Daisy Sorbi - Florence

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Presentation des participants Course IST Comenius-Grundtvig "Grand Tour en Europe" Paris 2013

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Daisy Sorbi - Florence

  1. 1. À l’époque quaternaire, la plaine de Florence-Prato-Pistoia était occupée par un grand lac, dormant entreles reliefs du Montalbano à l’ouest, du Monte Giovi au nord et des premières collines du Chianti au sud.Lorsque l’eau se retira, la plaine, située à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, restaconstellée de tant d’étangs et de marécages que, surtout dans la région de Campi Bisenzio, Signa et Ripoli,ces étendues d’eau furent une constante du territoire jusqu’à ce que des assainissements soient réalisés àpartir du XVIIIe siècle. Une partie du musée de géologie et de paléontologie de Florence illustreremarquablement bien cette période de la préhistoire toscane, avec des fiches explicatives et des pièces.Une population italique, originaire de Villanova, aurait vécu au confluent du Mugnone et de l’Arno entre leXe et le VIIIe siècle av. J.-C. Entre le VIIe et le VIe siècle av. J.-C., les Étrusques devaient utiliser le guéfacile d’accès du fleuve Arno au niveau de son confluent, où la plaine était plus étroite en raison de laproximité des collines au nord et au sud. À cet endroit, ils avaient probablement construit une passerelle ouun système de passage, qui devait se trouver à une dizaine de mètres de l’actuel Ponte Vecchio, au point leplus étroit du gué. Pour se protéger des armées étrangères et des inondations, ils préférèrent toutefois ne pasfonder de cité dans la plaine et ils s’établirent, à environ 6 km du gué, sur une colline où se développa lecentre fortifié de Fiesole, desservi par une route qui reliait tous les principaux centres étrusques depuisl’Emilie jusquau nord du Latium.Les Romains[modifier]Voir aussi l’article : Florentia (ville antique).“ Florentia, ville de la fleur ”Deux hypothèses s’affrontent quant à l’origine du village de “ Florentia ”. Pour certains, il aurait été fondéau printemps, durant les “ Ludi Florales ”, afin d’honorer la déesse Flore, mais d’autres attribuent le choixde ce nom à l’abondance de lys fleuris dans la zone.Les Romains étaient en fait particulièrement sensibles aux horoscopes et la période marquant le début del’année astrologique et astronomique était jugée particulièrement favorable. On retrouve ces croyances dansles écrits de Dante, qui situa son voyage de La Divine Comédie au XIVe siècle sous la constellation duBélier, et dans ceux de Pétrarque, qui, dans “ Rime ” (CCXI), entre dans le labyrinthe le 6 avril. Laconstellation, le printemps et la fleur reviennent donc continuellement dans les événements florentins.Quand décision fut prise de nommer la monnaie, le nom retenu fut le florin et cest liris qui vint orner lesgonfalons. Quand il fallut ensuite dédier la cathédrale, le choix se porta sur Marie et on lui attribua le nomdistinctif de “ del Fiore ” pour marquer son appartenance à Florence.Des historiens débattent encore de l’existence d’une implantation préromaine et certains vont même jusqu’àsoutenir l’hypothèse selon laquelle il aurait existé un “ municipe ”, qui aurait été détruit par Sylla.Toutefois, l’histoire connue de Florence commence traditionnellement en 59 av. J.-C. avec la fondation parles Romains d’un village appelé “ Florentia ” et destiné aux vétérans de l’armée. Selon certains historiens,la ville aurait été fondée pour des raisons politiques et stratégiques précises : en 62 av. J.-C., Fiesole étaitdevenu un repaire de partisans de Catilina et César aurait décidé la création d’un avant-poste à seulementsix kilomètres pour contrôler les voies de communication. En 59 av. J.-C., la ville avait déjà une structureassez proche de celle du castrum classique, avec deux voies se croisant pour diviser en deux partiesdistinctes le camp militaire antique.La ville césarienne reprenait le plan classique prévu par les arpenteurs romains : elle était quadrangulaire etdivisée par sept routes, qui suivaient l’axe nord/sud et venaient couper à la perpendiculaire cinq routessuivant l’axe est/ouest.Les Romains consolidèrent les berges de l’Arno et du Mugnone et le choix du site s’avéra avantageux pourles transports : la ville antique de Florentia se trouva en effet sur le tracé de la Via Cassia Nova – une voieconsulaire –, à un endroit très important d’un point de vue stratégique, car il permettait de contrôler le boutde la vallée de l’Arno, dans les Apennins, et l’entrée de la plaine qui conduisait à la mer en direction dePise. Les premières informations précises sur l’implantation datent de 123, année de construction du
