Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Israël ..................................................................................... 101 Panorama général ........................................................................ 272
Panorama général ........................................................................ 101 Comment investir dans les territoires palestiniens ? .............. 281
Comment investir en Israël ? ...................................................... 109 Opportunités dʹaffaires en Palestine.......................................... 291
Opportunités d’affaires en Israël ............................................... 122 Une success story : un « mall » à Ramallah attire les
Une success story : Tel Aviv‐Grenoble, alliance high tech investisseurs du Golfe ................................................................. 311
planétaire....................................................................................... 148 Syrie ...................................................................................... 312
Jordanie ................................................................................. 150 Panorama général ........................................................................ 312
Panorama général ........................................................................ 150 Comment investir en Syrie ?....................................................... 318
Comment investir en Jordanie ?................................................. 157 Opportunités dʹaffaires en Syrie ................................................ 326
Opportunités d’investissement en Jordanie ............................. 165 Une success story : l’espagnol Aceites del Sur croit en
Une success story : Land Rover fait un investissement l’huile d’olive syrienne ................................................................ 330
stratégique tout terrain…............................................................ 176 Tunisie................................................................................... 332
Liban ..................................................................................... 178 Panorama général ........................................................................ 332
Panorama général ........................................................................ 178 Comment investir en Tunisie ?................................................... 343
Comment investir au Liban ? ..................................................... 186 Opportunités d’affaires en Tunisie ............................................ 354
Opportunités d’investissement au Liban.................................. 195 Une success story : le groupe espagnol Uniland investit
Une success story : Ipsos sonde tout le Moyen‐Orient dans les cimenteries d’Enfidha................................................... 364
depuis Beyrouth ........................................................................... 199 Turquie .................................................................................. 366
Libye ..................................................................................... 201 Panorama général ........................................................................ 366
Panorama général ........................................................................ 201 Comment investir en Turquie ?.................................................. 375
Comment investir en Libye ?...................................................... 207 Opportunités d’affaires en Turquie ........................................... 388
Opportunités d’affaires en Libye ............................................... 216 Une success story : Schneider Turquie........................................ 416
Maroc .................................................................................... 232
Panorama général ........................................................................ 232
Comment investir au Maroc ? .................................................... 238
Opportunités d’affaires au Maroc.............................................. 251
Une success story : Telefonica investit le marché marocain
des mobiles et des centres d’appels ........................................... 270
Palestine (Autorité) ................................................................. 272
5 6
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Acronymes
AA : Accord d’Association Evolution de la conjoncture
économique dans les pays
ALE : Accord de libre‐échange
API : Agence de Promotion des Investissements
MEDA en 2005
BEI : Banque européenne d’investissement
BM : Banque mondiale
CE : Commission Européenne
CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le
Développement
CSP : Document de stratégie nationale (Country Strategy Paper) Synthèse globale
EUR : Euro Les accords d’association et de libre‐échange conclus entre les pays
FMI : Fonds monétaire international de la rive sud et est de la Méditerranée et l’UE sont entrés en
MENA : Région du Moyen Orient et Afrique du Nord (Middle East
vigueur dans tous les pays à l’exception de la Syrie. Dans cette
and North Africa)
édition 2007, la Libye, qui dispose actuellement d’un statut
MEPP : Processus de paix au Moyen‐Orient (Middle East Peace
Process) d’observateur mais pourrait à moyen terme adhérer au partenariat
MIGA : Agence multilatérale de garantie des investissements (groupe euro‐méditerranéen, a été incluse au sein de l’ensemble MEDA.
Banque Mondiale)
MIPO : Observatoire de l’investissement en Méditerranée Une croissance appréciable
OCDE : Organisation pour la coopération et le développement
économiques La population totale des pays MEDA est estimée à 265 millions
ODM : Objectifs de développement du millénaire (Millenium dʹhabitants en 2005, et le PIB global a atteint 864 milliards d’USD
Development Goals) (avec la Libye mais hors Autorité Palestinienne). Le revenu national
OMC : Organisation Mondiale du Commerce brut par habitant exprimé en parité de pouvoir dʹachat (PPA.) est
ONG : Organisation non gouvernementale cependant très disparate, allant de 3 847 USD par habitant pour la
PIB : Produit intérieur brut
Syrie à 23 416 USD par habitant pour Israël.
PIN : Programme indicatif national
PIR : Programme indicatif régional La stabilité macroéconomique et le rythme soutenu des réformes
PME : Petites et moyennes entreprises économiques ont permis de relever sensiblement le niveau de
PMI : Programme de modernisation industrielle revenu par tête dʹhabitant des pays MEDA. Au‐delà des réformes
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement en cours, ces bons résultats sʹexpliquent en grande partie par
RSP : Document de stratégie régionale (Regional Strategy Paper)
lʹouverture croissante de la région et, en particulier, par son
UE : Union Européenne
intégration économique accrue avec lʹUnion Européenne dans le
USD : Dollar des Etats‐Unis
ZLE : Zone de libre échange
cadre des accords dʹassociation.
7
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
La croissance dans les pays MEDA suit, depuis quelques années, Des revenus extérieurs en augmentation sensible
une courbe ascendante et la tendance s’est confirmée en 2005. Si la Si les sorties de capital restent importantes (ordre de grandeur de 8
palme revient incontestablement à la Turquie, dont le PIB réel a milliards d’USD par an pour les placements à l’étranger en
augmenté de 7,4% (et 8,9% en 2004), tous les autres pays n’en ont provenance du Maghreb central, venant grossir un stock de 100
pas moins enregistré une assez robuste croissance aux alentours de milliards, selon l’IE‐Med, dividendes rapatriés par les entreprises
5%, liée à une conjoncture mondiale favorable ‐évolution du étrangères de l’ordre de 1,5 milliard d’USD pour la seule Tunisie),
marché pétrolier, reprise du secteur du tourisme, augmentation des les capitaux entrants sont en forte augmentation. Ceci en particulier
fonds rapatriés par les travailleurs et afflux d’aide extérieure lié à grâce aux IDE (passés de moins de 10 milliards d’USD pour la
des facteurs politiques (Jordanie). En Algérie, la reprise de région en 2002 à environ 30 milliards en 2005) et aux recettes de
l’expansion du secteur énergétique s’est répercutée sur la tourisme (qui ont plus que doublé entre 1995 ‐12,5 milliards
croissance économique durant l’année 2005 et le taux de croissance d’USD‐ et 2004 ‐28 milliards‐). L’aide au développement et les
a atteint 5,1%. Victime d’une mauvaise performance du secteur transferts des émigrants plafonnent par contre à leur niveau des
agricole et de l’augmentation de la facture pétrolière en raison de la années 2000.
flambée du cours du baril, le Maroc arrive en avant‐dernière
position, avec un taux de 1,8% et une croissance du PIB non Figure 2. Ordre de grandeur des principaux revenus extérieurs de la
agricole qui pourrait dépasser 4,6% et une baisse de la valeur région MEDA
ajoutée du secteur agricole qui se situerait entre 12% et 15% selon en million Investissement Revenus du Transferts des Aide publique Total *
les chiffres provisoires. Enfin, la croissance du Liban demeure US$ direct étranger tourisme émigrants au
développement
volatile (4,9% en 2003, 6,3% en 2004, entre 0 et 1% en 2005)
Année 2005 2004 2004 2004
soutenue par une consommation privée supérieure à la production Source CNUCED OMT B. Mondiale Banque Mondiale
intérieure, alimentée par des transferts massifs de la diaspora. Algérie 1 0 81 105 2 460 313 3 959
Egypte 5 376 4 924 3 341 1 458 11 758
Figure 1. Croissance en 2005 dans les pays MEDA Israël 5 587 1 918 398 479 8 382
Jordanie 1 532 664 2 288 581 5 0 65
8% 7,4% Liban 2 573 1 0 27 5 723 265 9 588
6% 4,8% 5,0% 5,1% 5,2%
3,5% 3,8% 4,2% Maroc 2 933 3 152 4 221 706 11 0 12
4% 1,8% A. Palestine ‐ ‐ 692 1 136 1 828
1,0% Syrie 500 1 785 855 110 3 250
2%
Tunisie 782 1 536 804 328 3 450
0%
Turquie 9 681 12 773 692 257 23 403
MEDA‐10 30 0 45 27 884 18 133 5 633 81 694
rie
n
e
oc
te
Tu l
ie
sie
e
ie
aë
by
ui
ba
ér
yp
an
ar
Sy
% 37% 34% 22% 7% 100%
Isr
ni
rq
Li
Li
lg
M
rd
Eg
Tu
A
Jo
* Ce total doit être considéré avec précaution, car les données agrégées portent
malheureusement sur des années différentes (derniers chiffres obtenus par l’équipe
ANIMA). Les recettes de privatisation sont inclues dans les IDE.
9 10
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Les pays producteurs d’hydrocarbures comme la Libye et l’Algérie, et la supervision prudentielles. Les agréments ont été retirés à
et dans une moindre mesure l’Egypte ou la Tunisie (gaz), ont Khalifa Bank, à la Banque commerciale et industrielle d’Algérie
amélioré leurs recettes grâce à l’augmentation du prix mondial du (BCIA) et à deux autres banques privées. L’Etat prévoit la cession
pétrole qui est passé de 39 USD en 2004 à 53 USD en 2005 de certaines banques publiques à des repreneurs étrangers
(dépassant même les 70 dollars en 2006). La gestion prudente de la stratégiques. Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) et la Banque de
rente pétrolière actuellement en œuvre a permis de réduire développement local (BDL) ont bénéficié d’un assainissement en
l’endettement tout en maintenant les réserves à un niveau vue de leur privatisation.
appréciable. Parallèlement, les pays non‐producteurs de pétrole ont Le bilan des privatisations dans la région est pour l’instant mitigé :
souffert de cette flambée du pétrole et n’ont pu pallier ce déficit que certains programmes sont au point mort, tandis que d’autres ont
grâce aux revenus tirés des transferts financiers des travailleurs donné des résultats positifs, notamment au Maroc, en Jordanie et
expatriés (ils ont atteint par exemple en 2005 2,978 milliards de en Turquie (importantes opérations dans le téléphone mobile en
dollars au Maroc et 2,904 milliards de dollars en Egypte) ou du 2005). Par ailleurs, plusieurs pays ont créé des incitations pour
tourisme et aux investissements venus du Golfe (le stock de encourager l’initiative privée, faciliter le droit d’établissement aux
pétrodollars disponible pour des investissements à l’étranger était entreprises étrangères et améliorer l’accès au marché. Ainsi, en
estimé à 620 milliards d’USD par le FMI en 2006, et une partie s’est Algérie, l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les
incontestablement portée sur la région MEDA). hydrocarbures, qui vise à ouvrir le secteur aux investissements
La plupart des pays ont poursuivi les réformes structurelles privés, offre des perspectives prometteuses. De même, au Maroc,
engagées pour améliorer le climat de l’investissement. Plusieurs l’amélioration du fonctionnement du marché du travail, la
pays de la région ont mis en œuvre des réformes budgétaires rationalisation des procédures d’investissement et la mise en œuvre
comme l’Algérie qui a amélioré sa transparence budgétaire et créé de réformes judiciaires sont des progrès non négligeables. Par
un fonds de régulation des recettes pétrolières pour constituer des ailleurs, le démantèlement tarifaire et la suppression des licences
réserves. En Jordanie, les mesures budgétaires adoptées par le d’importation sont en cours dans la plupart des pays signataires
gouvernement pour accroître les recettes fiscales et juguler les des accords d’association.
dépenses courantes ont sensiblement amélioré la situation Bien que l’état des réformes et la volonté des gouvernements de s’y
budgétaire. Plus récemment, l’Egypte a engagé une profonde tenir soient variables, les mesures adoptées jusqu’à présent ont déjà
réforme de la fiscalité et des douanes et un programme de permis d’améliorer le climat de l’investissement dans la région et
restructuration financière tandis que le Maroc s’est lancé dans ont suscité des réactions positives de la part des investisseurs
l’élaboration d’une stratégie visant à réduire son déficit budgétaire privés. De fait, depuis 2001, la région reçoit des flux croissants de
structurel en coopération avec la Banque mondiale et le FMI. Le capitaux privés tant sous la forme de titres de dette que de prises
Maroc a également commencé à restructurer ses banques publiques de participations.
spécialisées. Enfin, l’Algérie a récemment pris des mesures pour
renforcer les systèmes de paiement et améliorer la réglementation
11 12
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Les investissements étrangers dans la région ont pris la forme de profit de TeCom Dig (Dubaï) a généré 3,050 milliards DT de
fusions‐acquisitions (Israël), nouveaux projets ‐greenfield projects recettes (2,3 milliards d’USD), dépassant l’ensemble des recettes de
(Turquie et Maroc) ou alliances stratégiques et licences (Israël, privatisations depuis 1987. Au Liban, les investissements étrangers
Maroc, Jordanie). Les raisons pour lesquelles les grandes ont atteint 288 millions d’USD hors investissements immobiliers et
entreprises s’installent sont à la fois les débouchés (marchés en la majorité des IDE est dirigée vers l’immobilier et le secteur
expansion, plateforme pour la réexportation, taille du marché) et touristique en plein essor. La Syrie a quant à elle, enregistré 700
l’existence d’avantages comparatifs (faible coût de la main l’œuvre, millions de dollars d’IDE en 2005 et 6,3 milliards de dollars
proximité géographique avec le marché européen). d’investissements domestiques (contre 3,7 milliards de dollars en
En Egypte, de nouveaux records ont été enregistrés en 2004‐2005 2004).
avec un flux d’investissements directs étrangers de 2,134 milliards
d’USD et l’année 2006 s’avère aussi prometteuse avec 2,554 La conjoncture économique en 2005 par pays
milliards d’USD déjà déclarés au cours du premier trimestre. Le
Les réformes structurelles menées en Algérie ont permis le
volume des IDE vers la Turquie atteint une moyenne annuelle d’un
rétablissement des équilibres macroéconomiques, l’amélioration
milliard de dollars et enregistre une croissance constante avec 2,8
des performances en termes de croissance du PIB et le
milliards d’USD en 2004 et 9,7 milliards d’USD en 2005 (2,6% du
développement d’un secteur privé plus dynamique, entraînant un
PNB) soit une croissance de 239%. Le nombre de sociétés à capitaux
plus grand flux entrant dʹinvestissements directs étrangers. Le taux
étrangers a atteint 11 685 dont 2 825 créées en 2005 et le pays
de croissance du PIB est passé de 3% par an en 2000‐02 à près de
pourrait recevoir au minimum 11 milliards d’USD d’IDE en 2006.
6% en 2003‐04 et 5,1% en 2005, soutenu essentiellement par
Les investissements étrangers en Israël ont été soutenus par de
l’augmentation de la production des hydrocarbures et des cours
nombreuses prises de participation et fusions‐acquisitions. Les
mondiaux du pétrole qui ont permis de réaliser d’appréciables
investissements étrangers ont atteint 9,66 milliards d’USD en 2005,
excédents de la balance courante (les recettes des hydrocarbures
une croissance de 67% par rapport aux 5,8 milliards enregistrées en
représentent 97% des recettes d’exportation des biens et services
2004 et les IDE ont atteint 5,71 milliards d’USD. L’année 2006
non‐facteurs). Les projections pluriannuelles de la loi de finances
s’annonce prometteuse puisqu’une importante prise de
pour 2005 tablent sur un taux moyen de 5,3% par an sur la période
participation de 4 milliards d’USD a déjà été enregistrée. En
2005‐2009. La politique budgétaire expansionniste orchestrée
Jordanie également les investissements étrangers affichent une
depuis 2001 autour du Plan de Soutien à la Relance Economique,
reprise avec 562 millions d’USD en 2005 principalement des
PSRE (6,9 milliards d’USD entre 2001 et 2004), suivi du Plan
investissements en portefeuille et des investissements dans
Complémentaire de Soutien à la Croissance, PCSC (80 milliards
l’immobilier. Au Maroc et en Tunisie, les nombreuses opérations de
d’USD étalés sur la période 2005‐2009) contribue à soutenir la
privatisations ont dopé les IDE notamment grâce au secteur des
croissance : la demande publique permet ainsi de tirer vers le haut
télécoms. Les IDE se sont établis à 3 milliards d’USD au Maroc en
la contribution à la croissance des secteurs hors hydrocarbures. La
2005. Début 2006, la vente de 35% du capital de Tunisie Telecom au
13 14
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
valeur ajoutée dans les services a ainsi progressé de plus de 60% en croissance spectaculaire du PIB de 7,7% en 2004 contre 4% en 2003,
5 ans, le BTP a, quant à lui, enregistré une croissance de 40% de sa la situation économique s’est détériorée en 2005 à cause de
valeur ajoutée. L’inflation a baissé à 1,6% contre 2,7 % en 2004 en l’augmentation de la facture d’importations des hydrocarbures et
raison de la baisse des prix des produits alimentaires. Les réserves une baisse inattendue de l’aide internationale, qui a représenté
en devises ont dépassé les prévisions avec 56,2 milliards d’USD environ 700 millions d’USD en 2005, contre 1,3 milliards en 2004.
atteints fin 2005 (les prévisions tablaient sur 55,6 milliards d’USD De plus les tensions dans la région ont contribué à la détérioration
soit l’équivalent de 21 mois d’importations de biens et services). des revenus touristiques et la réduction sensible de lʹintérêt des
En Egypte, la nouvelle équipe issue du remaniement ministériel de investisseurs étrangers. Les estimations de la croissance
jordanienne pour 2006 s’établissent autour de 5 à 6%.
juillet 2004 s’est attachée à faire progresser la libéralisation
commerciale et financière et le programme de réformes Le Liban a connu une croissance soutenue d’une moyenne de 6 à
économiques et structurelles. Entre 2000 et 2003, le pays a 7% entre 1992 et 1997, tirée notamment par la reconstruction du
enregistré un taux de croissance moyen de 3,5% en raison pays après 15 ans de guerre civile, et le secteur financier, ce qui a
notamment de chocs exogènes, tels que les attentats du 11 entraîné un véritable relèvement du PIB pour atteindre environ
septembre et la guerre en Irak. Cependant, bénéficiant de la reprise 22,3 milliards d’USD en 2005 (+6%). Cependant, la dette publique
mondiale et de la dépréciation de la livre, la croissance ne cesse de située à 34,5 milliards de dollars fin 2005, soit 180% du PIB ne cesse
s’améliorer avec 4,1% enregistrée en 2004, des prévisions de 4,8% d’augmenter. La conférence de Paris II de 2002 a permis une forte
en 2005 et de 5% en 2006, dopée par les recettes touristiques (6,4 mobilisation de la communauté internationale pour restructurer la
milliards d’USD en 2004‐2005), les transferts des travailleurs dette libanaise. Au total, le Liban a ainsi obtenu des financements
émigrés (4,3 milliards d’USD), les recettes du Canal de Suez (3,3 de 10,1 milliards d’USD (32% de la dette globale).
milliards d’USD) et les exportations de pétrole (1,2 milliard d’USD). La levée des sanctions onusiennes qui frappaient la Libye depuis
En Israël, après une baisse de la croissance en 2001‐2003 (1,3%) du 1992 et la levée de l’embargo a contribué au redémarrage de
à la forte crise liée à la seconde Intifada dans les territoires relations économiques et financières internationales normales. Les
palestiniens et l’éclatement mondial de la bulle technologique en résultats économiques du pays ne cessent de s’améliorer grâce à la
2000, une reprise sensible s’est amorcée en 2004 et 2005 avec un remontée de la production de pétrole, la reprise des exportations
taux de croissance du PIB de 4,3% et de 5,2% respectivement. Les pétrolières et la hausse du cours du baril depuis 2003. Cette
moteurs majeurs de cette croissance ont été les exportations (+15%), conjoncture internationale a permis la croissance du PIB de 9,1% en
la consommation privée, ainsi que la rapide expansion des 2003 à 4,6% en 2004 et 3,5% en 2005 et devrait s’établir à 5% en
industries de pointe ‐ domaine d’excellence de l’économie 2006.
israélienne ‐ et du tourisme. Le Maroc a accompli des avancées significatives en matière de
La Jordanie a été le pays le plus exposé à la guerre en Irak, qui démocratisation de la vie publique, d’éducation et de santé, et de
représentait son principal marché dʹexportation. Après une renforcement des infrastructures de base. Cependant la croissance
15 16
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
du PIB reste volatile. Après une croissance de l’économie de 4,5% de 2001 grâce à la politique d’assainissement macroéconomique.
pendant la période 2001‐04, elle s’est contractée à 1,4% en 2005, en Soutenue par une demande intérieure dynamique, lʹéconomie
raison des mauvaises performances agricoles, la faible croissance connaît un remarquable redressement avec une croissance
du secteur hors agriculture, la lente transformation de l’épargne spectaculaire du PIB de 8,9% en 2004 et de 7,4% en 2005.
nationale en investissements productifs et la faible compétitivité L’amélioration de la confiance intérieure et internationale
des entreprises marocaines dans l’économie mondiale malgré la consécutive à l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’UE
mise en place du programme de mise à niveau des entreprises. devrait maintenir cette croissance aux alentours de 6% en 2006‐
Le paysage économique syrien, qui dépend largement du secteur 2007.
public, est en train de changer grâce à un programme soutenu de Figure 3. Evolution du PIB des pays MEDA (en milliards d’USD, prix
réformes structurelles qui vise à créer un environnement courants). Source WDI 2006
économique favorisant davantage le secteur privé sans négliger
0 100 200 300 400 500
lʹéquilibre social. La croissance suit une courbe ascendante passant
de 1,3% en 2002 à 3,8% en 2005 soutenue par l’agriculture et le A lg é rie
secteur de la construction et des services. Le PIB s’élève à 26,2 E g yp te
milliards d’USD en 2005 contre 20,3 milliards d’USD en 2002. Isra ë l
Jo rd a n ie
La Tunisie a opté très tôt pour le développement d’une économie 2003
de marché et pour une intégration progressive dans l’économie L ib a n
2005
mondiale. Entre 1992 et 2004, le PIB a augmenté de 4,1% par an en L ib ye 2007
moyenne avec 6% enregistrée en 2004. En dépit de l’intensification M a ro c
de la concurrence internationale et de la flambée des prix du S yrie
pétrole, les résultats de 2005 sont globalement positifs (4,2% du T u n isie
PIB) et ce, en raison de l’évolution favorable des services comme le T u rq u ie
tourisme (6,4 millions de touristes et 2,563 millions DT soit 12,5%
des recettes courantes), le transport aérien, les télécommunications
et les nouvelles technologies. Pour l’année 2006, les autorités
tablent sur une croissance du PIB de 5,8%.
Pays candidat à lʹentrée dans lʹUnion Européenne depuis 1999, la
Turquie est officiellement en négociations pour devenir membre de
l’UE depuis le 3 octobre 2005 et est engagée dans un long processus
de réformes basé sur 35 points conformes aux critères de
Copenhague. La Turquie se remet peu à peu de la crise économique
17 18
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Le partenariat euro-
méditerranéen et la nouvelle
politique de voisinage
Le cadre du partenariat euro-méditerranéen
La déclaration de Barcelone a été adoptée le 28 novembre 1995 par
les ministres des Affaires étrangères des 15 États membres de
l’Union Européenne et de 12 États du Sud et de l’Est de la
Méditerranée (Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban,
Malte, Maroc, Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie, Turquie). Des
accords d’association lient désormais l’Union Européenne avec la
quasi‐totalité des pays tiers méditerranéens. Chypre et Malte font
partie depuis le 1er Mai 2004 des dix nouveaux Etats membres de
l’Union Européenne. La Turquie qui était liée à l’UE par une union
douanière depuis 1995, est officiellement en négociations
d’adhésion à l’UE depuis le 3 octobre 2005. Ces trois pays sont
désormais gérés par la direction « Elargissement de l’UE » de la
Commission Européenne.
Le Partenariat euro‐méditerranéen, enclenché par la Conférence de
Barcelone en novembre 1995, substitue aux accords commerciaux
bilatéraux existant auparavant des accords d’association qui ont
une approche globale et multilatérale sur trois volets :
19
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
la définition d’un espace commun de paix et de stabilité par le Dans cette perspective, l’UE propose à ses voisins à l’Est et à ceux
renforcement du dialogue politique et de sécurité (volet du Sud de la Méditerranée une perspective de participation au
politique) ; marché intérieur européen, et de bénéficier ainsi de la libre
la mise en place d’un partenariat économique et financier et circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes
l’instauration progressive d’une zone de libre‐échange d’ici (les quatre libertés).
2010 (volet économique) ; Le Conseil européen de juin 2004 a approuvé le principe d’une
le rapprochement entre les peuples et les échanges entre les adoption, en concertation avec chaque pays ayant déjà un accord
sociétés civiles (volet social, culturel et humain). en vigueur avec l’UE, des plans d’action visant à progresser dans la
mise en œuvre de ces accords. Sept plans d’action, d’une durée de 3
L’objectif fixé sur le plan commercial est la création d’une zone de ans, ont été adoptés fin 2004 (5 pays MEDA, Israël, Jordanie,
libre‐échange qui doit être réalisée à travers les accords euro‐ Maroc, Tunisie et Autorité Palestinienne et l’Ukraine et la
méditerranéens et des accords de libre‐échange à conclure entre les Moldavie) et des discussions sont en cours avec l’Egypte et le
pays MEDA eux‐mêmes (coopération sud‐sud). Lʹannée 2010 a été Liban. Outils opérationnels élaborés avec les pays partenaires de la
retenue comme date objectif pour instaurer progressivement cette Méditerranée, les plans d’action identifient des priorités en matière
zone qui doit couvrir lʹessentiel des échanges dans le respect des de réforme dans le domaine politique et économique et de la
obligations découlant de lʹOrganisation Mondiale du Commerce coopération renforcée. Les actuels instruments financiers de l’UE
(OMC). Ainsi, les obstacles tarifaires et non tarifaires aux échanges (MEDA, TACIS) doivent soutenir la mise en œuvre des plans
des produits manufacturés seront progressivement éliminés selon d’actions jusque fin 2006.
des calendriers à négocier entre les partenaires. Une libéralisation
progressive du commerce des produits agricoles est également En ce qui concerne MEDA, 45 millions d’euros ont été dédiés à la
envisagée, ainsi que pour le commerce des services, au sens de PEV pour la période 2004‐2006 : infrastructures dans le domaine de
l’article V de l’accord général sur le commerce des services (AGCS). l’énergie (18,5 millions d’euros), des transports (24 millions
d’euros), de la coopération transfrontalière entre le Maroc et
Anticipant l’évolution des frontières de l’Union Européenne après l’Espagne (2 millions d’euros) et entre le Maroc et Gibraltar (0,4
l’élargissement au 1er mai 2004, la Commission Européenne a millions d’euros).
initié, le 11 mars 2003, la définition d’une nouvelle politique de
Un des objectifs de la PEV est de renforcer la coopération entre les
voisinage (NPV) appelée à renforcer les liens avec les pays voisins
pays dans le cadre du processus de Barcelone et de promouvoir la
de l’UE élargie : elle propose à ses voisins de nouvelles
coopération régionale et sous‐régionale. A partir de 2007, la
perspectives d’intégration économique en contrepartie de leurs
Commission prévoit la création d’un unique instrument européen
progrès concrets dans les domaines du respect des valeurs
de voisinage et de partenariat (IEVP) couvrant à la fois le soutien
communes et de la mise en œuvre des réformes politiques,
de lʹUE aux pays de la PEV et la coopération transfrontalière de
économiques et institutionnelles, notamment dans l’harmonisation
ceux‐ci avec les Etats membres. Les montants dédiés à l’IEVP ainsi
de leur législation avec l’acquis communautaire.
21 22
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
que la répartition entre ses composantes dépendra de la En conformité avec les conclusions du rapport PNUD sur le
négociation sur les prochaines perspectives financières de l’UE développement humain dans le monde arabe, la Commission a
pour 2007‐2013. récemment adopté une communication intitulée ʺDonner une
Les autres orientations politiques concernent : le sommet de Doha nouvelle impulsion aux actions de lʹUE dans le domaine des droits
et le commerce, les questions de justice et affaires intérieures, la de lʹhomme et de la démocratisation, en coopération avec les
promotion dʹune meilleure gouvernance, les droits de lʹhomme et la partenaires méditerranéensʺ visant à maximiser lʹefficacité des
démocratisation dans la région MEDA, et les initiatives instruments à la disposition de lʹUE et de ses partenaires
environnementales convenues au sommet de Johannesburg sur le méditerranéens dans le domaine des droits de lʹhomme et de la
développement durable. démocratie. La communication définit des orientations de travail en
vue de promouvoir les droits de lʹhomme et les libertés
Le lancement du nouveau round de lʹOMC, lʹAgenda de Doha, fondamentales en coopération avec les partenaires méditerranéens.
comporte à la fois de nouvelles ouvertures du marché et la Elle propose dix recommandations concrètes pour améliorer le
définition de règles supplémentaires, soutenues par lʹengagement dialogue politique entre lʹUE et ses partenaires méditerranéens,
de renforcer lʹassistance matérielle vis‐à‐vis des pays en ainsi que la coopération financière de lʹUE sur les questions de
développement en vue de renforcer leur capacité. Lʹobjectif droits de lʹhomme. Le rapport Banque mondiale 2003 sur la
principal du nouveau round est de soutenir lʹintégration des pays gouvernance dans la région MENA constitue également une
en développement dans le système dʹéchanges mondial dʹune référence importante. La programmation 2005‐2006 a largement
manière qui les aidera à combattre la pauvreté. pris en charge ces questions primordiales à travers les programmes
Les conclusions du Conseil de Tampere (1999), Santa Maria Da de management de lʹéconomie, ONG II, Police II et Proximité
Feira (2000) et Séville (2002) ont défini une politique commune rurale.
concernant lʹintégration des questions justice et affaires intérieures Un engagement global à la cause du développement durable fut
dans la politique externe de lʹUE. réitéré au sommet de Johannesburg, sous forme dʹun programme
Le plan dʹaction adopté à Valence (2002), en plus de la déclaration pragmatique et ambitieux démontrant lʹimportance croissante des
de Barcelone, fournit des orientations supplémentaires pour la questions environnementales dans la réalisation des objectifs de
coopération renforcée dans la région MEDA et ce, dans trois développement pour le millénaire « Millenium Development
secteurs principaux : migration, réforme de lʹappareil judiciaire et Goals ». Les secteurs clés pour lʹaction de lʹUE sont lʹeau et
lutte contre la criminalité. Une meilleure gouvernance, la lʹénergie. À Johannesburg, lʹUE a lancé deux partenariats, lʹun
promotion de la démocratie et le respect des droits de lʹhomme concernant lʹeau, lʹautre lʹénergie. Lʹinitiative européenne de lʹeau
constituent des objectifs de base dans la politique extérieure de « Water for Life » coordonne les mécanismes de financement
lʹUE. existants avec un accent particulier sur trois paramètres:
approvisionnement, hygiène et gestion intégrée des ressources. À
lʹheure actuelle, le suivi concret concernant les pays méditerranéens
23 24
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
se déroule dans le cadre de lʹinstrument de financement existant, En outre, le processus de libéralisation du commerce des produits
MEDA. agricoles est lui aussi largement opérationnel. Plus de 80% des
Pour plus d’informations, se rapporter au document Partenariat produits agricoles importés des rives méditerranéennes entrent
Euro‐Med, Programme Indicatif Régional 2005‐2006 de la ainsi dans l’Union Européenne en franchise de droits de douanes
Commission Européenne à l’adresse suivante : ou à taux préférentiels. Réciproquement, un tiers des exportations
européennes de produits agricoles bénéficient de préférences
http://ec.europa.eu/comm/external_relations/euromed/rsp/meda_ni tarifaires dans les pays méditerranéens.
p05_06_fr.pdf
Cependant, l’espace méditerranéen connaît une intégration
régionale encore assez embryonnaire. Le commerce intra‐régional
Bilan des accords d’association Euro-Med reste en dessous des 8% du commerce total de la zone, chiffre le
L’année 2005, qui avait été déclarée « Année de la Méditerranée », plus faible au monde pour un ensemble économique de cette taille.
s’est conclue par la célébration du 10ème anniversaire de la Or, un espace économique régional plus intégré passe
Déclaration de Barcelone durant le sommet euro‐méditerranéen qui nécessairement par la conclusion d’accords de libre‐échange entre
s’est tenu à Barcelone les 27 et 28 novembre. A cette occasion, un pays sud‐méditerranéens (relations Sud‐Sud) en complément des
programme de travail à 5 ans, qui fait une large place à accords d’association (relations Nord‐Sud). Si un certain nombre
l’investissement étranger, au suivi des réformes et à l’innovation, a d’accords de libre‐échange Sud‐Sud sont récemment entrés en
été adopté par la Chefs d’Etat. vigueur, à l’instar de ceux conclus entre la Turquie et la Tunisie, ou
entre la Turquie et le Maroc, leur portée est limitée (règles d’origine
Tous les pays sud et est‐méditerranéens peuvent à présent restrictives, exclusion de l’agriculture).
bénéficier des accords d’association euro‐méditerranéens : de
l’Algérie à la Turquie en passant par l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Par ailleurs, l’Accord d’Agadir, signé entre la Tunisie, le Maroc, la
Liban, le Maroc, l’Autorité palestinienne, la Tunisie. Seul l’accord Jordanie et l’Egypte le 25 février 2004, engage les parties à éliminer
d’association avec la Syrie paraphé en octobre 2004 n’est pas encore lʹessentiel des droits de douane sur leurs échanges réciproques dès
entré en vigueur. le 1er janvier 2005 et à intensifier leur coopération économique en
matière de normes et de procédures douanières. L’accord n’a pas
Dix ans après le lancement du processus de Barcelone, la encore été ratifié par le Maroc.
libéralisation du commerce des produits industriels est devenue
une réalité tangible : tous les produits en provenance des pays
méditerranéens ont accès au marché de l’Union Européenne en Les instruments financiers MEDA, FEMIP et les
franchise de droits de douane. Réciproquement, les pays jumelages institutionnels
méditerranéens ont mis en place un processus de démantèlement
Les accords d’association du Partenariat euro‐méditerranéen
progressif de leurs tarifs douaniers qui s’étale généralement sur
prévoient également des outils de coopération financière de l’UE
une douzaine d’année.
25 26
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
pour appuyer la mutation économique dans les pays partenaires constructions d’infrastructures à l’appui du développement du
méditerranéens. Ils s’articulent autour de MEDA et de la FEMIP. secteur privé, les projets privés locaux, les projets
Décidé par le Conseil de Cannes en juin 1995, le programme environnementaux, le développement des marchés de capitaux.
