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Open source vs logiciels propriétaires
 

Open source vs logiciels propriétaires

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Un article de http://www.lenouveleconomiste.fr ...

Un article de http://www.lenouveleconomiste.fr

D’un côté le monde du libre, avec des licences gratuites, des codes visibles, dont
le business model est basé sur les services de support et maintenance. De l’autre
le monde des propriétaires vendant avant tout un droit d’utilisation de solutions
confortables sur étagère. Deux entités mi-concurrentes, mi-conniventes. Mais le
choix du libre ne s’opère plus seulement en fonction du coût. Pour bénéficier des
atouts de flexibilité et de fiabilité qu’offrent désormais les logiciels open source,
l’entreprise devra faire évoluer la gestion de son système d’information: du mode
traditionnel passif, au mode de la communauté et de la mutualisation du savoir.

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    Open source vs logiciels propriétaires Open source vs logiciels propriétaires Document Transcript

    • Information & technologies SERVICES INFORMATIQUES - Libre ou propriétaire, deux mondes, deux business models - Les marchés du libre - La frontière, pas si binaire - Nouveau paradigme, nouvelle gouvernance - Cloud, la troisième voie Open source vs logiciels propriétaires Le meilleur des deux mondes Une manière de mutualiser les coûts de R&D SS2I, SS2L, total cost of ownership (TCO), communauté, code GPL (General Public Licence). D’un côté le monde du libre, avec des licences gratuites, des codes visibles, dont le business model est basé sur les services de support et maintenance. De l’autre le monde des propriétaires vendant avant tout un droit d’utilisation de solutions confortables sur étagère. Deux entités mi-concurrentes, mi-conniventes. Mais le choix du libre ne s’opère plus seulement en fonction du coût. Pour bénéficier des atouts de flexibilité et de fiabilité qu’offrent désormais les logiciels open source, l’entreprise devra faire évoluer la gestion de son système d’information: du mode traditionnel passif, au mode de la communauté et de la mutualisation du savoir.Par Alain RouxH abitacle, sièges, volant, tifie ainsi les demandes des consommateurs consiste à rendre le “code source” ouvert, Internet. tableau de bord,... la concep- et assimile des innovations techniques. Ses c’est-à-dire que la recette de cuisine qui per- Même s’il reste encore minoritaire, le logiciel tion de la Fiat Mio, une auto- concurrents aussi, puisqu’ils ont accès à l’in- met au programme de fonctionner, écrite libre s’est imposé dans le paysage. En 2010, mobile électrique futuriste, tégralité des données. Un modèle dit “open dans un langage informatique, soit accessi- le marché atteint 2,2 milliards d’euros enest réalisée uniquement à partir des sugges- source”, éprouvé dans le monde du logiciel ble et visible par tout le monde. A l’instar France, sur un chiffre d’affaires total detions d’internautes, qu’ils soient ingénieurs, 35,69 milliards de logiciels et services infor-designers, ou simples passionnés. Ouvert à A l’instar d’une voiture, tout le monde peut ouvrir le capot matiques, soit 5,7 %, selon le cabinet Pierretous, le projet rassemblait le 22 avril 2011 Audoin Consultant (PAC). Il gagne du terrain,plus de 17 600 participants dans le monde pour comprendre comment fonctionne le moteur avec une augmentation de 32 % de 2009 àentier. La première mouture a été présentée 2010. “Entre 2010 et 2014, nous prévoyons uneau salon de l’automobile de São Paulo, fin informatique, où des réseaux fabriquent des d’une voiture, tout le monde peut ouvrir le croissance moyenne annuelle de 20 %, alors queoctobre 2010. La filiale brésilienne de Fiat se programmes en constante évolution sur la capot pour comprendre comment fonctionne le reste du marché va progresser d’un peu moinscharge d’agréger les propositions, pour un base juridique de la “licence libre”. Ils sont le moteur. Le code source étant immatériel, de 4 %. En 2014, nous prévoyons une part derésultat final prévu en 2020. Le groupe iden- généralement gratuits, mais la règle d’or chacun peut le modifier ou le diffuser via marché de 9 % pour le logiciel libre”, préciseLe nouvel Economiste - n°1565 - Cahier n°2 - Du 5 au 11 mai 2011 - Hebdomadaire 51
