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  • 1. Digest des billets publiés sur les mondes virtuelsDe linfluence des mondes virtuels de simulation et des serious game sur le tutorat. Par Jean-Paul MoiraudNous sommes en train dassister à un renouveau des utilisations des mondes virtuels.Terminée lépoque des navigations stériles dans des mondes vides. Le monde de laformation bruisse de toute part de projets construits. Lapparition, de ce que je qualifie, demondes virtuels de simulation interroge à distance, à la fois les usages pédagogiques desserious games (jeux sérieux) et les caractéristiques du tutorat en immersion.Christophe Batier nous a demandé de visionner le spiral news n°15 qui traite du seriousgame développé par le GNFA (groupe national formation automobile ) pour la formationdes garagistes.Pour mieux cerner le document vidéo qui servira de base à mon analyse, jai transcritquelques passages significatifs.Pour mieux cerner le document vidéo qui servira de base à mon analyse, jai transcritquelques passages significatifs.Christophe Lobert - Pôle média et système dinformations"Nous avons un projet très innovant, qui est la virtualisation de la formation automobile.Cela consiste à modéliser un garage et de permettre aux utilisateurs de se donner rendez-vous dans les garages et ensuite de faire une formation en ligne temps réel." (ChristopheLobert in spiral news N°15 - A partir de 2 minutes 47)Roland - Pôle développement projet 3D, serious gameCB "Le but du jeu cest de faire un garage virtuel pour que les gens qui sont là pourapprendre se déplacent dans le garage, retrouvent les véhicules et les schémas,déplacent les objets techniques ..."R. - "[Le but], ça va être de donner à lapprenant, au futur garagiste la reconstitution deson poste de travail, la plus précise possible suivant ce que lon veut lui faire apprendre.Cest aussi lensemble des outils, jentends par là aussi les outils de diagnostic, qui sontdes logiciels que lon branche sur les voitures. Cest aussi la reproduction descomportements des logiciels." (Roland . Spiral News N° 15 - A partir de 7 minutes 58)Christian Plantadis - Pôle pédagogie, serious gameCB " Toi tu tintéresses plus à la partie pédagogique. Quel est le rôle du formateur dans ledispositif ? Comment peut-il intervenir ? Quels sont les scénarios que lon peut proposer ?"CP "Cest la phase élaboration du dispositif. On a organisé les moyens permettant dedéterminer le contenu, le scénario et les méthodeNous sommes en train dassister à unrenouveau des utilisations des mondes virtuels. Terminée lépoque des navigations stériles 1
  • 2. dans des mondes vides. Le monde de la formation bruisse de toute part de projetsconstruits. Lapparition, de ce que je qualifie, de mondes virtuels de simulation interroge àdistance, à la fois les usages pédagogiques des serious games (jeux sérieux) et lescaractéristiques du tutorat en immersion.Christophe Batier nous a demandé de visionner le spiral news n°15 qui traite du seriousgame développé par le GNFA (groupe national formation automobile ) pour la formationdes garagistes.Pour mieux cerner le document vidéo qui servira de base à mon analyse, jai transcritquelques passages significatifs.Christophe Lobert - Pôle média et système dinformations"Nous avons un projet très innovant, qui est la virtualisation de la formation automobile.Cela consiste à modéliser un garage et de permettre aux utilisateurs de se donner rendez-vous dans les garages et ensuite de faire une formation en ligne temps réel." (ChristopheLobert in spiral news N°15 - A partir de 2 minutes 47)Roland - Pôle développement projet 3D, serious gameCB "Le but du jeu cest de faire un garage virtuel pour que les gens qui sont là pourapprendre se déplacent dans le garage, retrouvens pédagogiques permettant dedéterminer le prototype. Cest lapprentissage du serious game"CB "Est ce que ton travail consiste à déterminer les types de compétences que lon peuttransposer dans le dispositif "CP " Le parti pris cest de traiter les problématiques de compétences professionnelles etdonc de ne pas avoir de partis pris sur une compétence qui ne pourrait pas êtredéveloppée." (Christian Plantadis. Spiral News N° 15 - A partir de )Crédit Vidéo ICAP - Lyon 1Le reportage névoque pas explicitement la notion du tutorat (le terme nest pas prononcé).Pourtant, il est présent en filigrane, cest à ce titre que je me pose la question suivante : ya t-il une stratégie identique pour les formations qui instrumentent un serious game etcelles qui instrumentent, une forme particulière des mondes virtuels, le monde virtuel desimulation ?Les deux solutions ont un objectif commun ; permettre aux acteurs dun dispositifdapprentissage de se former, dapprendre, dacquérir des compétences. La reproductionnumérique de situations spécifiques scénarisées met les apprenants en situationdinteraction.Alors même que les solutions semblent proches, y aurait-il, cest une hypothèse, unimpact de la solution technologique retenue sur le mode de tutorat ? Je resterai dans lecadre de mon champ "de recherche" en analysant les contours techniques des mondesvirtuels et des serious games, leurs possibles intersections, leurs éventuelles exclusions. 2
  • 3. Il est nécessaire préalablement de cerner les notions de serious game et de monde virtuelde simulation.Julian Alvarez, donne la définition suivante du serious game dans sa thèse intitulée "Dujeu vidéo au serious game , approches culturelle, pragmatique et formelle" (17 décembre2007)“Un défi cérébral, joué avec un ordinateur selon des règles spécifiques, qui utilise ledivertissement en tant que valeur ajoutée pour la formation et l’entraînement dans lesmilieux institutionnels ou privés, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de lasécurité civile, ainsi qu’à des fins de stratégie de communication.” (Michael Zyda in Fromvisual simulation to virtual reality to games - Septembre 2005 - Extrait de la thèse page 7)"Il s’agit d’applications informatiques, réalisées par "des développeurs, des chercheurs,des industriels, qui regardent comment utiliser les jeux vidéo et les technologies associéesen dehors du divertissement" (Ben Sawyer, mai 2007 - Extrait de la thèse page 8)Julian Alvarez propose une fusion des définitions."En nous inspirant des écrits de Zyda et des propos de Sawyer, dont les approchessemblent compatibles, nous proposons de les fusionner. Par cette démarche, nousproposons, pour le moment, la définition globale suivante pour "serious game" (jeusérieux) :Application informatique, dont lobjectif est de combiner à la fois des aspects sérieux(Serious) tels, de manière non exhaustive, lenseignement, lapprentissage, lacommunication, ou encore linformation, avec des ressorts ludiques issus du jeu vidéo(Game). Une telle association a donc pour but de sécarter du simpledivertissement." (Julian Alvarez - 2007, Thèse p. 9)Je tente à lheure actuelle de cerner les contours du monde virtuel de simulation, cest-à-dire un espace immersif en 3D dans lequel on peut simuler une activité. Ce travail nestpas encore stabilisé, je propose ici une première esquisse.Le monde virtuel de simulation est une modalité pédagogique particulière des mondesimmersifs. Les concepteurs et les acteurs déconstruisent leurs repères physiques, sociauxet cognitifs du réel pour les reconstruire dans lespace 3D de formation.Le pilier central de ce monde est lavatar. Quest ce qu un avatar ? Je citerai un passagedu roman (prémonitoire) de Neal Stephenson publié en 1992, "le samouraivirtuel" (Snowcrash en anglais) :"Ce ne sont pas des gens réels quil voit, naturellement, mais des animations créées parson ordinateur conformément aux spécifications fournies par le câble en fibre optique. Cesgens sont des programmes appelés avatars. Ils représentent le corps audiovisuel quunepersonne utilise pour communiquer avec les autres dans le métavers" (Neal Stephenson,Éditions Robert Laffont - 1992)Dans les pratiques immersives, lavatar est un personnage en 3D qui représente unindividu. Il exerce une réelle activité humaine, il parle, il est doté dune gestuelle, il marche,il vole, il possède une garde robe. Il a un statut social. Derrière chaque avatar, un humain 3
  • 4. agit, interagit avec son environnement. Il ne faut pas confondre lavatar avec le bot. Cedernier communique avec son environnement en fonction dun programme informatiquespécifique.Je propose la définition suivante.Le monde virtuel de simulation est un monde en trois dimensions (3D) créé à laide dunlogiciel et dune programmation spécifiques. Le monde est en général une représentationde lieux réels mais il peut être aussi une construction purement imaginaire élaborée dansle cadre dune démarche plastique. Il permet à un groupe de personnes éclatéesgéographiquement et placées en situation immersive dinteragir. Les acteurs du dispositifpeuvent, à laide davatars, dobjets ou dune vue subjective, parler, écrire, gérer desattitudes corporelles, se déplacer, y compris en saffranchissant les lois physiques dumonde réel. Le groupe constitué partage un intérêt commun, défini dans un projet élaboréde façon formelle. Les apprenants seront mis en situation dacquisition de savoirs et decompétences en reproduisant des situations du réel. Les situations sont reproductibles àlinfini, elles permettent d’analyser des situations simples (des routines) ou extra –ordinaires. Le monde virtuel de simulation combine des constructions scénarisées auservice denjeux denseignement et dapprentissage.Le monde virtuel en tant quinstrument de simulation et le serious game ont des frontièrescommunes. Pour autant, les enjeux du tutorat sont-ils identiques ?Jaborderai cette analyse sous langle du temps. Jacques Rodet dit dans un billet " Unthème cher à Jean-Paul, celui du temps, peut nous aider à avancer sur cette question dututorat à distance et mondes virtuels. Non pas le temps consacré à telle ou telleintervention tutorale, encore que cela doive être défini le plus précisément possible, maisle temps chronologique : à quel moment procéder à telle intervention tutorale ?"Nous sommes au cœur de la question, et cest là où je ne partage pas complètement lavisde Jacques Rodet qui pose lhypothèse que "les interventions tutorales doivent se dérouleravant et après" mais pas pendant car elle risquerait de "signifier l’arrêt ou la suspensionde la situation vécue".Le tutorat immersif se justifie t-il pendant le temps de formation ? Oui pour les mondesvirtuels de formation, non pour le serious game ? Le tutorat dans les serious game et dans les mondes virtuels immersifsIl me semble, jessaierai de lanalyser cette année, que lintérêt des mondes virtuels desimulation est de permettre au tuteur de simmerger avec lapprenant pour le guider danslacte dapprentissage (ce qui nexclut pas lavant et laprès). Je vois un apport, une valeurajoutée là, ou Jacques Rodet voit la suspension (rédhibitoire) de la situation vécue. Faut-ilévacuer le tutorat de la phase de formation active ou faut-il se pencher sur lémergencedune nouvelle forme de tutorat, adaptée à cette séquence ? Dans cette hypothèse la grillede lecture devra être la base danalyse pour une séquence à définir du tutorat. Nous nousproposerons de létudier dans de futurs billets. 4
  • 5. Pour étayer mon propos je vais mappuyer sur le témoignage de Laurent Gout qui esturgentiste et formateur en médecine durgence dans le monde virtuel second Life. Je naipas la prétention de penser quun témoignage à valeur de généralité mais cet usage àvaleur de piste de réflexion à suivre."Un deuxième partie à ce cours beaucoup plus dynamique avec un véritable scénariopédagogique, sur le thème de la soirée qui était les grands brulés. Nous avons mis tousles acteurs de la soirée qui étaient présents dans la salle de cours au creux de laction, aucœur de laction et ils se sont retrouvés face à une maison en flamme, face à une victimequi en était extraite, au milieu des camions des pompiers et de l action des secours. Acôté deux la personne qui faisait lexposé et qui faisait la présentation, qui en temps réelleur posait des questions, qui leur demandait de réagir et ce quils auraient fait dans cecas là."Crédit Vidéo Jean-Paul Moiraud (2011)Dans un monde immersif de simulation il me semble donc indispensable de penser letutorat pendant la période de formation. Quand peut-on interrompre lapprenant ? Queltype de dialogue instaurer, comment gérer les phases de retour en arrière sur situation ?Comment intervenir sans démotiver ? Comment motiver ? ... Jaurai loccasion de faire despropositions.Si cette piste de réflexion questionne laspect temporel de tutorat, elle inscrit en toile defond la nature de la discipline enseignée, la nature de la formation à un métier. Je nesouhaite pas ici développer cette thématique mais on peut effleurer la question enlinscrivant dans notre horizon réflexif. Il est possible, cest une hypothèse, que le couplemétier/ compétences soit plus adapté au tutorat immersif synchrone que lapprochepurement disciplinaire.Ce billet est un début de réflexion. Il pose plus de questions quil napporte de réponses.Cette démarche voulue enracine les bases des futurs dialogues avec Jacques RodetPS : Nous sommes bien évidemment attentifs aux commentaires qui pourraient venir destuteurs du GNFA. Apprendre comment fonctionne un monde virtuel. Par Jean-Paul Moiraud 5
  • 6. Apprendre, enseigner et tutorer dans les mondes virtuels, cest commencer parsapproprier lenvironnement, ses outils et les différentes fonctionnalités. Il existe sursecond Life un monde nommé Change CSL for a better RL. Les concepteurs (laconceptrice) du monde propose(nt) plusieurs modalités dapprentissage : • Un espace dautoformation constitué par de nombreux panneaux explicatifs. On peut y circuler, prendre le temps de lire, tester en fonction des besoins du moment. On peut aussi chevaucher une chenille qui vous guidera sur un parcours assisté. • Cest aussi (peut être surtout) un espace de dialogue synchrone. Vous pouvez être guidé par un formateur en présentiel. Jai eu le plaisir de rencontrer fraisetagadatsointsoin qui ma organisé une visite personnalisée.Il est nécessaire dadhérer à une charte que vous pouvez consulter iciLors de votre visite, pensez à utiliser la fonction IM pour que toutes les personnesprésentes puissent profiter des questions et des réponses. De toute façon la gentillesse etlefficacité de Fraise Tagadatsointsoin suffiront à vous rendre autonome.GlossaireBuild - construireBuilder - personne qui construit dans les mondes virtuelsFraise tagadatsointsoin - Nom dun avatar. Chaque avatar est identifié par un nom. Lemien (Jean-paul Moiraud) est observer Teacher, celui de Jacques Rodet est Rojajaro.Freebies - Des objets gratuitsIM - Instant Messaging, messagerie instantanée, chatL$ - Linden dollar, la monnaie de Second LifeRésident - Un utilisateur de second life est appelé résidentRL - Real life (la vie en dehors de mondes immersifs) par opposition la vie immersive estnommée inworld.Script - ProgrammationSL - Second LifeProcédure pour aller dans le mondes virtuel Second LifeOuvrir un compte sur second life et téléchargement du navigateur.Quelques images de ce lieu de formation et de partage collaboratif 6
  • 7. Le geste professionnel en monde immersifLe monde virtuel de simulation (SL/opensims) est un lieu de complexité. La mise en placed’un dispositif d’apprentissage immersif doit intégrer une grande quantité de variables quiseront mis en œuvre de façon dynamique (maillage dynamique. Le geste professionnelest un élément de ce dispositif. Une profession se caractérise par un ensemble de gestesqui fondent l’identité professionnelle « Une compétence est un savoir d’action, c’est-à-direun complexe intégré de savoirs et de savoir-faire qui, pour être mis en pratique, nécessitedes attitudes qui leur sont essentielles. » – Quelques repères pour évaluer les attitudes etles comportements…. (Margot Phaneuf, inf., Ph. D., 2010)A la différence des autres dispositifs de formation le monde virtuel peut permettred’intégrer cette dimension du geste et du comportement. L’avatar est la briquesupplémentaire, lien entre le savoir et la professionnalité. L’acte de formation pourra mixerla transmission du savoir académique et la pratique sans avoir à dissocier l’espaced’apprentissage et l’espace de mise en œuvre (terrain de stage). Mon propos n’est pas deprétendre que le virtuel remplace le réel mais qu’il peut le compléter efficacement sur desmicros actions.Le geste peut ainsi devenir un élément du dispositif de formation au même titre que lessavoirs disciplinaires. Les programmeurs, les concepteurs des cours, les tuteurs, lesévaluateurs doivent intégrer cette dimension dans leurs cahiers des charges. Il sera ainsiindispensable de recenser les gestes professionnels qui caractérisent un métier. Lesdéveloppeurs devront les formaliser par des animations (réalisées sous poser ouavimator), les concepteurs des cours dans leurs modules de formation et les tuteurs dansleurs stratégies d’accompagnement.La vidéo ci-dessous représente un acte médical, le massage cardiaque. Il est à noter queles avatars sont totalement décalés. Cela pose la question de l’habit de l’avatar. Nous enparlerons dans un autre billet Structures des mondes virtuels – Conception et typologieDans mon billet précédent, je commençais à esquisser un typologie des mondes virtuelsselon les usages pédagogiques. Je disais (extrait) : • « Le monde virtuel comme instrument de formation en ligne, un lieu immersif de reproduction du lieu de formation. Mes cours sont de ce type. Les besoins exprimés sont de l’ordre spatial et temporel, le monde virtuel permet de gérer les interactions humaines pour un groupe géographiquement éclaté. L’inconvénient de la 7
  • 8. dispersion des compétences peut être résolu via les réseaux. Ce blog regorge d’exemples et d’analyses sur ce point • Le monde virtuel comme instrument de simulation - Le monde virtuel est paramétré pour que les acteurs simulent des situations du réel « possibilité de recréer des situations exceptionnelles pour mettre en situation des gens face à des situations qu’ils rencontreront rarement » Laurent Gout (2011). Le monde ne se substitue pas à l’acquisition de routines dans la vraie vie mais il permet d’anticiper des situations atypiques sans conséquences effectives IRL. Le monde virtuel permet d’analyser des situations extra – ordinaires par un procédé de répétition et d’analyse par retour en arrière (voir vidéo N° 2). Le monde dentallife s’inscrit dans cette dynamique de simulation ainsi que la salle d’urgence de l’impérial college of London. • Le monde virtuel comme lieu d’immersion dans un élément de savoir, comme processus spécifique. Les acteurs sont immergés dans une représentation du savoir (exemple des champs magnétiques) et interagissent avec l’environnement. Il semble qu’il soit possible, à ce stade, de croiser les travaux de ceux qui œuvrent dans les mondes virtuels et ceux qui développent des systèmes 3D.«Cette amorce de typologie m’amène à envisager les stratégies de scénarisation desprocessus de formations immersifs. Un scénario suppose de prendre en compte unesuccession d’éléments qui vont interagir par maillage dynamique :- L’intention pédagogique- Le contexte pédagogique- Les acteurs- Les ressources- Les outils.Je vais dans ce billet essayer de détailler les enjeux relatifs à l’outil et à ceux qui leconçoivent.Les trois situations décrites ci-dessus contraignent les concepteurs à cadrertechnologiquement leur démarche. Le monde virtuel, entendu stricto sensu, n’a pas desens pédagogique. • Le monde virtuel instrument de simulation. Cette analyse renvoie à la notion de contexte pédagogique. Le savoir dispensé s’accommode t-il de situations de simulation ? Cela paraît relativement évident (disons possible) chez les médecins, les dentistes, chez les physiciens, les biologistes … (nous parlerons par esprit de simplification de sciences dures). Les sciences humaines doivent faire l’objet d’une analyse en amont pour vérifier le champ des possibles. Le travail de conception du scénario oblige à analyser des points précis. Ce sera le cahier des charges à transmettre aux concepteurs :* L’apparence des avatars puisque le scénario peut prévoir l’intervention de personnagesspécifiques (médecin, pompier, juge, avocats patient avec une pathologie spécifiques …).La tenue de l’avatar est un enjeu déterminant.* Les accessoires des avatars – Il est possible que les avatars aient besoin d’outils,d’accessoires, de documents précis. 8
  • 9. * Les gestes des avatars – Le geste est souvent professionnel, il est central (massagecardiaque, soulever un brancard, donner un document, geste spécifique …). Il estnécessaire de prévoir par programmation ces gestes essentiels pour les mettre àdisposition des acteurs (il sera bien sûr indispensable de former les acteurs auxmanipulations gestes et objets au sens ou elles deviennent des ressources de formation)* La définition des lieux. Il est probable que le lieu d’exercice de la simulation soit unélément déterminant de la simulation. Il sera nécessaire de déterminer le design des lieux. • Le monde virtuel comme lieu d’immersion – S’immerger dans l’ADN, dans un champ magnétique ou dans un tribunal pour comprendre le fonctionnement d’un système est une autre façon de travailler. Le travail de conception devient très complexe puisqu’il est à la croisée des chemins entre la programmation, le build et le connaissance disciplinaire. Il faut donc croiser les travaux de différents spécialistes (enseignant, développeur, designer). En disant cela je mets à mal des idées reçues (à la mode) qui accréditent l’idée que le numérique de façon générale, les mondes en particulier seraient une façon d’économiser du personnel. C’est la proposition inverse qui prévaut, les scénarios en monde virtuels doivent mobiliser des compétences multiples et complémentaires (le bricolage est forcément une étape nécessaire mais elle ne peut être que transitoire). Au final il faut être en capacité d’établir la liaison entre l’immersion et la transmission d’ un savoir à valider dans le cadre d’une UV. • Le monde virtuel comme instrument de formation en ligne – Cette immersion est celle qui s’apparente le plus à la formation de type classique, pourtant … Le monde virtuel est un moyen d’agglomérer les interactions enseignants, apprenants dans une stratégie qui couple l’immersion et les solutions web 2.0. Un lieu de formation immersif doit être multimodal c’est-à-dire intégrer le texte, les images, les sons et les vidéos. la présence d’objets permettant de visualiser les ressources s’impose. Une question est à soulever en amont, le lieu est-il figé une fois pour toute ou les acteurs peuvent-ils agencer les lieux en fonction des contextes pédagogiques et des intentions du moment ? La seconde solution me semble être la plus pertinente. IRL, nous avons tous buté sur la rigidité des lieux de formation (salle trop petite, non équipée en solutions numériques, salle autobus, obligation de se déplacer pour disposer d’une salle spécifique). La possibilité de modulariser à sa convenance les lieux de formation peut être une force des mondes virtuels.Voici quelques pistes de réflexions sur les structures potentielles des mondes virtuels.Elles sont un élément d’un tout, le scénario. J’aurai l’occasion, dans d’autres billets, detraiter ds autres points. Typologie des usages pédagogiques en monde virtuelBillet en rapportLa causerie grand format avec Christophe Batier et Jacques Rodet outre qu’elle fut unmoment agréable est a posteriori un outil d’analyse fantastique puisqu’elle me permet de(re)écouter et d’analyser. Christophe Batier, à propos de la structure des mondes virtuelsdit la chose suivante (voir vidéo N°1) : 9
  • 10. « Toi dans ton travail, les étudiants écoutent, discutent, écoutent le prof, peuvent discuterentre eux. Nous étions au MIT en février, on a monté un projet avec eux que l’on a mis enplace à Lyon. Les profs avaient développé des applets 3D autour des champsmagnétiques. exemple il y a des aimants qui se baladent, ça fait des champsmagnétiques. L’idée est que les étudiants peuvent manipuler les champs magnétiques, sepromener dedans, il y a interaction avec l’environnement » – Christophe Batier (2011)L’analyse de Christophe est intéressante au sens où elle pose la question de la structuredes mondes virtuels en fonction des besoins pédagogiques exprimés. On peut essayer, àpartir de là, d’esquisser une typologie d’usages. • Le monde virtuel comme instrument de formation en ligne, un lieu immersif de reproduction du lieu de formation. Mes cours sont de ce type. Les besoins exprimés sont de l’ordre spatial et temporel, le monde virtuel permet de gérer les interactions humaines pour un groupe géographiquement éclaté. L’inconvénient de la dispersion des compétences peut être résolu via les réseaux. Ce blog regorge d’exemples et d’analyses sur ce point • Le monde virtuel comme instrument de simulation - Le monde virtuel est paramétré pour que les acteurs simulent des situations du réel « possibilité de recréer des situations exceptionnelles pour mettre en situation des gens face à des situations qu’ils rencontreront rarement » Laurent Gout (2011). Le monde ne se substitue pas à l’acquisition de routines dans la vraie vie mais il permet d’anticiper des situations atypiques sans conséquences effectives IRL. Le monde virtuel permet d’analyser des situations extra – ordinaires par un procédé de répétition et d’analyse par retour en arrière (voir vidéo N° 2). Le monde dentallife s’inscrit dans cette dynamique de simulation ainsi que la salle d’urgence de l’impérial college of London. • Le monde virtuel comme lieu d’immersion dans un élément de savoir, comme processus spécifique. Les acteurs sont immergés dans une représentation du savoir (exemple des champs magnétiques) et interagissent avec l’environnement. Il semble qu’il soit possible, à ce stade, de croiser les travaux de ceux qui œuvrent dans les mondes virtuels et ceux qui développent des systèmes 3D. • Le monde virtuel comme instrument de co-construction des savoirs – Dans certains domaines il est possible d’utiliser le monde virtuel comme lieu de construction de concepts. L’exemple de collaboration entre une université américaine et une université Égyptienne est un bon exemple :« Visionaries like Dr. Amr Attia from Cairo’s Ain Shams University and California-basedarchitect David Denton, have volunteered countless hours and joined forced with KaraBartelt at the USC School of Architecture to organize this project, with modest supportpledged from the United States Department of State to realize Obama’s ‘Kansas to Cairo’vision – a project they first discussed at a panel hosted by the State Department last June(read more about this architectural panel held in Second Life on america.gov or watchvideo coverage here). » Source (Credit) Arch virtualOn dépasse le cadre classique du cours frontal immersif distant, ou l’immersion dans unconcept immersif déjà construit pour entrer dans le domaine de la co-construction entreenseignants et apprenants. Le monde virtuel est LE lieu de création.Je pense, mais cela reste à démontrer, que les modes de tutorat sont à adapter auxmodes de représentations virtuelles. Jacques Rodet doit pouvoir répondre de façonsavante à mon affirmation largement péremptoire à ce stade de l’analyse. 10
  • 11. Monde virtuel et tutorat – Causerie avec christophe Batier et Jacques RodetUne causerie grand format organisée par Christophe Batier de Lyon 1 service ICAP. Nousavons eu le plaisir de converser avec Jacques Rodet (blog t@d et la revue Tutorale) surles liens croisés existants entre les pédagogies immersives et les besoins du tutorat.Jacques Rodet est le spécialiste du tutorat en ligne il intervient à l’IUT de Vélisy(université de Versailles), à Rennes, à Toulouse le Mirail et§ Limoges. Pour ma part jetravaille sur les enjeux des mondes virtuels et plus précisément sur la notion d’invarianceen monde immersif et sur la perturbation du temps et de l’espace dans les dispositifsnumériques.« A chaque fois qu’il y a eu innovation, la question tutorale est venue plus tardivement , ons’est d’abord focalisé sur les outils, sur les nouvelles manières de mettre en forme lesmessages, on s’est intéressé à l’enseignement et beaucoup moins au support àl’apprentissage c’est-à-dire comment on on peut aider les apprenant à atteindre leursobjectifs. /…/ Ce n’est pas anormal qu’aujourd’hui on ne parle pas de tutorat dans lesmondes virtuels parce que c’est quelque chose en émergence« - Jacques Rodet Unpassage tiré de cette causerie grand format qui donne le ton de cette discussion mais biend’autres sujets sont abordés.Un moment agréable de réflexions croisées en pleine torpeur estivale. Merci à ChristopheBatier d’avoir provoqué cette rencontre, merci à Jacques d’avoir interrompu ses vacances.NB : Cette vidéo a été réalisée à la bibliothèque universitaire de Lyon 1, un lieu magnifiquepour sa conception, son design et son panorama. Mondes virtuels et formation – Elearning aux urgencesLa formation dans le secteur de la santé – Les urgences (SAMU)Après les dentistes, les urgentistes. Le monde de la santé est actif dans les mondesvirtuels, la formation investit second life de façon efficace. J’ai réalisé l’interview deLaurent Gout qui développe des séances de formation inworld. Il est très intéressant del’écouter car au-delà des enjeux strictement disciplinaires, on retrouve un ensembled’invariants pédagogiques comme, le scepticisme ambiant, le manque de moyen, le tempsnon compté. C’est aussi une valeur ajoutée certaine qui se dégage des constructions, lacapacité à générer des scénarios pédagogiques et surtout une conviction de chaqueinstant. Le facteur de réussite tient à l’enthousiasme indéboulonable de « bricoleur » de 11
  • 12. génie. Et si l’institution s’intéressait vraiment à leurs expériences ? Loin des fantasmes del’industrialisation des processus de formation, ces travaux sont les fils d’un écheveau qu’ilconviendrait de transformer en belle étoffe.Cette entrevue est la première d’un cycle que je vais engager sur 2011 – 2012 et qui ira del’université à la maternelle. Mon objectif est de constituer une base d’usages à find’analyse des enjeux pédagogiques en immersionLes invariants cités • La simulation • Recréer des situations exceptionnelles • La collaboration • Le temps • L’espace • La motivation • travailler en dehors des heures statutaires • Le financementLes avatars et la simulationDans le travail qui est présenté il faut noter que les avatars ont un rôle particulier. Il estnécessaire de différencier les rôles des acteurs, ce qui passe par une identificationvestimentaire (habits de pompiers, de gendarme, d’urgentiste …). De même les gestessont importants, ce qui nécessite la présence de scripts spécifiques (s’accroupir, lever,prendre, accomplir un geste de technique professionnelle …). Il est aussi nécessaire dedisposer d’objets « buildés » spécifiques comme les camions de pompiers, l’hélicoptère,l’ambulance … Par extension on imagine bien l’invariant pour les simulations enimmersion. Un jeu juridique nécessiterait de représenter des fonctions (avocats, juges,greffiers, gendarme, police, témoins etc). on peut même imaginer des scénarioscomplexes en mêlant justice et médecine légale ( le médecin légiste délivre les ITT outreles très médiatisées autopsies). Les possibilités de scénarios semblent très importantes. Dental life – Apprendre en immersionAprès deux ans de pratique et d’observation du e.learning en monde virtuel, j’engage ledeuxième volet de mon travail. Rencontrer les autres acteurs de la e.éducationimmersive. Y a t-il au-delà des enjeux disciplinaires des invariants pédagogiques dans lesmondes virtuels ? Mes premiers travaux seront une immersion dans le monde de la santé(un dentiste, un urgentiste).Première rencontre avec Bill Walach du monde Dental Life, monde consacré comme sonnom l’indique à la formation en odontologie. Bill Walach est chirurgien dentiste,enseignant, passionné et gérant Dental Life (Twitter).Ma première immersion, guidée par Bill Walach, m’a fortement impressionnée car cetteconstruction repose sur des invariants que j’ai souvent décrit (mais que j’avais peu 12
  • 13. rencontré jusqu’alors). Les premières caractéristiques observées qui me paraissentsignificatives sont les suivantes : • Le choix de filtrer les entrées. On ne peut accéder à Dental Life qu’après identification et inscription ; • L’entrée dans le monde est facilitée par un môle d’accueil très pédagogique, le plan des lieux notamment. Le monde est renseigné par une cartographie précise, de même la présence d’un bot permet un dialogue même en l’absence physique de participants ; • Une zone est dédiée à l’explication des enjeux manipulatoires (gestion de l’avatar, déplacement) et aux enjeux sociaux (rappel des règles de politesse notamment) ; • Une zone de formation avec des ressources dédiées ; • Une zone de serious game où il est possible de tester des scénarios professionnels. J’ai assisté à une crise d’asthme d’une patiente (je suppose qu’il s’agit de cela puisqu’il fallait administrer de la ventoline) • Une zone de conférence dans un grand amphithéâtre.SimulationCe monde mérite qu’on lui porte une attention particulière. Je vais réaliser une entrevueavec Bill Walach après mes vacances et le questionner sur la place des mondes virtuelsdans la formation des dentistes, sur l’impact de la simulation en dispositif d’apprentissage,l’accueil qui est réservé, par la profession et les acteurs des dispositifs d’apprentissage,aux environnements immersifs. Je lui demanderai aussi, bien évidemment, pourquoi avoirchoisi second life comme plateforme de développement. Bill Walach est – il le seul à gérerce monde ou a t-il réussi à créer une chaîne de formation qui répartit les compétences ?Je poserai aussi la question indispensable du temps, combien de temps consacré à ceprojet et comment l’institution se positionne t-elle face à cette innovation ? Bill Walach est-il perçu comme un geek, nerd mangeur de pizza ou a t-il l’oreille de l’institutionreconnaissante, convaincue des enjeux de la R&D ? Circuler inworldLa conception d’un dispositif de formation dans un monde virtuel modifie les rapportsd’échelle spatiaux. Au quotidien (IRL) le groupe formation se retrouve dans une salle declasse, un amphithéâtre, un(e) ? carrel (Dans une médiathèque, box individuel qui permetà l’utilisateur de s’isoler. Il existe des carrels simples ou doubles. en bibliothèque –Source). Le seul repère dans l’espace à prendre en compte est l’existence d’étages dansle bâtiment de l’institution de formation. L’acte de formation stricto sensu s’exerce sur unesurface plane.Dans les mondes virtuels il est loisible de construire, par conséquent d’évoluer, dansl’espace. On peut évoluer au sol mais aussi en altitude. La conception, les scénarios desmodules doivent tenir compte de cette nouvelle géographie en intégrant des systèmes derepérage ad hoc. La cartographie 3D doit être intégrée dans les modules de formation,sous peine de ne pas transmettre toutes les clés de la formation.Plusieurs possibilités dans les scénarios : 13
  • 14. • Reproduire le réel – Hauteur des bâtiments, insérer le vol des aéronefs, intégrer les fonds marins ….• Construire un monde plus scénarisé qui intègre des espaces de vie au sol, dans les airs, dans les fonds marins. L’imagination est au pouvoir pourvu qu’elle soit expliquée. 14
  • 15. 15
  • 16. 16
