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Il fut décidé que je me chargerais des frais de scolarité de lISPP, qui furentpayés le lundi 28 janvier. Je lui envoyai au...
Y avait-t-il un autre homme dans sa vie ? Non, sinon jaurais été le premier àle savoir et je ne serais pas là en train de ...
Nous nous sommes séparés sur des rires, en attendant le lendemain, jour deson anniversaire.Je lui ai souhaité son annivers...
Je lui ai rappelé quil y avait un mois tout juste, elle avait répondupositivement à mes 5 questions. Je voulais maintenant...
lecture il faut faire de la justice de Dieu, mais se marier à contrecoeur, enlongeant les murs comme sil sagissait dune ma...
ses lâchetés. Jai fait lamour avec Mounira, comme nombre dautres hommessans doute durant cette période, mais maintenant ce...
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Ispp ouaga mounira love affair-13

  1. 1. ISPP/marketing 2ALove affair(NB : toute ressemblance avec des personnesexistantes est bien sûr fortuite…)Monsieur A. B.,Comme je vous lai dit de vive voix, jai longtempshésité avant de prendre linitiative de vousapprocher. Mais la place que je donne à la véritédans ma vie a emporté mes dernières réticences etmamène aujourdhui à vous écrire à coeur ouvert,non pour ajouter de la souffrance, alors que lamienne est à son comble, mais parce que jai espoirque cette vérité aura la vertu dapaiser durablementle feu des passions qui pourraient nous dévorer,vous et moi.Jai vécu avec Mounira une relation de plus de troisannées, qui a commencé, à son initiative à elle, aumois daoût 2009 et qui vient de se finir le 4 avril decette année, jour de son anniversaire.Je nai pas cherché cette relation et jai même mis un très long temps avant dedonner à Mounira la place quelle voulait dans ma vie. Sans doute en a-t-ellesouffert, mais je suis de ceux qui pense que les engagements de coeur ne sontpas des choses à prendre à la légère si lon veut quils durent.Lorsque pour la première fois jai répondu à son amour, au début de lannée2010, jai aussitôt fixé une condition dirimante : quil ny ait plus aucun autre1
  2. 2. homme dans sa vie et, en particulier, que sa relation antérieure soitdéfinitivement enterrée. Mounira a répondu catégoriquement par laffirmative àcette condition, et cest à cette unique occasion que jai appris votre existence,puisquelle a brossé devant moi un portrait assez rapide de votre relation, endes termes dailleurs assez peu flatteurs pour quelquun qui est aujourdhui lepère furtif de son enfant, pour me persuader quil ny avait aucun retour enarrière possible de sa part avec un homme comme vous.Mes relations amoureuses étant dabord fondées sur la confiance et lasincérité, je ne suis plus jamais revenu sur ce sujet avec Mounira, à tort quandje vois aujourdhui le nombre dhommes dont elle décore sa vie.Peu à peu, notre relation a commencé à dessiner les voies dun bonheurpossible à deux et nous avons, chacun à notre façon, continuer dy apportercette touche de magie qui en était la marque dorigine.Très vite, en tout cas plus vite que moi, Mounira a souhaité donner à cetterelation un tour plus concret, en particulier en me demandant de lui faire cetenfant dont elle rêvait depuis si longtemps et qui, à ses yeux, devait être laconsécration de notre amour. Au fond de moi, même si je nen trouvais pasencore les mots, je partageais la même envie, puisque depuis la toutepremière fois, nous navions jamais cherché dans nos relations intimes à nousprotéger de cette éventualité. Dire que nous en étions déjà à nous chamaillersur le nombre et les prénoms...Mounira voulait aussi que je commence les démarches auprès de sa famille etminstruisait souvent, avec force détails et plaisanteries, de ce que jaurais àfaire pour quelle devienne ma femme et partage mon nom. Combien de foisna-t-elle pas insisté pour parler à ma maman...Elle avait certes un temps davance, car je