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Le supplément "climat" du Soir établit le bulletin de la Belgique en matière climatique. Pas très brillant...

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  1. 1. MARDI 12 novembre 2013 / Edition Bruxelles-Périphérie / Quotidien / No 263 / 1,50 € / 02 225 55 55 NON, LE PHOTOVOLTAÏQUE N’EST PAS MORT ! P.3 PHILIPPINES Le typhon le plus puissant de tous les temps P.6&7 SOMMET MONDIAL SUR LE CLIMAT 10 PAGES SPÉCIALES Climat : un piètre bulletin pour la Belgique LOGEMENT Croissance de 30 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 90 : le secteur des transports est un véritable souci chez nous. La route plombe le bilan. Les transports publics peinent toujours à convaincre. L undi s’est ouvert à Varsovie le 19e sommet mondial sur le climat. La lenteur et la difficulté de ces négociations entre 190 pays du monde exaspèrent ceux qui sont en première ligne du changement climatique. Nombreux sont ceux qui ont saisi l’argument du typhon dévastateur qui a endeuillé les Philippines pour reprocher leur égoïsme à ceux qui traînent les pieds dans les discussions. Même si les scientifiques ne peuvent pour l’instant éta- Les renouvelables progressent dans notre pays. Mais pas assez pour espérer atteindre l’objectif européen de 13 % de la consommation. Beaucoup de contestations accompagnent le secteur qui est en manque de clarté et de stabilité. blir que le réchauffement du climat est à l’origine de tels événements et qu’il les multipliera à l’avenir, une chose est sûre : avec l’élévation du niveau de la mer, les communautés côtières seront de plus en plus affectées par la violence des tempêtes. Pas sûr cependant que cela suffira à troubler les négociateurs les plus rudes… Comme ce fut le cas lors des précédents sommets, la Belgique défendra une position ambitieuse à Varsovie. Elle dispose d’une équipe de négociateurs aguerris et a mis fin aux plus vives querelles internes. Notre pays est désormais favorable à un relèvement des ambitions européennes en matière de réduction de gaz à effet de serre. Nous acceptons une aide accrue aux pays en voie de développement. Mais cette position saluée par les pays les plus pauvres et les organisations non gouvernementales est sérieusement mi- © Y. AYAD (ST). © PIERRE-YVES THIEPONT. © SYLVAIN PIRAUX TRANSPORTS RENOUVELABLES L’image ambitieuse que se donne la Belgique sur le dossier climatique est-elle usurpée ? Un bilan s’impose de nos politiques et de nos engagements. Conclusion : il y a encore du boulot. Il y a une énorme marge de progression dans le bâtiment résidentiel, indiquent toutes les études. Les efforts actuels ne sont pas suffisants. Le bâti est très vétuste. Le rythme de rénovation des bâtiments est trop lent. Il faut accélérer. née par nos piètres performances quand nous jouons « à domicile ». Lorsqu’il s’agit de réduire nos propres émissions, nous n’atteignons l’objectif qu’en achetant du CO2 à l’étranger. Notre résultat masque mal que les émissions de certains secteurs dérapent sérieusement. Il est clair que sans nouvelles mesures, nous n’atteindrons pas la cible de 2020. Et nous ne pourrons plus recourir massivement à des achats « d’indulgences climatiques ». Il va donc falloir réduire en interne. En matière de renouvelable, le compte n’est pas bon non plus. Et en raison de querelles internes entre Régions et fédéral, la Belgique ne respectera pas son engagement financier à l’égard des pays les plus pauvres. Bref, une remise en cause s’impose. Un bilan transparent. Et de nouvelles politiques. Tout le monde devra s’y mettre. En attendant un vrai débat, Le Soir ouvre ce difficile dossier. ■ MICHEL DE MUELENAERE L’ÉDITO Michel De Muelenaere le climatique la Belgique : pas top. l’éviV oilà nebulletinplaire àAtoutde dence, il va pas le UN PETIT BULLETIN ET PUIS UN GRAND DÉBAT ? 46 5 413635 008207 monde. On entend d’ici les arguties, les « c’est pas moi, c’est l’autre ». On les attend. L’exercice est à haut risque dans un pays éclaté où trouver des chiffres et des évaluations relève de l’exploit. Dans notre beau pays, un tel bulletin régulier ne se fait pas. Ce serait le rôle des autorités ; mais lesquelles ? Ce serait prendre le risque d’identifier des responsables. Nous sommes donc incapables d’y voir clair dans l’impact de nos politiques climatiques. Pire, on est incapable de s’entendre sur les chiffres : les Régions ont les leurs, le fédéral a les siens. Et les Nations unies n’en peuvent plus de demander aux Belges de se mettre d’accord. Mais oublions cela. Globalement, on sait que la Belgique n’est pas Oser des remises en question et discuter de tabous dans les clous. Et qu’à l’avenir le dérapage risque de s’accentuer. Alors, il n’est pas trop tard pour identifier ce qui coince. Pour distribuer les bons et les mauvais points. Personne n’y échapperait. Consommateurs, travailleurs, voyageurs, entreprises, syndicats, ONG. Tous ceux qui s’inventent une excuse : « Il n’y a pas d’alternative. » Avec mention spéciale pour ceux qui disposent de l’information et des moyens mais refusent de faire leur part du boulot. N’y échappent pas même les médias qui méritent leur part de taloches pour n’être pas assez critiques, pour attendre eux aussi comme le Messie le fameux « retour de la croissance » (quelle croissance ?), pour persister la bouche en cœur : « Bonne nouvelle, le prix des carburants est à la baisse. » L’obsession de ce qu’on appelle « le portefeuille des gens »… Mais puisque ce sont eux qui ont les mains sur les manettes, les politiques sont sans aucun doute les premiers à interpeller. De toutes parts, les analyses convergent : dédain pour le dossier climat/énergie trop connoté « écolo » ou « anti-entreprises », blocage institutionnel, absence de vision à long terme, manque de réflexion et de courage politiques. Ce ne sont pourtant pas les études scientifiques, les recherches et les avis d’experts qui manquent. Ils sont climatologues, économistes, sociologues, experts en aménagement du territoire, en consommation, en énergie, en mobilité… Même des instances ultra-environne- mentalistes comme l’OCDE, la Commission, le Bureau du Plan et le Conseil supérieur des Finances s’y sont mis. Tous soulignent qu’au rythme actuel, avec les mesures actuelles, la Belgique n’atteindra pas ses objectifs. Tous disent qu’elle peut y arriver. Mais qu’il faut pour cela accepter des remises en question, de discuter de tabous, d’oser des discours complexes. Celui-ci par exemple : la fiscalité n’est pas une maladie honteuse. Au contraire, elle peut-être un outil de progrès. Des gens normaux, des entreprises s’y sont mis. A quand une société, un pays ? 1
  2. 2. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 2 LE BULLETIN CLIMATIQUE BILAN Climat : la Belgique est loin du compte Sous un chiffre globalement satisfaisant peuvent se cacher bien des surprises. Et la preuve que beaucoup de progrès restent à faire. ur papier, le bulletin belge semble nickel. Même l’Agence européenne pour l’environnement le dit : « La Belgique est en voie d’atteindre son objectif de Kyoto. » Pour rappel, ce protocole international signé au Japon impose que notre pays réduise ses émissions de gaz à effet de serre de 7,5 % entre 1990 et 2012. En 2012, la Belgique avait réduit ses émissions d’un peu plus de 15 %. Première de la classe en matière de lutte contre le changement climatique : qui dit mieux ? La bonne mine n’est qu’apparente. En réalité, si la Belgique a fortement réduit les émissions industrielles de gaz à effet de serre, il n’en va pas de même pour d’autres secteurs, et principalement pour le transport et le bâtiment qui voient leurs émissions continuer à progresser (voir cidessous). Certaines politiques ont porté leurs fruits. D’autres, reconnaît benoîtement la sixième « communication nationale » que notre pays doit prochainement remettre aux Nations unies, « n’ont pas pu être estimées ». Enfin la Belgique ne parvient à boucler ses « fins de mois climatiques » qu’en achetant des droits d’émission de CO2 à l’étranger. Près de 233 millions d’euros ont été dépensés dans cette politique, dont 168 par le fédéral et 64 par la Flandre. Dernière pierre dans notre jardin : la Belgique est distancée par ses partenaires européens en matière d’énergies renouvelables. Derrière les bons chiffres, satisfaisants pour un objectif pourtant modeste, un bulletin s’impose. Il doit être le plus transparent possible alors que nous approchons d’élections fédérales et régionales en mai 2014. Car il y a un évident dérapage des émissions belges ; « un déficit significatif subsiste », indique un document officiel. La faute à qui ? « Les me- S L'évolution des émissions de gaz à effet de serre belges Emissions totales En millions de tonnes équivalent CO2 143 1990 146 132 2000 Le Soir - 12.11.13 Source: Agence européenne pour l'Environnement Emissions par habitant En tonnes équivalent CO2 14,4 120 121 2011 2012 14,3 2010 12,2 1990 2000 2010 10,9 10,9 2011 2012 sures prises, notamment au niveau régional, sont insuffisantes », indique-t-on au fédéral. Les Régions accusent quant à elles le fédéral d’avoir supprimé des mesures essentielles comme des déductibilités sur des investissements économiseurs d’énergie. Et de ne pas actionner les leviers dont il dispose, dont celui de la fiscalité. Tous les experts le disent : si les autorités ne passent pas à la vitesse supérieure, on n’y arrivera pas. Les commentaires ne sont pas tendres à l’égard des politiques. « Peu de gens font leur boulot », dit un expert. « Le fait de dire que l’environnement passe après l’économie est une catastrophe, ajoute Frédéric Chomé, patron de Factor X, une boîte de consultants. L’environnement c’est l’économie ! La croissance économique, c’est de la consommation énergétique. » Pour Jan Vandermosten, expert climat au WWF, « cette façon de voir n’a toujours pas changé dans la tête des politiques ». Opposition ? « Il y a au contraire de nombreuses opportunités qui profitent tant à l’environnement qu’à l’économie », ajoute un haut fonctionnaire. Mais les esprits sont lents à décoincer. « Les enjeux énergétiques/climatiques ne sont pas appréciés à leur juste mesure par nos décideurs, accuse un connaisseur de la matière. Avec le recul historique, on réalisera que les politiciens de notre époque ont totalement manqué de vision et de sens des responsabilités à cet égard, avec potentiellement de lourdes conséquences. » ■ MICHEL DE MUELENAERE Transport routier, bureaux et logement, les incertitudes du bilan CO2 le chiffre tions de CO D errièred’émissionsdes réduc-: d’importantes différences. Et le 2 constat : si les entreprises ont atteint l’objectif, dans le transport, le logement et dans une moindre mesure le tertiaire, « on a loupé le coche », dit un chercheur. Transport Emissions en croissance de 30 % entre 1990 et 2011. Principal responsable : le transport routier (97,6 %). « La plupart des indicateurs sont à la hausse, dit un rapport officiel. Le nombre de véhicules a crû de 49 % depuis 90. Le trafic a augmenté de 41 %. Le transport de marchandises par route de 