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  • 1. tion orma ansf tr par La iété a soc ique de l mér e nu l CESE Rg a e trav upe d ro ta il mu ars 13 m ions – t 2013 Combien ? 2 A faire quoi ? 8 Une typologie du web 2.0 13 Mais surtout… 24 Génération Y 29 Une réalité à tempérer… 43 …mais une réalité 50 Les raisons 58 Internet c’est cool 62 On y obtient des choses impossibles autrement 79 On doit rester à la page 93 Il faut maîtriser Internet, 106 Ce que ça change 118 C’est un point important 127 Cyborgs 141 Amateurs 158 Et demain ? 189 Et souvenez vous 199
  • 2. Combien ? Il y a plus d’un milliard d’ordinateurs connectés à Internet dans le monde, et autant de smartphones, pour plus de 5 milliards d’appareils en tout. En France, le taux d’équipement avant 40 ans s’approche du 100%. Au total il est de 74 %. 2
  • 3. 99 % des ados sont connectés à Internet en France — www.pcinpact.c... http://www.readability.com/articles/gx85etpn pcinpact.com b y NI L S ANYAS L’ARCEP et le CGIET (Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies) ont récemment publié les résultats de leur enquête réalisée en face-à-face en juin dernier auprès de 2230 personnes âgées de 12 ans et plus. Ce sondage a porté notamment sur le taux de connectés à Internet, le pourcentage d’utilisateurs de la téléphonie fixe via les box Internet, ou encore les parts des ménages équipés d’ordinateurs.Donnée intéressante, les résultats sont la plupart du temps précisés par tranche d’âges, et sans surprise, les différences entre les plus jeunes et les plus anciens sont importantes. Depuis cette année, comme le montre le graphique ci-dessus, plus de la moitié de la population française (29 millions de personnes) a accès à la téléphonie fixe via leur réseau internet haut débit (ADSL, câble ou fibre optique). L’Autorité précise que « 72 % des 12-17 ans téléphonent par une box, contre 18 % des plus âgés, soit un écart de 1 à 4 ». Une différence qui s’explique par le plus faible taux de connectés chez les séniors, mais aussi, quand ils sont connectés, par le faible nombre d’abonnés au double ou triple-play. Ces différences se retrouvent en partie du côté des équipements d’ordinateurs. En effet, si l’enquête montre que 76 % des sondés disposent au moins d’un ordinateur à domicile en 2010 (contre 66 % en 2007), elle nous apprend aussi que 27 % des personnes interrogées ont plusieurs ordinateurs. Or ce nombre atteint 55 % dès lors que l’on s’intéresse aux 12-17 ans. 1 sur 4 3 14/03/2013 17:09
  • 4. 99 % des ados sont connectés à Internet en France — www.pcinpact.c... http://www.readability.com/articles/gx85etpn Cela prouve, si certains en doutaient encore, que les plus jeunes sont plus que jamais équipés et à jour techniquement. Les jeunes français quasiment tous connectés Sans surprise, ces données sur la téléphonie par box et sur l’équipement en ordinateurs sont confirmées du côté d’Internet. Les statistiques sont mêmes impressionnantes. Ainsi, comme le graphique ci-dessous le montre, 99 % des 12-17 ans utilisent Internet chez eux, à l’école ou ailleurs (peu importe l’endroit), contre 93 % des 18-39 ans, 77 % des 40-59 ans, 52 % des 60-69 ans et surtout 20 % des 70 ans et plus. En moyenne, 74 % des sondés ont accès à Internet, dont 70 % en haut débit. La plupart ont un accès au domicile, mais le lieu de travail (ou d’études) demeure toujours important (chiffres stables depuis 3 ans), tandis que les cybercafés et les bibliothèques gardent toujours une certaine part d’utilisation, avec une réelle stabilité depuis plusieurs années. 2 sur 4 14/03/2013 17:09 4
  • 5. 99 % des ados sont connectés à Internet en France — www.pcinpact.c... http://www.readability.com/articles/gx85etpn Outre l’explosion des connexions à domicile (de 37 à 68 % en 5 ans), on remarque bien sûr celle des connexions via téléphones mobiles, qui, avec 12 % des sondés, devraient surpasser les cybercafés et les bibliothèques dès l’an prochain. Réseau mobile : vivement la 4G Au sujet de l’internet via réseau mobile justement, l’enquête montre que tout n’est pas parfait, loin de là. La moitié des utilisateurs se plaignent ainsi régulièrement de la vitesse de ce type de réseau (graphique de gauche), particulièrement ceux vivant dans des villes petites et moyennes (graphique de droite). Quels sont les freins à l'adoption d'Internet ? Enfin, pour revenir à Internet dans sa globalité, le sondage revient sur ceux ne souhaitant pas s’y abonner et l’utiliser, et explique leurs raisons. Si les coûts ou encore la « complexité » d’Internet ne sont pas les freins principaux à l’utilisation du Net, deux raisons sortent du lot : 29 % ont ainsi répondu que « les données personnelles ne sont pas suffisamment protégées sur Internet » (contre 20 % en 2008), et 26 % qu’ « Internet n’est pas utile pour la vie quotidienne » (contre 18 % en 2007). Si la première raison n’est pas étonnante, tant ce type de sujet fait régulièrement la Une des quotidiens nationaux, notamment depuis l’explosion de Facebook, la seconde, si elle est compréhensible, ne devrait pas se retrouver à un niveau si élevé, alors que les services sur Internet sont de plus en plus nombreux. 3 sur 4 5 14/03/2013 17:09
  • 6. Combien y-a-t-il d’appareils connectés à Internet dans le monde? — arc... http://www.readability.com/articles/mwjtulfg archives-lepost.huffingtonpost.fr b y CO CK PI T • S EPT . 15, 2 010 Web 15/09/2010 à 13h09 - mis à jour le 15/09/2010 à 16h28 | - vues | - réactions Ordinateur, web (image d'illustration) | Max PPP PC, serveurs, téléphones, téléviseurs, tablettes, cadres photos numériques livres électroniques ou voitures, il y a aujourd’hui 5 milliards d’équipements connectés à Internet d’après une étude d’ IMS Research et rapportée par Le Monde Informatique. Et plus de 20 milliards sont envisagés en 2020. Ce sont les téléphones mobiles et l'électronique grand public qui engendreront cette croissance et surtout les solutions de surveillance, de sécurité, de contrôle et tous leurs capteurs associés. Dans 10 ans, les 2,5 milliards de télévisions actuelles auront été majoritairement remplacées par des appareils connectés. Et l’accès Internet embarqué sera en série pour la plupart du milliard de voitures. La population mondiale approche les 7 milliards de personnes, mais la concentration des équipements se trouve essentiellement dans les pays industrialisés où une personne peut disposer de plusieurs équipements. 1 sur 2 14/03/2013 17:10 6
  • 7. Combien y-a-t-il d’appareils connectés à Internet dans le monde? — arc... http://www.readability.com/articles/mwjtulfg Une chose est sure, c’est notre dépendance croissante au réseau Internet. Charlie Miller, ancien de la NSA (organisme de surveillance aux USA), affirme avoir travaillé en conditions réelles pour expliquer que 2 ans de préparation et 100 millions de dollars permettraient de paralyser entièrement les Etats-Unis. Et si la réalité dépassait la fiction ? Plus nombreuses que les humains, toutes ces machines connectées en elles pourraient-elles se soulever contre nous ? L’auteur cockpit inscrit depuis le 10/08/2009 cockpit le 20/09/2010 à 00:34 C'est Core-ément très inquiétant, en effet ! Paniquement vôtre cockpit le 20/09/2010 à 00:29 C'est fort probable,oui... cockpit le 20/09/2010 à 00:28 ... et si on sait encore s'en servir ! Envie de réagir à ce post par une photo, une vidéo ou un autre post ? Ecrivez un post en réponse ! Original URL: http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/09/15/2222404_combiend-appareils-connectes-a-internet.html 2 sur 2 7 14/03/2013 17:10
  • 8. A faire quoi ? 1 milliard d’inscrits à Facebook, 500 millions à Twitter 4 milliards de vidéo vues chaque jour sur Youtube 3150 milliards de requêtes sur Google par an Un utilisateur moyen de Facebook y passe 6h45 par mois. 8
  • 9. Les 50 chiffres à connaître sur les médias sociaux en 2012 — www.blo... http://www.readability.com/articles/cbyccium blogdumoderateur.com L’heure est aux traditionnels bilans de fin d’année ! Même si elle n’est pas encore tout à fait terminée, on peut dire que 2012 aura été une année plutôt riche en ce qui concerne les média sociaux : le milliardième membre sur Facebook, la montée en puissance de Pinterest, les levées de fonds toujours plus énormes… Les chiffres traduisent l’engouement pour les médias sociaux, dont l’usage ne faiblit pas. Mais que faut-il retenir de cette année 2012 ? Nous avons compilé ici 50 chiffres marquants, qui résument bien ce qu’il s’est passé sur les médias sociaux au cours des 12 derniers mois. En attendant 2013… Facebook Un milliard : le nombre de membres sur Facebook, qui a passé ce cap le 4 octobre En France, le nombre d’utilisateurs s’élève à 25 millions Les utilisateurs de Facebook mobile sont 488 millions 38 dollars : le montant de l’action Facebook lors de l’entrée en bourse du réseau social en mai dernier Le nombre de faux comptes Facebook, de l’aveu même du réseau social : 8,7 % du total tout de même… Dans le même ordre d’idée, le nombre de pages Facebook inactives s’élève à 70% 130 : le nombre moyen d’amis sur Facebook par utilisateur Barack Obama est le détenteur de la photo la plus « aimée », avec 4,4 millions de like sur la fameuse photo « 4 more years » du soir de réélection 92% des parents présents sur Facebook sont « amis » avec leurs enfants 40 : le nombre de carrés de la discorde, l’affaire de l’année sur les pages Facebook francophones 16% : le nombre de fans d’une page voyant effectivement les actualités… Enfin, avant les modifications récentes de l’Edge Rank Les membres de Facebook y passent en moyenne 6,75 heures par mois 25% des utilisateurs de Facebook ne font absolument rien pour gérer leurs paramètres de confidentialité 2,5 millions de « promoted posts » ont été publiées par 300 000 pages depuis leur lancement en juin dernier Twitter 1 sur 2 9 14/03/2013 17:11
  • 10. Les 50 chiffres à connaître sur les médias sociaux en 2012 — www.blo... http://www.readability.com/articles/cbyccium Youtube 4 millions de vidéos sont vues chaque jour 935 millions : le nombre de vues de la vidéo Gangnam style aujourd’hui… Le milliard approche. Youtube a fêté ses 7 ans en mai 2012 72 heures de vidéos sont uploadées chaque minute sur Youtube 700 vidéos Youtube sont partagées sur Twitter toutes les minutes En moyenne, un visiteur de Youtube y passe 15 minutes par jour Google Plus Le réseau social vient de passer le cap des 500 millions de membres inscrits Parmi ceux-ci, 135 millions sont considérés comme actifs directement sur le site Chaque mois, il y a 14 millions de membres actifs supplémentaires sur Google+ En moyenne, les membres passent 3 minutes par mois sur le réseau social Le bouton +1 est utilisé 5 millions de fois par jour Pinterest Le nombre d’utilisateurs de Pinterest s’élève à 20 millions 2 702 % : c’est la croissance enregistrée par Pinterest en termes de visiteurs uniques depuis mai 2011 68% des utilisateurs de Pinterest sont des femmes 75% des pins sont en fait des « repins » (des partages de photos déjà issues de Pinterest) En moyenne, les membres de Pinterest y consacrent 1,5 heures par mois 380% : l’augmentation du partage de contenus via Pinterest cette année Instagram Et enfin, le dernier chiffre : Original URL: http://www.blogdumoderateur.com/les-50-chiffres-des-medias-sociaux-en-2012/ 2 sur 2 14/03/2013 17:11 10
  • 11. 11
  • 12. 12
  • 13. Une typologie du web 2.0 Au-delà des grandes marques du web, existent une multitude de lieux d’échanges, qui structurent le temps passé sur le web. Les réseaux sociaux représentent en moyenne 22% du temps sur Internet. 13
  • 14. Infographie : Le temps passé sur Internet — www.toile-filante.com — ... http://www.readability.com/articles/8rn0y7ob toile-filante.com b y S I M O N • M ARCH 1, 2 012 Voici une infographie bien interessante, que nous apprend-elle ? On passe en m oy enne 1 6 h par m ois sur le net… ok, ceux qui lisent ceci doiv ent exploser les scores, ce n’est qu’une m oy enne. La France est 3 èm e au classem ent des pay s les plus connectés dev ant les Etats-Unis et encore plus surprenant dev ant le Japon ! Les m édia sociaux nous prennent près d’un quart de notre tem ps. Et bien entendu que Google et Facebook règnent en m aitres. … et que AOL est encore v iv ant (!) 1 sur 5 14/03/2013 17:16 14
  • 15. Infographie : Le temps passé sur Internet — www.toile-filante.com — ... 2 sur 5 15 http://www.readability.com/articles/8rn0y7ob 14/03/2013 17:16
  • 16. Infographie : Le temps passé sur Internet — www.toile-filante.com — ... 3 sur 5 http://www.readability.com/articles/8rn0y7ob 14/03/2013 17:16 16
  • 17. Infographie : Le temps passé sur Internet — www.toile-filante.com — ... http://www.readability.com/articles/8rn0y7ob Mot s cl ef s a y a n t men é à cet a rt i cl e : tem ps passé sur internet tem ps passé sur internet 2 01 2 infographie web 2 01 2 tem ps passé sur internet par jour 4 sur 5 17 14/03/2013 17:16
  • 18. Panorama des médias sociaux 2012 — www.mediassociaux.fr — Read... http://www.readability.com/articles/zcj1x1qc mediassociaux.fr b y FRÉDÉRI C CAVAZZA • FEB. 2 0, 2 012 (The english version of this article is here: Social Media Landscape 2012) Il y a quelques années une analyste disait que dans cinq ans, les médias sociaux seront comme l’air (omniprésents). Nous sommes en 2012 et les médias sociaux n’ont jamais occupé une place aussi importante sur le web, à tel point que l’on en vient à se demander dans quelle mesure il est encore pertinent de dissocier les médias sociaux et le web. Pourtant, si l’on s’en tient à la définition que j’ai donnée (“Les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité”), il existe bien une différence entre un site web classique et les médias sociaux, surtout si l’on étudie de plus près les différents types de médias sociaux. J’insiste sur le fait que c’est bien un panorama des médias sociaux, et non des réseaux sociaux, car je croise encore beaucoup trop d’interlocuteurs qui confondent les deux. Bref, les médias sociaux sont devenus incontournables, vous avez donc l’obligation d’être incollable à ce sujet. Comme chaque année depuis quatre ans (2008, 2009 et 2011), je vous propose donc un panorama des médias sociaux pour y voir plus clair sur les différents acteurs en présence et le rôle qu’ils occupent. Év olution de m on panoram a des m édias sociaux Après une période de flou en 2010 où j’ai été incapable de produire un panorama cohérent, la dernière version proposait un découpage en sept grandes familles d’usage avec une position centrale pour Facebook et Twitter. Dans la version 2012 de mon panorama, je vous propose une configuration assez proche avec de nouveaux acteurs, mais qui généralise les conversations et qui tient compte des terminaux mobiles. 1 sur 4 14/03/2013 17:16 18
  • 19. Panorama des médias sociaux 2012 — www.mediassociaux.fr — Read... http://www.readability.com/articles/zcj1x1qc La nouv elle v ersion du panoram a des m édias sociaux Un écosystème toujours aussi dense Dans cette nouvelle version, nous retrouvons un ensemble d’acteurs permettant de développer des conversations et des interactions sociales, aussi bien sur les ordinateurs que sur les terminaux mobiles (smartphones et tablettes) ou alternatifs (TV connectées, consoles next-gen…). Bien que le schéma utilise des camemberts et strates pour faciliter la lecture, les médias sociaux forment un écosystème dense où les acteurs vivent en symbiose : s’ils ont tendance à se chevaucher, ils cohabitent plutôt bien, et nous ne sommes pas dans une configuration de marché où le plus gros poisson mange les plus petits (si vous voyez à qui je veux faire allusion). Nous retrouvons ainsi au centre de ce schéma trois acteurs qui proposent une large palette de fonctionnalités (Facebook, Twitter et Google+). S’il est théoriquement possible de publier / jouer / partager / rencontrer / acheter / localiser sur ces trois plateformes, elles fonctionnent plus comme des réceptacles ou des relais de l’activité des internautes qui exploitent en moyenne trois plateformes. Google+ est donc le nouvel entrant dans le cercle central, je me suis déjà expliqué à ce sujet (Pourquoi le succès de Google+ est assuré). Comme précisé plus haut, je ne crois pas réellement à un scénario où Facebook mange les deux autres, mais plus à une orientation fonctionnelle de ces services : Twitter pour s’informer et découvrir de nouvelles choses, Google+ pour gérer sa présence en ligne et partager tout un tas de choses, Facebook pour interagir avec ses amis. En terme d’usages, j’ai réparti les nombreux services disponibles en six familles d’usages : 2 sur 4 19 14/03/2013 17:16
  • 20. Panorama des médias sociaux 2012 — www.mediassociaux.fr — Read... http://www.readability.com/articles/zcj1x1qc La publication, avec des plateformes de blog (WordPress, Blogger, Typepad, LiveJournal…), de wiki (Wikipedia, Wikia…), de lifeblog (Tumblr, Posterous…) et de questions / réponses (Quora) ; Le partage, notamment de vidéos (YouTube, Dailymotion, Vimeo…), de photos (Flickr, Instagram…), de liens (Delicious, Digg…), de musique (Spotify…), de documents (Slideshare, Scribd…) et cie ; Le jeu, avec des gros éditeurs (Zynga, Playdom, Playfish, SGN, Popcap…), des plateformes dédiées (Hi5…) et des éditeurs plus petits, mais innovants (Digital Chocolate, Kobojo…) ; La rencontre, qu’elle soit professionnelle (LinkedIn, Viadeo…), personnelle (Netlog, Tagged, MySpace, Badoo…), ou pour les anciens (MyYearBook, Classmates…) ; L’achat, avec des plateformes de customer intelligence (Bazaarvoice, PowerReviews), de partage (Polyvore, Blippy, Pinterest…), de recommendation (Hunch) ou des briques techniques comme Boosket ; La localisation, qui fonctionne surtout sur les terminaux mobiles avec des services de géolocalisation (Foursquare, Path, Scvngr…), des city guides sociaux (Yelp, DisMoisOu…) ou des services de planification (Plancast). Le but de ce schéma est de simplifier l’appréhension des médias sociaux dans toute leur complexité, pas de faire une revue exhaustive des services et usages. Il manque ainsi des usages génériques et des acteurs de taille dont on ne parle que très peu, mais qui pourtant représentent une grosse part des interactions comme les forums, les services de messagerie instantanée ou les univers virtuels pour les jeunes (je vous rappelle qu’il y a presque 250 millions de comptes créés sur Habbo et des centaines de millions d’utilisateurs de Skype). Ainsi, je ne mentionne pas dans mon schéma des acteurs locaux comme Doctissimo ou les Skyblogs car je veux privilégier un point de vue international. Un point de vue occidental en fait, car je fais également complètement l’impasse sur les plateformes sociales asiatiques qui avoisinent le milliard d’utilisateurs. Comment exploiter la diversité des médias sociaux ? Maintenant que nous avons une vision d’ensemble des médias sociaux, il convient de s’attaquer à LA question : sur quels supports faut-il être présent ? À cette question, je pense ne pas me tromper en vous disant qu’il n’y a qu’une seule bonne réponse : le choix des supports importe peu, l’important est d’avoir une présence cohérente. Installer sa marque sur les médias sociaux ne se résume pas à choisir des supports et ouvrir des profils, c’est une démarche plus complète et surtout plus réfléchie (Les trois étapes de l’évolution digitale de votre entreprise). Une stratégie de présence ne s’exprime pas en supports choisis, mais plutôt en objectifs et moyens. Le choix des supports n’est que la déclinaison tactique d’une stratégie (posture, moyens…). Dans la mesure où l’écosystème n’est pas stabilisé, et je doute qu’il le soit un jour, choisir un ou des supports n’est pas une option viable sur le long terme, car personne ne sait comment vont évoluer Facebook, Twitter et les autres. Les seuls supports viables sur le long terme sont ceux que vous hébergez et opérez vous-même (Peut-on réellement construire une communauté sur Facebook ?). Ceci étant dit, il faut bien choisir des supports… Je vais donc essayer d’apporter des éléments de réponse à cette question. Avant toute chose, il est important de préciser que chaque marque à un contexte différent et que la tactique d’un concurrent est difficilement reproductible. Plutôt que de vous faire une liste des supports présentant le plus d’opportunités, je préfère vous donner quelques conseils de bon sens : Ne pas mettre tous vos oeufs dans le même panier. Je n’ai de cesse de répéter sur ce blog que Facebook n’est pas le support idéal pour l’implantation de votre marque sur les médias sociaux. Le fait que Facebook soit la plateforme sociale la plus visible n’en fait pas un choix sécurisant, mais au contraire un choix très risqué : la compétition pour l’attention y est tellement forte que vous avez toutes les chances de dépenser beaucoup de temps et d’énergie pour pas grand-chose (de grosses marques US comme GAP ferment ainsi leur boutique : 3 sur 4 14/03/2013 17:16 20
  • 21. Panorama des médias sociaux 2012 — www.mediassociaux.fr — Read... http://www.readability.com/articles/zcj1x1qc Gamestop to J.C. Penney Shut Facebook Stores). Dans tous les cas de figure, le simple fait que le contenu ou les fans sur Facebook ne vous appartiennent pas réellement devrait vous motiver à diversifier votre présence. Privilégier une approche ciblée. Puisque la compétition est trop intense sur Facebook, faut-il pour autant ne pas y être ? Non, ça reste une étape nécessaire, mais pas suffisante. Nécessaire dans la majeure partie des cas, avec quelques exceptions (Quels supports exploiter pour les médias sociaux BtoB), et loin d’être suffisante, car les mécanismes de ciblage sur Facebook sont biaisés (les membres cherchent avant tout à se mettre en valeur, pas à dévoiler leur vrai quotidien). Il existe ainsi des plateformes sociales où vous avez plus de chance de trouver une concentration importante de membres appartenant aux segments que vous convoitez (Les marques d’appareils photo sont ainsi plus légitimes sur les plateformes de partage de photo). De même, les marques branchées ont intérêt à sélectionner des supports qui vont les mettre en valeur (Vimeo, Tumblr…) plutôt que d’être en compétition sur Facebook avec des marques de shampoing, de bonbons ou des partis politiques. Miser sur le long terme. Vu le nombre de marques et d’institutions présentes sur les médias sociaux, vous vous doutez qu’il est quasi impossible de percer en quelques semaines. De toute façon, “percer” est un terme ambigu, car tout dépend de vos objectifs. Je ne doute pas que vous puissiez gagner quelques milliers de fans avec une campagne bien dotée, mais après ? Engager votre marque dans démarche conversationnelle / communautaire durable est un chantier d’envergure qui s’envisage sur le moyen terme (2 à 3 ans) et ne portera réellement ses fruits que sur le long terme (au moins 5 ans). Oui c’est une longue période, mais c’est ce qu’il vous faudra pour transformer votre posture de communication et surtout les habitudes et mentalités en interne (principale source de résistance au changement qui pousse les marques à sous-traiter, à tort !). Faire preuve d’opportunisme. Ce n’est pas parce que l’implantation durable de votre marque dans une logique conversationnelle va vous prendre plusieurs années que vous ne pouvez pas tenter des opérations ponctuelles de visibilité. En ce moment tout le monde ne parle que de Pinterest, rien ne vous empêche de profiter de cette aubaine médiatique pour booster votre audience. À condition d’être très réactif, cohérent et de ne pas en attendre autre chose qu’un afflux ponctuel de trafic. À quoi s’attendre pour l’année 2012 ? Le schéma publié plus haut vous donne une vision d’ensemble des médias sociaux. Il permet surtout d’illustrer la diversité des usages et la complexité d’une présence holistique. La révolution Facebook / iPhone ayant déjà eu lieue, 2012 sera donc une année de consolidation des acquis (sur votre présence actuelle et votre application mobile), mais également d’expérimentation, car il existe encore de très nombreuses opportunités à saisir (Du SoLoMo au ToDaClo, quelles tendances pour 2012 ?). Entendons-nous bien : quand je parle de consolider et d’expérimenter, je parle de faire ça en interne, pas de sous-traiter. Car si vous laissez le soin à une agence externe de faire à votre place, vous n’apprendrez rien et ne serez pas en mesure de capitaliser de l’expérience, ni de vous rapprocher du modèle du Social Business. Je reste ainsi persuadé qu’un dispositif de petite envergure réalisé par les équipes internes sera bien plus profitable que des opérations d’envergure sous-traitées à une ou des agences. Sur ces bons conseils, je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour le panorama 2013. Original URL: http://www.mediassociaux.fr/2012/02/20/panorama-des-medias-sociaux-2012/ 4 sur 4 21 14/03/2013 17:16
  • 22. Description des différents types de médias sociaux — www.mediassoc... http://www.readability.com/articles/fjwhsm5n mediassociaux.fr JUNE 8, 2 011 Voilà maintenant plusieurs années que l’on nous parle des médias sociaux. Plusieurs années que l’on théorise sur l’évolution des usages et la transformation du rapport entre les utilisateurs et les marques. Plusieurs années que l’on oppose médias sociaux et médias traditionnels. Il ne faut cependant pas perdre de vue que les médias sociaux sont composés d’une infinité de services et qu’ils ne s’appréhendent donc pas comme une entité cohérente (cf. Panorama des médias sociaux 2011). Autant il existe un nombre restreint de médias traditionnels (TV, radio, presse), autant il existe de fortes disparités entre les différents types de médias sociaux. Je vois ainsi bien trop souvent l’amalgame qui est fait entre réseaux et médias sociaux. Je souhaiterais dans un premier temps préciser deux choses : Facebook n’est plus un réseau social, c’est devenu une plateforme sociale très sophistiquée au sein de laquelle il est possible de faire un très grand nombre de choses (discussion, publication, partage, jeu, réseautage…). Facebook n’est pas représentatif de la façon des les médias sociaux fonctionnent et surtout dans les dynamiques sociales qui les animent (ne confondez plus communautaire et social). Faisant suite à ma précédente définition des médias sociaux (dans sa globalité), j’aimerais partager avec vous mes définitions des différents types de médias sociaux. J’en ai ainsi dénombré dix qui sont présentés dans ce schéma : Les différents ty pes de m édias sociaux Ces différents types de médias sociaux proposent des fonctionnalités très différentes et répondent à des mécaniques communautaires et sociales bien spécifiques. Explications : Forum : Un espace de discussion public où les messages sont affichés par ordre chronologique. La consultation est libre, mais l’inscription est obligatoire pour pouvoir répondre. La modération des discussions se fait à priori ou a posteriori. Exemples de gros forums français : Doctissimo, Forum-auto, Cyberbricoleur, MagicMaman, Comment ça marche… Exemples de plateformes de forum : PHPbb, Phorum, bbPress… (article sur ce sujet : Les forums, nouveaux piliers des médias sociaux ?) Blog : Un outil de publication simplifié où les articles sont affichés par ordre chronologique et triés dans des catégories. Les lecteurs peuvent déposer des commentaires qui sont modérés à postériori. Le flux RSS permet de facilement exporter le contenu vers des agrégateurs et lecteurs. Exemples de plateformes de blogs : Blogger, WordPress, Typepad… Wiki : Une base de connaissance en ligne où les internautes rédigent et corrigent eux-mêmes le contenu. Les wikis sont constitués d’un ensemble de pages sans système de navigation cohérent. Chaque page dispose d’un historique des modifications et peut être commentée. La modération est assurée par des équipes organisées de façon pyramidale. Exemple de wikis célèbres : Wikipedia, Wookipedia, Brickipedia… Exemples de plateformes de wiki : MediaWiki, Wikia, Wetpaint… 1 sur 3 14/03/2013 17:17 22
  • 23. Description des différents types de médias sociaux — www.mediassoc... http://www.readability.com/articles/fjwhsm5n Service de partage : Service en ligne où les internautes peuvent publier des photos, vidéos, liens… Chaque élément publié est rattaché à un membre et peut être commenté et noté. La communauté ou les annonceurs peuvent créer des chaines et des groupes pour fédérer des microcommunautés. Exemples : YouTube, FlickR, Delicious, Deezer, Slideshare… Réseau social : Site à l’accès restreint où chaque utilisateur possède un profil. Les membres sont liés de façon bilatérale ou au travers de groupes. Certains réseaux proposent également des fonctionnalités plus sophistiquées (messagerie, publication et partage de contenus…) ainsi que la possibilité d’héberger des applications tierces (plateforme). Exemples : Facebook, Orkut, Friendster, Tagged… Microblog : Service de publication, de partage et de discussion reposant sur des messages très courts. La consultation des messages et profils ne requiert pas d’inscription et peut se faire sur le web, les terminaux mobiles ou au travers d’applications. Chaque membre possède un profil public où sont listés les derniers messages. Les membres peuvent s’abonner aux profils des autres pour recevoir leurs messages dans un flux unique. Exemples : Twitter, Google Buzz… Agrégateur : Service en ligne permettant de regrouper l’ensemble des publications d’un utilisateur des médias sociaux (social stream). De très nombreuses formes de contributions sont acceptées (RSS, photos, vidéos, liens, email…). Les utilisateurs peuvent s’abonner aux flux des autres membres. Exemples : Posterous, FriendFeed… FAQ collaborative : Service en ligne d’entraide où les questions et les réponses sont publiées par les utilisateurs. Les réponses sont commentées et notées, le membre qui a publié la question sélectionne la réponse la plus satisfaisante afin de clôturer les échanges et récompenser l’auteur avec un système de points. Exemples : Quora, StackOverflow… (article sur le sujet : Les FAQ collaboratives comme alternatives aux forums ?) Jeux sociaux : Jeux en ligne reposant sur une plateforme sociale exploitant les profils des membres pour proposer différentes interactions sociales entre les joueurs (tableau publics des meilleurs scores, système d’invitation et de défis, objectifs ne pouvant être réalisés en solo…). Exemples : Farmville, Mafia Wars, Texas HoldEm Poker… (Article sur le sujet : Tour d’horizon des social games) Service de géolocalisation : Applications permettant de publier, partager et discuter sur des terminaux mobiles. Les articles ou photos publiés sont rattachés à un lieu afin de leur donner un contexte géographique. Chaque membre dispose d’un profil où sont listées ses dernières publications ainsi que les lieux qu’il a visités. Chaque lieu dispose également d’une page où sont listés les membres qui s’y sont signalés (check-in). Exemples : Foursquare, Facebook Places, Gowalla… (Article sur le sujet : Après le lifestream, le placestream ?) Bien évidemment cette liste n’est pas exhaustive et ces définitions sont soumises à votre appréciation (n’hésitez pas à les corriger / compléter). Certains médias sociaux de référence ne sont pas mentionnés dans cette liste. La raison est simple : ils ne rentrent pas dans les cases. Des plateformes sociales comme MySpace ou Skyblog sont en effet à mi-chemin entre réseau social, service de publication et de partage. De même, Tumblr peut être utilisé comme agrégateur, outils de microblog et de publication. Outre ces cas particuliers, les différents types de médias sociaux décrits plus haut proposent des mécaniques sociales disparates : contrairement aux wikis où tous les rédacteurs sont au même niveau, le rédacteur d’un blog est largement sur-représenté vis-à-vis des commentateurs ; les contributeurs d’un forum ne suivent pas les mêmes motivations que les utilisateurs de microblog… Être présent sur les médias sociaux ne se résume pas à ouvrir une page sur Facebook. Si vous souhaitez investir les médias sociaux et exploiter leur diversité, il vous faudra comprendre la façon dont fonctionne chacun de ces types de médias (la matière première qui génère les interactions sociales, les rapports entre les membres…) et les synergies qui peuvent être mises en oeuvre entre eux. 23
  • 24. Mais surtout… « Petite Poucette est née au début des années 1980. Elle a une trentaine d'années aujourd'hui. Les gens comme moi, nés d'avant l'ordinateur, nous travaillons AVEC lui. Nous sommes en dehors de l'ordinateur. Petite Poucette, elle, vit DANS l'ordinateur. Pour elle, l'ordinateur n'est pas un outil, mais fait partie de ses conditions de vie. » 24
  • 25. Serres : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde" — www... http://www.readability.com/articles/fiu0ll1i lejdd.fr Michel Serres est une vigie plantée en haut du mât de notre époque. Du haut de son gréement, de ses 82 ans, de sa culture encyclopédique, de son temps partagé entre les cultures française et américaine qu'il enseigne, ce philosophe académicien nous décrit les changements qu'il observe sur l'équipage humanité que nous sommes. En curieux de tout qu'il est, il guette avec impatience et gourmandise les évolutions qui nous arrivent, comme un des matelots de Colomb aurait scruté l'horizon dans l'espoir de nouvelles terres. Son constat sur notre époque est simple : le monde, depuis cinquante ans, traverse une révolution comme l'humanité n'en a connu jusque-là que deux d'une telle ampleur. Avec un constat pareil, un autre que lui serait grognon et inquiet. Serres est un optimiste impénitent. L'avenir du nouveau monde appartient à Petite Poucette *, ainsi qu'il a baptisé l'archétype du "nouvel humain" encore en devenir, en référence à son usage du téléphone et de l'ordinateur. Et cette Petite Poucette-là, qui est sur le point de "prendre les commandes", n'a pas fini de nous surprendre… La crise est-elle bientôt finie? La crise financière, c'est probable. Je ne suis pas un économiste, ni un spécialiste de la finance, mais ce que je vois, c'est le tableau global. On ne parle que d'économie! Une campagne électorale, ce n'est que ça : l'emploi, la dette, le budget ! Elle a envahi la totalité de la discussion publique. Or notre monde traverse une phase de changements gigantesques. Comme on est obnubilé par l'économie, on ne pense la crise qu'en termes économiques, mais il y a tellement de choses plus importantes qui nous mettent en crise! Cette crise d'ailleurs, c'est principalement le malaise dans nos têtes devant les immenses changements qui sont à l'œuvre. Par exemple… Nous étions 50% d'agriculteurs à la fin de la guerre et ils ne sont plus que 1%. Pendant ma vie humaine, et c'est unique dans l'histoire, la population mondiale a doublé deux fois! Quand je suis né, on était 2 milliards, on est 7 milliards aujourd'hui. Dans la même période, l'espérance de vie a triplé. C'est tout cela que l'on ne voit pas. Pourquoi? On sait qu'un tremblement de terre se passe en surface. Or la théorie des mouvements de plaques l'explique par des mouvements profonds. Ce que j'essaie d'expliquer, ce sont les mouvements profonds. La fin de l'agriculture, la victoire sur la douleur en médecine, l'allongement de l'espérance de vie. Tout cela a des conséquences énormes : quand mon arrière-grand-père se mariait, statistiquement, il jurait à sa compagne fidélité pour cinq à dix ans, maintenant c'est pour soixante ans. On dit toujours "mariage", mais un engagement pour dix ans et un engagement pour soixante ans, ce n'est plus pareil! Il y a beaucoup de choses qui ont secrètement changé, qu'on ne voit pas changer, mais qui ont complètement bouleversé le monde. On est passé, en moins de cinquante ans, dans un nouveau monde. «Il y a eu trois secousses dans les années 1960 qui ont précédé le tremblement de terre des années 1980.» Quand situez-vous cette bascule? Précisément au milieu des années 1960. En 1965, 1966, on ne se souvient plus de cela aujourd'hui, mais il y a eu des révolutions agricoles dans beaucoup de villes françaises. Il y a eu des morts à Rodez, à Quimper, à Millau. La paysannerie s'apercevait tout d'un coup qu'elle changeait de monde. Au même moment, l'Église catholique a fait son aggiornamento, avec le Concile. Et puis il 1 sur 4 25 14/03/2013 17:20
  • 26. Serres : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde" — www... http://www.readability.com/articles/fiu0ll1i y a eu la révolution étudiante, en 1968, mais c'est la dernière des trois secousses. Il y a donc eu un premier tremblement de terre à cette période-là. Il a précédé le vrai tremblement de terre, celui des années 1980, avec l'arrivée des nouvelles technologies. Celle que vous appelez "Petite Poucette", parce qu'elle a toujours en main le clavier de son téléphone, est née à ce moment-là… Comment la définissez-vous? Oui, Petite Poucette est née au début des années 1980. Elle a une trentaine d'années aujourd'hui. Les gens comme moi, nés d'avant l'ordinateur, nous travaillons AVEC lui. Nous sommes en dehors de l'ordinateur. Petite Poucette, elle, vit DANS l'ordinateur. Pour elle, l'ordinateur n'est pas un outil, mais fait partie de ses conditions de vie. Elle est sur Facebook, les réseaux sociaux, son téléphone est branché avec elle… C'est-à-dire "dans" l'ordinateur? Je vous donne des exemples. L'autre jour, un de mes petits-fils vient chez moi en deux-roues, et il était en panne. Il démonte son engin et me dit : "Regarde…" Il avait une pièce qu'il ne savait pas où remettre. Il m'a demandé mon téléphone portable et, hop, il a trouvé la solution à son problème… Il vit dedans. C'est vrai aussi de mes étudiants à Stanford, à qui j'ai fait corriger mon livre, c'est vrai aussi des patients à l'hôpital… Regardez les conséquences : quand j'étais jeune, par exemple, on n'aurait jamais demandé à un chirurgien après une opération ce qu'il avait fait dans votre ventre. Aujourd'hui, n'importe quel patient, s'il a "un pet de travers", tape "pet de travers" sur son ordinateur avant d'aller voir le toubib. Et il va pouvoir en parler avec son médecin. Cela change tout. Dans Petite Poucette, j'appelle ça "la présomption de compétence" qui s'est renversée. Avant, le toubib, l'avocat, l'enseignant, avaient une "présomption d'incompétence" à l'égard de ceux auxquels ils s'adressaient. Aujourd'hui, si j'entre dans un amphi pour faire un cours sur la cacahuète , je sais qu'il y a certains étudiants qui ont tapé "cacahuète" sur Wikipédia la veille, et donc je dois faire cours en fonction de ça. Petite Poucette arrive à présent sur le marché du travail. Il y a des instits, des profs, Petites Poucettes d'aujourd'hui, et cette vague est en train de construire le nouveau monde. Petite Poucette a commencé par devenir trader… Oui, si on veut! Les traders, c'est le numérique depuis longtemps… Les échanges instantanés à l'échelle de la planète et ce numérique-là sont en grande partie responsables de la crise financière. On a vu ce qui s'est passé pour la musique. Cela a foutu en l'air le marché du disque… Parce qu'aujourd'hui le rapport numérique/financier est très difficile à maîtriser. Comment faire un droit dans cet espace de non-droit qu'est la Toile? Pour l'instant, on ne voit pas comment on pourrait faire entrer le commerce là-dedans… On ne sait pas encore très bien comment le rapport marchand va évoluer. Mais cela devrait se régler dans les dix ans qui viennent. Les journaux aussi sont en crise, mais ce n'est pas une crise de l'information. Petite Poucette est surinformée, elle sait beaucoup plus de choses que lorsque les journaux étaient florissants. L'université aussi est en crise. Comment enseigner aujourd'hui? À quoi servent les bibliothèques alors que j'ai tous les livres du monde chez moi? Voyez tout ce qui change! Et cela nous inquiète… Nous sommes, en France, dans le pays le plus inquiet concernant les sujets scientifiques. Pourtant, on était un des pays les plus optimistes à cet égard au début du XX e siècle. Il y avait Jules Verne, le palais de la Découverte. La science était un sujet d'enthousiasme. Or, cela a complètement changé. Je ne sais pas l'expliquer. Il y a une inquiétude presque idéologique. L'idéologie de la science s'est transformée en idéologie de l'inquiétude. Regardez la manière dont on utilise le mot "chimie". En mal. Or notre cerveau, notre genou, ce bout de papier, c'est de la chimie. Sans chimie, il n'y aurait pas de bio. On oppose "bio" à "chimie", comme si "bio" voulait dire "sans chimie". Or le bio, c'est de la chimie! Cette méfiance est une particularité française. En Allemagne, en Amérique, il y a des littératures de l'inquiétude, mais elles n'ont pas cette résonance populaire qui existe en France. Peut-être est-ce aussi le signe que la bascule du nouveau monde est en train d'arriver ici, alors forcément les gens sont un peu plus inquiets qu'ailleurs… «Petite Poucette a trouvé le sens réel du mot 'maintenant'. Elle peut dire : 'maintenant, tenant en main le monde'.» 2 sur 4 14/03/2013 17:20 26
  • 27. Serres : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde" — www... http://www.readability.com/articles/fiu0ll1i Y a-t-il eu auparavant des moments d'inquiétude aussi forte qu'aujourd'hui? Oui, bien sûr. Dans Petite Poucette , j'en décris deux autres, qui correspondent aux deux précédentes révolutions de l'humanité. La première se situe quand on est passé du stade oral au stade écrit. La deuxième, quand on est passé du stade écrit au stade imprimé. Maintenant, dans la troisième révolution, on bascule du stade imprimé au stade numérique. À chacune de ces trois révolutions correspondent les mêmes inquiétudes… À la première, Socrate fulminait contre l'écrit en disant que seul l'oral était vivant! Au moment de l'imprimerie, il y a des gens qui disaient que cette horrible masse de livres allait ramener la barbarie. Ils affirmaient d'ailleurs que personne ne pourrait jamais lire tous les livres, ce en quoi ils avaient raison. Il est donc naturel de retrouver les mêmes angoisses au moment d'une révolution qui est encore plus forte que les deux précédentes. Pourquoi plus forte? Un de mes amis a fait un livre sur les "neurones de la lecture". On a repéré les neurones exacts qui sont excités quand on lit quelque chose. On s'aperçoit aujourd'hui que les neurones excités par le numérique, devant un ordinateur, ne sont pas les mêmes! Ce n'est pas seulement le monde, ce sont aussi nos têtes qui changent… Jusqu'où ira le changement? Je ne parle pas souvent politique, mais là, pour une fois, je vais le faire. Petite Poucette a trouvé le sens réel du mot "maintenant". Qu'est-ce que veut dire ce mot-là? Cela veut dire : "tenant en main". Petite Poucette, avec son téléphone portable, tient en main tous les hommes du monde, tous les enseignements du monde, et tous les lieux du monde par GPS. Donc elle peut dire : "maintenant, tenant en main le monde". Mais qui pouvait en dire autant avant elle? Auguste, empereur de Rome, des grands savants? Aujourd'hui, il y a 3,75 milliards de personnes qui ont un portable avec Internet dedans et qui "tiennent en main le monde". Cela ne fait pas une nouvelle démocratie? Voilà le nouveau monde. C'est vertigineux, c'est ce qui m'impressionne le plus. Que nos institutions sont vieilles face à cela! Il y a tout à reconstruire. Dans quel ordre? Une nouvelle université. Il faut aussi construire une nouvelle chambre des députés, une nouvelle représentation politique, un nouveau droit. Le droit tel qu'il est – il n'y a qu'à voir l'échec d'Hadopi – ne correspond plus à la réalité… Le plus grand effort qu'il faudra faire, demain matin, c'est même assez urgent, est de repenser l'ensemble de ces institutions. Mais où serait le centre de décision? Voyez, vous vous mettez à avoir peur vous aussi! Un jour, lors d'une conférence en Allemagne où il y avait 1.000 personnes dans un amphi, je leur ai dit : "Je vous propose une idée : on fusionne la France et l'Allemagne." La discussion s'est engagée aussitôt, sur le thème "mais alors on aura deux présidents?". Je leur ai dit qu'il n'était pas question de cela. J'ai parlé des Bretons et des Rhénans, des Picards et des Prussiens, et j'ai dit : "On va demander à toutes les Petites Poucettes si elles sont d'accord pour fusionner, et après on verra!" Ils étaient enthousiastes! Non, il n'y a pas de centre de décision. Mais quand on a inventé la démocratie, il n'y en avait pas non plus! On a simplement dit : on va donner un droit de vote à tout le monde. Aujourd'hui, avec le numérique, on pourrait décider de beaucoup de choses en commun et en temps réel, ce ne serait pas difficile à mettre en œuvre. Le monde est une Suisse ! Tôt ou tard, une nouvelle politique se mettra en place. Laquelle? Je ne suis pas assez bon pour le dire, mais je la vois arriver. Vous êtes à la frontière du philosophe et de l'oracle… Presque du prophète! Non, je ne suis pas Madame Soleil… Petite Poucette a 30 ans, et dans dix ans, elle prend le pouvoir. Dans dix ans, elle l'aura, et elle changera tout cela… Regardez le printemps arabe, le rôle des nouvelles technologies, le rôle des femmes alphabétisées dans ces pays, tout cela est déjà à l'œuvre. Et puis, reprenons l'histoire. En Grèce, avec l'écriture, arrivent la géométrie, la démocratie et les religions du Livre, monothéistes. Avec l'imprimerie arrivent l'humanisme, les banques, le protestantisme, Galilée, la physique mathématique… Il suffit de voir tout ce qui a changé lors du passage à l'écriture et à l'imprimerie. Ce sont des changements colossaux à chaque fois. On vit une période historique. Petite Poucette n'est pas générationnelle. Ce n'est pas l'héroïne de la rentrée, elle est historique. D'ailleurs, une part de la "crise" 3 sur 4 27 14/03/2013 17:20
  • 28. Serres : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde" — www... http://www.readability.com/articles/fiu0ll1i d'aujourd'hui vient aussi de cela, de la coexistence actuelle de deux types d'humains… Petite Poucette et ceux de l'ancien monde. Son temps à elle arrive. Petite Poucette, de Michel Serres, Éditions Le Pommier, 84 p., 9,50 euros. Original URL: http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Serres-Ce-n-est-pas-une-crise-c-estun-changement-de-monde-583645 4 sur 4 14/03/2013 17:20 28
  • 29. Génération Y Petite poucette fait partie de la génération Y. Celle qui passe sa vie sur Internet, parce que c’est là qu’elle se passe Celle qui bouscule tout dans l’entreprise 29
  • 30. Les nouvelles évidences numériques de la Génération Y au lycée — gre... http://www.readability.com/articles/6ozcnusk greensi.blogspot.fr b y FRÉDÉRI C CHARLES W I T H NO CO M M ENT S Green SI a rencontré la fam euse génération Y et s'est intéressé à ses usages de l'inform atique et de la téléphonie. Oh, il ne s'agit pas d'une étude com plète sur un échantillon représentatif, m ais juste de l'interv iew d'un seul jeune. Mais un jeune qui a inséré seul le numérique en classe quand l'Educat ion Nat ionale cherche t oujours par quel bout prendre le sujet . Il nous liv re en m iroir une foule de questions sur notre approche du num érique et nos propres usages. GreenSI : Bonjour, Yohann. Tu as 16 ans et t u es élève en première S. Tu ut ilises chaque jour plusieurs t erminaux. Est -ce que t u peux nous les présent er et nous parler de t es usages? J'ai un Windows Phone com m e com pagnon num érique, un eePC portable quand je suis à l'école, m ais j'utilise un ordinat eur t our à la m aison pour les jeux en ligne ou le trav ail personnel. Il a deux écrans car c'est plus pratique. Je stocke tout sur un disque dur ext erne de 1 To. J'ai aussi une console de jeux, m ais pas dans m a cham bre. Toute m a musique est num érique et est sur m on le téléphone pour l'av oir toujours sur m oi. Ce qui m 'a fait choisir un casque audio pouv ant aller sur un téléphone ou en USB. GreenSI : Tu n'as de t ablet t e? Non, c'est pour m a m ère! Je consulte plus de v idéos que de textes et c'est plus pratique sur un grand écran que sur une tablette. Elle ne m e serv irait pas et elles sont plus v olum ineuses à transporter que m on téléphone. GreenSI : Pas de TV non plus dans t a chambre? Non, car je la regarde peu et uniquement sur mon ordinat eur. Les sites de replay et de VOD m e perm ettent de ne pas rater les quelques ém issions que j'aim e. J'ai un grand écran de projection qui se déplie dans m a cham bre pour regarder des film s av ec m es am is qui am ènent un rétroprojecteur. GreenSI : quel est le premier t erminal que t u ut ilises le mat in? le dernier? C'est le t éléphone. Je regarde les m essages SMS de la nuit ou de m es cam arades qui sont déjà à l'école pour sav oir par exem ple si un professeur est en retard ou absent. Ensuite je regarde la m étéo, les news et le top tw eets qui com plète bien les news dont les journaux ne parlent pas encore. Tout cela dans la tuile "Maintenant" de m on Windows Phone qui est très pratique. Av ant de me coucher, un dernier regard sur mon t éléphone en t rain de se recharger. GreenSI: t u aimes bien Windows Phone, pourquoi et quels sont t es usages? Je dirais la sim plicité. Dans un monde où on a un nombre de besoins fini et un nombre d'applicat ions infini, la règle de survie c'est de sav oir quels sont t es besoins de façon précise. Ensuite grâce à la page d'accueil tu peux y accéder rapidem ent. Pour les besoins m oins fréquents ou nouv eaux, il sera bien tem ps d'aller fouiller dans un catalogue d'applications. Mes applications sur m a page d'accueil sont Facebook, Twitter, SMS, google, la m étéo et le Figaro qui est une application bien organisée: le flash, les dernières infos, les catégories. Je consulte régulièrem ent les catégories culture, actualités et économ ie. Un seul journal m e suffit. Un second bon point pour Windows Phone c'est la communicat ion. Encore une fois c'est sim ple d'accès: une conv ersat ion commence par SMS et peut se t erminer sur Facebook et MSN, et je t rouve t out au même endroit . Je partage m es photos en un clic sur Facebook, Twitter ou v ia un SMS. La fonction "quoi de neuf?" perm et d'av oir les nouv elles de ce qui s'est passé dernièrem ent av ec m es copains. GeenSI : Et Apple? 1 sur 3 14/03/2013 17:22 30
  • 31. Les nouvelles évidences numériques de la Génération Y au lycée — gre... http://www.readability.com/articles/6ozcnusk C'est cher. On rencontre de plus en plus d'élèv es qui disent que c'est une "m achine a fric" et dans m on ly cée il y a un début de réaction "anti Apple". Android est populaire, m ais encore "bas de gam m e" et pas encore aussi fini qu'Apple ou Windows. GreenSI : t u ut ilises un ordinat eur port able à l'école en première S, qu'est ce qu'il t 'apport e comment t u t 'organises ? C'est un Asus que j'ai choisi pour la longév it é de sa bat t erie, son faible poids et son prix, m oins cher qu'un portable. C'est un usage d'ordinat eur sat ellit e de celui qui rest e dans ma chambre. Il a le wifi et quand je rentre m es docum ents se sy nchronisent av ec Goodsy nc. J'utilise aussi Sky drive av ec m on groupe de TP, ou m on trinom e projet. Com m e cela on partage autom atiquem ent les docum ents av ec m es cam arades, depuis un PC ou depuis m on téléphone. Je ne l'utilise que pour le trav ail en classe et pas pour les jeux. Je prends m es notes de cours dessu s depuis la seconde. Cela perm et aussi de com pléter les inform ations du cours directem ent pendant la classe. L'autre jour un professeur ne se rappelait plus exactem ent le nom bre de cellules dans le corps hum ain, je lui ai proposé de regarder et on a pu v érifier en quelques secondes qu'il y en a 1 0 puissance 1 4 . Dans un autre cours, en espagnol, on a pu écouter une m usique en rapport av ec la leçon et la com m enter ensem ble. Les classes seraient plus int eract iv es si les élèv es et les professeurs part ageaient plus de cont enus numériques pendant les cours. GreenSI : quels sont t es freins à l'usage d'un ordinat eur en classe aujourd'hui? Ce qui manque c'est le Wifi dans les classes. En fait il y en a dans l'école, m ais il est réserv é aux profs... qui n'ont pas d'ordinateurs. Aujourd'hui on est 4 a utiliser un ordinateur, il n'y a que 6 prises de courant dans la classe. La bataille pour l'accès aux prises n'a donc pas encore com m encée, m ais elle pourrait v enir... GreenSI: quand t out ça ne marche pas comment t u fais? Beaucoup de fonctions sont redondantes, par exem ple je peux aussi env oy er un SMS ou téléphoner av ec m on ordinateur. Cela perm et de se débrouiller le tem ps de trouv er le problèm e. Ensuite je m 'appuie beaucoup sur les forum (ex. ww w .m onwindowsphone.com ) où je peux expliquer m on problèm e et chercher des solutions. Sinon il y a aussi une entraide dans la classe où les deux bons en inform atique aident les autres. Jusqu'à présent je m 'en sors. GreenSI: et au niv eau de la sécurit é? Je sais que ce n'est pas bien, m ais la sécurité c'est secondaire pour les jeunes. Une fois qu'on a un antiv irus on ne s'occupe plus de rien. De toutes façons ce que j'ai en num érique n'a pas de v aleur et n'intéresse personne. Et si je le perds et bien tant pis. Mes fichiers sont cependant sauv egardés sur m on disque externe. GreenSI: comment t u v ois l'av enir? Qu'est ce qu'il faudrait dév elopper? Aujourd'hui les échanges d'inform ation sont très faciles et pourtant en ce qui concerne les cours, la plupart des com m unautés sont pay antes organisés par des entreprises. Il suffirait pourt ant comme sur Wikipedia que chaque élèv e cont ribue et on pourrait améliorer les cont enus collaborat iv ement. Entre copains du ly cée et pourquoi pas d'autres ly cées. Je suis prêt à donner m es cours num ériques gratuitem ent et j'aim erai trav ailler av ec d'autres élèv es sur des sy nthèses pour préparer m on Bac l'an prochain. Certains professeurs se m ettent à l'inform atique et en tout cas dans m a classe tous acceptent que les élèv es aient des ordinateurs en cours, m ais les échanges av ec eux se lim itent à la clef USB. Les espaces part agés de l'école sont t rès peu ut ilisés. Il y a donc beaucoup de progrès à faire. Aussi pourquoi m es liv res sont encore au form at papier et pèsent plus de 1 0kg? Ils sont fournis par l'école. Si je veux l'un des rares liv res scolaires numériques qui exist ent je dois l'achet er à nouv eau, pourquoi? A l'av enir j'aim e l'idée de Microsoft de pouv oir v ia Zune, partager des fichiers, m usiques ou film s entre la XBox, l'ordinateur et le téléphone. Je v oudrais des int erfaces encore plus simples qui sav ent ce que je v eux faire. GreenSI : merci, Yohann, et bonne chance pour t on Bac! Vous av ez peut-être déjà le m êm e à la m aison! Alors sans attendre que des bataillons de Yohann débarquent dans les entreprises, GreenSI rem arque que certains usages et certaines "nouv elles év idences" ém ergent. Elles rappellent des débats dans l'entreprise com m e le BYOD ou la "consum erisation" de l'inform atique : Le prem ier point est certainem ent cette confiance absolue en la t echnologie, qui doit marcher, êt re simple, et se charger t out e seule de la sécurit é. Pas besoin de les conv aincre d'utiliser un agenda électronique pour m ieux le partager, com m e on le fait encore av ec certains en entreprise, m ais ça doit m archer. Pas Geek m ais Pratik. La communicat ion règne en mait resse et est part out , ceux qui n'ont pas de téléphone laissent des sessions de jeux en ligne ouv ertes pour en utiliser la m essagerie instantanée. Ensuite, les front ières t rav ail domicile qui s'est ompent, ou qui se déplacent com m ent sur les deux écrans, l'un pour trav ailler et l'autre pour com m uniquer av ec MSN et jouer... en m êm e tem ps. Au contraire on recherche la cont inuit é numérique des données ent re les t erminaux et la capacit é à avoir un t erminal adapt é à chaque ergonomie. Le trav ail et le dom icile ne sont finalem ent que deux situations ergonom iques différentes 2 sur 3 31 14/03/2013 17:22
  • 32. Les nouvelles évidences numériques de la Génération Y au lycée — gre... http://www.readability.com/articles/6ozcnusk sur les m êm es données et pour la m êm e personne. Les préférences des ut ilisat eurs peuv ent quit t er le rat ionnel com m e le choix de la m arque ou du ressenti, ce qui peut am ener à accepter les choix des utilisateurs sans chercher à les m ettre dans une m atrice d'arbitrage v alidée par les achats... L'import ance de l'int erface. Il faut savoir filt rer les informat ions pour surv iv re au déluge d'inform ation, et laisser une place a la personnalisation des filtres Et pour t erminer, on est à l'aube de repenser nos modes de t ravail et de collaborat ion dans la sociét é de l'informat ion. L'Education Nationale a certainem ent du boulot, m ais ce ne sont pas les seuls. Et si on ne le fait pas, d'autres Yohann s'étant approprié le num érique s'en chargeront sans nous dans quelques années et sans nous dem ander notre av is. Original URL: http://greensi.blogspot.fr/2012/04/les-nouvelles-evidences-numeriquesde.html#.UUH5I2fYOYL 3 sur 3 14/03/2013 17:22 32
  • 33. Générations — www.place-publique.fr — Readability http://www.readability.com/articles/lozgcxux place-publique.fr Génération Y : Le choc des cultures au sein de l’entreprise : l L’entreprise comme la société vit actuellement de profondes mutations, qu’elles soient économique, organisationnelle ou technologique. Une autre mutation vient accroître la complexité des évolutions en cours : elle est démographique et culturelle… Un renouvellement conséquent des effectifs est à prévoir dans les 3 à 5 ans à venir avec le départ massif à la retraite des baby boomers et l’arrivée des jeunes issus de la Génération Y (né à partir de 1980). L’objet de cet article est de décrire le « choc des cultures » que l’on constate dès aujourd’hui dans le milieu professionnel. Le même décalage se constate à l’identique au sein du milieu familial. Nous assistons à un véritable basculement des valeurs qu’il devient urgent de prendre en compte afin de tirer profit de ce fossé générationnel. Faisons de nos différences, de vraies complémentarités… Tensions sociales et clivage générationnel Les managers se disent déboussolés par le mode de fonctionnement des jeunes recrues sans qu’il soit aisé pour eux de pouvoir en parler. Comment dire que l’on ne parvient pas à manager un jeune alors que l’on a argumenté, avec force, pour obtenir un nouveau poste. Par ailleurs, ces jeunes ne trouvent pas lors de leur intégration la réponse à leurs attentes et se sentent insuffisamment respectés. Comment exprimer son mécontentement dans un contexte économique si difficile, lorsqu’on a la chance d’avoir un emploi. On préfère faire le dos rond et attendre des jours meilleurs. Pour mieux comprendre ce problème méconnu, souvent sous-estimé et que les conséquences semblent avoir en apparence des effets limités, nous vous proposons d’aborder le vécu quotidien des différentes générations au travail autour de 4 clivages qui sont les principales sources de tensions et conflits. Les droits plutôt que les devoirs. Le positionnement vis-à-vis de l’entreprise et de l’activité professionnelle est assez fondamentalement différent. L’idéologie méritocratique du manager repose par essence sur un fondement clair : il faut d’abord faire ses preuves pour obtenir. La logique du devoir prend appui sur la conscience professionnelle. Les managers estiment que les jeunes se campent dans une posture de « client » et revendiquent avant même de faire leurs preuves. L’exigence change de camp : l’entreprise doit d’abord les mériter. Les jeunes consommateurs avisés et méfiants attendent que l’offre soit clairement affichée. Il est vrai que cette nouvelle génération a souvent vécu à travers ses parents, zélés serviteurs de l’entreprise, la fin du mythe du plein emploi et l’expérience traumatisante du licenciement à plus de 50 ans. 1 sur 4 33 14/03/2013 17:23
  • 34. Générations — www.place-publique.fr — Readability http://www.readability.com/articles/lozgcxux La nature du contrat au regard de l’engagement professionnel est souvent un point de tension entre générations. Les jeunes ne partagent pas la valeur sacrificielle du travail de certains baby boomers (nés à partir de 1945). Ils comprennent mal que l’on puisse se dévouer à une entreprise et passer autant de temps dans un métier, quel qu’en soit l’intérêt. Les Y ont plusieurs vies à vivre et l’activité professionnelle n’est qu’un élément de l’ensemble. Ce que les plus anciens appellent de l’individualisme, les jeunes préfèrent le terme de personnalisation. Ils sont là pour remplir un contrat dans lequel ils estiment légitimes de faire valoir leurs droits, et si nécessaire de faire respecter les promesses faites lors du recrutement. Ils revendiquent aussi le droit d’être ce qu’ils sont, et leur identité s’exprime à travers des codes vestimentaires qui ne sont pas tout à fait ceux de l’entreprise. Dans ce domaine, on voit bien comment les lignes évoluent rapidement. Le secteur de la banque est un vibrant exemple du changement en cours. Il y a encore peu de temps, une certaine sobriété était la norme au sein des agences bancaires pour tous les conseillers en relation avec la clientèle. Dorénavant, il n’est plus rare de voir apparaître des percings, boucles d’oreille et cheveux aux couleurs chatoyantes. Tout va très vite. L’habillement est considéré par les jeunes comme une partie intégrante de leur personnalité et le rapport de force fait que très rapidement il deviendra difficile de faire appliquer l’uniformité au nom de la norme. Les jeunes revendiquent le droit d’être reconnu comme des êtres uniques. D’autres règles s’avèrent dès à présent difficiles à faire respecter lorsque la légitimité n’apparaît pas évidente à démontrer. Il est vrai que certaines procédures obsolètes n’ont pas connu de réelle remise en cause. Difficile d’expliquer à un jeune que l’on fait ainsi par facilité ou par habitude. Les réunions programmées en fin de journée par commodité deviennent difficiles à justifier lorsqu’elles empiètent sur le temps libre. N’oublions pas qu’ils sont les enfants des 35 heures. L’heure c’est l’heure… et cette règle fait partie intégrante du contrat. Ce que les générations précédentes n’osaient pas toujours dire, la génération Y ne se prive pas de le faire. Le zapping comportemental Un autre clivage important est la relation à l’espace et au temps. Les jeunes sont en connexion permanente avec leur réseau relationnel et il a de fait une forte interpénétration entre vie personnelle et vie professionnelle. Auparavant, la frontière était imperméable entre le temps de travail et le temps privé. Aujourd’hui, par le biais des nouveaux outils de communication ce n’est plus le cas. Quelques exemples : Tel manager qui surprend sa jeune recrue utilisant lors d’une réunion d’équipe son ordinateur portable pour surfer sur le net ou communiquer avec ses amis sur Facebook. Tel autre qui ne supporte plus les incessants appels personnels qui empiètent sur le temps de travail au risque de perturber sa capacité de concentration. Les jeunes sont connectés avec l’extérieur mais ils savent aussi construire avec efficacité leur réseau à l’intérieur de l’entreprise. Tout cela évidemment n’est pas très bien vécu par des personnes qui respectent une discipline collective ou d’autres qui estiment que l’on doit laisser ses problèmes et hobbies au vestiaire. Les jeunes de la génération Y sont capables de faire plusieurs choses en même temps, et ils ne s’en privent pas. Travailler en écoutant de la musique fait partie des exigences souvent formulées. Ils sont multi- tâches mais cette manière de procéder n’est pas facile à comprendre pour les baby boomers rompus au sacro-saint principe de « une chose à la fois et un temps pour chaque chose… ». Autre particularité des jeunes Y : ils ont besoin de renouvellement et de variété dans l’activité professionnelle. Les professeurs avaient déjà expérimentés la nécessité de travailler sur des séquences courtes au risque, sinon, de subir une baisse importante de la vigilance. La 2 sur 4 14/03/2013 17:23 34
  • 35. Générations — www.place-publique.fr — Readability http://www.readability.com/articles/lozgcxux télévision a compris qu’il fallait aussi proposer des émissions très rythmées pour ne pas subir le couperet du zapping. Les entreprises sont confrontées dorénavant à la même obligation. Les jeunes se lassent vite et les cycles et parcours proposés sont souvent trop lents pour satisfaire l’appétit de changement des jeunes. Par ailleurs, les Y sont demandeurs d’une plus grande innovation dans les pratiques et la lourdeur des procédures est souvent contestée. Ils ont le sentiment de ne pas être entendus lorsqu’ils apportent des idées nouvelles. La dictature de l’instant Pour les managers, le constat est clair : il faut toujours être disponible car les jeunes de la génération Y fonctionnent en temps réel. Le manager est d’ailleurs jugé sur sa capacité à réagir vite. Pourquoi attendre demain ce que nous pourrions obtenir aujourd’hui… Le rythme dans la prise de décision n’est pas le même et les managers évoquent fréquemment l’impatience manifestée par des jeunes qui s’étonnent, par ailleurs, du manque de réactivité. La critique des Y est cinglante sur les pertes de temps subies au quotidien ainsi que cette croyance qui veut qu’il faille consacrer 10 heures de son temps par jour à son activité professionnelle pour être efficace. Une heure de réunion c’est trop long. Trois jours pour attendre un compte rendu … c’est une éternité. Les jeunes Y sont dans le moment présent avec une faible anticipation disent les managers. Tout va très vite et tout évolue si rapidement qu’ils considèrent inutile, pour leur part, de se projeter dans le temps. Là encore, les marqueurs sociaux nous permettent de comprendre cette orientation. A quoi bon investir sur un moyen terme aussi incertain ? Le temps présent présente plus de garantie et cela explique pourquoi ils sont soucieux de leur intérêt immédiat. Autre caractéristique : ils sont perçus comme peu persévérants. Il ne faut pas qu’une situation soit « une prise de tête » et que cela résiste… Nous sommes loin de la culture de l’effort préconisée par leurs ainés. Cette dépendance au moment présent a des conséquences sur leur capacité à se poser pour réfléchir. Pragmatiques, ils sont plus dans l’action que dans la réflexion. Des exigences aux infidélités Les jeunes Y jugent le manager sur ce qu’il apporte à titre personnel. Ils n’ont pas une vision idéologique de la relation hiérarchique ou de l’état patron. Le chef doit répondre à leurs besoins… et ils sont prêts à lui « mettre la pression » pour tirer au mieux avantage de cette situation. Il ne faut pas attendre de leur part de la reconnaissance pour le statut ou les compétences techniques. Le premier reste à démontrer sur le terrain alors que les secondes sont perçues comme éphémères. Le manager est là pour développer leurs compétences. Il a une fonction d’imprésario et de promoteur de leur talent. Cette approche de la pyramide inversée est très perturbante pour des managers éduqués dans le respect des anciens et du statut. La fonction que l’on occupe est devenue moins importante que ce que l’on est. Les jeunes veulent un management à la carte. Les managers se sentent sous pression et ils ont le sentiment que l’exigence s’inverse. C’est à eux de devoir rendre des comptes et non pas l’inverse. 3 sur 4 35 14/03/2013 17:23
