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SOMMAIREvers une nouvelle Étape de l’habitatintroduction081 | La densification, panacée de la ville durable ?             ...
industriel minier, la densification ? 2 | L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, QUELLES PERSPECTIVES ? 43 A | HISTORIQUE MINIER    ...
SOMMAIRE3 | LA DENSIFICATION SUR LE TERRITOIRE DE LA CALL                               75A | DISPOSITIFS STRATÉGIQUES    ...
VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 7
INTRODUCTION      Quelque soit l’échelle, une certaine optimisation de l’espace est toujours recherchée ; quevous fermiez ...
l’impression générale est souvent trompeuse dans ce domaine et l’imaginaire collectif ne correspondsouvent pas à la réalit...
INTRODUCTIONPrésentation dU TERRITOIRE                  Figure 1 : Les EPCI de l’AML – Source : Atlas de l’Aire métropolit...
Figure 2 : Les communes de la CALL – Source : CALL      Les origines de la CALL remontent aux bases de l’intercommunalité ...
INTRODUCTIONPrésentation de la structure                      Obligatoires, optionnelles ou facultatives la CALL exerce le...
L’eau, compétence globale qui recouvre l’entretien, la rénovation et l’extension                           des réseaux, ma...
INTRODUCTION       Pour exercer ces compétences, la CALL, est dirigé par un conseil communautaire regroupant171 délégués i...
LE POSTE DE STAGIAIRE «ÉCO-CITÉS DU LOUVRE»      Rattaché directement auprès de Monsieur Bruno Galus, Directeur Général Ad...
16 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
1   La densification,    panacée de la ville durable ?    A | Causes et enjeux De L’étalement Urbain    B | La Maîtrise De...
1        La densification,                   PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?A | CAUSES ET ENJEUX DE L’ÉTALEMENT URBAIN      ...
L’INSEE appréhende l’étalement urbain par sa propre notion d’unité urbaine. Les unités ur-baines sont définies par « les e...
1      La densification,               PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?      Plus simplement, on peut considérer un sol « con...
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1     La densification,              PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?     (Re)sentir la densité      De façon générale, parle...
La façon de faire la densité est donc aussi importante que la densité elle même. Elle doit êtreacceptable voire même désir...
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donc au centre de ces projets et organiserait la coordination de tous ces projets aux différenteséchelles du territoire.  ...
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BIMBY est un projet de recherche sélectionné en 2009 par l’Agence Nationale de Recherche(ANR) dans le cadre de son appel à...
1      La densification,               PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?lotissement ». Celles-ci interviennent à des échelles ...
La lutte contre l’étalement urbain se divise donc en deux champs. D’abord la limitation de laconsommation de l’espace par ...
1     La densification,              PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?C | LA DENSITÉ EN PRATIQUE      Nous avons vu que la pri...
espaces verts et publics et en fin de compte une meilleure qualité de vie. Si les arguments écono-miques sont contestables...
1     La densification,              PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?Bien sûr le processus est ici très accéléré, mais permet...
LA DENSIFICATION, PANACÉE DE LA VILLE DURABLE ?       Les études s’accordent toutes sur une augmentation de la consommatio...
42 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
2    L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER,     QUELLES PERSPECTIVES ?     A | HISTORIQUE MINIER     B | TYPOLOGIES DE L’HABITAT IND...
2      L’habitat industriel minier,            quelles perspectives ?A | HISTORIQUE MINIER     L’activité minière       Le...
charbon et de ne pas s’orienter vers les activités de la seconde révolution industrielle : la chimie fine,la pharmacie, la...
2      L’habitat industriel minier,            quelles perspectives ?      Par conséquent, les mines ont fortement marqué ...
Figure 20 : La structure minière Terril-Fosse-Cité Minière, site du 9/9bis et la Cité Declercq à Oignies – Source : Alti- ...
2      L’habitat industriel minier,            quelles perspectives ?Figure 21 : Organisation spatiale de la commune de Lo...
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Memoire M2 - IAUL - Habitat Minier et densification

  1. 1. vers une nouvelle Étape de l’habitatindustriel minier, la densification ?Mémoire de stage - Avril / Septembre 2012Université de Lille 1MASTER de Sciences et Technologies, mentionAménagement, Urbanisme et Développement des TerritoiresSpécialité : Ville & Projets - Option : Projet UrbainTuteur Professionnel : M. Bruno GalusTuteur Universitaire : M. Richard Lemeiter Étudiant : Philippe Hurtaux
  2. 2. REMERCIEMENTS En préambule à ce mémoire, je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères à l’en-semble des services de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin, notamment la Direction del’Aménagement du Territoire, pour leur accueil bienveillant et leurs conseils avisés. J’associe égalementles personnes m’ayant apporté leur aide et ayant contribué à l’élaboration de ce mémoire. Je tiens à remercier sincèrement Monsieur Richard Lemeiter, tuteur universitaire, qui s’est montréà l’écoute et disponible tout au long de la réalisation de ce mémoire. Son aide a ainsi été déterminantepour guider et struturer mes travaux. Mes remerciements s’adressent également à Monsieur Bruno Galus, Directeur Général Adjointde la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin chargé de l’Aménagement du Territoire, pour sonécoute et son encadrement dans les tâches qu’il a pu me confier. Je remercie également les collaborateurs rencontrés tout au long de l’élaboration du cahier descharges des Cités Durables du Louvre : Monsieur Raphaël Alessandri (Mission Bassin Minier), MadameIsabelle Colnenne (Conseil Régional), Monsieur Frédéric Delacroix (Ville de Lens), Monsieur GuillaumeHebert (Une Fabrique de la Ville), Monsieur Gilles Pette (Conseil Régional), Madame Élisabeth Vernageau(Ville de Lens). Ils ont bien voulu répondre patiemment et aimablement à mes nombreuses questions J’exprime ma gratitude à toutes les institutions et personnes rencontrées à titre professionnel etayant pu me faire part de leur vision du territoire et de ses spécificités : Maisons & Cités, notammentMessieurs Hervé Walczak et Régis Jamey, la Chaine des Terrils, le CERDD et le Parc Naturel RégionalScarpe-Escault, notamment Agnès Lavergne. Une pensée particulière est adressée aux membres du service Développement Économique quej’ai côtoyés quotidiennement et dont j’ai aprécié la gentillesse et la bonne humeur. Merci à tous et à toutes. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 3
  3. 3. SOMMAIREvers une nouvelle Étape de l’habitatintroduction081 | La densification, panacée de la ville durable ? 17A | CAUSES ET ENJEUX DE L’ÉTALEMENT URBAIN 18 L’étalement urbain (statistiques) 18 Quelques raisons 21 À l’avenir 24B | La Maîtrise De La Consommation De L’espace Et LaDensification25 Le cadre législatif 25 Densité(s), quelques définitions 27 (Re)sentir la densité 28 La qualité de la ville dense, vers la ville intense 29 La densification en milieu urbain 30 La périurbain comme territoire de projet 32 La filière BIMBY 34 Une densité plus raisonnée en période de crise ? 38C | LA DENSITÉ EN PRATIQUE 38 La pratique au cœur de l’acceptabilité 39 Des perspectives BIMBY 404 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  4. 4. industriel minier, la densification ? 2 | L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, QUELLES PERSPECTIVES ? 43 A | HISTORIQUE MINIER 44 L’activité minière 44 Le mode d’urbanisme minier 46 B | TYPOLOGIES DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER 52 Les corons (1825 – 1890) 52 Les cités pavillonnaires (1867 – 1939) 54 Les cités-jardin (1904 – 1939) 56 Les cités modernes (1946 – 1970) 58 Des premières constructions à la mutualisation d’un parc d’habitat minier 60 Maisons Cités (SOGINORPA – EPINORPA) 60 La Société Immobilière de l’Artois (SIA) 62 C | ÉVOLUTIONS, PERSPECTIVES ET LEVIERS 63 Les ayants droits 63 L’inscription du Bassin Minier du Nord-Pas de Calais sur la liste du patrimoine mon- dial de l’UNESCO 63 Les Cités Durables du Louvre 65 D | LA DENSITÉ COMME NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT MINIER 67 VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 5
  5. 5. SOMMAIRE3 | LA DENSIFICATION SUR LE TERRITOIRE DE LA CALL 75A | DISPOSITIFS STRATÉGIQUES 76B | LES CITÉ DURABLES DU LOUVRE 78 Périmètre de réflexion 79 La Cité des Provinces 82 La Cité du 12-14 84 La Cité du 9 85 La Cité Jeanne d’Arc 87 La Cité du 4 89 Protéger, valoriser et faire evoluer l’habitat minier avec ses habitants 91 Vers un habitat plus respectueux de l’environnement 92 Créer des liens entre les cités et le louvre 93C | LA DÉMARCHE BIMBY 94CONCLUSION956 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  6. 6. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 7
  7. 7. INTRODUCTION Quelque soit l’échelle, une certaine optimisation de l’espace est toujours recherchée ; quevous fermiez votre valise à l’heure de partir en vacances, qu’un transporteur charge ses containersou qu’un aménageur finalise son projet. Il s’agit donc d’une notion que nous appréhendons tousd’une manière ou d’une autre. En terme d’aménagement, bien que fini, l’espace offre plus de liber-tés et semble parfois moins limité. Il a cependant un coût économique et sociétal. La considérableaugmentation du premier depuis des années en démontre la rareté. Sur le plan sociétal, les aména-gements de terrains de plus en plus éloignés des villes impliquent des mouvements pendulaires deplus en plus importants et consomment de plus en plus d’espaces agricoles ou naturels pourtantindispensables à l’équilibre de nos sociétés. Selon l’outil européen d’observation de l’état de l’occupation des sols et de son évolutiondans le temps (Service de l’Observation et des Statistique (SOeS), CORINE Land Cover (CLC),2006), entre 2000 et 2006, l’artificialisation des sols a augmenté de 3% en France métropolitaine.Ces statistiques peuvent être expliquées par l’augmentation de la population durant le dernier siècleconjuguée à la diminution de la taille des foyers et à la grande augmentation de la part de logementsindividuels amenant ainsi à un étalement de l’urbanisation. Devant l’importance de ce phénomène, l’état a entrepris des initiatives afin de prendre encompte les problématiques foncières. Si le sujet est d’actualité, la prise de conscience a plus detrente ans avec les premières mises en garde contre le mitage, puis les premières mesures en 2000à travers la loi Solidarité Renouvellement Urbain (SRU). Dernièrement, le Grenelle de l’environnementet les lois portant Engagement National pour l’Environnement du 12 juillet 2010, dite loi Grenelle 2,et de modernisation de l’agriculture et de la pêche du 13 juillet 