Your SlideShare is downloading. ×
La génération numérique en France

              Usages d’internet
et comportements face aux moteurs de recherche




    ...
2
Table de matières
Remerciements .............................................................................................
Fonctionnement d’un moteur de recherche .....................................................................................
Remerciements


J'exprime mon extrême reconnaissance pour toutes les personnes qui, d'une façon ou
d'une autre, ont partic...
Nuage de tags




                6
Recommandations synthétisées


Nous vivons en plein bouleversements sociologiques et techniques à cause des
nouvelles tech...
Introduction


J’ai choisi ce sujet par une convergence de trois circonstances :

La première est liée à mon activité prof...
Comment les enfants font leurs recherches sur internet avec les interfaces de mots-clés :

Par Sophie Mateo, Promo MBA Par...
écrivent lettre par lettre. Une fois tout écrit, c'est alors qu'ils regardent ce qu'il se
passe à l'écran avant de cliquer...
Au cas par cas, chaque tranche d'âge trouvait sa propre frustration :


   •   celle des plus jeunes venait du fait de la ...
président l'année prochaine ?" Aucun n'a su répondre. Seulement un des enfants de
9 ans a tenté de raisonner en disant que...
Développement de futures interfaces de recherche :


1. Chercher d'autres méthodes de recherche : Pour les enfants, d'autr...
audio. Pour les résultats, étant donné que leur attention se focalise uniquement sur
   les premiers résultats, il faudrai...
Face à la question de si les moteurs de recherche étaient aujourd’hui adaptés aux
enfants, ou si une nouvelle interface se...
CHAPITRE I : Une nouvelle génération

Caractéristiques de toute nouvelle génération, d’après le rapport Bourgogne3 :
Une g...
•    18 – 24 : les adulescents : 9,15% on y entre de plus en plus jeune et on y sort de
         plus en plus tard (YGOL :...
société de l’information qui englobe tous les systèmes (médiatiques, culturels,
économiques, technologiques) et nous y avo...
modifié le rapport à la connaissance. Le téléphone a transformé les relations entre les
individus. L’ordinateur, même s’il...
En moins de 10 ans, l’avènement d’internet, de la téléphonie mobile, des supports
numériques et leur mise en réseau généra...
Les TIC, si on s’accorde à considérer que celles-ci ont véritablement émergé à partir de
1996, pour exploser en 2000.


No...
L’apprentissage des nouvelles technologies est quasi intuitif pour ces jeunes. Tout
comme la télévision a marqué la jeunes...
En tant que Digital Natives, les jeunes sont les pionniers d’une nouvelle ère et
     vulgarisent auprès de leurs aînés, d...
génération. En effet, l’enrichissement de la connaissance s’effectue de manière plus
parsemée : l’intégration du savoir da...
différents sujets. L’éducation de masse est le produit de l’économie industrielle ; elle
s’inspire de la production de mas...
manque de concentration et l’impossibilité de se dédier à une seule tâche à la fois en
profondeur. Les membres de cette gé...
CHAPITRE II : Evolution de l’équipement multimédia des 6-14 ans et
leurs usages :


Usage des médias des 8-14 ans :


Le n...
La radio : En moins de vingt ans, la structure d’écoute radiophonique a profondément
changé : moins de 7% des 11-19 ans éc...
Elle se spécialise désormais sur des tranches d’âge de plus en plus réduites. La tranche
d’âge la plus importante se situa...
parents privilégient les équipements les plus simples et le moins coûteux. Les enfants
sont très encadrés dans leurs conso...
Appropriation des médias audiovisuels par les 6-14 ans :


L’attachement à la musique occupe la première place, suivi du m...
les caractéristiques de la classe d’âge. Les enfants sont de plus en plus nombreux à
réaliser leurs consommations entre co...
tourner vers les jeux et les garçons apprécient de plus en plus les chats et les forums.
Internet demeure pour les jeunes ...
qu’à un effet de revenu (prix de vente s’échelonnant de 60€ à plusieurs centaines
d’euros).

Le baladeur : la moitié des 6...
Consommation des médias par âge


L’analyse des fréquences de consommations audiovisuelles (télévision, musique et
radio, ...
quotidien des enfants. L’écoute musicale gagne le quotidien de tous les membres de
ce groupe, notamment parce qu’elle peut...
CHAPITRE III : Ordinateur et Internet :


Ordinateur :


Le nombre de familles qui possèdent un ordinateur à la maison en ...
o   49% des 11-12 ans
                o   78% des 13-14 ans
                o   95% à partir de 15 ans
       •   89% des ...
Equipement dans les ménages français au fil des années scolaires


L’ordinateur est un média que les parents des 6-14 ans ...
La présence d’enfants est une forte motivation à l’acquisition : neuf personnes sur dix
dans les ménages composés d’au moi...
Internet

La démocratisation de l'ADSL et la baisse des tarifs ne sont évidemment pas étrangères
à cette ascension du haut...
Depuis ces dix dernières années, internet est devenu tout à fait incontournable en
France. Ainsi, il ne faut oublier que d...
Les usages d’internet se sont élargis avec le développement de la téléphonie et la
réception de la télévision sur l’ordina...
La plupart des personnes disposant d’une connexion s’en sert pour rechercher des
informations. Elles utilisent pour cela l...
Selon Catherine Ducerf : « Les blogs comme les sites communautaires sont les
     nouvelles tribunes des adolescents angoi...
La fin des années 1990 et le début des années 2000 ont vu la multiplication des
équipements grâce à une baisse des prix du...
9-10 : 4 heures
11-12 : 4 heures
13-14 : 8 heures
15-23 : 10 heures
D'après leurs parents, 44 % des 6-8 ans surfent sur In...
moment où le taux d’équipement et la compétence d’usage se sont accrus et
       où les injonctions scolaires nécessitent ...
six a navigué sur le web sur son portable en 2007, un taux plutôt stable depuis 2005. Les
plus concernés étaient les moins...
Environnement familial et scolaire & accompagnement des enfants sur Internet :

L’enfant partage son temps entre l’institu...
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo

16,252

Published on

2 Comments
6 Likes
Statistics
Notes
  • @ladesi
    Oh mon dieu... un message que je vois avec trois ans de retard !!! Toutes mes excuses :-( J'espère que ton mémoire c'est bien passé, et que désormais tu travailles sur quelque chose qui te plaît !
    Pour répondre à ta question, je l'ai présenté au MBA- MCI (Marketing et Commerce sur Internet) au Pôle Universitaire Léonard de Vinci, à Paris. Voici le lien : http://www.ilv.fr/mba/mci

    Merci d'avoir lu mon travail :-)
       Reply 
    Are you sure you want to  Yes  No
    Your message goes here
  • Coucou Sophie!!
    Je suis étudiante étrangère à l'Université de Poitiers. Je suis en train de rédiger mon mémoire d'études sur la communication transgénérationnelle par internet dans la famille.J'ai trouvé ton document et je te félicite pour le très bon travail! je voudrais te demander dans quelle Université as tu présenté ton travail?
    J'éspere pouvoir rentrer en contact avec toi. Ciao.'
       Reply 
    Are you sure you want to  Yes  No
    Your message goes here
No Downloads
Views
Total Views
16,252
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
4
Actions
Shares
0
Downloads
309
Comments
2
Likes
6
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Transcript of "La génération numérique en france. usages d'internet et comportements face aux moteurs de recherche. sophie mateo"