  • 17. L’ordre numérique règne – Le règne du DIY pédagogique ?- L’ordre numériqueLa fin de l’année scolaire arrive avec la période des bilans. J’ai produit mon bilan sur lesmonde virtuels, mon bilan d’activité enseignante (les succès, les insuccès, les joies et lesdésillusions). Le blog sera encore en activité pendant quelques jours (avant la ruptureestivale). J’ arriverai probablement au constat que les doutes sont toujours plus nombreuxque les certitudes.En une année j’ai lu une grande quantité d’articles sur le numérique, suivi les tweets, lu lapresse syndicale, les déclarations des politiques mais je n’ai pas lu un seul billet quimettait en cause la place du numérique dans l’enseignement. Et pourtant en quelquesannées notre métier a fortement évolué, le virage pris est à 360°.Retour en arrière, fin des années 80. Quelle aurait été la réaction d’un enseignant si on luiavait demandé de rédiger un manuel ou de produire ses polycopiés en complément deses cours ? Je suppose que la réaction aurait été vive. J’imagine assez facilement lesarguments – « il y a des livres pour cela » – « Cela ne fait pas partie de mes attributions »– « Je n’ai pas les compétences » – « Je ne sais pas suffisamment bien écrire » – 17
  • 18. « Comment assumer cette charge de travail, en plus des préparations, des cours et descorrections » – « en plus c’est pas payé » – « il y a des spécialistes pour ça » – « Rédigerun polycopié et/ou un livre ça prend du temps, je ne veux pas créer mes outils àdomicile« . Un ensemble d’arguments qui paraissent rétrospectivement cohérents etjustifiés. On aurait pu essayer de tempérer le propos en proposant de travailler encollectif. Là encore je ne suis pas sûr que l’argument eu été plus percutant.30 ans plus tard, un changement radical, l’enseignant est devenu (à dose plus ou moinsforte) créateur de ses ressources supports, il pioche des informations en ligne, il coopère,il collabore, il investit les réseaux.Le métier d’enseignant s’est métamorphosé, au final, sans trop de remous. L’ordrenumérique règne. Nous sommes passés du stade, où celui qui dispense un savoir à l’aidede ressources fournies, à celui qui dispense du savoir en créant ses ressources. Une (r)évolution qui s’est opérée dans le plus grand calme. Une lente conversion, inexorable,implacable et qui met à mal l’idée que les enseignants sont des conservateurs figés dansdes conceptions dépassées.De l’enseignant acteur à l’enseignant concepteur, des processus industriels à la culture duDIY (do it yourself) ? et si c’était la tendance lourde ?Il faudra être attentif dans les années à venir aux tensions (plus ou moins fortes) quis’exerceront entre les tenants des solutions industrielles de formations et les tenants dessolutions « bricolées » à l’aide des outils hétérogènes en ligne de type web2.0 et bientôtdu cloud.Nous allons de plus en plus nous concentrer sur l’interprétation de l’oeuvre et de moins en moins gloser sur la structure de la partition.A cet instant, il me semble que la solution est entre les deux c’est-à-dire des plateformesconçues par des spécialistes de l’informatique mais qui laissent une grande autonomie deconception aux utilisateurs (parce qu’elles s’ouvrent sur la toile). Il me semble que lasolution mise en place par ICAP de Lyon 1 et sa plateforme spiral (spiral connect) est uneréponse à cette question, c’est probablement la direction vers laquelle il faut regarder.Pour achever ce dernier billet de la saison 2010 – 2011 je vais paraphraser la formule dePierre Frakowiak dans sa chronique sur Educavox » bien sûr vous n’êtes pas obligéd’être d’accord. » Virtuel mais …La lecture de nombreux billets sur les mondes virtuels, la mise en place d’un site decuration sur la pédagogie en monde virtuel, le suivi quotidien de ma timeline sur twitterm’amènent à rédiger un billet de cadrage conceptuel. Le terme virtuel est utiliséfréquemment et je constate que des confusions émergent. Monde virtuel, classe virtuelle,bureau virtuel, espace virtuel … Je propose de mettre en ligne quelques définitions pourbaliser le terrain conceptuel.Étymologie du mot virtuel 18
  • 19. Dérivé du Latin Virtus la forceÉtymol. et Hist. A. 1. a) 1477-81 philos. « relatif à une faculté de l’âme » (Le Sommeabregiet de theologie, éd. Chr. Michler, p. 136: [lâme connaît Dieu] par intelligence, c’est adire par icelle excellence virtuele); b) 1760 subst. (Bonnet, Essai analytique sur lesfacultés de l’âme, chap. 15, p. 169: le virtuel de ces Effets); 2. 1526 « qui a de la vertu, dela puissance » (J. Bouchet, Opuscules du Traverseur, sign. F 7 vo ds Gdf. Compl.: par actevirtuel). B. 1. 1480 méd. « qui n’est qu’en puissance » (Le Regime pour conserver etgarder la santé du corps humain, éd. P. Willett Cummins, 45 ro: chaleur victuale [sic] (duvin)); 1534 (Le Guidon en françoys, 200a ds Rom. Forsch. t. 32, p. 182: chaleur actuelle[...] chaleur virtuelle et potentialle [attest. non retrouvée ds léd. de 1503]); 2. a) 1717mécan. vitesses virtuelles (J. Bernoulli, let., 26 janv., citée in P. Varignon, Nouv. mécaniqueou statique, t. 1, 175 ds Quem. DDL t. 41); 1799 principe des vitesses virtuelles (P. S.Laplace, Traité de mécanique céleste, t. 1, p. 41); 1740 force virtuelle (Marquise duChâtelet, Institutions de phys., p. 399 ds Quem. DDL t. 41, s.v. force morte: ces mots deForce morte, ou Force virtuelle, et de Force vive); 1858 moment virtuel (Chesn.); 1873travail virtuel (Littré); b) 1964 travail virtuel « somme des travaux élémentaires accomplispar les forces appliquées à un système de solides soumis à des déplacements fictifs ouvirtuels » (Rob.); 3. 1757 opt. foyer virtuel (Encyclop., s.v. foyer); 1859 image virtuelle(L’Année sc. et industr., 3e année, t. 1, p. 99: chacune de ces images, virtuelles pour ainsidire, est vue par chacun des deux yeux de l’observateur); 1872 image virtuelle (Littré Add.,s.v. image); 1964 point virtuel (Rob.); 1964 objet virtuel (Lar. encyclop.); 4. 1963 phys.atom. (L. de Broglie, Bases interprét. mécan. ondul., p. 2: échange de photons virtuels);1964 état, niveau virtuel d’un noyau; processus virtuel de l’émission d’une particule (Rob.);1964 quantum virtuel (Nucl.); 5. 1972 informat. mémoire virtuelle (M. Ginguay, Dict.d’informat. fr.-angl., Paris, Masson, s.v. mémoire). Empr. au lat. médiév. et scolast. virtualis« virtuel, potentiel » (mil. xiie s., Isaac de L’Étoile, De anima ds Blaise Latin. Med. Aev.; xiiies. ds Thomas-Lexikon 1895), dér. du lat. class. virtus (vertu*). En angl. virtual est att. dès1398 sous la forme vertual (ds NED); en opt. 1704 virtual focus, 1831 virtual image (ibid.);en phys. atom. 1931 virtual level (ds NED Suppl.2) et en informat. 1959 virtual memory(ibid.). Source http://www.cnrtl.fr/- VIRTUEL, adj. GDC : virtuel ; FEW XIV, 518b : virtus] « Qui n’est qu’en puissance » -Source Dictionnaire du moyen françaisMonde virtuelUn monde virtuel est un monde créé artificiellement par un logiciel informatique et pouvanthéberger une communauté d’utilisateurs présents sous forme d’avatars ayant la capacitéde s’y déplacer et d’y interagir 1. La représentation de ce monde et de ses habitants est endeux ou en trois dimensions.Ce monde peut simuler le monde réel, avec ses loisphysiques telles que la gravité, le temps, le climat, la géographie ou tout au contraire êtrerégie par d’autres. Les lois humaines peuvent également être reproduites. Lacommunication entre les utilisateurs se fait le plus souvent sous forme de texte (ou audio).Source WikipédiaEnvironnement 3D pour l’enseignement et l’apprentissage« Les environnements virtuels en trois dimensions (3D) (voir également les pagesEnvironnement interactif 3D et Virtual environment) sont caractérisés dans la littérature(notamment par Roussou, 2004) par deux éléments indissociables : l’immersion dans un 19
  • 20. monde, (ou réalité virtuelle) et l’interaction avec des objets 3D modélisés (objetsd’apprentissage, avatars). D’autres auteurs (Dillenbourg, Schneider & Synteta, 2002),insistent également sur la composante sociale et collaborative de tels environnements(“Educational interactions occur in the environment, turning spaces into places”, et ladiversification technologique et pédagogique qui les caractérisent (“Virtual space is aspace for innovation” [...] : “For teachers, a virtual space is an open space, a space wherethey can try new approaches.”). Harms (2000) précise encore : “Virtual reality incorporatescharacteristics that lend it significant potential : immersion, presence, direct engagement(user involvement), immediate visual feedback, autonomy and interactivity.” Dans lalittérature, on retrouve plusieurs termes dont le sens est proche : réalité virtuelle(immersion sensorielle dans un monde numérique), environnement virtuel (synonyme deréalité virtuelle, environnement permettant à des utilisateurs de réaliser des tâches dansun lieu virtuel) et enfin espace virtuel (lieu de la réalité virtuelle, organisé spatialement etmétaphoriquement), (Ott, 1999). Dans cette petite contribution, nous nous intéresseronsplus particulièrement au potentiel d’utilisation des environnements virtuels 3D pourl’enseignement et l’apprentissage des sciences. » Source EdutechwikiCommunauté virtuelle« Une communauté virtuelle est un groupe de personnes qui communiquent parl’intermédiaire de courriels, internet, courrier, téléphone, pour des raisons professionnelles,sociales, éducatives ou autres. Le mot virtuel est employé pour signifier qu’il ne s’agit pasde communication face à face.Le terme ‘communauté virtuelle’ (virtual community) est attribué au livre du même nom,publié en 1993 et écrit par Howard Rheingold.Certaines communautés sont purement virtuelles, d’autres se prolongent dans la réalité :le Web permet de gérer des plannings, organiser des réunions, passer des informations.La relation entre un individu et la Communauté Virtuelle évolue : il commence par être unbadaud (observateur ou lurker), puis il devient un novice (il commence à participer),ensuite il devient un habitué, après il sera peut-être un leader, il finira en étant un senior(qui se désintéresse peu à peu) 1,2.Exemples de communautés liées au Web : Usenet, sites de messagerie, Wikipedia,MySpace, Second Life… » – Source wikipédia« Dillengbourg & al., (2003, p. 11) sont de l’avis que cet adjectif « virtuelle » est souventmaladroitement adjoint au terme communauté. En fait, cet adjectif se réfère plutôt à un« mode de communication » de la communauté. Ces chercheurs confirment que lescommunautés virtuelles sont bien réelles. Il s’agit alors d’un contexte dans lequel sedéroulent des interactions, émotionnellement chargées, entre des personnes humaines,qui adaptent leurs modes d’interaction à ce contexte. Or, le terme « virtuel » indiquesimplement qu’une partie importante des communications reposent sur des outils decommunication électronique.Le terme de communauté virtuelle est apparu pour la première fois dans l’ouvrage deHoward Rheingold, Les communautés virtuelles, en 1995« . Source Edutech wikiClasse virtuelle 20
  • 21. La classe virtuelle permet de réunir en temps réel sur Internet, ou un autre réseauinformatique, des participants et un formateur qui peuvent notamment, discuter, se voir,visionner des documents, des vidéos, réaliser des quizz, partager leur écran. Ainsi, laclasse virtuelle recrée à distance les conditions d’une formation en salle traditionnelle.Grâce à ses outils interactifs et pédagogiques, elle permet d’organiser des formations àdistance aussi efficaces que celles réalisées sur le terrain. WikipédiaLa classe virtuelle désigne la simulation d’une classe réelle. La diffusion du cours se fait àl’aide d’une solution réseau, à une date et une heure précise (synchrone) auprèsd’apprenants éloignés géographiquement. Cet environnement intègre des outilsreproduisant à distance les interactions d’une salle de classe – EducnetBureau Virtuel« DéfinitionUn espace numérique de travail (ENT) est un portail internet éducatif permettant à chaquemembre de la communauté éducative d’un établissement scolaire, d’accéder, via un pointd’entrée unique et sécurisé, à un bouquet de services numériques en relation avec sesactivités.CaractéristiquesL’ENT permet d’offrir à chacun des acteurs du système éducatif et notamment aux élèves,aux enseignants et aux parents un accès simple à travers les réseaux à l’ensemble desservices numériques en rapport avec son activité (par exemple : gestion ou consultationdes absences, des notes, du cahier de texte de la classe ; diffusion et consultation desupport de cours, de devoirs ; travail collaboratif, accès à des ressources ou des manuelsnumériques…).Tout utilisateur peut ainsi, où qu’il soit, à partir d’un simple accès internet, retrouver sonenvironnement de travail habituel, ses documents, ses ressources, communiquer avecson entourage, collaborer avec ses pairs, accéder à des services en ligne spécifiques.C’est particulièrement important pour l’élève qui peut ainsi, depuis tout lieu connecté àInternet (de son domicile, d’un Espace Public Numérique, de l’entreprise où il effectue sonstage, de l’hôpital, …) entrer en communication avec ses interlocuteurs et poursuivre sonactivité en disposant de l’ensemble de ses ressources. Jean-Michel Leclercq , chef deprojet ENT SDTICE (sous-direction des technologies de l’information et de lacommunication pour l’éducation)Quel terme employer ?Un espace numérique est aussi appelé communément :cartable numérique ou bureau virtuel ou environnement numérique de travail.On recommandera cependant l’appellation « espace numérique de travail » ou « ENT ». »- Source EducnetEspace virtuel“Tout lieu physique possède désormais une ombre informationnelle” Nicolas Nova – CITICnumérique et espace urbain – Millénaire 3Cyberspace 21
  • 22. - Cybernétique 1834, Ampère, D’apr. L., au sens politique ; spécialisé au XXè s. : grKubernan; gouverner. Cybernéticien XXe s.cyber, abrev de l’angl cybernetics cyberspace 1995, anglo améri. Cyberspace, de space,espace – Source Dictionnaire Etymologiquebet historique du Français – Larousse- « Cyberspace : mot d’origine américaine, employé pour la première fois par l’écrivain descience fiction William Gibson en 1984 dans le roman Neuromancien. Le cysberspace ydésigne l’univers des réseaux numériques comme lieu de rencontre et d’aventures, enjeude conflits mondiaux, nouvelle frontière économique et culturelle. Il existe aujourd’hui dansle monde un foisonnement de courants littéraires, musicaux artistiques, voire politique seréclamant de la cyberculture »Le cyberspace désigne moins des nouveaux supports de l’information que les modesoriginaux de création, de navigation dans la connaissance et de la relation sociale qu’ilspermettent. Pour mémoire, on citera dans le désordre d’une liste hétéroclite et non close :l’hypertexte, le multimédia interactif, les jeux vidéos, la simulation, la réalité virtuelle, latéléprésence, la réalité augmentée (l’environnement physique est truffé de capteurs, demodules intelligents et communicants à votre service), les collecticiels (instruments d’aidesà la coopération), les programmes neuro mimétiques, la vie artificielle, le systèmesexperts, etc. Tous ces dispositifs trouvent leur unité dans l’exploitation du caractèremoléculaire de l’information numérisée. Divers modes d’hybridation entre ces techniqueset les médias classiques (téléphone, cinéma, télévision, livres, journaux et musées) sont àprévoir dans les années à venir. Le cyberspace constitue un champ vaste, ouvert, encorepartiellement indéterminé, qu’il ne faut pas réduire à une seule de ses composantes. Il avocation à interconnecter et interfacer tous les dispositifs de création, d’enregistrement, decommunication et de stimulation. » Sourec Pierre Lévy l’intelligence collective – Pour uneanthropologie du cyberspace – Éditions de la découverte – 1994Mémoire virtuelle« Espace du disque dur interne d’un ordinateur qui vient seconder la mémoire vive, Elle seconcrétise par un fichier d’échanges (fichier swap), lequel contient les données nonsollicités constamment. La mémoire virtuelle, comme son nom l’indique, sert à augmenterartificiellement la mémoire vive. Elle est aussi moins performante. » Source Futura techno Monde virtuel et formation – QuestionsLe travail et la réflexion en monde virtuel fait émerger des questions. Il est important de nepas confondre les enjeux marketing des sociétés qui vendent des solutions de formationen monde virtuel et les questions de recherche. Ma réflexion consiste à imaginer lessystèmes sous tous les angles.Le schéma ci-dessous propose d’aborder des questions qui ne semblent plus contestéeset pourtant …Exemple : 22
  • 23. « Les mondes virtuels permettent de gérer les déplacement pour les territoires rurauxexcentrés » – Quelles sont les politiques d’équipements des zones rurales ?« Les mondes virtuels participent à la politique de développement durable » – Quel est lebesoin en serveurs pour générer des mondes virtuels ?« Les digitals natives savent tous manipuler des avatars » 1 ) est ce vrai ? 2 ) est cesuffisant ?Le schéma ci-dessous est un début de réflexion, les idées mises en forme serontdéveloppées dans d’autres billets à venir Texte colloque e.learning Lyon 3 Les invariants pédagogiques en E.learningJe remercie la FDV, l’université Lyon 3 Jean Moulin, le professeur Hervé Croze, GéraldDelabre, Yann Bergheaud de m’avoir invité pour ce colloque. Fidèle et discrret participantdepuis quelques années je me retrouve à cette table comme intervenant. Je mesure à sajuste valeur l’honneur qui m’est accordé.La feuille de route qui m’a été remise me demande d’évoquer les invariants pédagogiquesen E.learning Un intitule bref mais riche en contenuJ’ai choisi, dans la masse des solutions E.learning, de mettre la focale sur les mondesvirtuels et leurs fonctionnalités pédagogiques et les invariances. Parce que je les pratiqueavec mes étudiants, parce que je collabore à la FDV pour la partie monde virtuel. Je vaisévoquer les mondes virtuels mais le propos est plus large et peut s’appliquer assurémentaux e.learning en général.J’ai intitulé mon intervention la stratégie du billard, ce qui peut paraître suprenant mais lesmondes virtuels sont des univers proches des jeux, les jeux sérieux, les serious games dit-on aujourd’hui. Ce sont des mondes en 3D, crées artificiellement par un logicielinformatique dans lesquels les acteurs via les avatars entrent en interaction. (c’est cequ’en dit wikipédia)Le billard, est-il besoin de le rappeler, est un jeux composé d’une table sur laquelle ondépose des boules. On les fait s’entrechoquer avec un outil nommé queue. Selonl’adresse, l’entrainement du joueur, le mouvement impulsé, permet de marquer des pointsen faisant entrer les boules dans les trous de la table (pour le billard américain en tout cas) 23
  • 24. Les structures de l’enseignement et des apprentissages, à bien des égards, sont prochesdu jeux de billard. Nous devons agencer des éléments hétérogènes, les unir, les choquerentre eux pour mener à bien la mission de formation.En outre, le jeu de billard a fait naître le terme de bricolage. Si l’on s’attarde surl’étymologie du mot le dictionnaire dit : BRICOLER - «Dans son sens ancien, le verbe « bricoler » sapplique au jeu de balle et de billard /.../ toujours pour évoquer un mouvement incident: celui de la balle qui rebondit» ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1480 intrans. « aller par-ci, par-là » (Sottie des Vigiles de Triboulet [Rec. Trepperel I, pièce X] vv, 55-58 dapr. Kwart. neofilol. t. 1, p. 75); 1611 « jouer en utilisant la bande (au jeu de paume, au billard) » (Cotgr.); doù 1616 « ricocher (en parlant dune balle, dune bille) » (Aub. Hist. I, 312 dans Gdf. Compl.); 2. xvie s. intrans. « dire des mensonges » Accessoirement C’est «se livrer aux pratiques de l’amour» mais là n’est pas notre propos.Bricoler - Bricolage - Un terme qui nous intéresse au premier chef.Les mondes virtuels, s’ils font l’objet de nombreuses publications, restent dans leurdimension opérationnelle des objets complexes, nous les abordons encore souvent par leprisme de l’usage, de l’expérience, de la recherche action.Nous avons tous commencé par un stade de bricolage, nous avons tatonné, nouscontinuerons certainement à tatonner tant les progrès technologiques sont rapides.L’objectif à terme étant bien sûr de stabiliser nos pratiques, de les scénariser dans unecertaine mesure.L’enseignant va chercher à aller du bricolage vers l’invariance à la manière du joueur debillard qui sait rendre sûr son jeu en combinant la disposition des boules sur la table,l’inclinaison de la queue de billard, la force du coup donné et leur incidence sur les bandes(rappel d’un principe évoqué précédemment)1.Bricoler pour avancerJe vais commencer mon propos par une provocation et si le travail en monde virtuel n’étaitau final que du bricolage ?Ne serions nous que des artisans au champ instrumental clos ? (Claude Levi Strauss - Lapensée sauvage) Et si l’enseignant qui exerce, «le cas échéant» une pédagogie de typenumérique instrumentée n’était au final qu’un bicoleur ? Un artisan au champ instrumental 24
  • 25. clos, celui qui doit «toujours s’arranger avec les « moyens du bord» ? Ce n’est pas moi quiparle, bien évidemment, mais Claude Levi Strauss dans la pensée sauvage.« Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées ; mais, à ladifférence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matièrespremières et d’outils conçus et procurés à la mesure de son projet: son universinstrumental est clos, et la règle de son jeu est de toujours s’arranger avec les « moyensdu bord », c’est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d’outils et de matériaux,hétéroclites au surplus, parce que la composition de l’ensemble n’est pas en rapport avecle projet du moment, ni d’ailleurs avec aucun projet particulier, mais est le résultatcontingent de toutes les occasions qui se sont présentées de renouveler ou d’enrichir lestock, ou de l’entretenir avec les résidus de constructions et de destructions antérieures.L’ensemble des moyens du bricoleur n’est donc pas définissable par un projet /…/ » -Claude Levi Strauss La pensée sauvage 1962 AgoraJe sais le propos est provocateur, qu’il grossit le trait, mais il permet de prendre un tempsde pause, une réflexion.La notion de bricolage est très présente dans la littérature, on peut s’appuyer sur quelquespassages utiles et significatifs. Deux passages de livres. Le cas de Demarty dans le livrede Robert Lihnart dans «l’établi» et le passage de Monsieur Quignon dans le livre deFabienne Hanique «le sens du travail»DemartyAprès les évènements de 68, Robert Linhart intègre l’usine Citroën et les chaines demontage de 2 CV. Il y décrit un ouvrier, Demarty, chargé de «décabosser» les ailes. Pouraccomplir sa tâche, il a, au fil du temps construit un établi ...«Le plus étonnant, cest son établi. Un engin indéfinissable, fait de morceaux deferraille et de tiges, de supports hétéroclites, détaux improvisés pour caler les pièces,avec des trous partout et une allure dinstabilité inquiétante. Ce nest quuneapparence. Jamais létabli ne la trahi ni ne sest effondré. Et, quand on le regardetravailler pendant un temps assez long, on comprend que toutes les apparentesimperfections de létabli ont leur utilité : par cette fente, il peut glisser un instrumentqui servira à caler une partie cachée ; par ce trou, il passera la tige dune souduredifficile» - L’établi de Robert Lihnart (1978)Monsieur QuignonFabienne Hanique analyse les stratégies de la modernisation de l’entreprise LaPoste. Elle s’attache à conduire «la modernisation des agents», pour transformerles postiers en «acteurs associés au changement».Dans ses observations, elle analyse le cas de Monsieur Quignon, un vieuxmonsieur qui vient quotidiennement au bureau de poste pour vérifier l’état deson compte postal. Tous les agents savent que Monsieur Quignon ne perçoit quedeux fois par mois sa maigre pension, le reste du temps le compte est vide. Lesimpératifs de rentabilité imposeraient de consacrer le minimum de temps à ceclient. Pourtant... à l’encontre des règles managériales qui recommandent unedistance avec le client, une rentabilité et une rapidité de l’opération, les 25
  • 26. guichetiers s’occupent de Monsieur Quignon, lui consacrent du temps. Ilsprennent le temps de vérifier chaque jour son compte postal, ils lui adressent unmot gentil même si le résultat est connu d’avance. Les guichetiers ont bricolé larègle, ils l’ont adapté en fonction des besoins locaux.«Elle serait alors conduite, pour faire face à des situations codifiées, à produiredes «inventions» ou des «bricolages» que l’absence de validation du collectifrenverrait au rang de transgressions.» - Le sens du travail - Fabienne Hanique(2002) - éresLes premiers pas dans les mondes virtuels sont souvent de l’ordre du bricolagemais la pratique amène à dégager des invariants d’usage qui serviront de base àune scénarisation à fin de mutualisation. ils permettront de définir les contoursde la formation et d’isoler la plus-value formative.C’est aussi un point essentiel de la théorie de Célestin Freinet« Cest une nouvelle gamme des valeurs scolaires que nous voudrions ici nous appliquerà établir, sans autre parti-pris que nos préoccupations de recherche de la vérité, à lalumière de lexpérience et du bon sens. Sur la base de ces principes que nous tiendronspour invariants, donc inattaquables et sûrs, nous voudrions réaliser une sorte de Codepédagogique ...» 1964. Il distingue 30 invariants, le 30ème flirtant avec la notion debricolage :«Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action: cest loptimiste espoir en la vie»Le choix d’investir un monde virtuel pourrait apparaître comme la énième solution enmatière de e.learning, une solution gadget et pourtant ... Travailler dans un univers 3Dsemble modifier certains des enjeux de la formation en ligne.• Se rencontrer dans un environnement 3D ;• Travailler dans un environnement 3D ;• Interagir dans un environnement 3D ;• Penser l’organisation des ressources en 3D ;• Comment construire du social dans un environnement 3D ? ;• Simplement se rencontrer ou se recontrer et produire des ressources en immersion ?Ces mondes vont contraindre les acteurs du dispositif de déconstruire les pratiques duréel pour les reconstruire dans le virtuel.Quels sont ces invariants ?2.Les invariants pédagogiques 26
  • 27. Pour appuyer mon propos je me réfèrerais aux travaux menés tant dans mes cours qu’à laFDV (cette année la première promotion à reçu son diplôme de droit des affairescanadians). Des projets structurés commencent à émerger.Les mondes virtuels par leur spécificités imposent aux utilisateurs de déconsruire leurspratiques du réel pour les reconstruire dans le virtuel.Parmi un ensemble d’invariants j’ai choisi de porter l’attention sur plusieurs d’entre eux,ceux qui me paraissent les plus signigicatifs. Les autres feront l’objet de publicationsfutures. • Les invariants d’usage ; • Les invariants technologiques ; • Les invariants cognitifs ; • Les invariants de formation ; • les invariants de temps et d’espace ; • les invariants de certification.Mon propos est la pédagogie dans les mondes virtuels c’est-à-dire la capacité àtranscender la somme des outils utilisables en e.learning. Le risque de l’effet diligence.Second life, opensims, assemblive représentent un ensemble de solutions immersives. Ilest loisible de les instrumenter pour bâtir un dispositif de formation. Faut-il s’attarderuniquement sur les caractéristiques techniques du monde virtuel ? Ou s’interroger surles fonctionnalités qu’ils génèrent ? Comme dans toute démarche pédagogiqueinstrumentée il me semble primordial de privilégier a priori l’intention pédagogique.Mon propos n’est pas de donner un prix de vertu à tel procédé technologique et de voueraux gémonies telle autre solution. Ce qui importe est la capacité du concepteur àinstrumenter les fonctionnalités de l’outil dans le dispositif de formation. Il estfondamental de se poser quelques questions préalables :• Pour quelles raisons ai je l’intention d’ utiliser un monde virtuel ? La vidéo n’est-elle pas une solution plus opportune ? Une plateforme de type classe virtuelle n’est-elle pas mieux adaptée ?• Quel est mon contexte de formation ?• Quelle est la plus-value pédagogique du monde virtuel par rapport à mes anciennes constructions ?• Quel monde virtuel utiliser ? Chacun des mondes génère ses spécificités technologiques. Elles renvoient directement aux problématiques de l’enseignant et de son enseignement.• Quelles sont mes compétences à l’instant ou je me lance dans ce travail ? Quelles sont les compétences à acquérir ? 27
  • 28. A défaut de réflexion prélable on prend le risque de l’innovation pour le «plaisir» del’innovation. A vouloir uniquement centrer sa démarche sur l’innovation on s’expose àsombrer dans ce que nomme Jacques Perriault «l’effet diligence» c’est-à-dire :«Une invention technique met un certain temps à s’acclimater pour devenir uneinnovation, au sens de Bertrand Gille, c’est-à-dire à être socialement acceptée. Pendantcette période d’acclimatation, des protocoles anciens sont appliqués aux techniquesnouvelles. Les premiers wagons avaient la forme des diligences» - wikipédiaIntroduire un monde virtuel dans ses pratiques mais continuer à travailler selon desanciens protocoles. Il est fondamental de s’interroger sur les fonctionnalités pédagogiquesdes mondes virtuels. L’usage contibue largement à poser les bases d’une probable etfuture scénarisation à fin de mutualisation. Les travaux actuels de Gérald Delabre au seinde la FDV participent à ce travail de construction.• Des invariants technologiquesBien qu’ayant rappelé que l’intention pédagogique prime, il n’en reste pas moins quel’usage est cependant conditionné par le choix des outils qui serviront de supports audéveloppement des dispositifs d’apprentissage.Les enjeux technologiques sont nombreux. L’outil s’il est assurément riche enpotentialités pédagogiques doit être configuré pour être adapté au module de formation.Il est nécessaire d’identifier ses besoins et de les confronter aux caractéristiques desmondes virtuels :Les questions de bases indispensables (incontournables) :• La taille des logiciels des viewvers ;• La compatibilité Mac ou PC ;• La nature du débit internet des acteurs du dispositif (fibre, adsl, 3G, filaire ou wifi, cybercafé ...) ;• L’équipement informatique des acteurs ;Dans une configuration de formation internationale, certains mondes virtuels peuvententraîner une impossibilité pour certains d’apprendre (logiciels trop volumineux, besoinsde bande passante importante)• Des invariants cognitifsSeul face à la machine est un des enjeux cognitifs forts. Les acteurs qu’ils soientprofesseurs ou étudiants doivent apprendre une nouvelle perception des relations dansles mondes virtuels. Dans le monde réel on perçoit grâce à la vue et à l’ouie la 28
  • 29. communication verbale et non verbale. Dans les mondes virtuels, les enjeux sontdifférents• Une inversion des attitudes, il faut faire confiance à la machine (à défaut de manisfestation de détresse des participants on en déduit que tout fonctionnne)• Se centrer sur l’avatar pour éviter le multitâche pendant la session de formation (mail, twitter ...)»Implémenter un monde virtuel dans un dispositif d’apprentissage n’est pas un acte deréplique des relations sociales IRL (in the real life). Travailler dans les mondes virtuelsc’est déconstruire ses habitudes de la vie réelle pour les reconstruire dans le virtuel.Travailler dans les mondes virtuels c’est surfer en permanence sur le paradoxe. «Seul devant sa machine pour être plus nombreux et plus productifs socialement»L’exercice des cours en monde immersif est un dispositif qui ressemble fortement aux jeux(sérieux ou pas). Rappelons la définition : un environnement 3D qui regroupe unecommunauté d’acteurs qui interagissent entre eux.• Identifier les avatars selon une procédure commune - Le choix de l’état civil ou le choix d’un nom exotique ;• Identifier l’identité sexuelle cad la conformité ou pas de l’avatar à la réalité IRL ;• Choisir le costume de son avatar ;• Déterminer les modes de relations dans les mondes virtuels (politesse, ponctualité, mode de salutation ...)• Des invariants d’interactionA l’interaction liée à l’interaction sociale doivent s’ajouter les interactions de «travail».Dans un cours classique en présentiel, les acteurs sont en capacité de percevoir lacommunication verbale et non verbale, l’oeil agit.Ces enjeux cognitifs et sociaux renvoient aux capacités des enseignants et desapprenants à construire du signifiant avec un avatar.En immersion on se prive d’une partie de ces indicateurs sociaux. Il importe donc de palierce manque. En affirmant cela je ne dis pas que le monde virtuel appauvrit les relationsentre acteurs. Il appartient de construire le relationnel.A défaut de communication non verbale le monde virtuel met à disposition des acteurs descanaux de communication riches :• La voix• Le chat• La vidéo 29
  • 30. L’interaction est multiniveau dans les mondes virtuelsLa diversité des tâches dans un monde virtuel - Organisateur, concepteur, communitymanager, technicien.Création d’une chaine pédagogique et naissance de nouvelles compétences.«Dans l’univers virtuel, chaque participant est représenté par un avatar qui lui permetd’interagir avec les autres. Il faut faire vivre l’avatar, le faire bouger pour qu’il ne s’endormepas (tout le monde verrait alors que vous n’êtes plus derrière votre poste...). Lespossibilités de faire agir son avatar permettent d’imposer des règles de communication quise rapprochent de la situation de classe ou de conférence réelles : se saluer au début et àla fin d’une rencontre; lever la main pour prendre la parole; montrer quelque chose ouquelqu’un; se déplacer au pupitre pour parler, etc. Etant actif, le participant est plusimmergé dans la situation. De plus, il se trouve sous le regard des autres : le fait depouvoir visualiser les autres participants est fondamental et renforce encore le sentimentd’être “dans” la situation.» - (C. Vaufrey Thot - 29 mars 2011)• Des invariants de formation Former les acteursDans e.pédagogie il y a avant tout pédagogie dit Marcel Lebrun. Les mondes virtuels ensont une expression criante. Il faut s’approprier les modalités de fonctionnement desmondes virtuels et cela passe avant tout par la formation en amont des acteurs dudispositif.Il sera intéressant d’identifier la part de la culture informelle acquise (ou pas) par lesacteurs du dispositif.Se déplacer dans le monde, s’orienter, faire agir son avatar, gérer le navigateur et sesmodules.• Les invariants de structureL’expérience de l’immersion si l’on souhaite dépasser le stade du bicolage nécessite demettre en évidence l’existence d’une chaine de formation, une structure dédiée pour allervers l’efficacité.L’enseignant qui développe un processus de formation en immersion va très vite buter surun obstacle. Gérer simultanément une grande quantité de tâches.• Les tâches d’organisation avant le cours (contact avec les ou les formateurs, information des étudiants ...) ;• Les tâches d’organisation pendant le cours : • Gérer les incidents techniques • Donner la parole aux intervenants 30