souhaitais quelle commence sesétudes supérieures, en marketing à lISPP, et surtout que les choses se fassentdans lordre puisque rien ne pressait vraiment, notre amour étant installé dansla durée.Autant que je puisse en juger aujourdhui, et parler pour nous deux, nousétions heureux et ce bonheur qui nous souriait semblait ne pas devoir finir.Au début de lannée 2012, un petit nuage a pourtant obscurci notre relation,sans que je comprenne immédiatement de quoi il sagissait. Cest au retour deson voyage à Niamey que Mounira a fini par mavouer ce qui la torturait depuisplusieurs semaines. Elle était tombée enceinte et, dans lincertitude de madécision, mais aussi par crainte de menacer notre relation en mimposant unechose arrivée inopinément, elle avait pris seule la décision davorter. Jen étaisterriblement fâché, parce que, si elle avait consenti à mon avis, cet enfantaurait aujourdhui 4 ou 5 mois...2
  3. 3. Cependant les choses ne se déroulaient pas comme il le fallait, et devant dessaignements incessants et des signes dinfection, elle était préoccupée par lesrisques quelle faisait courir à sa santé. Je lai fait examiner par une amiegynécologue, qui a réglé le problème médical, tout en lui faisant remarquerque les produits chimiques quelle avait absorbés pour avorter, sans doute surles conseils de son ami Raïssa, et les conditions dans lesquelles cet avortementavait eu lieu, pouvaient hypothéquer sa capacité à avoir des enfants.La panique de Mounira était très grande. De là date cette sorte dhystérie àvouloir que je lui fasse absolument un enfant pour lui prouver quelle étaitencore capable dêtre maman. Ce fut une période très difficile puisque touteson énergie, physique et morale, était concentrée sur ce désir denfant, quireléguait le reste de sa vie, études, famille, principes religieux, peut-êtremême amour..., à la portion congrue.Du mois de mai 2012 au début du Jeûne en juillet 2012, elle a sans doute toutfait pour avoir cet enfant, en me mettant à contribution, mais aussi en prenantdes produits pour stimuler sa fertilité.Aujourdhui que je sais que, vous et moi, et dautres encore sans doute,partagions alors son corps, je comprends quelle a finalement réussi, puisqueDieu a voulu que ce soit vous, ou un autre Africain, qui trouviez les voies de lapaternité avec elle.Et quand je la revois sur les vidéos prises à son insu, dans notre chambre etsur notre lit, ses mots, ses gestes, ses poses, ses murmures et ses plaisirsressemblent une comédie de vilaine petite fille qui, maintenant, a ajouté lebébé dun autre à ses caprices diaboliques.Curieusement, pour des raisons dont elle seule a le secret, mais sans doutepour néveiller aucun soupçon en moi, Mounira a continué à insister, enparticulier à son retour dAccra, pour que je fasse les démarches et que notrerelation devienne plus officielle aux yeux de sa famille, évoquant un voyage àdeux au Sénégal, la nécessité de préparer une maison, et toujours lenvie queje lui fasse un enfant. Peut-être avait-elle un doute réel sur lorigine de cetenfant quelle portait depuis juin et voulait-elle ménager toutes les issues, aucas où…Néanmoins, jusquau début du mois de décembre, notre relation a conservé untour normal, même si nous nous voyions moins souvent pour des raisons liéesà ma situation personnelle.Cest au début du mois de décembre, le 9 si mes souvenirs sont fidèles, queMounira est venue chez moi parce quelle avait besoin de me parler. Elle étaittourmentée et physiquement affectée, très nerveuse aussi. La discussion napas été facile. Nous étions sur notre lit. Elle a évoqué des problèmes dargent,la nécessité de se concentrer sur ses études, des soucis de famille surtout,3
