Discours dg fao pour la rentrée solennelle 2011 de l'ugb

  • 1,267 views
Uploaded on

malheureusementLEÇON INAUGURALE DE L'UNIVERSITÉ GASTON BERGER DE …

malheureusementLEÇON INAUGURALE DE L'UNIVERSITÉ GASTON BERGER DE
SAINT-LOUIS
Thème: «L’avenir de l’agriculture en Afrique»
Saint-Louis, Sénégal
27 avril 2011

More in: Business
  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Are you sure you want to
    Your message goes here
    Be the first to comment
    Be the first to like this
No Downloads

Views

Total Views
1,267
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
0

Actions

Shares
Downloads
7
Comments
0
Likes
0

Embeds 0

No embeds

Report content

Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
    No notes for slide

Transcript

  • 1. 27/04/2011 LEÇON INAUGURALE DE LUNIVERSITÉ GASTON BERGER DE SAINT-LOUIS Thème: «L’avenir de l’agriculture en Afrique» Saint-Louis, Sénégal 27 avril 2011Madame, Messieurs les Ministres,Monsieur le Recteur,Mesdames, Messieurs les Membres de l’Assemblée de l’Université,Chers étudiants et amis,Excellences, Mesdames et Messieurs,Honorables invités,I. IntroductionPermettez-moi tout d’abord d’exprimer ma profonde gratitude à l’Assemblée del’Université Gaston Berger qui, en sa séance du 10 février 2011, a accepté laproposition de choisir le Directeur général de la FAO, comme parrain de laNouvelle Unité de Formation et de Recherche de Sciences Agronomiques,d’Aquaculture et de Technologies Alimentaires.Aucun acte ne pouvait, au plan personnel, revêtir une valeur plus émotive quecette leçon inaugurale.
  • 2. 2Le hasard, que Cournot définit comme «la rencontre des phénomènes quiappartiennent à des séries indépendantes dans l’ordre de la causalité», a vouluque la lecture ait lieu en cette ville historique, où le cours d’eau qui porte le nomde notre pays étreint, dans ses bras affectueux, l’île enchanteresse où j’ai vu lejour.Il finit sa course nonchalante du côté de l’hydrobase au sable blanc, dans uneembouchure, témoin direct et patient du dialogue saisonnier du fleuve et de lamer, au rythme du flux et du reflux.Ce site, si calme et un peu complice, pourrait cependant raconter, aux habitantsde la cité, le premier envol glorieux des pilotes de l’aéropostale, au-dessus del’Atlantique, à destination de Natal, au Brésil.Mesdames et Messieurs,Il est d’usage, en une solennelle circonstance comme celle qui nous réunitaujourd’hui, de rappeler que la jeunesse porte les espoirs du pays et qu’elle est lesocle de notre avenir. C’est, en effet, la loi biologique de formation, demultiplication, d’évolution, de dégénérescence et enfin de cessation desactivités des cellules qui détermine de manière inéluctable la durée de la viedans le règne animal. L’être humain n’échappe pas à ce déterminisme et lapyramide des âges est une des caractéristiques d’une population.Au Sénégal, 68% des 13 millions de personnes ont moins de 25 ans. Vous êtes,en outre, la génération de l’Iphone, de l’IPAD, de Google, de Facebook, deTwitter, du « Cloud computing », du courrier électronique et des messagesinstantanés.Vous êtes donc, d’ores et déjà, les acteurs principaux de votre destin et de celuide la Nation, car ce sont les choix que vous effectuerez et les actions que vousmènerez dès maintenant qui détermineront le cours de l’histoire de notre pays.
  • 3. 3Ainsi donc, par delà l’émotion que je ressens, c’est la raison qui va émailler mespropos.L’Université, l’alma mater, la mère nourricière, va vous ouvrir les portes de laconnaissance qui est indispensable à la productivité et à l’efficacité.Elle va vous permettre de passer de lopinion relevant de lappréciation, delapparence, des sens et donc du subjectivisme, à la connaissance qui est dudomaine des concepts, de la réalité, de la pensée et partant de lobjectivisme.Platon nous dit: «Il me semble que celui qui sait quelque chose perçoit la chosequil sait. Aussi loin que je puisse le discerner à présent, la connaissance nestrien dautre que la perception» et Socrate complète en disant: «La perception estdonc toujours quelque chose qui est, et puisquelle est une connaissance, elle estinfaillible»1. Il ajoute: «Mais toutes les choses dont nous aimons à dire quellessont, sont réellement en train de devenir» pour souligner la théorie delévolutionnisme.LUniversité va aussi vous initier à la logique cartésienne des règles du«Discours de la méthode», ainsi qu’à la dialectique qui est questionnement pourtrouver des réponses et dépassement des conclusions primaires par leurélargissement et leur approfondissement. Elles seront des outils analytiques etméthodologiques indispensables pour aller, selon Kant2, du noumène «postulatde la raison pratique», au phénomène objet de vos études et de vosconnaissances, afin de comprendre le sens de lenseignement de vos professeurset de pouvoir passer de la base théorique au processus opératoire.Mais si la pensée universelle m’a imposé le devoir de remonter à des référencesoccidentales, pour situer le cadre de la gnoséologie, en tant que « Théorie de laconnaissance, de ses sources et des ses formes », je ne peux oublier que je1 Théétète « Postulats de la raison pratique »2 Critique la raison pure
  • 4. 4m’adresse à un auditoire sénégalais qui a des sources négro-africainesauthentiques.En effet, « la philosophie donne aux évènements leur dimension en hauteur,mais c’est l’histoire qui leur donne leur dimension en profondeur ».Aujourd’hui, les ethnologues acceptent l’origine africaine de l’humanité. Maisc’est le regretté Professeur Cheikh Anta Diop, auteur du livre: « Nations nègreset culture » qui a établi de manière scientifique en utilisant notamment latechnique de datation au Carbone 14, ainsi que des explications ethnologiques etlinguistiques, l’origine nègre de la civilisation égypto-nubienne.En exerçant plus tard votre métier dans le terroir aux fins fonds du pays rural, auplan régional ou mondial, vous devrez veiller à votre enracinement dans vosvaleurs de civilisation. Il s’agit certes de s’ouvrir sans complexe au souffle de latechnicité d’un monde devenu un village planétaire. Mais il vous faut rester fiersdes combats pour la liberté, menés naguère, avec courage et vaillance, par vosancêtres qui avaient bâti des royaumes et des empires florissants sur la terred’Afrique.Plus récemment, ce sont les luttes victorieuses des pionniers inlassables del’indépendance qui ont permis aux pays du continent d’accéder à la souverainetéinternationale.Vous êtes les héritiers de ce syncrétisme d’enracinement et d’ouverture de laculture du XXIe siècle. Aucune fonction, si haute soit-elle, nationale ouinternationale, n’est hors de votre portée, pour autant que vous bâtissiez delégitimes ambitions sur la compétence et la patience, la rigueur et le labeur.II. La gouvernance de la sécurité alimentaire mondialeA la suite de la flambée des prix des denrées alimentaires de 2007/2008,pourtant annoncée quelques mois à l’avance par la FAO dans ses publications et
