Potentiel Des Energies Renouvelables Au Maroc

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    1. LE POTENTIEL DES ENERGIES RENOUVELABLES AU MAROC Le Ministère de l’Energie et des Mines a adopté une stratégie nationale extrêmement volontariste afin de promouvoir les énergies renouvelables au Maroc : l’objectif affiché est de porter de 4 à 10 % la part de ces énergies dans la balance énergétique marocaine à l’horizon 2012. Le Maroc a tout intérêt à investir dès à présent dans les énergies renouvelables. Selon de nombreux experts, le coût d’un programme d’actions au jour d’aujourd’hui est bien inférieur au coût d’une adaptation plus tardive. Le Maroc bénéficie en effet de conditions extrêmement favorables à l’implantation de nouvelles énergies renouvelables :  le taux d’ensoleillement : le soleil illumine le pays 300 jours par an ;  la vitesse des vents : le territoire marocain, et à plus forte raison les régions du littoral, bénéficie de vents d’une moyenne de 9 mètres par seconde, à 40 m de hauteur. C’est le Nord qui semble être la zone géographique la plus attractive, avec une vitesse des vents supérieure à la moyenne nationale ;  les ressources hydriques : avec ses 3 500 km de côtes, le territoire marocain bénéficie de ressources hydriques importantes, pour la construction de centrales hydrauliques ou de stations de pompages par exemple ;  les conditions économiques : le gouvernement marocain a adopté une politique volontariste pour attirer les entreprises du secteur des énergies renouvelables sur son territoire (incitations financières, aménagements tarifaires, efforts de formation, etc.). Le fonds de crédit carbone Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’Etat marocain a procédé en décembre 2008 à la création officielle d’un premier fonds de crédit carbone. Financé à hauteur de 300 millions de DH par la Caisse de Dépôts et de Gestion, la Caisse des dépôts et consignations française et la Banque Européenne d’Investissement, le Fonds Capital Carbone Maroc (FCCM) investira dans des projets marocains dits « propres », c’est-à-dire visant la réduction de GES. Pour ce faire, le fonds achètera des « crédits carbone » pour les revendre à des entreprises émettrices de CO2 dans les pays industrialisés (concept de pollueur-payeur ou de « droit à polluer »). Des opérateurs de grande taille engagés dans des projets générateurs d’unités carbone (tonne de dioxyde de carbone évitée) comme l’OCP (Office Chérifien des Phosphates), l’ONE (Office National de l’Electricité) ou LAFARGE se sont déjà montrés intéressés. La création d’un tel fonds montre que l’Etat marocain veut afficher ses efforts pour le développement durable, esquissés depuis 2003 et les lois relatives à la pollution atmosphérique.
    2. I. ENERGIE EOLIENNE L’énergie éolienne semble être l’énergie renouvelable la plus porteuse d’avenir pour le Maroc. En effet, le Royaume, avec ses 3 500 km de côtes, bénéficie de vents d’une vitesse moyenne de 9 mètres par seconde à 40 mètres de hauteur. C’est le Nord qui semble la région la plus attractive, avec des pointes de vitesse bien supérieures à la moyenne nationale. 1. Les installations actuelles Le potentiel éolien au Maroc est estimé à environ 6 000 MW. Actuellement, il existe deux parcs opérationnels sur l’ensemble du territoire : le parc Kouda Al Beïda à Tétouan et le parc Amougdoul à Essaouira. • Le parc Kouda Al Beïda à Tétouan FICHE TECHNIQUE Localisation A 40 km de la ville de Tanger Production annuelle moyenne 226 GWh Puissance installée 50,4 MW Nombre d’aérogénérateurs (Puissance 84 unitaire 600 KW) Vitesse moyenne annuelle du vent 9,5 m/s Mise en service Août 2000 Ce parc éolien permet d’éviter de rejeter dans l’atmosphère 230 000 tonnes environ de CO 2 et 700 tonnes environ d’agents responsables de pluies acides. Il est géré par l’ONE, qui a fait appel à différentes entreprises privées lors de sa construction1 : Activités Prestataires Aérogénérateurs VESTAS (Danemark) Génie civil, tours SOGEA-EMT et ELECAM-DLM (Maroc) Electricité ALSTOM-NEXANS (France) Maîtrise d’œuvre GERMA (France) Financement EDF, BNP PARIBAS, GERMA, BANQUE EUROPEENNE D’INVESTISSEMENT, PROPARCO, banques privées 1 Source : Site Internet delaplanete.org