  2. 2. premier véritable pont sur l’Arno.Autour du camp militaire romain commençaient alors à apparaître tous les édifices caractéristiques de laville romaine (un aqueduc partant du Monte Morello, un forum à la place de l’actuelle Piazza dellaRepubblica, au moins deux thermes, des théâtres et des amphithéâtres), tandis que le territoire alentour étaitdélimité en zones cultivées régulières. Sur les cartes aériennes de zones comme celle autour de Peretola,par exemple, on peut encore apercevoir des traces évidentes de cette activité. Il existait aussi un portfluvial, rendant le commerce possible avec Pise.Une véritable ville apparut ainsi et, en raison de son origine militaire, elle fut dédiée au dieu Mars quidevint le premier patron de Florentia.Statue romaine trouvée lors des fouilles des thermes, Musée historique et topographique de FlorenceIl estencore possible de distinguer les contours de la cité romaine sur les cartes topographiques de l’actuelle villede Florence, où apparaît au premier coup d’œil le centre carré original avec ses rues perpendiculairescroisant le cardo et le decumanus – les deux rues principales –, matérialisés aujourd’hui par la Via degliStrozzi, la Via del Corso et la Via degli Speziali, qui coupent le centre d’est en ouest, et par la Via Roma etla Via Calimala, qui le traversent du nord au sud pour aller franchir l’Arno. Le quadrilatère, ceint deremparts fortifiés avec de nombreuses tours, mesurait environ 1 800 mètres de côté et accueillait, selon lesestimations, une population de 10 000 à 15 000 personnes. Tant de portes furent créées à l’intérieur de cecentre, que certaines d’entre elles furent utilisées jusqu’à la fin du haut Moyen Âge.En 285, durant la réorganisation de l’Empire romain, Dioclétien établit à Florence même le siège ducorrector (gouverneur) de la Tuscie, consacrant l’importance stratégique de la ville. Les marchandsorientaux (dont une importante colonie s’établit sur la rive gauche de l’Arno, juste de l’autre côté du pont)introduisirent d’abord le culte d’Isis, puis le christianisme à partir du IIe siècle.Il ne reste aucun monument visible de l’époque romaine, car Florence connut un développement rapidedurant la période suivante et la ville médiévale fut construite sur la cité romaine avant de s’étendre.Pourtant, le sous-sol nous livre aujourd’hui encore des constructions comme, par exemple, le complexethermal de la Piazza della Signoria, découvert juste à côté de la pente qui descend vers la Piazza SanFirenze où se trouvait vraisemblablement le théâtre, aujourd’hui recouvert par le palais de la famille Gondi.Mais le monument le plus reconnaissable est l’amphithéâtre qui, même s’il est envahi par des maisonsmédiévales d’où pointent des vestiges de la construction primitive en terre cuite (y compris les arcsd’accès), conserve toujours sa forme ovale. Ce n’est donc pas un hasard si la rue qui en fait le tour a étéappelée Via Tòrta, autrement dit la “ rue tordue ”.Le musée archéologique national et le musée historique et topographique de Florence abritent la plus richecollection de vestiges de Florentia, avec de nombreuses pièces et des départements à but pédagogique.Lépoque paléochrétienne[modifier]La mosaïque de pavement paléochrétienne dans léglise Sainte RéparateInscriptions romaines et paléochrétiennes dans léglise Santa FelicitaLes premiers évangélisateurs arrivèrentprobablement de lOrient avec des marchands syriaques et grecs qui circulaient dans tout lempire.Traditionnellement, les histoires du IIe siècle et du IIIe siècle attribuent lévangélisation aux disciples desaint Pierre : les obscurs saint Frontino et saint Paolino. Pendant la persécution de Dèce en 250, ladécapitation du martyr saint Minias eut lieu sur le site primitif de Florence : il aurait repris sa tête et seraitallé à pied vers la colline où sélève aujourdhui la basilique qui lui est dédiée.Si ces légendes ne sont pas étoffées par des indices historiques, danciennes pierres tombales confirment laprésence chrétienne dans la zone de léglise Santa Felicita (église dédiée au culte de la sainte du même nom,culte très répandu dans la Méditerranée orientale).Par contre, on a la preuve quen 313 le premier évêque de Florence (Felice) sest rendu à une réunion du