  • 5. 5dans les médias, la question de la gouvernance de la sécurité alimentairemondiale a été posée, au cours de la Conférence de haut niveau de la FAO sur lasécurité alimentaire mondiale, à Rome. Cette réunion des ministres del’agriculture de juin 2009 est devenue de facto un Sommet avec la participationde nombreux Chefs d’Etat et de Gouvernement. Ce sujet a été repris aussi auSommet mondial sur la sécurité alimentaire de novembre 2010.Il convient d’expliquer que plusieurs partenaires interviennent en effet dans cesecteur au plan international.L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO)fournit les statistiques sur la production, l’utilisation, les stocks, le commerce etles prix pour les cultures, les produits de l’élevage, les forêts, la pêche etl’aquaculture, l’eau, les terres et la biodiversité, de même que les études et lesprojections correspondantes. Elle sert de forum neutre pour la négociation despolitiques et des accords internationaux d’utilisation durable des ressources dansces secteurs et sur les aspects d’éthique en agriculture et de droit àl’alimentation. Elle dispose d’un Système d’information et d’alerte rapide sur lasécurité alimentaire. Elle établit, avec l’Organisation Mondiale pour la Santé(OMS), les normes de sécurité sanitaire et de qualité des produits alimentairespour protéger les consommateurs et donner une base scientifique à l’applicationdes règles sanitaires et phytosanitaires de l’Organisation Mondiale duCommerce (OMC). Elle apporte une assistance aux pays membres dans laformulation des plans, des politiques et des stratégies agricoles, la préparation deprojets bancables, la solution de problèmes techniques, la lutte contre lesdéprédateurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes. Elleintervient aussi, en cas de catastrophes naturelles, pour rebâtir les capacitésproductives des agriculteurs, des pêcheurs et des éleveurs.
  • 6. 6Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) fournit de l’aide alimentaire en casde crise à partir de stocks mis à sa disposition par les pays excédentaires etd’achats locaux réalisés avec des financements externes.Le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA) est une banquespécialisée qui accorde des prêts bonifiés pour la lutte contre la pauvreté rurale.Mais d’autres institutions jouent un rôle déterminant dans la sécurité alimentairedu monde.La Banque mondiale est le principal bailleur de fonds pour le Développementdans le monde, suivi des Banques régionales (Banque africaine, Banqueasiatique, Banque interaméricaine, Banque européenne) et sous-régionales, maisaussi du Fonds européen pour le développement des pays d’Afrique, Caraïbes,Pacifiques, de la Banque islamique, etc.Les négociations sur le commerce, notamment les droits de douane, taxes,subventions et autres soutiens, barrières techniques au commerce, propriétéintellectuelle, etc., sont conduites dans le cadre de l’Organisation Mondiale duCommerce.La FAO avait indiqué dès le deuxième Sommet Mondial de l’Alimentation desChefs d’Etat et de Gouvernement, en 2002, que si la tendance à la baisse desressources et les politiques agricoles n’étaient pas changées, l’objectif dediminuer de moitié le nombre de personnes qui ont faim à l’horizon 2015, neserait atteint qu’en 2150.C’est pourquoi, les Etats membres ont cru qu’il était urgent et nécessaired’engager le débat sur les institutions de la gouvernance mondiale de la sécuritéalimentaire. Ces discussions ont eu lieu dans un cadre démocratique et universelentre les représentants des Etats membres souverains de toute la communautéinternationale dont les pouvoirs ont été validés par un comité d’accréditation.
  • 7. 7Les agences, les fonds et les programmes des Nations Unies, les Institutions deBretton Woods, la Société Civile, les ONG et le secteur privé ont participé à cesnégociations.A l’issue des réunions, du 27 avril au 4 septembre 2009, et de latrente-cinquième session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, du14 au 17 octobre 2009, qui se sont tenues au siège de la FAO à Rome, laConférence des Etats membres a approuvé, en sa réunion de novembre 2009, ladécision de confier la gouvernance au Comité de la sécurité alimentairemondiale. Cet organisme comprend tous les Etats membres de la FAO et desNations Unies. Le secrétariat de cette institution est assuré par la FAO, le FIDAet le PAM. Un président appuyé par un Bureau, composé de représentants desdifférents groupes régionaux, se réunit régulièrement et peut convoquer, en casde nécessité, des réunions extraordinaires. Le Comité mondial de la sécuritéalimentaire mondiale fait rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies, àtravers le Conseil économique et social.Un Comité d’experts de haut niveau présidé par le Professeur Swaminathanprépare les travaux du Comité de la sécurité alimentaire mondiale et donne desavis sur les questions techniques.Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale utilise naturellement les études etles rapports de la FAO sur l’évolution et les projections de la demande, del’offre, du commerce, des prix sur le marché international, ainsi que les donnéesfournies régulièrement par le Système mondial d’information et d’alerte rapide(SMIAR/GIEWS) qui, grâce à la télédétection, peut s’appuyer sur lesrenseignements des satellites géostationnaires d’observation terrestre.III. La demande alimentaire est en expansion, tant en quantité qu’en qualité
  • 8. 8Chers étudiants, vous avez choisi de consacrer vos talents à un secteur vital pourlavenir du monde. Il faut non seulement nourrir 925 millions de personnes quiont faim, mais aussi augmenter la production alimentaire de 70% au niveaumondial et de 100% dans les pays en développement. Le monde doit en effetfaire face à une croissance démographique qui va porter la population de6,9 milliards de personnes actuellement à 9,1 milliards à l’horizon 2050.La région qui compte le plus de personnes sous-alimentées est l’Asie/ Pacifiqueavec 578 millions. En Afrique, ce nombre représente 25% de la population, soit245 millions dont 237 millions dans la région au Sud du Sahara.En outre, le dernier rapport annuel de la FAO sur «La situation mondiale del’alimentation et de l’agriculture» montre que les femmes représentent 43% dela main d’œuvre agricole dans les pays en développement (50% en Afriquesubsaharienne). Mais elles ont un accès inférieur aux ressources productives etaux opportunités. Si on comble ce fossé hommes-femmes, leur rendementpourrait augmenter de 20 à 30%, avec un impact positif sur la productionagricole des pays en développement de 2,5 à 4%. Cela entrainerait une baisse dunombre de personnes qui ont faim de 12 à 17% par an, soit de 100 à150 millions.Les tendances actuelles de la transformation des régimes alimentaires devraientse poursuivre du fait notamment du taux élevé d’urbanisation. Ainsi en 2050, leszones urbaines représenteront 70% de la population globale. Elles devraient êtreaccentuées par l’amélioration rapide du niveau de vie moyen des populationsdans les pays émergents. Sur la période 1980-2005, la demande de viande adoublé et pour les œufs, elle a été multipliée par 4. Ce changement d’habitudealimentaire va se traduire par une demande mondiale plus forte de céréales car ilfaut 7 kilogrammes de cereales pour produire 1 kilogramme de viande de bœufet 2,5 kilogrammes pour produire 1 kilogramme de viande de volaille.
