Your SlideShare is downloading. ×

Caravane version finale

974

Published on

Audit du dispositif de consultation citoyenne sur les projets urbains dans les quartiers de Rennes, appelé "Caravane des quartiers".

Audit du dispositif de consultation citoyenne sur les projets urbains dans les quartiers de Rennes, appelé "Caravane des quartiers".

Published in: Education
0 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total Views
974
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
1
Actions
Shares
0
Downloads
86
Comments
0
Likes
0
Embeds 0
No embeds

Report content
Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
No notes for slide

Transcript

  • 1. Comité éditorial - Master 2 TEF - Année 2009-2010Emmanuel ARMANDProfesseur d’anglaisAnne-Sophie BENNETOTConsultante stratégie web 2.0 et conduite du changementAssaba BRUCEassistante chargé de mission renfort RSA- Conseil général dIlle et VilaineLuciana CANUTIIngénieur pédagogique- CIRM Rennes 1Sophie DODEMANChargée de mission TIC - Ville de RennesSylvie GASTINEAUDéléguée pédagogique - Edition scolaireMarie GUILLOAssistante chargé de mission TIC - Conseil général des Côtes-d’Armor – Mission FTLVMaïwenn LE BELLERAssistante chargée de mission e-éducation - MIMUM - Conseil Régional de BretagneSara MAMMADAnimatrice et formatrice aux usages des TIC dans les milieux sociaux.Fanny SAINT-GEORGESAssistante chargée de mission e-inclusion - Conseil Régional de BretagneCaroline THOUVENOTAttachée de recherches au département LUSSI - BrestDirectrice de publication : Sophie DodemanAttachée de rédaction : Assaba BruceMise en pages : Sylvie GastineauUniversité de Rennes 2 - Haute BretagneUFR Sciences HumainesCampus de VillejeanPlace du Recteur Henri Le Moal - CS 2430735043 Rennes Cedex
  • 2. La ville numérique La Caravane des quartiersde la ville de Rennes Evaluation et analyse
  • 3. sommaires o m m a i r e sommaire Préface Introduction Portrait de la Caravane des Quartiers En bref... La petite histoire de la caravane Constat après 4 ans... Les dispositifs technologiques à Maurepas Méthodologie Questionnaires et observations Traitement des résultats Une méthode collaborative focus-recherche Introduction La démocratie participative La démocratie participative et ville 2.0 Médiation/médiatisation Handicap Phénomène de socialisation Recommandations conclusion/prologue Bibliographie Annexes 4
  • 4. p r é f a c e préface préface Lorsque la mission "Technologies de lInformation et de la Communi- cation" de la Ville de Rennes a été saisie par Yves Préault, adjoint au Maire, pour accompagner lorganisation de la caravane de quartiers de Maurepas, nous étions avec Sophie Dodeman, (alors stagiaire à la ville et étudiante en Master 2 USETIC-TEF à Rennes 2), au sortir dun projet réalisé avec les Trans- musicales, avec devant nous un certain nombre de projets dexpérimentations dusages programmés pour le mois de septembre 2010. Nous avons proposé de faire de cet événement une sorte de laboratoire hors les murs en y installant des dispositifs innovants autour dun certain nombre de fondamentaux : - expérimenter des interfaces naturelles, sans clavier ni souris, pour élargir les publics - orienter la totalité des contenus et services autour de la notion de proximité - rassembler et mélanger les contenus de la collectivité et ceux des habitants - capitaliser sur les ateliers, travaux, projets déjà réalisés en amont et consti- tuant une matière première numérisable et transformable - étudier sur place les usages des dispositifs pour en tirer des préconisations Ceci nous a conduit à mener de front tous les projets avec une date limite très proche : en moins de six semaines il fallait aboutir non à des concepts, mais à des outils prototypés et opérationnels sur place.La préparation de ces disposi- tifs a nécessité une liaison permanente avec les artisans de la caravane : di- rection et élu de quartier, service "information et innovation numérique" de la collectivité, animateurs dateliers avec les habitants, archives municipales et musée de Bretagne, techniciens… Plus de 1000 objets multimédias ont été rassemblés, parfois re-numérisés, rien que pour le Citywall. Le prototype dur- banisme immersif développé pour partager et faire réagir sur le projet urbain a littéralement été inventé et réalisé à grande vitesse en associant les aména- geurs, les services techniques, les urbanistes de la ville et des spécialistes du 3D en ligne. Le système de pilotage par manette de console wii a été adapté de développements alternatifs trouvés sur le web. Le totem tactile intégrait pour la première fois des billets blogués en temps réel par des journalistes de la col- 5
  • 5. La caravane des quartiers - 2010 - préface lectivité… Quand au "mucho wall", sa présence était exceptionnelle et na été possible que grâce au volontarisme de ses protagonistes, contactés par mail et séduits par la dynamique rennaise. Lors du montage final, nous ne savions pas si les habitants seraient intéressés par ces dispositifs, quel serait leur degré dusabilité, et sils fonctionneraient de manière autonome ou nécessiteraient une média- tion. Un des objectifs était en effet de pouvoir toucher des publics non familiers des outils numériques. Tout ce travail aurait été perdu sans le soutien de Pascal Plantard, de Jacques-François Marchandise, et des Master 2 USETIC-TEF qui ont décidés de relever le pari de lanalyse et de lévaluation. Une évaluation qui permet de déceler impasses et chemins prometteurs en dépassant le champ de la technique pour réfléchir sur le fond : sur le terrain, dans le quartier, quelles sont les usages et pratiques des habitants ? Peut- on vulgariser un projet urbain avec le plus grand nombre, relayer les questions efficacement et y répondre ? Est-il possible de capitaliser sur les ressources du territoire pour développer des actions et média- tions numériques hors des écrans dordinateurs ? Va-t-on démocratiser laccès aux informations et services avec du mobilier urbain de nouvelle génération ? Ces mediums peuvent-ils créer du lien en proximité ? Comment organiser des temps de croisement entre individus, collectifs, associations et institutions en proximité ? A laune du travail effectué par les protagonistes de la caravane et par le cursus USETIC-TEF, je suis certain que le lecteur trouvera ici une analyse exclusive réalisée de manière agile et originale, sur une opé- ration de la ville de Rennes qui ne lest pas moins. Ce travail, libre et neutre parce que réalisé par des universitaires, est ici reversé au bénéfice de tous. Merci aux auteurs ! Hugues AUBIN Chargé de mission TIC à la ville de Rennes Service Aménagement et Usages du Numérique à Rennes métropole 6
  • 6. introductionintroduction introduction La Caravane des quartiers, des hauts et débats ! La caravane des quartiers, une manifestation populaire où la participa- tion est plurielle et qui invite habitants, élus et associations à se retrouver et parfois même à échanger. Voici justement, au détour de discussions sur le site, quelques réflexions recueillies auprès de participants, et de visiteurs : «La Caravane des quartiers a déjà eu lieu les autres années mais ça ne marchait pas», «le dispositif bat de l’aile», «c’est une autre manière d’échanger», «c’est un lieu ouvert», «ce n’est pas souvent que les habitants et les élus ont l’occasion d’échanger» ; «c’est un moment enrichissant même si le lieu n’est pas bien choisi» ; «c’est une invitation à se rencontrer, il faut arriver à faire naître du vivre en- semble», «qui d’autres que les habitants peuvent le mieux statuer des besoins du quartier?» . Beaucoup d’interrogations qui révèlent des ap- préciations différentes chez les élus et chez les habitants, une volonté de mieux définir cet évènement et de lui donner une identité et une fonction utile. Suite à la commande du Directeur Général de la Communication de la Ville de Rennes, nous avons été associés à cet évènement. Nous avons fait le choix d’élaborer un dossier collectif en partant du principe que notre projet était né d’une initiative et d’une démarche venant de l’ensemble des étu- diants de Master 2 TEF. Notre projet s’appuie sur une manifestation citoyenne : la Caravane de quartiers de Maurepas. Il faut savoir que cet évènement a eu lieu plusieurs fois, dans différents quartiers de Rennes notamment les quartiers de Longs- Champs, Cleunay, Charles de Gaulle (Centre), Maurepas (lieu de notre ob- servation) et actuellement à Saint Martin. Le site de la Caravane des quartiers de Maurepas a innové cependant : il a initié une expérimentation, celle d’intégrer des dispositifs technologiques à la démarche première de cette manifestation, qui est de présenter les pro- jets d’urbanisme aux habitants. Nous avons été chargés d’effectuer une évaluation de ces dispositifs mul- timédias et de repérer les usages auprès des habitants. Nous avons fait le choix d’aller au-delà de la commande. La difficulté était liée à une mécon- naissance du contexte de l’ensemble de la promotion et à un manque de 7
  • 7. La caravane des quartiers - 2010 - introduction précisions de la commande. Nous avons décidé de prendre le temps de rentrer dans une phase de réflexion commune afin de savoir com- ment aborder cette évaluation. Comment répondre à une commande institutionnelle et satisfaire les impératifs de notre formation universitaire ? Il nous importait de faire le lien entre les deux. Nous avons donc élaboré une stratégie de pro- duction en vue d’optimiser notre travail à la fois dans le cadre de notre formation et dans le cadre de cette commande institutionnelle. Cela a donné lieu à une véritable expertise qui nous a conduit bien au- delà de la commande initiale. Pour ce faire nous avons mis en oeuvre un travail collaboratif. Nous avons également dû composer avec l’éloignement et la contrainte temps de chacun, notre promotion étant constituée d’étu- diants en stage répartis sur des lieux différents et éloignés géographi- quement. C’est à partir de ces premiers constats que nous avons commencé à élaborer une stratégie originale d’organisation méthodologique de notre travail. Elle est le point phare de notre dossier et sera déclinée dans la partie «méthodologie». Nous avons mis en place un plan d’action, une stratégie d’approche qui nous a mené d’un état des lieux - avec un portrait de la Caravane des quartiers - à un bilan contrasté sur l’expérimentation à Maurepas. Nous avons développé notre méthodologie sur le terrain : les résultats statistiques, la production collaborative. Nous avons fait le lien avec notre formation universitaire, joué là en- core la carte de l’originalité, de la créativité, en proposant à nos ensei- gnants une série de focus-recherches qui nous permettait d’apporter une réponse de chercheur à des problématiques croisées. Plusieurs thèmes sont ressortiss : démocratie participative et ville 2.0, médiation/ médiatisation, accessibilité et handicap, phénomène de socialisation. Ces articles scientifiques ont donné lieu à des préco- nisations. Notre analyse et une série de recomman- dations viennent clore notre travail. 8
  • 8. 9
  • 9. é t a t d e s létate u x i des lieux Portrait de la Caravane des quartiers En bref... La caravane des quartiers est une manifestation itinérante qui a lieu sur 3 jours à la fréquence de 2 à 3 fois par an dans chaque quartier de Rennes. Elle a déjà posé son chapiteau aux Longs-Champs, à Cleunay, dans le centre ville et à Maurepas. Cette manifestation citoyenne vise à présenter aux ha- bitants des projets d’urbanisme. C’est un espace qui s’emploie à être facili- tateur de rencontres et d’échanges entre habitants dun même quartier et élus de léquipe municipale. Cette manifestation est également loccasion pour les habitants de découvrir les projets à venir dans leur quartier, de par- ticiper au débat, de sexprimer sur les enjeux de proximité. Les objectifs, le message La caravane des quartiers doit répondre à quatre objectifs : 1/ Une démarche descendante, donner une double visibilité politique d’une part au maire et aux adjoints et d’autre part aux projets du quartier et de la ville / métropole. 2/ Une démarche remontante, permettre de réfléchir avec les habitants sur les enjeux et projets urbains sur une double dimension territoriale : d’une part le quartier et d’autre part la ville / agglomération. 3/ Aller à la rencontre des habitants : Cette caravane des quartiers doit permettre de toucher de nombreux publics, des publics qui ne sont pas tou- chés habituellement par nos manifestations institutionnelles. Il convient dévi- ter lentre-soi mais douvrir et dadapter notre démarche. 4/ Travailler sur la forme : donner l’image d’une équipe nouvelle qui construit les conditions dun réel débat participatif dans un esprit festif. 10
  • 10. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieuxLe public visé En étant présent ponctuellement au cœur de chaque quartier surune courte période, lidée est de pouvoir toucher un public plus largeque les personnes que lon trouve habituellement dans les conseils dequartier ou autres instances de participation ; cest-à-dire des per-sonnes qui peuvent être intéressées par les principes de citoyennetéet de démocratie de proximité mais qui ne souhaitent pas spéciale-ment sinvestir à moyen ou long terme sur des projets précis. Cettemanifestation doit donc permettre de toucher des personnes qui nap-partiennent pas à des réseaux particuliers.Ce projet de Caravane faisait partie du programme 2007 de campagnede Daniel Delaveau, actuel maire de Rennes.La petite histoire de la CaravaneLa caravane a posé son chapiteau pour la toute 1èrefois le 12 au 14 Mars 2009 aux Longs Champs.Le 1er bilan réalisé par les élus pointa le manque d’at-tractivité populaire. Bruno Chavanat, chef de file de l’op-position marqua sa déception par rapport à laconception de la Caravane et à l’investissement des ac-teurs locaux. La communication montrait ses limites etl’évènement nécessitait une dimension plus festive pourattirer le public, par exemple une soirée musicale afin de mobiliser lesgens à se rencontrer. De plus, il se posa la question de réinvestir lasomme importante de 50 000 € par la suite. Il évoqua une éventuelleconsultation des habitants du quartier afin d’améliorer cette premièreétape.Nathalie Appéré, adjointe au maire, insista sur le fait de mobiliser ac-tivement des structures associatives, des directions de quartier. Elleproposa de réduire les temps d’échange en installant des espacesd’expositions.Caroline Ollivro conseilla d’associer la manifestation à un autre évé-nementiel connu dans le quartier. Tous les élus de quartier devraient 11
  • 11. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux être présents et pas seulement l’élu de quartier. L’association des résidents du Foy constata le choix du lieu de cette 1ère caravane : elle était cachée donc difficilement accessible. Elle re- leva également un manque de préparation en amont et pas de cou- verture médiatique (Canal B et TV Rennes). Elle continua sa route vers Cleunay du 11 au 13 juin 2009. Cette caravane s’organisait à l’image d’un immense salon où les gens se retrouvent autour des exposi- tions des projets du quartier. Elle mettait en avant 3 journées de rencontre avec les élus. Elle servait de temps fort avec le maire mais n’apportait pas d’amé- liorations flagrantes dans la relation avec les habi- tants et les structures associatives. Sa spécificité tournait aussi autour de la jeunesse de Cleunay et la direction de quartier voulait montrer qu’il était important de mettre en place une structure pour les jeunes. Cette 2e étape a également connu une faible fréquentation malgré un gros budget publicitaire. La localisation de la Caravane ne permettait pas aux habitants d’Arsenal-Redon de se sentir concernés par cet évènement. Autre reproche évoqué : les élus firent rares… Elle se posa dans le quartier Centre du 12 au 14 Novembre 2009. D’après Didier Le bougeant, élu de quartier à la ville de Rennes, cette étape était un lieu de débat, une agora publique qui avait pour volonté de sortir des cadres traditionnels des conseils de quartier. Cependant, la caravane de quartier ne fut pas à la hauteur des annonces et des promesses. Le public n’était pas présent au rendez-vous : 150 personnes (dont un gros tiers d’institutionnels) pour la soirée de lancement. Le résultat fut modeste au regard de la publicité déployée. Samedi matin, il y eu si peu de monde au rendez vous des élus que ces derniers n’eurent d’autre so- lution que de parler entre eux.12
  • 12. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieuxElle reprit à Maurepas du 17 au 20 Mars 2010.Cette étape se voulait attractive et innovante enmettant en place un éventail de dispositifs multi-médias.Yves Préault, élu de quartier Nord-Est fut relative-ment satisfait de cette 4e caravane qui semblaplus cadrée, plus thématique. Elle rassembla « unpublic varié et intergénérationnel ». Il évoqua l’in-teractivité des dispositifs technologiques qui permirent de faire du lienentre les habitants. Cependant, le public fut nombreux seulement ven-dredi soir et samedi matin. Laffluence à la Caravane serait donc pos-sible, pour peu que les structures du quartier mobilisent les habitantsau préalable. Surtout lorsquune étape importante de la concertationa lieu au même moment.Elle se trouve actuellement au canal Saint-Martin du 10 au 12Juin...Un constatNous avons donc cherché à en savoir plus...Cest le compte-rendu de Séance du Conseil Municipal du 30 mars2009 portant sur la "Question orale du Groupe URC concernant la ca-ravane des quartiers" qui nous a éclairés sur la situation. On y trouve,en effet, une critique assez virulente sur lintérêt et lutilité de la Cara-vane."Malgré une abondante publicité, notamment une couverture en Unedu "Rennais", malgré un budget extrêmement élevé, la caravane desquartiers organisée dans le quartier Beaulieu -Jeanne dArc - LongsChamps, sest soldée par une fréquentation particulièrement maigre.""Dans un contexte de crise et de difficultés financières pour bien desfamilles, […], on doit naturellement sinterroger sur le gâchis que re-présentent de tels moyens investis dans une opération de communi-cation au regard du résultat obtenu. 13
  • 13. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux Sagissant des acteurs économiques et institutionnels, on ne peut que constater que le temps de rencontre qui leur était en principe destiné na, précisément, rencontré aucun succès. Mais là encore, que vou- lait-on leur dire qui les intéressent vraiment ? A quelles décisions en- tendait-on les associer ? A lévidence beaucoup dentre eux ne lont pas compris. Nous non plus dailleurs... Sans doute quelques enfants sont-ils venus en réponse à linvitation faites à leurs écoles. Mais était-ce le but essentiel de lopération, sa- chant quil existe dautres moyens plus festifs et plus simples de faire se rencontrer la Ville et lécole. Enfin et surtout, peu dhabitants se sont sentis concernés par cette tournée du Maire dans ses quartiers, qui ne présentait ni lattrait de la fête, ni lintérêt dune véritable association des habitants à des décisions concernant précisément leurs quar- tiers. En définitive, cest bien le problème majeur que révèle léchec de cette opération. Les habitants des quartiers comprendraient sans doute que lon déploie des moyens importants pour les associer vraiment aux décisions qui les concernent. Mais ils comprennent moins quon plante un chapiteau pendant trois jours pour simplement organiser une visite dinformation du maire ou des élus. Suite à cette séance, un autre constat a été exprimé en séance du Conseil Municipal du 6 juillet 2009 concernant le bilan de la deuxième Caravane des quartiers. Le constat que lon peut faire de la deuxième caravane des quartiers, organisée au début du mois de juin dans le quartier de Cleunay, est que lopération na pas trouvé son équilibre et encore moins sa vitesse de croisière. La fréquentation en a été globalement faible : mis à part un débat sur laménagement du quartier qui a réuni une centaine de personnes, au total peu de monde. Certains éléments du programme ont même dû être annulés. On peut certes se réjouir quà cette occa- sion certaines personnes habituellement éloignées de la vie citoyenne14
