Epidemiologie et partage_des_bases_de_donnees

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  • 1. EPIDEMIOLOGIE ET PARTAGEDES BASES DE DONNEES Le point de vue d’Yves Charpak, Médecin Santé Publique, EvaluateurLes données de santé sont indispensables à la définition des popula- « Je ne parlerai que de l’épidémiologietions pouvant bénéficier des produits de santé ainsi qu’à l’évaluation du médicament et des technologiesde leur utilisation et de leur impact en situation réelle. Pour les pou- de santé : il y a des pays tradition-voirs publics, une telle base de données informe avec précision sur nellement plus attachés que lal’état de santé de la population, la fréquence des maladies. C’est France à produire des donnéeségalement un instrument de gestion prévisionnelle des dépenses de factuelles, de population, parsanté. Pour les laboratoires, cette base permet de connaitre l’étendue opposition à des positions françai-d’une population de patients, de mesurer l’impact de la mise à dispo- ses plus « idéologiques » ou baséesition d’une nouvelle molécule dans la vraie vie et d’obtenir une sur l’expertise médicale : les USA,estimation de son efficacité (son rapport bénéfices/risques). Enfin, la la Grande Bretagne, le Canada ontcommunauté médicale comme les laboratoires pharmaceutiques ou disposé très tôt de bases de don-encore la Haute Autorité de Santé ont besoin daccéder à des informa- nées populationnelles. Mais lations fiables sur un grand nombre de patients, des cohortes, pour France commence à disposersuivre les effets dun médicament après sa commercialisation, connai- d’outils épidémiologiques asseztre les habitudes de prescription ou encore mettre en place des divers et potentiellement perfor-actions de prévention. mants. Ce qui pêche encore souvent est leur ouverture àDes outils épidémiologiques existent dors et déjà mais restent épar- l’ensemble des acteurs intéressés,pillés et difficiles daccès, donc peu exploitables pour certaines études. là encore pour des raisons assezLa mise en place dune cohorte de grande taille, à partir dune base de idéologiques : pour empêcher desdonnées créée en médecine générale, représente un outil majeur pour utilisations abusives delacquisition de données de pharmaco-épidémiologie de terrain. Une l’information, on interdit l’accèsfois ces grandes cohortes constituées, les caractéristiques de milliers plutôt que de réglementer plusvoire millions de personnes sont étudiées sur de longues années et sévèrement les abus voire simple-entrent dans des bases de données élaborées. Elles peuvent permet- ment d’appliquer les règles et loistre de répondre à des questions sur tout un panel de pathologies : existantes.maladie dAlzheimer, hypertension artérielle, ou encore diabète. La capitalisation de convergencesDisposer dun tel outil représenterait également, pour les acteurs de d’objectifs pour l’information,santé des secteurs publics et privés, un important facteur dattractivité même venant de partenaires ayantpour le territoire national, la France accusant à ce jour un déficit éventuellement des intérêts diver-certain dans ce domaine en dépit de lexistence de données nombreu- gents, en particulier financiers,ses mais actuellement non disponibles pour ces objectifs détudes. devraient être favorisée : les moyens nécessaires sont impor-Cette position, commune à lensemble des industries de santé, a été tants ; la duplication des travaux asoulignée à loccasion du Conseil Stratégique des Industries de Santé non seulement un coût mais des(CSIS) qui sest tenu en 2009, sous légide de la présidence de la conséquences techniques sur laRépublique, dans le cadre dune mesure globale visant à développer qualité de la production, dès lorslépidémiologie en France. Le CSIS a clairement identifié la nécessité que plusieurs circuits de collectesde développer en France des outils performants en matière dépidé- d’information vont se croiser, voire semiologie et a décidé plusieurs actions. Lune dentre elles est la mise télescoper. Les risques d’informationsen place dun portail « Epidémiologie France »1 par les pouvoirs contradictoires seront multipliés parpublics sous légide dAVIESAN, lAlliance nationale pour les sciences des projets multiples à objectifsde la vie et de la santé. similaires, avec inévitablement une crédibilité diminuée de l’expertise apportée ».! "Site du Portail Epidémiologie – France : http://epidemio-france.org/" L I R - 112, avenue Kléber – 75!784 Paris cedex 16 - Tél.!: + 33 (0) 1 47 55 74 08 – Fax!: + 33 (0) 1 47 55 74 09 - www.lir.asso.fr