2010 ont fixé comme un des objectifsde « développer un urbanisme économe en ressources foncières et énergétiques ». Conjuguer ces problématiques avec celles du manque de logements en France suggère dedevoir développer plus d’habitations et d’équipements sur moins d’espace, donc de densifier lesaménagements. Cette logique permet également à la puissance publique de limiter de nouveauxinvestissements en rentabilisant davantage ceux existants. C’est en effet le cas de tous les réseaux,voiries, assainissements etc. ; ceux-ci ont été construits avec des coûts importants mais ne des-servent que peu de citoyens. La densification serait alors le moyen de « rentabiliser » ces investisse-ments, en augmentant le nombre de personnes en bénéficiant. Dans certains cas, elle permettraitmême aux équipements de ne pas mettre en cause leur maintien. Par exemple les équipements telsque les écoles sont parfois amenés à décliner voir à fermer dans les milieux peu denses où l’activitéest trop onéreuse et les habitants amenés à les chercher plus loin. Rationnellement, la densité se définit comme le rapport d’une quantité sur une unité de sur-face. En terme de densité de population, on peut par exemple prendre en compte le nombre delogements, le nombre d’habitants ou encore la Surface Hors Œuvre Net (SHON). Selon l’échellespatiale la densité est également calculée sur un kilomètre carré ou sur un hectare. Plus finement,sur la parcelle le Coefficient d’Occupation des Sols (COS) peut également traduire une densité parle rapport entre la surface construite et la surface constructible. Il existe donc une multitude defaçons de mesurer la densité. La notion se complexifie encore lorsque l’on parle du ressenti. En effet,8 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  8. 8. l’impression générale est souvent trompeuse dans ce domaine et l’imaginaire collectif ne correspondsouvent pas à la réalité de densité. Ces critères dépendent également de l’époque de constructionet de la qualité des aménagements liés. Ainsi les corons constituaient un habitat assez dense pour l’époque de leurs constructions. Eneffet l’habitat industriel minier était conçu par les industriels de la mine pour que leurs ouvriers soientle plus proche possible de la fosse. Cet aspect avec des préoccupations de rationalisation desconstructions a donc amené cet habitat atypique. Il a ainsi évolué avec son industrie, tout au long del’aventure charbonnière. Ce fut notamment le cas dans le Nord-Pas de Calais depuis les premierscorons construits au début du XIXème siècle jusqu’à la fin de l’exploitation en 1990. Cet habitat est au cœur de la toute récente inscription du Bassin Minier du Nord-Pas de Calaissur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. En effet ce sont 124 cités minières qui intègrent ce« paysage culturel évolutif vivant ». Ce parc, parfois en très mauvais état doit donc pouvoir être réha-bilité avec soin afin de permettre la préservation de ces qualités et des valeurs qu’il véhicule tout en lerepositionnant dans son époque actuel. Ainsi les enjeux environnementaux, sociaux et économiquesdu développement durable doivent être pris en compte dans ces réhabilitations. La rénovation ther-mique est par exemple primordiale. Qu’en est-il des questions de densité ? Le concept peut fairepeur mais est abordé dans le Schéma Directeur Euralens prévoyant les diverses opérations d’amé-nagements pour l’arrivée du Louvre-Lens. Dès lors, que peut apporter la densification à l’habitat industriel minier ? Pour répondre à cette question, nous étudierons donc les mécanismes de la densité, sa me-sure et ses enjeux, puis nous nous intéresserons à l’habitat industriel minier dans ces différentestypologies et ces évolutions. Ceci nous permettra d’imaginer un nouvel avenir dense pour cet habi-tat, et enfin nous verrons les dispositifs de densification en cours sur le territoire de la Communautéd’Agglomération de Lens-Liévin (CALL). VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 9
  9. 9. INTRODUCTIONPrésentation dU TERRITOIRE Figure 1 : Les EPCI de l’AML – Source : Atlas de l’Aire métropolitaine de Lille Sur ces 240 km2, la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin (CALL) et ses 36 communes(figure 2) possèdent des caractères très divers. En effet si elle est située autour d’un cœur urbainconstitué des villes de Lens et de Liévin, de nombreuses communes sont plus rurales et observentdes problématiques différentes. Géographiquement, le territoire de la CALL se situe dans le bassin minier lensois, lui même aucentre de l’ex-bassin minier du Nord-Pas de Calais. Cette caractéristique minière du territoire esttrès prégnante et a marqué son histoire sur laquelle nous reviendrons. Cependant l’agglomérations’étend jusqu’aux collines de l’Artois, ce qui explique la partie plus rurale plutôt concentrée au sud-ouest. Comme la figure 1 le montre, la CALL est entourée d’autres Établissements Publics de Coo-pération Intercommunale (EPCI), avec lesquels elle établit diverses collaborations, notamment laconception du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) avec la Communauté d’Agglomérationsd’Hénin-Carvin (CAHC). La CALL fait également partie de l’Aire Métropolitaine de Lille (AML) et par-ticipe à ses travaux.10 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  10. 10. Figure 2 : Les communes de la CALL – Source : CALL Les origines de la CALL remontent aux bases de l’intercommunalité en France. En effet, leDistrict Urbain de l’Agglomération de Lens-Liévin a été créé le 21 Août 1968. Il regroupait 30 com-munes et était fondé sur une idée solidaire de mise en commun des moyens pour faire face à la crisede l’activité charbonnière qui s’annonçait. C’est en 2000 que ce District Urbain sera transformé enCommunauté d’Agglomération. Aujourd’hui elle regroupe donc 36 communes et environ 252.000habitants. La CALL et le territoire sont donc marqués par ce passé minier qui les a plongé dans desdifficultés économiques et sociales importantes. Comme il l’est rappelé dans le Rapport d’Activités2011 de la CALL, elle « demeure l’une des Communautés d’Agglomération les plus pauvres deFrance ». Cependant les efforts sont fournis pour revitaliser le territoire autour de « filières d’excel-- le développement durable autour du site du 11/19 à Loos-en-Gohellelence » porteuses d’avenir et en interactions avec le musée du Louvre-Lens :- le numérique dédié à la culture- les métiers d’art- la logistique avec la plate-forme multimodale de Dourges et son centre de formation- le sport, la santé et le bien être autour de l’Arena stade couvert régional de Liévin VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 11
  11. 11. INTRODUCTIONPrésentation de la structure Obligatoires, optionnelles ou facultatives la CALL exerce les compétences listées dans la figure 3. Le développement économique étendu aux domaines de la création, de l’aménagement, de l’entretien et de la gestion de zones d’activités industrielle, commerciale, tertiaire, artisanale, touristique, portuaire et aéroportuaire, ainsi qu’aux actions de développement économique d’intérêt communautaire ; L’aménagement de l’espace communautaire exercé dans les domaines   suivants : schéma directeur et schéma de secteur, création et réalisation de zones d’aménagement concerté d’intérêt communautaire, organisation desCompétences Obligatoires transports urbains ; L’équilibre social de l’habitat : programme local de l’habitat, politique du   logement et notamment du logement social d’intérêt communautaire et action en faveur du logement des personnes défavorisées, amélioration du parc immobilier bâti d’intérêt communautaire ; La politique de la ville : dispositifs contractuels de développement urbain et   d’insertion économique et social d’intérêt communautaire, dispositifs locaux de prévention de la délinquance.  12 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  12. 12. L’eau, compétence globale qui recouvre l’entretien, la rénovation et l’extension des réseaux, mais aussi la distribution en eau potable à l’usager ;Compétences Optionnelles L’assainissement ; La protection et la mise en valeur de l’environnement et du cadre de vie, qui   se traduit par la lutte contre la pollution de l’air, contre les nuisances sonores, l’élimination et la valorisation des déchets ménagers. la gestion de villages de non-sédentaires ;   la gestion d’un refuge intercommunal pour animaux ; la gestion de dépôts de matériaux inertes ; la gestion d’un crématorium réalisé en commun avec la Communauté   d’Agglomération d’Hénin-Carvin ;Compétences Facultatives la mise en place d’un projet d’agglomération comportant l’enseignement secondaire et supérieur, la culture et la communication, les sports, le tourisme, les actions sanitaires et sociales ; l’étude et la réalisation de tout projet, pouvant présenter un intérêt intercommunal dans l’éventualité où les communes intéressées lui en   confieraient la responsabilité ; la gestion des équipements réalisés par ses soins et des services exploités en commun ; l’exercice aux lieu et place des communes de la gestion de plein droit des services énumérés à l’article L-164-4 de l’ancien Code des Communes, remplacé par l’article L-5213-15 du Code Général des Collectivités Territoriales.   Figure 3 : Compétences exercées par la CALL – Source : CALL – Réalisation : Auteur VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 13
  13. 13. INTRODUCTION Pour exercer ces compétences, la CALL, est dirigé par un conseil communautaire regroupant171 délégués issus des communes. Celui-ci est présidé par Monsieur Jean-Pierre Kucheida, députéhonoraire et Maire de la ville de Liévin. 7 commissions instruisent les dossiers et environ 200 agents- un cabinet dirigé par Monsieur Sébastien Plociniczakveillent au bon fonctionnement de l’EPCI organisé selon :- une direction générale dirigée par Monsieur José Gulino La direction générale se subdivise en trois grands départements, l’administration générale,l’aménagement du territoire et les services techniques. Chacun d’eux est lui même composé dedifférents services selon l’organigramme suivant (figure 4). La CALL se comptent ainsi d’environ 200agents. Figure 4 : Organigramme de la CALL – Source : CALL – Réalisation : Auteur14 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  14. 14. LE POSTE DE STAGIAIRE «ÉCO-CITÉS DU LOUVRE» Rattaché directement auprès de Monsieur Bruno Galus, Directeur Général Adjoint en chargede l’Aménagement du Territoire, ma mission a été principalement de travailler sur le concept desÉco-Cités du Louvre. Dans un premier temps, il s’agissait de préciser les attentes regroupées souscette dénomination afin de définir et de proposer une base de réflexion sur ce sujet. Pendant lavalidation politique des réflexions j’ai travaillé à la rédaction d’un cahier des charges pour une étudeurbaine et sociale visant à développer une stratégie de projets selon ces principes, objectif final dansle cadre de ce stage. Au fil des réunions des différents acteurs et de la précision du projet, notamment de son arti-culation avec les autres marchés régissant la démarche Euralens, le cahier de charge a beaucoupévolué. Dans sa dernière mouture il défini alors une étude de programmation urbaine dont l’aspectsocial et l’étude du peuplement revêt une grande importance. Figure 5 : Communauté d’Aggllomération de Lens-Liévin, Site Lavoisier VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 15