    • Information & technologies SERVICES INFORMATIQUES rent des logiciels, portés à moitié par la pas- des coûts, selon une étude du cabinet sion, à moitié par intérêt personnel. Les com- Accenture réalisée août 2010 en aux Etats- munautés les plus célèbres (Linux, Apache, Unis, en Grande-Bretagne et en Irlande. 71 % OW2) peuvent compter sur des dons et des d’entre elles estiment que les économies sont fondations. Les éditeurs libres développent réalisées sur la maintenance. “Le bug est également des logiciels, mais à la différence résolu plus rapidement, grâce à l’appui des “La baisse des coûts n’est plus le premier poste de satisfaction du passage à l’open source” des communautés, ils réalisent un profit réseaux communautaires. Et on ne vous grâce à la partie conseil, maintenance, sup- demande pas de passer à une version améliorée port, et formation. Idem pour les SS2L, qui tous les ans, une pratique habituelle chez les pro- assurent le lien entre les communautés du priétaires”, explique Marc Carrel-Billiard, libre et les entreprises, tout en les aidant à directeur solutions et technologies avancées basculer leur système d’information sur l’o- d’Accenture France. pen source. “Les clients veulent être assurés La baisse des coûts n’est plus le premier contre les bugs. Notre prix dépend du temps que poste de satisfaction du passage à l’open nous mettons à intervenir. On nous achète avant source : 76 % citent la qualité, 71 % la fiabi-“En 2014, nous prévoyons une part de marché tout une garantie”, relate Alexandre Zapolsky, lité, et 70 % une meilleure sécurité associée “La gratuité du logiciel libre est une idéede 9 % pour le logiciel libre”, Mathieu Poujol, président de Linagora, éditeur et prestataire à une meilleure résolution des bugs. Le fausse.” Frédéric Lau, directeur de mission audirecteur technologie & infrastructures de Pierre de services open source. “La gratuité du logi- temps où les logiciels libres étaient considé- Cigref.Audoin Consultants. ciel libre est donc une idée fausse”, prévient rés comme des sous-marques faillibles, insta- Frédéric Lau, directeur de mission au Cigref, bles, grandes ouvertes au piratage, est donc débrouillent”, lance Philippe Bournhonesque,Mathieu Poujol, directeur technologie & réseau de grandes entreprises cherchant à révolu. “Si vous disposez du code, vous pouvez directeur stratégie software France d’IBM.infrastructures du cabinet. Tous les logiciels promouvoir la culture numérique, enthou- détecter ses faiblesses, le modifier, l’améliorer, etcommerciaux ont dorénavant leur homolo- siaste à l’égard de l’open source. Les éditeurs le sécuriser”, affirme Mathieu Poujol, de Les marchés du libregue en libre, sans piraterie puisque leurs propriétaires vendent quant à eux une Pierre Audoin Consultants. “La plupart des Il existe deux grands marchés informatiques.lignes de codes diffèrent. Les entreprises ont licence, de 400 euros en moyenne (dont 10 % ministères, que ce soit la Défense, Bercy, ou la Le premier concerne les postes de travail oùainsi le choix entre deux business model : le pour le support et la maintenance) à multi- Culture, ont déjà adopté notre système de mes- Open Office sert par exemple d’alternativemonde de l’open source qui vend des servi- plier par le nombre d’ordinateurs. Pour