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La citoyenneté au coeur des enjeux de la crise

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    La citoyenneté au coeur des enjeux de la crise La citoyenneté au coeur des enjeux de la crise Document Transcript

    • La citoyenneté au cœur des enjeux de la crise C’est dans le sens d’une véritable refondation qu’il faut chercher les solutions de la crise. Lessolutions car il n’y en aura pas qu’une. Par contre et heureusement, ceux qui regardent dans lemême sens se reconnaîtront dans une grande vision partagée et les solutions éparses jusque-là, dufait des centres d’intérêts prioritaires et légitimes de chacun, dessineront une composante nonnégligeable de la solution.Bien cerner les véritables enjeux La crise est le résultat cumulé de 64 années de colonisation pure et dure, de 52 annéesd’Indépendance sans réelle liberté ni perspective. En un demi-siècle et trois républiques, aucunealternance de pouvoir à une exception près, ne s’est déroulée paisiblement. La rue et les armes onttoujours précédé les urnes. En 1971, 1972, 1975, 1979, 1991, 2002, des vies ont été perdues pour laconquête ou la conservation du pouvoir par tel ou tel groupe politique. Citoyen chair à canon, pourun oui pour un non. Question à un million de ce qu’on veut comme devise monétaire : Qui jusqu’icientre le pouvoir colonial et les pouvoirs ayant administré l’Indépendance a le plus de morts sur laconscience ? « L’alternance manivelle » a été est reste encore la règle. C’est le retour de manivellequi est redoutable et inévitable. Il s’applique dans les traquenards politiques, les complots, dans lesgeôles et dans l’exil. « Ny tody tsy misy fa ny atao no miverina » La culture politique et la culture dupouvoir ont besoin d’une refondation. Les hommes et les femmes politiques ne sont pas les seulsconcernés. Le « fiaraha-monina », l’art du vivre ensemble, dans sa globalité est concernée, doncchaque citoyen. Il est temps de regarder plus loin que le fameux « ranomasina no valam-parihiko ». La crisemalgache et la solution qui prévaudra s’inscrivent dans un monde en crise. Crise des valeurs, crisesystémique, crise financière, crise sociale, la liste est longue. Ceux qui suivent l’actualité mondialesavent que partout les peuples sont en quête d’un monde plus juste, plus digne de l’homme. Tropd’inégalités, trop de déséquilibres nourris de cupidité, de spéculation, de concussion, de prédation,de corruption. 16% de la population mondiale détient les 80% des richesses planétaires tandis queles 16% les plus pauvres n’en possèdent que les 5%. Une étude menée en 2006 par l’Institut mondialde recherche sur l’économie du développement de l’Université des Nations Unies1 a affiné cesdonnées de l’inégalité planétaire jusqu’au niveau des individus: en 2000, les 1% d’adultes les plusriches du monde possédaient à eux seuls 40% des biens mondiaux et le décile le plus riche détenait85% du total mondial. Le monde change mais il est des donnes qui vont rester : les besoinsd’espaces naturels viables et parfois uniques, de ressources énergétiques, de ressources minièresvont s’intensifier.1 www.wider.unu.edu
    • On se rend bien compte maintenant que Madagascar est un pays scandaleusement riche etque les investisseurs ont commencé leurs grandes manœuvres depuis les dernières années. De 500millions d’ariary en 2004, le stock d’IDE atteint 7 716 milliards d’ariary en 2009 et la part des activitésextractives est de 5 7992. La carte des permis d’exploration pétrolière montre un impressionnantquadrillage de tout le territoire malgache en bordure du Canal de Mozambique ainsi que les eaux dela Zone Economique Exclusive en mer. Au-delà des ressources énergétiques et minières, Madagascarest la citadelle avancée du continent noir dans l’Océan Indien. Là où passent 70% du trafic pétroliermondial, 45% du commerce mondial par container, sur la route du commerce de la Chine avecl’Afrique, multiplié par 10 depuis 1997 et multiplié par 14 en 10 ans vers l’Amérique du Sud3. Cetespace