  15. 15. 16 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  16. 16. 1 La densification, panacée de la ville durable ? A | Causes et enjeux De L’étalement Urbain B | La Maîtrise De La Consommation De L’espace Et La Densification C | La Densité En pratiqueVERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 17
  17. 17. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?A | CAUSES ET ENJEUX DE L’ÉTALEMENT URBAIN L’étalement urbain (statistiques) L’effet de la construction et des projets d’aménagement sur l’occupation des sols peut êtretraduit selon divers indicateurs. S’ils doivent être maniés avec prudence, selon les échelles géogra-phiques et temporelles et particularités de calcul qui correspondent à chacun d’eux, nous verronsqu’ils convergent sur des conclusions liées à l’étalement urbain. En réalité l’étalement urbain est défini par l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE)par le fait que « la surface urbanisée croît plus vite que l’augmentation de population ». En croisantles données du SOeS, CORINE Land Cover (CLC) avec ceux d’Eurostat et de l’Institut National de laStatistique et des Études Économiques (INSEE) on peut alors dresser un tableau comparatif (figure6) comme Françoise Nirascou (CGDD-SOeS, 2012) le fait. Selon la définition de l’AEE, la différenceentre le taux d’évolution des surfaces urbanisées et celui de la population sur une période identiqueaboutit à un indice sans unité, représentatif de l’étalement urbain sur la période. Il y aurait alors éta-lement urbain si l’indice est supérieur à zéro. Evolution des sur- Evolution des sur- Evolution de la po-   faces artificialisées faces urbanisées Indice d’étalement pulation entre 2000 entre 2000 et 2006 entre 2000 et 2006 urbain* et 2006 (en %) (en %) (en %) Europe à 27 hors 2,7 1,7 2,9 -1,2 Royaume-Uni et Grèce France Métropolitaine 3 2,1 4,4 -2,3Valeurs Min. : 1,4 1 4,1 -3,1régionales en AlsaceFrance Métro- Max. :politaine Pays de la 5,7 4,7 6,2 -1,5 Loire* indice sans unité, construit selon la définition de l’Agence Européenne pour l’Environnement par différence entre le taux d’évolutiondes surfaces urbanisées et celui de la population sur des périodes identiques Figure 6 : Comparatif des évolutions de surfaces artificialisées, urbanisées et de population – Source : SOeS, CLC ; Eurostat ; INSEE ; Françoise Nirascou D’après la figure 6, il n’y aurait donc pas eu, au sens de l’AEE, d’étalement urbain entre 2000et 2006 à l’échelle de l’Europe et à celle de la France Métropolitaine. On peut également considérer l’évolution temporelle du gradient de densité. En effet la densité,de logements ou de population est toujours plus forte dans les centres urbains qu’en périphérie (pardéfinition du centre urbain). Son gradient exprime alors à quelle vitesse elle décroit en fonction del’éloignement du centre. Ainsi plus un gradient de densité est élevé, plus la ville est concentrée et sadensité décroit rapidement vers la périphérie. L’évolution dans le temps de ce gradient peut donctraduire la tendance de la ville étudiée à se densifier (augmentation) ou à s’étaler (diminution). C’estce que l’on peut étudier sur la figure 7. Ces calculs témoignent alors un étalement des aires urbainesde province que sont Lille et Lyon, alors que celle de Paris, déjà très dense fluctue.18 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  18. 18. L’INSEE appréhende l’étalement urbain par sa propre notion d’unité urbaine. Les unités ur-baines sont définies par « les ensembles de communes «entre lesquelles il n’y a pas de coupurede plus de 200 mètres et dans lesquelles résident au moins 2 000 habitants ». L’INSEE peut ainsidéterminer les évolutions à chaque renouvellement de la base. Ainsi, entre 1999 et 2010, 1 368communes sont passées d’un espace rural à un espace urbain, ce qui correspond à une augmen-tation de 19% de la surface du territoire constitué par ces aires urbaines. Elles sont donc passéesde 100 000 km2 à 119 000 km2. L’INSEE signale également que cette évolution semble d’accélérer. Figure 7 : Calcul et évolution temporelle des gradient de densité de population pour les villes de Paris, Lyon et Lille – Source : Françoise Nirascou (2012) En traitant les informations des permis de construire délivrés, le SOeS a également mis au pointla base statistique Sitadel. Un travail d’anonymisation est nécessaire mais fournit des données trèsprécises. Une des analyses appliquée à cette base est l’étude de la distance moyenne des construc-tions neuves au centre urbain. Ainsi, le tableau de la figure 8 témoigne de l’étalement urbain pourdifférentes aires urbaines. Les résultats diffèrent selon les aires urbaines mais sur l’ensemble on peutconstater un étalement urbain important entre 1990 et 2001 puis son ralentissement jusqu’en 2010.Cet outil ne donne cependant qu’une information de distance et non d’espace consommé. Figure 8 : Distance de la construction neuve par rapport au centre des aires urbaines – Source : SOeS, Sitadel (2012) VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 19
  19. 19. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ? Plus simplement, on peut considérer un sol « consommé » lorsqu’il accueille un aménagementou un équipement physique. On parle alors d’artificialisation des sols, laquelle est le plus souventirrémédiable. La consommation d’espace est alors l’artificialisation d’un sol qui ne l’était pas aupara-vant. Sur le principe, l’étude de son évolution semble simple. Il n’en est rien et plusieurs techniquesexistent allant de la projection statistique à l’observation satellitaire en passant par l’étude cadastrale.Encore une fois les avantages et inconvénients de ces techniques dépendent de l’échelle étudiée. Ainsi la technique statistique de la source Teruti-Lucas permet de travailler au niveau nationalou régional et traduit les changements rapidement puisqu’elle est renouvelée annuellement. À l’inverse, l’utilisation des données cadastrales est beaucoup plus fine et est donc particuliè-rement utile à l’échelle communale. Cependant, elle doit être pondérée puisqu’elle ne prend pas encompte les espaces publics générés et ne peut actuellement pas servir de base de comparaison àl’échelle européenne. Figure 9 : Portail Corine Land Cover France – Source : CLC Enfin, la source Corine Land Cover, crée des cartographies (figure 9) désignant l’usage del’espace et peut également prendre en compte son ancienne affectation, à partir d’image satellite.Elle est renouvelée tous les six ans et son principal inconvénient provient de la résolution que cetraitement impose (25 ha pour l’état des sols et 5 ha en évolution). En effet, les évolutions minimesne sont pas toujours prises en compte. On éprouve par exemple des difficultés à mettre en évidencele phénomène de mitage avec cet outil. Des évolutions sont attendues et devraient aboutir à un20 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  20. 20. renouvellement de l’information plus rapide (3 ans) et une résolution plus importante (1 ha au lieu de5 ha). Le dernier renouvellement des données a permis de déterminer qu’en 2006, 5,1% de l’espaceest artificialisé en France Métropolitaine. Entre 2000 et 2006 la surface artificialisée a progresséede 3%. Ces 3% sont majoritairement pris (88%) sur des terres agricoles, le restant l’étant sur desmilieux naturels. L’étude montre également que 75% de cet espace est utilisé pour la création detissu urbain (souvent discontinu) et 12% pour des zones industrielles et commerciales (UE, SOeS,CLC, base des changements 2000-2006). Les villes prennent donc de plus en plus d’espace en France. Elle recouvre alors d’anciensespaces agricoles ou naturels précieux. L’augmentation de la population doit être mise en parallèlede ces statistiques, mais tentons de comprendre comment ce phénomène prend de l’importance. Quelques raisons Le logement est donc la première raison de consommation d’espace. La population augmen-tant en moyenne de 0,56% par an (entre 1960 et la fin des années 2000), il est normal que nousayons besoin de plus en plus de logements.Figure 10 : Évolutions annuelles moyenne de la population et du nombre de logements en France Métropolitaine (en %) – Source : INSEE, SOeS (Alain Jacquot) Cependant le nombre de logement est plutôt lié au nombre de ménages. En effet chaque mé-nage a une résidence principale. Or c’est le nombre de ménage qui a considérablement augmentéen France ces dernières années : d’en moyenne 1,32% par an sur la même période. Ceci s’expliquepar une baisse considérable du nombre de personnes par ménage (0,74% par an). En effet, alorsque le nombre de personnes par ménage était de 3,06 en 1968, il était descendu à 2,29 en 2007.Dans les années 80, cette baisse était le résultat du ralentissement du baby-boom entrainant unnombre d’enfant par ménage moins important. L’amélioration du système de retraite, permettantune meilleure autonomie des personnes âgées dans leur foyer a également eu de l’influence. Puisdans les années 90, le vieillissement de la population ainsi que les évolutions sociologiques autourdu mariage ont continué à alimenter cette baisse. En effet, le vieillissement implique un nombreimportant de ménages dont les enfants ont pris leur autonomie, et le désaveu du mariage impliqueun nombre plus important de personnes vivant seules, et de familles monoparentales (Alain Jacquot,CGDD-SOeS, 2012). VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 21