MEDA constitue le cadre financier principal de la mise en œuvre Depuis sa création en octobre 2002, la FEMIP s’est progressivement
renforcée, sans toutefois devenir une banque de développement
du Partenariat euro‐méditerranéen. La Commission Européenne,
euro‐méditerranéenne à part entière –son capital reste détenu par
en étroite coopération avec chacun de ses partenaires
les pays européens et sa capacité d’expertise est surtout tournée
méditerranéens et en tenant compte de leur diversité, élabore, selon
vers les infrastructures et les grands projets publics. Peu de pays
la démarche «bottom‐up», des programmes d’aide à la transition
soutiennent la constitution, pourtant emblématique, d’une banque
économique, financés au titre de MEDA. Ils prennent la forme,
euro‐méditerranéenne « intégrale » (en commençant par une filiale
entre autres, d’appui aux réformes et de développement du secteur
à participation majoritaire de la BEI) qui supposerait de libérer un
privé (soutien aux PME et à l’industrie, modernisation du secteur
capital important (compte tenu de l’encours BEI sur la région
financier, aide à la privatisation et appui à la participation du
MEDA), impliquerait une hausse des taux de prêt (baisse du rating,
secteur privé aux investissements d’infrastructure, mesures visant à
coûts de fonctionnement) et obligerait à la co‐décision avec les
faciliter les échanges). Avec MEDA II, une déconcentration a été
nouveaux actionnaires. La BEI et certains Etats membres tentent
préconisée au profit d’une gestion locale des programmes MEDA
cependant d’avancer en consolidant les acquis, en améliorant
par les délégations de l’UE dans les pays récipiendaires. Le
l’intégration de la FEMIP (bureaux locaux, comité d’experts
montant total des fonds engagés pour la période 1995‐2006 s’élève
évoluant vers un comité de pilotage associant les pays du sud), en
à environ 8,8 milliards d’euros et ils bénéficient tant aux autorités
envisageant de nouveaux outils (système de garantie, par exemple)
étatiques (nationales et locales) qu’au secteur privé et aux acteurs
et surtout en orientant de plus en plus les activités vers le difficile
de la société civile.
marché des PME et de l’investissement privé. A ce titre, la FEMIP
Mise en place à la Banque européenne d’investissements (BEI) lors accentue ses efforts vers le secteur productif, non seulement en
de la conférence euro‐méditerranéenne de Barcelone le 18 octobre ouvrant des lignes de crédit à des banques commerciales chargées
2002, la Facilité euro‐méditerranéenne d’investissement et de de financer l’industrie, mais aussi en participant à des fonds de
partenariat, FEMIP, a financé 7,2 milliards d’euros à fin 2005 pour capital investissement. A l’avenir, elle pourrait jouer un rôle encore
77 opérations en faveur de la modernisation de l’économie, de plus efficace si elle pouvait prêter en monnaie locale et s’appuyer
l’établissement d’un climat propice à l’investissement, du sur des équipes permanentes plus étoffées et plus proches des
développement du secteur privé et de la création d’emplois dans clients méditerranéens (la BEI est, de loin, la banque de
les pays bénéficiaires. développement dont l’effectif de personnel est le plus faible par
Confortée à l’issue de diverses conférences ministérielles Ecofin (en rapport aux crédits consentis, et cela peut poser problème pour
particulier, en juin 2006 à Tunis), la FEMIP déploie ses actions de suivre des dossiers de PME).
financement dans plusieurs domaines prioritaires : les
27 28
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Le volume de prêts octroyés au bénéfice des pays partenaires projets représentant au total 930 millions d’euros), 38 % au Proche‐
méditerranéens (MEDA) a atteint 1,8 milliards d’euros en 2003, 2,1 Orient (10 projets pour un montant total de 834 millions d’euros) et
milliards en 2004 et 2,2 milliards en 2005. Pour cette dernière année, 20 % au Maghreb (7 projets totalisant 430 millions d’euros). Enfin,
51 % des ressources sont destinés à l’appui du secteur privé. Près la FEMIP a financé dans les territoires palestiniens deux opérations
de 35 % de ces opérations ont été menées avec le secteur bancaire destinées à améliorer les infrastructures électriques et à soutenir les
local, afin de renforcer sa capacité à financer des investissements PME.
productifs réalisés par des PME. Parallèlement, la FEMIP a appuyé La panoplie diversifiée d’instruments de la FEMIP permet de
des investissements dans des infrastructures de base relevant des répondre aux besoins des économies locales. Elle fournit, en effet,
secteurs de l’énergie (Égypte, Gaza‐Cisjordanie, Syrie), de des produits financiers tels que des prêts à long terme, capital‐
l’environnement (Turquie, Liban, Maroc), et des transports et risque etc., à des conditions financières attractives. Le Fonds
communications (Syrie, Liban, Maroc et Turquie). L’année 2005 a d’assistance technique de la FEMIP a signé en 2004 sa première
été en outre marquée par la reprise des opérations de financement année d’existence, 20 contrats pour un total de 13,8 millions €
dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, avec l’octroi de deux prêts (dons). Enfin, le Fonds fiduciaire de la FEMIP, opérationnel depuis
pour contribuer à l’amélioration concrète des conditions de vie des début 2005 (contributions des Etats Membres de 30 M€), a élargi la
Palestiniens grâce à la fourniture d’électricité et à la mise en place gamme des instruments financiers de la FEMIP.
d’un fonds de garantie à l’appui des PME.
Davantage de moyens seront également consacrés à l’assistance
Figure 4. Répartition des prêts FEMIP par pays en 2005 (en millions technique pour permettre l’émergence de projets, notamment dans
d’euros) les domaines sociaux et de réduction de la pauvreté. En outre, pour
marquer sa présence physique sur la rive sud de la Méditerranée, la
BEI a fait le choix d’implanter des bureaux de la FEMIP dans trois
Tunisie (260) Turquie (930)
capitales (Le Caire, Tunis et Rabat). Enfin, une évaluation globale
du fonctionnement de la FEMIP a été réalisée en décembre 2006,
permettant en particulier d’examiner les diverses options pour
Algérie (10)
Syrie (300) l’avenir de cet instrument.
Egypte (309) Afin d’identifier de nouvelles manières de développer la
Maroc (160) coopération financière sur la base des avantages comparatifs et
Palestine (55) Liban (170) d’élargir le champ de ses opérations, la FEMIP a renforcé sa
coopération avec d’autres bailleurs de fonds présents dans la
région en signant des accords avec les institutions européennes de
Pour ce qui est de la répartition géographique de la FEMIP (cf. financement du développement (EDFI). Cette mesure permettra
figure 4), 42 % des signatures concernent des projets en Turquie (6 d’amplifier le soutien qu’apporte l’UE au développement
29 30
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
économique des pays partenaires méditerranéens, d’éviter le d’Agadir, en tant qu’initiative intra‐régionale Sud‐Sud lancé entre
double emploi de ressources et de maximiser l’impact des activités le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et la Jordanie en mai 2001 à Agadir,
des États membres de l’UE dans la région. constitue une démarche volontaire entreprise par ces quatre
Outre ses opérations de financement, la FEMIP a réalisé une étude partenaires en vue d’établir entre eux une zone de libre‐échange.
des marchés de la dette publique dans les pays méditerranéens (qui L’accord vise dans un premier temps la création d’une zone de
a été publiée en décembre 2005) et a défini un programme de libre‐échange de manière progressive, pendant une phase
travail ambitieux sur l’accès des entreprises au crédit. Elle a transitoire ne devant pas dépasser la date du 01/01/2005 à compter
également publié la première analyse détaillée sur les envois de de la date de son entrée en vigueur. Cet accord devra permettre de
fonds des travailleurs de pays méditerranéens émigrés en Europe. dynamiser les échanges commerciaux, de développer le tissu
Le 13 mars 2006, la FEMIP a signé un accord de partenariat avec le industriel, soutenir l’activité économique et l’emploi, augmenter la
réseau euro‐méditerranéen des instituts économiques (FEMISE), productivité et améliorer le niveau de vie dans les pays signataires.
permettant une coopération sur l’analyse macro‐économique des De même il devra favoriser la coordination des politiques macro‐
pays MEDA et l’évaluation des politiques financières. économiques et sectorielles, notamment dans les domaines du
commerce extérieur, de l’agriculture, de l’industrie, de la fiscalité,
Les jumelages institutionnels des finances, des services et de la douane, en plus de sa
Le principe des jumelages, mis en œuvre dès 1998 dans les pays contribution à l’harmonisation des législations dans le domaine
PHARE (Europe centrale et orientale), a été étendu aux économique des pays signataires. Concernant les dispositions
programmes MEDA en2004, dans le cadre des programmes relatives à la libéralisation du commerce extérieur, les pays
d’appui aux accords d’association, essentiellement en vue de contractants ont adopté un calendrier prévoyant une exonération
réformes des structures administratives des pays partenaires totale des produits industriels à partir du 01/01/2005. Il a, par
méditerranéens. Les montants varient de 5 à 20 millions € sur trois ailleurs, été convenu de libéraliser le commerce des produits
ans selon les pays. La gestion est déléguée localement à des unités agricoles et agro‐industriels conformément au programme exécutif
de gestion de programmes (UGP). La Commission considère cet de l’accord de gestion et le développement des échanges
instrument comme un précurseur de la politique de voisinage en commerciaux entre les pays arabes pour la création de la Grande
matière de renforcement et de modernisation des administrations Zone arabe de libre‐échange (GAFTA). Le secteur des services sera,
des pays partenaires méditerranéens. Le programme pourrait, à quant à lui, libéralisé conformément aux termes de l’accord général
terme, être ouvert aux opérateurs privés. du commerce des services de l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC). Les termes de l’accord stipulent également
l’application des règles d’origine arabo‐méditerranéennes qui
La coopération Sud-Sud devront être mise en conformité aux règles d’origine euro‐
La signature de l’Accord d’Agadir le 25 février 2004 marque une méditerranéennes.
étape dans la progression de l’intégration Sud‐Sud. Le processus
31 32
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Pour ce qui est de lʹadhésion à lʹaccord dʹAgadir, il a été convenu Figure 5. Principaux accords de libre‐échange bilatéraux et régionaux
que tout pays arabe membre de la Ligue Arabe et de la Grande entre les pays MEDA
Zone arabe de libre échange et lié par un accord dʹassociation ou de AA Autres Algé‐ Egyp‐ Israël Jordanie Li‐ Maroc Sy‐ Pales Tuni‐ Tur‐
avec ALE rie te ban rie ‐tine sie quie
libre‐échange avec lʹUnion Européenne peut adhérer à lʹaccord UE
dʹAgadir après consentement de tous les pays membres. Algé‐ S 4/02
GAFTA UMA UMA
rie V 9/05 S S 2/89 S 2/89
L’accord permet de créer un marché de plus de 100 millions Egyp‐ S 6/01
GAFTA Agadir Agadir Agadir S
d’habitants dans les quatre pays concernés, entraînerait des gains te V 6/04
V 1/05 S 2/04 S 2/04 S 2/04 12/05
USA
dʹefficience et rendrait la région plus attrayante pour les Israël S 11/95 USA ALE S 94 S 3/96
investisseurs étrangers dans cette région. V 6/00 S 12/04 V 95 V 5/97
Jorda‐ S 11/97 GAFTA Agadir ALE ALE Agadir Neg.
L’Union Européenne s’est engagée à appuyer le processus d’Agadir nie V V 1/05 S 2/04 S S 6/98 S 2/04 06
tant sur le plan financier que sur le plan technique. Le programme 05/02 USA 12/04 Agadir ALE
10/00 S 2/04 S 98
«Aide aux signataires d’accords d’association pour le V 6/99
développement du libre‐échange entre eux et avec l’Union Liban S 06/02 S 9/98
EV V 2/99
Européenne» a été approuvé dès 2003. Ce programme, doté d’une 04/06
enveloppe financière de 4 millions d’euros et financé au titre de Maroc S 2/96 GAFTA UMA Agadir Agadir Agadir S 4/04
MEDA, vise à encourager le commerce et l’intégration Sud‐Sud, en V 3/00 V 1/05 S2/89 S 2/04 S 2/04 S 2/04 V 1/06
USA UMA
commençant au niveau intra‐régional, ce qui ne peut que 6/04 S 2/89
contribuer à améliorer l’attractivité des IDE dans cet espace Syrie S 10/04 GAFTA
V 1/05
économique. Le commerce intra‐régional est encouragé dans le Pales‐ S 2/97 GAFTA S 94 S 7/04
cadre de l’accord d’Agadir, de la grande zone arabe de libre‐ tine AI V V 1/05 EV 95
échange (GAFTA) et de l’union douanière du Conseil de 7/97
Tuni‐ S 7/95 GAFTA UMA Agadir Agadir Agadir S11/0
coopération du Golfe (CCG). sie V 3/98 V 1/05 S02/ S 02/04 S 2/04 S 2/04 4
89 ALE UMA V7/05
Le tableau ci‐après (figure 5) récapitule les accords de commerce S 03/98 S 2/89
signés au sein de la région MEDA et avec leurs principaux Tur‐ UD S 12/05 S 3/96 Neg. Neg S 4/04 S S 7/04 S 11/04
quie S 96 V 97 V 1/06 12/ V V 7/05
partenaires extérieurs.
V 96 04 6/05
Source : The Euromed process in the trade area, update 03/06 et mise à jour ANIMA, Déc. 2006.
Légende : AA : Accord d’association avec l’UE ; AI : Accord Intérimaire ; S : Signé ; V : En vigueur ; UD :
Union douanière ; Neg. : En négociation ; USA : accord de libre‐échange avec les Etats‐Unis
GAFTA : Convention de facilitation et de développement des échanges commerciaux interarabes du
17/02/1981. En vigueur depuis le 1er janvier 2005. Les 18 pays signataires sont l’Arabie Saoudite, Bahreïn,
l’Egypte, les Emirats arabes unis, l’Iraq, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, Oman, la
Palestine, le Qatar, la Somalie, la Syrie, et le Yémen. Le Soudan et la Tunisie sont en cours de ratification.
L’Algérie, les Comores, Djibouti et la Mauritanie n’ont pas approuvé l’accord.
33 34
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Les opportunités d’affaires
dans les pays MEDA
Algérie
Panorama général
Repères
Capitale Alger
Superficie 2 382 000 km2
Population 33,9 millions d’habitants (2005)
Langues Arabe, français, berbère.
PIB (dollars) 102 milliards (2005)
PIB per capita (dollars)
3 0 85 USD – 7 189 ppp. USD (2005)
Monnaie (2005) Dinar algérien (DZ).
1 Euro = 87,01 DZ – 1 USD = 73,37 DZ
Religion Musulmane (99%).
Fête nationale 5 juillet (Indépendance en 1962).
Accord d’Association Signé en 2002, entré en vigueur le 1er
avec l’UE Septembre 2005.
Site web de la Délégation de l’UE :
http://www.deldza.cec.eu.int
Adhésion à l’OMC Observateur depuis 1985. Accession en
cours de négociation.
Sources : Banque Mondiale, FMI, World Development Indicators 2006 et FMI,
Article IV Consultation 2005, Country report.
35
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Géo économie élevées et de lancer le Programme de Soutien et de Relance
Confinant à lʹEurope, lʹAfrique et les pays arabes, lʹAlgérie est le Economique (PSRE) et le Programme National de Développement
plus vaste des cinq pays composant le Maghreb (Mauritanie, de l’Agriculture (PNDA)…
Maroc, Algérie, Tunisie et Libye), le deuxième en Afrique et le Les projections pluriannuelles de la Loi de finances pour 2005
dixième dans le monde. Cette position géographique stratégique tablent sur un taux moyen de 5,3% par an sur la période 2005‐2009.
lui offre de nombreux atouts pour la mise en valeur de son Avec un taux d’endettement ramené à 24,7%, des réserves en
potentiel dʹinvestissement, notamment les investissements devises équivalant à près de 24 mois d’importations et une position
étrangers orientés vers lʹexportation. budgétaire globale toujours excédentaire, l’Algérie a finalement
Le gouvernement algérien s’est lancé dès le début des années 90 réussi à atteindre la stabilité économique.
dans un processus de transition dʹun système économique Le PIB per capita a progressé de 1 783 USD en 2002 à 3 0 85 en 2005,
centralisé à une économie de marché en menant une politique de avec une parité de pouvoir d’achat estimée à 7 189 USD en 2005, ce
réformes structurelles dans le cadre d’un programme d’ajustement qui s’est traduit par une amélioration du niveau de vie des
structurel mené en collaboration avec le FMI et la BIRD et soutenu Algériens. La politique monétaire a contribué à faire baisser
par la communauté financière internationale et l’Union l’inflation de 4% en 2003 à 1,6% en 2005 et la courbe du chômage
Européenne. s’infléchit régulièrement (22% prévu pour 2004 contre 23,7% en
Ce programme a permis le rétablissement des équilibres 2003).
macroéconomiques, l’amélioration des performances en termes de L’Etat joue un rôle prépondérant dans la gestion de l’économie
croissance du produit intérieur brut et le développement d’un même si son poids est en train de diminuer. L’Etat reste
secteur privé plus dynamique, entraînant par conséquent un plus propriétaire de la plupart des terres agricoles, d’une grande partie
grand flux entrant dʹinvestissements directs étrangers (IDE). du parc immobilier et domine largement l’investissement qui est
Ainsi, le taux de croissance du PIB est passé de 3% par an en 2000‐ concentré dans le secteur des hydrocarbures. De nombreux secteurs
02 à près de 6% en 2003‐04 et 5,1% en 2005, soutenu essentiellement ont été ouverts aux privatisations ces deux dernières années,
par l’augmentation de la production des hydrocarbures et des comme les télécommunications, le transport maritime et aérien,
cours mondiaux du pétrole qui ont permis de réaliser l’agriculture, le tourisme et les mines ainsi que le secteur de
d’appréciables excédents de la balance courante (les recettes des l’énergie. Près de 400 entités publiques ont été privatisées ou
hydrocarbures représentent 97% des recettes d’exportation des fermées depuis le début du processus de privatisation mais il en
biens et services non facteurs). Dans le même temps, et grâce à la reste toujours près de 1200 à privatiser. De 2003 à décembre 2005,
fiscalité pétrolière qui représente plus de 60% des recettes de l’Etat, 270 entreprises publiques ont été privatisées, dont 102 pour la seule
les finances publiques sont positivement influencées dans la année 2005. Le programme de privatisation a concerné 300
mesure où un excédent budgétaire est réalisé chaque année depuis entreprises publiques durant le premier semestre 2006. De 2003 à
2000, ce qui a permis de s’engager dans des dépenses publiques 2005, la privatisation a rapporté 800 millions de dollars au Trésor
37 38
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
public, permis un investissement de 1 milliard de dollars, et créé développement des infrastructures (22 milliards de dollars), le
7 000 nouveaux emplois. Le gouvernement a annoncé récemment soutien au développement économique (4 milliards de dollars), le
que la quasi‐totalité des entreprises publiques, à lʹexception de développement et la modernisation du service public (3 milliards
quelques‐unes comme la Sonatrach (société pétrolière) et la de dollars) et le développement des nouvelles technologies de
Sonelgaz (société dʹélectricité), sont éligibles à la privatisation. De communication (près d’1 milliard de dollars). L’approche
plus, les réformes économiques et institutionnelles entreprises dans sectorielle de ce programme donne la priorité aux grands projets
divers secteurs témoignent de la ferme détermination des autorités d’infrastructures dans les transports, les travaux publics et le
à intégrer l’Algérie à l’économie mondiale. Dans cette optique, le logement.
gouvernement s’est fixé comme objectifs : La position extérieure de l’Algérie ne cesse de se renforcer.
l’intensification des réformes structurelles ; L’excédent de la balance commerciale a atteint 25,64 milliards de
la poursuite des efforts de libéralisation du commerce dollars en 2005, (+ 86% par rapport à 2004), qui s’explique
extérieur ; essentiellement par l’importante hausse des exportations (43,4%). Il
en résulte un taux de couverture des importations par les
le désengagement de l’Etat de la production active pour attirer exportations de 226% en 2005 contre 175% pour l’année 2004.
l’investissement privé ;
Les importations algériennes se sont élevées à 20,35 milliards de
la promotion du transfert du savoir‐faire ; dollars en 2005 composées essentiellement de biens d’équipements
l’amélioration des perspectives de croissance ; (42,30% du total) plus particulièrement les équipements nécessaires
aux transports de personnes et de marchandises, à la téléphonie et
la diversification du tissu productif et l’attraction des
aux industries de pompes. Les importations alimentaires
investissements hors hydrocarbures.
représentent 17,62% du total avec un volume de 3,6 milliards de
Un programme de dépenses d’équipement a été lancé en 2001 dollars composées pour près de la moitié de céréales, semoules et
appelé Plan Spécial de Relance économique (PSRE) d’un budget de farines.
7 milliards de dollars représentant 8,5% du PIB de 2004 et couvrant
Les exportations des hydrocarbures représentent l’essentiel des
la période 2001‐2004. Ce plan a permis à court terme de soutenir la
ventes à l’étranger avec 98 % du volume global en 2005. La hausse
croissance. Il a été ensuite complété par le programme
des cours mondiaux du prix de pétrole a permis d’enregistrer une
complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) et le programme
augmentation de 44 % des recettes par rapport à la même période
complémentaire pour les wilayas du Sud et pour celles des hauts
2004. Les exportations hors hydrocarbures demeurent marginales
plateaux, doté d’un budget de 100 milliards de dollars (8.000
avec 1,97% du volume global des exportations.
milliards DA) sur 5 ans (2004‐2009).
L’UE est le principal partenaire de l’Algérie, suivie par les Etats
Le PCSC s’articule autour de cinq grandes priorités : l’amélioration
Unis. Les importations en provenance de l’UE ont atteint 11,26
des conditions de vie de la population (25 milliards de dollars), le
milliards de dollars en 2005, la France étant le premier fournisseur
39 40
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
avec une part de marché de 22%, suivie par l’Italie (7,5%) et Risque Pays
l’Allemagne (6,2%) tandis que les exportations vers l’UE ont atteint Les principales agences d’assurance‐crédit et de notation
25,6 milliards de dollars, l’Italie étant le premier client (16%) suivie internationales (Coface, Hermès, Sace, ECDG, CEFCE, Eximbank)
par l’Espagne (11%) et la France (10%). ont révisé à la baisse l’évaluation du risque Algérie, ces deux
Malgré le remboursement anticipé de la dette, l’excédent global de dernières années. Le pays est passé de la 5ème à la 4ème place sur
la balance des paiements est passé de 7,6 milliards d’USD à 9,6 l’échelle du risque pour l’assurance‐crédit des agences faisant
milliards d’USD en 2005. Les réserves totales en devises partie de l’OCDE. La Compagnie française d’assurance‐crédit à
représentaient 43 milliards d’USD en 2004, l’équivalent de 29,3 l’exportation (Coface) a reclassé en janvier 2006 sa notation du
mois d’importation FOB et ont dépassé les prévisions en 2005 avec risque court terme sur l’Algérie de B à A4. Cette appréciation du
56,2 milliards d’USD (les prévisions tablaient sur 55,6 milliards risque pays vient confirmer et renforcer la tendance à
d’USD soit l’équivalent de 21 mois d’importations de biens et l’amélioration du climat général des affaires sur le territoire
services). algérien.
L’investissement direct étranger (IDE) dans le secteur des Cette amélioration constitue un nouveau signe d’encouragement
hydrocarbures est passé de 671 millions de dollars en 1999 à 2,3 pour l’investissement étranger dans un contexte de stabilité
milliards d’USD en 2003, soit 10% des flux des IDE des pays politique et de conjoncture économique extrêmement favorable.
africains hors Afrique du Sud, selon les données citées par la revue D’autre part, les réformes entreprises par les pouvoirs publics en
Energie et Mines éditée par le ministère de l’Energie et des Mines. matière d’ouverture commerciale et de réglementation contribuent
Un montant cumulé d’investissements de 8,6 milliards d’USD a été largement à renforcer les perspectives économiques. Lors de ses
investi, durant la période 1999/2003, par des sociétés étrangères en Consultations 2005 au titre de l’Article IV, le Fond Monétaire
association avec Sonatrach et ses filiales dans les domaines de International a revu à la hausse ses projections macroéconomiques
l’exploration et du développement des gisements existants, ajoute pour les cinq années à venir, conséquence d’un cours du baril de
la revue dans son deuxième numéro paru récemment. pétrole en augmentation mais aussi des efforts réels déployés en
termes de réformes structurelles.
La conjoncture économique actuelle constitue donc une
opportunité pour les pouvoirs publics pour accélérer le processus Défis
de relance de la croissance par le financement de projets de
La relance de la croissance est pour l’essentiel financée par la
développement et la mise en œuvre de réformes économiques. Elle
ressource pétrolière ce qui constitue un modèle de développement
est un signe d’encouragement pour les entreprises étrangères à
particulièrement vulnérable à long terme. Avec 48% de la valeur
investir durablement, par des implantations directes, des
ajoutée, le secteur des hydrocarbures constitue la principale source
partenariats équilibrés avec un secteur privé en pleine mutation ou
de devises de l’économie (95% des recettes d’exportation).
des entreprises publiques restructurées dans le cadre du
programme de privatisation.
41 42
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
La structure encore mono‐exportatrice de l’économie et la faiblesse Les grandes villes du pays n’ont pas été récemment le théâtre
structurelle des exportations hors hydrocarbures touche la question dʹattentats majeurs. De fait, la situation sécuritaire nʹest plus
de la compétitivité externe de l’économie à l’heure de l’entrée en actuellement un obstacle aux déplacements dʹaffaires en
vigueur de l’Accord d’association avec l’Union Européenne et les Algérie.
négociations en vue de l’adhésion à l’OMC. Maîtrise de la dette publique extérieure dont le niveau est
Le taux élevé de chômage (plus de 20%) est un facteur de tensions passé de 20,3 milliards d’USD en 2000 à 15,5 milliards d’USD
sociales et constitue une contrainte forte sur lʹéconomie. Il touche en février 2006. Le service de la dette a été ramené de 22,6% en
essentiellement les jeunes (45%). 2002 à 12,1% en 2005. L’Algérie vient en outre d’annoncer son
L’agriculture est entravée par de multiples contraintes notamment intention de rembourser la totalité de sa dette publique avant
les limites de la superficie agricole, les rendements insuffisants et la échéance auprès de ses créanciers du Club de Paris et du Club
forte dépendance aux aléas climatiques. de Londres.
Points forts Comment investir en Algérie ?
Les atouts majeurs et les avantages comparatifs de l’Algérie sont : L’ouverture de l’économie algérienne a rapidement progressé au
Proximité géographique des marchés potentiels. Confinant à cours des dernières années vers une transition à l’économie de
lʹEurope, lʹAfrique et les pays arabes, lʹAlgérie bénéficie dʹune marché.
position géographique stratégique pour la mise en valeur de L’Algérie s’est dotée d’un Code des investissements réformé par
son potentiel dʹinvestissement, notamment les investissements l’Ordonnance n°01‐03 du 20/08/2001 relative au développement de
étrangers orientés vers lʹexportation. l’investissement. Il fixe le régime applicable aux investissements
Taille de son marché intérieur (33 millions de consommateurs). nationaux et étrangers réalisés dans les activités économiques de
production de biens et de services ainsi que dans le cadre de
Richesses naturelles importantes (pétrole, gaz). D’autres
l’attribution de concessions ou de licence.
ressources minérales, non négligeables, restent peu exploitées,
notamment les phosphates. Cette ordonnance reconnaît le principe de la liberté d’investir dans
toutes les activités à l’exception de celles régies par une
Abondance des ressources humaines et flexibilité du marché
réglementation spéciale (hydrocarbures, création dʹinstitutions
du travail. Le nombre important d’universités, de grandes
financières ou compagnies dʹassurance). De même, à l’exception du
écoles et de centres de formation professionnelle, permet le
secteur des hydrocarbures, il n’y a pas de restrictions quant au
recrutement de personnels de qualité.
pourcentage du capital pouvant être détenu par un investisseur
Situation sécuritaire : Le Président BOUTEFLIKA lutte contre le étranger.
terrorisme qui a gangrené lʹAlgérie depuis 1994. Cette action a
permis dʹaméliorer considérablement la situation sécuritaire.
43 44
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Par ailleurs, tous les secteurs d’activités économiques publiques TVA sur les biens et services, exemption du droit de mutation sur
sont ouverts à la privatisation. La loi prévoit un cadre législatif les biens immobiliers concernés par le projet …).
adéquat tendant à harmoniser les règles, à réaffirmer les exigences La législation algérienne prévoit différents régimes de faveur. Le
de transparence et la régularité des opérations de privatisation sous régime général octroie des avantages standardisés essentiellement
le contrôle du Conseil des participations de l’État (CPE). liés au montage du projet, et les régimes particuliers visent à
Elle offre en outre de nombreux avantages aux investisseurs et a favoriser certains investissements selon leur nature, intérêt ou
permis de mettre place les instruments nécessaires à une politique localisation. Les différentes facilités peuvent s’étaler sur trois ans
de promotion des investissements tel que le Conseil national de dans le cadre du régime général et sur un maximum de dix ans
l’investissement présidé par le Chef du Gouvernement, l’Agence pour le régime dérogatoire.
nationale de développement de l’investissement (ANDI), et le Il existe 5 zones franches en Algérie et les investissements réalisés
Fonds d’appui à l’investissement géré par cette agence. L’ANDI est dans ces zones sont exonérés de tous les impôts, taxes et tout
donc chargée de l’accompagnement des investisseurs, de la prélèvement à caractère fiscal et douanier à lʹexception des droits et
facilitation des procédures pratiques et de l’octroi des exonérations taxes relatifs aux véhicules de tourisme non nécessaires à la gestion
fiscales et parafiscales. Elle a mis en place des guichets uniques courante et des cotisations au régime de sécurité sociale.
dans chaque région du pays afin de simplifier les procédures et
formalités de constitution des sociétés et de réalisation de projet. La loi accorde également des garanties essentielles en ce qui
Une structure centrale chargée des investissements étrangers a été concerne le traitement de l’investissement telles que :
créée au sein de la Direction Générale de l’Agence. Respect des normes internationales largement reconnues en
Toute création, extension, réhabilitation ou restructuration réalisées matière de traitement des investissements étrangers :
par une personne morale dans des activités économiques de traitement national et clause de la nation la plus favorisée.
production de biens et services, à lʹexclusion du commerce, sont Transfert des fonds : L’ordonnance de 2001 prévoit la garantie
susceptibles dʹouvrir droit aux avantages prévus par le Code des de transfert du capital investi et des revenus qui en découlent.
investissements. Le régime s’applique sans discrimination aussi Elle ne vise cependant que les investissements réalisés à partir
bien aux résidents quʹaux non‐résidents. d’apports en capital au moyen de devises convertibles.
Les avantages accordés comprennent un volet fiscal et parafiscal Nationalisation et expropriation : La Constitution du 8
accordant des baisses importantes voire des exonérations sur décembre 1996 prévoit que «l’expropriation ne peut intervenir
certaines charges des entreprises (application du taux réduit en que dans le cadre de la loi et donne lieu à une indemnité
matière de droits de douane pour les équipements importés dans le préalable, juste et équitable». La Constitution garantit aussi la
cadre de la réalisation de l’investissement, exonération de l’impôt propriété privée, ainsi que la liberté de commerce et
sur le bénéfice annuel, de l’impôt sur le revenu global, franchise de d’industrie.
45 46
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Règlement des différends : L’Algérie a adhéré à la plupart des internationale NSH à huit chiffres et comporte quatre taux de droits
conventions internationales multilatérales relatives aux litiges de douane : 0%, 5%, 15% et 30% selon le degré de transformation
entre État et investisseur en matière dʹinvestissement, en des produits importés. Le taux de 5% est applicable pour les
particulier la Convention pour la reconnaissance de l’exécution matières premières et pour les équipements, le taux moyen de 15%
des sentences arbitrales étrangères de 1958, la Convention de pour les produits semi‐finis et intermédiaires et le taux le plus élevé
1965 pour le règlement des différends relatifs aux de 30% pour les produits de consommation finale. Des
investissements entre États et ressortissants d’autres États, la exonérations de droits de douane sont également prévues dans
Convention pour la création de l’Agence multilatérale de certains secteurs et pour les équipements concernant les nouveaux
garantie des investissements (MIGA). De plus, la quasi‐totalité investissements. Les redevances douanières ont été supprimées.
des conventions bilatérales conclues par l’Algérie prévoient le Toutefois, il existe toujours un droit additionnel provisoire (DAP)
recours au Centre international pour le règlement des de 12% appliqué pour protéger les biens produits localement mais
différends relatifs aux investissements (CIRDI) ou à un qui devait être éliminé le 1er janvier 2006.
arbitrage ad hoc organisé selon le modèle de la Commission Pour ce qui concerne la fiscalité des entreprises, les sociétés
des Nations Unies pour le droit commercial international commerciales sont soumises à divers impôts et taxes : lʹimpôt sur le
(CNUDCI) pour le règlement des différends en matière bénéfice des sociétés (IBS), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la
d’investissements entre lʹÉtat algérien et les entreprises privées. taxe sur lʹactivité professionnelle (TAP), la taxe foncière et la taxe
Enfin, 27 accords bilatéraux de protection et de promotion des dʹassainissement. Pour les entreprises étrangères implantées en
investissements et 12 accords sur la non double imposition ont Algérie, la loi retient la définition fiscale de sociétés disposant dʹun
été conclus. établissement stable.
Lʹinvestisseur souhaitant investir en Algérie peut soit avoir un Le taux normal de lʹIBS est fixé à 30% sauf en cas de
bureau de liaison soit opter pour la création d’une entreprise en réinvestissement où un taux plus avantageux de 15% sʹapplique.
créant une entité juridique de droit commercial algérien, s’associer Les revenus des créances, dépôts et cautionnement sont imposés au
à un algérien résident (personne physique ou morale) en créant une taux de 10% ; un taux de 20% est appliqué pour les revenus perçus
Société d’Economie Mixte (S.E.M.) ou prendre des participations dans le cadre de contrats de management et un taux de 30% pour
dans le capital d’une entreprise déjà existante. les bons de caisse anonymes. Quant aux sociétés pétrolières, elles
La forme juridique de la société à créer peut être la société par sont soumises à un impôt sur les bénéfices de 38%.
actions (SPA), la société à responsabilité limitée (SARL), la société
unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), la société en nom L’Agence Nationale pour le Développement de l'Investissement
(ANDI)
collectif (SNC), les sociétés de participation, etc.
La promulgation d’un nouveau dispositif d’encouragement et de
Depuis le 1er janvier 2002, la réforme globale du tarif douanier est
promotion des investissements par l’Ordonnance n° 01‐03 du 20
entrée en vigueur. Il est élaboré selon la nomenclature
août 2001 relative au développement de lʹinvestissement a été
47 48
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
accompagnée par la création de l’ANDI, Agence Nationale de projets et de fournisseurs, la production de matériels de
Développement de l’Investissement. promotion.
L’ANDI a pour principale mission le développement et le suivi des Site web : http://www.andi.dz/soutien/soutien.htm
investissements nationaux et étrangers. Elle vise à faciliter
l’accomplissement des formalités administratives relatives au Finance & banques en Algérie
lancement des projets de création d’entreprise grâce à un guichet L’organisation bancaire et financière de l’Algérie est en pleine
unique décentralisé, au niveau de chaque wilaya et regroupant les mutation et les réformes entamées au début des années 1990 avec la
représentants locaux de lʹagence et les organismes et promulgation de la loi sur la monnaie et le crédit sont toujours en
administrations concernés par lʹinvestissement. cours. Cependant, la stabilisation du cadre macro‐économique et
L’ANDI est également habilitée à octroyer les exonérations fiscales des équilibres financiers facilite la mise en œuvre effective de ces
et parafiscales prévues par l’ordonnance 01‐03 du 20 août 2001. réformes. La loi de 1990 a permis l’ouverture du secteur bancaire
aux capitaux privés nationaux et étrangers. Ainsi, sur les 22
Les autres missions de l’ANDI sont : banques universelles agréées à fin 2003, 12 sont à capitaux
La définition des actions visant à mettre en valeur les avantages totalement ou majoritairement étrangers. Plusieurs autres banques
comparatifs et concurrentiels de lʹéconomie algérienne ; en particulier françaises, belges et espagnoles ont installé des
bureaux de représentation dans la perspective de sʹimplanter
La proposition au gouvernement de toutes mesures légales et
ultérieurement. Outre la banque universelle, la loi permet de
économiques utiles pour améliorer lʹinvestissement et réduire
constituer des établissements financiers sous forme de banques
les formalités dʹengagement des projets ;
dʹaffaires ou de sociétés de leasing.
La promotion et l’administration des divers mécanismes
Le système bancaire algérien est cependant caractérisé par un faible
d’incitations à l’investissement.
taux de bancarisation avec seulement une agence pour 30 000
La gestion et le développement du réseau des guichets uniques habitants et une faible couverture de la demande de services
régionaux chargés de faciliter pour les entreprises l’accès aux bancaires (notamment en matière dʹingénierie, de conseil, de
programmes d’incitation en fournissant une gamme de services gestion de patrimoine.). II existe donc dʹénormes opportunités dans
de soutien en un lieu unique, par exemple pour les impôts, les ce secteur sous forme de banques universelles de détail, de sociétés
douanes, les procédures de création et d’inscription de leasing, de capital risque...
d’entreprises au registre du commerce.
