Your SlideShare is downloading. ×
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Gestion des conflit en Afrique
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Thanks for flagging this SlideShare!

Oops! An error has occurred.

×
Saving this for later? Get the SlideShare app to save on your phone or tablet. Read anywhere, anytime – even offline.
Text the download link to your phone
Standard text messaging rates apply

Gestion des conflit en Afrique

6,848

Published on

Document sur la gestion des conflits en Afrique de l'ouest par l'ECOMOG.

Document sur la gestion des conflits en Afrique de l'ouest par l'ECOMOG.

0 Comments
1 Like
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

No Downloads
Views
Total Views
6,848
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
0
Actions
Shares
0
Downloads
117
Comments
0
Likes
1
Embeds 0
No embeds

Report content
Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
No notes for slide

Transcript

  • 1. SOMMAIREINTRODUCTION ……………………………………….....……………..... 2PREMIERE PARTIE : DU PNA A L’ECOMOG : UNE VOLONTEMANIFESTEDE METTRE EN PLACE UN ESPACE DE PAIX ET DE SECURITE ........…...… 6DEUXIEME PARTIE : DE L’ECOMOG AU MECANISME DE 1999 : VERSLA MISE EN PLACE DE L’ESPACE DE PAIX ET DE SECURITE OUEST -AFRICAIN 29CONCLUSION ………………………………………..…………………… 60ANNEXES ……………………………………………...……….……………. 65BIBLIOGRAPHIE ……………………………………………...……….... 90
  • 2. 2INTRODUCTION
  • 3. 3La CEDEAO regroupe l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest et se composed’une population estimée à plus de 200 millions de personnes. Elle est dominée parles jeunes, dont la plupart manquent d’éducation et de qualifications techniques. Il ya une disparité large dans la distribution de la richesse et du revenu au sein de lapopulation et entre les centres urbains et les secteurs ruraux. Les langues officiellesdes Etats membres sont : l’anglais, le français, le portugais et l’arabe. Léconomie desEtats membres repose principalement sur l’agriculture. Les principales exportationssont : le pétrole, l’or, le diamant, la bauxite, le fer, le café, le bois, le coton etl’arachide. Les principaux investisseurs économiques de la sous-région sont laFrance, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et les Arabes dorigine libanaise et syrienne.La sous-région est un germoir de lagitation politique, économique et sociale qui a eucomme conséquence la croissance des mouvements insurgés et révolutionnairessoutenus en grande partie par la jeunesse économiquement marginalisée et lesmembres aliénés des élites. Les gouvernements qui ont émergé de cet environnementtendent vers lautocratie et la répression, alors que le système politique favoriselexclusion de lopposition et des vues dopposition. La structure de sécurité des Etatsest consacrée à la conservation du régime et de l’élimination de ceux qui sopposent àlui.Le problème de sécurité est aggravé par la nature multi-ethnique des Etats. Sansexception, tous les Etats de l’Afrique de l’Ouest sont composés de multituded’ethnies dont la plupart sont des ethnies historiquement rivales. A cela s’ajoute lamainmise de certaines ethnies sur le pouvoir au détriment des autres.Dans les années 70, les Chefs-d’Etat ouest africains se sont rendus compte qu’il étaiturgent et nécessaire d’instaurer un climat de paix et de sécurité dans la sous-régionpour atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés au sein de la CEDEAO. C’est ainsique sera signé un PACTE DE NON-AGRESSION à Lagos, (Nigéria) en 1978. Ce pactesera suivi par le PROTOCOLE D’ASSISTANCE MUTUELLE EN MATIERE DE DEFENSEsigné à Freetown (Sierra Leone) en 1981. Mais, la véritable révolution viendra de lamise en place de l’Ecomog.
  • 4. 4L’Ecomog est une force ouest africaine de maintien de la paix créée dans les années90 par des pays membres de la CEDEAO. La force est composée majoritairement deNigérians.En août 1990, sans perspective d’intervention des Nations Unies dans la terribleguerre qui déchirait le Libéria, une partie des Etats de l’Afrique de l’ouest décidèrentde déployer l’Ecomog à Monrovia pour séparer les factions en guerre et arrêter lecarnage. Les Etats ouest africains ont justifié leur interposition par le fait que cenétait plus un conflit interne puisque des milliers de leurs propres ressortissants ontété emprisonnés au Libéria et des dizaines de milliers de réfugiés sétaient sauvéesdans les pays voisins.Il y a eu beaucoup de spéculation au sujet des motivations réelles des pays quicomposaient la force. Certains ont accusé le Nigéria de soutenir le gouvernement deSAMUEL DOE ami et allié du Président nigérian BABANGIDA ; dautres affirment quele Nigéria voulait s’imposer comme la « superpuissance » de la sous-région. Dautrescroient que les motivations des Etats étaient dues à la crainte de voir unedéstabilisation de la sous-région. Toujours, dautres affirment que linterposition étaitdue au traitement que les hommes de CHARLES TAYLOR réservaient auxressortissants des autres pays de l’Afrique de l’Ouest habitant au Libéria.Nous avons entrepris de faire des recherches sur le cas Ecomog parce que nouspensons que la création de la force et son intervention au Libéria est une évolutionimportante pour les africains dans leur volonté de se prendre en main en matière demaintien de la paix. Et pour les ouest-africains un début pour instaurer un espace depaix et de sécurité dans leur région. Plusieurs Etats africains ont rêvé voir naître unjour un système ou une capacité collective de défense africaine pour répondre auxconflits internes plutôt que de compter sur des Forces extérieures comme celles delONU. L’intervention de l’Ecomog au Libéria a marqué un tournant important dansla pratique du maintien de la paix par des organismes régionaux ou sous-régionauxafricains. Elle a également soulevé une vieille discussion en Afrique au sujet de lacréation dune capacité continentale de réponse aux conflits et à l’instabilité. Le
  • 5. 5Président KWAME NKRUMAH du Ghana fut l’un des premiers à avoir soulevé lidéedune force africaine de maintien de la paix à la naissance de l’OUA en 1963. Depuislors, plusieurs tentatives ont vu le jour dont la plus importante fut celle de l’OUA. En1981, l’organisation avait émis le souhait de mettre en place une Forceinterafricaine pour surveiller la guerre civile au Tchad. Malheureusement, ce projetéchoua. Cet échec était en partie due à une mauvaise planification, à l’absence d’unmandat précis de la Force, à l’absence d’une structure de commandement fiable, aumanque de volonté politique de certains dirigeants africains, au manque deressources financières etc.En ce qui concerne nos recherches sur le sujet, notre principal intérêt est de savoir sila création de l’Ecomog a été une bonne expérience pour la CEDEAO dans savolonté de mettre en place un espace de paix et de sécurité en Afrique del’Ouest ?Pour répondre à cette question, nous organiserons notre réflexion autour de deuxprincipaux axes : dans une première partie, nous verrons ce que la CEDEAO à fait, de sa création à la naissance de l’Ecomog, pour mettre en place son espace de paix et de sécurité. dans une seconde partie, nous verrons ce que l’expérience de l’Ecomog a apporté à la CEDEAO dans sa volonté de mettre en place un espace de paix et de sécurité en Afrique de l’ouest.
  • 6. 6 PREMIERE PARTIE :DU PNA A L’ECOMOG : UNE VOLONTE MANIFESTE DE METTRE EN PLACE UN ESPACE DE PAIX ET DE SECURITE
  • 7. 7CHAPITRE 1 : LA CEDEAO ET SES PROTOCOLES DE DEFENSEQu’est ce que la CEDEAO ? Quels sont ses objectifs ? Comment est-elle structurée ?Telles sont les questions auxquelles nous essayerons de répondre dans ce chapitredont le but est de donner une description de cette organisation sous-régionaleafricaine.En outre, nous traiterons dans ce chapitre les deux protocoles de défense signés ausein de la CEDEAO et qui constituent la pierre angulaire de la volonté des pays del’Afrique de l’Ouest de mettre en place un espace de paix et de sécurité pour undéveloppement économique effectif et viable.SECTION 1 : PRESENTATION DE LA CEDEAOPARAGRAPHE 1 : NAISSANCE ET OBJECTIFS DE LA CEDEAOLa CEDEAO est un regroupement régional de quinze pays créé le 28 mai 1975 àLagos au Nigeria. Le projet de la création de la CEDEAO remonte en 1967 lors de laconférence des Etats de l’Afrique de l’Ouest réunie à Accra. L’année suivante, en1968, sera signé à Monrovia l’accord portant création d’un groupe régional del’Afrique occidentale. Mais c’est en 1972, à l’initiative du Nigeria et du Togo quel’idée sera relancée et mènera à la signature du traité de Lagos 1. Les protocolesétablissant la CEDEAO ont été signés à Lomé (Togo) le 5 novembre 1976. Un traitérevu pour accélérer l’intégration économique et pour augmenter la coopérationpolitique a été signé en juillet 1993. A l’origine, le traité de Lagos est signé par neufEtats francophones, cinq anglophones et un lusophone. Un peu plus tard le Cap-Vertrejoindra ces quinze pays. La Mauritanie, membre fondateur, sest retirée del’organisation en 1999 ce qui fait qu’elle est composée aujourd’hui de 15 pays 2.1 BELAOUANE-GHERARI Sylvie et GHERARI Habib, « Les organisations régionales africaines »,La Documentation Française, Paris, 1988, p. 1502 Les 15 pays membres de la CEDEAO sont: Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée,Guinée-Bissau, Côte dIvoire, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra-Leone et Togo.
  • 8. 8La CEDEAO est le plus vaste sous ensemble régional africain. Il renferme un marchécommun de plus de 220 millions d’habitants et une superficie de 6 millions de km2.Les objectifs qui lui sont assignés par le traité de Lagos consistent à promouvoir lacoopération et le développement dans tous les domaines de l’activité économiquenotamment lindustrie, les transports, les télécommunications, lénergie, lagriculture,les ressources naturelles, le commerce, les questions monétaires et financières, lesquestions sociales et culturelles ; « d’abolir à cette fin les restrictions quantitatives etadministratives au commerce, supprimer les obstacles à la libre circulation despersonnes, des services et des capitaux et créer un fond de coopération, decompensation et de développement » 3. Elle a également pour objectif de promouvoirles relations entre les États membres et contribuer au progrès et au développement ducontinent africain. Enfin, depuis que les Etats membres ont compris que prospéritééconomique durable et sécurité riment ensemble, ils ont fait de la réalisation d’unauthentique et efficace système sous-régional de paix et de sécurité un objectifmajeur de leur organisation.Le Traité revu de 1993 « identifie comme objectifs économiques l’aboutissement à unmarché commun et à une monnaie unique ; les objectifs politiques étant la mise enoeuvre d’un parlement de l’Afrique de l’ouest, un conseil économique et social, etune Cour de Justice CEDEAO pour remplacer le tribunal existant et appliquer lesdécisions de la communauté. Ce Traité donne formellement la responsabilité deprévenir et de régler les conflits régionaux à la Communauté » 4.3 BELAOUANE-GHERARI Sylvie et GHERARI Habib, « Les organisations régionales africaines »,op. cit. p. 1504 Institut d’Etudes de Sécurité (Afrique du Sud) « Profil de la Communauté Économique des États del’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) » (Voir page Internethttp://www.iss.co.za/AF/RegOrg/unity_to_union/pdfs/ecowas/2ECOWASProfileFr.pdf
  • 9. 9PARAGRAPHE 2 : LES STRUCTURES 5 DE L’ORGANISATIONLa structure de la CEDEAO est la suivante 6 : La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement (CCEG), Le Conseil des Ministres, La Cour de Justice de la Communauté, Le Parlement de la CEDEAO, Le Secrétariat Exécutif, et Les Commissions techniques.LA CONFERENCE DES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT est l’organe suprêmede la Communauté. Elle est composée des Chefs d’État et/ou de Gouvernement desÉtats membres. Son rôle est de donner les principes directeurs de l’organisation, decontrôler le bon fonctionnement de la Communauté et de prendre toutes les mesuresadéquates afin de garantir le développement progressif et la réalisation des objectifs.LE CONSEIL DES MINISTRES est composé du Ministre responsable des Affaires de laCEDEAO ainsi que d‘un Ministre désigné par chaque État membre. Son rôle consisteentre autres à approuver les programmes de travail et les budgets de la Communautéet de ses institutions ; à émettre des directives pour les affaires concernant lacoordination et l’harmonisation des politiques d’intégrations économiques et àformuler des recommandations à la CCEG sur les questions visant à la réalisation desobjectifs de la Communauté.LA COUR DE JUSTICE DE LA COMMUNAUTE, qui est une institution permanente, a étécréée en octobre 1999 à Abuja. Elle se compose d’un Président, d’un Greffier enchef, et de sept juges. Sa mission est de traiter « les plaintes émanant d’États5 En outre des structures que nous allons traiter, le Conseil Economique et Social, la Banqued’Investissement et de Développement de la CEDEAO etc.6 Institut d’Etudes de Sécurité (Afrique du Sud) « Profil de la Communauté Économique des États del’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) » (Voir page Internet :http://www.iss.co.za/AF/RegOrg/unity_to_union/pdfs/ecowas/2ECOWASProfileFr.pdf)
  • 10. 10membres et des institutions de la CEDEAO, ainsi que des questions se rapportantaux états qui [ne s’] acquittent pas [de] leurs dettes » 7.LE PARLEMENT DE LA CEDEAO se compose de 115 députés. Tous les Etatsmembres ont le droit d’y être représentés. Le Togo, le Liberia, le Cap-Vert, la GuinéeConakry, la Guinée-Bissau, le Bénin, la Gambie et la Sierra Leone ont chacun droit à5 députés. Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal ont chacun droit à 6députés. La Côte d’Ivoire a droit à 7 représentants. Le Ghana a droit à 8 députés.Enfin, le Nigeria a lui droit à 35 députés. Aucun des 115 représentants parlementairesn’est élu au suffrage universel (au niveau de la Communauté), ce sont tous desmembres des parlements nationaux de leurs pays respectifs. Le Parlement se réunit àAbuja et fonctionne uniquement à titre consultatif et de conseiller.LE SECRETAIRE EXECUTIF DE LA CDEAO, qui est élu pour un mandat de quatre anspar la CCEG, a pour mission de veiller au bon fonctionnement de la Communauté etde la mise en oeuvre des décisions prises par la CCEG. Son siège se trouve à Abuja(Nigeria).LES COMMISSIONS TECHNIQUES SPECIALISEES, que l’on retrouve au sein de laCEDEAO sont : Alimentation et agriculture ; Industrie, science et technologie et énergie ; Environnement et ressources naturelles ; Transport, communications et tourisme ; Commerce, douanes, impositions, statistiques, monnaie et payements ; Affaires politiques, juridiques et légales, sécurité régionale et immigration ; Ressources humaines, information, affaires sociales et culturelles; Commission pour l’administration et les finances.7 Institut d’Etudes de Sécurité (Afrique du Sud) « Profil de la Communauté Économique des États del’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) » (Voir page Internet :http://www.iss.co.za/AF/RegOrg/unity_to_union/pdfs/ecowas/2ECOWASProfileFr.pdf)
  • 11. 11Bien qu’étant une organisation économique, la CEDEAO sest très tôt préoccupée dela paix et la sécurité régionale, facteur incontournable au développement socio-économique des Etats membres.SECTION 2 : LES PROTOCOLES DE DEFENSE CONCLUS AU SEIN DE LA CEDEAOLa CCEG de la CEDEAO a adopté un protocole de non agression en 1978 puis, en1981, un protocole dassistance en matière de défense pour instaurer un climat destabilité et de sécurité dans la sous région.PARAGRAPHE 1 : LE PROTOCOLE DE NON AGRESSION (PNA)Le PNA a été signé, par les États membres de la CEDEAO, le 22 avril 1978 lorsd’une réunion qui s’est tenue à Lagos. L’initiative est venue du Nigéria et du Togo ;deux pays sous dictature militaire. D’ailleurs ce n’était pas les seuls, à l’époque, dansla sous région. En effet au moment de la signature du protocole plus de la moitié despays étaient dirigés par des militaires. La liste qui va suivre est celle despersonnalités ayant signé le protocole ; elle donne nettement une idée de ce que nousvenons d’affirmer.Etaient présents lors de la signature du PNA : Le Colonel Mathieu KEREKOU (Président du Bénin), Mr. Félix HOUPHQUET BOIGNY (Président de la Côte d’Ivoire), Mr. Arstides PEREIRA (Président du Cap-Vert), Dr. William R. TOLBERT, (Président du Libéria), Alhaji Sir Daouda K. JAWARA, Mr. Founeke KEITA (Ministre des finances et du commerce de la République du Mali, et au nom du Président du Comité militaire de la libération nationale du Mali), Major Général George Yaw BOAKYE (Pour et au nom du chef dEtat et du Président du Conseil militaire suprême de la République du GHANA),
  • 12. 12 Mr. Ismaël TOURE (Ministre de léconomie et des finances pour et au nom du chef dEtat et du Commandant-en-Chef des forces armées révolutionnaires des peuples de la République de GUINÉE : le Président Ahmed Sékou TOURE), Mr. Moktar Ould DADDAH (Président de la République islamique de Mauritanie, L’Intendant militaire Moussa TONDI (Ministre des finances du Niger pour et au nom du Conseil militaire suprême de la République du NIGER), Mr. Luiz CABRAL (Président de la République de Guinée-Bissau), Lt. Général Olusegun OBASANJO (Chef du gouvernement militaire fédéral, du Nigéria et Commandant-en-Chef des forces armées de la République du Nigéria), Mr. Léopold Sédar SENGHOR (Président de la République du Sénégal), DR Siaka STEVENS (Président de la République de Sierra Léone), Général Gnassingbe EYADEMA (Président de la République du Togo) Général A. Sangoule LAMIZANA (Président de la République de la Haute- Volta)Au travers du PNA, chaque Etat membre excluait toute mesure dans ses relations,avec les autres Etats membres, de recourir à la menace, à lutilisation de la force, àlagression ou tout autre moyen contraire aux chartes des Nations Unies et del’Organisation de lUnité africaine (Union Africaine maintenant) contre lintégritéterritoriale et lindépendance politique des autres Etats membres.Chaque Etat membre s’engageait également à sabstenir d’encourager ou de tolérer toute subversion, hostilité ou agression contre lintégrité territoriale ou lindépendance politique des autres Etats membres ; empêcher des étrangers résidents sur son territoire de commettre de tels actes;
  • 13. 13 empêcher des étrangers non-résidents demployer son territoire comme base pour commettre les actes cités ci-dessus contre la souveraineté et lintégrité territoriale des autres membres.L’article 5, qui porte règlement pacifique des différends, dispose : 1. « Les Etats membres ont recours à des moyens pacifiques pour régler les différends qui pourraient surgir entre eux. 2. Toute dispute qui ne peut être réglée de manière pacifique entre les États membres sera soumise à un comité de la Communauté. Dans l’éventualité d’un échec de résolution par le Comité, la dispute sera soumise à l’Autorité [par exemple Les Chefs d’État]. 3. La composition et le mandat du Comité visé au paragraphe précédent seront déterminés par l’Autorité. »La signature du PNA fut une très bonne chose mais malheureusement, les dirigeantsde la sous-région, plus soucieux de la survie de leur pouvoir que celle de leurspeuples, par manque de confiance à leurs voisins, par leur volonté de s’imposercomme « leader » de la sous-région et par le jeu des puissances de l’époque (Etats-Unis et URSS), l’ont vite rangé aux oubliettes. En effet, plus que jamais, l’Afrique del’ouest fut plongée dans le chaos des guerres civiles, et des coups d’Etats dont laplupart étaient soutenus et encouragés par des pays signataires du protocole. Ce quiallait sans nulle doute à l’encontre de l’esprit du PNA.Au début des années 80, convaincus une fois de plus que la stabilité et la sécurité dela sous région est un pilier essentiel à l’intégration économique ou soucieux depréserver leur pouvoir, les Chefs-d’Etat de la CEDEAO adoptèrent un autreprotocole.
