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Dossier l'Invisible mariage pour tous
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Dossier l'Invisible mariage pour tous

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  • 1. l1visible.com HORS-SÉRIE Ac t u a l i t é - S p i r i t u a l i t é - P s y ch o l o g i e - C u l t u r e spécial ce hors-série ibuer our le ppage 2 distr us autour de vo r: su Carnet de voyage w el. fr Avec Frigide, Laurence et Xavier nu Entretien Contre le projet de loi « Mariage pour tous » Pour le mariage Homme/Femme Pour la filiation PME (Père – Mère – Enfant) Contre l’extension de la PMA z Commande a ww m .librairie-em Tous aux Champs-Élysées Débat sur l’homoparentalité Les 7 raisons de se mobiliser  pages 6-7 le 24 mars ! page 11 L’interview du psy Ne pas jeter sur la voie publique. Pierre Lévy-Soussan page 10 Ret rou v e z-nous sur not re si t e www. l1visible.com
  • 2. 2 L’édito - L’entretien xw mars 2013 L’édito Chers Tous C hacun de vous est attendu le 24 mars à Paris sur les Champs-Élysées, pour demander au Président le retrait de la loi sur le mariage homosexuel. En janvier, nous étions un million, cette fois-ci, nous attendons deux millions de manifestants  la voix du peuple : sera écoutée ! Alors que 93 % des Français pensent que « l’extension du mariage aux couples homosexuels n’est pas une question prioritaire dans la France d’aujourd’hui » (1)  alors que ; le Président lui-même reconnaît qu’il ne pourra tenir ses promesses les plus urgentes, dans le domaine économique, les Français refusent cette loi votée dans la précipitation, sans aucune réflexion sur ses graves conséquences  ! En effet, avec le mariage homosexuel, François Hollande, met en péril la filiation garantie par le code civil. Ce projet est un déni de la réalité de la nature humaine, il fait fi de la raison. Cette mobilisation historique rassemble des millions de citoyens, qui représentent la société française dans sa diversité et sa richesse  jeunes et : vieux, riches et pauvres, actifs et inactifs, de droite et de gauche, homos et hétéros, célibataires, mariés et pacsés, chrétiens, juifs, musulmans, athées… Nous appelons depuis des mois à l’ouverture d’un vrai débat national. Les 17 novembre, nous étions plus de 300  00 à manifester. Et le 13 janvier 0 nous étions près d’UN MILLION  Fin ! février, 700 000 PÉTITIONS ont été envoyées au Conseil économique social et environnemental (CESE). Malgré ces manifestations historiques, l’État refuse d’écouter le peuple français, il le méprise. La démocratie est bafouée  Le 24 mars, soyons tous ! présents sur les Champs-Élysées pour réclamer le retrait de la loi sur le mariage homosexuel. Et exigeons un vrai débat, équitable et serein sur ces sujets fondamentaux : l’homme et la femme – la richesse de leurs différences – ; la place de l’enfant – le contexte dans lequel il peut naître et s’épanouir – ; la cellule familiale – la filiation naturelle, toujours plébiscitée par les Français. Soyons DEUX MILLIONS le 24 mars à Paris pour dire au Président : « M. Hollande, ne changez pas le mariage : occupez-vous du chômage   » Rendez-vous le 24 mars, ! nos familles le valent bien  ! (1) Sondage IFOP - La Manif Pour Tous, déc. 2012 « On nous parle en permanence de l’égalité des droits, et c’est ce que l’on défend en refusant ce projet : le droit pour tous les enfants d’avoir un père et une mère. » (Xavier Bongibault) Frigide Barjot, Laurence Tcheng et Xavier Bongibault « Il faut une réflexion de fond sur la filiation » Rencontre. Pour sauver le mariage civil et défendre le droit des enfants à avoir un père et une mère, les trois mousquetaires de la Manif Pour Tous ont travaillé jour et nuit pendant des mois. Ils expliquent pourquoi et comment s’est construit ce combat. Par Marie-Noëlle Tranchant « Quelle a été la genèse de cette dynamique qui vous réunit depuis des mois ? » d’états de vie, et qu’il fallait intervenir. La Manif Pour Tous a commencé à quelques-uns dans un bistrot, et par un prompt renfort nous nous vîmes 200 000 en arrivant au port le 17 novembre... et plus d’un million le 13 janvier ! On a gagné ce jour-là la légitimité et du nombre et du style : alors que nous n’avions pas prévu une telle affluence, tout s’est déroulé dans le calme, le sourire, sans aucune agressivité envers quiconque. Frigide Barjot : Dès le début de la campagne Laurence Tcheng : L’initiative revient à Frigide Barjot, qui a eu une intuition prophétique et une vision politique très claire des enjeux. Au moment des élections présidentielles, j’ai voté Hollande sans être d’accord avec la proposition 31. Mais après les élections, on a vite compris que le calendrier gouvernemental et parlementaire allait être précipité et le débat sacrifié. Frigide a commencé à remuer beaucoup de monde, dans le milieu catholique, mais aussi largement au-delà. Au départ, l’idée était de demander des États généraux et un référendum, et de faire un travail pédagogique de fond sur le sujet, face à un gouvernement muet et à un parlement sous-informé. On n’était pas parti pour une manifestation, mais il nous a paru que cette problématique dépassait les clivages politiques, religieux et présidentielle, j’ai remué l’entourage de Sarkozy pour qu’il se détermine fermement sur la famille, l’euthanasie, le mariage homosexuel, estimant qu’il y avait une carence grave de réflexion politique sur des sujets essentiels concernant l’avenir de l’humanité. À l’élection de François Hollande, j’ai fondé le « Collectif pour l’Humanité durable », appelant à la résistance contre tout ce qui met à mal l’intégrité de l’être humain et sa dignité. Et quand le 5 septembre on a vu que le premier projet qui passerait, vite et en force, serait le mariage homo, j’ai réuni des réseaux très divers. J’étais convaincue qu’il fallait faire émerger un courant d’opposition trans-opinions politiques, religieuses, culturelles. Ma formation religieuse m’a ouvert les yeux, mais j’ai réagi au nom de la raison, comme des athées, des homos parce qu’ils refusent une mainmise idéologique, comme Xavier Bongibault avec
  • 3. L’entretien mars 2013 xw son association « Plus gay sans mariage », des gens de sensibilité de gauche parce que leur conscience leur pose de vraies questions. Le succès historique de la manifestation du 13 janvier est venu de son authenticité. Il n’y avait pas de fric, pas de pub, mais une communion de citoyens rassemblés sur l’essentiel. La démocratie directe, dans une indépendance totale. Il faut garder cet esprit-là, pour obtenir la suspension du projet de loi et le lancement des états généraux. « Qu’est-ce qui vous a motivés, personnellement, pour vous engager dans ce combat difficile et éprouvant ? » Xavier Bongibault : J’ai créé l’association « Plus gay sans mariage » parce que je pense que la majorité de la communauté homosexuelle se moque de ce projet de loi. Seulement les militants LGBT imposent leur opinion par la violence. La première violence est l’accusation d’homophobie, qui empêche tout débat. On nous explique que les homosexuels sont et doivent être pour ce projet de loi parce qu’homosexuels. Dire cela, c’est nier leur existence en tant qu’hommes et femmes, c’est dire qu’ils ne peuvent réfléchir qu’en fonction de leur orientation sexuelle et non en conscience politique. Ça, c’est homophobe. Et puis, il y a la violence physique : je ne compte plus les menaces et les agressions. Étant athée et homosexuel, je suis à l’origine d’un nouveau concept fort intéressant : l’athée catholique, homosexuel homophobe ! Ben voyons… Frigide Barjot : Je suis militante dans l’âme depuis toujours. M’agiter dans la chose publique m’a toujours beaucoup amusée. Mais les jeux politiciens du pouvoir, non. Et puis, j’ai toujours eu soif de justice. Et là, je trouve injuste que tant de gens ne puissent pas s’exprimer, et soient privés d’informations parce que la parole est confisquée médiatiquement. L’opinion publique est façonnée par un discours univoque « généreux », qui met en avant l’égalité et la lutte contre les discriminations mais cache une réalité mille fois plus importante, le changement de conception (dans tous les sens du mot) de l’être humain et de l’existence humaine  cela devient de la : fabrique, de l’industrie. C’est insupportable qu’il ne puisse pas y avoir une réflexion de fond, ouverte, publique, sur des enjeux aussi essentiels que la filiation. Mon combat est là. Laurence Tcheng : Pour moi, c’est un combat politique. Je suis dans l’enseignement, de gauche et féministe. Je me fais une haute