2 partie francaise - premiers chapitres des feuillets-carnets de jm thomas

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2 partie francaise - premiers chapitres des feuillets-carnets de jm thomas

  1. 1. 1 1914 Dimanche 27, violente canonnade de 6 heures du matin au soir, de Albert à Bucquoy, l’artillerie a fait son parc dans la pâture Marquant et M Frère, à la chapelle du jardinier, j’ai trié les petites pommes de terre, on a tiré toute la nuit. Lundi 28, canon vers 10 heures du matin jusqu’au soir, canon par intervalle la nuit. Mardi 29 décembre, canon le long du jour, été à Bapaume conduire 4 sacs de blé à Paul Savary et 8 sacs et 40 kilos à M Frère Guislain, porté beurre et œufs et cognac à M Stienne et contremaître, ramené 3 sacs de farine et moi vin en bouteille, commissions diverses, porté 4 lapins aux Sœurs Bleues, rencontré 6 bandes ou compagnies allemandes venant de Biefvillers et Miraumont, se rendant par Bapaume, sans fusils et sacs au dos. Ce sont des soldats, soidisant, qui ont fini leur engagement de 4 mois et retour à Berlin, le soir et la nuit le canon. Mercredi 30 décembre, canon tout le long du jour, aéroplanes allemandes, françaises et anglaises, j’ai fait de la bière, pris du malt et du houblon à Bapaume, on a tiré le canon toute la nuit. Jeudi 31 décembre, canon tout le long du jour, le reste de fantassins allemands sont tous partis par alerte, à midi, réglé compte avec une ordonnance, reporté chaudière de M Frère chez Guilbert, j’ai commencé à battre avoine, le canon dans la nuit par intervalles, à minuit grand émoi fusillade partout pour annoncer le nouvel an allemand. 1915 Vendredi, triste nouvelle année, on a tiré beaucoup le canon tout le jour, j’ai encore battu un peu d’avoine, on a cuit pour nous, on a tiré le canon la nuit. Samedi 2 janvier, on a tiré tout le jour, à Bapaume conduire 1000 kilos de blé Coulmont, 3 sacs de farine, la farine vaut 50 marks, porté beurre et œufs M Stienne et contremaître, farine un peu pour moi, porté tonneau vide Benjamin chez M Bleuet, porté beurre et œufs chez M Raison, commissions diverses, canon et combats la nuit. Dimanche 3 janvier, canon fort le long du jour, vanné avoine, pesé 200 kilos de pommes de terre. M Frère appelé par le Kommandant pour les semailles de blé et affaire, arrangé faute d’argent hommes et chevaux et charrues, humidité du sol, on a tiré la nuit par intervalles. 2 Lundi 4 janvier, été à Bihucourt chercher 3000 kilos de charbon avec les Allemands pour les habitants, été 2 fois avec cheval Marquant, distribué après-midi, on a tiré le canon au loin et vers Douai, on a tiré au canon la nuit. Mardi, été à Bapaume conduire pommes de terre à l’hospice pour Mme Stienne, poules et coqs contremaître Benoit Barbey, porté œufs Raison, pommes de terre, œufs et beurre M Gaston, commissions diverses, on a tiré toute la nuit, combats vers Douai. Mercredi, de grand matin combats vers Douai et Bucquoy, on a tiré tout le jour, j’ai battu avoine, on a cuit, la nuit on a tiré le canon. Jeudi 7 janvier, été à Bapaume conduire blé de Lequette, 1000 kilos 12 sacs et 40 kilos, ramené 3 sacs de farine et moi un peu, porté beurre chez M Stienne et contremaître, commissions diverses, on a tiré le canon sur Albert tout le jour, la nuit le canon. Vendredi 8 janvier, violent bombardement tout le jour sur Albert et Miraumont, j’ai battu et vanné, Delacourt a eu des difficultés avec un Allemand et a été puni de 3 jours de 1
  2. 2. salle de police, a été au poste de police chez Antoine Raison, hier les fantassins qui sont partis la veille du nouvel an sont revenus après avoir été au feu à Bucquoy, on a pris le cheval de Paul Savary la noire aveugle dans les champs, on a tiré toute la soirée, l’ordonnance du Kommandant est venue apporter pétrole et donner à laver tunique et pantalon, canon toute la nuit. Samedi 9 janvier, été à Bapaume chercher 700 ardoises et un paquet de clous chez Pamart contre bon, rapporté commissions diverses, battu après-midi avoine, canon le long du jour, l’ordonnance a apporté sucre, café, sel, lessive pour lui. Dimanche 10, violents combats tout le jour, beaucoup d’aéroplanes, René Gréselle est décédé après-midi, canon la nuit assez fort. Lundi, conduit blé à Bapaume 1000 kilos Coulmont, l’inspecteur dit que je peux prendre 400 kilos farine seigle sans payer, je n’ai rien pris sans autorisation, ramené levure et bière pour Normand, du son pour Flore, Marie Lequette, Charles et M Frère, canon toute la journée, fort, porté beurre contremaître et M Stienne, farine pour moi, on a cuit un peu, le canon la nuit. 3 Mardi 12 janvier, été à Bapaume pour porter autorisation du Kommandant de Grévillers afin que le Supérieur du collège (enterrement) vienne voir M Eugène ou M le Doyen, qui a donné quelques biscuits et commissions, été chercher bon de blé, conduit hier lundi et offert farine de seigle, battu avoine après-midi, la nuit de lundi il a été tiré 2 coups de fusil, soidisant, alors explications du Kommandant avec M Frère, le canon le long du jour. Mercredi, le matin, M Frère, M Trollé, M le Curé et Mehaye sont tenus comme otages pendant la perquisition qui va avoir lieu, publié que l’on va perquisitionner et que les otages seront tenus si on trouve encore des armes qui doivent être déposées sur la place publique, les otages sont restés jusqu’à midi à la mairie, après-midi M Frère a été à la mairie pour explication de l’impôt foncier, tout s’est bien passé, le canon au loin de grand matin et le long du jour. Jeudi, canonnade violente, beaucoup tout le long du jour et le soir vers Miraumont et Bucquoy, j’ai battu avoine et vanné. Il est demandé à la commune une indemnité de 17000 francs à la commune, M Frère a refusé disant qu’il était impossible de trouver cette somme il attend une transaction suivant la réponse de la Division, la nuit bataille. Vendredi, violente canonnade tout le jour et le soir vers Miraumont et Bucquoy, j’ai battu avoine, convoqué les conseillers plus M Trollé pour demain chez Léonce Peugnet pour discuter du prix de l’indemnité. Samedi, combat tout le jour, à 8 heures réunion du Conseil municipal chez Léonce Peugnet, puis à 10 heures réunion chez le Kommandant pour soumettre leur délibération et se mettre d’accord pour l’indemnité, été à Bihucourt chercher charbon puis distribué aux particuliers, pour de l’argent à 2 francs 75 l’hectolitre, fini de batte l’avoine, on a cuit, il est question qu’une machine de Gomiécourt viendra battre toutes les récoltes la semaine prochaine. Dimanche 17 janvier, on a vanné le reste d’avoine, il y en a en tout 14 sacs, l’abbé Delville est décédé ce matin, on a placé le téléphone de chez Lempereur à M Dauthuille où est le Kommandant, il a été versé 4000 francs d’indemnité, canonnade tout le jour, …. ( des ponts dans le texte) est venu payer le fermage de son champ. 4 Lundi, il fait des neiges, j’ai battu le blé avec Nina, canonnade très peu si ce n’est cet après-midi, M Eugène n’est pas bien. 2
  3. 3. Mardi 19 janvier, M Eugène est décédé ce matin sans souffrance, les fantassins sont partis vers Douai, Marquis est parti avec eux conduire les bagages pour deux jours, battu blé avec Nina jusque midi, après-midi nettoyage du village avec Henri, après-midi vanné blé 11 quarts, canonnade au loin sur Douai, Alice a été à Bapaume pour commission et couronnes M Frère, le soir canonnade violente sur Douai, Arras. Mercredi, de grand matin canonnade violente sur Arras et Douai après-midi sur Bucquoy, Miraumont, il n’y a plus de pain ni à Sapignies ni Beugnatre, on a cuit, j’ai battu seul. Jeudi, on a enterré M Eugène, triste, j’ai battu seul et vanné le reste de blé bon fermier, en tout on a eu 18 quarts, canonnade tout le long du jour sur Miraumont, Bucquoy, pas de pain à la boulangerie. Vendredi, battu blé hybride avec Nina, j’ai été chercher les ouvriers pour la batteuse M Trollé, pour les Allemands battre blé, canonnade lente toute le jour, il y a du pain de seigle un peu à la boulangerie, Louis est quitte. Samedi, j‘ai battu un peu, Nina seule, été au charbon à Bihucourt pour le Bureau de Bienfaisance et distribué après-midi, réunion du Conseil municipal pour demander une nouvelle indemnité qui est très élevée, le soir un sous-officier est passé avec un homme pour faire le logement, nous avons 8 hommes et un sous-officier pour notre part, on n’a pas tiré beaucoup le canon, le ballon allemand a survolé Longueval. Dimanche 24 janvier, j’ai été à Bapaume chercher bière pour Benjamin R, porté une poule de lui à M Stienne, commissions, rapporté son pour M Frère et Lequette, M Stienne livre bouteille, on a vanné le blé hybride 12/4, on n’a pas tiré le canon. 5 Lundi 25 janvier, on n’a pas tiré le canon, j’ai battu avec Nina, fini le blé hybride à midi, commencé le blé à la voie d’en haut, on a chercher des pommes de terre, on a cuit pour nous, désinfecté chez M Frère les appartements de M Eugène. Mardi, on a tiré le canon sur Arras et Ayette, j’ai été chercher 100 livres de farine de Mir (?) , chez Gréselle pour M Frère contre un hectolitre de blé de 150 livres qu’on lui doit pour mélanger avec les 95 livres qu’il a eu à Beugnatre du moulin à vent, j’ai battu avec Nina jusque 10 heures, M Frère est venu dire d’arrêter et d’aller dans chaque maison, défendu de battre au fléau et à la petite batteuse il n’y a plus que la grosse qui marche. Le Kommandant est passé dans les granges et greniers pour vérifier les ressources qu’ils ont encore, on a pris les pommes de terre chez Bélot et Benjamin, vanné après-midi le reste du blé hybride, en tout on a eu 15 quarts et demi sur le fournil, ensuite on a eu blé mélangé voie d’en haut 6 quarts sur le fournil et 10 quarts bon fermier sur le fournil, on a tiré le canon la nuit. Mercredi, on a tiré le canon tout le jour de Longueval à Arras loin, j’ai nettoyé chez Dauthuille, on a volé cette nuit beaucoup de poules et lapins, aujourd’hui les Allemands fêtent leur empereur. Jeudi, on a tiré le canon vers Albert et Miraumont, scié bois, convoqué le Conseil municipal chez le Kommandant, à 3 heures, pour verser une nouvelle indemnité, Jeanne a cuit chez nous. Vendredi, on a tiré beaucoup le canon vers Ayette et Longueval, beaucoup d’aéroplanes, on a cuit pour M Frère, publié pour les laissez-passer, après avoir le blé et l’escourgeon M Trollé, on dégrange avoine, en commençant par Coulmont, Albert Soiluer Joseph Heudicourt et Devaux Léon, j’ai coupé la haie du jardin, on dit qu’il est tombé accidentellement un aéroplane français entre Miraumont et Achiet le Petit, lieutenant bras cassé. Samedi, on a continué de battre, pris avoine aujourd’hui chez M Frère Aubert et Auguste Dudicourt, été couper la haie du jardin, Léon Duflot et Grand Emile ont été au poste 3
