Clipping 01

266
-1

Published on

Published in: Business
0 Comments
1 Like
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

No Downloads
Views
Total Views
266
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
0
Actions
Shares
0
Downloads
1
Comments
0
Likes
1
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Clipping 01

  1. 1. In the first place, a choreographer reaches his own quot;métierquot; and eventually sings it. In quot;Foliaquot;, Lia has conquered this plateau.In this new stage, where gesture, space and music have been concocted to give rise to dance, Lia Rodrigues has branded the signature of a de-contaminated gaze onto this country of plural identity called Brazil. This is the reason why she manages to insert in the history of the dance performed here, a tasty body, where movement heralds a certain grammatical pattern. This is also born from the insemination of dance into music, and of music into dance. Such partnerships reveal worlds. Worlds around which we all roam in eagerness. With the opening of quot;Foliaquot;, Lia Rodrigues establishes her autonomy. And, as it is widely known, there is no event more auspicious than this for the development of an evolution process.( Helena Katz -dance critic -1999) Libération – France - 26/9/01 DANSE. Un spectacle mi-nu mi - vêtu, parmi les spectateurs.. Lia Rodrigues va vous toucher - Ce dont nous sommes faits “Quand dans la partie nue la chair avait une forme pleine, les «vêtus» sont fragmentés, rythmés, un rien militaires pour dégurgiter des inftirmations-tronquées, des noms de pays vidés de leur sens: «peace, Kosovo, parce que je le vaux bien.» Il y a de la machine à sous dans ce débit constant où aucune pensée n'a de chance de s'installer ou de circuler.Combien tout cela vaut-il? Lors des représentations à Rio, où la compagnie travaille, le prix d'entrée était fixé à un dollar et le programme indiquait le montant de la subvention allouée au groupe parle service culturel de la municipalité de Rio- une des plus actives dans son engagement pour la danse contemporaine: 25000 dollars (27367 euros). Pour la reprise à Lyon, il a fallu la réunion de trois structures: la Maison de la danse, qui avait déjà accueilli la chorégraphe pour la biennale Brésil en 1996, le centre chorégraphique national de Rillieux la-Pape, que dirige Maguy Marin (lire ci-dessous), et le Toboggan de Décines, qui confirme que la danse est un axe fort de sa programmation en devenant scène conventionnée pour la danse. A Paris, le studio du Centre national de la danse devrait bien se prêter à cette forme singulière de spectacle . A Rio, Lia Rodrigues a s’investit dans diverses actions sociales.
  2. 2. Maguy Marin, directrice du centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape (Rhône), se souvient encore de Lia Rodrigue lorsqu elle arriva dans son studio, en 1980, jeune fille timide, souriante et indécise: Les deux femmes ne sont d’ailleurs pas si éloignées, tant, dans leur engagement social` que dans leur façon d'aborder la danse d'un point de vue politique. A Rio, où elle vit, Lia Rodrigues,45 ans, travaille auprès des mères des favelas, dans les hôpitaux publics ou dans une ONG pour --l'allaitement maternel, impliqué les enfants dits «à risque social» dans des projets artistiques. Sur le front de la danse, elle est à l'origine du festival Panorama Rioarte de dança, qui bénéficie aujourd'hui d'une subvention de la ville (125000 dollars pour sa dixième édition, 137000 euros), et représentante d'un réseau de promoteurs culturels de l’Amérique latine (RE). Mais ce sont surtout les spectacles que Lia Rodrigues prend le temps de fabriquer (deux ans pour Ce dont nous sommes faits), avec sa compagnie créée en 1990, qui rendent le mieux compte, de manière tendre et pertinente, de l’urgence du combat pour la survie des artistes au-delà du seul système marchand. Car elle reste convaincue que «l'acte de créer est en lui même révolutionnaire, instrument de connaissance et véhicule de l'information». Qu'elle signe cette nouvelle pièce citoyenne ou d'autres plus anciennes sur la violence de l'accouchement et plus généralement sur la violence faite aux femmes (Ma, Folia), Lia Rodrigues prend parti sans être inscrite dans aucun mouvement brésilien, «car aucun n'échappe à la corruption» MARIE-CHRISTINE VERNAY Above it all, there is the treatment of the body as skin and its belongings. From this Lia Rodrigues gets her gain and her mark. The body as a set of flesh and bones. But is it not what a