82 %, celui de passagers de 30 %. » « Le nombre de kilomètres moyen par voiture (pic atteint en 2004) et le nombre moyen de kilomètres par habitant (stable depuis 2009) semblent marquer un plafond, note l’économiste Philippe Defeyt, patron de l’Institut Part des principaux secteurs dans les émissions totales en 2011 Chauffage tertiaire 4,3 % Industrie (processus) 9,4 % Evolution des différents secteurs par rapport au niveau en 1990 Kilotonne équivalent CO2 Industrie - 9.228 (combustion) Industrie - 7.974 (énergie) Déchets 1,3 % Autres 0,9 % Transport 22,5% Industrie - 5.329 (processus) Transport 6.232 873 Chauffage tertiaire Agriculture 9,4 % Chauffage résidentiel - 3.437 Industrie (combustion) 19,6 % Chauffage résidentiel 14,2 % Industrie (énergie) 18,4 % Agriculture - 2.467 - 1.770 Déchets - 66 Autres 0 (situation de 1990) du développement durable. Malgré cela le nombre de kilomètres parcourus par les voitures continue d’augmenter, même pendant la crise 2008-2012. En cause : l’augmentation du parc de voitures (+ 6,4 % entre 2008 et 2012). » Avatar du système salarial belge, les voitures de société ont toujours la cote (près de 230.000 sur les routes). « Même si le changement de statut fiscal a orienté les ventes vers des véhicules plus modestes, cela n’a pas influencé la politique d’octroi des voitures », note Pierre Courbe, expert chez Inter Environnement. Logement Les émissions de CO2 principalement dues au chauffage bondissent en année froide, chutent en année chaude. L’enjeu, alors que la population croît de même que le nombre de logements : rénover, isoler. « Le bâti en Belgique est une catastrophe. » A peine 1 % du parc est rénové chaque année : très insuffisant. Un optimiste : « Le retard se résorbe. Certaines mesures comme l’obligation du standard passif à partir de 2015 à Bruxelles sont de nature à booster la rénovation énergétique. » Effets attendus dans les années à venir. « Plus un entrepreneur ne peut se permettre de ne pas proposer des solutions basse énergie/passives. » Un autre, Wallon, plus dur : « En rénovation on n’est presque nulle part. C’est là l’enjeu. Construire des nouveaux bâtiments passifs ou basse énergie ne fait que rajouter ! Il faut consommer moins et vite. » Un autre : « Croire qu’on va y arriver seulement avec des carottes, c’est rêver. Si on ne progresse pas, on risque une bulle immobilière : de nombreux logements trop vétustes sortiront du marché locatif. » ■ M.d.M. 2
  3. 3. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 LE BULLETIN CLIMATIQUE Merci qui ? Merci la crise… Petits achats de CO2 entre amis L’effet des politiques, bien entendu, mais aussi des facteurs beaucoup moins maîtrisables. D’une certaine manière à l’heure de recevoir leur bulletin climatique, la Belgique (et l’Europe) peut dire merci à la crise. Car même si l’amélioration de l’efficacité énergétique a permis un relatif « découplage » entre la croissance économique et les émissions de gaz à effet de serre, les deux restent étroitement liés. Le plongeon de l’activité économique, ces dernières années, a entraîné dans son sillage la courbe des émissions. Après une pâle année 2008 (+1,0 %), le produit intérieur brut belge a chuté de 2,8 % en 2009. Il a repris des couleurs en 2010 (+2,3 %), ralenti en 2011 (+1,8 %), puis encore pris un coup dans l’aile en 2012 (-0,1 %). Les gaz à effet de serre, marqueurs de l’activité économique et de la consommation, ont suivi. « Il n’existe pas d’étude qui évalue l’importance de cet impact », indique un fonctionnaire. Mais il est clair qu’une partie du fléchissement est due à la crise, même si certains pointent aussi l’amélioration des technologies et la poussée des renouvelables. « En 2008, compte tenu de la croissance, on ne tenait pas les plans de réduction d’émissions pour 2012, confirme un expert. En 2012, on peut se réjouir : la mise ger des permis d’émettre du CO2 ? « Non », indiquent tous les experts. Pour comprendre ce paradoxe (notre pays fait mieux que son objectif ), il faut se risquer dans le labyrinthe des réductions d’émissions. Et oser quelques raccourcis… Comme tous les pays, la Belgique a un objectif de réduction : -7,5 % en 2012 par rapport à 1990. Une partie de cet objectif est attribuée aux grandes entreprises qui rentrent dans un système d’échange (puis mise aux enchères) de quotas de CO2 : l’ETS. L’autre partie est attribuée au nonETS (le logement, les transports, l’agriculture, les petites entreprises…). Dès le début, les entreprises ont reçu de généreux quotas. La crise achève de leur faciliter la tâche. Résultat : elles font bien mieux que l’objectif et se retrouvent avec d’importantes quantités de permis non utilisés qu’elles peuvent « épargner » ou revendre. Mais c’est au détriment des autres secteurs qui, eux, explosent le compteur. Seule manière d’atteindre l’objectif : acheter du CO2 à l’étranger. La technique consiste à financer des projets économiseurs de CO2. Ce sont les Etats qui s’y collent. En Belgique, le fédéral, qui comble le déficit des Régions, a dépensé près de 170 millions. L’argent est allé vers la gaz à effet de serre d’un pays L es émissions dedes peuvent baisser pour bien raisons. à l’arrêt de tous les fours de la sidérurgie a beaucoup aidé. » Dans le courant des années 90, en Wallonie, plusieurs cokeries et hauts-fourneaux ont été éteints. Pour l’économiste Philippe Defeyt, la désindustrialisation wallonne, combinée à l’amélioration technologique des activités subsistantes explique « 60 % de la baisse des émissions wallonnes. » L’augmentation des prix de l’énergie, qui a poussé les uns et les autres à réduire leur consommation, a aussi joué. Mais une « bonne » nouvelle a son corollaire : le retour de la croissance fera redécoller les émissions. « C’est mécanique. Une reprise se répercute immédiatement sur la consommation énergétique, l’activité industrielle et le transport qui tirent les émissions. » Le Bureau du Plan et les instituts statistiques régionaux prévoient une quasi-stagnation des émissions de CO2 entre 2012 et 2018, note Defeyt. Un syndicaliste craint même que pour « soutenir la croissance », certains plaident pour la levée de contraintes environnementales. Bien vu. Ça s’entend déjà. Un espoir : les industriels ont souvent fermé d’abord les outils les moins efficaces. Et certains espèrent que la crise aura une vertu « pédagogique » auprès des consommateurs. Et aura ancré de nouveaux comportements plus sobres. ■ M.d.M. parviendrait-elle à atteindre ses objectifs de L a Belgique acheter à l’étranréduction sans Chine (près du tiers), l’Inde, le Brésil, le Vietnam, la Tanzanie, le Costa Rica, Chypre, la Bolivie, le Pérou, l’Argentine, le Brésil… Il aura servi à investir dans des centrales hydrauliques, des unités de biomasse ou des parcs éoliens. Les Régions, surtout la Flandre, ont déboursé plus de 70 millions. Et l’on songe déjà à l’avenir. La Flandre a lancé un appel d’offres pour 10 millions de tonnes de CO2 à faire valoir après 2013. Le fédéral songe aussi à se constituer une réserve pour atteindre l’objectif 2020 de -15 %. Les entreprises aussi ont joué à ce jeu. Car le prix du CO2 à l’étranger est inférieur au prix du quota qui se négocie dans l’ETS. Encore une économie… Mais la technique a ses limites. Car le CO2 très bon marché acheté à l’étranger, c’est autant de gaz non économisé chez nous. « Les politiques sont donc peu enclins à faire des efforts qui pourraient être impopulaires : il est plus simple et peu onéreux d’acquérir quelques millions de crédits carbone à 2-3 euros que de mettre plus de contraintes sur le transport, l’industrie ou le bâtiment. » Quelle part de nos réductions n’est en réalité que du CO2 « de papier » ? Environ 7,7 %, dit-on à l’administration fédérale. « 50 % », réplique-t-on chez Oxfam. Autre surprise du bulletin. ■ M.d.M. Sous les chiffres, la vraie empreinte un discours un provoc. Mais aussi un sain rapCà’estréalité. En vérité,brinémispel la les sions de gaz à effet de serre comptabilisées en Belgique ne correspondent pas véritablement à notre vraie « empreinte carbone ». Pour avoir une idée de ce que le Belge moyen « pèse » en termes de CO2, il ne faudrait pas seulement comptabiliser le carbone produit chez nous, mais aussi celui que nous importons ; celui qui intervient dans notre consommation (alimentation, appareils électriques et électroniques, voitures, textiles, etc.) et dans notre production. Il faudrait aussi comptabiliser le CO2 émis pour le transport de nos importations. Tous ces éléments n’entrent pas en ligne de compte dans les calculs effectués pour l’ONU qui utilise une méthode « cadastrale » comparable et reproductible. Cependant : selon le cabinet de consultant Factor X, l’empreinte carbone belge est en réalité plus de cinq fois supérieure aux chiffres officiels. Chaque Belge pèserait près de 60 tonnes de CO2 au lieu de 11 officiellement. Des chiffres contestés : le calcul est difficile. Il faudrait pouvoir suivre chaque produit dans les méandres de la mondialisation. Une autre étude parue dans les Proceedings de l’académie américaine des sciences évalue « l’importation de CO2 » en Belgique à 5 tonnes par habitant et par an. Nous sommes dans le « top 10 » mondial… La France et le Royaume-Uni effectuent régulièrement le calcul. Pas la Belgique. « Plus de la moitié de notre économie nationale est importée, rappelle Frédéric Chomé, patron de Factor X. La part de produit intérieur brut importé est, en Belgique, une des plus élevées au monde. Il est vrai que nous produisons peu pour notre consommation. » A l’inverse, la moitié des émissions de CO2 chinoises serviraient à produire pour l’exportation. Résultat de la délocalisation des activités les plus polluantes dans les pays en développement ? « Les délocalisations se font rarement vers des pays très attentifs aux contraintes environnementales », indique un chercheur. Selon les calculs du NTNU, institut de recherche norvégien sur la science et la technologie, basés sur la consommation de biens, la Belgique serait, derrière le Luxembourg, la deuxième plus lourde empreinte carbone au monde. Notre pays est un exportateur net d’émissions pour les gaz à effet de serre, confirme le Bureau du Plan dans une étude de septembre 2012. « En 2007, les émissions générées dans le cadre de la production de la consommation totale étaient 10 % plus élevées que les émissions générées par le pays même, contre seulement 7 % en 1995. » ■ M.d.M. www.ixina.be IXINA, ÉCO-PARTENAIRE DE GRAINE DE VIE DEPUIS 2010 1 CUISINE IXINA = 10 ARBRES PLANTÉS PAR GRAINE DE VIE IXINA est éco-partenaire de l’ONG Graine de Vie, qui a pour objectif de diminuer notre empreinte CO2 en reboisant à Madagascar. Pour chaque cuisine vendue, IXINA fait replanter 10 arbres par Graine de Vie. Et un arbre planté à Madagsacar compense chaque année plus de 10 kilos de CO2. www.grainedevie.org Retrouvez nous sur Facebook NOS CUISINES RESPECTENT LES FORÊTS La majorité de nos modèles de cuisine (les gammes Style & Infini, ainsi qu’une partie de la gamme Easy) sont labellisés PEFC* : les matériaux en bois utilisés dans ces cuisines proviennent de forêts gérées durablement et de sources contrôlées. Pour notre catalogue annuel et nos dépliants promotionnels, nous choisissons des imprimeurs disposant de la double certification PEFC-FSC**, les deux principaux programmes de gestion durable des forêts recensés dans le monde. Les papiers utilisés sont également certifiés PEFC *. 3 PEFC/04-31-1281 * Le label PEFC a été lancé par des propriétaires forestiers européens pour compléter le FSC et l’adapter à la configuration de la forêt européenne. ** Le label FSC est attribué par le Forest Stewarship Council (Conseil de bonne gestion des forêts), créé en 1993 suite à la Conférence de Rio par des représentants de l’industrie forestière et d’organisations aborigènes de 25 pays. 3
