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Roman Photo As. Blanchet& B. Asselah Roman Photo As. Blanchet& B. Asselah Presentation Transcript

  • Blanchet Anne-Sophie Un homme qui dort Asselah Brice d’après le roman de Georges Perec
  • Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger ; qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés.
  • torse nu, dans ta chambre de bonne, sur l’étroite Tu es assis, banquette qui te sert de lit. d’un pantalon de pyjama, vêtu seulement
  • Tu apprends la transparence, l’immobilité, l’inexistence.
  • Tu écoutes les bruits de la rue, la goutte d’eau au robinet du palier, tu suis sur le plafond, la ligne sinueuse d’une mince fissure. Ceci est ta vie. Ceci est toi.
  • ois . rev mis ne s a tu te pas Tu ne descends pas chercher ton Tu courrier. n’ouvres pas Tu ta porte ne sors qu’à la tombée de la nuit.
  • Plus tard, tu quittes Paris tu pars chez tes parents, tu ne vas pas à l’aventure, à la campagne, près d’Auxerre.
  • Tu es seul. Tu apprends à marcher comme un homme seul, à flâner, à traîner, à voir sans regarder, à regarder sans voir.
  • Tu découvres des rues où nulle voiture jamais ne passe, Tu découvres les passages: Passage Choiseul, Passage des Panoramas, Passage Jouffroy, Passage Verdeau ... où nul presque ne semble habiter, sans autre magasin qu’une boutique fantôme,(...)
  • Leurs pas résonnent dans la nuit. tu les sais près de toi à chaque heure, tu suis leur ombre, tu es leur ombre. Mais ces visages sans âge, ces silhouettes frêles ou flasques, ces dos ronds, gris
  • Tu t’assieds Quand tu manges, désormais, c’est un peu ce que au fond d’un les psychophysiologistes appellent une «prise de nourriture». café.
  • Ces pieds sur les trottoirs, Les monstres sont entrés dans ta vie, les rats, tes semblables, tes frères. quelle force ou quel mystère les fait po- ser alternativement le pied droit puis le pied gauche. Les dizaines, les centaines, les milliers de monstres tu les repères, tu les reconnais à d’imperceptibles signes.
  • Tu t’es arrêté de parler et seul le silence t’a répondu. l iers, e s mil and ts, c ts, qu c es mo de mo Mais s i llion as-tu? ces m rouver le s ret
  • Non. Tu n’es plus le maître anonyme du monde, celui sur qui l’histoire n’avait pas de prise, celui qui ne sentait pas la pluie tombée, qui ne voyait pas la nuit venir. Tu n’es plus l’inaccessible, le limpide, le transparent. Tu as peur, tu attends.