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Grammaire Port-Royal
 

Grammaire Port-Royal

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És l'edició facsímil de la Grammaire générale de Port-Royal, publicada originalment el 1660. Aquesta edició data de 1754 i porta les anotacions de Charles Duclos, Secretari de l’Académie ...

És l'edició facsímil de la Grammaire générale de Port-Royal, publicada originalment el 1660. Aquesta edició data de 1754 i porta les anotacions de Charles Duclos, Secretari de l’Académie Française. La font del document és la biblioteca digital Gallica, de la Bibliothèque nationale de France http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-84320

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    Grammaire Port-Royal Grammaire Port-Royal Document Transcript

    • GRiMMAIRE , 1 GENERALE, ET RAISONNÉÈ; CONTENANTL Ji: S fondemens de lart de parler 1 expliqués dune maniere claire & naturelle;LE s rai Cons de ce qui dl: commun à toutes les Langues t Be. des principales diffécences qui sy rencontrent ;E Tplulicurs remarques nouvelles (ur Ia Langu. Françoitè. M., 1) ç C. L 1 V• ..tfVte Applobat;oll Ô PriviJége d. 1101.
    • Î 1; PREFACE.Î E N GAG EM E NT o~ je me juis L trouté , p!~tÔt par rencontre que par mon choix, de travailler aux Gram- maires de diverJès Langtfes) ma JOuvent porté à rec/,ercher les raifims de plufieurs cholès aui font ou communes à toutes les J l J Langues , ou particu/ieres à quelques~ ,mes: mais y ayant quelqueftis trollvé des difficNltés qui ma"êtoient , je les ai communiquées, dans les rerlcontres, à lm de mes amis) qui ne shant jtlmais.appJi~ ~é à cette filrre dejèiencc JI na pas laiJP de me donne/! beaucoup do~rvertur!s pour refludre nus doutes; & mes luejlians ïnéme ont été cauft quil a fait diverfts réfieXlO1H.fùr les vrais fondemens de fart de parler, dont m""ayam entretenu dans la umLerJàtion, je ies trouvaififilides, que i·e me fis conJèience dt les la~!Jèr perdre, Jr/ayant rien vi2 dans les anciens Gram- nh1tnem, ni dans lis nouvclZUX , qui f.
    • P R ~ F ACE.Pl*s ~ri.U!fÇ OH plus jujJe ftr cette,... t1ere. Ceft pourquQi jobfins encore de la homi ?Iu"in, po~ 11ifF, quïl me les diElât à Jes ~eureJ pêrc1ues;- i&àinJi les ayant fecueiJ./jes&.,mifls,.en ordre, jen ai coin-pr{è ce petit Trmu. Ceux lui onttte tif ~ime pour les ouvrages dé raiflnnement, t.~ou"Ueront p~I#.~itre en celui-ci que/qut {holt. lfli ies pourra [misfaire ) .(7 jjenmfprijeront pas le fujet , PUifltUl fi /4 Pth{ole èfl un des plus gr~ds avt}Ytt4ges tk f~fm:ne ,~. ce ne doit paf ftr8 "pl; chQji ~epry~"e dt pfJjflder fIt W<t!#.4te 4V~c,foute ./fI; perfdiÎ(JTJ (JfU f:(Jt}vi<Nt àf/uinn.!JIe; . qui ~11 de ,nen lZi/oir p,al ftulemcf1Çluftge , T!flis den pénét,er au{jj i,et 4i..fins ,.& defair~1?arfl;f~C ce lUi k$ ~fto ~rtsfi11l fif4l(1tfI,npar f~t"1M. GRAMMAIRE
    • GRAJ!IMAIRE , 1 GENERALE ET RAI SON NÉE. A GRAMMAIRE ea lart de parler. Parler, eft expliquer fes pen- • fées par des lignes, que les hom- mes ont inventés à ce detrein. On a trouvé que les plus commodes de ces fignes , étoient les fons & les voix. Mais parce que ces fons paffent, on 1 inventé dautres fignes pour les rendre dura- bles & vifibles, qui fom les caraéléres de1écriture, que les Grecs appellent }P«ji.IJ.fi.Trl, doù eU venu le mot de Grammaire. Ainu lon peut confidérer deux chofesdans ces fignes : La premiere ; ce quils fonepar teur namre , cefl-à-dire, en tant quefOns & caraéléres. La [econde; leur fignüicatioD; teH",": A
    • 7-dire, la maniere dont les hommes se:! fer-vent po.Jr lignifier leurs penfecs. . . NOljs traiterons de lune dans la premierePartie de cette Grammaire, & de lautredans la feconde.
    • ) ë Ji P RElli lE RE PARTIE.,Ou il cft parlé des Lettres & cn3.t1éres de lEcriture. C II API T R E PRE 11 1ER.Des Lettrts comme JOns, & premiere- ment des I/oyel/es. ES cl ~ crs fons dom on ft [en po!!"lt ,é ...J Fr].cr, &: quon appelle Lettres, ont tiUUt5 (~une manÎere toute naturelle,0.:. quil dl utJlc de remarquer. Car cum;nc la bouche cft lorgane qui les furme , on a VCl quil y cn avoit de fi fim-rlcs, qulls navoicllt befoin gue de fa [cuje Uu ertLlre pOUf fe f±ire entendre & pour for- )~:er une voix difiinde, d0Ù vient quun les d. "ppellés VoyeLleJ. Et u;} a auffi veu quil y en avait daurrei-JUI , déptndJ.lJt de lapplication parriculicreèe quelquune de iès parties, comme des : . ;:"." C:C) ;é . rc3, de la langu(~ , du palais, .. ij