  • 9. 9IV. L’agriculture doit également faire face à des nouvelles contraintesLes ressources naturelles, l’eau et la terre, qui sont la base de la production, vontdonc être utilisées plus intensivement pour faire face à la demande croissantedaliments.L’augmentation des besoins en eau, d’environ 64 milliards de mètres cubes paran, et le réchauffement climatique, en particulier dans les zones arides etsemi-arides, vont poser de manière aiguë le problème de laccès à cette ressourcerare. Leau douce représente en effet 2,5% de leau totale. En outre 31,4% decette eau nest pas directement accessible car elle se présente sous forme deglaciers et deau souterraine.L’eau est certainement le facteur déterminant de l’augmentation de laproductivité et la production. En effet, le secteur agricole consomme environ70% de leau douce.Les études de la FAO montrent que pour satisfaire les besoins alimentaires de lapopulation mondiale en 2050, les terres équipées de systèmes d’irrigation, quireprésentent 290 millions d’hectares aujourd’hui, devraient augmenter de32 millions d’hectares.L’agriculture irriguée est beaucoup moins vulnérable aux variations et auxchangements climatiques. En outre, ses rendements sont trois fois plus élevésque ceux de l’agriculture pluviale.L’agriculture irriguée, pratiquée sur environ un cinquième des terres arables dela planète, assure environ 50% de la production vivrière et près de 60% de laproduction céréalière mondiale.Hélas, en Afrique, seulement 7% cent des terres arables sont irriguées, et ce tauxtombe à 4% pour l’Afrique subsaharienne, comparé à 38% en Asie et 20% dans
  • 10. 10le monde. Pourtant, le continent n’utilise que 4% de ses réserves hydriques,contre 20% en Asie. Cela veut dire que sur 93% des terres en Afrique, la vie de60% de la population qui est rurale dépend de la pluie, facteur de plus en plusaléatoire avec les changements climatiques.A l’occasion de la Conférence ministérielle sur «L’eau pour l’agriculture etl’énergie en Afrique: les défis du changement climatique» organisée par la FAOen décembre 2008, en collaboration avec l’Union africaine, l’Organisation apréparé des fiches nationales d’investissement en faveur de projets pour lamaîtrise de l’eau en Afrique à court, moyen et long termes. Les projets ont étépréparés, en consultation avec chaque pays, pour un montant total de65 milliards de dollars US.D’autre part, la pratique de l’agriculture de conservation, qui prévoit un travailminimal du sol et le maintien d’une couverture végétale avec des pailles oud’autres matières organiques pour en conserver l’humidité, permet de diminuerl’irrigation. Elle entraine une réduction des besoins en eau des cultures de 30%.Elle atténue l’impact des hautes températures et diminue les besoinsénergétiques de l’agriculture de 70%. Enfin, elle contribue à la fixation dequelque 200 kilogrammes de carbone par hectare et par an.Aujourd’hui, environ 1,6 milliard d’hectares sont cultivés dans le monde et onestime qu’il faudra trouver 120 millions d’hectares additionnels dans les pays endéveloppement d’ici à 2050. Les disponibilités en terres arables pour laproduction sont surtout importantes en Amérique Latine et dans les Caraïbesavec 1066 millions d’hectares (2,14 ha/cap), en Afrique au sud du Sahara1 031 millions d’hectares (1,80 ha /cap) et dans les pays en transition497 millions d’hectares (1,20ha/cap). C’est ce qui explique la récente ruée despays déficitaires vers ces terres disponibles pour sécuriser leursapprovisionnements nationaux en produits agricoles. Ces investissements privéssont nécessaires mais dans le cadre de contrats équilibrés avec des partenariats
  • 11. 11qui permettent à chaque partie d’apporter une contribution en fonction de sonavantage comparatif. La FAO coopère avec la Banque mondiale, la CNUCED etle FIDA pour la préparation et la négociation d’un code de conduite sur lesinvestissements agricoles dans les pays en développement.La préservation de la biodiversité agricole sera aussi un des défis majeurs desprochaines décennies. Il s’agit des ressources génétiques animales et végétales,des espèces sauvages qui leur sont apparentées et, plus largement, de toutescelles qui contribuent au bon fonctionnement des écosystèmes.Le traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation etl’agriculture, adopté en 2001 après huit ans de négociations par les membres dala FAO est entré en vigueur en juillet 2004. Ce traité a été signé par 126 pays etpar l’Union européenne. Il a permis, depuis 2007, l’accès facilité et le partagedes avantages avec plus de 1,3 millions d’accessions appartenant à 64 desespèces cultivées qui représentent 80% des aliments d’origine végétale.Les questions de la sécurité sanitaire et la qualité des aliments sont traitées par laCommission mixte FAO/OMS du Codex Alimentarius et la Conventioninternationale de la FAO pour la protection des végétaux. Pour assurer lasécurité sanitaire des aliments que nous consommons, plus de 320 normes,directives et codes ont été élaborés couvrant les principaux produitsalimentaires. Aujourd’hui, la date d’expiration des denrées périssables est unexemple de normes qui est devenue une pratique commune de notre viequotidienne. En outre, plus de 3700 limites maximales Codex pour les résidus depesticides et de médicaments vétérinaires, quelques 2000 dispositions Codexrelatives aux additifs alimentaires et 150 normes pour les concentrationsmaximales des contaminants et des toxines naturelles ont été établis.D’importants traités et instruments internationaux ont été conclus sous lesauspices de la FAO.
