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Le Cahier des 72h de Njàccaar Edtion 2

68 pages de pur plaisir, d'expérience, de découverte et ... d'Afrique !!!

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Le cahier des 72 h de njàccaar edition2 28-29_30 oct 2011

  1. 1. [Cahier des Activités & Interventions]72H DE NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN EDITION 2 [Cheikh Dieylar DIALLO] [3 décembre 2011]
  2. 2. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] Page 1
  3. 3. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] [MERCI !]La seconde Edition des 72H de Njàccaar Visionnaire Africain s’est tenue à Montpellier, les28-29-30 OCTOBRE 2011.Avec vous, qui y avez participé, tant par votre présence sur place, votre suivi via internet, ou vos interventions, ces troisjournées d’échanges, de partages de connaissances, de rencontres, de création, furent une totale réussite.Je viens donc, en ma qualité de Président de l’Association, vous remercier tous et toutes, au nom de nos partenaires et deNjàccaar Visionnaire Africain, pour votre implication et vos encouragements constants durant et après ces 72H.72H au cours desquelles nous tous avions, comme à chaque fois au cours de cet évènement annuel, pour objectifprincipal de réunir africains et amis de lAfrique, dans une dynamique de concertation et de prise dinitiatives. Ainsi, toutun chacun a pu lors de ces 3 journées et se former et s’informer, afin d’apporter sa contribution à l’épanouissement de laMère Afrique, et donc de lui-même.72H au cours desquelles nous devions apporter une réponse à la question : «Le progrès en Afrique : quelles actionsavec quelles re-sources?» Tous nous avons décidé d’y répondre : «Synergie et Volonté Participative». Ce qui implique :refus de l’inaction, soutien de tout un chacun aux projets de Njàccaar Visionnaire Africain, et force de proposition.72H après lesquelles, moi Sadio SANGHARE, en ma qualité de Président de Njàccaar Visionnaire Africain, je nouspropose de nous interroger une nouvelle fois, à l’aune de la nouvelle année d’activités à venir : «Je dis que j’aimel’Afrique ? Que j’ai la volonté de faire ? Sans actions, ne dois-je me dire que tout appel à la solidarité et au changementn’est qu’imposture ?».Si aujourd’hui, en tant que fils et filles de Mère Afrique, nous estimons toujours que donner sa Parole est un acted’engagement ne pouvant souffrir aucun retrait,si nous donnons encore de la Valeur à la promesse faite, il nous incombe à toutes et à tous de répondre à ces nouvellesinterrogations par «Je vais agir. Urgemment. Avec mes frères et sœurs d’Afrique, avec les amis de l’Afrique. Ensemble etefficacement.»Voilà donc que nous serons devenus, tous et toutes, aujourd’hui plus que jamais, ces nouveaux hommes et ces nouvellesfemmes animés dune conscience historique et acteurs de leur propre destinée. De la destinée de Mère Afrique.En attendant l’Edition 3 des 72H de Njàccaar Visionnaire Africain, nous vous réitérons, Njàccaar et ses Partenaires, nosremerciements les plus chaleureux pour votre appui indispensable et indéfectible.Nous vous disons «Au travail ! Et à l’année prochaine pour de nouvelles et concrètes avancées».Njàccaarement !Sadio SANGHARE,Président de Njàccaar Visionnaire Africain« Faire ce que nous pouvons, avec ce que nous avons » Page 2
  4. 4. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] [ORGANISATION][COMMUNICATION & MEDIAS]1. VISUEL, PROGRAMME & AFFICHE Page 052. BANDE-ANNONCE Page 053. LIVE-BLOGGING & LIVE-STREAMING Page 064. REPORTAGE PHOTOS Page 065. REPORTAGE VIDEO Page 06[LOGISTIQUE]6. LE LIEU Page 087. INSCRIPTIONS & INVITATIONS Page 088. HEBERGEMENTS Page 089. RESTAURATION Page 08 Page 3
  5. 5. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] [ACTIVITES][VENDREDI 28]10. COURS. [Initiation à la langue Wolof]. Page 1111. DEBAT. [Le Secteur Agricole en Afrique. Cas de l’arachide. Page 1312. DOCUMENTAIRE suivi de DEBAT. [La dépigmentation]. Page 1513. PANEL. PARTIE 1/3 [Et des Acteurs, et des Entrepreneurs]. Page 16[SAMEDI 29]14. COURS. [Initiation au Braille]. Page 2115. ATELIER. [Formation à la création de BD. Partie 1]. Page 2616. SOIREE CULTURELLE. [Njàcc’Art]. EXPOSITION. [Tableaux de Natacha SUPPRISSE]. Page 33 DEFILE DE MODE. [Créations d’Aïssatou BADIANE]. Page 36 NHAPPY GALSEN [Les Cheveux Naturels] Page 37 MUSIQUE RAP. [BigL XL] Page 3817. PANEL. PARTIE 2/3 [Et des Acteurs, et des Entrepreneurs]. Page 40[DIMANCHE 30]18. CONFERENCE. [De la Recherche Scientifique]. Page 4619. PANEL. PARTIE 3/3 [Et des Acteurs, et des Entrepreneurs]. Page 5320. PROJECTION DE FILM. [Yeelen]. Page 60 [ACTUALITES ET CONTACTS] Page 61 [REMERCIEMENTS] Page 66 Page 4
  6. 6. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER][Communication & Média][EQUIPE ORGANISATRICE][Abdoul Khadre DIALLO] Chef d’Equipe[Ndeye Fatou SARR] Photographie[Marie-Madeleine DIOUF] Live-Blogging[Adama DIOUF] Live-Streaming[Pape Abdoulaye FAM] Caméra[Amadou Kéthiel KEBE] Caméra[VISUEL, PROGRAMME & AFFICHE]Ma responsabilité concernant cette partie de notre plan de communication : création du logo des 72h deNjàccaar Visionnaire Africain, Edition 2. Puis mise sous format image du programme.La création du logo n’a pas été une tâche facile, compte tenu des courts délais, et aussi qu’il fallait êtreinspiré, et vite, car le temps nous était compté. Pas simple !J’y suis toutefois arrivé, et ai été d’autant plus satisfait que cela a été apprécié de la majorité. Logovalidé donc !La suite ? L’affiche et le programme ! Une fois le détail des activités finalisé et validé par notrePrésident, Sadio SANGHARE, j’ai entamé la création de l’affiche et du programme, travail créatiffinalement pris en charge et finalisé par Ndeye Fatou SARR.[BANDE-ANNONCE]Une fois ces deux images créées, le but était aussi de s’en servir pour la bande-annonce, questiond’apporter plus de technicité autour de l’évènement, et de démontrer les aptitudes des membres deNjàccaar. Mais force était de constater que je ne disposais pas de « ressources » suffisantes, telles lesvidéos de l’Edition 1 des 72h de Njàccaar Visionnaire Africain, ni à mon avis de toutes les connaissancesrequises pour réaliser une bande annonce aussi professionnelle que celles que l’on peut trouver sur YouTube ou sur les sites professionnels axés «évènementiel». Un membre de Njàccaar se proposa alors pourm’assister à la réalisation de la vidéo. Puis, manque de temps (imprévus…), ne put s’atteler à cette tâche.Et c’est ainsi qu’un beau matin, sur un coup de tête, je me suis décidé à aller à la découverte deWindows Movie Maker (W.M.M), ayant déjà mon idée en tête : une vidéo, du texte, une musique defond, un fond d’écran en mouvement, histoire de capter l’attention des internautes qui viendraient àvisionner cette vidéo. Bingo ! C’est ainsi que j’entamai la création de la bande annonce. Seul, mais nonmoins fier et satisfait.La version finale, validée par toute l’équipe, est sortie au même moment que l’affiche et le programme.Timing idéal pour booster la communication pré-72h.Et voici qu’une fois postée sur Facebook, les internautes fans de notre page se la transmettaient, « like-aient » et « partageaient » de partout. Ce, jusqu’au jour J.Le site web de Njàccaar a également diffusé la bande-annonce, ainsi que l’Affiche et le Programme des72H Edition 2. Page 5
  7. 7. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER][LIVE BLOGGING & LIVE STREAMING]Quelques jours avant les 72h, les leaders de Njàccaar eurent l’idée de former des équipes pour lacommunication ‘’In-72h’’. Dès lors, l’équipe communication In-72h naquit. Equipe dont je fus nomméresponsable, pour toute la durée de l’aventure. On voulait faire du live blogging (avec Cover It Live etFacebook) et du live streaming (avec Live Stream). Il fallait donc s’approprier ces deux outils trèsrapidement, et apprendre à suffisamment les maîtriser avant le jour J. Tâche je ne trouvai pas du toutinsurmontable, sauf qu’un problème, de taille pour moi, se posait : je ne savais pas comment et filmer, etdiffuser en direct dans le même temps.Jour J. Première bonne nouvelle ! Nous pouvions disposer d’internet dans la salle où se tenaient lesactivités. Et en plus, nous disposions de 2 ordinateurs : un portable et un fixe. Le portable servit donc à « live bloguer » et le fixe au « live streaming ». Mais ce qui résolut réellement le souci bloquant pour lelive streaming, ce fut la caméra amovible de notre cher Président, Sadio SANGHARE. Nous pûmes doncfilmer la quasi-totalité de nos activités. Et afin d’avoir un rendu son si ce n’est parfait mais au moins trèscorrect, pour la vidéo en live, il y eut les hauts parleurs et les micros. Ce qui a permis, et ce sont lesinternautes qui nous l’ont confirmé, de bien nous entendre.[REPORTAGES PHOTOS & VIDEOS]S’ajouta la communication en « différé » : photos et enregistrements vidéo non-live. Nous prenions desphotos de toutes les activités et les filmions également, du début à la fin. Figurez-vous que les 2 camérasdont nous disposions ont tourné quasiment non-stop… 3 jours durant ![CONCLUSION]Au-dessus de tous ces aspects matériels, je ne puis terminer sans rappeler ce qui fut le ciment et l’élémentindispensable à la réussite de ce plan de communication : les hommes et les femmes qui, avec moi, onttravaillé d’arrache-pied à la réalisation de nos objectifs. Mon équipe, initialement composée d’environ 8personnes, dont moi-même, finit par ne comprendre que 6 personnes ! Qu’importe, ce sont les aléas detoute entreprise, adaptabilité et réactivité ont dû prendre le pas sur un éventuel abattement, car nous ycroyions dur comme fer, à la réussite de cet évènement. Voilà donc que tous, solidaires, nous avons sufournir le travail demandé et permettre à ceux qui n’ont pu se déplacer de ne quasiment rien rater deces trois journées.Je tiens également à faire part du profond respect et dévouement dont toute l’équipe a fait preuve àmon encontre. Je suis jeune, certes, très jeune, mais alors, ce ne fut point un sujet bloquant pour aucund’entre eux, car qu’importait le fait que la plupart soient plus âgés que moi (aspect important de laculture africaine…), dès lors que je leur demandais d’effectuer une tâche quelconque, je n’eus queretours positifs et actions rapides et efficaces. Et lorsqu’une difficulté ou un problème technique seprésentaient, j’étais celui vers qui, naturellement, tous se tournaient. Demandant quoi faire. N’est-il pasvalorisant de travailler avec une telle équipe ?Ces 3 mois de préparatifs, suivis des 3 journées d’activités intenses, m’ont permis de découvrir desaspects de ma personne que je ne soupçonnais pas, à savoir, finalement, des capacités à : diriger,innover, convaincre, rassembler, m’adapter et optimiser. Jamais, avant que finalement je neconstate et me dise « Waouh ! Tu l’as fait ! », je n’aurais cru être capable de réaliser tout ce queNjàccaar m’a confié comme responsabilités, me permettant par la même occasion de me réaliser Page 6