  4. 4. pour n’avoir pas voulu verser leur part d’indemnité, ils ont été défermés après versement, on a tiré le canon vers Albert et Arras, beaucoup d’aéroplanes, la nuit on a tiré. Dimanche 31 janvier, on a tiré beaucoup le long du jour, vers Albert et Ayette, été à Bihucourt chercher du charbon, pour payer 3000 kilos, il neige beaucoup, distribué charbon après-midi, on a tiré le canon la nuit ; Lundi 1° février, on a continué le battage et Edouard Michez, on a tiré beaucoup le canon de Albert à Arras, on a tiré beaucoup toute la nuit. Mardi, on a tiré au canon de Albert à Arras, été à Bapaume conduire le blé de M Frère 1250 kilos, ramassé 65 sacs de farine de blé et 250 kilos de rebulet pour faire pain gris, porté beurre et œufs à M Stienne et Bajeux, un peu de farine pour moi, on a tiré la nuit le canon. Mercredi, on a beaucoup tiré au canon tout le jour, été coupé la haie du jardin et avec Joseph Dudicourt, visiter les chemins, triste visite à voir le bois, on a tiré beaucoup la nuit le canon et infanterie. Jeudi, violente canonnade tout le jour, on a cuit pour nous et M Frère, été à la haie, été à la mairie dresser la liste des habitants pour le Kommandant, la farine vaut 55 marks ou 68 francs 75 les 100 kilos, rebutet aussi, on a tiré le canon la nuit. Vendredi, on a tiré beaucoup le canon, ballon allemand a survolé vers la Croix de Paris, été à Bapaume conduire veau gras à Achille, ramené son pour Marie Lequette, été à la haie, on a tiré le canon la nuit. Samedi 6 février, on a tiré le canon tout le jour, été chercher 3320 kilos de charbon à Bihucourt puis distribué, Jeanne a cuit, on a tiré la nuit. Dimanche 7 février, on a tiré le canon tout le jour, été à la haie, après-midi relevé la liste des hommes de 15 ans à la naissance du 1° janvier 1860, on a tiré le canon la nuit. Lundi 8 février, on a tiré le canon tout le jour, battu blé sur tonneau, triste moyen, été au cimetière pour M Frère et au jardin, affiché proclamation pour les appels, on a défait les piquets de fer à la pâture Mme Lesage. Mardi 9 février, on a tiré le canon tout le jour, battu blé sur une échelle, on a su par un jeune homme d’Etreux, qui habitait le moulin, que M Lesage était décédé fin novembre, la nuit on a tiré le canon. Mercredi, calme beaucoup d’aéroplanes, j’ai publié «aviateurs qui laissaient tomber petits sacs sans les remettre aux autorités allemandes » Jeudi, calme, on a tiré peu au canon, affiché avis concernant les renseignements à l’ennemi, j’ai battu sur une échelle, on a cuit pour nous. 6 Vendredi 12 février, il a neigé un peu, on a tiré le canon assez bien, battu blé sur échelle, la nuit on a tiré le canon. Samedi, on a tiré le canon beaucoup vers Albert et Miraumont, été à Bihucourt chercher du charbon 3420 kilos et distribué l’après-midi, fini de battre le blé sur échelle, la nuit on a tiré le canon. Dimanche 14 février, on a tiré le canon tout le jour vers Albert, Bucquoy, vanné le blé mâle 18 quarts, changé le trèfle de place. Lundi, on a tiré le long du jour vers Bucquoy, St Léger, continué le battage à vapeur ( Lemaire, Frère Aubert, Savary François, Auguste Dudicourt, Gréselle, Mme Leroy, Alexandre Parsis, Zéphyr, Léonce Peugnet, Antoine Raison, Paul Savary, Lequette ), on passe dans les maisons pour inscrire ce qui reste de bestiaux ; vaches, veaux et chevaux, j’ai bouché la haie du jardin, on tire ce soir vers Puisieux et St Léger, mis sur le fournil 10 quarts de blé mêlé et 5 sacs d’avoine, 10 demi-sacs. Mardi 16 février, aéroplanes et ballon captif, on a tiré peu, été à Bapaume conduire 1250 kilos de blé à M Frère et ramené 750 kilos de farine seigle à 45 francs 50 les 100 kilos, 4
  5. 5. porté beurre et œufs à Mme Stienne, rapporté un peu de farine et 10 livres luzerne, on a tiré la nuit. Mercredi 17 février, on a tiré beaucoup le canon tout le jour, publié l’appel à 10 heures pour jeudi par le Capitaine de Gendarmerie, la colonne s’en va demain, remplacée par la colonne d’Achiet le Petit, Jeanne a cuit, on a battu et ramassé blé battu dans beaucoup de maisons, on a tiré la nuit le canon. Jeudi, revue passée à 11 heures 30, publié que la dite revue a lieu à 9 heures 45, M le Capitaine arrive en auto et passe la revue, 16 ont été inscrits, des fantassins sont venus couper la haie du jardin sur les champs, après-midi été la réparer, la colonne est partie à Aniche et ceux d’Aniche, bon Capitaine. Vendredi, on a tiré le canon tout le long du jour, été à Bapaume à pied porté beurre et œufs à Mme Stienne et Bajeux, commissions, été dans les champs après-midi, après-midi 4 Allemands et M Frère sont passés partout pour faire le relevé du blé dans les granges et greniers, surpris d’en trouver encore tant. Samedi, on a tiré le canon vers Miraumont et Bucquoy, été bêcher un peu au ¼, eu bien du mal avec tout à ranger. Dimanche, on a tiré le canon beaucoup de Longueval à Puisieux, aéroplanes allemands, inspection de la maison par 4 hommes et sous-officier, rien d’anormal de trouver, logé le sous-officier qui inspectait, on a cuit pour M Frère, Flore Michez a tué vache, été au ¼ bêcher. Lundi, journée calme, été à Bihucourt chercher 3680 kilos de charbon et distribué, publié que ceux qui veulent labourer et semer M le Capitaine met hommes et chevaux à leur disposition, on a cuit pour nous. Mardi, journée calme, semé blé à M Frère, gazon route d’Irles, M Dauthuille est venu chercher la brouette de la commune pour mettre cailloux sur le chemin de Ligny-Thilloy, publié par le Kommandant : il ne signera les laissez-passer que de 9 à 10 heures, fagoté dans le pré les arbres ébranchés, Jeanne a cuit. Mercredi, journée calme, la brouette est rentrée, il est arrivé par en haut une colonne d‘artillerie venant d’Ervillers 200 hommes et 200 chevaux, été bêcher au ¼, chez M Frère caché divers, il y a un homme de chez Jeanne qui va venir coucher, Jeanne a repris sa vache. Jeudi, on a tiré le canon entre Longueval ( ? ) et Douai, les soldats vont labourer et semer, publié pour les laissez-passer plus avant dimanche, été fagoté au jardin. Vendredi, été à Bapaume trouver l’Inspecteur au moulin pour farine aller à Achiet, commissions bière, on a tiré le canon, aéroplanes, distribué bons du blé de ceux qui en ont conduit à Beugnâtre en échange de la farine de seigle. Samedi 27 février, on a tiré le canon Longueval Bucquoy, on fait triste pain, un Allemand le fait aujourd’hui, grand mouvement de troupes cette nuit et aujourd’hui. 7 Dimanche 28 février, on a tiré le canon la nuit, été bêcher au ¼. Lundi 1° mars, on a tiré un peu, été fagoter au jardin, semé blé à M Frère au grand buisson, la batteuse M Trollé est installée en face chez Marquant pour battre. Mardi, on a tiré le canon, été à Bapaume chercher bière pour M Frère et Constance, ramené un tonneau pour Constance seulement, porté beurre et œufs à Mme Stienne et Bajeux, rapporté n peu de farine, on bat avec la machine dans la rue, on a cuit pour nous, on a tiré la nuit le canon. Mercredi, violente attaque le matin de bonne heure, on a tiré tout le jour le canon, publié qu’il y aura appel demain à 11 heures des hommes de 15 à 55 ans, été semer blé à M Frère, on a cuit pour M Frère, passé dans les maisons où il y a des étrangers pour savoir leur 5
  6. 6. naissance, on croit que c’est pour rationner les habitants pour la farine, on a tiré le canon la nuit. Jeudi, on a tiré le canon tout le jour, violente canonnade de 4 à 5 heures l’après-midi sur la gauche d’Arras, appel des hommes à 11 heures, Léon Desjardins n’est pas venu, le Kommandant a été avec moi, fini de bêcher le ¼, on bat toujours repassé du blé pour concasser. Vendredi, on a tiré le canon, publié que après-midi il est défendu de sortir du village, on fait des tirs réels, affiché proclamation, concassé une demi-heure blé en farine et une demiheure pour Charles chez Martial Jacquin, ceux qui avaient du blé à Beugnâtre ont reçu farine seigle en échange à Bihucourt. Samedi, on a tiré le canon, publié pour les laissez-passer qu’il faudra payer, ta misé farine pour un demi hectolitre de blé, j’ai eu 40 livres de farine. Dimanche, on a tiré le canon, concassé un demi-hectolitre de blé chez Martial, convoqué les jeunes gens inscrits à aller lundi matin à la batterie, tamisé blé et j’ai eu 40 livres de farine donc 80 livres farine pour un hectolitre blé bon fermier de mars. Lundi, calme, on a tiré le canon sur Douai, les jeunes gens sont à la batterie, été semé blé chez M Frère. Mardi, arrangé bois au jardin, été chez les cultivateurs demander ce qu’ils ont encore à labourer pour semer froment et avoine. 8 Mercredi10 mars, violente canonnade de 5 heures du matin jusqu’au soir entre Arras et Douai, été chercher brabant au bois et déposé chez M Frère, arrangé bois au jardin, on bat toujours à la grosse machine. Jeudi 11 mars, on a tiré le canon, été semer blé au château Fontenelle, été finir bois au jardin, bêcher chez nous, on a cuit pour M Frère, publié qu’il est défendu d’aller chercher bois avec tombereau et traîneau, il est permis de ramasser les coupures et petites branches. Vendredi, calme, bêcher à la maison, été au jardin finir de ranger, on a cuit pour nous. Samedi, on a tiré beaucoup le canon entre Arras, Douai et Longueval, bêcher au jardin, été demander chevaux pour labourer, accepté. Dimanche, on a tiré le canon sur Arras et Bucquoy, été labourer et semer à la chapelle petit coin de blé du bon fermier de nous avec Allemand, jardiné et semé, appelé par le Kommandant pour personnes travailler, jeunes filles et hommes valides, le soir Aschoff est rentré saoul, il a rendu. Lundi, on a tiré le canon au loin sur Arras et Longueval, planté pommes de terre au grand jardin, aulx, oignons, pois, etc. , semé blé sur Bihucourt pour M Frère et Lisa Leroy, été ramasser feuilles au pré, on sème toujours, 15 attelages par pièce, été planté pommes de terre au ¼, convoqué pour l’appel jeudi à 11 heures et ceux qui répondent au travail demain à 8 heures, rassemblement en face de la mairie 17 heures. Mercredi, rassemblement à 8 heures divisé en 3 parties, répandre fumier, ramasser betteraves et nettoyer village tout le soir, fini de planter les pommes de terre au ¼, semé oignons à la maison, on a tiré le canon tout le jour de Combles à Arras, reçu de M Frère 5 marks pour semage. Jeudi18 mars, revue et appel par le Capitaine de Gendarmerie, on a tiré le canon, Flavie a cuit. 9 Vendredi 19 mars, été à Bapaume, plusieurs commissions, j’ai repassé son chez Delacourt, on a cuit pour M Frère, on a tiré le canon le jour et la nuit. 6
  7. 7. Samedi, appelé chez le Kommandant qui me dit que Delacourt Jules a une amende de 10 francs par la Division, réduite à 3 francs par lui, été semer au Château de Pys pour M Frère, publié l’appel des hommes our1 heure 30 pour nettoyer le village sous la surveillance d’officiers allemands, semé oignons, poireaux, carottes chaudes, Jeanne a cuit, on a tiré le canon tout le jour, beaucoup d’aéroplanes. Dimanche, on a tiré le canon, beaucoup d’aéroplanes, le matin un cheval mort à transporter, on l’a mis dans le jardin Faidherbe, masse à dépouiller et il doit être visité par le vétérinaire qui a constaté une maladie de cœur, Gréselle a charrié les deux silos de betteraves 8 tombereaux, on a tiré le canon la nuit. Lundi, on a tiré beaucoup le canon, beaucoup d’aéroplanes, le matin semé blé chez M Frère au Château de Pys, ensuite labouré les 5/4 à la chapelle et les ¾ aux 3 Arbres par deux Allemands, la nuit on a tiré le canon. Mardi, on a tiré le canon, semé les 5/4 à la chapelle du blé japhet de Charles par un Allemand puis arrangé deux fois les 5/4 avec 3 arbres, après-midi nettoyé la place et surveillé les jeunes gens, scié du bois qui a été distribué aux pauvres puis sont arrivés quatre sousofficiers du 170° pour faire le logement avec eux, nous avons quatre hommes d’inscrits et un sous-officier, ils doivent arriver à 11 heures du soir, arrivés à 10 heures, nous logeons deux vaguemestres dans un lit et 3 ordonnances dans le fournil (170°) (bons chefs). Mercredi, journée calme pour le tir mais la colonne d’artillerie part à 9 heures du soir et remplacée par une autre colonne qui arrive à 7 heures, nous logeons deux chevaux dans l’écurie et 10 hommes dans la grange, nuit blanche. Jeudi, le nouveau Kommandant s’occupe battage, conduit où il y a des escourgeons, les hommes qui ont couché dans la grange ont trouvé un autre logement chez Constant. Vendredi, calme pour le tir, été à Bapaume, aéroplane anglaise est venue jeter des bombes, une sur un parc de voitures, pâture de la fabrique, quelques voitures écrabouillées une autre entre la gare et l’Usine à gaz, trois prisonniers civils évacués du lateau ( ? ) ont été blessés et deux Allemands dont un est mort, commissions, régiment Frantz fait du logement, le 170° part à 7 heures du soir et est remplacé par Frantz qui, arrive à 2 heures du matin, M Frère a été à Achiet pour avoir du charbon pour la batterie, 1000 kilos et 2000 pour les habitants, payés par M Frère, départ du 170°, 7 heures du soir, passé la nuit à attendre le régiment Frantz avec sous-officier et secrétaires. Samedi, le régiment Frantz arrive à 2 heures du matin, nous logeons un officier et 20 hommes dans la grange et le fournil, triste journée, il a fallu chercher 12 chevaux pour transporter les sacs des hommes, bon officier et secrétaires, ils viennent au rapport et écrivent, à midi concert par la musique en face de chez Dauthuille, régiment Frantz part pour Havrincourt à 8 heures, le caporal et l’homme qui a ses chevaux couchent chez nous, vers le soir un aéroplane anglais est venu jeter des bombes sur Bapaume, 7 bombes ont causé des dégâts sur Bapaume. Dimanche, calme pour le tir, beaucoup d’aéroplanes, on vient faire le logement pour demain, ramassé gazon aux 3 arbres et chapelle, les hommes rentrent a nuit de conduire des munitions, v ers le soir un aéroplane a survolé Bapaume. Lundi, calme pour le tir, à midi les deux colonnes d’artillerie (colonne du 103° artillerie) reçoivent l’ordre par téléphone qu’ils partent ce soir, en effet départ des deux colonnes à 8 heures, donc plus de soldats à loger, nouveau Kommandant qui paraît assez bon, cette colonne de ravitaillement (colonne du 10° Artillerie) vient de Pys, beaucoup d’aéroplanes, deux ont survolé Bapaume, on a placé cette nuit des canons sur le donjon, un aéroplane a jeté une bombe qui a fait sauver les soldats, le soir un autre a survolé Bapaume salué à coups de canons, on a distribué ce que les Allemands ont laissé de charbon. 7
