• Share
  • Email
  • Embed
  • Like
  • Save
  • Private Content
La perspective du commerce chinois par otmane el rhazi
 

La perspective du commerce chinois par otmane el rhazi

on

  • 697 views

 

Statistics

Views

Total Views
697
Views on SlideShare
697
Embed Views
0

Actions

Likes
0
Downloads
11
Comments
0

0 Embeds 0

No embeds

Accessibility

Categories

Upload Details

Uploaded via as Adobe PDF

Usage Rights

© All Rights Reserved

Report content

Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Are you sure you want to
    Your message goes here
    Processing…
Post Comment
Edit your comment

    La perspective du commerce chinois par otmane el rhazi La perspective du commerce chinois par otmane el rhazi Document Transcript

    • Otmane EL RHAZIMaîtrise AESFaculté d’Economie Appliquée La perspective du commerce chinois Otmane EL RHAZI
    • Plan IntrouductionPartie 1 Présentation Général de la ChineSection 1 Le milieu physiqueSection 2 L’histoire de la ChineSection 3 La populationSection 4 Structure politique et administrativePartie 2 L’économie chinoiseSection 1 La Chine, un poids lourd… mais relatifSection 2 Un des plus importants pôles mondiaux de croissanceSection 3 Une part croissente dans le commerce mondialSection 4 Besoins exprimés par la demande du marché chinoisSection 5 Les villes et les régions développées 1) Shanghai—vitrine du capitalisme chinois 2) Hong Kong RAS 3) Macao RASPartie 3 Le commerce chinois après son entrée dans l’OMCSection1 Un processus d’ouverture du marché déjà en place 1) L’abandon progressif du système du commerce d’Etat 2) Un nombre croissant d’entreprises privées 3) Une croissante dimentée par les investissements étrangersSection 2 Les profits réels ou potentiels engendres par l’adhésion de la Chine à l’OMC 1) Un atout majeur pour la Chine 2) Les profits pour les pays en développement 3) Une France qui tire son épingle du jeu
    • IntroductionLa Chine,un des plus grands pays du monde.Depuis les années 90 elle se développeavec une vitesse incroyable.Mais elle ne peut pas encore entrer dans les pays les plusdéveloppés car les régions, les bases et progrès éconimiques sont différents danschaque domaine d’économie.Il y aussi, un tassement des investissements qui semble disparaître au début de 2000:ouverture aux capitaux étrangers de secteurs jusque là fermés, notamment lestélécommunication et les services financiers. L’entrée dans l’OMC est aussi responsiblede cette évolution.Il y a quelqu’un qui a fait une hypothèse très intéressante:
    • Partie 1 Présentation général de la ChineSection 1 Le milieu physique
    • Superficie 9 596 960 km2 Dimensions 5 500 km - du nord au sud 6 300 km - díest en ouest Frontières terrestres continentales 32 000 km Façade maritime 18 000 km Frontalier de 13 pays Terres cultivées (% de la surface ce totale) 10 % Déserts (% de la surface totale) 13,3 %Trois grandes régions naturelles (marches descalier, descendant douest en est)- la masse montagneuse tibétaine,- le nord-ouest et partie médiane du pays (steppes arides, altitude 1500 m.)- la partie orientale (et insulaire), domaine agricole. Rizières au sud, blé au nordRéseau fluvial (coule douest en est)- le Heilongjiang (Fleuve Amour, 40667 km), frontière avec la Russie- le Huanghe (Fleuve Jaune) au nord, (4 845 km, bassin de 745 000 km2)- le Yangzijiang (Yang-tseu-Kiang, ou Fleuve Bleu, 6300 km (3è du monde par sa longueurnavigable pour de bâteaux de 10 000 t. (en hautes eaux)- Canaux : le Grand Canal (nord-sud, Pékin/Hangzhou, 1900 km), le canal Hunan-GuangxiClimat contrasté, de type continental sauf à lest, lamplitude thermique saccroît dest en ouest et dusud au nord. 70 % des pluies tombent en été. A Pékin (hiver froid et sec), températuresjanvier/juillet : -3,6/26,6; Shanghai : 5,1/27; Canton : 15,9/28,5 (crachin hivernal); Wuhan : 5,2/27,4;Shenyang (Liaoning) : 10,8/24,3; Harbin (Heilongjiang) : 20,1/21,7. Meilleure période : avril-mai
    • ou septembre-octobre.Infrastructures de communication (1992)- chemins de fer : 53 565 km (8 434 électrifiés). Distances par voie ferrée : Pékin/Shanghaï (1 462km), P/Nanjing mieux connu des Français sous le nom de Nankin (1 157), P/Chongqing (2 252),P/Harbin (1 388). Vitesse commerciale : 50 km/h.- routes : 1 056 707 km (moins de 250 000 avec revêtement)- voies navigables : 40 000 km, navigables toute lannée- ports maritimes : 15 ports importants, 180 autres- aviation : réseau de 130 lignes intérieures (150 000 km), 12+ lignes régulières internationalesdesservant 13 pays. Aéroports : 330 au total, dont 260 à pistes revêtuesVilles (40 villes de plus dun million dh.)En 1990 : Pékin (10 Mh., agglo. : 15, sur 17 000 km2), Shanghaï (13, agglo: 18, sur 5 970 km2),Tianjin (7, agglo: 10, sur 11 000 km2), Shenyang (6), Wuhan (4), Canton (6)Section2 L’histoire de la Chine La cité interdite , Pékin
    • Section 3 La population Population (2000) 1 264 536 000 h. - dont Han 92 % - minorités 8% Densité 131,8 h/km2 (de 2 à 2 118) Croissance démographique 1,16 % (NB . sous-estimation probable : naissances 10 % décès : 20 % ) Population rurale/pop. tot. (1993) 70 %. Population active (1995) 61% (prévision 2005 : 62% )
    • Taux de chômage : chiffre officiel 4 % (réel : entre 15 et 20%) Sex-ratio 0,938 (femmes : 48,4 %; hommes : 51,6 %) Age : 27 % - population de moins de 15 ans 6 %. - de plus de 65 ans Espérance de vie 68,5 ans (35/40 ans en 1950) Taux díalphabétisation 81%Langue (transcriptions):Le Puthonghua, langue courante sappuie sur le mandarin (langue parlée dans les régions de Pékin etde Nanjing, la langue écrite moderne : le Baihua. Les différences entre transcriptions occidentalesdes idéogrammes expliquent celles de líorthographe adoptée, notamment pour les noms de lieu.Transcriptions : - Wade, utilisée par les anglais et à Taïwan - Efeo (École Française díExtrême Orient), abandonné vers 1980 - Pinyin, utilisé par la Chine Populaire, officiel depuis 1980. Cependant, on rencontrera encore longtemps, selon les sources, Peiking, Pékin et Beijing ou Sichuan et SetchouanCulture : sans pouvoir aborder ici cet immense domaine, il convient de noter que la Chine présentedepuis quatre mille ans une des plus grandes cultures du monde, dont líart et la pensée témoignentde la richesse.Religions : liberté religieuse rétablie par la Constitution de 1982, les cultes sont gérés par le Bureaudes Religions du Conseil dÉtat. - Taoïsme, religion populaire et ancestrale - Bouddhisme, branche du Grand Véhicule (200 millions ?) - Confucianisme (philosophie de líordre social et familial, priorité à léducation) se surimpose généralement aux deux autres - Religion musulmane : Hui et Ouïgours turcophones (50 millions, voire plus)Section 4 Structure politique et administrativeStatut : République populaire depuis le 1/10/1949 (État socialiste de dictature démocratique duPeuple, dirigé par la classe ouvrière et fondée sur lalliance des ouvriers et des paysans, selon laConstitution). État unifié multinational comprenant - 22 provinces - 5 régions autonomes - 1 région administrative spéciale (Hong Kong). Macao sy ajoutera le 19/12/1999 - 4 municipalités autonomes dépendant du gouvernement centralAssemblée Populaire Nationale : 2979 députés élus pour 5 ans à raison de - 1 député par 800.000 habitants pour les 27 provinces et régions autonomes - 1 député par 100.000 habitants pour les trois municipalités relevant directement de lautorité centrale; - lArmée (sans précision sur le taux de représentation).Comité Permanent de lAPN (155 membres).
    • Parti communiste chinois : 57 millions de membres (1996); Congrès, organe suprême, se réunit tousles 5 ans (le 1er en 1921 le XIVè et avant-dernier, en octobre 1992) ; Comité Central du PCC: 319membres ; Secrétaire général : JIANG ZeminLe système judiciaire (Cour Suprême, Président et Procureur général du Parquet populairesuprême, élus par le Gouvernement sur proposition du Premier ministre.Président de la RPC (et Chef des armées) : JIANG Zemin, Vice-Président : HU JintaoLe Gouvernement ("Conseil des affaires dÉtat"), membres élus par lAPN. - Premier ministre (deux mandats max) : ZHU Rongji - Le Gouvernement mis en place le 18 mars 1998,resserré et rajeuni, compte : - 4 vice-Premiers ministres au lieu de 6 dans le gouvernement précédent, - 5 Conseillers dÉtat au lieu de 8 - 29 ministres ou présidents de Commissions dÉtat, au lieu de 41Objectifs du gouvernementIls visent essentiellement la rationalisation du système économique et sa mise à niveau avec celui dureste du monde. Il sagit tout particulièrement de : - la rénovation díune administration pléthorique - la réforme des entreprises dÉtat et du système bancaire - la création massive demplois - la mise en place dun système de protection sociale - la lutte contre la corruption - léquilibrage socio-économique progressif des provinces entre elles (la plus grande partie du pays en dehors des provinces côtières est "en voie de développement") - le développement du marché intérieurLes choix du XVè Congrès (09/1997) sont entérinés par lAPN (03/1998) qui désigne une équipecohérente autour de JIANG Zemin. Une pratique collégiale peut être menée pour la première foisdepuis la fondation du régime (1949). Une période de cinq ans, jusquen 2003, souvre avec desérieuses chances de stabilité si lentente règne entre JIANG Zemin, LI Peng Président delAssemblée et ZHU Rongji, Premier ministre
