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Chapitres 38 et 39 du livre "Ne tirez pas sur les banquiers"
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Chapitres 38 et 39 du livre "Ne tirez pas sur les banquiers"

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Introduction du livre de Brice Welti "Ne tirez pas sur les banquiers ! Mythes et réalités de la banque de détail"

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  • 1. Les enjeux de Bâle III  225  38C h a p i t r e Les enjeux de Bâle III Si la banque de réseau française a encore de nombreux projets à mener, elle s’inscrit dans un cadre international modifié, particulièrement avec les nouveaux accords de Bâle III. Les fondamentaux Bâle III est une règle qui permet de déterminer pour une banque le niveau de réserve qu’elle doit avoir pour prêter de l’argent. Une banque prête 100 000 e à une personne pour faire un investissement locatif dans une grande métropole qui devrait rapporter 500 € par mois. Le risque est faible, et en cas d’im- payés, le bien devrait être facilement vendu. Elle doit avoir un peu d’argent de côté pour parer à une éventuelle défaillance de l’emprunteur. S’il s’agit d’acheter une voiture haut de gamme et un home cinéma, le risque est plus élevé. La banque doit avoir un peu plus d’argent de côté. Cet argent de côté, c’est ce qu’on appelle le ratio de solvabilité. En fonction des types d’emprunts, la banque doit avoir un amortisseur en cas d’insolvabilité du client. © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 2. 226  Les enjeux de la banque aujourd’hui Mais où placer cet argent ? Si par exemple l’argent de la banque est placé dans des immeubles de bureau, ce n’est pas excellent. En cas de besoin, il n’est pas évident de vendre des immeubles rapidement, et les prix peuvent être affectés par une période de forte baisse. Ce n’est pas un placement très liquide. Si cet argent est placé dans des emprunts d’État, c’est mieux car les emprunts d’État s’échangent rapidement et fré- quemment sur les marchés. C’est plus liquide qu’un immeuble. Sauf si la confiance dans la capacité de cet État à rembourser sa dette se perd, et si personne ne veut racheter ces titres. Derrière ces notions, il y a le ratio de liquidité. Il faut qu’une partie des ressources des banques soit placée de façon que les banques puissent les récupérer rapidement en cas de problème. Ces deux ratios sont donc calculés en intégrant des coefficients représentant le niveau de risques et de disponibi- lité des placements. Les accords de Bâle III indiquent les formules à appliquer et les ratios que doivent respecter les établissements bancaires. Systèmes différents, règle unique Malheureusement les systèmes bancaires sont très différents. Par exemple, aux États-Unis, 80 % du financement des entre- prises passe par les marchés financiers, et non par les banques. C’est le contraire en France et en Europe continentale. Autre exemple, les prêts aux collectivités locales sont net- tement moins risqués en France qu’aux États-Unis. L’État central est très fort en France, et on imagine mal qu’il laisse une ville mourir sous les dettes impayées. La situation est dif- férente aux États-Unis, où l’État fédéral n’a pas la tradition de recours systématique. Enfin, tout simplement, chaque mar- ché immobilier a ses spécificités, et il est structurellement plus risqué par exemple en Allemagne (pays dont la popula- tion diminue) qu’en France (où elle augmente). © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 3. Les enjeux de Bâle III  227  Faisant fi de ces spécificités nationales, les ratios Bâle III sont partout identiques. Cela a le mérite d’homogénéiser les règles de contrôle, mais entraîne un changement profond de gestion pour les banques, surtout d’Europe continentale. D’au- tant plus que la mise en place de ces règles a été fortement accélérée sous le feu de la crise, alors qu’elles devaient s’appli- quer à un horizon lointain de quelques années. Les conséquences en France Ces nouvelles règles limitent de facto la capacité des banques de détail françaises à prêter. La ressource est devenue rare (donc chère). Les épargnants seront donc mieux rémunérés. Les banques vont chercher à récupérer l’argent des place- ments, au détriment par exemple de l’assurance-vie, place- ment préféré des Français. De longs débats auront lieu sur le Livret A. L’argent placé sur un Livret A ne permet pas aux banques de prêter plus, car il est pour l’essentiel transféré à la Caisse des Dépôts et Consi- gnations. Toute hausse de plafond de dépôt du Livret A (pla- cement totalement défiscalisé) assèche naturellement l’argent dont disposent les banques pour prêter. La capacité à prêter est donc plus faible – les taux d’intérêt vont mécaniquement augmenter. Les banques vont se recen- trer sur les segments de marché les plus rentables à long terme, en l’occurrence les particuliers et le prêt immobilier. Non que le prêt immobilier soit très rentable, mais un parti- culier emprunteur est susceptible de placer son épargne à venir dans la banque qui lui a fait son prêt. Le prêt immobilier génère de l’épargne, qui va permettre à son tour de prêter. C’est une boucle vertueuse. Mais les prêts aux collectivités locales vont être plus rares. Pourquoi ? Tout simplement parce que les collectivités locales ont obligation de placer leur épargne et leurs excédents au © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 4. 