com- sagerie “OBM””, s’enorgueillit le président de au pack Office de Microsoft. Le libre a davan-ces, ou le monde des éditeurs propriétaires tage pénétré le second : les infrastructures,qui vendent des licences. Le monde de l’open source vend des services, les serveurs, les environnements du Web. Linux pèse 35 % du parc serveur en France.Libre ou propriétaire, le monde des éditeurs propriétaires vend des licences YouTube, eBay, ou encore le système d’ex-deux mondes, deux business models ploitation Android de Google, ont été créés àCommunautés, éditeurs, sociétés de services parer le prix des deux mondes, il faut donc Linagora. Les communautés reposent en partir de logiciels libres. “Les utilisateurs debaptisées “SS2L” (L comme libre), compo- prendre en compte l’ensemble des coûts effet sur un système méritocratique. “Les Facebook ne voient que la partie visible de l’i-sent cette nébuleuse du monde libre, face informatiques (TCO pour “total cost of mauvais développements sont épinglés rapide- ceberg. Mais derrière, il existe différents sitesaux éditeurs des logiciels propriétaires ownership”). Le logiciel libre peut permettre ment. Les codes publiés sont scrutés. Lorsqu’elles Web reliés, des serveurs, des réseaux, des machi-(Microsoft, IBM, Oracle, Sun, etc.) liés histo- de les diviser par deux en moyenne, si l’on se le comprennent, les entreprises sont rassurées”, nes. Nous installons le tuyau de 12 robuste, fia-riquement aux SS2I. Les contributeurs des réfère aux prix des prestataires de services. explique Frédéric Lau. De l’autre côté, les ble et standard dans le mur de la salle de bain.communautés du libre – geeks, universitai- Mais seule la moitié des entreprises citent l’o- propriétaires promettent un confort supé- Nous ne nous occupons pas du carrelage sur lesres, professionnels – développent et amélio- pen source comme un facteur de réduction rieur avec des solutions sur étagères, leur murs de la pièce”, témoigne Cédric Thomas, maintenance, et l’installation régulière de CEO de la communauté OW2, l’un des grands versions plus élaborées. Aucun besoin de se modèles communautaires. Certains langages3 questions à tenir au courant des avancées technologiques commencent à intéresser les grandes entre- ou d’être relié à une communauté. “Avec les prises, notamment Ruby on Rail. “Le logicielCarole Jardon, organisatrice du salon Solutions Linux Open Source logiciels propriétaires, vous disposez d’une voi- libre pénètre beaucoup dans le marché de l’ou-“Le cloud computing est un nouvel atout pour le libre” ture toute construite et maintenue, alors que tillage. Ce qui sert à construire l’application et dans le libre, ce sont des bricoleurs qui se à la gérer. Le logiciel libre a d’abord été conçuQuels sont les principaux obstacles aux logi- cloud computing est un nouvel atout pour leciels libres ? libre. Il apporte une nouvelle donne puisqu’il per-Les principaux obstacles résident peut-être enco- met aux entreprises de se décharger de la main- OW2re dans l’insuffisance des connaissances des tenance de leur infrastructure. De plus en plus Le modèle communautairedécideurs sur les différents logiciels et solutions d’offres sont disponibles. Au centre du cloud onexistantes. Si le logiciel libre a pu souffrir un trouve la technologie de virtualisation avec des Une communauté du libre “peut naître sans lement des entreprises, des universités, destemps d’une image low-cost, ce n’est déjà plus le solutions open source parfaitement abouties. financements, il suffit d’un ordinateur, d’une mai- institutions : Bull, Orange, EADS, Talend, Pekingcas. Aujourd’hui il jouit avant tout une image de Côté infrastructure, le choix du libre s’impose. ling list, et d’un logiciel à partager”, indique university, ou encore le ministère de l’Intérieurstabilité, de