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Note de conjoncture de l'Insee - décembre 2013
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Note de conjoncture de l'Insee - décembre 2013

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  • 1. INSEE CONJONCTURE NOTE DE CONJONCTURE SOUS EMBARGO JUSQU'AU 19 DÉCEMBRE 2013 A 22H00 REPRISE POUSSIVE DÉCEMBRE 2013
  • 2. NOTE DE CONJONCTURE Décembre 2013 © Insee 2013 Institut national de la statistique et des études économiques Directeur général : Jean-Luc Tavernier Direction générale : 18 boulevard Adolphe Pinard - 75 675 PARIS Cedex 14 Téléphone : 01.41.17.50.50 / Télécopie : 01.41.17.66.66 Adresse internet : http://www.insee.fr
  • 3. ■ Directeur de la publication Jean-Luc Tavernier ■ Rédacteurs en chef Cédric Audenis Laurent Clavel Bruno Quille Camille Sutter ■ Contributeurs Les Notes de conjoncture ainsi qu’un lexique « Les mots de la conjoncture » sont disponibles dès leur parution sur le serveur internet de l’Insee dans la rubrique Conjoncture - Analyse de la conjoncture à l’adresse : www.insee.fr. Vincent Alhenc-Gelas José Bardaji Cyprien Bechler Jean-Baptiste Bernard Grégoire Borey Stéphane Boucher Jocelyn Boussard Guillaume Chanteloup Étienne Chantrel Véronique Cordey Julie Djiriguian Jean-François Eudeline Yaëlle Gorin Julie Goussen Nicolas Lagarde Claire Lelarge Gildas Lamé Matthieu Lequien Kevin Milin Allaoui Mirghane Alexis Montaut Vladimir Passeron Cécile Phan Julien Pramil Nathan Remila Sophie Renaud Catherine Renne Marie Rey Sébastien Riou Dorian Roucher Marie Sala Gabriel Sklenard Hélène Soual Frédéric Tallet Sophie Villaume Adrien Zakhartchouk ■ Secrétariat de rédaction ISSN 0766-6268 Impression d’après documents fournis JOUVE - PARIS et mise en page Catherine Fresson-Martinez Moussa Blaibel Jacqueline Courbet Denise Maury-Duprey ■ Secrétariat Nathalie Champion Rédaction achevée le 12 décembre 2013
  • 4. REPRISE POUSSIVE VUE D’ENSEMBLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 DOSSIERS • En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 • À la recherche de la productivité britannique perdue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 CONJONCTURE FRANÇAISE • Retour sur la précédente prévision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 • Production. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 • Environnement international de la France. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 • Échanges extérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 • Emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 • Chômage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 • Prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 • Salaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 • Revenus des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 • Consommation et investissement des ménages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 • Résultats des entreprises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93 • Investissement des entreprises et stocks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 DÉVELOPPEMENTS INTERNATIONAUX • Pétrole et matières premières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 • Marchés financiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 • Zone euro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 • Allemagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 • Italie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 • Espagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 • Royaume-Uni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 • États-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119 • Japon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120 • Économies émergentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121 ÉCLAIRAGES • Quels effets attendre du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en 2014 ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 • Hausse des taux de TVA et effet du CICE : des impacts opposés sur l’inflation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82 • Quantitative Easing : quels effets sur l’économie américaine ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .106 • Les écarts d’inflation au sein de la zone euro reviennent progressivement en ligne avec les fondamentaux . . . . . . . . . . 112 COMPTES DES PAYS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124 COMPTE ASSOCIÉ DE LA FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .128
  • 5. Vue d’ensemble Reprise poussive C omme prévu dans le Point de conjoncture d’octobre, l’activité au troisième trimestre 2013 est restée globalement décevante dans les économies émergentes et dynamique dans les économies avancées. La demande extérieure adressée à la France a décéléré, notamment du fait du net ralentissement des importations de nos partenaires européens. Au quatrième trimestre 2013, le climat des affaires retracé dans les enquêtes de conjoncture continue de s’améliorer dans l’ensemble des économies avancées, ce qui laisse attendre une poursuite de l’embellie. En particulier, l’activité dans la zone euro devrait continuer de croître à l’horizon de la prévision (+0,3 % chaque trimestre), grâce à une modération de la consolidation budgétaire, un redressement de l’investissement après un ajustement très prononcé et à une baisse de l’épargne de précaution des ménages. Dans les économies émergentes, la situation est hétérogène, mais de manière générale la croissance ne devrait pas s’améliorer franchement. La demande extérieure adressée à la France retrouverait à l’horizon de la prévision un rythme de progression soutenu et régulier d’ici mi-2014. Cependant, le profil de l’activité en France serait relativement marqué, avec une progression du PIB de 0,4 % au quatrième trimestre 2013, puis de 0,2 % aux premier et deuxième trimestres 2014. Le dynamisme attendu au quatrième trimestre serait dû à la conjonction de plusieurs effets. Tout d’abord, des contrecoups favorables sont attendus concernant l’investissement des entreprises en services et les exportations en produits manufacturiers, qui ont chuté au troisième trimestre bien au-delà de ce que laissent supposer leurs déterminants. En outre, les ménages anticiperaient certaines dépenses en raison du déblocage de l’épargne salariale, d u d urcissement du bonus/malus automobile au 1er janvier et de la hausse des taux de TVA au 1er janvier 2014. Décembre 2013 Ce rebond anticipé au quatrième trimestre est confirmé par les données d’activité disponibles fin octobre et les enquêtes de conjoncture : le climat des affaires s’est fortement amélioré au troisième trimestre, et ce dans tous les secteurs. En revanche, la pause que les soldes d’opinion marquent depuis deux mois, notamment du fait du fléchissement des perspectives personnelles d’activité déclarées par les chefs d’entreprise, laisse attendre un ralentissement début 2014, résultant du manque de dynamisme des différents postes de demande : - la progression de l’investissement serait freinée par l’absence de reprise dans la construction, alors qu’a contrario le redressement des perspectives d’activité la soutiendrait. - malgré l’amélioration sur le front de l’emploi en 2014, le pouvoir d’achat des ménages manquerait d’impulsion. D’une part, la progression de l’emploi total resterait faible : le CICE enrichirait la croissance en emplois, mais le redressement de l’activité serait insuffisant pour permettre une reprise de l’emploi marchand. D’autre part, les gains de salaires réels observés en 2013 du fait de la baisse non anticipée de l’inflation s’estomperaient en 2014. Ainsi, la consommation des ménages progresserait à peine au premier semestre 2014. - les exportations seraient, au premier semestre 2014, moins dynamiques que la demande extérieure, car elles seraient pénalisées par l’appréciation passée de l’euro, ainsi que par les pertes tendancielles de part de marché, certes moindres depuis la crise. Ce scénario est soumis à de nombreux aléas. Les exportations françaises pourraient être plus dynamiques, en particulier si le retour de la confiance se confirme chez nos partenaires d’Europe du Sud. A contrario, l’ampleur du redémarrage de l’investissement des entreprises est toujours très incertaine en phase de reprise. Plutôt lent en France dans notre scénario, il pourrait même être différé, du fait de la modestie des anticipations de croissance. 7
  • 6. Vue d'ensemble L’activité est restée dynamique dans les économies avancées au troisième trimestre 2013 L’activité est restée dynamique dans les économies avancées au troisième trimestre 2013 Au troisième trimestre 2013, la croissance des économies avancées a été légèrement plus forte (+0,5 % après +0,6 %) que prévu dans le Point de conjoncture d’octobre 2013 (+0,4 %). Le dynamisme de l’activité s’est confirmé aux États-Unis (+0,9 % après +0,6 %) et au Royaume-Uni (+0,8 % après +0,7 %). À l’inverse, l’activité a ralenti au Japon (+0,3 % après +0,9 %) et dans la zone euro (+0,1 % après +0,3 %). La sortie de récession se confirme dans la zone euro Au troisième trimestre 2013, le PIB de la zone euro a progressé de 0,1 %, confirmant sa sortie de récession. Le ralentissement par rapport au deuxième trimestre (+0,3 %) tient à une baisse des exportations touchant l’ensemble des pays de la zone. La consommation privée s’est également tassée, notamment en Allemagne. Les économies émergentes ont faiblement accéléré Dans les économies émergentes, l’activité aurait accéléré, principalement en Chine et dans les PECO. Le rythme de progression de l’activité des émergents reste néanmoins très en deçà de son rythme d’avant-crise (+1,7 % en moyenne de 2000 à 2008). En France, l’activité a légèrement reculé au troisième trimestre 2013 Le PIB français a légèrement reculé au troisième trimestre 2013 L’activité a légèrement reculé en France au troisième trimestre 2013 (-0,1 % après +0,5 %). Le recul a été plus net dans l’industrie manufacturière (-1,0 % après +2,0 %), du fait de la forte baisse de ses exportations (-1,9 % après +2,8 %). La production des services marchands a également reculé (-0,1 % après +0,7 %), notamment sous l’effet d’entraînement de la branche manufacturière. De plus, par contrecoup du premier semestre où les températures, inférieures aux normales saisonnières, avaient soutenu les dépenses de chauffage des ménages, la production d’énergie a nettement reculé au troisième trimestre (-1,5 % après +2,1 %). Enfin, l’activité dans la construction a continué de se contracter (-0,5 % après -0,6 %), notamment la production de nouveaux bâtiments, alors que l’entretien du logement s’est légèrement redressé. Les échanges mondiaux seraient dynamiques et le cours du pétrole élevé d’ici mi-2014 Le commerce mondial serait dynamique d’ici mi-2014 Malgré un marché physique peu tendu, le prix du pétrole resterait élevé 8 Le commerce mondial de biens a fortement accéléré au troisième trimestre 2013 (+1,1 % après +0,3 %). Les échanges dans les pays avancés ont nettement ralenti, notamment dans la zone euro, mais les échanges asiatiques se sont redressés. D’ici mi-2014, les échanges progresseraient de 1,5 % par trimestre, se rapprochant ainsi de leur croissance moyenne d’avant-crise, sous l’effet de l’amélioration de la situation économique dans les économies avancées, particulièrement dans la zone euro, tandis que les économies émergentes retrouveraient un dynamisme suspendu au premier semestre 2013. Au troisième trimestre 2013, le prix du pétrole s’est nettement accru, en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont culminé fin août. Ces tensions se sont en grande partie résorbées et le prix du Brent est revenu à un niveau proche du palier atteint au printemps (110$). Au quatrième trimestre, le marché physique serait à nouveau peu tendu, car la demande déclinerait dans les pays avancés. Au premier semestre 2014, malgré les difficultés rencontrées par plusieurs pays de l’Opep, l’offre mondiale de pétrole serait dynamique, portée par une production toujours soutenue aux États-Unis et un regain de vigueur en Russie, en Asie Centrale et en Amérique Latine. L’augmentation attendue de l’offre de pétrole (+1,3 Mbpj en glissement annuel) devrait donc couvrir l’augmentation prévisible de la demande d’ici juin 2014. En prévision, le prix du baril de pétrole est figé à 110$. Note de conjoncture
  • 7. Vue d'ensemble Le climat conjoncturel resterait plus favorable dans les économies avancées d’ici mi-2014 La reprise se prolongerait dans les économies avancées Dans les économies avancées, le climat conjoncturel global, qui s’était nettement amélioré cet été, reste favorable en novembre et l’activité resterait ainsi dynamique d’ici mi-2014 (+0,4 % au quatrième trimestre 2013, +0,5 % au premier trimestre 2014 et +0,3 % au deuxième). Aux États-Unis, la consommation des ménages et l’investissement des entreprises continueraient de soutenir l’activité, même si la hausse des taux d’intérêt provoquerait un ralentissement du marché immobilier et que la consommation publique se contracterait au quatrième trimestre sous l’effet du « shutdown ». L’économie japonaise croîtrait assez nettement fin 2103 et début 2014, mais ralentirait au deuxième trimestre : la hausse de 3 points de la TVA au 1er avril 2014 ferait en effet baisser la consommation au deuxième trimestre 2014, mais, à l’inverse, inciterait les ménages à anticiper leurs achats aux trimestres précédents. Au Royaume-Uni, la reprise resterait vigoureuse : l’investissement et la consommation repartiraient nettement, grâce en particulier à la reprise du marché immobilier. Dans la zone euro, la moindre consolidation budgétaire, l’amélioration des anticipations, et la nécessité de renouveler les capacités productives, après l’ajustement marqué de l’investissement, permettraient une croissance modérée, malgré un marché du travail toujours dégradé. La divergence entre économies émergentes persisterait Depuis août, selon les enquêtes dans les économies émergentes, l’activité globale retrouverait un peu d’élan. Au-delà de ce constat d’ensemble, la divergence observée au premier semestre 2013 se prolongerait (cf. graphique 1). En Chine, la croissance se maintiendrait : le relâchement des contraintes de crédit soutient, à court terme, la reprise du marché immobilier et porte l’ensemble de l’activité. Les économies situées à l’est de la zone euro bénéficieraient quant à elles de la reprise européenne. À l’inverse, dans les autres économies émergentes, selon les enquêtes, le climat conjoncturel s’est fortement dégradé cet été et reste à un niveau bas, en particulier dans le secteur manufacturier. Parallèlement, les resserrements monétaires couplés aux importantes dépréciations des monnaies des pays à fort déficit courant (Inde, Brésil, Indonésie, Turquie) pèseraient sur les débiteurs largement endettés en dollars et l’activité marquerait le pas. 1 - Divergences au sein des pays émergents Dernier point : novembre 2013 Sources : Markit, calculs Insee Décembre 2013 9
  • 8. Vue d'ensemble La zone euro retrouverait la croissance Les conditions financières restent accommodantes Les conditions financières restent accommodantes dans les économies avancées. La hausse des taux longs observée durant l’été 2013, conséquence de l’incertitude sur la poursuite de l’assouplissement monétaire américain, s’est interrompue à partir de septembre, et a même été partiellement effacée. Tandis que les pays perçus comme financièrement les plus solides continuent de profiter d’excellentes conditions de financement de leur dette souveraine, les taux d’intérêt refluent dans d’autres pays qui avaient connu plus de difficultés depuis le début de la crise des dettes souveraines européennes (Irlande et, dans une moindre mesure, Espagne et Italie). La BCE continue de soutenir le marché monétaire Dans la zone euro, la politique monétaire reste expansionniste, avec le souci de maintenir l’accès à la liquidité des banques européennes. Début novembre, réagissant notamment à la faiblesse de l’inflation dans la zone euro (+0,7 % en octobre), la BCE a décidé une baisse de 0,25 point de son principal taux directeur, à 0,25 %. La BCE s’est également déclarée prête à intervenir si les conditions de financement interbancaire venaient à se tendre, y compris par la mise en place d’une nouvelle opération de refinancement à très long terme, sur le modèle de celles effectuées en décembre 2011 et février 2012. Les enquêtes de conjoncture signalent une poursuite de l’amélioration dans la zone euro Dans la zone euro, selon les enquêtes, le climat conjoncturel se redresse depuis mi-2013. Le climat des affaires dans l’industrie est ainsi dans la zone d’expansion depuis octobre (cf. graphique 2), pour la première fois depuis 2011. L’activité dans la zone euro retrouverait donc un peu d’élan d’ici mi-2014 (+0,3 % par trimestre), portée notamment par la demande intérieure dans un contexte de moindre consolidation budgétaire. La divergence conjoncturelle au sein de la zone euro se résorberait en partie : l’activité serait dynamique en Allemagne et, dans une moindre mesure, en France, tandis que l’Espagne rejoindrait progressivement leur rythme de croissance. En revanche, l’activité ne progresserait que faiblement en Italie. La consommation augmenterait faiblement dans la zone euro Dans la zone euro, la consolidation budgétaire perdrait en intensité, le recul de l’emploi s’atténuerait et les salaires nominaux progresseraient de nouveau modérément d’ici mi-2014, avec des hausses en Allemagne et une stabilité en Italie et en Espagne (où la restauration du quatorzième mois dans la fonction publique espagnole ferait cependant fortement augmenter les salaires fin 2013). La baisse du pouvoir d’achat dans la zone euro s’atténuerait donc d’ici mi-2014 et, comme les perspectives en termes d’activité et d’emploi s’amélioreraient, les ménages diminueraient leur épargne de précaution. Au total, la consommation augmenterait faiblement dans la zone euro. 2 - Dans la zone euro, les enquêtes de conjoncture se redressent depuis mi-2013 Dernier point : octobre pour l’IPI et novembre pour le climat Source : Commission Européenne 10 Note de conjoncture
  • 9. Vue d'ensemble L’investissement des entreprises accélérerait dans la zone euro Les conditions d’octroi de crédit ont cessé de se durcir dans la zone euro depuis début 2013, sauf en Italie. En Espagne, elles se sont même assouplies pour la première fois depuis 2010. Cette amélioration devrait se poursuivre, et gagner l’Italie. Par ailleurs, l’accélération progressive de l’activité, telle qu’elle est anticipée par les entrepreneurs dans leurs réponses aux enquêtes de conjoncture, et le besoin de renouveler les capacités de production après une phase marquée d’ajustement, soutiendraient l’accélération de l’investissement. Progression modérée des exportations françaises La reprise des économies avancées soutiendrait les exportations françaises Le commerce mondial retrouverait d’ici mi-2014 un rythme de progression proche de 1,5 % par trimestre. Soutenue par les économies avancées, la demande mondiale adressée à la France serait également dynamique à +1,3 % par trimestre en moyenne (cf. graphique 3). Après une forte augmentation fin 2013 (+2,3 %) liée au retour à la normale attendu des exportations aéronautiques, les exportations françaises ne croîtraient toutefois que modérément début 2014 (+0,7 % par trimestre), encore pénalisées par l’appréciation passée de l’euro, ainsi que par les pertes de marché tendancielles. En France, l’activité rebondirait fin 2013 et ralentirait début 2014 Le climat des affaires s’est stabilisé depuis deux mois en France et reste en dessous de sa moyenne de longue période Après un rebond marqué dans tous les secteurs, le climat des affaires en France est stable en octobre et novembre (à 95), 11 points au-dessus de son niveau de mai mais toujours inférieur à sa moyenne de longue période (cf. graphique 4). Cette pause dans les enquêtes de conjoncture se retrouve dans l’industrie (à 98 depuis août), le bâtiment (94 en novembre, comme en octobre), le commerce de gros (98 en novembre après 97 en septembre) et le commerce de détail où l’indicateur synthétique s’est même dégradé à nouveau (95 en novembre contre 101 en septembre). En revanche, l’amélioration s’est poursuivie dans les services (96 en novembre après 93 en octobre). L’activité passée jugée mieux orientée que les perspectives Plus précisément, dans l’industrie manufacturière, les réponses sur les perspectives d’activité s’améliorent nettement en octobre et novembre, annonçant un rebond de la production au quatrième trimestre 2013. Ce diagnostic est confirmé par la progression en octobre de l’indice de la production manufacturière qui affiche un acquis de +0,4 % pour le quatrième trimestre 3 - La demande mondiale adressée à la France soutenue par les économies avancées Source : Insee, Trésor, Centraal Plan Bureau Décembre 2013 11
  • 10. Vue d'ensemble 2013. À l’inverse, les chefs d’entreprise indiquent un fléchissement de leurs perspectives personnelles de production et leur opinion sur le niveau des carnets de commandes demeure défavorable. L’économie française rebondirait au quatrième trimestre 2013 et ralentirait au premier semestre 2014 La production manufacturière rebondirait donc au quatrième trimestre 2013 (+0,8 % après -1,0 %), avant de ralentir au premier semestre 2014 (+0,2 % par trimestre). L’activité dans les services marchands resterait relativement dynamique (+0,5 % puis +0,3 % et +0,4 %), selon les chefs d’entreprises de services interrogés en novembre. La production énergétique reculerait légèrement au quatrième trimestre 2013 (-0,3 %), les dépenses de chauffage des ménages ayant diminué en octobre du fait des températures élevées. Elle rebondirait par contrecoup au premier trimestre 2014 (+1,0 %), avant de retrouver une évolution moyenne au deuxième trimestre (+0,7 %), sous l’hypothèse de températures conformes aux normales saisonnières. Enfin, l’activité dans la construction se stabiliserait au quatrième trimestre 2013 (0,0 %). Les mises en chantier ont en effet fortement rebondi en début d’année, et certaines dépenses d’entretien du logement seraient anticipées en amont de la hausse de TVA au 1er janvier 2014. La tendance des autorisations de constructions baisse toutefois depuis début 2013 et le nombre de mises en chantier a rechuté au troisième trimestre, ce qui laisse anticiper une baisse de la production au premier semestre 2014 (-0,3 % puis -0,5 %). Au total, l’économie française rebondirait au quatrième trimestre (+0,4 %), avant de ralentir au premier semestre (+0,2 % par trimestre). Le PIB afficherait un acquis de croissance de +0,7 % mi-2014 Mi-2014, le PIB afficherait un acquis de croissance de +0,7 %, après une croissance annuelle de +0,2 % en 2013 et 0,0 % en 2012. L’accélération de l’activité attendue en 2014 serait notamment portée par l’industrie manufacturière (acquis de +1,0 % mi-2014 après +0,5 % en 2013 et -2,8 % en 2012). L’emploi total progresserait et le chômage serait quasi stable d’ici mi-2014 L’emploi marchand se stabiliserait d’ici mi-2014 Du fait de la faiblesse passée de l’activité, l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles a de nouveau reculé au troisième trimestre (-16 000). Sous l’effet du retour de la croissance et du crédit d’impôt compétitivité emploi, la baisse de l’emploi marchand s’atténuerait progressivement d’ici mi-2014 (-7 000 au quatrième trimestre 2013 puis -4 000 au premier semestre 2014, cf. graphique 5). 4 - Le climat des affaires marque une pause en France Dernier point : novembre 2013 Source : Insee 12 Note de conjoncture
  • 11. Vue d'ensemble L’emploi total progresserait d’ici mi-2014 du fait des emplois aidés Après +80 000 postes en 2013, l’emploi non marchand continuerait de progresser au premier semestre 2014 (+33 000 emplois), porté essentiellement par les contrats aidés. En effet, malgré une baisse du nombre des nouveaux contrats inscrits dans le projet de loi de finances pour 2014, l’augmentation de la durée moyenne des contrats uniques d’insertion permettrait une nouvelle hausse des bénéficiaires sur le premier semestre 2014 (+40 000, après +116 000 en 2013). L’emploi total progresserait ainsi au quatrième trimestre 2013 (+52 000), et de nouveau au premier semestre 2014 (+36 000). Le chômage serait quasi stable d’ici mi-2014 Le taux de chômage s’est établi à 10,9 % de la population active en moyenne au troisième trimestre 2013 (10,5 % en France métropolitaine), en hausse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent (revu à la baisse)1. D’ici mi-2014, le taux de chômage augmenterait de 0,1 point, à 11,0 %. À l’horizon de la prévision, les créations nettes d’emplois ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la hausse de la population active (+113 000). L’inflation serait en hausse d’ici mi-2014 L’inflation serait en hausse d’ici mi-2014 L’inflation d’ensemble augmenterait progressivement d’ici mi-2014 sous l’effet de plusieurs facteurs ponctuels. Le glissement annuel des prix à la consommation s’établirait ainsi à +1,1 % en juin 2014, après +0,7 % en novembre 2013. La hausse des taux de TVA au 1er janvier 2014, nette de l’effet du CICE, contribuerait pour 0,2 point à cette accélération des prix. Le redressement des prix des télécommunications, qui ont baissé de manière exceptionnellement forte depuis 2012, y contribuerait pour 0,1 point. Par ailleurs, le glissement annuel des prix de l’énergie augmenterait par effet de base et contribuerait pour 0,2 point. Le pouvoir d’achat en légère augmentation début 2014 Les salaires réels ralentiraient début 2014 Le salaire moyen par tête a ralenti au troisième trimestre (+0,4 %), après la forte progression du trimestre précédent (+0,7 %). En moyenne en 2013, les salaires réels progresseraient nettement (+1,1 %), du fait de la baisse non anticipée de l’inflation. D’ici mi-2014, sous l’hypothèse d’une revalorisation du Smic sans « coup de pouce » (+1,1 %), ces gains de salaires réels disparaîtraient avec la hausse de l’inflation. (1) Le taux de chômage présenté ici est corrigé de l’effet du nouveau questionnaire de l’enquête Emploi (cf. n° 203 d’Informations Rapides). On estime que celui-ci devrait conduire à abaisser de 0,3 point le taux de chômage mesuré par l’enquête. En mars 2014, de nouvelles séries seront publiées sur longue période. 5 - Le recul de l’emploi marchand s’atténuerait Source : Insee Décembre 2013 13
  • 12. Vue d'ensemble Le pouvoir d’achat progresserait faiblement En 2013, malgré le ralentissement des revenus d’activité (+1,5 % après +1,9 % en 2012), le pouvoir d’achat des ménages se sera redressé (+0,5 % après -0,9 % en 2012), principalement grâce à la moindre inflation (+0,6 % après +1,9 % en 2012). Par ailleurs, les prélèvements sociaux et fiscaux auront été moins dynamiques (+4,5 % après +7,4 % en 2012), notamment parce que le ralentissement des revenus enregistré en 2012 se traduit dans l’impôt sur le revenu acquitté en 2013. D’ici mi-2014, le profil d’évolution du pouvoir d’achat serait heurté, principalement du fait du calendrier de perception des impôts. Il baisserait ainsi au second semestre 2013, puis se redresserait au premier semestre 2014. En effet, début 2014, les revenus d’activité progresseraient sur un rythme stabilisé, mais les impôts, après les hausses fin 2013 engendrées par la régularisation de l’impôt sur le revenu, se replieraient par contrecoup en tout début d’année. Mi-2014, le pouvoir d’achat serait 0,5 % plus élevé qu’un an auparavant. La consommation des ménages ralentirait au premier semestre 2014 La consommation serait dynamique fin 2013... Au quatrième trimestre 2013, la consommation de produits manufacturés resterait temporairement dynamique, soutenue par plusieurs facteurs ponctuels (déblocage de l’épargne salariale, achats anticipés d’automobiles en amont du durcissement du malus écologique au 1er janvier 2014). La consommation de services accélérerait également, si bien que la consommation totale augmenterait de 0,3 %. ... mais ralentirait au premier semestre 2014 Au premier semestre 2014, la consommation des ménages serait davantage en ligne avec la tendance du pouvoir d’achat et s’infléchirait à nouveau (+0,1 % par trimestre). Rechute dans la construction L’investissement des ménages se stabiliserait au quatrième trimestre 2013, après sept trimestres de baisse. Puis, au premier semestre 2014, son recul s’accentuerait à nouveau (-0,3 % et -0,6 %), du fait de la rechute des mises en chantier mi-2013. Sur l’ensemble de l’année 2013, l’investissement des ménages baisserait nettement (-3,7 %) et son acquis de croissance s’établirait à -1,4 % mi-2014. L’investissement des entreprises croîtrait faiblement début 2014 Contrecoup de l’investissement des entreprises en services Sur les trois trimestres de prévision, l’investissement des entreprises hors construction progresserait désormais, mais à un rythme modéré. L’activité ne se redresserait que faiblement et le taux de marge des entreprises resterait proche de son point bas. Le CICE représenterait l’équivalent d’une hausse de 1,1 point du taux de marge. Du fait du contrecoup anticipé sur les dépenses en services après la chute inhabituelle du troisième trimestre (-2,8 %), l’investissement des entreprises serait plus dynamique au quatrième trimestre 2013. Par ailleurs, les dépenses de construction des entreprises reculeraient de nouveau d'ici mi-2014. Au total, l’investissement des entreprises afficherait un acquis de croissance de +0,7 % fin juin 2014. 14 Note de conjoncture
  • 13. Vue d'ensemble Principaux aléas : Dynamisme des exportations françaises, comportement d’investissement des entreprises françaises et prix du pétrole Dynamisme des exportations françaises... Dans notre scénario, les exportations françaises progresseraient modérément début 2014, à +0,7 % par trimestre. Elles pourraient être plus dynamiques, notamment si le retour de la confiance se confirmait dans la zone euro et se traduisait par un dégel plus fort de la consommation des ménages. ... comportement d’investissement des entreprises françaises... Dans notre scénario, l’investissement des entreprises croîtrait modérément en France. En particulier, sa résistance relative ces dernières années ne laisse pas attendre un phénomène de rattrapage particulièrement marqué. Le redémarrage de l’investissement des entreprises pourrait ainsi être encore plus poussif, compte tenu de la modestie des anticipations de croissance. ... et prix du pétrole Notre scénario est construit sous l’hypothèse d’une stabilité du prix du pétrole d’ici mi-2014, autour de 110$. Toute baisse supplémentaire de la production de l’Opep, alors que ses capacités additionnelles ont été récemment réduites par l’instabilité politique en Irak et en Libye, pourrait tendre à nouveau le marché. À l’inverse, plusieurs économies émergentes, grandes consommatrices de produits pétroliers, montrent des signes de fragilité qui, s’ils se confirmaient par une baisse de l’activité, pourraient limiter leur demande de pétrole. ■ 6 - Le graphique des risques associés à la note de conjoncture Note de lecture : le graphique des risques retrace, autour de la prévision centrale (en trait bleu), 90 % des scénarios probables. La première bande, la plus foncée, décrit les scénarios les plus probables autour du scénario central, l’ensemble de ces scénarios ayant une probabilité totale de 10 %. La deuxième, un peu moins foncée, se décline en deux sous-bandes immédiatement au-dessus et immédiatement en dessous de la bande centrale ; elle contient les scénarios qui suivent en termes de probabilité, de telle sorte que la probabilité totale des deux premières bandes atteigne 20 % ; et ainsi de suite, en allant du centre vers l’extérieur et de la bande la plus foncée à la bande la plus claire, jusqu’à atteindre 90 % (cf. la Note de conjoncture de l’Insee de juin 2008, pages 15 à 18). On peut alors estimer que le premier résultat qui sera publié par les comptes trimestriels pour le quatrième trimestre 2013 a 50 % de chances d’être compris entre +0,2 % (bas de la cinquième bande en partant du bas) et +0,6 % (limite supérieure de la cinquième bande en partant du haut) et 90 % de chances d’être compris entre -0,1 % et +0,9 %. Au premier trimestre 2014, l’intervalle de confiance à 90 % est [-0,3 % ; +0,8 %]. Source : Insee Décembre 2013 15
  • 14. Vue d’ensemble Chiffres-clés : la France et son environnement international données cjo-cvs (à l’exception des prix), moyennes trimestrielles ou annuelles, en % 2012 T1 Environnement international PIB des économies avancées PIB de la zone euro Baril de Brent (en dollars) Taux de change euro-dollar Demande mondiale adressée à la France France équilibre ressources-emplois PIB Importations Dépenses de consommation des ménages Dépenses de consommation des APU et des ISBLSM FBCF totale dont : ENF Ménages Exportations Contributions (en point) Demande intérieure hors stocks* Variations de stocks* Commerce extérieur France - situation des ménages Emploi total Salariés du secteur marchand non agricole Taux de chômage BIT France métropolitaine** Taux de chômage BIT France (y compris DOM)** Indice des prix à la consommation*** Inflation « sous-jacente »*** Pouvoir d’achat des ménages T2 T3 2013 T4 2014 T1 T2 T3 T4 T1 T2 2012 2013 2014 acquis 0,6 0,0 0,2 0,0 0,3 0,6 0,5 0,4 0,5 0,3 1,4 1,2 1,5 -0,1 -0,3 -0,1 -0,5 -0,2 0,3 0,1 0,3 0,3 0,3 -0,6 -0,4 0,9 118 110 109 110 113 103 110 109 110 110 112 109 110 1,31 1,28 1,25 1,30 1,32 1,31 1,32 1,36 1,35 1,35 1,29 1,33 1,35 0,4 0,3 0,6 -0,6 -0,5 1,6 1,1 1,3 1,3 1,4 0,9 1,5 4,3 0,0 -0,3 0,2 -0,2 -0,1 0,5 -0,1 0,4 0,2 0,2 0,0 0,2 0,7 0,8 0,2 -0,1 -1,1 0,1 1,6 1,0 1,1 0,7 0,7 -0,9 1,2 2,9 0,2 -0,5 0,1 0,1 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,1 0,1 -0,4 0,4 0,6 0,5 0,3 0,3 0,3 0,3 0,8 0,1 0,3 0,3 0,3 1,4 1,5 1,0 -1,3 -0,4 -0,7 -0,6 -0,8 -0,4 -0,6 0,4 0,0 -0,1 -1,2 -2,2 -0,1 -1,7 -0,6 -0,9 -0,5 -0,8 0,1 -0,6 0,7 0,2 0,2 -1,9 -1,8 0,7 -0,7 -0,1 -0,4 -1,0 -1,3 -1,7 -0,6 0,0 -0,3 -0,6 -0,4 -3,7 -1,4 0,4 0,3 0,2 -0,6 -0,4 1,9 -1,5 2,3 0,7 0,7 2,5 0,6 2,7 0,0 -0,3 0,0 0,0 -0,1 0,4 0,0 0,3 0,2 0,2 -0,1 0,2 0,6 0,1 -0,1 0,1 -0,4 0,2 0,1 0,5 -0,2 0,0 0,0 -0,8 0,2 0,2 -0,1 0,0 0,1 0,2 -0,1 0,0 -0,7 0,3 0,0 0,0 1,0 -0,2 -0,1 45 -21 -60 -22 -26 -16 5 52 26 10 -58 15 - 3 -15 -48 -52 -27 -38 -16 -7 -3 -1 -112 -87 - 9,5 9,8 9,9 10,1 10,4 10,4 10,5 10,5 10,5 10,6 10,1 10,5 - 9,9 10,2 10,3 10,5 10,8 10,8 10,9 10,9 10,9 11,0 10,5 10,9 - 2,3 2,0 2,0 1,5 1,1 0,8 0,9 0,7 0,9 1,1 2,0 0,9 - 1,6 1,4 1,4 0,8 0,7 0,4 0,6 0,8 0,6 0,8 1,3 0,6 - -0,4 0,2 -0,3 -0,9 0,9 0,5 -0,1 -0,1 0,6 0,1 -0,9 0,5 0,6 Prévision * Les variations de stocks sont y compris acquisitions nettes d’objets de valeur. ** Pour les données annuelles, le taux de chômage correspond au taux de chômage du dernier trimestre de l’année *** Glissement annuel sur le dernier mois du trimestre et moyennes annuelles. Note de lecture : Les volumes sont calculés aux prix de l’année précédente chaînés, données cvs-cjo, moyennes trimestrielles ou annuelles, en %. Source : Insee 16 Note de conjoncture
  • 15. Dossiers
  • 16. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Jean-François Eudeline Yaëlle Gorin Gabriel Sklénard Adrien Zakhartchouk Département de la conjoncture P our 2014, le rythme de la reprise économique qui semble s’annoncer, dans la zone euro en général, et en France en particulier, dépendra notamment de l’évolution de l’investissement des entreprises. En France, il a toutefois diminué en 2013 pour la deuxième année consécutive (-1,8 %, après -1,9 % en 2012). Certains analystes craignent que l’investissement ne tarde à repartir en France pour plusieurs raisons : le « site France » ne serait plus compétitif, les entreprises n’auraient pas les moyens d’investir du fait de la baisse depuis 2008 de leur taux de marge et du resserrement du crédit bancaire et enfin les entreprises seraient en mesure de satisfaire la demande nouvelle avec les capacités déjà installées, aujourd’hui peu sollicitées. L’objet de ce dossier est d’évaluer la pertinence de ces différents arguments, au vu notamment de la performance de l’investissement des entreprises françaises depuis le début des années 2000. Les éléments présentés permettent de tirer les conclusions suivantes : - en France, par-delà les fluctuations cycliques, le taux d’investissement des entreprises croît légèrement depuis la fin des années quatre-vingt-dix. Ainsi, il se situe aujourd’hui au-dessus de sa moyenne, alors qu’il s’agit vraisemblablement du point bas de ce cycle. Cette tendance à la hausse, qui est encore plus marquée en volume compte tenu de la baisse tendancielle du prix relatif de l’investissement, peut être rapprochée de la forte baisse du coût de financement des entreprises depuis le début des années quatre-vingt-dix ; - en particulier, depuis 2008, l’investissement des entreprises semble en ligne avec les seules évolutions de la demande, comme si les facteurs défavorables (baisse du taux de marge, resserrement des conditions de crédit, incertitude sur les perspectives d’activité à moyen terme) avaient été compensés par des facteurs favorables tels que la faiblesse des coûts de financement des entreprises et, à un moindre degré, les mesures de soutien à l’investissement prises depuis 2008 (suppression de la taxe professionnelle, extension du crédit d’impôt recherche, soutien de la trésorerie des entreprises au pic de la crise, médiation du crédit) ; - d’ailleurs, l’investissement des entreprises en France a connu depuis le début des années 2000 une évolution favorable comparée à celle des autres économies européennes. En Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, le taux d’investissement (rapporté à la valeur ajoutée) est aujourd’hui entre 2 et 7,5 points inférieur à son niveau de 2000, alors qu’il est au même niveau en France ; Décembre 2013 19
  • 17. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? - si l’on restreint le champ à l’investissement hors construction, la situation de la France reste favorable. De 2000 à 2007, les évolutions sont comparables entre les grandes économies européennes, excepté au Royaume-Uni, où la baisse du taux d’investissement est marquée. Mais depuis 2007, l’ajustement a été moins prononcé en France, la baisse dans les autres économies étant de deux à quatre fois plus forte ; - comment expliquer cette meilleure performance française depuis le début de la Grande Récession ? Par rapport à l’Italie et l’Espagne, elle s’explique naturellement par le fait que la crise y a été de moindre ampleur, en particulier depuis 2011 : en effet, l’investissement sur-réagit à court terme aux évolutions de l’activité, c’est l’effet « accélérateur ». Elle est plus surprenante par rapport à l’Allemagne, qui a connu une conjoncture plus favorable, dont la compétitivité extérieure, tant en niveau qu’en évolution, semble meilleure, et dont les entreprises ont une situation financière préférable. L’évolution divergente, depuis la fin des années quatre-vingt-dix, des coûts du travail entre la France et l’Allemagne pourrait avoir induit des comportements de substitution capital/travail en faveur du capital en France ; - pour 2014, le scénario le plus probable semble être que l’investissement des entreprises françaises repartira mais à un rythme voisin de celui du PIB. D’une part, les dernières données disponibles, ainsi que l’analyse des reprises précédentes, accréditent une reprise de l’investissement dans le sillage de l’activité. D’autre part, la résistance relative de l’investissement hors construction ces dernières années ne laisse pas attendre un phénomène de rattrapage particulièrement marqué, et l’investissement en construction ne donne toujours pas de signe de reprise durable. 20 Note de conjoncture
