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Chapitre 14 et 15 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des solutions "
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Chapitre 14 et 15 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des solutions "

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  • 1. 14/ Contre le désordre sécuritaire, le droit à la sûretéL’encadrement militaire éducatif des délinquants sera appliqué sans tarder car l’article 10 permet aumagistrat d’ordonner une mesure de placement d’un mineur délinquant dans certains établissementshabilités. Une énième loi n’est pas nécessaire ! Il suffit donc que les établissements qui mettront enœuvre l’encadrement militaire disposent de cette habilitation. Dans la mesure où des associationsobtiennent cet agrément, il n’y a aucune raison que la Défense nationale ne puisse pas l’obtenir !Personne ne s’y intéresse, mais la situation est en train de dégénérer depuis plusieurs mois dans lesprisons pour mineurs.Les incidents se multiplient de façon récurrente :— Le 12 avril dernier, à l’EPM (établissement pour mineur) de Meyzieu, une éducatrice de la PJJ aété prise en otage.— Le 2 mai, à l’EPM de Marseille, une surveillante a été agressée, ligotée et bâillonnée.— Début mai, à l’EPM de Lavaur, dans le Tarn, de multiples violences se sont produites pendantplusieurs jours.— En juin, de nouveau à Meyzieu, un surveillant a été giflé par un détenu.En raison de ces événements, les personnels de plusieurs établissements pour mineurs ont fait grèveau mois de juin.Un récent rapport d’inspection de la PJJ et de l’administration pénitentiaire (le 4e rapport sur lesujet !) a déploré « l’affectation systématique de jeunes professionnels inexpérimentés, lacollaboration imparfaite entre la PJJ et l’administration pénitentiaire, l’architecture totalementinadaptée de ces établissements construits en partenariat public-privé, organisés autour d’unecentrale qui rend la violence contagieuse, l’incohérence des parcours des mineurs incarcérés quisont ballottés entre les différents types d’établissements sans réelle logique ni pénale ni éducative ».Ce rapport met d’ailleurs en cause le concept même de ces établissements.Oui, l’encadrement éducatif militaire est une solution alternative – à l’impunité, c’est-à-dire àl’absence de sanction qui est dramatique parce qu’on ne met pas un coup d’arrêt, alors que c’estnécessaire, à une sorte d’escalade dans la violence et la délinquance, à la prison, qui favorise larécidive.Cet encadrement permettra la remise à niveau scolaire, l’apprentissage d’un métier, l’obtention dupermis de conduire, et la participation à des chantiers humanitaires.La droite parle de sécurité mais fait monter l’insécurité. Son échec dans ce domaine s’explique parcinq raisons :1. L’abandon du terrain, alors que les violences augmentent et s’aggravent, particulièrement danscertains territoires. Loin de la reconquête promise, un véritable partage territorial s’est installé, avecla pénurie d’effectifs qui touche bon nombre de banlieues et de villes moyennes. Les inégalités faceà l’insécurité se sont creusées. Le terrain a été abandonné à une délinquance très endurcie structuréepar l’économie souterraine. Un rapport d’Alain Bauer et Christophe Soullez a montré qu’au coursdes dix dernières années plus de 9 000 policiers de la Sécurité publique ont été retirés descirconscriptions territoriales pour être affectés dans des unités spécialisées et donc loin du terrain.(Ce chiffre de 9 000 s’ajoute donc aux 10 000 suppressions de postes.) C’est l’économiesouterraine, tout d’abord, qui structure les bandes, par l’organisation des trafics mais aussi par lemodèle de comportement qu’elles véhiculent : consumérisme, argent-roi, contre-société où laviolence est omniprésente. Le combat contre cette économie souterraine n’est pas réellement mené,notamment contre les petits trafics. Les GIR (Groupes d’intervention régional) étaient un dispositifutile, mais trop éloigné du terrain.Ils ne peuvent se substituer à une stratégie méthodique de police judiciaire à l’échelle locale d’unterritoire pour démanteler les réseaux d’économie souterraine, stratégie qui fait actuellement défaut.
