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De l’amateur au praticien transmédiatique curieux ou 5 bonnes raisons d’en finir avec le mythe de l’amateur digital
 

De l’amateur au praticien transmédiatique curieux ou 5 bonnes raisons d’en finir avec le mythe de l’amateur digital

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Conférence donnée lors de la journée "La création artistique au prisme du web. Enjeux et perspectives", organisée le 4 juillet 2013 par Sophie Noël, Manuel Dupuy-Salle et Antoine Gaudin par ...

Conférence donnée lors de la journée "La création artistique au prisme du web. Enjeux et perspectives", organisée le 4 juillet 2013 par Sophie Noël, Manuel Dupuy-Salle et Antoine Gaudin par l'IRCAV/Paris 3 dans le cadre du labex ICCA

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  • Je pourrais vous dire : oui il y une production amateur sur internet, il existe des communautés créatives avec des auteurs qui peuvent être des proam, qui sont de nouveaux entrants, qui désirent la célébrité. Je pourrais analyser leurs productions selon la carte des goûts de la Distinction de Bourdieu et poser le verdict des enfants perdus de la légitimité culturelle au profit d’une moyennisation généralisée d’un « art moyen. Je sais que cela rassure tout le monde. Mettre un peu d’ordre culturel existe dans le bazar d’internet c’est aussi notre mission de scientifique. Mais d’une certaine façon, ce serait vous mentir. Depuis près de 15 ans que j’étudie par la voie ethnographique les pratiques digitales, la catégorisation d’amateur s’est montrée de plus en plus inutile :pas assez précise, trop normative. Il a fallu trouver d’autres jeux de catégories, décrire de l’intérieur (au plus près des discours, des représentations, des gestes, des corps…) les pratiques et les usagers. C’est un travail en cours cf la partie crowdfunding qui amène à reproblématiser la grammaire de la participation sur le web.5 bonnes raisons d’en finir avec les amateurs : plus de 15 ans d’études ethno usages, analyse corpus digitaux. Avec au départ l’amateur dans l’AV, le cinéphilie sur internet pour arriver à d’autres catégorisations qui me semblent décrire moins asymétriquement ce que font les praticiens du web.Il y a ici de la créativité, des usages ordinaires de créations diverses
  • Aller plus loin que la notion de participation
  • Esthétique amateur : expressivisme généralisée : se mettre en forme et pas se mettre à nu / l’image comme vêtement

De l’amateur au praticien transmédiatique curieux ou 5 bonnes raisons d’en finir avec le mythe de l’amateur digital De l’amateur au praticien transmédiatique curieux ou 5 bonnes raisons d’en finir avec le mythe de l’amateur digital Presentation Transcript

