Novembre 2011
 Un constat :                Producteurs et directeurs artistiques des maisons de disques le concèdent :                 ...
Objectifs généraux Etudier plus précisément l’influence sociale opérante dans le champ musical      Par l’étude des infl...
Supports théoriques : intégration de l’objet d’étude Nous sommes tous mus par le désir de faire partie de groupes auxquel...
 Le lien entre la catégorisation sociale et la Théorie de l’Influence Sociale est très fin :Avec cette théorie, on étudie...
Supports théoriques : Auto-Catégorisation et Dissociation Modèle de la dissociation de Perez et Mugny (1993) : il faut di...
Hypothèses de recherche           Au regard de ces considérations, la musique est un objet d’étude très complexe  Ainsi, l...
Expérience pilote : sélection du morceauSupport de l’évaluation de la modification de l’appréciation et de l’intention de ...
L’expérience Recrutement et diffusion      Via Facebook      Trois « foyers de diffusion »      Participants français ...
Première page HTML
Deuxième page HTML (condition d’influence majoritaire)
 Questionnaire     Appréciation du morceau         Mesure de l’influence manifeste         Echelle impaire en sept poi...
Questionnaire (Première page)
 Echantillon      100 observations retenues par     condition      Autant d’hommes que de femmes     par condition     ...
Hypothèses de recherche                                                       Hypothèses opérationnellesH1 : Au niveau man...
Résultats : niveau manifeste, principaux effets Prédictions de la Dissociation : Résultats (F(2,297)=8.23 ; p<.001) :   ...
 Interaction de l’expertise (F(2,294)=123.15 ; p<.001) :                         Validation de l’hypothèse H2          ...
Par opposition aux tendances dictées par le marché, les experts en musique pourraient êtreperçus comme amateurs de ce que ...
Résultats : niveau latent, ouverture au débat Résultats (F(2,297)=4.40 ; p<.02) :      Validation de l’hypothèse H3/a   ...
Pas deffet dinteraction entre lexpertise auto-perçue                                et le support numérique de linfluence ...
 Concernant lappréciation du morceau, les sujets experts seraient soumis à une influencemanifeste en condition minoritair...
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Résultats : retour sur les objectifs de l’étude Lier ces analyses au contexte actuel du marché de la musique      Des ma...
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Rôle de l'influence sociale et de l'expertise auto perçue dans le champ musical
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Rôle de l'influence sociale et de l'expertise auto perçue dans le champ musical

  1. 1. Novembre 2011
  2. 2.  Un constat : Producteurs et directeurs artistiques des maisons de disques le concèdent : personne nest en mesure de prévoir quel sera le prochain grand succès Une interrogation : Comment le succès, dans les marchés culturels, peut-il être à la fois immédiatement et de façonsaisissante, distinct de la performance moyenne, et pourtant très difficile à anticiper pour des experts motivés par le profit et armés d’une multitude d’études de marchés ? Une première explication : Salganik et al. (2006) : les consommateurs achètent plus volontiers un titre qui se vend bien, indépendamment de sa qualité intrinsèque  Les consommateurs semblent apprécier plus la musique par mimétisme que pour ses qualités intrinsèques  La notion de qualité intrinsèque en musique est donc matière à débat : les goûts sont uniformisés par l’influence sociale de la majorité Un fonctionnement particulier du marché : Le « Superstar Effect », ou marché du « Winner-Take-All »
  3. 3. Objectifs généraux Etudier plus précisément l’influence sociale opérante dans le champ musical  Par l’étude des influences majoritaires ET minoritaires  Par l’analyse du rapport que peut entretenir le consommateur de musique à l’influence sociale et ses différentes modalités, selon qu’il est simple amateur occasionnel ou véritable audiophile Dresser un état de l’art des processus psychosociaux intervenants dans le champ musical Lier ces analyses au contexte actuel du marché de la musique
  4. 4. Supports théoriques : intégration de l’objet d’étude Nous sommes tous mus par le désir de faire partie de groupes auxquels on s’attache ou désires’identifier  Nous calibrons nos attitudes et réflexions par rapport aux autres, dans la volonté (consciente autant qu’inconsciente) d’obtenir des appartenances valorisées permettant ainsi de développer une identité sociale positive  L’intégration de l’individu dans des groupes permet sa socialisation et oriente sa sociabilité  Les implications sociales de la musique ne sont pas exemptées de ces mécanismes  Notion de groupe de référence Sherif (1956), et fonctions de ces groupes  Conformité supérieure de soi de Codol (1975) … Mais l’aspiration à appartenir à des groupes valorisés ne s’arrête pas là : nous catégorisons pourdessiner nos environnements sociaux, ce qui oriente nos actions tout en réactualisant nos systèmesde valeurs  Principe de catégorisation sociale de Tajfel (1984), Théorie de l’Identité Sociale
