Your SlideShare is downloading. ×
Intervention militaire à Anjouan (2008) ? Le 10ème sommet de l’Union Africaine qui vient de se terminer à Addis-Abeba a ap...
Ce système électoral complexe prévoit que les îles – Anjouan, Grande-Comore et Mohéli – aient chacune leurpropre gouvernem...
Arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat en 2001, M. Bacar dirige, par ailleurs, une unité de gendarmes bienarmée.Co...
DECISION DE LA CONFÉRENCE DE L’UNION AFRICAINE          31 JANVIER – 2 FEVRIER 2008 ADDIS-ABEBA (ETHIOPIE)                ...
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Intervention militaire à Anjouan (2008)

870

Published on

Analyse du contexte des événements avant l'intervention militaire de l'Union Africaine à Anjouan (Comores) en 2008.

Published in: News & Politics
0 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total Views
870
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
1
Actions
Shares
0
Downloads
1
Comments
0
Likes
0
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Transcript of "Intervention militaire à Anjouan (2008)"

  1. 1. Intervention militaire à Anjouan (2008) ? Le 10ème sommet de l’Union Africaine qui vient de se terminer à Addis-Abeba a appelé ses États membres à «apporter tout l’appui nécessaire au gouvernement comorien dans ses efforts visant à rétablir au plus vitel’autorité de l’Union des Comores à Anjouan ».Le président comorien Ahmed Abdallah Sambi a annoncé à cette occasion son intention d’intervenir"incessamment pour restaurer l’intégrité de l’Etat comorien" et mettre fin à la crise dans l’île comorienned’Anjouan, en conflit avec l’Etat fédéral depuis des mois. "Compte tenu de la détérioration de la situation à Anjouan, où arrestations, tortures et même viols sont devenus monnaie courante, ce qui a entraîné un déplacement massif des populations dAnjouan vers les deux autres îles, et eu égard aux pressions de la population dans son ensemble et de ses élus en particulier, jai pris sur moi de décider dintervenir à Anjouan".« La position du gouvernement est de faire débarquer l’armée sur l’île pour y rétablir l’ordre – il n’y a pasd’alternative », selon Abdoulrahime Said Bacar, ministre de l’Education et porte-parole du gouvernement del’Union.« Nous avons essayé de rétablir l’ordre sur l’île [d’Anjouan] en ayant recours à de nombreuses méthodes pourtrouver une transition pacifique vers la démocratie », a expliqué M. Abdoulrahime. « Nous avons eu desentretiens avec la communauté internationale, l’UA, mais la réponse [de Mohamed Bacar] a toujours éténégative. Nous avons même essayé d’imposer des sanctions – une manière plutôt souple de faire pression surles autorités d’Anjouan, mais celles-ci persistent dans leur provocation et leur arrogance ».Le colonel Mohamed Bacar, réélu président d’Anjouan le 10 juin 2007 à la suite d’une élection contestée à la foispar l’Union africaine - qui dispose d’une force sur place - et par l’Etat fédéral, refuse depuis d’organiser denouvelles élections. Le Colonel Bacar pour légitimer ses positions argue de violations de la Constitution de la partdu Président Sambi.L’union africaine freine"Nous comprenons sa frustration, mais il faut tout de même poursuivre les négociations, dautant que le pays« leader » de notre force sur place, lAfrique du Sud, naccepte pas pour linstant le principe dune opérationarmée", a indiqué un responsable du département paix et sécurité de lUA.Selon un participant à la réunion de l’Union africaine, "pour le moment il sagit de déclaration dintention de la partde M. Sambi, parce que nous savons quil na pas les moyens militaires de faire seul une opération militaire àAnjouan".Selon un autre diplomate de lUA, "il est difficile de faire pression sur un homme (le dirigeant dAnjouan MohamedBacar) qui récupère en revenus portuaires environ quatre millions de dollars par mois. Lembargo que nousavons tenté de mettre en place nest pas effectif faute de navire, et beaucoup de responsables ont des comptesen France que nous ne pouvons bloquer".L’attentisme de l’Union africaine suscite cependant l’incompréhension aux Comores. Au cours d’une réuniond’information au bureau de liaison de l’Union africaine à Moroni, regroupant l’émissaire de l’organisationpanafricaine et des ‘‘sages’’ dont Saïd Hassane Saïd Hachim, Abbas Djoussouf, Mouhtar Ahmed Charif,Mahamoud Mradabi, Sitou Raghadat, Kassim Said, Ali Mroudjaé, Abdallah Halifa, ‘‘la déception du peuplecomorien à l’égard de l’UA a été clairement exprimée’’.Des institutions complexesLUnion des Comores est secouée depuis des années par des conflits de compétence entre les trois îles (GrandeComore, Anjouan, Mohéli), dotées chacune de leurs propres institutions, et lEtat fédéral.Le système électoral actuel a été négocié en 2001 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), précurseur del’Union africaine, dans le sillage de la sécession en 1997 de Mohéli et d’Anjouan par rapport à la GrandeComore, et après l’échec d’une tentative par le gouvernement de reprendre par la force le contrôle des îlesrebelles.