  • 14. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieuxaient pu se joindre à lévénement. Mais leur nombre reste proportion-nellement faible. La localisation na pas permis aux habitants dArsenalRedon de se sentir vraiment concernés. En définitive, ce type de ma-nifestation, essentiellement informative ne semble pas répondre audésir des habitants dêtre écoutés et de voir leur avis réellement prisen compte et pas seulement dêtre informés de ce qui se décide à lamairie.Devant ce constat, imaginez vous de poursuivre dans les mêmesconditions et au même coût lopération "caravane des quartiers" ?A cela, Nathalie Appéré a donné quelques chiffres, qui nous permet-tent davoir une idée de la fréquentation sur la Caravane de Juin 2009."Pour autant, je voudrais simplement vous donner quelques chiffresdans lattente de ce bilan. Sur une édition que nous avions voulu plusresserrée, puisquil sagissait dune soirée et de deux journées, soit unformat plus court, nous avons eu pour la soirée du jeudi 11 juin, 250personnes entre17 heures et 23 heures, le vendredi 12 juin 400 visites,le samedi 13 juin 600 visites, soit un total de 1 250 visites auxquellesil conviendrait dajouter la fréquentation du blog qui connaît égalementune progression avec 797 visites pour 3 171 pages vues. Bien évi-demment, ces chiffres ne disent rien de la qualité des échanges, de lasatisfaction des participants, du fait quun certain nombre de per-sonnes qui se sont manifestées autour de cette caravane et qui sesont exprimées, navaient jamais auparavant participé à des instancesde quartier. Ces chiffres ne disent rien non plus de cette atmosphèrefestive tout à fait marquante et importante pour le quartier que nousavons connu lors de la soirée du samedi, et qui a rassemblé entre 250et 300 personnes." La dernière séance du Conseil municipal a eu lieu le 8 février 2010.Elle met en doute lutilité de linstallation de la Caravane à Maurepas eton lui reproche davoir été détourné pour des raisons politiques.M. Plouvier - M. le Maire, nous avons été informés de la tenue pro-chaine dune "Caravane des quartiers" dans le quartier de Maurepas. 15
  • 15. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux Les trois premières opérations de cette nature, qui se sont déroulées dans le courant de lannée 2009, nont pas permis aux Rennais, et en particulier aux publics des quartiers visés, de comprendre lobjectif re- cherché par ces opérations de communication que votre première ad- jointe qualifiait d"évènementielle". Force est ainsi de constater quelles nont pas été loccasion dune concertation avec les habitants sur la conduite des projets municipaux dans les quartiers concernés. Par ailleurs, ces opérations ponctuelles nont pas eu de suite utile dans les quartiers visités. Les limites de ce type de communication ont été reconnues en Conseil municipal. Un bilan semblait dautant plus nécessaire, au regard du fai- ble nombre de participants, un grand nombre de Rennais aujourdhui sinquiète des 50 000 euros de chaque opération. Il ny a pas eu de bilan. Cette Caravane prévue à Maurepas était est en effet doublement préoccupante. Elle intervient après que les voeux municipaux aient été en partie détournés de leur objet convivial traditionnel, pour en faire une tribune politique destinée à relayer la campagne menée contre la politique du Gouvernement. Elle intervient par ailleurs à la veille du deuxième tour des élections régionales. Devant le manque de fréquentation du public sur cet évènement, no- tamment l’année dernière, son existence est fortement remise en cause, sa reconduction compromise… Maurepas était une étape clé. Suite à léchec ou à la réussite de cette manifestation, le maire statuera quant à la reconduction de la Cara- vane.16
  • 16. La caravane des quartiers 2010 - Les dispositifs technologiques Une expérimentation à Maurepas : Trois dispositifs technologiquesLe Citywall Nouveau média urbain développé par la Direction Généralede la Communication dans le cadre d’un partenariat de re-cherche et développement avec la FING et la société SEL-TEN, le Citywall est un mobilier interactif tactile, manipulablepar plusieurs personnes sans clavier, ni souris. La version ins-tallée à Maurepas à l’occasion de la caravane des quartierspermet notamment d’interroger la cartographie locale du guide Vivreà Rennes. On a pu également visualiser le résultat des travaux d’ha-bitants réalisés dans les ateliers préparatoires coordonnés par la di-rection de quartiers : «Architectes en herbe», «Portraits de quartier»,«Paroles d’habitants», etc. Une cartographie historique et interactivedu quartier mêlant images d’archives et vignettes sonores racontéespar Joël David, chargé d’Odonymie et signalétique de proximité. Laréalisation de ce média interactif a notamment été rendue possiblegrâce à l’implication de Philippe le Rouzic, des services techniques,mais aussi à celle des enfants de l’école Trégain de Maurepas, qui ontparticipé à la décoration du coffrage.La maquette 3D Les habitants ont pu, d’autre part, naviguer dans la maquette3D des projets de ZAC (zone d’aménagement concertée) de leurquartier. Les déplacements se font à l’aide d’une manette deconsole Wii dans l’espace virtuel réalisé par la Ville de Rennesintégré dans Assemb’live, accessible via Internet à partir du blogde la Caravane et depuis l’espace Guy Ropartz. Les habitantspouvaient déposer des questions sur le projet, et découvrir les 17
  • 17. La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux 27 hectares de projet urbain de Maurepas en immersion. Comment ? Les utilisateurs se trouvaient devant un écran plasma affichant la mo- délisation en 3D du quartier de Maurepas avec les bâtiments existants et le projet de bâti. Ils s’y déplaçaient sous forme d’un avatar capable d’interagir entre eux et dans la maquette 3D, en temps réel. Ce proto- type est basé sur l’utilisation d’un moteur de jeu vidéo sur Internet dans lequel sont incorporées des modélisations de la cellule 3D du service SIG. 3. Totem Tactile Autre mobilier innovant que les habitants de Maurepas ont eu l’op- portunité de tester : le totem web tactile conçu par la société Taztag, qui permettait d’interroger le blog de la caravane de quartier par simple toucher, et de visualiser des albums multimédias ainsi que des vidéos. Le blog de la caravane[1] était alimenté en temps réel par l’équipe de Bernadette Kessler, Responsable Service Information multimédia. Au total, techniciens, communicants, chefs de projets événementiels, partenaires publics et privés ont réalisé un bel exercice de collabora- tion. Cet éventail de dispositifs technologiques fut l’objet de notre enquête, à savoir analyser : le comportement des usagers, la satisfaction des habitants par rapport à ces nouvelles propositions, la reconduite ou non de ces innovations.. [1] http://blog.carava-nedesquartiers.maure-pas.rennes.eu/18
  • 18. méthodologie méthodologie Sur le terrain... Notre appropriation de la commande et l’organisation de notre enquête jusqu’à l’élaboration d’une production est la pierre angulaire de notre travail collaboratif. Elle a nécessité beaucoup d’investissement mais également des doutes, des tensions, dans le souci de répondre au mieux à la commande et de réaliser un travail de qualité. La mise en situation de notre méthodologie de recherche fait l’objet d’un retour réflexif et lucide sur les points forts et les points faibles que nous avons remarqué. L’origine du projet : une double commande des élus de Rennes et d’un dossier universitaire Pour y répondre nous avons dans un premier temps fait une visite Explora- toire, puis de façon collaborative élaboré des outils de recherche : grilles d’ob- servation et questionnaires en s’appuyant sur des apports théoriques de l’UE sur «prospectives et design des TIC». Pour répondre à la commande, nous avons décidé d’utiliser deux outils d’en- quête : un questionnaire et une grille d’observation. Nous avons repris le questionnaire préalablement préparé par l’une d’entre nous afin de l’ajuster au mieux pour qu’il soit simple et efficace sur le terrain. Nous avons bénéficié de l’aide et de la supervisation d’Annabelle Boutet, En- seignant Chercheur au département LUSSI de Télécom Bretagne etmembre du Conseil Scientifique du Gis M@rsouin. Notre souci était de ne pas trop mo- nopopliser la personne qui accepterait de se prêter au jeu des questions-ré- ponses. Le questionnaire a été organisé en trois parties: Votre parcours dans la Caravane. Vos Perceptions. Votre profil. Dans la première partie, les ques- tions étaient regroupées par dispositif technologique, afin de faciliter le travail des enquêteurs de terrain. En effet, ils pouvaient ainsi aisément interroger les personnes uniquement sur les dispositifs auxquels elles s’étaient intéressées. Concernant l’élaboration de la grille d’observation, il nous a fallu d’abord nous poser certaines questions opérationnelles : Faut-il faire une grille d’observation par personne ou bien une grille d’observation par dispositif ? Est-ce le même observateur qui suit la personne tout au long de son parcours dans la cara- vane, ou bien différents observateurs qui se transmettent la grille au fil du par- cours ? Nous nous sommes aperçus que le plus cohérent, aussi bien pour des questions d’organisation pratique que pour faciliter l’analyse, était 19
  • 19. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie d’ attribuer une personne à un seul observateur, qui remplirait une grille réservée à cette personne. Nous nous sommes donc mis d’accord sur la procédure suivante : les observateurs se placent de manière à avoir en vue l’entrée de la caravane, et à chaque arrivée d’un visiteur l’un d’eux décide de le suivre, avec une grille d’observation. Nous avons ensuite listé les éléments que nous souhaitions observer : aLes caractéristiques des visiteurs : les critères d’âge et de genre, aux- quels nous avons ensuite ajouté celui « personne seule / en groupe ». aLa temporalité : tenir compte des heures d’arrivée, et de la durée du temps passé sur chaque dispositif. aLa médiation ou l’absence de médiation : indiquer si la personne s’est faite assistée (démonstration, explication,…), sur le contenu ou bien sur le fonctionnement de tel ou tel dispositif. Distinguer par ailleurs si la mé- diation est formelle ou informelle, et de quelle manière elle est effectuée : par un médiateur officiel (médiation formelle), par un proche ou un tiers, ou bien encore par l’un de nous (médiations informelles). aLa participation active ou non : observer si la personne a une position participative ou spectatrice, autrement dit si elle utilise et manipule le dis- positif ou bien si elle se contente d’observer. aL’orientation, le parcours : prendre en compte le parcours de la per- sonne sur la caravane, c’est-à-dire l’ordre dans lequel elle s’intéresse aux dispositifs. Cela notamment pour répondre à la question suivante : qu’est- ce qui attire les personnes en premier lieu ? aLe contournement : observer également les évitements, contourne- ments des dispositifs par les personnes, de manière à faire ressortir les appréhensions éventuelles (crainte, désintérêt…). aLes contenus : indiquer l’ordre de consultation des rubriques du dis- positif « City Wall », afin de pouvoir mesurer leur succès. aLes phrases et mots clés : relever les expressions verbales pouvant éclairer sur l’état d’esprit de la personne concernant son rapport au dis- positif, et qui peuvent être significatives. Nous avions donc choisi de construire notre grille d’observation de ma- nière à ce qu’une grille corresponde à une personne. 20
  • 20. La Caravane des quartiers 2010 - MéthodologieNous avons alors composé la grille générale de quatre « sous-grilles » :les caractéristiques de la personne, les attitudes, les contenus du CityWall et les mots clés.En nous confrontant à la réalité du terrain, nous avons pu nous aper-cevoir de certaines limites de notre organisation. Par exemple, nousavions décidé de répartir entre les observateurs les différents arrivants,et de les suivre tout au long de leur parcours, une grille à la main. Maisdans les faits, une partie des visiteurs na fait nullement attention auxdispositifs technologiques, pour se rendre directement au café ou dansle second espace. Par ailleurs, pour les observateurs qui n’avaient pasconçu la grille il était difficile de se l’approprier. Cependant, dans l’en-semble l’observation a bien fonctionné.Nous nous sommes rendus sur le terrain le jeudi après-midi, après nousêtre répartis les tâches de manière à former deux groupes : observa-teurs /enquêteurs. A la fin de cette première demi-journée sur le terrain,nous nous sommes concertés afin d’apporter quelques révisions ànotre méthodologie d’enquête. La grille d’observations à connuquelques modifications (restructuration des questions sous formes detableaux et de cases à cocher), et il a été convenu de favoriser les ob-servations plutôt que les entretiens. Cette méthodologie a été expéri-mentée le lendemain, lors de notre deuxième enquête sur le terrain.Au final, 30 questionnaires et 15 observations ont ainsi pu être récol-tés.Une commande institutionnelle et une commande universitaire. Nousavons élaborer une stratégie de production afin de réaliser d’une part,une analyse pour le Directeur Général de la Communication et, d’autrepart, un dossier collectif universitaire. Cependant nous avons souhaitédonner une autre direction à ce travail en lui insufflant un caractère ori-ginal sortant du cadre universitaire.Nos objectifs se déclinent ainsi :fa-voriser une dynamique de groupe, permettre des échanges, dessynergies, utiliser des outils de travail collaboratif, construire et partici-per à l’ingénierie d’un projet, mutualiser les ressources et les initiatives,rendre une évaluation de qualité. 21
  • 21. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie Résultats statistiques La présente synthèse porte sur l’évaluation des dispositifs multimé- dias de la Caravane des quartiers Maurepas qui a eu lieu du 17 au 20 Mars 2010 et répond ainsi à la commande de la Ville de Rennes. L’objectif est de faire remonter les attentes et préoccupations de l’en- semble des habitants du quartier Maurepas par rapport à l’utilité de la Caravane des quartiers en touchant tous les publics, au-delà des per- sonnes déjà impliquées dans les démarches existantes (Conseil de Quartier, Associations…). Echantillon interrogé - 30 questionnaires individuels - 15 observations Enquête réalisée les 18 et 19 mars. Echantillon non représentatif de la population du quartier, en termes de sexe, âge, catégories socio-professionnelle. Outils d’enquête Questionnaire réalisé en collaboration avec Annabelle Boutet, Ensei- gnant Chercheur au département LUSSI de Télécom Bretagne et membre du Conseil Scientifique du Gis M@rsouin. Enquête supervisée par Pascal Plantard, enseignant-Chercheur au Cread, université Rennes 2 et Jacques-François Marchandise de la FING. Les observations et les questionnaires ont été effectués principalement sur les journées du jeudi et du vendredi. Les résultats ont été reportés dans le logiciel de traitement statistique Sphinx. Cet outil a permis de créer des tableaux récapitulatifs et des graphiques qui ont été insérés dans la synthèse pour le Directeur Général de la Communication.22
  • 22. La Caravane des quartiers 2010 - MéthodologieLe public Le public présent à la caravane des quartiers se compose princi-palement de retraités, de cadres et d’étudiants parmi lesquels nousavons compté les publics scolarisés (classes de primaires).Les 2 raisons qui ont motivé la venue des personnes présentes à laCaravane sont :aprendre connaissance des projets d’aménagement ;apour raisons professionnelles.La plupart des habitants étaient déjà au courant du projet d’aménage-ment du quartier par le biais du Rennais.Dans l’ordre, les dispositifs qui ont d’abord retenu l’attention des par-ticipants sont :aLa maquette 3D (64,5% à l’avoir utilisé)aLe Citywall (58,1% à l’avoir utilisé)aLa borne tactile (38,7% à l’avoir utilisé)Evaluation des dispositifstechnologiquesLe citywallLe citywall a été utilisé de façon relativement autonome, (seul et engroupe).La fonction multitouch a donc été identifiée et utili-sée par des groupes d’usagers. Cependant, l’utili-sation du Citywall était courte, de l’ordre de 5 à 10min sans avoir d’ idées précises de ce qu’on pou-vait rechercher. On peut donc parler de test explo-ratoire.Dans l’ensemble, les personnes interrogées ayanttesté le citywall sont majoritairement satisfaites dela qualité de l’image et du son (après installationdes haut-parleurs extérieurs au coffrage) ainsi quedu contenu. Plus précisément, les contenus qui ont connus le plus desuccès sont : les photos du quartier. 23
  • 23. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie Difficultés d’utilisation : ase repérer dans le menu, adéplacer et consulter des images. Le citywall semble-t-il utile aux habitants s’il était implanté dans la ville de façon permanente ? 48,4% d’entre eux sont convaincus contre 41,9% qui ne se prononcent pas. Plusieurs propositions d’emplacement pour le City- wall ont été évoquées : a 19,2% pensent qu’elle pourrait être utile dans une maison de quartier, a 12,9% préfèrerait qu’elle soit implantée dans une bibliothèque municipale, a 9,7% pense que la mairie serait un lieu adapté pour accueillir le Citywall. La maquette 3D La maquette 3D a été le dispositif le plus uti- lisé pendant ces 3 journées. L’usage de ce dispositif a nécessité une mé- diation active. La durée d’utilisation est relativement longue par utilisateur (environ 15-30min) et elle peut être répartie sur plusieurs jours car plusieurs personnes sont revenues plusieurs fois sur le stand. Ce dispositif a beaucoup plu et a suscité l’intérêt de toutes les généra- tions. Cet outil a permis aux usagers de se faire une idée assez précise de l’évolution du quartier. Les apports cités a meilleure compréhension a qualité du service a présentation en 3D a meilleure perception du réel, de l’existant. Ce dispositif serait bien accueilli s’il était implanté dans la ville puisque 35,5% de testeurs l’ont trouvé utile.24
  • 24. La Caravane des quartiers 2010 - MéthodologieEmplacements possibles d’implantationa mairiea maison de quartiera Champs libresCependant 25,8% des usagers ont rencontré des difficultésde maniabilité avec la wiimote et plusieurs fois, la gêne res-sentie par rapport à la profusion d’éléments à regarder estressortie dans le discours des habitants.La borne tactileL’utilisation de ce dispositif a été relativement courte (en majorité de 5à 15 min) et entièrement autonome.Nous avons constaté une satisfaction générale du dispositif pour 38,7% des utilisateurs contre 58,1% qui ne se prononcent pas ayant es-timé qu’ils ne l’avaient pas testé suffisamment long-temps pour émettre un avis.Les vidéos ont suscité un intérêt majeurpour les usagers, le dispositif se prêtant bien à cetype de contenu multimédia.Ce dispositif emporte l’adhésion des utilisateursquant à son installation éventuelle dans la ville.La majorité l’imagine dans une maison de quartierquant aux autres, ils ont proposé dans la rue, dansles pôles sociaux ou autres structures associatives.Bilan généralCette Caravane a été relativement utilepuisqu’elle a changé positivement le regardde 38,2% des habitants par rapport au projetd’aménagement du quartier. Elle n’a rienchangé pour 38,7% des usagers.Aucun participant n’a déclaré porter un re-gard négatif.Cette caravane a changé le regard des habitants sur les technologiesde façon positive pour 51,6% d’entre eux. 25