  • 36. Générations — www.place-publique.fr — Readability http://www.readability.com/articles/lozgcxux En fait, les Y recherchent une grande proximité relationnelle et nous savons que leur décontraction est parfois perçue comme de la désinvolture, voire de l’insolence. Un autre élément de clivage repose aussi sur le fait que ces jeunes sont perçus comme des mercenaires. A quoi bon s’investir dans la relation et dans le transfert des compétences puisque à la première occasion, ils quitteront l’entreprise pour monnayer, ailleurs, leur savoir faire. Là encore, il faudrait garder en mémoire le discours qu’ils entendent depuis le plus jeune âge sur la nécessité de faire plusieurs métiers dans une vie professionnelle, et ce, dans des entreprises différentes. Ils ont intégré la mobilité professionnelle et pour eux ce n’est pas une fatalité. D’où conséquences sur le contrat à établir avec eux, la relation de confiance et la manière de s’engager dans l’action. En conclusion, il y a matière à s’interroger sur l’aptitude de nos entreprises à faire face aux besoins des jeunes. Une première ambition est déjà de décoder leur système de valeurs et d’en comprendre la logique. Ils vont influencer les pratiques de l’entreprise de demain aussi sûrement qu’ils savent déjà influencer le marketing et les stratégies des marques. Pour l’entreprise, la question n’est pas de savoir s’il faut ou pas s’adapter à cette génération Y mais bien de ne pas perdre de temps si elle veut être en mesure des les attirer et les mobiliser durablement… * Directeur associé de THERA Conseil - Groupe EFFICEA) , auteur avec Catherine Tanguy de « Génération Y mode d’emploi - intégrez les jeunes dans l’entreprise - » aux éditions De Boeck Université, Bruxelles, novembre 2008. http://www.place-publique.fr/spip.php?page=forum&id_article=5912 Réagir à cet article Vos commentaires Original URL: http://www.place-publique.fr/article/generation-y-le-choc-des-cultures 4 sur 4 14/03/2013 17:23 36
  • 37. La Génération Y – Julien Pouget — lagenerationy.com — Readability http://www.readability.com/articles/gycuyn0d lagenerationy.com JAN. 18, 2 011 Dans un récent article, nous nous sommes fait l’écho d’une étude sur les différences générationnelles entre matière d’Internet et de T.I.C. Pour prolonger cette étude, vous trouverez ci-dessous une infographie qui permet de visualiser les différences d’usages entre générations. Exemples de lecture du graphique : Il existe une différence générationnelle importante en matière d’utilisation des réseaux sociaux. Le taux d’utilisation est près de deux fois plus élevé pour la génération Y (83%) que pour la tranche des 55-64 ans (43% ). En revanche, il n’existe quasiment plus de différences générationnelles en ce qui concerne l’utilisation des moteurs de recherche (92% pour les membres de la génération Y contre 87% pour la tranche des 55-64 ans) Articles sim ilaires: Original URL: http://lagenerationy.com/2011/01/18/internet-generationnel/ 1 sur 1 37 14/03/2013 17:23
  • 38. Génération Y — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/shygadny fr.wikipedia.org Le terme génération Y désigne la génération sociologique des personnes nées entre 1980 et 1999. L'origine de ce nom a plusieurs attributions. Pour les uns il vient du Y que trace le fil de leur baladeur sur leur torse, pour d'autres ce nom vient de la génération précédente, nommée génération X, pour d'autres encore il vient de la phonétique anglaise de l'expression Y (prononcer wa ), signifiant « pourquoi » [N 1 ] ,[1 ] . D'autres termes équivalents existent, dont enfants du millénaire ou les diminutifs GenY et Yers. Les Américains utilisent également l’expression digital natives ou net generation pour pointer le fait que ces enfants ont grandi dans un monde où l'ordinateur personnel et l'Internet sont devenus de plus en plus accessibles. Certains parlent plutôt de la Génération C. L'usage de la notion de génération est consensuel en démographie mais pas dans les autres sciences sociales. Le lien entre appartenance générationnelle et comportements peut porter à controverse. Le succès de la notion de génération Y dans les entreprises prend appui sur le déphasage entre les besoins et attentes des jeunes de la génération Y et le mode de fonctionnement de l'entreprise. Le fossé générationnel s'explique par une accélération du changement, l'apparition des NTIC, une hiérarchisation différente dans les transmetteurs de valeurs. L'Église, l'armée voire la famille sont moins influents que ne le sont l'Internet, la télévision voire les réseaux relationnels. Comme l'affirme Pascale Weil dans son ouvrage Tels pères… quels fils, les pairs sont devenus plus importants que le père. Un concept occidental Cette catégorisation est essentiellement valable pour les pays occidentaux, bien que certaines caractéristiques soient vraies plus largement, du fait d'éléments géopolitiques majeurs, par exemple : Ils n'ont pas eu à subir la menace d'apocalypse de la guerre froide. Ils considèrent comme acquises (et parfois dépassées) les transformations morales des années 1960 et 1970. Ils n'ont pas connu le monde sans le sida. D'ici 2015, la génération Y devrait représenter 15 %[2 ] de la population européenne et 40 % des actifs en France[N 2 ] . Ils étaient suffisamment jeunes lors de l'introduction massive de l'informatique grand-public et de l'électronique portable (téléphonie mobile, photo numérique, GPS) pour en avoir acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents (d'où le nom de « digital natives »). Ils sont nés avec les débuts de l'intérêt du grand-public pour l'écologisme (qui était précédemment l'affaire d'une minorité, et souvent assimilée à l'extrême gauche). Ils sont nés alors qu'IBM avait choisi le système d'exploitation de Microsoft pour son PC. D'autres caractéristiques dépendent plus largement du contexte géographique. Europe de l'Ouest Europe de l'Est Ils étaient enfants, ou n'étaient pas nés, sous l'ère communiste, et ont donc moins de mal à 1 sur 6 14/03/2013 17:24 38
  • 39. Génération Y — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/shygadny s'adapter à des notions inconnues jusqu'en 1989 : chômage, consumérisme, liberté d'expression, liberté d'entreprendre, inégalités sociales, etc. Ils n'ont pas eu à apprendre le russe de façon obligatoire. Ils ont connu les deux systèmes, et ont fait la part des avantages et inconvénients de chacun (ostalgie) On peut noter que le rêve américain s'est largement atténué dans cette génération en Europe de l'Ouest en même temps qu'il y est apparu en Europe de l'Est. Amérique du Nord Dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, leur arrivée dérange certains employeurs : ils sont rares et savent ce qu'ils valent. Pour les membres de la génération Y, l'autorité n'est pas toujours synonyme de compétence[3 ] . Ils n'ont pas peur de se comparer aux autres. Ils sont autant à l'aise pour communiquer à l'aide des technologies que directement. Contrairement à leurs parents, les jeunes de la génération Y ne placent pas le travail au premier plan. Ils refusent de travailler durant les fêtes et week-ends (sauf en emploi étudiant) et veulent des congés pour décompresser, car la santé mentale et physique s'avère être leur priorité. Ils recherchent une meilleure qualité de vie, en conciliant travail et intérêt personnel[4 ] . Ils pensent à court terme et sont très mobiles[5 ] . « Progression rapide, horaires plus flexibles, formation continue, liberté et autonomie… Voilà quelques-unes des exigences de cette génération, et les entreprises n'auront d'autre choix que d'en tenir compte »[6 ] . Culture Comme toute génération, son identité se construit autour des apports culturels reçus dès le plus jeune âge. Cette génération a largement grandi devant la télévision, et a vu l'arrivée en masse des séries d'animation japonaises. La vente de coffrets vidéos, ou d'article de merchandising concernant les séries datant d'une vingtaine d'années témoigne de la nostalgie de cette génération pour la télévision qui l'a fortement influencée. D'ailleurs, les membres québécois de génération Y ont grandi avec TVJQ (1980-88) ainsi que le Canal Famille (1988-2001) et des émissions purement québécoises telles que Passe-Partout (1977-1998), Bibi et Geneviève (1988-96), Sur La Rue Tabaga (1990-95), Les Intrépides (1992-96), Télé-Pirate (1991-97), Le Studio (1995-98) et, à leur adolescence, Radio-Enfer (1995-01) et Watatatow (diffusé à Radio-Canada entre 1991 et 2005). Cette génération est considérée comme naturellement plus à l'aise que les précédentes avec les technologies de l'information, et Internet en particulier. Elle peut être associée à l'ensemble des technologies et applications que l’on nomme aujourd’hui le Web 2.0. Chacun a accès à des outils de création et de communication dont les générations précédentes ne pouvaient que rêver. Ainsi, par exemple, écrire un livre dans les années 1970 nécessitait de le taper à l'aide d'une machine à écrire et à démarcher des éditeurs, ce qui rendait la diffusion des ouvrages plutôt incertaine. Aujourd'hui, on peut écrire sur son site web personnel (blog ou autre) depuis n'importe quel ordinateur, la diffusion du contenu étant immédiate. La génération précédente a pu s'extasier devant les progrès constants réalisés par l'industrie audiovisuelle et ses effets spéciaux. Pour la génération Y, qui est née après des films cultes tels que Star Wars, et était jeune pour d'autres plus récents comme The Matrix, ces progrès vont de soi, et plus rien ne peut être graphiquement « étonnant », dans la mesure où « tout est possible », d'un dinosaure à la destruction d'une planète. Les dates admises pour la génération Y correspondent à l'arrivée des jeux vidéo dans les foyers des pays développés ; c'est donc la première génération à en avoir profité dès le plus jeune âge. Elle a donc grandi avec les effets positifs et négatifs liés à leur pratique (tous ces effets sont source de débat, que ce soit au niveau de l'agressivité, des réflexes, de la cyberdépendance et de la représentation dans l'espace, etc.). 2 sur 6 39 14/03/2013 17:24
  • 40. Génération Y — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/shygadny Digital natives ? Certaines études, dont une réalisée par la fondation Travail et Technologie de Namur en Belgique, tendent à démontrer qu'une partie de la génération Y, les 16-25 ans, consomment plus qu'ils ne développent les nouvelles technologies. Plutôt que des digital natives, Jean-Noël Lafargue qualifie ce groupe d'âge de digital naives[7 ] . Génération Peter Pan Cette génération est parfois surnommée Génération Peter Pan, qui, en l'absence de rites de passage à l'âge adulte, ne construisent pas d'identité ou de culture d'adulte spécifique. Ce surnom fait également référence à la tendance des membres de cette génération à quitter le domicile familial plus tard que les générations précédentes. La première cause de cette tendance peut être définie en termes économiques. Les crises économiques, dont la bulle internet en 2000 et la récente crise financière ont rendu l'accès au logement plus difficile pour cette génération touchée par un fort taux de chômage. Néanmoins, les causes ne sont pas seulement matérielles. Un questionnement plus poussé au sujet de ce que signifie “être adulte” a également eu un impact sur cette transition plus tardive vers l'âge adulte. Une étude menée par la Brigham Young University tend à montrer que les étudiants américains associent plus volontiers le terme “adulte” à des valeurs personnelles qu'aux évènements traditionnellement considérés comme des rites de passage tels que l'obtention d'un diplôme, l'entrée sur le marché du travail, le mariage ou la naissance d'un premier enfant. Dr. Larry Nelson, un des trois professeurs ayant dirigé cette étude, a aussi pu noter que certains individus de la Génération Y retardent le passage à l'âge adulte en réponse aux erreurs de leurs parents. « Dans les générations précédentes, on commençait la vie en se mariant et démarrant une carrière de façon immédiate. Les jeunes d'aujourd'hui ont vu que cette approche a mené au divorce et au fait que de nombreuses personnes ne soient pas satisfaites de leur carrière… La majorité d'entre eux veut se marier […] mais veut le faire bien du premier coup. On peut en dire autant de la carrière professionnelle. » Un titre controversé L’utilisation du terme de génération Y est controversée. Si la logique veut que l’on choisisse « Y » pour appeler la génération qui suit les « X » (nés entre 1959 et 1979), ce terme de X est péjoratif. Il a été utilisé pour décrire une génération qui n’a pas su trouver ses repères, contrairement à celle de ses parents qui sortait de la Seconde Guerre mondiale et devait reconstruire le pays. Le terme Y est aussi utilisé comme en anglais why. La génération Y veut savoir pourquoi. Dans son milieu de travail, le travailleur génération Y aura de la difficulté à exécuter une tâche ou un ordre s'il n'en comprend pas l'utilité ou la raison. De nombreux termes sont utilisés pour nommer cette génération : Les « Millénaires » d’après William Strauss et Neil Howe, les sociologues américains pères des études sur les générations qui considèrent que la génération Y court jusqu’à 2000. La génération « pourquoi » par Eric Chester en raison de leur remise en cause systématique des contraintes qu'on peut leur imposer (Y en anglais se prononce comme why, qui signifie pourquoi). Les écho boomers, (enfants de Baby boomers). L’ « e-Génération », en référence au « e » de « électronique » comme dans e-mail[8 ] . Les « suivants », pour leurs similitudes avec la génération X. La « génération boomerang », pour quitter leurs parents assez tôt mais revenir à la fin de leurs études ou suite à un échec. « The Generation We » selon les auteurs anglais Greenberg et K. Weber et ce, découlant de l'œuvre portant le même titre. Cette dénomination fait référence à comment la jeunesse « Millénaire » va prendre le dessus sur l'Amérique et changera le monde pour toujours[9 ] . 3 sur 6 14/03/2013 17:24 40
  • 41. Génération Y — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/shygadny Des spécificités controversées L’hypothèse de l'existence de spécificités propres à la génération Y est controversée. Il est logique que chaque génération se distingue des autres. Mais il peut sembler excessif de faire de la différence de générations un déterminant des comportements plus décisif que, entre autres, les appartenances aux classes sociales, aux cultures, aux territoires etc. L'existence de spécificités dans la relation des Y avec le travail n'est pas démontrée. Les travaux qui s'intéressent à cette génération sont plus descriptifs qu'explicatifs ou comparatifs. Des études qui tentent de comparer les différentes générations sont rares. La seule réalisée sur un échantillon français (Pralong) conclut d'ailleurs à l'absence de différences entre les X et les Y dans le rapport au travail, à l'entreprise et à la carrière. Les propos qui attribuent des caractéristiques spécifiques à la génération Y sont aussi étudiées comme une idéologie managériale (Pichault). Plusieurs approches remplacent cette notion de Génération liée à des dates de naissances pour la remplacer par une évolution des systèmes de valeur et la culture (Chaminade) Notes et références Notes 1. En anglais, y et why sont homophones. Ainsi, en anglais, generation Y fait également référence aux nombreux questionnements, surtout envers l'autorité, qu'ont les membres de cette génération. 2. Ce chiffre a été cité la première fois par Benjamin Chaminade lors de l'événement Prospectives recrutement en 2020 du 17 janvier 2007 organisée par Focus RH sur la base des projections de population active de l'INSEE Références 1. Marie-Claude Ducas, « Hommage à la Génération X » sur http://marieclaudeducas.infopresse.com, 9 juin 2010 2. 3. « EU Youth Report de 2009 » (rapport de l'Union Européenne sur la jeunesse) Leduc, Gilbert. « Les 19 à 29 ans, La génération qui fait peur aux employeurs », Le Soleil, Affaires, vendredi, 23 novembre 2007, p. 44 4. Dauray, Chantal, « Recruter et garder vos employés : les stratégies qui rapportent », PME, Vol. 23 No. 5, Septembre 2007, p. 10 5. Picard, Pierre. « Les attentes des jeunes face à leur régime de retraite », Les Affaires, Stratégies, samedi, 13 octobre 2007, p. 37 6. Bergeron, Ulysse. « Les cadres mercenaires », Commerce, Vol. 109, No. 2, Février 2008, p. 21 7. Astrid Girardeau, « «Les jeunes ne sont plus intéressés par l’outil-ordi» » sur http://www.liberation.fr, 10 mars 2010 8. L’internet égalise la télévision comme principale source d’information des jeunes américains âgés de 18 à 29 ans en 2008 par Julien Pouget 9. E. Greenberg & K. Weber, Pachatusan. Generation We, 2008, 247p. Voir aussi Bibliographie Marie Desplats et Florence Pinaud : Manager la génération Y - Travailler avec les 20-30 ans, Édition Dunod, Paris, 2011 Daniel Ollivier et Catherine Tanguy : Génération Y mode d'emploi - Intègrez les jeunes dans l'entreprise, Edition Deboeck, Louvain, 2008 Julien Pouget : Intégrer et Manager la Génération Y, Éditions Vuibert, 2010, 202 p. 4 sur 6 41 14/03/2013 17:24
  • 42. Génération Y — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/shygadny François Pichault et Mathieu Pleyers : Pour en finir avec la génération Y… Enquête sur une représentation managériale, Actes du XXIe congrès de l'AGRH, 2010. Jean Pralong : L'image du travail selon la génération Y : une comparaison intergénérationnelle, Revue Internationale de Psychosociologie, 2010. (en) Bruce Tulgan et Carolyn A. Martin : Managing Generation Y: global citizens born in the late seventies and early eighties, Amherst, HRD Press, 2001, 105 p. Carol Allain : Génération Y, Les Éditions Logiques, 2008, 208 p. Benjamin Chaminade : T'inquiète je gère, les éditions Studyrama 2007 Gregory Kapustin : La jeunesse qui range sa chambre, Éditions du Cygne, 2008, 160 p. 5 sur 6 14/03/2013 17:24 42
  • 43. Une réalité à tempérer… Tout le monde ne passe pas son temps sur les réseaux sociaux, et n’en possède pas les codes. Notamment, les enfants et adolescents dont les parents n’ont pas l’équivalent du bac passent 90 minutes de plus par jour à utiliser les médias que les enfants de familles plus favorisées socioéconomiquement. C’est la nouvelle fracture numérique 43
  • 44. Ne me dites plus que je suis un digital native de la génération Y — cad... http://www.readability.com/articles/aujdnnct caddereputation.over-blog.com Arrivé à un certain stade, on peut en avoir marre d’être englobé… D’être systématiquement associé à une génération entière et de se voir ranger dans la case « connaisseur du numérique », juste parce que l’on a moins de 30 ans. Mais aussi d’être associé à un ensemble d’usages et de pratiques que l’on ne connaît ou ne cautionne pas du tout. Ou à l’inverse, de voir des amis à qui l’on demande le même niveau de technicité, la même compréhension d’un phénomène que l’auteur d’un blog sur l’e-réputation. Bref, merci de ne plus me ranger dans la case « génération Y », je m’y sens trop à l’étroit… J’ai moins de 30 ans. J’utilise un mac depuis que j’ai 5 ans (avec notamment un jeu qui m’a marqué à vie : Risk). J’ai eu mon premier accès à Internet en 1995 (des informaticiens dans ma famille). J’ai produit mon premier site web en 1998 (avec le club Internet de mon collège). J’ai découvert les IRC, forums et autres newsgroups la même année. J’ai développé et animé mon premier forum (sur la musique, décédé depuis bien longtemps et introuvable sur Google depuis) au tout début des années 2000. Les « réseaux sociaux » ? Myspace en 2005 (création et animation de comptes associatifs), Facebook en 2006, etc. Je travaille dans le web, je travaille par le web, j’étudie le web, je consomme des contenus culturels et informatifs sur le web (je n’ai plus la TV depuis… 9 ans)… Et pourtant… Je ne suis pas un « digital native » ! Ou plutôt, merci de ne pas m’associer à la « génération Y », celle des natifs du numérique… Car si effectivement ma vision des choses tourne autour du numérique, je suis à la limite un geek ( ?) mais je ne suis pas pour autant le reflet d’une génération entière… Pourquoi la génération Y n’existe pas ? Je pourrais vous proposer de nombreux arguments rationnels, issus notamment de chercheurs que j’estime (comme danah boyd ou encore Antonio Casilli), mais je préfère ici vous faire un retour sur mes propres constats et impressions. 1 sur 5 14/03/2013 17:30 44
  • 45. Ne me dites plus que je suis un digital native de la génération Y — cad... http://www.readability.com/articles/aujdnnct Tout d’abord, c’est quoi une « génération » ? Selon le TLFi : => « Ensemble de ceux qui descendent d'une même origine » => « Chaque degré de filiation; laps de temps qui sépare ces degrés de filiation » => « Chacune des phases successives qui marquent un changement important dans une technique en évolution » (définition principalement liée aux objets et technologies) Bref, la génération Y serait donc un ensemble d’individus ayant une même origine, qui dans un laps de temps déterminé ont fait évoluer leurs techniques, voire leur vision du monde (numérique donc). Seulement, lorsque j’entends parler de « génération Y », j’y vois surtout cette interprétation du terme « génération » : « Ensemble de ceux qui vivent à une même époque et qui ont sensiblement le même âge ». Et voilà où je veux en venir. J’avoue que le numérique, le web et ses outils ont déteint sur l’appréhension que j’ai du monde en général ; et face à ma grand-mère ou ma mère, j’ai une tout autre vision du web et de ses possibilités. Cependant, tous mes amis ne travaillent pas dans le web, et si je devais résumer : ==> La majorité n’a pas de profils Facebook, encore moins Twitter ==> La majorité ne connaît pas un dixième des termes techniques que j’emploie ou voit employé chaque jour ==> Leurs smartphones leurs servent à 90% à … téléphoner Bref, l’idée qu’une même génération puisse avoir des usages similaires, et surtout une appréhension globale, globalisée et égale d’un même phénomène me parait élitiste. Oui, élitiste car très clairement l’utilisation du web et l’immersion dans l’univers numérique restent encore de mon point de vue fortement corrélés au statut socio-économique de chacun. C’est peut-être une évidence, mais l’accès à Internet n’est pas encore le même pour tous, l’accès à des référents culturels n’est pas le même pour tous, etc. Lorsque l’on se réfère à la génération Y, aux digitals natives, j’ai souvent l’impression que l’on s’appuie principalement sur la partie visible de l’iceberg : celle des usages identifiables sur le web. Et très clairement, passer outre la réalité socioéconomique du monde (tout le monde n’a pas accès au web, tout le monde ne bénéficie pas de la même ouverture culturelle, etc… et cela en France, alors ne parlons pas d’autres pays) est une erreur. Erreur pour les entreprises qui en font leurs cibles marketing idéales (car la communication virale marche avant tout pour les geeks) au risque de laisser de côté une bonne partie de leur public. Erreur des organisations en général qui voient l’arrivée de ces nouveaux entrants sur le marché du travail comme attendant tous la même chose de leur vie de salarié. Autre constat personnel : en tant qu’enseignant. J’ai la chance d’intervenir dans diverses formations universitaires (du master pro à l’école de commerce, de bac +1 à bac +5). Et si mes cours portent sur le web pour des étudiants à peine plus jeunes que moi, je m’aperçois très clairement que non, chacun est loin d’avoir la même vision du numérique. Là où certain(e)s l’utilisent encore comme un annuaire géant ou un outil de communication (un peu comme mes « ainés » d’ailleurs : recherche de restaurant, confirmation d’une définition sur Wikipédia, envoi de mails, etc.), d’autres ont un usage beaucoup plus poussé. Et surtout, ils placent le numérique comme vecteur principal de leur évolution dans le monde étudiant, du travail, et de la société en général. Là où d’autres voient Internet comme un simple outil de 2 sur 5 45 14/03/2013 17:30
  • 46. Ne me dites plus que je suis un digital native de la génération Y — cad... http://www.readability.com/articles/aujdnnct distraction, et n’ont pas encore ce « réflexe » Internet que l’on voudrait prêter à toute une génération. Sans parler de l’hétérogénéité de leurs usages de Facebook par exemple (tous ne sont pas d'anciens kikoo-lol)… J’arrête ici les exemples, et en vient directement à mon propos : le numérique (le web, les tablettes, les smartphones, etc.) est encore trop jeune pour qu’une génération entière s’y soit totalement adapté . Pour que la connaissance et l’appréciation d’un phénomène soient similaires. Que le niveau de technicité, de besoins en termes de management, de pratiques collaboratives, d’esprit critique face à l’information soient identiques (voire même existant) pour chaque individu d’une même classe d’âge et ayant grandi avec des repères culturels semblables. Comme l’utilisation du copier-coller de sources non qualifiées, qui relève plus d’un manque de sensibilisation que d’un phénomène générationnel. Oui, mais les études ? Il existe de nombreuses études sur la génération Y, les natifs du numérique et tout ce qui va avec. Seulement ces études se concentrent généralement sur une part de la population ayant accès au web, et mettent trop souvent à mon goût de côté certains aspects culturels et socio-économiques importants. De même, aborder le sujet de manière inductive est une bonne chose (identifier des comportements dans leur contexte est toujours générateur de connaissances), en tirer des théories servant de bases à d’autres analyses (et actant ainsi implicitement que la génération Y est une réalité) l’est un peu moins. Etudes où l’on peut parfois lire « L’échantillon par pays est modeste (..) [mais] les résultats sont significatifs » (exemple caricatural mais qui résume bien ma pensée). Car oui, si nous avons tous vécus des événements similaires (11 septembre, TV, sida, Internet, etc.) est-ce pour autant que le numérique est le facteur le plus déterminant de notre génération ? Pour avoir assisté récemment à un colloque, un chercheur a défini la sociologie comme s’intéressant prioritairement non pas aux exceptions (cas marginaux), mais à ceux étant dans la moyenne. Et si les personnes de ma génération ont effectivement évolués dans le même « décor » que moi , les usages numériques de chacun me semblent encore trop hétérogènes pour parler de « moyenne », de pratiques types ou encore d’appétence généralisée pour le numérique. Dans un certain sens c’est un avantage. Qui n’a pas entendu : « ce boulot on le laisse à Truc, il est jeune, il maitrise donc mieux Internet que nous » ? On est jeune, donc on a un avantage sur les plus vieux (qui, c’est bien connu, ne connaissent rien au web !). Mais au final, en laissant croire que Tous les Jeunes ont des facilités avec le web, on occulte que nombre d’entre eux ont un réel besoin d’être éduqués/formés à son utilisation (surtout dans les générations à venir). Qu’Internet est aussi un outil avec ses règles, ses codes, ses langages, rien qui ne soit purement intuitif. Par analogie, ce n’est pas parce que j’ai grandi avec des voitures autour de moi que je sais naturellement conduire sans passer le permis… Je trouve aberrant d’inciter la création de profils sur Viadéo pour du recrutement (par exemple) sans prendre en compte que chacun n’en fera pas nécessairement une bonne utilisation, ou que le concept même d’afficher son profil en ligne pour trouver du travail puisse être abstrait à de nombreux étudiants (fussent-ils à bac +12 d’ailleurs). Bref, que le simple fait d’être né avec Internet ne fait pas de nous des bons utilisateurs d’Internet. Que le fait d’avoir grandi dans des environnements de plus en plus numériques ne nous offre pas systématiquement une meilleure appréhension de ces environnements. Que si nous sommes, comme le souligne Michel Serres, une génération mutante, la mutation n’est pas aboutie pour tous et que je vois difficilement des points communs liés au numérique avec la plupart de mes amis ou collègues. En définitive : j’aimerais bien que tous les gens de ma génération appréhendent et pratiquent le web comme moi, mais ce n’est pas le cas et je ne m’avancerais donc jamais à regrouper toute une 3 sur 5 14/03/2013 17:30 46
  • 47. Ne me dites plus que je suis un digital native de la génération Y — cad... http://www.readability.com/articles/aujdnnct génération d’individus sous la même bannière. Au final… Ces petites réflexions personnelles, faiblement argumentées certes (bien que je me base sur un échantillon valide d’amis et d’étudiants… tout du moins aussi valide que certaines études sur le sujet) mais néanmoins un minimum réfléchies, visent à trois choses. Premièrement, d’un point de vue des organisations, ne plus appréhender une génération entière (à la louche les 18-30 ans) comme ayant des usages similaires du web (et du numérique en général). Et ainsi éviter certaines incompréhensions, ou tout simplement de réduire fortement son public. De même pour l’intégration des « jeunes » dans l’entreprise : ce n’est pas parce qu’ils ont 23 ans, qu’il ne faudra pas les former au numérique, au travail collaboratif, voire à la culture de l’information en général. Deuxièmement : qu’on arrête définitivement de me classer dans une tranche d’âge, de m’associer des méta-usages liés seulement à mon âge ( !). Et surtout, qu’à l’inverse, on n’extrapole plus mes propres usages de geeks à l’ensemble des individus du même âge que moi. Troisièmement : simplement nuancer par mon témoignage personnel l’emploi devenu courant d’un buzz word. Car si je comprends cette nécessité de créer des termes communs (génération Y = jeunes geeks), attention à ne pas non plus trop réduire l’approche. A ne pas mettre dans des cases une génération dont on souligne à longueur d’études qu’elle souhaite « sortir des cases »… Ces différentes raisons (je n’aime pas qu’on englobe, car quand on englobe au final on exclut) méritent sûrement d’être plus fouillées, et surtout débattues. Alors n’hésitez pas : les commentaires du blog n’attendent plus que vos (contres) arguments Et pour avoir un peu plus de lecture: ==> Trois idées reçues sur Internet, où Antonio Casilli souligne que « les membres de la soi-disant «génération Internet» ne sont pas tous des virtuoses du clavier » ==> La génération Y n'existe pas, où le professeur J. Pralong avance cet argument intéressant : « je pense en effet que c’est la génération X qui a inventé la génération Y pour appeler au secours et demander de nouvelles règles du jeu en matière de comportement et de management » ==> Mythes et réalités de la génération Y, qui va dans le même sens que ce billet (avec un retour d’expérience), et où je note particulièrement cette phrase : « Ce n’est pas parce que les jeunes se servent de la technologie qu’ils en conçoivent le sens » ==> L’inévitable danah boyd, qui souligne que « la “Génération Y” n’est en fait qu’une petite partie des jeunes actuels, celle que les spécialistes du marketing doivent atteindre » ==> Dans « génération Y » ce qui pose problème c’est « génération », pas « Y », avec une définition beaucoup plus fouillée du concept de « génération » et une mise en perspective intéressante de l’idée de « génération Y ». ==> Qui sont les digital natives?, où à l’inverse des précédents articles le concept de génération Y est développé ==> Bref, je m’arrête-là, de nombreux autres papiers existent sur le sujet (pour ou contre), le débat est donc ouvert Et vous : êtes-vous un digital native de la génération Y ? Que pensez-vous de cette vision sociologique d’une génération entière ?! 4 sur 5 47 14/03/2013 17:30
  • 48. InternetActu.net » Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique » Print http://www.internetactu.net/2012/06/04/perdre-son-temps-la-nouvelle-f... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique Posted By Xavier de la Porte On 4/6/2012 @ 7:00 In Articles,Communication interpersonnelle,Education et formation,Territoires,Usages | 32 Comments La lecture de la semaine est un article paru mardi dans le New York Times sous la plume de Matt Richtel [1] (@mrichtel [2]), et il est intitulé “Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique” [3] . Un bon sujet de réflexion pour ceux qui ont l’accès à l’internet comme seule politique numérique. “Dans les années 90, commence l’article, le terme de “fracture numérique” est apparu pour décrire la séparation entre ceux qui possédaient la technologie, et ceux qui ne la possédaient pas. Il a été à l’origine de nombreux effort pour mettre dans les mains des Américains, en particulier des familles les plus défavorisées, les outils numériques dernier cri. Ces efforts ont permis de réduire la fracture, c’est un fait. Mais ils ont eu une conséquence inattendue, qui a surpris et troublé aussi bien les chercheurs que les politiques et le gouvernement. D’après les études menées, une fois l’accès aux technologies démocratisé, les enfants des familles les plus pauvres passent considérablement plus de temps que les enfants de familles aisées à regarder la télévision ou utiliser leurs gadgets pour regarder des émissions et des vidéos, pour jouer ou se connecter à des réseaux sociaux. Ce nouveau fossé, celui du “temps gaspillé” dépend plus, selon les chercheurs, de l’aptitude des parents à surveiller et limiter l’usage des technologies par leurs enfants, que de l’accès à ces mêmes technologies. [4] Image : A quoi perdons-nous notre temps ? Photo en CC d’Esellee [5] . “Cette nouvelle fracture préoccupe à ce point les autorités que la Federal Communications Commission réfléchit à dépenser 200 millions de dollars pour créer un corps de formateurs dédié à l’alphabétisation numérique. Ce groupe composé de milliers de personnes parcourrait les écoles et les universités pour enseigner l’usage intelligent des ordinateurs aux parents, aux élèves et aux chercheurs d’emploi. Il s’appuierait aussi sur des réseaux de formation déjà existants et des initiatives déjà en place de formation au numérique. La FCC et les autres décideurs disent vouloir toujours mettre l’informatique dans la main de tous les Américains, car le fossé reste important. Selon elle, près de 65 % des Américains ont un accès à internet chez eux, mais on tombe à 40 % pour les foyers aux revenus les plus bas. 50 % des Hispaniques et 40 % des Afro-américains n’ont pas d’accès à l’internet. Il ne s’agit donc pas de limiter l’accès. Mais, selon la célèbre ethnographe américaine danah boyd, “l’accès n’est pas la panacée. Non seulement ça ne résout pas le problème, mais cela reflète et magnifie les problèmes existants”. Comme beaucoup de chercheurs, danah boyd pense que l’effort initial de 1 sur 9 14/03/2013 17:31 48
  • 49. InternetActu.net » Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique » Print http://www.internetactu.net/2012/06/04/perdre-son-temps-la-nouvelle-f... réduction de la fracture numérique n’avait pas anticipé que les ordinateurs seraient utilisés à ce point à des fins de divertissement. Une étude (.pdf) [6] publiée en 2010 par la Kaiser Family Foundation a montré que les enfants et adolescents dont les parents n’avaient pas l’équivalent du bac passaient 90 minutes de plus par jour à utiliser les médias que les enfants de familles plus favorisées socioéconomiquement. En 1999, la différence n’était que de 16 minutes. “Malgré l’utilisation éducative potentielle des ordinateurs, la réalité est que leur usage éducatif ou pour la création de contenu ayant du sens est minuscule comparé à leur usage pour le divertissement pur”, explique Vicky Rideout, qui a mené l’étude pour la Fondation Kaiser, “au lieu de réduire la fracture, ils augmentent le fossé du temps gaspillé”. Même si les enfants de familles éduquées jouent aussi beaucoup, le défi est donc accru pour les parents et enfants de familles défavorisés, ceux qui étaient censés profiter de la réduction de la fracture numérique. L’article montre ensuite que les conséquences peuvent parfois être désastreuses, notamment pour la scolarité. Le constat n’est pas nouveau, me rappelait gentiment Bernard Benhamou, le délégué aux usages, qui précisait que Manuel Castels avait déjà dit cela en 1999. Oui, mais ce que notent les chercheurs, c’est l’accroissement de l’écart, en temps et usage, un accroissement dû, et c’est un paradoxe à des politiques bienveillantes de démocratisation de l’accès. L’exemple américain pourrait inspirer une politique numérique en montrant qu’elle doit tenir sur deux jambes : accès d’un côté, éducations aux usages de l’autre… Xavier de la Porte Xavier de la Porte (@xporte [7]), producteur de l’émission Place de la Toile [8] sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission. L’émission du 2 juin 2012 [9] partait de la lecture de la semaine dernière [10] pour savoir si le web mobile était le prochain tournant de l’économie numérique. Une discussion entre Solveig Godeluck [11] (@solwii [12]), journaliste au service High-Tech Médias des Echos, Laurent Gille [13], directeur d’études au Département de Sciences économiques et sociales (SES) de Télécom ParisTech [14] et Stéphane Distinguin (@fano [15]), fondateur et PDG de FaberNovel [16], une société qui fait à la fois du conseil et de l’analyse. 32 Comments To "Perdre son temps : la nouvelle fracture numérique" #1 Comment By Bedis On 4/6/2012 @ 7:48 Faudra d’abord limiter l’accès à facebook…quoi que c’est sur ce dernier que j’ai trouvé votre article. #2 Comment By pop On 4/6/2012 @ 9:53 Des parents ont délégué l’éducation de leur enfants à des consoles et des logiciels de jeu: leurs enfants sont des zombies qui savent parfaitement appuyer sur des boutons. Des morts vivants. #3 Comment By Pierre On 4/6/2012 @ 11:24 @Bedis – Non et non , il ne faut pas fermer Facebook !!! Il faut éduquer par l’école, par la formation etc … Actuellement l’informatique et l’internet c’est comme une voiture conduite par une personne qui n’a pas de permis qui ne connais pas les règles et usages. Aujourd’hui seul 1% des internautes créés du contenu (dont je fais partie) je fais des formations pour tout age et toutes catégories sociales (collégiens à retraité, ouvrier et chef d’entreprise) et il y a une constante. Ils ont le même comportement sur le comme dans la vie de tout les jours. Si ils écrivent ou font de la peinture ou créé de la musique ils ont le même comportement sir le net. 2 sur 9 49 14/03/2013 17:31
  • 50. …mais une réalité Une étude anglaise qui pose la question à des 6-15 ans Qui répond aux questions qu’on se pose ? 54 % disent Google, 25% les parents, 3% les profs 50
  • 51. LExpress.fr http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=1093439 lexpress.fr TOUS LES JOURS, TOUTE L’INFO Par Léonore Guillaume, publié le 14/03/2012 à 15:51 Selon une étude anglaise, les technologies auraient complètement modifié les réflexes de questionnement des plus jeunes. Avant 15 ans, ils seraient 54% à préférer poser des questions à Google qu'à leurs parents. SELON UNE ÉTUDE ANGLAISE, LES TECHNOLOGIES AURAIENT COMPLÈTEMENT MODIFIÉ LES RÉFLEXES DE QUESTIONNEMENT DES PLUS JEUNES. AVANT 15 ANS, ILS SERAIENT 54% À PRÉFÉRER POSER DES QUESTIONS À GOOGLE QU'À LEURS PARENTS. Et non, nous ne sommes pas les seuls à demander la différence entre une mouette et un goéland à Google. Nos enfants sont les premiers à poser leurs inombrables questions au géant du référencement... plutôt qu'à leurs parents. Selon une étude menée par la Birmingham Science City, papa, maman mais également les professeurs et même le dictionnaire sont relégués en queue de peloton quand il s'agit de répondre à leurs interrogations. Parmi les 500 enfants de six à 15 ans interrogés, 54% utilisent Google dès qu'ils se posent une question, et parfois jusqu'à cinq fois par jour. Seulement un quart du panel fait encore confiance à papa et maman. Quant aux professeurs, ils sont à la traîne: 3% des enfants se tournent vers eux. Mais le plus étonnant reste qu'un quart des enfants interrogés ignore jusqu'à la signification du mot "encyclopédie". Serge Tisseron, pédopsychiatre et auteur de Rêver, fantasmer, virtualiser, du virtuel psychique au virtuel numérique, explique que, bien qu'ils ne connaissent pas le mot, les enfants utilisent Google comme ils pourraient utiliser nos encyclopédies d'antan: "les enfants accèdent au savoir; le résultat est donc le même. Ce sont simplement les outils qui ont évolués, et les enfants s'y sont adaptés". "Les parents doivent accompagner leurs enfants" Dans le Daily Mail, le docteur Pam Waddell, directrice de la Birmingham Science city, explique que les enfants grandissent dans un environnement où "les nouvelles technologies deviennent un standard". Ils y sont de plus en plus exposés, et de plus en plus tôt. Christiane Olivier, psychanalyste spécialisée dans les relations parents/enfants, note que, si les jeunes sont friands d'internet, c'est parce qu'ils "veulent tout, tout de suite", et que "Google leur apporte cette réponse très rapidement". Mais attention aux dérives. La psychanalyste insiste sur le fait que, si les enfants posent des questions sur la toile, c'est parfois "parce qu'ils n'osent pas les poser chez eux". Quand il s'agit de sexualité, elle regrette que "les parents soient souvent réticents, et le sujet, encore tabou dans de nombreuses famille". Cela encourage les enfants à mener leurs recherches en ligne, où ils risquent d'être exposés à des images choquantes ou violentes. Serge Tisseron souligne que, pour limiter les dangers du net, "les parents doivent les accompagner, et être à l'écoute de ce qu'ils voient". Selon lui, même si les logiciels de contrôle parental sont utiles, "ils ne sont efficaces qu'à 75%". Le rôle des parents reste donc d'une importance "capitale", pour que l'enfant ne voyage pas n'importe où sur internet. Mais qu'il puisse laisser s'exprimer sa "curiosité naturelle". Et ce, en toute sécurité. 1 sur 1 51 14/03/2013 17:34
  • 52. Infographie : comment bien chercher sur Google — www.blogdumodera... http://www.readability.com/articles/iaw9ocra blogdumoderateur.com Ca n’a l’air de rien, et pourtant, faire une recherche sur Google portant ses fruits peut être compliqué. Une récente étude montrait même que seuls 25% des étudiants de l’Université de l’Illinois aux Etats-Unis étaient capables de construire une requête « raisonnablement bien exécutée ». Dommage pour les 75% restants… Cette infographie reprend donc quelques conseils bien utiles pour trouver plus facilement ce que l’on souhaite sur Internet : elle est destinée principalement aux étudiants effectuant des travaux de recherche, mais chacun y tirera des bénéfices ! Par exemple, poser une question à Google est inutile (et pourtant, on en rencontre assez souvent), il faut plutôt cibler les mots clés en fonction de ce que l’on souhaite trouver. L’infographie donne également les commandes de Google qui devraient vous simplifier la vie, si vous ne les connaissiez pas. Ecrire sa requête entre guillemets permettra de faire la recherche sur cette expression exacte ; taper le signe – avant exclura ces mots (utile pour chercher des renseignements sur la tomate, en excluant les recettes de cuisine par exemple), fouiller dans un site Internet particulier sera possible en tapant site:nomdusite avant sa recherche… Toutes sortes d’astuces que nous n’exploitons pas forcément suffisamment. Vous pouvez également vous reporter à la liste de conseils établie par Google, ainsi qu’aux outils destinés à simplifier la recherche. 1 sur 7 14/03/2013 17:34 52
  • 53. Infographie : comment bien chercher sur Google — www.blogdumodera... 2 sur 7 53 http://www.readability.com/articles/iaw9ocra 14/03/2013 17:34
  • 54. Infographie : comment bien chercher sur Google — www.blogdumodera... 3 sur 7 http://www.readability.com/articles/iaw9ocra 14/03/2013 17:34 54
  • 55. Infographie : comment bien chercher sur Google — www.blogdumodera... 4 sur 7 55 http://www.readability.com/articles/iaw9ocra 14/03/2013 17:34
  • 56. Infographie : comment bien chercher sur Google — www.blogdumodera... 5 sur 7 http://www.readability.com/articles/iaw9ocra 14/03/2013 17:34 56
  • 57. Infographie : comment bien chercher sur Google — www.blogdumodera... 6 sur 7 57 http://www.readability.com/articles/iaw9ocra 14/03/2013 17:34
  • 58. Les raisons 1. 2. 3. 4. Internet c’est cool On y obtient des choses impossibles autrement On doit rester à la page Il faut maîtriser Internet, pour éviter qu’il ne vous maîtrise Avec la machine, on devient cyborg 58
  • 59. Quelle sorte de cyborg voulez-vous être? » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2011/06/03/homme-machine-intelligence-sorte-cyborg-vo... LE 3 JUIN 2011 XAVIER DE LA PORTE Qui, de l’homme ou de la machine, est le plus intelligent? Cette question fondamentale mérite d'être reformulée, en prenant en compte le fait que c'est la collaboration entre les deux qui s'avère le plus efficace. Xavier de la Porte, producteur et animateur de l’émission Place de la Toile sur France Culture, effectue chaque semaine une lecture d’article dans le cadre de son émission. Cet article a été publié le 6 avril sur InternetActu. La lecture de la semaine, encore une fois, sera une chronique de Clive Thompson dans le dernier numéro du magazine américain Wired, car, encore une fois, cette chronique est tout à fait passionnante. Son titre n’est pas ce qu’elle a de mieux, mais il est suffisamment intriguant pour donner envie de poursuivre : “Avantage aux Cyborgs : pourquoi l’accès à une intelligence supérieure passe par l’amélioration des relations avec vos assistants numériques.” Je vous rassure, la suite est plus claire. Clive Thompson commence par poser une question obsédante et désormais classique: Qui, de l’homme ou de la machine, est le plus intelligent? En 1997, rappelle Thompson, Deep Blue, le superordinateur d’IBM, a fait nettement pencher la balance en faveur des robots en battant Garry Kasparov aux échecs. Deep Blue a gagné parce que les ordinateurs peuvent produire, à la vitesse de la lumière, des calculs presque infinis : ce dont les humains sont incapables. Ce fut le prima de la force brute, de la capacité à passer en revue des millions de mouvements possibles pour trouver les meilleurs. Ce n’est pas comme ça que les humains jouent aux échecs. Les Grands Maîtres, nous rappelle encore Thompson, s’appuient, pour choisir le bon mouvement, sur des stratégies et des intuitions fournies par des années d’expérience et d’étude. Les intelligences humaines et artificielles ne travaillent pas de la même manière, ce qui a donné à Kasparov une idée intrigante. C’est là où le papier de Thompson commence à nous apprendre quelque chose (en tout cas à m’apprendre quelque chose). Quelle fut l’idée de Kasparov ? Et si, au lieu de faire s’affronter les humains et les machines, on les faisait travailler en équipe ? Kasparov a donc créé ce qu’il a 1 sur 3 59 14/03/2013 17:36
  • 60. Quelle sorte de cyborg voulez-vous être? » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2011/06/03/homme-machine-intelligence-sorte-cyborg-vo... appelé les advanced chess, les “échecs avancés”, dans lesquels les joueurs sont assistés par un logiciel. Chaque compétiteur entre la position de ses pièces dans l’ordinateur et utilise les mouvements proposés par le programme pour faire ses choix. La revanche des esprits moyens En 2005, dans un tournoi en ligne où tout le monde pouvait concourir, certaines paires humainmachine étaient tout à fait étonnantes. Mais celle qui remporta le tournoi ne comptait aucun Grand Maître, ni aucun des superordinateurs présents dans la compétition. Ce fut une équipe d’amateurs d’une vingtaine d’années, assistés par des PC ordinaires et des applications bon marché qui l’emporta. De quoi ont-ils tiré leur supériorité ? La réponse apportée par Thompson commence à nous éclairer sur le sens de son titre. Leur supériorité est venue de leur aptitude à tirer le meilleur parti de l’aide que leur apportait l’ordinateur. Ils savaient mieux que les autres entrer leurs mouvements dans la machine, ils savaient quand il fallait consulter le logiciel et quand il valait mieux ne pas suivre ses conseils. Comme Kasparov l’a dit ensuite, un être humain faible avec une machine peut se révéler meilleur qu’un être humain fort avec une machine si l’être humain faible a une meilleure méthode. En d’autres termes, selon Thompson, les entités les plus brillantes de notre planète ne sont ni les êtres humains les plus accomplis ni les machines les plus accomplies. Ce sont des gens à l’intelligence moyenne qui ont une aptitude particulière à mêler leur intelligence à celle de la machine. Le grand-maître Ponomariov en 2005 face à la machine Et pour Thompson, cela ressemble beaucoup à ce qui se passe dans nos vies. Aujourd’hui, nous sommes continuellement engagés dans des activités “cyborguiennes”. On utilise Google pour trouver une information, on va sur Twitter ou Facebook pour se tenir au courant de ce qui arrive aux gens qui nous intéressent, et d’autres choses encore. Or, un grand débat oppose ceux qui adorent notre vie moderne et numérique à ceux qu’elle perturbe. D’après Thompson, l’exemple fourni par les échecs nous montre pourquoi il existe un tel fossé. Ceux qui sont excités par les technologies sont ceux qui ont optimisé leurs méthodes, ceux qui savent comment et quand on s’appuie sur l’intelligence de la machine. Ceux qui ont adapté leur profil Facebook, configuré leurs fils RSS, etc. Et même, plus important, ceux qui savent aussi quand il faut s’écarter de l’écran et ignorer le chant des distractions qui nous appellent en ligne. Le résultat, c’est qu’ils se sentent plus intelligents et plus concentrés. A l’inverse, ceux qui se sentent intimidés par la vie en ligne n’atteignent pas cet état délicieux. Ils ont l’impression qu’internet les trouble, qu’il les rend “bêtes” pour reprendre le mot de Nicholas Carr. Or, et on ne peut que donner raison à Clive Thompson, on ne peut pas faire comme si l’âge des machines étaient en passe de s’achever. Il est certain que l’on va de plus en plus dépendre de l’assistance numérique pour penser et se socialiser. Et trouver le moyen d’intégrer l’intelligence de la machine à nos vies personnelles est le défi le plus important qui nous soit offert. Quand s’en remettre à la machine ? Quand se fier à soi-même ? Il n’y a pas, d’après Thompson, de réponse univoque, et il n’y en aura jamais. Il s’agit là, selon lui, d’une quête personnelle. Mais en aucun cas nous ne devons éluder la question tant les avantages cognitifs sont grands pour ceux qui savent le mieux penser avec la machine. Au final, dit Thompson, la vraie question est : “quelle sorte de cyborg voulez-vous être ?” 2 sur 3 14/03/2013 17:36 60
  • 61. Quelle sorte de cyborg voulez-vous être? » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2011/06/03/homme-machine-intelligence-sorte-cyborg-vo... Cette chronique de Thompson est passionnante pour elle-même, mais elle l’est aussi, me semble-t-il, pour ce qu’elle ouvre comme pistes. Et notamment, pour une explication qu’elle peut apporter à la crainte d’une partie des élites, et des élites françaises en particulier, face à l’internet. Car si Thompson, à la suite de Kasparov, a raison, si une intelligence moyenne alliée à une bonne maîtrise de la machine renverse les hiérarchies au point de se révéler supérieure à des années de travail et d’accumulation de savoir ; si cette règle s’avère exacte dans d’autres disciplines que dans les échecs, alors quelle supériorité resterait à ceux qui savent, ceux que l’on considère comme très intelligents, mais qui vivent sans les machines, qui les craignent, les méprisent, et ne s’en servent pas ? Et s’il y avait, derrière les arguments des contempteurs d’internet, la manifestation de cette crainte, la crainte d’un monde dans lequel ils ne domineraient plus, d’un monde qui menacerait leur position. Ça n’est qu’une hypothèse, mais il faut avouer qu’elle est tentante. Article initialement publié sur InternetActu Photos FlickR CC : 3 sur 3 61 par thrig et par erral 14/03/2013 17:36
  • 62. Parce que c’est cool Inventé en 1969 par des ingénieurs, il a été conçu pour que tout le monde puisse s’y exprimer, y rechercher des choses, y rencontrer des gens de partout dans le monde. Des communautés partagent leur savoir, on peut y participer simplement, acquérir des savoirs, parfois sans les avoir cherché (la sérendipité). Depuis 2010, Internet a en plus gagné une réputation de faiseur de démocratie avec les révolutions arabes. Les velléités régulières de le réguler ajoute à ce sentiment : Internet est un endroit cool, que tous les pouvoirs cherchent à maîtriser sans y arriver. 62
  • 63. Culture libre — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/kg10lest Cet article ne cite pas su ffisam m ent ses sou rces (ju in 2 0 1 0 ) . Si v ous disposez d'ouv rages ou d'articles de référence ou si v ous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa v érifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article) La y culture libre est un mouvement social qui 3 promeut la liberté de distribuer et de modifier des œuvres de l'esprit sous la forme d'œuvres libres[1 ] par l'utilisation d'internet ou d'autres formes de médias. Le mouvement de la culture libre puise sa philosophie de celle du logiciel libre en l'appliquant à la culture, dans des domaines aussi variés que l'art, l'éducation, la science, etc[2 ] . Les mécanismes juridiques des licences libres dédiés Law rence Lessig, à l'origine des licences Creativ e Com m ons. à la culture sont également inspirés du logiciel libre ; l'utilisation des licences art libre ou Creative Commons a ainsi permis l'émergence de la musique libre et de l'art libre. La culture libre défend notamment l'idée que les droits d'auteurs ne doivent pas porter atteinte aux libertés fondamentales du public. Elle agit, entre autres en utilisant de façon détournée les monopoles accordés par les droits d'auteur, à travers des licences libres, cela afin d'autoriser précisément les usages que ces lois proscrivent par défaut. Histoire « Tu dis : « Cette pensée est à moi. » Non mon frère, Elle est en toi, rien n'est à nous. Tous l'ont eue ou l'auront. Ravisseur téméraire, Au domaine commun bien loin de la soustraire, Rend-la comme un dépôt : Partager est si doux ! » — Henri-Frédéric Amiel, Rien n'est à nous[3] Le point de départ de la culture libre, telle qu'on la connaît aujourd'hui, est la création du mouvement du logiciel libre et du projet GNU par Richard Stallman en 1984[2 ] . Une véritable communauté se crée autour du logiciel libre dans laquelle commence à se développer un ensemble de références culturelles. Au vu du succès du logiciel libre, les licences libres ont été appliquées à d'autres domaines, avec la création de l'encyclopédie Wikipédia en 2001, puis avec la naissance de l'art libre, et notamment de la musique libre avec la création du site musique-libre.org en 2004, puis Jamendo en 2005. En parallèle, une partie de la communauté du libre s'attache à défendre un internet libre, avec notamment la création du collectif La Quadrature du Net en 2008. Culture libre et licence libre Les licences libres sont une forme de concrétisation de la culture libre. Une œuvre sous licence libre possède quatre caractéristiques fondamentales : la liberté d'utiliser l'œuvre pour tous les usages ; la liberté de la copier et de diffuser des copies ; la liberté de l'étudier ; la liberté de la modifier et de diffuser des copies de l'œuvre résultante. Si la liberté d'étudier une œuvre est acquise pour un texte, elle est plus complexe et contraignante dans le cas d'autres œuvres, car elle implique que l'auteur distribue aussi les documents 3 sur 8 63 14/03/2013 17:39
  • 64. Culture libre — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/kg10lest permettant de reproduire l'œuvre. Par exemple, pour une œuvre musicale, cela implique la distribution non seulement de l'interprétation de l'œuvre musicale, mais aussi de la partition musicale[n ot e 1 ] et des autres détails de l'enregistrement de l'œuvre. Pour un logiciel informatique, la liberté d'étudier implique la distribution du code source du logiciel. Un certain nombre d'acteurs du logiciel libre estiment que les libertés données par les licences libres doivent s'adapter au type d’œuvre. Ainsi Richard Stallman, promeut l'usage des licences libres uniquement pour la première des trois catégories d'œuvres qu'il distingue : 1. les œuvres à usages pratiques ; 2. l'expression d'opinion ; 3. l'art[4 ] . Ce point de vue est contesté par les personnes attachées à une idée plus large de la culture libre[5 ] ,[n ot e 2 ] . Culture libre et Internet libre Le réseau internet est le vecteur privilégié de propagation de la culture libre. Inversement l’existence d'internet repose sur les logiciels libres[6 ] . Ainsi selon Benjamin Bayart, Internet et logiciels libres "sont deux facettes d'un même objet"[7 ] . De nombreuses associations de défense des libertés et de la neutralité d'Internet héritent de la culture libre comme La Quadrature du net[8 ] . C'est également le cas de beaucoup de fournisseurs d’accès associatifs à Internet comme FDN[9 ] ,[1 0 ] ou Ilico[1 1 ] . Les références culturelles libre Projets principaux Les projets suivants sont devenus de véritables références au sein de la communauté du libre[1 2 ] : Logiciel libre : GNU, Linux, Debian, kde, Gnome, Firefox. Encyclopédie : Wikipédia Géographie : Open Street Map Électronique : Arduino Musique : Jamendo, Dogmazic Court-métrages : Big Buck Bunny, Elephants Dream, Sintel Long-métrage : Sita Sings the Blues Livres libres : Collection Framabook Personnalités La communauté s'organise autour de personnages clefs, qui ont acquis une certaine influence, et qui sont une référence dans le milieu du libre : Richard Stallman, le fondateur des logiciels libres ; Linus Torvalds, le créateur du noyau Linux ; Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipédia ; Mark Shuttleworth fondateur d'Ubuntu ; Lawrence Lessig fondateur des licences Creative Commons ; Eben Moglen, co-auteur de la Licence publique générale GNU, Licence publique générale limitée GNU et de la Licence de documentation libre GNU. Créateur du projet FreedomBox. En France, Benjamin Bayart, président de FDN, est également une figure du libre depuis sa conférence « Internet libre ou minitel 2.0 ? »[7 ] devenue culte[1 3 ] . Jérémie Zimmermann, co-fondateur de la quadrature du net et membre de l'April, est de plus en plus une figure marquante de la communauté du libre. 4 sur 8 14/03/2013 17:39 64
  • 65. Culture libre — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/kg10lest Le libre et la politique La communauté du libre est engagée politiquement, pour combattre les lois ou projets de lois pouvant porter atteinte à la diffusion d’œuvres libres, comme les brevets logiciels[1 4 ] , mais également les lois visant à contrôler le réseau Internet ou menaçant sa neutralité (comme ACTA[1 5 ] , Hadopi[1 6 ] , Loppsi 2[1 7 ] ). La communauté propose inversement des lois visant à défendre la neutralité d'internet[1 8 ] . Des outils ont été développés par les acteurs du libre afin de faciliter l'action politique. C'est par exemple le cas du site candidats.fr développé par l'April, et de Mémoire Politique développé par la quadrature du net[1 9 ] . Valeurs Les valeurs qui sous-tendent la culture libre sont : la liberté ; la liberté d'expression[2 0 ] ; le contrôle par l'utilisateur ; vie privée ; le partage du savoir ; la dynamique citoyenne et participative dans l'économie du savoir ; le modèle économique de la coopétition (basé sur l'intelligence collective). Le libre n'est pas antimercantile Le mouvement libre ne s'oppose pas aux transactions commerciales tant que les libertés définies dans la licence libre sont respectées[2 1 ] . On retrouve une approche économique assez classique selon laquelle la suppression des barrières à l'entrée due à la rétention d'information doit concourir à la création d'un prix équitable[2 2 ] . Les licences qui restreignent les droits accordés aux utilisateurs à d'autres fins que la préservation des libertés conférés, notamment des restrictions commerciales, ne sont donc pas des licences libres. Le libre n'est pas conditionné par la gratuité, et la gratuité n'implique rien vis-à-vis du libre[5 ] . Cette erreur est d'autant plus difficile à dissiper que le mot libre est parfois synonyme de gratuité (entrée libre, etc.). Cet amalgame est encore plus marqué dans les pays anglophones[n ot e 3 ] où le mot « free » est homonyme de libre et de gratuit[n ot e 4 ] Enfin du fait même des libertés caractérisant le mouvement du libre, tout acquéreur d'une œuvre libre peut en distribuer autant de copies qu'il le souhaite, au prix qu'il le veut. Chaque possesseur d'une copie d'une œuvre libre peut donc partager des copies gratuites. Pour le libre la gratuité n'est donc pas un objectif, mais un simple effet de bord. La confusion s'est également grandement amplifiée depuis l'apparition de Creative Commons qui diffuse les populaires licences éponymes. Certaines de ces licences sont libres, et d'autres non, car elles interdisent par exemple la diffusion commerciale, ou les modifications. Les tensions créées par l'emploi de l'expression de licence libre pour désigner de telles licences ont engendré de nombreux et longs débats houleux sur internet[n ot e 5 ] , avec des interrogations sur « la liberté du mot libre ». Les partisans de ces licences plus restrictives emploient désormais généralement le terme de licences de libre diffusion. Elle correspondent en définitive plus à des licences de gratuiciel. Creative Commons signale les licences libres par le logo « approved for free cultural works » (ndt : « approuvé pour les œuvres culturelles libres ») dans les résumés de celles-ci, mais ne présente pas de logo contraire pour ses autres licences. Perceptions 5 sur 8 65 14/03/2013 17:39
  • 66. Culture libre — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/kg10lest Étant donnée l'émergence récente du libre, il en existe différentes perceptions[r éf. n écessa ir e] . Les deux principales perceptions de la culture libre sont : 1. La perception qui se concentre sur les questions de production et diffusion des créations artistiques. On parle ici de culture au sens culture artistique, de nouveaux enjeux de la propriété intellectuelle, de nouveaux modes de création. La bataille du copy right autour des licences libres, 2. La perception qui aborde les enjeux de la des licences propriétaires et du dom aine public société de l'information et de l'économie du savoir dans sa globalité environnementale, sociale et économique, en incluant aussi les aspects de la création artistique. On parle ici de culture au sens comportement social. Le comportement culturel dit libre est fondé sur les valeurs et les modèles de gestion du libre, tels la hiérarchie de contribution (approche dite bazar, qui s'oppose aux modèles dits cathédrale)[n ot e 6 ] , les médias participatifs (sur des plates-formes de type blogs, wiki, sites web communautaires...), la certification par les pairs, l'autoformation permanente par la veille... Ces deux perceptions (artistique/comportementale) de la libre culture sont complémentaires. Toutes deux agissent principalement en détournant l'aspect juridique du droit d'usage d'une information : les licences libres, qui offrent une alternative sérieuse aux licences propriétaires. Selon le milieu (économique, pédagogique, milieux de la création artistique), le public comprendra libre culture plutôt sous son angle art/artiste, et plutôt sous son angle au sens art/manière. Notes et références Références 1. (en) « What does a free culture look like? » [archive], wiki.freeculture.org, 6 juillet 2011. 2. a 3. Lionel Maurel, « Artistes contre le droit d'auteur [archive] » sur http://owni.fr [archive], 14 et b (en) « This is Larry Lessig... » [archive], fsf.org, 24 décembre 2009. mars 2012 4. Richard Stallman - Copyright and Community [archive] 5. a et b «Culture Manifeste pour une Création Artistique Libre par Roberto Di Cosmo » [archive], linuxfr.org, 5 mars 2011. 6. [www.annexe21.lautre.net/telecharger/Logiciel_Libre_Les_Enjeux.pdf] 7. a 8. [1] [archive] 9. [2] [archive] 10. [3] [archive] 11. [4] [archive] 12. et b 8e Rencontres mondiales du logiciel libre [archive] http://www.simple-it.fr/blog/public/dedicace_eyrolles /20101016_Eyrolles_Framasoft_Culture-libre_CC-by-sa.pdf [archive] 13. http://www.framablog.org/index.php/post/2008/11/21/benjamin-bayart-internet-libreou-minitel-20 [archive] 14. http://www.gnu.org/philosophy/fighting-software-patents.html [archive]. 15. http://www.fsf.org/fr/campagnes [archive] 16. http://www.april.org/hadopi [archive] 17. http://www.laquadrature.net/fr/loppsi-definitivement-adoptee-internetsous-controle [archive] 18. http://www.laquadrature.net/wiki/Hack-a-thon1_Memoire_Politique_2.0 [archive] 20. 6 sur 8 http://www.laquadrature.net/fr/les-deputes-doivent-defendre-la-neutralite-du-net [archive] 19. http://www.gnu.org/philosophy/basic-freedoms.fr.html [archive] 14/03/2013 17:39 66