  • 18. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? En France, l’investissement des entreprises a plutôt bien résisté depuis 2008 Pas de rupture à la baisse dans le taux d’investissement des entreprises par rapport à sa moyenne d’avant-crise Le taux d’investissement est sur une tendance croissante depuis la fin des années quatre-vingt-dix Le taux d’investissement des entreprises (c’est-à-dire l’investissement rapporté à la valeur ajoutée1) a une dynamique cyclique : il augmente en phase d’expansion, et diminue lors des ralentissements économiques. Mais, depuis 1997, cette dynamique cyclique s’accompagne d’une tendance légèrement croissante : le taux d’investissement en creux de cycle augmente de 15,4 % en 1997 à 16,3 % en 2004 puis à 16,9 % en 2009. Ainsi, au troisième trimestre 2013, alors que la France est vraisemblablement proche du point bas du cycle, le taux d’investissement des entreprises non financières (ENF), calculé comme le ratio de la formation brute de capital fixe (FBCF) des ENF en valeur sur la valeur ajoutée des ENF en valeur atteint 17,6 %, un niveau supérieur à sa moyenne d’avant-crise2 (cf. graphique 1). Si l’on s’intéresse aux pics, en 2007, le taux d’investissement était 1,5 point supérieur à son niveau de 2000, alors même que la croissance économique était nettement moins dynamique en 2007 qu’à la fin des années quatre-vingt-dix. Si le pic de 2011 est plus faible que celui de 2007, il reste supérieur de l’ordre de 0,5 point au pic de 2000. Compte tenu de la baisse tendancielle du prix relatif de l’investissement, ce dynamisme relatif de l’investissement par rapport à la valeur ajoutée depuis la fin des années quatre-vingt-dix est encore plus marqué si l’on regarde les variables en volume, déflatées des prix : l’investissement a crû de 52 % depuis 1997, contre 37 % pour la valeur ajoutée. Mais l’analyse par produits est modifiée. En valeur, cette tendance apparente peut être attribuée à l’augmentation des taux d’investissement en construction et en services (respectivement +1,5 point et +1,0 point depuis 1997). À l’inverse, le taux d’investissement en biens manufacturés, très cyclique, est aujourd’hui légèrement plus faible qu’en 1997 (cf. graphique 2). En volume, a contrario, l’investissement en construction a crû moins rapidement que la valeur ajoutée sur la période, et l’investissement en biens manufacturés a progressé plus rapidement que la valeur ajoutée de 1997 à aujourd’hui. En services, l’investissement croît tendanciellement plus rapidement que la valeur ajoutée, en volume comme en valeur. Ce dynamisme de l’investissement depuis 2000 s’observe particulièrement dans les services La hausse tendancielle du taux d’investissement des ENF observée depuis le début des années 2000 peut également s’analyser au travers des branches d’activité (cf. graphique 3) : elle a été ainsi portée par le dynamisme des taux d’investissement en valeur dans les entreprises des branches manufacturière et des services marchands (respectivement +0,6 point et +1,6 point entre 2000 et 2008), tandis que dans la branche construction, le taux d’investissement en valeur y est remarquablement stable sur cette même période, fluctuant autour de 8 % (un niveau nettement plus faible que dans les deux autres branches). Pour autant, cette analyse en valeur mérite d’être nuancée, eu égard aux évolutions constatées des prix de la FBCF et de la valeur ajoutée dans chacune de ces branches. Ainsi, compte tenu de la hausse du prix relatif de l’investissement par rapport à la valeur ajoutée dans la branche construction depuis la fin des années quatre-vingt-dix, le taux d’investissement en volume, au lieu d’être stable, s’avère en fait dynamique depuis 2000. En outre, les prix relatifs dans les branches manufacturière et des services connaissent des mouvements contraires sur cette (1) Dans ce dossier le taux d’investissement est, par défaut, défini avec des variables en valeur. (2)1980-2007 Décembre 2013 21
  • 19. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? 1 - Évolution du taux d’investissement des ENF Source : Insee 2 - Taux d’investissement des ENF par type de produits Source : Insee 3 - Taux d’investissement par branche Source : Insee 22 Note de conjoncture
  • 20. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? période. Le diagnostic sur ces deux branches s’en trouve alors légèrement modifié : tandis que dans la branche des services marchands l’investissement en volume a très nettement accéléré par rapport à la valeur ajoutée depuis 2000, dans la branche manufacturière il apparaît, jusqu’en 2007, cyclique autour d’un niveau au mieux stable. En 2012, il se situe toutefois à un niveau plus élevé qu’en 2007(cf. Eudeline, Sklénard, Zakhartchouk, 2012). La part du renouvellement dans l’investissement est également sur une tendance croissante Il n’y a pas de source statistique permettant de mesurer directement la part de l’investissement dédiée au renouvellement du capital. Mais, plusieurs indices laissent penser que celle-ci est sur une tendance croissante. Tout d’abord, d’après l’enquête sur les investissements dans l’industrie, dans laquelle l’Insee interroge chaque trimestre plusieurs milliers d’entreprises de la branche manufacturière de plus de vingt salariés, le renouvellement est devenu la première motivation pour investir, devant l’introduction de nouveaux produits alors que c’était l’inverse en 2000 (cf. graphique 4). L’analyse des réponses des entreprises permet de distinguer trois tendances. Tout d’abord, la part du renouvellement dans les investissements des entreprises industrielles croît régulièrement depuis 2000. Elle a progressé de 12 points, et est désormais la première motivation pour investir. Ensuite, l’investissement lié à l’introduction de nouveaux produits a diminué régulièrement de 2000 à 2008 (-6 points) et semble stabilisé depuis. Les investissements de modernisation évoluent de manière cyclique : deux creux ont été atteints en 2004 et 2010. Plus particulièrement, les investissements d’automatisation des procédés de fabrication existants baissent légèrement au profit des investissements pour des économies d’énergie. Ces tendances sont assez homogènes suivant la taille des entreprises, et selon leur branche d’activité. En théorie, cette augmentation de la part du renouvellement dans l’investissement, si elle est imputable à un vieillissement accéléré du capital productif des entreprises, à structure inchangée, peut conduire à un surcroît d’investissement temporaire, et pourrait contribuer à expliquer la tendance légèrement croissante du taux d’investissement depuis la fin des années quatre-vingt-dix. Toutefois, les données manquent pour valider empiriquement cette explication : en comptabilité nationale, l’âge moyen des actifs hors construction (approximé par la différence entre l’amortissement et le déclassement) ne présente pas de tendance depuis la fin des années quatre-vingt-dix. 4 - Motivations de l’investissement d’après les entreprises interrogées dans l’enquête investissement de l’Insee Source : Insee Décembre 2013 23
  • 21. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? De plus en plus d’actifs à durée de vie courte En revanche, cette part croissante du renouvellement dans l’investissement peut être rapprochée de la déformation depuis vingt ans de la structure du capital des ENF en faveur des actifs à durée de vie courte (cf. graphique 5). En effet, l’augmentation tendancielle du taux d’investissement dans les services provient de la progression spectaculaire de l’investissement en informatique (+ 160 %) et en logiciels (+140 %), dont la durée d’amortissement est estimée à cinq années. À l’inverse, l’investissement en construction, dont la durée d’amortissement est estimée entre vingt-cinq et trente ans, a crû modérément, comme la valeur ajoutée (+33 %). Est-ce que la diminution de la durée de vie moyenne des actifs peut expliquer la tendance légèrement croissante du taux d’investissement ? La réponse est plutôt négative. Certes, à stock de capital donné, une durée de vie plus faible implique un investissement de renouvellement plus élevé. Mais à l'inverse, la diminution de la durée de vie des actifs conduit à un renchérissement du capital, et donc à modifier la fonction de production en défaveur du capital et, in fine, diminuer la part de l'investissement dans la valeur ajoutée. D'ailleurs, la déformation de la structure du capital des ENF en faveur des actifs à durée de vie courte est également observée chez nos principaux partenaires (voire même encore davantage au Royaume-Uni, qui est plus proche des États-Unis en termes d’investissement en nouvelles technologies) alors que la dynamique du taux d’investissement y a été moins favorable, comme on le verra par la suite. L’évolution de l’investissement des entreprises depuis 2007 est plus favorable en France que dans les autres grandes économies européennes C’est en France que l’évolution récente de l’investissement est la plus favorable Le taux d’investissement des sociétés non financières3 dans chacune des cinq grandes économies européennes est gouverné en premier lieu par le cycle économique (cf. graphique 6) : baisse au début des années 2000, puis (3) Les données européennes ne sont disponibles que pour les sociétés non financières, champ très proche de celui des entreprises non financières. 5 - FBCF par type d’actif Source : Insee 24 Note de conjoncture
  • 22. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? progression jusqu’en 2007, chute en 2008-2009, fugace remontée en 2010, et nouvelle baisse jusqu’à aujourd’hui. On peut toutefois distinguer des comportements idiosyncratiques : le taux d’investissement est quasi stable en Italie de 2000 à 2007 ; la baisse du début des années 2000 est particulièrement marquée en Allemagne, tout comme la remontée de 2004 à 2008 en Espagne ; sa chute depuis 2008 est spectaculaire en Espagne, et dans une moindre mesure en Italie et au Royaume-Uni. Au total, de 2000 à aujourd’hui, la baisse du taux d’investissement est comprise entre 2 et 7,5 points en Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Espagne ; elle est de 3 points dans la zone euro et nulle en F rance. La situation de la France depuis 2007 reste favorable si l’on se restreint aux investissements hors construction Le taux d’investissement étudié précédemment présente l’inconvénient d’inclure l’investissement en construction qui est souvent jugé moins productif que les autres actifs et donc moins pertinent dans les analyses sur l’investissement. Dans cette partie, nous considérons donc l’investissement hors construction. 6 - Taux d’investissement des sociétés non financières Note de lecture : l’investissement des sociétés non financières n’est disponible que sur données annuelles et en valeur. Source : Eurostat 7 - Taux d’investissement hors construction Note de lecture : les données européennes ne permettent pas d’isoler l’investissement hors construction des seules sociétés non financières. Source : Eurostat Décembre 2013 25
  • 23. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Le diagnostic reste globalement inchangé lorsque l’on s’intéresse au taux d’investissement hors construction (cf. graphique 7). Au total, la baisse du taux d’investissement depuis 2000 est de l’ordre de 1 point en France, contre plus de 2 points en Allemagne et en Espagne, plus de 3 points en Italie, et d’environ 4 points au R oyaume-Uni. Le diagnostic est globalement identique si l’on considère les variables en volume. Seule différence notable en Allemagne, la dynamique de l’investissement est plus forte avant-crise (particulièrement l’actif « autres machines et équipements »), si bien que de 2000 à aujourd’hui, les évolutions sont davantage concordantes entre la France et l’Allemagne. La modélisation économétrique confirme la résistance de l’investissement des entreprises françaises ces dernières années. D’après les conclusions de la première partie, l’investissement des entreprises, rapporté à leur valeur ajoutée, semble sur une dynamique plutôt favorable depuis quinze ans, comparé à nos principaux partenaires européens. Pour établir la robustesse de ce diagnostic, les résultats des estimations économétriques de l’investissement, qui modélisent sa dynamique sur le passé à partir de ses principaux déterminants sont présentés dans cette partie. L’investissement observé sur la période récente est ensuite comparé aux simulations du modèle, et ce afin d’estimer s’il s’agit d’un « surinvestissement », ou « sous-investissement » des entreprises. Le même exercice est ensuite fait à titre de comparaison avec la zone euro. Plusieurs déterminants théoriques de l’investissement : la rentabilité des investissements Lorsque les entreprises ne sont contraintes ni si leurs débouchés, ni sur leur financement, le coût d’usage du capital constitue le déterminant ultime de leur ratio de capital, c’est-à-dire le rapport entre leur stock de capital et leur valeur ajoutée : lorsque le rendement de l’investissement supplémentaire excède le coût du capital, alors il est rentable pour l’entreprise d’investir une unité supplémentaire de capital. Une autre manière d’évaluer la rentabilité de l’investissement est d’utiliser le Q de Tobin, introduit par James Tobin. Le Q de Tobin est le rapport entre la valeur boursière des entreprises et la valeur de leur capital : si le Q de Tobin est supérieur à 1, alors les bénéfices qu’apporte l’investissement sont supérieurs à son coût, et il devient opportun d’investir. Cet indicateur reste toutefois très imparfait : il suppose que la valorisation boursière mesure bien la rentabilité intrinsèque des entreprises, ce qui n’est pas toujours le cas, notamment en présence de « bulle » sur le prix des actions, et il suppose également que la rentabilité de l’investissement supplémentaire est bien mesurée par celle des investissements passés. Pour ces raisons, sa corrélation avec le niveau d’investissement est en général empiriquement faible. ... les débouchés... 26 À court terme, lorsque les entreprises sont contraintes par leurs débouchés, le déterminant principal de l’investissement est la demande : plus cette dernière est forte et plus les entreprises doivent investir pour adapter leur capacité de production. Or, comme le capital représente un multiple important de l’investissement, si les entreprises veulent augmenter de 1 % leur niveau de capital, elles doivent accroître leur investissement de nettement plus que 1 %. Cet effet est appelé l’effet accélérateur et implique qu’une faible variation de la demande entraîne une variation plus importante de l’investissement. Note de conjoncture
  • 24. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? ... les contraintes de financement... L’investissement des entreprises peut dépendre également des contraintes d’accès au financement. Si ses ressources propres ne sont pas suffisantes, une entreprise empruntera pour investir. Parce qu’elles courent un risque significatif de ne pas être remboursées, mais également parce qu’elles n’ont pas toute l’information pour évaluer le risque de ne pas être remboursées, les banques pourront refuser de prêter ou prêteront à des taux très élevés aux entreprises déjà fortement endettées, ou dont le niveau de profit est très faible. Différentes caractéristiques renseignant sur la santé financière des entreprises influent sur leur accès au financement, aucune n’étant pleinement satisfaisante : niveau d’endettement, niveau d’autofinancement, niveau des profits, niveau du taux de marge. Dans l’équation estimée, c’est le taux de marge des entreprises (rapport entre leur excédent brut d’exploitation et leur valeur ajoutée) qui est utilisé. Il présente l’avantage d’être un «proxy » à la fois pour les contraintes de financement, et pour la rentabilité moyenne des investissements4. Certes le choix d’investir dépend de la rentabilité marginale, et non de la rentabilité moyenne du capital installé. En outre, un faible taux de marge peut également dans certains cas, inciter les entreprises à faire un effort accru d’investissement. Par exemple, elles peuvent développer l’automatisation de leur production, afin de diminuer la rémunération du travail. Mais empiriquement, il ressort qu’une baisse du taux de marge pénalise l’investissement en France, sur la période d’estimation. ... l’incertitude L’investissement dépend donc de nombreuses contraintes qui concernent à la fois le secteur financier, la demande et la santé des entreprises. L’incertitude qui existe quant à l’évolution de ces facteurs fait aussi partie des déterminants potentiels de l’investissement. En effet, une fois la décision d’investir prise, il est souvent coûteux pour une entreprise de revenir en arrière si les conditions économiques changent et rendent l’investissement non rentable. Ainsi, il peut y avoir sous-investissement si la demande est très volatile ou incertaine par exemple. Ce dernier déterminant de l’investissement est très difficilement mesurable, c’est pourquoi il n’a pas été testé ici. L’investissement en France est aujourd’hui légèrement supérieur à ce que prévoient ses déterminants... La modélisation macroéconomique de l’investissement s’appuie sur une équation à correction d’erreur qui rend compte de la dynamique d’ajustement à court-terme vers une cible de long terme (cf. encadré 1). L’idée est que les déterminants de l’investissement mentionnés précédemment peuvent avoir un effet différent à court terme (au bout de un ou plusieurs trimestres) et à long terme (plusieurs années). Par exemple, l’effet accélérateur implique une élasticité de l’investissement à la demande très supérieure à un à court terme, alors qu’elle est unitaire à long terme. En se concentrant sur le champ des produits « hors construction », la résistance de l’investissement identifiée dans la première partie est confirmée : le niveau d’investissement paraît aujourd’hui globalement en ligne avec ses déterminants, et un surcroît d’investissement significatif a même été observé de 2010 à 2012, il n’est pas complètement résorbé5 (cf. graphique 8). Ce résultat peut sembler surprenant car, dans notre modélisation, manquent des variables clefs qui devraient avoir affecté l’investissement ces dernières années, telles que le resserrement des conditions de crédit bancaire et l’incertitude extrême sur les perspectives économiques, voire même sur la pérennité de la zone euro dans sa forme actuelle. (4) En outre, c’est une variable moins fragile que les variables de bas de bilan. (5) Rappelons toutefois que les données 2011 (respectivement 2012) ne seront définitives qu’en mai 2014 (mai 2015), avec la publication du compte définitif. Décembre 2013 27
  • 25. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Par ailleurs, l’analyse du taux d’investissement des entreprises menée en première partie révélait une tendance apparente à la hausse depuis les années quatre-vingt-dix, qui peut sembler contradictoire avec le résultat selon lequel l’investissement est aujourd’hui conforme à ses déterminants. La réponse est en fait à trouver dans les déterminants de long terme de l’investissement. Si l’on réécrit la relation de long terme de l’équation (cf. fin encadré 1), alors l’investissement n’est en fait pas censé évoluer comme la seule valeur ajoutée. Il dépend aussi négativement du coût réel du capital et positivement du taux de marge des entreprises. Enfin, il dépend positivement ou négativement, selon que l’on considère l’investissement en valeur ou en volume, du prix relatif de l’investissement par rapport à la valeur ajoutée. L’évolution de la cible de long terme du taux d’investissement, en valeur et en volume, est représentée ci-après (cf. graphique 9). La baisse du coût de financement des entreprises a stimulé l’investissement Du début des années quatre-vingt-dix jusqu’au milieu des années 2000, le coût de financement des entreprises a fortement baissé, de même que le prix relatif de l’investissement, tandis que le taux de marge était globalement stable. Par conséquent, la cible de long terme de l’investissement en volume a une 8 - Investissement en produits hors construction Sources : Insee, Banque de France 9 - Cible de long-terme de l’investissement hors construction Source : Insee 28 Note de conjoncture
  • 26. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Encadré 1 - Estimation de l’équation de l’investissement hors construction Nous choisissons de modéliser l’investissement des entreprises hors produits de construction, choix effectué dans d’autres études1, car le cycle de l’investissement en construction (30 % de l’investissement total) est atypique par rapport au cycle macroéconomique global. Le comportement de l’investissement en construction se distingue des autres composantes de l’investissement, en particulier dans les années quatre-vingt-dix (cf. graphique 2). Ainsi, il perturbe l’estimation du comportement d’investissement des entreprises, si bien que la prévision de l’investissement est meilleure quand elle distingue d’une part l’investissement hors construction, et d’autre part l’investissement en construction. L’équilibre de long terme de l’investissement résulte d’un comportement de maximisation du profit des producteurs. On se place dans le cadre néo-classique avec deux facteurs de production (capital et travail), et une fonction de production de type CES (élasticité de substitution entre les facteurs constante). Le programme de maximisation du profit intertemporel s’écrit : ⎡ ⎢ +∞ py Y −ω L − p l I t t t t Max ⎢ ∑ t tt K t . It ⎢t = 0 1+ β i ) ∏( ⎢ ⎣ I= 0 sous contra int es : Kt +1 ⎤ ⎥ ⎥ ⎥ ⎥ ⎦ =(1 − δt ) Kt + It [ Yt = aKtr + (1 − a ) Ltr ]( 1r) On vérifie que le dernier terme de l’expression précédente est stationnaire, il n’influe donc pas sur l’investissement à long terme. On suppose en outre que les contraintes de financement, qu’on approxime par le taux de marge, influent sur le comportement d’investissement y compris à long terme2. À court terme3, les variations de l’investissement réagissent à celles de la valeur ajoutée, c’est l’effet accélérateur, et à l’écart à sa cible de long terme (force de rappel). Formellement, cette modélisation est estimée grâce à un modèle à correction d’erreur (MCE) estimé en deux étapes en estimant par DOLS l’équation de long terme (Stock et Watson 1993), ce qui permet d’obtenir une estimation moins biaisée à distance finie. Comme l’investissement est une composante de la demande, il existe une relation comptable entre l’investissement et la valeur ajoutée. Une estimation par variables instrumentales permet de corriger le biais d’endogénéité. Les instruments utilisés sont la consommation des ménages et les exportations en produits des branches marchandes non agricoles (SMNA). L’équation, estimée sur la période 1989T4-2010T4, s’écrit 4: ΔInIt =− 0,3 + 2,1 ΔInYt . (0,15 ) (0,36 ) ⎛ ⎞ ⎜ ⎟ ⎛Ck ⎞ − 0,07 ⎜ InIt − 1 − InYt − 1 + 0,6. In⎜ ty − 1 ⎟ − 3,6 . Tx _ marg et − 1⎟ *) *) ( (0,03 ) ⎜ ⎝ pt − 1 ⎠ ( ⎟ ⎝ ⎠ + 0,3 .ΔInYt − 1 + εt (0,08 ) où : où : - It et Yt sont l’investissement et la production en volume, - pX est le prix de la grandeur X, - ω t L t est le coût de la masse salariale, Kt le capital, - δ t est le taux d’amortissement du capital et β est le taux d’actualisation, - r = 1− 1 où σ est l’élasticité de substitution capital travail. σ ⎛ 1 − δ t −1 ⎞ & En posant C tK = ptl ⎜1 − 1 + ptI ⎟ , le coût d’usage du ⎝ 1 + β t −1 ⎠ ( ) capital, la résolution du programme permet d’aboutir à l’équation : ⎛CK ⎞ InKt = InYt − σ In⎜ ty ⎟ ⎝ pt ⎠ ou ⎛CK ⎞ & InIt = InYt − σ In⎜ ty ⎟ + f δt , Kt ⎝ pt ⎠ ( ) (1) cf. par exemple Bardaji et alii (2006) (2) Puisque le taux de marge est non stationnaire, son niveau ne peut pas, empiriquement, affecter l’investissement uniquement à court terme. (3) Le coût du capital et le taux de marge ne sont pas significatifs à court terme dans nos estimations. (4) Les écarts-types sont entre parenthèses. (5) L’amortissement des ENF n’étant pas disponible, on agrège l’amortissement des branches marchandes hors services immobiliers et financiers. - It est l’investissement hors construction des ENF en volume, - Yt est la valeur ajoutée des branches SMNA en volume, ( ) & - CtK est le coût d’usage du capital : CtK ≈ ptl δt + β t − ptl , & - ptl est le déflateur de la FBCF hors construction, ptI son glissement annuel et δt le taux d’amortissement des ENF5. - ptY le déflateur de la valeur ajoutée, - Tx _ marg et est le taux de marge des ENF; Les variables entrant dans l’équation de long terme étant toutes intégrées d’ordre 1, nous avons vérifié l’existence d’une unique relation de cointégration entre elles. Le test de Johansen valide cette hypothèse. En outre, le test de Shin valide notre relation de long terme au seuil de 5 %. On notera que la relation de long terme de l’équation peut se réécrire ainsi, selon que l’on s’intéresse à l’investissement en valeur ou en volume : p ⎜ ⎟ ( ) = In(p . Y ) − 4, 81+ 0, 41. In⎛ p ⎞ ⎝ ⎠ In ptl . It Y t t ⎛CK ⎞ −0, 59. In⎜ tl ⎟ + 3,65. Tx _ marget ⎝ pt ⎠ l t Y t ⎛ pl ⎞ ⎛CK ⎞ In( It ) = In( Yt ) − 4, 81 − 0, 59. In⎜ tY ⎟ − 0, 59. In⎜ tl ⎟ ⎝ pt ⎠ ⎝ pt ⎠ +3,65. Tx _ marg et ■ Décembre 2013 29
  • 27. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? tendance croissante sur la période, tandis que cette tendance est à peine perceptible en valeur, du fait de la baisse du prix relatif de l’investissement. La cible de long terme s’est stabilisée depuis le milieu des années 2000, en valeur comme en volume, car la poursuite de la baisse des taux d’intérêt a compensé la chute du taux de marge, tandis que le prix relatif de l’investissement se stabilisait. Aujourd’hui, la cible de long terme de l’investissement en volume reste 1,5 point supérieure à celle du milieu des années quatre-vingt-dix, ce qui explique que le taux d’investissement soit plus élevé qu’au début des années 2000. Ainsi, la tendance apparente à la hausse du taux d’investissement s’interprète simplement comme la convergence vers un nouveau régime d’intensité capitalistique plus élevée, induite par la baisse du coût de financement des entreprises. Tout se passe comme si, depuis 2007, l’investissement avait réagi aux seules évolutions de la demande La dégradation du taux de marge des entreprises depuis 2007 aurait été compensée par la poursuite de la baisse du coût de financement. Ce résultat est a priori surprenant. La forte baisse ces dernières années du taux de marge en France, qui s’est accompagnée d’une baisse du taux d’épargne équivalente, est révélatrice d’une dégradation de la situation financière des entreprises et de leur rentabilité. Celle-ci devrait se répercuter sur le volume d’investissement. Ce résultat, pour surprenant qu’il soit, est en tous cas cohérent avec les réponses des entreprises à l’enquête sur les investissements dans l’industrie, déjà mentionnée dans la première partie. Chaque année en octobre, elles sont interrogées sur les facteurs influençant leur décision d’investir : pour l’année en cours, elles doivent les qualifier de stimulant ou limitant. Le solde relatif à la demande intérieure est en 2013 de l’ordre de 23 points inférieurs à son niveau de 2004 (l’écart étant deux fois plus faible pour la demande étrangère). Mais les soldes des réponses concernant l’autofinancement, les conditions globales de financement et les perspectives de profit ne paraissent pas, au premier ordre, plus limitants aujourd’hui qu’avant la crise (cf. graphique 10). Ce résultat s’explique peut-être, sans qu’il soit possible de quantifier leur contribution, par les nombreuses mesures de politiques publiques destinées à soutenir, directement ou indirectement, l’investissement des entreprises. (6) La taxe professionnelle avait déjà été allégée en 2006, avec la refonte du dégrèvement pour investissements nouveaux et du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée. 10 - Facteurs influençant l’investissement Note de lecture : Le point 2014 correspond aux prévisions des industriels interrogés en octobre 2013. Source : Enquête de conjoncture Insee 30 Note de conjoncture
  • 28. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? D’abord, la taxe professionnelle, qui pesait uniquement sur la capital, a été supprimée en 2010, et remplacée par un impôt sur la valeur ajoutée, qui affecte donc autant le capital que l’emploi6. En outre, le crédit d’impôt recherche a été considérablement étendu en 2008 (suppression du plafond, hausse des taux de crédit, suppression de la part calculée sur l’accroissement des dépenses), son coût progressant en quelques années de 5 milliards d’euros7. Par ailleurs, les investissements d’avenir ont été lancés en 2010, et les montants contractualisés atteignaient 19 milliards d’euros au premier trimestre 20138. Le resserrement du crédit semble avoir eu un rôle secondaire en France Enfin, au plus fort de la crise financière fin 2008, alors que les banques durcissaient leurs conditions d’accès au crédit, plusieurs mesures ont été prises pour soutenir la trésorerie des entreprises (soutien d’Oséo, remboursement des créances fiscales, médiation du crédit...), ce qui peut être considéré comme une aide indirecte à l’investissement. D’ailleurs, les études disponibles sur données françaises indiquent que les contraintes de crédit auraient joué un rôle relativement mineur en France, et n’auraient que peu affecté l’investissement (cf. Guinouard, Kremp et Randriamisaina ainsi que Kremp et Sevestre). En particulier, les filiales des groupes ont connu une baisse d’activité en 2008 et 2009 plus forte que les entreprises indépendantes, notamment dans le secteur de l’industrie manufacturière. Ce sont les entreprises les moins susceptibles d’être contraintes financièrement qui ont le plus ajusté leur volume de production à court terme, ainsi que leurs niveaux d’emploi et d’investissement. Ces éléments suggèrent qu’en France les entreprises ont davantage pâti d’un choc de demande que d’un choc de crédit (cf . graphique 11). (7) Certes, la recherche et développement (R&D) n’est pas comptabilisée en investissement en comptabilité nationale, mais une augmentation des dépenses en R&D déclenche des investissements supplémentaires. (8) Rapport annuel relatif à la mise en œuvre du programme d’investissements d’avenir de 2012-2013 11 - Évolution de l’investissement dans l’industrie manufacturière Champ : unités légales ( UL) reportant une liasse fiscale au titre des BRN dans l’industrie manufacturière. Définition : sont définies comme indépendantes, les entreprises qui ne font partie d'aucun groupe au cours de la période d'observation. Note de lecture : en 2009, dans l’industrie manufacturière, l’investissement a décru de 28 % en moyenne parmi les unités légales filiales de groupes, contre 24 % parmi les unités légales indépendantes. Lorsque les zones délimitées par les tirets sont disjointes, ces deux moyennes peuvent être considérées comme significativement différentes. Les taux de croissance sont définis comme dans Davis et Haltiwanger comme (x-x-1)/(0.5*(x + x-1)). Source : Insee, BRN (2004-2007), Ésane (2008-2011). Décembre 2013 31
  • 29. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Dans la zone euro, l’investissement est plutôt plus faible que ne le prévoient ses déterminants La modélisation économétrique menée sur la zone euro conduit à des conclusions un peu plus nuancées que le diagnostic établi en première partie. L’existence d’un sous-investissement ces dernières années dans la zone euro est sensible à la spécification et à la période d’estimation retenues, le sous-investissement variant de 0 à 6 % (cf . graphique 12 et annexe). L’ampleur du sous-investissement est atténuée quand on estime l’équation jusqu’à fin 2010, car la faiblesse prolongée de l’investissement à partir de 2008 conduit à amoindrir la force de rappel vers les déterminants de long terme, et donc à différer le retour à la cible de long terme. Cet écart apparaît donc temporaire. De toutes les façons, quelles que soient la spécification et la période d’estimation retenues, on observe donc un sous-investissement pour la zone euro ces dernières années, alors qu’on constate le contraire pour la France. Ce résultat provient principalement, comme on l’a vu dans la première partie, de l’Allemagne, dont l’investissement a davantage chuté qu’en France, alors que la conjoncture y a été moins dégradée (cf. Goldman Sachs Global Economics). Conclusion : quel investissement pour 2014 ? L’équation prévoit une reprise modérée de l’investissement D’après les résultats présentés dans ce dossier, le taux d’investissement des entreprises semble sur une tendance croissante depuis les années quatre-vingt-dix. Celle-ci s’explique par la baisse continue du coût de financement. En particulier, depuis la crise, l’investissement en France est plus résistant que celui de ses partenaires européens. Aujourd’hui, l’activité économique semble se redresser, en France comme dans la zone euro : le climat des affaires s’est fortement amélioré depuis le début de l’année ; et le glissement annuel du PIB fin 2013 s’établirait à +0,7 %, contre -0,3 % fin 2012. L’investissement des entreprises est également mieux orienté (-0,7 % attendu en glissement annuel fin 2013, contre -3,1 % fin 2012), mais continue à contribuer négativement à la croissance. Pour 2014, le rythme de la reprise économique dépendra notamment du devenir de l’investissement des entreprises. Trois scénarii sont possibles : un investissement « freineur », qui continue à baisser ; un investissement « suiveur », qui progresse, mais modérément, dans le sillage de la reprise, et un investissement « moteur », dont le rebond marqué permet d’intensifier la reprise économique. Le scénario de l’investissement « suiveur » paraît le plus probable. Avec le scénario de la Note de conjoncture, l’équation estimée dans la partie précédente prévoit une reprise, mais modérée, de l’investissement hors construction, à l’horizon de la prévision (+0,8 % puis +0,6 % et +0,3 %). Cette dynamique serait essentiellement gouvernée par l’effet accélérateur : tout comme le PIB, l’investissement rebondirait au quatrième trimestre avant de ralentir. 12 - Investissements en actifs hors construction dans la zone euro Source : Insee 32 Note de conjoncture
  • 30. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Encadré 2 - Le comportement d’investissement lors des reprises passées Sur les deux dernières décennies, l’économie française a été affectée par trois épisodes récessifs : la Récession de 1993, le ralentissement consécutif à l’éclatement de la bulle internet de 2001 et la Grande Récession de 2008-2009. Chacun d’entre eux peut être découpé en deux phases : une première phase durant laquelle l’activité se replie brutalement (l’ensemble des composantes de la demande se contracte) puis rebondit (mais ce rebond demeure partiel et fragile dans la mesure où l’investissement ne redémarre pas véritablement), suivi d’une deuxième phase plus diffuse pendant laquelle l’activité connaît à nouveau une dégradation mais de moindre ampleur que la première. À l’issue de cette seconde phase, une reprise plus robuste et plus durable apparaît, accompagnée d’un redémarrage notable de l’investissement des entreprises non financières. L’investissement des entreprises, composante très cyclique de la demande, amplifie les fluctuations conjoncturelles de la valeur ajoutée, en vertu du principe de l’accélérateur. En phase de récession, la baisse de l’investissement est plus ample que celle de la demande. En phase de reprise, l’investissement rebondit, répondant à la fois au surajustement passé et à l’amélioration de la demande anticipée. À l’aune des trois derniers épisodes récessifs qui ont affecté l’économie française, l’investissement des entreprises a tendance à s’ajuster avec retard aux variations de la demande, si bien que la reprise de l’investissement est décalée par rapport à celle de la valeur ajoutée. Aussi, l’investissement a t-il été rarement le moteur de la reprise en France. D’autres composantes de la demande, à l’instar des exportations, ont eu un rôle véritablement moteur dans les phases de reprise de l’activité. Le fait que l’investissement soit davantage suiveur que moteur du cycle pourrait tenir au fait que la décision d’investissement est lourde de conséquence pour celui qui la prend : celle-ci génère en effet des coûts d’installation (voire de formation, d’organisation et d’adaptation), une prise de risque en univers incertain, un engagement financier souvent important vis-à-vis du prêteur (banquier, actionnaire...) et de l’irréversibilité. Autant d’éléments contraignants qui font de l’investissement une variable devenant dynamique seulement une fois le redémarrage de l’activité confirmé. Au cours des deux épisodes récessifs complets (c’est-à-dire avec l’observation des deux phases décrites ci-dessus), le taux d’investissement en première phase de la reprise demeure terne voire même continue de se dégrader après la date de reprise de l’activité (notée T) avant de se stabiliser : en 1993, il est de nouveau en hausse deux trimestres après le creux, mais ce mouvement s’interrompt rapidement et le taux d’investissement se dégrade à nouveau avant de se stabiliser à huit trimestres après la reprise de l’activité (cf. graphique 1) ; en 2001, il continue de baisser durant près de trois trimestres après la date de redémarrage de l’activité avant de se stabiliser à un niveau bas (cf. graphique 2). Au cours de cette première phase, taux d’utilisation des capacités comme taux de marge ne connaissent pas de réelle amélioration : ils sont au mieux stables, voire continuent de se dégrader. Au cours de la deuxième phase, l’accélération de l’investissement est nette sur ces deux épisodes récessifs (cf. graphiques 3 et 4) : le taux d’investissement croît nettement dès les premiers trimestres après la reprise de l'activité. En 1997, taux d’utilisation des capacités et taux de marge se sont sensiblement améliorés, tandis qu’en 2003 ces deux variables restent mal orientées. Le dernier épisode récessif connu (2008-2009) apparaît singulier au regard des deux précédents : en effet, cet épisode apparaît remarquable du fait de la réactivité inhabituelle de l’investissement au redémarrage de la valeur ajoutée au troisième trimestre de l’année 2009. Ainsi le taux d’investissement croît rapidement dès les premiers trimestres de reprise, tout comme le taux d’utilisation des capacités et le taux de marge (cf. graphique 5). Les deux phases de la récession de 1993 1 - Phase 1 de reprise au trimestre T (T=1993T2) 2 - Phase 2 de reprise au trimestre T (T=1997T1) Source : Insee Décembre 2013 33
  • 31. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Les deux phases du ralentissement post-bulle internet 4 - Phase 2 de reprise au trimestre T (T=2003T3) 3 - Phase 1 de reprise au trimestre T (T=2002T1) Source : Insee La Grande Récession de 2008 5 - Phase 1 de reprise au trimestre T (T=2009T3) Source : Insee Note de lecture Pour les cinq graphiques ci-dessus, les trois séries sont en base 100 au trimestre T (T étant le premier trimestre de taux de croissance du PIB positif après chaque épisode récessif). 34 Note de conjoncture
  • 32. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Lors des reprises précédentes, l’investissement a été en général « suiveur » Les points de retournement conjoncturel peuvent être particuliers, notamment car les comportements sont moins « mécaniques » et obéissent davantage aux anticipations des agents. Pour tracer les perspectives de reprise de l’investissement, il peut donc être utile d’examiner également les reprises des vingt dernières années (cf. encadré 2). Schématiquement, il y a eu trois phases récessives (1993, 2001, 2008), suivies chacune d’une reprise avortée, avant une phase de reprise plus franche et plus durablement installée (1997, 2003, et donc potentiellement 2013). Il en ressort les conclusions suivantes : - le taux d’investissement ne se redresse en général pas durant les trimestres qui suivent la reprise, c’est-à-dire que l’investissement au mieux progresse modérément, comme le PIB. Seule exception, la reprise de 2009-2010, où la reprise de l’investissement a été très forte et plus rapide qu’attendu au vu de ses déterminants (cf. partie 2). L’idée selon laquelle le rebond de l’investissement est en général le moteur des reprises économiques n’est pas vérifiée en France. - contrairement à une idée répandue, un niveau faible de taux d’utilisation des capacités (TUC) n’empêche pas le redémarrage de l’investissement (cf. Forestier). En effet, lors des récessions passées, systématiquement, les reprises sont intervenues avant que le TUC ne se relève, et en général les redressements du TUC et du taux d’investissement sont concomitants. C’est en particulier vrai fin 2009 : la forte reprise de l’investissement est intervenue alors que le TUC était encore à son point bas. Ce résultat contraire à l’intuition peut a priori avoir plusieurs explications non exclusives. Tout d’abord, évidemment, le TUC est une moyenne : un faible niveau du TUC n’empêche pas des sous-capacités par endroits. Ensuite, lors des récessions, la baisse de l’investissement est telle que son rebond peut être nécessaire, juste pour maintenir les capacités productives nettes de l’amortissement. Et comme le capital est par nature beaucoup plus inerte que l’investissement, un fort rebond de ce dernier peut s’accompagner d’un redressement du TUC. Ainsi, l’analyse des récessions passées enseigne d’une part que l’investissement est en général « suiveur », et d’autre part qu’un redressement du TUC n’est pas une condition nécessaire à la reprise de l’investissement. Pour cette reprise, un investissement « freineur »? D’autres facteurs, difficiles à quantifier, pourraient peser sur les décisions d’investissement, tels que la poursuite de la perte d’attractivité de la France qui ressort des classements internationaux, au moment où la baisse des coûts salariaux dans des pays comme l’Espagne ou l’Irlande en restaure l’attractivité aux yeux des investisseurs internationaux. Ces facteurs ne semblent pas avoir joué jusqu’à présent, puisque l’investissement des entreprises françaises semble, on l’a vu, en ligne avec ses déterminants habituels (demande ; taux de marge ; coût d’usage du capital hors fiscalité). Si on ne peut pas exclure qu’ils commencent à jouer à l’horizon de la prévision, la poursuite des mesures en faveur de l’investissement, telles que celles contenues dans le pacte national pour la compétitivité et l’emploi, joue en sens inverse. En tout cas, les enquêtes de conjoncture ne laissent pas attendre de décrochage de l’investissement à court terme. A contrario, les données les plus récentes accréditent à court-terme une reprise de l’investissement. Les données les plus récentes accréditent une reprise de l’investissement D’après les conclusions de la première partie, l’investissement des entreprises peut être décomposé en investissement en produits manufacturés, dont la dynamique est très cyclique, en investissement en services, dont la dynamique est davantage tendancielle, et en investissement en construction, qui obéit aussi à des cycles, mais a priori distincts des cycles du PIB. Décembre 2013 35