  1. 1. La génération numérique en France Usages d’internet et comportements face aux moteurs de recherche Sophie MATEO MBA Marketing et Commerce sur Internet Pôle Universitaire Léonard de Vinci Part time 2008-2009
  2. 2. 2
  3. 3. Table de matières Remerciements ............................................................................................................................................ 5 Nuage de tags ............................................................................................................................................... 6 Recommandations synthétisées.................................................................................................................. 7 Introduction ................................................................................................................................................. 8 CHAPITRE I : Une nouvelle génération ................................................................................................ 16 L’ordinateur est à l’origine d’une révolution culturelle : ........................................................................ 18 La génération numérique........................................................................................................................ 19 Caractéristiques des enfants numériques .......................................................................................... 19 L’apprentissage par la génération numérique .................................................................................... 23 CHAPITRE II : Evolution de l’équipement multimédia des 6-14 ans et leurs usages : ..................... 27 Usage des médias des 8-14 ans : ............................................................................................................ 27 Equipement des ménages français au fil des années scolaires : ............................................................ 29 Appropriation des médias audiovisuels par les 6-14 ans :...................................................................... 31 Importance du sexe de l’enfant dans la compréhension des dynamiques culturelles........................... 32 Influence de la catégorie socioprofessionnelle des parents dans l’usage des médias des enfants ....... 33 Consommation des médias par âge ........................................................................................................ 35 CHAPITRE III : Ordinateur et Internet :.............................................................................................. 37 Ordinateur :............................................................................................................................................. 37 Equipement dans les ménages français au fil des années scolaires ................................................... 39 Usages variés de l’ordinateur selon les années scolaires ................................................................... 40 Internet ................................................................................................................................................... 41 Activités sur internet........................................................................................................................... 43 Consommation de l’outil internet :..................................................................................................... 46 Usage du média Internet par les jeunes ............................................................................................. 49 Âge moyen sur Internet ...................................................................................................................... 49 Environnement familial et scolaire & accompagnement des enfants sur Internet : .......................... 50 Le suivi parental .................................................................................................................................. 50 Activités sur internet des filles et des garçons ................................................................................... 51 Freins et motivation des enfants sur internet .................................................................................... 51 CHAPITRE IV : LES MOTEURS DE RECHERCHE POUR ENFANTS ......................................... 56 Moteurs de recherche ............................................................................................................................ 56 3
  4. 4. Fonctionnement d’un moteur de recherche ...................................................................................... 57 Évolution vers le web sémantique ...................................................................................................... 58 Moteurs de recherche pour enfants : ..................................................................................................... 59 Analyse sur le fonctionnement des moteurs de recherche pour enfants .......................................... 59 Les moteurs de recherche sont-ils adaptés aux enfants ?...................................................................... 63 Requêtes des enfants sur les moteurs de recherche et sur leurs sites préférés .................................... 66 Le top 100 des requêtes monde ........................................................................................................ 66 CHAPITRE V : Etude qualitative sur les enfants numériques ............................................................ 70 Objet de l’étude ...................................................................................................................................... 70 Recrutement des participants................................................................................................................. 70 Demande d’entretien aux parents ...................................................................................................... 71 Méthodologie et analyse des résultats ................................................................................................... 73 Entretiens semi-directifs en individuel ............................................................................................... 73 Déroulement des entretiens ............................................................................................................... 73 CHAPITRE VI : Analyse des résultats et constats ................................................................................ 76 Sur internet en général ........................................................................................................................... 76 Sur les moteurs de recherche en particulier........................................................................................... 82 Conclusions ................................................................................................................................................ 86 Outils/ logiciels et supports de travail pour les entretiens et le montage vidéo.................................... 88 BIBLIOGRAPHIE.................................................................................................................................... 89 ANNEXES ................................................................................................................................................. 92 4
  5. 5. Remerciements J'exprime mon extrême reconnaissance pour toutes les personnes qui, d'une façon ou d'une autre, ont participé à mon projet de MBA entre octobre 2008 et avril 2010 : sans leur contribution, jamais ce projet n'aurait pu aboutir. Un grand merci à : Mireille Bré, pour son aide financière et ses encouragements de mère Gabriele Ginella, pour tous les soirs et week-ends où il m’a encouragé en me poussant à me dépasser pour continuer à avancer Enrique Nalda (Google France), pour m’avoir aidé à trouver cette formation qui ciblait exactement mes attentes Marie Loisel (Google France), pour son soutien lors du financement de ces cours et pour son aide pour l'organisation de mon temps de travail et d'étude Hilary Hutchinson (Google, Inc.), pour son inspiration pour ce travail de recherche et pour ses encouragements Vincent Marchand, pour son aide au montage de la vidéo (véritablement la synthèse de tout le travail de fond de cette thèse professionnelle) Laurent Pichot, pour ses corrections et l’amélioration de mon style Et bien sûr aux enfants protagonistes de l’étude qualitative : • Apolline • Andy • Nina • Théo • Juliana • Yolanda • Damy 5
  6. 6. Nuage de tags 6
  7. 7. Recommandations synthétisées Nous vivons en plein bouleversements sociologiques et techniques à cause des nouvelles technologies, notamment internet, qui font que la nouvelle génération, la génération numérique, s’éloigne de la précédente de par sa façon d’utiliser les médias, de communiquer. En revanche, la génération précédente, les parents de cette « nouvelle génération », appelée aussi « génération numérique », n’est pas à la hauteur de répondre encore à la forte demande de maîtrise dont les enfants ont besoin pour bien s’approprier des outils numériques qui sont à la portée de leur main. Où se trouve le clash entre générations : le problème est que les parents, les enseignants, les adultes en général, ne savent pas encore se servir des outils informatiques comme le font les jeunes. Le clash se trouve entre les immigrants et les natives. Dans cette nouvelle ère de l’internet, où les moteurs de recherche sont considérés comme la porte d’entrée à l’information sur internet, la façon de rechercher n’est pas encore maîtrisée par tous (grands et petits) et ceci fait qu’une amélioration soit nécessaire pour une bonne utilisation. Cette amélioration devrait venir de la part de la réponse des moteurs de recherche, et d’un apprentissage responsable sur comment formuler les requêtes afin d’avoir les meilleurs résultats. Les enfants, qui sont nés avec internet, sont des utilisateurs plus que fréquents des moteurs de recherche, mais rencontrent souvent des difficultés face à la façon d’écrire leurs requêtes. Les moteurs de recherche devraient leur faciliter la tâche, on mettant à leur disposition des outils tels qu’une saisie plus facile, des pages de résultats plus dégagées mais plus en accord avec la requête. L’amélioration viendrait aussi de la part des parents, des enseignants, qui devraient être plus présents sur les nouvelles technologies et apprendre rapidement à les maîtriser, autrement ils seront dépassés et un problème d’autorité pourrait s’approfondir : puisque cette génération maîtrise les outils mieux que la précédente. 7
  8. 8. Introduction J’ai choisi ce sujet par une convergence de trois circonstances : La première est liée à mon activité professionnelle : Je travaille depuis trois ans chez Google France et je m’occupe, dans l’équipe commerciale, de l’optimisation des campagnes AdWords. Ce qui veut dire que je dois être à la page de la façon dont les internautes font leurs requêtes sur le moteur de recherche, afin de proposer à mes clients de nouvelles pistes pour optimiser leur budget. Nous avons accès à de base de données au niveau mondial sur les requêtes, et j’ai toujours aimé les explorer. Avec le temps, je m’aperçois qu’il existe une évolution sur la façon de taper les requêtes : si en 2006 les requêtes comportaient un ou maximum deux mots-clés, les requêtes en 2008- 2009 sont de plus en plus longues, plus ciblées. Les internautes deviennent de plus en plus mûrs, et améliorent leur façon de rechercher. Je trouve très intéressant le fait de voir cette évolution, qui s’effectue d’une manière collective mais sans partage d’information : chaque internaute évolue dans sa façons de rechercher, mais il n’y a pas une mise en commun. C’est « l’évolution du pronétariat ». En avril 2009, lors que je cherchais le sujet qui me passionnerait pour ma thèse professionnelle, j’ai lu un article d’Hilary Hutchinson1 sur la façon dont les enfants font leurs recherches sur internet avec les interfaces de mots-clés. C’est un travail de recherche entre l’Université de Maryland et Google et j’ai voulu en faire la traduction de l’article pour notre blog. Ce projet a été mené sur un groupe de 7 filles et 5 garçons de 7 à 11 ans, ce qui est un groupe de travail de taille réduite. L’idée de faire les mêmes tests et de comparer les résultats entre des enfants aux Etats Unis et des enfants en France et voir si les conclusions étaient similaires m’a paru alléchante. J’ai envoyé un mail pour demander la permission à Hilary Hutchinson, et j’ai posté la traduction de son article sur notre blog du MCI2. En voici l’article : 1 Hilary Hutchinson : http://hcil.cs.umd.edu/trs/2009-04/2009-04.pdf. En annexe 1 2 Annexe « l’article qui inspiré le sujet de thèse » et sur le blog MCI : http://www.blogmci.com/index.php?post/2009/04/10/Comment-les-enfants-font-leurs-recherches-sur-internet- avec-les-interfaces-de-mots-cles-: 8
