BURKINA FASO                                UNITE-PROGRES-JUSTICE                   MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE...
DEDICACESJe dédie ce travail à       Mon Père feu Alé SARR       Ma mère Sokhna DIOP       Ma chère épouse Mme SARR née Aï...
REMERCIEMENTSNous rendons grâce à DIEU LE TOUT PUISSANT.J’adresse mes remerciements à l’Agence Universitaire de la Francop...
TABLE DES MATIERESDEDICACES .................................................................................................
II.1.2. L’hydrologie ........................................................................................................
III. 3.2.6.2. Mortalité naturelle (M) .......................................................................................
LISTE DES TABLEAUXTableau 1: Taxonomie de l’espèce Mugil cephalus ...........................................................
LISTE DES CARTESCarte 1: Distribution géographique du mulet source (http://www.aquamaps.org) ............... 18Carte 2 : L...
LISTES DES SIGLES ET ABREVIATIONSAUF : Agence Universitaire de la FrancophonieAMP/SL : Aire Marine Protégée / Saint- Louis...
RESUMEMugil cephalus (Linnaeus, 1758, Mugilidés) est une espèce pélagique côtière qui peutremonter les estuaires et les ri...
ABSTRACTMugil cephalus (Linnaeus, 1758, Mugilidae) is a coastal pelagic species that can trace theestuaries and rivers. It...
PREMIERE PARTIE : INTRODUCTION,PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ETGENERALITES                                  9
INTRODUCTIONLes pêcheries mondiales ont considérablement décliné depuis le début des années 70, enraison notamment de la s...
Nature (UICN) en Mauritanie, la Direction de la Pêche Maritime (DPM) du Sénégal et leCentre de Recherche Océanographique D...
I. 1. PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATIFSDepuis de nombreuses années les stocks de Mugil cephalus de la zone ont fait l’objet d...
• Augmentation de l’effort de pêche : exploitation intensive de l’espèce par la pêche        artisanale et industrielle pa...
Analyser l’impact des aménagements notamment la contribution de l’Aire Marine           Protégée de Saint Louis et le Parc...
I.3.1.2. Caractéristiques morphologiquesLe corps est gris olive sur le dos. Les flancs sont argentés. Le ventre est blanc....
Le corps est cylindrique et robuste. La tête est large. La largeur dépasse celle de la fentebuccale.Il a une paupière adip...
Habitats : Mugil cephalusCarte 1: Distribution géographique du mulet source    (http://www.aquamaps.org)I.3.2.2. Ecologie ...
I.3.2.2.1. La salinité du milieuLes adultes sont trouvés dans les eaux dont la salinité s’étend de 0 à 75‰, alors que lesj...
DEUXIEME PARTIE : PRESENTATIONDE LA ZONE D’ETUDE, MATERIEL ETMETHODE                                  20
II.1. Présentation de la zone d’étude    II.1.1. Le milieu Physique    Le département de Saint-Louis est situé dans la rég...
•   les sols dunaires dans la zone des « Niayes 4».    La végétation est composée despèces diverses et variées qui sont so...
températures de lordre de 16 à 18°C et des salinités de 35,5 à 36,0 ‰ (SENE & NDIAYE,2009). La durée moyenne de la saison ...
Les wolofs de Guet Ndar forment avec les Lébous du Cap-Vert5 et les Nyominka des îles duSaloum, les trois communautés de p...
Cette nouvelle donne a eu comme corollaire, la baisse des revenus des pêcheurs, victimes dela législation coloniale (inter...
remontent son lit naturel en saison sèche jusquau barrage de Diama avant dêtre refoulées parles eaux de crue en hivernage....
extrême mobilité. Ce milieu est constitué de deux marigots en rive droite en aval du barrage,du Djeuss barré au niveau de ...
II.3. Présentation des Aires Marines Protégées du NordII.3.1. Aire Marine Protégée de Saint LouisL’AMP est à cheval entre ...
Carte 3 : Localisation du Fleuve Sénégal et des Aires Marines Protégées du Nord                                           ...
Le fleuve                                                                      Vers                              Lieux de ...
II. 4. MATERIELII.4.1. Les outils de collectes de donnéesLes outils de collectes de données sont constitués :    -   un ic...
A ce niveau nous avons utilisé l’équation de croissance de von Bertalanffy (L(t)=L∞× [1-exp(-k×(t-t0))]) qui envisage la l...
II.5. METHODELa méthodologie mise en œuvre comprend essentiellement quatre parties : la recherchedocumentaire, les observa...
population aient la même probabilité dêtre sélectionné. C’est une méthode déchantillonnageprobabiliste qui entraîne la sél...
TROISIEME PARTIE : RESULTATS ETDISCUSSIONS                                  35
III. 3.1. ANALYSES STATISTIQUESLes mensurations sont effectuées sur place au niveau des différents débarcadères à l’aide d...
Figure 1: Evolution du poids Mugil cephalus dans le fleuve Sénégal en fonction de sa tailleEntre L= 22cm et L=34cm, le poi...
K : Coefficient de croissance.to : Temps (âge théorique du poisson) où la longueur est supposée nulle,L∞ : Longueur asympt...
III. 3.2.2. Les paramètres de croissanceIII. 3.2.3. Etude de la croissance par analyse de structures de tailleLes Figures ...
Figure 4 : Histogramme fréquence taille M. cephalus capturés dans le fleuve Sénégal (05/06/2010)La figure n°4, il y’a une ...
Les fréquences les plus élevées sont situées entre 32.5 et 34.5 cm. Cependant les figures 3 et 4ont presque la même allure...
Chez Mugil cephalus, la valeur de la longueur asymptotique obtenue par la méthode dePowell-Wetherall (1986) (L∞= 45.08cm) ...
Figure 8 : Taille maximale prévue pour le mulet jaune dans l’estuaire du fleuve SénégalIII. 3.2.6. Les paramètres d’exploi...
Figure 9: Détermination de Z selon la courbe de Jones & van ZalingeIII. 3.2.6.1.2. Méthode de la Courbe de capture fondée ...
La figure n°11 représentant les variations de la probabilité (P) en fonction des centres declasse de tailles (Li), permet ...
III. 3.2.6.1.2. Méthode de Beverton et Holt (1956) à partir des longueurs moyennesBerveton et Holt ont montré que :Z= K ( ...
III. 3.2.6.2. Mortalité naturelle (M)III. 3.2.6.2.1. Méthode de Pauly (1985)Pour déterminer la mortalité naturelle (M), no...
mois de juin jusqu’au mois d’août. Cette période coïncide avec la migration des bancs vers lescôtes mauritaniennes.Il semb...
Figure 13 : Estimation des rythmes de recrutement des mulets jaunes dans le fleuve SénégalL’arrivé de nouvelles recrues da...
Figure 14 : Probabilité de capture des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve SénégalLes résultats montrent que les classes...
Figure 15 : Courbe de sélectivité des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve Sénégal par filet maillantLa figure n°15 montr...
Le taux d’exploitation E-10 est le taux d’exploitation actuel qui est égal à 0.355. Pour cestock, lexploitation se trouve ...
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Je partage avec vous mon mémoire de Master recherche en Analyse des Populations des Espaces fauniques et Halieutiques de L'Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso/Burkina Faso

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  1. 1. BURKINA FASO UNITE-PROGRES-JUSTICE MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE, SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE --------------------------- UNIVERSITE POLYTECHNIQUE DE BOBO-DIOULASSO --------------------------- INSTITUT DU DEVELOPPEMENT RURAL MEMOIRE en vue de l’obtention du DIPLOME DE MASTER RECHERCHE EN ANALYSE DES POPULATIONS DES ESPACES FAUNIQUES ET HALIEUTIQUES (MFH2) SPECIALITE : Analyse des populations des espaces halieutiquesTHEME : Dynamique d’exploitation du Mugil cephalus (Linnaeus, 1758, Mugilidés)dans l’estuaire du Fleuve Sénégal en pêche artisanale Présenté par : Serigne Modou SARR Devant le jury composé de : • Pr André T. KABRE • Pr Wendeingoudi GUENDA • Dr Sado TRAORE Décembre 2010 N° : /MFH2 (Halieutique, Faune) 0
  2. 2. DEDICACESJe dédie ce travail à Mon Père feu Alé SARR Ma mère Sokhna DIOP Ma chère épouse Mme SARR née Aïda FALL A mes frères et sœurs germains de la famille feu Alé SARR Mes sœurs utérines Momy et Khady DIOUF A mon beau père Atoumane FALL et son épouse Coumba NDAO A mes amis, mes collègues de service et mes promotionnaires au Master Recherche M2 en Analyse des Populations des Espaces Fauniques et Halieutiques de l’IDR/UPB i
  3. 3. REMERCIEMENTSNous rendons grâce à DIEU LE TOUT PUISSANT.J’adresse mes remerciements à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) qui m’aoctroyé une subvention pour financer une partie de mon inscription. Je remercie toutes lesautorités de l’Institut du Développement Rural (IDR) de l’Université Polytechnique deBobo-Dioulasso (UPB) notamment le Directeur, le Président de l’assemblée del’Université, le corps professoral et tous les enseignants chercheurs qui nous ont dispensésdes cours.A travers Simon MERIAUX, je remercie la Fondation Internationale du Banc d’Arguinqui m’a octroyé une bourse d’études pour ce master MFH2Je remercie Cl Mame Balla GUEYE, Directeur des Parcs Nationaux du Sénégal qui aautorisé mon inscription au niveau de l’IDRUne mention particulière est adressée à mes encadreurs. Ils m’ont tous témoigné de leursdisponibilités et apporté les corrections idoines pour mon travail. Il s’agit : • Pr André T. KABRE, Enseignant- Chercheur à l’IDR, Directeur de mon mémoire et membre du jury ; • Pr Hassan EL OUIZGANI, Enseignant –Chercheur, Codirecteur de mon mémoire ; • Dr Amath Diaw DIADHIOU, Directeur du CRODT /Sénégal ; • Dr Charlotte KARIBUHOYE, Coordonnatrice Programme AMP/FIBA ;Je remercie vivement les membres du jury qui ont accepté d’évaluer mon travail. Il s’agit : • Pr Wendeingoudi GUENDA, Président du jury, Enseignant – Chercheur à l’Université Ouagadougou • Dr Sado TRAORE, Rapporteur du jury, Enseignant-Chercheur IDR/UPBUne mention spéciale est réservée au Doyen Mbarack FALL technicien au CRODT sansoublier ses enquêteurs notamment Bouna GNING, Pape Ahmadou GUEYE, Doudou SY etPathé FALL qui m’ont beaucoup impressionné de par leur savoir faire et à Mme Bineta BaDIAW pour la confection des cartes.Je remercie aussi tous les toutes qui ont contribuées de près ou de loin à ce travail de mêmeque toutes les personnes enquêtées et les pêcheurs qui nous ont fourni des échantillons pourles mensurations. ii