  5. 5.  Le lien entre la catégorisation sociale et la Théorie de l’Influence Sociale est très fin :Avec cette théorie, on étudiera les processus consistants à identifier comme émanant de notre librearbitre, ce qui est en réalité la marque d’un groupe  Large référence donc aux concepts avancés par Moscovici et issus de la théorie de l’Influence Sociale :  Notion de conformisme,  de minorités actives (d’influence comme processus bilatéral, de changement social, de production et de résorption des conflits, de norme d’originalité…),  et d’influence manifeste ou latente  Apports sociocognitifs de la théorie de l’Auto-catégorisation de Turner et al. (1987) :  Principe de méta-contraste,  notion de dépersonnalisation de soi,  notion de prototypicalité,  et dynamique d’assimilation
  6. 6. Supports théoriques : Auto-Catégorisation et Dissociation Modèle de la dissociation de Perez et Mugny (1993) : il faut différencier des niveaux manifestes etlatents Linfluence manifeste serait lapanage des majorités, tandis que linfluence latente serait celui des minorités La Théorie de lAuto-Catégorisation de Turner et al. (1987) avance dautres hypothèses Si linfluence procède dune assimilation au prototype par un ajustement comparatif dépendant du contexte, linfluence sociale se traduirait différemment aux niveaux manifeste et latent Deux principales mesures ont ainsi été prises en compte :  La mesure de linfluence manifeste a été obtenue par l’évaluation de lappréciation dun morceau de musique  La mesure de linfluence latente a été obtenue par lévaluation de lintention de téléchargement de cette même musique
  7. 7. Hypothèses de recherche Au regard de ces considérations, la musique est un objet d’étude très complexe Ainsi, linfluence sociale est envisagée ici comme indissociable et profondément dépendante des dynamiques identitaires décrites par la théorie de lauto-catégorisation H1 : Au niveau manifeste, le modèle de la dissociation ne suffit pas, à lui seul, à expliquerlensemble des processus dinfluence opérants pour la musique H2 : Lexplication de cette insuffisance pourrait être apportée par la prise en compte desdynamiques mises en avant par la théorie de lauto-catégorisation H3 : Les dynamiques propres au modèle de lauto-catégorisation devraient également êtreopérantes au niveau de linfluence latente
  8. 8. Expérience pilote : sélection du morceauSupport de l’évaluation de la modification de l’appréciation et de l’intention de téléchargement dumorceau en fonction des différentes conditions d’influence sociale  Trois morceaux créés  4 principales considérations méthodologiques pour leur composition :  Pas de style prédominant  Pas de normalisation  Pas de registre de fréquence particulier  Nombre commun de BPM  Un seul retenu  But : obtenir un morceau dont la moyenne de l’évaluation de l’appréciation est très moyenne, et pour laquelle la dispersion des appréciations est la moins étendue possible  Expérience on-line sur 15O personnes (50 par morceaux)  Evaluation de l’appréciation du morceau sur une échelle allant de 1 à 7  Modalité de registre musical recherché : « autres »  Autant d’hommes que de femmes  Cible jeune (de 15 à 35 ans)  Perfectionnement du morceau par test/re-testLe morceau retenu a une moyenne d’évaluation de son appréciation de 3.98 et un écart-type de1.18 ; la réponse dominante quant au choix du registre musical est "autre" (32/50)
  9. 9. L’expérience Recrutement et diffusion  Via Facebook  Trois « foyers de diffusion »  Participants français et francophones  Diffusion par messages privés Première page HTML (accueil et consignes)  Evite de donner les consignes dans le message Facebook  Aspect professionnel, sérieux  Ergonomie visuelle maximale (plein écran, charte graphique épurée…)  Information de la tache expérimentale - permet l’allègement visuel de la seconde page HTML Seconde page HTML  Lecteur Soundcloud  Les 3 histogrammes : supports visuels source d’influence  Condition contrôle, la majorité des votes est massée sur la note médiane ; condition majoritaire, la majorité est massée sur la note 6 ; condition minoritaire, la majorité est massée sur la note 2  Echelle correspondant au système de notation  Intégration d’un code couleur (vérification de la compréhension, renfort de l’influence, concentration sur la partie « j’aime »)
  10. 10. Première page HTML
