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Memoire virtuelle

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Mémoire virtuelle : continuum et déliaison …

Mémoire virtuelle : continuum et déliaison
conférence de Louise Merzeau
colloque "Retour au virtuel : vie et cultures numériques"
Cnam février 2012

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  • De quelle sorte de virtualité relève l'espace informationnel ? Sorte de 4e dimension qui se greffe sur les contenus, les individus, les échanges, les comportements «Ce que personne n ’ avait imaginé c ’ est que le temps allait occuper la place laissée vacante par l ’ espace […] Être en ligne c ’ est être en mouvement, tiré par le temps, happé par l ’ instant futur» (Emmanuel Cauvin) Comme Cauvin je pense que notre appréhension de l ’ espace virtuel est aujourd ’ hui happée par la question du temps. Mais, contrairement à lui, je pense que la spécificité du virtuel réside moins dans une pression du temps réel, que dans celle, plus inédite encore, d'une forme inédite de mémoire. C ’ est du moins l ’ hypothèse que je développerai, en montrant comme la traçabilité numérique sature et organise l ’ espace virtuel, dans une tension entre continuum et deliaison
  • De quelle sorte de virtualité relève l'espace informationnel ? Sorte de 4e dimension qui se greffe sur les contenus, les individus, les échanges, les comportements «Ce que personne n ’ avait imaginé c ’ est que le temps allait occuper la place laissée vacante par l ’ espace […] Être en ligne c ’ est être en mouvement, tiré par le temps, happé par l ’ instant futur» (Emmanuel Cauvin) Comme Cauvin je pense que notre appréhension de l ’ espace virtuel est aujourd ’ hui happée par la question du temps. Mais,contrairement à lui, je pense que la spécificité du virtuel réside moins dans une pression du temps réel, que dans celle, plus inédite encore, de la mémoire. C ’ est du moins l ’ hypothèse que je développerai, en montrant comme la traçabilité numérique sature et organise l ’ espace virtuel. Ce dans quoi nous naviguons, ce qui fait carrefour, passerelle ou frontière des corpus et des communautés, ce sont nos traces. En environnement numérique, les traces virtualisent nos postures, nos déclarations, nos productions comme nos relations, en même temps qu ’ elles actualisent ce que les mémoires analogiques maintenaient dans le hors-là d ’ un temps révolu. J ’ essaierai donc de montrer comment cette mémoire de traces (et non plus de récits) est navigable, activable, calculable Comment elle n ’ est pas cette mémoire vive dont rêvait Pierre Lévy sous les traits d ’ une intelligence collective cumulative et coordonnée. Mais aussi comment elle pourrait peut-être le devenir…
  • Double sceau - contradictoire - du continuum et de la déliaison // différentes modalités d ’ hybridation, qui semble la propriété majeure du virtuel en tant qu ’ il est aujourd ’ hui actualisé dans notre quotidien.
  • espace à double-fond couches informationnelles imbriquées enchevêtrement des couches
  • L ’ activité informationnelle entraîne un développement sans précédent des mémoires externes. la mémoire est désormais un composant essentiel présent dans la plupart de nos artefacts, des automobiles aux ordinateurs, en passant par les téléphones, les consoles de jeux, les caméras, les GPS, les systèmes de sécurité, les automates, les armes, etc. on pouvait jusque récemment distinguer deux classes d ’ objets techniques : - mémoires externes « qui pro-gramment la reformulation », dédiées à l ’ enregistrement des informations - outils et instruments « qui pro-gramment le geste » , destinés à prolonger une faculté physique ou cognitive sans pour autant la mémoriser. mutation introduite par la photographie et achevée par la révolution informatique : fusion de ces deux classes de prothèses. machines à voir, à compter, à lire, à communiquer, mais aussi à cuisiner, conduire, contrôler, jouer ou tuer sont toutes devenues des machines qui enregistrent et traitent de l ’ information. intelligence virtuelle implémentée dans tous nos artefacts virtualisation de la matière
  • Transactions, transports, communications, parcours : de la borne de péage au micro-blogging, toute activation d ’ un dispositif technique met en œuvre une traçabilité. Chaînes ininterrompues d ’ inputs et d ’ outputs chaque activité embarque une composante informationnelle toutes les activités sont reliées (par ex : mobilité > utilisation de relais tél., géolocalisation des photos, authentification, bloc-notes (liste de courses…) production et dépôt de traces numériques en permanence mémoire par défaut Jusqu ’ à l ’ entrée dans l ’ ère numérique, l ’ oubli constituait à la fois le fond et l ’ horizon sur lequel chaque mnémotechnique parvenait à prélever quelques pans de culture à sauvegarder. Avec la prolifération des mémoires numériques, le rapport séculaire entre stocks et oubli est donc en passe de s ’ inverser : c ’ est maintenant « par défaut que toute information est enregistrée et conservée – l ’ oubli, nécessitant une action et une intention d ’ effacement des données.