    3. • Le parc Amougdul à Essaouira FICHE TECHNIQUE Localisation A 15 km de la ville d’Essaouira Production annuelle moyenne 210 GWh Puissance installée 60 MW Nombre d’aérogénérateurs (Puissance 71 unitaire 850 KW) Vitesse moyenne annuelle du vent 9m/s Mise en service Avril 2007 La production moyenne annuelle est de 210 GWh, équivalent à la consommation de 45 000 tonnes de fuel par an, ce qui permet d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 136 000 tonnes environ de CO2. Concernant le financement du projet, le coût total de 850 millions de DH est financé à hauteur de 50 % par un prêt à taux réduit accordé par la coopération allemande (KfW). Les 50 % restants sont financés par l’ONE. 2. Les projets d’infrastructures nouvelles Le parc éolien de Tanger : FICHE TECHNIQUE Localisation Tanger Production annuelle moyenne 526,5 GWh Puissance installée 140 MW Nombre d’aérogénérateurs (Puissance 165 unitaire 850 KW) Vitesse moyenne annuelle du vent 9m/s Mise en service Début 2009 Le nouveau parc éolien de Tanger entrera en service courant 2009. Ses 165 aérogénérateurs et ses 550 km de câbles de connexion permettront une production annuelle moyenne de 526,5 GWh. Considéré comme « l’un des plus grands projets du mécanisme de développement propre (MDP) », selon ses promoteurs, le parc a nécessité une enveloppe budgétaire de 1,2 milliard de DH et devrait permettre la création de 150 emplois. En termes d’écologie, ce parc permettra d’économiser 120 000 tonnes de fuel par an et d’éviter l’émission de 470 000 tonnes de CO2. Le financement du projet est constitué d’un prêt espagnol, d’un prêt de la Banque Européenne d’Investissement et de la KfW. Le reliquat est assuré par les fonds propres de l’ONE. Le projet, qui compte également des appareils de contrôle, de commande, de mesures et de protection, un bâtiment pour la télésurveillance et la télécommande du parc, un système de
    4. télésurveillance par satellite et une installation météorologique, avait fait l’objet d’un appel d’offres international. Le leader mondial de l’énergie éolienne GAMESA-EOLICA a été retenu. Le groupe espagnol prendra en charge les études d’exécution, les travaux de génie civil, le montage, la mise en service et la maintenance en partenariat avec le groupe marocain DELATTRE LEVIVIER MAROC (DLM). • Le projet de ferme éolienne à Tarfaya : FICHE TECHNIQUE Localisation A 2 km de la ville de Tarfaya Puissance installée 200 MW extensible à 300 MW Vitesse moyenne annuelle du vent 7,5 m/s Mise en service 2010 Situé à 2 km au sud de la ville de Tarfaya (Sud du Maroc), le parc éolien sera doté d’une puissance de 200 MW, extensible à 300 MW. Ce parc éolien comprendra plusieurs installations, dont des aérogénérateurs d’une puissance nominale unitaire supérieure ou égale à 1 300 kW, des mâts supports des aérogénérateurs, de type tubulaire, des appareils de contrôle, de commande, de mesure et de protection, des postes BT/MT des éoliennes, un poste élévateur en 225 kV de raccordement au réseau national interconnecté, une installation météorologique et des pistes de desserte des aérogénérateurs internes au parc. L’investissement à consentir s’élevera à plus de 4 milliards de DH. Le nom du futur concessionnaire n’a pas encore été rendu public. Deux prétendants sont encore en course : GDF SUEZ et un consortium réunissant notamment NAREVA (filiale du groupe marocain ONA) et le groupe britannique INTERNATIONAL POWER. Tous ces grands groupes seront en partie jugés sur leur capacité à intégrer des