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Gainsbourg
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Presentación y entrevista a Gainsbourg

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  • 1. Acetone MagazineIssue 6Summer 2004Gainsbourg a la JamaïqueText: Alain Pacadis, from "L’echo des Savanes", May 1979.-------------------------Version française-------------------------Gainsbourg a la JamaïqueGainsbourg est un des seuls personnages avant-gardistes de la chanson française. A chaquefois quil sort un nouveau disque, cest une bombe qui explose dans les milieux du showbiz, untrip jusquau-boutiste et péremptoire qui le projette vers des siècles et des lieux inconnus.Il y a quelques années les murs de paris étaient recouverts daffichettes: "Mais qui est MelodyNelson?", de vagues propos passaient de bouche a oreille et ce nest que quelques mois plustard que lon sut quil sagissait dun disque de Gainsbourg.Et puis il y eu "Rock around the Bunker" centre autour de la sauce: nazi-camp de concentration,Holocauste, etc. Le tout pris au second degré, a la dérision. La Nuit des Longs Couteaux nestquune formidable orgie homosexuelle, ou les SS en minijupes senculent, se sucent, sescrutent. Un petit clin doeil attendrissant pour Eva Braun, la cherry du Fureur: elle chante:"Smoke gets in your eyes" en écoutant ses vieux disques américains sur un gramophone usé,tandis que Gainsbourg a reçu pour son petit noël une étoile de sheriff: "I have a Yellow Star".Mais ce régime ne pouvait durer toujours et il pleut des bombes au dessus du Bunker. Ladernière chanson du disque est un chef doeuvre: "SS in Uruguay/Je siffle un jus de papaye,avec paille, aï, aï, aï. Et il y a tous ces cons qui parlent dextradition, mais pour moi pas questionde payer laddition...".Le disque suivant: "Lhomme a tête de choux est aussi une merveille: "Cest un vieux con quiveut baiser une petite gamine et finalement cest lui qui se fait baiser...".Le dernier 33 tours de Gainsbourg est un pur chef doeuvre: "Aux armes et caetera". Jai étérencontrer Gainsbourg chez lui, dans cette pièce noire ou jamais aucun rayon de soleil nepénètre et nous avons bavarde de ce dernier album.AP: Tu as enregistre tes derniers disques a Londres. Pourquoi...SG: Le problème ayant été toujours pour moi de chercher des pulsations et des vibrationsneuves, me décidais-je un jour de soixante-cinq, ou était-ce soixante-six peu importe atraverser le channel et aller respirer lair vicie des studios anglais: the au lait, cendre de tabacau menthol dont les filtres couverts de lipstick rouge écarlate samoncellent dans les théiersfêlées etc.AP: Quest-ce que tu préfères boire le soir?SG: Je bois beaucoup de gin et de tequila. Le whisky pour moi, cest fini: jen ai trop dégueuléderrière les comptoirs et on ne me disait jamais rie, on me poussait dans un taxi et hop...enroute vers les étoiles.AP: Cest à Londres que tu as fait tes meilleurs coups?SG: Oui, javais un très bon groupe, électrise par le dialecte cockney du batteur et du bassisteet leur feeling plus relaxe a mon sens que ceux que javais trouve jusqualors, jai réussiquelques jolis coups, "Docteur Jekyll and Mister Hide", "La Javanaise", "Melody Nelson", Vu delextérieur", "Rock around the Bunker", "Lhomme a tête de choux", "My lady héroïne", "Sea, sexand sun" le coup disco and so on...et le plus beau, que je ne suis pas prêt deffacer de maméoire, ni la société des auteurs et compositeurs de ses tablettes: "Je taime, moi non plus",certains étaient des coups au coeur, celui-la un coup tout court...AP: Comment as-tu ressenti la période punk?SG: Jai été a la fois étonne et bien vite subjugue. Sid Vicioux avait construit un personnagedangereusement logique dans ses limites suicidaires, et hélas, javais vu juste. Mais les punksjai connu cela de tous temps avec Dada, Breton, les premiers existentialistes et Sartre, mais jesuis très attire par ce genre dattitude.