est maintenant balisé par 3 pays (Chine, Inde Afrique de Sud) de ce que l’on appelle lesPuissance émergentes, BRICS. La pression des enjeux mondiaux est sur Madagascar et en aucunemanière, à aucun moment elle ne se relâchera. Au contraire, et ne pas inscrire la vision d’une sortiede crise dans cette prospective c’est avoir un madrier en bois de rose planté dans l’œil.L’indépendance c’est la liberté et la nécessité de choisir Le temps des chasses gardées des grandes puissances est terminé depuis la chute du mur deBerlin, comme la colonisation directe a cheminé vers sa fin après la deuxième guerre mondiale. Lemonde est désormais ouvert. Le monde change avec des menaces réelles d’amplification desinégalités, et les risques d’explosion sociale que cela comporte, mais aussi des opportunités de plusen plus perceptibles d’infléchir sa trajectoire vers plus d’équité, plus d’humanisme. Chaque pays estface à ce challenge, chargé de son histoire et riche de sa vision ou handicapé de ne pas en avoir une. Il est aussi temps de se débarrasser des frilosités stériles qui empêchent de relire l’Histoireavec lucidité pour ressourcer et corriger la vision du futur. Le plus long trajet historique partagé degré ou de force par Madagascar l’a été avec la France. En amont de la Loi d’annexion de 1896, il y eula Conférence de Berlin en 1884. Plus avant encore, Henri IV avait déjà établi des comptoirscommerciaux dans le sud-est en 1642. En 1696, un Edit royal déclarait que Madagascar fait partie dela Couronne. C’est dire que l’envie de Madagascar est inscrite depuis des siècles dans l’ADN politiquede la France et que ce sera une composante immuable de sa stratégie, que le pouvoir y soit ancré àdroite ou à gauche et quel que soit le pouvoir établi à Madagascar. Quiconque s’intéressesérieusement à l’histoire contemporaine ne peut ignorer que l’arrivée au pouvoir du dernierPrésident élu contrecarrait les visées de la politique étrangère française à Madagascar. Malgré lesdéclarations lénifiantes et les visites officielles au plus haut niveau, les nuages se sont accumulés.2 Enquête IDE/IPF, premier semestre 2010, BCM/INSTAT3 http://www.michelcollon.info/Ocean-Indien-ici-se-joue-la-grande.html?lang=fr.
    • Juillet 2008, l’ambassadeur français est renvoyé pour des raisons qui n’ont jamais été clairementexposés. La même année les troubles commencent dans la capitale, amorçant le coup de force de2009. Nul n’ignore non plus que le pouvoir de fait actuel, qu’une feuille de route plus trufféed’agendas cachés que de réelles indicateurs cohérents vers une sortie de crise s’efforce de valider, ales faveurs de la France qui ne s’en cache plus d’ailleurs. Il n’est pas toujours établi dans l’esprit deceux qui parlent de la fameuse Françafrique qu’elle s’inscrivait dans la conviction du Général deGaulle4 devant l’inéluctabilité des Indépendances africaines : la France ne sera pas une grandepuissance sans indépendance énergétique. L’Algérie qui était la principale sourced’approvisionnement pétrolier de la France de cette époque ayant pris le chemin que l’on sait, lesréserves du Gabon, découvertes à point nommé, ont pris le relais et de là le réseaud’approvisionnement s’est étendu dans les pays alentours, riches aussi en ressources minières. Leréseau de la Françafrique était calqué sur le réseau du pétrole et des mines. Au moins c’est clair et ilfaudra en tenir compte dans la refondation historique dont il est question ici avec les richesses enespaces, en ressources minières et énergétiques de Madagascar. Sans états d’âme ni rancœur, avecle réalisme et la détermination de bâtisseurs ouverts d’esprit mais pas dupes. Madagascar regorgeaussi de ressources intellectuelles capables d’intégrer les enjeux, de dépasser les rancœurs contreproductifs. Les relations entre Madagascar et la France ne limitent pas à ces enjeux stratégiques.Elles ont aussi une dimension culturelle et humaine. Culturellement il y a l’usage de la languefrançaise même si, malgré les déclarations tonitruantes sur la supposée francophonie