  • explosion incommensurable de la masse de données qui se déversent dans les circuits de traitement vertige des grands nombres : mémoire incommensurable - « Si l ’ on numérisait toutes les communications et les écrits depuis l ’ aube de l ’ humanité jusqu ’ en 2003, il faudrait 5 milliards de gigagbits pour les mettre en mémoire. Aujourd ’ hui, nous générons ce volume d ’ informations numériques en deux jours » (Eric Schmidt, l ’ ancien PDG de Google)
  • Entièrement automatisée, traçabilité n ’ est pas une couche documentaire qui viendrait se greffer après coup sur une pratique. Elle est la condition même de la performativité numérique. mémoire par défaut procédurale avant d ’ être cognitive : les machines numériques enregistrent des comportements informationnels plus que des contenus. caches des navigateurs, cookies placés dans ordinateur, logs de connexion serveurs, historiques de navigation enregistrés par les sites… cycles et recyclages : actions, traduites en habitudes et en préférences plus qu ’ en significations moteurs de recherche et sites modulent et filtrent informations en fonction de ces préférences incitation à repasser par ses traces découplage entre la mémoire et l ’ intention : saut qualitatif majeur.
  • photos Panoramio sur Google Earth site de partage de photos de voyage «Certaines photos mises en ligne par les utilisateurs sont visibles depuis Google Earth , elles viennent enrichir l'information visuelle du lieu : ce sont en général des photos prises au sol, créant une mise en perspective avec les vues satellite de Google. Les photos sélectionnées dans Google Earth sont choisies pour leurs qualités documentaires.» personnalisation de l ’ espace informationnel de la carte signe que l ’ espace a été parcouru frayage de traces, de chemins, de souvenirs sous la carte, album photo, sous l ’ album photo, récit, etc. censé faciliter le flux, continuum circulatoire dans espaces informationnels stratification pas toujours clairement ordonnée : les niveaux se téléscopent comme se téléscopent les angles et les points de vue (satellite-touriste)
  • les données enregistrées ne prennent leur sens qu ’ une fois combinées à d ’ autres webcam+carte trafic bus et taxis + données des tel mobile la superposition des couches informationnelles produit une information enrichie, en temps réel espace vu ou sillonné n ’ est qu ’ une couche parmi d ’ autres constamment virtualisé par d ’ autres dynamiques, d ’ autres temporalités devenir carte du web non pas tant par un effet de spatialisation que par stratification des données
  • projet 27e région application bionic eye géolocalisation et réalité augmentée calques informationnels qui se superposent à ce qui est perçu tressage des informations produites par le programme et par les sens information fonctionne elle-même comme prothèse perceptive intelligence ambiante (pervasive) virtuel censé produire un surplus de réel en actualisant ce que l ’ œil ne peut capter enjeu = optimisation du réel la question est : à quelles fins ? comme tout processus d ’ annotation, cette augmentation fonctionne cependant autant comme un filtre que comme ajout traçabilité est ici clairement prescriptive du «untel est passé par là», on passe à «vous devriez aller là» : enjeux publicitaires évidents sert aussi des visées de surveillance : centrage de l ’ espace virtuel sur l ’ individu suppose qu ’ il se prête à la transparence de ses positions, parcours, empreintes «vous êtes ici» rupture avec l ’ espace perspectiviste où le point de vue servait à construire un cadre pouvant contenir le monde tout en permettant au sujet de s ’ en extraire ici, l ’ individu qui manipule la carte est dans les plis de la carte