pérennité et de flexibilité. Plus que la C’est un champ nouveau qui laisse présager de Cédric Thomas, CEO d’OW2. Le consortium d’ori- français.... Parmi eux, on trouve également desréduction des coûts, c’est justement cette flexibi- beaux jours pour le libre. Dans sa globalité, le gine européenne, spécialisé dans les logiciels PME innovantes qui disposent ainsi d’une d’infrastructures, fait partie des quatre grandes “chambre d’écho” qui leur donne une crédibilité, communautés mondiales du libre, avec Linux “un pouvoir de marché”. “Une PME isolée au “Plus que la réduction des coûts, c’est la flexibilité des logiciels libres Foundation, Apache Software Foundation, et milieu de nulle part peine plus à convaincre tout qui est considérée comme bénéfice premier” Eclipse Foundation. Difficile de comprendre com- le monde qu’elle est la meilleure”, analyse Cédric ment leurs membres – qui travaillent en réseau Thomas. A cette masse de contributeurs s’ajou-lité des logiciels libres qui est considérée comme marché conserve une très belle dynamique. Avec pour développer et améliorer des logiciels open tent 1 600 membres individuels. Ils sont à 50 %bénéfice premier par les directions informatiques encore de nouveaux entrants et des projets inno- source – consacrent leur temps au bien de l’hu- en Europe, 30 % d’Asie, 10 % d’Amérique latine,ayant adopté cette technologie. Les logiciels lib- vants. Les développeurs se forment sur la tech- manité et à l’universalisation du savoir. “Une et 10 % du reste du monde. La communautéres jouent à armes égales avec le monde proprié- nologie libre, son essor est donc inéluctable. Les communauté est un groupe d’intérêts”, explique dispose du statut d’association à but non lucratiftaire. De plus, grâce au modèle open source, le compétences sont d’ailleurs très recherchées. Cédric Thomas. Ils peuvent être passionnels ou loi 1901, déposé en France et reconnu internatio-code natif est amélioré en permanence par les L’offre d’emploi est beaucoup plus importante économiques. Le curseur varie selon les organi- nalement. Au jour le jour, elle est gérée par leutilisateurs et les contributeurs. Quand des que la demande. sations. La communauté consacrée au langage management office, qui compte 4 personnes,failles de sécurité sont détectées, elles sont Ruby reçoit peu de financements. Elle s’appuie épaulées par des contributions volontaires. Ellegénéralement très rapidement corrigées. Quels sont les grands axes du salon Solutions Linux Open Source ? “Parmi ses membres,Le logiciel libre peut-il se propager sur l’en- A sa création en 1999, le salon s’appelait Linuxsemble du marché informatique ? Est-il mena- Expo, mais nous l’avons fait évoluer, et OW2 compte Bull, Orange, EADS, Talend, Peking university,cé par le cloud computing ? accueillons tous les acteurs de l’open source. ou encore le ministère de l’Intérieur français”C’est déjà le cas puisqu’il n’existe quasi plus Nous montons des cycles sur les thèmes du logi-d’appels d’offres n’intégrant pas le logiciel libre. ciel libre : bases de données, cloud computing sur des contributions volontaires via Internet. A compte deux instances : le conseil d’administra-Les exemples de déploiements d’infrastructures (virtualisation), gouvernance, administration l’inverse, certaines sont financées par une seule tion de 19 membres. Et le technology council quilibres au sein des entreprises ou des institutions système, sécurité, les communautés du libre, les entreprise, notamment la communauté Symbian, gère les cycles de vie des projets et supervise l’é-sont pléthore et l’avènement du cloud computing questions juridiques et politiques. 