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Le contenu n'a plus de valeur

by martin Lessard on Oct 28, 2011

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Dans un monde de surabondance de contenu, un site qui n'aura pas une composante sociale ne recevra qu'indifférence et ingratitude.

Dans un monde de surabondance de contenu, un site qui n'aura pas une composante sociale ne recevra qu'indifférence et ingratitude.

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  • Enkerli Alexandre Enkerli , Ethnographer, teacher at Diverse institutions [Content de voir des mentions de l’anthropologie, surtout qu’elles semblent pertinentes…]

    Pas facile d’embarquer en cours de route et j’ai pas tellement la possibilité de me concentrer là-dessus, en ce moment. Mais je vais essayer de contribuer à vif, après une lecture par trop fragmentaire. Un peu comme si j’arrivais dans une salle de conférence à la fin d’une période de questions.
    On peut dire que c’est la partie «regard éloigné» du travail anthropologique.

    Donc, si je comprend bien, on parle du passage du «contenu en soi» à la «lecture sociale». Une grande question sous-jacente, c’est de situer ce changement dans un contexte plus large.

    Un truc qui se discute souvent, dans le contexte de l’émergence de nouvelles pratiques, c’est le degré de discontinuité entre ces nouvelles pratiques et ce qui les a précédées. Le discours sur l’innovation fait souvent appel à des concepts de «révolution», de «disruption» et de «changement fondamental». Selon ce discours, la lecture sociale est un phénomène fondamentalement nouveau, qui nécessite une description d’un ordre nouveau.
    Le contrepoint de ce discours ajoute, bien sûr, une notion de «continuité», d’«évolution», voire d’«émergence». C’est le fameux «rien de nouveau sous le soleil». Dans cette optique, la lecture a toujours été sociale. (J’ai tendance à associer ma voix à ce contrechant.)

    Mais le discours sur la discontinuité est lui-même diversifié. On peut y entendre le «paradigme» de Kuhn autant que l’«épistémè» de Foucault (j’aime bien les rapprocher, ces deux-là). En ce sens, la lecture sociale est-elle un «changement de paradigme» (au sens strict) ou un «décalage infime, mais essentiel»?

    Vais répondre sur Lettrures…
    7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • bibliothecaire Michel Roland C’est effectivement à McLuhan que je pensais (message/massage). Merci en tous cas de cet échange que je me permets de mettre pour mémoire sur mon blogue (confidentiel) « lettrures ». Si vous y voyez le moindre inconvénient, je dépublie illico.

    http://lettrures.com/2011/11/01/contenus-et-liens-sociaux-un-echange-avec-martin-lessard-sur-slideshare/

    Et je suis très curieux de la réponse de votre anthropologue :-)
    7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • martinlessard martin Lessard , Consultant at Montréal, Québec @michel Roland-Guill Je dois dire que le YulContenu était une rencontre de jeunes 'gestionnaires de communauté' de 20 à 30 ans, pas particulièrement familier avec la théorie (je n'ai d'ailleurs pas cité Lazarfeld). C'est le 'on' de mon précédent commentaire.

    Votre précision me fait penser que finalement je touche un sujet plus près de McLuhan que de Lazarfeld peut-être. Mais il est vrai qu'une grande partie du contenu social échangée actuellement concerne une forme de communication phatique. Mais j'imagine qu'il faudrait alors commencer à bien délimiter les termes de nos objets avant de poursuivre notre conversation.

    Mais poursuivons quand même. Je vais prendre un exemple.

    Je suis bien l'évolution de l'écrit et de la lecture à l'ère des réseaux (sans en être un expert comme Hubert). Je sais que si le contenu a une valeur, tout de même, elle est pourtant maintenant effectivement éclipsée dans un monde de surabondance d'information par la relation (je vais lire Hubert avant de lire Marc, parce que je le connais personnellement). La relation ne se limite pas à des rencontres physiques non plus et Marc entrera éventuellement dans 'ma sphère d'experts'.

    Par contre, n'étant plus dans un monde de rareté (relative) d'information, Marc aura grand peine à y entrer tant qu'Hubert réussit à satisfaire (saturer) ma curiosité à ce niveau. La valeur du contenu de Marc n'a donc 'pas de valeur' à mes yeux. Il pourra être revalorisé quand mon réseau (ma 'sphère d'experts') l'inclura davantage comme un incontournable (ou suite à des rencontres personnelles).