  4. 4. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 Le Soir Mardi 12 novembre 2013 4 LE BULLETIN CLIMATIQUE LE BULLETIN CLIMATIQUE 5 VOUS Ces petits gestes qui ouvrent la porte au changement Se loger, manger, se déplacer, consommer autrement… Des Belges s’interrogent. Des groupes se mobilisent. La crise est passée par là. Audit énergétique en vue La famille Spira loge dans une maison depuis 15 ans, à Nivelles. « Nous avons refait toute l’isolation du toit il y a quatre ans, car il faisait vraiment très froid dans le grenier. Et nous avons souhaité rentabiliser cet espace en chambre d’ami », explique Michaël. Selon une enquête de Test Achats, 40 % des Belges seraient dans ce cas. Bien vu : entre une maison mal isolée et une maison « basse énergie », les dépenses de chauffage sont divisées par deux. Et il y a encore de la marge. La consommation d’énergie par m2 du secteur résidentiel belge est à plus de 70 % supérieure à la moyenne européenne. Une étude du bureau de consultant McKinsey a montré qu’il est encore possible de réduire de moitié la consommation à l’horizon 2030. Tant à Bruxelles qu’en Wallonie, on en fait beaucoup trop peu, jugent tous les experts. Mathieu Sonck, secrétaire général d’Inter Environnement Bruxelles : « Il faut un plan à l’échelle régionale visant à rénover tous les logements et singulièrement les logements locatifs très importants. Pour cela, il faut mettre des grosses sommes sur la table et cibler les plus pauvres. » Encore faudra-t-il, tant dans la capitale qu’en Wallonie, simplifier les procédures et accélérer le mouvement. Les gestes qui sauvent ? Double vitrage (37 % des Belges l’ont fait), vannes thermostatiques et chaudière à condensation. Comme 45 % des Belges, les C hanger quelques habitudes a un impact positif pour l’environnement, pour la santé et pour le portefeuille. Sans affecter le confort et la qualité de vie. Et si beaucoup s’y mettent, les bénéfices seront très importants. Si ce n’est pas par altruisme, pourquoi ne pas le faire pour alléger la facture ou se sentir en meilleure forme ? Voilà pour la théorie, rabâchée par des campagnes d’informations. Ça marche ? Moyennement, si l’on en croit les études et les chiffres. Depuis le temps qu’on lui parle du changement climatique et de la hausse des prix de l’énergie, de l’impact négatif des gaspillages et de l’obsession de surconsommer, le Belge est loin d’avoir modifié radicalement son comportement. Certains perçoivent tout de même des frémissements. La famille Spira que nous avons rencontrée à Nivelles n’est pas un exemple représentatif. Mais comme d’autres, elle se pose des questions. Elle change. Evolutions, contradictions Si le Belge évolue, toute contradiction n’a pas disparu : « On va payer une caution pour un gobelet recyclable dans un festival de musique, mais on va prendre l’avion à 50 euros pour assister à un concert celtique à Dublin », lâche un syndicaliste. « Les sondages montrent un recul généralisé des préoccupations strictement environnementales et une fuite-refuge dans l’individualisme, soulève Ann Wulf (Ecoconso). Mais en même temps, des initiatives de transition se multiplient. » La transition vers une société plus sobre et plus solidaire. Un mythe ? « On a tendance à penser que les gens ne sont pas ambitieux, dit Gwendoline Viatour (WWF). Nous pensons au contraire qu’il y a une prise de conscience. » « Les gens sont peut-être un peu plus conscients qu’il y a vingt ans. Mais ils n’ont pas dramatiquement changé leurs comportements de consommation, nuance Pierre Ozer, chargé de recherche en environnement à l’ULg. Les campagnes d’information n’ont qu’un impact limité. Chassez le naturel, il revient au galop. » Les initiatives de citoyens mobilisés ? « Pas plus de 8 à 9 % de la population. » Un autre chercheur : « Nous vivons toujours dans un monde où les gens qui n’ont rien aspirent d’abord à posséder avant de partager. » Deux choses avérées : de plus en plus de gens s’interrogent et aspirent à des changements. Mais pour que ce mouvement contamine la population, il faudra davantage que des campagnes d’informations et que des « carottes ». Des mesures politiques s’imposeront. ■ ANN-CHARLOTTE BERSIPONT et MICHEL DE MUELENAERE S’ALIMENTER SE LOGER Privilégier le frais et les produits locaux Spira y sont passés : récemment, ils ont remplacé leur vieille chaudière âgée de 25 ans. Nos Nivellois avaient aussi commencé les démarches pour poser des panneaux photovoltaïques, mais celles-ci n’ont pas abouti : « Nous n’avons pas une grande surface de toiture et la maison n’est pas bien orientée. Nous n’avons pas pris le temps d’approfondir la question et nous avons préféré investir dans l’isolation. » Michaël pense réaliser un audit énergétique, notamment pour améliorer l’isolation des châssis et du sol. « On ne mange presque jamais de produits préparés. Cela arrive, mais c’est vraiment très rare », explique Martine. Les Spira vont parfois au marché mais ce n’est pas systématique. En général, ils achètent leurs produits de base à la boulangerie ou à la boucherie du coin. Et le reste, en grande surface. Le jour de notre visite, Emilie venait de préparer des madeleines. « On fait souvent des soupes, des gâteaux ou des cakes nous-mêmes », explique la jeune fille. Cette préoccupation rejoint celle de nombreux Belges. Trois personnes sur quatre disent en effet acheter des légumes et des fruits de saison et 4 sur 10 achètent surtout des produits locaux. Dans ce domaine, les ménages s’estiment toujours trop peu informés. Selon une enquête de Test Achats, 48 % des consommateurs veulent savoir si le produit d’origine est belge, 45 % voudraient pouvoir mieux évaluer l’empreinte écologique de leurs achats. Chez les Spira, on essaie aussi de limiter la viande : des portions quotidiennes de moins de 100 grammes par personne et deux repas végétariens par semaine. Pile-poil la quantité recommandée par les autorités sanitaires. Mais la consommation moyenne en Belgique reste bien supérieure : 247 grammes par jour, note le Bureau du Plan qui a mis la consommation de viande parmi ses « indicateurs phares » du développement durable. Une consommation excessive de viande est un problème sanitaire. Et un problème environnemental (production de gaz à effet de serre). Un potager ? La famille Spira n’en a pas le temps. Mais elle profite des légumes du potager des grands-parents : courgettes, salades, tomates, pommes… « Le week-end, on essaie d’accommoder les restes pour éviter le gaspillage, précise Michaël. Mais ce n’est pas toujours évitable. » La famille Spira a accepté de nous ouvrir les portes de sa maison et de réfléchir sur sa manière de consommer : alimentation, transports, bio, logement... Tout a été passé au crible dans le salon d’Emilie, Michaël, Martine et Maxime. © THOMAS BLAIRON SE DÉPLACER En voiture et à pied Chacun son moyen de transport, chez les Spira : « Les enfants ont la chance de pouvoir aller à l’école à pied, 8 fois sur 10, raconte Martine. Nous essayons aussi de faire nos petites courses en ville à pied, d’autant plus que nous habitons dans le centre. Mais pour le travail, mon mari et moi sommes forcés de prendre la voiture. J’ai la mienne et lui utilise sa voiture de société. » Les transports en commun, ils y ont pensé, mais la perte de temps serait trop importante : 35-40 minutes en voiture contre 1h30 en transport en commun pour Michaël, par exemple. Et le vélo ? Réservé aux balades du dimanche et aux vacances. « Dans la circulation, je trouve cela un peu dangereux », précise la mère de famille. Pour les vacances, les Spira optent majoritairement pour la voiture parce qu’ils aiment rayonner à partir de leur endroit de location. Pour les trajets entre son domicile et son lieu de travail, le Belge est, en Europe, le plus gros « navetteur automobile ». Idem pour les courses (60 % utilisent la voiture pour faire des achats en ville contre 16 % à pied, 11 % en bus, 6 % à vélo et 2 % en train). Pour les achats en périphérie, dans un centre commercial, 83 % des Belges utilisent la voiture. Outre l’omniprésence de la voiture de société, « c’est à la fois le résultat des infrastructures développées depuis l’après-guerre et d’un aménagement du territoire qui ont mis la priorité sur la route, indique un cadre d’une administration de l’environnement. Difficile de revenir en arrière compte tenu des conservatismes et qu’il règne encore chez une série d’acteurs économiques l’idée que la voiture est le sang de l’économie ». Un cercle vicieux qui explique notamment la frilosité à investir massivement dans le rail. Difficile cependant de poursuivre dans cette voie. Avec la congestion qui atteint des sommets et les prix de l’énergie qui ne cesseront de croître, le réveil sera brutal. Un frémissement déjà ? En Région bruxelloise, les déplacements courts se font désormais plus à pied qu’en voiture, il y a de plus en plus de cyclistes et le service Cambio d’autos partagées compte près de 10.000 clients. En Wallonie, l‘idée d’une autre mobilité fait également son chemin chez certains. S’ÉQUIPER Ne pas acheter trop vite Les Spira mettent un point d’honneur à utiliser leurs appareils le plus longtemps possible. D « Nous avons acheté une nouvelle télévision il y a E F deux ans, mais nous avons gardé l’ancienne jusqu’au bout, même si les couleurs n’étaient plus terribles. » Lorsqu’ils achètent, ils sont attentifs à la consommation énergétique, par exemple, celle du frigo, acquis récemment. Il y a un ordinateur familial, pas plus. « On essaie de résister à la tentation, on ne veut pas être débordés d’écrans. Pour nous, c’est important de maintenir des contacts sociaux chaleureux dans la famille. » Maxime a récupéré un vieux GSM et Emilie en a eu un neuf parce qu’elle entrait en secondaire. Pour un nombre croissant de Belges (50 % environ), la consommation énergétique est un critère important dans l’achat d’électroménager. La Belgique arrive 3e (sur 23) dans le classement des pays européens pour l’achat de produits labellisés A++ et A+++. Le prix de l’électricité est clairement en cause. On est en revanche moins regardant quand il s’agit de multimédia et de matériel high-tech. Comme les Spira, une partie croissante de la population réfléchit à deux fois avant de se jeter sur le dernier équipement à la mode (télé, GSM, ordinateur, électro…) alors que l’ancien