  • 67. Culture libre — fr.wikipedia.org — Readability 21. « Vendre des logiciels libres » [archive], gnu.org, 1er juillet 2010. 22. http://www.readability.com/articles/kg10lest http://www.debian.org/intro/free.fr.html [archive] Notes 1. Quand cela fait sens, une musique électro. n'aura probablement pas de partition, mais nécessitera la publication des échantillons. 2. D'une part je doute justement que Stallman y ait bien réfléchi. Son choix des licences "verbatim" (cf. aussi les sections invariantes de la GFDL) date d'une époque où il n'avait pas réfléchi du tout à la question - qui, il est vrai, se posait encore peu. De plus, un échange de mails avec lui il y a quelques années m'a montré que sa réflexion sur le sujet était, là encore, peu affinée (c'est en partie grâce à cet échange que la LAL a été mentionnée à la fin de http://www.gnu.org/licenses/ [archive] - "We don't take the position that artistic or entertainment works must be free, but if you want to make one free, we recommend the Free Art License"). 3. ndr : le mouvement du logiciel libre a été initié aux États-Unis, pays anglophone ; ce qui a influé le discours «libriste» même dans les langues où le mot pour « libre » est distinct de « gratuit ». 4. Voir les défénitions de free sur le wiktionnaire. 5. Par exemple http://www.framasoft.net/article4167.html [archiv e] http://www.framasoft.net/article320.html [archiv e] 6. En référence au livre La cathédrale et le bazar d'Éric Raymond qui utilise ces métaphores pour comparer les mécanismes de mise en place des logiciels respectivement libre et propriétaire. Bibliographie Du bon usage de la piraterie : culture libre, sciences ouvertes de Florent Latrive. 2004, éditions Exils. (ISBN 291 296959X) web Cause commune de Philippe Aigrain, 2005, éditions Fayard. (ISBN 221 3623058) web Culture libre de Lawrence Lessig (web) L'avenir des idées du même auteur. (web) Voir aussi Articles connexes Économie de l'abondance La catégorie « Culture libre » Contenu libre Licence libre - Licence ouverte Copyleft - Copyright Logiciel libre Matériel libre Musique libre Biens anti-rivaux Art libre Culture alternative Liens externes (en) Creative Commons Site Artlibre.org Framabook - édition de livres libres In Libro Veritas (en) Éducation libre au Free Knowledge Institute. 7 sur 8 67 14/03/2013 17:39
  • 68. Culture libre — fr.wikipedia.org — Readability http://www.readability.com/articles/kg10lest Traduction française de Free Culture Portail de la culture Portail de la musique Portail du cinéma Portail de la littérature Portail des logiciels libres Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Culture_libre& oldid=89818572 ». Catégories : Culture libre Culture alternative Mouvement culturel | [+] Original URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_libre 8 sur 8 14/03/2013 17:39 68
  • 69. Internet, c’est un truc de hippies » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2012/12/12/internet-cest-un-truc-de-hippies/ LE 12 DÉCEMBRE 2012 LAURENT CHEMLA Conçu en pleine période Flower Power par des barbus libertaires, Internet n'a jamais perdu – malgré les tentatives de récupération politiques et commerciales – son esprit profondément lié au partage. Cette prise de conscience doit perdurer et produire un acte de résistance face à la tentative forcenée de nivellement du monde par les inconscients qui nous gouvernent. Je suis souvent présenté comme un dinosaure d’Internet, mais c’est faux : même si je suis trop vieux pour faire partie de la génération “digital-native”, j’étais trop jeune quand Internet est né, trop jeune pour pouvoir vivre une époque à laquelle toutes les utopies étaient encore imaginables. Ça n’a jamais empêché personne de me considérer comme un utopiste libertaire (par exemple, dans ce billet qui aligne un nombre d’idées fausses assez stupéfiant), vous êtes prévenus. Et je voudrais, pour replacer mon propos dans son contexte historique, revenir quelques instants sur ce monde dans lequel Internet est né. Je crois que c’est important pour mieux comprendre ce qu’il est devenu. Arpanet est né en 1969. J’avais 5 ans, Jon Postel et Vinton Cerf avaient 25 ans. Steve Crocker (24 ans) publiait la première RFC1. Ils étaient étudiants en Californie, à l’UCLA, en pleine contestation étudiante contre la guerre du Viêt Nam, en pleine lutte pour les droits des femmes et les droits civils sur les campus américains. C’est 2 ans après le “Summer of Love”, c’est l’année de Woodstock. Toute la côte ouest est en plein Flower Power. On peut imaginer que — les geeks restant des geeks — nos trois jeunes ingénieurs ne faisaient pas partie des plus activistes, mais on ne peut pas ignorer l’ambiance qui entourait la naissance d’Internet. Et de là à penser qu’il est une invention de hippies, il n’y a qu’un pas. D’où croyez-vous que viennent les barbus ? On dit souvent qu’Internet a cassé la logique hiérarchique verticale préalable et créé une société plus horizontale. On rappelle en permanence qu’il a permis l’usage de la liberté d’expression pour tous. Je vous engage à lire ou relire la RFC n°3 (publiée elle aussi en avril 69) qui définit la manière dont seront développés et discutés les futurs standards d’Internet, et en particulier la phrase “we hope to promote the exchange and discussion of considerably less than authoritative ideas”2. INTERNET PAR LA RACINE Racine d'Internet par-ci, racine d'Internet par-là : mais c'est quoi ce bulbe magique générateur de réseau ?! Et pourquoi ... Dès le départ, la philosophie d’Internet est basée sur la liberté d’expression, ouverte à tous, sans 1 sur 7 69 14/03/2013 17:38
  • 70. Internet, c’est un truc de hippies » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2012/12/12/internet-cest-un-truc-de-hippies/ obligation d’appartenance à telle ou telle communauté. Le débat et la prise de parole sont encouragés, la forme est accessoire, le groupe est ouvert, seules les idées sont importantes, d’où qu’elles viennent. Sont-ce les usages d’Internet qui ont transformé une société hautement hiérarchisée, ou a-t-il été créé pour produire précisément cet effet, à une époque où toutes les utopies étaient encore envisageables ? Sans doute un peu des deux, mais il est certain que, dès l’origine, les principes qui ont conduit à sa naissance n’étaient pas ceux de la société patriarcale qui prévalait jusque là, et il est au moins probable que l’environnement dans lequel baignaient ses pères a joué un rôle sur ce qu’il est devenu. La tribu informatique Comme on me l’a souvent rappelé, depuis que j’ai commencé à développer cette vision des origines, cette ouverture à tous avait — et a toujours — une limite importante : s’agissant de développer des protocoles informatiques, et quelle qu’ait été la volonté de ses fondateurs, l’initiative était cependant réservée à ce que Philippe Breton a décrit bien plus tard comme “la tribu informatique”. Et là aussi il est bon de se replonger un peu dans le passé pour mieux comprendre le présent. A l’époque des débuts d’Internet, et jusqu’au milieu des années 70, le logiciel n’était pas considéré comme il l’est de nos jours. Ce n’était pas un objet commercialisable. Jusqu’au début des années 70, AT&T distribuait UNIX gratuitement aux universitaires, et la grande majorité des programmes étaient le fruit de travaux académiques et étaient diffusés, sources comprises, selon les principes académiques d’ouverture et de coopération. Les informaticiens de cette époque avaient souvent besoin de porter tel ou tel outil d’un système d’exploitation à un autre, à une époque où l’hétérogénéité du parc matériel explosait. La notion de partage était fortement représentée dans la culture informatique, et elle a perduré y compris lorsque le marché du logiciel commercial a explosé, en se scindant d’un côté dans la culture du logiciel libre et de l’autre dans celle du piratage. INTERNET, LES ORIGINES Mais qui a inventé Internet ? Au cœur de l'été, un débat fait rage de l'autre côté de l'Atlantique pour attribuer la ... Avant notre génération “digital native”, les inventeurs d’Internet sont devenus adultes dans les années comprises entre la fin de la seconde guerre mondiale et la 1ère crise pétrolière, à l’époque du “I have a dream” de Martin Luther King, du flower power, de la conquète de la Lune, du boom de l’électroménager et de la liberté sexuelle. Tout semblait possible, et je crois que même des geeks retranchés dans des services informatiques, relégués en sous-sol, n’ont pas pu ignorer cet environnement social. Dans un livre publié en 1984, le journaliste Steven Levy a rapporté l’idéologie des premiers hackers et en a tiré ce qu’il a nommé “the hacker ethic” dont les points-clé semblent venir directement des idées hippies. Je ne crois pas qu’on puisse comprendre Internet sans prendre en compte ces prémisses culturels. Même s’ils sont largement négligés de nos jours, ils ont imprégné toute la structure fondamentale du réseau et leurs conséquences sont toujours largement présentes aujourd’hui : - la sécurité des systèmes est un problème de plus en plus important à tous les niveaux de la société, mais si ce problème existe c’est aussi parce que la sécurité des données n’était pas un enjeu important pendant les premiers temps de l’Internet. Les datagrammes ne sont pas chiffrés, les serveurs et les tuyaux sont partagés entre tous, le DNS n’est pas sécurisé, le routage est fait d’annonces que chacun peut corrompre. Jusqu’à une période très récente, les notions de partage et de confiance sont bien plus importantes, sur le réseau, que celles de sécurité et de confidentialité. - TCP/IP est un langage de pair à pair : les notions de client et serveur sont applicatives, sur Internet, pas structurelles. Il n’y a pas de hiérarchie entre les ordinateurs qui sont reliés par le réseau : chacun peut, à tout instant, passer du récepteur au diffuseur sans avoir à obtenir d’autorisation préalable. Sur Internet, la prise de parole est possible partout, pour tous, tout le temps. - l’impératif d’intéropérabilité à une époque où le matériel informatique évolue sans cesse dans une hétérogénéité croissante a imposé – si même la question s’était posée – l’usage de standards ouverts et des logiciels libres. Le développement d’Internet et des logiciels libres sont intriqués au point qu’on aurait du mal à imaginer ce que serait le réseau sans eux. Et malgré la toute-puissance des géants du logiciel commercial, ils se sont développés à un point tel qu’au moins la moitié d’entre vous a un téléphone qui fonctionne sous Linux. Si on m’avait 2 sur 7 14/03/2013 17:38 70
  • 71. Internet, c’est un truc de hippies » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2012/12/12/internet-cest-un-truc-de-hippies/ dit ça au début des années 90, je me serais moqué. - le choix de la transmission par paquet, du datagramme et d’un réseau maillé de pair à pair (en lieu et place des technologies de circuits virtuels et des réseaux en étoile) a créé un réseau qui ignore les frontières des États, qui met en relation des ordinateurs et des humains sans considération des législations locales, des tabous culturels et du contrôle policier. Couper totalement l’accès d’une population à Internet, aujourd’hui, implique non seulement la fermeture des accès locaux mais aussi celle de tout le réseau téléphonique cablé, gsm et satellite. C’est pratiquement impossible (et on a pu recevoir des images de Syrie la semaine dernière malgré toute la volonté du gouvernement local). L’art de la guerre Quoi qu’ils en disent aujourd’hui, les états ont mis un certain temps à prendre conscience des conséquences d’Internet. Quand nous – techniciens – pressentions vaguement au début des années 90 une révolution trop vaste pour qu’on puisse en envisager toute l’étendue, qu’on essayait de l’expliquer, d’en montrer l’importance, les puissances en place nous riaient au nez. Et sans doute n’était-ce pas plus mal parce qu’il est difficile de savoir ce que serait le réseau si à l’époque nous avions su montrer au pouvoir ce que signifiait l’arrivée d’Internet chez tout le monde. Aujourd’hui encore, je crois qu’il manque toujours au plus haut niveau des États une compréhension, une appropriation réelle des enjeux. Tout semble se passer comme si, malgré un affichage plus ou moins affirmé, ils ne parvenaient pas à appréhender l’existence et l’importance sociale, économique et philosophique d’un réseau global. J’ai récemment écrit qu’ils me donnaient l’impression de ne pas vivre dans le même monde que le reste de la population, tant chacune de leurs décisions concernant de près ou de loin Internet semblait contre-productive et rétrograde quand ce n’est pas inutile ou même risible. Toujours est-il que, pendant que les grands de ce monde avaient le dos tourné, Internet s’est installé dans nos vies. Ça a commencé lentement bien sûr. En France, Internet a longtemps été perçu par le grand-public comme un Minitel un peu plus évolué : on y trouvait pas beaucoup plus d’information, c’était plus compliqué à utiliser, ça demandait un investissement financier et personnel plus important. Seuls quelques activistes en prenaient possession pour s’exprimer, avec bien entendu des dérives faciles à dénoncer qui ont probablement contribué à conforter les idées reçues de ceux auquel il n’apportait rien de nouveau, puisqu’eux avaient déjà accès à la parole publique, à l’information en avant-première, que les portes des musées leur étaient toujours ouvertes et qu’ils dinaient avec ceux dont le public attendait les prochaines oeuvres. Et puis, petit à petit, le public a appris à utiliser le réseau. Les services se sont mis au niveau pour lui faciliter l’auto-édition, le partage, le débat et la diffusion. Et ce qui était auparavant réservé à quelques élites est devenu accessible à tout le monde au point d’être devenu pour tout un chacun une part importante de la vie quotidienne. J’ai écrit aussi que je voyais leur action comme celle d’un antivirus : quand je vois mon ordinateur (celui qui est sous Windows) changer inexplicablement de comportement sans que mes actions n’y soient pour rien, mon premier réflexe est de penser qu’il a été infecté par un logiciel malveillant. De la même manière, ceux qui se sentent responsables de la société ne peuvent pas accepter qu’elle change en dehors de leur action. C’est vécu comme une intrusion dans leur pré-carré, comme une activité forcément malveillante, puisque l’administrateur du système n’a pas voulu ni souhaité ce qui se produit dans son environnement. Alors il réagit, là où il aurait mieux fait d’agir. INTERNET ÇA CHANGE LA VIE "Révolution numérique". C'est l'expression consacrée des verbiages politiciens, mais concrètement ça veut dire quoi ? ... Car il est bien trop tard pour agir : Internet est dans la place. Internet est partout, dans nos ordinateurs, nos téléphones, nos tablettes, nos télévisions et nos consoles de jeu. Bientôt il sera dans nos éclairages, nos clés, nos moyens de paiement. Aujourd’hui, même mon ampli audio se met à jour par Internet. 3 sur 7 71 14/03/2013 17:38
  • 72. Internet, c’est un truc de hippies » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2012/12/12/internet-cest-un-truc-de-hippies/ Quoi que devienne le réseau dans le futur une chose est sûre : nos machines sont toutes connectées entre elles, et nous le sommes tous entre nous, à travers elles. Et là où des humains sont reliés entre eux, il y a échange, partage, débat et transmission de savoir. Il y a eu une guerre entre Internet et les pouvoirs en place. Et Internet l’a gagnée. L’envahisseur ne se cache plus : il est bien installé et il n’hésite pas à répondre quand, au coup par coup, nos dinosaures qui n’ont pas eu conscience de la chute de la comète tentent de survivre au changement en lui donnant quelques coups de patte bien peu efficaces. Je ne vais pas refaire ici l’historique de ces pauvres tentatives d’empêcher un changement inéluctable : gouvernance, régulation, taxes diverses, refus des effets fiscaux de la globalisation quand elle concerne les géants du web alors qu’on l’encense quand elle vient de l’industrie du pétrole ou de la culture, tout ça est bien connu. C’est trop peu, trop tard, surtout trop tard. Les révolutions arabes ont montré que l’usage des réseaux sociaux permettait d’organiser des actions de groupe là où dans le passé il fallait s’appuyer sur des syndicats ou des partis politiques pour mobiliser. Et je crois aussi que le Web, pour des jeunes qui atteignent aujourd’hui l’âge adulte et entrent dans la vie active en ayant eu pendant toute leur enfance sous les yeux l’opulence des pays les plus riches, a eu plus que sa part dans la motivation de révoltes qui, la crise économique aidant, ne feront que s’amplifier dans le futur. ON ACHÈVE BIEN LES DINOSAURES Copinage, incompréhension, Internet a gagné la guerre, et les populations savent s’en contre-sens. Nos servir bien mieux que leurs gouvernants. Que ce soit pour représentants politiques sont prendre conscience de la façon dont il est maintenu dans la les seuls à croire encore que misère (Wikileaks bien sûr, mais au delà il suffit de voir la le Web est ... façon dont les affaires sortent via Twitter avant même les journaux télévisés pour comprendre que la couleur du Web est la transparence) ou pour organiser les mouvements sociaux, le peuple a désormais un outil qui a été créé pour rester hors de portée des tentatives de contrôle. Hadopi, Loppsi, Taxe Google, Cloud souverain et tentative de surveillance globale ne sont guère que des actions de guerilla de quelques groupes de résistants dépassés. La guerilla est une tactique du faible au fort, et contre Internet ce sont les États qui la mènent. Je vous laisse conclure. Les voleurs 2.0 Alors, et après ? Longtemps, quand je prédisais la victoire d’Internet, j’ai eu en face de moi des amis qui, eux, craignaient que le commerce, les gouvernements, les forces réactionnaires de toutes provenances ne viennent réduire à néant les espoirs d’une société meilleure basée sur les principes de partage et de liberté qui ont été les bonnes fées penchées sur le berceau du réseau. J’ai toujours fait partie du camp des optimistes. En considérant la vitesse à laquelle le public arrivait sur le réseau, et en calculant au doigt mouillé qu’il fallait en moyenne 5 ans pour passer d’un usage purement clientéliste à une appropriation plus complète des moyens d’expression et de diffusion mis à sa disposition, je faisais le pari – gagné d’avance – que la masse de gens qui auraient pris goût à la liberté serait trop importante pour un retour au statu quo ante bien avant que quiconque ne puisse réagir. Comme toujours, j’avais raison. Et comme toujours je me suis trompé. Le danger n’est pas venu du commerce : ceux qui prédisaient la fin d’un Internet libre comme s’étaient éteintes les radios libres avaient oublié que l’espace numérique, à la différence du nombre des fréquences hertziennes, était infini et que quelle que soit la place prise par le commerce en ligne, il en resterait toujours autant qu’on en voulait pour le simple citoyen. Il n’est pas venu non plus des politiques, qui n’ont jamais compris ce qui leur arrivait et qui ne le comprendront jamais : par nature, Internet rend inutiles un bon nombre d’intermédiaires, que ce soit entre les auteurs et leur public, entre les fabriquants ou les grossistes et le client final, ou entre les opinions et l’information et la population. Je crois que l’intermédiaire entre le peuple et la démocratie qu’est la représentation politique est vouée elle aussi à disparaître quelles que soient ses gesticulations pour repousser l’échéance. 4 sur 7 14/03/2013 17:38 72
  • 73. Internet, c’est un truc de hippies » OWNI, News, Augmented http://owni.fr/2012/12/12/internet-cest-un-truc-de-hippies/ Non, le danger n’est pas venu du passé, il est venu d’Internet lui-même. La plus grande force d’Internet est dans sa résilience. Les choix technologiques du passé ont donné un réseau très fortement décentralisé, auto-correctif, quasiment impossible à contrôler – et donc à vaincre – par une entité unique quelle qu’elle soit en dehors de quelques erreurs historiques (la centralisation du DNS et du système d’adressage). Mais, peut-être à cause d’une croissance trop rapide due à la faiblesse de ses ennemis naturel, le réseau a développé une maladie auto-immune. Longtemps on a parlé d’Internet comme d’un réseau dont l’intelligence était aux extrémités (end-to-end principle). Et il faut se souvenir que, même s’il y a du progrès depuis l’époque des modems RTC, le principe même du “fournisseur d’accès” est une rustine pour pallier à l’absence d’un vrai réseau informatique reliant tous les foyers entre eux. Internet est un réseau de réseaux, mais le client d’un FAI n’est pas un pair d’internet à égalité avec les serveurs qui le composent. L’asynchronie entre émission et réception, qui découle de l’usage de la paire de cuivre, tend à transformer l’utilisateur final en client simple plutôt qu’en égal qui peut participer aux échanges en tant que membre à part entière du réseau. PEUR SUR LE WEB Propagande, pensée unique, méfiance et peur de l'autre : on n'est jamais responsable du malheur qui nous arrive. Alors ... Il est facile de dire que cet état de fait répond aux usages et qu’un simple utilisateur n’est pas forcément quelqu’un qui participe autant qu’il consomme. Mais c’est une idée fausse, je crois : s’il n’était que récepteur, les médias broadcastés lui suffiraient. En réalité ce qu’on constate souvent c’est qu’il participe plus ou moins à hauteur de ce que sa bande passante montante lui permet et que ses usages dépendent de l’infrastructure qui lui est proposée bien plus que l’inverse. En parallèle, et parce que la technologie transforme l’utilisateur en simple client, les services se centralisent. Ils deviennent ce qu’on appelle “des géants du Web” alors même que par principe dans un réseau de pair à pair ces termes devraient être antinomiques. Et comme un cancer, le corps du patient devient son propre ennemi. J’ai raconté en conférence comment, par exemple, Facebook avait volé 4 fois ses utilisateurs (et en tant qu’ancien voleur je m’y connais). D’abord en transformant ses utilisateurs en ouvriers non-salariés – c’est le modèle du Web 2.0 qui consiste à vendre à ses clients, les régies publicitaires, un espace de contenus produits par des gens qui ne sont pas rémunérés mais qui attirent l’audience), puis en vendant à ces régies les informations privées – qui vous appartiennent mais que vous lui aviez confiées – pour qu’elles puissent mieux vous cibler, puis en vous vendant en bourse des parts de l’entreprise qui n’aurait aucune valeur sans votre participation, et enfin en vous proposant de payer pour promouvoir vos propres contenus auprès de vos amis, en un complet renversement du modèle normal qui veut qu’un auteur soit rémunéré en fonction de l’argent qu’il rapporte à son éditeur. Difficile de faire mieux. Ou pire, c’est selon. Et pourtant, Facebook (et Google et iTunes et Amazon et tous les autres) y arrivent quand même : en devenant les géants qu’ils sont, en centralisant tous les services et les contenus comme ils le font, ces acteurs concentrent l’intelligence au centre du réseau et transforment les équipements tiers (smartphones, tablettes – de moins en moins interfaces d’interaction et de plus en plus interfaces de simple réception) en simples terminaux, qui de plus en plus peuvent – et sont – contrôlées à distance. Et c’est un mouvement général : alors même que jamais le prix du stockage local n’a été aussi bas, la mode est au cloud. On ne conserve plus ses données chez soi, là où elles sont le plus en sécurité, mais chez un tiers, qui centralise toutes les données du monde. On voudrait créer un point central de totale insécurité et de contrôle total qu’on agirait pas autrement. Et alors même que les gouvernements ne voyaient pas 5 sur 7 73 [1/2]LA NEUTRALITÉ DU RÉSEAU POUR LES NULS 14/03/2013 17:38
  • 74. Internet, c’est un truc de hippies » OWNI, News, Augmented comment attaquer un réseau décentralisé pour reprendre le contrôle de l’évolution de nos sociétés, voilà que son plus grand ennemi lui offre sa reddition sur un plateau: s’il y a bien une chose à laquelle les États sont habitués, c’est de traiter avec les multinationales. Dans un jeu dont on vient de voir, avec Florange, comme il se joue, l’État français joue de la menace fiscale et légale contre Google, Amazon et tous les autres pour obtenir d’eux quelque prébende en échange d’une totale liberté dans l’exploitation de leur main-d’oeuvre. http://owni.fr/2012/12/12/internet-cest-un-truc-de-hippies/ On a tout entendu sur la notion de neutralité d'Internet. L'ingénieur Stéphane Bortzmeyer tente d'y voir plus clair. En ... Quant au contrôle des populations, c’est en cours, avec la possibilité de couper telle ou telle fonctionnalité d’un iPhone à distance chez Apple, pourquoi pas pendant une manifestation populaire dont un gouvernement ne voudrait pas qu’elle fasse trop parler d’elle, ou avec la volonté pour le CSA en France de contrôler les contenus sur le Web comme il le fait pour la télévision, ou enfin avec l’ITU qui veut redonner le pouvoir au politique plutôt qu’au citoyen en permettant des législations nationales applicables à tous les acteurs du Net. Conclusion Je reste l’éternel optimiste, je ne crois pas qu’Internet puisse être transformé au point de revenir à un monde dans lequel il faut avoir des amis, du pouvoir ou de l’argent pour avoir la possibilité d’exercer son droit à la liberté de parole “sans considération de frontières”. Je veux croire que Facebook n’est qu’une mode passagère et que le public saura se détourner d’un Apple qui le prive de toute liberté d’utiliser comme il le souhaite le terminal qu’il possède. Je veux croire qu’avec un peu de bouteille, les gens se détourneront des services gratuits d’un Google qu’il échange avec la confidentialité de ses données, de ses mails et de sa vie entière pour revenir à des services locaux, pourquoi pas à en réinstallant chez eux des serveurs de mail, pour commencer. Dans mon monde idéal, les gouvernements se souviennent de leur rôle de prévision. Ils font d’Internet un service universel, en donnant aux intermédiaires une mission de service public en attendant qu’un plan fibre ambitieux permette à chacun d’organiser selon sa volonté sa connectivité, en devenant son propre FAI s’il le souhaite ou en déléguant à une association ou une entreprise, s’il le préfère. Sans filtrage, sans asymétrie des débits montants et descendants, sans services associés obligatoires. À chacun de choisir s’il préfère un package où tout est géré par un tiers ou s’il veut être opérateur de son propre réseau tout en déléguant tel ou tel service. Un modèle comme celui-ci serait sans doute bien plus productif pour le redressement d’une économie tant locale que nationale que toutes les taxes Google du monde. POUR UN INTERNET POLISSON ! Contre un Internet policé, choisissons l'Internet polisson ! C'est en gros le message de Pas sage en Seine, festival de ... Il faudra sans doute se battre pour en arriver là, alors même que la bataille semblait gagnée d’avance. C’est dommage, mais Jefferson et La Fontaine le disaient déjà en leur temps: Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre. En laissant faire, après que les États ont senti le vent du boulet à ce point, je ne crois pas qu’on ait avant longtemps une nouvelle chance de garantir les libertés publiques si nous ne nous battons pas pour conserver celles que nous ont offertes de vieux soixante-huitards utopistes. Sinon nous aurons un réseau reterritorialisé, sous le contrôle de pouvoirs qui préfèrent la pérennité de leur main-mise au bonheur de leur peuple. Et parce qu’Internet n’est pas contrôlable par des démocraties, nous aurons des dictatures à la place. Internet doit rester un truc de hippies. Illustration par Alvaro Tapia Hidalgo (ccbyncnd) Consulter sa présentation ici. Tous les articles de Laurent Chemla sur Owni /-) Nos dossiers à consulter : Un internet pas si neutre et Hacker la société. 6 sur 7 14/03/2013 17:38 74
  • 75. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | SOS : il faut sauver la sérendipité... http://www.readability.com/articles/l44tqtmc rslnmag.fr OCT . 17 , 2 011 (visuel : library books par timetrax23, flickr, licence CC) En surfant sur un réseau social, au détour d'un moteur de recherche ou d'un email, vous êtes tombé sur un lien vers cet article. Vous n’en cherchiez pas spécialement un sur la question mais vous avez été curieux et vous êtes finalement en train de le lire : c'est ce qu'on appelle la sérendipité, la découverte imprévue, par la coïncidence, la chance ou le hasard, de quelque chose d'inattendu. La sérendipité est souvent citée comme l’un des exemples de la richesse du Web, cette possibilité de découvrir des contenus inédits et surprenants en quelques clics aléatoires sur une souris. Que se passerait-il alors si cette sérendipité disparaissait complètement du Web ? C'est cette question - et cette crainte - qui ont poussé Miriam Meckel, directeur de l'Institute for Media and Communication Management, à lancer un long appel pour sa sauvegarde, sur son blog : « La sérendipité est notre âme. La sérendipité nous soutient, elle permet, de temps en temps, de donner à nos vies des directions imprévues, et elle nous permet de regarder le monde différement. […] Sans sérendipité, la vie ne serait pas seulement prévisible, elle serait incroyablement ennuyeuse. » Selon elle, la sérendipité est de plus en plus menacée par des algorithmes, chargés de décider pour nous des contenus qui vont nous intéresser ou des produits à acheter. Elle abonde largement dans le sens de Kevin Slavin – dont nous vous parlions récemment. Cet agitateur des idées numériques considère que les algorithmes dominent de plus en plus le monde, jusqu’à s’attaquer à notre culture. Le problème fondamental pour Miriam Meckel est que ces algorithmes sont « pour toujours coincés dans le passé, parce qu'ils basent leurs calculs sur des actions passées » : ils ne laissent alors aucune place à la nouveauté ou à la découverte. > Avec quelles conséquences ? « À première vue, la perte de la sérendipité semble être principalement un problème technique […] mais avec le temps, cette perte pourrait avoir des conséquences bien plus larges, que nous devons au moins comprendre, si ce n’est lutter contre. » Un Internet sur-personnalisé a le potentiel de changer nos visions du monde et – au final – de nous changer directement » explique la chercheuse. Pour rendre un peu plus vivant, ce possible futur, elle dresse un portrait assez alarmant des conséquences de la disparition de la sérendipité. Parmi ses principales conclusions : cette sur-personnalisation supprimerait les intérêts communs entre les individus et donc les éloignerait encore plus, faute de centres d’intérêt communs. À plus long terme, cette disparition limiterait la personnalité et les goûts des internautes, en les enfermant peu à peu dans des cases prédéfinies et pré-pensées. 1 sur 2 75 14/03/2013 17:40
  • 76. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | SOS : il faut sauver la sérendipité... http://www.readability.com/articles/l44tqtmc Elle prend pour un exemple un fan de théâtre : il va recevoir ou se voir proposer de plus en plus de contenus liés au théâtre qui viendront occulter les autres. Jusqu’au point où il « n’aura plus la chance de trouver d’autres informations – [il] ne saura même plus qu’elles existent ». Plus inquiétant encore peut-être, nous serions, selon elle, incapables d'apprendre sans sérendipité, l'apprentissage se faisant par la rencontre avec l'inconnu ou l'imprévu qui nous ouvre de nouvelles perspectives : « Pour évoluer comme des êtres humains, nous avons besoin de coïncidences et de rencontres avec l’inconnu pour nous inspirer à voir de nouvelles perspectives. C’est la caractéristique même de la démocratie et de l’obligation de chaque citoyen à faire face à des choses qui dépassent son simple point de vue sur le monde pour voir au delà. » > Comment alors éviter cet inquiétant tableau ? Attention, il « serait naïf de penser que l’on peut inverser ou arrêter cette personnalisation d’Internet », avertit Miriam Meckel – sans toutefois, renoncer à reconnaître quelques « avantages » à cette tendance. Elle suggère trois approches fondamentales pour en limiter les conséquences : Construire un discours public pour avoir un débat de fond sur la question, Promouvoir le doute et l’incertitude pour stimuler la réflexion et l’ouverture et S’appuyer sur les « journalistes humains » pour contrebalancer ce phénomène des contenus automatisés. Avant de conclure : « Nous ne pouvons pas faire sans ces coïncidences, sans sérendipité – même sur Internet. En sauvant la sérendipité, nous sauvons nos propres âmes, en sauvant ce qui nous distingue, nous, humains des machines. Donc : sauvons notre sérendipité ! » > Pour aller plus loin : <br&amp Original URL: http://www.rslnmag.fr/post/2011/10/17/sos_il-faut-sauver-la-serendipite_.aspx 2 sur 2 14/03/2013 17:40 76
  • 77. Tunisie : Internet, accélérateur de révolution — www.benoitraphael.c... http://www.readability.com/articles/airthe6b benoitraphael.com JAN. 18, 2 011 Publié le 18/01/2011 par Benoit Raphaël Un blogueur devenu ministre, un jeune Tunisien agressé sauvé "grâce à Twitter", le groupe de hackers internationaux "Anonymous" en croisade contre la censure du gouvernement, plus encore qu'en Iran, Internet semble avoir joué un rôle d'accélérateur dans la révolte des jeunes Tunisiens. Le site Gizmodo publie l'interview d'un cyber-activiste tunisien, Ahmed, qui raconte en détail comment le mouvement s'est appuyé sur les réseaux sociaux : "Internet a joué le rôle du média qui a tout déclenché et mis l’affaire du jeune Bouazizi (qui s’est immolé par le feu) sous les projecteurs de la population et des médias internationaux. Je me rappelle qu’un autre monsieur s’était immolé devant le palais présidentiel en 2005, mais a l’époque les Tunisiens ne bloguaient pas, et n’étaient pas très friands de réseaux sociaux." En 2011, tout a changé, les jeunes ont relaté les faits, pris des photos des manifestations qui ont suivi l’immolation de Bouazizi "et les ont relayé a travers twitter / facebook / leurs blogs", rapporte Ahmed, tandis que "les médias locaux et internationaux" boudaient les événements. "Tout est passé par Facebook", raconte une Tunisienne au site Nouvelobs.com. "Le slogan "Partager nous sauvera" s'est érigé en règle", poursuit-elle. "En Tunisie, Internet est devenu le seul moyen pour se révolter". "Plus de 1,8 millions de Tunisiens disposeraient d'un compte Facebook sur 3,6 millions d'internautes à travers le pays", rapporte le NouvelObs, citant le site "CheckFacebook". "Sur les 30 derniers jours, la Tunisie est même le troisième pays au monde où le terme "Facebook" est le plus recherché". Selon le journaliste d'opposition Taoufik Ben Brik "Même s'il est sous haute surveillance, même s'il est entouré de barbelés, Internet est devenu un titan que rien ne peut arrêter". C'est même la censure qui a catalysé la révolte. Face au blackout imposé par le gouvernement (des centaines de pages et de comptes Facebook bloqués ou piratés, le site de partage de photos FlickR ainsi que YouTube fermés en Tunisie), la résistance s'organise : en interne, les actvistes mettent à disposition des internautes des adresses relais pour permettre aux informations de circuler, tandis que le groupe international "Anonymous", connu pour ses actions contre l'industrie du disque et la Scientologie, ou en faveur de Wikileaks, se lance dans une croisade pour pirater les sites gouvernementaux et mettre en place des sites protégés, au nom de la "liberté d'expression" Aujourd'hui, les "Anonymous" veulent étendre leurs actions l'ensemble du monde arabe. Symbole de la cyberrévolte, le blogueur et technophile Slim Amanou a annoncé sur Twitter sa nomination au secrétariat d'Etat à la Jeunesse et aux Sports. 1 sur 2 77 14/03/2013 17:39
  • 78. Tunisie : Internet, accélérateur de révolution — www.benoitraphael.c... http://www.readability.com/articles/airthe6b Autre symbole, BulletSkan, ce jeune Tunisien agressé semble-t-il par des policiers, lance l'alerte sur Twitter. Le message est relayé des centaines de fois, et l'armée est alerté. "Sauvé grâce à Twitter" titre Le Post, qui publie les tweets et la vidéo de l'internaute qui incite les jeunes à utiliser Twitter : "c'est très efficace". Il ajoute : "la révolution a commencé sur les réseaux sociaux". Dans un pays démembré médiatiquement, Internet est devenu le fil rouge d'une génération. Tous les Daily Tags : Daily, just delivered, facebook, médias sociaux, révolution, Tunisie, Twitter Original URL: http://www.benoitraphael.com/2011/01/18/tunisie-internet-accelerateurde-revolution/ 2 sur 2 14/03/2013 17:39 78
  • 79. Pour avoir et faire des choses En se reliant, on entre dans la communauté qui permet d’échanger tout et sur tout. C’est la confiance numérique 79
  • 80. « Crise et Web ont généré une très large économie de la débrouille » | ... http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/11/12/la-crise-et-le-web-ont-ge... 12/11/2012 à 11h42 ENTRETIEN Pascal Riché | Redchef Des meubles dans la rue à Glasgow, en Ecosse (Tomek Augustyn/Flickr/CC) Diouldé Chartier dirige D’Cap Research, un cabinet d’étude sur les comportements des Français. D’Cap a mis en place un « observatoire système D » pour étudier leurs changements d’attitude face à la crise. Comment les Français s’adaptent-ils à celle-ci ? Comment se débrouillent-ils pour moins en souffrir ? L’équipe de D’Cap a analysé des milliers de conversations sur des forums (Doctissimo.fr, AuFeminin.com, mais aussi Rue89...) et interrogé en profondeur, pendant plusieurs heures, une trentaine de Français modestes. Les clients de cette étude sont des entreprises qui s’intéressent à l’innovation sociale et cherchent à comprendre comment les comportements évoluent. Pour Diouldé Chartier, cette étude ambitieuse a permis de mettre à nu une révolution en cours dans la société française : le mariage de la débrouille et d’Internet. Entretien. Rue89 : Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent de votre étude ? Diouldé Chartier : Nous avons constaté, avec cette étude, l’apparition d’une très large économie « en réseau », largement invisible : des espaces où les gens échangent d’une façon nouvelle, souvent sans intervention d’aucune institution, parfois même sans monnaie. Le phénomène est beaucoup plus massif que nous ne le pensions. Son développement est reflété par le succès spectaculaire de sites d’échanges comme Le Bon Coin, Super-Marmite ou Airbnb. Les gens revendent leurs objets, proposent leurs services, sous-louent leur appartement, s’échangent des tuyaux, s’entraident. Un tel phénomène est né du mariage du Web et de la crise. Il se développe dans une immense zone grise. Quand je dis « grise », je ne veux pas dire « illégale » : ces échanges sont pour la plupart conformes à la loi, mais ils échappent aux statistiques et aux observations des économistes. Cette économie en réseau est générée par la crise, mais aussi, plus généralement, par l’augmentation du nombre de « ruptures » dans les vies des Français. Le recul à la fois du CDI et du modèle du couple stable, avec enfants sous un même toit, laisse place à des vies au cours plus fragmenté. Des décalages temporels de plus en plus importants ont lieu entre les rentrées d’argent et les dépenses : il faut les gérer. Seuls l’entraide, la débrouille, le peer-to-peer, le système D permettent de faire face. Chacun innove donc pour contourner les difficultés et accroître son espace de liberté. Et chacun, dans ce nouveau monde, peut devenir une unité de compétence valorisable. Si vous savez bricoler, par exemple, vous allez mettre cette ressource à la disposition des autres. Si vous savez repasser, vous allez proposer de le faire gratuitement pendant un an contre le prêt d’une maison de campagne pendant un mois. Il n’y aura pas d’échange marchand, ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas d’échange économique. Autre tendance lourde, la méfiance croissante vis-à-vis des institutions : les gens préfèreront prendre un crédit à leur centre de grande distribution plutôt qu’à la banque. Les gens préfèreront faire affaire entre eux, par exemple sur Le Bon Coin ou sur eBay, avec des logiques très différentes entre ces deux sites, qui d’ailleurs attirent des gens différents : Diouldé Chartier (DR) Le Bon Coin prend le parti de la relation entre pairs jusqu’au bout : les gens se débrouillent entre eux ; à l’inverse, sur eBay, les échanges sont plus cadrés, le site se posant en entremetteur, avec une séparation nette des acteurs : d’un côté les acheteurs, de l’autre les vendeurs. 1 sur 3 14/03/2013 17:47 80
  • 81. « Crise et Web ont généré une très large économie de la débrouille » | ... http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/11/12/la-crise-et-le-web-ont-ge... Ces phénomènes touchent-ils toute les strates de la société ? Oui, mais ils changent de visage en changeant de milieu. Un SDF qui fait les poubelles, ce n’est pas un « glaneur » qui va chercher les produits périmés à la sortie des magasins. Naît ensuite le « freeganisme », qui repose sur une philosophie du non-gaspillage... Et cette philosophie-là peut déboucher sur des actions structurées : le site Zéro-Gâchis, par exemple, invite les internautes à signaler les produits proches de la date de péremption vendus à prix cassés dans les supermarchés. Prenez encore la vente de vieux objets inutiles pour arrondir ses fins de mois : elle n’a pas le même visage si elle a lieu à même le trottoir, ou dans le cadre d’un vide-grenier spontané, ou bien encore sur Le Bon Coin. Des comportements innovants partent de citoyens qui cherchent à se débrouiller face à la crise, puis se diffusent vers le reste de la société. Airbnb, par exemple, la plateforme de location d’appartements de particuliers, n’est plus seulement un site pour des gens modestes ou des routards fauchés. De nombreuses personnes proposent leur appartement à la location, une semaine par-ci, une semaine par-là, pour arrondir leurs fins de mois. On voit apparaître des nouveaux comportements. Mais il faut les distinguer en fonction des personnes : ils n’ont pas toujours le même sens. Les gens qui ont « deux boulots », par exemple, ne sont pas tous les mêmes. Vous pouvez avoir une personne qui est agent de surface en intérim dans la semaine, et qui fera de façon informelle des déménagements le week-end, parce qu’elle ne peut pas survivre autrement. Et puis vous pouvez avoir le postier qui a pour hobby la photo, et qui, en dehors de son boulot, ira vendre ses clichés sur un site... Ces deux profils n’ont rien à voir. Dans le second cas, le « deuxième boulot » est un facteur d’épanouissement. Nous avons longuement interrogé une femme qui, à Marseille, cherche des objets jetés par les habitants de sa ville pour ensuite les retaper et les revendre sur Le Bon Coin. C’est pour elle devenu bien plus qu’un complément de revenu qu’elle considérait au départ comme un peu honteux : un vrai plaisir et une source de fierté. En quoi est-ce nouveau ? Nos grands-parents n’échangeaient-ils pas déjà des services ? Ce qui est nouveau, c’est le changement d’échelle. Une Africaine qui faisait de temps en temps la cuisine pour six personnes, dans son immeuble, peut, en allant sur Super-Marmite, se mettre au service de 50 personnes. Sa zone de chalandise est tout d’un coup élargie. Le Web, contrairement à une idée reçue parmi les élites, n’est pas un monde détaché de la réalité quotidienne. Au contraire : dans le cadre de cette économie de réseau, il permet de façonner la vie réelle. Il n’est qu’un « média » entre les gens : leurs échanges, bien concrets, passent par lui. C’est un mouvement plutôt positif... Oui, mais il a des conséquences qui le sont moins. Ainsi, tous ces échanges informels se déroulent en dehors des cadres sociaux et légaux. La personne qui va échanger des heures de ménage contre un autre service n’a pas de Sécu, pas d’assurance chômage, pas de retraite... Il faudrait accompagner ce mouvement en prévoyant quelques filets sociaux. Les pouvoirs publics devraient s’y intéresser. Pourquoi analyser la société à travers l’observation d’échanges sur des forums ? Les études classiques, menées par des enquêteurs, ne fonctionnent-elles plus ? Sur les forums, comme ceux de AuFeminin.com, Doctissimo.fr ou CommentCaMarche.net, le ton est direct, sincère : les gens se parlent entre eux, spontanément, pour trouver des solutions, on ne crée pas l’artifice de l’enquêteur qui pose des questions. Les expressions qui y sont utilisées sentent l’authenticité. Informations et opinions sont intriquées : c’est un matériau très riche pour comprendre notre société. MERCI RIVERAINS ! Lem87, Pierrestrato 30775 VISITES | 66 RÉACTIONS Tweeter SOCIÉTÉ • TAGS Revenus > 2 500€/mois ? PAUVRETÉ • CRISE ÉCONOMIQUE • SOCIAL • Guide Investir en Meublé Se créer un patrimoine sans apport, des revenus garantis, défiscalisés, nos conseils. RUE89 PLANÈTE • DÉCROISSANCE maison au Mans à partir de réduisez vos impôts en 2013 RÉSEAUX SOCIAUX • Devenez propriétaire de votre ans? Avec la Loi Duflot, 8 1,1k A vendre - Maisons Neuves NOUVEAU : Moins de 55 J’aime 168 000€. ! Publicité A LIRE AUSSI Rue89 24 heures de la vie d’une chômeuse : « Tu fais quoi de tes journées ? » 2 sur 3 81 14/03/2013 17:47
  • 82. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt consocollaborative.com DEC. 2 3, 2 011 « Un jour, nous regarderons le XXe siècle et nous nous demanderons pourquoi nous possédions autant de choses » affirmait récemment Bryan Walsh dans TIME Magazine qui consacrait la Consommation Collaborative comme l’une des dix idées amenées à changer le monde. L’économie du partage se propage : du transport aux voyages en passant par l’alimentation, le financement de projets et la distribution, tous les secteurs ou presque voient cette nouvelle économie émerger. Pourquoi acheter et posséder alors que l’on peut partager semblent dire des millions d’individus. Les statistiques sont éloquentes, nous explique Danielle Sacks dans l’un des articles les plus complets sur l’émergence de l’économie du partage : « Alors que plus de 3 millions de personnes dans 235 pays ont déjà « couchsurfé », ce sont plus de 2,2 millions de trajets en vélo libre-service (tels que le Velib’ à Paris) qui sont effectués chaque mois dans le monde. » Tandis qu’Airbnb annonçait il y a quelques mois avoir dépassé le million de nuits réservées sur son site , en France, c’est covoiturage.fr qui a récemment franchi la barre du million de membres inscrits. Etsy, la plateforme C to C* de référence pour vendre ses créations originales et artisanales, diffuse ses statistiques chaque mois dans la plus grande transparence et on les comprend, tant les chiffres sont impressionnants : 40 millions de biens vendus pour les 3 premiers mois de l’année, soit 77% de plus qu’à la même époque en 2010 et presque 400.000 nouveaux membres s’inscrivent chaque mois. Neal Gorenflo, fondateur et rédacteur en chef du magazine Shareable m’expliquait récemment lors d’un échange qu’il m’a accordé : « On se rend compte que ce mouvement n’est pas qu’une tendance passagère. Les publications se multiplient, les consultants commencent à s’intéresser au phénomène, les politiques envisagent de nouvelles lois pour favoriser le 1 sur 9 14/03/2013 17:50 82
  • 83. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt développement de cette économie du partage, les startups font des levées fonds impressionnantes : tout converge pour nous faire dire qu’une nouvelle économie est vraiment en train d’émerger. » Alors que le secteur du prêt entre particuliers vient d’atteindre la somme de 500 millions de $ aux Etats-Unis, les startups du partage enchaînent les levées de fond : 7 millions pour Thredup, site internet de troc de vêtements et de jouets pour enfants; 1,2 million pour Gobble, qui a un modèle proche de Super-Marmite et permet de réserver et d’acheter des plats fait maison près de chez soi); 1,6 million pour Grubwithus, qui propose un service de colunching ou social dinner, mélange de Meetic et de Groupon. De par la maturité des usages des nouvelles technologies et des applications mobiles, San Francisco et la Bay Area sont à la pointe de cette nouvelle économie qui prend de l’ampleur, au point que ces pratiques dépassent aujourd’hui le cadre des startups et intéressent les acteurs les plus traditionnels. Distributeurs et constructeurs automobiles ont été les premiers à investir cette économie du partage. Intermarché, Castorama, Ikea, proposent déjà aux gens de covoiturer, d’autres seraient en réflexion très avancée pour proposer des dispositifs de troc et de partage. Du côté des constructeurs automobiles, BMW a récemment fait une entrée remarquée en proposant une vraie solution d’autopartage (Volkswagen lui a emboîté le pas il y a quelques jours à peine), Peugeot et Citroën ont déjà lancé leurs offres de mobilité : respectivement Mu by Peugeot et Multicity ; enfin Norauto, qui est devenu Mobivia, s’est complètement réorganisé pour devenir un opérateur de mobilité : le lancement de Buzzcar (plateforme d’autopartage entre particuliers) par Robin Chase (fondatrice de Zipcar, leader mondial de l’autopartage et classée parmi les 100 personnalités les plus influentes par le TIME en 2009) étant l’illustration la plus notable de cette nouvelle stratégie. « Les constructeurs automobiles qui voient l’autopartage comme une menace perdront du poids dans ce paysage en évolution » professe ainsi Shelby Clark, fondateur de Relay Rides (pionnier de l’autopartage entre particuliers outreAtlantique). Comment les secteurs les plus traditionnels répondront à ces évolutions, bien malin celui qui peut répondre à cette question ; une chose est certaine, « il sera fascinant de suivre quels nouveaux modèles seront développés à partir des systèmes de Peer-to-Peer*, et quels secteurs traditionnels ils transformeront » concluait récemment Semil Shah dans un article consacré à l’économie Peer-to-Peer publié dansTechcrunch. L’économie du partage se propage Sans que nous nous en rendions forcément compte, nous nous mettrions donc à moins posséder, à privilégier l’usage et à partager davantage. Dans un contexte de crise économique durable et de défiance vis-à-vis des grandes entreprises, ces expériences d’échange et de partage réussies interrogent nos comportements traditionnels de consommation. « Nous nous dirigeons vers une économie où l’accès aux biens s’impose sur leur possession » affirme Lisa gansky, auteur de The Mesh. L’âge de l’accès décrit par Jérémy Rifkin serait-il effectivement en train de se concrétiser ? Le changement culturel est-il suffisamment profond pour nous conduire à privilégier l’usage sur la possession ? Une chose est certaine : les solutions alternatives réelles et fonctionnelles à la forme la plus traditionnelle de l’achat existent et se diffusent comme jamais auparavant, au point que l’argent, dans un contexte de turbulence des monnaies étatiques, soit lui aussi contesté. Dès lors, les défenseurs des monnaies alternatives, locales, complémentaires se font entendre et 2 sur 9 83 14/03/2013 17:50
  • 84. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt apparaissent de plus en plus crédibles pour nous aider à envisager des formes d’encadrement des échanges régis par la générosité et/ou la réciprocité (voir le travail de mon ami Etienne Hayem alias Zoupic sur ce thème ou le projet « The Future of Money »). The Future of Money Project C’est notre rôle de travailleur/consommateur qui s’en trouve du même coup transformé comme l’explique Rachel Botsman dans un article intitulé « The Everyday Entrepreneur » : « Les gens prennent conscience qu’ils disposent de ressources inexploitées (matérielles ou liées à leurs compétences) sources de valeur économique, sociale et durable -en moyenne par exemple, une voiture reste à l’arrêt 92% du temps- et qui représentent des opportunités quotidiennes pour devenir microentrepreneurs ». Ces évolutions ne se sont qu’embryonnaires et le changement prendra du temps mais « la fulgurance des avancées technologiques, combinée à une évolution des mentalités représente une opportunité sans précédent pour transformer des secteurs, réinventer les services publics, dépasser les formes de consumérisme sources de gaspillage terrible et changer nos façons de vivre. » Cette transition nous pousse également à réfléchir à l’encadrement de ces échanges (si nous nous mettons effectivement à partager au sein de communautés nouvellement créées, comment générer et maintenir la confiance nécessaire entre inconnus ?), mais aussi à leur plus grande diffusion : quel rôle doit jouer l’éducation par exemple ? 3 sur 9 14/03/2013 17:50 84
  • 85. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt Voici quelques-uns des enjeux que soulèvent l’économie du partage (analysée et décryptée avec justesse par le magazine américain Shareable ) et le concept de consommation collaborative (développé par Rachel Botsman et Roo Rogers dans leur livre What’s Mine is Yours: The Rise of Collaborative Consumption). La croissance des formes d’échanges directs entre particuliers que décrit la consommation collaborative a été notamment permise par l’avènement et la démocratisation des nouvelles technologies. Si les formes de troc et d’échange ne sont pas nouvelles, Internet et les systèmes Peer-to-Peer* ont permis leur développement à une toute autre échelle, grâce à deux leviers : Internet et les places de marchés Peer-to-Peer* ont rendu possible le déploiement de masses critiques d’internautes intéressés par les mêmes types d’échanges en permettant et en optimisant la rencontre entre ceux qui possèdent et ceux qui recherchent (des biens, services, compétences, argent, ressources, …) comme jamais auparavant ; Internet et les systèmes de réputation ont permis de créer et de maintenir la confiance nécessaire entre inconnus utilisateurs de ces systèmes d’échanges : qui aurait cru au succès d’Ebay il y a 15 ans et à la possibilité de se faire héberger chez un inconnu en toute confiance avant le lancement et le succès de Couchsurfing ? Derrière ces plateformes d’échanges se trouvent des systèmes de réputation (références, notation) des utilisateurs qui les incitent à « bien se comporter » et qui expliquent en grande partie leur succès fulgurant. Différentes formes de partage Jenna Wortham dans le New York Times , suggère de distinguer deux formes de consommation collaborative : les formes où l’on se regroupe pour acheter en commun -pour obtenir un meilleur prix ou savoir ce que et à qui on achète (comme la Ruche qui dit oui !) ou financer un projet sur le principe du crowdfunding (Kickstarter, en France Ulule, Kisskissbankbank ou Wiseed) ; les formes qui organisent le prêt, le don, le troc ou l’échange de biens, de temps ou de compétences entre particuliers. Rachel Botsman propose de distinguer trois systèmes de consommation collaborative, tels que présentés sur le schéma ci-dessous : 4 sur 9 85 14/03/2013 17:50
  • 86. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt collaborativeconsumption.com Les product service systems permettent de transformer un produit en service : l’autopartage, les vélos en libre-service ou encore la location (organisée par un intermédiaire ou entre particuliers) seraient à placer dans cette catégorie. Ces plateformes s’inscrivent dans le cadre plus général de l’économie de fonctionnalité. Les systèmes de redistribution organisent le passage de biens d’une personne les possédant à une personne les recherchant. C’est le principe du C to C et des plateformes comme PriceMinister, LeBonCoin mais aussi du troc, du don, de l’échange… Les styles de vie collaboratifs regroupent les formules de partage de ressources immatérielles entre particuliers : espace, temps, argent, compétences. Couchsurfing, Colunching , Coworking, Cohousing, Prêts entre particuliers, Achats Groupés feraient ainsi partie de cette catégorie. Une autre distinction selon les secteurs investis par cette économie du partage est également possible. Puisqu’on me questionne souvent sur l’origine et la pertinence de l’expression, je m’interroge avec vous : l’expression Consommation Collaborative est-elle appropriée, pertinente, suffisamment percutante pour désigner ces nouvelles formes de partage entre particuliers ? Ma réponse est oui car le terme collaboratif possède un historique, celui du travail collaboratif qui a eu un impact positif évident sur l’organisation du travail. Tout comme le collaboratif appliqué à l’organisation du travail a permis de tirer un meilleur parti des ressources humaines, le collaboratif appliqué à la consommation engendre une optimisation des ressources naturelles et matérielles. Internet et les systèmes Peer-to-Peer* investissent progressivement tous les espaces de notre vie quotidienne pour mieux les renouveler : il y a dans le collaboratif une idée d’optimisation mais aussi de rupture. Après la révolution de l’entreprise collaborative et le développement de la consommation collaborative , apparaissent ou sont aujourd’hui envisagées d’autres formes que l’on pourrait qualifier de collaboratives : la distribution (comme le fantastique People’s supermarket en Angleterre), la production (un exemple d’Open Source appliqué à la production), la politique et même l’énergie collaboratives. Il ne s’agit-là que d’exemples et je vous renvoie aux travaux de la P2P foundation de Michel Bauwens pour plus d’informations sur le sujet. 5 sur 9 14/03/2013 17:50 86
  • 87. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt La crise : premier catalyseur La crise a été l’évident déclencheur et propagateur de l’économie du partage : « La crise a généré un changement de mentalité, elle a contraint les gens à s’interroger sur les nouveaux moyens à leur disposition leur permettant d’effectuer des économies et de gagner de l’argent à partir de leurs biens », affirme Daniel Noble , fondateur de Drivemycar, qui met en relation propriétaires de voitures et personnes recherchant des locations de courte durée en Australie. « Lorsque j’ai entendu pour la première fois parler du concept [de la location de voitures entre particuliers], j’ai pensé que c’était une très mauvaise idée, je n’aurais jamais laissé quelqu’un conduire ma voiture […] Mais la crise a été un catalyseur, j’ai commencé à réfléchir à comment diminuer certaines de mes dépenses et comme la voiture est un des principaux pôles de dépense… » Drivemycar rencontre un vrai succès en Australie : toutes sortes de voitures sont disponibles y compris les plus beaux modèles, Noble explique ainsi : « J’ai maintenant des Ferrari et des Porsche disponibles à la location, les gens en parlent à leurs amis, ils n’ont pas honte » (nous ne sommes pas en reste : une magnifique SLK est disponible à la location sur Voiturelib à La Ciotat, une très belle calèche est également proposée par un particulier sur le site de Deways ;). Si la crise a été un évident accélérateur du mouvement par la contrainte budgétaire nouvelle qui en a résulté, elle ne saurait expliquer à elle seule le rejet croissant dont l’hyperconsommation fait actuellement l’objet. Aujourd’hui c’est même sur le terrain de la mode et du prêt-à-porter (souvent initiateurs des futures tendances) que s’expriment ces nouvelles pratiques : du mouvement des recessionistas aux sites de vides-dressing , en passant par les sites de locations de sacs ou de bijous de mode comme Avèle , les sites de troc, d’échange et de location de vêtements se multiplient, quand ce ne sont pas les créateurs eux-mêmes qui s’en emparent en faisant appel à la créativité du consommateur . « Nous n’avons pas besoin d’acheter de nouvelles fringues à chaque nouvelle saison.» Interrogée par le Sydney Morning Herald, Lara Mc Pherson met en place des événements de troc de vêtements par l’intermédiaire de son blog (dans le même esprit, saluons Pretatroquer en France), elle explique : « j’ai pris la décision d’arrêter d’acheter de nouveaux habits jusqu’à ce que je trouve un moyen socialement responsable et bon pour l’environnement de vivre ma passion pour la mode.» Du bien au lien 6 sur 9 87 14/03/2013 17:50
  • 88. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt Au-delà des économies permises par ces sites, c’est l’impact social généré (en un mot la rencontre) qui est au cœur de leur succès. « De la crise naît la nécessité de s’assembler, et de cette nécessité naît le plaisir de s’assembler. On y trouve son compte pour ses intérêts individuels et matériels, puis très vite, quelque chose se passe et la communauté d’intérêts devient une communauté de liens. » (lu sur le blog de la Ruche qui dit Oui ! dans l’un des articles français les plus enthousiasmants sur la Consommation Collaborative). La capacité à récréer du lien social est pour beaucoup dans l’engouement de nombreuses plateformes de consommation collaborative. Un avis que partagent de nombreux historiens et sociologues. Interrogée par Le Monde, Laurence Fontaine, historienne et directrice de recherche au CNRS voit dans le mouvement un rejet de l’économie capitaliste : «La crise, ou plus exactement l’appauvrissement, pousse les gens vers ces nouvelles formes d’échanges. Mais on peut également analyser ce mouvement comme un refus de la société de marché, commente-t-elle. Au XVIIIe siècle, les aristocrates payaient en objets et habits. L’arrivée de l’argent a été une libération des liens sociaux. Les hommes ont ainsi accédé à l’anonymat et à l’individualisme. Mais maintenant que ces valeurs ne sont plus portées aux nues, on cherche de nouveau à tisser du lien social avec d’autres moyens. » Stéphane Hugon, sociologue et cofondateur du cabinet Eranos, partage ce constat et envisage les implications économiques de ces évolutions : « Cette nouvelle consommation sonne le glas d’une approche de la société et des marchés à partir de « l’individu rationnel qui optimise sans contrainte ». A-t-il d’ailleurs jamais été rationnel ? […] La consommation est ici largement motivée par une recherche de relation sociale qui vient épaissir le prétexte rationnel d’un geste qui n’est économique que par extension. C’est probablement toute notre culture économique qui s’en trouve modifiée. » Erwan Lecoeur, sociologue, ancien Directeur de l’observatoire du débat Public développe l’idée que l’explication du succès de ces nouveaux comportements est à rechercher dans une quête de liens et de confiance en soi et en l’autre : « Avec ces nouveaux comportements, plusieurs attentes apparaissent, que l’on pourrait appréhender par la centralité du besoin du « lien », d’une qualité particulière et d’une confiance renouvelée. Derrière les produits et les services concernés, c’est avant tout une nouvelle forme de relation, de partage qu’il s’agit de vivre. Plus qu’une simple proximité géographique, on peut y voir une recherche de relation affinitaire à nouer ; le besoin d’une rencontre réelle, d’un contact avec le producteur, l’inventeur, le fournisseur de biens ou de services. […] On passe du bien à ce qu’il permet : un lien. [...] Le bonheur n’est pas contenu dans l’objet échangé, semblent dire des millions de nouveaux consommateurs mais dans l’acte d’échange et la rencontre qu’il permet. » 7 sur 9 14/03/2013 17:50 88
  • 89. La nouvelle économie du partage — consocollaborative.com — Readability http://www.readability.com/articles/ylwju2zt Et d’envisager la propagation et la contagion du partage… « Ces formats d’échanges de produits et de services qui se développent un peu à l’écart du monde de la grande consommation ne sont qu’embryonnaires ; ils n’en ont pas moins beaucoup d’avenir. Parce qu’ils créent une convivialité, une confiance qui fait défaut à l’extérieur, ils attirent à eux de nombreux adeptes, intrigués par ces étranges manières, puis désireux de faire partie de cette petite société-là, au moins par bribes, par moments, par intérêt. » Et vous, vous trouvez que cette économie-là fait du sens? Couchsurfing, l’autopartage (entre particuliers), les AMAP, le coworking, le colunching, le troc de vêtements, le Booksurfing, le crowdfunding, … vous y croyez, ça vous parle, ça vous inspire ? N’hésitez pas à me faire part de vos expériences et de vos commentaires ! Parce que je suis également convaincu de l’impact social et de la contagion possible, attendue et souhaitable de cette économie du partage, j’ai commencé à réunir des adeptes du partage pour échanger autour de la thématique, publier des articles encore plus pointus et plus fréquemment et réfléchir à l’organisation d’évènements. Ce projet vous intéresse ? Vous souhaitez juste en savoir plus ? N’hésitez pas à rejoindre notre toute nouvelle page Fan, vous pouvez aussi me contacter directement sur twitter ou par mail : je serais ravi d’échanger avec vous sur ces nouvelles formes de partage entre individus et sur les implications de cette nouvelle économie. Pour aller plus loin : *C to C : Consumer to Consumer; ici les vendeurs ne sont (pour la plupart) pas professionnels et vendent leurs réalisations originales par le biais de la plateforme. On dépasse le cadre du partage au sens stricte. Etsy est davantage une forme de distribution directe qui « court-circuite » l’économie centralisée. *Peer-to-Peer : Selon Michel Bauwens, « le P2P [ou échange entre pairs] est un certain type de dynamique relationnelle… C’est une forme d’organisation basée sur les réseaux, reposant sur la libre participation de partenaires équipotents engagés dans la production de ressources communes. Il ne recourt pas aux compensation financières comme motivation principale, et n’utilise pas les méthodes traditionnelles de commande et contrôle. Il crée un Commun plutôt qu’un marché ou un état, et se base sur des relations sociales pour allouer les ressources, plutôt que sur un mécanisme de prix ou un système hiérarchique. » (voir http://p2pfoundation.net/index.php /1._Introduction) Credits Flickr : Victoria Diaz Colodrero, Daniel Gillet Original URL: http://consocollaborative.com/983-economie-du-partage-consommationcollaborative.html 8 sur 9 89 14/03/2013 17:50