  • 25. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie Quels bénéfices ? IInformation, convivialité, lien social, découverte de projets et des ac- tions d’écoles, communication, meilleure compréhension des projets de la municipalité. Cette caravane est-elle utile ? a 71% répondent oui contre 12,9% ; 16,1% ne se prononcent pas. A-t-elle facilité la communication entre les habitants et les élus ? a 51, 6% sont d’accord contre 32,3% ; 16,1% ne se prononcent pas. Vous a-t-elle convaincue que les nouvelles technologies peu- vent servir l’urbanisme ? a 71% le reconnaissent contre 16,1% . 12,9 % ne se prononcent pas. Synthèse des observations a Les dispositifs multimédias apparaissent davantage comme des supports complémentaires aux affiches de présentation du plan de Z.A.C. a Ils favorisent les échanges entre habitants du quartier. Les dispositifs permettent une prise en main relativement aisée par les utilisateurs, surtout la Borne tactile et le City Wall. a Un intérêt particulier pour ce genre d’évènements par les per- sonnes âgées et les écoles. Mais les générations se sont peu mê- lées, peu d’échanges entre elles. a Forte mobilisation des associations et acteurs du quartier. a Peu d’échanges directs avec les élus, en revanche, beaucoup de messages asynchrones envoyés aux élus avec des questions précises sur le quartier.26
  • 26. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie La production : une initiative collaborativeUn travail collaboratif à 3 niveauxLes 3 composantes ci -dessous font partie de la dynamique de collaboration étudiée par Lundgren-Cayrol et Henri. Elles sont nécessairespour mener à bien un travail collaboratif. Nous estimons que nous de-vons retravailler sur ces notions pour arriver à un niveau de collabo-ration optimale.a Lengagement : au cours de ce travail collaboratif, on a pu mettreen avant que cet engagement était de différents ordres. Pour cer-tains, il est constant ; pour dautres, plus fluctuant ou incertain. Il estaussi parfois plus laborieux à des moments de la production, étantdonné leffort permanent requis sur la durée de la production. Dau-tres phénomènes ont régi la vie de notre équipe, comme les effetsdengagement/désengagement, les effets de sous-investissement/sur-investissement, les effets de solidarisation/dés-olidarisation.Dans ce cadre précisément, ne devrions-nous pas interroger les no-tions dautonomie, déthique et de valeurs propres à chacun des mem-bres du groupe ? Nest-il pas aussi essentiel de rester dans unedynamique dentraide, respectueuse de lautre et de ses potentiellesdifficultés aussi pour maintenir, toujours également, son contrat den-gagement de départ ?a La coordination : elle est indispensable dans une perspective def-ficacité et de cohérence de la production. Plus le groupe de travail estimportant (notre groupe 12 membres pour 3 coordinateurs), plus cetravail de coordination requiert un sens pédagogique exacerbé.Écoute, patience, respect, tact et régulièrement un nécessaire exer-cice dexplicitation auprès des contributeurs, doivent être les tâchesprioritaires des coordinateurs. Une explicitation renouvelée des étapesdu projet, une synthèse régulière des éléments apportés par les contri- 27
  • 27. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie buteurs. Ce travail de coordination requiert une certaine expertise qui nest pas forcément reconnu alors que, quand bien même, il est es- sentiel au bon fonctionnement du projet, à la progression de la produc- tion. En effet que fait-on sans pilote dans lavion ? Mais il faut bien admettre que cette activité manque de visibilité. Cest un don de soi, il faut donc la pratiquer avec humilité, sens du service au groupe. Cette notion interroge la notion de légitimité et de reconnaissance. Quest ce qui rend, un membre du groupe, plus légitime quun autre à assurer cette fonction ? Comment légitimant élire, désigner) le membre pré-disposé à coordonner, éveille-t-on une prise de conscience de cha- cun des membres du groupe ? Comment maintenir ce lien entre les membres ? Sans le dire nabordons nous pas ici la notion de manage- ment de projet ? a La communication : un travail collaboratif ne peut souffrir dimpro- visations. Les échanges doivent être nuancés, distanciés. Le coordi- nateur doit toujours modérer ces propos et réguler les situations conflictuelles par exemple. Dans quelle mesure la communication entre les membres dun groupe peut être plus performante ? Cest la question du management de projet qui revient, comment sadresser aux équipiers ? Comment garder sa troupe motivée ? Gar- der le sens de lhumour et de la dérision, cela a été notre mode de fonctionnement. Retenir aussi que cette communication, révèle bien souvent les personnalités des contributeurs. Elle agit comme une loupe sur les comportements de chacun. Les différentes étapes de notre pro- duction, nous ont permis, notamment dans le rapport à lécrit, de révé- ler certaines caractéristiques de la personnalité des contributeurs, de souligner quelques attitudes. Le travail collaboratif et ses complexités : Nous avons dû gérer les complexités dune production au travers dune réflexion collective (pas simple !) avec des moyens de lordre du brico- lage, notamment pour le traitement des données et lespace de travail collaboratif, pour ainsi dire inexistant, en tout cas pas du tout adapté à un travail de cette ampleur : a La complexité pédagogique : entre commande institutionnelle et production universitaire. Comment répondre à ces deux attentes ? Notre réponse a été double, une présentation du projet de la Cara- vane des quartiers avec ensuite une articulation sur des focus-re-28
  • 28. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologiecherche abordant des thématiques récurrentes.a La complexité spatio/temporelle : devant lurgence de la com-mande et des membres du groupe dispersés, il a fallu trouver dessolutions pour pallier à ces difficultés. Cest le recours à un outil :Google docs notamment, qui nous a permis de dépasser cet obsta-cle. Ainsi chacun des membres de léquipe avait la possibilité decontribuer à faire avancer le dossier commun.Lors de cette production, nous avons pu constater de limportance desphases synchrones, menées pour une réflexion collective et asyn-chrones, menées pour une réflexion plus individuelle.Un outil Google docs exploité, mais il faut reconnaître quil était insuf-fisant pour engager pleinement des phases de réflexion collective enmode synchrone (écriture collective)a La complexité psycho-cognitivo-affective : celle-ci relève de la no-tion de réflexivité. A chaque mise en situation collaborative, un pro-cessus métacognitif se met en place. Il ne faut pas négliger non plusla part des affects dans ce processus délaboration. Notre travail col-laboratif a dû concilier avec toutes ces composantes individuelles.cest ce que nous avons fait courageusement ! Nos armes, nest-cepas des outils et des méthodes adéquates mis à notre disposition ?Une liberté pédagogique structuranteou déstructurée ?a Une liberté pédagogique qui permet un travail de créativité et dedéveloppement de l’autonomiea Le choix des outils : utilisation dune plate-forme de travail colla-boratif : Google docs ; utilisation dun outil de sondage pour dispat-cher les tâches : doodle ; nombreux échanges par mails, téléphonea Le choix de définir un travail cohérent pour tous : la rédactiond’articles scientifiques sur des sujets d’intérêts TEF (technologies del’éducation et de la formation)a Une liberté qui permet travail réflexif sur le déroulement de la pro-ductionLors de ce travail nous avons été des acteurs et des apprenants ré-flexifs. Nous avons pu vivre des notions de respect, de solidarité,d’écoute, de bienveillance, d’humilité, d’engagement, d’ouverture des-prit, déthique, parfois de façon inégale. Nous nous interrogeons sur 29
  • 29. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie le bien-fondé d’une grande liberté pédagogique certes, mais ne serait- elle pas plus efficiente avec un accompagnement, un encadrement ? Dans quelle mesure un accompagnement adapté peut permettre de mieux gérer la confrontation au groupe, de mieux appréhender le tra- vail collaboratif à distance notamment ? Et peut-être, avec lappui dune véritable structure encadrante qui conduit la réflexivité du sujet et ses prises de conscience régulières au cours de lavancée du projet, pourra-t-on dire...Vive le travail collaboratif ! Au final un bilan contrasté... ...et des représensations très différentes que l’on peut repérer dans les différents témoignages d’étudiants qui ont participé à ce travail collaboratif : « Lors du (bref) travail en amont ayant eu lieu la veille et le jour de la Caravane des quartiers, jai senti une cohésion de groupe, et pour moi il y a eu un vrai travail collaboratif sur les outils de recherche. Une fois sur le terrain, peu de coordination au sein du groupe, et malgré linves- tissement de la majorité, on sent que certains commencent déjà à "séloigner". Ensuite, concernant lanalyse... Travailler de manière col- laborative pour un groupe dune douzaine de personnes éloignées géo- graphiquement, cétait mission impossible! Heureusement, des "leaders" se sont vite détachés du groupe et ont pris les choses en main pour "porter" le groupe, qui en avait besoin. Loutil Google docs a été mis en place, mais il ne fait pas tout, et ne peut pas suffire à mo- tiver les troupes. Mais un travail coopératif a été réalisé par une partie de léquipe. Les grilles qui ont été proposées étaient une très bonne idée et nous ont permis de mettre en commun nos données. Mon sen- timent est de ne pas avoir maîtrisé grand chose durant tout le dérou- lement du projet, de navoir pas été "acteur". Jaurais souhaité minvestir davantage, mais les délais, la charge de travail, léloigne- ment, le nombre de personnes sur le projet, tout cela a fait que je nai pas pu participer réellement au travail collaboratif. Si cétait à refaire, bien sûr il nous faudrait plus de temps pour mettre en place une stra- tégie à mener en amont, sur place et en aval. Il aurait fallu nous concer- ter après lenquête de terrain, afin de demander à chacun la manière dont il voyait la méthodologie collaborative, et la manière dont il sou- haitait sinvestir. Le temps nous a manqué. »30
  • 30. La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie«Dans le cadre d’une commande de la ville de rennes, les M2 TEF ont-travaillé sur la caravane des quartiers. Cette commande étant assezfloue et importante, nous avons dû nous organiser pour travailler en-semble sur ce projet afin de recueillir des données sur cet événementet de les regrouper dans un rapport relatant ce qui se joue lors de cettemanifestation ainsi que la réaction des habitants. Pour ce faire, nousavons travaillé ensemble. La première partie du travail s’est passé enprésentiel. En effet, nous avons profité de la semaine de regroupementpour réellement nous pencher sur le sujet (correction du questionnaire,création de la grille d’observation, explication des rôles de chacun lorsde la manifestation…).Suite à cela et à l’initiative d’un des membres dugroupe, nous avons travaillé via une plateforme collaborative, googledoc. Cela a permis de palier aux contraintes géographique de chacunet par là même de continuer à échanger et regrouper nos observationset écrits. Cette méthode de travail permettait à tous de participer. Ce-pendant, il faut être réaliste, comme dans toute collaboration, il y en atoujours qui donne plus de temps, de motivation et d’initiative. Un travailde groupe à distance n’est pas une chose facile à réguler et à diriger,surtout à 11. Il est donc logique de constater que même si chacun desmembres participe sans problème, il y a toujours un noyau dur qui gèrela troupe et la relance ou tout simplement s’investi plus. Pourtant, mal-gré les diverses contraintes, on peut remarquer que le travail est fait,donc on peut penser que les choses ne se sont pas trop mal organi-sées...»« La collaboration a eu lieu lors du regroupement à luniversité, avantde se rendre à la Caravane de quartiers, sur lélaboration du question-naire et de la grille dobservation. Finalement, je trouve quil y en a eupeu au sein de l’ensemble du groupe. Loutil google docs fut finalementpeu investi par la majorité des personnes mais il y eut sans doute beau-coup de collaboration dans le comité rédactionnel. J’ai finalement unpeu découvert ce que lon allait présenter dans ce dossier lors de lajournée Protice. Une suggestion : pourquoi pas lutilisation dun wikipour un prochain travail collaboratif? »« Le travail collaboratif de la caravane des quartiers me paraît essentielcar c’est la mise en commun de nos énergies. Grâce à Sophie nousavons eu le cadre de travail, avec les objectifs, les buts et une com-mande qui était bien définie. Cela nous a permis de nous répartir les 31
  • 31. rôles selon nos disponibilités et nos compétences. Les jours passés ensemble dans la caravane ont été très motivants pour comprendre l’esprit de ce projet. Le travail ensemble a été très intéressant, difficile car nous étions nombreux. Il est plus difficile de travailler ensemble en grand groupe qu’à 3 ou 4. Je regrette un peu de ne pas avoir beaucoup participé aux échanges sur la plateforme, occupée par le dépouillage, des questionnaires. Mais prendre connaissance des documents sur Google docs m’a permis de me sentir incluse dans le travail, même si j’ai peu pris part aux discussions à propos du dossier. Avec du recul, je me dis que j’aurais du transmettre mes impressions tant sur l’observa- tion, que l’administration des questionnaires, et sur les gestes, les atti- tudes des personnes que j’ai interviewées. Mais, jai aussi beaucoup aussi utilisé les messages téléphoniques et les échanges mails. Il m’a semblé précieux qu’un petit groupe prenne la coordination du travail pour donner des pistes à tous et faire réfléchir sur des compléments à réaliser. J’ai beaucoup appris avec ce travail collaboratif. Les ré- flexions, les informations échangées et partagées, m’ont permis de m’ouvrir sur d’autres compétences et de nouveaux savoirs être et faire. Chacun a investi des temps différents, à des heures différentes, mais cela a été un véritable travail de groupe dans lequel nous avons essayé de faire passer l’image de notre filière.» « Dans le cadre de l’expérience de la caravane du quartier, nous avons été amenés à travailler collectivement sur différents travaux autour de cet événement. Effectivement nous avons réalisé différentes produc- tions : préparation de l’observation de terrain, travail d’enquête, retrans- cription des résultats, analyse, présentation de l’expérience lors de la journée protice, réalisation d’articles etc. Pour effectuer ces différents travaux nous avons mis en place une stratégie d’échange et de colla- boration. Effectivement, étant tous sur des terrains de stages différents, ayant tous des contraintes différentes il était difficile de nous réunir. Ainsi, très rapidement un membre du groupe a créé un compte Google Doc et a diffusé les identifiants afin de mutualiser nos productions. Cet espace nous a permis d’organiser notre travail de façon pertinente et s’adapter aux contraintes de chacun. Grâce à l’accès aux informations sur un même espace où chacun pouvait contribuer, nous avions l’in- formation en temps réel et pouvions travailler ensemble, le tout à dis- tance. Grâce à cette stratégie de travail collaboratif nous avons pu tous nous impliquer dans ce travail, en respectant la disponibilité de chacun.32
  • 32. C’est également un outil que nous pourrons réutiliser dans un futur plusou moins proche dans le cadre d’un travail d’équipe. Notre stratégie decollaboration nous a donc permis d’optimiser notre travail, d’éviter laperte d’information causée lors des allers retours de mails par exemple,de fonctionner en groupe organisé en se centrant sur des documentscommuns. Il n’y a pas eu de directives données en amont chacun a sus’investir et s’approprier les informations et productions spontanément.Nous étions donc dans un principe d’entente cordiale, de respect durythme de chacun et de confiance dans le groupe. Finalement, ce futune expérience riche et formatrice ! »Néanmoins, notre travail de collaboration aurait pu être davantage op-timisé par l’utilisation d’outils de partage comme Diigo qui permet lepartage de référence avec des possibilités de commentaires, de souli-gnage etc. Nous aurions également pu optimiser les moments de re-groupement à la fac pour organiser notre travail et se répartir plusuniformément les tâches. Effectivement, même si globalement le travailde groupe fut efficace et enrichissant, on se rend compte qu’au-delà dequatre personnes cela devient difficile de réaliser un travail collaboratifde ce type, mais nous avons su être réactifs et relever ce défi ! 33
  • 33. focus -rech erche focus-recherche introduction A l’origine de notre travail une commande certes, et après... Comment ar- ticuler cette réponse institutionnelle avec notre formation universitaire ? Telle a été notre seconde préoccupation. Nous avons choisi un format qui a aussi cette caractéristique, d’être légi- time auprès de la communauté scientifique : le focus-recherche ou article scientifique. Créatif et pertinent, le focus-recherche a toutes les qualités pour répondre à notre deuxième priorité. Il nous a permis de développer différentes thématiques parmi lesquelles la démocratie participative et ville 2.0. Du projet durbanisme, aux appels à la participation de citoyens responsables et concernés, jusqu’aux élus qui viennent presque à domicile, quel message porteur de sens, les élus veu- lent-ils faire passer au travers de ces rencontres citoyennes ? Cette première contribution a été partagée à 8 mains. Le sujet très dense méritait que l’on si arrête plus longuement. Nous avons fait le choix de le scinder en deux parties : une première partie de conceptualisation de la notion de démocratie participative, ce qu’elle représente aujourd’hui dans notre société en pleine mutation numérique ; une seconde partie sur l’expérimentation de démocra- tie participative illustrée par la Caravane des quartiers. Accessibilité et handicap. Dans cet article le quartier est interrogé comme espace intégrateur de la personne handicapée. La politique locale n’a t-elle pas intérêt au regard de tous ses habitants et fortement incitée par la législa- tion, à rendre ce type de manifestation accessible à tous y compris les per- sonnes vieillissantes et en situation de handicap ? Le quartier est lieu de vie, ces rencontres citoyennes comme la Caravane des quartiers lieu d’informa- tions mais aussi lieu de socialisation pour les personnes fragilisées, comment le développement de l’accessibilité à ces rendez-vous urbains peut leur per- mettre de devenir pleinement acteur des modifications de leur lieu de vie ? Médiation/médiatisation. Ici les auteurs de l’article se posent les questions suivantes : quelle est la place de la médiation dans la transmission numérique d’un message ? quelles médiations pour quels objectifs ? Quel processus de médiatisation est mis en œuvre dans les dispositifs expérimentés à la Cara- vane des quartiers ? C’est le point de départ de leur réflexion. Entre médiateur humain et technologique, entre processus de conception et de scénarisation, 35
