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À eux ainsi qu’à la jeunesse de France dans toute sa diversité, je leur dis de ne pas baisser les bras. La
grogne n’est pa...
La droite ne peut plus se contenter de transgresser le vocabulaire pour répondre aux aspirations du peuple.
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Extraits du livre de Jonas Haddad, Michael Miguères "Droite 2.0. Sortir la France du déclin et renouer avec le progrès"

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Extraits du livre de Jonas Haddad, Michael Miguères "Droite 2.0. Sortir la France du déclin et renouer avec le progrès" (préface de Jean-Pierre Rafffarin, Editions L'Harmattan, février 2014, 206 pages).

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  1. 1. Sommaire Préface Genèse PARTIE I - Face au déclin, inventer une nouvelle voie CHAPITRE 1 - Le déclin : du mythe à la réalité CHAPITRE 2 - « Patriotisme moderne » : Le génie français pour sortir de la crise PARTIE II - Redonner foi dans l’avenir CHAPITRE 1 - Foi dans le progrès CHAPITRE 2 - Quel Progrès pour demain ? PARTIE III - Maîtriser son destin dans un monde futuriste CHAPITRE 1 - Redresser un modèle français en faillite... CHAPITRE 2 - Pour changer de modèle, provoquons un électrochoc CHAPITRE 3 - Dépenser moins pour taxer moins CHAPITRE 4 - Pour une politique sociale moderne et efficace CHAPITRE 5 - Restaurer l’Éducation et l’Instruction publique CHAPITRE 6 - Pacifier la société française CHAPITRE 7 - Prévoir les bouleversements Nos 40 propositions pour sortir du déclin Table des matières Préface Imaginer le monde de demain en y décelant les risques et les opportunités pour la France est une mission délicate. Rechercher les réponses adaptées et participer au renouvellement des propositions politiques sont une tâche essentielle qui incombe en premier lieu à l’opposition actuelle, peut-être même la seule qui vaille. Le monde de ces dernières années a connu des bouleversements et des mutations plus rapides qu’à aucune autre époque de son histoire. Dans les prochaines années et les prochaines décennies, il sera soumis à des changements politiques, technologiques et culturels majeurs, et ressemblera de moins en moins à celui que nous avons connu jusqu’à présent. Dans ce contexte, la croissance de l’Occident, de l’Europe et de la France tend à s’épuiser progressivement selon un processus qui semble à beaucoup comme inexorable. Nos économies ressentent tous les jours le basculement de la croissance vers d’autres continents. La mondialisation puis les crises ont atténué nos forces dans l’économie mondiale. En France, cet épuisement est aussi moral et politique. Nous devons retrouver dans notre pays l’enthousiasme et la volonté qui font la réussite de tant d’autres pays actuellement dans le monde. Tous les pays à forte croissance, qu’on appelle les « émergents », se distinguent par cette foi dans l’avenir et un goût du risque que beaucoup de Français ont perdu car découragés par notre système. Pourtant, la France dispose de formidables atouts à commencer par ses créateurs et ses entrepreneurs. Mais ils étouffent dans une France pessimiste, rigide, sourde à leur élan. Ils se sentent victimes d’un État impuissant à agir et s’en prenant à l’action des autres, par l’impôt, les normes et les contraintes. La création semble, chez nous, sanctionnée. Pourtant, partout dans le monde, les créateurs sont valorisés, les PME protégées, l’initiative encouragée. Les plus libres sont alors tentés de partir. Notre pays doit certainement passer par des changements d’habitudes, de mentalité et de volonté pour évoluer en accord avec la nouvelle donne économique mondiale. Tous ces changements ne peuvent provenir d’un Gouvernement empêtré dans la gestion quotidienne et où chaque jour se révèle plus cruellement l’absence d’une aptitude essentielle dans un monde où la puissance est éclatée : le leadership. La lourde tâche du changement revient donc aux partis politiques qui ne sont pas aujourd’hui au pouvoir. La droite et le centre doivent singulièrement se distinguer dans l’opposition. C’est dans notre famille politique que doit se concrétiser la mutation des idées pour s’accorder avec la nouvelle donne mondiale et technologique. C’est pour cela que je félicite les jeunes auteurs de cet ouvrage qui ont raison de s’intéresser au sens qu’il conviendrait de donner à l’avenir aux nouveaux domaines qu’il faudra explorer, et de donner ainsi leur propre définition de l’engagement pour préparer l’avenir de notre pays.