  8. 8. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]pleinement. J’en tire une fierté immense, et ma confiance en moi n’en est que renforcée. Je suis ravid’avoir eu à travailler avec toutes ces personnes toutes aussi motivées les unes que les autres, cespersonnes engagées, sérieuses et travailleuses.Ah ! Autre chose ! L’activité fut certes intense, mais quelle passion ! Partant de là, nul ne ressentait nila difficulté des tâches, ni la fatigue physique… il nous fallait juste faire, nous y avons toute notreforce et tout notre cœur. Intense ! Inoubliable ! Page 7
  9. 9. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER][LOGISTIQUE][EQUIPE ORGANISATRICE][Aïssatou BADIANE] [Sadio SANGHARE] [Abdoul Khadre DIALLO] [Cheikh Dieylar DIALLO] [Marie-Hélène MOREIRA] [Fatoumata MBAYE] [Sakinatou BÂ] [Marie-Madeleine DIOUF][UNE VILLE : MONTPELLIER]Choix de la ville de Montpellier…..[DES LOCAUX PRATIQUES ET AGREABLES]1 / Maison Martin Luther KING, 27 BLD Louis Blanc, 34000 Montpellier2 / Centre 665, 665 route de Mende, 34090 Montpellier3 / Espace Aragon, 117 rue des Etats Généraux Richter, 34000 Montpellier[LES INSCRIPTIONS & INVITATIONS]1 / Création d’un Evènement dans Facebook, espace dédié à renvoyer les personnes intéressées às’inscrire via le formulaire ci-dessus cité, créé depuis Google Docs.2 / Confirmation de la prise en compte de la participation aux 72H des personnes ayant répondu« OUI » ou « PEUT-ETRE », par post d’un message via la page de l’Evènement dans Facebook. Lemessage promettait aux invités de leur faire parvenir, dès clôture des inscriptions, l’invitation officielle. Leformulaire d’inscription était disponible en ligne via Google Docs. 3 / Formalisation des invitations par l’envoi, une fois les inscriptions online clôturées, de courriersd’Invitation Officielle, personnalisés, et reprenant : coordonnées, jours de présence, demande éventuelled’hébergement ainsi que coordonnées et adresses de l’hébergeant.[LES HEBERGEMENTS]Grâce au réseau amical de Sadio SANGHARE, Président de Njàccaar Visionnaire Africain, nous avons pudisposer, sur Montpellier, de lieux d’hébergement chez l’habitant. Tout le monde a pu être correctementlogé, pour cela nous ne remercierons jamais assez tous ces bons amis nous ayant apporté leur soutien :Sara DKIL, Sonia, Clébert CODJO, Sadio SANGHARE, Mambaye LÔ, Absa KANE, Hamady OumarNDIAYE, Omar CAMARA, Ibrahima BASSE CISSE.[LA RESTAURATION – LA CUISINE]Pour mener à bien la tenue et l’organisation de la 2ème édition des 72h de Njàccaar, les membres ducomité de pilotage se sont répartis en équipes. C’est ainsi que je fus nommée responsable du menu destrois journées, et par la même occasion de l’équipe cuisine.Afin de cadrer avec le thème de l’évènement, je devais proposer un menu composé de plats et produitsessentiellement africains. Ce fut entendu. Page 8
  10. 10. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Etape 1 : constituer mon équipe. Je n’ai eu aucune difficulté à trouver des volontaires souhaitant nousassister dans cette tâche.Etape 2 : arrivée à Montpellier deux jours avant les 72H. Première chose faite : dresser un tableauprévisionnel du menu pour les 3 jours d’activités.Etape 3 : Le lendemain, jeudi, c’est flanquée des membres présents sur place que je me suis rendue aumarché, chez l’épicier, en grande surface… pour faire les courses correspondant au menu.Etape 4 : soirée du jeudi. Préparation des plats et autres mets du vendredi. D’abord les beignets, qui ontservi d’amuses gueules durant les activités. Puis vint le tour du Yassa poulet (Riz blanc natureaccompagné d’une sauce oignon, avec des poulets au four) et du « Cere Siim » (couscous à base de milaccompagné d’une sauce rouge à la viande). Et pour finir, préparation du jus de bissap. Ouf !Préparation des plats terminée à temps, grâce à la précieuse aide de l’un des membres de Njàccaar.Ouf donc ! Je n’aurais pas à rater une quelconque activité le lendemain, d’autant plus que je devaisouvrir les activités, moi-même et Sadio SANGHARE, à savoir le cours d’initiation à la langue Wolof.Vendredi donc, nous avons dégusté notre Yassa à midi, Yassa qui fut fort apprécié par toutes lespersonnes présentes.Etape 5 : Ouh la la ! Il faut à présent penser aux repas de samedi ! Le stress de cette cuisine dulendemain restant à faire ne cessant de me guetter, je fis appel à la bonne volonté de Marie MadeleineDiouf (Membre de Njàccaar), et nous allâmes faire les courses pour le lendemain. Le soir arrivé, lesinvités regroupés chez le Président Sadio Sangharé pour la veillée nocturne, ont pu déguster commeprévu le couscous de mil accompagné de la sauce viande, ou « Cere Siim ». Jusque-là, nous étions dansles temps… nous savourions donc ce moment ensemble avec les autres.Etape 6 : Samedi ! Pour le petit déjeuner, nous avions à notre disposition du Tapioka (céréale béninoise).Mélangé avec du lait chaud sucré, c’est un délice ! Marie Madeleine DIOUF et Ndèye Fatou SARR sechargèrent de servir nos invités présents ce matin-là.Etape 7 : La tension monte, ce jour-là, je ne pouvais assister aux activités, faute de ressources humainesen cuisine. Heureusement que notre très chère Fatoumata MBAYE (Membre de Njàccaar), était là pourdiriger les opérations. Je l’assistai donc, et c’est ainsi qu’elle a pu nous préparer : riz à la viande pour lemidi, tartes au thon et à la viande pour le repas du soir. Ce fut une journée laborieuse, dans la mesureoù nous avions eu des problèmes techniques en cuisine, avec une marmite qui n’était pas adaptée pour lacuisson du riz. Nous avions donc perdu énormément de temps en cuisine. Malgré tout, et encore grâce ausavoir-faire de Fatoumata, qui a su nous faire patienter et a su canaliser nos impatiences, tout put finir enbeauté. Le plat tant attendu fut fin prêt, quoique en fin d’après-midi. Eh bien, alors ? Nos estomacs sesont adaptés ! Et le plat fut servi ! Et les purent l’apprécier, eux qui l’attendaient depuis ! Tout le mondeeut donc son assiette de riz… fort heureusement. Et le soir venu, c’est le même sort que réservèrent lesestomacs affamés de nos invités aux délicieuses tartes de la Chef Fatoumata (je puis vous dire que lesgens en parlent toujours, de ces tartes…). Une journée réussie de plus !Etape 8 : Dimanche, dernier jour ! Nous reprenons le train-train quotidien : petit déjeuner commun autourd’un café, thé, du pain accompagné de pâte à tartiner, beurre,… Pour le midi, les riz, poulet, cere etautres tartes, laissèrent respectueusement leur place à un succulent Thiacry, concocté par Sakinatou BÂ(Membre de Njàccaar).Etape 9 : Le soir venu (il y’a déjà moins de monde et aussi moins de bouches à nourrir…), nous clôturonsen beauté les 72h autour de pizzas choisies par Cheikh Dieylar DIALLO et Sadio SANGHARE. Nous Page 9
  11. 11. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]savions déjà que c’étaient des hommes de goût, et là aussi, dans le domaine du culinaire, ils ont su nous leprouver ! C’est cela les Njàccaar !!!BILAN CUISINE : SA-TIS-FAI-SANT !!!! Même si nous n’avons finalement pu essentiellement préparerdes plats africains, nous avons su gérer et la préparation des plats, et les imprévus. Attention Edition3 ! Ce sera du tonnerre cette fois-ci !Merci à toute mon équipe cuisine ! Page 10
  12. 12. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER][ACTIVITES - VENDREDI 28]COURS. [INITIATION A LA LANGUE WOLOF][Aïssatou BADIANE] [Sadio SANGHARE]La Seconde Edition des 72H de Njàccaar Visionnaire Africain s’est ouverte sur un cours d’initiation à lalangue wolof.Animateurs : Sadio SANGHARE et Aïssatou BADIANE.Nous rappelons que nous ne sommes pas des professionnels de la formation, et encore moins desProfesseurs de la langue wolof, que nous ne prétendrons pas ici maîtriser. Néanmoins, chez NjàccaarVisionnaire Africain, notre credo étant de faire « ce que nous pouvons avec ce que nous avons », et nousrajouterons même, « avec ce que nous sommes et connaissons », nous nous sommes, en toute modestie, décidés à donner ce cours de wolof, en faisant appel et à nos humbles connaissances en la matière, et en notre soif de transmettre. Cette volonté d’apprendre chaque jour un peu plus, de pousser l’autre à apprendre et à s’approprier pleinement sa culture, nous l’avons solidifiée par une intense et très diversifiée documentation. Et c’est ainsi que nous avons pu donner ce cours d’initiation à la langue wolof.Le cours a débuté par un rappel historique sur l’origine de la langue wolof et par la définition desterritoires sur lesquels est parlée la langue wolof.Une langue de la famille Niger-Congo. Classée dans la branche nord du groupe Atlantique, le wolofest parlé par huit à dix millions de locuteurs, principalement au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie, lewolof figure parmi les langues nationales de ces pays mais y fonctionne aussi, souvent, comme langue decommunication.Une langue à tradition orale. C’est avec l’islamisation du Sénégal qu’il y eût les premières tentationsd’écriture du wolof en caractères arabes, qui plus tard est appelée le « Wolofal ». Néanmoins, leSénégal a pu se doter depuis 1971 d’une orthographe officielle basée sur l’alphabet latin. L’alphabet(Liifantu) wolof est alors composé de 29 lettres dont 9 voyelles et 20 consonnes.Une langue à classe nominale. L’ensemble du lexique nominal est réparti en dix classes qui déterminentun accord syntaxique, limité en wolof aux déterminants du nom. Ces classes sont marquées par unclassificateur, généralement postposé au nom et constitué d’une consonne à laquelle sont suffixésdifférents éléments intervenant dans la détermination nominale.Les déterminants nominaux sont généralement postposés et, pour la plupart, formés à l’aide de laconsonne de classe et d’un suffixe spatial indiquant la position du référent par rapport au locuteur.Une grammaire. Après avoir abordé les bases fondamentales de la langue wolof, nous avons survolébrièvement la grammaire wolof. Mais nous avons tenu à faire une remarque fondamentale sur lagrammaire car le système des temps grammaticaux en wolof nest pas comparable à celui du français.Le wolof na pas de temps grammaticaux à proprement parlé. Lensemble des 6 conjugaisons appelésmodes est soumis en wolof à lopposition des deux aspects « accompli / inaccompli », mais seulementavec des variations demploi. Page 11