intervenants marocains dans leurs travaux, que ce soit au stade de l’étude, du montage ou de la construction. Le projet de ferme éolienne de Tarfaya se place dans le cadre de l’ « Initiative 1 000 MW». • L’ « Initiative 1 000 MW » : L’ « Initiative 1000 MW », lancée par le gouvernement, consiste en l’identification de 14 sites propices à l’implantation d’éoliennes, dont le site de Tarfaya. Ces sites se trouvent dans la partie Nord et Sud du Royaume. Ils serviront à produire 1 000 MW d’électricité d’ici 2012 à partir d’énergie éolienne. Voici la liste de ces 14 sites : Site de Tinghir Site de Nouinouich Site de Boujdour Site de Fardioua Site de Tarfaya Site d’Aïn Armel Site de Tarfaya Sud Site de Haouma Site de Lââyoune Nord (Tiskrad) Site de Fnideq Site de Lââyoune Sud Site de Midelt (Foum Al Wad) Site de My Bouzerktoum Site de Sendouk
    5. • Le programme EnergiPro : Le programme EnergiPro, proposé par l’ONE, a pour objectif l’installation d’une puissance de 1 000 MW d’ici 2012 produite par et pour le compte de sociétés privées. L’Office propose aux entreprises intéressées d’assurer le transit sur le réseau national électrique haute tension de toute énergie produite à partir d’énergies renouvelables, des points de production vers les points de consommation. En sus, l’ONE offre de racheter l’excédent produit et non consommé par les auto-producteurs. Des grandes sociétés se sont d’ores et déjà engagées dans ce programme : CIMENT DU MAROC, ENDESA, NAREVA, YNNA HOLDING, IBERDROLA et l’OCP. Ces sociétés bénéficient donc d’un accompagnement personnalisé de la part de l’ONE intégrant les actions suivantes : choix du site, études de faisabilité et de rentabilité, suivi de la réalisation, maintenance et exploitation. Le programme EnergiPro a suscité tellement d’intérêt chez les industriels que d’autres sociétés désireuses d’en bénéficier sont actuellement mises en attente par l’ONE. Le réseau actuel ne peut en effet satisfaire toutes leurs demandes de transport de courant électrique. • Le projet de dessalement d’eau de mer à Tan-Tan : Cette installation hybride de dessalement par l’éolien est extrêmement novatrice pour le Royaume du Maroc. La puissance installée du parc éolien s’élèverait à 10 MW, et la capacité de dessalement d’eau de mer de la station s’élèverait au maximum à 90 000 m³ par jour. Une connexion au réseau électrique serait quand même réalisée pour pallier les aléas de l’alimentation par l’énergie éolienne. La mobilisation des fonds serait assurée par l’ONEP, qui déléguerait dans un second temps l’exploitation à des entreprises privées pour une durée de 20 ans. Coupler les procédés de dessalement d’eau de mer avec l’énergie éolienne répond à plusieurs attentes. Premièrement, cela permet une réduction des charges énergétiques qui représente quelque 50 % des frais d’exploitation d’une unité de dessalement par osmose inverse. Deuxièmement, la région de Tan-Tan dispose d’un potentiel important en matière de vitesse des vents et cette technique a passé des tests concluants dans d’autres régions du monde. Le potentiel éolien permet de combler, en quelque sorte, le déficit de potentiel hydrique dont souffrent les régions du Sud. En conclusion, il est nécessaire de préciser que l’industrie des éoliennes n’est pas encore très développée au Maroc. Ses composants font en effet appel à des technologies de pointe, souvent importées de l’étranger. Tout l’enjeu pour le Maroc est d’arriver à inclure les compétences marocaines à ce marché très prometteur qui s’offre à lui. Comme la technologie de l’énergie éolienne est récente et que le volume du marché de l’éolien est encore limité, les coûts d’investissement restent relativement élevés en comparaison avec ceux des centrales classiques. Cependant, les études prévoient une croissance du secteur et par conséquent une diminution du coût de l’entrée sur ce marché.