  21. 21. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?Figure 11 : Évolution de la surface habitable par personne selon différents critères – Source : INSEE, SOeS, Alain Jac- quot En quarante ans, le nombre de logements en France a été multiplié par 1,7. Dans le mêmetemps et sous l’effet des phénomènes évoqués précédemment, la surface moyenne des résidencesprincipales est passée de 72,0 m2 en 1973 à 91,2 m2 en 2006. Ce qui correspond à une évolutionde 24,6 à 40,1 m2 par personne. En moyenne, le nombre de pièce d’une résidence principale étaitde 3,3 pièces en 1968. Elle était passée à 4,0 pièces en 2007. Ceci peut encore une fois s’expliquerpar le vieillissement de la population. En effet, et comme le montre la figure 11, la surface habitablepar personne croit avec l’âge. C’est principalement le fait du parcours résidentiel qui permet envieillissant de bénéficier de biens plus importants. De plus, très peu se détachent de ce bien mêmeune fois que les enfants ont quitté le foyer. L’augmentation du nombre de personnes vivant seulesest également responsable de cette hausse, puisqu’elles en consomment évidemment plus.22 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  22. 22. De cette façon, Alain Jacquot (2012) a pu calculer que la surface habitable cumulée des loge-ments en France Métropolitaine a été multipliée par 2,3 en quarante ans. Il signale également la pro-babilité que « la surface cumulée des parcelles d’habitation a été multipliée par davantage que 2,3(sans qu’il ne soit possible de donner un chiffre précis) ». En effet la proportion de l’habitat individuela considérablement augmenté dans le volume des logements construits. Plus de 60% depuis 1975alors qu’il était aux alentours de 40% depuis la fin de la seconde guerre mondiale (figure 12). De pluscomme le montre la figure 12, la taille moyenne des parcelles sur lesquelles cet habitat individuelse construit a également augmenté selon les mêmes périodes. Concernant le collectif, leur taillemoyenne a beaucoup diminué depuis les années 80. Figure 12 : Surface des logements, des terrains et nombre d’étage des bâtiments d’habitation en 2006, selon leur époque de construction – Source : Alain Jacquot (2012) Pour trouver plus de parcelles, de tailles plus grandes, il faut s’écarter du centre ville. Ceci n’aété possible que par l’amélioration des moyens de transport. En effet on parle ici principalementde logements puisque le travail se situe en grande partie dans les grandes villes. Dès lors c’est ledéveloppement du transport qui permet d’atteindre ces zones périurbaines. En effet, le choix del’habitation d’un ménage se fait selon un choix de localisation de confort et de temps de trajet pourses activités (travails, loisirs …). Le développement de l’usage de la voiture et de ses infrastructuresparticipe donc à l’étalement urbain. Dans les années 60, la France investit massivement dans des autoroutes au niveau national etde façon plus locale dans des rocades pénétrantes dans les villes. Les conditions de voyage s’amé-liorent et il est désormais possible d’aller plus loin plus rapidement. Ce phénomène est lié aux pro-grès techniques, des routes, des voitures et aussi à une croissance économique compatible. Cela VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 23
  23. 23. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?a donc pour conséquence une augmentation générale des vitesses et les individus vont se logerencore plus loin du centre-ville. L’étalement urbain semble donc pouvoir s’expliquer par des critères démographiques, socié-taux et par des avancées technologiques. Alors que ces critère semblent continuer leur évolutiondans le même sens, tentons de nous projeter dans la situation à laquelle nous aboutirons si rien n’estfait. À l’avenir Sur le plan démographique, la population française semble continuer de progresser de la mêmefaçon (+0,5% par an environ selon l’INSEE), tout comme l’augmentation du nombre de ménage.Ainsi Alain Jacquot estime que le nombre moyen de personnes par ménage diminuerait jusqu’àatteindre 2,0 en 2030. À l’inverse, la surface habitable moyenne par personne devrait continuer deprogresser. En effet, l’inverse traduirait une situation économique désastreuse pour le pays, entrai-nant une baisse considérable du niveau de vie des ménages. En revanche, l’augmentation des prixdes carburants qui se profile, peut commencer à influencer les choix de logements des ménages. Eneffet, le choix d’aller s’installer plus loin pour diminuer les charges foncières sera de moins en moinspertinent face aux coûts engendrer par les trajets domicile-travail. Le bilan français est néanmoins alarmant, les 4,85 millions d’hectares qui étaient artificialisésen 2009 représentent 9% du territoire en France Métropolitaine. Plus que cela, c’est l’accélérationdu phénomène qui est à prendre en compte. En effet, entre 2006 et 2009, l’artificialisation des solsgrignote en moyenne 86 000 hectares par an. « À ce rythme, (…) les espaces agricoles et naturelsperdent 236 hectares par jour, ce qui correspond à la superficie d’un département français moyen(610 000 hectares) tous les sept ans » (Paul-Michel Morel et René Jean, 2010). Lors de la dernièredécennie, l’artificialisation correspondait à un département tous les dix ans. Très variable selon lesdépartements elle n’en est que plus critique dans certains d’entre eux (Bas-Rhin, Vendée, Côtes-d’Armor, Manche) où le gain d’artificialisation dépasse 1%. La demande de logement étant importante en France il peut sembler contradictoire de mettredes limites à la construction. Cependant, la moitié des sols consommés, l’est à destination del’habitat. L’artificialisation des sols est un enjeu de tout premier ordre, tant elle est liée à des pro-blématiques écologiques, environnementales, agricoles, climatiques, alimentaires, économiques etsociales. Son accélération ces dernières années est inquiétante et n’est pas passée inaperçue. Uncertain nombre de dispositifs ont donc été imaginés afin d’endiguer ce grignotage des terres agri-coles et naturelles.24 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  24. 24. B | La Maîtrise De La Consommation De L’espace Et La Densification Si réglementairement et stratégiquement on peut limiter l’étalement urbain et l’artificialisationdes sols, on ne peut s’en contenter. En effet, la pénurie de logements doit également être traitée etconstruire plus de logements sur moins d’espace revient à développer une forme de densification. Le cadre législatif Les bases de la lutte contre l’étalement urbain ont été posées le 13 décembre 2000 par la loirelative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain (SRU) (Loi n° 2000-1208). Elle fait suite aux poli-tiques de lutte contre les disparités sociales et spatiales des années 1980 principalement dans lesgrands ensembles. Elle vise à créer une nouvelle manière d’aménager, en travaillant sur des quartiersexistants. Il s’agit alors de rénover le cadre législatif des politiques d’aménagement et propose lerenouvellement de la ville sur elle même comme principe contre l’étalement urbain. Des disposi-tifs d’incitations fiscales, de création de sociétés d’investissement régionales sont proposés pouravancer sur les premières pistes en la matière : renouveler les espaces déjà urbanisés afin d’éviterle déclin de ces zones et de ne pas générer de « fracture urbaine », limiter les développements péri-phériques et enfin planifier les rapports ville-environnement. La loi de programmation pour la ville et la rénovation urbaine viendra compléter la loi SRU le 2août 2003. Concernant la lutte contre l’artificialisation des sols, elle met en place un dispositif à courtterme contre la pénurie de terrain. Il consiste à rendre indisponible certains terrains pour la construc-tion de logements. Elle crée également l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) le9 février 2004. Elle permet principalement d’apporter les financements nécessaires aux projets derenouvellement urbain dans les quartiers les plus en difficultés. La loi Engagement National pour l’Environnement (ENE) du 12 juillet 2010 (Loi n° 2010-788),dite loi Grenelle 2 est le dernier dispositif législatif mis en place sur la question. Elle affirme le rôledes outils réglementaires (PLU) et stratégiques (SCOT) de l’urbanisme dans la gestion économedes sols. En effet ces documents doivent prévoir dès le rapport de présentation une « analyse de laconsommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers » (art. L123-1-1 al. 3 du Code de l’urba-nisme). De plus ils doivent en articulation l’un avec l’autre fixer des objectifs justifiés de consomma-tion de l’espace. En effet le PADD doit alors fixer des « objectifs de modération de la consommationd’espace et de lutte contre l’étalement urbain » (art. L123-1_3 du Code de l’urbanisme). Le rapportde présentation doit alors justifier « des objectifs compris dans le PADD au regard des dynamiqueséconomiques et démographiques » (art. L123-1-2 al. 4 du Code de l’urbanisme). À noter égalementle rôle de l’état déconcentré : le préfet a un droit de regard sur les Plans Locaux d’Urbanisme deterritoire non couvert par un Schéma de Cohérence Territoriale. En terme de densification, la loi Grenelle 2 évoque par exemple deux cas précis. L’alinéa 13°bisde l’article L123-1-5 prévoit « dans des secteurs situés à proximité des transports collectifs existantsou programmés, imposer dans des secteurs qu’il délimite une densité minimale de construction ».Ceci est un élément marquant qui contraint une stratégie efficace liant le développement des infras-tructures de transport avec celle de densification. Or nous avons démontré les influences mutuellesde ces deux champs. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 25
  25. 25. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ? Le deuxième exemple concerne les Coefficient d’Occupation des sols. La loi prévoit en effet depouvoir dépasser ce coefficient dans certaines conditions : « Un dépassement des règles relativesau gabarit et à la densité d’occupation des sols résultant du plan local d’urbanisme ou du documentd’urbanisme en tenant lieu peut être autorisé, par décision du conseil municipal ou de l’organe déli-bérant de l’établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan locald’urbanisme, dans la limite de 30% et dans le respect des autres règles établies par le document,pour les constructions satisfaisant à des critères de performance énergétique élevée ou alimentéesà partir d’équipements performants de production d’énergie renouvelable ou de récupération ». Maisce dépassement ne peut excéder 20 % dans un secteur sauvegardé, dans une zone de protectiondu patrimoine architectural, urbain et paysager, dans le périmètre de protection d’un immeuble clas-sé ou inscrit au titre des monuments historiques, dans un site inscrit ou classé, à l’intérieur du cœurd’un parc national, ni aux travaux portant sur un immeuble classé ou inscrit au titre des monumentshistoriques ou adossé à un immeuble classé, ou sur un immeuble protégé » (art. L128-1 du Codede l’urbanisme). Ces documents forment donc un cadre législatif et stratégique conséquent et permettant demettre en place des dispositifs ambitieux en terme de préservation des zones naturelles et agricoles.Cependant les objectifs fixés dans ces documents ne sont pas contraignants, c’est à dire que lacommune ou l’EPCI responsable du document n’a pas d’obligation de résultat sur l’exécution decelui-ci. Sous la pression des promoteurs, des investisseurs et des propriétaires, on peut craindreque l’ouverture à l’urbanisation perdure. De plus, l’échelle intercommunale semble être la meilleuresolution pour cette dimension stratégique. En effet, développer certains aménagements de qualitéet d’ampleur suffisante peut permettre de préserver certaines zones de l’étalement urbain. Cesréflexions sont considérées dans le cadre des SCOT et des PLU intercommunaux mais ils ne sontpas encore généralisés. « Le plan local d’urbanisme est élaboré à l’initiative et sous la responsabilitéde l’établissement public de coopération intercommunale lorsqu’il est doté de la compétence enmatière de plan local d’urbanisme, en concertation avec les communes membres. (…) Dans lesautres cas, le plan local d’urbanisme est élaboré à l’initiative et sous la responsabilité de la com-mune, le cas échéant en concertation avec l’établissement public de coopération intercommunaleà fiscalité propre dont elle est membre » (art. L123-6 du Code de l’urbanisme). L’échelon intercom-munal est tout de même privilégié puisque le législateur fait du PLU intercommunal le principe et duPLU communal l’exception. Les deux principes majeurs avancés dans ces documents sont donc, la limitation de l’étalementen renforçant les contraintes d’ouverture à l’urbanisation et le développement d’une certaine formede densité permettant à la ville de se développer malgré tout. Si les lois évoquent ces opérations dedensification ou de projets favorisant la densité, elles ne donnent pas de solutions concrètes. Dèslors, comment crée-t-on de la densité dans un projet urbain ?26 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  26. 