idée de la gauche, dans la lignée de Jaurès, et pour moi la République doit être une force de progrès, qui a la charge de promouvoir la justice et la défense des plus faibles. Mais le progrès ne peut pas consister dans la fuite en avant, l’air du temps et la soumission aux lobbies. J’ai cru au président de la concertation. Je me dis aujourd’hui de gauche réactionnaire, et j’ai créé le collectif « La gauche pour le mariage républicain » car beaucoup de gens de gauche sont mal à l’aise avec ce projet qui a tout d’une fantaisie de nantis. « Quelle est votre conception du mariage et de la famille ? Quels sont vos principaux griefs contre le mariage homosexuel ? » 3 Frigide Barjot : Le mariage doit encadrer non seulement l’acte qui donne vie, mais aussi la suite, pendant que l’enfant se développe. Il faut revaloriser l’engagement dans la durée, parce que c’est le bien premier dont a besoin l’enfant. Je me préoccupe des enfants, et, dans le cas du mariage homosexuel, des enfants à naître. On a ri de la phrase de Lady Gaga : « Il n’y a pas de raison que les homosexuels ne se reproduisent pas comme tout le monde », mais c’est exactement le projet de loi. Il y a juste un être humain au milieu. Jusqu’ici l’adoption était faite pour donner une famille à des enfants abandonnés, là on veut proposer l’adoption plénière comme moyen de créer une famille de substitution, en effaçant toute trace de l’origine biologique. Le procédé scientifique de la PMA était réservé à des cas extrêmement précis de maladie, de stérilité. Là, on l’offre à tout le monde comme un moyen normalisé de procréation. Cette mainmise de la volonté sur l’être humain est inquiétante. Laurence Tcheng : Je reconnais qu’il y a aujourd’hui une diversité des familles qu’il faut prendre en compte. Améliorer le droit, lutter contre l’homophobie, sont des choses nécessaires. Mais le mariage gay et l’adoption ne sont pas des réponses appropriées. C’est une loi libertaire ultralibérale qui ne garantit en rien, au contraire, la protection des plus faibles : les enfants d’abord, qui doivent pouvoir accéder à leur filiation, les femmes ensuite, que la dérive programmée vers la GPA (gestation pour autrui) peut amener à louer leur utérus. La crise économique aidant, la porte est ouverte à une exploitation de la misère sociale et morale. Xavier Bongibault : J’ai eu la chance d’avoir un père et une mère, cela m’a permis d’évoluer pleinement. On nous parle en permanence de l’égalité des droits, c’est ce que l’on défend en refusant ce projet : le droit pour tous les enfants d’avoir un père et une mère. a Les porte-parole et des membres de la Manif Pour Tous : Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Tugdual Derville, Laurence Tcheng, Lionel Lumbroso, Camel Bechikh, Philippe Brillault.
  • 4. Ils l’ont dit xw mars 2013 Aldo Naouri Pédiatre Jean-Pierre Winter Psychanalyste e suis défavorable à l’homoparentalité. D’abord parce que, en tant que pédiatre ayant travaillé sur les pathologies, j’ai constaté que l’enfant souffre aujourd’hui d’un statut d’objet de consommation. Autoriser l’adoption à des couples dont la sexualité a tourné le dos à la procréation accentuerait ce statut. (Psychologies.com) a Claude Halmos Psychanalyste Très risqué E n mettant un signe « égal » entre le couple homosexuel et le couple hétérosexuel, ce droit reviendrait à poser officiellement que la différence des sexes n’existe pas  ou, du moins, qu’elle ne compte pas. Pour que cela soit sans consé; quences pour les enfants, il faudrait soit que la différence des sexes ne joue, dans leur construction, aucun rôle, soit même que cette construction n’existe pas. Et que quelques bons soins et beaucoup de bons sentiments suffisent à « fabriquer » des adultes capables de tenir – psychiquement – debout. L’affirmer revient à remiser au magasin des accessoires les acquis de près d’un siècle de pratique psychanalytique. C’est sûrement politiquement correct, mais cela me semble très risqué… (Psychologies.com) a Gilles Bernheim Grand rabbin de France Un préjudice pour la société C © PACHOUD/AFP e qui pose problème dans la loi envisagée, c’est le préjudice qu’elle causerait à l’ensemble de notre société au seul profit d’une infime minorité, une fois que l’on aurait brouillé de façon irréversible trois choses  les généalo: gies en substituant la parentalité à la paternité et à la maternité  le statut de l’enfant, passant ; de sujet à celui d’un objet auquel chacun aurait droit  les identités où la sexuation comme don; née naturelle serait dans l’obligation de s’effacer devant l’orientation exprimée par chacun, au nom d’une lutte contre les inégalités, pervertie en éradication des différences. (Oct. 2012)a Jean-Marc Veyron-Lacroix Maire de Chasselas (71) On ment aux Français E n tant que citoyen homosexuel, je ne me sens pas du tout représenté par les associations LGBT. (…) Je pense qu’on ment aux Français en leur disant que le mariage et l’adoption sont une revendication des homosexuels dans leur ensemble. J’ai moi-même tout un tas d’amis homosexuels qui sont indifférents, voire opposés, à ce projet de loi. Les associations LGBT ne représentent pas ces citoyens-là. Elles s’autorisent à parler au nom des autres, ce que je n’accepte pas. (…) L’idéal, pour un enfant, est d’être élevé dans une famille composée d’un père et d’une mère. On va me dire que les hétéros divorcent, se remarient, recomposent des familles. C’est une réalité qu’on ne peut pas nier. Mais la loi doit reconnaître ce qu’il y a de beau et de souhaitable, pas encourager les pratiques minoritaires. La loi doit protéger le plus faible, donc l’enfant. (www.lejsl.com, déc. 2012) a L ’homoparentalité procréative pose problème. On fait croire à un enfant qu’il est le produit du désir sexué et sexuel de deux hommes et de deux femmes, mais que, pour des raisons de « nature », on a eu recours à un tiers, un donneur de sperme ou une femme qui a bien voulu prêter son ventre. On nous dit que la vérité sera dite à l’enfant. Mais quelle vérité  Ce n’est pas celle de la mécanique ? qui l’intéresse, c’est celle du désir qui a présidé à sa venue au monde. Il devra donc gérer une question intenable  « Je suis le produit du désir de ces deux : personnes, mais le produit du désir de ces deux-là ne peut pas donner d’enfant. Donc, qui suis-je   » (Psychologies.com) a ? Mohammed Moussaoui Président du Conseil français du culte musulman Famille stable L a mission du mariage ne peut être réduite à la reconnaissance d’un lien amoureux entre deux personnes ou à leur volonté de vivre ensemble. Sa mission est aussi la fondation d’une famille stable sous la direction des deux époux. a © PIERRE VERDY/AFP J Quelle vérité dira-t-on à l’enfant ? © CATHERINE GUGELMANN/AFP L’enfant n’est pas un objet Cardinal André Vingt-Trois Président de la Conférence des évêques de France Discrimination entre les enfants C e serait le mariage de quelques-uns imposé à tous. Les conséquences qui en découlent pour l’état civil en sont suffisamment éloquentes  : a-t-on demandé aux citoyens s’ils étaient d’accord pour ne plus être le père ou la mère de leur enfant et ne devenir qu’un parent indifférencié  : parent A ou parent B  […] Alors que l’on pres? crit la parité stricte dans de nombreux domaines de la vie sociale, imposer, dans le mariage et la famille où la parité est nécessaire et constitutive, une vision de l’être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants. (Nov. 2012) a Jean-Pier Delaume-Myard Auteur de documentaires Une dizaine de beaux-papas P armi les homosexuels, je me considère comme une personne sérieuse, c’est-à-dire qui a toujours fait le choix de vivre en couple. Je vais bientôt avoir 50 ans. Si à l’âge de 25 ans j’avais pris l’option d’avoir un enfant, celui-ci aurait, à l’heure actuelle, une dizaine de « beaux-papas ». On me rétorquera que pour les couples hétérosexuels, il en est de même. Cela est faux. Dans la même période, en moyenne, une femme ne se sera peut-être remise en couple que deux ou trois fois maximum. (leplus.nouvelobs.com, nov. 2012) a © REMY GABALDA/AFP 4