    • Partie 2 L’économie chinoise Chine FranceSuperficie (km²) 9 596 960 551 500Popolation 1 264 536 000 59 353 000Densité 2000 131,8 107,6Capitale Pékin ParisNombre d’habitants 11 299 000 9 523 000Taux d’urbanisation 1998(%) 33 75Natalité 1998(‰) 15,2 12,6IDH 0,706 0,917ISDH 0,700 0,914Taux d’alphabétisation1998 (%) 82,8 99PNB1998(M US $) 923 560 2 465 399PNB/hab. 1998 (US $) 750 24 210Évol./an PNB/hab. 1990-98(%) +9,6 +1,2PIB 1998 (%):Agriculture : 18 2Industustrie : 49 26Services et divers : 33 72Émissions/hab. de dioxyde : - de carbone (tonnes 1996) 2,8 16,2Source:Images économiques du monde,2001
    • Section1 La Chine, un poids lourd… mais relatifCe tableau reprend des données publiées par le FMI pour son World Economic Outlook, les chiffresretenus ici concernent lannée 1998. Lintérêt quil y a à prendre ces chiffres est, outre la commoditéde leur regroupement, en même temps que la garantie dune certaine homogénéité de calcul et doncleur mutuelle comparabilité. Ici seuls cinq pays développés (États-unis, Japon, Allemagne, Franceet Italie)ont été choisis afin de mesurer le poids économique de la Chine. Quatre indicateurs ont étésélectionnés, la part du PNB de chaque pays dans le PNB mondial, la part des biens et servicesexportés par chaque pays par rapport au montant total des exportations de biens et de services dansle monde, la part de la population de chaque pays dans la population mondiale et la surface occupéepar le territoire de chaque pays dans la surface totale occupée. Trois de ces indicateurs montrent lepoids économique de la Chine tandis quun quatrième en tempère limportance relative.La surface occupée par la Chine, voisine de celle occupée par les États-unis, est considérable parcomparaison avec elle occupée par divers pays développés et même par lUnion européenne. Lapopulation chinoise regroupe plus dun cinquième (21,2%) des hommes de la planète, soit plus decinq points en pourcentage de plus que lInde (16,7%) ; ni les États-unis (4,6%), ni même lUnioneuropéenne (6.3%) ne peuvent entrer en compétition avec elle sur ce plan. Toutefois parler d« ungrand marché de 1,3 milliard de consommateurs », est oublié de prendre en considération leurrichesse réelle et refuser de voir quaujourdhui la Chine de la consommation nest que de 200millions dhabitants environ, soit un marché des deux tiers de celui de lUnion européenne ou decelui des États-unis -- ce qui est déjà considérable.Le montant du PNB retenue ici est sa valeur en parité de pouvoir dachat (ppa). Arrêtons-nous iciune minute pour les non-économistes. Le PNB (Produit national brut) est le montant de la richessenouvellement créée sur le territoire dun pays (PIB ou Produit intérieur brut), diminuée desexportations et augmentée des importations ; cest donc le montant de la richesse nouvelledisponible pour la consommation ou pour linvestissement. La parité de pouvoir dachat est ce quecertains ont appelé «lindice McDonald». En effet le célèbre fabricant de hamburgers, vend lesmêmes produits de base élaborés selon les mêmes recettes partout dans le monde ; en dautres termes,si un Big Mac vaut x dollars à New York, y francs à Paris et z yuan à Pékin, on pourra dire que les
    • pouvoirs dachat de x dollars, de y francs et z de yuan sont identiques ; les parités calculées endollars ainsi obtenues pourront être très différentes de celles calculées sur les marchés financiers.On saccordera pour considérer que les calculs du FMI sont plus sophistiqués que ceux que je viensdexposer. Quoiquil en soit cette évaluation montre que la richesse disponible à la consommation età linvestissement des Chinois serait égale à plus du dixième de la richesse mondiale nouvellementcrée chaque année (11,2%), soit un peu plus de la moitié de celle disponible aux États-unis (21,9%)ou dans lUnion Européenne (20,3%) ; de ce point de vue la Chine se place au second es puissancesmondiales constituées en États, derrière les États-Unis devant le Japon (7.6%), lAllemagne (4,7%),la France (3,3%) et lItalie (3,2%). La diapositive suivante compare le rang de la Chine selon que lePNB est calculé en parité de pouvoir dachat ou non.Ce poids économique considérable de la Chine est toutefois très relatif comme le montre sa réelleimplication dans léconomie mondiale, le montant de ses exportations de biens et services (ce quimesure la dépendance du reste du monde à légard de la Chine) nest que de 3,1% du total mondialdes exportations de biens et servies, cest-à-dire un volume juste comparable à celui de la Belgiquedont le territoire est 310 fois plus petit et la population 1 300 moindre ! Cest à la fois dire la faibleimplication relative de la Chine dans léconomie mondiale compte tenu de sa taille, mais égalementaffirmer que la Chine est un acteur dont le rôle peut être néanmoins décisif.Une lecture attentive de ce tableau précisera mieux le degré de sous-développement actuel de laChine et des ses pôles les plus « riches » : en terme de PNB par tête et en parités de pouvoir dachat,un Chinois nest pas mieux loti quun Albanais ou un Cubain ; un Shanghaïen peut se comparer à unMalais, un Pékinois à un Thailandais, un Chinois du Jiangsu à un Russe, un Foukiénois à unRoumain...
    • Ici la comparaison seffectue relativement à des groupes de pays en fonction de leur niveau derevenu et à leur contribution respective à la production mondiale de chaque secteur. La Chine quicontribue à 3,4% du PNB mondial en valeur, ne contribue quau hauteur de 13,1% du PNB mondialdorigine agricole -- cest-à-dire dans une proportion moindre que le groupe des pays à revenu faible(18.3%) dont la contribution au PNB total est voisin (3,1%). La Chine apparaît donc commestructurellement plus industrialisée que ces pays puisque sa contribution au PNB dorigineindustrielle est de 5,0%, soit le double de celle du groupe de pays à revenu faible (2,5%). Notons quele groupe des pays à revenu moyen contribue plus que proportionnellement au PNB dorigineagricole (29,0% contre 14,7% au PNB total mondial) et tout à fait proportionnellement au PNBdorigine industrielle (14,6%). Du seul point de vue de ces facteurs, la Chine pourrait semblerbénéficier dune position structurelle relative plus avantageuse que celle de ces deux groupes depays ; toutefois, la comparaison de sa contribution au PNB du secteur des services souligne lafaiblesse structurelle de léconomie chinoise : cette contribution (1,8%) est moindre que celle dugroupe des pays à faible revenu (2,2%) alors que leur poids économique est identique.Ces « camemberts » illustrent deux aspects :• Le pari maoïste de lindustrialisation à nimporte quel prix semble donc avoir été remporté. De fait,la structure des prix, telle quelle résulte de leur fixation durant lère maoïste, facilite à lenvi unetelle démonstration statistique (surévaluation du prix des produits industriels, sous-évaluation duprix des produits agricoles).• La principale pierre dachoppement des discussions pour lentrée de la Chine dans lOMC est/fut ledéveloppement du secteur des services en Chine. Disons simplement que le sous-développement dusecteur des services offrira, lors de lentrée de la Chine dans lOMC, des occasions dinvestissementplus que profitables aux principaux pays les plus riches sans que la Chine ne puisse opposer devéritable résistance ni mettre en place une réelle concurrence. De surcroît, laisser les banques et lescompagnies dassurances étrangères collecter lépargne chinoise puis en décider de soninvestissement peut être ressenti, sinon comme une véritable perte de souveraineté, du moinscomme labandon dune prérogative qui fit les beaux jours de la planification chinoise.Le développement du secteur des services doit sentendre de plusieurs manières. Cest dabord latertiarisation de léconomie laquelle résulte dune part de la croissance économique même qui exige