  • 14. 14PARAGRAPHE 2 : LE PROTOCOLE D’ASSISTANCE MUTUELLE EN MATIERE DEDEFENSE (PAMD)Le PAMD a été signé à Freetown, en Sierra Leone, le 29 mai 1981 par treize Etatsmembres de la CEDEAO 8. Il est entré en vigueur cinq ans plus tard (en 1986). C’estun traité collectif de défense dans lequel les Etats signataires considèrent que « toutemenace d’agression armée ou toute agression armée dirigée de l’extérieur contrel’un quelconque des Etats membres constitue une menace ou une agression contrel’ensemble de la communauté » 9 et s’engage à donner une aide et une assistancemutuelle pour la défense 10. Egalement, ils prévoient une réaction collective dans lecas ou un Etat membre est victime d’un conflit armé intérieur fomenté et soutenuactivement de l’extérieur et qui met en danger la paix et la sécurité d’autres étatsmembres 11. Dans ce cadre sont créées les FORCES ARMEES ALLIEES DE LACOMMUNAUTE (FAAC).Le protocole avait mis en place trois institutions devant permettre son application.Ces institutions sont : l’AUTORITE, le CONSEIL DE DEFENSE et la COMMISSION DEDEFENSE.L’AUTORITE doit, à loccasion de chaque réunion annuelle de la CEDEAO, examinerles problèmes généraux concernant la paix et la sécurité de la sous-région. C’est àelle de décider de la convenance d’une action militaire et de confier son exécution aucommandement des FAAC. Selon le protocole, les décisions prises par lAutoritésont immédiatement exécutoires.Le CONSEIL DE DEFENSE se compose des ministres de la défense et des affairesétrangères des Etats membres. Toutefois, en période de crise, il est présidé par lePrésident de lAutorité et est élargi, selon les circonstances, à nimporte quel autreministre des Etats membres. Sa mission consiste à préparer des sessions8 Seul trois pays, parmi les 16 que compte l’Afrique de l’Ouest, ne l’avaient pas signé à l’époque. Ils’agit du Cap-Vert, de la Guinée Bissau et du Mali.9 Article 2 du PAMD.10 Article 3 du PAMD11 Article 4.b du PAMD
  • 15. 15extraordinaires de l’Autorité, étude de la situation, de la stratégie et des moyens àadopter. Il peut recevoir délégation de décision de l’Autorité si les circonstancesl’exigent une intervention rapide 12. Selon larticle 9 du protocole, en casdinterposition armée, le Conseil de défense, aidé par la Commission de la défense,dirigera avec lautorité de lEtat ou des Etats concernés, toutes les mesures devant êtreprises par le commandement des FAAC et sassurera que tous les moyens nécessairespour linterposition lui sont rendus disponibles.La COMMISSION DE DEFENSE se compose des Chefs d’Etat-major des forces arméesde tous les Etats membres. Elle est chargée d’examiner les problèmes techniques dedéfense.Le PAMD, à l’instar du PNA, n’a pas connu de succès. Mais, vers la fin des années80 début 90, au cours de la terrible guerre civile du Libéria, son évocation a conduit àla création de L’ECOMOG 13.Toutefois, avant de se pencher sur le cas de l’Ecomog, nous aimerions rappeler qu’endehors de ces deux protocoles de défense signés au sein de la CEDEAO dans unsouci de sécuriser l’espace ouest-africain, d’autres accords et moratoires ont étéconclus. Il s’agit en particulier des CONVENTIONS POUR L’ASSISTANCE MUTUELLEPOUR LES AFFAIRES CRIMINELLES ET L’EXTRADITION signées à Dakar le 29 juillet1992 et à Abuja le 6 août 1994 ; de la DECLARATION SUR LE MORATOIRE SURL’IMPORTATION, L’EXPORTATION ET LA FABRICATION D’ARMES LEGERES, adoptéeles 30-31 octobre 1998, et du PROGRAMME POUR LA COORDINATION DEL’ASSISTANCE POUR LA SECURITE ET LE DEVELOPPEMENT (PCASED), signé àBamako le 24 mars 1999 14. Il faut également y inclure La DECLARATION DESPRINCIPES POLITIQUES DE LA CEDEAO signée en juillet 1991. Elle « définitl’engagement des [Etats] membres pour la promotion et la protection des droits de12 Barry Mamadou Aliou, « La prévention des conflits en Afrique de l’Ouest », Karthala, Paris, 1997,p. 19813 ECOWAS CEASEFIRE MONITORING GROUP (Groupe de la CEDEAO chargé du contrôle et de lamise en oeuvre du cessez-le-feu)14 Ce Moratoire a été prolongé de trois ans le 9 juillet 2001 à Abuja
  • 16. 16l’Homme, la démocratie, et la séparation constitutionnelle de la justice et dupouvoir » 15.L’ANAD 16 mérite aussi d’être évoqué non seulement du fait de ses similitudes avecle PNA et le PAMD mais aussi du fait que c’est le premier accord de défensecollective conclu par des Etats de la sous région. L’ANAD, signé le 9 juin 1977 àAbidjan (Côte d’ivoire), est un accord assez particulier. Sa particularité, par rapportaux accords de défense de la CEDEAO, réside dans le fait qu’il a été conclu au seinde la CEAO 17 qui est une organisation regroupant uniquement les pays francophonesde la sous-région. A sa signature, sept des neuf pays francophones de l’Afrique del’ouest l’ont signé 18.Si l’on n’y regarde de près, nous pouvons dire que l’ANAD a été l’inspirateur duPNA et du PAMD. Les principes de l’accord se déclinent ainsi 19 : Engagement à ne pas utiliser la force pour régler les différends. Aide mutuelle contre toute agression extérieure.15 Institut d’Etudes de Sécurité (Afrique du Sud) « Profil de la Communauté Économique des États del’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) » (Voir page Internethttp://www.iss.co.za/AF/RegOrg/unity_to_union/pdfs/ecowas/2ECOWASProfileFr.pdf )16 Accord de Non-agression et d’Assistance en matière de Défense.17 COMMUNAUTE DES ETATS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST18 L’ont signé : le Burkina Faso, la Côte d’ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et leTogo. Le Bénin et la Guinée étaient observateurs.19 BARRY Mamadou Aliou, « La prévention des conflits en Afrique de l’Ouest », op. cit. p. 191-192.
  • 17. 17CHAPITRE 2 : LA MISE EN PLACE DE L’ECOMOGLa guerre civile du Libéria est le facteur déclencheur de la mise en place del’Ecomog qui est une force d’interposition ou d’observation ouest africaine. Cetteforce a vu le jour grâce à la « manipulation » des protocoles de défense de laCEDEAO par un certain nombre de pays de la sous région.Pour comprendre l’histoire de l’Ecomog, il est incontournable de revenir à la terribleguerre civile du Libéria qui a débuté vers la fin des années 80 et qui a vul’implication d’un très grand nombre d’acteurs extérieurs en outre de la multitude defactions rebelles du conflit.SECTION 1 : LA GUERRE CIVILE DU LIBERIALe Libéria a été fondé en 1820 par une société philanthropes américaines qui voulaitdonner un territoire aux esclaves affranchis de l’Amérique. Il deviendra en 1847 lepremier Etat indépendant d’Afrique. Comme nous l’avons souligné, ce pays a étéfrappé par une guerre civile déclarée pour mettre fin à l’injustice et aux atrocités quele régime en place faisait subir à la population (notamment à un certain nombred’ethnies non associées aux reines du pouvoir). Cette guerre, comme la plupart, s’estdistinguée par son atrocité, sa durée mais aussi par l’implication de beaucoupd’acteurs externes notamment l’Ecomog.PARAGRAPHE 1 : LES FACTEURS INTERNES DU CONFLITLa guerre civile libérienne a commencé la veille de Noël de l’année 1989 quand leNATIONAL PATRIOTIC FRONT OF LIBERIA (NPFL) a envahi le pays à partir de laCôte dIvoire voisin. L’objectif des rebelles était de mener une action quidéstabiliserait le régime et, par la suite, leur permettre de renverser le pouvoir enplace grâce à un soutien important de la population. Mais, le but avancé par CharlesTAYLOR, le Chef du NPFL, était tout autre. Selon lui l’objectif était de mettre unterme au régime brutal du Chef de l’Etat libérien Samuel DOE.
  • 18. 18Samuel DOE a pris le pouvoir au Libéria après avoir renversé le président TOLBERT.Son putsch a eu lieu la nuit du 11 au 12 avril 1980. Dés le départ, le président DOE amontré par ses actes que son régime est et allait être cruel. En effet comme lesouligne M. ADJOVI « les putschistes dans cette nuit du 11 au 12 assassinent leprésident [TOLBERT] et quelques autres personnalités éminentes du gouvernement etde lAssemblée. (…) Dautres (…) dignitaires (…), seront arrêtés, jugéssommairement et exécutés sur la plage en présence dune foule immense et de latélévision française, le 22 avril 1980 » 20.A la suite de son coup d’Etat, pour diriger le pays, le Sergent-chef Samuel DOEs’était entouré des membres de son ethnie les Krahn et des Mandingue (ethnie assezproche de la sienne). Au Libéria, une grande majorité de la population ne considèrentpas les Mandingue comme des Libériens de pure souche. Et à leur grand étonnement,cette ethnie se retrouvait associée à la gestion des affaires de leur pays : chose qui neleur plaisait.Au milieu des années 80, plus précisément en 1985, une tentative de coup d’Etatmenée par un officier originaire de la province de Nimba au nord du Libéria estsuivie d’une répression sanglante contre les membres de son ethnie (les Gio et lesMano). Cette répression fera entre 400 et 2000 morts. 21En résumé, « l’ethnicisation des cercles politique, économique et militaire au profitdes Krahn et accessoirement des Mandingue, ainsi que la politique de répression àl’encontre des Gio et des Mano » 22, laissaient entendre que le Libéria allait sombrerdans une instabilité grave. C’est d’ailleurs dans le Nimba, où les Gio et les Manoétaient martyrisés, que le NPFL de Charles TAYLOR (ancien ministre de SamuelDOE), lance son offensive dans l’espoir de rallier les populations à sa cause. Objectifqu’il atteindra sans trop de difficultés.20 Mémoire sur le Libéria de Roland Jean-Baptiste ADJOVI, Université Paris XIII Villetaneuse (UFRSciences Juridiques, Politiques et Economiques), pour l’obtention d’une Maîtrise de Droit Public(option International et Communautaire)21 Source l’article de Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventionsinternationales », Relations internationales et stratégiques, n 23, automne 1996, p. 83.22 ibidem
  • 19. 19Au début de l’insurrection, les combats opposaient uniquement le NPFL et les forcesgouvernementales (AFL). Mais au fur et à mesure que les combats perduraient lesacteurs se multipliaient.PARAGRAPHE 2 : LES ACTEURS DU CONFLITLes acteurs du conflit en question ici sont non seulement les factions arméeslibériennes mais aussi les Etats qui se sont impliqués directement ou indirectementdans le conflit. A. LES ACTEURS INTERNESDans cette guerre civile du Libéria, très vite la rébellion s’est démultipliée, on adabord assisté à un fractionnement du NPFL, qui a ouvert les hostilités, et ensuite àla naissance de nouveaux mouvements. Chacun des mouvements voulait sa part dugâteau où prétendait défendre les membres de son ethnie contre les autres factions.Ce qui est sûr c’est que ces factions ont très sérieusement compliqué la résolution duconflit. Plusieurs accords de paix ont été signés mais à chaque fois violés par une(des) faction (s).Parmi les acteurs internes les plus influents du conflit, nous pouvons noter le NPFLet l’UNITED LIBERATION MOVEMENT FOR DEMOCRACY IN LIBERIA (ULIMO).Le NPFL, dirigé par Charles Taylor, est majoritairement originaire du Nimba. Quandle NPFL a envahi le Libéria au mois de décembre 1989, il ne comptait que quelquescentaines de combattants dans ses rangs. Le mouvement s’est étendu lorsqu’il acommencé à distribuer des armes aux populations Gio et Mano pour se défendrecontre les soldats du gouvernement qui les massacraient. Le mouvement ira jusqu’àdevenir plus important que l’armée gouvernementale. Mais minée par des divisionsinternes, « cette assise ethno-géographique qui semble uniforme », va imploser pouren résulter « un labyrinthe de factions dans lequel on se perd facilement » 23.23 Mémoire sur le Libéria, op. cit. p. 13
  • 20. 20Parmi les factions les plus importantes du NPFL, nous pouvons citer l’INDEPENDENTNATIONAL AND PATRIOTIC FRONT OF LIBERIA (INPFL) de « Prince » JOHNSON.L’INPFL est née en juillet 1990 à la suite dune discorde entre C. TAYLOR et PrinceJOHNSON qui était alors chargé de la formation militaire des combattants du NPFL.C’est cette faction qui avait capturé et torturé à mort le président Samuel DOE tout enle film. D’ailleurs, à l’époque la cassette était disponible dans la sous-régionmoyennant une somme inférieure à 5 000F (CFA) ou l’équivalence de 7,5 euros.Comme le constate M. ADJOVI « ce mouvement perd de son importance avec lexilvolontaire de son leader que le Nigéria a accueilli » 24.Le deuxième mouvement, l’ULIMO, a été crée le 21 mai 1991 à Conakry pard’anciens membres des AFL et du gouvernement de Samuel DOE en exil. Les figuresdu mouvement sont : Alhaji KROMAH (Mandingue et leader du Movement for theREDEMPTION OF LIBERIAN MUSLIMS), le général Albert KARPEH (Krahn, leader duLIBERIAN UNITED DEFENCE FORCE et ancien ambassadeur en Sierra-Leone) ;Roosevelt JOHNSON…Le mouvement recrute essentiellement parmi les Krahn et les Mandingue et« s’infiltre progressivement à partir de la Sierra Léone et de la Guinée. A l’automne1992, elle maîtrise une grande partie de l’Ouest du pays ». 25 Ce qui lui a permis, aucours des nombreuses négociations de paix, d’occuper une place dinterlocuteurségale à celle du NPFL.Là aussi, comme au sein du NPFL, les divergences de points de vue et les luttes depouvoir conduisirent à l’implosion du mouvement. Les accords de Cotonou 26 en24 Pour information Prince Johnson est mort vers la fin des années 90 à l’étranger dans descirconstances douteuses.25 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit.p. 8326 Ceux-ci posent les bases d’un processus de paix classique : cessez le feu, installation de nouvellesautorités de transition, désarmement, démobilisation, rapatriement-réinstallation des personnesréfugiées et déplacées, élection. Egalement paraphés par un représentant de l’ONU et de l’OUA, lesaccords prévoient en outre la mise en place d’une mission d’observation non armés des Nations-unies(UNOMIL) pour surveiller l’application du processus, ainsi que la création d’une « expanded
  • 21. 21juillet 1993 prévoyaient la création d’un gouvernement de transition, LIBERIANATIONAL TRANSITIONAL GOVERNMENT (LNTG) et dun Conseil dEtat. Selon M.ADJOVI, c’est au sein de ce Conseil d’Etat qu’est née la dissension. Il raconte quependant la réunion du Conseil, le 28 février 1994, pour lélection du président, lundes représentants de lULIMO (un Krahn) avait voté contre lautre représentant (unMandingue) qui aspirait à la présidence 27. Et c’est à partir de là que les choses sesont envenimées entre les deux groupes qui composent le mouvement. C’est en mars1994 que l’ULIMO se divise définitivement entre sa branche Krahn dirigée parRoosevelt JOHNSON (ULIMO-J) et sa branche Mandingue commandée par AlhajiKROMAH (ULIMO-K).En dehors du NPFL, du INPFL, des AFL, de l’ULIMO-J et de l’ULIMO-K, nouspouvons citer d’autres groupes et pas des moindres. Il s’agit notamment duLIBERIAN PEACE COUNCIL (LPC) de George BOLEY crée en octobre 1993 et quirecrute essentiellement parmi un sous-groupe Krahn (les Sarpoh) 28 ; de la LOFADEFENSE FORCE (LDF) créée en novembre 1993 par François MASSAQUOI et qui estcomposées de ressortissants du Lofa… 29Chacun de ces groupes rebelles avait une assise extérieure qui lui permettait nonseulement de survivre dans cette guerre mais aussi de bénéficier du partage dupouvoir libérien qui se faisait à chacun des multiples accords de paix. B. LES ACTEURS EXTERNES DU CONFLITLes acteurs externes de la guerre civile du Libéria ne sont pas seulement ceux quidirectement ou indirectement soutenaient les factions rebelles. C’est aussi ceux quise sont impliqués dans les divers processus de négociation pour que la paixrevienne ; ceux qui par l’humanitaire se sont impliqués etc. Pour ne pas rentrer dansEcomog » composée de bataillon extérieurs à la sous-région (Tanzanie, Ouganda) afin de redresser laneutralité des forces d’interposition. Ces derniers ne resteront que quelques mois.27 Mémoire sur le Libéria, op. cit. (http://roland.adjovi.free.fr/liberia.htm)28 Il était largement soutenu par les bataillons de l’Ecomog qui semble avoir participé à sa création.29 Elle jouera à l’origine de force supplétive du NPFL permettant d’ouvrir un second front derrière leslignes de l’ULIMO.