deMadagascar, il n’y a à Madagascar que 2% au maximum de francophone réels, c’est-à-dire despersonnes maitrisant la langue de Molière pour s’exprimer, échanger, argumenter dans laconfrontation des idées et produire. Ne sont pas francophones réels, mais partiels, celles et ceux quisavent juste dire « oui m’sié, oui madamo ». Humainement, c’est sans doute en France que réside laplus grande communauté malgache, meurtrie quoiqu’on dise par les épreuves que leur Tanindrazanatraverse. A Madagascar vit la plus grande communauté française du continent africain. Dans cettecommunauté il y a les opérateurs économiques de plus de 500 entreprises à capitaux français et dequelque 160 filiales dont celles des grandes banques. Ces entreprises sont là en premier lieu pourleurs profits et sont les premiers défenseurs des intérêts français, sous différentes formes, àdifférents niveaux, en différentes circonstances. La France sait ce qu’elle veut à Madagascar.Madagascar, les Malgaches savent-ils ce qu’ils veulent de leurs relations avec la France ? Commencerà se poser la question c’est se donner la possibilité d’une réponse. Plus d’un siècle de cheminementcommun, même inégalitaire, ne se balaie pas d’un revers d’humeur. Et la dite Communauté Internationale ? Les dernières évolutions de la recherche d’une sortiede crise montrent bien qu’elle n’est rien qu’une étendue de sables mouvants d’intérêts croisés. Lesdifférents organismes multilatéraux et régionaux ne sont que le software de gestion des intérêtsétatiques de plus en plus liés aux pouvoirs financiers, véritables détenteurs du hardware. Le monden’est certainement pas gouverné à partir du Siège des Nations Unies. Du côté de Davos peut être ?C’est dans cette dimension que peuvent s’expliquer les tergiversations de la CommunautéInternationale dont la SADEC, sous la houlette de l’Afrique du Sud, est la partie visible dans le champde la crise malgache. L’Afrique du Sud vise le leadership du continent noir et tout ce qu’elle pourrainfléchir concernant la crise malgache ira d’abord dans le sens de ses intérêts stratégiques. Horschamp des caméras et des journalistes peuvent se dérouler des tractations plus machiavéliquesqu’on ne l’imagine. Cela pour dire que les intérêts réels de Madagascar et de son peuple ne pèsent4 Film Françafrique de Patrick Benquet
    • pour le moment pas grand-chose dans les rapports de force actuels d’un monde où la logique desvaleurs subit encore la perversité de la logique des intérêts dominants, financiers en premier lieu.Pour le moment il apparaît que plus on compte sur la Communauté Internationale, moins clair on yvoit. A qui va-t-on d’ailleurs demander de s’occuper de nos intérêts ? A la France ? Aux Etats Unis ? Ala Chine ? A la Banque Mondiale ? Au FMI ? A l’ONU ? A l’UA et tutti quanti ? Malheureusement, cen’est pas non plus un Etat fragile, embourbé dans les calculs de plus en plus fragmentés des tenantsdes pouvoirs en place depuis et les ficelles entremêlées des marionnettistes, qui pourra le faire. UnEtat fragile distille et vit d’une culture politique où les valeurs s’effacent très vite devant lesfaveurs5. Un Etat fragile, coupé des aspirations réelles de son peuple, parle en l’air quand il parle desouveraineté. De quelle souveraineté parle-t-on aujourd’hui lorsqu’on attend des autres la solution àses propres problèmes ? Il n’y a de souveraineté que dans l’ancrage populaire du pouvoir à traversdes mécanismes et des institutions démocratiques. Dans la complexité des enjeux mondiaux il n’y apas lieu non plus de faire le grand écart parce que le stade suprême du grand écart c’estl’aplatissement. Il est question ici de se dépasser, de s’élever en tant que Nation capable de discuterd’égal à égal avec les autres. Madagascar n’est pas condamné à subir éternellement et donc àrenforcer un système mondial injuste. Madagascar peut et doit contribuer à l’émergence d’unmonde plus humain, plus juste en commençant sur son espace de souveraineté. Madagascar en a lesmoyens. Madagascar a besoin d’un Etat