  • 5. Ils l’ont dit mars 2013 xw Élisabeth Guigou Lionel Jospin PS, ex-Premier ministre Bruno Nestor Azerot Gauche démocrate et républicaine, député de la Martinique Ce n’est pas le droit qui refuse aux homosexuels un enfant : c’est la nature E t l’enfant  puisque deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, ! que va-t-on faire  Car pour procréer, il faut bien un homme et une femme. ? Donc, inéluctablement, il y aura recours à la procréation médicale assistée car ce désir d’enfants est légitime. Mais ce n’est pas le Droit qui refuse aux homosexuels d’avoir un enfant  c’est la Nature. Alors, pour pallier ce problème de : stérilité et d’incompatibilité, on aura recours à la PMA… Où est donc le progrès social  Où est la liberté nouvelle  Comment voulez-vous qu’un homme dont ? ? les ancêtres ont été vendus et « chosifiés » ne soit pas inquiété par cela  a ? Patrice Carvalho Front de gauche De l’enfumage ! L e mariage, c’est un homme et une femme qui peuvent concevoir un enfant. La nature n’est pas faite autrement. Ce dossier, ce n’est pas la priorité des Français en ce moment, c’est de l’enfumage ! a © FILLON FRED DUFOUR/AFP François Fillon UMP Problème avec l’adoption M on problème, c’est l’adoption, le bouleversement de la filiation, le changement du code civil, avec le changement d’appellation des parents. Si on est philosophiquement hostile à cette réforme, on ne peut pas dire qu’on reviendra au pouvoir et qu’on n’y touchera pas. Il faudra trouver le moyen de régler la question de l’adoption et de la filiation et faire en sorte qu’il n’y ait aucune possibilité d’aller vers la procréation assistée. (RTL, 14 novembre 2012) a Lara Carbery porte-parole de l’association Les Adoptés Au nom de tous les adoptés I l serait terriblement injuste vis-à-vis des enfants adoptés de leur enlever ces repères structurants essentiels que sont un papa et une maman, car l’amour ne suffit pas, il nous faut la richesse de chacun d’eux et leur complémentarité. Je demande donc à Madame Taubira de stopper ce projet de loi au nom de tous les adoptés. N’imposez pas, Madame, des inégalités entre enfants en attente d’adoption. Ne privez pas délibérément certains enfants d’un papa et d’une maman. a L’enfant est soumis au désir de l’adulte I l fallait aussi bien marquer qu’au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes. La nondiscrimination n’est pas l’indifférenciation. Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. Notre société ne protège pas assez l’enfant et en même temps qu’elle proclame l’enfant roi, elle le soumet trop souvent au seul désir de l’adulte. Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents. Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels. Dans le premier cas, il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui a le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution. Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution  Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ? ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes. Cette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle. Un enfant adopté, déjà privé de sa famille d’origine, a d’autant plus besoin de stabilité sans que l’on crée pour lui, en vertu de la loi, une difficulté supplémentaire liée à son milieu d’adoption. a © ÉRIC CABANIS/AFP ’idée fondamentale doit rester, pour le mariage, pour les couples et pour la vie en général, que l’humanité est structurée entre hommes et femmes. [...] On peut respecter la préférence amoureuse de chacun sans automatiquement institutionnaliser les mœurs. (Le Grand Journal, Canal +, nov. 2012) a Sylviane Agacinski Philosophe, professeur, épouse de Lionel Jospin Le mot-valise homoparentalité L e mot-valise homoparentalité a été forgé pour instaurer le principe d’un couple parental homosexuel et promouvoir la possibilité juridique de donner à un enfant deux parents du même sexe. Or c’est bien l’institution d’un couple parental homosexuel qui fait question, dans la mesure où il abolirait la distinction homme/ femme au profit de la distinction entre homosexuels et hétérosexuels. Cette dernière division est-elle en l’occurrence pertinente  […] Le lien de filiation unissant un ? enfant à ses parents est universellement tenu pour bilatéral, et cette bilatéralité serait inintelligible si elle ne s’étayait directement sur la génération sexuée. a Jean-François Copé UMP Quelques dizaines de milliers de cas © THOMAS SAMSON/v AFP L PS, ancienne garde des Sceaux, socialiste, lors du débat parlementaire sur le PACS (novembre 1998) © BERTRAND GUAY/AFP Pas favorable 5 T ous, nous combattons toutes les formes d’homophobie mais faut-il, pour régler quelques dizaines de milliers de cas aussi respectables soient-ils, remettre complètement à terre l’organisation juridique de la famille ? (Le Grand Rendez-vous Europe 1 - Aujourd’hui en France - I Télé) a
  • 6. 6 d’accord pas d’accord xw mars 2013 Faut-il légaliser l’homoparentalité ? Débat. Dans la perspective d’une loi sur le « mariage » gay, le gouvernement revendique pour les personnes homosexuelles le droit d’avoir des enfants. De leur côté, beaucoup font valoir le droit des Débat entre Lili Sans-Gêne et Béatrice Bourges enfants : grandir avec un papa et une maman. Lili Sans-Gêne : Si vous vous opposez au désir des personnes homosexuelles à se marier et de fonder une famille, c’est que vous êtes homophobe. Vous les privez de la possibilité de vivre comme tout le monde… Béatrice Bourges : Je comprends très bien que certaines personnes puissent penser cela. En fait, la question ne se pose pas en termes d’homosexualité ou d’hétérosexualité. Ce n’est pas parce qu’ils sont hétérosexuels que les gens ont le droit de se marier, c’est parce qu’ils sont un couple homme/ femme. Le mariage, ce n’est pas seulement la reconnaissance sociale d’un amour (même, si bien sûr, c’est parce qu’ils s’aiment que les gens se marient, en France en tout cas !). Le mariage, c’est aussi une institution qui fonde une famille. C’est d’ailleurs en cela que le mariage est très différent du Pacs. C’est l’altérité sexuelle qui fonde la famille et la filiation. Et c’est ainsi qu’on ne peut pas isoler le mariage de la filiation. Pour ce qui est de fonder une famille, je me place du côté de l’enfant et je me dis que c’est vraiment dur pour l’enfant que les adultes décident délibérément, sans leur demander leur avis, de les priver soit d’un père, soit d’une mère, car leur donner deux pères, c’est les priver de mère, et leur donner deux mères, c’est les priver de père. Un papa et une maman, ce n’est pas la Lili Sans-Gêne Cette journaliste s’est toujours intéressée aux débats sociétaux. Elle pose sans complexe les questions que beaucoup n’osent pas poser. même chose, tout de même ! C’est vraiment une discrimination à l’égard des enfants. Je trouve qu’on se place toujours du côté des adultes dans ces discussions et bien trop peu du côté des enfants. 2 Lili Sans-Gêne : Pourtant, d’après les sondages, les enfants qui ont des parents homos sont aussi heureux que les autres et ne se plaignent pas du tout ! Béatrice Bourges : Certes des études ont été réalisées, mais leurs conclusions sont très contradictoires. Les études qui disent qu’il n’y a pas de différence entre les enfants élevés par des couples homosexuels et des couples hétérosexuels ont été effectuées sur de tout petits échantillons, ce sont les parents qui ont répondu et non les enfants, et en plus il s’agissait de parents volontaires. Ces études sont certes réelles, mais elles ne peuvent être considérées comme scientifiques. D’autres études, très nombreuses, disent que les enfants sont beaucoup plus stressés et inquiets quant à leur avenir. D’ailleurs il y en a 40 % de plus parmi eux qui suivent une psychothérapie. Alors non, on ne peut pas dire que ce soit pareil. C’est d’ailleurs bien logique, puisque ce ne peut pas être neutre pour un enfant d’être élevé sans papa ou sans maman. 3 Lili Sans-Gêne : Et que faites-vous de tous ces enfants qui attendent désespérément des familles dans les orphelinats ? Quelle chance pour eux de pouvoir être adoptés : par des couples hétéro ou homo, peu importe ! © Ixene 1 « Si vous vous opposez au droit des homosexuels à avoir des enfants, c’est que vous êtes homophobe » Béatrice Bourges : C’est vrai, c’est bien triste pour un enfant d’être dans un orphelinat. Cela veut dire qu’il a été abandonné ou qu’il est orphelin, et c’est un fardeau bien lourd pour lui. Alors, pour le consoler et essayer de guérir ses blessures, ne mérite-t-il pas d’avoir un papa et une maman ? Va-t-on lui donner une famille hémiplégique dans laquelle il manque un membre essentiel, lui qui a déjà connu le pire ? Et puis, il y a déjà en France 30 000 couples hétérosexuels qui sont en mesure d’adopter et qui attendent avec beaucoup d’impatience de pouvoir le faire, et il n’y a que 5 000 enfants à adopter. Alors, permettons à tous ces enfants d’avoir une famille qui ressemble le plus possible à celle qu’ils ont douloureusement perdue : une famille composée d’un papa et d’une maman. 6 Lili Sans-Gêne : Ouvrez les yeux, regardez autour de vous : il existe déjà de nombreuses familles homoparentales ! Il est donc grand temps de leur donner une existence légale. On ne peut plus nier leur existence. Béatrice Bourges : C’est vrai, il existe des enfants qui sont élevés par des couples de même sexe, 25 000 selon l’INED (l’Institut natio-
