1
LOUIS LONG
PROFESSEUR AGRÉGÉ DE L’UNIVERSITÉ
DOCTEUR ES SCIENCES - HOMME DE LETTRES
DÉCROCHEZ
TOUS VOS EXAMENS
.
.
EDOUA...
2
SOMMAIRE
PREMIERE PARTIE _____________________________________ 3
L’ENTRAINEMENT PHYSIQUE DE L’ETUDIANT______________ 3
I...
3
PREMIERE PARTIE
L’ENTRAINEMENT PHYSIQUE
DE L’ÉTUDIANT
4
INTRODUCTION
Partout, des multitudes de jeunes ont à passer sous de
redoutables Fourches Caudines. A deux époques de l’a...
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le cri du coeur du recalé » : « II n’y a de la veine que pour la
canaille !... »
Mais oui... un camarade peu coté a « pa...
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C’est par des apports de ce genre que se font la plupart des
transformations dans la nature : croissance, entre autres. ...
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importantes : lire le journal fumer une cigarette, aller au
cinéma ne s’y opposent pas, il ne songe nullement à
s’impose...
8
CHAPITRE PREMIER
La force, la santé et la capacité de travail
Pour être en mesure « d’enlever », vos examens et concours...
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alimentation particulièrement riche et digestible, dans le but de
se refaire le système nerveux, même s’il ne se sent pa...
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Ce qui précède suffit à justifier largement la longueur des
vacances consenties aux étudiants.
*
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On a beaucoup médit...
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exceptionnel, mais parce que, s’il arrivait à ces amateurs de
s’y aventurer, c’était, vous l’avez deviné, uniquement po...
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CHAPITRE II
L’alimentation de l’étudiant
Pour conserver la santé, l’accroître, et multiplier ses forces, il
faut soigne...
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avec le temps, d’être grandement améliorées, puis gué (ries,
par une alimentation appropriée. C’est ce qu’a exprimé un
...
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Ainsi, la GUERISON de toutes les maladies ne peut se
produire et persister qu’en détectant les fautes de régime et
d’hy...
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En hiver, remplacez l’infusion par une soupe aux légumes ou
aux céréales (porridge ou farine
ou pâtes cuites à l’eau su...
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2° Un plat de résistance consistant en un aliment azoté
d’origine animale : viande plutôt légère.
3° Des aliments combu...
17
1° Un potage peu abondant (pour éviter la distension de la
paroi stomacale, les dilatations et dyspepsies atoniques ave...
18
l’autorise à « se mettre » à l’huile de foie de morue, ce
puissant accumulateur d’énergies, qui fait du corps une
vérit...
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appauvrissement en substances inorganiques se traduit le
plus souvent par des maux de dents ou des sueurs abondante
se ...
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viandes lourdes ou échauffantes : porc, gibier. Celui qui
prépare un examen étant jeune et généralement doué d’un
bon e...
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signaler l’effet astringent des noix : elles tendent à produire de
la constipation. Si l’on redoute cette incommodité, ...
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Les fruits frais notamment les pommes et les fraises
contiennent de l’acide phosphorique. S’ils sont bien mûrs et
non a...
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la théobromine.
Une expérience formelle a prouvé que l’alcool est tout
particulièrement nuisible à l’entraînement intel...
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la tuberculose dans les sanatoria). Importance que l’on saisira,
si l’on songe que tout résultat intellectuel n’est qu’...
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CHAPITRE III
Hygiène de l’étudiant
Liberté... Egalité... Fraternité... Trois mots sublimes de la
Déclaration des Droits...
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bacillose, astreignant sa victime à prendre de grandes
précautions, sera peut-être pour elle un brevet de longue vie......
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expédiant au loin leurs barriques d’excellent vin et buvant une
« piquette » mal faite, acide et nuisible à la santé !C...
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- Commerçant, rencontrez-vous le «bonhomme » avec qui
vous avez à traiter ? Avisez-vous donc de ne pas le suivre au
bar...
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d’un emploi du temps surchargé est illusoire :on étudie moins
bien moins vite, et on assimile très mal les connaissance...
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Les animaux, dont le merveilleux instinct est le plus fin
hygiéniste, se couchent dès qu’ils ont mangé. Attendez au
moi...
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mêmes risquent d’être atteints, surtout si l’on n’a pas soin
d’aérer amplement son studio.
*
**
Vous sentez-vous fatigu...
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aux divers désagréments qu’elle vous ménage non pour la
maudire, mais pour essayer, en pythonisses — disons, pour
être ...
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anomalie de l’oeil :myopie par exemple, ou différence de
puissance entre les deux organes visuels. Se rend-on compte
de...
34
Orientez votre lit dans la direction nord-sud (tête au nord,
pieds au midi). Sans qu’on ait pu encore déterminer très
e...
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2° Faire tourner la tête de gauche à droite et de droite à
gauche autour de l’axe vertical du corps (comme si l’on
cher...
36
Ces procédés peuvent ne pas donner tout leur effet les
premières fois. A chaque nouvelle application, leur réussite
s’a...
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l’inconvénient du ronflement qui se produit souvent dans cette
position. Cette posture est la seule qui ne comprime auc...
38
Autant un exercice pondéré est utile, autant un sport violent
nuit à l’entraînement de l’intellectuel. Tout effort phys...
39
intellectuel. Non seulement l’usage démesuré de ce jeu
contrarie sérieusement les études, mais il conduit à la
bacillos...
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.
Il est un point CAPITAL que l’étudiant doit viser avant tout :
acquérir une excellente RES PIRATION Il multiplie...
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L’hyper-respiration, particulièrement précieuse chez les
sédentaires et les constipés donc chez l’immense majorité des
...
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inspirations très amples. A la fin de la journée, on se trouvera
avoir effectué, presque sans s’en être aperçu, une soi...
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action tonique, en particulier, sur le COEUR. Aussi ne
saurions-nous trop vous recommander, dès la sortie de l’hiver
et...
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Nous ne citerons que pour mémoire la « grande faucheuse » :
la tuberculose (puisqu’il faut l’appeler par son nom) qui f...
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dont certaines peuvent devenir chroniques. Il devra donc
s’entraîner à faire front au général Hiver, en aérant bien sa
...
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mal connu, qui a souvent produit des accidents par fois
MORTELS, mais au DOLCIN. Ce produit, qui a déjà fait ses
preuve...
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écorchures ou à des infections, formées d’une double lanière
en caoutchouc, elles se signalent par leur pelote, qui se ...
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Pour les prévenir, on usera de l’huile de foie de morue, en
corrigeant son trop considérable apport de vitamines A par ...
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Nous ne saurions clore cet important chapitre sans signaler à
l’étudiant une pratique très simple, mais à laquelle...
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DEUXIEME PARTIE
L’ENTRAINEMENT MENTAL
51
CHAPITRE PREMIER
Développement de la volonté
Penchez-vous sur les biographies de tous ceux qui ont réussi
dans la vie, ...
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était venu échouer dans notre classe d’Elémentaires. Il avait
plusieurs fois affronté en vain les épreuves de la deuxiè...
53
Etes-vous décidé à entreprendre le développement de votre
personnalité, en vue de REUSSIR A TOUS VOS EXAMENS ?
Alors as...
54
1a volonté augmente, et, chose curieuse, il en est de même
de l’intelligence On pige plus vite, les idées éclosent en p...
55
Or, cette subconscience est très impressionnable. Si nous
voulons fortement une chose, elle agit énergiquement sur
1’or...
56
Un sujet suggestionné boit, avec toutes les marques d’une
exquise délectation, un verre à liqueur d’huile de ricin qu’i...
57
va vous permettre d’accroître en un temps éclair toutes vos
facultés et de corriger de graves défauts.
Aussi n’hésitons...
58
entraînement qu’on peut réussir à se libérer de toute idée
préalable.
Alors, vous introduisez avec force 1’IDEE faisant...
59
*
**
Il est une loi psychologique très importante, déduite de
l’expérience : TOUT SUCCES RENFORCE LA VOLONTE;
TOUT ECHE...
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menus Marengo à remporter. Faites d’une pierre deux coups
en dirigeant votre choix de manière que ces victoires soient
...
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Une excellente manière, pour l’élève, d’utiliser avec fruit les
réflexions qui précèdent, consiste à faire spontanément...
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Le premier a souvent des trous dans sa mécanique à
souvenirs. Au contraire, le subconscient est doué d’une
mémoire PROD...
63
veiller sur une personne chère, même ayant nous-même 40
degrés de fièvre... Eh bien! notre imagination surclasse notre
...
64
Coué recommande de se faire matin et soir des suggestions à
haute voix, au nombre d’une vingtaine en s’écoutant parler,...
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  1. 1. 1 LOUIS LONG PROFESSEUR AGRÉGÉ DE L’UNIVERSITÉ DOCTEUR ES SCIENCES - HOMME DE LETTRES DÉCROCHEZ TOUS VOS EXAMENS . . EDOUARD AUBANEL, ÉDITEUR, AVIGNON « Le génie n’est qu’un longue patience » Napoléon
  2. 2. 2 SOMMAIRE PREMIERE PARTIE _____________________________________ 3 L’ENTRAINEMENT PHYSIQUE DE L’ETUDIANT______________ 3 INTRODUCTION ___________________________________________ 4 CHAPITRE PREMIER _______________________________________ 8 La force, la santé et la capacité de travail_____________________ 8 CHAPITRE II _____________________________________________ 12 L’alimentation de l’étudiant_______________________________ 12 CHAPITRE III_____________________________________________ 25 Hygiène de l’étudiant ____________________________________ 25 DEUXIEME PARTIE ____________________________________ 50 L’ENTRAINEMENT MENTAL ______________________________ 50 CHAPITRE PREMIER ______________________________________ 51 Développement de la volonté ______________________________ 51 CHAPITRE II _____________________________________________ 68 L’ordre et la méthode ____________________________________ 68 CHAPITRE III_____________________________________________ 78 Le développement de l’attention ___________________________ 78 et de la mémoire_________________________________________ 78 CHAPITRE IV_____________________________________________ 97 Le développement _______________________________________ 97 de l’imagination créatrice :________________________________ 97 méthode pour faire éclore des idées_________________________ 97 CHAPITRE V ____________________________________________ 112 Le bon sens____________________________________________ 112 CHAPITRE VI____________________________________________ 132 Le «trac» et la timidité __________________________________ 132 TROISIEME PARTIE___________________________________ 141 PREPARATION DIRECTE D’UN EXAMEN __________________ 141 CHAPITRE PREMIER _____________________________________ 142 Comment organiser son plan de travail ____________________ 142 CHAPITRE II ____________________________________________ 153 Préparation des différentes matières_______________________ 153 CHAPITRE III____________________________________________ 179 Face à l’examen ________________________________________ 179
  3. 3. 3 PREMIERE PARTIE L’ENTRAINEMENT PHYSIQUE DE L’ÉTUDIANT
  4. 4. 4 INTRODUCTION Partout, des multitudes de jeunes ont à passer sous de redoutables Fourches Caudines. A deux époques de l’année bien connues, la société se divise en deux groupes destinés à se faire face : les candidats, et les examinateurs. Si, dans telles contrées, notamment chez les Allemands et les Anglo-Saxons, les résultats brutaux des compétitions annuelles ou bisannuelles sont amplement amendés par les notes obtenues au cours de l’année, et si ces tests, assez fréquents, ne sont pas toujours d’un niveau extrêmement élevé, l’examen français est quelque chose de dur, de solennel, d’omnipotent, de définitif. Soit, par exemple, l’Agrégation. Y réussissez- vous ? Vous voilà arrivé au port. Plus de compétition à craindre, mais une situation transformée, assise, qui s’améliorera à peu près automatiquement, par périodes bien déterminées, jusqu l’âge de la retraite. Dans maints autres Etats, il n’en est pas ainsi. Les positions sociales s’étagent par examens fractionnés. Vous ne serez jamais au bout de votre rouleau. A n’importe quel stade de votre carrière, un nouveau Concours peut vous faire encore progresser. Un labeur tenace n’a-t-il pas le don de vous sourire? Vous végéterez. Par contre, le « bûcheur qui, au départ, en était au même point que vous, fera son petit bonhomme de chemin, vous laissant bien loin derrière lui. On est peut-être un peu trop tenté, dans notre pays, de tenir l’issue d’un examen pour l’arrêt de la fatalité. Aussi connaît-on
  5. 5. 5 le cri du coeur du recalé » : « II n’y a de la veine que pour la canaille !... » Mais oui... un camarade peu coté a « passé ». Ce pauvre type », bien meilleur, n’est-il pas resté sur le pavé ? Celui-ci n’est-il pas tombé sur la seule composition qu’il eût spécialement étudiée? Cet autre malin n’avait-il pas de petites notes dont il a su se servir « en douce » Nous allons tenter, au cours de cet ouvrage, de montrer que cette conception demande à être révisée. Un candidat qui VEUT et qui SAIT s’y prendre peut compter presque sûrement en lever la palme de haute lutte. Car il est des principes, très simples mais inflexibles, DONT DEPEND IRRESISTIBLEMENT LE SUCCES. De puissants efforts sans lendemain, feux de paille, n’atteignent pas le but. Voués à L’ECHEC, le lièvre partant comme un trait, le roi de l’Atlas s’agitant furieusement dans ses rêts ! Par contre, une activité d’apparence modeste sans panache, mais poursuivie régulièrement finalement à de substantiels résultat. La tortue gagne la course. Le rat délivre le lion. La grand’mère, tricotant tout l’hiver au coin du feu, présentera un jour une paire de bas de laine bien chauds. Un fruit hâtivement mûri a-t-il la saveur sucrée de la mignonne fraise des bois, tardivement arrivée à maturité ? Nous allons bien vous surprendre en vous faisant remarquer que tous ces processus très, patients qui font éclore du tangible et du solide, peuvent être considérés comme éléments fondamentaux d’une branche relativement récente des mathématiques : le CALCUL INTEGRAL. En voici le principe, génial dans sa simplicité : UNE SOMME DE TRES PETITS NOMBRES, DE MINUSCULES RESULTATS EXTREMEMENT NOMBREUX N’EST PAS NEGLIGEABLE.