  • 2. AP: Tu aimes évoluer dans la marge.SG: Oui, la marge, mais pas la fange, je suis très instable: "Constant dans linconstance"commedirait Benjamin Constant...AP: Depuis combien de temps tinteresses-tu au reggae?SG: Depuis environ trois ans. Jai toujours aime écoute la ska, bluebeat, rocksteady, et surtoutreggae, reggae, reggae...AP: Alors tu es allé lábas?SG: Oui, je rêvais de la Jamaïque et de sa musique sur laquelle si aisément on peut cracher cequon a, sur le coeur.AP: Comment définirais-tu le reggae?SG: Cest une musique instinctive, animale, primaire, pure et contestataire, violente, sensuelleet lancinante, proche des racines africaines et si loin du gris anglais ou du bleu aseptise deNashville.AP: Tu as vu beaucoup de rastas en Jamaïque?SG: Tu sais, je nai pas beaucoup bouge entre lhôtel et les studios, mais il y avait toujours desrastas derrière la console, on ne pouvait pas se parler à cause de la vitre qui séparait la tablede mixage du studio...AP: Et les musiciens comment les as-tu choisis?SG: Ça sest fait au hasard. Je suis arrive a Kingston et tout le monde me connassait déjà là-bas, a cause de "Je taime, moi non plus" qui avait été un succès dans lîle, alors ils voulaienttous jouer avec moi. Moi, je ne me suis pas presse, jai choisi les meilleurs: le groupe de PeterTosh: "Sly", Sticky", "Mao" et Robbie Shakespeare. Pour les choeurs jai choisi les "I threes" cesont les trois filles qui reprennent les couples et derrière les morceaux de Bob Marley, là ellesdevaient dire des trucs en français quelles ne comprenaient pas, mais elles me faisaientconfiance.AP: Il y a plusieurs reprises?SG: Oui, jai refait "Marilou Reggae", de "Lhomme a tête de choux" qui est devenue "MarilouReggae Dub", mais les paroles sont les mêmes seul le rythme change. Et puis il y a aussi cettebonne vieille "Javanaise": ici, "Javanaise remake", plus moderne et branchée que la versionprécédente. Le javanais cest un ancêtre du verlan:"Javoue, jen ai bave, pas vous love.Avant davoir eu vent de vous love...A votre avis, quavons-nous vu loveDe vous a moi, vous mavez eu love".AP: Et tu reprends aussi "La Marseillaise" de Rouget de lIsle.SG: Dabord, cest pas la Marseillaise, cest "Aux armes et caetera", comme en latin. Cestdérisoire et de bon goût. Les Sex Pistols chantaient bien "God Save the Queen". Moi, jai laisseles paroles telles quelles, il ny a que la musique qui change...AP: Tu reprends aussi "La Vieille Canaille" qui est un vieux classique de Sam Theard...SG: Oui, cest un chanson un peu vicieuse que mon père mempêchait de chanter quand jétaisjeune, ça sappelait: "You rascal you" et pour moi, cest toujours reste quelque chose de tabou,jai jamais ose lenregistrer en France, mais là-bas avec las rythmes reggae ça passait mieux.AP: Et comme pochette de disque quest-ce que tu vas mettre?SG: Ce sera une photo de Lord Snowdon, lex mari de Margareth. Il la prise en Egypte oujétais allé avec Jane (Birkin) pour le tournage de "Mort sur le Nil".Snowdon était la avec tousses appareils il a fait un truc au grand angle ou on me voit en tout petit entre le désert et le cielbleu limpide. Le bleu cérulin, le viseur cyclopéen et le sable égyptien.