  • 34. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche quelle est la pertinence des dispositifs multimédias présentés lors de la manifestation ? Enfin les phénomènes de socialisation. Les auteurs s’interrogent sur cette manifestation : réunit-elle réellement les caractéristiques néces- saires à la mise en place d’un réel processus de socialisation, pouvant ainsi répondre aux objectifs fixés par la Ville de Rennes ? Après avoir relevé des constats, s’être penché sur les limites auxquelles un tel évè- nement se trouve confronté, il est question dans cette article de savoir en quoi la caravane était ou non un lieu propre à la socialisation. Une fois répartis et engagés dans nos différentes problématiques nous nous sommes, en dernier lieu, exercés à produire un ensemble de re- commandations se rapportant à chacun des sujets traités.36
  • 35. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche Démocratie Comment la démocratie pourrait ne pas être participative participative ? Définitions et ville 2.0 Etymologiquement : « La de- mokratia vient du grec demos, peuple et kratein commander, pour désigner le gouvernement par le peuple considéré en tant que citoyen, i.e. jouissant du droit de cité. ». Mais encore : « Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peu- ple, ou plus exactement aux Démocratie participative, de proximité, délibérative… Ces formula- membres de la société qui sont définis comme citoyens. ».1tions sont nombreuses et peuvent revêtir des sens parfois assez éloi- Plus près de notre réalité : «gnés même si ils ont en commun de faire participer les « citoyens » au Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peu-débat public. Les évolutions sémantiques peuvent avoir des implica- ple qui lexerce directement (dé-tions fortes qui nécessitent une observation attentive et constante. mocratie directe) ou par lintermédiaire de représentants élus pour agir à sa place, en son nom et sous son contrôle (dé-Démocratie participative : mocratie représentative) ».2 Et enfin ce qui pourrait le plusmythe ou réalité ? se rapprocher de la démocra- tie dite « participative » : « Sys- tème politique fondé sur le respect de tous qui généralise leAssaba Bruce dialogue et encourage la partici-Sylvie Gastineau pation du peuple à tous les ni- veaux de tous les organes de la société civile. Forme de gouver- nement où la participation duLascension fulgurante de Barack Obama pendant la campagne prési- peuple est requise et qui repose,dentielle américaine de 2008 est une démonstration en force dune entre autres, sur Iindépendance des pouvoirs exécutif, législatif etforme de démocratie participative émergente. Il semble bien que lélec- judiciaire et sur des élections li- bres. De nombreux droits civils,tion de Barack Obama à la tête des Etats-Unis doit beaucoup aux tels le droit dassociation, das-usages du Web et dInternet : la clicocratie (Eudes, 2009). Tous les cy- semblée ou de la presse sont in- dispensables à la réalisation desbercitoyens ont été sollicités dans cette campagne et se sont ainsi senti droits politiques qui sont à la base de la démocratie. »3investis dans la vie de la Cité. La communauté e-citoyenne sest no- Concernant le mot participatif,tamment inscrite pleinement dans cette agora numérique, qui sest ré- qui est « Relatif à la participationvélé le parfait relai de lagora publique. Elle a été loccasion de débats » 4 la définition est la suivante dans Le petit Robert : « La dé-publics médiatisés sur le web. On se souvient aussi de limpact consi- mocratie est la participation à droit égal, à titre égal, à la déli-dérable dInternet et de ses internautes, sur le traité établissant une bération des lois et au gouver-Constitution pour lEurope. nement de la nation ». www.maphilosophie.fr/lexique.php 1La participation simpose de plus en plus comme le terrain obligé de la po- 2 www.camillederoccaserra.com/glos- sary/Glossaire_gi809.htmllitique et de laction publique. De nouveaux mouvements sociaux via les 3 www.aidh.org/Biblio/Vocabulaire/Droit s.htmréseaux sociaux sappuient également sur ces formes horizontales de 4 http://fr.wiktionary.org/wiki/participatif 37
  • 36. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche coordination. Nous assistons à une profonde mutation qui dépasse le sim- ple effet discours, le simple effet mode : une grande conversion du nu- mérique est à loeuvre (Doueihi, 2008 ). Quen est -il de cet idéal démocratique logé entre démocratie participative, de proximité, délibéra- tive ? Dans un premier temps, mieux définir les contours, sémantique, his- torique de cette notion avec ses nombreuses formulations, éclaire déjà notre propos. Dautre part, mettre ce concept à la lumière de quelques théories sur le sujet, permet de mieux appréhender cette probléma- tique. En effet cette notion (démocratie participative) est tellement pro- téiformes et le terme tellement galvaudé quil a fallu trouver un angle de recherche. Cest le lieu de la proximité et notamment celui de la proximité des élus aux habitants qui a retenu notre attention. Il nous a semblé en effet opportun de faire le lien avec le site de notre obser- vation : la Caravane des quartiers. Quest ce que les élus mettent en place pour impliquer les habitants au projet urbain de quartier ? De plus à lheure du numérique, cette notion de démocratie participative recouvrant de nombreux enjeux. Quels sont justement les défis aux- quels celle-ci doit faire face, en cette période de profonde mutation ? Nous lévoquerons, comme dernier point de notre focus-recherche. Tout au long de notre réflexion nous nous sommes régulièrement nour- ries dauteurs ayant écrit et produit sur le sujet. Définition de la démocratie participative Ces formulations sont nombreuses et peuvent revêtir des sens assez éloignés même sils ont en commun de faire participer les « citoyens» au débat public. Les évolutions sémantiques peuvent avoir des impli- cations fortes qui nécessitent une observation attentive et constante. Si on s’attache aux définitions ci-dessous, il semblerait que ces deux mots ensemble forment une redondance ou un pléonasme, et le terme « participative » ici n’est pas un adjectif mais un processus qui est ap- paru dans les années 1970. Les premières théories de la démocratie participative des années 1970… Carol Pateman , C.B. MacPherson ou Benjamin Barber sont les pre- miers théoriciens de la « démocratie participative ». Tous trois anglo- saxons, leur réflexion est fondée sur la critique de la démocratie «38
  • 37. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherchereprésentative », comme les philosophes Hannah Arendt et JohnDewey, ils pensent la « participation » comme capacité de la sociétécivile à être active et participer à la recherche de solutions adaptées àses problèmes, proches de la démocratie athénienne.… Au début du XXIème siècle.Au début des années 2000 cette notion est controversée et en 2002 lesdéputés français rejetèrent le terme de « démocratie participative » auprofit de « démocratie de proximité » concernant la loi qui imposait la créa-tion de conseils de quartiers dans les villes de plus de 80 000 habitants.Aujourd’hui, la démocratie participative est dans l’ère du temps et lesdispositifs qui s’y réfèrent se multiplient, mais restent pourtant margi-naux et ses expérimentations très localisées. Et si toutefois on en faitusage au-delà du local, elle reste uniquement consultative sans quel’on puisse évaluer ses effets sur les décisions politiques.La métaphore de John Parkinson : « lorsque les citoyens sont associésà la prise de décision, le processus peut porter sur le "housing" (urba-nisme), cest-à-dire sur des questions structurelles. Il peut aussiconcerner le "building" (architecture), à savoir des problèmes impor-tants mais de second plan. Il peut enfin se focaliser sur le "painting"(décoration), cest-à-dire sur des enjeux en aval et relativement margi-naux », est intéressante car elle illustre bien les dispositifs qui se ré-clament de la démocratie participative et leurs niveaux d’influence sur 1 Carole Pateman est une théo- ricienne britannique en politiqueles décisions politiques. et impliqué dans le féminisme. Elle est l’auteure de Participa-Pour l’instant les citoyens restent davantage consultés sur la « déco tion and Democratic Theory. Cambridge Univ. Press, 1970.», que sur des questions plus essentielles concernant l’intérêt général. 2 Crawford Brough Macpherson était un influent théoricien cana-Si la démocratie participative reste l’affaire de quelques élus ou mou- dien en sciences politiques, en- seignant à l’université devements politiques en marges (Attac, cercles alternatifs…), elle a ten- Toronto. 3 Hannah Arendt (1906 - 1975),dance à sortir des milieux expérimentaux pour aller du bas vers le haut est une philosophe allemande naturalisée américaine, connueet ainsi transformer la façon de gouverner et de faire de la politique en pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme et las’institutionnalisant progressivement. modernité. 4 Enseignant-Chercheur britan-Même si on est davantage sur des notions de « cyber-démocratie par- nique spécialiste de la démocra- tie participative, cité dans : Yvesticipative », la campagne de Ségolène Royal lors des dernières élec- Sintomer, Carsten Herzberg, Anja Röcke, Les Budgets partic-tions présidentielles avec son site « désir d’avenir » est un exemple ipatifs en Europe. Des services publics au service du public, Lafrançais de promotion de la démocratie participative comme fondement Découverte, 2008, p.300. 5 Insérer un petit encadré avecd’un projet politique, mais on peut également citer l’exemple américain des définitions succinctes de chacune des notions du premierde la campagne de Barack Obama. paragraphe 39
  • 38. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche Des pratiques de « démocratie participative » protéiformes Il n’est pas question d’être exhaustif étant donné les logiques politiques contrastées que véhiculent la no- tion de démocratie participative et les instruments qu’elle utilise. Alors que dans les années 1970, la dé- mocratie participative était envisagée comme un pro- cessus spontané et informel, elle est aujourd’hui plus procédurale : une attention croissante est portée aux publics impliqués, à l’organisation des débats et aux contenus des discussions. Des dispositifs de démocratie participative pluriels Les jurys citoyens, les conférences de consensus, les sondages déli- bératifs et les agendas locaux, mais également les conseils de quartier ou les budgets participatifs et enfin la Commission nationale du débat public en France sont des dispositifs de démocratie participative. Cer- taines d’entre elles vont bien au-delà de la simple consultation, même si en France nous sommes en retard par rapport aux autres pays eu- ropéens. De la démocratie participative à la démocratie de proximité : discours des élus et réalité De lidéal démocratique participatif et délibératif à la montée en puis- sance, ces dernières années, de la thématique de la proximité dans le discours des élus, quel sens y donner ? B. Barber parle de com- munauté démocratique vivante, dun "nous" constamment recréé par la discussion, dune participation pensée à léchelle locale. Il accuse la démocratie représentative de favoriser lapathie et laliénation poli- tique du plus grand nombre. Il lui importe que le maximum de per- sonnes puisse être impliquées dans des activités de participation, que réapparaisse cet espace de discussion, notamment pour ce quil nomme les exclus de la chose publique. Cette motivation de la parti- cipation reste aujourdhui vive, notamment dans les multiple expé- rience qui tentent dimpliquer localement des publics fragiles, principalement en milieu populaire. Quil sagisse dateliers populaires40
  • 39. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherchedurbanisme, de groupes de qualification mutuelle, duniversité du ci-toyen ou de théâtre forum, différentes techniques sont mobilisées pourproduire un effet de politisation auprès de ces groupes (M. Carrel ).Le concept de démocratie participatif de Jürgen Habermas et JohnRawls sappuie sur des participants actifs, orientés vers lentente etouverts aux arguments de lautre. Ils mettent en effet laccent sur lacapacité de la délibération à fonder la légitimité de la décision et surles compétences déployées par les participants à la discussion. Ceconcept de démocratie délibérative constitue aujourdhui lune dessources dinspiration majeures des expériences de démocratie parti-cipative.Face à cet idéal, une réalité : un discours de légitimation du lien re-présentatif. Dans un contexte de crise de la représentation les élustiennent un discours dauto-légitimation pour restaurer de la confiancepolitique et rétablir du lien social. Le discours sur la proximité sert desintérêts électoraux (L. Blondiaux ). Les élus travestissent en connais-sance de cause les termes du contrat initial (lidéal de démocratie par-ticipative) dans des perspectives électoralistes. Ainsi formuléelalternative risque de demeurer stérile. Elle risque surtout de rompreavec le sens donné à laction publique alors que lobjectif de cetteproximité, de cette démocratie participative est bien de soutenir la dé-mocratie représentative (C.Lebart, R. Lefebvre ). Cette posture desélus donne lieu à un espace de rupture et non de rencontre où habi-tants et élus sont dos à dos, face à face, se croisent parfois mais ja-mais ne se rencontrent vraiment.Les enjeux de la démocratie participativePour certains « démocratisation de la démocratie » pour améliorer lagestion publique, pour d’autres elle serait une menace pour la démo-cratie représentative, ou encore un outil de communication pour lesgouvernements afin de désamorcer les conflits sociaux. Mais en faitses réalités sont beaucoup plus diverses et il s’agit de les analyserd’une manière plus systémique afin d’en appréhender les diverses lo-giques sociales et politiques à l’œuvre. Si les résultats des expé-riences de « démocratie participative » menées sont mitigés etinsuffisamment évalués, il semblerait qu’elle est un impact important,notamment sur les élus locaux et l’action administrative et les struc-tures participatives connaissent une croissance exponentielle notam- 41
  • 40. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche ment avec les réseaux sociaux, mais également avec l’Internet, que les responsables politiques ne peuvent plus ignorer. Démocratie participative à l’ère numérique La démocratie comme la si bien résumé Lincoln , "cest le gouverne- ment du peuple, par le peuple et pour le peuple". La République en a fait son principe dans larticle 2 de la Constitution de 1958. La démo- cratie nest pas quun mode dorganisation du pouvoir. Elle représente aussi une certaine conception de la société, voir un idéal collectif. Elle est à la fois une forme de société de liberté et un régime politique. A lère du numérique, nest-ce pas lopportunité offerte de revenir à ces fondamentaux ? Évoquer lidée de démocratie électronique peut paraître étrange mais la démocratie électronique ne se résume pas au remplacement des techniques pour le vote. Il sagit dune démocratie qui dispose dun en- vironnement électronique et numérique agissant pour elle et lui ouvrant de nouvelles perspectives pour son fonctionnement général. Quels sont par exemple les impacts de la culture numérique et électronique sur nos démocraties contemporaines ? On a un ordre numérique qui sest construit sous nos yeux. Cest les changements techniques, lévolution permanente des matériels informatiques e de leurs intercon- nexions qui permettent lexistence dune démocratie numérique. Com- ment les technologies de linformation ouvrent de nouveaux espaces de liberté, une nouvelle expression démocratique pour lépanouisse- ment de la démocratie entre génération Web 2.0 et communication am- plifiée ? Dans la même perspective des modalités de e-gouvernement et de e-administration se mettent en place et créent de nouveaux modes de fonctionnement des démocraties et de leurs administrations. Une communication entre administrés et administrations qui prend aussi une forme virtuelle (P.Levy , 2002, M. Rocard, 2007 ). Ce recours à la e-démocratie peut permettre denvisager des modes dévaluation et de cyber-résistance face à la pertinence ou non dune politique pu- blique. Pourquoi ne pas considérer aussi Internet comme un espace généralisé de veille et dévaluation du monde ? (J.C. Boual, P. Brachet, 2004 ). Au final, nest-ce pas de la reconnaissance dun droit fonda- mental daccès à lespace numérique et aussi du bon usage de lInter- net, de ses services ou de ses sites que se conduira le possible processus de rénovation démocratique ?42
  • 41. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheLes défis de la e-démocratieLa e-démocratie doit relever plusieurs défis : le changements dhabi-tudes liés au numérique nont pas altéré la nature humaine et le rapportà linstitution. Elle doit coordonner la mise en place de réglementationou de régulation adaptée aux usages dInternet afin que droits et liber-tés soient respectés. Mais comment gérer ce décalage, cette com-plexité entre phénomène démancipation et dasservissement avec descomportements condamnables ? Elle doit aussi satteler à la construc-tion dune véritable citoyenneté numérique pour éviter lapparition denouvelles inégalités face à la société numérique. Dans quelle mesureest-il envisageable de permettre laccessibilité au plus grand nombrede personnes ? Dans le cas contraire la fracture sociale risque fortdêtre accentuée. Les changements dordre sociaux sont aussi à pren-dre en compte. Ils sont nombreux spécialistes et néophytes à semparerde linformatique et de ses développements. Il y a aussi lapparition denouvelles pratiques sociales via des réseaux sociaux comme Myspaceou Facebook qui favorisent lémergence de nouvelles relations entreles individus.(Eudes et Plas, 2007 ). Face à ce développement, pas dedévotion béate, pas dinquiétude excessive mais il est essentiel de res-ter lucide et déterminé. Après tout il ne sagit que de technologies delinformation. Noublions pas que les technologies à lœuvre peuventêtre utilisées aussi bien pour accroître les libertés que les réduire carle contrôle social est rendu plus facile aujourdhui quhier. Le secret dela vie privée semble céder la place à une forme de transparence desindividus qui sexposent sur la toile. Ainsi par exemple, le secret de liso-loir pour le vote est-il réellement possible à maintenir avec des supportsélectroniques ? On sent bien quune cybersociété réellement démocra-tique suppose léclosion de cybercitoyens respectueux de la liberté desautres et soucieux daffirmer et de défendre leurs droits et leurs libertés.Dune manière générale, est-ce que ces outils numériques narriventpas justement, de manière positive, au moment où lon assiste oùsexerce une crise de la représentation et à une remise en question desreprésentants ?Conclusion : lHomo numericus !La société numérique, nouvel âge dor ? Elle en offre beaucoup designes en tous les cas, par les richesses matérielles quelle produit etpar les espaces de liberté quelle ouvre. Pour autant loin dêtre généra- 43
  • 42. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche lisé à toutes les politiques publiques, elle doit encore être mise en œuvre pour faciliter laccès à la société numérique par le plus grand nombre. Les questions didentité des personnes, de vie privée, de li- bertés individuelles ou de propriété intellectuelle sont autant déléments qui se trouvent en partie déstabilisées par les technologies électro- niques et numériques. Avoir à faire à des comportements de cyberci- toyens, conscients de leurs droits pour éviter que ces questions ne portent atteinte justement à leurs libertés individuelles. Lavènement du numérique ne doit pas nous faire oublier que la réalité de la vie et celle de la liberté se jouent dans des relations ultimement humaines (Mathias, 2008 ). LHomo numéricus est avant tout un être humain et un citoyen. La toile doit rester au service des libertés réelles et de la démocratie comme société et régime.44