  6. 6. 6 C’est par des apports de ce genre que se font la plupart des transformations dans la nature : croissance, entre autres. Le banquier érige sa fortune par de menus prélèvements sur les opérations de ses clients. Celles-ci étant innombrables, il finit par s’assurer un bénéfice substantiel. Il en est de même pour tout commerçant qui, en dernière analyse, se trouve pratiquer le calcul intégral, tout comme M. Jourdain faisait de la prose : sans le savoir. ( Celui qui emploie cette méthode : travailler chaque jour normalement, travailler régulièrement, travailler longtemps, a des chances véritablement exceptionnelles de maîtriser un examen, et, plus généralement, d’atteindre n’importe quel but. Dédaigner cette peu reluisante façon de dispenser vos sueurs pour procéder, aux approches de la redoutable compétition, à un labeur spectaculaire et cyclopéen, fera de vous, tout au plus, un candidat « tangent » . Pour vous et vos pareils — qui sont légion — les épreuves seront UNE LOTERIE. Si un examen doit être mûri lentement comme un fruit, on peut, à un point de vue différent, l’assimiler à un championnat. Or, comment se prépare, par exemple, un Joë Louis ou un Randolph Turpin ? Par 1’ENTRAINEMENT, suite de pratiques minutieuses consenties chaque jour, pendant de longues semaines, sous la direction d’un spécialiste (manager). Cet entraînement comprend une partie touchant à la physiologie générale : hygiène, choix de l’alimentation; une partie éducative, ayant pour but de développer harmonieusement tels groupes de muscles; enfin, une organisation technique amenant le boxeur à être « fin prêt » au moment de « la bagarre ». Or, que fait généralement celui qui vise un examen? Il «potasse » couci-couça suivant l’inspiration, et, s’il se prépare seul, aux heures où il a le temps, et si des occupations plus
  7. 7. 7 importantes : lire le journal fumer une cigarette, aller au cinéma ne s’y opposent pas, il ne songe nullement à s’imposer une discipline rigoureuse au moment de faire ses preuves, verra-t-il son frêle esquif ballotté sur une mer plus ou moins démontée, sans espoir sérieux d’atteindre au but qui luit au loin comme un phare. Pour songer à un examen, il faut absolument : un entraînement PHYSIQUE, qui décuple les forces, et, en particulier, réduit au minimum les risques de carence physiologique au jour J; un entraînement MENTAL, pour éduquer ses facultés et tremper son esprit de ténacité; une méthode rationnelle d’entraînement TECHNIQUE. Cet entraînement doit durer un temps variant de quelques mois à plusieurs années. Tous les as des Concours ont attaqué ainsi la difficulté. Plus généralement tous ceux qui ont « percé », depuis Victor Hugo jusqu’à Einstein, en passant par Edison et Vanderbilt, se sont poussés suivant le même processus. Et, au fond, la destinée de l’homme est-elle autre chose qu’une compétition permanente, dont le Jury, implacable entre tous, a pour nom LA VIE?
  8. 8. 8 CHAPITRE PREMIER La force, la santé et la capacité de travail Pour être en mesure « d’enlever », vos examens et concours, vous devez vous montrer capable de travailler énergiquement et longtemps. Suivant une expression chère à notre professeur de sciences de l’Ecole Normale, les chances de réussite sont proportionnelles à la somme de travail fourni, à la quantité et à la qualité des connaissances,non ingurgitées comme dans un repas de glouton générateur d’indigestions, mais réellement assimilées. Une robuste santé est absolument indispensable. Vous veillerez donc de très près à maintenir et à renforcer l’intégrité de vos organes et de leurs fonctions, et à accroître progressivement vos forces jusqu’à la date fatidique. Rien de possible sans cela. * ** Celui qui se livre à des études prolongées doit, chaque année, réserver plusieurs semaines à un repos intellectuel ABSOLU — et à un repos physique relatif — combiné avec une
  9. 9. 9 alimentation particulièrement riche et digestible, dans le but de se refaire le système nerveux, même s’il ne se sent pas vraiment fatigué. II faut, en effet, ne pas oublier que la sensation de fatigue n’est pas un critérium très sûr. Si, invariablement, l’étudiant trouve pénibles les premières séances de travail, correspondant à la période d’adaptation, on remarque, au contraire, qu’il n’éprouve, par un dangereux paradoxe, aucune sensation de lassitude aux époques de surmenage intense. Illusion périlleuse... Comment l’usure physiologique n’existerait- t-elle pas? Forcément, les « cellules grises » — pour employer le langage d’Hercule Poirot — sont de plus en plus secouées par la somme considérable de travail effectuée durant l’année scolaire; et, de surcroît, cet état alarmant ne peut qu’être aggravé par les chaleurs de l’été, saison des examens par excellence. Seulement, l’organisme est surchauffé par l’entraînement les nerfs sont sous pression ». - Si, à ce moment, l’étudiant dort peu; si, sa main étant allongée et les doigts rapprochés, ceux-ci sont affectés d’un léger tremblement, et surtout si l’auriculaire s’écarte de l’annulaire si, enfin, le sujet éprouve une secousse douloureuse à l’audition brusque d’un bruit très fort (sirène, trompe d’auto, explosion de mine), aucun doute n’est permis il y a surmenage accusé et usure dangereuse. Sous peine de désordres graves, l’élève doit modérer sur-le-champ son activité. Une prostration morbide va s’abattre sur lui pendant les vacances, au bout d’une semaine de repos, alors qu’il commencera à se détendre. Il se sentira abattu, courbaturé, et maigrira, en dépit d’une excellente nourriture. Au bout de quelques semaines seulement et à la faveur des journées plus fraîches de septembre, il se mettra à « récupérer ».
  10. 10. 10 Ce qui précède suffit à justifier largement la longueur des vacances consenties aux étudiants. * ** On a beaucoup médit du travail intellectuel, relativement à ses fâcheuses répercussions sur l’état de la santé. Exagération... Ce qui, à notre humble avis, s’avère véritablement néfaste, serait plutôt l’excès des sports violents, en vue trop souvent — circonstance aggravante — de la PERFORMANCE, auxquels il est devenu de bon ton de voir s’adonner les jeunes piliers d’Université. Que telle Faculté puisse faire état de plus de succès que telle autre en ce qui concerne les examens de Licence, bagatelle... Mais que l’équipe de football de ses étudiants vienne de l’emporter dans un match régional : voilà un titre de gloire que, de nos jours, rien ne saurait égaler! Il y a là une source d’épuisement qui fait, hélas! monter la courbe tracée avec autorité par le bacille de Koch. Par contre, de nombreux savants : Hippocrate, Chevreul, Fontenelle, le grand poète persan Saadi, ont atteint un âge fort avancé. C’est que le travail intellectuel régulier, par la discipline à laquelle il soumet les leviers de l’organisme et parce qu’il préserve d’excitations malsaines, comporte des chances de santé de tout premier ordre. Au cours de notre passage à l’Université de Montpellier, nous avions repéré des « numéros» paresseux et — lâchons le mot — débauchés, que les maîtres remarquaient rarement à l’amphi théâtre. Nous disons à dessein « remarquaient » , non point tant que l’apparition à éclipses de ces silhouettes peu connues fût sensationnelle par son caractère
  11. 11. 11 exceptionnel, mais parce que, s’il arrivait à ces amateurs de s’y aventurer, c’était, vous l’avez deviné, uniquement pour troubler le cours. Ces garçons — on le croira sans peine — ne se torturaient nullement les méninges à étudier... A la rentrée de Pâques, ils se souvenaient soudain que l’année scolaire se terminait par un redoutable... test, et se décidaient à « démarrer ». Fouettés — et pour cause — par la peur de l’échec, ils « y allaient » alors, durant de longues heures de jour et même de nuit, d’un formidable coup de boutoir. Les copains se regardaient stupéfaits au spectacle imprévu d’un labeur si intense de la part de fumistes » qui n’y étaient nullement entraînés; mais leur étonnement devenait sans bornes à les voir, à cette existence d’enfer, engraisser à vue d’oeil, et présenter, à la veille du concours, tous les signes d’une santé florissante. C’est que le travail, entre autres effets salutaires, avait l’avantage de stopper leur vie irrégulière, et leur état physique en profitait. * ** En dosant ses efforts journaliers, à l’instar du champion cycliste qui s’entraîne, en absorbant une nourriture convenable, en se conformant aux règles de l’hygiène bonifiées par de récents et retentissants perfectionnements, en pratiquant quelques exercices très simples, l’étudiant, au lieu de courir, de mois en mois, à un effondrement physique précurseur d’un, rendement de plus en plus médiocre, verra sa santé se raffermir, ses forces doubler, sa capacité de travail tripler, et — ce qui ne gâte rien — son entrain, son enthousiasme pour sa préparation s’accroître de décade en décade.
  12. 12. 12 CHAPITRE II L’alimentation de l’étudiant Pour conserver la santé, l’accroître, et multiplier ses forces, il faut soigner la CELLULE. Cette cellule est rénovée, galvanisée et constamment débarrassée de ses poisons par un liquide nourricier : le SANG. Or, le ravitaillement véhiculé par le sang VIENT DE L’ALIMENTATION. L’alimentation doit fournir, dans des proportions déterminées, des substances albuminoïdes pour nourrir et réparer et des principes carbonés pour brûler, sous l’influence de l’oxygène Cette combustion détruit les toxines, et produit la chaleur animale qui est une des formes de L’ENERGIE. Il faut veiller à ce que des sels et des vitamines arrivent en quantité suffisante. Une nourriture distribuée au petit bonheur, mal proportionnée, insuffisante ou trop copieuse détériore ce qu’en médecine on nomme le « terrain », et on devient vulnérable aux attaques de ces petites bêtes que Pasteur nous a appris à connaître. On commence enfin à réaliser — après l’avoir systématiquement et dédaigneusement ignoré pendant des siècles, en dépit des avertissements d’Hippocrate, qui vécut cent dix ans — que (toutes les maladies sont susceptibles,
  13. 13. 13 avec le temps, d’être grandement améliorées, puis gué (ries, par une alimentation appropriée. C’est ce qu’a exprimé un savant Esculape en ces termes « La meilleure de toutes les drogues, c’est une bonne alimentation. » Un autre claironnait Quand l’estomac va, tout va; quand l’estomac ne va pas, rien ne va. » Enfin, le héros d’Arcole ne proclamait-il pas : « Mes soldats gagnent les batailles avec leurs jambes, et ils marchent avec leur estomac » * ** D’une façon générale, la maladie résulte de violations multiples des lois de la biologie. Du reste, ne nous leurrons pas : les microbes sont toujours présents autour de nous, et prêts à envahir notre organisme. Mais que peuvent-ils si notre corps est blindé, si le TERRAIN est résistant ? Ainsi chuchotait à son lit de mort— peut-être, tout de même, avec une pointe d’exagération — le grand homme qui avait sauvé le petit Jupille de la rage : « Claude Bernard avait raison le MICROBE n’est rien; le TERRAIN est tout. » Eléments monocellulaires nocifs et virus prolifèrent seulement sur les êtres dont le sang est vicié, intoxiqué, affaibli. Or, comme le dit si bien le Dr Carton, la pureté et la vigueur du sang, des plasmas et des organes dépendent uniquement des matériaux employés pour les constituer. Aussi importe-t-il avant tout, pour être fort et bien portant, de suivre un régime alimentaire RATIONNEL, de respirer un air pur, suffisamment sec et ensoleillé, de se donner un exercice régulier et raisonnable et d’éliminer chaque jour, par la peau, les poumons, les reins et les voies intestinales, les déchets de la nutrition et les toxines du corps.