  • 3. AP: Les jamaïcains aimaient jouer avec toi?SG: Pou, pour eux, cest une façon de faire pénétrer le reggae en France, qui est un pays plutôtsous-développé sur le plan musique. Mais il ne faut pas que tout le monde aille là-bas, pourmoi, ça sest bien passe mais dans les basquartiers, il y a tous les jours des maccabés. Ils ontla gâchette facile et les réflexes fumants.AP: Et les autres chansons?SG: Il y a "Lola Rastaquére"...encore une historie damour...un vieux con qui se fait plumer parune jeune garce, mais au fond, il aime ça: "Comment oses-tu me parler damour toi/hein, toi quina pas connu Lola Rastaquére/Je lui faisais le plein comme au Latécoère qui décolle en vibrantvers les cieux africains/Entre ses seins, jabandonnais deux mois de salaire pour y rouler monpauvre joint/ "Quand dans son sexe cyclopéen, jenfonçais mon pieu tel lUlysse de mer/Cestmoi grand dieu qui ny voyais plus rien..."AP: Ce sont des paroles très érotiques, des visions pornographico-poetiques.SG: Je joue simplement avec les mots mais comme les gens nont quun tout petit quotientintellectuel et un vocabulaire très restreint, ils sont surpris, et me prennent pour un découvreurde paroles comme Cristophe Colomb découvrait des continents.AP: Et tes projets?SG: Je continue mon livre: ça fait trois ans que je suis dessus, ça va être un contehyperbolique, que peu de gens comprendront car les clefs des ficelles ne seront pas inclusesdans lédition originale: il faudra se référer ailleurs on quelque part...AP: Et ton film, ne voulais-tu pas devenir le nouvel Hitchcock?SG: Oui, jai termine le scénario. Ce sera un black-out à Los Angeles comme la panne quil yavait eu il y a quelque temps a New York, mais ici il sagira de Beverly Hills. Trois personnagesenfermes dans une villa: Jane Birkin, Isabelle Adjani, et Jacques Dutronc qui est pour moi lemeilleur acteur français actuel. Il y a donc un black-out et toutes les lumières de la villeséteignent. Dutronc défonce la véranda du salon avec la voiture et laisse braquer les pharesqui seront la seule lumière pendant tout le film, quand les batteries seront mortes ledénouement sera proche. Il y aura en plus une histoire dagression comme lassassinat deSharon Tate, tu vois le genre?AP: Polansky a vu le scénario?SG: Oui, il a beaucoup aime, il ma simplement dit que comme a L.A. était une ville en pente, ilétait difficile de braquer des phares dans un salon.AP: Mais le cinéma nest quune illusion, le réel se situe ailleurs...Revenons au disque. Il y a unpetit quatrain de forme très classique. Est-ce que tu reviens à une écriture plus précieuse?SG: Tu sais ce petit quatrain en dit pas mal:"Ma petite quequette sort de ma braguetteJe pisse et je pête, en montant chez Kate,Moralité: Eau et gaz a tous les étages".AP: Oui, cest assez ose, mais tu sais après Emmanuelle, il en faut plus pour choquer lesbonnes soeurs. Et ton chien quest-il devenu?SG: Il est mort, tu le savais pas?Non, la dernière fois que je lai vu, il arrêtait pas de me sauter dessus, au début jai en peur jaicru que cétait un cochon: tout rose et sans poil...Comment est-il mort?SG: Jai fait une chanson pour lui: un petit reggae pour mon chien, que tout le monde trouvait sivilain, le pauvre toutou: cest moi qui boit, cest lui qui meurt dune cyrrhose, peut-être était-cepar osmose tellement quil buvait mes paroles...La beauté des laids se voit sans délai...AP: Oui, arrêtons en la sans délai moi après je délayerais...SG: Oui, pour ça, je te fais confiance...Au revoir enfant de la party...