  2. 2. À eux ainsi qu’à la jeunesse de France dans toute sa diversité, je leur dis de ne pas baisser les bras. La grogne n’est pas une pensée, pas plus que la colère n’est une philosophie. À la chinoise, il faut être à la fois combatif, vigoureusement, et confiant, sérieusement. Confiant, plus en nous que dans le système. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre Génération émigration Une récente étude a mis en exergue un phénomène que chacun observe depuis plusieurs années : l’émigration des jeunes Français, et notamment des jeunes diplômés. Ainsi, selon un sondage IFOPDeloitte de 2013, 27 % des jeunes interrogés envisagent de partir à l’étranger pour réussir leur vie. Ce chiffre n’était en 2012 que de 13 %. En l’espace d’un an seulement, le nombre de jeunes Français souhaitant quitter la France a doublé, sans compter tous ceux qui ont déjà quitté la France et ne sont par définition plus là pour répondre ! 27 % c’est en parallèle aussi le taux de chômage actuel chez les jeunes Français et comment ne pas rapprocher ces deux chiffres ? En effet, parmi les raisons qui poussent les jeunes à quitter la France, on trouve évidemment la plus grande facilité à trouver un emploi à l’étranger, une meilleure rémunération, mais aussi des loyers moins chers, la création d’entreprise encouragée, la fuite d’un climat morose, de contraintes administratives et fiscales encore trop importantes. Les jeunes ne croient plus en la capacité de la France à leur offrir un avenir meilleur ; ils ne l’estiment pas capable de sortir de la crise et de se redresser. L’émigration est très préoccupante pour la France car, au-delà de tout ce qu’elle dénote de l’abaissement du pays, elle marque le départ de jeunes diplômés très qualifiés qui pourraient insuffler une dynamique positive, source importante de croissance pour le pays. L’émigration représente un immense gâchis de nos filières d’enseignement d’excellence : la France a financé des formations très coûteuses à des jeunes qui contribuent finalement à la croissance d’autres pays. Dans une économie de la connaissance où ce sont les salariés les plus qualifiés qui contribuent le plus à la création de richesse d’un pays, cet exode des cerveaux a un impact désastreux sur la productivité de notre économie. Tous les économistes s’accordent à dire que l’émigration constitue un manque à gagner énorme en termes de création d’emplois, de création de richesses, de croissance et de rentrées fiscales. C’est d’ailleurs un des effets pernicieux de la hausse de la fiscalité qui fait fuir ceux qui auraient le plus contribué aux impôts s’il leur avait été permis de créer de la richesse dans leur pays. Pendant des décennies, des Européens, des Africains ou des Asiatiques venaient s’installer pour vivre mieux en France. Cette fois ce sont les Français qui quittent la France pour un ailleurs où ils pourront mieux vivre. La France vacille et perd un attribut d’une grande puissance mondiale : le pouvoir d’attraction. Dans l’ivresse de ses discours de candidat, François Hollande s’était exclamé qu’il voulait réenchanter le rêve français. Or, le nombre de jeunes qui souhaitent s’envoler vers d’autres horizons a plus que doublé en seulement un an. Un mouvement inexorable ? Le gouvernement actuel a bien compris que ses solutions pour redonner confiance aux jeunes n’étaient pas suffisantes, parce qu’il constate l’échec des emplois d’avenir qui sont tout sauf de l’avenir mais qui surtout ne trouvent pas preneurs, parce qu’il sait que l’Allemagne a réussi à résorber le fléau du chômage des jeunes en misant sur la solution efficace de l’apprentissage mais il a préféré supprimer les crédits liés à cette solution pour favoriser les emplois d’avenir. À la France d’ouvrir les yeux si elle ne veut pas atteindre le taux de chômage des jeunes en Espagne (57 %) ou au Portugal (42 %). Cette prise de conscience lui permettrait de créer les conditions pour que ses jeunes ne quittent pas massivement le pays de leur naissance. Sans doute nos élites ne prennent-elles pas la mesure de l’ampleur de ce phénomène, mais aucun pays qui se vide de ses forces vives, de ses forces de travail les plus énergiques et de ses entrepreneurs ne pourra connaître un meilleur futur. L’émigration doit être stoppée au plus vite et il nous faut d’urgence réfléchir à une grande politique économique qui seule permettra le retour de nos talents. C’est à la nouvelle droite de faire émerger dans l’opposition des propositions pour que tous les jeunes, et notamment les plus diplômés, retrouvent en France les conditions d’un épanouissement personnel et professionnel. C’est à la droite d’inciter les jeunes à innover, à entreprendre, à créer les conditions de leur avenir. Sans cela, l’ambition collective sera anéantie et l’ambition individuelle décidera de prendre un billet d’avion sans retour. Pour une droite d’affirmation Seule une nouvelle droite peut être le rempart qui stoppera le déclin. Mais pour cela, nous devons passer d’une droite de transgression à une droite d’affirmation qui pense ce qu’elle dit, qui fait ce qu’elle déclame.