  4. 4. TABLE DES MATIERESDEDICACES ............................................................................................................................. iREMERCIEMENTS................................................................................................................ iiTABLE DES MATIERES ....................................................................................................... 1LISTE DES FIGURES ............................................................................................................... 4LISTE DES CARTES ................................................................................................................ 5LISTE DES PHOTOS ................................................................................................................ 5LISTE DES SCHEMAS ............................................................................................................ 5LISTES DES SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................... 6RESUME.................................................................................................................................... 7ABSTRACT ............................................................................................................................... 8PREMIERE PARTIE : INTRODUCTION, PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ETGENERALITES ....................................................................................................................... 9INTRODUCTION .................................................................................................................. 11I. 1. PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATIFS ..................................................................... 13I. 2. OBJECTIFS ...................................................................................................................... 14I.2.1. Objectif général .............................................................................................................. 14I.2.2. Objectifs spécifiques ....................................................................................................... 14I.3. Généralités sur l’espèce étudiée ......................................................................................... 15I.3.1. Caractéristiques taxonomiques et morphologiques ........................................................ 15I.3.1.1. Caractéristiques taxonomiques : Mugil cephalus ........................................................ 15I.3. 2. Distribution géographique et habitat .............................................................................. 17I. 3.2.1. Distribution géographique .......................................................................................... 17I.3.2.2. Ecologie de l’espèce .................................................................................................... 18DEUXIEME PARTIE : PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE, MATERIEL ETMETHODE ............................................................................................................................. 20II.1. Présentation de la zone d’étude ........................................................................................ 21II.1.1. Le milieu Physique ........................................................................................................ 21 1
  5. 5. II.1.2. L’hydrologie .................................................................................................................. 22II.1.3. Caractéristiques socio-économiques.............................................................................. 23II.1.3.2. Les activités économiques .......................................................................................... 24II.2. Présentation de l’estuaire du Fleuve Sénégal ................................................................... 25II.2.1. Dynamique marine au large de l’estuaire ...................................................................... 27II.2.2. La Dynamique fluviale interne ...................................................................................... 27II.3. Présentation des Aires Marines Protégées du Nord.......................................................... 28II.3.1. Aire Marine Protégée de Saint Louis ............................................................................ 28II.3.2. Parc National de la Langue de Barbarie ........................................................................ 28II. 4. MATERIEL ..................................................................................................................... 31II.4.1. Les outils de collectes de données ................................................................................. 31II.4.1.1. Le questionnaire d’enquête et guide d’entretien......................................................... 31II.4.1.2. Le Traitement des données ......................................................................................... 31II.5. METHODE ....................................................................................................................... 33II.5.1 La recherche documentaire et observation sur le terrain ................................................ 33II.5.2. Choix de la zone d’étude ............................................................................................... 33II.5.3. L’échantillonnage .......................................................................................................... 33TROISIEME PARTIE : RESULTATS ET DISCUSSIONS ............................................. 35III. 3.1. ANALYSES STATISTIQUES ................................................................................... 36III. 3.2. ANALYSES BIOMETRIQUES ................................................................................. 37III. 3.2.1. Détermination de la croissance à partir des structures tailles................................... 37III. 3.2.2. Les paramètres de croissance ................................................................................... 39III. 3.2.3. Etude de la croissance par analyse de structures de taille ........................................ 39III. 3.2.3.1. Méthode de Powell- Wetherall (1986) .................................................................. 41III. 3.2.3.2. Taille maximale par la méthode des prévisions .................................................... 42III. 3.2.6. Les paramètres d’exploitation .................................................................................. 43III. 3.2.6.1. Estimation de la mortalité (Z) ............................................................................... 43 2
  6. 6. III. 3.2.6.2. Mortalité naturelle (M) .......................................................................................... 47III. 3.2.7. Analyse de population virtuelle................................................................................ 52III. 3.2.7.1. Analyse de population virtuelle fondée sur l’âge .................................................. 52III. 3.2.7.2. Analyse de population virtuelle fondée sur la longueur ........................................ 53III. 3.2.8. Les Captures Par Unités d’Exploitation (CPUE) ..................................................... 53III. 3.3. ANALYSES ECOLOGIQUES ................................................................................... 54III. 3.3.1. Les profondeurs pour capturer Mugil cephalus........................................................ 54III. 3.3.2. Les migrations sur la grande Côte au Sénégal et en Mauritanie .............................. 54III. 3.3.2.1. La migration des adultes ....................................................................................... 54III. 3.3.2.2. La migration des immatures .................................................................................. 55III. 3.3.3. Les milieux fréquentés par l’espèce ......................................................................... 55III. 3.4. LES TECHNIQUES DE PECHES AU MULET JAUNE .......................................... 55III. 3.4.1. Les engins de pêches ................................................................................................ 55III. 3.4.1.1. Les filets de pêche ................................................................................................. 55III. 3.5. Contribution des aménagements dans la gestion des stocks de mulets jaunes............ 56III. 3.5.1. Les Aires Marines Protégées du Nord...................................................................... 56III. 3.5.2. Les aspects réglementaires ....................................................................................... 57CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS .................................................................... 58BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 60WEBOGRAPHIQUES .......................................................................................................... 63Annexe n°1 : Echantillon collecté (relation taille-poids) ........................................................ 64Annexe n°2 : Variation du stock en fonction de la mortalité par pêche .................................. 65Annexe 3 : Fiche de Collecte Débarquement .......................................................................... 66Annexe 4 : Questionnaire d’enquête ........................................................................................ 67 3
  7. 7. LISTE DES TABLEAUXTableau 1: Taxonomie de l’espèce Mugil cephalus ................................................................ 15Tableau 2 : Durée moyenne de l’upwelling sur la côte ouest africaine .................................. 23LISTE DES FIGURESFigure 1: Evolution du poids Mugil cephalus dans le fleuve Sénégal en fonction de sa taille 37Figure 2: Augmentation de la longueur du mulet jaune en fonction de l’âge .......................... 38Figure 3: Histogramme fréquence taille M. cephalus capturés dans le fleuve Sénégal(04/05/2010) ............................................................................................................................. 39Figure 4 : Histogramme fréquence taille M. cephalus capturés dans le fleuve Sénégal(05/06/2010) ............................................................................................................................. 40Figure 5: Histogramme fréquence taille M. cephalus capturé dans le fleuve Sénégal(05/07/2010) ............................................................................................................................. 40Figure 6: Fréquence taille des mulets jaunes dans le fleuve Sénégal....................................... 41Figure 7 : Estimation des valeurs de la longueur asymptotique et de Z/K du M. cephalus ... 42Figure 8 : Taille maximale prévue pour le mulet jaune dans l’estuaire du fleuve Sénégal ..... 43Figure 9: Détermination de Z selon la courbe de Jones & van Zalinge ................................... 44Figure 10: Courbe de capture des mulets jaunes du Sénégal fondée sur la longueur .............. 44Figure 11: Les paramètres de sélectivités M. cephalus de l’estuaire du fleuve Sénégal.......... 45Figure 12: Valeur de la mortalité instantanée des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve Sénégalselon la longueur moyenne ....................................................................................................... 46Figure 13 : Estimation des rythmes de recrutement des mulets jaunes dans le fleuve Sénégal................................................................................................................................................. .49Figure 14 : Probabilité de capture des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve Sénégal ............. 50Figure 15 : Courbe de sélectivité des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve Sénégal par filetmaillant ..................................................................................................................................... 51Figure 16 : Courbe de la méthode « knife-edge Selection » pour M. cephalus dans le fleuveSénégal ..................................................................................................................................... 51Figure 17 : Histogramme des populations virtuelles de M. cephalus dans l’estuaire du fleuveSénégal fondées sur l’âge ......................................................................................................... 52Figure 18 : Histogramme des populations virtuelles de M. cephalus dans l’estuaire du fleuveSénégal fondées sur la longueur ............................................................................................... 53Figure 19 : Types de pêche dans la région de Saint Louis ....................................................... 56 4