Par ailleurs, l’Etat a effectué un effort important en assainissant la
La promotion de l’Algérie comme destination pour les dette des banques publiques et en les recapitalisant, l’objectif étant
investissements directs étrangers à travers l’organisation de de moderniser leur fonctionnement et le hisser aux normes
séminaires et de réunions, la gestion de bases de données de internationales, afin de faciliter les opérations de privatisation ou
d’ouverture du capital. Les agréments ont été retirés à Khalifa
49 50
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Bank, à la Banque commerciale et industrielle d’Algérie (BCIA) et à liberté d’ouverture d’un ou plusieurs comptes en devises, qui ne
deux autres banques privées. L’Etat prévoit la cession de certaines peuvent fonctionner qu’en relation avec l’activité de leur détenteur.
banques publiques à des repreneurs étrangers stratégiques. Le Enfin, les investisseurs étrangers ont la possibilité dʹinvestir en
Crédit populaire d’Algérie (CPA), la Banque de développement portefeuille.
local (BDL) ont bénéficié d’un assainissement en vue de leur
privatisation. Le marché financier est embryonnaire. Entrée en fonctionnement en
1999, la Bourse dʹAlger avait cessé ses activités en 2004 en raison
La modernisation du système de paiement et des systèmes notamment du nombre insignifiant dʹentreprises qui y étaient
d’information et comptable est en cours. Elle devrait contribuer à cotées avec seulement trois sociétés publiques (hôtel El Aurassi,
améliorer sensiblement la qualité et les délais de transmission des Eriad‐Setif, Saidal) et les obligations de Sonatrach. Certains experts
données et à faciliter davantage la supervision bancaire par la pensent que la bourse d’Alger ne pourrait être suffisamment
Banque centrale d’Algérie. L’accès au crédit reste toutefois limité. attractive que si elle compte au moins une vingtaine d’entreprises
La modicité du capital des banques privées limite leur capacité de admises à la cote et donc un flux de titres pouvant garantir des
crédit en raison de l’application des normes prudentielles. Même si volumes de transactions acceptables.
cette situation risque rapidement d’évoluer, les autorités
algériennes veulent amener les banques à augmenter leurs Le marché obligataire a connu un certain dynamisme grâce aux
capitaux. Des institutions privées spécialisées font leur apparition émissions de la Société de refinancement hypothécaire (SRH), la
sur le marché monétaire telle que l’Arab Leasing Corporate (à Sonelgaz, Air Algérie et la Sonatrach. Il atteint actuellement 100
capitaux algériens, public et privé, saoudiens et une participation milliards de dinars. Les obligations ne sont pas cotées. De
de la SFI). nouveaux instruments financiers ont été introduits. Le capital
risque a été jusque là absent du paysage financier algérien mais un
Le secteur des assurances est également ouvert aux capitaux privés projet de loi s’y rapportant a été adopté en octobre 2005. Une
sans distinction dʹorigine. Ainsi, depuis la promulgation de agence de garantie des PME ainsi qu’un Fonds de garantie pour les
lʹordonnance 95‐07 du 25/01/95 relative aux assurances, sept PME ont été mis en place et des projets de textes concernant
sociétés privées dʹassurance se sont créées, parmi elles deux sont à l’affacturage sont en préparation.
capitaux étrangers. Il sʹagit également dʹun secteur très prometteur
pour lʹinvestissement privé dans la mesure où le marché des Le ministre des Participations et de la Promotion des
services dʹassurance est encore loin dʹêtre saturé. Investissements a annoncé début 2006 que le processus de
privatisation des entreprises allait sʹaccélérer pour atteindre au
Quant à la réglementation des changes, elle consacre le principe de moins 500 entreprises à la fin de lʹannée sur les 1 0 55 éligibles à la
la liberté de mouvement des capitaux pour financer une activité privatisation. Par ailleurs, pour redynamiser le marché financier,
économique, ainsi que le rapatriement des fruits des l’Etat a décidé d’introduire une partie du capital des grandes
investissements. La convertibilité du dinar pour les opérations entreprises économiques (GPE) partiellement privatisées en bourse.
courantes est depuis quelques années acquise, tout comme la Au nombre total de 145, une liste de 55 GPE a déjà été sélectionnée
51 52
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
pour les préparer à la privatisation qui doit se faire par lots Algérie Télécom dont le chiffre d’affaires 2005 a atteint 130
dʹentreprises. milliards de DA (environ 1,885 milliards d’USD) a défini de
nouveaux objectifs afin d’atteindre d’ici 2008 une capacité de près
Télécom & Internet en Algérie de sept millions de lignes fixes, de 3 millions d’abonnés à l’ADSL et
Le Gouvernement a mis en œuvre en 2000, un calendrier de de 6 millions d’abonnés au téléphone mobile et projette d’investir
réformes se fixant pour objectif d’introduire la concurrence dans ce environ 2,5 milliards de dollars d’ici 2010.
secteur et mettre au standard international son secteur public de Avec un parc de téléphones fixes de l’ordre de deux millions de
télécommunications tant en ce qui concerne la qualité et la diversité lignes, dont plus de 70% d’abonnements pour les administrations,
de l’offre que l’amélioration du service universel. Ce calendrier de les commerces, les services et les entreprises, le taux de connexion
réformes très avancé a permis la vente de plusieurs licences de des ménages reste très bas (moins de 30%).
téléphonie mobile, VSAT, GMPCS et fixe et devrait aboutir à
l’ouverture du capital d’Algérie Telecom et de ses filiales en 2006. Lʹéquipementier français Alcatel a signé un contrat cadre pour le
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a redéfini déploiement du réseau GSM avec l’opérateur Orascom qui
l’environnement institutionnel et réglementaire en déléguant au représente plus de 50% des infrastructures, le reste des
Ministère de la Poste et des Nouvelles Technologies de équipements étant fourni par l’Allemand Siemens. Ericsson
l’Information et de la Communication la conduite de ce calendrier possède une part majoritaire dans les infrastructures du réseau
de réformes. C’est ainsi qu’ont été créés entre 2001 et 2003, Mobilis GSM. Les équipementiers chinois comme Huewey et ZTE
l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications ; sont très actifs et sont présents essentiellement sur la téléphonie
Algérie Telecom, opérateur national de téléphonie fixe ; Algérie filaire, les PABX des administrations et dans la téléphonie mobile et
Telecom Mobile devenue Mobilis ; et Algérie Poste, l’opérateur fixe. Wanadoo a également signé un contrat d’assistance technique
postal. avec l’EEPAD, premier fournisseur d’accès Internet privé.
Cette réforme a permis la création, dès 2001, du premier opérateur L’Internet, opérationnel depuis 1997, connaît ces dernières années
privé de télécommunications mobile, Orascom Telecom Algérie une extension remarquable avec l’agrément d’une quinzaine
sous la marque Djezzy (5 millions d’abonnés) et du second d’Internet Service Providers (ISP) pour près de 700 000 internautes.
opérateur privé fin août 2004, Wataniya Telecom Algérie sous la Opportunités de marché : La nouvelle licence de téléphonie fixe
marque Nedjma (500 000 abonnés). Deux licences VSAT ont vendue 65 millions de dollars en 2005 au consortium Orascom
également été attribuées courant 2004 à Djezzy et à un consortium Telecom Holding et Telecom Egypt constitue une opportunité
composé du monégasque Divona Telecom et de l’algérien Kpoint intéressante pour les équipementiers. Ce nouvel opérateur fixe
com. Enfin, une licence de téléphonie fixe a également été attribuée investira 1 milliard de dollars sur dix ans. Plusieurs petits
en avril 2005 à Orascom Telecom Holding en partenariat avec opérateurs alternatifs qui lancent leur service de publiphonie
Telecom Egypt. constituent une opportunité tant dans le domaine des équipements
que des services. Enfin, tous les services associés à valeur ajoutée
53 54
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
représentent à court/moyen terme un marché très important (Call prévision de l’application d’un vaste programme de privatisation.
Center, Voix sur IP –VOIP‐, SMS Gateway, diffusion et contenu). Ce programme et le dispositif de mise en œuvre ont pour objet
Lʹindustrie électronique a enregistré une croissance rapide ces d’accompagner le processus de libéralisation de l’économie qui, à
dernières années de 5 à 10% par an. Selon le Ministère de l’horizon 2010, devrait se traduire par l’application des règles
l’industrie, le chiffre d’affaires du secteur de l’électricité et de multilatérales régissant le commerce dans le cadre de l’OMC et
l’électronique a atteint en 2001 environ 33 milliards de dollars. l’instauration d’une zone de libre‐échange avec l’Union
L’Algérie offre dans ce cadre un régime fiscal très favorable et des Européenne.
coûts énergétiques faibles, ce qui constitue des avantages certains Par ailleurs, le partenariat entre les entreprises algériennes et
pour les investisseurs. Bien que la structure de l’industrie étrangères est en fort développement. De nombreuses opportunités
électronique dépende encore des entreprises publiques (60% de la de partenariat se présentent. Le Ministère de lʹIndustrie sʹefforce de
production), les sociétés privées BYA Electronics et Maghreb Vision lister les projets proposés au partenariat et assure leur large
se sont imposées sur le marché interne. Ces entreprises jouent un diffusion.
rôle important de substitution des importations, fabriquant des La reprise du processus de privatisation totale ou partielle des
produits électroniques sous licence d’entreprises transnationales entreprises nationales ainsi que les projets de conversion de la dette
pour le marché local. extérieure de l’Algérie en investissement restent parmi les plus
attractifs pour les opérateurs étrangers.
Opportunités d’affaires en Algérie
Les négociations pour l’accession à l’OMC ont atteint un stade
Après des années de relatif marasme économique, l’Algérie est avancé. Les efforts de modernisation du cadre législatif selon les
aujourd’hui confrontée à un défi important : diversifier davantage règles de l’OMC se poursuivent avec la révision du Code de
son économie pour échapper aux fluctuations du marché pétrolier commerce et la promulgation de la nouvelle législation sur le
international et aux aléas des productions agricoles. commerce international, les zones de libre‐échange, la protection
Ce défi est exprimé à travers les programmes de relance de la des droits de propriété intellectuelle et la concurrence.
croissance mis en place depuis quelques années. Des axes Les besoins de l’Algérie en investissement national et en
prioritaires ont été tracés et les autorités algériennes ont mis en investissement direct étranger (IDE) sont estimés à 570 milliards de
place des outils pour encourager et faciliter l’investissement dans dinars cumulés à l’horizon 2010. C’est ce qu’indique une étude
les secteurs stratégiques. Différents fonds de soutien à portant sur l’évolution des filières industrielles et leur
l’investissement ont été institués. développement. Selon certains économistes, l’Algérie pourrait dans
LʹAlgérie a mis en place un programme de développement de la le cas d’une amélioration du climat de l’investissement, attirer entre
compétitivité industrielle qui consiste en la conduite d’une 3,6 à 4,3 milliards d’euros d’IDE par an.
nouvelle démarche d’accompagnement du secteur productif en
55 56
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Le ministre des Participations et de la Promotion des produits laitiers, la conserverie, ainsi que les corps gras, les eaux
Investissements a annoncé début 2006 que le processus de minérales et le raffinage du sucre. Cependant, des insuffisances
privatisation des entreprises allait sʹaccélérer pour atteindre au existent toujours dans les domaines de la transformation, de la
moins 500 entreprises à la fin de lʹannée sur les 1 0 55 éligibles à la conservation, de la valorisation et de la vente, des domaines où une
privatisation. Par ailleurs, pour redynamiser le marché financier, expérience internationale et un transfert technologique sont
l’Etat a décidé d’introduire une partie du capital des grandes primordiaux.
entreprises économiques (GPE) partiellement privatisées en bourse. Avec 1 250 km de côtes méditerranéennes, l’Algérie redécouvre
Au nombre total de 145, une liste de 55 GPE a déjà été sélectionnée l’importance d’un potentiel halieutique longtemps sous‐estimé.
pour les préparer à la privatisation qui doit se faire par lots Depuis 2003, plusieurs protocoles d’accord de pêche, de
dʹentreprises. La liste de ces entreprises est disponible à : conservation et d’équipements portuaires ont été signés entre
Site web : http://www.mppi.dz/Annuaire/index.asp opérateurs économiques algériens et entreprises étrangères. Ainsi,
un projet de ferme aquacole d’élevage de loups et de daurades a été
Agriculture, pêche et agroalimentaire lancé pour un investissement de 8 millions d’euros et est piloté par
Les potentialités économiques du secteur sont significatives et la l’Office national de développement pour l’aquaculture avec le
facture d’importation agricole atteint chaque année l’équivalent de soutien de l’Organisation arabe pour l’investissement et le
3 milliards de dollars. Pendant les années d’économie centralisée, développement agricole (OAIDA). La banque privée « Union
l’Algérie avait donné la priorité à son industrie lourde, en Bank » a créé une filiale spécialisée, Union Pêche, pour développer
négligeant la valeur stratégique de l’agriculture. Un changement de la pêche industrielle.
politique s’est produit avec le lancement en juillet 2000 du Le secteur de la pêche en Algérie recèle un potentiel très important
Programme national de développement agricole (PNDA). Ce et les besoins nécessaires au développement de la filière, tant en
programme a pour but de diminuer la facture d’importations et amont qu’en aval, sont considérables. Il existe un excellent potentiel
d’assurer en même temps la sécurité alimentaire en diversifiant les pour les chalutiers, les équipements embarqués (électronique de
productions des exploitations agricoles comme la céréaliculture, navigation), les filets et autres matériels nécessaires à la pêche. De
l’arboriculture, l’oléiculture, la viticulture, les cultures maraîchères même, il existe des besoins en assistance technique, formation, et
et la filière animale. évaluation des ressources halieutiques. De nombreux débouchés
La question de la détention de la terre par des opérateurs étrangers existent pour l’industrie de transformation notamment pour les
constitue cependant un handicap de nature à freiner conserveries, la transformation des produits de la mer et tout ce qui
l’investissement agricole aussi bien qu’industriel mais ce problème concerne la chaîne du froid.
doit être traité incessamment.
L’industrie agroalimentaire est l’un des principaux moteurs du
retour à la croissance, principalement dans la filière céréales, des
57 58
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Secteur de l’eau maîtrise d’ouvrage. Parmi les projets inscrits à l’ordre du jour par le
L’Algérie souffre d’un déficit chronique aggravé par des aléas gouvernement algérien, on peut citer :
climatiques persistants et la forte croissance de la population dans La finalisation du complexe de Béni‐Haroun qui devrait
les grands centres urbains. Dans le cadre du plan de relance comprendre des travaux de génie civil (barrages réservoirs,
économique, le gouvernement algérien a relancé l’investissement conduites) et des équipements hydroélectriques ;
public pour la gestion intégrée des ressources en eau et devrait
Le projet d’alimentation de la ville d’Alger par le barrage de
continuer à consacrer dans les 10 prochaines années d’importantes
Taksebt qui comporte un important volet « conduites, stations
ressources budgétaires à ce secteur. De nombreuses opportunités
de traitement et de pompage » pour réaliser le transfert vers la
ont été identifiées dans les différents segments de ce marché
capitale. Ce projet d’environ 500 millions d’euros a été attribué
(infrastructures, traitement, assainissement, distribution, études.).
au groupement franco‐canadien SNC Lavalin‐Ondéo
Actuellement, les principaux projets en cours de réalisation sont :
Degrémont Services ;
Le complexe hydraulique de Béni‐Haroun dans le
Le projet MAO, pour l’alimentation des villes de Mostaganem,
Constantinois, qui compte plusieurs barrages, la deuxième plus
Arzew et Oran qui comprend la réalisation de barrages, de
grande station de pompage en Afrique, ainsi que plusieurs
conduites, de stations de pompage et de traitement ;
stations de traitement, est en phase de construction. Fin 2001, le
groupe ALSTOM a été désigné adjudicataire du projet de Le projet d’alimentation en eau potable du couloir CHLEF,
pompage (150 millions d’euros) ; TENES, EL GUELTA ;
Le barrage de Kourdate Acerdoune dont la réalisation a été La réhabilitation des réseaux de distribution des villes
confiée à la société RAZEL (env. 110 millions d’euros) ; d’Annaba, Constantine et Jijel ;
L’usine de déminéralisation des eaux saumâtres de Brédéah, La réalisation d’unités de dessalement d’eau de mer, pour
réalisé par la société Ondéo‐Degrémont ; l’alimentation du terminal pétrolier d’Arzew, des villes
d’Alger, d’Oran et de Skikda. Les principaux projets lancés à ce
La réhabilitation des réseaux d’assainissement des villes
jour se situent à Arzew et à Skikda et doivent être couplés à des
d’Alger et Oran confié à la SAUR pour Oran et à la SEM pour
centrales électriques.
Alger (il ne s’agit pour l’instant que d’une partie du réseau de
la capitale). Bâtiment et construction
Les bailleurs de fonds multilatéraux font également du secteur de Le déficit en logement dépasse, selon les estimations des autorités,
l’eau une priorité avec un budget de 4 milliards d’investissement le million et la demande ne cesse de croître à cause de la pression
prévu pour les quinze prochaines années. La plupart des chantiers démographique toujours élevée. Il faudrait arriver à la construction
seront accompagnés d’études et de contrats d’assistance à la d’au moins 150 000 logements par an pendant dix ans pour
répondre à la demande actuelle et pourvoir à celle à venir. Grâce au
59 60
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Plan de soutien à la relance économique, les autorités algériennes débouché sur des chantiers d’envergure. La ville d’Alger a été
ont lancé une politique de construction en offrant des formules dotée de sept nouvelles trémies. L’entreprise française RAZEL a
variées. Toute la filière construction est sollicitée dans ce secteur, réalisé trois trémies (pour près de 50 millions d’euros).
des architectes, promoteurs et entreprises de construction SOLETANCHE‐BACHY, en groupement avec l’entreprise
jusqu’aux fournisseurs de matériaux et aux équipementiers. algérienne HYDROTECHNIQUE construit une trémie associée à un
parking souterrain de 300 places au carrefour Chevalley. Les
Travaux publics, transports et infrastructures chantiers futurs concernent la radiale d’Oued Ouchaïah, la
Routes et autoroutes, chemins de fer, ports et aéroports : d’énormes pénétrante des Annasser, l’échangeur Oulmane Khélifa et la
chantiers de construction et de rénovation s’ouvrent en Algérie. Le réalisation de 4 trémies réparties dans différents axes routiers
PSRE a consacré de gros moyens (2 milliards € environ pour les sensibles de la capitale : quartiers du Ruisseau, Châteauneuf,
infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires) pour Hydra, Bir Mourad Raïs.
remettre à niveau l’ensemble des infrastructures de transport qui Les infrastructures aéroportuaires nationales comprennent 53
ont souffert pendant les dix années de terrorisme. Ainsi, le projet plates‐formes dont 12 aérodromes de classe internationale, 8 de
de métro d’Alger, lancé il y a plus de 20 ans, devrait être accéléré classe nationale, et 14 de classe régionale. Actuellement, les
pour une mise en service de la ligne 1 dans les années à venir. capacités demeurent largement sous utilisées, et les grands projets
Le réseau routier bitumé (100 000 km) demeure insuffisant compte concernent surtout l’extension des aéroports, notamment celui
tenu des impératifs de développement et de progrès du pays. Les d’Alger (qui a été confié à l’entreprise chinoise CSCEC),
routes revêtues représentent 72% du réseau national, un quart du l’équipement de navigation aérienne et les aérogares. Les
réseau routier actuel est en mauvais état et se dégrade. Le réseau perspectives de développement à moyen terme sont axées sur le
routier algérien compte également 3 350 ouvrages d’art dont la renforcement des pistes aéroportuaires et annexes, la réalisation de
moitié doit être réhabilitée. Quant au réseau autoroutier, il est projets (pistes revêtues) pour le désenclavement des zones des
embryonnaire avec seulement quelques centaines de kilomètres. hauts plateaux et du sud et la réalisation des deuxièmes pistes
d’aérodromes d’Oran et de Hassi Messaoud. Enfin, un aéroport
Le projet d’autoroute Est‐Ouest trans‐maghrébine d’une longueur
international a été construit dans la région de Chlef.
de 1 216 km lancé en 1987 qui vise à relier Tlemcen à Annaba et
s’inscrit dans le projet d’Autoroute de l’Unité Maghrébine (7000 km Concernant le secteur portuaire et maritime, les infrastructures
de Nouakchott à Tripoli), est le plus important d’une série de portuaires se composent de 11 ports, dont 9 polyvalents, et 3
grands travaux à finir ou à réaliser dans les prochaines années. Par spécialisés dans les hydrocarbures (Arzew, Skikda et Bethioua).
ailleurs, une nouvelle rocade sud pour la capitale devrait être Dans leur ensemble, les capacités portuaires demeurent sous‐
lancée en 2005. utilisées. Les perspectives de développement sont nombreuses et
visent essentiellement : la maintenance du patrimoine existant
Pour ce qui concerne les grands aménagements urbains,
(dragage des ports de Béjaia, Alger, Arzew, Annaba et Ténès), la
l’amélioration du plan de circulation de la capitale a également
61 62
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
modernisation et l’adaptation des infrastructures aux modes de compagnie nationale algérienne SONATRACH dispose du
transport par conteneurs (extension et adaptation des terminaux au monopole dans le domaine des hydrocarbures. Toutefois,
port d’Oran, Ténes, Arzew et Skikda) et la création de capacités SONATRACH a la possibilité de s’associer avec des sociétés
portuaires nouvelles dans la région centre, orientées étrangères dans le cadre de contrats ou de joint‐venture pour la
essentiellement vers le traitement du trafic conteneurs. conduite de ses activités « upstream » et « downstream ».
Le marché des équipements et du matériel de travaux publics est Lʹinvestissement dans ce secteur est en fort développement.
également un marché très dynamique. Malgré une offre locale Deux gazoducs relient le Sahara à lʹEurope, en traversant la
ancienne (Entreprise Nationale des Matériels de travaux publics, Méditerranée, entre la Tunisie et lʹItalie pour lʹun, le Maroc et
SNVI) et protégée par des droits de douanes assez élevés, le recours lʹEspagne pour lʹautre. Le réseau de transport de SONATRACH est
à l’importation est massif. Le principal fournisseur d’équipements évalué à un peu plus de 13 000 km, répartis en 14 oléoducs et 11
et matériels de BTP est la France suivie de l’Allemagne et des Etats‐ gazoducs totalisant respectivement 5 773 km et 7 419 km. La
Unis. capacité de transport du réseau canalisations de SONATRACH au
Nord de lʹAfrique est de l’ordre de 101,32 milliards de m3 de gaz,
Hydrocarbures de 12,52 millions de tonnes de GPL et de 79,44 millions de tonnes
Ce secteur, névralgique pour l’économie algérienne, s’ouvre de de brut et de condensât.
plus en plus à la concurrence.
Electricité
Avec un volume initial de 16 milliards de mètres cubes équivalent‐
pétrole découvert depuis 1948, date de la première découverte La réglementation régissant le domaine de l’électricité et la
commerciale à Oued Guétérini au sud de lʹAlgérie, lʹAlgérie occupe distribution du gaz a été remodelée par une loi de 2002 et toutes les
le troisième rang parmi les pays producteurs de pétrole en Afrique activités (production et distribution) ont été ouvertes à la
et le douzième rang dans le monde. Sur les réserves initiales en concurrence. Seul le transport d’électricité reste un monopole d’état
place prouvées dʹenviron dix milliards de mètres cubes géré par la Sonelgaz. La loi a donc permis de lancer les premiers
dʹhydrocarbures liquides, seuls 25% dʹentre elles sont considérées projets de producteurs indépendants d’électricité (IPP) comme en
récupérables avec les procédés dʹexploitation actuels. La moitié de témoigne la création de l’Algerian Energy Company à 50/50
ces réserves de pétrole récupérables a déjà été produite. Environ Sonatrach ‐ Sonelgaz. Cette filiale gère des projets dʹunités de
400 autres millions de mètres cubes de pétrole sont aujourdʹhui production dʹénergie et de dessalement dʹeau de mer en les ouvrant
considérés comme des réserves probables. à des investisseurs privés internationaux. Avec ses trois premiers
projets elle a déjà créé trois sociétés :
Une politique ambitieuse de développement dans le domaine des
hydrocarbures a contribué à la création d’une base économique La société Kahrama, dont lʹaméricain Black & Veatch détient
solide. Une importante industrie pétrochimique, chimique et 80% du capital, et qui doit réaliser une usine combinée de
plastique a été mise en place. Cette industrie est étatique. La
63 64
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
production dʹélectricité et de dessalement dʹeau de mer à Centrale à cycle combiné de Terga 600 MW en 2010 ;
Arzew ; Centrale de M’Sila (turbines à gaz) 200 MW en 2010.
La société SKS dans laquelle le canadien SNC Lavalin a pris
une option de 20% dans le capital en vue de réaliser une Secteur minier
centrale électrique à Skikda qui devait être terminée en 2006; L’Algérie possède un très grand potentiel, qui reste très largement
La société HWD détenue à 70% par lʹaméricain Ionics pour sous exploité. Son sous‐sol recèle une très grande variété de
construire une unité de dessalement dʹeau de mer à Alger minéraux tels que les phosphates, le minerai de fer, le zinc,
également prévue pour fin 2006. l’uranium, l’or, le tungstène, les diamants et les pierres
précieuses… Au total, plus d’une trentaine de substances
AEC recherche par ailleurs des partenaires pour monter de exploitables ont été recensées.
nombreux autres projets. Parmi ceux‐ci, une centrale électrique à
Hadjret En Nouss et quatre autres unités de dessalement dʹeau de LʹAlgérie a adopté une nouvelle loi minière, loi 01‐10 du 3 juillet
mer à Skikda, Cap Djinet et Tipaza. 2001 qui encourage lʹinvestissement privé. La loi sʹapplique aux
activités dʹinfrastructure géologique, de recherche et dʹexploitation
Malgré l’interconnexion de l’ensemble des centrales du Nord du des substances minérales ou fossiles et prévoit un régime fiscal
pays (alimentées à 95% au gaz) le taux actuel de réserve de capacité particulier pour les entreprises minières.
est de 10% seulement, ce qui est largement insuffisant pour
répondre aux besoins nationaux. L’opérateur électrique national A la suite dʹun appel dʹoffres, la majorité des actions de la société
Sonelgaz (récemment passée à un statut de société par actions) s’est nationale de lʹor (ENOR) a été reprise par une société australienne,
fixé comme objectif d’atteindre un taux de réserve de l’ordre de 15 Gold Field of Algeria. Grâce à un accord conclu en octobre 2002,
à 20%. Pour faire face à l’augmentation de la demande électrique des projets dʹexploration et dʹexploitation aurifère seront
prévue de 7% par an sur la période 2002‐2011, la mise en prochainement lancés. En contrepartie, lʹentreprise australienne
exploitation d’une dizaine de centrales électriques d’ici 2010 est devrait procéder à des transferts de technologie et de savoir‐faire
ainsi prévue. Dans cette perspective, Sonelgaz a élaboré un plan au profit de son nouveau partenaire ENOR.
d’investissements de l’ordre de 12,2 milliards d’USD, avec une part 213 permis et onze régions d’ex‐plombagine ont été attribués au
de 5,4 milliards d’USD pour la production de l’électricité (centrales secteur privé depuis 2001. La relance de l’activité minière ouvre des
thermiques au gaz), le reste étant consacré au transport et à la débouchés aux fournisseurs d’équipements internationaux dans les
distribution. domaines du forage, du transport, de la manutention, des pelles
Les principales centrales électriques à réaliser avant 2010 sont : mécaniques, des pompes, des groupes électrogènes…
Centrale à cycle combiné de Koudiet Edraouch 2x600 MW en Santé et produits pharmaceutiques
2008‐2009 ; Le système de santé algérien souffre encore de multiples
Centrale de Tiaret (turbines à gaz) 100 MW en 2009 ; dysfonctionnements et de manque de moyens financiers et doit
65 66
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
s’adapter aux différentes transitions (sanitaires, épidémiologiques, qualité et une économie de devises et, à plus long terme, la
démographiques et économiques) que connaît le pays. Les besoins possibilité d’exporter une partie de la production nationale.
sanitaires de la population algérienne sont très importants. La Malgré certaines contraintes réglementaires, le marché
production nationale étant insuffisante pour répondre aux besoins pharmaceutique algérien reste attractif pour les laboratoires
de la population, l’Algérie est un grand importateur de étrangers compte tenu de sa population importante, d’une forte
médicaments. Le marché du médicament est estimé à plus de 700 consommation de médicaments par habitant, d’une baisse
millions d’euros par an, dont 80% est assuré par l’importation, progressive des droits de douane, de mesures d’incitation aux
deuxième poste derrière les automobiles. investisseurs étrangers etc.
Les difficultés du système de santé public ont conduit à l’ouverture
ces dernières années du secteur au privé. Les rénovations et les Tourisme
constructions d’établissements publics, aussi bien que les créations La politique d’aménagement en Algérie a délimité 174 zones
de cliniques privées, cabinets et centres de radiologie se multiplient d’expansion touristique réparties sur tout le territoire national qui
en Algérie. En 2002, on recensait 102 cliniques privées, 125 donnent aux investisseurs nationaux et étrangers la possibilité de
cliniques en cours de construction et 45 projets à l’étude. La réaliser leurs projets dans des zones urbaines ou rurales, balnéaires,
nouvelle carte sanitaire du ministère de la santé prévoit notamment montagnardes ou sahariennes.
trois hôpitaux privés de 250 à 500 lits pour le traitement des
L’Algérie dispose d’un potentiel touristique important mais
pathologies lourdes.
inexploité, dont :
Malgré les différentes mesures prises par le gouvernement algérien
La taille du pays (près de 2,5 millions km2) ;
(obligation de production, suspension de produits à l’importation,
etc.), le niveau de production pharmaceutique local reste faible et le La situation géographique ;
nombre de producteurs limité (34 en 2003). De plus, la production Un littoral de 1200 km sur la côte méditerranéenne ;
s’articule autour de produits à faible valeur technologique.
Un important réseau d’infrastructures aéroportuaires et
Cependant, la production locale devrait connaître une forte
routières ;
croissance en raison du nombre de projets d’investissement privés
en cours de création. Un désert qui représente près de 80% du territoire.
Les principaux laboratoires internationaux sont présents en Algérie Mais ces potentialités encore inexploitées, à l’exception du Sud du
et le pays aimerait développer une industrie pharmaceutique pays, souffrent d’un déficit en terme de capacités d’accueil, de
nationale performante grâce aux partenariats et à la fabrication structures hôtelières et de restauration de qualité ainsi que d’un
sous licence. L’association avec des laboratoires étrangers manque de qualification du personnel du secteur.
permettrait, en effet, un apport de savoir‐faire, des garanties de Pour ce qui concerne les infrastructures hôtelières, le pays dispose
de 92 000 lits dont 36 000 relèvent du secteur public. Le déficit en
67 68
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
termes de capacités d’accueil pour une clientèle internationale Starwood pour la construction d’un hôtel « Westin » à Alger.
d’affaires, de congressistes et de touristes est important y compris Accor en partenariat avec le groupe Mehri, pour la construction
dans les grandes villes algériennes. Quant aux investissements de 36 hôtels.
touristiques internationaux, ils sont, à ce jour, le fait du groupe
Accor qui dispose d’un hôtel « Sofitel » et d’un « Mercure » à Alger Marriott pour la construction d’un hôtel près du Sheraton
et du groupe américain « Starwood » avec deux hôtels « Sheraton » d’Alger.
(Alger et Oran). Groupe Eddar‐Sidar, pour la réalisation de complexes
Les stratégies de développement et les opportunités d’affaires d’ici touristiques, à Alger et Boumerdès, pour un montant global de
2013 sont de : 300 millions d’USD et une capacité d’accueil de 25 000 lits.
Attirer plus de 3 millions de touristes dont près de 2 millions Groupe Al Hamed avec un projet touristique de 90 millions
d’étrangers (1,234 millions touristes enregistrés en 2004 dont d’USD sur le littoral algérois.
369.000 étrangers.) ; A noter qu’une loi sur le développement du tourisme accordant des
Investir plus de 232 milliards DA ; exonérations fiscales sur 10 ans a été récemment promulguée.
Augmenter les capacités d’accueil de 92 000 lits à 187 000 lits ; La normalisation de l’Algérie sur la scène internationale,
l’amélioration des conditions sécuritaires et l’embellie économique
Créer près de 230 000 emplois. que connaît actuellement le pays devrait favoriser le
Le Ministère du Tourisme a lancé en 2004, une stratégie de développement d’investissements nationaux et internationaux dans
développement durable du secteur du tourisme à l’horizon 2013 le secteur touristique à moyen et long terme. L’essor du tourisme
avec pour objectifs la valorisation des potentiels naturels et dans le sud du pays, le retour de compagnies aériennes
culturels, l’amélioration de la qualité des prestations et de l’image internationales (Air France, Aigle Azur, British Airways, Alitalia,
touristique de l’Algérie, la réhabilitation des établissements Lufthansa ou encore Qatar Airways), l’ouverture d’un nouvel
hôteliers et touristiques. Dans le cadre de la réhabilitation des aéroport international à Alger en 2006 et les projets
structures publiques, le gouvernement a par ailleurs lancé des d’investissements annoncés par les grandes chaînes hôtelières
procédures de privatisation des hôtels appartenant à la Société de augurent un décollage prochain de cette activité en Algérie.
Gestion des Participations de l’Etat (SGP) Tourisme et Hôtellerie «
GESTOUR ». La liste des structures hôtelières privatisables est Liens utiles
disponible sur le site du Ministère de la Participation et de la Gouvernement algérien
Promotion de l’Investissement (www.mdppi.dz). http://www.cg.gov.dz/
Plusieurs groupes internationaux ont également affiché leur Ministère des Finances
intention d’investir dans ce secteur comme : http://www.finance‐algeria.org/
69 70
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Banque d’Algérie Le 15 février 2002, Orascom Algérie a lancé officiellement ses
http://www.bank‐of‐algeria.dz/ activités sous la marque Djezzy GSM et affiché comme priorité de
Direction générale des douanes couvrir 95% des agglomérations de plus de 2000 habitants avant fin
2005. Les 48 chefs‐lieux de wilayas, dont les plus éloignés, Tindouf
http://www.douanes.gov.dz/
et Tamanrasset, ont été couverts fin 2003. A la même date, le
Direction générale des impôts
nombre dʹabonnés sʹélève à 1,25 millions dont 85% en prépayés.
http://www.impots‐dz.org/ L’objectif 2004 de la société est d’atteindre 2 millions d’abonnés.
Ministère de l’Energie et des Mines
Cette réussite d’un acteur privé sur la scène économique algérienne
http://www.mem‐algeria.org/ ne s’est cependant pas déroulée sans anicroches. Depuis
Ministère de l’Agriculture et du développement rural l’ouverture du marché, une sévère guerre des prix met aux prises
http://www.minagri‐algeria.org/ Orascom et Algérie Télécom (AT), l’opérateur historique. L’ARTP,
Ministère de la Participation et de la Promotion de l’Autorité nationale de régulation de la poste et des
l’Investissement télécommunications, tente d’arbitrer ce différend alors qu’elle
http://www.mppi.dz s’apprête à accorder, courant 2004, trois licences de téléphonie fixe
et interurbaine au moment où AT connaît une saturation de son
réseau et nʹarrive plus à satisfaire la demande à travers le territoire
Une success story : Orascom, objectif 2 millions
national. L’ouverture du secteur est effective depuis 2005.
d’abonnés en Algérie
La société Egyptienne Orascom Télécom (OTH) a remporté en 2001
la deuxième licence de téléphonie mobile en Algérie pour un
montant de 737 millions de dollars. Orascom Telecom Algérie
(OTA), compte trois actionnaires principaux : Orascom Telecom
Holding SAE (OTH) 53,6%, Oratel International Inc. 43% et Cevital
3,4%. La Holding OTH appartient au groupe égyptien Orascom,
propriété de la famille Sawiris et emploie environ 20 000 personnes
en Egypte dans le BTP, lʹhôtellerie, les cimenteries et les télécoms et
s’affirme comme le plus important opérateur GSM en Afrique, au
Moyen‐Orient et le sous‐continent indien. Elle co‐exploite, aux
côtés de France Télécom (Orange), MobiNil en Egypte. Cevital est,
pour sa part, le premier groupe agro‐industriel dʹAlgérie (250
millions de dollars de CA).
71 72
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Egypte Géo-économie
Grâce au Canal de Suez, « la ligne vitale » qui relie la Mer Rouge et
Panorama général la mer Méditerranée, l’Égypte joue un rôle stratégique dans la
région depuis plus d’un siècle. Du fait de sa population importante,
Repères de son influence sur les pays arabes, de sa position géographique,
Capitale Le Caire l’Egypte est en outre un pays médiateur au Proche‐Orient.
Superficie 1 0 02 000 km2 Engagée dans un ambitieux programme de réformes économiques
Population 78,887 millions habitants (juillet 2006) et structurelles depuis 1991, l’Egypte est actuellement dans une
Langues parlées Arabe (langue officielle), anglais, phase importante de transition d’une économie centralisée à
français. l’économie de marché. Après le remaniement ministériel de juillet
PIB (USD) 109 milliards (2005‐06) 2004, la nouvelle équipe s’est attachée à faire progresser la
PIB per capita (USD) 1 381 ; 4 200 en ppp. (2005‐06) libéralisation commerciale et financière et le programme de
Religion Majorité de musulmans, minorité de réformes économiques et structurelles.
chrétiens coptes. Entre 2000 et 2003, l’Egypte a enregistré un taux de croissance
Fêtes nationales 25 avril (libération du Sinaï) moyen de 3,5% en raison notamment de chocs exogènes, tels que
18 juin (jour de l’évacuation) les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak. Cependant,
23 juillet (révolution de 1952) bénéficiant de la reprise mondiale et de la dépréciation de la livre,
6 octobre (jour des Forces Armées) la croissance ne cesse de s’améliorer avec 4,1% en 2004, et des
Monnaie Livre Egyptienne (LE) prévisions de 4,8% en 2005 et de 5% en 2006 (d’après le FMI), dopée
1 euro = 696.85 LE ‐ 1USD = 577.72 LE également par une forte croissance de la demande dans le secteur
Accord d’association Signé le 25/06/2001 ; en vigueur depuis le du tourisme et une reprise de l’investissement. Les principales
avec l’UE 1/06/2004. rentes de l’Egypte proviennent des recettes du tourisme (6,4
Site web de la Délégation de l’UE : milliards d’USD en 2004‐2005), des transferts des travailleurs
http://www.eu‐delegation.org.eg/ émigrés (4,3 milliards d’USD), des recettes du Canal de Suez (3,3
Adhésion à l’OMC Statut de membre depuis 1995. milliards d’USD) et des exportations de pétrole (1,2 milliards
Sources : FMI, Article IV 2005, Country Report n°5/177 et World d’USD).