  • 22. 22des détailles qui nous égareraient de notre sujet nous ne traiterons que des acteursinternationaux. Nous entendons par là certaines puissances occidentales (les Etats-Unis et la France), la Libye et les pays de la sous-région en particulier le Nigéria 30. 1) LES ETATS-UNIS : POUR SES INTERETS ET LA LIBYED’après Fabrice WEISSMAN, les Etats-Unis ne sont pas totalement étrangers à la criselibérienne. Il affirme qu’« ils ont fermement soutenu Samuel Doe jusqu’en 1985,malgré la dérive autoritaire de son régime » 31. Certains observateurs affirment queWashington serait même impliqué dans le coup d’Etat de 1980 32. La raison de cesoutien serait le rapprochement, quelques temps auparavant, du président TOLBERTavec l’URSS, le Cuba et la Libye. Il se trouve que cette dernière s’était mêmeimplantée dans le pays au travers de la LIBYA-LIBERIAN BANK, engagée dans laconstruction de logements à Monrovia.Dés 1980, d’après WEISSMAN, le président DOE « avait reçu une aide américaine de90 millions de dollars, plus que l’ensemble des sommes allouées à Tolbert duranttout son règne. De 1981 à 1985, Washington versera 400 millions de dollars aurégime de Monrovia – soit un tiers du budget chaque année -, faisant du Libéria lepremier pays bénéficiaire de l’aide américaine par tête d’habitant » 33. En outre, « en1985, la Maison blanche reconnaît la validité de l’élection frauduleuse de SamuelDoe. Cependant, le Congrès interdit le renouvellement de l’aide à son régime » 34. Cequi n’empêchera pas Washington de maintenir une assistance alimentaire et laprésence de conseillers militaires, « que l’on retrouvera aux côtés des AFL lors despremières contre offensives en direction du NPFL » 35.30 L’Ecomog qui fut l’un des principaux acteurs du conflit sera traitée dans la section suivante. Quantà l’ONU, qui également à jouer un rôle important notamment en ce qui concerne le chapeautage desnégociations et l’humanitaire, nous ne le traiterons pas. L’objectif de cette sous-partie est de montrerles liens (directes ou indirectes) entre les forces engagées dans le conflit et certains Etats.31 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit.p. 92.32 Voir note de bas de page n° 24 de l’article de F. WEISSMAN.33 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit.p. 92.34 ibidem35 ibidem
  • 23. 23Le soutien américain au régime de Samuel DOE, en outre des motivationsidéologiques 36, s’expliquait en partie par la présence de quelques intérêts au Libéria.D’après M. Weissman, FIRESTONE possédait au Libéria la plus grande plantationd’hévéas du monde ; le pays abritait une station de navigation « OMEGA » pour lessous-marins et un réémetteur de VOICE OF AMERICA et enfin la base régionale de laCIA en Afrique de l’Ouest s’y trouvait. 37La présence de ces intérêts au Libéria justifiait-elle réellement le soutien deWashington au cruel dictateur Samuel DOE ? Etant donné que la concession d’hévéasFIRESTONE avait déjà été cédée à la firme japonaise BRIDGESTONE en 1990, la station« OMEGA » transférée au Mozambique de même que le réémetteur de VOICE OFAMERICA ; nous pensons que c’est surtout l’implication de la Libye au côté deTAYLOR qui à pousser les Américains à soutenir DOE. 2) LA LIBYE ET LE NIGERIA : POUR L’HEGEMONIEL’implication du Nigeria dans le conflit du Libéria a des raisons diverses. Les raisonsles plus apparentes sont les liens qui existaient entre les autorités militaires du pays,notamment le président BABANGIDA, et le régime de Samuel DOE (le régime militairede Lagos était très lié à celui de Samuel DOE) ; le désir du Nigeria d’exercer un rôlede puissance régionale ; et sa volonté de protéger ses intérêts économiques auLibéria 38. L’implication de la Libye est également avancée comme une raison decelle du Nigéria. D’aucun pense que Lagos considérait d’un mauvais œil l’accessionà la tête du Libéria d’un mouvement patronné par la Libye. « Le régime de Kadhafi –auquel le Nigeria s’était notamment heurté au Tchad – était d’autant plus craint que36 Samuel DOE n’était certes pas un fervent de la démocratie mais il était loin d’être un communiste.37 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit.p. 92.38 Pour ce qui est des intérêts économiques, il se trouverait que le président Babanguida avait investiaux côtés de Samuel Doe dans le projet d’exploitation du gisement de fer Mifergui. Une chuteéventuelle du président Doe aurait remis cette entreprise en cause, capital pour l’industrie sidérurgiquenigériane et pour les intérêts personnels du Chef de l’Etat. Selon Eric Fottorino, dans le Monde du 25avril 1991, Lagos aurait également cherché à contrôler l’attribution des pavillons de complaisanceainsi que le port France de Monrovia qui lui aurait permis de faciliter les opérations de blanchiment del’argent de la drogue.
  • 24. 24celui-ci pouvait menacer l’unité du pays en jouant la carte de la mobilisationislamique » 39.L’implication de la Libye est liée aux ambitions personnelles du président KADHAFIqui s’est depuis longtemps voulu le promoteur des révolutions. KADHAFI voulaitégalement installer des hommes à lui ou des hommes avec lesquelles il entretient detrès bonnes relations pour assoupir ses envies hégémoniques et constituer uncontrepoids à la puissance américaine. Depuis les années 60, la Libye s’est retrouvéeliée à plusieurs des conflits africains. Mais depuis qu’elle s’est constituée comme lechantre de l’unité africaine, elle se retire petit à petit. 3) LA FRANCE ET LES PAYS FRANCOPHONES DE LA SOUS-REGION : POUR LES INTERETS, LA FAMILLE ET LA FRANCOPHONIELa France s’est discrètement impliquée aux côtés de Charles TAYLOR à travers leBurkina Faso et la Côte d’ivoire. D’ailleurs, se furent pratiquement les seuls paysfrancophones de la sous-région à s’impliquer directement (par leur soutien au NPFL)dans le conflit. Toutefois, la Guinée, qui est un pays francophone, avait soutenul’ULIMO notamment sa branche Mandingue.Selon M. WEISSMAN, en 1991, 68% des grumes sortant clandestinement duTAYLORLAND étaient expédiés vers la France. Ce qui constituait une rentrée d’argentassez importante pour le NPFL de TAYLOR. Il avance également que des intérêtsfrançais étaient présent dans l’exploitation du minerais de fer du mont Nimba et queUSINOR, engagé dans le projet Mifergui, a continué à acheter du fer dans leTAYLORLAND après le déclenchement des hostilités. Toutefois, M. WEISSMAN a tenu àpréciser qu’il est difficile de dire quel est le degré exact d’implications des autoritésgouvernementales françaises et si ces acteurs obéissaient à une logique politique ouéconomique 40. Ce qui est plus ou moins sûr, c’est que la France a instrumentalisé laCôte d’ivoire et le Burkina Faso pour soutenir C. TAYLOR. Ces deux pays ont non39 Voir note de bas de page n° 31 de l’article de F. WEISSMAN.40 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit.p. 93.
  • 25. 25seulement interféré dans le conflit libériens pour défendre leurs intérêts quelconquesmais aussi pour régler des problèmes personnels (entre S. Doe et H. Boigny) commele souligne M. ADJOVI 41.En effet, selon M. ADJOVI, « le fils du président défunt Tolbert, Adolphus Benedict, aépousé une parente du président ivoirien qui de plus considère le président libériencomme un ami personnel. Ainsi, le putsch d’avril 1980 en étant à l’origine de la mortdes Tolbert, touchait directement Houphouët-Boigny pour qui c’était une affairepersonnelle. Le président Blaise Compaoré du Burkina-Faso est aussi gendre deHouphouët qui aurait usé de l’existence de cette alliance pour convaincreCompaoré » 42. Pour ce qui est du Burkina-Faso, M. ADJOVI précise que COMPAOREn’avait pas besoin d’un quelconque argument d’HOUPHOUËT pour s’engager puisquele Burkina et C. TAYLOR étaient unis par l’idée de révolutionnaire.Au delà des problèmes personnels, ce qui motivait le plus la Côte d’Ivoire était savolonté de s’opposer à l’hégémonie des pays anglophones dans la sous région enparticulier le Nigéria. La Côte d’Ivoire était le principal rival du Nigéria dans saquête d’hégémonie régionale. Quand le Nigéria s’est impliqué dans le conflitlibérien, le vieux HOUPHOUËT a renforcé son appui à TAYLOR. L’objectif étantd’anéantir les ambitions hégémoniques du Nigéria.Comme nous l’avons tantôt souligné, la Côte d’ivoire ne voulait pas une main misedes pays anglophones sur les affaires de la sous-région, ainsi, elle s’est constituée (etse considérait comme tel depuis longtemps) comme le porte drapeau des paysfrancophones pour faire face au « géant » nigérian. Pour résumer, nous reprendronsles termes de M. ADJOVI en disant qu’au-delà d’une logique relationnelle, c’est doncune logique de compétition politique qui pousse HOUPHOUËT à soutenir C. TAYLORcontre S. DOE.41 Mémoire sur le Libéria, op. cit. p. 2042 Ibidem.
  • 26. 26Pour terminer, nous signalons qu’au delà de ces quelques pays, c’est l’Ecomog, dontla constitution était liée à ce conflit, qui a joué le plus grand rôle dans l’affairelibérienne.SECTION 2 : LA NAISSANCE DE L’ECOMOGAu plus fort moment de la guerre du Libéria, un certain nombre de chefs d’Etat de laCommunauté de l’Afrique de l’ouest a affirmé son inquiétude face aux ravages etaux conséquences éventuelles du conflit dans la sous région. Ainsi en réveillant lePNA, le président nigérian Ibrahima BABANGIDA a réussi à obtenir de la Conférencedes Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, la mise en place d’un COMITEPERMANENT DE MEDIATION (EMSC : ECOWAS MEDIATION STANDINGCOMMITTEE) pour trouver une solution finale au conflit libérien.Ce Comité devait en théorie se composer de cinq membres : l’Etat qui occupe laprésidence de la CEDEAO et quatre autres qui ont un mandat de trois ans. Pour sapremière année d’exercice, les cinq Etats la composant, étaient le Ghana, le Mali, leNigéria et le Togo et la Gambie qui assurait la présidence de la CEDEAO. Ce sontces pays qui, au cours d’une réunion du Comité, qui s’est tenue du 6 au 7 août 1990 àBanjul, ont pris l’initiative de créer la force d’interposition Ecomog.La mission de l’Ecomog consistait à contrôler le respect d’un cessez-le-feu que lesbelligérants avaient signé. Mais selon M. ADJOVI, ce cessez-le-feu était imaginairecar en août 1990, aucun accord du genre n’était intervenu entre les parties. Il affirmeque le mandat serait plutôt une interposition au sens propre du terme : se mettre entreles belligérants et servir de zone-tampon, ce qui est censé éviter les affrontements 43.LEcomog a débarqué à Monrovia le 24 août 1990, huit mois après le déclenchementde la guerre civile. Elle était composée de troupes du Nigéria, du Ghana, de laGuinée, de la Sierra Leone et de la Gambie. A l’exception de la Guinée, les quatreautres pays étaient des pays anglophones. Mais, ultérieurement, le Sénégal, un autre43 Mémoire sur le Libéria, op. cit. p. 27
  • 27. 27pays francophone, grâce à la persuasion du Nigéria, enverra ses troupes à Monrovia.Cependant, à l’approche des élections présidentielles de 1992 au Sénégal, lesautorités sénégalaises retirèrent leurs troupes. Composée à lorigine de quelquescentaines dhommes, lEcomog a compté, au plus fort de sa présence en 1994 auLiberia, jusquà 20.000 soldats et officiers dont la quasi-totalité étaient des Nigérians.Les raisons avancées pour justifier la mise en place de l’Ecomog sont diverses et onne peut pas vraiment les condamner. Cependant, les intensions des autoritésnigérianes qui tenaient tant à la création de celle-ci pouvaient être condamnables.D’après certains observateurs, lénorme flux des réfugiés dans les pays voisins, acontraint les pays de l’Afrique de l’Ouest à agir. Ce flux désorganise quelque peu lesEtats qui les supportent. « Ainsi dans un village guinéen la population passe de 931habitants à 4383 ! Cette augmentation soudaine change les donnes antérieures, etc’est un nouvel équilibre socio-économique qui doit être trouvé. Au Ghana, c’est unphénomène de ghettoïsation que souligne le West Africa et qui pose de sérieuxproblèmes de salubrité et de sécurité. Mais, plus graves, sont les conséquences sur letaux de criminalité qui augmente avec l’afflux de populations démunies et sanslogis… » 44.Dautres affirment que linterposition était due au traitement que le NPFL réservaitaux ressortissants ouest africains résidant au Libéria : des milliers de Nigérians,Guinéens et Ghanéens étaient tenus en otage à Monrovia, et des centaines d’entreeux exécutés.Une autre théorie avance que le conflit, au vu de ses relents ethniques, pouvait avoirun effet domino sur les Etats de la sous région.En dehors de ces menaces politique, sociale et économique, il se trouve que SamuelDOE, quand il s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus assurer la pérennité de sonpouvoir face à la puissance de la rébellion, a fait appel à la Communauté. Les Etats44 Mémoire sur le Libéria, op. cit. p. 24
  • 28. 28anglophones, menés par le Nigeria ont accepté de donner leur aide, alors que lesEtats francophones, dont la tête de fil était la Côte d’ivoire de Houphouët BOIGNY,étaient opposés à une intervention militaire.Comme nous l’avons montré tout au long de notre développement, la CEDEAO quiest une organisation sous-régionale économique, c’est très tôt intéressé aux questionsde sécurité. Ce qui l’amènera à mettre en place en 1978 le PNA, en 1981 le PAMD etenfin l’Ecomog pour trouver une « solution africaine aux conflits africains ». Elle iraplus loin en mettant en place vers la fin des années 90 un mécanisme de règlementdes conflits. Ce qui nous fait croire qu’elle est entrain de construire progressivementun espace de paix et de sécurité.
  • 29. 29 DEUXIEME PARTIE :DE L’ECOMOG AU MECANISME DE 1999 : VERS LA MISE EN PLACE DE L’ESPACE DE PAIX ET DE SECURITE OUEST -AFRICAIN
  • 30. 30CHAPITRE 1 : DES MISSIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ECOMOGL’Ecomog a été très critiquée en raison de ses agissements au cours de sesinterventions. Ces critiques font penser que la force d’interposition ouest africainen’a servi à rien et qu’elle n’avait pas raison d’exister. Quoi qu’il en soit, nouspensons qu’il y a beaucoup d’enseignements à tirer de l’existence et des activités decette force.SECTION 1 : DES INTERPOSITIONS AUX RESULTATS MITIGESL’Ecomog qui a moins de 15 ans d’existence, est intervenue dans pas moins dequatre pays de la sous-région avec des succès mitigés mais qui n’ont pas infléchis ladétermination des pays de la CEDEAO de créer un espace de paix et de sécurité.Cette force d’interposition est intervenue d’abord au Libéria, ensuite en Sierra Léoneenfin en Guinée Bissau et en Côte d’ivoire.PARAGRAPHE 1 : LES ERREURS DE L’ECOMOG AU LIBERIADés son déploiement à Monrovia en août 1990, CHARLES TAYLOR a vu en l’Ecomogun obstacle à son accession au pouvoir. Jusqu’au 14 octobre 1992, la forced’interposition n’a pas été vraiment mise en difficulté pour remplir sa mission. Maisà partir du 15, la situation explose. Taylor a lancé une opération (OpérationOctopus) pour déloger l’Ecomog de Monrovia.Les combats qui se sont déroulés au cour de cette opération vont montrer les limitesde la force d’interposition. En effet, comme le résume si bien M. WEISSMAN 45,« d’une part, l’Ecomog [va] aliment[er] l’économie de guerre des factions,encourag[er] les pillages et facilit[er] la perpétuation de l’affrontement armé ; del’autre, elle [va] parfois entr[er] en conflit avec les mouvements sur des enjeuxcommerciaux ».45 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit. p.96
  • 31. 31 A. LES LIENS DE L’ECOMOG AVEC CERTAINES FACTIONS REBELLESAu cours de l’« Opération Octopus », l’Ecomog avait accepté l’aide de certainsmouvements rebelles (ULIMO, AFL, etc.). La force « est également impliquée dansla création du LPC, [qu’elle a] régulièrement alimenté en armes et en munitions » 46.Les liens entre l’Ecomog et ces groupes semblaient être établi sur l’adage selonlequel « lennemi de mon ennemi est mon ami ».Il y a eu beaucoup dallégations selon lesquelles l’Ecomog aurait réellement armél’ULIMO et l’AFL. Il est difficile de prouver de telles allégations. Néanmoins dessources du Département dEtat américain affirment que l’Ecomog a fourni, ou aumoins, a facilité l’acquisition, d’armes à l’AFL et à l’ULIMO ; des sources duPentagone confirment que lEcomog a bel et bien fourni quelques armes à lAFL 47.Quelques observateurs justifient l’alliance entre ces factions rebelles et l’Ecomog parl’insuffisance de ses troupes. On a aussi avancé l’argument selon lequel l’Ecomogavait besoin de guide pour mieux couvrir le terrain, identifier et repousser les rebellesdu NPFL.Ces factions rebelles avaient recours systématiquement au pillage. Certains élémentsde la force d’interposition ont pris une part active aux pillages mis en place par lesfactions et ont exploité pour leur propre compte les ressources naturelles du pays 48.Selon des témoins des combats, les résidents de Monrovia ont vu leurs biensembarqués dans des bateaux par des soldats de l’Ecomog en direction du Nigéria.Ces factions sont également accusées d’avoir commis des meurtres au sein descommunautés présentes dans le NPFL. Selon le Département d’Etat américain, deséléments de lAFL (parfois en coopération avec ULIMO) formaient des « Pelotons dereconnaissance » qui n’hésitaient pas à exécuter sommairement des membres de lacommunauté du Nimba suspectés d’être affiliés au NPFL ou à l’INPFL.46 ibidem47 Source rapport de 1993 de HUMAN RIGHTS WATCH sur le Libéria. Ce rapport est accessible à lapage Internet : http://www.hrw.org/reports/1993/liberia/48 Fabrice WEISSMAN, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit. p.96
  • 32. 32Ajouté à cela, l’Ecomog, à un moment des combats, avait entrepris des opérationsaériennes aveugles et très dommageables pour la population civile. B. LES OPERATIONS AERIENNES ET LEURS DEGATSVers la fin du mois d’Octobre (1992), l’Ecomog a conduit une série debombardements et de mitraillages du territoire occupé par le NPFL par des avionsnigérians. Ces actions ont atteint des zones comme le port de Buchanan et dessecteurs autour de Gbarnga, de Kakata, de Harbel et de Greenville. Au cours desraides aériennes, des entrepôts de nourriture, des convois d’assistance et des hôpitauxcivils (en zone NPFL) ont été bombardés. En outre, selon le NPFL, des centaines decivils ont été tués et blessés.Pour se blanchir ou se justifier, l’Ecomog a publié de nombreux rapports etcommuniqués. Certains d’entre eux affirmaient que le NPFL utilisait la populationcivile ou des établissements civils comme bouclier. Des sources neutres ont ellesaussi avancé la même allégation.Des organisations d’aide humanitaire, qui opéraient sur le territoire de Taylor, ontaffirmé que l’Ecomog conduisait ses attaques aériennes aveuglément. Lesreprésentants dune organisation humanitaire ont confirmé que des secteurs nonstratégiques ont été attaqués, citant lattaque sur Kakata en décembre 1992, quand lesavions de l’Ecomog ont volontairement attaqué la principale rue commerciale enplein jour 49.D’après des officiers de l’Ecomog, les attaques contre les civils sont involontaires (cesont des dommages collatéraux). Elles visaient les caches d’armes du NPFL et sescombattants. Selon un haut officier nigérian, parfois c’est le NPFL qui mettait desexplosifs dans certains endroits pour discréditer l’Ecomog comme se fut le cas àlhôpital de Phebe (10 mars 1993).49 Source : Rapport sur le Libéria de HUMAN RIGHTS WATCHT, op. cit.(http://www.hrw.org/reports/1993/liberia/)
  • 33. 33Selon HUMAN RIGHTS WATCH 50, des journalistes et des travailleurs humanitaires ontrapporté que les attaques aériennes ont eu leffet de tourner les populations civilescontre l’Ecomog et de renforcer leur soutien au NPFL, plutôt que d’annihiler lavolonté du NPFL de combattre.Voici quelques attaques aériennes de l’Ecomog qui ont atteint la population civile oudes établissements civils : Le mitraillage de lhôpital de Firestone à Harbel au mois de novembre 1992. Le 16 novembre 1992, l’Ecomog bombarde lentrepôt du Catholic Relief Services (CRS) à Buchanan, détruisant de grandes quantités de nourriture. Il se trouve que le CRS avait bien spécifié lentrepôt en ayant clairement peint son sigle sur le toit. L’attaque du village de Gbinta en Côte dIvoire à la frontière libérienne le 27 février 1993. Selon le gouvernement ivoirien, six personnes ont été blessées (cinq soldats et un officier douanier). Le 2 mars 1993, un camion du CRS transportant de la nourriture à la périphérie de Buchanan a été attaqué. Des rapports indiquent quentre 75 et 100 civils, dont la plupart étaient des femmes et des enfants, étaient près du camion quand il a été attaqué. Le camion était bien identifié « CRS ». L’attaque du marché à Gbarnga et Kollila en mars 1993. Selon des travailleurs humanitaires, au moins, quatre personnes ont été tuées et 26 blessées. Lattaque de lhôpital de Phebe le 10 mars 1993. Selon un rapport du Dr. W.T. Gwenigale, directeur médical de lhôpital, lattaque sest produite à environ50 ibidem
  • 34. 34 10:50 P.M. : deux résidences de personnel et le bâtiment principal de lhôpital ont été frappés, de même que le mur sud de lunité pédiatrique. Le bombardement de Greenville le 18 mars 1993. Selon l’Independent et le Washington Post (des journaux américains), lincursion dans Greenville a duré 25 minutes et a tué au moins 15 civils. Le 18 avril 1993, un convoi de MSF transportant des médicaments et des vaccins a été attaqué vers la frontière avec la Côte d’Ivoire. Pourtant, le convoi avait été bien identifié par les insignes de lorganisation. Un porte- parole de MSF a affirmé que lattaque avait forcé lorganisation à suspendre ses opérations humanitaires dont les libériens avaient tant besoin.Il est difficile destimer le nombre de personnes tuées pendant les combats. Au débutdu mois de novembre 1992, lORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE (OMS) aestimé que jusquà 3.000 civils et combattants étaient morts entre le 15 et le 28octobre. Cinq nonnes américaines qui se trouvaient à Gardnersville ont été égalementassassinées au cours des combats 51. Le NPFL avait été désigné comme l’auteur deces assassinats mais il avait nié. Selon le Département dEtat américain, un certainnombre de fonctionnaires et employés du gouvernement intérimaire (IGNU) ont étésommairement exécutés.Vers la fin des années 90, le conflit du Libéria s’était estompé. Les raisons avancéespour expliquer cette atténuation sont, notamment, la perte du soutien ivoirien duNPFL avec la mort du président H. Boigny 52, l’épuisement des factions armées et lerapprochement de Taylor avec le Nigéria 53.51 Les nonnes étaient : Soeur Barbara Ann Muttra, Soeur Joelle Kolmer, Soeur Shirley Kolmer, SoeurKathleen McGuire, et soeur Agnes Mueller.52 Le successeur d’Houphouët Boigny, M. Bédié se souciait beaucoup plus de la préservation de sonpouvoir que du soutien à Taylor. Du coup le Burkina Faso se retrouvait tout seul dans sa volonté demener Taylor au pouvoir. Cela va affaiblir son soutien au NPFL au cours des années.53 D’après M. Weissman, « en juin 1995 Taylor se rend à Abuja pour la première fois depuis le débutdu conflit et passe, semble-t-il, un accord avec le général Abacha : ce dernier ne ferait plus obstacle àl’accession du NPFL au pouvoir en échange d’avantages économiques sur les ressources du Libéria(op. cit. p. 84)
  • 35. 35En octobre 1999, quand les choses sont devenues plus calmes, les derniers soldats dela force ouest-africaine ont quitté le Libéria. Aux mêmes moments, la Sierra Léonevoisine subissait une terrible guerre civile où l’Ecomog allait, une fois de plus,intervenir.En 2003, à la suite d’une rébellion du LURD (Mouvement Libérien pour laRéconciliation et la Démocratie) qui exigeait le départ du président TAYLOR dupouvoir, la CEDEAO avait mis en place une force de maintien de la paix (ECOMIL)pour garantir le Traité de paix conclu le 18 août 2003. Les 3 563 troupes, composantla force, provenaient essentiellement du Nigeria, du Mali et du Sénégal. Le 1eroctobre 2003, le Conseil de Sécurité de l’ONU a approuvé la transformation del’ECOMIL en une force internationale de stabilisation de l’ONU (la Mission desNations unies au Libéria ou MINUL créée le 19 septembre 2003).PARAGRAPHE 2 : L’INTERVENTION DE L’ECOMOG EN SIERRA LEONE ET LEPHENOMENE DES SMP (SOCIETES MILITAIRES PRIVEES)La Sierra Léone a été meurtrie par une violente et longue guerre civile qui, lors de latentative de réinstallation du président Kabbah au pouvoir, s’est distinguée par unphénomène qui est passé inaperçu pour beaucoup de personnes : l’usage des SMP. A. LA REINSTALLATION DU PRESIDENT KABBAH AU POUVOIRLa guerre civile sierra léonaise a commencé le 23 mars 1991 quand le principalgroupe rebelle, RUF (Front révolutionnaire uni), assisté dun certain nombre decombattants du NPFL, un nombre restreint de mercenaires et des soldats du BurkinaFaso, envahirent l’Est du pays. L’insurrection armée était dirigée par ALFRED FODAYSANKOH, un ancien caporal de la RSLMF (Republic of Sierra Leone Military Force).Il avait été emprisonné en 1969 sous le régime de STEVENS SIAKA pour participationsupposée à une tentative de putsch. M. SANKOH et CHARLES TAYLOR sont de bonsamis. Il se trouve que SANKHO a beaucoup aidé TAYLOR dans sa conquête du pouvoirlibérien. Cela explique nettement le soutien de TAYLOR et du Burkina Faso au RUF.