  • 4. ---------------------English Version---------------------Gainsbourg in JamaicaGainsbourg is one of the only avant-garde characters among French songwriters. Every time heputs out a new record, it is like a bomb going off in show business, a fucked-up one-way tripthat projects him towards unknown places and centuries.A few years ago, the walls in Paris were covered with small posters saying:” But who is MelodyNelson?” Vague rumours flew around and it only came to light a few months later that it was aGainsbourg record.Then came “Rock around the Bunker” which focussed on nazi-concentration camps and theholocaust. The whole thing was taken with derision. “La Nuit des Longs Couteaux” is anamazing homosexual orgy, where mini-skirt wearing SS fuck each other, give each otherblowjobs and scrutinise each other.He gives a tender wink to Eva Braun, the Furher’s honey. She sings “Smoke gets in your eyes”,listening to old American records on a used gramophone, while Gainsbourg gets a sheriff starfor Christmas: “I have a yellow star”. But the regime can’t last forever and it’s raining bombs onthe Bunker. The last song on the record is a masterpiece: "SS in Uruguay/Je siffle un jus depapaye, avec paille, aï, aï, aï. Et il y a tous ces cons qui parlent dextradition, mais pour moi pasquestion de payer laddition...".The next record: “L’homme à tête de choux” is also a real gem: “it’s the story of an old bastardwho wants to fuck a young girl and in the end she’s the one who screws him…”Gainsbourg’s last LP is also a masterpiece: "Aux armes et caetera". I went to meet Gainsbourgin his home, a dark room that never sees the light of day. We talked about this last album.AP: You recorded your last albums in London. Why?SG: My problem has always been finding new pulsations and vibrations. I decided one day in65, or was it 66? Never mind, to cross the channel and breathe the filthy air of English studios:tea with milk, menthol tobacco ash, and cigarette filters covered with scarlet red lipstick andpiled-up in cracked teapots.AP: What’s your favourite drink at night?SG: I drink a lot of Gin and Tequila. I’m done with Whisky: I puked up too much Whisky behindbars and no one ever told me anything, I was pushed into a taxi and there I was…on the way tothe stars.AP: Did you have your best hits in London?SG: Yes, I had a very good band. Electrified by the cockney dialect of the drummer and thebassist. I felt their take on it was more relaxed than anyone’s I had ever met before. I had a fewnice hits, "Docteur Jekyll and Mister Hide", "La Javanaise", "Melody Nelson", “Vu de lextérieur","Rock around the Bunker", "Lhomme a tête de choux", "My lady héroïne", "Sea, sex and sun"the disco hit etc…and the best one, which won’t be erased from my memory or from the tabletsof the society of authors and compositors for a long time: "Je taime, moi non plus". Some wereblows to the heart, this one was a blow and nothing more…AP: How did you feel about the punk period?SG: It surprised me and then tired me out. The character that Sid Vicious had built wasdangerously logical in its suicidal limits, and unfortunately, I was right. But I have always knownpunks, Dada, Breton, the first existentialists and Sartre. I am very attracted to this kind ofattitude.AP: You like evolving in the margin.SG: Yes, the margin, but not the edge, I am very unstable: "Constant dans linconstance" asBenjamin Constant would say…
  • 5. AP: How long have you been interested in reggae?SG: For about three years. I’ve always enjoyed listening to ska, bluebeat, rocksteady and aboveall reggae, reggae, reggae...AP: So you’ve been there?SG: Yes. I dreamt of Jamaica and the music that lets you spill your heart out so easily.AP: How would you define reggae?SG: Reggae is instinctive, animal, primary, pure and protesting, violent, sensual and throbbing.Close to its African roots and so far from the English fog and from the sanitised blue ofNashville.AP: Did you see a lot of rastafarians in Jamaica?SG: You know, I didn’t move much between the hotel and the studios, but there were alwaysrastafarians behind the console, but we could not talk because of the window that separated