  3. 3. body is? Yes and no, for there is always a glamour wrapping up this basic duo. Not for Lia and her dancers who make us look at the body as volume, form, weight, speed, time and space. It sure costs much dryness and they know that full well. The sophistication of how the contour comes in and the way the Brazilian features are treated make “Formas Breves” one of those moments when delight and reflection are equal general partners. There are two (yes, two) emblematic moments: one, when the opaque strips of Scotch tape are made to stretch out of the stage; the other, when the transparent Scotch-tape tightens the dancer’s body to imprint on it the contours invented by Schlemmer. Both syntheses are very powerful and establish another level for what is habitually called quot;referencequot;. These two moments are among those that cling forever to our eyes and make us re-examine the world on the basis of different premises. When Borges stated that it was the future which influenced the past he referred to such events as these. After Lia Rodrigues, the Ballet Triadique revealed its premonitory function towards the world yet to come. (Helena Katz - O Estado de S.Paulo, April 2002) Passages of the honoring work to Oskar Schlemmer that had its debut at the beginning of the year in Portugal reappear here in a different context. The nude, a striking element in other recent choreographies of Lia, is once again strong and more natural, like our skin. Paradoxically, it becomes a costume amongst others. The skin as a second skin of itself is one of the many ironies that would have enchanted Calvino. This Calvino from Rio is a revelation: more corporeal than ever without losing the rigors of imagination. (Inês Bogéa - Folha de São Paulo, April 2002)
  4. 4. As simple as a good morning but peculiarly efficient is this succession of very lively anatomical blocks, resembling the research carried out in Berlin by Xavier Le Roy. Under light reflections, the body turns into compact matter, albeit fluid, almost liquid. Risky and daring movements twist the woman dancer around the man’s neck, like a scarf. Magically, with a simple roll of transparent Scotch tape, Lia Rodrigues proves she also knows how to transform the banal into divine geometrical construction. With this manoeuvre, she joins in Oskar Schlemmer’s humour. With more sexuality, though. (Dominique Frétard, Le Monde, July 27, 2002) Strange Encounters: upon a commission from Antonio Pinto Ribeiro, director of Culturgest in Lisbon, two women coming from very distant horizons, Brazilian Lia Rodrigues and French Catherine Diverrès, created each a piece in honour of German choreographer Oskar Schlemmer, author of the famous Ballet Triadique in 1922. Both pieces, thanks to their simplicity, bareness and inspiration achieve the rarest beauty. (René Sirvin, Le Figaro, July 26, 2002) The various sequences in this piece feature a perfect balance between rest and movement and, despite the nudity, they practically do not denote eroticism nor the least sordidness: what is at stake is an overwhelming and possibly unrepeatable demonstration of what the body is and what it is capable of. Lia Rodrigues remains very close to Oskar Schlemmer thanks to the rigour, the reserve and the clarity of her quot;formas brevesquot;, and would remain so even if one of her dancers did not utter the words quot;man – nature– artquot;. (Jochen Schmidt, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Avignon, August 2, 2002) Lia Rodrigues enchante dans la douleur
  5. 5. quot;...Après avoir décrit toute la violence et le plaisir inhérents à la procréation, voici maintenant explorée la question de la nudité....Sa récente création, avec le titre provisoire d'Incarnat, est franchement crue. quot;Que ressent-on face à la douleur des autres ?quot; est une des questions qui sous-tendent la dramaturgie d'une pièce qui use et abuse du Ketchup...Tour à tour, les corps, tels des morceaux de bidoche, se présentent la plupart du temps nus pour devenir le support à quelques maculations sanguines....Heureusement, car tout cela est fort bien écrit et pensé, dans la marge, de chaque côté du plateau central, un autre rituel calme les souffrances. Des bassines en plastique, des serviettes sont autant d'accessoires