  13. 13. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Un système verbal. Basé sur (ndeminu waxeel bi).- Trois modes (anam) : lindicatif (tegtal), linjonctif (ndigal) et le subordinatif (jokk)- Deux formes (ndemin) : la forme affirmative (ndeminu waaw) et la forme négative (ndeminu déet)- Deux aspects (gis-gis) : laccompli (lu sotti) et linaccompli (lu sotteegul)Les pronoms personnels intègrent le mode et laspect du verbe. Cest donc le pronom qui varie et non labase du verbe qui reste invariable.Le wolof ne possède pas dadjectifs. Ce sont des verbes qui en tiennent lieu. Les notions exprimées enfrançais par être - adjectif attribut sont rendues par des verbes qui ont un statut de verbes détat paropposition aux verbes daction.Des règles grammaticales. C’est alors après cette remarque, que nous avons abordé les règlesgrammaticales wolof en les traitants comme telles :- Les signes de ponctuation- Les particules « daan », « doon » et « na »- Les interjections- Le nom et ses modalités- Les pronoms personnels objets- Les adverbes généraux- Les adverbes de manière- Les adverbes daffirmation et de négation- Les adverbes dintensité- Les adverbes de lieu- Les adverbes de quantité- Les adverbes de temps- Les locutions adverbiales- La dérivation nominale- La dérivation verbale- La dérivation complexe Nous avons terminé la première partie du cours avec ces règles grammaticales, puis nous avons enchainé avec la deuxième partie qui consistait à présenter au public la traduction intégrale de tous les concepts mathématiques traduits en wolof par le Pr. Cheikh Anta Diop et enfin de l’appliquer dans des exemples d’équations. Cette présentation nous a permis d’interagir avec les participants, parmi eux des sénégalais qui ignoraient qu’ils utilisaient chaque jour des expressions mathématiques sans pour autant se rendre compte. Pour terminer le cours, toujours dans une logique de faireparticiper le public, nous avions prévu des devinettes afin qu’on puisse s’appliquer à tout ce qui aété dit en théorie dans le cours. Page 12
  14. 14. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]DEBAT. [LE SECTEUR AGRICOLE. ENTREAMENESIE, ASYMETRIE ET APHONIE. LE CAS DEL’ARACHIDE AU SENEGAL][Enhougban Séraphin Georges IVANHOE] Agriculteur,paysagiste.[Adama DIOUF] Etudiant en Droit des Entreprises,Coordonnateur Njàccaar Toulouse.[Cheikh Dieylar DIALLO] Membre de Njàccaar.Timing : 16h30-18h00 : Présentation. 19h00 -20h30 : EchangesGérant de 2 entreprises, paysagiste et créateur ANTHROPOSOLS d’ART, Enghoungban SéraphinGeorges IVANHOE est aussi exploitant agricole dans le Lot. Surnommé le jardinier poète, il ouvreson intervention par une citation de Platon : « Il n’est personne jusqu’ici, fut-il sans culture, qui nedevienne poète quand de lui amour s’est emparé ». L’autre aurait dit « a-t-il craqué ? ». Au lieu deparler des vers de terre de son jardin, Séraphin préfère plutôt déclamer des vers sur la terre et l’amourqu’il lui porte. « Je suis passionné par la terre » dit-il. Et le lien avec la citation devient alors beaucoupplus clair.La monoculture entraîne une perte de la biodiversité. Cette dernière est fondamentale pour le systèmedu Vivant et son équilibre. Dans la nature, ou ce qu’il en reste, il est encore possible d’observer cettebiodiversité sur 1m² de terre. En effet sur une telle surface vivent des bactéries, des insectes, desvégétaux etc. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer voire de creuser un peu. Toutefois, quandl’Homme y plante de l’arachide, par exemple, cette bande de sol s’appauvrit à long terme et au finalelle ne capte qu’une petite partie de l’ensemble des éléments chimiques présents dans la nature. Le sols’appauvrit alors. De plus en Afrique, les sols sont qualifiés de « vieux » et se dégradent vitecontrairement aux sols en Europe où le climat est tempéré et les terres « jeunes ». Ces quelques raisons poussent Séraphin à penser que la monoculture, malgré ses avantages, atrophie les économies des pays africains qui la pratiquent toujours. Le mot « arachide » provient de « arachidna » une plante originaire du Brésil et du Pérou. Pourtant c’est le terme « cacahuète » qui aurait été plus précis pour designer cette plante oléagineuse mesurant 75 cm au plus et dont le cycle végétatif dure 3 mois environ. L’arachide est la 4ème plante alimentaire mondiale après le riz, le maïs et le blé.Le 1er producteur mondial d’arachide est la Chine, suivi de l’Inde, de l’Argentine et des Etats-Unis. LeNigéria est le 1er producteur d’arachide en Afrique. Le choix de la filière arachidière au Sénégals’explique par sa spécificité tant dans son introduction au XIXe par les colonisateurs Français que par sonessor et son importance dans l’économie du pays. Page 13
  15. 15. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]L’arachide est introduite au Sénégal vers la fin de la 1ère moitié du XIXe siècle. Son introductions’explique principalement par des raisons économiques que sont l’abolition de la traite négrière et ledéclin de la gomme arabique. L’arachide devient une économie de substitution pour les colons Français.Appelé symboliquement « Or du Sénégal » pour la couleur jaune de sa fleur et la richesse qu’ellereprésente. En moins d’un siècle, la culture de l’arachide au Sénégal a profondément bouleversél’organisation sociale de plus d’un tiers de la population. Le Sénégal est entre autre qualifié de pays demonoculture extrême au point qu’une autorité du pays laissait un jour entendre que lorsque l’arachide seporte bien tout va bien.Même si le pays de la Teranga (hospitalité en langue Wolof) ne figure pas parmi les premiersproducteurs mondiaux d’arachide, il est tout de même le 1er producteur d’huile d’arachide. Le Sénégaln’en demeure pas moins importateur d’huile de tournesol. Les principaux acteurs de cette filière sontessentiellement les producteurs, les distributeurs et les commerçants. Les transformateurs peuvent aussiêtre ajoutés, surtout avec la délocalisation au Sénégal de la transformation par la firme Lesieur pendantla seconde guerre mondiale. Qu’ils soient paysans, propriétaires terriens, chefs religieux tout simplementsaisonniers, les acteurs de la production ont été et demeurent aujourd’hui encore les acteurs les plusfaibles de la filière. Victimes de et quelquefois coupables, ils souffrent de la spéculation des acheteurs,des prix fixés sans leurs consultations, de bons impayés, des fluctuations du marché intérieur etextérieure, des politiques libérales de l’Etat et des plans d’ajustement structurel des institutions financièresinternationales : Banque Mondiale, Fond Monétaire Internationale et l’Organisation Mondiale duCommerce.Sous le prisme des producteurs, certes mais pas seulement, le constat est effrayant : le secteur est encrise. Celle-ci ne date pas d’aujourd’hui. Les maux qui gangrène la filière remontent à ses débuts etpourtant perdurent. En 2001, l’Etat dissout la Sonagraine et libéralise la collecte alors que l’histoire adéjà montré les limites de cette libéralisation. Bons impayés de la part des intermédiaires ou collecteurs,méfiance et spéculation, bradage de la production dans les loumas (marchés hebdomadaires) à des prixatteignant souvent la moitié du prix fixé par l’Etat. La mauvaise gestion des semences et des récoltes despaysans les entraîne dans un cercle infernal de dettes. La culture de l’arachide épuise et appauvrit lessols poussant les paysans à augmenter les surfaces cultivés. Les sols sont en danger et les terres sontbradées aux étrangers. Surproduction et lieux de stockage inexistant ou inadaptés. Enfin des politiquesagricoles incohérentes, avouant du moins en apparence un pilotage à vue, voire soumises au diktatextérieur sans oublier la baisse du cours des matières premières depuis 1970. Résultat des courses, lesecteur est en pleine crise, dont les acteurs s’entendent unanimement sur son existence et son caractèreavancé. Pour toutes ces raisons l’avenir de l’arachide au Sénégal est plus que menacé. Que faire alors?Ne conviendrait-il pas de tirer les enseignements des erreurs du passé, ce avant toute chose ? Au moinscela permettrait de faire de nouvelles erreurs et de sortir du comportement amnésique qui semblecaractériser le siècle et demi passé. Ensuite l’Etat comme les producteurs devront entamer la sortie de lamonoculture de rente, valoriser et diversifier les utilisations de l’arachide, produit dont la totalité, laplante comme la coque et le fruit peuvent servir à l’Homme ou aux bêtes de somme. Ainsi l’asymétrie desmoyens de décision et donc de pression entre l’Etat ou les intermédiaires et les producteurs d’une part etles institutions financières internationales et l’Etat d’autre part pourrait diminuer voire disparaître, laissantplace à une véritable souveraineté du Sénégal, par extension des Etats Africains, synonyme deprotection des marchés locaux id est des producteurs. Nous sommes alors convaincus que ces derniers selibérant de l’étau de la dépendance multiforme, celle-ci accrue par le capitalisme financier et lamondialisation, pourront oser et proposer de nouveaux modes de vie donc une nouvelle façon deconsommer, proactive et plus participative. Ils recentreront le système sur l’Homme et viendront alors etenfin à bout de cette aphonie des décideurs. L’épanouissement à partir de la base, voilà le défi quel’Afrique, et l’humanité en général, doit relever pour son progrès, aujourd’hui sa survie. Page 14