  • DE L’AMATEUR AU PRATICIEN TRANSMEDIATIQUE CURIEUX OU 5 BONNES RAISONS D’EN FINIR AVEC LE MYTHE DE L’AMATEUR DIGITAL «
  • UN RECIT POSSIBLE EN TROMPE L’OEIL  Oui, il y a une production amateur sur internet,  Oui il existe des communautés créatives avec d’authentiques auteurs, pas ces commentateurs narcissiques qui tweetent sur Top Chef.  Oui ce sont des proam, ce sont de nouveaux entrants dans des carrières artistiques. Oui ils désirent la célébrité, cette forme typiquement web 2.0 de la reconnaissance.  Oui ce sont les enfants perdus de la légitimité culturelle.  La faute à Google (donc la NSA) annulant les hiérarchies culturelles avec son algorithme de recherche basé sur le goût moyen.  Mettre un peu d’ordre culturel existe dans le bazar d’internet.  Mais d’une certaine façon, ce serait vous mentir.  En 15 ans d’études par la voie ethnographique des pratiques digitales, la catégorisation d’amateur s’est montrée de plus en plus inutile :pas assez précise, trop normative.  Catégorie « zombie » (Ulrich Beck) qui ne fait plus réfléchir et qui s’interpose devant les terrains de recherche.  Une fois qu’on a qualité une production digitale d’amateur …qu’a-t-on appris sur les pratiques elles-mêmes ?  Trouver d’autres jeux de catégories, décrire de l’intérieur (au plus près des discours, des représentations, des gestes, des corps…) les pratiques et les usagers.  Voilà à quoi ressemblerait plutôt l’amateur sur le web.
  • 1-Y A-T-IL DES AMATEURS SUR LE WEB ?  Orientation théorique épistémologique et méthologique : socio—pragmatique / ethnométhodologie/C.S  Thèse sur les pratiques amateurs AV 1994  Etude des pratiques numériques « amateurs de cinéma » : étude sur cinéphilie en ligne sur Titanic en 1997. Réseaux n°99).  Entrée « amateur» toujours été pragmatique et non normative.  «Amateur / Professionnel » : Membership Categorization Device - MCD asymétrique (Harvey Sacks).  Se poser la question de l’usage de ces catégorisations.  Quand ? Comment ? Par qui ? y a-t-il appellation « amateurs » ?  Cf Film de famille relève esthétique amateur qui répond in fine aux fonctions sociales « faire famille à travers sa représentation.»  Sessions Skype sont les films de famille du digital : esthétique de la webcam, du « double écran » pour les analystes mais pour les usagers =dispositif comme pièce commune » réunissant diasporas, expats…
  • 2-PRATICIEN CURIEUX VS AMATEUR  «Le changement essentiel que l’Internet a apporté est la décentralisation radicale des moyens élémentaires de production de l’information, du savoir et de la culture (traitement, stockage, communication, localisati on et détection) qui sont distribués dans l’ensemble de la population », Yoshai Benkler, La richesse des réseaux », PUL, 2009  Entretiens dans cadre ethnographie des usages du numérique par les individus connectés menées depuis plusieurs années :  Ni amateur, ni pro, mais des praticiens des outils et des contenus au quotidien.  Aujourd’hui, tous praticiens transmédiatiques et transcécraniques : politique, consommation, culture….  17% des Français utilisent trois terminaux pour se connecter à Internet; 96% des Français utilisent chaque semaine un ordinateur fixe ou portable, 54% un Smartphone et 23% une tablette; 6 écrans par foyer. (Médiamétrie juin 2013)  Des praticiens curieux dont Internet et le mobile aiguillonnent et nourrissent la curiosité.  Le curieux, au XVIIème siècle comme au XXIème siècle, est plutôt un omnivore qu’un spécialiste ou un expert. Krzysztof Pomian, Collectionneurs, amateurs, curieux: Paris-Venise, XVIe -XIIIe siècles, Paris, Gallimard, 1987. « Aujourd’hui quand tu es fan de basquet comme moi, tu te mets forcément sur les forum, tu suis tous ça sur Internet, même tu apprends l’anglais pour comprendre ce que les grands basketteurs américains disent sur youtube. Il n’a pas ceux qui vont sur Internet d’un côté et ceux qui n’y vont pas de l’autre : il y a ceux qui sont passionnés ou curieux, et ceux qui ne le sont pas. Même Georges, qui est pas une flèche, il s’est mis à l’ordinateur à cause du basket. Et mon ami qui adore l’apiculture, pareil » Jean-Claude, 61 ans, retraité SNCF, janvier 2012 “L’ordinateur, c’est 3-4 fois par semaine, cela dépend de ce qu’il y a à la télé. J’aime bien quand je vois quelque chose à la télévision un truc intéressant, je vais le soir voir les sites. “je tape sur Google un mot-clé comme “Inca”, “Cobra Royal”. Mais je vais pas sur les premiers liens genre Wikipédia. Je vais voir les photos et les sites de vidéos”. Armando, 38 ans, facadier, Paris) curieux et inventeur de la télé connectée, janvier 2012  «C’est devenu un réflexe de prendre mon iPhone quand je me pose une question…L’autre fois je me demandais à quelle hauteur était la Tour Eiffel. Mon fils me dit «t’es folle avec ton téléphone» . Moi je suis juste curieuse.»,
  • 3-EXPRESSIVISME VS ESTHETIQUE AMATEUR Praticiens transécraniques curieux qui avec leurs outils s’expriment et communiquent.  Procédé langagier le plus commun s ur les SNS : parler par images (« montée du web visuel »).  Images crées par soi-même issues le plus souvent du mobile (5,2 milliards de mobiles actuellement en service, 4,4 milliards sont dotés d’un appareil photo. 82% des mobinautes prennent des photographies avec leurs mobiles (Mary Meeker Rapport, juin 2013)  L’usage social de images crées ou re-crées par les utilisateur est de nature conversationnelle.  Sur internet, contrairement à ce qui est ressassé, on ne s’expose jamais à nu. Il y a toujours une mise en forme de ce qu’on veut dire et de ce qu’on veut montrer de soi.  Le langage de l’image –ou agencements de signes - est comme un vêtement.  Perfomativité de l’identité comme signe : s’auto-formuler à travers petite forme ; « dire c’est être.»  Concept d’individualisme expressif : arrière-plan sociétal qui habilite tout un chacun à s’exprimer
  • 4-REMIXEUR DECRYPTEUR VS (A)MATEUR D’IMAGES Les contenus crées par soi-même ou remixés symboliquement constituent la matière conversationnelle sur les SNS et applications mobiles.  Usage expressif mais également « défensif . »  internet comme machine à se protéger des contenus choquant, à décrypter, à réinterpréter et resignifier.  jeunes interrogés pour la CNIL citent spontanément les contenus homophobes ou racistes, là où les adultes pensent d’abord pornographie (CNIL, France, 2011).  Regarder un remix d’un clip « bling bling » avec des représentations hypersexualisées des filles ou des garçons, c’est aussi se protéger de ces images « choquantes » par leurs stéréotypes du genre.  Le remix est une des formes d’auto-protection des jeunes offertes par internet.  Savoir que ces remixes existent et qu’ils peuvent être plus visionnés encore que les contenus sources est assez rassurant.  Les images sont toujours soumises à discussion sur internet, elles ne sont pas consommables simplement au premier degré sans commentaire.
  • 5-PARTICIPER C’EST AVOIR UNE PART  Remix s’adossant aux pratiques sociales digitales ordinaires représente une modalité inclusive du rapport aux oeuvres.  Remix comme format d’appropriabilité des contenus culturels.  Consécration culturelle du remix : Muséomix , Biblio Remix, Public Domaine Remix, Mashup Film Festival  Il constitue l’un des formats d’une participation culturelle éprouvée sur le web .  Logique de participation culturelle qui repose sur la réversibilité des rôles culturels .  Culture numérique en écriture/lecture rend encore une fois quelque peu inopérante la notion « d’amateurs; »  Grammaire de la participation culturelle à trois temps : » prendre part à une activité » , «apporter une part en y contribuant » et « recevoir une part », c'est-à-dire une gratification rendant possible « en retour le prendre part.» (Joëlle Zask, Participer. Essai sur les formes démocratiques de la participation., 2011.)  Le laboratoire du crowdfunding comme dépassement tendance intrusive du digital labor, du crowdsourcing : contribution &