Development Indicators 2006. A noter que l’année fiscale commence le 1er
Le secteur agricole est l’un des principaux secteurs économiques de
juillet.
l’économie Egyptienne, il emploie plus de 30% de la population
active et contribue à hauteur de 14,7% au PIB,
73 74
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Les secteurs du pétrole et du gaz représentent environ 9% du PIB et exportations est en augmentation depuis la dépréciation de la
un tiers des exportations de marchandises. Ils sont très attractifs monnaie nationale en 2003‐04 et est estimé à près de 30% du PIB
pour les investisseurs étrangers et des découvertes régulières pour les deux années à venir. Les principaux produits dʹexportation
continuent d’alimenter les réserves et la production de gaz naturel sont les combustibles, les produits manufacturés et les produits
de l’Égypte. Le pays tente de développer sa capacité d’exportation agricoles, essentiellement le coton. La part des textiles dans les
de gaz naturel par la réalisation de projets de construction de exportations de marchandises a baissé progressivement de 16,6%
gazoducs. L’Égypte pourrait ainsi devenir le sixième exportateur en 1995 à 4,5% en 2003. L’Égypte importe la majorité de ses biens
mondial en 2007. Le secteur industriel représente 20% du PIB et de consommation et biens d’équipement et 14% des importations
emploie 14% de la population active. Il englobe une grande variété proviennent des zones franches égyptiennes. L’Union Européenne
de branches dʹactivité, les plus importantes étant la métallurgie et est son principal fournisseur (40% des échanges globaux) suivie par
les produits métallurgiques, lʹagroalimentaire, lʹindustrie chimique les USA (14% des échanges). Les principales importations de l’UE
et le textile. Le secteur de la construction et du BTP a enregistré un de produits égyptiens sont lʹénergie (42%), les textiles et les articles
boom grâce à la forte demande régionale de reconstruction des dʹhabillement (16%), les produits agricoles (10%) et les produits
pays du Golfe Persique et de la dévaluation de la livre égyptienne. chimiques (6%). Quant aux échanges avec les pays arabes, ils
Lʹun des objectifs essentiels du gouvernement est dʹaccroître la augmentent sensiblement (10 à 13% du total).
compétitivité des entreprises privées du secteur manufacturier. Il a Les accords préférentiels revêtent de plus en plus dʹimportance
lancé à cette fin un programme de modernisation industrielle afin dans les relations commerciales de lʹÉgypte. L’Accord d’association
dʹaider les entreprises à se développer, de renforcer les capacités avec l’Union Européenne dans le cadre du processus de Barcelone,
des associations professionnelles et du Ministère de lʹindustrie et signé en juin 2001, est entré en vigueur le 1er juin 2004. Il prévoit
dʹaméliorer le cadre institutionnel. Le budget total de ce l’établissement à terme d’une zone de libre‐échange. Dans une
programme est de 430 millions d’euros, dont 250 millions première phase, cet accord offre aux exportateurs égyptiens un
proviennent de lʹUE. libre accès au marché européen pour les biens industriels et pour
Le secteur des services contribue à près de la moitié du PIB les biens agricoles qui n’entrent pas en concurrence avec la
égyptien; le Canal de Suez et le tourisme en sont les principales production européenne. En contrepartie, l’Égypte doit supprimer
composantes. Ils constituent une source importante de devises progressivement les tarifs appliqués aux quatre catégories de biens
extérieures et le moteur de la croissance. Malgré l’insécurité dans la suivantes : les importations de matières premières et
région, le nombre de touristes a dépassé les 6 millions en 2004 et les d’équipements industriels seront totalement libéralisées en 2007,
recettes ont atteint 4,6 milliards d’USD. celles de produits semi‐finis en 2010, celles de biens de
Le commerce extérieur joue un rôle important dans lʹéconomie consommation finale en 2013, et celles d’automobiles en 2016.
égyptienne, les exportations de marchandises et de services ont été Par ailleurs, un accord de libre échange a été signé entre l’Egypte et
le moteur de la reprise économique actuelle. Le taux des les USA, le Trade and Investment Framework Agreement (TIFA)
75 76
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
permettant l’entrée en franchise de taxes et droits de douane et sans banques par leur maison mère, l’ouverture du capital des banques
quotas de certains produits notamment textiles aux USA. Sous mixtes aux investisseurs privés et la privatisation en 2006 de la
lʹégide des États‐Unis, lʹÉgypte et Israël ont conclu le 14 décembre « Bank of Alexandria », l’une des quatre grandes banques
2004 un protocole commercial établissant des zones industrielles publiques qui dominent le marché (vendue pour 2 milliards US$
qualifiées « QIZ » en Égypte. Les produits provenant de ces zones par la Banque Sao Paolo en Octobre). En outre, un projet de
sont admis en franchise de droits de douane et sans quotas sur le restructuration des dettes des entreprises publiques envers les
marché américain à condition quʹau moins 35% de leurs banques est en cours. Dans le secteur des assurances, le plan
composants soient le fruit dʹune coopération entre Israël et lʹÉgypte prévoit d’augmenter la participation du privé notamment par la
et que 11,7% des intrants proviennent d’Israël. En février 2005, 397 privatisation de l’une des quatre compagnies d’assurance
sociétés étaient en activité dans les QIZ, dont 300 dans le secteur du publiques. D’autres mesures sont en cours pour développer le
textile et de l’habillement. Par ailleurs, l’Égypte a rejoint en 1998 les crédit immobilier, élargir le marché des capitaux et renforcer la
22 membres de la Ligue arabe au sein de la grande zone arabe de réglementation et la supervision des marchés financiers.
libre échange (GAFTA). LʹÉgypte a signé le 25 février 2004 un Par ailleurs, une baisse substantielle des droits de douane a été
accord de libre‐échange avec la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, appliquée pour se conformer aux règles de l’OMC, faisant passer le
l’Accord dʹAgadir, qui engage les parties à éliminer lʹessentiel des taux moyen de DD de 14,6% à 9,1%. La plupart des autres taxes sur
droits de douane sur leurs échanges réciproques dès le 1er janvier les exportations et les importations ont été supprimées et les
2005 et à intensifier leur coopération économique en matière de formalités douanières ont été simplifiées. De même, plusieurs lois
normes et de procédures douanières. L’Égypte fait également partie fiscales de 2005 ont réaménagé l’impôt sur le revenu des personnes
du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) physiques (passé de 32% à 20%) et diminué l’impôt sur les sociétés
depuis 1998. Enfin, l’Egypte a signé un accord de libre échange de 42% à 20%. De plus le pays a mis en œuvre des procédures de
avec la Turquie en décembre 2005. collecte automatique de l’impôt.
En septembre 2003, le Premier ministre Ahmed Nazif a présenté un A noter enfin que l’Egypte a adopté en 2003 un régime de taux de
programme économique qui a pour objectifs dʹassurer la stabilité change flottants déterminés par le marché avec l’instauration d’un
macro‐économique, de créer un climat favorable aux affaires, marché de changes interbancaire, entraînant la quasi‐disparition du
dʹattirer des investissements étrangers directs et de développer le marché parallèle. Tant de mesures qui, ajoutées à la taille du
marché des capitaux afin de promouvoir une croissance fondée sur marché intérieur égyptien, contribuent aujourd’hui à faire du pays
lʹexportation et la participation du secteur privé. Ce programme une destination très regardée par les investisseurs étrangers du
comprend la reprise des privatisations (entre juillet 2004 et avril monde entier.
2005, 22 entreprises ont été privatisées engendrant des recettes de
3,3 milliards LE, env. 1,45 milliards EUR) et la relance des réformes
structurelles jusqu’ici différées, notamment celle du secteur
bancaire. La réforme bancaire prévoit l’absorption de six petites
77 78
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Défis De nouvelles réserves de gaz naturel ont été découvertes
Malgré les importantes réformes entreprises, les défis pour récemment en Méditerranée. Le pétrole étant plutôt en déclin, cette
construire un secteur privé dynamique restent considérables. La ressource pourrait devenir le « moteur » du secteur des
croissance économique enregistrée ces dernières années n’est pas hydrocarbures dans les dix ans à venir. Dès 2003, l’Égypte a
suffisante pour faire baisser le taux de chômage estimé à 10% et commencé à exporter son gaz vers la Jordanie à travers un gazoduc
absorber les nouveaux demandeurs dʹemploi (500 000 à 700 000 par sous‐marin reliant Taba au port jordanien d’Aqaba.
an). Le déficit budgétaire continue d’afficher des montants élevés, Au cours des dix dernières années, les entrées annuelles
la dette publique atteignait 98,7% du PIB en 2003‐04 et 29,7 d’investissements directs étrangers représentaient un milliard de
milliards d’USD à fin septembre 2005. dollars, soit 1% du PIB. Cependant, après une baisse sensible des
Le niveau de la dette interne est une contrainte pour une économie investissements pendant la période de crise, de nouveaux records
à forts besoins en infrastructures. ont été enregistrés en 2004‐2005 avec un flux entrant de 3,06
milliards d’USD et 4,632 en 2005‐2006 (d’après les statistiques de la
Le taux dʹinvestissement demeure faible au regard des besoins de banque centrale égyptienne). Les IDE sont présents directement ou
développement du pays. à travers des joint‐ventures dans le secteur pétrolier, l’industrie du
Le secteur du tourisme, dont les recettes sont fondamentales pour ciment, de la pharmacie, la construction automobile mais
la balance courante et pour lʹactivité économique, est exposé à la également le tourisme (contrats de gestion) et les
menace du terrorisme. télécommunications. L’attractivité du pays s’est améliorée grâce
aux lois encourageant les investissements étrangers, la possibilité
Points forts de rapatriements des capitaux, les incitations fiscales, la promotion
L’Egypte dispose d’une main d’œuvre abondante et à faible coût. des exportations, la création de zones franches économiques
spéciales et la protection de la propriété intellectuelle.
Elle bénéficie de ressources en devises diversifiées : canal de Suez,
tourisme, transferts privés, exportations de pétrole et de gaz. Après le secteur de la banque, des privatisations sont encore au
programme dans les secteurs des télécommunications, dans le
Le niveau des réserves en devises est confortable et lʹendettement
textile et la chimie. Les besoins en infrastructures sont encore très
extérieur reste modéré.
importants et il existe des niches encore inexploitées dans le
Son positionnement comme médiateur régional lui assure le tourisme, les médias ou la production audiovisuelle, l’Egypte étant
soutien politique et financier des pays occidentaux. un pôle arabe majeur tant dans le cinéma que pour la production
Le pays a repris depuis juillet 2004 un programme de réformes musicale ou littéraire.
structurelles pour assainir les conditions de la croissance
économique.
79 80
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Comment investir en Egypte ? quartiers urbains ou dans des régions isolées et jusquʹà 20 ans pour
Lʹinvestissement est régi par les lois 162‐2000, 13‐2002 et 13‐2004, et les investissements réalisés en dehors de lʹancienne Vallée. En
la loi sur les zones économiques spéciales (83‐2002). Il nʹy a pas de outre, les droits de douane sur les biens dʹéquipement importés par
loi visant expressément lʹinvestissement étranger. Les étrangers des entreprises enregistrées en vertu de cette loi sont plafonnés à
peuvent investir soit dans le cadre de la Loi sur les sociétés, soit 5%. De plus, les investisseurs peuvent importer et exporter des
dans celui de la Loi sur les garanties et incitations à intrants et des produits finis sans être obligés de faire appel à des
lʹinvestissement, selon les avantages quʹils souhaitent obtenir et le agents locaux ni dʹobtenir une licence.
domaine d’investissement. La Loi sur les sociétés prévoit plusieurs Afin dʹattirer des investissements étrangers, lʹÉgypte a développé
incitations à lʹinvestissement, notamment des exonérations dʹimpôt de nombreuses zones franches. Les investisseurs dans les 7 zones
pouvant aller jusquʹà 50% du revenu tiré dʹactions cotées en bourse. franches publiques et les 39 zones privées sont exemptés des
La Loi sur les garanties et incitations à lʹinvestissement de 1997 formalités douanières à lʹimportation et à lʹexportation. Ils sont
autorise lʹinvestissement dans le cadre de co‐entreprises, de aussi exonérés des droits de douane, de lʹimpôt général sur les
sociétés anonymes et de sociétés de personnes et régit les ventes et de tous autres droits et impositions pour la durée de
ʺinvestissements intérieursʺ, pour lʹessentiel les projets chaque projet. Enfin, le contrôle des changes a été aboli depuis 1991
dʹinvestissement ordinaire et les projets dʹinvestissement dans les et la livre égyptienne peut être échangée librement.
zones franches qui sont considérées comme ne faisant pas partie de
Par ailleurs, l’Égypte a adopté une loi sur la propriété intellectuelle
lʹéconomie nationale.
et une nouvelle législation pour lutter contre le blanchiment des
La Loi sur les garanties et incitations à lʹinvestissement ne vise que capitaux. Une nouvelle législation sur la concurrence et
les investissements (nationaux ou étrangers) dans certains secteurs lʹinterdiction des pratiques monopolistiques est également en
ou branches dʹactivité tels que le transport aérien et services vigueur. LʹEgypte a signé plus de 50 accords bilatéraux de
connexes ; le crédit‐bail ; l’hôtellerie, l’organisation de voyages protection de lʹinvestissement avec de nombreux pays, et
touristiques et le transport de touristes ; les industries extractives et notamment avec la plupart des Etats membres de lʹUnion
manufacturières ; les infrastructures (eau de boisson, Européenne et les Etats‐Unis.
assainissement, électricité, routes et services de communication) ;
Le droit égyptien des sociétés privées est régi par la loi sur les
les transports maritimes internationaux ; la production de logiciels
sociétés n° 159‐1981 et son décret dʹapplication n° 96‐82 ainsi que
et de systèmes informatiques… Les incitations prévues par cette loi
par la loi sur lʹinvestissement n° 8‐97 et son décret d’application
sont notamment des moratoires dʹimpôt sur les bénéfices et dʹimpôt
n°1247‐2004. Les formes juridiques les plus utilisées sont la SA et la
sur les revenus des dividendes perçus par des personnes
SARL. Certaines sociétés sont soumises à des lois spécifiques
physiques. Le moratoire dʹimpôt dure 5 ans pour tous les types
comme les sociétés d’assurance, les banques, les sociétés publiques
dʹinvestissement en général, jusquʹà 10 ans pour les entreprises
et les sociétés de crédit‐bail (leasing). La loi n° 8‐97 ne sʹapplique
établies dans de nouvelles zones industrielles, dans de nouveaux
quʹaux sociétés créées pour exercer une dʹactivité dʹinvestissement.
81 82
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
La loi permet également aux sociétés étrangères de créer des campagne internationale de promotion et de communication avec
bureaux de représentation ou de communication, des bureaux l’aide de l’agence de communication Fleishman‐Hillard.
techniques, scientifiques ou autres ; cependant, ces bureaux ne Le GAFI joue un rôle essentiel dans les transferts de technologie et
peuvent exercer une activité commerciale sauf s’ils passent par un dans la promotion active des exportations égyptiennes vers le reste
agent local de nationalité égyptienne. du monde.
The General Authority for Free Zones and Investment (GAFI) Site web : http://www.gafi.gov.eg/
Lʹinvestissement en général, y compris dans les zones franches,
Finance & banques en Egypte
quʹil soit national ou étranger, est géré par l’Agence de
lʹinvestissement étranger et des zones franches (GAFI), qui sʹest Le système bancaire égyptien est en cours de restructuration afin
progressivement transformée en agence de promotion et de de le rendre plus solide, plus dynamique et plus concurrentiel.
facilitation de lʹinvestissement. La loi 13‐2004, portant modification Une nouvelle loi bancaire (loi n°88‐2003 du 15 juin 2003) est venue
de la loi 8‐1997, vise à faciliter lʹétablissement de nouvelles unifier toute la réglementation bancaire égyptienne. Elle a été
entreprises en faisant du GAFI un guichet unique pour les édictée conformément aux normes prudentielles internationales des
investisseurs. Cette loi habilite également la GAFI à accorder des accords de Bâle II et contribue au renforcement du système
licences temporaires pour le lancement dʹun projet et à agir pour le bancaire égyptien en améliorant les ratios prudentiels et les règles
compte des investisseurs et des organismes officiels tout au long de de bonne gestion. Le capital de démarrage doit être dʹau moins 500
la vie dʹun projet dʹinvestissement. millions de livres égyptiennes et le ratio de fonds propres de 10%
Le GAFI a établi un guichet unique qui inclut des représentants des minimum. Pour les succursales de banques étrangères, le minimum
diverses agences gouvernementales en charge des formalités de fonds propres exigé est de 50 millions d’USD ou lʹéquivalent en
administratives liées aux investissements étrangers. Les nouvelles devises convertibles.
sociétés peuvent ainsi être créées en 72 heures. Toutes ces mesures visent à consolider le système par des
Le GAFI agit en tant que point focal national pour les organismes restructurations, des liquidations et des fusions dans un secteur
internationaux, la communauté des affaires et les pôles du sur‐bancarisé qui compte une cinquantaine d’institutions
commerce international, en disséminant lʹinformation et financières très peu performantes. Parallèlement, un plan de
lʹinvestissement à travers son centre modernisé d’information. Il restructuration du passif (prêts non recouvrables) et de
organise des séminaires aux niveaux national et international sur recapitalisation des banques est en cours avec l’aide financière et
ces questions. technique des bailleurs de fonds internationaux. Autre mesure
récente de modernisation : le libre flottement de la monnaie
Agissant en coopération avec le Ministère des Investissements, le nationale, la livre égyptienne face au dollar.
GAFI a établi une cartographie nationale des investissements à
promouvoir pour chaque région et a lancé en septembre 2005 une
83 84
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
La quasi‐totalité des banques en Egypte relève de la Banque La loi sur lʹassurance n° 10‐1981, modifiée par la loi n° 156‐1998
Centrale d’Egypte (BCE) qui est chargée de la politique monétaire autorise les investisseurs étrangers à détenir jusquʹà 100% du
et de change, de la surveillance du secteur bancaire et délivre les capital dʹune compagnie dʹassurance égyptienne ou à avoir un
licences. Le réseau bancaire du pays est relativement dense et bureau de représentation. Toutefois, ces bureaux de représentation
compte actuellement 53 banques : 27 banques commerciales (dont ne peuvent pas vendre des polices d’assurance. Le montant
trois appartiennent à lʹÉtat) avec 1 375 succursales, 23 banques minimum du capital requis pour établir une compagnie
dʹaffaires (dont 12 succursales de banques étrangères) et trois dʹassurance est de 30 millions de livres égyptiennes.
banques spécialisées. La Bourse du Caire et dʹAlexandrie (CASE) est la principale bourse
Avant la privatisation de la banque d’Alexandrie, le secteur public égyptienne. Après l’assainissement du secteur, seulement 744
demeurait dominant avec 60% du marché répartis entre la banque sociétés étaient cotées en 2005, contre 1 110 en 2001, avec cependant
Misr, la National Bank of Egypt (NBE), la banque du Caire et la une capitalisation boursière plus importante de 235 milliards de
banque d’Alexandrie. livres égyptiennes (contre 11,3 milliards de LE en 2001). Cela en
Les banques étrangères peuvent ouvrir des bureaux de raison de mouvements majeurs opérés en 2005 comme les
représentation en Égypte dont l’activité est limitée à lʹanalyse du privatisations du secteur bancaire, l’émission en Bourse des parts
marché et des possibilités dʹinvestissement. Actuellement, 26 publiques de quelques sociétés mixtes, à l’exemple de Sidpec
bureaux de représentation de banques étrangères opèrent en (pétrochimie) et d’Amoc, l’ouverture de 20% du capital de Telecom
Égypte. Egypt et la nouvelle émission de la société pétrolière MIDOR qui
ont été le véritable moteur de la hausse de l’indice Case 30
Les filiales de banques étrangères sont principalement arabes et (regroupant les 30 actions les plus actives). La participation
européennes comme BARCLAYS, HSBC, Crédit Lyonnais, BNP et étrangère est passée de 16% en 2001 à 27,5% en 2004 et 30% en 2005
Société Générale ; Natexis‐Banques Populaires dispose d’un bureau (source : rapport annuel 2005 de CASE).
de représentation.
Le gouvernement a pris diverses mesures pour aligner la
En novembre 2004, il y avait en Égypte 21 compagnies dʹassurance, réglementation du marché des capitaux aux normes
614 caisses de retraite privées, trois fonds de prévoyance dʹÉtat et internationales. Les sociétés cotées sont tenues dʹappliquer les
cinq pools dʹassurance. Le gouvernement a vendu à des normes internationales de comptabilité et dʹinformation financière.
investisseurs étrangers des participations majoritaires dans deux Les règles dʹadmission à la cote et de radiation ont été durcies pour
compagnies dʹassurance. Quatre compagnies (trois compagnies éliminer les sociétés peu fiables. Un nouveau système de négoce
dʹassurance directe et la seule compagnie de réassurance) dont la électronique a été mis en place et le système de compensation et de
part de marché dépasse les 70%, appartiennent à lʹÉtat. Le règlement a été modernisé. Enfin, la Bourse égyptienne a adhéré à
gouvernement prévoit de les privatiser au milieu de 2006, après l’Union des Bourses internationales et a signé un accord en
évaluation (terminée) et restructuration. décembre 2005 avec l’Index Dow Jones afin de créer le Dow Jones
85 86
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
CASE Egypt Titans Index, un index blue‐chip couvrant les plus que soit le moyen technologique utilisé, jusqu’au 31/12/2005, date à
grandes compagnies en Egypte. Cet index devait être lancé en 2006. laquelle les services de base ont été totalement libéralisés
conformément aux engagements de lʹEgypte dans le cadre du
Télécom & Internet en Egypte GATS.
Le secteur égyptien des technologies de lʹinformation et des Telecom Egypt a entrepris une filialisation de ses différentes
communications (TIC) a connu une croissance très rapide au cours activités au sein de sociétés spécifiques dont les principales sont :
des cinq dernières années : multiplication par deux du nombre de
lignes fixes qui atteignent aujourdʹhui 10,4 millions pour un taux Telecom Egypt Data, filiale Internet de TE.
de pénétration supérieur à 13% ; multiplication par 15 du nombre TE IT / Masreya est la filiale en charge du support informatique
dʹabonnés à la téléphonie mobile assortie dʹune télédensité de 10% ; des activités de lʹopérateur national (mise en œuvre des
multiplication par 10 du nombre dʹutilisateurs Internet désormais progiciels de gestion de relation clientèle (CRM) et de
au nombre de 5 millions, soit un taux de pénétration de lʹordre de facturation et d’un call center « XCEED CONTACT CENTER ».
6%. Les infrastructures de télécommunications ont quant à elles
Centra Technologies assemble des PC notamment ceux
bénéficié dʹinvestissements importants (entre 800 et 1 200 millions
distribués dans le cadre du programme ʺun ordinateur pour
d’USD par an entre 2000 et 2004).
tousʺ.
Ces résultats sont le fruit de la politique de libéralisation et
Watanya détient 51% de l’opérateur mobile Vodafone Egypt.
d’ouverture de ce secteur fondé sur un partenariat public‐privé
autour de l’ʺinitiative pour la société de lʹinformation en Egypteʺ Par ailleurs, l’Egypte s’est lancée dans une politique d’expansion
(Egypt Information Society Initiative). Ce projet intégré aspire à régionale, Telecom Egypt et Orascom Telecom ayant acquis en 2005
développer une industrie locale des TIC et assurer une meilleure la deuxième licence de téléphonie fixe algérienne pour 65 millions
pénétration des TIC grâce à des initiatives originales (Internet d’USD pour 15 ans, et son dirigeant Naguib Sawiris ayant été à
gratuit, ordinateurs à bas coût et offerts à crédit, centres l’origine de la création du Holding Weather, qui détient la majorité
technologiques communautaires…) et un développement autour de d’Orascom et s’est octroyé le rachat de l’opérateur mobile italien
quatre thèmes : e‐connaissance (formation, éducation, héritage Wind fin 2005, en partenariat avec le fond IPE et Wilbur Ross.
culturel, contenu), e‐santé, e‐business et e‐gouvernement. Enfin, 20% du capital de TE a été ouvert au public en décembre
2005.
Une loi de régulation des télécommunications a été promulguée
(loi n°10‐2003 du 4/02/2003) et une Autorité nationale de régulation Plus de 14 millions d’Égyptiens sont actuellement abonnés auprès
des télécommunications a été créée (ANRT) à cet effet. d’un des deux fournisseurs de téléphonie cellulaire, TE‐Vodafone
et ECMS‐MobiNil, contre 4,3 millions fin 2002. Une troisième
Telecom Egypt est l’opérateur historique national et bénéficie de
licence de téléphonie mobile a été annulée faute de preneur mais
droits exclusifs pour la fourniture de services de transmission
un autre appel dʹoffres devait intervenir avant fin 2006. Le
transfrontalière en provenance ou à destination de lʹEgypte, quel
régulateur a dʹores et déjà annoncé quʹil s’agira dʹune licence 3G
87 88
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
dont la mise en service interviendrait à la fin de la période services, le Smart Village compte attirer ces investisseurs en
dʹexclusivité accordée aux deux opérateurs actuels, fin 2007. mettant en avant les compétences de la main d’œuvre égyptienne et
Il existe de nombreux cybercafés, notamment au Caire. Le pays son coût relativement bas. Une pépinière d’entreprise, permettra de
compte près de 160 fournisseurs d’accès à Internet. A noter que développer les projets TIC directement sur le site grâce à
l’Égypte possède le tarif le plus faible du Moyen‐Orient mais l’incubateur, IDEAVELOPERS (www.ideavelopers.com) et un
seulement 3% de la population possédait un ordinateur en 2004, fonds fiduciaire de développement des technologies, le Technology
cependant, le secteur de l’informatique affiche un taux de Development Fund (http://www.techdevfund.com). Au delà des
croissance moyen de 15 à 20% par an. Le développement des entreprises du secteur des TIC, le Smart Village va prochainement
infrastructures de télécommunications fixes et mobiles offre de accueillir au cœur d’un pôle financier, la Bourse du Caire, des
nombreuses opportunités, que ce soit en termes dʹéquipements banques et des institutions financières. Plusieurs ministères ont
dʹinfrastructures ou dʹéquipements pour entreprises et particuliers. également choisi de s’y installer comme le Ministère des
La production locale dʹéquipements est assurée par deux sociétés télécommunications et des technologies de l’information, le
NTC et EGTI, filiale de Siemens et Telecom Egypt, qui assemblent Ministère du commerce extérieur et le Ministère du tourisme.
simplement quelques produits sous licence (équipements pour Alcatel, Microsoft, Vodaphone, Telecom Egypt, Motorola sont déjà
centraux, PABX, terminaux...). La fabrication de câbles en cuivre est installées sur le site et plusieurs autres sont en négociation. Les
aujourdʹhui assurée par des sociétés locales et le pays compte entreprises étrangères s’installant au Smart Village bénéficient des
désormais un fabricant de câble à fibre optique. Cependant, cette dispositions de la loi n° 8 sur l’investissement notamment de 10 ans
production ne peut satisfaire la demande locale qui repose à plus d’exemption fiscale et du rapatriement des bénéfices sans contrôle.
de 80% sur les importations.
Plusieurs entreprises étrangères se partagent le marché égyptien Opportunités d’affaires en Egypte
des infrastructures de téléphonie fixe et mobile : Alcatel, Siemens, Depuis le lancement du programme de privatisations en 1991, le
Lucent, Ericsson, Nortel Networks, Motorola, Nokia, Nec... Les gouvernement a cédé 196 entreprises sur les 314 privatisables. Afin
entreprises chinoises sont également présentes notamment Huaweï de relancer le processus, le nouveau Ministère de lʹInvestissement
et ZTE. et des Entreprises Publiques a annoncé une première série
A noter, par ailleurs que l’Egypte a lancé le technopole « Smart dʹentreprises et dʹactifs à privatiser dans le cadre de son
Village » fer de lance du développement technologique en Egypte. programme de privatisations 2004‐2007. Il sʹagit dʹentreprises des
Les secteurs cibles de ce projet sont les domaines des technologies secteurs suivants : filature et tissage du coton, commerce, industries
dans lesquels l’Egypte est en mesure d’être leader : le métallurgiques, industries chimiques, industries alimentaires,
développement de l’industrie informatique en termes de formation, logement, tourisme et cinémas, transport maritime et fluvial, et dix
logiciels et recherche en TIC mais aussi centres d’appels, comme autres entreprises œuvrant dans divers secteurs.
ceux d’XCEED et RAYA, installés sur le site. Outre ses nombreux
89 90
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Par sa position stratégique au Moyen‐Orient et les nombreuses consommateur de projets d’infrastructures. En amont, les besoins
incitations qu’elle offre notamment pour les activités dans les zones en matière de consulting, d’études et de modélisation sont
franches et les zones spéciales prioritaires, l’Égypte est utilisée importants ; durant les phases de réalisation, les professionnels du
comme une plateforme de réexportation vers le Moyen‐Orient et le BTP sont très sollicités ainsi que les acteurs capables de gérer les
Maghreb et l’ensemble des pays africains. Pour les exportateurs équipements et de fournir des prestations à valeur ajoutée.
intéressés par le marché égyptien, les principales opportunités
résident dans les équipements, machines et services pour les Transport
secteurs de l’environnement; les télécommunications et nouvelles Dans le cadre d’une nouvelle politique globale des transports, de
technologies de l’information ; les produits pharmaceutiques et nombreux projets d’envergure sont à l’ordre du jour. Parmi les axes
équipements médicaux ; les équipements pour l’exploration principaux de cette politique, l’aviation civile est le secteur le plus
pétrolière ; l’hôtellerie et restauration ; l’agro‐industrie, les prometteur pour les entreprises étrangères, le gouvernement
machines agricoles, l’industrie plastique, l’architecture et la voulant faire du Caire le nouveau « hub » du Proche et Moyen‐
construction, le packaging, le franchising, la distribution, les Orient. La réalisation du nouvel aéroport régional
systèmes d’énergie électrique, les matériaux de construction ; les d’Alexandrie/Borg El Arab, la rénovation et le développement de
composants et pièces de rechange automobiles…Par ailleurs, l’ensemble des plateformes aéroportuaires du pays ou encore la
lʹÉgypte souhaite accroître ses exportations de produits non modernisation et l’introduction en bourse de 20% de la compagnie
traditionnels et promouvoir lʹinvestissement étranger dans de nationale Egyptair et de ses filiales début 2006 sont les projets les
nouvelles branches dʹactivité comme la fabrication de meubles, la plus importants.
transformation du cuir, lʹindustrie chimique, la verrerie, la
L’aggravation des conditions de circulation dans la capitale a
papeterie et la construction navale.
également conduit les autorités à relancer le projet de la 3ème ligne
Construction et BTP de métro du Caire, mis en sommeil en raison de son coût, le
démarrage prévisionnel des travaux étant fixé au 1er octobre 2006.
La politique des grands travaux continue d’être l’une des priorités Souvent alliées au groupe Orascom, les entreprises françaises
des autorités, ce qui offre de nombreuses opportunités dans des (Alstom, Systra etc.) se sont taillé la part du lion pour la réalisation
domaines très divers comme l’ensemble des activités liées à la de cinq lots (signalisation, génie civil, électromécanique, voies
réalisation de grands travaux d’infrastructures (projet du delta ferrées et matériel roulant) auxquels sʹajoutent deux autres marchés
Tochka, nouveau canal dans la région du Sinaï, projets de nouvelles relatifs à lʹanalyse des offres et à la supervision du projet. Dans le
villes) et l’ensemble des activités du secteur énergétique : même temps, des délégations de services publics sont désormais
constructions de centrales électriques, développement de la filière accordées à des opérateurs privés pour l’exploitation de lignes de
gaz (augmentation des réserves, usines de production de gaz bus.
naturel liquéfié), parallèlement à la filière pétrolière. Compte tenu
de la taille du pays et de ses besoins, l’Égypte est et restera un fort
91 92
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Face aux besoins importants en financement des infrastructures Sud du pays. Près de 50 multinationales sont en activité en Egypte
portuaires, les pouvoirs publics recourent de plus en plus aux et investissent plus de 2 milliards d’USD/an (dont Apache, British
formules de partenariat public‐privé. De même, dans le domaine Gas, BP‐Amoco, Deminex, TotalFina‐Elf, ENI‐Agip, Exxon‐Mobil,
ferroviaire, la privatisation du département chargé de valoriser le Marathon, Norsk Hydro, Novus, Repsol, Royal Dutch Shell,
patrimoine foncier des chemins de fer égyptiens atteste de la Samsung, Texaco …). Des appels d’offre ont été lancés depuis
volonté des autorités d’améliorer la performance des services début 2006 pour la concession de 20 nouveaux blocs d’exploration
publics de transports. de gaz et de pétrole.
Hydrocarbures Le premier tronçon du gazoduc arabe a été inauguré en juillet 2003;
il transporte le gaz naturel égyptien à travers les 245 kilomètres de
Les secteurs du pétrole et du gaz représentent 8% du PIB et 40% la péninsule du Sinaï puis parcourt 15 kilomètres sous la mer
des exportations égyptiennes. Des découvertes régulières jusquʹau port dʹAqaba (Jordanie) en mer Rouge. En janvier 2004, les
continuent d’alimenter les réserves en gaz naturel de l’Égypte ; gouvernements égyptien, jordanien, libanais et syrien ont signé un
c’est donc un secteur en pleine croissance. La production a accord pour la construction dʹun deuxième tronçon de 393
augmenté de 75% sur les cinq dernières années et atteignait 3,3 kilomètres reliant Aqaba à la centrale électrique de Rihab, à
milliards de pieds cubes par jour à la fin de l’année 2003‐04, alors proximité de la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Le gazoduc
que les réserves prouvées s’élevaient à 62 000 milliards de pieds sera ensuite prolongé jusquʹau port syrien de Banias où il sera
cubes et ont été multipliées par trois en dix ans. Deux usines de raccordé au gazoduc syro‐libanais en construction et à la centrale
production de GNL (gaz naturel liquéfié) ont été créées afin de électrique de Zahrani au Liban.
permettre l’exportation du gaz naturel égyptien. En revanche, la
production de pétrole est en baisse. De plus de 920 000 barils/jour L’Egypte dispose de deux artères stratégiques pour le transport des
en 1995, elle est passée à moins de 620 000 barils/jour en 2004. Les hydrocarbures : l’oléoduc du Sumed et le Canal de Suez.
réserves prouvées en pétrole sont stables depuis 2001 en raison de LʹEtat égyptien est lʹunique acteur du secteur du raffinage avec 9
nouvelles découvertes, à un peu moins de 3 milliards de barils. raffineries en activité. A la suite du lancement de la production de
Ce secteur est placé sous la tutelle du Ministère du pétrole et MIDOR (Middle East Oil Refinery) en 2001, la capacité totale de
plusieurs institutions publiques : l’Egyptian General Petroleum transformation des raffineries égyptiennes a atteint 727.000 b/j. La
Corporation (EGPC) chargée de la gestion de l’industrie pétrolière, construction dʹune nouvelle raffinerie dans la région dʹAin Sukhna
de l’exploration à la commercialisation des produits finis ; devait démarrer en 2006 et devrait traiter 130 000 barils par jour.
l’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS), chargée du Par ailleurs, lʹautorité portuaire de la Mer Rouge a signé un contrat
secteur du gaz ; l’Egyptian Petrochemicals Holding Company avec des investisseurs privés pour la construction dʹune nouvelle
(ECHEM) chargée de l’industrie pétrochimique et Ganoub El Wadi raffinerie qui doit permettre la production de 80 000 tonnes
Petroleum Holding Company, qui a pour mission la promotion et dʹessence organique.
la gestion des procédures d’appel d’offres sur les concessions du
93 94
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Electricité Santé et produits pharmaceutiques
Tout le territoire égyptien a été électrifié au cours de la dernière Le secteur médical égyptien présente une grande complexité, avec
décennie et la quasi‐totalité de la population est raccordée au de multiples acteurs publics et privés. Le budget de lʹÉtat consacré
réseau. La puissance installée était de 18,1 GW en 2004 et les à la santé reste largement insuffisant pour assurer le maintien et le
centrales thermiques représentent environ 86% de la puissance renouvellement du réseau de soins gratuits. A l’exception de
installée, le reste provient de centrales hydroélectriques, en quelques grands hôpitaux, lʹensemble du système médical souffre
particulier du barrage dʹAssouan. Pour suivre lʹaugmentation de la dʹun niveau dʹéquipement et dʹune qualité de soins souvent faibles.
demande, il est prévu de construire des centrales dʹune puissance Pour pallier ce problème, une réforme globale du secteur a été
installée totale de 13,4 GW dʹici à 2012, qui seront pour lʹessentiel lancée par le gouvernement, consistant en la mise en œuvre du
des centrales thermiques. ʺFamily Health Modelʺ (modèle familial de la santé), qui se
Le réseau électrique égyptien est raccordé à ceux de la Jordanie, de compose de mesures destinées à améliorer la qualité et la
la Libye et de la Syrie (par lʹintermédiaire de la Jordanie). Il est couverture par un ensemble complet de soins de santé de base.
prévu de construire une ligne jusquʹau Congo, qui permettrait à Lʹapproche du gouvernement est soutenue par plusieurs bailleurs
lʹÉgypte dʹutiliser les excédents de capacité du complexe de fonds (UE, Banque mondiale, BAD et USAID), et a été adoptée
hydroélectrique dʹInga. La politique de lʹélectricité est définie par le dans plusieurs gouvernorats pilotes.