  • 31. • Conserver les traces • Organiser le chat • Indiquer les lieux de cours • Informer et formes tous les participants • BuilderLa charge cognitive est telle qu’elle nécessite de répartir les tâches entre spécialistes. Lafonction de community manager semble indispensable.• Les invariants temps et espaceLa pédagogie en monde virtuel modifie les repères de temps et d’espace de façon trèsforte. Je ne défensd pas ici un enseignement totalement dématérialisé mais plutôt unmodèle inspiré du blended learning (formation hybride) c’est-à-dire un mix de présentieltraditionnel et de distanciel en immersion.Il devient nécessaire de repenser sa façon de travailler. Réorganiser ses cours enhybridant le présentiel et le distanciel. Une remise en cause de l’unité de temps et delieux - un amphithéâtre, un groupe d’étudiant, un temps de formation déterminé.La construction des modules de formation inscrit la réflexion hors les murs de l’universitéet hors les temps «traditionnels».Un invariant qui devrait donner du travail aux juristes de droit social et de droit public.Michel Dupuis nous avez donné des pistes de réflexion l’année dernière dans sonintervention intitulée ........ visible sur le site du SUEL.Lorsque l’activité est lancée dans le monde virtuel il s’agit de l’aboutissement d’un travaillong de conception, pluridisciplinaire (droit, programmation, financier, technologique).Une heure de cours doit se traduire par des heures de préparation / conception.On peut certainement en déduire que dans le domaine de la pédagogie immersive lerapport entre cours traditionnel et immersion n’est pas l’égalité 1 = 1• Invariant de mutualisationTenter d’isoler les invariants pédagogiques dans les mondes virtuels induit de se poserla question d’une possible mutualisation auprès de la communauté enseignante.L’élaboration de scenarii semble être la démarche à entreprendre Les élements du scénario : • Le contexte de formation ; • L’Intention pédagogique ; • Les acteurs du dispositif ; 31
  • 32. • Les outils ; • Les ressources.• Invariant de la certification.Le travail dans les univers virtuels permettent d’acquérir des savoirs disciplinaires à lacondition que le promoteur de la formation ait été en capacité de scénariser sonenseignement et les apprentissages de ses étudiants. Partir d’une intention pédagogiquespécifique à un contexte. Déterminer quels sont les acteurs du dispositif, sélectionnerminutieusement ses outils numériques et calibrer ses ressources.Mais au-delà de ce dispositif d’enseignement / apprentissage il se profile un élémentdéterminant à l’ère numérique. La validation des compétences.Nous nous éloignons progressivement du cadre de l’enseignement frontal, la structure dusavoir qui consiste à faire circuler la connaissance du professeur vers l’étudiant. Là ou il yavait une unité de lieu, une unité de temps, une transmission du haut vers le bas, onpasse vers une structure de communication horizontale.Le cours instrumenté est à double détente, un savoir disciplinaire transmis ET descompétences acquises (aussi bien pour les étudiants que pour les enseignants).Les universités doivent délivrer le C2I. La définition qui en est donnée est la suivante :« Il atteste de compétences dans la maîtrise des outils informatiques et Internet. Il estinstitué dans le but de développer, de renforcer et de valider la maîtrise des technologiesde l’information et de la communication par les étudiants en formation dans lesétablissements d’enseignement supérieur. Il est prévu deux niveaux :un niveau 1 d’exigence applicable à tous les étudiants et les stagiaires de formationcontinue. Ce premier niveau doit être acquis au plus tard au niveau de la licence mais depréférence dès le début des études supérieures.* un niveau 2 faisant l’objet d’exigences avec des orientations professionnelles des formations dispensées (à travers les enseignements de pré-professionnalisation et les filières). Ce second niveau doit être acquis au niveau du Master 2. Actuellement 5 C2i niveau 2 sont développés : »Le travail en monde virtuel permet ainsi de valider des compétences nombreuses.L’enseignant et l’apprennant agrègent deux pôles :• Le savoir académique• Les compétences numériques. 32
  • 33. Les évolutions des professions juridiques tendant vers une part de dématérialisation, ilapparaîtait anormal de ne pas armer complétement les étudiants aux contraintes de la vieprofessionnelle.Cette invariance souligne les évolutions des métiers d’enseignants et d’étudiants - Lesavoir et la compétence. Une docimologie qui évolue et à laquelle il faut que nous nouspréparions.Validation par note (la rassurante) validation par compétence (la déstabilisante) • Loi n°2000-230 du 13 mars 2000 portant adaptation du droit de la preuve aux technologies de linformation et relative à la signature électronique. Cette loi est complétée des décrets n° 2001-272 du 30 mars 2001 et décret n°2005 du 10 août 2005 Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 dite loi pour la confiance dans l’économie numérique. Larticle 25-I de cette loi permet délargir la validité des écrits électroniques aux actes ad validitatem et non plus seulement aux actes ad probationem. Ordonnance n°2005-674 du 16 juin 2005 relative à l’accomplissement de certaines formalités contractuelles par voie électronique. Cette ordonnance parachève le travail législatif et réglementaire en fixant les conditions exigées pour la validité des contrats en ligne et pour lenvoi ou de la remise dun écrit par voie électronique.4.Scénariser pour mutualiserLa tentative d’approche des invariants pédagogiques en monde virtuel n’a de valeur qui sion est en capacité de les unir dans un maillage dynamique. Il me parait utile de penser cetensemble d’invariants dans une approche de scénarisation.L’intention, le contexte, les acteurs, les outils , les ressourcesLa mutualisation du scénario mis en place est à l’image d’une partition de musique.Chaque chef d’orchestre aura la même participation mais l’interprétation dépendra duchef. De cette manière le concepteur dans l’usage organisera un va et vient entre lapratique et la conceptualisation. Le scénario établi il sera livré à une communauté. Lesmembres pourront l’utiliser, le transformer et le réinjecter modifié dans le circuit. 33
  • 34. Bilan d’activité 2011 Les mondes virtuels en pédagogie. Le e.learning dans les mondes virtuels -------------------------- Année scolaire et universitaire 2010 - 2011Deuxième année de pratique dans les mondes virtuels, deuxième année consacréeessentiellement à la conceptualisation. Je rédige pour la seconde fois mon bilan annueld’activité. Il s’agit de conserver des traces d’usage et de prendre une pause réflexive là oùl’activité quotidienne s’inscrit plutôt dans le faire que dans l’analyse.Une année scolaire riche en activités numériques, peut être voit-on émerger l’embryond’une communauté de réflexion sur le e.learning dans les mondes virtuels. Le cadre detravail est identique à celui de l’année précédente1 (1). Les conditions du travail (2) sontdifférentes parce qu’après une année de pratique et de bicolage, le temps de laconceptualisation est arrivé, les problématiques (3) s’en sont trouvées modifiées. Uneannée de travail qui s’est traduite par une activité personnelle intense centrée sur lee.learning et sur le partage avec d’autres praticiens (4) C’est au final une réflexion pluslarge sur les conditions de travail en e.learning, qui interroge la notion de temps et lanotion d’espace (5)1 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/06/16/bilan-2010/ 34
  • 35. 5.Le cadre de ce travail 5.1.Le contexte du travail.Je suis certifé hors classe d’économie et gestion au lycée La Martinière-Diderot de Lyon.J’enseigne la gestion en BTS (brevet de technicien supérieur) et en DSAAT (diplômesupérieur d’art appliqué créateur concepteur textile). Ma sphère de travail se situe doncentre le bac plus 2 (BTS) et le bac plus 4 (DSAA) 5.2. MéthodologieDepuis deux ans, j’expérimente l’usage d’un monde virtuel dans les dispositifsd’apprentissage. Il est à noter que ce travail ne s’exerce pas dans le cadre d’un dispositifinstitutionnel de type laboratoire de recherche mais en parallèle d’une activité enseignantede terrain. Cela peut largement expliquer certaines faiblesses du propos. Les sériesobservées peinent à déborder la sphère locale et mon réseau professionnel. Enconséquence, si le terme recherche est utilisé, il ne faut pas le prendre dans toute larigueur universitaire du terme.Pour autant je reste persuadé qu’une activité simple d’enseignement doit quand mêmefaire l’objet d’une analyse, d’une réflexion a posteriori. C’est sous cet angle qu’il fautaborder cette lecture. Je propose un travail d’analyse d’usage qui tente d’atteindre unobjectif de rigueur analytique. Trace d’une activité enseignante ayant pour ambition decontribuer à alimenter une réflexion et à la mutualiser. 5.3.Le terrain d’observationLes champs d’observation pédagogiques ont été plus larges cette année puisque je ne mesuis pas limité à Assemblive. J’ai observé aussi dans second life (cours de droit desaffaires canadiens). Le croisement des observations dans les deux mondes a permis detirer des enseignements, des conclusions intermédiaires de ces pratiques. 5.4.L’intention pédagogique.L’instrumentation d’un monde virtuel dans mon dispositif d’apprentissage répond à quatreintentions principales :• Poursuivre une réflexion sur les enjeux du numérique dans les dispositifs d’apprentissage ;• Réunir en un lieu les professionnels d’un secteur (mode et textile) et les étudiants pour engager une réflexion sur des sujets spécifiques.• Donner des compétences numériques aux étudiants afin de les armer pour leur future vie professionnelle ;• Observer et formaliser les enjeux des dispositifs d’apprentissage dans les univers immersifs. 35
  • 36. 5.5.Le monde virtuel.Cette année, j’ai continué à utiliser le monde Assemblive (tout en continuant à observerd’autres mondes) Je suis en capacité de formaliser les aspects techniques et les aspectspédagogiques indispensables au bon déroulé du processus de formation. 5.5.1.C’est un outilIl est nécessaire que le formateur connaisse précisément les routines numériques dumonde. Gestion de la voix IP, compatibilité (ou pas) des navigateurs, capacité desconnexions web, gestion des avatars, gestion des règles de prise de parole ... 5.5.2.C’est un ensemble de fonctionnalitésL’utilisation d’un monde doit répondre à un choix raisonné s’inscrivant dans une logiquepédagogique de formation.Dans le cadre des besoins exprimés dans mon contexte de formation, le mondeassemblive a les qualités requises c’est-à-dire :• La légèreté du plugin ;• La souplesse et l’intuitivité du monde ;• L’absence de compérence en «build» n’est pas un handicap parce que la solution est «clé en main» ;• La délimitation spatiale des lieux de travail (bureau, amphithéâtre, salle d’accueil) ;• La reproduction de lieux connus ;• Le pilotage des avatars à la souris ;• La référence à la culture numérique des étudiants (effet de la culture informelle des digitals natives)• La possibilité de l’insérer dans un blog par écriture de lignes de code embedded.6.Les conditions du travailLe seconde année d’usage / analyse contrairement à ce que je craignais en débutd’année n’a pas été la réplique fade de l’année 1. Ce qui a été à la fois une aide et unfrein. 6.1.Une aideL’année virtuelle 2011 a été riche parce qu’elle consacre le passage d’une pratique localeaux prémisses d’une construction de conceptualisation et d’essaimage. Je peux dresserun bilan assez positif de cette année puisqu’il en reste des traces.- La journée nationale IATICE que j’ai co-organisé a porté en partie sur l’impact des mondes virtuels dans les dispositifs d’apprentissage. Les participants au colloque ont pu rencontrer et dialoguer avec des spécialistes des mondes virtuels, Yann Bergheaud directeur du SUEL de Lyon 3, Gérald Delabre directeur adjoint de la FDV de Lyon, et Christian Morand de la société Gaenova. 36
  • 37. - Le forum des enseignants innovants où j’ai obtenu le grand prix du numérique. Cet évènements a eu des retombées médiatiques grâce à de nombreux articles dans la presse (Le café pédagogique, Le monde, RSLN)- La 6ème édition du colloque international les journées du e.learning à Lyon s’est tenu les23 et 24 juin 2011 - la thématique du colloque était "Former en E-learning, Former au E-learning". Je suis intervenu sur «les invariants pédagogiques en monde virtuel» etd’animer un atelier sur les mondes virtuels. Ce travail m’a permis (obligé) de formalisermes analyses, d’avancer dans mes propositions et mes formalisations. 6.1.Un freinLa notion de temps étant inscrite en filigrane de ces analyses, il convient de s’attarder surce point. Compte tenu du temps consacré à la construction de mes cours (c’est mon coeurde métier avant tout), à l’analyse des usages et des sollicitations, je n’ai pas pu pratiquerautant que je l’avais prévu. Mon activité est devenue chronophage et j’ai dû procéder àdes arbitrages. L’usage en a pâti (la réflexion y a gagné). Cette confrontation du travail deterrain et des tentatives de prises de recul réflexif ne sont pas un constat autocentré, uneplainte à peine dissimulée mais une amorce de réflexion sur la structure formelle du métierd’enseignant (voir N° 5 Du tube à essai, à l’écosystème - Le temps et l’espace). Onconstate que le glissement vers l’état de «knowledge worker»2 s’opère, il faudra qu’à unniveau supérieur on s’empare de ce dossier et qu’on lui donne des réponsesinstitutionnelles. C’est un dossier complexe, sensible mais il faudra lui donner à terme unedébut de réponse. Il engagera une réflexion sur les notions de temps, d’espace, de statutsdes enseignants, des nouveaux métiers émergeants, de compétences et de rémunération.7.La problématique 7.1.Les questions poséesLe travail engagé repose sur l’observation de plusieurs éléments :• Quelle est la valeur ajoutée que peuvent apporter les mondes virtuels dans les dispositifs d’apprentissage ?• Quels sont les invariants de formation dans les dispositifs d’apprentissage ? 7.2.Les pistes de réflexion. 7.2.1.Quelle valeur ajoutée ?Deux ans d’usage permettent de commencer à échaffauder des pistes pour structurer etcomprendre les enjeux des dispositifs d’apprentissage en immersion. Il est possible decommencer à pouvoir donner quelques réponses :• L’économie de déplacement2 Sciences humaines mensuel N° 157 - http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=50&id_article=4651 37
  • 38. La formation est souvent une construction qui commence par le déplacement d’acteurs surun site de formation (les enseignants et les apprenants). La structure de l’enseignementfrançaise est la construction d’un maillage territorial de bâtiments. Dans un contexteéconomique contraint (RGPP), dans une perspective certaine de hausse des prix desénergies fossiles et dans une économie centrée sur l’immatériel, le monde virtuel trouvelargement sa justification. Je parlerai d’avantage économico-environnementalLa France depuis 1982 s’est convertie à la décentralisation. D’un Etat jacobin, nousconnaissons une organisation où les Régions ont acquis de nouvelles compétences 3notamment en matière de formation. Les dispositifs de formation continue et/ou enalternance peuvent instrumenter les mondes virtuels pour tenir compte de l’existence deterritoires éloignés des centres de formation.• La mondialisation des savoirsLe savoir et les connaissances circulent rapidement, le web les rend disponible assezfacilement (certains diront trop vite et trop facilement). Les mondes virtuels sont des outilsqui rendent possibles l’accès au savoir en s’affranchisant des distances. Il est loisible à unenseignant de pouvoir inviter un spécialiste situé loin. Le cas de la FDV et de son cours dedroit des affaires canadiens est un exemple particulièrement intéressant. Une avocatecanadienne dispensant des cours en synchrone mais à des milliers de kilomètres dedistance (doit-on encore parler de distance?). Le monde virtuel permet d’aller chercher lacompétence et la connaissance là où elles se trouvent.• L’interaction augmentéeIl est évident que les mondes virtuels ne sont pas à l’origine des cours distants synchronesmais ... Ils redéfinissent à leur façon ce mode de formation.Peut-on bâtir un programme complet de formation en monde virtuel ? Je pense qu’il fautrépondre non à cette question, les mondes virtuels me semblent plus utiles dans undispositif de blended learning. Ils enrichissent le présentiel mais ne s’y substituent pas. Leprésentiel conserve toute son utilité. Il est fondamental de pouvoir se constituer une imagementale des acteurs.• Apprendre à structurer un cours instrumenté pour les enseignantsLe monde virtuel peut être, grâce à des scenarios construits, un mode d’apprentissage aue.learning pour les enseignants. On y retrouve un grand nombre de points communs auxautres modes instrumentés.• Préparer les étudiants aux futures évolutions du web (émergence du 3D)3 La loi quinquennale n° 93-1313 du 20 décembre 1993 relative au travail, à lemploi et à laformation professionnelle, a décentralisé les actions de qualification des jeunes de 16 à 25ans. 38
  • 39. La technologie 3D en est à ses débuts, le colloque Laval Virtua4l cette année nous adonné un aperçu des futures possibles. Le travail de ICAP5 de Lyon 1 donne une idée desenjeux à venir. Les mondes virtuels sont probablement l’étape nécessaire pour fairecomprendre les nouvelles formes d’enseignement. 7.2.2.Quels Invariants ?Mon intervention au colloque e.learning développait cette partie6. On peut isoler plusieursinvariants (probablement que cette liste n’est pas exhaustive)• Les invariants technologiques«Bien qu’ayant rappelé que l’intention pédagogique prime, il n’en reste pas moins quel’usage est cependant conditionné par le choix des outils qui serviront de supports audéveloppement des dispositifs d’apprentissage. Les enjeux technologiques sont nombreux. L’outil s’il est assurément riche en potentialités pédagogiques doit être configuré pour être adapté au module de formation. Il est nécessaire d’identifier ses besoins et de les confronter aux caractéristiques des mondes virtuels : Les questions de bases indispensables (incontournables) : • La taille des logiciels des viewvers ; • La compatibilité Mac ou PC ; • La nature du débit internet des acteurs du dispositif (fibre, adsl, 3G, filaire ou wifi, cybercafé ...) ; • L’équipement informatique des acteurs. Dans une configuration de formation internationale, certains mondes virtuels peuvent entraîner une impossibilité pour certains d’apprendre (logiciels trop volumineux, besoins de bande passante importante)»• Les invariants cognitifs « Seul face à la machine est un des enjeux cognitifs fort. Les acteurs qu’ils soientprofesseurs ou étudiants doivent apprendre une nouvelle perception des relations dansles mondes virtuels. Dans le monde réel on perçoit grâce à la vue et à l’ouie lacommunication verbale et non verbale. Dans les mondes virtuels, les enjeux sontdifférents4 http://www.laval-virtual.org5 http://icap.univ-lyon1.fr/86475821/0/fiche___pagelibre/&RH=PRAC_RP6Le texte relatif aux invariants est la reprise de mon intervention aux journées due.learning 39
  • 40. • Une inversion des attitudes, il faut faire confiance à la machine (à défaut de manisfestation de détresse des participants on en déduit que tout fonctionnne)• Se centrer sur l’avatar pour éviter le multitâche pendant la session de formation (mail, twitter ...)»Implémenter un monde virtuel dans un dispositif d’apprentissage n’est pas un acte deréplique des relations sociales IRL (in the real life). Travailler dans les mondes virtuelsc’est déconstruire ses habitudes de la vie réelle pour les reconstruire dans le virtuel.Travailler dans les mondes virtuels c’est surfer en permanence sur le paradoxe. «Seul devant sa machine pour être plus nombreux et plus productifs socialement»• Les invariants d’usage« Second life, opensims, assemblive représentent un ensemble de solutions immersives. Ilest loisible de les instrumenter pour bâtir un dispositif de formation. Faut-il s’attarderuniquement sur les caractéristiques techniques du monde virtuel ? Ou s’interroger sur lesfonctionnalités qu’ils génèrent ? Comme dans toute démarche pédagogique instrumentéeil me semble primordial de privilégier a priori l’intention pédagogique.Mon propos n’est pas de donner un prix de vertu à tel procédé technologique et de voueraux gémonies telle autre solution. Ce qui importe est la capacité du concepteur àinstrumenter les fonctionnalités de l’outil dans le dispositif de formation. Il estfondamental de se poser quelques questions préalables :- Pour quelles raisons ai je l’intention d’ utiliser un monde virtuel ? La vidéo n’est-elle pasune solution plus opportune ? Une plateforme de type classe virtuelle n’est-elle pasmieux adaptée ?- Quel est mon contexte de formation ?- Quelle est la plus-value pédagogique du monde virtuel par rapport à mes anciennesconstructions ?- Quel monde virtuel utiliser ? Chacun des mondes génère ses spécificitéstechnologiques. Elles renvoient directement aux problématiques de l’enseignant et deson enseignement.- Quelles sont mes compétences à l’instant ou je me lance dans ce travail ? Quelles sontles compétences à acquérir ?A défaut de réflexion prélable on prend le risque de l’innovation pour le «plaisir» del’innovation. A vouloir uniquement centrer sa démarche sur l’innovation on s’expose àsombrer dans ce que nomme Jacques Perriault l’effet diligence»• Les invariants de temps et d’espace«La pédagogie en monde virtuel modifie les repères de temps et d’espace de façon trèsforte. Je ne défensd pas ici un enseignement totalement dématérialisé mais plutôt un 40
  • 41. modèle inspiré du blended learning (formation hybride) c’est-à-dire un mix de présentieltraditionnel et de distanciel en immersion.Il devient nécessaire de repenser sa façon de travailler. Réorganiser ses cours enhybridant le présentiel et le distanciel. Une remise en cause de l’unité de temps et delieux - un amphithéâtre, un groupe d’étudiant, un temps de formation déterminé. La construction des modules de formation inscrit la réflexion hors les murs de l’université et hors les temps «traditionnels». Un invariant qui devrait donner du travail aux juristes de droit social et de droit public. Michel Dupuis nous avez donné des pistes de réflexion l’année dernière dans son intervention et visible sur le site du SUEL. Lorsque l’activité est lancée dans le monde virtuel il s’agit de l’aboutissement d’un travail long de conception, pluridisciplinaire (droit, programmation, financier, technologique). Une heure de cours doit se traduire par des heures de préparation / conception. On peut certainement en déduire que dans le domaine de la pédagogie immersive le rapport entre cours traditionnel et immersion n’est pas l’égalité 1 = 1»• Les invariants de certification (compétences)«Le travail dans les univers virtuels permettent d’acquérir des savoirs disciplinaires à lacondition que le promoteur de la formation ait été en capacité de scénariser sonenseignement et les apprentissages de ses étudiants. Partir d’une intention pédagogiquespécifique à un contexte. Déterminer quels sont les acteurs du dispositif, sélectionnerminutieusement ses outils numériques et calibrer ses ressources.Mais au-delà de ce dispositif d’enseignement / apprentissage il se profile un élémentdéterminant à l’ère numérique. La validation des compétences.Nous nous éloignons progressivement du cadre de l’enseignement frontal, la structure dusavoir qui consiste à faire circuler la connaissance du professeur vers l’étudiant. Là ou il yavait une unité de lieu, une unité de temps, une transmission du haut vers le bas, onpasse vers une structure de communication horizontale.Le cours instrumenté est à double détente, un savoir disciplinaire transmis ET descompétences acquises (aussi bien pour les étudiants que pour les enseignants).»Je renvoie au texte en intégral que j’ai rédigé, aux diaporamas 7 et à la vidéo en ligne sur lesite du SUEL pour le détail de ces analyses.8.Bilan personnel de cette année scolaireAprès une première année de travail en immersion, à établir les usages, les routines, laseconde année s’est caractérisée par un travail de conceptualisation et de communication7 http://www.slideshare.net/moiraud/version-colloquehttp://www.slideshare.net/moiraud/monde-virtuel-8169955 41
  • 42. et peut être l’amorce de constitution d’un embryon de communauté de travail. Une annéescolaire / universitaire consacrée à de multiples activités.J’ai participé à plusieurs évènements : • J’ai participé comme intervenant au colloque «journées e.learning» organisé par l’université Lyon 3 Jean Moulin dont l’intitulé était «Former en E-learning, Former au e.learning». Je suis intervenu en séance plénière sur la thématique «des invariants pédagogiques» et j’ai animé un atelier sur les mondes virtuels en pédagogie • J’ai co-organisé les journées nationales des IATICE8(interlocuteurs acdémiques pour les TICE) à Lyon _ Les mondes virtuels ont été largement présents dans les débats avec les interventions de Gérald Delabre directeur adjoint de la faculté de droit virtuelle de Lyon 3, Yann Bergheaud directeur du SUEL de Lyon 3 et Christian Morand fondateur de la société Gaenova (mondes virtuels, solutions business) • J’ai participé à un entretien avec Gérald Delabre sur la thématique des mondes virtuels 9. Cet entretien est visible sur le site du SUEL de Lyon 3. • Les billets que j’ai rédigé sont désormais répertoriés sur google et je commence à être identifié comme personne réfléchissant sur les enjeux pédagogiques des mondes virtuels. Deux étudiantes que je ne connaissais pas, m’ont contacté dans le cadre de leurs travaux de Master. - Une étudiante du master 2 pro "didactique des langues et tice de Lyon 2 sur le théme : «Les mondes virtuels et l’enseignement des langues. - Une étudiante du master 1 REP - relations publiques, presses et événementiel. La question de son mémoire étant «Comment les entreprises vont-elles utiliser ces plateformes virtuelles pour vendre et promouvoir des événements réels tout en créant une nouvelle relation avec leurs consommateurs alors que les mondes virtuels sont considérés comme les instruments des seuls natifs de la génération internet dîtes la génération Y ?» • Suite au colloque e.learning de Lyon 3, j’ai pu dialoguer avec un organisme de formation qui envisage l’introduction d’un monde virtuel dans leurs dispositifs de formation.8 http://www.educnet.education.fr/ecogest/reseaux/interlocuteurs/reunion-interlocuteurs-lyon9http://suel.univ-lyon3.fr/eltv/viewvideo/682/les-entretiens-du-cdnt/les-entretiens-du-cdnt--2--jean-paul-moiraud 42
  • 43. • Le forum des enseignants innovants m’a décerné le grand prix numérique pour le travail dans les mondes virtuels. La presse s’est fait l’écho de cet évènement10• D’autres projets et contacts sont en cours mais ils ne sont pas finalisés à ce jour. 8.1.Mise au point d’outils.L’usage d’un outil, même avancé, révèle très vite les limites de l’exercice. A un stade duprocessus, on devient un utilisateur averti, expert en routines numériques. L’universinstrumental peut devenir un piège redoutable en se révélant enfermant. Il devientnécessaire d’élargir le travail au domaine conceptuel pour comprendre les enjeux dudispositif. A cette fin réflexive, j’ai construit un site de curation sur scoop.it dédié à lapédagogie en monde virtuel. Son ambition est de centraliser les sites, les articles surl’immersion en pédagogie. Il est entendu, même si cela paraît évident, que la mise en liend’un contenu est l’engagement de l’avoir lu et analysé. L’année trois de cette expériencesera résolument orientée vers la rédaction et la réflexion (sans dommage de la pratique etdes usages bien sûr.) 8.2. Un développement des expériences 8.2.1.La FDVLa faculté de droit virtuelle de Lyon qui est connue et réputée pour son travail dans lesmondes virtuels 11 (cours de droit des affaires canadiens) a lancé une expérience dansassemblive pour les étudiants de l’école de droit de Lyon. D’autres séances ont étéorganisées pour que les étudiants de l’école de droit de Lyon rencontrent desprofessionnels du secteur du droit (avocat, notaire) et puissent engager une réflexiondiscussion sur les enjeux du métier. La FDV a capitalisé une expérience de e.learningdans deux configurations technologiques différentes. J’ai rencontré Gérald Delabre pourlui demander de me donner ses retours d’usage.J.P.M : Quelles sont les différences d’approche d’enseignement / apprentissage dans lesmondes virtuels Assemblive et Second Life (opensims) ? Quels sont les invariants etquelles sont les différences ?10Le Monde http://www.lemonde.fr/education/article/2011/05/21/quand-les-enseignants-innovent_1525306_1473685.htmlRSLN http://www.rslnmag.fr/blog/2011/5/26/quand-les-enseignants-inventent-le-futur-de-l-ecole/Café pédagogique http://www.cafepedagogique.net/communautes/Forum2011/Lists/Billets/Post.aspx?ID=13011- Educavox - http://www.educavox.fr/JOURNEES-DU-E-LEARNING-DE-LYON-un- 20 minutes - http://www.20minutes.fr/article/722961/lyon-diplome-bien-reel-cours-fac-virtuelle- Lʼétudiant http://www.letudiant.fr/etudes/3es-cycles-et-masters/a-lyon-3-des-cours-virtuels-de-droit-sur-second-life-13224/a-lyon-3-des-cours-virtuels-de-droit-sur-second-life-10516.html! 43
  • 44. G.D : je ne suis pas sûr que le différence soit véritablement pédagogique, une fois que l’onest dans le monde il n’y a pas de véritables différence, il y a les avatars, l’interaction. Jepense que la différence est vraiment technique, l’outil n’est pas neutre.Les deux mondes sont complémentaires.Second Life permet de reconstituer la faculté de droit, la palais de justice, ce n’est paspossible dans assemblive. Second life est un lieu permanent, il n’est pas besoin de récréerun évènement à chaque fois. Une personne qui surfe peut venir par hasard sur le campusvirtuel, le visiter. Dans assemblive on ne peut pas venir par hasard (il faut être invitéNDLR).Dans Second Life le lieu est identifié à la faculté de Droit, on peut créer des lieux de travailspécifique pour les participants. Dans assemblive les lieux est plus impersonnel, le designest à chaque fois identique (même design global). Si on assiste à plusieurs conférencesorganisées par des personnes différentes, le lieu n’est pas modifié.Pour l’école de droit de Lyon assemblive semble plus approprié parce que sa structurelégère facilite l’interaction entre les participants et que le temps de formation est réduit. enoutre les séances de travail n’exigent pas un lieu ancré dans la permanence.Les deux mondes se complètent - Second Life et opensims s’inscrivent dans la durée,assemblive est un excellent outil d’appoint dans une démarche universitaire.A titre d’exemple je viens de conseiller assemblive à un confrère universitaire Belge quisouhaite disposer d’un outil de communication avec visioconférence et prise en mainrapide.L’année dernière une conférencière ne pouvant venir aux journées du e.learning en raisond’une grève de train a pu faire sa conférence en direct d’assemblive 12 en ayant eu untemps de prise en main très limitée.J.P.M comment envisagez vous les mondes virtuels lorsqu’il n’y a pas d’activitésimmersives prévues ?G.D La première question est, faut-il occuper les mondes virtuels quand il n’y apersonne ? Je ne suis pas sûr. C’est un outil qu’il faut utiliser de façon ponctuelle.Il est cependant de bonne politique de ne pas laisser les bâtiments (NDLR virtuels) vides.Nous avons créé des panneaux interactifs qui renvoient sur notre site internet.Il est intéressant d’insérer des activités qui ne nécessitent pas une présence humaine.Exemple intégrer des robots (bots) pour faire des exercices de simultation enautoformation (Se préparer à repondre à des questions en vue dans la perspective deconvocation à des grands oraux) 8.2.2.Guiraut Eric - Professeur de gestion12http://suel.univ-lyon3.fr/eltv/viewvideo/548/05-edition-2010--au-dela-des-plates-formes--la-e-pedagogie/b-charlier--le-tutorat-un-mode-pedagogique-pour-lenseignement-hybride 44
  • 45. Eric Guiraut professeur de gestion au lycée Carriat de Bourg en Bresse a tentél’expérience de l’immersion avec ses élèves de terminale, notament pour développer untravail d’individualisation pour la préparation du bacalauréat. Ses questions sont de cetordre (pour un enseignement dans le secondaire pré bac)« Il est nécessaire de poser deux types de questions pour analyser ces résultats afind’identifier les difficultés à la mise en ouvre de cette expérimentation.Tout d’abord il faut chercher s’il y a eu des freins, que l’on pourrait qualifier de techniques,à l’utilisation de la classe virtuelle puis s’interroger sur des freins pédagogiques.Il faudra enfin voir si des réponses peuvent être apportées à ces difficultés / freins afin d’yremédier.Deux types de difficultés techniques peuvent être évoqués : Les micro-ordinateurs desélèves ont-ils la capacité à “supporter” la classe virtuelle ? Qualité de la connexion internetdes élèves ?Les élèves ont des matériels informatiques et des connexions internet assezhétérogènes : leurs micro-ordinateurs ont parfois des processeurs et des capacités enmémoire vive insuffisants pour faire fonctionner de manière optimale l’application de laclasse virtuelle. De la même manière des connexions en wifi semblent avoir étéinsuffisantes.Ces difficultés d’ordre technique sont apparues pour certains élèves lors des séances deprise en main et la seule réelle séance de révision a dû être interrompue pour cetteraison.Ces difficultés techniques semblent donc assez importantes pour les élèves. Les élèvesde STG relèvent le plus souvent de catégories sociales peu favorisées, et même s’ilsdisposent quasiment tous d’un ordinateur et d’une connexion wifi, ils sont peu à disposerd’un matériel et d’une connexion internet suffisants.Deux questions d’ordre pédagogique peuvent également être posées dans le cadre del’analyse des résultats : Les élèves ont-ils la sensation d’être comme en cours ? Lesélèves ont-ils des difficultés à travailler hors de la classe ?Les élèves ont-ils la sensation d’être comme en cours ?Il apparaît que pour ceux qui sont venus aux différentes séances ce soit plutôt le contrairepuisqu’une participante indique dans un commentaire que justement elle ne se sent pascomme classe puisqu’elle peut quitter librement la classe virtuelle si le sujet abordé nel’intéresse pas.Malheureusement, il n’a pas été possible d’identifier si cette hypothèse explique le fait quetrès peu d’élèves soient venus dans la classe virtuelle, les élèves évoquant plutôt ne pas yavoir pensé...Les élèves ont-ils des difficultés à travailler hors de la classe ?Les élèves de la série STG sont des élèves qui ont des difficultés dans le travail hors dela classe en particulier lorsqu’il n’est pas noté : manque de motivation, conditions de travaildifficiles, difficultés à comprendre seul le travail demandé... 45