  3. 3. pape Miltiade. En 393, saint Aimbroise visite la ville et fonde léglise San Lorenzo, qui était - à lépoque -située en dehors de la ville (peut-être sur le site dune nécropole chrétienne, comme cela se passait à cetteépoque pour les premières basiliques romaines).Une dizaine dannées après, Florence eut un premier pater patriae en la personne de lévêque saint Zanobi.Celui-ci organisa le diocèse et mit en place la résistance des florentins à linvasion des Ostrogoths deRadagaise, lesquels assiégièrent la ville mais furent providentiellement défaits par larrivée de Stilicon, legrand général de lempereur Flavius Honorius. Le jour de la victoire (selon la tradition) rappelle SainteRéparate. Léglise sainte Réparate (proche de la porte Aquilonia, au nord) fut dédiée à cette martyre, églisequi devint une cathédrale quand la dépouille de lévêque Zanobi y fut transférée (à la place du baptistèreSaint-Jean, alors simple église).Selon des spécialistes tels que Lopes Segna, la ville voit sa population diminuer à cette période : la villaromaine mise à jour sous lactuelle place du Dôme avait déjà été divisée en habitations plus modestes quandelle fut détruite pour faire de la place à la platea episcopis. Lhypothèse avancée est que les latifundistespréférèrent quitter Florence pour se soustraire non seulement aux impôts trop lourds, mais aussi pour ne passe voir imposer des charges administratives comme la perception des taxes.Cest à cette époque que lintégralité de la population se convertit au christianisme (en particulier après lavictoire de Radagaise que beaucoup attribuaient aux prières de Zanobi). Pour confirmer ce fait, lancientemple du dieu Mars fut progressivement converti en une léglise dédiée à Jean le Baptiste, lactuel patronde la ville. Cependant, la dédicace au saint est peut-être postérieure à cette époque et certain la considèrecomme un héritage de la domination lombarde à venir. En tout cas, à cette époque, Florence avait au moinstrois églises (San Lorenzo, Santa Felicita, et Saint-Jean) situées à peine en dehors de lenceinte défensive.Les fouilles de 1971/72 ont clairement montré que la partie nord de la muraille (vers le dôme et SanLorenzo) avait déjà été détruite entre le IIe siècle et IIIe siècle . Ceci indique que de nouvelles et plusgrandes fortifications furent réalisées dans la seconde partie du IVe siècle (alors que les attaques debarbares étaient menaçantes) pour protéger les nouveaux édifices religieux qui devaient rester à labri desdangers extérieurs.Dans le baptistère, considéré comme lédifice le plus vieux de Florence ayant conservé sa structureoriginelle et dont la création remonte à cette époque, on peut voir que des matériaux dorigine romaine ontété utilisés pour la rénovation extérieure. À ce sujet, on peut citer une plaque de marbre (près de la portesud) représentant une naumachie et deux sarcophages du Ier siècle qui - jusquen 1966 - étaient à lintérieur.Aujourdhui on peut les voir au musée du dôme.Si, généralement, linvasion de Radagaise marque le début de la régression du Moyen Âge, à Florence le Vesiècle ne fut pas désastreux et il est probable quau moins léglise saint Jean fut construite à cette époque. Eneffet, son aspect original dénote une forte influence de larchitecture romaine. Entre lattaque de Radagaiseet la guerre gréco-gothique, Florence vécut environ un siècle et demi de paix.Le haut Moyen Âge[modifier]La tour de la Pagliazza, vestige présumé de la deuxième muraille La guerre entre Goths etByzantins[modifier]Florence, comme la majeure partie de lItalie, tomba sous la coupe des Goths et deThéodoric le Grand. Pendant les deux guerres des Goths , Florence fut également occupée par les Byzantinsde Bélisaire en 541, puis ravagée par Totila en 550 avant dêtre finalement reconquise par les Grecs guidéspar Narsès.Totila fait détruire la ville de Florence, miniatureLarmée de lempereur byzantin Justinien 1er découvre uneville en ruines et dépeuplée. Lunique vestige de cette période est la tour de la Pagliazza qui fut construite àpartir dun mur entourant les anciens thermes. Lutilisation de ce mur comme base explique la formecirculaire (insolite à Florence) de la tour. Finalement, les Byzantins construisirent léglise Saint Appolinaire(aujourdhui détruite).Les Lombards[modifier]En 570, la ville tombe entre les mains des Lombards, mais ceux-ci choisirent laville de Lucques comme chef-lieu de la Toscane. Pour relier les territoires sous leur contrôle, les Lombards