  • 33. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Sur la période récente, l’investissement en produits manufacturés s’est redressé fortement, après six trimestres de baisse marquée, et contribue désormais positivement à l’activité (+0,4 % attendu en glissement annuel fin 2013, après -7,4 % fin 2012). Il s’agit d’un signe positif pour 2014, car cette variable connaît habituellement des cycles réguliers. A contrario, l’investissement en services, qui a très bien résisté durant la crise, était plus faible en 2013, faiblesse qui devrait être ponctuelle (-1,6 % attendu en glissement annuel fin 2013, après +1,9 %). Enfin, l’investissement en construction reculerait moins fortement en 2013 (-0,8 % attendu, après -3,3 %), mais l’orientation des mises en chantier et des permis de construire ne permettent pas d’envisager une contribution positive au premier semestre 2014. Par ailleurs, les données d’enquêtes sont toutes cohérentes avec une amélioration à court terme des perspectives d’investissement, même si une contribution positive sur l’année 2014 n’est pas certaine : selon l’enquête sur les investissements dans l’industrie, les dépenses d’investissement baisseraient de 2 % en 2014. Toutefois, en interprétant ces résultats en tendance, ce qui est plus raisonnable compte tenu de l’imprécision inhérente aux enquêtes, l’amélioration est notable, car les mêmes chefs d’entreprise évaluent à -7 % la baisse de leurs investissements en 2013. Dans les services, l’enquête est qualitative, et les questions sur les perspectives d’investissements ne portent que sur les trois mois à venir. Toutefois, le solde moyen au second semestre 2013 est 5 points plus élevé que sa moyenne du premier semestre 2013. Selon la modélisation présentée dans ce dossier, l’investissement des entreprises devrait croître à un rythme voisin de celui du PIB en 2014 Au total, pour la prévision retenue dans cette Note de conjoncture, le choix a été fait de suivre les simulations de l’équation économétrique (cf. partie 2) . Tout d’abord, le niveau d’investissement simulé par l’équation correspond aujourd’hui au niveau d’investissement observé. Ensuite, la prévision de l’équation pour le quatrième trimestre 2013 est cohérente avec ce qu’annoncent les étalonnages à partir des données d’enquête. Enfin, les facteurs évoqués précédemment (incertitude sur l’avenir de la zone euro, resserrement des conditions de crédit), qui ne figurent pas comme variables explicatives de l’équation, semblent beaucoup moins prégnants aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en 2011 ou 2012, ce qui n’incite pas à inscrire une prévision inférieure à celle de l’équation. L’investissement des entreprises progresserait ainsi modérément pour les trois prochains trimestres (+0,7 %, +0,2 % et +0,2 % inscrits en prévision), ce qui se traduirait par un acquis à mi-2014 de +0,7 % (comme pour le PIB). La dynamique de l’investissement serait toutefois très hétérogène, entre l’investissement en produits manufacturés, relativement dynamique (+2,4 % d’acquis), l’investissement en services, quasi stable (+0,4 % d’acquis), et l’investissement en construction, qui continuerait de baisser (acquis à -1,3 %), et limiterait ainsi la croissance globale de l’investissement.■ 36 Note de conjoncture
  • 34. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Annexe - Estimation de l’équation de l’investissement sur la zone euro et l’Allemagne Estimer une équation d’investissement dans la zone euro est plus complexe que pour la France, du fait de la disponibilité des données. D’abord, la période d’estimation est forcément réduite, car les données commencent en 1995 (de fait, même si elles commençaient plus tôt, le début des années quatre-vingt-dix avec la réunification de l’Allemagne est une période atypique qui perturberait les estimations). Ensuite, la construction d’un coût du capital, qui est déjà fragile pour la France, le serait encore davantage pour la zone euro, notamment du fait de l’absence de séries homogènes de taux d’amortissement. Enfin, pour la zone euro, l’investissement des entreprises n’est pas disponible à fréquence trimestrielle et la nomenclature n’est pas en produits, mais en actifs. Ainsi, le champ sur lequel nous faisons l’estimation zone euro (investissement tous agents en actifs corporels hors construction) est proche mais pas équivalent à celui de l’estimation France. Pour ces raisons, nous avons retenu deux spécifications différentes. La première est proche de celle retenue pour la France en remplaçant le coût d’usage du capital par le prix de l’investissement. Cette spécification risquant de souffrir d’un biais de variable omise, nous confortons nos résultats par un second modèle du type accélérateur simple. À long terme, l’investissement en valeur s’ajuste à la valeur ajoutée avec une élasticité unitaire, soit une cible de taux d’investissement en valeur, qui correspond à une fonction de production de type Cobb-Douglas. Pour ces deux spécifications, le taux de marge n’est significatif ni à long-terme, ni à court-terme. Pour chacune des deux spécifications, nous avons retenu deux estimations, difficiles à départager, et qui diffèrent principalement par leur période d’estimation. La première estimation s’arrête en 2007T4, ce qui est à la fois un avantage (l’écart entre observé et simulé sur les dernières années peut alors s’interpréter comme un comportement différent d’avant-crise) et un inconvénient (l’estimation se fait alors sur une période réduite). La seconde estimation s’arrête en 2010T4. Par rapport à l’estimation précédente, la force de rappel vers la cible de long-terme est plus faible, aussi l’investissement simulé est moins élevé depuis le début de la crise. Selon la spécification et la période d’estimation retenue, l’investissement prévu est supérieur de 0 % à 6 % à l’investissement réellement observé. Spécification Cobb-Douglas : ⎛ ⎛ pI ⎞ ⎞ ΔInIt = −0,25+ 2,66.ΔInYt − 0,09.⎜ InIt − 1 − InYt − 1 + In⎜ tY− 1 ⎟ ⎟ ⎜ (0,08 ) (0,45 ) (0,03 ) ⎝ ⎝ pt − 1 ⎠ ⎟ ⎠ + 178 .Δ InYt − 2 + εt , (0,47 ) L’équation, estimée sur la période 1995T1-2007T4, s’écrit : ⎛ ⎛ pI ⎞ ⎞ Δ InIt =− 0,14+ 3,13.Δ InYt −0,05.⎜ InIt − 1 − InYt − 1 + In⎜ tY− 1 ⎟ ⎟ (0,06 ) (0,45 ) (0,02 ) ⎜ ⎝ pt − 1 ⎠ ⎟ ⎝ ⎠ + 0,21.Δ InIt − 1 + εt (0,07 ) Spécification CES L’équation, estimée sur la période 1995T1-2007T4, s’écrit : ⎛ ⎛ pI ⎞ ⎞ Δ InIt =− 0,24+ 2,61.Δ InYt −0,09.⎜ InIt − 1 − InYt − 1 + 0,75.In⎜ tY− 1 ⎟ ⎟ ⎜ (0,09 ) (0,45 ) (0,03 ) ⎝ (* ) ⎝ pt − 1 ⎠ ⎟ ⎠ + 118 . Δ InYt − 2 + εt , (0,60 ) L’équation, estimée sur la période 1995T1-2010T4, s’écrit : ⎛ ⎛ pI ⎞ ⎞ Δ InIt =− 0,18+ 2, 80.Δ InYt −0,06.⎜ InIt − 1 − InYt − 1 + 0,70. In⎜ tY− 1 ⎟ ⎟ ⎜ (0,08 ) (0,36 ) (0,03 ) ⎝ (* ) ⎝ pt − 1 ⎠ ⎟ ⎠ +1 ,26 .Δ InYt − 1 + εt (0,47 ) où : - It est l’investissement en actifs équipement et matériels de transport en volume, - Yt est le produit intérieur brut de la zone euro, - ptY et ptI les déflateurs de la valeur ajoutée et de l’investissement Pour chacun des modèles, le test d’Elliott-Rothenberg-Stock rejette l’hypothèse de non stationnarité du résidu du long terme au seuil de 5 %, et confirme que les variables It et Yt sont intégrées d’ordre un. Nos modèles d’investissement sur la zone euro nous permettent donc de penser que la zone est en léger sous-investissement depuis 2011. Ce sous-investissement serait en particulier dû au faible investissement en Allemagne comme le montre les modèles présentés ci-après. Sur données allemandes, le coût du capital ne ressort pas significativement dans les estimations, nous le remplaçons donc par le prix de l’investissement, comme pour les estimations zone euro. L’estimation du long terme non contraint fait ressortir un coefficient du ratio de prix non significativement différent de 1, c’est-à-dire que la fonction de production serait de type Cobb-Douglas. Contrairement à la zone euro dans son ensemble, les modèles ainsi estimés jusqu’en 2007 ou 2010 amènent à une estimation identique de l’ampleur du sous-investissement (14 %). Celle-ci est d’autant plus élevée que le coefficient accélérateur est relativement faible (1,45, contre plus de 2 pour la France, et 3 pour la zone euro), si bien que le simulé est donc moins affecté par la dégradation conjoncturelle de ces dernières années. L’équation, estimée sur la période 1995T1-2007T4, s’écrit : ⎛ ⎛ pI ⎞ ⎞ Δ InIt =− 0,16 +1 , 45 .Δ InYt −0,08.⎜ InIt − 1 − InYt − 1 + 0, 88.In⎜ tY− 1 ⎟ ⎟ ⎜ (0,09 ) (0,36 ) (0,05 ) ⎝ (* ) ⎝ pt − 1 ⎠ ⎟ ⎠ + 0,13. Δ InIt − 1 + εt (0,13 ) L’équation, estimée sur la période 1995T1-2010T4, s’écrit : ⎛ ⎛ pI ⎞ ⎞ Δ InIt =− 0,16 + 1 45.Δ InYt −0,08.⎜ InIt − 1 − InYt − 1 +106. In⎜ tY− 1 ⎟ ⎟ , , ⎜ (0,09 ) (0,36 ) (0,05 ) ⎝ (* ) ⎝ pt − 1 ⎠ ⎟ ⎠ + 0,2 .Δ InIt − 1 + εt ■ (0,10 ) Décembre 2013 37
  • 35. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? FBCF en actifs équipements et matériaux de transports : zone euro FBCF en équipements et matériaux de transports : Allemagne 38 Note de conjoncture
  • 36. En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ? Bibliographie Bardaji J., Clavel L., Clément M., Bessone A-J., Ourliac B., Pluyaud B. et Sorbe S., 2006, « Investissement des entreprises en France et en zone euro : analogies et différences avec le cycle précédent », Note de Conjoncture, Insee, décembre 2006, p.15-29. Bardaji J., Loubens A. et Partouche H., 2010, « La maquette de prévision Opale 2010 », Document de Travail de la DG Trésor, décembre 2010, p.18-24. Cabannes P-Y., Cottet V., Dubois Y., Lelarge C. et Sicsic M., 2013, « Les ajustements des entreprises françaises pendant la crise 2008/2009 », L’Économie Française, Insee Référence, 2013. Chion E., Corbel P et Passeron V., 2003, « Investissement des entreprises : le creux est-il passé ? », Note de . Conjoncture, Insee, juin 2003, p. 27-37. Commissariat Général à l’Investissement, 2013, « Rapport annuel relatif à la mise en œuvre du programme d’investissements d’avenir de 2012-2013 », juillet 2013. Cour des Comptes, 2013, « L’évolution et les conditions de maîtrise du crédit d’impôt en faveur de la recherche », Communication à la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, juillet 2013. Davis S. J. et Haltiwanger J., 1990, "Gross Job Creation and Destruction Microeconomic Evidence and Macroeconomic Implications", Macroeconomics Annual, Vol. 5, janvier 1990, p. 123-168. Elliott G., Rothenberg T. J. et Stock J. H., 1996, "Efficient Tests for an Autoregressive Unit Root", Econometrica, vol. 64, n°4, juillet 1996, p. 813-836. Eudeline J.F, Sklénard G et Zakhartchouk A., 2012, « L industrie manufacturière en France depuis 2008 : quelles ruptures ? », Note de conjoncture, Insee, décembre 2012, p.23-50. Forestier M., 2011, « Comment expliquer la reprise de l’investissement en France malgré la faiblesse du taux d’utilisation des capacités de production ? », Trésor-Eco, n°90, juillet 2011. Goldman Sachs Global Economics, 2012, "Uncertainty weighing on investment spending in Germany", octobre 2012. Guinouard F., Kremp E. et Randriamisaina M., 2013, « Accès au crédit des PME et ETI : fléchissement de l’offre ou moindre demande ? » , Bulletin de la Banque de France, n° 192, 2e trimestre 2013. Johansen S., 1991, "Estimation and Hypothesis Testing of Cointegration Vectors in Gaussian Vector Autoregressive Models", Econometrica, vol. 59, n°6, novembre 1991, p. 1551-1580. Kergueris J.,2002, « Les déterminants de l’investissement », Rapport du Sénat, octobre 2002. Kremp E. et Sevestre P , 2011, "Did the crisis induce credit rationing for French SMEs?", Document de travail 405, . Banque de France, octobre 2011. OCDE, 2012, « Études économiques de l’OCDE Allemagne », février, 2012. Shin Y., 1994, "A Residual Based Test of the Null Cointegration Against the Alternative Noncointegration", Econometric Theory, Vol. 10, 1994, p. 91-115. Stock J. H. et Watson M. W., 1993, "A Simple Estimator of Cointegrating Vectors in Higher Order Integrated Systems", Econometrica, vol. 61, n°4, juillet 1993, p. 783-820.■ Décembre 2013 39
  • 37. À la recherche de la productivité britannique perdue Noémie Jess Julien Pramil Dorian Roucher Département de la conjoncture A lors que l’économie britannique connaissait une croissance régulière et stable de la productivité depuis une quarantaine d’années au rythme moyen de 2,4 % par an, la production moyenne par travailleur a chuté en 2008 et ne s’est que très faiblement redressée depuis. La productivité britannique est aujourd’hui inférieure de 16 % à sa tendance d’avant-crise. Si ce phénomène se retrouve dans de nombreux pays européens, dont la France et l’Allemagne, il est nettement plus marqué au Royaume-Uni. Comme en France et en Allemagne, ce coup d’arrêt de la productivité au Royaume-Uni ne peut s’expliquer que marginalement par le cycle de productivité habituel : la crise économique date désormais de cinq ans, ce qui est très supérieur aux délais habituels d’ajustement de l’emploi. Il ne provient pas plus des effets de structure : calculée en décomposant l’économie en neuf secteurs, la contribution aux gains de productivité de la réallocation sectorielle des emplois est négligeable. L’augmentation de l’emploi indépendant et des contrats à temps partiel n’a, en outre, qu’un effet marginal sur le choc de productivité. Trois raisons peuvent être isolées et, cumulées, elles expliquent de 50 à 75 % du ralentissement de la productivité au Royaume-Uni : - si le ralentissement de la productivité est observé dans chacun des neuf secteurs de l’économie, il est particulièrement marqué dans les secteurs pétrolier (en raison de l’extinction progressive des réserves) et financier (en lien avec l’explosion de la bulle) ; - l’investissement des entreprises, en particulier en biens d’équipement, paraît particulièrement faible depuis le début des années 2000, ce qui a vraisemblablement pesé sur la productivité du travail ; - l’ajustement des salaires a été très rapide et très fort depuis 2008, si bien que les salaires réels ont baissé en cinq ans de 7 %, alors qu’ils ont crû en France et en Allemagne. Cet ajustement a été favorisé par une augmentation de la population active, induite par des modifications des règles de départ à la retraite et d’éligibilité aux minima sociaux ; il peut avoir orienté les choix des entreprises vers des processus plus économes en capital et moins en travail. Décembre 2013 41
  • 38. À la recherche de la productivité britannique perdue Une quatrième raison est parfois avancée : le capital se serait insuffisamment réalloué depuis la crise. En effet, d’une part, le soutien massif aux entreprises en difficulté aurait réduit les faillites, et d’autre part le financement des secteurs en croissance aurait été insuffisant. Cette explication est séduisante théoriquement, mais n’a pas reçu à ce jour de validation empirique. En outre, elle n’est pas a priori spécifique au Royaume-Uni, alors que la baisse de la productivité y est singulièrement importante. Certains de ces facteurs sont par nature temporaires et ne devraient pas affecter la productivité britannique à long terme (c’est le cas de l’effet habituel du cycle de productivité). À l’inverse, d’autres chocs affectent à la fois le niveau et les gains tendanciels de productivité : la productivité britannique a ainsi été dopée par le secteur pétrolier dans les années quatre-vingt-dix puis par le secteur financier dans les années 2000 sur fond de bulle de crédit et ces facteurs ne joueront plus dans les années qui viennent. Cependant, l’essentiel des explications (hausse des taux d’activité, sous-investissement, mauvaise allocation du capital) invite à penser que le choc de productivité est principalement une perte sèche en niveau mais que le ralentissement marqué des gains de productivité pourrait être en grande partie temporaire. D’ailleurs, la reprise de l’activité depuis début 2013 s’est traduite par un net redressement de la productivité (+0,4 % en moyenne par trimestre). 42 Note de conjoncture
  • 39. À la recherche de la productivité britannique perdue La productivité britannique a décroché depuis la crise Forte baisse de la productivité britannique depuis 2008 L’économie britannique a enregistré des gains de productivité du travail (augmentation de la quantité produite par employé ou par heure travaillée) importants depuis plusieurs décennies : en effet, de 1971 à 2007, la productivité a augmenté d’environ 2,4 % par an. Ce rythme était particulièrement soutenu comparativement aux autres économies développées. Cette tendance est relativement linéaire de 1971 à 2007 (cf. graphique 1) si bien que l’estimation de la tendance de productivité dépend peu de la sous-période retenue. Du quatrième trimestre 2007 au premier trimestre 2009, la productivité du travail a chuté de 6 % et, malgré la reprise de l’activité, elle stagne depuis lors (+0,4 % par an en moyenne). Aujourd’hui, la productivité britannique est donc inférieure de 4 % à son niveau d’avant-crise, et de 16 % à sa tendance d’avant-crise. Une baisse plus marquée qu’ailleurs en Europe L’atonie de la productivité se retrouve dans de nombreux pays européens. Ainsi, la productivité en France (respectivement en Allemagne) est 2 % supérieure (respectivement 1,5 % inférieure) à son niveau d’avant-crise (cf. graphique 2). Comme les gains de productivité étaient nettement plus dynamiques avant-crise qu’en France et en Allemagne, l’ampleur de l’écart par rapport à la tendance est plus importante au Royaume-Uni (16 % contre 8 % en Allemagne et 6 % en France). 1 - La productivité britannique décroche depuis 2008 Sources : ONS, calculs Insee 2 - Comparaison internationale des productivités Sources : Instituts statistiques nationaux Décembre 2013 43
  • 40. À la recherche de la productivité britannique perdue Reprise molle de l’activité... La croissance de l’activité s’est révélée particulièrement faible ces cinq dernières années, notamment en comparaison avec les sorties de crises de 1973, 1980 et 1990. Lors des précédentes récessions, l’économie britannique était parvenue à retrouver son niveau d’avant-récession en une, deux et trois années respectivement pour les récessions de 1990, 1980 et 1973. Au deuxième trimestre 2013, cinq ans après la récession de 2008, le PIB était toujours 3,3 % en deçà de son niveau du premier trimestre 2008. Même si les comptes des trois dernières années ne sont pas encore définitifs et peuvent dont être révisés, l’hypothèse d’une chute de la productivité s’expliquant principalement par des erreurs de mesure paraît peu probable au regard de l’ampleur du phénomène (cf. encadré 1). ... alors que l’emploi est dynamique Parallèlement, l’emploi s’est rapidement redressé (cf. graphique 3). Après avoir chuté de 2,4 % en l’espace de deux ans, deux phases de reprises dynamiques de l’emploi se sont succédées, l’une début 2010, l’autre en 2011. L’emploi est aujourd’hui supérieur de près de 1,5 % à son pic d’avant-crise. L’inflexion à la baisse de la tendance de productivité est donc la conjonction d’une croissance modeste et d’une surprenante progression de l’emploi. Le phénomène classique de rétention d’emploi... Classiquement, un recul de la productivité peut s’expliquer par le « cycle de productivité » : autour d’une tendance stable, la productivité recule pendant la phase de crise (les employeurs conservant leurs salariés) et repart vigoureusement pendant la phase de reprise (les entreprises utilisant leurs capacités inutilisées pour répondre à la demande avant de réembaucher). À court terme, les coûts d’embauche et de licenciement, ainsi que les effets d’apprentissage, incitent les chefs d’entreprise à lisser l’effet des chocs de demande sur leur offre de travail. ... n’explique pas l’ampleur du choc de productivité Pourtant, ce phénomène n’explique pas la situation britannique actuelle. Tout d’abord, la rétention d’emploi est un phénomène de court terme et cinq années après la récession, il semble peu probable que les chefs d’entreprise n’aient pas ajusté leurs effectifs. Lors des précédentes récessions, la productivité du travail avait retrouvé sa tendance d’avant-crise après quatre ans. Au total, selon la modélisation économétrique, le cycle de productivité mesuré par l’écart du simulé de court terme à la cible de long terme est d’environ 3 points au deuxième trimestre 2013 (cf. encadré 2). Par ailleurs, le niveau des licenciements n’est pas particulièrement bas depuis la crise : le dynamisme de l’emploi semble être lié au dynamisme des embauches et non pas à la faiblesse du niveau de licenciement. L’argument de la rétention d’emploi n’explique donc pas le dynamisme des embauches. 3 - Reprise de l’emploi à la suite des différentes récessions Sources : ONS, calculs Insee 44 Note de conjoncture
  • 41. À la recherche de la productivité britannique perdue Encadré 1 - Les difficultés de mesures ne peuvent expliquer que marginalement le choc de productivité Le PIB britannique calculé par l’institut national des statistiques (ONS) repose, comme dans le cas français, sur des hypothèses méthodologiques. En outre, les données postérieures à 2010 ne sont pas encore définitives, et sont donc sujettes à des révisions potentielles. Toutefois, une éventuelle sous-estimation du PIB ne pourrait a priori expliquer que très partiellement le choc de productivité britannique puisqu’entre 1993 et 2009, la révision annuelle moyenne du PIB était de 0,6 %. Enfin, une troisième source de désalignement possible provient des données. La production du secteur bancaire britannique est établie à partir des comptes des banques dans lesquels figurent les opérations en capital qui ne doivent pas figurer dans le PIB. Or, il semblerait que les données issues de la collecte statistique de la Banque d’Angleterre aient conduit à intégrer par erreur certaines opérations en capital dans la production du secteur financier dans les années 2000 (Weale, 2009). La difficulté à mesurer la valeur ajoutée du secteur bancaire influe certainement La non-prise en compte des investissements immatériels expliquerait également une partie du choc En 2012, le secteur bancaire représente environ 8 % de la valeur ajoutée au Royaume-Uni et emploie plus de 1,1 million de personnes. En comptabilité nationale, la valeur ajoutée du secteur bancaire est en grande partie enregistrée comme un Service d’Intermédiation Financière Indirectement Mesuré (SIFIM). Les SIFIM et le partage volume-prix sont calculés comme suit : En dehors des logiciels et des brevets, les investissements immatériels ne sont actuellement pas pris en compte dans l’investissement des entreprises. Ces investissements immatériels ont fortement progressé depuis 2008 après avoir été relativement peu dynamiques depuis le début des années 2000, selon Goodridge et al. (2013). Leur prise en compte conduirait ainsi à minorer le PIB avant 2008 et à le majorer depuis : Goodridge soutient que cette absence de prise en compte expliquerait 5 des 16 points de décrochage de la productivité par rapport à sa tendance de long terme. Cet effet n’a pas été mis en évidence pour la R&D : selon Eurostat, le taux de R&D est extrêmement stable au Royaume-Uni de 1996 à 2011 autour de 1,8 % du PIB. ( ) Mt ssrisque it _ it P t P t volume déflateur 123 1 24 4 4 4 3 SIFIMt = avec Mt, le montant total des prêts accordés, Pt , les prix du PIB en t, it , le taux d’intérêt moyen sur les prêts accordés, it ssrisque , le taux d’intérêt sans risque dans l’économie. Dès lors, la valeur ajoutée du secteur financier en volume contribue très positivement à la croissance du PIB réel pendant la constitution d’une bulle immobilière et très négativement pendant son éclatement (Oulton, 2013). Par ailleurs, Haldane et al. (2010) relèvent que l’utilisation du taux d’intérêt non corrigé des risques relatifs à l’activité de prêt conduit à majorer la production réelle quand les risques pris par les banques augmentent. 1 - Productivité et enquêtes Markit Secteur Manufacturier Sources : Markit, ONS, calculs Insee Décembre 2013 Les enquêtes captent pourtant bien la baisse de la productivité Malgré ces différentes erreurs de mesures potentielles, leur contribution réelle à l’explication du choc de productivité est probablement modeste. En effet, la chute de la productivité est fidèlement retracée par les enquêtes de conjoncture qui sont très peu révisées et dont la construction est orthogonale à celle des Comptes nationaux : les composantes « emploi » des enquêtes (du CBI comme les PMI de Markit, aussi bien dans l’industrie que d a n s l e s s e r v i c e s ) se s o n t si t u é e s à d e s n i v e a u x exceptionnellement élevés relativement aux composantes « activité » depuis 2008 (cf. graphiques 1 et 2).■ 2 - Productivité et enquêtes CBI Services Sources : CBI, ONS, calculs Insee 45
  • 42. À la recherche de la productivité britannique perdue Encadré 2 - Modélisation de l’emploi au Royaume-Uni Une modélisation simple rendait compte de l’évolution de l’emploi jusqu’à mi-2009 Environ les deux tiers de l’écart de productivité peut être expliqué Jusqu’à la crise, la tendance linéaire des gains de productivité de l’économie britannique permettait de modéliser l’évolution de l’emploi de façon simple avec un modèle à correction d’erreur, à l’aide uniquement du PIB, d’une tendance et des retards d’emploi et d’activité (cf. tableau 1) . Cependant si le modèle rend correctement compte des destructions d’emploi jusqu’à mi-2009, il n’explique pas la reprise de l’emploi depuis (cf. graphique). Mi-2013, l’écart entre le simulé et l’observé atteint ainsi 14,6 %. Néanmoins, ce modèle peut être utilisé pour avoir une première estimation du cycle de productivité. L’écart entre la cible de long terme et le simulé donne ainsi une approximation de la contribution du cycle de productivité à l’évolution récente de l’emploi. Au deuxième trimestre 2013, cet écart représente environ 3 points. Parmi les différentes explications avancées dans ce dossier, certaines ne peuvent pas faire l’objet d’une intégration dans la modélisation faute de données sur période longue ou de variables clairement identifiables : c’est notamment le cas de l’argument relatif à la mauvaise allocation du capital. Pour capter les autres arguments avancés, plusieurs variables explicatives ont été ajoutées à l’équation : la valeur ajoutée réelle dans les secteurs miniers et financiers, le taux d’activité, le taux de temps partiel et la capacité manufacturière mesurée par le rapport de la production industrielle et du Taux d’utilistion des capacités. Étant donné le faible nombre d’observations, le test de Johansen sur le nombre de relations de cointégration n’est pas concluant. La statistique de test d’Ericsson MacKinnon conclut à l’existence d’au moins une relation de cointégration (au seuil de 1 %) mais la valeur des coefficients des variables en niveau ne peut être interprétée aisément car le modèle estime potentiellement une combinaison linéaire de plusieurs relations de cointégration (cf. tableau 2). Au total, cette modélisation, estimée sur la période 1990-2007, réduit à environ 6,5 % l’écart de productivité inexpliquée au deuxième trimestre 2013 (cf graphique).■ Tableau 1 Variable expliquée : variation trimestrielle (vt) de l’emploi en % Période d’estimation : 1990 T1-2007 T4 coefficient estimé Constante Emploi (-1) PIB (-1) Tendance (-1) Vt du PIB (en %) Vt de l’emploi (-2) (en %) T de Student -0,1736 -5,70 -0,1149 -5,50* 0,1149 5,50 -0,0007 0,1379 2,80 0,2200 2,40 * Valeur seuil du test de cointégration Ericsson MacKinnon (2002) à 5 % : -3,8 R² ajusté = 0,70 RMSE = 0,20 % Source : calculs Insee Emploi observé et simulé selon les deux modèles Modéles estimés 1990-2007 Sources : ONS, CBI, calculs Insee 46 Note de conjoncture
  • 43. À la recherche de la productivité britannique perdue Tableau 2 Variable expliquée : variation trimestrielle (vt) de l’emploi en % Période d’estimation : 1990 T1-2007 T4 coefficient estimé Constante Emploi (-1) PIB (-1) Capacité manufacturière (-1) Tendance (-1) VA Finances et Assurance (-1) VA Industries extractives (-1) Taux d’activité (-1) Taux de temps partiel (-1) Vt du taux d’activité (en point) Vt du PIB (en %) Vt du taux de temps partiel (en point) T de Student -0,4042 -3,84 -0,1787 -5,36* 0,1787 5,36 -0,0068 -0,0007 -0,0263 -0,0075 0,2968 0,0639 1,0926 5,41 0,1155 2,31 -0,2202 -1,42 * Valeur seuil du test de cointégration Ericsson MacKinnon (2002) à 5 % : -4,6 R² ajusté = 0,79 RMSE = 0,17 % Source : calculs Insee Faible lissage par les heures travaillées Traditionnellement, une partie de la baisse de la productivité durant une phase de crise tient au recul du temps de travail par tête : les entreprises préfèrent réduire le temps de travail de leurs salariés (chômage partiel, réduction des heures supplémentaires) plutôt que licencier. Ainsi, la part des salariés à temps partiel est passé de 25,5 % à environ 27,0 % de l’emploi total entre 2008 et 2012 (cf. graphique 4). Pourtant, le nombre moyen d’heures travaillées par personne est aujourd’hui revenu à son niveau d’avant-crise (environ 32 heures par semaine) malgré le développement des temps partiels. En effet, le temps de travail des actifs à temps complet comme à temps partiel augmente fortement depuis 2008. 4 - Part des temps partiels et nombre d’heures travaillées Source : ONS Décembre 2013 47
  • 44. À la recherche de la productivité britannique perdue La productivité par heure travaillée suit une évolution parallèle à celle de la productivité par tête Ainsi, la productivité par heure travaillée a nettement reculé depuis la crise de 2008. Sur la période de 1993 à 2007, la productivité par heure travaillée augmentait à un rythme de +2,6 % par an en moyenne (+2,4 % pour la productivité par tête). Depuis la crise, sa croissance est quasi nulle. Pour autant, ces contrats à temps partiel pourraient conduire à une productivité plus faible, liée au désapprentissage, au besoin de formation ou bien à de la démotivation. Le développement de ces contrats expliquerait ainsi une partie de la baisse de la productivité par tête, non via une baisse quantitative du nombre d’heures travaillées mais parce que la productivité horaire des personnes à temps partiel serait plus faible. Mais cet effet, s’il existe, est vraisemblablement marginal : l’augmentation de la part des contrats à temps partiel n’étant de que 1,5 point depuis le début de la crise, même à supposer une productivité moitié moindre, elle n’expliquerait que 0,9 point de moindre productivité. La hausse de la proportion des non-salariés est antérieure à la crise Une autre explication souvent avancée est la forte hausse des créations d’emplois non-salariés au Royaume-Uni depuis la crise (cf. Dezeure et Sobaihi, 2012). En effet, la création d’emplois non-salariés a été particulièrement dynamique, notamment de mi-2011 à mi-2012 (entre juin 2011 et juin 2012 l’économie britannique a créé 253 000 emplois de non-salariés soit 60 % des emplois créés sur la période) avec le programme gouvernemental New Enterprise Allowance dont l’objectif était d’aider les chômeurs à créer leur propre emploi. Cependant, si ce facteur peut expliquer une partie de la baisse de la productivité durant cette période, il ne semble pas en mesure de rendre compte du coup d’arrêt de la productivité depuis 2008. En effet, la part des non-salariés progresse régulièrement depuis 2000 (elle est passée de 11,8 % en 2000 à 13,0 % en 2007 et 14,0 % en 2013) sans que cela ne se traduise par un ralentissement significatif de la productivité avant 20071. Une chute de la productivité particulièrement marquée dans l’industrie extractive et le secteur financier L’hétérogénéité sectorielle peut doublement affecter la productivité Au niveau des secteurs d’activité, deux effets distincts pèsent sur la productivité totale : la productivité dans chacun des secteurs et la réallocation du travail entre secteurs. Concrètement, un choc négatif sur la productivité peut s’expliquer à la fois par une baisse de la productivité au sein de certains secteurs mais aussi par un mouvement de réallocation de la main-d’œuvre vers des activités à faible niveau de productivité. La réallocation sectorielle a toutefois des effets marginaux sur la productivité La réallocation sectorielle n’a pas contribué au coup d’arrêt de la productivité depuis fin 2007. Sa contribution est même très légèrement positive (+0,1 % de croissance annuelle). En effet, l’emploi a été très dynamique dans l’industrie non manufacturière (+21 % entre 2007 et 2012) où la productivité par tête est particulièrement élevée et s’est repliée dans la construction où la productivité par tête est inférieure à la moyenne. L’emploi s’est également contracté dans les services financiers, secteur à fort niveau de productivité. Au total, les évolutions de l’emploi se compensent entre secteurs à forte et faible productivité. (1) De plus, comme pour les temps partiels, même à supposer une productivité moitié moindre des non-salariés, la hausse de 13 % à 14 % de leur part dans l’emploi n’expliquerait que 0,5 point de moindre productivité globale. 48 Note de conjoncture
  • 45. À la recherche de la productivité britannique perdue Le ralentissement de la productivité est particulièrement fort dans l’industrie extractive et le secteur financier Depuis la crise, la productivité a fortement ralenti dans la totalité des neuf secteurs d’activité (cf. graphique 5). Elle a même baissé dans la plupart d’entre eux (seule la construction et l’industrie manufacturière font exception). Le ralentissement est particulièrement marqué dans l’industrie extractive et les services financiers, qui ont connu des périodes de croissance importantes avant la crise de 2008, et ont ainsi successivement soutenu la croissance de la productivité depuis les années 1990. L’industrie extractive a dopé la productivité jusqu’en 1999 En effet, l’industrie extractive britannique est soumise à la raréfaction des réserves pétrolières en mer du Nord2 depuis la fin des années 1990. Les quantités extraites diminuent mais la main-d’œuvre nécessaire sur les unités de production est incompressible, voire augmente avec la multiplication des travaux de maintenance. La productivité chute ainsi nettement depuis 1999. Dans l’industrie non manufacturière dans son ensemble, les gains de productivité annuels atteignaient 7,7 % en moyenne pendant les années 1990. De 1999 à 2007, les gains de productivité disparaissent (cf. tableau 1). Depuis la crise, l’épuisement rapide des ressources pétrolières en mer du Nord fait chuter la productivité (-8,6 % par an, en moyenne, depuis 2009). Le secteur financier a pris le relais jusqu’en 2007 La valeur ajoutée du secteur financier a explosé de 2000 à 2007 (+55 % du premier trimestre 2000 au quatrième trimestre 2007), en lien d’une part avec la bulle immobilière (cf. encadré 1) et d’autre part avec la forte hausse des exportations de services financiers. Ainsi, entre 2000 et 2007, leur part dans les exportations britanniques a augmenté de 6,3 % à 12,5 %. La crise financière et (2) cf. « Au Royaume-Uni, l’or noir ne coule plus à flot », Note de Conjoncture de juin 2012. 5 - Contributions sectorielles aux gains de productivité annuels Sources : ONS, calculs Insee Tableau 1 Croissance de la productivité anuelle moyenne En % 1990-1999 Ensemble de l’économie (1) dont : Industrie non manufacturière Secteur financier et assurances Reste de l’économie (2) (1)-(2) 1999-2007 2007-2009 2009-2012 3,0 2,0 -2,6 0,4 7,7 -0,4 -9,3 -8,6 3,7 5,4 -1,5 -0,4 2,6 1,7 -2,2 0,8 0,4 0,4 -0,4 -0,4 Sources : ONS, calculs Insee Décembre 2013 49
  • 46. À la recherche de la productivité britannique perdue immobilière a provoqué une forte baisse de la demande des ménages et de l’extérieur : la valeur ajoutée du secteur financier s’est effondrée (-15 % du quatrième trimestre 2008 au deuxième trimestre 2013). Après avoir enregistré des gains de productivité de 5,4 % par an en moyenne entre 1999 et 2007, la productivité recule ainsi depuis la crise. L’industrie extractive a cessé de soutenir la productivité britannique dès 1999 mais de nouveaux gains de productivité ont été apportés par le secteur financier. Ce soutien s’est interrompu en 2008 et la productivité due à l’industrie extractive s’est effondrée en lien avec l’épuisement des ressources. Les gains de productivité ont donc été accrus d’environ 0,4 point par an de 1990 à 2007 en raison des dynamismes successifs de ces deux secteurs atypiques. À l’inverse, ils seraient minorés d’environ 0,4 point par an depuis la crise pour les mêmes raisons. Le recul des industries extractive et financière explique 4 points du choc de productivité En conclusion, la prise en compte de la spécificité de l’industrie non manufacturière et des services financiers expliquerait environ 4 points du choc négatif enregistré par la productivité de l’économie britannique depuis le début de la crise. Pour autant, la productivité a tout de même baissé dans le reste de l’économie britannique alors qu’elle était dynamique avant la crise, notamment dans les secteurs de services tels que la distribution ou les transports (cf graphique 6). Le sous-investissement a contribué à l’affaiblissement de la productivité L’atonie de l’investissement des entreprises depuis 2000... Le taux d’investissement des entreprises britanniques recule de façon très marquée depuis le début des années 2000. Alors qu’il s’établissait autour de 12 % du PIB dans les années quatre-vingt-dix, il a reculé continûment de 2000 à 2005 pour s’établir à 8,4 % en moyenne entre 2005 et 2013 (cf. graphique 7). Entre 2000 et 2007, ce recul ne s’est pas traduit par une baisse du taux d’investissement global, l’emballement du marché immobilier compensant le recul de l’investissement productif. En revanche, l’éclatement de la bulle immobilière en 2008 a induit une diminution de 4 points du taux d’investissement global (de 18 % à 14 % du PIB). ... en particulier dans l’industrie... Cette baisse est particulièrement marquée en ce qui concerne l’investissement en biens d’équipement. Celui-ci ne représente plus que 5,5 % du PIB depuis 2009 contre 8,6 % en moyenne dans les années quatre-vingt-dix. Alors qu’elle progressait vigoureusement depuis le début des années quatre-vingt, la capacité 6 - Productivité par secteur dans les services Sources : ONS, calculs Insee 50 Note de conjoncture
  • 47. À la recherche de la productivité britannique perdue manufacturière de l’économie britannique (calculée3 comme le rapport entre la production manufacturière et le taux d’utilisation des capacités) a ainsi reculé d’environ 10 % depuis 2000 (cf. graphique 8). ... a un impact de l’ordre de 3 points sur la productivité,... L’ordre de grandeur de la perte de ce sous-investissement en termes de stock de capital peut être évalué à 12 % du stock de capital total des entreprises (cf. encadré 3). Au total, le sous-investissement des entreprises britanniques depuis 2000 expliquerait ainsi 2,8 points du choc de productivité. ... impact qui devrait s’atténuer à l’avenir Un moindre investissement explique à la fois le choc de productivité en niveau et le ralentissement des gains de productivité. Cependant, plusieurs indices signalent que les entreprises britanniques, notamment industrielles, développent à nouveau leurs capacités de production. L’enquête du CBI sur les intentions d’investissement des industriels retrace ainsi correctement le sous-investissement des années 2000, le solde de réponse étant nettement négatif sur cette période (cf. graphique 9). À l’inverse, le solde s’est nettement redressé depuis 2010, ce qui suggère que la capacité manufacturière pourrait croître à nouveau. (3) Cette mesure donne une estimation imparfaite de la capacité manufacturière car la mesure du taux d’utilisation des capacités est soumise aux aléas des enquêtes. 7 - Taux d’investissement au Royaume-Uni Note : moyenne du premier semestre pour 2013 Source : ONS 8 - Capacité manufacturière (Production manufacturière/ Taux d’utilisation des capacités) Sources : ONS, CBI Décembre 2013 9 - Enquête sur les intentions d’investissement dans l’industrie Source : CBI 51