  11. 11. Deuxième page HTML (condition d’influence majoritaire)
  12. 12.  Questionnaire  Appréciation du morceau  Mesure de l’influence manifeste  Echelle impaire en sept points correspondant à l’abscisse du graphique 1  Echelle d’expertise  Renvoyant au fait de se sentir ou non amateur éclairé de musique  Items généraux  Items révélant l’imaginaire que l’on se fait de la perception d’autrui sur soi-même  Items suggérant des contextes sociaux élaborés  Validation de l’échelle d’expertise 2  Comparaison du score d’expertise à ce critère externe de performance  Mesures conatives  Mesures cognitives et affectives  Test de la compréhension du message d’influence 1 Fiabilité :  Trois questions inclusives Alpha de Cronbach = 0.93 2 (r=.31, p<.001)  Variables sociodémographiques : Age et sexe  Intention de téléchargement  Mesure de l’influence latente  Echelle impaire en sept points correspondant à l’abscisse du graphique
  13. 13. Questionnaire (Première page)
  14. 14.  Echantillon  100 observations retenues par condition  Autant d’hommes que de femmes par condition  Population âgée de 15 à 32 ans (cœur de cible des annonceurs dans le champ musical)  Seuls les individus ayant bien compris le graphique ont été retenus Recueil des données via Google Doc
  15. 15. Hypothèses de recherche Hypothèses opérationnellesH1 : Au niveau manifeste, le modèle de la dissociation ne H1/a : En fonction du support numérique de linfluence, lesuffit pas, à lui seul, à expliquer lensemble des processus panel de résultat mis en valeur par la mesure de lappréciationdinfluence opérants pour la musique du morceau sera différent de celui classiquement observéH2 : Lexplication de cette insuffisance pourrait être H2/a : Lauto-évaluation de lexpertise aura un rôleapportée par la prise en compte des dynamiques mises modérateur dans leffet du support numérique deen avant par la théorie de lauto-catégorisation linfluence sur lappréciation du morceau H2/b : En condition dinfluence minoritaire, le score dexpertise sera corrélé positivement et significativement avec le score dappréciation du morceau H2/c : En condition dinfluence majoritaire, le score dexpertise sera corrélé négativement et significativement avec le score dappréciation du morceauH3 : Les dynamiques propres au modèle de lauto- H3/a : En fonction du support numérique de linfluence, lecatégorisation devraient également être opérantes panel de résultat mis en valeur par la mesure de lintentionau niveau latent de téléchargement du morceau sera différent de celui classiquement observé H3/b : Lauto-évaluation de lexpertise aura un rôle modérateur dans leffet du support numérique de linfluence sur lintention de téléchargement du morceau
  16. 16. Résultats : niveau manifeste, principaux effets Prédictions de la Dissociation : Résultats (F(2,297)=8.23 ; p<.001) :  Validation de l’hypothèse H1
  17. 17.  Interaction de l’expertise (F(2,294)=123.15 ; p<.001) :   Validation de l’hypothèse H2  Il semblerait que la théorie de lauto-catégorisation puisse nous offrir des clés pour une compréhension de cette autre source dinfluenceLes sujets se sentant experts en musique sassimileraient au prototype de lexpert en musique dansun groupe dappartenance : la minoritéUn prototype de l’expert ? Le détachement de lopinion considérée comme général, véhiculée par lesmass media dans les marchés culturels ; forte saillance de la qualité de critique dans lesreprésentations collectivesUne vision unanimement partagée : Lopposition de la musique dite commerciale, très industrialisée,à la musique dite "non commerciale", perçue alors comme réellement « artistique »
  18. 18. Par opposition aux tendances dictées par le marché, les experts en musique pourraient êtreperçus comme amateurs de ce que peu de gens connaissent et apprécient…… et le consommateur expert pourrait mettre en place tout un panel de défenses régies parlidentification de la menace dune éventuelle manipulation Les experts en musique obéiraient donc à cette vision prototypique dictée par leur groupedappartenancePar une dynamique d’assimilation, ils seront donc conditionnés à suivre linfluence des minorités pourrentrer en concordance avec leur identité, revendiquée, dexpert en musique Cette influence manifeste induite par la minorité serait donc, conformément à la théorie de lauto-catégorisation, le produit dune assimilation au prototype mentalement construit de lexpert en musique, perçu comme refusant un certain « conformisme »