  8. 8. Mardi matin, deux hommes sont venus pour loger et deux chevaux, gros, bons, il y a de tout, aéroplanes survolent Bapaume mais quittent car les canons sont nombreux, calme pour le tir, il est question d’évacuer les civils indigents. Mercredi, on entend de nouveau le canon vers Longueval, bons hommes que nous logeons, on a cuit pour M Frère, il est question que l’on va avoir une nouvelle colonne d’artillerie venant de Le Sart (colonne du 26° d’artillerie), Jeanne a cuit, j’ai été à Béhagnies trouver le Kommandant pour avoir le chariot de M Frère, vu et accepté le retour pour le soir du chariot, on a tiré le canon la nuit aéroplanes de nouveau. Jeudi Saint, été à Bapaume chercher Louis Leroy pour son père décédé à midi, aéroplane à midi a jeté 3 bombes sur Bapaume une bombe incendiaire est tombée et a incendié le hangar Provins, les autres sont tombées dans le hangar, 50 homes environ se reposaient et ont été asphyxiés, j’ai roulé le blé semé en mars, le soir à 7 heures un aéroplane est venu jeter six bombes sur Bapaume détruisant beaucoup de vitres, on a tiré beaucoup au canon , publié qu’il faut rentre à 8 heures et sortir à 6 heures. Vendredi Saint, jardin, été après-midi labourer dans le fonds d’Avesnes avec 3 Allemands pour M Frère, on a tiré beaucoup surtout vers Pozières et toute la nuit. Samedi Saint, été semer avoine avec Sylvain voie d’en haut, publié le beurre 1 franc 80, le lait 0 franc 80, les œufs 0 franc 10, on a cuit pour nous, on a réinstallé le téléphone venant de Martinpuich, les Allemands charrient le fumier, on fait des numéros en couleur, on refait du logement, il a plu après-midi, Mme Barry a été prise de crise à cause de l’évacuation forcée, on a tiré beaucoup le canon près, arrangé les tombes de M Frère, on a installé des canons à aéroplanes bois grignons, ils logent à Grévillers, on a pris la voiture Charles pour conduire Mme Compagnon à Quéant, on a tiré le canon la nuit. 10 Pâques, on a tiré le canon, été à Bihucourt porter du pain chez Dauthuile et Clorinthe, été à Bapaume renseignements M Frère, Flore a eu sa voiture ce matin. Lundi, le matin appel des jeunes gens pour nettoyer le village, il pleut, appel de tous les hommes, jeunes et vieux à 3 heures, on tire le canon, on défait un téléphone, on dit à l’appel qu’il va falloir évacuer les bouches inutiles parce que l’Angleterre nous déclaré famine, a dit un officier, liste remise par M Frère des évacués. Mardi, concassé blé, un hectolitre à M Frère, Flavie a cuit, il faut savoir ce qu’il a encore de paille dans le village, le père Couvraine est décédé, la laine des moutons est saisie, les jeunes vont à la batterie, on tire le canon tout le jour, il pleut. Mercredi, on tire le canon, scié du bois, on bat escourgeons et seigle, on vient des environs pour chercher beaucoup de paille, Jeanne a cuit. Jeudi, on tire le canon, publié que le Kommandant met à la disposition des habitants 20 quintaux de pommes de terre hâtives à 8 francs le quintal, de 50 kilos, puis le Kommandant envoie note que les Américains veulent ravitailler les pays envahis par l’Armée allemande, réunion spéciale du Conseil municipal sur le sujet, le Maire de Bertincourt est chef du district du XIV° Korps des maires de notre région. Vendredi, on a tiré le canon très fort, été à Bapaume voir M Stienne au sujet du Comité Hispano-Américain, attendre communications de M le Maire de Bapaume pour aller à Bertincourt, semé le champ de M Frère dans le fond d’Avesnes avec Charles, réglé. Samedi, on a tiré le canon tout le jour, publié le matin appel à 9 heures pour aller à betteraves et nettoyer les rues, publié à midi que le beurre et les œufs ne doivent plus sortir du village mais vendus à la cantine, combat et alerte la nuit. Dimanche, on a tiré le canon, il est passé 59 prisonniers français pris à Beaucourt, planté pommes de terre aux 3 arbres, les jeunes, travaillé après-midi pour nettoyer le village pour la venue du roi du Wurtemberg mardi courant, défait pâture ( lignes illisibles) . 8
  9. 9. Lundi, (ligne illisible) des jeunes qui vont à la batterie, on a tiré le canon tout le jour. Mardi, semé luzerne, le roi du Wurtemberg a passé, inaperçu, aéroplanes dans la matinée publié que les évacués doivent aller sur la place avec leurs bagages pour les peser, personne n’y a été, publié de ne mettre aucun bétail dans les trèfles, luzernes et autres herbages, débité cheval allemand à 0 franc 30 la livre, personne n’y a été, on a tiré le canon le soir principalement. Mercredi, conduit 6 tombereaux de fumier aux 16 avec Rimbeaux et un cheval allemand, répandu et labouré, on a tiré le canon, été dans les maisons avec l’interprète pour dire aux évacués de préparer leurs paquets. Jeudi 15 avril, été faire signer aux conseillers municipaux délibération, pour M Frère aller à Bertincourt pour traiter la question du ravitaillement, qui a été traitée en partie, on a tiré tout le jour et la nuit, publié que celui qui fera de la résistance pour partir, sera emmené comme prisonnier de guerre. Vendredi, publié l’appel des 53 à 8 heures et que l’on distribue la viande de cheval gratis, été à Bapaume chercher boulanger pour nouvel appel à 11 heures, porté lettre à M Stienne, en effet appel par officiers allemands et révision, tout s’est bien passé, la liste des 53 est réduite à 25, la moitié vont à betteraves après-midi, on a tiré le canon tout le jour et la nuit, aéroplanes, été convoqué conseillers pour réunion à 7 heures. Samedi, réunion du Conseil pour la farine à prendre la première fois à Quéant, elle sera distribuée par ménage à raison de 190 grammes par tête, on fait l’appel tous les jours à 7 heures 30 au casino des 25, que personne ne manque ou il y a punition, Marie (ou Maire ? ) a manqué ce matin et pris par les gendarmes et emmené au poste où il y sera 4 jours, il y a 3 gendarmes en garnison à Grévillers, on a tiré le canon. Dimanche, on a tiré le canon, chercher cheval pour aller chercher les farines. Lundi, été à Quéant, chercher chez M Lotin, 560 kilos de farine blanche, 8 sacs 65 kilos et 2 petits de 20 kilos, accompagné par un Allemand et M Compagnon aussi, cheval Alexandre Parsis, voyage bon, bien reçu chez Marie Compagnon, de retour à 6 heures, on a tiré la nuit. Mardi, on a cuit pour M Frère, tiré le canon et aéroplane, publié, revue des chevaux, il arrive une colonne du 29° d’artillerie, été distribué farine après-midi avec Mlle Marie et Marguerite, il en manque un peu à 1 kilo 300 par habitant et par semaine. Mercredi 21 avril, calme pour le tir, été semé pour Martial Jacquin avoine et trèfle, ramassé deux voitures grains rue d’Avesnes (ex Kommandant) par les gendarmes. Jeudi, ramassé gazon, Jeanne a cuit, accompagné interprète et gendarmes chez les évacués pour leur dire de préparer es bagages, publié revue de tous les chevaux à 6 heures 30,, ramassé une voiture grains rue de la Maladrerie, on a tiré le canon au loin. Vendredi, calme pour le tir au loin, aéroplanes hardis, préparer bière à faire pour Martial, ramassé deux voitures de grains chez M Frère, Devaux et Zéphir, triste à voir, M Frère a été encore à Bapaume pour indemnité à payer, planté perches à haricots. Samedi, calme pour le tir, attendu que l’on vienne perquisitionner, pas encore pour aujourd’hui, ramassé encore deux voitures grains, à 11 heures été avec gendarmes et interprète dire aux évacués qu’ils ont jusque 3 heures pour préparer leurs paquets et partir, sentinelles partout et triste départ pour Bapaume à 4 heures, en voiture, il en est de même des autres pays, semé carottes froides, publié que les laissez-passer 0 franc 50 et tenir les chiens fermés le soir. Dimanche 25 avril, changé 4 hectolitres blé et 4 hectolitres avoine, triste travail, fait de la bière, surveillé le matin nettoyage du village avec les jeunes, accompagné des gendarmes chez les jeunes pour je ne sais quoi, aéroplanes hardis hier, on a cuit pour nous aussi hier samedi. 9
  10. 10. 11 ou 12 Lundi, semé aux 4 de l’avoine à M Frère, on a tiré le canon assez fort et aéroplanes, préparé terre aux 5/4 pour cameline. Mardi, on a tiré le canon beaucoup sur Longueval et aéroplanes, perquisitions toujours dans les maisons, nous y passons aujourd’hui heureusement, 12 hommes et deux gendarmes fouillent partout, semé cameline et préparé terre à betteraves. Mercredi, on a tiré beaucoup le canon sur Longueval et aéroplanes, semé avoine au chemin de Warlencourt, préparé terre à haricots velus, publié diverses choses le soir. Jeudi, on a tiré beaucoup le canon, beaucoup d’aéroplanes, on a cuit pour M Frère, planté haricots, planté betteraves à vaches et carottes froides aux 3 arbres, ramassé faux, tra….. , volées et continué de battre, on a pris harnais Camille et Charlet dans la grange derrière, semé avoine au tournant du chemin de Warlencourt pour M Frère. Vendredi, on a tiré beaucoup le canon et beaucoup d’aéroplanes, semé avoine au bois à M Frère, un dirigeable est- venu la nuit jeter des bombes, pas dormi, attaque violente le soir et tirs tourte la nuit. Samedi 1° mai, on a tiré beaucoup le canon beaucoup d’aéroplanes, semé avoine route d’Irles M Frère, planté haricots ronds, distribué avoine aux chevaux on a tiré toute la nuit, défait sacs dans paille blé avoine, Charles a cuit. Dimanche 2 mai, on a tiré beaucoup le canon et aéroplanes, conduit jeunes chevaux en pâture, été à Bapaume, rien pour la farine, planté haricots à pied rond, violente attaque le soir et la nuit le canon. Lundi 3. mai, on a tiré beaucoup le canon, à 3 heures attaque violente sur Longueval et le soir attaque violente sur Miraumont, aéroplanes, planté haricots à pied. Mardi, semé avoine sur Bihucourt M Frère, on a tiré beaucoup le canon, la colonne du 29°, part et est remplacée par le reste du 26° qui vient de Beaulencourt, on a tiré toute la nuit, les bergers ont été chez le Kommandant pour la tonte des moutons, on a cuit pour nous et Jeanne après-midi, on a amené une voiture de pommes de terre pour planter chez nous dans la grange. Mercredi, calme pour le tir mais aéroplanes, été semer trèfle aux 4 et route d’Irles pour M Frère, on a amené grain dans a grange pour magasin. Jeudi 6 mai, calme pour le tir, nettoyé en face casino et ailleurs, semé avoine au buisson du Cler M Frère, concassé un quart de blé pour Achille et payé 5 francs, reçu semage M Frère 5 marks. 13 Vendredi, calme pour le tir, passé dans les maisons pour visiter puits et citernes en prévision de l’eau pour l’été, fort orage, l’eau a inondé partout, les jeunes chevaux du village ont été emmenés ; deux M Frère, Zéphyr, Léon Duflot, Mme Lempereur, Marie Delacourt. Samedi, on a tiré le canon assez fort sur Péronne, aéroplanes, distribué avoine aux propriétaires de chevaux, été couvrir chez M Walle, chevaux morts, arrivée de l’infanterie le soir. Dimanche 9 mai, surveillé nettoyage du village avec les jeunes, on a tiré le canon, aéroplanes, réunion du Conseil municipal chez M Frère qui a répondu négativement aux demandes de verser 8000 francs par mois, la nuit le canon sur Longueval. Lundi, conduit voitures fumier M Frère, planté haricots à pied, on a pris les rhubarbes et les salades, on a tiré le canon. 1