pour effacer les souillures, pour recoudre les cicatrices. Dont celles du quotidien de Lia Rodrigues, qui a décidé d'implanter sa compagnie dans la favela de la Maré...une des plus grandes de Rio.quot; Libération, Marie-Christine Vernay, 29 novembre 2005 La nouvelle création de Lia Rodrigues Le ketchup et la manière Sur le front des souffrances, la pièce Incarnat oeuvre à une réarticulation de tout lien à la matière. Créée dans le cadre du festival d'Automne, elle est présentée à la Ferme du Buisson, puis en province jusqu'au 6 décembre. Depuis Jan Fabre ou Rodrigo Garcia, on croyait la chose entendue : quand du ketchup se répand en abondance sur une scène, il devient toute autre chose qu'une métaphore littérale de l'hémoglobine. Par exemple, dans le cas d'Incarnat, nouvelle pièce de Lia Rodrigues, s'en tenir à
  6. 6. une perception aussi misérablement réductrice (ketchup = sang) ne pourrait que conduire - imprégnation judéo-chrétienne aidant - à penser que celle-ci ne vise qu'à nous alerter sur les blessures et les souffrances (au cas où nous les aurions oubliés ?), par les moyens d'une surexposition, alors pour le moins appuyée. Le cri. Par ailleurs. Intéressons-nous à cette autre manifestation, tout aussi remarquable, qui survient tôt, comme un premier écueil abrupt dans l'ample déroulement de cette pièce pour neuf interprètes. Un cri gigantesque. Que dire du caractère organique de cette expression humaine, où la vocalité rejoint à l'extrême limite de la matérialité, dans une désarticulation arythmique convulsive, musculaire et respiratoire, qui en perce plus que l'élaboration des langages ? Des Hauts cris de Vincent Dupont aux Labos d'Aubervilliers, au hurlement stupéfiant d'Emmanuelle Huynh dans Heroes - directrice d'un Centre national de danse contemporaine, tout de même - , en passant par les références à Munch par Christian Rizzo dans son Puits si profond..., et maintenant Incarnat, il est important qu'on entende autant de cris manifestes, furieusement découpés, assénés, ces derniers temps sur les scènes chorégraphiques... Le ketchup donc. Plus épais que nature, gluant, lent à s'écouler depuis des situations et segmentations corporelles plus énigmatiques ou insolites les unes que les autres, ce ketchup d'Incarnat ne peut être du sang que pour ceux qui imaginent que la Brésilienne Lia Rodrigues ne s'est pas donné de mission plus significative que de repeindre aux couleurs du gauchisme les ressorts caricaturalement spectaculaires du grand-guignol des boulevards parisiens du XIXe siècle. Or, ce ketchup n'est que signe de matière globale et transversale, matière-corps généralisée en environnement comme en intériorité, objet de transaction perpétuelle, à ingérer ou laisser
  7. 7. s'écouler, par sourd réseau cardio-vasculaire ou fresque des misères réelles du monde, au comptoir du Mc Do comme au frontispice sulpicien, de la table d'opération au banquet anthropophage, dans l'immense partage du dedans- dehors, autre matière ou matière nous- mêmes, à transformer au libre arbitre de nos actes, imaginations et prises de position (en tout genre), éléments poreux circulant sur ces frontières mêlées. Faut-il rappeler le titre du précédent opus de Lia Rodrigues : Ce dont nous sommes faits ? Ou relire ces propos très clairs de la chorégraphe, qui rabattent heureusement l'acuité politique des enjeux brésiliens sur les sophistications de la dé-construction savante de la représentation spectaculaire à la française : « Le corps est un état qui se modifie en fonction d'un milieu, contaminé et contaminant. Ce corps, mis au contact d'un nouvel espace, devrait alors produire une nouvelle forme de se mouvoir, de penser, de générer de nouvelles formes d'organisation. » Bref, sur tout cela, faudra-t-il faire et refaire encore le débat d'Avignon 2005, pour enfin saisir la poésie percutante de la performance autofictionnelle des corps dans la chair du plateau, sous la croûte racornie d'un humanisme sémiotique radoteur, qui ferait aller au spectacle pour toujours vérifier la messe (fût-elle laïque) ? Incarnat, au début, c'est une façon simple de se mouvoir en boucles, croisements, figures, par lesquels neuf jeunes gens forment presque une ronde, où se pose d'emblée, sobre et dense, le projet d'une action collective délibérée. Or, rien ne sera jamais si simple à partir de là, selon un implacable séquençage, micro-performance après micro-performance. Totalement dénudés, ou
