Belfort, le 25 avril 1014
Monsieur le Premier Ministre,
La presse économique (Les Echos du 25 avril 2014 et le Figaro écon...
Upcoming SlideShare
Loading in …5
×

Alstom-Lettre Jean-Pierre Raffarin

13,247 views
13,162 views

Published on

Published in: Engineering
0 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total views
13,247
On SlideShare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
7,849
Actions
Shares
0
Downloads
4
Comments
0
Likes
0
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Alstom-Lettre Jean-Pierre Raffarin

  1. 1. Belfort, le 25 avril 1014 Monsieur le Premier Ministre, La presse économique (Les Echos du 25 avril 2014 et le Figaro économique du même jour) annoncent comme très avancé le projet de rachat de la branche énergie (Alstom Power) par General Electric. Le groupe américain a déjà repris en 1999 la branche « turbines à gaz » quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse. Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre. Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l’époque a abouti à deux résultats : Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu’elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Par ailleurs, General Electric, s’il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, tend aujourd’hui à relocaliser une part de ses fabrications aux États-Unis, ce qui correspond, semble t-il, aux orientations données par le Président Obama. Cette évolution illustre la nécessité de maintenir en France les centres de décision, comme vous l’avez d’ailleurs évoqué. Nous savons ce que nous a coûté l’abandon d’Usinor-Sacilor à Arcelor, au prétexte de constituer un groupe européen, puis à Mittal, la France s’étant désarmée en acceptant le choix du Luxembourg pour l’implantation du siège social d’Arcelor. Il en est allé de même avec Péchiney, abandonné à Alcan sur décision de la Commission européenne avec comme conséquence la fermeture de l’usine de St Jean de Maurienne. Hier, c’était le tour de Lafarge dont le siège social a été délocalisé de Paris à Zurich. Aujourd’hui, la reprise de la branche énergie d’Alstom porterait un coup fatal à l’indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l’abandon par la France d’un des deniers pans de son industrie d’équipement : turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance etc. Comme l’observe le journal les Echos, la fuite des centres de décision est dramatique : lorsqu’on mesure pleinement les conséquences, comme à la guerre il sera trop tard pour livrer bataille. C’est pourquoi je vous demande instamment, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question. A travers les marchés publics, l’État a les moyens de se faire entendre. Vous remerciant d’une prompte intervention, je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée. Jean-Pierre Chevènement

×