  14. 14. 14 Ainsi, la GUERISON de toutes les maladies ne peut se produire et persister qu’en détectant les fautes de régime et d’hygiène antérieures, et en modifiant radicalement ce régime et cette hygiène. * ** Nous sommes tout à fait d’accord avec le Dr Carton pour la composition moyenne d’un menu rationnel. Le petit déjeuner du matin peut comprendre d’abord une boisson un peu excitante et tonique : le thé par la théine, le café par la caféine, le chocolat par la théobromine, sans lait ou avec très peu de lait. Le lait en excès en effet, peut se coaguler en un gros bloc, dans l’estomac, surtout s’il est avalé d’une seule gorgée d’où constipation opiniâtre .Mettre, dans la tasse, un tiers de lait au maximum. Chez les sujets nerveux, l’absorber sous forme de lait concentré Sucré ( par exemple). Dose : trois-quarts d’une cuillerée à café diluée dans l’infusion. Ce lait-là se digère mieux que le lait frais. On prendra des aliments d’une teneur médiocre en azote, donc en albuminoïdes mais avant tout combustibles :pain grillé (le charbon jouant, dans l’organisme, le rôle d’un puissant filtre anti-microbien, antiseptique, antiputride et absorbant des gaz, donc par là éminemment digestif); ou encore, biscottes ou pâtisserie légère : biscuits secs ou à la cuillère, brioche .On ajoutera du beurre , frais et naturel à l’exclusion de la margarine; ou du miel ou du fromage ou de la confiture — A ce repas matinal, il faudra toujours se garder de consommer un oeuf nature, de la viande ou du poisson, contrairement à ce que font les naturels d’Outre-Manche.
  15. 15. 15 En hiver, remplacez l’infusion par une soupe aux légumes ou aux céréales (porridge ou farine ou pâtes cuites à l’eau sucrée et au beurre presque sans lait). * ** Sentez-vous votre estomac embarrassé pour avoir un peu trop mangé ? Le jeûne matinal, de temps à autre, sera excellent : vous vous contenterez d’un grand verre d’eau NON SUCREE Elle purifie le sang et minéralise merveilleusement. Au lieu de vous affaiblir à cause de la privation d’aliments plus substantiels, cette diète vous confère paradoxalement une euphorie spéciale qui vous rend apte au travail intellectuel. * ** Que comprend un repas midi bien combiné? 1° Des aliments minéraux et riches en VITAMINE qu’il est utile de s’administrer au début comme hors-d’oeuvre : quelques feuilles de salades (mâche en hiver, romaine en été,pissenlit aux époques d’équinoxes, cette dernière salade étant en outre diurétique, tonique et stomachique). On y joindra des légumes crus en très petite quantité : petits pois,radis, pommes de terre, artichaut, carotte, chou et une cuillerée à café de blé cuit, une pincée de sel FRAIS, un peu de beurre CRU et une pomme de terre cuite dans le four ou sous la cendre en robe des champs.
  16. 16. 16 2° Un plat de résistance consistant en un aliment azoté d’origine animale : viande plutôt légère. 3° Des aliments combustibles : pain De plus, en hiver un ou deux féculents : pommes de terre à discrétion ; semoules, flocons de céréales, pâtes , riz.Des corps gras : beurre naturel ou huile d’olive pour la préparation des plats ( l’huile de noix serait excellente, si elle ne constipait un peu et ne rancissait rapidement). 4° Un aliment diastasé : un peu de fromage fermenté, cru ou cuit : tomme de Savoie, Saint-Nectaire, Hollande, Gruyère ordinaire, Coulommiers, Bondon de Neufchâtel, Camembert. Chacun de ces mets précieux aide à la synthèse alimentaire correcte. Tant pis pour Louis XIV que l’on sevrait de fromage, sous prétexte que ce produit était par trop vulgaire. En faire paraître sur la table du Roi-Soleil eût constitué un crime de lèse-majesté 5° Des aliments sucrés et vitaminés (vitamine C : fruits de saison, plus dessert sucré : confiture, miel ou pain d’épice. 6° Des produits excitants pour stimuler l’appétit et favoriser les sécrétions digestives : sauces légères , sel, condiments végétaux, rissolement, vin coupé de beaucoup d’eau, thé, café. * ** Le goûter sera extrêmement sobre : pain avec beurre ou chocolat Quant au repas du soir il comprendra :
  17. 17. 17 1° Un potage peu abondant (pour éviter la distension de la paroi stomacale, les dilatations et dyspepsies atoniques avec fermentations intestinales), peu chargé en légumes, épaissi avec du vermicelle ou une pomme de terre râpée CRUE. Jamais de bouillon de viande 2° Un plat de résistance azoté mais, ici, pas sous forme de viande : un oeuf nature, à la coque(très digestible ou dur avec un peu de vinaigre ou sur le plat ou sous forme d’omelette ou du fromage fermenté. 3° Des aliments - combustibles à digestion facile : pain et un féculent l’été, deux l’hiver : semoules, pâtes, pommes de terre. 4° Un aliment minéralisé absolument nécessaire le soir pour aider à la récupération nocturne des sels minéraux, fournir des déchets susceptibles d’exciter les contractions péristaltiques de l’intestin, et empêcher ainsi la constipation, cet ennemi mortel de l’intellectuel et de l’étudiant : légumes verts de saison CUITS. 5° Un aliment diastasé : fromage doux ou lait caillé 6° Des aliments sucrés et à vitamines C : fruits de saison et dessert sucré confiture etc.). * ** L’étudiant qui, le plus souvent, est un jeune homme ou un adolescent, devra faciliter sa croissance, affermir son système osseux et nerveux. Nous ne saurions trop lui recommander, en automne et en hiver, de demander à son médecin s’il
  18. 18. 18 l’autorise à « se mettre » à l’huile de foie de morue, ce puissant accumulateur d’énergies, qui fait du corps une véritable bouteille de Leyde. Dose : une cuillerée à soupe au repas de midi et une au repas du soir. Ceux qui se figurent ne pas supporter ce merveilleux aliment procéderont de la façon suivante : ils dilueront l’huile dans leur premier mets et boiront de l’eau contenant du jus de citron et un peu de bicarbonate de soude Ainsi sera contrebalancé l’excès de vitamines A qui pourrait donner lieu à une inflammation des muqueuses buccale et intestinale, et prédisposer au scorbut. Du reste, il existe en France de nombreuses autres préparations parfaitement tolérées et efficaces : consulter le docteur de la famille à cet égard. En été on remplacera l’huile de foie de morue par le glycéro- phosphate de chaux granulé ou en cachets toujours après avis du « toubib » familial. * ** Voyons maintenant à serrer d’un peu plus près la façon dont le candidat à un examen doit adapter son régime alimentaire à ses besoins particuliers. Des expériences physiologiques absolument concluantes ont prouvé depuis longtemps que l’effort intellectuel accélère la dénutrition de la cellule nerveuse, et, notamment par la suite, la perte d’acide phosphorique par les urines et la sueur. Cette fuite s’exagère-t-elle? Elle entraîne rapidement une diminution très nette des facultés, qui se traduit par une fatigue considérable sous l’action de l’étude. Elle conduit, en passant par l’insomnie, à des troubles neurasthéniques. De plus, le travail de l’esprit intensifie la déminéralisation, c’est-à-dire l’élimination anormale de divers sels indispensables à l’organisme, notamment de la chaux et de la magnésie. Cet
  19. 19. 19 appauvrissement en substances inorganiques se traduit le plus souvent par des maux de dents ou des sueurs abondante se produisant de préférence la nuit : il mène droit à la névrose et à la tuberculose .Enfin, les étudiants laissent échapper une forte proportion d’azote. Il est donc de toute nécessité, non seulement au point de vue strict de la santé, mais encore pour maintenir l’esprit dans un état constant de vigueur indispensable au succès des études, que l’intellectuel fasse choix d’une alimentation capable de reconstituer l’organisme d’après les indications précédentes. Compte tenu des menus types sus-mentionnés, et qui s’appliquent à l’homme moyen, l’étudiant devra veiller à prendre une nourriture plus azotée que carbonée. Celle-ci, d’ailleurs, proscrira les substances lourdes : graisses, huiles, dont la digestion, déjà laborieuse chez le travailleur manuel, réclame avant tout un exercice très énergique. (Nous avons vu plus haut les précautions à prendre pour assimiler l’huile de foie de morue). Ces aliments seront remplacés par le beurre naturel et le sucre non travaillé (sucre coloré, miel, fruits très sucrés, à l’exclusion du sucre blanc cristallisé industriel). * ** En ce qui concerne les matières azotées ou protéines, la question est assez délicate. Les viandes, qui passent pour le type des ces aliments, sont en général d’une assimilation plutôt ardue pour un étudiant, qui est une personne sédentaire. Dans ces conditions, elles déposent dans l’intestin des résidus, véritables poisons (toxines) prédisposant à diverses affections, et, avant tout, amenant très vite l’insomnie et l’entérite. Nous avons déjà retranché du régime moyen les
  20. 20. 20 viandes lourdes ou échauffantes : porc, gibier. Celui qui prépare un examen étant jeune et généralement doué d’un bon estomac, pourra se permettre d’user de la viande de boeuf qui est extrêmement reconstituante. Une faveur spéciale sera réservée au poisson. Outre sa parfaite digestibilité quand il est très frais, il possède le précieux avantage de contenir de fortes proportions de phosphore, cet aliment vital du système nerveux. * ** Nous ne saurions trop insister sur ce point : Sans astreindre l’étudiant à un régime végétarien sévère, mettons-le en garde contre l’abus de la viande déjà exclue le soir de tous les régimes. Il aura, au contraire, tout intérêt à accorder quotidiennement une place importante à alimentation azotée végétale. Pois, lentilles, fèves et même haricots (dont les effets de fermentation seront « contrés » par le bicarbonate de soude et le charbon de Belloc), contiennent une plus forte proportion d’azote que la chair et seront mieux supportés, si l’on a soin de faire usage de ces légumineuses sous forme de farines, c’est-à-dire sans les peaux qui sont d’une digestion presque impossible. On insistera surtout sur les lentilles, qui contiennent beaucoup d’acide phosphorique et une notable quantité de fer. Noix, amandes, noisettes et noix du Brésil sont fort recommandables à titre de dessert. Ces fruits si savoureux se digèrent bien, en général; sous leur apparence modeste, ils sont très nourrissants, contenant — le croirait-on? — plus d’azote que la viande elle-même ! Il convient toutefois de
  21. 21. 21 signaler l’effet astringent des noix : elles tendent à produire de la constipation. Si l’on redoute cette incommodité, on leur préférera les amandes, qui jouissent, au contraire, de propriétés plutôt laxatives. Soigneusement cuits, les épinards sont excellents. Outre leur vertu dépurative et légèrement purgative, très favorable en toute saison, et tout particulièrement au printemps et à l’automne, ils exercent une action reconstituante par le fer qu’ils contiennent. Les pâtes de bonne qualité sont nourrissantes et de digestion facile. Ces aliments — ainsi que le riz — jouissent de propriétés astringentes qui en rendent l’usage précieux en été, à titre de précaution contre les diarrhées. Le pain bien cuit est recommandable, pris en quantité modérée : deux à trois cents grammes par jour, et non une livre et demie à deux livres, suivant l’usage blâmable des Français avant la « drôle de guerre ». Mais si la cuisson laisse à désirer ou s’il est absorbé en excès, il présente de graves inconvénients. Ainsi que l’ont prouvé les travaux du Dr Ferrier, il provoque dans le tube digestif des fermentations très actives génératrices d’acides qui dissolvent les minéraux de l’organisme, dont elles entraînent une ruineuse élimination. A raison d’un à trois par jour à la coque ou incorporés à d’autres aliments, les oeufs frais (et non congelés) sont excellents, et d’une digestion très facile. Le blanc est une substance albuminoïde riche en azote, et le jaune contient un tonique puissant, la lécithine. Si, aux approches de l’examen, vous éprouvez le besoin de galvaniser vos forces par un peu de suralimentation, vous pouvez y recourir sans danger à l’aide des oeufs. Augmentez alors la dose sus indiquée mais en évitant de consommer les blancs dont l’excès produirait dans l’intestin des toxines extrêmement actives.
