Multi-écrans : effet de mode ou tendance de fond ?
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Multimédia, interactivité, sociablilisation, cross-média, transmédia, autant de mots et de néologismes pour illustrer le fait que les technologies digitales modifient profondément le cadre des ...

Multimédia, interactivité, sociablilisation, cross-média, transmédia, autant de mots et de néologismes pour illustrer le fait que les technologies digitales modifient profondément le cadre des comportements et des contenus audiovisuels.
La complexité de la nébuleuse « multi-écrans », vient pour beaucoup du fait que ce terme actuellement à la bouche de tous les technophiles en herbe, intègre plusieurs concepts, pour partie, différents les uns des autres.
Alors, qu’est-ce véritablement que le multi-écrans ou plutôt les « multi-écrans » ?
Tendance de fond ou effet de mode ? Marketisation de phénomènes existants ou innovations authentiques ? Futurs usages de masse, ou niches pour geeks ? Quels impacts, quels facteurs clefs de succès et quelles limites actuelles à leur développement ?

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Multi-écrans : effet de mode ou tendance de fond ? Multi-écrans : effet de mode ou tendance de fond ? Document Transcript

  • Business HIGHLIGHT Innover « MULTI-ÉCRANS » : EFFET DE MODE OU TENDANCE DE FOND ?SOMMAIRE INTRODUCTION• Quelques éclaircissements Multimédia, interactivité, sociablilisation, cross-média, transmédia, autant de mots et de néologismes• Consommation pour illustrer le fait que les technologies digitales modifient profondément le cadre des comportements sur plusieurs écrans et des contenus audiovisuels.• Consommation simultanée de La complexité de la nébuleuse « multi-écrans », vient pour beaucoup du fait que ce terme contenus différents actuellement à la bouche de tous les technophiles en herbe, intègre plusieurs concepts, pour• Interactions partie, différents les uns des autres. multi-supports Alors, qu’est-ce véritablement que le multi-écrans ou plutôt les « multi-écrans » ?• Cross-média Tendance de fond ou effet de mode ? Marketisation de phénomènes existants ou innovations authentiques ? Futurs usages de masse, ou niches pour geeks ? Quels impacts, quels facteurs clefs de succès et quelles limites actuelles à leur développement ?n°4 112011 ... /...
  • QUELQUES ÉCLAIRCISSEMENTSMicrosoft définit le consommateur multi-écrans comme • Ensuite le fait pour plusieurs écrans d’être connectésun adulte qui possède et utilise une TV, un smartphone, entre eux, de sorte que l’utilisateur puisse « jongler »un ordinateur et qui se connecte à internet au moins entre ces différents écrans.3 fois par semaine1. • Enfin, le « cross-média », logique dans laquelle un contenu principal sur un écran principal (parMais, au-delà du nombre d’équipements détenus et du exemple, une série TV sur un poste TV) est déclinéniveau de connexion à internet, le mot « multi-écrans » sur des supports secondaires via des contenusdésigne, en fait, plusieurs sous-concepts : secondaires (par exemple, un site internet sur les• D’abord, le fait pour un contenu audiovisuel d’être personnages de la série). disponible et lisible sur plusieurs supports.• Mais aussi, le fait de pouvoir consommer en parallèle plusieurs contenus sur plusieurs supports différents.LA CONSOMMATION DU MÊME CONTENU SUR PLUSIEURS ÉCRANSEST DEVENUE UNE RÉALITÉ… MAIS PEUT ENCORE ÊTRE LIBÉRÉEOn peut distinguer trois grands modes de consomma- Ce type de consommation est aujourd’hui facilitétion du même contenu sur plusieurs supports. par des technologies adéquates (disponibilité de la connectique idoine, solution plug and play sur tous les supports du foyer, wi-fi, zigbee…), par des parcoursLa consommationsur différents écrans client et des règles prévues à cet effet (compte clientd’un contenu détenu en local unique et DRM pluri-devices d’iTunes…).Ce 1er type de consommation consiste à consommersur un ou plusieurs supports B, C, D un contenu dont La consommation sur différents écransl’utilisateur dispose sur un support A. d’un contenu détenu dans le cloudLe meilleur exemple de ce type de consommation enlocal est, bien sûr, iTunes. A l’instar de Free et de son Afin de faciliter encore et libérer les consommationsFreeplayer, qui offre, par exemple, la possibilité de multi-devices, certains éditeurs initient la commerciali-regarder ses photos