26. Densité(s), quelques définitions La densité est le rapport entre un élément quantifiable (habitant, emploi, mètre carré de plan-cher etc.) et la surface d’un espace de référence. Elle peut être faible ou forte et plus ou moins bienperçue selon qu’un équilibre «subtil» s’établit entre ces différents indicateurs : la concentration depopulation, l’intensité de l’activité, la densité du bâti, la proportion d’espaces verts publics, etc. Ense complétant, ces indicateurs permettent une appréhension plus globale du concept de densité. On distingue alors plusieurs éléments de mesure de la densité :‐‐ Le Coefficient d’Occupation des Sols (COS), qui est un élément réglementaire traduisant un« droit à bâtir », c’est le rapport de la surface constructible sur la surface de la parcelle. Ainsi, il netraduit pas d’imposition de forme, puisque la surface constructible peut se répartir sur un ou plu-sieurs étages.‐‐ La densité bâtie ou réelle, elle considère l’emprise au sol, ainsi que le nombre d’étages. Ainsiil s’agit du rapport entre le Coefficient d’Emprise au Sol (CES) multiplié par le nombre moyen deniveaux des constructions sur la surface de l’îlot considéré. En fonction de la finesse des parcellesconsidérées, on calcule la densité nette ou brute. La première prend en compte la réelle occupationdes sols tandis que la deuxième compte également les espaces publics (équipements collectifs,voiries etc.)‐‐ La densité de population, simple rapport du nombre de logements sur une surface donnée.Les interprétations de cette densité dépendent de l’échelle choisie (de la ville à l’îlot). Elle s’exprimealors en habitants par km2 ou en habitants par hectare.‐‐ Sur le même principe on peut alors décliner des densités d’emplois voir d’activité humaine(nombre d’habitants + nombre d’emplois) Source : IAURIF, 2005 VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 27
  27. 27. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ? (Re)sentir la densité De façon générale, parler de densité, de densification ou de ville dense fait peur. Dans l’imagi-naire collectif, la densité est souvent assimilée à des formes urbaines imposantes comme les toursou les grands ensembles. En réalité, et comme le montre la figure 13, densité et forme urbaine nesont pas liées. On peut obtenir la même densité réelle (c’est à dire en nombre de logements parhectare) avec une tour qu’avec un tissu de logements individuels. Figure 13 : Modulations morphologiques à densité fixe – Source : IAURIF (2005) La figure 14, dont le «  classement  » par densité bâtie ne traduit pas forcément le ressentides populations, vient renforcer ce sentiment. En effet, les grands ensembles ont par exemple unedensité bien plus faible (inférieure à 1) qu’un habitat de centre ville ou de centre bourg traditionnel.Pourtant, les habitants de ces grands ensembles évoquent souvent cette sensation de vivre les unssur les autres. Comme l’indique Alexis Roy (DREAL Pays de la Loire, 2012), « les grands ensemblescristallisent les jugements négatifs liés à la densité (surpopulation, anonymat, précarité, insécurité,cadre de vie dégradé) alors que l’habitat individuel dense ou l’habitat intermédiaire, qui peuventatteindre des niveaux de densité bien supérieurs, sont perçus plus positivement ». La perception dela densité est donc largement fonction de la qualité des aménagements.28 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  28. 28. La façon de faire la densité est donc aussi importante que la densité elle même. Elle doit êtreacceptable voire même désirable pour les habitants qui la pratiqueront. Pour cela la densité doitprendre en compte l’existant et intégrer la densité à un projet plus ambitieux que le simple objectifde densification. Figure 14 : Quelques formes urbaines classées par densité bâtie – Source : IAURIF (2005) La qualité de la ville dense, vers la ville intense Certains préfèrent alors parler d’intensification. Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU)mène par exemple sa politique de la ville et ses projets de développement urbain sous des objectifsde ville intense. Ceux-ci sont détaillés dans une délibération-cadre intitulée faire la Ville intense depuis2009. La notion de Ville intense y est résumé comme « une ville qui marie la qualité à la compacité ». Le principe général est de ne pas voir la densité comme une simple densité bâtie ou de popu-lation. En mettant en avant un souci de qualité, l’intensité urbaine suggère une densité à niveaux- d’accessibilité, rapprochant une multitude de lieu par des liaisons douces comme par des trans-multiples au centre d’enjeux divers :- d’équipements et d’aménités (commerces et services, parcs et jardins, équipements sportifs etports en commun selon l’échelle- de mixité sociale et fonctionnelle, permettant, via certaines valeurs de partage et de solidarité, deculturels etc.), répartis intelligemment, notamment en rapport avec l’accessibilitécontribuer à la réduction des inégalités et à la lutte contre les exclusions, de favoriser l’innovation et- de maillage urbain, visant, grâce aux éléments évoqués ci-dessus, à ce que quartiers nouveaux etl’enrichissement mutuel, enfin elle agit sur la cohésion et l’intégration des populations- des enjeux environnementaux, afin de réduire les dépenses énergétiques et les pollutions, de lesanciens s’alimentent réciproquement dans de bonnes dynamiquestraiter efficacement et de préserver, voire de renforcer la biodiversité grâce à la mutualisation. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 29
  29. 29. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ? De façon plus concrète, d’autres éléments participent à l’acceptabilité de la densité. Ainsi, ledesign architectural et urbain, la qualité des espaces publics, la présence d’espaces verts ou encorela mixité des usages sont primordiaux dans l’appréhension de la densité. En effet, dans ce domaineon peut se risquer à évoquer quelques préconisations de base comme le respect du tissu existant,de l’échelle humaine, la variation des hauteurs permettant de créer des perspectives ainsi que desformes, notamment ouvertes permettant la présence d’espaces extérieurs publics ou privatifs géné-rateurs de mixités… Mais la densification doit surtout se faire avec son environnement. Elle doit êtreinnovante afin de pouvoir faire du nouveau projet un élément créateur d’interactions avec l’existantet ainsi de limiter son impact voire d’améliorer la vie du quartier. Dès lors, on peut appliquer et développer la densité par des processus de qualité. Cependantles façons de faire diffèrent selon les territoires. En effet la densification dépend de la typologie duquartier traité et plus généralement de la densité déjà existante. La densification en milieu urbain- Des opérations de renouvellement urbain de qualité qui permettent par leur montage d’inscrire la En ville, dans un milieu ayant déjà une certaine densité, elle peut y être développée grâce à :densité au centre du nouveau projet et de prendre profondément en compte les enjeux déjà évo-qués.Figure 15 : Euratechnologie, dans l’ancien château industriel Leblan-Lafonts, au cœur de la ZAC des Rives de la Haute-Deûle qui regroupera à terme 170 000 m2 de logements, 150 000 m2 d’activités tertiaires de recherche et de formation, 5 000 m2 de commerce et 20 000 m2 d’équipements30 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  30. 30. - L’utilisation de friches afin de tirer avantage des coupures dont elles sont généralement créatrices.En effet la conception de nouveaux projets d’aménagements sur d’anciennes friches permet dedévelopper la ville sur elle même. Ce type de foncier est généralement public, grâce au travail desÉtablissements Publics Fonciers (EPF). En revanche ils nécessitent souvent d’être innovant afin detraiter les problématiques de pollution à des coûts acceptables. LMCU et sa ville intense s’inscriventdans cette démarche avec 250 ha de friches traités entre 2001 et 2007, ainsi que 260 autres ha enprojet. Dans le cadre de la métropole lilloise, les friches, importantes et en grands nombres, per-mettent de faire émerger des projets de grandes envergures tels que la ZAC des Rives de la Haute-Deûle à Lille-Lomme-Lambersart ou encore la ZAC de l’Union à Tourcoing-Roubaix-Wattrelos. Figure 16 : Plan directeur de la ZAC de l’Union qui accueillera à terme plus de 3 000 habitants et autant d’emplois sur- Proche du point précédent, la reconversion de bâtiments non résidentiels (industriels, institution- une ancienne friche – Source : SEM Ville Renouvelée- Le développement de projet dans les dents creuses aussi appelé développement intercalairenels, commerciaux, religieux etc.) permet de créer des logements.consiste à utiliser les terrains résiduels entre le bâti existant. Ces dispositions n’ont rien d’anec-dotiques et contribuent souvent à la revitalisation de certains quartiers. La démarche de référentielfoncier, initialement impulsée par les EPF, permet d’identifier efficacement ces potentialités. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 31
  31. 31. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ? La périurbain comme territoire de projet De la même façon, la densification ne doit pas être oubliée dans le périurbain ou les milieuxmoins denses. En effet, la périurbanisation ne doit pas être considérée comme un territoire pestiféré.Si l’artificialisation de ces sols est irréversible, autant les exploiter un maximum et les englober dansla « ville de demain ». Ainsi, la périurbanisation pourrait être vu comme un projet et non plus comme un problème,« passer de la ”lutte contre” aux ”politiques de” » (Stéphane Cordobes, Romain Lajarge et MartinVanier, 2010). Il s’agirait alors de mener une politique de la périurbanisation, de la développer, non enterme d’expansion, mais en terme de qualité. C’est à dire lui donner un sens plutôt que de s’épuiserà échouer de la contenir. Dans le cadre des études prospectives de la Délégation interministérielle àl’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale (DATAR) intitulées Territoires 2040 les troischercheurs de la DATAR et de l’université de Grenoble 1 ont élaboré cinq scenarii de projets pour leszones périurbaines. Chaque scenario traduit à la fois le fait que l’évolution de chaque zone dépendde son contexte territorial (il n’y a pas un unique type de périurbanisation en France), et une situationgénérale différente allant de contraintes environnementales critiques à des progrès techniques nouspermettant de les dépasser. Le premier scenario proclame le triomphe de la densification : « l’urbain compacte l’emporte,digère le périurbain en le densifiant, et la périurbanisation s’arrête ou devient un phénomène secon-daire ». Il suggère alors un développement très différent de la ville et de la campagne, alors destinéà