    6. II. L’ENERGIE SOLAIRE Grâce aux rayons naturels du soleil, le Maroc est en mesure de produire de la chaleur (énergie solaire thermique) et de l’électricité (énergie photovoltaïque). De surcroît, pour de nombreux experts, le Royaume est même un site de production d’énergie solaire potentiellement capable d’assurer la couverture des besoins en électricité à l’échelle mondiale. 1. L’énergie solaire pour produire de l’électricité Actuellement, le Maroc dispose de 160 000 m² de capteurs solaires. L’objectif pour 2010 est de parvenir à en avoir 400 000. Des incitations fiscales et un programme national spécifique ont été mis en place pour favoriser cette installation. Ainsi, le programme PROMASOL, lancé par le Centre de Développement des Energies Renouvelables (CDER), a pour objectif d’étendre les potentialités énergétiques solaires. Depuis 2004, 40 000 m² de capteurs sont construits par an dans le cadre de ce programme. L’énergie solaire est généralisée à des secteurs productifs stratégiques comme l’hôtellerie, les infrastructures de santé, les établissements de l’Education Nationale, dont une grande partie dans le milieu rural. Des incitations financières sont également prévues dans le cadre de ce programme à travers la mise en place d’un fonds de garantie dédié aux énergies renouvelables doté de près de 150 millions de DH. Il s’agit du FOGEER, destiné à garantir les crédits d’investissements consentis aux entreprises et opérateurs marocains désireux d’investir dans les énergies propres. Il est structuré par filières éoliennes et solaires. L’exploitation de l’énergie solaire s’est également fortement développée au Maroc grâce à l’action de l’Office National de l’Electricité (ONE). En effet, dans le cadre du Programme d’Electrification Rurale Global (PERG), l’ONE a progressivement étendu son réseau de production photovoltaïque décentralisée. Cela concerne les foyers éloignés du réseau et les habitats dispersés, qui se trouvent souvent dans des zones géographiques où les coûts de raccordement au réseau sont prohibitifs. Quant à la promotion du solaire en milieu urbain, la première microcentrale photovoltaïque, connectée au site de la direction générale de l’Office, a été réalisée dans le cadre de l’opération CHOUROUK menée par le Ministère. La phase pilote de l’opération CHOUROUK consiste en la réalisation de 1 400 microcentrales solaires photovoltaïques de 0,5 à 1 KWc chez des particuliers dans les villes d’Errachidia, Benguerir et Ouarzazate. 15 autres microcentrales seront mises en place dans des agences commerciales de l’ONE. D’autre part, l’ONE a entamé en 2008 la construction de la centrale thermosolaire d’Aïn Beni Mathar d’une puissance de 472 MW, dont 20 MW d’origine solaire. Cette centrale sera la plus grande centrale du monde de type cycle combiné (solaire et turbines à gaz) et sera réalisée par le groupe espagnol ABENGOA. Sa mise en service est prévue pour le second semestre 2009 et permettra à 200 000 familles d’être raccordées à l’électricité. L’objectif de toutes les mesures prises par l’ONE en faveur de l’énergie solaire reste bien entendu la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Récapitulatif des projets de l’ONE pour l’énergie solaire 2 2 Source : Site Internet de l’ONE