    • quantitativement davantage de services pour produire une quantité accrue de biens pour unepopulation croissante ou pour un marché plus grand, dautre part de lévolution vers une sociétépost-industrielle qui requiert qualitativement davantage de services. Cest aussi la tertiarisation delindustrie qui, de plus en plus, confie les tâches strictement industrielles à des sous-traitants locauxou délocalisés en Chine par exemple (tâches gourmandes de main-dœuvre mais peu profitables)pour se recentrer sur la recherche et le développement ainsi que sur la distribution tous deuxnettement plus rentables. Cest le modèle de lOEM (original equipment manufacturing).Continuons lanalyse.À quoi peut conduire la compétition entre sous-traitants pratiquant lOEM ? La compétitivité àlexportation se joue sur trois facteurs : le prix, la qualité et les délais de livraison. Pour restercompétitif, la lutte ne peut que ce faire sur les prix car les deux autres éléments doivent être garantis.Aussi, tous les investissements nouveaux du sous-traitant doivent se faire en matière de productivité(baisse des coûts), doù des investissement de plus en plus considérables et, partant, des besoins endébouchés de plus en plus importants. Comme il est extrêmement difficile dinvestir dans le mêmetemps en Recherche et développement en quantité suffisante pour que le sous-traitant puisse espérerpasser au statut supérieur de producteur indépendant possédant sa propre marque etc., le risque estque le fossé, existant entre les pays sous-développés pratiquant lOEM et les pays riches donneursdordres, aille grandissant et que le développement des premiers sen trouve freiné dautant.La première justification est que le calcul d’un IDH pour chaque province permet une approche peuplus fine que le simple PIB par tête même en parités de pouvoir d’achat. Ainsi pour Shanghai, sonPIB par tête en parités de pouvoir d’achat met la municipalité à un rang peu éloigné de celui del’Espagne (11e rang des PIB/t en parités de pouvoir dachat) tandis que son IDH la fait reculer au40e rang à côté de Trinité-et-Tobago... Ce n’est pas tout à fait pareil !Lorsque a été en 1998 létude des IDH provinciaux, le bureau du PNUD à Pékin avait lancé uneétude similaire dont les résultats ont été rendus publics en septembre 1999 (UNDP, The ChinaHuman Development Report, New York : Oxford University Press, 1999, 135 p.). Les résultatsobtenus corroborent nos propres calculs et estimations. En dépit de cette confirmation, l’utilité delétude du bureau pékinois du PNUD aurait été assez limitée car, contrairement à l’esprit des travauxdu Rapport, la Chine y est considérée à la fois comme un isolat et comme un ensemble de parties a
    • priori homogènes (même si cela nest pas faux sous certains aspects, encore faut-il le démontrer etnon le postuler !).Section2 Un des plus importants pôles mondiaux de croissanceSelon le rapport sur l’exécution du plan de progrès social et de développement économiquepour l’année 2000, l’économie chinoise est entrée dans « un cercle vertueux ». Le niveaugénéral des prix a cessé de baisser pour se stabiliser. Le coût de la vie des habitants aaugmenté de 0,4 %.Alors que la croissance chinoise a atteint 8 %, après avoir même culminé à 8,2 % au coursdes trois premiers trimestres de 2000, la croissance économique devrait sêtre établie entre7 et 8 % en 2001. La consommation des ménages, dont la prudence est liée à l’insécurité del’emploi dans un contexte de restructuration de la fonction publique et des entreprisesétatiques, semble reprendre.Il faut bien voir qu’avec un taux moyen de 7 % l’an, la Chine est aujourd’hui l’un desplus importants pôles de croissance de la planète.Avec l’entrée à l’OMC, 1 % de croissance supplémentaire est prévisible. La perspectived’évolution du PIB, particulièrement bonne, place la Chine loin devant ses partenairesasiatiques. Si la balance des paiements s’amenuise, la marge de manoeuvre est importanteen matière d’endettement avec 212 milliards de dollars de réserves en 2001. La Chine estun cas unique de pays en développement. Elle a bénéficié, depuis plusieurs années, d’unniveau de croissance sans précédent, qui a apporté la prospérité dans beaucoup desecteurs. Néanmoins, certaines zones, de l’intérieur principalement, sont à la traîne entermes de croissance. Un programme de développement de l’Ouest chinois a été mis enplace pour éviter que l’écart se creuse. Indicateurs macro-économiques (en % et en milliards de dollars américains) 1998 1999 2000Croissance du PIB (%) 7,8 7,1 8Inflation (%) -0,8 -1,3 0,2Exportations (mds) 183,8 195 249,3Importations (mds) 140 165,8 225Solde commercial (mds) 43,8 29,2 24Investissements directs étrangers (mds) 45,5 40,4 40,8Réserves de change 144,9 154,7 165,6Source : Bureau chinois des statistiques.La Chine ne devrait pas être trop affectée par le ralentissement américain et ledéveloppement de son économie laisse augurer des potentialités de marchés importants.Non seulement le gouvernement chinois a la volonté de maintenir la croissance, maisil a également la possibilité technique de le faire avec des ressources fiscalesimportantes, contrairement à la Russie où les investissements directs étrangers ont,
    • dailleurs, reculé de 10 % en 2001.Section3 Une part croissante dans le commerce mondialEn l’an 2000, la Chine était déjà le septième exportateur et le huitième importateur demarchandises.Principaux exportateurs et importateurs mondiaux de marchandises en 2000 (en % et en milliards de dollars)Exportateurs Valeur Part dans les Variation Importateur Valeur Part Variati exportations annuelle dans on mondiales (%) les annue exporta lle (%) tions mondial esEtats-Unis 781,1 12,3 11 Etats-unis 1257,6 18,9 19Allemagne 551,5 8,7 1 Allemagne 502,8 7,5 6Japon 479,2 7,5 14 Japon 379,5 5,7 22France 298,1 4,7 -1 Royaume-u 337,0 5,1 5 niRoyaume- 284,1 4,5 6 France 305,4 4,6 4UniCanada 276,6 4,3 16 Canada 224,8 3,7 11Chine 249,3 3,9 28 Italie 236,5 3,5 7Italie 231,6 3,7 1 Chine 225,1 3,4 36Source : OMC, 2001.Les exportations mondiales de la Chine représentent près de la moitié de celles de l’ALENAqui comprend les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.Commerce chinois par rapport au commerce de marchandises de grandes zones(en milliards de dollars, en 2000) (hors commerce intra-zone)Zone ou pays Exportations ImportationsUE 859 966Alena* 539 998Asean** 326 277Mercosur 67 71Chine 249 225* Etats-Unis, Canada, Mexique** Indonésie, Malaisie, Brunei, Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, Philippines, Birmanie, Singapour*** Argentine, Brésil, Paraguay, UruguaySource : OMC, 2001.La Chine a dégagé, en 2000, un excédent commercial de 5,61 milliards d’euros. Les
    • importations ont atteint 35,8 % et ont représenté 225,1 milliards de dollars, mais on note untassement sensible des exportations.Il existe un risque d’exacerbation de la polarisation géographique autour de la Chineliée à son entrée à l’OMC.Section 4 Besoins exprimés par la demande du marché chinoisénergie : systèmes de production (générateurs, turbine à gaz et à vapeur, chaudières, équipementsde contrôle et de communication, équipements de transport et de distribution; équipement pour leschamps de pétrole et gaz (pipelines, instruments de géophysique, équipement de générateursélectriques mobiles)industrie minière : équipementaéronautique en généralsecteur automobile : pièces pour moteur, chassis, électricité automobilemachinime agricole (notamment dans le sud)machines -outil (concurrence : allemands, suisses et japonais, italiens et taïwanais)Produits pharmaceutiques et vétérinaires,papier (imprimrie, emballage, décoration, pulpe de bois),chimie agricole, matières plastiques et résines,équipements anti-pollution (surveillance, contrôles de process industriels, technologies dedésulfuration, procédés peu coûteux de matériel díenfouissement de déchets), traitement des eauxusésinformatique : ordinateurs personnels, serveurs, lecteurs de CDROM (NDLR. il faudrait ajouter :DVD) modems (concurrence : Taiwan pour les ordinateurs personnels, Taiwan et Japon pour lespériphériques); composants électroniques (micro-processeurs, micro-contrôleurs, semi-conducteurs,mémoires), logiciels en version chinoisetélécommunications : demande de transfert de technologie (NDLR. il faudrait ajouter : téléphonieportable)produits alimentaires, notamment sous conditionnement spécifique (notamment aliments pourbébés, vieillards et santé)biotechnologieséquipement médical et dentaire, orthopédie, scanners rayons-X, équipement de laboratoire,instrumentation ophtalmologiqueconstruction : second-úuvre (salles de bains, ascenseurs, verre, plastiques renforcés, matérieux dedécoration), équipement de sécurité (des appartements et des commerces, dans le Guangdong)Section 5 Les villes et les régions développées1) Shanghai---- vitrine du capitalisme chinois