  22. 22. 22 Les fruits frais notamment les pommes et les fraises contiennent de l’acide phosphorique. S’ils sont bien mûrs et non acides, les prendre crus en petite quantité. Sinon, chasser au préalable l’acidité par la cuisson qui, il est vrai, tue malheureusement les vitamines. Les confitures sont excellentes. Celles de rhubarbe, en particulier, sont intéressantes par leurs propriétés laxatives. Eviter le plus possible les conserves. Même en hiver, cherchez légumes et fruits FRAIS. Malgré les plus savantes manipulations, les conserves ne sont pas saines, à cause de leur manque de vitamines. Leur abus altère rapidement le sang, et cette altération se traduit à l’extérieur par des éruptions et de l’urticaire. Si l’abus du café — le soir en particulier — produit de l’insomnie, abstraction faite de troubles possibles dans la région du coeur, un usage modéré de cette délicieuse boisson Stimule le système nerveux par la caféine qu’elle contient, et facilite très sensiblement le labeur intellectuel. Honoré de Balzac, l’auteur de « la Comédie humaine », arrivait à travailler ses quinze heures par jour en se « dopant » à jet continu de café. Bien entendu, il exagérait. Quoi qu’il en soit, le café aide beaucoup à supporter les chaleurs de l’été. A cette époque critique de l’année qui sonne le branle-bas des examens, il est très hygiénique d’absorber, pendant et même entre les repas, de l’eau contenant quelques traces de café. Le chocolat est une boisson tonique, mais un peu échauffante. Ce produit, introduit en France au XVIIe siècle par Marie- Thérèse d’Espagne, renferme, outre le beurre de cacao qui a une réelle valeur nutritive, une substance tonique pour les nerfs que nous avons déjà nommée :
  23. 23. 23 la théobromine. Une expérience formelle a prouvé que l’alcool est tout particulièrement nuisible à l’entraînement intellectuel (comme le tabac, du reste, et ceci pour n’importe quel entraînement sportif) Si, de peur de passer pour une... femmelette, encore que le sexe aimable ait beaucoup évolué sous ce rapport — vous ne voulez pas vous astreindre à boire de l’eau pure, faites usage, aux repas, de vin d’excellente qualité largement coupé. Il y a, dans le vin ROUGE notamment, du tartre et du tanin substances toniques de premier ordre, ainsi que des éthers et des aldéhydes qui facilitent la digestion le sommeil. On pourra, si l’on préfère, prendre de la bière copieusement additionnée d’eau :cette boisson amère stimule l’appétit et fouette l’organisme. Enfin, il peut être utile, surtout pendant le dernier trimestre, de faire usage de comprimés de sels calciques autorisés par le docteur, si on les supporte bien. Ces aliments supplémentaires, au contraire, accroissent-ils la sueur ? C’est qu’ils ne sont pas complètement assimilés; l’organisme se débarrasse par la peau de la portion non absorbable, et c’est une fatigue de plus en un bien mauvais moment... En ce cas, diminuer la dose jusqu’à disparition complète de la transpiration. * ** Si nous avons insisté sur la partie alimentaire de l’entraînement de l’intellectuel, c’est qu’elle présente une importance CAPITALE et cependant, naguère encore, combien insoupçonnée Importance telle, que nombre d’illustres « hommes de l’art » comptent exclusivement sur les puissants effets d’une nourriture rationnelle pour la guérison des maladies chroniques (exemple frappant du traitement de
  24. 24. 24 la tuberculose dans les sanatoria). Importance que l’on saisira, si l’on songe que tout résultat intellectuel n’est qu’une forme d’énergie transformée, et que c’est de la nutrition seule que dépend la somme d’ENERGIE se trouvant en nous (sous forme d’énergie calorifique TRANSFORMEE EN ENERGIE ELECTRIQUE comme on vient de le découvrir); si l’on réfléchit que les cellules du corps sont en incessant renouvellement (sauf les cellules nerveuses QUI NE SE RENOUVELLENT JAMAIS : aussi faut-il en prendre soin comme de la prunelle de ses yeux...), et qu’il dépend du... ravitaillement individuel de remplacer toute cellule déficiente par une plus forte puisque la substance même des cellules ne peut provenir d’une autre source. Importance enfin qui apparaîtra d’une éclatante évidence si l’on aperçoit, planant sereinement bien au-dessus des raisonnements précédents, l’éternelle et majestueuse loi de la CONSERVATION DE L’ENERGIE!
  25. 25. 25 CHAPITRE III Hygiène de l’étudiant Liberté... Egalité... Fraternité... Trois mots sublimes de la Déclaration des Droits de l’Homme... Au fait, le principe d’EGALITE est-il une loi de nature ? Qui oserait le soutenir ? Tel enfant naît vigoureux, doté d’organes sains et forts; cet autre vient au monde débile et le restera probablement jusqu’à son dernier soupir. C’est que l’hérédité joue un rôle prépondérant dans la robusticité initiale de l’être vivant. Les astrologues proclament que le fait de voir le jour à telle ou telle époque de l’année, à telle ou telle heure de la journée, a aussi sa petite influence. Longtemps, les pontifes ont fait des gorges chaudes de ces affirmations, taxées de superstitions dues à l’ignorance et à la bêtise. Mais on a beau dire : il y a rarement fumée sans feu. Se risquera-t-on, de nos jours, à nier « mordicus » toute action émanée des régions éthérées, alors que l’on commence à se douter des effets des rayons cosmiques sur l’évolution du nouveau-né? Quoi qu’il en ‘soit, les Spartiates sacrifiaient impitoyablement les déficients, les « mauvais sujets » . On les jetait à l’Eurotas, et tout était dit. C’était peut-être aller un peu vite. En effet, par l’observation stricte et persévérant des règles de l’hygiène, un individu peut agir sur sa constitution. Tel hercule, qu’une confiance illimitée en sa résistance, en son invulnérabilité rend follement imprudent, décédera prématurément, alors qu’une
  26. 26. 26 bacillose, astreignant sa victime à prendre de grandes précautions, sera peut-être pour elle un brevet de longue vie... * ** Qui ne connaît sur le bout du doigt les règles de l’hygiène, ânonnées dès la plus tendre enfance sur les bancs de l’école ? En les mettant en pratique à la lettre, on s’assurerait les plus grandes chances de narguer la Camarde jusqu’aux approches de la centaine. Or, chose stupéfiante, personne, en réalité, n’a cure de se plier à l’observation de ses préceptes. Le paysan, répète-t-on comme un leitmotiv, est extrêmement robuste. La vie à la campagne ? Garantie de force, de santé, de longévité... Hum... Du moins jusqu’à ces dernières années, avant que la machine ne fût venue seconder le muscle, le travail était dur, surtout dans les terrains rocailleux. Exposé à toutes intempéries, on était sur la brèche jusqu’à dix-huit heures par jour durant la « belle » saison ! Comment songer à la semaine de quarante heures quand les récoltes sont là, réclamant des soins de tous les instants, et doivent être rentrées en un clin d’oeil si un orage pointe à l’horizon ! En fait, ce métier était des plus meurtriers. C’est par sélection naturelle que quelques-uns sont restés : debout LES FORTS ! Et les autres ? Ils peuplent les cimetières. Aujourd’hui, certes, les instruments agricoles viennent vous épauler. Cependant, que de fermiers se contentent encore d’une alimentation distribuée à la diable, sans aucun principe scientifique; emportent au marché leurs poulets et leurs lapins, gardant pour eux un mauvais lard sans maigre, bien qu’ils le décorent pompeusement du nom de « viande » ; vendant leurs oeufs frais et en achetant de vieux pour les consommer ;
  27. 27. 27 expédiant au loin leurs barriques d’excellent vin et buvant une « piquette » mal faite, acide et nuisible à la santé !Combien négligent d’aérer leur chambre, de chauffer décemment leur maison, et contractent une grippe « carabinée » qui les cloue au lit pour un mois chaque hiver Dans les villes, n’est-ce pas encore pire ? Entassés dans des taudis, on fume, on se réfugie au café pour y commander des boissons alcooliques, si l’on ne va pas chercher des distractions dans les lieux pires. Quel est le but de l’hygiène ? Se préserver des maladies, et tout particulièrement des affections contagieuses. Soins de propreté, choix des vêtements, disposition de l’habitation, etc., sont de son ressort. Il faut tout d’abord avouer que, pour des rai sons de snobisme masquant des intérêts commerciaux plus ou moins recommandables, bien des choses entrant dans la catégorie de « ce qui se fait » ne brillent pas particulièrement par leur valeur hygiénique — Voyez-vous souvent, dans le rayon de la cordonnerie, des chaussures s’élargissant par l’avant, pour épouser exactement la forme des pieds ? Allons donc ! ce serait anti-esthétique... Aussi, presque tous les souliers.., bottines.., sandales... etc., s’inspirant de la mode chinoise, se terminent-ils en pointe, au grand dam des orteils, qui, comprimés, torturés, écrasés, se déforment, se couvrent de cors et d’ampoules, et des dessous de pieds où s’épanouissent d’inextirpables durillons. Et que dire de cette mode des souliers bas, éclose vers la fin de la « der des der » pour s’imposer partout depuis la « drôle de guerre ? On se fatigue plus vite à pied et à bicyclette, la cheville n’étant plus soutenue, ni, du reste, plus protégée en hiver contre les morsures du froid.
  28. 28. 28 - Commerçant, rencontrez-vous le «bonhomme » avec qui vous avez à traiter ? Avisez-vous donc de ne pas le suivre au bar pour discuter devant deux « fines » ou deux « demis » bien tassés : vous êtes sûr de rater une occasion qui ne se renouvellera pas. - Etes-vous facteur rural? Essayez de faire fi du petit verre qui, au cours de vos tournées, vous est offert dans mainte maison. Vous offenserez de braves gens et passerez pour un goujat. Choisissez : vous confectionner un solide ulcère d’estomac, ou voir, au jour de l’an, vos étrennes vous passer sous le nez. —Vous n’êtes, il est vrai, ni commerçant ni facteur. VOUS ETES ETUDIANT. Cela ne change rien. Ah ! vous ne vous laissez pas en traîner à « vadrouiller » avec les copains? Ah ! vous préférez étudier au lieu de renchérir sur leurs fredaines ? Ah ! après dîner, vous décidez de dormir vos neuf heures et de récupérer normalement des forces dont vous avez besoin, au lieu d’errer de dancing en boîte de nuit ? Vous n’êtes, aux yeux de ces messieurs, qu’un ours doublé d’un crétin ! * ** L’étudiant se doit de ne pas négliger certaines précautions .Le labeur intellectuel astreint à une existence non exempte de dangers, à un âge où il faut circuler. En particulier, il tend à produire une atonie génératrice de graves désordres stomacaux et intestinaux Aussi faut-il veiller tout particulièrement à manger lentement, à mâcher consciencieusement les aliments et à faire durer au moins trois quarts d’heures chacun des deux principaux repas. Rien de funeste comme cette déplorable habitude qui s’est introduite dans les pensionnats de bâcler déjeuner et dîner en une vingtaine de minutes. L’excuse provenant des exigences
  29. 29. 29 d’un emploi du temps surchargé est illusoire :on étudie moins bien moins vite, et on assimile très mal les connaissances, pendant une digestion laborieuse. Une avalanche d’aliments ingurgités à la hâte et tombant dans l’estomac après une mastication et une insalivation insuffisantes, impose à cet organe un labeur extrêmement pénible. A vrai dire, les élèves ont, à peu près partout, parfaitement le temps de jouer tranquillement des mandibules, mais ils sont impatients de retourner s’amuser, la durée de la récréation était sévèrement mesurée. Si, après un repas ainsi précipité, ils se livrent par surcroît à un sport violent, ils peuvent être certains que leur digestion va se trouver presque complètement entravée. Napoléon, ce génial intellectuel, ce géant du travail qui consacrait à l’élaboration de ses vastes plans quinze heures par jour, s’accordait à peine le temps de se sustenter. Il regrettait les dix minutes qu’il passait à table : du temps perdu à son sens... Il exigeait que tous les plats fussent apportés à la fois, avant qu’il ne se présentât. Puis, une fois assis, il allongeait fébrilement la main, et le mets le plus rapproché avait d’abord ses faveurs. Il n’était pas rare de le voir commencer par le dessert et terminer par le potage. Cette négligence — désespoir de son Esculape Corvisart lui valut un ulcère à l’estomac qui devait, en dépit de sa belle constitution, le terrasser à l’age de cinquante-deux ans. * ** Evitez tout travail intellectuel immédiatement après le repas; abstenez-vous même de tout exercice physique un peu actif.