  • 43. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheLes dynamiques croisées Résuméde la ville urbaine et la ville Cet article présente les dy- namiques croisées de lanumérique au travers ville urbaine et la ville nu-d’une manifestation mérique, concrétisées au travers d’une manifesta-citoyenne : Le cas de la tion citoyenne telle que laCaravane de quartiers Caravane des quartiers de Maurepas. La ville devient le carrefour d’initiativesBennetot Anne-Sophie institutionnelles ou asso-Dodeman Sophie ciatives qui exploitent le numérique pour résoudre Aujourd’hui les médias sociaux du web (Facebook, Twitter, blogs… des problèmes locaux, en-) font partie de notre quotidien. La logique d’échanges entre pairs de- tretenir ou recréer du lienvient un « réflexe » et nous collaborons de plus en plus à travers des social, ou encore favoriser de nouvelles formes deespaces communautaires développés par la génération web 2.0. Ces démocratie. L’objectif prin-services accessibles depuis nos ordinateurs accroissent notre mobilité cipal est de montrer ceet facilitent la contribution et la consultation de l’information. Actuelle- que le numérique révèle, àment, les entreprises sont en train de faire un grand pas vers cette lo- travers ce type d’évène-gique 2.0 mais ce ne sont pas les seules à franchir le pas… En effet, ment, au niveau de la villeles acteurs publics s’intéressent de plus en plus à ces nouveaux et des habitants. Le se-usages et commencent à imaginer des nouveaux outils pour les ci- cond objectif est d’avoir une meilleure appréhen-toyens et de nouveaux services. sion des notions de villeLa FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) et le groupe Chro- 2.0 et de démocratie parti-nos ont lancé un programme Villes 2.0 qui engage des métropoles ré- cipative à partir d’un cas concret. Enfin, cet articlegionales parmi lesquelles, figure Rennes. Depuis 2007, ce programme s’ouvrira sur des perspec-d’action explore les défis et les opportunités qui émergent de ces trans- tives de recommandationsformations urbaines, du point de vue des citadins, des territoires et des visant à améliorer, dans laentreprises. Des projets et des expérimentations visent à aider les ac- mesure du possible, lateurs locaux à enclencher une dynamique de changement. consultation des citoyens par rapport aux initiativesLe projet Rennes : villes 2.0 des élus. La ville de Rennes est active sur le sujet 2.0 et s’engage dans unedynamique d’innovation. Récemment elle a développée une applica- Les mots cléstion iphone baptisée « Vivre à Rennes », basée sur la géolocalisation. Ville 2.0, gouvernance,L’application permet à son utilisateur de visualiser en temps réel les citoyenneté, transpa-points d’intérêts à proximité de l’endroit où il se trouve. rence, participation 45
  • 44. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche Des écrans portatifs sont également mis à disposition par la munici- palité, à l’exemple du chantier de la Courrouze où les habitants visitent le futur aménagement en réalité augmentée via une tablette pc, su- perposant des « couches » virtuelles et réelles. La ville de Rennes en- courage donc les habitants vers le partage d’informations, la collaboration, les interactions… et réfléchit sur la manière d’impliquer encore plus ces acteurs de la ville en mouvement: « D’où le défi conceptuel, comment penser, représenter voire habiter ce nouvel es- pace où la distance physique n’existe pas : il nous faut encore réfléchir à des concepts adaptés 1». Sans représentation partagée et actualisée du territoire, aucun habitant citoyen ne pourra se l’approprier et donc lui donner vie. A cette fin, la Ville de Rennes a innové lors de la Caravane des quar- tiers Maurepas, en insérant des dispositifs technologiques destinés à faciliter l’appréhension des projets d’aménagement du quartier par les habitants et de ce fait, donner une certaine transparence des initiatives territoriales. Comme le souligne Jacques Lévy, « la ville n’est pas seulement gérée par les systèmes d’ingénierie, mais aussi par les habitants qui se ren- dent capables de maîtriser et de faire évoluer cet immense environ- nement qu’est une ville. Ils sont donc tous techniciens, en gérant des informations multiples sur les lieux ou en construisant des stratégies de mobilité ». Des citadins, rappelle Jacques Lévy, qui n’ont pas at- tendu l’internet pour devenir des acteurs, et par exemple, au travers de la civilité, ils « reconstrui[sent] la ville à chaque instant dans l’es- pace public ». 2 Finalement, ne peut-on pas penser que seuls les habitants ont l’ex- pertise nécessaire pour ce qui est des projets et des aménagements qui touchent leur quotidien ? En ce sens, il devient capital d’avoir « l’in- formation vraie » des citoyens et des manifestations comme la cara- vane des quartiers qui deviennent des actions stratégiques facilitant l’expression citoyenne et la réponse à leurs attentes et besoins. La caravane des quartiers : carrefour de sensibilisation des habitants à la stratégie ville 2.0 Les manifestations telles que la caravane des quartiers peuvent contribuer à favoriser la participation des habitants et entrent en co- hérence avec la stratégie ville 2.0 de Rennes. En effet, la logique46
  • 45. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheweb 2.0 reste une logique de partage, d’expression, d’échange etdonc de décisions prisent au collectif.L’engagement des citoyens est essentiel car, en s’impliquant dans leprocessus de la ville 2.0, ils deviennent des acteurs du projet et cecipermet d’avoir une meilleure représentation entre attentes et besoinsdes citoyens et objectifs de la ville. Ensemble, ces deux acteurs contri-buent au projet, le font évoluer au fil des échanges, des expressionsde besoins, ainsi chacun y trouve sa place.Avec l’exemple du Citywall, les citadins sont sensibilisés à la ville nu-mérique et peuvent ainsi percevoir les différentes couches, le systèmenerveux qui fait que la ville est une notion complexe. Le but de ce dis-positif est également lié à la visibilité des ressources et les liens «hy-perlocaux».«L’hyperlocal fait référence à l’hypermatériel de Bernard Stiegler, c’est-à-dire le fait que les technologies actuelles transforment tout en infor-mation. Tout devient matière à information et notamment tout ce quinous entoure, géographiquement, physiquement. La matérialité ne dis-paraît pas, elle est juste devenue invisible, infiniment petite, impercep-tible, cachée dans le code… Et c’est cette invisibilité à laquelle noussommes confrontés qu’il va nous falloir révéler.»2A travers un écran, les habitants perçoivent ce qui se passe sur le ter-ritoire, dans leur ville, dans leur quartier.Dans l’optique de l’échange et du partage sur le sujet de la ville numé-rique et mouvante, la maquette 3D immersive est un bon exemple desupport de discussion et de débats. En effet, devant l’écran, les habi-tants se concertent, se questionnent et se rassurent sur le devenir deleur quartier. « Où vais-je habiter si mon immeuble est détruit ? » « Oùpasse le métro ? J’espère qu’il n’est pas trop loin de chez moi pourque je puisse me déplacer ? », « Mais cet immeuble qui va êtreconstruit va être collé à ma fenêtre ?!! », « Que va devenir le super-marché du Gast ? ». Autant de questions étaient évoquées entre ha-bitants, ou posées au médiateur en charge de guider les usagers dansla maquette 3D du projet d’aménagement du quartier.Les habitants comme les élus sont ainsi sensibilisés à cette dynamiquede changement insufflée à la ville. Ces dispositifs technologiques ontpermis aux participants de partager leurs attentes et leurs projets et 47
  • 46. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche de réagir aux informations concernant leur nouvel espace de vie en en- voyant leurs questions par mail aux élus. Il semble donc à première vue, que cette manifestation citoyenne mette en avant la discussion, l’expression, la concertation. Mais y’a-t—il eu réellement des formes de démocratie participative lors de la Caravane ? La caravane des quartiers génératrice de démocratie participative ? Rappelons dans un premier temps ce qu’implique la notion de dé- mocratie participative et en quoi intervient-elle dans notre société ac- tuelle ? Ce n’est pas chose aisée de définir en quelques mots la démocratie participative. Elle cristallise des enjeux territoriaux, citoyens, politiques. La démocratie participative peut désigner les interventions directes du citoyen dans la vie publique, dans la vie politique : adhérer à une asso- ciation, voter lors d’un référendum, etc. On parle également de démo- cratie participative par opposition à la démocratie représentative, la première étant appelée à suppléer la seconde. Avec l’appui des tech- nologies numériques, le couple politique/administration se voit contraint d’adopter des actions plus transparentes et de rendre des comptes aux citoyens sur ses agissements. C’est précisément ici qu’intervient la no- tion de démocratie participative. L’expérience de la caravane des quartiers n’est pas censée apporter une réponse à cette question mais elle témoigne de la dynamique ac- tuelle qui gravite autour du sujet. Elle fut l’occasion de réunir des habi- tants de Rennes et plus particulièrement du quartier Maurepas, des élus, des associations durant 3 jours autour de temps d’échanges, de découvertes, d’animations. Ces temps de discussion ont été le fruit de confrontations et de ré- flexions autour de la question de l’urbanisme et de l’aménagement du quartier. La caravane des quartiers visait la participation et l’expression citoyenne mais a-t-elle répondu à cet objectif ? La démocratie participative est aujourd’hui encouragée par le législa- teur qui a rendu les conseils de quartiers obligatoires (loi de 2002) dans les villes de plus de 80 000 habitants. Certains élus craignent qu’elle n’empiète sur les pouvoirs des élus locaux, ou qu’elle rende plus difficile la gestion des affaires locales. La plupart des élus locaux consultent48
  • 47. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherchepourtant de plus en plus les citoyens avant de prendre des décisionsles concernant, qu’il s’agisse d’aménagement d’un quartier ou deconstruire de nouvelles infrastructures. C’est ce qu’on appelle la gou-vernance.Lors de la Caravane des quartiers, les citoyens ont été invités à poserdes questions aux élus et à soumettre des propositions. Ainsi en deve-nant coauteurs des réponses à leurs propres besoins, ils renforcent lelien qui les relie avec les institutions démocratiques. Néanmoins, bienque les habitants aient eu l’impression d’être engagés dans le proces-sus de réaménagement de leur quartier, les décisionsinstitutionnelles ont été prises et validées sans les avoirconsultés au préalable.Les remarques, les désaccords avec le projet proposéont été entendu, mais ne pouvaient en aucun cas im-pacter sur le réaménagement du quartier. Les urba-nistes ayant fait valider ces changements par les élus,la machine était ainsi lancée sans possibilité de modifi-cation de la part des habitants.La quasi-totalité des personnes ne savaient pas où se trouvait la sta-tion de métro du Gast alors que l’emplacement a été acté depuis long-temps. Beaucoup de personnes étaient demandeuses de voir le tracéfutur du métro. De fait, il semble que la connaissance du projet étaittrès faible pour ces personnes, de manière générale. De plus, les ha-bitants étaient surpris par l’ampleur du projet. Certains demandaientdes informations sur les délais de construction des immeubles alorsque les bâtis sont déjà en construction. De nombreux habitants du quar-tier, faisant partie d’un collectif opposé à l’impact du projet sur leur es-pace de vie, sont venus afin de recueillir des informations sur le projetde réaménagement. Ces personnes étaient dans une démarche dedialogue cordial une fois qu’elles avaient clairement visualisé le projetsur l’écran. Visiblement une partie des positionnements négatifs vientdu fait que l’on pense que la collectivité veut cacher des choses. Enmontrant ces éléments supposés cachés, on change de registre et ledialogue semble s’engager plus facilement.Un des objectifs de la Caravane met l’accent sur « Une démarche re-montante, permettant de réfléchir avec les habitants sur les enjeux etprojets urbains sur une double dimension territoriale : d’une part le quar- 49
  • 48. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche tier et d’autre part la ville / agglomération. » Cet objectif n’a été atteint qu’en partie et les habitants avaient conscience de ce manque. Rennes face à sa stratégie villes 2.0 : comment encourager la démocratie participative ? Ces exemples révèlent une infime partie de ce qui peut se faire à l’échelle du territoire grâce aux outils du web 2.0 et des données par- tagées par d’autres acteurs, tel que les habitants. Bien sur, les citadins peuvent composer entre eux en échangeant oralement et physique- ment, mais les outils numériques ont permis de toucher plus de per- sonnes et de proposer un mode relativement simple de collecte d’informations et d’organisation. Les enjeux politiques et numériques mis en exergue dans cet article révèlent l’ampleur du travail à accomplir pour les élus. La Cité est un vivier d’innovations, un café du commerce et d’échanges qui doit viser à créer du lien entre tous les habitants pour mieux vivre ensemble. La politique est l’affaire de tous et un évènement comme la Caravane doit être le catalyseur de liens, un lieu de rencontre entre les générations, entre les cultures. Elle doit favoriser le débat entre tous et la proximité entre les élus et les habitants. Les technologies peuvent-elles rappro- cher les élus et les citoyens? Quels rôles peuvent avoir les technolo- gies entre les élus et les citoyens?50
  • 49. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheLa communicationcitoyenne médiatisée :le rôle du médiateurCanuti LucianaGuillo MarieLe Beller Maïwenn Pour cette quatrième édition de la Caravane des Quartiers, la villede Rennes a décidé d’expérimenter l’utilisation de dispositifs technolo-giques dernière génération pour assurer la communication auprès deshabitants de Maurepas. L’utilisation de machines à communiquer , ausens que lui donne Pierre Schaeffer (1970), permet d’enregistrer, destocker, et de redistribuer une multitude d’images, de textes et de do-cuments sonores. Elles représentent pour le politique, un nouveaumoyen de transmission d’informations et offrent, pour le sujet-destina-taire, la possibilité de se représenter le monde. Ce sont des « trompe-œil », elles produisent des simulacres, c’est-à-dire des interprétationsde la réalité. Selon P. Perriault (1989), la conception d’outils technolo-giques s’est depuis toujours, donné pour objectif d’amoindrir ou de ré-sorber des déséquilibres existant dans la société, pour parfairel’homme. Cependant, il est nécessaire de se débarrasser très rapide-ment d’un mythe : « les machines à communiquer n’atténuent pas lesdifficultés inhérentes à la communication humaine » , et nous ironsmême jusqu’à dire qu’elles en révèlent le dysfonctionnement.Tout acte de communication suppose donc au moins, un émetteur etun destinataire qui sont tout deux le résultat d’une histoire individuelleet collective et qui évoluent dans un cadre social d’interprétation pos-sédant leurs propres pratiques, valeurs et habitudes. Cette communi-cation peut bien évidemment se faire en face-à-face, mais aussi via unmedia, c’est-à-dire via « tout système de communication permettant àune société de remplir tout ou partie des trois fonctions essentielles dela communication à distance des messages et des savoirs, de leurconservation et de la réactualisation par ce biais de ses pratiques cul-turelles et politiques » . 51
  • 50. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche L’approche historico-culturelle de Vygotski (1978) met l’accent sur la façon dont l’activité humaine implique l’utilisation d’outils, pour d’une part, exprimer l’histoire et la culture d’une société et d’autre part, per- mettre aux individus d’interagir avec l’environnement. Le chercheur fin- landais Yrjö Engeström (1987) a développé sur ces bases, une approche qui ne se centre pas sur l’individu ou sur les communautés, mais sur les systèmes d’activité. Il représente une activité sous la forme d’un triangle dans lequel le sujet utilise des outils par rapport à lac- complissement dun objectif. Les relations entre ces trois éléments et le triangle plus large des règles (structures du comportement), la com- munauté, et la division du travail dans le système dactivité, influencent l’apprentissage et les interactions ayant lieu. Le triangle offre ainsi un cadre descriptif dans lequel on peut établir des liens entre les outils utilisés dans des actions concernant une activité et leurs relations dans des communautés spécifiques et des structures sociales. Le rapport fondamental se situe entre le participant individuel et l’objectif des sys- tèmes dactivité. Cette relation nest pas directe mais est obtenue par la médiation des outils. Les systèmes d’activité sont en développement permanent et changent en fonction des actions de nouveaux partici- pants, de nouveaux objectifs et d’outils. En fait, c’est d’abord et grâce aux outils que les activités ont lieu, ceux-ci peuvent être physiques (software, livres) et/ou cognitifs (langage, concepts). Les concepteurs des technologies retenues par la ville de Rennes pour la Caravane des Quartiers ont donc crée des artefacts, des objets ma- tériels au sens de P. Rabardel (1995) ; des écrans tactiles interactifs multi-touch adaptables aux différents contextes selon les objectifs visés. Les agents de la ville ont ensuite réfléchi aux contenus à dépo- ser dans les technologies, au message à transmettre. Pour ce faire, ils ont dû se positionner de façon à voir les habitants de Maurepas comme une population homogène, avec des besoins, des attentes et des compétences similaires. Or, ce n’est pas du tout le cas car, quand un sujet utilise un artefact, il mobilise et projette énormément de lui dans l’objet, celui-ci devient alors à ses yeux, un instrument. L’instru- ment n’est pas donné d’emblée à l’usager, il apparaît à lui à travers un double processus de genèse instrumentale. D’un côté, l’utilisateur rentre dans un processus d’instrumentation lui permettant de faire émerger ou de faire évoluer des schèmes d’utili- sation qui dépendent de la façon dont l’artefact va contribuer à « pré-52