65 commu- développant un système d’exploitation pour volution de la base de code. “OW2 est un terrainrenforce encore leur présence. La confiance nautés seront représentées par leurs associa- smartphone, qui dépend de Nokia. “Le problème neutre qui organise le partage”, indique Cédricaccordée à la technologie au code ouvert n’a tions. Un village consacré à la Tunisie accueillera de ces communautés, qui sont en fait des exten- Thomas. Elle héberge sur son site Internet 80cessé de croître. Le stack LAMP (Linux, Apache, 12 entreprises. Nous prévoyons également un sions marketing, résident dans leur vulnérabilité. logiciels dont 35 logiciels matures, déjà téléchar-MySQL, PHP, Python, Perl) est l’architecture cycle de conférence du consortium OW2 et un Celle d’Open Office, dépendante de Sun, a été geables. “Les autres sont en incubation, mais ced’Internet par défaut. Les plateformes qui enre- cycle sur l’éducation. Une journée entière sera bouleversée lors du rachat de la société par sont les vedettes de demain”, promet Cédricgistrent les plus fortes audiences sont construi- consacrée au cloud computing le 11 mai. Oracle. Tandis que Nokia a décidé de fermer les Thomas. OW2 revendique 2,8 millions de télé-tes sur cette architecture. C’est le cas de eBay, codes de Symbian”, explique Cédric Thomas. chargements en 2010 de logiciels matures, enGoogle, Yahoo, YouTube, Flickr, Wikipedia, ou * 10 - 12 mai au CNIT – Paris La Défense. 250 Le CEO d’OW2 vante lui son modèle d’indépen- hausse de 46 % par rapport à 2009.Facebook, pour ne citer que les plus connues. exposants et 10 000 visiteurs attendus. dance. Tous ses membres payant une cotisation,Les applications critiques d’entreprises intègrent elle est abreuvée de multiples financements. Elle A.R.aussi massivement le logiciel libre. In fine, le A.R. compte en effet 60 membres juridiques, principa-52 Le nouvel Economiste - n°1565 - Cahier n°2 - Du 5 au 11 mai 2011 - Hebdomadaire
    • Le nouvel Economiste - n°1565 - Cahier n°2 - Du 5 au 11 mai 2011 - Hebdomadaire 53
    • Information & technologies SERVICES INFORMATIQUES système d’exploitation Android pour les télé- assurer une veille technologique et la forma- dentification d’un nouveau besoin informa- phones intelligents a été sponsorisé par une tion, et couvrir les problèmes juridiques. tique, ou la création d’une start-up. trentaine d’acteurs des télécoms (dont “Vous ne pouvez pas gagner sur tous les Bouygues Telecom, Ericsson, Motorola, China tableaux, c’est la raison pour laquelle tout le Cloud, la troisième voie Mobile) concurrents d’Apple, Nokia ou monde ne se lance pas”, indique Marc Carrel- Selon IBM, l’avenir ne serait pas dans le libre Microsoft. IBM a ouvert les codes du logiciel Billiard chez Accenture. Le passage à l’open mais dans le cloud computing (informatique Eclipse pour damer le pion à Sun, en sacri- source ne s’effectue pas du jour au lende- en nuage), c’est-à-dire l’externalisation des fiant sa propriété intellectuelle sur cet envi- main. “L’entreprise ne doit pas seulement traitements informatiques via Internet qui ronnement de développement, estimée à consommer le savoir de la communauté, elle permet de bénéficier de logiciels – à la l’époque à 40 millions de dollars. “Nous ne doit lui aussi apporter quelque chose. Selon manière de Gmail ou Hotmail –, ou d’une infrastructure. “Après la tendance du libre, apparaît une demande de simplicité. Du côté de “Avec les logiciels propriétaires, vous disposez d’une voiture l’offre, le Graal des éditeurs open source est de toute construite et maintenue, alors que dans le libre, proposer du cloud. Il ne le restera qu’une étape ce sont des bricoleurs qui se débrouillent” pour accomplir leur mue: enlever la licence open source”, analyse Philippe Bournhonesque. Selon lui, le cloud propose un mode de servi- parvenions pas à percer avec nos logiciels, alors notre étude, seuls 29 % des entreprises utilisa- ces alternatif à celui du monde libre. Mais là nous avons