fonctionne correctement ou peut être réparé. Il s’agit encore d’une tendance marginale – parfois motivée par le manque de moyens – et agir de la sorte va à contre-courant des messages envoyés par la publicité et les médias oublieux de leur responsabilité sociale. Mais le message progresse, en témoigne notamment le succès des Repair Café où l’on peut redonner une nouvelle vie à des engins qu’on aurait naguère jetés. A B C CONSOMMER € ACHETER BIO Un panier de fruits et légumes bio par semaine Martine explique que depuis près d’un an, elle passe par une coopérative d’achats groupés pour se procurer ses fruits et légumes. « Cela fonctionne très bien, je fais cela en moyenne une fois par semaine. » « On peut choisir d’avoir un panier soit de fruits, soit de légumes, ou un mélange des deux », précise Emilie. Son père renchérit : « Nous essayons d’acheter bio pour tout ce qui est lait, jus de fruits ou purée de tomates. Dans la mesure du possible bien sûr. » La famille Spira essaie donc d’être attentive au bio, surtout pour les produits frais ou basiques. Mais cela n’est pas envisageable pour la totalité des aliments. Le liquide vaisselle est, par contre, toujours labellisé écologique. Les achats bio progressent fortement en Belgique, l’exemple de la famille Spira n’en est qu’un énième exemple. Logiquement – l’une des premières préoccupations des Belges est leur santé –, c’est surtout dans le domaine alimentaire que cette tendance se marque. Soixante pour cent des ventes de l’alimentation bio se font aujourd’hui via la grande distribution, mais les coopératives, la vente chez les producteurs, les groupements d’achats qui proposent des « paniers bio » connaissent de plus en plus de succès, souligne-t-on à l’ASBL Ecoconso. Résultat : depuis 1987, les terres consacrées à l’agriculture biologique ont vu leurs surfaces multipliées par presque soixante. Reste un souci : pour deux Belges sur trois interrogés par Test Achats en 2012, les produits bio restent trop chers. Une enquête réalisée en Allemagne a effectivement montré que les consommateurs payent en moyenne 30 % plus cher, dit-on chez Nature et Progrès. Mais que leur budget alimentation est de 8 % moins élevé que celui des autres consommateurs. Moins de gaspillage, plus de matière sèche, plus de goût… Au moment de comparer, il est bon de savoir ce qu’il y a derrière l’étiquette tant en termes de respect de l’environnement que de la santé. 4 Seconde main et achat groupé Livres, vêtements, vélos pour les enfants… les achats de seconde main ont la cote chez Spira. Les membres de la famille se rendent parfois dans une brocante permanente et donnent leurs propres objets à revendre en seconde main. Pendant longtemps, Martine a roulé avec une voiture d’occasion mais, depuis 2008, elle en a une neuve. « Question de confort, mais j’ai eu une prime énergétique car le nouveau véhicule consomme moins que le précédent. » Si les Spira achètent du neuf, ils essaient d’acheter belge : c’est le cas des vélos des parents et de leur matelas. Les achats groupés font aussi partie du paysage : « Il y a un groupement d’achat collectif solidaire à Nivelles. On passe par là ponctuellement, lorsque des produits nous intéressent, comme le vin par exemple. » Les nouveaux modes de consommation attirent de plus en plus, confirme Ann Wulf (Ecosonso). En témoigne le succès des associations qui organisent la récupération (souvent des entreprises d’économie sociale), mais aussi des brocantes, des initiatives de troc comme les « gratiferia », de la consommation collaborative, du prêt de matériel, des services d’échanges locaux ou du partage d’automobiles. Ici aussi on navigue à contre-courant du modèle classique ; mais il apparaît à un nombre croissant de gens qu’il n’est souvent pas nécessaire d’acheter du neuf, qu’il n’est pas indispensable de posséder, surtout lorsqu’il s’agit d’outils dont on se sert finalement très peu (6 minutes par an en moyenne pour une foreuse…). Dans cette « économie de la fonctionnalité », on n’achèterait désormais plus un bien, mais on achète l’usage de ce bien pour un temps déterminé. Autant d’économies. Pour le consommateur comme pour l’environnement. PLACER SON ARGENT € Une épargne très classique Les Spira placent leurs économies sur des comptes d’épargne. « Le taux n’est pas très efficace, mais nous n’avons jamais pris le temps de nous renseigner pour avoir autre chose », détaille Michaël. Son épouse ajoute : « Par contre, au salon Valériane, nous étions tombés sur le stand de Triodos et les arguments nous avaient vraiment interpellés. Mais ce n’est pas pour autant que nous avons changé. » La famille a aussi une épargne-pension déductible fiscalement. Michaël a juste investi une petite somme en sicav. Un placement financier n’est pas l’autre. Or l’épargnant ignore généralement ce que l’on fait de son argent placé sur un compte, dans une sicav, une assurance-vie ou une épargne-pension. A y regarder de près cependant, l’affaire n’est pas sans intérêt. Et l’on ne parle pas seulement de celui qui tombe en fin de mois. Notre argent peut ainsi servir à des investissements néfastes pour l’environnement ou pour le développement durable (énergies polluantes, activités néfastes pour le milieu, spéculation alimentaire, soutien à des entreprises non socialement responsable…). Voilà qui accroît considérablement notre empreinte carbone. Inversement, cette épargne peut soutenir des projets, des entreprises qui contribuent à réduire les émissions de CO2, soutenir une agriculture respectueuse de l’environnement, financer le développement d’énergies renouvelables, soutenir des activités dans les pays en développement. Tout cela intéresse-t-il les Belges ? Leur épargne reste massivement logée dans des institutions et des outils « classiques ». Mais plus de 43.000 coopérateurs et 101 organisations ont récemment apporté leur soutien à la création de New B, une nouvelle banque dont l’un des engagements est d’exclure « tout produit ou projet nuisible à l’environnement et à la société ». 5
  5. 5. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 6 LE BULLETIN CLIMATIQUE les agriculteurs « Il nous faut plus de terres pour que notre ferme bio soit rentable » REPORTAGE l’entrée de la ferme de Joseph et Fabian Renaud, à Bourdon, dans l’entité de Hotton, la pancarte laisse peu de place au doute : « Ici, on cultive bio ». Question de principe, voire une philosophie. Hors de question pour les exploitants d’y déroger malgré les obstacles qui se sont mis en travers de leur route au nom du sacro-saint profit. Ils sont bien décidés à se battre pour leurs valeurs. Pour ce faire, père et fils peuvent compter sur l’aide de Terre en Vue, une association qui accompagne les projets agricoles d’installation et de transmission de fermes. « En 1973, alors que j’étais menuisier salarié, j’ai acheté ma première vache, se remémore Joseph. J’ai aussi eu l’occasion d’acquérir 1,5 ha de terrain derrière chez moi. J’ai développé mon exploitation en achetant des vaches et je suis finalement devenu indépendant en 1986. » Au fil du temps, l’exploitation Une ferme industrielle qui travaille de manière classique leur a mis la main dessus en triplant le prix. » « Résultat des courses, embraie le fils, il ne nous reste depuis lors qu’une vingtaine d’hectares. Nous avons dû vendre notre quota laitier et notre troupeau de vaches laitières. Ça a été un déchirement même si nous savons que nos bêtes sont parties chez un collègue qui œuvre aussi en bio. » VOUS A Le bio est une tradition chez les Renaud qui sont à la recherche de terres pour leurs vaches laitières. © DOMINIQUE DUCHESNES. s’est stabilisée à 72 ha après avoir obtenu le label bio en 1997. « En 2010, on comptait 185.000 litres de lait bio et environ 90 bêtes, poursuit Fabian. Une trentaine de vaches laitières de race montbéliarde et 15 vaches allaitantes de race blonde d’Aquitaine ainsi que l’élevage des jeunes bêtes. » Puis ce fut le coup de massue. « En décembre 2010, suite à un changement radical du cahier des charges, la Défense nationale a décidé d’attribuer au plus offrant 52 ha que nous lui louions depuis 27 ans, poursuit Joseph. Terre en vue intervient Depuis janvier, Fabian a repris l’exploitation familiale en tant qu’indépendant complémentaire pour le plus grand bonheur de son père. « Pour qu’elle soit viable, il faut plus de terres. » Coup de chance, un fermier de la région vend actuellement une prairie d’une dizaine d’hectares, déjà en bio. « Ça nous évitera de devoir attendre que les méfaits des engrais disparaissent, sourit Fabian, mais le prix de 125.000 euros est trop élevé pour nous. » C’est là qu’intervient Terre en Vue. « Le projet de Fabian correspond tout à fait aux initiatives que nous voulons soutenir, explique François Leboutte, responsable de l’association. Nous aidons des agriculteurs à s’installer et à développer des projets agroécologiques, d’agriculture paysanne et respectueux de la terre. Nous prônons aussi des systèmes de circuits courts et de vente directe, comme le fait Fabian avec son lait, ses yaourts et son fromage blanc. Ça réduit le recours aux énergies fossiles. » Pas question toutefois pour l’association d’agir à la place de l’agriculteur. « Nous favorisons la création de groupes locaux qui l’aident à trouver des investisseurs qui misent sur son projet. Chacun peut ensuite acheter des parts de 100 euros. » A l’heure actuelle, Fabian a réussi à trouver 45.000 euros. Le chemin est encore long. ■ FRÉDÉRIC DELEPIERRE www.terre-en-vue.be l’associatif « Créer une économie résiliente » PORTRAIT a maison d’Irchonwelz est en chantier. Sur la table de Josué, des carreaux de carrelage. « Je suis à la recherche d’enduit, lance le père de famille. Du bio, bien entendu. » S’il a emménagé dans cette bâtisse à rénover avec femme et enfants, Josué, c’est notamment pour une raison qui correspond à ses aspirations. « Nous avons un grand jardin dans lequel nous allons pouvoir cultiver un potager bio en famille. » L’une des lignes de conduite que s’impose ce psychologue de formation, à la tête du mouvement des « Villes en Transition », à Bruxelles et en Wallonie, qui donne aussi des formations à l’étranger. « Le mouvement des Villes en Transition est né en 2006, dans le village de Totnes, en GrandeBretagne, en réaction à la flambée des prix pétroliers et à la raréfaction des ressources naturelles. L’ambition des adhérents est d’amener la population en L BOÎTE À IDÉES Les Belges aimeraient être plus et mieux informés. Sur leur alimentation, sur les étiquettes, sur les labels, sur les gestes économiseurs d’énergie, sur les modes de consommation alternatifs. Ça tombe bien, il faut encore dégommer certains mythes : « c’est difficile », « ça coûte cher », « mon confort est menacé »… Une sélection de lieux qui expliquent et qui donnent des idées. Encore sous-informé ? Des astuces www.topten.be www.energivores.be Des associations www.ecoconso.be www.res-sources.be www.natpro.be www.oxfam.be www.cncd.be www.amisdelaterre.be www.asblrcr.be www.passeursdenergie.be www.reseau-idee.be www.res-sources.be