  • - cookies envoyés du serveur sur son navigateur, pour y enregistrer des informations qui lui sont propres (authentification, préférences d ’ un site, contenu d'un panier d'achat…) et les renvoyer à chaque fois qu ’ il se connecte. - indexation des mails et des requêtes pour y détecter les mots-clés qui détermineront l ’ affichage de telle publicité. - régies publicitaires qui rassemblent les renseignements fournis lors des déclarations en ligne (formulaires, abonnements, demandes de documentation...) et les combinent avec les éléments récoltés par les robots (AdWords et AdSense de Google). principe du ciblage comportemental réponse à la fragmentation de l ’ audience, inévitable dans un média où c ’ est l ’ utilisateur qui va chercher ses contenus métaphore de la mine : très loin de la route ou l ’ océan opacité, profondeur, ressources NB : rationalité de corrélation (recoupement) vs recherche de causalités
  • logiques de propagation, contagion, viralité
  • chaque usager constitue un stock d ’ informations que les acteurs économiques s ’ efforcent de collecter avec des procédures de plus en plus automatisées, rapides et transparentes Ce qui vaut d ’ être capturé : carnets d ’ adresses, liste d ’ amis, cercles, graphe social système de vases communicants : l ’ usage d ’ une plateforme y déverse mes mémoires
  • exploitation des gisements de données est un enjeu stratégique parce qu ’ elle relève d ’ une gestion, qui cherche à anticiper les comportements à partir des traces enregistrées. L'efficacité marketing passe par enregistrement dynamique du comportement du client dans des fichiers spécifiques les données déterminent la valeur non des produits, mais des individus susceptibles de les consommer : customer lifetime value la traçabilité numérique invente une mémoire qui vise à réduire toute incertitude. la virtualisation équivaut ici à une anticipation probabiliste logique économique converge par là avec le projet de prédictibilité du risque, qui justifie la mise en place de nombreux systèmes de dataveillance. Du passeport biométrique aux fichiers de passagers aériens et du STIC aux prélèvements d ’ ADN. Danger d ’ incarcération mémorielle de chaque individu dans ses traces
  • nos données sont stockées chez des opérateurs qui peuvent en monnayer l ’ accès et l ’ exploitation à d ’ autres fournisseurs de services. Ignorant souvent le fonctionnement de la machine, l ’ individu se voit largement dépossédé du cadastre de ses traces Open Graph Protocol, permet à Facebook de pister ses membres dans tous leurs déplacements sur le web, sans que ces cheminements produisent en retour des liens exploitables par la communauté.
  • déliaison des traces : passent d ’ application en application logique de propagation l ’ accès aux services et aux espaces est conditionné par l ’ ouverture des vannes de mes données effet de réverbération : tout ce que je fais ici produit des échos ailleurs (publier en mon nom)
  • notifications et synchronisations : -la moindre trace engrange une information aussitôt poussée vers utilisateur (techno push) -passerelles entre applis et entre terminaux notifications push sont de plus en plus présentes notamment dans le monde de la téléphonie. inverse l ’ ordre habituel du fonctionnement client-serveur : c ’ est l ’ application serveur qui envoie un message à l ’ équipement client et non le client qui se connecte au service pour vérifier les nouveautés (mails, news, parutions, notifications FB…) Tendance qui va se développer aussi sur le web : applis qui interagissent avec l ’ internaute même quand il n ’ est pas devant la page web. le système de calcul complexe est fait du côté serveur et il ne reste que la partie affichage du coté client. En attendant, multiplication des systèmes de synchronisation et de relais ex : FB sur smartphone : pas la peine d ’ ouvrir l'application pour voir si l'on a des notifications ou non. possibilité de synchroniser son carnet d'adresses avec ses contacts Facebook et de faire correspondre leur photo. ex : Pearltree extension Firefox, ou « Twitter sync » : compte Twitter connecté à Pearltrees > Pearltrees bookmarke automatiquement tous les liens que vous twittez (et il peut aussi twitter toutes les perles que vous générez). favoris Delicious peuvent aussi être importés ex : règne des boutons de partage et d ’ évaluation >>> augmente la viralité : ce qui est publié dans une plateforme gagne les autres
  • pour nouer des relations, les individus recourent à des interfaces et des calculs de pertinence ; pour rechercher de l ’ information, ils s ’ en remettent aux prescriptions de leurs « amis ». organisation et classement des informations de plus en plus fondée sur relations : lien, accès, affinité personnalisation machinique avant : critère de l ’ autorité (qualification, classification) et de l ’ audience (parts, segments, quantités) social search = chaque réponse modulée en fonction des éléments profilaires disponibles : requêtes archivées, localisation, carnet d ’ adresses, mais aussi graphe social FB, social authority indexée par Twitter > deux utilisateurs posant la même question obtiendront des réponses différentes. dernier en date : Search, plus Your World mixage de résultats provenant de sources publiques et privées : résultats publics traditionnels résultats de recherche s ’ affichant en fonction de l ’ historique sur Google. résultats provenant des données personnelles (commentaires, photos, éléments publiés ou partagés sur Google+). profils Google+ directement depuis le champ de recherche de Google (trouver vos contacts et en découvrir d ’ autres). Pages commerciales et Profils de personnes reliés à des thématiques ou un champ d ’ intérêts. univers informationnels jusqu'à maintenant séparés - monde des documents et UGC désormais réunis
  • guerre que se livrent les géants du web : ouverture ou fermeture des données d ’ une plateforme à une autre Ertzscheid «Chaque biotope informationnel (Google, Facebook, Apple) a d'autant plus intérêt à favoriser les résultats de son écosystème direct qu'il est, à l'origine, fermé et qu'il ne doit sa subsistance qu'au renforcement de la volumétrie de ses interactions internes : Facebook a tout intérêt  à ce que les vidéos les plus vues le soient "sur" Facebook, comme Google a désormais tout intérêt à valoriser au maximum les résultats et les contenus de sa galaxie de services» riposte imaginée par Facebook, Twitter and MySpace et d ’ autres RSN : script «don ’ t be evil»
  • Plutôt que de censurer, nouveaux outils d ’ exploration et d ’ acès modifient la distance qui sépare un utilisateur d ’ une information par socialisation des outils de recherche ce n ’ est plus l ’ individu qui s ’ adapte à son milieu mais son milieu qui s ’ adapte à ses traces pose la question d ’ un espace mémoriel commun risque d ’ une contraction de l ’ espace virtuel en tant que périmètre des possibles réponse avant la question prédictibilité (la machine finit mes phrases) mes requêtes sont contaminées par celles des autres NB : importance des effets d ’ évidence Denis Berthier : «est virtuel ce qui, sans être réel, possède avec force et de manière pleinement actuelle, les qualités du réel.»