l’agriculture. Les problématiques de la ville telles qu’elles existent sont alors toujours présentes,voire exacerbées. Le second, au contraire, consacre l’espace diffus : « la dispersion généralisée s’impose, grâceaux solutions techniques rendant les faibles densités soutenables et l’accès au confort spatial dési-rable ». Il anticipe des solutions techniques et technologiques abordables et permettant la soutenabi-lité de la mobilité et de l’habitat individuel pour tous. Les problématiques de l’aménageur deviennentalors principalement de la logique foncière puisque le modèle est individuel et privé au sein dechaque propriété. Le troisième est plus à l’avantage des périphéries : « l’enjeu agrinaturel est central et structurede nouveaux rapports villes-campagnes, et les espaces intermédiaires, jadis périurbains, deviennentdes conservatoires périruraux ». Dans cette situation, la situation environnementale est telle que lesespaces naturels doivent être impérativement préservés. Les périphéries de part leur proximité avecceux-ci en deviennent les remparts et jouissent de leur bienfait. Les projets de développement s’arti-culent alors autour des espaces périurbains plutôt qu’urbain sans toutefois continuer de s’étendre. Le quatrième prévoit une grande collaboration entre les métropoles : « l’interterritorialité orga-nise l’ancien périurbain, entre les métropoles et entre les territoires, par tous leurs sites et fonc-tions d’interface ». Les espaces périurbains sont alors considérés comme autant d’interfaces entreces métropoles, autant de support au développement de polarités secondaires permettant l’accueild’autres fonctions (logistiques, équipements de transport, équipements récréatifs etc.). L’État serait32 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  32. 32. donc au centre de ces projets et organiserait la coordination de tous ces projets aux différenteséchelles du territoire. Enfin le dernier scenario consacre totalement l’urbain, dans une situation catastrophique : « lepériurbain est réquisitionné pour son intérêt écologique global par les villes qui dominent leur régionet équilibrent ainsi leur empreinte, dans un contexte de très fortes contraintes environnementales ».La situation écologique est telle que la maîtrise foncière doit être totale et la ville se voit contrainte devivre et de se développer sur elle même. L’équilibre ainsi formé serait donc très fragile. Le deuxième scenario fait figure d’exception dans ces projections. En effet, il est le seul àrenoncer à l’action publique. Se réfugiant derrière une logique progressiste qui rendrait n’importequel aménagement soutenable, il laisse le marché réguler le territoire. Les aspects ségrégatifs misen avant dans certains autres scenarii seraient également présents dans une telle situation, de façonmoins concentrée mais peut être plus forte encore. Il constituerait également une fuite en avantconsacrant un modèle artificiellement durable (quel recul sur ces solutions technologiques, ce mo-dèle est-il applicable sur tout le territoire, applicable par les futurs 13 milliards de terriens ?). Excepté le deuxième donc, les scenarii convergent vers la nécessité d’une action publiquevolontariste pour concevoir l’aménagement et l’évolution de ces zones périurbaines. En somme, ils’agit de faire avec la périurbanisation puisqu’elle est là, mais de la réinventer (Martin Vanier proposemême de changer son nom). Si les buts sont différents selon les situations, des nouvelles probléma-- Une certaine « hybridation des aménités ou des biens dont cette position interterritoriale est por-tiques se dégagent sur ces territoires (Martin Vanier, 2011) :teuse ». C’est à dire amener une diversité des fonctions, des usages et des types d’utilisations dessols afin de concevoir un projet collectif pour le territoire. L’idéal de « ville à la campagne » est un bon- Un concept « d’espace public de nature » qui remettrait les dispositifs abstraits de trames vertesobjectif mais les tentatives individuelles n’ont que rarement abouti.et bleues au cœur de l’urbanité positive. Elle pourrait même jouer le rôle urbanistique structurant des- Une « économie transactionnelle, qui pourrait guider les relations entre centres et périphéries » afinrues et places de la ville.d’appréhender ces enjeux collectivement, par complémentarité entre développement et accès auxressources. Une des idées principales de cette réflexion est de promouvoir des logiques collectives pourrepenser le territoire périurbain et ces territoires de façon collaborative. Si le Partenariat Public Privé(PPP) est particulièrement mis en avant dans le rapport, d’autres solutions sont expérimentées :c’est le cas du projet Build In My BackYard (BIMBY) qui prône un urbanisme collaboratif. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 33
  33. 33. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ? La filière BIMBY Figure 17 : L’intensification pavillonnaire selon le projet BIMBY – Source : BIMBY34 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  34. 34. BIMBY est un projet de recherche sélectionné en 2009 par l’Agence Nationale de Recherche(ANR) dans le cadre de son appel à projet « Villes Durables ». Il rassemble dix partenaires publics :les Communautés d’Agglomération de Rouen et de Saint-Quentin-en-Yvelines, le CAUE de l’Eure,les Écoles Nationales Supérieures d’Architecture de Paris Belleville, Rouen et Marseille, le LATTS(ENPC) et le RIVES (ENTPE), ainsi que deux bureaux d’études du Réseau Scientifique et Techniquedu MEEDDTL : le CETE Normandie Centre (pilote du projet) et le CETE Ile-de-France (co-pilote). Il vise à faire émerger une nouvelle manière de créer la ville en mobilisant le tissu pavillonnaire,son foncier et ses acteurs. Le projet tend à instaurer une dynamique de petits projets avec les acteursde ce milieu et de l’urbain, qu’ils soient habitants, techniciens ou élus. Elaborés spécifiquement, cesprojets sont adaptés à chaque situation et sont également compatibles avec l’intérêt général, c’est-à-dire avec des objectifs de renouvellement urbain, de densification et de mixité sociale et fonction-nelle. Dans cette optique le projet BIMBY préconise d’encourager, de maîtriser et de canaliser cesprojets grâce à des règles d’urbanisme pertinentes et de mettre en place un dispositif de conseilpour chacun de ces projets. BIMBY serait alors une réponse aux problématiques de la ville durable. Économiquement, lesprojets élaborés sur du foncier maitrisé sont donc particulièrement viables. La production d’unequantité de logements intéressante (selon des études statistiques et prospectives sur le tissu pa-villonnaire français, la filière BIMBY pourrait créer 150 000 terrains à bâtir supplémentaires par année)sans étalement urbain et donc sans engendrer de pression foncière est un atout d’un point de vueenvironnemental. Et enfin les projets portés l’étant pour beaucoup par les habitants sont alors autantd’entrées permettant de créer des synergies dans un quartier. BIMBY se base donc sur les potentiels projets des habitants. L’équipe a donc entrepris detester sa démarche directement auprès de ceux-ci en les rencontrant. À travers deux expérimenta-tions, ils ont cessé de discuter entre techniciens et élus de ce que les habitants souhaiteraient ou nesouhaiteraient pas et sont allés massivement à leur rencontre. Au Tremblay-sur-Mauldre puis aux Essarts- le-Roi dans les Yvelines, chaque habitant le sou-haitant a
 été ainsi invité à être reçu par un « architecte – médiateur » afin de discuter de ses envieset projets et, pour les propriétaires d’une maison, des avenirs possibles de leur propre parcelle. Lafilière BIMBY entendait prouver son potentiel en se donnant les moyens d’une réelle discussion dequalité avec les habitants, c’est à dire en prenant une heure par ménage avec comme support unemaquette 3D élaborée en temps réel. Nombreux sont les habitants qui ont des idées, des projets et qui pourraient libérer des terrainsà bâtir si l’on décidait de faire l’urbanisme avec eux. Sur 140 ménages à avoir fait le déplacement, 6sur 10 sont repartis de ces entretiens en ayant fait dessiner aux architectes un, voire deux logementssupplémentaires sur leur terrain. Cette expérimentation tend à montrer que dans chaque communede France, les jardins des propriétaires de maison constituent un gisement foncier qui pourrait ali-menter une part significative des besoins en logements dans les années à venir. Les équipes BIMBY identifient ce phénomène potentiel comme une « filière libre » de la produc-tion de logement. Cette filière vient en opposition « des filières organisées de l’individuel groupé et du VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 35
  35. 35. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?lotissement ». Celles-ci interviennent à des échelles bien trop importantes pour pouvoir opérer dansles micro-espaces disponibles au sein des quartiers pavillonnaires existants. Cette «  filière libre  »opère à un niveau de granularité extrêmement fin : elle mobilise des acteurs locaux tant du côté maî-trise d’ouvrage (particuliers) que du côté maîtrise d’œuvre (entreprises locales). De cette façon, elleest la plus susceptible de mener efficacement une action au sein de tissus déjà habités et disposantd’une multitude de micro-espaces potentiellement densifiables. Les pouvoirs publics doivent donc se saisir du développement de cette filière pouvant offrirune nouvelle entrée sur les politiques d’aménagement du territoire, de politique foncière, de luttecontre l’étalement urbain, de logements abordables, de maintien des personnes âgées à domicile,de dépendance, de réhabilitation thermique du bâti, de la redynamisation des économies locales dela construction etc. Ils doivent également être capable de la contrôler afin que les conditions de cedéveloppement croisent les intérêts du territoire. Ainsi trois aspects doivent être dégagés et pris en- « un axe générateur » visant à impulser ce phénomène au niveau de tous les acteurs, habitants,compte :- « un axe régulateur » qui consiste notamment à modifier ou mettre en place les documents d’urba-entreprises, élus, techniciensnisme afin qu’ils permettent les aspirations des habitants mais qu’ils ne compromettent pas l’équi-- « un axe systémique » permettant de ne pas laisser totalement la place à cette filière individuellelibre et le développement du reste du territoiremais qu’elle puisse par un jeu de coordination, faire émerger des projets de plus grandes ampleurslorsqu’ils sont valables. Figure 18 : La démarche BIMBY et ses interactions avec la révision des documents d’urbanisme – Source : BIMBY36 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  36. 36. La lutte contre l’étalement urbain se divise donc en deux champs. D’abord la limitation de laconsommation de l’espace par des cadres législatifs nationaux et diverses préconisations localesvisant à restreindre l’artificialisation des sols. Cependant ces mesures ne sont pas encore suffisantesface aux pressions du marché donnant une valeur considérable au foncier et permettant le dévelop-pement « facile » de certains territoires (parfois dépourvus d’autres opportunités). Dès lors, il faut de donner les moyens de créer de la densité, dans tous les milieux. De la den-sité de qualité permettant d’atteindre des objectifs de logements au sein de projets beaucoup plusvastes et transversaux. Ces considérations sont la condition de l’acceptabilité de la densité et sontincontournables. Cette densité de qualité s’applique soit par l’intermédiaire de grands projets, de rénovationsurbaines, d’utilisation friches ou même dans un tissu d’origine moins dense (périurbain), soit par depetites touches en remplissant de véritables dents creuses ou des dents creuses créées par divisionparcellaire. Finalement, densifier consiste avant tout à innover afin de créer le contexte le plus adéquat auxexigences d’un habitat et d’une urbanité-ruralité durable. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 37