  • 48. À la recherche de la productivité britannique perdue Encadré 3 - Chiffrages de la perte de productivité liée à l’offre de travail et au stock de capital Si l’on représente l’économie à l’aide d’une fonction de production de type « Cobb-Douglas » : Tendenciel KT − Kobservé = T t t = T− VA = K α ∗ L1− α avec α représentant la part de la rémunération du capital dans le PIB soit environ 1/3. T ∑( s où st = 1 − s )(1 − ( T − t )δ)VA t δ Invt représente le taux d’investissement l’année t, VA t s représente le taux d’investissement moyen entre 1990 et 2005 et δ représente le coefficient de déclassement évalué à 5 % 1. Alors la productivité apparente du travail s’écrit : 1 PDT = VA ⎛ K ⎞ 3 =⎜ ⎟ ⎝ L⎠ L Le sous-investissement depuis le début des années 2000 se traduirait ainsi par une perte de l’ordre de 12,4 % sur le stock de capital des entreprises. La contribution de ce facteur à la chute de la productivité serait donc de -2,8 points : Et le taux de variation de la productivité vaut: . . . . Pdt 1 K 1 L = ∗ − ∗ Pdt 3 K 3 L Pdt 1 2 = ∗ ∗( −12, 4) =−2, 8 po ints ■ Pdt 3 3 Pour le stock de capital, on se restreint à l’analyse de la seule valeur ajoutée des sociétés qui représente 2/3 du PIB en 2012. L’ONS fournit des séries de stocks de capital et de valeurs ajoutées pour les sociétés depuis 1990. L’écart au stock de capital tendanciel est défini comme : (1) Les résultats ne sont pas très sensibles à ce paramètre. En retenant un taux de 10 % plutôt que 5 %, la contribution du sous-investissement au choc de productivité passe exactement de -2,8 points à -2,1 points. Choc d’offre sur le marché du travail Un choc d’offre sur le marché du travail... À la suite de la crise de 2008, le taux d’activité a baissé d’environ 0,7 point, les effets de flexion étant traditionnellement forts au Royaume-Uni. Cependant, le taux d’activité est de nouveau en hausse depuis mi-2011 alors même que le taux de chômage est resté stable autour de 8 % (cf. graphique 10). Le taux d’activité se trouve ainsi aujourd’hui à un niveau particulièrement élevé (77,7 % de la population en âge de travailler au deuxième trimestre 2013). Pourtant, cet effet ne peut expliquer qu’au maximum 0,8 point de la baisse de la productivité4. ... en lien avec les changements de législation Ce choc sur l’offre de travail est directement lié aux changements de législation. La réforme des retraites de 2007 prévoit en effet une hausse progressive de l’âge de départ à la retraite à taux plein (de 60 ans en 2010 à 65 ans en 2020 pour les femmes). Par ailleurs, en 2010, le gouvernement a supprimé la possibilité offerte aux entreprises de départ à la retraite d’office de leurs employés de 65 ans. Ces mesures ont conduit à une augmentation de l’âge moyen de départ en retraite (62 ans en 2000, 64 en 2013), et donc à une participation accrue des plus de 60 ans au marché du travail. Par ailleurs, les conditions d’accès aux revenus d’assistance ont été considérablement durcies en termes d’obligations de recherche d’emploi : l’âge des enfants à partir duquel les parents célibataires ont une obligation de recherche d’emploi a été progressivement abaissé de 16 ans à 5 ans entre 2008 et 2012. Le taux d’activité de ces personnes a augmenté significativement (+10 points environ pour les personnes seules ayant un enfant entre 7 et 11 ans). Enfin, le Welfare Reform Act de 2012 a de nouveau durci les conditions d’indemnisation des chômeurs en termes de recherche active d’emploi. (4) Le taux d’activité est passé environ de 76,5 % au premier trimestre 2010 à 77,7 % au deuxième trimestre 2013, alors que le taux de chômage est stable entre ces deux périodes. En supposant que les nouveaux entrants sont deux fois moins productifs que les autres et en normalisant à 1 la productivité avant le choc d’offre de travail, la productivité baisse de 1 à 77,1/77,7 soit une baisse de 0,8 point. 52 Note de conjoncture
  • 49. À la recherche de la productivité britannique perdue Ajustement spectaculaire des salaires réels Baisse de 7 % des salaires réels... L’inertie de la productivité ne s’est pas traduite pas une chute du taux de marge des entreprises qui atteint aujourd’hui un niveau très proche de celui de 2007. En effet, le salaire réel des salariés britanniques a baissé de près de 7 % en cinq ans : l’ajustement du marché du travail au choc de productivité a ainsi été extrêmement rapide et important. Cette situation est très différente de celle observée en France, en Allemagne ou aux États-Unis, où le salaire réel a progressé sur la même période (entre +2,4 % et 5,0 %, cf. graphique 11). ... à la fois cause et conséquence du choc de productivité Cette baisse s’expliquerait ainsi en partie, d’une part par l’affaiblissement du pouvoir de négociation des salariés avec la hausse du taux d’activité, et d’autre part par le sous-investissement qui a diminué le capital par tête. L’effet du salaire sur l’emploi est difficile à déterminer car la causalité est double : en effet, si la baisse du coût du travail favorise naturellement l’emploi, toute baisse de la productivité, due par exemple à un choc technologique, se traduit in fine par une baisse de salaires. S’agissant du sous-investissement, celui-ci étant nettement antérieur au recul des salaires, le sens de la causalité paraît néanmoins robuste. Dans les modèles intégrant une boucle productivité-salaires-emploi, l’effet d’une baisse exogène des salaires de 1 % se traduit par une hausse de l’emploi 10 - Taux d’activité et taux de chômage au Royaume-Uni Source : ONS 11 - Comparaison internationale des salaires réels Sources : Instituts statistiques nationaux, calculs Insee Décembre 2013 53
  • 50. À la recherche de la productivité britannique perdue d’environ 0,5 %. C’est le cas pour la France dans le modèle Mésange ou du Royaume-Uni dans le modèle international Nigem. Au Royaume-Uni, le salaire moyen par tête rapporté au prix du PIB a décroché d’environ 14 % par rapport à sa tendance d’avant-crise soit une contribution théorique maximale de l’ordre de 7 points. Mauvaise réallocation du capital Le faible taux de renouvellement du tissu productif... La productivité britannique aurait été temporairement affaiblie par une mauvaise allocation du capital depuis la récession selon Broadbent (2012, 2013). Les difficultés rencontrées par les banques britanniques pourraient avoir entraîné des réticences dans le financement des créations d’entreprises et, a contrario, certaines entreprises à faible productivité continueraient de recevoir des financements. Le système financier ne percevrait pas correctement les risques de crédit. Un premier indice de cette erreur d’appréciation réside dans la relative faiblesse des taux de création et de défaillance d’entreprises depuis la crise (cf.graphique 12). ... qu’indiquerait la hausse de la dispersion de rendement du capital entre secteurs... Par ailleurs, la dispersion des taux de rendement entre les différents secteurs d’activité augmente depuis la crise, selon Broadbent (2012, 2013). Avec une mobilité parfaite du capital, ces taux devraient uniquement révéler les risques sur les crédits car le capital aurait tendance à se réallouer rapidement vers les secteurs à fort rendement. En d’autres termes, la dispersion des taux de rendement indique que le capital ne se réalloue pas correctement. Cependant, comme les taux de rendement à un niveau agrégé (15 secteurs) utilisés par Broadbent (2012, 2013) sont très dispersés5, l’auteur calcule donc la dispersion des taux de rendement centrés réduits. La mise en évidence de la hausse de la dispersion dépend très fortement de la période de référence pendant laquelle l’auteur considère que le capital s’allouait correctement (2000-2007). Notamment, on ne peut pas mettre en évidence de hausse de la dispersion directement à partir des données non centrées réduites. Toutefois, dans le détail, on constate une hausse des taux de rendement dans le secteur manufacturier et une baisse dans les secteurs de la construction et de l’immobilier, signe que le capital ne parviendrait pas à se réallouer des seconds vers le premier. ... pourrait occasionné une perte de productivité de 3 à 4 points. À un niveau microéconomique, d’après l’ONS (Field et Franklin, 2013), la dispersion de la productivité du travail augmente également fortement entre les firmes d’un même secteur entre 2006 et 2010. Au total, selon la Banque d’Angleterre (cf. Broadbent, 2013), la perte de productivité liée à cette mauvaise allocation du capital est évaluée de 3 à 4 points. Cet effet est en grande partie (5) En termes bruts, deux secteurs présentent des rendements du capital négatifs de façon continue depuis 15 ans. 12 - Taux de création et de faillite d’entreprises Source : ONS 54 Note de conjoncture
  • 51. À la recherche de la productivité britannique perdue temporaire : une fois les canaux de financement usuels rétablis, les réallocations devraient reprendre et la perte liée à cette mauvaise réallocation devrait disparaître progressivement et donc la productivité augmenterait plus rapidement que son potentiel pendant quelques périodes. Des effets d’hystérèse sont toutefois susceptibles de se manifester si les réallocations sont différées trop longtemps, les créations d’entreprises qui auront été découragées n’ayant in fine jamais lieu. Conclusion : un choc principalement en niveau Alors que l’économie britannique connaissait une croissance régulière et stable de la productivité depuis la Seconde Guerre mondiale, celle-ci s’est effondrée en 2008 sans se redresser depuis et se situe aujourd’hui environ 16 % en deçà de sa tendance d’avant-crise. Même si les effets ne sont pas parfaitement sommables, les différentes explications avancées par la littérature retracées ici expliquent de la moitié aux trois quarts du choc (cf. tableau 2). Alternativement, les effets des variables du cycle de productivité, de sous-investissement, de choc d’offre de travail et de la spécificité des secteurs financier et pétrolier ont pu être identifiés dans le cadre d’une équation d’emploi estimée sur la période 1990-2007. Conjointement, elles expliqueraient environ les 2/3 du choc de productivité britannique survenue entre 2008 et 2013. La nature des chocs retracés permet de penser que la productivité britannique devrait à nouveau être dynamique dans les prochaines années : en effet, à la faveur de la reprise de l’activité, les 3 points de recul imputables au cycle de productivité devraient se résorber et même s’inverser à moyen terme, avec l’intensification de la reprise économique. Par ailleurs, la hausse du taux d’activité et le sous-financement des entreprises innovantes ne se poursuivront pas indéfiniment et l’investissement donne des signes de redémarrage dans l’industrie, ce qui favoriserait le retour des gains de productivité même si la perte en niveau ne serait pas compensée. Au total, seules les spécificités liées au soutien des secteurs pétrolier et financier se traduiraient non seulement par une perte en niveau de 4 points mais aussi par un ralentissement sensible des gains de productivité de l’ordre de 0,4 % par an.■ Tableau 2 Synthèses des résultats Estimations partielles (non sommables) Estimation économétrique en une étape Écart à la tendance de long terme 16 % Hausse des non salariés 1,2 point secteur financier uniquement (Disney et al., 2013) ≈ 3 points Cycle de productivité Fin du soutien des secteurs financiers et de l’industrie extractive Ajustement des salaires réels par tête dont sous-investissement dont hausse du temps partiel dont hausse du taux d’activité Références bibliographiques ≈ 4 points < 7 points ≈ 3 points < 1 point ≈ 7,5 points 3 points (FMI, 2013) 4-5 points (Daly et al., 2013) < 1 point < 1 point Mauvaise allocation du capital et sous-financement Entre 0,2 et 0,5 point (Disney et al., 2013) Entre 3 et 4 points (Broadbent, 2013) 5 points (Goodridge et al., 2013) Erreurs de mesure Marginal hors services financiers 4 points (Daly, 2012) Décembre 2013 55
  • 52. À la recherche de la productivité britannique perdue Bibliographie Broadbent B., 2012, "Productivity and the allocation of ressources", Bank of England. Broadbent B., 2013, "Conditional guidance as a response to supply uncertainty", Bank of England. Daly K. et Benito A., 2013, "Labour Market strength is due to increase labour supply", UK Economics Analyst, Goldman Sachs. Daly K., 2012, "Deciphening the UK's productivity puzzle", UK Economics Analyst, Goldman Sachs. Dezeure N. et Sobaihi H., 2012, « Royaume-Uni : l’étrange reprise de l’emploi », Note mensuelle, septembre 2012 n° 8, Natixis. Disney R., Jin W. et Miller H., 2013, "The productivity puzzle", Institute For Fiscal Studies. Ericsson N. et MacKinnon J., 2002, "Distributions of error tests for cointegretion", Econometrics Journal, vol.5, pp.285-318. FMI, 2013, "The productivity Puzzle in the UK", Article 4, United Kingdom. Franklin M. et Field S., 2013, "Micro-data Perspectives on the UK Productivity Conundrum", Office for National Statistics. Goodridge P Haskel J. et Wallis G., 2013, "The contribution of the internet and telecommunications capital to UK ., market sector growth, forthcoming and available on request", National Institute Economic Review, mai 2013, National Institute of Economic and Social Research. Haldane A., Brennan S. et Madouros V., 2010, "What is the contribution of the financial sector: miracle or mirage?", The future of Finance: the LSE report. Insee, 2012, « Au Royaume-Uni, l’or noir ne coule plus à flots », Note de Conjoncture de juin 2012. Oulton N., 2013, "Has the Growth of Real GDP in the UK Been Overstated Because of Mismeasurement of Banking Output ?", National Institut Economic Review, mai 2013, National Institute of Economic and Social Research. Weale M., 2009, "Commentary : growth prospects and financial services", National Institute Economic Review, janvier 2009, National Institute of Economic and Social Research.■ 56 Note de conjoncture
  • 53. C onjoncture française
  • 54. Conjoncture française Retour sur la précédente prévision Au troisième trimestre 2013, l’activité a légèrement reculé, de 0,1 %, alors que nous prévoyions une stabilisation lors du Point de conjoncture d’octobre 2013. La contribution de la demande intérieure finale hors stocks à la croissance du PIB est nulle au troisième trimestre, contre +0,1 point prévu. La contribution des échanges extérieurs a été quant à elle très dégradée (-0,7 point contre -0,1 point prévu). Cette évolution est à mettre en regard de la contribution positive des stocks au troisième trimestre (+0,5 point contre 0,0 point prévu). Les matériels de transport concourent notamment pour 0,3 point de PIB à cette contribution des stocks, compensant en grande partie la contribution négative du solde commercial de ces biens (-0,4 point). Malgré une activité un peu plus faible que prévu, les pertes d’emploi ont été moindres qu’attendu au troisième trimestre (-16 000 emplois contre -24 000 prévu). Pour le quatrième trimestre, notre prévision est quasi inchangée : le PIB croîtrait de 0,4 % et la baisse de l’emploi marchand s’atténuerait de nouveau. L’activité a reculé au troisième trimestre, alors que nous la prévoyions stable Après un deuxième trimestre en forte progression (+0,5 %), l’activité a légèrement reculé au troisième trimestre (-0,1 %) alors que, lors du Point de conjoncture d’octobre, nous prévoyions qu’elle serait stable (cf. graphique 1). En premier lieu, la production manufacturière a surpris en ne progressant que faiblement en août après une forte baisse en juillet. Elle a ainsi nettement diminué sur l’ensemble du troisième trimestre (-1,0 %) alors que nous prévoyions une baisse plus modérée (-0,4 %). Tandis que l’ensemble des grandes branches manufacturières avait crû au deuxième trimestre, elles se sont toutes repliées au troisième trimestre, en dehors de la branche « matériels de transport » qui est resté stable après son envolée du deuxième trimestre. La branche cokéfaction-raffinage recule fortement (-8,8 %). La baisse de la production manufacturière a contribué, via une baisse de la demande des entreprises, à la baisse de l’activité dans les services marchands (-0,1 % contre +0,2 % prévu). 1- Graphique des risques associé à la Note de conjoncture de décembre 2013 et croissance réalisée Source : Insee Décembre 2013 59
  • 55. Conjoncture française Comme attendu, la production d’énergie a reculé au troisième trimestre 2013 (-1,5 % contre -0,8 % prévu) traduisant un retour à la normale après deux trimestres de températures inférieures aux normales saisonnières. Dans la construction, l’activité a reculé davantage que prévu (-0,5 % contre -0,1 % attendu). Enfin, la production de la branche non marchande a ralenti comme prévu par contrecoup du trimestre précédent où le recours aux soins avait été dynamique. Les exportations manufacturières ont chuté Au troisième trimestre 2013, la demande intérieure finale hors stocks a été légèrement plus faible qu’attendu : sa contribution à la croissance de l’activité a été nulle, contre +0,1 point prévu en octobre. Cet écart est principalement imputable à l’investissement, en baisse de 0,6 % contre 0,2 % prévu. Alors que l’investissement en produits manufacturés a rebondi (+0,9 % après 6 trimestres de baisse), l’investissement des entreprises en services a nettement reculé (-2,8 %) tandis que nous l’attendions en hausse. En outre, l’investissement en construction s’est replié légèrement plus que prévu. Comme prévu en octobre, les importations ont été dynamiques au troisième trimestre (+1,0 % contre +0,7 % prévu). A contrario, les exportations ont reculé de 1,5 %, alors que nous attendions une hausse de 0,6 %. En particulier, les exportations de matériels de transport ont fortement reculé (-5,7 %) du fait de la chute des exportations de matériel aéronautique. Au total, la contribution des échanges extérieurs à la croissance de l’activité a été de -0,7 point, contre -0,1 point prévu. Cette contribution est à mettre en lien avec celle de la variation des stocks : ces derniers ont contribué à hauteur de +0,5 point à la croissance de l’activité, contre 0,0 point prévu. Bien que l’activité ait surpris à la baisse, les pertes d’emplois des branches marchandes non agricoles ont été plus faibles qu'attendu , -16 000 postes contre -24 000 prévu en octobre. 60 Notre prévision de croissance pour le quatrième trimestre 2013 est inchangée Notre prévision de croissance de l’activité pour le quatrième trimestre 2013 est maintenue à +0,4 %. En novembre, le climat des affaires mesuré par les enquêtes de conjoncture est globalement à son niveau de septembre. Côté offre, nos prévisions de production manufacturière, d’énergie et de services marchands hors commerce sont ainsi quasi inchangées. Dans la construction, nous révisons cependant notre prévision d’activité à la baisse (0,0 % contre +0,3 % prévu), en lien avec le repli des mises en chantier ces derniers mois. La croissance de la demande intérieure hors stocks est inchangée. Le commerce extérieur contribuerait positivement à la croissance au quatrième trimestre (+0,3 point) en raison du fort redressement attendu des exportations (+2,3 % contre +0,9 % prévu en octobre) par contrecoup de la baisse exceptionnelle du troisième trimestre, notamment dans l’aéronautique. De même qu’au troisième trimestre 2013, les variations de stocks compenseraient en partie les mouvements des exportations, notamment dans la branche matériels de transport. Ainsi, la contribution de la variation de stocks serait au quatrième trimestre de -0,2 point, contre +0,1 prévu en octobre. L’emploi marchand non agricole serait en ligne avec notre scénario d’octobre : baisse de 7 000 postes au quatrième trimestre comme anticipé. Enfin, l’inflation fin 2013 serait moins élevée que prévu lors du Point d’octobre (+0,8 % contre +1,1 % anticipé), l’écart étant concentré sur les prix des carburants et des produits frais. ■ Note de conjoncture
  • 56. Conjoncture française Production La production de biens et services a baissé au troisième trimestre 2013 (-0,3 %) après avoir rebondi au deuxième trimestre (+0,9 %). Le recul du PIB a été un peu moins marqué (-0,1 % après +0,5 %). L’activité dans l’industrie manufacturière s’est repliée (-1,0 % après +0,5 % et +2,0 % lors des deux premiers trimestres de 2013). La production dans les services marchands a stagné (-0,1 % après +0,7 %) et l’activité dans la construction a continué de se replier (-0,5 % après -0,7 % et -0,6 % aux premier et deuxième trimestres 2013). En novembre, l’amélioration du climat des affaires observée depuis la fin de l’été 2013 marque une pause. La production rebondirait au quatrième trimestre (+0,5 %) mais ralentirait par la suite (+0,2 % puis +0,3 % aux premier et deuxième trimestres 2014), en raison de la progression modérée de la demande. La production augmenterait à un rythme modéré d’ici mi-2014 Au troisième trimestre 2013, la production de biens et services s’est contractée (-0,3 % après +0,9 % au deuxième trimestre 2013). Le recul du PIB a été un peu moins marqué (-0,1 % après +0,5 %). L’indicateur de climat des affaires en France, issu des enquêtes de conjoncture auprès des chefs d’entreprise, après s’être fortement amélioré de mai à septembre en augmentant de 11 points, s’est stabilisé en octobre et novembre à 95 points (cf. graphique 1). La production de biens et services se redresserait donc au quatrième trimestre (+0,5 %, cf. graphique 2) puis ralentirait au premier semestre 2014 (+0,2 % puis +0,3 % aux premier et deuxième trimestres 2014), en raison d’une demande peu dynamique. L’acquis de croissance de la production pour 2014 serait de +0,9 % à l’issue du premier semestre (+0,7 % pour le PIB), après une hausse de 0,6 % en 2013 (+0,2 % pour le PIB). La production manufacturière rebondirait au quatrième trimestre 2013 La production manufacturière s’est repliée au troisième trimestre 2013 (-1,0 %), après avoir fortement rebondi au deuxième trimestre (+2,0 %). Toutes les grandes branches de l’industrie manufacturière ont contribué à ce recul, à l’exception de la branche des matériels de transport qui a été quasi stable (+0,4 % après +8,1 %). Le repli a été particulièrement marqué dans la branche cokéfaction-raffinage (-8,8 %), après deux trimestres très dynamiques. Dans les industries agroalimentaires, les biens d’équipement et les autres branches industrielles, la baisse a été homogène (-0,6 %). Les industriels interrogés en novembre 2013 (cf. graphique 3) font état d’une amélioration sensible de leur activité passée, laissant augurer un rebond de la production manufacturière au quatrième trimestre 2013 (+0,8 %). En revanche, les perspectives générales et personnelles de production se sont légèrement détériorées à 1 - Indicateurs synthétiques en France : tous secteurs, dans l’industrie, les services et le bâtiment Dernier point : novembre 2013 Source : Insee Décembre 2013 61
  • 57. Conjoncture française nouveau et l’opinion des industriels sur le niveau des carnets de commandes demeure dégradée, indiquant que ce rebond devrait nettement s’atténuer (+0,2 % aux premier et deuxième trimestres 2014). L’activité manufacturière progresserait de 0,5 % en 2013, et l’acquis de croissance annuelle pour 2014 s’établirait à +1,0 % à l’issue du premier semestre. Dans la construction, l’activité se stabiliserait fin 2013 avant de se replier début 2014 Au troisième trimestre 2013, la production dans le secteur de la construction a continué de se dégrader (-0,5 %, après -0,6 % au deuxième trimestre 2013), du fait du repli de l’activité dans le bâtiment neuf. L’activité dans les travaux publics s’est quant à elle améliorée. La production dans le secteur de la construction serait stable au quatrième trimestre 2013 (0,0 %). Les mises en chantier ont rebondi en début d’année et certaines dépenses d’entretien du logement devraient être anticipées avant la hausse du taux de TVA au 1er janvier. De fait, l’opinion sur l’activité prévue des entrepreneurs du bâtiment s’améliore légèrement depuis septembre 2013, en particulier dans l’entretien du logement (cf. graphique 4). La tendance des autorisations de constructions est toutefois à la baisse depuis le début de l’année et le nombre de mises en chantier diminue au troisième trimestre, ce qui laisse anticiper un recul de la production au premier semestre 2014 (-0,3 % puis -0,5 % aux premier et deuxième trimestres). Sur l’ensemble de l’année 2013, la production dans le secteur de la construction reculerait de 2,3 %. Mi-2014, son acquis de croissance serait de -1,0 %. 2 - Contributions sectorielles à la croissance de la production totale Source : Insee 3 - Opinion relative à la production dans l’industrie manufacturière Dernier point : novembre 2013 Source : Insee 62 Note de conjoncture
  • 58. Conjoncture française Services marchands hors commerce : l’activité rebondirait au quatrième trimestre 2013 La production de services marchands hors commerce a légèrement fléchi au troisième trimestre (-0,1 %), après avoir rebondi au deuxième trimestre (+0,7 %). Ce repli de l’activité concerne notamment les services aux entreprises (-0,5 % après +1,4 %), qui ont pâti du recul de la production manufacturière, et l’informationcommunication (-0,4 % après +0,7 %) du fait de la baisse de l’investissement en services. L’activité a ralenti dans les services financiers (+0,4 % après +0,9 %) et dans l’hébergement-restauration (0,0 % après +0,7 %). Les services immobiliers ont progressé à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,2 % après +0,3 %). Au quatrième trimestre 2013, l’activité se redresserait dans les services marchands hors commerce (+0,5 % après -0,1 %), en lien avec les rebonds de l’investissement en services (+1,0 % après -2,9 %) et de la production manufacturière (+0,8 % après -1,0 %). Les chefs d’entreprises de services interrogés en novembre font ainsi état d’une amélioration de la conjoncture. L’indicateur synthétique du climat des affaires gagne trois points en novembre, à 96 (et 13 points par rapport à mai), même s’il reste en dessous de sa moyenne de long terme (100). L’activité continuerait de progresser au cours du premier semestre 2014 (+0,3 % au premier trimestre et +0,4 % au deuxième), à un rythme ralenti notamment du fait du manque de dynamisme de la consommation des ménages. Sur l’ensemble de l’année 2013, la production de services marchands hors commerce croîtrait de 1,0 %, après une hausse de 0,4 % en 2012. À la fin du deuxième trimestre 2014, l’acquis de croissance serait de +1,1 %. Services principalement non marchands : la progression de l’activité resterait modérée Dans les services principalement non marchands, la production a ralenti au troisième trimestre 2013 (+0,2 % ) par contrecoup du trimestre précédent (+0,7 %) où le recours aux soins avait été particulièrement dynamique. La croissance resterait modérée au quatrième trimestre 2013 et au premier semestre 2014 (+0,3 % au quatrième trimestre 2013 puis +0,2 % et +0,3 % aux premier et deuxième trimestres 2013). La production de ce secteur augmenterait de 1,5 % en 2013, après une hausse de 1,2 % en 2012. À la fin du deuxième trimestre 2014, l’acquis de croissance serait de +0,9 %. Après un quatrième trimestre très dynamique, l’activité commerciale augmenterait légèrement début 2014 L’activité commerciale a été stable au troisième trimestre 2013 (0,0 % après +0,4 % au deuxième trimestre). Elle se redresserait nettement au quatrième trimestre 2013 (+0,8 %), portée par la consommation des ménages. Dans le commerce de gros, l’indicateur synthétique du climat des affaires continue de se redresser en novembre. Les soldes d’opinion relatifs aux ventes passées et aux exportations sont mieux orientés qu’en septembre. Les soldes relatifs aux intentions de commandes globales restent à des niveaux proches de leur moyenne, tandis que celui relatif aux commandes à livrer à l’étranger se relève nettement. 4 - Activité prévue dans la construction Dernier point : novembre 2013 Source : Insee Décembre 2013 63
  • 59. Conjoncture française Dans le commerce de détail et le commerce et la réparation automobiles, les chefs d’entreprise déclarent être de moins en moins pessimistes, en ce qui concerne leur activité passée ou leurs prévisions : la tendance générale des soldes d’opinions est à la hausse depuis le premier semestre 2013 et ils sont, en novembre, proches de leurs moyennes de long terme. L’amélioration du climat conjoncturel est visible tant dans le commerce de détail que dans le commerce automobile, en lien avec la croissance attendue de la consommation des ménages en produits manufacturés au quatrième trimestre (+0,5 %). L’activité commerciale ralentirait fortement au premier semestre 2014 (+0,1 % au premier trimestre 2014 et +0,2 % au deuxième trimestre 2014), du fait notamment de l’atonie de la consommation en produits manufacturés. Au total, l’acquis de croissance de la production dans le commerce à la fin du premier semestre 2014 s’établirait à +1,0 % après une croissance de +0,1 % enregistrée en 2013. 64 La production d’énergie serait quasi stable au quatrième trimestre 2013 La production d’énergie a reculé au troisième trimestre 2013 (-1,5 %), du fait d’un retour des températures aux normales saisonnières après un premier semestre particulièrement froid. La production d’énergie baisserait au quatrième trimestre 2013 (-0,3 %), le rebond de l’activité industrielle étant compensé par les températures plus clémentes du mois d’octobre. Sous l’hypothèse d’une météorologie conforme aux normales saisonnières, la production d’énergie augmenterait au premier semestre 2014 (+1,0 % puis +0,7 % aux premier et deuxième trimestres). Mi-2014, l’acquis de croissance de la production d’énergie s’établirait à +1,1 % après une hausse de 1,8 % enregistrée en 2013.■ Note de conjoncture
  • 60. Conjoncture française Environnement international de la France Au troisième trimestre 2013, l’activité est restée dynamique dans les économies avancées (+0,5 % après +0,6 %), un peu plus que prévu dans le Point de conjoncture d’octobre. Dans les économies émergentes, l’activité a retrouvé un peu d’élan. Dans les économies avancées, les enquêtes de conjoncture, qui se sont nettement redressées cet été, demeurent à un niveau élevé en novembre et l’activité y resterait ainsi dynamique d’ici début 2014 (+0,4 %, +0,5 % puis +0,3 %). Le profil trimestriel serait imputable à la hausse de TVA au Japon en avril. Au sein des économies émergentes, des divergences persistent : l’activité progresserait de nouveau en Chine, entraînée par la hausse du crédit, et dans les PECO, soutenus par la reprise européenne. À l’inverse, dans les autres économies émergentes, les banques centrales ont resserré leur politique monétaire et l’activité conserverait un rythme ralenti. La croissance du commerce mondial serait ainsi soutenue (+1,5 % par trimestre), quoique légèrement inférieure à sa moyenne d’avant-crise. Sortie de « Quantitative Easing » annoncée Les banques centrales des économies avancées ont des marges de manœuvre réduites, leurs taux directeurs se situant depuis 2009 au plus bas. Elles mobilisent ainsi depuis plusieurs années les instruments non conventionnels : aux États-Unis, la Fed achète 85 Mds $ de titres mensuellement, et au Japon, la banque centrale a pour objectif de doubler la base monétaire en deux ans. Cependant, la Fed ralentirait le rythme de ses achats probablement au premier semestre 2014. Cette perspective a d’ores et déjà provoqué une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis cet été et une brusque dépréciation des monnaies émergentes, en particulier dans les pays à fort déficit courant. Confrontées à cette glissade, les banques centrales de ces pays ont resserré leur politique monétaire, sur fond de tensions inflationnistes. L a c o n s o l i d a ti o n b u d g é ta i r e ralentirait de part et d’autre de l’Atlantique Aux États-Unis, la politique budgétaire a été très restrictive en 2013 : hausse des impôts depuis janvier, coupes automatiques depuis mars et fermeture pendant 16 jours des services fédéraux en octobre. Cependant, sous réserve d’un accord au début de l’année entre le Congrès et le Président, l’impulsion budgétaire serait nettement moins restrictive en 2014. Dans la zone euro, la politique budgétaire contribue très négativement à l’activité depuis 2011, mais les mesures nouvelles pour 2014 sont d’ampleur plus limitée qu’en 2013. En revanche, après avoir fortement soutenu l’activité depuis un an, la politique budgétaire prendrait un tour restrictif au Japon : les plans de relance budgétaire perdraient en intensité et le taux de TVA augmenterait de 3 points en avril 2014. 1 - L’inflation resterait faible dans les économies avancées Sources : Instituts statistiques nationaux, calculs et prévisions Insee Décembre 2013 65
  • 61. Conjoncture française L’inflation resterait faible dans les économies avancées Depuis fin 2011, l’inflation se modère grâce au reflux des prix des matières premières. Au troisième trimestre 2013, la hausse des prix à la consommation dans les pays avancés s’est établie à +1,4 % en glissement annuel. La stabilisation du prix du pétrole autour de 110 $ contribuerait, compte tenu des baisses intervenues au premier semestre 2013, à la remontée de l’inflation en glissement annuel, de même que la hausse de la TVA au Japon au deuxième trimestre. L’inflation s’établirait ainsi à +1,6 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2014 (cf. graphique 1). La hausse des prix des matières premières industrielles et énergétiques en 2010 s’est transmise avec délai en 2011 à l’inflation sous-jacente. Mais, depuis début 2012, l’inflation sous-jacente recule car les prix des matières premières cessent d’augmenter et le niveau toujours élevé du chômage pèse sur le pouvoir de négociation des salariés. L’indice sous-jacent s’est établi à +1,2 % au troisième trimestre 2013 et resterait à ce niveau à l’horizon de la prévision, hors effet de la hausse de TVA au Japon. Les économies émergentes en ordre dispersé Le climat des affaires s’est nettement détérioré de janvier à juillet dans les économies émergentes (cf. graphique 2) et l’activité a progressé modestement au premier semestre 2013. Depuis août, les enquêtes se redressent légèrement et l’activité a accéléré au troisième trimestre dans les PECO et en Chine, mais a conservé un rythme ralenti en Asie émergente et en Amérique latine. D’ici mi-2014, la divergence se prolongerait. La hausse continue de l’encours de crédit doperait, à court terme, le secteur immobilier chinois et la croissance chinoise, sur fond de hausse vigoureuse du prix des logements. L’Europe de l’Est et, dans une moindre mesure, la Turquie, bénéficieraient de l’amélioration de la demande en provenance d’Europe. À l’inverse, au Brésil et dans l’ensemble de l’Asie émergente, les resserrements monétaires couplés à la dépréciation forte des monnaies pèseraient sur les débiteurs largement endettés en dollars et la croissance y serait modeste. La reprise se confirme dans les économies avancées Au troisième trimestre 2013, l’activité est restée solide dans les économies avancées (+0,5 %) comme au trimestre précédent. Le climat conjoncturel global s’était nettement amélioré cet été et reste à un niveau élevé en novembre : dans les services comme dans l’industrie, il retrouve les niveaux du début 2011 (cf. graphique 2). L’activité resterait dynamique jusqu’au début de l’année 2014, portée notamment par la consommation des ménages (+0,4 % au quatrième trimestre puis +0,5 % au premier trimestre 2014). Sous l’effet de la hausse de TVA au Japon, elle ralentirait au deuxième trimestre 2014 (+0,3 %). La zone euro retrouve la croissance Cette situation d’ensemble recouvre des situations conjoncturelles différentes. Dans la zone euro, la moindre consolidation budgétaire, l’amélioration des anticipations, et la nécessité de renouveler les capacités productives, après l’ajustement marqué de l’investissement, permettraient une croissance modérée, malgré un marché du travail toujours dégradé. Au Royaume-Uni, la reprise resterait particulièrement vigoureuse : l’investissement et la consommation repartiraient nettement, grâce notamment à la reprise du marché immobilier. Aux États-Unis, la consommation des ménages et l’investissement des entreprises continueraient de soutenir l’activité, mais la hausse passée des taux 2 - Le climat des affaires reste bien orienté dans les économies avancées Dernier point : novembre 2013 Sources : Markit, Institute for Supply Management 66 Note de conjoncture
  • 62. Conjoncture française Pour l’ensemble de l’économie mondiale, la composante des nouvelles commandes à l’exportation des enquêtes PMI se redresse nettement depuis le point bas atteint au mois de juillet 2012 et s’établit à 52,8 en novembre, au plus haut depuis début 2011 (cf. graphique 3). Le commerce mondial accélérerait ainsi à l’horizon de la prévision (+1,5 % par trimestre). d’intérêt provoquerait un ralentissement du marché immobilier et la consommation publique se contracterait au quatrième trimestre sous l’effet du « shutdown ». L’économie japonaise serait dopée par des achats anticipés pendant six mois mais se contracterait par contrecoup au deuxième trimestre avec la hausse de la TVA au 1er avril 2014. Accélération de la demande mondiale adressée à la France L’accélération des importations des pays avancés, notamment européens, a permis, dès le deuxième trimestre 2013, un net rebond de la demande mondiale adressée à la France. Celle-ci continuerait de progresser à un rythme proche du commerce mondial d’ici mi-2014 (+1,3 %, puis +1,3 % et +1,4 %). ■ Au troisième trimestre 2013, le commerce mondial a accéléré (+1,1 %). Les importations des biens des économies émergentes ont progressé de 1,6 % et celles des économies avancées de 0,9 % (cf. tableau). 3 - Le commerce mondial accélérerait d’ici la mi-2014 Sources : Markit, Centraal PlanBureau, prévisions Insee Synthèse du scénario international Variations trimestrielles en % 2012 T1 PIB des économies avancées Commerce mondial Importations des économies avancées Importations des économies émergentes T2 0,6 0,5 Variations annuelles en % 2013 2014 2011 2012 2013 2014 acq. T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 0,0 0,2 0,0 0,3 0,6 0,5 0,4 0,5 0,3 1,7 1,4 1,2 1,5 0,5 -0,3 0,8 0,9 0,3 1,1 1,5 1,5 1,5 6,2 1,9 2,6 4,4 0,0 0,0 -0,1 -1,4 -0,3 0,5 0,9 1,3 1,4 1,1 3,6 -0,3 -0,3 3,8 0,9 0,4 -0,2 4,2 1,6 -0,1 1,6 1,7 1,6 1,9 9,2 4,6 6,1 5,2 Prévision Note de lecture: les données d’importations, d’exportations et de commerce mondial concernent les seuls biens Sources : Instituts statistiques nationaux, Centraal PlanBureau, Fonds monétaire international, prévisions Insee Décembre 2013 67
  • 63. Conjoncture française Échanges extérieurs D’ici mi-2014, la demande extérieure adressée à la France serait relativement dynamique (+1,3 %, puis +1,3 % et +1,4 %), après le ralentissement du troisième trimestre (+1,1 %). Cependant, l’appréciation passée de l’euro (près de 10 % en termes effectifs depuis l’été 2012) pèserait sur la compétitivité, et les pertes tendancielles de parts de marché, quoique atténuées depuis 2008, subsisteraient. Après un retour à la normale attendu des exportations aéronautiques au quatrième trimestre, les exportations progresseraient modérément au premier semestre 2014, de +0,7 % par trimestre. principalement imputable d’une part au ralentissement de la demande adressée à la France (+1,1 % après +1,6 %, cf. graphique 1), et d’autre part à la chute ponctuelle des exportations en matériel aéronautique, dont la contrepartie se situe dans un mouvement de stockage équivalent à 1,1 point d’exportations. Les ventes de matériel de transport ont ainsi fortement baissé au quatrième trimestre (-5,7 % après +4,2 %). Comme les exportations des autres produits (cokéfaction et raffinage, biens d’équipement et produits de l’industrie agro-alimentaire) se sont également contractées, les exportations de biens manufacturés ont nettement reculé au troisième trimestre (-1,9 % après +2,8 %). En outre, les exportations de services ont stagné après deux trimestres de hausse (+0,9 % par trimestre). Sous l’effet du rebond de la demande finale, les importations de la France progresseraient de +1,1 % au quatrième trimestre, puis de +0,7 % par trimestre au premier semestre. A contrario, les exportations d’énergie-eaudéchets ont accéléré (+9,1 % après +7,2 %), et les ventes de produits agricoles ont nettement moins reculé que le trimestre précédent (-1,5 % après -8,3 %). Au total, la contribution des échanges extérieurs à la croissance de l’activité serait positive au quatrième trimestre (+0,3 point), avec pour contrepartie un mouvement de déstockage équivalent, puis neutre à l’horizon de la prévision. Au quatrième trimestre 2013, le commerce mondial accélérerait quelque peu (cf. graphique 2), autant du fait des économies avancées, et notamment de la zone euro, que des économies émergentes. Du fait de la répartition géographique des exportations françaises, ce seraient les pays avancés qui soutiendraient le plus la demande adressée à la France (cf. graphique 1). Les exportations rebondiraient au quatrième trimestre 2013 Au troisième trimestre 2013, les exportations françaises de biens et services se sont contractées (-1,5 % après +1,9 %, cf. tableau). Cette baisse est Prévision de croissance des échanges extérieurs évolutions en % aux prix de l’année précédente chaînés, contributions en points Variations trimestrielles Variations annuelles 2013 2014 2012 2013 2014 acquis 0,7 2,5 0,6 2,7 0,9 3,0 0,7 3,6 0,7 0,7 -0,9 1,2 2,9 0,8 0,8 0,3 1,0 3,7 0,0 0,0 1,0 -0,2 -0,1 T1 Exportations Ensemble des biens et services Produits manufacturés (75 %*) Importations Ensemble des biens et services Produits manufacturés (77 %*) Contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB T2 T3 T4 T1 T2 -0,4 1,9 -1,5 2,3 0,7 -0,6 2,8 -1,9 3,1 0,9 0,1 1,6 1,0 1,1 0,0 1,6 1,6 1,5 -0,1 0,0 -0,7 0,3 Prévision *Part des exportations (respectivement, importations) de produits manufacturés dans les exportations (respectivement, importations) totales, en 2012 Source : Insee 68 Note de conjoncture