Ministère de lʹélectricité et de lʹénergie. La société dʹÉtat Egyptian Les objectifs du Plan quinquennal 2002‐2007 étaient les suivants :
Electrical Holding Company (EEHC) est responsable de la construction de nouveaux hôpitaux et amélioration des services de
production, du transport et de la distribution. En outre, elle est soins situés dans les zones rurales ; augmentation du personnel
propriétaire et exploitant du réseau électrique. Tandis que le soignant ; fourniture dʹéquipements plus sophistiqués pour les
transport, la distribution et la gestion du réseau restent un dispensaires ; accroissement du budget pour la recherche alloué
monopole de lʹEEHC, la production dʹélectricité a été libéralisée. aux universités et centres de recherches scientifiques ; promotion
Depuis la promulgation de la loi n° 100‐1996, les investisseurs de lʹinvestissement privé dans toutes les institutions de soins.
privés sont autorisés à construire des centrales dans le cadre de Avec plus de 72 millions dʹhabitants, lʹEgypte est le premier
contrats de construction‐exploitation‐transfert (BOT). consommateur et producteur de médicaments du Moyen‐Orient.
Lʹinvestissement privé dans la production dʹélectricité a beaucoup Son industrie pharmaceutique est considérée comme lʹune des plus
augmenté depuis lʹadoption de cette loi, passant de 120 millions à anciennes industries stratégiques du pays. En 2004, L’Egypte a
5 0 30 millions de livres égyptiennes. La part des centrales privées exporté pour environ 43 millions d’USD de produits
dans le total de la puissance installée était dʹun peu moins de 8% en pharmaceutiques. LʹEgypte a la capacité de fabriquer la plupart des
2003. médicaments dont elle a besoin, excepté les produits à très haute
technologie. Plus de 6 000 références sont enregistrées et 93% de la
demande est couverte par les quelque 74 sociétés pharmaceutiques
95 96
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
locales. Le gouvernement veut parvenir à une autosuffisance récréatifs ; le savoir‐faire en muséologie, en sons et lumières, en
pharmaceutique, notamment pour les génériques les plus thalassothérapie, en gestion immobilière des programmes de
consommés. Le marché égyptien offre donc dʹimportantes tourisme résidentiel, etc.
potentialités pour les entreprises pharmaceutiques étrangères De nombreuses facilités sont accordées aux investisseurs
notamment pour la production locale. notamment l’exemption d’impôts pendant 5 ans, l’exonération des
Tourisme droits de douanes sur les produits et biens nécessaires aux
nouveaux projets touristiques. De plus, les terrains sont concédés
Comme pour les autres pays méditerranéens, le secteur du sur la base de 1 USD par m² avec lʹobligation officielle de construire
tourisme est primordial pour lʹéconomie égyptienne. Il représente, dans un délai de 2 ans.
avec ses services annexes, 11% de son PIB, assure en moyenne un
quart de ses revenus en devises étrangères et emploie 2,2 millions Agriculture, pêche et agroalimentaire
de personnes, soit 12,6% de la population active. Les arrivées de L’Égypte est un grand producteur et consommateur de produits
touristes en 2004 se sont chiffrées à 6 millions, contre 3,9 millions agricoles, ce qui en fait à la fois un exportateur (essentiellement les
en 1997. Ce chiffre devrait être de 8 millions en 2005. L’objectif du oranges, les pommes de terre et les oignons) mais aussi un
gouvernement est d’atteindre 18 millions de touristes d’ici dix ans, importateur net de produits agricoles (plus de 3 milliards d’USD
d’aménager plus de 500 km de côtes, de construire et de réhabiliter ces dernières années). Cette forte dépendance, notamment pour les
plusieurs aéroports et d’augmenter la capacité hôtelière (150 000 principales denrées de base, est un problème majeur pour le
chambres en 2004). gouvernement égyptien, qui cherche d’une part à assurer
De nombreux projets de villages de vacances et de complexes l’autosuffisance alimentaire pour ses produits de base et d’autre
hôteliers sont à lʹétude ou en construction, notamment au sud du part, à augmenter son potentiel d’exportation. Ici aussi, les
nouvel aéroport de Marsa Alam. Un accord de coopération a été producteurs locaux ont des besoins qui concernent tant les biens
signé, en septembre 2004, par le Ministre du tourisme et TUI pour d’équipements et la chaîne du froid que les services et produits en
développer la côte méditerranéenne. Evalué à 500 millions de LE, il aval de la production : emballage, packaging, marketing. Quant au
prévoit la construction de neuf hôtels «quatre étoiles», soit 4 300 marché du machinisme agricole, il était estimé à 5 milliards LE (650
chambres d’ici cinq ans. millions d’euros) en 2003 et est en croissance régulière.
Les opportunités d’investissement pour les entreprises étrangères S’agissant de la pêche, la production égyptienne (pêche et
résident notamment dans l’amélioration des infrastructures aquaculture) atteint 800 000 tonnes et représente un montant de 1,5
touristiques (dessalement de lʹeau de mer, traitement de lʹeau, milliards d’USD, soit environ 1,7% du PIB. Ce secteur emploie 100
assainissement, installations électriques et des télécommunications 000 pêcheurs (avec licence) et 100 000 personnes en aquaculture.
ainsi que les transports) ; le consulting pour les études de Bien que la production ait été multipliée par deux en dix ans,
faisabilité ; la gestion hôtelière ; les équipements sportifs et l’Egypte ne couvre toujours pas ses besoins, les importations
97 98
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
représentant un quart des volumes commercialisés. Le Al Ahram Beverage, créé en 1897 et privatisé en 1997, emploie près
gouvernement est de plus en plus sensible au rôle essentiel que de 4 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 105 millions de
peuvent jouer la pêche et les activités connexes dans lʹéconomie du dollars. C’est le leader du marché avec une production 430 000
pays. Ses principaux objectifs sont de porter la prise annuelle à 1 hectolitres de bières (marques Al‐Ahram’s Stella et Al Gouna’s
500 000 tonnes dʹici à 2017, de promouvoir lʹexportation des Sakkara) et 620 000 hectolitres de boissons maltées non alcoolisées.
produits de la pêche, de développer lʹélevage de poissons dʹeau Le groupe détient également des positions fortes sur le marché du
douce et de moderniser et dʹagrandir la flotte de pêche au large vin (85%), sur des boissons distillées et sur certains soft drinks.
dans la zone économique nationale et dans les eaux internationales. Pour le groupe néerlandais, cette nouvelle acquisition vient
Depuis le 1er janvier 2004, l’Egypte est à nouveau autorisée à compléter son développement dans le monde arabe (implantation
exporter du poisson vers l’Union Européenne, mais les produits de au Liban, avec la brasserie Almaza, et au Maroc) et marque un
l’aquaculture et les crustacés restent interdits. L’accès à ce nouveau retour en Égypte quarante ans après s’être retirée du pays. Le
marché crée nouvelles opportunités. « géant vert » acquiert de nouveau une place de leader sur le
Liens utiles principal marché arabo‐musulman et souhaite notamment
développer la marque Fayrouz (bière non alcoolisée) en direction
Ministère des communications et des technologies de des autres pays de la région et d’Afrique.
l’information : www.mcit.gov.eg
Heineken compte aussi sur cette acquisition pour substituer ses
Autorité nationale de régulation des télécommunications : propres marques à celles produites localement par ABC pour le
www.tra.gov.eg compte de Calsberg ou Lowenbrau. Objectif : alimenter les zones
Telecom Egypt : www.telecomegypt.com.eg touristiques du pays et le consommateur occidental.
Pour ABC qui conserve son nom, ses marques et ses dirigeants,
Une success story : le Néerlandais Heineken brasse l’arrivée du groupe international permet de donner de nouveaux
cent millions de litres de boissons maltées par an moyens commerciaux alors même que le marché se développe
C’est la plus grosse opération de fusion‐acquisition de l’histoire fortement, mais que les sources de financement se tarissent, en
financière moderne de l’Égypte. En septembre 2002, le groupe raison notamment de la mauvaise image du secteur des alcools
néerlandais Heineken annonce qu’il vient d’obtenir l’accord des dans un pays musulman.
autorités de marché égyptiennes pour lancer une OPA sur 100%
des actions du brasseur national Al Ahram Beverage Company
(ABC). L’offre qui valorise ABC à 287 millions de dollars, sera un
succès.
99 100
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Israël milliards de NIS), soit 158 milliards d’USD en parité de pouvoir
d’achat (gross domestic product based on purchasing‐power‐parity
(PPP) valuation of country GDP selon les statistiques du World
Panorama général
Economic Outlook Database du FMI).
Repères En mai 2006, la Fédération des Chambres de Commerce
Capitale Jérusalem israéliennes (FICC) a publié une étude mesurant le chemin réalisé
Superficie 21 0 60 km2 entre 1970 et 2005 par l’économie de l’état hébreu. Les résultats sont
Population 7 0 02 600 habitants (2006) impressionnants : la production industrielle est passée de 74
Langues parlées Hébreu, arabe, anglais, français, russe. milliards de NIS (13 milliards d’euros) à 400 milliards de NIS (71
PIB (dollars) 123 milliards (2005) milliards d’euros), la population active est passée de 960 000 à 2,5
PIB per capita 18 266 USD, 23 416 USD ppp. (2005) millions de personnes et les exportations sont passées de 18,6
milliards de NIS (3,3 milliards d’euros) à 167,5 milliards de NIS
Religions Juifs (5,33 millions), musulmans,
(29,7 milliards d’euros). Le président de la fédération, Uriel Lynn, a
chrétiens.
déclaré que l’économie israélienne est l’une des plus stables et des
Fête nationale 5 mai (indépendance en 1948)
plus dynamique du monde.
Monnaie Shekel (NIS)
1 Euro = 4,59 NIS – 1 USD = 5,66 NIS Du fait du caractère hautement qualifié et dynamique de sa main
Accord d’association Signé le 20/10/1995 en vigueur depuis le dʹœuvre, Israël dispose d’un appareil productif performant, rendu
avec l’UE 1er/06/2000. plus compétitif encore ces dernières années par la dépréciation du
Site web de la Délégation de l’UE : shekel et l’ajustement à la baisse des salaires. Outre quelques
http://www.eu‐del.org.il/ secteurs traditionnels forts comme la chimie, la plasturgie ou le
Adhésion à l’OMC Statut de membre depuis 1995. diamant (Israël est le n°1 mondial du diamant poli avec plus de 1
200 sociétés) depuis plus de 10 ans, une partie importante de son
Sources : Rapport Annuel 2005, Banque Centrale Israël (Bank Of Israel) ; FMI :
tissu industriel s’est progressivement réorientée vers le secteur des
Conclusions Article IV pour 2005, Country Report n°06/120, Mars 2006 et World
Development Indicators 2006 ; Central Bureau of Statistics (CBS).
hautes technologies dans les domaines suivants: aéronautique,
électronique civile et de défense, composants électroniques,
Géo-économie télécommunications et logiciels informatiques, et plus récemment,
En moins d’une vingtaine dʹannées, lʹéconomie israélienne sʹest biotechnologies ; plusieurs entreprises israéliennes ou israélo‐
progressivement transformée dʹune économie de pays émergent en américaines, ont ainsi, en quelques années, réussi à se positionner
celle dʹun pays avancé et ce, en dépit de tensions géopolitiques au meilleur niveau international, sur certaines niches de ces
récurrentes. Israël est aujourdʹhui une puissance économique marchés (comme la sécurité informatique, drones, réseaux de
régionale avec un PIB de 123,5 milliards de dollars en 2005 (554
101 102
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
télécommunications, médicaments génériques, instrumentation Le secteur manufacturier contribue pour 14% au PIB et emploie
médicale...). 16% de la population active. Le secteur manufacturier est de plus
Plusieurs multinationales de hautes technologies ont créé des en plus axé sur la production de produits à forte intensité
centres importants de R&D en Israël. Le niveau de recherche et de technologique.
développement civil par rapport au PIB est l’un des plus élevés du Le commerce extérieur représente près de 90% du PIB. Pendant les
monde, à 4,5%. L’économie israélienne est de plus relativement deux dernières décennies, les exportations de marchandises ont été
libéralisée et très ouverte (privatisations et déréglementations multipliées par cinq, les exportations industrielles par sept, et les
entamées dans de nombreux domaines, nombreux accords de libre‐ exportations de biens d’équipement, de machines et d’électronique
échange, absence de contrôle des changes et cadre libéral pour par dix. Israël est classé au 8ème rang mondial pour les
l’investissement étranger,...). Enfin, Israël dispose d’une exportations per capita et est un leader mondial pour les
infrastructure bancaire solide. exportations de certains produits comme les fertilisants ou les
Après une baisse de la croissance en 2001‐2003 (1,3%) due à la forte diamants polis.
crise liée à la seconde Intifada dans les territoires palestiniens et Les exportations de marchandises ont atteint près de 38,6 milliards
l’éclatement mondial de la bulle technologique en 2000, une reprise d’USD (25,5 milliards hors diamants) et les importations 44,9
sensible s’est amorcée en 2004 et 2005 avec un taux de croissance milliards d’USD en 2005 (35 milliards d’USD hors diamants).
du PIB de 4,3% et de 5,2% respectivement. Les moteurs majeurs de La composition du secteur commercial israélien illustre le caractère
cette forte croissance ont été les exportations (+15%), notamment industrialisé de lʹéconomie : Israël exporte principalement des
vers l’Asie et les Etats‐Unis, la consommation privée, ainsi que la produits manufacturés, en particulier des produits de haute
rapide expansion des industries de pointe et du tourisme. Ce technologie (11,7 milliards d’USD pour les exportations de produits
nouveau cycle vertueux de croissance a profité de la dynamique de de haute technologie et 6,9 milliards d’USD pour les exports de
forte attractivité des investissements étrangers. produits de moyenne technologie selon la classification du bureau
Le secteur des services est le moteur de la croissance israélienne, des statistiques israélien, CBS) et importe à plus de 80% des
représentant 77% du PIB en 2004, tandis que ses effectifs matières premières (9,6 milliards en diamants bruts et 6,7 milliards
représentaient 76% de lʹemploi total. Cette évolution est due d’USD en pétrole) ainsi que des biens dʹéquipement (6,2 milliards
essentiellement à une série de réformes et au désengagement de d’USD).
lʹÉtat de certaines activités. De 1986 à mai 2005, près de 90 Les Etats‐Unis sont la principale destination des exportations
entreprises ont été privatisées en particulier la compagnie israéliennes avec 16,8 milliards en 2005, suivis par lʹUnion
aérienne El Al, la compagnie maritime Zim Israel Navigation Européenne avec 10,7 milliards d’USD (Belgique, R‐U, Allemagne,
Company, l’opérateur de télécommunication Bezeq, lʹIsrael Electric Pays‐bas). Pour ce qui est des importations, les pays de lʹUE
Corporation (IEC)… constituent la principale source dʹimportations avec des achats de
103 104
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
16,8 milliards d’USD en 2005 (Belgique, Allemagne, Pays‐Bas, R‐U) monétaire rigoureuse visant à préserver la stabilité macro‐
suivis les États‐Unis (9,7 milliards d’USD). économique.
Le gouvernement est résolu à approfondir les réformes Israël est depuis longtemps un ferme partisan du système
structurelles, dont les principales composantes sont la privatisation commercial multilatéral et a signé de nombreux accords de libre‐
dʹentreprises opérant dans des secteurs clés tels que le raffinage de échange. Cette stratégie est dictée par le fait que son économie est
pétrole, la banque et lʹarmement et la restructuration des secteurs très tributaire du commerce extérieur et jouit dʹavantages
de lʹélectricité et de lʹeau. Les autorités israéliennes ont également comparatifs dans de nombreux domaines. La mise en œuvre de ces
réactivé le processus de privatisations en 2004‐2005 avec la cession différents accords se traduit par un régime très ouvert à l’exception
des participations de l’Etat dans le secteur bancaire (Hapaolim, de lʹagriculture qui est relativement protégée. Israël a conclu des
Leumi), la compagnie aérienne nationale EL AL et lʹopérateur accords de libre‐échange avec ses principaux partenaires
national de télécommunications Bezeq à Apax Partners Funds, commerciaux, les États‐Unis et lʹUnion Européenne, les pays de
Saban Capital Group et Arkin Communications. Un ambitieux lʹAssociation européenne de libre‐échange (AELE), le Canada, la
programme de développement dʹinfrastructures (transports, Turquie, le Mexique, la Bulgarie et la Roumanie. En outre, Israël a
énergie, dessalement d’eau de mer, environnement...) recourant conclu des initiatives commerciales régionales, comme les ʺzones
aux BOT est en cours, il correspond à une dizaine de milliards industrielles qualifiéesʺ visant à resserrer les liens de coopération
d’euros d’investissements répartis sur 4 à 5 ans. Enfin, afin de économique et commerciale avec la Jordanie et lʹÉgypte.
développer le marché des capitaux, le gouvernement a introduit Israël a conclu des accords de protection des investissements avec
une nouvelle réforme bancaire, la réforme Bachar, qui interdit 30 pays et des traités de non double imposition avec 40 pays. Il est
notamment aux principales banques israéliennes de détenir plus de membre de lʹAgence multilatérale de garantie des investissements
5% du capital des fonds communs de placement et de fonds de (MIGA), a adhéré à la Déclaration de lʹOCDE sur lʹinvestissement
pensions et de céder leurs actifs correspondants dans les trois à international et les entreprises multinationales en septembre 2002 et
quatre ans afin de mettre fin à la concentration bancaire des grands a le statut dʹobservateur au Comité de lʹinvestissement de lʹOCDE
groupes bancaires et dynamiser les marchés des capitaux. ainsi quʹaux comités de l’industrie et celui de la politique
A moyen terme, sous réserve que la sécurité continue à sʹaméliorer scientifique et technologique et devrait en devenir un membre
et que la conjoncture mondiale reste favorable, lʹéconomie permanent.
israélienne devrait rester très dynamique, le gouvernement tablant Par ailleurs, Israël a conclu des accords bilatéraux en R&D avec 13
sur un taux de croissance du PIB de 4% par an et une croissance des pays dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Inde et la Chine, et est
exportations de 5% par an comptant sur son « capital intellectuel » : associée au 6ème PCRD de l’UE. Dans ce cadre, des fonds
la qualité de son capital humain, le niveau dʹinstruction et de d’investissements bilatéraux ont été créés avec les USA, le Canada,
formation de sa main‐dʹœuvre, son savoir‐faire technologique, et sa Singapour, R‐U, la province de l’Ontario et l’Etat de Victoria en
solide infrastructure institutionnelle et une politique budgétaire et Australie.
105 106
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Les investissements étrangers ont atteint 9,66 milliards d’USD en garantie des Etats‐Unis sur une partie du programme dʹemprunts
2005, une croissance de 67% par rapport aux 5,8 milliards public.
enregistrées en 2004. Les investisseurs étrangers ont contribué à La main d’œuvre qualifiée israélienne, amplifiée par une vague
l’évolution de la Bourse de Tel Aviv (TASE), avec plus de 2 dʹimmigration massive au début des années 90, est devenue un
milliards de NIS d’investissements enregistrés en 2005. atout de très grande valeur. Le pourcentage de scientifiques et de
Risque pays doctorats en Israël dans la main‐d’œuvre globale est
particulièrement haut, avec un taux de concentration
En termes de risque pays « les perspectives économiques restent d’ingénieurs/scientifiques de 140 pour 10 000 habitants (contre 85
solides” (conclusions de Standard and Poorʹs Rating Service pour 000 aux USA et 60 000 en Allemagne) et un taux de R&D civile
2006 qui vient de donner une notation ʺA‐ʺ pour la dette estimé à 4,5% du PIB. Israël est un des leaders mondiaux dans les
souveraine à court terme). Moodyʹs a donné la note A2. domaines de lʹéquipement médical, des télécommunications, du
Défis logiciel, de l’optique et des biotechnologies.
La vague dʹimmigration survenue depuis 1990 sʹest traduite par un En dehors de la Silicon Valley, c’est en Israël que l’on trouve la plus
net accroissement de la population active israélienne (2,7 millions forte concentration de sociétés high‐tech au monde avec 4 000
de personnes en moyenne contre 1,9 million en 1992). Cependant entreprises et Israël est devenu le troisième pays du capital risque
malgré la politique de transferts sociaux, le taux de chômage n’a au monde (8 milliards d’USD à la Silicon Valley, 2,4 milliards au
cessé d’augmenter atteignant 10,4% en moyenne annuelle (9% en MIT‐Massachussetts, 1,5 milliards d’USD pour Israël, 1 milliard
2005). La pauvreté d’une certaine frange de la population est d’USD pour Grande‐ Bretagne, 600 millions d’USD pour la France).
également le souci permanent du gouvernement. A la pointe de la technologie dans les domaines de l’aéronautique,
La situation de conflit avec lʹAutorité palestinienne pèse sur le des médicaments génériques, des télécommunications et des
budget et lʹactivité économique. biotechnologies, plusieurs entreprises israéliennes ou israélo‐
américaines ont ainsi, en quelques années, réussi à se positionner
Points forts au niveau mondial sur des niches de marché à forte valeur ajoutée
Lʹéconomie est diversifiée et ouverte. Le développement des comme la sécurité informatique et des réseaux, les drones, les
industries de technologie avancée est le moteur de la croissance, réseaux de télécommunications, les équipements médicaux, les
qui dépend toutefois du marché américain qui est cyclique comme médicaments génériques...
en témoigne les répercussions de l’éclatement de la bulle Internet De plus en plus d’entreprises israéliennes sont cotées au Nasdaq et
en 2000. dans les bourses européennes. Le secteur conserve un réel potentiel
Israël est assuré du soutien politique et financier des Etats‐Unis et de développement.
de la diaspora. Le risque de défaut de lʹEtat est atténué par la
107 108
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Beaucoup de multinationales ont investi en Israël pour y restriction visant le rapatriement des bénéfices ou des capitaux. Les
développer leurs départements de R&D et leurs usines. Motorola résidents comme les non‐résidents peuvent acheter tout titre
(Freescale), Intel (installée depuis 1974, 5 400 employés, 4 centres négocié à la bourse israélienne et part de fonds communs de
de développement et 2 usines, un CA de 1,4 milliards de dollars en placement.
2005, premier centre pour le design des microprocesseurs après les Israël encourage lʹinvestissement, tant national quʹétranger, en
USA), Microsoft, IBM, Vishay, Tower Semiconductor, Siemens, HP, offrant un large éventail dʹincitations et dʹavantages. Les
SAP, Oracle, Unilever, GE et bien d’autres sont implantés en Israël entreprises à capitaux étrangers bénéficient dʹavantages
et continuent d’y investir massivement. supplémentaires.
Les aides financières relèvent de la loi de 1959 (Investment Law),
Comment investir en Israël ?
qui vise à favoriser le développement de l’industrie et du tourisme.
La volonté d’Israël de créer un environnement favorable à Les aides (exonérations, prêts garantis, etc.) dépendent d’abord de
l’investissement étranger se traduit par un important dispositif la localisation de l’implantation. Israël est divisé en trois zones
législatif d’incitations sous forme d’aides financières et fiscales. (Zone A : Galilée, Vallée du Jourdain, Néguev, Jérusalem ; Zones
De manière générale, le régime de lʹinvestissement est libéral et la B : basse Galilée et nord du Néguev ; Zone C : le reste du pays).
plupart des activités sont ouvertes aux investisseurs privés Elles varient aussi avec l’importance de l’investissement ou du
nationaux et étrangers. Les principales activités réservées sont degré de participation étrangère.
certains services postaux et télégraphiques. Il y a en outre des Pour plus d’informations sur les avantages accordés, se référer au
restrictions sur les services de télécommunications internationales site d’Invest in Israel (www.investinisrael.gov.il), rubrique
par ligne fixe (plafonnement des participations étrangères à 74%) et Investment incentives.
des télécommunications sans fil (plafonnement à 80%). Dans le
Les exonérations fiscales concernent le régime dérogatoire au droit
secteur du tourisme, seules les sociétés de droit israélien peuvent
commun fixé dans la loi sur les sociétés (révisée en 1983). Le taux
être propriétaires dʹhôtels, dʹagences de voyages et voyagistes et le
de taxation de 36% passe de 10 à 25% si les entreprises sont
métier de guide touristique est réservé aux résidents et nationaux.
détenues en partie ou en totalité par des capitaux étrangers. Les
En outre, les agences de voyages sont tenues dʹemployer au moins
sociétés agréées dans le cadre de la loi de 1959 sont imposées à
un agent de voyages détenteur dʹune licence israélienne.
hauteur de 25% pour les entreprises détenues par des investisseurs
Les entreprises à capitaux étrangers sont autorisées à acheter ou à nationaux et il est compris entre 10 et 20% dans le cas des
louer des terres sur autorisation. entreprises à capitaux étrangers, en fonction du pourcentage de
Lʹinvestissement en Israël nʹest soumis ni à autorisation ni à participation étrangère; le taux ordinaire étant de 34%. Cet
enregistrement, sauf dans le cas des investisseurs étrangers qui abattement est accordé pour une période de 7 ans.
souhaitent bénéficier de certains avantages. Il nʹy a aucune
109 110
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
L’amendement 147 du code général des impôts, voté en juillet 2005 (85% des dépenses prises en charge avec un plafond de 150 000
est venu compléter la réforme fiscale de l’année 2002. Les dollars par an durant deux ans). D’autres organismes peuvent
dispositions votées aboutissent notamment à une modernisation du prendre ensuite le relais au‐delà de la période d’incubation, à
système fiscal et à un allègement de l’imposition des revenus, des l’instar des fonds de capital‐risque. À noter que les autorités
placements financiers (y compris ceux effectués à l’étranger) et des facilitent dans ce domaine les entrées de capitaux puisque les
plus‐values. Le taux de l’impôt sur les sociétés va progressivement investissements étrangers dans les fonds israéliens sont défiscalisés.
diminuer et devrait atteindre 25% à partir de 2010 (31% en 2006) et Pour promouvoir lʹinvestissement et le développement régional
la TVA est passée à 16,5% depuis septembre 2005 (au lieu de 17%). dans sa province la plus méridionale, le gouvernement israélien a
Pour gérer les projets d’investissements directs étrangers, Israël créé une zone franche et un port franc à Eilat. Les entreprises qui
dispose de deux guichets. D’un côté l’Investment Authority qui exercent leurs activités dans ce port ont droit à de nombreuses
dépend du Ministère des Finances apporte une aide aux incitations notamment l’exonération de tout impôt sur le revenu
investisseurs dans l’accompagnement du projet d’implantation pendant sept ans et par la suite imposition au taux maximal de
notamment. De l’autre l’organisme Invest in Israel, qui dépend du 30%. Une législation sur les zones industrielles dʹexportation est
Ministère de l’Industrie, du Commerce et du Travail, est l’organe également en vigueur, les entreprises exerçant dans ces zones sont
qui labellise et approuve les projets et qui accorde les aides. exonérées de tout impôt indirect pendant 20 ans, et les intrants
La Loi n° 5744 de 1984 sur lʹencouragement de la recherche‐ quʹelles importent sont exonérés de droit dʹimportation et ne sont
développement industrielle prévoit que les entreprises de tous les pas soumis à la plupart des prescriptions en matière de licences,
secteurs peuvent bénéficier de subventions équivalant au que leur production soit destinée au marché intérieur ou au marché
maximum à 50% du coût de la recherche industrielle à condition dʹexportation. Aucune zone de ce type nʹexiste à lʹheure actuelle.
que celle‐ci vise à découvrir de nouvelles connaissances en vue du Un autre dispositif permet aux investisseurs étrangers de bénéficier
développement ou de lʹamélioration substantielle de nouveaux d’aides : l’encouragement aux exportations. Le Ministère de
produits ou procédés. Dans le cadre dʹun programme additionnel l’Industrie et du Commerce dispose notamment d’un fonds dédié à
institué en août 2001, les gros investisseurs peuvent bénéficier du l’aide aux exportateurs. Il s’adresse aux PME qui engagent un plan
soutien à la R&D à concurrence de 50% du coût de leurs projets de marketing de conquête des marchés extérieurs.
recherche. Enfin, Israël dispose d’une politique très développée d’aide à la
Israël a su innover en menant très tôt une politique dynamique en création d’entreprises et au soutien des PME. Ainsi, l’investisseur
matière d’incubateurs. Un programme a été lancé en 1991 pour étranger peut bénéficier de l’ensemble des services mis en place
créer un réseau de pépinières d’entreprise qui a participé à la notamment le réseau des 26 centres Mati qui sont des guichets de
réussite technologique actuelle du pays. Le dispositif prévoit que services aux entreprises et le MATIMOP, principal centre de
l’État finance la totalité de l’administration de la pépinière et renseignements sur la technologie israélienne à l’intention des
fournit l’essentiel du budget dans la phase d’amorçage des projets entreprises en quête d’un partenaire étranger. 23 incubateurs
111 112
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
technologiques israéliens ont été également créés afin d’aider les du Commerce et du Travail (MOITAL) un organisme appelé
jeunes entrepreneurs à développer des idées novatrices, « Invest in Israël » (autrefois Centre de promotion des
actuellement 200 projets y sont développés et 1 000 entreprises investissements) chargé dʹaccueillir les étrangers qui souhaitent
« jeunes pousses » y ont été lancées. L’aide financière accordée par investir dans le pays. Ses fonctions sont les suivantes :
l’État peut atteindre 300 000 dollars sur une période de deux ans et organiser des voyages dʹaffaires en Israël pour des
finance 85% du budget approuvé. représentants dʹentreprises étrangères qui recherchent des
Il existe 13 programmes de coopération internationale pour des partenaires locaux stratégiques ou des possibilités
projets de recherche impliquant à la fois des sociétés israéliennes et dʹinvestissement ;
des sociétés étrangères (tels que BIRD Israël‐USA; CIIRDF Israël‐ fournir aux représentants dʹentreprises étrangères une
Canada ; SIIRD Israël‐Singapour ; BRITECH Israël‐Grande documentation préalable répondant à leurs demandes, avec
Bretagne ; KORIL Israël‐Corée ; VISTECH Israël‐Victoria en notamment une liste préliminaire dʹentreprises et de
Australie). Israël est également associé aux projets européens technologies israéliennes qui pourraient les intéresser, et leur
depuis 1994, a participé aux 4ème et 5ème PCRD et a signé un offrir un service personnalisé durant leur séjour dans le pays ;
nouvel accord d’association avec l’Union Européenne pour le 6ème et
PCRD, en y allouant 192 millions d’euros. Enfin, Israël a signé un
accord de coopération avec les États‐Unis consistant notamment en offrir aux investisseurs étrangers un large éventail de services,
un financement de projets communs de recherche via la BIRD tels quʹorganisation de réunions avec les parties intéressées,
(Israel US binational Research and Development). fournir des renseignements détaillés sur différents coûts de
production, évaluer les implantations et régler les problèmes
A noter que depuis juillet 2003, Israël a levé sa prohibition générale techniques ou administratifs avec les collectivités locales.
frappant les importations originaires des pays membres de lʹOMC
nʹayant pas de relations diplomatiques avec Israël ou prohibant les Site web : www.investinisrael.gov.il
importations originaires dʹIsraël à savoir le Bahreïn, le Bangladesh, Des informations détaillées sont disponibles dans la base de
le Brunei, Cuba, lʹIndonésie, le Koweït, la Malaisie, le Maroc, le données d’entreprises et d’informations économiques, Business
Pakistan, le Tchad, la Tunisie et les Émirats arabes unis. Les Data Israël, membre du groupe Coface à l’adresse web :
autorités espèrent que cette mesure unilatérale deviendra www.bdi.co.il
réciproque. En revanche, les prohibitions à lʹimportation
demeurent en place pour lʹIran, le Liban et la Syrie. Finance & banques en Israël
Le système bancaire israélien présente une configuration très
Le Centre de Promotion des Investissements en Israël : Invest in
proche de celle des pays développés d’Europe ou d’Amérique, avec
Israël
un secteur bancaire public et privé relativement solide, ainsi que
Afin de faciliter et de promouvoir lʹinvestissement étranger en
Israël, le gouvernement a créé au sein du Ministère de l’Industrie
113 114
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
des autorités de régulation financières et monétaires 1997, pour éviter les risques liés à la formation de conglomérats et
indépendantes. dynamiser le marché des capitaux, les banques ne peuvent plus
À la fin de 2005, 34 établissements bancaires opéraient en Israël détenir plus de 20% d’une entreprise non financière. La réforme
comprenant 18 banques commerciales, six banques hypothécaires, Bachar votée en septembre 2005, fixe de nouvelles règles pour
cinq institutions financières, une banque dʹaffaires, deux sociétés de mettre fin au duopole des banques Hapoalim et Leumi et leur
services conjoints et trois banques étrangères. imposer un désengagement des sociétés d’assurance et autres fonds
de prévoyance et offrir aux entreprises des sources de financements
Cinq grands groupes bancaires ‐ Hapaolim, Bank Leumi, Bank autres que les banques.
Discount, Bank Mizrahi et Beinleumi (First International Bank of
Israel) ‐ contrôlent 94% du marché. Le revenu net de ces cinq Toutes les banques doivent respecter le ratio minimum de fonds
banques est estimé à 6,7 milliards de shekels (1,2 milliards d’euros) propres de 9% conformément aux normes internationales édictées
en hausse de 30% par rapport à 2004. par le Comité de Bâle II sur le contrôle bancaire.
Conformément aux engagements quʹil a pris dans le cadre de La libéralisation du marché des changes a été consolidée et depuis
lʹAGCS, le droit d’établissement dans le secteur bancaire est libre et 2003, toutes les transactions en monnaie étrangère entre particuliers
il nʹy a pas de restrictions pour la création dʹétablissements et entreprises résidents et non‐résidents sont autorisées.
bancaires de droit israélien, l’acquisition par des non‐résidents Les investisseurs institutionnels et autres services financiers sont
d’une banque israélienne ou lʹouverture de succursales de banques assez développés. Les fonds de prévoyance sont la catégorie
étrangères. Néanmoins, en pratique, la présence de banques dʹétablissements financiers la plus importante après celle des
étrangères en Israël reste faible, limitée à des bureaux de banques. En août 2005, il en existait 627 qui avaient un actif total de
représentation, et seules City Bank, HSBC, Standard Chartered 227 milliards de NIS. La plupart de ces fonds sont gérés par les cinq
Bank et depuis début 2006, BNP‐Paribas, disposent de filiales. grands groupes bancaires. La réforme Bachar de 2005, visant à
La privatisation et les mouvements de fusion ont été un autre restructurer les services financiers, oblige les banques à se défaire
aspect majeur de la réforme du système bancaire. LʹÉtat a vendu progressivement de leurs participations dans des sociétés de
presque toutes ses actions de la banque Hapoalim Ltd et une partie gestion de fonds de prévoyance.
de ses actions dʹIsraël Discount Bank Ltd. LʹÉtat ne détient plus que Les fonds de pension sont la troisième catégorie dʹinvestisseurs
28,3% du capital de la banque Leumi Ltd. En janvier 2005, les institutionnels, avec 183,4 milliards de NIS dʹactifs en août 2005. Le
Banques Mizrahi et Tefahot ont fusionné devenant les banques système de retraite israélien se compose des ʺanciensʺ fonds de
leaders en Israël dans les domaines du prêt hypothécaire. pension, des ʺnouveauxʺ fonds de pension (opérationnels depuis
Outre la privatisation des participations de l’État, plusieurs janvier 1995) et des fonds de pension généraux (approuvés en
réformes ont été menées au cours des années 90 pour amener le 2000). A fin 2005, il y avait au total 860 fonds communs de
système bancaire au niveau des standards internationaux. Depuis placement gérés par 41 sociétés spécialisées. Leur actif total était de
133 milliards de NIS.
