google books et les libraires - Presentation Transcript
Les enjeux du numérique Intervention au séminaire d’hiver du SLF Paris, le 23 Janvier 2006 Olivier Ertzscheid / Maître de Conférences - Sciences de l’information - IUT La Roche sur Yon. Université de Nantes. Mél : [email_address] Site : http://www.affordance.info
? Les enjeux du numérique ?
Les enjeux de …
l’économie des contenus numériques et
du meilleur accès possible à ce type de contenus
pour un public-lecteur .
La place de chacun des acteurs.
Nouvelle écologie des pratiques, des usages, des modes de lecture à l’heure du numérique.
Environnement socio-technique qui cadre et définit en creux certaines de ses pratiques de lecture
« Nouvel entrant » : les moteurs de recherche.
Le cas emblématique de Google
Quelques thèmes …
Forces en présence : acteurs et projets
Nouvelle donne économique/numérique
« L’histoire d’un moteur qui s’intéresse au livres »
Chapitre I : la genèse d’une trilogie
Chapitre II : la Bataille de l’édition
Chapitre III : les numéros du numérique
Chapitre IV : Plus on est de fous …
Réflexions pour ouvrir le débat
Irréductible légèreté du livre
Le S débat S du numérique
Equation métier et inconnues usages
Les forces en présence Les acteurs et leurs projets
L’existant :
Editeurs, libraires, bibliothèques, auteurs
En ligne ou non
Ce que chacun met en ligne :
Auteurs : leurs textes
Editeurs, libraires, bibliothèques : leur catalogue
Les nouveaux entrants
Moteurs de recherche
Google, Yahoo (OCA), MSN
The long tail (longue traîne)
20% des produits ne représentent plus 80% du C.A.
Amazon réalise plus de la moitié de son C.A. sur des produits qui sont au fond de son catalogue.
Intérêt ?
contraintes de stockage différentes
choix beaucoup plus vaste.
exploiter un fond de catalogue qu'elles sont les seules à pouvoir proposer.
Comment et pourquoi Google en vînt à s’intéresser aux livres. Et comment le monde du livre en fût tout bouleversé.
Préambule Pourquoi cette histoire ?
Livres Hebdo : 20 Janvier 2006
« Google aurait numérisé des centaines d’ouvrages français, sans aucune autorisation des maisons d’éditions. »
« Les oeuvres "pillées" appartiendraient aux éditeurs Gallimard, Grasset, Hachette ou Fayard, et antérieures à 1970, les auteurs étant Albert Camus, Paul Valéry, André Malraux, André Gide ou André Breton. »
Chapitre 1er « Genèse d’une trilogie »
Google et les livres
Fusée à trois étages :
Google Scholar
Projet Bibliothèque
Google Books (anciennement Google Print)
Google et les livres
Google Scholar
articles et ouvrages scientifiques
Fâchés :
Elsevier
Thompson : ISI : marché mondial de la citation
Google et les livres
Google Projet Bibliothèque
Annonce partenariat avec bibliothèques pour numériser gratuitement leur fonds et les rendre accessibles en texte intégral si copyright dépassé.
La clé aux marchands du temple ?
Problèmes :
Les faux (problèmes)
hégémonie américaine
Les vrais (problèmes)
Modèle marchand de la bibliothèque ?
Financé par publicité : Que devient l’accès raisonné ?
« laisser les utilisateurs et les chercheurs décider par eux-mêmes, par leurs choix, de la hiérarchie. »
Risques : ouvrages les plus consultés, pas de roulement du fonds, ouvrages oubliés, nouvelle forme d’enfer ?
« a group of cultural, technology, nonprofit, and governmental organizations »
build a permanent archive of multilingual digitized text and multimedia content.
accessible through
Internet Archive
Yahoo!
Une philosophie et des services différents
Adobe
MSN
Yahoo!
Une trentaine d’universités,de musées et d’archives
HP Labs
Internet Archive
Johns Hopkins University Libraries
National Archives (United Kingdom)
Xerox Corporation
MSN Book Search
MSN ?????
MSN Book Search. Rien n’est visible pour l’instant
7 novembre 05 : British Library pour la numérisation de 10 000 ouvrages.
Quelle analyse ?
stratégie d'isolement de Google ?
Impossibilité (ou inutilité) de rattraper l'avance pris par les deux autres projets ?
« Dissuasion » numérique
Renforcer les crispations.
? Réflexions ? Pour ouvrir le débat Ou comment à quelque chose malheur est bon. Grâce (à cause) de Google on n’aura jamais autant …
(on n’aura jamais autant …) Questionné l’irréductible légèreté du livre
dans :
Son rapport avec l’individualité consciente qui le feuillette
lecture fragmentaire.
Son rapport avec l’inscription qu’il recueille
lecture numérique
Son rapport à un héritage culturel partagé
économie des savoirs du livre.