préférées de son PC sur sa TV, sation de leurs contenus « dans le cloud ». Conceptles opérateurs Internet sont aussi à l’initiative de ce type désormais bien connu dans le domaine des infrastruc-de consommations. tures et des progiciels (SaaS, IBM, Salesforce…), ilEn mode « semi local », l’Apple Air Play, permet, lui, touche cette année le grand-public ; et parions qu’en de diffuser sans fil musique, photo et vidéo 2012, la commercialisation de services et de contenus entre tous les écrans de la maison (smart- dans le cloud fera l’objet d’une bataille de titans : Apple phone, tablette, ordinateur, TV, et même aiguise ses griffes avec iTunes match, Amazon propose enceintes autonomes compatibles). une consommation de ses contenus dans le cloud 1. Microsoft Advertising – What’s on their screen, 2010
  • N°4 • NOVEMBRE 2011 notamment via son nouveau Kindle tées, les applications sur PC… Dans ce sens, et Fire… Et même si les annonces se à l’instar de SKY au Royaume Uni, le groupe CANAL+ font plus rares depuis fin 2010, le semble avoir fortement modifié la stratégie de consortium Ultra Violet organisé distribution de ses contenus : alors qu’il demandait autour d’une soixantaine d’équipe- initialement à ses abonnés de louer un décodeur mentiers et d’ayants droit a annoncé CANAL, le groupe développe aujourd’hui une la mise en œuvre d’une solution stratégie de distribution de ses contenus « ATAWAD » commune DRMisée, de consomma- (anytime, anywhere, any device) ou encore « device tions de contenus dans le cloud. agnostic » ; il est désormais possible de profiter de ses programmes CANAL, CANALSAT et CANAL- Au-delà des enjeux technologiques PLAY depuis la TV (via le câble, l’ADSL, le Satellite…), et de bande passante, la mise à le PC via sa clef TNT et le web, le mobile… disposition et la distribution dans le cloud présentent encore bon nombre d’interrogations : Facteurs clefs de succès • La consommation en mode déconnecté > quels contenus disponibles ? Puis-je Pour répondre aux attentes et aux nouveaux usages me passer totalement de mes contenus des consommateurs, les éditeurs et distributeurs si je ne suis pas connecté ? amorcent une approche de distribution commerciale • Le cloud répond-il à une vraie attente de leurs contenus dite « multi-écrans », c’est-à-dire via consommateur ? En effet : un prix unique permettant de consommer un contenu - Si la consommation de musique ou de sur plusieurs écrans. gaming correspond à une vraie logique d’usage récurrent d’un même contenu, Les éditeurs de presse ont compris cet enjeu en quid de la vidéo ? proposant, pour la plupart, et notamment dans le cadre - Quand l’EST (Electronic Sellthrough) ou de la sortie de l’iPad, des offres packagées « 3 écrans ». vente définitive ne représente que 5% du L’une des offres dites « ultimes » souvent énoncées marché global de la VoD, en partie à cause concerne Netflix, le géant américain de la location de d’un prix très (trop ?) élevé, les clients seront- VoD (et DVD) : accès illimité aux contenus, possible ils prêts à payer pour une offre encore plus depuis à peu près n’importe quel écran (plus de 200 ambitieuse, et donc aussi, potentiellement écrans et / ou supports) et depuis plusieurs écrans en plus chère ? même temps pour le même abonnement. Ce phéno- mène semble aussi se développer dans l’univers du jeu: avec la plate-forme Steam (tous types de jeux) puis de La consommation d’un contenu « poussé » Battlenet (les jeux de Blizzard, premier éditeur mondial par un distributeur sur plusieurs écrans de jeux vidéo), les clients achètent désormais le droit d’utiliser un jeu… sur tous les PC à leur disposition ; Depuis maintenant 3 ans, les distributeurs concen- chaque client peut télécharger le jeu sur autant trent beaucoup de leurs efforts pour multiplier le d’ordinateurs qu’il le souhaite et reprendre ses parties et nombre de supports sur lesquels consommer leurs ses personnages depuis n’importe quel ordinateur. contenus : hier, la TV, le PC et le mobile, maintenant, Ce n’est plus le support qui détermine le droit à les applications mobiles, et demain, les TV connec- consommer, c’est le porteur de l’abonnement.Construire 3