  • 2. Depuis 2008, le gouvernement cherche à inventer un dispositif pour revenir à la police de proximitésans le dire. En trois ans, trois dispositifs ont été essayés : les UTEQ (Unités territoriales dequartiers) inventées par Michèle Alliot-Marie, les BST (Brigades spécialisées de terrain), inventéespar Brice Hortefeux, et enfin les « patrouilleurs », inventés par Claude Guéant. Il existe environ 35unités de ce genre… pour 750 zones urbaines sensibles, dont 150 quartiers qui peuvent êtreconsidérés comme des « zones de non-droit ».2. La politique du chiffre, une doctrine d’emploi des forces de l’ordre complètement inadaptée. Legouvernement continue de privilégier une police de maintien de l’ordre à la façon des années 1960,avec des forces d’intervention superficielles, des forces de projection complètement extérieures auxcités, alors qu’il faudrait créer une véritable police de quartierpour occuper le terrain de façon pérenne et s’attaquer réellement à l’économie souterraine. Lapolitique du chiffre sans discernement est à l’origine de bien des crispations et d’une dégradationprofonde des relations entre le service public de la police et de la gendarmerie et la population. Lesfonctionnaires sont sous pression au détriment de la qualité de leur travail. Cette politique du chiffreest aujourd’hui unanimement contestée par tous les syndicats de policiers sans exception. Elle serévèle à la fois inefficace pour combattre la délinquance et contre-productive.3. Le manque de moyens du fait de la RGPP – la révision générale des politiques publiques – : plusde 10 000 postes de policiers et gendarmes supprimés, des moyens de fonctionnement diminués, aupoint que, selon le Directeur général de la Police nationale « les capacités opérationnelles sontsévèrement compromises ». Le résultat est un désengagement massif et sans précédent de l’Etat, etun transfert de ses missions vers d’autres opérateurs, ainsi qu’une fuite en avant dans le tout-technologique dont l’efficacité est douteuse et le coût très élevé pour le contribuable. La logique àl’œuvre est celle de l’abandon par l’Etat de sa mission éminente concernant la sécurité des Français.La droite mène ainsi une politique libérale de sécurité dont les grandes gagnantes sont lesentreprises privées de sécurité. Dans sa décision concernant la LOPPSI (Loi d’orientation et deprogrammation pour la performance de la sécurité intérieure), le Conseil constitutionnel a d’ailleursété obligé de rappeler que la sécurité, dans notre République, doit rester une mission régalienne del’Etat. La censure concernant la vidéosurveillance de la voie publique par des opérateurs privés, lescontrôles d’identité qui auraient été confiés aux polices municipales, ou encore les compétences depolice judiciaire qui auraient été transférées aux polices municipales, ont condamné une logique dedésengagement de l’Etat et de privatisation rampante de la sécurité des Français.4. Une insécurité juridique permanente : dix-huit lois votées depuis 2002. Cette inflation demodifications incessantes du Code pénal aggrave la crise du système judiciaire. Cette inflationlégislative n’a ni fait reculer l’insécurité, ni améliorer l’efficacité de la justice, au contraire. Bienloin de l’« impunité zéro » annoncée en 2002, l’institution judiciaire est incapable d’apporter unesanction juste et graduée à chaque acte, tandis que l’inflation carcérale fabrique de la récidive etcontribue au durcissement de la délinquance. Cette inflation législative s’accompagne d’unedéfiance permanente envers les magistrats, les procureurs, les collectivités territoriales, qui mine lanécessaire confiance entre les acteurs de la politique desécurité, confiance indispensable à l’efficacité de l’action répressive. De plus, toutes les recherchesscientifiques récentes en criminologie montrent que le recours renforcé à la prison et des peines pluslourdes n’ont pas d’impact sur la criminalité et augmentent la récidive. La politique menée estcontre-productive : elle contribue en fait à structurer une criminalité encore plus endurcie.L’évolution récente la plus marquante est le passage d’une délinquance de rue au banditisme.5. L’absence de toute politique de prévention et le démantèlement de toute ambition républicaineconcernant les banlieues, la jeunesse, l’éducation. Le gouvernement est resté arc-bouté sur uneconception archaïque opposant répression et prévention. Les besoins éducatifs, les parentsdésemparés, la perte des repères, le non-respect des règles, et tout ce qui demande de nouveaux