  • 2. Questions à Anne-Françoise Gaudin, Bristol-Myers Squibb, Des actions concrètes en 2010directeur Economics & Outcomes Research, Devant la nécessité de déployer enQuel impact pouvons-nous attendre des projets de grandes bases de France des outils performants endonnées de médecine générale ? épidémiologie, les Laboratoires duLes bases de données existantes ne permettent pas aujourd’hui de LIR ont décidé de financer desrépondre à toutes les questions que l’on se pose concernant les projets de création de bases denouveaux médicaments, notamment leur usage, leur efficacité en vie données pharmaco-épidémiologiquesréelle et leurs effets secondaires. Or la surveillance des médicaments en médecine générale aux côtéaprès leur mise sur le marché est un véritable enjeu de santé publi- déquipes de recherche hospitaliè-que. La mise en place de grandes bases de données populationnelles res. Un des premiers projetspermettrait de recueillir et d’analyser des données de pharmaco soutenus par les Laboratoires duépidémiologie de terrain et serait donc un outil majeur d’évaluation LIR est celui de Nicholas Moore, dudes médicaments en conditions réelles d’utilisation. Elles permettront CHU de Bordeaux. Les laboratoireségalement de mieux définir les populations cibles du médicament. pharmaceutiques – outre un finan- cement complémentaire de 2Combien de temps faut-il pour construire des bases de données utiles ? millions deuros sur trois ans – apporteront léquipe académiqueIl faut à mon avis un minimum de 3 ans pour disposer d’un outil qui des outils de logistiques (collectetourne bien. Mais ceci demande au préalable d’être tout-à-fait clair sur déchantillons biologiques...) et desun certain nombre de points comme les objectifs, le montage, le moyens humains. Ces projets ont lamode de gouvernance, le niveau d’exigence de collecte et d’accès, les volonté de sinscrire dans la durée,priorités données. Par ailleurs ces bases de données n’ont d’intérêt avec une exigence de collecte etque si elles s’inscrivent dans une perspective de pérennité afin de daccès établie à léchelle nationale.disposer de suivi de cohortes sur plusieurs années.La France est-elle en retard en épidémiologie par rapport à dautrespays étrangers ?Beaucoup de pays européens ont mis en place de grandes bases dedonnées (Royaume-Uni avec GPRD, pays nordiques...) avec une volon-té aujourd’hui au niveau européen de créer des réseaux (commePROTECT par exemple). En France, nous ne pouvons pas pour l’instantcontribuer à de tels réseaux car nous ne disposons pas de bases com- Pour aller plus loin :parables aux autres pays européens en termes de données de santéindividuelles. Aussi disposer d’un tel outil donnerait d’avantage de Retrouver l’appel d’offres de l’ANRvisibilité à l’épidémiologie en France et nous permettrait de nous inté-grer dans ces réseaux et de participer aux études européennes. http://www.agence-nationale- recher-Les partenariats publics-privés sont-ils à privilégier dans la construc- che.fr/investissementsdavenir/AAP-tion de ces bases de données ? COHORTES-2010.htmlCes partenariats peuvent effectivement permettre de concilier lesexigences des régulateurs et les besoins des industriels. La volonté de Télécharger le dossier du CSISpartenariat en épidémiologie s’est notamment traduite en 2010 par la d’octobre 2009mise en œuvre du projet de « Portail Epidémiologie » (10e mesure du http://www.gouvernement.fr/gouveCSIS d’octobre 2009) et la mise en place de l’appel d’offres « TGIR- rnement/les-biotechnologies-au-Grandes cohortes en santé ». Par rapport à la construction des bases coeur-du-conseil-strategique-des-de données, les partenariats doivent cependant être bien encadrés avec industries-de-santela mise en place d’une gouvernance, une charte d’accès aux données etune définition claire des contributions respectives.L I R - 112, avenue Kléber – 75!784 Paris cedex 16 - Tél.!: + 33 (0) 1 47 55 74 08 – Fax!: + 33 (0) 1 47 55 74 09 - www.lir.asso.fr