  • 12. 12Le Code de conduite pour une pêche responsable a été adopté en 1995, aprèssept années de négociations. Il devrait contribuer à la réduction de la pêcheillégale et non déclarée dont le coût est estimé à une valeur de 10 à 23 milliardsde dollars US, notamment grâce à la proposition d’un registre mondial desnavires de pêche avec un numéro d’identification unique pour améliorer latransparence et la surveillance.La Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable enconnaissance de certains produits chimiques et pesticides dangereux dans lecommerce international est entrée en vigueur en 2004 dans le cadre denégociations conduites conjointement par la FAO et le Programme des NationsUnies pour l’environnement (PNUE). La convention qui couvre dans un premiertemps 22 pesticides et cinq produits chimiques dangereux exige quel’exportation de ces produits n’ait lieu qu’avec le consentement préalable enconnaissance de cause (PIC) de la partie importatrice.La FAO mène également des actions et des programmes visant à lutter contre lespollutions. Au cours des dix dernières années, près de 50 millions de dollars USont été mobilisés pour aider 36 pays dans lélimination de pesticides périmés etpour renforcer leurs capacités en matière de réduction des risques. LeProgramme africain, relatif aux stocks de pesticides obsolètes, est devenu uneréférence pour les autres régions du monde.Le Programme de lutte biologique intégrée a permis laugmentation desrendements et la réduction de lutilisation de pesticides chimiques sur lescultures importantes comme le riz, le coton et les cultures maraîchères. LeProgramme de champs-école dans ce domaine a bénéficié à 10 millionsdagriculteurs dans 90 pays.L’agriculture devra aussi s’adapter aux effets du changement climatique:températures plus élevées, disponibilité en eau moins régulière, augmentation de
  • 13. 13la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles, perturbation desécosystèmes, et progression des ravageurs et augmentation des maladies desplantes et des animaux.En Afrique subsaharienne, les rendements des cultures pluviales, qui sont déjàparmi les plus faibles dans le monde, pourraient reculer de moitié d’ici à 2050, sirien n’est fait au niveau des mesures d’adaptation.L’agriculture et les forêts représentent 31% du total des émissions de gaz à effetde serre – 14% pour l’agriculture et 17% pour les forêts. Cependant, ces deuxsecteurs peuvent apporter une réduction importante, à hauteur de 80%, par leurfonction de puits de carbone et par leur potentiel de réduction des émissionsgrâce à des techniques agricoles améliorées et durables.Dans ses actions d’appui aux efforts d’adaptation aux changements climatiqueset d’atténuation de leurs effets, la FAO a, en 2002, créé le Mécanisme pour lesprogrammes forestiers nationaux. Il soutient actuellement 70 pays etorganisations régionales. La FAO a lancé aussi en 2008, en partenariat avec lePNUE et le PNUD, le Programme de l’ONU pour la réduction des émissionsrésultant du déboisement et de la dégradation des forêts dans les pays endéveloppement, connu sous le nom de «ONU-REDD». Il est actuellement misen œuvre dans neuf pays pilotes dont trois en Afrique (République démocratiquedu Congo, Tanzanie et Zambie). En 2009, un Système mondial de surveillancedes forêts a été lancé, pour contrôler leur évolution et faciliter lacomptabilisation du carbone et des paiements à effectuer au titre du programmeREDD. Il s’agit d’un progrès important en matière de monitorage des forêts. Lesdonnées satellitaires à haute résolution de ce genre sont ainsi, pour la premièrefois, fournies directement aux pays en développement, pour cette surveillance.V. Unis on peut relever les défis et réaliser nos objectifs
  • 14. 14Pour gagner dans la bataille contre l’insécurité alimentaire, il faut que tous lesacteurs concernés agissent d’urgence et de manière concertéeNaturellement, ce sont d’abord les pays souverains qui ont le devoir d’assurer lasécurité alimentaire de leur peuple. Ce sont les gouvernements qui décident despolitiques agricoles. Ce sont les parlements qui votent les budgets et contrôlentlaction du pouvoir exécutif.C’est aussi la responsabilité des agriculteurs de produire, mais dans un cadre quisoit incitatif, par la garantie dun revenu décent, la mise à leur disposition defacteurs modernes de productivité ainsi que la réalisation des conditions definancement, de commercialisation, de stockage et d’accroissement de la valeurajoutée par la transformation agro-industrielle.Les universités et centres de recherche ont un rôle central dans la génération etla diffusion d’intrants modernes de production et la mise au point de meilleurespratiques agricoles, mais aussi la transmission de ces informations etconnaissances aux étudiants et aux agriculteurs.La communauté internationale a aussi la responsabilité de veiller àl’établissement d’un système agricole mondial équitable qui offre à tous lesagriculteurs du monde, aussi bien des pays en développement que des paysdéveloppés, la possibilité de gagner dignement leur vie. A cet effet, il convient,après dix ans de négociation, darriver enfin à un accord dans le cadre desnégociations de Doha de lOrganisation Mondiale du Commerce. Les échangesagricoles internationaux actuels ne sont ni libres ni équitables. Les pays delOCDE accordent un équivalent de soutien à leurs agriculteurs de 365 milliardsde dollars US par an. En outre des barrières techniques au commerce,notamment sanitaires et phytosanitaires ou relevant de la propriété intellectuelleconstituent des freins aux exportations des pays du tiers-monde. Il faut aussisouligner que les politiques ayant abouti à un usage croissant non alimentaire