Google Books : tête de gondole comme seul modèle bibliothéconomique :-((
(on n’aura jamais autant …) Porté le numérique en débat culture, économie et politique
Mise en ligne de la culture :
débat culturel, économique ET politique
« les dimensions collectives de la production, circulation, consommation des savoirs sont en voie de différenciation accélérée. » Jean Max Noyer
« le financement de Google par la publicité (...) s'appuie aussi sur le métier de Google, sur une activité de quasi-bibliothécaire : la création puis la vente de mots-clés. Son thesaurus est un thesaurus » Alain Giffard
(on n’aura jamais autant …) Interrogé les « modèles »
Aujourd’hui :
Relative richesse et diversité des modèles
Modèle S de bibliothèque numérique
Yahoo, MSN, Google … mais aussi …
Gallica : http://gallica.bnf.fr/Presentation.htm
Bibliothèque électronique de lisieux : http://www. bmlisieux . com /
Bibliothèque Universelle : http:// abu . cnam . fr /
Projet Gutenberg : http://www. gutenberg . org /
Modèle S de librairies numériques (petits et gros)
Demain ??????????????????
Une équation et quelques inconnues de taille
« Bien mal acquis » … reste acquis !
Les textes disponibles seront numérisés.
le livre sera numérique
le livre ne sera pas QUE numérique.
Quelle sera la part du numérique dans les pratiques et les modalités d’appropriation du livre ?
Rien n’est réglé mais quelques indices :
Massification des accès
Modernisation des dispositifs de lecture
Les « métiers du livre »
On connaît position :
Des bibliothèques
Pour & Contre
( = « pour mais à condition que d’autres modèles existent »)
( = « donnez-nous les MOYENS ($$) d’être contre »)
Des éditeurs
Contre. Contre. Contre. Mais … « Il faut en être »
Des auteurs
S’expriment peu. Désintermédiation. Les éditeurs « portent » (pour l’essentiel) leur parole. Donc quand même plutôt contre.
Des chercheurs
De plus en plus « Pour »
(Google Scholar) et phénomène de l’auto-publication
Des libraires
?
Autres inconnues :
USAGES ET INNOVATIONS
Papier électronique
Encre électronique
USAGES ET CONSOMMATION
NOUVELOBS.COM | 17.01.06 | 17:20 La vente des livres s'est essouflée en 2005 L'arrivée des nouvelles technologies empêche la vente des livres d'augmenter. (...) Pour la première fois depuis 1997, le chiffre d'affaire des ventes de livres a stagné en 2005 en France, sur un marché bousculé par la concentration et par l'arrivée des nouvelles technologies. (…) »
USAGES ET USAGERS
Joël de Rosnay : économie reposant en grande partie sur des relations de pair à pair plutôt que sur la distribution de masse de contenus culturels (« pronétariat » = usagers capables de produire, de diffuser et de vendre des contenus non propriétaires, mais aussi de permettre un accès largement gratuit à l'information)
Et quelques certitudes
Basculement en ligne de nos comportements informationnels :
explosion des espaces de stockage.
Nomadisme des modes d’accès à l’information et à la culture.
Adaptation des terminaux et des liaisons (3G)
dérive des continents informationnels ==> dérive « des » catalogues.
Vers un « un » catalogue mondial (ré)unifié ?
Les « usagers lecteurs » à l’heure du numérique
Une culture du fragment
Une culture du gratuit
Une envie du moindre coût
http://isbn.nu/0714540536
http://isbn.nu/2253010693
Un même ouvrage :
de 8 à 20 $.
Livré de 3 jours à 8 semaines.
Quid de la loi Lang ???
Bon d’accord mais demain ??
Un moteur de recherche n’est
NI une librairie,
NI une bibliothèque,
NI un éditeur.
MAIS … le CATALOGUE est la convergence
De métiers : biblio, édition, librairie
De pratiques & des missions : Conservation, diffusion, accès, recherche
OR aujourd’hui Google c’est :
Le catalogue
+ Le fonds numérisé
+ Le public captif
+ L’adéquation aux nouveaux usages
+ Les outils de monétisation de services à l’usager (et aux partenaires : Adwords, Adsense, Payment Corp)
+ L’infrastructure et la technologie de recherche
Qu’est-ce qui l’empêche de devenir libraire ? Editeur ? Bibliothécaire ?
Une piste pour la librairie indépendante ?
« Just as libraries are starting to embrace the private sector, many bookstores are heading in the other direction: driven to the verge of extinction by poor profits, they are reinventing themselves as nonprofits that serve a valuable social and cultural function. Sure, books are still for sale, but the real "value" of a bookstore is now lies not in its merchandise, but in the intellectual or cultural community it fosters: in that respect, some bookstores are thus akin to the subscription libraries of the past »
http://www. futureofthebook . org / blog /archives/2005/12/ the _future_of_t_4.html
« Donner accès », « donner extrait » « faire catalogue » n’est pas « Lire » et surtout « Faire Lire »
Librairies
« FAIRE NOUVEAUTE » : s’emparer et de se positionner fortement sur les nouveaux modes de lecture et d’appropriation culturelle que sont les blogs, les fils RSS, les rapports avec le monde de l’auto-édition, les modèles alternatifs de type Creative Commons.
« FAIRE COMMUNAUTE » : s’incrire dans des communautés d’intérêt et de pratiques (de lecture)
« FARE QUALITE » : public-lecteur qui ne demande pas mieux que de tirer profit et parti du numérique pour MIEUX retourner vers le livre.
La bataille du quantitatif à déjà eu lieu. Elle se continue entre quelques acteurs seulement. La bataille qui reste à gagner est celle du QUALITATIF.
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