themixing table from the studio…AP: And how did you choose the musicians?SG: It was a random choice. I arrived in Kingston and everyone already knew me because of"Je taime, moi non plus" which had been a hit on the island, so they all wanted to play with me.I took my time and chose the best: the Peter Tosh band: "Sly", “Sticky", "Mao" and RobbieShakespeare. For the choruses I chose the “I threes”. They are the three girls who sing theverses in the background of Bob Marley’s songs. They had to say things in French they did notunderstand, but they trusted me.AP: There are several cover versions.SG: Yes, I played a new version of “Marilou Reggae", from "Lhomme a tête de choux" whichbecame "Marilou Reggae Dub", but the lyrics are the same, only the rhythm changed. And thereis also that good old “Javanaise”, called "Javanaise remake" here, more modern and trendythan the previous version. Javanese is an ancestor of verlan:"Javoue, jen ai bave, pas vous love.Avant davoir eu vent de vous love...A votre avis, quavons-nous vu loveDe vous a moi, vous mavez eu love".AP: And you also cover Rouget de l’Isle’s “La Marseillaise”.SG: Firstly it’s not the Marseillaise, it’s "Aux armes et caetera", like the Latin. It’s ridiculous andin good taste. The Sex Pistols sang "God Save the Queen". I left the original lyrics, only themusic changes.AP: You also cover "La Vieille Canaille" which is an old Sam Theard classic…SG: Yes, it’s quite a vicious song that my father wouldn’t let me sing when I was young. It wascalled “you rascal you”, and it always been taboo for me. I never dared recording it in France,but there with the reggae rhythms it was easier.AP: And what will the cover of the record be?SG: It’ll be a Lord Snowdon photograph, Margaret’s ex-husband. He took it in Egypt. I wentthere with Jane (Birkin) for the shooting of “Mort sur le Nil”. Snowdon was there with all hiscameras and took a photo with a wide-angle lens where you can see a very small me betweenthe desert and the limpid blue sky. The cerulean blue, the cyclopean objective and the Egyptiansand.AP: Did the Jamaicans enjoy playing with you?SG: To them, it’s a way of introducing reggae to France, which is rather underdeveloped on themusical side. But Jamaica’s not a country for everybody. It was ok for me, but they find corpseseveryday in the suburbs. They are trigger-happy and have sensational reflexes.
  • 6. AP: What about the other songs?SG: There’s "Lola Rastaquére"...another love song…an old bastard who gets robbed by ayoung whore, but ends up liking it: "Comment oses-tu me parler damour toi/hein, toi qui na pasconnu Lola Rastaquére/Je lui faisais le plein comme au Latécoère qui décolle en vibrant versles cieux africains/Entre ses seins, jabandonnais deux mois de salaire pour y rouler monpauvre joint/ "Quand dans son sexe cyclopéen, jenfonçais mon pieu tel lUlysse de mer/Cestmoi grand dieu qui ny voyais plus rien..."AP: Those lyrics are very erotic, pornographic-poetical visions.SG: I simply play with words, but since people only have a very small intellectual quotient and avery limited vocabulary, they are surprised and think I discover lyrics like Christopher Columbusdiscovered continents.AP: And your projects?SG: I keep on writing my book: I’ve been working on it for three years. It will be a hyperbolic talethat only a few people will understand because the keys of the strings won’t be included in theoriginal edition. You will have to refer to somewhere else…AP: And your film? Didn’t you want to become the new Hitchcock?SG: Yes, the script is ready. It will be set a blackout in Los Angeles like the one that occurred inNew York some time ago. It will take place in Beverly Hills. Three people locked in a house in aresidential area: Jane Birkin, Isabelle Adjani, and Jacques Dutronc (in my opinion, currently thebest actor in France). So there is a blackout and the lights turn off in the city. Dutronc crashesinto the veranda of the living room with his car and leaves the lights on. This will be the onlylight during the whole movie. When the battery goes flat, it’ll be near the end. There will also bea story of an attack, like the murder of Sharon Tate; you see