  8. 8. LISTE DES CARTESCarte 1: Distribution géographique du mulet source (http://www.aquamaps.org) ............... 18Carte 2 : Localisation de la Région de Saint Louis dans le Sénégal ........................................ 21Carte 3 : Localisation du Fleuve Sénégal et des Aires Marines Protégées du Nord ................ 29Carte 4 : Représentation schématique des pêcheries dans et autour des AMP du Nord .......... 30LISTE DES PHOTOSPhoto 1 : Mugil cephalus dans l’estuaire du fleuve Sénégal(sarr, 2010) ................................. 16LISTE DES SCHEMASSchéma 1: Anatomie externe Mugil cephalus (source : FAO, 1985)....................................... 16 5
  9. 9. LISTES DES SIGLES ET ABREVIATIONSAUF : Agence Universitaire de la FrancophonieAMP/SL : Aire Marine Protégée / Saint- LouisCNRST : Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique/Burkina FasoCRODT : Centre de Recherche Océanographique Dakar-ThiaroyeFAO : Organisation des Nations Unies pour lAlimentation et lAgricultureFIBA : Fondation Internationale du Banc d’ArguinIDR : Institut du Développement RuralINERA : Institut National de l’Environnement et des Recherches Agricoles/Burkina FasoIMROP : Institut Mauritanien des Recherches Océanographiques et des PêchesIRD : Institut de Recherche pour le Développement ex ORSTOMMRFH2 : Master Recherche M2 en Analyse des Populations des Espaces Fauniques etHalieutiquesORSTOM : Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement enCoopérationPNBA : Parc National du Banc d’ArguinPNLB : Parc National de la Langue de BarbarieRGPH : Recensement Général de la Population et de l’HabitatUPB : Université Polytechnique de Bobo-DioulassoUICN : Union Internationale pour la Conservation de la NatureZEE : Zone Economique Exclusive 6
  10. 10. RESUMEMugil cephalus (Linnaeus, 1758, Mugilidés) est une espèce pélagique côtière qui peutremonter les estuaires et les rivières. Cest un poisson grégaire qui vit sur les fonds sableux ouvaseux, souvent à moins de 10 m de profondeur.Les mulets jaunes occupent une place importante en pêche artisanale dans la région de Saint-Louis. Il procure des revenus substantiels aux différents acteurs de la filière. En raison de laforte demande sur le marché international, la pêche de cette ressource ne cesse de sedévelopper avec comme conséquence une surexploitation de l’espèce dans l’estuaire du fleuveSénégal. L’objectif de ce travail est d’apporter le maximum d’information sur la dynamiqued’exploitation du Mugil cephalus dans l’estuaire du fleuve Sénégal qui est notre zone d’étude.La structure démographique des mulets jaunes est composée de jeunes individus quigrandissent plus vite qu’ils ne grossissent. Les résultats relation taille –poids ont montré uneallométrie minorante. Les paramètres de croissance et d’exploitation estimés à l’aide del’équation de Von Bertalanffly sont : L∞=50.33cm, K=0.37, t0=0. La mortalité instantanée Zvarie entre 0.38 à 1.671 selon les méthodes utilisées et la mortalité naturelle est M=0.618.L’analyse des populations virtuelles a montré que les mulets jaunes sont très exploités dans lazone.La migration est observée de la Grande Côte du Sénégal vers la Mauritanie. Et les airesmarines protégées du nord constituent des lieux de ponte pour l’espèce. Par conséquent lesplans d’aménagement des ressources naturelles doivent tenir compte de l’exploitation dumulet jaune.Mots clés : Mugil cephalus, mulet jaune, dynamique, croissance, estuaire, fleuve Sénégal 7
  11. 11. ABSTRACTMugil cephalus (Linnaeus, 1758, Mugilidae) is a coastal pelagic species that can trace theestuaries and rivers. It is a gregarious fish that lives on sandy or muddy bottoms, often at lessthan 10 m deep.The yellow mules are important in artisanal fisheries in the region of Saint-Louis. It providessubstantial active income to the various industry players. Due to high demand on theinternational market, the fishing of this resource continues to grow with a consequent over-exploitation of the species Mugil cephalus in the Senegal River Estuary. The objective of thiswork is to provide maximum information on the dynamics of Mugil cephalus operating in theestuary of the Senegal River, our study area. The demographic structure of yellow mules isyoung people who grow up faster than they grow. The results of length-weight relationshipshowed a lower bound allometry. Growth parameters and exploitation estimated using theequation of Von Bertalanffly are L ∞ = 50.33cm, K = 0.37, t0 = 0 and the mortality rangesfrom 0.38 to 1.671 by the methods used and natural mortality M = 0618 one virtualpopulation analysis showed that the yellow mules are heavily exploited in the area.The migration is observed in the Grande Côte in Senegal to Mauritania. And marine protectedareas are the northern spawning grounds for the species. Plans for natural resourcemanagement must take into account the operation of the yellow mules.Keywords: Mugil cephalus, yellow mulle, dynamic, growth, estuary, river Senegal 8
  12. 12. PREMIERE PARTIE : INTRODUCTION,PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ETGENERALITES 9
  13. 13. INTRODUCTIONLes pêcheries mondiales ont considérablement décliné depuis le début des années 70, enraison notamment de la surexploitation des principaux stocks d’intérêt économique.L’Organisation des Nations Unies pour lAlimentation et lAgriculture (FAO,2000) annonceque 47 % des stocks mondiaux de poissons commercialisés sont exploités à leur maximum,18 % sont surexploités, 10 % sont épuisés ou en repeuplement lent. Ils restent 25 % des stockssont modérément sous exploités (FAO, 2000). Sur le plan bioécologique, des modificationsqualitatives et quantitatives de l’abondance des ressources halieutiques consécutives à uneexploitation abusive des ressources biologiques et à des mutations environnementalesimportantes sont apparues. Des menaces et des agressions sous des formes multiples,d’origine anthropique, se développent dans les zones côtières avec un impact négatif sur lesressources halieutiques (FAO, 2008).Selon KANE et al (2008) avec la Mauritanie, le Sénégal est de loin le plus grand producteurde produits de pêche de la sous région1. Parallèlement à la forte demande en produitshalieutiques et en l’absence de politiques adéquates et cohérentes de gestion durable desressources exploitables, une situation de surexploitation des ressources halieutiques s’estinstallée au Sénégal (SENE, 1985). Certaines espèces pélagiques comme le mulet jaunedeviennent de plus en plus rares.Les mulets jaunes à la différence des autres espèces halieutiques présentes sur le littoralsénégalais ne font pas l’objet d’évaluation des ressources, encore moins d’un suivi adéquat deleur exploitation (DEME, 2007). Au Sénégal, sur la Grande Côte, le mulet jaune est capturé par différents engins de pêcheutilisés principalement par les communautés de pêcheurs autochtones. Il s’agit de filetsmaillant dérivant de surface, de filet épervier, de sennes de plage et de sennes tournantes àmulets. Dans notre zone d’étude, les pêcheurs utilisent le mono filament qui est un enginprohibé. L’étude s’intéresse à la biologie et à l’écologie de l’espèce Mugil cephalusnotamment les tailles des captures, la relation taille- poids, l’habitat, les engins de pêchesentre autres. C’est une espèce côtière qui peut remonter les estuaires et les rivières. Cest unpoisson grégaire qui vit sur les fonds sableux ou vaseux, souvent à moins de 10 m deprofondeur.Et face à cette crise que traverse la filière mulet, l’Institut Mauritanien de RechercheOcéanographique et des Pêches (IMROP), l’Union Internationale pour la Conservation de la1 Sous-région : Sénégal, Gambie, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Cap Vert, Mali et Mauritanie. 11
  14. 14. Nature (UICN) en Mauritanie, la Direction de la Pêche Maritime (DPM) du Sénégal et leCentre de Recherche Océanographique Dakar-Thiaroye (CRODT) ont mis en place en 2003un projet conjoint sur les ressources partagées de mulets, de courbine et de tassergal entre cesdeux pays. Les objectifs sont entre autres la gestion concertée, la recherche et la valorisationdes produits. Selon DEME (2007), pour une gestion partagée de la ressource, il a été demandéau Sénégal et à la Mauritanie de dresser l’état des connaissances sur les pêcheries de mulet.En Mauritanie des recherches on été menées sur l’écobiologie de l’espèce. Au Sénégal, leCRODT mène des travaux de recherche sur la biologie du mulet jaune. C’est dans ce contexteque notre étude s’intéresse à la « Dynamique d’exploitation du Mugil cephalus (Linnaeus,1758, Mugilidés) dans l’estuaire du fleuve Sénégal » qui est une contribution aux différentesétudes menées dans le cadre du projet conjoint sur les ressources partagées de mulets, decourbine et de tassergal entre ses deux pays.Ainsi pour les besoins de la recherche, le CRODT a instauré un système de suivi scientifiquedes ressources halieutiques en général et du mulet jaune en particulier, basé sur la collecte desdonnées pour évaluer les débarquements annuels (DEME, 2007).Nous avons utilisé les logiciels : R pour les analyses statistiques et FISATII pour calculer lesparamètres biologiques notamment la fréquence des tailles et poids, la relation taille-poids, lacroissance, la mortalité, le taux d’exploitation entre autres. Nous nous sommes intéressésaussi aux engins de pêche et à l’habitat.L’intérêt pratique de l’étude est d’apporter des éléments de réponse sur la dynamiqued’exploitation du mulet jaune dans la Langue de Barbarie.Afin d’explorer toute la problématique du sujet, le plan suivant est adopté : Première partie : problématique, justificatifs, objectifs et généralités sur l’espèce Mugil cephalus ; Deuxième partie : présentation de la zone d’étude, matériel et méthode ; Troisième partie : résultats et discussions 12
  15. 15. I. 1. PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATIFSDepuis de nombreuses années les stocks de Mugil cephalus de la zone ont fait l’objet d’unesurpêche. Les exploitations artisanales se font à partir de grands points de débarquement (dansles quartiers de Guet Ndar et Goxu mbathie). Quatre grands types dengins sont utilisés pourl’exploitation des Mugilidés. Les filets maillants dérivant de surface et la senne tournante sontles principaux, tandis que les filets dormants et la senne de plage ont une importance moindre.La palangre et la ligne sont aussi utilisées dans la localité pour capturer les mulets.En effet, la surpêche, les captures illégales et la destruction des zones de reproduction ontlargement détruit les ressources halieutiques de l’estuaire du fleuve Sénégal particulièrementle mulet jaune. Ainsi, la quantité de poissons à valeur commerciale pêchée dans les eauxterritoriales sénégalaises a diminué de plus de 80% pour cette espèce depuis les annéescinquante (CAMARA, 2008). Pourtant, la pêche est vitale pour le pays. Elle produitl’équivalent d’un quart du budget national, crée de nombreux emplois et constitue uneimportante source de protéines pour les populations côtières et les régions intérieures.Selon OULD MOHAMED VALL (2004) au stade actuel des connaissances, la recherche surles Mugilidés, le mulet jaune en particulier, soulève un ensemble de problèmes en matièred’écobiologie et de dynamique des populations. Ces problématiques liées à la migration, etmême l’identification de stocks sont autant de zones d’ombre pour une étude d’ensemble etune utilisation fiable des connaissances déjà acquises vers le niveau appliqué (gestion etaménagement).La création de l’aire marine protégée de Saint Louis et du Parc National de la Langue deBarbarie, pourrait beaucoup contribuer à l’aménagement de la pêche artisanale dans cettelocalité. Dans ce contexte et compte tenu du manque d’informations précises surtout, surl’aire de distribution de ces ressources, la problématique centrale concerne essentiellementl’étude de la dynamique d’exploitation du mulet jaune dans l’estuaire du fleuve Sénégal.Les tendances actuelles de l’évolution des stocks de l’espèce Mugil cephalus montrent dessignes inquiétants : diminution de la taille moyenne des poissons capturés, réduction desPrises par Unité d’Effort de pêche. Il apparaît donc indispensable de réactualiser les tailles depremière maturité indiquées dans le code de la pêche et d’accroître les moyens de contrôlepour le respect de la réglementation. Il urge aussi d’observer un repos biologique pourpermettre aux juvéniles d’atteindre l’âge de la maturité sexuelle avant d’être capturées.Le problème central de la dynamique d’exploitation du mulet jaune dans la localité est ladiminution des stocks.Les principales causes du problème sont : 13