  • 51. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherchestructurer » l’action du sujet pour réaliser la tâche en question. SelonHelen Beetham (2007), il est important de voir un objet conçu commeun espace où les intentions de ses concepteurs et de ses utilisateursconvergent et dont la signification nest pas fixée mais apparaît au filde l’utilisation. Dans la Caravane des Quartiers, la technologie doitêtre interprétée dans son contexte dactivité et voir sa signification etson impact comme relationnels ; cest-à-dire se développant par rap-port à un sujet particulier et dans le contexte dun jeu spécifique de re-lations sociales et environnementales. Dans ce sens, la technologienest pas juste loutil dans le diagramme de Engeström, mais une re-lation qui se développe dans et par lutilisation de l’instrument. Uneactivité consiste donc à utiliser des outils pour atteindre un objectif pré-cis dans le cadre du système d’activité. Ainsi, la technologie ne doitpas être considérée comme un outil neutre existant purement pourservir un certain objectif humain. Selon Cousin (2005), les gens et lestechnologies se rapportent dynamiquement, « nous sommes ce quenous faisons avec la technologie ».D’un autre côté, l’usager s’insère dans un processus d’instrumenta-tion. Il personnalise l’artefact en fonction de ses besoins et de ses at-tentes et non par rapport aux fonctionnalités prévues par lesconcepteurs. Ce processus peut être considéré comme un détourne-ment ou comme une contribution de l’usager à la conception d’un nou-vel artefact.L’usage est donc dépendant du sujet lui-même, de ses compétencespersonnelles, de sa motivation et de l’intérêt qu’il porte au dispositif,mais il est aussi tributaire de la médiation qui, est classiquement en-tendu par P. Peraya (2009) au sens de relation, d’interface entre deuxtermes. Ainsi, G. Chappaz (1995) estime que la médiation est l’unedes clés de la vie en société, un des « outils susceptibles de favoriserl’intégration des laissés-pour-compte » et d’aider les individus et lesgroupes à assurer une véritable communication. La médiation serait,en effet, un moyen de rapprocher les points de vue, d’ébranler les cer-titudes et de dissiper les malentendus. La ville de Rennes avait doncprévu sur le dispositif de la maquette 3D, la médiation formelle d’unagent de l’institution pour aider à l’utilisation. En ce qui concerne lesautres dispositifs, des explications écrites avertissaient les individussur l’usage des technologies cependant, peu d’habitant les a consulté,préférant regarder ou encore questionner les autres. Dans ce cas là, 53
  • 52. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche nous parlerons davantage de médiation informelle, pour qualifier les in- teractions entre un individu ou un groupe d’individus et un tiers, qui ont tous le statut d’utilisateur. Le médiateur est selon G. Chappaz « celui qui va initier à l’usage et constituer au cours des premières formes re- lationnelles la matrice des compétences des individus : la connaissance se construit dans l’interaction avec les autres. Les artisans de la mé- diation […] instaurent des rapports de réciprocité dans un réseau de relations et d’échanges où est respectée et soutenue la liberté du sujet.» Les différents dispositifs de la Caravane des quartiers ont été fortement appréciés par la quasi totalité des utilisateurs. En effet, une majorité des usagers n’a pas rencontré d’obstacles majeurs quant à leur utilisa- tion. Pour le City-Wall, seulement cinq personnes sur dix-huit avouent avoir rencontré quelques difficultés d’utilisation ; et concernant la Borne tactile uniquement trois personnes sur dix. Les résultats sont que plus mitigés en ce qui concerne la maquette 3D, puisque, presque la moitié des individus sondés avouent avoir eu du mal à utiliser le dispositif et ce, pour la plupart, à cause de la difficile maniabilité de la manette Wii utilisée pour se balader dans le futur quartier. Suite à l’analyse des questionnaires et au retour de nos observations de terrain, nous avons remarqué que les utilisateurs ont fréquemment sous-estimé le temps passé sur les dispositifs. Nous pourrions ici faire l’hypothèse que c’est peut être parce que les personnes se sont « amu- sées » avec les outils, qu’elles n’ont pas vu le temps passer, et par conséquent qu’elles y trouvaient leur intérêt. Ensuite, nous avons constaté, de manière générale, que les usages ont été différenciés selon les technologies utilisées. Ainsi avons-nous noté que globale- ment, pour le City Wall, les individus se rendaient sur le stand lorsque quelqu’un s’y trouvait déjà. Il s’est donc avéré que la présence d’un tiers rassurait et éveillait la curiosité, c’est en effet en regardant les au- tres que les gens osaient utiliser les dispositifs. Nous pouvons donc af- firmé que l’affluence sur un dispositif technologique dans notre contexte est davantage un facteur d’usage que de non-usage, il est donc néces- saire de réfléchir au rôle du médiateur, qu’il soit formel ou informel. Le médiateur participe activement au processus de diffusion de l’infor- mation, mais c’est au niveau du sujet que se construit le sens, et cette activité est contrainte par des contextes, par la nature des savoirs et54
  • 53. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherchecompétences qu’on demande au récepteur de posséder. La premièretâche du médiateur consiste à comprendre ce que l’individu sait déjà.C’est par le dialogue, par l’échange, par le doute que les perceptionsintuitives des uns et des autres peuvent commencer à s’accorder et àévoluer vers une compréhension commune. En laissant le temps auxsujets de s’exprimer, on suscite chez eux un premier niveau de confron-tation entre l’information nouvelle et eux-mêmes, propice à la produc-tion de sens. Le médiateur est en premier lieu l’organisateur de ceprocessus de communication. Nous reprendrons, pour illustrer ce rôledu médiateur, l’idée de la mère suffisamment bonne développée parWinnicott , qui vient du fait qu’elle ne doit pas l’être trop. Si les parentscomblent tous les besoins avant qu’ils ne se présentent, cela ne lais-sera pas le temps à l’enfant d’éprouver du désir et donc d’agir par lui-même, en présence de l’autre. Sa deuxième tâche se situe au niveaude la confrontation, qui se poursuit en parallèle de la première, celle-ciest créée par les questions que le médiateur ne manquera pas de sus-citer à tout moment. Nous nous inscrivons ici dans la pensée de Vy-gotski qui présume que toute fonction cognitive apparaît sous deuxformes : d’abord comme une interaction sociale qui sera, par la suite,intériorisée par les usagers afin de s’en servir de façon autonome,comme d’un outil de pensée. Car, le médiateur, en attirant l’attentiondes participants sur la façon dont ils se servent d’un outil de pensée,prépare au transfert de ces outils intellectuels. C’est ce processusd’échange et de confrontation que Vygotski appelle « dialogue cognitif», celui-ci peut-être conduit par le médiateur ou se faire spontanémentavec les tiers.Dans un premier temps, le guidage peut être assez directif afin de mo-déliser une façon de faire, une procédure cognitive à travers une mé-diation formelle. Cependant, quand l’aide n’est plus utile, il convient dese retirer, le plus difficile est donc de juger le moment opportun de lefaire. Se retirer en laissant les individus avoir recours à leurs pairs, à lamédiation informelle, permet d’observer comment ils avancent dansleur tâche et de leur donner l’occasion de s’entraîner à prendre eux-mêmes la responsabilité de leurs usages. Le processus cognitif estainsi mis en oeuvre par une procédure créant l’interaction dans un cli-mat de confiance mutuelle et de respect de l’autre. Les erreurs doiventdonc être permises et servir d’outils permettant de rectifier le tir etd’améliorer les capacités d’analyse et de jugement critique dans le do- 55
  • 54. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche maine concerné. Enfin, il est nécessaire pour le médiateur de s’assurer que l’objet du savoir soit compris par le sujet afin de prévoir le transfert des compétences, qui est la capacité de mettre en oeuvre des savoirs ou des savoir-faire appris dans une situation donnée, dans un contexte nouveau. Le rôle du médiateur est, comme on vient de le voir, assez complexe, mais sa présence est indispensable pour une partie des gens qui ne se sentent pas du tout technophile et qui concerne environ 30% des participants de cette rencontre. Dans le quartier de Maurepas, les projets ZAC étaient, avant cette ex- périmentation, souvent présentés de manière magistrale et descen- dante, il était très difficile pour les individus de faire entendre leur voix. Nous nous poserons donc une dernière question pour conclure cet ar- ticle ; celle de savoir si l’introduction de dispositifs technologiques der- nière génération dans des évènements tels que la Caravane des quartiers ne participerait pas, dans le cadre de plans de communication institutionnelle, au retour des interactions humaines au plus proches des habitants.56
  • 55. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheHandicap : Résumé : Cet article présente la double problématique du handicap,la question de en tant que déficience dans sa dimension biomédicale et l’évolution de la représenta-l’accessibilité tion dans un nouveau modèle social soutenu par la loi sur l’égalité des chances du 11 fé- vrier 2005. Le deuxième ob-Caroline Thouvenot jectif est de montrer que le handicap est un fait social qui engage les membres d’une L’image de la personne handicapée a beaucoup évolué depuis 40 communauté multiculturelle. Il informe des matériels et outilsans dans la société occidentale. « Le handicap ne peut être envisagé compensatoires qui permet-en dehors de l’univers social qui le produit »1affirmait Mike Oliver en tent à des personnes handica- pée d’accéder à des capacités1996. Cette phrase renvoi à une double problématique : celle de la grâce aux TIC. Mais le rapportprise en compte compensatoire de la personne handicapée avec ses à autrui reste essentiel et c’est le regard de l’autre qui permetdéficiences, et, la problématique sociale qui intègre l’exception « han- à la personne handicapéedicap » comme une composante de la société multiculturelle interdisant s’intégrer un groupe social. Le quartier représente le lieules discriminations. d’intégration par excellence. Toute transformation du lieuEtat de l’art du handicap de vie modifie les interactions et fragilisent la Personne Han- dicapée résidente. L’informa- Selon les estimations INSEE de 2002, douze millions de personnes tion préalable et le dialogueen France se déclarent porteuse d’une déficience dans la vie de tous ouvert sur les différentes ac- cessibilités futurs, la prise enles jours : 13,4 % d’une déficience motrice, 11,4% d’une déficience compte de des attentes desensorielles, 9,8 % d’une déficience cardio-vasculaires ou respira- qualité de vie, l’écoute de latoires, 6,6% d’une déficience intellectuelle ou mentale. Au niveau eu- Personne Handicapée en tant qu’expert de ses besoins pourropéen, 50 millions de personnes sont considérées handicapées. Les mener sa vie de citoyen duincapacités qui en résultent sont de gravité très différente. Le phéno- quartier, nécessitent des sup- ports de diffusion de l’informa-mène du handicap est donc bien une réalité et non la situation d’une tion accessibles. Lesfrange de population. Il se définit comme la résultante entre facteurs Technologies de l’Information et de la Communication peu-personnels et facteurs environnementaux. vent répondre à ces modalités d’usage, spécifiques aux Per-Depuis le début du 20ème siècle, le handicap a été problématisé sous sonnes Handicapées, qui parla forme des déficiences corporelles et de la différence à autrui. La so- ailleurs, faciliteront l’accès au public vieillissant et à touteciété a reconnu le droit du handicap mais a cherché à effacer l’image personne.de la personne en créant des normes spécifiques de la différence. Les mots clés :La notion de « stigmates » de Goffman2 pose le handicap comme un Handicap, sociologie du handicap, exclusion,statut social où se créent les interactions entre les individus dits nor- intégration, compensation,maux et ceux dits « a-normaux » en raison de leurs handicaps. Le stig- accessibilité, identité, regard des autres,mate, en grec « stigma », qui signifie marque physique d’infamie, diversité 57
  • 56. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche disqualifie et empêche d’être accepté par la société, ce qui mène à l’ex- clusion de la personne hors norme. En France, dès 1975, la loi a reconnu à la personne handicapée le droit à la compensation de son incapacité. Michel Foucault3 précise que la Personne Handicapée « existe essentiellement par rapport à des structures adaptées, à des lois ». Il est exact que la société considère la déficience et l’incapacité sous des aspects négatifs, et qu’il appartient à la personne handicapée de surmonter ces différences pour participer à la société qui la marginalise. Cette approche individuelle du handicap pointe les obstacles générés par les incapacités à surmonter pour vivre en société et l’exclusion qui en découle. La loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la par- ticipation et la citoyenneté des personnes handicapées » donne une nou- velle définition du handicap, soutenue par l’article L.114 du code de la famille et de la santé. Elle place la Personne Handicapée au centre de tous les dispositifs qui doivent permettre une intégration sans discrimina- tion. La personne handicapée est reconnue en tant que citoyen, acteur et auteur de sa vie. Les institutions sociales et politiques ont la responsabilité de mettre en place des initiatives proactives permettant l’intégration. L’ac- tion collective des associations de personnes handicapées assure une approche multi déficiences qui montre davantage l’exclusion que subis- sent souvent les personnes et crée un mouvement sociopolitique dans le champ du handicap pour obtenir l’intégration. Sous l’influence du sociologue américain Charles Wright Mills4, un nou- veau courant sociologique, d’abord britannique, puis européen, ana- lyse le handicap en tant que fait social « ce n’est pas le fait que la personne ait une déficience quelconque qui fait d’elle une personne handicapée, mais plutôt l’échec de la société capitaliste à répondre à ses besoins »5. L’approche du handicap évolue donc d’un problème in- dividuel vers un paradigme social et politique. La dépendance, liée à la déficience, est un fait social qui concerne tous les membres de la so- ciété et la vie dans tous les lieux publics : région, ville, quartier…. Le quartier : lieu de vie Le quartier est le lieu de vie privilégié où l’individu entre en interaction avec d’autres et où il va progressivement construire son identité. C’est58
  • 57. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheun espace de socialisation où chacun intègre les habitudes de vie dela communauté, où se constituent selon Durkheim, les solidarités pri-maires6. Les mutations des quartiers remettent en cause les identitéssociales et participent à l’essoufflement de ces solidarités. En réactionà cet essoufflement, les habitants réagissent par la mise en place denouveaux usages et construisent une nouvelle identité sociale.La personne handicapée fragilisée, construit difficilement son identitépsychologique et sociale. L’information sur les modifications de son lieude vie et la prise en compte de ses besoins d’accessibilité sont doncimpératives pour qu’elle puisse préserver un lien social construit, ou lecréer par sa participation active aux débats citoyens sur l’évolution duquartier. L’identité se forge à travers le regard des autres et leur repré-sentation du handicap.Pour Jean Paul Sartre, « autrui est le médiateur indispensable entremoi et moi-même »7Le pictogramme du fauteuil roulant est souvent le symbole du handicap,pourtant il existe différents types de handicaps. La CIDH8 qualifie lehandicap, à travers l’atteinte du corps les déficiences, les difficultés ouimpossibilités à réaliser les activités de la vie courante qui découlentde ces déficiences, les incapacités et les problèmes sociaux qui en ré-sultent, les désavantages.Les handicaps moteurs, dont les origines sont diverses, constituent une dé-ficience physique du corps ou d’une partie du corps à se mouvoir.Le handicap visuel concerne la perception, l’utilisation de la fonction vi-suelle, le traitement des informations reçues.Le handicap auditif est l’absence ou la perte de l’audition qui peut sur-venir à n’importe quel âge de la vie.Les handicaps mentaux sont la conséquence des limitations des facul-tés cognitives et en particulier de l’efficience intellectuelle. Le handicappsychique est consécutif aux conséquences de troubles relationnelsde l’individu vis-à-vis de lui-même et de son entourage.Lorsque la communication est altérée du fait du handicap, le voisin n’encomprend pas toujours l’origine, car certains handicaps sont invisibles.Compensation et intégration socialeActuellement les Personnes Handicapées sont mieux prise en chargeen intégration individuelle. Des compensations du handicap permettent a59
  • 58. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche d’aller vers une capacité retrouvée. Oliver9 distingue dans le développement des technologies un facteur d’inclusion dans la société. L’aide humaine, indispen- sable aux Personnes Handicapées, maintient la dé- pendance, alors que les outils technologiques visent à développer l’autonomie et la responsabilité. Si les bâtiments doivent respecter des règles d’ac- cessibilité telles que des plans inclinés, la gestion des courbes, l’ouverture des portes en largeur et en système automatique, la présence d’ascenseurs, la hauteur pour la pré- hension des objets en fonction de la position des fauteuils roulants, la voirie et les transports doivent également respecter les règles permet- tant une bonne circulation, pour une personne à locomotivité réduite ou en fauteuil roulant, électrique ou manuel. Pour une personne handi- capée moteur, l’évaluation d’expériences de navigation sur fauteuil électrique dans un monde virtuel permet de diminuer les angoisses face à l’inconnu et d’apporter des propositions d’améliorations pertinentes à l’environnement. La démarche « code de la rue », lancée en 2006 par le Ministère des Transports vise à améliorer les déplacements de l’ensemble des usa- gers sur la voirie urbaine. Les personnes déficientes visuelles bénéfi- cient de ces règles d’usages, qui s’harmonisent avec l’information de guidage podotactile, auditive et de Visio description qui leurs sont spé- cifiques. Le code de la rue facilite aussi leurs stratégies d’orientation avec la canne vibrante ou le Tom Pouce Light. L’aménagement des bâ- timents de spectacle ou des lieux d’exposition avec des audio guides et des Visio description permet à tout malvoyant de suivre un spectacle ou une exposition. Les salles de spectacle, de cinéma, les auditoriums, équipés de boucle magnétiques, permettent aux malentendants équipés de prothèses adaptées de compenser leur déficience. Les cyber espaces et les espaces numériques publiques ont des normes d’accessibilité du web, que se soit en terme de manipulation des périphériques, de lisibilité de l’écran et de traduction en braille pour les malvoyants, en avatar de la LPC10 ou en modélisation de la langue des signes pour les malentendants. Lieux de culture, les bibliothèques et médiathèques sont des endroits qui permettent l’accès aux compen- sations à travers des cabines Borges.60
