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histoire de la photo de presse

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petite histoire de la photo de presse

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  • 1. La révolution numériquePierre FernandezD’une révolution à l’autreLa problématique de la transmission de données est au cœur du métier du reporter pho-tographe au sein d’une agence mondiale d’information.L’Agence France-Presse est l’héritière de l’agence Havas, fondée par Charles-Louis Havasen 1835. Havas crée la première ligne aérienne Paris/Boulogne-sur-Mer… de pigeonsvoyageurs (durée du vol 4 heures), tandis que les services officiels transmettent leurs in-formations par des coursiers à cheval (durée 14 heures). Havas prend une deuxième lon-gueur d’avance avec l’utilisation du télégraphe électrique. Mis au point par Samuel Morse,ce procédé est institué par décret en 1845 et le ministère de l’Intérieur donne aussitôt àHavas l’autorisation d’être branchée. Ses concurrents n’en disposeront que cinq ans plustard.Un cylindre qui a traversé le siècleLe début du XXe siècle voit la naissance, en 1907, d’un cylindre appelé bélinographe, dunom de son inventeur, Édouard Belin, qui imagine un système capable d’envoyer des pho-tographies à distance via des réseaux téléphoniques et télégraphiques, et plus tard parondes radio. Dès 1914, une photo de reportage est transmise en bélinogramme.Aussi étonnant que cela puisse paraître, la photo de presse utilisera ce procédé jusqu’à lafin des années 80.Mais la révolution numérique est programmée depuis le milieu des années 1980. Lesjournalistes de l’AFP commencèrent à utiliser le premier ordinateur de traitement d’ima-ges noir et blanc, baptisé « chambre noire électronique », lors de la Coupe du monde defootball à Mexico, en 1986. Il permettait juste de rédiger une légende et de corriger lecontraste et la luminosité de l’image.Un signal audio reproduit l’imageEn 1985, l’AFP se dote d’un service photographique international. Jusque-là, son servicephoto existait en France avec un fonds d’archives remontant aux années 30. Même si sesphotographes partaient souvent en tant qu’envoyés spéciaux pour couvrir les principauxévénements à l’étranger.Le département était alors équipé d’un imposant pupitre doté d’entrées-sorties audio etd’une batterie de magnétophones qui servaient à enregistrer le signal des images trans-mises par les bélinographes. Il fallait de 7 à 15 minutes pour émettre une image. Troisfois plus s’il s’agissait d’une photo couleur découpée en 3 volets (jaune, magenta etcyan). Une forme de sandwich qui, reconstitué à l’arrivée, formait une photographie cou-leur.1/3 Lire la photo avec l’Agence France-Presse © CRDP de l’académie de Versailles – 2008
  • 2. La révolution numériquePierre FernandezTravaux d’HerculeJusqu’à la fin des années 80, le «  trousseau  » du reporter photographe comprenait pasmoins de 100 kg de matériel (agrandisseur portable, machine à écrire, produits chimi-ques, films et papier, bâches opaques pour faire le noir dans la chambre d’hôtel, canniba-lisée pour devenir un laboratoire de fortune).Je vous parle d’un temps où nous passions la nuit entière à espérer transmettre uneimage. Quand enfin l’opératrice était en ligne, tout semblait résolu. Si ce n’est qu’elleraccrochait parfois, faute d’entendre une conversation sur la ligne.C’est aussi dans cette longue attente que l’effort de synthèse se construisait : il fallaitchoisir l’image qui saurait le mieux résumer l’événement.Du chameau à l’avionC’est au pied d’un avion, lors d’une étape du Paris-Dakar, que nous testons le premierordinateur de transmission d’images. La guerre du Golfe de 1991 amorce le virage numé-rique. Les reporters photographes sont enfin équipés d’un ordinateur de transmissiond’images baptisé Dixel (développé par l’AFP et le fabriquant suédois d’appareils photo-graphiques Hasselblad) qui va leur permettre d’être autonomes sur le terrain, en l’occur-rence en plein désert. Un groupe électrogène et une antenne satellitaire permettent desatisfaire aux transmissions (certes à faible débit) et surtout, offrent la possibilité de dif-fuser leur production en temps réel.Vers le temps réelNous sommes aujourd’hui en dessous de la minute pour la réception d’une image cou-leur. Il ne faut désormais que 4 minutes à la photo de la finale du 100 mètres des JeuxOlympiques pour être prise, légendée et acheminée vers tous les médias du monde en-tier.Depuis l’an 2000, l’AFP produit pas moins de 2  00 à 3  00 images par jour. Une journée 0 0de couverture des Jeux Olympiques peut varier de 500 à 1  00 images/jour. 0Ce volume de photographies était impensable lors de la création du Service internationalPhoto en 1985. Notre objectif alors était de transmettre le meilleur de la production, soit25 photos par jour.2/3 Lire la photo avec l’Agence France-Presse © CRDP de l’académie de Versailles – 2008
  • 3. La révolution numériquePierre FernandezCouverture du but par butLe procédé numérique est testé en 1994, à l’occasion de la Coupe du monde de footballaux USA. L’idée était de gagner de précieuses minutes en sautant l’étape du développe-ment du film, pour transmettre les premières images des rencontres qui débutaient par-fois à 21 h 00, heure de Paris. Les photographes de l’Agence vont à nouveau utiliser lenumérique, à l’aide de boîtiers plus performants, pour sillonner les États-Unis lors del’élection présidentielle de 1996.Ce qui avait pour intérêt majeur de ne plus mobiliser des équipes à chaque étape pourdévelopper et transmettre.Il ne faut pas oublier les progrès simultanés réalisés dans la miniaturisation des équipe-ments technologiques. L’ordinateur portable, le téléphone mobile, voire l’antenne satelli-taire, ne pèsent plus que quelques kilos, comparés aux 35 kg de lantenne utilisée lors dela guerre du Golfe en 1991 et de la première guerre de Tchétchénie en 1995. Les nou-veaux équipements permettent enfin au photographe de stocker, traiter et transmettre saproduction de façon autonome. Désormais, nul besoin de trouver un point d’eau oud’électricité pour communiquer ses données.1998 marque un tournant décisif : tous les photographes de l’Agence sont dotés d’appa-reils numériques.La compétition sportive est intégralement couverte en numérique. On découvre enfin lerécit complet des rencontres et des réactions du public. Les rédacteurs en chef des servi-ces photos se surprennent même à nous demander des images qu’ils ont vues à la télévi-sion. Cette instantanéité de la demande correspond à la réactivité de la couverture.Témoigner à tout momentLa principale avancée du numérique réside dans le fait de pouvoir photographier sans li-mite, sans contrainte et transmettre en temps réel. Un reportage est transmis à 14 h 00. Ilpermet d’alimenter les médias asiatiques qui sont sur le point de boucler leurs éditions,tandis que l’Europe et le Proche-Orient se donnent le temps de recevoir d’autres imagesde l’événement avant publication.L’expérience récente de l’entrée des forces américano-britanniques en Irak permet d’équi-librer la couverture de l’actualité avec des images transmises par des photographes im-mergés dans les unités américaines, par d’autres au contact des forces irakiennes à Bag-dad, et des binômes (rédacteurs/photographes) déployés de façon unilatérale sur le théâ-tre d’opération. Pareilles transmissions en provenance de différentes sources auraient étéinimaginables il y a encore une dizaine d’années.3/3 Lire la photo avec l’Agence France-Presse © CRDP de l’académie de Versailles – 2008

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