the kind of story?AP: Polansky saw the script?SG: Yes, he liked it a lot. He just told me that since L.A. is a city on a slope, it would be difficultto point the car lights at the living room.AP: But movies are an illusion, the real world is somewhere else…Let’s get back to the record.There is a small very classical quatrain. Are you coming back to more precious writing?SG: This short quatrain says a lot by itself:"Ma petite quequette sort de ma braguetteJe pisse et je pête, en montant chez Kate,Moralité: Eau et gaz a tous les étages".AP: Yes, it goes quite far, but you know after Emmanuelle, nuns need more to be shocked. Andwhat happened to your dog?SG: He’s dead. You didn’t know?AP: No, the last time I saw him, he kept on jumping on me. At first I was scared, I thought it wasa pig: all pink and bald…How did he die?SG: I wrote a song for him: a reggae song for the dog that everyone thought was so ugly. Poordoggy. I’m the one who drinks; he’s the one that dies of cirrhosis. Maybe by osmosis, fromdrinking too many of my lyrics…the beauty of the ugly can be seen instantly…AP: OK, let’s stop right there before I spin out…SG: Yes, I’m sure you would…Goodbye son of the party…
  • 7. ------------------------------Versión en Castellano------------------------------Gainsbourg en JamaicaGainsbourg es uno de los pocos personajes vanguardistas que se pueden encontrar entre loscantautores franceses. Cada vez que saca un disco tiene el efecto de una bomba en el showbusiness, como un loco viaje de ida que lo proyecta hacia lugares y siglos desconocidos.Hace unos años, las paredes de París se cubrieron con pequeños carteles: "Pero, ¿quién esMelody Nelson?" Vagos comentarios pasaron de boca en boca, pero no fue hasta unos mesesdespués que nos enteramos de que era un nuevo disco de Gainsbourg.Después fue “Rock around the Bunker”, que hablaba de campos de concentración nazis,holocausto, etc. Todo en tono de burla.“La Nuit des Longs Couteaux” es una formidable orgía homosexual donde SS vestidos conminifaldas follan, se hacen mamadas y se escrutan entre si.Un tierno guiño a Eva Braun, la querida del Furher: Ella canta “Smoke gets in your eyes”mientras escucha sus viejos discos norteamericanos en un gramófono usado, y Gainsbourgobtiene una estrella de sheriff para Navidad: “I have a yellow star”, Pero este régimen no puededurar para siempre y llueven bombas sobre el búnker. La última canción del disco es una obramaestra: "SS in Uruguay/Je siffle un jus de papaye, avec paille, aï, aï, aï. Et il y a tous ces consqui parlent dextradition, mais pour moi pas question de payer laddition...".La siguiente: “L’homme à tête de choux” es también una joya: "Es la historia de un viejobastardo que quiere follarse a una jovencita, pero al final es ella la que lo folla a él..."El último LP de Gainsbourg es también una obra maestra: "Aux armes et caetera".Fui a ver a Gainsbourg a su casa, en aquella oscura habitación en donde ni un solo rayo de solpuede entrar, y hablamos de este álbum.AP: Has grabado tus últimos álbumes en Londres. ¿Por qué?SG: Mi problema ha sido siempre encontrar nuevas pulsaciones y vibraciones. Decidí un día enel 65’, ¿o fue en el ’66?, no importa, cruzar el canal y respirar el sucio aire de los estudiosingleses: té con leche, cenizas de tabaco mentolado, los filtros cubiertos con lápiz de labio rojoescarlata y apilados en teteras rotas.AP: ¿Cuál es tu bebida favorita por las noches?SG: Bebo mucho gin y tequila. He dejado el whisky: vomité demasiado whisky detrás de lasbarras y nadie me decía nada, me metían en un taxi y allá vamos… camino a las estrellas.AP: ¿Has dado tus mejores golpes en Londres?SG: Sí, tenía una buena banda electrificada por el dialecto del este de Londres del batería y elbajista, su forma de tocar era más relajada en mi opinión que la de todos los que habíaconocido hasta el momento, conseguí un par de hits, "Docteur Jekyll and Mister Hide", "LaJavanaise", "Melody Nelson", “Vu de lextérieur", "Rock around the Bunker", "Lhomme a tête dechoux", "My lady héroïne", "Sea, sex and sun", y el mejor de todos, que no será borrado de mimemoria ni de las listas de la sociedad de autores y compositores por