  4. 4. durent utiliser des routes éloignées des voies romaines, car celles-ci étaient toujours sous le contrôle desByzantins. Pour ces derniers, deux routes devenaient de plus en plus importantes : celle nommée en italienPasso della Cisa, qui servira éventuellement de frontière entre les territoires de ces deux groupes rivaux,ainsi que celle qui serpente entre les villes de Lucques, Altopascio, Fucecchio et Valdelsa pour ensuite sediriger vers Rome. Cette dernière route sera ensuite nommée Via Francigena. Cette route importante nereliant pas Florence, marquera le début dune période de récession pour la ville.Entre la fin du VIIIe siècle et le début du IXe siècle, après deux cents ans dobscurité complète, la ville semit à renaître, en commençant par une timide reprise de lactivité économique et une certaine croissancedémographique, possiblement causée par lurbanisation de la population rurale effrayée par les attaquespériodiques de barbares.Lépoque carolingienne[modifier]Charlemagne sest arrêté au moins deux fois à Florence : en 781, sur lechemin du retour de Rome, et en 786, lorsquil reçut les plaintes de quelques moines contre le duc lombardGudibrando. La présumée reconstruction de Florence par Charlemagne constitue une hypothèseimprobable, souvent défendue avec emphase par les anciens historiens. Il en va de même pour les plaquesqui commémorent sa présence supposée lors de la pose de la première pierre de léglise des saints apôtresde Florence. En fait, le contrôle exercé par Charlemagne signifie seulement la soumission à un duc françaisplutôt que lombard. Il faut attendre au moins à lépoque de Lothaire Ier pour obtenir des preuveshistoriquement vérifiables dune renaissance de la ville. En 854, les comtés de Fiesole et de Florence seréunissent et choisissent Florence comme résidence officielle du comte.Cest ainsi que débuta le processus qui permettra à Florence de prendre graduellement de plus en plusdimportance par rapport à Fiesole.Dans cette optique de reconstruction, et peut-être aussi par crainte dinvasions, on renforça les murailles eton les prolongea jusquà lArno, incluant un lambeau triangulaire de terres désormais occupées, autre signedune reprise de la croissance démographique.Dans la ville et dans les environs, le nombre déglises augmenta. Par contre, le monastère de la villenexerçait encore quune faible influence. Ce nest quavec la fondation de léglise Badia Fiorentina, en 978par Willa di Toscana, que Florence se dota dune abbaye bénédictine qui devint aussi un centre derayonnement culturel. À la même époque, le fils de Willa, Ugo di Toscana choisit la ville comme lieu derésidence officiel du margraviat de Toscane, déclassant alors Lucques en tant que capitale politique de larégion.Le Moyen Âge[modifier] Après lan mille[modifier]La résurrection de la ville est clairement marquée parla construction de léglise San Miniato al Monte en 1013 sur les ordres de lévêque Hildebrand et aveclapprobation de Henri II du Saint-Empire. Il sagit dune église romane à plan basilical à 3 nefs et avec unmonastère qui a remplacé la chapelle initiale en 1018. Il sagit des premiers pas de la proto-Renaissance quiencourage lutilisation du style classique, à la base des futurs développements florentins.En 1055 se tient à Florence un concile en présence du pape Victor II et de Henri III du Saint-Empire. Cesera loccasion dembellir les églises Santa Felicita et Santa Reparata. Inspiré par un mouvement de réformelancé par le moine San Giovanni Gualberto, on en profitera également pour condamner la simonie et leconcubinage du clergé.À la même époque, le marquis Goffredo di Lorena choisit de faire de Florence sa capitale.En 1059, un évêque florentin est choisi comme pape (Nicolas II)Le XIIe siècle[modifier]Lempereur Henri IV agenouillé devant Mathilde de Toscane en présence du pape Grégoire VII qui laexcommunié. Lempereur a attendu 3 jours "en chemise" à la porte du Château de Canossa (propriété de sacousine Mathilde). Cest ce que lon appelle encore "aller à Canossa". Abbatem doit être pris ici dans le sensde "Pape". Ce nest pas de labbé Hugo de Cluny, (1115) :