  • 3. moyens humains et de nouvelles méthodes de travail pour prévenir les comportements violents ontété ignorés. Pis, la politique menée a consisté à supprimer les surveillants et l’encadrement adultedans les écoles et à fragiliser tous les acteurs de terrain en réduisant les subventions des associationset les budgets éducatifs. La prévention de la délinquance est à un tel point la dernière roue ducarrosse que, près de neuf ans après son accession aux responsabilités, la droite en est encore àcommander des rapports ! Le rapport Bockel, sur la « prévention de la délinquance juvénile » ennovembre dernier ; la mission confiée en décembre à Yvan Lachaud sur les « nouvelles méthodespour faire reculer durablement la délinquance juvénile » ; la mission confiée en juillet à Jacques-Alain Bénisti sur l’application de la loi du 5 mars 2007 ; le rapport Reynès remis en décembre auPremier ministre, exactement sur le même thème ; la mission confiée en janvier à Jean-MarieBockel pour apporter « une impulsion nouvelle » à la prévention…J’agirai et j’obtiendrai des résultats parce que je ne ferai pas de ce grave problème un enjeu depolitique politicienne.Je veux remettre de la justice et du respect à tous les étages. C’est une politique globale et, en mêmetemps, concrète, avec des mesures très précises que je souhaite mettre en place rapidement carl’échec en matière de sécurité et de protection des personnes est dramatique, bien qu’elle en aitpourtant fait son fonds de commerce. En s’appuyant sur les élus de terrain, notamment les mairesqui sont en première ligne avec les associations de quartiers, l’Etat assumera ses responsabilités etgarantira la sécurité et la sûreté, piliers de la République.Les raisons de l’échec sont connues ; les réformes seront conduites avec détermination. LesFrançais peuvent compter sur moi. 15/ Le désordre des inégalités hommes-femmesJ’ai eu l’occasion de m’expliquer longuement sur la question des femmes dans un ouvrage,Maintenant, et j’en reprends le fil car l’histoire ne doit pas être interrompue.Le féminisme n’est pas dépassé si l’on entend par là le long combat pour l’égalité réelle deshommes et des femmes. Ce qui change avec le temps, c’est la manière de s’y prendre. Lessuffragettes avaient leurs méthodes, à une époque où les femmes n’avaient même pas le droit devote et subissaient la toute-puissance paternelle puis maritale. Dans les années 1970, les militantesdu Mouvement de libération des femmes ont eu aussi les leurs, joyeuses et provocatrices. Noussommes aujourd’hui les héritières de toutes celles qui se sont mobilisées pour la cause des femmes.Nous sommes plus fortes des droits qu’elles ont conquis et des prises de conscience qu’elles ontpermises dans toute la société. Mais il reste bien du chemin à faire, en France et dans le monde.En ce qui me concerne, je suis venue au socialisme par le féminisme. Très tôt, j’ai refusé la placeque la tradition assignait aux femmes. J’ai vite compris que l’école était une chance d’émancipation,qu’elle me donnerait les armes du savoir, les moyens d’être autonome financièrement et deconstruire ma vie. En même temps, je suis restée fidèle aux valeurs traditionnelles : la famille,l’éducation, la juste autorité.Être féministe, pour moi, ce n’est pas être hostile aux hommes, c’est refuser un système dedomination masculine dont ils sont, eux aussi, parfois prisonniers. Car notre émancipation sera aussila leur même s’ils ont parfois du mal à l’admettre ! La vraie révolution, c’est la mixité et l’égalité.C’est la possibilité pour chacun, pour chacune, de s’affranchir des schémas et des stéréotypes. C’estle droit et le pouvoir de choisir librement son parcours, d’aller au bout de ses possibilités, sanszones interdites ni plafond de verre. Au bout du chemin, il n’y a pas l’indifférenciation des sexes,mais des hommes et des femmes enfin libres et égaux.J’avais dit, dès le jour de mon investiture en 2007 comme candidate à la présidence de laRépublique, que je ferais de la lutte contre les violences conjugales une affaire d’Etat. Je le redisaujourd’hui et même plus fortement car la situation des femmes n’a cessé, en cinq ans, de reculer.