  • 90. « La consommation collaborative, c’est avant tout des communautés de ... http://www.readability.com/articles/d6dfjejt consocollaborative.com Générer un climat de confiance pour favoriser les échanges entre particuliers est l’une des clés pour les services de consommation collaborative. A l’occasion de la sortie d’une étude BlaBlaCar sur le sujet nous avons posé quelques questions à Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar (covoiturage.fr) et à l’origine de la création du personnage Trustman. Vous venez de publier une enquête sur la confiance au sein de votre communauté. Quels sont les résultats les plus remarquables ? Un membre avec un profil complet inspire davantage confiance qu’un voisin, et presque autant qu’un ami proche. Quand on y pense, c’est phénoménal. La confiance représente une grande valeur pour la société, mais elle est très difficile à créer. Elle a permis à notre société de construire ses fondements économiques. Elle nous permet de collaborer efficacement. Depuis des millénaires, notre société repose sur la confiance qui existe entre des personnes qui partagent quelque chose : un lieu, un territoire, un lien familial… Mais notre étude révèle qu’il existe maintenant un nouveau type de confiance : la confiance envers les profils en ligne. Dans une situation où autrefois il n’y aurait eu aucune base sur laquelle construire la confiance entre deux individus, aucun partage ni aucune relation apparente, l’établissement de la confiance est désormais réalisable grâce aux profils en ligne. Et quand la confiance est établie, la collaboration est possible. Quand la confiance existe, nous pouvons créer de la valeur. Ce n’est pas un changement incrémental – ce n’est pas un peu plus, ou un peu mieux, que ce qui existait avant. C’est un changement disruptif. Rien ne sera plus jamais comme avant. Le socle de la société, la confiance interpersonnelle, était autrefois une ressource rare ; c’est désormais une ressource extrêmement abondante. Nos chances de collaborer les uns avec les autres sont également transformées. Tout comme nos chances de créer de la valeur. Nous faisons donc davantage confiance à une personne avec un profil complet qu’à nos voisins. Pourquoi ? C’est fascinant. Réfléchissons à ce que le terme « confiance » signifie, en théorie. La confiance signifie qu’il y a une forte probabilité pour que le résultat d’une interaction soit désirable. En d’autres termes, vous croyez qu’il y a une faible probabilité pour que le résultat d’une interaction soit indésirable ! C’est la même chose : la confiance est l’évaluation d’une issue positive probable. Pour résumer : on se dit que ça va marcher ! Mais nous pouvons projeter les résultats de nos futures interactions avec d’autres personnes si, et seulement si, nous disposons d’informations sur lesquelles baser cette évaluation. La réponse à votre question est simple : nous faisons plus confiance aux personnes avec un profil complet qu’à nos voisins car nous savons plus de choses sur ces personnes ! Plus d’informations implique plus de confiance. 1 sur 4 14/03/2013 17:48 90
  • 91. « La consommation collaborative, c’est avant tout des communautés de ... http://www.readability.com/articles/d6dfjejt La confiance au sein d’une communauté rend les interactions possibles. Pas de confiance, pas de transaction. Ce que notre étude révèle, c’est que l’enregistrement des transactions passées est un gage de confiance. Si un membre a réalisé des transactions avec succès (et qu’on en a une preuve grâce aux avis laissés par d’autres membres), il devient digne de confiance. Quand vous lisez les avis positifs d’un membre, vous pouvez estimer que le résultat de l’interaction sera positif. Vous faites confiance à ce membre. Plus qu’à votre voisin ! Au sens strict du terme, la confiance mesurée par notre enquête est liée à un type d’activité spécifique (celui pour lequel les transactions sont enregistrées) et ne peut être généralisée. Cependant, cela montre qu’il est possible de créer une valeur interpersonnelle là où aucune valeur n’existait auparavant. Cette faculté de créer de la confiance change les règles de la société ! D’où vient cette confiance ? Notre étude montre que la confiance au sein de la communauté de BlaBlaCar provient, par ordre croissant d’importance: 1. d’une photo (note de confiance de 2,5), 2. des coordonnées certifiées (3,2), 3. des avis positifs (3,4). Lorsqu’on combine ces trois éléments, la note de confiance monte jusqu’à 4.25. A titre de comparaison, un voisin n’obtient qu’une note de 3,3. Les amis et la famille obtiennent 4.7. Nous pouvons donc conclure qu’une confiance forte résulte de la combinaison de différents facteurs. Mais si nous devions en isoler un, ce serait sans aucun doute les avis communautaires. C’est l’information la plus importante que les personnes utilisent pour évaluer la probabilité d’une issue positive, donc pour faire confiance. Qui est Trustman ? Il n’y a pas seulement un Trustman. Nous sommes tous Trustman ! Trustman n’est pas un pro des arts martiaux comme Batman, et il ne vient pas d’une autre planète comme Superman. La source de son superpouvoir, ce sont simplement ses profils confiance sur les sites d’échange entre particuliers : covoiturage, partage de compétences… Ils lui permettent d’être libre d’enrichir sa vie, en créant de la valeur pour lui et pour la société. Ça semble banal, car tout le monde peut en faire autant. Mais si on y réfléchit à deux fois, c’est extra ! Grâce à nos profils confiance, nous sommes libres de partager ou de louer des ressources essentielles telles que notre voiture ou notre logement, d’échanger des objets, des maisons, des compétences, de cofinancer et « crowdsourcer », de collaborer massivement… Tout cela ne nous fait pas seulement gagner du temps et de l’argent : cela rend aussi nos vies plus riches humainement parlant. Pourquoi est-ce un super-héros ? De quoi va-t-il nous sauver ? Trustman est le nouveau super-héros d’une nouvelle ère économique. La confiance est l’une des attitudes les plus constructives qui existe entre les citoyens car elle multiplie les possibilités de collaboration et de coopération, au bénéfice de tous. Trustman est le symbole de nouveaux 2 sur 4 91 14/03/2013 17:48
  • 92. « La consommation collaborative, c’est avant tout des communautés de ... http://www.readability.com/articles/d6dfjejt comportements collaboratifs, dont les impacts positifs commencent seulement à être ressentis. Pour nous, Trustman c’est l’espoir d’un avenir collaboratif. Comptez-vous lancer un produit / service lié à la confiance ? Trustman va-t-il devenir « BlaBla Trust » ? Trustman est une métaphore, ce n’est pas un produit ou une fonctionnalité. Nous avons voulu encourager les medias, la sphère IT et la communauté de la consommation collaborative à s’intéresser à la question de la confiance. La confiance est extrêmement importante pour BlaBlaCar et pour tous les sites d’échange entre particuliers. Nous avons réussi à créer une communauté de confiance sur internet, qui réunit aujourd’hui plus de 2,7 millions de personnes en Europe. De par cette expérience, nous voulons et nous pensons pouvoir contribuer à la connaissance et la compréhension de ce sujet majeur. Nous avons voulu partager notre point de vue et nos données sur l’importance de la confiance au sein de la communauté BlaBlaCar. Le covoiturage est-il une passerelle vers la consommation collaborative ? Les membres de votre site sont-ils plus enclins à utiliser d’autres sites d’échange entre particuliers ? Oui, une partie de notre communauté a commencé à utiliser d’autres sites de consommation collaborative après s’être inscrite sur BlaBlaCar (entre 1 et 6% des membres). Cela pourrait suggérer qu’en commençant à utiliser BlaBlaCar, ces personnes sont davantage conscientes des bénéfices liés à la consommation collaborative et décident d’expérimenter de nouvelles pratiques. Les résultats de l’étude montrent également que dans les cas où la volonté de pratiquer une activité collaborative est faible (c’est le cas du financement collaboratif et de la location de véhicule entre particuliers), la connaissance de cette pratique est également faible. Ces résultats suggèrent une corrélation entre le degré de connaissance d’une population et son intention d’adopter une nouvelle pratique. Cela semble logique : même si à l’échelle individuelle la connaissance précède nécessairement l’intention, il peut aussi y avoir un niveau de connaissance globale nécessaire au développement de la pratique au sein de la société. Cette supposition est cohérente avec l’expérience de BlaBlaCar, car la connaissance générale et la couverture médiatique ont été des facteurs clés à l’adoption du covoiturage. C’est une donnée importante pour les acteurs de l’économie du partage ; cela montre que nous pouvons et devons travailler ensemble pour augmenter la connaissance des différentes plateformes de consommation collaborative à travers les différents secteurs : logement, transport,, finances… Original URL: http://consocollaborative.com/2881-la-consommation-collaborative-cest-avanttout-des-communautes-de-confiance.html 3 sur 4 14/03/2013 17:48 92
  • 93. Pour rester dans le coup Suivre ce qui se passe et avoir les compétences de base est indispensable aujourd’hui dans sa vie personnelle. Le buzz a remplacé le film de 20h30. Mais aussi dans sa vie professionnelle Surtout à l’heure du big data 93
  • 94. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... McKinsey Quarterly / Rédaction / March 8th, 2013 technology adoption La maîtrise des médias sociaux organisationnels est en passe de devenir un avantage concurrentiel. Les dirigeants de General Electric ont réfléchi à la question. Comment s'inspirer de leur expérience ? Rares sont les domaines dans les entreprises et dans la société à n’avoir pas été affectés par la révolution des médias sociaux alors même que celle-ci a démarré il y a moins d’une décennie. De nombreuses entreprises ont réagi à cette nouvelle donne, prenant la pleine mesure de la force et du potentiel que ces technologies représentent pour leur organisation : ainsi, des wikis permettent une collaboration virtuelle plus efficace dans des projets transversaux ; des blogs internes, des fora de discussion et des chaînes YouTube encouragent les échanges, avec un partage tant des savoirs que des vues d’ensemble de chacun ; des campagnes virales sophistiquées permettent d’engager la relation avec les clients et de les fidéliser ; des produits de prochaine génération sont co-développés grâce à des processus d’innovation ouverte ; et enfin des dirigeants travaillent à définir leur stratégie d’entreprise 2.0. Ce changement radical crée un dilemme pour les dirigeants : alors que le potentiel des médias sociaux semble immense, les risques inhérents, eux, créent de l’incertitude et un certain malaise. Par nature débridés, ces nouveaux moyens de communication peuvent laisser filtrer des informations internes voire confidentielles, les rendant soudainement publiques et ce de façon virale. Qui plus est, la logique des médias participatifs est en décalage avec le modèle managérial et organisationnel du 20e siècle encore en vogue, qui privilégie des processus et un contrôle linéaires. Les médias sociaux encouragent la collaboration horizontale et les conversations spontanées qui se propagent de manière aléatoire, indépendamment des hiérarchies du management, court-circuitant par conséquent tant les dynamiques établies du pouvoir que les lignes de communication traditionnelles. Selon nous, l’aptitude à capitaliser sur le pouvoir transformationnel des médias sociaux, tout en atténuant les risques qui leur sont associés appelle un nouveau type de dirigeant. La dynamique des médias sociaux accentue encore le besoin de qualités qui constituent depuis longtemps le socle d’un leadership efficace, telles que la créativité stratégique, une communication authentique, la capacité de faire face aux dynamiques sociales et politiques d’une société et enfin celle de concevoir une organisation à la fois agile et réactive. Mais les médias sociaux ajoutent de nouvelles dimensions à ces caractéristiques. Par exemple, ils requièrent la capacité de créer du contenu multimédia convaincant et attrayant. Les dirigeants doivent exceller dans la co-création et la collaboration – ces dernières constituant la 1 sur 9 14/03/2013 17:52 94
  • 95. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... devise de l’univers des médias sociaux. Ils doivent à la fois bien comprendre la nature des différentes technologies sociales mais aussi les effets difficilement contrôlables que ces derniers peuvent produire. La dimension organisationnelle est tout aussi importante : les dirigeants doivent cultiver une nouvelle infrastructure sociale, reliée par une technologie dématérialisée, qui par sa nature favorise d’une part des interactions constantes au-delà des barrières physiques et géographiques, mais aussi des discours et des échanges organisés de façon autonome. C’est donc une interaction entre compétences en leadership et principes de design organisationnels qui se joue : nous l’avons baptisée « apprentissage des médias organisationnels », et elle se définit en fonction de six dimensions interdépendantes et qui s’alimentent les unes les autres. Notre point de vue le plus éclairé sur le développement de ces nouvelles formes de culture numérique est le cas de General Electric, où l’un de nous est responsable du développement du leadership. Etre témoin de l’évolution de GE à travers ce prisme est particulièrement intéressant ; en effet, contrairement à Google ou Amazon, GE n’est pas une entreprise digital native, numérique par nature, et forte de 130 années consacrés à se réinventer et réinventer ses activités constamment, l’observer est particulièrement précieux. Ceci d’autant plus en 2 sur 9 95 14/03/2013 17:52
  • 96. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... raison du statut de GE comme « fabrique de leadership ». L’engagement de GE dans les médias sociaux est peut-être le plus visible à travers sa plate-forme numérique GE Colab, conçue « par les employés de GE pour les employés de GE » afin de faciliter le travail d’équipe et la collaboration internationale. GE Colab combine les capacités de Facebook, de Twitter et d’autres applications sociales, ce qui permet aisément la mise en réseau, le partage de l’information, une communication instantanée, une recherche avancée, des blogues, des blogues vidéo et plus encore. Lancée en 2012, cette plate-forme a déjà attiré plus de 115 000 utilisateurs. Pour se figurer la manière dont les dirigeants font face à ces nouvelles réalités, nous nous sommes entretenus avec des cadres supérieurs de GE de divers secteurs et régions. Ces dirigeants et leurs organisations se trouvent à différentes étapes dans leur parcours d’apprentissage des médias sociaux, tout comme pourraient l’être des entreprises diverses. Dans l’ensemble, cependant, ils ont décrit une vaste palette d’efforts visant à renforcer les compétences personnelles, expérimenter des techniques, investir dans de nouveaux outils, développer la participation des employés et enfin remanier les structures organisationnelles et leur gouvernance afin de mieux saisir des opportunités sociales émergentes. Nous nous sommes donc appuyés sur ces expériences pour illustrer les six dimensions de la palette de compétences et de capacités organisationnelles que les dirigeants doivent acquérir afin de développer l’apprentissage des médias sociaux à l’échelle de l’entreprise – autant de capacités qui seront bientôt un facteur critique d’avantages concurrentiels. 1. Le dirigeant – producteur : créer du contenu attrayant Avec des systèmes d’enregistrement vidéo quasi omniprésents et la possibilité de mettre en ligne des vidéos en un clin d’œil sur YouTube ou d’autres plates-formes, les outils pour produire et partager du contenu audiovisuel sont entre les mains de tout un chacun. Chez General Electric, Video Central abrite aujourd’hui des milliers de vidéos, parmi lesquelles un grand nombre ont été créées par de hauts dirigeants. Nombreux sont les dirigeants qui se sont mis à intégrer des flux vidéo dans leurs blogs. Au fur et à mesure que la communication vidéo prendra de l’importance, un leadership efficace exigera de plus en plus le type de compétences créatives que nous connaissons dans le monde du cinéma « d’auteur » – une voix authentique, l’imagination, et la capacité de concevoir des histoires fascinantes et de les transformer en produits médiatiques de nature à réveiller et captiver l’attention du public. Afin de capter personnellement l’attention, les cadres auront également besoin de compétences techniques pour maîtriser les bases de la production multimédia numérique, y compris la prise de vue et, si nécessaire, l’édition des vidéos. De nombreux cadres dirigeants disposent à présent d’outils de production et de partage de vidéos, avec lesquels ils peuvent mettre en ligne des enregistrements de réunions sur un serveur interne auquel les employés peuvent accéder. Mark Begor, qui dirige le pôle immobilier de GE Capital, était nerveux lorsqu’il a réalisé son premier message vidéo « brut ». « J’étais habitué à un environnement de studio où je pouvais faire plusieurs prises et où les éditeurs polissaient ce que je voulais dire. » Ce malaise disparut pourtant rapidement avec la pratique. Il produit maintenant de façon routinière une vidéo hebdomadaire de cinq à dix minutes pour sa division. « Je parle de ce que j’ai appris au cours de la semaine, d’un gros contrat que nous avons obtenu et de l’actualité de l’activité. J’ajoute également des commentaires à propos des employés que je souhaite valoriser. » Selon Mark Begor, une telle routine l’oblige à cristalliser sa pensée, et créer des histoires courtes auxquelles les gens peuvent s’identifier lui donne une conscience accrue de sa stratégie et de 3 sur 9 14/03/2013 17:52 96
  • 97. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... sa communication. A l’instar de Mark Begor, d’autres ont découvert que dans ce processus, la logique des médias participatifs diffère significativement de celle de la diffusion traditionnelle de vidéo en entreprise, où le moindre élément de communication est millimétré à la perfection. Trop de perfection est au contraire un obstacle à la collaboration et la co-création, car au final elle dissuade de participer. Pour réussir dans l’univers des médias sociaux, il est impératif pour les dirigeants d’adopter un état d’esprit d’ouverture et d’imperfection, et ceux-ci doivent avoir le courage d’apparaître « bruts » et sans vernis – des qualités qui peuvent se révéler aussi difficiles à développer que de développer des compétences créatives ou techniques. 2. Le dirigeant – distributeur: exploiter la dynamique de diffusion Les dirigeants d’entreprises diffusent traditionnellement l’information au fil d’une chaîne linéaire et bien contrôlée, qui commence après le développement d’un processus formel de création-signification – songeons à la façon dont nos entreprises créent et distribuent des mémos expliquant les nouvelles initiatives. Bien que les voies de diffusion traditionnelles ne soient pas vouées à disparaître, les médias sociaux révolutionnent le processus d’information standard en l’inversant. La communication sociale fait de la dissémination le point de départ, puis elle invite les forces vives de la société à co-créer et à et contextualiser le contenu pour créer du sens original. Les messages sont rediffusés et reformulés à volonté par les destinataires qui repostent des vidéos, retweetent et commentent sur les blogs, et utilisent des fragments de contenu créé par d’autres personnes pour créer leur propre « mix ». A l’heure où les médias de masse (verticaux) et les médias participatifs (horizontaux) convergent, les dirigeants se doivent de maîtriser l’interaction de deux paradigmes fondamentalement différents : celui des canaux traditionnels, qui suit une logique de contrôle, et celui des nouveaux canaux, où il est essentiel de laisser les dynamiques du système se mettre en place d’elles-mêmes sans intervenir trop directement. Dans la mesure où les cadres ne seront pas en pas en mesure de canaliser ou de contrôler un message dès le moment où il entre dans le système, ils devront comprendre ce qui pourrait l’amener à devenir viral et comment il peut être modifié et annoté au fur et à mesure de sa circulation à travers le réseau. La capacité de distribution – c’est-à-dire la capacité d’influencer la façon dont les messages sont véhiculés à travers des organisations complexes, devient par conséquent tout aussi importante que la capacité de créer un contenu attrayant. De fait, la capacité de créer et de maintenir un corps de followers sociaux qui aideront à véhiculer et renforcer le message est également très importante. Il devient essentiel de savoir qui sont les personnages clé dans une organisation, ses leaders d’opinion – souvent informels – et de s’appuyer sur leur autorité pour diffuser du contenu à travers les bons canaux. Afin de tirer le meilleur parti des communications qui circulent en permanence autour d’eux, les dirigeants doivent embrasser leur rôle de redistributeurs du contenu qu’ils reçoivent. Lorraine Bolsinger, vice-présidente et directrice générale de GE Aviation Systems, a acquis ces compétences par l’expérimentation. Elle a commencé à bloguer il y a quelques années mais n’a pas obtenu beaucoup de réactions au début. « Il a fallu du temps pour obtenir de mon public qu’il participe activement », se souvient-elle. « J’ai dû trouver mon style et devenir plus familière, plus décontractée. » Afin d’accroître l’attrait et la durabilité des échanges, elle a finalement créé un « blog 360 », où tous ses collaborateurs directs bloguent avec elle sur la même plate-forme. Ce blog en réseau, avec 12 contributeurs réguliers, fournit des points de vue additionnels sur toutes les questions, stimule une communication plus fréquente, et attire une plus large participation. Selon elle, au sein de son groupe, la qualité des échanges sur la 4 sur 9 97 14/03/2013 17:52
  • 98. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... stratégie et les opérations s’est améliorée grâce à ces efforts. 3. Le dirigeant – destinataire : gérer le trop-plein de communication Les médias sociaux ont créé un océan d’informations. Nous sommes noyés dans un flot incessant d’e-mails, de tweets, de mises à jour Facebook, de flux RSS et autres et il est souvent difficile de s’y retrouver. « C’est une véritable cacophonie», déclare Stuart Dean, directeur général de GE ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), blogueur actif et tweeter régulier sur des sujets relatifs à son marché. « J’utiliserais beaucoup plus Twitter comme source d’information si je pouvais obtenir exactement ce dont j’ai besoin. » Un sentiment partagé par la plupart des dirigeants que nous connaissons – nombreux étant ceux qui trouvent à peine le temps de gérer leur flot d’emails quotidiens. Comment faire? Dans un premier temps, les dirigeants doivent maîtriser les outils informatiques et autres paramètres qui permettent à un utilisateur de filtrer et de séparer l’important de l’accessoire. Toutefois, s’y retrouver aujourd’hui dans un environnement aussi turbulent exige plus que de simples compétences de filtrage. Dans la communication d’entreprise traditionnelle, la consommation est un acte essentiellement passif : vous êtes à peu près livré à vous-même pour donner un sens aux messages et pour évaluer tant leur pertinence que leur crédibilité. Dans le domaine des médias sociaux, il ne faut que quelques secondes pour partager et commenter l’information, et les dirigeants doivent évaluer quand répondre (et quand ne pas le faire), quels messages il faudrait mettre en lien avec leurs blogs, quand copier des éléments et les intégrer à leur propre mix, et ce qu’il est utile de partager avec leurs différentes communautés. La création de sens devient donc un processus collaboratif dans lequel les dirigeants doivent jouer leur partition de façon très réfléchie, car c’est précisément là que l’acceptation des messages ou la résistance envers eux vont se jouer. « Il faut voir l’univers de la communication dans son entièreté, c’est à dire l’interaction entre les médias traditionnels et les médias sociaux », affirme Bill Ruh, directeur du Software and Analytics Center de GE. Car si les dirigeants sont affectés par ce déluge d’informations, il en va de même pour leur personnel. « En tant que dirigeant », explique Ruh, « il faut développer une empathie pour les différents canaux et la façon dont les gens consomment l’information ». 4. Le dirigeant – conseiller et maître d’œuvre : être le moteur de l’utilisation stratégique des médias sociaux Dans la plupart des entreprises, l’apprentissage des médias sociaux en est à ses balbutiements. Les attentes sont souvent élevées quant au potentiel de ces technologies afin de recouper les silos fonctionnels et sectoriels. Mais sans orientation et sans coordination, et sans les capacités dont nous parlons ici, l’enthousiasme pour les médias sociaux peut se retourner contre ses utilisateurs et provoquer de graves dégâts. Afin de tirer le meilleur parti du potentiel des médias sociaux, les dirigeants doivent jouer un rôle actif dans l’apprentissage de ces nouveaux médias par leurs collaborateurs immédiats et autres relations. Dans ce tour d’horizon à 360 degrés, les dirigeants doivent devenir des conseillers de confiance, des soutiens actifs pour leur environnement dans l’utilisation des outils sociaux, tout en veillant à ce que la culture de l’apprentissage et de la réflexion « prenne ». Par ailleurs, à l’heure où une nouvelle génération qui a grandi parmi ces outils est en train de faire son entrée dans les entreprises, les dirigeants éclairés pourront accélérer le changement organisationnel en mettant à profit l’expertise de ces natifs du numérique à 5 sur 9 14/03/2013 17:52 98
  • 99. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... travers des systèmes de « mentoring inversé » (voir plus loin). Steve Sargent, président et CEO de General Electric Australie et Nouvelle-Zélande, estime que les médias sociaux sont en train de remodeler la culture du leadership en poussant les dirigeants à dépasser les frontières géographiques, à nouer des relations plus étroites avec les acteurs du marché, et enfin à amplifier l’impact des salariés à la périphérie des processus. Au cours des cinq dernières années, apportant une démonstration de faisabilité, Steve Sargent a mis en place un réseau industriel minier transversal qui court à travers les différentes activités et régions de GE. Ce réseau relie des équipes informelles qui utilisent des plates-formes sociales afin de collaborer pour la résolution des besoins des clients. Les employés de GE au Brésil, par exemple, travaillent désormais avec des collègues australiens pour développer des produits et des services pour les clients ayant des activités dans les deux pays. Le succès du réseau a conduit l’entreprise à l’élever au statut d’activité minière GE à part entière. « Les marchés d’aujourd’hui sont complexes et multidimensionnels, et le leadership n’est pas une question de contrôle, mais bien au contraire d’encouragement et d’autonomisation des réseaux », explique Steve Sargent. « Le style de leadership dont nous avons besoin trouve sa pleine expression dans l’ADN des technologies collaboratives, et je suis déterminé à tirer le meilleur parti de cet ADN autant que je le pourrai. » Pour atteindre cet objectif, les dirigeants doivent devenir les tuteurs et les orchestrateurs stratégiques de toutes les activités liées aux médias sociaux au sein de leur sphère de contrôle, y compris la mise en place de nouveaux postes dont le rôle est de soutenir les logiques de communication en réseau, par exemple, les community managers, les content curators (veilleurs de contenus), les analystes de réseaux et les entrepreneurs sociaux. Qui plus est, les unités organisationnelles sachant exploiter les nouvelles technologies de manière coordonnée et alignée avec la stratégie de l’entreprise gagneront en visibilité et en influence dans la dynamique de pouvoir de leur organisation. 5. Le dirigeant – architecte : créer une infrastructure organisationnelle autonomisante Les dirigeants qui se sont lancés dans les nouveaux médias pourront en témoigner, l’exercice oblige à naviguer entre des objectifs potentiellement contradictoires : il faut s’efforcer de mettre en place une infrastructure organisationnelle et technique qui encourage la liberté des échanges, mais il faut dans le même temps procéder à des contrôles qui atténuent les risques d’une utilisation irresponsable. Le défi en matière de design organisationnel est réel. La plupart des entreprises ont une organisation formelle bien définie, avec des systèmes de report vertical bien identifiés. Mais sous la surface des organigrammes et des manuels de procédures, il existe si on se donne la peine de la chercher une « organisation informelle » implicite, moins administrable, qui a toujours été importante et qui se trouve à présent amplifiée par les médias sociaux. La tâche du dirigeant est de ménager responsabilité verticale et collaboration horizontale en réseau de telle sorte qu’elles ne se détruisent pas mutuellement. Ce défi se reflète dans les politiques de GE, qui promeuvent l’intérêt du partage d’expertise et de perspectives avec la famille, les amis, les collègues, les clients et autres acteurs à travers le monde. Cette ouverture s’accompagne d’une responsabilité partagée : les employés doivent respecter les normes de transparence et d’intégrité de GE, s’abstenir de parler au nom de l’entreprise sans autorisation, et indiquer clairement dans leurs messageries sociales que leurs opinions sont purement personnelles. 6 sur 9 99 14/03/2013 17:52
  • 100. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... Dans cet esprit, la création d’une architecture sociale offrant un espace porteur de sens pour les interactions internes et externes est une mission permanente pour Andrew Way, vice-président de GE Oil & Gas Drilling & Surface Division. « J’aime vraiment tout ce qui est médias sociaux », déclare-t-il, « alors je m’entoure d’une organisation qui les met en avant ». Lors du dernier projet en date d’Andrew Way dans cette division, lui et son équipe ont lancé un projet vidéo sur l’histoire de l’entreprise et sa chronologie actuelle. Dans la mesure où les vidéos sont partagées avec les clients, les membres de l’équipe doivent faire des choix à propos du contenu susceptible ou non de franchir les frontières de l’entreprise. « C’est quelque chose qui est en évolution constante. Chaque trimestre, l’équipe ajoute une nouvelle séquence présentant des choses importantes qui se sont produites au cours des trois derniers mois. Il en a résulté une histoire continue, et les gens attendent avec impatience chaque nouvelle version. » Pour lui, les vidéos ont soudé les membres de sa division autour d’objectifs communs, ce qui a contribué à accueillir de nouveaux employés à bord et à rendre tout le monde plus compétent dans l’utilisation des nouveaux médias. « Il y a trois ans, on se serait contenté d’utiliser PowerPoint, avec une police de caractères standard. Clairement, une nouvelle culture s’est créée. » Avantage supplémentaire : ces pratiques permettent de doper la relation avec les clients, dans la mesure où ces derniers participent souvent à des tournages vidéos afin d’animer les séquences. » 6. Le dirigeant – analyste : surfer sur les tendances Alors que les entreprises commencent tout juste à digérer les conséquences de la révolution du Web 2.0, le prochain changement de paradigme frappe déjà à la porte. La prochaine génération de connectivité – l’Internet des Objets – reliera entre eux des appareils, des voitures et toutes sortes d’objets. En conséquence, il y aura environ 50 milliards d’appareils connectés d’ici 2020.3 Cette transformation va ouvrir de nouvelles opportunités, faire éclore de nouveaux modèles économiques et présentera un nouveau point d’inflexion majeur que les dirigeants devront être capables de gérer. Il est impératif de se tenir au courant de ces nouvelles tendances et des dernières innovations – et pas seulement de leurs implications concurrentielles ou commerciales, mais aussi de leur impact potentiel sur les technologies de la communication, ces dernières étant des données fondamentales d’une organisation agile et réactive. Les dirigeants qui sont à l’écoute des signaux, si faibles soient-ils, et qui expérimentent les nouvelles technologies et leur cortège d’appareils sont ceux qui seront en mesure d’agir plus rapidement que les autres et de récolter les fruits d’une adoption anticipée. Crotonville, le centre de formation des dirigeants de General Electric, mène un certain nombre d’initiatives pour aider les cadres dirigeants à garder une longueur d’avance par rapport à tous ces changements, comme l’illustre le programme Leadership Explorations. Lancé en 2011, ce programme a vocation à soutenir la formation continue pour les cadres dirigeants et s’est déroulé dans des lieux liés à une thématique spécifique en matière de direction stratégique. Dans la Silicon Valley, les dirigeants ont fait immersion dans le monde de la technologie de pointe. Une partie du programme concernait le « mentoring inversé », avec pour but de mettre en relation la « génération du millénaire », née avec le numérique, avec de hauts dirigeants de GE pour les tenir informés des derniers buzz technologiques et les y initier. Or, bien que le stage soit officiellement clos depuis longtemps, de nombreux participants continuent à ce jour d’échanger des idées. Mettre en contact direct des leaders chevronnés avec l’état d’esprit de la nouvelle génération les encourage à expérimenter de nouvelles 7 sur 9 14/03/2013 17:52 100
  • 101. Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriser http://www.paristechreview.com/2013/03/08/six-competences/?media=... technologies, et les prépare à une meilleure relation avec les talents de demain. Évidemment, ces changements sont encore récents. La plupart des entreprises reconnaissent les médias sociaux comme une innovation de rupture qui va cristalliser des forces plutôt que de les amoindrir. Mais l’apprentissage des médias sociaux tel que nous le définissons ici n’est pas encore pleinement intégré aux modèles de compétence en leadership, ni aux évaluations de performance ou aux des systèmes d’intéressement. De même, il n’a pas encore trouvé sa place dans les cursus des écoles de commerce ni dans les programmes de développement du leadership. Cette situation doit changer. Nous sommes convaincus que les entreprises qui développent dès aujourd’hui une masse critique de leaders maîtrisant les six dimensions de l’apprentissage des médias organisationnels connaîtront un meilleur avenir. Elles seront plus créatives, innovantes et agiles. Elles attireront et retiendront mieux les talents, et sauront par ailleurs puiser plus profondément dans le vivier des capacités et des idées de leurs employés et relations. Elles seront plus efficaces lorsqu’il s’agira de collaborer à travers les frontières internes et externes et d’atteindre un degré d’intégration mondiale plus élevé. Elles bénéficieront d’une plus grande proximité et d’une plus grande fidélité dans leur relation client, ce qui bénéficiera également à leur valeur de marque. Elles seront plus susceptibles de jouer un rôle de premier plan dans leur secteur en tirant profit des capacités de leurs partenaires et de leurs alliances industrielles, par le biais de la co-création, du co-développement, et de la collaboration industrielle dans son ensemble. Enfin elles seront mieux à même de créer de nouveaux modèles économiques qui misent sur le potentiel des technologies de pointe toujours en évolution. Il faut du courage pour innover radicalement en matière de leadership et d’organisation, car les systèmes, les cultures et les attitudes préexistants dont nous héritons sont de puissants vecteurs d’inertie. Fort heureusement, la qualité intrinsèque des médias sociaux est d’être puissant vecteur de transformation. Se lancer dans les médias sociaux confrontera les dirigeants aux lacunes propres aux structures organisationnelles traditionnelles. Ceux qui remédieront à ces lacunes apprendront à développer les infrastructures permettant un usage véritablement stratégique des technologies sociales. Les entreprises et dirigeants qui se lanceront dans les médias sociaux mettront en marche un cercle vertueux qui leur permettra de capitaliser sur les opportunités et les ruptures qui accompagnent la nouvelle connectivité d’une société en réseau. Et leur récompense sera un avantage concurrentiel d’un genre nouveau. Cet article rédigé par Roland Deiser (senior fellow, Peter F. Drucker and Masatoshi Ito Graduate School of Management, Claremont Graduate University, auteur de Designing the Smart Organization: How Breakthrough Corporate Learning Initiatives Drive Strategic Change and Innovation, John Wiley & Sons, octobre 2009) et Sylvain Newton (GE Crotonville Leadership Senior Leader for Business and Regions) a été originellement publié à l’origine dans le McKinsey Quarterly [www.mckinseyquarterly.com]. Copyright McKinsey&Company. Tous droits réservés. Traduit et republié sur autorisation. More on paristech review On the topic Vers une élaboration ouverte de la stratégie?By McKinsey Quarterly on May 25th, 2012 La Toile planétaireBy McKinsey Quarterly on July 26th, 2011 L’Internet des ObjetsBy McKinsey Quarterly on January 28th, 2011 By the author Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriseron March 8th, 2013 8 sur 9 101 14/03/2013 17:52
  • 102. Les promesses du Big Data http://www.paristechreview.com/2011/12/19/promesses-big-data/?med... ParisTech Review / Rédaction / December 19th, 2011 internet technology and business L'information est aujourd'hui plus abondante que jamais et sa croissance est chaque jour plus rapide. Il y a encore vingt ans, le principal enjeu était son contrôle, autant en politique que dans les entreprises. Aujourd'hui, c'est d'être capable de l'exploiter, de transformer en valeur d'énormes masses de données produites en temps réel. Le déluge des données numériques, évoqué dans nos colonnes par George Day et David Reibstein, n’impacte pas que les métiers du marketing. C’est l’ensemble des organisations de production qui est touché, et au-delà l’enjeu de compétitivité concerne les économies nationales. Ceux qui seront capables d’utiliser ces données auront une longueur d’avance pour connaître les opinions et détecter les mouvements culturels, mais aussi pour comprendre ce qui se joue au sein de leur organisation, en améliorant les processus et en informant mieux la prise de décision. Encore faut-il s’en donner les moyens: c’est tout la difficulté du “big data”, qui est à la fois une promesse et un défi. Défi technique, mais aussi intellectuel, car les outils informatiques qui permettront d’exploiter ces bases de données ne sont évidemment qu’une partie de la solution. L’ère de l’information La question a d’abord surgi au sein du monde académique, quand une équipe dirigée par Peter Lyman et Hal R. Varian, de l’université de Californie à Berkeley, a entrepris de mesurer la quantité d’information produite et stockée dans les médias, notamment numériques. Un premier rapport fut publié en 2000 et actualisé en 2003, How Much Information. Il mettait en évidence un phénomène dont on se doutait fortement: non seulement la quantité d’information double régulièrement, mais elle le fait dans des intervalles de plus en plus courts. Les raisons invoquées par les chercheurs étaient multiples. Ils citaient notamment la multiplication des contenus numériques, due à la création, mais aussi à la numérisation de documents et plus spécialement d’images. L’archivage électronique, par de nombreuses organisations, de leurs données physiques, y contribue notablement à cette tendance, de même que le vaste mouvement de numérisation des données imprimées entrepris dès les années 1990 par les grandes bibliothèques mondiales. Lyman et Varian évoquaient aussi la croissance déjà vertigineuse des échanges en ligne, avec le fameux Web 2.0 où chacun est un éditeur en puissance. L’explosion des réseaux sociaux, dans la deuxième moitié des années 2000, n’a fait qu’accélérer cette tendance. Dans ce contexte, les moteurs de recherche comme Google ont eu un rôle de plus en plus décisif… et ils se sont mis, eux-mêmes, à fabriquer de l’information, puisque la méta-information (classement, indexation, taguage) est aussi de l’information. Des bases de données gigantesques se sont ainsi constituées, dont l’exploitation a produit de nouvelles 1 sur 5 14/03/2013 17:52 102
  • 103. Les promesses du Big Data http://www.paristechreview.com/2011/12/19/promesses-big-data/?med... données. Aux données brutes se sont progressivement ajoutées des métadonnées, qui constituent aujourd’hui une part croissante de la masse d’information en circulation. Les données brutes, c’est une ligne sur votre compte bancaire ou encore la photo que vous postez sur un site de partage. Les métadonnées, c’est par exemple votre profil bancaire, constitué en croisant les différentes données à votre sujet, c’est aussi le réseau de personnes qui a pu voir votre photo, qui l’ont réellement vue, qui l’ont commenté, ainsi que les parcours numériques de ces personnes pour arriver à votre photo. Sauf peut-être quelques Indiens isolés dans la forêt amazonienne, chaque être humain laisse ainsi des traces numériques de plus en plus abondantes. Les habitants des pays développés en laissent d’innombrables, des commentaires postés sur des blogs aux transactions en ligne en passant par la géolocalisation par smartphone. Très vite un certain nombre d’acteurs ont repéré la valeur de ces traces et appris à les exploiter, notamment Google ou Facebook, qui s’en servent pour cibler les publicités qui apparaissent sur nos écrans. D’autres acteurs se sont lancés, comme les compagnies d’assurances qui, dans les pays où c’est autorisé, recueillent des données personnelles pour enrichir et affiner leurs actuaires. Les métadonnées sont réactualisées constamment, ce qui peut amener à voir le monde de l’information comme un univers de flux éphémères. Ces flux nourrissent des stocks, des banques de données, mais on peut aussi les filtrer en temps réel, en les considérant comme une énorme masse en mouvement et non comme un volume inerte. Ce sont ces big data qui sont aujourd’hui au centre de toutes les attentions. Une révolution informatique L’informatique d’hier a été construite autour de la gestion de bases de données relativement stables, relativement fermées et, pourrions-nous ajouter, relativement limitées. La révolution en cours concerne aussi bien l’échelle, avec des masses de données littéralement gigantesques, que la réactualisation constante due à l’ouverture des bases sur des flux. À quoi s’ajoutent la complexité des formats et l’interconnexion entre les bases, qui exclut l’usage des outils de gestion traditionnels. Certes, le coût de stockage tend aujourd’hui à baisser presque aussi rapidement que le volume stocké augmente. Par ailleurs, des outils ont été développés, notamment des superordinateurs, qui permettent de gérer des bases considérables. Au-delà du hardware c’est la nature même des outils d’analyse, dans le domaine du software, qui est aujourd’hui en question. Les outils traditionnels, par exemple les algorithmes d’analyse décisionnelle, sont tout simplement dépassés par la masse de données considérées et par leur dissémination. Les données des big data ne sont pas toutes dans la “base de données”: elles sont d’abord et avant tout à l’extérieur, et la base est, à proprement parler, virtuelle. Le développement d’Internet et l’apparition de services de grande audience a été un défi pour les systèmes de gestion de base de données. L’idée même de base de données relationnelle (un stock d’informations décomposées et organisées dans des matrices appelées relations ou tables) est dépassée par la fluidité des données et par leur caractère mouvant. Et avec les bases de données ce sont les anciens langages de requêtes structurés (Structured Query Language, SQL) qui sont emportés, puisque leur fonctions (grossièrement: définir des données, les classer) sont opérationnelles à l’intérieur d’une base fermée, mais perdent de leur efficacité dans un système ouvert. 2 sur 5 103 14/03/2013 17:52
  • 104. Les promesses du Big Data http://www.paristechreview.com/2011/12/19/promesses-big-data/?med... Les nouveaux systèmes de gestion ont dû renoncer à certaines fonctionnalités pour gagner en puissance de calcul. On a ainsi vu apparaître de nouveaux outils: des bases de données orientées par colonnes et non par lignes, ou encore des bases de données “in-memory”, qui font travailler principalement la mémoire centrale, et non des disques. Les bases de données “in-memory” sont plus rapides que les autres, car l’accès aux données et algorithmes d’optimisation internes sont plus simples: la lecture des données est ainsi exécutée plus rapidement. Mais l’innovation majeure, qui constitue une rupture, ce sont les outils alimentés en temps réel, dont le fonctionnement n’est plus fondé sur les données stockées mais sur les flux entrants, et dont le traitement est délocalisé. C’est le cas de Streambase, ou de Hadoop, une plateforme libre qui permet le traitement parallèle de données sur différentes machines. Le traitement proprement dit est divisé en deux types d’opération: le mapping est le traitement d’un sous-ensemble de données, le reducing est la synthèse agrégée des résultats des mappers. Cette technique de cloud computing a été adoptée notamment par les grands réseaux sociaux, et son horizon est de délocaliser à l’infini le traitement des données: chaque utilisateur actif représente un ensemble de données, mais aussi un ordinateur disponible. Que faire de ces données? Parmi les outils d’analyse particulièrement novateurs figurent les graphes, qui permettent de cartographier les interactions entre acteurs d’un réseau. Comme l’explique Henri Verdier, Google+, le nouveau réseau social de Google, est entièrement construit autour des “cercles” de relations, gérés par l’utilisateur, qui offrent au géant une connaissance incomparable des dynamiques sociales, à la fois générales (tendances, propagation des opinions, etc.) et personnelles (pratiques, habitudes, affinités). Les graphes qui permettent de modéliser les dynamiques des petits groupes sont générés en temps réel et de façon automatisée, pour le ciblage de la publicité, mais on peut aussi les agréger pour détecter des tendances, des mouvements d’opinion, des usages émergents. Cela offre à Google, non seulement une idée précise des pratiques de consommation, mais une information extrêmement précise sur ses partenaires commerciaux, ce qui lui confère un pouvoir de négociation sans équivalent. Un enjeu de compétitivité? Si l’on voit bien l’intérêt de ces nouvelles technologies pour les géants de l’Internet, la question se pose aussi pour un grand nombre d’entreprises et d’acteurs publics. Car ces données sont une mine encore inexploitée. C’est évidemment un enjeu essentiel que d’être capable de les analyser. Une partie de la réponse est technique, l’autre tient à la capacité à mobiliser des ressources et des compétences, à la fois pour mettre en place les outils, les gérer, et en tirer des informations utiles. Une étude de McKinsey a tenté de mesurer le potentiel économique de cette nouvelle frontière technologique, et les résultats sont prometteurs. Selon les consultants de McKinsey, l’ensemble des secteurs économiques, mais aussi des administrations publiques, devraient pouvoir en profiter. Cela semble évident dans des secteurs comme le marketing ou la gestion des stocks, chez les géants de la distribution par exemple. Des capacités accrues en la matière auraient un effet direct sur leurs marges nettes. Mais les grandes administrations (fisc, santé publique), qui gèrent les données des dizaines de millions de citoyens ou d’assurés sociaux, pourraient elles aussi affiner considérablement leurs modes de gestion, en repérant les tendances et notamment les dérives de coût, en détectant mieux les anomalies (et donc les fraudes potentielles), et plus généralement en comprenant mieux les usages et les pratiques. McKinsey 3 sur 5 14/03/2013 17:52 104
  • 105. Les promesses du Big Data http://www.paristechreview.com/2011/12/19/promesses-big-data/?med... évoque également des gains de productivité dans le monde industriel. Cela suppose des compétences, et donc un effort de formation en interne, dans les organisations concernées, mais aussi dans le monde universitaire. Constituer ce vivier de compétences est un processus long et difficile, où se jouera sans doute une partie de la compétition de demain. Une révolution scientifique? Au-delà des enjeux économiques, le big data est en train de modifier considérablement la façon dont travaillent les scientifiques. Comme l’explique Jannis Kallinikos, professeur de management à la London School of Economics, “de plus en plus, le développement des connaissances et plus généralement la construction du sens sont conduits à partir de commutations et permutations exécutées sur d’énormes masses de données”. C’est une tendance déjà ancienne dans les sciences sociales, mais elle s’étend à l’ensemble des disciplines. Les conditions dans lesquelles les données sont capturées et agrégées surpassent de loin la capacité de mémoire et de concentration des meilleurs experts. Jannis Kallinikos prend un exemple paru dans le magazine Wired, celui d’un chercheur de l’université de Californie qui cherche à comprendre le vieillissement des os. Son outil, c’est un ensemble de scans, qui passent sur des planches de rayons X à très haute résolution et combinent ces images en une structure à trois dimensions. Les résultats sont ensuite agrégés. Le but principal du scannage des os, observe Jannis Kallinikos, n’est plus de fournir des preuves aux experts: la connaissance médicale qui émergera finalement de ces données dérivera de corrélations statistiques extraites des téraoctets de données produites par des millions de scannages. On n’est plus dans la confrontation d’une théorie à la réalité, mais dans un process entièrement nouveau: le modèle, s’il existe, émerge de processus bottom-up de manipulations statistiques de données. Le fameux gourou du Web, Chris Anderson, prédit ainsi la fin des théories, c’est-à-dire de la science telle que nous l’avons connue: un développement conceptuel déductif fondé sur des preuves empiriques. De plus en plus, explique-t-il, la connaissance sera produite d’une façon inductive, à partir des corrélations extraites de grandes masses de données. C’est sans doute discutable; mais le débat est ouvert. More on paristech review On the topic Masses de données et marchés fragmentés, les nouveaux défis du marketingBy Knowledge@Wharton on November 25th, 2011 Les enjeux du calcul haute performanceBy Philippe Ricoux on November 30th, 2011 La Toile planétaireBy McKinsey Quarterly on July 26th, 2011 By the author Gaz de schiste : où en est la science ?on January 28th, 2013 Le grand retour des emplois industriels ? Leçons américaineson December 20th, 2012 Handicap : la technologie change-t-elle la donne ?on September 28th, 2012 4 sur 5 105 14/03/2013 17:52
  • 106. Pour maîtriser le web Les géants d’internet collectent des informations sur nous tous (1,3Mo de données pour Olivier Ertzscheid, prof à l’université de Nantes qui a fait le test sur facebook en 2010) et nous ciblent dans leurs offres et même dans leurs réponses. Autant suivre cela de près. 106
  • 107. affordance.info — affordance.typepad.com — Readability http://www.readability.com/articles/27kfzxsd affordance.typepad.com NO V. 14 , 2 010 Billet où il sera notamment question de données personnelles, de la bibliothèque du Congrès, de la guerre des graphes, de la société de la requête, de millions de méga-octets, de thesaurus et de webmail ... Ca y est c'est fait. Sur m on com pte Facebook, dans l'onglet "Account" > "Account settings", j'ai v u apparaître le petit lien m agique que j'attendais tant : "Download y our inform ation" J'allais enfin pouv oir télécharger toutes m es données personnelles. Après av oir indiqué que "oui, oui, je suis sûr de bien vouloir les télécharger", et une heure plus tard, j'ai reçu dans m a boîte m ail un m essage de Facebook av ec un lien d'activ ation pour accéder au précieux fichier. Mais il m 'a d'abord fallu doublem ent m ontrer patte blanche : une prem ière fois en redonnant m on m ot de passe (ok, précaution élém entaire), et une deuxièm e fois en jouant au jeu des photos de m es am is. Je traduis : "Pour vérifier que vous êtes bien le propriétaire de ce compte, merci de reconnaître les personnes tagguées sur ces photos suivantes." Il faut reconnaître 5 am is et on l'on n'a droit qu'à 3 erreurs ("I 'm not sure"), soit 8 questions en tout. Le problèm e c'est que les photos affichées ne sont pas des portraits de v os am is, m ais des photos prises au hasard dans le photostream de tous v os contacts Facebook, c'est à dire toutes les photos déposées par tous v os am is. Et là première angoisse : je suis am i av ec plein de gens, m ais surtout j'ai plein "d'am is d'am is" et encore dav antage "d'am is étudiant(e)s". Et autant v ous dire que je ne passe pas m on tem ps à regarder toutes les photos postées sur Facebook par tous m es "am is". Et donc ça ne loupe pas, on m e dem ande de reconnaître quel est l'am i qui se cache derrière ces photos : 1 sur 4 107 14/03/2013 17:57
  • 108. affordance.info — affordance.typepad.com — Readability http://www.readability.com/articles/27kfzxsd Voilà v oilà v oilà ... Donc ben du coup je n'ai plus droit qu'à 2 erreurs en espérant que les autres photos seront plus ... explicites. Quelques reconnaissances plus tard, c'est gagné : Une fois le téléchargem ent effectué, je m e retrouv e av ec çà : Le dossier av ec : m es photos de profil (album -Profile Pictures.htm l) la liste alphabétique de tous m es am is (friends.htm l) les év énem ents auxquels j'ai été conv ié (ev ents.htm l) m es courriers reçus sur facebook (m essages.htm l) tout ce que j'ai posté sur m on "m ur" (profile.htm l), soit - en ce qui m e concerne - l'équiv alent de 1 50 pages Word, et ce qui m 'a perm is de retrouv er la date précise de m on arriv ée sur Facebook : c'était le 1 1 Juillet 2 007 à 1 3 h40 et m on prem ier statut disait : "At hom e". Largem ent de quoi im prim er un aussi épais que futile "egobook". Le dossier av ec : toutes m es photos (c'est à dire en ce qui m e concerne, uniquem ent 2 pauv res photos de profil) Soit un dossier com plet d'1 ,3 Méga-octets. Remarque : ce dossier et les fichiers qu'il contient est un "à plat". Ainsi, dans le fichier "profile.htm l' on retrouv e bien - et on peut activ er - les liens hy pertextes postés sur m on m ur ou dans m es "statuts", m ais on ne retrouv e naturellem ent pas le graphe relationnel/nav igationnel qui constitue le v rai trésor de guerre de Facebook, notam m ent - depuis l'activ ation de la fonctionnalité - les personnes qui ont "aim é" (= le fam eux bouton "like") tel ou tel statut. Et maint enant un peu de mat hs. Question : Sachant qu'un indiv idu (m oi en l'occurence) peut être considéré com m e un utilisateur ty pe du réseau social Facebook, et sachant qu'il y a au m oins 500 m illions d'utilisateurs sur Facebook, quel est le poids des données personnelles détenues par Facebook ? Solution : 500 m illions m ultiplié par 1 ,3 m éga-octets = 6 50 m illions de m égaoctets. 2 sur 4 14/03/2013 17:57 108
  • 109. affordance.info — affordance.typepad.com — Readability http://www.readability.com/articles/27kfzxsd Ce qui nous donne : 650 Téra-octets de données personnelles disponibles sur Facebook. 65 fois la bibliot hèque du Congrès, rien qu'av ec les données personnelles. Sachant que "10 téraoctets pourraient contenir toute la collection des ouvrages imprimés de la bibliothèque du Congrès" (source), on peut donc supposer que Facebook détient au m oins l'équiv alent de 6 5 bibliothèques du Congrès uniquem ent com posées de données personnelles. Celle-ci com ptant plus de 3 3 m illions d'ouv rages, cela fait donc l'équiv alent de (3 3 x 65) : 2145 millions de liv res de données profilaires. Et encore, je dis bien "au m oins" car dans les profils Facebook ce sont les photos qui prennent le plus de place, que je n'en ai que deux (photos) dans le m ien et qu'en m oy enne m es am is sont plus proches d'une bonne cinqu antaine (de photos toujours), et je ne v ous parle m êm e pas de m es "am is-étudiants" (il n'est pas rare de v oir plus de 3 00 photos dans certains profils). Mais bon on v a pas chipoter, l'ordre de grandeur m e sem ble déjà suffisam m ent parlant ... Mon mur, ma bat aille. L'équiv alent de 1 50 pages word pour m oi en 3 ans, et pour 4 99 9 99 9 99 autres, 2 1 45 m illions de liv res de données profilaires dont probablem ent plusieurs centaines de m illions égalem ent et uniquem ent rem plis de ces traces profilaires, conv ersationnelles, le reste étant occupé par la docum entation iconographique rétrospectiv e des 500 m illions d'habitants de cette com m unauté. Vertigineux. Facebook en grand ordonnat eur du nouvel ordre document aire mondial ? Facebook est, par le nom bre, la prem ière com m unauté hum aine de la planète num érique. Si l'hom m e est un docum ent com m e les autres, et si l'ordre docum entaire du 2 1 èm e siècle sera celui d'un pan-catalogue des indiv idualités hum aines, Facebook est en bonne place pour rem porter la m ise ou pour en dev enir à tout le m oins le grand ordonnateur, le grand sachem de ce qui est "su". De la t hesaurisat ion des profils au t résor de guerre. Au-delà des chiffres et des questions de "v ie priv ée", il faut relire ce billet de Tim Berners Lee, une nouv elle fois v isionnaire, dans lequel il év oque le Giant Global Graph. Le net est un graphe d'ordinateurs connectés. Le web est un graphe de contenus connectés, dont Google est, pour l'instant, l'outil qui perm et le m ieux d'en sonder les profondeurs, d'en donner l'im age la plus "com plète" possible. Les réseaux sociaux sont un graphe d'indiv idus connectés, dont Facebook est, pour l'instant, l'outil qui perm et le m ieux d'en sonder les profondeurs, d'en donner l'im age la plus "com plète possible". L'enjeu est désorm ais de sav oir qui sera le prem ier à pouv oir réunir la puissance des 2 graphes La guerre des graphes a désormais officiellement commencée. Et com m e toutes les guerres : elle fut d'abord larv ée, chacun essay ant de circonscrire au m ieux ses frontières naturelles (les contenus pour Google, les profils pour Facebook) elle fut ensuite une série de petites offensiv es perm ettant de jauger les forces et faiblesses de l'adv ersaire en env oy ant une petite arm ée le com battre sur son terrain : ce que tenta de faire Google en lançant "son" réseau social (Orkut), ce que tenta de faire Facebook en nouant alliance av ec Microsoft pour s'installer - m ais en restant dans ses frontières - sur le m arché du "search" Et puis un jour, à l'occasion d'une escarm ouche, on sort l'artillerie lourde et on engage "officiellem ent" le début des hostilités. C'est désorm ais chose faite entre Google et Facebook. L'escarm ouche ce fut ce "chev al de troie" qui perm ettait à un nouv el arriv ant sur Facebook d'im porter rapidem ent l'ensem ble de ses contacts Gm ail pour densifier rapidem ent son réseau d'am is. Jusqu'à ce que Google exige une contrepartie, c'est à dire que les utilisateurs de Gm ail puissent récupérer et im porter - par exem ple - leurs contacts Facebook. Un blocage par ailleurs rapidem ent contourné par Facebook. Et l'on apprend (sur Techcrunch) que Facebook lancerait (dem ain lundi ?) son w ebm ail, nom de code "projet Titan" (sic) : "Le réseau social proposerait ainsi à ses utilisateurs, qui sont plus de 500 millions dans le monde, une adresse email personnelle @facebook.com, permettant d'envoyer des mails à tous les internautes, qu’ils aient une messagerie Hotmail, Yahoo ou Gmail. Aujourd’hui, les membres de Facebook ne peuvent envoyer de messages qu’aux autres membres du site." (Source) Le courriel et les webm ails sont, pour ces deux acteurs, un chev al de troie idéal et hautem ent stratégique perm ettant d'assiéger la place-forte de nos pratiques connectées : d'abord parce que les m ails rassem blent, parce qu'ils "sy nthétisent" notre réseau relationnel (nos "contacts"), ensuite parce qu'ils sont le point d'entrée le plus aisé v ers le cloud com puting, le stockage "dans les nuages" ou plus exactem ent sur les serv eurs de ces grandes com pagnies de pans entiers de nos v ies sociales (pièces jointes, docum ents de trav ail, photos, etc ...) parce qu'ils contiennent égalem ent ce que nous av ons à raconter de plus "intim e", de plus "personnel" et qu'ils perm ettent donc d'affiner encore l'affichage de publicités "contextuelles" en scannant le contenu desdits m ails, enfin parce que les webm ails peuv ent, au sein d'un écosy stèm e sem i-ferm é (com m e Facebook) ou sem i-ouv ert (com m e Google et sa galaxie de serv ices), constituer un point piv ot autour duquel hiérarchiser l'ensem ble des autres données affiliées à notre profil, à notre "em preinte num érique". Techcrunch souligne ainsi que "Facebook aurait les moyens à la fois de hiérarchiser les courriels et de les intégrer à ses autres fonctions (partage de photos, calendrier etc.) d'une façon très convaincante." (source) Thesaurus : From societ y of query t o societ y of cont act . Google est depuis longtem ps em blém atique de ce que Geert Lov ink appelle une "Société de la requête". Facebook représente lui, les prom esses d'une société des contacts étendus, ou distendus. Or requêtes com m e contacts représentent la conquête et l'apprentissage d'un langage com m un à l'hum anité tout entière ; plus précisém ent un thesaurus, c'est à dire : "un type de langage documentaire qui consiste en une liste de termes sur un domaine de connaissances, reliés entre eux par des relations synonymiques, hiérarchiques et associatives." En l'occurence, de l'approche com m une de Google et Facebook on pourrait dire qu'elle v ise à faire ém erger et à circonscrire un ty pe de langage docum entaire qui consiste : en une liste de requêtes (déposées sur le m oteur ou sur chacun de nos "m urs"), 3 sur 4 109 14/03/2013 17:57
  • 110. affordance.info — affordance.typepad.com — Readability http://www.readability.com/articles/27kfzxsd liste de requêtes portant sur l'ensem ble des dom aines de connaissance existants (des plus fondam entaux aux plus futiles), Lesquelles requêtes sont reliées entre elles : par des relations lexicales (ingénierie linguistique) et associativ es "am icales" ou "contactuelles" (ingénierie de la recom m andation reposant sur des graphes relationnels) perm ettant de hiérarchiser l'ensem ble des requêtes et des profils en fonction du contexte de la requête et/ou du profil du requêtant. Moralit é. L'éty m ologie du m ot thesaurus désigne, en latin, le "trésor". De ce trésor là nous n'av ons pas encore fini de m esurer la v aleur. De ce trésor là nous connaissons déjà ceux qui v eulent en être les grands av aleurs. Original URL: http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/11/recuperation-donneespersonnelles-facebook.html 4 sur 4 14/03/2013 17:57 110
  • 111. InternetActu.net » La vie privée, un problème de vieux cons ? » Print http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - La vie privée, un problème de vieux cons ? Posted By Jean-Marc Manach On 12/3/2009 @ 7:19 In Confiance et sécurité,Débats,Droits numériques,Identité numérique,Opinions | 94 Comments MaJ : au vu de son succès, cet article est devenu un livre, au titre éponyme, La vie privée, un problème de « vieux cons » ? [1], qui peut être commandé sur Amazon , la Fnac [3], l’AppStore [4] (pour iPhone & iPad), et dans toutes les bonnes librairies [5]… [2] Sommes-nous aussi coincés et procéduriers au regard de notre vie privée que la société de nos grands-parents l’était en matière de sexualité ? Dit autrement : assiste-t-on aux prémices d’un bouleversement similaire, d’un point de vue identitaire, à celui de la révolution sexuelle ? [6] C’est la thèse esquissée dans un très intéressant article [7] consacré aux bénéfices sociaux, personnels et professionnels du partage des données par les utilisateurs de réseaux communautaires et sociaux type “web 2.0“. Pour le professeur Ravi Sandhu [8], responsable de l’Institut de la cyber sécurité [9] à l’université du Texas à San Antonio, l’absence de pudeur des “natifs du numérique” (traduction de digitals natives, le surnom donné à ceux qui ont grandi environné de technologies de l’information) serait comparable à l’attitude désinhibée avec laquelle les jeunes des années 60-70 abordaient la sexualité : “Au début, les gens avaient très peu d’inhibitions, et adoptaient des pratiques très risquées. Nous en sommes un peu à ce stade, en matière de partage de données. Avec le temps, les gens ont appris que ce n’était pas sans danger.” Ce qui n’a pas empêché la libération sexuelle d’avoir lieu, et de profiter, in fine, à l’ensemble de la société. La thèse est intéressante, la personnalité de ses auteurs ne l’est pas moins. Don Peppers et Martha Rogers [10], les auteurs de l’article, sont à la tête d’un cabinet [11] de consultants spécialistes de la relation clients, et 1to1media, le journal où a été publié leur article, en est une filiale. Ravi Sandhu, quant à lui, déclarait récemment qu’il travaillait “en synergie [12]” avec la National Security Agency (NSA), le plus important des services de renseignement américains, qui a pour mission d’espionner les télécommunications : la NSA vient en effet d’implanter un nouveau supercentre de “fouille de données” (data mining, en VO) à San Antonio, et elle embauche un certain nombre des étudiants de Sandhu. [13] On peut facilement comprendre que des gens dont le métier est d’agréger des données personnelles militent pour un changement de comportement vis-à-vis de la notion de vie privée, et cherchent à faire accepter l’idée que la population n’a rien à en craindre, mais tout y à gagner. Cette précaution prise, leur question fait-elle pour autant sens ? Big Brother, un truc de vieux ? Récemment on apprenait [14] que si un mineur sur cinq fait effectivement l’objet d’avance sexuelle via l’internet (une proportion tombée de 19 à 13% entre l’an 2000 et 2006), 90 % de ces “avances” sont le fait 1 sur 20 111 14/03/2013 17:57