  • 7. d’accord pas d’accord © Ixene « C’est dur pour les enfants que les adultes les privent délibérément d’un papa ou d’une maman » Béatrice Bourges Cette femme très engagée dans la société fait partie de La Manif Pour Tous. Elle est l’auteur de L’homoparentalité en question, et l’enfant dans tout ça ? publié aux Éditions du Rocher. nal des études démographique) et non pas 200 000 ou 300 000 comme se plaisent à le dire les associations de parents homosexuels, qui ne se fondent sur aucune statistique sérieuse. Ces enfants, pour l’immense majorité, sont nés de l’union d’un homme et d’une femme. Ils ont donc, tout à fait officiellement, un père et une mère. Ceux-ci se sont séparés et vivent avec une personne de même sexe. Juridiquement, leur situation est identique à celle de tous les enfants de parents séparés. Les autres, très peu nombreux, sont nés d’une insémination artificielle effectuée à l’étranger puisque l’insémination artificielle pour des personnes Il n’est pas trop célibataires est interdite en France. Ces enfants-là ont le même statut que les enfants qui sont élevés par une mère célibataire. Il existe en France une loi qui permet de partager ou de donner la délégation d’autorité parentale à l’adulte qui partage la vie de l’enfant avec son parent. Cette loi est tout à fait suffisante et permet de ne mélanger ni les rôles ni les statuts. 7 Lili Sans-Gêne : Et que faites-vous de la souffrance de tous ces homosexuels qui ne peuvent avoir d’enfant ? Béatrice Bourges : La souffrance d’un adulte qui ne peut avoir d’enfant est terrible, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel. Mais doit-on prendre le risque de créer une souffrance d’enfant pour réparer une souffrance d’adulte  ? Je ne le crois pas. Car il n’y a aucun droit à l’enfant. Il n’y a que le droit de l’en- 7 fant, et ce droit de l’enfant c’est d’avoir un père et une mère. Il faut donc tout faire pour que ce droit soit respecté. a aller plus loin mars 2013 xw L’homoparentalité en question : et l’enfant dans tout ça ? Béatrice Bourges, Éd. du Rocher, 2008 Les lendemains du mariage gay : Vers la fin du mariage ? Quelle place pour les enfants ? Thibaud Collin, Éd. Salvator, 2012 Extrait d’un article publié dans en novembre 2012. tard ! To us au x Ch am ps-E ly sé Es lE 24 m ar s ! libérons la démocratie de la pensée unique ! le projet de loi Taubira ne passera pas ! Toutes les infos pratiques sur www.lamanifpourtous.fr > Connaître votre lieu de rendez-vous > aider les régions les plus lointaines > soutenir l’association
  • 8. 8 L’ENTRETIEN société xw mars 2013 Que dit le droit ? « L’amour n’a rien à faire dans le Code civil » EN CHIFFREs 19 328 élus ont signé l’appel   du Collectif des maires pour l’enfance, pour qu’aucun enfant   ne soit privé délibérément d’un père et d’une mère.  mairespourlenfance.fr Mariage des personnes de même sexe : La controverse juridique Aude Mirkovic   Anne-Marie   Le Pourhiet Droit. Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, revient sur la définition du mariage dans le Code civil. Petit cours de droit. Le mariage civil est-il discriminatoire vis-à-vis des personnes de même sexe ? Le mariage, civil comme religieux, a toujours désigné l’union sexuelle d’un homme et d’une femme et ne se conçoit pas autrement, c’est une question de définition et de sémantique. Il n’y a pas d’égalité entre des situations différentes et le lobby homosexuel s’est toujours fait retoquer sur ce point par la Cour européenne des droits de l’homme et le Conseil constitutionnel. Tout individu majeur, hétérosexuel comme homosexuel, peut se marier, mais avec une personne de sexe opposé puisque c’est la définition même du mariage et son unique objet. L’argument discriminatoire est sans fond, mais aussi sans fin car il pourrait être opposé à toutes les normes qui régissent le mariage. Si un homme aime trois femmes qui l’aiment aussi, on va arguer que l’interdiction de la polygamie « Le mariage tend à stabiliser une union et les obligations qui en découlent, au-delà du sentiment amoureux. » est discriminatoire ; si un frère et une sœur s’aiment, il faudra lever l’interdiction des mariages entre parents ; si des adolescents de 14 ans s’aiment, il faudra supprimer la condition d’âge nubile. L’idée de marier deux hommes ou deux femmes est une absurdité qui défie la raison. À quoi sert le mariage civil ? La finalité du mariage est évidemment d’asseoir la stabilité et la sécurité du couple pour garantir la protection de sa progéniture en définissant les droits et devoirs respectifs du mari et de la femme appelés à devenir père et mère. L’amour, invoqué par les militants homosexuels, n’a rien à faire dans le Code civil. Bien au contraire, l’institution du mariage tend à stabiliser une union et les obligations qui en découlent au-delà du sentiment amoureux, toujours plus ou moins éphémère. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la génération actuelle de « zappeurs » boude le mariage au profit des unions « jetables » comme le Pacs. Qu’est-ce que le mariage civil ? Le mariage civil est à la fois un contrat nécessitant le consentement des époux et une institution puisque les règles qui le régissent sont déterminées unilatéralement par le législateur. L’article 75 du Code civil dispose que l’officier de l’état civil « recevra de chaque partie, l’une après l’autre, la déclaration qu’elles veulent se prendre pour mari et femme » et ce consentement va déclencher l’application à leur union d’un statut législatif auquel ils ne peuvent déroger par convention. a Propos recueillis par Émilie Pourbaix BON dE cOMMANdE Chaque mois, l’essentiel pour votre vie OUI , je souhaite recevoir gratuitement chez moi, et sans engagement ultérieur le prochain numéro de L’1visible. Communiquez-nous votre commande : info@l1visible.com Recevez gratuitement chez vous le prochain N° 01 58 10 75 12 · FRANCIS LALANNE : Le mal peut arriver pour un bien · Psycho : Les thérapies brèves · Carnet de voyage : Notre Dame de Guadalupe · Société : Quelle place pour les plus démunis ? L’1visible 89 boulevard Blanqui 75013 Paris OFFRE GRATUITE ET SANS ENGAGEMENT réservée aux 1000 premières demandes Offre réservée aux particuliers non abonnés Précisez vos coordonnées : Nom : Prénom : Adresse : Code Postal : azzze Ville : Tél : aezezezeze GSM : aezezezeze Email :
  • 9. ils l’ont dit mars 2013 xw 9 Ils l’ont dit « Les gens ont du mal à se nourrir, à se loger, à se chauffer. Est-ce que le mariage homosexuel est vraiment une priorité ? C’est un concept de poudre aux yeux. » © PATRICK KOVARIK/AFP Karl Lagerfeld couturier « Je suis contre le mariage gay, pour la simple raison que, dans les années 60, tout le monde réclamait le droit à la différence. Et maintenant, soudainement, tout le monde veut une vie bourgeoise. Pour moi, c’est très difficile d’imaginer un des pères au travail et l’autre à la maison avec le bébé. Comment l’enfant le vivrait-il ? Je ne sais pas. Je suis violemment contre les mères porteuses, les ventres loués pour que ces messieurs jouent à la poupée. Ça, je déteste. Des enfants sans mères, j’en veux pas ! » « Je ne serai jamais une caricature de quelque chose. Je vis avec la même personne depuis seize ans – Samantha – mais pour rien au monde je n’irais me marier. Si je me mariais, ce serait avec un homme, parce que ça a été fait pour ça. Le mariage c’est une belle institution pour l’homme et la femme, c’est comme ça. » (RTL, mars 2011) Hervé Vilard Compositeur « Je trouve ça épouvantable. Je vous le dis très sincèrement. Je pense qu’un enfant doit avoir un père et une mère. Je trouve ça insupportable. » (RMC / Janv. 2011) © AFP © BERTRAND LANGLOIS/AFP «  Symboliquement, gardons le mariage pour les hétéros. » (Le Parisien, nov. 2012) « Chaque mot a sa signification. Le mariage, c’est le mariage. Ça a été depuis des siècles entre un homme et une femme, dans l’idée de procréation. Pour s’aimer il ne faut pas se marier. Et je suis très mal à l’aise avec le côté parent 1, parent 2. Moi j’avais une maman, un papa. Ça me paraît énorme. » (16 nov. 2012) Geneviève de Fontenay « Je suis contre le mariage gay, parce que le premier mariage, il date d’Adam et Ève. C’est-à-dire l’union d’un homme et d’une femme pour donner la vie. Les homos ne donneront jamais la vie. On n’est pas du tout homophobe, au contraire, mais on devrait trouver un autre nom par exemple « le pariage », ce serait pas mal, ça. (...) L’enfant a besoin d’être materné. La femme fait l’enfant en elle. Elle donne son sang. Elle donne tout. Un homme ne peut pas donner ça. Que de temps en temps ils s’occupent d’un enfant malheureux avec des parents, bien sûr   » (RTL, déc. 2012) ! Dave Chanteur Sylvie Vartan Chanteuse © KENZO TRIBOUILLARD/AFP © FRED DUFOUR/AFP Catherine Lara Chanteuse © MIGUEL MEDINA/AFP « Ma mère pense que les enfants ont besoin d’un père et d’une mère et je suis d’accord avec elle. Pour moi il n’y a rien de pire que d’être élevé par deux papas gays. » Le Comte de Bouderbala comique © JULIEN M. HEKIMIAN / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES/AFP ©KOBAL/THE PICTURE DESK Rupert Everett acteur