    • Naguère enclave coloniale, cinquième ville du monde par sa démographie et son activité portuairedans les années 30, Shanghaï a été éclipsée pendant toute la durée du maoïsme, de 1949 à 1976.Alors que la Chine sest jetée dans la course économique mondiale, ses dirigeants tentent désormaisde relancer cette mégapole et denfaire une « ville globale » rivalisant avec celles de la riveaméricaine du Pacifique. Développement spectaculaire qui se fait au nom de lavenir et sous le signede linégalité sociale.Le drapeau rouge flotte fièrement sur les édifices des deux rives du fleuve Huangpu, à Shanghaï. Lebras tendu vers lavenir, un Mao de bronze se détache sur fond délégants immeubles années 30,comme pour mieux souligner la souveraineté recouvrée et le redressement de la Chine après unsiècle dhumiliations infligées par les puissances impériales occidentales et asiatiques (1839-1945).Mais, dans ce laboratoire de la modernité chinoise, il ne subsiste du communisme que ces signesambigus dun métissage entre lidée nationale et lélan révolutionnaire. Ils nexpriment guère que lenationalisme triomphant dun « pays continent » irrésistiblement et irréversiblement entré dans lacompétition économique et géopolitique mondiale.Cest à Shanghaï que Deng Xiaoping et ses successeurs ont décidé, au début des années 90, après delongues hésitations , de bâtir la première « ville globale » chinoise. Il sagissait den faire lun descentres nerveux du système international concentrant les fonctions de commande, structurant lesflux économiques et financiers, rythmant la marche du monde . Le président Jiang Zemin et sonpremier ministre, M. Zhu Rongji, ont choisi de rassembler les savoirs et les services «post-industriels », les pôles de haute technologie, les ressources humaines « hyperqualifiées » et lecapital requis pour ériger la ville en centre chinois du capitalisme mondial pouvant rivaliser avecTokyo, mais surtout avec Los Angeles et New York. Ces mégapoles sont devenues lhorizonindépassable de la vision chinoise de lavenir. Ici, on ne se mesure pas à une Europe aux énergiesdiffuses, ni même au voisin nippon, mais au gigantisme américain.Doù le mimétisme architectural et la course à la verticalité, symbole obligé de la puissance : enreproduisant les formes de lobjet désiré, on tente de sen approprier les forces vitales. A Pudong,commune de Shanghaï située sur la rive orientale du Huangpu, destinée, selon le premier ministreZhu Rongji, à devenir un Manhattan oriental, lEtat bâtit une cité de quartz. Elle est dominée par ladésormais célèbre tour de télévision, vaisseau spatial kitsch, rose métallisé, tout droit sorti dune BD
    • américaine de science-fiction, et par le Jinmao Building, gratte-ciel le plus élevé dAsie (coût : 540millions de dollars). Gris, élégant, mais dune froideur presque menaçante, il abrite des banques etun inévitable hôtel de luxe.2) Hong Kong RAS1 Juilet 1997, à minuit, Hong Kong retourne à la Chine.Superfie (km²) 1 070Population 2000 7 002 000Densité 2000 6 544IDH 0,872ISDH 0,864Taux d’alphabétisation 1998 (%) 92,9PNB 1998 (M US $) 158 238PNB/hab. 1998 (US $) 23 660Évol./an PNB/hab. 1990-98 (%) +2,4PIB 1998 (%):Agriculture 0,2Industrie 15Services et divers 85Source: Images économiques du monde, 2001La crise avait touché Hong Kong un peu plus tard; la RAS a reconquis ses positions mais réfléchit àson devenir.a) La crise est passéeLa PNB après un recul de 3% au premier trimestre 99 a progressé de 8,7% au quartième et , surl’année, augmenté de 2,9% après une baisse de 5,1% en 98. Les exportations ont augmenté de 4% etles réexportations de 5%.La monnaie a maintenu sa parité face au dollar états-unien; depuis fin 99,la prime de risque sur le dollar de Hong Kong est inférieure à ce qu’elle est est sur le dollarétats-unien; iln’y a pas eu de faillite de banque; la bourse est revenue à son niveau d’avant la crise.Le gouvernement a revendu une partie des actions qu’il avait achetées en 1998 pour défendre lamonnaie; elles constituent le TraHK(Tracker Fund of Hong Kong); contrairement à ce que l’onpensait, ce fut un succès devant lequel le gouvernement qui comptait vendre 10 Md de FF sur un
    • total de 180Md , en a d’abord vendu 27 Md puis a effectué d’autres ventes (2,5 Md en décembre).Bilan économique 1990 1998 1999Indice industriel 123 92,6 /Electricité 28 938 28 945 /Touristes (1 000 visiteurs) 6 581 9 600 9 600Flotte (1 000 tjb) / 6 151 7 372Port (1 000 t) 66 008 126 600 /Aéroport(1 000 passagers) 14 832 20 493 21 322(1 000 tonnes) 802 1 629 1 978Valeur du HK $ en franc français 0,6576 0,7285 0,8401Biens, import.c.a.f. (M US $) / 183,22 197,5Biens, export.f.à.b. (M US $) / 172,77 174Réexportations (M US $) / 148,61 /Source: Images économiques du monde, 2001b) Les activités doivent-elles changer?Un Dysneyland doit ouvrir en 2005; au nord de l’île de Lantau près du nouvel aéroport; plusmodeste que celui de Marne-la-Vallée: 500 ha première tranche, 5000 chambres d’hôtel. Celarenforcera le tourisme: on compte, au début, sur 5 millions de visiteurs, mais le tourisme est déjàimportant. Au contraire, le projet de fabrications high tech eût été novateur mais, nous avionsexposé nos doutes dans l’édition précédente, ce projet paraît abandonné: il est très contraire auxtraditions et, aux portes, à Shenzhen, ce type d’activité connaît un prodigieux développement; avecune main-d’œuvre six à sept fois moins chère. Par contre, Hong Kong mise maintenant sur ledéveloppement des services liés à Internet et aux communications, avec un cyberport: cela est dansses traditions.c) Un fait symbolique à plus d’un titre:Une start up Internet , Pacific Century Cyberworks, a pris le contrôle de Hong Kong Telecom, 54%au groupe britannique Cable & Wareless, 10% à la République populaire de Chine. Elle l’a emportésur une société de Singapour, SingTel. Elle appartient à Richard Li, fils du miliardaire hongkongaisLi Ka-shing; la nouvelle entreprise Pacific Century –HKT, partie récemment de très peu, devraitvaloir, début 2000, 420 milliards de francs. Mais début mars, des rumeurs, des doutes, l’actionPCCW perd, en quelques jours, plus de 30%. D’autres .com perdent au même moment jusqu’à 70%.En février 2000, les actions du portail Internet de Li Ka-shung sont introduites en Bourse à 1,78dollar de Hong Kong; elles montent à 15,35 mais, début mars, chutent de 30%.d) Face à l’ouverture commerciale de la Chine, Hong Kong va-t-elle conserver son rôle de porte d’entrée?L’adhésion de la Chine à l’OMC fait des progrès; le commerce direct entre Taïwan et le continent vapeut-être se rétablir. A cela, Hong Kong rétorque que cela va augmenter les échanges avec laRépublique populaire et que la place en profitera. Les réseaux de toutes sortes qui se sont installés àHong Kong, la qualité des services sont tels qu’il serait difficile de les transplanter; la faculté dechanger est une des qualités chinoises mais aussi celle de conserver et les Hongkongais ne sont-ilspas chinois?
    • 3) Macao RAS19 décembre 1999,à minuit, Macao retourne à la Chine. a) Cela se fait en douceur; toutes les parties s’y sont préparées depuis longtemps: la Portugal en avait fait la plus importante place européenne au 16 siècle mais ne s’en préoccupait guère depuis longtemps. La “région à administration spéciale” conserve le systéme libéral, sa monnaie, la pataca, qui reste convertible, conjointement au yuan, sous la direction d’un administrateur choisi par Pékin : Edmund Ho Hau-wah, 44 ans, homme d’affaires, d’une famille richissime et très influente. b) La territoire va-t-il conserver sa spécificité? Un creuset de races, de religions où s’étaient rencontrées l’Europe et l’Asie depuis 1557. Mais les chinois , 95% de la population, sont en fait les maîtres depuis longtemps; les Macanais, métis sinoeuropéens, sont peu nombreux. c) La situation économique est-elle satisfaisante? Les avis divergent. La crise n’a provoqué qu’une baisse de 3% du PIB en 1998 avec un chômage de 6%; le PIB/hab. est un des plus élevés d’Asie. Les jeux représentent 40% des activités mais avec des règlements de comptes entre triades rivales (“Dent cassé”, chef présumé de la 14K, est emprisonné); l’empeteur Stanley Ho a perdu son monopole en 2001.Il faut diversifier; le tourisme :8M/an (restauration des monuments, musées); le textile forme encore près de 85% des exportations; il y a des infrastructures modernes: nouvel aéroport international conquis sur la mer; nouveau port franc; bonnes liasons avec Hong Kong et le reste de la Rivière des Perles: bateaux, routes, avions, hélicoptères. Une ville biculturelle, ce qui favorise les contacts, avec des relations commerciales privilégiées ver l’Union européenne (traité de 1992). Ambition: développer le rôle de porte d’entrée de la Chine pour Taiwan et l’Europe.
    • Partie 3 Le commerce chinois ,après son entrée dansl’OMCAlors que la Chine attendait depuis 15 ans sur le seuil d’entrée de l’OMC, la porte lui a été enfinouverte en novembre dernier. Cet événement historique pour l’avenir du commerce international apresque occulté le lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales. L’accueil qui lui a