  16. 16. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]DOCUMENTAIRE SUIVI DE DEBAT. [LA DEPIGMENTATION OU « XESSAL »][Aïssatou BADIANE]La réalisation d’un documentaire, sur la dépigmentation est un projet qui est né il y a 4 mois au sein deNjàccaar même. Motivée par la lutte contre ce phénomène Ŕ que je qualifie d’ailleurs de fléau social -j’en ai discuté avec le Président Sadio SANGHARE, qui m’a donné feu vert pour la diffusion et lecommentaire du documentaire lors des 72h de Njàccaar Edition 2.J’ai donc travaillé sur ce projet en collaboration avec Njàccaar Sénégal. Cependant, les courts délaisdont nous disposions ne nous permettant pas de réaliser un projet aussi abouti que souhaité dans lestemps (pour les 72H…), j’ai décidé d’adopter une formule plus simple, et de poser le problèmedifféremment, tout en laissant place au débat; c’est ainsi que j’ai sollicité les personnes de monentourage motivées par cette lutte, et acceptant d’être interviewées sur le sujet, en répondant à mesquestions, qui pour la majeure partie tournaient autour du pourquoi et du comment de ce phénomène. Enoutre, j’ai eu l’honneur de rencontrer le Docteur Khadi SY BIZET, dermatologue-esthéticienne, qui tient soncabinet à Paris. Entièrement engagée dans la lutte contre le Xessal, elle m’a accueillie les bras grandsouverts et à répondu à toutes mes questions.Ainsi lors des 72h, j’ai pu, avec l’aide d’Abdoul Khadre Diallo (membre de Njàccaar), diffuser des vidéosde 3 à 7 minutes de la dermatologue. Cette dernière évoquait des points très intéressants à connaître surce fléau, à savoir : les causes de ce phénomène (l’histoire de notre continent Ŕ qui a beaucoup souffertde l’esclavage et de la colonisation Ŕ , le complexe de l’homme noir par rapport à l’homme blanc, ledésir des femmes d’être belles et plus appréciées sachant que dans nos cultures la femme claire etsynonyme de fertilité et de clarté, la médiatisation grandissante des femmes au teint clair via le petitécran, …).J’ai pu diffuser des vidéos assez « choquantes » sur les conséquences de la dépigmentation;accompagnées des récits du docteur Bizet, qui évoquait les risques de maladies telles que l’hypertensionartérielle, le diabète, la stérilité chez la femme, la malformation infantile, et des problèmes decicatrisations de la peau, j’ose espérer que cette diffusion a pu porter quelque fruit dans l’esprit de ceuxet celles qui croiraient encore que s’adonner à la pratique du Xessal est exempt de tout danger pour lavie humaine elle-même..Le but de ce documentaire n’étant pas de blâmer ceux qui s’adonnent à cette pratique, il doit sensibilisersur les conséquences au niveau sanitaire de ce fléau qui sont très sérieuses. CE phénomène n’est ni bienpour notre santé, ni pour notre culture, sans parler de notre économie. Je pense, pour les 30 minutes quej’ai eues pour défendre ma position par rapport à ce phénomène, le message est bien passé. Page 15
  17. 17. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]PANEL 1. [ET DES ACTEURS, ET DES ENTREPRENEURS]Modérateur [Cheikh Dieylar DIALLO]LA COURS DES ENFANTS (CDE), « LES ENFANTS C’EST L’AVENIR ».La Cours Des Enfants est une association loi 1901 créée à Bordeaux il y a 2 ans. Composéemajoritairement de femmes, elle a pour objectif de venir en aide aux enfants défavorisés du Sénégal. LeSénégal parce que c’est le pays qu’ils connaissaient le mieux.L’idée de créer la CDE est venue suite à la diffusion par M6 de reportages sur les « talibés ». Malgré lesstéréotypes que les habitants du Sénégal ont sur les émigrés et leurs enfants, «Bounty » ou « déracinés »,les membres de la CDE ont décidé de venir en aide aux enfants défavorisés, sachant que « les enfantsc’est l’avenir » lâche la présidente, Fatou Lô.Au niveau des actions, la CDE est venue en soutien à une pouponnière à Mbour (ville qui se situe à 80 kmde Dakar au Sénégal) en achetant du lait et des couches.Oumy LÔ, membre de la CDE, prend le micro et présente une autre action de l’association à savoir Lareconstruction en brique de 2 classes de CI (Cours d’Initiation) dans une école à Louga car actuellementelles sont en paille. Au départ le projet était planifié pour l’été 2012 mais pour des raisons financières lafin est prévue pour l’été 2013. Pour financer ces actions la CDE organisent des événements, des soirées,des animations. Aussi l’association vend-t-elle des bonbons et fait-elle des séances de maquillage pourles enfants toujours pour réunir les fonds suffisants à l’aboutissement du projet de reconstruction. Laprésidente prend bien le soin de préciser que c’est le directeur de l’école à Louga qui a été demandeur.« Une des bases de l’association c’est d’une part de ne pas envoyer d’argent comme ça. On faitbeaucoup d’appel aux dons. On n’a jamais fait de demande de subventions. Pas d’envoi d’argent etsurtout on ne crée pas de besoins», poursuit Fatou LÔ. Page 16
  18. 18. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Pendant les 2 premières années, la CDE a d’abord essayé de remplir ses caisses en attendant que desassociations ou des structures dans le besoin aillent la solliciter même si parallèlement elle a aussiprospecté sur « ce qu’on pouvait faire, ce qu’on se sentait capable de faire » dixit la présidente.La 1ère année a servi à trouver des fonds. Par exemple grâce à un défilé, organisé pourtant avec deshabits personnels, la somme de 500€ est récoltée en une après-midi. Autre exemple de moyens qui ontservi à trouver des sous, c’est la tenue de stand d’animation sur différents marchés à Bordeaux ou lavente sur les plages de plats et de produits africains, sénégalais en particulier, comme le « ceebu jën »(Riz au poisson), le « gerte suukër » (Cacahuète au sucre). Par ailleurs la CDE s’est mise au tressage ettoutes autres activités dont ils se sentaient capable et pouvant rapporter des fonds comme l’organisationde soirée où les salles étaient quelquefois gratuites et les étudiants présents. Des artistes comme Nit Dofet Ass Malick les soutiennent car ceux-ci sont allés à Bordeaux tenir des concerts gratuitement pour laCDE.Dernièrement l’association est intervenue sur le problème survenue dans la corne de l’Afrique.L’association Afrique Terre de Culture faisait une collecte de denrées alimentaires. La CDE a fait le relaissur Bordeaux et est parvenue à remplir un camion. La semaine dernière, elle a organisée une soiréetoujours à Bordeaux et tous les bénéfices, soit à peu près 1500€, iront à Action Contre La Faim en vue del’achat de denrées alimentaire pour la Somalie.2 membres de l’association sont établis au Sénégal. La pouponnière de Mbour accueille 183 enfants de0 à 1 ans qui ont perdus leurs mamans. Les parents de l’enfant sont tenus de venir récupérer l’enfant àl’âge de 1 an. Malheureusement dans 30% des cas l’enfant reste à la pouponnière. Tout dernièrement unsite d’information sur le Sénégal révélait que la SENELEC menaçait de couper l’électricité de lapouponnière, ce qui constitue un gros souci. A la base, c’est une Française qui a créé la pouponnière, etla frustration n’a pas manqué de gagner les membres de la CDE car très souvent les actions menées aupays sont l’œuvre d’étrangers. La CDE souhaiterait réunir différentes associations en France en créantdes évènements où tous les bénéfices reviendraient à la pouponnière. Les évènements auraient lieu lamême date voire la même période et que chaque association de manière indépendante s’organise deson côté. Les compétences et les connaissances sont disponibles et variées. Les fonds récoltés serviraient àfinancer un projet concerté entre les différentes associations en actions.En somme être membre de la CDE, c’est investir son temps et son argent.Les participants sont touchés par les actions de la CDE et pour beaucoup se proposent de contribueressentiellement par leur temps et leurs compétences à la réussite des actions présentées.Avec la CDE, Ibrahima DIOP a appris à « faire des actions » et à « donner». Fatma de poursuivre « j’aiappris à m’occuper des autres, à savoir ce qui se passe vraiment dans mon pays, à savoir le milieux desenfants abandonnés, à être plus autonome, à donner et à recevoir. »Fatou LÔ revient sur la Pouponnière de Mbour.Lorsque la pouponnière de Mbour comptait 140 enfants, elle avait besoin de 3500€ pour les nourrir.Sous l’émotion, la présidente revient sur les photos, la collecte. Après la collecte des sous, les membresont photographié l’argent. La présidente termine par « tu vois les photos avec tout le lait autour, tous lesenfants et là tu dis Diantre, grâce à moi ça se trouve y’a 2 ou 3 qui vont vivre encore un peu. Et làfranchement tu reçois énormément, plus que si on te donnait 1 million € ».Fatoumata MBAYE. Tout part du désir d’aller aider une pouponnière et se termine dans un orphelinat.Sur le point d’aller au Sénégal en voyage, elle envoie un message sur Facebook à toutes sesconnaissances en vue de récolter de l’argent pour en faire un don à une pouponnière. Elle parvient à Page 17
  19. 19. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]réunir 500€ ce qui permet d’acheter du riz par contre le bénéficiaire est un orphelinat qui se trouve dansle quartier Liberté VI. La structure est tenue par une dame qui faisait ses études en France. Pareille auxmembres de la CDE, elle décida un jour de venir de faire une action pour les enfants. A sa grandesurprise, elle se rendit compte que l’écrasante majorité des personnes qui venaient en aide aux enfantsdéfavorisés sont des étrangers. Elle se demanda alors ce qu’elle pouvait faire pour aider. Elle construisitalors un étage de plus au-dessus de sa maison pour en faire un orphelinat. Elle accueille 40 enfants et lesélève jusqu’à l’âge de 18 ans. « Quand j’ai vu cette dame, je me suis dite je vais plus jamais êtredécouragée… on a tous quelque chose à donner et on va foncer. » Une cousine à Fatoumata lui suggèrede venir en aide aux enfants dans le domaine de l’éducation. Même s’il existe des personnes volontaires,il demeure néanmoins un manque d’organismes, de structures capables de définir un plan. « Au-delà dela nourriture, que pourrait-on faire pour améliorer leur avenir et leur insertion dans la société ? »ASH : ASSOCIATION DES SENEGALAIS DE L’HERAULT.Président en exercice de la structure, Oumar Hamady NDIAYE n’est pas seulement chargé de laprésidence de l’ASH il porte aussi sur ses épaules un deuxième prénom, Amadou Fatou, chose fréquentechez les Pulaar. « Je me présente pour mes cousins Sérères et mes cousins Diolas qui sont là » ajoute-t-il.L’ASH est une personne morale qui représente