  9. 9. Comment les enfants font leurs recherches sur internet avec les interfaces de mots-clés : Par Sophie Mateo, Promo MBA Part time 2008 le vendredi 10 avril 2009. L'utilisation d'internet par les enfants est un constat tout à fait banal ; mais comprendre leurs difficultés pour rechercher est une autre chose. 12 enfants de Washington D.C. ont participé à l'étude : • 5 garçons • 7 filles La répartition des âges (diverses études prouvant les différences comportementales entre ces âges) : • 4 enfants : 7 ans • 4 enfants : 9 ans • 4 enfants : 11 ans L'étude réalisée par la Human-Computer Interaction Lab de l'Université de Maryland et par Google avec Hilary Hutchinson, User Experience Researcher, nous révèle quelques résultats très intéressants sur certains freins pour une recherche optimale par les enfants comme : • l'orthographe • la frappe • la formulation de requêtes • comment déchiffrer les résultats Résultats de l'étude : 8 points principaux : 1. Interaction des enfants avec l'écran et le clavier : Un des constats les plus frappants de l'étude est l'impact du manque d'interaction écran-clavier. Les enfants de tout âge confondu, ne savent pas où se trouvent les lettres sur le clavier, donc ils 9
  10. 10. écrivent lettre par lettre. Une fois tout écrit, c'est alors qu'ils regardent ce qu'il se passe à l'écran avant de cliquer pour lancer la requête. Néanmoins, pour les requêtes plus complexes, ils jettent de temps en temps un coup d'œil à l'écran, mais pas suffisamment longtemps pour voir l'auto complétion proposée souvent par les moteurs de recherche. 2. Connaissance et usage de Google : La plupart des enfants connaissait la recherche sur Google avant le test. 10 sur 12 utilisaient Google régulièrement, même si la plupart ne sont pas très familiers avec toutes les fonctions. Seulement 1 ne l'avait jamais utilisé. En demandant aux enfants d'expliquer comment fonctionne Google, • 7 enfants ont fait allusion à la zone d'insertion de texte. • seulement 4 ont mentionné la page de résultats, • 3 connaissaient les différents filtres comme Google Images, Maps, News ou autres. • 1 seul a su décrire le bouton "J'ai de la chance". • La perception globale du moteur de recherche Google est positive, pouvant se résumer ainsi : • "Google c'est facile et j'aime Google" • "Je peux trouver beaucoup de choses" 3. Sens de frustration pendant la recherche : Ce qui frustre le plus les enfants, c'est de ne pas trouver ce qu'ils recherchent. ''* "Il n'y a pas ce que l'on cherche" • "Google comprend tout l'internet, Ce qui n'est pas sur Google, n'est nulle part." Les enfants de tout âge ont été très précis en décrivant la source de leur frustration : • difficulté à savoir à quoi servent les boutons arrière et avant • difficulté à savoir que faire en cas de message d'erreur 10
  11. 11. Au cas par cas, chaque tranche d'âge trouvait sa propre frustration : • celle des plus jeunes venait du fait de la difficulté dans l'orthographe ou, en moindre proportion, des messages d'erreur dans le navigateur • celle des plus âgés venait du fait de ne pas arriver à trouver l'information souhaitée 4. L'orthographe et la saisie des mots : Quasiment tous les enfants tapent avec deux doigts et ne regardent uniquement que leurs claviers, en cherchant à trouver la bonne lettre. Presque tous étaient conscients que la maîtrise de la frape peut bien leur aider dans leurs recherches. Tous les enfants de 7 ans ont des fautes de frape, et ce n'est que vers les 11 ans que ceci commence à s'améliorer. Les requêtes mal écrites où l'enfant recevait le message "Essayez avec cette orthographe" venaient à leurs secours, sauf quand les erreurs étaient trop importants, où les orthographes proposées étaient trop éloignées du sujet. Les recherches sur la fonction "Essayez avec cette orthographe" ou la saisie semi- automatique montrent que ce sont des outils nécessaires en vue de la mauvaise frape de l'internaute moyen, mais montrent aussi qu'aux yeux des enfants ces outils ne se font pas trop remarquer par les enfants. 5. Le champ de saisie de la requête : La majorité des enfants de l'étude tapaient leur requête à l'intérieur du champ de requête de la page d'accueil. Ceux qui utilisent la barre de navigation le font en connaissant l'url du site à visiter, et n'ont pas eu besoin de passer par la recherche par un moteur de recherche. Afin d'effectuer une deuxième recherche, certains enfants cliquaient sur le bouton "précédent" et pour être à nouveau sur la page d'accueil. Les recherches dans la barre d'outils étaient moins fréquentes ; cette partie étant moins visible aux yeux et à la compréhension d'un enfant. 6. L'approche des enfants lors de requêtes complexes : Une demande complexe a été posée aux enfants : "Quel jour de la semaine sera l'anniversaire du vice- 11
  12. 12. président l'année prochaine ?" Aucun n'a su répondre. Seulement un des enfants de 9 ans a tenté de raisonner en disant que la recherche devait se diviser en deux étapes. La réponse aurait nécessité de 3 requêtes indépendantes : 1. qui est le vice-président 2. quel est le jour de son anniversaire 3. un calendrier de la prochaine année Les enfants ne se sont pas forcés à trouver la réponse, et certains ont répondu : "Personne met cette information sur internet parce que personne ne s'intéresserait à ça." Jusqu'à présent, aucune étude n’a été menée au sujet des limites des enfants sur les requêtes à mots-clés multiples. Néanmoins, pour ce type de demande, les enfants ont privilégié le langage naturel aux mots-clés : ils ont copier-coller la question dans le navigateur : ...quel jour de la semaine...?" 7. Comment les enfants utilisent les résultats ; La plupart des enfants n'est pas allée à la deuxième page de résultat et n'a presque vu que les premiers cinq résultats. Les enfants ont rapidement estimé que, s'il n'y a pas de réponse, c'est parce ce que celle-ci ne se trouve pas sur internet, ce qui prouve une espèce de foi absolue dans la technologie. 8. Ce que enfants et parents attendent des outils de recherche : Les enfants attendent quelque chose de plus adapté à eux, une sorte d’"outil magique" où ils pourraient avoir des inputs visuel/ audio ou un affichage plus adapté. Un des enfants a souligné qu'une solution pourrait être un seul résultat, mais le meilleur. Quelques idées plus imaginatives : • des outils de recherche télépathique • plus de boutons sur le clavier • ou des microphones magiques pour transcrire les requêtes 12
  13. 13. Développement de futures interfaces de recherche : 1. Chercher d'autres méthodes de recherche : Pour les enfants, d'autres méthodes de recherche sont souhaitables : • moins de résultats mais plus pertinents • amélioration de la saisie semi-automatique • possibilité de cliquer sur des catégories prédéfinies • possibilité de faire une recherche audio 2. Explorer d'autres algorithmes de saisie semi-automatique : La saisie semi- automatique telle qu'elle est aujourd'hui, n'est pas adaptée pour les enfants de 7 à 11 ans, qui regardent l'écran uniquement quand ils finissent d'écrire leur requête. Une solution pourrait être de donner des suggestions après un certain temps, ou quand ils cliquent sur le bouton "rechercher". Ceci pourrait cerner les fautes d'orthographe et proposer des suggestions pour les requêtes plus complexes. Une autre solution pourrait être de proposer la saisie semi-automatique en bas de l'écran bien visible, visant à attirer l'attention de l'enfant. 3. Limiter ou étendre les résultats de recherche : Les résultats montrent que présenter les résultats à la verticale et par page n'est pas la meilleure approche pour les enfants. Le plus adapté serait : • une seule page • des résultats avec moins de texte et moins de liens Toutefois, pour indiquer aux enfants l'existence d'autres pages, il faudrait développer une nouvelle interface adaptée. 4. Interface ciblée par âges Si la question de la sécurité reste une préoccupation majeur, une interface appropriée pour les enfants ne l'est pas moins. Les enfants ont du mal à faire des recherches par mots-clés, Une adaptation temporaire de l'interface pourrait les aider dans leurs recherches, avec plus d'options visuelles et 13
  14. 14. audio. Pour les résultats, étant donné que leur attention se focalise uniquement sur les premiers résultats, il faudrait adapter le contenu des réponses à leur niveau de lecture. Conclusions et prochains développements : Cette première étude a révélé plusieurs problèmes critiques des enfants dans leurs recherches sur internet, comme l'orthographe ou le fait de ne pas regarder l'écran durant la saisie. Ceci prouve que des outils tels que la saisie semi-automatique passe inaperçu pour les enfants. L'étude montre aussi que les enfants ne savent pas encore comment trouver un résultat qui demande l'addition de plusieurs recherches. En ce qui concerne les résultats de recherche, les enfants ne s'aperçoivent que des 3 ou 4 premiers résultats de la première page, et se sentent frustrés si ceux-ci ne leur offrent pas le résultat souhaité. Nous cherchons à trouver le raisonnement sur lequel les enfants se basent pour déterminer si un résultat est bon ou mauvais ; de la même façon que nous cherchons à trouver des différences de comportement entre filles et garçons, ou entre enfants de différents niveaux socioculturels. L'idée principale étant de développer des solutions adaptées à une meilleure expérience de recherche des enfants. source : How Children Search the Internet with Keyword Interfaces Venons-en à la troisième raison : je voulais faire des recherches sur la Génération Numérique d’aujourd’hui. Pourquoi aujourd’hui ? Parce que le décalage n’a jamais été et ne sera jamais aussi clair que maintenant. Peut être que dans quelques années, le gouffre sera moins grand entre les parents « immigrants » et les enfants « natifs », donc c’est maintenant qu’on peut voir la problématique en temps réel. Sans doute dans quelques années on verra les conséquences (et non pas aujourd’hui, à cause du manque de perspective et de recul), mais c’est maintenant que tout se déroule. 14
  15. 15. Face à la question de si les moteurs de recherche étaient aujourd’hui adaptés aux enfants, ou si une nouvelle interface serait mieux pour les enfants, j’ai analysé les quelques moteurs de recherches pour enfants en ligne aujourd’hui en France, qui, à mon avis, ne proposent pas une solution à la problématique de la façon de taper les mots-clés sur le moteur de recherche, appart le fait d’avoir des couleurs ou des dessins naïfs. De plus, aucun des enfants de notre enquête n’en avait jamais entendu parler. 15
  16. 16. CHAPITRE I : Une nouvelle génération Caractéristiques de toute nouvelle génération, d’après le rapport Bourgogne3 : Une génération peut être définie comme “ un groupe de pairs bien représentés au sein d’une société, nés au cours d’une période correspondant à la durée normale du passage de l’enfance à l’âge adulte, et qui ont en commun une certaine personnalité collective4 ”. La durée n’est pas toujours la même. Une génération peut s’étendre sur une période de temps plus ou moins longue, selon le temps qu’elle met à atteindre la maturité et selon les aléas de l’histoire. Selon cette étude, une nouvelle génération naît tous les vingt ans. Alors que certains traits, valeurs et comportements sont communs à plus d’une génération, il est reconnu que chaque génération possède un nombre important de caractéristiques qui lui sont propres. Quelques chiffres représentatifs de la population française : les statistiques de l’INSEE au 1er janvier 20055 montrent que la population française est répartie de façon égalitaire entre les trois tranches d’âges principales : • Juniors : 0 – 24 ans : 31,71% de la population • Majors : 25 -50 : 34,56% de la population • Seniors : plus de 50 ans : 33,73% de la population La tranche d’âge des juniors peut se subdiviser de la suivante façon : • 0 – 3 ans : les doudous : 5,09% de la population française • 4 – 11 ans : les doulescents ou adonaissants : 9,76% • 12 – 17 ans : les adolescents : 7,71% 3 Guy Paré : Génération Internet : la prochaine grande génération. Rapport Bourgogne, 2001. http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2001RB-03.pdf 4 Référence dans ce rapport à Howe et Straws : MIllennials rising. The next great generation. Vintage, 2000. 5 er Analyse de la répartition de la population française. Statistiques de l’INSEE au 1 janvier 2005 d’après Yohan Gicquel : « Le marketing des juniors », Ed. Génie des Glaciers 2006. 16