  • 36. 36En outre, selon M. ADJOVI, le soutien de C. TAYLOr est dû d’une part aux promessesfaites aux Sierra Léonais qui ont participé à sa rébellion et d’autre part à laparticipation du pouvoir de JOSEPH MOMOH à la mise en place de la forced’interposition ouest-africaine qui a contre carré ses projets au Libéria 54.En 1997, suite au coup d’Etat du major KOROMA le 25 mai 1997, les Chefs d’Etatsde la CEDEAO, ont estimé nécessaire et urgent d’envoyer l’Ecomog en Sierra Léonepour permettre le retour au pouvoir du président AHMED TEEJAN KABBAH,démocratiquement élu l’année précédente. C’est ainsi que l’Ecomog sera déployée enSierra Leone et son quartier général transféré de Monrovia à Freetown en 1998.En février 1998, lEcomog a atteint son objectif qui était de restaurer une légalitéconstitutionnelle et de réinstaller au pouvoir le gouvernement du Présidentdémocratiquement élu M. KABBAH. La junte AFRC/RUF (le Conseil Révolutionnairedes Forces Armées/le Front Révolutionnaire Uni) a été chassée de la capitaleFreetown. L’Ecomog, par la suite reprendra la plupart des villes qui étaient souscontrôle de la junte. Cependant, il est resté des poches de résistance jusqu’à lasignature de l’accord de paix et même après.L’Accord de paix, entre le gouvernement de M. Kabbah, les rebelles du RUF et lesmembres de la junte militaire (AFRC) de Sierra Leone, est signé à Lomé le 7 juillet1999. L’Ecomog qui était chargée de la mise en œuvre des termes de laccord allaitrenforcer ses troupes à prés de 15 000 hommes. La mission de l’Ecomog sachève enmai 2000, cédant la place à la MINUSIL (la Mission d’Assistance des Nations Uniespour la Sierra Leone), à laquelle quelque 3 500 soldats du contingent nigérian serontintégrés.Comme l’ont souligné PRKIC FRANÇOIS ET JOANNIDIS MARIE, « le succès del’Ecomog [en Sierra Léone] a néanmoins était entaché par le coup élevé en vies54 Mémoire sur le Libéria, op. cit. p. 23
  • 37. 37civiles de ses opérations militaires et l’opposition virulente de certains chefs d’Etat,comme celui du Libéria, à sa stratégie » 55.Le conflit sierra léonais s’est distingué par les mutilations des civils par les rebelles,le phénomène des enfants soldats, l’implication d’un grand nombre d’acteursextérieurs dans le conflit (Grande Bretagne, Burkina Faso, Nigéria, Ecomog, Libériaetc.), l’utilisation de Sociétés Militaires Privées (SMP), etc. Ce dernier point mérited’être traité non pas parce que c’est une nouveauté dans les conflits en Afrique maisparce que ces sociétés sont de plus en plus présentes dans les opérations de maintiende la paix. C’est un phénomène très limité mais à l’avenir il pourrait bien s’étendre. B. LES SMP DANS LE CONFLIT SIERRA LEONAISQuand le Président KABBAH a été déposé par les soldats dissidents en mai 1997, ilavait fait appel à SANDLINE INTERNATIONAL 56. Il se trouve que cette société aparticipé à la réinstallation du Président KABBAH au pouvoir en 1998.SANDLINE INTERNATIONAL a été employée par la Grande Bretagne en Sierra Léonepour l’évacuation des ressortissants étrangers ainsi que pour apporter un soutienlogistique aux troupes britanniques sur place. Il se trouve également que cette SMP aapporté un soutien logistique aux troupes de l’Ecomog notamment en matière demaintenance du matériel militaire et l’approvisionnement en carburant et autres.Aux Balkans, également, des SMP ont été utilisées par les Etats-Unis. En guised’exemple, une société américaine, du nom de MILITARY PROFESSIONALRESOURCES INCORPORATED (MPRI), a été fortement impliquée dans la région,notamment en Croatie en 1995. Le MPRI avait décroché un contrat du DépartementdEtat pour aider à créer et former une armée en Croatie. Une autre compagnieaméricaine, la DYNCORP, a été également invitée par les autorités américaines, en55 Prkic François et Joannidis Marie, « Gestion régionale des conflits : l’Afrique de l’Ouest montre lavoie », Revue Internationale et Stratégique, n°33, Printemps 1999, p. 17756 Sandline International est une société internationale d’expertise militaire, impliquée dans plusieursaffaires de mercenariat notamment en Afrique. Le 16 avril 2004, Sandline a annoncé la clôture desopérations de la compagnie.
  • 38. 381998, à fournir un contingent pour observer le retrait des forces Serbes au Kosovo 57.Contrairement aux Européens, les Américains font souvent recours à des SMP quandils interviennent à l’étranger. La guerre en Irak l’a nettement démontré. Certainesgrandes entreprises implantées à l’étranger font souvent recours elles aussi à desSMP pour évacuer leurs employés et autres des zones des conflits armés. Parexemple, en Côte d’Ivoire, des entreprises françaises ont fait appel à des SOCIETESDE SECURITE PRIVEE (SSP) 58 pour protéger leurs biens ou pour évacuer leursemployés.Comme nous l’avons souligné, lutilisation des SMP n’est pas spécifique à l’Afrique.Cependant, leur présence est plus prononcée sur ce continent qu’ailleurs.Certains observateurs expliquent la présence des SMP en Afrique par l’indispositiondes puissances occidentales à répondre aux conflits qui la déchirent 59. Les SMP sontégalement sur le continent parce que les chefs d’Etat africains les trouvent attirantescomme appareillage supplémentaire de sécurité pour les protéger eux et leursrégimes.Bref, peut être que demain ces SMP parviendront à combler les lacunes des OMP(Opérations de Maintien de la Paix) ou constituer une solution de rechange pour lesdirigeants occidentaux très sensibles et vulnérables politiquement à la mort de leurssoldats dans les opérations d’interposition.PARAGRAPHE 3 : DES INTERVENTIONS DE L’ECOMOG EN GUINEE BISSAU ET ENCOTE D’IVOIRE57 Comfort Ero, “ECOMOG: A model for Africa?” Centre for Defence Studies, Kings College,London. (Voir l’article à la page : http://www.iss.co.za/Pubs/Monographs/No46/Ecomog.html)58 C’est pratiquement des SMP. Etant donné que les SMP ne sont pas autorisé dans certains paysnotamment en France, on les appelle SSP.59 Comfort Ero, “ECOMOG: A model for Africa?”, op. cit.(http://www.iss.co.za/Pubs/Monographs/No46/Ecomog.html)
  • 39. 39En 1999, avant même d’achever sa tâche en Sierra Léone, l’Ecomog est envoyé enGuinée Bissau en proie à une guerre civile. En 2002, ce sera autour de la Côted’Ivoire d’accueillir la force d’interposition. A. EN GUINEE BISSAU : L’ECOMOG « TEMOIN D’UN PUTSH »Le conflit de la Guinée-Bissau a éclaté le 7 juin 1998 entre une partie de larmée et legouvernement. Le conflit voit ses origines dans le limogeage, par le Président JOÃOBERNADO NINO VIERA, du Général de brigade ANSUMANE MANE, chef d’Etat majorde l’armée de terre. Le Président VIERA accusait le Général MANE d’être lié à untrafic d’armes avec le MFDC (Mouvement des forces démocratiques de laCasamance), mouvement sécessionniste dans le Sénégal voisin. Mécontent d’êtredémis de ses fonctions, MANE prend la tête d’une rébellion qui avait pour objectifd’éjecter le Président VIERA du fauteuil présidentiel.Dés le déclenchement des hostilités, le Sénégal et la Guinée (Conakry) envoyèrentdes troupes pour soutenir le Président VIERA. La décision du Sénégal d’envoyer destroupes en Guinée Bissau était non seulement liée à un accord de défense que lesdeux pays avaient conclu mais également, et surtout, l’implication du MFDC auxcôtés de MANE. Le Sénégal voulait empêcher MANE d’arriver au pouvoir. Pour lesautorités sénégalaises, étant donné les liens entre le MFDC et MANE, l’arrivée de cedernier au pouvoir constituait une source de déstabilisation pour leur pays.Comme il est de coutume dans tous les conflits, des médiations ont été mises enoeuvre pour trouver une issue favorable au conflit. Les premières médiations ont étéprincipalement menées par le Portugal et les ministres des affaires étrangères de laCOMMUNAUTE DES PAYS DE LANGUE PORTUGAISE (CPLP) (LAngola, le Brésil, le CapVert, le Mozambique et le Sao Tomé et Principe). Cependant, c’est à la suite d’uneréunion de la CEDEAO, du 1 au 2 novembre 1998 à Abuja, que les belligérants (lePrésident Viera et le Général brigadier Mané) acceptèrent de signer un accord depaix sous les auspices de la CEDEAO.
  • 40. 40Laccord de paix demandait aux deux parties de déposer les armes, de formerimmédiatement un gouvernement d’union nationale, d’organiser des élections auplus tard au mois de mars 1999. L’accord exigeait également le retrait des troupesétrangères (sénégalaises et guinéennes) de la Guinée-Bissau et le déploiement del’Ecomog à titre de force de maintien de la paix chargée de surveiller laccord depaix. C’est dans ce cadre qu’en février 1999, quelque 600 soldats de lEcomog serontdéployés en Guinée-Bissau. « La France a apporté le soutien financier et logistiquenécessaire à cette équipe ouest-africaine de maintien de la paix » 60.La force était, majoritairement, composée de pays francophones de la région (Bénin,Niger, Mali et Togo) et d’un pays anglophone (Gambie). Le Bénin avait fourni présde 150 troupes qui avaient été formées dans le cadre du programme de formationaméricain de maintien de la paix (lInitiative africaine de réponse aux crises ouACRI), c’était la première fois que ces troupes étaient employées dans une telleopération. Le Togo aussi avait fourni 150 troupes et le Mali 120.Malheureusement, la force ouest-africaine, dotée darmes légères et composée depetits pays avec des soldats inexpérimentés, na fait que constater la destitution duprésident JOÃO BERNADO NINO VIERA par la junte militaire, le 7 mai 1999, et ceciaprès le retrait des soldats sénégalais et guinéens. Quelques mois plus tard, la forcequittera le pays. B. L’ECOMOG EN COTE D’IVOIRE : UNE MODESTE PARTICIPATIONLa crise actuelle en Côte d’Ivoire s’est déclenchée après le soulèvement militaire du19 septembre 2002. Cette crise a ravivé les tensions ethniques et religieuses déjàprésentes dans le pays depuis le putsch de décembre 1999, qui avait entraîné ladestitution du président HENRI KONAN BEDIE. A la suite du soulèvement, les chefsdEtat de la CEDEAO avaient nettement manifesté leurs craintes de voir la Côted’Ivoire s’enliser dans une guerre civile, comme celles qui ont ravagé le Liberiavoisin, la Sierra Leone et la Guinée Bissau. Etant donné le poids de la Côte d’ivoire60 MARTINS Miguel, “Le conflit en Guinée Bissau : chronologie d’une catastrophe”, AFRIQUEPOLITIQUE, 1999, p. 216
  • 41. 41(économiquement) dans la sous-région, ils (les chefs d’Etat) craignaient égalementles conséquences économiques sur leurs économies et l’effet domino que le conflitpouvait avoir sur leurs territoires. C’est ainsi que réunis en sommet extraordinaire àAccra (Ghana) le 29 septembre 2002, ils (les chefs d’Etats ouest-africains) décidèrentdenvoyer une force de paix en Côte dIvoire, pour sinterposer entre les troupesgouvernementales et les militaires rebelles.Prés de 1 500 hommes provenant du Ghana, du Togo, du Bénin, du Niger et duSénégal, regroupés au sein de la Mission de la CEDEAO en Côte dIvoire(ECOMICI) seront envoyés à partir de janvier 2003 en terre ivoirienne. Ces troupesinteragissaient aux côtés de 4 000 soldats français de lOpération Licorne. Leurmission, entre autres, était de surveiller, avec les troupes françaises en place, lecessez-le-feu conclu à Marcoussis (France) le 24 janvier 2003 entre les forcesloyalistes et la rébellion.Le 28 février 2004, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté une résolution enfaveur de l’intégration des forces de maintien de la paix présentes sur le territoireivoirien en une seule force. C’est ainsi que l’ECOMICI et la MINUCI (Mission desNations unies en Côte dIvoire), présentes dans le pays depuis le 13 mai 2003, serontregroupées sous l’ONUCI (Opération de lONU en Côte dIvoire). La mission delONUCI a débuté officiellement le 4 avril 2004 pour une période initiale de 12 mois.Pour le moment, les choses se sont plus ou moins calmées en Côte d’Ivoire mais onne peut pas vraiment dire que c’est grâce à l’Ecomog. Toutefois, il serait injuste dedire qu’elle n’y est pour rien, même si ses troupes ont une réputation de « looser ».SECTION 2: LES ENSEIGNEMENTS DES INTERVENTIONS DE L’ECOMOGL’Ecomog, comme nous venons de le démontrer, n’a pas connu un grand succès dansles missions qu’elle a eu à mener. Cependant, il est à noter, aussi peu que cela soit,qu’elle a pu faire quelque chose de positif. Ses « échecs » résident beaucoup plus
  • 42. 42dans le manque de moyens et d’expérience qu’à un manque de volonté ou à uneincompétence caractérisée.PARAGRAPHE 1 : LES SUCCES DE LA FORCEAu Libéria, « loin de constituer une force d’interposition neutre, l’Ecomogs’est…avérée partie prenante au conflit, tant au plan politique, qu’économique. [...],les casques blancs ont clairement failli à leur mission et sont apparus à plusieursreprises comme un facteur de déstabilisation supplémentaire » 61. Beaucoup depersonnes pensent comme M. WEISSMAN. On accuse l’Ecomog d’avoir été partiale,de n’avoir pas respecté les droits de l’Homme, d’avoir violé les conventions de laguerre et d’avoir participé à des trafics illicites. Tout cela n’est certes pas totalementfaux mais comme nous l’avons tantôt souligné, l’Ecomog a réussi à faire quelquechose de non négligeable au Libéria.Comme, le soulignent FRANÇOIS PRKIC et MARIE JOANNIDIS, le bilan de l’Ecomog auLibéria peut être considéré comme globalement positif : « L’Ecomog a tout d’abord réussi à protéger pendant toute la durée du conflit la capitale, Monrovia, où s’était réfugiée prés de la moitié de la population du pays, et la seule offensive de forces rebelles qui soit parvenue à pénétrer certains faubourgs, en octobre 1992, a été repoussée en quelques jours » 62. Le semblable dordre et de paix que l’Ecomog a fait régner à Monrovia a permis aux groupes humanitaires internationaux de retourner au Libéria et de pouvoir venir en aide à la population.61 Fabrice Weissman, « Libéria : derrière le chaos, crises et interventions internationales », op. cit. p.9662 François Prkic et Marie Joannidis, « Gestion régionale des conflits : l’Afrique de l’Ouest montre lavoie », op. cit., pp. 176-177.