  16. 16. • Augmentation de l’effort de pêche : exploitation intensive de l’espèce par la pêche artisanale et industrielle par l’utilisation d’engins et techniques de pêches à performance croissante (sennes tournantes et coulissantes, filets maillant dérivants mono filaments, sennes de plage) ; • Absence d’un plan de gestion et d’aménagement : la réglementation sur les types de filets et les mailles autorisés n’est pas appliquée et en plus il n’y a pas de repos biologique dans la localité à l’instar de la Mauritanie. • Modification des facteurs climatiques, hydrologiques et destructions des habitats : la construction du barrage de Diama, les pollutions urbaines, le développement de l’agro-business et les variations sur le climat et les températures ; • Forte demande extérieure : ciblage des femelles gravides pour la production de poutargue, sachant que c’est le potentiel reproducteur de ces espèces qui est gravement menacé. Les conséquences sont : • Réduction des capacités des prises par unités d’effort de pêche • Intensification de la pauvreté chez les pêcheurs et les jeunes empruntent le chemin de l’émigration clandestine ; • La diminution des tailles des captures • La rareté de l’espèce dans la localité pousse certains à aller vers les îles Bidjagos (Guinée Bissau) et Nouadhibou (Mauritanie) pour la recherche de produits halieutiques avec comme conséquence des conflits avec les populations autochtones et les gardes côtes de ces pays.I. 2. OBJECTIFSI.2.1. Objectif généralL’objectif global de l’étude consiste à déterminer la dynamique d’exploitation de l’espèceMugil cephalus dans l’estuaire du fleuve Sénégal.I.2.2. Objectifs spécifiquesDe manière spécifique, les objectifs recherchés par cette étude visent à : Déterminer et analyser les paramètres biologiques et écologiques de l’espèce : la fréquence taille, les relations taille-poids ; Montrer l’évolution de l’espèce dans la localité avec le temps notamment les stocks, la mortalité, le recrutement entre autres ; 14
  17. 17. Analyser l’impact des aménagements notamment la contribution de l’Aire Marine Protégée de Saint Louis et le Parc National de la Langue de Barbarie dans la gestion durable des ressources halieutiques.I.3. Généralités sur l’espèce étudiéeI.3.1. Caractéristiques taxonomiques et morphologiquesI.3.1.1. Caractéristiques taxonomiques : Mugil cephalusSix espèces de mulets sont répertoriées dans la Grande Côte du Sénégal (DEME et al., 2007).Il s’agit de : Mugil cephalus, Mugil bananensis, Mugil capurii, Liza aurata, Lizagrandisquamis et Liza falcipinnis. Une partie de ces espèces se trouve aussi bien en mer quedans la vallée du fleuve Sénégal.Mugil cephalus est connu sous le nom courant de mulet jaune en français, Diabaï en Wolof2.Dans la classification elle occupe la place suivante (voir tableau 1) :Tableau 1: Taxonomie de l’espèce Mugil cephalus CLASSIFICATIONRègne AnimaliaEmbranchement ChordataSous-embranchement VertebrataSuper-Classe OsteichtyesClasse ActinopterygiiSous-classe NeopterygiiInfra-class TeleosteiSuper-ordre AcanthopterygiiOrdre MugiliformesFamille MugilidaeGenre MugilNom binominal : Mugil cephalus (Linnaeus, 1758)Statut de Conservation UICN : LC= Préoccupation mineure autrement l’espèce n’est pasdans la liste rouge de l’UICNSource : http://www.aquamaps.org2 Dialecte parlée par les Wolofs ethnie majoritaire au Sénégal 15
  18. 18. I.3.1.2. Caractéristiques morphologiquesLe corps est gris olive sur le dos. Les flancs sont argentés. Le ventre est blanc. Des rayuressont parfois présentes sur les flancs. Les lèvres sont fines. Les nageoires pectorales sontcourtes. Elles natteignent pas lœil lorsquelles sont retournées vers lavant. Les yeux sontprotégés par une paupière adipeuse. La taille maximale rapportée est de 120 cm pour 12 kgmais demande à être confirmée.Photo 1 : Mugil cephalus dans l’estuaire du fleuve Sénégal(sarr, 2010)Schéma 1: Anatomie externe Mugil cephalus (source : FAO, 1985) 16
  19. 19. Le corps est cylindrique et robuste. La tête est large. La largeur dépasse celle de la fentebuccale.Il a une paupière adipeuse bien développée, couvrant la majeure partie de la pupille avec unelèvre supérieure mince, sans papilles. Les dents labiales de la mâchoire supérieure sontpetites, droites, denses, et en plusieurs rangées. La fente buccale se termine au-dessous de lanarine postérieure. Le mulet jaune a deux nageoires dorsales. La première contient 4 épines etla seconde 8-9 rayons mous. Le début de la première nageoire dorsale est plus près de lapointe du museau que de la base de la nageoire caudale. Le début de la deuxième nageoiredorsale est à la verticale entre la moitié et un quart le long de la base de la nageoire anale. Lanageoire anale a 8 rayons mous. Les nageoires pectorales contiennent 16-19 rayons. Lapectorale axillaire mesure environ le tiers de la longueur de la nageoire. Les deux cæcapyloriques présentent 36 à 45 écailles des séries latérales. La couleur arrière est bleu vert.Celle des flancs et du ventre est pâle ou argentée. Les écailles sur le dos et les flancs formenthabituellement des raies longitudinales. On note la présence d’une tache sombre sur laxillo-pectoral (FAO, 1985).I.3. 2. Distribution géographique et habitatI. 3.2.1. Distribution géographiqueMugil cephalus (Linnaeus, 1758) est connu encore sous le nom de Mugil ashanteensis,(BLEEKER, 1863). Sa répartition irait du Maroc à l’Angola (OULD MOHAMED VALL,2004). L’espèce ne se différencie du Mugil cephalus d’Europe que par: la coloration jaune deses nageoires, le nombre d’écailles en ligne latérale toujours inférieur à 40 et une distributionplus large dans les mers tempérées.Elle est cosmopolite dans les eaux côtières de la plupart des zones tropicales et subtropicales.Dans lOcéan atlantique occidental, on le trouve à partir de la Nouvelle-Écosse, Canada enallant au sud jusqu’au Brésil, y compris le Golfe du Mexique. Il est absent en Bahamas et enmer dans les Caraïbes. Dans lOcéan Atlantique oriental, le mulet jaune se trouve dans leGolfe de Gascogne (France) et jusqu’en Afrique du Sud, y compris la Méditerranée et la MerNoire. La chaîne orientale de lOcéan Pacifique comprend la Californie du sud vers le sudjusqu’au Chili. 17
  20. 20. Habitats : Mugil cephalusCarte 1: Distribution géographique du mulet source (http://www.aquamaps.org)I.3.2.2. Ecologie de l’espèceMugil cephalus est une espèce pélagique côtière qui peut remonter les estuaires et les rivières.Cest un poisson grégaire qui vit sur les fonds sableux ou vaseux, souvent à moins de 10 m deprofondeur. De mœurs diurnes, il se nourrit de zooplancton, de larves, de déchets, dalgues,dorganismes benthiques, ainsi que de petits poissons. Il est présent fréquemment sur les côtesdans les estuaires et les environnements deau douce. Les mulets jaunes ont un gésierpossédant une paroi épaisse à l’intérieur de leur estomac avec un long appareil gastro-intestinal qui leur permet de salimenter sur les détritus. Ils jouent un rôle de lien écologiqueimportant dans lécoulement dénergie au sein des communautés vivant dans les estuaires. Ilss’alimentent par succion de la couche supérieure de sédiments. Ils prennent également dusédiment qui aide dans la digestion de la nourriture dans le gésier. Les mulets jaunes senourrissent également sur les épiphytes et lépifaune des herbes marines. Ils ingèrent lécumeextérieure contenant des micro-algues se trouvant à linterface air-eau. Les larves du muletjaune se nourrissent principalement sur des micro-crustacés. Des copépodes, des larves demoustiques et des débris de plantes ont été trouvés dans le contenu stomacal. Les quantités desable et de détritus dans le contenu de lestomac augmentent avec sa longueur. Au fur et àmesure que le poisson grandit il ingère plus de nourriture provenant des substrats du fond. 18
  21. 21. I.3.2.2.1. La salinité du milieuLes adultes sont trouvés dans les eaux dont la salinité s’étend de 0 à 75‰, alors que lesjuvéniles ne peuvent tolérer de telles variations de salinité qu’après avoir atteint des longueursde 4-7 cm (FAO, 1985). Les adultes forment des bancs énormes près des surfaces sur lesfonds sableux ou boueux et de la végétation dense. Ils émigrent en groupes vers la merouverte pour le frai. Les larves se déplacent vers la côte dans les eaux extrêmement peuprofondes qui procurent une protection contre les prédateurs ainsi quun environnement richeen nourriture. Après avoir atteindre 5 cm de longueur, ces jeunes mulets se déplacent vers leseaux légèrement plus profondes. L’espèce peut atteindre une longueur maximale de 120cm etun poids de 12kg pour une durée de vie de 15ans.I. 3.2.2.2. La températureLa température et la salinité des eaux estuariennes sont soumises à des variationssaisonnières. Les eaux issues de la mer ont une température variant entre 16 °C et 30 °C. Parcontre leau douce issue des crues du fleuve a des températures sensiblement plus élevées queles précédentes.Quand les vannes du barrage de Diama restent fermer en saison sèche, le taux de salinité danslestuaire est sensiblement égal à celui de leau de mer (35 g/l). Par contre quand ces vannessont ouvertes pour évacuer la crue, il y a une dilution de la masse deau et les taux de saliniténaguère élevés baissent. Cette baisse connaît également une variabilité spatiale car il estdémontré que les taux de salinité les plus élevés sont enregistrés à lembouchure et les plusfaibles en amont (barrage de Diama). 19
  22. 22. DEUXIEME PARTIE : PRESENTATIONDE LA ZONE D’ETUDE, MATERIEL ETMETHODE 20