  17. 17. • 18 – 24 : les adulescents : 9,15% on y entre de plus en plus jeune et on y sort de plus en plus tard (YGOL : youngs getting older later) versus KGOY (kids getting older younger). Les doulescents ou adonaissants, qui feront le focus de notre étude, représentent presque dix millions d’enfants en France. Ils appartiennent à une génération révolutionnaire, car elle porte un modèle de société inconnue de leurs parents. En France, presque aucun de ces enfants n’est tenu à l’écart de la reconfiguration du quotidien imposé par les nouvelles technologies. En moins de dix ans, l’internet, la téléphonie mobile, les supports numériques et leur mise en réseau généralisée ont provoqué des bouleversements sans doute irréversibles dans l’accession aux savoirs et le statut des relations. Le rapport actuel des jeunes avec les médias traditionnels (en incluant le livre), la relation avec leur entourage et leurs proches, leur rapport à l’information, le savoir et le divertissement, ne sont pas les mêmes que ceux de leurs parents. Des nouveaux codes sont apparus, qui leur sont propres de façon naturelle. Ce sont des natifs du numérique, tandis que leurs parents essayent d’adopter ce nouvel univers. L’empire du livre s’est vu contesté depuis l’apparition des médias audiovisuels, au premier rang desquels il faut classer la télévision, le mass media par excellence. Cette nouvelle manière de penser, par superposition d’images qui défilent face à un spectateur passif, trouble par son irréversible essor un ordre trop bien établi, celui du livre. Les changements s’opèrent de façon de plus en plus rapide : si la radio a nécessité 38 ans pour atteindre les 50 millions d’auditeurs, et la télévision l’a fait en 13 ans pour atteindre autant de spectateurs, internet, pour sa part, n’a nécessité que de 5 ou 6 ans pour un même nombre d’utilisateurs. C’est pour cela que notre cible, les enfants de 8 à 11 ans, ne connaissent pas le monde sans internet, sans téléphone portable ou d’appareils photo autres que les numériques. Depuis 2001, où se sont généralisés l’ADSL (Internet à haut débit) et la troisième génération de téléphonie mobile, nous sommes entrés dans une nouvelle ère : la 17
  18. 18. société de l’information qui englobe tous les systèmes (médiatiques, culturels, économiques, technologiques) et nous y avons accès tous les jours, 24 heures sur 24. Le multimédia finit par se transformer en seul média pour définir cette nouvelle donne médiatique, qui rassemble, unifie écoute de musique, radio, télévision, vidéos, informations, communication, expression de soi, téléphone, etc. jusque-là éparses. Comme le dit si bien Pascal Lardellier : « Une culture d’un nouveau genre s’est produite : la culture du troisième type, qui recycle, mixe et régurgite tout ce qui vient au Net, énorme matrice médiatique qui malaxe et mêle sans distinction le public et l’intime, l’infime et l’infâme. » 6. L’ordinateur est à l’origine d’une révolution culturelle : Il a d’abord transformé la relation aux médias. Ainsi, la « navigation » sur les supports électroniques (cd-rom ou dvd) ou sur les sites internet est très différente de la « lecture » des livres, des journaux et des magazines, ou de la « consultation » des dictionnaires ou encyclopédies. La linéarité a fait place à la circularité, rendue possible par les liens hypertextes. La dimension multimédia permet d’accéder à tous les types d’information : texte, image fixe, séquence animée, son. Enfin, le mode de navigation n’est pas fermé ou limité, mais totalement ouvert. Le nombre de combinaisons possibles des différents éléments est infini ; ce qui fait d’internet un outil d’une extraordinaire puissance, avec des usages multiples et personnalisés. La contrepartie est que la culture générale ainsi constituée est fragmentée, parcellaire. Elle constitue une mosaïque plutôt qu’une image d’ensemble cohérente, telle que la fournit la « culture » traditionnelle. L’une des caractéristiques des innovations technologiques majeures est qu’elles remettent en question les modes de vie et les références culturelles. L’imprimerie a 6 Pascal Lardellier : Le pouce et la souris. Enquête sur la culture numérique des ados. Editions Fayard, 2006. Page 47. 18
  19. 19. modifié le rapport à la connaissance. Le téléphone a transformé les relations entre les individus. L’ordinateur, même s’il efforce de reproduire l’esprit humain et de se montrer « convivial », impose une logique et une culture différentes de celles qui prévalaient avant lui. Si internet a eu cette formidable pénétration sociale, c’est parce que les moyens techniques sont désormais efficaces techniquement pour mettre en place les TIC (techniques de l’information et de la communication). Mais cela dit, ça fait plus de 20 ans, depuis les années 80, que nous parlons de société de l’information, d’idéologie de la communication. Les TIC, si on considère qu’elles ont véritablement émergées à partir de 1996, ont explosé à partir de l’an 2000. La génération numérique Selon l’étude Ado Techno Sapiens7 (données 2007, publiées en 2008), en France, la génération numérique ou « Ado Techno Sapiens » se compose de quelques 8.900.000 jeunes de 8 à 19 ans. Caractéristiques des enfants numériques Cette génération est révolutionnaire, car elle porte un modèle de société inconnue de leurs parents. Quels sont les tenants et les aboutissants de cette nouvelle révolution en marche : presque aucun des enfants de 8-18 ans n’est tenu à l’écart de cette lame de fond, technologique mais pas seulement, et il y a une reconfiguration du quotidien imposé par ces technologies. 7 Données issues du billet « les jeunes et le numérique », paru le 12 août 2009 sur : « http://mariannedamit.blogspot.com/search/label/L'essor%20de%20nouveaux%20média%20(internet%20et%20 mobile) 19
  20. 20. En moins de 10 ans, l’avènement d’internet, de la téléphonie mobile, des supports numériques et leur mise en réseau généralisée ont provoqué des bouleversements sans doute irréversibles dans l’accession aux savoirs et le statut des relations. Le rapport avec les médias traditionnels (en incluant le livre), la relation avec autrui, le rapport à l’information et au divertissement, ne sont pas ceux de leurs prédécesseurs. Des codes nouveaux se réinventent grâce aux médiations techniques, très ludiques, des écrans. L’empire du livre s’est vu contesté depuis l’apparition des médias audiovisuels, au premier rang desquels il faut classer la télévision, les mass media par excellence. Cette nouvelle manière de penser, par superposition d’images qui défilent face à un spectateur passif, trouble par son irréversible essor un ordre trop bien établie, celui du livre. La radio a nécessité de 38 ans pour atteindre les 50 millions de spectateurs. La télévision l’a fait en 13 ans. Et pour internet, seulement 4 ans ont été nécessaire. Depuis 2001, la généralisation de l’ADSL (Internet à haut débit) et de la troisième génération de téléphonie mobile, nous sommes entrés dans une nouvelle ère : la société de l’information qui englobe tous les systèmes (médiatiques, culturels, économiques et technologiques) et nous y avons accès tous les jours, 24 heures sur 24. Le multimédia finit par se transformer en uni-média pour définir cette nouvelle donne médiatique, qui rassemble, unifie des choses jusque-là éparses. Si internet a eu cette formidable pénétration sociale, c’est parce que les moyens techniques sont désormais efficaces techniquement pour mettre en place les TIC (Information et de Communication). Mais cela dit, ça fait plus de 20 ans, depuis les années 80, que nous parlons de société de l’information, d’idéologie de la communication. 20
  21. 21. Les TIC, si on s’accorde à considérer que celles-ci ont véritablement émergé à partir de 1996, pour exploser en 2000. Nous nous trouvons indéniablement devant une authentique révolution, à la fois médiatique et économique, mais aussi culturelle et sociale. Les dangers que les parents craignent sont majoritairement dû à leur incompétence (en tant qu’immigrants) à manier ces outils. Comme le résume très bien Pascal Lardellier, si les enfants étaient à la maison à lire Victor Hugo ou à démonter un moteur, ils ne s’affoleraient pas, mais le fait est qu’ils sont obnubilés par quelque chose qui leur échappe. Leur accès à la connaissance est marqué par la globalité et l’instantanéité et aussi par le manque de méthode de travail. Ils vivent dans un environnement beaucoup plus multiculturel, plurilingue, et sans frontière. La population internationale de leurs collectivités virtuelles témoigne de l’orientation mondiale de leurs recherches d’information, de leurs activités et de leurs communications. Internet invite les jeunes à passer de la sphère nationale à la sphère mondiale. Enfants de familles où les deux parents sont actifs sur le plan professionnel, ils ont un emploi du temps chargé de sorte qu’ils sont toujours sous la supervision d’un parent, d’un membre de la famille, d’un professeur, d’un entraîneur, d’une gardienne ou d’un psychologue. De ce fait, les enfants ont le sentiment d’avoir peu de temps libre, beaucoup de devoirs, beaucoup d’activités programmées d’avance. Sous-ligner aussi que leur niveau d’éducation est plus élevé que la moyenne des générations précédentes. Sur le plan racial, la génération Internet est sans doute celle de l’assimilation : Le caractère international de leurs collectivités virtuelles sur la Toile témoigne de la portée mondiale de leur recherche d’information, d’activités et de communication. 21
  22. 22. L’apprentissage des nouvelles technologies est quasi intuitif pour ces jeunes. Tout comme la télévision a marqué la jeunesse des baby-boomers, la Toile fait partie intégrante de la vie des jeunes de la génération Internet. Ils ne regardent presque plus la télévision comme leurs parents à leur âge ; ce qu’ils aiment le plus d’Internet c’est son interactivité8 Les jeunes de la génération Internet appartiennent à une multitude de collectivités de toutes sortes sur la Toile. Certains membres de ces collectivités sont des jeunes rencontrés à l’école, mais cela peut faire place à d’autres membres. Le fait d’être des chercheurs actifs d’information au lieu d’être des capteurs passifs les rend indépendants et autonomes. Leur accès sans précédent à l’information leur donne aussi la capacité d’acquérir le savoir nécessaire pour vérifier les informations qui pourraient leur sembler erronées. L’occasion qui leur est donnée de se construire une identité et de s’attribuer des rôles dans une collectivité virtuelle les aide aussi à s’affirmer lorsqu’ils se trouvent dans d’autres contextes sociaux. Plusieurs pratiques culturelles des jeunes sont partagées par la plupart des jeunes partout dans le monde, même si elles peuvent être localement adaptées de différentes manières9. Les jeunes de la génération Internet sont nés dans un monde qui se réinvente constamment. Ils sont à peine sensibles au changement, l’absence d’Internet leur paraîtrait anormale. Ils aiment l’imprévu et la transformation constante du paysage. Ils cherchent sans cesse de nouvelles façons de faire les choses et ont une forte propension à l’innovation et à la créativité. Ils n’ont pas peur du changement et l’utilisent comme moteur constant d’innovation. Selon Florence Hermelin, en charge de l’expertise consommateurs dans son étude « Dans la tête des Digital Natives » et DGA de SixandCo : 8 Tapscott, Don : Grown up digital. McGraw-Hill, 2009. 9 “Several youth commodities and practices are shared by most young people all over the world, even if they can be appropriated locally in different ways”. Livingtone, Sonia. Kids online. The Policy Press, UK. 2009. Page 32. 22
  23. 23. En tant que Digital Natives, les jeunes sont les pionniers d’une nouvelle ère et vulgarisent auprès de leurs aînés, dans un contexte d’accélération lié à la crise, de nouvelles pratiques, de nouveaux réflexes et de nouvelles exigences10. L’étude Médiappro11 nous explique que parler de « révolution digitale » n’est pas pertinent pour les jeunes, les TICs s’intègrent parfaitement dans leur culture sans faire de bouleversements. Le jeune a donc une perception du large potentiel d’Internet mais un usage très restreint. L’attrait du net pour un jeune se situe dans le pouvoir de piloter lui-même son programme même s’il garde une navigation prudente et instantanée, sans objectif précis. Plus le milieu familial du jeune est cultivé, plus les parents suscitent la discussion avec leurs enfants. Ceux-ci auront une appropriation d’Internet plus réfléchie. L’apprentissage par la génération numérique Pour mieux comprendre cet apprentissage, nous pouvons nous pencher sur l’étude Bourgogne12 qui analyse l’œuvre de Tapscott (créateur du terme anglophone « digital native » dans son œuvre Growing up digital). Selon cet auteur, l’utilisation des media faite par les jeunes de la génération numérique pointe clairement vers un apprentissage interactif. Ceci est particulièrement vrai dans les cas ci-dessous : • De l’apprentissage linéaire à l’apprentissage ludique Si l’approche traditionnelle au savoir a toujours été linéaire, comme la lecture d’un livre ou le visionnage d’une vidéo explicative ou de formation, de nouvelles façons d’accumuler le savoir et la connaissance sont à présent disponibles pour la nouvelle 10 http://www.offremedia.com/media/deliacms/media/1053/105393-092d8d.pdf 11 http://www.mediappro.org/ Étude réalisée entre 2005 et 206 Between January 2005 and June 2006, universities, government ministries, associations and foundations from 9 European countries - Belgium, Denmark, Estonia, France, Greece, Italy, Poland, Portugal and United Kingdom – collaborated on an applied research project for media education called Mediappro (“media appropriation”). Étude complète : http://www.mediappro.org/publications/finalreport.pdf 12 Rapport Bourgogne. Op cit. 23