  11. 11. Mardi, été à Quéant chercher 532 kilos de farine grise, bien reçu chez Marie Compagnon, aidé à ramener commissions à Roussel à Achiet, été avec un Allemand et un mulet calme pour le canon. Mercredi, publié les trèfles et les luzernes pour pâturer, distribué farine, arrivé au poids plus ce qu’il manquait de la dernière fois, été porté un pain à Bihucourt, on a tiré beaucoup le canon et un aéroplane est venu jeter des bombes sur Grévillers. Jeudi Ascension, surveillé balayage des rues le matin, été voir les moissonneuses et les faucheuses pour les couteaux, l’infanterie reçoit l’ordre de partir à Achiet le Petit et une colonne arrive de Beaulencourt à 10 heures du soir, on a tiré le canon. Vendredi, on a tiré le canon réunion du Conseil municipal pour le ravitaillement de St Quentin, été prendre les noms des faucheuses et moissonneuses. Samedi, on a tiré beaucoup le canon sur Arras Douai, aéroplanes, sarclé pommes de terre au ¼, motelé dans le jardin distribué avoine aux civils, été à Bapaume chercher colis M Frère. Dimanche, surveillé balayage des rues, il arrive du 180°, infanterie, on a tiré beaucoup et aéroplanes qui ont jeté 9 bombes sur Courcelettes et ont causé incendie, fait de la bière pour M Frère. Lundi 17 mai, calme pour le tir, entonné bière M Frère qui fermente bien, on a cuit pour M Frère, réunion du conseil à 5 heures pour décider s’il y a lieu de donner 32000 francs aux autorités allemandes pour la commune ou 2 millions 300000 francs pour les 71 communes du district, scié du bois, les gendarmes quittent pour aller à Bihucourt. Mardi,, calme pour le canon, publié pour les vaches défendu de les mettre dans les pâturages où il y a des plaques, convoqué les vieux pour aller charger le fumier le lendemain, on est avisé qu’il y a de la farine à Bertincourt. Mercredi, été à Bertincourt chercher 1137 kilos de farine, voyage pénible, toujours arrêt en retournant, bon sous-officier, calme pour le tir, cuit pour nous. Jeudi, conduit bière à M Frère, Jeanne a cuit, on a tiré le canon et le fusil la nuit vers 3 heures, été à Bihucourt porter pain à Dauthieu, aéroplane qui a jeté des bombes sur Courcelettes et Miraumont, dégâts, distribué farine qui a été long, belle farine blanche, un dirigeable a survolé Bapaume la nuit à 1 heure et a jeté des bombes. Vendredi, on a tiré le canon et aéroplanes, été échardonner les blés, publié défense de tuer ou vendre aucun bétail, les bombes ont causé de grands dégâts à Bapaume sur la poste et ailleurs, on dit que l’Italie a déclaré la guerre à l’Allemagne. Samedi 23 mai, été à Bihucourt porter lapin à Dauthieu et Henri, le canon très fortement sur Arras, été conduire pommes de terre à M Frère pour planter, distribué avoine aux civils. Dimanche Pentecôte, balayage des rues, de grand matin le canon fortement sur Arras et toute la journée, convoqué Conseil toujours pour l’émission de bons, la nuit à 12 heures attaque brusque sur la Boisselle, aéroplanes dans le jour. Lundi, le canon sur Longueval, beaucoup d’aéroplanes, la musique du 180° est venue jouer pour l’infanterie qui a festoyé, semé betteraves, le Conseil a été, pour non jour( ?) l’émission des bons, on fait une liste des personnes qui peuvent travailler aux champs, on plante toujours pommes de terre. Mardi, aéroplanes allemandes tôt, on cuit pour Marthe, on a tiré le canon beaucoup, publié les vaches en pâture, dix des jeunes vont travailler au Chemin de Fer que l’on va prolonger jusque Le Sart, dit-on, Paul Peugnet et Georges Vincent y vont aussi. Mercredi, été convoqué les vieux des 53 pour remplacer les jeunes au travail, calme pour le canon, aéroplanes, été rouler les œillettes, on a cuit pour M Frère, appel tous les matins des 53, rapport aux réclamations de plusieurs, Léon Desjardin et Warnet doivent aller parler au Kommandant, les conseillers se réunissent pour l’émission de bons qui est acceptée par la force, été convoquer les 53 qui doivent aller à l’appel le matin. 1
  12. 12. Jeudi, un dirigeable est encore passé la nuit, calme pour le tir, été à pommes de terre, les vieux vont travailler à pommes de terre et fumier, un aéroplane a jeté trois bombes sur le bois. Vendredi, été à Bapaume, calme pour le tir, on a été chercher les oignons blancs, la femme Dhénin a été prise avec 5 sacs de blé qui ont été confisqués, on a cuit pour Flavie et Suzanne. Samedi, été sarclé pommes de terre, on a été aux oignons blancs, motelé au ¼, distribué avoines aux civils, les fantassins du 180° partent, calme pour le tir, plusieurs aéroplanes. Dimanche 30 mai, été au balayage des rues, la chèvre a fait des jeunes hier et un jeune a été tué par un cheval, on a tiré le canon, beaucoup aéroplanes. Lundi, on a cuit pour nous, été aux œillettes, on a tiré le canon, aéroplanes, publié pour laissez-passer, Alice a été à Bihucourt. Mardi 1° juin, été chercher farine à Bertincourt, Georgina est venue avec, cheval Zéphir et Martial Jacquin, bon accueil chez M Capron, rapporté vinaigre, chicorée et eau-de-vie pour Pauline, nos soldats vont travailler la nuit aux tranchées pour déplacer les canons, calme pour le tir. Mercredi, distribué 1040 kilos de farine, calme pour le tir, aéroplanes, la pâture est mangée, on a coupé deux arbres, la grosse artillerie est reculée, ils vont travailler jour et nuit aux nouvelles tranchées. Jeudi, très violent sur les nouvelles positions de Longueval à Bucquoy, on aiguise les lames de faucheuses et on commence à couper fourrage, été échardonné à la voie d’en haut. Vendredi on a cuit pour M Frère, on a tiré beaucoup le canon la nuit, Céline, Mouronval est décédée, on l’enterre aujourd’hui, beaucoup de ballons captifs. Samedi, on tire beaucoup le canon de gros ca libre, balayage des rues, beaucoup d’aéroplanes, hier la maison M Paul, de Bihucourt, est tombée d’une bombe, beaucoup de bombes hier et aujourd’hui, encore la maison Calot au bois de Logeat est tombée aussi toute la nuit le canon, été à Bapaume pour commissions. Dimanche 6 juin, été motelé pommes de terre, tir très violent de Miraumont à Bucquoy, aéroplanes, les hommes vont travailler nuit et jour. Lundi, toute la nuit tirs très violents, alarme sérieuse à 4 heures du matin, violent combat, préparation pour partir, tout est prêt à 5 heures, les mitrailleuses allemandes passent et une grosse colonne artillerie arrive de par Ligny-Thilloy, se met partout à l’abri dans les pâtures, le combat diminue vers 8 heures du matin, le 185° est passé en auto camion et se dirige vers Miraumont, on amène beaucoup de munitions, vers midi on charge le grain qu'il y a dans la grange, les hommes dégarnissent leurs chevaux et se reposent, on coupe trèfle et luzerne et 20 jeunes filles vont ramasser luzerne, j’ai été les convoquer, les colonnes d’artillerie sont toujours là et on met la voiture avec le grain chez Jeanne, les voitures campent pendant la nuit. Mardi, violent combat toute la nuit à partir de 1 heure, beaucoup de trains de munitions, le combat dure jusque 11 heures, on décharge le chariot de grain, je vais avec le chef de culture délimiter les terroirs voisins pour le trèfle, convoqué les jeunes filles 18 pour aller soigner le fourrage, on campe tout le jour, deux colonnes du 10°et 29° d’artillerie arrivent et logent partout, le tir d’artillerie continue 60 prisonniers dont passés. Mercredi, tir violent la nuit et le matin jusque 10 heures, violent orage, il arrive une colonne du 1°, les obus français tombent à Irles, été sarclé œillettes. Jeudi, nettoyé les rues avec les jeunes à la suite du violent orage d’hier, on fauche toujours la verdure, il faut que toutes les cartes d’identité soient au bureau du Kommandant, combat l’après-midi jusqu’au soir, Aimé Parsy a eu 3 jours de cachot pour avoir passé l’heure le soir et Déjardin a eu 1 jour pour n’avoir pas été à l’appel, les jeunes Paul Frère, G Gaston 1
  13. 13. Savary, Rotier Charles, Jean Delville, Benoît Dumont qui ont été pris avec des chaussures allemandes, sont condamnés à 3 marks qu’ils sont obligés de verser, Flavie a cuit. Vendredi, cuit pour nous, été à Bapaume, commissions, beaucoup de blessés allemands, il faut reporter les cartes d’identité, combat toute la journées sans violence, ils continuent de dévaliser les jardins ; fraises , salades, etc. Samedi 12 juin, été à Bihucourt, porter pain café et chicorée, publié jeunes filles au fourrage, distribué avoine, cuit ce jour Marthe, la nuit violent combats, le jour combat toute la journée, aéroplanes. Dimanche, nettoyé les rues avec les jeunes, les vieux vont faucher, comme toujours faux et machines, après-midi on amène le fourrage nouveau dans la grange derrière, je fais bière, tir et combat violent toute la nuit, le jour tir et combat aéroplanes, il passe encore beaucoup d’infanterie pour le front, beaucoup de pertes allemandes, il passe des canons hors d’usage et d’autres, gros, vont au combat, Frantz nous quitte et est remplacé par un autre. Lundi, été à la farine 812 kilos et 45 kilos de sel, Charles accompagne, bon voyage, trois sacs pommes de terre à Julie 150 kilos, tir tout le jour au loin. Mardi, publié qu’un enfant chez Leturcq a la rougeole, convoqué à nouveau jeunes filles pour fourrage, publié à midi qu’il faut porter les lames de faucheuses à la Kommandantur, publié le soir qu’il y a appel de tous les hommes jeunes et vieux à 8 heures 30, le Kommandant a dit qu’il va être émis les bons en question et qu’il faudra les accepter, il est défendu de rapporter du fourrage des champs, on charrie toujours le fourrage dans la grange derrière qui se remplit, il fait toujours très beau temps et on coupe beau coup de verdure, calme pour le tir de jour et de nuit, on a cuit pour M Frère, distribué farine et sel. Mercredi, calme pour le tir le jour et la nuit, on rapine toujours beaucoup dans les jardins, il va être donné 3 champs pour aller à la verdure. Jeudi, on a tiré depuis une heure du matin et le jour, toujours beau temps pour les fourrages beaucoup de personnes occupées, on a cuit pour Alexandre Parsis, invité à arroser les rues deux fois par jour avec arrosoir tonneau, eau à prendre à la brasserie et un cheval par semaine en commençant chez Lequette. Vendredi, été à Bapaume porter deux petits lapins à Mme Bajeux, rapporté viande, on a tiré toute la nuit, dans le jour tir calme au loin vers Arras principalement, arrosé. Samedi 19 juin, on charrie beaucoup du fourrage et tout le monde est occupé, jeunes filles et hommes, calme pour le tir loin, il arrive une forte colonne du 26° de Grandcourt, on finit de scier saules, dans les granges il y a des chevaux partout, jamais on n’en a tant eu, on rapine toujours dans les jardins, distribué avoine. Dimanche, on a balayé chacun devant sa porte, on charrie fourrage beaucoup dans toutes les granges, convoqué demoiselles pour travailler, arrosé mais le tonneau cassé, calme pour le tir au loin, aéroplanes, il est passé encore de l’infanterie pour Miraumont. Lundi, conduit voir les batteuses, délimité le terroir sur Irles, Pys, Warlencourt, on a tiré beaucoup le canon, aéroplanes, on a cuit pour nous et Marthe, repiqué salades. Mardi, on a tiré beaucoup la nuit, aéroplanes à 4 heures du matin, une colonne du 1° est partie hier soir, été à Bihucourt porter pain, huile et vinaigre, on tire au loin beaucoup, ramassé cailloux sur la route d’en haut, Jeanne a cuit. Mercredi, Flavie a cuit, il pleut, on rapine toujours dans les jardins, il peut toujours, calme pour le tir, on tire un peu au loin, on dit que les civils prisonniers vont rentrer. Jeudi, été à Bapaume porter poulets 2 à Mme Bajeux, rapporté 20 livres de farine blanche, commissions chez Achille et M Frère, on tire un peu au loin, il pleut toujours, publié que les habitants doivent recevoir les bons contre ce qu’ils vendent, le fourrage de Marquant est fini de distribuer, on a cuit pour M Frère. Vendredi 25 juin, il pleut toujours, calme pour le tir au loin, ramassé cailloux. 1