115 116
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Enfin, le marché financier bénéficie d’une Bourse moderne à Tel participation étrangère est passée à 2,1 milliards de dollars en 2005,
Aviv (TASE) qui fêtait ses 70 ans en 2005 et d’une multitude soit 11% du marché (source rapport annuel 2005 de TASE).
d’acteurs financiers spécialisés à l’instar d’un marché mature du A noter que les résidents étrangers bénéficient d’une exonération
capital‐risque grâce notamment au programme Yozma lancé en sur les plus‐values de valeurs mobilières cotées en bourse et à
1996 et composé de 10 fonds d’investissements d’environ 20 compter de l’année 2005, une disposition transitoire prévoit
millions de dollars et qui a servi d’amorce à l’industrie du capital l’exonération des plus‐values sur valeurs mobilières non cotées en
risque. Israël est le 2ème pays derrière les USA pour l’importance du bourse pour les valeurs mobilières acquises par des résidents
capital risque avec 8,7 milliards d’USD levés les dix dernières étrangers depuis juillet 2005 jusqu’à la fin de l’année 2008.
années, 1,3 milliards d’USD d’investissements en 2005 (437 millions
de USD pour le premier trimestre 2006), les investisseurs étrangers Télécom & Internet en Israël
les plus actifs étant Intel Capital, JP Morgan, JAFCO, Accel Partners
Le marché des télécommunications a progressé de 7% par an entre
et Shamrock. Attirés par le dynamisme israélien, les plus grands
1998 et 2004 atteignant un chiffre dʹaffaires total dʹenviron 5,7
fonds de capital investissements américains et européens ont
milliards de dollars. Israël a continué de mener sa politique de
d’ailleurs ouvert des branches israéliennes, comme Sequoia,
dérèglementation du secteur en 2005 notamment par la cession de
Benchmark, Accel, Walden, Advent, Apax, Alta‐Berkeley, et
sa participation dans la société nationale Bezeq en 2005 (le
Partech.
consortium constitué de l’investisseur américano‐israélien Haim
Les indices les plus performants sont le TA 25, le TA 100 Saban, du fonds d’investissements britannique Apax et de
(représentant respectivement les 25 et les 100 plus importantes l’investisseur israélien Moshé Arkin, a payé 972 millions de dollars
capitalisations boursières) et le Tel Tech pour les valeurs pour 30% de Bezeq, valorisant ainsi l’entreprise à 3,24 milliards de
technologiques. La bourse israélienne a marqué plusieurs records dollars), a mis en place un régime permettant la concurrence entre
au cours de l’année 2005 et reste l’un des marchés émergents les plusieurs opérateurs et a ouvert à la concurrence lʹoctroi de licences
moins volatils. La bourse traite environ 900 valeurs (actions, bons dʹexploitants de commutateurs locaux pour les infrastructures, la
de souscription et obligations convertibles). Le marché des titres à transmission et les services de transfert de données et de
revenu fixe est constitué pour lʹessentiel dʹobligations du Trésor. téléphonie.
Des options sur indice et des contrats à terme y sont également
L’ouverture du secteur à la concurrence a facilité le développement
négociés.
d’une grande variété de services, ainsi qu’une baisse substantielle
Le montant des transactions s’élève en moyenne par jour à un des prix, rendant les technologies les plus modernes, comme
milliard de shekels (environ 180 millions d’euros), soit le double de l’Internet haut débit, le Wi‐Fi ou la télévision multi‐chaînes,
l’année 2000. En 2005, le nombre de sociétés cotées est de 584 et la accessibles au plus grand nombre.
capitalisation boursière (actions uniquement) de 122,6 milliards de
Pour la téléphonie domestique fixe, il y a actuellement 3 millions de
dollars. Les indices boursiers ont augmenté de 20%. La
lignes fixes en service. Depuis la fin du monopole de Bezeq dans le
117 118
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
domaine de la téléphonie fixe, Hot Telecom est devenu le 2ème place parmi les 20 pays les plus connectés à Internet, avec 643
opérateur. Actuellement les fournisseurs d’accès Internet (FAI) serveurs connectés au réseau Internet pour 10 000 habitants
Netvison et Internet Gold Lines, testent des services de téléphonie devançant le Royaume Uni, la France ou l’Allemagne.
s’appuyant sur le protocole VoIP. Fin 2005, l’opérateur de 30 mois seulement après son lancement, l’Internet haut débit
téléphonie cellulaire Golden Lines Communications Services a (ADSL) enregistrait à la fin 2004 un taux de pénétration de 15% de
obtenu une licence lui permettant de fournir des services sur le la population (soit environ 40% des ménages). A fin 2005, l’ADSL
marché du fixe. De son coté Cellcom s’est vu attribuer une licence comptait près de 1,22 millions d’abonnés, soit un taux de
pilote VoBB (Voice over Broad Band). pénétration de 65% et une croissance de 25%. A noter que seul
Pour la téléphonie internationale, trois opérateurs concurrencent Bezeq offre l’ADSL, les autres opérateurs proposant un support
Bezeq International : Barak (partenariat entre les sociétés modem câble. L’Internet sans fil commence également à se
israéliennes Calcom et Matav et étrangères Sprint, Deutsche développer, plus de 150 points de connexion Wi‐Fi sont recensés à
Telekom, et France Telecom) ; Golden Lines (les sociétés travers le pays.
israéliennes Aurec et Globscom et l’italienne Telecom Italia) ; Israël figure par ailleurs, parmi les 30 pays les mieux équipés au
Internet Gold lines (Eurocom Communications), depuis juin 2004. monde en termes de matériel informatique, avec un taux
NetVision (fournisseur de services Internet) et Xfone d’équipement comparable aux pays européens : environ 24% de sa
Communication (société anglo‐israélienne) ont également pénétré population possède un ordinateur contre 35% en France, 23% en
le marché des communications internationales en 2004. Italie et 19,5% en Espagne. C’est un marché en forte croissance avec
Quatre opérateurs se partagent le réseau cellulaire numérique : + 16,4% en volume enregistrée au cours de lʹannée 2004, écoulant
Cellcom (BellSouth, Safra Group, Discount Investment Corp.) qui plus de 612 000 unités pour un montant supérieur à 1 milliard de
compte environ 2,25 millions d’abonnés ; Partner‐Orange dollars par trimestre. Le marché des applications dʹentreprises est
(Hutchinson, Elron Industries, Eurocom, Matav et Polar) avec près quant à lui, estimé à 52,14 millions de dollars tandis que les
de 2 millions d’abonnés ; Pelephone (appartenant à Bezeq) avec investissements dans les services IT devraient atteindre 497
environ 1,95 millions d’abonnés ; et MIRS (Motorola Israël) avec millions de dollars en 2006.
250 000 abonnés. Il y a environ 6,5 millions de téléphones mobiles Plusieurs opérateurs se partagent le marché de la télévision multi‐
en service, soit un taux de pénétration supérieur à 97%. Le chiffre chaînes : YES, (Bezeq), Eurocom, Polarcom, Gilat et Lidan‐Kardan.
dʹaffaires total de la téléphonie mobile était dʹenviron 3,1 milliards Le bouquet satellitaire numérique compte au début de l’année 2004
de dollars en 2004. près de 415 000 abonnés (30% des foyers). Hot Telecom (Golden
On recense environ 60 fournisseurs d’accès à Internet, dont les Channels, Tevel et Matav) a progressivement basculé ses abonnés
principaux sont Netvision, Internet Gold, Bezeq International et sur les systèmes numériques, à travers les réseaux câblés. Le taux
Barak Online, Bezeq Zahav, Hot Telecom, et Golden Lines de pénétration de la télévision numérique par le câble est de plus
totalisant 3,6 millions d’abonnés en 2005. Depuis 2003, Israël se de 55%. Fin 2003, 77% des foyers israéliens (1,4 million) sont
119 120
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
abonnés à un service de télévision à canaux multiples. Le taux de Tadiran (membre du groupe Elisra) est également un leader
pénétration de la télévision numérique est de 70%, satellite et câble mondial dans le domaine de la fabrication et du développement de
confondus. systèmes de communication sans fil.
L’éventail de services offerts sur Internet s’est fortement développé Spacecomm Satellite Communications (IAI, Eurocom, General Sat
grâce à la libéralisation du secteur notamment dans le secteur Serco, Mer Serv Group), entreprise leader au niveau national, gère
bancaire et gouvernemental. Ainsi, le gouvernement israélien a les satellites Amos‐1 et 2 et très prochainement Amos‐3 (construit
autorisé l’utilisation des signatures numériques dans le processus par Israël Aircraft Industries). Gilat Satellites Networks (209,4
d’identification et dans les transactions monétaires. Les impôts ou millions d’USD de CA en 2005) est le premier fournisseur de
amendes peuvent par exemple être payées en ligne. produits et services pour les réseaux de communications
De nombreuses applications technologiques innovantes ont permis satellitaires et a récemment conclut un partenariat avec le leader
à Israël de s’assurer une renommée mondiale dans le domaine des mondial SES Global.
technologies de l’information. On compte notamment parmi celles‐
ci la téléphonie via Internet (VoIP), le commerce électronique, la Opportunités d’affaires en Israël
gestion des connaissances (knowledge management) la Le pays dispose de nombreux avantages comparatifs dans des
vidéoconférence et la sécurité des réseaux. activités variées notamment dans les secteurs de la haute
Les industries israéliennes excellent dans de nombreux domaines, technologie, l’aéronautique, l’électronique civile et militaire, les
notamment dans les communications par satellite ou la sécurité composants électroniques et nanotechnologies, les
informatique et l’équipement de réseaux, avec plus de 50 sociétés télécommunications, l’informatique, la sécurité et les
opérant dans ce seul secteur générant un chiffre d’affaires estimé à biotechnologies, l’instrumentation médicale... et des avantages
plus de 600 millions d’USD. comparatifs absolus dans certains secteurs de pointe comme la
sécurité sur Internet (par exemple l’encryptage de données en
Checkpoint par exemple est l’un des leaders mondiaux dans le
ligne), production d’outils optiques à usage militaire, techniques
domaine des produits et solutions de sécurité des réseaux (597
d’administration de certains médicaments, etc.
millions d’USD de chiffre d’affaires en 2005). D’autres entreprises,
comme Aladdin, Comsec ou WhiteCell sont en forte croissance. Le magazine de référence en technologie, Red Herring a publié la
version 2006 de sa liste « Top 100 European Firms » des plus
ECI Telecom (630 millions d’USD de CA en 2005), est une
grandes sociétés technologiques. Israël arrive en 2ème position avec
entreprise leader dans l’équipement de réseau optique, large bande
16 entreprises après le Royaume‐Uni (28 entreprises) et ex aequo
et VoIP, présente dans plus de 150 pays et rivalise avec les leaders
avec la France (contre 20 en 2005), parmi lesquelles 2 opèrent dans
mondiaux comme Nortel.
le secteur des biotechnologies.
121 122
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Les opportunités d’investissement et de partenariat pour les raffineries de pétrole situées à Ashdod et Haifa) ; la privatisation de
entreprises étrangères se situent dans les secteurs les plus la Banque Leumi (9,99% des participations de l’Etat ont été cédées
dynamiques de l’économie israélienne ainsi que dans des niches début 2006 au fonds américains Cerberus Capital Management LP
moins développées mais à fort potentiel de croissance. et Gabriel Capital Management pour 2,474 milliards de NIS) ; la
Dans l’informatique, cela va des logiciels de CRM (gestion de la division dʹIMI et la fusion de certaines de ses composantes avec la
relation client) appliqués aux télécoms, au traitement du signal société RAFAEL (Armament Development Authority Ltd.) tout en
numérique, en passant par les technologies de la vidéo, la exécutant la deuxième partie du plan de privatisation ;
compression de la parole, l’encodage, la sécurisation des données lʹachèvement des réformes concernant le secteur électrique ; la mise
numériques, les algorithmes de reconnaissance vocale, etc. Dans le en œuvre de réformes dans le secteur de lʹimmobilier, y compris les
secteur des semi‐conducteurs, les entreprises étrangères peuvent processus de planification et de construction ; la création dʹune
trouver des complémentarités technologiques avec des sociétés régie des eaux ainsi que de compagnies de distribution dʹeau et
israéliennes de domaines comme la conception des mémoires flash dʹassainissement.
ou les puces sécurisées. Les fusions acquisitions continuent de générer des flux important
Le partenariat est également recherché dans le domaine des d’IDE, comme en témoigne l’achat début 2006 par Warren Buffet de
biotechnologies et de l’instrumentation médicale, des technologies 80% de l’entreprise israélienne Iscar pour 4 milliards d’USD, l’un
associées, à savoir au niveau des croisements entre les technologies des investissements étrangers les plus importants jamais réalisés
propres au secteur des biotechnologies et les technologies issues dans l’état hébreu après celui du géant américain des micro‐
d’autres domaines. Cela peut être le cas notamment au niveau des processeurs Intel, et « l’un des gages de confiance les plus
nanotechnologies, de l’informatique, de la numérisation d’image importants qu’ait jamais reçu l’Etat Hébreu ». Iscar basée dans le
ou de manière plus générale de l’instrumentation. parc industriel de Tefen en Galilée, est aujourd’hui la seconde
entreprise mondiale de machinerie métallique, présente dans 55
Le marché israélien offre également des débouchés, liés en partie pays et employant près de 5 000 personnes dans le monde, dont
aux spécificités géographiques et climatiques du pays, dans les 2 000 en Israël. Son chiffre d’affaires est estimé à 1 milliard d’USD
secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire, de et sa croissance annuelle de 15%.
l’environnement et des transports. Le pays est engagé dans la
réalisation d’un programme à long terme de modernisation de ses Enfin, Israël a une longue tradition historique dans l’industrie du
infrastructures routières, de ses centrales de production et de diamant et est le n°1 mondial du diamant poli avec plus de 1 200
distribution d’électricité, de ses installations de traitement de l’eau compagnies installées à Ramat Gan et produit les deux tiers des
et de ses réseaux de télécommunications. diamants de qualité du monde et a la plus grosse bourse du
diamant. Israël semble attirer toujours plus d’entreprises dans ce
Par ailleurs, le gouvernement israélien compte poursuivre sa secteur. En effet, l’amendement 147 de la loi de l’impôt sur le
politique de privatisation pendant les années 2005‐2006 : les revenu des sociétés qui stipule qu’une entreprise étrangère qui se
réformes portent principalement sur la privatisation de Bazan (les
123 124
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
relocalise en Israël ne paiera pas d’impôt sur ses activités à 2005 s’établissent à 4,15 milliards de dollars, soit une croissance de 6%
l’étranger, entraîne un intérêt croissant des fabricants de diamant en un an. Un engouement qui s’explique d’abord par une forte
étrangers. croissance des exportations aux Etats‐Unis et en Europe. 15% des
logiciels mondiaux sont réalisés en Israël. Windows NT et XP ont été
Informatique, électronique et NTIC en partie élaborés par Microsoft Israël. Microsoft et Cisco ont ouvert
leur SEUL centre de Recherche & Développement en dehors du sol
L’excellence de l’industrie informatique, des télécommunications et américain en Israël. Le laboratoire de R&D de Sun est responsable de
des technologies de l’information israélienne dans de nombreux la partie sécurité des solutions Java. Israël dispose de plus de 35 000
domaines est l’un des principaux atouts du pays, qui recèle encore programmeurs spécialisés qui ont fait la réputation de CheckPoint,
un fort potentiel. Voici quelques exemples : Aladdin, Magic, Crystal, Mercury etc. Les éditeurs locaux se sont aussi
fait une spécialité dans les relations inter‐entreprises à l’image de
Israël est actif sur certains secteurs clés comme les technologies sans
Amdocs (personnalisation et système de paiement en ligne), Magic
fils (Wi‐Fi et réseaux WiMax), la sécurité (FireWall par Check Point),
Software (solutions d’intégrations, gestion des processus métiers),
les puces électroniques (Intel). Israël se démarque également dans les
Nice Systems (communications interactives) ou Cimatron (CAO/PAO).
secteurs de l’imagerie médicale, les cellules souches, l’aéronautique et
Au total, le marché du logiciel emploie plus de 15 000 personnes dans
la nanotechnologie. Parmi les niches et technologies du futur qui
le pays.
présente un fort potentiel en Israël, on peut citer les pilules caméra
pour remplacer la fibroscopie, les messageries instantanées sur Les composants électroniques constituent un enjeu économique et
Internet, les clés USB etc. stratégique essentiel pour lʹindustrie électronique en Israël. En 2004,
Israël a produit près de 2,3 milliards d’USD de composants
Motorola Israël a largement participé à l’élaboration des premiers
électroniques (5% du marché mondial), dont 98% ont été exportés. Les
téléphones cellulaires et sa nouvelle génération de processeurs
technologies du Pentium M, de la plateforme Centrino et du Pentium
MSC8101 a été développée en Israël. Soixante pour cent des
MMX ont été intégralement conçus et développées en Israël. Intel,
téléphones cellulaires comportent une puce conçue par DSP Israël.
leader mondial du secteur des microprocesseurs est installé depuis
Israël dispose du seul réseau cellulaire alternatif et encrypté déployé
1974 en Israël et possède quatre centres de développement à Haïfa,
par l’armée. Gilat Satellites fournit ses services de télécommunications
Yakum, Jérusalem et Petah Tiqva, ainsi que deux usines de production
satellitaires à la Poste américaine sur plus de 26,000 sites. La
à Jérusalem et à Kiryat Gat. Une deuxième usine est actuellement en
technologie des boîtes téléphoniques vocales a été développée en
construction pour un coût d’investissement de 3,5 milliards de NIS et
Israël, Comverse en est toujours un des leaders mondiaux. La
sera opérationnelle en 2008. Les revenus de Intel Israël Group ont
messagerie instantanée de type MSN Messenger, AOL, Yahoo
atteint 1 168 millions d’USD en 2004 (Dun & Bradstreet Israël).
Messenger a été développée en Israël par Mirabilis. Deutsche Telecom
Orbotech dispose de 60% de part de marché mondiale des
vient de signer un accord afin de créer un laboratoire de R&D,
équipements de contrôle de circuits imprimés mondiaux. Dans le
Deutsche Telecom Laboratories, à l’Université de Ben‐Gurion de Beʹer
domaine des processeurs de traitement du signal digital, la société
Sheva. La société s’est engagée à investir plus de 12,1 milliards sur
américaine Freescale Semiconductors dispose d’un centre de design à
deux ans dans l’institut de recherche.
Hertzliya. Dans le domaine des mémoires, M‐systems est
L’activité d’édition de logiciel (software) est florissante. Selon incontestablement l’acteur majeur en Israël. Cette société propose des
l’association des éditeurs israéliens, les ventes du secteur pour l’année
125 126
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
disques durs en mémoire flash, pouvant être intégrés soit dans une clé mis en place par le gouvernement israélien (les incubateurs
USB, soit dans les téléphones portables et les assistants personnels. technologiques, les différents programmes de support de l’Office of
Elle vient de lancer la technologie « 4‐bit flash » (stockage de 4 bits the Chief Scientist, les programmes internationaux tel EUREKA,
d’informations sur une seule cellule de mémoire flash soit 2 fois mieux
etc.), ont contribué à l’implantation des plus grandes
que ce qui se fait à l’heure actuelle).
multinationales et de nombreuses sociétés leaders mondiaux dans
Les sociétés fabless (sans unité de production) se spécialisent dans le ce domaine.
design du cœur des microprocesseurs qui sont ensuite vendus
principalement à des fabricants de circuits intégrés sous la forme de Le secteur des nouvelles technologies a entraîné l’émergence d’une
licences de technologie. Actuellement, une quarantaine de sociétés forte activité de capital‐développement, qui représente également
fabless se situent en Israël plaçant le pays en troisième position après pour les investisseurs étrangers de réelles opportunités. Les
les États‐Unis et Taiwan. Concernant les fonderies, la société autorités continuent d’ailleurs de soutenir la venue
américaine Tower Semiconductor possède une filiale dans le nord d’investissements étrangers dans les fonds israéliens de capital‐
d’Israël disposant de deux usines ainsi que Vishay Intertechnology, risque en proposant une défiscalisation des participations
située à Yokneam. Vishay prévoit de repositionner toute sa production
étrangères. La croissance du capital investissement est également
en Israël.
favorisée par l’existence d’une place financière dynamique, la
L’un des principaux points forts de l’industrie israélienne des semi‐ Bourse de Tel Aviv.
conducteurs réside dans ses laboratoires de recherche en micro‐
électronique. Le centre de recherche submicronique Braun à l’Institut Sciences de la vie
Weizmann des Sciences est équipé de tout le matériel nécessaire au
design, à la fabrication et à l’étude de micro‐composants électroniques. Le secteur des sciences de la vie a connu un développement
L’Institut du Technion a récemment mis en place un centre ultra considérable en Israël grâce à un environnement économique,
perfectionné de nanoélectronique, The Russel Berrie Nanotechnology technologique et académique favorable. En effet, Israël présente un
Institute. Une cinquantaine de groupes de recherche se focalise des plus forts taux au monde d’investissement en recherche et
actuellement dans le domaine des nanotechnologies. L’université développement civils, 2,9% du PNB 2004 selon l’OCDE. Une partie
Hébraïque de Jérusalem et l’université de Tel‐Aviv mènent également de cette somme est utilisée par les deux instituts académiques, cinq
de nombreuses recherches dans ce domaine. Cinq universités universités et de nombreux instituts de recherche locaux. La force
chinoises ont signé des accords d’échange avec le Technion, la Chine,
des israéliens dans ce secteur repose dans l’innovation, l’ouverture
comme d’autres pays, comptent beaucoup sur Israël pour l’acquisition
à l’international et un efficace transfert de technologies entre les
des technologies de pointe, en particulier dans le domaine militaire.
Enfin, Israël a acquis une expertise particulièrement développée dans différents acteurs.
les domaines de la métrologie et de l’inspection. Applied Materials est Ce secteur couvre principalement l’instrumentation médicale, la
le leader des équipementiers. pharmacologie et les biotechnologies qui incluent notamment la
Les centres de recherches académiques du pays, les sources de thérapeutique, le diagnostic, la bio‐informatique et le bio‐
financement (notamment le capital‐risque) et les dispositifs d’aide agroalimentaire.
127 128
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Le secteur des sciences de la vie compte 700 sociétés et emploie 27 le chiffre d’affaires de l’industrie israélienne s’élève à 2,5% de ce
000 personnes. Selon une étude de Price Waterhouse Coopers, près total situant Israël parmi les douze premiers acteurs mondiaux aux
de 49 millions d’USD ont été investis dans des startups de ce côtés des USA, du Canada, de l’Australie, de l’Allemagne, de la
secteur en 2005 (31 millions in 2004). Les exportations ont atteint 3,3 France. Ses 200 entreprises de biotechnologies sont engagées dans
milliards d’USD en 2005 principalement vers les USA (63%), une large gamme d’activités allant de l’ingénierie génétique à la
l’Europe (27%) et le Moyen Orient et l’Asie. Le président de bio‐informatique, du développement des substances
l’Institut Israélien des Exportations et de la Coopération thérapeutiques aux produits expérimentaux basés sur les cellules
Internationale, a annoncé récemment que les exportations du pays souches.
dans le secteur des sciences de la vie (instrumentation médicale, Dans l’industrie pharmaceutique, 74 laboratoires sont
biotechnologies, pharmacie) pourraient doubler d’ici 2010, opérationnels parmi lesquels, TEVA Pharmaceutical Industries, est
atteignant ainsi 6,5 milliards d’USD. un leader mondial des médicaments génériques et produit la
Le marché des équipements industriels et médicaux représente un Copaxone pour lutter contre la sclérose en plaque. Son CA 2004
chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’USD, dont la moitié est réalisée était de 4,8 milliards d’USD dont 4,5 réalisés à l’export, se plaçant
par les sociétés Lumenis, Given Imaging, Healthcare Techno et comme la première industrie israélienne devant Oil Refineries,
Philips Medical Systems. Le secteur de lʹéquipement industriel, Israël Electric Corporation et Elco holdings. En achetant son
évalué en 2004 à 2,4 milliards d’USD, dont 98% à lʹexportation, se concurrent américain Ivax en 2005, Teva espère réaliser dès 2006 un
concentre autour des sociétés Elron Electronic Industries, Elisra chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars. La société compte ainsi
group et HP Israel. Le marché de lʹéquipement médical est estimé jouer un rôle de tout premier plan sur un marché mondial estimé
en 2004 à près de 1,1 milliards d’USD, dont 95% est destiné à entre 60 et 100 milliards de dollars sur lequel elle sera en
lʹexportation. Les sociétés israéliennes Lumenis, Given Imaging, compétition avec le groupe suisse Novartis et surtout avec des
(rachetée par Elron Electronic) et Healthcare Technologies, ainsi producteurs asiatiques.
que la multinationale Philips Medical Systems, réalisent près de la Derrière Teva, se profilent plus de 60 entreprises parmi lesquelles
moitié du CA du secteur. Une trentaine de PME et start‐up se une nouvelle génération de sociétés prometteuses telles que D‐
partageant le reste du marché. Les exportations du secteur ont crû Pharm, Taro, Proneuron, Bio‐Technology General, Keryx, Pharmos
de 35% rien qu’en 2005 pour atteindre $3,3 milliards. A titre ou Compugen, spécialisées notamment dans le domaine du cancer,
d’indication, le montant des exportations (hors diamant) pour des maladies neurologiques ou de la bio‐informatique. Hazera
l’année s’était établi à $25,5 milliards. Genetics, reprise par le groupe français Vilmorin, est un acteur
Le secteur des biotechnologies est devenu l’un des domaines essentiel parmi les sociétés israéliennes d’agrobiologie.
d’excellence nationale, avec plus de 130 sociétés, dont une Un parc biotechnologique a été créé sur le campus de l’hôpital
quinzaine cotée en Bourse. Par rapport au marché mondial des universitaire Hadassah à Jérusalem, qui servira d’incubateur pour
biotechnologies, estimé à une valeur de 35 à 50 milliards de dollars, des start‐up et fournira un espace de laboratoires pour environ 25
129 130
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
compagnies (prévu pour 2007). Une organisation ILSI (Israeli Life En matière de R&D, Israël s’est doté dʹinstitutions performantes
Science Industry) a été créée récemment et est dédiée aux sciences comme lʹOffice of the Chief Scientist (OCS), soutenant les start‐up
de la vie avec pour objectif de promouvoir les entreprises du secteur, notamment à travers le programme dʹincubateurs ou au
israéliennes de ce domaine. Par ailleurs, parmi les 25 incubateurs sein des laboratoires de recherches académiques comme le
technologiques créés par le gouvernement, 5 sont consacrés Technion de Haïfa et l’Institut Weizman. Le pays excelle dans le
exclusivement au domaine des sciences de la vie. Enfin, un domaine de la maintenance et de la modification dʹavions et a
consortium bio pharmaceutique Pharma Logica a été créé en 2002 acquis un savoir‐faire en matière de systèmes dʹavionique et
et a pour objectif d’établir une coopération entre l’industrie dʹoptronique, déjà sollicité dans les grands programmes
pharmaceutique et les centres de recherche des universités. aéronautiques européens ou américains, comme les projets
Les opportunités de partenariat et de coopération sont donc européens Gala (5e PCRD) et Galileo (6ème PCRD) ou récemment
nombreuses. Dans une industrie mondiale en manque pour le développement et la commercialisation dʹun système de
d’innovation, Israël est une source de nouvelles technologies et de défense civil contre les missiles air‐sol, en collaboration avec les
ressources humaines d’excellente qualité. Les prix Nobel qui ont Etats‐Unis.
récompensé en 2004 les Professeurs Ciechanover et Hershko du Bénéficiant de 21% du budget de lʹEtat (soit 7 fois plus que dans les
Technion prouvent l’intérêt majeur de leurs découvertes. De leur autres pays de lʹOCDE), le secteur de la défense représente un pôle
côté, les sociétés européennes sont des relais indispensables aux stratégique et économique de tout premier ordre. Ainsi, Israël a su
entreprises israéliennes dans leur accès aux marchés finaux. Que ce se doter de structures puissantes et renommées internationalement
soit pour leur savoir‐faire en développement de médicaments, en dans le secteur de lʹélectronique de défense. Ce marché qui a
essais cliniques, ou simplement pour leur infrastructure de vente longtemps été un monopole étatique, est aujourdʹhui largement
dans les marchés stratégiques, les européens sont des partenaires ouvert au secteur privé. Lʹexcellence du secteur de défense israélien
indispensables pour les israéliens. lui a permis de pénétrer les marchés porteurs dʹAsie orientale,
dʹAmérique Latine, d’Inde et de Turquie.
Industries de la défense et de l’aéronautique
Deux entreprises gouvernementales se partagent le marché :
Développée à l’origine à des fins militaires, lʹaéronautique est
devenue l’un des fleurons de lʹindustrie israélienne. Bien que Israël Aircraft Industries (IAI) dont les activités principales sont
concentrée autour de grands groupes gouvernementaux, lʹoffre divisées en trois catégories : la vente dʹavions dʹaffaires (Astra
israélienne sʹappuie également sur une pépinière dʹentreprises du et Westwind), de matériels électroniques (Elta Electronics) et la
secteur des hautes technologies, principalement issues de sous‐traitance (principalement conversion d’avions
lʹinformatique et de lʹélectronique. En 2003, le secteur de commerciaux) qui représente lʹessentiel des revenus tirés de
lʹaéronautique a représenté 3,75 milliards d’USD, soit 3,5% du PIB lʹexportation, soit près de 80% du CA global. Elle est la
israélien. deuxième plus grande entreprise du pays derrière la
compagnie électrique nationale (I.E.C), et occupe la 33e place
131 132
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
dans son secteur au niveau mondial. Les ventes de la société se noter que peu dʹentreprises ont orienté leur production dans les
sont établies à 2,34 milliards d’USD en 2005 qui a reçu plus 3,4 domaines de la motorisation et des structures, la grande majorité
milliards d’USD de commandes civiles et militaires, créant est spécialisée en électronique et en informatique. Avec 12 000
ainsi un backlog de plus de 6,3 milliards d’USD à fin 2005, se employés, ces sociétés participent à lʹactivité dʹautres secteurs de
situant ainsi parmi les 12 plus grands constructeurs lʹactivité industrielle israélienne, notamment celui des hautes
aéronautiques mondiaux pour IAI. IAI est actuellement le technologies.
deuxième producteur mondial de drones après les USA et à
égalité avec la France. IAI et EADS ont développé des Energie
partenariats forts. IAI bénéficie d’atouts reconnus dans le La consommation d’énergie particulièrement d’électricité connaît
secteur de la surveillance du territoire (Homeland Security), une croissance rapide.
notamment dans l’électro‐optique, le traitement de
Possédant peu de pétrole, Israël importe la quasi‐totalité de ses
l’information et les radars. Des partenariats sont en cours de
besoins pétroliers (6,8 milliards d’USD en 2005 et 4,5 milliards
développement avec EADS et CS (ex Compagnie des Signaux).
d’USD en 2004) d’Egypte, de la Mer du Nord, de l’Afrique de
IAI renforce sa coopération avec les missiliers européens,
l’Ouest et du Mexique et depuis quelques années de Russie.
notamment MBDA, joint‐venture de EADS, BAE Systems et
L’exploration pétrolière en Israël n’a pas été couronnée de succès,
FinMeccanica.
pourtant, la Commission Pétrolière Israélienne a estimé que le
La deuxième société, Rafael, filiale à 100% du Ministère de la sous‐sol israélien devrait contenir 5 milliards de barils. Israël Oil
Défense, est lʹautre acteur majeur de lʹindustrie de la défense Refineries (ORL) exploite les deux raffineries existantes à Haifa et à
israélienne, spécialisée dans la conception et la fabrication de Ashdod.
missiles. Ses activités sont également orientées vers la
Au début des années 2000, le gouvernement israélien a décidé de
fabrication d’armes et la conception de véhicules blindés et ses
privilégier le gaz naturel pour l’approvisionnement en électricité.
ventes destinées au marché local (Défense). Des pourparlers
En 2003, l’Etat a créé la Natural Gas Authority (NGA) et la
quant à un démantèlement progressif et à une restructuration
compagnie de transport Israel National Gas Lines (INGL),
du groupe sont en cours depuis de nombreuses années et
dépendants du Ministère des Infrastructures, afin de définir les
pourraient ainsi donner naissance à des partenariats avec le
moyens d’instaurer un plan jugé d’intérêt national, le gaz naturel
secteur privé.
devant représenter à terme 60% de la production totale d’électricité.
Enfin, les grands groupes de lʹaéronautique sʹappuient sur une
La demande annuelle est de 1,6 milliards de m3 pour l’électricité et
pépinière dʹentreprises, métallurgiques, mécaniques, électroniques,
l’industrie et les prévisions effectuées par la NGA pour les 20
et sur de nombreux bureaux dʹétudes. Les plus connues sont Taas,
années à venir sont de 11 milliards de m3. Les deux principaux
Elbit, Tadiran, Elisra, El‐Op (leader dans le développement des
utilisateurs sont Israel Electric Corporation (IEC) et Oil Refineries
systèmes optroniques en Israël), Tat, Carmel Forge, Cyclon. Il est à
133 134
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Ltd (Bazan). Les ressources actuelles s’avèrent insuffisantes pour y d’offres concernant les réseaux de distribution seront toutefois
répondre. principalement destinés aux sociétés locales.
Le consortium Yam Thetis est le fournisseur principal en gaz Israël est devenu un acteur majeur dans les énergies alternatives.
naturel d’IEC pour une durée de 11 ans, à partir du 1er janvier La société israélienne Solel, basée à Beit Shemesh («la maison du
2004. Oil Refineries et Yam Thetis ont également signé un accord en soleil»), est le leader mondial pour la production d’électricité
2004 portant sur l’approvisionnement par Yam Thetis en gaz propre issue de l’énergie solaire. Créée en 1992 dans le désert du
naturel au départ d’Ashquelon vers la raffinerie d’Ashdod. Cet Neguev, Solel possède des centrales électriques à four solaire en
accord signé pour une durée de 10 ans pourrait être reconduit selon Israël et 9 en Californie (désert du Mojave). SOLEL a déposé début
le développement de la raffinerie d’Ashdod. 2006, un dossier auprès de l’Autorité Israélienne d’Electricité afin
Un accord historique a été signé en juillet 2005 pour l’exportation de devenir le 1er fournisseur d’électricité privé en Israël. La
de gaz égyptien vers Israël. Un consortium israélo‐égyptien Eastern centrale solaire permet actuellement de fournir 150 MW, une
Mediterranean Gas (EMG) importera du gaz égyptien sur 20 ans, puissance suffisante pour alimenter 300 000 résidents. Solel planifie
une partie de ce gaz devant être vendue en Israël, et une partie également de construire un four solaire d’une puissance de 500
éventuellement réexportée vers l’Europe et la Turquie. Par ailleurs, MW en Israël, une centrale solaire dans le Nevada et un champ
EMG et IEC ont conclu un contrat pour la fourniture de 1,7 solaire de 35 MW au Rajasthan en Inde et a remporté début 2006,
milliards de m3/an sur 15 ans. C’est EMG qui est chargé de la un contrat de 24 millions d’USD avec l’Espagnol Cobra
construction du pipeline partant de El Arish (Sinaï) jusqu’à Instalaciones y Servicios S.A. pour la fourniture de récepteurs
Ashkelon. solaires. L’Espagne est en effet en train de se construire sa première
centrale électrique basée sur la technologie thermo‐solaire.