  24. 24. génération. En effet, l’enrichissement de la connaissance s’effectue de manière plus parsemée : l’intégration du savoir dans une structure cohérente s’effectue telle la préparation d’une bouillabaisse, en ajoutant des informations issues de sources très diverses et en tirant ensuite une conclusion. Grâce au lien hypertexte, véritable cœur de l’utilisation et du développement d’internet, la pédagogie classique se réinvente ; il est à noter que celle-ci peut être un facteur innovant d’amélioration des communications scolaires et académiques. Elle contribue ainsi à élargir ou à redessiner la configuration de la classe, en favorisant notamment le travail d’équipe. Elle est en mesure de transformer l’apprentissage en un processus continu en permettant à chaque élève ou étudiant d’apprendre à son niveau et à sa propre vitesse : c’est une incroyable souplesse qui leur est ainsi donnée. Cette nouvelle génération bénéficie d’un apprentissage qui se veut convivial mais avant tout ludique. Chaque activité est un jeu en puissance : tout a vocation à être drôle et amusant pour captiver l’attention. Selon Pascal Lardellier13, la culture numérique est ludique en elle-même : on ne fait que jouer d’une façon ou d’une autre. A côté d’un livre, plus austère, ou d’un programme à la télévision qui pousse à la passivité, l’interface avec de nombreux écrans a quelque chose d’intrinsèquement ludique. • De l’assimilation de concepts à l’exploration et à la découverte Plutôt que d’être passif face à son instructeur, l’élève ou étudiant est actif et construit lui-même son savoir. Le constructivisme, par opposition à l’instructionnisme, stipule que les gens apprennent mieux en faisant, c'est-à-dire en étant actifs, plutôt qu’en étant passifs et simples récepteurs d’informations. • Dans la relation de transfert du savoir, passage du centre de gravité du professeur à l’étudiant Une méthode d’apprentissage centrée sur l’étudiant est plus motivante et fait appel à une participation active sous forme de discussions, de débats et de recherche sur 13 Pascal Lardellier : Le pouce et la souris. Enquête sur la culture numérique des ados. Editions Fayard, 2006. Page 58. 24
  25. 25. différents sujets. L’éducation de masse est le produit de l’économie industrielle ; elle s’inspire de la production de masse, du marketing de masse et des médias. Cependant, dans son livre The Digital Economy, Tapscott explique qu’à travers le monde, les entreprises s’orientent vers une approche individuelle et personnalisée. Selon la théorie de Tapscott, une éducation pleinement centrée sur l’élève commencerait par l’évaluation de ses capacités, de son milieu social, ainsi que tout autre facteur pouvant avoir une incidence sur sa capacité à apprendre. Cette éducation particulière pourrait faire appel à des logiciels capables de structurer et prendre en compte l’expérience scolaire de chaque enfant. Ne nous trompons pas : l’importance du professeur n’est nullement remise en cause ; bien au contraire, son importance n’en sortira que grandie s’il réussit à s’adapter et à incorporer de nouvelles compétences et méthodes d’enseignement. Néanmoins, il est important de se rappeler que cette vision éducative reste idéalisée et très irréaliste. Elle trouverait difficilement sa place dans le système d’éducation actuel ; celui-ci étant bien plus en phase avec l’éducation de masse. • Au lieu de mémoriser, apprendre à apprendre Si nous prenons l’évolution récente de la société, il faut bien se rendre compte que apprendre à analyser et à synthétiser l’information est devenue bien plus importante que de simplement la mémoriser. En effet, celle-ci étant disponible à tout moment, la mémorisation « par cœur » est devenue tout à fait obsolète. C’est ainsi que l’analyse et la synthétisation de l’information prennent toutes leurs lettres de noblesse. Ainsi, Florence Hermelin nous présente de manière concise cet argument : Grâce à la capacité de stockage de plus en plus importante dans un espace de plus en plus limité et le moindre besoin de se souvenir puisque tout est disponible, les Digital Natives ont un rapport nouveau à la mémoire14. Néanmoins, afin de porter un jugement plus juste et impartial sur cette génération numérique sur laquelle nous n’avons pas de recul, il est intéressant de mentionner quelques caractéristiques supplémentaires véritablement associées à cette génération : l’impatience, l’exigence accrue, la hantise de « perdre son temps », le 14 http://www.offremedia.com/media/deliacms/media/1053/105393-092d8d.pdf 25
  26. 26. manque de concentration et l’impossibilité de se dédier à une seule tâche à la fois en profondeur. Les membres de cette génération ne fonctionnent qu’en multitâche ; ils ne peuvent que faire plusieurs choses à la fois, en mélangeant les côtés rébarbatif et amusant. 26
  27. 27. CHAPITRE II : Evolution de l’équipement multimédia des 6-14 ans et leurs usages : Usage des médias des 8-14 ans : Le niveau d’utilisation des médias des jeunes est souvent supérieur à celui des adultes, notamment pour ce qui est de l’audiovisuel et de l’informatique. Néanmoins, il y a eu très peu d’études d’effectuées sur leur pratique : en effet, la sociologie s’est peu intéressée aux moins de 15 ans, la plupart des enquêtes nationales portant sur la population « jeune » se sont limitées aux 15-25 ans15. Le temps que les moins de 20 ans consacrent aux activités médias « classiques » (télévision, radio et presse) et multimédia (internet, jeux vidéo, mobile) représente un tiers du temps dédié aux loisirs. La télévision : La part de la télévision dans la consommation des médias est en chute libre : les 15-24 ans figurent parmi les plus petits consommateurs de télévision. Selon Médiamétrie, ils consacrent une heure et demie de moins par jour sur le petit écran que la moyenne des téléspectateurs, soit une heure cinquante-trois contre trois heures vingt-quatre. Leurs chaînes de prédilection sont M6 et TF1, ainsi que celles présentent dans la TNT, dont W9. Si nous nous penchons sur les programmes plébiscités par cette tranche d’âge, nous constatons que les 15-24 ans ont une nette préférence pour les séries américaines et la télé-réalité16. Selon Dominique Pasquier17, la télévision mise de plus en plus sur la diffusion de programmes spécifiques pour chaque type de public : • M6, ciblant les moins de 25 ans, télévision préférée des petits • Les chaînes destinées à la jeunesse diffusées par câble ou satellite • Les 3.400 heures de programmes jeunesse (dessins animés et autres) offertes par les chaînes hertziennes 15 Octobre, Sylvie. Les loisirs cultures des 6-14 ans. Ministère de la culture et de la communication. La Documentation française. 2004, Paris. Page 11. 16 Pas de données trouvées sur les enfants de moins de 15 ans. 17 Pasquier, Dominique : Cultures lycéennes, la tyrannie de la majorité. Éditions Autrement, 2007. Page 26. 27
  28. 28. La radio : En moins de vingt ans, la structure d’écoute radiophonique a profondément changé : moins de 7% des 11-19 ans écoutent les radios généralistes nationales (RTL, RMC, Europe1, France Inter). Ceux-ci plébiscitent les radios à dominance musicale (Virgin Radio, Fun Radio, NRJ, Skyrock, RTL 2, RFM) et des radios locales. La presse et la lecture : L’évolution technologique a transformé la place de l’écrit : le développement de l’audiovisuel a modifié la relation à la connaissance et à l’information en privilégiant l’image par rapport aux textes et en favorisant les formats courts (clips vidéo, reportages d’actualité, etc.) Malgré la pression parfois exercée par les parents pour inciter leurs enfants à lire et à prendre du plaisir à la lecture, les jeunes trouvent à la télévision ou dans les jeux vidéo une satisfaction plus immédiate. Cette attitude est aussi de plus en plus apparente chez les adultes. Cependant, les Français apprécient toujours les livres. On constate d’ailleurs que ceux qui disposent du maximum d’équipement culturel (téléviseur, lecteur DVD et ordinateur) sont aussi ceux qui lisent le plus. Mais beaucoup considèrent que la lecture nécessite un effort plus grand que les autres loisirs ; la longueur des textes peut parfois représenter un obstacle. Ainsi, certains éditeurs ont pris en compte cette évolution en proposant des livres plus courts. Ce raccourcissement des textes et des formats est généralement associé à une baisse des prix : cette évolution répond directement aux demandes du public pour un livre plus court et moins cher, s’adressant aussi bien aux jeunes rebutés par la lecture et aux adultes pressés, qu’aux français soucieux d’un prix abordable pour un livre. Parmi les lecteurs les plus assidus de livres, la part des personnes se connectant quotidiennement à internet (75%) est plus élevée que la part des gens n’étant pas connectés (57%). En France, parmi les 70.705 titres publiés en 2007, quasiment autant de livres sont dédiés à la jeunesse (12.428) qu’aux ouvrages de littérature (14.012). La presse jeune, ayant connu un véritable essor lors des vingt dernières années, représente aujourd’hui 105 titres et diffuse 108 millions d’exemplaires par an. 28
  29. 29. Elle se spécialise désormais sur des tranches d’âge de plus en plus réduites. La tranche d’âge la plus importante se situant entre trois et quatre ans ; ainsi, trente-cinq titres s’adressent spécifiquement aux dix-douze ans. Les thématiques principales sont : les animaux, la nature, les langues, la lecture, la découverte des sciences, les activités pratiques, la musique, les stars, l’actualité, la mode et la beauté18 19. Quand bien même, il est reconnu que les enfants lisent de moins en moins, jamais il n’a été autant nécessaire pour eux de savoir lire, écrire et pouvoir développer un sens du jugement. Savoir pointer et cliquer sur un lien internet n’est pas suffisant en soi : il faut surtout pouvoir choisir le lien adéquat parmi une multitude de possibilités. Il faut pouvoir pointer, lire, penser et cliquer. De nouvelles façons de communiquer se développent : la communication écrite, surtout utilisée à un niveau personnel et informel, n’offre pas la même subtilité que la communication en face à face ou au téléphone, les inflexions de la voix ne pouvant être retranscrites à l’écrit. Privé des expressions du visage, du langage corporel, de l’intonation de la voix, et de l’environnement matériel, le jeune internaute doit inventer et utiliser son clavier de manière optimale. C’est ainsi qu’est née une nouvelle écriture, de nouvelles combinaisons de caractères, de nouvelles abréviations et de nouveaux acronymes. Ces néologismes ayant pour but d’intégrer à la communication écrite certaines des subtilités et des émotions présentes dans l’échange direct20. Equipement des ménages français au fil des années scolaires : CP : dès le CP, près de sept enfants sur dix possèdent un matériel audio, un enfant sur deux a des jeux vidéo, près d’un sur cinq une télévision dans sa chambre et un sur dix un ordinateur. La compétence technique des enfants étant faible à leur âge, les 18 Mermet, Gérard : Francoscopie 2010, Tous sur les français. Larousse, Paris 2009. Page 447-449. 19 Dominique Pasquier, op.cit. 20 Annexe 29
  30. 30. parents privilégient les équipements les plus simples et le moins coûteux. Les enfants sont très encadrés dans leurs consommations par les parents. Ceux-ci accompagnent leurs enfants dans cette utilisation, que ce soit dans la manipulation des outils les plus techniques comme un ordinateur (neuf enfants sur dix utilisent l’ordinateur en compagnie de leurs parents) ou dans la consommation de médias plus classiques (la quasi-totalité des enfants de cet âge regarde la télévision ou écoute de la musique avec leurs parents). Pour l’usage de la télévision, l’encadrement des enfants de CP est très fort : plus de neuf enfants sur dix sont soumis à des interdictions en matière de programme. L’initiation de la part des parents se trouve surtout dans le domaine de la musique. CM1 : En CM1, une première évolution s’opère avec un début d’autonomie des enfants et des équipements de plus en plus individualisés. De plus, il faut noter que les enfants s’approprient les éléments les plus technologiques, notamment pour la musique. Ainsi, le pourcentage d’enfants possédant radioréveils et/ou baladeurs est multiplié par deux, par rapport au CP. 5ème : C’est à peu près en classe de 5ème que commence à s’affirmer une « culture de la chambre » dans laquelle les médias tiennent une place importante. Ainsi, les jeunes préadolescents possèdent quasiment tous un matériel audio, trois quarts ont des jeux vidéo, un tiers une télévision, et un peu moins d’un sur cinq un ordinateur. Cette évolution en équipement technologique reflète étroitement le relâchement des contraintes imposées par les parents, que ce soit en termes de temps ou de contenu. Cet équipement est surtout l’indicateur d’un nouvel équilibre au sein de la famille, entre équipement familial et équipement personnel, espace familial et espace individuel. Le jeune adolescent se voit reconnaître une compétence dans trois domaines : l’usage de l’outil, le choix des programmes et une compétence d’auditeur/spectateur liée aux consommations solitaires. 30