    • été réservé, a été particulièrement chaleureux et la Chine suscite désormais toutes les convoitisesalors qu’elle a été ignorée depuis 1972 par les Organisations internationales. Ce régime de faveurs’explique amplement par les changements qu’elle apporte à la géopolitique puisque 5/6ème desEtats membres de l’OMC sont désormais des pays en développement. Ce phénomène n’a pas étésans répercussions immédiates sur les décisions prises à la Conférence ministérielle de Doha où lecommerce a été abordé sous le nouvel angle du développement. Au moment où la menace derécession pousse chacun à rechercher de nouveaux marchés, la Chine confirme son statut de nouveleldorado. Elle agit comme un véritable aimant des investissements étrangers dont la forced’attraction va se voir encore décuplée. L’Empire du milieu ainsi revêtu du blason doré de l’OMCest, en effet, promesse d’une ouverture aux échanges commerciaux, mettant fin aux barrièresdouanières et aux trop nombreuses " chinoiseries administratives ". Afin que ces heureusesperspectives ne se transforment pas en un simple miroir aux alouettes, il faut encore que la Chinemette en oeuvre, de manière effective, les principes nécessaires à la libéralisation (I) et que les PMEfrançaises puissent pleinement tirer profit de ce nouveau marché (II). I - Mise en oeuvre des principes nécessaires à la libéralisationFaire du commerce avec la Chine est un art délicat tant sont importantes les différences culturelles.Son adhésion à l’OMC laisse présager une simplification des règles commerciales grâce à desréférentiels de base communs aux 143 membres de l’OMC. La perspective de règles favorisant uncommerce loyal est certes réjouissante, mais la dernière affaire opposant les Etats-Unis à l’Unioneuropéenne sur l’acier nous rappelle que la notion d’équité commerciale peut être interprétée demanière, pour le moins, subjective. C’est pourquoi il importe d’examiner comment la Chine entendfaire siens, les principes de la libéralisation. Trois principes majeurs sous-tendent l’existence-mêmede l’OMC : la non-discrimination, l’accès au marché et la transparence. Nous nous attarderons surces trois points avant d’aborder l’épineux dossier de la propriété intellectuelle qui soulève bien descritiques. Les avancées en ce domaine témoigneront, à n’en point douter, de la bonne volontéaffichée de la Chine de faire du commerce libéralisé, une réalité.A - Les trois grands principes de l’OMC 1- Leur mise en oeuvre 1èrement - Le principe de non-discrimination va, non seulement, interdire toute différenciation entre les nationaux et les étrangers, mais également uniformiser les conditions commerciales sur tout le territoire douanier chinois. Les investisseurs étrangers vont donc bénéficier " d’un plus large marché, mais de moins de privilèges ". Pour profiter de manière optimale de l’ouverture de la Chine au commerce international, la logique impose de connaître à quel moment précis dans le temps, elle se réalise. Si la Chine bénéficie de périodes de transition pour " digérer " les 900 pages de son accord d’adhésion, un calendrier sans cesse actualisé est nécessaire pour connaître les opportunités qui s’offrent secteur par secteur. Ceci est d’autant plus important que la Chine prend de l’avance sur ses engagements. Comment mieux y parvenir qu’en incitant l’OMC à publier régulièrement un tel calendrier en se rapprochant des autorités nationales ?
    • 2èmement - Après avoir reçu le " coup d’envoi ", il faut encore connaître les règles du jeu. Le principe de transparence interdit, désormais, à la Chine de se comporter comme un arbitre partial modifiant le règlement à son avantage sans en informer les joueurs. La Chine, pour se conformer à cette obligation de transparence, s’est engagée à publier toutes lois et autres types de mesures affectant le commerce, à travers un Journal officiel. Si la Commission du commerce international se réjouit de cette décision, elle ne s’en satisfait pas pleinement. Trouver un avocat parfaitement bilingue français-chinois n’étant pas chose aisée. Elle considère que le principe de transparence tel qu’évoqué à l’article X du GATT 94, n’aura de véritable sens que si une traduction dans l’une des trois langues officielles de l’OMC, y est mentionnée. réalisées par le Mécanisme d’examen des politiques commerciales de l’OMC. Toujours dans l’objectif d’encadrer la Chine dans son statut de membre de l’OMC, il importe que l’Institut de formation de cette organisation internationale axe davantage ses enseignements vers les nouveaux adhérents 3èmement - Les entreprises étrangères craignent que ne leur soit repris d’une main, ce qui leur est donné de l’autre. Le principe d’accès au marché permet de veiller à ce qu’un certain équilibre global soit assuré. Là encore, le principe d’accès au marché ne sera réellement efficace que si l’OMC fait un état des obstacles rencontrés par les entreprises sur le marché chinois durant la phase de transition. 2 - Un encadrement général pour faciliter l’application des trois principes Les milieux daffaires sont les mieux placés pour déterminer dans quelle mesure les engagements chinois seront maintenus, une surveillance extérieure ne doit pas être négligée.B - L’épineux dossier de la propriété intellectuelle Dire que la Chine est certainement " le mauvais élève " de la propriété intellectuelle est presque redondant. En dépit des mesures déjà engagées par le gouvernement chinois pour améliorer la protection intellectuelle, tout le travail, qui mérite encore d’être accompli en cette matière, ne peut être ignoré. Alors que les Chinois sont convaincus de nous faire presque un honneur en nous copiant, seule une campagne de sensibilisation sur les méfaits de la contrefaçon peut changer les mentalités. La proposition de la CCIP consiste ici à inviter l’OMC à créer une meilleure sensibilisation aux règles de propriété intellectuelle et à la contrefaçon. Nous sommes, par ailleurs, convaincus que la Chine ne fera de la propriété industrielle une priorité que lorsqu’elle se sera engagée dans une politique de recherche et développement significative. A cetégard, l’enveloppe allouée à la coopération scientifique et technique entre l’Union européenne et la Chine est inadaptée à la taille de ce pays.
    • Après avoir examiné les conditions dans lesquelles les entreprises sont susceptibles d’évoluer sur lemarché chinois, Nous allons examiner comment le positionnement français peut être optimisé.II- Profits à retirer par les PME françaisesLa destination de la Chine ne doit pas être négligée par les entreprises françaises. Ceux qui attendentun environnement juridique sécurisé à 100 % risquent d’arriver trop tard. Certes, comme toutmarché à l’international, le marché chinois présente des risques pour les PME. La concurrencelocale ne doit pas, à ce titre, être négligée. Mais à force d’être frileux, on reste chez soi. Or, le bonexemple des PME américaines inspire plutôt l’optimisme et invite à l’esprit de conquête. Lesentreprises françaises ne participeront à l’aventure que si elles sont suffisamment bien encadrées pardes programmes adéquats et si une sensibilisation à la culture chinoise est efficacement mise enoeuvre.A- Les programmes à mettre en oeuvreLes activités du Comité d’échanges franco-chinois mériteraient cependant d’êtrerelayées à l’échelon national, par des programmes de coopération réciproques destinésaux PME pour saisir utilement les opportunités qui se présentent.Vouloir développer les programmes communautaires serait de nature à faciliterl’application des règles de l’OMC.Au-delà même des simples accords visant à améliorer le climat et la conduite desaffaires pour les entreprises, des aides spécifiques aux PME pour investir doiventconstituer, à nouveau, une priorité communautaire.B- Une sensibilisation efficaceOn ne peut conquérir, de manière efficace, le marché chinois qu’en se familiarisant aupréalable à la culture si particulière des affaires dans ce pays.Un programme de formation, mis sur pied à la double initiative de l’Europe et de laChine, sensibilise, depuis peu, de jeunes cadres européens non seulement à la languechinoise, mais également à la mentalité, qui lui est propre, par des stages en entreprises.La publicité qui est faite autour de cette formation est bien trop insuffisante. Elledevrait, par ailleurs, couvrir une plus large catégorie de cadres.S’adapter au monde des affaires chinois, c’est aussi s’impliquer, de manière active, ausein des structures locales ouvertes sur l’extérieur.Il a pour fonctions principales de conseiller ses membres sur les politiques dugouvernement, d’organiser des débats et -élément primordial - de formuler despropositions aux départements compétents.Les entreprises françaises doivent être vivement incitées à prendre place dans cetorganisme où, d’ailleurs, les regroupements de PME ne sont nullement exclus.Un élément d’approche important d’un marché étranger réside dans le carnet ATA.Véritable passeport pour les marchandises devant séjourner temporairement dans un
    • Etat, le carnet de passage en douane ATA réduit, les formalités douanières et dispensedu paiement des droits et taxes normalement exigibles.Autant dire qu’il est tout particulièrement favorable aux PME qui veulent explorer,dans un premier temps un marché, sans prendre d’engagements fermes pour l’avenir.La Chine, en n’ayant signé que de manière partielle la convention internationale ATA,ne permet pas aux PME de profiter pleinement des avantages qu’elles sont en droitd’attendre. L’Organisation Mondiale des Douanes devrait inciter la Chine à adhérerpleinement à la convention ATA pour que l’admission temporaire puisse s’appliquer aumatériel professionnel, au transit et aux échantillons de produits.Section1 Un processus d’ouverture du marché déjà en placePréalablement à son adhésion à l’OMC, la Chine a commencé à ouvrir son marché. Cettelibéralisation se manifeste au travers de l’abandon progressif de système de commerced’Etat, du nombre grandissant d’entreprises privées et d’une croissance alimentéepar les investissements étrangers .Etapes des négociations pour l’adhésion de la Chine à l’OMC1978 : Deng Xiaoping libéralise la politique commerciale. Les premières réformesconcernent l’agriculture1980 : La Chine devient membre du FMI1986 : La Chine postule à l’entrée du GATT1989 : Le groupe de travail du GATT suspend ses activités pendant les deux ansqui suivent les événements de Tiananmen1993 : La Chine élimine son taux de change dual1995 : Création de l’OMC et mise en oeuvre des engagements de l’Uruguay Round.La Chine accepte la pleine convertibilité des transactions de comptescourants1996 : L’Union européenne propose que la Chine bénéficie de périodes detransition après son adhésion pour l’intégration des obligations de l’OMC1997 : La Chine engage une nouvelle vague de réformes en restructurant lesecteur des entreprises d’Etat1998 : La Chine fait de nouvelles offres tarifaires et en matière de services1999 : Des progrès significatifs sont atteints dans tous les champs de lanégociation et au niveau bilatéral11/1999 : La Chine conclut un accord bilatéral avec les Etats-Unis05/2000 : La Chine conclut un accord bilatéral avec l’Union européenne09/2001 : Vote sur le texte d’adhésion de la Chine10/11/2001 : Adhésion de la Chine 1) L’abandon progressif du système du commerce d’Etat