basculé dans l’open source, tout en trices acceptent de partager, une majorité ne encore, dans les faits, les deux mondes sont soutenant une communauté. Aujourd’hui, tous joue donc pas vraiment le jeu”, ajoute-t-il. Au imbriqués. Google et Amazon, deux grands nos concurrents utilisent Eclipse : Google, final, si la communauté n’a affaire qu’à des acteurs du cloud computing, ont rapidement“Le bug est résolu plus rapidement, grâce à Oracle, Nokia,...”, témoigne Philippe consommateurs, elle s’essouffle. La crainte développé leurs systèmes grâce aux stocks del’appui des réseaux communautaires”, Marc Bournhonesque chez IBM. De son côté, Sun a de divulguer certains secrets commerciaux, logiciels libres existants. “Ils ne sont ainsi pasCarrel-Billiard, directeur solutions et concocté des alliances avec Open Office. La par exemple un moteur de calcul de risque partis de zéro, ils n’ont pas investi des sommestechnologies avancées d’Accenture. vie des communautés est donc liée à des pour une assurance, freine les entreprises. considérables en développement”, indique enjeux économiques. “Ce n’est pas le monde “Mais en apportant du contenu à la commu- Mathieu Poujol. Par ailleurs, nombre de pla-par et pour les informaticiens”, résume de Oui-oui”, glisse Philippe Montarges, prési- nauté, elles gagnent en crédibilité, intègrent un teformes cloud proposent des logiciels libres,Mathieu Poujol. Mais le périmètre est en dent d’Alterway, opérateur de services open réseau privilégié, et récoltent des informations y compris celle de Microsoft. L’autre per-train de s’élargir. “De plus en plus d’utilisateurs source. Parfois, les relations entre les grands plus rapidement”, explique Marc Carrel- spective du monde libre réside dans les logi-demandent de l’open source car ils rencontrent groupes et celles-ci se tendent. Le rachat de Billiard. Même son de cloche du côté du ciels embarqués. “En France, des industriesmoins de failles et les produits sont plus stan- Sun par Oracle en janvier 2010 a conduit à la Syntec. “Employer cinq informaticiens pour très intensives, comme l’aérospatial avec le sys-dardisés”, constate Frédéric Lau, du Cigref. sécession de la communauté Open Office en modifier le logiciel libre de gestion de base de tème d’information de l’A380, ou la défense,Windows possède ses propres formats, septembre 2010. La firme a finalement données My SQL serait une très mauvaise idée avec les sonars de la marine nationale, fonc-comme le format WMA des fichiers audio, qui annoncé le 19 avril 2011, qu’elle cédait la et personne ne le fait. Ce ne serait pas stable. Au tionnent en open source”, indique Mathieune fonctionne pas sur le logiciel iTunes Poujol. De leur côté, PSA et BMW se sontd’Apple. A l’inverse, le libre mise sur l’uni- associés dans le projet Genivi, une plate-versalisation. Un tri est toutefois nécessaire “Le nouveau paradigme implique des changements de gouvernance forme commune de développement pour l’in-dans la profusion d’offres de logiciels libres. pour interagir avec les communautés, assurer une veille technologique, formatique embarquée des véhicules.Sur la plateforme Source forge, des centaines la formation, et couvrir les problèmes juridiques” Comme le montre le projet Fiat Mio, l’opende milliers de programmes sont disponibles, source offre donc un nouvel outil de mutua-mais beaucoup sont considérés comme de lisation de la R&D.médiocre qualité. “Sur les 300 000 logiciels lib- marque OpenOffice.org à la communauté. contraire, leur demande d’intégrer la commu-res existants, 100 000 sont connus, et nous en Les deux mondes ne sont donc pas cloison- nauté Apache et de trouver de nouvelles appli-avons identifié 270 qui ont véritablement fait nés, ils se complètent. La plupart des éditeurs cations en réseau, permet de peser dansleurs preuves”, indique