  31. 31. Appropriation des médias audiovisuels par les 6-14 ans : L’attachement à la musique occupe la première place, suivi du multimédia (jeux vidéo et ordinateur) : plus de la moitié des enfants déclarant que s’ils ne pouvaient plus écouter de musique (tout support confondu) cela leur manquerait beaucoup ; contre quatre sur dix pour la radio, et plus d’un tiers pour les jeux vidéo et pour l’ordinateur. La télévision, première consommation médiatique, occupe la dernière place en termes d’attachement : plus de la moitié des enfants qui la regardent tous les jours déclarent éprouver pour elle un attachement modéré. Les deux consommations médiatiques à fort potentiel d’attachement (radio/musique et multimédia) ont en commun d’être les plus autonomes par rapport à la sphère familiale : les 6-14 ans disposent d’équipements personnels. Parmi toutes leurs activités autour des médias, la consommation télévisuelle apparaît comme la moins significative et la moins importante aux yeux des jeunes du CM2 à la 3ème alors même qu’il s’agit d’un média facile d’accès, tant matériellement – équipement de la quasi-totalité des foyers- que techniquement, les enfants apprenant très tôt le maniement de la télévision. Il en va différemment de l’écoute musicale ou des jeux vidéo et de l’ordinateur, dont les consommations semblent plus constitutives de la culture jeune et de la construction des identités d’âges et de sexe. La télévision est le média le plus familial ; ce côté familial et convivial se renforce au fil du temps, du CM2 à la 3ème. Avec l’âge, les enfants sont de plus en plus nombreux à regarder la télévision en famille, et ce, de plus en plus souvent. Cette tendance traduit également la mutation des goûts des enfants vers ceux des adultes et une souplesse des parents autorisant ainsi de plus en plus leurs enfants à regarder la télévision en soirée. Par ailleurs, l’usage de la vidéo ou dvd fait progresser l’usage de la télévision entre amis de cet âge. D’autres consommations médiatiques s’adressent plus à un public jeune qu’à un public familial : écoute musicale, jeux vidéo et informatique s’inscrivent dans l’interaction avec le groupe de pairs, qu’il s’agisse de copains ou de frères et sœurs qui partagent 31
  32. 32. les caractéristiques de la classe d’âge. Les enfants sont de plus en plus nombreux à réaliser leurs consommations entre copains et le font de plus en plus souvent. Le passage à l’adolescence est marqué par la progression des consommations solitaires. Elle concerne globalement l’ensemble dés médias : télévision, radio, musique, jeux vidéo, ordinateur ; mais c’est particulièrement vrai pour la musique et l’ordinateur. La forte segmentation de l’offre radio ou musicale et la moindre implication des adultes dans le domaine des pratiques informatiques domestiques de loisir fait de ces champs d’activité pour les moins de 15 ans des espaces d’affirmation des goûts, des comportements et des consommations. Importance du sexe de l’enfant dans la compréhension des dynamiques culturelles Celle-ci se définit sur trois niveaux : tout d’abord, il y a un « sexe » des pratiques ; ensuite la répartition des responsabilités éducatives est sexuellement inégalitaire ; enfin, les stéréotypes véhiculés par l’éducation varient fortement en fonction du sexe de l’enfant. Les contraintes liées au sexe sont ainsi inscrites tout à la fois dans les objets, leurs usages et les normes d’usage. La différence d’équipement entre filles et garçons renseigne déjà sur le genre de consommation médiatique : les filles ont un plus faible usage des jeux vidéo et des console de jeux, ce qui explique qu’elles sont également moins équipées personnellement d’écrans de télévision. En revanche, elles disposent, bien plus que les garçons, de vidéothèques et de discothèques personnelles, de même que d’équipements audio. La multitude d’usages possibles de l’ordinateur favorise son appropriation par ces dernières, surtout quand l’école les incite à l’utiliser, incitation qui compense leur faible attirance pour les outils technologiques. La culture de la chambre des filles est donc plus développée que celle des garçons. Filles versus garçons : les plus gros consommateurs d’internet ont une vie culturelle très active et sont de grands consommateurs de culture et de médias. Les filles qui, traditionnellement, préfèrent les activités de communication, commencent à se 32
  33. 33. tourner vers les jeux et les garçons apprécient de plus en plus les chats et les forums. Internet demeure pour les jeunes un divertissement avant tout, puis un outil pour la recherche et l’aide aux devoirs. Les pratiques de communication sont le prolongement de la vie quotidienne des jeunes et chaque type de pratique est utilisé en fonction de l’objectif du message (rester en contact ou demander conseil, chatter, obtenir des informations, discuter sur un forum, envoyer un email pour les communications privées et/ ou formelles). Influence de la catégorie socioprofessionnelle des parents dans l’usage des médias des enfants L’équilibre instauré entre équipement familial et équipement de l’enfant varie en fonction des cultures de classe à l’égard des médias. Deux postures s’opposent sur ce registre : celle qui renvoie la consommation au champ de loisir et de la détente, et celle qui l’englobe dans un projet éducatif. La télévision : Ainsi, en matière de télévision, les ouvriers semblent privilégier pour leurs enfants la libre disposition d’un instrument de loisir, face à d’éventuels désaccords sur le choix des programmes au sein de la famille. Ce sont en effet les enfants d’ouvriers qualifiés qui sont les plus forts détenteurs de télévision personnelle (plus d’un tiers des enfants d’ouvriers en possède une dans leur chambre). Chez les agriculteurs, les cadres et les professions intellectuelles supérieures et les professions libérales, la télévision est plus qu’ailleurs un objet familial et l’équipement personnel de l’enfant est rare, soit parce que la consommation télévisuelle est collective, soit parce que les parents souhaitent avoir sur elle un contrôle. Dans ce contexte, il existe une plus forte utilisation de dvd, d’autant que dans ces familles, le temps que l’enfant passe en l’absence de ses parents est important. Les jeux vidéos : pour les jeux vidéo, les enfants de chefs d’entreprise, de contremaîtres et agents de maîtrise sont particulièrement nombreux à en posséder, alors que les cadres et professions intellectuelles supérieures sont plus réticents à mettre ces jeux à disposition de leurs enfants. La réticence des cadres tient plus à une posture éducative 33
  34. 34. qu’à un effet de revenu (prix de vente s’échelonnant de 60€ à plusieurs centaines d’euros). Le baladeur : la moitié des 6-14 ans possède un baladeur. Cette individualisation de l’usage audio est favorisée par l’espace privé dont jouit l’enfant, c'est-à-dire sa propre chambre. L’ordinateur multimédia : les parents qui utilisent le plus l’outil informatique professionnellement, sont les parents qui le font entrer dans leur espace privé et dans celui de leurs enfants. Les parents qui accompagnent le plus les pratiques de leurs enfants se recrutent parmi ceux qui exercent des professions où l’ordinateur est un outil de travail : chefs d’entreprise, professions libérales, cadres et professions intellectuelles supérieures, et techniciens. Ainsi, les ménages les plus équipés sont les plus dotés en capital économique et culturel mais également ceux qui font de l’ordinateur domestique un usage professionnel ou para-professionnel : plus de neuf foyers sur dix sont équipés chez les cadres, professions libérales, plus de huit sur dix chez les artisans et plus de sept sur dix chez les agriculteurs et commerçants. L’ordinateur est également très présent dans les ménages exerçant des professions techniques : neuf ménages sur dix sont équipés chez les techniciens, huit sur dix chez les contremaîtres et agents de maîtrise. Des différences plus significatives apparaissent quant aux usages de ces équipements. Ainsi, à taux d’équipement domestique identique, ce sont les techniciens, plus que les cadres, qui déclarent que leur enfant dispose d’un ordinateur personnel ou réservé. Il est fort probable qu’il ne s’agisse pas là de multi-équipement, mais que l’enfant soit l’utilisateur principal, voire unique, de l’ordinateur domestique, exerçant alors non seulement un rôle de prescription en matière d’achat mais également un rôle de formation auprès de ses parents. Pour comprendre le rapport des 8-11 ans aux médias, il ne faut pas seulement considérer l’équipement mais également l’usage qu’ils vont en faire, notamment à travers les modèles de consommation parentale, une sorte de « culture domestique » à laquelle ils se trouvent confrontés. 34
  35. 35. Consommation des médias par âge L’analyse des fréquences de consommations audiovisuelles (télévision, musique et radio, ordinateur, jeux vidéo) permet de distinguer quatre rapports aux médias chez les enfants : Faibles consommateurs : 5% des enfants du CP à la 6ème. Ce sont surtout les plus jeunes, qui sont plus étroitement soumis aux injonctions parentales et n’ont pas encore un usage autonome des outils médiatiques. En raison de la faiblesse de leur équipement en ordinateur et en vidéo, leurs consommations médiatiques se reportent sur la télévision et l’écoute musicale sur des matériels familiaux, plus facilement contrôlables par les parents. Les jeux vidéo et l’ordinateur sont quasi absents, et les rares utilisations se font à un rythme mensuel. Consommateurs modérés : 30% des élèves du CP à la 6ème. Ce groupe se subdivise en deux : 1. Posture plus répandue dans les milieux à faible capital économique et culturel et dans les zones rurales : des enfants moins équipés que la moyenne et qui concentrent leurs consommations sur un petit nombre de médias. Cette posture tend à faiblir en raison de l’accroissement tendanciel de l’équipement. Elle est aussi plus répandue chez les filles, qui se tiennent à l’écart des consommations de jeux vidéo et concentrent leurs consommations médiatiques sur les consommations musicales et télévisuelles. 2. Des enfants faibles consommateurs d’un plus grand nombre de médias. Consommateurs réguliers : 35,5% des élèves du CP à la 6ème. Plus nombreux en zone urbaine, et dans les foyers plus dotés en capital économique et culturel et équipés en nouveaux médias. L’offre à laquelle ils sont confrontés est plus riche, notamment en informatique, et est en croissance à mesure que les compétences d’usage et de réceptions augmentent. Tous regardent la télévision (99%), presque tous écoutent de la musique ou de la radio (98,5%), et jouent à des jeux vidéo (83%) et les trois quarts (74%) utilisent un ordinateur. Les rythmes de consommation varient en fonction des médias et des familles : dans les foyers moins équipés en ordinateur, la télévision occupe le 35
  36. 36. quotidien des enfants. L’écoute musicale gagne le quotidien de tous les membres de ce groupe, notamment parce qu’elle peut être une activité secondaire par rapport à d’autres consommations médiatiques (l’ordinateur notamment) et parce que son statut ne semble pas être de substitution comme celui de la télévision. Forts consommateurs : 29,5% des élèves du CP à la 6ème, pour lesquels les consommations de médias sont à la fois multiples et quotidiennes. 82% d’entre eux écoutent de la musique, 66,5% regardent la télévision, 42% jouent à des jeux vidéo et 29% utilisent l’ordinateur quotidiennement. Les garçons sont plus nombreux que les filles dans ce groupe. Il faut noter également un plus fort investissement informatique pour les enfants de la 6ème que des classes précédentes. Ces enfants sont plus nombreux dans les zones urbaines où se trouvent une concentration des catégories socioprofessionnelles les plus équipées. Ils sont particulièrement nombreux dans les foyers à fort capital économique (chefs d’entreprise, professions libérales) très équipés. Plus l’enfant grandit, plus il est soumis à une abondance de l’équipement domestique et personnel. Notons également que les parents reconnaissent ouvertement les compétences de leurs enfants au niveau technique et technologique ; cette reconnaissance permet le développement de transmissions croisées intergénérationnelles. Celles-ci favorisent l’automatisation des consommations de l’enfant, tant en quantité et en temps, qu’en contexte de consommation ou en choix de contenu. Près de la moitié de ces enfants est issue de familles consommatrices régulières de médias audiovisuels. 36