  • 43. 43 Elle sest investie dans dimportantes activités humanitaires visant à atténuer les souffrances des populations. Elle a permis au GOUVERNEMENT DINTERIM DE LUNITE NATIONALE (IGNU), dirigé par AMOS SAWYER, de s’installer. Elle a arrêté les meurtres systématiques des Krahn et des Mandingue à Monrovia. Elle a largement contribué à l’aboutissement des élections de juillet 1997 qui ont achevé le conflit libérien et que les observateurs internationaux ont jugés démocratiques et très satisfaisantes.En outre, l’Ecomog a bénéficié d’un appui considérable au sein de la populationlibérienne, y compris celle du territoire contrôlé par le NPFL. Dans beaucoup decamps déplacés de personnes, une fois qu’on demandait aux déplacés dans quellesconditions ils rentreraient chez eux, la grande majorité déclarait quelle n’yretournerait que si l’Ecomog est là bas. Une femme de 33 ans, exprimait son attitudeenvers l’ULIMO et lAFL : « L’Ecomog fait son possible. Je veux aller à la maisonseulement si l’Ecomog est là bas. Je ne me sentirais pas libre pour aller à la maisonsi cest ULIMO qui est là-bas. Nous sommes effrayés en raison de ce qui sest produitpendant la guerre […]. L’ECOMOG est ici pour instaurer la paix » 63. ARMAH, unétudiant de Bomi, disait ceci : « Je suis parti en octobre, avant l’arrivée del’ULIMO, parce que javais peur. Je ne peux pas rentrer alors que lULIMO est là-bas avec ses armes. Une armée est juste une armée. Mais l’Ecomog est une unité demaintien de la paix, ainsi je retournerais sils sont là. L’ULIMO est une faction.Nous comptons seulement sur ECOMOG. LAFL, l’ULIMO, le NPFL, ils sont tous dumême côté. Tous les groupes armés ont la même intention - devenir riche en pillantdes propriétés. L’ECOMOG veut libérer les Libériens. Sils partent, ça sera unecatastrophe. Si l’Ecomog est là, nous pensons quils limiteront les dégâts » 64.63 Source : Rapport sur le Libéria de HUMAN RIGHTS WATCHT, op. cit.(http://www.hrw.org/reports/1993/liberia/)64 ibidem
  • 44. 44En Sierra Leone, l’Ecomog a défendu la démocratie en restaurant le régime renversépar un coup dÉtat militaire. Même si ses opérations, notamment les bombardementsnavals sur les positions de la junte, ont causé beaucoup de dégâts matériels etconsidérablement coûté en vies humaines, sa fermeté à l’égard de la junte pourrestaurer les institutions démocratiques de la Sierra Léone a été exemplaire et louableà notre avis. Aujourd’hui, après l’arrestation de M. SANKOH, un calme relatif règnedans l’ancienne colonie britannique.En Guinée Bissau, l’Ecomog n’a rien pu faire pour empêcher la chute du régime duprésident Viera. En Côte d’Ivoire, comme nous l’avons souligné précédemment, ellen’a pas ramené la paix mais, elle y a quand bien même participé.PARAGRAPHE 2 : LES CAUSES DES « ECHECS » DE LA FORCELes « échecs » de l’Ecomog sont attribuables à un certain nombre de facteursnotamment : la difficulté d’atteindre un minimum de consensus pour déterminer lesmissions de la force et la déployer ; l’implication d’entités non-régionales dans laconstitution et le déploiement de la force; la carence en logistique des forces arméesde la sous-région ; la crainte de certains pays d’une hégémonie nigériane dans larégion ; l’opposition francophone anglophone ; et les difficultés liées aucommandement et à l’interopérabilité au sein de la force.PREMIER FACTEUR. Lefficacité des missions de l’Ecomog dépend en partie duniveau de consensus politique existant au sein de la communauté. La réalisation dece consensus est une grande difficulté à cause de la rivalité et le manque de confianceentre les dirigeants ouest africains. Au Libéria, il y avait une division apparente entreles cinq membres du CPM et les onze autres membres de la CEDEAO. En SierraLeone aussi, il y avait un profond désaccord entre les membres quant à l’emploi de laforce dans le conflit.DEUXIEME FACTEUR. L’idéal serait que l’Ecomog puisse être constitué et déployé àla discrétion unique des Etats membres. Mais cela na toujours pas été le cas, en
  • 45. 45raison de l’énorme influence et des intérêts des investisseurs économiques externes àla sous-région. En conséquence, toutes les opérations de l’Ecomog sontconsidérablement influencées par des intérêts extrarégionaux. Parfois, les conflitsdintérêt entre les pays en dehors de la sous-région entravent le déploiement, lerenfort et lappui logistique des troupes de la force. Par exemple en Sierra Leone, endépit de lengagement considérable du Nigéria, lintérêt limité des Etats-Unis etlattitude hésitante de la France ont été les facteurs principaux du ralentissement desopérations terrestres de la force.TROISIEME FACTEUR. Les forces armées des Etats membres de la CEDEAOmanquent d’expérience (en matière de maintien de la paix) et de logistique poursoutenir les opérations militaires de grande envergure. Dans les opérations del’Ecomog, la logistique n’est pas fournie par une administration centrale. Chaquepays fournit à son propre contingent le matériel (de transport, de transmission…), lesarmes, les munitions, la nourriture, dont il a besoin au cours de l’opération. LeNigéria fournit très souvent à la force lessence, le pétrole et les lubrifiants. Les Etats-Unis, par l’intermédiaire d’entreprises privées, ont eu à fournir un soutien logistiqueà la force (hélicoptère de transport, équipements de communication, véhicules,réparations et entretiens généraux) dans certaines opérations.QUATRIEME FACTEUR. Les plus petits pays de la sous-région voient à traversl’Ecomog un instrument de puissance employé par le Nigéria pour interférer dansleurs politiques internes. Bien que lévidence sur le terrain ait contredit cette crainte,quelques pays hors de la région lont exploitée pour les décourager de participeractivement à la force.CINQUIEME FACTEUR. Les francophones considèrent la CEDEAO plutôt comme uneentité de coopération économique et commerciale qu’une entité d’intégrationpolitique. Ils voient l’Ecomog davantage comme une force militaire conçue pourrésoudre les problèmes de sécurité anglophones qu’autre chose. Toutefois, avecl’intervention de la force en Guinée Bissau et en Côte d’Ivoire, cette positioncommence à évoluer. En outre, les francophones (la France également) voient d’un
  • 46. 46très mauvais œil un leadership anglophone dans la sous région dirigé par le géantnigérian. En raison de tout cela, les pays francophones de la sous-région se sont audébut montré très prudent vis-à-vis de la force ouest-africaine. Mais au fil du temps,leur position a évolué. Aujourd’hui, l’Ecomog intervient en Côte d’ivoire, qui fut lepays francophone le plus opposé à sa création à l’époque.DERNIER FACTEUR. Comme la plupart des forces multinationales de maintien de lapaix, l’Ecomog a eu des difficultés à mettre en place un commandement unifié. Enraison de la méfiance entre les Etats membres et linfluence des puissances non-régionales, les contingents de la force arrivent habituellement dans leur secteur demission avec des instructions différentes et parfois contradictoires. L’interopérabilitéest quasi inexistante ce qui complique très sérieusement la coordination sur le théâtredes opérations.En guise de conclusion, nous dirons que l’Ecomog, malgré ses « échecs » a ouvert laporte aux Africains pour qu’ils puissent déterminer le futur de leur sécurité. LaCEDEAO l’a bien compris. En effet, vers la fin des années 90, tirant les leçons deces « échecs », et en vue de renforcer la paix et la sécurité en Afrique de louest, leSecrétariat exécutif de la CEDEAO a initié létablissement dun mécanisme deprévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de lasécurité dans la sous-région.
  • 47. 47CHAPITRE 2 : DU MECANISME DE GESTION DES CONFLITS DE LA CEDEAO ET DELA NECESSITE DU SOUTIEN INTERNATIONAL POUR LE RENFORCEMENT DESCAPACITES AFRICAINES DE MAINTIEN DE LA PAIX.La mise en place du Mécanisme de la CEDEAO est une chose assez ambitieuse quimontre la voie aux autres organisations sous régionales africaines et même à l’UnionAfricaine. Ce Mécanisme s’il est bien respecté par les Etats membres pourraitaboutir, peut être, à la mise en place effective de l’espace de paix et de sécurité dontles ouest-africains rêvent. Toutefois, nous pensons que sa réussite dépend beaucoupde l’appui de la Communauté internationale qui jusque là s’est manifestée par la miseen place de quelques initiatives pour l’Afrique entière et notamment pour la zoneCEDEAO.SECTION 1 : PRESENTATION DU MECANISMETirant les bonnes aussi bien que les mauvaises leçons de l’expérience de l’Ecomog,mais aussi soucieux de faire de l’Afrique de l’ouest une zone stable et prospère, leschefs d’Etat de la CEDEAO se sont réunis à Lomé en décembre 1997 pourconsidérer l’éventuelle création d’un Mécanisme permanent pour la gestion desconflits de la région. En guise de référence, ils avaient demandé aux rédacteurs dufutur Mécanisme de s’inspirer largement de l’expérience Ecomog. Cette initiativemontre nettement la volonté de la CEDEAO de mettre en place un espace de paix etde sécurité viable.PARAGRAPHE 1 : SA MISE EN PLACE…C’est au cours du sommet de la CEDEAO à Abuja le 10 décembre 1999 que lesChefs d’Etat et de gouvernement ont approuvé le Protocole du Mécanisme deprévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de lasécurité de la CEDEAO. Et comme le disait le président OBASANJO, avantl’adoption du protocole, le Mécanisme constitue la colonne vertébrale de l’ambitionde sécurité collective de la nouvelle CEDEAO ; une structure permanente propre à
  • 48. 48garantir une paix et une stabilité durables, conditions sine qua non pour la croissanceet le développement.Le Mécanisme de la CEDEAO s’occupe de tout ce qui est prévention des conflits,gestion des conflits, règlement des conflits, maintien de la paix et questions desécurité dans la sous région.En matière de maintien de la paix, le Mécanisme propose que, la CEDEAO aitrecours à des missions dintervention aussi bien politique que militaire, en cas deconflit armé. Il est suggéré que linstrument militaire de la CEDEAO continue desappeler Ecomog. Le Mécanisme fait également référence à la composition delEcomog, sa structure hiérarchique, les rôles et attributions de son commandement,et le financement des moyens logistiques et administratifs. Il est suggéré, dans les casde conflits entretenus et soutenus de lintérieur, que la CEDEAO intervienne lorsquilya: des risques importants de désastre humanitaire ; des menaces à la paix et à la sécurité de la sous-région ; un renversement ou une tentative de renversement dun régime démocratiquement élu.Pour ce qui est des questions relatives à la sécurité, le Mécanisme s’engage às’opposer à tout ce qui pourrait menacer la sécurité de la sous région notamment lacirculation illicite des armes légères, et des munitions dune part, et la recrudescencede la criminalité transfrontalière dautre part.
  • 49. 49PARAGRAPHE 2 : …ET SA STRUCTURELa structure du Mécanisme est ainsi composé : la Conférence des Chefs d’Etat etde gouvernement, le Secrétaire Exécutif 65 et un Conseil pour la Médiation et laSécurité.La CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT est l’autorité suprêmedu Mécanisme.Le SECRETAIRE EXECUTIF a le pouvoir de lancer des activités visant à obtenir desinformations ; de faciliter la médiation, les négociations et la réconciliation pour uneprévention et une gestion efficace des conflits. Dans l’Article 30 du Protocole, il estdit que le Secrétaire Exécutif est responsable de la formation et de la préparationd’unités en état d’alerte dans des centres régionaux de formation. Le bureau du Vice-Secrétaire Exécutif pour les Affaires Politiques, la Défense et la Sécurité coiffe leDépartement des Affaires Politiques, les Affaires Humanitaires, la Défense et laSécurité et la Gestion des Missions et l’unité des Plans 66.Le CONSEIL DE SECURITE ET DE MEDIATION du Mécanisme a été officiellementlancé en mai 2000 à Monrovia. Il se compose de 10 Etats membres élus. C’estl’organe équivalent au Conseil de Sécurité des Nations Unies à un niveau sousrégional. Comme le Conseil de sécurité de l’ONU, il est habilité à autoriser touteforme d’intervention, y compris la décision de déployer des missions politiques etmilitaires. Egalement, il informe les Nations unies et l’Union africaine de sesdécisions, fournit et révise les mandats et nomme les commandants des forces. C’estaussi un organe où des ambassadeurs, des ministres et des chefs d’Etat et degouvernement de la sous région se rencontrent pour prendre des décisions ou discuterdes questions de sécurité 67 :65 La Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement et le Secrétaire Exécutif en question sont ceuxde la CEDEAO. Ils sont inclus dans la structure du Mécanisme.66 Institut d’Etudes de Sécurité (Afrique du Sud) « Profil de la Communauté Économique des États del’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) » (Voir page Internethttp://www.iss.co.za/AF/RegOrg/unity_to_union/pdfs/ecowas/2ECOWASProfileFr.pdf )67 ibidem
  • 50. 50 Le COMITE DES AMBASSADEURS. Il réunit les Ambassadeurs des dix Etats Membres du Conseil. Ces diplomates se rencontrent chaque mois pour évoquer les questions de paix et de sécurité dans la sous région. Le COMITE DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGERES, DE LA DEFENSE, DES AFFAIRES INTERIEURES ET DE LA SECURITE : les ministres se rencontrent tous les 3 mois au sein du Comité pour discuter des situations politiques et sécuritaires de la sous-région. Les dix CHEFS D’ÉTAT MEMBRES DU CONSEIL DE SECURITE ET DE MEDIATION se rencontrent au moins deux fois par an. Ils sont habilités à prendre les décisions finales des mesures politiques et des mandats appropriés devant être pris en ce qui concerne les situations en considération. Les décisions sont prises à la majorité des deux tiers des Membres présents du Conseil.Le Conseil supervise les activités des organes suivantes : la Commission de laDéfense et de la Sécurité, le Conseil des Sages, le Centre d’observation et decontrôle d’alerte précoce et lEcomog 68.La COMMISSION DE LA DEFENSE ET DE LA SECURITE est composée des Chefs d’ÉtatMajor des pays de la CEDEAO. Elle a pour fonction d’examiner toutes les questionstechniques et administratives et d’estimer les besoins logistiques pour les opérationsde maintien de la paix. La Commission donne son soutien au Conseil de Sécurité etde Médiation dans les domaines suivants : formuler le mandat des forces pour le maintien de la paix ; définir les termes de référence pour les forces ; nommer le Commandant des forces ;68 ibidem
  • 51. 51 déterminer la composition des contingents.Elle se réunit tous les trimestres et en cas de nécessité. Elle examine également lesrapports des Centres d’Observations et de Contrôle et fait des recommandations auConseil de Sécurité et de Médiation.Au mois de juin dernier, « lors dune réunion de la Commission de la défense et dela sécurité de la CEDEAO à Abuja, les chefs détat-major ont approuvé la créationdune force de 6 500 hommes qui pourra être déployée immédiatement dans la régionen cas de troubles. Cette force doit comprendre un contingent dintervention rapidede 1 500 soldats, appelé "corps expéditionnaire de la Communauté des Etats delAfrique de lOuest (CEDEAO)", appuyé par un groupe complémentaire de 3 500soldats. Les 1 500 autres soldats constitueront une force de réserve. La force aura lacapacité dintervenir en 30 jours, lintégralité de la force pourra non seulement êtreopérationnelle en 90 jours, mais elle pourra également être autonome durant 90jours » 69.Le CONSEIL DES SAGES est nommé par le Secrétaire Exécutif pour promouvoir unediplomatie préventive dans la région. Ses membres sont choisis pour leursexpériences en matière de médiation et de diplomatie. Le premier Conseil des Sagesc’est tenu à Niamey, (Niger) en juillet 2001. Au cours de son existence, le Conseil aeu à observer les élections en Gambie, en Sierra Leone, au Togo et même auZimbabwe.A l’origine, le Conseil était constitué de 32 membres provenant des dix Etatsmembres du Conseil de Sécurité et de Médiation. Lors du Sommet de Dakar enjanvier 2003, il a été transformé en un organisme de 15 membres, constitué par undélégué provenant de chaque État membre de la CEDEAO. Un nouveau Conseil aété inauguré à Accra, le 23 avril 2003.69 La DOCUMENTATION FRANÇAISE, « Des organisations sous-régionales africaines : la CEDEAO, laCDAA (SADC), la CEEAC et la CEMAC ». (Voir la page Internet :http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/dossier_international/maintien_paix/acteurs/CEDEAO.shtml#structures)
  • 52. 52Le CENTRE D’OBSERVATION ET DE CONTROLE D’ALERTE PRECOCE est le cœur duMécanisme d’alerte précoce de la CEDEAO avec quatre zones d’observation et decontrôle dans la sous-région. Ces quatre zones sont : Banjul (Gambie), Monrovia(Liberia), Ouagadougou (Burkina Faso) et Cotonou (Bénin). Chacune de ces zonescouvre un certain nombre de pays de la sous région et est chargée de recueillir desinformations sur les risques de conflit. Les informations recueillies sont ensuitetransmises à l’Observatoire Central de la CEDEAO à Abuja 70.Les activités de l’ECOMOG, dont nous avons largement parlé, sont désormaissupervisées par le Conseil de Sécurité et de Médiation de la CEDEAO.La mise en place du Mécanisme de prévention, de gestion, de règlement desconflits, de maintien de la paix et de la sécurité de la CEDEAO est une initiativetrès ambitieuse. Sa structuration comme nous l’avons vu est bien construite sur lepapier. Pour l’instant, il ne serait pas prudent de faire un bilan pour ce Mécanisme.Toutefois, nous pouvons affirmer que jusqu’à présent, il ne s’est pas distingué dansce qui a été à l’origine de sa création cest-à-dire la résolution des conflits en Afriquede l’ouest. La crise ivoirienne aurait pu être un terrain d’expérimentation maismalheureusement avec les divisions des chefs d’Etat de la CEDEAO sur la questionivoirienne, cela n’a pas été le cas. Une fois de plus, dans l’affaire ivoirienne, lasolution est venue de l’extérieur avec notamment l’intervention de la France etl’implication de l’ONU.Espérons que ce Mécanisme si ambitieux et prometteur ne rencontrera pas les mêmesproblèmes que l’Ecomog notamment la rivalité et le manque de confiance entre lesEtats ouest africains. Espérons également qu’avec le temps, il pourra deveniropérationnel et ainsi résoudre les conflits de la sous-région. A notre avis, cela neserait en partie possible qu’avec une forte implication de la Communautéinternationale (Union africaine, ONU, Union Européenne, Etats-Unis etc.).70 En guise d’exemple, la zone de Cotonou couvre le Bénin, le Nigéria et le Togo.