  5. 5. Rex rogat abbatem ! Mathildim supplicat atq;Le roi sollicite labbé ! Il supplie Mathilde aussi;Si les efforts de San Giovanni Gualberto ont fait subir unepremière défaite au clergé “ impérialiste ”, le conflit nétait pas pour autant résolu. Dans toute la péninsulese formèrent des groupes populaires (traditionnellement, mais pas exclusivement, issus des classesouvrières) qui se rebellèrent contre lautorité du clergé “ papiste ”. Ces affrontements entre “ papistes ” et “impérialistes ” deviendront ensuite les fondements du conflit entre guelfes et gibelins. Tant que la comtesseMathilde de Toscane est vivante, celle-ci joue un rôle de médiatrice qui maintient léquilibre dans lapéninsule, du Piémont au Latium. À Florence, elle possède un château juste à lextérieur des murs (près delactuelle basilique San Lorenzo) et sa seule présence occasionnelle suffit à calmer les rivalités citadinesjusquà sa mort en 1115. Durant cette période, on continuera à renforcer les murailles et on construira unavant-poste sur le fleuve, le Castello dAltafronte (à lemplacement actuel du Musée de lHistoire de lascience).Un vide politique est créé par la disparition quasi simultanée de la famille des Cadolingi (1113) et de lacomtesse Mathilde (1115), suivi peu de temps après par une longue période dinterrègne (causée par la mortde Henri V du Saint-Empire). Florence en profite pour devenir une commune autonome, gérée parmargraviat, une structure intermédiaire entre empire et cité. Les premières informations sur les conseilsautonomes apparaissent en 1138 et indiquent quils sont appuyés par lautorité épiscopale. Peu de détailssont connus sur le mode de gouvernement des communes car les documents officiels de ladministrationsont pratiquement inexistants jusquaux environs de 1170[1]. Il y avait douze conseils par années (deux àtous les deux mois), en plus dun conseil de 150 gentilshommes, ainsi quune assemblée générale descitoyens quatre fois par année. Les pré-requis pour faire partie des conseils et les diverses positions dans lahiérarchie ne sont pas connus aujourdhui. On imagine que dans la pratique, les grandes famillescontrôlaient la vie politique communale.Bien que dans le panorama toscan la ville occupe encore une place secondaire par rapport à Lucques, Piseou Sienne, elle continua de croitre durant le XIIe siècle, tant du point de vue de lartisanat que de celui ducommerce. Le port fluvial est en plein essor et à travers Valdarno, la ville se rattache à limportante routeVia Francigena. La première attestation de corporations des arts et métiers remonte à 1182. Les marchandsflorentins commençaient déjà à sinsérer dans le marché européen. Des tissus étaient importés de Flandre etde France. De la teinture était importée de lorient. Avec tout cela, les Florentins raffinaient et coloraient lestissus jusquà en faire de précieuses étoffes, quils revendaient ensuite à lextérieur à prix fort. Cestégalement à cette époque que débutèrent les premières activités bancaires. Celles-ci rapportaient degénéreux profits, bien quelles comportent aussi certains risques, dont celui dêtre accusé dusure par léglisecatholique.À linstar des autres cités, Florence commence ensuite à conquérir les châteaux et les fiefs du comté,assujettissant graduellement les petits suzerains qui maintenaient un grand contrôle sur les terresavoisinantes. La prise de Fiesole et sa destruction en 1125 furent décisives. La cathédrale fut épargnée,mais on força lévêque à déménager à lintérieur des remparts florentins. De la même façon, on exigeait queles chevaliers et les seigneurs provenant des divers châteaux conquis devinssent citoyens et quilsrésidassent dans la cité durant quelques mois au minimum.À la moitié du siècle, Florence dominait déjà une bonne partie de la région du Valdarno, de Figline àEmpoli. La cité était présente sur la scène politique régionale, aux côtés des autres villes voisinesimportantes.Seules les familles Alberti (du comté de Prato au nord et à louest) et Guidi (de Montemurlo) continuaient àrésister aux pressions de la cité, pendant quà lintérieur des murs, la cohabitation entre les divers suzerainsétait fondée sur le pouvoir financier et sur les traditions guerrières, ainsi que sur les droits de vengeance, cequi amena un militarisation de la ville et la construction de plusieurs tours. Il sagit de la Florence décritepar Cacciaguida (larrière-grand-père de Dante) dans son Cerchia antica. Dante évoquait cette époque avectant de nostalgie, peut-être parce quil avait oublié (ou parce quil ne connaissait pas) la misère, la fréquencedes conflits et la grossièreté qui la caractérisaient.Durant cette période cependant, à part les familles locales, un rôle dominateur était également joué par