www.economie-positive.be Des administrations www.climat.be http://energie.wallonie.be www.bruxellesenvironnement.be Des initiatives www.terre-en-vue.be www.catl.be www.reseautransition.be www.vert-et-propre.be www.ecobatisseurs.be www.achatsverts.be Un téléphone Ecoconso : 081/730.730 M.D.M. douceur dans le monde de l’après-pétrole. Quartier par quartier. Le but est notamment d’expliquer aux gens comment se passer d’énergie fossile en ayant un impact sur l’effet de serre. » Changer de vie Pas de militantisme : « Il est trop souvent culpabilisant. On y oppose les gens au lieu de construire une alternative, dit Josué. Chez nous, à Ath, comme ailleurs, nous démarchons des gens de profils, d’âges et de formations différents. Nous leur demandons quelles seraient, selon eux, les initiatives qui pourraient réduire la consommation d’énergie. Nous les informons sur les enjeux lors de soirées thématiques. A eux ensuite de développer des projets au travers de groupes locaux, de quartiers. Pas question pour nous de jouer les leaders, les gourous. Le but est aussi de retisser des liens. » Pas question pour les Villes en Transition d’opérations coup de poing. La « révolution » doit se faire en douceur. « Nous recherchons les petites actions qui auront le plus grand résultat, explique Josué Dusoulier. Nous favorisons la création de potagers collectifs, de bourses d’échange de savoirs, d’ateliers de permaculture et des groupes d’achats solidaires. » Ath a aussi son Repair’ Café ouvert une fois par mois. « Chacun peut y venir pour y faire réparer gratuitement ses semelles de chaussures, ses jouets ou son vélo. Pourquoi jeter ce qui peut être réparé ? » Sur le même principe, une donnerie est organisée trois fois par Josué applique son message à la lettre en cultivant ses légumes et an afin de faire profiter les autres en se déplaçant à vélo quand il le peut. © DOMINIQUE DUCHESNES. de ce dont on n’a plus besoin : vaisselle, livres, vêtements, DVD. professionnelle pour créer leur veulent créer une coopérative « A l’heure de la surconsom- propre projet d’économie locale. qui va construire une micromation, nous voulons montrer A Ath, une épicerie s’ouvre cette brasserie et une boulangerie arqu’une autre économie est pos- semaine et ne vendra que des tisanale. » A travers le monde : sible, une économie résiliente, re- produits locaux. A Liège, les plus de 1.800 initiatives de prend Josué. Un peu partout, “transitioners” veulent bâtir une transition dans 45 pays. ■ nous constatons d’ailleurs que ceinture alimentaire autour de F.De. des adhérents se prennent au jeu. la ville, pour relocaliser les maIls veulent quitter leur activité raîchers. A Grez-Doiceau, ils www.reseautransition.be les citadines « Des légumes cultivés en pleine ville » REPORTAGE ne langue noire de bitume entourée de façades essentiellement rouges. Puis soudain autour d’un casse-vitesse, deux carrés de verdure qui, novembre oblige, commencent à sérieusement virer au marron. De-ci, delà, quelques petites tomates rouges et vertes apparaissent au milieu des herbes mortes. Comme l’indiquent les pancartes « Servez-vous, c’est gratuit » et « Nourriture à partager », elles n’attendent qu’à être cueillies. Etonnant au beau milieu de Schaerbeek… L’instigatrice du projet, c’est Catherine Piette, une habitante du quartier. « L’idée m’est venue après la lecture d’un livre intitulé “Un million de révolutions tranquilles”, en décembre de l’an dernier, dit-elle. On y parlait d’expériences menées dans les villes où l’on faisait pousser des légumes dans les espaces publics. Ça a entraîné toute une réflexion sur la production locale. Bruxel- U loise de naissance, j’ai grandi en province où mon père a toujours eu un jardin et quelques animaux. Quand je me suis installée à Schaerbeek, voici quinze ans, je me suis posé la question. Mais les temps ont changé… » Dans un premier temps, Catherine va tenter de cultiver un jardin partagé au Rouge-Cloître. « Rien n’y poussait, concède-telle. J’ai donc converti deux petits carrés de mon jardin en potager, il y a 4-5 ans. Ça a poussé facilement. Quel bonheur de manger ses propres légumes, d’en retrouver les saveurs tout en sachant qu’ils n’ont pas été traités avec des pesticides… » Une courgette en cadeau L’an dernier, quand le casse-vitesse a été installé en face de chez elle, Catherine n’a pas tardé à réagir. « Deux énormes fosses l’entouraient. Quand il pleuvait, ça faisait deux piscines. J’ai parlé à ma voisine d’en face, Joëlle, de l’idée d’y installer deux pota- gers comestibles. Nous avons obtenu l’accord du conseil communal. » Au fil des mois, les deux copines vont planter diverses variétés d’herbes aromatiques, des tomates, du fenouil, des courgettes, des potirons, etc. Au plus grand bonheur des voisins. « Au début, ils venaient timidement demander s’ils pouvaient prendre l’un ou l’autre légume, commente Joëlle. Des enfants nous ont un jour demandé une courgette pour faire un cadeau à leur maman. Tous nous ont fait part de leur joie de retrouver le Catherine (à l’arrière-plan) et son amie Joëlle sont fières d’avoir vrai goût des légumes. » redonné le goût des légumes de qualité à leurs voisins. © DOMINIQUE L’idée de base de ces potagers DUCHESNES. urbains est née en Grande-Bretagne, à Todmorden, une ville sée Incredible Edible, pour In- cun chien n’est venu y faire ses durement touchée par la désin- croyables Comestibles, a depuis besoins. Maintenant, j’ai envie dustrialisation. Trois femmes se lors essaimé à travers le monde de contacter les habitants des rues voisines pour tenter de les sont lancées. Très vite, elles ont grâce à internet. Catherine, elle, est très heu- convaincre de faire la même été rejointes par des dizaines de bénévoles. Et en trois ans, la pe- reuse du résultat. Elle ne compte chose. Pour que tout le quartier tite ville anglaise a réussi à at- pas en rester là. « Les deux car- devienne un peu plus vert et proteindre 85 % d’autosuffisance rés ont permis aux voisins de se duise des légumes de qualité. » ■ alimentaire. L’expérience, bapti- parler. Personne n’a abusé et auF. De. 6
  6. 6. BELGACOM : UN REMPLAÇANT POUR BELLENS A 290.000 EUROS ?P.2 CULTURE Mylène Farmer sur scène demain au Heysel © NOËL CELIS/AFP. P.29 Haiyan a semé le deuil et la désolation SPORTS DIABLES ROUGES Alors que les bilans font état de plus de 10.000 morts et de 660.000 personnes déplacées, l’aide internationale s’organise dans les îles des Philippines dévastées par le super-typhon Haiyan. Lundi, on était toujours sans nouvelles de 120 Belges, dont 50 dans les régions les plus touchées par le typhon. P. 6 & 7 Nucléaire : la rente d’Electrabel remise en cause L ’accord financier négocié aujourd’hui entre Electrabel et le gouvernement fédéral recèlerait encore selon nos confrères du Standaard, beaucoup de zones d’ombre. Si la majorité des députés est favorable à un vote immédiat en faveur de la pérennisation du site nucléaire de Tihange, l’opposition, Ecolo/Groen en tête, tiendrait à éclaircir certains points avant de prendre une décision. Ceux-ci s’appuient sur un récent rapport du Conseil d’Etat qui relèverait certaines incohérences. Ce rapport met au jour deux choses importantes : une très grande insécurité juridique autour de la rente d’Electrabel et, surtout, il remet en question la manière de la calculer. Pour l’opposition, ces incohérences doivent impérativement être revues avant de pouvoir poursuivre les discussions. ■ TENNIS Djokovic mate Nadal 6-3, 6-4 et remporte le Masters. P.22 Le manque de transparence politique a fait du tort au secteur. Mais l’installation de panneaux reste rentable. L sont assez généreux pour garantir un retour sur investissement en 7 ans. Mais les toitures des immeubles bruxellois ne valent pas celles des villas quatre façades du reste du pays. A Bruxelles, la couverture totale des toitures équivaut à peine à une trentaine de terrains de football, et la production annuelle ne représente qu’un millième de l’électricité qui sort de Tihange 1. Le photovoltaïque reste donc un phénomène plutôt marginal à dans la Région-Capitale. Quant à la Wallonie, l’image du photovoltaïque s’y est fortement dégradée dans l’opinion publique ces derniers mois. Les observa- teurs pointent tous une cause identique : le manque de transparence et une communication politique désastreuse. Mais si les données disponibles témoignent d’une nette baisse des commandes en avril dernier, les chiffres sont loin d’être désastreux pour les neuf premiers mois de 2013, proches de ceux de 2011. Et l’optimisme est de mise car tant la formule actuelle que le nouveau plan wallon prévu pour 2014 garantissent la rentabilité de l’investissement, avec un temps de retour de maximum huit ans. ■ EN CHIFFRES 2.500 C’est, en gigawattheures, la production annuelle d’électricité des panneaux photovoltaïques installés en Belgique. 9 fois Il en faudrait 9 fois plus pour que la production d’électricité photovoltaïque égale celle des centrales nucléaires de Tihange, soit 23.000 Gwh. P.3 NOTRE DOSSIER L’ÉDITO HOCKEY Le Watducks s’envole en tête du classement. P.18 lesoir.be Baudouin Loos NUCLÉAIRE IRANIEN : QUAND HOLLANDE TORPILLE L’ACCORD évolutions diplomatiques de certains peuvent L esapparaîtreEtatscourbes faire des étonnantes. Naguère, un certain Jacques Chirac avait, non sans panache, incarné la loyauté au droit international et au camp de la paix quand les néoconservateurs américains, emmenés par le président Bush, voulaient guerroyer en Irak sans raisons NÉCROLOGIE TÉLÉVISION LOTERIE MÉTÉO MOTS CROISÉS FOOTBALL Standard champion d’automne, Mons au fond du trou. P.12 À 14 Le photovoltaïque n’est pas mort e secteur du photovoltaïque est-il vraiment en crise, voire mourant ? C’est ce que prétendent la majorité des installateurs belges, qui annoncent tour à tour des vagues de licenciements ou des fermetures. Et pourtant, à part en Flandre où les chiffres sont véritablement catastrophiques à cause de la quasi-suppression des primes annuelles, tout ne va pas aussi mal qu’on pourrait le penser dans les deux autres Régions. A Bruxelles, on peut même écrire que tout va pour le mieux puisque, chaque année, de plus en plus de particuliers osent le photovoltaïque. Les subsides Zakaria Bakkali forfait pour les matchs contre la Colombie et le Japon. P.11 23 26-27 27 31 31 honnêtes. C’était en 2003. Chirac avait échoué à empêcher l’irréparable, mais sa posture restera dans l’Histoire comme celle du juste. Ici, dans le dossier du nucléaire iranien, il s’est écrit ce week-end à Genève un scénario contraire : là où l’Américain Obama, suivi par ses alter ego russe, chinois, britannique et allemand – excusez du peu – espérait bien signer un accord au moins provisoire avec Téhéran, voilà que la France de François Hollande a torpillé cet accord à portée de main. L’avenir est imprévisible. Mais ce qu’on appelle en langage diplomatique « les fenêtres d’opportunité » ont cette caractéristique cruciale d’être brèves. Le camp des radicaux, à Téhéran, va-t-il maintenant imposer au nouveau président Hassan Rohani, à qui l’on prête des intentions « modérées », d’adopter une stratégie BANDE DESSINÉE SUDOKU BONS À DÉCOUPER PETITE GAZETTE 31 31 31 32 plus agressive après la rebuffade française à Genève ? Certes, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères qui s’est illustré ce niques étaient sur le point de faire preuve de naïveté dans ce dossier complexe ? On peut se permettre d’en douter. François Hollande se rend bien- Les Américains et les Britanniques étaient-ils sur le point de faire preuve de naïveté dans ce dossier complexe ? On peut se permettre d’en douter week-end sur les bords du lac Léman, dispose-t-il sans doute d’arguments solides pour étayer sa méfiance vis-à-vis des Iraniens. Mais, serait-ce à dire que les Américains et les Britan- i mercred mardi Les MEGA jours tôt en Israël, seule puissance nucléaire au Moyen-Orient (et qui entend bien le rester). Gageons que Binyamin Netanyahou le remerciera avec chaleur, comme les « faucons » au Découvrez nos offres en page 3 Congrès qui ont déjà salué son positionnement. Les Saoudiens apprécieront aussi son attitude et d’ailleurs ils ne sont pas du genre ingrats. Hollande se venge-t-il du camouflet infligé par Obama qu’il avait été le seul à suivre dans son projet de frappes contre la Syrie en septembre avant que l’Américain ne change d’avis au dernier moment ? Ou s’aime-t-il dans les habits de va-t-en-guerre inaugurés cette année au Mali ? Qui sait ? Quoi qu’il en soit, les sondages resteront pour lui de toute façon en berne. Le secteur du photovoltaïque est-il vraiment en crise ? Après le coup de mou, l’embellie ? Xavier Counasse répond à vos questions. Toutes les photos du typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines sur www.portfolio. lesoir.be DÉCOUVREZ VOTRE FUTURE LIGNE DE CONDUITE. *** 1
  7. 7. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 2 L’ACTU LE KROLL INTERVIEW EXPRESS Ambassadrice de Palestine, cela change quoi ? La Délégation palestinienne à Bruxelles a vu son statut rehaussé à celui de Mission, dont le chef, Leila Chahid, portera désormais le titre d’ambassadrice. Leila Chahid, un an après la reconnaissance de la Palestine comme Etat non-membre par l’Assemblée générale de l’ONU, vous êtes pourvue du titre qui correspond à votre état. En réalité, depuis mon arrivée à Bruxelles en 2005, j’ai demandé un statut diplomatique pour notre mission. Jusque-là, nous étions inscrits à l’ambassade de… Mauritanie. Les services belges ont alors fait une longue étude, il y a eu les changements de ministres, les crises gouvernementales, etc., et nous y voilà enfin. Finalement, le hasard fait bien les choses : désormais 138 Etats sur 193 nous reconnaissent, dont la Belgique depuis son vote en 2012 à l’Assemblée générale des Nations unies et celui qui avait précédé au sein de l’Unesco. L’ACTEUR Cela changera quoi ? Ce rehaussement de statut intervient à un moment crucial pour la cause palestinienne car notre reconnaissance internationale n’a de sens que si cela contribue à mettre fin à l’occupation. Je rappelle que je suis ambassadrice d’un Etat toujours sous DAVID DEHENAUW, UN PRÉSENTATEUR APRÈS L’ORAGE David Dehenauw est le nouveau présentateur météo de RTL-TVI. En lui, la chaîne privée a vu une pointure capable de faire oublier son prédécesseur, Luc Trullemans. Il n’y aura pas de miracle. Pour son premier bulletin météo sur RTL-TVI, David Dehenauw devrait nous annoncer de la pluie. A bientôt 43 ans, ce Blankenbergeois d’origine (il y vit toujours aujourd’hui) a accepté de relever un défi de taille : devenir la nouvelle référence en matière météorologique sur la première chaîne francophone du pays. Un double défi puisqu’il lui faut aussi dépasser la barrière de la langue, sa prononciation trahissant toujours un petit accent côtier malgré des cours intensifs de diction. Charmant pour certains, irritant pour d’autres. Mais, en fin de compte, un détail en comparaison de la polémique déclenchée par son prédécesseur, Luc Trullemans, viré de la chaîne privée pour avoir tenu des propos racistes sur Facebook. David Dehenauw prévient tout de suite d’ailleurs : il n’a pas de page sur le célèbre réseau social. En revanche, il est présent sur Twitter, mais uniquement pour évoquer le temps qu’il va faire. Stéphane Rosenblatt, directeur des programmes de RTL-TVI, a clairement annoncé lors de la conférence de presse introduisant le nouvel animateur que le but était de faire oublier le dérapage de Luc Trullemans et de retrouver un véritable expert, un prévisionniste de renom. Pari réussi. Car, si peu de francophones le connaissent, David Dehenauw présente la météo sur VTM depuis plus de dix ans. Et surtout c’est une pointure au niveau international. L’homme est notamment le météorologue personnel de Richard Branson, le milliardaire excentrique, fondateur de la société Virgin. Depuis son tour du monde en ballon en 2002 jusqu’au mariage de sa fille Holly cet été, David Dehenauw lui a prédit sur demande la pluie et le beau temps. Il est aussi salué pour son rôle de consultant sur l’avion solaire, le Solar Impulse, véritable prouesse technologique. On verra le nouveau présentateur quatre ou cinq fois par mois sur les antennes de RTL. Pas plus ! Mais son prédécesseur n’était pas à l’antenne plus souvent. Et puis l’homme affiche un emploi du temps très chargé. Ce qui ne l’empêche pas toutefois d’être toujours employé à temps plein à l’Institut royal météorologique de Belgique, l’IRM. Il y a fait ses premières mesures en 1998 alors qu’il était encore assistant à la VUB, d’où il est sorti un diplôme d’ingénieur en poche. Bruxelles, ville de ses études, de la fête et des rencontres qui ont forgé son âme francophile même si cette dernière lui a été léguée aussi par son enfance. « Mes grands-parents possédaient une brasserie à Blankenberge, j’étais toujours entouré de touristes. Et puis à l’athénée, mon prof de français était excellent », aime-t-il se rappeler. Le spectre de De Wever et des autres flamingants n’impressionne pas une seconde celui qui répète à toute la presse qu’il est un « fonctionnaire fédéral attaché pour les Flamands et les francophones ». Reste quand même une petite crainte d’un rejet par le public francophone. Ses cours de dictions ne sont pas terminés et il demande encore un peu de temps. Son appréhension porte surtout sur les interventions qu’il devra faire en direct lors de tempêtes, chutes de neige et autres inondations. Si on ne peut pas deviner la réaction des téléspectateurs face au premier présentateur météo taillé à l’échelle nationale, on peut souligner le beau coup de RTL-TVI et l’originalité de voir débarquer, plusieurs fois par mois, un Flamand qui revendique sa nationalité belge et espère « devenir 100 % francophone ». Une belle éclaircie sur le pays Belgique. MAXIME BIERME © D.R. GROUPE SA ROSSEL ET Cie Rue Royale, 100 1000 Bruxelles Président et éditeur responsable Patrick Hurbain Administration générale Rue Royale, 100 - 1000 Bruxelles Tél. : 02-225.55.55 PUBLICITÉ Rossel Advertising Annonces téléphonées Tél. : 02-225.55.00 Fax : 02-225.59.06 annonces.tel@lesoir.be Annonces Tél. : 02-225.55.55 Fax : 02-225.59.08 ou 02-225.59.00 Publicité nationale Tél. : 02-542.10.10 Fax : 02-542.10.11 Directeur général et directeur de la rédaction Didier Hamann Rédacteur en chef Christophe Berti Rédacteurs en chef adjoints François Mathieu Hubert Vanslembrouck Rédaction centrale Tél. : 02-225.54.32 Fax : 02-225.59.14 ou 02-225.59.10 Courrier des lecteurs Fax : 02-225.59.14 ou 02-225.59.10 forum@lesoir.be lesoir.be (internet) http://www.lesoir.be Tél. : 02-225.54.32 internet@lesoir.be Ce journal est protégé par le droit d’auteur, tous droits réservés. © Rossel & Cie S.A. – Le Soir, Bruxelles, 2011. Si vous souhaitez copier un article, une photo, une infographie, etc., en de nombreux exemplaires, les utiliser commercialement, les scanner, les stocker et/ou les diffuser électroniquement, veuillez contacter Copiepresse au 02-558.97.80 ou via info@copiepresse.be. Plus d’infos : http://www.copiepresse.be. Prix de vente à l’étranger France 2,30 € Luxembourg 1,60 € (en semaine) 2,1 € (le week-end ) L’ambassadrice de Palestine, Leila Chahid. © DOMINIQUE DUCHESNES occupation militaire ! Le secrétaire d’Etat John Kerry a vertement tancé les Israéliens sur les négociations… On négocie depuis vingt ans et on va de déception en déception. Quand on voit ce que font les Israéliens, la colonisation qui s’intensifie, c’est comme une déclaration de guerre ! On est loin de voir du côté israélien une volonté réelle de coexister à côté d’un voisin palestinien. BAUDOUIN LOOS P.8 NOS INFORMATIONS J’Y VOIS CLAIR Le successeur de Bellens à 290.000 euros, est-ce réaliste ? OLIVIER CROUGHS Le plafond des 290.000 euros pour le salaire annuel des patrons d’entreprises publiques n’est pas encore une obligation légale. La mesure est entre les mains de Jean-Pascal Labille, ministre de tutelle. Or l’éventuel départ anticipé de Didier Bellens, à la tête de Belgacom, ravive le débat. Décryptage entre « promesses idéalistes » et « réalité » par un coutumier des comités de rémunération. Didier Bellens est-il trop grassement payé ? C’est au gouvernement et au conseil d’administration d’en décider. Parce que ce salaire est le fruit d’une convention passée entre Didier Bellens et le conseil d’administration, qui repose sur une proposition étudiée par le comité de rémunération. Ces deux derniers sont composés d’administrateurs dits indépendants et nommés par le gouvernement, au prorata de la participation des actionnaires, dont l’État (53,5 %), au capital de Belgacom. Autrement dit, le gouvernement qui dénonce ce salaire à l’unisson est largement intervenu à chaque étape de sa négociation. « Par ailleurs, les salaires des patrons du CAC40 sont en moyenne deux fois supérieurs à ceux du BEL20 », commente notre source. Le risque d’un effet domino. Dans les plans du ministre Labille et parmi les inquiétudes des comités de rémunération, il y a ce qu’on appelle l’effet domino : le rabotement des fonctions hiérarchiquement inférieures à celle du patron, mais supérieurement rémunérées par rapport au plafond envisagé. « Je ne vois pas comment résoudre ce problème. Chez Belgacom, un salaire de 290.000 euros serait quatre fois inférieur à celui des membres du comité de direction. Comment diriger sereinement lorsque des subordonnés sont à ce point mieux payés ? Après, il y a plus de 20 personnes chez Belgacom dont le salaire est supérieur à 290.000 euros. » D’où l’autre effet domino : « Tout le personnel technique est d’un très bon niveau. Il est souvent international et il participe aux bonnes performances de Belgacom, un des rares fleurons belges. Si ces personnes devaient quitter l’entreprise, il ne nous resterait que nos yeux pour pleurer. » Quel candidat accepterait un salaire raboté ? Cela s’annonce compliqué. « Belgacom est une entreprise évoluant dans un marché qui emploie des profils en pénurie, dans l’informatique et les télécoms principalement. Cela vaut aussi pour le CEO, qui doit cumuler compétences techniques et stratégiques, qui prend des risques et assume de lourdes responsabilités. Il y a donc un marché difficile, mais à 290.000 euros par an, on se trouve environ quatre fois plus bas que les tarifs pratiqués dans le secteur. Il existe bien des personnes à la fois compétentes et idéalistes. Je pense notamment au Premier ministre ou à Jo Cornu, qui a accepté de prendre les rênes de la SNCB pour 290.000 euros par an “par conviction et respect de l’intérêt public”. Ce sera donc soit un idéaliste, soit une personne issue des cabinets. Mais comme l’on a coutume de respecter l’alternance linguistique entre l’administrateur délégué et le président du conseil d’administration (actuellement Stefaan De Clerck, NDLR), le futur patron devrait donc être francophone. Tout cela limite encore un peu plus le champ des possibles. » Pour toute question, nous avons une solution Service clientèle Tél.: 078-05.05.10 Fax: 02-225.59.01 Site: www.clubdusoir.be Prix de l'abonnement 336 € pour 12 mois soit 305 parutions 2 Service libraires Tél.: 070-22.10.10 Fax: 02-225.52.14 e-mail: rosselventes@rossel.be Site: www.laboutiquedulibraire.be