    7. Programme CHOUROUK Installation de 1 415 centrales photovoltaïques. Programme PROMASOL Installation de 40 000 m² de panneaux solaires par an jusqu’en 2012. Centrale thermo-solaire d’Aïn Puissance de 472 MW (dont 20 MW grâce au solaire) Beni Mathar en 2009. 2. L’énergie solaire pour produire de l’eau potable L’énergie solaire au Maroc ne sert pas seulement à produire de l’électricité, elle peut aussi produire, de manière indirecte, de l’eau potable. A Al Haouz, le groupe privé espagnol ISOTOFON a réalisé un projet innovant de construction de deux unités de dessalement d’eau de mer alimentées en énergie grâce au soleil. Les bénéficiaires sont les populations des villages Ait Ben Hssain et M’ssaim qui disposeront d’une nouvelle source d’eau potable. Il faut dire que le groupe ISOTOFON est un des leaders mondiaux pour le développement de solutions technologiques pour la mise à profit de l’énergie solaire, et que sa filiale ISOTOFON MAROC, créée en 2005, est un des partenaires privés privilégiés de l’ONE dans le secteur photovoltaïque. 3. La généralisation des chauffe-eau solaires Au Maroc, on peut constater que le marché des chauffe-eau solaires a véritablement pris son essor ces dernières années : 14 275 unités ont été importées en 2007. C’est désormais un marché de 142 millions de DH (+ 40 % par rapport à 2004) dont 40 % concernent les particuliers et le reste les installations collectives et les entreprises. Force est de constater que l’investissement dans un chauffe-eau solaire comporte désormais peu de risques avec la diffusion de nouveaux modèles aux technologies plus efficaces et moins onéreuses : il faut prévoir entre 8 000 et 30 000 DH d’investissement initial pour un retour sur investissement en 4 ans. Les chauffe-eau solaires permettent en effet d’économiser en moyenne 70 % de la facture dédiée à la production d’eau chaude sanitaire. La grande majorité de ces appareils au Maroc est importée de Turquie, d’Australie ou de Grèce. C’est le CDER qui a la vocation de faire un tri dans ce marché en accordant ou non des agréments aux produits de qualité et des certifications aux installateurs. Les trois marques de chauffe-eau solaires les plus répandues au Maroc sont : SOLAHART (Australie), EDWARD’S (Australie) et GIORDANO (France). Le seul fabricant local ayant obtenu l’agrément est ATCOMA. 4. Les grands défis de l’énergie solaire pour le Maroc Le premier grand défi de l’énergie solaire au Maroc est d’attirer les expertises technologiques étrangères de nombreux grands groupes étrangers, voyant les capacités solaires naturelles exceptionnelles du Maroc. En outre, la coopération avec les pays à la pointe des technologies de production d’énergie solaire est un des axes prônés par les pouvoirs publics marocains. Les relations bilatérales avec la France sont par exemple extrêmement dynamiques. En témoigne la signature à Rabat,
    8. en décembre 2008, de quatre conventions entre les gouvernements français et marocains et d’un contrat entre la société TEMASOL, filiale des groupes TOTAL et EDF, et l’ONE. Ce contrat porte sur l’installation de 200 microcentrales à Ouarzazate. Des panneaux solaires seront implantés sur les habitations. Il s’agit d’un projet pilote pour un chantier ambitieux qui porte sur l’installation future de 200 000 microcentrales en milieu urbain. Les relations avec les entreprises allemandes sont elles aussi prolifiques. Un accord de partenariat (joint-venture) a en effet été conclu entre ASOLA, une des entreprises allemandes leader du secteur et MAJDALINE HOLDING, groupe marocain, portant sur la construction d’une usine de cellules photovoltaïques solaires à Casablanca. Le projet prévoit la création d’une centaine d’emplois sur la zone. Le deuxième grand défi pour le Maroc est de s’intégrer durablement dans le Plan Solaire Méditerranéen de l’Union Pour la Méditerranée. Compte tenu de son ensoleillement exceptionnel, le Maroc, d’ici moins de 10 ans, peut devenir un des premiers producteurs mondiaux d’énergie solaire. Dans le cadre de l’Union Pour la Méditerranée dans un premier