  • 112. InternetActu.net » La vie privée, un problème de vieux cons ? » Print http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-... de personnes du même âge. Ces avances relèveraient, pour l’essentiel, de plaisanteries, mais feraient aussi de plus en plus partie du “nouvel ordre” amoureux : aux Etats-Unis, un adolescent sur cinq, et un jeune adulte sur trois, ont ainsi déjà envoyé des photos ou vidéos d’euxmêmes, nus ou à moitié nus, par l’internet ou le téléphone mobile. En France, un rapport parlementaire avançait [15] il y a peu que de nombreux collégiens n’iraient plus aux toilettes de peur d’y être photographiés. Et les 3/4 des jeunes Américains sondés reconnaissent qu’envoyer des contenus sexuellement suggestifs “peut avoir des conséquences négatives sérieuses”, d’autant qu’ils savent (à 44 %) que ces contenus peuvent être partagés avec d’autres personnes que les premiers destinataires. En tout état de cause, le jeu en vaudrait la chandelle : les éventuels dommages collatéraux que permettent ces technologies, complètement intégrées dans leurs vies, ne leur font pas plus peur que l’utilisation de la voiture, pourtant bien plus mortelle, n’effraie leurs parents. Slate.fr publiait ainsi récemment une chronique de Matthieu Josse intitulé La peur de la géolocalisation, c’est un truc de vieux ? [16] : “La géolocalisation en temps réel, c’est un truc qui fait un peu peur à tout le monde. Et pourtant, vous n’y échapperez pas. Surtout vos enfants. Car cette technologie est déjà bien avancée et il n’y a aucune raison que les plus jeunes n’y trouvent pas une utilité sociale.” [17] L’argument est un peu court. Mais les deux exemples d’utilisation donnés par Josse offrent une clef d’interprétation : “Tout de suite, tout le monde a pensé à un aspect positif (savoir où est son môme) avant de verser dans la parano tendance espionnage (votre femme/mari sait où vous êtes et éventuellement où vous n’êtes pas censé être).” Comme s’il était “normal” de pouvoir géolocaliser son enfant, alors qu’il ne le serait pas de le faire entre adultes. Comme si les “natifs du numérique” avaient complètement intégré le fait de pouvoir, en tout temps et tout lieu, être surveillé par une technologie. Mieux : loin de le percevoir comme une atteinte potentielle à leur vie privée, ils se focalisent sur l’utilité sociale, et les bénéfices, que d’autres d’abord, et eux ensuite, pourraient en tirer. Lors de l’université de printemps de la Fing de 2007, consacrée aux apprentis sorciers [18], plusieurs étudiants de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (Ensci) ne comprenaient pas pourquoi nous étions plusieurs à être perturbés par leur façon décomplexée d’imaginer des usages ludiques -et commercialisables- des technologies de surveillance (leurs affiches [19] illustrent ce billet). Plus précisément, ils estimaient que si nous avions été choqués, c’est parce que nous étions “vieux“, que ces technologies faisaient partie de leur vie, qu’ils avaient grandi avec, qu’elles ne leur posaient pas de problèmes et que nous devrions bien nous y adapter. Le parallèle avec la révolution sexuelle s’arrête là. Au siècle dernier, les jeunes -et notamment les femmes- dénonçaient les tabous et carcans de la société, et voulaient plus de libertés. Aujourd’hui, les natifs du numérique ne militent pas “contre“, mais “pour” : ils vont dans le sens du vent, non seulement de ceux qui font profession de nous “profiler“, mais aussi de ceux qui prônent les notions de bien commun et de partage des données, pour une redéfinition de la notion de propriété tel qu’on le voit à l’oeuvre avec la culture du “Libre” (créative commons, logiciels libres). [20] Car ceux que perturbent l’idée de voir leurs enfants (ou salariés, collègues, amis) être ainsi “espionnés” 2 sur 20 14/03/2013 17:57 112
  • 113. InternetActu.net » La vie privée, un problème de vieux cons ? » Print http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-... pointent surtout le risque de “contrôle à distance, de conformisme anticipatif (et) d’incitation à l’autocensure” qu’induit ce maillage et cette interconnexion de données, comme le rappelle Antoinette Rouvroy [21], du Centre de recherche informatique et de droit de l’université de Namur, dans un article intitulé “Réinventer l’art d’oublier et de se faire oublier dans la société de l’information ?” que vient de publier L’Harmattan dans un recueil sur La sécurité de l’individu numérisé [22]. Comme l’expliquait Gilles Deleuze : “Le propre des normes modernes, et c’est ce qui caractérise le passage progressif de la société disciplinaire décrite par Michel Foucault (…) à la société de contrôle (…), est que ce sont les individus qui doivent s’imposer eux-mêmes non seulement le respect, mais l’adhésion aux normes (…). Le pouvoir prend, dans la société moderne, la forme d’offres de services ou d’actions incitatives bien plus que de contrainte.” Tous “à poil” sur le Net ? Olivier Auber, volontiers provocateur, lançait pour sa part, l’an passé, et un peu à la manière de certaines communautés des années 70, un Club des naturistes numériques [23] sur Facebook : “A poil sur l’Internet, et de manière militante ! C’est l’Internet qui doit s’adapter à notre condition naturelle, pas l’inverse. A quoi sert la nature si l’on ne peut pas aller y batifoler à son aise ? A quoi sert le réseau si l’on ne peut pas y apprendre et rêver sans menaces (celles de la surveillance généralisée, du marketing, du regard d’autrui) ? Les naturistes numériques n’entendent rien protéger de leur intimité physique ou numérique. Ils veulent nager nu et librement dans l’immensité du réseau. Il veulent ressentir chaque vibration de la toile sans filtre et sans peur.” A ceci près que le problème des naturistes, ce n’est pas d’être nu, mais la façon qu’ont certains de les regarder, notamment ceux qui restent habillés. Nombreux sont ceux qui, utilisant des espaces protégés des regards extérieurs (communautés virtuelles semi-fermées, profils Facebook à accès restreint, etc.) s’ébattent depuis longtemps sur le Net, en toute liberté, et y échangent photos, vidéos et messages persos sans craindre de les voir exposés au tout venant. Mais plus nombreux encore sont ceux qui s’épanchent sans se protéger, s’exposant au risque de se voir licenciés, non recrutés ou humiliés pour des propos ou photos considérés, à tort ou à raison, comme déplacés. Le naturisme se définit [24] comme “une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun, ayant pour but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de l’environnement“. La notion de respect de l’autre, et de soi-même, est fondamentale. Or, confrontée à un regard extérieur, non préparé, non conscient des enjeux, et des règles, qui prévalent en la matière, la nudité peut choquer, ou être détournée de son objet initial. Le chapitre intitulé “Little Brother is watching you” du recueil sur La sécurité de l’individu numérisé [22] revient ainsi sur le débat qui a suivi la mise en ligne [25] des salaires et déclarations fiscales des Suédois : “Nous avons conclu que la qualité des informations est aussi reliée à la qualité de la lecture. Le fait de rendre accessible à tous des informations personnelles sans une vérification raisonnable de la qualité est dangereux : des individus peuvent être mal représentés et il n’existe pas d’assurance que les récepteurs de la (dés)information soient suffisamment compétents pour effectuer des jugements judicieux.” De même que le naturisme n’est pas une incitation au voyeurisme, mais une liberté que certains, dans des espaces-temps bien précis (chez eux ou dans des “clubs” prévus à cet effet essentiellement), font le choix de vivre et d’assumer, et que l’on ne saurait contraindre tout un chacun à vivre nu, en tout lieu et tout le temps, la transparence devrait rester un droit, une possibilité, pas une obligation, encore moins une contrainte. C’est non seulement une atteinte à l’intimité, mais cela peut aussi être vécu comme une provocation par ceux qui se contentent de regarder, et une humiliation par ceux qui se retrouvent ainsi “mis à nu” par des étrangers. 3 sur 20 113 14/03/2013 17:57
  • 114. InternetActu.net » La vie privée, un problème de vieux cons ? » Print http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-... Pour en finir avec la vie privée ? Bill Thompson, célèbre éditorialiste spécialisé dans les technologies à la BBC, avançait [26] récemment à la conférence Lift qu’on pourrait tirer partie de la fin de la vie privée qu’annoncent les sites sociaux et notre “société de bases de données“, et repenser [27] ce que nous entendons par “personnalité“, ainsi que les frontières de ce qui relève du public, et du privé : “Ceux qui n’hésitent pas à adopter, et utiliser, les technologies qui minent l’ancien modèle de vie privée ont énormément à apprendre à ceux qui craignent de voir leurs mouvements, habitudes alimentaires, amitiés et manière de consommer les médias être accessibles à tous. Les utilisateurs de Twitter, Tumblr et autres outils de réseaux sociaux partagent plus de données, avec plus de gens, que le FBI de Hoover, ou la Stasi, n’auraient jamais pu en rêver. Et nous le faisons de notre propre chef, espérant pouvoir en bénéficier de toutes sortes de manières.” Les détectives privés, récemment réunis en congrès, semblent du même avis [28], et semblent largement profiter de ce naturisme numérique : “Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La Cnil ne nous met pas des bâtons dans les roues. Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou : les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas.” A ceci près que, comme le soulignait [29] Daniel Kaplan, “Edvige stocke par principe de soupçon, sans nous demander notre avis ; les individus en réseau font des mêmes informations “sensibles” (et de bien d’autres qui le sont souvent moins) un usage stratégique, pour se construire eux-mêmes dans la relation aux autres, pour apparaître au monde sous un jour qu’ils auront au moins partiellement choisi. Du point de vue qui compte, celui des individus, de leur liberté et de leur autonomie, tout oppose donc les deux démarches !” La comparaison faite entre Edvige et Facebook a ceci de facile et démagogique qu’elle vise, non seulement à justifier un fichage policier, sinon illégal et amoral, tout du moins problématique d’un point de vue démocratique, mais aussi parce qu’elle justifie également toutes sortes de dérives. De même que le port d’une mini-jupe ou le fait de bronzer les seins nus ne sont pas des incitations au viol, l’exposition ou l’affirmation de soi sur les réseaux ne saurait justifier l’espionnage ni les atteintes à la vie privée. Bill Thompson ne se contente pas de constater ce changement de statut de la vie privée. Pour lui, il devrait aussi constituer l’un des postulats d’un nouveau Siècle des Lumières, numérique, à bâtir. Il estime en effet que nos sociétés sont fondées sur des croyances à propos de l’intimité (et de la propriété) héritées des Lumières, mais qui seraient devenues obsolètes à l’heure où nos vies deviennent de plus en plus transparentes. Pour lui, le droit à la vie privée repose également sur le fait qu’il est techniquement impossible de surveiller tout le monde, tout le temps. La technologie évoluant, Thompson prédit que, d’ici quelques années, nous serons tous sur écoute, par défaut, et que les autorités policières et administratives disposeront probablement d’un accès direct à toutes les données nous concernant. Il faudrait donc en finir avec l’idée de la vie privée, ne serait-ce que parce que le droit à la vie privée, tout comme les mesures techniques de protection (DRM, censées brider l’utilisation faite de tels ou tels fichiers), ne sont jamais que des tentatives, vaines, d’enrayer la libre circulation et le partage des données. “Si nous croyons en l’individu, si nous croyons que nous nous définissons essentiellement par les réponses que nous recevons de notre environnement et des gens qui nous entourent, alors l’intimité est une illusion qui n’est pas nécessaire. Il faut repenser ce qu’est un être humain ! Pouvons-nous dépasser l’idée obsolète que représente la vie privée, la sphère privée, et prendre le risque d’essayer de vivre avec l’idée que la vie privée n’existe plus ? Certains en souffriront, d’autres iront également en prison, mais c’est peut-être le prix à payer pour bâtir un nouveau siècle des Lumières.” Mais peut-on bâtir un nouveau Siècle des Lumières en partant du postulat que “certains en souffriront, et que d’autres iront également en prison” ? Et si la vie privée n’existe plus, que met-on en place pour lui succéder (sans forcément la remplacer) ? Et comment concilier les libertés inhérentes à nos démocraties avec le placement systématique sous surveillance de leurs citoyens de façons que ne renieraient pas les régimes totalitaires ? 4 sur 20 14/03/2013 17:57 114
  • 115. InternetActu.net » La vie privée, un problème de vieux cons ? » Print http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-... La vie privée est la première des libertés La réponse à toutes ces questions est peut-être à chercher du côté de ce que nous apportent, effectivement, les technologies de l’information en terme de libertés. La révolution sexuelle n’a pas fait de l’échangisme ni des orgies le B-A.BA de la sexualité, mais a permis de décomplexer, et libérer, le rapport à la sexualité. De même, ceux qui revendiquent la libre circulation de leurs données personnelles ont déjà commencé à désinhiber, et décomplexer, tout ou partie de la façon dont nous protégeons notre identité. Mais cela ne se fait pas sans stratégies ni valeurs de remplacement. Tous ceux qui se sont penchés sur la notion d’identité numérique constatent que ceux qui passent une bonne partie de leurs vies sociales sur l’internet ont appris à en maîtriser les outils, à mettre en avant leurs compétences, qu’elles soient professionnelles ou non, leurs passions et expertises, et savent plus ou moins bien protéger ce qui relève à proprement parler de leur vie privée. Ainsi, le journaliste de Mediapart qui, pour rebondir sur le désormais célèbre portrait Google [30] d’un internaute lambda, publié par Le Tigre, avait décidé de me tirer le portrait, n’a pas trouvé grand chose d’attentatoire à ma vie privée (voir Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi mais que vous aviez la flemme d’aller chercher sur l’internet… [31]). L’identité numérique est un processus, une construction, qu’il faut donc apprendre à maîtriser. Encore faut-il en avoir le droit, et la possibilité. [32] En conclusion de son article, Antoinette Rouvroy rappelle que la vie privée n’est pas “un droit fondamental parmi d’autres, elle est la condition nécessaire à l’exercice des autres droits et libertés fondamentaux” et que “le droit à la protection de la vie privée joue notamment le rôle d’un “système immunitaire de l’espace psychique”“. La liberté d’opinion (de pensée plus d’expression), la liberté de circulation, et de réunion, les libertés politiques, syndicales et de culte, ne peuvent être exercée dès lors que l’on n’a plus le droit à la vie privée. Et autant je doute que les marchands de données personnelles non plus que les partisans des logiques sécuritaires soient à même d’initier un mouvement d’émancipation similaire à la révolution sexuelle, ou au siècle des Lumières, autant il est effectivement fort possible que le processus d’émancipation, de partage et de libération de nos savoirs et compétences, tel qu’on le voit à l’oeuvre sur l’Internet, dessine effectivement les prémices d’un “nouveau monde“, moins hiérarchisé, moins contrôlé “par en haut“, et donc forcément plus démocratique et “par le bas“. Comme l’écrivait également Daniel Kaplan dans son éditorial précité, “Et si, à l’époque des réseaux, l’enjeu était de passer d’une approche de la vie privée conçue comme une sorte de village gaulois – entouré de prédateurs, bien protégé, mais qui n’envisage pas de déborder de ses propres frontières – à la tête de pont, que l’on défend certes, mais qui sert d’abord à se projeter vers l’avant ? Il n’y aurait pas alors de “paradoxe”, mais un changement profond du paysage, des pratiques, des aspirations. Jean-Marc Manach Voir aussi les travaux (en cours) d’un groupe de travail “Informatique & libertés 2.0 ? [33]“, réuni dans le cadre du programme “Identités actives [34]” de la Fing. 94 Comments To "La vie privée, un problème de vieux cons ?" #1 Comment By jérémie On 12/3/2009 @ 12:06 Cet article montre bien les enjeux actuels en termes de vie privée, mettant en avant la question 5 sur 20 115 14/03/2013 17:57
  • 116. InternetActu.net » Le risque de l’individualisation de l’internet » Print http://www.internetactu.net/2011/06/13/le-risque-de-lindividualisation-... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - Le risque de l’individualisation de l’internet Posted By Xavier de la Porte On 13/6/2011 @ 7:30 In Articles,Confiance et sécurité,Débats,Gouvernance de l'internet | 19 Comments La lecture de la semaine, il s’agit d’une petite partie d’un article paru dans la New York Review of Books. Intitulé “Mind Control and the Internet” [1] (Internet et le contrôle de l’esprit), l’article de Sue Halpern consiste, comme c’est le cas la plupart du temps dans la New York Review of books, en le développement d’une thèse qui s’appuie sur la critique de plusieurs livres récemment parus. Je n’ai gardé qu’un passage de ce long article, celui où Sue Halpern recense le livre de Eli Pariser [2] , The Filter Bibble : What the Internet Is Hiding from You [3]. Ce livre montre notamment que depuis décembre 2009, Google vise à donner à toute requête effectuée sur le moteur de recherche un résultat qui corresponde au profil de la personne qui fait la recherche. Cette correspondance s’applique à tous les usagers de Google, même si elle ne prend effet qu’après plusieurs recherches, le temps qu’il faut à l’algorithme Google pour évaluer les goûts de l’usager. [4] En d’autres mots, le processus de recherche est devenu personnalisé. Ce qui signifie qu’il n’est plus universel, mais idiosyncrasique et impératif. “Nous pensons tous que quand nous googlons un mot, explique Pariser, tout le monde a les mêmes résultats – ceux que le fameux algorithme de Google, PageRank considère comme faisant autorité du fait qu’un grand nombre de liens pointe vers eux.” Avec la recherche personnalisée, poursuit Pariser “vous obtenez le résultat que l’algorithme de Google pense être le plus adapté à vous en particulier – mais quelqu’un d’autre verra apparaître d’autres résultats. En d’autres mots, il n’y a plus de standard Google”. Sue Halpern fait une analogie éclairante : c’est comme si en cherchant le même terme dans une encyclopédie, chacun trouvait des entrées différentes – mais personne ne s’en apercevant car chacun étant persuadé d’obtenir une référence standard. Parmi les multiples conséquences insidieuses de cette individualisation, il en est une qui inquiète plus particulièrement Sue Halpern, elle explique : “en adaptant l’information à la perception que l’algorithme a de ce que vous êtes, une perception qui est construite à partir de 57 variables, Google vous adresse un matériau qui est susceptible de renforcer votre propre vision du monde et votre propre idéologie. Pariser raconte par exemple qu’une recherche sur les preuves du changement climatique donnera des résultats différents à un militant écologiste et au cadre d’une compagnie pétrolière, et donnera aussi un résultat différent à quelqu’un dont l’algorithme suppose qu’il est démocrate, et à un autre dont l’algorithme suppose qu’il est républicain (évidemment, pas besoin de déclarer qu’on est l’un ou l’autre, l’algorithme le déduit de nos recherches). De cette manière, poursuit Sue Halpern, l’internet, qui n’est pas la presse, mais qui souvent fonctionne comme la presse en disséminant les informations, nous préserve des opinions contradictoires et des points de vue qui entrent en conflit avec les nôtres, tout en donnant l’impression d’être neutre et objectif, débarrassé de tous les biais idéologiques qui encombrent le traitement de l’information dans la presse traditionnelle.” Et Sue Halpern de citer une étude récente (.pdf) [5] menée entre 2001 et 2010 au sujet du changement climatique. Cette étude montrait qu’en 9 ans, alors qu’un consensus scientifique s’établissait sur le changement climatique, la part des républicains pensant que la terre se réchauffait passait de 49 % à 29 %, celle des démocrates de 60% à 70 %, comme si les groupes recevaient des messages différents de la science, avec pour conséquence de rendre impossible tout débat public. Et pour Sue Halpen, c’est ce que suggère ce que Elie Pariser raconte sur Google : si ce sont nos propres idées qui nous reviennent quand on fait une recherche, on risque de s’endoctriner nous-mêmes, avec notre propre idéologie. “La démocratie requiert du citoyen qu’il voit le problème du point de vue de l’autre, et nous, nous sommes de plus en plus enfermés dans notre bulle” explique Pariser. “La démocratie requiert de s’appuyer sur des faits partagés, et nous, on nous offre des univers parallèles, mais séparés.” Sue Halpern poursuit sa diatribe : “Il n’est pas compliqué de voir ce à quoi cela nous mènerait – toute organisation dotée d’un agenda (un lobby, un parti politique, une entreprise, un Etat…) pourrait noyer la chambre d’écho avec l’information qu’elle veut diffuser. (Et dans les faits, c’est ce qui s’est produit à droite avec le changement climatique). Qui s’en rendrait compte ?” Et Sue 1 sur 6 14/03/2013 17:57 116
  • 117. InternetActu.net » Le risque de l’individualisation de l’internet » Print http://www.internetactu.net/2011/06/13/le-risque-de-lindividualisation-... Halpern de citer les propos que Tim Berners-Lee, l’inventeur du Word Wide Web, tenait récemment dans Scientific American [6] : “Le web tel que nous le connaissons est menacé… Parmi ses habitants qui connaissent le plus grand succès, certains ont commencé à pervertir ses principes… Des états – totalitaires tout autant que démocratiques – contrôlent les comportements en ligne, mettant en danger les droits de l’homme.” Xavier de la Porte Xavier de la Porte, producteur de l’émission Place de la Toile [7] sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission. L’émission du 12 juin 2011 [8] était consacrée à l’ouverture des données publiques, avec Séverin Naudet [9], directeur d’Etalab [10], portail interministériel destiné à rassembler et mettre à disposition l’ensemble des informations publiques de l’Etat via data.gouv.fr [11] et Gabriel Kerneis [12], doctorant au laboratoire Preuves, Programmes et Systèmes [13] de l’université Paris 7 – Diderot, membre de Regards citoyens [14], association pour la diffusion et le partage de l’information politique. Elle était également consacrée à la Déconnexion en revenant avec l’écrivain et blogueur Thierry Crouzet, deux mois après le lancement de son expérience de déconnexion totale [15] (voir l’émission du 17 avril [16]). 19 Comments To "Le risque de l’individualisation de l’internet" #1 Comment By Stan On 13/6/2011 @ 9:33 Oui, la thèse d’Eli Pariser est en train de gagner du terrain (cf ce billet sur le même sujet que j’avais appelé “les oeillères de la démocratie” [17]) : le livre de Pariser sera bientôt traduit en français et devrait faire son petit buzz je pense, surtout à proximité des campagnes électorales US et France. #2 Comment By thierryl On 13/6/2011 @ 12:07 “La démocratie requiert du citoyen qu’il voit le problème du point de vue de l’autre, et nous, nous sommes de plus en plus enfermés dans notre bulle” explique Pariser. Oui, on aimerait que Paliser et son site moveon.org qui fait globalement de l’activisme de gauche aux US aille voir de l’autre côté de son spectre idéologique et se mette à la place des conservateurs pour voir si ce ne sont pas eux qui ont raison… S’il ne souhaite pas le faire ? ah bien, je crois alors que lui aussi renforce ses propres idéologies. Manque de pot,je croisque c’est plus une question humaine donc, que de la faute à Google. #3 Comment By Jérôme On 13/6/2011 @ 14:32 Il y a un autre facteur qui commence a être extrêmement lourd et pénible sur google, entre autres choses, c’est la géolocalisation. Obtenir des informations internationales neutres et non géolocalisées commence a être très difficile. Google est en train de perdre énormément de son intérêt à mes yeux, et je commence à m’orienter vers d’autres moteurs ou concepts alternatifs comme ixquick ou seeks-project Je ne parles même pas de la désagréable impression de dépendre d’un fournisseur unique, ce qui est très très malsain, quelque soient les qualités réelles ou supposées dudit fournisseur. #4 Comment By Matthieu On 14/6/2011 @ 0:07 Et il y a des exemples concrets ou des preuves que Google personnalise VRAIMENT les résultats? Ça serait bien de faire une étude là-dessus… 2 sur 6 117 14/03/2013 17:57
  • 118. Ce que ça change La pratique du web qui remplace la lecture du papier nous fait passer de la pensée hiérarchisée à la pensée par association d’idée Le web c’est avant tout l’image qui explique et le lien hypertexte qui permet d’approfondir, ce qui modifie considérablement les apprentissages. La carte heuristique est plus proche de la structure du web que de celle du livre. Elle est la base de la pédagogie en Finlande. 118
  • 119. les-infostrateges.com http://www.les-infostrateges.com/imprimer/?type=eve&list=1493 Imprimer Publiée le 05 September 2012. Le dernier numéro du mensuel Philosophie Magazine consacre un dossier au thème « Pourquoi nous n'apprendrons plus comme avant ». En effet, les modes d’apprentissage, y compris à l’école, ont ou vont complètement changer face au phénomène d’accès libre, gratuit — on aimerait ajouter « anarchique », mais au meilleur sens du terme : sans idée de direction des uns sur les autres — de l’information et surtout de la connaissance. Le choix de ce thème par le magazine précité est pour nous l’occasion de porter notre regard sur quelques-unes des mutations fondamentales du rapport à l’information et à la connaissance provoquées par l’irruption des technologies de l’information et spécialement d’Internet. Il nous semble en effet que deux novations essentielles ont substantiellement modifié ces rapports de l’homme à l’information et à la connaissance : l’hypertexte et l’image. Nous nous arrêtons aujourd’hui à l’hypertexte. Une prochaine actualité reviendra sur l’image. L’hypertexte : de la pensée hiérarchisée à la pensée par association d’idées Dès que les premiers sites à la norme HTML ont commencé à inonder le tout nouveau Web, dans les années 1993-94, offrant, avec leurs liens hypertextes, la possibilité de passer d’un concept à l’autre par association d’idées et non plus de prendre connaissance d’un concept par voie hiérarchisée et de l’approfondir, la question nous est tout de suite venue à l’esprit : le lien hypertexte, imaginé par le visionnaire Vannevar Bush, en 1945, comme l’aboutissement de la propension de l’esprit humain à penser, non par structuration hiérarchique, mais par association d’idées, allait-il favoriser cette forme de pensée, naturelle de l’homme selon Bush ? Il serait présomptueux de vouloir répondre à cette question, surtout dans les quelques lignes de réflexion professionnelle proposées ici. En revanche, il est certain que dans les faits, se sont développés parallèlement deux modes de traitement de — et partant, d’accès à — la connaissance : La structuration hiérarchisée de la pensée ; La présentation hypertextuelle de celle-ci. La première correspond à l’antique apprentissage, structuré verticalement, au mode de pensée selon des plans de développement classiques : deux parties, deux sous-parties... C’est le mode (et même le moule) de production de la pensée scolaire et universitaire occidental. Le second correspondrait selon V. Bush au penchant naturel de l’esprit humain à établir des connexions d’un concept à l’autre par association d’idées, gage de rapidité de déduction et de recoupements. C’est le mode de pistage de la pensée utilisé par les liens hypertextes, plus précisément les liens dits conceptuels, c’est-à-dire ceux qui sous-tendent cet appel à une association d’idées suggérée par un mot, une expression, dans un texte, d’où le terme d’hypertexte, forgé par Ted Nelson en 1965, vingt ans après la vision de Bush. Un nouveau mode d'apprentissage Cette nouvelle forme de navigation dans la pensée a pris son essor grâce à la vulgarisation de l’hypertexte sur le Web. Pour les esprits bien construits et structurés verticalement, ce fut une dimension de navigation intellectuelle de plus, une source d’enrichissement à la fois des modes de 1 sur 2 119 14/03/2013 18:01
  • 120. http://www.les-infostrateges.com/imprimer/?type=eve&list=1493 les-infostrateges.com pensée et d’accès à la connaissance. C’est en cela que l’hypertexte a substantiellement changé, en pratique, le monde de la pensée. C’est en cela qu’avec juste raison il est possible de proclamer qu’on ne pourra plus apprendre comme avant. Richesse ou danger ? Pour les très jeunes générations, non encore structurées verticalement, la question peut se poser de savoir si la navigation de concept proche en concept proche, est une vraie richesse, ou au contraire un frein à la structuration en profondeur de leur personnalité. C’est en tout cas la crainte de nombreux adultes encadrant les adolescents livrés à eux-mêmes sur Internet, notamment les responsables des espaces publics numériques (EPN). Pour nombre de jeunes, ce zapping d’une page à l’autre, d’un concept à peine défini et assimilé à un autre proche, les poussent à rester à la surface des phénomènes sans jamais les approfondir. L'idéal serait donc de veiller à ce que toute tête bien faite soit à la fois formée à la pensée verticale et structurée et à la pensée par association qui semblent bien être les deux pôles de l'intelligence, prise ici dans son sens anglais autant que français. En savoir plus Voir sur le site de Philosophie Magazine, la rpésentation du dossier cité : www.philomag.com/fiche-dossiers.php?id=127 Voir la Prophétie de Bush publiée sur ce site. Imprimer (cc) Licence Creative Commons. Directeurs de la publication : Didier Frochot et Fabrice Molinaro. 2 sur 2 14/03/2013 18:01 120
  • 121. Michel Serres / Bernard Stiegler : « Pourquoi nous n’apprendrons plus... http://www.readability.com/articles/lypifytj lewagges.fr b y LE W AGGES Pour ne pas rentrer idiot, on peut v oir le dialogue qui s’est déroulé à l’Académ ie française, sous l’égide de Philosophie magazine, entre Michel Serres et Bernard Stiegler dont l’intitulé est repris en titre de cette chronique. Le lien v ers l’intégrale de l’entretien se trouv e à la fin du texte. Le questionnem ent des deux philosophes ne peut pas ne pas entrer en résonance av ec le quotidien de tout enseignant qui refuse de se v iv re com m e un OS de l’Education Nationale. La rév olution num érique boulev erse com plètem ent notre rapport au sav oir. Michel Serres et Bernard Stiegler parcourent dans cet entretien div ers aspects de cette rév olution qui, si elle peut nous aliéner, peut aussi ouv rir des portes nouv elles v ers une intelligence dont on peut m alheureusem ent parfois penser que l’institution scolaire à beaucoup fait dernièrem ent pour l’enterrer, concourant grandem ent en cela aux différentes atteintes que su bit notre jeunesse. Les enjeux sont de taille. Pour de nom breuses raisons le cours m agistral, lieu de transm ission d’un sav oir académ ique unique, a fait son tem ps. Il n’est d’ailleurs plus pratiqué, au m oins jusqu’au bac et au m oins tel qu’on a pu le connaître il y a quelques décennies, m êm e si certains y restent ou croient y rester attachés. A en croire Michel Serres, d’ailleurs, si, en univ ersité, un professeur enseignait 80% du sav oir qu’il av ait lui-m êm e acquis, ce pourcentage est tom bé aujourd’hui à 2 0%. De fait, à tous les niv eaux de l’école, si on pouv ait effectiv em ent considérer le professeur com m e le seul possesseur du sav oir, ce n’est plus aujourd’hui le cas. Internet, ouv ert théoriquem ent à tous, perm et, théoriquem ent à tous, d’être confronté à des sav oirs m ultiples. Il n’existe plus un sav oir m ais des sav oirs. La rapidité de l’év olution technique perm et un accès à une m asse d’inform ation jam ais connue jusqu’à présent et ce pratiquem ent à la v itesse de la lum ière. La v itesse de l’év olution des techniques im plique égalem ent une v itesse de construction et d’év olution des sav oirs très difficile à suiv re pour un enseignant. Or élèv es et professeurs dem andent des certitudes d’un sav oir établi. Il est très difficile, et cela a toujours été, que ce soit en cours, face à des élèv es, ou en form ation d’enseignants, donc face à des professeurs, d’introduire une telle approche de l’incertitude qui est pourtant le fondam ental d’une dém arche scientifique. Si la rév olution num érique change la nature du sav oir, elle change aussi le cerv eau de celui qui apprend (le sujet du sav oir). La question de la plasticité du cerv eau et de l’action sur ce cerv eau des techniques utilisées n’est jam ais abordée, en dehors de cercles restreints, sauf à reprendre le tem ps de cerv eau disponible pour Coca-cola cher à Patrick Le Lay , ex pdg de TF1 . Or, l’utilisation du num érique m odifie les zones du cerv eau sollicitées, com m e pour toute activ ité d’ailleurs, qu’elle soit d’écriture, de m usique ou autre. L’IRM fonctionnelle a perm is de beaucoup apprendre en term es de fonctionnem ent cérébral. Et l’effet est loin d’être négatif si on sait le prendre en com pte. Mais la v raie question est celle de la soum ission de ce sav oir à l’économ ie et au politique alors m êm e que la m onde académ ique, celui de l’institution scolaire dans son ensem ble, ne sem ble pas en av oir conscience. La question n’est pas nouv elle. Il suffit de regarder les program m es scolaires pour v oir clairem ent com m ent leur contenu est soum is au politique et à l’économ ique, av ec la com plicité de beaucoup, y com pris celle des rédacteurs de m anuels. L’exem ple le plus criant concerne l’enseignem ent de sav oirs dans les dom aines de l’alim entation et de la santé (donc concernant particulièrem ent les program m es et m anuels de biologie hum aine ou de SVT) dont les contenus inform atifs (on ne peut plus parler de sav oirs) ont été directem ent et clairem ent fabriqués, et parfois m êm e directem ent distribués, par l’industrie agro-alim entaire, grâce à ses agences m arketing, pour être repris au niv eau aussi bien de l’école que du collège que du ly cée, internet et télév ision étant par ailleurs m assiv em ent bom bardés. Le v ide en term e de form ation des enseignants dans le dom aine a perm is un tel env ahissem ent, av ec d’ailleurs la com plicité consciente ou inconsciente de presque tous. La question de la soum ission n’est donc pas nouv elle. Par contre, com m e l’affirm e Bernard Stiegler, on se trouv e actuellem ent à une croisée des chem ins. Le num érique n’est pas encore totalem ent et exclusiv em ent soum is aux logiques industrielles. Il est encore possible de l’inv estir au trem ent, sortant des logiques purem ent com m erciales, notam m ent de façon à ce que la jeunesse, si m altraitée actuellem ent, puisse av oir les m oy ens d’une citoy enneté très grav em ent m ise en danger actuellem ent. Or, la fonction prem ière de l’enseignant est bien de perm ettre à des enfants et des jeunes de se constituer une pensée libre et autonom e. Cette fonction fondam entale reste donc et doit rester, contrairem ent à des craintes parfois exprim ées, év entuellem ent être restaurée, sauf à ne pas v ouloir l’assum er et à se laisser passiv em ent aller. Contrairem ent à ce qui peut être pensé et v écu, la rév olution num érique av ec l’abandon plus ou m oins im portant du cours m agistral à contenu unique, ne change pas fondam entalem ent le m étier d’enseignant. Elle offre justem ent au contraire la possibilité pour ces enseignants de se réapproprier une fonction que depuis deux ou trois décennies, l’institution s’échine à leur enlev er. Réalité du quotidien et solutions d’avenir Il sera nécessaire de repenser totalem ent les program m es, notam m ent dans les disciplines scientifiques, de façon à év iter les dériv es m arketing actuelles, de façon à ce que les sav oirs ne soient plus au serv ice des différents pouv oirs, politiques ou économ iques. Le problèm e de l’équipem ent se pose égalem ent, bien év idem m ent. La salle de classe, l’espace classe doit changer. Un nom bre d’élèv es im portant, chacun assis à une table, dans une salle surbookée ne peut pas v raim ent perm ettre les approches v oulues, m êm e si un tel espace peut, bien év idem m ent coexister av ec le nouv el espace à inv enter. Mais le problèm e le plus im portant sera sans doute celui de la form ation. Il sera indispensable de form er les enseignants de façon à ce que soit v éritablem ent pensées ces nouv elles approches et que soit redonnée aux enseignants leur v raie fonction. Le nom bre d’innov ations m ises en pratique indiv iduellem ent par un nom bre som m e toute im portant d’enseignants est tout à fait 1 sur 2 121 14/03/2013 18:02
  • 122. Michel Serres / Bernard Stiegler : « Pourquoi nous n’apprendrons plus... http://www.readability.com/articles/lypifytj rassurant. Mais l’initiativ e indiv iduelle, aussi im portante et irrem plaçable qu’elle soit, ne peut rem placer la conscience, v oire le désir, car il est bien là question de désir ou de perte du désir, de tous, l’action v olontariste d’un pouv oir politique et d’une institution dans son ensem ble. Or on sait ce qui est m is en œuv re, de m anière délétère, depuis un certain nom bre d’années aux différents niv eaux de l’institution et, spécialem ent, de la hiérarchie. Mais, en faisant changer les choses aux deux bouts de la chaîne, sur le terrain dès l’école prim aire, pour théoriser au niv eau univ ersitaire et, donc à celui de la form ation des futurs enseignants (à condition qu’elle soit restaurée, et en m ieux) en m ettant les serpillières intellectuelles et m atérielles nécessaires au collège et au ly cée, en plus ou m oins grand nom bre selon les lieux et les nécessités (enseignem ent général ou technologique), alors on peut espérer, d’ici une dizaine ou une douzaine d’années, cueillir les fruits de ces inv estissem ents et retrouv er une institution digne de son nom et de sa fonction. C’est ce que sem ble affirm er le nouv eau m inistre de l’Education Nationale. Affaire à suiv re de très près. » Vous retrouv erez l’intégrale du dialogue sur le site de Philosophie Magazine. A lire sur le wagges en particulier : Une chance pour sauv er l’école et l’ensem ble de nos chroniques Original URL: http://lewagges.fr/?p=2166 2 sur 2 14/03/2013 18:02 122
  • 123. Serge Tisseron — www.sergetisseron.com — Readability http://www.readability.com/articles/tjpjvcnv sergetisseron.com Posté par Serge Tisseron le 7 juin 2012. La première révolution engagée par la culture numérique est culturelle La culture du livre est une culture de l’un, dominée par une conception verticale du savoir : celui qui sait écrit un livre pour ceux qui ignorent. Par le livre, ils accèdent à la connaissance du clerc, ou du savant. Elle est en cela inséparable du monothéisme. La culture des écrans est au contraire une culture qui privilégie les relations horizontales : son modèle est l’encyclopédie Wikipédia. C’est une culture du multiple, voire du métissage, du multiculturalisme, et pourquoi pas du polythéisme. Avec les écrans, apparaît l’idée d’une « intelligence globale » et d’un partage en temps réel des connaissances. Alors que la culture du livre se caractérise par l’association d’un livre, d’un crayon et d’un cahier par élève, la culture numérique est celle du travail en réseau. C’est pourquoi il serait absurde de vouloir introduire un écran par enfant. Les écrans doivent être d’abord un espace de co-réflexion et de co-construction dans un effort de s’écouter et de se comprendre, sous peine de se transformer très vite en outil de retrait du monde. En primaire et en début de collège, la règle doit être d’un écran pour trois ou quatre enfants, et absolument pas d’un écran par enfant. C’est dans le travail mené par plusieurs face à un seul écran que les enfants intériorisent les règles du travail en réseau qu’ils mettront ensuite en pratique quand ils se retrouveront seul face à un écran. La seconde révolution engagée par la culture numérique est cognitive. Si la culture du livre était capable de relayer toutes nos possibilités psychiques, la culture numérique n’aurait jamais été inventée ! Et en effet, nous nous apercevons de plus en plus qu’elle cultive des processus cognitifs et des stratégies d’apprentissage que la culture du livre laissait en friche. 1. La culture numérique ne favorise pas la mémoire événementielle, comme la culture du livre, mais la mémoire de travail. En effet, quand nous lisons un livre, nous sommes obligés de nous souvenir de ce que nous avons lu dans les pages précédentes, de suivre une narration, et le livre est naturellement un support d’apprentissage par cœur. Mais l’être humain a toujours été confronté, et il l’est de plus en plus, à la nécessité de travailler avec diverses sources, à les croiser, à les concilier, à les comparer, et à en tirer une information pour un usage précis. C’est ce qu’on appelle la mémoire de travail : maintenir et manipuler des informations et des instructions, éventuellement en nous appuyant sur des documents que nous avons devant nous, mais plus souvent et plus efficacement en exerçant ces tâches de façon mentale. Les écrans interactifs favorisent cette mémoire de travail, permet de la cultiver chez l’enfant et de la rendre plus efficiente. 2. La culture numérique ne favorise pas la pensée linéaire, comme la culture du livre, mais la pensée en réseau, circulaire et fonctionnant plus par analogies et contiguïtés que par continuité. L’organisation spatiale prime sur l’organisation temporelle. 3. La culture numérique ne favorise pas une pensée qui exclue les contraires, comme la culture du livre, mais elle les accepte. Son paradigme est l’image dans laquelle les contraires coexistent. 4. Enfin, là où la culture du livre favorise plutôt les automatismes, voire les habitudes, la culture des écrans favorise l’inhibition au sens positif du terme : elle apprend à rompre les habitudes mentales, comme dans les jeux vidéo où le joueur ne peut réussir chaque nouveau niveau qu’en étant capable d’oublier la stratégie gagnante qu’il a utilisée au niveau précédent. Là où la culture du livre encourage la recherche des analogies (reconnaître des styles, des écoles, des procédés littéraires), la culture des écrans favorise la capacité de s’ajuster aux changements. La troisième révolution engagée par la culture numérique est psychique. Les technologies numériques modifient enfin le fonctionnement psychique de plusieurs façons. 1. 1 sur 2 123 14/03/2013 18:03
  • 124. Serge Tisseron — www.sergetisseron.com — Readability http://www.readability.com/articles/tjpjvcnv Tout d’abord, l’identité se démultiplie. Le Moi n’est plus la propriété privée d’un individu, mais une construction à chaque fois tributaire des interactions. Le psychisme humain est un dispositif d’interaction intériorisé qui se complète et se nuance sans cesse sous l’effet de nouvelles communications. A chaque moment, il en est de nos identités comme des vêtements dans notre garde-robe. Nous les essayons à la recherche de notre personnalité décidemment insaisissable. Les identités multiples et les identifications flottantes définissent une nouvelle normalité dont la plasticité est la valeur ajoutée, tandis que l’ancienne norme du « moi fort intégré » est disqualifiée en psychorigidité. Quant à la pathologie, elle ne commence que quand ses identités échappent au sujet et qu’il devient incapable de différencier le dedans du dehors, l’intériorité de l’extériorité. 2. Ensuite, avec les technologies numériques, le clivage s’impose comme mécanisme défensif prévalent sur le refoulement. Sur Internet, en effet, aucun contenu n’est réprimé et tous sont accessibles instantanément par l’ouverture d’une « fenêtre » : c’est le système « windows ». Or cette logique correspond exactement à ce qui se passe lorsque, dans le clivage, nous sommes capable de penser à une chose, et aussitôt après de l’oublier comme si elle n’avait jamais existée. Du coup, les contraires peuvent y coexister sans s’exclure. Cela renforce le processus du clivage aux dépends du refoulement, avec des effets considérables sur l’éducation. 3. Enfin, Internet reproduit la caractéristique de notre mémoire qui est d’être un espace d’invention permanente dans lequel rien n’est daté de telle façon que le passé peut toujours être confondu avec le présent. Alors que la culture du livre fait une grande place à la succession et à la narration (avec un avant, un pendant, un après et un conditionnel), celle des écrans se déroule dans un éternel présent Ces trois révolutions ne font pas de la culture des écrans une « sous culture » inférieure celle du livre, mais une culture différente, chacune avec ses points forts et ses faiblesses, ses excès et ses impasses. Abandonnons alors les penseurs catastrophistes à leurs ratiocinations morbides et prenons plutôt le temps de nous familiariser avec ces deux cultures : nous apprendrons ainsi à passer de l’une à l’autre pour ce que chacune porte de meilleur, et nous pourrons l’enseigner à nos enfants, pour leur bonheur. Original URL: http://www.sergetisseron.com/blog/nouvel-article-618 2 sur 2 14/03/2013 18:03 124
  • 125. Méthode d’enseignement en Finlande (1er dans l’étude PISA) — www.... http://www.readability.com/articles/avhumseh favicon apprendreaapprendre.com Reportage France 3 © (Si vous n'arrivez pas à lire la vidéo, utilisez le navigateur firefox) Télécharger Firefox ;;;;;• Une carte heuristique qu'est-ce que c'est? Une carte heuristique (mind map en anglais), également appelée carte des idées, carte conceptuelle, carte mentale, arbre à idées ou topogramme, est un diagramme qui représente les connexions sémantiques entre différentes idées, les liens hiérarchiques entre différents concepts intellectuels. À la base, il s'agit d'une représentation principalement arborescente des données, basée sur les mêmes principes que l'organigramme (l'un étant en fait une variante de l'autre et réciproquement). C'est par exemple un moyen visuel et symbolique de décrire l'architecture informatique générale d'un PC : Une carte heuristique met en œuvre différentes composantes améliorant son exploitation : utilisation de formes, de couleurs et de graphismes (illustrations, symboles) qui permettent théoriquement une compréhension aisée par un fonctionnement optimal et conjoint des hémisphères cérébraux. Exemple de carte heuristique ;;;;;• Origine Le système de représentation hiérarchique aurait été inventé par Aristote. Le concept des cartes heuristiques a été formalisé par un psychologue anglais, Tony Buzan. L'idée lui vint alors qu'il écrivait Une encyclopédie du cerveau et de son utilisation (An Encyclopedia of the Brain and Its Use) en 1971. Il utilisait également ce système sans lui donner de nom dans ses cours sur la chaîne BBC. Les travaux de Tony Buzan ont montré que nous avons tendance à privilégier les activités de l'hémisphère gauche du cerveau (logique, pensée rationnelle, classement, langage) par rapport à 1 sur 2 125 14/03/2013 18:04
  • 126. Méthode d’enseignement en Finlande (1er dans l’étude PISA) — www.... http://www.readability.com/articles/avhumseh celles de l'hémisphère droit (créativité, pensée holistique, capacité de synthèse). D'autres études en linguistique ont montré que seuls quelques mots-clés appelés « mots de rappel » apportent de la valeur ajoutée. Ces mots ne représentent qu'environ 10% des mots employés dans un texte. ;;;;;• Limites et critiques S'il est vrai que l'arborescence heuristique peut, dans certains cas et pour certaines applications spécifiques, aider à la compréhension d'une structure, il y a eu, à la suite de la formalisation de Tony Buzan, une vague d'enthousiasme injustifiée et on a vu (et certains y voient encore) dans le topogramme heuristique la solution miracle pour synthétiser toutes les connaissances dans tous les domaines, notamment l'enseignement. C'était évidemment une illusion. Un tel engouement n'a rien de surprenant et répond parfaitement à des schémas classiques de comportement sociaux : dès qu'un nouveau concept apparaît, ou dès qu'un concept ancien et oublié est reconceptualisé et remis au "goût du jour", il ne manque jamais d'emporter avec lui, pour un temps, l'adhésion de quelques leaders d'opinion et cela peut devenir une mode. Et puis la mode passe. Il convient donc de souligner que le topogramme heuristique n'est qu'une méthode parmi d'autres pour organiser des idées et n'est donc ni meilleure ni pire qu'une autre. Son accessibilité n'est pas universelle. N'étant fondée que sur le visuel, elle est, par exemple, totalement inaccessible aux aveugles et aux déficients visuels. Par ailleurs, comme cela est souligné plus haut, un topogramme devient rapidement incompréhensible si le nombre de données à organiser dépasse un certain seuil. De simplification on arrive rapidement à un fouillis que seul l'auteur initial du topogramme peut démêler. Le principal défaut du topogramme est précisément sa quasi non-communicabilité car s'il paraît simple pour celui qui l'a réalisé (puisqu'il correspond à une vision personnelle), il peut paraître incompréhensible voire inextriquable pour un observateur extérieur. Raison pour laquelle le topogramme n'a pas fait d'émules pour devenir l'outil pédagogique universel que l'on voyait en lui dans les années 70. Pour illustrer cette réalité, voici quelques exemples de topogrammes dont la complexité les rend incompréhensibles, voire rébarbatifs. S'il est vrai que, comme dit le proverbe, un petit dessin vaut mieux qu'un long discours, encore faut-il que le dessin soit simple. Source: wikipédia Retour accueil Aller à la liste des vidéos Original URL: http://www.apprendreaapprendre.com/reussite_scolaire/methode-enseignementen-finlande-1-etude-pisa-460-8-17.html 2 sur 2 14/03/2013 18:04 126
  • 127. C’est un point important L’expérience de Sugata Mitra nous montre que Internet, même en libre service, permet d’acquérir des connaissances Mais les moyens mis en œuvre ne suffisent pas, il faut également revisiter les pédagogies. A partir de la culture numérique. 127
  • 128. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Sugata Mitra, et l'expérience « a ho... http://www.readability.com/articles/x8ryvlh8 rslnmag.fr (photo : Andreas Sterzing) Pédagogue, professeur, informaticien, physicien, psychologue, philosophe… ou tout cela à la fois ? Sugata Mitra ne se laisse pas enfermer dans la case d’une discipline. Pour l’heure, cet Indien de 59 ans enseigne les technologies de l’Education à l’Université de Newcastle, en Angleterre, où il est installé depuis 5 ans. Quand vous lui demandez qui il est, il vous répond en plaisantant par la question qui le poursuit depuis toujours : « Je suis de l’espèce des homo sapiens et mon métier est de chercher quel était le but des hommes quand ils sont un jour descendus de leur arbre. » Physicien de formation, il est l’inventeur, dans les années 1980 et 1990, de multiples systèmes informatiques comme la base de données du premier annuaire téléphonique indien. > Une expérience révolutionnaire : « a hole in the wall » Mais sa notoriété internationale, il la doit à l’expérience éducative qu’il a menée à partir de 1999, auprès d’enfants des bidonvilles de Delhi, et qui aurait insipiré Vikas Swarup, l'auteur indien du roman Q&A ayant servi de base au scénario du film Slumdog Millionaire. « A hole in the wall » (littéralement « Un trou dans le mur ») est un dispositif qui donne accès pour les enfants, à travers une fente trop étroite pour une main d’adulte, à l’écran, au clavier et à la souris d’un ordinateur inséré dans le mur d’une bâtisse. >> Regardez un reportage consacré à l'expérience : 1 sur 4 14/03/2013 18:07 128
  • 129. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Sugata Mitra, et l'expérience « a ho... http://www.readability.com/articles/x8ryvlh8 Le principe de l'expérience : Sugata Mitra voulait voir si des enfants qui n’avaient jamais approché un ordinateur de leur vie et ne parlaient pas anglais pouvaient apprendre à s’en servir, seuls, sans l’intervention d’adultes. ... et ses enseignements : Huit mois après le début de l’expérience, les enfants, âgés de 6 à 14 ans, avaient acquis, collectivement et en jouant, un socle de compétences informatiques comparables à celles d’enfants ayant suivi une formation ad hoc. Le chercheur notait également une augmentation significative du niveau d’anglais et de mathématiques, une amélioration de l’assiduité scolaire, la diminution du taux d’échec scolaire ou encore la réduction de la criminalité infantile. Pour s’approprier l’outil, les enfants avaient inventé leur propre vocabulaire - aiguille pour le curseur de la souris par exemple -, appris les mots d’anglais indispensables et, très vite, découvert le surf sur Internet. L’expérience a essaimé en Inde, au Cambodge, en Afrique, pour des résultats qui s’avèrent, à chaque fois, aussi spectaculaires. > Un chemin vers la non-violence L’expérience a surtout révélé que l’enfant n’apprend pas seul, mais en groupe, par échange d’expérience, par imitation. Car les enfants regroupés autour d’un ordinateur ne se disputent pas, ne veulent pas interdire l’accès aux autres. « Dans une société ignorante, le pouvoir se structure autour de la domination physique. Dans la société de l’information, je ne peux prendre par la force une information. Je dois devenir votre ami pour que vous la partagiez. C’est un chemin vers la non-violence », explique ainsi Sugata Mitra. Bien qu’il réfute toute ambition de changer le monde, le chercheur prête à la société de l’information des vertus pacifiques. Sugata Mitra a d’ailleurs fini par acquérir la conviction que, dans un univers connecté, les enfants peuvent tout apprendre ainsi, pas seulement l’usage d’un ordinateur. Du coup, il a importé son système en ouvrant dans 40 écoles anglaises des SOLE (Self Organised Learning Environment), en marge de la salle de classe traditionnelle (retrouvez notre dossier : Bienvenue à l'école du futur). 2 sur 4 129 14/03/2013 18:07
  • 130. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Sugata Mitra, et l'expérience « a ho... http://www.readability.com/articles/x8ryvlh8 Aux enfants, il pose des questions, volontairement épineuses : d’où vient le langage ? comment un téléphone sait-il où je suis ? que sont les fractales en mathématique ? Les enfants vont puiser les réponses sur le web, en suivant les règles que leur a fixées le chercheur, des règles qui vont à l’encontre de celles de l’école traditionnelle : les enfants doivent former un groupe, mais ont toute liberté d’en changer, de parler autant qu’ils veulent, d’aller écouter un autre groupe. - « Mais on peut copier ? », s’étonnent les enfants. - « On ne copie pas, on partage ! », rétorque Sugata Mitra. Et d'expliquer, toujours étonné de la capacité des enfants à s’auto-instruire en groupe : « Quand je reviens, ils me donnent des leçons de religion comparées, découvrent que la localisation par GPS repose sur la trigonométrie et ont envie de comprendre ce que c’est. » > L’auto-organisation : une porte d’accès au savoir S’il s’est frotté au monde de l’entreprise pendant quelques années – il dirigea l’équivalent indien des Pages jaunes à la fin des années 1980, il s’en souvient comme l’une des pires expériences de sa vie. Ni business, ni politique, Sugata Mitra est ailleurs. Ce qui le fascine, c’est de comprendre comment des phénomènes émergents évoluent en systèmes auto-organisés. Pour se faire comprendre, il prend l’exemple d’une tornade : des grains de poussière, au départ soulevés par le vent, finissent par prendre force ensemble en s’organisant dans un même mouvement en spirale. Loin du déterminisme de la pensée occidentale, il voit dans cette image celle de l’évolution de l’humanité. C’est le vent du vouloir apprendre qui a soulevé les humains de terre, ou plutôt qui les a fait descendre des arbres et avancer. Aujourd’hui, Sugata Mitra voudrait pousser l’expérience « A hole in the wall » plus loin. Des enfants dans une société sans contacts extérieurs peuvent-ils apprendre à lire seuls ? Il cherche une tribu primitive sans écriture pour mener à bien cette expérience. Car la quête de ce physicien devenu spécialiste en sciences de l’éducation est métaphysique. Il ne croit pas en un Dieu qui aurait dessiné l’humanité et son destin, mais plutôt à l’émergence spontanée d’une auto-organisation qui dépasse chaque individu et l’entraîne dans un mouvement pour former un niveau de conscience supérieur. Quand il parle de ses recherches en cours sur la « mémoire du futur », on a quitté depuis longtemps l’ordinateur dans le mur d’un bidonville de Delhi et les découvertes des enfants qui s’en emparent. Mais Sugata Mitra, lui, continue à assembler les pièces de son puzzle. [teaser : cet entretien est issu du prochain numéro du magazine RSLN, version papier, qui sera disponible à la mi-juillet] > Sugata Mitra en quelques dates : • 1952 : Naissance à Calcutta, Inde. • 1978 : Doctorat de physique à l’Institut de Technologie de Dehli. • 1987 : Directeur de United Database, premier éditeur indien d’annuaire téléphonique • 1990 : Fonde puis dirige jusqu’en 2006, le centre de R&D des systèmes cognitifs de NIIT, première entreprise indienne de formation et de logiciels pour la formation. • 2001- 2006 : Déploiement de plus de 500 « kiosques » sur le modèle du « Hole in the Wall », touchant plus de 150 000 enfants dans le monde. • 2006 : quitte l’Inde pour l’Université de Newcastle en Angleterre. > Pour aller plus loin : - Un reportage de CNN sur l'expérience : 3 sur 4 14/03/2013 18:07 130
  • 131. InternetActu.net » Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progr... http://www.internetactu.net/2011/09/21/dans-la-salle-de-classe-du-futur... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progressent pas Posted By Hubert Guillaud On 21/9/2011 @ 7:40 In Articles,Débats,Education et formation | 21 Comments Dans le cadre d’une série sur le “pari éducatif high-tech” (dans laquelle notamment plusieurs experts américains tentent d’apporter leur vision sur ce à quoi ressemblera l’école dans 10 ans [1] ), Matt Richtel [2], pour le New York Times [3] s’est rendu dans le district scolaire pilote de Kyrene en Arizona [4] : un secteur où tous les élèves utilisent des tableaux blancs interactifs et des ordinateurs à l’école. Depuis 2005, le district a investi 33 millions de dollars pour moderniser ses écoles. Ici, c’est la nature même de la classe, du rapport à l’enseignant qui a été transformé : l’enseignant circule entre les élèves qui apprennent à leurs rythmes sur leurs ordinateurs. Au profit de qui se fait la surenchère technologique à l’école ? Or, depuis 2005, les scores du district aux tests nationaux en lecture et mathématiques stagnent [5] , alors même que les résultats des élèves de l’Etat d’Arizona ont augmenté – mais il faut préciser que les résultats du district étaient à l’origine biens supérieurs à ceux du reste de l’Etat. Est-ce à dire que Kyrene se serait-il trompé d’approche ? Son exemple doit-il remettre en question “l’un des plus importants mouvements contemporains éducatifs” qui vise à équiper classes et élèves en informatique, à permettre aux étudiants d’apprendre à leur propre rythme… mais aussi à réduire le nombre de professeurs, souligne consciencieusement Matt Richtel. “Les écoles dépensent des millions de dollars pour acquérir des technologies, tout en réduisant les budgets et en licenciant les enseignants sans apporter la preuve que cette approche permet d’améliorer l’apprentissage de base”. [6] Image : Le graphique de l’évolution des dépenses et des résultats du district de Kyrene dans l’Arizona réalisé par le [5]New York Times. Pour les partisans des TICE (les technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement), les tests standardisés n’arrivent pas à mesurer l’ampleur des compétences que les élèves équipés d’ordinateurs assimilent. Tom Vander Ark [7], ancien directeur du secteur éducation de la fondation Bill et Melinda Gates, reconnaît que les données ne sont pas vraiment concluantes : ce qui ne l’empêche pas de demeurer enthousiaste sur la révolution en cours [8]. Les détracteurs des TICE répondent que les résultats montrent combien les écoles sont aveuglées par la surenchère technologique. La poussée des dépenses technologiques intervient alors que les écoles doivent faire de durs choix financiers. A Kyrene par exemple, alors que les dépenses technologiques ont augmenté, le reste 1 sur 9 131 14/03/2013 18:07
  • 132. InternetActu.net » Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progr... http://www.internetactu.net/2011/09/21/dans-la-salle-de-classe-du-futur... du budget de l’éducation du district a diminué conduisant à avoir des classes avec plus d’élèves et moins de cours de musique, d’art ou d’éducation physique. Pour Matt Richtel, la poussée de la technologie à l’école profite surtout aux entreprises technologiques. Aux Etats-Unis, la vente de logiciels éducatifs pour les classes a représenté 1,89 milliard de dollars en 2010. On estime que les dépenses en matériel représenteraient cinq fois ce montant. Malgré cela, Kyrene a construit sa réputation sur la technologie et accueille 18 000 élèves de la maternelle au secondaire, dont certains venant d’autres districts. A l’heure où de nouveaux investissements doivent être votés, la question de leur efficacité se pose. Pour le surintendant à l’éducation du district, David K. Schauer : “Nous devrions avoir une mesure valable, mais nous ne l’avons pas”. La technologie n’a pas d’effet en tant que tel En 1997, un comité pour la science et la technologie assemblé par le président Clinton avait émis un appel urgent à la nécessité d’équiper les écoles de nouvelles technologies. Dans ce rapport [9] pour appuyer sa conclusion, le comité signalait pourtant que la recherche sur l’impact de la technologie sur les résultats scolaires était insuffisante. Cela n’a pas empêché le comité à exhorter les écoles à s’approprier les TICE. Depuis, les ambitions de ceux qui défendent les technologies éducatives ont grandi à mesure que l’équipement se développait. Des chercheurs de l’université du Maine du Sud ont montré (.pdf) [10] que les scores d’écritures d’élèves de huitième année ou les résultats de tests en mathématiques ont été améliorés suite à l’équipement en ordinateurs portables des enfants. “Mais est-ce l’effet de l’introduction des ordinateurs ou de la formation qu’ont reçus les enseignants ?”, s’interroge Matt Richtel. Il est difficile de mesurer l’effet de la technologie, car les classes et les écoles sont toutes différentes et la technologie évolue très vite. “Les petites études produisent des résultats contradictoires : certaines montrent que les résultats en mathématiques progressent grâce à l’utilisation de logiciels dédiés, d’autres montrent que les scores ne s’améliorent pas.” Pour Katrina Stevens de LessonCast [11], “la question ne devrait pas être de savoir s’il y a des preuves concluantes que les logiciels d’enseignement sont efficaces, mais plutôt de savoir quels logiciels pédagogiques sont efficaces et dans quelles conditions”. Mesurer leur efficacité des logiciels éducatifs, c’est d’ailleurs ce que se propose de faire le SCE [12], rapporte Matt Richtel sur son blog [13] . Mais cela ne suffira peut-être pas à améliorer l’impact de la technologie sur les résultats scolaires. Une vaste analyse sur l’utilisation des ordinateurs portable, comme cela a été le cas dans le Maine par exemple, montre que l’ordinateur n’est pas un facteur majeur de la performance des élèves. “Les programmes un ordinateur portable par enfant ne font qu’amplifier ce qui est déjà en cours – pour le meilleur et pour le pire”, estime Bryan Goodwin, porte-parole d’un groupe [14] qui a rédigé une étude sur le sujet [15]. Les bons enseignants peuvent faire un bon usage des ordinateurs, tandis qu’avec d’autres, les élèves pourraient se laisser distraire par la technologie. Une étude (.pdf) [16] de 2009 du ministère américain de l’éducation sur les cours en ligne (que suivent plus d’un million d’étudiants de primaire et de secondaire, qui vantait pourtant l’impact positif des cours en ligne [17]) a néanmoins souligné que les décideurs manquaient de preuves scientifiques sur leur efficacité. Larry Cuban [18], professeur émérite d’éducation à Stanford, a déclaré que les technologies ne justifiaient pas les gros investissements qu’elle recevait. “Il n’y a pas suffisamment de preuves pour montrer la moindre tendance”. Les métriques en question Pour Karen Cator, directrice du bureau des technologies éducatives [19] au Département d’Etat chargé de l’éducation, les résultats aux tests fournissaient une mesure inadéquate de l’apport de la technologie dans les écoles. “Les résultats aux tests sont les mêmes, mais regardez tout ce que les élèves qui utilisent les technologies savent faire : utiliser l’internet pour chercher des informations, organiser leur travail, utiliser des outils de rédaction professionnels, collaborer avec les autres.” Pour beaucoup, Kyrene est devenu un modèle pour la formation des enseignants à utiliser la technologie. Car l’essentiel ne repose pas tant dans la technologie, que dans ce qu’on en fait. Beaucoup d’écoles du district – notamment celles des régions les plus riches – avaient déjà des résultats élevés avant les ordinateurs : est-ce à dire qu’il est plus difficile de progresser encore, même avec les ordinateurs ? A moins que le léger recul des résultats provienne de l’élargissement de la population des élèves accueillis ?… Reste que comme l’a constaté le journaliste, l’enthousiasme que l’on trouve dans les classes qui 2 sur 9 14/03/2013 18:07 132