228  Les enjeux de la banque aujourd’hui Trésor public. Donc en prêtant à une collectivité, les banques ne récupèrent pas de l’épargne, donc aucune capacité supplé- mentaire à prêter à d’autres. La mise en œuvre de Bâle III, sans doute trop précipitée, modifie lourdement les règles du jeu pour les banques fran- çaises de détail. Souvenons-nous que c’est la crise des subprimes qui a entraîné la mise en place de Bâle III. Étrange paradoxe, notre banque de réseau souffre d’une nouvelle réglementation mise au point suite à une crise dont elle n’est en rien responsable. Elle risque surtout à long terme de favoriser la désintermé- diation bancaire. © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 5. La désintermédiation  229  39C h a p i t r e La désintermédiation Désintermédiation, derrière ce mot compliqué se cache une menace majeure pour notre système bancaire. De quoi parle- t-on ? Du fait que certaines activités, traditionnellement du res- sort des banques, et réglementées à ce titre, soient assurées par des sociétés non bancaires, et donc soumises au droit com- mun. Des leçons qui viennent de Chine L’exemple le plus parlant est aujourd’hui à trouver en Chine ! Le pays vit entre autres sur une bulle immobilière, dont l’ex- plosion paraît inéluctable. Le système bancaire étant par ailleurs particulièrement fragile, les conséquences de cette explosion risquent d’être terribles. L’État central est bien conscient de cette situation. La Banque centrale a donc demandé aux banques de stopper, ou en tout cas de fortement limiter leurs prêts aux promoteurs. Ni une, ni deux, ce sont des sociétés classiques qui désor- mais prêtent aux promoteurs. Ces sociétés s’endettent auprès © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 6. 230  Les enjeux de la banque aujourd’hui des banques pour de soi-disant projets industriels, mais l’ar- gent est utilisé pour financer de l’immobilier. Les banques sont désintermédiées. La dette est passée ailleurs, et quand la bulle explosera, malgré la politique prudente de la Banque centrale chinoise, les banques souffriront. On peut d’ailleurs se demander si la France n’aurait pas intérêt à essayer d’ex- porter son expertise bancaire en Chine1 ! La désintermédiation dans le crédit On a vu que compte tenu du durcissement des règles de Bâle III, les banques vont avoir de plus en plus de difficultés à prêter. Les collectivités locales, qui ne sont pas de bonnes clientes car elles n’ont pas d’épargne à placer, vont les pre- mières se lancer sur les marchés financiers. Et devenir ainsi dépendantes des agences de notation. En effet, pour emprun- ter sur les marchés financiers dans de bonnes conditions, il faut être noté. Bilan : les banques sont désintermédiées, le crédit aux collectivités locales est désormais dépendant des agences de notation, non régulées. La dette des collectivités locales est échangée sur les marchés financiers mondiaux, et peut faire l’objet de spéculations en tout genre. Ce phénomène touchera également les entreprises moyennes, mal financées par des banques trop contraintes. Des bulles de crédit peuvent se constituer, sans que rien ne les arrête. Quand tout passe par les banques, il y a les limites de financement de la banque, les contraintes réglementaires, la responsabilité de la banque. Quand tout passe par les mar- chés, il n’y a plus aucune maîtrise du régulateur sur ce qui se passe. 1. En France, la pratique est celle du crédit affecté. Un crédit est lié à un pro- jet, et la banque vérifie si l’argent du crédit est bien utilisé pour le projet prévu (contrôle des factures remises par l’emprunteur par exemple). © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 7. La désintermédiation  231  Il n’y a surtout plus d’intermédiaire entre l’épargnant et l’emprunteur, l’épargnant court tous les risques. Les courtiers immobiliers sont aussi acteurs de la désinter- médiation bancaire, en faisant écran entre la banque et le client. Les IOB, intermédiaires en opération de banque Les courtiers en crédit immobilier se sont largement diffusés avec le développement d’Internet au début des années 2000. Cette activité n’est pas nouvelle, mais a gagné une visibilité très forte. Depuis très longtemps, surtout dans le domaine de l’épargne, les courtiers de tous types et les organismes hyper- spécialisés se font une concurrence acharnée. Ne tirons pas sur les courtiers, mais il reste que certains d’entre eux peuvent avoir des pratiques limites. Les méthodes de vente sont rôdées, et parfois, quels que soient votre profil, vos revenus, vos besoins, les outils d’analyse et de diagnostic finissent toujours par vous guider vers le produit sur lequel ils sont le mieux commissionnés. Le contrat signé, certains courtiers disparais- sent, et si le conseil a été mauvais, il ne vous reste plus qu’à vous en prendre à vous-même. Le régulateur a créé le statut d’IOB, intermédiaire en opé- ration de banque. Cela permet d’encadrer ces professions2, et d’éviter de trop larges dérives. Le nom même d’IOB indique que la banque est désinter- médiée. On ne lui fait plus confiance pour gérer au mieux les intérêts du client, on préfère passer par un intermédiaire 2. La plupart des courtiers font correctement leur travail, même si certains ont pu dévier. Le plus fréquemment, les contentieux liés au devoir de conseil dans le crédit immobilier concernent des projets montés par des courtiers qui induisent en erreur des clients et des banques manquant de vigilance. © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !
  • 8. 232  Les enjeux de la banque aujourd’hui complémentaire qui serait, lui, totalement désintéressé car directement rémunéré par le client. Une régulation concentrée et limitée D’un côté nous avons donc nos banques, honnies, soumises à de multiples régulations, contrôlées, brocardées au moindre faux pas. De l’autre, nous avons une myriade d’acteurs non bancaires, qui jouent un rôle dans le système bancaire. Ils sont toujours perçus comme novateurs, plus performants que ces banques lourdes et procédurières, engoncées dans leurs ratios de solvabilité et de liquidité. Mais ils ne sont pas régulés. On les laisse faire, leurs responsabilités sont plus faibles, leurs procédures plus légères, ils sont moins plongés dans un carcan réglementaire. L’enjeu est majeur, car en cas de défaillance c’est tout le système bancaire qui peut s’effondrer. Le risque systémique devient ainsi plus du ressort d’acteurs non bancaires que des banques hyper-réglementées et hyper-contrôlées. © 2012, Pearson France, Brice Welti, Ne tirez pas sur les banquiers !

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