  • 53. 53SECTION 2 : DE LA NECESSITE DU SOUTIEN INTERNATIONAL POUR LERENFORCEMENT DES CAPACITES AFRICAINES DE MAINTIEN DE LA PAIX.L’Afrique de l’ouest, mais aussi le reste du continent africain, a besoin d’unengagement accru des Nations unies, de l’Europe, des Etats-Unis et de tous les payscapables de lui fournir du soutien financier et logistique afin de renforcer sescapacités de maintien de la paix. Des initiatives diverses ont été mises en place par laCommunauté internationale pour encourager le développement de ces capacités demaintien de la paix. De nombreux pays ont participé ou soutenu activement cesinitiatives. Il s’agit notamment de la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, lePortugal, l’Italie, les États-Unis, le Japon, les Pays nordiques, le Canada pour ne citerque ceux là.LAfrique est le terrain privilégié des opérations de maintien de la paix des Nationsunies (elles sont aussi très actives dans les diverses initiatives mises en place par lespays que nous venons de citer). En effet, les deux tiers des interventions de l’ONU sesont déroulés sur le continent africain. La plupart de ces opérations furent des échecspour l’Organisation. Toutefois, il serait bien de préciser que même si l’ONU aenregistré de nombreux échecs en Afrique (Somalie, Rwanda…), elle y a aussienregistré quelques succès tangibles (Namibie, Mozambique, Républiquecentrafricaine). LISTE DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ONU EN AFRIQUE DEPUIS 1990 71 PAYS/MISSION DATE RESPONSABILITE AFRIQUE DU SUDMONUAS (Mission des Nations unies en Afrique du sept. 1992-mai 1994 ONUSud) ANGOLA71 Pour l’ensemble des opérations de maintien de la paix menées aussi bien par l’ONU que par lesorganisations régionales en Afrique voir Annexe…
  • 54. 54MONUA (Mission des Nations unies en Angola) juillet 1997-août 98 ONUUNAVEM I (Mission de vérification des Nations unies janv. 1989-juin 1991 ONUen Angola)UNAVEM II juin 1991-fév. 1995 ONUUNAVEM III fév. 1995-juin 1997 ONU BANDE AOUZOUGONUBA (Groupe dobservateurs des Nations unies mai 1994-juin 1994 ONUdans la bande dAouzou)CONGO (REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU)MONUC (Mission des Nations unies en République juillet 1999- en cours ONUdémocratique du Congo) COTE DIVOIRE mai 2003-avril 2004MINUCI (Mission des Nations unies en Côte dIvoire) ONUONUCI (Opération des Nations unies en Côte dIvoire) avril 2004-en cours ERYTHREE ET ETHIOPIEMINUEE (Mission des Nations unies en Ethiopie et en juillet 2000- en cours ONUErythrée) LIBERIAMONUL sept. 1993-sept. 1997 ONUMINUL (Mission des Nations unies au Liberia) sept. 2003-en cours ONU MOZAMBIQUEONUMOZ (Opération de lONU au Mozambique) déc. 1992-déc. 1994 ONUNAMIBIEGANUPT (Groupe dassistance de lONU pour la avril 1989-mars 1990 ONUtransition) REPUBLIQUE CENTRAFRICAINEMINURCA (Mission des Nations unies en République avril 1998-en cours ONUcentrafricaine) OUGANDA/RWANDAMONUOR (Mission dobservation de lONU an Ouganda juin 1993-sept. 1994 ONUet au Rwanda)) RWANDAMINUAR I et II (Mission des Nations unies pour oct. 1993-mars 1996 ONU
  • 55. 55lassistance au Rwanda) SAHARA OCCIDENTALMINURSO (Mission de lONU pour lorganisation dun sept. 1991-en cours ONUréférendum au Sahara occidental) SOMALIEONUSOM I (Opération des Nations unies en Somalie) avril 1992-mars 1993 ONUONUSOM II mars 1993-mars 1995 ONU SIERRA LEONEUN military liaison and security advisory mai 1998-juillet 1998 ONUpersonnelMONUSIL (Mission dobservation des Nations unies au juillet 1998-oct. 1999 ONUSierra Leone)MINUSIL (Mission des Nations unies en Sierra Leone) oct. 1999-en cours ONU ZAÏRE HCR (Haut Commissariat Contingent zaïrois pour la sécurité des camps jan. 1995-déc. 1996 aux réfugiés)MNF (Multinational Force) nov. 1996-déc. 1996 ONU (SOURCE DOCUMENTATION FRANÇAISE)Parmi les initiatives de soutien à la mise en place des capacités africaines de maintiende la paix, les plus connues sont le RECAMP et l’ACRI. L’Union européenne (UE)et le G8 ont également mis en place des initiatives allant dans le même sens.Le programme RECAMP (RENFORCEMENT DES CAPACITES AFRICAINES DEMAINTIEN DE LA PAIX) a été conçu et mis en oeuvre par le ministère de la Défense dela France en 1998. Il vise « à accroître les capacités militaires des pays africains àconduire, lorsqu’ils le désirent, des actions de maintien de la paix » 72. Leprogramme comporte trois composantes 73 :72 ONU, « Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix (ReCAMP » (Pagehttp://www.un.int/france/frame_francais/france_et_onu/france_et_maintien_de_la_paix/recamp.htm)73 ibidem
  • 56. 56 La FORMATION DES MILITAIRES AFRICAINS AU MAINTIEN DE LA PAIX ; il s’agit de former au maintien de la paix des personnels disposant déjà d’une formation militaire générale ; l’ENTRAINEMENT DES UNITES AFRICAINES AU MAINTIEN DE LA PAIX au sein d’exercices sous-régionaux de grande ampleur, portant sur des actions de maintien de la paix ; l’EQUIPEMENT D’UNITES ENGAGEES EN MAINTIEN DE LA PAIX ; des moyens sont prépositionnés dans trois bases françaises d’Afrique, disponibles pour équiper, au moment de leur engagement en maintien de la paix, trois bataillons type ONU et un hôpital de campagne.En 1998 à Guidimakha, la CEDEAO a été le théâtre de linitiative RECAMP. Avec leCycle IV (2003-2004) du programme, elle a été de nouveau choisie. « Ce cycle avaitpour finalité dassocier étroitement la CEDEAO à lensemble du programme et decontribuer à la formation opérationnelle des niveaux stratégiques, opératifs ettactiques ». Dans RECAMP IV la France est associée à lUE et lONU (mais aussid’autres Etats et des ONG).L’ACRI (AFRICAN CRISIS RESPONSE INITIATIVE OU INITIATIVE DE REPONSE AUXCRISES AFRICAINES) est une formation multinationale en matière de maintien de lapaix mise en place par les Etats-Unis en 1996. Elle « vise à la formation debataillons rapidement déployables et interopérationnels en mission de paix oudassistance humanitaire » 74. En Afrique de l’Ouest, le programme a permis laformation de bataillons au Bénin, en Côte dIvoire, au Ghana, au Mali, au Sénégal,etc. D’ailleurs, certains éléments de l’Ecomog déployés en Guinée Bissau en 1999étaient issus de ces bataillons.74 M. Marshall McCallie, « LACRI : un engagement positif des États-Unis en Afrique », Revueélectronique de lUSIA, volume 3, numéro 2, avril 1998. (Voir page Internet :http://usinfo.state.gov/journals/itps/0498/ijpf/fracri.htm)
  • 57. 57L’ACRI a été remplacée par lACOTA (AFRICAN CONTINGENCY OPERATIONSTRAINING AND ASSISTANCE). L’ancien gouvernement Bush avait également mis enplace une initiative nommée GPOI (GLOBAL PEACEKEEPING OPERATIONS INITIATIVE)et qui a touché certains pays africains. Elle a pour but de fournir une formation enmatière de maintien de la paix à 75.000 soldats de pays répartis dans le monde entier.A l’instar de la France et des Etats-Unis, la Grande Bretagne avait elle aussi mis enplace quelques initiatives pour renforcer les capacités africaines de maintien de lapaix. Il s’agit notamment du programme BPST (BRITISH PEACE SUPPORT TEAM, enAfrique du Sud et au Kenya, orienté vers le maintien de la paix), du programmeBMATT, du programme IMATT et du programme BDAT.Pour ce qui est de l’UE, le 17 novembre 2003 au cours d’une réunion à Bruxelles, leCONSEIL DES RELATIONS EXTERIEURES avait décidé de faire financer par le FONDSEUROPEEN DE DEVELOPPEMENT une « Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique ».Cette initiative avait pour buts d’appuyer les opérations de maintien de la paixmenées par les Africains et de doter les institutions africaines dune capacité à longterme pour mener de telles opérations. Le budget prévu était de 250 millions deuroset devait permettre à l’initiative dêtre opérationnelle avant fin 2004 75.En ce qui concerne le G8, le 10 juin 2004 à Sea Island (Etats-Unis), les chefs dÉtatet de gouvernements ont adopté un plan d’action en matière de maintien de la paix,notamment en Afrique. Par ce plan, « ils se sont engagés à organiser et à financer laformation de quelque 75 000 soldats du monde entier dici à 2010 et à équipercertains dentre eux pour accélérer lexécution dopérations de maintien de la paixdans les pays qui en auront besoin, notamment des opérations effectuées sous ladirection de lONU dans des pays dAfrique subsaharienne. Ce plan sinscrit dans lesengagements pris aux sommets du G8 de Kananaskis (Canada), les 26 et 27 juin75 La Documentation Française, « Le maintien de la paix en Afrique » (Voir page Internethttp://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossier_international/maintien_paix/acteurs/paixafrique.shtml#initnat)
  • 58. 582002, et dEvian en France du 1er au 3 juin 2003, afin daider les pays africains àprévenir les conflits armés et à les régler » 76.Ce genre d’initiatives que nous venons de citer est très répandu et dispersé à traversl’Afrique. Il arrive même que certains programmes se dédoublent. Il aurait étésouhaitable de les regrouper dans un seul et unique programme sous la direction duDépartement des opérations de maintien de la paix de lONU avec un budget bienconséquent fourni par les Etats initiateurs et l’ONU. En mai 1997 les États-Unis, laFrance et la Grande-Bretagne, en vertu de l«Initiative tripartite» qu’ils avaient signé,se sont engagés à coordonner leurs programmes nationaux afin déviter desdédoublements ou des programmes à effets contradictoires.En dehors de la nécessité de mettre en place un programme unique pour rendre cesdiverses initiatives beaucoup plus efficaces, nous pensons également que lesformations doivent s’étendre sur un nombre plus important de soldats au lieu de deuxou trois bataillons. Il faudrait aussi une plus grande sensibilisation des militaires auxquestions d’éthique. Plusieurs programmes prévoient dans le cadre de la formationofferte, des cours sur la démocratie et le respect des droits de la personne. Mais, c’estsurtout aux armées africaines d’inculquer à leurs soldats ces valeurs.Il serait bien aussi que les formations s’étendent sur des durées plus longues au lieude trois ou six mois. Les équipements constituent le véritable point de faiblesse deces initiatives. Ils coûtent chers, les pays africains ne peuvent pas s’en procurer enmasse et les pays occidentaux et l’ONU ne peuvent non plus leur en procurer enquantité suffisante pour mener des opérations de maintien de la paix d’envergures.L’idéal serait que les pays occidentaux créent des dépôts d’équipement en Afrique,qu’ils géreront eux même, pour qu’on puisse s’en servir en cas de nécessité. Letroisième composant du programme RECAMP est proche de cette solution (voirRECAMP ci-dessus). Pour le moment, nous pensons que parmi les programmes enplace, RECAMP et le mieux.76 ibidem
  • 59. 59Nous avons tenu à vous exposer brièvement ces initiatives pour vous montrercombien elles sont précieuses, bien que modestes, pour les Africains dans leurvolonté de se prendre en charge en matière de maintien de la paix.La CEDEAO a bien besoin de ce soutien de la Communauté internationale pour fairefonctionner son Mécanisme et ainsi mettre en place son espace de paix et de sécuritétant rêvé. C’est une bonne chose que les Africains, en particulier les Ouest-africains,fassent du maintien de la paix et décident d’organiser leur propre sécurité mais ilserait catastrophique de les laisser faire tout seul ; du moins au début.
  • 60. 60CONCLUSION
  • 61. 61Au début de notre travail, nous nous sommes posés la question à savoir si la créationde l’Ecomog était une bonne expérience pour la CEDEAO dans sa volonté de mettreen place un espace de paix et de sécurité sensée apporter une certaine prospéritééconomique à la sous région.Par cette question nous répondrons par l’affirmative. Certes la CEDEAO estaujourd’hui loin d’avoir son espace de paix et de sécurité tant rêvé, mais il est sûrque grâce à l’Ecomog les ouest-africains sont passés à un stade supérieur dans leurdésir de pacifier leur région. En effet avec la mise en place du MECANISME DEGESTION DES CONFLITS de la CEDEAO, reprenant largement celui mis en place parl’OUA, tous les espoirs sont permis 77. Si les ouest-africains parviennent à bien géreret respecter ce mécanisme, en dépassant leur égoïsme et leur méfiance à l’égard deleurs voisins, il est certain qu’ils parviendront à mettre en place un espace de paix etde sécurité viable. Pourquoi pas aller au-delà en instaurant une Défense OuestAfricaine Commune? Mais nous sommes loin de là. Pour le moment, l’objectif est defaire fonctionner le Mécanisme.L’Ecomog est aujourd’hui intégrée au Mécanisme. Elle a été envoyée en Côted’ivoire depuis lors sans pour autant jouer un grand rôle.Au Libéria la CEDEAO a montré à travers l’Ecomog qu’elle pouvait avec succès,gérer une situation de conflit et négocier un accord de paix permettant une transitiondémocratique vers un régime élu. En Sierra Léone elle a défendu la démocratie enrenversant un régime issu d’un coup d’Etat militaire. En gros, dans toutes sesmissions, les critiques apportées à lEcomog portent davantage sur certainscomportements des participants à la mission que sur le bien-fondé des interventions.Aujourd’hui l’Ecomog ne peut plus se permettre d’avoir le comportement qu’elle aeu dans le passé car toute erreur qu’elle commettrait, désormais, se répercutera sur le77 L’OUA s’est dotée en 1993 d’un Mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflitsafin de remplacer la Commission de médiation, de conciliation et d’arbitrage qui devait s’occuper dela gestion pacifique des conflits. Ce mécanisme a beaucoup servi depuis sa création dans certainescrises comme celles au Burundi, au Liberia, au Cameroun/Nigeria, au Congo, aux Comores et auZaïre.
  • 62. 62Mécanisme et le décrédibiliserait. Cette force qui a acquit maintenant une certaineexpérience dans le maintien de la paix, doit être mieux équipée et entraînée pourintervenir efficacement dans la sous région. Pour cela, les Nations Unis et lespuissances occidentaux ont un grand rôle à jouer.On ne peut espérer connaître du succès dans des opérations de paix avec des sous-officiers et des soldats qui sont parfois si mal payés ou ravitaillés quils doivent selivrer au marché noir ou au pillage pour survivre en mission. L’Ecomog a péché parmanque de matériel, de finances, d’expérience et par la rivalité des puissances de lasous-région et celles se trouvant à l’extérieur. Malgré ses échecs et les critiquesqu’on en a fait, elle a montré aux africains qu’ils pouvaient se prendre en main enmatière de maintien de la paix même si le prix à payer pouvait être lourd. Elle amontré également aux puissances occidentales que les forces de maintien de la paixsous-régionales pouvaient constituer une solution pour leur éviter à intervenirdirectement dans les conflits africains.Même si l’Ecomog a besoin de bien s’équiper et d’être financée pour mieuxintervenir, il ne faut pas perdre de vu que l’objectif n’est pas d’intervenir pourrésoudre des conflits. L’objectif est plutôt de prévenir les conflits pour que la Forcen’est pas à intervenir. Nous pensons que les Chefs-d’Etat de la sous-région l’ont biencompris en mettant en place le Mécanisme. Nous pensons très sincèrement qu’avanttout, ils doivent s’attaquer aux racines des conflits en Afrique de l’ouest à savoir : lapauvreté de masse, l’analphabétisme, le déséquilibre entre les communautés,l’inégalité du développement, l’absence de pratiques démocratiques, l’injustice etl’incapacité des gouvernants à garantir la sécurité des personnes etc. C’est en réglantces problèmes et en appliquant parfaitement le Mécanisme que la CEDEAO pourrabien un jour rendre réel son rêve d’une sous région pacifiée, stable et prospère.Après avoir affirmé que l’Ecomog fut une bonne expérience pour la CEDEAO, etceci malgré les erreurs dans ses missions et les critiques qu’on en a fait, nouspouvons nous poser une autre question. Les agissements de la CEDEAO enmatière de prévention, de gestion et de maintien de la paix sont t’ils un exemple
  • 63. 63pour les autres organisations sous-régionales africaines ? A l’heure actuelle, ilserait audacieux d’y répondre affirmativement. Toutefois, nous avons constaté, aucours de nos recherches, que certaines d’entre elles commencent à assumer de plusen plus un rôle important dans le domaine du maintien de la paix.En Afrique australe, la SADC 78 (COMMUNAUTE DE DEVELOPPEMENT DEL’AFRIQUE AUSTRALE) a mis en place un ORGANE SUR LA POLITIQUE, LA DEFENSE ETLA SECURITE qui ambitionne de développer une capacité régionale de maintien de lapaix. La SADC a joué un rôle non négligeable de médiateur dans les crises auxComores et en RDC. Elle a eu également à envoyer un contingent au Lesotho(Opération Boleas), sur demande du gouvernement du Lesotho, le 22 septembre 1998pour rétablir lordre après la crise qui a suivi les élections du 21 mai 1998.En Afrique centrale, la CEEAC 79 (COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ÉTATSD’AFRIQUE CENTRALE) a mis en place, en juin 2002, un CONSEIL DE PAIX ET DESECURITE DE L’AFRIQUE CENTRALE (COPAX), chargé de la promotion, de lamaintenance et de la consolidation de la paix et de la sécurité en Afrique centrale. Ceconseil se compose d’organes techniques que sont : un SYSTEME D’ALERTE AVANCEEPOUR L’AFRIQUE CENTRALE (MARAC), une COMMISSION POUR LA DEFENSE ET LASECURITE (CDS) et une FORCE MULTINATIONALE DE L’AFRIQUE CENTRALE (FOMAC)La CEMAC 80 (COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DAFRIQUECENTRALE) a déployé le 4 décembre 2002 en Centrafrique la FOMUC (FORCEMULTINATIONALE EN CENTRAFRIQUE) dans le cadre des accords de Libreville, signésle 2 octobre 2002. La force se compose 374 soldats gabonais, congolais et tchadiens.Le 28 janvier 2004 à Brazzaville, les membres de l’organisation ont signé un PACTEDE NON AGRESSION, DE SOLIDARITE ET DASSISTANCE MUTUELLE.78 La SADC est composée de 14 pays : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Malawi,Maurice, Mozambique, Namibie, République démocratique du Congo, Seychelles, Swaziland,Tanzanie, Zambie, Zimbabwe.79 La CEEAC à été créée le 18 octobre 1983 par les membres de lUDEAC et les membres de laCommunauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) (Burundi, Ruanda et le Zaïre - ainsinommé à lépoque), ainsi que Sao Tomé et Principe.80 La CEMAC a été créée le 16 mars 1994 à Ndjamena au Tchad. Elle regroupe 6 pays : Cameroun,Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad.