    • Les réformes économiques lancées à la fin des années 70 ont été le catalyseur d’uneredéfinition de la place de l’Etat en Chine ; ce processus s’accélère depuis 1990. Le principecentral des réformes chinoises consiste à accroître la croissance, la productivité, ladiversification et l’efficacité de l’économie nationale par le recours aux mécanismes demarché.Alors qu’auparavant l’Etat contrôlait intégralement les prix pratiqués, en 1985, 70 % desproduits avaient un prix basé sur le coût d’importation. Un an plus tard, la proportion était de80 % et 28 catégories étaient encore basées sur la production chinoise. La liste desproduits, dont le prix est contrôlé, s’est réduite progressivement. En mai 1997, 19 produits etcinq services publics étaient concernés par ce système. Le contrôle des prix par l’Etat estaujourd’hui un phénomène largement minoritaire. Depuis 1999, 95 % des prix des biens etdes services disponibles sur le marché chinois sont déterminés par le marché.De même, le monopole de l’Etat en matière de commerce extérieur a longtemps pris laforme de sociétés nationales d’import-export.2) Un nombre croissant d’entreprises privéesAlors que l’article 10 de la Constitution chinoise dispose que le monopole du pouvoiret l’organisation des affaires appartiennent à l’État, la privatisation est rampante. Laseule privatisation du logement a transféré 50 % du PIB de l’État au privé.Les entreprises privées sont de plus en plus nombreuses et représentaient, en 1998, environ18 % de la production industrielle nationale (contre 28 % pour les entreprises d’Etat et 38 %pour les entreprises collectives). Ainsi, les entreprises privées forment actuellement unecatégorie très dynamique de l’économie chinoise avec les entreprises à capitaux étrangers(15 % de la production nationale).La part des entreprises d’Etat dans la production industrielle a, quant à elle, régulièrementdiminué depuis le début de la réforme. La dégradation de leurs résultats s’accompagne del’augmentation du pourcentage d’entreprises déficitaires, puisque de 31 % en 1994, laproportion d’entreprises d’Etat industrielles affichant des pertes (après impôts) est passée à42 % en 1997 et à près de 50 % en 1998Par diverses mesures encourageant l’augmentation du crédit, le développement de latechnologie et l’amélioration de l’information, un climat favorable aux PME se créeprogressivement. A titre d’exemple, ces entreprises, au nombre de 20 000 à Shanghai, sontde petite, voire, de moyenne taille, mais spécialisées et performantes. Elles occupent uneplace majeure dans l’économie, l’industrie et la production shanghaïenne.L’introduction de la concurrence s’est faite à un niveau bien plus élevé que dans lesanciens pays dEurope de l’Est. La Chine a même procédé à un aménagement dusystème de contrôle des entreprises en instituant, de manière formelle, ungouvernement d’entreprise calqué sur le modèle allemand. Les entreprises sont, parailleurs, encouragées par l’émergence d’une classe moyenne qui crée un véritablemarché de consommation (Carrefour a annoncé 50 magasins pour fin 2003).2) Une croissance alimentée par les investissements étrangers
    • Les investissements directs étrangers ont représenté 340 milliards de dollars entre 1979 et2000.17 milliards de dollars ont été investis entre 1979 et 1989, contre 118 entre 1990 et 1995 et213 entre 1996 et 2000. C’est sur cette dernière période qu’ont été réalisés les deux tiersdes investissements. La Chine reçoit environ 40 % des investissements à destination despays en développement. Si l’on intègre Hong-Kong, elle est, désormais, le premier paysen développement, avec un montant de 46,8 milliards de dollars (selon la CNUCED),d’accueil des investissements étrangers. La répartition sectorielle de ces dernierscorrespond à des industries à faible intensité capitalistique en raison du bas coût de travailen Chine, et traduit l’importance de la Chine comme base privilégiée pour la transformationet la réexportation.Le rebond des investissements étrangers en 2000 semble indiquer que des anticipationsautour de la Chine "redorée du blason de l’OMC" ont été réalisées. Selon la Deutsche Bankà Hong Kong, les investissements directs étrangers devraient progresser de 16 % en 2001,puis de 11 % chaque année de 2002 à 2004. En 1998, les investissements étrangers ontcréé près de 10,5 millions d’emplois.a) Les formes d’investissement privilégiées par les entreprises étrangèresLes investisseurs étrangers participent grandement à l’essor économique de la Chine. Selonl’Ambassade de France en Chine, en 1998, les quelques 145.000 sociétés à capitauxétrangers, dont 63 % sont des sociétés mixtes, ont généré la moitié du commerce extérieurchinois, contre seulement 5 % en 1995. Le ratio exportations / production était, la mêmeannée, de 38 % pour les entreprises étrangères, soit près de cinq fois plus que pour lesentreprises chinoises (8 %). La plupart de ces entreprises tirent profit du faible coût de lamain d’oeuvre chinoise pour rendre leurs produits plus compétitifs et revendre sur lesmarchés asiatiques.Le mode d’investissement privilégié en Chine reste la société à capitaux mixtes (Equity JointVenture) qui est une société à responsabilité limitée. Elle est, en effet, la plus ancienne et laplus éprouvée par la pratique. C’est également autour d’elle que se sont organisées toutesles lois relatives à l’investissement étranger. On notera, par ailleurs, que les joint venturessont, désormais, libres de s’approvisionner sur le marché chinois et n’ont plus pourcontrainte d’équilibrer leurs recettes. Si, sur les 212.000 entreprises à capitaux étrangers, lamajorité sont des co-entreprises, une telle alliance se caractérise souvent par des tensionsentre les partenaires qui appartiennent à des systèmes culturels éloignés.A titre d’exemple, l’acquisition par la co-entreprise des technologies les plus récentes tellesque développées par le partenaire occidental se fera difficilement puisque ce dernier pourraestimer que les investissements initiaux ne sont pas amortis et que la structure risque de luifaire concurrence sur les marchés mondiaux.A l’instar de Schneider et de Saint Gobain qui faisaient, en 1996, figure de pionnier, cinqautres grands groupes (Elf Atochem, Total Fina, Rhodia, Aventis et Lafarge) ont organiséleurs activités en Chine autour d’une holding, les autres ayant visé des filiales à 100 %.Selon l’Ambassade de France en Chine, « la décision de ces entreprises s’explique par lavolonté des maisons-mères de se doter de centres de décision qui soient de nature àintégrer l’ensemble des activités du groupe dans le pays, et traduit la place croissante prisepar la Chine dans leur stratégie industrielle mondiale ».
