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    Caroline Mathias Caroline Mathias Document Transcript

    • Quatorze heures de vol à me débattre avec les formulaires vert et blanc, le petit sachet depoivre du Western Meal et le début de cernes du décalage horaire qui surpique mespommettes dun maquillage de panda. Je déboule sur le tarmac du Terminal Tom Bradleycomme une asphyxiée découvre l’oxygène. Une bulle douce, chaude, entêtante…Délicieuse ! Jai presque envie de hurler. Attirail de baroudeuse et sourire éclatant ? Check !L’élégance arquée de LAX se dissipe à la vitesse du Shuttle blanc qui se fond dans la ville. Despanneaux partout, des structures géantes et un accent mouillé à tous les lacs de la Terre… Ledépaysement est total ! Los Angeles est bouillonnante, multicolore, cosmopolite,éblouissante ! Lallée aux palmiers, éclose à Beverly Hills, découpe sur le dallage étoiléd’Hollywood de petits carrés de soleil. Bugs Bunny, Bette Davis et Britney se disputent les ‘B’du Boulevard tandis que lAmerican Dream déchire, de ses lettres immenses, lindigo du ciel.
    • Le Robinson Crusoé qui a foulé du pied la plus célèbre deses terres inconnues hier, se réveille sous mes boucles etcasquette, saisissant et goûtant tout des beautés végétalesqui soffrent à sa vue. Paradise Road est un pont aisémentfranchi entre le luxe tranquille de la Corona del Mar et lanature frémissante du Los Padres National Forest… Millecrayonnés séparpillent déjà dans mes poches, dans monsac et sous les sièges de la Hudson… -Note perso : Epargnede gribouillages la carte de la Côte Ouest et la serviette du Juicy Burger de LA que tuconserves en souvenir de ton premier hamburger US, please !- La brise paisible de l’après-midi souffle sur les terrains désertés des volleyball teams de lété un sable encore chaud quiglisse entre les orteils. Les étendues sauvages d’East Beach ne ressemblent à rien que jaie vuailleurs. Le paysage à la tombée du jour, à la fois dépouillé et gigantesque, est magnifique…L’avertissement ‘Enjoy the Eye-Candy !’ me creuse les fossettes :)Javale les miles qui me séparent des maisons bleues de San Francisco. Je souris, les mainsfermement agrippées au long flirt que me réserve la Côte Pacifique. En revers des pistachiers et des vignes qui se posent en grappes sur son versant continental, la Highway One révèle, au creux de ses courbes, un lacet de criques ensablées par locéan. Louvoyant entre les trucks, je fais escale à Monterey et Santa Cruz. Jignore si mes 32gb suffiront à rendre les millions dinstantanés qui simpriment, à chaque seconde, sur mon iris chocolat… 9,75 $ pour pénétrer Pebble Beach et découvrir 17-mile Drive sous toutes les coutures. Timing parfait, carburant ok ! Halte méritée devant The Lone Cypress, symbole prisonnier dun rocher taillé par les salins du large. En longeant le plus profond canyon sous-marin américain, j’ai brûlé dapercevoir le sillon de l’une des Reines de Monterey Bay, entre le dos brillant des dauphins et la majesté nonchalante de lions de mer léchant la fraîcheur des vagues.
    • Un ‘Bakery Tray’ dégusté au Cafe Venue (un assortiment de muffins aux abricots, Slrps !), jedélaisse The 5th Street pour un cable car à proximité. Le mécanisme de traction, séculaire, aété mis en place pour gravir des montagnes russes urbaines. Les rues colorées rivalisent dehauteur, de parfums épicés et de ces petites portes en bois craquelées de peinture qui fontle charme des villes côtières du Sud. Il règne, au cœur de la mégalopole d’acier, une poésieportuaire que je ne peux retranscrire. La torpeur glacée dAlcatraz reste imperceptiblejusqu’au Golden Gate Bridge. The Rock se rejoint uniquement par bateau, sous les yeuxcalcaires de son svelte gardien. Rien ne figure le chahut interne qui résonne en moi dès lepied posé sur lîle. Bruissante de valses fantômes, humide et mortelle, elle murmure… Dansle décor fondu au noir, le pont légendaire, étincelant de mille perles de lumière, étend sontracé grandiose au-delà du possible. San Francisco ronronne dans la nuit…
    • Ce matin, c’est la panique totale ! Le réveil m’a snobée jusqu’à lheure fatidique de libérationdes chambres et, tout en oubliant mes objectifs à la réception du Pickwick Hotel, j’ai piétinépour trouver la Highway 49 ! Les treize kilomètres du Bay Bridge, à peine embrassés, nemont pas porté chance ! Relativisons,ça pourrait être pire… Une panne de busdurant les 82 heures de trajet de la ligneSan Francisco/Miami, par exemple(Dingue, non ?). A Columbia State Park,ravitaillement en Reeses butter peanutcups et Coca. Plus Yosemite approche,plus les paysages embellissent etcharment. Il faudrait dix personnes boutà bout pour faire le tour des séquoiasgéants que jobserve à larrivée. Lavégétation se montre plus tendre etgourmande quà San Francisco… Lhorizon écharpé se couvre dun manteau calme, échodune nature qui dépasse tout. Devant des dômes granitiques spectaculaires et les chutes lesplus hautes dAmérique, je me sens minuscule… Minuscule et conquise.