  • fragmentation, enchevêtrement des hiérarchies
  • Le flux engrange du stock car l ’ instabilité des contenus oblige à les dédoubler par une information sur l ’ information, qui anticipe, optimise et instruit leur mobilisation : tout contenu mémorise les conditions de sa production, classification, réutilisation Chaque fragment du flux devient une mémoire activable à volonté, pointant vers d ’ autres fragments. Cette prolifération des métadonnées engendre une cascade de couches mémorielles, où se déplacent les enjeux de la transmission comme de la communication. condition sine qua non pour qu ’ un contenu soit accédé, monétisé, transformé
  • chaque trace est un indice du contexte de son émission, de son auteur, du graphe qui le relie aux autres le bref contient l ’ infobésité
  • dissémination de l ’ activité documentaire, désormais largement assurée par les utilisateurs. plasticité du document, qui n ’ est plus fixé dans un lieu, un support ou un registre, redocumentarisation  fait du document l ’ objet non plus seulement d ’ une consultation, mais d ’ une multitude d ’ appropriations-transformations. Cataloguer, indexer, résumer, découper, annoter… l ’ usager numérique est invité à renvoyer vers la communauté tout ce qu ’ il reçoit. Quand bien même il ne serait augmenté d ’ aucun commentaire ou renseignement supplémentaire, ce renvoi génère en lui-même de la valeur : celle de la relation. ex : mise en commun des listes de lecture sur les services d ’ écoute de musique en ligne comme Deezer ou Last.fm, travail d ’ annotation conversationnelle sur Facebook ou Twitter
  • aspect calculatoire (algorithmique) des contenus  > l ’ objet fini laisse place à des objets potentiellement toujours ouverts dont les contours sont décidés en grande partie par l ’ interactivité avec l ’ utilisateur.  déconstruction/reconstruction des contenus. pratiques de consommation de plus en plus fragmentées et dispersées, à l ’ opposé des logiques des anciens médias.  lectures délinéarisées : après une recherche par moteur de recherche, on lit un article, un chapitre d ’ ouvrage, on visualise une émission en télévision de rattrapage, on écoute un titre de musique et non plus un album.  pratiques sélectives, fortement induites par les outils d ’ accès. nouveau modèle économique : tarification traditionnel : la plupart des contenus étaient vendus sous la forme de bundles (plusieurs titres musicaux dans un CD, plusieurs articles dans un journal ou une revue scientifique, etc.).  Désormais, accès illimité ou à une très grande quantité de contenus en échange d ’ un paiement forfaitaire ou achats à l ’ unité
  • industrialisation croissante des mémoires s ’ accompagne d ’ une apparence de dématérialisation, qui recouvre en fait un double mouvement d ’ externalisation et de dissémination. cf métaphores de la mémoire : de la tablette de cire au nuage, en passant par le livre, la photo, le réseau, l ’ océan. accessibilité omniprésente, externalisation de la gestion et de la maintenance matérielle cloud computing : délocalisation, « vaporisation » des stocks Cette vaporisation affecte les lieux et méthodes de la gestion traditionnelle des mémoires. Quand celles-ci se comptaient en kilomètres de rayonnages ou de bobines de films, seuls les acteurs institutionnels et les grandes firmes disposaient des moyens techniques et financiers nécessaires à leur entretien et à leur valorisation. Aujourd ’ hui, stocks indissociables du flux
  • logiques de compilation, assemblages, agencements, interopérabilité
  • comment habiter ce monde d ’ information, l ’ information comme monde habiter = concentrer, ranger, aménager, décorer Lieu d ’ ancrage et lieu pratiqué (Certeau) qui s ’ oppose au lieu de la géolocalisation et de la base de données multiplicité des terminaux et des formats présence numérique peut-elle encore se recentrer sur ses interfaces ? mur, fil, timeline l ’ art d ’ habiter qu ’ appelle l ’ interface est un art de locataire plus que de propriétaire habitat n ’ est plus vécu comme une maison (boîte close, enveloppe ou bulle), mais plutôt comme surface cf. concept de « plateau » que Deleuze et Guattari définissent comme le plan de consistance local des rhizomes, eux-mêmes alternatives à l ’ arbre
  • Nouvelle interface de FB : Timeline ou Journal Toutes les données personnelles sont désormais classées et organisées sur une ligne du temps, cherchant à retracer le plus fidèlement possible la vie des membres. espace conversationnel converti en machine à remonter le temps mais la timeline est un non-lieu de mémoire : sédimentation des traces ≠ mémoire vive faite d'oublis, de reconnaissances et de nostalgies
  • désir de mémoire dynamique du partage recycle les traces anciennes mobilité, jeu, communauté espace mémoriel ouvert, lacunaire et illimité parataxe, pan-catalogue des individualités