puissant et l’émergence d’un tel Etat doit être en ligne demire de la sortie de crise pour mettre fin à l’alternance manivelle, à la grande braderie des richessesdu pays, à la paupérisation galopante de la population et à la tentation de la dictature. Cela prendradu temps mais il est temps, et plus on tergiverse sur les détails, plus cher sera le prix global.De la nécessité d’un Etat puissant… Un Etat puissant c’est un Etat enraciné dans les forces vives de son territoire. Cela signifie,entre autres, que la décentralisation administrative doit être suivie par la déconcentration duBudget. Aujourd’hui 95 %6 du budget national est géré par le Gouvernement central. Une tellesituation ne facilite ni les initiatives de développement dans la proximité ni le contrôle de l’exécutifpar des élus, eux-mêmes sous contrôle des citoyens informés. Un Etat puissant est en mesured’organiser, de valoriser le formidable potentiel de ressources naturelles du territoire dont il a lacharge et d’assurer une répartition équitable des richesses générées ; de gérer intelligemment lepositionnement géostratégique de ce territoire ; de motiver la créativité de l’élite des ressourceshumaines, ancré dans le génie créateur de son peuple, capable d’évoluer dans le monded’aujourd’hui, affranchi sans arrogance des scories du passé, confiant dans l’avenir et en état deveille permanente. Un tel Etat devrait se ressourcer et puiser sa vitalité dans la confrontation desvisions politiques que les partis sont censés proposer dans le sens du bien commun et que l’opinionaura validé. La raison d’être des partis politiques malgaches a été laminée par le Front National pourla Défense de la Révolution en 1979, puis réduite en poussière par l’effet cumulé des alternancesmanivelles. Madagascar compte maintenant plus ou moins 250 partis politiques dont une largemajorité ne dispose même pas d’un nombre de membres dépassant le dixième des tirages dejournaux qu’ils occupent à longueur d’édition. Un bon effet médiatique suffit parfois pour accéderaux dividendes du pouvoir, unique objectif des particules girouettes. La refondation doit passer parune remise à niveau des pratiques politiques, mais cela n’aura pas lieu sans le réveil citoyen. Car lacrise est aussi celle de la citoyenneté et des moyens qu’elle se donne pour exister et se faire5 Rama Yade : « Je préfère les valeurs aux faveurs »6 « Madagascar, vers un agenda de relance économique » Banque Mondiale 2010
    • respecter. Les citoyens doivent savoir ce que qu’ils valent et ce qu’ils veulent. On a les dirigeants etles gouvernements qu’on mérite.Et d’un large front citoyen pour la stabilité Lorsque la violence, la destruction des biens publics et privés, le crépitement des armes et lesvies sacrifiées prévalent sur les urnes dont les résultats sont souvent manipulés, il est tout à faitlogique que la peur engourdisse petit à petit la conscience collective et dénature le comportementcitoyen. En ce début d’année 2012, la société malgache traverse un faux calme qui ressemble fort àl’œil du cyclone. Tous les ingrédients d’une explosion dévastatrice sont réunis, mais aussiheureusement, ceux d’un réveil salvateur. Le premier challenge citoyen sera de vaincre la peur par laconstitution d’un large front aussi déterminé que responsable afin que, par exemple et en premierlieu, cesse la violence sous toutes ses formes. La violence des paroles et des actes. On peut ne pasêtre d’accord sur les idées et le manifester fermement sans provocation ni mépris de l’autre, sansprovoquer et dégainer à tout bout de champ. Car il s’agit de convaincre et non de vaincre. La victoire,si on peut parler de victoire, sera attribuée par le suffrage citoyen. Ce serait un comportement à lafois digne et pédagogique dans la perspective d’une démocratie apaisée. La tenue des élections étantle point de convergence des efforts de sortie de crise, le front citoyen peut aussi, sans attendre lesatermoiements des politiciens, mobiliser et déployer toutes ses composantes afin que ces échéancessoient marquées