  3. 3. La droite ne peut plus se contenter de transgresser le vocabulaire pour répondre aux aspirations du peuple. La transgression n’était qu’un moyen pour contourner l’épuisement idéologique. Comment désormais être crédibles et inspirer confiance aux prochaines élections nationales si nous ne sommes même pas capables de définir ce que nous croyons et ce que nous voulons, si nous nous contentons d’incursions ponctuelles dans les sujets qui préoccupent les Français ? Éric Zemmour avait été l’un des premiers à relever cet écueil au début du précédent quinquennat. « C’est toujours ainsi avec la droite : une transgression qui fait hurler les bien-pensants et la rapproche du peuple est toujours « payée » par une concession majeure au « Politiquement correct ». Habileté tactique qui lui permet d’éviter la diabolisation médiatique, mais rend incohérente sa pensée ». Il serait tentant de blâmer Nicolas Sarkozy pour ses transgressions, mais ce qui est en cause ce sont l’évolution des médias et la sociologie de leurs acteurs idéologiquement ancrés dans un logiciel gauchisant. Pour Sarkozy, la transgression était un moyen utile pour élargir l’audience de son discours. Cela a marché en 2007, moins en 2012. Quel Progrès pour demain ? Du progrès de l’Homme à l’Homme amélioré Le défi principal des prochaines années sera de sauvegarder toutes les singularités de l’être humain en accompagnant au mieux l’accélération de son évolution. Nous devrons faire en sorte que le progrès scientifique soit un progrès réel pour l’Homme, pas un Progrès qui l’écrase. La convergence des NBIC amorce une révolution majeure dans l’histoire de l’humanité. Tout ce que l’on a considéré depuis des décennies comme de la science-fiction et comme futuriste est désormais à nos portes. L’arbitrage de l’idée de Progrès devra se faire entre la liberté et la sécurité, entre la liberté et l’assurance. Voudrons- nous tous tout savoir de nos pathologies potentielles, des risques de notre corps, de nos faiblesses ? Accepterons-nous pour la prévention des risques, pour le renforcement de la justice que l’on puisse suivre chaque humain à la trace ? Il est probable que, selon les contextes et les mœurs, chaque société adoptera un degré de surveillance, de tolérance et de liberté différent. Où situer alors le Progrès ? Cette révolution qui se prépare annonce que l’Homme pourra dépasser toutes ses limites connues : une vie plus longue, une intelligence plus développée, une santé quasi assurée, une sorte d’omniscience. Toutes ces merveilleuses opportunités contiennent également en elles les germes de menaces : des armes plus meurtrières car plus ciblées, de possibles soumissions à une politique fondamentaliste plus oppressante, l’étouffement instantané de toute tentative de révolte devenue prévisible. Le Progrès comme boussole politique Toutes les conceptions du Progrès que nous venons d’énoncer et de clarifier permettront de restaurer la foi dans l’avenir. Mais celle-ci ne peut pas se décréter. Une société aussi désemparée que la société française d’aujourd’hui ne pourra pas se relever si elle ne sait pas dans quelle direction regarder. La droite française doit maintenant clairement définir cette direction. Cette droite a une histoire elle vient des profondeurs de l’abîme et a été fondée par Charles de Gaulle dont le refus de la fatalité résonne encore dans le cœur de nombreux Français. La droite doit se fonder sur le refus de la résignation, le refus de la fatalité face à la barbarie et à la mort de la France. C’est ce refus de la fatalité qui anima Georges Pompidou, successeur de De Gaulle à la Présidence de la République dans un temps où il fallait reconstruire la France, lui redonner le goût des avancées. Il fut le premier à mettre autant en avant le Progrès comme guide de la politique, de sa politique, le progrès économique pour le pays, le progrès social pour tous et surtout pour ceux qui en avaient le plus besoin, le progrès technique, mais également le perfectionnement de l’humanité grâce à la science, l’art et la poésie. Car, au fond, pourquoi s’engager en politique si tout doit rester pareil. Nous devons mettre un terme à un préjugé. Le conservatisme n’est pas forcément l’ennemi du Progrès. Benjamin Disraeli disait « Réformer ce qui vaut, conserver ce qu’il faut ». Le conservatisme, c’est conserver ce qui est nécessaire, utile et qui a de la valeur. Changer de regard sur le rôle de l’entrepreneur Il faut inverser notre façon de penser le rôle de l’entrepreneur. Le prochain gouvernement ne devra pas se demander comment les entreprises peuvent contribuer au maximum à l’impôt mais comment elles peuvent contribuer le plus à l’emploi, à l’activité et au commerce extérieur.