  4. 4. avec ses soeurs notamment, pour me demander de faire une petite pause dansnotre relation, le temps de régler elle-même tous ces problèmes.Elle a insisté pour me dire que cela navait rien à voir avec notre relation, quilne sagissait pas dune rupture et quil était juste question, pour elle et pournous, de prendre un peu de recul avant de pousser plus loin notre amour.Je navais aucune raison de lui refuser le temps de recul quelle me demandait.Quelques jours plus tard, elle ma appelé avec le portable de sa maman,comme souvent, pour me demander si elle me manquait autant que je luimanquais. Cétait une évidence pour nous deux. Nous avons bavardé un longmoment ; je la sentais maladive et terriblement triste. Au sens juste, il y avaitdu chagrin en elle, qui ne la plus jamais quittée depuis.Chacun a passé les fêtes de fin dannée de son côté et je ne lai revue que le 3janvier, au Calipso, où elle a ses habitudes comme moi. Je dois dire que nousnous sommes manqués du fait que cette rencontre furtive et inattendue nous asurpris tous les deux, et que jai refusé de lembrasser...Je lui ai rendu visite quelques jours plus tard. Je lai retrouvée terriblementfermée, le visage creusé et frappé de boutons, et avec un regard qui donnait lesentiment quelle affrontait un problème démesuré.Nous avons bavardé dans la voiture, sans que je puisse savoir ce qui la mettaitdans un tel état de désespoir. Elle ma cependant dit que sa maman, qui allaitet venait devant la maison, préparait à la hâte un voyage au Niger afin de fairedes courses pour le prochain mariage dune parente, et que seule avec sonpapa, elle allait vivre une semaine infernale. Elle semblait toujours détesterson papa, sans raison.Elle avait besoin de tendresse, mais elle me demandait de patienter encore unpeu, quelle était vraiment en train de régler les problèmes dont elle mavaitparlé et que bientôt tout serait comme avant. Nous nous sommes embrassés,longuement. Puis je lai regardée rentrer dans la cour.Le lundi 7 janvier, jai rencontré lune de ses soeurs, Ramatou, pour essayer decomprendre le drame quétait en train de vivre Mounira. Celle-là aeffectivement évoqué devant moi une grossesse, des préparatifs de mariage etun autre homme dans sa vie. Comme ses propos tranchaient avec toutes lesaffirmations de Mounira, jai voulu en avoir le coeur net immédiatement. Jesuis donc allé chez elle. Sa nervosité était à son paroxysme et son visage étaitcreusé par le chagrin. Le doute ma saisi et jai insisté pour apprendre ce qui sepassait réellement. Ecartant les problèmes de famille quelle évoquait ànouveau, jai cherché à savoir ce quil en était de nous. Ne maimait-elle plus ?Oui elle maimait. Y avait-il un autre homme dans sa vie ? Non, sinon elle melaurait dit depuis longtemps. Ne voulait-elle plus devenir ma femme ? Si. Lamère de mes enfants ? Si.4
  5. 5. Elle a cependant ajouté que lun de mes amis lui avait laissé entendre quellenavait pas davenir avec moi depuis le début, ce à quoi je lui répondis quejétais le seul à pouvoir lui donner cette réponse. De même, concernant lesrumeurs sur son état, elle ma répété quelle mavait toujours dit de lui poserdirectement les questions et de men tenir à ses réponses.Je suis reparti rassuré sur notre amour, mais toujours terriblement inquiet surson sort personnel.De mon côté, javais mis à profit cette période de repli mutuel pour mûrir madécision et enclencher les démarches dont elle mavait si souvent parlé commeétant, avec lenfant que nous devions faire ensemble, les plus belles choses desa vie — et qui se révéleront les plus médiocres, de sa grossesse àlaccouchement en passant par ce mariage de façade, tout sera finalementclandestin. Même Dieu, ces jours-là, a dû chercher à se dérober…Sans doute impressionné par la situation dans laquelle je la trouvais etsoucieux de lui adresser un signal de réconfort et damour, je décidai avec mamaman daccélérer les choses. Le dimanche 13 janvier, jai donc attenduquelle rentre, fort tard dailleurs, de chez sa soeur pour lui faire la surprise delui remettre sa bague de fiançailles, qui, me dit-elle, était exactement à sataille. La