  • contours de la personne : quelle enveloppe ? transparence n ’ est pas celle de l ’ exhibition, selon le modèle de la téléréalité mais plutôt individu traversé par les autres (phototagging, commentaires, liens…) individu = arc dans un graphe hybridation entre moi et les autres état toujours transitoire dedans/dehors ici/ailleurs Web «social» : traces déposées (goûts, pratiques, productions, etc.) sont des marqueurs identifiant des proximités potentielles avec les autres. L ’ exposition de soi est une ressource permettant de signaler une forme de présence sociale. question des frontières et des peaux (mondes propres) brouillage des frontières public/privé, continuum avec différents degrés réglage fin des distances, des degrés et des types d ’ affinités. ≠ exhibition sur le modèle de la téléréalité économie de la recommandation exige des utilisateurs comme des firmes une véritable ingénierie de la relation de confiance et d ’ influence pertinence affinitaire : pour nouer des relations, les individus recourent à des interfaces et des calculs de pertinence ; pour rechercher de l ’ information, ils s ’ en remettent aux prescriptions de leurs « amis ». Dominique Cardon : notion de clair-obscur espace intermédiaires, géographie relationnelle
  • interfaçage généralisé recomposition à la volée des documents mes documents contiennent ceux des autres ma messagerie contient les blogs chaque appli tend à devenir une agrégateur généralisation des API interface fournie par un programme informatique qui permet l'interaction des programmes les uns avec les autres, ensemble de fonctions, procédures ou classes mises à disposition par une bibliothèque logicielle , un système d ’ exploitation ou un service Pour M. Doueihi, API ouvrent sur une «littérature hybride», une «poétique du code» c ’ est ce qui fait de l ’ environnement numérique un tissu (au sens biologique) vivant
  • indexation par le bas > moissonnages automatiques construction de documents qui n ’ ont été pensés par personne
  • pratiques de curation réagencement des informations au sein de communautés de recherche ou d ’ activité filtrage de l ’ information en aval : après publication administration de la confiance et de l'autorité : recyclage de l ’ autorité des publiants désir de capitalisation tout en tirant parti des possibilités de déliénarisation et de migration des contenus
  • Flipboard journal virtuel continuum entre site distant et table de montage imbrication des 3 dimensions identitaires : soi, chez soi et flux (Fanny Georges)
  • multiplication des plateformes destinées à déposer des images trouvées sur le web À travers ces images circulantes, s ’ écrit une mémoire paradoxale, qui n ’ est plus de l ’ ordre de la commémoration mais du post. Éphémères et jetables, ces morceaux de vie composent une archive d ’ un genre nouveau, à la fois lacunaire et illimitée. là où on ne voyait que narcissisme, évidence d ’ une dynamique de relais mémoriel Attestation, trace d ’ une présence : celui qui est sur la photo, celui qui la collectionne, celui qui passe et laisse un commentaire nouvel espace-temps : time line + popularité réorganisent les collections substituer le « fil » d ’ information à la « recherche » d ’ information Lifestream agrégateur en temps réel imports automatiques (Digg, Flickr, Delicious, YouTube, StumbleUpon, Twitter, Ffffound, Google Reader, Last.fm, Tumblr, Vimeo,...) consolidation des mises à jour de médias sociaux, de réseaux sociaux, de blogs et d'autres sources RSS Timeline endless scolling adoption by design : bouton à glisser dans barre d ’ outils des navigateurs coups de cœur, images favorites scrapbook objets trouvés Ce que l ’ industrie calcule comme jetable, le réseau le récupère. Alors que la recherche documentaire sur les moteurs s ’ adresse à un utilisateur qui sait ce qu ’ il cherche, la recherche sociale propose de faire découvrir à l ’ utilisateur ce qu ’ il aime ou l ’ intéresse sans le chercher : sérendipité Les usagers braconnent sur les terres de leur propre consumérisme Certeau : L ’ espace est un lieu pratiqué ex : la lecture est l ’ espace produit par la pratique du lieu que constitue un écrit  braconnage du web = compétence numérique manière de parcourir un ordre contextuel et contraignant bookmark : appropriation sans lieu propre :pratique qui a pour lieu celui de l ’ autre. Elle s ’ y insinue, fragmentairement, sans le saisir en son entier, sans pouvoir le tenir à distance.
  • Atelier d ’ écriture avec des lycées à Aubervilliers «reprendre la main sur les catégories. D'en jouer. Cette fiction a ce but. Jouer avec les données au petit jeu de l'arroseur arrosé. Ecrire les données qui nous écrivent.»