  • 64. 64En Afrique orientale, l’IGAD (AUTORITE INTERGOUVERNEMENTALE POUR LEDEVELOPPEMENT) reste timide en matière de prévention des crises et de maintien dela paix. Toutefois, avec les crises au Soudan, en Somalie et entre l’Éthiopie etl’Érythrée, elle avait proposé des solutions pour régler pacifiquement les conflits.Nous souhaitons très sincèrement une grande réussite à toutes ces initiatives enespérant que leur aboutissement permettra à l’Afrique de dépasser un pallier qui estcelui de la guerre, de la famine et des maladies pour en franchir un autre qui seracelui de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Une fois encore, nous répétons quel’aboutissement de ces initiatives, dépend en partie du soutien des Nations Unis etdes occidentaux.
  • 65. 65ANNEXES
  • 66. 66 ANNEXE 1 : CARTE ET FICHES D’IDENTITE DES PAYS DE LA CEDEAO BENINPopulation (2004) 7 250 033 habitantsSuperficie 112 622 km2Densité 64.37 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 980 $usEspérance de vie (2003) 50.81 ansTaux de natalité (2003) 42.57 pour 1000Taux de mortalité (2003) 13.69 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 85.88 pour 1000Taux dalphabétisation (2003) 40.15 %Langue officielle Français
  • 67. 67Monnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.411/1.0Taux durbanisation 43.00 %Villes principales : Cotonou carte, Porto Novo (capitale), Parakou, Djougou, Bohicon, Kandi, Abomey Natitingou Lokossa BURKINA FASOPopulation (2003) 13 228 460 habitantsSuperficie 274 200 km2Densité 48,24 h/km2PIB par habitant (PPA - 2002) 1 120 $usEspérance de vie (1996) 53,8 ansTaux de natalité (2002) 44,78 pour 1000Taux de mortalité (2002) 18,76 pour 1000Taux de mortalité infantile (2002) 99,78 pour 1000Taux dalphabétisation (1996) 25,85 %Langue officielle FrançaisMonnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.330/1.0Villes principales : Ouagadougou (capitale), Bobo Dioulasso
  • 68. 68 CAP VERTPopulation (2004) 455 294 habitantsTaux de croissance annuel 0.734 %Superficie 4 033 km2Densité 112.89 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 5 570 $usEspérance de vie (2003) 70.14 ansTaux de natalité (2003) 26.13 ‰Indice de fécondité (2003) 3.30 enfants/femmeTaux de mortalité (2003) 6.72 ‰Taux de mortalité infantile (2003) 49.14 ‰Taux dalphabétisation 76.80 %Langues officielles Portugais, créole cap-verdienMonnaie Escudo cap-verdienIndice de développement humain (IDH) 0.727/1.0Nature de létat et du régime République unitaire, parlementaireTaux durbanisation 63.50 %Villes principales : Praia (capitale), Mindelo COTE DIVOIREPopulation (2004) 16 944 598 habitantsSuperficie 322 461 km2Densité 52,11 h/km2PIB par habitant (2001) 700 $us
  • 69. 69Espérance de vie (2002) 44,72 ansTaux de natalité (2002) 39,99 pour 1000Taux de mortalité (2002) 16,74 pour 1000Taux de mortalité infantile (2002) 92,23 pour 1000Taux dalphabétisation (1990) 53,80 %Langue officielle FrançaisMonnaie Franc CFAVilles principales : Abidjan carte, Bouaké, Yamoussoukro (capitale), Daloa, Korhogo, Man, Gagnoa GAMBIEPopulation (2004) 1 546 848 habitantsTaux de croissance annuel 2.980 %Superficie 11 295 km2Densité 136.95 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 2 050 $usEspérance de vie (2003) 54.79 ansTaux de natalité (2003) 40.30 pour 1000Indice de fécondité (2003) 4.70 %Taux de mortalité (2003) 12.08 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 73.48 pour 1000Taux dalphabétisation 39.05 %Langue officielle AnglaisMonnaie DalasiIndice de développement humain (IDH) 0.463/1.0Nature de létat République unitaire
  • 70. 70Taux durbanisation 53.60 %Villes principales : Banjul (capitale) GHANAPopulation (2003) 20 467 747 habitantsSuperficie 238 538 km2Densité 85,80 h/km2PIB par habitant (2001) 290 $usEspérance de vie (2003) 56,53 ansTaux de natalité (2003) 25,84 pour 1000Taux de mortalité (2003) 10,53 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 53,02 pour 1000Taux dalphabétisation (1990) 60,30 %Langue officielle AnglaisMonnaie CediIndice de développement humain (IDH) 0,548/1,0Villes principales : Accra (capitale), Kumasi GUINEEPopulation (2004) 9 246 462 habitantsSuperficie 245 857 km2Densité 37.61 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 1 960 $usEspérance de vie (2003) 49.70 ans
  • 71. 71Taux de natalité (2003) 42.26 pour 1000Taux de mortalité (2003) 15.53 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 91.82 pour 1000Taux dalphabétisation (2003) 41.05 %Langue officielle FrançaisMonnaie Franc guinéenIndice de développement humain (IDH) 0.425/1.0Taux durbanisation 27.90 %Villes principales : Conakry (capitale), Nzérékoré, Kankan, Kindia GUINEE BISSAUPopulation (2004) 1 388 363 habitantsTaux de croissance annuel 1.989 %Superficie 36 125 km2Densité 38.43 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 970 $usEspérance de vie (2003) 46.98 ansTaux de natalité (2003) 38.03 pour 1000Indice de fécondité (2003) 7.10 %Taux de mortalité (2003) 16.57 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 108.72 pour 1000Taux dalphabétisation 41.45 %Langue officielle PortugaisMonnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.373/1.0
  • 72. 72Nature de létat République unitaireTaux durbanisation 32.30 %Villes principales : Bissau (capitale) LIBERIAPopulation (2003) 3 317 176 habitantsSuperficie 111 370 km2Densité 29,79 h/km2PIB par habitant (1999) 260 $usEspérance de vie (2002) 48,15 ansTaux de natalité (2002) 45,28 pour 1000Taux de mortalité (2002) 17,84 pour 1000Taux de mortalité infantile (2002) 132,18 pour 1000Taux dalphabétisation (1990) 39,50 %Langue officielle AnglaisMonnaie Dollars libérienIndice de développement humain (IDH) 0.325/1.0Villes principales : Monrovia (capitale) MALIPopulation (2004) 11 956 788 habitantsTaux de croissance annuel 2.783 %Superficie 1 240 198 km2Densité 9.64 h/km2PNB (2003) 2 880 millions $US
  • 73. 73PNB par habitant (PPA-2003) 860 $USCroissance du PIB (2003) 5.30 %Espérance de vie (2003) 45.28 ansTaux de natalité (2003) 47.29 ‰Indice de fécondité (2003) 7.00 enfants/femmeTaux de mortalité (2003) 19.12 ‰Taux de mortalité infantile (2003) 117.99 ‰Taux dalphabétisation (2003) 44.95 %Langue officielle FrançaisMonnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.337/1.0Nature de létat République parlementaire, régime présidentielTaux durbanisation 31.54 %Villes principales : Bamako (capitale) NIGERPopulation (2004) 11 360 538 habitantsSuperficie 1 186 408 km2Densité 9.58 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 890 $usEspérance de vie (2003) 42.18 ansTaux de natalité (2003) 48.91 pour 1000Taux de mortalité (2003) 21.51 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 122.66 pour 1000Taux dalphabétisation (2003) 17.20 %Langue officielle Français
  • 74. 74Monnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.292/1.0Taux durbanisation 21.10 %Villes principales : Niamey (capitale), Zinder, Maradi, Agadez,Tahoua NIGERIAPopulation (2005) 128 771 988 habitantsSuperficie 923 768 km2Densité 139.40 h/km2PIB par habitant (2002) 360 $usEspérance de vie (2002) 51,01 ansTaux de natalité (2002) 38,75 pour 1000Taux de mortalité (2002) 13,76 pour 1000Taux de mortalité infantile (2002) 71,35 pour 1000Taux dalphabétisation (1990) 50,70 %Langue officielle Anglais (Français en projet)Monnaie NairaVilles principales : Lagos, Ibadan, Kano, Kaduna, Oshogbo, Port Harcourt, Benin, Onitsha, Ogbomosho ... SENEGALPopulation (2003) 10 580 307 habitantsSuperficie 196 722 km2Densité 53,78 h/km2
  • 75. 75PIB par habitant (2001) 480 $usEspérance de vie (2002) 56,37 ansTaux de natalité (2002) 36,23 pour 1000Taux de mortalité (2002) 10,88 pour 1000Taux de mortalité infantile (2002) 57,57 pour 1000Taux dalphabétisation (1990) 38,30 %Langue officielle FrançaisMonnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.423/1.0Villes principales : Dakar (capitale), Thiès, Kaolack, Ziguinchor, Rufisque, Saint-Louis, Mbour, Diourbel SIERRA LEONEPopulation (2004) 5 883 889 habitantsSuperficie 71 740 km2Densité 82.02 h/km2PIB par habitant (PPA - 2001) 470 $usEspérance de vie (2003) 42.69 ansTaux de natalité (2003) 43.34 pour 1000Taux de mortalité (2003) 20.62 pour 1000Taux de mortalité infantile (2003) 145.24 pour 1000Taux dalphabétisation (2003) 36.65 %Langue officielle AnglaisMonnaie LeoneIndice de développement humain (IDH) 0.275/1.0
  • 76. 76Taux durbanisation 37.30 %Villes principales : Freetown (capitale), Koidu,Makeni TOGOPopulation (2005) 5 681 519 habitantsSuperficie 56 785 km2Densité 100.05 h/km2PIB par habitant (1999) 270 $usEspérance de vie (2002) 53,43 ansTaux de natalité (2002) 35,23 pour 1000Taux de mortalité (2002) 11,51 pour 1000Taux de mortalité infantile (2002) 68,73 pour 1000Taux dalphabétisation (1990) 43,30 % Langue officielle FrançaisMonnaie Franc CFAIndice de développement humain (IDH) 0.489/1.0Villes principales : Lomé (capitale), Kpalimé,Sokodé Source : www.populationdata.net/
  • 77. 77 ANNEXE 2 : FICHE DIDENTITE DE LA CEDEAO. Communauté Économique des États de lAfrique de lOuest (CEDEAO) ECOWAS EXECUTIVE SECRETARIAT 60, Yakubu Gowon Crescent, Asokoro District Abuja, Nigeria Tel: (234)-09-2347647 Tel/Fax : (234)-09-2343005, 2347644 Site Internet: http://www.ecowas.int/ Fonds de la CEDEAO: BP 2704 Lomé – Togo Tél : (228) 21 68 64 Fax : (228) 21 86 84CREATION :La CEDEAO a été créée à Lagos (Nigeria) le 28 mai 1975 par un traité signé par 15pays rejoints par le Cap vert en 1977.OBJECTIFS ET MISSIONS DE LA CEDEAO:Regroupant tous les pays de lAfrique de lOuest (les 8 pays ouest-africains de laZone franc CFA + Cap Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Nigeria, SierraLeone), la CEDEAO (ECOWAS en anglais) a pour missions de promouvoir lacoopération et le développement dans tous les domaines de lactivité économique,dabolir, à cette fin, les restrictions au commerce, supprimer les obstacles à la librecirculation des personnes, des services et des biens, lharmonisation des politiquessectorielles régionales.
  • 78. 78Lobjectif majeur reste la constitution dun vaste marché commun ouest-africain et lacréation dune union monétaire pour lan 2004.Ladoption dune monnaie commune de la CEDEAO en 2004 ne pourra se réaliserquaprès ladoption dune monnaie commune (lEco) aux pays de la ZMAO (Guinée,Gambie, Ghana, Nigeria et Sierra Léone) en 2003 et la fusion de lEco avec le FrancCFA.Force est de constater que les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur desambitions, pour de nombreuses et complexes raisons. Les pays ouest-africains de laZone Franc sont membres de la CEDEAO mais leur action dintégration se dérouleau sein de lUEMOA.La CEDEAO dispose dun Fonds de Coopération et de Développement (EcowasFund) destiné au financement de projets dans les pays membres les plus démunis. CeFonds de coopération, de compensation et de développement de la CEDEAO"deviendra, avant le 30 juin 2002, la "Banque dinvestissement et de développementde la CEDEAO" (BIDC), holding dotée de deux filiales: 1. la Banque régionale dinvestissement (BRIC) et 2. le Fonds régional de développement (FRDC).A ces objectifs économiques et commerciaux, la CEDEAO sest adjoint unedimension politique et militaire en se dotant dune force militaire dinterposition,lECOMOG créé en avril 1990 pour mettre fin au conflit du Liberia.ORGANISATION :Les institutions de la CEDEAO sont les suivantes:- la Conférence des Chefs dEtat et de Gouvernement- le Conseil des Ministres- le Secrétariat Exécutif dirigé par un Secrétaire exécutif (M. Mohamed Ibn Chambasdepuis Décembre 2001)
  • 79. 79- le Tribunal de la Communauté- les Commissions techniques et spécialisées (douanes, industrie, transports, affairessociales, ...)CONTACTS :Secrétaire exécutif de la CEDEAO : Mohamed Ibn ChambasDirecteur du Fonds de la CEDEAO : Samuel Kye APEASecrétaire général du Fonds de la CEDEAO : Antonio Pedro M. LIMA Par l’Auteur
  • 80. 80ANNEXE 3 : CARTE DU LIBERIA Source : www.populationdata.net/
  • 81. 81 ANNEXE 4 : CHRONOLOGIE DE LA GUERRE DU LIBERIA7 mai 1990 Samuel K. Doe se rend en visite officielle de crise à Lagos au Nigéria.30 mai 1990 (…) se tient à Banjul en Gambie, le sommet des Chefs d’Etat et deGouvernement de la CEDEAO qui met en place un Comité permanent de médiation.4 juin 1990 des navires américains sont arrivés au large des côtes libériennes; il s’ytrouverait environ 2000 marines. Une cinquantaine de marines sont déployés àMonrovia.5 juillet 1990 le gouvernement et le NPFL négocient un cessez-le-feu que C. Taylorrejette définitivement une semaine plus tard. La CEDEAO entame alors une nouvellemédiation qui va échouer devant la volonté de C. Taylor de gagner la guerre pour nepas avoir à partager le pouvoir.5 août 1990 des marines (225) sont déployés dans Monrovia pour l’évacuation desOccidentaux. Dans le même temps, les rebelles de Prince Johnson du INPFL,prennent en otages, certains étrangers pour faire pression sur les puissancesétrangères afin qu’une force internationale soit envoyée.7 août 1990 le nouveau Comité permanent de médiation tient sa première réunion àBanjul en Gambie : il est décidé l’envoi d’une force d’interposition dénomméeECOMOG (ECOWAS Monitoring Group)9 août 1990 l’ambassade nigériane à Monrovia est attaquée par les rebelles.24 août 1990 les troupes de l’ECOMOG débarquent dans la capitale libérienne,Monrovia. Aussitôt elles subissent des attaques des freedom fighters du NPFL.
  • 82. 8227 août 1990 sous l’égide de la CEDEAO, se tient une conférence de tous lesLibériens, à Banjul. Il est créé un gouvernement intérimaire à la tête duquel leprofesseur Amos Sawyer est élu. Mais C. Taylor ne reconnaît pas ce gouvernement.9 septembre 1990 Samuel Kanyon Doe est pris dans une embuscade alors qu’il serendait au quartier général de l’ECOMOG pour des négociations. Arrêté par lestroupes de Prince Johnson, il est conduit devant celui-ci, torturé puis tué de façonatroce.20 septembre 1990 un Général nigérian prend en main le commandement del’ECOMOG.10 octobre 1990 l’ECOMOG lance une vaste offensive qui lui permet d’avoirl’entier contrôle sur Monrovia.7 novembre 1990 le petit port de Monrovia est rouvert. Dans la zone sous contrôlede l’ECOMOG, tout semble revenir à la normale : toute la population afflue alorsvers Monrovia.27 novembre 1990 lors des négociations de Bamako, C. Taylor signe enfin par lui-même, un accord de cessez-le-feu avec les autres parties. L’ECOMOG devras’occuper du processus de désarmement.20 décembre 1990 Sommet de Banjul : un accord intervient entre les factions surl’organisation d’une conférence nationale libérienne dans un délai de soixante jours.10 janvier 1991 l’évacuation des Occidentaux prend fin après sept mois defonctionnement du dispositif américain de rapatriement.13 février 1991 Accords de Lomé : ils prévoient un cessez-le-feu, le désarmementétant reporté. La tenue d’une nouvelle conférence nationale sur le Libéria est prévue,qui aura pour mission de mettre en place un nouveau gouvernement intérimaire.
  • 83. 8316 mars 1991 cette nouvelle conférence nationale sur le Libéria a lieu à Monrovia.Mais elle s’empêtre dans des questions de procédure avant de finir par réélire AmosSawyer pour former un nouveau gouvernement.30 juin 1991 un sommet restreint à certains Etats de la CEDEAO, se tient àYamoussoukro à l’initiative de Houphouët-Boigny qui dans la déclaration finale,annonce une réconciliation entre Amos Sawyer et Charles Taylor.6 août 1991 Prince Johnson qui est membre du gouvernement intérimaire, procède àl’exécution de certains des membres de son mouvement, accusés d’espionnage enfaveur du NPFL. Il annonce son retrait du gouvernement intérimaire auquel ilreproche une mauvaise gestion économique.20 août 1991 C. Taylor refuse que ses troupes rendent les armes alors la Côted’Ivoire propose que l’ECOMOG soit remplacé par une force internationale souscouvert des Nations Unies.16 septembre 1991 Yamoussoukro III où un accord entre les parties prévoit lecantonnement et le désarmement des factions de même qu’un élargissement del’ECOMOG.29 octobre 1991 Yamoussoukro IV : est réaffirmé un principe double decantonnement et de désarmement avec un délai de soixante jours à compter du 15novembre. Le NPFL accepte de rouvrir ses routes, les autres factions en font demême : l’ECOMOG devra assurer le contrôle sur ces infrastructures.6 avril 1992 Conférence de Genève qui réaffirme les accords de Yamoussoukro IV.Mais l’ULIMO rejette ces accords.9 mai 1992 l’ECOMOG commence à se déployer sur les terres intérieures.
  • 84. 8428 mai 1992 des casques blancs sénégalais sont tués à Vahun par des hommes duNPFL.15 octobre 1992 déclenchement de la vaste offensive contre l’ECOMOG àMonrovia : c’est l’opération Octopus du NPFL.7 novembre 1992 Sommet de la CEDEAO à Abuja : les Chefs d’Etat et deGouvernement adoptent une ligne dure contre la rébellion NPFL. Désormais ilsveulent donner à l’ECOMOG, les moyens de se défendre adéquatement.19 décembre 1992 un représentant spécial des Nations Unies est nommé.26 mars 1993 la résolution 813 fait appel au respect de l’embargo sur les armes àdestination du Libéria.17 juillet 1993 un accord de paix est conclu à Genève, qui prévoit un cessez-le-feupour le 31 prochain.25 juillet 1993 l’accord de Genève est signé à Cotonou : les cinq membres duConseil d’Etat, organe exécutif de transition, ont été désignés.22 septembre 1993 le Conseil de Sécurité des Nations Unies crée la Missiond’Observation des Nations Unies au Libéria (MONUL). La résolution 866 adoptée àl’unanimité lui fixe un rôle d’assistance et de contrôle de l’ECOMOG, pendant unedurée de sept mois.6 novembre 1993 les négociations sur la composition du gouvernement de transitionéchouent.4 juillet 1994 des observateurs des Nations Unies sont pris en otages.