première fois quelle acceptait une bague de fiançailles...Quelques jours plus tard, ma maman a téléphoné à Mounira pour lui direcombien elle était heureuse quelle accepte de faire partie de notre famille etquelle était impatiente de voir la femme que javais choisie. Mounira afinalement donné un rendez-vous téléphonique à ma maman le dimanchesuivant pour que nous puissions discuter ensemble de toutes ces choses devive voix.Dans lintervalle, la maman de Mounira étant rentrée de son voyage deNiamey, ma maman lui a téléphoné pour présenter nos intentions et échangerbrièvement avec elle à propos de ce que seules savent se dire des mèresquand il sagit du bonheur de leurs enfants.Le rendez-vous téléphonique du dimanche 20 janvier na finalement pas eulieu, Mounira ayant été retenue très tardivement chez sa soeur à Tampouy.Le jour suivant, nous nous sommes longuement parlé au téléphone. Elle madit que sa situation devenait insupportable, quelle navait plus de moto (alorsque javais contribué à lachat de celle quelle avait reçue pour sonanniversaire, en avril 2012), que ces portables ne fonctionnaient plus et quellenallait même plus à lISPP faute davoir payé les frais de scolarité. Jeminsurgeai contre le fait quelle nallait plus à lécole et quelle se laissaitsubmerger par des soucis matériels alors que je pouvais lui venir en aide.5
  6. 6. Il fut décidé que je me chargerais des frais de scolarité de lISPP, qui furentpayés le lundi 28 janvier. Je lui envoyai aussi un portable Samsung pour quenous puissions communiquer normalement en lieu et place de son vieuxportable qui ne fonctionnait que sur haut-parleur. En revanche, pour ce quiregardait la moto placée en gage à la suite dune mauvaise affaire de pagnesavec ses soeurs, elle me demanda de la laisser régler elle-même ce problème.Elle ajouta même, sur le ton de la plaisanterie, si elle aussi, quand elletravaillerait, elle aurait le droit de me faire autant de cadeaux...Nous nous sommes parlé à plusieurs reprises jusquau jeudi, jour du mariagede sa parente, où elle était demoiselle de compagnie. Alors quelle attendait àla maison le retour des parents de Loumbila, elle paraissait exténuée et parlaitdune voix quasiment inaudible, comme si parler la faisait souffrirphysiquement. Jétais franchement inquiet pour sa santé et je lui ai demandéde se reposer, puisquau fond elle nétait pas indispensable à ce mariage.Entre temps, mon chauffeur est allé lui remettre la brosse à dent électriquequelle attendait depuis si longtemps et qui venait darriver. Elle me remerciapar téléphone et me promit de belles photos delle à ce mariage...Jai reparlé à Mounira plusieurs fois encore le soir, brièvement. Elle allaitmieux. Beaucoup de gens saffairaient autour delle. On aurait dit quelle volaitles conversations que nous avions à je ne sais qui…Les jours suivants je nai cessé de prendre de ses nouvelles, jusquaudimanche où elle est restée injoignable jusquau petit matin.Le lundi, jai insisté pour lui parler et la rencontrer. Il était 7 h 20. Elle sepréparait pour aller à lécole et ma proposé un rendez-vous téléphonique à lapause de 10 h 30. Comme elle na pas tenu ce rendez-vous, je me suis déportéà lécole pour déjeuner avec elle.Elle nétait pas là et il ma fallu un long moment avant de pouvoir lui parler autéléphone. Elle était dans un appartement dont je ne connaissais pas lécho,sans doute le vôtre, ou celui dun autre de ses amants.Elle était très énervée, y compris contre moi. Je lui demandai ce que je luiavais fait, pourquoi elle semblait me fuir et pourquoi, sil y avait un problèmeentre nous, elle ne voulait pas me lavouer.Finalement, Mounira sest calmée et ma expliqué quelle mavait demandé dutemps pour revenir dans notre relation, et quil fallait que cela vienne dellemême, quil restait un peu de chemin et que je devais être plus patient.Pour ma part, javais besoin de réponses plus concrètes. Je lui ai donc proposédarrêter notre attitude sur sa réponse à 5 questions que je jugeais essentiellesà notre relation amoureuse, et que je considérerais ses réponses commedéfinitives en attendant son retour.6
