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Quand la prière peut être dangereuse...
 

Quand la prière peut être dangereuse...

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    Quand la prière peut être dangereuse... Quand la prière peut être dangereuse... Document Transcript

    • Quand la prière peut être dangereuse! Il y a une parabole qui fait peur. C'est celle du pharisien et du publicain. On la croit rassurante parce qu'on se range très souvent du côté du publicain, non du pharisien! ! En réalité, pour qui s'essaie de prier, cette parabole de Jésus a quelque chose d'effrayant. Car elle montre que la prière est un acte à prendre au sérieux. Elle nous indique qu'il est peut-être même dangereux de prier. On y prend des risques majeurs: celui de s'isoler des autres hommes, celui de se tromper sur Dieu, celui de gâcher sa vie voire même de perdre son salut.! La parabole du pharisien et du publicain est une parabole à comprendre pour quiconque veut s'engager sur le chemin du réveil et de la réforme. Jésus dénonce ce qui tue en l'homme la véritable vie. Jésus a dans cette parabole l'audace de déclarer que la prière peut séparer de Dieu. Quel paradoxe: l'acte sensé nous rapprocher de Dieu peut nous en séparer. Et ceci durablement. Jésus attaque la piété officielle. En quelques mots, il met le doigt sur l'hypocrisie des pseudos religieux. Aujourd'hui encore, cette parabole interpelle tous ceux qui s'engagent véritablement dans la vie chrétienne. Cette parabole garde encore sa capacité à nous déranger, à nous mettre mal à l'aise et à nous interroger sur nos pratiques religieuses. Cette parabole nous invite à y regarder de plus près. À regarder en face notre propre vie religieuse en général et notre vie de prière en particulier! À entrer dans la vie de prière non de manière vague ou légère mais comme Jésus nous l'enseigne.! La prière du pharisien. ! "Deux hommes montèrent au temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien priait en lui-même: Mon Dieu je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes: voleurs, injustes, adultères ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux Église adventiste du septième jour - Fédération de la Martinique
    • fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne." Cet homme avait une grande allure. Il faisait partie de la caste des pharisiens: cette société d'homme pieux était très exigeante pour ses membres. Ils étaient des modèles pour les juifs du temps. C'étaient des justes, les personnes à la moralité sans faille, qui faisaient attention à tous leurs actes. Aujourd'hui, nous dirions qu'ils étaient dans l'antichambre du paradis, sûrs d'être sauvé. Et puis si les pharisiens n'étaient pas sauvés, qui le seraient ?! Pourtant la parabole nous indique que sa prière sera refusée! Pourquoi? Aurait-il oublié de confesser une quelconque faute? La parabole ne le donne nullement à entendre. Pas plus que la parabole ne sous-entende que le publicain était meilleur qu'il ne le disait. Les données sont claires : le pharisien était pur, un vrai, et le publicain, un de ces hommes véreux, dont on pensait qu’ils ne pouvaient même pas faire pénitence, car il leur était impossible de connaitre et de dédommager tous ceux qu’ils avaient lésés… Mais ce ne sont pas deux bilans de moralité que Jésus confronte, mais deux attitudes.! Sans le savoir, le pharisien refuse Dieu…! L’un savait prier, et l’autre ne savait guère. L’un savait ce qu’était que rentrer en contact avec Dieu et l’autre ne savait pas. Le pharisien avait une longue expérience de l’accès à Dieu. On lui avait appris. Il avait une culture religieuse. Pourtant, il savait, alors que nous l’ignorons très souvent, que la prière débute par l’action de grâces. Faut-il le taxer d’orgueil et de prétention, alors qu’il remercie Dieu d’être un honnête homme et qu’il présente l’offrande de sa vie ? Ce serait trop facile, et nous serions encore sur le terrain de la morale et non des attitudes !! Dans cet homme pieux qui semblait un modèle de santé spirituelle et religieuse, Jésus diagnostique le mal le plus irrémédiable : le pharisien est séparé de Dieu. Le verdict est sans appel ! ! Il n’y a pas pire que celui qui, dans ces attitudes se croient près de Dieu, et qui en réalité en est bien loin. Difficile pour lui de changer, parce qu’il se croit bien. Au contraire, ce sont les autres qui ne sont jamais comme il faut.! Pourtant, cet homme intègre et généreux disait : « Mon Dieu, je te rends grâce… » Et dans son discours, il dit ce qu’il ne fait pas  ! Serait-ce une faute que d’avoir refusé le vol, l’injustice, et d’avoir cultivé la maîtrise de soi et la générosité  ? Alors pourquoi cet homme n’est n’est-il pas redescendu chez lui justifié ? Pourquoi sa prière en a-t-elle fait un homme perdu, un mort aux yeux de Jésus  ? Simplement parce que la prière n’est pas seulement question de bons mots et de phrases bien dites si vrai soient-elles ! La vraie prière n’est pas Église adventiste du septième jour - Fédération de la Martinique