  8. 8. rhabillés, selon une rythmicité plate et sans raison manifeste, ces danseurs nous mettent au pied d'un nu neutre, virulemment énigmatique (au passage se remarque le cas jusque là informulé à la d'un nu neutre, virulemment énigmatique (au passage se remarque le cas jusque là informulé à la conscience, d'un jeune homme au sexe minuscule sous une pilosité pourtant furieusement virile). Méthodique avec détachement, une politique des anamorphoses, des appariements et dissociations, une circulation autofictionnelle d'une matière-corps hautement conscientisée, compose l'inquiétant sous-texte, obstiné et presque épuisant, des dynamiques personnelles et collectives de l'agrégation et de la dislocation. A vu en bord de scène, sur le mode de la plus parfaite des tranquillités déterminées, s'entraidant à cet effet, les interprètes se préparent ou se réparent à l'épreuve froide. Matière, les voici libres. Au bord d'un vide immense. Un grand cérémonial culmine. Ketchup plus que jamais. Mais alors, l'oeuvre collective fera d'un corps tout entier, goutte à goutte devenues perles, colliers, une fascinante oeuvre d'art vivante, ressurgie de tous les immémoriaux universels, là immédiate à la peau sous nos yeux. Humaine. Post-humaine ? Gérard Mayen , pour Mouvement La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues présente Incarnat à Pantin, avant la Ferme du buisson. Une danse qui saigne comme la vie .Un corps nu, couvert de ketchup, gigote dans un sac en plastique transparent. Un autre semble tenir ses entrailles dans ses mains. Voici quelques-unes des scènes fortes d’Incarnat, le dernier spectacle de Lia Rodrigues (1). On n’est pas prêt
  9. 9. d’oublier cette oeuvre trash, où l’on ne craint pas de simuler le passage à tabac des danseurs, ni le cri de Micheline Torres, qui ouvre le spectacle, comme le rappel d’une douleur enfouie ; la mort de son propre père assassiné. OEuvre viscérale, Incarnat ne travaille nullement à libérer les blocages. Cette création anthropophage met en scène des hommes chiens dépeçant à pleines dents un semblant de cadavre. « Être créatif, affirme la chorégraphe, ce n’est pas inventer mais recréer. » Née à Rio de Janeiro, Lia Rodrigues tourne et retourne le couteau dans la plaie sociale, avec une maîtrise impeccable de sa troupe, constituée d’individus aux physiques disparates (il y a des grands, des petits, des minces, des gros). Ils sont unis par une danse à la fois extrêmement technique et instinctive, rompus à la mise à distance, soucieux de finition (on lave les corps dans des bassines après chaque performance et l’on nettoie la scène), qui donne aux spectateurs le temps d’avaler la pilule entre chaque saynète sanguinaire. Lia Rodrigues, qui fut interprète de Maguy Marin dans les années quatre-vingt, fomente un art ancré dans le réel, à cheval entre la danse, les arts visuels et la performance. Infatigable, elle travaille aussi auprès des mères dans les favelas, au sein des hôpitaux publics ou dans une ONG qui milite pour l’allaitement maternel. Elle implique parfois des enfants dits « à risque social » dans des projets artistiques. Avec Incarnat, l’artiste est partie d’un livre de Susan Sontag, Devant la douleur des autres, et pose la question : comment se rapprocher de l’autre qui souffre ? Comment aborder celui qui est si différent de soi-même ? Pour réaliser cette création, elle a décidé de proposer à sa compagnie une résidence dans le bidonville de Maré, à Rio, en liaison avec une organisation non gouvernementale, le CEASM (Centre d’études et d’actions solidaires). Le travail de Lia Rodrigues n’a rien de démagogique. Elle a créé sa résidence dans un hangar, ancien atelier de
  10. 10. construction de bateaux. La température y avoisine parfois les 42 degrés. Le sol, en plastique, favorise les ampoules aux pieds des danseurs. « Parfois, au lieu de répéter, on passait notre temps à faire des travaux pour façonner notre lieu de travail, dit-elle. J’ai reçu de l’argent de la France pour la coproduction. Il y avait un budget prévu pour le décor. J’ai décidé d’utiliser cet argent pour le tapis de sol et les bandes adhésives. C’est un décor qu’on ne pourra pas emporter mais ce sera pour la communauté. C’est quelque chose qui reste, dont les gens pourront profiter. Je ne suis pas pour l’accumulation du capital mais pour sa dispersion. » L'Humanité , Paris

×