  • 59. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheCertains de ces aménagements sont spécifiques, d’autres peuventaider tout public en difficulté ou vieillissant, mais d’une manière géné-rale, ils améliorent le confort d’accès de tous.Effet du changement sur l’identité de la Personnehandicapée Participer à la vie citoyenne, être reconnu en tant que sujet de droitest une modalité préparatoire à l’exercice de la citoyenneté et à l’ap-partenance à un groupe social. La norme du groupe est définie par lagénéralité. Dans un quartier, les règles collectives servent de règles,les usages, de lois locales. L’identité d’un individu, ressentie par legroupe, correspond à sa personnalité. La Personne Handicapée, elle,se définit souvent par le désavantage social consécutif à son handicap.Son identité est modifiée par les contraintes qu’elle subit du fait d’unenvironnement non adapté, pour participer aux activités ordinaires dugroupe social. Inclure la personne handicapée signifie la reconnaitreen tant que personne mais sans négliger son handicap, qui constitueun des éléments de sa diversité personnelle. Inclure pour bien vivredemande du temps, de la confiance,pour aller vers l’autre et être re-connu en tant que personne. Paul Ricœur11 écrit « je me reconnais àdes signes de capacités. Ce n’est pas la même chose d’exister dansle regard d’autrui et d’exister dans la capacité ». Dans le cadre desmodifications sociales d’organisation de la collectivité, les limitationsde l’exclusion des personnes handicapées et de la souffrance identi-taire due au regard autoporté sur le handicap, montrent que la loi n’estpas le seul porteur de la volonté du « vivre ensemble ».Devenir acteur des modifications du lieu de vie, soutient une démarchepluridimensionnelle et cohérente. L’information préalable et accessible,l’organisation de manifestations incitatives, incitent l’habitant handicapéà participer à des comités qui renforcent le lien social. Ainsi, si unemeilleure connaissance du quartier et de son histoire ancre la personneau cœur de la vie locale, la représentation de l’évolution du quartierl’amène se projeter dans un avenir qualifié. L’angoisse du changementpeut ainsi s’estomper au profit d’une inclusion en tant qu’expert de fu-turs aménagements des lieux de vie et acteur de la vie sociale. La Per-sonne Handicapée passe ainsi d’un état identitaire « handicap » à unétat identitaire « citoyen ».L’accessibilité aux bâtis, pour l’accès physique aux manifestations du a61
  • 60. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche type « caravane des quartiers » est complémentaire de l’accessibilité physique et numérique à tous les outils et supports informatiques : ma- nipulation, accessibilités aux interfaces de communication prévues par le décret du 2 mars 200712, soutenu par l’arrêté du 9 novembre 200913, consolidé le 13 janvier 2010, afin que toute personne puisse percevoir, comprendre, naviguer et interagir de manière efficace. Conclusion Le handicap est un fait social qui s’inscrit dans la diversité des com- munautés comme le métissage ou le sexe en tant que différence consti- tutive des collectivités, porteurs des projets de changement. Le vieillissement de la population augmente considérablement les situa- tions de handicap. Les besoins des enfants, adultes handicapés et des seniors devenus handicapés se rejoignent. L’aménagement des quar- tiers poursuit un objectif direct, d’amélioration de vie des habitants et,1 Mike Oliver, Professor of Disabil-ity Studies. Université de Green- intermédiaire, de meilleure inclusion de tous, particulièrement des per-wich, London Understanding sonnes fragilisées et en situation de handicap.Disability 1996 Mac milan Press2 Erving Goffman, Stigmate. Les Pour que la caravane, outil d’information soit accessible physiquement,usages sociaux des handicaps,Editions de Minuit 1975 après la révision des conditions de circulation à l’intérieur du chapiteau,3 Michel Foucault, Dits et Ecrits, en tant qu’Etablissement Recevant du Public, les TIC compensatoires,Gallimard 19944 Charles Wright Mills, L’imagina- pour le citywall, la borne tactile, la maquette 3D permettraient d’amé-tion sociologique, Ed la Décou- liorer l’accès pour toute personne présentant une incapacité ou une dé-verte 19975 Barnes , « What a difference a ficience. Un accueil humain, informant des outils favorisantdecade makes » Colin 2001 l’accessibilité, selon le type de handicap, encouragerait la visite de ces6 Serge Paugam, L’exclusion :l’état des savoirs », Editions la habitants handicapés. Quant à l’utilisation de la maquette 3D, il seraitDécouverte 2001 intéressant que des avatars porteurs de handicap soient disponibles7 Jean Paul Sartre, L’être et lenéant, Gallimard, 1943 pour la visite virtuelle.8 Classification Internationale desDéficits, Incapacités, Handicap L’utilisation de nouvelles technologies urbaines, accessibles à toute9 Oliver Using emancipatory personne en situation de handicap, momentanées ou durables, enclen-méthodologies in disability re-search, The disability archive UK, chent des processus dynamiques d’égalité pour l’accès aux ressources2002 culturelles, économiques, politiques de la vie future de la cité à condition10 Langue Parlée Complétée, ver-sion française du Cuedspeech in- que l’accessibilité, sous toutes ses formes, soit construite dans les outilsventé en 1967 aux USA par le Dr d’information qui seront alors vecteurs d’insertion et de modificationsCornett11 Paul Ricoeur, Soi-même identitaires de la Personne Handicapée.comme un autre, Edition du Seuil,199012 NOR: BUDJ0700001D13 JORF n°0262 du 11 novembre2009 page 19593 texte n° 3262
  • 61. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheLa Caravane des Résumé : Cet article pose la questionquartiers : de la Caravane des Quar- tiers de Maurepas en tant que phénomène de sociali-phénomène sation. Réunit-elle réelle- ment les caractéristiques nécessaires à la mise ende socialisation place d’un réel processus de socialisation, pouvant ainsi répondre aux objectifs fixés par la Ville de Rennes ? Après avoir redéfinit ceEmmanuel Armand qu’est la socialisation, nousSara Mammad déclinerons cet article enFanny Saint-Georges trois parties. Dans un pre- mier temps nous présente- rons les différents constatsL’évènement de la Caravane des quartiers, organisé par la ville de que l’on peut faire au sujetRennes du 17 au 20 mars au cœur du quartier de Maurepas, devait d’un tel événement depermettre aux habitants de prendre connaissance des projets du quar- quartier via les analyses, questionnaires et observa-tier et de la ville, notamment au moyen de dispositifs technologiques. tions faites, Dans un se-Cette démarche avait comme objectif de favoriser la rencontre, cond temps, nous mettronsl’échange et le partage entre les différents acteurs locaux, publics et en évidence les limites à la socialisation auxquelles laparticuliers. Peut-on alors parler de phénomène de socialisation ? caravane se trouve confrontée, et pour finirD’abord, qu’entend-on par « socialisation » ? D’après le dictionnaire nous essayerons de dé-de sociologie, « Au sens fort, socialiser, c’est transformer un individu montrer en quoi la cara-d’un être asocial en un être social en lui inculquant les modes de pen- vane est ou non un lieu deser, de sentir et d’agir. Une des conséquences de la socialisation est socialisation.de rendre stables les dispositions du comportement ainsi acquises.Cette intériorisation des normes et des valeurs a également pour fonc-tion de rendre siennes les règles sociales, qui sont par définition ex- Les mots clés :térieures à l’individu, et d’augmenter la solidarité entre les membres exclusion, rencontre,du groupe. En tant qu’instrument de la régulation sociale, elle permet échange, groupel’économie des sanctions externes. Le groupe n’a besoin, dans cesens, ni de rappeler indéfiniment à l’individu l’existence de ces règles,ni d’exercer sur lui une contrainte pour qu’elles soient observées : lesvioler engendre un sentiment de culpabilité » .Si au premier abord, la Caravane des quartiers laisse apparaître ceque l’on pourrait définir comme un phénomène de socialisation,puisque les gens se retrouvent, se regroupent et créent une certainedynamique ; l’approche scientifique nous montre que les considéra- 63
  • 62. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche tions restent individualistes et la socialisation ponctuelle. En effet, la caravane reste un événement itinérant de 3 jours qui fait étape 3 à 4 fois par an à Rennes, chaque fois dans un quartier différent. Cet article ciblera l’observation de la caravane des quartiers de Maurepas. Afin de mieux comprendre ce que nous avançons, cet article se décli- nera en trois parties. Dans un premier temps, nous présenterons les différents constats que l’on pouvait établir au moment de cet événe- ment. Dans un second temps, nous mettrons en évidence les limites à la socialisation auxquelles la Caravane des quartiers se retrouve confrontée, et pour finir nous tenterons de démontrer en quoi elle est ou non un lieu de socialisation. Sur place : les premiers constats De par notre observation participante lors de la Caravane des quar- tiers, nous avons pu constater différents éléments, grâce à des outils de recherche (observations, questionnaires). Avant tout, le premier constat établi est qu’effectivement la Caravane des quartiers est un lieu de réunion, de regroupement. Sur place, des espaces ont été aménagés pour favoriser ces regroupements : un ac- cueil-café avec des tables autour desquelles s’asseoir, un coin avec deux canapés et une table basse pouvant rappeler un salon… Ces es- paces semblent avoir été surtout investis par les habitants. Néanmoins, on a pu observer que ce n’est pas pour autant qu’un échange entre habitants et élus a eu lieu. A contrario, on observe la formation de pe- tites sphères communicante constituées d’habitants. Les élus, quant à eux, semblaient empreints d’une certaine réserve et n’ont pas forcé- ment été très disponibles pour les habitants. Autre constat, celui de la participation des plus jeunes (avec leurs écoles), des familles, des personnes âgées, qui donne à penser que toutes les générations sont présentes et que la population du quartier de Maurepas est bien représentée ; il y a une apparence de mixité sociale. En s’intéressant à ce qui se déroule auprès des différentes technolo- gies, on observe des manifestations d’entraide, des échanges sur le contenu comme sur la technique. Il semble que les dispositifs facilitent le dialogue entre les visiteurs. La Caravane s’apparente alors à un « laboratoire de nouveautés », et nous pouvons supposer qu’il s’effectue des transferts de compétences, entre ces « apprenants ».a64
  • 63. La Caravane des quartiers 2010 - Focus rechercheAprès quelques temps passés sur les lieux, nous nous sommes rendusà l’évidence que si des efforts de communication avaient été réalisésen amont de l’évènement, peu d’informations avaient été données surles détails du programme de la manifestation. Par conséquent, les vi-siteurs apparaissent perdus, ou hésitants. A leur arrivée, ils donnentl’impression d’ignorer vers quoi, vers qui se tourner. Pour certains, celapeut se traduire par l’impression d’être mit à l’écart, peut-être mêmel’émergence d’un sentiment d’exclusion. Pour illustrer ce propos, citonsune femme qui a été déçue par le déballage de nouvelles technologie,qui selon elle n’apporte rien à l’événement : « Rennes fait sa comm,cela ne me touche pas ». Peut-être cela s’explique-t-il également parla signalétique sur place, plutôt discrète.D’après ces constats, l’événement de la Caravanedes quartiers a donc permis, dans un temps limité,d’une part le regroupement d’un panel d’habitantsdu quartier, et d’autre part l’installation de dialogueset d’échanges entre les visiteurs. Toutefois, nos ou-tils de recherche ont montré qu’une partie des ha-bitants était venue parce qu’ils se trouvaient inquietset/ou curieux, quant à l’évolution du quartier. Eneffet, les observations et les questionnaires nousont révélé la récurrence d’interrogations, du type « le métro passera-t-il près de chez nous ? Où l’école va-t-elle se trouver ? Et nos garages,vont-ils être démolis ? » Ces préoccupations personnelles ne sont-ellespas un frein à l’installation d’un processus de socialisation ? Et n’existe-t-il pas d’autres limites à ce processus ?Analyse à posteriori : révélation des limitesD’après notre analyse menée à posteriori de l’évènement, au moyen desdonnées récoltées sur le terrain, il existe plusieurs freins à la mise en placed’un phénomène de socialisation lors de ce type de manifestations.D’abord, nous postulons que la courte durée de l’événement représenteune réelle contrainte de temps. En effet, d’une part le caractère éphé-mère de l’évènement constitue un obstacle au processus de socialisa-tion, puisqu’il ne permet pas aux habitants de s’approprier l’évènement.D’autre part, cela n’a pas pu permettre une réelle représentativité dupanel d’acteurs présents par rapport à la population du quartier ; le pro-cessus de « bouche à oreille » n’ayant pas pu encore s’enclencher. 65
  • 64. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche Par ailleurs, notre analyse révèle que certaines personnes ne sem- blaient pas ressentir un bien-être collectif lors de l’évènement ; le motif premier de leur présence étant leur préoccupation quant à l’avenir du quartier et leur devenir, plutôt que la rencontre en elle-même. De plus, le plan d’urbanisme présenté à travers la maquette 3D n’était pas suffisamment clair pour présenter aux gens l’avenir du quartier. Les éléments n’étant pas définitifs et les réponses données peu concrètes, le plan renvoyait aux visiteurs l’impression de se trouver en- core très à l’état de projet car pas assez abouti. Il semble donc exister un décalage entre ce que souhaite présenter la Caravane et ce qu’elle propose réellement. Enfin, nous avons pu analyser que les technologies jouaient pour cer- taines personnes plutôt un rôle de révélateur d’exclusion que d’inté- gration : « Ici je me sens mal parce que n’ayant pas accès à tout ça d’habitude, je ne sais pas m’en servir … Je ne suis pas bien, parce que je prends conscience de ma différence… je me sens complète- ment à part, exclu.» Pour notre analyse, plusieurs inconnues demeurent : les compétences techniques acquises par les personnes au moment des manipulations ont-elles été assimilées ? Quelle suite y a-t-il eu après les échanges observés ? Qu’ont retiré les personnes de cet évènement, du point de vue personnel ? Par rapport à ces différentes limites mises en lumière par notre travail mené sur le terrain puis à posteriori de l’évènement, nous déduisons donc que la Caravane des quartiers ne permet pas une socialisation, telle que nous l’avons définie. Alors, un événement comme la Caravane des quartiers peut-il réelle- ment être un lieu de socialisation ? Pouvons-nous parler de création, recréation ou maintien de lien social ? De quoi parlons-nous quand nous faisons référence à un lieu de socialisation ? Plus concrètement… … il ne faut pas perdre de vue que la socialisation d’un quartier existe déjà ; les différents acteurs qui y vivent entretiennent des relations au quotidien et on peut considérer que de part son côté éphémère un évè- nement comme la Caravane des quartiers ne va pas créer une nou-66
  • 65. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherchevelle socialisation mais au contraire la maintenir, voire la renforcer pourcertains.Imaginer la Caravane des quartiers comme un véritable phénomènede socialisation pourrait être effectif si celle-ci était présente dans dif-férents lieux de la ville, de manière permanente. Il est nécessaire quela Caravane des quartiers, pour exister en tant que telle, se crée uneidentité ; pour cela elle doit être reconnaissable par les habitants.Selon Guy Rocher , la socialisation est le « processus par lequel la per-sonne apprend et intériorise tout au long de sa vie les éléments sociauxculturel de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sousl’influence d’expérience et d’agents sociaux significatifs et par làs’adapte a l’environnement social où elle doit vivre ».Cela signifie que pour le cas de la Caravane des quartiers, cette notiondu milieu, de l’environnement de l’individu, n’est pas effective. Via lesobservations et les discussions avec les usagers, on peut se rendrecompte qu’ici il est surtout question de découverte et de début de ma-nipulation des dispositifs, plutôt que d’intégration d’usages. La sociali-sation telle que la définie Guy Rocher, n’est pas repérable lors d’un telévènement.Lorsque l’on interroge le public présent sur les raisons de sa présence,on peut constater que les réponses les plus fréquemment données necorrespondaient pas à celles attendus par les organisateurs, à savoirpar curiosité, pour la présentation des projets ZAC, pour la technologie,pour accompagner les proches et autre. Suite à l’analyse des question-naires, on peut constater que les habitants ne viennent pas spéciale-ment pour les dispositifs technologiques mis en place (19%), ni par purecuriosité (12,9%). D’après les réponses il est clair que l’intérêt est ail-leurs. En effet, 25,8% des visiteurs déclarent venir pour se renseignersur les projets d’urbanisme du quartier. En contre partie, 41,9% des ha-bitants déclarent être venu pour d’autres raisons. Nous pouvons, au vude ces résultats formuler l’hypothèse que les 41,9% de réponses autrecorrespondent aux réponses données par une partie des organisateursou encore des personnes venues uniquement dans un but de convivia-lité (discussion autour d’un café, …) 1 Définition du diction-Un nouveau souffle ? naire de sociologie 2 Guy Rocher « introduc- tion à la sociologie géné-A priori, l’intitulé de La Caravane des Quartiers laisse penser à une ex- rale » : 1. L’actionposition itinérante à travers la ville de Rennes ; or lorsque l’on se sociale (p132) 67
  • 66. La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche confronte au réel on s’aperçoit qu’il y a un décalage non négligeable entre la représentation que l’on peut s’en faire et la réalité. On constate que la communication autour de cet évènement le présente avant tout comme un lieu de convivialité où les habitants pourront se retrouver et échanger sur la vie passée, présente et future du quartier. Cependant, dans les faits, ce n’est pas exactement ce que l’on peut observer. En effet, les habitants sont bien là mais la magie n’opère pas. Cela est peut être le résultat d’une dynamique absente. A partir de notre analyse menée sur la question de la manifestation de phénomènes de socialisation lors d’évènements comme la Caravane des quartiers, nous pouvons déduire que la socialisation ne pourrait être effective que si l’évènement s’inscrit dans la durée. Pour cela, nous pouvons poser la question de la pertinence de pérenniser ce type d’événements. Cela pourrait prendre alors la forme d’un lieu dans le quartier, rattaché à une structure existante connue des habitants, qui pourrait devenir un espace concret de socialisation (maisons de quar- tier, associations, galeries marchandes, stations de métro, places pu- bliques, …). Ce lieu pourrait proposer des informations et des réponses aux questionnements des habitants avec des agents permanents maî- trisant le sujet. Cela nécessiterait une enquête menée au préalable au- près des habitants, afin de prendre connaissance de leurs envies et leurs besoins quant à ce nouveau lieu.68
  • 67. Quelques pistesrecommandations recommandations pour la suite... Ce travail dévaluation vise à construire des hypothèses de travail, en vue dun repositionnement et dune réorganisation de la caravane des quartiers. Précisons toutefois que les résultats des enquêtes et observations ne sont pas "scientifiques" par manque danticipation, de moyens et de temps, de plus l’échantillon de population interrogée nest pas significatif. Néanmoins, ce projet démontre quun nouveau mode de coopération - réactif et ancré dans a vie sociale - est en train de naître entre la Ville de Rennes et la filière USETIC-TEF de luniversité Rennes 2. Comment peut-on améliorer la démarche remontante, des habitants vers les institutions ? a En prévoyant des temps de débats, des forums, des groupes de parti- cipation sur cette question d’aménagement et inclure la participation des ur- banistes (CIU) a Revoir les objectifs de la Caravane : faire intervenir cette manifestation avant la validation des projets d’aménagement et prendre en compte les re- marques des habitants. Il est nécessaire d’augmenter la médiation sur ces temps de consultation et de réitérer des enquêtes de terrain pour faire re- monter la voix des citoyens. a Prévoir un système de sondage proche du référendum pour connaître l’opinion globale des habitants sur tel ou tel projet local qui touche à leur es- pace de vie. a Créer un espace sur le site Rennes.fr qui présente les projets d’urba- nisme dans leur évolution permettant ainsi aux habitants de suivre les chan- gements et de proposer des suggestions d’améliorations. a Instaurer la consultation et la participation automatique des habitants en mettant en place une permanence téléphonique ou numérique afin de ré- pondre aux interrogations des habitants. a Ouvrir au plus grand nombre les conseils de quartiers. a69