  19. 19. Résultats : niveau latent, ouverture au débat Résultats (F(2,297)=4.40 ; p<.02) :  Validation de l’hypothèse H3/a Cependant, ces résultats semblent plus proches du modèle de la dissociation que ce qui était attenduLes participants intégreraient mieux le message émis par la minorité en termes dappréciation dumorceau, en le retranscrivant sur la dimension comportementale quest lintention detéléchargementA linverse, lappréciation positive du morceau par la majorité est significativement moins retranscritesur lintention de téléchargement, la dimension latente de linfluence
  20. 20. Pas deffet dinteraction entre lexpertise auto-perçue et le support numérique de linfluence Lintroduction de lexpertise auto-perçue rend leffet du support numérique de linfluence sur lintention de téléchargement nul Les dynamiques propres au modèle de lauto-catégorisation ne seraient donc pas opérantes auniveau de linfluence latente ??? Invalidation totale des logiques d’interaction entre Auto-Catégorisation et Influence Sociale ???  Vers un raisonnement alternatif :
  21. 21.  Concernant lappréciation du morceau, les sujets experts seraient soumis à une influencemanifeste en condition minoritaire et non pas majoritaire Or, le processus dauto-catégorisation sous tend un fort travail cognitif effectué par les sujetsCe travail cognitif semble très proche de celui de lélaboration des comparaisons sociales opérantdans le modèle de la dissociation (centration sur un « conformisme » qui empêcherait dintégrer lemessage de la source ; le jugement émis par la minorité ne provoquerait pas cette interférence etpermettrait donc au sujet dintégrer le message de façon latente)Pour les individus se percevant experts en musique, ce travail de comparaison sociale se traduiraitdonc, non pas par un conformisme à la majorité, mais par des dynamiques dassimilations groupales :un travail cognitif de comparaison sociale centré sur la minorité, émanant dune comparaison socialeau prototypeCela se traduirait par une sorte de conformisme à la minorité, induit par le sentiment dêtre expert, etpar la pression à revendiquer et afficher cette expertiseCes sujets ne seraient donc pas en mesure dintégrer profondément le message émis par la minorité,puisque leurs ressources cognitives seraient centrées sur leur assimilation à cette minorité  Les experts ne subiraient pas dinfluence latente par la minorité, puisquils sont dans limpossibilité dintégrer son message
  22. 22. ??? Si le travail cognitif des experts en musique est centré sur le positionnement minoritaire, ces derniers pourraient être plus à même dintégrer profondément le message de la majorité, ce qui induirait une influence latente de lopinion majoritaire ???Il est largement plus probable que, dans un tel contexte, le travail dassimilation au prototype de laminorité inclut une comparaison avec le groupe majoritaire :En admettant que le prototype de lexpert en jugement musical soit essentiellement défini par sonopposition avec le jugement de la majorité, la nature même de lopinion prototypique minoritaire neprend sens quen comparaison avec lopinion prototypique majoritaireAinsi, le travail cognitif effectué par les experts en musique serait centré à la fois sur le groupeminoritaire et sur le groupe majoritaireLexpert en musique serait donc dans lincapacité cognitive de traiter en profondeur le message émispar la minorité tout comme celui émis par la majorité  Le sujet expert en musique ne pourrait donc être soumis à aucune influence latente, il subirait uniquement une influence manifeste centrée sur son assimilation au prototype de son groupe dappartenance Doù labsence deffet de lexpertise auto-perçue sur le panel deffets de linfluence latente
  23. 23. Résultats : retour sur les objectifs de l’étude Lier ces analyses au contexte actuel du marché de la musique  Des majores se devant de prendre en considération linsertion de l’artiste dans des microsystèmes de valeurs, des tendances sociétales extrêmement mouvantes, segmentées et présentes dans tous les esprits  Des consommateurs noyés dans ce foisonnement de musique socialisée En quelques années, les réseaux découte de musique sur internet se sont tous mutés en réseaux sociaux lorsquils devenaient des réseaux de distribution  La musique doit sinscrire dans un courant qui lui confère une certaine « image de marque », que le consommateur puisse sapproprier
  24. 24. Apprécier une musique et vouloir la télécharger renvoient à des dynamiques différentes Par cette étude, les résultats obtenus par Salganik ne sont que confortés ; de puissantesdynamiques identitaires sont donc à prendre en compte dans l’étude de l’influence sociale Le triptyque appréciation – expertise – consommation n’est qu’un exemple de la nécessité deprendre en compte à la fois les dynamiques identitaires et d’influence mises en évidence par lapsychologie sociale dans l’étude des perspectives de succès des musiques par des approchesmarketing et de communication

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