  37. 37. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?C | LA DENSITÉ EN PRATIQUE Nous avons vu que la prise en compte de l’artificialisation des sols et de la consommation del’espace est un enjeu mis en avant dans les politiques nationales, qu’elle est traduite législativementet donc intégrée aux problématiques de stratégie territoriale. Ainsi les territoires se dotent de docu-ments stratégiques d’aménagement du territoire visant la mise en place de politiques de préserva-tion des espaces agricoles et naturels et fixant des objectifs stricts d’étalement urbain. Cependantces dispositifs ne sont pour la plupart que des préconisations et ne peuvent se traduire par dessanctions. Dès lors, sous la pression des propriétaires, promoteurs et parfois face à cette seule opportu-nité de développement, les acteurs publics locaux continuent d’autoriser l’urbanisation de certainsterrains. Excepté pour quelques dispositifs spécifiques ayant pris des engagements plus importantscomme certains Parcs Naturels Régionaux (PNR), le phénomène devrait continuer même s’il seralentit. C’est pourquoi, comme nous l’avons évoqué précédemment, certaines études prospectivespréfèrent faire du territoire périurbain un territoire de projet. De plus le développement de la densitéprend encore plus de sens, étant à la fois un moyen de moins s’étaler, mais également de rentabi-liser les opérations foncières. En effet, densifier revient à augmenter les surfaces construites sur unterrain, et donc les surfaces commercialisables. Si les villes anciennes figurent parmi les villes les plus denses, la pratique de la densité dans denouveaux projets n’est pas si récente. Il est donc assez difficile d’avoir un recul et des expériencessur les bénéfices de ces densités. Une densité plus raisonnée en période de crise ? Une réflexion menée par le site eco-quartier.fr incite à orienter les réflexions sur la densité desnouveaux quartiers en France vers des niveaux d’exigences plus bas. En effet les très grandes den-sités développées dans les éco-quartiers français suggèrent des équipements publics de très hautsniveaux et donc très coûteux. L’exemple des transports en commun, à la fois condition et argumentdu développement de la densité, est cité. En effet, pour ces très grandes densités (de l’ordre de100 logements par hectare) des lignes de métro ou de tramway sont mises en place. Or elles sontextrêmement coûteuses, parfois tellement que les collectivités peineraient à investir dans de telsprojets dans le contexte économique actuel. L’hypothèse évoquée pour pallier ce problème seraitune densité moindre de ces quartiers, à l’image de certains éco-quartiers allemands, dont le fameuxquartier Vauban de Freiburg. Ainsi, avec une densité légèrement moins importante, les quartiers nouvellement créés pour-raient se satisfaire d’équipements moins coûteux comme des Bus ou Trolleys à Hauts Niveaux deServices (HNS). Alors qu’une ligne de métro peut être évaluée entre 30 et 80 millions d’euros parkilomètre, une ligne de tramway entre 10 et 20, une ligne de bus ou trolleybus HNS ne coûteraitqu’entre 6 et 10 millions d’euros par kilomètre. Ce raisonnement s’appuie donc sur ces considérations économiques d’investissements pourpréconiser des densités plus faibles et de vanter dans ce cas, une plus grande place laissée aux38 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  38. 38. espaces verts et publics et en fin de compte une meilleure qualité de vie. Si les arguments écono-miques sont contestables (au point d’être révélés par l’auteur lui même, Thomas Berthet : « uneéconomie réalisée ici ne se traduit-elle pas par une autre dépense ailleurs », d’autant plus lorsquel’on considère un quartier dense dont chaque équipement revient moins cher du fait du nombre depersonne qu’il touche par phénomène de mutualisation), ils ont cependant le mérite de soulever lecœur des problématiques liées à la densité : la qualité de vie qu’elle génère. La pratique au cœur de l’acceptabilité Cet article est symptomatique de la peur suscitée par la densité sur les habitants. En effet,abordé le thème d’une densité moins importante a immédiatement conduit l’auteur à imaginer unquartier plus agréable à vivre et plus vert. Comme le soulignait l’Observatoire de la Ville suite à uneétude de janvier 2007 « 65% des français pensent que la densité est quelque chose de négatif ».Sans revenir sur les façons de mesurer la densité et le fait que ce que l’on croit les plus denses ne lesont pas en réalité, la qualité de vie est souvent associée à tord à la densité. En effet, les nouveauxquartiers sont rarement aussi denses que les centres-villes dont le cadre de vie est habituellementapprécié. L’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) a essayé de déterminer si la densité posait problèmeen soit lors d’une étude en 2003. 227 personnes originaires de quatre quartiers parisiens de den-sités objectivement différentes ont ainsi été interrogées. Les résultats démontrent que la hauteurobjective des bâtiments est un critère déterminant de la perception de la densité : plus les habitantsvivent dans des bâtiments hauts, plus ils trouvent celle-ci oppressante et qu’un trop grand nombrede constructions sont présentes dans le quartier. À l’inverse, le tissu resserré et homogène desquartiers les plus anciens procurent un sentiment d’intimité et de bien être. Les petits immeublesconsidérés comme éléments à « taille humaine » sont réputés pour participer aux échanges entre leshabitants. La convivialité et l’animation d’un quartier semblent donc être déterminantes quant à laperception positive de la densité. La diversité de la population, des activités et des espaces pouvantaccueillir des animations est donc primordiale pour l’acceptabilité de la densité. Il ressort également de cette étude que les quartiers dans lesquels la densité est la plus facile-ment acceptée sont les quartiers les plus anciens. Ce sont non seulement ceux qui sont construitsdepuis le plus longtemps mais également ceux qui ont subi le plus de modification. Ainsi cela sug-gère un certain nombre d’ajustements, que la densité ne c’est pas faite en un seul projet. Et c’estbien évident, mais nous avons tendance à l’oublier au moment de faire sortir des (éco)-quartiersdenses ex-nihilo en une seule opération. Les aménagements du projet Lyon Confluence vont à l’opposé de cela. En effet, Michel Des-vignes a proposé un plan d’aménagement dans le temps qu’il appelle processus de transformation.Cela permet ainsi d’avoir une « nature intermédiaire » au fil des étapes, et de la densification du pro-jet. Cela permet aux habitants de s’approprier l’espace et à l’inverse que celui-ci puisse muter enfonction des attentes et usages. Ainsi les espaces extérieurs sont beaucoup plus en lien avec l’habi-tat, et correspondent mieux aux espaces d’échanges et de vie pouvant faire de la densité un atout. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 39
  39. 39. 1 La densification, PanacÉE DE LA VILLE DURABLE ?Bien sûr le processus est ici très accéléré, mais permet d’apporter une dimension supplémentaireà l’appréhension de la densité. Des aménagements similaires ont été proposés pour les aménage-ments de la ZAC de l’Union mais sur un temps plus long cette fois (le projet est censé s’étaler sur15 ans). Nous n’étudierons donc pas en détail les aménagements de différents quartiers exemplaires enmatière de densité, et ayant reçus ou non un bon accueil. On peut en effet, trouver des encenseurset des détracteurs pour chacun de ces projets. Cela traduit avant tout qu’il existe autant de façon defaire la densité que de formes urbaines, voire plus. Nous pouvons alors explorer et exploiter toutesces possibilités afin d’appliquer la densité et les qualités qu’elle peut procurer. La multiplicité de cesaspects permet également de favoriser la diversité sociale, fonctionnelle et d’attente afin de satisfaireharmonieusement le maximum de ménages. Des perspectives BIMBY La filière BIMBY est très récente en France et n’a que deux expérimentations à son actif. Deplus ces premières expériences n’ont pas encore abouti totalement, notamment sur l’aspect régle-mentaire de la rénovation du PLU des villes tests. Cependant la promesse d’une opportunité dedéveloppement importante et d’un moyen de densifier le périurbain efficacement, et à moindre coûtsemblent correspondre aux préoccupations actuelles. En effet la démarche BIMBY se base sur le gisement de la maison individuelle en France. Orcelui-ci est considérable, il regroupe 19 millions de maisons individuelles. La taille moyenne de leurparcelle est de 1 000 m2, plus de la moitié font plus de 600 m2 et la taille médiane des parcellesconstruites après 1975 pour la maison individuelle est de 700 m2. De plus, 220 000 maisons indivi-duelles sont construites tous les ans en France, ce qui représente le tiers des logements produits enFrance chaque année, mais consomme 97% de l’espace qui lui est alloué. L’équipe BIMBY a pour objectif que 1% de ce parc suive la méthode de division parcellairechaque année. Ainsi près de 190 000 nouveaux logements verraient le jour chaque année en France.Ce chiffre correspond presque à la production annuelle de logements en ce moment et laisse doncde bons espoirs.40 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  40. 