  30. 30. 30 Les animaux, dont le merveilleux instinct est le plus fin hygiéniste, se couchent dès qu’ils ont mangé. Attendez au moins une heure avant de vous livrer un labeur intense de la pensée. * ** Il est salutaire, au cours de la journée, de faire de fréquentes promenades sans fatigue, en pleine campagne de préférence. Au cours de l’étude, on se lèvera fréquemment de sa table de travail pour allonger ses membres engourdis. Quelques mouvements de gymnastique très correctement exécutés, et dont chacun sera séparé du suivant par QUATRE SECONDES pour faciliter la circulation dans les muscles intéressés: CECI EST TRES IMPORTANT — seront excellents pour rectifier les positions vicieuses précautions fort simples, dont la pratique, croyons-nous, évitera bien des malaises. Il est vrai que les choses limpides, souvent si utiles, sont trop fréquemment celles qu’on dédaigne de faire. Il ne sera donc pas superflu, pour se décider à consacrer quelques minutes par jour à ces exercices, de prendre la peine de réfléchir, à leur importance et de se convaincre fermement que ce n’est pas là du temps niaisement gaspillé. Durant des heures d’un labeur assidu, on demeure écrasé sur un bouquin. Qui ne comprendrait que la poitrine, l’estomac, l’intestin, le foie, se trouvent comprimés et se congestionnent? La circulation se ralentit dans ces organes, et les fonctions perdent de leur activité. La désassimilation est gênée, les déchets sont expulsés avec moins d’énergie, les boyaux perdent de leur élasticité. Si, par suite, se produit une constipation tenace, - ce qui est trop fréquent — l’organisme s’intoxique peu à peu. On marche vers la dyspepsie, la gastrite, l’entérite, les affections hépatiques; les poumons eux-
  31. 31. 31 mêmes risquent d’être atteints, surtout si l’on n’a pas soin d’aérer amplement son studio. * ** Vous sentez-vous fatigué? Reposez-vous AUSSITOT. Est-ce après une besogne d’une heure? Allongez-vous sur un lit, une chaise-longue, un fauteuil. Au besoin, restez immobile sur votre chaise, les yeux clos, en vous décontractant le plus possible et en vous efforçant de ne penser à RIEN. Cinq minutes suffiront pour vous regonfler à bloc. Après plusieurs heures d’un travail ininterrompu, un quart d’heure d’un tel repos vous revigore totalement. N’ayez pas honte de vous détendre. Le repos, conséquence d’un labeur, n’a rien de commun avec la paresse. Il doit être considéré comme SACRE. Etant habituellement assidu au travail, éprouvez-vous une répugnance très nette à l’action ? Ne vous attelez pas de vive force à la tâche. La volonté d’agir non accompagnée d’un certain PLAISIR, d’une sorte d’allant, d’euphorie, non seulement ne conduit pas à de solides résultats, mais risque de compromettre la santé. Demandez- vous si cette sensation de recul devant le papier blanc.., à noircir n’est pas un avertissement salutaire qu’il serait périlleux de mépriser... * ** Car la nature ne nous prend jamais en traître : ELLE AVERTIT. Aussi convient-il d’accorder la plus grande attention
  32. 32. 32 aux divers désagréments qu’elle vous ménage non pour la maudire, mais pour essayer, en pythonisses — disons, pour être à la page, en apprentis-sorciers — de pénétrer ce que présagent ces augures : bobos destinés à vous protéger contre des maux plus grands qui pointent à l’horizon. Ainsi, les maux de dents sont la cloche d’alarme qui, en nous décidant à visiter le dentiste, nous permet de conserver ces petits os précieux par plombage, ou, au pire, de les faire remplacer. Nous sommes, d’autre part, informés par là qu’il se produit en nous une inquiétante déminéralisation et invités à renforcer notre alimentation en sels de chaux, à l’alcaliniser, et à modérer notre effort. En hiver, après quelques minutes de travail intellectuel dans la position assise, sentez- vous des bouffées de chaleur ? Vos pieds se refroidissent-ils ? Votre circulation laisse à désirer et il sera prudent de vous soumettre à l’examen d’un spécialiste du coeur. Avez-vous une pesanteur dans la région supérieure de l’abdomen, du côté droit? Attention à votre foie ou à votre appendice... Eprouvez-vous des fourmillements dans les membres ? dans les doigts ? Souffrez-vous de torticolis ? de diarrhées fréquentes ? Gare à vos reins... Et que de migraines terreur de 1’étudiant— installées depuis des mois, parfois des années céderaient comme par magie, si — au lieu supprimer stupidement, pour un temps, l’effet par un analgésique, sans se préoccuper de cause — on se décidait sans ambages à aller consulter un spécialiste de l’estomac ou de la vue! Certaines de ces céphalgies sont dues à un fonctionnement défectueux du tube digestif, d’autres à une
  33. 33. 33 anomalie de l’oeil :myopie par exemple, ou différence de puissance entre les deux organes visuels. Se rend-on compte de la fatigue accumulée par un intellectuel, pour des yeux anormaux, et, par suite, pour un nerf très important de la tête, du fait de lectures presque ininterrompues du matin au soir? Nous avons eu le plaisir de voir disparaître des migraines anciennes de DIX ANS, chez une demi-douzaine de personnes qui, à la suite d’une simple remarque de notre part, s’étaient rendues chez l’oculiste. Profitons de l’occasion pour noter que des yeux MEME TRES NORMAUX se fatiguent considérablement chez l’étudiant. Cette fatigue locale contribue POUR UNE GRANDE PART à la fatigue générale causée par l’étude. CE POINT CAPITAL ETAIT PASSE JUSQU’ICI A PEU PRES INAPERÇU. Aussi n’hésitons-nous pas à recommander au candidat à UN EXAMEN de faire entrer définitivement les soins de l’oeil dans sa toilette QUOTIDIENNE. Matin et soir, et après chaque séance d’étude de plusieurs heures, massez-vous quelques minutes le tour des paupières, et prenez un bain local (eau tiède dans une oeillère) pendant une cinquantaine de secondes pour chaque oeil. • Si tout le monde doit absolument dormir cette règle est encore plus impérieuse chez l’homme d’étude. Se doute-t-on que l’insomnie est due à quelque maladie? Consulter son « toubib », faire analyser ses urines et son sang, et passer à la radio. Dormez la fenêtre ouverte, votre chambre ayant, au préalable, été aérée à fond au cours de la journée, et la poussière enlevée très minutieusement par un aspirateur électrique. Vous fermerez la croisée seulement pendant les gros froids, si vous prévoyez que la température doive s’abaisser au- dessous de + 7 degrés centigrades dans votre chambre.
  34. 34. 34 Orientez votre lit dans la direction nord-sud (tête au nord, pieds au midi). Sans qu’on ait pu encore déterminer très exactement le rôle du magnétisme terrestre sur l’organisme, on admet que se placer suivant les grands courants du globe (dans le SENS indiqué ci-dessus, et NON dans le sens INVERSE) favorise le repos. On l’a d’ailleurs constaté expérimentalement. • Pour une raison analogue, celui qui travaille debout ou assis a intérêt, pour l’économie de ses forces, à se fixer le dos au nord, face au sud. Lit-il ? Il s’arrangera, en outre, de façon que la lumière lui arrive obliquement du côté gauche. •Le soir, mangez légèrement restez, comme on dit sur votre appétit. Vous aurez pris un peu de charbon de Belloc pour désinfecter le tube digestif, puis un verre d’eau pure qui rincera vos viscères — nettoyage en petit des écuries d’Augias — tout en décongestionnant le foie et les reins. • Faites quelques exercices de gymnastique, notamment des mouvements de jambes. Vous pouvez, par exemple, pratiquer la flexion et l’extension des membres inférieurs neuf fois consécutives, ces mouvements étant exécutés lentement et avec la plus grande perfection. Vous faciliterez ainsi la circulation, ferez avorter tout signe congestif et expédierez le sang vers la périphérie. • Frictionnez-vous énergiquement la tête, la face et le cou avec une serviette un peu rude non mouillée, surtout si vous avez beaucoup peiné intellectuellement, pour dégager la partie supérieure du corps. Ce résultat sera renforcé si fous faites ensuite NEUF fois, dans les deux sens et très lentement, chacun des trois mouvements suivants 1° Faire basculer la tête de droite à gauche et de gauche à droite autour d’un axe horizontal dirigé d’avant en arrière (prendre, en quelque sorte, des airs penchés perfectionnés).
  35. 35. 35 2° Faire tourner la tête de gauche à droite et de droite à gauche autour de l’axe vertical du corps (comme si l’on cherchait à... dévisser sa tête). 3° Faire mouvoir le chef de haut en bas et de bas en haut, autour d’un axe horizontal parallèle à la ligne des épaules (salutations à l’orientale, ou, si l’on veut, signes énergiques d’approbation). • Effectuez ensuite des soins de bouche (gargarismes, lavages de dents) et prenez dans le nez une pommade légèrement antiseptique (vaseline goménolée, par exemple). Une fois au lit, faites plusieurs mouvements consécutif d’expiration FORCEE, en visant à chasser absolument toute trace d’air des recoins les plus exigus des alvéoles pulmonaires (figurez- vous, par exemple, que vous cherchez à tirer d’un cornet à pistons une série de sons suraigus, ou que vous voulez emplir, en soufflant, un ballon d’une capacité illimitée) ; puis exécutez quelques inspirations INTENSIVES. Mieux vaut séparer les premiers mouvements des seconds : vous réussirez ainsi les uns et les autres avec une plus grande perfection et une fatigue sensiblement moindre. Cette technique offre le précieux avantage de renforcer instantanément — et pour toute la durée de la nuit — le rythme de la respiration, qui tend à plonger dans le sommeil en ce qu’il constitue un véritable bercement. De plus, elle accroît la capacité respiratoire et la masse d’air pure utilisée pendant la nuit, ce qui est encore favorable au sommeil. On peut se faire ensuite une vingtaine de suggestions en répétant : « JE SUIS SUR que je vais m’endormir. »(Voir la deuxième partie, chapitre premier). * **
  36. 36. 36 Ces procédés peuvent ne pas donner tout leur effet les premières fois. A chaque nouvelle application, leur réussite s’affirmera avec plus d’autorité. Dans les cas rebelles, on peut, durant une dizaine de minutes, se masser les épaules (ce qui n’est pas aisé), la poitrine et la région abdominale, puis placer une main à plat sur l’estomac ou sur le foie — comme le faisait probablement Napoléon — et l’y laisser. Elle se comporte comme une source de douce chaleur et accélère la digestion, ce qui porte au sommeil. En même temps, vous compterez jusqu’à MILLE de la façon suivante : UN (et vous fermez les yeux) ; DEUX (vous les ouvrez) ; TROIS (vous les fermez); QUATRE (vous les ouvrez), et ainsi de suite, alternativement. La fatigue des paupières et le rythme de l’opération joueront le rôle d’un puissant agent hypnotique, du reste absolument inoffensif. Vous éveillez-vous, pendant la nuit, en hiver? Recommencez les exercices précédents. Est-ce en été ? N’hésitez pas à vous lever pour vous faire une ablution à la serviette mouillée. Recouchez- vous, puis revenez aux procédés sus-indiqués. Si cela devient nécessaire, prenez, avant de vous coucher, un bain de pieds chaud puis une infusion aromatique : tilleul, camomille, ou un véritable somnifère (coquelicot). Rien de plus simple, d’ailleurs, que de demander au pharmacien un petit flacon de potion narcotique. Mieux vaut prendre une fiole exigu : vous pourrez ainsi vous réserver de changer de soporifique, ce qui évite l’accoutumance. * ** L’idéal est d’avoir une chambre exposée au sud-est. D’autre part, se coucher sur le dos serait parfait, si ce n’était
  37. 37. 37 l’inconvénient du ronflement qui se produit souvent dans cette position. Cette posture est la seule qui ne comprime aucun organe. Dormir du côté gauche ? Mauvais: on gène le coeur. Tenter de reposer franchement du côté droit n’est guère meilleur : on s’appuie sur le foie. On s’étendra sur les deux épaules, très légèrement à droite. * ** • S’il faut absolument se reposer, il est, par contre, indispensable à l’étudiant de pallier les inconvénients d’une existence trop sédentaire par un exercice suffisant. Il sera utile de faire le matin, au saut du lit, un quart d’heure de gymnastique, et, si l’on peut, un ou deux mouvements après chaque heure de travail. De temps à autre, levez-vous de votre table, redressez bien la tête et faites quelques pas dans votre studio. Cette activité intermittente rétablit fort à propos une circulation qui tend à s’engourdir, dégage les organes comprimés et permet d’éviter les hémorroïdes. Une bonne promenade à pied — appelez-la séance de « footing » si vous tenez absolument à rester dans la ligne d’un certain snobisme sera très salutaire. Sauf contre-indication médicale, un peu de cyclisme, à allure modérée et en faisant les montées à pied, sera un excellent délassement. Ne négligez jamais d’aérer votre salle de travail pendant cinq minutes toutes les heures. La méthode de gymnastique naturelle, enseignée par le commandant Hébert (qui a souvent remplacé, et plus encore complété la gymnastique suédoise moins variée et plus fastidieuse), susceptible de s’adapter à toutes les constitutions et ne poussant pas à la perfide PERFORMANCE, à la compétition génératrice de surmenage, mérite d’être connue et employée par les intellectuels soucieux de maintenir et de renforcer leur santé.
  38. 38. 38 Autant un exercice pondéré est utile, autant un sport violent nuit à l’entraînement de l’intellectuel. Tout effort physique exige une dépense supplémentaire d’énergie. Celle-ci, nécessairement distraite de celle consacrée à la tâche principale, aura à être amplement récupérée par une amélioration du sommeil et des fonctions de nutrition. Aussi cette consommation parasite de forces doit- elle être très strictement limitée. Si vous vous, lancez inconsidérément dans un exercice brutal et prolongé, vous dissiperez une énorme quantité de calories et d’influx nerveux, d’autant plus sensible que, par manque d’en traînement, vous serez très vite exténué. Le danger est flagrant s’il s’agit d’un sport collectif, où l’émulation dissimule traîtreusement la fatigue, à moins que, par amour-propre, par souci de paraître, aux yeux de la galerie, plus « costaud » que tel camarade, elle n’en fasse litière, purement et simplement. Le système nerveux, exaspéré, se tendra, donnant l’illusion que l’on est toujours frais et dispos. Mais après, quelle réaction !quelle courbature! quel anéantissement ! * ** Nous ne saurions trop mettre en garde l’étudiant contre l’ABUS du jeu de football. De même que la boxe, c’est un exercice plutôt brutal, excellent sans doute pour des soldats, pour des adultes rompus aux occupations physiques, ou pour des jeunes gens d’une robusticité très au-dessus de la moyenne. Par contre, il ne convient guère, en général, à des adolescents dont l‘organisme est encore délicat, peu résistant, à plus forte raison quand ceux-ci sont en plein effort
  39. 39. 39 intellectuel. Non seulement l’usage démesuré de ce jeu contrarie sérieusement les études, mais il conduit à la bacillose les sujets non spécialement taillés pour les exploits athlétiques. Etant élève de l’Ecole Normale, j’eus la fâcheuse inspiration, durant ma préparation au Brevet Supérieur, d’entrer dans une équipe de football. J’y fus d’abord un « avant » médiocre. Il est vrai que par la suite, — et sans me vanter, — je fis merveille dans le rôle de demi ‘. Je m’arrangeais toujours pour faire venir à moi le ballon avec mes pieds. Mais l n’est pas la question. Le fait est que, chaque jour, après déjeuner, de midi et quart à une heure, — on se hâtait sottement d’expédier le déjeuner en un quart d’heure pour pouvoir jouer un peu plus longtemps avant la classe — nous nous lancions à corps perdu dans une partie extrêmement disputée où des mêlées endiablées le disputaient à d’acrobatiques dribblings. Pendant tout le reste de la journée, je me sentais déprimé, courbaturé, moulu, les jambes lourdes, et fort mal disposé pour l’étude. * ** L’intellectuel se gardera de tout effort de la pensée après le repas du soir; tout au plus se bornera-t-il à un léger travail plutôt mécanique (copie, mise en ordre), ou, mieux, à une promenade. Il sera bien inspiré en se couchant de bonne heure, quitte, à se lever de grand matin. Le travail matinal est très efficace. Il dormira de huit heures et demie à neuf heures. Des bains fréquents et des douches écossaises réveilleront la vigueur de son esprit et lui pro cureront un sommeil salutaire.