tous les Sénégalais de la région Languedoc-Roussillon plusparticulièrement du département de l’Hérault.Ndiaga SYLLA occupe actuellement le poste de secrétaire général et Malick LOUM est adjoint de lacommission presse et information.L’association comprend 3 volets : pédagogique, culturel et social. « Elle a été créée pour garantir lesintérêts moraux et matériels des Sénégalais ».Même si le bureau est composé uniquement d’étudiants, l’association est soutenue par les travailleurs etles familles sénégalaises montpelliéraines sans oublier les autorités administratives de la ville. Assister lesSénégalais de l’Hérault quelque soient leurs catégories socioprofessionnelles et promouvoir la culturesénégalaise, voici les 2 axes prioritaires de association. Créer un cadre convivial où on peut seregrouper, échanger et partager en un mot s’épanouir.L’ASH organise des matchs de Football en invitant d’autres associations, des soirées dansantes et unesemaine culturelle chaque mois d’Avril.Le principal acquis social de la structure non des moindres, c’est les logements de Las Rebes octroyés parle CROUS à l’ASH. Une convention bipartite a en effet été signée afin d’accueillir et d’héberger lesnouveaux étudiants sénégalais. Par ceux-là, il faut comprendre les primo-arrivants.Pour terminer le président de l’ASH a porté à la connaissance de tous les participants du panel le« projet de rapatriement en cas de décès » car « toute âme qui goutte à la vie, gouttera à la mort »insiste-t-il. C’est pourquoi un système de rapatriement des corps au Sénégal est en étude.AAPIJAS : ASSOCIATION DES ANCIENS PENSIONNAIRES DE L’INSTITUT DES JEUNES AVEUGLES DU SENEGAL.« L’association a été en 1998, à ce moment j’étais au Sénégal, je suis venu (en France) 4 ans après. »déclare Pape GNING, un membre de l’AAPIJAS venu présenter cette structure au panel. Page 18
  20. 20. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Les anciens pensionnaires de l’institut des jeunes aveugles du Sénégal jugeaient nécessaires de seregrouper ensuite « de penser comment faire des actions au Sénégal pour rendre service aux non-voyants qui sont là-bas parce qu’au Sénégal les personnes en situation d’handicap souffrent beaucoup.Beaucoup de gens souffrent certes mais encore plus les personnes en situation d’handicap. »Il y a 2 ans, l’AAPIJAS a fait un don de 500 cannes blanches au Sénégal dont 75 grâce à des bonnesvolontés établies à Montpellier. Grâce à ces cannes, des non-voyants ont abandonné le « bâton ». Elle aaussi fait un don de 20 ordinateurs accompagnés du logiciel JAWS pour montrer aux Sénégalais qu’unnon-voyant peut utiliser un ordinateur.A Thiès les non-voyants sont assez connus pour fréquenter collèges et lycées, comme le Lycée Malick SY.Arrivés en France après l’obtention du bac et d’une bourse d’étude de la République du Sénégal,obtenus avec mérite, les 35 membres de l’association sont disséminés dans les villes françaises et seréunissent une fois par an dans une ville pour les besoins de l’association à l’instar de l’assembléegénérale annuelle.L’AAPIJAS cherche à assurer l’éducation des personnes en situation d’handicap, surtout pour les non-voyants car c’est un droit et non un privilège. A la création de l’IJAS (Institut des Jeunes Aveugles duSénégal), les autorités disaient que c’était un privilège. Le premier bachelier est allé étudier le droit enFrance. A son retour il a revisité les textes et les statuts de l’institut pour leur dire que l’éducation n’estpas un privilège mais un droit pour tout enfant. Donc il avait du mérite d’aller changer cela.Le handicap n’est pas une fin en soi. Et au-delà de l’éducation, il y a aussi lieu de penser à l’insertion.La stigmatisation des personnes en situation d’handicap va jusqu’à les empêcher d’obtenir un emploi carles voyants doutent de leurs compétences or des membres de l’AAPIJAS donnent des cours dans desuniversités en françaises et d’autres travaillent un peu partout. Alors pourquoi pas dans leurs paysd’origine ? « La réponse est qu’au Sénégal, on ne fait pas confiance aux non-voyants » dit Pape GNING.En somme c’est pour toutes ces raisons que l’AAPIJAS a été créé.Plusieurs rencontres entre l’AAPIJAS et les autorités sénégalaises ont eu lieu pour parler des objectifs del’association. Ce fut notamment l’occasion d’expliquer les évolutions profondes de la technologie et destechniques pour l’éducation et l’insertion professionnelle des aveugles.Tout ce que les voyants font avec la souris et l’écran, les non-voyants sont capables de le faire avec leclavier et le logiciel JAWS. « On n’a pas mal d’atouts que nous offre la France et nous leur enremercions » ajoute Pape. En France il est permis pour un non-voyant de s’insérer socialement. En ce quiconcerne l’insertion professionnelle chacun, là où il est, essaie de se battre pour trouver un emploi auSénégal ou en France. Cela ouvrira peut-être aux Sénégalais les yeux sur la capacité des aveugles àtravailler et à réussir.« Par sa volonté et son courage, le non-voyant est aujourd’hui capable de réussir comme tout le monde »conclue Mr GNING.ETS : EDUCATION POUR TOUS AU SENEGALDéclarée à Cannes, l’association a été créée par Yaya, un cuisinier. Il a créé 2 écoles avec un effectif de225 élèves qui y apprennent le français, l’arabe et le Coran.Saliou FALL, un nouveau membre s’est alors posé la question : « Qu’est-ce que je peux faire pour êtreutile ? Comment tout le monde peut l’aider ?» Page 19
  21. 21. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]L’association compte aujourd’hui 5 membres pour faire un effort à l’endroit des jeunes et aider lesgénérations futures à s’armer de savoirs, elle aurait besoin de gens de bonne volonté.CRI : COLLECTIF POUR LA RENOVATION ET L’INITIATIVE (DU LYCEE LIMAMOULAYE DE GUEDIAWAYE).Babacar NDIAYE, responsable de la communication du CRI, a représenté la structure dans le Panel.Crée en 2009 au mois de juillet parce qu’à l’époque il fallait crier. En effet « Ku bëgg dee wekku » ditd’ailleurs l’adage Wolof. (A bout de force, tout Homme réagit).Le choix du terme « collectif » au détriment de l’association s’explique par l’idée très répandue selonlaquelle les associations poursuivent beaucoup plus des objets culturels alors que ce n’était pas encoreune question urgente pour le collectif.« Rénovation » parce que certains élèves du lycée font des cours sous des tentes et que deseffondrements ont déjà eu lieu.« Initiative » pour inciter les gens à initier des projets.Pour rester ouvert, les responsables du CRI ont volontairement omis le nom du lycée afin que les anciensne soient pas les seuls concernés.Au sujet de la rénovation le CRI a mis en place une pétition, car « on ne peut pas se substituer au rôle del’Etat » soutient Babacar.Côté social, le CRI a mis en place des projets pour la plupart en collaboration avec l’assistante sociale duLycée Limamou Laye de Guédiawaye. Entre autre, on peut compter:Un projet de don de fourniture au début de chaque année scolaire pour les élèves dans le besoin.Un projet de distribution de prix au meilleur élève du lycée. L’année dernière c’est un ordinateurportable qui a été offert.Un projet d’accueil et de conseils des nouveaux bacheliers en France. D’autres projets sont en cours comme la création d’un portail Internet ainsi que d’un journal pour informer les élèves du lycée sur leur besoin avant et après le bac notamment en matière d’orientation académique et d’insertion professionnelle. Pour atteindre ses objectifs, le CRI a besoin de tout le monde, à commencer tout naturellement par les anciens. Page 20
  22. 22. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER][ACTIVITES - SAMEDI 29]COURS. [INITIATION AU BRAILLE][Pape Ibrahima GNING] Doctorant. Dernière année. Thèse en Sciences de Gestion à l’Université deMontpellier 3.Pape a présenté les composantes de la méthode braille, méthode créée par Louis Braille.Au menu de la séance il y eut un exposé théorique au départ, ensuite de la pratique, avant de terminerpar des questions suivies de réponses.Pape souhaite la sensibilisation au handicap visuel afin que l’ignorance et donc la marginalisation reculepour laisser place au mieux-vivre ensemble. « Pour informer les gens et les sensibiliser, rien ne me gêne »ajoute Pape pour mettre à l’aise le public.L’écriture en braille se fait à l’aide d’une tablette qu’on ouvre. La feuille de papier s’insère à l’intérieurde la tablette qui se referme sur elle en la coinçant pour éviter qu’elle se déplace.La tablette de Pape est composée de 9 lignes, chacune d’elles comprend des cases. Une case estensemble de 6 trous, en réalité appelés des points, alignés en 2 colonnes et 3 lignes. Les 6 pointspermettent en fait d’écrire une lettre, un chiffre ou tout autre caractère.En plus de la tablette, il faut compter le poinçon dans les outils d’écriture en braille. Il est composé d’uneaiguille qui permet de faire des trous donc d’écrire des points.Maintenant grâce aux avancées technologiques, des ordinateurs en braille existent. C’est pourquoidepuis son arrivée en France, Pape n’utilise plus les tablettes qu’il utilisait au Sénégal. Celles-ci sontencore largement utilisées en Afrique parce que « Le matériel informatique coûte très cher et en France,les aveugles le reçoivent grâce aux divers financements. »Découverte des points et de leur agencement.Chaque participant a écrit une lettre avec la tablette en suivant l’ordre de l’alphabet français. Avec leurmain chacun pouvait sentir les points saillants signifiant une lettre, un chiffre ou un caractère.Q : Y-a-t il des supports spécifiques pour écrire en braille ?R : Oui il y a un papier spécial beaucoup plus épais que les papiers utilisés normalement par les voyants.Il permet de bien mettre en relief les écritures étant donné que c’est à partir du touché que les aveugleslisent.Q : Est-ce que ça coûte cher ou pas ?R : Tout ce qui concerne le matériel des non-voyants coûtent chers non seulement pour leur spécificité maisaussi parce qu’ils sont financés. Page 21