Frédéric Lau. En face, propriétaires et des SS2I ont dorénavant un l’évolution du logiciel, qui correspond ainsiles logiciels propriétaire poursuivent égale- département consacré aux logiciels libres. Il davantage à ses besoins”, estime Patricement leur croissance. “Si l’open source avait faut en être, prouver qu’on participe à des Bertrand, président du comité Open sourcedes avantages extraordinaires, nous ne ferions communautés, ouvrir des lignes de codes. du Syntec numérique, et directeur général deplus de chiffre”, note-t-on chez IBM. Même Microsoft, éternel résistant, s’engage Smile. Une nouvelle mission de veille tech- dans l’open source. Alors qu’en 2001, le CEO nologique émerge également pour les déve-La frontière, pas si binaire Steve Ballmer considérait Linux comme un loppeurs, puisqu’il ne s’agit plus d’attendreA l’avenir, le monde libre peut-il submerger “cancer” dans un entretien au Chicago Sun- la nouvelle version envoyée par l’éditeur pro- CHIFFRES REVELATEURSle monde propriétaire? Malgré les avantages Times, et qu’en janvier 2005, Bill Gates fusti- priétaire. Autre nouveauté : les probléma- Le libre gagne du terrainde la démarche, personne ne croit à un geait des démarches de “communistes” sur le tiques juridiques, à surveiller comme le lait En 2010, le marché du libre atteint 2,2 Mds enmonde de l’informatique totalement libre. site informatique CNET. “Nous avons changé”, sur le feu. Car derrière la théorie du code France, sur un chiffre d’affaires total de 35,69 MdsEn réalité, le choix entre monde libre et pro- affirme Alfonso Castro, directeur interopé- ouvert, librement modifiable et diffusable, il (logiciels et services informatiques), soit 5,7 %. Il a pro-priétaire n’est pas si binaire. Au sein de l’en- rabilité chez Microsoft. La marque a passé existe de nombreuses variantes, et plus d’une gressé de 32 % de 2009 à 2010.treprise, ils cohabitent. “Le système des accords avec Linux pour favoriser la com- cinquantaine de formes de licences diffé- Entre 2010 et 2014, une croissance moyenne annuelled’information des entreprises combine les deux. patibilité technique des deux systèmes d’ex- rentes. “Il existe des licences open source viral, de 20 % est attendue, à comparer avec les 4 % prévusLa souplesse de l’un permet de s’associer à la ploitation, et s’assurer ainsi la confiance de notamment les codes dits “GPL” [General Public pour le marché propriétaire.facilité de l’autre”, affirme le Cigref. Dans l’of- leurs clients, qui se méfiaient des consé- Licence, ndlr]. Comme une goutte de vin dans En 2014, la part de marché du logiciel libre pourraitfre même, les deux mondes sont imbriqués. quences d’une guerre sur la stabilité de leur une bouteille d’eau qui rosit, si vous mettez deux atteindre 9 %.D’abord, les éditeurs du libre peuvent pro- système d’information. lignes de code GPL dans un code Windows, tout (Source Pierre Audoin Consultants, 2011)poser des doubles licences. Avec par exem- le code devient open source. Il faut une rigueurple, une version gratuite et une version Nouveau paradigme, inimaginable pour s’assurer qu’il n’y a pas deuxaméliorée payante. Ou encore en n’ouvrant nouvelle gouvernance lignes de code GPL dans un logiciel”, prévient Lire les dossiers précédentsqu’une partie des codes. Ensuite, historique- Ce nouveau paradigme implique des chan- IBM. Face à toutes ces nouveautés, il est plus Les archives numériquesment, les logiciels libres ont connu un essor gements de gouvernance pour l’entreprise facile de passer au libre sur des terrains vier- nouveleconomiste.frgrâce à l’appui des éditeurs propriétaires. Le qui souhaite interagir avec les communautés, ges : la création d’une nouvelle filiale, l’i- (consultation gratuite)54 Le nouvel Economiste - n°1565 - Cahier n°2 - Du 5 au 11 mai 2011 - Hebdomadaire