  • 46. L’expérience de l’utilisation d’un blog tout au long de l’année montre que les élèves ontune “trop” faible utilisation de celui-ci hors de la classe alors qu’il est fortement utilisé enclasse : TD avec recherche sur internet, mise en ligne de sources utilisées en classe parle professeur, réalisation par les élèves d’articles d’actualité publiés sur le blog.Les élèves ont aussi eu la possibilité d’utiliser un forum et la messagerie électronique pourposer des questions sur les cours, les travaux à réaliser, leur orientation. De la mêmemanière que pour le blog, très peu d’élèves contactent le professeur et cela concernequasiment totalement des questions d’orientation.» (Eric Guiraut - 2011) 8.2.3. Le CAVIL des Alpes MaritimesL’académie de Nice a testé le monde assemblive pour former les représentants élèves auCAVIL. A ce moment du rapport, je n’ai pas eu les remontées de cette expérience. 8.2.4.Jérome Guerlotté - Professeur de Biologie cellulaireProfesseur de Biologie cellulaire à l’université Antilles-Guyane (UAG) Faculté desSciences Exactes et Naturelles Pointe à Pitre - Guadeloupe, Jérôme Guerlotté a créé unesalle de travail dans le monde virtuel assemblive mais pour l’instant elle est peu utiliséeparce que ses étudiants utilisent plutôt les fonctionnalités de facebook pour communiqueravec leurs enseignants«la plupart des étudiants qui me contactent du matin au soir sur Facebook ou par mail, ontun problème à régler plus ou moins grave et généralement urgent (autorisation dabsence,pb de note, pb de coefficient, dexamen, lettre de recommandation, problème dinsription,dorientation etc..)» (Jérome Guerlotté) 8.2.5.Marc Lelièvre étudiant en sciences de l’éducationMarc Lelièvre est étudiant à l’UFR de sciences de l’homme et de la société, départementdes sciences de l’éducation. Son mémoire de master 1 s’intitule «Enseignement et tutoratà distance dans les univers virtuels. Un lieu de médiation comme extension de laplaterforme de formation à distance». L’enjeu de son travail est le suivant «Nous devonsrelater l’origine de notre sujet : l’université de Rouen et le campus Forse lancent en 2009,le projet Web 2.0, qui engage un groupe d’étudiants à distance à étudier la possibilitéd’enseignement et d’éducation à distance dans les réseaux sociaux. Deux plateformessont retenues : Facebook et Second Life. De ces deux plateformes, l’une, Second Life,était totalement inconnue de certains d’entre nous et l’autre, Facebook, est alors enconstante croissance en France et dans le monde comme le réseau social à la mode. Sil’étude de Facebook se réduit à la création d’un groupe dédié et n’apporte qu’un peu defantaisie par rapport à la plateforme WebCT, l’environnement Second Life a par contre trèsvite aiguisé notre curiosité par son côté ludique, fou, étrange, créatif, et collaboratif. Legroupe de licence constitué, nous avons rapidement exploré les lieux virtuels de SL etcomme le projet était flou du fait qu’il n’y a aucun écrit, objectif, ou question de recherche,la seule chose dont nous sommes sûr c’est que c’est une commande institutionnelle etque ce projet vient du Laboratoire CIVIIC.» (Marc Lelièvre - 2011)Dans ce travail extrêmement intéressant sont évoquées les activités de la FDV ...«Nous avons rencontré Mr Delabre, dans une discussion sur cette formation afin de situerla place de cette formation dans notre recherche. Il nous a assuré de son soutien et a très 46
  • 47. aimablement fait circuler le questionnaire. Nous avons aussi assisté à un cours de droitdans l’amphithéâtre de la FDV.Ces étudiants ne sont pas des étudiants à distance à proprement dit et, par là même, nesubissent pas les contraintes de la distance en éducation et peuvent confronter leursréflexions en direct lors de leurs rencontres réelles. Par contre, en suivant des cours àdistance sur Second Life, ils entrent dans la catégorie des étudiants en formation hybride.Lorsque notre recherche exploratoire en est au stade de la conception d’outils test, unquestionnaire ainsi qu’une demande de volontaires pour un entretien ont été transmis à MrDelabre, responsable à Lyon de la FDV, par mail aux 20 étudiants du module.» (MarcLelièvre - 2011)... et mes activités dans Assemblive« Le professeur Jean-Paul Moiraud, que nous avons rencontré sur Second Life, estprofesseur de gestion en section design de mode au DSAA de Lyon et expert dans ledomaine des univers virtuels. Il dit, « Un outil qui sait se faire oublier pour que les acteursdu processus puissent se consacrer à lessentiel: la construction des savoirs et descompétences.» Nous sommes avec ce dispositif devant un environnement simplifiérépondant à la même problématique : réunir en temps réel les étudiants à distance.Néanmoins cet environnement simplifié ne permet aucune fantaisie, ni création semble t’il,ce qui peut ôter des possibilités d’exercices de groupes.» (Marc Lelièvre - 2011) 8.2.6.Benoit PorlierEtudiant en master 2 CRF à Lyon 2 Benoit Porlier Etudiant en master 2 CRF à Lyon 2Benoit Porlier réalise un dossier documentaire dont le titre est "les outils du web 2.0comme vecteurs dapprentissage". Ce travail sera évalué dans le cadre de son master. Ilsagit de regrouper un ensemble de documents dont larticulation suit une réflexion, puisde synthèser ces documents. Sa réflexion suit une trame autour de deux courants, lapédagogie 2.0 et le knowledge management 2.0, et il souhaite exposer comment ses deuxcourants sont supportés par des outils techniques (wiki, facebook...) mais aussipsychosociaux (eportfolio et ses implications réflexives, communauté de pratiquesvirtuelle...). Dans ce cadre, il utilise et expose mes bilans d’usages et mes scénarios surles mondes virtuels (Benoit Porlier - 2011). L’intitulé du mémoire de Benoir Porlier est«Formateurs AFPA en région Rhône-Alpes et Usages Pédagogiques du Numérique(UPN)» 8.3. Un espace de réflexion en construction ?Le développement des expériences et des observations dans les mondes virtuels est unélément encourageant mais il mérite une observation fine dans les années à venir. Il seraitutile d’analyser les pratiques et d’obtenir plus de retours d’expériences. L’année 2011 -2012 pourrait être consacrée à cette tâche et l’idée de créer un observatoire en ligne meparaît être la piste à suivre. Un lieu commun de mutualisation pourraît favoriserl’identification des invariants pédagogiques et donnerait une lisibilité à ces expériences,usages et pratiques. 47
  • 48. Ce travail pourrait s’intégrer dans l’observatoire du e.learning de la FDV13 , comme unesous partie intitulée «observatoire du e.learning dans les mondes virtuels».9. Du tube à essai, à l’écosystème - Le temps et l’espaceLa réflexion pédagogique et technique n’est qu’un élément du dispositif annuel de travail.Si on peut s’accorder sur sa pertinence (?), on peut l’assimiler à un travail in vitro. Il faut,par conséquent, l’envisager introduit dans son écosystème de formation, le confronter auxnotions de temps et d’espace.A la lumière de ces deux années de travail, je vois émerger une tension dans le secteur dela e.formation. Les personnes engagées dans ces dispositifs butent sur la contradictionsuivante. D’un côté, une demande de la société qui cherche à faire évoluer les méthodesde formation. Les stratégies affirmées ambitionnent de développer la coopération et lacollaboration dans un environnement numérique résolument ubiquitaire et réticulaire. Del’autre coté, des structures qui ont du mal à accompagner ces ambitions. Par structurej’entends l’ensemble des acteurs des dispositifs de formation. 9.1. L’espaceLes constructions dans les mondes virtuels reposent sur la capacité des concepteurs àenvisager la formation dans et hors les murs. On pourrait me rétorquer que cela existedéjà (ce qui est vrai) mais le monde virtuel se démarque des autres systèmes au sens oùl’interaction s’opère dans un espace recomposé en 3D immersif.Le poids des habitudes, la structure des réglements ont installé le rapport pédagogiquedans des murs en béton. L’espace immersif est-il réellement intégré dans le dispositifpédagogique de formation présentiel ? L’espace virtuel a t-il le même statut que l’espaceréel ?Si la réponse est non; la construction s’effondre, le travail ne s’inscrit plus dans un cadreinstitutionnel et ne pourra s’effectuer qu’en marge euphémisme pour évoquer le bénévolat.Dans cette dernière hypothèse, on n’est pas loin de l’effet diligence (enseigner de façontraditionnelle mais avec des outils nouveaux)Si la réponse est oui, il faut repenser la structure des modes de formation. Les questionsauxquelles il faut répondre sont les suivantes :- Peut-on enseigner en dehors des bâtiments réels ?- Quelle part d’enseignement dématérialisé accepte t’on de prendre en compte ?- Est-il concevable d’intégrer du virtuel pendant un temps de service ?- Quels sont les niveaux de formation qui pourraient accepter de la dématérialisation ? Leprimaire, le secondaire et le supérieur n’ont pas les mêmes contextes de formation. Il estdifficile de définir un modèle unique pour le trans niveau.13Educavox interview de Yann Bergheaud (1 minute 40 de la vidéo) - http://www.educavox.fr/LES-JOURNEES-DU-E-LEARNING-DE-LYON 48
  • 49. - Accepte t - on de penser un module de formation avec un (ou des) enseignant (s) externalisé(s) ? Ce postulat pose des questions statutaires et des questions de gestion des ressources humaines (GRH) Comment vérifier la présence des acteurs du dispositif ? Comment rémunérer un acte de formation non normé spatialement ? comment palier la carence due aux problèmes techniques (impossibilité de suivre le cours). Une référence horaire d’un enseignant et d’un apprenant est-elle liée à un lieu géographiquement matérialisé par un bâtiment ?- L’espace de formation immersif est-il pris au sérieux par les acteurs (enseignants etapprenants), conçu comme un réel espace de formation gage de valeur ajoutée ?Cette liste de questions installe en filigrane la réflexion suivante. Un monde virtuel peut-ilêtre qualifié comme un réel lieu de formation, une extension, un enrichissement des lieuxphysiques ? La question posée en 2011 peut paraître disproportionnée, irréaliste mais elleengage un début de réflexion sur la de rienplace du numérique comme outil mais surtoutcomme lieu réel d’interaction donc de formation. 9.2. Le tempsDeuxième étage de la fusée : le temps. Là encore l’évocation du concept engage àquestionner cette notion sous une multitude d’angles.- Le temps immersif de formation est-il un temps reconnu ? Changer d’espace c’est changer de temps et c’est changer le droit (Michel Serres - Anniversaire INRIA). Comment valider ce temps lorsqu’il s’inscrit en dehors d’un temps normé ?- Le temps apparent des enseignants. Construire un module de formation (quel que soit la granularité) instrumentant un monde virtuel n’a de réel sens que s’il est possible de travailler hors la classe, donc hors les temps normés 14. En conséquence les situations immersives en dehors des temps de cours ont-elles une pertinence administrative ? Ne pas reconnaître ce temps c’est confiner le travail à la rubrique du bénévolat. Ma réflexion déborde le cadre de la fonction publique et questionne aussi le droit privé et plus particulièrement le droit du travail (clauses contractuelles spécifiques du contrat de travail) pour les organismes de formation privés. Le lieu de travail étant un élément substantiel, il semble cohérent de déterminer les conditions spatiales et temporelles.- Le temps aveugle des enseignants. Dans un contexte de «blended learning» (hybridation), les constructions en immersion imposent de concevoir des cours selon deux logiques, deux formes de scénarisation. Les temps de constructions numériques sont complexes, longs et exigeants (le bricolage est parfois un recours nécessaire, les modernes préfèreront le terme de hacking). Commencer un usage, s’y plonger ne garantit pas automatiquement la réussite. Comment valoriser ce temps de travail invisible et pourtant fécond ?14 Secondaire - http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=540B9267E12738241E908B69F6C8ACE3.tpdjo04v_3&dateTexte=?cidTexte=JORFTEXT000000302140&categorieLien=cidSupérieur - http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020552216&dateTexte=&categorieLien=id 49
  • 50. - Le temps de travail des élèves. Le présentiel enrichi ne doit pas avoir pour conséquence d’accroître le temps de travail des élèves et des étudiants de façon exponentielle. Le numérique ne peut plus continuer à exister en parallèle des cours «classiques» (présentiel synchrone sur site réel). Il faudra apprendre à mixer les deuxgenres. On ne pourra continuer à procéder par empilement, un cours «classique» et uncours instrumenté.6.ConclusionL’année scolaire qui s’achève a été riche en expérience. La première année m’a permis deposer les éléments d’un puzzle complexe, la seconde a été consacrée au début dereconstitution des pièces. Gageaons que la troisième année sera consacrée à laconstitution d’une communauté de travail centrée sur le e.learning dans les mondesvirtuels.Le premier objectif sera de déterminer les compétences des acteurs de la chaine deformation par création de fiches de postes en s’inspirant des logiques de la gestion desressources humaines. Ce n’est qu’en structurant de façon cohérente nos analyses quenous aurons l’espoir de pouvoir expliquer les enjeux de nos constructions. Il s’agira des’extraire de cette définition fade qui dessert nos analyses : «un monde crééartificiellement par un logiciel hébergeant une communautés d’avatars qui peuvent entreren interaction»En attendant laissons mûrir ces ambitions sous le beau soleil de vacances bien méritées. Journées du e.learning 2011 – Twitter l’informelLes 23 et 24 juin 2011 se sont déroulées à Lyon les journées du e.learning, organisées parl’université Lyon 3 et la FDV (faculté virtuelle de droit). Ce colloque s’inscrit désormaisdans le paysage de la formation comme le temps fort du monde de la e.formation. Je nereviendrai pas sur le contenu riche de ces journées, d’autres le font mieux que moi et ilsera possible de visualiser les différentes interventions sur le site du SUEL et de sae.learning TVJe souhaite revenir sur un propos que j’avais engagé l’année dernière dans ce billetintitulé « colloque et web 2.0« . J’avançais quelques propositions sous formes écrite etgraphique à propos de twitter et de son impact sur la perturbation des notions de temps etd’espace pédagogique (de recherche me semble plus adapté dans ce cas de figure) 50
  • 51. « Les discussions ne sont plus uniquement circonscrites dans l’amphithéâtre, elless’organisent aussi en dehors (mais de façon synchrone) avec l’introduction de twitter.L’existence d’un double (mais complémentaire) niveau de discussion enrichie le présentielmais complexifie l’organisation. Un participant distant ayant posé une question par twitters’est étonné que l’on ne répercute pas sa question. J’ai le sentiment (déjà exprimé dansmon rapport annuel d’activité 2010) que la e.pédagogie impose une division des tâches.N’est-on pas en train de voir apparaître une nouvelle fonction, celle de communitymanager de colloque ? Ce qui est sûr c’est que le meneur des débats qui est en chaire nepeut plus tout assumer. L’introduction d’un monde virtuel complexifie encore la travailpuisqu’il faut aussi gérer le chat intégré, les possibles incidents techniques, donner laparole, gérer le volume sonore etc. »La version 2011 du colloque semble avoir été conforme aux attentes que j’exprimais en2010.Quelques observations sur l’activité de twitter pendant les JEL.Après le colloque @Yves_Moreau donne les informations suivantes par twitter « Journéesdu #elearning à #Lyon : plus de 1400 tweets ont été publiés sur deux jours avec lehashtag #JELyon« – Un calcul rapide me permet de donner les fréquences : 700 tweetspar jour (14 heures d’activité sur deux jours) soit une moyenne de 100 tweets par heure,donc environ 2 tweets par minute. Il devient difficile de ne plus tenir compte de ces flux desavoir qui bordent le déroulé d’un colloque. Cette année le community manager était présent et remarquablement efficace sous lepseudonyme de @JELearning. La timeline des JEL a été pilotée et guidée de plusieursfaçons.1 – Par le community manager— Par indication du début de conférences et des ateliers ;— Par indication des noms des « twittos embedded » à suivre ;— Par relais des questions posées par les internautes.2 – Par les internautesAu début de Twitter les internautes se contentaient de répercuter les propos entendus(c’est en tout cas l’analyse de mon expérience). Les JEL ont donné un ton autre parcequ’en plus des propos entendus, la coloration tendait vers une vraie interaction distante.Les internautes ont dialogué à distance avec les intervenants, en posant des questions(souvent très pointues) et en enrichissant les propos tenus (ajouts de liens hypertextes etcommentaires).Le constat que l’on peut faire est le suivant, au-delà de l’outil (twitter) les internautessavent investir les fonctionnalités d’un artefact et modèlent de nouvelles pratiques dont ilfaudra tenir compte à l’avenir dans nos usages. Ces pratiques se sont forgées sans qu’il yait eu préalablement une mise en place de structures formelles d’apprentissage. On voitlà naître un exemple d’intelligence collective qui passe par une construction totalementinformelle, distante et ubiquitaire. 51
  • 52. Il semble bien, pour reprendre une thématique de ce colloque que l‘informel modèle leformel (ou l’inverse) Monde virtuel ou vidéo ?L’exercice d’un travail dans les mondes virtuels est un véritable métier d’enseignant parcequ’il faut répondre régulièrement aux mêmes questions. L’immersion est assezfréquemment mise en comparaison avec les systèmes de communication par vidéo. Unedes questions les plus fréquemment posée est « pourquoi ne pas utiliser la vidéo ? On voitson interlocuteur, c’est plus simple »Je viens de réaliser une capture vidéo du salon ineov (07 et 08 juin 2011). Elle est parlanteparce qu’elle confronte le monde virtuel et la vidéo.On voit précisément la différence de relation qui s’instaure dans l’un et l’autre dessystèmes. Sur la vidéo on ne perçoit qu’une partie de l’environnement du conférencier, lecadrage est fixe. On ne peut percevoir ce qui se passe à droite et à gauche, il estimpossible d’appréhender le public qui écoute. On est dans une posture simple d’écoute.Dans le monde virtuel on perçoit mieux l’environnement de l’espace de travail grâce à laconception isométrique du monde. On est en capacité d’identifier précisément le nombrede personnes et leurs situations, on peut faire varier les plans. Les mondes virtuels sontutilisés dans des dispositifs de blended learning (formation hybride), chaque intervenantdans le dispositif sera donc en capacité d’affecter une représentation mentale ( » l’imagementale est un objet de mémoire autonome et fugaçe dont l’évocation ne requiert pas uneinteraction directe avec l’environnement « - Jean-Pierre Changeux) de la personneavatarisée. Forum des enseignants innovants – Passé, présent, futurLe forum des enseignants innovants s’est tenu les 20 et 21 mai 2011 à Lyon, commechaque année il rassemble, à l’initiative du café pédagogique, des enseignants ditsinnovants. Cet évènement qui s’inscrit désormais comme un temps fort du paysageéducatif pose une question qui tutoie le paradoxe – L’innovation pédagogique est-elle unequestion ancienne ? Là où nous pensons interroger,en permanence, le futur, nousdonnons de l’ écho au passé pour mieux parler au final de notre présent professionnel –l’éducation. 52
  • 53. L’innovation est bien évidemment le futur parce que les ordinateurs, les tablettes tactiles,les smartphones, les TBI, l’internet et le web2.0 … « sont entrés par effraction » (PierreFunkua – ENS Yaoundé Rés@Tice – décembre 2007) dans nos métiers. Il faut, il faudrasur une temporalité longue modifier nos façons d’enseigner, les élèves leurs façonsd’apprendre.L’innovation c’est aussi le passé en permanence revisité. Beaucoup d’étapes de l’histoiretechnologique ont généré une querelle des anciens et des modernes, les tenants de latradition, contre les tenants de la modernité. Déclinons nos classiques avec un dialoguede Platon, celui de Phèdre. Theuth, le dieu des scribes, explique au pharaon l’intérêt del’écriture :« blâmant ceci, approuvant cela. Ainsi Thamus allégua, dit , au dieu Theuth beaucoup deraisons pour et contre chaque art en particulier. Il serait trop long de les parcourir ; maislorsqu’ils en furent à l’écriture : cette science, ô roi ! lui dit theuth rendra les égyptiens plussavants et soulagera leur mémoire. C’est un remède que j’ai trouvé contre la difficultéd’apprendre et de savoir. Le roi répondit : industrieux Theut, tel homme est capabled’enfanter les arts, tel autre d’apprécier les avantages ou les désavantages qui peuventrésulter de leur emploi ; [275a] et toi, père de l’écriture, par une bienveillance naturellepour ton ouvrage tu l’as vu tout autre qu’il n’est : Il ne produira que l’oubli dans l’esprit deceux qui apprennent, en leur faisant négliger la mémoire. En effet, ils laisseront à cescaractères étrangers le soin de leur rappeler ce qu’ils auront confié à l’écriture et n’engarderont eux mêmes aucun souvenir. Tu n’as donc point trouvé un moyen pour lamémoire, mais pour la simple réminiscence, et tu n’offres à tes disciples que le nom de lascience sans la réalité; car, lorsu’ils auront lu beaucoup de choses [275b] sans maîtres, ilsse croiront de nombreuses connaissances, tout ignorant qu’ils seront pour la plupart, et lafausse opinion qu’il sauront de, leur science les rendra insupportables dans le commercede la vie » » – Mythe de Theut – Phèdre 274 b – 277 a . »Quelle modernité ! Nous nous posons encore les mêmes questions au 21ème siècle,nous sommes posés ces questions à Lyon cette année et nous continuerons encorelongtemps. L’introduction de nouveaux procédés suscite des réactions, des polémiques.On colle des étiquettes (innovants, défricheurs, e.francs-tireurs …) à ceux qui tententdifficilement de faire bouger les lignes de fracture. La seule et vraie question qui se pose,bien au-delà des outils, est : comment apprendre et enseigner ? Je me permettrais deciter ici Marcel Lebrun qui dit que « dans e.education il y a surtout éducation«La question qui se pose au présent est de savoir si nous sommes réellement desprofesseurs innovants (ce qui est flatteur) ou plus modestement des enseignants qui ont àun moment donné de leur carrière cessés de mettre la tête dans le guidon pour regarderdevant, là où se situe le sommet de la cote. Sous couvert d’innovation ne sommes nouspas dans un processus de réflexion sur les enjeux didactiques, pédagogiques et politiquesde la profession ? Innovation ou réflexivité ? Je laisse volontairement la question ensuspend.PS : j’ai eu le grand prix du numériqueLes vidéos de synthèse du forum des enseignants innovants réalisées par Thierry Foulkes 53
  • 54. Opérabis, une nouvelle machine à communiquerIl est toujours utile de relire ses classiques … J’ai rédigé plusieurs articles sur opérabis etj’ai tenté d’analyser les invariants d’usage dans les mondes virtuels. Je soulignais dansmon dernier billet que les mots innovations revenaient de façon récurrente pour évoquercette expérience. C’est novateur assurément mais … L’est ce autant qu’il n’y parait ?L’opéra comme vecteur de promotion d’une nouvelle technologie est-elle une premièremondiale ? Faut-il prendre avec sérieux les acteurs de ce genre de dispositifs ?Je me propose d’y répondre en interrogeant l’histoire et en reprenant quelques passagesdu livre de Jacques Perriault « La logique de l’usage essai sur les machines àcommuniquer » – Flammarion édition 1989. Dans le chapitre intitulé les appareilsdésanchantés (page 170) Jacques Perriault parle du téléphone (« cent ansd’adolescence »). Il y évoque des points que nous retrouvons dans nos pratiquesimmersives. En 2011 nous avons besoins de communiquer, d’expliquer, de démontrer lesenjeux de nos pratiques. Nous utilisons les moyens à notre disposition – Blog, capturesvidéos, conférence en ligne, évènements en immersion comme opérabis.Le téléphone s’est installé difficilement dans le paysage technologique de français, lesdébuts étaient laborieux, la technique trahissait l’utilisateur. Il fallait communiquer sur unenouvelle technologie à laquelle personne ne croyait. Citons quelques passages du livre etconstatons les similitudes à 130 ans de distance • Pas sérieux ?Le travail en immersion suscite des commentaires, on entend souvent ce sont des geeks(façon à peine voilée de dire que ce ne sont pas des gens sérieux), le téléphone a euaussi sa période de défiance, un outil abandonné aux femmes supposées inconstantes,légères et bavardes, je suppose :« On considérait, dit-elle (la comtesse de Pange NDLR), le téléphone comme uneinvention de luxe ne pouvant convenir qu’aux bavardages de dames et personne n’yattachait d’importance » – Page 173 • Le calage de la voix, les problèmes de communication« La contesse de Pange raconte dans ses souvenirs: »j’entendais de ma chambre lasonnerie et d’étranges appels, de sonorités si exotiques : Allô ! Allô ! que ma mères’efforçait de prononcer à l’anglaise … la demande était directe et c’était de continuellesbatailles avec les « Demoiselles du téléphone »… Allô !, Allô ! Mademoiselle ! Vousm’entendez ? – M’entendez vous ? – Répondez donc, voyons, Mademoiselle ! – Allô !,Allô ! – Si vous devenez insolente, Mademoiselle, je vais faire une plainte ! Allô donnezmoi la marquise de Luppé, 29, rue de Barbet – de - Jouy – Allô ! – Oui, Luppé, avec deuxP. C’est bien ça ! Allô ! … Après une demi d’énervement et de discussions, en vousbranchez sur le Foyer de l’Opéra ou de la Morgue ! »" Page 171 54
  • 55. Que faisons nous au moment ou nous lançons un travail en monde virtuel ? Nous calonsla voix, nous apprenons à communiquer avec le micro, couper, ouvrir, parler, se taire, belleproximité d’usage • L’utilisation de l’opéra comme vecteur de communication« Le nombre d’installations n’est pas très élevé à Paris, guère plus dans toute la province.Le président de la République, Jules Grévy, n’y croyait pas non plus. pour faire de lapubilicité l’administration des Postes et Téléphone décida d’un programme dedémonstration lors de l’Exposition électrique de 1881, au cours duquel on entendit pour lapremière fois la transmission stéréophonique de l’Opéra (Invention que l’on doit à ClémentAder). » – Page 172On constate que l’alliance de l’opéra et de la technologie n’est pas une démarchenouvelle. Deux époques différentes mais deux stratégies identiques. Nous sommes enprésence d’invariants stratégiques, les intérêts croisées des artistes et des technologues.Cette comparaison à 130 années d’écart nous amène à beaucoup de modestie sur nospratiques, certes nous inventons, mais le processus d’innovation semble se répéter defaçon identique. C’est une raison supplémentaire d’observer avec attention les avancées(et / ou les reculs) des pratiques en mondes immersifs Monde virtuel – Coopération inter-établissementsLa prochaine conférence virtuelle aura lieu le mercredi 02 février 2011 à 20 heures 30 etaura pour thème l’utilisation du diaporama, son optimisation en situation pédagogique. Laconférence s’intitule précisément : « Conceptualiser et scénariser un diaporama pourl’enseignement« . Sans vouloir jouer les fanfarons, je dirais que nous commençons àmaîtriser le principe de la réunion virtuelle et que c’est une non-information. Et pourtant …Cette nouvelle conférence est une première parce qu’elle mettra au centre de ce travail,outre l’acquisition de savoirs et compétences, un travail commun entre plusieursétablissements éclatés sur le territoire : • Le conférencier sera François Jourde (@francoisjourde), professeur de philosophie à l’École européenne Bruxelles I, auteur chez Hatier et concepteur de ce blog • Thierry Valette professeur de génie Électrique Énergie et Environnement.au lycée Louis de Cormontaigne à Metz , « Moodeliste », sera présent avec ses étudiants de BTS Électrotechnique. • Éric Guiraut, professeur de STG, bloggueur, à Bourg en Bresse au lycée Carriat sera présent avec ses élèves • Probablement des étudiants de l’ISCOM Lyon • Gérald Delabre professeur à Lyon 3 Jean Moulin – Directeur adjoint de la FDV – Professeur inworld et IRL • Jean-Paul Moiraud avec ses étudiants des sections mode et habillement (Design de mode, IMS, DSAAT) du lycée La Martinière-Diderot de Lyon 55
  • 56. Le travail réticulaire qui s’instaure avec les professeurs engagés dans une réflexionnumérique porte ses fruits. Nous sommes en capacité, grâce aux fonctionnalités du web2.0 (Twitter, Facebook, blogs) de travailler entre structures réparties sur le territoire. J’yvois ici une forme de paradoxe. Là où nos structures se centrent sur des dynamiquesacadémiques, le numérique nous permet dans un mouvement inverse de partager nossavoirs à l’échelle nationale. Il s’agit là d’un mouvement singulier qui est intéressant àsuivre.Attendons avec impatience la conférence de François Jourde et les possibles interactionsentre les professeurs et les étudiants. Nous ne sommes pas encore dans des dynamiquescomplètes de collaboration inter-établissements mais on voit poindre une amorce. Laconviction et l’engagement de Thierry Valette, le savoir constitué de François Jourde ontlargement contribué à l’organisation de cette soirée de travail. Il faut y ajouter bienévidemment l’enthousiasme des autres collègues acteurs et de l’engagement desétudiants présents le soir pour travaillerNous commençons par de la coopération saurons nous un jour collaborer ?NB : Cette conférence avait déjà été donnée à l’université Lyon 1 en novembre 2009 àl’invitation de Christophe Batier du service ICAP Opérabis N° 2 Les noces de FigaroLe jeudi 06 janvier 2001 se tenait le second spectacle de l’opéra de Rennes retransmis ensimultané, à la fois IRL (in the real life) dans les bâtiments de l’opéra et inworld danssecond life et dans opensims. Le spectacle donné était les noces de Figaro de Mozart.L’infrastructure technologique était fournie par le Crea (centre de ressources et d’étudesaudiovisuelles) et l’opéra de Rennes. Les partenaires sont la ville de Rennes, l’opéra deRennes, le ministère de la culture et de la communication, Francogrid, Vidéon TV, artesi ilede France, le CREA et orange.Cette expérience est riche pour l’analyse du fonctionnement des mondes virtuels. Quelque soit le monde virtuel et le sujet abordé, on constate qu’il y a des points convergeants.Je vais essayer de lister les invariants que j’ai isolé pendant cette merveilleuse soirée : (jecontinue l’analyse engagée lors du premier opéra notamment sur la notion d’invariants) • L’utilisation des mondes virtuels reste encore un évènement, ce sont les qualificatifs « nouveaux« , « réelle innovation, première mondiale » (France 3 Bretagne JT 12-13 du 07/01/2011 à partir de la 7 minute 30) . Le monde virtuel reste encore largement au stade de l’expérience. Il reste un chemin important pour passer de 56
  • 57. l’expérimentation à la généralisation. Je suis persuadé que l’expérience opérabis est une pierre qui structure la fondation de cet édifice pédagogique ; • Le travail en monde virtuel reste encore largement tributaire de la capacité des « tuyaux« . Il serait très intéressant d’avoir une étude a postériori sur l’équipement des participants à Opérabis, sur la fluidité (ou non) de la réception des flux et du lien entre l’équipement et la qualité d’écoute ; • La formation des utilisateurs. Conformément aux attentes, des participants ont demandé de l’aide pour caler leur système. Le réseau des bénévoles a permis rapidement d’aider les avatars en difficulté via l’IM. J’ai aidé des avatars à obtenir le son, à supprimer le bruit de fond parasite des claviers, pour pouvoir se concentrer sur l’essentiel, la magie de la musique de Mozart. Au delà de cet aspect factuel, les mondes virtuels imposent de former les utilisateurs, dès lors que l’on dépasse la communauté des geeks. Une question se pose : Comment aider à la formation (autoformation) des internautes qui souhaitent s’immerger sans pour autant avoir une forte culture numérique ? ; • Opérabis c’est l’opéra, puis c’est l’après opéra où il est possible de dialoguer. On retrouve ici les invariants cognitifs, comment communiquer de façon fluide (j’ai le même type de problématique en formation). La communication orale demande une discipline qui n’existe pas IRL. Il faut penser à ouvrir et couper son micro selon sa position dans le dialogue (je parle, j’ouvre mon micro- j’écoute, je coupe mon micro). Bien que me classant dans la catégorie des habitués, j’ai oublié de couper mon micro, ce qui a perturbé les discussions. Fluidité du dialogue rime avec discipline technologique. Mon avatar a été interrogé par l’avatar du journaliste de France 3 Bretagne, Compte tenu de l’effet larsen, je ne suis pas sûr de la bonne qualité du dialogue (j’avais un très important effet retour) et j’ai plus le sentiment d’avoir hurlé et annoné que de m’être exprimé avec simplicité (le commentaire de Stéphane Grammont ci-dessous confirme mon propos) • Les relations humaines dans les mondes virtuels recomposent le rapport à autrui. Le monde IRL est basé sur un ensemble de codes acquis depuis la petite enfance et très généralement acceptés par tous. Le virtuel déconstruit et recompose les relations. En situation immersive on peut donner libre cours à sa fantaisie. Quid de la confrontation réel /virtuel quand une belle amazone nous donne à contempler les charmes d’une gorge généreuse ? Les deux mondes doivent apprendre à se côtoyer, quelles sont les règles sociales à adopter inworld ? La déconstruction est- elle la norme dans les mondes virtuels ou bien doit-on importer les us et coutumes de la vie réelle, dans la vie virtuelle ? Un ensemble de questions importantes à intégrer dans nos réflexions. • Une perturbation du temps car les mondes virtuels fonctionnent H 24. La représentation de l’opéra avait lieu à 20 heures « l‘heure ou les français dinent » – Hugues Aubin. Cette métaphore gastronomique donne la dimension des enjeux des mondes virtuels qui sont en capacité non seulement d’abolir la notion de temps mais aussi celle d’espace. De nombreux avatars représentaient des internautes d’autres pays.Cette soirée, outre l’évènement culturel majeur, a été un terrain de travail privilégié car ilcontribue a démocratiser les mondes virtuels, à les rendre visibles auprès du grand publicet des médias. Le journaliste de France 3 (@curtillet Trezuguet) est venu réaliser desinterviews inworld 57
  • 58. J’ai conservé des traces de cette soirée pour alimenter mes réflexions sur les stratégiesd’insertion des mondes virtuels dans divers dispositifs sociaux (enseignement, culture …).Un montage vidéo. La qualité de cette vidéo est plus que moyenne, elle ne donne pas uneidée juste du niveau de performance de cette soirée. Il m’est difficile d’assurer en mêmetemps les captations vidéos, photos, la structure s’en ressent assurément Elle témoignecependant d’un grand moment d’émotion et de culture partagées via les réseaux. J’aichoisi d’assister à l’opéra dans le monde second life parce que ce monde me paraissaitplus utile en terme d’observation (la Francogrid est plus un lieu de geeks, donc moinssignificatif en terme d’usage, de mon point de vue). Monde virtuel – EssaimageIl y a un peu plus de un an lorsque je me lançais dans la réflexion sur les enjeux desmondes virtuels dans les dispositifs d’apprentissage, je ne pensais pas ouvrir une réflexionlarge, et pourtant ….Elle semble désormais largement engagée et les pratiques essaiment. On peut désormaisessayer de dresser un bilan intermédiaire et estimer que la pratique n’est plus marginale.Quel bilan peut-on tirer ?Il me semble qu’à ce stade des pratiques ce sont surtout les enseignants et les cadres quise sont emparés des fonctionnalités des mondes virtuels. (l’aspect cours en ligne sembleencore minoritaire) Ils investissent la virtualité pour des raisons diverses mais une idéeforce semble émerger – La capacité à réunir des acteurs dispersés sur le territoire tout enutilisant des méthodes habituelles, non déstabilisantes, de travail (présence en un lieupour débattre en utilisant des artefacts pédagogiques usuels comme le diaporama et lavoix). Il paraît évident que le côté intuitif d’Assemblive soit un facteur facilitant.A ce stade du travail nous manquons de retours d’expériences rédigés, réflexifs. Il estpossible de constater l’efficience du système parce que les captations vidéos, constats depratiques opérantes, commencent à apparaître. Il serait utile que les protagonistesprennent le temps de formaliser leurs pratiques sous forme d’analyse a posteriori. On peutlivrer quelques pistes aux rédacteurs potentiels : • L’utilisation des mondes virtuels par les enseignants dans le cadre d’une réunion professionnelle (didactique et pédagogie) ; • L’utilisation des mondes virtuels par les cadres dans le cadre d’une réunion professionnelle (management) ; • Les possibilités de mutualisation des expériences dans un dispositif d’apprentissage (analyse et réflexion) ; • Les enjeux dans le métier de cadre de l’éducation nationale ; • Les aspects cognitifs dans les travaux en immersion ; • Les nouveaux enjeux de temps et d’espace dans les processus d’enseignement / apprentissage pour l’ensemble des acteurs ; • La création de nouveaux scenarii intégrant des mondes virtuels ; • La mise au point (à tout le moins une réflexion) sur les enjeux de modules de formation en réalité mixte… 58