  23. 23. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Q : Est-ce que les gens qui corrigent ou donnent des cours aux aveugles sont des enseignants voyantssimplement formés à la méthode braille ?R : Tout à fait. C’est des enseignants comme ceux des autres établissements mais qui ont juste été forméen braille.Q : Combien de temps est-ce nécessaire pour lire de façon littérale en braille ?R : L’écriture peut être assimilée assez rapidement. La lecture en revanche prend beaucoup plus detemps. Les voyants n’ont pas besoin de développer leur touché pour lire le braille dans la mesure où ilspeuvent voir les points. Les non-voyants quant à eux ont vraiment besoin de développer le touché. Il y aaussi le braille abrégé qui prend moins de place et qui est plus rapide.Q : Au Sénégal avant de venir en France, y-avait-il les outils nécessaires pour suivre les cours en braille àl’université ou dans l’école où vous étiez?R : Pour les études supérieures le matériel est quasi inexistant. L’université n’est pas encore prêt pouraccueillir des non-voyants parce qu’ils n’ont toujours pas le matériel qu’il faut pour que les non-voyantspuissent continuer les études. C’est la raison pour laquelle les bacheliers non-voyants n’ont d’autres choixque d’aller étudier à l’étranger, en France pour la plupart. A l’institut par contre, le matériel nécessaireexiste bel et bien. C’est l’Etat du Sénégal qui alloue à l’Institut un budget de fonctionnement dans lequelréside une partie pour l’achat de matériels didactiques. L’école fournit ainsi le papier, les poinçons, lesaiguilles et les cahiers.Q : Est-ce que vous suivez entièrement votre scolarité à l’institut ? Ou bien vous apprenez seulement laméthode braille avant d’entrer dans des écoles classiques comme les voyants ?R : L’Institut comprend un internat et s’arrête au primaire. Après l’entrée en 6ème « nous sommes orientésvers les collèges et lycées de Thiès » précise Pape. Ensuite les non-voyants et les voyants partages lesmêmes classes. Les CM Ousmane NGOM, Mamadou DIAW, Idrissa DIOP sont des exemples. Après leBFEM (Brevet de Fin d’Études Moyennes), les élèves non-voyants vont directement au lycée. « Là-basaussi on partage la même classe que nos camarades. Nous écrivons en braille et eux ils écrivent avecleurs stylos, c’est la seule différence » ajoute Pape.Q : Est-ce que les professeurs qui vous corrigent au lycée sont formés en méthode braille ?R : Non. Ils n’ont pas de compétences en braille mais dans chaque lycée ou dans chaque collège, il y a unenseignant spécialisé en braille qui transcrit les sujets pour les non-voyants d’une part et recopie lescopies des non-voyants pour les professeurs. « La seule différence se trouve au bac. Vu que c’est descopies anonymes, on ne donne pas le papier en braille donc le correcteur ne sait même pas si c’est unvalide ou non-voyant. » Page 22
  24. 24. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Q : Comment l’écriture braille est transposée en informatique ?R : Il y a 2 systèmes. Le premier est un ordinateur classique dans lequel le logiciel JAWS, une synthèsevocal, est installé et « tout ce que je touche il me le dit et tout ce qui apparait sur l’écran il me le lit ». Ledeuxième est un ordinateur n’a pas de synthèse vocale mais est exclusivement en braille. C’est appareilavec des lignes. Si par exemple j’ai une clé, je l’insère dans l’ordinateur et tout ce qui s’y trouve,l’ordinateur me le sort en braille. Une imprimante en braille existe aussi, il sort des écritures en braille.Q : Comment faites-vous pour écrire des formules en mathématiques ? Vous est-il possible de poursuivredes études en science ?R : Souvent c’est la bête noire des non-voyants les mathématiques. Aucun des membres de l’AAPIJAS n’estdans un domaine des sciences exactes, que ce soit au lycée ou plus tard. Il est bien possible tout demême d’écrire les formules mathématiques en braille mais il convient de préciser la difficulté que celareprésente pour les non-voyants.Q : Juste par simple curiosité, auriez-vous une boîte e-mail ?R : Oui.Q : Comment faites-vous pour écrire l’arobase en braille ?R : Il existe un signe en braille représentant l’arobase.Q : Est-ce qu’au Sénégal il existe une législation qui permet ou impose de transcrire les textes et/documents en braille ?R : Non, il n’y en a pas. Le braille est très volumineux. Les enseignants transcrivent plutôt des extraits quel’intégralité des documents dont les non-voyants ont besoin. Au Sénégal le papier coûte cher, donc onpréfère se limiter au minimum. En France par contre, tout ce que le non-voyant souhaite comme documentil peut l’avoir en braille, même son relevé bancaire.Q : Y-a-t-il des non-voyants qui font de la musique ?R : Oui. Les notes de musiques en braille existent.« Vous avez la feuille sur laquelle nous avons essayé de transcrire, est-ce que vous pouvez corriger pourvoir si nous n’avons pas fait de bêtises? Rires. »Pape Gning rappelle aux participants qu’ils peuvent ne pas s’arrêter au braille et demander aussi desprécisions sur la vie quotidienne d’un non-voyant. « N’hésitez pas à poser des questions sur la viequotidienne d’un non-voyant». Page 23
  25. 25. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Q : Est-ce que le petit point sur la lettre « J » du clavier est destiné aux aveugles afin qu’ils puissent serepérer ?R : Les points ou tirets sur les touches « J » et « F » nous permettent de nous repérer. Quand les non-voyants se forment en informatique, il leur demander de mettre les deux index sur ces deux touches etleurs autres doigts sur toute l’étendue du clavier. Ainsi ils utilisent les 10 doigts de la main.Q (Facebook) : Y-a-t’il une différence entre la transcription en braille de l’alphabet grecque etl’alphabet arabe?R : Oui il y a une différence. Les Arabes ont adapté le braille à leur mode d’écriture. Vu que je n’ai pasappris le braille en arabe, je ne saurai vous en dire plus.Q : Est-ce que le braille a été adapté à des langues africaines ? Comment vous vous êtes sentismarginalisé au Sénégal ? Si oui comment pensez-vous qu’on pourrait y remédier ?R : Des gens écrivent le wolof en braille mais en utilisant l’alphabet français par exemple. Les besoinsdes non-voyants sont énormes car il n’existe pas de politique de prise en charge. La marginalisation estprégnante, il ne faut pas le nier mais elle s’explique majoritairement par l’ignorance. La population nenous côtoie pas assez pour nous connaître. Les non-voyants sont souvent associés à la mendicité or depuisque des structures telles que l’Institut des Jeunes Aveugles du Sénégal existent, les non-voyants et leursfamilles sont sensibilisées partout de plus en plus dans les coins les plus reculés du pays pour que ceux-ciintègrent ces structures pour bénéficier d’une éducation.Même le diplôme en poche, le non-voyant est toujours confronté à des difficultés pour s’insérerprofessionnellement. Les gens agissent plus par pitié que par devoir, alors qu’ils devraient quand mêmefaire confiance aux diplômés. Or la pitié tue l’effort. En France les gens agissent par devoir, si tu doisavoir quelque chose tu l’as.L’égalité des chances fait qu’une fois tu as des compétences, tu as des chances de t’en sortir.Un de mes prédécesseurs donne des cours de droit à l’université de Caen. Donc pourquoi en France onnous fait confiance, et chez nous non ? Cela prouve l’existence de cette marginalisation. Nous avonsquand même rencontré les autorités sénégalaises. L’AAPIJAS a rencontré le président de la Républiquedu Sénégal à 2 voire 3 reprises à Paris. Cela a fait avancer les choses dans la mesure où on comptemaintenant la loi d’orientation du handicap qui a été voté à l’Assemblée Nationale du Sénégal àl’unanimité même si elle n’est toujours pas promulguée.Mais tous les handicapés au Sénégal souffrent de la marginalisation et des structures de prise en chargeinexistantes ou inadaptées. A l’université par exemple, j’ai entendu les handicapés physiques se plaindrede l’absence d’ascenseurs car ils sont incapables de monter les escaliers alors qu’en France partout où iln’y pas d’ascenseurs il y a une pente qui te permet de monter ou de descendre. En France tout oupresque est prévu mais en Afrique ça tarde et la volonté politique fait vraiment défaut.C’est la volonté politique qui permet à tout un citoyen d’être indépendant.Q : Comment font les étudiants non-voyants pour lire les œuvres au programme philosophique ousociologique par exemple ? Page 24
  26. 26. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]R : Auparavant les œuvres étaient principalement lus et enregistrées en sonore. Depuis peu, un siteInternet canadien regroupe toutes les œuvres disponibles en formule numérique. Un non-voyant qui veutlire tel bouquin va dans ce site, télécharge l’œuvre souhaité ensuite le met dans son ordinateur en braille.Il parvient ainsi à lire les œuvres au programme ou tout simplement celles qu’il aimerait lire. Dans lesfacultés, c’est très difficile voire très rare de trouver des œuvres en braille.L’EXPOSE A ETE CLAIR ET CONCIS. LES PARTICIPANTS ONT ETE ALORS CONVIES A SE RAPPROCHER DEPAPE, A PRENDRE EVENTUELLEMENT SES COORDONNEES ET LUI POSER DES QUESTIONS AU BESOIN, CARC’EST AINSI ET SEULEMENT AINSI QUE TOUS ENSEMBLES NOUS VIENDRONT A EFFICACEMENT BOUT DE LAMARGINALISATION DES NON-VOYANTS DANS LES SOCIETES AFRICAINES Page 25
  27. 27. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]ATELIER. [FORMATION A LA CREATION DE BD][NJACC’ART] Ndeye Fatou SARR - Abdoul Khadre DIALLO - Cheikh Dieylar DIALLOIl y a bien des façons de définir la bande dessinée…Qui vous dira que c’est un « moyen de communication de masse », associant étroitement l’image et lelangage, et cela est vrai. Le graphiste, lui, affirmera qu’il s’agit plutôt d’un genre de littérature dessinée,et c’est encore vrai. Et tel autre vous soutiendra que la bande dessinée est au fond plus proche ducinéma que de la littérature, et c’est une définition qui ne manque pas non plus de vérité.S’il est si difficile de définir avec précision la bande dessinée, c’est qu’elle se situe précisément aucarrefour de plusieurs moyens d’expression artistique : l’art graphique, l’art cinématographique et lalittérature. Elle est tout à la fois dessin, cinéma, écriture, se conjuguant entre eux pour former un artnouveau, doté d’un ensemble de moyens d’expression extrêmement complets et variés, comme nous allonsnous en rendre compte. MOYENS D’EXPRESSION DERIVES DE L’ART CINEMATOGRAPHIQUE :Les « plans » (gros plan, plan d’ensemble, etc.), le « cadrage » ou « angles de vue » (plongée, contre-plongée, etc.), le « montage » ou enchainement des plans… MOYENS D’EXPRESSION DERIVES DE L’ART GRAPHIQUELe graphisme, la composition des images, les jeux d’ombre et de lumière, la perspective, la couleur … MOYENS D’EXPRESSION DERIVES DE LA LITTERATURELes textes et les dialogues…Auxquels il faut ajouter un certain nombre de moyens d’expression non moins remarquables qui sontpropres à la bande dessinée : Les CADRES (ou « cases ») qui peuvent varier de proportion d’une image à l’autre, rétrécir, s’étirer à volonté selon les nécessités du récit. Les PHYLACTERES (ou « bulles » ou « ballons ») qui intègrent le langage à l’image et permettent de faire parler les personnages. Les ONOMATOPEES qui constituent le « bruitage » expressif des bandes dessinées.Ensuite tout dépendra du talent avec lequel le créateur de bandes dessinées saura choisir parmi cesmoyens d’expression très divers, ceux qui conviennent le mieux à ce qu’il veut exprimer à chaque momentdu récit.Extraits de: «De l’Art de la BD Ŕ Tome 1- Editions Glénat» (du scénario à la réalisation de DUC, page 6) Page 26