  23. 23. II.1. Présentation de la zone d’étude II.1.1. Le milieu Physique Le département de Saint-Louis est situé dans la région du même nom, qui occupe le nord du Sénégal et constitue une zone tampon entre lAfrique arabo-berbère et lAfrique noire. Il est localisé entre les latitudes 15°45 et 16°30 nord et les longitudes 15°40 et 1 6°35ouest (Seck, 2004). La région est au carrefour de locéan Atlantique, du désert du Sahara et des régions soudano-sahéliennes. Elle est traversée par le fleuve Sénégal sur toute sa longueur. La ville de Saint-Louis est située dans un site amphibie du Delta du fleuve Sénégal et dans une zone de formation quaternaire particulièrement basse et plate. La forme du site résulte dun alignement dunaire peu élevé, orienté du nord-est au sud-ouest sur la partie continentale. A louest, nous avons un cordon littoral constituant la Langue de Barbarie3, qui donne une forme générale au relief et à lhydrographie. Carte 2 : Localisation de la Région de Saint Louis dans le Sénégal Le climat est du type sahélien avec une saison des pluies, une saison sèche froide et une saison sèche chaude. La ville est néanmoins constamment balayée par les alizés maritimes. Les températures moyennes annuelles sont respectivement 16°C pour les mois les plus froids et 30°C pour les mois les plus chauds. La pluviométrie est faible, mal répartie dans le temps et est de lordre de 250 mm en moyenne annuelle, avec une saison des pluies courte de trois mois (mi-juillet à mi-octobre) selon Seck (2004). Deux types de sols existent dans le territoire communal :• les sols du « Waalo » plus ou moins argileux dorigine alluvionnaire, ce sont des sols allomorphes, contenant des sels solubles ; 3 cordon littoral situé à louest de lîle de Saint Louis qui sépare le petit bras du fleuve de locéan. 21
  24. 24. • les sols dunaires dans la zone des « Niayes 4». La végétation est composée despèces diverses et variées qui sont souvent résistantes à la forte salinité des terres, avec Casuarina equisetifolia (filao) comme espèce dominante sur le littoral. Le réseau hydrographique est déterminant dans larchitecture de la cité. Le plan deau naturel du fleuve est soumis aux fluctuations saisonnières. Les crues peuvent atteindre une côte de 1,8m en saison des pluies. Pendant la saison sèche, le débit du fleuve est presque nul et son niveau moyen correspond à celui de la mer. Un canal de délestage du trop plein fluvial est creusé depuis 2003 sur la Langue de Barbarie pour parer aux inondations constatées au niveau de certains quartiers de la ville pendant lhivernage. L’ouverture de ce canal a engendré de graves problèmes écologiques dans la localité notamment la salinisation des terres, l’accélération de l’érosion côtière entre autres. II.1.2. L’hydrologie a) - Les remontées d’eaux froides Les côtes sénégalaises sont baignées par dimportantes remontées deaux profondes ou "upwellings" qui proviennent des eaux centrales du sud de l’Océan Atlantique. Par définition, l’upwelling est le phénomène de remontées d’eaux profondes froides. Il est généré par les alizés en saison froide. Il assure un enrichissement en éléments nutritifs du milieu et favorise le développement du plancton qui constitue la base de l’alimentation des poissons pélagiques. Les variations de l’alizé, de l’upwelling ont des conséquences sur la pêche en particulier sur la survie des larves, le recrutement et les captures. Selon le modèle V.W. Ekman cité par CURY et ROY(1991), le vent met en mouvement les couches superficielles de l’Océan qui sont alors déviés par la force de Coriolis. Le transport résultant au sein de la masse est orientée non pas dans la direction du vent mais vers la droite dans l’hémisphère nord. La couche superficielle soumise à l’action du vent est appelée couche d’Ekman, l’auteur qui a décrit pour la première fois l’effet du vent sur les courants. Selon la théorie d’Ekman dans l’hémisphère nord, un vent qui souffle du pôle vers l’équateur le long d’une côte orientée Nord-Sud va entrainer un déplacement vers le large (pour une côte située sur le bord Est d’un Océan) de la masse d’eau comprise entre la surface et le bas de la couche d’Ekman. Et le long des côtes sénégalaises, la saison des alizés, vents de secteurs N-NW à NW-N favorables à l’upwelling, s’étend du mois de décembre au mois de mai. Ces eaux recouvrent progressivement le plateau continental où lon peut alors observer des 4 Bande de terre fertile, située le long du littoral au Sénégal 22
  25. 25. températures de lordre de 16 à 18°C et des salinités de 35,5 à 36,0 ‰ (SENE & NDIAYE,2009). La durée moyenne de la saison froide varie en fonction de la latitude comme le montrecelle de l’upwelling (Tableau n°2). Laction fertilisante de ces remontées deaux profondesrésulte d’un apport à la surface deaux riches en sels nutritifs généralement issues de laminéralisation de la matière organique que lon trouve sur le fond. A Saint-Louis, elle se faitsentir à partir du mois de novembre au mois de mai. C’est la période où les petits pélagiquessont abondants au niveau de la Langue de Barbarie.Selon DOMAIN (1978) quand l’upwelling sénégalais se déclenche, les espèces à affinitésaharienne ou espèces d’eaux froides localisées dans les eaux mauritaniennes migrent vers lesud. Ces espèces sont : Dentex gibbossus, Mugil cephalus, Sparus coerusleostictus, Pagellusbellotti, Epinephelus aenus, Pomatomus saltator… La migration débute au mois d’août entre20 et 30°N et se stabilise vers 10 et 16°N au mois de février.Tableau 2: Durée moyenne de l’upwelling sur la côte ouest africaine Zones Latitude Nord Périodes Durée moyenne d’Upwelling (mois) Cap Blanc 23° toute l’année 12 Nouakchott 17°50 octobre à juin 9 Saint-Louis 16° novembre à mai 7(So u rc e : S ch ema in d a e t Neh r in g , 1 9 7 5 c it ée p a r S èn e e t Nd ia ye, 2 0 0 9 )b)- Les eaux de surfaceLes eaux de surface dans la région de Saint-Louis découlent de l’estuaire du fleuve Sénégal.En effet, l’Aire Marine Protégée (AMP) de Saint-Louis et le Parc National de la Langue deBarbarie (PNLB) sont sous l’influence directe du fleuve Sénégal. Ils sont reliés par le canal dedélestage creusé en 2003, devenu par la suite la nouvelle embouchure avec l’ensablement et lafermeture progressive de l’ancienne embouchure située en aval de Gandiole.II.1.3. Caractéristiques socio-économiquesLe contexte socio-économique de Saint-Louis en général, celui de la Langue de Barbarie enparticulier est fortement marqué par la présence de l’océan qui conditionne quasi totalementl’ensemble des activités de ce cordon littoral.La Langue de Barbarie est caractérisée par une présence humaine appartenant à lacommunauté des pêcheurs de Guet-Ndar, pionnière de la pêche artisanale maritime. 23
  26. 26. Les wolofs de Guet Ndar forment avec les Lébous du Cap-Vert5 et les Nyominka des îles duSaloum, les trois communautés de pêcheurs les plus importantes du Sénégal (KEBE, 1986cité par SENE et NDIAYE, 2009). L’histoire des populations de la Langue de Barbarie estintimement liée à la pêche, à la fois comme source alimentaire et activité génératrice derevenus. C’est une activité qui a longtemps joué un rôle moteur dans l’économie de la ville deSaint-Louis. Le peuplement de la Langue de Barbarie a été et reste essentiellement dominépar les wolofs autochtones et les maures.II.1.3.1. DémographieLa ville de Saint-Louis connaît une forte croissance démographique dès la première décenniede l’indépendance, bien qu’elle ait perdu dès le milieu des années 1950 l’essentiel desattributs (transfert de la Capitale à Dakar) qui ont justifié pendant de longues décennies saposition de pôle administratif et économique.Selon les résultats provisoires du Recensement Général de la Population et de l’Habitat(RGPH) de 2002, la population de la région de Saint-Louis était estimée à 695 720 habitants.Le taux de croissance entre 1976 et 1988 est passé de 2,1 % à 3,2 %. Il a atteint 3,7% en 2002(Bureau Régional de la Prévision Statistique). Aujourd’hui, la population est estimée à799 105 habitants. Les femmes représentent 51,38 % au niveau régional.II.1.3.2. Les activités économiquesLa pêche artisanale maritime constitue l’activité économique phare dans la localité.Cependant l’agriculture, l’élevage, le tourisme entre autres contribuent fortement audéveloppement socio-économique de cette région.La pêche à Saint-Louis est une activité très ancienne qui a connu bien des mutations. Des origines à la moitié du 20ème siècleL’utilisation des pirogues par les pêcheurs de la ville de Saint-Louis date du 16e siècle (SENEet NDIAYE, 2009). Les produits de la mer à l’époque faisaient l’objet de troc entre cespopulations et les maures en échange de dattes et de sel.L’abondance du poisson dans le fleuve, la difficulté de franchir la barre et la saisonnalité de lapêche en mer n’incitaient pas les pêcheurs à entreprendre la pêche dans l’océan.Cependant, l’administration coloniale avait imposé une série de restrictions à la fois sur lestechniques et les lieux de pêche dans un souci de sauvegarder les ressources (SENE &NDIAYE, 2009).5 Ancienne appellation de la ville de Dakar 24
  27. 27. Cette nouvelle donne a eu comme corollaire, la baisse des revenus des pêcheurs, victimes dela législation coloniale (interdiction partielle de pêcher dans le fleuve). Les pêcheurs ontcommencé donc à s’orienter peu à peu vers la mer à partir du 19e siècle malgré les risquesqu’ils encouraient. Au niveau de Guet-Ndar, l’orientation vers la mer relève plus d’un choixsocio-économique forcé, que d’une simple activité traditionnelle.Par ailleurs, les difficultés de sortie en mer, l’immobilisation prolongée des embarcations parsuite de mauvais temps, la courte durée des campagnes de pêche avec des sorties souventpauvres, sont des contraintes majeures à la survie des populations dont l’activité était réduite àla pêche.De 1950 à nos joursLa principale alternative qui s’est offerte à l’époque aux pêcheurs est l’émigration vers lescentres de pêches aux conditions naturelles moins hostiles avec des débouchés commerciauxplus importants. Les migrants s’installent d’abord à Cayar au Sénégal, ensuite vers le sud dupays avant de sillonner toute l’Afrique Occidentale Française.A la fin des années 50, 3000 des 5000 pêcheurs que compte la périphérie partent en migrationloin de Saint-Louis pendant plusieurs mois chaque année (HATHIE, 1985) cité par SENE etNDIAYE (2009).Au plan national, la pêche artisanale a connu bien des évolutions depuis les années 50.Quelques industriels de transformation des produits de la mer ont essayé avec beaucoup dedifficultés de s’implanter au Sénégal, fondant leurs espoirs sur la seule production artisanale(KANE, 1985) cité par SENE et NDIAYE (2009). A cette époque, les captures pour la pêcheartisanale étaient trop limitées au regard de la demande des industries de transformation.Ils pêchaient surtout avec modération pour l’autoconsommation, l’approvisionnement en fraisdu marché local. Ils n’arrivaient pas à satisfaire la demande. Les services techniques de lapêche ont incité les piroguiers à intensifier leurs efforts de pêche avec comme conséquenceune surexploitation des produits halieutiques.Ainsi un projet de « modernisation de la pêche » est engagé par les services des pêches en1951. Son premier objectif était la motorisation des pirogues. A Saint-Louis, l’introduction demoteurs hors bord date de 1952.II.2. Présentation de l’estuaire du Fleuve SénégalNé des régions montagneuses guinéennes, le fleuve Sénégal parcourt 1.700km avant de sejeter en mer au sud de la ville de Saint Louis par une embouchure unique. Dans sa partieterminale communément appelée estuaire, le bassin fluvial est envahi par les eaux marines qui 25