  • « MULTI ÉCRANS » : EFFET DE MODE OU TENDANCE DE FOND ?Limites et enjeux de « bypasser » Apple via des process d’abonne- ments déportés (web, web app) qui peuvent s’avérerCette logique de distribution à travers un prix unique risqués (référencement / promotion sur l’app store...),multi-écrans reste, toutefois, encore marginale, et ce, voire contre-productifs.pour différentes raisons :• La commercialisation d’options sur certains supports Au-delà de ces limites actuelles commerciales, nous particuliers dits « premium » ou de niches - Deezer sur identifions trois enjeux centraux : le mobile - fait partie intégrante de la stratégie de • Continuer à assurer des parcours client 100% fluides développement de revenus d’un certain nombre et gérer les « nouveaux cas ». Ex : dans un environne- d’éditeurs / distributeurs. C’est d’ailleurs la stratégie ment cloud, et si l’utilisateur n’est pas connecté, adoptée par beaucoup de pure players. Partis en quelle offre de back-up et comment lui faire accéder général d’un business model « gratuit » (en vue de à ses contenus ? construire une audience et une base clients), ils • Maîtriser des process back office qui se complexi- cherchent dans un second temps l’accroissement de fient : vérification de l’abonné / consommateur, leurs revenus via la commercialisation d’une série vérifications des droits d’accès sur le contenu d’options payantes. visionné…• Comme l’illustrent les communiqués de presse • Déployer les outils et les KPIs permettant d’assurer actuels autour des conditions d’un éventuel rachat de une connaissance clients 360° : quel segment client la Plate-forme Hulu par Google, l’acquisition de droits consomme quoi sur quel support et à quel niveau fait l’objet d’âpres discussions entre ayants droit et d’intensité ? … éditeurs. Le spectre de supports sur lequel le distributeur a le droit de distribuer ses contenus est Si la mise à disposition du même contenu sur plusieurs souvent limité voire saucissonné, ce qui lui permet écrans est devenue une réalité, ce type d’usages peut difficilement, de facto, de commercialiser une offre encore se libérer. L’accroissement d’offres commer- unique multi-supports. ciales réellement multi-écrans, l’accélération de deals• Enfin, la commercialisation d’une offre unique multi- de droits, et l’exploitation d’une plate-forme réellement écrans nécessite la maîtrise de la relation client, ou robuste (en termes de gestion de contenus : sourcing a minima l’identification de son client. Or, certains des données, multi-encodage, éventuelle adaptation éditeurs, notamment TV, ont du mal à déployer une du formatage… comme en termes de gestion clients : offre multi-supports incluant notamment l’accès au identification, facturation, authentification…) en sont les contenu via leur appli sur Apple Store puisque, pour facteurs clefs de succès principaux. maîtriser l’identification et la facturation client, il s’agit 4
  • N°4 • NOVEMBRE 2011LA CONSOMMATION SIMULTANÉE DE CONTENUS EXISTE BEL ET BIEN,MÊME SI LES CONTENUS N’ONT AUCUN RAPPORT LES UNS AVEC LES AUTRES Configuration multi-écrans du public féminin américain pendant les J.-O. de 20082 07:00 08:00 09:00 10:00 11:00Explications - définition Mobilisation des 3 écrans dans la consommation hebdomadaire française 3La consommation en multi-écrans, qui consiste àvisionner plusieurs écrans « en même temps », com- Actualités 35% 1% 45% 14% 5%mence à émerger ; de fait, lors des Jeux Olympiques Sport 43% 5% 37% 12% 3%de 2008, on a constaté que certains spectateurs Films 78% 1% 16% 4% 2%multi-écrans pouvaient consommer jusqu’à 12 heuresde médias en 9h de temps. Séries 84% 13% 3%1% Jeux 20% 47% 22% 4% 6%Il est d’ailleurs intéressant de noter que les actualités etle sport se prêtent plus au multi-écrans que le cinémaet les séries : 64% des Français utilisent plusieurs TV seulement TV + PC Autres Mobiles (M / M + PC + M + TV)écrans pour regarder les actualités. De même, 52% des PC seul TV + PC + MobileFrançais regardent le sport sur plusieurs écrans. multiplication de contenus disponibles sur de plus enOn peut en effet l’expliquer par le fait que la consomma- plus de supports, sont autant de sollicitations pourtion de films, de séries (dans lesquels il y a une intrigue) le consommateur. De plus la perméabilité dessollicite une attention plus continue que le sport ou les mondes professionnel et personnel (je travaille à laactualités. De la même manière, le format long des films maison sur mon PC, tout en laissant ma TV en bruitet séries, se consomme encore peu en mobilité (et donc de fond) peut aussi être un facteur d’explication.limite la consommation