  • 4. Tous les trois jours, une femme meurt en France sous les coups de son compagnon. On a même dumal à croire ces chiffres, tellement ils sont occultés. Cela choque, bien sûr, mais tout se passecomme si le meurtre « privé », commis à l’abri du domicile, restait mieux toléré que d’autresformes de délinquance et de criminalité. Comme si le conjoint violent était le lointain héritier dupater familias romain qui avait droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants. Je me souviensdu titre du livre écrit par Erin Pizzey : Crie moins fort, les voisins vont t’entendre. Longtemps, c’estce qu’on a attendu d’une femme battue : qu’elle se taise.Bien sûr, il y a eu des progrès. Ainsi, le viol a été criminalisé, le code du travail a intégré leharcèlement sexuel, des lieux d’accueil et d’hébergement pour femmes victimes de violences ont vutimidement le jour, notre législation s’est enrichie de dispositions utiles quoique inégalementappliquées, parce que les moyens ne suivent pas. Mais beaucoup de femmes sont tellement sousl’emprise de celui qui les frappe, tellement terrorisées ou traumatisées, tellement démunies aussiqu’elles n’osent pas dénoncer les sévices dont elles sont victimes. 35 % des femmes agressées sur lavoie publique portent plainte mais on estime à seulement 8% le nombre de celles qui le font quandles violences ont lieu au sein du couple. Dans 68 % des cas, les enfants sont les témoins directs deces coups, avec toutes les souffrances et les échecs scolaires mais aussi les risques de répétition bienconnus que cela comporte.Ce dont nous avons besoin, c’est d’une véritable loi-cadre qui regroupe toutes les dispositionséparses dans le code pénal, le code civil, le code de la santé publique, qui les complète en nelaissant de côté aucune des dimensions de cette question complexe et qui prenne les moyens d’uneaction vraiment efficace. C’est le choix qu’a fait, en Espagne, le gouvernement Zapatero avec sa «loi intégrale contre les violences de genre ». Ce texte aborde toutes les questions : l’information,l’hébergement d’urgence, le logement, l’éloignement du conjoint violent, le travail, la protectionphysique et la prise en charge sanitaire des femmes, le problème de la formation des médecins, despoliciers, des magistrats, des travailleurs sociaux, la prévention en milieu scolaire mais aussi letraitement des auteurs de violences, l’aide aux associations.Autre injustice : les femmes représentent moins de la moitié de la population active mais plus de lamoitié des chômeurs. Même chez les moins de vingt cinq ans, les filles sont davantage au chômageque les garçons. Et les chômeurs de longue durée sont d’abord des chômeuses. Cette discriminationévidente, sans parler des inégalités salariales, frappe en priorité les jeunes filles, les employées et lesouvrières.Il ne faut pas non plus oublier que le taux de chômage des femmes n’est qu’un indicateur partiel deleur sous-emploi. Un tiers de celles qui ont fait le choix de l’allocation parentale d’éducation pourélever des enfants en bas âge étaient des chômeuses qui, durant le temps de leur congé, sontréputées inactives et sortent donc des statistiques du chômage. Et toutes celles qui, n’ayant pastrouvé un emploi à temps plein, ont dû accepter ce qu’on appelle un emploi « à temps partielcontraint », participent de ce sous-emploi féminin qui est une dimension aujourd’hui massive de laprécarité.A l’école et dans l’orientation scolaire : les filles ont, en moyenne, de meilleurs résultats que lesgarçons. Elles sont plus diplômées, mais choisissent majoritairement des filières de formationdévalorisées parce que réputées « féminines », qui sont moins « rentables » sur le marché du travail.C’est dès les années de formation que se créent les conditions des inégalités ultérieures et de la plusgrande vulnérabilité professionnelle des femmes. Je crois donc très important d’aider les filles à seposer à temps la question des débouchés de leurs études et à se convaincre qu’aucun cursus scolaire,aucun métier ne leur sont interdits. Cela vaut pour la formation initiale comme pour la formationcontinue qui, aujourd’hui, ne bénéficie pas aux moins qualifiés et aux femmes. Les métiers, de nosjours, se transforment rapidement : les femmes ont besoin d’actualiser leurs qualifications pour nepas perdre leur travail comme pour en retrouver un et, au besoin, se reconvertir.La France n’en peut plus de cette précarisation du travail qui frappe les hommes et les femmes mais
  • 5. les femmes encore plus que les hommes. Je crois, parce que j’en ai fait l’expérience dans ma région,à l’efficacité des actions de retour à l’emploi, y compris pour les chômeuses de plus de cinquanteans que certains disent « inemployables », un mot affreux ! A condition que ces actions prennent encompte toutes les dimensions de la vie d’une femme en quête de travail : son projet professionnel,les qualifications nécessaires, les caractéristiques du bassin d’emploi, mais aussi ses problèmes detransport, de garde d’enfants et parfois même d’estime de soi. Je crois à l’efficacité d’unaccompagnement global de la personne, du sur-mesure. C’est ce que je généraliserai.