  14. 14. Samedi, été chercher 220 kilos de farine et 9 kilos de sel à Bertincourt, bon voyage, rapporté 15 litres de cognac pour vendre aux amis, on balaie chacun devant sa porte demain, tir un peu mais beaucoup d’aéroplanes. Dimanche 27 juin, on distribue avoine aux civils, convoqué jeunes filles pour aller au fourrage, il pleut, le soir on va dans les maisons pour inscrire vaches, génisses et taureaux qui partiront demain, on tire au loin, aéroplanes le matin. Lundi, nettoyage chez Fléquin, il pleut, on ramasse les bêtes inscrites hier au nombre de 30 grandes et petites, été chercher chez M Guilbert 3 livres de houblon, on fait du logement pour le 18° d’artillerie qui est fusionné avec le 10° , calme pour le tir au loin. Mardi, été chercher 1134 kilos de farine blanche, conduit en allant 200 kilos d’avoine à Langlet et 10 poulets à M Bajeux à Bapaume, bon voyage, calme pour le tir. Mercredi, on a été saccager pommes de terre (pondeuses ?) au ¼ comme on le fait partout du reste, distribué farine, publié qu’il faut porter tous les sacs à la brasserie où on fait la réception, on a tiré beaucoup sur Arras. Jeudi, calme pour le tir, convoqué jeunes filles pour le fourrage toujours employées, le fourrage se gâte à cause du mauvais temps, on charrie aussi le fumier. Vendredi, été à Bapaume, commissions, huit gros canons sont arrivés la nuit à Bapaume venant de par Irles, la nuit on tire beaucoup le canon sur Arras, aéroplanes le soir beaucoup, reçu 40 francs de M Langlet et 14 francs de M Bajeux, publié pour les sacs à nouveau et porter les fléaux à la brasserie, le soir aéroplanes s’approchent et tirent avec mitrailleuses 3 françaises 2 allemandes. Samedi, aéroplanes, publié à nouveau qu’il faut porter les fléaux et nettoyer chacun devant sa porte, on tire beaucoup, arraché pommes de terre au jardin, le soir on touche à l’appel, à partir du 24 juin, un bon de un franc par jour. Dimanche, nettoyé devant la Kommandantur, été conduire à brouette 50 kilos de pommes de terre nouvelle pour 20 francs à Julie, il fait très chaud, commissions, rapporté un peu de farine de M Bajeux, fait de la bière pour nous, calme pour le tir, beaucoup d’aéroplanes. Lundi 5 juillet, fait de la bière pour M Frère calme pour le tir, mais aéroplanes. Mardi, calme pour le tir, été au ¼ arraché pommes de terre précoces et (pondeuses?), il fait très chaud, on a cuit pour Flavie, été à Bihucourt porter un pain, aéroplanes. Mercredi, été promener sur le terroir avec M Frère, calme pour le tir, publié plusieurs affaires ci-contre, M Guilbert est au poste et puni à 5 marks chacun. Jeudi, été à Bapaume conduire pommes de terre 50 kilos pour 16 francs, on a tiré passablement, été fagoter au bois, on charrie toujours du fourrage. Vendredi, je suis très enrhumé, j’ai été lier et faire fagots au bois, on tire assez bien, Samedi, été chercher fagots avec cheval Marquant, on répare les trous avec des planches, J Delacourt et Pierre Guislain, le caporal Paul part pour Strasbourg, nettoyé boues au casino, distribué avoine, arrosé avec cheval Flore F, on tire assez bien, mouvements de troupes avec autos. Dimanche, nettoyé en face rues, porté bière à M Frère, été à Bapaume, commissions diverses, cuivre, on tire fort dans le matin. Lundi 12 juillet, on a cuit pour nous et Suzanne a cuit après-midi, arrangé la rue de Biefvillers, on a tiré assez bien le canon, on rapine toujours dans les jardins. Mardi, on a cuit pour M Frère, été à Bihucourt porter pain et autres à Dauthieu, il pleut, publié pour différentes choses ; prisonniers, laissez-passer, charbon, herbes, on a tiré un peu le canon. Mercredi 14 juillet, cuit pour Alexandre, été à Bertincourt chercher 1200 kilos de farine grise, 50 kilos de sel 50 kilos de riz, médiocre voyage, rapporté 6 litres de vinaigre, on a tiré 1
  15. 15. passablement le canon, porté à Charles pommes de terre, malt et houblon à Houlier, il pleut vers le soir. Jeudi, distribué farine, on tire assez bien le canon, on cuit pour Marthe, on dévalise toujours les jardins Vendredi, distribué sel et riz, il pleut, été à Bapaume, commissions diverses, nettoyé les rues, on tire le gros canon assez bien tout le jour. Samedi, on cuit pour Flavie, nettoyé et ramassé boues avec Martial, il pleut, on tire peu, publié plusieurs affaires, reçu la semaine 7 francs, d’autres ont été diminués. Dimanche, on tire beaucoup sur Arras, aéroplanes, repiqué poireaux, on travaille toujours aux champs, on pille au bois, il a été publié Mme Labalette 3 marks d’amende pour avoir été insolente envers des soldats allemands, M Guilbert 100 marks pour avoir trouvé des sacs après deux avertissements et des objets militaires allemands, on est averti de porter encore une fois, sacs , huiles, fléaux, lames de faucheuse à la Kommandantur. Lundi, coupe herbe dans le cimetière, on tire beaucoup le canon, aéroplanes, mis de l’ordre à blé farine, le soir publié qu’il faut porter bouteilles. Mardi 20 juillet, coupé herbes sur les chemins, aéroplanes, on tire le canon assez fort, on fait le logement pour des vélocipédistes une compagnie qui doit arriver demain. Mercredi, continué de couper les herbes, on porte les bouteilles, on tire au loin, beaucoup d’aéroplanes, une anglaise a été attaquée par mitrailleuse et a été touchée, elle atterrit avec deux officiers à Beaulencourt dont un a été tué et l’autre prisonnier. Jeudi, été au bois faire fagots, on a cuit pour M Frère, publié appel de tous les hommes jeunes et vieux, on coupe seigle et escourgeon, on rentre les premiers seigles chez nous et escourgeons chez Guilbert et Zéphyr. Vendredi, range la grange, appel le matin, on défait le seigle pour batte chez Guilbert, les demoiselles font des liens dans la cour, grand embarras, je fais des ramassis des bottes, on ramène le seigle battu dans la grange, je nettoie toujours le village, on tire assez bien, orage. Samedi, nettoyé et ramassé boues avec Martial, Noël est rentré de l’hôpital de St Quentin bien défait, les autres prisonniers civils ont été emmenés ailleurs pour travailler, beaucoup d’aéroplanes et combats entre elles, on tire peu le canon, distribué avoine reçus 7 bons (7 francs) pour la semaine. Dimanche, appel des chevaux à 9 heures sur la place, été à Bihucourt porter pain, huile , vinaigre, sucre, travaillé à brodequins, après-midi travaillé à répandre gravier sur le chemin de Biefvillers, aéroplanes, on tire un peu au canon. Lundi, nettoyé avec Martial, après-midi été à Bapaume reporter les sacs vides de Quéant, on commence à couper le blé, triste perspective, on charrie seigle et on place batteuse fosse à pulpes Peugnet, on tire peu le canon, combats d’aéroplanes. Mardi, on tire peu le canon, il pleut, aéroplanes, on gaspille fortement le bois. Mercredi 28 août (erreur de date transcrite, il s’agit en fait du 28 juillet), été à Bertincourt chercher farine, M Frère est venu avec moi, bon voyage, rapporté farine assez bonne, lard, sel, riz, acheté à Haplincourt 23 litres de cognac, M Frère savonnette et blanc, sucre, on a tiré peu le canon, Jeudi, combat aéroplane nul, on tire peu, été à Bapaume chercher levure, distribution farine corvée assommante, on nous a coupé le blé aux 3 arbres, blé convenable, triste situation, rapporté » un peu de farine de M Bajeux. Vendredi, distribué sel, riz, lard, été au bois rechercher fagots avec cheval Marquant, calme pour le tir, on coupe lentilles et escourgeons. Samedi, on cuit pour M Frère et pour nous, calme pour le tir, nettoyage des rues, distribution avoine, aux civils un sac d’escourgeons, on fait une grosse meule à la voie d’enbas, on ne paye pas faute de monnaies, reçu 9 francs. 1
  16. 16. Dimanche 1° août, été à Bihucourt porter pain huile Dauthieu et Clorinthe, aéroplanes, calme pour le tir, on a coupé blé sur le plain. Lundi, été arrangé bois, aéroplanes, calme pour le tir, Kommandant en permission. Mardi, été au bois, il pleut, on a cuit pour Flavie, porté cartes contrôlées pour la farine, calme pour le tir. Mercredi, il pleut, scié du bois, après-midi été chercher deux voitures bois avec cheval Marquant, aéroplanes, anniversaire de la déclaration de guerre le 2 août, les officiers ont fêté, on coupe le blé, la batteuse a été installée à la trouée St Martin, fosse à pulpes Léonce, elle bat seigle et avoine saison les vieux y vont et les jeunes coupent, Mme Lempereur a failli avoir des histoires avec de l’huile, elle est d’abord condamnée à 15 marks puis M Frère l’a fait tomber à 5 marks ou au poste, publié qu’elle ira au poste une journée et que M Frère Aubert a la cocotte et que la mairie est chez Normand. Jeudi, on tire un peu, aéroplanes, une a jeté 5 bombes sur Achiet-le-Petit tuant deux femmes et plusieurs soldats. Vendredi, été à Bapaume, commissions diverses, on tire le canon, il pleut, nettoyé le village, brouetté fumier et repiqué poireaux, situation sans changement, on coupe le blé et on bat le seigle chez nous. Samedi, cuit pour M Frère, nettoyé le village avec Martial, conduit ordures au ¼, on a tiré sur tout le front, Zulma est décédée hier soir pour l’enterrer demain dimanche, distribué avoine aux civils, reçu la semaine 10 francs 50, publié cocotte chez Charlet. Dimanche, été à Bapaume beurre et pommes, rapporté un peu de farine de M Bajeux, été apprêté bois, aéroplanes, calme pour le tir, on coupe blé, on finit de donner l’avoine, après perquisition de chez Lemaire on perquisitionne chez Soihur, on trouve beaucoup d’affaires entre autres un fusil. Lundi 9 août, aéroplanes, été au bois arranger, orage, après-midi calme pour le tir, scié bois, Adolphe décédé. Mardi, on cuit pour nous, arrangé bois derrière, publié nouvelle émission de 4 400000 francs et ceux qui manqueront aux appels seront punis, calme pour le tir, aéroplanes. Mercredi, été au bois chercher deux tombereaux bois, pas bien portant, aéroplanes, un allemand s’est tiré deux coups de revolver dans la pâture Laballette, calme pour le tir, on coupe toujours récoltes avoine voie d’en haut et blé à la chapelle. Jeudi, été chercher, farine, riz, sel, chicorée, commissions à Bapaume en passant, Joseph est venu avec moi, servi tard et retour à 9 heures 30, il a plu, commissions chez Léopold et Marie Richez. Vendredi, publié appel chevaux sur la place, aéroplanes, tir au loin assez fort, distribué farine, fini tard, je ne me sens pas bien, Alice est couchée malade, le médecin allemand qui loge à Miraumont est venu la voir, ordonné quelque chose qui fait bien, aéroplanes, tir au loin, on bat blé et avoine. Samedi, je ne suis pas bien, Alice va mieux, arrangé au cimetière, distribué avoine, reçu 10 francs 50, aéroplanes, calme pour le tir. Dimanche 15 août, publié revue de tous les chevaux demain et nettoyage des rues par les habitants, il pleut un peu, remisé bois, calme pour le tir, aéroplanes. Lundi, revue des chevaux, scié bois, été à la voie de haut changer les tas d’avoine pour luzerne, un aéroplane anglais a été démonté par les canons de Grévillers à Achiet-le-Petit, appareil brisé mais officiers indemnes, calme pour le tir, on continue de couper les récoltes Mardi, on a cuit pour M Frère, bêché jardin, été arraché pommes de terre, on tire assez bien, aéroplanes, publié le soir rentrer à 9 heures, Auguste Dudicourt ….. ? pour trouver sacs et ficelles, M Charles retourne demain en permission de 14 jours. Mercredi, on cuit, aéroplanes, on coupe et on fait de grosses meules, Charles parti en permission. 1
