ©surveillance... Technologies Technologies Outils de crĂ©ation Intelligence personnelle, de mise en artificielle, robotique rĂ©seau, de coopĂ©ration
  • Technologies Technologies Nano- et bio- RĂ©alitĂ© virtuelle, technologies rĂ©alitĂ© augmentĂ©e
  • Orientation gĂ©nĂ©rale (1 carte) Usage : dĂ©finit l'esprit gĂ©nĂ©ral de l'histoire et le rĂ´le particulier qu'y joue la technologie. Une carte tirĂ©e au hasard. Orientation Orientation La technologie contribue La technologie transforme de manière dĂ©cisive Ă  en profondeur le contexte rĂ©pondre aux problèmes Orientation Orientation La technologie est La technologie intervient expĂ©rimentĂ©e mais Ă©choue lĂ  oĂą on ne l'attendait et/ou se voit violemment pas, et pas lĂ  oĂą on refusĂ©e l'attendait
  • Tendances lourdes (1 carte) Usage : un Ă©lĂ©ment de contrainte Ă  prendre en compte dans l'histoire. Tendance lourde Tendance lourde Mondialisation Energie et migrations chère Tendance lourde Tendance lourde Premières manifestations Vieillissement de la du changement climatique population Tendance lourde Tendance lourde Fractures sociales Urbanisation continue, locales et mondiales mais extensive
  • ANNEXE 3 : PRESENTATION DU PROGRAMME "VILLES 2.0" DE LA FING Les "Programmes d'action" de la Fing Les "programmes d'action" de la FING se focalisent sur des enjeux stratĂ©giques de l'avenir, multisectoriels, multitechnologiques et en mĂŞme temps immĂ©diatement intelligibles. L'objectif est de fĂ©dĂ©rer les Ă©nergies, les expĂ©riences, les connaissances, pour stimuler l'action et proposer des pistes radicalement nouvelles : Identifier les enjeux, les opportunitĂ©s, les dĂ©fis o SynthĂ©tiser et rendre accessible l'Ă©tat des connaissances o Faire venir de France et d'ailleurs projets, idĂ©es, expĂ©riences, bonnes pratiques o et visions, en mobilisant l'intelligence collective des rĂ©seaux Rendre visibles, soutenir et labelliser des projets innovants ou exploratoires, Ă  o fort potentiel CrĂ©er un effet de levier avec les institutions publiques, les collectivitĂ©s locales, o les fondations, les investisseurs privĂ©s... Produire en synthèse des pistes d'action innovantes pour les acteurs publics et o privĂ©s. Les programmes d'action se structurent autour d'objectifs mesurables et d'Ă©chĂ©ances prĂ©cises. Ils ont une dimension internationale et leurs principales productions sont bilingues. Ils sont menĂ©s de manière partenariale, de manière Ă  favoriser l'appropriation de leurs rĂ©sultats et Ă  maximiser leur effet de levier. Leurs rĂ©sultats, comme toute la production de la Fing, sont publics et fortement mĂ©diatisĂ©s. Le programme "Villes 2.0" Le programme "Villes 2.0" a pour vocation : D'amĂ©liorer et partager la comprĂ©hension de la manière dont les technologies o numĂ©riques, les services et les usages qui se dĂ©veloppent Ă  partir d'elles, contribuent Ă  la transformation des villes et de l'expĂ©rience urbaine ; D'explorer le rĂ´le croissant des TIC dans la rĂ©ponse aux enjeux stratĂ©giques o des acteurs de la ville ; D'identifier les pistes d'innovation les plus prometteuses dans les technologies o et les services numĂ©riques en lien avec la ville ; De jouer un rĂ´le d'accĂ©lĂ©rateur pour des projets, des start-ups, des initiatives o collectives mobilisant les TIC au service de la transformation des villes, des services urbains, de l'expĂ©rience de la ville ; De contribuer Ă  la dĂ©finition des stratĂ©gies d'innovation des acteurs des TIC, en o amĂ©liorant leur apprĂ©hension des problĂ©matiques de la ville et en renforçant leurs liens avec les acteurs de la ville ; D'amĂ©liorer la manière dont les dynamiques propres aux technologies et Ă  o leurs usages sont prises en compte dans les stratĂ©gies et la prospective urbaines, et plus gĂ©nĂ©ralement dans les dĂ©bats sur l'avenir des villes.. Le programme "Villes 2.0" est lancĂ© sur une pĂ©riode de 18 mois (2006-2007). Il fait suite au projet "MobilitĂ©s.net", menĂ© en commun par la FING et la RATP en 2003-2004.