  • 59. Cette liste n’est pas exhaustive bien évidemment.En séanceLe travail a posteriori d’analyse de pratique n’est pas ancré dans nos pratiques (lesuniversitaires sont rompus à ce genre d’exercice), il est pourtant d’une grande aide. Jeparle, au niveau du secondaire, non pas d’une pratique formalisée, balisée par uneméthode stricte. Il existe une multitude de méthodes (par écrit, par carte mentale, parschématisation …) qui permettent au niveau micro (la classe) de conserver des traces. J’aile sentiment que l’enjeu pourrait être double, aider l’enseignant à s’interroger sur sespratiques et permettre une mutualisation.Parmi les traces qui apparaissent sur la toile, on peut citer la réunion organisée par lecerta le 15 décembre 2010. Ce travail est intéressant car il montre les modalités formellesde la réunion. On peut qualifier cette réunion comme distante synchrone en réalité mixte.Une instrumentation d’ un monde virtuel pour le partage de pratique et la mise en place descénério.Concrètement, le dialogue s’instaure de façon classique avec un intervenant qui s’exprimesur une thématique fixée. Un dialogue suit, les avatars expriment des attitudes desocialisation (lever la main) posent des questions. J’aimerais que nous puissions lister lasomme des expériences pour produire un document de synthèse mutualisable. Vidéo de la réunion immersive du CERTA organisée le 15 décembre 2010 sur la thématique de l’enseignement de seconde en PFEG Conférence virtuelle 2010 N°1Première conférence virtuelle de l’année 2010 / 2011. Le sujet de rentrée était Aprèsl’école, le travail – Quelle transition ?Une séance avec une vingtaine de participants et cinq intervenants : • Vincent Autin DSAAC La Martinière-Diderot • Mathilde Letourneur BTS design de mode La Martinière-Diderot • Angélique Maurin DSAAT La Martinière-Diderot • Anne – Claire Montchamp de Unique en série BTS ATI (actuel design de mode) La Martinière-Diderot • Alexandra Vallod de Unique en série BTS ATI (actuel design de mode) La Martinière-DiderotUn petit résumé des points essentiels soulignés par les intervenants : 59
  • 60. • Constituer son book pour les entrevues professionnelles. un book en pdf avec des images dégradées ou sur un support pochette ; • Avoir des dessins mis au rapport pour montrer sa capacité à produire des biens ; • Constituer son réseau professionnel ; • Utiliser les micro-réseaux pour sa recherche d’emploi (notamment la liste de diffusion des arts appliqués du lycée – Liste groupartex et liste Faceboook) ; • Utiliser sans réserve les machines du lycée pour apprendre la technologie (tissage, maille, impression, broderie) pour se rôder aux techniques du métier • Ne pas hésiter à multiplier les stages pendant la période de formation car ils sont un lien indispensable entres l’acquisition des bases du métier (pédagogie) et la découverte des spécificités et contraintes du métier ; • Avoir de solides compétences numériques. Photoshop© et illustrator© sont à maîtriser impérativement ; • Avoir de bonnes bases en anglais technique ; • Apprendre à travailler en groupe, à collaborer.Les anciens étudiants du lycée, forts de leurs expériences ont témoigné auprès du publicétudiant des enjeux du monde professionnel et du lien avec la formation. Après lesinterventions le débat s’est engagé. Mathilde Letourneur a accepté de nous donner sondiaporama que vous pouvez consulter ci-dessous.Analyse de la séanceCe sont à nouveau les aspects cognitifs des conférences qui m’intéressent. Les primointervenants sont toujours déstabilisés par l’environnement car on est privé de ses repèreshabituels. Quelques commentaires post conférence :« ‘L’expérience était troublante et j’avais l’impression de parler trop vite et d’aller d’un sujeta une autre…. » – « Cette 1ère expérience un peu maladroite«D’un point de vue technique l’effet apprentissage à jouer, je n’ai pas noté de problèmesmajeurs, la conférence a été fluide, sans interruption. Les intervenants ont su déplacerleurs avatars sans anicroches. Un problème d’écho constaté mais en raison d’un oubli defermeture de micro.Je suis de plus en plus persuadé que l’avenir du monde virtuel passe par l’intégration dumonde virtuel dans le navigateur. Les avantages sont évidents, simplicité de connexion,légèreté du soft de pilotage, prise en main rapide, contraintes techniques allégées …Analyses des intervenants :Alexandra Vallod – « l’expérience est quelque peu troublante car on parle à devant sonordinateur sans vraiment voir de public , ni leur réaction. C’est le manque de réaction quim’a semblé le plus troublant. Vos interventions sont nécessaires lors des témoignages carvous recadrez le débat ou demandez des précisions là où il en manque. Après, le contextevirtuel ne m’a pas trop perturbé car cela ressemble à un jeu dans lequel notre avatar sedéplace, mais je pense que pour quelqu’un qui n’a jamais joué à des jeux « point andclic », il doit se sentir perdu. » 60
  • 61. Mathilde Letourneur - « Pour ma part c’était très troublant car je ne joue jamais aux jeuxvidéos, et j’avais effectivement l’impression d’être en plein dedans…C’est également vraipour ce qui est des personnes en face, on se demande: à qui on parle, tout le temps. Cequi était encore plus troublant c’est que c’est assez lourd, l’ordinateur sur lequel je suisn’est pas tout jeune, et mon avatar à beugé donc je me voyais en double et en maillot debain…Voilà pour ce que j’ai ressenti. Mais ça a un côté un peu rassurant de ne pas voir lesinterlocuteurs, on se croit presque au téléphone. »Angélique Maurin – « Au départ ça m’a vraiment déstabilisé. Tout d’abord c’est la toute1ère fois que je créais un avatar, j’ai eu du mal à comprendre comment « l’articuler » etcomment m’exprimer. Ensuite lorsque j’ai enfin compris comment ça fonctionnait (et ça amis du temps) ça m’a perturbé de discuter avec mon écran; j’apprécie peu le contactvirtuel (même si je comprends ses avantages). J’ai besoin de voir et d’avoir un « contact »avec mon interlocuteur. Et le fais de devoir jongler entre le parler verbal et le parler« virtuel » avec les réponses qui interviennent sur le chat n’est pas non plus évident pourun débutant. Cependant j’ai apprécié l’expérience. »En écho à ces analyses le journal internet actu évoque le langage non verbal enimmersion dans un article intitulé « des interfaces qui dépassent le langage«« Ainsi, aujourd’hui, les avatars des mondes virtuels ne sont-ils, la plupart du temps, quede gros smileys. Ce sont les utilisateurs qui les contrôlent et décident de leursmouvements et de leurs gestes. Or c’est précisément le caractère inconscient de nosréactions corporelles qui détermine, pour une bonne part, la signification d’un message.Cette limitation de l’expressivité des avatars n’est sans doute pas pour rien dans leséchecs répétés de mise en place de mondes virtuels.A l’université de Barcelone, on essaie de résoudre le problème en utilisant un système quimesure les battements du coeur, la respiration, le taux de résistance électrique de la peau(le paramètre mesuré dans les détecteurs de mensonges), puis on transfère les résultatsdans le comportement de l’avatar. Le battement cardiaque se reflète dans le mouvementdes pieds, la respiration dans le soulèvement – exagéré – de la poitrine, le taux derésistance galvanique dans la teinte du visage, plus ou moins rouge… » vwcamp 1110Ce week end s’est tenue le vwcamp1110. Le principe est une réunion informelle au coursde laquelle se réunissent des utilisateurs de mondes virtuels (vw = virtual camp). Onretrouvait les habitués des ces réunions comme Jean-Marie Louche, Kev Jenkins, GillBeaumont, Mascottus Phlox, Grégory Rhiadra, Ange Mengès, Tao Cavano, RomainObéron, ssm2017 binder, Jack jacksweb, Kareltje Krasker et autres que j’oubliecertainement …Des réunions : discussions ont été organisées. J’ai participé à la réunion sur l’éducatif, uneréunion de une heure qui fut très riche. Nus avons parlé de l’expérience de Tao Vacano 61
  • 62. professeur de math à Marseille en collège sensible et mon expérience avec mesétudiantes de BTS et DSAAT. Il en ressort plusieurs points forts : • Nous sommes encore peu à investir les mondes virtuels dans une optique pédagogique ; • L’enseignement immersif est une source de solutions pédagogiques. Tao a évoqué les cas de ces élèves incapables de réaliser un cube IRL mais capable de le réaliser inworld de surcroît en manipulant des concepts mathématiques ; • Il ne faut pas assimiler l’utilisation du monde virtuel à un espace ludique mais bien un espace pédagogique. Il faut absolument l’expliquer aux contempteurs et aux élèves – Ce qui prime ce sont les apprentissages ; • Le virtuel recompose les relations humaines. Des constats d’attitude différentes dans le virtuel et le réel « m’sieur vous êtes plus sympa en virtuel, qu’en réel » ; • La question du temps a été évoquée. Le temps du professeur, le temps des élèves : 7. Le temps des professeurs parce qu’il faut consacrer beaucoup de temps à la construction et à la didactisation des cours. Un débat s’est engagé sur le rapport entre le temps de travail effectif et le temps de travail statutaire. Le geek, c’est connu, n’économise pas son temps mais il vit aussi dans le réel, ses productions doivent être reconnues, validées, rémunérées (?) (c’est la thèse que je défend). La question évoquée posait, en filigrane, le rapport à établir entre l’expérimentation et la possible généralisation. 8. Le temps de travail des élèves. Sur la base de nos deux expériences, il semble que les élèves trouvent le temps moins long (j’irais jusqu’à dire qu’ils prennent du plaisir) en immersion que dans un cours classique. Bien évidemment ce constat ne repose que sur deux expériences, il faudrait un terrain plus large d’observation. Tao et moi • Le monde virtuel est un outil, il faut développer des usages sur la base de scénario (thématique reprise par Ange Mendès dans son atelier sur monde virtuel et PME) ; • Le terme monde virtuel est une question qui a été évoquée. Plus qu’une question sémantique, c’est une réelle interrogation parce qu’elle connote péjorativement les travaux auprès du grand public, l’activité ne fait pas sérieuse. Nous avons réfléchi sur un terme plus fédérateur, un terme de concorde (que nous n’avons pas trouvé).En conclusion : il faudrait que cette réflexion se prolonge et pourquoi pas dans un cadreplus institutionnalisé. L’émergence de la réalité augmentée, la diffusion de smartphonesme font dire que c’est un sujet de réflexion pour les années à venir.J’ai réalisé une captation vidéo (le son n’est pas très bien capté) de l’intervention de TaoVacano.Le deuxième atelier mené par Ange Mengès a porté sur les mondes virtuels dans lesPME. Une discussion très intéressante s’est engagée sur la question suivante / Vaut-ilmieux avoir un monde virtuel intégré dans le navigateur ou un navigateur intégré dans lemonde virtuel ? J’étais un des rares à penser qu’il valait mieux avoir un monde virtuelintégré dans le navigateur. Probablement parce que mon champ d’intervention est lapédagogie et qu’il faut que je consacre le moins de temps possible à expliquer lefonctionnement des mondes virtuels. Il faut reconnaître que l’insertion de Hippo pourcirculer dans opensims est assez compliquée et nécessite en contrepartie un temps deformation relativement long 62
  • 63. L’argument pro navigateur intégré dans le monde virtuel reposait sur l’avantage del’immersion totale et de la non distraction par d’autres tâches. L’insertion du monde virtueldans le navigateur faciliterait la distraction (twitter, consulter ses mails …) Invariants des mondes virtuelsJe viens de lire le billet de blog de @Hugobiwan Zolnir qui analyse a posteriori la soiréeimmersive Opérabis. Ce billet est intéressant à plusieurs titres. Je retiendrais la dimensionrelationnelle évoquée de son rapport. Je constate après lecture qu’il est possible dedégager des invariants sur les pratiques immersives. Je vais comparer mes pratiquesdans le monde Assemblive© et celles de Second Life et Opensims. Il est évident que cequi importe dans cette analyse est l’aspect cognitif pas le type de monde utilisé.Travailler, agir dans un monde virtuel c’est être en capacité de mettre en relation despersonnes distantes en mode synchrone. Une relation qui passe par la médiation d’unordinateur, d’un logiciel, d’un monde construit et d’un avatar personnalisé. Les relationssont réelles, riches, intenses mais elles doivent se construire …Je vais reprendre quelques passages significatifs du billet de Hugobiwan Zolnir en tentantde faire émerger des invariants des pratiques immersives.NB : en bleu mes analyses lors de mes expériences immersives (extraits) • Dialoguer « /…/ ont éteint leurs microphones afin de ne pas ternir le son émis depuis Rennes /…/ » Le dialogue dans les mondes virtuels peut être perturbant pour le débutant. Le dialogue est conditionné par un intermédiaire machine. Il faut apprendre à gérer son microphone, ouvrir, couper, ne pas polluer la discussion en transmettant les bruits parasites de son environnement proche. Il est nécessaire que le participant acquiert cette compétence. Il est toujours déstabilisant d’arriver en phase immersive sans initiation préalable. J’ai été confronté à ce point dans mes expériences pédagogiques /…/ « Il est a noter que les intervenants doivent opérer dans un environnement calme parce que les bruits des environnements domestiques peuvent parasiter le travail (pendant la réunion nous avons entendu une sonnette, un chien aboyer, le son de la wii de mes fils qui jouaient à Super Mario et parfaitement identifié par les étudiants) » /…/ • Gérer sa bande passante « /…/ Ayiki Takakura a passé chaque visiteur au scanner virtuel afin de vérifier qu’il ou elle ne porte pas d’objet trop gourmand en ressource / …/ » La gestion de la séance suppose que la bande passante soit fluide, qu’il n’y ait pas de pollution technologique. Je constatais le même problème de mon côté « /…/ Le son haché vient dans la quasi totalité des cas: – des réseau bas débit, ou haut débit mais partagé par trop de personnes. Un logiciel de partage de fichier utilisant aussi la bande passante montante comme bittorrent utilisé sur l’ordinateur ou un autre ordinateur utilisant le réseau. En fait n’importe quelle application saturant la bande passante montante. /…/ 63
  • 64. • Dsaat broderie Ne pas se perdre dans les espaces numériques « /…/ surveillant la cartographie des avatars proches qui permet de repérer et de guider les visiteurs égarés /…/ » A l’image des mondes réels, il faut savoir se répérer. En l’absence de repérage, ou de sens de l’orientation, il est possible de se perdre. Il faut expliquer, apprendre les enjeux de la localisation inworld.Tout comme dans la vie réelle il faut se rendre au bon en droit, au bon moment « /…/ Des étudiantes sont venues au rendez vous virtuel mais ne se sont pas rendues dans la bonne salle. Elles ont attendu mais en vain et pour cause. /…/ » • Arriver à l’heure « /…/ Beaucoup d’ avatars arrivent au dernier moment, et il s’agit maintenant de les accueillir, de les guider et d’aider ceux qui auraient des problèmes techniques. Roger (Coulaut Menges) est à la manoeuvre dans la Francogrid, Audrey (Betty Renoir) dans Second Life(tm). /…/ » Tout comme dans la vie réelle, il est important de respecter les horaires. Le retard mobilise beaucoup d’énergie chez les organisateurs pour guider, expliquer tout en participant au suivi du bon déroulement de la séance. « /…/ Une étudiante est venue trop tard au rendez vous, elle est arrivée dans la bonne salle mais vidée des ses occupants /…/ • La solitude du participant « /…/ Nous savons que ce bruit d’ambiance est très important, /…/ » Travailler dans les mondes virtuels peut être déstabilisant parce que l’on perd une partie de ses repères sociaux. Il est plus difficile de percevoir les réactions des participants. Entendent-ils ? Comment réagissent-ils ?. IRL on identifie parfaitement les réactions des participants à la discussion, si j’ose une plaisanterie le visage hilare (ou pas) m’indiquera le succès(ou pas) de ma saillie humoristique. Si je profère une énormité, le froncement des sourcils du public me renseignera immédiatement. La sonorisation du monde virtuel et la capacité à gérer les expressions des avatars sont des éléments indispensables pour établir des relations sociales virtuelles convenables. Il est nécessaire de reproduire un son social qui ne soit pas un bruit parasite. • Apprendre – partager « /…/ beaucoup de choses auront été apprises pour savoir améliorer et garantir le partage d’un spectacle vivant dans un monde virtuel en ligne… /…/ » Il est vrai que chaque nouvelle expérience est un stade supplémentaire dans les apprentissages.Il me semble que la somme des expériences accumulées pourrait être un prétexte pourcommencer à rédiger un mémo de formation à l’attention des utilisateurs, concepteurs,participants aux séances immersives.Les expérimentations existent, nous y participons, nous pouvons en citer quelques unes :- La faculté virtuelle de droit de Lyon et son campus virtuel- Les expériences immersives – Le jnumcamp- La bibliothèque francophone- Les fonds marins à Marseille – Le travail de Taovacano- Les futurs opéras dans opérabis- Des projets en construction peut-on lire sur twitter (palais indien pour des étudiants enInde) 64
  • 65. - Mes expériences dans Assemblive- L’expérience de Eric GuirautGageons que les synergies immersives sauront se construire OpérabisLe Samedi 06 novembre 2010 l’opéra de Rennes et l’équipe de la bibliothèquefrancophone du métavers ont présenté un opéra IRL (opéra de Rennes) et inworld(second life et opensims). Il s’agissait d’une pièce de Gaetano Maria Donizetti (1797 –1848) « « Rita ou deux hommes et une femme » opéra-comique en un acte. » Rita, ou le mari battu de Donizetti. Composée à Paris vers 1841 sur un livret français,cette farce en un acte fut créée à l’Opéra-Comique en 1860, douze ans après la mort ducompositeur. Ell e conte les aventures d’une aubergiste qui tyrannise son second mari. Leretour au village du premier, qu’elle croyait mort, provoque une série de situationscocasses, à la limite du scabreux, dans l’esprit de la commedia dell’arte. Le titre original,Deux hommes et une femme, était plus explicite. » – SourceLafficheLogoLa grande innovation de cette soirée était le mariage de l’opéra, du numérique et duweb2.0. L’opéra souvent image de tradition, marié avec la technologie du virtuel était unpari fou. Fou mais totalement réussi. Le numérique n’a pas appauvri la représentation,bien au contraire. Ambiance d’opéra grâce à la reconstitution du bâtiment, possibilité des’installer au parterre ou dans les baignoires. Bruissement de la foule qui papote enattendant le spectacle, sonnerie pour inviter les spectateurs à se rendre à leur place. Puisle spectacle … Un son net, la légèreté et le drôlerie du spectacle. Inworld le spectacle estsur la scène et dans la salle … D’abord l’aspect des avatars, certains avaient joué latradition avec le smoking et les grandes robes, d’autres étaient restés dans la fantaisienumérique (homme vert, kimono japonais …).Ensuite les déambulations fantasques dansun espace non contraint; le spectacle était total cf « #operabis en assistant à l’opéra dansSL vient-on seulement au spectacle ? pas sûr » – « sophie maheo: #operabis un avatarvient de réaliser son rêve : sauter du balcon du haut pendant un opéra« . Une mise enabime du propos de l’opéra : le comique contemple le comiqueLa salle de concertD’un point de vue technique j’ai été surpris par la fluidité des flux sons et vidéos. Uneexpérience qui préfigure probablement des nouveaux horizons pour les politiquesculturelles des collectivités locales. La ville mobile et nomade au service d’unedémocratisation culturelle. J’attends avec impatience une autre expérience, Les noces de 65
  • 66. Figaro le 06 janvier 2011 seront retransmises dans SL. Un autre opéra dans une autreville, serait une riche idéeOn ne peut que remercier @Hugobiwan et toute son équipe pour l’exploit technique, lepari culturel, l’opéra de Rennes pour l’agréable moment musical. Il me semble que lesvilles de France d’importance vont tourner leur regard vers cette expérience pour s’eninspirer. Les enjeux me paraissent fort, pour la culture mais aussi pour tout ce qui permetd’amener le savoir, les services vers les citoyens. On imagine facilement les possibilitésdans le monde éducatif.97 avatars étaient présents à cette représentation : « received a report from @coulaut : 97avatars were at #operabis in SL and opensim last week. woot ! » (10/11/2010) Conférence virtuelle N°1 – 2010 / 2011Réunion dans le monde virtuel Assemblive. 23 Novembre2010 inworldAprès le BTS – DSAAT, le début de la vie activeVous avez gentiment accepté de participer à la conférence virtuelle du 23 novembre 201020 heures 30. Voici les instructions pour construire votre intervention.Le sujet : la période des études est une période fondamentale dans la construction dessavoirs et des compétences. Vous avez toute suivi un cursus similaire, long, riche etsélectif. La période de formation initiale a permis d’assoir les bases de votre métier. Lemoment de l’entrée dans la vie active est le second temps fort. Après la phase« relativement » confortable des études il a fallu franchir le grand pas de la recherche d’unemploi, le passage de la formation / apprentissage au monde de l’entreprise.Cette soirée se propose de recueillir vos témoignages sur cette période charnière.Comment s’est passée cette césure ?Je vous propose le conducteur suivant :Temps de présentation 15 minutes ;Support un diaporama. En général on conseille de bâtir un diaporama sur le principesuivant temps de présentation divisé par deux, soit dans le cas présent environ 7 diapos. • Présentation de l’intervenant ; • Cursus ; • Présentation de l’entreprise dans laquelle vous travaillez ; • Votre fonction actuelle ; • Temps de recherche d’emploi ; 66
  • 67. • Modalités de recherche (candidature spontanée, Pôle-emploi, réseau, suite à un stage etc) ; • Le passage de l’école à la vie professionnelle – bilan personnel. Vous pouvez évoquer dans cette partie ce qui est déterminant dans la formation initiale pour la vie professionnelle, ce qui n’est pas vu en initial et qui indispensable dans la vie pro …; • Conseils aux étudiants en cours de formation.Le plan donné est bien sûr indicatif, vous pouvez ajouter ce qui vous semble important. Cequi compte est qu’un étudiant en formation puisse se projeter dans sa vie professionnelle.Le témoignage de professionnel ayant eu le même cursus est irremplaçable.Il sera prévu un temps de dialogue avec le public présent à la conférence. Vous pourrezrépondre aux questions en direct.Merci encore d’avoir accepté de participer à cette conférence. Votre témoignageparticipera à l’acte de formation.Très cordialementjpm Monde virtuel saison 2 – Séance 1Reprise de la saison monde virtuel. Fort de l’expérience j’ai repris ma trame de travailc’est-à-dire élaboration d’un programme annuel, information des élèves pendant les cours,séance de formation puis lancement des conférences.Hier soir 13 / 10 / 2010 première séance de formation. Une séance plutôt fluide d’un pointde vue technique (pas de problème). Conformément à mes prévisions les étudiants sesont adaptés sans problème au monde, déplacement, utilisation du chat, insertion dessmileys etc. Le temps d’explication a été réduit à la portion congrue. Nous avons abordé lamanipulation de la visionneuse, l’organisation de chat privé, de discussion privée engroupe.L’essentiel de la réunion a été consacré au fond. Nous avons abordé : • Les règles de fonctionnement lors des conférences virtuelles, utilisation du chat pour poser des questions sans interrompre l’intervenant, utilisation des gestuelles des avatars, intervention orale pour poser des questions … • Le programme annuel des conférences ; • Les fab lab et l’imprimante 3D puisque nous avions en ligne un étudiant de Nancy qui travaille sur le sujet. Nous avons convenu d’organiser une conférence sur les imprimantes 3D, les fab lab et l’open source ; • L’enjeu des mondes virtuels dans les métiers du design. Besoin de designers pour concevoir la partie graphique des mondes, les possibles constructions des futurs galeries marchandes, le possible potentiel emploi dans ces lieux ; • Le monde virtuel est un lieu surprenant. Des étudiants de différents BTS étaient présents. Des étudiants du même lycée, apprenant dans des filières communes, 67
  • 68. séparés simplement par deux étages dans le même bâtiment mais qui ne s’étaient jamais rencontrés . Il a été convenu qu’ils se rencontreront IRL.Un bilan positif à bien des égards parce que chacun des participants a appris, c’estfinalement le but de ce lieu. Comme à chaque fois le temps prévu de travail a étélargement dépassé !20 octobre 2010Nouvelle séance de formation avec un autre groupe d’étudiants. Séance qui s’estdéroulée de façon fluide. La discussion a été orientée sur la façon dont vont se déroulerles séances. Les questions, à la différence de l’année dernière, ont porté sur les aspectscognitifs des séances et non pas sur les points techniques. Comment intervenir ?Comment poser des questions ? Comment interagir ?Il apparaît de plus en plus évident que le passé (et le présent) de gamer des étudiants estune aide précieuse. Je suis surpris de constater que les étudiants avouent presque defaçon honteuse qu’ils ont joué (ou jouent) à world of warcraft ou aux Sims.Le poids de l’éducation ? « Au lieu de jouer, tu ferais mieux de faire tes devoirs« . Peutêtre !Une schématisation du travail élaboré dans les mondes virtuels. Je commence, enparallèle à mon travail d’usage, à formaliser schématiquement mon travail. J’essaye ici dedécrire les principales phases de mon expérience inworld. J’ai retenu trois thématiques.Les deux usages du monde virtuel, la notion de temps et d’espace et la nécessaireformation des acteurs avant tout processus d’acquisition des savoirs. L’idée principaleétant que l’on ne peut se limiter à affirmer que l’on relie des machines, on relie descerveaux.1 – Individualisation et conférences 68
  • 69. 2 – Temps et espace3 – Apprendre à apprendre 69
  • 70. Bilan 2010Bilan de six mois de pratique des mondes virtuels dans un processus dapprentissageUtiliser le monde assemblive pour construire l’acquisition de savoirs et compétences d’étudiants de design de mode, IMS et DSAAT 70
  • 71. Jean-Paul Moiraud professeur de gestion au lycée La Martinière - Diderot de Lyon (France) Expérience menée de Janvier 2010 à Juin 20109.Le contexte de la formation. A.Le cadreJe suis professeur de gestion en section design de mode (BTS et DSAA) au lycée LaMartinière - Diderot de Lyon15. Mon métier d’enseignant a pour objectif de former de futurs15 http://www.lamartinierediderot.fr/ 71
  • 72. designers qui occuperont les fonctions de designer textile, chef de produits, responsablesde collection, infographiste, créateur de collection, créateurs free lance ...J’ai en charge de faire apprendre la partie liée aux enjeux économique, marketing,juridique du métier de créateur concepteur textile et mode. Notre équipe est constituée pardes professeurs de bureau de création, d’enseignements artistiques fondamentaux, deculture design, de sérigraphie, de philosophie, de CAO / PAO, de broderie, d’artsappliqués, de technique tissage, de moulage et d’anglais. Des professionnelsinterviennent ponctuellement notamment pour des workshops.Mon travail s’exerce principalement en dispositif frontal au cours de séancehebdomadaires de 2 heures pour des classes ayant des effctifs d’une moyenne de 25étudiants. J’intègre les fonctionnalités d’outils numériques pour enrichir lesapprentissages 16 (blog, twitter, Delicious) Depuis cette année j’ai intégré un monde virtueldans mes pratiques. Je me propose de rédiger le premier bilan de cette expérience. B.Les hypothèsesL’hypothèse de base de cette expérience est que les mondes virtuels permettentd’organiser un processus d’apprentissage dans lequel sont intégrés des acteurs divers quiveulent collaborer de façon distante synchrone. Le monde virtuel permet d’enrichir leprésentiel parce qu’il inscrit le dispositif d’apprentissage dans et hors la classe.Pour tenter de vérifier ces hypothèses il me faudra analyser plus finement les pointssuivantsQuel est le rôle des avatars ?Comment s’organise le travail collaboratif / coopératif dans les mondes virtuels ?Comment peut-on insérer des tiers non enseignants dans un dispositif d’apprentissage ?Quel est le poids des environnements graphiques dans le dispositif d’apprentissageinstrumentant le virtuel ?Est-ce que le monde virtuel apporte une valeur ajoutée dans les dispositifsd’apprentissage ? C.La méthodologieLa méthodologie retenue est l’observation de l’organisation et l’observation du travail.L’observation s’établit grâce à un ensemble d’outils, rédaction de billets d’observation,enregistrement de vidéos, capture d’images, enregistrement de sons, analyse destémoignages des participants.16 Bilan 2008 - 2009 http://moiraudjp.wordpress.com/2009/04/16/bilan-dactivit-pour-lanne-2008-2009-2/ 72
  • 73. Je souhaite mener ce travail sur trois années scolaires avec une analyse du quotidien, laproduction de bilans annuels, intermédiaires et publication d’un bilan de synthèse à l’issuedes trois années de pratique - observation.Le travail a été mené avec trois classes (sur deux années de formation) BTS design demode, DSAAT et IMS (industrie des matériaux souples) soit un potentiel d’une centained’étudiants. La démarche, dans la mesure ou elle engage les étudiants en dehors desheures de cours repose sur le volontariat. D.Mes choix pédagogiquesJe souhaite (ma mission est) que mes étudiants acquièrent des savoirs fondamentauxancrés dans les sciences de gestion et juridiques et appliqués aux problématiques dudesign. Mes objectifs pédagogiques sont fixés pas le référentiel ministériel.J’avais plusieurs entrées pour bâtir mon enseignement et les apprentissages.• Un cours magistral en situation frontale qui positionne l’acquisition des savoirs du haut vers le bas ;• Un cours qui implique les étudiants. Il n’évacue pas les savoirs transmis frontalement lorsque c’est nécessaire mais il est plus orienté vers des constructions coopératives et ou collaborativesJ’ai choisi la seconde option parce qu’elle me paraît plus constructive. Elle répond à uneprescription institutionnelle (le référentiel 17) et à mes conceptions du métier d’enseignant,du métier d’étudiant. Elle fait écho à une réalité économique de la filière dans laquellej’interviens.Le fil conducteur de mon travail répond à un cahier des charges précis : demander auxétudiants de simuler la création d’une entreprise de design. L’ensemble des propositionset constructions qui sont proposées par les étudiants sont organisées à l’intérieur d’undispositif numérique. Chaque étudiant présente ses analyses à l’aide d’un blog, la veilleinformationnelle est élaborée avec Twitter, est mutualisée sur Del.icious et depuis cetteannée un monde virtuel a été introduit dans ce dispositif, il fait l’objet de cette étude.Le monde virtuel assemblive qui est décrit plus bas est intégré dans mon cours pourrépondre à deux types de besoins identifiés en amont de l’outil.- L’organisation de conférences pour mettre en relation des professionnels du design et les étudiants. Un travail de rencontre distant synchrone afin de créer des interactions entre le monde éducatif et le monde professionnel ;- L’individualisation du travail sur des sujets précis. E.La prescription institutionnelle (le programme)Le programme de gestion de DSAAT cadre très précisément la nature du travail à mener.17 http://dsaa.apinc.org/referentie/le-referentiel/ 73
  • 74. Les objectifs du référentiel renvoient en permanence à des constructions et descompétences de type web 2.0 (même si elles ne sont pas formulées comme telles). Lesextraits du référentiel ci-dessous précisent les enjeux de formation. Objectifs Réunir les éléments dʼinformation préalables à lʼélaboration dʼun processus de production Tâches Collecter les informations liées aux tendances du marché. Connaître les opportunités et contraintes de lʼentreprise. Analyser les informations retenues. Résultats Rassembler, synthétiser et hiérarchiser les informations nécessaires à attendus lʼélaboration du plan de collection. Les études sont orientées vers : - Lʼapprofondissement de connaissances acquises dans la spécialité dʼorigine (champ dʼapplication technologie) à travers des thèmes dʼune complexité croissante impliquant la prise en compte de lʼensemble des paramètres intervenant dans la conception des produits pour le secteur concerné. - Un enseignement professionnel et de création, organisé en bureau de création- conception et comportant : - Des recherches et projets conduits individuellement et en équipe sur des programmes choisis après concertation avec les professeurs des élèves et des professionnels concernés en fonction de leur convenance pédagogique. Ces programmes seront conçus de telle façon que les objectifs dʼapprofondissement, dʼouverture et de travail en équipe puissent être atteints et que les travaux de conception puissent donner lieu à des réalisations concrètes FONCTION GESTION OBJECTIFS Gestion de la collection 74
  • 75. FONCTION GESTION TACHES Assurer la mise en oeuvre et le suivi de chaque étape de la collection : calendrier, organisation, présentation ... Coordination des différents services en vue de lʼéchantillonnage et de la fabrication. RESULTATS ATTENDUS Présentation dans les conditions et délais définis CONDITIONS RESSOURCES Processus de fabrication et modes de production Echantillonnage Analyse des coûts Ressources humaines et matérielles Techniques de gestion et de classement des informations. Les études sont orientées vers : - La globalisation de la formation - son adéquation étroite aux réalités de lʼactivité professionnelle et des processus de production Elles se fondent sur une PEDAGOGIE DE PROJET intégrant dans tous les travaux conduits en bureau de création-conception lʼensemble des connaissances acquises dans des disciplines de tronc commun.L’expression pédagogie de projet est inscrite comme objectif de la formation. Des motsforces sont à retenir :- Rassembler, synthétiser, hiérarchiser les informations ;- Globalisation ;- Travail en équipe ;- Coordination des différents services ;- Ressources humaines et matérielles ;- Techniques de classement et de gestion de l’information ;- Pédagogie de projet. F.Une réalité économiqueLe métier de designer mode et textile induit que les étudiants soient en capacité de mettreen lien les enjeux de création et les enjeux économiques, les enjeux de la globalisation. Jereprends ici un billet de mon blog de cours intitulé «cours, technologies numériques ettravail collaboratif» qui précise ce point :«Pour alimenter à nouveau le cours d’introduction des DSAAT 1, une carte heuristique(provisoire) pour expliquer les technologies qui seront utilisées pour les apprentissages. 75