  • 15. 15des produits agricoles, sont une parfaite illustration de dérives inacceptables. Laproduction de biocarburants a plus que triplé entre 2000 et 2008. Elle a entraînéle détournement, chaque année, de plus de 100 millions de tonnes des céréales,soit 10% de la production mondiale, vers le secteur des transports. Au rythmeactuel, la production de biocarburants pourrait doubler au cours des dixprochaines années. Cette évolution est due à des pays développés qui accordentdes subventions denviron 13 milliards de dollars US à ce secteur et érigent desbarrières tarifaires pour empêcher larrivée de produits concurrents sur leursmarchés.VI. Les travaux de la FAO et le G20La volatilité croissante des prix des produits agricoles, au cours des dernièresannées, constitue une préoccupation majeure car elle menace non seulement lasécurité alimentaire des populations, mais aussi la stabilité sociale et politiquedu monde. Depuis juin 2010, l’Indice FAO des prix des denrées alimentaires aconnu une tendance à la hausse et a atteint, en janvier dernier, son plus hautniveau. Il a augmenté davantage au mois de février pour atteindre 236 points,soit une augmentation de 40% par rapport à juin 2010 et de 5% par rapport à sonrecord de juin 2008.Cette volatilité est structurellement le résultat de l’insuffisance de l’offre parrapport à la demande. L’incertitude des marchés a des effets directs sur lesdécisions et les flux d’investissement. Elle rend difficile la contractualisationentre producteurs, commerçants et agro-industriels.La Présidence du G20, où l’Afrique du Sud est le seul membre africain, ademandé à la FAO et à lOCDE de coordonner la préparation des études, avecles différents partenaires des Institutions de Bretton Woods et du Système desNations Unies, notamment pour proposer des mesures concrètes qui seront
  • 16. 16soumises en juin 2011 à la réunion des ministres de lagriculture préparatoire auSommet de Cannes de novembre 2011.La FAO a publié récemment le Guide pour l’action à l’intention des paysconfrontés à la flambée des prix des denrées alimentaires. Elle organise desséminaires régionaux à Bangkok pour la région Asie-Pacifique et va continuercet exercice pour toutes les autres régions (Afrique, Amérique latine, Asiecentrale, Europe et Proche-Orient), afin d’aider les gouvernements à faire face àla volatilité des prix en tirant toutes les leçons de lexpérience de la crise de2007-2008.VII. Le financement de l’AgriculturePour développer l’agriculture de façon durable et nourrir le monde, il faut desmoyens financiers et des investissements, à la hauteur des défis. Maisparadoxalement, les fonds destinés à l’agriculture ont baissé de manièredrastique. Dans l’histoire de la pensée économique, aucune des écoles à maconnaissance, n’a avancé l’idée que pour développer un secteur il faut diminuerles fonds qui lui sont affectés.Aujourd’hui les faits sont là: la part de l’aide publique au développementmondiale en faveur de l’agriculture est tombée de 19% en 1980 à 3% en 2003, etse situe maintenant aux alentours de 5%. En 2006, la Banque mondialeconsacrait 6% de ses ressources à l’agriculture, contre 30% en 1980. Le10ème Fond européen de développement, n’a consacré que 4,2% à l’agriculture etla sécurité alimentaire et au développement rural des Pays d’Afrique, Caraïbes etPacifiques.Les pays en voie développement, pourtant les plus affectés par les pénuriesalimentaires, n’ont pas accordé une priorité suffisante à l’agriculture.
  • 17. 17Ainsi, en dépit de la Déclaration des Chefs d’Etat et de Gouvernement africainsde Maputo en 2003, seuls huit pays consacrent aujourd’hui au moins 10% deleur budget national à l’agriculture. Même si dans les différents pays qui ont eudu succès, les performances de l’agriculture ont été le reflet de politiquesagricoles cohérentes et ils ont maintenu les incitations positives à la productionnotamment par l’accès aux intrants modernes, à la commercialisation par desgaranties de marché et au revenu des agriculteurs par des prix rémunérateurs.La FAO évalue les investissements nécessaires dans les pays en développementpour soutenir la hausse de 70% de la production agricole à un montant netannuel de 83 milliards de dollars (US base 2009). Ce total comprend les besoinsen investissement dans l’agriculture primaire et les services nécessaires en aval,telles que les installations de stockages et de transformation. Il ne comprend pasles infrastructures publiques comme que les routes, les projets d’irrigation àgrande échelle, l’électrification et d’autres éléments nécessaires à unenvironnement favorable au développement agricole.L’augmentation des investissements nécessaires pour réduire l’écart global entreles besoins et les niveaux actuels est de 50% environ. Il s’agit d’unecomparaison entre les investissements bruts annuels de 209 milliards de dollarsUS nécessaires (qui comprennent le coût du renouvellement des investissementspour dépréciation) avec l’investissement moyen annuel par an au cours des dixdernières années de 142 millions de dollars US.Ces 83 milliards de dollars US devraient être ventilés en 20 milliards de dollarsUS pour la production végétale, en 13 milliards de dollars US pour la productionanimale et 50 milliards de dollars US pour les services de soutien en aval(chaine de froid, entreposage, marchés ruraux et de gros et transformationprimaire des produits).