en multi-écrans). Risques et enjeuxAnalyse Ce type de consommation que l’on pourrait dire auto-Toutefois, lorsqu’on parle de consommation parallèle destructive représente assurément un risque pour lessur plusieurs écrans, cela n’implique pas nécessaire- éditeurs, distributeurs et annonceurs: manque d’attention,ment que le contenu des deux écrans soit identique, fragmentation du « nombre d’heures de cerveauou même relié. disponibles»… La qualité de l’éditorialisation de la chaîne et des contenus promus, l’équilibre entre publicité etLa multiplication des équipements au sein du foyer, contenu sont deux facteurs clefs de succès importantsà commencer par le roi, le poste TV, associé à la pour éviter une croissance de ce comportement. Conseiller2. Harvard Business Review : How Internet Junkies Will Save Television 20113. Source : IPSOS Media CT Etude 2009 5
  • « MULTI ÉCRANS » : EFFET DE MODE OU TENDANCE DE FOND ?LES INTERACTIONS MULTI-SUPPORTS AUTOUR D’UN MÊME CONTENU COMMENCENT À SE DÉVELOPPERMAIS SOULÈVENT DES QUESTIONS QUANT AU POSITIONNEMENT DE CHAQUE ACTEUR SUR LA CHAÎNEDéfinition • Certains pure players cherchent à capter l’audience d’éditeurs de chaîne en proposant à ses consomma-L’interaction TV date des années 80. On peut désor- teurs des services additionnels réalisés sur d’autresmais s’informer sur un contenu, voter en direct sur supports que celui sur lequel est consommé leune émission depuis la TV… contenu. Exemple : commenter sur Facebook leDemain on pourra jouer à « Qui veut gagner des match que je regarde à la télévision.millions » ou « Question pour un champion » en mêmetemps que le candidat, voire jouer à des jeux avec C’est ce que nous appelons « interactions multi-d’autres utilisateurs connectés (pendant la publicité ou supports autour d’un même contenu ».à la mi-temps d’un match, etc.), parier en ligne (commec’est déjà le cas au Royaume Uni avec Sky Bet), ache-ter en ligne (produits dérivés des programmes, achat Explications du phénomèneimmédiat du produit dont parle une publicité…), etc…Ce type de fonctionnalités pourrait se démocratiser En 2010, 78% des internautes français sont membresavec l’avènement des TV connectées, notamment. d’au moins un réseau social4. Les actes sociaux font donc désormais partie du quotidien des Français. LeMais, en termes de multi-écrans, le mouvement de fond succès de services dits de « social TV » offrent en effet deque l’on identifie est double : l’interactivité, de la « vie » à l’expérience TV avec des fonc-• Le téléphone devient un vrai companion device, tionnalités issues du web social : commenter, recom- jouant le rôle de télécommande centrale mander, voter, noter, rechercher, chatter, bookmarker, suivre, aimer, partager, checker, reconnaître, etc… Une large panoplie de services de Social TV permettent désormais au téléspectateur de prendre la parole autour des programmes Avant / Après consommation Pendant la consommation d’un programme TV d’un programme TV Broadcast Webcast / Déléinéarisé Chercher Commenter Commenter Bookmarker Voter Noter Visionner Noter Noter Identifier Check-in une vidéo Commenter Reward Check-in Découvrir Commenter TV Check IntoNow 4. IFOP : Observatoire des réseaux sociaux, 2010 6
  • N°4 • NOVEMBRE 2011 En parallèle, la consommation de télévision Limites et enjeux s’enrichit avec l’usage d’un deuxième écran comme « companion device ». Les smartphones Les différents acteurs de l’écosystème du multi-écrans peuvent se synchroniser avec la TV de plusieurs ont des intérêts contradictoires. façons : • Par des applications Shazam like, qui permet- Pour les pure players (Facebook, Google, Amazon, tent via le micro et la caméra du téléphone etc.), il s’agit de s’immiscer dans les contenus TV d’identifier le contenu en cours sur la TV (TV pour encore plus de visibilité, encore plus de services check chez Orange) proposés, encore plus de clients, encore plus • Par des applications spécifiques aux d’espace publicitaire. fournisseurs de TV qui permettent d’utiliser le téléphone comme télécommande (sur la On peut s’attendre à ce que les chaînes cherchent Neufbox de SFR, sur une Google TV, une à limiter, ou du moins, à maîtriser le développement Apple TV ou autres). de fonctions impliquant des pure players au cœur des contenus. Tout contenu additionnel sur un programme Pour les consommateurs, le companion device empiète sur le programme, distrait le