De même, un vaste plan d’alimentation en gaz naturel pour
pourvoir à un déficit qui devrait atteindre 50 milliards de m3 en Une autre société, MST, a proposé au gouvernement israélien de
2025 a été lancé, l’Etat est à la recherche de fournisseurs et construire 16 centrales d’1 GWh chacune sur une période de 20 ans
exploitants supplémentaires aux deux compagnies existantes Yam (à comparer avec la production actuelle de 10 GWh). Ceci pourrait
Thetis et EMG. La compagnie de transport Israël National Gas permettre de diriger la production vers le « tout solaire » d’ici 30
Lines (INGL) détient un monopole pour le transport, et ce, au ans, période à laquelle les énergies fossiles devraient commencer à
moins jusqu’à 2007, date à laquelle INGL devrait être privatisée. se réduire. Le plan de MST est simple : construire des centrales sur
Concernant le futur réseau de distribution, la NGA accordera des un nouveau modèle de cellules photovoltaïques concentrées et
licences régionales, à ce jour au nombre de cinq, et ce uniquement associées à des sortes de loupes. Chaque année, une nouvelle
sur la partie infrastructures. Les licences seront accordées en B.O. centrale est construite grâce aux bénéfices tirés de l’exploitation des
(Build, Operate) sur le principe de basse pression. Les réseaux de précédentes.
transport étant déjà prêts sur la partie Sud (Ashdod‐ Ashkelon), la
licence devrait être accordée fin 2005‐début 2006. Les appels
135 136
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Transport 1er projet : réseau multimodal entre le Moyen Orient et
Le Ministère des transports (MOT) a lancé un plan national l’Europe à partir du port de Haïfa ; construction d’une double
directeur d’infrastructures de transport interurbain et suburbain, ligne liant Haïfa à Irbid (Jordanie) et passant par l’Autorité
soucieux de l’environnement et des exigences sécuritaires palestinienne: « Jenin extension ».
renforcées. Du côté du fret, la priorité est donnée aux transports 2ème projet : réseau multimodal entre le Moyen Orient et
multimodaux. l’Europe à partir du port d’Ashdod ; une voie ferrée est
Les projets d’infrastructures aéroportuaires prévoient la envisagée entre Ashdod et Gaza et elle serait rattachée au
construction d’un nouveau terminal dédié aux vols d’affaires et Israeli Railway System.
privés à l’aéroport international Ben Gourion. L’opérateur du 3ème projet : étude de faisabilité pour un projet reliant Gaza à
terminal serait franchisé et n’aurait aucun lien avec les prestataires la Cisjordanie. Ce projet pourrait être financé par l’UE dans le
de service au sol de l’aéroport de Ben Gourion, et verserait une cadre du Bureau de transports commun à Israël et à l’Autorité
redevance à IAA (Israël Airports Authority). Le budget alloué par palestinienne ouvert en décembre 2005 et financé par l’Union
IAA à la réalisation du terminal s’élève à 4,3 millions de NIS. Sont Européenne à hauteur de 2 millions d’euros.
également prévues, la transformation de l’aéroport de Haïfa en
Dans le secteur routier, Israël National Roads Company a été doté
aéroport international (le coût des travaux est de 2 millions de NIS)
d’un budget de 19 milliards de NIS qui va être consacré sur les cinq
et la construction du nouvel aéroport de Timna près d’Eilat.
prochaines années au développement de nouvelles routes, la
L’appel d’offres (BOT) devrait être publié au deuxième semestre
décongestion des routes existantes et l’amélioration de la sécurité
2006 pour une mise en service en 2010.
routière. Pour la construction de routes, l’Etat fournit généralement
Pour le transport ferroviaire, un plan quinquennal « Railways le terrain à des consortia privés (entreprises locales et étrangères)
2000 », lancé en 2002, a pour objectif de faciliter le flux et la mobilité en BOT.
des personnes à travers le pays. L’objectif pour 2010 est d’atteindre
La réforme portuaire de 2004 a permis aux trois principaux ports
les 40 millions de passagers et 15 millions de tonnes de
israéliens Haïfa, Ashdod et Eilat, bien que sous tutelle du ministère
marchandises. Le projet Suburban Railway doit améliorer et
des transports, de bénéficier d’une gestion autonome au travers de
moderniser le réseau existant et construire de nouvelles lignes qui
Israël Ports Development & Assets Company (IPC).
seront connectées au réseau avec pour objectif d’atteindre 1 230 km
de rails en 2010. Le pays a également des besoins importants en Le commerce maritime mondial croit de 15% par an, tandis que
matériel roulant et en électrification des voies (1/4 environ des l’évolution du commerce maritime israélien n’est que de 7%.
investissements). Le trafic marchandises de l’ensemble des ports israéliens a atteint
Par ailleurs, 3 projets « The way forward » seraient à l’étude par 37,5 millions de tonnes de marchandises en 2005, le port de Haïfa
l’Union Européenne, suite à la conférence Euromed de décembre représentant 70% du trafic portuaire israélien et draine 68% du
2005, qui pourraient inclure les ports de Haïfa et Ashdod : trafic conteneurs israélien avec 31 millions de tonnes. L’objectif du
137 138
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
gouvernement est d’atteindre 65 millions de tonnes d’ici 2010, millions d’euros en 2002 (tracteurs, grues, treuils, échafaudages,
grâce aux investissements de modernisation effectués, notamment bétonneuses, bulldozers, excavateurs, ascenseurs, escalators,
à Haïfa et Ashdod. L’objectif est de faire figurer en bonne place en remorques, etc.).
Méditerranée les deux plus importants ports israéliens grâce à une
politique d’émulation basée sur la rentabilité. Le coût de ces Industries chimiques
travaux est estimé à 2,1 milliards d’USD d’ici 10 ans. Grâce aux ressources naturelles de la Mer Morte (la plus grande
Le Terminal Eitan (Port du Jubilé) à Ashdod a été officiellement source de brome) la chimie est un des secteurs clefs de l’industrie
inauguré le 2 Août 2005, et est destiné à augmenter la capacité des israélienne. L’ensemble du secteur est en évolution vers des
cargos en eaux profondes et à améliorer le transfert des produits tels que des médicaments, des produits biotechnologiques
marchandises. Le coût des travaux est estimé à 638,32 millions et des engrais.
d’USD. 14,5 millions de tonnes de marchandises ont transité par le Le secteur compte 150 entreprises. Les plus importantes sont le
port du Jubilé (potasse et la totalité des produits agricoles groupe ICL Fertilizers, spécialisé dans les engrais aux phosphates,
d’Israël…) en 2004. Il est par ailleurs prévu d’équiper le port de le groupe Dead Sea Bromine, appartenant à Israël Chemicals Ltd
Haïfa d’une voie ferrée le reliant à l’arrière pays et aux pays (ICL), le plus grand producteur mondial de brome (250 000 tonnes
limitrophes, souvent destinataires du trafic commercial qui entre par an, 35% de la production mondiale) et assure 11% de la
par le port. Une extension est prévue dans les Territoires production mondiale de potasse et 13% des ventes mondiales.
palestiniens.
La société Oil Refineries produit des produits dérivés tels que les
Il est en outre prévu le développement d’un système de transport huiles, lubrifiants et fuels. La société Makhteshim Agan Group
multimodal à Carmel à Haïfa. 3 milliards de NIS devraient être fabrique des produits chimiques à usage agricole, tels que
investis dans le développement du port de Haïfa dans les cinq pesticides et herbicides. Elle dispose de filiales dans le monde
prochaines années, destinés notamment à la construction de la entier. Les autres sociétés sont Haifa Chemicals Ltd., Agis
première partie du port du Carmel et à l’extension des quais. Les Industries Ltd., Teva Pharmaceuticals and Israel Chemicals Ltd.
travaux ont débuté en août 2005 et devraient se poursuivre
En 2004, les exportations de produits chimiques ont atteint 6,43
jusqu’en 2008 Au‐delà de ces 2 grands projets, IPC prévoit
milliards d’USD (y compris pétrole). Près de 40% sont destinées à
d’injecter 1,06 millions d’USD dans une vingtaine d’autres projets
l’Europe et 30% aux USA.
principalement pour le développement des infrastructures déjà
existantes, notamment l’extension vers le nord du port d’Eilat. Agriculture et technologies de l’environnement
A noter qu’il n’y a pas de production locale de matériels de travaux L’agriculture représente 2,4% du PIB israélien. Son importance
publics. Grand nombre d’importateurs vendent directement le décline largement du fait d’une croissance faible voire négative.
matériel aux entreprises de BTP. Les dépenses en machines et Ainsi, alors que le PIB israélien a été multiplié par 3,2 depuis 1986,
équipements pour l’industrie de la construction ont atteint 40 la production agricole a quant à elle décru de près de 10% et
139 140
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
l’emploi dans l’agriculture a été réduit d’un quart (50 000 équipements agricoles israéliens sont surtout spécialisés sur les
personnes). Elle occupe cependant une place essentielle dans cultures maraîchères ou de verger.
certaines régions pauvres d’Israël comme la vallée du Jourdain ou
de l’Arava. Eau
La production agricole s’est élevée en 2004 à 3,9 milliards d’USD et Comme les autres pays de la région, Israël est confronté à un
23% de celle‐ci a été exportée. Ces chiffres varient d’une année sur problème crucial de déficit en eau et de détérioration de la qualité
l’autre du fait des conditions climatiques et des fluctuations des ressources. Leur utilisation maximale et lʹaugmentation
monétaires. Les exportations agricoles israéliennes ont atteint le prévisible à long terme des besoins conduisent le gouvernement
milliard de dollar en 2005 soit 4% des exportations totales. israélien à multiplier les initiatives visant un accroissement rapide
des ressources disponibles et le recyclage des eaux.
Israël produit 70% de ses besoins alimentaires. L’état hébreu
importe en particulier du sucre, du café, du cacao et le gros de ses Les 2/3 du potentiel annuel en eau potable proviennent de 3
besoins de graines, oléagineux, viande et poissons. Israël est principaux réservoirs : le lac de Tibériade, seule réserve en surface
dépendant de l’étranger à 100% pour sa consommation de céréales. (1/4 des ressources), et les deux principales nappes phréatiques : la
Le poisson et les oléagineux doivent également être importé en très nappe côtière qui sʹétend sur 120 kilomètres du Carmel jusquʹà la
grande quantité (plus de 50% de la consommation). bande de Gaza et la nappe montagneuse qui se situe à lʹest de la
plaine côtière et sʹétend des Monts Carmel au sud de Beersheva (1/5
Le savoir‐faire israélien est particulièrement réputé dans le des ressources chacune). Les sources naturelles, spécialement dans
domaine de l’agriculture intensive. Grâce notamment à l’utilisation le nord du pays, sont la troisième ressource principale dʹeau
de techniques d’irrigation au goutte‐à‐goutte, l’agriculture potable. Les ressources naturelles sont de 1750 millions m3 (MMC)
israélienne atteint une productivité record. Près de 200 tonnes de en moyenne par an, auxquels s’ajoute le recyclage des eaux usées
tomates peuvent ainsi être produites en un an sur un seul hectare. (environ 300 MMC), et le traitement des eaux de pluies et
Les entreprises israéliennes de micro‐irrigation comme Plastro saumâtres (environ 150 millions de mètre cube).
Irrigation Systems sont les leaders mondiaux du secteur. Bien
qu’Israël soit un important producteur, il existe un marché à Lʹentreprise publique Mekorot est le principal producteur des
l’importation pour certains équipements spécifiques dans ce ressources en eau. La réforme dans le secteur de lʹeau a conduit à
domaine. une réorganisation importante de lʹentreprise en 2004. Une
nouvelle société holding a été créée, Mekorot Holding, entièrement
L’industrie du machinisme agricole a été développée dans le pays contrôlée par lʹEtat. Ce holding gère 3 filiales, ʺMekorot Water
et affiche 1,85 milliards d’USD d’exportations de matières Supplyʺ en charge du conduit national dʹeau, ʺMekorot Water
premières et d’équipement pour l’agriculture en 2005, en hausse de solutionʺ qui assure le développement des projets, notamment le
16%. Les exportations de ce secteur croissent donc plus de deux fois dessalement de lʹeau, lʹirrigation et le traitement des eaux polluées,
plus vite que la moyenne des exportations israéliennes. Les ʺMekorot Assetsʺ qui est en charge de la gestion des actifs de
141 142
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
lʹentreprise. Mekorot fournit plus de 1,3 milliards de mètres cube s’agit d’une construction franco‐israélienne réalisée par VID
d’eau par an soit plus de 90% de l’eau potable consommée et 70% Desalination Company Ltd., un consortium regroupant deux
de l’eau produite en Israël, le reste lʹétant par des collectivités entreprises israéliennes, IDE Technologies Ltd. et Elran
agricoles et certaines municipalités. Elle a construit le Conduit Infrastructures, et une entreprise française, Veolia Water S.A.
National dʹEau, lʹun des plus importants projets dʹinfrastructure en Le niveau de la Mer Morte s’est abaissé de 25 mètres durant les 120
Israël (130 km de canalisations, tunnels et réservoirs) qui permet de dernières années et continue de s’abaisser au rythme de 1 mètre par
conduire lʹeau du lac de Tibériade, vers le Centre, et le Sud. an. Cette situation est liée à l’utilisation intensive de l’eau du
Lʹentreprise dʹingénierie publique Tahal est responsable de la Jourdain et du lac de Tibériade par Israël, la Jordanie et la Syrie
planification de la gestion des ressources. avant tout pour l’agriculture.
Lʹindustrie israélienne de lʹenvironnement compte environ 250 L’Agence française de développement (AFD) a octroyé 2 millions
petites et moyennes entreprises. Elles sont particulièrement d’euros pour financer les études de faisabilité d’un projet de canal
compétitives dans lʹinstallation de systèmes compacts de traitement reliant la Mer Rouge à la Mer Morte via la Jordanie. L’objectif de ce
de lʹeau usée de petites communautés, les technologies permettant projet est la production de 850 millions de m3 d’eau potable grâce
lʹéconomie de lʹeau (équipement pour lʹirrigation, système goutte‐à‐ au dessalement de l’eau de mer, mais aussi d’empêcher que la Mer
goutte, systèmes de contrôle automatique et informatisés) et le Morte ne disparaisse. Les deux tiers de l’eau ainsi dessalée
traitement biologique des eaux usées. Elles disposent dʹun niveau pourvoiront aux besoins de la Jordanie – dont le territoire abritera
technologique élevé (start‐ups, équipes R&D renforcées), de l’essentiel du tracé de l’ouvrage – le reste étant destiné à Israël et
solutions sur‐mesure et dʹune grande flexibilité mais éprouvent aux territoires palestiniens.
certaines difficultés notamment à financer et réaliser des projets
entrepris dans le cadre de grands contrats (type BOT). Par ailleurs, la compagnie israélienne de l’eau, Mekorot, a lancé
WaTech, un programme qui permet à des entrepreneurs de
Un programme national est prévu pour surmonter d’ici 10 ans participer à la recherche sur l’eau et au développement de projets.
l’insuffisance actuelle et à venir des ressources en eau, ainsi que Ainsi, la start‐up Atlantium, créée en 2003, a développé un système
pour renflouer les aquifères. Des usines de dessalement d’eau de hydro‐optique de désinfection de l’eau.
mer et d’eaux saumâtres, de traitement d’eaux usées sont et seront
mises en place par le gouvernement israélien. Le gouvernement Enfin, de nombreux appels d’offres seront publiés d’ici 2010
israélien a décidé la mise en place 2 usines de dessalement dʹeau de notamment dans les domaines de traitement des eaux polluées des
mer, l’une à Ashkelon d’une capacité de 120 millions de mètre cube nappes phréatiques et de réhabilitation des puits pollués, de
la seconde à Hadera d’une capacité 100 millions de mètre cube), en traitement des effluents, dʹassainissement des canalisations et de
faisant appel notamment à lʹinvestissement privé. centralisation des réseaux dʹégouts, de contrôles de la qualité de
lʹeau.
La nouvelle usine de dessalement située a Ashquelon vient de
débuter son activité de pompage de l’eau de la mer Méditerranée. Il
143 144
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
BTP et construction fait de l’existence d’un accord de libre échange avec l’UE.
Le secteur du BTP accuse une baisse d’activité depuis 2002, avec L’importation des équipements de travaux publics est soumise à
une formation brute de capital de 38,3 milliards de NIS en 2005 l’obtention d’une licence d’importation et à l’homologation du
contre une moyenne de 44,5 milliards de NIS par entre 2000‐2003 et produit par le SII. Les importateurs doivent par ailleurs mettre en
ne représente plus que 8% du PIB contre 14% dix ans plus tôt. Les place des services après vente (réparation et pièces de rechange
investissements étaient de l’ordre de 9,8 milliards d’USD en 2005. pour tous les modèles commercialisés). Dans le cas de matériels
L’Etat, qui s’était progressivement désengagé depuis 1995 (génie d’occasion; l’équipement lourd ne doit pas avoir été exploité plus
civil et bâtiments publics), pourrait le redynamiser avec la mise en de 12 ans et l’équipement léger, plus de 7 ans.
place d’un ambitieux programme d’infrastructures sur les 5 ans à S’agissant des marchés publics, la compensation représente une
venir. Les futurs chantiers concernent davantage les domaines démarche obligatoire pour l’adjudicataire étranger abordant le
industriels, commerciaux et d’infrastructures. Des débouchés marché israélien. Dans le cadre des accords de l’OMC, Israël
existent également dans le résidentiel, la rénovation et la applique depuis le 1er Janvier 2006 un taux de 28%.
restauration d’anciens appartements.
Par ailleurs, la procédure de préférence nationale est appliquée aux
Les entreprises israéliennes de construction sont peu nombreuses produits israéliens dès lors que leur prix n’excède pas 15% de celui
mais plutôt performantes et de dimension internationale. Les 3 des produits importés.
premiers groupes Housing & Construction group, Ashtrom group
et Danya Cebus –Africa Israel détenaient 49% du marché national Tourisme
en 2005. Leur chiffre d’affaires cumulé en 2004 s’est élevé à 1,82 De part sa situation géographique au carrefour de l’Orient et de
milliards d’USD. Les 10 premières compagnies représentent 67% l’Occident, la diversité de ses paysages, de part son héritage
du chiffre d’affaires du secteur. historique et culturel, Israël offre des opportunités touristiques
La production locale d’équipements de travaux publics est presque variées tout au long de l’année. Israël renferme plus de 14 000 sites
inexistante, d’où le recours massif aux importations. La archéologiques, ce qui en fait le 1er pays de fouille et de
commercialisation des équipements s’effectue par l’intermédiaire concentration de recherche s’étalant de la préhistoire à nos jours.
d’agents spécialisés dans la vente ou la location de matériels. La croissance du secteur est tributaire de la situation géopolitique
Toutes les grandes marques mondiales sont présentes sur le locale et régionale et le tourisme israélien a bénéficié depuis 2004
marché israélien via des représentants exclusifs. Le marché du d’un apaisement des événements liés au conflit israélo‐palestinien.
leasing, très utilisé en Israël, présente des opportunités Israël a ainsi enregistré 1,9 millions de touristes en 2005 soit une
intéressantes pour les entreprises étrangères. progression de 26% par rapport à 2004 (+ 42% en 2004).
L’accès au marché offre peu de contraintes. Les constructeurs Secteur‐clé de l’économie israélienne, le tourisme est considéré
doivent respecter les normes de l’Institut israélien des normes SII comme la première activité génératrice de croissance économique.
qui, dans l’ensemble sont compatibles aux standards européens, du Il représente 6% du PIB israélien et emploie 73 000 personnes (dont
145 146
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
13 000 créations d’emplois en 2005). En 2005 les recettes liées à Le tourisme d’affaires enfin est lui aussi en hausse. Il représente
l’activité touristique se sont élevées à 1,9 milliards d’USD (+30%). 15% du tourisme global sans compter les participations aux
Le tourisme représente par ailleurs 11% du total des exportations conférences, séminaires, programmes de recherches et études.
de services. Les objectifs de développement du secteur sont d’atteindre 3
Les atouts du tourisme israélien sont multiples. Le tourisme millions de touristes en 2006 et 5 millions en 2008 pour le 60ème
religieux représente 10% des entrées touristiques. Terre Sainte pour anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Les deux grands
les trois religions monothéistes, Israël accueille leurs fidèles et chantiers touristiques actuels sont la création du plus grand centre
pèlerins tout au long de l’année. Le tourisme de santé et de remise évangéliste du monde entouré d’un jardin biblique (investissement
en forme est très prisé grâce à l’existence de plusieurs sites comme de 50 à 70 millions d’USD) qui serait accompagnée de celle d’hôtels
la région du Lac de Tibériade et ses sources d’eau chaude, connue 3* capables de recevoir les 750 000 pèlerins du monde entier
pour le traitement des rhumatismes, des problèmes articulatoires et attendus sur les bords du Lac de Tibériade Galilée d’autre part, la
respiratoires. Les vertus curatives de la Mer Morte et des sources création d’un casino à Eilat qui, selon les estimations, devrait
environnantes sont également réputées. Beaucoup de centres de favoriser l’arrivée d’un million de touristes par an. Il est à noter que
thalassothérapie et des lieux de cures de remise en forme, le tourisme d’Eilat a plus que doublé en 2005 avec un total de
d’amincissement ou de beauté se sont développés autour de ces 70 000 touristes.
sites. Enfin, Israël s’apprête à signer un accord open‐sky avec l’UE, basé
Le tourisme de détente et sportif : le désert de Judée sert en effet de sur le concept de liberté totale et le principe de réciprocité, tant en
cadre privilégié à de nombreuses activités sportives (safaris en jeep termes de nombre de vols, de destinations que de sièges.
ou à dos de chameau, randonnées pédestres, escalade, rappel,
trekking…). A la pointe sud du pays, les fonds sous‐marins de la Une success story : Tel Aviv-Grenoble, alliance high
Mer Rouge sont riches d’une faune et d’une flore qui font quant à tech planétaire
eux le bonheur des amateurs de plongée. Le Golfe d’Eilat est
L’acquisition de la société Galayor (littéralement « guide d’onde »
également doté d’un observatoire sous‐marin et d’un sous‐marin
en hébreu) par Memscap, entreprise de haute technologique basée
spécialement conçu pour les safaris sub‐aquatiques.
à Grenoble en France, (la région est devenue le pôle européen en
L’écotourisme et le tourisme culturel sont également développés. matière de biotechnologies et de nanotechnologies avec la création
La préservation et la reconstitution des milieux naturels ont été une de Minatec) illustre bien la capacité de l’économie israélienne de
priorité des pionniers israéliens. Israël compte ainsi plus de 50 donner naissance à des start‐up dont le savoir‐faire dépasse très
parcs nationaux et réserves naturelles protégées. Israël compte vite les frontières.
enfin nombre de sites archéologiques de première importance pour
L’alliance entre les deux entreprises est d’abord stratégique, fondée
la mémoire chrétienne, juive et musulmane tels que Jéricho,
sur le partenariat. L’objectif est d’utiliser les développements
Qumran, Massada, Avdat et Beit Shean.
147 148
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
réalisés par Galayor et l’expertise de mise en boîtier et de Jordanie
production de Memscap. Les deux sociétés veulent apporter, au
marché des télécommunications notamment, une nouvelle
Panorama général
génération de produits optiques très sophistiqués comme un
atténuateur optique variable digital intégré à boucle fermée Repères
(« DVOA »).
Capitale Amman
L’acquisition de Galayor à l’automne 2003 a permis d’optimiser ce Superficie 89 210 km2
partenariat. Memscap, coté en Bourse depuis 2001, propose aux Population 5 800 000 habitants
dirigeants de Galayor d’acquérir des titres de la nouvelle maison Langues parlées Arabe, Anglais.
mère. Le centre R&D demeure à Tel Aviv tandis que le réseau PIB (dollars) 12,8 milliards (2005)
commercial et de distribution, la mise en production se répartit PIB per capita 2 219 USD, 4 825 USD en ppp. (2005)
dans les différents sites de Memscap en France, aux États‐Unis et
Religion Musulmans sunnites (92%), chrétiens.
en Égypte. « L’acquisition de Galayor conforte notre avantage
Monnaie Dinar jordanien (JOD)
technologique » souligne Jean‐Michel Karam, le PDG fondateur de
1 Euro = 0,91 JOD – 1 USD = 0,70 JOD
Memscap. « Nous partageons la même vision et les mêmes valeurs.
Accord d’association Signé le 24/10/1997 entré en vigueur le
Ensemble, nous allons apporter au marché mondial les meilleurs
avec l’UE 1/05/2002.
produits optiques utilisant la technologie des MEMS », déclare Uri
Site web de la Délégation de l’UE:
Geiger, Président directeur général de GalayOr, qui devient
http://www.deljor.cec.eu.int/
président de la division optique du groupe.
Adhésion à l’OMC Membre depuis avril 2000.
Memscap est un spécialiste du Mems (Micro Electro Mechanical Source : FMI, WDI 2006 et Article IV Consultations 2005.
System). Galayor basé à Tel Aviv est un fournisseur de systèmes
optiques sur puce unique entièrement à base de silicium. Géo-économie
L’entreprise qui emploie 16 personnes, créée en 2000, est le fruit Située à la jonction de lʹAsie, de lʹEurope et de lʹAfrique, la Jordanie
d’un essaimage (quatre ans de recherche à l’université de Tel Aviv) partage sa frontière à l’ouest avec Israël et la Cisjordanie, au nord
et a été financée par des capitaux‐risques. sur par la Syrie, au nord‐est par l’Iraq et enfin, au sud et à l’est avec
l’Arabie Saoudite. La Jordanie possède une façade sur le Golfe
d’Aqaba (Mer Rouge), sur 25 km, entre Israël et l’Arabie Saoudite.
Petit pays à revenu intermédiaire, la Jordanie occupe une place
importante dans la géopolitique du Moyen‐Orient. Son économie
ouverte est fondée sur des ressources naturelles limitées : les terres
arables ne représentent que 6% de la superficie du pays et ses
149 150
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
ressources en eau sont parmi les plus faibles au monde, cependant Les échanges commerciaux de la Jordanie ont augmenté de 22,2%
ses ressources minières sont importantes essentiellement les en 2005. Globalement les importations augmentent dans tous les
potasses et les phosphates dont elle est le 3ème exportateur mondial. secteurs tandis que les exportations restent peu diversifiées et le
La Jordanie a été le pays le plus exposé à la guerre en Irak déficit commercial ne cesse de se creuser s’établissant à 6,169
notamment lʹinterruption des échanges avec ce pays qui milliards d’USD (+43,6%).
constituaient son principal marché dʹexportation a eu des Les importations ont progressé de 27,8% en 2005 s’établissant à 10,5
conséquences économiques importantes sur lʹéconomie et a affecté milliards d’USD (CAF) en raison notamment de la flambée des prix
ses perspectives de développement. De plus les tensions dans la du pétrole et des achats d’équipements pour la mise en œuvre de
région ont contribué à une réduction sensible de lʹintérêt des certains projets (notamment dans les télécommunications et le
investisseurs étrangers pour la Jordanie, en plus dʹune secteur électrique), le développement de la construction et la
détérioration marquée des revenus touristiques. hausse des semi‐produits destinés aux zones industrielles spéciales
Après une croissance spectaculaire du PIB de 7,7% en 2004 (4% en (QIZ). L’Arabie Saoudite est le premier fournisseur (pétrole) avec
2003), la situation économique de la Jordanie s’est détériorée en une part de marché de 23,7% (2,5 milliards d’USD) suivie par l’UE
2005 à cause de l’augmentation des prix mondiaux du pétrole, et avec 22,9% de part de marché (2,4 milliards d’USD) la Chine (9,2%),
donc de la facture d’importations des hydrocarbures, et à une l’Allemagne (8%) et les USA (5,6%).
baisse inattendue de l’aide internationale, qui a représenté environ Les exportations sont également en progression (+10,9%) avec 3,6
700 millions d’USD en 2005, contre 1,3 milliards en 2004. Ces milliards d’USD, les Etats‐Unis étant le premier client (30,8%)
facteurs ont engendré une augmentation du déficit budgétaire et devant l’Irak (14,8%) et l’Inde (9,5%). Les exportations vers l’UE ne
une croissance de l’inflation (entre 3,4 et 5% selon les sources). La représentent que 3% du total (109 millions d’USD).
détérioration du solde de la balance commerciale a cependant pu Les investissements étrangers ont augmenté sensiblement ces
être compensée par les entrées de capital et les transferts des dernières années. Selon la CNUCED, la Jordanie a attiré en nominal
jordaniens vivant à l’étranger. Les estimations de la croissance 620 millions d’USD d’investissements en 2004 (5,4% du PIB). Après
jordanienne pour 2006 s’établissent autour de 5 à 6%. l’excellente année 2000 (787 millions d’USD d’investissements), le
Lʹéconomie jordanienne présente la particularité dʹêtre une déficit d’image de la région après les attentats du 11 septembre
économie de services, à 70%. Cette tendance est encore renforcée ainsi que le ralentissement de la conjoncture et la guerre en Irak,
par les nouvelles orientations économiques données par le Roi. Les ont réduit les flux entrants à 120 millions d’USD en 2001, 64
secteurs de lʹagriculture et de la construction contribuent millions d’USD en 2002, avant d’amorcer une nette reprise (424
faiblement au PIB mais emploient une part importante de la main‐ millions d’USD en 2003 et 620 millions d’USD en 2004).
d’œuvre. Les principales industries manufacturières sont les L’expansion du marché immobilier, ainsi que le maintien d’une
textiles, industries minières (potasse et phosphate), fertilisants, certaine attraction pour les zones à statut spécial, Aqaba Special
pharmaceutiques, raffinage de pétrole, cimenteries. Economic Zone (ASEZA) et Qualifying Industrial Zones (QIZ), ont
151 152
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
permis à ce pays de conserver des flux entrants d’IDE non d’une zone économique spéciale à Aqaba (ASEZA). La Jordanie
négligeables en 2005, près de 562 millions d’USD. s’est également engagée à une libéralisation progressive du secteur
Le processus de privatisation continue avec 35 entreprises vendues des services dans le cadre des négociations du GATS.
sur les 40 privatisables annoncées (cimenteries, distribution de Enfin, la Jordanie et Israël ont conclu en 2004, un élargissement du
l’eau, télécommunications, potasses). Les prochaines privatisations champ d’application de leur accord douanier de 1995 à de
concernent la cession des compagnies de phosphate JPMC « Jordan nouvelles listes de produits susceptibles de bénéficier d’un
Phosphates Mining » et APC « Arab Phosphate Company », la abaissement tarifaire et qui inclut également un chapitre sur les
cession de Jordan Telecom, les Silos et les Moulins, la Poste, qui fait règles d’origine et un chapitre sur le commerce trilatéral avec l’UE.
actuellement l’objet d’une étude d’évaluation, l’aéroport d’Amman 2198 produits des deux pays taxés à 3% et 5%, dont les spécialités
Queen Alia, qui devrait faire l’objet d’un BOT dans le cadre d’une pharmaceutiques (industrie majeure du pays), bénéficient d’une
réhabilitation‐extension chiffrée à 700 millions d’USD, la raffinerie franchise totale de droits. Une seconde liste de 188 produits
de Zarqa, qui recherche un partenaire stratégique pour faire face à jordaniens incluant notamment l’agroalimentaire, les huiles, le
la libéralisation complète du marché pétrolier en 2008. Le nouveau ciment, les peintures, les textiles et dérivés, les produits en métal…
projet de transport public, entre la banlieue de Zarqa et Amman fait bénéficieront d’exemption totale à l’entrée en Israël. Les autres
l’objet d’un BOT et est en cours de finalisation et la privatisation de produits jordaniens exportables vers Israël (phosphates, potasse,
la compagnie aérienne nationale, Royal Jordanian Airlines, pourrait tabac, électroménager, plastique, meubles…) feront l’objet d’un
être lancée début 2006. démantèlement tarifaire progressif jusqu’à 2010. L’accord a été
La Jordanie a conclu diverses alliances commerciales stratégiques. entériné le 20/05/2005 au Forum économique mondial de la Mer
Depuis 1998, la Jordanie fait partie de la grande zone arabe de libre Morte et est en vigueur depuis septembre 2005.
échange (GAFTA), en signant des accords bilatéraux de libre Le gouvernement a lancé depuis quelques années dʹimportantes
échange avec la plupart des pays de la Ligue Arabe. En 2000, la réformes politiques, économiques et sociales visant à stimuler et
Jordanie est devenue membre de l’OMC, et a signé des accords soutenir la croissance économique dans le pays et à réduire la
bilatéraux de libre échange avec l’AELE en 2001, avec l’UE dans le pauvreté et le chômage. Le plan ʺJordan Firstʺ, le ʺPlan de
cadre du processus Euromed en 2002, avec les USA en 2002 et avec transformation économique et sociale (SETP)ʺ lancé en 2002 et le
Singapour en 2003. De même, la Jordanie a signé en janvier 2003 ʺPlan social et économique national (NSEP)ʺ adopté récemment
lʹAccord dʹAgadir, qui prévoyait la mise en place dʹun système de pour la période 2004‐2006, définissent les principaux objectifs de
libre‐échange entre la Jordanie, le Maroc, la Tunisie et lʹÉgypte lʹagenda du gouvernement pour les prochaines années « National
avant fin 2006. Agenda » dans le cadre d’une initiative globale « Jordan Vision
La Jordanie a aussi développé l’application des politiques orientées 2020 ». Les réformes devraient porter sur la législation, les
vers l’exportation, notamment par la création de zones franches politiques économiques et le cadre réglementaire afin dʹaméliorer le
spéciales (Qualifiying Industrial Zone ou QIZ) et l’établissement climat des affaires et développer les investissements privés pour
153 154
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
permettre au secteur privé de jouer un rôle moteur dans le Points forts
développement. Les investissements prévus par la loi de finances Les transferts des expatriés sont une source importante de recettes
2006 sont en augmentation, fixés à 1,188 milliards d’USD (le budget en devises mais dépendent de la conjoncture régionale.
global étant de 4,9 milliards d’USD).
Le développement des zones franches et lʹaccord de libre‐échange
Le nouveau Programme jordanien de mise à niveau et de avec les Etats‐Unis ont relancé les exportations et attiré de
modernisation (JUMP, Jordan Upgrading and Modernization nombreux investisseurs utilisant le pays comme plateforme de
Program) reprend les activités de lʹEJADA dont lʹobjectif est réexportation.
dʹaméliorer la compétitivité de lʹindustrie et du secteur privé, dans
la perspective de lʹintégration de la Jordanie dans la zone de libre‐ La situation de base arrière de lʹIrak dope lʹactivité économique.
échange Euro‐Med prévue à l’horizon 2010. Sur le plan économique, la Jordanie est un marché très ouvert, avec
un mouvement de libéralisation amorcé très tôt et favorisé par les
Défis Etats‐Unis, qui lui apporte un soutien financier important en raison
Enclavé et montagneux, en grande partie désertique, le pays de son soutien au processus de paix. Le contrôle des changes a été
dispose de peu de ressources en eau et de peu de pétrole. Le aboli et la monnaie jordanienne est rattachée au dollar.
secteur agricole souffre du manque dʹeau et de terres disponibles. Le facteur humain constitue la principale ressource de la Jordanie,
Le pays doit sa survie à lʹaide extérieure, qui représente 9% du PIB, et la fierté de la nation. Avec 1,3 millions d’actifs, le pays bénéficie
dont la moitié sous forme de dons. d’une main‐dʹœuvre instruite, qualifiée, très concurrentielle, et
La géopolitique du pays, au cœur du Moyen‐Orient, le rend jeune. Dans une région troublée, la stabilité politique, légale et
vulnérable aux turbulences de la région, perturbant le secteur sociale demeure des atouts précieux du Royaume.
touristique est fortement tributaire de l’évolution des crises La Jordanie a fait le choix de s’intégrer à la mondialisation par la
régionales et les investissements étrangers. conclusion de nombreux accords commerciaux : association avec
Malgré les résultats macroéconomiques encourageants, le lʹUnion Européenne, adhésion à lʹOMC en 2000, accord de libre‐
développement social de la population, en majorité dʹorigine échange avec les Etats‐Unis, accords bilatéraux sud‐sud comme
palestinienne, est resté à la traîne et les taux de pauvreté (11,6%) et l’adhésion à l’Accord d’Agadir et l’accord de QIZ avec Israël.
de chômage (15%) continuent dʹêtre élevés. La Jordanie pratique une politique basée sur des réformes
La hausse de la facture pétrolière et la diminution de lʹaide structurelles favorisant lʹentrée des capitaux étrangers et
internationale aggravent les déséquilibres financiers et rendent le lʹexpansion des importations, vitales dans un pays où le marché
pays plus dépendant de capitaux volatils. domestique est étroit. Le dispositif des zones industrielles QIZ et la
création dʹune zone économique spéciale à Aqaba (ASEZA), située
au carrefour de quatre pays, commencent à porter ses fruits.