  2. 2. Ce système électoral complexe prévoit que les îles – Anjouan, Grande-Comore et Mohéli – aient chacune leurpropre gouvernement semi-autonome et leur propre Président, et se voient confier à tour de rôle la présidence dugouvernement fédéral de l’Union.La crise entre les autorités d’Anjouan et celles des deux autres îles de l’archipel de l’Océan Indien, la GrandeComore et Mohéli, se prolonge depuis les élections organisées sur chaque île en juin 2007.Mohamed Bacar est en effet arrivé au pouvoir à Anjouan en 2001 à la faveur d’un coup d’Etat, avant d’être éluprésident de l’île en 2002. Ayant achevé son mandat de cinq ans, il avait été prié par la Cour constitutionnelle dese retirer, et avait nommé un président par intérim à la tête du gouvernement local jusqu’aux élections.Invoquant des irrégularités et des actes d’intimidation lors de la campagne électorale, l’Union africaine (UA) et legouvernement de l’Union avaient décidé de reporter les élections à Anjouan.Défiant le report du scrutin, M. Bacar a imprimé ses propres bulletins de vote et a procédé aux élections, quel’Union africaine (UA) et la Cour constitutionnelle des Comores ont déclarées caduques : M. Bacar, qui aremporté une victoire écrasante à 90 pour cent, refuse néanmoins de se retirer.Ni Mohamed Bacar ni le gouvernement de l’Union des Comores, qui exige de nouvelles élections, n’est prêt àfaire des compromis. Les efforts déployés par l’UA en vue de négocier un accord n’ont pas permis de sortirl’archipel de l’impasse, pas plus, du reste, que les sanctions adoptées à l’encontre des dirigeants d’Anjouan(restrictions de circulation et gel des avoirs financiers).Selon M. Abdoulrahime, des troupes du gouvernement de l’Union ont été massées sur l’île de Mohéli, « dernièreétape - [Mohéli] étant plus proche – avant le rétablissement de l’ordre manu militari ; et cette intervention auralieu, c’est une question de jours ». Pour Opia Kumah, le coordinateur résident des Nations Unies aux Comores,le gouvernement a demandé aux institutions internationales présentes aux Comores « d’assurer la protection »de leur personnel expatrié à Anjouan « ou de le faire évacuer ».Le gouvernement contraint d’intervenir« Il semble y avoir assez de détermination chez les autorités pour intervenir. Il [le gouvernement de l’Union] estl’objet de fortes pressions de la part de la population, qui est favorable à une intervention. C’est une réelleévolution par rapport à la situation d’il y a quelques mois », a fait remarquer un diplomate en poste à Moroni, lacapitale comorienne, à la Grande Comore.Il se pourrait également que le gouvernement de l’Union, très endetté et financièrement exsangue, soit devenude plus en plus impatient après la récente négociation d’un plan de sauvetage de 30 millions de dollars, qui aouvert la voie à une annulation substantielle d’une partie de la dette du pays. L’instabilité politique sembledésormais être le seul obstacle, a expliqué le diplomate.« Malheureusement, le gouvernement semble aussi ne plus croire aux efforts de médiation de l’UA et de lacommunauté internationale », a-t-il souligné, ajoutant qu’après avoir publiquement annoncé l’imminence d’uneintervention militaire, « ce serait un suicide politique pour le gouvernement s’il ne passait pas à l’action ».« Si le gouvernement reprend le contrôle de l’île, il devra organiser des élections, puis, après la mise en placed’un gouvernement légitime [à Anjouan], les autorités devront s’asseoir ensemble [autour d’une table] etdialoguer. Elles devront revoir la constitution actuelle et l’amender. De toute évidence, elle n’est pas pratique –puisqu’elle est la source de trop de conflits – et avoir quatre gouvernements [un gouvernement de l’Union, et unautre pour chacune des îles] revient bien trop cher », a commenté le diplomate.Le Président Sambi l’a d’ailleurs annoncé a Addis-Abeba : "Dès que lautorité de lEtat aura été restaurée àAnjouan, et que des élections libres auront permis lémergence délus légitimes, je mengage solennellementdevant cette auguste assemblée, à organiser une conférence inter-comorienne pour aplanir nos difficultésinstitutionnelles ce qui permettra une décentralisation et une autonomie véritables des Iles, aux Comores".Séparatisme ou opportunismePersonne ne songe à nier que des sentiments séparatistes perdurent dans lîle anjouanaise, mais il est évidentquà part quelques personnes ralliées à Bacar par interêt , cest surtout la nature de son pouvoir qui est remis enquestion.