    • 95.7, 106.1, 89.5FM… Alors que toutes les stations sifflotent sur le plus long tronçon du RoadTrip (même KissCountry 93.7FM !), une lave florale incandescente se déverse aux abords deFresno. En laissant courir sur les champs fauchés le feu des Poppies, la flagrance et la forcede l’été indien l’illustrent dans toute sa saveur… L’irisée abricot des flammèches ondule. Ondirait des coquelicots. Aux portes du désert de Mojave, l’air sèche et les reliefs durcissent.Les cactus ont remplacé l’intégralité de la flore lorsqu’on touche Sin City par le South Strip.La ville aux hôtels-casinos de plus de 7000 chambres révèle ses titres d’artisane et courtisanede l’Extravagance. Le ballet de pluie du Bellagio, les Sirènes de Treasure Island et le ToutVenise métamorphosent, d’un coup de black-jack surprise, le manège des shows à plumes etdes tours de magie que l’on s’imagine. Coups de cœur absolus pour le chic insolite desfontaines romaines et l’immense aquarium marbré des oasis du Mirage !
    • Walking on the sea jusqu’au Pacific Park de Santa Monica Pier ! En arrivant par la collined’Ocean Avenue, la descente bordée de palmiers et de balcons en pierre blanche estsomptueuse. Depuis la double jetée surpeuplée du ponton, je me plais à penser que quelquepart au bout de la mythique sixty-six qui s’éteint à mes pieds, il y a le Lac Michigan. Aquelques centaines de mètres des maillots rouges des poupées de Baywatch serpente unplancher des sables qui rappelle les sillons et dunes du photographe W. A. Garnett,actuellement exposé au Getty Center. Au paroxysme de la détente après les miles vaincus dumatin : la voix lumineuse et les yeux papillonnants de Jodi Benson au Walt Disney ConcertHall Downtown, puis un petit parasol vert de Starbucks au 1356, Third Street Promenade. Jerejoins Ventura Boulevard avec un souvenir sucré du Dunkin’Donuts tandis que les moutonsblancs du ciel figurent des barbes-à-papa. Pas de resto ce soir, promis !
    • Debout à l’aube ! Kit de survie au Ralphs face à la piscine du Sportmen’s Lodge et baladedans Sherman Oaks qui s’éveille. Il y a quelque chose d’irréel à partager ici les paysagesquotidiens de tant de superstars des petit et grand écrans. Des citadins pressés préparent le«Good Morning Sherman Oaks!» Breakfast mensuel. Il est trop tôt pour apercevoir qui quece soit, mais ça me suffit d’être simplement là. Tour farouche des vitrines après le RodeoDrive Shopping d’hier (hum…) et Free Shuttle jusqu’à la planète chromée d’Universal dès lespremiers rayons du midi. La file du Jurassic Park Ride est hallucinante sans un Sésame à150$, mais c’est trop tard : je trépigne déjà comme au Soir de Noël ! Le hors-saison lui a toutpermis et la fillette qui écrit ces lignes a des paillettes qui lui débordent des yeux ! Mes motss’entrechoquent et Superman-le-carnet vole bientôt sur l’imprimé rouge de mon lit. Super-excited, je compose quatorze chiffres pour toucher l’Europe et diffuser ma magie !J’ouvre les yeux avec le rappel insistant des réacteurs aériens et une jolie voix qui ramènesur Terre. Je m’étonne de n’avoir pas vu passer les trente derniers miles jusqu’à l’aéroport,du moins jusqu’à ce que ma vue s’affine et se pose sur ma pile de cours. Les boissons fluos,le tracé bleu du Pacifique, les figures de mode et le fromage en tube… Tout cela n’est-ilqu’un rêve ? J’ai voulu croquer l’Amérique comme un fruit délicieux, et j’en reviensamoureuse. Mon pincement au cœur m’y fait poser les doigts. Je n’y étais pas… Noussommes le 4 juillet 2012 et dans quelques dizaines d’heures l’Ouest ouvrira dans le cœur dequelqu’un sa liberté sauvage et ses horizons… Je croise les doigts à m’en faire blanchir lesjointures. Je veux mordre dans ce fruit et savourer ses quartiers. Dans un coin de chambre, ily a un flacon vide pour accueillir le sable blanc de Malibu. Et un peu plus loin, un carnetTerre de Sienne sur lequel j’appose les lettres ‘Superman’ en me mordant les lèvres.