  40. 40. 40 * ** . Il est un point CAPITAL que l’étudiant doit viser avant tout : acquérir une excellente RES PIRATION Il multipliera ainsi ses chances de santé. Il accroîtra ses forces par le supplément d’oxygène qui brûlera mieux ses toxines. Par cette combustion même, il augmentera sa chaleur animale, DONC SON ENERGIE. Il galvanisera toutes ses facultés. C’est ce que savent fort bien les fakirs hindous, — que nous vîmes à l’oeuvre lors de notre séjour de cinq années dans le Proche- Orient — et tous ceux qui se sont spécialisés dans la concentration de la pensée tels les moines du mont Athos, en Grèce. La respiration, qui s’accomplit par les poumons, et aussi par la peau, — ce qu’on oublie trop souvent — est une fonction d’une exceptionnelle importance. En oxydant les poisons organiques et en les expulsant par la sueur, elle dépure. Respirer normalement, et pratiquer l’hygiène de la peau par des soins de propreté, des bains, des ébats en piscine, est déjà bien. Galvaniser l’appareil respiratoire par l’HYPER- RESPIRATION et les bains de LUMIERE et de SOLEIL, et fouetter par là les deux groupes de glandes endocrines essentielles la glande thyroïde et les glandes surrénales, décuple la vitalité et confère un véritable rajeunissement. * **
  41. 41. 41 L’hyper-respiration, particulièrement précieuse chez les sédentaires et les constipés donc chez l’immense majorité des étudiants, consiste en une notable AMPLIFICATION des mouvements respiratoires. On sentira tout de suite l’effet d’une telle exagération, si l’on songe que la capacité moyenne des poumons d’un adulte est d’environ trois litres, alors qu’une inspiration normale n’amène qu’un demi-litre d’air dans la cage thoracique ! Maintes fois recommandés par des hygiénistes, les exercices respiratoires ont été souvent tentés, mais cela n’a jamais pris... Pourquoi ? Eh... mon Dieu! c’est bien simple. Quoi de plus ridicule que de respirer artificiellement ? L’allure n’y est pas : de quoi a-t-on l’air ? On se fait l’effet d’un pendu qui va trépasser, d’un soufflet de forge troué, d’un asthmatique qui suffoque, d’une carpe qui vient de sortir de son élément. Et l’on a l’impression de perdre son temps. De surcroît, ces mouvements sont indiqués comme tout à fait accessoires, se greffant à la diable sur des exercices de bras. On se résigne donc à les esquisser comme des actes de gymnastique. A ce titre, on ne tarde pas à les trouver puérils, et d’un fastidieux ! Enfin, quoi de plus éreintant que de faire suivre immédiatement une inspiration très poussée d’une expiration désespérément longue Nous conseillons de SEPARER les expirations forcées des inspirations amplifiées. Ainsi, chacun de ces mouvements sera fait avec plus de profondeur, plus de fini, plus de brio, et l’effet obtenu s’en ressentira. Il est d’ailleurs inutile d’y consacrer un temps spécial, à distraire de quelque occupation importante. On effectuera ces exercices à chaque sortie, dans la rue, sur la route ou en plein champ, en continuant à marcher au ralenti, à raison de trois expirations forcées suivies de trois
  42. 42. 42 inspirations très amples. A la fin de la journée, on se trouvera avoir effectué, presque sans s’en être aperçu, une soixantaine de mouvements respiratoires extrêmement efficaces. Ressentez- vous, au bout de quelques jours, un peu de fatigue dans les poumons ? Cessez pendant une semaine, quitte à recommencer ensuite prudemment, et, au début, avec moins d’intensité. Vous ne tarderez pas à vous sentir plus alerte, plus léger, plus jeune, plus vigoureux. Vous aurez envie de chanter, et serez stupéfait d’en tendre sortir de votre gorge des sons puissants, prolongés, que vous ne vous seriez jamais cru capable d’émettre avec cette intensité et cette virtuosité. Vous allez vous sentir des ailes, éprouver LA JOIE DE VIVRE. Votre appétit augmentera. Sans manger davantage, votre poids va s’accroître, faisant mentir le proverbe : « On ne vit pas de l’air du temps... » C’est qu’en effet vous avez ainsi trouvé le moyen de doubler... de tripler la masse d’oxygène qui vient imprégner vos poumons, d’où digestion plus active, assimilation plus parfaite, combustion plus complète des résidus. En outre, cette hyper- respiration stimule les fonctions du foie (la sécrétion biliaire en particulier), celles de l’intestin et des reins. De plus, elle anime la glande thyroïde, et ceci présente une importance exceptionnelle comme nous le verrons au chapitre VI de la deuxième partie. * ** • Les bains de soleil et de lumière activent les glandes surrénales, et, par suite, exercent une
  43. 43. 43 action tonique, en particulier, sur le COEUR. Aussi ne saurions-nous trop vous recommander, dès la sortie de l’hiver et dès que la température de la chambre à coucher ou du cabinet de toilette (à chauffer, s’il le faut, avec un poêle à pétrole, qui donne à peu près instantanément la température voulue), approche de 15°, de faire vos ablutions et votre gymnastique dans le plus simple appareil. Habitez-vous la campagne .Travaillez ou promenez-vous en manches de chemise, de façon à profiter le plus possible des bienfaits du soleil. Encore ne soufflons-nous mot des plages où ces cures de lumière et de soleil sont si pratiques. Toutefois, nous ne saurions prendre la responsabilité de conseiller l’exposition de la peau nue aux ardeurs de Phébus, surtout au voisinage de la canicule. A cet égard, nous laisserons la parole à votre médecin. Il a été reconnu que de nombreuses soi-disant « cures » de soleil, faites imprudemment, — et moins par souci de santé que pour sacrifier au dieu Snob en vue d’un brunissement de peau à la mode — ont réveillé ou même fait éclore des lésions pulmonaires. Les rayons solaires traversent les vêtements, mais plus ou moins suivant la couleur de ceux-ci. Portez des habits clairs, presque blancs, surtout si vous avez le coeur un peu fragile. S’habiller en noir équivaut, toutes proportions gardées, à habiter une cave... * ** II est certaines incommodités ou affections particulièrement fâcheuses chez l’étudiant.
  44. 44. 44 Nous ne citerons que pour mémoire la « grande faucheuse » : la tuberculose (puisqu’il faut l’appeler par son nom) qui fait tant de ravages dans l ‘université. N’insistons pas: la société commence à s’organiser pour dépister la terrible maladie, et se colleter avec elle. Les étudiants ont leurs sanatoria. Notons seulement que beaucoup d’entre eux prennent le mal en négligeant de s’aérer, ou en respirant les poussières de leur machine à écrire, poussières aussi meurtrières, quoique invisibles, que les avions porteurs de bombe H. Ici, les explosifs atomiques sont les bacilles de Koch ! * ** Incommodité trop fréquente et souvent préjudiciable à l’oral des examens : une mauvaise odeur. Elle peut avoir plusieurs causes. Vient-elle de la sueur des pieds ou des aisselles ? User de bains saltratés. Le plus souvent, la bouche ou le nez en sont les responsables. Voir, en ce cas, si l’on n’a pas de dent cariée. La cause peut encore être une sinusite ou une digestion défectueuse .S’attaquer à la cause. De toute façon ,pallier, en attendant mieux, toute odeur buccale suspecte par de fréquents gargarismes d’eau tiède contenant du bicarbonate de soude (qui neutralisera les acides putrides) et du charbon médical en poudre l’un des plus efficaces désodorisants connus. * . ** Plus que quiconque peut-être, l’étudiant est sujet à des indispositions sérieuses dues au froid
  45. 45. 45 dont certaines peuvent devenir chroniques. Il devra donc s’entraîner à faire front au général Hiver, en aérant bien sa chambre et en dormant la fenêtre ouverte ou entr’ouverte, — sans être au passage d’un courant d’air — tant que la température le permet. Chaque matin, il prendra son tub ou son ablution à la serviette mouillée à l’eau FROIDE, et se frictionnera avec un gant de crin un peu rude, ou une brosse londonienne à manche .De temps à autre, il saupoudrera de saltrate Rodell le linge humide avec lequel il se frotte: l’oxygène ainsi dégagé débouchera ses pores dix fois mieux que le savon. Prend-il aisément des coryzas ? Tousse-t-il facilement pendant la mauvaise saison ?Croit-il avoir contracté une sinusite ? Est-il sujet à la dyspnée à des attaques d’asthme? Qu’il essaie donc une cure d’un médicament anglais très renommé, le MENDACO. N’en prendre que la moitié de la dose indiquée, et boire, chaque jour, entre les repas, six grands verres d’eau pour éliminer la plupart des toxines par voie rénale. Ce médicament présente un inconvénient : il tend à constiper. Pendant son usage, manger de la confiture de rhubarbe, des pruneaux et de la salade de pissenlit. Si cela ne suffit pas, consulter, bien entendu, un spécialiste. * ** L’abus des jeux violents en plein air (boxe, football) amenant fréquemment de la transpiration , nombre d’étudiants se plaignent de rhumatismes. Il faut alors s’occuper de son foie et boire matin et soir un grand verre d’eau. Y joindre un traitement, non au CORTISONE, produit récemment porté aux nues par la grande presse en réalité, remède de cheval, très
  46. 46. 46 mal connu, qui a souvent produit des accidents par fois MORTELS, mais au DOLCIN. Ce produit, qui a déjà fait ses preuves et n’irrite aucun organe, est très efficace dans des cas invétérés et même désespérés, ce qui ne veut pas dire dans TOUS les cas. En tout état de cause, le DOLCIN est toujours inoffensif. Boire encore, pendant la cure, six grands verres d’eau chaque jour. * ** Boxe, football, lutte gréco-romaine avec ses prises redoutables, judo, catch et ses coups trop souvent.., hétérodoxes, donnent le jour à de nombreuses HERNIES chez les étudiants. Evidemment, ils peuvent se faire opérer; et même, s’ils sont sous les drapeaux, on les allonge sur le billard sans leur demander leur avis ! A coup sûr, mieux vaut jouer à la statue sous le scalpel à la fleur de l’âge qu’à quatre- vingts ans. Mais enfin, si vous êtes en train de « potasser » un examen, cela peut s’appeler une tuile... Allez vous sacrifier peut-être un an en vous laissant immobiliser pendant un mois ou deux, à la suite d’une... .intervention ? Mieux vaut prendre la tangente, du moins momentanément, sauf, bien entendu, en cas de hernie étranglée. On recherchera une bonne ceinture. S’adresser à la maison britannique : BEASLEY’S LIMITED, Beasley House, à Boscombe, BOURNEMOUTH (Hampshire), qui, du reste, a des agences partout en Grande-Bretagne et des succursales dans diverses capitales. Ses ceintures,que nous avons portées nous-même, sont peut-être, à l’heure actuelle, les meilleures qui existent. Très douces, ne se déplaçant jamais, et, par suite, ne donnant pas lieu à des
  47. 47. 47 écorchures ou à des infections, formées d’une double lanière en caoutchouc, elles se signalent par leur pelote, qui se gonfle avec une petite pompe comme un pneu de bicyclette. De multiples hernies, au début, surtout chez les jeunes, se sont complètement, radicalement, presque miraculeusement guéries sans opération, par le port de ce bandage. Du reste, avec cette ceinture, on peut se remettre à des occupations musculaires (jardinage, cyclisme, etc.), que la hernie soit curable ou non. L’élasticité du caoutchouc s’usant rapidement, il est sage d’en changer chaque année. Toutefois, si on soigne bien sa ceinture, elle peut durer dix-huit mois, et jusqu’à deux ans. * ** Maints étudiants, en hiver, et parfois dès le début de l’automne, ont des... engelures Combien gênantes pour l’étude, ces démangeaisons extrêmement désagréables qui vous portent particulièrement sur les nerfs ! Sans compter la difficulté d’écrire, si elles s’égarent sur la main droite, ce qui arrive presque toujours... Il faut à tout prix éloigner ce petit fléau. Une engelure est un véritable GEL de la peau. La cause immédiate semble être un trouble circulatoire. On en a fait longtemps une manifestation d’anémie. On les attribue plutôt aujourd’hui à une carence de vitamines D. Leur remède est encore inconnu et ferait un splendide sujet de Thèse...