  • 133. InternetActu.net » Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progr... http://www.internetactu.net/2011/09/21/dans-la-salle-de-classe-du-futur... utilisent les TICE, lui, n’a pas faibli (en France également, comme le soulignait cet article du Monde sur l’utilisation de Twitter en classe [20]). Il y a des choses qu’on doit faire avec des outils traditionnels, et d’autres pour lesquels les ordinateurs sont des supports efficaces. Les ordinateurs, estime un professeur, aident les élèves à identifier leurs idées, ils leur permettent d’éditer leur travail, d’améliorer immédiatement leur travail et de mieux le partager avec la classe. Pour d’autres enseignants, passer par la technologie est la seule façon pour atteindre cette génération et la conduire à apprendre. Avec les technologies les élèves se sentent plus impliqués. Comme le montrent les réactions des élèves lorsqu’un professeur affiche instantanément le camembert des résultats d’un QCM qu’elle vient de leur poser via le tableau blanc interactif. L’implication est au coeur du Plan technologique pour l’éducation nationale [21] publié l’année dernière par la Maison Blanche. La transformation “révolutionnaire” par les TICE des écoles a pour but de motiver et d’inspirer tous les élèves. [22] Image : la couverture du Plan technologique pour l’éducation nationale [21] publié par la Maison Blanche en 2010 sous le titre “l’apprentissage propulsé par la technologie”. Dépasser l’opposition ordinateurs contre professeurs Pourtant, là encore, la recherche n’établit pas un lien clair entre l’ordinateur et l’implication, explique Randy Yerrick [23], doyen en technologie éducative à l’université de Buffalo. Pour lui, les meilleures utilisations pédagogiques des ordinateurs sont celles qui n’ont pas d’équivalent, comme d’utiliser des capteurs en classe de science pour observer des modifications physiques ou chimiques ou utiliser des systèmes adaptés aux enfants handicapés. L’implication est un terme “moelleux” : la maintenir nécessiterait une nouveauté constante, ce qui lui semble un objectif inatteignable. Reste que si les enfants ont plus accès à des ordinateurs, ils ont un peu moins accès aux enseignants, conclut Matt Richtel. Les salles de classe se sont peuplées et le rôle des enseignants a changé. A Kyrene, les enseignants n’ont pas été augmentés depuis 2008 et beaucoup sont contraints d’avoir un second emploi, dans la restauration ou la vente. “Nous avons des ordinateurs dans les salles de classe, mais pas assez d’argent pour acheter du papier, des crayons ou du désinfectant”. Bien sûr, ce papier a déclenché de très nombreuses réactions dans la presse et la blogosphère éducative américaine. L’une des plus stimulantes est celle de Cathy Davidson [24] (la chercheuse de l’université de Duke en Caroline du Nord qu’évoquait Xavier de la Porte lundi dernier dans sa lecture [25]) qui rappelle qu’à travers toute l’Amérique, les résultats des tests scolaires suivent ceux de Kyrene et sont plutôt stagnants. “Ce n’est pas les résultats des tests qui sont stagnants, ce sont les tests eux-mêmes”. Et Cathy Davidson de rappeler, comme elle le fait dans son livre [26] , que les QCM d’évaluation qui ont cours aux Etats-Unis, ont été inventés au début du XXe siècle, au coeur de l’ère industrielle. “Pouvons-nous mesurer l’enseignement avec une métrique inventée pour nos arrières grands-parents qui proposent des options limitées (A, B, C ou D) dans un monde où ils peuvent Googler n’importe quoi ? Pire, nous leur disons que, dans le monde de l’avenir, les compétences dont ils auront besoin, il doivent les apprendre par eux-mêmes, puisqu’après tout, elles ne sont pas sur le test !” Pourtant, reconnait Cathy Davidson, la question que soulève Richtel sur les coûts et les investissements est bonne. “Je suis très méfiante du coûteux dumping technologique qui envahit la classe”. Selon elle, le complexe industriel éducatif est toujours à considérer avec suspicion. Et le technodéterminisme (penser que la technologie est la réponse) est tout aussi douteux et 3 sur 9 133 14/03/2013 18:07
  • 134. InternetActu.net » Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progr... http://www.internetactu.net/2011/09/21/dans-la-salle-de-classe-du-futur... coûteux que le test-déterminisme (penser que les résultats révèlent la réalité de l’apprentissage). Aucune école ne doit investir dans la technologie sans investir de manière substantielle dans la formation des enseignants. Or, la plupart du temps, l’introduction des technologies se fait sans formation, sans accompagnent des enseignants. Pire, bien souvent, les dépenses dans les technologies de l’éducation se font au détriment du nombre d’enseignants, comme le rapportait récemment Courrier International [27]. “Nous perdons notre argent et le temps que nos enfants passent à l’école si nous nous contentons simplement de jeter un tas de technologie en classe, sans aider les enfants à comprendre cette technologie.” Et ce d’autant plus que la question de la technologie est devenue inséparable de toutes les manières dont nous pensons, communiquons, interagissons. Mais cette question ne se résume pas à trouver la bonne réponse sur Google, rappelle Cathy Davidson. A sa manière, Richard Halverson [28], professeur à l’université de Madison et coauteur de Repenser l’éducation à l’âge de la technologie [29], ne dit pas autre chose quand il pointe du doigt (.pdf) [30] que la fracture scolaire ne repose plus sur l’accès, mais sur la différence entre les technologies pour l’apprentissage et les technologies pour les apprenants. La fracture scolaire repose plus sur la différence entre ceux qui utilisent la technologie pour amplifier leur apprentissage et ceux qui ne l’utilisent pas, explique-t-il [31]. Cathy Davidson rappelle que “nous ne sommes pas responsables en tant qu’éducateurs si nous ne faisons qu’enseigner avec la technologie, car il faut également enseigner à travers elle, sur elle et à cause d’elle. Nous devons faire comprendre aux enfants sa puissance, son potentiel, ses dangers, ses usages. Ce n’est pas seulement un investissement qui en vaut la peine, mais c’est un investissement qu’il serait irresponsable d’éviter.” 21 Comments To "Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progressent pas" #1 Comment By Christian Jacomino On 21/9/2011 @ 8:18 Pour ce qui concerne au moins l’apprentissage de la langue (et de la lecture qui n’est qu’un aspect de l’apprentissage de la langue), l’utilisation des nouvelles technologie pousse férocement vers une plus grande autonomie. Or, il paraît assez évident que cet apprentissage ne peut être efficace qu’en situation de communication réelle, vivante. À l’intérieur du groupe. Le numérique peut y aider, mais il y a là une tendance à renverser. Peut-être parce que les outils numériques ont été inventés d’abord par des scientifiques, pour des scientifiques, et que les littéraires s’en méfient. Le TBI est un bon exemple. Il me paraît très utile pour le mathématiques, la géométrie. Mais pour les apprentissages linguistiques, nous devons faire en sorte que les élèves parlent_ensemble. Et non pas qu’en silence, ils fassent glisser des mots vers des cases où ils sont acceptés ou refusés. #2 Comment By Christophe Deshayes On 21/9/2011 @ 11:43 Le bilan des TICE est bien plus ambivalent que cet article le montre. Le bilan relatif résultat/coût montre que le TBI (tableau blanc interactif) est probablement trop cher pour ce qu’il produit dans le contexte actuel. Son bilan va s’améliorer lentement avec l’appropriation obligatoirement très lente des enseignants. En revanche twitter qui ne coute rien permet à des enseignants de vraiment faire des choses convaincantes dès aujourd’hui. Mais les élus préfèrent montrer des TBI (investissement massif) pour prouver leur engagement à moderniser l’école… ?! Deux articles à lire dans deux numéros récents de la jaune et la rouge (la revue des polytechniciens) [32] [33] #3 Comment By Hubert Guillaud On 21/9/2011 @ 12:21 4 sur 9 14/03/2013 18:07 134
  • 135. Il faut voir cette vidéo sur le possible futur de l'apprentissage sous-titré... http://www.readability.com/articles/ez0dnrwh framablog.org b y AK A • NO V. 6 , 2 012 La société Ericsson a rassemblé quelques « grands penseurs de l’Internet éducatif de demain » pour nous proposer une vidéo d’une vingtaine de minutes, intitulée The Future of Learning, qu’on a jugé suffisamment importante pour faire l’effort de la traduction puis du sous-titrage. On ne mesure pas forcément les grands bouleversements qui nous attendent dans le champ éducatif tant sont fortes l’inertie et la résistance des structures existantes. Il est aussi plus que probable que « le Libre » saura tirer son épingle du jeu car on ne peut désormais pleinement échanger et partager sans lui. Permettez-moi cependant d’avoir de légers doutes quant à l’accès en masse de toutes ces merveilles promises en temps de crise. Je n’irais pas jusqu’à dire, comme le mouvement #Occupy que cela ne profitera qu’aux 1%, mais il est fort possible, si nous n’y prenons garde, que se développe un enseignement à deux vitesses : celui du vieux public sans le sous gardant ses traditionnelles écoles prisons-casernes et celui du privé captant presqu’à lui seul toute la modernité dont il est question ci-dessous. (pour faire disparaître le sous-titrage anglais à l’arrière plan, cliquer sur l’icône CC dans la barre d’état du bas) URL d’origine du document Traduction et transcription : GPif, LuD-up, PM, goguette, HgO, albahtaar, Goofy, aKa Remarque : On peut considérer ce sous-titrage comme une sorte de perfectible « première version ». Si cela ne vous convient pas, c’est comme dans Wikipédia, il suffit d’aller sur Amara, la plateforme de sous-titrage et modifier. The Future of Learning - Transcription Sugata Mitra : Tout semble plus excitant quand vous avez cinq ans. Alors, tout était grand, tout était étrange, et je me souviens avoir été un peu effrayé. Stephen Heppell : Comme beaucoup d’enfants, je me souviens de mes années d’école avec tendresse mais le peu dont je me souvienne ainsi n’est pas le peu dont je devrais me souvenir. Je me souviens des jeux et du sport, de la méchanceté, des espiègleries et des bêtises. En fait, je me souviens du peu qui était hors-norme. Daphne Koller : C’est un incroyable privilège pour moi d’avoir eu une éducation qui a pris et gardé une place si importante dans ma vie, encore aujourd’hui. Jose Ferreira : Je me souviens m’être beaucoup ennuyé. Ça n’a pas révélé le meilleur de moi-même, je m’en suis sorti, quoi qu’il en soit. Je n’étais pas très adapté ou le système n’était pas très adapté pour moi. C’est un peu dingue quand on y pense. On prend les enfants et on les force à essayer de s’adapter à ce système bureaucratique vraiment complexe, alors que le système devrait s’adapter à eux. 1 sur 6 135 14/03/2013 18:08
  • 136. Il faut voir cette vidéo sur le possible futur de l'apprentissage sous-titré... http://www.readability.com/articles/ez0dnrwh Sugata Mitra : L’éducation traditionnelle tire ses origines du système militaire, en grande partie. L’armée avait besoin de personnes identiques ; soldats, administrateurs, etc…, elle a donc engendré ce système. Quand la révolution industrielle a eu lieu, on a encore voulu des personnes identiques pour les chaînes de montage. Même pour les consommateurs, on voulait qu’ils soient identiques afin que tous achètent les mêmes choses. Seth Godin : Alors si on regarde l’école sous cet angle, si on considère le fait qu’on enseigne à vingt ou trente enfants à la fois, en série, exactement comme à l’usine. Si on considère le fait que si vous ratez votre CE2, (d’après Collins; ce qui convient mieux au sujet d’enfants), que vous arrive-t-il ? On vous retient et et on vous reconditionne. Tout correspond aux travaux d’usines, on l’a élaboré à dessein. Et c’était vraiment utile pour son fonctionnement. Mais on ne manque plus de travailleurs à l’usine. Stephen Heppell : On assiste probablement à la mort de l’éducation, aujourd’hui. Je pense que les structures et les restrictions de l’école, qu’apprendre de neuf heures à quinze heures, en travaillant seul, sans travailler avec les autres ; je pense que tout ça, c’est un système mort ou moribond. Et je pense que l’apprentissage ne fait que commencer. Seth Godin : J’ai souffert d’un trouble du déficit de l’attention en grandissant, comme beaucoup d’autres maintenant. Et ce sentiment persiste dans l’inconscient collectif qu’il y a quelque chose de brisé chez les enfants sujets à ce genre de troubles, car ils ne sont pas conformes au système. Donc ce que nous faisons, c’est donner des médicament aux enfants pour les rendre conformes au système, au lieu de dire : mais attendez, le système est là pour les enfants. Et il y a beaucoup de gens qui peuvent assez facilement rester assis pendant huit heures et prendre des notes, et ensuite, deux semaines après, répéter ce qu’ils ont écrit. Mais il y a également cette immense quantité de personnes extrêmement talentueuses et engagées qui ne peuvent pas apprendre de cette manière. Il y a une grande différence entre accéder à l’information et l’école, alors qu’auparavant, c’était la même chose. L’information est là, en ligne pour n’importe laquelle des milliards de personnes qui ont accès à internet. Donc cela signifie que si on donne accès à un enfant/quelqu’un de quatre, huit ou douze ans, ils prendront l’information s’ils la veulent. Sugata Mitra : Savoir quelque chose est probablement une idée obsolète. Vous n’avez en fait pas besoin de savoir quoi que ce soit, vous pouvez le trouver au moment ou vous avez besoin de le savoir. C’est le travail des enseignants de diriger les jeunes esprits vers les bons types de questions. L’enseignant n’a pas besoin de donner les réponses, car les réponses sont partout. Et nous savons désormais après des années d’études que les élèves qui trouvent les réponses par eux-mêmes se souviennent mieux que si on leur avait donné la réponse. Stephen Heppell : L’Education est très lente à appréhender les données, les nombres, à comprendre les analyses et ce qui en fait est en train de se passer. Nous effectuons un contrôle ici, et un examen là, mais les détails de ce qu’il se passe, nous ne les comprenons pas vraiment. Ce sera, à coup sûr, la prochaine étape importante de notre bagage, notre capacité d’analyser où que nous soyons. Certains de ceux qui regardent ceci seront déjà en train d’analyser leur santé et leur bien-être et les effets sur leur forme. Ils seront aussi en train d’analyser leur apprentissagen bientôt. Et ensuite nous serons vraiment bons à ça. Jose Ferreira : Knewton est une plate-forme d’extraction de données et d’apprentissage adaptatif qui permet à n’importe qui, n’importe où de publier du contenu. Ça peut être un éditeur, un professeur en particulier, ou n’importe qui entre les deux. et il produit un cours qui va être personnalisé de manière unique pour chaque étudiant, en se basant sur ce qu’elle sait et comment elle apprend le mieux. Le manuel du futur sera distribué sur des appareils connectés. Ça signifie que le volume incroyable de données que les étudiants ont déjà produit, lors de leurs études, sont à présent à portée de main et utilisables. Donc Knewton et tous les dérivés de Knewton peuvent déterminer des choses comme ; vous apprenez les maths plus efficacement le matin entre 08h32 et 9h14. Vous apprenez les sciences plus efficacement par tranches de 40 minutes. À partir de la 42e minute, votre taux d’attention commence à baisser, nous devrions mettre ça de côté pour le moment et vous diriger vers quelque chose d’autre qui vous maintient attentif. Ce travail intense 2 sur 6 14/03/2013 18:08 136
  • 137. Il faut voir cette vidéo sur le possible futur de l'apprentissage sous-titré... http://www.readability.com/articles/ez0dnrwh de 35 minutes, que vous faites tous les jours pendant la pause déjeuner : vous n’en retenez rien ; allez plutôt traîner avec vos amis, et vous ferez ce travail l’après midi quand vous serez plus disposé à apprendre. Vous apprenez mieux ceci avec des questions courtes; mieux celà avec des questions compliquées et difficiles. Nous devrions vous soumettre à nouveau ces informations dans quatre jours pour une mémorisation optimale. Et voici exactement les détails où vous allez batailler quand vous ferez vos devoirs ce soir, parce que vous n’avez pas appris certains concepts nécessaires à cet exercice. Et nous pouvons, en temps réel, allez chercher le petit bout de cours particulier, du mois dernier, ou de l’an dernier, et de manière transparente le placer sous vos yeux, pour que vous n’ayez pas à batailler. Nous pouvons prédire les échecs à l’avance et éviter qu’ils ne se produisent. Nous allons nous émanciper de ce modèle aliénant, parfois ennuyeux et parfois frustrant où tout le monde reçoit exactement la même chose, au même moment, rigoureusement dans le même ordre et avec le même niveau de difficulté. Pour la moitié de la classe, c’est trop difficile, et pour l’autre moitié, c’est trop lassant. On va proposer aux élèves qui ont le meilleur niveau les outils les plus stimulants. Cela leur permettra de libérer leur potentiel d’une manière innovante. Mais pour chaque enfant, quelles que soient ses difficultés, il existe une voie vers la réussite. Cela pourra prendre un peu plus longtemps, mais il existe toujours une voie vers la réussite. Et le système devient aussi de plus en plus performant à mesure que plus de gens s’en servent. Les différentes stratégies sont en compétition entre elles pour être réintroduites au sein de la génération suivante, de façon à ce que la stratégie qui est la plus efficace pour vous, une fois déterminée, n’importe quel enfant pourra ensuite profiter de cette stratégie. C’est complètement nouveau. Quand l’automobile a été inventée, ce n’est pas ce que les gens attendaient : ils demandaient des chevaux plus rapides. Et les gens ne demandent pas encore vraiment Knewton, car il ne savent pas encore ce que c’est, mais une fois qu’ils l’auront vu et essayé, alors ils l’adopteront tout de suite. Stephen Heppell : On dit que l’éducation évolue très lentement. Mais tout à coup, il suffit d’être connecté. Ca change tout ; ça change les modalités de contribution, votre cerveau peut contribuer à distance. Sugata Mitra : C’est une chose d’être assis là, dans le labo multimédia, et de discuter du futur. Je vais souvent dans des endroits aussi différents que possible d’un labo multimédia. Et je me demande, quelle est la valeur de toutes mes idées, ici. Mais il y a une grande raison d’avoir de l’espoir. Où que j’aille, la toute première chose que je demande, ou que je vérifie avec mon téléphone, c’est si la bande passante est suffisante pour avoir accès à Internet. Et en plein milieu de la jungle, parfois je constate qu’il y a toujours une connexion. Et je sais que tout ce que je dis peut aller n’importe où, et de la même manière. C’est une question de temps. Lois Mbugua : La connectivité est réellement en train d’ouvrir le monde. Si vous connectez un village, par exemple Bonsaaso, les élèves peuvent alors réellement communiquer avec d’autres élèves, par exemple à Londres. Cela signifie qu’il peuvent commencer à voir le monde autrement. Éduquez un jeune, et vous éduquez une nation. Margaret Kositany : “Connecter pour Apprendre” est un partenariat entre Ericsson, l‘“Earth institue” de l’université de Columbia, et la “Promesse du Millénaire”. Il y a deux aspects : cela fournit des bourses d’étude au filles, et “Connecter pour Apprendre” donne aux élèves des ordinateurs et un accès à internet, et leur montre comment s’en servir et comment récupérer des informations. L’éducation était limitée à ce que le professeur pouvait dire aux élèves, et le professeur s’appuyait sur un petit manuel scolaire, ou quelques rares livres, de sorte que l’enseignant n’était pas très impliqué. Maintenant il est possible d’avoir accès à beaucoup d’informations et les enfants discutent et échangent des informations, vous voyez qu’ils ont beaucoup plus de sujets de discussion, car ils ont le sentiment d’être plus impliqués. Et les enfants sont plus confiants. Lois Mbugua : Ils ont l’énergie, ils ont toute la vie devant eux, et ils sont sur le point de commencer quelque chose de plus grand/à penser plus globalement. Si on leur apporte la connectivité, ils sont en fait capables de faire des transactions et ils peuvent commencer de petites affaires/choses, qui vont les transcender. Donc, je dirais qu’il s’agit en fait de l’ouverture de nos 3 sur 6 137 14/03/2013 18:08
  • 138. Il faut voir cette vidéo sur le possible futur de l'apprentissage sous-titré... http://www.readability.com/articles/ez0dnrwh villages, de notre pays, et de tout le continent. Margaret Kositany : Nous sommes en train de le mettre en oeuvre dans autant de pays que possible en Afrique, et aussi en Amérique du Sud. Il est possible de le développer à l’échelle de n’importe quel pays. Seth Godin : La manière dont nous résolvons les problèmes captivants consiste à faire des erreurs, et des erreurs, et encore des erreurs, jusqu’à ce que nous réussissions. Et si vous avez eu l’occasion de parler à des gens qui ont réussi, de fait, la chose qu’ils ont presque tous en commun, c’est qu’ils ont essuyé une centaine d’échecs avant de réussir. Et ce qui les distingue des gens qui ne réussissent pas, ça n’est pas le fait qu’ils ont réussi, c’est qu’ils ont échoué plus que les autres. Jose Ferreira : Je ne suis pas certain que les écoles puissent se permettre de dire : “nous devons nous perfectionner, afin de préparer le plus de gens possible à correspondre à ce système qui repose sur l’expérimentation.” Stephen Heppell : C’est inimaginable, dans une société où l’on s’assoit pour passer un examen en se disant j’espère qu’il n’y aura pas de questions-pièges dans l’énoncé ; pendant que les professeurs pensent j’espère que je l’ai bien préparé pour tout. Comment cela pourrait-il préparer à un monde où chaque jour apporte son lot de questions-pièges. Un monde où la surprise est partout : dans l’économie, dans la société, dans la politique, dans les inventions, dans la technologie. Chaque jour est une surprise. L’apprentissage nous prépare à faire face aux surprises, l’éducation nous prépare à faire face aux certitudes. Alors qu’il n’y a pas de certitudes. Sugata Mitra : Le professeur occupe une place entre l’enfant et l’éducation classique, en essayant de faire en sorte que l’enfant se confronte au système. Et jusqu’à ce que ce système s’écroule ou disparaisse, il/elle a un un rôle incroyablement compliqué qui consiste à maintenir la curiosité de l’enfant éveillée, tout en lui déclarant ; écoute, lorsque tu auras seize ans, tu devras commencer à mémoriser certaines choses, de manière à ce que tu puisses aller t’asseoir pour passer un examen, que tu le réussisses et que tu termines ta scolarité correctement. Seth Godin : Je ne connais personne qui passe d’examen standardisé pour gagner sa vie. Pourquoi donc utilisons-nous les examens standardisés pour vérifier si vous allez être bons alors qu’il n’y aura plus d’examens standardisés après que vous l’aurez passé ? Cette façon de faire a contaminé la totalité de l’écosystème mercatique de l’éducation parce que les universités renommées le sont parce qu’elles sont extrêmement sélectives au regard des résultats du Scholastic Aptitude Test (test d’entrée pour les universités Américaines). Les parents veulent que leurs enfants aillent étudier dans une université renommée. Ils poussent donc les écoles à formater des élèves qui iront dans ces universités en obtenant de bons scores au SAT, ce qui dénature totalement les fondements de l’éducation. Si l’on pouvait faire en sorte que les parents, les enseignants, les enfants et les administrateurs aient cette discussion, qu’ils en parlent entre eux, qu’ensuite aux conseils d’administration des écoles ou aux réunions décennales les questions posées ne soient pas quels sont les résultats de vos élèves au SAT ? ; mais qu’on dise plutôt : le SAT n’a aucun sens, le système d’universités renommées est une escroquerie. On doit créer quelque chose de différent. Ce débat est possible. Ainsi le cours des choses pourra commencer à changer. Daphne Koller : Coursera est une société d’entrepreneuriat social qui permet aux meilleurs universités de partager leurs meilleurs cours afin que n’importe qui autour du monde, dans la mesure où il possède une connexion internet, puisse jouir de l’accès à une éducation de qualité. À ce jour, c’est-à-dire fin septembre, on compte un million et demi d’étudiants qui viennent de 196 pays, même si la manière de compter les pays reste un peu discutable. On a 195 cours qui proviennent de 33 universités. Les cours les plus importants ont 130 000 inscrits, les cours moins fédérateurs sont suivis seulement par environ 10 000 personnes ; naturellement, ils continuent à se développer ; la plupart des cours n’a même pas commencé. Une classe moyenne, quand elle est lancée, est composée d’à peu près 50 ou 60 000 étudiants inscrits. L’ampleur est intéressante parce qu’elle permet de proposer un produit de grande qualité pour un coût différentiel par étudiant assez bas, ce qui nous autorise à accepter des gens qui ne peuvent vraiment pas se 4 sur 6 14/03/2013 18:08 138
  • 139. Il faut voir cette vidéo sur le possible futur de l'apprentissage sous-titré... http://www.readability.com/articles/ez0dnrwh permettre de payer pour l’éducation et ainsi leur fournir une éducation gratuite. Une éducation gratuite de la plus grande qualité, parce que les coûts par étudiant sont si bas. La pratique, chez Coursera, c’est que le cours commence à une date donnée, et chaque semaine, l’étudiant a accès à de nombreuses rubriques. Chaque rubrique est un cours en vidéo, mais une vidéo interactive ; c’est-à-dire que vous ne restez pas assis là, pendant une heure, à regarder une vidéo, vous avez la possibilité d’interagir avec la vidéo. Il y a des contrôles rigoureux et significatifs de diverses catégories ; pas juste des questions à choix multiples, mais des exercices bien réels et approfondis. Et il y a une communauté d’étudiants avec laquelle interagir, à qui poser des questions, afin d’obtenir des réponses d’étudiants suivant le même cursus. Ainsi on a un meilleur apprentissage à travers l’aide réciproque, aussi bien qu’un échange social, de sorte qu’on a une réelle impression d’appartenir à une communauté d’étudiants autour de cette activité intellectuelle. Les gens nous demandent souvent si les universités appartiennent désormais au passé, si les universités vont disparaître… et je pense avec certitude que ce n’est pas le cas. Il y a quelque chose de formidable à l’idée de réunir des gens dans un endroit où des interactions fortuites peuvent voir le jour. Un endroit où on peut avoir un tutorat en face-à-face entre un étudiant et un instructeur, où les étudiants peuvent se parler entre eux, créer ensemble et apprendre à débattre d’idées. Cette expérience sur un campus physique n’a pour le moment aucun équivalent virtuel effectif. Notre but ici, et je pense qu’il faut être pragmatique sur ce sujet, n’est pas nécessairement d’ouvrir la voie, ni de donner un équivalent à des étudiants qui n’ont pas actuellement accès à ce à quoi les étudiants fortunés de Princeton ont accès. Ce qui serait réellement un but enviable, mais qui n’est pas forcément quelque chose que nous pouvons accomplir dans un délai aussi court. Ce que nous aimerions faire, c’est amener ces deux extrêmes à faire considérablement mieux que ce qu’ils peuvent faire actuellement, même s’ils ne se retrouvent pas égaux en fin de compte. Si nous améliorons beaucoup les choses, à la fois pour les étudiants du campus, et ceux qui n’y ont pas accès actuellement accès, je pense que nous aurons fait une chose géniale. Seth Godin : Alors voyons comment les révolutions fonctionnent. Les révolutions détruisent le parfait et permettent l’impossible. Elles ne passent jamais d’un coup de “tout va bien” à “tout va bien”. Il y a beaucoup d’interférences entre les deux. Quand on observe le milieu musical : l’Internet a d’abord détruit les maisons de disque. Et cela permet seulement maintenant aux musiciens indépendants d’être entendus. Jose Ferreira : L’éducation a tendance à évoluer par paliers, donc quand, effectivement, ça évolue, le changement est explosif. le mouvement qui va d’avant l’imprimerie à après l’imprimerie est une seule et même transition dans l’Histoire du monde, en termes d’éducation. L’éducation en ligne va bientôt être ainsi. Et nous voulons être sûrs, en tant qu’espèce, que l’espèce humaine fait bien les choses. Daphne Koller : Une des révolutions que nous nous apprêtons à voir est : comment l’éducation est de moins en moins un pourvoyeur de contenu parce que ça va être une denrée disponible, espérons-le, elle va être accessible pour tous dans le monde entier. Et une partie beaucoup plus importante que ce que nous pensions de l’éducation est en route pour revenir aux origines de l’enseignement. Celle où l’éducateur engage la conversation avec les étudiants et les aide à développer leurs compétences intellectuelles, leur capacité à la résolution de problèmes, et leur passion pour la discipline. Le genre de choses qui sont bien plus faciles à faire dans un face à face et qui sont vraiment très dures à faire avec un format en ligne, mais pour lesquelles l’expérience des universités, comme nous la connaissons c’est : vous êtes à la bonne place pour ce genre de développement de compétences. Seth Godin : Maintenant ce que je veux voir des écoles c’est : amener les enfants à la vouloir. Créer un environnement où les enfants sont sans repos jusqu’à ce que leur besoin d’informations soit satisfait. Sugata Mitra : A chaque fois que j’ai une bonne question, j’obtiens un engagement immédiat. Je pense qu’un professeur doit rester en arrière et dire quel est le sujet du jour. Ouvrez vos cahiers et découvrez le vous-mêmes. 5 sur 6 139 14/03/2013 18:08
  • 140. Il faut voir cette vidéo sur le possible futur de l'apprentissage sous-titré... http://www.readability.com/articles/ez0dnrwh Seth Godin : Ce dont nous avons besoin, ce sont des professeurs qui vont regarder les gens dans les yeux et qui vont croire en eux, et les pousser à aller de l’avant, et c’est dur de faire ça sur Internet. Ça doit vraiment être fait en face de la personne. Stephen Heppell : L’école a décidé d’être meilleure car elle voit les enfants devenir meilleurs. Et les professeurs… Que dit leur t-shirt ? Il dit : “on est là pour le résultat, pas pour le salaire !” Les professeurs sont là car ils peuvent voir le changement chez leurs élèves. Si vous ajoutez tous les enfants de l’histoire du monde, plus d’enfants vont quitter l’école dans les 30 prochaines années qu’ils ne l’ont fait au cours de toute l’histoire. Si je devais changer une seule chose, j’améliorerais juste un peu leur éducation. Et ça changerait l’histoire plus que tout le reste. Original URL: http://www.framablog.org/index.php/post/2012/11/06/the-future-of-learning-vostfr 6 sur 6 14/03/2013 18:08 140
  • 141. Cyborgs Les ordinateurs, notamment dans leur version portable (tablettes, smartphones, laptops,..) font de nous des humains augmentés, capable d’accéder à la connaissance dans des délais très courts, L’Internet des objets, aujourd’hui essentiellement concentré dans la domotique ou les transports est en passe de se généraliser et pourra nous suppléer encore plus fortement, Les progrès technologiques permettront demain des prothèses affordantes, La médecine peut profiter des aujourd’hui du numérique, notamment pour tout ce qui concerne le suivi médical, Nous sommes en train de devenir cyborgs 141
  • 142. Tous cyborgs ?, Chroniques http://www.lesechos.fr/imprimer.php de Michel Lévy-Provençal Tous cyborgs ? Par Les Echos | 15/01 | 07:00 L'homme est un cyborg depuis la nuit des temps. Evidemment, pas ce cyborg que les auteurs de science-fiction fantasment à longueur de romans et de grosses productions hollywoodiennes ; mais un cyborg plus silencieux, moins visible, bien plus réel. Un cyborg est un organisme auquel on a ajouté des composants exogènes pour lui permettre de mieux s'adapter à l'environnement. Vous lisez cet article lunettes sur le nez ? Littéralement, vous êtes un cyborg. Il existe des cyborgs encore plus évolués, bien sûr, comme les spationautes ou les champions des jeux paralympiques. Avec l'avènement des technologies de l'information, l'impact sur l'être n'est plus physique mais bel et bien cérébral. Le réseau est devenu une extension de notre cerveau. Vous en doutez ? Pensez à ces notes, ces courriels ou ces listes de tâches stockées dans votre smartphone, votre ordinateur ou vos serveurs. Si soudainement vous les perdiez, ne perdriez-vous pas une part de votre mémoire ? Je vous l'accorde, dans le langage courant, les cyborgs évoquent plutôt ces êtres hybrides, ces monstres dotés de dispositifs sophistiqués aux facultés physiques et mentales extraordinaires. Extraordinaires, dites-vous ? Non, les avancées technologiques qui sortent des laboratoires incitent à penser que ces facultés vont devenir presque banales. A force d'accélération des évolutions technologiques et avec l'avènement des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), la donne changera à l'horizon 2030-2040. Aujourd'hui, un dispositif de calcul à 1.000 dollars permet d'atteindre la capacité cognitive d'un insecte, voire d'une souris. Vers 2020, cette puissance devrait croiser celle du cerveau humain. Que se passera-t-il dix ou vingt ans plus tard ? Selon certains scientifiques, nous avons déjà changé d'ère pour entrer dans l'anthropocène : une nouvelle époque géologique causée par la main de l'homme et non par les forces naturelles. De la même façon, notre capacité à manipuler le vivant nous fera-t-elle lentement changer d'espèce ? Nous avons encore quelques années à attendre pour le savoir... Michel Lévy-Provençal Michel Lévy-Provençal est président de TEDxParis et PDG de Joshfire. Share A LIRE AUSSI La douce insouciance européenne 1 sur 2 14/03/2013 18:16 142
  • 143. InternetActu.net » Sommes-nous encore autonomes ? » Print http://www.internetactu.net/2012/09/19/sommes-nous-encore-autonome... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - Sommes-nous encore autonomes ? Posted By Hubert Guillaud On 19/9/2012 @ 7:00 In Articles,Communication interpersonnelle,Confiance et sécurité,Débats,Identité numérique | 8 Comments A l’heure où l’électronique s’intègre dans presque n’importe quel objet (des voitures aux appareils électroménagers, aux vêtements que nous portons…) et se connectent sans fil sur le web, nous entrons dans l’ère de l’internet des objets, explique l’éditorialiste Christine Rosen pour The New Republic [1]. Un monde où nos interactions quotidiennes avec les objets du quotidien laissent une trace de données, de la même manière que le font déjà nos activités en ligne. “Avec l’internet des objets, nous sommes toujours (et souvent sans le savoir) connectés à l’internet, ce qui apporte des avantages évidents en terme d’efficacité et de personnalisation. Mais cela accorde également aux technologies de nouveaux pouvoirs, pour nous persuader ou nous obliger à nous comporter de certaines façons.” “La pratique de la technologie est toujours en avance sur la théorie, c’est pourquoi nos points de référence culturels en la matière proviennent plus de la science-fiction que de la philosophie”, estime la journaliste. C’est peut-être pourquoi nous sommes dans une illusion persistante sur la neutralité de la technologie. “Si l’on en croit ce raisonnement, nos iPhone et les pages Facebook ne sont pas le problème, le problème est de savoir comment nous choisissons de les utiliser. Si l’on suit cette perspective, nous serions toujours autonomes, libres de mettre de côté nos technologies et de nous livrer à un Sabbat numérique chaque fois que nous le choisissons”. Poutant, comme l’explique le philosophe hollandais Peter-Paul Verbeek [2] (@ppverbeek [3]) dans son dernier livre – Moraliser la technologie : comprendre et concevoir la moralité des objets [4] -, ce n’est déjà plus le cas. A qui devons-nous attribuer la responsabilité de nos actions ? Les technologies peuvent ne pas avoir d’esprit ou de conscience, affirme Verbeek, mais elles sont loin d’être neutres. Elles nous “aident à façonner notre existence et les décisions morales que nous prenons, ce qui leur donne indéniablement une dimension morale”. A l’heure où de plus en plus de nos activités sont médiées par la technologie, à qui devons attribuer la responsabilité de nos actions ? S’appuyant sur les théoriciens de la technologie comme Don Ihde (Wikipédia [5]) et Bruno Latour, ainsi que sur les travaux de Michel Foucault, Verbeek propose une approche “postphénoménologique” qui reconnaît que nos actions morales et nos décisions sont devenues une affaire conjointe entre les humains et les technologies. L’échographie par exemple, explique Christine Rosen, a transformé notre expérience de l’enfant à naître. Conçue pour améliorer notre connaissance médicale, l’échographie a généré involontairement de graves dilemmes moraux. “”Cette technologie n’est pas simplement un moyen fonctionnel pour rendre visible un enfant à naître”, affirme Verbeek, “elle contribue activement à façonner la manière dont l’enfant à naître nous est humainement connu.” Cette expérience est à la fois d’une grande transparence et d’une grande abstraction. Nous voyons l’enfant comme quelque chose de distinct de sa mère : le ventre devient un “environnement”.” La technologie modifie fondamentalement non seulement ce que nous voyons, mais aussi la qualité et la quantité des choix qui nous sont proposés. Dans le cas d’une interruption de grossesse par exemple, la technologie joue un rôle actif dans les questions morales et fixe désormais le cadre pour y répondre. Comme demain le décodage par la technologie des signaux non verbaux dont nous ne sommes pas nécessairement conscients [6], transformera le cadre par lequel nous comprenons le monde. Nos machines exercent-elles un contrôle sur notre libre arbitre ? “Que nos machines puissent exercer un contrôle sur notre prise de décision morale est une idée impopulaire. Nous aimons nous considérer comme capables d’exercer notre autonomie sur les choses que nous créons et les actions que nous entreprenons.” Nous voudrions bien pouvoir continuer à nous accrocher à ce principe des Lumières, mais à une époque où les technologies sont aussi omniprésentes et puissantes que les nôtres, nous devons déplacer la source de la morale, estime Rosen à la suite de Verbeek. La raison humaine n’en est plus la seule origine. Dans son livre, Signaux honnêtes, Alex Pentland affirmait déjà [7] : “Nous ne ressemblons plus aux êtres idéalisés, aux êtres rationnels imaginés par les philosophes des Lumières. L’idée que 1 sur 6 143 14/03/2013 18:13
  • 144. InternetActu.net » Sommes-nous encore autonomes ? » Print http://www.internetactu.net/2012/09/19/sommes-nous-encore-autonome... notre conscience, que la pensée individuelle est le facteur déterminant de notre comportement peut désormais être considérée aussi folle que la vanité qui nous plaçait avant au centre de l’univers.” En 1997, BJ Fogg [8] (@bjfogg [9]) a inauguré à l’université de Stanford le Laboratoire des technologies persuasives [10], qui peuvent être vues comme un des modèles de la “moralité des objets”. Les technologies persuasives prennent aujourd’hui sans cesse de nouvelles formes : applications de téléphones mobiles, podomètres sophistiqués qui utilisent des stratégies familières (comme les simulations ou le “renforcement positif”) pour nous permettre d’atteindre leurs objectifs. Le conditionnement opérant [11] (qui utilise la technique du renforcement positif pour modifier nos comportements) se manifeste dans nombre de techniques de micropersuasion utilisées par des sites comme Amazon ou eBay ou les classements encouragent un sentiment de confiance entre utilisateurs, où la personnalisation vous accueille par votre nom, où nombre de fonctions vous incite et vous persuade à revenir. Ces technologies savent également prendre des formes moins subtiles et peuvent agir comme des dispositifs de surveillance efficaces, à l’image d’HyGenius [12] un dispositif pour surveiller si vos employés (notamment dans la restauration ou dans les services de santé) se lavent bien les mains. [13] Image : BJ Frog présente la “captologie” à la conférence Meet The Media Guru en 2009 [14]. Les technologies persuasives sont plus efficaces, car elles sont persistantes, permettent de gérer de grands volumes d’information et ont une mémoire, estime Christine Rosen. Une journaliste du Boston Magazine qui a utilisé un smartphone pour perdre du poids [15] écrivait ainsi que son téléphone “est devenu un entraîneur, un coach de vie, et mon confident. Il sait maintenant ce que je mange, comment je dors, combien je dépense, combien je pèse et combien de calories je brûle (ou pas) à la salle de gym chaque jour”. “La littérature des technologies persuasives utilise autant le langage de la séduction que celui de la persuasion. Ces technologies tentent activement de provoquer en nous une réaction émotionnelle ou comportementale, qui peuvent être une expérience riche pour les personnes qui ont besoin de motivation ou d’encouragement. Mais ces technologies dont l’objectif déclaré est la persuasion interpersonnelle soulèvent également d’importantes questions relatives à la vie privée et à l’autonomie”, rappelle Christine Rosen. “Pour comprendre ces défis, Verbeek nous invite à nous tourner vers la conception et l’ingénierie des objets technologiques eux-mêmes. Comme l’architecture du code a joué dans la création d’internet pour Lawrence Lessig, Verbeek estime que tous les utilisateurs doivent être plus engagés dans la lutte contre la façon dont ces technologies sont conçues et utilisées.” Mais Verbeek n’explique pas comment, regrette Rosen. A quoi pourraient ressembler des technologies développées démocratiquement ? Les utilisateurs mesurent-ils bien l’impact que de nombreuses technologies ont sur eux ? Peut-on “cofaçonner” un environnement conçu par d’autres justement pour vous empêcher de l’influencer ? Et ce, alors qu’il devient de plus en plus difficile de refuser certaines technologies, nous ne pouvons plus toujours décider de nous retirer 2 sur 6 14/03/2013 18:13 144
  • 145. InternetActu.net » Sommes-nous encore autonomes ? » Print http://www.internetactu.net/2012/09/19/sommes-nous-encore-autonome... de ces environnements. Comment un travailleur d’un service alimentaire ou médical peut-il “cofaçonner” quelque chose quand son employeur lui délivre un badge qui permet de mesurer le nombre de minutes qu’il a passées à se laver les mains ? Les fabricants de ces technologies sont-ils intéressés aux conséquences morales et psychologiques de leurs créations ? Sommes-nous conscients de la mesure de soi ? Verbeek exhorte également les concepteurs de ces technologies à réfléchir sur les conséquences prévues et imprévues qui sont susceptibles de résulter de l’utilisation de leurs créations. “Mais comment les techniciens qui fabriquent ces objets pourraient-ils être motivés à construire des garde-fous éthiques ou à céder le contrôle aux utilisateurs, comme les y encourage Verbeek, alors qu’ils ont jusqu’à présent montré bien peu d’intérêt pour les conséquences involontaires de leurs créations ?”, interroge Christine Rosen, qui estime que la tension est de savoir si l’on veut rendre ces technologies moins ou plus transparentes… Un contributeur à l’ouvrage le Nouveau quotidien [16], un livre sur l’intelligence ambiante, appelle ces technologies de la persuasion les “technologies de dématérialisation” et affirme : “C’est sûrement plus proche de ce que nous voulons : la connaissance, l’excitation, le divertissement, l’éducation, la productivité, le contrat social – sans l’importune proéminence de la technologie qui les délivre.” Comme le partage sans friction de Facebook, les technologies persuasives seront plus convaincantes lorsque nous ne réaliserons pas que nous les utilisons. Comme la technologie est reléguée au second plan, il en va de même de notre volonté de les questionner. “Moins ces technologies ressemblent à des biens ordinaires, plus elles sont à l’abri de tout examen.” Les préoccupations de Verbeek sur la moralité des choses font partie d’un plus vaste débat sur notre libre arbitre à une époque où les découvertes scientifiques et technologiques prétendent offrir de nouvelles perspectives, estime Christine Rosen. “On nous dit que nos gènes nous déterminent, que notre cerveau nous contrôle, que les vestiges de notre biologie évolutionniste nous induisent en erreur. “Comment définissons-nous la responsabilité morale quand les neuroscientifiques affirment que notre inconscient est le principal moteur de notre comportement et que les ingénieurs en logiciel nous rappellent que leurs algorithmes sont supérieurs à notre intuition ?”" Dans ce contexte, la conscience de soi semble mieux assurée par l’analyse de données. La magie informatique paraît une meilleure réponse que la contemplation et l’introspection. Les données seront-elles notre nouvelle conscience ? “La technologie a aidé l’homme à contrôler son environnement naturel. Maintenant, elle est la “nature humaine” à laquelle les technologues, en toute confiance, proposent de nous soumettre. Comme le déclare le site web du laboratoire des technologies persuasives de Stanford : “Notre objectif est d’expliquer clairement la nature humaine et de cartographier les connaissances sur les nouvelles possibilités de la technologie.”" “En fait, ces nouvelles technologies séduisent souvent en invoquant quelque chose de beaucoup plus banal : le langage de l’auto-amélioration. C’est peut-être la raison pour laquelle, nous n’avons pas à ce jour, discuté publiquement et sérieusement de leurs conséquences, comme nous l’avons fait sur l’énergie nucléaire. Les technologies actuelles semblent trop banales. Elles semblent plus susceptibles d’améliorer que de bouleverser nos vies et la plupart d’entre elles ne sont pas radicalement utopiques sur la façon dont leur utilisation va transformer ce que signifie l’être humain. Leur objectif comme le décrit Pentland est la création de sociétés sensibles basées sur l’analyse rationnelle des données. Et c’est un message plus attrayant et rassurant qu’effrayant.” “Nos technologies nous aident à apprivoiser nos appétits pour les calories ou les dépenses excessives en agissant comme une sorte de conscience externe. Comme Ulysse lui-même s’arrimant au mât de son navire pour éviter le chant des sirènes, ces nouveaux programmes et dispositifs visent à contrecarrer nos désirs turbulents. Ils le font non par le renforcement de notre capacité d’auto-contrôle, mais par son externalisation. Pourquoi méticuleusement compter les points Weight Watchers d’un régime quand vous pourriez, dans un avenir proche, programmer votre “maison intelligente” pour verrouiller le réfrigérateur et le garde-manger pour éviter le grignotage de fin de soirée ?” “Les technologies persuasives et l’intelligence ambiante promettent un monde où le contrôle sera plus efficacement externalisé. Ginger.io [17] est une application pour smartphone qui déclenche une alerte quand il remarque que vous êtes restés à la maison plusieurs jours d’affilés où que votre activité d’échange en ligne a baissé, en envoyant à votre médecin, à des proches ou à vous mêmes un message pour vous prévenir des premiers signes de la dépression.” “Il est un fait évident, mais rarement mentionné que l’attribution de l’intelligence dans ces scénarios est toujours le fait des technologies et non des personnes qui les utilisent. 3 sur 6 145 14/03/2013 18:13
  • 146. InternetActu.net » Sommes-nous encore autonomes ? » Print http://www.internetactu.net/2012/09/19/sommes-nous-encore-autonome... Contrairement à nous, ils sont susceptibles de devenir “plus intelligents” avec le temps. Les simulacres algorithmiques de l’empathie humaine sont l’avenir. En fin de compte, le but des créateurs de l’intelligence ambiante, des technologies de persuasion et de l’internet des objets n’est pas seulement de les rendre plus sensibles au contexte, de s’y adapter, de nous offrir des réponses personnalisées en temps réel, mais de deviner nos besoins futurs (voir La capacité prédictive de nos systèmes sociotechniques va-t-elle tuer notre libre arbitre ? [18]). Comme un collaborateur du Nouveau Quotidien le note, finalement ces technologies visent à “anticiper vos désirs sans médiation consciente”. C’est le summum de l’efficacité : voir ses besoins et désirs prévus et les vicissitudes de futures possibles expériences contrôlées.” Notre jugement est-il déjà façonné par les algorithmes ? “Les philosophes doivent-ils suivre cette vision ?”, s’interroge Christine Rosen. “Les êtres humains sont les produits de la technologie tout comme la technologie est un produit des êtres humains”, écrit Verbeek. “Les promoteurs de l’intelligence ambiante et des technologies persuasives souhaitent identifier, quantifier et tracer tout ce qui concerne l’expérience ordinaire dans l’espoir d’améliorer la vie des gens”, souligne Christine Rosen. Mais en externalisant tant d’aspects de notre vie quotidienne à la technologie, nous faisons un choix moral. Nous remplaçons le jugement humain par des algorithmes programmés qui appliquent leurs propres normes et les normes de notre comportement, habituellement dans le but d’une plus grande efficacité, d’une plus grande productivité et d’une vie plus saine.” “Mais en révélant comment fonctionne la machine humaine, ces technologies sapent une qualité humaine cruciale (même si elle est souvent décriée) : la tromperie de soi”, estime Christine Rosen. “Bien sûr, la tromperie de soi est inefficace. Elle pose des problèmes – ce qui explique pourquoi les technologues voudraient la remplacer par l’apparente honnêteté des données, qui, une fois traitées, promettent de nous connaître mieux que nous-mêmes. Mais être humain est une affaire compliquée. Faire preuve de jugement et de maîtrise de soi, apprendre les normes sociales complexes qui signalent un comportement acceptable sont aussi les choses qui nous rendent humains. Nous ne devrions pas avoir besoin ou envie de compter sur un capteur pour le faire pour nous. Les hypocrisies quotidiennes et les compromis qui rendent la vie supportable (même s’ils ne sont pas toujours honnêtes) sont précisément ce que l’intelligence ambiante et les technologies persuasives espèrent éliminer. Le droit de ne pas savoir certaines choses (comme c’est le cas des tests génétiques, du droit à l’oubli…) est aussi d’une importance cruciale (si ce n’est plus) à notre époque que la poursuite vorace d’information et de transparence.” En “améliorant” qu’allons-nous perturber ? “Or, Verbeek est d’accord avec les technologues pour dire que la tromperie de soi est intéressante à contrôler ou à éliminer”. Ce qui n’est pas si sûr, estime Christine Rosen. “Il ne s’intéresse pas non plus à une question plus large : est-ce parce que nous pouvons faire quelque chose que nous devrions le faire ? Si quelque chose est possible, est-elle pour autant souhaitable ? Dans The Demon Forlorn, le poète Allen Tate [19] déclare : “Nous ne pouvons plus demander “est-ce juste ?”. Nous demandons : “est-ce que cela fonctionne ?”" “Dans notre engagement avec la technologie, nous devrions passer plus de temps à répondre à la première question, alors que nous vivons des vies toujours plus médiatées qui nous demandent sans relâche une réponse à la seconde”, conclut Christine Rosen. La technologie doit-elle nous aider à mieux comprendre les relations interpersonnelles ? Doit-elle nous aider à les “améliorer” ? Et en les améliorant, qu’allons-nous perturber ? Si demain nous sommes plus conscients des signaux non verbaux que nous échangeons de manière souvent inconsciente, qu’est-ce que cela va modifier dans nos interactions sociales ? Cela va-t-il juste “améliorer l’efficacité de nos échanges” ? Changer nos relations sociales ? En s’immisçant toujours plus intimement, les technologies se proposent de changer notre rapport aux autres et à nous-mêmes… Sauf qu’on a tendance à ne vouloir en voir que le côté positif, pas les dégâts que ces changements vont produire. Hubert Guillaud 8 Comments To "Sommes-nous encore autonomes ?" #1 Comment By fm On 19/9/2012 @ 9:01 Algorithmes, données, computation,… tout cela n’est pas simple. 4 sur 6 14/03/2013 18:13 146
  • 147. Big Brother veille sur votre santé — www.electriclove.info — Readability http://www.readability.com/articles/kzo34ihz electriclove.info Les outils technologiques électroniques que nous possédons dans nos maisons sont d’une telle sophistication qu’ils peuvent rendre des services insoupçonnés, dont les scientifiques n’osaient même pas rêver il y a moins d’une décennie. C’est le cas de l’iPad, dont la caméra est si sensible qu’un logiciel peut en interpréter les images pour déterminer le rythme cardiaque d’un individu et sa fréquence respiratoire. Vital Signs de Philips La société néerlandaise Philips, qui possède une forte expertise des systèmes d’imageries médicales professionnelles, vient de rendre disponible une application de ce type pour le grand public. Elle se prénomme Vital Signs et il ne vous en coûtera que 0,79 euros pour pouvoir vérifier en quelques secondes votre pouls, et l’envoyer via Facebook à tous vos amis ! Cela peut paraître un peu gadget aujourd’hui, mais on peut imaginer les futures applications d’une telle technologie, par exemple pour la surveillance à distance des personnes âgées isolées. Il suffirait d’une webcam pour s’assurer que votre grand-mère cardiaque va bien, et en cas d’alerte des secours pourrait être immédiatement dépêchés sur place. C’est bien l’objectif du groupe néerlandais, qui cherche à commercialiser des licences d’utilisation de cette technologie. La version iPad n’est donc qu’un début. Remonter à la source : Vital Signs Camera App of Philips Original URL: http://www.electriclove.info/2011/big-brother-veille-sur-votre-sante/ 1 sur 1 147 14/03/2013 18:14
  • 148. L'avenir du high-tech médical à domicile http://www.paristechreview.com/2011/10/12/avenir-high-tech-medical... McKinsey Quarterly / Rédaction / October 12th, 2011 SYNDICATED FROM McKinsey Quarterly health and medical research technology adoption Avec le vieillissement de la population et la transformation de pathologies aiguës en maladies chroniques, le nombre de patients va grandissant. La dernière génération d'appareils médicaux pourrait aider à les soigner à domicile plutôt que de les envoyer dans des établissements spécialisés. Cela représenterait des économies substantielles pour les systèmes de santé publique. Pourtant, ce marché est loin d'avoir exprimé tout son potentiel. Prenons l’exemple des Etats-Unis. Les soins à domicile y représentent environ 3% des dépenses de santé du pays, soit 68 milliards de dollars par an. Le marché progresse d’environ 9% par an: une croissance solide mais sans être remarquable, d’autant que la main d’œuvre – principalement des infirmières et des auxiliaires de vie – représente environ les deux tiers des dépenses, et que la surveillance à domicile n’en représente qu’une toute petite partie. Ce développement relativement modéré du marché s’explique par un nombre significatif d’obstacles financiers et opérationnels: non alignement des organismes fournisseurs et payeurs, nécessité de repenser la proposition de valeur clinique, et d’imaginer des produits attractifs et facilement utilisables par les patients. Les nouvelles technologies jouent un rôle central dans l’expansion du marché des soins à domicile. Historiquement, la majeure partie des équipements de santé à domicile se composait de matériel médical durable: déambulateurs, fauteuils roulants, barres murales, tapis de sécurité etc. Ces équipements ont rendu possibles les soins à domicile de base, mais ne pouvaient se substituer à des centres de soins spécialisés aux capacités bien plus sophistiquées, comme la présence d’infirmières de garde dans les établissements de longue durée. Ces dernières années, cependant, de nouvelles technologies ont fait leur apparition et peuvent permettre d’introduire des soins de pointe au cœur même des foyers des patients, que ce soit par des moniteurs connectés à Internet, des applications médicales sur téléphones mobile, ou encore la télémédecine. L’usage de ces technologies se développe chaque jour à travers le monde. L’utilisation des technologies du maintien à domicile ouvre des perspectives prometteuses pour ralentir la progression des dépenses de santé. Néanmoins, bien au-delà de l’aspect économique, le principal apport des soins à domicile est de permettre aux plus âgés de vivre la période de soins au sein de leur propre foyer, ce qui leur procure souvent, ainsi qu’à leurs proches, un bénéfice moral. Parmi les conditions de succès d’un tel dispositif, les acteurs du secteur doivent développer des modèles de remboursement plus équitables, afin qu’il y ait des incitations à contribuer au développement du marché. Les fabricants d’appareils médicaux doivent pour leur part se concentrer sur des technologies faciles d’utilisation, avec un impact 1 sur 6 14/03/2013 18:14 148
  • 149. L'avenir du high-tech médical à domicile http://www.paristechreview.com/2011/10/12/avenir-high-tech-medical... réel et mesurable sur l’état des patients. Toutes les parties prenantes, fabricants d’équipements médicaux, assureurs, médecins, hôpitaux, régulateurs, doivent avoir une vision claire de ces enjeux afin d’optimiser l’investissement dans les soins à domicile. La croissance de ce marché, tant à l’échelle locale qu’internationale, représente une opportunité pour tous les acteurs. Les bénéfices de l’utilisation des technologies de pointe L’objectif des technologies du maintien à domicile – fourniture de diagnostics ou de thérapies au domicile du patient – est de prévenir ou de réduire le besoin de soins au sein d’établissements spécialisés, permettant ainsi d’alléger la charge financière, mais surtout affective et morale qu’ils impliquent pour le patient et son entourage. Leur efficacité découle du fait que certaines maladies chroniques, notamment, sont mieux traitées par la surveillance et par des interventions à domicile, plutôt que dans des environnements spécialisés. Bien sûr, le segment des plus de 65 ans constitue le gros de la population des soins à domicile et alimente la croissance du marché. L’expérience des soins vécue par cette population passe principalement par quatre environnements: leur résidence, les maisons de retraite, les établissements de soins intensifs (les hôpitaux) et les établissements consacrés à la prise en charge de longue durée, tels que les maisons de repos, avec infirmiers de garde, ou les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD en France). Habituellement, les patients passent d’un établissement à un autre en fonction de facteurs cliniques ou économiques. En effet, passer de son foyer à un espace consacré à l’aide à la personne, comme une maison de repos, est typiquement lié à une baisse progressive des capacités cognitives ou physiques; passer de chez soi ou d’une maison de repos à un lieu de convalescence active est généralement dû à un événement accidentel, comme une fracture ou une crise cardiaque; enfin, passer de chez soi, d’une maison de repos ou d’un centre de soins actifs à un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes est souvent lié à une difficulté clinique ou financière (par exemple, un diagnostic de démence sénile ou autre maladie chronique, ou une insolvabilité). Le principal intérêt des soins high tech à domicile est de prévenir ou retarder le moment où les patients glissent vers un stade de médicalisation intensive ou de longue durée. Bien sûr, les technologies utilisées dans les soins à domicile ne peuvent pas couvrir tous les facteurs pouvant conduire à de telles situations – par exemple, un traumatisme dû à un accident de voiture échappe à leur champ d’action. Les pathologies susceptibles d’être traitées avec succès par une médicalisation technologique à domicile répondent à trois critères: . elles sont chroniques et durent plusieurs années (plutôt que quelques jours ou quelques mois); . elles peuvent être prévenues ou traitées par des protocoles faciles à suivre et à reproduire, via des instructions étape par étape, pour que des personnes n’appartenant pas au corps médical puissent accomplir les bons gestes; . elles ne sont pas de nature intensive (elles ne nécessitent pas une attention ou une surveillance humaine 24 heures sur 24). Le diabète, l’hypertension, l’insuffisance cardiaque congestive, les maladies pulmonaires obstructives chroniques tout comme la prévention des fractures sont des pathologies à forte prévalence qui répondent à ces critères: les soins à domicile de pointe sont particulièrement adaptés dans ces cas. Choisir le bon modèle économique Aux Etats-Unis, les technologies de maintien à domicile n’ont jusqu’ici été adoptées avec 2 sur 6 149 14/03/2013 18:14
  • 150. L'avenir du high-tech médical à domicile http://www.paristechreview.com/2011/10/12/avenir-high-tech-medical... succès que dans quelques environnements spécifiques: les systèmes intégrés d’acheteurs et fournisseurs tels que Kaiser Permanente (à travers sa filiale KP OnCall) et les centres médicaux du ministère américain des Anciens Combattants (US Department of Veterans Affairs), à travers son programme Care Coordination/Home Telehealth. Or l’intérêt de ces programmes est de plus en plus reconnu: une étude menée en 2008 pour évaluer Telehealth a révélé que les hospitalisations avaient diminué de près d’un cinquième grâce à ce programme, alors que son coût était jusqu’à deux fois moins élevé que celui des alternatives. Au vu du gisement d’économies qu’elles représentent, pourquoi le recours aux technologies du maintien à domicile est-il si peu répandu? Nous avons identifié huit facteurs de succès, pouvant être regroupés en trois catégories. Ces huit facteurs doivent être réunis simultanément pour qu’un modèle soit économiquement viable. Les nouveaux entrants sur le marché des technologies du maintien à domicile ont tout intérêt à porter un regard critique sur leur offre, afin de vérifier que ces conditions font partie intégrante de leur modèle. Les conditions financières 1. L’alignement des fournisseurs de soins et les organismes payeurs. Les remboursements d’hospitalisations épisodiques pour des patients souffrant d’insuffisance cardiaque congestive, par exemple, ne sont pas alignés avec ceux des programmes de soins high tech à domicile gérés depuis l’hôpital: chaque patient que l’on peut maintenir à domicile génère donc moins de revenus pour les hôpitaux. Une raison essentielle de la réussite du modèle intégré payeursfournisseurs (tels que celui du US Department of Veterans Affairs) dans la médicalisation high tech à domicile est leur modèle de remboursement par capitation – l’indexation est calculée par patient et par an – de sorte que chaque patient qui évite l’hospitalisation représente un bénéfice global. Les parties prenantes, notamment les payeurs et les fournisseurs, doivent coopérer pour s’assurer que les incitations à recourir aux technologies appropriées sont alignées. Cela implique soit de créer de nouveaux modèles de remboursement, comme subventionner directement l’utilisation de technologies médicales à domicile, soit d’adapter des modèles existants, avec par exemple des remboursements groupés couvrant un ensemble complet d’activités cliniques à travers divers centres de soins. 2. Le rapport coût – utilité. Le retour sur investissement des technologies de soins à domicile doit être clair pour les patients et, lorsqu’il ne s’agit pas d’eux-mêmes, pour les organismes payeurs. Par exemple, les logiciels personnels de suivi de santé destinés aux patients individuels restent impopulaires parce que chaque utilisateur doit renseigner manuellement un grand nombre d’informations, alors même que les bénéfices qu’il en tire restent ambigus. A l’inverse, si les glucomètres personnels, qui mesurent la concentration de sucre dans le sang, ont connu un franc succès, c’est parce que l’utilité qu’ils apportent au patient est évidente et immédiate. Facteurs d’efficacité 3. Un impact significatif. Une technologie de soins à domicile doit faire pencher la balance dans l’évolution clinique d’un patient médicalisé; si, à l’inverse, elle se contente de fournir des informations qui ne peuvent changer le cours de la maladie ou la progression du traitement, sa valeur est négligeable. La surveillance du poids d’un patient souffrant d’insuffisance cardiaque congestive, par exemple, alertera très efficacement les cliniciens d’une aggravation imminente de cette pathologie. En revanche l’interprétation qu’on fera à la maison n’est en rien utile si une nouvelle douleur thoracique survient chez un patient en convalescence de crise cardiaque: dans ce cas, la seule marche à suivre reste de se rendre à l’hôpital. 3 sur 6 14/03/2013 18:14 150