  17. 17. Jeudi 19 août, Suzanne cuit, il arrive de l’infanterie pour aider à la moisson, ils logent chez Victor, on a tiré beaucoup la nuit sur Arras, on fouille partout et on trouve encore beaucoup de choses, un vélo Malvina, un vélo Marie Richez, un cheval chez Arthur Savary et beaucoup d’autres choses, 2 gendarmes et 4 hommes, un vélo dame chez Marie Bouvet, enfin pour nous bien passé, triste journée pour beaucoup, tiré assez bien, aéroplanes. Vendredi, dans la nuit on a changé le ballon captif, il est entre deux bois, on tire beaucoup le canon tout près et mitrailleuses, la nuit dernière on a tiré beaucoup le canon toute la nuit sur Arras, été à Bapaume, commissions, prunes, beurre M Bajeux, planté choux au ¼, pas bien portant, on continue la moisson, on a charrié blé chapelle et 3 arbres. Samedi, on a cuit pour nous, nettoyé village, distribué avoine et orge, on fait des lits dans toutes les maisons, on tire le canon assez fort et aéroplanes. Dimanche 22 août, été à Bihucourt porté pain et lapins, relavé tonneaux, été à pommes de terre, toujours beaucoup de travail pour la moisson, on tire toujours beaucoup le canon direction Arras, aéroplanes, touché 10 francs 50. Lundi, été à œillettes, avec les vieux qui raccommodent les sacs, Henri, Alfred, Nina, Marie Rose, Alphonsine, été semé trèfle, anglais à Miraumont. Mardi, Suzanne a cuit, été à pommes de terre, à midi publié qu’il est défendu d’aller à pommes de terre dans les champs, calme pour le tir, aéroplanes, on continue la moisson, on charrie les deuxièmes coupes fourrages, bonnes. Mercredi 25 août, ce matin à 4 heures, au passage à niveau d’Avesnes, accident camion auto et locomotive, 12 tués et 26 blessés grièvement, je fais de la bière, calme pour le tir, publié appel chevaux et fil téléphonique brisé aux bois grignons. Jeudi, la moisson avance beaucoup, on vaccine et matricule les chevaux, calme pour le tir, aéroplanes, on sonne la cloche pour la prise de la dernière forteresse russe de Varsovie (Brest-Litovsk). Vendredi 27 août, été à Bertincourt, bon voyage, ai rapporté 2/3 de farine blanche et 1/3 de grise, porté à M Bajeux, prunes et pommes et coquelets, M Frère venu avec Allemands, j’ai vu un aéroplane en 2 pièces sur deux camions autos. Samedi, distribution farine, j’ai malté escourgeon, réussi, M Frère a cuit, distribué avoine, maigre distribution avoine en paille, publié de rentrer à 8 heures 30, balayer les rues et Marie Lequette 3 marks pour avoir été chercher fourrage. Dimanche 29 août, été à Bihucourt porter pain et épicerie à Dauthuille, rapporté pommes de terre semences de Henri, reçu 10 francs 50 semaine, à 11 heures et à midi on a tiré passablement, aéroplanes. Lundi, on a tiré beaucoup le canon, beaucoup d’aéroplanes, Suzanne a cuit, descendre, pommes de terre, on fait sauter des mines après-midi. 13 à 23 Mardi, on a cuit pour Flavie, on bat le seigle et on vanne, on tire beaucoup le canon, aéroplanes. Mercredi 1° septembre, on tire beaucoup le canon, batailles d’aéroplanes, françaises, anglaises allemandes, une anglaise est descendue mitrailler au matin à Courcelles-le-Comte, le Kommandant demande des pommes, il pleut. Jeudi, été à Bapaume porter beurre à M Bajeux, on dit qu’hier les Anglais ont démoli le champ d’aviation de Cambrai et une aéroplane française dans le combat d’hier a démoli deux aéroplanes allemandes, un événement est arrivé cette nuit, Mme Dudicourt a hérité deux garçons allemands, Elie est venu réparer étable à lapins, calme pour le tir, pluie et mauvais temps, on bat toujours seigle dans la grange. 1
  18. 18. Vendredi, Elie répare aujourd’hui l’écurie, calme pour le tir, temps humide, on bat à la batteuse, Martial bat aussi avec la batteuse Lequette chez Benjamin par en-haut et la grosse batteuse à la trouée St Martin, M Charles est revenu de permission ce soir, rapporté beau souvenir. Samedi, on cuit pour nous, été délimiter du chemin de Ligny-Thilloy au chemin de Warlencourt, nettoyé et distribué avoine, aéroplanes combats, calme pour le tir. Dimanche, été délimiter du chemin de Warlencourt à l’Epinette, vu monter ballon captif, la batteuse marche tout le jour, calme pour le tir. Lundi, été à Bapaume pour dire à M Duhamel de venir pour cheval mort, porté beurre à M Bajeux, été abattre pommes chez M Frère, on coupe les œillettes, aéroplanes combats, on tire assez bien le canon. Mardi, été à Bihucourt porter pain et farine, huile et autres commissions, lié et entré œillettes, on tire assez bien, combats aéroplanes, été à pommes de terre. Mercredi, été abattre pommes chez M Frère, on tire assez bien, beau temps on rentre beaucoup de récoltes. Jeudi, a été à pommes de terre toute a journée, calme pour le tir, la proclamation du roi des Belges, le tzar commande son armée en personne, le général Lyautey commande une armée par ici. Vendredi, on a tiré beaucoup, combats d’aéroplanes, on a tiré une vingtaine d’obus sur le ballon au bout du bois, mauvaise situation et obligé d’atterrir tout le jour, été à pommes de terre M Frère, affiché le discours du Chancelier allemand, publié pour les récoltes. Samedi, bataille d’aéroplanes, on tire assez bien le canon, le ballon se met à la Solette, nettoyé le village, pas d’avoine elle a été volée par des soldats, on bat toujours le seigle, infanterie, font des liens, Flavie a cuit. Dimanche 12 septembre, beaucoup d’aéroplanes, calme pour le tir publié pour les pommes de terre qu’il faudra y aller, accompagné d’un soldat, porté bilan des récoltes en 1915, 13 ares 41 aux 3 arbres, 17 ares 75 à la chapelle, 33 ares 52 à la chapelle, 9 ares 95 le plain, 20 ares 11 avoine voie d’en haut, 19 ares 41 œillettes buisson du clerc. Lundi, matin 8 heures, civils à la Kommandantur il est dit que l’on va aux champs Marquant, il n’y a pas trop de monde qui y va, on tire beaucoup, aéroplanes, le ballon se met dans la Solette, distribué avoine. Mardi, tir violent nuit et jour, on désigne le champ M Frère, voie de Warlencourt, beaucoup y vont, aéroplanes après-midi. Mercredi, été à Bertincourt chercher farine, café, chicorée, sel, bon voyage avec cheval Charlet et Alexandre Parsis, publié rentrée 8 heures du soir, pommes de terre, défendu cette semaine, distribution de paille, tir violent tout au long du jour. Jeudi, distribué farine, tir très violent le long du jour encore, on a cuit pour nous, les fantassins s’en vont à Martinpuich. Vendredi, tir très violent le long du jour toujours sur Arras, bêché dans le jardin, on a passé dans les maisons pour inscrire les objets en bronze, cuivre, laiton et nickel, avoir publié que et dit qu’il faut rentrer dans les maisons pour 8 heures. Samedi, on a cuit pour M Frère, toujours tirs très violents et beaucoup d’aéroplanes, distribué avoine et nettoyé rues, le soir à 9 heures 30, 6 soldats sont venus et ont pris 5 lapins d’une valeur de 12 francs, reconnu le principal voleur. Dimanche 19 septembre, fête du 10°, pâture Marquant musique, jeux et beuveries tard dans la soirée, on a pris aussi 19 poules à Benjamin, coupables connus et punis, on a tiré violemment la nuit et le jour vers Arras, aéroplanes. Lundi, appel des chevaux à 7 heures, 11 heures et 6 heures, on leur a inoculé dans l’œil contre la morve, tir très violent toute la nuit et le jour toujours vers Douai, Arras, on 1
  19. 19. commence à arracher les pommes de terre, cherché du monde, on commence par celles de Martial Jacquin qui sont belles et beaucoup, d’où émoi. Mardi, publié recensement de bêtes à cornes à la mairie, tirs très violents le long du jour et de la nuit, aéroplanes semé seigle dans le jardin et trèfle, été avec M Frère faire le tour du terroir. Mercredi, été déclaré chèvre à la mairie, Suzanne a cuit, tirs très violents tout le jour et la nuit sur Arras, aéroplanes, publié que les bêtes à cornes ne doivent pas sortir avant midi demain. Jeudi, encore une escadrille de 14 avions est passée, superbe, au-dessus de Grévillers, Bapaume pour une destination inconnue, tir violent sur Martinpuich, Courcelettes, on passe dans les maisons pur voir vaches et veaux, il faut 10 vaches et 1 génisse pour première levée, on continue d’arracher les pommes de terre, la moisson est finie hier et les jeunes filles vont aussi. Vendredi, été à Bapaume, commissions, porté œufs à M Bajeux, tir très violent l’aprèsmidi entre Albert et Bucquoy, aéroplanes, vu grosses pièces à Bapaume, parties route d’Albert. Samedi 25 septembre, tir violent sur Arras avant midi, aéroplanes, nettoyé les rues, distribué avoine, cuit pour Flavie. Dimanche 26 septembre, reçu 14 francs, nettoyé pommes de terre, calme pour le tir. Lundi 27 septembre, anniversaire de l’invasion, on cuit pour M Frère et pour nous, calme pour le tir, été à Bihucourt porter pain et commissions, il va arriver demain de l’infanterie. Mardi, nettoyé pommes de terre, une partie de la colonne du 26° part à Bapaume et est remplacée par trois compagnies de mitrailleuses, dans la nuit il est tombé des obus à Miraumont et on a bombardé la gare provisoire de Miraumont, Suzanne cuit, tir assez fort et aéroplanes. Mercredi, été à Bertincourt pour farine avec Delacourt et cheval Charlet, bon voyage, pris pains chez Capron, commissions à Haplincourt, calme pour le tir, on prétend que les Allemands, toutes les nuits, embarquent du matériel, il y a du vrai à ce que l’on voit, calme pour le tir. Jeudi, distribué farine, calme pour le tir, aéroplanes, revue des 14 chevaux bons, distribué aussi lard et épicerie, demain 180 kilos de graisse. Vendredi, calme pour le tir, distribution graisse, publié qu’il ne faut plus sortir après 7 heures du soir, on commence à déménager sur le front. Samedi, nettoyé village, Sylvain charrie boues, distribué 6 sacs de pommes de terre aux indigents, calme pour le tir, il passe toujours du matériel sur Bapaume, distribué avoine. Dimanche 3 octobre, reçu 12 francs cette semaine, très calme pour le tir. Lundi, été à Bapaume pour levure, pas eu, on tire au loin sur Arras, les hommes des mitrailleuses du 99° et 119° sont partis cette nuit direction Arras, les Allemands avouent toutes leurs pertes depuis 15 jours mais n’ont pas reculé, posé porte neuve écu rie, on arrache toujours les pommes de terre, on a donné un sac que j’ai porté vieille Eléonore et Irménie. Mardi, été à Bapaume chercher levure, on tire fort sur Arras, publié défense de vendre du cognac aux soldats et vente de charbon à 4 francs les 100 kilos, payables par moitié marks et moitié bons, pour le pesage il faut y aller, le tout a été vendu, pris 50 kilos, Suzanne a cuit. Mercredi, calme pour le tir, les hommes qui couchent depuis six mois chez nous sont obligés de coucher chez Paul Peugnet et sont remplacés par deux caporaux, l’un vient de chez le barbier, l’autre de chez Frère Aubert ce n’est que demain, on a cuit pour M Frère, été à Bihucourt porter pains et commissions. Jeudi, calme pour le tir, arraché carottes chez M Frère, été au cimetière, après-midi on arrache toujours pommes de terre. 1