  8. 8. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 L’ACTU Le photovoltaïque reste rentable à Bruxelles et en Wallonie Le secteur est touché, mais pas coulé Evolution annuelle de l’installation de panneaux solaires Bruxelles Wallonie En mégawatts-crêtes installés 1.000 Flandre 800 600 © ALAIN DEWEZ. 400 L 200 e secteur du photovoltaïque est-il vraiment en 0 crise, voire mourant ? 2007 2008 C’est ce que prétendent la majorité des installateurs belges, qui annoncent tour à tour des vagues de licenciements ou des fermetures. Pourtant une analyse des données et des perspectives les plus récentes permet un certain optimisme. La Flandre au point mort. La chose qui apparaît de manière flagrante dans le graphique cicontre, c’est sans doute le coup d’arrêt du secteur en Flandre. A peine 20 mégawatts-crêtes (MWc) installés sur les toits du nord du pays durant les premiers mois de 2013 alors qu’on était à 860 MWc en 2011, soit 43 fois plus ! Les chiffres sont donc véritablement catastrophiques, et les craintes du secteur sont légitimes pour la Flandre. En cause : la quasi-suppression des primes annuelles. Un particulier doit aujourd’hui produire plus de 3.500 kWh d’électricité verte pour toucher 93 euros de prime, alors qu’il pointent tous une cause idenrecevait plus de 500 euros pour la tique : le manque de transpamême production deux années rence et une communication poplus tôt, ce qui a découragé les litique désastreuse. « S’engager à verser des primes pendant quinze Flamands. A Bruxelles, tout va pour le mieux. ans, puis annoncer deux ans plus Chaque année, de plus en plus de tard qu’on va les réduire à dix particuliers osent le photovol- ans, ça a causé une rupture de la taïque. Les subsides sont relati- confiance, commente un anavement généreux (lire ci-contre) lyste. Puis les ruses employées et garantissent un temps de re- pour masquer à tout prix le coût tour sur investissement de 7 ans. réel de l’énergie solaire ont sans Mais les toitures des immeubles doute usé l’utilisateur wallon. » De fait, les dérives du photovolbruxellois sont incomparables à celles des villas quatre façades du taïque wallon révélées en février dernier dans la presse, et le reste du pays. A Bruxelles, la passage d’urgence à un couverture totale des régime transitoire en toitures équivaut 2.500 avril ont fait du tort seulement à celle de GWh : au système. Tous les 30 terrains de footla production chiffres disponibles ball, et la producphotovoltaïque témoignent d’une tion annuelle avoinette baisse des comsine 25 GWh, soit un belge en mandes en avril dermillième de ce qui est 2013 nier. Mais pour les neuf produit sur le site de Tipremiers mois de 2013, les hange 1. Le photovoltaïque reste donc un phénomène plutôt chiffres wallons ne sont pas désastreux (plus de 100 MWc insmarginal à Bruxelles-Capitale. Complexité du cas wallon. En tallés). En regardant au-delà de Wallonie, l’image du photovol- l’année record qu’est 2012, on taïque s’est fortement dégradée constate d’ailleurs que les chiffres dans l’opinion publique ces der- 2013 sont très proches de ceux de niers mois. Les observateurs l’année 2011. Puis l’optimisme est de sortie, car en analysant la formule walPOUR Y VOIR CLAIR lonne actuelle, ainsi que le nouveau plan qui devrait entrer en viLes différentes unités gueur en 2014, une constante Le watt (W). C’est l’unité de s’impose : dans les deux cas, l’inpuissance d’une installation vestissement reste rentable, avec énergétique, soit la quantité un temps de retour sur investisd’énergie mobilisée par sement de maximum 8 ans. l’installation dans un laps de « Aujourd’hui, le marché du temps d’une seconde. photovoltaïque ressemble plus à Exemple : une TV de 250 W. la réalité qu’en 2012, commente Le wattheure (Wh). C’est Philippe Delaisse, secrétaire l’unité qui permet d’exprimer général de l’ASBL Energie Facl’énergie consommée par un teur 4. Mais le marché existe touappareil. Une TV plasma de jours, et il a de l’avenir. » 250 W allumée pendant 2 Si les primes diminuent, c’est heures consomme 500 Wh. logiquement parce que les proLe watt-crête (Wc). C’est grès technologiques ont permis l’unité de puissance d’un d’augmenter le rendement des système photovoltaïque panneaux et de réduire leur coût. placé dans des conditions Et si le progrès continue dans ce standards d’ensoleillement. sens, une personne qui installera Un panneau de 200 Wc est des panneaux en 2018 n’aura sans donc un panneau qui a une doute même plus besoin de puissance de 200 W s’il est primes pour rentabiliser son inplacé sous un rayon de soleil vestissement. ■ de 1.000 W/m2. X.C. LE SOIR - 12.11.13 Sources : Vreg, Brugel, Cwape et Apere *de janvier à septembre 2009 2010 2011 2012 2013* Calcul des primes En 2013, Pierre a recouvert son toit de panneaux photovoltaïques. Puissance totale installée : 4 kWc. Et sur un an, Pierre table sur une production de 3.500 kWh. L’incitant est double. Primo : la réduction de sa facture annuelle de plus de 700 euros, vu qu’il produit luimême une partie de son électricité. Secundo : la possibilité de troquer son électricité verte contre des certificats verts qu’il peut revendre. Mais là, les critères d’attribution et de revente des certificats diffèrent selon la Région. En Flandre, Pierre bénéficiera de certificats verts pendant 15 ans. Aujourd’hui, un certificat s’échange contre 3.571 kWh produits, mais ce seuil est réévalué chaque année. La production de Pierre (3.500 kWh) ne lui permet donc pas d’obtenir un certificat vert, dont le prix de revente garanti est de 93 euros. La Wallonie a mis en place depuis avril 2013 un régime transitoire, avant de lancer un nouveau système dès 2014. Pour les installations de maximum 5 kWc, la Région accorde 1,5 certificat par MWh produit, et le certificat est garanti à 65 euros. Pierre recevra donc 340 euros de prime en 2013, et il pourra réclamer cette prime pendant dix ans. Bruxelles accorde depuis août 2,4 certificats verts pour chaque MWh produit, pendant 10 ans. Le certificat s’écoule aux alentours de 80 euros. Prime annuelle de Pierre : près de 700 euros. X.C. i mercred mardi Les MEGA 2 JOURS DE G MEGA AVANTACHES DANS VOTRE HYPERMAR É CARREFOUR À SAISIR jours 2 € 49 La caissette de 3kg BE 0448.826.918 Le manque de transparence politique a fait du tort au photovoltaïque. Mais l’installation de panneaux est aujourd’hui toujours rentable. Après le coup de mou, l’embellie ? 23.000 GWh : la production des centrales de Tihange en 2013 EN PRATIQUE Caissette de poires Mélange de Conférence, Durondeau et Doyenné. Soit le prix au kg: 0.83€ Offre valable jusqu’à épuisement des stocks, par quantités normales et sauf erreur d’impression. Prix TVA comprise. Offre valable du 12/11/2013 au 13/11/2013 inclus. Tirons 2X la langue aux fêtes trop chères Vos timbres sont doublés le mardi et mercredi!* Les fêtes se préparent dès maintenant dans tous les magasins Carrefour ! 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  9. 9. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 4 LABELGIQUE Antoine : « Le Forem est préservé » WALLONIE Objectif : huit logements sur dix construits dans les centres vu : la maine dernière, le comité de C ’était du jamaispurementse- WALLONIE Schéma de développement de l’espace régional enfin approuvé gestion du Forem a et simplement refusé le projet de budget proposé par le ministre de l’Emploi. « Les moyens annoncés pour 2014 ne permettront pas de rencontrer les missions du contrat de gestion », a écrit le président Jean-Pierre Hansen à André Antoine (CDH). Vendredi, les deux parties se sont rencontrées (Le Soir du 9 novembre). En fin de journée, côté Forem, on faisait état de progrès, sans commune mesure toutefois avec les besoins financiers réels. Le ministre Antoine, lui, évoque finalement « un accord après un blocage budgétaire ». Mais il annonce aussi que la Wallonie se trouve au bout d’une logique : « Il est clair qu’on ne pourra pas poursuivre de la sorte durant une nouvelle législature. Il faudra effectuer les meilleurs choix possibles lors du transfert des compétences sur l’emploi. Je suis rassuré : depuis cinq ans, le Forem s’est modernisé, réorganisé. La situation est assainie, l’organisme peut travailler dans la sérénité. » Le Forem compte parmi ces organismes publics qui doivent s’accommoder de la crise des finances publiques et des exigences liées à un retour à l’équilibre global en 2014 plutôt qu’en 2015. Dans ce contexte, le gouvernement entretient deux vaches sacrées : le Plan Marshall et les cofinancements européens. « L’an prochain, ces politiques atteindront leur cime dans le budget : 740 millions. Ce qui n’est pas mauvais pour l’emploi puisque des moyens sont affectés au Forem dans le cadre du Plan Marshall », note André Antoine. Il n’empêche : ce cadre fixé, chacun doit défendre ses intérêts. Le Forem n’a rien fait d’autre la semaine passée en recalant le budget du ministre. Mais ce week-end, le ministre a donc annoncé des accords sur trois points litigieux : la réinscription au budget d’une partie des crédits d’adaptation chers au ban patronal, sept millions (plutôt que deux) pour rénover certains bâtiments en piteux état et douze millions (plutôt que treize) tirés sur le fonds de réserve pour engager la modernisation de l’informatique. « J’estime ainsi que les intérêts du Forem sont préservés », conclut André Antoine. ■ E.D. LES CHIFFRES L’affectation de l’espace régional était régie par un texte de 1999, qui était dépassé. Le nouveau Sder propose une vision prospective du territoire. Il fait ouvertement le pari des pôles urbains, petits et grands. Des objectifs précis Le Schéma de développement de l’espace régional fixe une série d’objectifs chiffrés à l’horizon 2040. Le logement. Construire et répartir 325.000 nouveaux logements sur l’ensemble du territoire. Atteindre 20 % de logements publics ou conventionnés pour l’ensemble de la Wallonie. Isoler plus de 800.000 logements. Le territoire. Réduire de moitié l’urbanisation avec une moyenne de 1.250 hectares par an. Épargner le