mucho tiempo, "Auxarmes et caetera", algunos eran golpes al corazón, este era un golpe nada más.AP: ¿Como has vivido el período punk?SG: Fui sorprendido pero rápidamente subyugado. El personaje que Sid Vicious había creadoera lógicamente peligroso en sus límites suicidas, y desafortunadamente estaba en lo correcto.Pero yo ya conocía a los punks con el Dadá, Breton, los primeros existencialistas y Sartre, mesiento muy atraído por esa clase de actitud.AP: Te agrada desenvolverte en los márgenes.SG: Sí, el margen pero no el borde, soy muy inestable: “constante en la inconstancia” comohubiera dicho Benjamin Constant.AP: Cuanto tiempo llevas interesándote por el reggae?SG: Aproximadamente tres años. Siempre he disfrutado escuchando ska, bluebeat, rocksteadyy sobre todo reggae, reggae, reggae...
  • 8. AP: ¿O sea que has estado allí?SG: Sí, soñé con Jamaica y esa música que te permite escupir lo que llevas dentro tanfácilmente.AP: ¿Como definirías el reggae?SG: El reggae es instintivo, animal, primario, puro y contestatario, violento, sensual y vibrante,cerca de las raíces africanas y lejos de la niebla inglesa y de la tristeza aséptica de Nashville.AP: ¿Has visto muchos rastas en Jamaica?SG: Sabes, no me he movido mucho fuera del hotel y el estudio, pero había siempre rastasdetrás de la consola, no podíamos hablar a causa del cristal que separa la mesa de mezclasdel estudio…AP: Y los músicos, ¿cómo los seleccionaste?SG: Fue hecho al azar. Llegué a Jamaica y ya todos me conocían por "Je taime, moi non plus",que fue un hit en la isla, así que todos querían tocar conmigo. Me tomé mi tiempo y escogí alos mejores: La banda de Peter Tosh: "Sly", “Sticky", "Mao" y Robbie Shakespeare, para loscoros escogí a las I Threes, ellas son las chicas que hacen los coros en las canciones de BobMarley, tenían que decir cosas en francés que no entendían, pero confiaron en mí.AP: ¿Hay muchas versiones?SG: Sí, hice una de “Marilou reggae”, de "Lhomme a tête de choux", que se convirtió en"Marilou Reggae Dub", pero la letra es la misma, sólo cambia el ritmo. Y está también la vieja yquerida “Javanaise”, aquí llamada "Javanaise remake", más moderna que su versión anterior.Javanaise es un ancestro del verlan:"Javoue, jen ai bave, pas vous love.Avant davoir eu vent de vous love...A votre avis, quavons-nous vu loveDe vous a moi, vous mavez eu love".AP: También has hecho “La Marseillaise” de Rouget de l’Isle.SG: Primero no es la Marseillaise, es "Aux armes et caetera", como en latín. Es ridículo y debuen gusto. Los Sex Pistols cantaban "God Save the Queen". Dejé la letra original, sólo cambiala música.AP: También has hecho "La Vieille Canaille", que es un clásico de Sam Theard…SG: Sí, es una especie de canción viciosa que mi padre me impidió que cantara cuando erajoven, se llamó “You rascal you” y para mí siempre ha sido tabú, nunca me atreví a grabarla enFrancia, pero ahí con ritmo reggae fue más fácilAP: ¿Y cómo será la portada del disco?SG: Será una foto de Lord Snowdon, el ex marido de Margaret. La tomó en Egipto cuando fuicon Jane (Birkin) para la filmación de “Mort sur le Nil”. Snowdon estaba ahí con todas suscámaras e hizo algo con un gran angular donde puedes verme muy pequeño entre el desierto yun límpido cielo azul. Un azul profundo, el objetivo ciclópeo y la arena de Egipto.AP: ¿Los jamaicanos disfrutaron tocando contigo?SG: Para ellos es una forma de introducir el reggae en Francia, que no está desarrolladomusicalmente. Pero no es un país al que todos deberían ir, para mí estuvo bien, pero en lossuburbios hay cadáveres todos los días. Son de gatillo fácil y tienen unos reflejossensacionales.AP: ¿Y qué hay de las otras canciones?SG: Esta "Lola Rastaquére"…otra canción de amor…un viejo bastardo que es robado por unajoven puta, pero después de todo, eso le agrada: "Comment oses-tu me parler damour toi/hein,toi qui na pas connu Lola Rastaquére/Je lui faisais le plein comme au Latécoère qui décolle envibrant vers les cieux africains/Entre ses seins, jabandonnais deux mois de salaire pour y roulermon pauvre joint/ "Quand dans son sexe cyclopéen, jenfonçais mon pieu tel lUlysse demer/Cest moi grand dieu qui ny voyais plus rien..."