  28. 28. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]NJACC’ART est un label de production et de création de Njàccaar Visionnaire Africain. Pour le momentil ne compte qu’un seul volet : la bande dessinée. Toutefois, NJACC’ART aspire à élargir sa production àtous les domaines de l’art.Lors de l’élaboration du Programme de la Seconde Edition des 72h de Njàccaar Visionnaire Africain(rappel du Thème : Quelles Actions, avec quelles re-sources ?), l’équipe BD de NJACC’ART décide deproposer un atelier « simulation d’un studio de BD ».Ne cherchant point à discuter au préalable de l’histoire de la BD ou à en donner une définition, lesparticipants ont souhaité aller droit à l’essentiel. Pour ceux disposant d’Illustrator, il s’agissait de créerune planche ou une étiquette. Quant aux équipes de scénaristes, il leur incombait de proposer desscénarii.Installation des participantsCeux disposant d’ordinateurs portables aux capacités suffisantes pour utiliser le logiciel Adobe Illustratorfurent installés sur le devant. Ceux n’en ayant pas, quant à eux, furent automatiquement affectés à uneéquipe de scénaristes, et occupèrent les tables restantes.Phase d’écriture du scénarioDes feuilles furent distribuées pour l’écriture des scénarii, ceux étant équipés d’e-PC ou autres portables,également affectés à une équipe de scénaristes, étant tenus de dactylographier leur scénario. Au final 3équipes de scénaristes se forment et compétissent pour le meilleur scénario.Par où commencer ?Une fois les installations de logiciels effectuées, et ces derniers lancés, « par où doit-on commencer ? »CDD s’adresse à son public : « D’après vous, par où commencer ? ». Il poursuit, selon son principe, en cestermes «Plus vite vous répondrez, plus vite nous avancerons ! Alors ?». Des réponses fusent alors çà-et-là,et c’est ainsi que l’atelier débuta concrètement, par une suite de Questions-Réponses. Page 27
  29. 29. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] Questions fort nombreuses, par ailleurs, et portant sur : - Par où commencer - Le scénario - L’idée - Le synopsis - Les personnages - Où l’on veut aller - Le(s) lieu(x) - Le contexte - Le cadre - La couleur - Arbre - Musique - Bruitage - Public - Acteurs => Héros - Titre - Nombre d’épisodes - Le papier - Le support - La volonté - La définition - L’humour - Le styleUne fois achevée la collecte d’idées (ou brainstorming, ou remue-méninge ou encore « sottante xalat »)terminée, arrive le moment crucial de celles qui vont être retenues ou mises ensemble. Au final neresteront plus que celles qui ne sont pas ci-dessus barrées dans la liste.Conclusion : pour concrétiser la création de la BD, il nous faudra avoir au sein de chaque groupe desacteurs jouant ces deux rôles essentiels : celui de scénariste (les dénicheurs d’idées), et celui dedessinateur. Le rôle du premier : définir un titre, écrire un scénario et un synopsis, préciser lecontexte, décrire de façon détaillée chaque héros, définir et décrire la cible, choisir si la BD sera encouleur ou en noir et blanc. Quant au second, il aura à : dessiner, encrer, colorier, ajouter les bulles. Page 28
  30. 30. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] FIGURE 1 ETIQUETTE 1, ENCRAGE TERMINE FIGURE 2 ETIQUETTE 2, ENCRAGE TERMINE Page 29
  31. 31. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Pour les besoins de cet atelier, Marof, membre de NJACC’ART, a déjà dessiné une planche, dont nousallons faire l’encrage au cours de l’atelier. Pour ce faire, il existe plusieurs méthodes, et nos participantsvont appliquer celle consistant à encrer à l’aide d’un logiciel de dessin vectoriel : Illustrator. Ils serontessentiellement initiés aux outils plume, zoom, ellipse et rectangle, entre autres.Au final, le groupe des dessinateurs n’est pas parvenu à encrer en totalité, mais la plupart des binômesest parvenue à un rendu correct d’au moins une étiquette.Ainsi ils ont compris qu’avec de la volonté, de la patience et beaucoup d’efforts il était possible de créerune BD, et ce avec peu de moyens matériels. 1. L’étudiant Noir - Equipe 2 - 13 voix 2. Les Visionnaires - Equipe 3 - 9 voix 3. Temps Boy - Equipe 1 - 4 voixConvient-il de préciser que seule l’équipe 1 a suivi le canevas proposé ci-dessus ? Au vu des résultats,constitués des votes des participants, force était d’admettre qu’il valait peut-être mieux poursuivre sonpropre schéma, mais en même temps, tous étaient-ils prêts à en assumer les conséquences, qu’elles soientheureuses ou malheureuses. FIGURE 3 ETIQUETTE 3, ENCRAGE NON TERMINE Page 30
  32. 32. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]RESULTATS DES VOTES1ère Position - L’Etudiant Noir - Equipe 229 octobre 2011 : Ngoor nouveau bachelier sénégalais débarque à Orly (Paris). 17h à Orly……….Ngoor à la vue de la grandeur de l’aéroport de Orly s’exclame « waaw fii mom bakane na di,wallay le président Wade nous blague ».Après quelques minutes d’attentes il appelle son ami qui devait venir le chercherNgoor : « mais sa waadji mom pourquoi il ne répond pas, c’est bizarre pourtant il avait dit qu’ilviendrait me prendre à l’aéroport à 17h ; bon je vais patienter encore un peu » 23h à Orly………Ngoor: « sheuuteeeuuteuh mais man fouma dieum. Déjà y’a Birane qui n’est pas venu me prendreen plus il fait très froid et je ne connais personne dans cette grande ville, et les gens sont sipressés qu’ils n’ont même pas le temps de répondre à mes questions».Vers 1H du matin à OrlyNgoor : « ahh pèkhé amoul je vais être obligé de dormir ici en plus j’ai tellement faim et froidTieyy Yalla… »Ngoor couché sur un banc public devant l’aéroport tente de dormir en vain. 6h du matin à Orly……..Amina jeune étudiante de 25 ans qui travaille comme femme de ménage à Orly…Amina : « waaaaw » étonnementNgoor toujours couché sur un banc et Amina le regardant eu pitié de lui.Amina « Wa ki avec ce froid il dort ici à l’aéroport ? En plus mome ses habits sont légers di…Ndeysaaaane…Amina entre dans l’aéroport et va travailler 2h plus tard…..Amina sort du travail et répond à une de ses copines « Wa yow nam nala di nakaSénégal ? »…Ngoor(en pensée) « Ha ki dé c’est une sénégalaise. Attend je vais lui demander de l’aide »Ngoor : « Yow sokhna ci on dirait que tu es une sénégalaise ?Amina : « Wi je suis sénégalaise kayy » Je t’ai vu ici tout à l’heure quand je suis arrivée. Qu’est-ce que tu fais sur ce banc en plus avec ce froid la ? Page 31
  33. 33. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Alors Ngoor triste et choqué par ce qu’il vient de vivre raconte son triste histoire à Amina et elle,les larmes aux yeux car touchée par la situation du jeune homme prend sa valise et lui demandede la suivre...A Suivre …Synopsis de la BDIdée : Ngoor nouveau bachelier sénégalais âgé de 18ans débarque à Orly, un milieu qui lui esttotalement inconnu…Titre : L’étudiant noirHéros : Ngoor et AminaContexte : Situation de certains jeunes étudiants africains en France (Paris)Cible : Tout publicNB ou Couleur : En noir et blanc2nde Position – Les Visionnaires – Equipe 3N’ayant pas les mêmes moyens financiers que les autres équipes de scénaristes, l’équipe 3 arédigé le texte sur une feuille.Intitulé « les visionnaires », le scénario a un rapport avec le contexte des 72h de NjàccaarVisionnaire Africain. Les personnages choisis ont des visions différentes de l’avenir de leurs pays.Le premier personnage contrairement au second en a une vision laxiste. Il fait passer ses intérêtsavec ceux de son peuple. Il s‘agit d’un père et de son successeur dans un village du Sénégal.Cette histoire vise tous les lecteurs quel que soit leur âge. La BD sera en couleur et elle pourraainsi mettre en valeur la nature et ses couleurs comme la verdure, les animaux et la terre.3ème Position - Temps Boy – Equipe 3C’est l’histoire qui retrace le vécu d’une personne durant son cursus scolaire dans le milieusénégalais.Nous entamons pour une meilleure optique la description de son quotidien. L’exemple d’unepersonne qui malgré les difficultés de la scolarisation d’un enfant dans un milieu pauvre auSénégal nous dévoile les rouages de sa vie avec une volonté inébranlable de s’en sortir même sison entourage lui rend la vie plus dure et le combat plus long. Les héros  Makhoura : jeune Sénégalais qui combat la vie au quotidien et qui essaie de réussir dans la société.  Tonton Laye : oncle de Makoura au chômage qui rentre tous les jours au petit matin saoul et qui entretient une relation autoritaire avec Makhoura.  M. Bâ l : professeur de Makhoura qui encourage le jeune Sénégalais. Page 32