  7. 7. Y avait-t-il un autre homme dans sa vie ? Non, sinon jaurais été le premier àle savoir et je ne serais pas là en train de discuter avec elle.Etait-elle enceinte ? Non, elle nattendait un enfant de personne.Avait-elle une maladie grave ? Non, aucune.Maimait-elle comme je laimais ? Oui, rien navait changé.La pause quelle mavait demandée, était-ce une façon de me quitter ou aucontraire de renforcer notre relation ? Si elle devait me quitter, elle me lauraitdit sans détour ; et cétait bien pour renforcer notre relation quelle mavaitdemandé cette pause.Je lui ai dit que mon voeu le plus cher était de fêter cette année la Saint-Valentin avec elle, mais elle a décliné linvitation, maffirmant quelle ne fêteraitpas, car elle devait travailler dur en classe pour rattraper son retard sur sespartiels, avant de faire un voyage à Orodara avec lISPP. Mais elle a ajoutéspontanément que son voeu à elle, cétait de fêter son anniversaire, le 4 avrilprochain, en tête à tête avec moi. Je lui ai répondu que je commençais doncdès maintenant à préparer celui-ci et elle ma donné son accord. Jajoutai quemon anniversaire ayant lieu en avril également, elle aurait à préparer le mien,ce à quoi elle consentit.Nous avons encore plaisanté sur le nombre, deux, et le prénom, Inès et Carl,de nos enfants avant de nous quitter.Le 14 février, dans la soirée, alors quelle avait fini assez tard ses cours derattrapage à lécole et quelle dégustait le gâteau de Saint-Valentin que javaisenvoyé à la maison, nous avons parlé de tout ce temps que nous avions perdusur notre amour et que nous avions à rattraper. Elle était détendue, presquesereine. Pour calmer mon impatience de la voir mettre fin à notre pause, ellesamusait même de ce que toute la tendresse et lamour quelle allait medonner après lépreuve quelle était en train de vivre seule allaient sûrementme faire fuir. Au fond, quelle serait une amoureuse pire quavant...Ce fut un beau moment. Je lavais retrouvée, certes à distance, mais je lavaisretrouvée. Je lui dis que je laimais, et elle me répondit que, elle, elle melavait déjà dit en mangeant le coeur damour magique que je lui avais envoyé.Nous avons continué à nous écrire jusquau 8 mars, date à partir de laquelleelle est restée silencieuse, comme moi dailleurs, ce qui nétait pas pour mesurprendre puisque cétait la convention que nous avions passée.Le 3 avril au soir, vers minuit, Mounira ma adressé un message pour me direquelle avait envie de me voir. Comme elle semblait avoir perdu le chemin quimenait jusquà moi, je lui ai proposé de lui envoyer mon ange gardien pourquil lui prenne la main. Finalement, elle a accueilli celui-ci et la retenu pourquil retrouve sa place dans ses nuits, comme avant...7
  8. 8. Nous nous sommes séparés sur des rires, en attendant le lendemain, jour deson anniversaire.Je lui ai souhaité son anniversaire le matin et, vers 18 h, je lui ai annoncé queje passerai la prendre à 20 h. Elle ma répondu que maintenant elle était àTampouy et que de lappeler en venant, sans doute parce quelle voulait êtrecertaine dêtre de retour à la maison à Gounghin.Peu avant 20h, je lui ai écrit que jétais en route, sans quelle me réponde.Arrivé à sa maison, je trouvais son papa assis dehors, je le saluai et lui dis queje venais pour lanniversaire de Mounira.Nous sommes entrés dans la cour où la maman regardait la télévision et jaiattendu en leur compagnie le retour de Mounira, dont le téléphone était fermé.Il régnait une ambiance lourde. Au bout dune heure, jai pu la joindre autéléphone et jai compris quelle demeurait maintenant chez sa soeur, où je mesuis transporté avec mon gâteau, pour lui fêter son anniversaire, comme elleen avait exprimé le souhait.La situation