Alexis Muller

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Alexis Muller

  1. 1. Californie : le concours « On the road »Je viens d’arriver à LAX, l’aéroport de Los Angeles, c’est le soir, il fait chaud, la navette nous a conduità l’hôtel, un gros bazar avec piscine pas loin de l’aéroport, on sent le trafic de la ville, les avions etvaguement la mer. Jack Kerouac est très loin, le lendemain matin aux aurores, je prendrai la voiturepour Venice le long de la mer, quelques hobos dorment près de murets de parking, est-ce que cesont les fameux dharma bums de Kerouac ? Il y déjà des rollers dans la brume. Après quelques passur la plage, en route vers Santa Monica jusqu’au Sunset Boulevard qu’on remonte vers le lever desoleil pour arriver à Hollywood après avoir traversé Bel Air et vu les murs des villas des stars ! La villes’anime, les bus scolaires jaunes passent dans tous les sens, je me suis arrêté sur Sunset pas loin duChinese theater . Les noms des étoiles constellent le trottoir. Le soleil est déjà haut, il est temps departir, quo vadimus ! Prendrons-nous la route 66 vers Chicago entre ses vieux motels et ses McDohistoriques ? Non, S.O.S. we go west, la feuille de route indique Oxnard et Santa Barbara, nenni, jelonge la mer au plus près par la vieille route California 1. Malibu, Point Mugu, pas d’alerte, je rejoinsl’itinéraire à Ventura où la 1 et la 101 se croisent pour longer l’océan, la route est d’une beautésuprême, de temps en temps un motard nous dépasse, le spectacle dépasse en intensité celui desplus belles corniches de la Riviera et on s’attend à tout moment à rencontrer la Porsche Spyder 550de James Dean, pour la première fois, je suis dans un monde où Kerouac aurait pu passer. Prudence,comme aurait dit James Dean, « The life you save might be mine ». Notre hôtel, sur le Camino Real(route 101) est étrangement proche du lieu de sa mort.Plutôt que d’aller voir le château de Randolph Hearst à San Simeon, nous restons obstinément sur lacôte et nous faisons un long arrêrt à Morro Bay, un vrai port de pêche qui fournit les restaurants dela côte jusqu’à San Francisco.Document : http://www.giovannisfishmarket.com/, le rocher volcanique de Morro Bay et un arrivagede thon.On est très loin du Cannery Road de Steinbeck, les poissonniers de Morro Bay se font fort maintenantde livrer partout aux Etats-Unis en moins de 24h. La région est déjà vinicole, le sol et la brume de merproduisent un excellent vin, tout le monde le dit.Le troisième jour nous amène lentement à San Francisco par le morceau le plus « scénique » de laHighway 1 : d’un côté la mer, ses falaises, ses rochers à phoque, ses loutres de mer, le vol lent des
  2. 2. pélicans et en saison, la migration des baleines. De l’autre côté des forêts constamment vertes ethumides et sur les hauteurs Big Sur, on retrouve Kerouac, retiré dans sa cabane découvrant leBouddhisme. Dans son roman « Big Sur », il ne reste pas dons son ermitage et retourne à SanFrancisco. Big Sur, Heny Miller y était par contre resté après avoir écrit « Big Sur et les oranges deJérôme Bosch ». L’ Esalen Institute multiplie ses formations (environ 400 en 2012) auprès de sesriches client, un peu après, voici Carmel, devenu un Uccle sur Mer et où Clint Eastwood fut maire,étendit la bibliothèque publique et préserva l’urbanisme. Accessoirement il continue à exploiter sonrestaurant western, le « Hog’s Breath Inn », l’ »auberge de l’haleine de verrat ». La carte y estdominée par les classiques dont le New York strip, un extraordinaire steak de bœuf. Le vieux cow-boyest très loin de la cuisine new-age !Le restauranr de Clint Eastwood à Carmel : http://www.jonasapproved.com/what-i-like-about-carmel/carmel-07-hogs-breath-inn/Le front de mer de Monterey arrive bientôt, Cannery Row où s’alignaient les conserveries estremplacé par une suite de restaurants, en bons européens, je prends une consommation en terrasse,un petit blanc local ou une bière « Anchor Steam Beer » de San Francisco accompagnée d’une petitedégustation de fruits de mer en regardant les touristes sur le port. Ne trainons pas, on the roadagain ! Aorès Monterey, la route reprend l’intérieur des terres, au Nord de Salinas, nous maintenantla vitesse, ignorons San Jose, Palo Alto et la « silicon valley », nous voici à San Francisco où MarketStreet nous emmène au Pickwick hotel, l’hotel du Faucon Maltais de Dashiell Hammett. San Franciscoest un paradis, il y a des piétons partout, tous différents, des milliers de portraits à plus de 1000« caractères avec espace ». A peine la voiture au parking, on se précipite au « cable car » pour