  • 68. La caravane des quartiers - 2010 - recommandations a Conserver la logique de transparence en développant des outils d’informations de plus en plus accessibles pour tous. a Impliquer les structures associatives et proposer des ateliers communs autour de l’urbanisme avec des créations de cartographies subjectives favorisant la créativité des habitants sur cette question de réaménagement et d’évolution du quartier et de la ville. a Animer un atelier de créativité autour d’une thématique en lien avec la vie de quartier. a Proposer une boîte à idées sous forme de sculpture (totem re- présentatif du quartier réalisé par les scolaires). Comment peut-on améliorer l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ? a Sur un plan général, si le sol est plane, l’accès aux fauteuils rou- lants n’est pas facile du fait des fils électriques courants sur le plancher, a Citywall. Créer un renfoncement dans le coffrage pour que les personnes en fauteuil roulant puissent y passer leurs jambes. a La borne tactile. Mettre des barres d’appui a La maquette 3D. Ajouter une « maquette à toucher », indispen- sable aux personnes non voyantes et utile également pour les per- sonnes déficientes intellectuelles. Permettre l’utilisation d’avatars porteurs de handicap pour la visite virtuelle. En général : a Réviser les conditions de circulation à l’intérieur du chapiteau : a Signaler et protéger les obstacles et créer un marquage tactile au sol. a Permettre une meilleure visibilité sur tous les dispositifs à l’aide du zoom et de visio-descriptions permettant de décrire les images aux personnes malvoyantes. a Informer sur les dispositifs par un accueil humain, selon le type de handicap. a Améliorer la qualité du son avec un écran secondaire incrusté qui traduise en langue parlée complétée ou en langue des signes, les signaux sonores.70
  • 69. La caravane des quartiers - 2010 - recommandationsComment favoriser la socialisation ?a En inscrivant l’évènement dans la durée ou en proposant desjournées plus adaptées au public (samedi, dimanche)a Mobiliser les structures associatives et associer la Caravane àun autre évènement connu des habitants du quartier (braderie, fêtedes voisins...)a Améliorer la disponibilité des élus et les échanges entre les ha-bitants et les élus.a Donner une réelle identité à la Caravane : lieu de débat ou lieude festivité ?a Proposer des soirées musicales, des activités ludiques qui enga-gent les habitants du quartier dans la préparation et dans la participa-tiona Proposer des animations entre les écoles primaires et les mai-sons de retraites via les dispositifs multimédias.Comment développer la médiation ?La médiation est nécessaire pour une meilleure appréciation des pro-jets d’urbanisme visibles au travers des dispositifs multimédias. Ellenécessite du temps humain et une réelle prise en compte pédagogiqueet ergonomique pour une utilisation optimale des outils technologiques.a Augmenter le nombre d’agents de médiation (1 médiateur pardispositif)a Améliorer la prise en main des dispositifs tels que la maquette 3Da Faciliter l’accès aux contenus des dispositifs via rennes.fr ou lesblogs de la Caravane.a Permettre une plus grande participation des habitants sur tous lesdispositifsa Développer une animation autour de chaque dispositif avec lesécoles présentes sur le site et avec des groupes d’habitants.a Faire participer des habitants sur le choix des contenus, la mania-bilité des dispositifs 71
  • 70. La caravane des quartiers - 2010 - recommandations a Adapter les outils de communication: • créer un site internet qui regroupe tous les blogs « caravane des quartiers », • retravailler l’ergonomie et la dimension pédagogique des blogs, • requérir la participation des habitants sur ce support, • proposer un wiki sur les projets durbanisme en cours.72
  • 71. conclusion ionc o n c l u s conclusion Un bilan en demi-teinte... Pour conclure au sujet de la Caravane, nous nous positionnerons en agora publique en laissant la parole au parti politique en place, ainsi qu’à l’opposition et toujours aux associations, très présentes sur le quartier : «On va laisser les plâtres se faire ou pas», «c’est une invitation à se rencon- trer», «la conception de l’affaire c’est d’arriver à faire naître du vivre ensemble», «il faudrait que l’organisation soit plus festive sinon ce ne sont que les habitués qui viennent», «les suggestions il faut les demander aux habitants du quartier qui sont le plus à même d’y répondre», «ces retrouvailles citadines ce sont des choix, des orientations qui engagent les élus», «de nombreuses causeries qui sont une autre manière d’échanger... on a une déception sur la participation... en amont il faut travailler la mobilisation (amener les parents par le biais des en- fants par exemple)/ les contenus», «c’est un lieu ouvert ce n’est pas souvent que les élus vont vers les habitants», c’est un moment enrichissant mais le lieu n’est pas bien choisi »... Cette sélection de phrases extraites d’interviews est révélatrice d’un besoin de savoir si la Caravane de quartiers apporte une réelle utilité. Cette enquête que nous avons effectuée était destinée à statuer sur le sort de cette manifesta- tion conviviale mais néanmoins boudée par les habitants. Cet évènement devrait s’intégrer dans l’idée que la cité est le lieu de rencontre et d’échanges de tous. Ouvrir les possibilités d’accès au monde à tous, quelque soit l’âge, la situation sociale ou familiale, est de la responsabilité des élus. La politique de la ville de- vrait soutenir toutes les ouvertures et partager les richesses dans un soucis d’équité. Que retenir de cette expérience? La caravane des quartiers est un événement intéressant à étudier, cependant, en sachant que plusieurs autres quartiers ne vont pas tarder à accueillir la cara- vane, il serait pertinent de continuer à travailler avec la filière sur cet événement. En effet, les préconisations exposées dans cet écrit laissent présager des chan- gements qu’il serait peut-être judicieux d’effectuer en collaboration avec la filière USETIC-TEF. Ce lien entre l’université et la Ville de Rennes fut l’occasion de découvrir de nouveaux horizons, de développer de nouvelles compétences, et également de faire connaître la filière. Cependant, il serait souhaitable qu’à l’ave- nir la commande soit explicite et se fasse beaucoup plus tôt pour permettre une 73
  • 72. La Caravane des quartiers 2010 - Conclusion organisation efficace et des temps de concertation en groupe. Nous re- grettons également le manque de lien entre les initiateurs de la com- mande et nous. Ce projet ne devrait pas venir s’ajouter aux autres cours, mais constituer l’un des enseignements, avec un enseignant ré- férent qui connait bien le projet. Par ailleurs, le terrain faisait déjà l’objet de problèmes évoqués auparavant par les élus, les directions de quar- tier : peu de public, les personnes ne venaient pas vraiment pour les technologies... Notre évaluation aurait pu être beaucoup plus riche, si le terrain s’y prêtait vraiment. Notre recherche reste très sommaire... Mais nous retiendrons notre capacité à gérer un projet dans l’urgence de façon souple et adaptée. L’état d’esprit bienveillant et le respect no- tamment de l’écoute de l’autre sont des perspectives qu’il faut garder en vue. La sinécure ne vient qu’après l’aboutissement d’un tel travail qui est certes formateur mais ô combien chronophage parfois ! La caravane des quartiers a été une démarche d’observation et de re- cherche fastidieuse pour de bien maigres résultats et des recomman- dations que l’on a souhaité concrètes. Il reste la satisfaction d’un travail rondement mené, bien fait et plus que la somme de travail, nous gar- dons à l’esprit une forme de solidarité rare précieuse et des rencontres marquantes... Merci à tous d’avoir participé à cette expérience de vie aussi.74
  • 73. p r o l o g u e prologue prologue Un projet qui va faire des petits ! En effet suite à cette collaboration fruc- tueuse, la Ville de Rennes souhaite renouveler sa confiance à lUniversité de Rennes 2. Cela pourrait donner lieu, dès lannée prochaine, à un partenariat entre lUniversité de Rennes et la Ville de Rennes. Les termes de ce partena- riat, une fois mieux définis permettront dinstaurer des relations plus pérennes entre les deux partenaires. Un contrat, qui sil a cours, permettra à des étu- diants de lUniversité de Rennes 2 de participer plus aisément à des projets de la Ville de Rennes par exemple. Dautres initiatives font suite à cette expérience : notamment un projet éditorial. LUniversité de Rennes 2 a la volonté de créer sa propre ligne éditoriale on line. Elle sinscrit tout à fait dans le projet dUSETIC-TEF et octroierait à toutes lles productions de lUniversité de Rennes 2 une plus grande visibilité. On est impatient de lire les premiers ouvrages estampillés "Université Rennes 2". 75
  • 74. bibli ogra phie bibliographie bibliographie-webographie BARBER B., Démocratie forte, Desclée de Brouwer, 1997 BARBIER, F. et BERTHO LAVENIR, C. Histoire des médias de Diderot à Internet. Armand Colin, Paris, 2003. BARNES, What a difference a decade makes. Colin 2001 BEETHAM, H. and SHARPE, R. (eds) Rethinking Pedagogy for a Digital Age, Oxford, RoutledgeFalmer, 2007 BLONDIAUX L., Le nouvel esprit de la démocratie, Seuil coll. La République des Idées, 2008, p.39-44 BOUAL J.-C., BRACHET P., Evaluation et démocratie participative, LHarmattan, 2004 CARREL M., Faire participer les habitants ? La politique de la ville à lépreuve du pu- blic-thèse de doctorat en sociologie-Université de Paris V, 2004 CHAPPAZ G., Comprendre et construire la médiation. CRDP de Marseille et Publi- cations de l’Université de Provence, 1995. COUSIN G., Learning from cyberspace in Land, R. and Bayne, S. (eds) Education in Cyberspace, Abingdon, Routledge Falmer, 2005. ENGESTROM Y., Learning by Expanding: An Activity Theoretical Approach to De- velopmental Research, Helsinki, Orienta-Konsultit Oy, 1987. EUDES & PLAS, La démocratie à lère du numérique, Presse universitaires de Li- moges, 2007 FOUCAULT M., Dits et Ecrits, Gallimard, 1994 JORF n°0262 du 11 novembre 2009 page 19593 texte n° 32 GOFFMAN E. Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Editions de Minuit 1975 HABERMAS J. et RAWLS J., Droit et démocratie-entre fait et norme, Gallimard, 1997 LEBART C., LEFEBVRE R., La proximité en politique, Presses universitaires de Rennes, 2005, p.27-30 LÉVY P., Cyberdémocratie, essai de philosophie politique, Odile Jacob, 2002 LINCOLN, discours de Gettysburg du 19 novembre 1863 MATHIAS P., Des libertés numériques, notre liberté est-elle menacée par linternet , PUF, 2008, p.166 MILAD D., La grande conversion du numérique, le seuil, 2008 OLIVER M., Understanding Disability. 1996 Mac Milan Press OLIVER M., Using emancipatory methodologies in disability research, The disability archive UK, 2002 PERAYA, D. Un regard critique sir les concepts de médiation et de médiatisation. Nouvelles pratiques, nouvelles modélisations. 2009 76
  • 75. PERRIAULT, J. La logique de l’usage : essai sur les machines à communiquer. Flammarion,Paris 1989.PAUGAM S., L’exclusion : l’état des savoirs. Editions la Découverte 2001RABARDEL, P., Les hommes et les technologies, approche cognitive des instrumentscontemporains. Paris, Armand Colin, 1995.RICOEUR P., Soi-même comme un autre. Edition du Seuil, 1990ROCHER G., Introduction à la sociologie générale : 1. L’action socialeSARTRE J.P., L’être et le néant. Gallimard, 1943SHAEFFER, P. Machines à communiquer : 2. Pouvoir et communication. Editions du Seuil,1972VYGOTSKI, L.S. Mind in Society: The Development of Higher Psychological Processes, Cam-bridge, MA, Harvard University Press, 1978WINNICOTT, W. D., La mère suffisamment bonne. Payot-poche, Paris, 2006WRIGHT MILLS Ch., L’imagination sociologique, Ed la Découverte 1997http://blog.caravanedesquartiers.maurepas.rennes.euwww.collegaehuntsic.qc.ca/Pagesdept/Hist_geo/Atelier/Guide/glossaire.htm2www.maphilosophie.fr/lexique.php3www.camillederoccaserra.com/glossary/Glossaire_gi809.html4www.aidh.org/Biblio/Vocabu- laire/Droits.htmhttp://fr.wiktionary.org/wiki/par- ticipatifLe rapport de M.Rocard, Vers une société de la connaissance ouverte, http://www.villes-in-ternet.net/UPLOAD/article/pages/1214_article.phphttp://doc.openfing.org/Villes2/Recherche_urbaine_villes2.pdfhttp://www.internetactu.net/200 8/07/17/besoin-dhybridation/www.collegeahuntsic.qc.ca/Pagesdept/Hist_geo/Atelier/Guide/glossaire.htmlwww.maphilosophie.fr/lexique.phpwww.camillederoccaserra.com/glossary/Glossaire_gi809.htmlwww.aidh.org/Biblio/Vocabulaire/Droits.htmhttp://fr.wiktionary.org/wiki/participatifwww.lemonde.fr/ameriques/article/2009/02/11/a-washington-l-avenement-de-la-clicocra-tie_1153814_3222.html 77
  • 76. 78 a n n e xe s annexes annexes
  • 77. Questionnaire denquêteCaravane des quartiers MaurepasLa Caravane de quartiers facilite les rencontres et les échanges entre les habitants dunquartier et les élus de léquipe municipale. Cest loccasion pour les habitants de découvrirles projets à venir dans leur quartier, de participer au débat, de sexprimer sur les enjeuxde proximité. La mise en place des outils technologiques de pointe permet de valoriser leprojet de ZAC Maurepas. Aussi, les partenaires de ce projet souhaiteraient un retour surcet événement. Pouvez-vous m’accorder quelques instants (10 minutes tout au plus) pourme donner vos impressions à travers ce questionnaire? Ces dernières resteront ano-nymes et ne seront traitées qu’à des fins statistiques.VOTRE PARCOURS EN GENERALParlons tout d’abord de votre parcours sur la Caravane1/ Combien de temps jusqu’à maintenant environ, avez-vous accordé à l’ensemble desstands de la Caravane ? moins de 5 minutes de 5 minutes à moins de 15 minutes de 15 minutes à moins de 30 minutes de 30 minutes à moins d’1 heure de 1 heure à moins d’1heure30 de 1h30 à moins de 2 heures 2 heure et plus2/ Etes-vous venu(e) … (une seule réponse possible) seul(e) en famille avec des amis en famille et avec des amis3/ Quelle situation s’approche le plus de la votre, personnellement ? (une seule réponsepossible) je suis venu(e) par hasard mais j’avais vu de la publicité sur cet événement je suis venu(e) suite à la publicité sur cet événement je suis venu(e) sur incitation de mes proches (famille, collègues …) je suis venu(e) suite à la publicité sur cet événement et sur l’incitation de mesproches je suis venu(e) totalement par hasard
  • 78. 4/ Quels sont les motifs de votre présence ? (plusieurs réponses possibles) par simple curiosité pour la présentation des projets de ZAC pour la technologie simplement pour accompagner mes proches parce qu’il y avait un rassemblement sympathique Autres, spécifiez _ _ _ _ _ _ _ Aucun motif en particulier5/ Avez-vous déjà participé aux conseils de quartier ? Oui Non6/ Vous étiez-vous auparavant déjà informé sur l’évolution de votre quartier ? OuiPar quels moyens ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ NonVOS PERCEPTIONSPassons maintenant à vos perceptions.7/ Jusqu’à maintenant quels dispositifs avez-vous testé, ne serait-ce que 5 mi-nutes ?8/ Comment avez-vous testé ce(s) dispositif(s) ? Seul A plusieurs Avec un proche Avec l’aide de la personne présente près du dispositif9/ Avez-vous hésité à utiliser ces dispositifs ? Oui, Pourquoi ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Non10/ Avez-vous eu besoin d’explications pour utiliser …? OUI NON
  • 79. Le Citywall  La Borne Tactile  L’Espace durbanisme immersif (maquette 3D)  11/ Pouvez-vous me préciser sur une échelle de 1 à 5 votre niveau d’appréciation. (1 signi-fiant que vous n’avez pas apprécié du tout, 5 vous avez vraiment apprécié). Quelle notedonneriez-vous à … (une réponse par ligne) 1= vous navez pas du tout apprécié 2 3 4 5 = vous avez vraimentappréciéCitywall     Borne tactile     Espace durbanisme immersif     
  • 80. 12/ Concernant les aspects techniques, quelle notes donneriez-vous à…. 1 = vous n’avezpas apprécié du tout 2 3 4 5 = vous avezvraimentappréciéLa qualité du sonCitywall     Borne Tactile     Espace d’urbanisme     La qualité de l’imageCitywall     Borne Tactile     Espace d’urbanisme     Synchronisation son-imageCitywall     Borne Tactile     Espace d’urbanisme     Les contenusCitywall     Borne Tactile     Espace d’urbanisme     La maniabilitéCitywall     Borne Tactile     Espace d’urbanisme     13/ Que pensez-vous globalement du Citywall? Choisissez parmi ces réponses celles qui vousconviennent. (Plusieurs réponses possibles) Cela m’a permis d’échanger avec les gens qui lutilisaient Jai trouvé les contenus pertinents et utiles Jai trouvé ce dispositif facile à utiliser
  • 81.  Jaimerais voir ce dispositif dans mon quartier Je pense que cela peut être intéressant pour quelques personnes…les-quelles ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Je pense que cela peut être intéressant pour pas mal de personnes Aucune de ces réponses ne me convient Réponse libre14/ Un tel mobilier interactif serait-il utile dans votre quartier ? Certainement Peut-être Certainement pas15/ Dans quel endroit placeriez-vous le Citywall ? Dans une maison de quartier A la mairie Dans un Espace social commun Aux Champs Libres Autre : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _16/ Quelles informations et services souhaiteriez-vous trouver dans le Citywall ?_______________________________________________________________________________________________________________________________________17/ Si vous deviez choisir un adjectif, comment qualifieriez-vous, globalement cetteballade immersive ? (Plusieurs réponses possibles, proposer la réponse «aucun ») impressionnante
  • 82.  parlante (vous vous êtes projeté dedans) originale réaliste saisissante instructive aucun de ceux-ci autres (spécifiez _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _)18/ Diriez-vous que lespace durbanisme immersif en 3D vous a aidé à vous représenter le projet deZAC? oui, beaucoup oui, assez oui, un peu non, n’apporte rienQuels sont, selon vous, les apports ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _19/ La borne tactile vous a-t-elle semblé… ? Familière Attractive Utile Intéressante Compliquée Inutile20/ Avez-vous eu des difficultés à utiliser lun des dispositifs? Oui NonCitywall 
  • 83. Lesquelles______________________________________ Borne tactile Lesquelles______________________________________ Espace durbanismeImmersif Lesquelles______________________________________ 21/ Cette Caravane de quartiers … (une réponse par ligne) Oui, de façon très importante Oui NonA-t-elle modifié positivement le regard quevous portez sur le projet de ZAC ?   l’a t-elle modifié négativement ?   Vous a-t-elle donné envie d’en savoir plus sur le projet ?   
  • 84. A-t-elle modifié positivement le regard quevous portez sur les nouvelles technologies ?   Trouvez-vous que la Caravane de quartiers est utile?   A-t-elle facilité la communication entre vous et les élus?   Vous a-t-elle convaincue que les nouvellestechnologies peuvent mettre en valeur / servir l’urbanisme?   22/ Que tirez-vous personnellement comme bénéfices de cette opération ? spécifiez _ _ _ _ _ _ _ _ aucun bénéfice23/ Pensez-vous qu’il faut répéter ce genre d’expérience ? oui, spécifiez le type d’événement _ _ _ _ _ _ _ _ _ non

×