  28. 28. remontent son lit naturel en saison sèche jusquau barrage de Diama avant dêtre refoulées parles eaux de crue en hivernage. I1 faut dire que lutilisation de la notion destuaire pour le casspécifique du fleuve Sénégal est trop controversée.Selon PRITCHARD (1955) cité par DIA (2000), lestuaire est "une zone de mélange entreleau douce et l’eau salée".I1 convient dajouter à cette définition trop simple que le terme destuaire recouvre une grandediversité dinterfaces qui ne sont en aucune façon comparables entre elles. DaprèsJOUANNEAU (1981) cité par DIA (2000), la classification des estuaires se base sur troiscritères principaux que sont : le rapport de compétence du fleuve sur l’énergie de la marée, laplus ou moins grande maturité de l’écosystème et la charge solide.En ce qui concerne le fleuve Sénégal, il faut signaler que la notion destuaire y est discutée parcertains spécialistes en géomorphologie littorale. La controverse réside en effet sur la naturede la partie terminale du fleuve : sagit-il dun delta ? dun pseudo-delta ? dun delta fossile ?ou tout simplement dun estuaire ?DUBOIS (1955) cité par DIA (2000), défendait la thèse dun pseudo-delta en soulignantnotamment lunicité de lembouchure du fleuve, la présence dune côte à peu prés rectiligne,lintrication entre les dunes parallèles à la direction générale de lécoulement et les bras qui sefaufilent dans leurs intervalles et enfin limportante remontée de leau salée dans le cours dufleuve.Pour ce dernier le fleuve Sénégal se termine par un véritable delta en raison duneconstruction alluviale de niveau de base édifiée dans une nappe deau, du colmatage del’ancien golf nouackchottien fermé en lagune et larrivée des alluvions jusquau au niveau dela côte.Toutefois nous convenons avec KANE (1997) que le cours inférieur du Sénégal se terminepar un véritable estuaire. Les raisons pour lesquelles le fleuve se déverse en mer par un chenalunique sont à rechercher dans le régime hydrologique et dans le jeu de la dynamique littorale.Avant laménagement du barrage hydro agricole de Diama, la marée remontait le cours dufleuve jusquau village de Diouldé Diabé à 450 km de lembouchure, et la langue salée jusquàPodor. La zone estuarienne était alors plus vaste quaujourdhui. Depuis 1986, elle est limitéeen amont par le barrage de Diama, et en aval par son embouchure caractérisée par une 26
  29. 29. extrême mobilité. Ce milieu est constitué de deux marigots en rive droite en aval du barrage,du Djeuss barré au niveau de Dakar-Bango, de petits affluents comme le Khor et le Marméalqui recoupent le Sénégal en amont de Gandiole, du petit bras du fleuve entre la Langue deBarbarie et lîle de Saint-Louis et enfin du complexe lagunaire situé entre Saint Louis etGandiole.II.2.1. Dynamique marine au large de l’estuaireLa dynamique marine au large de lestuaire du fleuve Sénégal est essentiellement dominée parla présence de houles de NW, engendrant une dérive littorale de même direction. Cette dérivelittorale provoque un important transport de sable qui a fini par édifier le cordon littoralsableux de la Langue de Barbarie. Les houles du SW exercent une faible influence surlévolution du littoral au large de Saint Louis. Elles perdent une bonne partie de leur énergiepar suite dune diffraction au niveau de la presquîle du Cap Vert qui constitue un véritableécran dont labri englobe toute la Langue de Barbarie.Le transit sédimentaire assuré par la dérive littorale aux larges des côtes saint louisiennes estsoumis à des périodes daccélération et de ralentissement facilement observables sur lesprofils de plages. Les estimations de ce transit sédimentaire varient entre 223 000 à 550 000m3/an (BARRUSSEAU, 1981) cités par SALL (1982).II.2.2. La Dynamique fluviale interneLa dynamique interne de lestuaire est contrôlée par le fleuve en coordination avec les actionsde la marée qui ne sont pas des moindres. Les apports fluviaux ont plutôt tendance à façonnerle rivage interne de la Langue de Barbarie. Si, à lheure actuelle, le fleuve Sénégal ne joue pasun rôle essentiel dans l’édification de la flèche littorale, il peut en revanche contribuer à sonérosion au cours de la crue. Ceci peut aboutir à sa rupture complète et à la création dunenouvelle embouchure.Le barrage de Diama est le facteur clé qui détermine à lheure actuelle lhydrodynamismeestuarienne par le phénomène douverture et de fermeture des vannes. Ainsi deux périodespeuvent être décrites : une période longue de 7 à 8 mois pendant laquelle lestuaire est soumisà la présence des eaux issues de la marée océanique et une période plus courte de 3 mois aucours de laquelle lestuaire est envahi par les eaux de crue. 27
  30. 30. II.3. Présentation des Aires Marines Protégées du NordII.3.1. Aire Marine Protégée de Saint LouisL’AMP est à cheval entre la commune de Saint-Louis et les Communautés rurale de NdiébèneGandiole et de Gandon. Elle a une superficie de 49 600 ha. C’est la plus grande aire marineprotégée du pays.En effet, la Langue de Barbarie est caractérisée par une forte présence de populations depêcheurs dans la localité. L’histoire de cette population est intimement liée à la pêche, à lafois comme source alimentaire et activité génératrice de revenus. Mais la surexploitation de labiodiversité marine et côtière suite à l’augmentation de l’effort de pêche et de l’usage desengins de pêche peu respectueux des normes de gestion durable, a eu pour conséquence, unebaisse de la productivité des ressources halieutiques et une dégradation des habitats (DIONEet NDIAYE, 2010).Par conséquents certains habitats vulnérables ont été identifiés et sont en cours de protectionen vue d’améliorer leur productivité. L’AMP dispose d’un organe de gestion (personneladministratif et comité de gestion). Toutefois, la matérialisation des limites et l’élaborationd’une charte locale de bonne gestion entérinée par l’autorité administrative, restent à réaliserII.3.2. Parc National de la Langue de BarbarieLe PNLB a une superficie de 2.000 ha et est créé en 1976. Il est situé au nord-ouest dansl’estuaire du fleuve Sénégal dans la région de Saint-Louis à 300km de Dakar (DIONE etNDIAYE, 2010). Il constitue un site de nidification d’oiseaux : environ 3000 couples demouettes à tête grise (Larus cirrocephalus), 2000 couples de goélands railleurs (Larus genei),de nombreux autres Laridea (sternes royales-Sterna maxima, sternes caspiennes-Sternacaspia, sternes fuligineuses-Sterna fuscata). C’est aussi un site de nidification des tortuesmarines : genres Dermochelys , Caretta et Chelonias. Selon DIONE et NDIAYE (2010), leparc est menacé par le changement du régime de l’estuaire, suite à l’ouverture d’un canal dedélestage en amont, en 2003. Ces mêmes auteurs ont décelé d’autres problèmes :- l’existence d’un disfonctionnement de l’axe hydraulique avec la tendance du fleuve à setransformer en lagune ;- l’intensification de l’érosion des berges, la disparition de la végétation ligneuse ;- l’augmentation de la salinité, la variation spécifique et la diminution de la faune ichthyenne. 28
  31. 31. Carte 3 : Localisation du Fleuve Sénégal et des Aires Marines Protégées du Nord 29
  32. 32. Le fleuve Vers Lieux de pêche Xerwureywi Océan Atlantique Guet-Ndar Langue de Barbarie Villages environnants AMP/SL Gandiolais Guent Fonds Aires Marines Protégées Doune BABA vaseux Canal de délestage (bintt) Assane K Bernard Zonage participatif Fonds sablo-vaso- coquillés(JOXOR) Buturail Pilote Bossyi PNLB Tassinére e Mouit Mouit K Pikeurgui Bernard (recif) Niari miles Mboumbay Dégouniay Vers LougaCarte 4 : Représentation schématique des pêcheries dans et autour des AMP du Nord (Source modifiée de Google Earth , juin 2010) 30
  33. 33. II. 4. MATERIELII.4.1. Les outils de collectes de donnéesLes outils de collectes de données sont constitués : - un ichtyo mètre : pour la mensuration des individus ; - d’un peson pour déterminer le poids de l’espèce ; - un appareil photo numérique pour collecter des images ; - d’une fiche collecte pour enregistrer les données.II.4.1.1. Le questionnaire d’enquête et guide d’entretienLe questionnaire est utilisé pour recueillir des informations auprès des populations depêcheurs, des mareyeurs, des femmes transformatrices et autres personnes intervenant dans lafilière mulet jaune. Il est basé sur les aspects suivants : - Les unités et types d’engin de pêche utilisé dans la localité pour capturer le mulet jaune ; - Les lieux et les profondeurs pour la pêche au mulet ; - L’effort de pêche ; - Les difficultés rencontrées dans le secteur de la pêche ; - L’écologie de l’espèce et les conséquences de la modification des habitats….Cependant le guide d’entretien est adressé aux personnels des services de la pêche, de lacapitainerie du port de Saint-Louis, des techniciens du CRODT, les gestionnaires des airesmarines protégées de la localité (AMP/SL et PNLB) etc.II.4.1.2. Le Traitement des donnéesLes données collectées sont traitées d’abord à l’aide du tableur Excel. Nous avons utilisé deuxlogiciels différents pour les analyses statistiques et biométriques. Il s’agit du logiciel R.2.10.1qui nous a permis de calculer la relation taille-poids. Ensuite le logiciel FISATII (FAO andICLARM Stocks Assessment Tools) est utilisé pour lanalyse des paramètres biologiques despopulations étudiées.L’évaluation des taux d’exploitation de l’espèce Mugil cephalus a pour but de renseigner surl’utilisation optimale de cette ressource halieutique. Le taux d’exploitation et la notion destock sont étroitement liés aux notions de paramètres de croissance et de mortalité. Cesparamètres sont des valeurs numériques d’une équation par laquelle on peut prédire la taillecorporelle de l’espèce Mugil cephalus lorsque celle-ci atteint un certain âge. 31
  34. 34. A ce niveau nous avons utilisé l’équation de croissance de von Bertalanffy (L(t)=L∞× [1-exp(-k×(t-t0))]) qui envisage la longueur corporelle en fonction de l’âge.Lt : Longueur du poisson au temps tK : Coefficient de croissance.to : Temps (âge théorique du poisson) où la longueur est supposée nulle,L∞ : Longueur asymptotique quand t tend vers linfini (taille asymptotique du poisson)L’équation de capture de Baranoy (taux d’exploitation), les taux de mortalités naturelles entreautres paramètres seront déterminés dans le traitement des données. 32
  35. 35. II.5. METHODELa méthodologie mise en œuvre comprend essentiellement quatre parties : la recherchedocumentaire, les observations directes, les enquêtes de terrain, la collecte de données(mensurations des captures) ainsi que le traitement et lanalyse des informations.II.5.1 La recherche documentaire et observation sur le terrainLa recherche documentaire a permis de passer en revue les statistiques et les documentsdisponibles sur la pêche artisanale pour l’espèce étudiée. Elle est menée au niveau de certainscentres de documentation et d’information notamment le Centre de RechercheOcéanographique Dakar Thiaroye, l’Inspection Régionale des Services de Pêche de SaintLouis, la bibliothèque de l’Université Gaston Berger et sur l’internet. Pour élargir l’éventaildu recueil de données, nous avons interrogé des personnes ressources qui évoluent dans lesecteur de la pêche artisanale.Sur le terrain, les observations nous ont permis d’avoir un bref aperçu au niveau de la filièremulet. Des photos numériques ont été prises sur le site de débarquement lors des différentessorties effectuées.II.5.2. Choix de la zone d’étudeL’étude est menée au niveau de l’estuaire du fleuve Sénégal particulièrement dans la ville deSaint Louis du Sénégal. La délimitation de la zone d’étude est effectuée à l’aide destechniciens du CRODT. Les critères suivants ont permis de délimiter la zone d’étude : • Les lieux de débarquements ou quais de pêche situés dans les quartiers de Goxu mbathie, Sor Diagne et Guet ndar ; • Les lieux de pêche à la ligne : le pont situé sur la route nationale n°2 traversée par un bras du fleuve Sénégal et le canal de délestage au niveau du village de Keur Ibra Dièye.Ces lieux sont fréquentés par les différentes catégories socioprofessionnelles du secteur de lapêche artisanale. Il s’agit de pêcheurs, de femmes transformatrices, de mareyeurs, de vendeursde denrées alimentaires ou de petits articles entre autres.II.5.3. L’échantillonnageLes individus enquêtés sont des pêcheurs, des chefs de ménages détenteurs de pirogues, destechniciens du secteur de la pêche, des mareyeurs, des femmes transformatrices et autrespersonnes ressources. Nous avons utilisé un échantillon aléatoire simple issu d’une populationfinie. Les éléments sont choisis un à un de telle sorte que les individus restants dans la 33