    C'est effectivement le sens de ma présentation que vous résumez de si bonne manière: le message est rabaissé au rôle de moyen. La sélection des contenus (à contenu égal) se fait pour des raisons d'appartenance à une communauté (à la construction de celle-ci).

    J'ai tout de même l'impression que c'était quelque chose de déjà présent dans la culture et que seul le partage à très grande échelle, comme on le voit sur Internet, le rend plus visible (d'où mon appel à un anthropologue qui connaîtrait la situation -- tiens j'en connais un je vais lui demander...)
    7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • bibliothecaire Michel Roland @Martin: je ne suis pas sûr qu’on ait tendance à sous-estimer la composante sociale, tout dépend du ’on’ que l’on (!) suppose. Par exemple les outils de gestion des signets en ligne se sont appelés, aux débuts du web 2.0, ’social bookmarking’ alors même que leur utilité la plus évidente et immédiate était dans la gestion personnelle de ses signets, ie dans leur orientation contenu. Voir aussi aujourd’hui les réflexions d’Hubert Guillaud sur la lecture sociale, celles de Marc Jahjah sur le partage des annotations, ou celles de mon ami Christian Jacomino sur le partage de la lecture à voix haute.Et en amont encore, il y a le travail des théoriciens du texte qui ont déconstruit la notion d’oeuvre. Il me semble qu’aujourd’hui au contraire la tendance massive est à la revalorisation de la composante sociale, votre présentation l’illustre et ce qu’elle montre, et qui me pose question, c’est que cette promotion de la composante sociale ne se limite pas à l’estimation, à l’idée que l’on se fait des échanges communicationnels, mais qu’elle concerne l’évolution même des pratiques.

    ’Mutation fondamentale’ est peut-être une facilité de langage mais n’a de sens que dans le contexte particulier des échanges en ligne. D’ailleurs, s’agissant de Lazarfeld, je remarque que sa théorie vise à décrire le mode de percolation des idées, où les leaders d’opinion sont des vecteurs, c’est-à-dire que le sujet reste en fin de compte le contenu. Votre présentation pose bien la question anthropologique (justement) amenée par l’évolution des pratiques: lorsqu’on envisage le rôle des ’influenceurs’ on reste dans le cadre de la problématique de Lazarfeld, de la diffusion des idées/contenus, mais lorsqu’on pose que le partage devient la valeur, c’est bien d’une mutation qu’il s’agit, où le ’massage’ social devient la fin et le message est rabaissé au rôle de moyen (on pourrait soutenir qu’il en a toujours été ainsi mais il faudrait alors parler d’une ruse de la raison qui fait consonner deux logiques différentes selon un équilibre éventuellement mis en péril - mais ce serait dépasser les limites d’un commentaire déjà beaucoup trop long ;-)).

    Merci en tous cas de votre réponse.
    7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • martinlessard martin Lessard , Consultant at Montréal, Québec @michel Roland-Guill Je ne serais peut-être pas prêt à dire que c'est une 'mutation fondamentale' dans le sens que ce phénomène pré-existe au web (voir les études de Lazarfeld et son Two-Step flow), même si ce n'est peut-être pas dans le même contexte, ni à une telle échelle.

    Je dirais que je tente de remettre en relief le fait que les échanges communicationnelles ont une composante sociale qu'on a tendance à sous-estimer. En titrant que le Contenu n'a plus de valeur je pose en creux cet état de fait.

    Je laisserai un anthropologue répondre à votre dernière question ;-)
    7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • bibliothecaire Michel Roland Belle présentation, efficace et qui me pose une question, essentielle amha: le lien est-il le moyen du contenu (influenceurs, médiateurs) ou le contenu le moyen et le lien la fin? Ce qui signifierait une mutation fondamentale, et en apparence régressive: la prééminence du lien n'est-elle pas la caractéristique pré-littératique, féodale par exemple? 7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • carronalain Alain-Marie Carron , Consultant at SECOR (Montreal), ConseilAction Un bon titre, bien provoquant. Une bonne idée sur le fait qu'il y a de la valeur dans l'échange en dans la personne qui échange. Mais cela ne dit rien sur le problème de la valeur du contenu lui-même... le bon titre est aussi un beau mensonge:-) 7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
  • brunoboutot bruno boutot at boutotcom Très bon.

    (Et très beau aussi: j'aime beaucoup le style 'moderne'.)
    7 months ago Reply
    Are you sure you want to Yes No
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