  34. 34. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] Contexte : les études dans le milieu social sénégalais. Cible : les Sénégalais et la diaspora africaine. Couleur : Noir & Blanc.SOIREE CULTURELLE : NJACC’ART.[EXPOSITION DE TABLEAUX : Natacha SUPPRISSE]Le thème de la Seconde Edition des 72h à peine déterminé, nous prîmes contact avec NatachaSUPPRISSE, qui en fut informée et fut invitée à exposer une fois de plus ses créations (elle était déjàprésente lors de la Première Edition des 72H de Njàccaar Visionnaire Africain). Natacha nous accueillacomme à l’accoutumée avec chaleur et sourire, et nous informa avoir écoulé ses dernières toiles.« Heureusement ! » nous fit-elle comprendre, car elle préférait de loin nous fournir de nouvelles œuvrespour cette occasion de la 2ème Edition des 72H de Njàccaar, peindre de nouveaux tableauxspécialement pour l’occasion d’autant plus que l’inspiration était déjà au rendez-vous. C’est ainsi qu’elles’engagea à exposer à nouveaux pendant les 72h de Njàccaar après la 1ère édition. Ne pouvantassister aux 72h, elle a tenu à envoyer un message aux organisateurs afin que celui-ci soit lu auxparticipants. Nous vous le délivrons ici : «Salut Cheikh, j’ai tout fait pour faire partir mon e-mail mais rienn’y fait donc je vais résumer mes idées par texto. Il y a des chiffres au dos des toiles. Il s’agit du classementdans l’ordre pour l’affichage des tableaux. Allez, l’idée c’est que les spectateurs observent les tableaux etdonnent à l’oral leurs propres interprétations, avant que je ne leur donne ma vision des choses.» D ONC MOI JE METS EN LUMIERE PLUSIEURS ASPECTS . J’UTILISE DES SYMBOLES STEREOTYPES QUI ME RENVOIENT A L ’ HISTOIRE DE L ’A FRIQUE , NOTAMMENT LES MASQUES ET LES ELEMENTS DISCONTINUS RENVOYANT A L ’EPOQUE DES PHARAONS . J’ AI CHOISI DE REINTERPRETER DES MASQUES . CERTAINS REGARDENT VERS LE PASSEE ( DROITE), D’AUTRES VERS LE FUTUR ( GAUCHE ). E T UN MASQUE VERS LE PRESENT QUI EST DE FACE . E T PUIS IL Y A DE PETITS RESEAUX DE LIGNES BLANCHES . CELLES - CI REPRESENTENT LES CIRCUITS QU ’ ON PEUT VOIR DANS LES PUCES ELECTRONIQUES PAR EXEMPLE . Page 33
  35. 35. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER] L’ IDEE C ’EST QU’ ON PEUT RASSEMBLER ET UNIR TOUTES LES CONNAISSANCES TECHNOLOGIQUES ANCESTRALES DE CE CONTINENT . IL Y A AUSSI UNE IDEE D ’ UNITE AFIN DE PERMETTRE A L ’AFRIQUE DE RAYONNER A NOUVEAU. N OUS SAVONS PAR EXEMPLE QUE LES EGYPTIENS ETAIENT DES VISIONNAIRES DANS LE DOMAINE DES SCIENCES . A INSI JE PROPOSE UN DEVELOPPEMENT DES CAPACITES SCIENTIFIQUES POUR APPORTER QUELQUES ELEMENTS DE REPONSE CONCERNANT UN DEVELOPPEMENT FUTUR DE CE BEAU CONTINENT. Q UE CE SOIT DANS LE DOMAINE DE LA BIOLOGIE, DE L ’ECOLOGIE ETC . PERMETTRE A TOUS D ’ ACCEDER A LA CONNAISSANCE . L E RESEAU DE LIGNE BLANCHE EST TRES LIMITE CAR CETTE IDEE D ’ UTILISER LES TECHNOLOGIES ET LES SCIENCES DOIT ETRE RAISONNABLE ET LIMITEE CAR UTILISEE A MAUVAIS ESCIENT , ELLE EST DEVASTATRICE . V OICI EN RESUME CE QUE J’ AI VOULU TRADUIRE A TRAVERS CES IMAGES . » NATACHA SUPPRISSE , TEXTO ENVOYE LE SAMEDI 29 OCTOBRE 2011 A 18H46 ET A LIRE AU PUBLIC DES 72 H.Selon les souhaits de l’auteur des toiles donc, les organisateurs disposèrent celles-ci dans l’ordre puisdemandèrent au public présent d’en donner sa propre interprétation. Quelle ne fût la surprise généraleen écoutant chacun exprimer sa vision ! Au final, en effet, en regroupant les idées des uns et des autres,le public avait tout bonnement et simplement saisi le message de Natacha ! Mais Les personnes présentesn’ayant pas encore eu connaissance de la vision propre de l’auteur des toiles, l’une d’elles, sentantsûrement l’adrénaline monter, demanda s’ils auraient la réponse de Natacha. Hilarité totale ! On luirépondit «Peut-être bien que oui, peut-être bien que non ». Et ce fut le suspens, que nous nous amusâmesà faire durer jusqu’au bout. Le public reporta de nouveau son attention vers les toiles, et les échangesreprirent de plus belle. Page 34
  36. 36. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Puis vint le moment de leur lire le message de Natacha. Au fur et à mesure le message leur était lu, leschuchotements laissaient place à des applaudissements dirigés à l’encontre de telle ou telle autrepersonne ayant deviné telle ou telle composante du message de l’artiste. Et voilà que la personneapplaudie, jouant le jeu de celui qui avait su percer les mystères de l’œuvre en question, et afin de fairerire, caricaturait son contentement en gonflant le thorax, s’enflant de fierté exagérée et de satisfactionnon déguisée, « faisant sa star » lors de ce court moment où cela lui était permis. De cette furtivenotoriété, profitaient également toutes les personnes assises à côté d’elle, qui saisissaient alors l’occasionqui leur était donnée en disant « c’est nous, c’est nous ! » par des mouvements de bras, de mains, d’yeux,de tête, tout aussi désordonnés, drôles, qu’explicites. Quels drôles et agréables moments ce fût là ! Page 35
  37. 37. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]A la fin de la lecture du message, acclamations et des sifflements animèrent la salle pendant un moment.Inutile de vous dire que la personne ainsi applaudie et saluée avec déférence, c’était Natacha, absente,certes, mais fort présente par le message qu’elle nous avait transmis là, et n’avait nullement besoin denous convaincre à y croire. Il nous parlait, ce message c’était tout simplement aussi une vision de NjàccaarVisionnaire Africain.Elle fut donc applaudie en tant qu’artiste, pour son talent et son très beau travail. Puis pour sapédagogie, son humilité, sa générosité, et la façon ludique avec laquelle elle a partagé avec nous sescréations, sa vision.Mais ces applaudissements, en plus d’être principalement adressés à l’artiste, étaient également destinésau public lui-même, pour avoir su capter l’essence même des œuvres, le sens de ces images, pour avoirdécodé et compris le message de Natacha, qui fut tout à la fois opinion et réponse, espoir et solution.Message qui répondait tout simplement, dans sa globalité, aux questions « que faire ? », « comment ? »et « avec quoi ? ».«L’exercice est très intéressant ! », « A renouveler !», « N’y aurait-il pas d’autres tableaux ? »,«Malheureusement non.», «Ooooh ! (de dépit)», «Et si l’on veut en acquérir un, de ces tableaux ? ».Pouvions-nous entendre çà-et-là. Une fois la clameur des voix évanouie, emportant avec elle l’un desmoments forts de ces journées, les esprits s’apaisèrent, se firent pensifs, rêveurs, la parole devint silenceet introspection. Instants inoubliables, gravés pour un long moment dans l’imaginaire des visionnaires.Instants de pure poésie.[COUTURE-STYLISME-DEFILE DE MODE : Aïssatou BADIANE]Dans le programme des 72h de Njàccaar, il a été convenu d’organiser une soirée culturelle, oùcréativités, cultures et festivités seraient au rendez-vous. C’est à cette occasion que des activités à savoir,une exposition de tableaux d’art, un concert, un défilé de modes, … ont été proposées.Etant une amoureuse du stylisme et notamment de la mode, je me suis occupée de la section défilé demode de cette soirée avec l’aide de Ndeye Fatou SARR (membre de Njàccaar) avec qui j’ai pu dessinerdes modèles d’habits. Ce fut un défi à relever, dans la mesure où le résultat de cette activité devait êtreau parfum du thème de l’évènement et de notre slogan : « Faire ce que nous pouvons avec ce que nousavons ».C’est ainsi que j’ai sensibilisé quelques fille de Njàccaar (membres et sympathisantes) afin de se joindreà nous dans cette entreprise pour mener à bien cette activité. Page 36
  38. 38. [72H de NJACCAAR VISIONNAIRE AFRICAIN : 28-29-30 OCTOBRE 2011, MONTPELLIER]Néanmoins plusieurs problèmes se posaient. Nous n’avions pas un budget énorme pour organiser undéfilé de mode, ainsi j’ai proposé de faire un Défilé 100% Made In Njàccaar.Je n’ai jamais cousu de ma vie mais je savais que j’aimais coudre.Sans réfléchir, je suis allé acheter des tissus africains (wax, imprimés, …), accessoires (perles, plumes,accessoires coutures, …), j’ai commandé une machine à coudre, et j’ai décidé de coudre, à la grandesurprise générale. On m’a conseillée de commander les modèles à Dakar, d’aller voir un professionnel, etmême de laisser tomber, mais rien y fait j’avais déjà décidé de coudre et comme suis connue pour êtretrès têtue, personne n’allait m’empêcher d’arriver à mes fins.Mes débuts en couture furent 8 semaines exactement avant la cérémonie, je commence à regarder lestutoriels sur internet Ŕ j’utilise là une des qualités que Njàccaar m’a inculquée : aller chercher, prendre,entreprendre, s’auto-former, c’est ce qui se fait dans Njàccaar-, je monte ma machine. Je fus découragéeau début car les résultats n’étaient pas conformes à ce que l’on voit en réalité, mais il a suffi d’un peu depatience pour comprendre ce qu’i n’a pas marché et ainsi continuer dans le travail.Les jours passent, je fini un modèle, à la grandes surprise de mes amis ; et de deux et de trois, ainsi desuite. Le travail commence à ralentir, je n’arrive pas à avoir les mesures des mannequins à temps, lesexamens et cours s’accélèrent ainsi ils me restaient 4 modèles à coudre. Seulement 4 jours me séparentde mon jour de départ pour Montpellier et je devais absolument finir les modèles. J’étais habitée parune motivation inconditionnelle, je ne voyais une seule et unique chose : finir les modèles. Il a fallu unejournée entière et une nuit pour finir le tout, sauf une robe que j’ai dû finir à la main en coulisses.Ce fut un voyage long, périlleux mais passionnant que j’ai vécu en réalisant ces modèles, même si j’étaisépuisée physiquement, mon morale était en pleine forme car j’étais satisfaite d’avoir accompli mamission.Les filles ont essayé leur modèle, j’ai dû ajuster pour certaines, pour d’autre c’étaient parfait, et place audéfilé que s’est passé avec succès tant dans le déroulement tant sur le dénouement car j’ai pu fairepasser un message : celui de faire comprendre aux jeunes africains que le développement de l’Afriquecommence par nous-même, chacun a un atout qui sommeille au plus profond de soi. Il faut le savoir, oserle dire et avoir l’audace d’agir.Mission accomplie dans la mesure où nous sommes retournés aux ressources pour réaliser ce défilé, etavec ce que nous avons : nos talents, notre volonté, notre motivation et notre confiance en la réussite decet évènement.[N’HAPPY GALSEN]A l’occasion des 72h de Njàccaar Visionnaire Africain, le groupe N’happy Galsen avec Mado, Mariétouet Neïfa a été invité pour se présenter et animer un débat à la suite de la projection de leur reportagesur les cheveux crépus.LE GROUPEIl a été créé au mois de Mars 2011 par Marie Madeleine DIOUF et Ndeye Fatou SARR. Le but initialétait de regrouper les sénégalaises qui avaient les cheveux crépus ou étaient dans un processus deretour vers des cheveux non défrisés ou voulaient juste s’informer. Au fur et à mesure que le groupegrandissait, d’autres sœurs d’autres pays d’Afrique nous on rejoint, par la suite des frères. Page 37

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