territoire en localisant 80 % des nouveaux logements dans les territoires centraux. Réutiliser les bâtiments et valoriser les terrains sousoccupés pour 25 % des nouveaux logements. L’économie. Affecter à l’économie des espaces permettant de rencontrer les besoins des investisseurs à hauteur de 200 hectares par an. Mobiliser plus de la moitié des 5.000 hectares de sites à réaménager. Tendre à une réduction de 20 % de la consommation d’énergie finale. La mobilité. Pour les marchandises, 10 % transportés par voie d’eau et 15 % par train, ainsi que 15 % des déplacements en transports en commun, dès 2020. A près de longs mois de gestation puis de tergiversations, le gouvernement wallon a enfin adopté le nouveau Schéma de développement de l’espace régional. Petit nom : le Sder. Un « machin » supplémentaire ? Pas vraiment. Ce document de référence fixe un cadre aux décrets et aux règlements relatifs à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire et concerne tout le monde : il établit les principes en matières d’habitat, de mobilité, de cadre de vie, d’implantation des entreprises ou des commerces ou de conservation d’espaces verts. « Le Sder était inchangé depuis 1999, indique Philippe Henry (Ecolo), le ministre de l’Aménagement du territoire, qui a souqué ferme pour faire aboutir son projet. Le nouveau document est avant tout une vision pour le territoire wallon à l’horizon 2040. Il incarne une stratégie qui permettra à la Wallonie de rencontrer les défis démographiques, économiques, énergétiques ou environnementaux qui se dressent devant elle. Il constitue également une première déclinaison concrète du Plan Marshall 2022. » Ce plan de développement fixe pas moins de cent objectifs qui intéresseront citoyens et entreprises. On peut les regrouper en quatre piliers forts. Un : répondre aux besoins en logements et en services et développer l’habitat durable. Deux : soutenir une économie créatrice d’emplois en exploitant les atouts de chaque territoire. Trois : mieux aménager le territoire pour permettre le développement de transports durables. Quatre : protéger et valoriser les ressources et le patrimoine. E.D. Pour préserver le territoire, l’habitat doit se concentrer dans les centres urbains, comme à Ottignies. © RENÉ BRENY. Le Sder s’appuie aussi sur un catalogue de 31 mesures dans des domaines variés. Au hasard du document : le réaménagement des friches industrielles, la revitalisation des quartiers de gares, l’organisation sous-régionale en bassins de vie, la protection des espaces agricoles et – last but not least – l’identification, la densification et l’urbanisation des « territoires centraux », autrefois nommés « noyaux d’habitat ». On atteint ici véritablement le cœur du débat, celui qui a provoqué les plus vives polémiques autour du projet du ministre Henry et qui a ravivé l’opposition ancestrale entre Wallons des villes et Wallons des champs. Comme souvent la surenchère a flirté avec l’irrationnel. Le gouvernement régional allait imposer à ses habitants d’habiter en ville et interdire les villas « quatre façades » qui poussent comme des champignons le long chesse que la Wallonie doit préserver, il conviendra donc de localiser 260.000 des 325.000 nouveaux logements nécessaires d’ici à 2040 dans « les territoires les plus centraux ». La nuance mérite d’être soulignée. Une ville pour sa périphé- « Ce document est une vision pour le territoire LE MINISTRE PHILIPPE HENRY wallon à l’horizon 2040 » des routes. D’aucuns y voyaient même la fin des campagnes et des villages. Rien de tout cela dans le document final, mais une option clairement assumée après de longs palabres : le territoire est une ri- €529* àpd aller-retour, taxes incl. rie ou un village pour la campagne environnante : les territoires centraux sont en définitive partout, même en milieu rural. L’idée générale est de mieux organiser le territoire régional autour de quatre grands pôles : l’aire ouest en Wallonie picarde avec de larges débordements sur la France, l’aire centrale, Mons, Charleroi et Namur mais qui englobe Bruxelles, l’aire est autour de Liège mais jusqu’au Maastricht et Aachen et l’aire sud vers Arlon mais aussi Luxembourg. Entre ces géants (avec un statut de ville capitale pour Namur), 41 pôles secondaires et 20 pôles principaux, mais aussi des axes développements et des aires rurales transfrontalières. « Ce réseau évite un éparpillement de l’urbanisation, qui est consommateur d’espace, destructeur de l’identité rurale et générateur de flux dispersés », dit le Sder. ■ ERIC DEFFET Recevez une partie de votre vol en cadeau. Réservez jusqu’au 25 novembre et bénéficiez de nos promotions. €99* àpd aller-retour, taxes incl. * Promotions soumises à conditions et disponibilité. Voir site web. brusselsairlines.com €599* àpd aller-retour, taxes incl. ou votre agence de voyages 4
  10. 10. Le Soir Mardi 12 novembre 2013 LABELGIQUE Listes électorales à Ecolo… Les verts sont en train de confectionner leurs listes électorales pour le 25 mai 2014 (à ce stade, on se limite aux deux premiers effectifs et aux deux premiers suppléants). Samedi se déroulait le « poll » pour la liste régionale d’Ecolo-Mons. Sans surprise, les verts seront conduits par Manu Disabato, député régional sortant. La 2e effective est Cécile Dascotte. La 1re suppléante est Charlotte De Jaer. Les verts du Hainaut devaient aussi choisir leurs têtes de liste pour l’élection de la Chambre. … le Hainaut en 2e session Le Comité de liste (représentants du parti et des régionales) proposait Jean-Marc Nollet (Charleroi) en tête de liste, Juliette Boulet (Mons) en 2e effective, Marie-Christine Lefebvre (Tournai) à la 1re suppléance et Muriel Hanot (La Louvière) en 2e suppléance. Cette proposition a été rejetée par les militants. De peu – il fallait les deux tiers des voix et le scénario déposé n’a recueilli que 62 %. Motif : trois des quatre régionales ont leur compte dans la proposition du Comité de liste (Charleroi, Mons, Wallonie picarde et Centre) mais pas celle de Thuin. Une nouvelle proposition, « tenant mieux compte des équilibres sous-régionaux du parti », sera proposée aux militants d’ici deux ou trois semaines. C’est tout bête : au lieu d’élire quatre principaux candidats, les militants devront en choisir cinq. (P.Bn) La responsabilité de Lina Haji en question ASSISES La mort du petit Rachid jugée à Nivelles En septembre 2010, une maman égorgeait son fils de quatre ans à Braine-l’Alleud. Le jury composé ce mardi aura une mission : dire si Lina Haji est responsable de ses actes. C e mardi matin, la cour d’assises du Brabant wallon se réunira pour constituer un jury qui jugera Lina Haji, une mère de famille inculpée pour l’assassinat de son fils de quatre ans, le 15 septembre 2010 à Braine-l’Alleud. Le corps du garçonnet avait été retrouvé le jour même, au bord d’un sentier proche du stade Gaston Reiff. Il était égorgé et portait plusieurs traces de coups de couteau au thorax. Sur place, un médecin de la localité, qui faisait son jogging quotidien en soirée, avait été interpellé par une dame, dans une langue qu’il n’est pas parvenu à comprendre. Continuant son chemin, il a trouvé, quelques dizaines de mètres plus loin, le cadavre de Rachid. L’enfant était allongé sur le dos, à environ 500 mètres de la maison familiale d’où la sœur du petit a appelé la police une demi-heure plus tard. Cette sœur adolescente venait La mort de Rachid avait provoqué une vague d’émotion à Brainel’Alleud. © BELGA. alors d’apprendre de la bouche de sa mère – il s’agissait de Lina Haji, la dame croisée sur place par le médecin – que Rachid avait quitté le jardin où il jouait vers 18 h 30, et qu’elle n’était pas parvenue à le retrouver… En se rendant au domicile de la famille, les policiers ont été interpellés par le comportement de Lina Haji. Désemparée mais fort calme, cette dame de nationalité syrienne née en 1970, ne pleurait pratiquement pas. Ils ont noté aussi que plusieurs pièces de la maison portaient des traces d’un nettoyage récent. Dans la nuit, la police scientifique découvrira sur place un bavoir taché et entaillé, un couteau portant des traces de sang, du sang dans la baignoire et sur les carrelages de la salle de bain. Des vêtements de femme séchaient dans un débarras, avec là aussi des traces de sang malgré un nettoyage tout récent. La mère de Rachid, qui a fourni des explications fort peu convaincantes, sera privée de liberté dans la nuit. Elle justifiait par exemple la présence de sang dans la salle de bain par les jeux de son fils qui, à quatre ans, lui disait qu’il devenait un homme et utilisait un rasoir. Elle affirmait aussi nourrir de gros soupçons envers son ex-mari, qui l’avait quittée et qui était à Bruxelles au moment des faits. Le 17 septembre, elle a fini par avouer. En livrant une version correspondant aux indices : elle avait égorgé l’enfant dans la baignoire de l’habitation familiale, bien qu’il ait tenté de se défendre. Et pour éviter qu’il souffre, elle l’avait poignardé dans le cœur par la suite. Elle a précisé que le petit était très malheureux de ne plus voir son père, et qu’elle avait voulu le libérer de cette souffrance. Un collège d’experts, qui a examiné l’inculpée dans le cadre de l’enquête, a estimé qu’elle souffrait au moment des faits d’un déséquilibre mental l’empêchant de contrôler ses actes. La chambre des mises en accusation de Bruxelles ayant choisi de laisser le « juge du fond » trancher sur la responsabilité de l’accusée, c’est surtout de cette question que débattront les jurés de la cour d’assises durant le procès. Contre toute attente, Lina Haji est revenue sur ses aveux le 7 octobre 2010. Prétendant avoir senti la présence de quelqu’un dans sa maison, elle a assuré que son ex-mari avait commandité l’assassinat… ■ LESBRÈVES Wesphael n’est plus président u terme d’un congrès fédéral extraordinaire, le Mouvement de Gauche a désigné Caroline Bertels, jusque-là vice-présidente, présidente ad interim jusqu’aux élections de mai 2014. Et ce, en raison du fait que Bernard Wesphael, inculpé de l’assassinat de sa femme, n’est plus à même de remplir ses fonctions de président. (b) A PREMIÈRE GUERRE Hommage royal © DOMINIQUE DUSCHESNES. ENTRENOUS 5 500 personnes ont assisté à la commémoration du 11 novembre, lundi matin, à la colonne du Congrès, à Bruxelles, en présence du roi Philippe. Après les 21 coups de canon tirés du parc Royal, le Roi a déposé une gerbe de fleurs blanches. A sa suite, onze enfants ont porté une rose blanche pour les 10 provinces et Bruxelles. Le prince Laurent, lui, remplaçait le Roi l’aprèsmidi à Ypres, à la cérémonie du Last Post à la Porte de Menin, où le « Sacred soil of Flanders Fields » est rassemblé. VINCENT FIFI QUAND ON EST SÛR DE SA BANQUE, ON EST PLUS SÛR DE SOI. PROCHE DE VOTRE ENTREPRISE EN BELGIQUE ET PARTOUT DANS LE MONDE. Vous pouvez compter sur votre chargé de relation et sur l’expertise de nos spécialistes dans près de 80 pays pour vous accompagner dans votre réussite internationale. entreprises.bnpparibasfortis.be E.R. : A. 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