    • Cependant, il semblerait que le choix de filiales à 100 % commence peu à peu à s’intensifier.Le rachat d’entreprises ou d’unités de production pourra s’avérer une solution alternative àune stratégie d’alliance dans laquelle elles n’ont pas forcément les mains libres.Conscientes que les investissements étrangers sont sources de capital, de technologie etd’expertise managériale, les autorités ont cherché à les attirer par des politiquesavantageuses.b) La dynamique créée par les zones économiques spécialesLa création de zones économiques spéciales à la fin des années 80 et l’assouplissementdes restrictions imposées à l’investissement étranger ont contribué au rapide développementdes entreprises à capitaux étrangers. Les modifications apportées à la législation pourétayer le développement de la propriété privée ont joué un rôle déterminant dans l’expansionde ce secteur. Ces zones économiques spéciales (ZES), dotées dune autonomieéconomique et administrative, ont été mises en place il y a plusieurs années pourpromouvoir les exportations (exonération dimpôt indirect à lexportation ou en cas de ventelocale, et non en cas de vente dans dautres régions).Dans les villes côtières, des zones de développement économique et technique (ZDET) ontété mises en place afin de favoriser limportation et le transfert de nouvelles technologies depointe.Les EPZ (Export Processing Zones) sont, quant à elles, des zones économiques utilisablesuniquement pour les activités de travail à façon avant exportation. Elles sont installées ausein de zones de développement économique et technologique (ZDET) déjà existantes,après approbation du Conseil des Affaires d’Etat, et sont placées sous la supervision del’administration des douanes. Les marchandises entrées dans une EPZ, en provenance dureste du territoire chinois, ne peuvent être expédiées qu’à condition d’avoir été suffisammentmodifiées par une entreprise de l’EPZ. De plus, une entreprise ainsi établie n’a pas le droitde confier le travail à façon de produits à une autre entreprise de Chine hors zone. Celaentraîne de stricts contrôles d’inspection.Il existe 13 zones franches en Chine ; celle de Pudong, à Shanghai, fut la première à êtrecréée (en 1990).Toutes ces zones offrent deux types d’avantage majeur dont un impôt sur les sociétés réduitde 15 % et des importations de matières premières libres de tous droits et taxes .Tableau comparatif des différentes zones économiques offrant des avantages auxinvestisseurs EPZ(Export processing Zones franches Zones économiques zones) spécialesConfier les opérations non oui Ouide travail à façon à uneentreprise chinoise horszoneImpôt sur le revenu 15% 15% 15%TVA sur les produits Exempté Assujettis dans Assujettisissus des opérations de certaines zonestravail à façon en zoneRenboursement de la oui oui NonTVA sur les produitsvendus à la zonePossibilité de convertir oui oui Non
    • les devisesVérification de non non Ouil’utilisation conformedes devises étrangersDépôt bancaire de Non non OuigarantieQuotas et licences non non ouid’import-exportSource: Actualité du droit chinois, Avril 2001Section 2 Les profits réels ou poteitiels engendres par l’adhésion de la Chiine à l’OMC1) Un atout majeur pour la ChineLa Chine va, sans aucun doute, tirer profit de cette adhésion. A titre d’exemple, elle vapouvoir bénéficier de l’Organe de Règlement des Différends de l’OMC. Le gouvernementvient ainsi de mettre officiellement en place un Bureau d’enquête sur les dommagesindustriels qui se chargera de mener des enquêtes et de juger les affairesd’antidumping et d’anti-subvention. Pour l’heure, la Chine est en tête de la liste despays faisant l’objet d’enquêtes antidumping. Le risque est, cependant, grand de voirla Chine « retourner » ces instruments contre ses partenaires commerciaux. PascalLAMY, Commissaire européen en charge du Commerce, craint même que la Chine ne selaisse « entraîner dans les mécanismes du contentieux de l’OMC sur n’importe quelle petitequestion ».Mais l’adhésion à l’OMC va surtout lui permettre d’élargir ses débouchés à l’exportation etplus particulièrement de sécuriser les marchés déjà conquis en les affranchissant des aléasde l’unilatéralisme.L’Accord final devrait encourager les réformes vers une économie de marché en imposant laprivatisation de ses entreprises d’Etat qui se trouveront exposées à la concurrence, lesystème hérité du maoïsme étant incapable de se réformer seul. La Chine n’a pas d’autremodèle que le modèle capitaliste importé pour améliorer la performance de l’économie,introduire la rentabilité et la gestion et répondre à la demande sociale. En ouvrant le marchédes télécommunications, l’Accord devrait faire de la société chinoise un peuple « plus ouvertsur le monde » grâce, notamment aux satellites et à Internet, une Chine qui chercheradavantage à s’impliquer dans les processus décisionnels. L’Etat chinois sera amené àmodifier sa réglementation pour pouvoir jouer un rôle à part entière au niveau des instancesinternationales.Principales conséquences pour la Chine de son entrée à l’OMC_ Augmentation du commerce extérieur de 50 % à 700 milliards de dollars_ Augmentation des IDE de 47 à 80 milliards de dollars annuels_ Croissance du PIB augmentée de 1 % par an_ Doublement des exportations textiles à 70 milliards de dollars par an_ Réduction drastique des usines automobiles de 120 à 20 sites_ Réforme des entreprises d’État imposée « de l’extérieur »
    • _ Ouverture de secteurs entiers : assurance, télécoms, distribution_ Impact sur l’agriculture (subventions)Source : Conférence du 6 février 2002, HEC Eurasia InstituteNéanmoins, les effets de l’ouverture des marchés et de la mise en concurrence desentreprises industrielles traditionnelles (sidérurgie, par exemple) ou industries detransformation (automobile ou aéronautique notamment) seront lourds en termesd’emplois.La lettre interne du Poste d’expansion économique (PEE) français de Pékin notait en 1999qu’« une entrée massive des entreprises et des produits étrangers pourrait mettre en dangerle développement d’une industrie encore faible ».On compte entre 28,5 et 31 millions de chômeurs en Chine, soit un taux de chômage urbainde près de 15 % pouvant atteindre 40 % voire même 50 % dans les provinces du Nord-Est,du Nord-Ouest et du Centre-Ouest où la réforme de l’industrie lourde héritée ducommunisme est la plus laborieuse. 20 millions d’emplois de l’industrie d’Etat ont disparu enmilieu urbain entre 1995 et 1999.Est, néanmoins, rassurant le fait que les entreprises non-étatiques se situent dans dessecteurs « potentiellement gagnants ».Comparativement à la Chine, Taiwan, en tant qu’économie de marché, n’a pas rencontré lesmêmes problèmes pour intégrer l’OMC. Néanmoins, elle risque de tirer moins avantage deson adhésion à l’OMC ; elle vient de rentrer en récession pour la première fois depuis 26ans. La présence des entreprises taiwanaises en Chine pourrait ainsi s’accroître puisque lescoûts d’acquisition des terrains y sont largement moins élevés et que 145.000 ingénieurssortent chaque année des universités chinoises contre 4000 à Taiwan.Si l’on veut comparer les conséquences d’une adhésion à l’OMC, l’exemple de l’Indeest intéressant. L’Inde en a relativement peu profité. Ainsi, l’investissement étranger directest faible comparativement à la taille de l’économie indienne. Malgré son adhésion à l’OMCet les améliorations du climat d’affaires, il est tombé de 3,56 milliards de $ en 1997-1998, à2,46 milliards en 1998-1999, puis à 2,2 milliards en 1999-2000, très en deçà de l’objectif de10 milliards de $.Pourtant, les avantages de l’Inde ne sont pas négligeables :- l’autorité judiciaire y est indépendante, surtout aux niveaux supérieurs, et généralementefficace, malgré les longs délais qui caractérisent les procédures judiciaires,- elle bénéficie d’un statut de puissance régionale,- les décloisonnements entre les différents territoires permettent au secteur privé defonctionner plus librement,- elle intègre graduellement son économie dans l’économie mondiale en ayant levé,notamment, les dernières restrictions quantitatives sur les importations en avril 2001,- les installations de télécommunications s’améliorent,- elle dispose, par ailleurs, d’une avancée certaine dans le domaine des logiciels et incitedonc les investissements dans ce secteur (le pays exporte pour 4 milliards de dollars desoftware contre seulement 130 millions pour la Chine).Les raisons de ce faible profit d’une adhésion à l’OMC s’explique, en partie, par un régimepolitique indien en situation d’élections permanentes qui retarde la mise en place des
    • réformes dites de « seconde génération » politiquement plus difficiles, comme lesprivatisations, la réforme du secteur public, du droit du travail ou encore les baisses desubventions.2) Les profits pour les pays en développement.L’OMC compte aujourd’hui une centaine dEtats membres, soit 5/6ème du nombre total despays membres de l’Organisation. Cette adhésion de la Chine devrait toucher non seulementla structure propre de cette dernière, mais aussi, plus généralement, la structurecommerciale internationale actuelle.La Chine avait demandé à pouvoir se prévaloir des dispositions concernant les pays endéveloppement. Cette qualité, qui reflète le niveau économique réel du pays et qui lui a étéreconnue, réduit ses obligations dans certains accords de l’OMC, ou lui donne droit à untraitement spécial. De fait, la Chine est, avec un revenu par habitant de 1 500 US$, un paysen développement : de nombreux pays dont le revenu par habitant est supérieur à 1500 US$sont considérés comme tels.a) Conséquences économiquesParmi les produits exportés par la Chine, 10 % sont des produits bruts, 42 % des produitsmécaniques et électriques et 15 % des produits de haute technologie. Cette structurecommerciale, ainsi présentée, ne devrait pas, a priori, entrer en conflit avec celle des autrespays en voie de développement et les observateurs les plus optimistes voient même dansl’ouverture du marché chinois, une nouvelle chance pour les principaux produitsd’exportation de ces pays - produits bruts et produits nécessitant une importante main-d’oeuvre- de constituer une force concurrentielle.Or, pour l’heure, force est de constater que, parmi les 30 premières puissances mondiales,cinq seulement n’appartiennent pas à une zone de libre-échange : la Chine, le Japon, HongKong, la Corée du Sud et Taiwan. Il est ressorti, d’une conférence ayant