  • 9. AP: Esas letras son muy eróticas, visiones poético-pornográficas.SG: Yo simplemente juego con las palabras, pero como la gente tiene un coeficiente intelectualpequeño y un vocabulario limitado, entonces se sorprenden y me toman como a un descubridorde palabras igual que Cristóbal Colon descubría continentes.AP: ¿Y tus proyectos?SG: Sigo escribiendo mi libro: he estado trabajando en él tres años, será una historiahiperbólica, no lo entenderá mucha gente porque las secuencias dominantes no estaránincluidas en la edición original, habrá que buscarlas en algún otro lugar…AP: ¿Y tu película?, ¿no querías convertirte en el nuevo Hitchcock?SG: Sí, el guión está listo. Será un apagón en Los Ángeles. Como el que ocurrió en NuevaYork hace algún tiempo, pero en Beverly Hills. Tres personas quedan atrapadas en una casaen un barrio residencial: Jane Birkin, Isabelle Adjani, y Jacques Dutronc, que es actualmente elmejor actor francés en mi opinión. Sucede esta falla y las luces de la ciudad se apagan.Dutronc estrella su coche contra la galería de la sala de estar y deja las luces encendidas, esaserá toda la iluminación durante todo el film. Cuando se agote la batería, el fin estará cerca.También habrá un ataque, como el asesinato de Sharon Tate.AP: ¿Polansky vio el guión?SG: Sí, le gustó mucho, me dijo simplemente que como L.A. es una ciudad que está en cuesta,es difícil apuntar las luces del coche hacia la sala de estar.AP: Pero el cine es un ilusión, el mundo real está en algún otro lado…Volvamos al disco. Hayun pequeño “quatrain” clásico, estás volviendo hacia una escritura más preciosistaSG: Sabes, este “quatrain” corto dice bastante por sí mismo."Ma petite quequette sort de ma braguetteJe pisse et je pête, en montant chez Kate,Moralité: Eau et gaz a tous les étages".AP : Sí, has llegado lejos, pero sabes, después de Emmanuelle, las monjas necesitan muchomás para escandalizarse. ¿Qué ha pasado con tu perro?SG: Ha muerto, ¿no lo sabías?AP: No, la última vez que lo vi saltaba sobre mí todo el tiempo, al principio me asusté, penséque era un cerdo: todo rosa y sin pelo… ¿cómo murió?SG: Escribí una canción para él: un reggae para mi perro, que todo el mundo encontraba tanfeo, pobre perrito: yo soy el que bebe y es él quien muere de cirrosis, tal vez por ósmosis albeber demasiado mis letras. La belleza de la fealdad no puede verse instantáneamente.AP: Sí, paremos aquí, luego lo ampliaréSG : Sí, para eso confío en ti…adiós, hijo de la fiesta….