  36. 36. population aient la même probabilité dêtre sélectionné. C’est une méthode déchantillonnageprobabiliste qui entraîne la sélection dun échantillon à partir dune population. Cettesélection repose sur le principe de la randomisation ou la chance.Cette démarche méthodologique, nous a permis d’avoir un échantillon représentatif pour lesacteurs de la filière mulet jaune autrement dit toutes les différentes catégoriessocioprofessionnelles sont interrogées. Notre échantillon porte sur un effectif de quarantedeux (42) individus enquêtés suivant plusieurs critères : - La disponibilité de la personne enquêtée : avec les techniciens du CRODT, nous avons identifié et localisé ces individus ; - La connaissance de l’espèce : les personnes interrogées sont soit des pêcheurs, des femmes transformatrices soit des techniciens qui ont une bonne connaissance de l’espèce étudiée.Sur le terrain nous avons pris un échantillon de poisson (Mugil cephalus) pour différentescaptures suivants les débarquements pour les mensurations, les pesées entre autres. Le mêmeprincipe est utilisé pour la sélection et la mensuration des mulets jaunes. Avec les enquêteursde CRODT, nous avons sillonné les quartiers de Goxu mbathie, Sor Diagne et de Guet ndarpour collecter des échantillons de différentes espèces capturées dans la localité. Le travailconsistait à mesurer la longueur des poissons capturés en particulier les mulets jaunes. Nousavons réalisé l’étude entre le début du mois de mai et la fin du mois de juillet 2010. Lesrésultats suivants ont été obtenus : 822 mulets jaunes collectés et mesurés pour le mois de mai 2010 ; 782 individus Mugil cephalus collectés et mesurés pour le mois de juin 2010 ; 660 mulets jaunes collectés et mesurés pour le mois de juillet 2010.Au total nous avons collecté et travaillé sur un échantillon de 2 264 poissons de tailles et depoids différents. Après mensurations ces échantillons ont été remis à leur propriétaire.Pour chaque semaine nous avons effectué 03 sorties sur une période de trois mois. Au totalnous nous sommes rendus 36 fois sur le terrain. Notre taux d’échantillonnage avoisine les42.85%. 34
  37. 37. TROISIEME PARTIE : RESULTATS ETDISCUSSIONS 35
  38. 38. III. 3.1. ANALYSES STATISTIQUESLes mensurations sont effectuées sur place au niveau des différents débarcadères à l’aide d’unruban métrique. Les données sont consignées sur une fiche de collecte. Elles concernent lalongueur totale pour chaque individu. Cependant le poids d’un individu est calculé à partir del’équation W=aLtba : Ordonnée à lorigine qui dépend de la densité de lindividu et de ses proportions ;b : Coefficient dallométrie.W= poids d’un individu, Lt= Longueur totaleL’utilisation dune relation taille-poids permet datteindre deux objectifs : la conversion dunetaille en poids théorique et inversement et le passage de la croissance linéaire à la croissancepondérale.La forme originelle de cette relation (b = 3) suppose que la croissance est isométrique, cest-à-dire que la forme et la densité du corps ne varient pas avec lâge. Par contre si b > 3 il y a uneallométrie majorante et elle est minorante dans le cas de b < 3.Plusieurs relations du type y = ax + b liant les longueurs entre elles et aussi les poids entreeux, selon que les individus sont éviscérés ou non, ont été établies. Pour notre cas les poissonsne sont pas éviscérés. Nous n’avons pas fait une différenciation entre les sexes. Leséchantillons pris sont mesurés puis remis aux propriétaires.Les valeurs de a et b sont déterminées par ajustement de la fonction au nuage des pointsobservés, après linéarisation de la courbe par transformation logarithmique.Log W = Log a + b Log LDes relations taille-poids ont été établies sur des individus non éviscérés à partir de l’équationW= aLb ; a et b sont des constantes appelées paramètres de croissance. On a pour lesvaleurs : a= 0.00717 et b= 2.9510. Cette conversion des tailles des prises en poids esteffectuée grâce à des relations taille/poids (par individu) obtenues à partir du site :www.fishbase.org. Donc l’équation devient : W= 0.00717L2.9510Pour les différentes valeurs de W voir annexe n°1 36
  39. 39. Figure 1: Evolution du poids Mugil cephalus dans le fleuve Sénégal en fonction de sa tailleEntre L= 22cm et L=34cm, le poids augmente d’une manière exponentielle. Mais au-delà deL=35cm, l’augmentation en poids pour l’espèce Mugil cephalus ne suit pas celle de salongueur. Ici l’allométrie est minorante, donc le poids croit relativement moins vite que lalongueur. Le coefficient de corrélation obtenu est proche de 1 (R=0.986), montrant ainsi unetrès bonne corrélation entre les deux paramètres étudiés : la taille et le poids des individusIII. 3.2. ANALYSES BIOMETRIQUESD’après l’encyclopédie Universalis : « la biométrie désigne la science des variationsbiologiques, des phénomènes qui s’y attachent et des problèmes qui en découlent ». Doncl’analyse biométrique est une interprétation mathématique des caractéristiques biologiquesdune espèce, destinée à déterminer son identité de manière irréfutable. Les paramètresbiologiques étudiés concernent la croissance, la taille, le poids, la naissance, la mortalité entreautres.La croissance d’une espèce consiste à établir une corrélation entre une variable mesurable(taille, poids) caractérisant un individu et lâge de cet individu. Cette relation est obtenue parun modèle mathématique dont les paramètres, nécessaires en dynamique des populations, sontobtenus par analyse de structure dâge ou de taille.III. 3.2.1. Détermination de la croissance à partir des structures taillesLe modèle mathématique de croissance individuelle élaboré par Von Bertalanffy (1934)envisage la longueur corporelle en fonction de lâge (SPARRE & VENEMA, 1996) cités par(BEDDA & BOUFERSAOUI, 2009)Ce modèle est représenté par léquation : Lt=L∞ (1-e-K(t-t0))Lt : Longueur du poisson au temps t 37
  40. 40. K : Coefficient de croissance.to : Temps (âge théorique du poisson) où la longueur est supposée nulle,L∞ : Longueur asymptotique quand t tend vers linfini (taille asymptotique du poisson)La taille des individus augmente progressivement en fonction de son âge. A t0 jusqu’à t=1an,la croissance en longueur des individus suit l’allure de la courbe tracée (figure n°2). Cettecroissance est celle d’une fonction logarithmique. Mais au-delà de 2ans la croissance en taillene suit plus les années.Figure 2: Augmentation de la longueur du mulet jaune en fonction de l’âgePour un coefficient de croissance K=0.38 la valeur de la taille a atteint une valeurasymptotique L∞= 50. 33cm. Théoriquement cela signifie que la taille maximale pour Mugilcephalus dans l’estuaire du fleuve Sénégal ne dépasse pas 51cm. Ces réultats peuvent êtrecomparés avec ceux de OULD MOHAMED VALL (2004) qui a trouvé L∞=54cm enMauritanie, pays frontalier avec le Sénégal. Pour notre échantillon nous avons enrégistré unseul individu qui mesure 43cm dans la zone d’étude. En Mauritanie contrairement au Sénégal,chaque année l’Etat instaure un repos biologique pour restaurer les ressources halieutiques.Cette différence de taille asymptotique notée entre ces deux pays pourrait s’expliquer parl’interdiction temporarire de capturer l’espèce dans les côtes mauritanniennes. Cepandant enplus du repos biologique, l’habitat et la nourriture constituent des facteurs déterminants dansla croissance des indiviudus. Le Parc National du Banc d’Arguin est un exempled’aménagement qui a beaucoup contribué à la qualité des ressources halieutiques de laMauritanie. 38
  41. 41. III. 3.2.2. Les paramètres de croissanceIII. 3.2.3. Etude de la croissance par analyse de structures de tailleLes Figures n°3,4 et 5 représentent les histogrammes des fréquences tailles chez l’espèceMugil cephalus. Elles sont obtenues par la méthode de Bhattacharya dans FISATII.Pour la figure n°3, dans la distribution fréquence taille, nous remarquons la présence de 4modes successifs : 24.5cm, 28.5cm et 32.5cm. Cette figure n°3 représente la taille descaptures pour le mois de mai 2010. La fréquence est plus élevée dans la classe de 32.5 cm.Figure 3: Histogramme fréquence taille M. cephalus capturés dans le fleuve Sénégal (04/05/2010)Pour la figure n°4 qui représente la distribution des fréquences tailles au mois de juin 2010, ily’a 2 modes successifs : 24.5cm et 34.5cm. La fréquence taille est plus élevée au niveau de laclasse 34.5cm. Les individus de cette taille sont souvent capturés par le filet des pêcheurs. Ilsemblerait qu’ils ont atteint l’âge de la maturité sexuelle. Cependant nous n’avons pas puéviscérer les poissons pour déterminer le sexe et voir la corrélation taille gonade. 39
  42. 42. Figure 4 : Histogramme fréquence taille M. cephalus capturés dans le fleuve Sénégal (05/06/2010)La figure n°4, il y’a une présence de deux modes : le premier est de 22.5 cm et le second estde 32.5cm. La distribution fréquence taille est plus élevée pour la classe 32.5cm pour le moisde juillet 2010. Le premier mode semble être celui des juvéniles ou recrus.Figure 5: Histogramme fréquence taille M. cephalus capturé dans le fleuve Sénégal (05/07/2010)La comparaison entre ces trois figures (3,4 et 5) fait sortir des différences et des similitudessur la distribution des fréquences tailles. 40
  43. 43. Les fréquences les plus élevées sont situées entre 32.5 et 34.5 cm. Cependant les figures 3 et 4ont presque la même allure contrairement à la figure n°5 même si le second est bimodal.Figure 6: Fréquence taille des mulets jaunes dans le fleuve SénégalLa fréquence taille la plus élevée est notée au mois de juillet voir figure n°6.III. 3.2.3.1. Méthode de Powell- Wetherall (1986)Selon BEDDA et BOUFERSAOUI (2009), la méthode de Powell (1979), dont les travaux ontété réalisés par WETHERALL et al. (1986) qui ont développé une méthode mathématiquerigoureuse pour lestimation de L∞ et de Z/K à partir des fréquences de longueursreprésentatives dune population à léquilibre.Cette méthode analyse donc les structures de taille, cest-à-dire quelle ne nécessite pasdinformations sur lâge (HEMIDA, 2005).Cette méthode propose une application de léquation de BEVERTON et HOLT (1956) cité parBEDDA et BOUFERSAOUI (2009).Z=K*(Lm-L)Lm : la longueur moyenne des poissons de longueur L et plusL : la longueur au-delà de laquelle tous les poissons sont pleinement exploités.Ainsi, en portant sur un graphique Lm-L en fonction de L’, on obtient une régression linéaire àpartir de laquelle on peut estimer a et b et par conséquent L∞ et Z /K (Sparre et Venema,1996).Le programme informatique FISAT II permet directement lapplication de la méthode pourlestimation de L∞ et Z/K voir figure n°7 41