  6. 6. certains nobles des comtés conquis et, peu de temps ensuite, par la bourgeoisie marchande, manufacturièreet bancaire naissante.En 1171 Pise est affaiblie par les guerres lempereur Frédéric Barberousse. Elle demande le soutienmilitaire de Florence. Celle-ci offrira son aide en échange de quelques conditions avantageuses comme desconcessions sur le transport des marchandises et des marchands florentins sur le territoire et sur les naviresde Pise, ainsi que laccès au port avec des espaces dentreposages réservés. En contrepartie cependantdébuteront les longues guerres contre les Lucchesi et les Senesi qui se déploieront sur le front opposé,déterminés à freiner le développement de Florence.Lannée suivante (1172), jusquen 1175, on procède à lagrandissement des remparts, ce qui triplera lasuperficie de la ville (de 24 à 75 hectares environ), afin dinclure les nombreux bourgs qui sétaientdéveloppés en dehors de la porte daccès principale, ainsi que lOltrarno. En se basant sur la croissanceéconomique et larrivée continuelle des gens du comté (représentant toutes les classes sociales), on estimeque la population sélevait à environ 25 000 personnes. Cette croissance rapide de la population et deléconomie complique la vie sociale et politique en accentuant les différences de classes.En 1177, les Uberti tentent de renverser le système dalliances par faction (cest-à-dire des groupes deplusieurs familles) utilisé pour gouverner la commune. Il en résulte une sanglante et dévastatrice guerrecivile qui durera trois ans. À partir de ce point, ils furent associés à lEmpire, au nom duquel ils sétaientsoulevés. Ce conflit constitue lembryon de lutte qui opposera les groupes naissants des guelfes et gibelins.Au-delà de lallégeance à la papauté ou à lEmpire, ces deux factions en lutte étaient avant tout à larecherche du pouvoir militaire, politique et économique au sein de la cité, laissant cependant paraitre desidéaux plus nobles et généreux.En 1193, une nouvelle révolte est menée encore une fois par les Uberti, mais cette fois ils sont appuyés parles marchands et les artisans. Il en résultera labolition du système consulaire. Bien que rétablit en 1197, ildevint évident que ce système de gouvernement était désormais en crise.Le XIIIe siècle[modifier]En 1207, en effet, le gouvernement fut réformé et passa de deux consuls à unpodestat unique, de préférence un chevalier de lextérieur de la ville afin quil soit impartial et sans liensavec les conflits opposant les diverses factions citadines. Le premier podestat fut Gualfredotto da Milano.Dans la pratique, il pouvait exister un conseil oligarchique restreint, regroupant entre autres les dirigeantsdes corporations darts et de métiers. Trois nouveaux ponts furent construits sur lArno au début du XIIIesiècle.Le débuts des conflits entre guelfes et gibelins est traditionnellement attribué à la querelle, en 1215, entreles Amidei e Buondelmonti (deux familles nobles de Florence). Cependant, les premiers affrontements seproduisent en fait en 1246 lorsque Frédéric II du Saint-Empire invite Federico dAntiochia dans la cité pourappuyer le parti gibelins. Après une résistance initiale, les Guelfes seront chassés, laissant la ville auxmains des Gibelins, en particulier la famille Uberti, incluant Farinata degli Uberti, qui inspira une pagecélèbre dans lœuvre de Dante (le 10e chant de Lenfer). À la mort de lempereur, en 1250, après unaffrontement à Figline Valdarno, la population florentine se libéra de lemprise des grandes familles,débutant une décennie prospère incluant la conquête de San Gimignano, Poggibonsi et Volterra ainsi que lapaix avec Arezzo, Sienne, Pistoia et Pise.Au même moment, les corporations des arts (cest-à-dire les associations de marchands et dartisans) prirentde plus en plus dimportance avec la fondation, en 1250 du gouvernement du premier peuple, dirigé par uncapitaine de la population extérieure. Les Gibelins reprennent le pouvoir en 1260 grâce à lintervention duroi Manfred Ier de Sicile, fils de Frédéric II. Ceux-ci favorisent la ville de Sienne. Larmée florentine seradéfaite par cette dernière lors de la bataille de Montaperti, ce qui causera un exode des grandes famillesGuelfes. En 1266, la défaite de Manfred Ier lors de la bataille de Bénévent marque le retour des Guelfes etle début dune période dont linterprétation demeure controversée.Un motif supplémentaire de tension apparait avec la scission du parti des Guelfes en deux factions : lesblancs et les noirs. Cette division est encore une fois causée par une querelle de clans, celle qui oppose les