trait aux progrès durégionalisme en Asie , que l’intégration est davantage « spontanée, silencieuse, sansleadership politique depuis 20 ans et avant tout basée sur le mercantilisme nippon ».Certes, des groupes d’études sont organisés au sein ou avec l’ASEAN pour mettre au pointde telles zones de libre-échange, mais aucun projet concret ne voit encore le jour. La Chines’est ainsi décidée à créer une zone de libre-échange avec l’ASEAN d’ici dix ans.Cependant, il faut bien voir que l’ASEAN n’a pas de véritable cohésion politique et qu’elle estcomposée de pays aussi disparates que Singapour et le Laos, ce dernier faisant partie despays les moins avancés et que, pour l’instant, la Chine privilégie les relations bilatérales.b) Conséquences politiquesLa Chine et le Groupe des 77 (coalition de pays du tiers monde) ont fait une déclarationcommune préalable à l’ouverture de la quatrième Conférence ministérielle de l’OMC à Doha(9-13 novembre 2001) qui rappelait fermement les positions traditionnelles défendues parles PED. Selon eux, les Accords de Marrakech ne leur ont pas été favorables. Ils ne leur ontpas permis un plus vaste accès aux marchés étrangers comme espéré. Nombre de paysdéveloppés ont mis en place des pics tarifaires, ont instauré de nouvelles barrièrestechniques, ont abusé des actions anti-dumping et des mesures de sauvegarde, notammentdans le secteur du textile.
    • C’est pourquoi ils ont insisté pour que le développement soit un sujet central à Doha et ontinvité tous les membres à prendre en compte les sujets ayant trait au commerce et à ladette, ainsi qu’aux transferts de technologies.Certes, cette déclaration commune n’engage pas la Chine pour l’avenir. Néanmoins, lesPED au sein de l’OMC ne forment plus un bloc unique. En effet, depuis Seattle, leurspositions sont plus variées – le Maroc est, par exemple, contrairement à d’autres PED,favorable à ce qu’une politique des investissements soit instaurée à l’OMC - et seuls lesPED qui appartiennent à un groupement régional se font réellement entendre.Par ailleurs, lors de la Conférence ministérielle de Doha en novembre 2001, l’Inde, quia longtemps joué le rôle de leadership des pays en développement, s’est largementlaissée distancer par une réelle cohésion africaine et par la création de groupesautour principalement du Brésil, de l’Afrique du Sud et du Chili. A vouloir trop sepositionner en « obstructeur » des négociations, l’Inde a perdu son rôle de chef de fileque la Chine pourrait aisément reprendre.La géopolitique au sein des Etats membres de l’OMC, avec l’entrée de la Chine, s’estmodifiée de telle manière que le développement est devenu un sujet incontournable pour lesprochaines négociations, pris en compte lors de la Conférence ministérielle de novembre2001 au travers de l’Agenda de Doha pour le Développement (ADD).3) Une France qui tire son épingle du jeuL’entrée de la Chine à l’OMC va avoir deux effets contraires ; l’entrée sur les marchésfinanciers de sociétés chinoises (Petrochina/BP) et la fragilisation des industries chinoisesnécessitant un appel à la technologie et aux capitaux étrangers (ex : ChinaMobile/Vodafone).Les entreprises étrangères connaissent en Chine leur plus bas taux de retour surinvestissement en comparaison avec d’autres destinations. Les entreprises américainesfortement présentes en Chine n’y enregistrent, au mieux, qu’une amélioration sensible deleurs bénéfices (pour 4,4 % d’entre elles) et une détérioration ou une stabilisation de ceux-ci(pour 30 % d’entre elles).Le déficit commercial de la France avec la Chine est important. Jusqu’à présent, lemarché chinois était encore relativement protégé malgré les efforts déployés par legouvernement chinois qui ont ramené les droits d’entrée moyens de 43 % en 1992, à 17 %,en 1999 . A titre de comparaison, les droits d’entrée moyens pour les produits industrielsdes pays de l’OCDE se situent entre 3 et 4 % .Commerce de l’Union européenne avec le monde et la Chine Avec le monde Avec la ChineAnnée Importation Exportation Balance Importation Exportation Balance1995 545.253 573.277 28.024 26.343 14.690 -11.6531996 581.064 626.621 45.566 30.044 14.752 -15.2121997 672.658 721.128 48.561 37.490 16.482 -21.0081998 710.543 733.290 22.748 41.974 17.411 -24.5631999 772.086 758.342 -13.743 49.476 19.297 -30.180Source : Eurostat, 2000.
    • A l’instar du commerce entre l’Union européenne et la Chine, les échanges commerciauxentre la France et la Chine se sont soldés, fin 2000, par un déficit de 48 milliards de francs,le plus important de notre commerce extérieur, malgré une année record en termesd’échanges.a) Une faiblesse patente en termes d’échanges commerciauxSelon les statistiques chinoises, le Japon est le premier partenaire commercial de la Chineavec des flux bilatéraux de 83 milliards de dollars, les Etats-Unis, le deuxième partenaire(74,5 milliards) et l’Union européenne, le troisième (69 milliards).Mais les Etats-Unis sont le premier client de la Chine qui y a exporté, en 2000, pour 52milliards de dollars de marchandises, contre 42 milliards vers le Japon et 38 milliards versl’Union européenne.Premiers Clients et fournisseurs de la Chine(en 2000) (en milliards de US$)Exportations De la Chine Importations De la ChineTotal 249,26 100(%) Total 225,10 100 (%)1 Etats-unis 52,1 20,9 1 Japon 41,51 18,442 Hong Kong 44,1 17,85 2 Taiwan 25,49 11,323 Japon 41,2 16,68 3 Etats-unis 22,36 9,324 Corée du 11,2 4,49 4 Corée du 23,20 10,3sud sudTotal UE 38,2 15,32 Total UE 30,8 13,685 Allemagne 9,27 3,71 5 Allemagne 10,40 4,626 Pays-Bas 6,68 2,67 6 Hong Kong 9,42 4,187 Angleterre 6,3 2,52 7 Russie 5,76 2,558 Singapour 5,76 2,31 8 Malaisie 5,47 2,4311 France 3,7 1,48 12 France 3,94 1,75Source: Bureau chinois des statistiques, Duanes chinoisesLa faiblesse des exportations et importations françaises (1,48 % et 1,75 % du total desexportations et importations en Chine) est particulièrement flagrante au regard des résultatscommunautaires qui affichent respectivement 15,32 % et 13,68 %.b) Une faiblesse en termes d’investissementsL’année 2000 a également représenté une année record pour les investissements françaisen Chine avec 4 milliards de dollars, soit 1,2 % du stock chinois. Cependant, lesinvestissements directs étrangers de la France ne sont pas à la hauteur de la positionque la France occupe, désormais, au niveau mondial, deuxième investisseur en 2000derrière le Royaume-Uni.Les entreprises françaises sont venues en Chine plus tard que celles d’autres payseuropéens. La France y est le troisième investisseur européen derrière le Royaume-Uni etl’Allemagne. Si le solde du commerce extérieur français s’est fortement détérioré en 2000,les investisseurs ne doivent pas négliger leur internationalisation.Selon l’Ambassadeur de Chine en France, Wu JIANMIN, « si la Chine et la Franceentretiennent depuis 37 ans des relations diplomatiques, c’est la première fois qu’onassiste à une synchronisation des piliers politiques, économiques et culturels » .Les entreprises françaises devraient donc profiter de cette phase ascendante pour
    • développer les échanges commerciaux avec la Chine en identifiant ses demandes.En dix ans (1989-1999), les investissements directs américains en Chine ont atteint7,2 milliards de dollars et 3 555 filiales contrôlées par des Américains, contre 3 700 dix ansplus tôt, emploient là-bas 180 000 salariés. Le chiffre d’affaires réalisé par les filialeschinoises de groupes américains atteignait 15 milliards de dollars en 1989 .General Motors fabrique des automobiles en Chine, Motorola y achève la construction d’uneusine de fabrication de semi-conducteurs pour 1,5 milliard de dollars. De même, Boeingdémarche agressivement, tout comme les établissements financiers de Wall Street.Certes, Air Liquide est en Chine depuis les années 60 et de nombreux groupes jouent lesprécurseurs pour les PME. Ainsi, Carrefour après cinq années de présence en Chine,dispose de 27 magasins.Alcatel a créé douze entreprises à capitaux mixtes et cinq autres dont elle est propriétaire.Alcatel a investi 500 millions de dollars et emploie plus de 5 000 personnes.Exemples de grandes entreprises françaisesprésentes sur la zone Chine – Hong-KongAlstom Gaz de FranceAuchan LegrandBanques populaires PéchineyBeaufour Ipsen RenaultBNP Paribas RhodiaBouygues SanofiCarrefour Sextant AvioniqueCMA-CGM SpieCrédit agricole TotalFina ElfEADS DéveloppementFramatomeNombre de porteurs : 20Nombre de portages réalisés ou en cours : 25Source : DREE, Partenariat France.Selon l’ambassade de France en Chine, fin 2000, le nombre d’implantations d’entreprisesfrançaises en Chine, sous forme de bureaux de représentation et autres investissementsdirects, dans l’industrie et les services, atteignait presque 900, répartis pour moitié entrebureaux et filiales, soit quatre fois et demie le chiffre de 1994. En 1997, on comptait 599entreprises françaises établies en Chine, dont 337 sous forme d’entreprises conjointes ou defiliales et 262 sous forme de bureaux de représentation. Ce chiffre a été multiplié par trois entrois ans. La progression est plus faible ces dernières années.