  • 151. L'avenir du high-tech médical à domicile http://www.paristechreview.com/2011/10/12/avenir-high-tech-medical... 4. Une fonction d’activation. La simple observation ou le signalement d’un événement n’est pas suffisant: toute technologie de soins à domicile doit être accompagnée d’une possibilité d’action – que ce soit celle d’un dispositif, d’une infirmière ou du patient lui-même – lorsqu’une intervention est nécessaire. Si en effet l’intervention d’une infirmière provoquée par une prise de poids alarmante chez un patient en insuffisance cardiaque congestive est une action efficace, l’affichage d’une page Web autonome indiquant la récente prise de poids d’un patient tout en le laissant ce dernier seul juge du diagnostic est évidemment inefficace. 5. Le rapport au temps. Les technologies des soins à domicile doivent être suffisamment rapides et fiables pour guider la prise de décisions ou déclencher une intervention. Un accéléromètre porté en permanence, par exemple, détectera rapidement une chute; en revanche, cette capacité échappera à l’appel téléphonique quotidien automatisé qui vérifie si un patient est tombé chez lui. 6. Le fonctionnement en boucle fermée. Une technologie doit contenir une boucle de rétroaction fermée, afin de pouvoir mesurer des progrès par rapport aux objectifs et de vérifier si des actions efficaces ou des traitements ont réellement eu lieu. Sans cette dimension, la valeur réelle d’une technologie ne peut être ni démontrée, ni mesurée, ni optimisée. Une technologie qui, par le biais d’un appareil porté sur soi, fait remonter de l’information sur les activités physiques d’un patient en convalescence directement vers le dossier médical cybernétique d’un fournisseur fonctionne donc en circuit fermé. A l’inverse, une technologie qui renseigne ce même niveau d’activité physique d’un patient dans un système, cette fois-ci extérieur et nécessitant une authentification électronique indépendante pour le fournisseur, fonctionne, elle, en protocole ouvert. En l’absence d’un processus ininterrompu, la remontée d’informations peut être négligée ou non détectée du fait de la discontinuité des données. Pour remplir les critères d’un processus en boucle fermée, une technologie de soins à domicile doit être très étroitement associée à des processus et des outils garantissant que les mesures atteignent bien leurs destinataires en temps réel, et sur un mode aisément visualisable. Facteurs d’accessibilité 7. Fonctionnalité. Les technologies doivent être fonctionnelles et compréhensibles pour les utilisateurs au bon endroit et au bon moment; une interface utilisateurs mal conçue ou un appareil que l’on ne peut déplacer peuvent rendre un équipement inutilisable. Par exemple, un tensiomètre sans fil porté chez soi est immédiatement accessible, tandis que le tensiomètre sur socle d’une pharmacie de quartier l’est nettement moins. En outre, si une technologie n’a été testée que sur des populations spécifiques, ou dans des conditions particulières (comme les essais cliniques), il est capital de vérifier qu’elle pourra être transposée à plus grande échelle et dans des conditions réelles. 8. Répétition. Une technologie doit être utilisée fréquemment, en principe au moins une fois par jour, tout au long d’une maladie chronique, les technologies utilisées trop peu souvent ne parvenant pas à susciter des habitudes nouvelles chez les usagers à domicile, et finissent par être oubliées ou ignorées. Se peser sur une balance électronique est un geste facile à répéter jour après jour lorsqu’on souffre d’insuffisance cardiaque congestive. En revanche, un appareil effectuant une seule fois par an un examen de l’œil pour des patients diabétiques a une utilité trop intermittente pour justifier un usage domestique. Ce que l’avenir nous réserve Les années à venir verront vraisemblablement des changements significatifs dans le domaine de la médicalisation high tech à domicile. Pour que celle-ci soit plus largement adoptée, deux facteurs sont décisifs. 4 sur 6 151 14/03/2013 18:14
  • 152. L'avenir du high-tech médical à domicile http://www.paristechreview.com/2011/10/12/avenir-high-tech-medical... La réforme des systèmes de santé. Dans une période de tensions budgétaires générales, il est peu probable d’imaginer une augmentation de la couverture des soins à domicile. Le Bureau du Budget du Congrès américain estime par exemple que le Affordable Care Act de 2010 va représenter une économie cumulée de 39,7 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie sur les remboursements fédéraux des soins à domicile. Les payeurs, quant à eux, vont probablement se tourner vers des formes de paiement par tête plutôt que par service, et vers des modèles à risques mutualisés, dans l’espoir d’inciter les fournisseurs à subventionner les équipements technologiques et les services de soins à domicile. Des intérêts divergents entre payeurs et bénéficiaires constituent un frein important au développement des technologies de soins à domicile. Les patients ne seront susceptibles d’en bénéficier qu’à condition que les efforts de réforme parviennent à accélérer une synergie entre incitations, par exemple, à travers la création d’organismes de soins vérifiables (Accountable Care Organizations ou ACO aux Etats-Unis, des groupes de prestataires de soins coordonnés) ou à travers des paiements groupés entre organismes payeurs et prestataires. La diffusion des technologies de médicalisation à domicile dépend directement de cette concertation, car les filières qui reposent sur une main-d’œuvre qualifiée de personnel médical – pharmaciens, infirmières et médecins – sont les plus vulnérables en matière d’emploi face au développement prochain des technologies de soins à domicile. Un accroissement des bases des données disponibles. Alors que plusieurs programmes pilotes de soins à domicile technologiquement assistés ont été lancés au cours de la dernière décennie, les données se sont accumulées sur la valeur clinique et les retours sur investissement. Dans certains cas, les programmes pilotes de soins technologiques à domicile ont connu un succès incontestable; dans d’autres, ils n’ont pas su faire leurs preuves. Alors que la fraude reste un sujet de préoccupation majeur (le contrôleur général du Government Accountability Office américain a estimé à près de 48 milliards de dollars les demandes d’indemnisation irrégulières remboursées par le programme de santé Medicare pour l’exercice 2010, y compris les dépenses d’oxygénothérapie et autres demandes liées aux soins à domicile), le développement de ces technologies pourrait servir la lutte contre la fraude. Nous voyons dans les soins à domicile technologiquement assistés un potentiel de développement significatif. En effet, la charge combinée du vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques annoncent un marché important et voué à se développer. Pour cela, les parties prenantes doivent désormais trouver les bons modèles de remboursement et s’assurer que les technologies qui arrivent sur le marché font vraiment la différence, tant pour le patient qu’en fonction des objectifs de résultats. —— Basel Kayyali est directeur associé au bureau de McKinsey New Jersey, où Zeb Kimmel est consultant et Steve Van Kuiken, directeur associé senior. Les auteurs tiennent à souligner la contribution de Bob Kocher, Jeffrey Lewis, et Arsalan Tavakoli-Shiraji pour l’élaboration de cet article. Cet article a été publié à l’origine en anglais dans le McKinsey Quarterly Review, www.mckinseyquarterly.com. Copyright McKinsey & Company. Tous droits réservés. Traduit et republié sur autorisation. More on paristech review On the topic 5 sur 6 14/03/2013 18:14 152
  • 153. L'avenir du high-tech médical à domicile http://www.paristechreview.com/2011/10/12/avenir-high-tech-medical... Les centenaires seront-ils les quinquas de demain?By ParisTech Review on August 23rd, 2011 Le flop d’une technologie : pourquoi certaines technologies n’accrochent-elles pas?By ParisTech Review on April 14th, 2010 By the author Médias sociaux : six compétences que tout dirigeant se doit de maîtriseron March 8th, 2013 Les systèmes d’information au défi de la mobilitéon October 22nd, 2012 Vers une élaboration ouverte de la stratégie?on May 25th, 2012 This content is licensed under a Creative Commons Attribution 3.0 License You are free to share, copy, distribute and transmit this content 73 rue Sainte-Anne 75002 Paris, France - Email : contact@paristechreview.com / Landline : +33 1 44 50 32 89 6 sur 6 153 14/03/2013 18:14
  • 154. Diriger un bras robotisé par la pensée, c’est possible ! — www.presse-c... http://www.readability.com/articles/w7bndhnr presse-citron.net b y K EVI N Vendredi 18 mai Robots - 18 mai 2012 :: 07:00 :: Par Kevin Cathy Hutchinson, tétraplégique de 58 ans, a pu déguster un café par elle-même, comme bon lui semblait ou plutôt… comme elle le voulait. En effet, malgré sa paralysie, elle a contrôlé un bras-robot par la pensée. C’est un petit séisme pour le monde de la science, une bouffée d’espoir pour des millions de personnes. Après des années de recherche, l’Université Brown (en collaboration avec le Département américain des Anciens conbattants) vient de publier dans le magazine Nature du 16 mai dernier les fruits de leur travail, qui s’avèrent la plus grande avancée neuroprosthétique jamais réalisée. En 2004, la même équipe de chercheurs avait permis à un homme de déplacer un curseur de souris par la pensée (expérience semblable au système Brindisys). L’exploit de Cathy Hutchinson de porter un verre à sa bouche réside dans le fait d’avoir fait bouger le bras-robot dans l’espace, et non plus « en 2D », sur un écran. Le mouvement a été généré par les signaux de son cerveau, lesquels, après avoir été captés par une micro-puce implantée, étaient traduits dans un langage que la neuroprothèse pouvait interpréter. Cette expérience est donc une ligne de plus à ajouter à l’aventure cybernétique, dans laquelle l’éthique vient de plus en plus se frotter aux prouesses technologiques et humaines. Encore récemment, une femme paralysée des membres inférieurs parvenait à terminer une course de 42 kilomètres à l’aide de « jambes bioniques. » Leigh Hochberg (le neurologiste à la tête de cette étude), lui, est formel : « Quand cette femme victime d’un AVC a réussi à atteindre ce thermos plein de café et l’a mis à sa bouche, pour ensuite le reposer à sa place, le sourire sur son visage était significatif. » Et John Donoghue, neurobiologiste également, d’ajouter : « Nous aurons vraiment atteint nos objectifs lorsque quelqu’un qui a perdu sa mobilité [...] pourra interagir pleinement avec son environnement sans que personne ne sache qu’il emploie une interface cerveau-ordinateur. [Dans] moins d’une décennie. » 1 sur 2 14/03/2013 18:15 154
  • 155. L'internet des objets sera bien plus sociétal qu'individuel — sanscontac... http://www.readability.com/articles/j1aklnnd sanscontact.wordpress.com DEC. 13, 2 012 Objets connectés La conférence LeWeb 2012 a eu le mérite de mettre sur le devant de la scène médiatique le sujet de l‘Internet des objets. La radio, la presse écrite, les blogs se sont emparés du sujet et ont relaté les différents produits et objets de la conférence. Dans ce flot d’enthousiasme, certains chroniqueurs sont restés sceptiques, ne voyant dans ces objets connectés que gadgets de geek, sans utilité réelle. Les objets communicants ne sont pas nouveaux. Le concept de Communicator de Star Trek n’est pas très différent de nos smartphones actuels et la tablette TV utilisée dans 2001 l’Odyssée de l’Espace ou le Guide du Routard Intergalactique ne sont pas très éloignés de nos tablettes. Ces objets ont bien sûr depuis longtemps dépassés le stade de gadgets pour devenir indispensables. Dans l’internet des objets, l’objet connecté le plus connu est certainement le Nabaztag, le premier lapin connecté et première star médiatique de l’industrie. Nous avons également le réfrigérateur connecté à Internet qui se remplit tout seul en passant commande de ce qui manque et plus récemment la machine à laver se programmant également toute seule en reconnaissant le type de vêtements introduits dans son tambour. Il existe même un produit commercial permettant d’appairer correctement des « chaussettes dites intelligentes » taguées grâce à une application iPhone. Ces produits marquent les esprits, les média et les conférences mais on peut douter de leur utilité réelle. Sur la conférence, parmi les objets connectés présentés, il y avait le pèse-personne connecté Withings, Nest, un thermostat « intelligent », Muse, un bandeau « intelligent », Fitbit, un autre pèse-personne Wi-Fi et autres coachs électroniques et LifX des ampoules connectées. Certains d’entre eux comme les balances de Withings ou Fitbit, sont plus du ressort du « soi quantifié« , utilisant des capteurs pour capturer des données personnelles pour diverses raisons comme l’amélioration des performances ou le suivi d’un régime alimentaire. Chacun de ses produits a potentiellement son marché et son utilité. Réseaux de capteurs (c) Inria Ceci dit, comme nous l’avons déjà écrit sur ce blog, l’Internet des objets sera multiple et donc cet internet des objets, c’est bien plus que ces quelques objets connectés, en particulier dans le domaine de la santé et de l’écologie. Ce sont : des améliorations de notre environnement (air /eau) grâce à des mesures de pollution précises, localisées et économiques permises par de nouveaux capteurs de pollution, – Waspmote de Libellium – Citoyens Capteurs des arrosages de champs parfaitement dosés grâce à des capteurs d’humidité ce qui va 1 sur 3 155 14/03/2013 18:15
  • 156. L'internet des objets sera bien plus sociétal qu'individuel — sanscontac... http://www.readability.com/articles/j1aklnnd entrainer une utilisation plus efficicace d’une ressource de plus en plus rare, des incendies qui vont être maitrisés parce que l’alerte sera donnée à temps avec des capteurs de fumée disposés aux endroits stratégiques, des éruptions volcaniques détectées à temps grâce à des réseaux de capteurs déposés sur les flancs du volcans (voir schéma ci-dessus et article), des ponts et des bâtiments réparés voire évacués à temps parce que des capteurs auront mesuré des faiblesses ou des défaillances dans les structures, (voir schéma ci-dessous et article) des accidents de la circulation évitées parce que les voitures connectées comme la « Google car » seront plus attentives que nous le sommes, de l’énergie économisée dans les consommations de chacun d’entre nous, à la maison ou au bureau, d’eau, d’électricité, de gaz grâce au smartmeters, compteurs intelligents comme Linky, des poches de sang dont l’intégrité sera garantie grâce à des capteurs de température et que le chirurgien pourra donc utiliser avec confiance, des médicaments dont l’authenticité et l’efficacité seront garantis par des puces RFID, des enfants sauvés dans les contrées les plus pauvres et les plus reculées grâce à des mobiles équipés de « testeurs » médicaux qui permettront de diagnostiquer plus rapidement et donc agir. Pont intelligent (c) Bloomberg On peut même imaginer des capteurs qui, installés dans nos corps, mesureront les taux vitaux de nos organismes et préviendront notre médecin traitant à temps pour des traitements plus légers et plus efficaces. Sur ce dernier point, à tous ceux qui en lisant ces lignes ont pensé, « Quel cauchemar, jamais une puce en moi« , nous rappellerons que des millions de personnes vivent plus longtemps grâce à des stimulateurs cardiaques ou pacemakers, objets électroniques avec pile et sonde, implantés dans leur corps. Tous les projets ci-dessus existent ou sont en cours de déploiement. C’est cela aussi l’internet des objets, pas simplement des objets connectés à usage personnel comme présentés à la conférence LeWeb (1), mais des produits au service de tous sur la planète. Des millions de vies vont être améliorées, prolongées et sauvées grâce à un ensemble de technologies rassemblées sous ce terme. L’internet des objets est et sera personnel et commercial mais comprendra une dimension sociétale et planétaire, dans les domaines de la santé et de l’écologie, dimension qui est la vraie raison de l’importance de son déploiement. A suivre Pierre Métivier (1) En plus des objets cités précédemment, il y avait, à la conférence LeWeb, au moins deux sociétés qui participent à cet internet des objets plus global, sen.se et Sigfox dont nous avons déjà parlées dans ce blog Pour aller plus loin Livre Comptes rendus – Le Web 2012 WordPress: J’aime Chargement... 2 sur 3 14/03/2013 18:15 156
  • 157. InternetActu.net » “Quand les produits communiquent“, ou le retour du f... http://www.internetactu.net/2006/11/06/quand-les-produits-communique... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - “Quand les produits communiquent“, ou le retour du frigo RFID Posted By Jean-Marc Manach On 6/11/2006 @ 15:49 In Brèves,eBusiness,Economie et marchés,Rfid,Services | 1 Comment Depuis septembre, vingt familles danoises reçoivent chaque semaine un panier ménager dont la particularité est que tous les aliments sont dotés de puces RFID. Le projet, intitulé Helpful Food of the Future [1] (l’alimentation utile du futur), est financé par le ministère des sciences et technologies danois, et géré par l’Innovation Lab [2]. Son objectif : créer un lien direct entre le producteur et le consommateur, offrir des services et informations que ni les intermédiaires, ni les emballages, ne peuvent fournir, et leur permettre, par le biais de l’internet ou de SMS, de “pouvoir, à tout moment, communiquer [3] avec leur réfrigérateur“. Les producteurs pourront ainsi obtenir une traçabilité totale de leurs produits, et les consommateurs connaître dans les détails le trajet suivi “de la ferme à leur table“. Ils accèdent à une documentation complète concernant les labels, autorisations et contrôles sanitaires afférents (encore que le projet ne précise pas si producteurs et consommateurs ont accès aux mêmes informations et si la transparence va dans les deux sens). [4] Outre des recettes de cuisine et des informations plus précises sur les valeurs nutritionnelles, les particuliers pourront également être alertés des dates de péremption de la bouteille de lait, du moment le plus opportun pour faire cuire leur steack, des risques d’allergies et rappels de produits. Les consommateurs pourront également se servir de l’etiquette du produit pour envoyer un “feedback” aux producteurs, qui, de leur côté, pourront en profiter pour leur faire des suggestions d’achat, ou encore co-gérer leurs listes de course. Au final, c’est toute la chaîne traditionnelle de distribution des biens de consommation qui s’en trouve raccourcie, permettant à ces deux acteurs de ne plus dépendre des intermédiaires. Voir aussi, sur ces mêmes sujets : . La maison du futur et les nanotechnologies [5] . Adam Greenfield : l’informatique ambiante, “objet social involontaire” [6] . L’internet ambiant au défi du réel [7] . Sun teste la maison Internet à haut débit [8] 1 Comment To "“Quand les produits communiquent“, ou le retour du frigo RFID" #1 Comment By polus On 6/11/2006 @ 22:29 1 sur 2 157 14/03/2013 18:16
  • 158. Amateurs « Les quidams ont conquis Internet » Patrice Flichy • • • • • artistes en herbe fans malades business angels du dimanche bricoleurs 158
  • 159. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Qui sont donc les amateurs : l'analy... http://www.readability.com/articles/2vws0yhk rslnmag.fr NO V. 2 2 , 2 010 (Visuel : L'extension des « espaces de réception créatrice » : quand les fans détournent les productions manga Naruto, via la pratique du cosplay). Et si on laissait de côté, quelques minutes, la discussion sur la qualité des contributions des non-professionnels en ligne pour mieux comprendre les ressorts qui les poussent à participer ? Voilà la proposition, simple, formulée par Patrice Flichy, professeur de sociologie à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée et directeur de la revue Réseaux, dans Le sacre de l’amateur, publié en novembre 2010, dans la collection La République des Idées (éd. Le Seuil). Elle lui permet d'examiner cette question dans des perspectives plus lointaines, et, surtout, détachées des habituelles passions entretenues par les inconditionnels de l’UGC - comme de de ses contempteurs. Nous vous proposons un passage en revue de quelques-uns des points abordés dans son ouvrage par Patrice Flichy, sorte de mise en bouche avant la rencontre que nous organisons, ce mardi 23 novembre chez Microsoft, dans le cadre des Rencontres RSLN, avec Andrew Keen. – Les postulats de départ – Oublié le débat blogueurs vs journalistes, dépassé celui du Wikipédia vs Britannica, ringardisé celui techtoc.tv vs A vous de juger (au hasard) : Patrice Flichy ne cherche pas à apporter une pierre de plus au débat révolution vs contre-révolution numérique. Le constat, de toute façon, est posé dès les premières lignes : « Les quidams ont conquis Internet », écrit Patrice Flichy. C’est donc uniquement de l’évolution des pratiques amateurs dont il est question dans 1 sur 5 159 14/03/2013 18:21
  • 160. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Qui sont donc les amateurs : l'analy... http://www.readability.com/articles/2vws0yhk l’ouvrage. Soient celles comprises dans un espace que Flichy définit avant tout en creux, comme un « entre-deux » : « Le monde l’amateur que j’étudie dans ce livre est moins celui du mélange que celui de l’entre-deux. L’amateur se tient à mi-chemin de l’homme ordinaire et du professionnel, entre le profane et le virtuose, l’ignorant et le savant, le citoyen et l’homme politique » Et Internet, dans son ouvrage, tient plus de l’outil que de l’objet mythifié, paré d’a priori positivistes : « Internet facilite cet entre-deux : il fournit à l’amateur des outils, des prises, des voies de passage. […] Sur Internet, l’amateur peut non seulement acquérir des compétences, mais aussi les mettre en œuvre sous différentes formes.». Ces deux définitions posées, la « filiation » intellectuelle revendiquée de Flichy sur la question s’écarte logiquement des thèses développées par « les prophètes du web 2.0 », pour se situer en complément « des penseurs qui se sont intéressés aux compétences ordinaires de tout un chacun ». Et Flichy de citer notamment Richard Sennett (en photo ci-dessus), sociologue américain contemporain, enseignant à la LSE, et fervent pratiquant des récits de vie - voir une très bonne présentation de son dernier ouvrage « Ce que sait la Main. La culture de l’artisanat », sur le blog homo-numericus. Patrice Flichy étudie successivement les évolutions des pratiques amateurs dans trois domaines : les arts, la chose publique, et la connaissance. Son travail est nourri d’exemples concrets, principalement piochés dans des travaux de mémoire d’étudiants qu’il a manifestement dirigés (honnêteté à saluer en ces temps où le copier-coller universitaire semble progresser !) : la lecture est du coup agréable, concrète. Nous reprenons cette structure en vous proposant un exemple - tiré de l'ouvrage - pour chacun des chapitres. – Les arts – Un mot revient à plusieurs reprises dans ce chapitre pour présenter les possibilités offertes au public des amateurs par le numérique : le « braconnage ». Ce terme n’est pas à entendre en tant que déviance à la règle, au droit, mais dans un sens bien plus large. Celui de la marge de « réception créatrice » dont dispose l’amateur, qui, au passage, gagne un nouveau titre : « fan ». Car, entre modèle économique et pur effort de conceptualisation, Internet semble 2 sur 5 14/03/2013 18:21 160
  • 161. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Qui sont donc les amateurs : l'analy... http://www.readability.com/articles/2vws0yhk présenter une vertu clef aux yeux de Flichy : celui d’une extension de cet « espace de réception créatrice » : « L’ère numérique remet en cause le fonctionnement de la culture populaire industrielle, qui imposait que l’œuvre soit consommée sous la forme choisie par l’éditeur. Les fans retrouvent, au contraire, les pratiques de la culture préindustrielle où les contes pouvaient être réappropriés en permanence par les auditeurs et les lectures. Ainsi, le remix n’appartient plus à l’éditeur, mais au fan. Celui-ci ne prend pas seulement plaisir à consommer, mais à lire, écouter ou regarder comme bon lui semble. » C'est dans ce chapitre que le texte de Flichy se confronte le plus aux analyses sociologiques traditionnelles. Ainsi, Flichy soutient-il que le numérique remet en cause l’analyse sociologique classique du fan, basée sur une grille de lecture « bourdieusienne ». Soit celle, largement partagée aujourd’hui en sciences sociales, qui voit en lui un « représentant d’un public dominé asservi à la culture de masse et, plus particulièrement, aux produits à grand succès ». Un exemple : les détournements et les émulations collectives de « la communauté virtuelle des fans du manga Naruto sur Dailymotion », analysée par Erika Antoine dans un mémoire universitaire [non disponible en ligne]. Cette communauté réalise des clips à partir d’images issus dudit manga, dans la plus pure tradition de « l’Anime Music Video » (AMV). Petit exemple de production ci-dessous, visionnée à plus de 130.000 reprises : Et de discussions passionnées sur la question, sur le forum AMV. Commentaire de Patrice Flichy : « Les plateformes [de partage vidéo] permettent de donner une visibilité aux pratiques créatrices qui touchent aujourd’hui un public de masse. […] Les clips postés sur le site sont commentés : les auteurs reçoivent ainsi […] jugements […] conseils, pour réaliser tel ou tel effet, […] etc. . Il s’agit là d’une communauté d’apprentissage mais aussi […] de jugement et d’audience ». – La chose publique – Enfin, un peu de nuance ! Reconnaître Internet comme le lieu d’une « forme modeste mais capitale » d’action publique n’est pas si courant : les analyses sur ce sujet ne font souvent pas dans la nuance. Passant en revue les deux formes que peut revêtir Internet en matière politique – « dispositif d’expression et débat public » et « nouvelle configuration d’action » - Patrice Flichy 3 sur 5 161 14/03/2013 18:21
  • 162. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Qui sont donc les amateurs : l'analy... http://www.readability.com/articles/2vws0yhk reconnaît que « les registres d’action politique portés par Internet ne s’inscrivent pas dans la dynamique traditionnelle d’une action pérenne », qui reste celle « des partis ou des syndicats ». Et que toutes les « nouvelles formes démocratiques, même équipées avec les derniers outils informatiques, sont loin d’occuper une place centrale dans la vie publique. » Néanmoins, la « démocratie réticulaire » - comprendre : en réseaux - peut prendre deux visages bien réels : Celui de « l’aiguillon, qui oblige les élus à tenir compte du citoyen en dehors des temps forts électoraux ; [forçant] les journalistes à s’intéresser à d’autres événementsn moins évidents ou moins visibles.» Dans des situations « aujourd’hui plus restreintes », elle permet également au « citoyen oridinaire, amateur branché sur ses réseaux informatiques, [d’acquérir] un vrai pouvoir : il écrit sur des blogs qui deviennent des médias de référence, prend en charge des campagnes électorales qui sortent des sentiers battus. » Un exemple : #jeansarkozypartout. Mais si, souvenez-vous. – La connaissance – Un terme, qui n’est pas explicitement cité par Flichy, court tout le long de cette troisième et dernière partie. Celui de crowdsourcing, ou la sous-traitance de certaines tâches aux internautes. Flichy lui substitue des notions plus conceptuelles - la recherche « en plein air », qui repose sur « la colecte d’informations réunies par de nombreuses personnes dispersées dans des espaces multiples [où l’amateur] trouve facilement sa place », la distinction entre « intérêt à » et « intérêt pour », ou bien encore la « démocratie scientifique et technique ». Mais, au fond, la place qu’attribue Flichy à l’amateur dans le domaine de la connaissance est sans doute celle qui reste la plus restreinte : celle d’une expertise acquise « par l’expérience », qui ne substituera jamais à « l’expert-spécialiste ». « Dans Wikipédia, l’amateur se contente de vulgariser des savoirs qu’il n’a pas élaborés ; […] dans les sites d’échange sur la santé, les malades ne veulent pas se substituer aux médecins, mais mieux collaborer avec eux pour prendre leur santé en mains », affirme-t-il par exemple. Un exemple : Le site internet Patientslikeme, « modèle de construction participative de connaissances médicales », sorte de plateforme de crowdsourcing de renseignements sur les maladies rares, nourrie par des malades « anonymes » et qui fait l’objet d’une activité commerciale 4 sur 5 14/03/2013 18:21 162
  • 163. REGARDS SUR LE NUMERIQUE | Qui sont donc les amateurs : l'analy... http://www.readability.com/articles/2vws0yhk – en l’occurrence, la revente, par une entreprise, de résultats d’analyses sur les données collectées à l’industrie pharmaceutique. Décryptage de Patrice Flichy : « Toutes ces expériences visant à construire un espace public de santé permettent […] de passer de la juxtaposition d’un certain nombre de « je » […] à un « nous » capable de structurer des savoirs ou de prendre des positions collectives. […] Le web a permis aux patients non seulement de faire connaître à leur médecin les symptômes et souffrances associés à la maladie, mais de mettre en contact des malades dispersés et dévalorisés. » – Un point commun avec Andrew Keen : la nécessaire révolution des experts – Quel point commun y-a-t-il alors entre un Keen, longtemps dénonciateur de la « médiocrité » généralisée de l’UGC, et Flichy, l’universitaire des idées ? Eh bien il tient en un point. Celui de la nécessité de nouveaux spécialistes. Souvenez-vous ce que Keen nous disait à ce sujet : « Dans « l’ancien monde » - celui du XXe siècle, on va dire – vous pouviez être un universitaire perché dans votre tour d’ivoire, réfugié dans le douillet cocon de votre « chapelle », et professant votre savoir à des étudiants respectant totalement votre parole. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, je ne me situe pas sur ce terrain là, mais une chose est sûre : aujourd’hui, cette attitude n’est plus tenable, vous devez apporter votre autorité par la preuve plus que par le statut. La hiérarchie ne fait plus l’expertise, c’est la compétence qui la révèle. » Et lisez à présent les dernières lignes de l’ouvrage de Flichy : « La montée en puissance des amateurs peut […] être profondément déstabilisante pour les experts-spécialistes. Il est difficile pour l’enseignant d’avoir en face de lui des élèves qui contestent son savoir au nom d’informations recueillies dans des encyclopédies en ligne. […] Ces nouveaux rapports sociaux obligent le spécialiste à changer de position et de ton : ne pouvant plus imposer son savoir par des arguments d’autorité, il doit s’inscrire dans une relation plus égalitaire où il faut expliquer, dialoguer, convaincre, tenir compte des objections de ses interlocuteurs. » Sûr que l’on va en parler, ce mardi soir … . > Visuels utilisés dans ce billet : Naruto at Sakure-Con 2008, par heatbar, licence CC The Craftsman, par Ars Electronica, licence CC Naruto!, par Amigurumis, licence CC Layer#5, par alinssite, licence CC > Pour aller plus loin : Tous nos articles sur les rencontres RSLN Original URL: http://www.rslnmag.fr/post/2010/11/22/qui-sont-donc-les-amateurs_l-analysede-patrice-flichy.aspx 5 sur 5 163 14/03/2013 18:21
  • 164. InternetActu.net » La nouvelle science des amateurs » Print http://www.internetactu.net/2011/11/30/la-nouvelle-science-des-amateu... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - La nouvelle science des amateurs Posted By Rémi Sussan On 30/11/2011 @ 10:52 In Articles,Brèves,Communautés,Débats,Education et formation,Santé | 5 Comments La science est-elle le dernier bastion de la recherche individuelle ou devient-elle aussi l’enjeu des nouvelles technologies de la communication ? Doit-elle s’ouvrir aux perspectives de l’intelligence collective et adopter à son tour le “web 2.0 ? C’était un peu l’enjeu des questions posées mercredi 23 novembre à la faculté d’Orsay lors d’un séminaire du centre d’Alembert [1] où sont intervenus François Taddei [2] (@FrancoisTaddei [3]) chercheur à l’Inserm, directeur du Centre pour la recherche et l’interdisciplinarité [4] et responsable de l’initiative Universités X.0, et Thomas Landrain (@t_landrain [5]), doctorant à l’Institut en biologie synthétique [6] et cofondateur du biohackerspace de la Paillasse [7]. Les nouveaux défis de l’éducation à l’heure des nouveaux défis de la science Comment passer du questionnement individuel à l’exploration collective ? Beaucoup s’inquiètent aujourd’hui des mutations de l’enseignement supérieur. Tandis que le nombre d’étudiants augmente, les contenus des cours doivent voir leur qualité s’améliorer dans des limites budgétaires de plus en plus strictes, rappelle François Taddei. Là-dessus, les jeunes sont de moins en moins nombreux à vouloir poursuivre leur cursus dans les sciences. “Nous devons être en mesure de développer de nouvelles compétences, savoir coopérer, nous montrer créatifs, critiques, et ce, de manière constructive, car si en France nous sommes doués pour la critique, celle-ci se révèle beaucoup plus rarement constructive”, a souligné Taddei. Un tel changement de paradigme est rendu en partie possible par les nouvelles technologies. Un simple téléphone portable intègre aujourd’hui davantage de puissance de calcul que la Nasa n’en possédait quand elle a envoyé l’homme sur la lune. Or aujourd’hui, rien n’est plus facile que de transformer un téléphone en microscope en lui incorporant des lentilles, voir d’en faire un labo portatif. Toute la question est de savoir quels changements de telles technologies apportent-ils à la pratique de la science ? Tout n’est pas uniquement question d’ordinateurs. La connaissance aussi s’accroit dans de folles proportions . Depuis les années 1700, le nombre de journaux scientifiques s’est accru de manière exponentielle. Ce qui nous éloigne de l’idéal du génie solitaire capable d’embrasser l’ensemble des connaissances de son époque. Aujourd’hui nul ne peut connaître “toute” la physique. De manière générale, personne ne maîtrise tous les aspects d’un domaine : la seule solution consiste à s’inscrire dans divers réseaux réunissant différents experts. Il faut aussi compter avec des “robots scientifiques”, capables d’analyser les données, de planifier l’expérience suivante. Mais forme-t-on les doctorants à s’adapter aux machines ? Du jeu d’échecs à la recherche scientifique Taddei s’est longuement penché sur le jeu d’échecs en tant que métaphore du futur. Dans sa jeunesse, les joueurs battaient relativement facilement les ordinateurs. C’était avant que Deep Blue ne l’emporte sur Kasparov en 1996. Cette année-là, The Economist titrait “Si votre métier ressemble à un jeu d’échecs, changez de métier”. Aujourd’hui l’existence de robots généticiens implique-t-il la condamnation du travail scientifique ? Pas vraiment. Ainsi, après sa défaite devant Deep Blue Kasparov a conduit diverses 1 sur 6 14/03/2013 18:24 164
  • 165. InternetActu.net » La nouvelle science des amateurs » Print http://www.internetactu.net/2011/11/30/la-nouvelle-science-des-amateu... expériences montrant comment nous pouvions interagir avec les machines. La première a déjà été abordée par Xavier de la Porte dans les colonnes d’InternetActu [8]. Pour résumer, elle a établi que le jeu d’échecs garantissait la victoire à la meilleure paire homme-machine, pas au meilleur joueur ou à la meilleure machine. Taddei a mentionné une autre expérience très intéressante, car mettant en scène l’intelligence collective et exposant simultanément ses limites et sa puissance. Il s’agit de la compétition “Kasparov contre le reste du monde” [9]. Derrière cette appellation plutôt comique (voire comics tant ce titre évoque une BD de chez Marvel) se cache une expérience fascinante. Lors d’un match contre “le reste du monde”, un maître d’échecs lutte contre une communauté de joueurs dispersés sur toute la planète. Pour jouer, la communauté doit voter pour meilleur coup proposé. Kasparov n’était pas le premier à lancer dans ce genre de tentatives. Karpov l’avait précédé, et avait sans difficulté écrasé son adversaire multicéphale. La plupart des coups votés étaient inférieurs à son niveau, et un petit pourcentage de propositions de coups n’était pas jouable. Mais quelques années plus tard, Kasparov dut faire face à l’une des plus difficiles parties de sa vie. Qu’est-ce qui avait changé entre temps ? Un petit point de règle essentiellement. Dans le combat contre Karpov, le “reste du monde” ne disposait en tout et pour tout que de 10 minutes pour voter. Contre Kasparov, il lui fut accordé 24 heures, ce qui laissait aux joueurs le temps de s’organiser. Parmi eux, une jeune championne de 15 ans qui avait mis au point une architecture logicielle permettant de comparer et coordonner les propositions de coups des différents participants. Du 9e au 51e coup, ses conseils furent suivis par la communauté et Kasparov se sentit gravement menacé. Au 52e coup, “le reste du monde” négligea la suggestion de la demoiselle, et cette erreur permit à Kasparov de reprendre l’avantage. Cette histoire montre le passage entre la bêtise collective et l’intelligence collective, coordonnée, organisée sans pour autant impliquer d’autorité centralisatrice, explique Taddei. Ce pouvoir de l’intelligence collective, Taddei l’a découvert lors de ses recherches en biologie moléculaire, alors qu’il étudiait l’évolution des bactéries et leur croissante résistance aux antibiotiques. Les micro-organismes se sont montrés capables non seulement d’évoluer pour survivre à leur adversaire, mais de trouver de nouveaux moyens d’évoluer pour parer les attaques futures. Comment ont-elles réalisé une telle performance ? Simplement en échangeant des informations. De fait, le monde bactérien constitue un gigantesque réseau biologique de taille mondiale. Et cet échange, précise Taddei, s’effectue sans ministère centralisé ! Taddei a cité de nombreux exemples de “science 2.0 , comme cette collaboration entre des membres de Patient Like Me et des chercheurs, qui contribue à invalider une hypothèse scientifique. De toutes les manifestations de cette “science 2.0 (au rang desquels on retrouvera Foldit [10]), le cas le plus spectaculaire reste sans doute celui des plus jeunes auteurs d’une publication scientifique [11] âgés de 8 ans à 10 ans. Il s’agit des élèves de l’école primaire de Blackawton qui ont travaillé, sous l’égide de leur professeur, sur la reconnaissance des modèles par les abeilles. Les enfants, en menant leurs propres observations et expériences, ont découvert que les abeilles utilisaient une combinaison de couleurs et de relations spatiales pour décider quelle fleur butiner. Au-delà de l’intérêt réel de leur étude, le point le plus notable est peut-être, a affirmé Taddei, la conclusion de leur article, comme quoi “la science peut être cool et fun”. François Taddei a terminé son intervention en présentant une compétition étudiante pour créer les meilleurs jeux scientifiques dans la tradition de Foldit. La nouvelle attitude scientifique, exploratoire, fun, procédant souvent un peu à l’aveuglette, Taddei la nomme la “science de nuit”, en reprenant une expression du célèbre biologiste François Jacob. Si la science de jour est celle des publications, des cours en amphi, la science de nuit, tâtonnante, ludique, est un domaine auquel peuvent participer l’ensemble des citoyens, y compris les plus jeunes. DIYBio exploratoire et constructive Thomas Landrain est venu présenter son nouveau hackerspace, la Paillasse [7], premier du genre en France. A ses yeux, il existe deux grandes raisons de se livrer à la “Do It Yourself Biology” : on peut le faire pour des raisons idéologiques (en établissant en biologie un équivalent du libre en informatique), ou simplement en tant qu’amateur, pour se former et pour le plaisir. Sa conférence a surtout concerné les amateurs, pour qui le domaine de la science a toujours été un terrain de jeu. Il existe déjà bien des hobbyistes en chimie, en astronomie, en conception de fusées. Une illustration particulièrement impressionnante dans ce domaine est celui de cette recréation d’un 2 sur 6 165 14/03/2013 18:24
  • 166. InternetActu.net » La nouvelle science des amateurs » Print http://www.internetactu.net/2011/11/30/la-nouvelle-science-des-amateu... modèle à l’échelle du dixième de la fusée Saturne 5 [12] (qui a servi à envoyer l’homme sur la lune), et qui fut achevée et lancée en 2009. Aujourd’hui la communauté DIYbio s’étend sur toute la planète. Elle est présente dans la plupart des pays développés, bien sûr, mais fait notable, on la trouve également dans les pays en voie de développement, où elle peut jouer un rôle tout à fait important. Un exemple en est un hackerspace du Nicaragua qui a mis au point un procédé de distribution de médicaments par inhalation. Certains produits sont en effet absorbés sous forme de vapeur et nécessitent un système de masque assez complexe. Les hackers du Nicaragua ont pu mettre au point une machine équivalente à bas prix en utilisant des petites pompes à vélo. Thomas Landrain a divisé les activités de la DIYbio en deux grandes catégories : la biologie exploratoire et la biologie constructive. La première consiste à découvrir notre environnement et notre corps. Un exemple en est le projet BioWeatherMap” [13], qui consiste à cartographier, au fil des saisons, les organismes peuplant certains microsystèmes d’une ville, comme observer la présence de bactéries sur un unique pylône. Une autre direction prise par la biologie exploratoire est la génomique personnelle, l’étude de nos propres constitutions physiologiques ou génétiques. A noter que Jason Bobe [14] le créateur du mouvement DIYBiology (qui a donné il y a une quinzaine de jours une conférence [15] au théâtre de la Gaité Lyrique, sous la houlette de La Paillasse) est également l’un des acteurs principaux du projet “Personal Genome”, déjà présenté dans nos colonnes [16]. Car la génomique personnelle ne se limite pas à 23andMe [17] et consorts. Il faut parfois mettre la main à la pâte. Certaines informations ne sont pas disponibles sur 23andMe, a expliqué Thomas Landrain. Et de citer d’une jeune femme qui soupçonnait chez elle la présence d’une maladie génétique l’hémochromatose [18], dont son père était atteint. Le test médical coûtant trop cher, elle a décidé de créer le sien propre. A côté de la biologie exploratoire, on trouve la “biologie constructive”. Cette activité consiste essentiellement à fabriquer à bas prix des outils généralement réservés aux laboratoires haut de gamme de biotechnologie. Nous avons déjà parlé d’openPCR, de LavaAmp ou de l’Opengelbox [19]. Thomas Landrain a également évoqué la “Dremelfuge” [20] une centrifugeuse basée sur une simple perceuse. Mais avant tout, et sur ce point, Thomas Landrain rejoint les préoccupations de François Taddei : la DIYbio est une “science de nuit”, qui permet à des amateurs de contribuer à la recherche. De fait, cette année, pour la première fois, un biohackerspace, GenSpace [21], comportant parmi ses participants des élèves de collèges et lycée, a pu participer à la fameuse compétition de biologie synthétique IGEM [22], réservée en général… aux universités. Certes, tout cela n’est pas sans susciter des inquiétudes, d’où la nécessité de mettre au point un code éthique pour ces laboratoires d’un nouveau style. Plusieurs réunions du mouvement DIYbio ont ainsi établi des règles de bonne conduite, une série de principes fondamentaux sur lesquels baser leur activité. Au premier plan, la transparence, qui implique que toutes les activités dans ce domaine doivent être intégralement publiées et documentées. Des aspects tout aussi importants sont, entre autres, la mission éducative et l’accès ouvert à tous, sans oublier, bien évidemment, l’exigence de ne se livrer qu’à des opérations sans danger. Mais la réflexion éthique ne devrait sans doute pas rester l’apanage des biohackers, et l’État devrait à son tour s’interroger sur la moralité de certaines de ses lois. Comment expliquer, a rappelé Landrain, qu’aujourd’hui en France, demander un test à 23andMe pourrait (théoriquement) coûter un an de prison et 15 000 euros d’amende ? Une loi qui partait certes au début d’une bonne intention mais qui demanderait aujourd’hui à être révisée : en effet l’article 226-25 [23] du code pénal ne fait pas la différence entre les test génétiques effectués pour soi même ou sur un autre. Naissance dun biohacklab français 3 sur 6 14/03/2013 18:24 166
  • 167. InternetActu.net » La nouvelle science des amateurs » Print http://www.internetactu.net/2011/11/30/la-nouvelle-science-des-amateu... En marge du séminaire, j’ai pu poser quelques questions à Thomas Landrain : InternetActu.net : Comment vous est venu le désir de créer la Paillasse ? Auparavant, étiez-vous déjà en contact avec les groupes américains travaillant sur la DIYBio ? Thomas Landrain : Ayant la chance de pouvoir m’épanouir tous les jours au sein d’un laboratoire de recherche, j’ai d’abord voulu offrir la possibilité à chacun de vivre cette même expérience. Nous nous sommes d’abord inspirés de la communauté DIYbio née aux USA et en s’appuyant sur la communauté des FabLab et Hackerspace Français, tout particulièrement le /tmp/lab [24] et l’Electrolab [25], nous avons pu faire émerger le premier laboratoire ouvert français pour les biotechnologies, la Paillasse. Nous sommes ensuite rentrés naturellement en contact avec le reste de la communauté internationale, en particulier lors du processus de fabrication de notre code de pratique et d’éthique, objet essentiel afin d’assurer la pérennité de nos activités. InternetActu.net : Comment avez-vous trouvé le matériel nécessaire au travail biologique ? Thomas Landrain : Principalement via des dons d’équipements obsolètes venant de laboratoires privés, publics ou particuliers. Nous avons bénéficié jusqu’à maintenant de l’aide matérielle du Genopole d’Evry [26] et de la Mairie de Paris. Notre existence et nos activités ne sont aujourd’hui possibles que grâce à ces apports extérieurs, nous ne les remercierons jamais assez. InternetActu.net : Donc vous n’avez pas utilisé les outils “DIY” comme openPCR [27], n’êtes pas passé par Ebay, etc. ? Pensez-vous qu’il est vraiment possible aujourd’hui de se livrer au “biopunk” avec des outils “bricolés” ou “open” ? Thomas Landrain : Nous n’avons pas eu besoin d’acheter une openPCR grâce aux dons de matériel, mais il s’agit là d’une exception. La plupart des projets développés au sein du DIYbio reposent sur la capacité de leurs créateurs à pouvoir recréer et détourner l’équipement leur étant nécessaire. Nous sommes à peine capables d’imaginer à quoi ressembleront les biotechnologies de demain, en prenant Steve Jobs comme référence, il n’est pas improbable que des amateurs puissent à nouveau transformer le paysage technologique de leur génération grâce des structures comme La Paillasse. Car au-delà de l’aspect ludique et pédagogique certain du DIYbio, nous voyons apparaitre des technologies prometteuses comme des détecteurs d’arsenic dans l’eau potable, des yaourts détectant des contaminations à la mélanine, de nouveaux moyens de visualisation et de compréhension de nos données génomique, de nouvelles capacités à comprendre notre environnement et le contrôler. InternetActu.net jusqu’où, selon vous, les adeptes de la DIYBio peuvent-ils aller ? Faire de la recherche fondamentale ? Mettre au point de nouveaux produits ou méthodes pour les pays émergents ? Thomas Landrain : Le DIYbio ne se destine pas à la recherche fondamentale par essence, mais cherche plutôt à manipuler et utiliser le savoir engrangé par l’humanité pour l’appliquer au développement d’outils et de technologies citoyennes. Des groupes équivalents à celui de La Paillasse commencent à naitre au sein de pays en voie de développement et donc pauvres. Leur existence est motivée par le développement de technologies biomédicales open-source pouvant être facilement fabriquées et réparées. Ceci dans le but de faire ainsi baisser les couts de maintenance des structures médicales sur place et leur dépendance aux technologies occidentales souvent trop couteuses et dont les services après-ventes sont difficiles à maintenir. InternetActu.net : Question inévitable sur la sécurité : vous ne souhaitez travailler, je crois, qu’avec des organismes inoffensifs. N’avez-vous pour autant rencontré des objections sur les risques que des groupes comme la Paillasse pourraient faire courir ? Que répondez-vous en général ? Thomas Landrain : La pratique sécurisée de la biologie est un point majeur sur lequel la communauté repose, tous les laboratoires DIYbio sont classifiés Niveau 1 pour la biosécurité, l’équivalent d’une cuisine commune en fait, c’est-à-dire que tous les échantillons biologiques que nous manipulons sont entièrement inoffensifs pour l’Homme et son entourage. En pratique il s’agit d’observer et d’utiliser des échantillons venant de notre environnement immédiat (notre corps, le sol…). Rien de plus. Propos recueillis par Rémi Sussan. 5 Comments To "La nouvelle science des amateurs" 4 sur 6 167 14/03/2013 18:24
  • 168. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... LE 3 AVRIL 2011 STÉPHANIE VIDAL Le chercheur Mark Suppes s'adonne à un loisir bien particulier, qui pose in fine la question de l'alternative à la technique utilisée actuellement dans les centrales. Rassurez-vous, ce n'est pas un savant fou. Mark Suppes et son Fusor. Musique, voyages et fusion nucléaire Depuis l’été 2010, Mark Suppes doit souvent rassurer les voisins de l’entrepôt qu’il a investi à Bedford–Stuyvesant : “ne vous inquiétez pas, je ne ferai pas exploser Brooklyn.” Les travaux de ce trentenaire hyperactif, chercheur obsessionnel et entrepreneur compulsif inspirent tantôt la crainte, tantôt l’espoir mais toujours l’étonnement car son petit hobby et sa grande passion, c’est la fusion nucléaire. Un soir de juin dernier, Mark Suppes est prêt à mettre en route son Fusor, ou plus précisément son Farnsworth-Hirsch Fusor du nom d’un autre autodidacte dont les bidouillages ont conduit aux premières expérimentations en fusion nucléaire et à l’invention de la télévision. Ce Fusor, Mark l’a construit lui-même à partir de pièces détachées qu’il a majoritairement achetées sur eBay. Le Fusor est un petit réacteur à fusion qui fonctionne selon le procédé de confinement électrostatique. Le nom est barbare mais la méthode est assez simple : on injecte dans une chambre à vide les atomes de deutérium qui serviront de combustible, on augmente le courant électrique afin que les atomes deviennent ionisés formant ce que l’on nomme un plasma. Ce plasma se trouve alors confiné dans le centre de la chambre à vide et si l’on a un peu de chance des atomes se rapprochent et la fusion prend. Et ça a pris ! A la suite de l’expérience, la capsule de fluorine scotchée sur la paroi du réacteur porte les stigmates du passage d’un neutron émis lors d’une fusion. Même s’il ne va pas faire sauter New York, il n’est pas illogique de s’inquiéter de la dangerosité du dispositif : Dans cette installation, c’est le courant à haute tension alimentant le réacteur qui est 1 sur 7 14/03/2013 18:22 168
  • 169. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... le plus dangereux. Quand on s’attelle à la fusion, il y a quand même quelques précautions à prendre et des consignes de sécurité à suivre. Pendant l’expérience je me suis éloigné du réacteur afin d’éviter les neutrons ou les rayons X, même s’ils ne sont émis qu’en faible quantité. La minuscule bulle d’air prisonnière de la fluorine atteste que la réaction a bien eu lieu et intronise Mark dans la communauté restreinte des amateurs ayant réalisés une fusion atomique. Déjà en 2006, Thiago Olsen – alors âgé de 17 ans – avait mis en émoi l’équipe enseignante de son lycée et le département de la santé du Michigan en réalisant une fusion dans le labo de physique. Mark est le trente-huitième mais n’est déjà plus le dernier membre en date. C’est que la liste a tendance a rapidement s’allonger. Fusion vs Fission Force est de constater que la fusion fascine. Sur la plateforme fusor.net, les “fusionnistes” se retrouvent pour partager méthodes, plans et projets. La communauté grandit lentement mais sûrement et des clubs bourgeonnent désormais dans les garages du monde entier. Les amateurs mènent leurs propres expériences en parallèle de celles des scientifiques – les vrais, les durs – qui tentent depuis les années 1950, de dompter les atomes autrement. Pour remettre tout cela en contexte, la fission est tout comme la fusion, une réaction nucléaire. La fission consiste à briser un atome lourd tel que l’uranium ou le plutonium en atomes plus légers. À l’inverse la fusion, se produit quand deux atomes légers comme l’hélium, le deutérium ou tritium (isotopes de l’hydrogène) s’assemblent pour former un atome plus lourd. Aujourd’hui, nous savons comment casser des noyaux atomes pour produire massivement cette énergie que nous utilisons avec gloutonnerie. Toutefois, l’histoire et l’actualité du Japon nous obligent à regarder la vérité en face : nous brisons bien plus que des atomes, que nous cherchions délibérément à nuire ou que nous persistions vainement à nous croire maîtres et possesseurs de la nature. Les États sont souverains dans le choix de leurs options énergétiques et les politiques en œuvre sont très contrastées à l’échelle mondiale : certains n’ont pas eu à se poser la question, d’autres ont pris la décision de s’en passer, d’autres encore de tenter de s’en passer, et les derniers, lourdement équipés, vont certainement devoir prendre leur responsabilités. La France avec ses 80 % d’énergie provenant du nucléaire – un triste record mondial – fait partie de ceux-là. Ces derniers temps, les dangers de l’énergie nucléaire nous sont cruellement rappelés chaque fois qu’une information émane de la centrale de Fukushima, faisant de la recherche d’autres moyens de production énergétiques autant une nécessité qu’une gageure. À l’instar de Mark Suppes, un nombre croissant de spécialistes pensent qu’une des meilleures alternatives au nucléaire n’est autre que le nucléaire. Ils voient ainsi dans la fusion un moyen à long terme de remplacer la fission. 2 sur 7 169 14/03/2013 18:22
  • 170. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... Lorsque j’ai découvert sur YouTube une conférence sur la fusion nucléaire donnée par Robert Bussard lors d’un Google Talk en 2006 [vidéo, en], j’étais entrepreneur depuis dix ans. Tout ce que j’avais tenté de mettre en place avait échoué au fil des années. Je ne cherchais pas spécialement à me lancer dans un nouveau projet mais j’étais curieux et bien disposé. En l’écoutant j’étais fasciné : il parlait d’énergie nucléaire abondante, propre et à faible coût. Sa méthode s’opposait non seulement à la fission tout en divergeant des recherches actuellement en cours dans le domaine de la fission. Tout ce qu’il disait m’a semblé vraiment plausible. Même si à ce moment là je n’y connaissais strictement rien en physique, son discours faisait sens. J’y ai vu la première idée véritablement excitante dans le domaine de l’énergie. Sur le papier – car ce sont bien de vieilles feuilles jaunies que Robert Bussard a projeté lors de cette intervention – l’idée est séduisante, élégante et dissidente. En effet il existe en théorie plusieurs types de combustibles utilisables, de réactions possibles et de méthodes envisageables pour bâtir les réacteurs qui les contiendraient. Au-delà de ces divergences sur lesquels nous reviendrons, les pro-fusion se retrouvent sur les grandes lignes quand il s’agit d’argumenter. Ils vantent les avantages du contrôle de la fusion nucléaire pour la production d’électricité en les confrontant à celui de la fission et de toutes les nocivités qui la caractérisent. À quantité de combustible égale la fusion serait bien plus puissante ; elle engendrerait trois à quatre fois plus d’énergie que la fission. Il y aurait suffisamment de combustible pour combler nos besoins énergétiques pendant quelques centaines de milliers d’années et, en fonction du combustible sélectionné, il n’y aurait pas ou peu de déchets radioactifs. Pour couronner le tout, la fusion ne ferait pas encourir des risques de réactions en chaine incontrôlées et incontrôlables. La raison pour laquelle l’ensemble est au conditionnel, c’est que tout cela reste purement théorique. Les bémols sont nombreux car si la fusion de noyaux atomiques est un phénomène anodin dans le soleil et les étoiles qui constellent le ciel, ce n’est pas du tout le cas sur notre bonne vielle Terre. La possibilité d’un réacteur Quand on demande à Mark comment fonctionne la fusion nucléaire sa réponse surprend par sa franchise, et peut-être est-ce son statut d’amateur qui le dispense de langue de bois : On me pose souvent cette question mais je suis bien embêté quand il s’agit d’y répondre. Je suis capable de vous expliquer comment marche un Fusor qui permet d’aboutir à une fusion, et j’ai ma petite idée sur le mécanisme d’un Bussard qui fournirait de l’énergie grâce à la fusion… Mais ni moi, ni personne ne sait vraiment comment ça fonctionne… D’ailleurs, le véritable problème est là : ça ne fonctionne pas ! Si j’étais capable de construire une machine permettant de générer et d’utiliser de l’énergie grâce à une fusion nucléaire je la construirais en ce moment même. Pour le moment nous ne savons pas la mettre en œuvre, mais nous ne cessons d’y tendre par nos expériences. Quand Mark dit “on”, c’est à la communauté des passionnées qui bricolent dans leur garage qu’il fait référence mais à l’ensemble des fusionnistes mettant dans le même panier les amateurs et les scientifiques qui planchent depuis des dizaines d’années sur la construction de réacteurs de fusion thermonucléaire. Le contrôle de la fusion nucléaire est perçu comme un enjeu considérable et nombreuses sont les nations de par le monde investissant temps et argent dans sa recherche et son développement. Cette recherche, comme nous l’avons dit précédemment, s’engage dans plusieurs directions. Celle qui a le vent en poupe auprès des gouvernements s’incarne dans les Tokamaks, des immenses structures expérimentales de confinement magnétique visant à contrôler le plasma. À ce sujet, le projet ITER est exemplaire et l’on note au passage que trois jours après l’accident de Fukushima la plateforme science.gouv.fr republiait un dossier datant de 2008 intitulé La fusion contrôlée, le rêve du nucléaire propre. Ce Réacteur Thermonucléaire Expérimental International en construction à Cadarache dans le 3 sur 7 14/03/2013 18:22 170
  • 171. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... sud de la France a pour objectif de “démontrer la faisabilité scientifique et technologique de l’énergie de fusion, et d’ouvrir ainsi la voie à son exploitation industrielle et commerciale”. France, Japon, Chine, Corée du Sud, Russie et États-Unis sont engagés depuis des années, l’Inde a rejoint un peu plus tard, le Brésil et le Kazakhstan ne demandent qu’à rallier l’équipe déjà constituée. Cette “expérience scientifique à très grande échelle” à un coût proportionnel. Estimée à 12,8 milliards d’euros pour la construction, 5,3 milliards pour les vingt années d’exploitation, 280 millions pour la période de cessation d’exploitation et 530 autres millions d’euros pour le démantèlement : la note prévisionnelle d’ITER est salée et le sera peut-être encore plus. Un joli rêve Si la théorie est communément admise, c’est encore sa faisabilité technique qui est testée avec ITER, en faisant donc un prototype et non pas un véritable réacteur capable de produire de l’énergie. La fusion nucléaire implique de grandes contraintes que nous ne savons pas encore résoudre. Par conséquent, les attaques fusent. Il faut d’abord convoquer de grandes quantités d’énergie afin de déjouer les forces qui repoussent naturellement les noyaux atomiques les uns des autres et rapprocher suffisamment les atomes pour provoquer une fusion. Bien plus d’énergie que la fusion ne génère en retour. Le fameux “break-even”, le point de rentabilité énergétique, se dérobe encore. Un Tokamak n’est pas non plus capable de produire la quantité de chaleur adéquate pour qu’opèrent des réactions aneutroniques de type PB-11 (Proton – Boron 11). Les réactions envisageables impliqueraient du deutérium et du tritium libérant des neutrons à grande vitesse. Il faudrait donc parvenir à constituer des matériaux spécifiques pour bâtir des enceintes de confinement capables de résister aux flux de ces neutrons et espérer que les bobinages supraconducteurs seront capables de tenir le choc pendant la durée de vie du réacteur, ce que des scientifiques comme feu Pierre-Gilles de Gennes mettent en doute. Enfin, beaucoup blâment les sommes investies dans ces projets perçus comme “des gouffres à fric” monumentaux et pensent que si jamais les machines atteignent un jour le point de rentabilité énergétique, elles ne parviendront jamais celui de rentabilité économique. Pour résumer, si parvenir à construire les structures et à rassembler les conditions adéquates pour générer une fusion relève de l’exploit dans un garage, sa mise en œuvre industrielle n’est clairement pas pour demain. Personne n’oserait fanfaronner en annonçant une date précise pour une production significative d’énergie par ce moyen. Nombre de scientifiques ayant connu avec enthousiasme les débuts de la recherche en fusion nucléaire s’en sont détournés, abandonnant ce “joli rêve qui n’est pas prêt de se réaliser » pour reprendre une phrase de Georges Vendryes (directeur honoraire des applications industrielle du CEA) à propos d’ITER. Le Tokamak de Varennes, une initiative canadienne qui s'est finie en 1999. Les Tokamaks et la volonté de Bussard Robert Bussard était lui aussi très critique envers les Tokamaks. Il blaguait qu’en quarante années de recherche, le seul enseignement qu’on avait pu en tirer était qu’ils ne fonctionnaient pas. Il est 4 sur 7 171 14/03/2013 18:22
  • 172. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... tout aussi sévère envers les gouvernements investissant à tire-larigot dans cette technologie. Il avait d’ailleurs salué l’initiative du jeune Thiago Olson : “Ce gamin étudie de la physique bien plus utile que celle pour laquelle le gouvernent américain dépense des millions.” Mais contrairement à Georges Vendryes et tant d’autres, Bussard n’a jamais cessé de croire qu’il arriverait à réaliser son rêve de son vivant. Plus qu’un projet de laboratoire, la fusion était pour lui la quête d’une vie. Il s’est battu jusqu’à son dernier souffle, mais sans succès, pour trouver des financements essentiels à la construction de son réacteur communément appelé Bussard ou Polywell. Né dans les années 20, Bussard a dévoué sa vie entière à la fusion, rêvant aux grands projets que celle-ci pourrait fournir à l’humanité : une énergie propre et propice aux missions spatiales. Malheureusement pour lui, ses projets ont souvent suscité plus d’engouement dans le monde de la science-fiction que dans celui de la science ; dans Star Trek tous les vaisseaux sont équipés d’un Collecteur Bussard les propulsant grâce à la fusion d’atomes d’hydrogène directement prélevés dans l’espace interstellaire. Une décennie plus tard, il s’active sur des Tokamaks pour le gouvernement américain mais abandonne l’affaire, désenchanté. Pour le bon mot, il dira que c’était perdu d’avance : travailler sur des plans russes en pleine guerre froide était forcement une mauvaise idée. Il monte alors sa propre entreprise, EMC2, afin de se consacrer à la construction d’un réacteur alternatif : ce fameux Polywell. Même s’ils tendent vers le même but, les Tokamaks et les Bussards ne s’appuient pas sur les mêmes procédés explique Richard Nebel [en], dirigeant de EMC2. Le Bussard est un réacteur hybride utilisant à la fois confinement magnétique et électrostatique tandis que les “les Tokamaks sont des instruments qui n’emploient que le confinement magnétique. L’avantage de notre système c’est que nous obtenons facilement de très hautes températures. Par contre, nous luttons pour avoir de fortes densités, ce qui n’est pas un problème pour les Tokamaks : ce qui est difficile pour nous est simple pour eux, et vice versa. Mais nous pensons que notre concept est bien meilleur et ce pour plusieurs raisons : ce système hybride utilise le PB-11 (Proton – Boron 11) comme combustible et qu’il ne produit aucun matériel radioactif. Il est compact et peu onéreux à développer et à exploiter – il ne requiert pas d’énormes budgets de développement comme c’est le cas pour les Tokamaks.” Une fois encore tout est question de proportions : plus petit qu’un Tokamak le cœur d’un Polywell mesurerait quand même 3 mètres de diamètre ; moins cher qu’un Tokamak, il implique quand même de pouvoir poser 200.000 dollars sur la table. Pendant près de onze ans, c’est l’US Navy qui a financé les recherches de Bussard mais son silence sera une des conditions sine qua non du deal : le scientifique ne publiera rien sur ses avancements pendant toute cette période. Bussard enchaîne essais et erreurs, ses ressources s’amenuisent. Elles arrivent à leur terme quand sa dernière machine s’autodétruit. Le labo est démantelé faute de budgets. En lisant a posteriori les données de cette ultime expérience Bessard est persuadé qu’il a touché au but. Il n’a alors plus qu’une obsession : trouver des investisseurs. Nous sommes en 2006, Bussard sort de l’embargo imposé par la Navy et présente ses recherches à des colloques et même à l’occasion d’une Google Talk qui sera filmée et postée sur Youtube. En appuyant sur play, Mark Suppes va complétement changer de vie. La rencontre L’étrange rencontre de Suppes et Bussard aussi peu probable qu’elle soit (entre un profane et un scientifique, entre un vivant et un défunt) n’est a posteriori pas si étonnante. Les deux hommes partagent certains traits de caractère. Ils ont en commun la patience et le calme pour supporter la pression des dysfonctionnements et des échecs, l’ambition et la volonté d’aller toujours plus loin dans leur travaux, la confiance si ce n’est la foi dans leur projet pour tolérer les ricaneries et les découragements passagers, l’humilité et l’abnégation essentielles pour se savoir toujours ignorant et en quête, le verbe piquant pour contrer les attaques ou les provoquer, l’impérieuse nécessité de poursuivre une grande idée et de s’engager viscéralement pour tenter de la mettre en œuvre. Je suis parvenu à faire une fusion en construisant un Fusor mais je veux désormais passer à l’étape suivante en construisant un Polywell, qui n’est finalement qu’une version améliorée du Fusor. 5 sur 7 14/03/2013 18:22 172