  • 10. 10 PSYCHOLOGIE xw mars 2013 Pierre Lévy-Soussan Pédopsychiatre et psychanalyste, il est le plus éminent spécialiste de l’adoption en France. Il est directeur de la première consultation pédopsychiatrique spécialisée dans l’adoption. Parole de sagesse « Écoute, mon fils, l’instruction de ton père, ne méprise pas l’enseignement de ta mère : c’est une couronne de grâce pour ta tête, des colliers pour ton cou » Prov 1, 8-9. Famille. Toutes les situations de vie où l’enfant est en manque d’un père et/ou d’une mère sont source de souffrance et de fragilisation. Que penser du projet de loi sur le « mariage pour tous » qui veut élargir l’adoption aux personnes homosexuelles, et prochainement la PMA  ? U n enfant peut-il indifféremment être élevé par un couple hétérosexuel ou par des personnes homosexuelles  Pour en parler, il est impor? tant de bien différencier la question de l’éducation de celle de la filiation. Sur le plan éducatif, en cas de disparition de ses parents, un enfant peut être « élevé » par un oncle, des grandsparents, etc. : l’éducation peut donc être indépendante d’un lien de filiation, voire même être de qualité, sans lien filiatif du tout avec les adultes. En revanche, l’enfant aura toujours à faire un travail psychologique sur l’absence de père ou de mère, causée par les aléas de la vie. Cela n’est en rien banal  : la souffrance de l’absence de père ou de mère, si elle est surmontable pour certains, n’est pas du tout indifférente à l’enfant. En revanche, sur le plan filiatif – c’est-à-dire du lien que l’enfant crée avec les personnes qui l’ont engendré, soit naturellement, soit par adoption, soit par aide médicale à la procréation – il sera mis dans une double situation  éducative ET filia: tive. La conjonction de la filiation et de l’éducation lui donne ainsi l’occasion de transformer les deux adultes en père et mère et lui en fils ou en fille, venant de l’un et de l’autre sexe. Cette logique filiative dépend du scénario fantasmatique entourant sa naissance et ne peut donc admettre des solutions impossibles à se représenter pour l’enfant, au risque de mettre en danger la cohérence de son origine, de sa venue au monde. Les enfants élevés à temps partiel, ou total, par deux personnes de même sexe, alors qu’il a déjà un père ou une mère et que l’un des deux fait le choix de vivre avec une personne de même sexe – ce qui est le cas de la majorité des situations des familles dites « homoparentales » – ou encore l’adoption par un ou une célibataire, qui ensuite vit avec une personne de même sexe, font face à une situation sociale et psychologique sans doute beaucoup plus complexe mais, sur le plan de la filiation, les repères de l’enfant restent, à ce jour, clairs  il a : un seul père et/ou une seule mère. Il en serait tout autrement si l’on abandonnait la conception naturelle comme base filiative de notre société, au profit de la volonté des adultes, sans référence au sexe  comment un : enfant pourra-t-il imaginer une naissance qui ne repose plus sur la même base naturelle que tous les autres enfants du monde  ? Adoption Concernant l’adoption en ellemême, elle est, et a toujours été, un montage juridique pour fabriquer une filiation à l’imitation de la nature, vraisemblable pour l’enfant et pour le père et la mère. La force de cette filiation est de dépasser les liens du sang, la couleur de la peau, et sa fragilité, de dépendre de la capacité des adultes et de l’enfant à faire « comme si » il venait d’eux. C’est la réussite de cette logique fantasmatique en adéquation avec la filiation propre à la naissance qui permet à chacun de transformer l’autre en père, mère, fils, fille. Actuellement l’expression « adoption par les couples homosexuels » ne veut rien dire, car elle n’existe pas ou est inexacte, puisqu’un seul des deux est le père ou la mère, par Lexique © dr « Homoparentalité » : et l’enfant dans tout ça ? Livret de famille À partir du moment où il y a rupture de la filiation dans ses bases biologiques, on ne pourra plus que falsifier la naissance et donc proposer non seulement un livret de famille factice mais un acte de naissance impossible puisqu’on ne dira jamais à un enfant qu’il est né de deux papas ou de deux mamans, donc on va falsifier sa naissance. L’enfant aura des « parents » et non un père et une mère : il sera plus fragile psychiquement et risque de rejoindre les errants en mal d’origine biologique ou en recherche d’inatteignable père ou mère. adoption en tant que célibataire. Dans ce cas tout dépend de la clarté des repères filiatifs de chacun : s’il n’y a dans la tête de chacun qu’un père et son ami ou qu’une mère et sa copine, cela est pensable, donc possible pour un enfant. Cela sera plus difficile pour lui que pour les autres enfants, car sa situation n’est pas commune. Mais il peut penser l’absence de père ou de mère, la place reste vacante psychiquement et légalement. Il devra dépasser cette absence, ce qui peut le rendre plus fragile comme tous les enfants à qui il manque un père ou une mère, mais cela n’est pas totalement impossible. Les enfants que je vois
  • 11. PSYCHOLOGIE mars 2013 xw 11 ©Mario Lallich-Getty images Dire à un enfant : « Nous sommes tes deux papas » ou « tes deux mamans » est un non-sens pour lui. dans cette situation ont des difficultés, mais elles sont encore surmontables grâce à la clarté des repères filiatifs du parent et de son ou sa conjointe. En revanche si, dans cette même situation, ils se disent, et disent à l’enfant : « Nous sommes tes deux papas ou tes deux mamans », là on bascule dans le non-sens pour l’enfant, car il sait bien que c’est impossible : on n’a naturellement qu’un seul père et une seule mère. C’est pour cela que le terme « homoparentalité » est un vrai cas de novlangue digne du livre 1984 de Georges Orwell. AMP Ouvrir l’aide médicale à la procréation (AMP) aux couples de femmes, voire aux femmes seules, ce serait priver délibérément un enfant d’un père, donc d’un couple père et mère, dont justement il a plus besoin qu’un autre enfant en raison de la dissociation biologique dont il est la résultante. C’est le droit de tous les enfants d’avoir une renaissance crédible au sein d’une famille avec un père et une mère. Les enfants issus d’AMP avec insémination artificielle avec donneur (IAD) en ont encore plus besoin que les autres, car leur origine est dissociée : conception (en laboratoire) sans référence à la sexualité, gamètes (don de sperme), ovocytes (l’une ou l’autre femme), accouchement (de l’une ou l’autre femme). Au nom de quelle « modernité » réalisable sur le plan technique, les priverait-on de la moitié de leur construction psychique en référence à leur père, ou bien encore les projetterait-on dans une origine impossible : de deux hommes ou de deux femmes, donc une filiation invraisemblable ? Par ailleurs, il y aura une discrimination pour les couples hétérosexuels infertiles : ils devront continuer à prouver leur infertilité pour avoir accès à l’AMP, mais pas les couples homosexuels. Enfin, l’ouverture de l’AMP aux femmes sans homme répondrait à un désir très ancien et jamais aussi présent : se passer enfin de la sexualité pour « avoir un enfant ». Les femmes qui accéderaient à la maternité de cette façon évacueraient la question du père de l’enfant : elle ne se posera pas. « Celui qui promettra à l’humanité de la délivrer de l’embarrassante sujétion sexuelle, quelque sottise qu’il choisisse de dire, sera considéré comme un héros », a dit Freud, en 1914… a Propos recueillis par Émilie Pourbaix aller plus loin Comment un enfant pourra-t-il imaginer une naissance qui ne repose plus sur la même base naturelle que tous les autres enfants du monde ? Destins de l’adoption Pierre Lévy-Soussan, Fayard, 2010 L’homoparentalité en question : Et l’enfant dans tout ça ? Béatrice Bourges, Éditions du Rocher, 2008 les lendemains du mariage gay, Thibaud Colin, Salvator, 2012 Je veux papa et maman, Christian Flavigny, Salvator, 2012