155 156
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Comment investir en Jordanie ? En 2001, une zone économique spéciale a été crée à Aqaba, destinée
Les trois lois de 2003 (qui ont remplacé celle de 1995) sur les à enrayer le déclin du port, et à accueillir la réalisation de projets
investissements stipulent l’égalité de traitement entre investisseurs tendant à faire dʹAqaba un centre majeur de redistribution des
jordaniens et étrangers. De plus, le programme de privatisations et marchandises entre lʹOrient, lʹEurope et tous les pays voisins. Afin
les zones industrielles à statut spécial (QIZ), sont un atout essentiel d’attirer les investisseurs étrangers dans les secteurs des industries,
pour l’amélioration de l’attractivité du pays. des services et des nouvelles technologies, des avantages
administratifs et fiscaux sont consentis aux investisseurs : franchise
Ces lois offrent des facilités et exemptions notamment pour les de droits de douane et de TVA, formalités dʹimmigration
secteurs de l’industrie, l’agriculture, l’hôtellerie et le transport simplifiées permettant à un investisseur de recruter jusquʹà 70% de
maritime et ferroviaire, le traitement de l’eau, les parcs à thème, les main‐d’œuvre étrangère ; impôts sur les bénéfices limités à 5%
centres de convention, les transports maritime et ferroviaire, la (hors assurances, banques et transports terrestres) ; possibilité
production pétrolière et gazière. Les investisseurs étrangers dʹacquisition de terrains à droit fiscal réduit pour la construction
peuvent disposer de la totale propriété de ces projets, dʹinfrastructures (hôtels, hôpitaux, écoles, habitations) ; aucune
l’investissement minimal requis pour les étrangers étant d’environ restriction sur les transactions financières et les investissements.
63 000 euros. Dans certains secteurs cependant, leur participation
est limitée à 50% comme dans le commerce et la construction. La Jordanie a rejoint l’Organisation Mondiale du Commerce en l’an
2000, a signé l’accord d’association avec l’Union Européenne, entré
Une nouvelle forme juridique de société a été créée en 2002, Private en vigueur en mai 2002 et a conclu un accord de libre‐échange avec
Shareholding Company (PSC), l’équivalent d’une société anonyme, les États‐Unis. L’ALE met fin de manière graduelle aux barrières
dont les modalités de création et de gestion, plus souples, sont tarifaires et non tarifaires dans les échanges entre les deux pays.
mieux adaptées aux implantations étrangères. Cet accord vient se superposer aux zones industrielles qualifiantes
Ces textes donnent en outre la possibilité au gouvernement (Qualifying Industrial Zones ‐ QIZ), mises en place au nombre de 6
d’accorder des avantages dans d’autres secteurs comme les écoles depuis 1996.
de pilotage et les sociétés du secteur des TIC. Par ailleurs, l’agence Les QIZ sont des parcs industriels qui offrent un accès au marché
de promotion de l’investissement (Jordan Investment Board ‐ JIB) US sans droits de douanes ni quotas à tous les produits et services
offre des exonérations partielles d’impôts et charges sur une qui y sont produits, alors que dans l’ALE les droits de douanes sont
période de 10 ans selon la localisation géographique de réduits de manière graduelle et qu’il est exigé qu’un minimum de
l’investissement. La Jordanie est ainsi divisée en trois zones. Les 35% de la production soit d’origine jordanienne. Pour obtenir le
investissements dans la zone A bénéficient d’une remise de 25% sur label QIZ, les produits doivent intégrer, dans leur valeur ajoutée ou
les impôts et les charges, la zone B de 50% et la zone C de 75%. leurs coûts de production, des contributions dʹentreprises
Lʹimpôt sur le revenu dans la plupart des secteurs est de 15% et les israéliennes, jordaniennes ou américaines. Ces zones sont
bénéfices provenant des produits exportés ne sont pas imposables. particulièrement intéressantes pour les industries du textile, qui
157 158
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
font face à des barrières tarifaires très élevées et des quotas autorisations administratives nécessaires à un projet par
d’importation aux États‐Unis. 13 QIZ publiques ou privées ont été l’intermédiaire de JIB. Le gouvernement a également créé un «
créées. Des informations détaillées sont disponibles sur le site web passeport de l’investisseur » en 2004. Avec celui‐ci, les investisseurs
des QIZ à l’adresse : http://www.jiec.com/ dans des projets d’un montant minimum de 100 000 JOD (141 000
Enfin, les entreprises tournées vers l’export ont également la USD) employant au moins 100 personnes, se voient accorder une
possibilité de s’implanter dans les zones franches du pays. Quatre priorité absolue pour l’accomplissement de toutes leurs formalités
zones franches ont été créées dans les régions de Zarqa, de Sahab, administratives. Pour réformer en profondeur l’appareil de
de Queen Alia International Airport et de Kerak. Par ailleurs, la promotion et d’accueil des IDE, la JIB doit fusionner avec
législation permet aux entreprises non situées en zone franche de l’institution en charge des exportations JEDCO et celle en charge
bénéficier des mêmes avantages. Ce sont les ʺfree zone pointsʺ, des zones franches, Jordan Industrial Estate Corporation (JIEC) afin
véritables zones franches privées. Il en existe 23 actuellement en de créer la « Jordan Authority for Enterprise Development »
Jordanie. Les investissements dans les zones franches en 2003 ont (JAED).
enregistré une hausse de 4% par rapport à 2002 atteignant 721,9 Jordan Investment Board offre des services haut de gamme pour
millions d’USD, selon les chiffres de la Free Zones Corporation faciliter les procédures dʹenregistrement et d’autorisation pour les
(FZC). projets, avec une approche aussi simplifiée que possible pour les
Des informations plus détaillées sur les zones franches en Jordanie investisseurs.
sont disponibles sur www.free‐zones.gov.jo Depuis sa fondation en 1996, JIB propose aux investisseurs un
Les droits de douane sont faibles avec un plafond limité à 30%, sauf ensemble de services de base, à savoir :
pour les alcools et le tabac. En outre, les diverses formalités Diffusion dʹinformations, de résultats, de rapports, dʹenquêtes
administratives sont limitées et simplifiées grâce notamment au et d’opportunités d’affaires, à travers les publications de JIB,
guichet unique de la Jordan Investment Board (JIB). Aucune licence des conférences, la communication aux médias ou des activités
d’importation n’est nécessaire. Enfin, une TVA de 13% est ajoutée de relation publique ;
au prix de vente des marchandises. Préparation de « packages » dʹaide au service des investisseurs,
A noter par ailleurs que la Jordanie a conclu 36 accords bilatéraux avec un guichet unique qui intervient pour la délivrance des
de protection des investissements (BIT). autorisations de projets et du suivi des entreprises ;
Jordan Investment Board (JIB) Octroi d’incitations financières telles que des exemptions de
droits de douane et des réductions dʹimpôt sur le revenu allant
L’Agence publique Jordan Investment Board (JIB) est en charge de jusqu’à 100% ;
la promotion de l’investissement. Les autorités jordaniennes ont
créé en juin 2004 un guichet unique (one stop shop ou OSS) qui Amélioration des procédures dʹaffaires, avec tous les
offre aux investisseurs la possibilité d’obtenir toutes les formulaires normalisés disponibles sur un simple CD‐Rom ;
159 160
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Définition d’opportunités dʹinvestissement, avec cinquante Finance & banques en Jordanie
études de pré‐faisabilité diffusées gratuitement aux intéressés Le secteur bancaire jordanien est très dynamique et libéral et est
et couvrant un éventail de secteurs et de tailles de projet ; composé de 21 banques dont huit filiales de banques étrangères
Promotion du pays par le biais de divers supports pour la (HSBC Bank ME, Standard Chartered Bank, Egyptian Arab Land
construction de l’image de la Jordanie ; Bank, Citygroup, Rafidain Bank, National Bank of Kuwait, Audi
Bank et BLOM du Liban), cinq banques d’investissement et deux
Recommandations de stratégie pour les autorités publiques et
banques islamiques. Il existe également quatre organismes
le secteur privé ;
spécialisés dans le crédit pour les secteurs agricole (Agricultural
Conseil juridique aux entreprises « clientes » ; Credit Corporation), industriel (Industrial Development Bank), de
Fourniture d’information aux investisseurs intéressés par le l’habitat (Beitna) et du développement rural (Cities and Villages
marché. Development Bank).
La Jordanie dispose de zones industrielles particulières (QIZ) qui Une nouvelle loi sur les opérations bancaires, qui vise à améliorer
permettent d’exporter hors quotas et en franchise de droits et taxes lʹefficacité du secteur, est entrée en vigueur en 2000. Cette nouvelle
la majorité de leurs produits vers les Etats‐Unis. Le gouvernement loi protège les intérêts des déposants, diminue les risques du
jordanien a également converti le port dʹAqaba en zone spéciale en marché monétaire, s’oppose à une concentration excessive des
mai 2001, afin dʹattirer et développer le sud du pays et d’y créer un activités de prêt et inclut des mesures sur de nouvelles pratiques en
pôle économique majeur offshore. La nouvelle zone offre un matière dʹopérations bancaires (e‐commerce, opérations bancaires
« package » attrayant qui inclut un impôt sur les bénéfices nets par Internet) et sur le blanchiment dʹargent.
limité à 5% et des exonérations totales sur la taxe sur les services La Banque centrale de Jordanie est l’autorité de supervision du
sociaux, de l’impôt sur la distribution des dividendes et des système financier. Elle autorise le crédit en devises à la condition
bénéfices, de la taxe foncière et de la taxe de construction. que les remboursements des prêts se fassent aussi en devises. Le
Site web : http://www.jordaninvestment.com dinar jordanien est totalement convertible pour toutes les
opérations commerciales et les transferts de capitaux.
Enfin, la JIB travaille en étroite collaboration avec l’unité technique
de promotion de l’investissement de l’ONUDI qu’elle héberge. Ce La présence d’une véritable Bourse des valeurs renforce le
programme a pour objectif d’identifier des opportunités rayonnement du pôle bancaire et financier jordanien. Le marché
d’investissement, de promouvoir des actions entre entrepreneurs des capitaux est cependant limité en Jordanie, avec une
jordaniens et étrangers et d’aider JIB dans sa mission d’attraction capitalisation approximative de 37,6 milliards d’USD. Il existe 30
de l’investissement. entreprises de courtage et 201 sociétés cotées à la Bourse d’Amman.
La participation étrangère ne cesse d’évoluer (principalement en
provenance d’Arabie Saoudite, Koweït, Liban et Qatar) atteignant
15,9 milliards d’USD en 2005 (42,3% de la capitalisation boursière)
161 162
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
contre seulement 179 millions d’USD en 2004 (1% de la l’opérateur en 2000 a été remportée par le consortium Joint
capitalisation boursière). Investment Telecommunications Co. (JITCO) détenue à 88% par
France Telecom et 12% par l’Arab Bank Ltd. Trois filiales, l’une
Télécom & Internet en Jordanie pour la téléphonie mobile (MobileCom), l’autre pour l’Internet
Le développement des services et lʹouverture du secteur des (Wanadoo) et la dernière pour les services en ligne (E.dimension),
télécommunications à la libre concurrence depuis 2005 créent des ont été ajoutées au groupe JT par France Telecom après sa prise
opportunités dʹaffaires et dʹinvestissement dans des projets d’intérêt. Enfin, l’Etat a cédé 15% de l’opérateur jordanien en 2002
susceptibles de répondre à la demande croissante du réseau. et a gardé 41,5% du nominal qui doivent également être cédée.
L’autorité de régulation a délivré en outre, deux licences de type «
La loi n°13 de 1995 sur les télécoms a ouvert l’ensemble des
Individual » ainsi que quatre licences de type « Class ». Le futur
services au secteur privé à l’exception de la téléphonie fixe ce qui a
système de licences doit être achevé avec le transfert des licences
permis la création de deux réseaux mobiles, deux sociétés de
actuelles au nouveau régime début 2006.
publiphones, d’un réseau de messagerie et d’une dizaine de
fournisseurs d’accès à l’Internet. Une autorité indépendante de Le marché jordanien de la téléphonie mobile figure parmi les plus
régulation du secteur a été mise en place, la Telecommunication compétitifs au Proche et Moyen‐Orient avec un indice de
Regulatory Commission (TRC). Elle contrôle l’activité des compétitivité de 84% fin 2004, en progression de 17% par rapport à
opérateurs, l’interconnexion et attribue les nouvelles licences. 2003. Il affiche en 2004 près de 1,6 millions d’abonnés, soit un taux
de pénétration de 29%. Fastlink a été le premier opérateur de
Le gouvernement poursuit la libéralisation des services de
téléphonie mobile en Jordanie (1995). Longtemps propriété de
télécommunications après l’ouverture du marché de la téléphonie
l’Egyptien Orascom Telecom Holding, ce dernier a revendu sa
fixe à de nouveaux opérateurs le 1er janvier 2005 et il accorde des
participation au koweïtien Mobile Telecommunications Company
incitations fiscales significatives afin d’encourager les
(MTC) en 2003 pour 550 millions d’USD. Aujourdʹhui, quatre
investissements dans les TIC. En complément des infrastructures
opérateurs se partagent le marché : Jordan Mobile Telephone
mises en place (auto commutation et artères à haut débit), plusieurs
Services ‐ Fastlink ; Petra Jordanian Mobile Telecommunications
initiatives officielles (REACH, E.gouvernement…) visent à
Company – MobileCom ; Xpress et Umniah Mobile Company qui a
promouvoir le développement et la diffusion des TIC dans le pays
inauguré son réseau GSM en juin 2005. Les professionnels estiment
(principalement l’édition de logiciels), grâce notamment à des
actuellement le marché potentiel de la téléphonie mobile à plus de
incubateurs de start‐up, à lʹémergence de pôles de développement
2 millions d’usagers à condition de faire de nouveaux
des TIC dans les universités, à un plan ambitieux de
investissements et de lancer de nouveaux produits et services.
développement de la e‐administration et aussi à la promotion du
commerce électronique. Pour ce qui concerne l’Internet, sur les 23 licences accordées à
l’origine par le gouvernement, 8 seulement sont en activité en
L’opérateur national Jordan Telecom détenait un monopole sur la
raison du faible taux de croissance du secteur (Access‐me,
téléphonie fixe jusqu’en décembre 2004. La privatisation de
163 164
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Wanadoo, Te‐Data, Next, Batelco Jordan, Cyberia, Link et Middle 2007. En effet, après les flux entrants qui ont caractérisé certains
East Communications). En effet, le nombre d’abonnés est estimé à secteurs comme la banque, la grande distribution, les mines, les
seulement 105 000 fin 2004 (contre 85 000 en 2003), un taux de télécommunications et l’eau (station de retraitement des eaux usées
pénétration de 2% malgré une progression en volume de 23,5%. Le de As Samra et station de pompage de Zara Main), ce sont surtout
marché a tendance à stagner à cause du faible taux d’équipement les privatisations ou les ouvertures de capital à venir (services
des ménages en informatique : seulement 30,8% des foyers ont un postaux, compagnies d’électricité, raffinerie pétrolière de Zarqa),
ordinateur et seulement 10,6% ont une connexion Internet. Pour ainsi que les projets en BOO (future centrale électrique à cycle
pallier ce problème, un service sans abonnement « Suscription Free combiné de Amman‐Est) et en BOT (Canal Mer Rouge‐Mer Morte,
Internet » est proposé par TE‐DATA et NEXT depuis début 2005. aéroport Queen Alia), qui sont prometteurs pour les investisseurs
La demande d’équipements de télécommunications a repris en étrangers.
2004 et au cours des six premiers mois 2005. Les importations Grâce à ses multiples accords bilatéraux (Etats‐Unis, Europe et
d’appareils de transmission pour la téléphonie ont doublé en pays arabes), la Jordanie est devenue l’un des pays les plus ouverts
valeur avec 171,7 millions d’USD d’importations en 2004, contre aux échanges extérieurs. Ainsi, une implantation en Jordanie ouvre
83,5 millions d’USD en 2003. La Finlande domine le marché avec des perspectives non seulement vers le marché local, mais aussi
Nokia (58,4 millions d’USD d’exportations en 2004), suivie par la vers les pays de la région grâce aux plateformes de réexportation
Hongrie avec 41 millions d’USD (filiales d’Ericsson et de Motorola) que le pays a mis en place. Parallèlement à cette place privilégiée,
et l’Allemagne avec 28,8 millions d’USD (Siemens). La Chine (12,1 les autorités jordaniennes ont également favorisé l’investissement
millions d’USD) est le cinquième fournisseur et la France septième en développant une offre spécifique aux investisseurs étrangers au
(3,3 millions d’USD). sein des 13 zones économiques spéciales (QIZ).
Des informations complémentaires sont disponibles sur : Le lancement des zones spéciales QIZ a eu un véritable succès
Le Ministère des technologies de l’information et des malgré la suppression des quotas textiles le 1er janvier 2005 (plus
communications : http://www.moict.gov.jo/MoICT/ de 82 millions d’USD investis en capital en 2005 contre 54 millions
d’USD en 2004). Ces zones ont accueilli depuis 1997 plus de 600
L’initiative REACH : millions d’USD d’investissements et créé près de 30 000 emplois
http://www.moict.gov.jo/MoICT/MoICT_REACH.aspx (dont environ 10 000 expatriés) au total.
L’Association des technologies de l’information INT@J : Parmi les axes de développement mis en avant par les autorités
http://www.intaj.net/ jordaniennes, figurent les technologies de l’information et de la
communication. Après sa révolution Télécom lancée dès 1995, le
Opportunités d’investissement en Jordanie Royaume souhaite que ses infrastructures haut débit (création d’un
Malgré l’instabilité de la région, les entrées dʹIDE en Jordanie réseau entre les huit universités) servent l’industrie des logiciels et
affichent une reprise soutenue qui devrait se prolonger en 2006‐ du multimédia. Un plan ambitieux d’e‐gouvernement et d’e‐
165 166
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
commerce accompagne cette démarche qui s’appuie sur la création droits de douanes et taxes et de réductions fiscales sous certaines
d’incubateurs et de pôles de développement technologique qui conditions.
bénéficient d’aides et d’exonérations. Bien que de nouvelles sociétés se soient constituées et multipliées
La JIB organise en collaboration avec l’unité technique de ces dernières années, le secteur reste structuré essentiellement
promotion de l’investissement de l’ONUDI un séminaire sur autour de trois grands groupes qui exploitent les principales
l’attractivité du pays du 18‐20 juin 2006 à Amman « Growing ressources minières et leurs dérivés : Arab Potash Company ‐ APC
Business in Jordan ‐ Fostering Trade and Investment». Une liste (sels de potasse de la Mer Morte), Jordan Phosphate Mines
détaillée d’opportunités d’investissement identifiée par la JIB est Company ‐ JPMC (phosphates) et Jordan Cement Factories
disponible sur le site web de l’ONUDI à la rubrique « business Company ‐ JCFC (ciment).
opportunities » : Dans le secteur des phosphates, plusieurs usines ont vu le jour :
http://exchange.unido.org/main2.asp?menu=MenuePopup5&ID=92 Unité dʹengrais phosphatés d’une capacité de 300 000
9&lan=en tonnes/an, installée à Aqaba (partenariat avec une société
Industrie des mines et des carrières japonaise, Nippon‐Jordan Fertilizer Co)
Seule richesse naturelle du pays, le secteur minier confère à la Unité dʹacide phosphorique 220 000 T/an à Eshidiya dont la
Jordanie un rôle notable au niveau mondial. Le Royaume conserve production est destinée à l’Inde et un terminal de stockage
ainsi sa place de 5ème producteur et 5ème exportateur mondial de d’acide à Aqaba (partenariat avec une société indienne, Indo‐
potasse et de 5ème producteur et 4ème exportateur mondial de Jordan Chemicals Co.). JMPC souhaite racheter les parts
phosphate. Le secteur minier représente la première activité détenues par le partenaire indien.
industrielle du pays (60% en valeur) et est la troisième source de Complexe d’engrais à Aqaba.
revenus. Il a contribué, en 2003, à 9,6% du PIB. Les revenus du
Dans le secteur des potasses, outre les partenariats, APC a décidé
secteur étaient de 965 millions de dollars.
de créer plusieurs filiales :
Les projets miniers sont soumis à la loi de Promotion des
Kemira, joint‐venture avec le norvégien Norsk Hydro pour une
Investissements de 1995. Une restructuration de l’organisme d’Etat
usine de nitrate de potassium (capacité de production 150 000
en charge de la gestion des ressources minérales du pays, Natural
tonnes/an), de phosphate dicalcium (capacité de 75 000 T/an) et
Resources Authority, vient d’être annoncée. Des mesures pour
d’acide nitrique (capacité de production de 100 000 T/an).
faciliter et encourager l’investissement étranger vont être prises
dans le cadre de cette réforme, qui devrait se dérouler durant Complexe de Bromes et produits dérivés – Joint venture avec
l’année 2006. Pratiquement, tous les projets miniers, situés dans les l’américain Albamar.
trois zones de développement, bénéficient d’une exemption de Complexe de production de sel de table et de sel industriel qui
est actuellement en restructuration.
167 168
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Numeira, usine d’emballage et de distribution de produits Infrastructures et Transports
cosmétiques à base de produits de la Mer Morte. De nombreux projets d’infrastructures sont en cours parmi
La fin du monopole de la production et de la distribution de ciment lesquels :
en Jordanie, en décembre 2001, dont a joui JCFC durant 50 ans, a Projets immobiliers :
entraîné la libéralisation du marché local de la production de
ciment et son réseau de distribution, accompagnée dʹune Projet de développement urbain d’Abdali (Amman) qui prévoit
libéralisation des prix, et dʹautre part lʹouverture aux importations notamment la construction de la première université
provenant de cimentiers étrangers. JCFC a déclaré un bénéfice brut américaine de Jordanie, ainsi que la réalisation de bureaux, de
de 74 millions d’USD en 2004. La société jordano‐koweitienne centres commerciaux et d’espaces de détente pour un coût
d’investissement, Jordanian‐Kuwaiti Holding Co. (JKHC), a estimé à 1,7 milliards d’USD.
annoncé le lancement d’un projet de cimenterie de 200 millions Projet de développement urbain de Zarqa (2500 ha) qui
d’USD en prévisions du fort potentiel d’exportation du ciment dans comprend notamment la construction de logements privatifs et
la région, vers l’Irak, l’Arabie Saoudite, les Territoires Palestiniens d’un centre commercial sur de 250 hectares. Le coût de cette
et la Syrie. première phase est estimé à 930 millions d’USD.
Construction et BTP Projet « Royal Metropolis » qui comprend deux composantes :
Jordan Gate et Royal Villages (construction de deux tours de 40
Depuis 2003, le marché de la construction et du BTP a connu une étages pour un hôtel Hilton, des bureaux commerciaux, 400
nette expansion. En effet, la guerre en Irak en 2004 a entraîné la villas privatives, une école, un centre commercial, etc. Le coût
venue des investisseurs arabes et étrangers et le World Economic total des deux composantes est d’un milliard de dollars.
Forum (WEF) qui s’est tenu sur les rives de la Mer Morte en mai
2005 s’est achevé avec la signature de plusieurs accords pour la Réseau ferroviaire :
réalisation de grands projets fonciers en Jordanie. La sécurité Le Ministère des Transports a lancé dernièrement un appel
politique du pays, les infrastructures existantes, la performance du dʹoffres et a présélectionné six candidats pour la construction
secteur des services et la baisse des taux d’intérêt bancaires d’un réseau ferré dans le cadre d’un programme à long terme
favorisent cette croissance. (20‐25 ans) « Master Plan for Railway in Jordan » en cours
Le secteur du logement est un secteur important en Jordanie et les d’étude. De nombreux projets sont attendus en fonction des
besoins pour la période 2004‐2008 ont été estimés à 31 000 résultats de cette étude.
unités/an. Le secteur privé est à l’origine de la plupart des projets et Un projet de tramway entre Amman et Zarqa a été lancé en
le reste est assuré par la Housing & Urban Development BOT d’un montant de 85 millions d’USD et les travaux
Corporation (HUDC), dépendant du Ministère des Travaux Publics devraient être achevés en 2008.
et du Logement (MPWH).
169 170
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Afin d’encourager le développement de l’industrie chimique Industrie textile-habillement
sur les sites miniers et les exportations de phosphates, le La création de nouvelles zones industrielles, la signature dʹaccords
gouvernement a décidé de privatiser le secteur ferroviaire. La de partenariat avec lʹUnion Européenne et les Etats‐Unis, lʹexistence
privatisation d’Aqaba Railway Corporation décidée par le dʹune main dʹœuvre qualifiée et la situation géographique
Gouvernement depuis plusieurs années devrait être finalisée privilégiée de la Jordanie, ont contribué largement au
très prochainement et se dérouler en 2 phases. La première, développement rapide du secteur textile‐habillement à
dite phase de restructuration, verra la société ARC se lʹexportation. En effet, ce secteur arrive en tête des exportations
transformer en une compagnie publique détenue à 100% par le avec 708 millions d’USD en 2004. Cette croissance exponentielle des
gouvernement. La seconde, phase de privatisation, verra toutes exportations dans le secteur de l’habillement s’explique par le
les parts détenues par le gouvernement jordanien vendues. La développement des ventes vers de nouveaux marchés, à savoir les
première phase devrait a été lancée fin 2005. La société Etats‐Unis et Israël. En 2003, les exportations dans le secteur de
canadienne CPCS Transcom a été désignée comme conseiller l’habillement vers les Etats‐Unis ont atteint 659 millions d’USD,
technique. 28,5% des exportations totales de la Jordanie. Lʹimmense majorité
Réseaux routiers : de lʹindustrie du textile‐habillement se concentre dans les
Qualifying Industrial Zones (QIZ). La production de textile‐
Projet de périphérique autour d’Amman « Amman
habillement représente plus de 90% de la production totale des
Development Ring» intégrant un port sec qui accueillera un
QIZ. 101 sociétés travaillaient dans le secteur du textile‐habillement
centre douanier pour un coût de 177 millions d’USD. La
dans les QIZ en 2004. Certaines sociétés travaillent pour des
Banque Mondiale participe au financement de cette phase.
marques telles que Donna Karan, Gap, Ralph Laurens, Banana
Projet de périphérique autour d’Irbid «Irbid Ring Road» qui Republic, Hanes, Macyʹs, Victoriaʹs Secret etc.
prévoit la construction de 30 km de routes et plusieurs
échangeurs d’un montant de 28 millions d’USD. Tourisme
Aéroports : La Jordanie, qui bénéficie d’un héritage historique et culturel
exceptionnel, a compris le potentiel du secteur du tourisme en
Il existe trois aéroports civils en Jordanie, Queen Alia
termes d’emploi et de rentrées de devises.
International Airport (Amman), Marka Civil Airport (Marka) et
King Hussein International Air port (Aqaba). Aujourd’hui, le secteur du tourisme constitue l’une des quatre
premières ressources du pays (avec les rapatriements de capitaux
Un plan directeur a été élaboré pour la modernisation
des expatriés jordaniens, l’aide internationale et le secteur minier).
l’agrandissement des aéroports principaux comprenant le
Il a généré quelques 864 millions d’USD de recettes (7,5% du PIB) et
projet de modernisation de l’aéroport Queen Alia (Amman)
employé 24 000 personnes en 2004.
dont l’appel d’offre sera publié au cours de 2006 sous forme de
BOT pour un montant de 700 millions d’USD.
171 172
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Depuis la signature des accords de paix avec Israël en 1994, le la période 1996‐2003), parmi lesquels le projet du nouveau musée
gouvernement jordanien a mis un accent particulier sur le national financé par l’Agence de coopération internationale
développement du tourisme afin dʹexploiter la richesse de ses sites japonaise (JICA) pour 10 millions d’USD ou les projets hôteliers de
archéologiques (Pétra, Jerash, Madaba, etc.) et de ses décors Tala Bay (500 millions d’USD), d’Ayla Oasis (750 millions d’USD),
naturels (Wadi Rum, Mer Rouge, Mer Morte, etc.). de Saraya Aqaba (362 millions d’USD), de Sun Days Aqua Parc (60
Au cours des dernières années, d’importants investissements ont millions d’USD), d’Ishtar Kempinski (60 millions d’USD), le Royal
été réalisés dans le secteur. La plupart des chaînes hôtelières Metropolis ‐Jordan Gate et Royal Villages‐ à Amman (1 milliard
internationales dont Hyatt, Méridien, Radisson SAS, d’USD), un Holiday Inn. à la Mer Morte (21 millions d’USD), l’hôtel
InterContinental, Days Inn, Holiday Inn, Sheraton, Marriott, Crowne Plaza de la Mer Morte (49 millions d’USD)…
Mövenpick, Four Seasons, ou Kempinski, etc. sont ainsi présentes Il est à noter qu’auparavant, 90% de ces investissements se
en Jordanie. Toutefois, ce pays connu pour son calme, son concentraient sur le secteur hôtelier élargis depuis, aux restaurants,
libéralisme et qui entretient des relations diplomatiques avec tous complexes touristiques et parcs aquatiques, etc.
ses voisins a subi les répercussions de l’instabilité régionale mais le Par ailleurs, la région d’Aqaba qui est devenue une zone spéciale
tourisme bénéficie d’une reprise significative avec 14% de hausse en 2001 «Aqaba Special Economic Zone Authority» (ASEZA, une
de la fréquentation en 2005. des 6 QIZ) a connu un grand nombre d’investissements suite aux
La Jordanie propose plusieurs types de tourisme : culturel (sites facilités d’implantation et qualités d’installations offertes pour
archéologiques – Pétra, Jerash,...), sportif (plongée), vert (vallée du attirer les investisseurs. Le seul aéroport d’Aqaba, « King Hussein
Jourdain), religieux (Mont Nebo, Site du Baptême du Christ) ou Airport » est un aéroport international et a signé l’année dernière
encore de cure (sources thermales de Maïn et El Hemma et centres un accord d’Open Sky avec l’UE. Dans cette optique, plusieurs
de thalassothérapie) qui offrent, à l’heure actuelle, un fort potentiel compagnies d’aviation privée sont devenues opérationnelles à
de développement. Le tourisme de « cure » représente un sous‐ Aqaba. En outre, le développement de la rive orientale de la Mer
secteur significatif générant des recettes de 700 millions d’USD par Morte, confié à la Jordan Valley Authority, a attiré des
an. En 2004, les hôpitaux jordaniens publics et privés ont accueilli investissements touristiques de 605 millions d’USD en 2004.
120 000 patients venant des pays voisins. La Jordanie est devenue
un centre médical régional pour les classes moyennes des pays du Secteur pharmaceutique
Golfe. Le secteur de la santé jordanien fournit un service de haut Etablie il y a environ trente ans, l’industrie pharmaceutique occupe
niveau en matière de qualité de soin (médecine cardio‐vasculaire, une position dominante en termes de production et représente une
transplantation du rein) et des prix très raisonnables. des principales activités à l’exportation pourvoyeuse de devises
En termes d’investissements, des projets de développement après le textile. Elle compte 16 laboratoires et emploie 8000
touristiques de grande envergure ont été concrétisés en 2005 pour personnes. Les 4 premiers (Hikma Pharmaceuticals, Dar Al Dawa,
un montant global de 4 milliards d’USD (1,2 milliards d’USD pour The Arab Pharmaceutical Manufacturing et Jordan Pharmaceutical
173 174
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
Manufacturing) détiennent 90% du marché local. Le pays tend de l’industrie agroalimentaire jordanienne souffre cependant dʹun
plus en plus à développer son rôle de plateforme régionale en déficit dans le domaine de la recherche et du développement.
mettant en avant la qualité de ses 5 centres de recherche clinique et D’importants besoins en équipements existent pour mieux valoriser
l’expertise dont elle dispose (savoir‐faire industriel, cadres la production agricole et standardiser les emballages aux normes
hautement qualifiés) dans la production de spécialités internationales afin de pouvoir exporter vers des pays aux
pharmaceutiques. réglementations et normes plus strictes notamment l’Union
La loi n° 80 de 2001 et la loi n°31 de 2003 relatives à la Européenne.
pharmacologie et les médicaments normalisent l’enregistrement Des opportunités existent également pour les projets suivants :
des médicaments, réglementent leurs prix et posent des normes en établissement de centres pour le calibrage, l’emballage, le
matière de contrôle de qualité. Lʹadhésion de la Jordanie à lʹOMC refroidissement et la fumigation ; traitement agricole pour le jus et
facilite la conclusion dʹaccords de licence avec les entreprises la purée de tomate ; chips et purée de pomme de terre ; dattes et
étrangères et favorise les investissements étrangers en Jordanie. produits dérivés ; séchage et mise en conserve d’asperges ; mise en
Plusieurs laboratoires internationaux ont montré leur intérêt pour conserve et emballage de différents légumes et fruits ; introduction
le secteur en recherchant des partenaires industriels dans ce pays. de cultures céréalières de grande valeur, comme les plantes
A titre dʹexemple, la société jordanienne United Pharmaceutical médicinales et aromatique, ainsi que les arbres fruitiers ; expansion
Manufacturing Co a conclu récemment avec 7 entreprises de la production de fleurs et plantes ornementales pour le marché
allemandes un contrat de production sur cinq ans d’une valeur local et international ; augmentation du système d’irrigation
d’environ 24 millions d’USD. Dar Al Dawa, une des quatre plus localisée dans les zones irriguées afin d’économiser l’eau ;
grandes sociétés de produits pharmaceutiques, a signé un accord production de nourriture pour animaux par les produits dérivés
avec le leader mondial suisse Novartis Pharma AG pour des fermes.
lʹemballage sous licence de 11 produits destinés au marché local.
Plusieurs laboratoires ont reçu l’approbation de l’Union Une success story : Land Rover fait un investissement
Européenne et de US Food and Drug Administration afin stratégique tout terrain…
d’exporter leurs produits vers ces marchés.
Land Rover, le premier producteur britannique de voitures tout
Agroalimentaire terrain, a ouvert à Maan, au sud de la Jordanie, la première usine
d’assemblage de voitures du royaume hachémite.
Ce secteur a connu un développement relativement récent, une
forte proportion des entreprises ayant été créée au début des L’investissement de 100 millions de dollars est effectué en
années 90. Si les procédés sont aujourdʹhui bien dominés, du fait partenariat avec le groupe jordanien Shaheen Business and
dʹun niveau de formation dʹingénieurs et techniciens élevé, Investment Group. L’unité de production est une usine
d’assemblage qui importera les différentes parts des voitures
175 176
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ?
directement du Royaume‐Uni. Dans un premier temps, la capacité Liban
de production annuelle est de 5 000 voitures et la Land Rover
Defender constitue le seul modèle assemblé. Dans une deuxième
Panorama général
étape, la capacité sera portée à 10 000 véhicules par an et de
nouveaux modèles seront ajoutés au catalogue, y compris la Repères
Freelander et la Discovery. Au moins 500 nouvelles opportunités
Capitale Beyrouth
d’emplois, dont 100 pour des postes d’ingénierie, sont attendues de
Superficie 10,452 km2
cet investissement.
Population 4 500 000 habitants
Le partenaire jordanien, Shaheen Business and Investment Group, Langues parlées Arabe, français, anglais.
contribue seul au capital de la société alors que Land Rover apporte PIB (dollars) 22,3 milliards (WDI 2005)
son savoir‐faire et son soutien managérial, technique et logistique. PIB per capita 6 0 33 USD, 6 932 USD ppp. (WDI 2005).
Shaheen Business and Investment Group est un des grands (dollars)
conglomérats jordaniens et, à travers sa filiale ʺOle Automotive
Religion Musulmans (70%), chrétiens (30%, majorité
Trading Companyʺ, il était déjà le distributeur exclusif des
de maronites).
véhicules Land Rover dans le royaume. Jusque‐là, Land Rover
Fête nationale 22 novembre (indépendance en 1943).
vendait ses véhicules dans toute la région du Moyen‐Orient grâce à
Monnaie Livre libanaise (LBP).
son réseau de distributeurs locaux qui importaient directement les
1 Euro = 1 933 LPB – 1 USD = 1 503 LPB.
véhicules de l’usine du groupe basée à Solihull en Angleterre. Selon
Accord d’association Signé le 17/06/2002, Accord intérimaire en
Bill Begg, le directeur régional Moyen‐Afrique de Land‐Rover,
avec l’UE vigueur depuis le 1/03/2003. Accord en
l’objectif est de faire de la Jordanie un centre stratégique de
vigueur le 1/04/2006.
fourniture pour le reste de la région.
Site web de la Délégation de l’UE :
http://www.dellbn.cec.eu.int
Adhésion à l’OMC Statut d’observateur depuis 1999, adhésion
prévue en 2006.
Géo-économie
Situé dans un carrefour géopolitique stratégique, au sud de la
Syrie, au nord d’Israël et de la Jordanie, et à l’est de l’Irak, le pays
du Cèdre est au cœur d’une zone de conflits. Après quinze années
de guerre civile, il a dû faire face à une reconstruction difficile en
177 178
Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment ? I
0 comments
Post a comment