était à ce point surprenante que je mattendais à tout. Cestfinalement par lindiscrétion du kiosquier qui jouxte la maison de sa soeur quejai appris que Mounira venait daccoucher.Jai salué sa soeur, qui est allée chercher Mounira dans sa chambre. Nous noussommes salués en nous embrassant à peine. Il y avait de la colère en moi,mais aussi tellement de questions qui me brûlaient les lèvres que je lui aidemandé de sasseoir dans le salon, et devant sa soeur, de me dire maintenanttoute la vérité. Elle refusait de sexprimer devant sa soeur, prétextant aussi lesommeil des enfants, alors que celle-ci ny voyait aucun inconvénient, même sielle ne semblait pas comprendre ce qui était en train de se dénouer.Finalement, Mounira ma avoué quelle venait davoir lenfant que javais refuséde lui faire alors quelle avait tellement insisté. Jai regardé sa soeur, puis jaidemandé à Mounira pourquoi alors elle avait tué notre enfant en avortant il y aun an, sans rien me dire, si cétait pour faire un enfant avec un autre hommequelques mois plus tard, alors quà la même période, elle navait de cesse quenous fassions lamour pour avoir un enfant de moi !Elle ma répondu, la gorge serrée, quelle voulait absolument savoir si ellepouvait encore ou non, à la suite de lavortement, être mère. Que sans enfant,sa vie ne serait rien. Et comme durant notre relation, elle navait connu aucunautre homme et que je mettais du temps à lui faire son enfant, la seulesolution avait été, pour elle, dutiliser son ex...Elle voulu interrompre la conversation en me proposant de la retrouver lelendemain dans la cour familiale où sa soeur la conduirait. Jai refusé, car jevoulais que toute la vérité soit dite le soir même. Elle est rentrée dans sachambre, mais comme elle entendait que je continuais de discuter avec sasoeur, elle est revenue sasseoir au salon.8
  9. 9. Je lui ai rappelé quil y avait un mois tout juste, elle avait répondupositivement à mes 5 questions. Je voulais maintenant savoir sil y avaitdautres mensonges. Mounira voulait que je me calme, me demandait de luifaire confiance, quelle navait menti que sur un seul point, que tout pouvaitsarranger.Franchement, je ne voyais pas ce qui pourrait sarranger alors quen lieu etplace de notre enfant dont elle avait avorté, et qui aujourdhui aurait 4 ou 5mois, elle avait porté et mis au monde le vôtre, ou celui dun autre. Jétaisdésemparé, tout comme sa soeur, qui découvrait une situation quelle nepouvait même pas imaginer.Je pressais Mounira de me dire ce quil y avait dautre encore, et pourquoi tantde mensonges sur ses sentiments, sur votre existence, sur son état...Elle me demanda à nouveau de me calmer et daccepter de la voir lelendemain. Et elle ajouta que si elle avait accouché ici et quelle était ici avecson enfant chez sa soeur, et non pas chez le père de lenfant, cétait pour unebonne raison, et que cela prouvait bien ses sentiments pour moi. Je devaisjuste attendre, elle allait tout mexpliquer, et surtout continuer à lui faireconfiance, comme elle me lavait demandé.Comme son beau-frère venait de rentrer, Mounira préféra que nous sortions dela cour, mais nos éclats de voix dans la rue étant trop forts, celui-ci nous invitaà rester à lintérieur, dans le salon.Nos échanges furent vifs, très vifs même, sans doute parce que de part etdautre notre orgueil saignait, au point que je finis par la gifler, sèchement. Elleresta figée. Comme je me tenais devant la porte du salon pour partir, je mesuis retourné, je lui ai demandé de sapprocher, elle a hésité avant que jeprenne ses mains et que nous nous serrions dans les bras lun de lautre, aveclémotion que je lui connais depuis le premier jour. Elle était perdue.Elle est rentrée dans sa chambre tandis que sa soeur me raccompagnait versla sortie. Dans la cour, jai présenté mes excuses à sa soeur, et du reste àtoute la famille, notamment au papa et à la maman qui, complices ou non,avaient