  • 12. 12 Psychologie xw mars 2013 3 clés pour Bien comprendre le débat 1 Faire attention aux études publiées sur ce sujet. Le lobby LGBT répand l’idée que, selon leurs études, les enfants élevés au sein de familles homo vont aussi bien que les autres. C’est en partie inexact, les enfants ne vont pas si bien que cela et il a fallu attendre des études en dehors de tout contexte militant pour que cela se sache. Dans les études des vingt dernières années, les différences sont minimisées voire considérées comme inexistantes. L’absence de crédibilité de ces « études » vient du caractère absolument unilatéral des conclusions : dogme du « no difference ». La plupart de ces études cherchaient des symptômes visibles, psychiatriques : aucune n’était faite sur le ressenti de l’enfant. Pire, interrogé par ses propres parents, il devait correspondre à leurs attentes : syndrome de l’enfant parfait quand il est interrogé, comme si on lui faisait porter la responsabilité de valider les choix sexuels des parents en « allant bien ». Par ailleurs, il n’existait aucune étude sur une situation « homofiliative » (deux mères, deux pères) : les études étaient toujours sur des situations « homoéducatives », dans lesquelles l’enfant vivait plus ou moins à temps partiel, avec une filiation classique à sa base (il avait un père et une mère). Seule une étude récente, réalisée dans des conditions non militantes, évitant le biais de recrutement par une coupe transversale dans une population de familles tirées au hasard, montre que le modèle familial reposant sur l’« union conjugale stable du père et de la mère biologiques demeure l’environnement le plus sécurisé pour le développement de l’enfant ». Au mieux ces études incitent à la plus grande prudence dans des situations « à risques » – et l’adoption en est aussi une, et ici à double titre – et à ne pas faire reposer de nouvelles lois sur leurs résultats. 2 Regarder ce que dit la loi. La loi protège déjà ces familles avec des parents homosexuels. Tous les outils juridiques existent pour la majorité des situations existantes ou à venir qui n’auraient pas besoin de changement de lois, mais de légers ajustements  délégation-partage de l’autorité parentale, : réunion du conseil de famille pour l’avenir de l’enfant en cas de décès du parent, engagement devant notaire à des fins testamentaires. Ce projet de loi n’est pas fait pour « protéger ces familles », mais pour changer radicalement de modèle familial et de naissance. La perspective d’une prochaine loi sur l’aide médicale à la procréation dévoile ce qui était clairement l’enjeu dès le départ  le droit à un enfant. : 3 La question du « droit à l’enfant ». Jusqu’à maintenant ni la loi ni la jurisprudence n’admettent qu’il y ait droit à l’enfant, et c’est du point de vue des intérêts de l’enfant que le législateur et les tribunaux se sont toujours placés. En retirant l’opérateur symbolique de la naissance de l’un et de l’autre sexe, on ouvre la porte au supermarché aux enfants, via l’AMP. Cette loi est le cheval de Troie permettant de briser la forteresse médicale protégeant l’accès à l’AMP, et la forteresse juridique interdisant les mères porteuses. Les outils juridiques seront déjà là : une filiation détachée de la procréation reposant sur la volonté parentale, construite sur les cendres de l’adoption plénière et de la filiation charnelle. Filiation unisexe, sans sexe, pour tous. a Les porte-parole de Les associations la Manif Pour Tous co-organisatrices de la Manif Frigide Barjot Pour l’Humanité Durable Xavier Bongibault Plus Gay Sans Mariage Laurence Tcheng La Gauche Pour Le Mariage Républicain Tugdual Derville Alliance VITA Camel Bechikh Fils de France Philippe Brillault Maire du Chesnay Lionel Lumbroso David & Eugenia Collectif pour l’Humanité durable Plus Gay sans mariage La Gauche pour le Mariage républicain David et Eugena Fils de France Collectif des Maires pour l’Enfance Dialogue et Humanisme Les Adoptés Homovox Alliance pour un Nouveau Féminisme Européen Collectif « Tous pour le mariage » Collectif pour l’Enfant Appel des Professionnels de l’Enfance L’1visible Ce numéro hors-série de L’1visible est édité par Prodeo est édité par PRODEO 89, boulevard Blanqui - 75013 Paris SAS au capital de 402 904 euros Tel : 01 58 10 75 12 - Fax : 01 58 10 75 25 www.l1visible.com Directeur de la publication et pédiatres pour Mouvement Mondial • Henry Huyghues Despointes l’enfance des Mères France Rédaction Enfants du Mékong Alliance VITA Émilie Pourbaix, Hubert de Torcy Frigide Barjot, Tugdual Derville, Juristes pour l’enfance Confédération Béatrice Bourges, Marie-Noëlle Tranchant, Louise Dubreuil Fédération nationale Nationale de la médaille des Associations Direction artistique • Christophe Roger Familiales Catholiques de la famille française Maquette La Marche Comité Protestant • Exeterra solidaire – Lyon Évangélique pour Crédits photos couverture En marche la Dignité Humaine Photo principale : LMPT Entretien : Fontblanc - Figarophoto pour l’enfance Le Cler amour et Psy : Christian Schwier - Fotolia.com Enfance famille Débat : Marc Brown-Getty Images équilibre Cosette & Gavroche Fabrication • Dieudonné de Lavenne 75 12 Familles de France Le Parti des enfants Impression Familles Méditerranée du Monde •  oto Champagne R Chrétiens de gauche Conseil National 52 000 Chaumont Dépôt légal : à parution SOS Papa National Identité Républicaine Fédération nationale Merci aux milliers de bénévoles de tous âges des et de toute la France, qui se mobilisent et se battent Associations depuis des mois contre la loi sur le mariage Familiales et l’adoption pour les personnes de même sexe. Protestantes Restons unis pour défendre la famille et les enfants  ! Médecins
  • 13. Les consignes du manifestant ❶ Pacifique ❼ Dress code La Manif Pour Tous est une manifestation pacifique. Aucune forme de violence n’est tolérée. En cas de contre-manifestation, ne répondons pas aux provocations, sinon par de grands sourires. Venez habillés aux couleurs de La Manif Pour Tous  bleu, blanc, : rose. Des sweats sont vendus à cet effet. Les membres de la société civile sont invités à défiler en tenue  : juristes en robe, religieux en habit, médecins en blouse blanche et stéthoscopes, pharmaciens avec caducée et Tranxène, psy et intellos avec lunettes, pompiers avec casque rutilant, RG en jeans. ❷ Kiss-in Des « pro-mariage homo » ne manqueront pas d’é-gay-er le parcours avec des animations gratuites et originales. En cas de kiss-in : ne huez pas, souriez et embrassez votre mari ! Scandez et brandissez des panneaux : « Nous aussi, on vous aime ! » et « S’embrasser, c’est pas s’marier ! » ❽ Accessoires : Code civil en main, sifflet et gros billets pour la quête. © BRUNOR ❾ Tracts et affiches ❸ Médias Si vous êtes interrogés n’hésitez pas à relire la page 11 et l’objectif de La Manif Pour Tous : Nous sommes attachés au mariage républicain et souhaitons le retrait du projet de loi « Mariage pour tous ». N’hésitez pas à renvoyer les journalistes vers les porte-parole formés et entraînés pour répondre aux médias. ❹ Slogans ➎ Politique ❻ Femen Suivez les consignes des volontaires ou des services de sécurité. Reprenez les slogans annoncés au podium. Tout slogan de nature politique ou mettant en cause des personnes est proscrit. Aucune formation politique ne fait partie du collectif mais les élus de la nation, maires et adjoints, officiers de l’état civil et gardiens du mariage républicain sont chaleureusement invités à défiler ceints de leur écharpe tricolore. En cas d’irruption des Femen en petite tenue, protégez vos enfants des fumigènes avec des couvertures. Offrezleur vos manteaux : un coup de froid est si vite arrivé ! Restez souriants devant les invectives, tendez l’autre joue, calmez les énervements, cherchez la discussion et, à défaut, les forces de l’ordre. Les associations défilent sans afficher leur logo propre. Les organisateurs de La Manif Pour Tous se réservent le droit de demander le retrait de toute pancarte, banderole ou drapeau allant à l’encontre de l’esprit et des objectifs de la manifestation. Afin d’éviter toute confusion, la diffusion de tracts autres que ceux de La Manif Pour Tous est interdite.