par le plus grand engagement citoyen de tous les temps dans la tenue d’électionslibres et transparentes. L’appui de la Communauté Internationale que l’on annonce exceptionnelledans la tenue des prochaines élections n’est rien sans l’appropriation citoyenne du processus. Lesintérêts de la Communauté Internationale et du peuple malgache ont un dénominateur commun : lastabilité structurée, pérenne. Pour la première, la stabilité est nécessaire prioritairement auxcapitaux qui trépignent face au formidable potentiel économique de Madagascar, évoquéprécédemment. Pour le peuple malgache, la stabilité est historiquement nécessaire afin que chaqueenfant, chaque jeune, chaque adulte, chaque « zokiolona », chaque communauté et le pays entierpuissent se forger un destin commun à la hauteur des aspirations de chacun et de l’héritageinestimable dont leur Patrie doit disposer en toute souveraineté. Les entités politiques qui aspirent àla direction du pays ont aussi intérêt à gouverner dans un environnement stabilisé sur la durée. Latâche qui attend les prochains gouvernants est titanesque et tout le monde a intérêt à ce qu’ilsréussissent. Il y va de notre avenir à tous. La stabilité est la porte d’entrée vers la refondation et« l’empowerment citoyen » est la clé historique.Ne pas se tromper de crise, donc de sortie La crise malgache s’inscrit dans la crise mondiale. Elle est le produit des luttes d’influence quese livrent les puissances financières derrière le langage plus ou moins châtié de la diplomatie desEtats intéressés7 d’un côté, des errements d’un demi-siècle d’infantilisation du peuple malgache,malgré la soit disant indépendance de son Etat de l’autre. Les prochain(e)s candidat(e)s à laprésidence de la République devront plancher publiquement sur la vision qu’ils ont des relations queMadagascar établira désormais avec le monde, tous pays confondus, et comment ils comptent ancrercette vision dans le mieux-être de la population. Le débat devra être ouvert avec des contradicteurspolitiques mais aussi et surtout des techniciens dans les domaines stratégiques : mines,hydrocarbures, droit de la mer, droit des affaires, éducation, santé, etc. Madagascar dispose de7 A voir le Clip « Zay mihitsy » sur Youtube. Réalisé en Janvier 2010 par un collectif de chanteurs malgaches, quelquesdiffusions sur les ondes puis passé à la trappe de la censure rampante.
    • techniciens de haut niveau pour cela et d’intellectuels pour projeter une image plus valorisante de lasociété malgache. Les chiffres sur l’état des lieux des finances malgaches doivent être mis sur la tableet les projections économiques débattues, argumentées. On ne peut pas confier la direction d’unpays à quelqu’un qui ne maîtrise pas les enjeux et les outils. Le débat politique malgache doit mûriret se dérouler désormais dans la modernité. Aux prochain(e)s candidat(e)s il faudra d’autresarguments que les « bala rora »8, les t-shirts, les lits d’hôpitaux et les ballons de foot. Pour le momentnul ne peut dire de quoi sera fait le chemin vers les élections, encore moins quand elles aurontvraiment lieu. L’important à l’heure qu’il est, c’est de réduire toute tendance qui pousse la sociétévers la violence généralisée qui arrangerait bien les prédateurs. Il est normal que les citoyenss’intéressent aux batailles politiques mais le champ de prédilection de l’action citoyenne n’est pascelui des politiciens. Il est ailleurs et mille fois plus déterminant. Il faut commencer par méditer lesdeux citations suivantes. Celle du Mahatma Gandhi : « Soyez vous-mêmes le changement que voussouhaitez voir dans le monde » et celle de Dominique Wolton9 : « L’idéal n’est pas forcément auxantipodes de la nécessité ».Tsilavina Ralaindimby10. 28 janvier 2012.8 Littéralement « cartouche de salive » : verbiage, démagogie.9 Directeur de lInstitut des sciences de la communication (ISCC) du CNRS10 Ce texte synthétise les grandes lignes d’un ouvrage de l’auteur à paraître en malagasy « Mendrika an’i Madagascar » eten français « Mériter Madagascar »