  44. 44. Chez Mugil cephalus, la valeur de la longueur asymptotique obtenue par la méthode dePowell-Wetherall (1986) (L∞= 45.08cm) est supérieure à la taille maximale observée qui estégale à L=43cm. La valeur de Z/K est de 2.85. Autrement, il serait rare de voir un pêcheurcapturer un mulet jaune dans l’estuaire du fleuve Sénégal avec une taille supérieure à 50cm.Figure 7 : Estimation des valeurs de la longueur asymptotique et de Z/K du M. cephalusIII. 3.2.3.2. Taille maximale par la méthode des prévisionsLa taille maximale observée sur le terrain lors des mensurations est de L= 43cm. Avec lelogiciel FiSATII, nous avons déterminé la valeur asymptotique de la taille L∞=50.33cm. Lafigure n°8 montre que la taille peut augmenter progressivement jusqu’à atteindre une valeurextrême de L= 92cm. Cette valeur peut être inférieure ou légérement supérieure à 92cm. Elleest appélée la taille maximale par prévision. Selon OULD MOHAMED VALL (2004), dansla littérature, des auteurs ont indiqué que la taille maximale du mulet jaune peut atteindre 120cm pour 12 kg. Cette hypothèse reste à être confirmée. La différence de taille peut êtreexpliquée par les facteurs écologiques mais aussi par la présence ou non de pressionsanthropiques. Autrement, dans les milieux protégés, il est probable d’y trouver des mulets decette taille. 42
  45. 45. Figure 8 : Taille maximale prévue pour le mulet jaune dans l’estuaire du fleuve SénégalIII. 3.2.6. Les paramètres d’exploitationIII. 3.2.6.1. Estimation de la mortalité (Z)Z est défini comme le coefficient instantané de mortalité totale, avant destimer séparément lamortalité par pêche et la mortalité naturelle, il est commode dévaluer la mortalité totale(Gulland, 1969). Nous avons utilisé plusieurs méthodes pour déterminer la mortalité (Z)III. 3.2.6.1.1. Méthode de Jones et Van Zalinge (1981, in Sparre et Venema, 1996)Les logarithmes népériens des captures cumulées par le bas (Nicum) sont portés sur ungraphique en fonction des logarithmes népériens de la différence (L∞ - Li). La distribution defréquences de taille est utilisée avec un intervalle de classe constant.Léquation sécrit :Ln (Ni cum) = Z/K Ln (L∞- Li) + bDans cette expression Li représente la limite inférieure de la classe de rang i. Pour notre étudeLi= 22cm. Les paramètres de cette droite de pente Z/K, sont déduits du calcul de la régressionlinéaire. La mortalité instantanée Z est de 1.671 (voir figure n°9). 43
  46. 46. Figure 9: Détermination de Z selon la courbe de Jones & van ZalingeIII. 3.2.6.1.2. Méthode de la Courbe de capture fondée sur la longueurLa courbe de capture fondée sur la longueur (figure n°10) dans FISATII, donne une valeur deZ qui est égale à 0.38. La courbe fournit une valeur de M=0.62.Cette valeur Z trouvée est différente de celle au niveau de la courbe de Jones et Van Zalinge.Figure 10: Courbe de capture des mulets jaunes du Sénégal fondée sur la longueur 44
  47. 47. La figure n°11 représentant les variations de la probabilité (P) en fonction des centres declasse de tailles (Li), permet destimer graphiquement la taille de sélection Lc, correspondantà labscisse au point dordonnée 50%. La taille moyenne de première capture déterminée ainsiest de L25=20.67 cm. Elle est relative à un groupe d’âge moyen de première capture environégale à 1.02 ans. La taille de la sélection est L50= 21.75cm. Elle semble être la taille à lapremière maturité sexuelle. Pour déterminer la véritable taille à la première maturité sexuelledes mulets jaunes, il faut une étude simultanée de la structure histologique des ovaires et desRapports Gonado-Somatiques(R.G.S).Autrement, tous les mulets jaunes ayant cette taille sont susceptibles d’être capturés par lesengins de pêche utilisés dans la zone. Pour L75=22.06 cm, cela signifie que tous les poissonsde l’espèce Mugil cephalus ayant cette taille seront sûrs d’être capturés s’ils rencontrent lesengins de pêche. Sur la figure 11, la probabilité de sélection pour un individu va deL25=20.67cm à L=41cm.Figure 11: Les paramètres de sélectivités M. cephalus de l’estuaire du fleuve Sénégal 45
  48. 48. III. 3.2.6.1.2. Méthode de Beverton et Holt (1956) à partir des longueurs moyennesBerveton et Holt ont montré que :Z= K ( L∞ -Lmoy)/(Lmoy – L’)L moy : La longueur moyenne du poisson traité dans la distribution de fréquence,L : la longueur minimale du poisson traité dans la distribution de fréquence ou plus petitelimite des classes (CADIMA, 2002).Lmoy = 32.5cmL=22cmCette méthode nous a permis de déterminer une autre valeur de Z=0.645 qui est différente desautres valeurs qui sont respectivement Z= 1.671 pour la méthode de Jones et Van Zalinge etZ=0.38 pour la méthode de la Courbe de capture fondée sur la longueur.Ces différentes valeurs pourraient sexpliquer par :· la qualité de léchantillon ;· la différence des méthodes utilisées pour lestimation des paramètres de croissance ;· les fluctuations des conditions du milieu (température, salinité,...) influencent directementsur la valeur de K et L∞ donc sur la croissanceFigure 12: Valeur de la mortalité instantanée des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve Sénégal selonla longueur moyenneSelon BEDDA et BOUFERSAOUI (2009), plusieurs auteurs s’accordent sur la méthode deJones et Van Zalinge. Pour les déterminations du taux d’exploitation, nous avons choisiZ= 1.671 pour le reste de notre étude. 46
  49. 49. III. 3.2.6.2. Mortalité naturelle (M)III. 3.2.6.2.1. Méthode de Pauly (1985)Pour déterminer la mortalité naturelle (M), nous avons utilisé l’équation empirique de Pauly :Log(M)= -0.0066-0.279Log(L∞) + 0.6543Log(K) + 0.4634Log(T) avecL∞= 50.33cm pour notre étudeK= 0.38T= 15°C est la température moyenne annuelle du milieu pour les mois les plus froids.M= 0.61 an-1III. 3.2.6.2.2. Méthode de Djabali et al. (1993)Léquation de Djabali et al. (1993), déduite de régressions linéaires multiples, est basée sur lesparamètres de croissance et de mortalité de 56 stocks de poissons vivants en Méditerranée.Log10 M = - 0,0278 - 0,1172 Log10 L∞+ 0,5092 Log10 KPour L∞= 55.33cm et K= 0.38M= 0.64Nous avons utilisé le logiciel FiSATII pour ces différentes méthodes.III. 4.2.6.2. Estimation de la mortalité par pêche (F)Connaissant M et Z, le taux de mortalité par pêche peut être déduit de la relation : Z=M+FF= Z-M pour Z=1.32/an et M= 0.618 F= 0.702/anIII. 3.2.6.3. Estimation du taux d’exploitation (E)Le taux dexploitation (E) est défini par Pauly (1985) comme étant la quantité :E = F / (F + M) = F / Z E=0.531Ce taux permet à lui seul destimer (grossièrement) si un stock est surexploité ou non, à partirde lhypothèse que la valeur optimale de E (Eopt) est voisine de 0,5. Cette hypothèse, E 0,5 =taux dexploitation optimal, repose elle-même sur une autre hypothèse, à savoir que la priseéquilibrée potentielle est optimisée quand F= M (Gulland 1971, In Pauly,1985).Pour notre étude le taux d’exploitation E=0.531 nous permet de conclure que le milieu sembleêtre surexploité. La valeur de E est voisine de sa valeur d’équilibre dynamique. Malgré pourles pêches croissantes, l’espèce Mugil cephalus parvient à proliférer et maintenir son rythmede croissance. Cette situation s’explique par la disponibilité des ressources alimentaires. Lazone est très riche en plancton et phytoplancton.Cependant les pêcheurs ont tendance à utiliser des filets monofilaments de petites maillessouvent inférieures à 50 cm de diamètre. Les alvins sont souvent les plus capturés entre les 47
  50. 50. mois de juin jusqu’au mois d’août. Cette période coïncide avec la migration des bancs vers lescôtes mauritaniennes.Il semblerait que l’espèce n’est pas surexploitée mais il se pose un problème d’aménagementdes ressources halieutiques dans la localité.III. 3.2.6.4. Recrutement et sélectionLes poissons de tailles ou dâges divers ne subissent pas tous la même mortalité par pêche : lespetits peuvent séchapper à travers les mailles dun filet, ou ne pas se trouver dans la principalezone exploitée. Il est utile de distinguer lélément provenant uniquement du comportement (ausens le plus large) des animaux mêmes - recrutement - et celui qui est dû à la sélectivité delengin de pêche (FONTANA, 1983).Le recrutement est le processus par lequel un groupe dâge arrive pour la première fois dansune pêcherie. La sélection est le phénomène dentrée progressive du poisson dans les captures(FONTANA, 1983).III. 4.2.6.4.1. Estimation des tailles des recruesL’estimation du rythme de recrutement est divisée en deux groupes (voir figure n°13).Pour le premier groupe le niveau maximum de recrues est atteint au niveau du 4ème sousgroupe. A ce niveau 10% des individus sont remplacés par les nouvelles recrues.Pour le second groupe, le niveau maximum de recrues est atteint aussi au niveau du 4ème sousgroupe. Le taux de recrutement est de 25%, largement supérieur à celui du premier groupe. 48
  51. 51. Figure 13 : Estimation des rythmes de recrutement des mulets jaunes dans le fleuve SénégalL’arrivé de nouvelles recrues dans la biomasse va permettre de compenser les pertes dues à lamortalité naturelle et à la mortalité par pêche. La figure n°13 montre que seulement le quartdes individus exploités est remplacé au deuxième groupe. Il est judicieux de diminuer le tauxd’exploitation pour équilibrer la biomasse.III. 3.2.6.4.2. Estimation de la taille de sélectionLes individus de la classe de taille L=31.5cm ont une probabilité de capture plus élevée queles autres. Pour la sélectivité des engins par rapport à la classe des longueurs des poissons,nous avons utilisé le logiciel FISATII. 49
  52. 52. Figure 14 : Probabilité de capture des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve SénégalLes résultats montrent que les classes de tailles les plus capturées sont respectivement21.50cm, 26.50cm et 31.50cm. De rares individus sont capturés dans les classes de taille de41.50cm. Ce résultat est en conformité avec les données des mensurations sur le terrain carnous avons un seul poisson mesurant 41cm.Plusieurs engins de pêche sont utilisés pour la capture des mulets jaunes. Les filets maillantsdérivant de surface sont les plus utilisés dans la zone avec des mailles de Ø= 54mm et deØ=60cm. 50
  53. 53. Figure 15 : Courbe de sélectivité des mulets jaunes de l’estuaire du fleuve Sénégal par filet maillantLa figure n°15 montre que la probabilité qu’un individu soit capturé est plus élevée pourL=33cm. La sélectivité des filets maillant de Ø= 32cm est plus importante chez les muletsjaunes surtout avec des tailles inférieures ou égales à 32cm. En plus pour les gros poissons ilfaut utiliser des filets maillant de Ø=60cm.III. 3.2.6.4.3. Estimation du niveau d’exploitationPour les différentes tailles de première capture Lc et en fonction du taux dexploitation E, lerendement relatif par recrue Y/R augmente jusquà un maximum puis diminue. Les valeursdu taux dexploitation (E) qui apportent un meilleur rendement varient de 0.45 à 0.52 (voirfigure n°16).Figure 16 : Courbe de la méthode « knife-edge Selection » pour M. cephalus dans le fleuve Sénégal 51
  54. 54. Le taux d’exploitation E-10 est le taux d’exploitation actuel qui est égal à 0.355. Pour cestock, lexploitation se trouve sur la partie ascendante de la courbe. Ce taux est proche durendement optimum (E-max=0.421). Donc lexploitation est au niveau du plateau de leurcourbe correspondant ainsi à un rendement optimal car le E-max reste supérieur au E actuel.Pour notre étude la partie exploitée correspond à la partie ascendante de la courbe (figuren°16).Le niveau optimum du rendement relatif par recrue est atteint. Mais l’espèce n’est passurexploitée. Les pêcheries ne sont pas bien aménagées dans la région de Saint-Louis.III. 3.2.7. Analyse de population virtuelleIII. 3.2.7.1. Analyse de population virtuelle fondée sur l’À

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