  • 76. Une démarche à double détente puisqu’il s’agit à la fois de conforter une démarchepédagogique et de donner des instruments pour la vie professionnelle.En tant que pédagogue je souhaite faire découvrir les possibilités, les enjeux du travailcollaboratif, la technologie numérique y participant. En tant que professeur en designtextile je souhaite démontrer en quoi le métier de designer est un métier de collaboration.Pour appuyer mon propos je reprends quelques passages du rapport de Madame ClarissePerotti Reille : • « Aujourd’hui, aucune entreprise n’est plus capable de maîtriser seule, les technologies mais aussi les concepts, compte tenu de la variabilité des désirs des consommateurs. La curiosité, la collaboration doivent devenir la règle pour une innovation efficace.» (page 52) • « L’innovation immatérielle touche désormais une multiplicité de domaines : l’esthétique du produit final, la conception de nouvelles offres à partir des imaginaires clients, les services, l’organisation, les collaborations. La créativité n’est plus l’apanage des artistes, du marketing. La créativité se conçoit comme une fonction transversale de l’entreprise.» (page 56) • « L’augmentation de la valeur ajoutée passe par les valeurs de coopération, collaboration. Les alliances entre entreprises, non nécessairement capitalistiques, constituent des réponses pertinentes pour aborder la nouvelle Révolution Industrielle.» (page 64) • « La coopération, l’échange doivent devenir la norme dans ce secteur, pour soutenir son renouveau stratégique. Les diverses institutions ne doivent plus craindre pour leurs frontières. Mais, elles doivent s’engager dans des collaborations de toute nature et de tout type. » (page • « Les nouveaux leviers de croissance sont complexes, fondés sur de multiples convergences : les désirs et les rêves des individus, la transmutation des processus d’innovation, l’immatériel, le croisement des technologies, la contraction et la fluidité des circuits de production, la collaboration. » (page 24)En complément, une étude du cabinet Forrester (2008) sur le travail collaboratif enentreprise – L’étude«Vers une généralisation de la collaboration dans l’entreprise actuelle, axée surl’information, les professionnels en entreprise agissent rarement seuls : en Europe, ils sont99 % à travailler en équipe. L’étude indique que la plupart d’entre eux collabore souventavec plusieurs personnes : 47 % tous les jours et 77 % plusieurs fois par semaine.Globalement, la fréquence de collaboration culmine chez les jeunes (âgés de 18 à 30ans), ce qui laisse présager une augmentation avec l’âge mais aussi avec l’entrée dans lavie active de la « génération Y », encore plus favorable au travail en équipe. »En résumé :Le travail collaboratif est un aspect très important dans le métier de designer, le cours degestion contribuera pour sa part à en faire comprendre les enjeux.»Je pense que le travail mené est une préfiguration des contraintes futures du métier decréateur. Etre designer c’est être capable de travailler en équipe. Le designer doit créer enintégrant l’idée qu’un projet ne peut aboutir qu’en mélangeant les compétences, dessavoirs et une présence forte du numérique pour collaborer à distance. G.Ma conception du métier. 76
  • 77. La convergence des point évoqués ci-dessus m’a amené au fil des années à appuyer mesenseignements et les apprentissages de mes étudiants par diverses solutions numériques.Historiquement c’est avec un blog que tout a commencé, puis se sont agrégées multiplessolutions, notamment issues du web 2.0 - Twitter, Delicious, Facebook, Tweetdeck ... pourne citer que les plus emblématiques. J’insère des solutions web à partir de l’analyse apriori de mes besoins.En résumé je pourrais décrire mon projet pédagogique numérique comme «l’agrégation desolutions hétérogènes au service d’un projet homogène »La dernière brique mise en place dans mon dispositif est l’introduction d’un monde virtueldans le dispositif d’apprentissage. Je propose d’analyser cette nouvelle expérience sur labase des six mois de pratique avec mes étudiants, quelques autres professeursconvaincus et des professionnels du secteur.2.HistoriqueL’évolution d’un projet construit tient parfois à des hasards heureux. Les 13 et 14 janvier2010, j’ai assisté en ligne aux journées d’ Autrans 18 et j’ai découvert sur le portailinteractif19 le monde virtuel Assemblive 20J’ai eu le sentiment immédiat d’avoir enfin trouvé le système que je cherchais depuisassez longtemps, celui qui met à disposition des fonctionnalités ubiquitaires,collaboratives, coopératives et cognitives riches de potentiels pédagogiques. Je travailledepuis quelques années à comprendre les enjeux du travail dans et hors les murs de laclasse, les ressorts de la mobilité et l’ubiquité pédagogique. J’ai participé pendant trois ansaux travaux de l’équipe EducTice21 de l’INRP sur la thématique du scénario de pédagogieembarquée (SPE). Le monde virtuel me semblait a priori convenir à mes exigences.Assemblive est la création d’une startup française créée par cinq associés, la cibleoriginelle sont les applications business. Ils se définissent ainsi : « Assemblive permet àdes communautés d’organiser et de tenir leurs « web meetups », des évènements en ligneoù tous peuvent participer. Chaque utilisateur peut rejoindre une conversation, parler,video-chatter et partager des contenus avec les autres participants ou créer en un clic unenouvelle conversation de groupe. » - Henri Morlaye.J’ai adapté la solution à mes exigences pédagogiques, une forme de logique de l’usagepour reprendre l’expression du livre de Jacques Perriault «La logique de l’usage, essai surles machines à communiquer» Flammarion 1982.Le sentiment d’être en présence d’une solution adéquate n’est pas une analysescientifique. Ce sont les six mois d’expérience qui ont été mon terrain d’analyse quotidien.18 http://www.autrans.net/spip/19 http://www.artesi.artesi-idf.com/x/autrans2010/20 http://www.assemblive.com/home/21 http://eductice.inrp.fr/EducTice 77
  • 78. En lançant ce travail j’en appréhendais les difficultés parce que l’enjeux était de lancer unprojet de travail distant qui engageait un grand nombre d’acteurs distants, avec deséquipements hétérogènes sur une thématique transversale. Je me suis lançé dans uneaventure dont je maîtrisais peu de paramètres.Le fait d’assurer un enseignement à temps plein me condamne, par manque de temps, àne pouvoir suffisamment étayer mon discours par un cadre théorique référent construit. Ilfaudrait évidemment que je puisse consacrer plus de temps aux lectures desfondamentaux sur la pédagogie et la didactique pour rendre ce travail plus cohérent.J’accepte par avance les remarques sur cette faiblesse évidente.Il convient de tirer les premières conclusions, ce que je propose de développer ci-dessous.3.Le monde virtuel assembliveL’analyse qui va suivre repose sur une expérience menée avec le monde assemblive, celane signifie pas que les autres mondes ne sont pas pertinents, ils sont moins adaptés àmes besoins. Les expériences pertinentes sur second life ou opensims existent, elles sontriches et pleines d’enseignements, il convient de les suivre attentivement22.Je propose de commencer par la description de l’outil même si d’un point de vuedidactique et pédagogique il n’est pas le centre de la construction. C’est l’intention del’enseignant qui prime, l’outil s’efface derrière le projet, il est en toile de fond. Il devraitpouvoir se faire oublier au bénéfice des constructions académiques, disciplinaires etcollaboratives.J’ai travaillé avec assemblive parce que cet outil me paraissait être le plus adapté à mesbesoins de formation en sections post bac (par extension je dirai qu’il est plus adapté àune configuration d’apprentissage dans le secondaire). En quoi ce monde virtuel est-il plusadapté ? On peut s’appuyer sur plusieurs point précisA. Le logicielLe monde virtuel assemblive est souple c’est-à-dire qu’il ne nécessite pas de téléchargerun logiciel très volumineux à la différence des autres mondes 23 tels que second life ouopensims. Il me paraît très adapté à un parc ordinateurs hétérogène. Le choix de bâtir unenvironnement sous second life entraîne mécaniquement l’obligation de charger unlogiciel très volumineux ce qui semble exclure d’emblée les ordinateurs anciens. Je nepeux prendre le risque de provoquer une fracture numérique parmi le public.B. La navigation22 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/05/09/journees-numeriques/http://moiraudjp.wordpress.com/2010/02/28/un-autre-exemple-de-monde-virtuel-et-pedagogie/23 Second life fonctionne avec un logiciel de MO et opensims avec un logiciel de MO 78
  • 79. Une immersion digitale induit la capacité à déplacer un avatar24 (représentationsymbolique d’un acteur du dispositif). Deux solutions existent pour se déplacer :• L’intégration d’un navigateur dans le monde virtuel• L’intégration du monde virtuel dans le navigateurLa deuxième solution est beaucoup plus souple (c’est celle d’assemblive) pour undispositif de formation dans le secondaire,. Elle permet de prendre en main assezrapidement le déplacement de l’avatar. Les étudiants de la génération Y25 ont acquis lescompétences manipulatoires en jouant aux Sims 26.L’intégration du navigateur dans un monde nécessite un temps de formation beaucoupplus long car il s’agit de prendre en main à la fois la navigation dans les trois dimensionset le pilotage avant, arrière.C. La programmationL’enseignement dans le secondaire d’une part, l’instrumentation des solutions numériquesd’autre part interrogent les nouvelles compétences de l’enseignant en 2010. Le professeurdigital est un professeur scénariste27 (il doit penser son contexte, les acteurs, les outils etles ressources) il est de plus en plus l’artisan de son environnement digital. Faut-il luidemander en plus de savoir programmer ? Cette affirmation me semble présomptueusevoire irréaliste. La programmation de son monde virtuel reste encore l’apanage dequelques communautés constituées que l’on s’accorde à qualifier de geek28. J’ai traité cetaspect dans un billet intitulé «du personnel au général « du 19 mai 201029, lescommentaires sont parfois vifs ce qui montre que les positions divergent encore.Le choix de assemblive repose en grande partie sur cet aspect parce que c’est unesolution clé en main.D. Le design24Un avatar est un dieu (plus spécifiquement Vishnu) sur Terre dans lhindouisme ;Le mot avatar est surtout employé dans le sens de transformation, métamorphose : « Ce parc a subide nombreux avatars »25 Le terme génération Y désigne les personnes nées entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1990. Il tireson nom de la génération précédente, nommée génération X. Dautres termes équivalents existent, dont enfants dumillénaire ou les diminutifs GenY et Yers. Les Américains utilisent également l’expression digital natives ou netgeneration pour pointer le fait que ces enfants ont grandit dans un monde où lordinateur personnel et lInternet sontdevenus de plus en plus accessibles.26 http://www.sims2.fr/pages.view_frontpage.asp27 Voir les travaux de Jean-Philippe Pernin sur les scénarios - EducTice - INRP28 Geek - Le terme geek (/gik/, prononciation anglaise /giːk/) est un anglicisme désignant une personne passionnée,parfois de manière intense, par un domaine précis. Il s’emploie entre autres dans le domaine de l’informatique ainsi quedans celui de la science-fiction. Selon l’Oxford American Dictionary  (en), l’origine du mot se trouve dans le moyenhaut-allemand Geck, qui désigne un fou, un espiègle et du néerlandais Gek qui désigne quelque chose de fou. Wikipédia29 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/05/19/jnumcamp-du-personnel-au-general/ 79
  • 80. L’environnement graphique des mondes virtuels et aussi un sujet brulant et parfoispolémique. Le monde assemblive est un monde clé en main (Eric Guiraut30 ). Il met àdisposition un ensemble de lieux virtuels aux designs différents, adaptés, me semble t-il,aux diverses situations de formation (salle de réunion, amphithéâtre, salle avec ou sanspossibilité de diffuser un média). Il m’a été loisible au gré des différentes situationsd’utiliser des lieux aux graphismes différents et adaptés aux besoins pédagogiques dumoment.Les lieux virtuels sont délimités à quelques salles très précises. La navigation enimmersion en est simplifiée, nul n’est besoin de consacrer un temps long de formationpour guider les apprenants vers les lieux d’apprentissage.Une question se pose cependant, le graphisme des mondes virtuels doit-il être la répliquedu réel ? Ne faut-il pas saisir cette « terra virgina » pour construite de nouveaux codes, denouveaux repères graphiques. J’ai été apostrophé de façon très radicale par unenseignant d’art appliqué qui m’a expliqué sans détour que le graphisme était « uneanecdote », « le degré zéro de la conception », « une absence de réflexion sur laperspective des lieux ». Une façon à peine voilée de dire que mon travail était vain.En enlevant la véhémence épidermique du propos et en s’appuyant sur un cadre réflexifconstruit, il est vrai que les mondes virtuels posent une question d’ergonomie des lieux, dedesign, de couleurs ... En disant cela je pose à nouveau la question de la division destâches dans la construction des processus d’apprentissage. Quelle est la place et lanature des propositions que peuvent faire les designers ? De quelle façon le design peut-ils’emparer des questions d’apprentissage. C’est un sujet que je vais (que j’ai déjà) proposécomme élément de réflexion dans mon entourage professionnel. Je suis bien évidemmentouvert à toutes les contributions à ce sujet.Je serai en capacité de rédiger une synthèse dans six mois en fonction des analysesconstruites qui me seront proposées. Je souhaite orienter cette question sur le terrain dela recherche en la soumettant à mon entourage. J’attends, en retour, des propositionsargumentées.E. L’aspect multimodalLes mondes virtuels permettent de partager des ressources sous formes diverses, texte,image, son et vidéo, les formes les plus évoluées permettent de coupler le monde avecune plareforme d’apprentissage. Le couplage de moodle (sloodle) avec second life en estune bonne illustration.J’ai retenu assemblive parce qu’il me permet de partager les ressources sous diversformats (.doc,.ppt, .xls, .pdf et autres ) en toute souplesse. Le mode clé en main mepermet de ne pas avoir à acheter et / ou utiliser des solutions qu’il faut aller chercher dansdes mondes que seule une veille efficace permet d’identifier. Je ne suis pas sûr parailleurs que les principes de la comptabilité publique reconnaissent le dollar linden.F.Gérer les niveaux de conversation30 http://guiraut.wordpress.com/ 80
  • 81. Ce point est certainement la fonctionnalité la plus intéressante d’Asssemblive et celle quej’ai, paradoxalement, le moins exploité. Il est possible de mener des réunions simultanéesen un même lieu sur des sujets divers sans que les conversations s’entrechoquent.On peut imaginer que plusieurs enseignants investissent le lieu, organisent desdiscussions en groupes puis se réunissent en collectif pour organiser la synthèse. L’idéede créer un lieu de réflexion, de travail pour des enseignants de champs disciplinairesdifférents n’est pas à ignorer non plus.J’y vois ici un avantage évident par rapport à toutes les autres solutions de webconférenceque j’ai explorées. Les interactions peuvent se gérer à plusieurs niveaux (collective etinterpersonnelle)7.La construction du dispositif - Usage en configuration d’apprentissage.Le cadre théorique évoqué précédemment à fait l’objet d’une mise en application enconfiguration d’apprentissage. Trois classes ont été concernées, le BTS industrie desmatériaux souples (IMS), le BTS design de mode et le DSAA (diplôme supérieur d’artappliqué) créateur concepteur textile et mode. Il est à noter que ce travail est venu segreffer en cours d’année et qu’il n’a pas pu faire l’objet d’une explication a priori lors de larentrée scolaire. A. L’intention pédagogique originelleL’intention pédagogique s’inscrit dans le projet global que je mène depuis plusieursannées et qui se caractérise par l’introduction et l’utilisation des fonctionnalités d’outilsnumériques. J’intègre les fonctionnalités d’outils hétérogènes au service d’un projethomogène / faire comprendre aux designers les enjeux du monde économique dans lesprocessus de création. B.Le contexte de formationLe contexte de la formation est celui d’un processus de formation spécifique. des sectionsou la pédagogie de projet est très présente, de façon générale les étudiants en bout deparcours doivent s’interroger sur les enjeux de la création par une démarche transversale.La capacité à mobiliser des concepts, à les croiser dans divers champs, à accepter unregard critique, à justifier ses choix et au final à présenter un projet cohérent et argumenté.Ce travail met au centre de la construction certaines aptitudes face à la construction dessavoirs. Un étudiant doit être capable de travailler en coopérant et en collaborant avec sonou ses réseaux. Cette aptitude exigeante est inscrite pendant le temps de formation, letemps de validation et le temps post formation (la vie professionnelle).Le cours de gestion s’inscrit dans ce cadre large, il tente de donner une réponse par laconstruction d’un environnement adapté aux contraintes évoquées précédemment .L’ambition est de donner les moyens aux étudiants de construire leurs savoirs de façonréticulaire. Je souhaite qu’ils soient en capacité d’intégrer l’idée que leurs savoirs seconstruisent par le débat, par la confrontation d’idées, par le partage des ressources, par 81
  • 82. la collaboration. Peut-on résumer cette idée en disant qu’il y a une volonté d’élargirl’environnement instrumental et conceptuel des étudiants ? C.Les acteursLe travail de construction s’opère par partage des expériences, des savoirs et descompétences. Les acteurs dans cette expérience sont nombreux et chaque apportalimenteDe nombreux professionnels n’auraient jamais participé à l’expérience s’ils avaient dûvenir au lycée. Ils avaient le désir de communiquer leurs savoirs, leurs parcours maisétaient dans l’incapacité de se rendre sur site. L ‘artefact monde virtuel les a incité à venirtravailler avec le groupe. D.Les outilsLes développements sur le monde virtuel assemblive font office d’analyse sur l’aspectoutil. E.Les ressourcesCe dernier point est la question épineuse de mon travail. Comment conserver les tracesdes activités menées pour les utiliser à bon escient dans les cours futurs et/ou les partagerdans une communauté de pratique ?Pour l’instant, il me semble que c’est le point faible de mon travail. J’ai la plus grandedifficulté à concilier la conception, la formation, l’animation et la captation des données.L’outil revient au centre de mes préoccupations, il me manque un système automatisé decaptation intégré pour les vidéos et le chat.En l’absence de conservation de traces, le travail risque de rester anecdotique. Lorsquej’ai pu organiser une division des tâches, j’ai été en situation de réaliser desenregistrements à fin de conservation de traces. Les captations vidéos sont consultablesen ligne 31. On peut aussi écouter deux enregistrements de travaux - Une séanced’individualisation avec une étudiante32 et le résumé de mon intervention fait par@Hugobiwan pour la journée Paris V Diderot33La conservation des ressources nécessite d’avoir préalablement analysé les enjeuxtechnologiques. A titre personnel mon équipement sous système Mac me facilite le travail.Pour un dispositif PC il est nécessaire de trouver les logiciels ad hoc.31 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/05/26/itech-videos/32 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/04/23/individualisation-mondes-virtuels/33 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/05/18/journees-numeriques-debrieffing/ 82
  • 83. 5.Les différentes utilisations du monde virtuelL’intégration du monde virtuel s’est organisé autour de deux pôles bien identifiés,l’organisation de conférences en ligne et le travail d’individualisation avec mes étudiants. A.Les conférencesDepuis des années, je cherchais un moyen de mettre en relation le monde du travail et lemonde de l’apprentissage sans réellement y parvenir. J’avais amorcé des pistes en créantsur yahoo une liste de diffusion emploi (qui fonctionne toujours), en demandant auxanciens étudiants de publier des billets sur mon blog. Les expériences ont été concluantesmais jamais satisfaisantes parce que manquant de réelle interaction.Le monde virtuel m’a permis d’avancer dans mes propositions parce que je peux donnersens à des concepts. Grâce à cette construction, j’ai pu convier dans mes cours despersonnes qui ne seraient jamais venues, par manque de temps, par éloignementgéographique, par timidité. Les témoignages des professionnels sont un complémentprécieux à mes cours car ils donnent une assise à mes propos (ils sont souvent perçuscomme un cadre trop théorique). En disant cela je sais que je m’expose à des critiquesparce que je remets en cause une vision de l’enseignement.Les conférences ont donc été construites sur les principes suivants :- Organiser des rencontres entre les étudiants et les professionnels ;- Construire en transdisciplinarité (gestion, design, technologie, plasticiens) :- Travailler en réseau ;- Enrichir le présentiel ;- Créer des ressources.Il serait prétentieux et faux de dire que tous ces points ont été planifiés, des nombreusesthématiques se sont construites dans l’usage.A ce jour les conférences ont eu pour thèmes :- Les études de DSAAT,- Thomasine Giesecke une plasticienne témoigne de son expérience, quelle place la gestion tient ‘ elle dans le métier d’artiste ? Cette conférence doit déboucher sur un workshop en 2010- 20011.- Enseigner l’économie gestion dans les mondes virtuels (suite et application d’un stage organisé par mes IPR)- Le challenge ITECH, la collaboration école - industrie sur les textiles innovants A.L’individualisationL’autre versant de mon travail a été l’individualisation en immersion. Les dispositifs BTS ensection design passent par l’élaboration du projet professionnel. Les étudiants et lesenseignants doivent collaborer.Dans mon métier on peut entretenir la fiction du : «je suis sur site donc je travaille».Lorsque les projets sont lancés je fréquente les ateliers de création pour analyser etdécortiquer le rapport création / gestion avec les étudiants. Très généralement ma venue 83
  • 84. ne correspond pas aux temporalités des étudiants (période de conception design,réflexion de gestion pas encore mature etc).Le monde virtuel a été une réponse forte aux besoins enseignants - apprenants. J’aibeaucoup travaillé en individualisation et le sentiment très net d’avoir travaillé de façonplus efficace parce que le lieu est neutre, calme et correspond à un temps réel dedisponibilité intellectuelle des étudiants. Le terme immersion se justifie pleinement dans cecas parce que l’interaction est réelle, rien ne vient perturber la réflexion. On peut lire lescommentaires 34 des étudiants sur mon blog.Il est intéressant d’analyser les remarques des étudiantes. Elles identifient très bien lesenjeux de l’interaction entre le professeur et l’élève et les notions de temps et d’espace.On retrouve les termes suivants : échange direct, échange personnalisé, hors cadrescolaire, temps réel, face à face...L’individualisation pose en filigrane la question du temps de l’individualisation et duglissement du métier de professeur vers le métier de tuteur (voir 6.A). Mes pratiques sont-elles transférables en l’état, rien n’est moins sûr. Il me paraît nécessaire de fixer desrègles temporelles pour les moments d’individualisation. Ils ne peuvent se faire qu’endehors des heures de cours. L’amplitude est large, le sujet s’annonce complexe parce quel’on entre dans une zone de turbulence ou se confondent sphère professionnelle, sphèresociale et sphère privée. Le pédagogique le dispute au politique.6.La construction de nouvelles compétences pour les acteursEn introduction de ce travail, j’ai expliqué que l’on ne pouvait résumer les TICE pourl’apprentissage par la seule entrée outil. Un monde virtuel dans une démarche deformation, c’est un ensemble de repères pédagogiques qui sont modifiés, peut êtreperturbés. La transmission des savoirs est à analyser sous une variété d’ angles.L’expérience menée m’a permis de cerner un ensemble de problématiques que je vaisanalyser ci-après. A.Professeur et tuteur ?Le métier d’enseignant se transforme, la fonction de professeur se transforme, à lamission de passeur de savoir il faut lui ajouter celle de tuteur. Selon Jacques Rodet35 del’université de Versailles le tutorat c’est36 : « une modalité d’encadrement, consiste pourun tuteur à établir, à développer, à ajuster sa relation d’aide avec le tutoré»Wikipédia le définit ainsi : « Le tutorat à distance est la juxtaposition des concepts detutorat et de distance. Il a pour principal objectif de soutenir les efforts dapprentissage34 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/04/23/individualisation-mondes-virtuels/#comments35 http://blogdetad.blogspot.com/36 jacques.rodet.free.fr/tuteurs.pdf 84
  • 85. dans le cadre dun projet de formation ouverte et à distance. Il aide à rompre lisolement età atteindre les résultats des objectifs pédagogiques des apprenants »L’introduction du monde virtuel ne remet pas en cause les bases fondamentales du métierd’enseignant mais il me semble que les lignes de fracture évoluent.J’ai été très souvent en situation d’assistance, d’aide pour des personnes distantes. Cettefacette de mon métier ne m’était jamais apparu de façon aussi nette. Je suis plus dansl’individualisation, l’accompagnement, le guidage et moins dans le transmissif brut.Six mois de pratique ne me permettent pas de tirer plus de conclusions, je m’oriente versdes pistes qu’il conviendra d’approfondir.. Je suis plus dans le ressenti que dans l’analyse.Je vais essayer de formaliser plus précisément cet aspect l’année prochaine. Ce que jepeux dire, même si je reste dans l’affirmation non démontrée, c’est que les compétencesévoluent à partir du moment où l’on utilise un monde virtuel. B. Former pour mieux apprendreIntégrer un monde virtuel, c’est se donner les moyens de rendre l’outil discret. Le constats’impose après six mois de pratique, il faut prendre le temps de former les acteurs dudispositif, intégrer un monde virtuel «ex abrupto» relèverait de l’effraction pédagogique.Un dispositif de formation instrumenté par les mondes virtuels se prépare, s’anticipe. Il fautexpliquer, former les participants. J’ai organisé sur six mois quatre conférences virtuelleset une dizaine de séance d’individualisation, toutes se sont effectuées après avoir forméles participants -acteurs.Formellement les formations ont été organisées en deux temps : par envoie d’un modulede formation sous format .pdf et par organisation de réunions préparatoires en immersion.Selon les publics les demandes n’étaient pas les mêmes. Le digitals migrants avaient plusde difficultés à manipuler les avatars (les digitals natives se sont formés en jouant auxSims pendant leur adolescence), les étudiants avaient plus de difficultés à prendre laparole et / ou à préparer leurs interventions ...Selon lâge et le métier les niveaux de compétences différents, les étudiants ont desfacultés manipulatoires très développées mais sont encore en acquisition pour lescompétences de synthèse.Les mondes virtuels m’ont demandé de consacrer de longs moments à la formation avantd’aborder le coeur de mon métier, la formation. C.Apprendre à apprendreIntervenir dans un monde virtuel impose une autre posture pour la transmission del’information, la transmission des savoirs. Dans une conversation en réel, il est assezfacile d’improviser, dans un monde virtuel il faut se positionner de façon différente.Les multiples expériences avec les enseignants et les étudiants ont montré que toutes lespersonnes qui n’avaient pas préparé très formellement leur intervention se mettaient endifficulté. La discussion qui se construit au gré des échanges semble plus difficile àélaborer. 85
  • 86. L’intervention dans un monde virtuel semble plus formelle dans sa construction, il estnécessaire de préparer ses interventions, même les plus simples. Au cours des réunionspréparatoires, des étudiants et des enseignants ont été mis en difficulté lorsqu’ils ont vouluprésenter leur travail de façon improvisée.J’y vois là un avantage certain parce que l’exercice est formateur pour un étudiant, il doitapprendre à calibrer une intervention, la rédiger en amont et s’exercer à la présenter. D.Diviser les tâchesLa conception d’un travail dans les mondes virtuels modifie le paradigme del’enseignement. Le travail frontal synchrone n’est plus l’unique référence. Le mondevirtuel, s’il ouvre de nouvelles perspectives pédagogiques, ouvre aussi une nouvelle façonde piloter les relations entre les acteurs.Les réunions menées au cours de ces six mois, m’ont fait comprendre les enjeux. Uneréunion ne peut pas être animée par une seule personne. Il faut diviser les tâches, l’imagedu professeur chef d’orchestre (voir le billet de Jacques coeur - « inconvénient de la figuredu tuteur-orchestre 37 ») ne résiste pas longtemps à l’usage. La dernière réunion38 (ITECH)a été organisée en tenant compte de ce principe, nous avons attribué des rôlesspécifiques à plusieurs personnes (certaines personnes pouvant participer à plusieursfonctions mais de façon réduite)• Un concepteur de la réunion ;• Un meneur des débats ;• Un gestionnaire du chat ;• Un chargé de la captation des images et des vidéos ;• Un chargé technique pour le réglage des problèmes informatiques (fonction qui s’est définie de façon informelle) Fonction Activités • Un concepteur de la réunion Bâtir la réunion, détermination du sujet, du contenu, choix des intervenants, fixation du temps. • Un meneur des débats Appliquer le plan, introduire les interventions, passer la parole, contrôler le temps. • Un gestionnaire du chat Suivre les flux du chat, réguler les messages, • Un chargé de la captation des images et des vidéos37 http://blogdetad.blogspot.com/2009/09/inconvenients-de-la-figure-du-tuteur.html38 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/05/26/itech-videos/ 86
  • 87. E.Déconstruire le réel pour construire le virtuelConstruire les apprentissages dans les mondes virtuels c’est se transporter dans unedimension immersive qui modifie les relations pédagogiques habituelles. J’ai pu saisir cesenjeux au fil des expériences. Le travail en immersion m’a obligé de (re)définir des règlessociales.• S’identifierL’acteur présent doit être identifiable. Mon cours étant un mélange de présentiel et dedistant, j’ai imposé l’identification par l’état civil, solution la plus efficace. J’ai interditlutilisation de pseudo. Les relations sociales n’étant pas binaires, un objet social bizarre,«le jumama» ou Julie, Marie, Marie-Laure, s’est imposé. Le jumama est un avatar quireprésente plusieurs étudiants. Les raisons techniques et le pragmatisme de mesétudiants ont eu raison du caractère universel de l’individu et ont inventé la pluri-personnalité.L’usage a révélé le besoin d’identifier les fonctions, qui est étudiant, qui est professeur, quiest professionnel, qui est modérateur, qui est meneur du débat ... (voir infra ). Gageonsque l’évolution du monde tiendra compte de ces remarques.• S’exprimerLa parole est au centre du dispositif, je préfère la notion de parole, de discours plus que leterme de communication (les abeilles communiquent). Les réunions, les séancesd’individualisation mettent la parole au centre. Emission et réception ont été au centre desquestionnements pendant six mois.- L’équipement des utilisateurs a posé des problèmes, de nombreux utilisateurs ne savaient pas si leur équipement disposait du module son (microphone interne ou pas, achat ou pas d’un microphone extérieur). Le chat a été un palliatif dans bien des situations.- Le lieu de travail est aussi un élément déterminant, un lieu calme, isolé est un atout certain afin d’éviter les bruits extérieurs parasites (télévision, radio, écho des conversations, bruit de l’environnement). Ce point est fondamental pour la personne qui opère les captations et pour la qualité et le confort des séances engaggées.- S’adresser au groupe (1) est une habitude à intégrer dans la mesure ou l’on ne perçoit pas les réactions des interlocuteurs. Par réaction j’entends perception visuelle du groupe et perception des « bruits » du groupe.- . La phrase la plus entendue a été « vous m’entendez ? ». Il faut par conséquent s’habituer à dialoguer sans s’appuyer sur ses repères visuels et sonores, à faire confiance aux potentialités de la machine à transmettre le son. Mes expériences dans d’autres mondes virtuels m’ont confronté aux mêmes problèmes. Il faut que les interlocuteurs s’habituent à faire confiance aux réactions du groupe, à défaut de signaux de détresse (message d’absence d’audition par chat) c’est que le message passe.- S’adresser au groupe de façon construite (2) - La structure d’une intervention diffère en réel et en virtuel. L’intervention en réel est plus simple, elle peut supporter l’improvisation. L’intervention en virtuel, selon tous les intervenants, impose une écriture préalable parce que le manque de visuel est déstabilisant.- S’exprimer par d’autres canaux que le son. 87
  • 88. En conclusion je citerais les commentaires d’un participant (Régis Chaigne39) à propos dela conférence ITECH ce qui compte c’est «Le son, le son, le son» (courriel du 27 mai2010)L’opération de construction semble interroger de nombreuses personnes. Une questionrécurrente pendant ces six mois de pratique « Pourquoi ne pas utiliser une solution devisio conférence ? C’est plus simple, le son est stabilisé, on se voit, c’est moins naïf queles avatars etc ». J’ai répondu à ces questions dans deux billets, l’un intitulé « muflenumérique40 » l’autre « Monde virtuel ou skype ? 41 ». Je ne veux pas développer ànouveau ce qui a été écrit mais simplement lister les arguments :- Le monde virtuel permet d’organiser un travail en one to many, le logiciel de visio- conférence au delà de deux se limite à la fonction voix ;- Les travaux étant organisés en réseaux il est nécessaire de recréer un lieu neutre de formation. La vidéo perturbe cette neutralité à partir du moment où je travaille de mon domicile. La webcam envoie un témoignage de son lieu de vie privée.- Il est possible à toute personne de venir assister aux travaux en ayant un statut défini, la localisation géographique de l’avatar cadre le rôle de chacun (intervenant ou auditeur). A.Gérer le temps et l’espace de travailCe point particulier est certainement le point le plus politique de mon expérience, celui quipeut déterminer le passage de l’expérience à la généralisation. Je rappelle que le travailmené est de l’ordre de l’expérience, il relève d’une intention personnelle, d’une démarcheconstruite. La construction a priori induit une prise de risque pédagogique qui prend dusens parce que l’enseignant concepteur n’a pas économisé son temps, parce que lesétudiants ont adhéré au principe, parce que j’ai réussi à emmener dans mon histoired’autres enseignants et des acteurs extérieurs. En résumé le travail est le résultat d’unpari sur le temps et de l’équilibre fragile d’une construction sociale.Aller de l’expérience à la généralisation c’est se poser la question du temps et de l’espacenumérique et de sa traduction statutaire. Je l’ai souligné plusieurs fois, le numérique engénéral, les mondes virtuels en particulier modifient les paradigmes de l’apprentissage.L’ensemble des expériences que j’ai mené, l’ont été à des heures que je qualifieraisd’atypiques ou non statutaires. Toutes les conférences se sont déroulées à partir de 20heures 30 et se sont achevées vers 22 heures 30 - 23 heures. Les heuresd’individualisation pendant les vacances ou pendant le congé de fin de semaine.Ce cadre constitué de travail modifie à la fois le temps de travail des enseignants et desétudiants.39 http://www.chaigne.fr/40 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/01/28/mufle-numerique/41 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/05/15/monde-virtuel-ou-skype/ 88