  7. 7. Vieri dei Cerchi (blancs, modérés) aux Donati (noirs, plus liés à la papauté). Cette division est égalementsociale, les Cerchi étant proches du peuple et les Donati de lélite florentine. Ces derniers entendentsopposer aux ordonnances de justice émises par Giano della Bella. Cette période chaotique impliqueraégalement Charles de Valois, envoyé par le pape Boniface VIII et mènera à lexpulsion des “ blancs ”(parmi ceux-ci Dante Alighieri et Lapo Saltarelli). Loligarchie des marchands devait maintenant jouer lerôle de médiateur entre la noblesse et les corporations des arts et métiers (les cinq majeurs et les neufmineurs) parmi qui le mécontentement ne cessait de croitre, alors que les différences saccentuaient entre labourgeoisie et la classe ouvrière. Le départ des “ blancs ” ne suffira pas pour mettre fin au conflit. Lafaction des “ noirs ” se divisera elle aussi en deux groupes ennemis : les Donateschi (dirigé par CorsoDonati) et les Tosinghi (dirigé par Rosso del Tosa). Après lexécution de Corso Donati et le départ de sespartisans, la ville fut temporairement pacifiée.Ces conflits politiques nempêchèrent pas la cité de se développer au point de devenir lune des plusprospères et influentes dEurope, grâce à lintroduction en 1252 de sa propre monnaie dor, le florin ainsique grâce au déclin de sa rivale Pise (défaite par Gênes en 1284 et conquise par Florence en 1406) etégalement grâce à son pouvoir économique, résultant dune constitution anti-aristocratique (1293).Le XIVe siècle[modifier]Léconomie florentine connut au XIVe siècle est un véritable essor, en particulierentre les années 1336 et 1340. Au cours de ces années, on saffaira à compléter les grands chantiers débutéslors du XIIIe siècle (cathédrale, vieux palais et remparts) et on en démarra de nouveaux : Orsanmichele,Loggia dei Lanzi, Loggia del Bigallo, qui sont généralement considérés comme le chant du cygne delarchitecture gothique à Florence.La peste noire en 1348 frappe durement léconomie florentine en éliminant une grande partie de lapopulation, mais pas de façon irrémédiable comme à Sienne. Giovanni Boccaccio sinspirera de cettecatastrophe pour écrire son chef-dœuvre, le Décaméron.En 1378, la révolte des Ciompi signale un important bouleversement dans les institutions de la république :Pour la première fois (ou presque) en Europe, une classe de travailleurs prolétaires revendique des droitsimportants et son action, peut-être grâce à leffet de surprise, est rapidement couronnée de succès.Malheureusement les divisions internes causeront une défaite tout aussi rapide des Ciompi, amenantlannulation des réformes obtenues.Après la répression des Ciompi, le pouvoir retourna entre les mains dun petit nombre de familles debanquiers, parmi lesquelles la famille Albizzi (gouvernement oligarchique 1382-1434), qui cherchaient àéviter que Florence ne se transforme en une seigneurie, à cette époque qui marque le crépuscule descommunes médiévales et le passage vers la forme seigneuriale.Durant cette période de gouvernement oligarchique, léconomie de la ville continue de fleurir et sa politiqueextérieure appuie Venise contre les Visconti. En 1406 on occupe Pise. Le peuple, exclu du gouvernement,tente à diverses occasions de renverser loligarchie. Il finira par sallier à la famille Médicis. En 1433,Cosimo, chef des Médicis, sera exilé. Cependant, lannée suivante ses partisans obtiennent le prieurat etCosimo est rappelé à Florence. Son retour marque la fin du gouvernement oligarchique et le début de laseigneurie des Médicis.La Renaissance[modifier]Florence en 1493.Cosimo de Medici préserva la forme extérieure de la république, mais il obtint cependantdu peuple le pouvoir de choisir les candidats aux postes officiels de la commune. De cette façon, si delextérieur il nest rien de plus quun citoyen comme les autres, Cosimo contrôle en réalité le gouvernementde la cité. En concluant quelques alliances, Cosimo réussit à empêcher Milan et Venise de dominer le nordde lItalie. Il consolide le pouvoir de Florence sur la région Toscane.La république de Lucques fut lunique commune-cité-état qui ne se soumettra jamais à Florence, demeuranttoujours indépendante et souveraine. Elle nacceptera de sannexer quau grand duché de Toscane dans lesannées 1800 et puis au royaume dItalie.