  48. 48. 48 Pour les prévenir, on usera de l’huile de foie de morue, en corrigeant son trop considérable apport de vitamines A par du jus de citron ou d’orange, auquel on ajoutera un peu de bicarbonate de soude. Plus efficace peut-être est, soit le STEROGYL 15 français, soit l’OSTOCALCIUM britannique, en comprimés, qui vaut encore mieux. On se lavera fréquemment pieds et mains è l’eau saltratée, et l’on aura soin de les essuyer bien complètement : problème ardu en hiver, à ne pas sous-estimer. Matin et soir, on massera vigoureusement les ARTICULATIONS des membres supérieurs et inférieurs. On veillera à ce que les bas soient très secs et BIEN AERES. Pour faciliter la réalisation de cette double condition, on changera de chaussettes chaque fois qu’on sort, et en rentrant. On se frottera les mains avec de l’huile d’olive, — ou, à défaut, avec de la vaseline pure — et on ne sortira jamais sans gants. * ** L’étudiant digne de ce nom, vrai « rond-de-cuir », est une proie toute désignée pour les insupportables hémorroïdes avec leurs démangeaisons dans une zone qui n’a pas l’habitude de nommer. Le moyen le plus simple de les prévenir est d’éviter la constipation, et de veiller à une propreté locale ABSOLUE. Dès qu’on n terminé une selle, se laver l’anus avec un petit bout de coton hydrophile trempé dans l’eau, s’essuyer avec du papier hygiénique, puis frotter l’extrémité du rectum avec le doigt enduit d’un peu d’huile d’olive. Sécher alors suffisamment pour que ce corps gras ne tache pas le linge ultérieurement. Une à deux fois par semaine, prendre un bain de siège. On pourra aussi faire un usage interne et externe d’extraits de marrons.
  49. 49. 49 * ** Nous ne saurions clore cet important chapitre sans signaler à l’étudiant une pratique très simple, mais à laquelle — tel l’oeuf de Colomb — PERSONNE NE SONGEAIT. Cependant, cette pratique, qui ne fait pas perdre une minute, ne coûte pas un centime, a pour résultat de doubler la robusticité, de tripler les forces, de quadrupler la capacité de travail intellectuel, et, en définitive, de DECUPLER les CHANCES DE SUCCES A TOUS LES EXAMENS. C’est le massage, TRES LENT et TRES VIGOUREUX de TOUTES LES ARTICULATIONS du corps auquel nous avons déjà fait allusion. D’une circulation parfaite dépend l’harmonie des fonctions. Or, il est des parties déterminées où la circulation est TRES GENEE : ce sont LES ARTICULATIONS. Rétablissez cette circulation dans ces zones : le sang est lancé plus aisément dans les régions les plus reculées, le coeur, par surcroît se trouve soulagé. On aura soin de masser plus soigneusement encore le COU (pour que le sang irrigue la tête et le cerveau sans difficulté), ainsi que le secteur du NŒUD VITAL. Ces exercices se feront au lit : avant de s’en dormir, et, le matin, au réveil. Chacun d’eux prend une quinzaine de minutes. –
  50. 50. 50 DEUXIEME PARTIE L’ENTRAINEMENT MENTAL
  51. 51. 51 CHAPITRE PREMIER Développement de la volonté Penchez-vous sur les biographies de tous ceux qui ont réussi dans la vie, qui ont « percé » : vous verrez que tous, sans exception, étaient doués d’une forte personnalité, d’une ferme volonté. Donc, vous ferez à peu près CE QUE VOUS VOUDREZ, et, en particulier, VOUS REUSSIREZ A VOS EXAMENS, si vous développez votre « moi » , si vous devenez capable de prendre d’énergiques décisions, d’accroître votre intelligence, de régler votre imagination. Les facultés — de même que les aptitudes physiques— sont, il est vrai, distribuées au gré d’une nature fantasque. Des esprits chagrins ont pu voir là le symbole de l’inégalité, de l’iniquité. Mais, il est prouvé, heureusement, que nos dispositions naturelles, si embryonnaires soient-elles,sont susceptibles de se développer, de s’améliorer considérablement par une gymnastique méthodique et persévérante. Vous ne devez rien négliger pour atteindre à ce résultat CAPITAL. Enseignant les mathématiques au collège de ChâtellerauIt, nous remarquâmes, au début d’une année scolaire, un nouvel élève déjà âgé qui, à la suite d’on ne sait quelles vicissitudes,
  52. 52. 52 était venu échouer dans notre classe d’Elémentaires. Il avait plusieurs fois affronté en vain les épreuves de la deuxième partie du Baccalauréat. Nous eûmes une peine inouïe à obtenir de lui des réponses autres que des monosyllabes. Tout de même, à force de le cuisiner, nous finîmes par voir clair, et fûmes surpris de la somme de connaissances qu’il possédait réellement: elles étaient en lui, mais n’en sortaient jamais. Lui posait-on une question? Il avait immédiatement l’impression qu’il savait. L’ensemble de la réponse se présentait à son esprit, et il se bornait, en une sténographie orale, à la résumer en un quart de phrase, comme à regret. Les devoirs étaient compris; mais la rédaction en était très abrégée, et la tenue matérielle absolument négligée. « D’après votre culture, lui fîmes-nous observer, vous devez réussir. Vous ne manquez que de confiance en vous. Devant l’examinateur, pensez avec netteté à l’explication à fournir, puis donnez-la résolument, complètement, d’une voix forte, assurée, en articulant bien les syllabes, en exprimant clairement votre pensée, en parlant le plus que vous pourrez, en prenant physiquement le plus de peine possible. Dans vos copies, exprimez vos idées A FOND, faites des démonstrations parachevées. Que votre écriture soit lisible, bien formée; exécutez soigneusement, à la règle et au compas, des figures géométriques de grandes dimensions, avec des lettres absolument calligraphiées, et bien en vue. Si vous suivez scrupuleusement ces directives, nous vous garantissons le succès. » Nous fûmes assez heureux pour lui inspirer confiance. II observa docilement nos conseils, et, à la fin du troisième trimestre, se vit conférer le grade de bachelier. * **
  53. 53. 53 Etes-vous décidé à entreprendre le développement de votre personnalité, en vue de REUSSIR A TOUS VOS EXAMENS ? Alors astreignez-vous à accomplir avec un soin méticuleux les actes même les plus ordinaires de l’existence. Soyez toujours propre, bien mis. Votre dignité va s’en accroître. Disposez tout avec le plus grand soin dans votre studio. Venez-vous de décider une chose? Si insignifiante soit-elle, passez immédiatement à l’acte correspondant, sans arrière- pensée, sans regret. Accomplissez -1e vite et bien. Gardez- vous des mouvements physiques que réclame cette exécution. Effectuez-en, au contraire, sans restriction, la partie purement concrète. Ai-je besoin d’un livre se trouvant à un mètre cinquante de ma main? Au lieu d’allonger désespérément le bras d’un geste languissant et en bâillant à me décrocher la mâchoire, je me lèverai carrément, et irai prendre l’objet là où il est. Une idée se forme-t-elle dans votre cerveau? Si elle est futile, chassez cette importune illico. Présente-t-elle de l’intérêt? Accordez-lui toute votre attention. Ne la laissez pas se mêler à des bribes d’autres concepts plus ou moins brumeux pouvant traîner dans votre encéphale. Donnez-lui la plus grande netteté possible; évertuez-vous à la présenter sous une forme matérielle. A première vue, ces moyens semblent puérils. En réalité, ils constituent une gymnastique quotidienne féconde. L’expérience prouve que cet entraînement à la précision, à la netteté, dans les actes les plus usuels et dans la conception des idées, développe la personnalité d’une façon surprenante. On arrive très penser plus aisément et avec plus d’intensité;
  54. 54. 54 1a volonté augmente, et, chose curieuse, il en est de même de l’intelligence On pige plus vite, les idées éclosent en plus grand nombre, l’imagination s’enrichit et la mémoire s’accroît à un degré insoupçonné. Un essai d’une huitaine de jours suffit à donner des résultats parfaitement tangibles. Indépendamment de la conscience psychologique de l’individu , existe ce que, dans « La Poupée sanglante » , Gaston Leroux appelait le « gouffre intérieur ». On désigne ceci, en général, par « subconscience » ou « inconscience ». C’est une sorte de conscience très vague, qu’à l’état normal nous ignorons profondément, mais dont l’importance primordiale est mise en relief, d’une manière éclatante, dans des cas pathologiques troublants relevant de l’étude de l’hypnotisme et du somnambulisme, où elle apparaît sous la forme des phénomènes du dédoublement de la personnalité. Le cadre de cet ouvrage essentiellement pratique ne saurait nous permettre de nous appesantir sur ces faits. Mais il est une catégorie d’actes, très fréquents, parfaitement équilibrés, qui dépendent exclusivement cette seconde conscience les actes HABITUELS. ** La subconscience joue un rôle considérable dans la vie physique. Elle exerce une influence non seulement sur l’état du système mais sur le fonctionnement des organes .Etroitement liée à votre santé et au développement de vos facultés mentales, elle va être d’une importance VITALE relativement A VOS EXAMENS.
  55. 55. 55 Or, cette subconscience est très impressionnable. Si nous voulons fortement une chose, elle agit énergiquement sur 1’organisme pour l’adapter à l’accomplissement de notre volonté Croyons-nous que nous sommes, ou allons être malade? Elle enlève aux cellules leur faculté de résistance. Ceci explique le redoutable danger des épidémies que de cas, consécutifs à la peur d’être atteint, ne se déclareraient pas si le sujet était persuadé qu’il est invulnérable ! Pourquoi les médecins soignant des maladies contagieuses résistent-ils si bien? Est-ce seulement à cause des soins dont ils s’entourent? Ce n’est pas sûr : les précautions les plus minutieuses sont trop souvent impuissantes à empêcher l’invasion, déclarée ou larvée, de notre corps par l’ennemi subtil, microbe ou virus filtrant. Ne serait-ce pas aussi, peut- être, parce qu’ils sont convaincus qu’ils ne contracteront, pas le mal ? Quelles conséquences allez-vous tirer de là, candidats? Que, pour REUSSIR, il faut d’abord CROIRE que vous réussirez. * ** La volonté, l’imagination, la foi, l’émotion exercent sur le subconscient une indéniable influence qu’il va être précieux d’utiliser pour votre éducation, à l’aide des méthodes d’AUTO SUGGESTION, extrêmement efficaces en ce qui concerne le développement de votre personnalité. La SUGGESTION est une IDEE imposée avec force à un ou plusieurs sujets par une personne douée d’une ferme volonté. Cette idée, par l’emprise qu’elle exerce sur le subconscient des gens influencés, provoque des actes et même des phénomènes physiologiques ordonnés par l’opérateur.