spectateur, apporte deux avantages : fragilise l’exposition à la publicité. • Une consommation plus riche et plus facile du contenu : pilotage de la TV depuis le mobile, Les fournisseurs d’accès à Internet pourraient fonctionnalités sociales, accès à des informa- occuper une position intermédiaire et pourraient tions autour des programmes, etc. donc être tentés de jouer sur les deux fronts. Les • Un écran personnel : contrairement aux widgets nouveaux services pourraient, en effet, leur apporter TV, ce qu’une personne fait sur son téléphone ne des revenus supplémentaires par le biais de la vente dérange pas le visionnage des autres personnes d’espaces publicitaires, et même de commissions présentes. sur les transactions. Côté business, l’usage d’un companion device L’avenir de l’interaction inter-supports est aujourd’hui apporte aux fournisseurs de services et opérateurs un vaste océan, riche en possibilités, mais sur lequel une double opportunité : on navigue à vue, pris entre plusieurs vents, parfois, • Une mine d’informations sur les spectateurs : ce contraires. Les usages vont clairement vers une qu’ils regardent, comment ils se comportent, quels intégration des réseaux sociaux dans les contenus TV sont leurs centres d’intérêt, les services qu’ils et vers une connexion entre les écrans. Il est difficile utilisent, les publicités auxquelles ils sont sensibles, de prédire toutefois vers quels business models etc. Ces informations permettent de pousser des s’orienteront ces applications. Difficile aussi de savoir publicités plus ciblées et plus efficaces si ces applications seront l’occasion pour des start up • Un point de contact supplémentaire avec le client, innovantes de se distinguer ou si elles renforceront qui permet de pousser informations, publicités, seulement les positions des géants de l’Internet et ventes, etc. de la télévision.Accompagner 7
  • « MULTI ÉCRANS » : EFFET DE MODE OU TENDANCE DE FOND ?LE CROSS-MÉDIA EST UNE NOUVELLE SOURCE D’ENRICHISSEMENT DE L’EXPÉRIENCE CONTENUSDéfinition AnalyseLe cross-média englobe l’idée d’offrir sur la base Pour originales et efficaces qu’elles puissent être, cesd’une œuvre principale sur un support principal, opérations ne sont pas fondamentalement nouvelles.des contenus secondaires, sur d’autres supports. Il En fin de compte, le blog de Barney Stinson (person-peut prendre plusieurs formes : nage emblématique de la série How I Met Your Mother)• Des ARG, Alternate Reality Game, jeux de rôle n’a-t-il pas le même statut de produit dérivé qu’une grandeur nature articulés autour de fictions figurine de Luke Skywalker ? : un produit dérivé• Des dispositifs évoluant sur la durée en même temps sur média, un produit dérivé parfois évolutif, mais un que le contenu principal : comptes Twitter, blogs, sites produit dérivé, cest-à-dire ajouté a posteriori au web, pages Facebook contenu de départ.• De l’interaction avec les spectateurs• etc. Ces opérations ont un double objectif pour l’ensemble des acteurs de la chaîne média :Lancé par Orange en collaboration avec Happy Fannie, • Immerger le plus possible dans le contenu (teasers,Faits Divers Paranormaux est l’une des premières communauté, bonus)fictions cross-média en France. Si la trame de fond est • Fidéliser le public pendant les périodes d’interruptionon ne peut plus classique (l’histoire suit le quotidien du contenud’un couple enquêtant sur des phénomènesparanormaux), la narration, elle, est plus originale : ellese déroule sur télévision, web, mobile et dans la réalité. Facteurs clefs de succèsLa TV fournit classiquement 26 épisodes. Le webfournit vidéo-blogs, page Facebook, compte Twitter et Les usages de multi-écrans dispersent l’attention duespace communautaire où les spectateurs peuvent spectateur lorsqu’il regarde un contenu. Le gros enjeuenrichir le contenu, devenant ainsi « spect-acteurs ». Le des dispositifs cross-média est de regagner l’attentionmobile est utilisé par l’internaute lorsqu’il participe du spectateur.au défi « chasser le paranormal autour de vous » : le • Les créateurs de contenus proposent donc du« spect-acteur » prend des photos insolites et les contenu décliné sur plusieurs écrans : le spectateurgéolocalise sur une carte en ligne sur le site de la peut ainsi naviguer sur plusieurs écrans et utiliser sescommunauté. Enfin, le dispositif prévoit également un réseaux sociaux sans jamais sortir de l’univers duARG sous forme de jeu de piste avec un personnage à contenu qu’il regarderetrouver. Le spectateur se retrouve plongé dans une • Les distributeurs de contenus tâchent d’enrichirtrame bien plus prenante qu’un simple épisode de série les contenus proposés en proposant des contenus,à regarder à la TV. services, points de rencontres, et publicités supplé- mentaires Pour que les contenus cross-média prennent un vrai essor, l’un des enjeux principaux sera d’en industrialiser les procédés. 8