  • 18. 18A l’échelle mondiale les dépenses pour la recherche agricole sont évaluées à23 milliards de dollars US. Il faudrait des ressources supplémentaires annuellesde 2,2 milliards de dollars US pour la recherche et de 4,1 milliards de dollars USpour la vulgarisation.En termes absolus, les ressources de la FAO s’élèvent à 1 milliard de dollars USpour le budget régulier et 1,2 milliard de dollars US pour les contributionsvolontaires pour la période biennale 2010-2011 (soit avec un taux du dollars USmoyen de 500 F CFA pour la période: 500 milliards de F CFA et 600 milliardsde F CFA, respectivement).En outre, les Etats membres ont voté au cours des deux dernières périodes2008-2009 et 2010-2011 des taux de croissances budgétaires de 13,3% et 7,6%respectivement, qui sont les plus élevés de l’ensemble du système des NationsUnies.Mais il faut relativiser ces chiffres. Ils représentent au total 1,2 dollars US(600 F CFA) par an pour chaque personne qui a faim dans le monde, alors que leseuil de la pauvreté absolue est de 1,25 dollars US (625 F CFA) par jour et parpersonne.Ensuite, la FAO n’est pas une institution de financement. Le montant total desprêts à l’agriculture a été en 2009 de 3,4 milliards de dollars EU pour la Banquemondiale, de 677 millions de dollars US pour le Fonds international pour ledéveloppement agricole et de 342 millions de dollars US pour la Banqueafricaine de développement.Il convient de rappeler que le Programme de travail et le budget de la FAO pourchaque période biennale sont discutés par les Etats membres dans le cadre desComités de l’agriculture, des pêches, des forêts, des produits et de la sécuritéalimentaire mondiale. Ils sont ensuite examinés au cours de plusieurs réunionspar le Comité du Programme et le Comité financier, avant d’être soumis au
  • 19. 19Conseil de l’Organisation et enfin votés, après de longues négociations, par lesministres, les ambassadeurs et les autres représentants des 191 Etats membres àla Conférence. La part des ressources allouées aux programmes, aux projets, aupersonnel, au fonctionnement et à l’équipement est approuvée au cours de cesréunions.La FAO a des programmes de coopération avec les institutions financièresinternationales pour aider linvestissement direct dans le secteur de l’agricultureet du développement rural. En 2010, elle a participé à la préparation de 42% desprojets agricoles de la Banque mondiale pour un montant de 1,1 milliard dedollars US et 49% des projets du FIDA pour un montant de 361 millions dedollars US (dont 277 millions et 252 millions de dollars respectivement enAfrique).La FAO collabore avec les pays du G8 et la Banque mondiale dans le cadre duProgramme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP). LeProgramme est un mécanisme de financement multilatéral pour aider à la miseen œuvre des engagements de 22 milliards de dollars US, pour 2009-2010-2011,pris lors du Sommet du G8 à LAquila et du G20 de Pittsburgh, en 2009. Cesressources doivent permettre d’accroître la productivité et la production dans lespays en développement à déficit alimentaire. Depuis 2009, la FAO a aidé lespays engagés dans le processus du Programme détaillée de développement del’agriculture africaine dans des processus similaires pour dautres régions, àremplir les conditions pour l’obtention des fonds.Dans ce cadre, elle a permis à 51 pays africains de préparer leur programmenational à moyen terme dinvestissement et leurs profils de projetsd’investissement bancables pour un budget de 10 milliards de dollars. Ils ontservi de base à la préparation des projets appelés «compacts» soumis au fondsmultilatéral.
  • 20. 20Ainsi, huit pays dont cinq africains ont obtenu un financement de 325 millionsde dollars US (Ethiopie, Rwanda, Sierra Léone, Niger et Togo).Onze programmes régionaux de sécurité alimentaire, pour un budget total de1 041 millions de dollars US, ont été préparés conjointement avec des unionséconomiques régionales, dont cinq en Afrique.VIII. Assistance à la formulation de politiques agricolesDurant les quinze dernières années, d’importants efforts ont été faits par la FAO,pour soutenir les pays membres, dans la préparation de plans, des stratégies etdes programmes pour éradiquer la faim dans le mondeDes programmes spéciaux et nationaux de sécurité alimentaire ont été préparésavec le soutien de la FAO et mis en œuvre depuis 1994 dans 106 pays, dont44 sont africains.LOrganisation a apporté son assistance à lUnion africaine pour la formulationdu Programme détaillé de développement de lAgriculture africaine qui a étéadopté en 2003 par le Sommet de Maputo. Dans ce cadre, des experts africainsse sont réunis en décembre 2001, à Rome, puis leurs Ministres se sont retrouvésà la Conférence Régionale de la FAO, au Caire, en Egypte, en février 2002 et,ensuite en juillet 2003, à Maputo, au Mozambique, juste avant le Sommet del’Union africaine. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont adopté à cetteoccasion le Programme ainsi que les documents complémentaires. Il nécessitaitun investissement de 25 milliards de dollars US par an pour la maîtrise de l’eau,les infrastructures et les capacités de commercialisation, l’accroissement de laproduction végétale et la réduction de la faim, la recherche agricole et ladiffusion des technologies, la production animale, les forêts, la pêche etl’aquaculture.
  • 21. 21Dans ce cadre, 51 pays africains ont préparé, en collaboration avec la FAO, desProgrammes Nationaux à Moyen Terme d’Investissement (PMMTI) et lesProfils de Projets d’Investissement Bancables (PIBP).Les Unions économiques régionales, UEMOA, CEDEAO, CEMAC et CEAC,SADEC, COMESA, IGAD, UMA ont aussi préparé, avec le soutien de la FAO,des programmes régionaux de sécurité alimentaire, qui mettent l’accent sur lecommerce intra-régional ainsi que les normes sanitaires et phytosanitaires del’OMC.IX. Assistance technique et actions d’urgenceDans le cadre de la Coopération Sud-Sud, 34 accords ont étés conclus pourappuyer les pays africains et plus de 1 200 experts et techniciens sont intervenusen Afrique.Un programme de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et lesmaladies transfrontières des animaux et des plantes a été mis en place dès 1994.Il a permis ensuite de lutter efficacement contre les criquets pèlerins, la grippeaviaire, la fièvre aphteuse, la péripneumonie contagieuse bovine, la peste despetits ruminants, la fièvre de la Vallée du Rift, la dermatose nodulaire bovine etla trypanosomose africaine.Le Système mondial d’information et d’alerte rapide sur l’agriculture etl’alimentation a été renforcé et développé pour devenir un réseau internationalqui comprend 116 gouvernements, 61 organisations non gouvernementales et denombreuses institutions de commerce, de recherche et d’information.Un Système d’information et de cartographie sur l’insécurité alimentaire et lavulnérabilité a été mis en place en 1997 pour le suivi de l’état de l’insécuritéalimentaire dans le monde. Le système aide les pays à préciser les
  • 22. 22caractéristiques de populations vulnérables, à améliorer la compréhension de lasituation grâce à une analyse intersectorielle des causes sous-jacentes et àformuler des politiques et des programmes pour renforcer la sécurité alimentaireet la nutrition. Au niveau mondial, il assure la coordination de l’action.Un Centre de gestion des crises a été établi en 2006 pour combattre la grippeaviaire et d’autres maladies animales susceptibles d’entrainer des épizooties oude menacer la santé humaine. Il permet aujourd’hui à l’Organisation d’intervenirdans un délai maximum de 72 heures dans n’importe quel point du globeterrestre.Les catastrophes naturelles sont non seulement plus nombreuses mais elles sontplus sévères. Aujourd’hui, une centaine de pays ont recours à une aide d’urgenceet 29 pays sont en situation de crise alimentaire. En conséquence, le niveau duprogramme d’urgence de la FAO pour reconstruire leur capacité de productionagricole a augmenté pour s’élever à 1,1 milliards de dollars US pour la périodebiennale 2010-2011, impliquant 2 000 experts et techniciens.Le programme des urgences et de réhabilitation de la FAO prévoit de soutenirprès de 300 millions de personnes – à travers le monde – dont 50 millions enAfrique. Il doit permettre le renforcement des activités de gestion des risques etde catastrophes. Il doit augmenter la mise en œuvre des actions de terrain poursauver les campagnes agricoles en fournissant notamment des semences, desengrais, des produits et matériels de traitement des cultures. Il apporte desaliments du bétail et de vaccins. Dans ce cadre des filets de pêche sont fournis,des navires sont réhabilités, des plans d’action pour la reforestation sontpréparés et des canaux dirrigation et de drainage réparés. Les agriculteursbénéficient aussi de la formation dans des champs-écoles des agriculteurs.