  20. 20. Vendredi, été au cimetière, calme pour le tir, on a cuit pour nous, beaucoup de lettres de prisonniers, on remplit la grange hyramache, les nouveaux soldats viennent coucher. Samedi, nettoyage des rues, distribution avoine, calme pour le tir, on bat et on arrache toujours pommes de terre. Dimanche, on tire un peu, défait les haricots, Auguste Dudicourt a une vache tuée qui était malade, Sylvain ramasse les boues et demain, charrie la courte paille de la batteuse. Lundi, on tire assez bien, été enterré une partie de la vache Auguste et l’autre les soldats la mangent, les 14 chevaux marqués seront ferrés par les maréchaux allemands, 4 au 26°, 4 au 29° et 6 au 10° , le beurre vaudra 46 sous, les œufs 3 sous et le lait 5 sous. Mardi, été chercher levure à Bapaume, on tire beaucoup, 11 aéroplanes anglais sont venus survoler tout le front jusque Grévillers, beau tableau, le soir attaque sur Logeat et Ayette, on nettoie les cheminées, fait germer un demi-hectolitre d’escourgeon pour malter, les soldats sont bons et donnent chandelles. Mercredi, calme pour le tir, on a cuit pour M Frère, arrangé tombe de M Frère, les aéroplanes ont jeté des bombes en quantité sur Achiet et le front occasionnant des dégâts et accidents. Jeudi, été à Bertincourt chercher farine, lard, graisse, sel, chicorée, bon voyage avec Léonce Peugnet, porté pain de Georgina, vu triste tableau, ramassé 82 bêtes à Bertincourt, 36 à Havrincourt et 32 à Bancourt et 150 moutons, le tout dirigé sur Ligny-Thilloy, conduit 50 kilos de pommes de terre à M Bajeux, ramené un peu de fari ne . Vendredi, publié qu’il faut nettoyer le village, chacun en face de sa maison pour 8 heures, nettoyé jusqu’à midi, très calme pour le tir, après-midi distribué farine. Samedi, calme pour le tir, les pommes de terre sont finies d’arracher, on bat toujours, distribué avoine. Dimanche, passé, revue blé, avoine, fournil mangé à rats, on tire un peu. Lundi, on tire un peu, été constaté l’état des labours et semages avec M Frère, publié pour les laissez-passer, les bêtes à cornes, etc. Mardi, été chercher levure à Bapaume, commissions M Bajeux beurre et œufs, revue des bêtes, on tire un peu, été à Bihucourt pour M Frère pour les récoltes du territoire. Mercredi, on a cuit pour nous, malté un quart d’escourgeon, on ne tire pas, distribution de pommes de terre à tous les habitants soit 12 kilos par habitants, été porter chemin de Bihucourt seigle et lentilles à Dauthieu pour semer, arrangé grenier, suspendre la farine pour que les souris ne la mangent. Jeudi, porté pain à Bihucourt, commissions, on a tiré un peu, aéroplanes, distribué charbon en boulets à 3 francs 50 les 20 kilos, payable 2 marks et 1 bon communal, j’en ai eu un peu. Vendredi 22 octobre, l’école des filles est transformée en salle de lecture et d’écriture, Alfréda est chargée du nettoyage, Eugène Warnet est parti à Bapaume, toujours même situation. Samedi, il a gelé, on a cuit pour M Frère, on tire un peu, aéroplanes, nettoyé les rues, distribué avoine, on a cuit pour M Frère. Dimanche, on dit que le 26° et le 10° vont partir en Serbie et remplacés par d’autres, été pour les chevaux au sujet du ferrage, convoqué les conseillers municipaux pour 3 heures. Lundi, publié pour les tonneaux déclaration à la mairie, nettoyé les rues, calme pour le tir. Mardi, on continue l’électricité, aéroplanes, Suzanne cuit, nettoyé village, publié qu’il faut conduire le fumier où on dira. Mercredi, nettoyé village, on tire beaucoup sur Arras, repiqué salades et choux, aéroplanes. 2
  21. 21. Jeudi, été à Bertincourt, bon voyage, il pleut, défense d’emporter des commissions, il n’y a pas de pain, il faut faire une liste des noyers du village, M Guilbert on a trouvé cuivre dans un chaudron, enlevé son camion, publié que l’on doit déclarer les tonneaux à bière, rapporté. Vendredi, convoqué le Conseil municipal pour accepter les bons en paiement, accepté, distribué farine etc. , chez M Frère épicerie complète, on a trouvé chez M Frère des seaux en cuivre d’où punition de 50 marks ou 5 jours de poste, on ramone les cheminées, il y a eu commencement d’incendie chez Edouard Richez, dégâts au magasin allemand ; chaussures, harnachement, équipement, on pose toujours des piquets pour l’électricité. Samedi 30 octobre, nettoyé la ruelle de chez Louis Goubet, été au cimetière, distribué avoine, difficile pour le pain faute de levure, calme pour le tir, aéroplanes, on a cuit pour Flavie, fait malter un quart d’escourgeon. Dimanche 31 octobre, on tire assez bien, aéroplanes, range grenier convoqué Conseil pour 3 heures, convoqué chevaux pour la revue demain à 9 heures, M Guilbert est au poste à 6 heures du soir. Lundi Toussaint, été à Bapaume pour levure qui sera distribuée demain seulement, triste jour, il pleut, on tire un peu, on dit qu’il y a un nouveau ministère. Mardi, été chercher levure, on a cuit pour nous, on a payé, j’ai reçu 33 francs 60, les personnes qui ont fourni les bêtes à la dernière levée ont été payées en bons, calme pour le tir, le ballon qui se trouvait entre Logeat et Courcelles a flambé d’un aéroplane par bombe, un officier tué. Mercredi, on a cuit pour M Frère, nettoyé village, publié qu’il faut laisser travailler le ramoneur et distribution pommes de terre pour du 20 décembre au 20 février c’est à dire 12 kilos, calme pour le tir. Jeudi matin, on a pris la nuit la vache d’Elise Leroy et ce matin enquête par deux gendarmes après-midi 4 gendarmes, résultat nul, M Trollé ayant refusé des betteraves à Mme Leroy c’est lui qui est reconnu coupable que la vache a disparu, il est en prison à 4 heures, distribué pommes de terre, les autorités deviennent exigeantes sur tout, calme pour le tir, on dit que Baillescourt est rasé par les obus anglais. Vendredi, publié qu’à 9 heures réunion de toutes les vaches derrière l’école, rien de nouveau au sujet de la vache, Jeanne a cuit, calme pour le tir, on fait du logement pur infanterie, nettoyé les rues. Samedi, nettoyé les rues, on tire assez bien, aéroplanes qui jettent des bombes sur la gare de Bapaume sans occasionner de dégâts, distribué avoine, été chercher paille à la meule, on abat les noyers, publié pour les écrémeuses et les tonneaux au beurre. Dimanche, été à Bapaume, rapporté farine, on tire beaucoup, beaucoup d’aéroplanes qui jettent des bombes sur Achiet, elle n’ont pas causé bien de gros dégâts, les obus tombent à Courcelles, Miraumont, Bucquoy. Lundi, de grand matin aéroplanes sur Bapaume qui jettent 9 bombes dont une près de chez Sophie et une sur l’école primaire qui casse toutes les vitres et blessent légèrement quelques civils, les obus tombent drus, comme hier on tire beaucoup. Mardi, on a labouré sur le plain et aux 3 arbres et pommes de terres Colle et Déjardin, été chercher betteraves, on a commencé à prendre fourrage dans la grange par-devant, une batterie qui était à Baillescourt, du 26° est revenue cette nuit à cause de s obus. Mercredi, on tire beaucoup le canon, obus tombent toujours à Miraumont, aéroplanes, on dit que le général de division de Miraumont va venir à Grévillers, on cherche du logement, la Croix Rouge partirait et les mitrailleuses, le Kommandant est venu visiter et a dit qu’on logerait un officier, la Kommandantur serait transférée chez Louis Bouvet on presse l’électricité et on abat les noyers. 2
  22. 22. Jeudi 11 novembre, on tire beaucoup le canon, aéroplanes, une aéroplane française type Bristol montée par un aviateur anglais a atterri aux fourdraines d’une panne de moteur, aéronaute et appareil indemnes, j’ai été voir, l’aéronaute a été conduit en auto à Bapaume et 2 camions autos sont venus pour prendre l’appareil, il est toujours question du changement, rangé tout à la cave et au grenier. Vendredi, grande surprise, le 10°, part demain samedi à St Aubin, grande animation, la Croix Rouge part également à Bapaume, on fait encore le logement, le Kommandant est venu à midi avec beaucoup d’officier s visiter logement, satisfait, on a cuit ce matin pour M Frère et Suzanne après-midi, adieu de Arthur. Samedi, calme pour le tir, le 140° part à 9 heures, grande animation, beaucoup de travail pour les soldats, le 26° descend et loge à partir de chez Zéphyr et Charles, le Kommandant revient avec escorte visiter le logement qui plaît, il reste une vingtaine d’hommes du 10°, le soir Charles Schmidt, Arthur mangent et couchent chez nous, la nouvelle Kommandantur sera chez Martial Barbey, le bureau du général chez Peugnet et le lieutenant Metz est provisoirement Kommandant. Dimanche, les amis nous quittent, Arthur a mangé avec nous, reçu 14 francs 40, le Kommandant a donné femelle lapin avec 7 petits, on a tiré le canon, le téléphone de la division est chez Constance, publié appel des filles pour aller nettoyer les logements ; la Kommandantur, M Berry, maison institutrice, Gréselle et Joseph Savary sont au poste pour avoir pris trop de paille, le 10° charge fourrage, paille et pommes de terre. Lundi, été à Bertincourt, bon voyage, porté bois à M Capron, Zéphyr est venu aussi, porté beurre à M Bajeux, arrivée de la division, nous avons 1 Vachmeister et le maréchal des logis major, très bons, nous mangeons avec eux, ils couchent cabinet, on a tiré un peu. Mardi, distribué farine, grand remue ménage, il arrive beaucoup de beau mobilier, nos deux hommes partent chez M Trollé, pour si peu déjà regrets, nous mettons le lit et mettons un poêle et rien ne sert, un officier vient nous dire que nous recevrons un simple soldat dont il faudra avoir soin et beaucoup d’égards, il arrivera demain, nuit tranquille, on a bien dormi. Mercredi, notre soldat arrive, c’est un futur juge, il est bien, pas fier, il apporte son manger, tout va bien, surveillé travaux dans la rue, on a cuit pour nous, publié qu’il faut nettoyer rue, chacun en face de chez lui, on a tiré un peu, on prend toujours fourrage dans la grange, l’écurie sert de magasin de la division et on met une auto dans l’aire. Jeudi, nettoyé les rues, on a tiré un peu, aéroplanes, on a cuit pour Flavie, été à Bihucourt porter pain et sucre, on fait cave pour abri, notre nouveau se plaît très bien, le soir on a apporté un lit de chez Geoffroy, il reçoit beaucoup de choses de chez lui. Vendredi, été à Bapaume porter beurre et commissions M Bajeux, balayé partout, publié qu’il faut saluer les officiers, calme pour le tir, le soldat a dit qu’il était de Berlin et était avocat, très honnête et bon appétit. Samedi, calme pour le tir, encore grand remue ménage, il nous est arrivé un nouveau locataire, un sous-officier chef des boulangers, bon type, il loge du coté de chez Jeanne, nettoyé les rues, beaucoup de travail, le 29° part à Avesnes, les mitrailleuses montent par en haut, le 10° de Biefvillers vient rue d’Avesnes. Dimanche, balayé la division, distribution avoine, touché 5 francs 40, été à l’horloge arranger, elle marche, monté deux poêles pour les soldats, ils apportent le charbon, calme pour le tir, la cuisine de la division est bonne et distributions, calme pour le tir. Lundi, grand travail dans les rues, on range les trottoirs, scories, haies, travaillé avec les ouvriers, calme pour le tir. Mardi, publié la sortie à 6 heures et chaussures et ravitaillement, continué le travail sur trottoirs, on cuit pour M Frère, tout va bien calme pour le tir. Mercredi, on tire beaucoup sur Arras, été chercher deux sacs de charbon pour soldats, acheté 5 kilos de café pour M Bajeux, continué travaux trottoirs. 2
  23. 23. Jeudi, on a tiré beaucoup, 20 aéroplanes sont venus jeter des bombes un peu partout, on ne sait rien des dégâts, publié génisse de Flore Couvreux à 12 et 14 sous, encore arrangé trottoirs. Vendredi, republié vache Flore, été à Bapaume porter beurre à M Bajeux, rapporté un peu de farine, aéroplanes, on a encore tiré beaucoup le canon direction Arras, arrangé encore trottoirs. Samedi, été à Bapaume porté viande à Mme Bajeux, contente, un peu de farine arrangé trottoirs, on a tiré beaucoup me canon direction Arras, on a monté le lit du sous-officier qui vient de Miraumont, bons camarades. Dimanche, il a gelé très fort, on tire au canon sur Miraumont, aéroplanes, revue des chevaux pour demain à 9 heures, reçu 8 francs 50, distribution avoine, Charles et Schmidt sont venus rendre visite qui a été bonne, retour pour 9 heures. Lundi 29 novembre, publié qu’il faut jeter de la cendre sur la chaussée, il pleut, distribué charbon aux civils, on tire beaucoup le canon direction Albert, les Allemands veulent prendre un morceau du bois d‘Aveluy. Mardi 30 novembre, on a tiré beaucoup, aéroplanes, 8 qui ont jeté des bombes 40 sur la gare, Irles, Achiet-le-Petit, beaucoup de dégâts, publié qu’il faut conduire génisses, veaux, Jeanne a cuit, été chercher de la paille. Mercredi, été à Bertincourt avec Zéphyr, bon voyage, porté un peu avoine à M Bajeux, porté un pain à M Capron, rapporté café, pendant le voyage on ramasse toutes les génisses et veaux, soit 52. Jeudi, on a cuit pour M Frère, distribué farine, conduire toutes les charrues sur la place, on a emmené tous les noyers en gare de Frémicourt, le sous-officier de Miraumont est arrivé, bon camarade. Vendredi, été à Bapaume chercher levure et commissions, on bouche le trou à fumier de Peugnet, temps humide, on tire le canon fort. Samedi 4 décembre, on a cuit pour nous, on a tiré beaucoup le canon, cette nuit Eloi Pronier est décédé, été à Bihucourt porté un pain, bon voyage, été à l’horloge, nettoyé village. Dimanche, on a tiré le canon, distribué avoine, reçu 8 francs 40, aéroplanes, grande bataille aéroplanes, un monoplace anglais a mitraillé un allemand qui a atterri près de Bapaume, hommes non blessés, un allemand biplan est alors arrivé et a poursuivi l’anglais qui est tombé, mitraillé, aux 14, les deux hommes sont tués et l‘appareil est démonté, triste journée à cette occasion. Lundi 6 décembre, on a tiré le canon fort, été ranger le bois à perche au jardin, on a encore coupé un arbre au pré, toujours même situation, on arrange la grange à Zélie chez Eloi Pronier pour mettre en dépôt les paquets de Noël de la division, été chercher 3 sacs de charbon. Mardi, on tire beaucoup le canon, un aéroplane est venu, les gendarmes perquisitionnent partout, d’où grand travail. Mercredi, été à Bertincourt avec le cheval de Zéphyr et Sylvain, rapporté 1545 kilos de farine, riz, sel, graisse, vermicelle, savon, bon voyage, aéroplanes à Velu et en revenant Irles, Miraumont où ils ont jeté des bombes, M Georges est parti en permission pour 11 jours. Jeudi, publié distribution riz, etc., on tire le canon, on fait des caves pour les soldats s’abriter des bombes une auprès de l’église, une rue d’Avesnes. Vendredi, nettoyé le village, on répare la grange Lemaire près du poste, on prend des cailloux dans les cours pour mettre dans la cour Marie Caffenne, les briques aussi et on défait les murs pour entourer l’accumulateur électrique, été à Bapaume porté beurre et œufs à M Bajeux, rapporté farine et bois galoches, M Frère Aubert est décédé à 5 heures du soir après quelques jours de maladie, triste maison. 2