  • 64. Conjoncture française De plus, les exportations totales progresseraient nettement plus vite (+2,3 %) que la demande adressée à la France, du fait du retour à la normale attendu des exportations aéronautiques. Au premier semestre 2014, les e x p o r ta ti o n s p r o g r e s s e r a i e n t modérément Début 2014, les exportations progresseraient de 0,7 % par trimestre, soit un rythme inférieur à la hausse de la demande extérieure. En effet, l’appréciation de l’euro (près de 10 % depuis mi-2012) pénaliserait de nouveau les exportations, et les pertes tendancielles de parts de marché, quoique atténuées depuis 2008, subsisteraient. Les exportations croîtraient ainsi modérément, pour les produits manufacturés (+0,9 % par trimestre) comme pour les services (+0,3 % puis +0,8 %). En moyenne en 2013, les exportations croîtraient de 0,6 %, après +2,5 % en 2012. L’acquis de croissance pour l’année 2014 serait de +2,7 % à la fin du premier semestre. La part de marché de la France baisserait légèrement début 2014 après les à-coups du second semestre 2013 (cf. graphique 3) en ligne avec sa tendance à la baisse, certes atténuée depuis la crise (cf. dossier de la Note de conjoncture de juin 2013 « Comment s’explique le rééquilibrage des balances commerciales en Europe ? »). Les importations ralentiraient au premier semestre 2014 Au troisième trimestre 2013, les importations de biens et services ont légèrement ralenti (+1,0 % après +1,6 %). Les achats de biens manufacturés se sont maintenus (+1,6 % de hausse aux deux derniers trimestres). Ils ont ralenti pour les biens d’équipement, les produits agro-alimentaires et les « autres produits industriels ». Cependant, la 1- Demande mondiale adressée à la France et contributions des principaux partenaires Sources : Insee, Trésor, Centraal PlanBureau 2 - Demande mondiale adressée à la France et commerce mondial Sources : Insee, Trésor, Centraal PlanBureau Décembre 2013 69
  • 65. Conjoncture française relative bonne tenue des importations provient de l’accélération des achats de matériels de transport et du redressement des achats de cokéfactionraffinage. Les achats d’énergie brute se sont légèrement contractés (-2,9 % après +1,1 %), tandis que ceux de produits agricoles ont accéléré (+6,8 % après +4,9 %). Au quatrième trimestre 2013, d’après les enquêtes de conjoncture, les importations resteraient dynamiques (+1,1 %), en lien avec le rebond de la demande finale. À l’horizon de mi-2014, les importations ralentiraient (+0,7 % par trimestre), suivant le profil de la demande finale (cf. graphique 4). En moyenne en 2013, les importations progresseraient de seulement 1,2 %, après -0,9 % en 2012. L’acquis de croissance des importations pour 2014 à l’issue du premier semestre s’élèverait à +2,9 %. Au total, la contribution du commerce extérieur à la croissance serait positive au quatrième trimestre 2013, avec pour contrepartie un mouvement de déstockage équivalent mais serait négative sur l’ensemble de l’année 2013 (-0,2 point). Elle serait neutre au premier semestre 2014. ■ 3 - Part de marché de la France Sources : Insee, Trésor 4 - Équation d'importations (biens et services) et contributions économétriques Source : Insee 70 Note de conjoncture
  • 66. Conjoncture française Emploi L’emploi marchand a continué de reculer au troisième trimestre 2013 (-16 000 emplois), en particulier dans le secteur industriel. À l’horizon de la prévision, le redressement de l’activité et les effets du CICE permettraient à l’emploi marchand de se stabiliser (-4 000 emplois au premier semestre 2014). Sur l’ensemble de l’année 2013, la baisse de l’emploi dans le secteur marchand non agricole (-87 000 postes) serait nettement plus faible qu’en 2012 (-112 000). Elle serait concentrée dans l’industrie (-54 000 postes) et dans la construction (-23 000 postes). Dans les secteurs non marchands, l’emploi continuerait d’augmenter d’ici mi-2014, notamment du fait de la progression du nombre des bénéficiaires de contrats aidés. Après une augmentation de 20 000 postes en 2012, l’emploi dans les secteurs non marchands progresserait de 80 000 en 2013 et de 33 000 au premier semestre 2014. Au total, 14 000 emplois seraient créés dans l’ensemble de l’économie en 2013 (après une baisse de 58 000 en 2012) et 36 000 au premier semestre 2014. Le nombre de salariés dans les secteurs marchands se stabiliserait à l’horizon de la prévision En 2012, l’emploi marchand a fortement diminué (de 112 000 postes), alors qu’il était en hausse en 2011. Le profil de l’emploi en cours d’année a été très marqué : les effectifs ont légèrement diminué au premier semestre 2012 (-12 000 personnes) puis ont chuté au second semestre (-100 000). En 2013, les pertes d’emploi semblent s’atténuer (-80 000 sur les trois premiers trimestres). Cette évolution a été relativement conforme à ce que laissaient attendre les déterminants usuels de l’emploi (cf. graphique 1). Le ralentissement de l’activité depuis début 2011, qui s’est accentué en 2012, s’est ainsi transmis progressivement à l’emploi. A contrario, l’amélioration observée depuis début 2013 est imputable au redressement de l’activité. D’ici juin 2014, la poursuite de cette reprise, et les effets du CICE (cf. éclairage), permettraient une quasi-stabilisation de l’emploi marchand : 7 000 postes seraient perdus au quatrième trimestre 2013 puis 4 000 au premier semestre 2014 (cf. graphique 2).cf. graphique 2). 1 - Emploi observé dans le secteur marchand non agricole, emploi simulé et résidu Note de lecture : Le résidu de l’équation d’emploi est l’écart entre l’emploi observé et l’emploi simulé à partir des évolutions d’emploi et d’activité passées et courantes et des effets des politiques de l’emploi. Un résidu positif, comme début 2012, indique que l’emploi observé s’est comporté de façon plus favorable que ne laissaient attendre les comportements passés. Source : Insee Décembre 2013 71
  • 67. Conjoncture française Tableau 1 Évolution de l’emploi Créations d’emploi sur la période (en milliers) CVS 2013 2014 Évolution de l’emploi sur la période (en %) CVS 2013 2014 S1 T1 Salariés du secteur concurrentiel = (1) + (2) Secteurs principalement non marchands (1) (établissements privés seulement) Secteurs principalement marchands non agricoles (2) dont : Industrie dont : Industrie manufacturière Construction Tertiaire essentiellement marchand dont : Commerce Services marchands (y compris intérim) T2 T3 T4 T1 T2 -28 -33 -11 6 3 5 -66 -1 5 4 13 6 6 -27 -38 -16 -7 -3 -12 -19 -15 -9 -12 -19 -14 -9 -4 -7 -6 -15 -6 0 2013 2014 * 2013 2014 2012 S1 T1 T2 T3 T4 T1 T2 8 -0,2 -0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,4 0,0 17924 21 12 0,0 0,2 0,2 0,7 0,3 0,3 1,1 0,6 1956 -1 -87 -4 -0,2 -0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,5 0,0 15968 -13 -6 -54 -19 -0,4 -0,6 -0,5 -0,3 -0,4 -0,2 -1,7 -0,6 3242 -8 -12 -5 -53 -17 -0,4 -0,7 -0,5 -0,3 -0,4 -0,2 -1,8 -0,6 2871 -4 -5 -3 -23 -8 -0,6 -0,3 -0,5 -0,3 -0,3 -0,3 -1,7 -0,6 1417 6 6 15 8 -10 23 -0,1 -0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 -0,1 0,2 11308 -14 -8 1 2 3 -27 4 -0,2 -0,5 -0,3 0,0 0,1 0,1 -0,9 0,1 3018 -1 14 5 14 5 18 19 0,0 0,0 0,2 0,1 0,2 0,1 0,2 0,2 8290 * Niveau fin 2012 (en milliers) Créations d’emploi sur la période (en milliers) 2013 T1 Secteurs principale-27 ment marchands Tertiaire principalement non marchand -6 (y compris établissements privés) 5 Non-salariés -27 EMPLOI TOTAL 2014 Évolution de l’emploi sur la période (en %) 2013 2014 S1 T2 T3 T4 T1 T2 -38 -16 -7 -3 -1 -87 17 15 54 25 8 80 2013 2014 2013 2104 S1 T1 T2 T3 T4 T1 T2 -4 -0,2 -0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,5 0,0 33 -0,1 0,2 0,2 0,7 0,3 0,1 1,1 0,4 5 5 5 4 4 20 8 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,8 0,3 -16 5 52 26 10 14 36 -0,1 -0,1 0,0 0,2 0,1 0,0 0,1 0,1 Prévision Note de lecture : 8 000 emplois seraient crées dans le secteur concurrentiel durant le premier semestre 2014. Cela correspond à une évolution de 0,0 % sur le semestre. Ce secteur comprendrait, au 31décembre 2012, 17 924 000 salariés. (1) Secteur OQ privé (2) Secteurs DE à MN + RU Source : Insee Tableau 2 Variation du nombre de bénéficiaires de contrats aidés dans le secteur non marchand en milliers 2012 T1 Emplois d’Avenir CUI-CAE (remplace CAE+CAV au 01/01/10) Contrats d’Accompagnement vers l’Emploi Contrats d’Avenir Contrats Emploi-jeunes Total T2 T3 2013 2014 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 2011 2012 2013 2014 S1 0 0 0 1 8 13 19 38 11 10 0 1 79 22 18 7 -23 -4 0 0 0 38 27 -8 -37 -2 37 18 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 -8 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 -5 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 18 7 -23 -3 8 13 19 76 38 2 -50 -1 116 40 Prévision Champ : France métropolitaine Note : Y compris avenants de reconduction Sources : Dares, tableau de bord des politiques de l’emploi, calculs Insee 72 Note de conjoncture
  • 68. Conjoncture française L’intérim augmenterait légèrement, tout comme l’emploi tertiaire hors intérim Dans les statistiques d’emploi, l’emploi intérimaire est comptabilisé dans le secteur tertiaire quel que soit le secteur dans lequel sont effectuées les missions. Dans tous les secteurs, le taux de recours à l’intérim se redresse depuis le premier trimestre 2013 (cf. graphique 3). Il continuerait d’augmenter à l’horizon de la prévision : l’emploi intérimaire progresserait de 8 000 postes au premier semestre 2014. L’emploi dans le tertiaire marchand hors intérim a diminué au premier semestre 2013 (- 27 000 postes). Il augmenterait faiblement au second semestre 2013 (+4 000 postes), et bénéficierait ensuite du regain modéré de l’activité au premier semestre 2014 (+15 000 postes). Au total, l’emploi dans le tertiaire y compris intérim augmenterait légèrement au second semestre 2013 (+11 000 emplois), puis plus fortement au premier semestre 2014 (+23 000 postes). L’emploi industriel continuerait de baisser en 2013 Depuis mi-2012, les suppressions d’emplois dans l’industrie se sont progressivement intensifiées. Celles-ci se poursuivraient à l’horizon de la prévision, sur un rythme toutefois moins marqué. L’emploi industriel (hors intérim) baisserait de 9 000 postes au quatrième trimestre 2013 (le secteur perd en moyenne 13 000 postes par trimestre depuis mi-2012) puis de 19 000 au premier semestre 2014 (cf. graphique 4). Au total, l’emploi industriel y compris la correction pour l’intérim utilisé dans le secteur baisserait de 20 000 emplois au second semestre 2013, puis de 16 000 au premier semestre 2014. Ce recul serait comparable à celui observé en moyenne depuis le début des années 2000, malgré un environnement conjoncturel aujourd’hui plus dégradé qu’au milieu de la précédente décennie. Ceci traduirait une certaine résistance de l’emploi manufacturier, visible depuis début 2009. 2 - Évolution de l’emploi salarié dans les secteurs marchands non agricoles Source : Insee 3 - Taux de recours à l’intérim selon les secteurs Source : Insee Décembre 2013 73
  • 69. Conjoncture française L’emploi dans la construction reculerait de nouveau en 2013 L’emploi salarié dans la construction décroît presque continûment depuis 2008. Le secteur a ainsi perdu 13 000 emplois au premier semestre 2013. À l’horizon de la prévision, ce recul s’intensifierait :10 000 postes seraient perdus au second semestre 2013 puis 8 000 au premier semestre 2014. L’emploi non marchand progresserait grâce aux contrats aidés L’emploi non marchand croîtrait de 80 000 postes en 2013. Il continuerait de progresser à un rythme soutenu au premier semestre 2014 (+33 000 emplois). Hors contrats aidés, l’emploi non marchand serait légèrement décroissant du fait de la baisse de l’emploi public. Ainsi, le rebond de l’emploi non marchand proviendrait essentiellement de la hausse des contrats aidés. D’une part, les entrées dans les dispositifs de contrats aidés accéléreraient en 2013 par rapport à 2012 du fait des contrats prévus en loi de finances et des contrats supplémentaires annoncés par le gouvernement en juin (465 000 contrats seraient signés en 2013, après 403 000 en 2012). D’autre part, malgré une baisse du nombre des nouveaux contrats prévus dans le PLF 2014, l’augmentation de la durée moyenne des contrats permettrait une nouvelle hausse des bénéficiaires sur le premier semestre 2014. Au total, le nombre de bénéficiaires augmenterait de 116 000 en 2013, puis de 40 000 au premier semestre 2014.■ 4 - Évolution de l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles Source : Insee Quels effets attendre du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en 2014 ? Le CICE est un crédit d’impôt qui s’apparente à un allègement des cotisations sociales Le CICE est un crédit d’impot qui peut par certains côtés être assimilé à un allégement des cotisations sociales sur les bas et moyens salaires... Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), annoncé en novembre 2012 et voté le mois suivant1, est un crédit d’impôt dont bénéficie l’ensemble des entreprises (hors micro-entreprises et auto-entrepreneurs), quels que soient leur forme juridique, leur secteur d’activité ou le régime d’imposition de leur résultat2. L’assiette du CICE est constituée par les salaires bruts versés au cours de l’année dans la limite de 2,5 fois le Smic. Sur cette assiette, la subvention est de 4 % pour les 74 rémunérations versées au titre de 2013 et de 6 % pour les rémunérations versées les années suivantes (ce qui représente respectivement 13 et 20 Mds€). ... mais il s’en distingue par plusieurs aspects À partir du 1er janvier 2013, le CICE équivaut à baisser le coût du travail moyen des entreprises de 1,8 %, et cette baisse atteindra 2,7 % au 1er janvier 2014. Par rapport à un allègement de cotisations sociales, le CICE se distingue par deux aspects : ce n’est pas une baisse des cotisations, mais une baisse d’impôt proportionnelle à la masse salariale, qui (1) Article 66 de la loi n° 2012-1510 du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012. (2) L’essentiel du montant du CICE concerne les entreprises assujetties à l’impôt sur les sociétés. Mais les entreprises assujetties à l’impôt sur le revenu sont également bénéficiaires du CICE. Note de conjoncture
  • 70. Conjoncture française transite par une baisse de l’impôt sur les sociétés ou sur le revenu3 ; il n’est pas perçu simultanément aux rémunérations versées, mais avec retard. Sauf demande de préfinancement par les entreprises (qui ne devrait représenter que de l’ordre de 1 Md€ en 2013, soit 7 % du montant éligible4), le CICE au titre des rémunérations de 2013 ne commencera à être versé qu’en 2014. En effet, le CICE calculé au titre des rémunérations 2013 doit être imputé sur le solde de l’impôt dû au titre de l’exercice 2013, qui sera acquitté en 2014. Le montant de crédit d’impôt au titre de l’année écoulée ne peut toutefois être remboursé immédiatement qu’à hauteur de l’impôt à acquitter au titre de cette même année et le CICE au titre des rémunérations de 2013 ne sera en fait intégralement versé que d’ici 2016 (cf. tableau de l’échéancier du coût budgétaire du CICE). plus élevés que cet allégement est ciblé pour les bas salaires, notamment parce que la demande de travail de la part des entreprises est davantage sensible à son coût pour les bas salaires7. D’après les évaluations existantes sur la distribution de l’élasticité de la demande de travail en fonction du niveau de salaire8, on peut alors estimer que du fait du ciblage sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC, les créations d’emploi seraient comprises entre 300 000 et 400 000, les simulations réalisées avec le modèle Mésange se situant dans le bas de la fourchette9. L’estimation des effets du CICE sur l’emploi en 2014 est très incertaine Ainsi, en moyenne annuelle 2014, d’après le modèle Mésange, 100 000 emplois supplémentaires seraient créés (après 50 000 en 2013). Ce chiffrage inclut, outre l’enrichissement de la croissance en emplois, l’effet supplémentaire dû au surcroît d’activité économique, occasionné par le CICE. Il suppose que les entreprises agissent comme si le CICE était versé dès 2013, à l’instar d’un allégement de cotisations. En pratique, l’effet du CICE sera plus faible pour plusieurs raisons. Comme le laissent attendre les résultats de simulation tels que ceux présentés ici, les pleins effets du CICE ne se produiront que progressivement. D’après le modèle Mésange, il faudra attendre cinq ans pour avoir l’essentiel des effets sur l’emploi. Des incertitudes sur la perception de la mesure par les entreprises et donc sur son impact effectif Les mécanismes à l’œuvre sont nombreux (cf. graphique). En premier lieu, le CICE améliore la situation financière des entreprises. 20 Mds€ représentent de l’ordre de 1,8 point d’équivalent taux de marge, soit la moitié de la baisse du taux de marge qui aura été enregistrée entre 2007 et 2013. D’abord, le CICE intervient en 2013 dans un contexte où le taux de marge est à son point bas, notamment car l’emploi s’est moins ajusté qu’attendu depuis 2008 ; la contrainte financière peut donc jouer plus fortement qu’au cours des années d’avant-crise et conduire les entreprises à davantage utiliser le CICE pour améliorer leur situation financière que ce que les évaluations portant sur les décennies 1990 ou 2000 peuvent laisser attendre. Ensuite, le fait que son paiement soit différé peut conduire certaines entreprises à différer également les décisions d’embauches, parce qu’elles sont contraintes sur leur trésorerie ou ont des difficultés ou des réticences à accroître leur endettement. Enfin, en comptabilité d’entreprise, l’effet du CICE sur les entreprises pourra être enregistré dans le bas de leur bilan et donc ne pas être visible dans leur compte d’exploitation ; pour les entreprises qui auront choisi ce mode d’enregistrement Cette amélioration de leur situation financière peut ensuite influer sur le comportement des entreprises, lesquelles peuvent diminuer leurs prix5 augmenter leur masse salariale, via plus d’emploi ou des salaires plus élevés, ou leurs dépenses d’investissement. En pratique, le comportement des entreprises sera évidemment hétérogène, mais on peut s’attendre à retrouver, au niveau macroéconomique, ces quatre canaux de transmission du CICE. Si on simule une baisse de cotisations uniforme dans le modèle macroéconométrique Mésange6, il ressort qu’une baisse du coût du travail de 2,7 % se traduirait par un surcroît d’emplois de l’ordre de 250 000. Cette simulation n’intègre toutefois pas le fait que le CICE est ciblé sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Or, les effets emploi d’un allégement de cotisations sociales sont d’autant (3) Les chiffres concernant la situation financière des entreprises présentés dans cette Note de conjoncture sont donc construits sous l’hypothèse conventionnelle que le CICE sera imputé comme les autres crédits d’impôt aux entreprises (crédit impôt recherche par exemple), c’est-à-dire sur l’impôt versé par les entreprises en 2014 ; ni la rémunération du travail ni le taux de marge affichés n’en sont donc affectés. (4) CGSP (2013). Rapport du Comité de suivi du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (5) dans certains cas cette baisse découle de contrats d’indexation de leurs prix de vente sur leurs coûts. (6) C. Klein, O. Simon (2010) : Le modèle Mésange réestimé en base 2000. Tome 1 - Version avec volumes à prix constants. (7) Malinvaud (1998) : Les cotisations sociales à la charge des employeurs : analyse économique. Rapport au CAE. (8) Conseil d’orientation pour l’emploi (2006) : Rapport au premier ministre relatif aux aides publiques. (9) Ces chiffres tiennent compte du fait que le CICE est un crédit d’impôt et qu’ il ne vient donc pas accroître l’assiette de l’impôt ce qui, toutes choses égales par ailleurs, amplifie ses effets sur l’activité par rapport à l’allégement de cotisation. Montée en charge du CICE (en Md€) 2013 2014 2015 2016 2017 2018 Rattaché aux rémunérations qui font l’objet du crédit d’impôt -13 -20 -20 -20 -20 -20 Pour la trésorerie des entreprises -1 -9 -16 -17 -19 -20 Note de lecture : Pour faciliter la lecture, l'assiette du CICE est supposée constante Source : Insee Décembre 2013 75
  • 71. Conjoncture française comptable du CICE, son lien avec la rémunération des salaires risque ainsi de ne pas être repéré aisément : de ce fait, les choix d’investissement et d’embauche des entreprises pourraient ne pas intégrer, à tout le moins pas immédiatement, l’impact du CICE10. Ces effets, qui réduisent l’impact sur l’emploi du CICE, devraient moins jouer à plus long terme. En effet, les entreprises qui tiendront compte du fait que, désormais, embaucher un salarié en dessous de 2,5 SMIC coûte in fine moins cher qu’avant bénéficieront, toutes choses égales d’ailleurs, d’un avantage compétitif par rapport à celles qui n’en tiendront pas compte. À terme, la plupart des entreprises devraient donc ajuster leur comportement pour ne pas perdre de compétitivité par rapport à leurs concurrentes. (10) Ce pourrait notamment être le cas de certaines entreprises étrangères qui désirent s’implanter en France et qui ont un désavantage en termes d’information par rapport aux entreprises déjà implantées en France. Pour le premier semestre 2014, 15 000 emplois supplémentaires par trimestre, hors effet de bouclage Au total, il parait vraisemblable qu’à long terme, les effets du CICE sur l’emploi s’élèvent à moins de 300 000. Pour la prévision de la Note de conjoncture, nous faisons l’hypothèse que l’enrichissement de la croissance en emplois se traduit au premier semestre 2014 par un surcroît d’emplois de 15 000 par trimestre (après 30 000 au total en 2013). Nous n’intégrons pas explicitement, en revanche l’effet supplémentaire dû au surcroît d’activité économique occasionné par le CICE, qui, s’il existe, est capté par les enquêtes de conjoncture sur lesquelles s’appuie en grande partie notre prévision. Mais, nous intégrons explicitement son effet sur les prix, qui compenserait en partie, à hauteur de 0,2 point à l’horizon de la prévision, l’effet de la hausse de la TVA. ■ Schéma reprenant les différents mécanismes économiques attendus d’une baisse du coût salarial unitaire (CSU) 76 Note de conjoncture
  • 72. Conjoncture française Chômage Au troisième trimestre 2013, le taux de chômage s’est établi à 10,9 % de la population active (10,5 % en France métropolitaine), en hausse de 0,1 point par rapport au deuxième trimestre (c f. e n c a d r é p o u r le s p r é c a u t i o n s méthodologiques). Depuis mi-2011, le taux de chômage a augmenté de 1,4 point. Il augmenterait légèrement à l’horizon de la prévision, de 0,1 point. Mi-2014, il s’élèverait à 11,0 % (10,6 % en France métropolitaine). Au troisième trimestre 2013, le taux de chômage s’est établi à 10,9 % de la population active Au troisième trimestre 2013, le nombre de chômeurs a augmenté de 31 000 après une quasi-stabilisation au deuxième trimestre (+4 000)1. En effet, l’emploi a moins baissé au troisième trimestre (-6 000 après -21 000), la population active a crû à un rythme soutenu au troisième trimestre 2013 (+26 000) après une baisse ponctuelle au deuxième trimestre (-17 000) (cf. tableau). Le taux de chômage a ainsi augmenté de 0,1 point au troisième trimestre après une stabilité au deuxième trimestre 2013 (cf. graphique 1). Le taux de chômage des jeunes a légèrement baissé en 2013... Fin 2012, le taux de chômage des 15-24 ans avait dépassé 25 % des actifs. Il a ensuite baissé d’un point jusqu’au troisième trimestre 2013 pour atteindre 24,5 %. D’une part, une partie de la baisse du chômage des jeunes, de l’ordre d’un dixième de point par trimestre depuis le début de l’année, est due à la mise en place, fin 2012, des emplois d’avenir destinés à permettre à des jeunes sans qualification ou peu diplômés d’accéder à un emploi. D’autre part, dans une moindre mesure, la création d’emplois en intérim a pu également bénéficier aux jeunes actifs, qui occupent plus souvent des emplois temporaires que leurs aînés. Le taux de chômage des jeunes est très élevé, mais cette population a un comportement d’activité très spécifique. Un grand nombre de jeunes de moins de 25 ans poursuivent leurs études sans travailler parallèlement et sont de ce fait inactifs. Ainsi, en rapportant le nombre de jeunes chômeurs à la population des 15-24 ans, la mesure obtenue indique une part de chômeurs de 15 à 24 ans de 9,0 %, soit seulement 0,6 point au-dessus de la part des chômeurs dans la population des 25-49 ans. (1) Ces chiffres sont issus de l’enquête Emploi en continu et ne concernent donc que la métropole. 1 - Taux de chômage au sens du BIT France = France métropolitaine +Dom Champ : Population des ménages, personnes de 15 ans ou plus Source : Insee, enquête Emploi Décembre 2013 77
  • 73. Conjoncture française ... alors que celui des 50 ans ou plus a nettement augmenté Le taux de chômage des actifs de 50 ans ou plus s’est accru de près d’un point depuis fin 2012 pour s’établir à 8,0 % au troisième trimestre 2013. Le taux de chômage des seniors a ainsi augmenté deux fois plus vite que celui des 25-49 ans (+0,4 point depuis fin 2012, à 9,5 % au troisième trimestre 2013). À l’horizon de la prévision, le chômage augmenterait très faiblement Entre le troisième trimestre 2013 et le deuxième trimestre 2014, le taux de chômage augmenterait de 0,1 point, pour se situer à 11,0 % à la fin du premier semestre 2014 (10,6 % en France métropolitaine). Sur les trois trimestres de prévision, les créations nettes d’emplois (+76 000) ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la hausse anticipée de la population active (+113 000). (2) La population active tendancielle correspond à la population active estimée dans les projections de population active. Pour plus d’information sur les projections de population active : Insee Première n°1345, avril 2011, O. Filatriau. La population active tendancielle2 continuerait en effet sa croissance à un rythme soutenu (+68 000 personnes au premier semestre 2014, après +60 000 au deuxième semestre 2013), essentiellement du fait de la hausse des taux d’activité, alors que la démographie contribuerait de nouveau : depuis 2011, les générations qui entrent dans la tranche des 15-64 ans sont moins nombreuses que celles qui en sortent. En outre, la population active serait légèrement plus dynamique que son rythme tendanciel, car l’augmentation du nombre d’emplois aidés permet à des personnes hors du marché du travail de l’intégrer. En revanche, on estime que l’effet net des réformes des retraites postérieures aux projections de population active tendancielle3 est négligeable à l’horizon de la projection.■ (3) L’une permettant à partir de novembre 2012 le départ à la retraite à 60 ans pour les carrières longues, l’autre décalant d’un mois l’âge d’ouverture du droit à la pension de retraite pour les personnes nées après le 1er janvier 1952, à partir du second semestre 2012. Encadré - La rénovation de l’enquête Emploi utilisée pour la mesure du chômage au sens du BIT Au 1er trimestre 2013, le questionnaire de l’enquête Emploi a été rénové, en particulier pour faciliter le déroulement de l’enquête sur le terrain. Par ailleurs, de nouvelles conditions d’emploi des enquêteurs ont été mises en place au 1er janvier 2013, ce qui a entraîné des difficultés d’organisation du réseau des enquêteurs et, à ce stade, une baisse du taux de réponse à l’enquête. Une expertise méthodologique a été conduite pour quantifier les incidences de ces changements sur les estimations issues des données de l’enquête Emploi. soient directement comparables à ceux du quatrième trimestre 2012 et aux séries longues actuellement disponibles. Ce traitement assure que les évolutions des indicateurs sont pertinentes du point de vue de l’analyse conjoncturelle. L’impact détaillé des reformulations sur les résultats de l’enquête est présenté dans le document « Compléments méthodologiques » associé à l’Informations Rapides du 5 septembre 2013 présentant les résultats de l’enquête Emploi du deuxième trimestre 2013. Ainsi, certaines reformulations du nouveau questionnaire ont pesé sur la teneur des réponses pour une proportion limitée de la population enquêtée. Ceci a un impact sur la mesure en niveau des principaux indicateurs. Les effets du changement de questionnaire et de protocole d’enquête ont été neutralisés pour que les résultats présentés dans cette fiche À partir des résultats du quatrième trimestre 2013 qui seront publiés en mars 2014, les principaux indicateurs d’activité, d’emploi et de chômage au sens du BIT intégreront l’impact de la rénovation du questionnaire et de nouvelles séries longues rétropolées (dont les valeurs seront donc légèrement revues à la baisse) seront produites. ■ 78 Note de conjoncture
  • 74. Conjoncture française Évolutions de la population active, de l’emploi et du chômage en France métropolitaine Variations trimestrielles Variations annuelles 2012 2012 2012 2012 2013 2013 2013 2013 2014 2014 2010 2011 2012 2013 2014 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 S1 -20 Population des 15-64 ans -12 Population des 15-59 ans 81 Population active dont : (a) Contribution de la population et du taux 36 d’activité tendanciel 9 (b) Effets estimés des politiques publiques 36 (c) Autres fluctuations de court terme (résidu) 23 Emploi Rappel : Emploi en fin de période (cf. fiche « Emploi ») 45 58 Chômage BIT -22 -21 -21 -21 -21 -21 -21 -12 -11 131 20 -84 -83 -24 -14 -16 -19 -20 -20 -20 -19 -5 -6 -117 -70 -61 -79 -11 82 2 46 37 -17 25 37 38 38 79 158 211 83 76 36 36 36 30 30 30 30 34 34 160 165 146 120 68 2 1 2 -4 5 5 7 4 4 -66 -6 14 13 8 44 -36 7 11 -52 -9 0 0 0 -15 -2 51 -50 0 12 -41 -41 -24 -21 -6 29 30 18 169 117 -47 -22 48 -21 -60 -22 -26 -16 5 52 26 10 132 100 -58 15 36 70 42 87 61 4 31 9 9 20 -89 40 258 106 28 Moyenne trimestrielle Taux de chômage BIT (%) France métropolitaine France (y compris Dom) 9,9 Moyenne au dernier trimestre de la période 9,5 9,8 10,1 10,4 10,4 10,5 10,5 10,5 10,6 9,2 9,3 10,1 10,5 10,6 9,9 10,2 10,3 10,5 10,8 10,8 10,9 10,9 10,9 11,0 9,7 9,8 10,5 10,9 11,0 Prévisions Notes de lecture : - la ligne Emploi présente les variations du nombre de personnes en emploi en moyenne trimestrielle en cohérence avec les autres données du tableau. - emploi et chômage ne sont pas ici estimés sur des champs strictement équivalents : population totale pour l’emploi, population des ménages (hors collectivités) pour le chômage. L’impact de cette différence de champ étant très faible (la population hors ménages représente moins de 1% de la population active), elle est négligée ici pour l’exercice de prévision du chômage. Source : Insee Décembre 2013 79
  • 75. Conjoncture française Prix à la consommation L’ inflation d ’ensemble a ugmenterait progressivement de 0,7 % en novembre 2013 à 1,1 % en juin 2014, sous l’effet de plusieurs facteurs ponctuels. Le redressement des prix des télécommunications y contribuerait notamment pour +0,1 point, et les hausses des taux de TVA au 1er janvier 2014 (nettes de l’effet du CICE) pour +0,2 point. Par ailleurs, le glissement annuel des prix de l’énergie augmenterait par effet de base1, et contribuerait pour +0,2 point. Hausse de l’inflation d’ensemble À l’horizon de la prévision, l’inflation d’ensemble augmenterait de 0,7 % fin novembre 2013 à 1,1 % fin juin 2014 (cf graphique 1). L’inflation « sous-jacente »2 augmenterait légèrement à +0,8 % en glissement annuel. Cette divergence provient pour l’essentiel de la hausse des taux de TVA au 1er janvier 2014 : elle contribuerait (nette de l’effet du CICE) pour +0,2 point à l’augmentation de l’inflation d’ensemble, et pour -0,4 point à l’inflation sous-jacente qui est calculée par l’Insee hors taxes (cf. éclairage). Dans une moindre mesure, l’augmentation de 20 centimes du prix du tabac, qui n’est que partiellement due à la hausse de TVA, et l’augmentation de l’inflation énergétique, par effet de base, contribueraient également à la divergence d’évolution entre inflation d’ensemble et inflation « sous-jacente ». Par ailleurs, l’inflation augmenterait par effet de base, après les baisses exceptionnelles de 2013 des prix des services de communication (+0,1 point sur l’inflation d’ensemble, +0,2 point sur l’ inflation « sous-jacente »). L’inflation des produits manufacturés faiblement négative Le glissement annuel des prix des produits manufacturés, à -0,5 % en novembre, augmenterait jusqu’à -0,3 % en juin 2014. Les modifications des taux de TVA au 1er janvier 2014 auraient, à l’horizon de la prévision, un impact de +0,2 point sur le glissement annuel des prix des produits manufacturés (cf. encadré) et l’instauration du CICE aurait, dans ce secteur, un impact de -0,3 point. Le faible niveau du taux d’utilisation des capacités, l’atonie des prix d’importations, le niveau élevé du taux de chômage, ainsi que les meilleurs gains de productivité, continueraient de limiter les pressions inflationnistes dans le secteur manufacturier. Néanmoins, le glissement annuel des prix de l’habillement-chaussures augmenterait à +1,0 %, après +0,8 % en novembre, sous l’effet du redressement des prix du coton depuis début 2012. Par ailleurs, le glissement annuel des produits de santé, à -3,2 % en novembre serait quasi stable à l’horizon de la prévision, car, comme en 2013, de fortes baisses sont à prévoir comme inscrit dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale 2014. (1) Le prix de l’énergie est supposé stable à l’horizon de la prévision, mais du fait de sa baisse au 1er semestre 2013, le glissement annuel fin juin 2014 sera plus élevé que le glissement fin 2013. (2) cf. « Les mots de la conjoncture » 1 - Prix à la consommation en France Source : Insee 80 Note de conjoncture
  • 76. Conjoncture française la hausse de l’inflation énergétique. Les changements des taux de TVA de janvier 2014 ne contribueraient quant à eux qu’à +0,2 point à la hausse des prix de l’énergie. Globalement, l’énergie contribuerait pour 0,2 point à la hausse de l’inflation totale d’ici juin 2014 (cf. graphique 2). L'inflation des services croîtrait Le glissement annuel des prix des services, à +1,5 % en novembre, augmenterait à +2,1 % en juin 2014. La hausse des prix des services serait entraînée par la hausse du taux de TVA (0,4 point net du CICE) et la stabilisation des prix des services de télécommunications, après les fortes baisses à la suite de l’arrivée en janvier 2012 d’un nouvel opérateur de téléphonie mobile. Les prix des produits alimentaires diminuerait en 2014 par effet de base Les prix de l’énergie augmenteraient par effet de base Après +0,1 % en novembre, le glissement annuel des prix de l’énergie augmenterait pour s’établir à +2,7 % en juin 2014. Sous l’hypothèse d’une stabilisation du prix du baril de Brent à 81,5 € (110 $) à l’horizon de la prévision, les sorties de glissement des fortes baisses constatées au printemps 2013 contribueraient mécaniquement à En l’absence de choc sur la production des produits frais, le glissement annuel des prix dans le secteur de l’alimentation diminuerait à l’horizon de la prévision à -0,8 % (cf. tableau) en raison des fortes hausses des prix des produits frais au premier semestre 2013 et de l’impact très limité des hausses de TVA dans ce secteur.■ Les prix à la consommation évolutions en % Regroupements IPC* (pondérations 2012) Alimentation (16,6 %) dont : produits frais (2,1 %) hors produits frais (14,5 %) Tabac (2,1 %) Produits manufacturés (27,4 %) Énergie (8,2 %) dont : produits pétroliers (5,0 %) Services (45,8 %) dont : loyers-eau (7,5 %) santé (5,4 %) transports-communications (5,2 %) autres services (27,8 %) Ensemble (100 %) Ensemble hors énergie (91,8 %) Ensemble hors tabac (97,9 %) Inflation « sous-jacente » (60,8 %)1 Juin 2013 Novembre 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Moyennes annuelles ga cga ga cga ga cga ga cga 2012 2013 1,8 0,3 0,3 0,0 0,4 0,1 -0,8 -0,1 3,0 1,3 7,3 1,0 7,0 -0,4 1,7 0,2 0,1 0,1 -0,1 0,1 -1,2 0,5 3,5 -0,5 0,1 0,0 0,1 0,1 -0,1 0,0 -0,7 0,5 3,5 -0,4 1,2 0,0 0,1 0,1 -0,1 0,1 -7,7 0,3 6,4 -0,3 2,7 -0,2 0,0 0,1 -0,1 0,2 5,2 2,7 6,2 0,7 5,2 4,3 0,9 6,8 -0,4 0,8 -0,9 1,0 0,0 -3,4 1,5 -0,2 0,7 -1,4 1,5 -0,1 0,7 1,6 0,1 5,8 0,5 2,1 1,0 1,6 -2,3 1,2 1,7 1,1 -5,8 2,1 0,9 0,8 0,8 0,3 0,1 0,1 -0,3 0,6 0,9 0,8 0,8 0,2 1,5 0,4 0,5 1,9 0,7 0,7 0,6 0,8 0,1 0,0 0,0 0,5 0,7 0,7 0,6 0,5 1,5 0,3 -0,2 2,0 0,8 0,8 0,7 0,8 0,1 0,0 0,0 0,6 0,8 0,7 0,7 0,5 1,7 0,4 3,5 2,4 1,1 1,0 1,0 0,8 0,1 0,0 0,2 0,7 1,1 0,9 1,0 0,5 2,0 0,9 -3,7 2,7 2,0 1,6 1,9 1,3 1,8 0,8 -4,2 2,1 0,9 0,9 0,8 0,6 Prévision ga : glissement annuel. cga : contribution au glissement annuel. * Indice des prix à la consommation (IPC). (1) Indice hors tarifs publics et produits à prix volatils, corrigé des mesures fiscales. Source : Insee Décembre 2013 81
  • 77. Conjoncture française 2 - L’inflation en France : contributions des postes les plus volatils Source : Insee Hausse des taux de TVA et effet du CICE : des impacts opposés sur l’inflation Le 1er janvier 2014, le taux normal de TVA augmentera de 19,6 % à 20 % et le taux intermédiaire de 7 % à 10 %. Le taux réduit (5,5 %), le taux super réduit (2,1 %) et le taux nul ne seraient pas modifiés. Enfin, le taux applicable en Corse croîtra de 8 à 10 %. Les prix des services seront donc les plus affectés : hébergement, cafés et restauration, entretien du logement 1, services culturels, transports (cf. tableau). Si la hausse de la TVA était intégralement répercutée, les prix des produits au taux normal de TVA augmenterait de 0,3 % et les prix des produits au taux intermédiaire de 2,8 %, soit une hausse de 0,5 point de l’inflation d’ensemble. En pratique, d’après les expériences passées de variation des taux de TVA, l’ajustement des prix se fait progressivement, si bien qu’un impact de l’ordre de 0,4 % serait attendu à fin juin 2014 (cf. graphique). Économiquement, ce délai de transmission traduit des comportements de marge de certaines entreprises, qui ne répercutent pas immédiatement (1) L’essentiel des dépenses d’entretien du logement est toutefois considéré en comptabilité nationale en investissement des ménages. 82 la hausse de la TVA dans les prix à la consommation. À court terme, certaines entreprises baissent alors leurs prix hors taxe, impliquant un effort sur leurs marges, pour ne pas amputer leurs prix TTC. Ces comportements sont pourtant transitoires : en observant des hausses ou des baisses passées de TVA, en France comme à l’étranger, les changements de législation de la fiscalité indirecte se transmettent aux prix à la consommation (TTC) au bout d’un certain délai, suggérant qu’elles n’ont finalement pas d’effet sur le niveau des prix hors taxe. En outre, comme la hausse du taux de TVA se fera en 2014 concomitamment à la mise en place du CICE, la diffusion serait de fait plus faible que pour les hausses passées de taux de TVA, et l’effet sur l’inflation en glissement annuel à fin juin 2014 ne serait que +0,2 point (cf. tableau). L’inflation « sous jacente » est, quant à elle, corrigée des mesures fiscales. L’impact théorique des hausses de TVA contribuent négativement à l’inflation « sous-jacente », dès janvier 2014 (pour 0,6 point). Comme les variations de TVA ne se répercutent en pratique que progressivement sur les prix, la hausse au 1er janvier 2014 réduira comptablement l’inflation « sous-jacente ». ■ Note de conjoncture
  • 78. Conjoncture française Impact sur les indices des prix à la consommation des hausses de TVA du 1 er janvier 2014 et de l’instauration du CICE Impact des Impact du CICE sur les changements des taux glissements annuels de TVA aux prix à la des prix à la consommation consommation Secteur Poids du secteur Impact total Alimentation Produits frais Alimentation hors produit frais Tabac Produits manufacturés Habillement chaussures Produits de santé Autres produits manufacturés Énergie Produits pétroliers Services Loyer, eau, ordures Services santé Transports et communication Autres services Ensemble Ensemble « sous- jacent » 1658 0,0 -0,1 210 0,0 0,0 0,0 1448 0,0 -0,2 -0,1 -0,1 206 1,5 0,0 1,5 2738 0,2 -0,3 0,0 458 0,2 -0,3 -0,1 455 0,2 0,0 0,2 1825 0,3 -0,3 -0,1 822 0,2 0,0 0,2 495 0,2 0,0 0,2 4576 0,6 -0,2 0,4 748 0,1 0,0 0,1 542 0,0 0,0 0,0 506 1,3 -0,3 1,0 2780 0,7 -0,3 0,4 10000 0,4 -0,2 0,2 6085 -0,1 -0,3 -0,4 Impact de la hausse de la TVA sur le glissement annuel de l’inflation d’ensemble entre janvier et juin 2014 Source : Insee Décembre 2013 83