  • 23. 23Les opérations d’urgence et de réhabilitation en Afrique ont représenté, en2009-2010, plus de 500 millions de dollars US, soit 78% du total mondial desactions de la FAO dans ce domaine.Face aux inondations, la FAO a mis en œuvre au Pakistan un programme de92 millions de dollars US pour venir en aide à 1,4 millions de familles rurales eta assuré la coordination du «Groupe Agriculture» de 200 organisations apportantune aide dans les 4 provinces touchées par la catastrophe.Face à la crise de 2007/2008, la FAO a lancé, dès décembre 2007, l’Initiativecontre la flambée des prix des denrées alimentaires. L’Organisation a ainsimobilisé à partir de ses ressources propres, de fonds fiduciaires et de la Facilitéalimentaire de l’Union européenne des ressources sélevant à 389 millions dedollars US, pour la fourniture de semences, d’engrais, d’aliments de bétail et depetit matériel dans plus de 90 pays dont 41 en Afrique, afin de permettre auxagriculteurs de continuer à produire malgré une hausse des prix des intrantsagricoles plus élevée que celle des produits alimentaires.X. Progrès dans la production agricolePour nourrir plus de 9 milliards de personnes en 2050, laugmentation de 70% dela production agricole mondiale devrait provenir, pour 90%, de laccroissementdes rendements et de lamélioration de lintensité des mises en culture.Lexpansion des terres cultivées ne devrait contribuer que de 10% à cet objectif.La recherche, linnovation et les technologies ont apporté un changementprofond des activités agricoles et permis de faire des grands bonds deproductivité. Ces résultats ont infirmé et donc démenti la thèse de Malthus et desnéo-malthusiens dune croissance linéaire de la production, face à une croissancegéométrique de la population.
  • 24. 24L’amélioration variétale a fait des sauts gigantesques depuis la sélectionmassale, la génétique de Mendel et les travaux d’hybridation qui ont conduit à laRévolution Verte. Aujourd’hui, les progrès de la biologie moléculaire,l’établissement des cartes génétiques et les possibilités de transferts de gènesouvrent des perspectives infinies dans le monde végétal, animal et mêmehumain.Ainsi, au cours des cinquante dernières années, de 1961 à 2010, les productionset les rendements moyens mondiaux ont augmenté respectivement:- pour le blé, de 222 à 655 millions de tonnes et de 1,1 à 3 tonnes par hectare ;- pour le riz, de 216 à 700 millions de tonnes et de 1,9 à 4,3 tonnes par hectare;- pour le maïs, de 205 à 838 millions de tonnes et de 1,9 à 5,1 tonnes par hectare ;Mais les récentes tendances de la production vivrière sont pour le moinsinquiétantes. Par exemple, le taux de croissance des rendements des principalescéréales à l’échelle mondiale n’a cessé de décliner, passant de plus de 3% dansle années 60 à seulement 1,5% au cours de la dernière décennie (2000-2009).L’enjeu consiste à inverser cette tendance.Il existe des opportunités de solution si on se réfère à lécart de rendement, c’est-à-dire la différence entre celui pouvant être obtenu en stations expérimentaleslocales à l’aide des meilleurs intrants et techniques disponibles, et celui réelobtenu par les agriculteurs dans les exploitations voisines en conditions réelles.Cet écart est large, en particulier dans les pays en développement, ce quis’explique par la faible pénétration des semences améliorées et des techniquesagricoles plus performantes.
  • 25. 25Il faut, en outre, favoriser laccès à l’information et aux services devulgarisation, développer les infrastructures (routes rurales, irrigation, ports depêche, centre dabattage des animaux, chaînes de froid etc.), les institutions et lesservices, et améliorer les politiques agricoles pour obtenir la diffusion etl’adoption de technologies efficaces au niveau des exploitations.Il faut aussi réduire les pertes après récolte qui peuvent atteindre 40 à 60% pourcertaines cultures en Afrique. Il faut donc investir dans les moyens de stockageet de conditionnement.La production mondiale de viande a plus que triplé, passant de 71 millions detonnes en 1961 à 290 millions de tonnes en 2010. Celle des pays endéveloppement a augmenté de 20 à 173 millions de tonnes. L’accroissement aété surtout marqué dans la production avicole (multipliée par 10) et porcine(multipliée par 3,4).La production totale des pêches de capture et de l’aquaculture a atteint en 2009environ 145 millions de tonnes de poissons, ce qui représente près de 4 fois laproduction de 1960. La pêche de capture s’est stabilisée au cours des années1990. Par contre l’aquaculture est passée de 1,6 millions de tonnes en 1960 à 56millions de tonnes en 2009 grâce à l’amélioration des politiques aquacoles et àla mis en place de cadres juridiques et réglementaires favorisant lesinvestissements privés dans ce secteur.L’évaluation des ressources forestières mondiales de la FAO a établi que desprogrès significatifs ont été réalisés sur la gestion durable des forêts. Le taux dedéforestation est passé de 16 millions d’hectares annuels dans les années 1990 à13 millions pour la période 2000-2010. La perte nette de forêts a égalementdiminué pendant cette période passant de 8,3 millions d’hectares à 5,2 millionsd’hectares annuels.