  • 89. Comment peut-on qualifier ces temps ? A l’heure actuelle, mon temps de travail estdéterminé par mon VS (vérification de service), il induit assez normalement le temps deprésence devant élèves et le temps de préparation.La construction de modules de formation dans les mondes virtuels déconstruit ceséquilibres. Une conférence n’est pas une préparation puisqu’elle est l’aboutissement d’unlong cheminement de préparation (formation des acteurs, écriture des textes, relation avecles acteurs intervenants ... ). Ce n’est pas un cours au sens où l’institution l’entend, cen’est pas une préparation, ce n’est pas un temps de présence dans les locaux scolaires.Alors quelle est la qualification juridique de ce temps ? Interroger le statut des enseignantsne renseigne pas plus puisqu’il a été élaboré en 1950 (une ère archéo - digitale). A cestade de mon travail, je suis en capacité de dire ce que n’est pas un temps de travail dansun monde virtuel mais pas ce qu’il est ou ce qu’il devrait être.La lecture des nombreux écrits de Jacques Rodet nous éclaire sur ces enjeux. Le groupefacebook42 et le blog de T@d 43 sont une mine de renseignements prospectifs. Quelquestitres de billets « Le tuteur à distance travaille-t-il le 1er mai ?44» - «grille dévaluation desconditions de travail des tuteurs à distance45»En contextualisant ces questionnements dans le cadre du secondaire, de nombreusespistes émergent :• Peut-on rémunérer un intervenant distant ? La dématérialisation de la prestation de service entre t’elle dans le double cadre éducation nationale - comptabilité publique ?• Peut-on concevoir un cours constitué avec des acteurs (enseignant, apprenants) dans un lieu éclaté qui n’est pas le lycée ?• Est-il envisageable de prévoir un statut du temps numérique ? Si oui est-il équivalent au temps du réel exprimé en unité temps et en unité monétaire ?Nous sommes certainement au début d’une réflexion, je m’exprime non en tant que partieprenante mais avec une prise de recul réflexif qui pourrait s’apparenter à un acte derecherche si j’étais rattaché à un laboratoire universitaire. B.Comprendre les maillages dynamiquesDans le point 7 de ca rapport je liste les principaux éléments du dispositif de formationnotamment les acteurs les outils et les ressoures. Les besoins de l’analyse m’imposent deles aborder alternativement. En situation d’usage ces divers éléments interagissent entreeux ce que je nomme un maillage dynamique. 1) Les ordinateurs42 http://www.facebook.com/group.php?gid=33100407517943 http://blogdetad.blogspot.com44 http://blogdetad.blogspot.com/2008/05/le-tuteur-distance-travaille-t-il-le.html45 http://blogdetad.blogspot.com/2007/09/grille-dvaluation-des-conditions-de.html 89
  • 90. La mise au point d’un dispositif de formation en ligne, c’est être en capacité de gérerl’interconnexion entre une multitude d’ordinateurs ayant de configurations différentes. Lemilieu de la recherche est un miroir très déformant. Les professeurs pionniers, leschercheurs, les «geeks» sont en général, bien équipés, avec des ordinateurs puissantscouplés à des connexions haut débit. J’ai l’impression (mais cela reste à démontrer) quel’aspect outil passe au second plan.Dans une configuration d’apprentissage, l’outil reste primordial, lhétérogénéité estprégnante et est en capacité de perturber le dispositif.J’ai eu à gérer de nombreuses fois l’absence d’outils adéquats, absence de microphone,connexion G3 poussive, utilisation du wifi du voisin, connexion wifi collective de la cité Upartagée ...A l’absence objective de matériel, il faut ajouter la méconnaissance de l’équipement. Denombreux étudiants équipés d’ordinateurs avec webcam m’ont affirmé qu’ils n’avaient pasde microphone. Pendant ces six mois de travail, j’ai eu à me confronter au manque deconnaissance en technologie numérique, ce qui est un réel handicap. 2) Les acteursLes acteurs interagissent en permanence. Dans le réel, il est assez aisé de gérer plusieurstâches à la fois, dans le monde virtuel l’expérience m’a montré que c’est beaucoup plusdifficile. De nombreux acteurs ont exprimé leurs difficultés à gérer en même temps,l’intervention orale, la manipulation du diaporama, la lecture du chat. L’incapacité à gérercertaines habiletés est un frein. Ce sont surtout les enseignants qui m’ont fait cetteremarque. A ce stade, je ne peux que retenir cette récurrence mais pas en tirer deconclusion parce que l’échantillon est trop faible donc non significatif. Il n’en reste pasmoins que c’est un point intéressant et à suivre pour la suite de l’expérience.7. Le monde virtuel s’insère dans un dispositif plus large d’utilisation de solutions multiples- Création d’un «mashup»J’utilise souvent l’expression suivante pour qualifier mon travail : « utiliser des solutionshétérogènes au service d’un projet homogène ». L’hétérogénéité commence à me poserdes problèmes techniques parce qu’il faut aller chercher en des endroits divers lesinformations. La dispersion est contreproductive. Le blog a évolué cette année, en plus deces fonctions initiales, il devient un lieu de réunion des solutions grappillées de ci, de là.Le blog devient un mashup ce qui simplifie le travail de coopération / collaboration.Bien que mon approche pédagogique s’apparente au PLE (Personal LearningEnvironment) il me semble que la construction puisse être transférée dans un ENT sicelui-ci tolère une ouverture sur les réseaux sociaux.8.Une ouverture sur le monde économiqueLe travail mené pendant ces six mois a fait l’objet d’une analyse au quotidien. Les billetssont consultables sur mon blog 46 et sont rassemblés dans un document pdf.46 http://moiraudjp.wordpress.com 90
  • 91. J’ai régulièrement «twitté» ces billets et j’ai eu de nombreux retours. Lors desconférences, j’ai eu la surprise de rencontrer des professionnels hors éducation nationalequi observaient l’expérience. Je les ai contacté pour connaître et analyser leurs besoins etleurs demandes en terme de monde virtuel. A.Régis Chaigne - Viticulteur indépendant bordelaisRégis Chaigne est un viticulteur47 Bordelais qui est venu visiter la classe virtuelle parcequ’il explore les possibilités des réseaux numériques pour son activité professionnelleviticole. Nous avons longuement échangé cette année sur les enjeux de son travail et dumien. Au cours de nos nombreuses discussions j’ai pu isoler des invariants entre nos deuxpostures de travail.Voici son témoignage que j’ai reçu par mail le 13 juin 2010 :« Cest le blog de JM Billaut qui ma donné envie de tester lenvironnement conférenceassemblive.Ensuite la conférence de Thomasine ma beaucoup intéressé.Ta curiosité (pourquoi un vigneron sintéresse-t-il à mon travail ?) explique sans doute quele contact sest prolongé. Professionnellement la présence physique du vigneron estsouvent demandée par les responsables de magasins dans lesquels nous vendons nosvins. La e-conférence pourra peut-être devenir un moyen de se démultiplier. Egalementla possibilité de réunir plus souvent des vignerons ayant des problèmes communs, maisgéographiquement éloignés.» B.Lucile Prouteau - Directrice de communication société LippiLucile Prouteau est responsable de communication chez Lippi48 fabricant de portail. J’aieu le plaisir ,de l’accueillir dans la classe virtuelle pour la conférence de ThomasineGiesecke. Je lui ai demande pour ce bilan de m’expliquer les raisons de sa venue dansnos réunions pédagogiques.«Pour faire vite, jai été interpellée par un tweet de Jean Michel Billaut qui parlait deformation en visio-conférence - je suis allée jeter un oeil, jai vu le sujet qui mintéresse depar mes hobbies et centres dintérêt, et également parce que je suis en train de mettre enplace pour mi-juin une formation produits en interne, avec des collaborateurs éparpillés enFrance - donc aussi par curiosité, parce que je ne connaissais pas cette plateforme deconf virtuelle - nous on en reste à des produits classiques : adobe connect pro ou webex.Enfin je suis aussi ravie de voir que le corps enseignant sinvestisse dans les nouvellestechnos pour se mettre à la portée de leurs étudiants, et propose des choses nouvellespour compléter leur formation, et qui peuvent leur ouvrir lesprit sur des choses auxquelsils nont pas pensé, et repousser leur horizon.Voila , donc de mon côté cest surtout la curiosité et lintérêt de votre démarche (que jesalue !) qui mont interpellée.»47 http://www.chaigne.fr/48 http://www.lippi.fr/ 91
  • 92. C.Jean-Michel Billaut - Advisor of Internet Department - BNP Paribas. Créateur de l’Atelier49 - Elu Personnalité Numérique par lACSEL.J’ai été interviewé par Jean-Michel Billaut50 le 2010. La vidéo est parue sur son blog.Jean-Michel Billaut dit :«Jean Paul est enseignant à Lyon. Il est professeur de gestion en section "design demode" (Lycée La Martinière Diderot). Il intègre des mondes virtuels dans des dispositifsdapprentissage en présentiel... Pourquoi a-t-il choisi la plateforme Assemblive (déjàpassé au e-billautshow) ? Est-ce vraiment un cours quil fait dans ce monde virtuel ?Comment fonctionne la mécanique ? Ses étudiants sont-ils intéressés ? (oui car ce sontdes "digital natives", pas besoin de leurs expliquer comment cela fonctionne...). EtcA lavenir ny aura-t-il que des classes virtuelles ? Quel serait le rapport entre léducationtraditionnelle et léducation virtuelle ? Jean Paul en virtuel a des participants qui viennentdautres pays ... Pourrait-on mettre en oeuvre une université francophone virtuelle ? Peut-on adapter la mécanique de Jean Paul à dautres matières ? Le virtuel est-il plus"productif" que le traditionnel (les éléves apprennent-ils plus vite et mieux ?). Lavisiophonie apporte-t-elle un plus ? Quel serait limpact dun système éducatif virtuel surlenvironnement durable (bonne question - merci de lavoir posée..).Différences entre le e-learning 1.0 et lenseignement en monde virtuel 3D ? "Quandjanime des cours virtuels le soir, ce nest pas prévu dans mes statuts"... Que pensent lessyndicats de lEducation Nationale de tout cela ? Quid du temps statutaire et du tempsnumérique ?... Si vous étiez à la place du Ministre de lEducation Nationale, que feriez-vous ?Si cela vous dit, vous pourriez participer au prochain cours de Jean Paul le Jeudi 25 marsà partir de 20:45. Jean Paul y invite une designer pour discuter avec ses éléves...»Voici son commentaire suite à ma sollicitation :«Ne vous demandez pas ce que lEducation Nationale peut faire pour vous, demandezvous ce que vous pouvez faire pour vos éléves". Ces derniers sont des digital natives,déjà plus ou moins rompus aux outils numériques ... Il faut saluer le travail de Jean PaulMoiraud et dautres enseignants qui de leur propre chef, sur leur propre temps, voir surleurs propres deniers, ouvre la voix à la e-éducation. Ce travail de défrichage servira unjour la collectivité, et lensemble de lEducation Nationale...»9.Les répercussions de mon expérience A.Les interventionsL’expérience initiée avec mes étudiants puis mes collègues de travail a débordé le cadredu lycée. En six mois, j’ai eu la chance de pouvoir expliquer ma démarche. Mon (jedevrais dire notre parce qu’il est collectif) travail a eu des prolongements que jen’attendais pas. Je suis intervenu dans des lieux divers (réel et virtuel).49 http://www.atelier.fr/50 http://billaut.typepad.com/ 92
  • 93. - Une publication d’un billet sur le blog de T@d 51 de Jacques Rodet « Usages et expérimentation du tutorat dans les mondes virtuels. » 03 mars 2010 ;- L’entrevue en ligne sur le E.Billaut Show52 16 mars 2010 ;- Une intervention à un débat à l’université Jean Moulin Lyon 3 «Expériences pédagogiques en E.learning» 18 mars 2010 ;- Une participation comme intervenant pour un stage53 à destination des professeurs d’économie et gestion de l’académie de Lyon « Les plateformes de travail collaboratif » 24 mars 2010 ;- Un billet sur l’expérience a été publié sur le site Thot cursus « Les premiers pas de l’enseignement supérieur » 30 mars 2010 ;- Une participation au Wcamp sur opensims 54 24 avril 2010 ;- Une intervention à la haute école de Liège (Belgique) 12 mai 2010 ;- Une intervention auprès d’un groupe de professeurs italiens (Val d’Aoste) sur les scénarii et les mondes virtuels (intervention faite en partie en italien) à la demande du CRDP de Lyon le 10 mai 2010 ;- Une participation au JnumCamp de Paris V Diderot « Enseigner et le numérique ? » 18 mai 2010 ;- Une sélection pour le forum des enseignants innovants (Dax), juin 2010 ;- Une intervention pour le PNP sur le sujet de la nouvel enseignement PFEG « L’innovation pédagogique en situation d’apprentissage, quelques pistes. Intégrer les fonctionnalités du numérique pour coopérer / collaborer dans et hors la classe » 09 Juin 2010 ;- Une demande d’intervention à Ludovia 24, 27 août 2010 ;- En projet la réalisation du grand oral Itech en réalité mixte (réel et virtuel) septembre 2010.Ces travaux divers m’ont contraint à chaque fois de formaliser les analyses ce qui mefacilite la rédaction de la synthèse présente. B.L’essaimageL’expérience menée, outre les billets rédigés au fil des jours, s’est accompagnée de larédaction d’un scénario type55 que je souhaiterais mutualisable et transférable. Il est fondésur l’idée de l’existence d’invariants pédagogiques. Ce scénario est un ensemble de pistesmises à disposition de la communauté enseignante, il n’est en rien prescriptif. A la façond’une partition musicale chaque professeur peut l’interprêter à sa façon.51 http://blogdetad.blogspot.com/2010/03/usages-et-experimentation-du-tutorat.html52 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/04/01/une-entrevue-avec-jean-michel-billaut/53 http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/ecogestion/legt/spip.php?article52954 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/04/25/opensims-vwcamp/55 http://moiraudjp.wordpress.com/telecharger/ 93
  • 94. Le travail a trouvé des échos sur le terrain, Eric Guiraut professeur d’économie et gestionau lycée Carriat de Bourg en Bresse (01) s’est appliqué à interpréter mon travail dans sonchamp pédagogique. Des élèves de seconde à terminale en STG. Le travail estconsultable en ligne sur son blog56. Il réfléchit à l’application de cette méthode pour lanouvelle discipline qui sera enseignée en seconde à la rentrée de septembre 2010(PFEG57 ).Une autre professeure intègre le monde assemblive sur son site mais je n’ai pas encorede retour sur son expérience. Je n’ai connaissance que du lien de son site58. Je mepropose de l’intervievwer pour analyser sa démarche.10.Les perspectives pour 2010 - 2011Continuer, continuer, continuer ...Il convient dès à présent de mettre en place le programme de la future année (il est déjàlargement amorcé) cela signifie : Structurer un programme cohérent de conférences,amplifier l’individualisation, informer les étudiants en début d’année, convaincre d’autresenseignants de venir partager mes partis pris, mes doutes.Je suis a ce jour sollicité pour un projet de FAD (j’en parlerai en temps utile) qui me paraîtextrêmement enthousiasmant.La conférence Itech pourrait déboucher sur une expérience de réalité mixte. Le grand oraldu concours pourrait se dérouler à la fois en réel (grande salle de cérémonie de la ville deLyon) et en virtuel sur assemblive. A ce jour je suis de près ce dossier.Une question sous jacente à cette expérience est très présente dans mes réflexions, suis-je en train de surfer sur une mode ou le mouvement de fond sur les mondes virtuels est-ildurable ?11.ConclusionCes six mois d’expérience s’achèvent et ils sont très riches en conclusions. La premièreest que je vais continuer ce travail en 2010 - 2011 avec mes étudiants de design de mode,d’IMS et de DSAAT. L’année 2010 se sera caractérisée par la mise en place, l’organisationdu cadre de travail. Des conférences ont été organisées, des séances d’individualisationconstituées mais elles ne sont à ce stade que des amorces. Il est nécessaire de les rendremutualisables, partageables les pratiques. Comment transférer la même pratique dansune classe de seconde ou de première ? Comment les pratiques du secondaires peuvent-elles dialoguer avec celles du supérieur ?56 http://guiraut.wordpress.com/classe-virtuelle/57 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/06/13/monde-virtuel-essaimage-pedagogique/58 http://www.lycee-carriat.com/mag/spip/spip/ 94
  • 95. Le projet s’inscrira dans une démarche annuelle, elle sera expliquée dès la rentrée auxétudiants, la visibilité pédagogique sera au rendez-vous.J’espère pouvoir rédiger des billets, les publier et pourquoi pas, si mes contraintesstatutaires me le permettent pouvoir intervenir hors le lycée. Je souhaite me pencher surles enjeux de l’usage des mondes virtuels. Mon travail est-il transférable dans un autrecontexte (seconde, première, terminale) ? Le méta modèle que je développe est-ilapplicable sur des granularités plus fines (une partie, un chapitre, une thématique...) ? Jecompte sur les retours d’expérience d’Eric Guiraut59 pour me donner des pistes, peut êtrema veille me fera t’elle découvrir d’autres usages dans le secondaire ? Pour le supérieur jeregarde avec attention le travail de Gérald Delabre directeur adjoint de la faculté virtuellede droit (FDV) de Lyon 3, université Jean Moulin. La FDV60 de Lyon a investi second lifepour concevoir des dispositifs d’apprentissage. Ma veille restera aussi centrée sur lestravaux de Jacques Rodet.Cette construction ne s’est pas faite pas sans difficulté. Mon travail est basé sur une envied’enrichir ma pratique, mon passage à l’INRP l’a exacerbée (l’INRP est un lieu idéal pourprendre le temps de penser le métier d’enseignant). Pourtant je dois composer avec unprincipe de réalité, j’enseigne et je « cherche ». Le temps est une dimension importantedans cette aventure, s’il fallait retenir un mot chronophage serait certainement sélectionné.J’ai eu à gérer le temps d’organisation, le temps de formation, le temps d’explication, letemps de réalisation et le temps de recherche et d’analyse. Il me semble qu’uneexpérience n’a de sens que si on lui consacre du temps notamment celui la réflexion. Letravail de professeur dans le secondaire se prête peu à l’exercice, il n’inscrit pas la postureréflexive dans les habitudes et les obligations statutaires. Nous ne sommes pas (ou peu)formés à cette démarche. J’en perçois au jour le jour les difficultés. Assurer ses cours, lespréparer et les faire évoluer (après 20 ans d’expérience c’est encore une activitéquotidienne). Prendre le recul pour analyser et décortiquer est un exercice déquilibriste.Abonder son corpus théorique, respecter une méthodologie, publier, se déplacer relèveparfois de la mission impossible mais quel plaisir de constater qu’en mobilisant l’énergie letravail avance.Depuis l’avènement du web 2.0, le sentiment d’isolement est moins perceptible puisqu’ilest possible d’échanger avec des communautés de pratiques existantes et de seconstituer son réseau grâce à Twitter et Facebook.L’année 2010 - 2011 sera probablement complexe, aventureuse, m’engagera à prendredes risques, le temps me sera compté mais ... Je donne rendez-vous en juin 2011 pour lefutur bilan.59 http://moiraudjp.wordpress.com/2010/06/13/monde-virtuel-essaimage-pedagogique/60 http://fdv.univ-lyon3.fr/moodle/ 95
  • 96. JnumCamp du personnel au général …Après avoir conté mes déboires égocentrico-technologiques, il me faut passer à l’essentielde cette journée, le contenu et mes réflexions sur le fond.D’abord un regret, celui de ne pouvoir utiliser a posteriori les traces du chat. La force desmondes virtuels est qu’ils permettent de concevoir les projets en mode mutimodal (texte,image, son, vidéo), chaque médium est riche parce qu’il permet d’œuvrer a priori pendantles débats et a posteriori à l’aide des traces conservées. Pourtant je ne peux rédiger cebillet que sur la base de notes prises à la volée par absence des traces sauvegardées. Ilest dommage que cette fonctionnalité n’existe pas ou ne soit pas activée. Il en est demême pour les autres mondes que j’observe (opensims, assemblive)Mon thème d’analyse est l’utilisation des mondes virtuels dans les processusd’apprentissage, les enjeux et les scénarii de la pédagogie embarquée (SPE) – La phaseapprentissage est l’objectif principal, la fin , le monde virtuel est un moyen (la propositioninverse me parait contre-productive).Dans mon intervention j’ai posé la question du design des mondes virtuels, qui designe lesenvironnements ? En disant cela je savais que je jetais un pavé dans la marre et jeconnaissais par avance la réponse qui me serait faite. Conformément à mes attentes ilm’a été répondu que dans SL chaque propriétaire était son propre créateur-développeurd’espaces, d’objets de lieu. Je comprends cette philosophie généreuse et par certainsaspects libertaires mais …Je me positionne comme enseignant du secondaire post bac et je cherche à analyser parquels moyens pourrait -on développer ces méthodes, les rendre mutualisables au plusgrand nombre, oserais je le mot d’industrialisation ? Je ne connais pas le profil type desparticipants du JnumCamp mais j’ai le sentiment que c’est majoritairement unecommunauté de geeks, ceux qui agitent les idées, les pionniers, les chercheurs deslaboratoires ad hoc, les doctorants …Je comprends la revendication du « do it yourself« , lorsque je circule dans les créationsde @hugobiwan dans la bibliothèque francophone (le lien est la SLurl de la biblio), je suisfasciné, je voyage en pleine poésie, c’est un laboratoire d’idées à ciel numérique ouvert.Pour autant, peut-on demander à chaque enseignant d’être en capacité de concevoir sonmonde, pour ses cours ? Je ne le pense pas. Il me parait illusoire de penser que lesenseignants vont se mettre à coder, à créer à organiser de façon massive, à acheter desîles. En disant cela je ne tiens pas un discours défaitiste, je pose une question deméthode pour un enseignement de masse. 96
  • 97. Je pense qu’il faut penser l’intégration des mondes virtuels dans les apprentissages defaçon globale par division des tâches. La transversalité, la capacité à croiser lescompétences est un moteur de développement. L’intervention d’un étudiant de l’HETICétait intéressante à ce titre car il expliquait que leur projet était mené à plusieurs mains. Jecrois beaucoup à une forme de « supply chain » pédagogique. Des concepteurs de cours,des développeurs, des ergonomes, des designers, un « community manager »pédagogique … et j’en oublie surement. A titre d’exemple, les photos en ligne del’organisation des jnumcamp est très intéressante parce qu’elle montre cette division destâches (un chargé des tweets par exemple).Je ne suis pas dans la tonalité actuelle mais je pense qu’une vision d’un apprentissageinstrumenté par les mondes virtuels est une source d’emplois, de nouveaux métiers. Dansle débat j’ai posé la question suivante à l’intervenant de l’ENSAD : « faut-il créer unenseignement d’art appliqué pour des designers de mondes virtuels ? «Je suis convaincu qu’il faut passer du stade du bricolage au stade de la méthodegénéralisable. Ne pas l’envisager n’est ce pas se condamner à cantonner les travaux desprofs (notamment dans le secondaire) au stade de l’expérimentation décalée ? J’en parleavec sérénité parce que j’ai le sentiment d’appartenir à ce groupe de profs pionniers maiscette étiquette me pèse tant elle est enfermante. Ce dont ont besoin les enseignants, cesont des outils clés en main (Éric Guiraud).En conclusion il me semble qu’il y a un champ à investir – Proposer des patrons demondes virtuels pour l’enseignement – un apprentissage conçu dans une dynamique deprojet transdiciplinaires. Je livre ma réflexion aux commentaires parce que le sujet estvaste, complexe, probablement source de polémique mais évidemment passionnant.Précisions : Suite au commentaire de @angezanetti je tiens à préciser que dans monesprit un projet transdisciplinaire intègre les décideurs et les financiers. Les enjeuxpécuniaires sont fondamentaux. Sur ma page facebook je disais que le développementdes mondes virtuels dépendait probablement de nos capacités à externaliser laconception. Le jnumcamp démontre de façon criante l’existence de ce terreaux fécond ,les financiers n’étaient pas présents, ils peuvent s’exprimer ici. Journées numériques – Debrieffingl est des journées que l’on aimerait ne pas avoir vécu. Ce 18 mai en fait partieFoin de mon égo, il a déjà été écorné il le sera encore … En filigrane je dis que maprestation n’a pas été à la hauteur de mes attentes et pour cause …1 – Quand tout va de travers …Pour la première fois de ma vie numérique je cumule les catastrophes, lors des premiersessais je n’avais pas accès aux flux vidéos du carré des blogueurs, la pile de mon claviersans fil a lâché, la connexion internet s’est effondrée chaque fois que je me suis connectésur le carré (les autres mondes m’accueillaient sans problème). Connexion, déconnexion,jurons, reconnexion, jurons … 97
  • 98. J’ai demandé l’asile numérique sur l’ordinateur de mon fils – Connexion aprèstéléchargement du viewer 2.0.Arrivé sur site dans un état d’énervement avancé j’ai bâclé mon intervention, disonsqu’elle n’était pas à la hauteur de ce que j’avais à dire, d’un sujet que je maîtriseparfaitement. Heureusement Hugo dans sa restitution brillante m’a sauvé du naufrage.Passons donc cette navrante expérience au compte des pertes et profits pédagogiques.2 – Quelles conclusion en tirer ?Dans toute situation détestable, il y a des enseignements à tirer.J’imagine cette situation en configuration pédagogique devant des étudiants… ou plutôt jen’ose pas l’imaginer.Je reviens à mon scénario d’utilisation du monde virtuel - Quels sont les pré-requisindispensables :- Avoir une connexion stabilisée en permanence. Je suis ultra mais je reste persuadé quela machine est au service de l’humain, pas le contraire) ;- Avoir une formation préalable pour que l’outil reste en tâche de fond (la fonction dumonde virtuel est la facilitation de l’acte pédagogique, pas la loi de l’emmerdementmaximum). J’ai eu du mal à manipuler la visionneuse de ppt ;Dans une situation pédagogique mon cours aurait été annulé, on voit poindre l’obstacletechnologique dans les constructions, s’il se doit être en tâche de fond, il n’en reste pasmoins qu’il conditionne tout le reste.J’en conclus que cet épisode tragico-comique explique en partie la frilosité desenseignants face aux nouvelles technologies en général, aux mondes virtuels enparticulier. Un enseignant a besoin de sérénité, de stabilité pour travailler, il n’a pas enviede concevoir un cours pour le jour où ça marche et un cours pour le jours ou ça ne marchepas.Utiliser un monde virtuel c’est se mettre en danger, qui a envi de rajouter une couched’instabilité dans un univers incertain ?C’est un débat passionnant qui n’écornera pas deux convictions fondamentales chez moi :- J’adore utiliser les mondes virtuels dans les dispositifs d’apprentissage ;- Ma conférence était pas terrible. 98
  • 99. Monde virtuel ou skype ?Ma pratique des mondes virtuels se partage (pour l’instant) en deux pôles distincts : • L’organisation de conférences en ligne pour confronter les analyses du monde professionnel et les enjeux de la formation ; • L’individualisation des parcours.Une question m’a été posée, pourquoi développer autant d’énergie dans les mondesvirtuels pour l’individualisation (one to one) alors que les systèmes de visio-conférencesont tout aussi efficaces (et peut être plus souples ) ? La question est intéressante etmérite une réponse que je vous propose d’exposer ci-dessous en plusieurs points :- J’enseigne la gestion en design de modeIl me semble important de rappeler en permanence que ma mission est d’enseigner lagestion, il ne faut jamais perdre de vue ce point déterminant. J’ai un cadre horairedéterminé, un programme « à boucler« . Je ne peux par conséquent à l’infini multiplier lessolutions techniques (même si beaucoup me séduisent). Mes analyses a priori mecontraignent à un moment donné, à procéder à des arbitrages – je retiens ou je rejette. Jescénarise mes enjeux technologiques.J’ai retenu le monde assemblive parce qu’il contient aussi une solution de visio-conférenceinside. Je n’ai ainsi nul besoin de demander à mes étudiants de charger le logiciel Skype(ou équivalent) et Assemblive, ce qui me contraindrait de former aux modalités etfonctionnalités de deux systèmes. Les temps de formation outils ne viennent donc pas endéduction des temps d’apprentissage (ils sont en tout cas extrêmement réduits).- La salle de classe est un lieu neutreLorsque nous sommes dans nos classes ou nos amphithéâtres (en situation réelle) nousrespectons un principe de neutralité, ce lieu est destiné à l’acquisition des savoirs. J’entredonc dans ce lieu fort de mon statut d’enseignant avec une obligation de neutralité.Lorsque je j’investis les réseaux numériques pour une mission d’apprentissage, je peuxme trouver dans un lieu privé (mon appartement par exemple). La webcam est à mon avisun instrument qui biaise la relation enseignant / apprenant. Mon appartement n’est plus unlieu neutre, il est une sphère de l’intimité. L’agencement des lieux, les personnes qui ycirculent, les objets qui y sont disposés reflètent une part d’un moi que je ne souhaite paslivrer à mes étudiants. La webcam fait entrer une part de ma vie privée par le prisme deson champ de vision.Le design du monde virtuel, l’apparence de l’avatar sont à mon sens des éléments trèsimportants du dispositif de formation parce qu’ils recréent un lieu neutre indispensable etconcomitant au dispositif de formation. C’est aussi une raison pour laquelle j’ai choisi cemonde. Un design assez sobre, même s’il n’est pas marqué par une esthétique très forte,qui cadre ce besoin de neutralité (il est la réplique d’un espace d’apprentissage). Il sedémarque en tout cas des designs des espaces et des avatars (qui frisent parfois lavulgarité, je pèse mes mots) que l’on trouve parfois dans second life. 99
  • 100. Il m’arrive de travailler dans les mondes virtuels à des moments hors les temps deprésence statutaire, je revendique le droit de pouvoir être vêtu de façon plus décontractée,plus relachée. Une visio conférence me contraindrait de prendre soin de mon apparenceet de travailler la neutralité du champ visuel. Je ne veux m’y plier en aucune manière, lemonde virtuel résout ces problématiques.En conséquence un espace immersif concentre un ensemble d’avantages qui le rendproche par sa structure de la classe en configuration réelle.Pour toutes ces raisons je pense que le paradigme de la virtualité est plus adapté que lavisioconférence. Les interactions peuvent être assurées de façon tout aussi efficace ens’affranchissant des flux vidéos Chaire des civilisations numériques – LiègeMon intervention à la chaire des civilisations numériques à la haute école de LiègeL’enseignement (apprentissage) en sections design de mode et particulièrement engestion pose en permanence la question des connexions entre les enjeux de la formationinitiale et les enjeux du monde professionnel.II est utile sinon indispensable de confronter les savoirs académiques transmis en classeet les savoirs professionnels (l’un ne primant pas sur l’autre). Jusqu’à ces dernièresannées il m’était très difficile de faire dialoguer ces deux mondes en raisond’incompatibilités temporelles et spatiales.La question récurrente était la suivante : “Comment convier d’autres acteurs, riches desavoirs et compétences, en capacité de faire la synthèse entre les acquis de l’école et lescompétences du monde du travail. »Dans un cadre non numérique, il est difficile, voire impossible (lorsque le référentiel ne leprévoit pas explicitement) d’organiser ces rencontres pendant le temps de cours. Lesdesigners ne refusent pas de participer aux débats mais … ils sont géographiquementéloignés, ils ont une intense activité professionnelle, leurs temps de liberté professionnellene sont jamais les temps d’apprentissage.Le temps et l’espace sont un frein évident à la communication et aux rencontres dans uneconception classique. Depuis des années je me demandais comment concilier cescontraintes :* Confronter le savoir disciplinaire à une pratique professionnelle ;* Opérer dans un rapport temps et espace qui ne soit pas seulement un face à facepédagogique ;* Abolir le temps et les distances pour construire un apprentissage. 100
  • 101. L’introduction des fonctionnalités d’un monde virtuel dans la construction de monenseignement et dans les apprentissages de mes étudiants m’a permis de reconfigurermes intentions pédagogiques.Après avoir a priori déterminé le contexte, les acteurs, les outils et les ressources,j’ai puformaliser ma pratique.J’ai souhaité ajouter une dimension réflexive à ma pratique, m’extraire d’une situation debricolage (à bien des égards enfermante).J’ai rédigé un scénario pédagogique, il est téléchargeable sur mon blog, ne se veut pasprescriptif et ambitionne de mutualiser une pratique que chaque enseignant pourrainterpréter à sa façon.Construire un processus d’apprentissage en utilisant un monde virtuelUn scénario pour l’utilisation d’un monde virtuel dans un dispositif d’apprentissage. Il n’esten rien prescriptif, évoluera avec l’expérience et découle d’une analyse et d’une pratiqueavec des étudiants. Challenge ITECH – conférence virtuelleLa prochaine conférence virtuelle aura pour thème – Les textiles innovants– Challenge Itech Cette conférence est une progression certaine dans la démarche des mondes virtuels parce qu’elle est organisée en transdisciplinarité – Technologie textile et gestion. Elle aura lieu le 26 mai à 20 heures 30La date définitive n’est pas arrêtée mais ce sera fin mai. Seront intervenants desenseignants de technologie textile, des anciens étudiants de DSAAT, une représentantede l’ARDI (agence régionale du développement et de l’innovation) La salle de conférence est iciTravaux préparatoires La réussite d’une conférence virtuelle dépend largement de sa bonne préparation – (Préparation des outils, formation des acteurs, calibrage des interventions, indication des 101
  • 102. formats acceptés par le système, collationnement des documents à présenter), il faut donc lui consacrer du temps en amont pour optimiser les chances de réussite en aval.Le cadre des réunions virtuelles commence à se préciser (le scénario pédagogique devral’intégrer) • Choix des conférenciers ; • Envoi d’un mémo de formation ; • Réunion préparatoire avec les conférenciers pour prendre en main l’environnement ; • Fixation d’un cadre d’intervention (nature de l’intervention, temps de l’intervention, nature des documents d’accompagnement, temps de discussion avec le public) ; • Méthode d’information pour la réunion (information en classe, utilisation de twitter, groupe facebook, mailing)La partie sélection et contact avec les conférenciers, détermination des thématiques estprise en charge par Bruno Venturelli, professeur de technologie textile et responsable dela plateforme technologique.J’assurerai le réception des fichiers et leur mise en ligne dans le viewer de assemblive. Jem’occuperai de la captation de la séance (films, photo).Répartition des rôles- Introduction de la séance – Bruno venturelli- Transitions entre les invités – Jean – Paul Moiraud- Captation des données - Jean – Paul MoiraudLe document de formation envoyé aux intervenantsLes nouveautés testées pendant cette conférence :- Le fractionnement des tâches – Cette réunion pilotée par deux enseignants qui se sontrépartis les tâches (voir les explications ci-dessus)- L’insertion des photos des intervenants. Le cours en immersion créent de l’interactivité.Une réflexion d’un groupe d’étudiants m’a fait comprendre qu’il était utile de pouvoiridentifier l’individu qui se « cache » derrière l’avatar. Bruno Venturelli est intervenu dansune conférence (Conférence avec Thomasine Giesecke), il s’est présenté en tant queprofesseur du lycée. Les étudiantes présentes m’ont dit qu’elles auraient aimé pouvoirmettre un visage sur le discours du professeur qu’elles ne connaissaient pas.Pour cette raison j’ai demandé aux intervenants d’envoyer une photo afin d’alimenter ledocument de présentation de la conférence.La conférence sera commentée sur Twitter vous pourrez suivre les commentaires endirect sur la page flux twitter du blog de cours – iciA suivre … 102