    • seulement du verbe, de la parole, mais c’est d’abord une attitude. Et le problème de notre pharisien est un problème d’attitude : il s’est enfermé sur lui-même.! Notre pharisien pieux remercie Dieu d’être un bon pharisien. Il a posé son existence face à Dieu, face aux hommes. Dans sa prière, il invite Dieu à le regarder, à regarder comment il est bien. Il se pose devant Dieu comme un homme accompli, parvenu et qui n’a plus besoin d’autres choses. Et l’on pourrait bien se demander pourquoi il prie !! Il ne sait pas que l’homme qui se dit religieux et en contact avec Dieu a besoin chaque jour de naître de Dieu. Cette naissance quotidienne, loin de le rendre puéril, est un gage de maturité spirituelle. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’après cette parabole, Luc nous rapporte la parole de Jésus  : «  Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas. » (Luc 18 :17)! Le pharisien est un homme installé à son compte dans affaires de Dieu. Il rend grâce pour son existence droite, oubliant que la vraie vie, la vie droite est un don de Dieu. Il ignore qu’il a toujours à recevoir sa vie, dans une pauvreté radicale, de la grâce gratuite et gracieuse de Dieu. Le pharisien ne veut plus naître, il ne sait plus qu’il a chaque jour à tout accueillir de Dieu comme un enfant. Dieu n’est pas pour lui la source incroyable où coule l’eau vive qui toujours nous ranime. Dieu n’est pas, pour lui, Celui qui surgit avec le visage de la tendresse là où l’on attend celui de la justice. Dieu ne le surprend plus. Le pharisien ne parle que de lui en parlant à Dieu. Sans le savoir, il refuse Dieu. ! … parce qu’il s’est isolé des autres hommes.! Et pour se mettre du côté de Dieu, il s’est séparé. Séparé des hommes. Séparé de son prochain. Il n’est pas comme le reste des hommes, en particulier comme ce publicain qui semble arriver juste à point pour fournir un terme de comparaison. Il se gonfle la poitrine, ose même se comparer aux autres. Sa prière déclare cette distance. Combien, dans nos communautés vivent dans cette distance. Il s’écarte des autres. De l’autre, celui que l’on croit ne pas être comme il faut. Séparé des autres, alors que l’invitation de Dieu c’est l’unité et la communion fraternelle.! Notre pharisien s’est installé à son compte. Il n’a pas besoin des autres. Il se suffit à luimême. Il n’a plus à recevoir des autres. Il est tellement parfait qu’il a laissé derrière lui le commun des mortels. Il refuse l’humanité voire sa propre humanité.! La prière! La parabole nous invite à comprendre que la prière a une double dimension  : verticale et horizontale. Il ne s’agit pas seulement de bien parler à Dieu. Car toute relation véritable avec Dieu a des incidences sur la relation à l’autre. Impossible d’être avec Dieu et séparé des autres, loin du prochain.! Église adventiste du septième jour - Fédération de la Martinique
    • Prier, c’est donc voir les autres avec les yeux de Dieu. Un regard d’amour et de grâce. ! Si la prière est à ce point dangereux, si elle risque de s’enliser dans un narcissisme qui s’ignore, ne vaudrait-il pas mieux se contenter de vivre sans s’y aventurer ?! Prier, c’est se mettre en marche, c’est aller à la rencontre. C’est accepter la rencontre avec Dieu et avec l’autre. C’est comprendre que la grâce que Dieu m’offre est aussi offerte à l’autre, et qu’à ce titre, il est comme moi, un homme qui a besoin de naître chaque jour de Dieu.! Le pharisien de la parabole l’a oublié. Il a oublié que prier c’est entrer en contact avec Dieu. Un Dieu qui nous change, qui nous sort de notre confort pour nous appeler à autre chose : une nouvelle vie, une nouvelle vision sur la vie, sur moi et sur l’autre.! Et si l’on tentait de donner à la parabole un aboutissement heureux ? On pourrait écrire par exemple  : «  Le pharisien eut un frisson soudain, et se prosterna la face contre terre en disant  : Seigneur, aie pitié du pharisien que je suis. Ah  ! Je suis bien comme les autres hommes qui sont si aveugles à regarder vers toi et à regarder leurs frères. Seigneur que je connais si peu, enlève la poutre de mon œil. Puis, le pharisien se releva et descendit au fond du temple, à côté du publicain, pour partager son silence et sa prière. » Une belle fin ! Une fin que Dieu voudrait nous voir réaliser