  • 85. 857 septembre 1994 un nouveau sommet devrait être organisé par le président enexercice de la CEDEAO, Jerry Rawlings, sur le lac Volta au nord d’Accra au Ghana :il est retardé de vingt-quatre heures alors que les élections prévues par les accords deCotonou sont reportées sine die.8 septembre 1994 de nouveau des observateurs des Nations Unies sont pris en otagepar les troupes du NPFL. Parmi les otages il y a aussi des membres d’organisationshumanitaires.17 septembre 1994 des officiers dissidents de l’AFL organisent un putsch quiéchoue : les casques blancs rétablissent très rapidement l’ordre et arrêtent lesputschistes.21 décembre 1994 les accords d’Akossombo sont signés et prévoient un nouveauConseil d’Etat de sept membres.15 août 1995 à Abuja au Nigéria, se réunit le sommet de la CEDEAO pour le Libéria: à côté des chefs d’Etat se trouvaient des représentants des factions. Mais ils n’ontadopté que des recommandations ; de plus les chefs d’Etat du Togo, de la Côted’Ivoire, du Mali et de la Sierra-Leone sont partis avant la fin des négociations. Uncessez-le-feu est adopté et de nouvelles institutions transitoires prévues.2 septembre 1995 la présidence collégiale qui comprend les principaux chefs defaction, s’installe à Monrovia. Trois jours après, un nouveau gouvernement detransition est formé.14 décembre 1995 l’ECOMOG commence à se déployer à l’intérieur des terresautrefois sous le contrôle de différentes factions. PAR L’AUTEUR
  • 86. 86ANNEXE 5 : LISTE DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX EN AFRIQUE DEPUIS 1990 PAYS/MISSION DATE RESPONSABILITE AFRIQUE DU SUD MONUAS (Mission des Nations sept. 1992-mai ONU unies en Afrique du Sud) 1994COMSA (Commonwealth Observer oct. 1992-mai Commonwealth mission in South Africa) 1993COGSA (Commonwealth Obsever avril 1994-mai Commonwealth Group in South Africa) 1994ECOMSA (European Community oct. 1992-mai CEEObserver Mission in South Africa) 1994 EUNELSA (European Union mars 1994-mai Union européenne Election Unit in South Africa) 1994 nov. 1992-mai OUA (Organisation deObserver Mission in South Africa 1994 lunité africaine) ANGOLA MONUA (Mission des Nations juillet 1997-août ONU unies en Angola) 98 UNAVEM I (Mission de janv. 1989-juin vérification des Nations unies en ONU 1991 Angola) juin 1991-fév. UNAVEM II ONU 1995 fév. 1995-juin UNAVEM III ONU 1997 BANDE AOUZOU GONUBA mai 1994-juin ONU
  • 87. 87(Groupe dobservateurs des Nations 1994 unies dans la bande dAouzou) BURUNDI MIOB (Mission dobservation au nov. 93-juil. 96 OUA Burundi) COMORESOMIC (Mission dobservation aux août 1997-nov. OUA Comores) 1997 CONGO (REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU) MONUC (Mission des Nations juillet 1999- enunies en République démocratique ONU cours du Congo) COTE DIVOIRE mai 2003-avril MINUCI (Mission des Nations 2004 unies en Côte dIvoire) ONU ONUCI (Opération des Nations avril 2004-en unies en Côte dIvoire) cours ERYTHREE ET ETHIOPIE MINUEE (Mission des Nations juillet 2000- en ONU unies en Ethiopie et en Erythrée) cours GUINEE-BISSAUECOMOG (1998-1999) Groupe de déc. 1998-1999 ECOWAS (CEDEAO) surveillance du cessez-le-feu LESOTHO SADC (Communauté de Operation Boleas 1998-1999 développement dAfrique australe)
  • 88. 88 LIBERIA août 1990-août ECOMOG I ECOWAS 1997 ECOMOG II août 1997- ECOWAS sept. 1993-sept. MONUL ONU 1997 Joint Ceasefire Monitoring août 93-oct. 93 OUA CommitteeMINUL (Mission des Nations unies sept. 2003-en ONU au Liberia) cours MOZAMBIQUEONUMOZ (Opération de lONU au déc. 1992-déc. ONU Mozambique) 1994 NAMIBIE GANUPT (Groupe dassistance de avril 1989-mars ONU lONU pour la transition) 1990 REPUBLIQUE CENTRAFRICAINEMISAB (Mission inter-africaine de fév. 1997-avril Accords de Banguisurveillance des Accords de Bangui) 1998 MINURCA (Mission des Nations avril 1998-en ONUunies en République centrafricaine) cours OUGANDA/RWANDA MONUOR juin 1993-sept.(Mission dobservation de lONU an ONU 1994 Ouganda et au Rwanda)) RWANDA GOMN (Groupe dobservation août 1993-oct. OUA militaire neutre) 1993 MINUAR I et II (Mission des oct. 1993-mars ONU
  • 89. 89 Nations unies pour lassistance au 1996 Rwanda) SAHARA OCCIDENTALMINURSO (Mission de lONU pour sept. 1991-en lorganisation dun référendum au ONU cours Sahara occidental) SOMALIEONUSOM I (Opération des Nations avril 1992-mars ONU unies en Somalie) 1993 mars 1993-mars ONUSOM II ONU 1995 SIERRA LEONE ECOMOG I ECOWAS ECOMOG II juin 1997- ECOWAS UN military liaison and security mai 1998-juillet ONU advisory personnel 1998MONUSIL (Mission dobservation juillet 1998-oct. ONUdes Nations unies au Sierra Leone) 1999 MINUSIL (Mission des Nations oct. 1999-en cours ONU unies en Sierra Leone) ZAÏREContingent zaïrois pour la sécurité jan. 1995-déc. HCR (Haut Commissariat des camps 1996 aux réfugiés) nov. 1996-déc. MNF (Multinational Force) ONU 1996 SOURCE : LA DOCUMENTATION FRANÇAISE
  • 90. 90BIBLIOGRAPHIE
  • 91. 91OUVRAGES ABOAGYE Festus (Editor), “Ecomog: A Sub-regional Experience in Conglict Resolution, Management and Peacekeeping in Liberia”, Sedco Publishing &Paperback, London, 2001. ADEBAJO Adekeye, “Liberia’s Civil War: Nigeria, Ecomog and Regional Security in West Africa” Hardcover, New York, 2002. BARRY Amadou Bano, “Les violences collectives en Afrique : le cas guinéen”, L’Harmattan, Paris, 2000. BARRY Mamadou Aliou, “La prévention des conflits en Afrique de l’Ouest”, Karthala, Paris, 1997. BELAOUANE-GHERARI Sylvie et GHERARI Habib, “Les organisations régionales africaines”, La Documentation Française, Paris, 1988. BRILL Funmi Olonisakin, “Reinventing Peacekeeping in Africa: Conceptual and Legal Issues in ECOMOG Operations”, Hardcover, New York, 2000. CLAPHAM Christopher, “African Guerillas”, James Currey Ltd, Oxford (Grande Bretagne), 1998. FRANCART Loup et PATRY Jean-Jacques, “Maîtriser la violence”, Paris, Economica, 2002. FRANCIS A., DAVID J., “The Politics of Economic Regionalism. Sierra Leone in Ecowas”, Aldershot, Ashgate, 2001.
  • 92. 92GLELE-AHANHANZO M., “Introduction à l’OUA et auxorganisations régionales africaines”, Paris, LGDJ, 1986.GONIDEC Pierre-François, “Relations internationales africaines”,LGDJ, Paris, 1996.“Les organisations internationales et les conflits armés”, dir.BENCHIKH Madjid, Harmattan, Paris, 2002.MAGYAR Karl P. et CONTEH-MORGAN Earl, “Peacekeeping inAfrica: ECOMOG in Liberia”, St Martin’s Press Inc., New York,1998.LAGRANGE E., “Les opérations de maintien de la paix et lechapitre VII de la charte des Nation-Unies”, Paris, LGDJ /Montchrestien, 1999.LIEGEOIS Michel, “Maintien de la paix et diplomatie coercitive :Lorganisation des Nations Unies à lépreuve des conflits de laprès-guerre froide”, Bruxelles, Bruylant, 2003.MAGYAR Karl P., CONTEH-MORGAN Earl et MACMILLANPalgrave, “Peacekeeping in Africa: ECOMOG in Liberia”,Hardcover, New York, 1998.NASS Major I. A., “A study in internal conflicts: the Liberian crisisand the West African Peace initiative”, Fourth Dimension PublishingCo. Ltd., Enugu (Nigeria), 2000.“Pouvoir et Paix civile en Afrique”, Les Cahiers Présence Africaine,Présence Africaine, Paris-Dakar, 1996.
  • 93. 93ARTICLES DE PRESSE CHATAIGNER Jean-Marc, “Le Conseil de Sécurité de l’ONU et la Sierra Léone : d’une crise à l’autre (mai 1997 – mai 2000)”, AFRIQUE CONTEMPORAINE n° 198, avril-juin 2001, p. 29-50. DJEDJRO F. Meledje, “L’OUA et le règlement des conflits”, AFRIQUE CONTEMPORAINE n° 180, octobre-décembre 1996, p. 209- 216. DOLLOT L., “Le Libéria : de "l’amour de la liberté" à la guerre civile”, AFRIQUE CONTEMPORAINE, n°155, 3ème trimestre 1990, p. 63-67. ELA Paul Ango, “La coopération militaire franco-africaine et la nouvelle donne des conflits en Afrique”, RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATEGIQUES n° 23, automne 1996, p. 178- 186. ELLIS Stephen, “Les guerres en Afrique de l’Ouest : le poids de l’histoire”, AFRIQUE CONTEMPORAINE n° 198, avril-juin 2001, p. 51- 56. GALY M., “Libéria, une guerre oubliée”, LE MONDE DIPLOMATIQUE, (à l’adresse http://www.ina.fr/CP/MondeDiplo/1994/09/GALY/727.html) MARTINS Miguel, “Le conflit en Guinée Bissau : chronologie d’une catastrophe”, AFRIQUE POLITIQUE, 1999, p. 213-218.
  • 94. 94MCCALLIE Marshall, “LACRI : un engagement positif des États-Unis en Afrique”, REVUE ELECTRONIQUE DE LUSIA, volume 3,numéro 2, avril 1998.NICOLAS G., “Le Nigéria : nouvelle puissance régionale africaine?”, AFRIQUE CONTEMPORAINE n°157, 1er trimestre 1991, p. 3-22.PASCAL Valérie, “Les opérations de maintien de la paix des Nationsunies en Afrique”, RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATEGIQUES n°23, automne 1996, p. 169-176.PASCAL Valérie, “Les Nations et la sécurité en Afrique : jusqu’oùira le désengagement ?”, RELATIONS INTERNATIONALES ETSTRATEGIQUES n° 33, printemps 1999, p. 168-175.PERROT Claude-Hélène, “Choses vues en Côte d’ivoire (15-22décembre 1999)”, AFRIQUE CONTEMPORAINE n° 193, janvier-mars2000, p. 24-26.PRKIC François et JOANNIDIS Marie, “Gestion régionale desconflits : l’Afrique de l’Ouest montre la voie”, RELATIONSINTERNATIONALES ET STRATEGIQUES n° 33, printemps 1999, p. 176-182.QUILES Paul, “La France et la sécurité de l’Afrique”, RELATIONSINTERNATIONALES ET STRATEGIQUES n° 33, printemps 1999, p. 218-221.WEISSMAN Fabrice, “Libéria : derrière le chaos, crises etinterventions internationales”, RELATIONS INTERNATIONALES ETSTRATEGIQUES n° 23, automne 1996, p. 82-99.
  • 95. 95DOCUMENTS OFFICIELS ET RAPPORTS S/RES/1059, 19960531, 31 mai 1996 (Résolution des Nations Unies). S/RES/1041, 19960129, 29 janvier 1996 (Résolution des Nations Unies). Décision A/DEC.4/12/00 portant création d’une Force de surveillants armés de l’ECOMOG le long de la frontière Guinée – Libéria (CDEAO). COMFORT Ero, “ECOMOG: A model for Africa?”, Centre for Defence Studies, Kings College, London. (http://www.iss.co.za/Pubs/Monographs/No46/Ecomog.html INSTITUT AFRICAIN-CEDAF, “Démocratie, enjeux fonciers et pratiques locales en Afrique : Conflits, gouvernance et turbulences en Afrique de louest et centrale : actes du séminaire de Louvain-la- Neuve (2 au 12 mai 1995) (Afrika studies)”, London, Paperback, 1996. Rapport de 1993 de Human Rights Watch sur le Libéria. (Rapport accessible à la page Internet : http://www.hrw.org/reports/1993/liberia/)MEMOIRE Mémoire sur le Libéria de ROLAND JEAN-BAPTISTE ADJOVI, Université Paris XIII Villetaneuse (UFR Sciences Juridiques, Politiques et Economiques), pour l’obtention d’une Maîtrise de Droit
  • 96. 96 Public - option International et Communautaire – (voir page Internet : http://roland.adjovi.free.fr/liberia.htm)SITES WEB http://www.iss.co.za/ (site de l’Institut d’Etudes de Sécurité africaine en Afrique du sud) http://www.hrw.org/ (site officiel du HCR) http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/ (site de la documentation française) http://www.un.int/france/ (site de la Mission Permanente de la France auprès des Nations unies) http://usinfo.state.gov/ (site du ministère des affaires étrangères des Etats-Unis) http://www.monde-diplomatique.fr/ (site du mensuel français Le Monde diplomatique) http://www.lemonde.fr/ (site du quotidien français Le Monde) http://www.ecowas-fund.org/html/fr/present.htm (site officiel de la CEDEAO) http://www.diplomatie.gouv.fr/ (site du ministère des affaires étrangères de la France) http://www.iqhei.ulaval.ca/ (site de l’Institut québécois des Hautes Etudes Internationales)
  • 97. 97http://www.theperspective.org/ (site du Liberian Democratic Futureou LDF)http://www.un.org/french/ (site des Nations unies en français)http://www.africa-union.org/ (site de l’Union Africaine)http://www.ridi.org/ (site du Réseau Internet pour le DroitInternational ou (RIDI)www.populationdata.net/ (site d’information cartes et statistiques surles populations et les pays du monde)
  • 98. 98TABLE DES MATIERES
  • 99. 99INTRODUCTION ………………………………..……………...……………..... 2PREMIERE PARTIE : DU PNA A L’ECOMOG : UNE VOLONTE MANIFESTE DE METTRE EN PLACE UN ESPACE DE PAIX ET DE SECURITE …….…………….………… 6 CHAPITRE 1 : LA CEDEAO ET SES PROTOCOLES DE DEFENSE …………………………………………..……. 7 SECTION 1 : PRESENTATION DE LA CEDEAO ……..……...…..…….. 7 PARAGRAPHE 1 : NAISSANCE ET OBJECTIFS DE LA CEDEAO ... 7 PARAGRAPHE 2 : LES STRUCTURES DE L’ORGANISATION ……... 9 SECTION 2 : LES PROTOCOLES DE DEFENSE CONCLUS AU SEIN DE LA CEDEAO …………..………………………..… 11 PARAGRAPHE 1 : LE PROTOCOLE DE NON AGRESSION (PNA) . 11 PARAGRAPHE 2 : LE PROTOCOLE D’ASSISTANCE MUTUELLE EN MATIERE DE DEFENSE (PAMD) …………………….....… 14 CHAPITRE 2 : LA MISE EN PLACE DE L’ECOMOG …………………….....… 17 SECTION 1 : LA GUERRE CIVILE DU LIBERIA ……………………..… 17 PARAGRAPHE 1 : LES FACTEURS INTERNES DU CONFLIT ….…. 17 PARAGRAPHE 2 : LES ACTEURS DU CONFLIT …….……..……. 19 A. LES ACTEURS INTERNES ……..………..…..……… 19
  • 100. 100 B. LES ACTEURS EXTERNES DU CONFLIT …...……….. 21 1) LES ETATS-UNIS : POUR SES INTERETS ET LA LIBYE ………………….…..………. 22 2) LIBYE ET NIGERIA : POUR L’HEGEMONIE …. 23 3) LA FRANCE ET LES PAYS FRANCOPHONES DE LA SOUS-REGION : POUR LES INTERETS, LA FAMILLE ET LA FRANCOPHONIE …....... 24 SECTION 2 : LA NAISSANCE DE L’ECOMOG ………….…………….. 26DEUXIEME PARTIE : DE L’ECOMOG AU MECANISME DE 1999 : VERS LA MISE EN PLACE DE L’ESPACE DE PAIX ET DE SECURITE OUEST -AFRICAIN …...........… 29 CHAPITRE 1 : DES MISSIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ECOMOG ....… 30 SECTION 1 : DES INTERPOSITIONS AUX RESULTATS MITIGES ………. 30 PARAGRAPHE 1 : LES ERREURS DE L’ECOMOG AU LIBERIA …. 30 A. LES LIENS DE L’ECOMOG AVEC CERTAINES FACTIONS REBELLES ………………………..……. 31 B. LES OPERATIONS AERIENNES ET LEURS DEGATS … 32 PARAGRAPHE 2 : L’INTERVENTION DE L’ECOMOG EN SIERRA LEONE ET LE PHENOMENE DES SMP (SOCIETES MILITAIRES PRIVEES)…………. 35 A. LA REINSTALLATION DU PRESIDENT KABBAH AU POUVOIR ………………………….…...…….. 35 B. LES SMP DANS LE CONFLIT SIERRA LEONAIS ….…. 37 PARAGRAPHE 3 : DES INTERVENTIONS DE L’ECOMOG EN GUINEE BISSAU ET EN COTE D’IVOIRE .....… 38 A. EN GUINEE BISSAU : L’ECOMOG « TEMOIN D’UN PUTSCH » ……………...………………...…. 39
  • 101. 101 B. L’ECOMOG EN COTE D’IVOIRE : UNE MODESTE PARTICIPATION …………...……………………….… 40 SECTION 2: LES ENSEIGNEMENTS DES INTERVENTIONS DE L’ECOMOG ……………………………………...….. 41 PARAGRAPHE 1. LES SUCCES DE LA FORCE ……………..…… 42 PARAGRAPHE 2. LES CAUSES DES « ECHECS » DE LA FORCE .... 44 CHAPITRE 2 : DU MECANISME DE GESTION DES CONFLITS DE LA CEDEAO ET DE LA NECESSITE DU SOUTIEN INTERNATIONAL POUR LE RENFORCEMENT DES CAPACITES AFRICAINES DE MAINTIEN DE LA PAIX .………………..…..…….. 47 SECTION 1 : PRESENTATION DU MECANISME ………..…………..… 47 PARAGRAPHE 1. SA MISE EN PLACE… …………………….… 47 PARAGRAPHE 2. …ET SA STRUCTURE ………….……………. 49 SECTION 2 : DE LA NECESSITE DU SOUTIEN INTERNATIONAL POUR LE RENFORCEMENT DES CAPACITES AFRICAINES DE MAINTIEN DE LA PAIX …………………………..…. 53CONCLUSION ………………………………………..…………………...…… 60ANNEXES ……………….……………………………………..….……………. 65ANNEXE 1 : CARTE ET FICHES D’IDENTITE DES PAYS DE LA CEDEAO ………...… 66ANNEXE 2 : FICHE DIDENTITE DE LA CEDEAO …………………………….……. 77ANNEXE 3 : CARTE DU LIBERIA ………………………………………………….. 80
  • 102. 102ANNEXE 4 : CHRONOLOGIE DE LA GUERRE DU LIBERIA ………….………………. 81ANNEXE 5 : LISTE DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX EN AFRIQUE DEPUIS 1990 ….……………………………………...……. 86BIBLIOGRAPHIE ………………………………..…………………….…….... 90

×