  • 14. 14 d’accord pas d’accord xw mars 2013 Légaliser insémination et mères porteuses ? 1 Lili Sans-Gêne : Je suis pour la PMA pour les femmes homosexuelles ou les mères porteuses pour les hommes homosexuels : s’ils s’aiment et qu’ils ont un si grand désir d’avoir un enfant ensemble, je ne vois pas au nom de quoi on leur interdirait de le faire, puisque les progrès de la science rendent cela possible ? Peut-on leur refuser le bonheur d’avoir un enfant, sous prétexte que leur mode de vie est différent ? Tugdual Derville : C’est beau de vouloir engendrer, mais ça ne se fait pas n’importe comment. Tu sais bien que chacun de nous reste conçu de la complémentarité entre un homme et une femme. Cette loi biologique rend la procréation homosexuelle impossible. N’est-ce pas parce que paternité et maternité sont précieuses ? Faut-il changer la nature ? Est-elle si mal faite ? Bien sûr, il faut entendre le désir des adultes, mais c’est en premier le droit et l’intérêt des enfants – la personne la plus faible de la société – qu’il faut respecter. Peut-on les fabriquer comme des objets ? Peut-on délibérément les priver de leur père ou de leur mère ? Ne faut-il pas leur offrir ce qu’ils peuvent espérer de mieux : un papa et une maman ? 2 Lili Sans-Gêne : J’ai bien aimé ce qu’a dit Élisabeth Badinter : « Quand on voit la somme de malheurs, de névroses, de douleurs que peut engendrer la famille hétérosexuelle, au nom de quoi une famille homoparentale serait-elle pire ? » Les hétéros ne sont pas de meilleurs parents que les homos ! Tugdual Derville : Cette approche est biaisée. Il ne s’agit pas de savoir qui est meilleur éducateur, mais si on a le droit de priver un enfant de son père ou de sa mère. J’accompagne des familles en difficulté, et c’est vrai qu’aucun parent n’est parfait. Il y a aussi des familles monoparentales, où l’un des deux parents manque, ce qui n’est jamais facile. Mais ces souffrances familiales ne disent pas que père et mère sont interchangeables. Bien au contraire. Un système qui prive délibérément l’enfant de l’un ou l’autre est injuste. 3 Lili Sans-Gêne : C’est très hypocrite de refuser la PMA aux lesbiennes : de toute façon, elles vont à l’étranger pour le faire, en Belgique, en Espagne, au PaysBas... Autant leur permettre de le faire en France, ce serait plus juste, puisque les couples hétéros peuvent le faire, eux. « Si des homos s’aiment et veulent avoir un enfant ensemble, au nom de quoi on leur interdirait de le faire ? » © Ixene Débat. Après la légalisation du « mariage » et de l’adoption pour les personnes de même sexe, la question de la Procréation médicalement assistée (PMA), et des mères porteuses est dans les esprits. Faut-il les légaliser  Sont-ils une évolution naturelle de la famille  Débat entre Lili Sans-Gêne et Tugdual Derville. ? ? Lili Sans-Gêne Cette journaliste s’est toujours intéressée aux questions religieuses. Elle a lu la Bible. Elle pose sans complexe les questions que beaucoup n’osent pas poser. Tugdual Derville : Ce n’est pas parce qu’une transgression est possible à l’étranger que la France, pays des droits de l’Homme, doit la légaliser… Sinon, il faut le faire pour le cannabis, la prostitution, la peine de mort etc. Il y a surtout une grosse différence entre la PMA pour les couples hommes-femmes qui souffrent d’infertilité (qui n’est d’ailleurs jamais une démarche anodine pour le couple et pour l’enfant) et l’insémination artificielle avec donneur anonyme de sperme pour deux femmes : dans ce second cas, on fabrique carrément des enfants privés de père. Sais-tu que des personnes nées de de donneurs anonymes ont protesté parce qu’elles en souffrent ? 4 Lili Sans-Gêne : Légaliser les mères porteuses pour les hommes est une autre urgence. En effet, les enfants déjà nés par Gestation pour autrui (GPA) à l’étranger n’ont pas d’état civil français et ne sont pas inscrits sur le livret de famille de leurs parents. C’est honteux. Et hypocrite : surtout, n’offrons pas de cadre légal à ces enfants, comme ça la morale sera sauve... Tugdual Derville : Tu sais, je trouve plutôt injuste que des hommes s’autorisent à transgresser notre loi bioéthique qui veut protéger de la GPA les enfants et les femmes. Ils vont dans des pays ultra-libéraux ou pauvres pour louer un utérus. À partir de banques d’ovocytes, ils font
  • 15. d’accord pas d’accord fabriquer des bébés qu’ils coupent (légalement) de leur mère et ramènent en France. Puis ils s’y posent en victimes ! Comme Axel Kahn (le grand généticien), je pense que la protection de ces enfants devrait passer par une sanction pour les adultes qui ont manipulé ces procréations. 5 Lili Sans-Gêne : L’accouchement sous X, légal en France, est déjà une GPA déguisée puisque la mère mène sa grossesse à terme tout en sachant qu’elle va abandonner son enfant, sans savoir ce qu’il va devenir... Au moins, quand tu es mère porteuse, tu sais que l’enfant que tu portes sera entouré d’amour. Tugdual Derville : Attention à la confusion ! Dans le cas de l’accouchement sous X, une femme enceinte en détresse choisit de confier son bébé à l’adoption. Gratuitement, pour qu’il ait une famille, parce qu’elle se sent en danger, ou en grande difficulté pour l’élever. Dans le cas de la GPA, l’abandon du bébé est programmé avant même sa conception, par contrat, contre rémunération ou dédommagement. Les féministes ont raison de contester l’instrumentalisation du corps de la femme. 6 Lili Sans-Gêne : Mais la GPA, c’est comme confier un bébé à une nounou. Elle le garde au chaud pendant neuf mois puis elle le donne aux parents, rien de plus. Pour le bébé, ce n’est pas pire que s’il avait été adopté... Tugdual Derville : Comment peuxtu promettre par avance d’abandonner l’enfant que tu auras porté pendant neuf mois ? Avec la nécessité de « ne pas t’y attacher », ou d’avorter s’il est malformé... Nous connaissons de mieux en mieux les interactions qui relient le fœtus à celle qui le porte. Elles sont essentielles pour toute la vie. On aura beau donner à l’enfant de jolies explications, il saura un jour qu’on l’a privé délibérément de sa maman, contre de l’argent ! Quant à l’adoption, elle n’est jamais une réalité facile... Et elle doit aussi obéir à des exigences éthiques. Tugdual Derville : Quelle violence de savoir que des femmes pauvres se louent à des hommes pour survivre ! Car le corps n’est ni un objet, ni une machine : nous sommes notre corps. La loi française en a déduit un principe d’inaliénabilité ou de nonmarchandisation. Contrairement à un objet, un corps n’a pas de prix. Je ne peux pas le vendre en pièces détachées. J’ai le droit de conduire ma voiture neuve à la casse pour la faire couper en rondelles décoratives ! Mais ni le corps de mon enfant, ni le mien. Car ni l’un ni l’autre ne m’appartiennent. La sexualité elle aussi est attachée à la dignité intime du corps humain. C’est pourquoi le viol est un crime très grave. La France reste donc inscrite dans le courant