  • Pour qui, avec qui ? Le programme s'adresse : Aux acteurs de la ville : Ă©lus, fonctionnaires territoriaux, urbanistes, architectes, o promoteurs, acteurs sociaux, transporteurs, gestionnaires d'infrastructures, fournisseurs de services urbains, commerçants, intermĂ©diaires financiers ; Aux acteurs des TIC "fixes" ou "mobiles" : constructeurs, Ă©diteurs de logiciels, o opĂ©rateurs, fournisseurs d'accès, fournisseurs de services et de contenus, agrĂ©gateurs, sociĂ©tĂ©s de services... Aux experts, consultants, prospectivistes, intĂ©ressĂ©s par le lien entre TIC et ville ; o Aux chercheurs en sciences et techniques d'une part, sciences humaines d'autre part o (Ă©conomie, management, sociologie, anthropologie, gĂ©ographie, communication...) ; Aux associations, communautĂ©s et groupes informels actifs dans ces domaines ; o Aux innovateurs et crĂ©ateurs individuels, porteurs d'idĂ©es neuves et de projets hors o normes 5 thĂ©matiques centrales Le programme d'action "Villes 2.0" s'organise autour d'une mĂ©thodologie prĂ©cise, qui vise en permanence Ă  marier deux objectifs a priori contradictoires : Se fonder sur les rĂ©alitĂ©s urbaines, les acteurs, les connaissances acquises, pour o envisager l'avenir de manière rĂ©aliste et concrète ; S'ouvrir aux idĂ©es neuves, aux propositions en rupture, aux visions dĂ©calĂ©es, pour o se prĂ©parer au changement et en tirer parti. Acteurs et enjeux Thèmes centraux 1- "RĂ©aliser la « ville durable »" Comment la "ville durable" est- StratĂ©gies urbaines : elle aussi celle du plaisir et de la Qu'est-ce qui fait que la ville crĂ©ation ? Comment produire les dĂ©cide elle-mĂŞme de se dĂ©cisions collectives nĂ©cessaires transformer ? ? 2- "La fabrique des services Acteurs de la ville : urbains" Comment leur activitĂ© se Comment la ville devient-elle dĂ©ploie-t-elle, Ă©volue-t-elle, une plate-forme d'innovation et s’agence-t-elle avec celle de partenariats, pour des d'autres acteurs ? services de plus en plus personnalisĂ©s ? 3- "Espaces-temps publics" Gestion de la ville : Comment le territoire urbain Comment ce territoire s'Ă©tend-il aussi dans le virtuel, fonctionne-t-il d'une quelles consĂ©quences pour les manière raisonnablement acteurs de la ville ? rĂ©gulière, sĂ»re et efficace ? 4- "Mes prises sur la ville" Comment agencer tous les Vie urbaine : canaux de relation avec le Comment les citadins et les citadin, tout en prĂ©servant sa vie visiteurs de la ville y vivent- privĂ©e ? ils leur vie, y rĂ©alisent-ils 5- "La carte est le territoire" leurs projets ? Comment la carte, numĂ©rique, active et partagĂ©e, devient-elle un outil de gestion temps rĂ©el, de simulation et d'action directe sur le territoire ?