  4. 4. Tout l’environnement fiscal et administratif doit permettre aux entreprises françaises d’être les plus compétitives. Nous devons accepter ce qu’il va nous en coûter politiquement à court terme. Nous devons assumer de vouloir attirer le plus de capitaux possibles puisque tous les économistes s’accordent à dire que le niveau global des capitaux est un facteur déterminant de la croissance. Plus de capitaux permettra plus de croissance et plus d’emplois. Nous pouvons déjà prévoir les sarcasmes des socialistes que de nombreux journalistes reprendront, l’éternelle antienne des « cadeaux aux riches de la droite ! »… Nous assumons que nous préférons que les détenteurs de capitaux créent de l’emploi ici plutôt qu’ailleurs que celui qui détient du capital ne le garde pas dans un coffre-fort comme Picsou mais l’investisse car la base de l’économie est la circulation des capitaux. Eh oui, la croissance creusera les inégalités de revenus car ceux qui auront risqué leurs capitaux pour créer de l’emploi verront leurs revenus augmenter proportionnellement plus vite que les salariés ! Mais il y aura moins de chômeurs et tous verront néanmoins leur pouvoir d’achat augmenter. Rappelons notre exemple : si demain Bill Gates, fort de sa fortune de plusieurs dizaines de milliards d’euros, venait s’installer en France pour monter une nouvelle entreprise ou investir dans de nouveaux projets, cela créerait mécaniquement une hausse de la croissance, de l’emploi mais augmenterait les inégalités de revenus. Sur ce point nous devons assumer être du côté de l’emploi, de l’égalité réelle plutôt que de l’égalitarisme, du côté de la croissance des revenus plutôt que du nivellement égalitaire par le bas. L’Europe est un moyen à utiliser, pas une fin à espérer Au-delà des modifications de l’Union Européenne, nous ne devons pas oublier qu’attendre d’elle une amélioration de notre sort n’est qu’une utopie. C’est plutôt l’Union Européenne qui a besoin d’une France puissante économiquement et diplomatiquement pour bien fonctionner. La triste réalité est qu’aujourd’hui, dans le moteur francoallemand, le moteur français est en panne et seul le moteur allemand fonctionne. C’est aussi pour l’Europe que la France doit sortir au plus vite de son déclin. L’Europe économique pourrait se manifester autrement, et notamment en ce qui concerne les marchés publics, qu’il serait normal de confier en priorité à des acteurs économiques membres de l’Union. C’est pourquoi certains comme nous militent pour un Buy European Act. De plus, le fonctionnement de l’Union Européenne par grandes circonscriptions régionales (tandis que les conseils régionaux reçoivent des subventions de l’UE) devrait nous donner l’opportunité d’une grande simplification territoriale. Ce sont à la fois une simplification administrative, une plus grande efficacité d’action et une représentation démocratique efficace qu’il nous faut viser. Plusieurs pistes existent ; le conseiller territorial donnant rôle au conseiller général de conseiller régional, comme souhaité et voté sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy puis supprimé par le gouvernement socialiste, semble une bonne alternative. Il pourrait ainsi siéger au sein de conseil de super-régions de dimension européenne qui seraient dépositaires, en plus de leur dimension électorale, de vrais pouvoirs d’action en concertation avec l’État et l’Union Européenne. Surfer sur la vague des nouveaux émergents Les vraies nouvelles zones de croissance : Bangladesh, Éthiopie, Nigeria, Indonésie, Vietnam, Mexique (BENIVM) Puisque gouverner c’est anticiper, la droite d’opposition qui aspire à gouverner à nouveau doit anticiper les mouvements incessants de l’économie mondiale et se préparer à rendre à la France une place de premier rang dans les zones de nouvelle croissance, alors que les BRICS commencent à donner de sérieux signes d’essouflement. Fonds souverain à la française, retrouver notre souveraineté économique Pour damer le pion aux autres concurrents dans la course aux nouvelles zones de croissance et pour capter les meilleurs gisements de croissance, nous proposons que soit créé un fonds souverain à la française. Il serait placé sous l’autorité directe du président de la République et chargé d’investir dans les « pépites du nouveau monde ».

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