temps, le Royaume est amené à jouer les premiers rôles : sur les 130 projets retenus par le Plan Solaire Méditerranéen, le Maroc en accueille plus d’une vingtaine, dont la plupart sont déjà finalisés. Il faut ajouter que le plan prévoit plusieurs centaines de millions de dollars de financement. De nombreux experts s’accordent à penser que le Maroc doit produire de l’énergie « verte », notamment dans un but d’exportation. En effet, exporter des énergies renouvelables permettrait de soutenir le financement des centrales dans la mesure où les prix à l’export sont plus élevés que ceux pratiqués sur le marché local. Les marges bénéficiaires en seraient d’autant plus importantes pour les entreprises. La ville d’Oujda s’est d’ores et déjà positionnée sur ce créneau et a pour ambition la construction d’un parc industriel spécialisé dans les énergies renouvelables et la production solaire baptisé Kyoto Parc. III. LES AUTRES SOURCES D’ENERGIES RENOUVELABLES 1. Le gaz naturel Les bassins énergétiques renfermant du gaz naturel au Maroc restent sous-exploités. En témoigne la densité moyenne des forages d’exploration au Maroc, qui est de l’ordre de 0,04 puits au 100 km². C’est très en-deçà de la moyenne mondiale qui se situe à 10 puits au 100 km². Mais sous l’impulsion des nouvelles directives du Ministère de l’Energie qui s’efforce de réduire la dépendance énergétique envers l’extérieur, l’année 2008 a connu une production prometteuse de 50 millions de m³ de gaz naturel. Le gaz naturel produit à Essaouira est consommé par l’OCP tandis que celui des puits du Gharb est utilisé par la papéterie CMCP (Compagnie Marocaine des Cartons et Papiers) à Kénitra. L’exploitation du gaz naturel au Maroc est amenée à prendre son essor après les récentes découvertes de gisements. En effet, l’entreprise anglo-irlandaise CIRCLE OIL PLC a confirmé la découverte de deux puits gaziers prometteurs dans la zone d’Ouled N’Zala (bassin du Sebou dans la région du Gharb). Les conditions d’exploitation pourraient bien se faire à un taux soutenu de quelque 3,32 millions de pieds cubes extraits par jour. Une dizaine d’autres forages va être réalisée dans les années qui viennent. Les conditions d’exploitation de ces réserves sont déterminées par un contrat de
    9. commercialisation liant l’ONYHM (Office National des Hydrocarbures et des Mines), ses partenaires (SAMIR, CABRE et CIRCLE OIL) comme vendeurs et la CMCP comme acheteur. Un troisième puits a été découvert au large des côtes de Larache et Tanger. L’espagnol REPSOL, en charge de l’exploration de la zone, estime la capacité de ce nouveau puits entre 2 et 5 milliards de m³. Par ailleurs, il existe une centrale électrique utilisant le gaz naturel à Tahaddart, au Sud de Tétouan. Cette centrale est gérée pour 20 ans par la société ENERGIE ELECTRIQUE DE TAHADDART (EET) dont le capital est détenu par l’ONE (48 %), ENDESA (32 %) et SIEMENS (20 %). Contrairement aux stations thermiques utilisant d’autres types de combustibles fossiles, cette station n’engendre aucun rejet liquide ou solide nocif. Le gaz naturel se présente donc comme une alternative prometteuse pour diversifier les sources d’énergie du Maroc. L’objectif du gouvernement est de faire passer la part du gaz naturel dans le mix énergétique à plus de 23 % à l’horizon 2020. Néanmoins, le gaz naturel tient plus d’une énergie « propre » peu polluante que d’une énergie renouvelable. En effet, il s’agit d’un combustible fossile dont les ressources sont limitées. Le seul type de gaz naturel correspondant de manière stricte à la définition d’une énergie renouvelable est le biogaz. Il est produit dans les décharges marocaines par la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l’absence d’oxygène. Toutefois, le développement du biogaz au Maroc reste encore en deçà des espérances. Seules quelques centaines de petites unités de biogaz agricole ont été réalisées. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : les modèles de digesteurs utilisés sont classiques et leur productivité est limitée et les solutions de substitution (bois, butane, etc…) sont extrêmement compétitives. Néanmoins, un premier procédé de production de biogaz par cogénération de la biomasse va être mis en place à Oujda. C’est la société franco-suisse CSD, gestionnaire de la décharge, qui est responsable de la mise en service de la phase de captage et d’installation des tuyauteries. L’opération devrait être terminée avant la fin de l’année 2009. 2. L’hydroélectricité Au Maroc, le potentiel hydrique est fortement sollicité, ce qui a engendré une surexploitation de la quasi-totalité des nappes du pays. Ce potentiel est également menacé par la pollution, générée par les rejets urbains et industriels, et par l’usage de plus en plus intensif des engrais chimiques et des pesticides en agriculture. Pour faire face à ce contexte hydrologique difficile et pour que l’eau et l’énergie ne soient pas une entrave au développement, le Maroc s’est doté depuis plusieurs années d’une politique de volontariste et dynamique, qui s’est illustrée notamment par la réalisation d’un important parc de barrages et d’ouvrages hydrauliques et hydro-électrique. Une trentaine d’usines hydroélectriques est actuellement en service au Maroc et d’autres projets sont en cours de réalisation3 : Projet Puissance installée 3 Source : Site Internet de l’ONE
    10. Station de transfert d’énergie par pompage 412 MW de puissance, mise en service en (STEP) Abdelmoumen à Agadir 2012. Complexe hydro-électrique de Tanafnit-El 40 MW de puissance, mise en service en Borj 2009. Complexe hydro-électrique de Tillouguit 34 MW de puissance, mise en service en 2012. Microcentrales hydraulique sur l’Oued A l’étude. Oum Er Rbia Les usines hydroélectriques réalisées jusqu’en 2008 totalisent une puissance installée de l’ordre de 1 730 MW dont près de 460 MW au niveau de la STEP (stations de transfert d’énergie par pompage) d’Afourer. Ces usines ont été réalisées dans l’objectif d’une production énergétique moyenne de 3 200 millions de KWH par an. La production moyenne réalisée au cours des vingt dernières années a varié de 450 à 1 500 millions de KWH, mais cela reste tout de même en deçà de la production escomptée, du fait de la volatilité des précipitations. LISTE DES ACTEURS OEUVRANT DANS LE SECTEUR
    11. Entreprises Entreprises ADI CID BETEC BETAM CITECH ECOVAL DYTRAS AFRISOL (VEOLIA) DETROIT ACORAM AMENDIS ENERGIES DELATTRE ECOFERTIL CREOCEAN EAU GLOBE EWI MAROC CONTINUES ET ENERGIE ADS MAROC BIOMEDICAL EOLIENNE DU DES ENERGIES ENERGYPOLES ATHISA MAROC COFELY MAROC LEVIVIER MAROC RENOUVELABLES ENVIRONNEMENT DEVELOPPEMENT AMENDIS TANGER CED – COMPAGNIE TETOUAN (VEOLIA) CDER - CENTRE DE C3E - CONSEIL EAU X X X X X X X X X X X ureaux d’études, d’ingénierie Bureaux d’études, d’ingénierie X X X X ribution d’eau et/ou d’électricité Distribution d’eau et/ou d’électricité X X X X X Assainissement liquide Assainissement liquide X X X Assainissement solide Assainissement solide X Services aux entreprises Services aux entreprises X X X X X X X X Energies renouvelables Energies renouvelables X X X X X Distribution de produits Distribution de produits Autres Autres X X X X X X X X X X X X X X X X X X seEntreprise interessée par l’offre françaiseEntreprise interessée par l’offre

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