  • l ’ agrégation des informations ne s ’ arrête pas à des activités de compilation et de taging elle peut déboucher sur des productions ou des créations importance croissante des formes de remix mélange de discours et de sources, double fond, double sens, régime de la parodie, de l ’ imitation, du sosie… à des fins ludiques, relationnelles ou critiques NB : intelligence des outils se développe mais concerne moins la production de contenus proprement dite que leur redocumentarisation, leur recyclage, leur consommation active ou tactique Avec le web 2.0, signaler, annoter, dupliquer, remixer sont devenues les principales activités culturelles. au passage, on notera que ces pratiques, qui attestent une appropriation culturelle, alimentent l ’ hostilité des producteurs et détenteurs de droits…
  • projets de redocumentarisation « accompagnée » Intermédiation + contribution + plateforme sociale ouverture d ’ archives publiques à l ’ indexation sociale = convergence entre traçabilité conversationnelle et documentation de corpus destinés à être transmis sur le temps long. ex : projet PhotosNormandie de Patrick Peccatte  sur Flickr ou Wikibrest ou Steve Project (musée)
  • espace non marchand bien commun participation reversée au profit de la collectivité depuis les métadonnées ordinaires jusqu ’ à Wikipedia virtualisation par transmission
  • archive publique : espace virtuel patrimonialisé dimension urbaine du web (Forestier) dépersonnalisation de contenus personnalisés relocalisation, repolitisation de la mémoire numérique espace commun dans lequel on vit, échange, se rencontre, paraît et comparaît
  • Transcript

    • 1. Louise Merzeau • Mémoire virtuelleLouise MerzeauMémoire virtuelle : continuum et déliaison
    • 2. Louise Merzeau • Mémoire virtuelleespace - temps Léo Cailard, Art Game
    • 3. Louise Merzeau • Mémoire virtuelleespace informationnel, espace mémoriel Erik Kessels , toutes les photos publiées sur Flickr en 24 heures
    • 4. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1.  stratification : sédimentation2.  maillage : contamination 3.  fractalisation : grammatisation4.  agrégation : recomposition
    • 5. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratification !
    • 6. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationtous les artefacts sont des prothèses mémorielles
    • 7. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationon ne peut plus ne pas laisser de traces
    • 8. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationstock et flux
    • 9. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationroutines et boucles
    • 10. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationfrayages
    • 11. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationcalques informationnels
    • 12. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationinformation pervasive
    • 13. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle1. stratificationdata-mining
    • 14. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillage !
    • 15. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillageaspirations
    • 16. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillageclonage
    • 17. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillagecontaminations
    • 18. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillageexpropriations
    • 19. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillagesynchronisations, notifications
    • 20. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillagedistances et voisinages
    • 21. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle2. maillagebalkanisation
    • 22. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 2. maillagesuggestion
    • 23. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle3. fractalisations !
    • 24. Louise Merzeau • L’industrialisation de la virtuelle Louise Merzeau • Mémoire mémoire3. fractalisationdocumentation embarquée dans le document
    • 25. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 3. fractalisationchaque partie contient le tout
    • 26. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 3. fractalisationplasticité …
    • 27. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 3. fractalisationdélinéarisation des contenus et des accès
    • 28. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle3. fractalisationvaporisation
    • 29. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégation !
    • 30. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationinterfaces
    • 31. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégation vidéo de présentation de la nouvelle interface de Facebook : «timeline» ou «journal» http://www.youtube.com/watch?v=Io8W0YF9RUA
    • 32. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationlieux de mémoire ouverts
    • 33. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégationdedans / dehors d’après D. Cardon
    • 34. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationinterfaçage
    • 35. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégationmashups
    • 36. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationcurations
    • 37. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationéditorialisation à la volée vidéo de présentation de l’application Flipboard http://www.youtube.com/watch?v=v2vpvEDS00o
    • 38. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationcueilletes
    • 39. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationfictions Cécile Portier, http://www.petiteracine.net
    • 40. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégationremix
    • 41. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle 4. agrégationredocumentarisations
    • 42. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégationcommons
    • 43. Louise Merzeau • Mémoire virtuelle4. agrégationdépôts
    • 44. www.merzeau.net

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