  • 79. Conjoncture française Salaires En 2013, le salaire mensuel de base (SMB) et le salaire moyen par tête (SMPT) auront augmenté environ au même rythme qu’en 2012. Malgré une moindre revalorisation du Smic au 1er janvier 2013, l’inflation, proche de 2,0 % en 2012, a soutenu les salaires nominaux. En l’absence de « coup de pouce », la hausse du Smic serait limitée en janvier 2014 (+1,1 %), en raison de la faible inflation observée depuis plus d’un an. Comme le niveau élevé du taux de chômage continuerait de peser sur le pouvoir de négociation des salariés, les salaires nominaux conserveraient un rythme de croissance modéré au premier semestre 2014 (+0,5 % puis +0,4 % par trimestre). En termes réels, grâce à la baisse de l’inflation , les salaires en euros constants auront accéléré en 2013 : le SMB augmenterait de 1,1 % après +0,3 % en 2012 et le SMPT augmenterait de 1,3 % après avoir stagné en 2012. Début 2014, en revanche, la hausse de l’inflation rognerait les gains de salaires nominaux : le SMPT réel ne progresserait pas au premier semestre. Dans les administrations publiques, la baisse de l’inflation se serait également traduite en 2013 par une accélération temporaire des salaires en euros constants (+0,7 % après +0,1 % en 2012). (1) Pour une définition des termes SMB et SMPT, cf. lexique sur le site insee.fr « Les mots de la conjoncture ». En 2013, le SMB ralentit tandis que le SMPT accélère légèrement En 2013, le salaire mensuel de base (SMB)1 nominal serait légèrement moins dynamique qu’en 2012 (+1,7 % après +2,1 %). La hausse du taux de chômage continuerait de peser sur le pouvoir de négociation des salariés et limiterait l’augmentation globale des salaires. En outre, la revalorisation du Smic a été moindre en 2013 (+0,3 % au 1er janvier, soit +1,3 % en moyenne annuelle) qu’en 2012 (+0,3 % le 1er janvier 2012 et +2,0 % le 1er juillet 2012, après +2,1 % le 1er décembre 2011, soit +3,2 % en moyenne annuelle en 2012). Le salaire moyen par tête nominal (SMPT), qui comprend les primes, l’intéressement et la rémunération des heures supplémentaires, accélérerait légèrement en 2013 (+2,0 % après +1,8 %), principalement sous l’effet du versement ponctuel de primes au deuxième trimestre. La forte baisse de l’inflation en 2013 aura occasionné des gains de salaires réels La forte baisse de l’inflation en 2013 (+0,6 % après +1,9 %) s’est peu transmise aux salaires nominaux probablement parce qu’elle n’avait pas été anticipée (pour mémoire, l’hypothèse d’inflation dans le PLF 2013 était de +1,8 %). Dès lors, le SMB en euros constants accélérerait sur l’année (+1,1 % après +0,3 %). Le SMPT réel accélérerait plus nettement que le SMB (+1,3 % après 0,0 %) car les primes ont été plus dynamiques (cf. graphique). Évolution du salaire moyen par tête (SMPT), nominal et réel Champ : Secteur marchand non agricole Sources : Dares, Insee 84 Note de conjoncture
  • 80. Conjoncture française Début 2014, la hausse de l’inflation rognerait intégralement les gains de salaires nominaux L e s s a l a i r e s ré e l s a c c é l è r e n t temporairement en 2013 dans les administrations publiques Au 1er janvier 2014, la revalorisation du Smic, en l’absence de « coup de pouce » serait modérée (+1,1 %) en raison de la faible inflation observée en 2013. Les négociations salariales commenceraient à intégrer la baisse de l’inflation de 2013 et le marché du travail resterait dégradé ; les salaires augmenteraient donc à un rythme modéré, en termes nominaux et les acquis de croissance pour l’année 2014 à l’issue du deuxième trimestre seraient de +1,3 % pour le SMB et +1,5 % pour le SMPT. L’inflation, plus soutenue qu’en 2013, rognerait intégralement ces gains de salaires nominaux. Ainsi, en termes réels, le SMB baisserait légèrement tandis que le SMPT stagnerait (cf. tableau). Les acquis de croissance pour l’année 2014 à l’issue du deuxième trimestre seraient de +0,4 % pour le SMB et de +0,6 % pour le SMPT. Les salaires nominaux ralentiraient dans la fonction publique en 2013 (+1,3 % après +2,0 % en 2012). En effet, dans la fonction publique, le point d’indice, gelé depuis le 1er juillet 2010, n’a pas été revalorisé en 2013. De plus, l’indice minimum de la Fonction publique n’a été revalorisé que de 0,3 % au 1er janvier 2013, suivant l’évolution du Smic. Les salariés de la fonction publique continueraient toutefois de bénéficier du dispositif de garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA)2 qui a été reconduit en 2013 selon les mêmes modalités qu’en 2012. Comme dans le secteur marchand, la forte baisse de l’inflation permettrait une hausse des salaires réels de 0,7 %, après +0,1 % en 2012. Début 2014, sous l’hypothèse d’un nouveau gel du point d’indice et de la reconduction du dispositif GIPA, le SMPT nominal des administrations publiques ralentirait. L’acquis de croissance à l’issue du deuxième trimestre serait de +0,8 % (-0,1 % en termes réels). ■ (2) La garantie individuelle du pouvoir d’achat 2013 est une indemnité qui concerne les fonctionnaires et certains agents de l’État qui ont subi une perte de pouvoir d’achat entre 2008 et 2012. Évolution du salaire mensuel de base (SMB) et du salaire moyen par tête (SMPT) dans le secteur marchand non agricole et dans les administrations publiques évolutions en % Taux de croissance trimestriels Données CVS 2013 Moyennes annuelles 2014 2012 2014 2013 acquis T1 Salaire mensuel de base (SMB) Salaire moyen par tête (SMPT) dans le secteur marchand non agricole (SMNA) Salaire moyen par tête dans les administrations publiques (APU) Prix de la consommation des ménages (Comptes nationaux trimestriels) SMB réel SMPT réel (SMNA) SMPT réel (APU) T2 T3 T4 T1 T2 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 2,1 1,7 1,3 0,6 0,7 0,4 0,4 0,5 0,4 1,8 2,0 1,5 2,0 1,3 0,8 1,9 0,6 0,9 0,3 -0,1 0,2 0,1 0,5 0,3 0,1 0,5 0,1 0,3 -0,1 0,1 0,3 1,1 0,4 0,3 0,8 0,2 0,3 0,0 0,1 0,0 1,3 0,6 0,1 0,7 -0,1 Prévision Source : Insee Décembre 2013 85
  • 81. Revenus des ménages En 2013, le pouvoir d’achat des ménages se redresserait (+0,5 % après -0,9 % en 2012), principalement grâce à la décélération des prix de la consommation (+0,6 % après +1,9 % en 2012). L’augmentation du revenu disponible brut des ménages serait également légèrement plus soutenue (+1,1 % après +0,9 % en 2012) du fait du moindre dynamisme des prélèvements obligatoires (+4,5 % après +7,4 % en 2012) et malgré le ralentissement des revenus d’activité (+1,3 % après +1,8 % en 2012). En outre, l’excédent brut d’exploitation des entrepreneurs individuels décélérerait sensiblement (-0,2 % après +1,7 % en 2012), du fait d’une dégradation des revenus d’activité dans l’agriculture et la construction. Par ailleurs, les revenus de la propriété ralentiraient nettement en 2013 (-0,2 % après +0,6 % en 2012), principalement sous l’effet d’une baisse des taux d’épargne réglementée. Enfin, l’excédent brut d’exploitation des ménages purs, freiné en 2012 par la baisse des taux d’intérêt, accélérerait (+2,2 % après +1,4 % en 2012)2. À l’horizon de la prévision, le profil semestriel d’évolution du pouvoir d’achat serait heurté, principalement du fait du calendrier de perception des impôts. Il baisserait ainsi au second semestre 2013, puis se redresserait au premier semestre 2014. En effet, début 2014, les revenus d’activité progresseraient sur un rythme stabilisé, mais les impôts, après les hausses fin 2013 générées par la régularisation de l’impôt sur le revenu, se replieraient par contrecoup en tout début d’année. Au premier semestre 2014, la croissance des revenus d’activité se stabiliserait (+0,4 % aux deux premiers trimestres 2014 après +0,3 % au quatrième trimestre 2013), à l’image de la masse salariale reçue par les ménages. De même, l’excédent brut d’exploitation des entrepreneurs individuels renouerait avec la croissance au quatrième trimestre (+0,2 % après -0,2 %) et continuerait de progresser à ce rythme au premier semestre 2014. Après un ralentissement en 2013, les revenus d’activité progresseraient sur un rythme stabilisé début 2014 Les revenus d’activité ralentiraient en 2013 (+1,3 % après +1,8 % en 2012, cf. tableau 1). La croissance de la masse salariale reçue par les ménages serait moins forte (+1,5 % après +1,9 % en 2012, cf. tableau 2), du fait notamment du recul de l’emploi, qui s’accentuerait dans les branches marchandes non agricoles (-0,7 % après -0,1 %, cf. graphique)1. (1) Pour mémoire, le recul de l’emploi en glissement annuel serait a contrario deux fois plus faible en 2013 qu’en 2012 (cf. fiche Emploi). (2) L’EBE des ménages purs correspond à la production de services de logement, déduction faite des consommations intermédiaires nécessaires à cette production (notamment les services d’intermédiation financière, SIFIM, liés aux emprunts) et des impôts (taxe foncière). La production correspond aux loyers que les particuliers propriétaires du logement perçoivent de leurs locataires ou pourraient recevoir s’ils mettaient leur bien en location (« loyers imputés »). En 2012, les taux d’intérêt auxquels se financent les banques ont davantage baissé que les taux des crédits immobiliers, les services d’intermédiation financière ont donc renchéri. Décomposition de la masse salariale des ménages sur le champ concurrentiel non agricole Source : Insee 86 Note de conjoncture
  • 82. Conjoncture française Les prestations sociales continueraient de ralentir En 2013, les prestations sociales en espèces seraient moins dynamiques qu’en 2012 (+3,3 % après +4,0 %, cf. tableau 3). En effet, les prestations de sécurité sociale ralentiraient (+3,2 % après +4,2 %). D’une part, les retraites complémentaires versées par l’Agirc-Arrco seraient moins revalorisées, à la suite de l’accord de mars 2013. D’autre part, les prestations familiales progresseraient à nouveau à un rythme habituel, après une année 2012 soutenue par la forte revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire. En revanche, les prestations d’assistance sociale continueraient d’accélérer en 2013 (+5,5 % après +4,2 % en 2012) : malgré le ralentissement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), elles resteraient soutenues par le dynamisme du revenu de solidarité active (RSA), notamment en raison de sa revalorisation au 1er janvier, et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Les prestations sociales en espèces ralentiraient de nouveau au premier semestre 2014. En effet, les prestations de sécurité sociale décélèreraient (+0,8 % et +0,9 % aux deux derniers trimestres 2013 puis +0,7 % et +0,0 % aux deux premiers trimestres 2014). Notamment, en 2014, la revalorisation des retraites des régimes de base (à l’exception de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) et des pensions d’invalidité) ne s’effectuerait plus comme les années précédentes au 1er avril, mais serait reportée au 1er octobre. Par ailleurs, à la suite de l’accord de mars 2013, la revalorisation des pensions de l’Agirc-Arrco serait moindre au 1er avril 2014. En outre, les prestations d’assistance sociale ralentiraient légèrement, notamment parce que le dynamisme du revenu de solidarité active (RSA) s’estomperait au premier semestre 2014 en lien avec la moindre dégradation du marché du travail. Tableau 1 Revenu disponible brut des ménages 2012 2013 2014 2014 2012 2013 acquis T1 Revenu disponible brut (RDB) (100 %) dont : Revenus d’activité (69 %) Masse salariale brute (60 %) EBE des entrepreneurs individuels1 (9 %) Prestations sociales en espèces (33 %) EBE des ménages purs (12 %) Revenus de la propriété (10 %) Prélèvements sociaux et fiscaux (-25 %) Cotisations des salariés (-8 %) Cotisations des non-salariés (-2 %) Impôts sur le revenu et le patrimoine (y compris CSG et CRDS) (-14 %) Revenus hors impôts Prix de la consommation des ménages (comptes nationaux trimestriels) Pouvoir d’achat du RDB Pouvoir d’achat par unité de consommation T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 0,3 0,4 -0,2 -0,7 1,2 0,4 0,1 0,0 1,1 0,4 0,9 1,1 1,5 0,6 0,3 0,5 0,1 0,3 0,5 0,2 0,3 0,4 0,4 1,8 1,3 1,2 0,6 0,3 0,5 0,2 0,4 0,5 0,3 0,4 0,5 0,4 1,9 1,5 1,3 0,5 0,4 0,2 -0,4 -0,4 0,5 -0,2 0,2 0,0 0,3 1,7 -0,2 0,4 1,2 1,1 1,0 0,8 0,6 0,8 0,8 0,9 0,7 0,2 4,0 3,3 2,2 0,2 0,3 0,2 0,6 0,6 0,6 0,5 0,7 0,8 0,5 1,4 2,2 2,2 -0,6 -0,3 0,1 0,7 -0,1 -0,4 -0,6 0,1 1,0 1,0 0,6 -0,2 1,5 1,6 0,6 3,4 4,7 -2,8 1,0 1,3 2,7 -1,4 0,6 7,4 4,5 1,8 1,1 0,5 0,9 2,0 0,5 0,6 0,4 0,4 0,5 0,4 3,4 3,3 1,3 4,7 1,5 1,7 2,4 -0,5 0,6 1,7 0,5 0,5 0,5 5,9 4,0 2,3 1,5 0,5 5,1 6,6 -5,0 1,3 1,8 4,3 -2,8 0,7 10,2 5,3 2,1 0,5 0,4 0,5 0,2 0,4 0,5 0,3 0,5 0,6 0,4 2,0 1,6 1,6 0,8 0,2 0,1 0,2 0,3 -0,1 0,2 0,1 0,5 0,3 1,9 0,6 0,9 -0,4 0,2 -0,3 -0,9 0,9 0,5 -0,1 -0,1 0,6 0,1 -0,9 0,5 0,6 -0,6 0,0 -0,4 -1,0 0,8 0,3 -0,3 -0,3 0,5 -0,2 -1,5 -0,1 0,0 Prévision Note de lecture : Les chiffres entre parenthèses donnent la structure de l’année 2012. (1) L’excédent brut d’exploitation (EBE) des entrepreneurs individuels est le solde du compte d’exploitation des entreprises individuelles. Il s’agit d’un revenu mixte puisqu’il rémunère le travail effectué par le propriétaire de l’entreprise individuelle, et éventuellement les membres de sa famille, mais contient également le profit réalisé en tant qu’entrepreneur. Source : Insee Décembre 2013 87
  • 83. Conjoncture française au premier trimestre 2014 (-2,8 %). Par ailleurs, les cotisations versées par les ménages accéléreraient légèrement au cours du premier semestre 2014. Au total, les prélèvements obligatoires baisseraient au premier trimestre (-1,4 %), puis augmenteraient légèrement au deuxième (+0,6 %). Les prélèvements obligatoires, toujours dynamiques en 2013, ralentiraient début 2014 Sur l’ensemble de l’année 2013, les prélèvements obligatoires versés par les ménages croîtraient moins qu’en 2012 (+4,5 % après +7,4 %). Les mesures nouvelles seraient d’un montant comparable à celles de 2012, mais la croissance spontanée des prélèvements obligatoires serait plus faible que l’an dernier, du fait du ralentissement des revenus d’activité en 2012. En particulier, les recettes des impôts sur le revenu et le patrimoine ralentiraient sur l’ensemble de l’année (+5,3 % après +10,2 %). Les cotisations salariales augmenteraient en 2013 au même rythme qu’en 2012 (+3,3 % après +3,4 %). Les cotisations des non-salariés continueraient de croître à un rythme soutenu (+4,0 % en 2013 après +5,9 %), notamment du fait du déplafonnement des cotisations maladie et de la suppression de l’abattement forfaitaire pour frais professionnels prévus par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013. Le pouvoir d’achat renouerait avec la croissance en 2013 Le revenu disponible brut (RDB) nominal des ménages accélérerait légèrement en 2013 (+1,1 % après +0,9 % en 2012). Dans le même temps, les prix à la consommation ralentiraient nettement (+0,6 % contre +1,9 %). Le pouvoir d’achat du RDB accélérerait donc sensiblement, progressant de 0,5 % en 2013, après -0,9 % en 2012. Le pouvoir d’achat par unité de consommation, qui tient notamment compte des évolutions démographiques, serait quasi stable en 2013 (-0,1%) après un recul en 2012 (-1,5 %, cf. encadré). Début 2014, à la faveur du profil spécifique des impôts, le RDB des ménages se redresserait (+1,1 % au premier trimestre puis +0,4 % au deuxième), alors qu’il serait quasi stable fin 2013 (+0,1 % au troisième trimestre puis 0,0 % au quatrième). Le pouvoir d’achat se redresserait moins fortement (+0,6 % puis 0,1 % début 2014 après -0,1% aux deux derniers trimestres 2013), en raison de l’accélération attendue des prix. Mi-2004, le pouvoir d’achat serait 0,5 % plus élevé qu’un an auparavant Les mesures nouvelles d’impôts sur le revenu et le patrimoine prévues pour 2013 (notamment la non-indexation du barème de l’impôt sur le revenu, la création de la tranche à 45 % et la baisse du plafond du quotient familial) interviennent principalement au second semestre, lors de la réception des avis d’imposition. Le profil des impôts est ainsi heurté, comme chaque année, avec une hausse attendue au troisième trimestre (+1,8 %) puis une accélération au quatrième trimestre (+4,3 %), et par contrecoup une baisse Tableau 2 De la masse salariale des entreprises non financières à celle reçue par les ménages 2012 2013 2014 T1 Entreprises non financières (ENF) (67 %) dont : Salaire moyen par tête Entreprises financières (5 %) Administrations publiques (22 %) Ménages hors EI (2 %) Masse salariale brute reçue par les ménages (100 %) dont : Secteurs concurrentiels non agricoles T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 0,5 0,2 0,4 0,1 0,4 0,6 0,3 0,3 0,5 0,4 0,5 1,0 0,4 -0,2 0,3 0,3 0,5 0,0 0,6 0,3 0,4 1,9 0,6 0,3 0,6 0,2 2014 2012 2013 acquis 1,8 1,3 1,3 0,4 0,5 0,7 0,4 0,4 0,5 0,4 1,9 2,0 1,5 -0,5 1,2 0,3 0,5 0,5 0,6 0,5 1,2 1,7 1,7 0,4 0,3 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 1,4 1,3 0,9 0,3 -0,8 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 1,6 0,9 1,2 0,5 0,2 0,4 0,5 0,3 0,4 0,5 0,4 1,9 1,5 1,3 0,4 0,0 0,4 0,6 0,2 0,3 0,5 0,4 1,7 1,3 1,3 Prévision Note de lecture : Les chiffres entre parenthèses donnent la structure de l’année 2012 Source : Insee 88 Note de conjoncture
  • 84. Conjoncture française Tableau 3 Les transferts sociaux reçus et versés par les ménages 2012 2013 2014 2014 2012 2013 acquis T1 Prestations sociales en espèces reçues par les ménages (100 %) Prestations de Sécurité sociale (72 %) Prestations de régimes privés (7 %) Prestations directes d'employeur (13 %) Prestations d'assistance sociale (8 %) Total des prélèvements sociaux Cotisations sociales effectives versées par les ménages (100 %) dont : Cotisations des employeurs1 (63 %) Cotisations des salariés (29 %) Cotisations des non-salariés (8 %) T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 1,2 1,1 1,0 0,8 0,6 0,8 0,8 0,9 0,7 0,2 4,0 3,3 2,2 1,2 1,2 1,1 0,9 0,6 0,6 0,8 0,9 0,7 0,0 4,2 3,2 2,0 1,2 0,0 0,6 0,4 0,2 1,9 0,0 1,0 0,5 0,4 2,2 2,5 2,0 1,0 0,9 0,8 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,6 3,7 2,8 2,2 1,5 1,6 1,3 1,2 1,4 1,2 1,8 1,2 0,8 0,8 4,2 5,5 3,6 0,9 0,6 0,7 1,1 0,2 0,7 0,4 0,5 0,5 0,5 3,1 2,4 1,6 0,9 0,5 0,7 1,2 0,1 0,7 0,4 0,4 0,5 0,4 3,0 2,4 1,6 0,4 1,1 4,7 0,4 0,5 1,5 0,5 0,9 1,7 0,7 2,0 2,4 0,0 0,5 -0,5 0,7 0,6 0,6 0,3 0,4 1,7 0,5 0,4 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,4 0,5 2,5 3,4 5,9 1,7 3,3 4,0 1,6 1,3 2,3 Prévision Note de lecture : Les chiffres entre parenthèses donnent la structure de l’année 2012 (1) Les cotisations employeurs sont à la fois reçues et versées par les ménages en comptabilité nationale : elles n’ont donc pas d’effet sur le revenu disponible brut. Source : Insee Encadré - Différentes mesures du pouvoir d’achat Le revenu des ménages présenté et analysé dans la Note de conjoncture représente l’ensemble des revenus perçus par la totalité des ménages. C’est en effet cette grandeur qui est pertinente au niveau macroéconomique, par exemple pour construire l’équilibre entre ressources (PIB et importations) et emplois (consommation, investissement, exportations...) ou pour prévoir le PIB. Le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages, qui représente la quantité de biens et services que les ménages peuvent acheter avec leur revenu, est calculé comme le revenu corrigé de l’accroissement du prix de la consommation. Si on souhaite mesurer le pouvoir d’achat moyen des Français, cette grandeur doit être corrigée de manière à tenir compte à la fois de la croissance du nombre de ménages et de l’évolution de leur composition. La correction la plus pertinente de ce point de vue consiste à Décembre 2013 diviser le pouvoir d’achat par le nombre d’unités de consommation en France. Ce concept permet de tenir compte de la croissance démographique, mais aussi du fait que certaines consommations peuvent être partagées au sein d’un ménage (les appareils ménagers par exemple). Un ménage de taille importante réalise donc certaines « économies d’échelle » par rapport à un ménage de taille plus réduite. En 2012, la croissance du nombre d’unités de consommation est estimée à +0,6 % (par comparaison, la croissance du nombre d’habitants est de 0,5 % et la croissance du nombre de ménages est de 1,0 %). Ainsi, en 2013, le pouvoir d’achat par unité de consommation reculerait de 0,1 % (après -1,5 % en 2012) ; par ménage, sa baisse serait de 0,5 % et par habitant, le pouvoir d’achat serait stable. ■ 89
  • 85. Conjoncture française Consommation et investissement des ménages Au troisième trimestre 2013, la consommation des ménages a légèrement ralenti (+0,2 % après +0,4 %). En particulier, les dépenses d’énergie se sont nettement repliées et la consommation de services a ralenti. En revanche, les dépenses en produits alimentaires ont rebondi et celles en biens fabriqués ont été de nouveau dynamiques. Au quatrième trimestre 2013, en raison notamment de l’anticipation par les ménages du durcissement du malus automobile début 2014 et du déblocage de l’épargne salariale, la consommation de produits fabriqués resterait dynamique. La consommation de biens rebondirait donc. Le profil de la consommation de services d’entretien du logement pourrait être également affecté par les anticipations de hausse de TVA de janvier 2014. Ainsi, la consommation de services augmenterait également, si bien que la consommation totale augmenterait de 0,3 %. Au premier semestre 2014, compte tenu des perspectives sur leur pouvoir d’achat, la consommation des ménages s’infléchirait à nouveau (+0,1 % par trimestre). Les ménages lisseraient les à-coups de leur pouvoir d’achat et le taux d’épargne aurait ainsi un profil heurté (15,7 % au troisième trimestre 2013 puis 15,3 % au quatrième, avant de légèrement rebondir au premier semestre 2014 pour s’établir à 15,6 % mi-2014). Au troisième trimestre 2013, les dépenses en énergie se sont nettement repliées Au troisième trimestre 2013, la consommation des ménages a légèrement ralenti (+0,2 % après +0,4 %, cf. tableau), en raison de la chute des dépenses en énergie (-3,0 %, cf. graphique 1), traduisant un retour à la normale après deux trimestres dynamiques (+2,0 % puis +2,5 %) en raison de températures inférieures aux normales saisonnières. Les dépenses alimentaires ont retrouvé une croissance plus proche de leur tendance (+0,4 %), après le recul au printemps (-1,1 %) qui s’expliquait notamment par le contrecoup d’un week-end de Pâques plus précoce que d’habitude. Les dépenses en produits fabriqués sont restées dynamiques. D’une part, les achats d’automobiles ont continué de progresser (+1,1 % après +2,1 %) après une chute en début d’année (-5,5 %), du fait du durcissement du malus au 1 er janvier 2013. D’autre part, la consommation de textile-habillement-cuir a rebondi (+1,6 %) après deux trimestres consécutifs de baisse. Enfin, la consommation de services a ralenti (+0,2 % après +0,4 %). En particulier, les dépenses d’hébergement-restauration, en hausse au printemps, ont été quasiment stables cet été. 1 - Contributions des différents postes à la consommation trimestrielle des ménages Source : Insee 90 Note de conjoncture
  • 86. Conjoncture française Au quatrième trimestre 2013, la consommation en produits fabriqués resterait dynamique La consommation totale des ménages augmenterait de nouveau au quatrième trimestre 2013, à un rythme similaire au troisième trimestre (+0,3 % après +0,2 %). Sous l’hypothèse de températures proches des normales saisonnières en décembre, et après un mois d’octobre plus doux que la moyenne, la consommation d’énergie baisserait fortement sur l’ensemble du quatrième trimestre (-2,2 % après -3,0 %). Par ailleurs, la consommation en produits fabriqués resterait dynamique (+1,2 %), soutenue notamment par le déblocage de la participation à l’épargne salariale et par les achats anticipés d’automobiles en amont du durcissement du malus écologique au 1er janvier 2014. En revanche, les dépenses en textile-habillement-cuir baisseraient à nouveau suivant la tendance depuis 2006. De même, la consommation alimentaire retrouverait une évolution plus modérée au quatrième trimestre 2013 (+0,2 % après +0,4 %). Enfin, la consommation en services continuerait de progresser au quatrième trimestre 2013 à un rythme proche de celui du troisième trimestre (+0,3 % après +0,2 %), en raison de l’anticipation de la hausse de la TVA dans la construction à compter de janvier 2014, qui dynamiserait la consommation de services d’entretien du logement. Au premier semestre 2014, la consommation ralentirait Via les hausses progressives de prix qu’elles généreraient, les hausses de taux de TVA entrant en vigueur au 1er janvier 2014 contribueraient à limiter l’augmentation de la consommation des ménages au premier semestre 2014, qui ralentirait à +0,1 % par trimestre (après +0,3 % au quatrième trimestre 2013). La consommation en biens serait en outre affectée par le durcissement du malus automobile qui ferait reculer les achats d’automobiles neuves. Au deuxième trimestre 2014, la baisse des dépenses en biens fabriqués se poursuivrait en raison de la baisse des dépenses d’habillement, mais serait limitée du fait du rebond des ventes de téléviseurs lié à la Coupe du monde de football (cf. éclairage Note de Conjoncture, juin 2010). Pour les services, les postes les plus affectés par la hausse de la TVA, l’hébergement-restauration, le transport et le petit entretien du logement, s’infléchiraient plus nettement. La consommation totale de services augmenterait ainsi de 0,2 % aux premier et deuxième trimestres 2014, après +0,3 % au quatrième trimestre 2013. Dépenses de consommation et investissement des ménages Évolutions annuelles en % Évolutions trimestrielles en % 2012 2013 2014 2012 2013 2014 acquis T1 Dépenses totales de consommation des ménages (B+S) Services (S) Biens (B) dont Alimentaire (AZ-C1) Produits agricoles (AZ) Produits agro-alimentaires (C1) Énergie (DE-C2) Énergie, eau, déchets (DE) Cokéfaction et raffinage (C2) Produits fabriqués (C3 à C5) Produits manufacturés (C1 à C5) Investissement des ménages T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 0,2 -0,5 0,1 0,1 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,1 0,1 0,2 -0,2 0,2 0,2 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,2 0,2 0,4 -0,7 0,1 -0,1 -0,1 0,3 -0,1 0,2 0,0 0,0 1,0 -0,7 0,5 -0,9 1,0 -1,1 0,4 0,2 0,1 0,1 0,2 -0,2 0,3 1,3 -0,8 0,2 -0,5 1,2 -2,3 0,4 0,2 0,1 0,1 0,9 -0,7 -0,1 0,9 -0,7 0,5 -1,0 1,0 -0,9 0,4 0,2 0,1 0,1 0,0 -0,1 0,3 3,3 1,1 -1,3 0,0 2,0 2,5 -3,0 -2,2 0,8 -0,2 1,5 1,4 -2,0 6,4 1,7 -1,7 -0,7 5,6 0,9 -4,3 -3,0 2,0 0,0 5,2 2,3 -2,3 0,5 0,5 -0,8 0,6 -1,4 4,1 -1,8 -1,4 -0,3 -0,5 -1,8 0,5 -1,6 -1,1 -1,3 0,4 0,5 -2,0 0,6 0,8 1,2 -0,4 0,0 -1,9 -0,7 1,0 -0,3 -0,9 0,3 0,0 -0,9 0,4 0,4 0,5 -0,2 0,0 -1,2 -0,3 0,5 -0,7 -0,1 -0,4 -1,0 -1,3 -1,7 -0,6 0,0 -0,3 -0,6 -0,4 -3,7 -1,4 -0,4 0,4 0,6 0,4 0,6 0,8 -0,5 -0,1 0,2 Prévision Source : Insee Décembre 2013 91
  • 87. Conjoncture française Mi-2014, le taux d’épargne s’établirait 0,3 point en dessous de son niveau mi-2013 Au total, la consommation des ménages augmenterait en 2013 (+0,4 %), légèrement moins que leur pouvoir d’achat (+0,5 %). Le taux d’épargne atteindrait 15,7 % en moyenne sur l’année, après 15,6 % en 2012 (cf. graphique 2). Cette quasi-stabilité masque un profil trimestriel heurté. En effet, les ménages tendent à lisser les à-coups trimestriels de leur pouvoir d’achat en ajustant leur épargne. Compte tenu des baisses attendues du pouvoir d’achat au second semestre 2013, liées aux nouvelles mesures affectant l’impôt 2013 des ménages, le taux d’épargne diminuerait légèrement au troisième trimestre (15,7 % après 15,9 % mi 2013), puis plus fortement au quatrième (15,3 %). Pour les mêmes raisons, le rebond du pouvoir d’achat au premier trimestre 2014 entraînerait celui du taux d’épargne de 0,4 point, avant qu’il ne diminue à nouveau pour s’établir à 15,6 % mi-2014, soit 0,3 point en dessous de son niveau mi-2013. Cette baisse serait imputable à la diminution de l’épargne de précaution des ménages, du fait des perspectives d’activité plus favorables. L’investissement des ménages se stabiliserait au quatrième trimestre, avant de baisser à nouveau L’investissement des ménages a diminué moins fortement au troisième trimestre 2013 (-0,6 %) qu’aux trimestres précédents, et il se stabiliserait au quatrième trimestre 2013. En effet, les mises en chantier ont rebondi en début d’année (cf. graphique 3) et, par ailleurs, certaines dépenses d’entretien du logement seraient anticipées avant la hausse de TVA au 1er janvier 2014. Les mises en chantier ont chuté au troisième trimestre 2013, et les premières données disponibles sur le quatrième trimestre ne laissent pas attendre d’amélioration à court terme. Par conséquent, au premier semestre 2014, l’investissement des ménages reculerait de nouveau (-0,3 % et -0,6 %), pénalisé également, dans une moindre mesure, par la hausse de TVA dans l’entretien du logement. Sur l’ensemble de l’année 2013, l’investissement des ménages baisserait nettement (-3,7 %) après une quasi-stabilité en 2012 (-0,4 %). L’acquis de croissance de l’investissement des ménages s’établirait à -1,4 % mi-2014. ■ 2 - Taux d’épargne et taux de croissance de la consommation et du pouvoir d'achat du revenu disponible brut Source : Insee 3 - Mises en chantier de l’ensemble des logements par trimestre Source : SOeS 92 Note de conjoncture
  • 88. Conjoncture française Résultats des entreprises En 2013, le taux de marge des sociétés non financières continuerait de se dégrader : il atteindrait son plus bas niveau depuis 1985, soit 28,1 % en moyenne sur l’année après 28,3 % en 2012. En effet, la hausse du salaire par tête en termes réels et l’augmentation des cotisations sociales ne seraient que partiellement compensées par la hausse des gains de productivité et l’amélioration des termes de l’échange. À la fin du premier semestre 2014, le taux de marge s’établirait à 28,1 % (29,2 % si on le corrige pour intégrer l’impact comptable du CICE). Le taux de marge atteindrait son plus bas niveau depuis 1985 En baisse continue depuis mi-2010, le taux de marge des sociétés non financières s’est légèrement redressé au premier semestre 2013 pour atteindre 28,2 % mi-2013 (cf. graphique 1), à la faveur du recul des prix des importations et, partant, d’une contribution plus favorable des termes de l’échange (+0,2 point). Le taux de marge ne se dégraderait plus au second semestre 2013 Au troisième trimestre 2013, le taux de marge aurait baissé (-0,3 point) et il se redresserait au quatrième pour atteindre 28,2 % fin 2013. Le profil trimestriel du taux de marge refléterait principalement le profil de l’activité des sociétés non financières : les gains de productivité contribueraient pour +0,3 point au quatrième trimestre après -0,2 point au troisième (cf. graphique 2). Sur l’ensemble du semestre, ces effets seraient entièrement compensés par une hausse des salaires par tête réels : contribution de -0,2 point au quatrième trimestre après -0,1 point au troisième. Le taux de marge serait affecté en 2014 par le CICE et la hausse de TVA Au premier semestre 2014, la progression des gains de productivité spontanés, alors que les salaires réels stagneraient, contribuerait à redresser le taux de marge. Mais celui-ci serait également affecté par l’instauration du CICE et la hausse de la TVA au 1er janvier. D’une part, le CICE freinerait le redressement des gains de productivité (à hauteur de -0,2 point au premier semestre, cf. éclairage de la fiche emploi). D’autre part, il contribuerait à différer la répercussion dans les prix de la hausse de la TVA au 1er janvier : les entreprises en absorberaient 60% d’ici fin juin, soit une contribution de -0,3 point sur leur taux de marge. Au total, le taux de marge s’établirait à 28,1 % au deuxième trimestre 2014, après 28,2 % au quatrième trimestre 2013 (cf.tableau). Corrigé pour intégrer l’impact comptable du CICE, le taux de marge s’établirait à 29,2 % au deuxième trimestre 2014, en progression de 1,0 point par rapport à fin 2013.■ 1 - Taux de marge des sociétés non financières (SNF) Source : Insee Décembre 2013 93
  • 89. Conjoncture française 2 - Contributions à la variation du taux de marge des sociétés non financières (SNF) Source : Insee Décomposition du taux de marge des sociétés non financières (SNF) en % et en points 2012 2013 2014 2012 2014 2013 acquis 28,1 28,3 28,1 28,1 0,1 -0,7 -0,2 0,0 T1 Taux de marge (en niveau)1 Variation du taux de marge Contributions à la variation du taux de marge des gains de productivité du salaire par tête réel du taux de cotisation employeur du ratio du prix de la valeur ajoutée et du prix de la consommation d’autres facteurs Taux de marge corrigé pour intégrer l’effet CICE (en niveau) Variation du taux de marge corrigé pour intégrer l’effet CICE T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 28,5 28,3 28,5 28,0 28,1 28,2 27,9 28,2 28,0 -0,2 -0,3 0,2 -0,5 0,0 0,2 -0,3 0,3 -0,2 0,2 -0,2 0,3 -0,1 0,0 0,5 -0,2 0,3 0,2 0,2 0,3 0,4 0,6 0,2 0,0 -0,3 -0,1 -0,1 -0,6 -0,1 -0,2 0,0 -0,1 -0,1 -0,9 -0,4 0,0 0,0 0,0 -0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,1 0,1 -0,1 -0,6 0,0 0,3 0,0 0,1 0,2 -0,1 0,2 -0,3 0,1 -0,6 0,4 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,2 -0,2 -0,1 28,5 28,3 28,5 28,0 28,1 28,2 27,9 28,2 29,1 29,2 28,3 28,1 29,2 -0,2 -0,3 0,2 -0,5 0,0 0,2 -0,3 0,3 0,9 0,1 -0,7 -0,2 1,1 Prévision (1) Le taux de marge TM mesure la part de la valeur ajoutée qui rémunère le capital. Sa variation se décompose de façon comptable entre : - les évolutions de la productivité (Y/L), avec Y la valeur ajoutée et L l’emploi, et du ratio du prix de la valeur ajoutée au prix de la consommation, ou termes de l’échange (Pva/Pc), qui jouent positivement ; - les évolutions du salaire moyen par tête réel (SMPT/Pc) et du taux de cotisation employeur (W/SMPT, où W représente l’ensemble des rémunérations), qui jouent négativement. - d’autres facteurs : il s’agit notamment des impôts sur la production nets des subventions. Cette décomposition est synthétisée dans l’équation suivante : TM = EBE W. L L W SMPT P c + autresfacteurs + autres facteurs ≈1− =1− VA Y . Pva Y SMPT P Pva c Source : Insee 94 Note de conjoncture
  • 90. Conjoncture française Investissement des entreprises et stocks Au troisième trimestre 2013, l’investissement des entreprises a baissé de 0,6 % (après +0,1 % au deuxième trimestre). L’investissement en produits manufacturés a progressé (+0,9 %), après six trimestres consécutifs de baisse. A contrario, les dépenses des entreprises en construction ont à nouveau diminué (-0,5 %) et l’investissement en services a chuté avec une ampleur inhabituelle (-2,8 %). Du fait du contrecoup anticipé sur ce poste, l’investissement des entreprises rebondirait au quatrième trimestre 2013. Cette hausse se poursuivrait au premier semestre 2014 à un rythme plus faible, en lien avec le profil de l’activité. Au premier semestre 2014, l’investissement des entreprises afficherait un acquis de croissance de +0,7 % fin juin. Au troisième trimestre 2013, le déstockage s’est fortement atténué (à hauteur de 0,5 point de PIB). Un fort mouvement de stockage dans l’aéronautique en est la principale origine (à hauteur de +0,3 point), et il aurait une contrepartie au quatrième trimestre 2013 : le déstockage s’accentuerait à nouveau (pour une contribution au PIB de -0,2 point). La contribution des stocks serait nulle au premier semestre 2014. A u t r o i s i è m e tr i m e s t r e 2 0 1 3 , l’investissement des entreprises a baissé à nouveau L’investissement des entreprises non financières (ENF) a fléchi au troisième trimestre 2013 de 0,6 % (cf. tableau 1), après une stabilisation au deuxième trimestre (+0,1 %). Cette baisse tient principalement à la chute de l’investissement dans les services, d’une ampleur inhabituelle (-2,8 %). La baisse des dépenses en construction, ininterrompue depuis fin 2011 mais qui avait cessé au deuxième trimestre 2013 (0,0 %), a repris au troisième trimestre (-0,5 %). En revanche, l’investissement en produits manufacturés a progressé de 0,9 %, principalement dans les matériels de transport (+2,4 %). Les dépenses en biens d’équipement se sont accrues (+0,6 %). Au total, le taux d’investissement est resté stable à 17,6 % au troisième trimestre 2013 (cf. graphique 1). Au quatrième trimestre 2013, l’investissement repartirait Les enquêtes de conjoncture suggèrent une hausse de l’investissement pour la fin d’année. Les industriels, interrogés en octobre 2013, prévoient une augmentation de leurs investissements au deuxième semestre 2013. Dans les services, les chefs d’entreprises jugent que leurs dépenses d’investissement ont progressé durant les derniers Tableau 1 Investissement des entreprises non financières (ENF) variations aux prix chaînés de l’année précédente, en % Variations annuelles Variations trimestrielles 2012 2013 Produits manufacturés (41%) Construction (31%) Autres (28%) Ensemble des ENF (100 %) T3 2014 T4 T1 T2 2012 2013 2014 acquis T1 T2 T3 T4 T1 T2 -3,9 -1,1 -1,5 -1,1 -1,1 -0,4 0,9 1,2 0,6 0,6 -3,7 -2,5 2,4 -1,4 -0,3 -0,8 -0,8 -0,5 0,0 -0,5 -0,2 -0,4 -0,6 -2,2 -1,9 -1,3 1,4 -0,1 -0,2 0,8 -0,7 0,9 -2,8 1,0 0,5 0,5 1,2 -0,7 0,4 -1,7 -0,6 -0,9 -0,5 -0,8 0,1 -0,6 0,7 0,2 0,2 -1,9 -1,8 0,7 Prévision Source : Insee Décembre 2013 95
  • 91. Conjoncture française mois. Ils sont en revanche moins optimistes sur leurs investissements futurs. D’ailleurs, les tensions sur l’appareil productif (cf. graphique 2) restent faibles. En octobre, le taux d’utilisation des capacités productives de l’industrie manufacturière s’est établi à 81 %, sensiblement en dessous de la moyenne de longue période de 85 %. Les conditions de financement devraient s’améliorer à l’horizon de la prévision. Tout d’abord, le taux de marge des sociétés non financières qui avait encore baissé au troisième trimestre 2013 remonterait au quatrième trimestre 2013 puis se stabiliserait au premier semestre 2014, et la trésorerie des entreprises bénéficierait de l’effet favorable du CICE. Le taux d’emprunt réel, après avoir fortement augmenté en 2013, sous l’effet de l’importante baisse de l’inflation devrait à nouveau diminuer à l’horizon de la prévision. En outre, d’après les données disponibles, les conditions d’octroi bancaires auraient cessé de se durcir (cf. graphique 3). La hausse de l’investissement des ENF s’accentuerait au quatrième trimestre 2013 (+0,7 %) avec un rebond de l’investissement dans le secteur des services, par contrecoup de la chute du troisième trimestre. Elle faiblirait au premier semestre 2014 (+0,2 % par trimestre), en lien avec le ralentissement de l’activité. Le taux d’investissement, en légère baisse depuis début 2011, se stabiliserait autour de 17,6 % d’ici mi-2014. Les investissements en produits manufacturés continueraient de croître Après un troisième trimestre en hausse (+0,9 %), l’investissement des ENF en produits manufacturés accélèrerait au quatrième trimestre 2013 (+1,2 %), puis ralentirait les trimestres suivants (+0,6 % et +0,6 %). Les données d’immatriculations des véhicules d’entreprises jusqu’en novembre laissent en effet attendre une nette progression des achats d’automobiles au quatrième trimestre. La hausse des dépenses en biens d’équipement, qui représentent près de 40 % des investissements en produits manufacturés, se poursuivrait : en novembre, les grossistes interrogés dans l’enquête de conjoncture signalent que les ventes et les intentions de commande en biens d’équipement progressent. Dans la construction, l’investissement se replierait de nouveau Dans le secteur du bâtiment, les entrepreneurs interrogés en novembre anticipent une poursuite de la contraction de leur activité pour les prochains mois. Compte tenu de la chute des permis de construire depuis le deuxième trimestre 2013, les mises en chantier devraient rester sur une tendance décroissante. Ainsi, les dépenses en construction des entreprises reculeraient jusqu’au deuxième trimestre 2014 (-0,2 % au quatrième trimestre 2013, -0,4 % au premier trimestre 2014 et -0,6 % au deuxième trimestre 2014). 1 - Taux d’investissement* et taux de marge * Entreprises non financières (ENF) = sociétés non financières (SNF) et entreprises individuelles (EI) Sources : Insee, comptes trimestriels 96 Note de conjoncture
  • 92. Conjoncture française Les investissements en services r e b o n d i r a i e n t a u q u a tri è m e trimestre 2013 Les autres investissements, essentiellement en services informatiques et en activités spécialisées, scientifiques et techniques, augmenteraient de 1,0 % au quatrième trimestre 2013. Interrogés en novembre, les chefs d’entreprises de ces secteurs prévoient une stabilisation de leur activité, mais la baisse inhabituelle des investissements en services au troisième trimestre 2013 laisse présager une correction en fin d’année, suivie d’une progression plus modérée les trimestres suivants (+0,5 % aux premier et deuxième trimestres 2014). La baisse du taux d’investissement s’interromprait Sur l’année 2013, les dépenses d’investissement des ENF seraient inférieures à celles de 2012 (-1,8 %). Le repli des investissements en produits manufacturés (-2,5 %) serait atténué par une moindre baisse des dépenses en services (-0,7 %) et en construction (-0,8 %). L e taux d’investissement des ENF atteindrait 17,6 % fin 2013 et resterait à ce niveau à l’horizon de la prévision. 2 - Taux d’utilisation des capacités de production de l’industrie manufacturière (TUC) Source : Insee, enquête trimestrielle sur l’activité dans l’industrie Tableau 2 Contribution des variations de stocks à la croissance en point de PIB Variations annuelles Variations trimestrielles 2012 T1 Produits agricoles Produits manufacturés dont : Produits agro-alimentaires Cokéfaction et raffinage Biens d’équipement Matériel de transport Autres branches industrielles Énergie, eau, déchets Autres (construction, services) TOTAL1 T2 T3 2013 T4 T1 T2 T3 2014 T4 T1 T2 2012 2013 2014 acquis 0,1 0,0 0,1 -0,1 -0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 -0,1 0,1 -0,2 -0,4 0,4 0,1 0,4 -0,2 0,0 0,0 -1,0 0,3 0,1 -0,1 0,0 0,0 0,2 -0,1 0,1 0,0 -0,1 0,1 0,1 -0,3 0,3 -0,1 0,0 -0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 -0,1 0,0 0,1 0,1 -0,3 -0,1 0,1 0,2 0,3 0,0 0,0 0,1 -0,2 0,1 0,0 0,0 0,1 -0,2 0,1 0,1 -0,2 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 -0,1 0,1 -0,4 0,2 0,1 0,5 -0,2 0,0 0,0 -0,8 0,2 0,2 Prévision (1) Les variations de stocks sont y compris les acquisitions nettes d’objets de valeur. Source : Insee Décembre 2013 97