  8. 8. Avant de mourir, Jérôme Savonarole laisse un traité pour le gouvernement de Florence. Dans ce texte setrouvent plusieurs arguments qui deviendront objets de controverses religieuse durant les siècles suivants.Nicolas Machiavel, auteur du Prince, écrit aussi les Histoires florentines (1521-1525) à la demande desMédicis.Les florentins expulseront les Médicis une deuxième fois le 16 mai 1527 pour rétablir une république.Le grand-duché[modifier]Le blason de la Maison de Lorraine, sur larc de triomphe de FlorenceReprenant le pouvoir pour ladeuxième fois, grâce au soutien de lempereur Charles Quint et du pape Clément VII (cest-à-dire Jules deMédicis), les Médicis deviendront ducs héréditaires de Florence, et en 1569 grand-ducs de Toscane. Ilsrègneront durant deux siècles. À la même époque, en 1555, Florence vaincra définitivement Sienne, sonennemie depuis des centaines dannées. Les traités du Cateau-Cambrésis sanctionneront lannexion de larépublique de Sienne aux possessions des Médicis, laissant intacte la structure politique précédente, mêmesi celle-ci ne détient plus le véritable pouvoir décisionnel.La disparition de la dynastie des Médicis et larrivée en 1737 de François Ier du Saint-Empire, duc deLorraine et époux de Marie-Thérèse Ire de Hongrie, mène à linclusion de la Toscane dans les territoiressatellites de la couronne autrichienne, même si la région garde en fait une certaine autonomie. La dynastiedu grand-duché de Lorraine gouverne paisiblement la cité, se distinguant par son libéralisme. Alors queLivourne devient une zone de libre échange (où chacun peut sétablir sans crainte de persécutionsreligieuses ou juridiques) parmi les plus active de la méditerranée, le grand-duc de Toscane Léopold IIdAutriche lance une réforme agraire et devient le premier souverain dEurope à abolir la torture et la peinede mort. Sa réputation de monarque éclairé fit de lui une figure estimée par les principaux acteurs du Siècledes Lumières.Le XIXe siècle et le XXe siècle[modifier]Plaque à la mémoire des partisans tués dans le Parc des CascineEn 1861, un plébiscite permet la révocationdu grand-duché et lannexion de la Toscane au Royaume dItalie nouvellement reconstitué sous la gouvernedu roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II de Savoie.Florence remplace Turin comme capitale en 1865, mais cette fonction prestigieuse revient à Rome sixannées plus tard, le Latium ayant à son tour été annexé au royaume. Durant cette période, plusieurs travauxde modifications sont entrepris pour rénover et améliorer létat du centre historique florentin et ladapter auxnouvelles exigences économiques et sociales.La population de Florence double au cours du XIXe siècle et va tripler durant le siècle suivant aveclaugmentation du tourisme, du commerce et des services financiers, ainsi que le développement delindustrie. Lors de la seconde moitié du XIXe siècle, la communauté étrangère se développe pour atteindre25 % de la population. Cest durant cette période que la ville retrouve une image romantique, immortaliséepar des écrivains comme James Irving et des artistes préraphaélites, qui laisseront derrière eux denombreuses villas somptueuses, généralement anglaises, avec leurs éclectiques collections dœuvres dart.Ces villas sont aujourdhui devenues des musées, comme le musée Horne, le musée Stibbert, la Villa LaPietra, etc.Lors de la Seconde Guerre mondiale, la cité est occupée durant une année par les Allemands (1943-1944).Un grand mouvement de résistance à loccupation fasciste et nazie sétend alors et va culminer aveclinsurrection daoût 1944, qui entraînera les forces partisanes dans une bataille pour la libération de la cité,le 11 août 1944.Durant ce conflit, le territoire de Florence est aussi le théâtre de nombreux événements. Le palais VillaTriste, situé à lépoque sur la rue Bolognese 69, est utilisé par des policiers nazis et fascistes, qui y torturentde nombreux prisonniers, dont les résistants Bruno Fanciullacci et Anna Maria Enriques Agnoletti. Larésistance organise une radio clandestine émettant depuis Florence, la Radio CORA, pour maintenir lecontact entre les divers groupes de la Toscane.
  9. 9. Le 12 février 1951, la mode Made in Italy fait officiellement ses débuts à Florence lors du premier défiléitalien organisé par Giovanni Battista Giorgini.Le 6 novembre 1966, lArno inonde une grande partie du centre-ville, endommageant de nombreux chefs-dœuvre. Un grand mouvement de solidarité internationale naît suite à cet évènement et mobilise desmilliers de volontaires, surnommés Les anges de la boue.David di DonatelloDuomo di Firenze
  10. 10. Vista di FirenzeSanta Maria Novella
  11. 11. San Miniato al Monte, Firenze

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