chaque jour dans nos communautés !! Le fond de la parabole est de nous dire que la trajectoire de la prière, toujours à refaire, est cette courte distance du pharisien au publicain. Il suffit de quelques pas intérieurs, il suffit de modifier son regard. Mais c’est aussi transformer sa façon de vivre et changer sa manière de voir Dieu. Tout vrai contact assidu et régulier avec Dieu nous transforme à la ressemblance de celui que nous contemplons  ! La vraie prière nous met en contact avec Dieu et nous conduit à considérer notre prochain comme un pécheur qui a besoin de la grâce de Dieu. La vraie prière m’invite à accepter et à considérer ma condition de pécheur et me met en contact avec la Source infini de grâce qui veut résoudre en moi le problème du péché. ! Toute vie de prière qui incite à se considérer au dessus des autres renvoie à la prière du pharisien. Toute vie de prière qui méprise le prochain n’est que mots et verbiages creux qui ne nous mettent en contact qu’avec nous-mêmes.! Loin des autres, loin de Dieu.! Finalement le pharisien de la parabole, c’est nous. C’est vous, c’est moi ! Que de manières de nous isoler et de regarder de loin le reste des hommes. Pourtant celui qui se met à distance des hommes est déjà loin de Dieu. ! Prier, c’est aussi accepter l’autre, c’est avancer vers Dieu en n’oubliant pas notre pauvre condition humaine. Prier, c’est se souvenir que nous sommes solidaires de l’humanité ! Que seraient la prière de quelqu’un qui oublierait tant de drames sanglants dans le monde, tant Église adventiste du septième jour - Fédération de la Martinique
    • d’injustices et de souffrance à côté de nous, tant de grandeur, de fragilité et de misère dans notre humanité ? Que seraient notre prière si nous oublions ceux qui cheminent avec nous sur le chemin de la foi, dans les épreuves de la vie chrétienne ? Est-il possible de prier sans entendre sans cesse la voix de Jésus : « J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais prisonnier, mal vêtu, … »! Prier, c’est aussi être avec tous. La vraie prière nous conduit à avoir en nous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ. Sentiments qui ont incité Jésus à donner sa vie pour les autres. La prière nous arrache à tous nos conforts, elle nous fait sortir de nous. Prier, c’est souvent peiner pour changer l’humanité, autour de nous et en nous. ! Oui, la prière est dangereuse parce que celui qui souhaite y entrer doit comprendre qu’il aura à lutter contre lui-même. Contre sa nature pécheresse. Contre ses préjugés. Etre en prière, c’est entrer dans le monde de Dieu. C’est acquérir la vision de Dieu.! La vraie prière nous invite à uns juste conception de Dieu et à une juste conception de nousmêmes. Le chemin de la prière, c’est la redécouverte du caractère de Dieu. C’est retrouver Dieu et cheminer avec lui. C’est cela le réveil. Cette nouvelle vision de Dieu nous permet de reconnaitre notre indignité mais aussi la solution de Dieu  : le sang du Calvaire qui nous purifie de toute iniquité.! Loin de Dieu, loin des autres! Le pharisien, avec le temps, s’était fabriqué sa propre image de Dieu. Un Dieu qui lui ressemblait. Il ne sortait pas de lui-même.! Quel Dieu nous donnons-nous lorsque nous prions ? Quel Dieu présentons-nous aujourd’hui dans nos communautés ? Quel Dieu présentons-nous dans nos messages et nos pratiques d’église ?! Il n’est jamais facile de répondre mais retenons cette phrase terrible de Proudhon  : «  J’ai cessé de croire en Dieu le jour où j’ai rencontré un homme meilleur que lui. » ! Prendre le sentier de la prière, c’est percevoir que Dieu est autre que l’image de lui qui nous est offerte ou que nous fabriquons nous-mêmes. Prier, c’est laisser Dieu se révéler à nous et être prêt à le recevoir. ! La prière est une aventure de mort et de vie.! La prière est un combat. Si l’homme tente d’y maîtriser Dieu, de s’imposer à Dieu, de lui faire subtilement violence, de le ramener à lui : il y tue Dieu et il tue son humanité. La prière, c’est l’homme qui accepte de mourir, pour se prêter à l’invasion de Dieu, pour se prêter à l’invasion des hommes. Sans cela, nous ne pouvons ni voir Dieu ni aimer les hommes.! La prière est aventure de mort et de vie. Mort à soi-même et nouvelle vie en Dieu. Jésus, en racontant la parabole du pharisien et du publicain, sonne l’alarme. Il nous invite à nous Église adventiste du septième jour - Fédération de la Martinique
    • réveiller. Se pourrait-il que nos prières soient semblables à celle du pharisien ? Si oui, alors le reconnaître, c’est déjà entrer dans le sentier de la vraie prière. ! Église adventiste du septième jour - Fédération de la Martinique