  • 93. Conjoncture française L e d é s to c ka g e e n p r o d u i ts manufacturés s’est nettement atténué au troisième trimestre 2013 Au troisième trimestre 2013, le déstockage en produits manufacturés s’est nettement atténué, si bien que la contribution des stocks a été de +0,5 point de PIB, après +0,1 point au trimestre précédent (cf. tableau 2). Au moindre déstockage de produits manufacturés (+0,4 point) s’ajoute celui en produits de l’énergie, eaux, déchets (+0,1 point) et l’accélération du stockage de produits agricoles (+0,1 point)1. Dans les matériels de transport, les entreprises ont très fortement stocké au troisième trimestre 2013, du fait notamment de la forte baisse des exportations aéronautiques. Les livraisons aéronautiques reculent par rapport au deuxième trimestre et, dans l’enquête de conjoncture dans l’industrie, les industriels du secteur des autres matériels de transports signalent que leurs stocks sont importants. Au quatrième trimestre 2013, la contribution des stocks serait négative, du fait du déstockage dans l’aéronautique Au quatrième trimestre 2013, la contribution des stocks à la croissance serait négative (-0,2 point) : en effet les exportations aéronautiques bénéficieraient d’un contrecoup positif après le creux du troisième trimestre, ce qui conduirait à un stockage moins élevé. Au premier semestre 2014, le rythme de stockage se stabiliserait (contributions à la croissance nulle aux premier et deuxième trimestres). ■ (1) En pratique, comme les carburants stockés sont importés, et non produits, et comme l’estimation dans les comptes trimestriels de la production agricole suit une prévision annuelle, les variations de stocks mesurées dans ces deux secteurs n’ont pas d’effet sur le PIB. 3 - Critère d’octroi des crédits aux entreprises1 et taux d’emprunts réels à long terme2 (1) Les critères d’octroi des crédits : solde net des réponses pondérées = durcissement – assouplissement. (2) Le taux réel désigne ici le taux d’intérêt des crédits nouveaux aux entreprises non financières dont le taux est soit révisable selon une périodicité supérieure à l’année, soit à taux fixe d’une durée initiale supérieure à 1 an. Ce taux est déflaté par l’indice des prix à la production de l’ensemble des biens et services. Sources : Insee, comptes trimestriels et Banque de France 98 Note de conjoncture
  • 94. D éveloppements internationaux
  • 95. Développements internationaux Pétrole et matières premières Prix soutenu, offre et demande en augmentation Au troisième trimestre 2013, le prix du pétrole a augmenté nettement, du fait des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Ces tensions se sont en partie résorbées et le prix du Brent est aujourd’hui autour de 110$. Au premier semestre 2014, l’offre mondiale de pétrole serait dynamique, portée par une production toujours soutenue aux États-Unis, et un regain de vigueur dans les pays émergents hors Opep. De son côté, la demande marquerait le pas au premier trimestre, mais s’accroîtrait dès le deuxième trimestre, soutenue par les économies émergentes. Au total, l’augmentation spontanée de l’offre de pétrole d’ici juin 2014 (+1,3 Mbpj en glissement annuel) devrait suffire pour faire face à l’augmentation prévisible de la demande. Ainsi, le prix du baril de pétrole devrait fluctuer à l’horizon de la prévision autour de son niveau actuel (110$). Toutefois, l’apaisement récent des tensions géopolitiques, tandis que le niveau des stocks OCDE est élevé, pourrait faire baisser les prix du pétrole à l’horizon de la prévision. À l'inverse, toute baisse supplémentaire de production de l’Opep pourrait faire monter très vite le prix du pétrole, compte tenu de la faiblesse récente des capacités additionnelles du Cartel. Au troisième trimestre 2013, les tensions géopolitiques ont occasionné une hausse du prix du brut Le cours du Brent a augmenté au troisième trimestre 2013, sur fond d’intensification des tensions géopolitiques au Moyen-Orient (cf. graphique 1). Il a atteint un point haut fin août 2013 (115,8 $ par baril), alors que les craintes d’une intervention militaire occidentale en Syrie étaient fortes, avant de retrouver un niveau plus faible au cours du mois de septembre avec la résolution partielle de ces tensions. La demande mondiale de pétrole a crû nettement au troisième trimestre (+1,2 Mbpj), portée par la hausse de la demande en provenance des pays émergents (+700 000 bpj, dont +500 000 au Moyen-Orient, où la consommation augmente en été avec l’usage accru des climatiseurs). La hausse de consommation des pays de l’OCDE a également été soutenue (+400 000 bpj), d’une part en Europe (+ 200 000 bpj) où l’activité s’améliore depuis le deuxième trimestre, d’autre part aux États-Unis (+200 000 bpj), où la consommation de l’industrie manufacturière s’est montrée dynamique. L’offre de pétrole a crû de 530 000 bpj, du fait de l’augmentation de la production des pays membres de l’OCDE (+600 000 bpj), en particulier des 1 - Prix du Brent en € et en $ Dernier point : 6 décembre 2013 Source : Financial Times Décembre 2013 101
  • 96. Développements internationaux États-Unis. La production européenne a en revanche légèrement reflué (-100 000 bpj) en raison des maintenances saisonnières. À rebours du dynamisme observé dans l’OCDE, la production des pays de l’Opep a nettement baissé (-270 000 bpj), les difficultés rencontrées par plusieurs de ses membres (Libye, Irak, Iran) n’étant que partiellement compensées par la hausse de la production de l’Arabie Saoudite (cf. graphique 2). Au quatrième trimestre, le marché physique se détendrait Au quatrième trimestre 2013, le prix du baril du Brent aura été quasi stable autour de110 $. Sur le marché physique, la demande mondiale baisserait (-140 000 bpj), essentiellement du fait des pays membres de l’OCDE à l’exception du Japon où la consommation croîtrait avec l’arrivée de l’hiver. La demande diminuerait en Europe (-470 000 bpj) ainsi qu’aux États-Unis (-210 000 bpj), où le « shutdown » a eu un impact négatif sur la consommation. De même, la demande baisserait de manière saisonnière au Moyen-Orient (-600 000 bpj). En revanche, la consommation chinoise serait dynamique (+330 000 bpj). L’offre serait stable par rapport au trimestre précédent. Elle augmenterait dans les pays non-membres de l’Opep (+600 00 bpj), en particulier en Amérique du Nord (+ 600 000 bpj). En revanche, la production diminuerait fortement dans les pays membres de l’Opep (-600 000 bpj), notamment en raison de la baisse saisonnière de l’offre saoudienne (-370 000 bpj entre septembre et octobre). Au premier semestre 2014, demande et offre gagneraient en dynamisme Au premier trimestre 2014, l’offre serait à nouveau dynamique (+400 000 bpj) grâce à une production toujours forte aux États-Unis (+300 000 bpj) et à une hausse de la production des pays émergents hors Opep. La production de l’Opep resterait autour du niveau bas observé en octobre, car la production libyenne ne reprendrait que lentement, alors que la hausse de la production iranienne resterait dépendante de la levée éventuelle des sanctions internationales. Au deuxième trimestre, le dynamisme de l’offre serait porté par la production mondiale de biocarburants (+400 000 bpj), alors que la production de pétrole brut des pays de l’Opep resterait à un niveau bas. La demande de pétrole baisserait au premier trimestre 2014 selon un profil saisonnier habituel en Europe. La demande mondiale augmenterait dès le deuxième trimestre (+ 500 000 bpj), portée par les pays émergents (+1,2 Mbpj) et par l’Europe (+270 000 bpj). A contrario, la demande baisserait fortement dans les pays de l’OCDE (-700 000 bpj), essentiellement en raison des baisses saisonnières de la consommation au Japon (-900 000 bpj). 2 - Production de pétrole de l’Arabie Saoudite et de la Libye, de l’Iran et de l’Irak Dernier point : octobre 2013 Source : AIE 102 Note de conjoncture
  • 97. Développements internationaux Le prix du baril de pétrole fluctuerait autour de 110 $ le baril d’ici mi-2014 À l’horizon de la prévision, les évolutions parallèles de l’offre et de la demande sont compatibles avec une stabilité du prix du pétrole autour de 110$ par baril. Ce niveau serait compatible avec un environnement géopolitique tendu qui pourrait peser sur la production de l’Opep, alors que ses capacités additionnelles sont déjà faibles. Les cours des matières premières industrielles baissent Les cours des métaux industriels ont renchéri au troisième trimestre, alors qu’ils baissaient fortement au deuxième trimestre. Les cours du cuivre ont rebondi (cf. graphique 3), bénéficiant en particulier du rétablissement de la demande chinoise, tandis que les cours de l’aluminium se sont stabilisés. La hausse de production chinoise et les incertitudes entourant la poursuite du soutien de la Fed à l’économie américaine, deuxième consommateur mondial de cuivre, ont cependant entraîné une rechute des cours au quatrième trimestre. Les fluctuations sur le volume de l’offre mondiale de plusieurs matières premières ont généré des mouvements d’amplitude dans les cours, notamment dans ceux des céréales. En particulier, des conditions climatiques favorables, annonciatrices d’une récolte particulièrement abondante de maïs, ont occasionné une forte baisse du cours au mois de juillet. ■ 3 - Cours des métaux industriels Dernier point : 6 décembre 2013 Source : London Metal Market Décembre 2013 103
  • 98. Développements internationaux Marchés financiers Le durcissement des politiques monétaires attendra Alors que le marché des dettes souveraines ne présente plus de signes de tension, les autorités monétaires des pays avancés continuent d’apporter un fort soutien au financement de l’économie réelle en maintenant leurs taux directeurs très bas, mais aussi par le biais de stratégies non conventionnelles. Tandis que la Banque Centrale Européenne (BCE) a baissé en novembre son taux directeur pour accentuer son soutien à l’économie, la Réserve fédérale (Fed) évoque depuis le deuxième trimestre 2013 une prochaine diminution de ses achats mensuels de titres, à mesure que l’économie américaine se rétablit. Sur le marché monétaire, le rôle des banques centrales reste important, en particulier dans la zone euro, où les banques des pays d’Europe du sud réalisent toujours une large part de leur refinancement grâce aux prêts de long terme octroyés par la BCE. Le marché interbancaire reste fragmenté et les taux d’intérêt accordés par les banques restent nettement moins favorables dans ces pays. La hausse des taux longs obligataires observée durant l’été 2013 s’est enrayée à partir de septembre. Les États-Unis, l’Allemagne et la France, pays perçus comme financièrement les plus solides, profitent toujours d’excellentes conditions de financement de leurs dettes souveraines, et certains pays qui avaient connu plus de difficultés (l’Irlande et, dans une moindre mesure, l’Espagne et l’Italie) renouent au quatrième trimestre avec des taux d’intérêt bas. Sur le marché des actions, les indices boursiers des pays avancés ont maintenu leur hausse au troisième trimestre 2013, profitant toujours du bas niveau des taux obligataires et monétaires. Après une chute au troisième trimestre, les indices boursiers des pays émergents ont globalement retrouvé leur niveau de début d’année, bénéficiant d’un retour de capitaux étrangers. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié par rapport au dollar à partir du mois de septembre 2013, notamment en raison de la poursuite de l’assouplissement monétaire américain. À l’horizon de la prévision, les hypothèses conventionnelles retenues pour les taux de change sont de 1,35 dollar, 137 yens et 0,85 livre pour un euro. 104 Les politiques mo n é t a i r e s soutiennent toujours l’économie Les banques centrales des pays avancés continuent de pratiquer des politiques monétaires accommodantes, mais avec des perspectives divergentes. Dans un contexte de repli persistant du marché du crédit et de faible inflation, la BCE a baissé début novembre son principal taux directeur de 25 points de base, à 0,25 %. Par ailleurs, elle se déclare prête à intervenir si les taux du marché interbancaire venaient à remonter, y compris à travers une opération de refinancement de très long terme. Aux États-Unis, la Fed pratique toujours un taux directeur de 0,25 %. Elle maintient le programme d’achat de titres qui l’amène à acquérir mensuellement 85 Mds $ de titres. Cependant l’amélioration des perspectives d’activité l’ont conduite à esquisser depuis le deuxième trimestre 2013 une stratégie d’arrêt progressif de ses achats (cf. éclairage). Avant fin 2014, mais plus probablement au premier semestre 2014, la Fed pourrait ainsi commencer à réduire le niveau de ses achats. Dans la lignée du programme d’assouplissement quantitatif qu’elle a initié début 2013, la Banque du Japon pratique toujours une politique monétaire agressive, procédant à l’expansion de la base monétaire à un rythme annuel d’environ 15 % du PIB. Les déséquilibres persistent sur le marché monétaire européen Le fonctionnement du marché interbancaire de la zone euro reste marqué par le rôle important de la BCE, qui fournit aux banques un accès au refinancement à faible coût, via la baisse de son taux directeur et le maintien de sa procédure d’appel d’offres à taux fixe pour les opérations principales de refinancement. En conséquence, les taux du marché interbancaire restent bas et peu volatils, mais les volumes qui s’y négocient au jour-le-jour sont faibles. Le marché n’a donc pas retrouvé un fonctionnement normal, et les banques des pays périphériques conservent une part substantielle des liquidités que la BCE leur a fournies lors des deux opérations de refinancement à très long terme de décembre 2011 et février 2012. Note de conjoncture
  • 99. Développements internationaux Le crédit continue de se replier dans la zone euro Dans la zone euro, les conditions de financement par le crédit bancaire sont restées dégradées au troisième trimestre 2013 et au début du quatrième, et les encours de crédit bancaire aux sociétés non financières se sont repliés dans tous les pays de la zone euro, à l’exception de la France où ils ont progressé légèrement (cf. graphique 1). Cette mauvaise orientation est visible dans les enquêtes, qui indiquent un léger durcissement des conditions d’accès au crédit pour les entreprises, et un nouveau recul de la demande adressée aux banques. Au quatrième trimestre, ces conditions devraient s’assouplir. En France, l’encours de crédit aux sociétés non financières s’est stabilisé à la fin du troisième trimestre 2013 avec un glissement annuel de -0,1% au mois d’octobre. Les crédits à l’investissement continuent de croître (+1,9 % en octobre) et sont plus dynamiques que les crédits de trésorerie de courte maturité, qui reculent de nouveau (-6,1 %). Pour les ménages, l’encours de crédit à la consommation s’est lui aussi replié en rythme annuel en octobre pour le 16ème mois consécutif. Ce repli masque toutefois un certain dynamisme des crédits nouveaux à la consommation. En ce qui concerne le crédit immobilier, le rythme de croissance des crédits nouveaux reste soutenu en octobre. L a n o r m a l i s a t i o n d u ma r c h é obligataire se poursuit Les déclarations du Président de la Fed portant sur une éventuelle diminution des achats de titres mensuels opérés par l’institution avant la fin 2013 avaient entraîné avant l’été une hausse de l’incertitude et une remontée des taux souverains. À la fin du troisième trimestre 2013, ces inquiétudes se sont dissipées avec les discours plus accommodants de la Fed, matérialisés par la décision, qui a surpris les marchés, de ne pas diminuer ses achats lors de la réunion de septembre. Les conditions de financement de la dette souveraine des États financièrement les plus solides (États-Unis, Allemagne et France) restent très avantageuses. Par ailleurs, les conditions de financement des dettes souveraines espagnole et italienne s’améliorent. En Grèce, les taux d’intérêt sur le marché secondaire de la dette publique ont nettement baissé, mais le pays n’émet toujours pas de dette souveraine de long terme. Les taux d’intérêt ne baissent en revanche plus guère au Portugal au quatrième trimestre 2013. Ainsi, la sortie du programme d’aide de la Troïka dont il bénéficiait depuis 2011, et qui arrive à échéance en 2014, semble incertaine. 1 - Glissement annuel des encours de crédit bancaire aux sociétés non financières dans la zone euro Dernier point : octobre 2013 Source : Banque Centrale Européenne Décembre 2013 105
  • 100. Développements internationaux Le prix des actions reste élevé dans les pays avancés Portés par des perspectives de croissance renforcées aux États-Unis et dans la zone euro, les indices boursiers des économies avancées progressent de nouveau au second semestre. Ce rythme s’est toutefois atténué, en raison de l’incertitude sur l’attitude de la Fed dans les mois à venir. L’euro à un niveau élevé face au dollar La poursuite de l’assouplissement monétaire américain annoncée dès le mois de septembre, conjuguée à l’impact du « shutdown », a renforcé l’euro par rapport au dollar à partir du mois de septembre. Au début du mois d’octobre, le taux de change a atteint 1,38 dollar pour 1 euro, son plus haut niveau depuis novembre 2011. Début décembre, l’euro s’établit à 1,36 dollar (cf. graphique 2). ■ Les indices boursiers des pays émergents avaient fortement baissé au troisième trimestre 2013, mais l’annonce du maintien de l’assouplissement monétaire américain a conduit à une hausse boursière à partir de septembre. 2 - Taux de change de l’euro en 2013 Dernier point : 9 décembre 2013 Source : Banque Centrale Européenne Quantitative Easing : quels effets sur l’économie américaine ? La Fed a mis en œuvre depuis 2008 des politiques monétaires inédites aux États-Unis En réaction à la crise de 2008, la Fed a fortement réduit son taux directeur entre août 2007 et décembre 2008, de 5,25 % à 0,25 %. Dès lors, pour continuer à assouplir sa politique monétaire, elle a mené une politique jusque-là inédite aux États-Unis : l’achat de titres à grande échelle, nommé Quantitative Easing (QE) (assouplissement quantitatif). Ces opérations successives, qui ont consisté essentiellement à acheter des bons du Trésor américain et des titres adossés à des créances hypothécaires (Mortgage-backed securities MBS), sont résumées ici (cf. tableau). Au total, la Fed détient aujourd’hui de l’ordre de 3 500 Mds $ de titres à son actif (dont près de 40 % de titres adossés à des créances hypothécaires, cf. graphique 1), contre moins de 800 Mds $ en 2007 (uniquement des bons du Trésor américain). Par ailleurs, la maturité moyenne des titres détenus a fortement augmenté : alors que les titres de maturité résiduelle supérieure à 5 ans représentaient 20 % du portefeuille de titres de la Fed en 2007, ils en représentent 68 % aujourd’hui. 106 Ces achats de titres à grande échelle ont contribué à la diminution des taux d’intérêt L’objectif de la Fed est de maintenir bas les taux d’intérêt à long terme afin de soutenir la consommation et l'investissement. Alors que le taux directeur, outil traditionnel des banques centrales, influe d’abord sur les taux d’intérêt de court terme, l’assouplissement quantitatif agit directement sur la formation des taux d’intérêt de long terme, via deux canaux mutuellement non exclusifs, ainsi que directement sur le marché hypothécaire. Baisse des taux d’intérêt via le canal du portefeuille L’achat de titres est financé par la Fed par l’augmentation des réserves que les banques détiennent en monnaie banque centrale, laquelle ne peut être utilisée que dans les relations interbancaires. Contrairement à une idée répandue, le Quantitative Easing ne correspond donc pas à une création monétaire sans contrepartie : il n’y a pas d’augmentation immédiate du volume des actifs financiers des agents privés, mais seulement une modification de structure. Le Quantitative Easing a, en revanche, un effet mécanique sur le rendement des titres achetés : comme la quantité de bons du Trésor et de MBS sur les marchés a diminué, leur prix Note de conjoncture
  • 101. Développements internationaux augmente et, de manière équivalente, leur rendement baisse. De plus, certains investisseurs peuvent chercher à rééquilibrer leurs portefeuilles par l’acquisition d’autres titres, dont les prix se mettent alors à augmenter à leur tour. En outre, la Fed, du fait de son intervention, endosse une partie des divers risques auxquels sont soumis les détenteurs de titres, ce qui amplifie la baisse du rendement via la diminution de la prime de terme (prime que les agents exigent en contrepartie de l’incertitude sur le rendement réel des titres de longue maturité). Cet effet additionnel est faible, par définition, pour les actifs sans risque que sont les bons du Trésor, mais est potentiellement important dans le cas des MBS en 2009, qui étaient très peu liquides. Baisse des taux d’intérêt via le canal du signal de politique monétaire Les achats de titres à grande échelle renforcent la crédibilité de la politique de taux bas de la Fed pour une période prolongée. Tout d’abord, ceux-ci agissent auprès des investisseurs comme un révélateur de l’opinion de l’institution sur la situation de l’économie. De plus, un relèvement du taux directeur se traduirait à la fois par une diminution de la valeur des titres que détient la Fed et par une hausse de la rémunération des réserves des banques, aujourd’hui très élevées. Une baisse de 15 à 25 points de base pour 600 Mds$ d’achats de titres lors du QE2 Les taux d’intérêt à long terme, que ce soit ceux des bons du Trésor, des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS), ou même des obligations d’entreprises, ont Opération Période effective QE1 De décembre 2008 à mars 2010 QE2 De novembre 2010 à juin 2011 MEP (opération twist) De septembre 2011 à décembre 2012 QE3 QE3 étendu Depuis septembre 2012 Depuis janvier 2013 nettement diminué depuis fin 2008 (cf. graphique 2), alors que le taux directeur de la Fed est resté inchangé, à 0,25 %. De nombreux chercheurs ont tenté de quantifier la contribution du Quantitative Easing à cette baisse observée des taux d’intérêt de long terme, et à distinguer le rôle respectif des deux canaux mentionnés précédemment. Ces travaux portent surtout sur le QE1 et le QE2, car le QE3 est encore trop récent. Plusieurs travaux empiriques concluent à l’existence du canal du signal de politique monétaire et utilisent une méthodologie dite « d’event studies » : ils mesurent l’évolution des taux immédiatement après l’annonce d’un évènement de politique monétaire, alors que celle-ci n’a pas encore été mise en œuvre (cf. par exemple, Bauer et Rudebusch (2013) et Krishnamurthy et Vissing-Jorgensen (2011)). Par ailleurs, les mouvements de taux d’intérêt observés (à la hausse) en mai 2013 lors de l’annonce par la Fed d’une prochaine réduction du rythme d’acquisition de titres, puis (à la baisse) en septembre 2013 lors de l’annonce de la poursuite à un rythme inchangé des acquisitions de titres, confirment l’importance du canal du signal de politique monétaire. L’importance du canal du portefeuille dans la baisse des taux d’intérêt est plus discutée. D’une part, aussi importants soient-ils, les achats de titres souverains effectués par la Fed ne représentent en effet qu’une faible proportion de la totalité de la dette émise par l’État fédéral sur le marché américain des titres obligataires, qui a fortement augmenté pendant la crise. D’autre part, ces achats ont porté sur des segments très spécifiques du marché, sur lesquels la Fed a été un acquéreur prépondérant. Titres achetés par la Fed - MBS (1 250 Mds $) + dette d'agences gouvernementales (175 Mds $) + Bons du Trésor (300 Mds $) - Bons du Trésor de longue maturité uniquement (600 Mds $) - Échange (667 Mds $) de bons du Trésor afin d'augmenter la maturité résiduelle des titres détenus - MBS (40 Mds $ par mois, toujours en cours) - Bons du Trésor (45 Mds $ par mois, toujours en cours) 1 - Montant des titres détenus fermement par la Réserve fédérale Source : Board of Federal Reserve Décembre 2013 107
  • 102. Développements internationaux Au total, l’impact à la baisse de l’assouplissement quantitatif sur les taux de long terme ne fait guère de doute, mais il semble avoir été plus marqué à ses débuts, lorsqu’il s’agissait de contrer la forte détérioration des conditions de financement. Si le consensus des travaux effectués sur le premier programme d’achat de titres estime que celui-ci a permis une baisse des taux longs d’environ 50 points de base, Williams (2013) estime, à partir d’une synthèse de l’ensemble des études collectées sur le sujet, que l’achat de 600 Mds$ de titres lors de la seconde opération a conduit à une baisse du taux d’intérêt à long terme de 15 à 25 points de base, ce qui correspond à l’effet généré habituellement par une baisse de 75 à 100 points de base du taux directeur. Son effet sur l’économie réelle est discuté La plupart des travaux de recherche, au stade actuel, se sont concentrés sur l’impact de l’assouplissement quantitatif sur les taux d’intérêt, et peu d’entre eux se sont focalisés sur l’impact de ces mesures sur l’économie réelle et ce pour plusieurs raisons : par manque de recul temporel pour des phénomènes susceptibles de diffuser lentement à l’économie, et aussi parce qu’il est difficile de construire la trajectoire qu’aurait eue l’économie sans ces mesures (un « scénario contrefactuel ») notamment en l’absence de précédents historiques permettant d’extraire des régularités statistiques. Baisse du coût de financement des entreprises, mais quel impact sur leur investissement ? La baisse des taux d’intérêt a permis de réduire le coût de financement des entreprises, et ce d’autant plus qu’aux États-Unis la part de l’endettement obligataire dans le financement est plus élevée qu’en Europe. Les entreprises plus petites ayant moins accès aux marchés de capitaux ont pu en bénéficier par un effet de deuxième tour, c’est-à-dire soit par une hausse de la demande qui leur est adressée par les grandes entreprises, si elles en sont les fournisseurs, soit par une hausse du crédit commercial, si elles se fournissent auprès d’elles. Cette réduction du coût de financement est toutefois intervenue dans un contexte où la situation financière des entreprises américaines est globalement excellente, qu’elle soit mesurée par le taux de marge, le taux de profit, ou la trésorerie disponible. La baisse des taux d’intérêt générée par le Quantitative Easing a donc vraisemblablement peu contribué au redémarrage de l’investissement des 2 - Impact des politiques d’assouplissement quantitatif sur les taux longs publics et privés aux États-Unis Source : Board of Federal Reserve 3 - Impact de l’assouplissement quantitatif sur le prix des actions Sources : Board of Federal Reserve, Standard and Poor’s 108 Note de conjoncture
  • 103. Développements internationaux entreprises, lequel reste d’ailleurs poussif. Le taux d’investissement n’a pas progressé depuis mi-2011, et reste inférieur à sa moyenne de long terme. Le prix des actions a été soutenu par l’assouplissement quantitatif La baisse des taux d’intérêt sur les obligations a rendu comparativement les actions plus rentables, ce qui a augmenté la demande des investisseurs pour celles-ci. En conséquence, leur prix a augmenté simultanément aux achats de titres opérés par la banque centrale (cf. graphique 3). Il reste cependant difficile de quantifier l’impact du Quantitative Easing sur la hausse observée. D’une part, le price-to-earnings ratio1 moyen des entreprises américaines ne semble pas à un niveau particulièrement élevé, même s’il a augmenté depuis le point bas de la crise : il est aujourd’hui à son niveau moyen de 2004-2006. D’autre part, la hausse des taux obligataires consécutive à l’annonce de la stratégie de sortie de la Fed en mai et juin 2013 n’a pas entraîné de correction à la baisse du prix des actions, ce qui relativise l’impact de la politique menée par la banque centrale sur celui-ci. La baisse des taux hypothécaires a contribué au redémarrage de l’immobilier Les achats de titres hypothécaires ont entraîné une baisse des taux de crédit immobilier. Celle-ci ne s'est pas traduite immédiatement sur l’activité, car la crise immobilière a entraîné l’apparition d’un fort stock de logements à vendre provenant de la saisie des maisons des ménages ayant fait défaut sur leurs prêts, ce qui a différé à fin 2011 le rebond des prix. Ce redressement coïncide avec celui des mises en chantier (après une baisse de 59 % entre 2007 et 2009, puis une stabilisation, elles ont crû de 28 % en 2012) et avec la reprise de la signature de nouveaux contrats hypothécaires (cf.graphique 4). L’impact du Quantitative Easing sur la reprise du marché immobilier semble d’autant plus avéré que la hausse des taux hypothécaires à l’été 2013 s’est accompagnée d’une baisse des mises en chantier. (1)Le price-to-earnings ratio (ratio cours sur bénéfices) est égal à la capitalisation boursière d’une entreprise divisée par son résultat net. Il est une mesure du taux d’actualisation des profits futurs par les investisseurs. 4 - Le marché hypothécaire américain Source : BEA 5 - Patrimoine et taux d’épargne des ménages américains Source : Mortgage Bankers Association, Board of Federal Reserve, Census Bureau, Standart and Poor’s Décembre 2013 109
  • 104. Développements internationaux La hausse du prix des actifs semble avoir contribué à la baisse des taux d’épargne des ménages Et une sortie complexe à gérer Aux États-Unis, contrairement aux pays d’Europe continentale, un lien causal sur le passé entre variation du prix des actifs et taux d’épargne des ménages ressort empiriquement ; c’est ce qu’on appelle « l’effet richesse ». Et force est de constater que l’augmentation du patrimoine net des ménages depuis 2009 s’est bien accompagnée d’une baisse tendancielle du taux d’épargne des ménages américains (cf. graphique 5). Le Quantitative Easing a été mis en place dans un contexte de crise économique aiguë et de préoccupations de déflation. Avec la reprise qui se confirme et la hausse du crédit qui devrait en résulter se fait jour également le besoin de modérer l’expansion de la base monétaire, sous peine de désancrer les anticipations des prix des actifs (immobiliers, financiers). Quel impact macroéconomique global ? Par une série de communications successives depuis le deuxième trimestre 2013, la Fed a tenté de donner des éléments sur sa « stratégie de sortie ». Le 22 mai 2013, la Fed a précisé sa doctrine : Les seuls travaux évaluant l’impact global sur l’économie américaine de l’assouplissement quantitatif sont davantage d e s si m u l a t i o n s , r é a l i s é e s à p a r t i r d e mo d è l e s macroéconomiques, que des évaluations. Chung et al. (2012), à l’aide du modèle de prévision utilisé par la Fed modifié pour inclure la possibilité d’une transmission par le canal du portefeuille, estiment ainsi l’impact du premier programme à une hausse de 2 points de PIB et le cumul des deux premiers programmes à une hausse de 3 points de PIB. D’après Chen et al. (2012), les 600 Mds$ d’achats de titres effectués lors du second programme auraient conduit à une hausse du niveau du PIB américain comprise entre 0,2 et 1,0 % selon la méthode utilisée, par rapport à une situation où la Fed n’aurait pas conduit ces opérations. De plus, leur modèle trouve un impact bien plus faible des achats de titres si la Fed ne s’était pas engagée à long terme à maintenir les taux de court terme à un niveau bas, ce qu’illustre l’importance du canal du signal de politique monétaire. Le fait que ces modèles supposent dans leurs spécifications le bon fonctionnement des canaux de transmission du Quantitative Easing incite cependant à lire prudemment leurs conclusions. Conclusion : des effets difficiles à mesurer, une sortie périlleuse Des effets sur l’économie réelle mal mesurés et en tout état de cause limités D’après les études empiriques, le Quantitative Easing semble donc avoir eu un impact baissier sur les taux d’intérêt. L’effet resterait toutefois limité, compris entre 15 et 25 points de base pour 600 Mds$ d’achats de titres. Il est difficile d’estimer un effet de cette baisse du coût de financement sur l’investissement des entreprises ; en revanche, l’effet sur les dépenses des ménages (consommation, via l’effet richesse, et logement, via la baisse des taux) semble plus visible. Par ailleurs, l’augmentation du prix de l’ensemble des actifs générée par le Quantitative Easing a eu des effets anti-redistributifs majeurs, ceux-ci étant très majoritairement possédés par les ménages les plus aisés (cf. le rapport de la Banque d’Angleterre (2012)). 110 - étape 1 : si la situation économique le permet, la Fed pourrait commencer à diminuer le volume mensuel de ses achats avant la fin de l’année 2013, - étape 2 : les achats mensuels de titres prendraient fin autour de mi-2014, - étape 3 : le taux directeur restera à un bas niveau « longtemps » après la fin des achats mensuels. Ces échéances sont toutefois depuis lors devenues plus incertaines et ont été probablement retardées. En effet, l’annonce de cette stratégie a conduit à une hausse marquée des taux souverains et hypothécaires, de près de 100 points de base, alors même que seule avait été envisagée l’extinction progressive des achats de titres, et non une réduction du stock de titres possédés. De fait, il est très probable que les marchés interprètent l’inflexion du QE comme un rapprochement de la date de relèvement des taux courts. La sortie de ce dispositif restera donc périlleuse, tant que la Fed n’aura pas réussi à découpler les anticipations de long terme des agents sur le niveau des taux directeurs des flux mensuels d’achats de titres. La forward guidance semble générer des résultats conséquents Afin de peser à la baisse sur les taux d’intérêt, la Fed a également donné des indications prospectives sur sa politique future de taux directeur (forward guidance). Cette nouvelle communication semble avoir eu des effets marqués immédiats. Ainsi, en août 2011, lorsque la Fed a annoncé qu’elle allait « probablement garantir de bas niveaux pour les taux directeurs au moins jusqu’à mi-2013 », les taux d’intérêt ont immédiatement baissé de 20 points de base, et le délai attendu par les marchés avant toute modification de taux est passé de 4 à 7 trimestres. Ce type d’effets a une nouvelle fois été observé en janvier 2012 et septembre 2012 (lorsque l’horizon a été porté respectivement à fin 2014 et mi-2015).■ Note de conjoncture
  • 105. Développements internationaux Zone Euro Reprise, mais modérée Au troisième trimestre 2013, l’activité dans la zone euro a ralenti (+0,1 % après +0,3 % au deuxième trimestre). Les exportations ont fortement ralenti dans l’ensemble des pays de la zone euro. Les enquêtes de conjoncture continuent de se redresser, et le climat des affaires dans l’industrie est désormais dans la zone d’expansion. L’activité dans la zone euro croîtrait donc de nouveau modérément à partir du quatrième trimestre 2013 (+0,3 % par trimestre). Le recul du pouvoir d’achat s’atténuerait du fait d’un moindre repli de l’emploi. Les perspectives en termes d’activité et d’ empl oi s’a mé lio r a n t , le s m é n a g e s diminueraient leur épargne de précaution et la consommation augmenterait donc faiblement. L’accélération progressive de l’activité et le besoin de renouveler les capacités de production après une phase marquée d’ajustement soutiendraient le redémarrage de l’investissement en équipement. Dans la construction, la baisse de l’investissement s’atténuerait. La contribution des échanges extérieurs à la croissance deviendrait quasiment nulle, la reprise des importations compensant la hausse des exportations. Au total, en 2013, l’activité reculerait de 0,4 %, après -0,6 % en 2012. L’acquis de croissance pour 2014 fin juin serait en revanche nettement positif à +0,9 %. Croissance faible au troisième trimestre 2013 Au troisième trimestre 2013, le PIB a progressé de 0,1 %, confirmant la sortie de récession de la zone euro. Ce ralentissement par rapport au deuxième trimestre (+0,3 %) tient à une très forte décélération des exportations dans l’ensemble des pays de la zone euro(+0,2 % après +2,1 %). La contribution des échanges extérieurs a été de -0,3 % contre +0,3 % au deuxième trimestre 2013. Reprise modérée de l’activité Les enquêtes de conjoncture se redressent depuis mi-2013, malgré un repli au mois d’octobre. Le climat des affaires est ainsi dans la zone d’expansion pour la première fois depuis 2011. L’activité dans la zone euro progresserait de nouveau modérément d’ici mi-2014 (+0,3 % par trimestre), portée notamment par la demande intérieure dans un contexte de moindre consolidation budgétaire. La divergence conjoncturelle dans la zone euro se résorberait en partie. L’activité serait dynamique en Allemagne et, dans une moindre mesure, en France, tandis que l’Espagne rejoindrait à l’horizon de prévision le rythme de croissance de ces deux pays. En revanche, en Italie, l’activité progresserait à peine au premier semestre 2014. 1 - L’épargne de précaution se réduirait et permettrait à la consommation de progresser légèrement Sources : Eurostat, calculs Insee Décembre 2013 111
  • 106. Développements internationaux Une consommation poussive L’emploi baisserait à un rythme de plus en plus modéré, et se stabiliserait au deuxième trimestre 2014. Après avoir stagné en 2011 et 2012, la productivité continuerait de se redresser, comme c’est le cas depuis début 2013. Le taux de chômage augmenterait de nouveau légèrement et atteindrait 12,4 % au deuxième trimestre 2014, contre 12,1 % en octobre 2013. Les salaires nominaux progresseraient de nouveau modérément à l’horizon de la prévision, avec des hausses marquées en Allemagne et une stabilité en Espagne et en Italie. Au quatrième trimestre 2013, la restauration du quatorzième mois dans la fonction publique espagnole ferait fortement progresser les salaires qui reculeraient au trimestre suivant. Au total, la baisse du pouvoir d’achat s’atténuerait à l’horizon de la prévision (en glissement annuel, 0,0 % au deuxième trimestre 2014 après -1,3 % au deuxième trimestre 2013). Les perspectives en termes d’activité et d’emploi s’améliorant, les ménages diminueraient leur épargne de précaution. La consommation augmenterait donc faiblement (+0,2 % par trimestre). L’investissement en équipement repartirait Les conditions d’octroi de crédit ont cessé de se durcir dans la zone euro depuis début 2013, sauf en Italie. En Espagne, elles se sont même assouplies pour la première fois depuis 2010. Cette amélioration devrait se poursuivre, et gagner l’Italie. Par ailleurs, l’accélération progressive de l’activité, telle qu’elle est anticipée aujourd’hui par les entrepreneurs dans leurs réponses aux enquêtes de conjoncture, et le besoin de renouveler les capacités de production après une phase marquée d’ajustement soutiendraient la reprise de l’investissement productif, qui serait marquée en Espagne et dans une moindre mesure en Italie. Dans la construction, la baisse de l’investissement s’atténuerait. La confiance dans le secteur s’améliore quelque peu, tout en restant à un niveau très bas. Les échanges extérieurs soutiendraient plus modestement la croissance d’ici mi-2014 Les exportations continueraient à croître à l’horizon de la prévision, soutenues par la hausse de la demande adressée à la zone euro. Les importations augmenteraient de manière soutenue, en lien avec le dynamisme des exportations et le redressement de la demande intérieure. La contribution des échanges extérieurs resterait donc légèrement positive jusqu’à fin 2013 et au premier trimestre 2014 avant de devenir neutre au deuxième trimestre 2014. La croissance de la zone euro se rééquilibrerait ainsi progressivement. L’inflation resterait faible En novembre, l’inflation d’ensemble s’établit à +0,9 %. Elle progresserait à +1,1 % en glissement annuel d’ici juin 2014, soutenue par les prix de l’énergie. Sous l’hypothèse d’un baril de Brent stable en prévision à 110$ et sous l’effet des sorties de glissement de la baisse du printemps 2013, le glissement annuel des prix des produits énergétiques augmenterait en effet jusqu’à +2,3 % en juin 2014. Par ailleurs, en l’absence de pressions inflationnistes, limitées par un taux de chômage élevé dans la plupart des pays de la zone euro, l’inflation « sous-jacente » diminuerait légèrement à +0,8 %.■ Les écarts d’inflation au sein de la zone euro reviennent progressivement en ligne avec les fondamentaux De 2009 à 2012, les écarts d’inflation au sein de la zone euro étaient contraires aux fondamentaux économiques Les principales économies de la zone euro ont connu des trajectoires divergentes depuis 2009 : alors que la reprise a été durable, quoique modérée, en Allemagne, la croissance a été quasi nulle en France de mi-2011 à mi-2013, tandis que l’Italie et l’Espagne ont été, à partir de 2011, en récession marquée. De même, la situation sur le marché du travail a été contrastée selon les pays de la zone, tant en termes de niveau 112 (faible en Allemagne, très élevé en Espagne) que d’évolution du chômage. Pour autant, cette divergence des économies européennes ne s’est pas retrouvée dans l’inflation en 2011 et 2012, avec une augmentation annuelle des prix plus élevée en Italie et en Espagne (entre 2,5 et 3 %) qu’en France et en Allemagne1 (inférieure à 2,5 %). (1) cf. dossier de la Note de conjoncture de mars 2013, « Pourquoi, dans la zone euro, l’inflation n’est-elle pas plus faible dans les pays les plus affectés par la crise ?». Note de conjoncture