  3. 3. traverser les collines et rejoindre « fishersman wharf », après un regard attendri aux phoques, retourvers North Beach, à la recherche des bars où Kerouac, Richard Brautigan et les autres auteurs de labeat generation avaient leurs « habitudes ». Au-dessus, sur la colline, la Coit tower, monumentd’une héritière sauvée par les pompiers lors d’un incendie à l’adolescence, la tour reproduitl’extrémité d’une lance de pompier et bien avant les docteurs Freud et Reich, les locaux luidonnaient une interprétation symbolique. Je continue près de Columbus à la recherche aussi d’undes restaurants italiens fréquentés à l’époque de la Beat, évidemment le Vesuvio au croisement deColumbus et de la Jack Kerouac Alley, Neal Cassidy (le vrai Dean Moriarty) y était souvent et c’est làque Jack Kerouac rata son seul rendez-vous avec Henry Miller, il s’y était arrété pour prendre undernier verre, pour la route. Finalement on aboutit au « City Light Bookstore » où la tradition de lalecture publique continue, ce soir, il n’y a pas grand monde, je feuillette quelques livres de poésie etj’ achète une ou deux plaquettes, la jeune vendeuse nous demande d’où on est, on lui répond qu’onest belge, elle connait Brussels, elle demande si on y connait la littérature américaine, on lui répondqu’un de nos artistes, Fréderic Flament a longuement reçu William Burroughs à Molenbeek, faubourgde Bruxelles et qu’un de nos auteurs de théâtre, Pascal Vrebos a recueilli les dernières interviewsd’Henry Miller, respect ! Non elle ne peut pas continuer avec nous après la fermeture de la librairiecar elle doit se lever tôt le jour suivant, dommage parce qu’elle connait probablement mieux la villeque n’importe quel guide. La vie n’est pas un roman, hélas.Le lendemain matin, lever aux aurores, je visite Alcatraz, traversée en bateau, vue sur le Golden Gate,le rocher est maintenant laissé aux oiseaux de mer, Alcatraz n’ a cependant jamais ouvert la cage auxprisonniers. Après la visite, tant de choses sont à faire, il parait qu’un tram du bord de mer a étérétabli et permet de rejoindre Castro, un quartier vraiment pas triste où le drapeau arc-en-ciel flotteà toutes les façades, on ira peut être aussi au Golden Gate Park, faire quelques pas dans Haight-Ashbury, quartier psychédélique. Ensuite, pourquoi ne pas remonter le long de l’océan à Point Lobosau Cliff House, site des Sutro Baths, un point de rendez-vous Beatnik aussi. Actuellement des falaisesdangereuses y donnent accès à de petites criques dont les courageux disent qu’elles ont les charmesde calanques de Marseille, dans le bus, un groupe de sportives en jeans cut-off très courts, 1000caractères par jour, on n’en dira pas plus.Le départ vers le Yosemite se fait de nouveau très tôt, pas le temps de faire une grande randonnée,on fait quelques spots touristiques , arrêt à un point isolé près d’une cascade, pique-nique calme, onn’a pas vu d’ours. On the road again ! Soirée repos à Fresno, relax à la piscine et restaurant mexicain.La route de Vegas passe par Bakersfield au milieu des cultures pour arriver dans le désert du Mojavenon loin d’ Edwards Air Force Base, je tente une pause dans l’espoir de voir un prototype en vol.Ensuite, traversée du désert jusqu’à Vegas, première surprise, notre hôtel, le « Mardi Gras » est« dog friendly », piscine avant de voir les néons du strip, j’entre dans un des grands casinos, peut-être le Paris-Las Vegas. Vegas n’était pas la tasse de thé de la beat, ce n’est pas la mienne non-plus, ,je préfère notre petit « mardi-gras » avec son hall de machines à sous et sa piscine. Il pourrait à boncompte faire une belle attraction en installant dans le patio un bar à rhum et quelques danseuses etmusiciens dans le style du carnaval de la Nouvelle-Orléans…rêvons, nous n’en dormirons que mieux.La route vers Los Angeles est une Interstate bien banale. Je suis de nouveau attiré par la grande ville,le dernier hôtel est un endroit incroyable, un hôtel de la San Fernando Valley où les stars se mêlaientaux locaux pour gouter quelques instants d’anonymat. L’hôtel a une belle piscine, profitons-en pour
  4. 4. préparer notre dernière journée à L.A., je réserve le Getty Museum à Malibu, il reconstitue enmarbre à l’identique la très luxueuse villa des papyrus à Herculanum et se spécialise dans l’antiquitégrecque, romaine et étrusque.Getty museum: document Wikipedia“Photo taken by Bobak HaEri, on June 8, 2007”Pour y arriver, je tente Mulholland Drive, la route en corniche du Chinatown de Polanski, suivie parTopanga Canyon. Cette route entre la Vallée et Malibu, abritait la maison de Woody Guthrie et cellesde personnalités de Hollywood black-listées, plus tard, diverses communautés hippies s’y établirent.Qu’en reste-t-il ? Il s’agit du plus beau chemin entre la vallée et la villa Getty à Malibu. Le musée estd’une beauté sublime et les œuvres y sont aussi à leur place que dans la villa d’origine, lescolonnades et jardins font rêver. Ce dernier jour à L.A. se termine par un adieu à l’Océan à Malibu, larecherche d’un beach-shack face aux surfeurs, ensuite, le retour par Sunset avec un arrêt à BeverleyHills, Rodeo Drive, ses boutiques, ses belles voitures.Les 9858 « caractères avec espace » sont atteints, heureux qui comme Ulisse…, je n’en dirai pas plus.

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