  24. 24. Samedi 11 décembre, cuit pour M Frère, nettoyé les rues, remonté l’horloge, on tire beaucoup le canon, aéroplanes, distribué avoine reçu 8 francs 40, eu du malt de ….. , fait de la bière, on a enterré M Frère Aubert, belle affluence. Lundi, on a tiré cette nuit beaucoup d’obus sur Courcelettes, on tire beaucoup le canon, beaucoup d’aéroplanes qui jettent des bombes entre Irles et Achiet le Petit et sur Achiet le Grand, publié pour les chiens et les instruments agricoles, les nettoyer en remises, passé chez les propriétaires de vaches pour demander si elles sont pleines et combien elles donnent de lait. Mardi 14 décembre, été à Bertincourt chercher farine et graisse avec Zéphyr et le cheval de Lucien Frère, bon voyage beaucoup d’aéroplanes,. Mercredi, distribué la farine, été chercher choux à vaches au ¼, on tire beaucoup le canon entre Albert et Ayette. Jeudi, attendu gendarmes, perquisitions, calme pour le tir, rien de nouveau. Vendredi, nettoyé rues, été à Bapaume commissions diverses, M Eslin a donné 10 marks pour payer le sucre, calme pour le tir, Séraphine Mouronval est décédée ce matin. Samedi, Flavie a cuit, on tire le canon, distribué avoine à midi, publié appel de tous les hommes et jeunes gens demain à 11 heures 30, remonté l’horloge, défait deux briques au poids du mouvement parce qu’elles avançaient, on a enterré Séraphine à 3 heures après-midi, nettoyé les rues. Dimanche, été jeté un tombereau de fumier dans le jardin, coupé la haie, touché 5 francs 40, on tire le canon et aéroplanes, appel des hommes, M Georges est revenu ce soir, on a fait la fête. Lundi, nettoyé les rues, été à Bapaume pour le ravitaillement, rien de nouveau, toujours la même situation, on coupe toutes les haies et pépinières pour transporter vers Achiet le Petit où, dit-on, on fait des tranchées. 24 Mardi, été à Bertincourt chercher lard, graisse, café, lampes, etc. triste voyage avec cheval Delacourt, il a plu tout le jour, calme pour le tir. Mercredi, on a cuit pour nous, nettoyé rues, on tire au loin, on ravage tout le petit bois, on commence les préparatifs de Noël, toujours la pluie. Jeudi, on a cuit pour M Frère, été à Bihucourt porter deux pains Dauthieu et commissions Clorinthe, on a tiré beaucoup le canon, aéroplanes, nettoyé les rues, on prépare l’école des garçons pour fêter Noël. Vendredi 24 décembre, ils fêtent Noël à l’école des garçons, à l’église et chez M Frère, on s’est servi de la lampe à acétylène, ça a marché, le soir on a joué une aubade à la galerie du clocher, concert dans la grange de M Frère, Dieudonné nous a donné notre Noël, Edouard a reçu beaucoup de paquets, bon, M Georges aussi, on a tiré beaucoup le canon, triste anniversaire de Fernande. Samedi jour de Noël, distribué avoine, on a encore, après la messe allemande, joué une aubade à la galerie, les soldats fêtent Noël, les nôtres sont rentrés tard, on a tiré beaucoup le canon. Dimanche 26 décembre, on a payé, reçu 6 francs, convoqué le Conseil municipal pour 4 heures à l’effet de payer le charbon des soldats soit 800 francs dont 180 marks que M Frère a été obligé de chercher dans plusieurs maisons, on a tiré beaucoup le canon. Lundi, bottelé, et fagoté, publié que les enfants de 13 ans au-dessus doivent aller à l’appel demain à 8 heures moins le quart, on a tiré beaucoup le canon. 2
  25. 25. Mardi 28 décembre, les petits vont travailler à nettoyer les passages, on coupe les haies, beaucoup d’aéroplanes, on a tiré beaucoup à l’ouest, les gendarmes continuent leurs perquisitions, s ont pris une garde robe chez le père Meunier. Mercredi, on a tiré beaucoup le canon, une escadrille d’aéroplanes a été aperçue loin, ils revenaient, a-t-on dit de St Quentin détruire le champ d’aviation allemand, beaucoup d’aéroplanes. Jeudi, on a conduit 6 tombereaux de fumier à la chapelle Cole et Déjardin, Duchemin et Lecomte ont chargé, canon un peu, Suzanne a cuit, publié certaines choses. 25 à 29 inclus Vendredi, 31 décembre, on a tiré beaucoup le canon, aéroplanes allemandes, on a nettoyé les rues avec les petits gamins ru es propres, triste fin de l’année 1915. 1916 Samedi 1° janvier1916, on a tiré passablement, il pleut, les soldats fêtent le nouvel an. Dimanche, calme pour le tir, distribué avoine, reçu 6 francs. Lundi, été à Bertincourt chercher farine, sel, café, avec Marquant et cheval Charlet, on a tir assez bien à l’ouest. Mardi, on a tiré beaucoup le canon à l’ouest, on est venu au fourrage à la grange devant, on a fait un tombereau de fumier Colle, on a cuit pour M Frère hier lundi, aujourd’hui pour Flavie et Jeanne, distribué la farine qui a été bien, ce soir grande attaque des Allemands à l’ouest. Mercredi, on a tiré beaucoup le canon à l’ouest, 12 aéroplanes sont venus et ont jeté des bombes sur la boucherie de la brioche, travaillé avec les gosses dans les passages, charrié 3 tombereaux de fumier, Vincent, on a pris les nochères de Constance. Jeudi, on n’a pas travaillé, on a cuit pour nous, continué de malter, été à Bihucourt porter un pain et 3 la pins chez Dauthieu, battu cameline et ranger, calme pour le tir, on fait neuve la ligne de Achiet à Bapaume. Vendredi, on a tiré beaucoup le canon, charrié fumier 10 voitures Marquis et Savary Joseph, on a distribué du fourrage chez nous, travaillé avec les petits passages Barbier. Samedi, on a beaucoup tiré le canon à l’ouest, aéroplanes, nettoyé la rue avec les gosses, après-midi distribué charbon, il en est resté et on l’a amené dans la cour pour vendre à Martial, Barbey a eu une affaire vilaine à ce sujet, conduit 6 voitures de fumier, 1 au ¼ et 1 au jardin. Dimanche, été jeté tombereau de fumier au jardin, distribué avoine, reçu 6 francs, été arrangé fumier à la chapelle. Lundi, distribué le reste de charbon à indigents, fini le fourrage par-devant, été décharrié fumier avec cheval Benjamin au ¼ et à la chapelle, 10 vont travailler à la route d’Irles, convoqué 6 filles pour la batterie demain, on a tiré beaucoup à l’ouest, 2 batteries de gros canons, sont parties sur Miraumont, elles ont reçu aubade des soldats, il est arriver pour manger un soldat du 121° de Ligny pour aider les secrétaires de l’intendance, bon, il couche chez Emile. Mardi, on a tiré le canon à l’ouest, été travailler avec les petits, route de Biefvillers et Bihucourt, on continue le battage qui diminue. Mercredi, on a tiré le canon à l’ouest, aéroplanes, publié pour les veaux à déclarer, été avec les jeunes aux jardins nettoyer, M Edouard a déménagé son lit pour coucher au bureau. 2
  26. 26. Jeudi, été à Bertincourt chercher farine et sucre avec cheval Charlet et Delrue, froid et neige, rapporté savon et chicorée, vu aéroplanes au bois de Vélu, on a tiré le canon un peu à l’ouest. Vendredi, été distribuer farine, rangé grenier triste, on a cuit pour M Frère, canon calme à l’ouest, aéroplane bataille fatale, il est dit qu’une française est atterrie touchée par le chasseur, elle est parvenue dans les lignes françaises mais les officiers seraient tués et l’aéroplane démoli. Samedi, nettoyé village avec les enfants, calme pour le tir à l’ouest, on a labouré hier le ¼ ceux de Biefvillers, triste travail, la gendarmerie et passée dans toutes les maisons pour chercher après poêles qu’ion a pris dans la maison Benjamin, on vole un peu partout poules et la pins, on a passé, Joseph dans les maisons où il y a des vaches pour la laiterie et savoir si on arrivera aux 80 litres demandés. Dimanche 16 janvier, distribué avoine, reçu 7 francs 20, calme pour le tir, été chez les propriétaires de vaches les informer de porter leur lait, mardi de 8 à 9 heures, à la Kommandantur, donner du lait pur ou forte amende, le lait sera payé 0 franc 20 le litre et le petit lait 5 centimes le litre, reçu avis d’aller chercher demain à Bertincourt 3800 kilos de charbon, on dit qu’un aéroplane allemand est tombé touché par des anglais, appareil démoli et aviateur gravement blessé, toujours même situation, distribué 4 cartes de prisonniers en Allemagne. Lundi, été à Bertincourt chercher charbon avec cheval Delacourt et Lucien Frère, avec Zéphyr et Delrue, voyage à peu près, vu envolés aéroplanes de Vélu et vu beaucoup d’aéroplanes français et anglais, en effet il est venu les aéroplanes qui ont jeté des bombes sur Le Sars, Warlencourt, Brioche, Ligny et Grévillers où 2 bombes sont tombées pour la première fois, une dans la cour de Sophie mémé, détruisant sa maison et une dans le chemin derrière les haies, ces bombes visaient le hangar Trollé où sont remisés les caissons du 26°, du fait des bombes, qui a été terrible, nous avons eu 6 carreaux de cassés et d’autres maisons ont été pareilles, on a tiré beaucoup le canon au nord et au sud, hier réunion du Conseil pour verser encore 800 francs de charbon aux autorités, qui a été accepté, de plus en plus les 10 qui travaillent à la route ne sont pas payés par les autorités, alors la commune décide de les payer. Mardi, calme pour le tir, distribué le charbon aux indigents, publié pour le petit lait, etc., déménagé le mobilier Sophie où on l’a transporté chez la mère Jacob, on a sonné la cloche à l’occasion du Monténégro qui aurait demandé la paix, dit-on, Suzanne a cuit. Mercredi, on a tiré le canon au sud et à l’ouest, aéroplanes, été étendu sable cour du général, les nettoyeurs de cheminée sont passés, Flavie a cuit, la laiterie marche chez Paul Savary. Jeudi, balayé, été au bois avec Henri fagoter, triste tableau, le soir ramené le tombereau Col, on a tiré beaucoup au sud et au nord, M Edouard nous quitte et va aller à Irles pour aller travailler toutes les nuits aux tranchées. Vendredi, été au bois avec Henri et ramené à midi un tombereau de bois Col, donné paille et publié à ceux qui ont des vaches, on a amené les soldats une voiture pulpes dans la grange à ceux qui n’ont pas de betteraves, il est arrivé un nouveau sous-officier pour manger, il couche ailleurs, on a tiré beaucoup le canon vers l’ouest. Samedi, nettoyé les rues, on entasse paille grange sur rue, cuit pour nous, on continue d’abattre tous les noyers, les meules sont finies de battre, tous les chevaux sont couchés à l’écurie, on a tiré beaucoup le canon à l’ouest, on fait un musée des débris trouvés aux Anglais sur le front chez Charles, cédé à Joseph Dudicourt 5 kilos de farine. Dimanche brouetté fumier au jardin, reçu 7 francs 20, été fagoté au pré d’église, il est arrivé le soir 2 tombereaux de pulpes, travail à ranger les pulpes, on a tiré beaucoup au nord et à l’ouest. 2

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