  3. 3. Arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat en 2001, M. Bacar dirige, par ailleurs, une unité de gendarmes bienarmée.Convenons aussi dun constat simple : lors de la primaire, le candidat Sambi a récolté un peu moins du quart desvotes exprimés, ce qui contredit lopinion couramment exprimée que les anjouanais se sont prononcésmassivement en sa faveur. Il a été élu avec une grande majorité par les autres îles lors de lélection finale.Par ailleurs, la tournante et linstauration de vice -présidences visent dabord à imposer au gouvernement centralune répartition équitable des compétences, des pouvoirs, et des ressources entre les îles, non pas seulementdans le temps, mais dune manière pérenne. Il sagit de mettre au pouvoir pour un temps défini des hommes quiconnaissent les spécificités et la réalité du terrain insulaire, les besoins et les aspirations de leurs citoyens. Enmême temps, il sagit aussi de respecter la diversité de chaque île. Le choix de Sambi de sentourer daborddhommes de son clan, de ses proches, de ses régionaux est une grave faute, mal vécue dabord par lesanjouanais. Cest la raison pour laquelle, cette crise est aussi une crise didentité !Mais on ne peut ignorer les nombreuses atteintes aux droits de l’homme imputables au Gouvernement Bacar,comme l’a souligné la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) dans son appel de décembre 2007.En outre, comme l’a justement exprimé Idriss Mohamed (candidat à la dernière élection présidentielle deNgazidja) dans une tribune a Al-Watwan : L’opposition doit cerner l’enjeu national et éviter les dérives politiciennes. Chacun a son opinion sur le pouvoir en place et chacun a ses raisons. Mais il est clair que sans vaincre le séparatisme, le pays continuera à tituber. Il est clair qu’il n’est plus possible de négocier avec Mohamed Bacar qui serait alors en position de force et pourrait imposé son objectif déclaré : la confédération, une “union des Etats indépendants des Comores” comme l’avait suggéré Rocard. Il ne s’agit pas de soutenir un pouvoir. Sambi est là et il partira en 2010. Il s’agit d’unir tout le pays pour nous donner le maximum de chance de réussir une opération risquée qui doit absolument réussir. Il est temps d’en finir avec le deuxième virus originel. Si l’ordre et la stabilité sont retrouvés à Ndzuwani (nda- Anjouan), le pays pourra, après le tour de Mwali (nda- Mohéli), retrouver de l’apaisement et imaginer des formes d’organisation institutionnelle légère et adaptée qui éviteront d’offusquer les sentiments d’appartenance insulaire, qui assureront une décentralisation poussée et qui en même temps édifieront une nation comorienne unique dans un Etat unique composé par 4 îles, un Etat tourné vers son développement économique et social dans le respect des libertés fondamentales.Le prochain sommet de l’Union africaine se déroulera en juillet dans la station balnéaire de Sharm-El-Sheikh en Égypte. Gageons que d’ici la une solution politique aura été préférée à une interventionmilitaire.Lire :  Article d’IRIN : http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76540  Texte intégral de lallocution du président de lUnion des Comores à Addis-Abeba  Appel de la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) – 31/12/200/ - http://halidiallaoui.over-blog.com/article-15159643-6.html
  4. 4. DECISION DE LA CONFÉRENCE DE L’UNION AFRICAINE 31 JANVIER – 2 FEVRIER 2008 ADDIS-ABEBA (ETHIOPIE) SUR LA SITUATION AUX COMORESLa Conférence : 1. REGRETTE que tous les efforts déployés jusqu’ici pour résoudre la crise aux Comores n’aient pas reçu la réponse positive attendue des autorités illégales d’Anjouan et SOULIGNE que la persistance de cette situation constitue une grave menace pour le processus de réconciliation aux Comores ; 2. EXPRIME sa compréhension de la frustration de la population comorienne et des autorités de l’Union face à l’absence de progrès tangibles s’agissant du rétablissement de l’autorité de l’Etat à Anjouan et de l’organisation d’élections libres, régulières et transparentes, dans les conditions énoncées dans les communiqués pertinents du Comité ministériel des pays de la région ; 3. DEMANDE à tous les Etats membres en mesure de le faire d’apporter tout l’appui nécessaire au Gouvernement comorien dans ses efforts visant à rétablir au plus vite l’autorité de l’Union à Anjouan et à mettre un terme à la crise née du refus persistant des autorités illégales d’Anjouan de respecter les textes pertinents régissant le fonctionnement de l’Union des Comores. A cet égard, la Conférence DEMANDE au Conseil de paix et de sécurité (CPS) et à la Commission de mobiliser l’assistance des Etats membres pour l’Union des Comores ; 4. EXPRIME SON APPRECIATION pour le travail accompli, par la Mission d’assistance électorale et sécuritaire (MAES) de l’Union africaine aux Comores, et LANCE UN APPEL aux Etats membres pour qu’ils apportent l’appui nécessaire au renforcement de la MAES, afin de permettre à la Mission d’accomplir efficacement son mandat tel que défini par le CPS ; 5. DEMANDE INSTAMMENT au Conseil de sécurité des Nations unies d’adopter une résolution entérinant les sanctions imposées par le CPS de l’UA contre les autorités illégales d’Anjouan depuis le 10 octobre 2007.

×