  • N°4 • NOVEMBRE 2011Si des projets comme Faits Divers Paranormaux, Dans la lignée de ces expériences, certainsDetective Avenue ou Pandemic 1.0 sont d’authen- créateurs se lancent même dans le transmédia 5,tiques aventures cross-média, on ne peut pas en démarche qui consiste à créer un contenu conçu surdéduire pour autant que le cross-média soit l’avenir plusieurs écrans a priori. Les contenus sont spéci-de la science-fiction ni du fantastique ; pour reprendre fiques à chaque écran et complémentaires entre eux.le cas de Faits Divers Paranormaux, Orange préfère Pour avoir une expérience complète et cohérented’ailleurs parler de « dispositif » ou d’« expérience » du contenu, il faut donc jongler entre les écrans. Ceplutôt que de fiction pour souligner le fait qu’il s’agit genre de projet est au stade expérimental et devralà d’une nouvelle forme de narration. Cela souligne faire face à des problèmes de production, deaussi qu’à date, ces projets cross-média sont des financement et d’accueil par le public.« individus » atypiques et presque uniques dans lagrande famille des contenus.5. Sur la distinction entre transmédia et crossmédia,voir les travaux des universitaires Eric Viennot(Paris I - http://ericviennot.blogs.liberation.fr/ericviennot/) etHenry Jenkins (University of Southern California -http://www.henryjenkins.org/) 9 Innover
  • « MULTI ÉCRANS » : EFFET DE MODE OU TENDANCE DE FOND ?CONCLUSIONLe multi-écrans est un méga-concept qui, finalement, englobe bon nombre d’enjeux actuels et futurs autour de laconsommation et de la distribution multimédia. C’est pour cette raison qu’il doit être une préoccupation centralepour les producteurs, éditeurs, distributeurs et pure players.Toutefois, pour réussir à exploiter tout le potentiel du multi-écrans, chacun des acteurs cités doit maîtriser la richesseet l’éclectisme des services, usages, ainsi que les implications (technologiques, commerciales) associées. Lemulti-écrans est, somme toute, protéiforme ; il ne doit pas être appréhendé comme un individu mais commeune grande famille. Et, toutes les familles sont composées d’êtres très différents, voire dissemblables :• Les adultes, matures avec leurs défauts et limites : la distribution d’un même contenu sur plusieurs écrans en est une bonne illustration• Les enfants avec leur potentiel, et les interrogations sans encore de réponse : quel développement futur des interactions multi-supports autour d’un même contenu ?• Les bébés avec les rêves qu’ils représentent ; quel avenir pour le transmédia ? 10
  • Créé en 2000 et avec 750 consultants en France, Beijaflore est le premier cabinet de conseil indépendant français. Sa filiale Beijaflore Marketing & Innovation adresse les problématiques marketing, relation client, digitales et d’innovation, tous secteurs et est organisé en pôles de compétence. Le pôle de compétence Marketing Digital, structuré autour de plus de 40 consultants, anime et instruit les problématiques digitales de ses clients à travers 3 offres :• Nouvelles propositions de valeurs digitales qui a pour objectif d’aider nos clients à définir leurs offres, produits et services digitaux• Monétisation en ligne / e-business dont l’objectif est d’aider à mieux et plus vendre, selon le ou les modèles économiques du client (publicité, e-commerce...)• e-marketing et réseaux sociaux qui aide nos clients à mieux communiquer et recruter en ligne, notamment en exploitant le potentiel des réseaux sociaux.
  • « MULTI-ÉCRANS » EFFET DE MODE OU TENDANCE DE FOND ? CONTACTS Beijaflore Paris - Siège social Design et Impression : Solution Pavillon Bourdan 11-13 avenue du Recteur Poincaré 75016 Paris Auteurs de l’étude Frédéric Levy, Fabien Elharrar et Laurent CometFrederic est Senior Manager au sein de Beijaflore Marketing & Innovation www.beijaflore.com et Responsable de l’Offre Nouvelles propositions de valeur digitales. marketing@beijaflore.com