  • 103. Opensims – Vwcamp (Virtual world camp) videoLe cadre du vwcampJ’ai participé ( 24 avril 2010) au Vwcamp organisé dans opensims. Une séance trèsinstructive pour mon analyse des mondes virtuels comme élément de construction deprocessus d’apprentissage.Tout d’abord quelques ressources pour illustrer cette manifestation – Le contexte (uneréunion de praticiens des mondes virtuels), les acteurs (une quantité de geeks scripteursoù pas), les outils (opensims, twitter, un blog,un wiki, facebook, google docs) • Une vidéo • Un diaporama Visualiser mon diaporama Visualiser le diaporama de Jean – Marie LoucheLes invariants techniques – La formeLes discussions dans les différents ateliers ont été très riches (je reviendrai sur ce pointdans un autre billet)Quels sont les points communs, les invariants pédagogiques, avec mes expériences dansassemblive ? Beaucoup plus nombreux que je ne le croyais … Je vais commencer par lacommunication, J’ai retrouvé les mêmes contraintes : 1. Les réglages du son, il est nécessaire de caler les équipements avant de lancer toute discussion, cela peut prendre un certain moment car le logiciel demande une certaine maîtrise. Il est indispensable qu’il y ait un organisateur / technicien / formateur / pédagogue pour piloter les béotiens dans leurs réglages. J.M Louche a été parfait dans ce rôle et m’a guidé de façon précise et efficace- (phase de formation technique indispensable) 2. La communication. Elle repose sur deux éléments fondamentaux la voix et le chat. Des participants n’avaient pas la fonctionnalité activée soit pour des raisons techniques soit pour des raisons personnelles • Raisons techniques – On retrouve un élément que j’avais déjà abordé, l’homogénéité du parc ordinateur ; • Raison personnelle – Un participant utilisait le chat pour ne pas réveiller ses enfants (j’ai bien connu cette obligation), je n’ai pas utilisé le casque car pour une raison mystérieuse il désactive le son – J’en tire une conclusion ,le travail dans un monde virtuel nécessité d’avoir des conditions matérielles optimales parce que l’interaction est réelle. Intervenir c’est parler, parler c’est avoir un environnement serein et calme. Pour les adolescents tous les pédagogues, éducateurs précisent qu’il ne faut pas que l’ordinateur soit dans un endroit isolé mais bien dans un lieu commun afin d’éviter les dérives, afin de favoriser un contrôle parental. Pour les mondes 103
  • 104. virtuels c’est le contraire IL FAUT un lieu calme, isolé favorisant l’interaction. Comment imaginer interagir dans un monde virtuel avec un ordinateur situé dans un lieux commun où l’on regarde la télé, on gambade, on claque les portes ?Les débats de fondL’analyse de Philippe Couzon sur son blogJe vais reprendre et commenter un extrait du billet de Philippe / Mascottus « Ce fut doncessentiellement d’éducation et de pédagogie dont il a été question, pas particulièrementd’opensim« . C’est l’éternel débat sur le net, quelle est la place de l’outil ?Personnellement j’ai tranché depuis longtemps, ce sont les usages qui m’intéressent.Entre un débat sur le court terme centré sur l’outil et un débat à plus long terme centré surune politique éducative mon choix est fait. J’ai rédigé des billets sur ce point enm’appuyant sur notre histoire de la pédagogie instrumentée. En disant cela je ne mets pasla technologie comme un élément anecdotique, bien au contraire, je souhaite simplement(?) qu’on la mette en écho avec les enjeux structurels des apprentissages et del’enseignement.Philippe Couzon semble en partie partager cette analyse : « En très bref résumé, je diraisseulement ceci : ce ne sont pas les mondes virtuels qu’il faut expliquer mais les usages etil faut montrer plutôt que de démontrer. »Je sais que ma position ne va pas satisfaire les développeurs, les users geeks quicontinuent à peser le pour et le contre des mondes en tant que technologie en témoigne lebillet de blog de « The imprudence blog » :« /…/ What that does not mean is that we are shifting our focus back to Second Life. Onthe contrary, OpenSim is, and will remain, our primary target. OpenSim-related featuresand issues will take a much higher priority than before, while issues specific to Second Lifetake a back seat.In addition to focusing on OpenSim as a platform, we are becoming more involved with theOpenSim community. The response and enthusiasm from OpenSim users and developershas been incredible, and we’re looking forward to a long and fruitful future with OpenSim /…/ »Vidéo d’une intervention du 25 / 04 – Fabrice ParisiAnalyse à suivre Mondes virtuels et compétencesJe suis avec attention les expériences pédagogiques qui sont menées dans les mondesvirtuels. Je viens de lire le Billet de David Cordina de Lille 1 à propos d’une réunion dans 104
  • 105. opensims qui s’est déroulée le 18 mars 2010 – Le Billet(J’étais présent à cette réunion).Une autre description de cette visite par SayapaIl est très intéressant d’analyser le billet de David parce que l’on y retrouve certainsinvariants que j’avais évoqués dans d’autres billets. par invariant, j’entends des pointscommuns à un processus d’apprentissage. Un éléments transversal indépendant duchamp disciplinaire, du niveau de formation. La question technique dans les mondesvirtuels me paraît être déterminante, les billets de David et de Sapaya l’expliquentclairement.La question technique est, au début d’un processus, centrale 1. « Certains étudiants eurent des difficultés à installer leur environnement et s’initier à la navigation dans les mondes 3D. » – L’intégration des mondes virtuels dans les dispositifs d’apprentissage pose en effet la question de la formation des acteurs et la question des choix de monde. Oui c’est difficile, parce qu’il faut installer un environnement souvent lourd et APPRENDRE les manipulations. Le facteur technologique reste encore un obstacle. dans le cas décrit on est en présence d’acteurs largement convaincus dans un cadre, me semble t-il, de l’expérimentation (« aventure, soyez les pionniers d’un monde libre et indépendant ! ») 2. « Les serveurs de Francogrid ont un peu craqué durant la visite » – Je retrouve ici les risques que chaque enseignant prend en instrumentant les mondes numériques, le risque technologique, qui s’ajoute aux autres 3. « La gestion du groupe n’a été facile car nous sommes de nombreux débutants ne maitrisant pas la navigation, la téléportation, ou la communication dans ces mondes. » – Là encore une question de formation, une question de compétence manipulatoire.Bien évidemment cette réunion s’inscrivait dans un cadre expérimental avec tous lesrisques que cela engendre mais elle a le mérite de poser de façon claire les enjeuxéducatifs futurs. Cette expérience permet d’alimenter un matériel de recherche pour bâtirde futurs scénarii. Il me semble que David est sur les mêmes bases puisqu’il conclu par :« Les projets pédagogiques sont à (re)découvrir également par de nouveaux usages àdévelopper : la création, le dessin, l’accompagnement de nouveaux groupes et lesscénarii d’usage ou d’écriture dans les mondes 3D de la part des apprenants. »Une conclusion qui me conforte dans l’idée que les nouveaux processus d’apprentissagese complexifient et que l’on s’éloigne petit à petit du cadre simple enseignant / apprenant.Enseigner doit être pensé, à terme, comme un acte de collaboration où sont identifiés deschamps de compétences spécifiques (le concepteur, le designer, le développeur,l’enseignant …). Pour l’instant nous balbutions,nous tâtonnons, le développeur se veutdesigner, le designer se frotte au développement, le professeur tente de fédérer le tout, lechercheur observe …Encore une belle façon d’illustrer les propos de Claude Levi Strauss sur le bricolage :« Une forme d’activité subsiste parmi nous qui, sur le plan technique, permet assez biende concevoir ce que, sur le plan de la spéculation, put être une science que nouspréférons appeler première plutôt que primitive : c’est celle communément désignée par leterme de bricolage. Dans son sens ancien, le verbe « bricoler » s’applique au jeu de balle 105
  • 106. et de billard, à la chasse et à l’équitation, mais toujours pour évoquer un mouvementincident: celui de la balle qui rebondit, du chien qui divague, du cheval qui s’écarte de laligne droite pour éviter un obstacle. Et, de nos jours, le bricoleur reste celui qui œuvre deses mains, en utilisant des moyens détournés par comparaison avec ceux de l’homme del’art. /…/Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées ; mais, à ladifférence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matièrespremières et d’outils conçus et procurés à la mesure de son projet: son universinstrumental est clos, et la règle de son jeu est de toujours s’arranger avec les « moyensdu bord », c’est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d’outils et de matériaux,hétéroclites au surplus, parce que la composition de l’ensemble n’est pas en rapport avecle projet du moment, ni d’ailleurs avec aucun projet particulier, mais est le résultatcontingent de toutes les occasions qui se sont présentées de renouveler ou d’enrichir lestock, ou de l’entretenir avec les résidus de constructions et de destructions antérieures.L’ensemble des moyens du bricoleur n’est donc pas définissable par un projet (ce quisupposerait d’ailleurs, comme chez l’ingénieur, l’existence d’autant d’ensemblesinstrumentaux que de genres de projets, au moins en théorie) ; il se définit seulement parson instrumentalité, autrement dit, et pour employer le langage même du bricoleur, parceque les éléments sont recueillis ou conservés en vertu du principe que « ça peut toujoursservir ». De tels éléments sont donc à demi particularisés : suffisamment pour que lebricoleur n’ait pas besoin de l’équipement et du savoir de tous les corps d’état, mais pasassez pour que chaque élément soit astreint à un emploi précis et déterminé. Chaqueélément représente un ensemble de relations, à la fois concrètes et virtuelles ; ce sont desopérateurs, mais utilisables en vue d’opérations quelconques au sein d’un type./…/l’exemple du bricoleur. Regardons-le à l’œuvre : excité par son projet, sa premièredémarche pratique est pourtant rétrospective il doit se retourner vers un ensemble déjàconstitué, formé d’outils et de matériaux ; en faire, ou en refaire, l’inventaire enfin etsurtout, engager avec lui une sorte de dialogue, pour répertorier, avant de choisir entreelles, les réponses possibles que l’ensemble peut offrir au problème qu’il lui pose. Tousces objets hétéroclites qui constituent son trésor, il les interroge pour comprendre ce quechacun d’eux pourrait « signifier », contribuant ainsi à définir un ensemble à réaliser, maisqui ne différera finalement de l’ensemble instrumental que par la disposition interne desparties. Ce cube de chêne peut être cale pour remédier à l’insuffisance d’une planche desapin, ou bien socle, ce qui permettrait de mettre en valeur le grain et le poli du vieux bois.Dans un cas il sera étendue, dans l’autre matière. Mais ces possibilités demeurenttoujours limitées par l’histoire particulière de chaque pièce, et par ce qui subsiste en ellede prédéterminé, dû à l’usage originel pour lequel elle a été conçue, ou par lesadaptations qu’elle a subies en vue d’autres emplois. /…/ les éléments que collectionne etutilise le bricoleur sont « précontraints ». D’autre part, la décision dépend de la possibilitéde permuter un autre élément dans la fonction vacante, si bien que chaque choixentraînera une réorganisation complète de la structure, qui ne sera jamais telle que cellevaguement rêvée, ni que telle autre, qui aurait pu lui être préférée./…/ Sans jamais remplir son projet, le bricoleur y met toujours quelque chose de soi »Si non ne souhaitons plus « bricoler » nous devons commencer par déterminer quellessont les compétences techniques à maîtriser par les acteurs : • Compétences manipulatoires pour les enseignants et les apprenants ; • Compétences techniques pour les enseignants et les apprenants (paramétrer ses logiciels, le module audio de l’ordinateur …) ; 106
  • 107. • Être en capacité de choisir le monde virtuel adapté à ses besoins. Une question se pose, j’investis un monde et je conçois dans cet espace ou alors je pense mon enseignement, je détermine un cahier des charges et ensuite je sélectionne un monde adapté ?MAJ du 19 avril 2010Le premier jet de ce billet a été rédigé le 21mars. Depuis j’ai beaucoup pratiqué lesmondes virtuels dans le cadre de mon enseignement, j’ai confronté mon travail avec desuniversitaires (Lyon 3),avec des professionnels du secteur privé (assemblive notamment).Il en ressort que les problématiques de formation sont identiques, si l’on extirpe la chairdisciplinaire on dégage des invariants (je rédigerai un billet sur cette thématique)Par contre je vois une différence notable entre l’enseignement dans le secondaire et lesupérieur :- Dans le secondaire l’enseignant reste l’homme orchestre, il a en charge toutel’organisation du processus, ce qui en l’état est une limite certaine à la généralisation.- Dans le supérieur la situation diffère par la capacité des UMR à diviser les tâches deconception. D’après ce que j’en ai vu le processus est réparti entre, le programmeurdéveloppeur, le concepteur des cours (MCF, professeur des universités), les tuteurs.Ces analyses restent à affiner mais elles m’orientent vers l’idée qu’il n’ y a pas un modèlede formation / apprentissage unique. Le processus semble très dépendant du contexte dela formation et de l’état des relations entre les différents acteurs.Ces éléments valident partiellement des éléments du scénario monde virtuel entéléchargement sur ce blog.Mon activité et mes réflexions sur ce sujet m’ont fait découvrir des positions assezradicales qui opposent les mondes virtuels et les mondes augmentés (les augmentatistes).Je n’ai pas trouvé de littérature abondante à ce sujet mais elles traduisent une bataille defond entre les défenseurs de Second Life et les mondes qui s’insèrent dans un navigateur.Ces querelles me semblent désuètes parce que trop centrées sur l’outil et laissent de côtél’essentiel : est ce que les mondes virtuels donnent une valeur ajoutée à l’apprentissage ? Module formation mondes virtuelsLa pratique des mondes virtuels me montre qu’il est vain de croire que les participantsvont comprendre rapidement et seuls les modalités de fonctionnement (même les fameuxdigitals natives). Voici une première tentative d’élaboration d’un document de formation àremettre avant toute séance. Ce document doit permettre de mieux aider l’administrateur àguider les participants. L’administrateur n’a pas le même écran que les utilisateurs. Parextension il faut se poser la question des liens entre le réel et le virtuel, quelle est la partde la formation en réel présentiel pour être efficient en virtuel, distant, synchrone ? 107
  • 108. Le premier module de formation s’applique au monde Assemblive. On peut appliquer lesmêmes règles aux mondes virtuels développés dans Second Life parce que lesproblématiques sont encore plus complexes. Il s’agit d’être en capacité de mouvoir sonavatar, de l’orienter dans un vaste monde. Par conséquent comment se donner rendez-vous ? Quel lieu sera le lieu de réunion ? Sera t’il au sol, dans les airs ? La vidéo ci-dessous donne un aperçu de la complexité du déplacement. Le référencement préalabledes lieux est indispensable. Conférence virtuelle N° 3Contexte pré – réunionConférence avec des professeurs de gestion de l’académie de Lyon. Mardi 06 avril 201021 heuresL’objectif de cette réunion est de mettre en pratique le cadre conceptuel développé aucours d’un stage. Chaque enseignant et IPR sera à son domicile et participera enprésentant un sujet ayant pour thématique l’économie. Chaque participant aurapréalablement préparé un diaporama de maximum 5 slides.Objectifs de la séance : • L’aspect technologique, les ordinateurs, le soft, les connexions ; • Le travail distant synchrone ; • Le travail commun avec une diversité de public (enseignants, IPR, professeur d’autres disciplines) ; • La construction d’une interaction pédagogique ; • Envisager des suites dans le champ disciplinaire de l’économie et gestion (essaimage de pratiques)Un petit mémo de présentation du monde virtuel a été envoyé au groupe préalablement àla réunion. 108
  • 109. Post réunion 22 heures 16 – 7 participantsComme à chaque fois que l’on organise une première réunion avec une nouveau groupec’est l’effet d’apprentissage qui domine et sa suite de questions techniques à régler endirect : • Prise en main de l’avatar et déplacement ; • problème de son lié au calibrage du microphone et à la distribution de parole ; • Comprendre à distance les réglages de l’équipement de son correspondant.Après des débuts compliqués pour raisons de prise en main de l’outil, nous avons pudialoguer correctement, trois présentations ont été réalisées (Yolande Barrau, EricGuiraud, Jean-Paul Moiraud) à la fois en mode voix et en mode présentation dudiaporama grâce au viewer intégré. C’est une amélioration évidente par rapport à mesautres expériences, c’est même un élément central du dispositif.Je constate que lorsque le public est habitué aux conférences en ligne le temps consacréaux réglages s’amenuise parce qu’il y a une meilleure maîtrise de l’outil.Dans un cadre pédagogique il faut absolument passer par des phases de formation enprésentiel avant d’envisager un travail de fond, c’est indispensable (une formation enprésentiel a priori me semblerait être la bonne solution). Ce discours vaut pour tout typede dispositif en ligne (Opensim, second life n’échappent pas à cette règle) – Il estnécessaire de tutorer les futurs tuteursAprès la phase de réglage nécessaire nous avons pu envisager les applicationspédagogiques possibles, il en ressort plusieurs pistes : • Individualisation de l’enseignement ; • Cours en ligne avec utilisation de documents en appuie ; • Aide aux élèves malades ; • Session de révision …Nous avons convenu d’une prochaine réunion Merci aussi à Béatrice Donguy, RaphaëlMultari et Annie Faure pour leur participation activeLes ressources de la réunion Présentation de Véronique Bellemin Présentation de Yolande Barrau Présentation d’Eric Guiraut 109
  • 110. Présentation de Jean-Paul MoiraudTwitter pendant la séance (une activité peu significative) • Réunion virtuelle le 06 / 04 / 2010 21 heures – Suite stage en présentiel – essaimage construction pédagogique – Des profs cette fois # ecogest-lyon • réunion virtuelle demain le hashtag sera # ecogest-lyon • Test de fonctionnement d’assemblive avec Yolande # ecogest-lyon • pb communication sur assemblive # ecogest-lyon • Eric Guiraut fait sa présentation # ecogest-lyon Une entrevue avec Jean Michel BillautL’entrevue au E.Billaut showLa vie professionnelle d’enseignant réserve des surprises et parfois de très bonnessurprises. Un jour j’ai reçu un mail que j’ai trouvé énigmatique :« accepteriez vous un interview par skype visio sur votre première expérience de cours online avec Assembly ? de parler du monde de l’éducation face au 2.0 ? etc…vous pouvez-voir un peu ce que je fais sur mon blog (http://billaut.typead.com)Si OK il faut nous fixer une date (en gros cela dure 15 à 20 minutes)..A vous lire«J’ai pris contact par curiosité et j’ai rencontré une personne formidable Jean-Michel Billaut.Si j’ose le superlatif ce n’est pas parce que j’ai eu droit à une entrevue mais parce que jele pense sincèrement (ce blog étant dédié à la pédagogie et aux TICE, je n’irai pas flirteravec l’extime). Je resterai dans l’institutionnel en disant que Jean-Michel Billaut vientd’être élu homme de l’année par l’ACSEL – La vidéo de son discoursJean Michel Billaut me qualifie de E.Franc tireur, c’est flatteur« Bouger notre Education Nationale pour l’adapter à l’économie numérique, n’est pas unemince affaire… 110
  • 111. Mais Jean Paul, dans son petit coin, s’y est attelé. Il n’est pas le seul (il y en a quelquesautres). Structures hiérarchiques lourdes, syndicats … Et telle une poule qui a trouvé uncouteau, notre Education Nationale observe…Jean Paul est enseignant à Lyon. Il est professeur de gestion en section « design demode » (Lycée La Martinière Diderot). Il intègre des mondes virtuels dans des dispositifsd’apprentissage en présentiel… Pourquoi a-t-il choisi la plateforme Assemblive (déjàpassé au e-billautshow) ? Est-ce vraiment un cours qu’il fait dans ce monde virtuel ?Comment fonctionne la mécanique ? Ses étudiants sont-ils intéressés ? (oui car ce sontdes « digital natives », pas besoin de leurs expliquer comment cela fonctionne…). Etc«Dans les commentaires Xavier Coiffard (@AngeZanetti) parle d’évangélisateur (à proposde Jean Michel), on retrouve là le langage des fidèles de SL. Jean – Michel Billaut est-ilun Evangelist advisor ? AssurémentMon entrevue avec Jean-Michel BillautLEducation Nationale observe... Conférence virtuelle N°2La conférence du 25/03 – PréparationLa conférence virtuelle N° 2 s’est déroulée le 25 mars de 21 heures à 22 heures 30.L’intervenante était Thomasine Giesecke designerVoici son bookCette intervention a été préparée en amont, réunions techniques et cadrage conceptuel.Le cadrage de l’interventionAprès la conférence – ConstatsJ’aborderai plusieurs points : 111
  • 112. • Le public de la conférenceUne assistance nombreuse est venue écouter à la conférence, des étudiants et desobservateurs.- Des étudiants de BTS et des étudiants de DSAAT étaient présents et ont participé audébat en posant de nombreuses questions.- Des observateurs professionnels, selon mon recensement il y avait, une responsable decommunication d’une entreprise industrielle, deux organisateurs d’un évènement lié auxserious games, un responsable d’une entreprise (je me souviens qu’il était question devidéo surveillance), un viticulteur bordelais. • Les aspects technologiques- La seconde séance s’est améliorée du point de vue technique, nous avons pu écoutersans problème la conférence de Thomasine Giesecke. Le chat est un outil précieux encomplément de communication.- Mes interventions orales étaient d’un niveau de réception faible, je crois que cela tient àma (encore) mauvaise prise en main de mon I.mac et de la configuration son.- Certains participants ont eu des pbs de connexions. Il me semble que cela est du à lanature de leur connexion (à vérifier) « 5ème déconnexion intempestive de la salle decours. J’abandonne… Mais expérience à renouveler. » – « Grrr, ma connexion n’arrêtepas de planter ! « - LP- Écouter le (la) conférencier(e) et visualiser son diaporama. En phase d’expérimentation,il est parfois difficile de gérer tous les paramètres. Je suis encore dans une logique du réelque je transfère dans le virtuel. Je m’aperçois que j’associe inconsciemment conférence,amphithéâtre et besoin d’être assis. Or ce qui prime c’est le contenu intellectuel.Assemblive met à disposition une salle virtuelle qui permet de visualiser le diaporama enmême temps que la conférence (un avatar non assis ne souffrira jamais de lumbago). Jetiens compte de cette erreur et la prochaine conférence sera dans la salle évoquée.A terme il sera possible de visualiser le conférencier par technologie one to manyLe prochaine conférence aura lieu ici – Nouvelles fonctionnalités – Une salleavec un écran de visualisation central1 - Un nouveau design de salle avec un écran central2 – Salle avec un viewer 112
  • 113. La salle de conférence est équipée d’un viewver pour chaque auditeur (confort de lecture)>/br>3 – Lieu de conférence privéeIl est possible de prévoir plusieurs discussions pour plusieurs groupes en simultané. Lesconversations ne se percutent pas.Je pense en conclusion que nous sommes dans la bonne direction, à terme nous auronsisolé les problèmes techniques et nos conférences seront totalement fluides.Déroulement de la conférence – Conclusions • La conférence et sa thématiqueLa conférence virtuelle s’est déroulée conformément au plan de travail fixé. Thomasine estintervenue de façon fort brillante en se tenant au plan de travail fixé en amont • TwitterLa conférence a été aussi commentée sur twitter #giesecke par plusieurs participants, il ya eu des RT • FacebookUne personne a rédigé une note sur l’œuvre cœur blindé. • Point de vue technico – pédagogiqueA la deuxième conférence, je n’ai pas progressé, je tire les mêmes constats qu’à lapremière conférence. Je n’arrive pas à tout gérer en même temps c’est-à-dire, accueillirles gens, mener les débats, suivre le chat, twitter, prendre ds photos, enregistrer les films… Les traces des débats ne sont pas à la hauteur de mes attentes, elles sont partielles etforcément c’est insatisfaisant.Un film de la séance mais je n’ai pas encore réussi à insérer le son 113
  • 114. Tout me pousse à penser que cette construction pédagogique qui instrumente les mondesvirtuels fait émerger des spécialités (développeur, concepteur de cours, meneur de débat,gestionnaire de ressources pédagogiques etc). Un travail nécessairement transversal quiinstrumente des spécialités bien identifiées. Conférence virtuelle N° 1Le 03 mars 2010, nous avons organisé la première réunion virtuelle, étaient présentsenviron 25 étudiants et profs (certains avatars représentaient plusieurs étudiants). Lethème de la séance : DSAAT quelle formation ? Savoirs et compétences à acquérir.Pour reprendre une image tirée de la presse écrite, nous pourrions dire que c’était le N° O.Premier constat, le statut de professeur orchestre (concepteur du processus, trouveur deconférencier, meneur des débats, technicien pour la capture des ressources …) est parfoislourd à assumer. Le stress ne m’a pas laissé le temps de vérifier les calages de quick timeplayer et j’ai oublié d’activer le module sonUne séance qui s’est déroulée de 20 heures 30 à 22 heures 30Un grand merci aux étudiants de DSAAT et aux étudiants de BTS pour leur brillanteparticipation.Analyse de la séanceDans un ancien billet je tentais de définir le travail collaboratif et je disais1 :«Collaborer c’est : Ne pas connaître à l’avance le résultat de la collaboration est lapremière caractéristique du travail collaboratif. L’enseignant prend le risque de seconformer aux décisions du groupe. Cet aspect est probablement un argument de rejetprévisible pour de nombreux enseignants. Sur le terrain les apprentissages sont au centred’une double tension, réaliser les objectifs du programme , respecter la progressionpédagogique dans un calendrier contraint. L’incertitude générée par le travail collaboratifest forte, le risque d’échec est à prendre en compte.»Nous étions hier soir dans cette situation, les faits ne l’ont pas démenti.En organisant cette première réunion nous prenions un risque, celui de réussir ou celuid’échouer lamentablement.Je vais essayer d’analyser le plus objectivement possible cette réunion virtuelle sous desangles multiples. Je vais bâtir mon plan en utilisant le cadre de construction d’un scénariopédagogique – Le contexte, les outils, les acteurs, les ressources. • Le contexteune conférence en ligne organisée pour les étudiants de DSAAT et BTS du lycée LaMartinière-Diderot. 114
  • 115. Présents une vingtaine d’étudiants (chiffres à affiner) et deux enseignants (un professeurde tissage, un professeur de gestion).Le but était de faire dialoguer des professionnels du secteur avec des étudiants en coursde formation. • Les outilsLors d’une première expérience, les enjeux technologiques sont primordiaux, du bonfonctionnement technique dépend la réussite pédagogique.Au moment de lancer la conférence je ne connaissais pas le parc machine des étudiants(je le suppose hétérogène). Il serait probablement indispensable de rédiger un mémotechnique de configuration.– Le microphoneDes étudiants sollicités pour intervenir, ainsi qu’un professeur ont décliné l’invitation aumotif qu’ils n’avaient pas de microphone. Une question se pose le microphone esteffectivement absent ou le participant connait mal le fonctionnement de son ordinateur ?- La connexion internetElle a été le gros problème technique de cette séance. A la façon des ordinateurs, lesmodalités de connexion étaient hétérogènes (Box, ADSL, borne wifi, G3 …). Cela ramèneaux réalités de l’enseignement. J’ai l’habitude de travailler avec des enseignants de lacommunauté numérique, issus des milieux universitaires ou enseignants du secondairegeeks, tous équipés a minima d’adsl lorsque ce n’est pas la fibre.Résultat la première conférencière prévue s’est désistée pour cause de crash de lafreebox, la seconde n’a pas pu venir pour cause de connexion poussive.Pendant la conférence une étudiante a abandonné la conférence par impossibilité decharger l’environnement (son avatar était nu cf un message de chat).Je suppose que tous les autres participants qui sont restés à la conférence c’est-à-dire lamajorité des étudiants étaient équipés de lignes haut débit (à vérifier)Un reproche unanime de la part des participants a été le son haché à certains moments.Henri Morlaye de la société aworldforus (concepteur de assemblive) en donne lesexplications techniques plus bas. Si je comprends bien il est nécessaire de n’ouvrir que lemonde virtuel pour le pas perturber les connexions. • La solution pour éviter que le son soit haché : Le modérateur de la séance (moi) doit désactiver la fonction free talk et donner la parole aux intrevenants (de façon alternative) en cliquent sur la fonction add zone moderator de chaque avatarConclusion intermédiaire faire le point avec les étudiants sur le parc machine.- Le logicielJ’ai l’impression que la prise en main du monde s’est faite sans encombre par lesparticipants. Je suppose que les nombreux essais réalisés en amont ont contribué à uneprise en main efficace. 115
  • 116. • Les acteursIls étaient prévus au nombre de trois catégories :- Les étudiantsIl a été défini en cours le principe suivant : La participation reposent sur le volontariat.Dans la mesure ou cette activité est hors le cadre institutionnel je n’ai pas d’argument pourobliger, contraindre. C’est d’ailleurs un bel exercice pédagogique, agir par la conviction.- Les enseignantsUn seul enseignant pour l’instant parce que je ne me suis ouvert de mon projet qu’à unseul enseignant de la section. Le travail d’explication doit s’amplifier.- Les professionnels du secteurDeux intervenants étaient prévus mais pour des raisons purement techniques (problèmesde connexion) ils n’ont pu venir. Le groupe dans un esprit de travail collaboratif a décidéde faire contre mauvaise fortune bon cœur et a mis en place une discussion structurée surla nature de la formation DSAAT. Une présentation des enjeux de la formation (acquisitiondes savoirs et des compétences) puis de questions / réponses s’est organisée.- Les avatarsL’auditoire d’avatars est intéressant à analyser. J’avais énoncé les règles d’identification,utiliser son nom d’état civil. En pratique quelques avatars représentaient plusieursétudiants réunis pour bénéficier d’un équipement ou d’une connexion efficiente. Un pointd’analyse intéressant sur la nature de l’identité numérique, avoir trois personnes sous uneidentité sans que l’on soit dans le domaine de la pathologie.Il faudra réfléchir à l’avenir sur la façon d’identifier un avatar multiple- Les relations entre les acteursNous avons appris que les conversations doivent faire l’objet d’une discipline technique.Celui qui parle ouvre son microphone, lorsqu’il cesse de parler il coupe son micro.Echanges de mails, suite à la conférence • Debriefing technique- Dialogue asynchone Henri Morlaye – Jean-Paul MoiraudNous avons eu quelques problèmes techniques (en fait un seul) parfois un son haché.Avez vous des explications ?Le son haché vient dans la quasi totalité des cas:- des réseau bas débit, ou haut débit mais partagé par trop de personnes- un logiciel de partage de fichier utilisant aussi la bande passante montante commebittorrent utilisé sur l’ordinateur ou un autre ordinateur utilisant le réseau. En fait n’importequelle application saturant la bande passante montante.Dans les deux cas cela se voit en regardant la jauge verte ou rouge à coté du nom duparticipant.On a eu très rarement des cas de micro défectueux, facile à vérifier en utilisant skype ou 116
  • 117. gtalk. Et une fois une entreprise qui avait un logiciel interne qui posait des problèmes auniveau du proxy, et rendait le son haché, le logiciel s’appellait Videotron je crois. Si aucunede ces explications ne s’applique on est face à une nouvelle espèce de problème.> Mais le résultat est globalement très positif, nous allons continuer.Fantastique. Je suis impatient que l’on sorte la nouvelle version, probablement ce weekend ou la semaine prochaine.> Nous avons appris à faire fonctionner en groupe (environ 25) couper le micro. en cas denon participation et ouveture du micro en cas de participation. Intéressant. C’esteffectivement la manière la plus sûre de fonctionner pour un groupe discipliné. Il existeégalement un système de micro monopolisé par le conférencier, qu’il peut donner auxauditeurs qui désirent poser des question. Je devrais faire un screencast sur ce sujet unde ces jours. Un screencast existant en parle déjà un peu:http://aworldforus.tumblr.com/post/240181568/focus-on-ease-of-use-this-screencast-will-show> Les problèmes techniques viennent surtout des équipements des étudiants et de lanature des connexions (l’absence de box et le 3G sont rédhibitoires)Oui effectivement, entre le téléchargement de scènes 3D et la voix sur IP la connexion doitêtre de type ADSL. Beaucoup d’étudiants sont concernés par ce souci ?Comment éviter les coupures de son ?Suite conversation – Quelle est la solution pour éviter le son haché ?Et bien je dirais dans l’ordre le protocole serait: 1) Si une personne entend tous les autresen haché, mais les autres entre eux ne s’entendent pas haché: lui demander de vérifierson débit descendant par exemple avec un site comme http://www.speedtest.net/2) Si tout le monde entend haché une personne et voit sa jauge en rouge: lui demander devérifier son débit montant avec Speedtest et de vérifier s’il n’y a pas une applicationutilisant le débit montant comme bittorrent sur son ordinateur ou celui de quelqu’un utilsantla même box.3) Si les débits montant et descendant sont bons, vérifier la qualité du micro par exempleen discutant avec quelqu’un en aparté avec Skype4) Si rien ne marche, faire un rapport de bug. • Debriefing pédagogique- Marie étudiante de DSAAT (réaction immédiate après la conférence)Bonsoir,Cette réunion virtuelle , qui malgré l’absence de la principale intéressée, était plutôtréussie. Face à un professionnel certes le débat aurait pour moi plus intéressant.Organiser un questions réponses pour les filières dsaa ou post dsaa pourrait peut êtreintéressant pour certains étudiants en manque de réponses…Vivement la prochaine réunion virtuelle!!En espérant que le dieu des ordi sera avec nousCordialementMarie 117
  • 118. • Debriefing graphique 118