  • 107. Développements internationaux En 2011 et 2012, l’inflation alimentaire était plus élevée en Allemagne et en France qu’en Italie et en Espagne. En octobre 2013, les prix de l’alimentation diminuent plus fortement en France qu’en Italie, tandis qu’ils croissent légèrement en Espagne et en Allemagne, le glissement annuel de l’inflation alimentaire contribue pour 0,1 point à la progression de l’inflation entre octobre 2012 et octobre 2013. En 2013, les écarts d’inflation reviennent progressivement en ligne avec l’activité économique Les écarts de conjoncture se sont poursuivis en 2013 dans la zone euro. Même si les taux de chômage sont à peu près en voie de stabilisation, à des niveaux très différents, le taux de croissance de l’activité en Allemagne serait toujours plus fort qu’en France, et l’activité en Italie et Espagne serait toujours très faible. En revanche, les écarts d’inflation entre les quatre économies sont nettement plus conformes aux positions respectives des économies dans le cycle conjoncturel, en 2013, que les quatre années précédentes. Comme prévu1, les effets temporaires des hausses de la fiscalité indirecte et de la forte inflation énergétique ont cessé de nourrir l’inflation. L’Espagne aurait ainsi une inflation d’ensemble proche de zéro fin 2013 et l’inflation d’ensemble diminuerait plus en Italie et en Espagne qu’en France et qu’en Allemagne (cf. graphique 1). En octobre 2013, les prix de l’énergie seraient plus faibles qu’un an auparavant dans chacun des pays considérés, particulièrement en Espagne et en Italie. Ainsi, le secteur de l’énergie contribuerait le plus aux baisses de prix, sa contribution s’élevant à -1,2 point dans ces deux pays. L’inflation dans les services diminuerait en Espagne et en Italie, contribuant ainsi pour 0,2 point à la baisse de l’inflation d’ensemble dans ces deux pays. Elle serait davantage conforme aux positions dans le cycle d’activité des économies espagnole et italienne. Cette baisse de l’inflation peut être décomposée par produits (cf. tableau 1)2. Enfin, l’inflation des produits manufacturés baisse tendanciellement depuis début 2012 dans les quatre pays. En glissement annuel à fin octobre, elle est toutefois stable en Espagne car elle avait davantage baissé auparavant (cf. graphique 2). La baisse des prix de l’énergie a contribué pour tous les pays à la baisse de l’inflation, mais de manière plus marquée en Italie et en Espagne. Dans ce dernier pays, la sortie de glissement de la hausse de TVA du 1er septembre 2012 a eu un effet encore plus important. (2) Cette décomposition des prix est faite à taux de taxation constant ou corrigée le cas échéant des variations à taux de fiscalité indirecte 1 - Glissement annuel de l’inflation d’ensemble dans les quatre principales économies européennes Sources : Eurostat, calculs Insee Tableau 1 Contributions des différents secteurs aux variations des glissements annuels des prix en Allemagne, Espagne, France et Italie (écart entre octobre 2012 et octobre 2013) Produits Énergie Alimentation Services Ensemble (taxe manufacturés (à taxation (à taxation (à taxation Effet taxes Pays non-constante) (à taxation constante) constante) constante) constante) Allemagne Espagne France Italie Source : Insee Décembre 2013 -0,9 -0,2 -0,7 0,1 0,0 -3,5 0,0 -1,2 0,1 -0,2 -0,1 -2,3 -1,4 -0,3 -0,6 -0,6 0,2 -0,1 -2,0 -0,3 -1,2 -0,3 -0,2 0,0 113
  • 108. Développements internationaux Le mécanisme de formation des prix dans les différents pays continue de limiter les divergences d’inflation entre pays marqué en France (de +2,6 % en 2011-2012 à +1,7 % en 2013), l’Italie se distingue avec une légère accélération des coûts salariaux (de +1,0 % à +1,3 %). En moyenne annuelle, les inflations sous-jacentes de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie seraient quasiment les mêmes en 2013 ( de l’ordre de +1,0 %), tandis que celle de la France serait significativement plus faible (+0,6 %)3. Pour mémoire, en moyenne 2011-2012, l’Italie se distinguait par une inflation sous-jacente nettement plus élevée, tandis que celle de la France était identique à celle de l’Espagne et de l’Allemagne. La divergence des coûts salariaux entre l’Allemagne et l’Espagne se conjugue à la divergence des gains de productivité, négatifs en Allemagne en 2013 (-0,3 %), et toujours aussi dynamiques en Espagne (+2,9 %), si bien que les coûts salariaux unitaires ont des trajectoires polaires dans ces deux pays : +2,2 % contre -2,9 %. A contrario, leur progression est modérée en France (+1,1 %) et en Italie (+1,2 %) où la productivité a cessé de décroître. Tout d’abord, les divergences persistantes de situation des marchés du travail entre l’Allemagne et l’Espagne continuent de se traduire dans les coûts salariaux : ceux-ci ont nettement ralenti en 2013 par rapport à 2011-2012 dans les deux pays, mais l’écart de taux de croissance reste de 2 % (+1,9 % contre -0,1 %). Alors que le ralentissement est également (3) L’inflation sous-jacente, harmonisée par Eurostat au niveau de la zone euro, source des chiffres mentionnés ici pour les quatre pays considérés, n’est pas corrigée des mesures fiscales, contrairement à la définition retenue en France par l’Insee dans ses publications. (4) Les variations du taux de marge correspondent dans le tableau à l’écart entre les variations du prix de valeur ajoutée et celles des coûts salariaux unitaires. (5) Et encore davantage l’inflation d’ensemble, compte tenu de la baisse du prix du pétrole. En Italie, en France et en Allemagne, le taux de marge4 des entreprises se stabilise en 2013 après la baisse des deux dernières années. En Espagne, a contrario, le taux de marge continue d’augmenter fortement, si bien que l’inflation sous-jacente croît encore légèrement malgré la chute des coûts salariaux unitaires. Dans les quatre pays, la baisse du prix des importations en 2013 a contribué à ralentir l’inflation sous-jacente5, par rapport aux prix de valeur ajoutée. En Espagne, et dans une moindre mesure en Italie, cet effet est compensé par l’augmentation des taxes indirectes.■ 2 - Glissement annuel des prix des produits manufacturés à taux de taxation constant dans les quatre principales économies européennes. Sources : Eurostat, calculs Insee Tableau 2 Inflation sous-jacente et contributions des différents déterminants macroéconomiques Pays Période Allemagne 1997- 2011- 2013 2007 2012 1,0 1,3 1,0 Inflation sous-jacente Variation du rapport entre indice 0,7 0,4 des prix sous-jacents et prix de la valeur ajoutée Variation du rapport entre prix de 1,1 -1,0 VA et coût salarial unitaire 1,9 Variation du coût salarial unitaire -0,7 dont contribution : 1,0 2,9 du coût du travail par tête -1,7 -1,0 des gains de productivité Champ : secteurs marchands non agricoles Espagne 1997- 2011- 2013 2007 2012 2,7 1,2 1,1 France 1997- 2011- 2013 2007 2012 1,3 1,3 0,6 Italie 1997- 2011- 2013 2007 2012 2,2 2,0 1,1 -1,2 -0,9 0,9 0,4 -0,2 0,4 -0,7 -0,1 0,6 -0,2 0,0 0,1 2,8 3,7 0,2 -0,5 0,2 0,0 -0,8 0,0 2,2 3,5 -2,4 -2,9 1,3 1,4 1,1 2,3 2,3 1,2 1,9 0,3 2,7 0,8 1,4 -3,9 -0,1 -2,9 2,5 -1,2 2,6 -1,1 1,7 -0,6 1,8 0,4 1,0 1,2 1,3 -0,1 Source : Insee 114 Note de conjoncture
  • 109. Développements internationaux Allemagne Rééquilibrage de la croissance Au troisième trimestre 2013, l’activité a ralenti en Allemagne (+0,3 % après +0,7 %). En effet, la consommation des ménages n’a que faiblement crû (+0,1 %) après un deuxième trimestre très dynamique. De plus, les exportations ont stagné, alors que les importations ont résisté, et le commerce a contribué négativement à la croissance. A contrario, l’investissement a soutenu la croissance pour le deuxième trimestre consécutif. L’activité progresserait au même rythme au quatrième trimestre (+0,3 %) et accélérerait au premier semestre 2014 (+0,4 % au premier trimestre, +0,5 % au deuxième). En effet, la consommation des ménages gagnerait en vigueur, en ligne avec le dynamisme du pouvoir d’achat, et l’investissement continuerait de se redresser. Enfin, les exportations resteraient dynamiques et les échanges extérieurs contribueraient de nouveau positivement à la croissance, quoique faiblement. La consommation des ménages accélérerait La situation du marché du travail reste très favorable aux ménages allemands : il n’y a jamais eu autant de personnes en emploi en Allemagne, et le taux de chômage a atteint 5,2 % au mois d’octobre. À l’horizon de la prévision, l’emploi progresserait de nouveau et le chômage se stabiliserait. De même, les hausses de salaires contribueraient favorablement au pouvoir d’achat des ménages, qui augmenteraient leurs dépenses de consommation (+0,3 % au quatrième trimestre 2013 et +0,4 % par trimestre au premier semestre 2014). Le taux d’épargne des ménages baisserait légèrement, dans un contexte de moindres incertitudes dans la zone euro. Timide reprise de l’investissement en biens d’équipement Le taux d’investissement en biens d’équipement est aujourd’hui très faible en Allemagne, à son point bas de 2009 (cf. graphique). Après avoir diminué six trimestres de suite, il s’est redressé modestement aux deuxième et troisième trimestres 2013 (+1,2 % puis +0,5 %). À l’horizon de la prévision, il continuerait de croître modérément (+0,6 % au quatrième trimestre 2013, +0,7 % au premier et +0,9 % au deuxième trimestres 2014), en ligne avec la reprise de l’activité, sous l’hypothèse que le sous-investissement observé depuis 2011 ne serait pas rattrapé. Dans la construction, l’investissement se redresserait durablement au premier semestre 2014, du fait de nouveaux investissement publics et du dynamisme de la construction résidentielle, en ligne avec la hausse des permis de construire depuis 2011. Les exportations rebondiraient Au troisième trimestre 2013, du fait de l’atonie des exportations (+0,1 %), les échanges extérieurs ont contribué négativement à la croissance, à hauteur de 0,4 point de PIB. Toutefois, du fait du rebond de la demande extérieure adressée aux entreprises allemandes, les exportations retrouveraient une croissance plus élevée au quatrième trimestre (+1,6 %). Les importations gagneraient également en dynamisme, du fait de la robustesse de la demande intérieure, si bien que le commerce ne constituerait plus le principal moteur de la croissance allemande, comme il avait pu l’être avant 2013. ■ Le niveau du taux d’investissement en biens d’équipement à son point bas de 2009 Source : Destatis Décembre 2013 115
  • 110. Développements internationaux Italie Un redémarrage piano, piano Au troisième trimestre 2013, l’activité italienne s’est stabilisée (0,0 %). L’activité resterait stable avant de redémarrer lentement à l’horizon de la prévision. Alors que les échanges extérieurs avaient soutenu l’activité au cours des deux dernières années, la demande intérieure prendrait le relais, soutenue par la reprise progressive de l’investissement en équipement. La franche amélioration des enquêtes de conjoncture... Les enquêtes de conjoncture se redressent depuis plusieurs mois et laissent attendre une lente reprise de l’activité à l’horizon de la prévision (0,0 % au quatrième trimestre 2013 et au premier trimestre 2014, puis +0,1 % au deuxième trimestre 2014). Le climat des affaires issu des enquêtes nationales s’améliore fortement dans l’industrie manufacturière depuis plusieurs mois. L’indicateur composite auprès des directeurs d’achat (PMI) est également dans la zone d’expansion. Dans la construction, bien que les enquêtes s’améliorent, les indicateurs restent à un point bas. ... annoncerait la reprise de l’investissement en biens d’équipement Outre la franche amélioration des perspectives d’activité et des carnets de commandes dans l’industrie manufacturière, les taux d’intérêt offerts aux grandes entreprises sont revenus, depuis 2012, à un niveau bas et les taux accordés aux petites entreprises continuent de diminuer. De surcroît, le taux d’utilisation des capacités de production se redresse depuis le début de l’été et se rapproche maintenant du niveau observé avant l’entrée en récession du pays (cf. graphique). Les entreprises, pour reconstituer leurs capacités productives, développeraient donc fortement leurs investissements (+0,8 % au quatrième trimestre puis +1,4 % par trimestre au premier semestre 2014). En revanche, les exportations seraient nettement moins dynamiques que la demande mondiale adressée à l’Italie, alors que les importations augmenteraient, dans le sillage du redressement de la demande intérieure. La consommation privée serait quasi stable La situation du marché du travail reste dégradée en Italie. Le taux de chômage s’établit à 12,3 % au troisième trimestre 2013 et pèse toujours sur le pouvoir de négociation des salariés. La baisse du pouvoir d’achat s’est toutefois atténuée (-2,5 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2013, après -5,3 % un an auparavant) sous l’effet de la chute de l’inflation. À l’horizon de la prévision, du fait de la faiblesse de l’activité et de la poursuite du redressement des gains de productivité, l’emploi reculerait de nouveau. La baisse du pouvoir d’achat continuerait toutefois de s’atténuer (-0,8 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2014), sous l’effet notamment de la pause fiscale, tandis que la hausse de la TVA au quatrième trimestre 2013 n’aurait qu’un impact marginal sur l’inflation, qui resterait faible. Au final, les ménages réduiraient toujours leurs dépenses de consommation mais de façon moins marquée qu’auparavant.■ Taux d’utilisation des capacités de production et investissement productif Sources : Commission européenne, Istat, calculs Insee 116 Note de conjoncture
  • 111. Développements internationaux Espagne Consolidation de la reprise L’Espagne est sortie de récession au troisième t r i m e s t r e 2 0 1 3 . L’a c t i v i t é e s p a g n o l e progresserait de nouveau à l’horizon de prévision : +0,2 % au quatrième trimestre 2013 puis +0,2 % et +0,3 % aux deux premiers trimestres 2014. Les exportations continueraient de soutenir l’activité. Mais la stabilisation du marché de l’emploi et du pouvoir d’achat des ménages permettrait également à la consommation des ménages de se redresser à l’horizon de prévision. L’investissement en biens d’équipement augmenterait de nouveau, nettement soutenu par le besoin de renouvellement des capacités de production après une phase marquée d’ajustement. Au total, la demande intérieure contribuerait positivement à la croissance espagnole dès 2014. La consommation frémit Le pouvoir d’achat des ménages se stabiliserait à l’horizon de prévision, dans un contexte de recul de l’inflation. Il bénéficierait de la moindre baisse de l’emploi et du ralentissement du rythme de consolidation budgétaire, avec notamment le rétablissement du quatorzième mois de salaire dans la fonction publique. L’amélioration progressive des perspectives en termes d’activité et d’emploi inciterait en outre les ménages espagnols à réduire leur épargne de précaution. Le taux d’épargne diminuerait donc, quoique faiblement, à l’horizon de la prévision et la consommation privée progresserait légèrement jusqu’à mi-2014 (cf. graphique). Les exportations espagnoles se maintiennent Les exportations espagnoles continueraient de soutenir l’activité avec une progression de 1,2 % par trimestre d’ici mi-2014, l’Espagne profitant du dynamisme retrouvé du commerce mondial et de l’amélioration de la conjoncture dans la zone euro. Les importations rebondiraient également à l’horizon de prévision, portées par la bonne tenue des exportations et le rebond de la demande intérieure. Au total, la contribution du commerce extérieur à la croissance diminuerait, même si elle reste positive. L’investissement en équipement se redresserait Le secteur de la construction continuerait de pâtir de l’ajustement du marché immobilier et des mesures de réduction de l’investissement public. Cependant, d’après les indicateurs conjoncturels, la baisse de la production dans ce secteur serait moins forte. L’investissement en biens d’équipement progresserait nettement, soutenu par un besoin de renouvellement des capacités de production après une phase marquée d’ajustement depuis 2008. Cet effort d’investissement serait en outre favorisé par le redressement continu des marges des entrepreneurs espagnols depuis plusieurs années et par l’apaisement des tensions financières en Espagne. ■ Consommation des ménages (observé et simulé) Sources : Ine, calculs Insee Décembre 2013 117
  • 112. Développements internationaux Royaume-Uni Le Royaume-Uni a remis les gaz A u Ro y a u m e - U n i , l ’ a c t i v i t é p r o g r e s s e vigoureusement depuis le début de l’année et la croissance atteindrait +1,4 % en 2013. D’ici mi-2014, l’activité resterait solide, portée par l’ensemble des secteurs, et notamment celui de la construction. L’investissement serait dynamisé par les programmes publics et par les perspectives favorables d’activité. Les effets de richesse et la baisse du chômage favoriseraient une baisse du taux d’épargne, même si le soutien de la consommation se modèrerait début 2014. Au total, la croissance serait de +0,8 % au quatrième trimestre 2013 puis +0,5 % par trimestre au premier semestre 2014. L’embellie se confirme Au troisième trimestre 2013, l’activité britannique a accéléré : +0,8 % après +0,7 % au deuxième trimestre. Elle resterait très dynamique au quatrième trimestre 2013 (+0,8 %). En effet, l’indicateur composite des enquêtes européennes et l’indicateur composite des PMI se sont envolés cet été et restent à des niveaux très élevés en novembre (cf. graphique). L’activité resterait très dynamique dans la construction, favorisée par le redémarrage du crédit, le programme gouvernemental « Help to buy » et la relance de l’investissement public. De plus, les taux hypothécaires se maintiendraient à un niveau très bas. Au total, le PIB britannique croîtrait de 1,4 % sur l’année 2013. Au premier semestre 2014, l’activité ralentirait légèrement (+0,5 % par trimestre) : les gains de pouvoir d’achat resteraient modestes et la consommation faiblirait quelque peu. Le soutien de la consommation se modérerait au premier semestre 2014 Au troisième trimestre, la consommation des ménages a accéléré, soutenue par la forte progression de l’emploi (+0,6 %) et la reprise du marché immobilier qui génère des effets de richesse. Au quatrième trimestre, la baisse du taux de chômage (7,3 % après 7,6 %) et la hausse des prix immobiliers se poursuivraient, si bien que la consommation resterait dynamique. Cependant, les prestations sociales seraient pénalisées par la consolidation budgétaire et les salaires réels, s’ils ne baisseraient plus, resteraient peu dynamiques : au premier semestre 2014, la consommation ralentirait. Au total, la baisse du taux de chômage et les effets de richesse expliqueraient un recul du taux d’épargne de 5,5 % au troisième trimestre 2013 à 5,1 % mi-2014. Re b o n d d e s e x p o r t a t i o n s e t investissement des entreprises dynamique Après avoir reculé cet été, les exportations britanniques rebondiraient à partir du quatrième trimestre, portées par l’accélération de la demande mondiale, notamment en provenance d’Europe. Les commandes des entreprises se situent à un niveau élevé et des contraintes de capacité commencent à réapparaître, notamment dans l’industrie, si bien que leurs dépenses d’investissement resteraient dynamiques. ■ Les indicateurs des enquêtes s’envolent au Royaume-Uni Sources : ONS, Markit, Commission européenne 118 Note de conjoncture
  • 113. Développements internationaux États-Unis L’activité résiste aux incertitudes budgétaire et monétaire Aux États-Unis, l’activité a été très dynamique au troisième trimestre (+0,9 % dont 0,4 point de contribution des stocks). Elle ralentirait au quatrième trimestre 2013 : le marché immobilier calerait et les dépenses publiques se contracteraient en raison de la fermeture des services fédéraux en octobre. Au premier semestre 2014, l’activité retrouverait de l’élan : sous réserve de la validation de l’accord bipartisan de décembre, l’impulsion budgétaire serait en effet nettement moins défavorable en 2014. chômage (7,0 % en novembre) reculerait de nouveau légèrement d’ici mi-2014. Les salaires accéléreraient légèrement, même si le niveau du chômage continuerait de peser sur le pouvoir de négociation des salariés. Enfin, l’inflation resterait faible à 1,4 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2014. Au total, le pouvoir d’achat des ménages augmenterait nettement. La consommation des ménages n’accélérerait pas aussi fortement, car elle continuerait de s’ajuster à l’effet du choc fiscal du début d’année : ainsi, le taux d’épargne se redresserait pour atteindre 5,2 % mi-2014. Malgré les coupes budgétaires, l’activité résiste L’année 2013 a été marquée par une politique budgétaire très restrictive : les hausses de prélèvements ont représenté environ 1,6 point de RDB, les coupes automatiques sont entrées en application au 1er mars et, en octobre, les services fédéraux ont fermé durant 16 jours (« shutdown »). Cependant, sous réserve de la validation de l’accord bipartisan de décembre, la politique budgétaire serait nettement moins restrictive en 2014 qu’en 2013. Les enquêtes de conjoncture restent très bien orientées en octobre, ce qui suggère que l’activité du secteur privé resterait solide. Les dépenses fédérales se replieraient nettement au quatrième trimestre 2013 sous l’effet du « shutdown » et rebondiraient par contrecoup début 2014. L’activité progresserait ainsi de 0,4 % au quatrième trimestre, puis de 0,6 % par trimestre au premier semestre 2014. Pause dans la reprise de l’immobilier résidentiel Depuis l’été 2011, le secteur de la construction connaît une reprise vigoureuse. Les stocks de logements invendus ont fortement diminué et les permis de construire se sont redressés. Néanmoins, depuis quelques mois, les mises en chantier et les permis de construire stagnent (cf. graphique). La nette hausse des taux d’intérêt, liée à l’annonce de la modération du soutien monétaire mis en place par la Fed, freinerait ainsi la reprise en cours. Les exportations américaines sont restées dynamiques au troisième trimestre 2013 et continueraient de progresser au même rythme que les échanges mondiaux d’ici mi-2014. Enfin, dans un contexte où les perspectives d’activité restent positives, les entreprises profiteraient du haut niveau de leurs marges et de conditions de financement favorable, pour développer leurs capacités productives.■ L’emploi resterait dynamique Le dynamisme de la création d’emplois se poursuivrait à l’horizon de la prévision et le taux de L’investissement résidentiel marque le pas (Dernier point : octobre 2013) Source : US Census Bureau Décembre 2013 119
  • 114. Développements internationaux Japon Consommation anticipée Au Japon, l’activité a ralenti au troisième trimestre 2013 (+0,3 % après +0,9 %), sous l’effet de la stagnation de la consommation et du repli des exportations. L’activité a été néanmoins soutenue par le dynamisme de l’investissement public. À l’horizon de la prévision, la politique budgétaire prendrait un tour restrictif : les plans de relance budgétaire perdraient en intensité et la TVA doit augmenter de 5 % à 8 % au 1er avril 2014, suscitant des achats anticipés de biens durables. L’activité accélèrerait ainsi au quatrième trimestre 2013 (+0,7 %) et au premier trimestre 2014 (+0,8 %), avant de se contracter fortement au deuxième trimestre (-0,8 %). Au quatrième trimestre 2013, le c l i m a t d e s a f f a i r e s r e s t e tr è s favorable Arrivé au pouvoir fin 2012, le gouvernement de Shinzo Abe a engagé une politique de relance macroéconomique en jouant sur trois leviers : une politique monétaire très expansionniste afin de mettre un terme à la déflation, une nouvelle relance budgétaire et un programme de réformes structurelles visant à améliorer la croissance potentielle. L’annonce de ces mesures a provoqué une nette amélioration du climat des affaires et l’activité a fortement rebondi depuis trois trimestres. Par ailleurs, la dépréciation du yen a permis une hausse des prix et l’inflation japonaise a atteint +1,1 % en octobre, au plus haut depuis 4 ans (cf. graphique). Pour le quatrième trimestre 2013, les enquêtes de conjoncture disponibles jusqu’en novembre restent très bien orientées et l’activité conserverait un rythme soutenu (+0,7 %). Hausse de TVA en 2014 À l’horizon de la prévision, la politique budgétaire prendrait cependant un tour restrictif. D’une part, les plans de relance budgétaire perdraient en intensité et l’investissement public diminuerait. D’autre part, la TVA doit augmenter de 5 % à 8 % au 1er avril 2014, ce qui conduirait certains ménages à anticiper leurs achats de biens durables et leurs investissements immobiliers. L’activité aurait ainsi un profil heurté au premier semestre. L’effet de la hausse de la TVA sur la consommation serait néanmoins moins marqué que lors de la précédente hausse en 1997 (de 2 % à 5 %). En effet, le gouvernement a voté des mesures de compensation pour les ménages les plus modestes (0,2 point de RDB) et, surtout, la part dans la consommation des biens durables, davantage susceptibles de faire l’objet d’achats anticipés, s’est considérablement réduite depuis 1997. L’investissement des entreprises et les exportations rebondiraient Malgré la reprise de l’activité, l’investissement des entreprises croît faiblement depuis le début de l’année. D’ici mi-2014, l’investissement devrait rebondir nettement, porté à la fois par l’amélioration des perspectives d’activité et par l’augmentation des crédits d’impôt, comme le suggère le redressement des commandes privées en biens d’équipement depuis 6 mois (+4,9 % au troisième trimestre après +5,0 % au deuxième). Les exportations japonaises augmenteraient d’ici mi-2014, toujours soutenues par la forte dépréciation du yen de début 2013 et portées par la demande en provenance d’Asie. ■ Inflation à nouveau positive Source : Statistics Bureau of Japan 120 Note de conjoncture
  • 115. Développements internationaux Économies émergentes En ordre dispersé Après un premier semestre très décevant, l’activité aurait accéléré dans les économies émergentes au troisième trimestre 2013. Cette situation d’ensemble masque des divergences importantes : l’activité a accéléré en Chine et dans les PECO mais reste globalement atone dans les autres économies émergentes. Cette divergence se poursuivrait à l’horizon de la prévision. Les monnaies des pays à fort déficit courant (Inde, Brésil, Indonésie, Turquie) se sont fortement dépréciées cet été, en lien avec la sortie anticipée du « Quantitative Easing » américain, et leurs banques centrales ont resserré leur politique monétaire. La Chine, dopée par la hausse du crédit, et l’Europe de l’Est, tirée par le redémarrage européen, conserveraient un certain dynamisme à l’horizon de la prévision. Au total, les importations retrouveraient un comportement habituel au regard de l’activité, et contribueraient à hauteur de 0,4 point par trimestre à la progression de la demande mondiale adressée à la France. Accélération de l’activité en Chine Au troisième trimestre 2013, l’activité a accéléré en Chine (+2,2 % après +1,9 %). Selon les enquêtes de conjoncture (cf. graphique 1) et les données de production industrielle d’octobre (+10,3 % sur un an), l’activité resterait relativement dynamique au quatrième trimestre 2013. L’encours de crédit continue d’augmenter ce qui, à court terme, favorise la reprise du marché immobilier (cf. graphique 2) avec notamment des prix des logements en hausse : en octobre, les prix des logements anciens croissent de 19,0 % sur un an à Pékin et de 13,2 % à Shanghai (respectivement 16,4 % et 17,8 % pour les logements neufs). Par ailleurs, les nouvelles mesures de relance annoncées fin juillet (baisses d’impôts pour les PME et subventions aux entreprises exportatrices) produiraient des effets favorables sur l’investissement. À l’horizon de la prévision, la contribution du commerce extérieur resterait donc négative en Chine, comme le suggèrent les données douanières disponibles jusqu’en octobre, tout comme les enquêtes sur les approvisionnements qui indiquent que les importations continueraient de progresser vigoureusement. Faible croissance pour les autres grandes économies émergentes La perspective d’une diminution de la création monétaire aux États-Unis a provoqué un rapatriement des capitaux investis par les investisseurs privés, une baisse des bourses dans la plupart des pays émergents et une brusque dépréciation des monnaies cet été, en particulier dans les pays à fort déficit courant (Inde, Brésil, Indonésie, Turquie). Le real brésilien et la roupie indienne ont respectivement perdu 17 % et 22 % vis-à-vis du dollar d’avril à septembre. Confrontées à cette glissade, les banques centrales sont parfois intervenues sur le marché des changes (notamment en Inde et au Brésil) et ont resserré leurs politiques monétaires (Turquie, Indonésie, Russie, Brésil, Inde), sur fond de tensions inflationnistes. 1 - L’activité marque le pas dans les économies émergentes, sauf en Chine Dernier point novembre 2013, Inde T4 2013 Sources : Enquêtes nationales Décembre 2013 121
  • 116. Développements internationaux Ainsi, après s’être nettement amélioré jusqu’au début de l’année 2013, le climat des affaires dans ces économies s’est détérioré cet été, en particulier dans le secteur manufacturier, et se situe toujours à un niveau très bas, comparativement au niveau moyen des années 2000 (cf. graphique 1). En Inde et au Brésil, le ralentissement de l’activité serait particulièrement marqué, les resserrements monétaires couplés à la dépréciation forte des monnaies pesant sur les débiteurs largement endettés en dollars. L’Europe de l’Est tirée par le redémarrage de la zone euro En Russie, le glissement annuel du PIB est au plus bas depuis trois ans, à +1,2 % au troisième trimestre 2013, et la production industrielle a stagné. De façon générale, l’activité est atone depuis un an et les enquêtes ne montrent pas de signe d’accélération notable. Malgré les mesures de soutien budgétaire annoncées, la croissance de l’économie russe resterait d’ici la fin de l’année très en deçà de son rythme d’avant-crise (+1,5 % par trimestre), même si l’accélération de l’économie chinoise et notamment de ses importations en matières premières soutiendraient quelque peu l’activité. L’Europe de l’Est redémarrerait, tirée par la reprise de l’activité dans la zone euro. Selon les enquêtes de la Commission européenne, le climat des affaires est à nouveau favorable, au-dessus de sa moyenne de long terme en Hongrie et en nette augmentation en Pologne et en République tchèque (cf. graphique 3). En Turquie, après le coup de frein de mi-2012, l’activité a nettement accéléré depuis le quatrième trimestre 2012. Malgré un tassement depuis le début de l’année lié aux resserrements monétaires et aux manifestations de cet été, le climat des affaires se situe toujours au-dessus de sa moyenne de long terme. Ainsi, la dépréciation de la livre turque et l’amélioration de la demande européenne stimuleraient les exportations et, au total, l’activité résisterait en Turquie d’ici mi-2014. ■ 2 - Le marché immobilier chinois dopé par la progression du crédit Source : National Bureau of Statistics of China 3 - L’Europe de l’Est et la Turquie tirées par la reprise de la zone euro Dernier point : novembre 2013 Source : DG EcFin 122 Note de conjoncture
  • 117. C omptes des pays
  • 118. Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % Zone Euro T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (58 %) Investissement (18 %) Consommation publique (21 %) Exportations (46 %) Importations (43 %) Contributions : Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 -0,1 -0,3 -0,1 -0,5 -0,2 0,3 0,1 0,3 0,3 -0,3 -0,5 -0,1 -0,5 -0,1 0,1 0,1 0,2 0,2 -1,1 -2,0 -0,6 -1,2 -1,9 0,2 0,4 0,2 -0,3 -0,3 -0,2 0,0 0,3 0,0 0,2 0,8 0,9 0,7 -0,5 -1,0 2,1 0,0 -0,2 0,3 -0,9 -1,2 1,6 -0,5 -0,7 -0,2 -0,5 -0,4 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 -1,7 -0,8 0,6 0,1 0,0 -0,1 -0,2 0,1 -0,1 0,3 0,1 0,0 0,0 -0,5 -0,1 0,1 0,3 0,5 0,2 0,2 0,1 0,3 -0,3 0,1 0,1 0,0 1,6 0,5 0,1 2012 2013 2014 acquis 0,3 -0,6 -0,4 0,9 0,2 -1,4 -0,5 0,6 0,3 0,4 -3,9 -3,2 1,1 0,1 0,1 0,1 -0,6 0,3 0,4 0,2 1,6 1,4 1,4 2,7 1,3 4,3 1,0 1,4 1,2 1,4 -0,8 0,2 4,2 Inflation de la zone euro variations en %, contributions en points Juin 2013 Novembre 2013 Décembre 2013 Moyennes annuelles Juin 2014 Secteurs (poids dans l’indice en 2013) ga cga ga cga ga cga ga cga 2012 2013 Ensemble (100,0 %) 1,6 1,6 0,9 0,9 1,0 1,0 1,1 1,1 2,5 1,4 3,2 0,6 1,6 0,3 1,5 0,3 1,4 0,3 3,1 2,7 3,2 0,5 1,1 0,2 0,9 0,1 0,7 0,1 2,8 2,4 3,4 0,1 3,7 0,1 3,9 0,2 3,9 0,2 4,3 3,8 1,6 0,2 -1,1 -0,1 0,1 0,0 2,3 0,2 7,6 0,6 1,2 0,8 1,0 0,7 1,0 0,7 0,8 0,6 1,5 1,1 0,7 0,2 0,3 0,1 0,3 0,1 0,2 0,1 1,2 0,6 1,4 0,6 1,5 0,6 1,4 0,6 1,2 0,5 1,8 1,4 Alimentation (alcools et tabac inclus) (19,4 %) dont : produits alimentaires (15,4 %) boissons alcoolisées et tabac (4,0 %) Énergie (11,0 %) Inflation sous-jacente (69,7 %) dont : produits manufacturés (27,4 %) services (42,3 %) Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % France (21 %)1 T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (56 %) Investissement (20 %) Consommation publique (27 %) Exportations (27 %) Importations (30 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 0,0 -0,3 0,2 -0,2 -0,1 0,5 -0,1 0,4 0,2 0,2 -0,5 0,1 0,1 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,1 -1,3 -0,4 -0,7 -0,6 -0,8 -0,4 -0,6 0,4 0,5 0,4 0,4 0,4 0,4 0,7 0,2 0,4 0,3 0,2 -0,6 -0,4 1,9 -1,5 0,8 0,2 -0,1 -1,1 0,1 1,6 1,0 0,0 -0,3 0,0 0,0 -0,1 0,4 0,0 0,3 0,2 0,2 -0,1 0,2 0,6 0,1 -0,1 0,1 -0,4 0,2 0,1 0,5 -0,2 0,0 0,0 -0,8 0,2 0,2 -0,1 0,0 0,1 0,2 -0,1 0,0 -0,7 0,3 0,0 0,0 1,0 -0,2 -0,1 2014 2012 2013 acquis 0,2 0,0 0,2 0,7 0,1 -0,4 0,4 0,6 0,0 -0,1 -1,2 -2,2 -0,1 0,3 0,3 0,3 1,5 1,7 1,0 2,3 0,7 0,7 2,5 0,6 2,7 1,1 0,7 0,7 -0,9 1,2 2,9 Prévision Note : Les % entre parenthèses représentent le poids dans le PIB en valeur en 2012. ga : glissement annuel cga : contributions au glissement annuel de l’indice d’ensemble (1) Part dans le PIB de la zone euro en 2012 Sources : Eurostat, prévisions Insee 124 Note de conjoncture
  • 119. Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % Allemagne (28 %)1 T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (57 %) Investissement (18 %) Consommation publique (19 %) Exportations (52 %) Importations (46 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 0,7 -0,1 0,2 -0,5 0,0 0,7 0,3 0,3 0,4 0,0 0,0 0,3 0,1 0,3 0,6 0,1 0,3 0,4 -0,4 -1,9 0,1 -0,6 -1,9 1,6 1,6 0,1 0,8 0,4 -0,5 0,6 0,1 0,1 -0,2 0,5 0,2 0,2 0,2 1,0 0,5 0,6 1,7 1,4 0,5 -1,6 -1,0 2,4 0,1 1,6 1,2 1,4 3,8 0,6 4,1 0,1 0,7 0,1 -0,9 -0,6 1,9 0,8 1,4 1,2 1,3 1,8 1,2 4,2 2012 2013 2014 acquis 0,5 0,9 0,5 1,4 0,4 0,7 1,0 1,1 0,9 -1,3 -0,8 2,8 0,0 -0,4 0,3 -0,1 -0,2 0,6 0,4 0,2 0,4 0,4 0,4 0,6 1,3 -0,1 -0,1 -0,3 0,1 0,4 -0,3 0,2 -0,1 0,0 0,0 -0,6 0,2 -0,1 0,8 0,4 0,3 -0,5 -0,2 0,3 -0,4 0,2 0,1 0,1 1,1 -0,2 0,2 Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % Italie (17 %)1 T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (61 %) Investissement (18 %) Consommation publique (21 %) Exportations (30 %) Importations (29 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 -1,1 -0,6 -0,5 -0,9 -0,6 -0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 -2,6 -1,9 -0,1 -1,8 -0,5 -1,5 -0,8 -0,5 -0,5 -0,2 -0,2 -0,1 -0,1 -4,2 -2,5 -0,6 -3,8 -1,6 -1,3 -1,7 -2,9 0,0 -0,6 0,2 0,4 0,4 -8,4 -5,4 0,5 -2,0 -0,5 -0,3 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -2,6 -0,2 0,0 0,2 -0,1 0,8 -0,1 -1,2 0,7 0,7 1,0 0,7 0,8 1,9 0,2 2,6 -2,7 -0,8 -1,6 -2,0 -0,5 -0,7 2,0 1,0 1,1 1,1 -7,5 -2,3 3,5 -2,2 -0,7 -1,2 -0,8 -0,8 -0,3 -0,2 -0,1 0,0 0,0 -4,7 -2,5 -0,3 0,2 -0,1 0,0 -0,7 0,5 -0,4 0,6 0,0 0,0 0,1 -0,7 -0,1 0,3 0,9 0,2 0,7 0,6 -0,2 0,4 -0,4 0,0 -0,1 -0,1 2,8 0,7 -0,2 T4 2014 T1 T2 T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (59 %) Investissement (19 %) Consommation publique (20 %) Exportations (32 %) Importations (31 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2014 acquis 2013 Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % Espagne (11 %)1 2012 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 -0,4 -0,5 -0,4 -0,8 -0,4 -0,1 0,1 0,2 0,2 0,3 -1,2 -0,7 -2,0 -0,6 -0,1 0,4 0,1 0,2 -1,7 -3,3 0,2 -3,0 -1,6 -2,0 0,2 0,0 -1,8 0,0 -3,0 -0,3 1,3 -0,9 0,1 -0,8 2012 2013 2014 acquis 0,3 -1,6 -1,3 0,5 0,3 -2,8 -2,5 0,7 0,3 0,3 -7,0 -5,9 0,1 -0,5 -0,5 -4,8 -1,2 -1,6 -3,1 0,6 6,5 0,6 -4,3 6,4 2,2 1,2 1,2 1,2 2,1 5,5 5,7 -3,3 -2,2 4,6 -2,6 -4,5 5,2 2,8 0,5 0,9 1,0 -5,7 0,6 4,7 -0,6 -1,4 -1,0 -1,8 -0,4 -0,6 0,3 -0,1 0,1 0,1 -4,1 -2,9 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 -0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,9 0,5 1,0 0,1 0,4 -0,2 0,2 0,1 0,1 2,5 1,6 0,4 Prévision Note : Les % entre parenthèses représentent le poids dans le PIB en valeur en 2012. Sources : Eurostat, prévisions Insee Décembre 2013 125
  • 120. Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % États-Unis T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (69 %) Investissement privé (15 %) Dépenses gouvernementales (19 %) Exportations (13 %) Importations (17 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 0,9 0,3 0,7 0,0 0,3 0,6 0,9 0,4 0,6 0,7 0,5 0,4 0,4 0,6 0,5 0,3 0,5 0,5 2,1 1,2 0,7 2,8 -0,4 1,6 1,3 1,0 -0,3 0,1 0,9 -1,7 -1,1 -0,1 0,1 1,0 0,9 0,1 0,3 -0,3 1,9 0,2 0,6 0,1 -0,8 0,2 2012 2013 2014 acquis 0,6 2,8 1,7 1,9 0,5 2,2 1,8 1,5 1,3 1,6 8,3 4,5 4,3 -0,7 0,4 0,0 -1,0 -2,1 0,0 0,9 1,3 1,3 1,3 3,5 2,4 4,3 1,7 0,7 1,2 1,2 1,2 2,2 1,7 3,8 1,7 0,7 0,5 0,6 0,3 0,1 0,5 0,5 0,4 0,6 0,6 2,5 1,5 0,1 -0,2 0,2 -0,5 0,2 0,1 0,4 0,0 0,0 0,0 0,2 0,2 0,3 0,1 0,0 0,0 0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 -0,1 Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % Royaume-Uni T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (63 %) Investissement (14 %) Consommation publique (24 %) Exportations (32 %) Importations (34 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 T2 T3 T4 0,0 -0,5 0,6 -0,3 0,4 0,7 0,8 0,8 0,5 0,5 0,1 1,4 2,0 0,4 0,2 0,2 0,7 0,6 0,3 0,8 0,6 0,4 0,4 1,2 2,0 1,6 3,6 -0,8 -2,4 -3,8 0,1 0,8 1,4 1,3 1,3 1,0 0,9 -2,6 4,0 2,0 -0,7 0,0 -0,1 -0,2 0,5 0,6 0,3 0,3 0,3 1,6 0,3 1,2 -1,8 -0,4 2,0 -1,7 0,1 3,0 -2,4 0,5 0,8 0,8 1,0 0,8 1,3 0,6 1,4 0,8 -0,9 -0,8 2,9 0,4 0,5 0,7 0,7 3,1 1,7 2,5 2,0 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 2013 2014 acquis 1,2 -0,1 -0,2 -0,1 0,3 0,4 0,8 0,7 0,5 0,5 1,3 0,9 -0,4 0,3 0,5 0,1 -0,2 0,3 0,9 0,1 0,0 0,0 -0,5 0,9 0,5 -0,8 -0,6 0,4 -0,2 0,3 0,0 -0,9 0,0 0,0 0,0 -0,7 -0,3 -0,4 Variations annuelles en % Variations trimestrielles en % Japon T1 ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES PIB Consommation privée (61 %) Investissement (21 %) Consommation publique (20 %) Exportations (15 %) Importations (17 %) Contributions Demande intérieure hors stocks Variations de stocks Commerce extérieur 2012 2012 T2 T3 T4 T1 2013 T2 T3 T4 2014 T1 T2 0,9 -0,5 -0,8 0,1 1,1 0,9 0,3 0,7 0,8 0,4 0,4 -0,5 0,6 1,0 0,7 0,2 0,6 1,4 -0,3 0,2 -1,7 0,6 -0,1 2,0 1,8 1,1 1,3 -0,5 0,4 0,7 0,7 0,6 0,2 2,7 -0,5 -3,8 -3,0 3,9 2,9 1,9 1,4 -0,4 -1,7 1,0 1,7 0,4 0,2 -0,6 0,6 0,7 0,3 -0,3 0,3 -0,3 0,0 0,1 -0,3 -0,5 -0,1 0,4 0,1 2012 2013 2014 acquis -0,8 1,4 1,6 1,1 -2,2 2,1 2,0 0,4 1,0 0,2 3,2 2,3 3,5 0,3 0,3 0,3 1,7 2,0 1,0 -0,6 2,4 2,0 1,6 -0,1 1,9 5,5 2,2 2,0 3,0 0,0 5,4 2,8 6,1 1,0 0,6 0,7 1,1 -1,2 2,2 2,1 1,2 -0,2 0,2 0,0 -0,2 0,2 0,1 -0,3 0,0 -0,5 0,0 -0,3 0,3 -0,9 -0,2 -0,3 Prévision Note : Les % entre parenthèses représentent le poids dans le PIB en valeur en 2012. Sources : Eurostat, prévisions Insee 126 Note de conjoncture
  • 121. C ompte associé de la France
  • 122. 128 Note de conjoncture
  • 123. Décembre 2013 129
  • 124. 130 Note de conjoncture
  • 125. Décembre 2013 131
  • 126. 132 Note de conjoncture
  • 127. Décembre 2013 133
  • 128. 134 Note de conjoncture