dû jouer un faux jeu devant moi quelques heures plutôt, je mexcusaisdonc davoir introduit tant de tumulte dans une famille que, une heure plus tôt,je présumais encore la mienne.Son mari est venu la rejoindre, auquel jai également présenté mes excuses,avant quil ne maccompagne à mon véhicule devant lequel nous avons eu unetrès longue discussion sur les tenants et les aboutissants de la situation deduplicité que je venais de mettre à nue.Ce nest que le lendemain, à loccasion dune autre discussion avec son beau-frère, en ville, que jai compris que le mariage où Mounira était censée nêtrequune demoiselle de compagnie et où je lavais trouvée au téléphone minéepar le chagrin la concernait directement. En loccurrence, je ne sais pas quelle9
  10. 10. lecture il faut faire de la justice de Dieu, mais se marier à contrecoeur, enlongeant les murs comme sil sagissait dune maladie honteuse, celaressemble à un châtiment…Pendant ces trois années où nos vies ont été mêlées, vous et moi, Monsieur A.B., et sans doute dautres hommes inconnus de nous deux, sans que nous lesachions et à notre corps défendant, je nai agi que selon les sentiments quejéprouvais et ceux quexprimait Mounira avec la plus grande intensité, de vivevoix et par écrit, devant moi comme devant mes amis, sans jamais soupçonnerque je puisse froisser le coeur ou ajouter de lamertume à la vie de quiconque.Ayant donc agi avec les sentiments et le naturel dun homme qui aimait et quise sentait aimé, et ce jusquau jour où jai appris de la bouche de Mouniraquelle était la mère dun enfant qui nétait pas de ma chair et de mon sang, jepense navoir commis aucune faute volontaire, ni envers vous ni envers lafamille, faute dont je puisse porter la responsabilité, même si je regretteamèrement davoir pu servir, ou davoir été linstrument involontaire, peut-êtreaveuglé par lamour que je portais à Mounira, dune douleur, dune déceptionou dune humiliation.Si jai tenu à vous écrire cette longue lettre à coeur ouvert, qui me coûte sansdoute autant quà vous, cest parce que je considère que, sur cette terre, etchaque jour que Dieu fait, il ne saurait y avoir de bonheur en dehors de lavérité et de la sincérité, même si cette vérité et cette sincérité sont parfois sidouloureuses à exprimer et à entendre.Je viens de voir celle que je considérais comme la femme de ma vie, celle quidevait partager mon nom, faire de son ventre le berceau de nos enfants etconjuguer avec moi le bonheur dêtre pour la vie à deux, disparaîtresubitement, comme balayée par un ouragan de mensonges et de trahisons, etqui, à mes yeux, apparaît aujourdhui plus comme un monstre dégoïsme, decruauté et de lâcheté que damour, je ne voulais donc pas davantagesuccomber à ces mensonges et à ces trahisons, faire comme si de rien nétaitet réduire au silence éternel la simple vérité des mots, des gestes et dessentiments qui ont été lâme de ma relation damour avec Mounira.Quil plaise à Dieu, et je le souhaite du fond du coeur, de ce coeur où jai puisétout lamour que javais pour elle, de ce coeur aujourdhui blessé à vif, queMounira vous rende, vous et cet enfant, plus heureux et plus longtemps quemoi-même et notre enfant mort avorté.Cest une chose de faire lamour avec une femme, de lui faire un enfant à ladérobée ou de partager un poulet avec elle à la cantine de lAéroport, mais cenest une autre de vivre avec elle, jour après jour, sa duplicité, son mensonge et10
  11. 11. ses lâchetés. Jai fait lamour avec Mounira, comme nombre dautres hommessans doute durant cette période, mais maintenant cest à vous, et à vous seul,de vivre tout le reste, et pour un long temps.Devant une femme, on se demande toujours sil vaut mieux brûler ou durer ;un jour, si vous en avez le courage, vous viendrez me dire qui de vous ou demoi a fait le choix du paradis ou de lenfer avec Mounira...Très sincèrement,11

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