  37. 37. CHAPITRE III : Ordinateur et Internet : Ordinateur : Le nombre de familles qui possèdent un ordinateur à la maison en France est de 76%. La France se trouve juste derrière l’Irlande (88%) et le Royaume Uni (83%), suivi de l’Allemagne (68%) et des Pays Bas (60%) Selon les données de Francoscopie, en France, deux ménages sur trois, soit 65% des ménages, disposent d’un ordinateur en 2009. À noter, les ménages les moins équipés sont ceux comptant le moins de personnes. Une véritable révolution numérique s’est engagée depuis 1990. Notons que le sous-équipement concerne principalement les ménages de retraités. Selon l’étude Ado Techno Sapiens21 (données 2007, publiées en 2008), la génération numérique ou « Ado Techno Sapiens » se compose de quelques 8.900.000 jeunes français de 8 à 19 ans. Selon l’étude Consojunior 2008 de TNS, sept enfants sur dix ont accès à Internet à la maison. Le développement de l’équipement numérique des ados de 8 à 19 ans a progressé à un rythme très rapide entre 2000 et 2007 : • 59% des jeunes possèdent un mobile contre près de 16% en 2000 (les plus âgés étant les plus équipés, le potentiel de croissance du marché de la téléphonie reste très grand chez les 8-11 ans). Ci-dessous, le pourcentage de possession d’un téléphone portable par tranche d’âge22 : o 2% des 6-8 ans23 o 19 % des 9-10 ans 21 Données issues du billet « les jeunes et le numérique », paru le 12 août 2009 sur : « http://mariannedamit.blogspot.com/search/label/L'essor%20de%20nouveaux%20média%20(internet %20et%20mobile) 22 mariannedamit.blogspot.com 23 Annexe 3. Etude Ipsos et e-Enfance : Les enfants et internet: modes d’utilisation et dangers encourus selon les parents. Décembre 2008 (http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/images/2756/diaporama.htm) 37
  38. 38. o 49% des 11-12 ans o 78% des 13-14 ans o 95% à partir de 15 ans • 89% des jeunes sont connectés à Internet aujourd’hui contre 27% en 2000. Ceci illustre remarquablement la progression fulgurante d’Internet dans les foyers. • Près de huit enfants sur dix âgés de 8 à 19 ans avaient une console de jeux en 2008. La console de jeux vidéo est entrée dans les foyers depuis bien longtemps (une vingtaine d’années) ; il n’est donc pas étonnant qu’en 2000, 59% des adolescents possédaient déjà une console. Les pratiques ont cependant continué de progresser jusqu’à 2006 (76%) et on observe depuis, un taux de possession de consoles en légère baisse, certainement dû au fait que les jeunes sont de plus en plus nombreux à jouer aux jeux vidéo sur Internet : o 71% des enfants jouent aux jeux vidéo sur Internet, selon leurs parents (d’après l'étude Ipsos-e-enfance24). Parmi eux, un sur cinq joue à des jeux de rôle en réseau type World of Warcraft ou Dofus. Ce chiffre monte à 31 % chez les garçons. o Les 4-14 ans jouent environ deux heures par semaine. Il est utile de rappeler que le marché du jeu vidéo est cyclique et suit de près les innovations des consoles. o 41 % des parents trouvent que leurs enfants jouent trop longtemps sur leurs consoles, ordinateurs ou mobiles (chiffre qui monte à 52 % pour les parents de garçons). Pour environ un quart (24 %) des parents de garçons, les jeux vidéo sont un sujet de dispute important au sein de la famille. o Moins d’un parent de garçons sur deux (47%) estime que leur fils préfère rester en famille ou voir des amis plutôt que de jouer aux jeux vidéo. • 61% des jeunes possèdent un lecteur MP3, contre 10% en 2004. De ce 61%, 56% ont entre 7 et 14 ans. 24 Études Parents, février 2009, IPSOS. 38
  39. 39. Equipement dans les ménages français au fil des années scolaires L’ordinateur est un média que les parents des 6-14 ans n’ont pas connu dans l’univers domestique de leur propre enfance ou adolescence. L’irruption de la micro- informatique dans les foyers français date des années 1980, de manière plutôt limitée. La miniaturisation des équipements et leur simplification d’utilisation ont considérablement fait progresser la domestication de ces outils. Souvent, l’enfant dispose d’un ordinateur réservé, qu’il s’agisse de l’ordinateur familial dont il est l’utilisateur principal ou le multi-équipement. Le taux d’équipement des foyers des 8-11 ans est remarquablement élevé si on le compare à celui de l’ensemble de la population française. L’équipement informatique du foyer est ainsi étroitement lié à la présence d’enfants. Le prix moyen d’un ordinateur a chuté de 16% en 2008, à 652€, grâce à l’arrivée en 2007 d’une nouvelle génération de portables, les netbooks, dont le prix moyen est de 340€ seulement. 230.000 unités ont été achetées au premier trimestre 2009. SI les achats d’ordinateur de bureau sont en recul, ceux des portables poursuivent leur forte croissance (les trois quarts sont vendus à des particuliers), en parallèle, les usages nomades des nouvelles technologies se développent considérablement. Simultanément, le taux de multi-équipement a augmenté : ainsi, 20% de la population possède plus d’un ordinateur, contre 16% en 2006. Cette évolution est surtout liée au succès de l’ordinateur portable. Le taux d’équipement français (68%) est légèrement inférieur à la moyenne de l’Union européenne (70,3%), et sensiblement inférieur à celui des pays nordiques (80%), des Pays Bas (83%), ou du Royaume-Uni (75%). Il restait cependant supérieur à celui de l’Espagne (60%). Le fossé numérique : l’équipement des ménages varie en fonction de l’âge : 92% des 12-17 ans sont équipés, contre 67% des 18 ans ou plus, seulement 17% des 70 ans ou plus (Crédoc, juin 2008). Ces écarts reflètent les différences générationnelles. 39
  40. 40. La présence d’enfants est une forte motivation à l’acquisition : neuf personnes sur dix dans les ménages composés d’au moins quatre personnes ont accès à un ordinateur à la maison. Les habitants de l’agglomération parisienne et des autres grandes agglomérations sont plus fréquemment équipés que le reste de la France. Usages variés de l’ordinateur selon les années scolaires CP : en CP, moins de six enfants sur dix utilisent l’ordinateur à la maison et seul un sur dix possède son propre ordinateur. A cet âge, ce sont les usages ludiques qui dominent largement (68%), les usages mixtes étant minoritaires (29,5%), et les usages proprement (para)scolaires inexistants. CE2 : un premier renversement s’opère en classe de CE2 quand les usages mixtes deviennent majoritaires (51%), même si le pôle ludique est encore très présent (47%). 6ème : le passage au collège sonne l’avènement d’une ère dans laquelle le ludique et l’éducatif se mêlent étroitement, le ludique pur tendant à disparaître (69,5% contre 19,5%). C’est à partir de la classe de 5ème que les impératifs scolaires sont plus présents : 14% des usages informatiques sont exclusivement scolaires et 68% sont des usages mixtes. En 4ème, les demandes spécifiques du jeune expliquent l’accroissement du taux d’équipement personnel (un adolescent sur cinq est équipé à partir de cet âge). Les demandes scolaires s’accentuent : que ce soit pour de la recherche documentaire, de la production de documents de synthèse ou d’analyses, l’ordinateur et la navigation sur internet s’avèrent tout simplement indispensables. L’équipement informatique de l’enfant vient alors mettre en avant la culture de la chambre, puisque dans huit cas sur dix l’ordinateur y trouve sa place25 . 25 Octobre, Sylvie. Op.cit. 40
  41. 41. Internet La démocratisation de l'ADSL et la baisse des tarifs ne sont évidemment pas étrangères à cette ascension du haut débit : on trouve maintenant sur le marché des offres haut débit avec téléphonie pour un prix avoisinant les trente euros. Selon l’article de lemondeinformatique.fr analysant l’étude Médiamétrie26, toutes les couches de la population accèdent aujourd'hui au Web. Sur les 29 millions d'internautes en 2009, l'Observatoire des Usages Internet révèle l'augmentation sensible du poids des seniors, des femmes, des catégories sociales modestes et des zones en dehors des grandes agglomérations. L’utilisation massive de l’internet concerne toutes les couches de la population : • Séniors (plus de 50 ans) : de 16,5% à 29%. • Femmes : de 39,2% à 48,3%. • Catégories socioprofessionnelles les plus modestes : de 13% à 34,1%. La région parisienne, qui captait à l'origine 35,1% des internautes, est retombée à 20,7%. Ce recul démontre la conquête réalisée par le nouveau média au plan national. Deux éléments principaux déterminent l’équipement informatique. Tout d’abord, le revenu : en effet, les ménages à faible revenu sont moins équipés que les ménages les plus à l’aise financièrement. Ensuite, il faut prendre en compte le rôle majeur que joue la familiarité professionnel à l’outil : les plus équipés se retrouvent ainsi parmi les professionnels ayant un usage régulier de l’ordinateur. Les retraités sont ceux qui équipent le plus leurs petits-enfants, même si c’est cette catégorie qui est véritablement la plus éloignée des nouvelles technologies27. La volonté des séniors est de permettre à leurs petits-enfants de ne pas subir de fossé technico-culturel avec les enfants de leur âge. 26 http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-l-etude-mediametrie-demontre-la-generalisation-de-l- usage-d-internet-en-france-28665.html Edition du 28/05/2009 - par Serge Leblal et Relaxnews 27 Octobre, Sylvie. Op. cit. 41
  42. 42. Depuis ces dix dernières années, internet est devenu tout à fait incontournable en France. Ainsi, il ne faut oublier que de 1999 à 2009, le nombre d'internautes connectés de manière mensuelle est passé de 3 à 29 millions. La France a une population de 64,4 millions d’habitants et un nombre d’internautes de 37 millions (soit 57,4% de la population28 française en 2008). Il est très intéressant de noter que le nombre d’internautes en 2013 est estimé à 40,8 millions, soit 62,1% de la population29. La population internaute est plus nombreuse chez les jeunes que chez les personnes plus âgées. La quasi-totalité des adolescents (98%) est aujourd’hui internaute (Crédoc)30. L’usage de l’ordinateur est très lié à internet : L’usage de l’ordinateur coïncide très largement avec celui d’internet : 92% des personnes ayant accès à un ordinateur se connectent au réseau. Début 2009, plus de 16 millions de foyers français pouvaient se connecter à internet, soit une progression de 19% en un an (Médiamétrie). Cette population ayant accès à internet représente près de six foyers sur dix. La quasi-totalité des 29,3 millions d’internautes à domicile disposent d’une connexion à haut débit. Le développement du multimédia (texte, son, images fixes et animées) a été une motivation majeure pour la croissance de l’utilisation d’internet. L’ordinateur connecté au réseau est devenu un instrument d’éducation et de communication : il a remplacé le minitel, le fax et le répondeur. Il est aussi un centre de loisirs avec les jeux vidéo, l’écoute de la musique ou le visionnage de photos et/ou de films. 29 eMarketer chiffres pour 2008. 30 Mermet, XXX. Op. cit. 42
  43. 43. Les usages d’internet se sont élargis avec le développement de la téléphonie et la réception de la télévision sur l’ordinateur. L’ordinateur connecté peut en effet être utilisé dans le cadre de trois fonctions majeures : information (et formation) ; travail et loisir. C’est cet usage transversal qui explique son succès et qui préfigure le rôle considérable qu’il jouera à l’avenir dans la vie individuelle et collective. Activités sur internet Usages d’internet par les français : Les formes de communication informative et interactive, désignées par le terme de web 2.0, connaissent un fort engouement. Le site emblématique de cette approche est l’encyclopédie collective Wikipedia, dont chaque article est rédigé par des internautes et peut être enrichie par tous ceux qui le consultent (crowdsourcing). Le nombre de visiteurs uniques était de 8 millions en juin 2007 (Médiamétrie). Au sein de l’Union européenne, la population internaute française est jugée plutôt compétente quant au maniement de l’outil internet (Eurostat, 2007). Ainsi, 12% des personnes âgées de 16 à 74 ans (contre une moyenne de 8% en Union européenne), est en mesure d’effectuer les tâches suivantes : recherche d’information grâce à un moteur de recherche ; envoi d’un courrier avec un document en pièce jointe ; envoi d’un message sur un forum de discussion ; utilisation d’un logiciel de téléphonie (Skype par exemple) ; utilisation d’un logiciel en peer to peer pour échanger des films ou de la musique ; et création d’une page web. Principales activités sur internet des français : • 77% : courrier électronique et recherche d’information sur le web. • 38% : achats en ligne • 31% : communication et échanges avec d’autres internautes • 29% : gestion du quotidien • 18% : téléchargement • 13% : accès aux programmes multimédia • 3% : développement d’un réseau social 43