  56. 56. 56 Un sujet suggestionné boit, avec toutes les marques d’une exquise délectation, un verre à liqueur d’huile de ricin qu’il prend pour du madère. On vient de vous placer un vésicatoire sur le bras , suggère-t- on à un autre. Immédiatement, l’endroit désigné rougit violemment. Le subconscient a été impressionné et a commandé à l’organisme de se comporter comme si le révulsif avait été réellement appliqué. Il serait tout à fait erroné de croire qu’une suggestion ne puisse être efficace que pendant le sommeil hypnotique, dans l’état d’ « hypnose », comme on dit en langage médical. Chaque fois que nous cherchons à persuader quelqu’un, nous visons à lui imposer des suggestions, d’une manière plus ou moins consciente. C’est par suggestion que le maître agit sur ses élèves, l’orateur ou le prédicateur sur les foules. Or, voici une chose tout à fait merveilleuse dans ce champ : nous pouvons nous faire A NOUS-MEME des suggestions ! Celles-ci, dans ce cas, prennent le nom d’AUTOSUGGESTIONS. Celui qui, après réflexion, s’est fixé un but, et, chaque jour, se dit avec force : « Je VEUX réussir et je réussirai », se fait des autosuggestions. II développe en lui une force croissante, une résistance de plus en plus marquée aux obstacles susceptibles de se dresser sous ses pas. Toutefois, il existe au point de vue des résultats, une différence considérable entre une autosuggestion « grosso modo » telle que la précédente et une autosuggestion effectuée suivant une technique consommée. Celle-ci, s’imprimant dans le cerveau d’une façon presque ineffaçable,
  57. 57. 57 va vous permettre d’accroître en un temps éclair toutes vos facultés et de corriger de graves défauts. Aussi n’hésitons-nous pas à recommander l’autosuggestion sous cette forme, que nous appellerons la forme A. S’abstenir de l’emploi de cette méthode (du reste absolument inoffensive), ainsi que les formes B et C, que nous verrons un peu plus loin) serait, croyons-nous, se priver sciemment d’un précieux moyen de perfectionnement et d’un merveilleux auxiliaire DANS LA PREPARATION D’UN CONCOURS. Voulez-vous vous faire une autosuggestion efficace sous la forme A? Isolez-vous, dans une pièce à moitié obscure de préférence. Placez- vous d’abord dans un état passif , réalisant par là, comme on dit, la « détente des nerfs » qui, déjà, présente l’avantage de reposer très vite le sujet. Une brève promenade au grand air, sans fatigue, l’aura facilitée. Asseyez-vous sur une chaise, bien adossé, puis laissez-vous aller de tout votre poids, comme si vous faisiez le mort, en ne pensant à rien. Dès que vous sentez de la lourdeur dans les muscles, soulevez le bras gauche avec la main droite, à titre de vérification. Puis lâchez- le brusquement. Retombe-t-il inerte ? Le résultat est atteint. Sinon, recommencez. Ce point obtenu, réalisez le vide dans votre esprit en fermant les yeux et en obturant, au besoin, les oreilles avec de l’ouate humectée, pour ne pas être distrait par les perceptions extérieures. Demeurez quelques minutes immobile, le cerveau vide vous écartez ainsi toute idée parasite, qui gênerait celle que vous voulez implanter d’une façon toute-puissante dans le champ de votre conscience. De plus, vous accordez par là à votre esprit un repos complet indispensable avant la fatigue nerveuse qui va accompagner la suggestion. Cette opération pré liminaire est extrêmement importante; en dépit des apparences, elle est DIFFICILE. Ce n’est qu’après un certain
  58. 58. 58 entraînement qu’on peut réussir à se libérer de toute idée préalable. Alors, vous introduisez avec force 1’IDEE faisant l’objet de l’autosuggestion Cette idée doit être UNIQUE, CLAIRE, NETTE. Exemple : « Je ne veux plus être timide! , Il faut vouloir fermement ce que l’on se suggère, et s’efforcer de croire qu’on réussira. Ce dernier point triple l’efficacité de l’opération. Vous prononcerez haute voix, à plusieurs reprises la phrase correspondante, en vous écoutant parler, de façon à profiter, pour l’effet à obtenir, des éléments MOTEUR et AUDITIF. Après une volition énergique, demeurez quelques secondes dans un repos mental absolu. Puis recommencez une dizaine de fois. Vous terminerez en maintenant pendant cinq minutes le champ de votre conscience absolument vide. * ** Une telle séance d’autosuggestion exécutée matin et soir durant une dizaine de jours produit des résultats déjà palpables. En quelques mois, vous atténuerez, puis guérirez un défaut, même purement physique (tic de la face par exemple) ou développerez une faculté (mémoire, etc.) à un degré absolument remarquable. Indépendamment des effets surprenants de cette méthode sur les diverses facultés, toute autosuggestion de forme A, quel qu’en soit l’objet, contribue d’une façon prodigieuse au développement de la VOLONTE, si nécessaire, en particulier, A LA PREPARATION D’UN EXAMEN.
  59. 59. 59 * ** Il est une loi psychologique très importante, déduite de l’expérience : TOUT SUCCES RENFORCE LA VOLONTE; TOUT ECHEC L’AMOINDRIT. Tel étudiant, qui vient d’obtenir son Diplôme de Licencié, se lance immédiatement, plein d’ardeur, à la poursuite de ce but pourtant ardu qu’est l’Agrégation, n’ayant cure de la fatigue très réelle que vient de lui causer la conquête de ses certificats enlevés de haute lutte. Cet autre, découragé par des échecs répétés, n’aura jamais assez de cran pour tenter de décrocher plus modestement le Bac. * ** « A vaincre sans péril, pontifiait Don Gormas dans le Cid de Corneille, on triomphe sans gloire. » Vraiment? Vaut-il pas mieux gagner sa bataille sans « panache » que, pot de terre, se heurter à un pot de fer et se briser? «Ce n’est pas le succès qui importe mais l’effort , nasillera quelque pédagogue impénitent. Il vous la baille belle, candidates et candidats ! Est-il seulement logique avec lui-même ? N’a-t-il pas, le bon apôtre, fait effort lui-même et REUSSI à de nombreux et difficiles examens? Laissant aux fervents du paradoxe le loisir de remâcher cette formule comme du chewing-gum, suivons plutôt la tactique de la vieille Albion : « NE PAS PRENDRE DE RISQUES. » Oui, Mesdemoiselles et Messieurs, vous devez vous arranger pour REUSSIR PARTOUT A TOUT PRIX. Déduisons immédiatement de là un moyen très simple de se forger, peu à peu, une volonté d’airain se créer de petits buts artificiels, de
  60. 60. 60 menus Marengo à remporter. Faites d’une pierre deux coups en dirigeant votre choix de manière que ces victoires soient directement utiles. Avez-vous horreur des douches, qui cependant raffermissent votre santé en facilitant votre travail intellectuel ? Obligez-vous à en prendre de temps à autre. L’étude de l’anglais vous.., rase? Consacrez-y un quart d’heure de plus chaque jour! * ** Nous ne saurions trop le répéter : concentrez- vous, entraînez-vous à tout subordonner à une idée fixe, autour de laquelle s’orientera votre activité, comme une étoile dirige le système d’astres, planètes et satellites, qui gravitent autour d’elle. Qui sait concentrer sa pensée a en lui l’étoffe d’un surhomme : tels furent Leibnitz, Newton, Napoléon. L’élève qui a acquis ce pouvoir magique apprend très vite, comprend tout, et conduit tambour battant des études ardues, pierre d’achoppement des « brouillons ». * ** Les maîtres, ceux notamment qui s’occupent d’enseignement par correspondance, ne doivent pas proposer à leurs disciples des sujets trop...méchants. Sinon, qu’arrive-t-il ? Ces jeunes gens, travaillant fréquemment dans des conditions très difficiles, risquent de ne pas savoir accomplir la tâche qui leur incombe, et se découragent. Si, au contraire, ils se sentent capables de se tirer honorablement des devoirs qui leur sont envoyés, ils prennent peu à peu de la confiance en eux-mêmes, et du goût pour l’étude.
  61. 61. 61 Une excellente manière, pour l’élève, d’utiliser avec fruit les réflexions qui précèdent, consiste à faire spontanément, sur ses ouvrages, des exercices, en s’imposant de traiter d’abord les plus faciles, au lieu de les laisser dédaigneusement de côté. Nous insisterons là-dessus dans la troisième partie de ce livre. Le professeur qui a soin de doser très minutieusement les questions fait faire à ses disciples de très grands progrès. Quant à l’élève, le fait pour lui de commencer par des applications simples, concrètes, qu’il sait bien exécuter, de ne pas passer à une question plus complexe tant que la précédente n’a pas été exécutée à la PERFECTION, de graduer soigneusement son travail, est tout le secret de 1’ENTRAINEMENT. Grâce à l’entraînement, les « as » ont « enlevé » les concours les plus ardus; Gene Tunney, « l’homme aux mains fragiles » , a réalisé ce prodige de mettre knock-out le champion du monde des poids lourds; Joë Louis est devenu, pour un temps record, la plus formidable machine à frapper qui ait jamais existé. * ** Nous allons maintenant exposer une seconde méthode d’autosuggestion : la forme B. Cette méthode, formée pendant vingt ans par Emile COUE, a conduit son auteur à des succès retentissants. Son avantage sur la précédente saute aux yeux n’exigeant aucun effort volontaire, elle économise une force nerveuse considérable. Elle est aussi basée sur le fait qu’il y a DEUX êtres en nous : l’être conscient, et le subconscient.
  62. 62. 62 Le premier a souvent des trous dans sa mécanique à souvenirs. Au contraire, le subconscient est doué d’une mémoire PRODIGIEUSE, qui enregistre automatiquement, sans que nous nous en rendions compte, les moindres actes de notre vie. Que de fois ne vous est-il arrivé, le soir, de chercher en vain un nom dans votre tête, puis de le trouver spontanément — croyez- vous... — le lendemain, au saut du lit! Votre subconscient a TRAVAILLE pendant que vous DORMIEZ. D’autre part, le subconscient présente cette curieuse particularité d’être extrêmement crédule, d’accepter comme parole d’évangile tout ce qu’on lui dit. Or, cet étrange gobeur a la haute main sur le fonctionnement de notre corps, par l’intermédiaire du système nerveux. Et, comme nous l’avons déjà insinué plus haut, il se produit ce fait incroyable : si le subconscient se figure que tel organe fonctionne bien, il fonctionne bien; s’il s’imagine que nous ressentons une impression déterminée, cette impression est ressentie. Le subconscient est donc, en quelque sorte, le dictateur des fonctions du corps, et aussi de nos actes. C’est lui que nous appelons parfois « l’imagination ». D’après Coué, nous sommes menés par notre imagination : toute sa doctrine repose sur cet axiome. (Nous verrons plus loin que nous sommes menés par autre chose encore, et, en faisant jouer ce dernier moteur, en poussant ce dernier bouton, nous serons conduits à une troisième forme d’autosuggestion : la forme C., plus puissante même que celle de Coué.) En attendant, constatons qu’à l’aide d’une forte volonté, nous pouvons obtenir d’incroyables résultats. Par exemple, étant aux trois-quarts malade, nous réussissons parfois, en serrant les dents, è nous imposer de continuer notre labeur habituel; à
  63. 63. 63 veiller sur une personne chère, même ayant nous-même 40 degrés de fièvre... Eh bien! notre imagination surclasse notre volonté. Dans tous les cas où ces deux puissances se trouvent en conflit, C’EST L’IMAGINATION QUI L’EMPORTE ! Placez dans une vaste cour une planche de trente mètres de long sur vingt centimètres de large. Etes-vous capable de réussir à parcourir ces trois cents décimètres sur cette planche ? — Cette question ! allez-vous laisser tomber en haussant les épaules. — Bon. Placez maintenant la planche sur les toits de deux maisons se faisant face, de chaque côté d’une rue, donc à vingt- cinq mètres au-dessus du sol. Nous vous défions d’avancer seulement d’UN METRE. Et si, par malheur, vous vous hasardiez à le faire, vous seriez INFAILLIBLEMENT PRECIPITE DANS L’ESPACE, MALGRE TOUTE VOTRE VOLONTE ! Pourquoi cela ? Les positions relatives de l’ais et de vous- même ont-elles changé. En aucune façon. Dans les deux cas, elles sont rigoureusement identiques. Sur les gouttières, la largeur de votre route en bois n’a pas diminué d’un micron, et votre pied ne s’est nullement élargi. Mais, dans ce dernier cas, l’IMAGINATION est intervenue. Vous voyez flamboyer devant vos yeux un effroyable danger. Au moindre faux pas, pensez- vous, je me brise le crâne sur le pavé ! Dans votre esprit se forme, avec une instantanéité et une intensité inouïes, l’IMAGE de votre pauvre carcasse perdant l’équilibre et s’abîmant dans le vide... C’est le phénomène du VERTIGE. L’IMAGE de votre chute S’IMPOSE A VOUS. Et, automatiquement, cette image DEVIENT ACTE. * **
  64. 64. 64 Coué recommande de se faire matin et soir des suggestions à haute voix, au nombre d’une vingtaine en s’écoutant parler, mais sans effort de volition. On essaiera de croire que la suggestion va être efficace. Ce tout petit effort qui consiste en un acte de foi améliore la suggestion, mais n’est pas indispensable. A quelqu’un qui n’a pas de but nettement circonscrit, tout en souhaitant se perfectionner en tout, Coué demande de répéter la phrase suivante, demeurée fameuse : « De jour en jour, à tous, points de vue, je vais de mieux en mieux. » Le candidat à un examen y ajoutera : « DE JOUR EN JOUR, LA PREPARATIONDE DE MON EXAMEN S’AMELIORE. » Je pioche une redoutable compétition. Il fait chaud. J’ai peu dormi. Je suis fatigué. Je travaille mal. Je tends toute ma volonté. Je serre les poings... Aucun résultat. Devant moi passe le film que j’ai admiré la veille... Puis, au bout d’une demi-heure, on sonne. Ah ! ah ! c’est le courrier ! Allons, bon.., voici une lettre d’affaires il faut y répondre sur-le- champ. En attendant, jetons un petit coup d’oeil sur le journal... Me voilà empoigné par les événements annoncés ce matin à la radio : une soucoupe volante descendue par trois aviateurs américains ! La découverte d’un mont plus élevé que 1’Everest ! Hitler, vivant, rencontré à Aubervilliers ! Et cet excellent feuilleton que je suis religieusement... Tiens ! les Moscovites capables d’envoyer, avant dix mois, tout un laboratoire dans l’espace sous forme d’un satellite Mais mes yeux sont tombés en arrêt.., mes narines frémissent.., mes lèvres se crispent... Blécourt un camarade de promotion — ne vient-il pas d’être reçu, avec le numéro UN, à l’examen que je suis précisément en train de préparer pour l’an prochain! C’est à n’y pas croire... Je me représente

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