40. LA DENSIFICATION, PANACÉE DE LA VILLE DURABLE ? Les études s’accordent toutes sur une augmentation de la consommation d’espace. Cesdernières années, nos besoins d’espaces ont beaucoup augmenté, de par nos modes de vie,nos habitudes et par conséquent par notre choix de société. Cette évolution ne pourra pascontinuer ainsi très longtemps. En effet, nous entamons un capital foncier non renouvelable etde plus en plus nécessaire pour ses fonctions environnementales et nourricières. Il convient alorsde préserver nos ressources en espaces naturels et agricoles. Pour cela, il faut non seulementlimiter les extensions sur ceux-ci, mais également avoir une logique de projet afin de densifierintelligemment les espaces déjà artificialisés. C’est à dire redéployer la ville sur elle même parl’aménagement de friches et de toutes autres opportunités, mais également densifier les espacespériurbains autour de logiques de projets, si possible portés par les habitants afin de rendre plusvivables ces espaces. En plus de cet aspect environnemental et d’orientation vers une société durable, la densité,même si elle rebute encore de nos jours, est aussi le cheval de Troie de l’urbanité. En effet pourqu’elle soit efficace, la densité exige une grande qualité de projet, et suscite par ces résultats ceque l’on attend de tout projet urbain : une mixité à tous points de vue favorisant échanges et viede quartier. C’est ainsi que Jane Jacobs (cité par l’APUR, 2003) concluait sur la densité  : « … onpeut parfaitement considérer comme un bien absolu le fait de rassembler des masses de gensdans une ville raisonnablement dense, si on croit que ces gens sont les bienvenus parce qu’ilsapportent une gigantesque vitalité et parce que, sur un espace limité, ils constituent un trésor dedifférences et de possibilités ; beaucoup de ces différences sont d’ailleurs extraordinaires et inat-tendues, ce qui fait leur prix. Si on se range à cette opinion, on ne devrait pas simplement consi-dérer la présence de cette vaste concentration de population urbaine comme un enjeu purementmatériel. On devrait également considérer cette présence comme un bienfait et s’en réjouir. Etcela en densifiant encore davantage la population là où cela est nécessaire pour renforcer la viede la cité, et ensuite, en cherchant à instaurer une vie sociale manifestement animée dans la rue,et à susciter et encourager le maximum de diversité dans l’économie et le décor de la ville ». Les problématiques de densification que nous venons d’évo- quer sont donc d’une importance capitale et ont un caractère universel. C’est donc le cas sur le territoire de la CALL et de l’ex-Bassin Minier du Nord-Pas de Calais en général. Ce contexte a cependant des particularités et impose ses propres enjeux à la densité. Intéressons nous donc à ce territoire; VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 41
  41. 41. 42 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  42. 42. 2 L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, QUELLES PERSPECTIVES ? A | HISTORIQUE MINIER B | TYPOLOGIES DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER C | ÉVOLUTIONS, PERSPECTIVES ET LEVIERS D | LA DENSITÉ COMME NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 43
  43. 43. 2 L’habitat industriel minier, quelles perspectives ?A | HISTORIQUE MINIER L’activité minière Les premières exploitations de charbon dans le nord de la France datent de la fin du XVIIIe siècledans le Valenciennois en raison d’une pénurie de bois qui accélère les recherches de gisements.L’économie du Nord-Pas-de-Calais repose, à l’époque, sur l’agriculture et plus particulièrement surla culture du blé, de la pomme de terre et de la betterave à sucre en raison des approvisionnementsincertains en provenance des Antilles. La région est donc avant tout rurale malgré la métallurgie deValenciennes et le textile implanté à Calais, Béthune, Lille, Boulogne, Marquise, dans la Sambre etl’Avesnois. La découverte du charbon est tardive par rapport au bassin minier de Mons et Charleroien raison de sa profondeur. En effet les techniques de repérage et d’extraction sont encore hési-tantes. En outre, l’exploitation minière se heurte à la Révolution et aux réflexions sur la notion depropriété puisqu’elle menace les compagnies minières concessionnaires. En résulte une disette decharbon à l’hiver 1793-94. La naissance de l’industrie charbonnière dans un milieu essentiellementrural, a bouleversé radicalement l’organisation des campagnes. Concomitante avec l’intensificationet la mécanisation de la production agricole, elle favorise l’exode rural à cause du besoin de maind’œuvre des compagnies minières. De facto, le paysage s’en trouve profondément changé. Avec ledéveloppement urbain, les bourgs ruraux deviennent des villes ouvrières champignons, les réseauxroutiers et ferroviaires se densifient, les compagnies s’approprient les terres cultivables (Gilbert Noël,2007). C’est au XIXe siècle que le Bassin Minier connait une forte période de développement. Un dy-namisme démographique, une immigration importante, la reprise du développement du chemin defer et l’évolution des techniques de recherche déclenchent des périodes de « fièvre des houillères »et l’essor de la métallurgie. Durant la décennie 1890, l’intervention de grands groupes métallurgiquesmarque un tournant dans l’exploitation et dans la recherche qui devient méthodique. Après 1870, lePas de Calais fournit deux millions de tonnes de charbon par an et emploient 12 000 personnes. En1913, la moitié de la production de France provient de la région. Le réinvestissement de la moitié desrevenus a permis une modernisation continue de l’exploitation. Cependant, la production françaisea des difficultés à faire face à la concurrence de la Ruhr, de la Grande-Bretagne et de la Belgique. Durant les deux guerres mondiales, le Bassin Minier participe fortement à l’effort de guerre etdoit subir l’occupation allemande en fournissant de la main d’œuvre et du charbon. C’est un véri-table enjeu stratégique pour les deux camps. C’est pourquoi, au sortir des deux guerres, la destruc-tion des infrastructures industrielles est importante. Cette destruction fournit néanmoins l’occasionde moderniser davantage l’exploitation. Priorité politique, le redémarrage rapide de l’extraction afinde ne pas dépendre des importations et ainsi de faire de la région un acteur majeur de la reconstruc-tion. À cette occasion les houillères sont nationalisées en Décembre 1944. La région prend aussi del’importance dans la construction européenne amorcée par la Communauté Européenne du Char-bon et de l’Acier (CECA), basée sur les échanges de charbon et d’acier. Toutefois, le développement de nouvelles énergies et la crise financière des années 1970 pré-cipitent la fin du bassin qui reposait essentiellement sur une économie mono-industrielle. L’erreur destratégie de développement industriel pour le Bassin Minier a été de se reposer uniquement sur le44 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  44. 44. charbon et de ne pas s’orienter vers les activités de la seconde révolution industrielle : la chimie fine,la pharmacie, la mécanique de précision ou encore l’automobile (Éric Bussière, 2002). Le niveau deproduction et le nombre de mineurs ne font que baisser jusqu’au 21 Décembre 1990, jour où on aremonté au site 9-9 bis de Oignies, pour la dernière fois du charbon. Figure 19 : L’histoire du Bassin Minier du Nord-Pas de Calais – Source : Bassin Minier Uni, Dossier de presse, 2012. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 45
  45. 45. 2 L’habitat industriel minier, quelles perspectives ? Par conséquent, les mines ont fortement marqué le paysage socio-culturel de la région. Mal-gré son caractère rural au XVIIIe siècle, l’identité de la région repose de plus en plus sur un paysageindustriel bien particulier. Outre les terrils, les carreaux de fosse et les corons comme autant desymboles, le corporatisme, les valeurs et la lutte ouvrière constituent l’identité minière. De même,les associations (fanfares, clubs sportifs), le mouvement hygiéniste (complexe sportif art déco deBruay-La-Buissière) sont le fruit du paternalisme anonyme des concessions minières (Philippe Hur-taux, Alexandre Mikolajczak, Stéphane Mouraret, Gauthier Ternisien, 2010.) auquel nous allons nousintéresser à travers l’étude de l’urbanisme et de l’habitat minier. Le mode d’urbanisme minier Comme nous l’avons évoqué, l’urbanisme minier s’est développé sur un territoire dont la voca-tion était à l’époque essentiellement agricole. Ce vaste territoire, encore dépourvu d’infrastructurelourde, était uniquement parsemé de quelques cités historiques comme Douai, Valenciennes ou Bé-thune. L’influence de ces dernières n’étant pas suffisante à l’époque, c’est donc par un système deconcessions minières accordées par l’État que le territoire a été façonné. « Les compagnies, privéeset autonomes, décidaient donc seules des choix d’aménagement à l’intérieur de la concession. Lespouvoirs locaux n’avaient aucun droit de regard sur le développement urbain de leur commune. »(Mission Bassin Minier, 2008) Ces concessions ont connu différentes organisations, il y en avait 43 avant 1914 repartiesentre 18 compagnies minières. L’activité augmentant il y en a eu jusque 27 différentes en 1925 avantd’être nationalisées à la sortie de la seconde guerre mondiale (en 1946) dans une nouvelle struc-ture : les Houllières du Bassin Nord-Pas de Calais (HBNPC). Elles comprendront d’abord 9 groupesminiers, puis avec le recul progressif de l’activité n’en comptera plus que 5 à la fin des années 70. C’est donc en centrant l’urbanisme sur la production que les compagnies minières ont imaginéleur implantation. Tous les sites sont donc structurés de la même façon selon une base constituée- une fosse pouvant comprendre plusieurs puits et chevalements, lieu d’accès et d’extraction dud’ :- un ou des terrils afin de stocker les résidus d’extraction non-exploitablescharbon- de cavaliers, voies ferrées permettant le transport du charbon et du matériel entre les différents- une ou des cités minières afin de loger l’ensemble des salariés, ouvriers comme responsables ousitesingénieurs46 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?
  46. 46. Figure 20 : La structure minière Terril-Fosse-Cité Minière, site du 9/9bis et la Cité Declercq à Oignies – Source : Alti- mage P. Frutier pour MBM Ces structures ont donc émergé partout sur le territoire sans autre logique que celle de l’impor-tance et de la découverte des gisements. Même si l’ex-bassin minier du Nord-Pas de Calais estmaintenant identifié comme une entité morphologique, ce mode de développement accumulatif etaléatoire n’a pas aidé à la lecture de celui-ci. En effet, sans concertation entre les compagnies, cer-taines installations se situent sur plusieurs communes et laissent parfois des espaces vides. Une étude a d’ailleurs été menée sur l’évolution de villages ruraux dans le bassin minier. Ellecite entre autres, les exemples du village de Lozinghem et de Maisnil-les-Ruitz (voir figures 21 et 22).Le village de Lozinghem a conservé son aspect traditionnel même s’il est devenu un village binu-cléaire par la projection à l’extérieur du village de la cité minière. Le tissu urbain de Maisnil-les-Ruitza été plus profondément restructuré par l’activité charbonnière (Gilbert Noël, 2007). Le charbon et particulièrement son point d’extraction devient le cœur de la forme urbaine, soitdans une nouvelle entité ex-nihilo attachée presque artificiellement à l’ancienne, soit en modifiant unprofondeur le village. Dans les deux cas, les extensions liées à l’activité minière ont profondémentchangé la morphologie des villages et témoignent de cette organisation aléatoire livrée à la produc-tivité. VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ? | 47
  47. 47. 2 L’habitat industriel minier, quelles perspectives ?Figure 21 : Organisation spatiale de la commune de Lozinghem (Source : NOËL G., Étude patrimoniale des communes de la Communauté d’Agglomération de l’Artois.com, 2007) Figure 22 : photographie aérienne de la commune de Maisnil-les-Ruitz (Source : Google Earth 2007)48 | VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DE L’HABITAT INDUSTRIEL MINIER, LA DENSIFICATION ?

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