  • 173. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... Mark poursuit donc désormais les travaux et les rêves de Bussard. Pourtant rien ne le destinait vraiment à s’impliquer corps et âme dans le domaine de la fusion nucléaire. Quand j’ai vu cette vidéo, je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser. C’est devenu une obsession. Pendant un mois je n’ai pas arrêté d’en parler à mes amis et j’ai fini par ouvrir un blog. Je pensais qu’il n’y aurait qu’un post, un seul et unique. Puis je me suis mis à désigner, via un logiciel CAD, un réacteur à fusion en métal qui pourrait être imprimé via une imprimante 3D. À ce moment là, j’ai su que j’étais complètement pris par ce projet et que je ne pourrais pas revenir en arrière. Son blog [en] fait partie intégrante de sa recherche, à la fois carnet de bord et plateforme d’échange. Il y poste ses idées et ses avancements. L’ensemble de son projet est open source. Tout un chacun peut ainsi avoir accès à ses codes, ses plans, ses idées et ses doutes mais aussi lui donner des avis ou des conseils. “Je sais que de véritables scientifiques lisent mon blog, explique-t-il, certains même me laissent des commentaires. Pourtant je ne sais pas vraiment ce qu’ils en pensent. Pas forcément du bien, cela doit être assez désagréable de voir un amateur disqualifier vos efforts. Un amateur qui commence à être assez spécialisé donc ! Son agenda est déjà défini et n’a rien à envier à celui des vrais scientifiques. Je réplique actuellement une expérience menée par une équipe de chercheur australiens. Joe Khachan [en] a construit un réacteur Bussard à bobines de cuivre. Je m’y essaie à mon tour et mène des essais cinétiques. J’envisage d’ailleurs d’écrire un papier à ce sujet et j’espère qu’il sera publié par une revue scientifique. Mais ce n’est qu’un pas parmi d’autres. C’est bien de se faire la main en reproduisant des choses qui ont déjà été faites avant de se lancer dans ses propres aventures. La prochaine étape, et pas des moindres, sera de mettre au point un réacteur Bussard agrémenté d’aimants supraconducteurs. Ce genre d’aimant est utilisé dans les Tokamaks. Si cela fonctionne je ne serai pas seulement le premier amateur mais le premier homme a en avoir créé un. L’idée n’est pas de moi mais personne n’en a jamais réalisé auparavant. J’ai déjà construit une Magrid en acier inoxydable (une sorte de polyèdre formé par des rouleaux de métal), il me reste à m’atteler aux bobines en cuivre. Grâce à ce procédé la fusion pourrait perdurer indéfiniment et nous pourrions l’étudier à volonté. Mais Mark reste un amateur qui s’auto-finance et qui doit de fait mettre sporadiquement ses projets sur pause. Régulièrement, il lâche ses bobines pour le turbin : pendant les trois prochains mois, il développera des des applications web pour une boîte. Sa passion à un coût non négligeable, il lui avait fallu rassembler 35.000 euros pour construire son Fusor et avait obtenu presque 4.000 euros de la part d’investisseurs privés via Kickstarter [en]. L’amateur Les avantages des uns sont les inconvénients des autres, et vice versa. L’image est pertinente quand elle met en exergue les différences entre un Tokamak et un Polywell et elle sied tout autant quand il s’agit de distinguer la posture du scientifique de celle de l’amateur. Chacun à ses contraintes, le scientifique a des deadlines, des objectifs fixés par d’autres, des financements appropriés, des résultats à présenter, des gens à satisfaire. L’autre n’est jamais vraiment considéré comme légitime et doit toujours faire ses preuves, s’interrompre momentanément quand le compte en banque est vide mais il sait parfois aller très loin avec des dispositifs qui ne coûtent rien et ne paient pas de mine. Il a aussi l’opportunité de choisir ses propres défis ce qui les rend généralement audacieux mais accessibles et souvent accomplis. L’amateur a aussi l’opportunité de changer de posture, de “jouer” au professionnel. Mark souhaite par exemple publier dans des revues ne comportant que des textes de scientifiques. Si jamais cela se produisait nous serions ravis pour lui, mais personne ne pardonnerait à un professionnel de se comporter comme un amateur. L’amateur a un autre temps et un autre espace pour manœuvrer à sa guise : il jouit aussi des marges, des chemins de traverse, des sillons déjà tracés qu’il peut suivre ou qu’il peut bouder pour s’enfoncer dans les orées, n’ayant d’autres contraintes que son propre enthousiasme et sa curiosité. 6 sur 7 173 14/03/2013 18:22
  • 174. Mark Suppes, l’homme qui fusionne des atomes dans son garage » OWN... http://owni.fr/2011/04/03/mark-suppes-lhomme-qui-fusionne-des-atom... Il ne faut pas oublier que les découvertes majeures ne sont pas arrivées par inadvertance mais parce que le scientifique confronté à cet évènement a eu les connaissances mais aussi le temps et la curiosité pour le considérer. La véritable chance de l’amateur c’est qu’il a le luxe de perdre du temps, le privilège d’attendre et sa véritable force, c’est qu’il est celui qui n’est jamais attendu. – Illustrations Flickr quinnums, Marylise Doctrinal et cstmweb Les autres articles du dossier : Free Cultures: des levures au service des Indonésiens La prochaine révolution ? Faites-la vous même ! Image de une Marion Boucharlat. Téléchargez-là :) La prochaine révolution ? Faites-la vous même ! 7 sur 7 14/03/2013 18:22 174
  • 175. http://www.telerama.fr/critiques/imprimer.php?chemin=http://www.tel... Enquête | Les “Fab Labs” ? Des coopératives futuristes intégrant ordinateurs, marteaux, tournevis, perceuses et imprimantes 3D dans un joyeux foutoir participatif. Une nouvelle révolution industrielle portant la “bricolabilité” au pinacle ? Le 01/09/2012 à 00h00 Xavier de Jarcy - Télérama n° 3268 Dans le sillage du FacLab de Gennevilliers ou d'Arilect à Toulouse, La Nouvelle Fabrique vient de s'installer au Centquatre parisien. © Léa Crespi pour Télérama Nous sommes en 2022. Un nouveau modèle économique émerge, où l'on répare au lieu de jeter, où l'on fabrique soi-même. De plus en plus de foyers possèdent une imprimante 3D, avec laquelle ils produisent des objets du quotidien ou des pièces de rechange pour leur électroménager. Les éléments de leur machine ont été taillés par une autre imprimante 3D, dans une coopérative de quartier, tenue par un designer-artisan. Beaucoup d'habitants viennent s'y fournir en meubles sur mesure. Les plus doués les dessinent eux-mêmes ou adaptent des plans libres de droits, disponibles sur Internet. De la science-fiction ? Pas sûr. Collaborative et connectée, l'ère de « l'artisanat 2.0 » ou de « la micro-industrie » s'esquisse déjà. Au FacLab de Gennevilliers, par exemple. Un Fab Lab (fabrication laboratory, ou 1 sur 5 175 14/03/2013 18:23
  • 176. http://www.telerama.fr/critiques/imprimer.php?chemin=http://www.tel... laboratoire de fabrication, surnommé aussi fabuleux laboratoire) inauguré en février dans une extension de l'université de CergyPontoise. Inventés à la fin des années 1990 par Neil Gershenfeld, chercheur au MIT (Massachusetts Institute of Technology), les Fab Labs fonctionnent comme des forums Internet, sauf qu'ils se situent dans le monde réel. Conçus pour décloisonner les disciplines, en France presque toujours à l'initiative d'institutions publiques, universités, écoles, centres culturels, ils « permettent la rencontre de gens qui ne devraient jamais se croiser », explique Olivier Gendrin, scientifique et fabmanager du FacLab. Ouvertes à tous, les six salles de Gennevilliers forment donc un mélange d'atelier de bricolage, de centre de formation, de lieu de prototypage, de club de sciences... On y trouve des ordinateurs, des outils classiques (marteaux, tournevis, perceuses) ou numériques : imprimante 3D, machine de découpe laser... « L'équipement est mis gratuitement à disposition du public sous trois conditions morales : participer, documenter, partager » Olivier Gendrin © Léa Crespi pour Télérama Ce jour-là, Josiane, une femme au foyer venue pour l'atelier couture discute avec Charles, un ingénieur électronicien qui veut se tailler un sac à dos à ses mesures. Près d'eux, une enseignante découvre la modélisation sur écran. Clément, un bricoleur, bidouille un support pour fixer un néon. Dans la pièce d'à côté, Julien, patron d'un bureau d'études en mécanique et design, découpe des plaques de contreplaqué au laser : « Je suis en train de créer une imprimante 3D ! » « L'équipement est mis gratuitement à disposition du public sous trois conditions morales : participer, documenter, partager », précise Olivier Gendrin. Chacun s'engage à contribuer aux projets des autres, à décrire par écrit et sur Internet les étapes de son travail pour le rendre reproductible, et à transmettre ses connaissances. Ces trois exigences permettent au FacLab de remplir la charte des Fab Labs, définie par le MIT. Une idée d'objet peut donc, en théorie, être améliorée sans cesse dans le monde entier, comme pour les logiciels libres. Ainsi a été inventée la plante qui tweete quand elle a soif, grâce à un mini-ordinateur placé sur son pot... 2 sur 5 14/03/2013 18:23 176
  • 177. http://www.telerama.fr/critiques/imprimer.php?chemin=http://www.tel... © Léa Crespi pour Télérama Le FacLab est l'un des premiers Fab Labs français (avec La Forge des possibles à La Roche-sur-Yon, Artilect à Toulouse, Ping à Nantes, et quelques autres). A côté de ce modèle idéal, des structures voisines existent : le Fab Lab de l'Ensci (Ecole nationale supérieure de création industrielle), lui, n'est pas ouvert au public. « Nous y envisageons les nouvelles façons de fabriquer avec le numérique, raconte François Brument, designer et enseignant. Au moment de la révolution industrielle, la mécanisation des outils a permis de passer de l'artisanat à la grande série, avec des machines reproduisant toujours la même pièce. Aujourd'hui, les outillages autorisent une production sur mesure, au coup par coup, sans stock, ce qui peut ouvrir sur un nouveau monde industriel. » « L'effort de création demande un apprentissage. » Vincent Guimas Une autre variante, La Nouvelle Fabrique, sera lancée dans quelques semaines au Centquatre, à Paris. Elle va sensibiliser le public aux machines numériques, dont le prix ne cesse de baisser (l'imprimante 3D la moins chère revient à 400 euros). Mais à La Nouvelle Fabrique, elles ne seront pas en libre accès et passeront par la médiation d'un designer. Car l'idée d'un monde où nous serions tous créateurs et producteurs suscite un certain scepticisme. « On peut imaginer que des amateurs chevronnés puissent utiliser ces outils, mais nous restons prudents : l'effort de création demande un apprentissage, une connaissance des matériaux qui ne s'acquiert pas du jour au lendemain », estime Vincent Guimas, militant associatif responsable de La Nouvelle Fabrique. Qui ajoute : « Affirmer que les imprimantes 3D peuvent se répliquer facilement est un mensonge grossier qui fait le bonheur des fabricants. En réalité, très peu de gens sont capables de les construire eux-mêmes, mis à part quelques geeks. » « Il s'agit de retrouver le plaisir de travailler, la fierté de bien faire. » Stéphanie Bacquère François Brument non plus ne croit pas à l'idée du « tous designers » : « C'est un peu comme pour l'informatique musicale : l'ordinateur a rendu l'apprentissage de la musique très accessible. Mais devenir un vrai musicien n'est pas à la portée de chacun. » Stéphanie Bacquère, ingénieure et fondatrice de Nod-A, une PME spécialisée dans le prototypage rapide et utilisatrice du FacLab, est, au contraire, enthousiaste. Avec le Fab Lab, « l'outil de production n'appartient plus 3 sur 5 177 14/03/2013 18:23
  • 178. http://www.telerama.fr/critiques/imprimer.php?chemin=http://www.tel... à un petit nombre de privilégiés, mais potentiellement à tout le monde. Cet aspect redistributif se situe dans l'héritage de William Morris et du mouvement Arts and Crafts (lire ci-dessous) : il s'agit de retrouver le plaisir de travailler, la fierté de bien faire. » © Léa Crespi pour Télérama La multiplication annoncée des machines numériques, au Fab Lab comme à la maison, soulève d'autres questions. L'historienne du design Alexandra Midal s'interroge ainsi sur ce nouveau culte machiniste, rappelant « les années 1920 », et débouchant peut-être sur un déferlement de gadgets. L'artiste Ewen Chardronnet, lui, redoute que ces machines ne favorisent un nouveau capitalisme, une « économie proto-industrielle », semblable au temps des canuts et du travail à domicile. Une crainte infondée, estime Arthur Schmitt, ingénieur et designer chez Nod-A : « Les gens possèdent déjà des imprimantes papier chez eux, ils ne sont pas devenus des canuts pour autant. » Les plus convaincus voient dans les Fab Labs un remède à la crise. Emmanuelle Roux, patronne d'une PME vendéenne et co-initiatrice du FacLab, estime qu'ils entraîneront un bouleversement aussi fort que l'arrivée d'Internet : « De nouveaux objets et services, de nouvelles manières de travailler ensemble vont apparaître. Les Fab Labs vont développer l'esprit d'entreprise. Et pas seulement le modèle à l'ancienne où l'on gagne de l'argent, mais aussi l'entrepreneuriat associatif ou artistique. Il en sortira de vraies innovations. » La Ville de Barcelone, elle aussi, prend l'affaire au sérieux : son projet de Fab City prévoit un Fab Lab dans chaque quartier. Avant 2022. 4 sur 5 14/03/2013 18:23 178
  • 179. Crowdfunding: 10 projets étonnants financés par les internautes - Libération http://www.liberation.fr/economie/2013/02/25/crowdfunding-10-projet... ÉCONOMIE Crowdfunding: 10 projets étonnants financés par les internautes 25 février 2013 à 12:42 (DR) Sur le site de crowdfunding Kickstarter, les inventeurs ne portent pas de cravate et commencent tous la présentation de leur projet par un énergique «Hy, my name is Jim and I want to change the world». Hélicoptère, bateau, instrument de musique, robot, machine agricole, lampe, ils cherchent des financements. Sélection des meilleurs projets des derniers mois. L'avenir dira s'ils ont réussi. Un hélicoptère mû par la force humaine Récolte: 34 424 $ Une lampe de poche épaisse comme une carte de crédit Récolte: 18 514 $ 1 sur 4 179 14/03/2013 18:22
  • 180. Crowdfunding: 10 projets étonnants financés par les internautes - Libération http://www.liberation.fr/economie/2013/02/25/crowdfunding-10-projet... Un gant pour jouer dans une fanfare sans instrument Récolte: 10 665 $ Un drone piloté par la pensée Récolte: 74 799 $ Un procédé d'impression photo par la lumière du soleil Récolte: 268 437 $ 2 sur 4 14/03/2013 18:22 180
  • 181. Crowdfunding: 10 projets étonnants financés par les internautes - Libération http://www.liberation.fr/economie/2013/02/25/crowdfunding-10-projet... Synergy, un avion d'avenir Récolte: 95 627 $ Une souris d'ordinateur greffée sur l'index Récolte: 132 302 $ Un vélo aux roues lumineuses Récolte: 215 621 $ 3 sur 4 181 14/03/2013 18:22
  • 182. Crowdfunding: 10 projets étonnants financés par les internautes - Libération http://www.liberation.fr/economie/2013/02/25/crowdfunding-10-projet... Un bateau robot explorateur des océans Récolte: 83 424 $ Des machines agricoles en open source Récolte: 63 573 $ ALLER PLUS LOIN Lire tous les articles du dossier EcoFutur 4 sur 4 14/03/2013 18:22 182
  • 183. InternetActu.net » Ce que les patients changent à la santé » Print http://www.internetactu.net/2011/07/13/ce-que-les-patients-changent-a-... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - Ce que les patients changent à la santé Posted By Hubert Guillaud On 13/7/2011 @ 13:00 In Articles,Communautés,Communication interpersonnelle,Confiance et sécurité,Coopération,Santé,Usages | 4 Comments “Voit-on des changements radicaux dans la santé, le bien-être ?”, s’interrogeaient les organisateurs de la 3e édition de la Conférence Lift France [1]. Les soins sont des systèmes souvent mal aimés et coûteux, rappelle Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation internet nouvelle génération. Y-a-t’il des changements dans la façon dont on apporte les soins aux gens ? Y-a-t-il, plus encore, un changement dans la façon dont les patients gèrent leur santé ? Un des phénomènes les plus importants pour la transformation de la relation patients-médecins ces dernières années repose sur la naissance des réseaux de patients dont PatientsLikeMe [2] demeure le symbole. PatientsLikeMe a transformé la relation entre malades et la relation entre malades et médecins. La valeur de l’ouverture Pour Paul Wicks [3], directeur de la R&D [4] de PatientsLikeMe, la science-fiction n’avait pas prévu le web. “Nul n’avait vu arriver Google, Facebook, Wikipédia… c’est-à-dire le rôle majeur que joue la composante individuelle des êtres humains. Il y a quelques années, nul n’aurait pensé qu’on abandonnerait nos encyclopédies pour Wikipédia, ou qu’on utiliserait si massivement des sites sociaux comme Facebook. Nous nous sommes trompés sur l’internet. On pensait y créer des autoroutes de l’information où nous trouverions toute l’information disponible, alors qu’il a d’abord été un outil permettant aux gens de s’organiser, de créer des groupes de manière spontanée.” Et ce que nous avons à faire est juste de mieux les organiser. [5] Image : Paul Wicks, directeur de la R&D de PatientsLikeMe sur la scène de Lift France, photographié par Pierre Metivier [6]. “Avant pour voyager, il fallait entrer dans une agence de voyages et une personne qui n’avait probablement jamais visité le pays où vous vouliez aller vous fournissait tous les renseignements disponibles. Désormais, avec des sites comme Kayak [7], TripAdvisor [8] ou Expedia [9], non seulement on accède à toute l’information, mais on accède en plus à la couche d’évaluation des utilisateurs. On peut lire les commentaires des usagers qui nous correspondent.” L’ancien système existe encore, estime pourtant Paul Wicks. “Aller voir son médecin généraliste 1 sur 8 183 14/03/2013 18:23
  • 184. InternetActu.net » Ce que les patients changent à la santé » Print http://www.internetactu.net/2011/07/13/ce-que-les-patients-changent-a-... ressemble à aller voir un agent de voyage. On prend un rendez-vous de manière très classique. Le médecin connait certes la maladie que vous avez, mais ne sait pas ce que c’est que d’avoir cette maladie, car il n’a pas accès à beaucoup de sources d’information sur l’information elle-même. A PatientsLikeMe, l’approche est différente, un peu comme ces nouveaux sites de voyage. Elle est plus bottom-up. Les patients sont invités à saisir des données sur leur maladie pour être mis en contact avec des malades qui partagent leurs symptômes.” Sur PatientsLikeMe, les internautes créent un profil de données sur leurs maladies, leurs symptômes, leurs traitements. Ils renseignent avec précision les symptômes dont ils souffrent, la date de diagnostic de leur maladie, son évolution, les médicaments qu’ils prennent, indiquent les effets secondaires éventuels… Le but du site est de pouvoir comparer des expériences et rassembler les gens qui ont les mêmes symptômes pour apprendre de ces communautés agrégées autour de symptômes et de traitements communs. L’idée radicale qu’il y a dans PatientsLikeMe, estime son directeur de la R&D, est de faire apparaitre les données cachées des patients via des outils en ligne. Par exemple, les patients évaluent, font part de leur ressenti, sur l’efficacité des traitements qu’ils suivent ou documentent leurs effets secondaires. Pour traiter l’épilepsie par exemple, il existe toute une gamme de médicaments dont certains ont des effets secondaires plus ou moins importants. Les études cliniques utilisent des populations bien définies et souvent très réduites. Ici, l’idée est d’élargir l’échelle, estime Paul Wicks. “Bien souvent, face à plusieurs traitements disponibles, le médecin fait un choix pour vous, selon ce qu’il connait ou ce qu’on lui a appris. Le site montre qu’il y a d’autres possibilités de traitement, comme un moyen de contourner la logique paternaliste de la médecine. Via PatientsLikeMe, les patients peuvent même candidater à des essais cliniques recensés par le site.” PatientsLikeMe a d’ailleurs publié une étude [10] pour montrer combien son service pouvait permettre d’accélérer la découverte clinique en utilisant la collecte de données autogérée par les patients. Bien sûr, les résultats ne sont pas aussi simples qu’ils paraissent et le rapport à la maladie est également à prendre en compte, d’autant qu’il est différent pour chacun. Certaines données permettent ainsi de voir la progression de sa maladie, et dans le cas de maladies à évolution rapide, se situer par rapport à la progression de la maladie des autres, peut être pour certains très déstabilisant ou au contraire très motivant. Il peut y avoir également un effet placebo : voir les symptômes ou les effets secondaires que déclarent d’autres patients peut nous les faire ressentir… Les interactions permettent de mesurer aussi les différents effets des médicaments : combien de fois faut-il prendre telle pilule pour qu’elle soit efficace ? Un patch est-il plus efficace qu’un sirop ?… Bien sûr, ces systèmes posent des problèmes relatifs à la protection de la vie privée. Par exemple, sur TuDiabetes.org [11], on a constaté que les gens qui étaient les plus prêts à partager l’information étaient aussi ceux qui géraient le mieux leur maladie. “Il faut bien mesurer que les gens qui contribuent ne représentent pas l’ensemble des malades, mais peut-être un certain type de malades”, modère Paul Wicks. Il manque également sur ces sites de partages d’information de santé une législation pour protéger les gens afin qu’ils ne puissent pas être discriminés du fait qu’ils partagent une information sensible. Dans son processus d’inscription, PatientsLikeMe invite d’ailleurs les internautes à ne pas utiliser un nom permettant de les reconnaitre. “Nous sommes très clairs avec les patients sur nos clients qui sont systématiquement listés [12]. Nos clients qui viennent utiliser nos données sont bien sûr surtout des entreprises pharmaceutiques, mais pas seulement : il y a également des gouvernements, des assureurs, des scientifiques… En fait, on constate que les patients sont plutôt d’accord pour partager les données. Ils sont prêts à aider, car ils savent qu’en le faisant ils aident les autres et certainement aussi, ils s’aident eux-mêmes.” L’ouverture est la clef, mais elle ne suffit pas Officier dans les Marines, Jonathan Kuniholm a été blessé en 2005 en Irak. Une embuscade lui a fait perdre son avant-bras droit. En rentrant de l’hôpital, en se retrouvant chez lui, sans son bras, Jonathan s’est retrouvé face à un nouveau défi, celui de devoir apprendre à vivre avec ce morceau de lui en moins. Jonathan Kuniholm ne connaissait rien du monde des prothèses. Il n’en connaissait que ce que nous en avons vu dans des films de science-fiction : le bras bionique de l’Homme qui valait 3 milliards, celui de Luke Skywalker ou de Terminator. La réalité ne s’est pas avérée être celle-ci. Le principe de la prothèse qu’il porte et que la plupart de ceux qui ont été amputés portent n’a pas vraiment évolué depuis son invention vers 1912. Le crochet qui lui sert de main a été imaginé dans les années 50. La prothèse myoélectrique, qui permet une préhension active des objets grâce à la contraction des muscles sur lesquels sont placés des capteurs qui permettent de fermer, d’ouvrir ou de faire tourner la main mécanique, date des années 80, mais elle est très couteuse d’autant qu’elle demande le plus souvent une personnalisation poussée pour s’adapter aux 2 sur 8 14/03/2013 18:23 184
  • 185. InternetActu.net » Ce que les patients changent à la santé » Print http://www.internetactu.net/2011/07/13/ce-que-les-patients-changent-a-... multiples formes d’amputation existantes. [13] Image : Jonathan Kuniholm photographié par Pierre Metivier [14]. “En fait, la plupart des personnes amputées d’un bras ne portent pas de prothèse. Le marché est minuscule. La R&D est très limitée. En fait, aucune industrie n’a vraiment investi ce secteur.” Le gouvernement avait bien un projet de recherche financé par la Darpa [15] (auquel Jonathan a participé un temps), mais c’était un projet de recherche avec de micro-financements, par rapport à tous les grands projets de l’Agence de recherche militaire américaine. Les designers exposent souvent des concepts dans les magazines, mais qui ne sont pas fonctionnels. Ce sont juste de belles intentions sur de belles images : des prototypes non fonctionnels, qui ne se préoccupent pas de comment s’actionne le bras, comment on intègre des batteries, des moteurs… “Plutôt que me plaindre, que puis-je faire ?”, s’interroge l’ex-soldat. “Les patients sont la clef, disait à l’instant Paul Wicks. Eric von Hippel est arrivé à la même conclusion [16] de façon empirique en montrant que les consommateurs sont les premiers innovateurs. Les premiers 3 sur 8 185 14/03/2013 18:23
  • 186. InternetActu.net » Ce que les patients changent à la santé » Print http://www.internetactu.net/2011/07/13/ce-que-les-patients-changent-a-... utilisateurs inventent des produits pour résoudre leurs problèmes et c’est seulement sur leurs innovations que peut se construire un marché de masse…” Pour concevoir des prothèses adaptées à aujourd’hui, il faut pouvoir emprunter les meilleures technologies des plus grosses sociétés, notamment par exemple pour y intégrer de petites batteries, suffisamment efficaces et simples à recharger. “Mais ces industries ne sont pas intéressées par un marché qui leur semble inexistant”. “Dans le cadre du programme de la Darpa pour lequel j’avais été retenu, on m’a fait tester une guitare utilisant la technologie myoélectrique, mais c’est un équipement qui coûte plus de 11 000 $.” Autant dire inabordable pour la plupart des amputés. Pourtant, des espoirs sont possibles. Via les technologies logicielles et matérielles désormais disponibles en open source on pourrait construire une interface de ce type pour 200 $. On pourrait ! C’est ce que Jonathan Kuniholm a essayé de faire. “Via l’internet, j’ai lancé le Projet de prothèse open source [17], en utilisant la collaboration et les réseaux sociaux (voir le site de discussion lié au projet [18]) pour rassembler des gens confrontés au problème et prêts à se mettre au travail ainsi que des concepteurs prêts à nous aider. Le site accueille et documente plusieurs projets comme une main myoélectrique articulée en Lego [19], la reconception d’un modèle de pince qui n’est plus disponible commercialement [20], les travaux d’une personne qui a construit elle-même ses bras et ses jambes… “Voilà ce qu’on peut faire avec les outils gratuits du web !” Pour cela, l’essentiel estime Jonathan Kuniholm est d’avoir accès à du matériel libre [21] (comme Arduino [22], Open Hardware ou Bug Labs [23]) et s’appuyer sur la participation des utilisateurs et la collaboration sociale pour tenter de construire des choses. Pour l’instant, la culture makers n’a pas encore fait ses preuves dans le domaine des prothèses, mais Kuniholm reste confiant. Il vient de lancé StumpWorks, une société créée avec d’autres amputés, pour construire ce qu’ils souhaitent construire, et mettre en avant des plans, des dessins, du matériel pour permettre aux gens de fabriquer et reprendre en main leurs propres équipements. “Personne ne prétend que la démocratie est parfaite disait Churchill. La technologie ouverte pour l’instant n’a pas résolu mon problème, mais c’est le système le moins imparfait qu’on ait.” Et Jonathan de souligner qu’il n’a trouvé que 6 patients comme lui sur PatientsLikeMe. “Dans la liste des 6000 pathologies orphelines établies par le ministère de la Santé américain, la mienne n’en fait pas partie. Bien sûr le mouvement du bricolage ouvert peut aider, mais en matière de handicap, trop souvent, le besoin est très individuel et doit être traité de manière personnalisée. Le fait que les outils soient disponibles est capital pour qu’on exprime des besoins et que d’autres nous aident à y répondre ou qu’on puisse le faire seul. Peu de gens ont encore essayé de modifier les crochets, de leur trouver d’autres formes. Mais on s’y emploie. Et c’est aujourd’hui plus possible qu’hier. Il y a juste encore pas mal de travail”, conclut avec courage l’ex-officier de la Marine toujours en croisade [24]. Stimuler la discussion avec le public Tobie Kerridge [25] est designer. Il travaille au Studio de recherche d’interaction [26] de l’université Goldsmith de Londres et s’intéresse à produire des systèmes conçus “avec” et “pour” les gens. Les technologies peuvent nous aider à regarder le monde autrement, à modifier la relation des gens et des objets, dans leur environnement immédiat, un peu à la façon de Playing Tracker, un dispositif permettant de suivre les déplacements d’avions en projetant sa position sur Google Earth comme dans un poste télé. Depuis longtemps les artistes s’intéressent à stimuler la discussion entre les publics, les concepteurs et l’industrie. Les artistes Dunne & Raby [27] avaient en 2001 imaginé des dispositifs pour les gens électrosensibles [28] afin de pouvoir amener les gens à discuter de leurs peurs des technologies. L’engagement du public dans la science a toujours été une question compliquée. Les scientifiques devraient mieux parler de leur travail pour développer une relation de confiance avec le public et lui permettre de mieux comprendre ce qu’ils peuvent apporter. Sauf que le plus souvent, on souhaite éduquer les gens pour qu’ils aient confiance dans les avantages et les bénéfices de la technologie, pas nécessairement pour qu’ils expriment leurs craintes et doutes légitimes. On sait désormais discuter très tôt des dimensions sociales des technologies les plus pointues et de leurs implications réelles, même si celles-ci sont souvent loin d’être claires. Avec le programme Material Beliefs [29] (Croyances matérielles, voir le livre (.pdf) [30] qui rassemble toutes les contributions artistiques), Tobie Kerridge a animé tout un programme de mise en relation entre scientifiques et artistes, pour que les seconds interrogent les travaux des premiers. Par exemple, Tobie Kerridge a travaillé avec le laboratoire de biotechnologie de 4 sur 8 14/03/2013 18:23 186
  • 187. InternetActu.net » Ce que les patients changent à la santé » Print http://www.internetactu.net/2011/07/13/ce-que-les-patients-changent-a-... l’université de Londres, pour comprendre le fonctionnement de leur pancréas artificiel, une micropuce capable d’analyser le niveau de sucre dans le sang pour maîtriser son insuline. Les designers ont fait discuter patients, ingénieurs et médecins autour de leurs découvertes, de leurs usages et de leurs angoisses pour mieux les comprendre. Ensuite, ils ont imaginé des prototypes et scénarios pour intégrer physiquement les comportements, les craintes, les espoirs que l’on place dans la technologie. Le projet Vital Signs [31] (signes vitaux) a utilisé un pansement numérique (doté de silicium permettant de mesurer la tension d’un patient et de le transmettre via un téléphone mobile à son médecin) pour exprimer dans un tout autre objet les angoisses d’une mère surveillant l’insuline de son enfant. Les données biométriques de l’enfant sont diffusées à distance via un appareil qui, par son balancement, retraduit les pas de l’enfant, bat au rythme de la respiration de l’enfant qui s’amuse dans un parc pas très loin. [32] 5 sur 8 187 14/03/2013 18:23
  • 188. InternetActu.net » Ce que les patients changent à la santé » Print http://www.internetactu.net/2011/07/13/ce-que-les-patients-changent-a-... [33] Image : Vital Signs, du croquis à la scénarisation. L’intérêt de la conception spéculative adaptée à la science est qu’elle imagine des appareils et des images qu’elle déplace dans d’autres environnements pour en montrer la puissance ou les limites. Le but est de créer des matériaux qui posent des questions sociales à partir de problématiques scientifiques ou technologiques et peuvent ainsi participer du nécessaire débat entre science et société. Ces objets matérialisent et rendent plus vivant la technologie, pour monter combien la société et la technologie sont toujours un peu plus imbriqués l’un l’autre. Paul Wicks, Jonathan Kuniholm et Tobie Kerridge nous répètent la même chose : on ne saura pas bâtir une science qui ne tirerait pas partie des contributions du public. 4 Comments To "Ce que les patients changent à la santé" #1 Pingback By My Stimuli » Ce que les patients changent à la santé sur @internetactu www.internetactu.ne… On 25/7/2011 @ 6:09 [...] que les patients changent à la santé sur @internetactu [34]; #socialnetwork #PatientLikeMe #healthcare Category: HealthcareIT, Uncategorized | Tags: [...] #2 Pingback By My Stimuli » Groupe à écouter On 25/7/2011 @ 6:10 [...] que les patients changent à la santé sur @internetactu [34]; #socialnetwork #PatientLikeMe #healthcare Category: HealthcareIT, Uncategorized | Tags: [...] #3 Pingback By Où va la Quantification de Soi? (Internet Actu) | Navicorp On 11/3/2012 @ 4:00 [...] Ce que les patients changent à la santé (2) [...] #4 Pingback By Je me modifie, donc je suis » Dextre zèbre On 24/10/2012 @ 9:27 6 sur 8 14/03/2013 18:23 188
  • 189. Et demain ? Plus de problèmes de traduction, la démocratie directe, la réalité virtuelle, les mobilités « temps réels », le transhumanisme ?… 189
  • 190. Imprimer le 12/03/2012 Microsoft vous permettra de parler japonais sans effort Voilà qui devrait faciliter encore la mondialisation, tout en respectant les langues de chacun. Microsoft travaille sur une solution qui permet de traduire vocalement ce que dit une personne, en utilisant sa propre voix plutôt que celle d'une synthèse vocale traditionnelle. Il arrive encore que la technologie nous épate. L'an dernier, nous avions déjà été impressionnés par le Conversation Mode de l'application de traduction de Google sous Android, qui permet à l'utilisateur de parler dans sa langue et de faire écouter une traduction à son interlocuteur étranger. Mais Microsoft a placé la barre encore plus haut, dans un projet de recherche dévoilé lors du TechFest 2012 la semaine dernière. Frank Soong, responsable de la recherche vocale chez Microsoft, a présenté un logiciel qui permet non seulement de traduire ce que dit quelqu'un et de le synthétiser vocalement, mais qui utilise en plus la propre voix de la personne pour restituer la traduction. Il suffit d'apprendre au logiciel à reconnaître les caractéristiques de la voix de l'utilisateur, ce qui peut ne prendre qu'une heure, et le logiciel est alors capable de synthétiser la voix dans n'importe quelle langue. Pour ce faire, des algorithmes découpent la synthèse vocale en de très nombreux morceaux de 5 millisecondes chacun, et les fait correspondre au modèle type d'une voix dans la langue cible. Le ton, la longueur du son, ou le volume sont alors automatiquement ajustés pour restituer le meilleur accent possible, sans trahir la voix de la personne. Pour la démonstration, Soong fait ainsi parler une voix virtuelle de son supérieur Rick Rashid, qui dirige les laboratoires de recherche de Microsoft. Mieux encore, il a demandé à Craig Mundie, le directeur de la recherche et de la stratégie de Microsoft, d'utiliser le logiciel pendant 1 heure pour lui apprendre sa voix, mais pas uniquement. Le logiciel est également capable de capturer les expressions faciales qui correspondent aux différents phonèmes, pour synthétiser non seulement la voix mais aussi le mouvement des lèvres, ce qui facilite la compréhension et ouvre de nouvelles perspectives, notamment pour les jeux vidéo ou les visioconférences. 1 sur 2 Pour le moment, la solution de Microsoft est déjà capable de traduire entre 26 langues. 14/03/2013 18:31 190
  • 191. Les transports du futur — transportsdufutur.typepad.fr — Readability http://www.readability.com/articles/wihwrkvt transportsdufutur.typepad.fr b y GABRI EL PLAS S AT • M ARCH 11, 2 010 De nom breux articles ont été rédigés sur le sujet du téléphone portable dans les transports et la m obilité (v oir ici pour ce blog). Des applications dédiées sont disponibles, d'autres se dév eloppent, réalisant progressiv em ent un puissant assistant personnel de m obilité. Quel rôle v a jouer ce nouv el objet ? Quelles capacités ce nouv el assistant personnel de m obilité v a nous perm ettre de dév elopper ? Est ce v raim ent indispensable ? Depuis la prem ière peau, le prem ier lanceur, ou le prem ier silex, la recherche et la création d’outils est une activ ité structurante des sociétés hum aines. Notre corps se com plète de ces prothèses pour am éliorer ses perform ances, ou réaliser de nouv elles, puis tout sim plem ent pour v iv re dans un m onde « trop » com plexe. En m êm e tem ps, nous perdons des capacités pour en acquérir de nouv elles. Ainsi à l’inv ention de l’im prim erie, les prem iers liv res et bibliothèques étaient accusés de faire perdre la m ém oire. Ceci était v rai, m ais nous av ons accédé à un niv eau supérieur : cham ps de connaissance élargi. Com m e l’indique Michel Serres (v idéo exceptionnelle à v oir ici), nous poursuiv ons l’ext ernalisat ion de nos fonct ions cognit ives, dont nous pensions qu’elles nous caractérisaient. En ce sens, les technologies de l’inform ation participent à ce darwinism e dev enu externe, cet « exo-darwinism e » pour reprendre M.Serres. Depuis toujours donc nous perdons (au sens de fuire) pour gagner de nouv elles capacités, dont certaines restent à découv rir. Aujourd’hui, l’autom obile peut être considérée, pour certains, com m e notre prolongem ent, pouv ant conduire aux pires des com portem ents. Prolongem ent de notre salon, de nos jam bes, de notre corps. « Je suis garé là bas », traduit bien cette identification. Non v ous n’êtes pas garé, v otre v oiture l’est. La v oiture et sa clé perm ettent à l’indiv idu de se projeter loin, v ite, à tout m om ent. Outil com plexe, sim ple à utiliser, perm ettant de sim plifier des situations, elles aussi com plexes. Le v élo à assistance électrique pourrait être une des m eilleures prothèses (v oir ici). Mais la com plexité de nos v ies v a continuer de s’accroître. La clé ne perm ettra plus, à elle seule, de réussir à se déplacer. Déjà aujourd’hui, le GPS, par exem ple, a connu un essor sans précédent, s’im posant com m e accessoire indispensable. Le réseau routier, le trafic tem ps réel doiv ent m aintenant être intégrés à la m achine. La clé de la v oiture doit dev enir plus intelligente pour gérer des situations et des m issions plus com plexes. Le GPS intégrant le trafic tem ps réel dev ient aussi im portant que le v éhicule ou l’énergie dans le réserv oir. Ce n’est que le commencement , arriv era le moment où la v oit ure, si elle rest e un objet « déconnect é », deviendra un frein à la mobilit é. Les inform ations à connaître, les tendances à prév oir, les décisions à prendre pour pouv oir se déplacer, en respectant des objectifs (tem ps, coût, puis ém issions) eux aussi de plus en plus com plexes, v ont croître à la lim ite de nos capacités. Cette com plexité sera, une nouv elle fois, gérée par des m achines. Nous l’accepterons com m e nous av ons accepté les m achines précédentes, car les bénéfices engendrés seront supérieurs aux risques estim és. Nous aurons raison à condition de ne pas sous-estim er les risques. Ces derniers doiv ent être dès à présent être étudiés, com pris et m inim isés. Notre robot personnel nom ade, le téléphone portable, v éritable concentrateur de solutions, gèrera cette com plexité. L’exo-darwinisme nous aura permis d’ext ernaliser des fonct ions cognit iv es pour réaliser des t âches complexes en parallèle, t out en ét ant capable d’ut iliser en permanence ces fonct ions et capacit és, dev enues port at iv es. Utilisant des bases de données publiques ou priv ées, des outils de sim ulation ou accédant à des serv ices fournis par des opérateurs de m obilité, cette clé num érique nous donnera accès à des solutions de transport optim isées en fonction du besoin, nous indiquera les m eilleures routes, paiera sans contact et fournira des assurances adaptées à chaque instant. Réalisable dès aujourd’hui, cet assistant personnel de m obilité v a transform er la façon dont nous nous déplaçons, bien qu’étant réalisé par des industries v enant essentiellem ent des telecom s et des serv ices. Certains constructeurs réussiront à intégrer ces nouv eaux sav oirs à la m achine autom obile, m ais les vagues suiv ant es v ont définit ivement dissocier informat ions, donc connaissances et objet s véhicules. Il ne sera plus nécessaire d’av oir des m achines autom obiles plus intelligentes puisque l’intelligence sera « partout », et portativ e. Deux autres technologies v ont v enir com pléter puis dém ultiplier les possibles et les innov ations : l’internet des objets (v oir égalem ent ici)et les nanotechnologies. « Apporter au m onde phy sique la plasticité du num érique», Daniel Kaplan propose ainsi cette propriété de l’internet des objets (IdO). En fait, cet outil nous perm ettra, une nouv elle fois, de rajouter des degrés de libertés là où tout était figé, contraint, grav é dans le m arbre. L'Internet des Objets, s'il com prit dans sa globalité, s'inscrit dans l'év olution générale de la décentralisation des outils et des connaissances, du peer to peer, de la société ubiquitaire, de l'intrusion du consom m ateur/citoy en dans la dém arche de choix, de production et d'innov ation (com m e l'av ait déjà indiqué A.Gorz). Puis, d’ici quelques années, quand les TIC auront bénéficiées des procédés industriels des nanotechnologies, notre connexion aux réseaux d’inform ations et sociaux réalisée aujourd’hui par le téléphone, disparaîtra phy siquem ent pour n’exister qu’intégrée dans nos objets m illénaires : lunet t es, v êtem ents, m ontres. L’objet « téléphone portable » n’aurait existé qu’un instant dans l’histoire de l’hum anité. L’être hum ain pour se déplacer utilisera alors, sans s’en rendre com pte, sa connexion perm anente aux réseaux, lui perm ettant de gérer une com plexité d’inform ations sans précédent, et d’accéder ainsi au m eilleur m ode de transport, au m eilleur m om ent, partout, tout le m om ent. Dev enu cy borg connecté, notre ubiquité aura largem ent progressée tout en nous perm ettant à la fois de nous détacher des objets phy siques et de bien m ieux les utiliser. La v oiture d’aujourd’hui sera donc rem placée par un garage v irtuel contenant plusieurs objets roulants dont nous serons pour la plupart pas propriétaires, que l’on utilisera selon le besoin, et des serv ices d’aide à la m obilité gérant les données pour ne fournir que les inform ations utiles. Ces informat ions prendront l’av ant age sur l’objet véhicule dans la chaîne de valeur, le client final pourrait ne plus êt re en cont act avec le const ruct eur. Les risques associés à ces technologies, ces prothèses, ces « solutions » nous perm ettant de gérer ou de v iv re dans cette com plexité, sont à la hauteur des bénéfices. Finalem ent, cette ubiquité assistée pourrait, com m e l’autom obile, se rév élait elle aussi aliénante et dangereuse, un nouv eau pharmacone, av ec de nouv eaux sujets com m e l’identité ou l’intégrité. Est-ce que cette m obilité 2 .0 sera plus efficace, plus perform ante, plus citoy enne, plus sociale, plus … ? Nous dev rons v eiller à construire et à contrôler ces indicateurs, à ne pas les oublier, à étudier de nouv eaux risques : exclusion des TIC, esclav e des TIC, opacité des forfaits de m obilité, opacité des financem ents et coûts réels des serv ices de m obilité. 1 sur 2 191 14/03/2013 18:33
  • 192. INTERNET • La démocratie liquide, ça vous dit ? | Courrier international http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/25/la-democratie... Un site du groupe > Europe > Multimédia > Allemagne - Italie - Suisse La plupart des partis Pirates européens l'ont adopté, le mouvement populaire du comique italien Beppe Grillo songe à s'y mettre : le logiciel libre LiquidFeedback permet aux organisations de prendre toutes les décisions par référendum ou par vote. Démocratie directe ? Mieux : "démocratie liquide". Explications. Corriere della Sera | Marta Serafini | 25 Septembre 2012 |0 Réagir Dessin de Ruben. Beppe Grillo [leader du nouveau parti politique Mouvement 5 étoiles] face à la démocratie liquide. Que ce soit via les forums, commentaires, blogs, tweets et autres messages, le débat sur les processus de sélection des candidats au sein du Mouvement 5 étoiles (M5S) agite les fidèles de Beppe Grillo depuis un certain temps. Le mouvement a faim de démocratie directe et tous les sympathisants veulent faire entendre leur voix. Par conséquent, depuis quelque temps déjà, on envisage dans les rangs du M5S d’adopter une plate-forme de "démocratie liquide" pour débattre et voter les motions. Et, pourquoi pas, pour désigner les candidats aux élections. L’instrument idéal pourrait être LiquidFeedback, un logiciel libre disponible sur Internet qui permet aux membres d’une association de prendre part aux processus décisionnels. Ce système a déjà été adopté par les partis Pirates du monde entier, à commencer par celui d’Allemagne. Pratique, surtout quand les représentants politiques sont éparpillés aux quatre coins du pays et que le parti ne dispose pas de fonds pour créer une entité politique au sens classique. Mais comment fonctionne LiquidFeedback ? Après l’inscription, on discute d’une question avant de voter, par le biais de la "méthode Schulze" [du nom de son inventeur Markus Schulze qui a mis au point en 1997 un système de vote permettant de désigner un gagnant à partir d'une liste de candidats]. Celle-ci permet de donner son avis en établissant un ordre de préférence incluant toutes les autres propositions. Le 1 sur 3 14/03/2013 18:33 192
  • 193. INTERNET • La démocratie liquide, ça vous dit ? | Courrier international http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/25/la-democratie... programme calcule ensuite quelles sont les idées les plus plébiscitées. Mais le plus intéressant est probablement le système de mandats, qui permettrait, à condition de l’utiliser correctement, de mettre en œuvre une véritable démocratie directe sur Internet. Ou mieux, une démocratie liquide. À travers un système contrôlé et certifié, il est possible de déléguer son vote à un autre participant pour un sujet en particulier. Cela semble simple, et pourtant : "Le risque est de voir s’instaurer une dictature des actifs, c’est-à-dire de ceux qui se servent le plus de la plateforme", explique Carlo Brancati, vice-président du parti Pirate suisse. "Si une seule personne vient à concentrer trop de pouvoirs, on risque le 'coup d’État'". Une minorité devient alors en mesure de prendre des décisions contre la volonté de la majorité. Un danger surtout encouru si le nombre d’inscrits est faible." La dictature des actifs LiquidFeedback a également ses failles et points faibles dont pourrait tirer parti un habile manipulateur. "S’il est vrai, comme on le raconte, que Gianroberto Casaleggio [proche de Beppe Grillo, créateur de son blog et accusé dernièrement d’être celui qui choisit arbitrairement ceux qui représenteront le mouvement Cinque Stelle au Parlement lors des prochaines élections législatives] impose sa ligne, ce système lui permettrait de contrôler très facilement tout le processus décisionnel", continue Brancati. Et pas seulement. En supposant qu’il soit vrai que la moitié des abonnés de Beppe Grillo sur Twitter sont des bots [des "web robots", de faux comptes], alors il serait probablement facile de trouver un moyen de contourner le système de certification des mandats sur LiquidFeedback. Ainsi, tout le monde pourrait se créer son petit groupe de partisans et imposer son avis. Mais ce ne sont que des hypothèses. La démocratie liquide est très efficace pour ces mouvements, mais elle doit être appliquée à la lettre pour fonctionner correctement. "Plusieurs étapes sont nécessaires. Premièrement, le nombre de votants doit être suffisamment important pour éviter un 'coup d’État'. Deuxièmement, il faut surveiller de très près l’Admin (l’administrateur de la plateforme) pour qu’il n’ait pas trop de pouvoir et qu’il n’influence pas le vote si celui-ci est ouvert. Troisièmement, il faut un règlement très strict concernant la gestion pratique de la plateforme et la certification des mandats", prévient [le pirate suisse] Carlo Brancati. Logiciel traduit en italien Comment se situe le Mouvement 5 étoiles vis-à-vis de la démocratie liquide ? A ce jour, LiquidFeedback a été testé dans plusieurs régions, comme en Sicile. Le logiciel a également été traduit en italien lors des tables rondes de Bergame. Et comme l’explique Marco Piazza, conseiller municipal de Bologne, "de nombreux sympathisants demandent à l’essayer en Émilie-Romagne; mais pour l’heure, on en est seulement au stade des discussions." Qu’en est-il de la sélection des candidats ? Tout le monde pourra-t-il vraiment se présenter, même sans programme ou liens avec la région ? Au contraire, le chef de file aura-t-il le dernier mot comme c’est le cas dans les partis classiques ? Récemment, Beppe Grillo a annoncé que pour les prochaines élections, "les candidats du M5S seraiont choisis en ligne et le programme débattu et complété de manière transparente par le biais d’une plateforme Internet." Affaire à suivre. Corriere della Sera | Marta Serafini | 25 Septembre 2012 |0 Réagir À LIRE ÉGALEM EN T INSOLITE • Chine : l'infâme cloaque à 24 000 euros ROYAUME-UNI • Kate Middleton – Royal soit le fruit de ses entrailles GUERRE AU MALI • Ne jamais sous-estimer ces "capitulards" de Français ! 2 sur 3 193 14/03/2013 18:33
  • 194. Les lunettes Google traduisent une évolution millénaire, présentent de ... http://transportsdufutur.typepad.fr/blog/2012/02/les-lunettes-google-trad... Les transports du futur Livre - Vos critiques Projets en cours Flux d'info Livres Think Tank MétaNotes Contact Base de savoirs Application Mobile Présentations 27/02/2012 Les lunettes Google traduisent une évolution millénaire, présentent de nombreux intérêts dans la mobilité et la consommation, et posent de nombreuses questions … philosophiques La rumeur se confirme (déjà abordé dans 2 précédents articles: ici et là). Google devrait commercialiser fin 2012 des lunettes intégrant les principales fonctionnalités d’un smartphone : téléphone, connexion web, GPS, mémoire, appareil photo, avec une projection des informations sur les verres. Cet objet arrivera d’ici quelques mois, il concentre et cristallise de nombreuses évolutions à venir dans nos rapports au contexte, à l’environnement, aux autres. Il crée également de nouveaux risques qu’il faudra comprendre, débattre et limiter pour profiter des avantages dans de nombreux domaines, ceux des mobilités et des chaînes logistiques. Ces lunettes rendent visible, à double titre, la façon dont des entreprises comme Google, Facebook ou Amazon, voient le monde qui vient. Petit rappel technologique : tout est décrit ici. Futur Smartphone ?: L’équipement en téléphone portable et en smartphone indique globalement que ces objets sont acceptés et demandés. Prothèse nomade « parfaite », les lunettes prolongent les tendances millénaires : l’appropriation d’objet portable permettant à l’homme de se déplacer, de s’adapter à son environnement, d’échanger avec les autres des connaissances, des objets ou des savoirs, de pratiquer le troc. Le smartphone que nous appelerons « cerveau externalisé », en référence à Michel Serres, apporte donc ces éléments essentiels au nomadisme dans un monde complexe. Une évolution possible verra donc disparaître l’objet smartphone dans les lunettes et la montre, objets historiques. En pratique, les lunettes apporteront plusieurs niveaux d’informations, de liens en temps réel : sur l’environnement, les objets, bien sûr les véhicules en circulation, en résumé le contexte, sur soi-même, sa position, sur son réseau de connaissance, sur les personnes sur les connaissances et savoirs répertoriés sur internet, indexés et accessibles aux robots numériques. Votre cerveau externalisé: En conséquence, vous parlerez virtuellement plusieurs langues, demanderez à votre « cerveau externalisé » de résoudre des problèmes en marchant, serez capable de (re)connaître de nombreuses personnes, d’être quasiment partout comme dans votre quartier, d'avoir toutes les informations que vous jugez importantes pour choisir le produit adapté … Les conséquences sont nombreuses, liées entre elles, complexes (au sens de complexus), paradoxales ; Certains pensent alors que la richesse sera la capacité à être seul, coupé des autres, à pouvoir se recueillir (voir Vidéo Conversation d'Avenir - la solitude ici). Ces connaissances sont « ajoutées » au monde physique réel devenant « réalité augmentée » (voir ici par exemple). Ceci pose déjà des questions auxquelles nous devrons répondre sur l’intrusion, sur le partage de nos données publiques, de nos traces numériques conscientes ou inconscientes, de nos données privées. Cela ouvre également des possibilités infinies d’intrusions commerciales de plus en plus sophistiquées (voir quelques exemples ici et là). La frontière privée/publique, professionnelle/privée s’estompera pour devenir connectée/non connectée. Certains 1 sur 3 14/03/2013 18:34 194
  • 195. Les lunettes Google traduisent une évolution millénaire, présentent de ... http://transportsdufutur.typepad.fr/blog/2012/02/les-lunettes-google-trad... pensent alors que ne pas être connecté sera suspect, notamment par votre réseau (voir Vidéo Conversation d'Avenir La vie privée: ici). Plus faciles et rapides à utiliser ces informations apportées au moment où nous en avons besoin modifieront nos usages, nos pratiques. Mais plus encore, nous pourrons apprendre les liens entre ces informations fournies au bon moment (Google appelle cela ZMOT), et les changements de comportements, nous aurons des outils pour apprendre à apprendre permettant d’accélérer le processus. Puis de nouvelles connaissances seront proposées : le futur, le temps d’après. Par exemple, vous verrez sur le bus, le nombre de place libre, l’heure d’arrivée simulée intégrant les bouchons qui arriveront sur le trajet ; et également un comparatif des autres options de mobilité en intégrant dans les propositions le futur. Ces modèles prédictifs du futur concentreront toutes les données temps réel du passé ; ils leurs donneront un autre sens (voir quelques exemples ici et ici). Connexion aux savoirs et aux objets: Puis arrivera l’internet des objets, ces derniers communiqueront avec nous et entre eux, ouvrant des possibilités inimaginables aujourd’hui, au sens que nous ne pourrons pas le concevoir dans leur ensemble tant les interactions et rétroactions sont multiples. Nous ne pourrons que les expérimenter pour trouver en même temps les domaines d’application et les normes pour les diffuser et les lois pour les limiter. Un colis affichera son contenu carbone, sa trace ; un camion circulant informera les autorités sur ses émissions polluantes, sa masse totale, déterminant automatiquement le montant du péage, et proposant alors au chauffeur la meilleure organisation de livraison revue et mise à jour au dernier moment, réservant l’aire de livraison et établissant automatiquement la comptabilité carbone de l’entreprise. Dans le domaine des transports, il est alors probable que les gains de productivité, d’énergie et économiques soient alors majoritairement apportés par l’optimisation des systèmes rendus possible par ces évolutions, et non pas par les progrès technologiques sur les véhicules. En conséquence : et si Google se rapprochait de Veolia Transport ? Cette paire de lunettes confirme également l’arrivée des géants numériques dans le monde physique ; quand il leur apparaît nécessaire de matérialiser sous des formes précises (kindle, ipad, …) leurs services, leurs Univers pour se positionner dans la chaîne de valeurs. Quand investiront-ils les secteurs de l’énergie et des transports ? Ces lunettes permettent de voir le monde comme Google le voit, pour le moment : orienté utilisateur, communicant, apprenant, temps réel et prédictif … Mais après ? Comment même concevoir ces risques pour s’en protéger ? Ces derniers seront tellement nouveaux et changeant. Certains philosophes, comme Michel Serres (voir vidéo), abordent ces questions essentielles portant sur les évolutions « du support / message » après les deux révolutions précédentes (inventions de l’écriture, puis de l’imprimerie). Il indique notamment qu’avec cette 3ème révolution, nous devrons (ré)inventer de nouvelles lois, de nouveaux codes. « C’est lorsque interviennent des révolutions concernant l’information, que les civilisations basculent ». Les ingénieurs et les scientifiques ne doivent plus ignorer ces changements dès la conception des nouveaux systèmes. Ces derniers doivent donc intégrer les outils, les technologies qui permettront de penser de nouvelles lois, de nouveaux codes permettant de mieux se protéger collectivement. Rédigé par Gabriel PLASSAT à 10:31 dans assistant de mobilité, Assistant Personnel de Consommation, citoyen, collectivité, confiance, connectivité, données réelles, google, gouvernance, gratuit, holoptisme, intelligence collective, internet, internet des objets, living lab, management de la mobilité, marchandises, marketing individualisé, monnaie complémentaire, multimodes, partage de données, pensée complexe, Service de mobilité | Lien permanent Favoris | Envoyer sur del.icio.us | Tweeter ceci ! 2 sur 3 195 14/03/2013 18:34
  • 196. Envisioning the future of technology — envisioningtech.com — Readability http://www.readability.com/articles/jwocvfij envisioningtech.com What we do: What is the visualization? Understanding where technology is heading is more than guesswork. Looking at emerging trends 1 sur 3 14/03/2013 18:32 196
  • 197. L’université de Cambridge ouvre un centre pour étudier la menace des ... http://www.readability.com/articles/jjatfksd dailygeekshow.com DEC. 2 , 2 012 2 décembre 2012 - Par Martin Rousseau Plusieurs universitaires ont ouvert à l'université de Cambridge en Grande-Bretagne, un centre spécialisé dans l'étude d'un "risque existentiel". Ils devront réfléchir à l'éventualité qu'un jour les machines puissent se révolter contre leurs créateurs. À la vitesse à laquelle vont nos avancées en matière de technologie, il est normal de se demander quand la limite entre réalité et science-fiction aura été franchie. C'est pourquoi un collectif d'universitaires a décidé d'ouvrir un centre scientifique à l'université de Cambridge afin d'étudier la menace d'une révolution des intelligences artificielles. Le CSER, centre d'étude du risque existentiel, a été fondé par l'astrophysicien Lord Martin Rees, le philosophe Bertrand Russel ainsi que l'ingénieur Jaan Tallinn, qui a notamment participé au développement de Skype et Kazaa. Ce centre d'étude des "Terminators" comme il a été surnommé, compte forcément évoquer la possibilité que l'homme soit un jour dominé par ses créations. Sur le site du CSER, ils expliquent que "beaucoup de scientifiques sont préoccupés par le fait que les développements dans les technologies humaines pourraient bientôt poser de nouveaux risques allant jusqu’à l’extinction de notre espèce en tant que telle. Ces problèmes requièrent plus d’attention scientifique qu’ils n’en reçoivent pour l’instant". Le lancement du centre s'effectuera en 2013, après avoir été officiellement annoncé lundi dernier. Selon eux pour éviter au maximum qu'un Terminator vienne un jour éradiquer la planète, il faudrait déjà "arrêter de traiter les machines intelligentes comme un dérivé de la science-fiction et de commencer à les considérer comme une part intégrante de la réalité à laquelle nous, ou nos descendants, serons confrontés, tôt ou tard". Alors si l'un de vous travaille chez Skynet, qu'il se dénonce tout de suite. 1 sur 3 197 14/03/2013 18:31
  • 198. L’université de Cambridge ouvre un centre pour étudier la menace des ... http://www.readability.com/articles/jjatfksd Craignez-vous qu'un jour les machines puissent se révolter contre l'homme ? Original URL: http://dailygeekshow.com/2012/12/02/luniversite-de-cambridge-ouvre-un-centrepour-etudier-la-menace-des-robots/#! 2 sur 3 14/03/2013 18:31 198
  • 199. Et souvenez vous 1993 199 2013
  • 200. InternetActu.net » Quand vous ne voyez pas le service, c’est que vous êt... http://www.internetactu.net/2012/02/27/quand-vous-ne-voyez-pas-le-se... - InternetActu.net - http://www.internetactu.net - Quand vous ne voyez pas le service, c’est que vous êtes le produit ! Posted By Xavier de la Porte On 27/2/2012 @ 10:21 In Articles,Economie et marchés,eDémocratie,Services | 13 Comments La lecture de la semaine, il s’agit d’un article de l’hebdomadaire américain The Nation, il est signé par Ari Melber, journaliste et spécialiste des réseaux sociaux, il s’intitule “Le secret de la valorisation de Facebook” [1]. L’occasion de revenir sur un événement largement commenté et dont nous avions dit quelques mots ici même. “Une chose manque dans tous les commentaires au sujet de la valorisation boursière de Facebook”, commence Ari Balmer. “Tout le monde sait à quel point l’entreprise est populaire, avec ses 845 millions d’utilisateurs, et à quel point elle marche bien, avec une valorisation potentielle à 100 milliards de dollars (soit 5 fois celle de Google quand il fut introduit en Bourse en 2004). Mais qu’est-ce qui fait vraiment de Facebook une entreprise aussi rentable ?” demande Ari Melber. C’est vous, répond-il. Ses utilisateurs. Et plus exactement, ce que vous y mettez. [2] Image : Mark Zuckerberg nous dit merci ! Dans les faits, à l’époque contemporaine, l’introduction en Bourse de Facebook constituera l’un des plus gros transferts volontaires de propriété d’une masse de gens à une entreprise. Le mot “volontaire” est, selon Melber, une façon plutôt gentille de voir les choses. Les études montrent [3] que la plupart des utilisateurs de Facebook ne savent pas qu’ils abandonnent tout droit sur leurs photos et leurs informations quand ils acceptent les conditions générales d’utilisation [4] de l’entreprise. Après tout, qui a le temps de lire les 4 000 mots que comptent ces conditions d’usage ? Mais si vous les lisez, poursuit Melber, vous apprendrez que tout contenu relevant de la propriété intellectuelle de l’utilisateur (comme les photos et les vidéos) est cédé à Facebook “sous une licence mondiale, non exclusive, transférable, sous-licenciable, et gratuite”. Cela signifie que Facebook peut faire ce qu’il veut de ce matériel. C’est un pouvoir vraiment exorbitant ainsi cédé à un fournisseur de service, ajoute Melber – comme si un service de messagerie revendiquait la propriété intellectuelle de chaque mot qui est échangé dans son système. Il n’y a, par ailleurs, aucun moyen de récupérer sa propriété intellectuelle dans Facebook. Si des 1 sur 6 14/03/2013 18:39 200
  • 201. InternetActu.net » Quand vous ne voyez pas le service, c’est que vous êt... http://www.internetactu.net/2012/02/27/quand-vous-ne-voyez-pas-le-se... usagers ferment leurs comptes, Facebook conserve la même licence pour tous les contenus qui “ont été partagés avec les autres”. Chaque mot écrit sur Facebook étant partagé, l’entreprise garde donc la propriété de tout ce qui a été mis sur son site. C’est donc un arrangement à sens unique, qui est d’autant plus remarquable que Facebook a réussi à convaincre toujours plus d’utilisateurs qu’il offre un service “gratuit”. Certes, techniquement, l’entreprise ne fait rien payer à ses usagers. Le micropaiement est réservé aux journaux. Les milliardaires voient plus loin. Facebook trouve ses revenus dans un produit qui a beaucoup plus de valeur : les données personnelles. Il est difficile de mesurer quelle part de la valeur de Facebook réside dans la récolte des données de ses utilisateurs. Pour être tout à fait juste, aujourd’hui, la plus grosse part de ses revenus provient de la publicité, ce qui est carrément démodé, dit Melber. Certaines de ces publicités sont ciblées individuellement, les autres trouveraient sans doute leur place sur n’importe quel site très fréquenté. Les 15 % restant des revenus de l’entreprise proviennent des jeux, qui n’ont rien à voir avec le vol de vos albums photo. Mais la vraie valeur de Facebook ne réside pas dans son bilan comptable. Il s’agit d’un pari sur l’avenir. Beaucoup d’analystes boursiers l’ont dit [5], les revenus de Facebook aujourd’hui, autour de 3 milliards de dollars, ne justifient absolument pas la valorisation de l’entreprise. Le jackpot, en fin de compte, devra venir d’une monétisation plus agressive de l’expérience Facebook. Alexis Madrigal, qui écrit sur la technologie pour The Atlantic, avance que l’entreprise devra tirer de chacun de ses utilisateurs actifs 4,39 dollars [6] pour justifier une capitalisation boursière de 100 milliards de dollars. Comment ? Madrigal imagine un autre programme pour diriger les utilisateurs dans des publicités pour des produits qu’ils pourraient chercher à se procurer via le site. “Je m’attends à voir la résurrection de quelque chose de l’ordre du malheureux plan Beacon [7] “ (un système publicitaire ciblé lancé par Facebook en 2007 qui utilisait l’activité des utilisateurs sur des sites partenaires, et permettait donc un ciblage très précis. Il a été abandonné suite à un mouvement d’usagers, en 2009). Madrigal écrit : “Cette fois, ce sera plus subtile, mais Facebook arrivera à vous montrer des produits que vous et vos amis aimez. Vous partagerez sans friction tous vos goûts avec vos amis et avec les publicitaires.” Le partage, reprend Melber, est un de ces mots dont le sens habituel disparaît sur Facebook. Comme “volontaire”. Ou “gratuit”. Ou “ami”. Beacon ne consistait pas à partager tous vos goûts, ce qui implique les notions de choix et de réciprocité. Le programme mesurait les habitudes d’achat des utilisateurs pour leur suggérer des publicités personnalisées, sans aucun avertissement. Le programme a été retiré à la suite d’un backlash, mais le signal était clair. Les utilisateurs de Facebook n’étaient pas des consommateurs à satisfaire : ils étaient des produits à vendre. Le modèle de l’entreprise – de la dépossession première des biens des utilisateurs jusqu’à la manière dont on peut les exploiter – est la démonstration parfaite d’un vieil adage selon lequel la gratuité en ligne est une illusion. Comme l’exprimait un commentaire anonyme sur un site [8] : “Si vous ne payez pas, c’est que vous n’êtes pas un consommateur, mais un produit à vendre”. Xavier de la Porte [9] Xavier de la Porte, producteur de l’émission Place de la Toile [10] sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission. L’émission du 25 février 2012 [11] était consacrée à la grande offensive du copyright, c’est-à-dire comprendre pourquoi le droit d’auteur se durcit à l’heure d’internet, en compagnie de Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net [12], association qui milite pour un Internet libre, qui explique clairement : “Tenter de contrôler l’internet comme un énième canal de distribution conduit invariablement à avoir un impact sur les communication interpersonnelles donc sur les libertés fondementales”. 13 Comments To "Quand vous ne voyez pas le service, c’est que 2 sur 6 201 14/03/2013 18:39
  • 202. Pour voir les vidéos et pouvoir aller sur les pages des articles, cliquez sur la dernière page de la présentation et vous accéderez au Pearltrees spécial “la transformation de la société par le numérique” 202