abolitionniste en matière de prostitution : il la considère comme une forme d’aliénation voire d’esclavage… 7 8 Lili Sans-Gêne : Et finalement, pourquoi limiter la possibilité de disposer de son corps comme on le souhaite ? Si j’ai envie de louer mon corps pour des services sexuels c’est mon droit, tout comme j’ai le droit de le faire gratuitement. Je ne vois pas en quoi être mère porteuse serait « Peut-on délibérément priver les enfants de leur père ou de leur mère ? » © Ixene pire. Ces femmes seraient protégées par la loi. Peut-être vaut-il mieux être mère porteuse que de vivre dans la rue… Lili Sans-Gêne : Parenté et filiation n’ont rien de naturel aujourd’hui. Ce ne sont pas les liens génétiques mais la manifestation de la volonté d’être parent, l’engagement irrévocable, et la réalité d’une vie de famille qui font qu’une personne devient un parent. Laissons le droit aux gens d’être parents techniquement, quand ils ne peuvent pas l’être naturellement. HORS-SÉRIE l1visible.com ACTUALITÉ-S PIRITUALIT « Mariage pour tous » Contre le projet de loi Femme Pour le mariage Homme/ (Père – Mère – Enfant) Pour la filiation PME la PMA Contre l’extension de ENTRETIEN Laurence Avec Frigide, et Xavier PAGE 2 CARNET DE VOYAGE Débat sur l’homoparentalité PAGES 6-7 Les 7 raisons de se mobiliser L’INTERVIEW DU PSY Il a fondé en 1986 A Bras Ouverts, qui accueille des enfants et des jeunes porteurs de handicaps. Depuis 1994, il est délégué général d’Alliance VITA. L’association agit pour le respect de la vie et de la dignité humaine. Dans ce cadre, il a développé des services d’aide et d’écoute : sosbebe.org et sosfindevie.org. Il intervient régulièrement dans le débat médiatique. Ne pas jeter sur la voie publique. Pierre Lévy-Soussan Tugdual Derville I E - C U LT U R E É-PSYCHOLOG RETROUVEZ-N Tous aux Champs-Élysées le 24 mars ! PAGE 11 15 Tugdual Derville : Hé ! Il y a tout de même dans notre pays 75 % des enfants qui vivent avec leurs deux parents. C’est encore la meilleure situation possible, la plus simple et la plus naturelle. La filiation adoptive est magnifique pour donner une famille à un enfant, mais ce n’est pas la norme. Et puis surtout, être parent n’est pas d’abord une question de volonté. C’est un consentement à ce qui est, un accueil de la vie, qui porte aussi sa part de mystère. Sinon pourquoi pas aussi trois ou quatre parents ? C’est justement parce qu’être parent ne dépend pas exclusivement de la volonté des adultes que les êtres humains « naissent libres et égaux en droit ». L’enfant n’étant ni un projet, ni un objet maîtrisable, parents et enfants partagent ainsi la même dignité humaine. a aller plus loin mars 2013 xw Un bébé mais pas à tout prix : les dessous de la médecine de la reproduction Brigitte Fanny-Cohen, Poche Né de spermatozoide inconnu Arthur Kermavelsen, Presses de la Renaissance A la poursuite de l’enfant parfait : l’avenir de la procréation humaine Benoît Bayle, Robert Laffont Commandez ce hors-série spécial Manif pour tous par lots de 100 ex pour distribuer autour de vous. PAGE 10 . l1visibl RE SITE www OUS SUR NOT e.com 40 euros TTC par lot de 100 ex, port Colissimo compris A commander sur : www.librairie-emmanuel.fr
  • 16. 16 Les 7 raisons de se mobiliser xw mars 2013 1 2 3  L’égalité entre adultes est aujourd’hui respectée Il est faux de dire que la situation actuelle ne respecte pas l’égalité entre les personnes. Le principe d’égalité impose de traiter de la même façon deux situations identiques. Mais il n’y a pas de discrimination si les deux situations sont différentes. Et le mariage n’est pas un acte de reconnaissance de l’amour entre deux personnes.  L’égalité entre enfants sera compromise Les rares enfants qui auront deux pères ou deux mères subiront une discrimination injuste par rapport à l’immense majorité qui aura un père et une mère. Tout être humain est conçu d’un homme et d’une femme : l’intérêt supérieur de l’enfant est de connaître ses origines et de pouvoir vivre avec ses parents. Inégalité des chances dans la construction psychologique de l’enfant : Deux pères ne remplaceront jamais une mère, et deux mères ne remplaceront jamais un père. Le principe de précaution devrait s’imposer dans ce domaine.  nouvelle définition du mariage La va pénaliser les couples actuels La législation française va être profondément remaniée : 184 passages modifiés, dans environ 150 articles de loi. La suppression dans le Code civil des mentions « père » et « mère », et le remplacement quasi-systématique par le mot « parents », en est l’exemple le plus frappant. Un grand nombre de documents officiels et de formulaires administratifs devront être modifiés. À l’heure où l’exigence de parité homme/femme s’impose à tous les niveaux de la société, il est incohérent qu’elle soit niée là où elle est le plus incontestable et le plus nécessaire. 4  droit « à » l’enfant l’emportera Le sur les droits « de » l’enfant La liberté des adultes homosexuels « d’obtenir » un enfant (par PMA, adoption, etc.) doit être mise en balance avec la liberté des enfants et leur droit de naître et d’être élevé dans les meilleures conditions possibles pour eux. L’intérêt de l’enfant doit passer avant l’intérêt de l’adulte, parce que l’enfant est le plus fragile et le plus dépendant. Il n’existe pas de droit « à » l’enfant, mais des droits « de » l’enfant : l’enfant n’est pas un objet que l’on peut acquérir pour combler un manque ou revendiquer la liberté de fonder une famille. 5  L’intérêt général sera négligé au profit d’une toute petite minorité Les couples composés de deux personnes de même sexe sont très minoritaires : en 2010, 9 000 d’entre eux ont signé un PACS (soit 4 % du total des PACS). On peut estimer à quelques milliers seulement ceux qui souhaiteront se marier, de l’ordre de 2 % du total des mariages si la proportion est la même qu’en Espagne. Les enfants élevés au sein d’une famille homoparentale seraient entre 24 000 et 40 000, selon l’INED, soit environ 0,2 % du total des enfants mineurs. La plupart de ces enfants sont nés dans des familles « classiques » et ont un père et une mère. Est-il légitime de bouleverser le Code civil et l’institution du mariage, qui concerne plus de 23 millions de personnes aujourd’hui, pour satisfaire les revendications de quelques milliers de personnes ? 6 7  Les familles actuelles en attente d’adoption seront pénalisées Il y a beaucoup moins d’enfants à adopter que de familles prêtes à les accueillir. Si l’adoption est autorisée pour les couples de même sexe, il est de notoriété publique qu’il n’y aura pratiquement aucun enfant « disponible » pour ces couples.  n’est pas nécessaire de changer le Code civil pour proIl téger les enfants élevés par des personnes de même sexe Il est faux de dire que les enfants de « familles homoparentales » vivent dans l’insécurité juridique. Les solutions légales existent déjà (délégation partage de l’autorité parentale et tutelle testamentaire, notamment).