  • 26. 26Avec le soutien de la FAO, 75% des forêts du monde sont couvertes par unprogramme forestier national dans le cadre d’un processus participatif pour ledéveloppement et la mise en œuvre de politiques forestières publiques enconformité avec les processus internationaux.Mesdames et Messieurs,Les enseignants et étudiants de l’Université Gaston Berger ont une sourcemajeure d’informations scientifiques, techniques, économiques et sociales, sur lesite FAO «www.fao.org» qui a reçu au mois de mars 2011 une moyenned’environ 36 millions de «hits» par jour.Le programme AGORA, mis en place par la FAO et de grands éditeurs, permetaux pays en développement d’accéder en ligne à une large collectionbibliographique dans des domaines de l’alimentation, l’agriculture,l’environnement et leurs sciences sociales. AGORA fournit aux institutions de107 pays une collection de 1 900 revues. Il serait utile que l’Université GastonBerger qui ne participe pas à ce réseau puisse en devenir membre.XI. ConclusionJe ne voudrais pas vous quitter jeunes et chers étudiants sans vous encourager àêtre des personnes résolument engagées sur la voie de l’effort et du travail. Dansun monde où le mirage de la génération spontanée de richesses sert de miroiraux alouettes, sur le chemin attrayant de la facilité, cet appel peut paraitrerelever de l’utopie du héros de Cervantes.Je voudrais donc vous inviter à la réflexion sur cette trilogie fondamentale: Premièrement: «Les êtres dont l’existence dépend de la nature n’ont, quand ce sont des êtres dépourvus de raison, qu’une valeur relative, celle
  • 27. 27 des moyens, voilà pourquoi on les nomme des choses; au contraire les êtres raisonnables sont appelés des personnes parce que leur nature les désigne comme des fins en soi» nous disent Kant3 et surtout Hegel4; Deuxièmement: «Le principe intérieur de la liberté ou de l’effort explique tous les phénomènes de l’homme»5 nous dit le métaphysicien et normalien Marie François Gontier de Biran dit Maine De Biran; Troisièmement: «Toute définition de la liberté qui ne postule pas implicitement ce rapport: Liberté = Travail = Fatigue – est creuse6» nous précise le philosophe Raymond Ruyer.Jeunes étudiantes et étudiants de l’Unité de Recherche de SciencesAgronomiques, d’Aquaculture et de Technologies Alimentaires, à la fin de votrecursus universitaire, vous serez confrontés au grand débat sur l’Ethique desSciences. Je voudrais donc vous citer la conclusion du discours que j’aiprononcé à l’Académie des Sciences de l’Institut de France, le 12 octobre 1998et qui me semble être d’une actualité brulante.Aujourd’hui, le devoir qui est nécessité d’accomplir une action par respect pourla morale7, interpelle l’homme de science, vecteur de dynamisme dans lesécosystèmes. Il doit au sein de la biocénose, augmenter la productivitéalimentaire, tout en maintenant l’équilibre biologique. Il doit aussi, au sein de labiosphère, assurer un environnement sain et sans risque pour l’homme.3 Fondements de la Métaphysique des mœurs4 Principes de la Philosophie du droit5 De l’existence, textes inédits, Vrin, 1966 page 36, né en 17666 Revue de métaphysique et de morale – 1949, né en 19027 Fondements de la métaphysique des mœurs - Kant
  • 28. 28Mais par delà ces deux objectifs, souvent difficilement compatibles, il génèredes techniques qui ne sont pas neutres au plan de l’accessibilité, facteur d’équité,selon qu’elles requièrent une capitalisation importante ou faible et, qu’elles ontun coût plus ou moins élevé susceptible, au demeurant, d’évoluer sur unecertaine période.La valeur d’un jugement dépendra donc du moment où il est porté, en fonctiond’un cadre perspectif à court, moyen ou long termes.En éthique scientifique, il ne peut donc y avoir de position vraie susceptibled’être démontrée ou prouvée, mais on peut tirer de la praxis un point de vuejuste qui devient idéologique dès lors qu’il se réfère à une finalité.Différents philosophes participent au débat contemporain sur la bioéthique. Onpeut les classer en deux catégories, basées sur une conception hétéronomique denorme morale extérieure à l’homme ou autonomique de norme morale posée parl’homme8.Cette apparente dichotomie masque en réalité deux perspectives de «Janus» d’unmême ensemble. En effet, l’homme de science déterminera sa conduite enfonction de facteurs intrinsèques, psychologiques et idéologiques. Mais iltiendra aussi compte des règles extrinsèques établies par ses pairs dans le cadreprofessionnel et au sein de la société civile.«Tout notre progrès technologique dont on chante les louanges, le cœur mêmede notre civilisation, est comme une hache dans les mains d’un criminel9», nousavertit un grand savant, (Albert Einstein), tandis qu’un écrivain de renom, (Paul8 Fondements philosophiques de l’éthique médicale – S. Rameix9 Correspondances - Einstein
  • 29. 29Valéry), nous rappelle «que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout lemonde …. Une civilisation a la même fragilité qu’une vie 10».Dans la quête perpétuelle du savoir indispensable au progrès humain, la margeest étroite entre l’errance d’une exploration funeste et l’éclair de génie salutaire.«Les craquements du monde moderne nous ont engagés dans les ténèbres, lesproblèmes sont incohérents, les solutions contradictoires. La vérité d’hier estmorte, celle de demain est encore à bâtir11», mais « il serait fou de vouloir denouveau enchaîner Prométhée. Il nous faut au contraire appliquer l’espritscientifique pour trouver des solutions aux difficiles problèmes de notreexistence présente12», afin de répondre, avec science et conscience, à la questionangoissante et poignante: comment nourrir le monde?»Madame, Messieurs les Ministres,Monsieur le Recteur,Messieurs les Membres de l’Assemblée de l’Université,Chers étudiants et amis,Excellences, Mesdames et Messieurs,Honorables invités,Je vous remercie de votre aimable attention.10 Variétés III – P. Valéry11 Lettre à un otage – A. de St. Exupéry12 Conférences de l’Unesco – F. Joliot