  44. 44. La plupart des personnes disposant d’une connexion s’en sert pour rechercher des informations. Elles utilisent pour cela les moteurs de recherche ou se rendent directement sur les sites en question. Le courrier électronique est un usage quotidien pour la plupart. Un nombre croissant d’internautes fréquente des forums de discussion. Les principaux usages sont liés à la gestion de la vie quotidienne, qu’il s’agisse des loisirs ou du travail. En 2008, 13% des internautes se servaient d’un logiciel de type Skype ou Messenger pour téléphoner. Pour se divertir, 37% des internautes ont téléchargé de la musique sur internet au cours de l’année, de façon licite ou non. Un internaute sur quatre, soit 8 millions de personnes, déclare l’avoir fait pour des films. Un peu plus de cinq millions de français regardent la télévision sur internet. Ces pratiques sont toutefois nettement moins fréquentes pour les plus de 25 ans. Usages d’internet des jeunes français : Les jeunes internautes sont deux fois plus nombreux que la moyenne des internautes à s’intéresser aux rencontres en ligne, aux jeux en ligne, à la lecture en continu de vidéo ou musique, aux téléchargements de contenus ou de logiciels, au chat, à la participation à un forum ou à un blog. Ainsi, un adolescent sur deux a mis en place un blog ; un jeune de 18-24 ans sur trois a créé un site personnel (contre moins de 5% pour les internautes âgés de 40 ans et plus). Selon Techno Conso Junior, la recherche est la fonction la plus utilisée par les enfants sur internet. Les activités par ordre d’importance sont : • Recherche : 68% des enfants utilisent Internet pour leurs recherches contre 41% en 2002. • Communication entre amis : cette activité n'arrive qu'en deuxième position, malgré la forte dépendance des jeunes envers les messageries instantanées (26% en 2001 contre 55% en 2008). • Jeux vidéos : près de la moitié des jeunes de 8 à 19 ans jouent à des jeux vidéo sur Internet (20% jouent sur leur mobile) • Gestion d’un blog : 28% des 8-19 ans gèrent un blog régulièrement 44
  45. 45. Selon Catherine Ducerf : « Les blogs comme les sites communautaires sont les nouvelles tribunes des adolescents angoissés. Les jeunes ne sont pas très optimistes sur leur avenir, ils savent que la conjoncture économique ne leur est pas favorable. Cette génération a trouvé une échappatoire dans cet univers parallèle. Ils inventent leur monde sur des blogs ou des sites communautaires… D’ailleurs, ils font preuve d’une imagination débordante. »31. Pascal Lardellier précise que les blogs sont essentiellement collégien et à l’intérieur de ce groupe d‘âge, particulièrement féminin. Ainsi, en 2005, 21% des filles de 11-15 ans avaient un blog, contre 12% des garçons du même âge32. Les jeunes participent assidument aux sites communautaires (25 % des jeunes sont liés à un site communautaire) : ces sites se sont fait connaître en très peu de temps. Ainsi, Facebook, à titre d’exemple, est devenu incontournable en quelques mois seulement. Il faut prendre en compte que l’âge minimum d’inscription est de 13 ans33 d’un point de vue strictement légal. Ce qui attire les enfants sur le web, c’est la variété, le jeu, le challenge, la création, la recherche d’information et la socialisation. C’est pendant les années collège que les adolescents de 11-15 ans ont le plus d’activités sur Internet pour rester connectés à leurs amis après l’école : • 33% des collégiens gèrent régulièrement des blogs • 31% pratiquent régulièrement des jeux vidéo en réseau. • 32% des jeunes de 15 à 20 ans déclaraient fréquenter souvent les blogs • 63% des collégiens se connectent plusieurs fois par semaine et 60% utilisent régulièrement MSN. Les 6-14 ans comptent parmi les internautes les plus actifs de la population française, nettement plus que ce que leurs aînés immédiats –les 15-18 ans-, déclaraient en 1997. 31 Enquête sur http://www.dyn-com.com/dyncom114/commerce.htm 32 Pascal Lardellier : Le pouce et la souris. Enquête sur la culture numérique des ados. Librairie Arthème Fayard, 2006. Page 189. 33 Annexe: La pratique déjà développée des réseaux sociaux commence à susciter de fortes inquiétudes Source : http://www.arcep.fr/fileadmin/reprise/communiques/communiques/2009/slides-etude-credoc-2009.pdf 45
  46. 46. La fin des années 1990 et le début des années 2000 ont vu la multiplication des équipements grâce à une baisse des prix du matériel d’équipement informatique34. Consommation de l’outil internet : Deux tiers des internautes français se connectent tous les jours : Fin 2008, les français passaient en moyenne 2h17 par jour à surfer sur internet. Cela représente moins de temps que celui consacré à la télévision mais plus qu’à d’autres activités : • Télévision : 3h 07 par jour • Radio : 1h 20 par jour • Socialisation avec ses amis ou sa famille : 59 minutes par jour • Musique : 55 minutes par jour • Lecture : 38 minutes par jour Les internautes quotidiens sont nettement plus fréquents parmi les cadres supérieurs (83%), les diplômés du supérieur (74%) et les jeunes de 17-24 ans (71%). 67% des internautes déclarent être en ligne sept jours sur sept. La consommation principalement hebdomadaire pour la cible des enfants : D’après eMarketer35, les enfants internautes âgés de 8 à 17 passent 42 heures pas semaine sur internet ; la perception de leurs parents de ce temps passé sur internet est de 23 heures. Nombre d’heures hebdomadaires Selon les estimations des parents, leurs enfants passent en moyenne six heures par semaine sur internet, sans différence notable selon le sexe de l’enfant : 6-8 ans : 2 heures 34 La diminution des prix informatiques a été importante et continue depuis la fin des années 1990. D’après l’indice des prix de l’Insee, les matériels de traitement de l’information y compris les micro-ordinateurs sont passés d’une base 100 en 1998 à 74,3 en 1999, 62 en 2000, 58 en 2001 et 42 en 2002. En 4 ans, les prix moyens ont donc été divisés par deux (Octobre, Sylvie. Op. cit.) 35 Annexe : Temps passé sur internet enfants de 8 à 17 ans. Octobre-décembre 2008. 46
  47. 47. 9-10 : 4 heures 11-12 : 4 heures 13-14 : 8 heures 15-23 : 10 heures D'après leurs parents, 44 % des 6-8 ans surfent sur Internet et 70 % des moins de 11 ans. Selon leurs parents, seul un tiers des moins de 11 ans surfe seul. CP : Si 42% ne disposent d’aucun équipement informatique à la maison, ils sont encore plus nombreux à ne pas utiliser l’ordinateur (54%). CM1 : Ce n’est qu’en CM1 que niveau d’équipement et augmentation de la pratique coïncident. Leur rythme est principalement hebdomadaire : près du tiers des 6-14 ans utilise l’ordinateur une ou deux fois par semaine, un quart à un rythme mensuel et un dixième au quotidien, que ce soit dans un registre ludique ou scolaire. La fréquence d’utilisation est liée à la compétence technique et à l’intensité des besoins informatiques générés par l’école. Ainsi, plus les enfants acquièrent des compétences techniques, plus ils vont utiliser internet. On peut ainsi distinguer quatre rapports à l’informatique domestique : 1. Non-consommateurs : un tiers des 6-14 ans est non-consommateur. Ces enfants se recrutent parmi les foyers qui ne sont pas équipés de matériel informatique mais également, pour les plus jeunes, dans des foyers équipés en matériel informatique mais où l’enfant n’a pas accès à l’ordinateur ou n’a pas développé d’intérêt envers l’informatique, en raison précisément de son jeune âge. 2. Consommateurs hebdomadaires (une ou deux fois par semaine) : un quart des 6-14 ans (26%) est consommateur hebdomadaire. Leur proportion varie peu selon l’âge et le sexe de l’enfant. Il s’agit d’enfants qui entretiennent un rapport distancé avec l’ordinateur, notamment pour des raisons de contexte familial (familles peu consommatrices d’informatique). 3. Consommateurs mensuels (une ou deux fois par mois) : les consommateurs mensuels regroupent 32% des 6-14 ans. Ils se recrutent plutôt au collège, au 47
  48. 48. moment où le taux d’équipement et la compétence d’usage se sont accrus et où les injonctions scolaires nécessitent le recours au multimédia. On trouve plus de filles dans ce groupe, ainsi que des enfants d’artisans, de professionnels libérals et de techniciens. 4. Consommateurs quotidiens : le groupe de consommateurs quotidiens rassemble 11% des 6-14 ans. Ce sont majoritairement des collégiens et en particulier ceux du dernier cycle du collège (4ème et 3ème). A cet âge, les adolescents sont mieux équipés en matériel informatique, plus compétents sur le plan technologique et connaissent plus finement l’offre multimédia. Les plus férus d’ordinateur sont les fils ou filles de chefs d’entreprise, de professions libérales, de cadres et de techniciens. Les forts consommateurs de 6-14 ans sont en effet issus des ménages qui sont eux-mêmes les plus consommateurs d’informatique de loisir. Les fournisseurs d’accès à internet français offrent l’un des réseaux les plus rapides du monde et en termes de coût moyen d’abonnement mensuel, la France se situe en 8ème position en 2007, avec un prix moyen avoisinant les $37, contre $31 en Finlande, $32 en Allemagne et $53 aux Etats-Unis. En juin 2008, la plupart des collèges et des lycées offrent désormais une connexion à leurs élèves ; 84% des 12-17 ans disposaient d’un accès à internet à l’école, 85% avaient accès à une salle informatique. Six étudiants de 18 ans sur dix avaient cette facilité sur leur lieu d’études, mais 12% n’avaient pas accès à internet ni à leur domicile ni sur leur lieu d’études. La part de ceux qui bénéficient d’un double accès continue en revanche d’augmenter au fur et à mesure qu’un nombre croissant d’étudiants sont équipés en matériel informatique (45% en 2007 et 31% en 2005). L’utilisation d’internet depuis un lieu public (cybercafé, bibliothèque, bureau de poste, etc.) reste occasionnelle. L’utilisation d’internet est deux fois plus répandue chez les jeunes et les étudiants que dans le reste de la population. La connexion grâce à une borne Wi-fi publique reste assez rare (6%, mais 14% chez les diplômés du supérieur), tout comme celle par le biais d’un téléphone portable (5% des internautes). Au total, seul un internaute français sur 48
  49. 49. six a navigué sur le web sur son portable en 2007, un taux plutôt stable depuis 2005. Les plus concernés étaient les moins de 25 ans (36%), les étudiants (33%), les cadres supérieurs (27%) et les habitants des grandes agglomérations. Usage du média Internet par les jeunes Où utilisent internet les enfants Selon une étude menée par la Commission européenne en 200836, l’usage d’internet par les enfants français se fait principalement : • A la maison, sur l’ordinateur familial : 76% • A l’école : 55% • Chez un ami : 26% • A la maison, sur son propre ordinateur : 17% • A la bibliothèque ou dans un lieu public : 9% • Dans un cybercafé : 2% • Autre : 6% Âge moyen sur Internet Selon l’étude réalisée par l’association e-Enfance en partenariat avec Ipsos37, les enfants vont sur internet dès l’âge de 6 ans. L’âge moyen à partir duquel les enfants commencent à utiliser internet, sans différence notable selon le sexe de l’enfant, est : • De 6-8 ans : 44% • De 9-10 : 26% • De 11-12 : 19% • De 13-14 : 9% • De 15-23 : 2% 36 eMarketer : Source : Towards a safer use of the internet for children in the EU – a parents’ perspective. December 2008. http://ec.europa.eu/public_opinion/flash/fl_248_en.pdf. Annexe 37 Les enfants et internet: modes d’utilisation et dangers encourus selon les parents. Décembre 2008 (http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/images/2756/diaporama.htm) 49
  50. 50. Environnement familial et scolaire & accompagnement des enfants sur Internet : L’enfant partage son temps entre l’institution scolaire (environ mille heures par an) et le cercle familial où il est encadré principalement par la mère. Avec l’apparition d’un nouveau schéma familial caractérisé par la généralisation du travail des femmes (quatre mères sur dix travaillent à temps plein), des familles élargies, recomposées ou monoparentales, les enfants disposent de plages horaires non encadrées plus fréquentes et plus longues. Les 8-11 ans sont majoritairement urbains et habitent pour la plupart dans des agglomérations de taille moyenne ou importante, qui permettent l’accès à une variété d’équipements et de services culturels ou de loisirs. Bénéficier d’un espace privatif dans la maison favorise le développement de comportements culturels autonomes. Le suivi parental Les parents des 8-11 ans sont très présents auprès de leur enfant, qu’il s’agisse de suivi scolaire ou extrascolaire. Cette implication repose dans six cas sur deux sur les seules épaules de la mères ; dans un peu moins d’un tiers des cas, cette responsabilité est partagé par les deux parents. Le suivi par la mère culmine à deux moments : en CE2 puis à l’entrée en 6ème, au moment où la complexité du système scolaire s’accroît. Quant au père, il semble intervenir comme un recours ultérieur, puisque son intervention culmine en 4ème. Les relations entre parents et enfants sont structurées par le sexe du parent, par le type de suivi et par la combinaison âge/sexe de l’enfant. Si les mères sont toujours plus impliquées dans le suivi du travail scolaire, les activités extrascolaires de l’enfant sont, elles, prises en charge de manière plus partagée entre les deux parents. Les filles sont 50

×