    • " GRAMMAIlU! QÉNRALJf Q~ pouvaient néanmoins faire un fon parfait,ue par louverture même de la bouche,c cll:·fl-dire, par leur union avec ces premiersfons J & à caure de cela on les appelle Con-..[onef. Lon compte dordinaire cinq de ees voyel- les J a, e , i, IJ, ~; mais outre que çhacune de ceUes-Ià peut être bréve ou longue, ce qui caufe une variété affez confldérabie dans le fon; Ufembl~ qu~ conijderer la ~ifIléreQce de9 fons fimpies, felon les diverfes ouvertu-res d~ la bouche, on auroit encore pLJ ajoih-ter quatre ou cinq voyelles aux cinq prèce-denres. Car le ouvert & le fermé font deux fons afl"ez diiférens pour faire deux différen-teS voyelles, eomme mer, abifmer., commele premier & le derpier 1 Qans 7Iettlrté. dansjeTrJ J &c. Et de même 10 ouvert &: }o fermé, côt, " co tu • hau & hott,~ Car quoique le ou-vert & 10 ouvert tiennent quelque chore dulong, &. le &. r(} fermé quelque choCe du bref, néanmoins ces deux voyeUes fè varient iavantage , par être ouvertès &. fermées J quun Il ou un i ne varient par être longs ()u brefs; &. cell: une des raifons pourquoi les Grecs ont pÎûtôr inventé deux figures ~ chacune de ces deux voyelles ~ quaux tro~ iutres.
    • E T R A J SON N ! .!. S _ be plus ru , prononcé ou, commle fai- [oient les Latins, & comme font encore les italiens & les Efpagnols, a un fon très-dif- férent de ru, commE: le prononçoient lea Grecs, & comme le prononcent les Fran- . - ÇOIS. _ Eu • comme il dl daos ftU, peu , fajt en" core un fon fimple, quoique DOQS 1écrivieal avec deux voyelles. Il refie 1e muet ou féminin , qui neft dans fon origine quun fon fourd, conjoint aux comones_ lonqu-OI11 les veut prononcer r r. 1 1 fans voyelle, comme lorfquelles font faivies immédiatement dautres coofcnes, ainli que dans ce mot, ftamnum: ceft ce que les He- breux appellent fcheva, fau-tout lorfquilcommence la fyUabe. Et ceftheva fe trouvenéceffairement en toutes lf~s langues, quoi-quon ny prenne pas garde, parce quil ny àPOInt de caraélére pour le marquer. MaisGuelques Langues vulgaires, comme lAlle--mand & le François, root marqué par lavoyelle e, ajoûtant ce fc)n aux autres qutelleavoit déja : & de plus ils ont fait que cetFeminin fait une fvllabe avec fa c:onLOne,comme cff: la fecondc dans netteté ,jaimerai»donnerai, &c. ce que ne fairoit pas lefchevttdans les autres Langues, quoique plLlfieursfalfem cette faute en prononçant le fchevtl A iilj
    • ~ GR!1,4UtAIRJ! GiNÉRALEdes Hebn."Ux. ,E,[ ce qui dl encore plus re·mal"quabb~.• ceft que (ete muet mit {ouve nttOut fuul en François une fyUahe, ou plûtôtune demie fyUahe.9 comme vie, vuê, aimle. Ainft (ans·eonlidérer la différence qui Cefait entre les vO}l:elles dun même fon, par 13lenguèur oU7brt:veté, on en Eurroit difiin-tuel! jufètuesi dflt, en ne s arrêtant quauxfons fimples , & non aux caraéteres : a, ;;J .. ~1. , 1,, ) • > (1 JO, f!N , l i t • ft, e muet. R lE /II .A R QUE s. Lés Gtammairiens rtconoHtènt plus ou moins(le COI:1S dans une Langue, Celon quils ont loreilleplus ou moins ren6bJe , & quils font plus ou moinecapables de .afranchir du préjugé. Ramus avoit déja remarqué 10 voyèles dans laLangue Françoife , & MM. de P. R. ne difèrentJe lui fur cet article, quen ce quils ont fenti que~ n1érpit.autre choCe quun 0 écrit avec deus ca ra·~res.; ~u &. bref dans Paul, grave" long d,msb4uttlU. Ce.même (on Gmple sécrit avec trois oatuafl:e carattères ,dont aucun nen ellie ligne pro-pre ,tombe., berceaur. Notre onografe ell plei.ne de ces combinaifons fauffes & inutiles. Il eftaffis 1ingulier que lAbé d~ Dangeau qui avoit ré-fléchi avecefprit furIes fons de la langue, & quicOboiHoit bien la Grammaire de P. R. ait fait la.
    • ET RJ.ISONNBE~ même méprife que Ramus fur le fan llfl, tandis que IV... !!iJ, un étranger, ne sy dl pas mépris. Cel que I-vallù ne jugeait les fons que doreille, Be lon nen doit juge, que de cète manière, en 0u"- bliant ab(o!umenl cèle dom ils sécrive"t. MM. de P. R. nont FIlS marqué toute des voyèl. les quils ponvoient aiCémellt reconoÎtre dans notie bngue ; ils npnt rien dit des nafates. Les Latifts en avaient 4. qui terminent les mots Romam, urbetw~ firim , tN11plllm, & autres femblables. Ils les regar- daient fi bien come des Voyè1es, que dans1es-vers ils en f:liroient Pétillon devant la voyèle initiale du mm (uiV"2nt. La lètre m qui fuit une -voyNe avec laquèle èle sunit, efl: tOujours la lètre caraaériffi- :lue des nafales latines. Nous Jions auffi quatre nafales , quoiquèles ne foient pas todement les mémes gue cèles des La- tins, & nous y employons les lètres m & n) (uivant ce quun urage arbitraire en a décidé. Nos 4 nafa- ies Ce trouvent dans b.:m, bien) bon, brun. Lu na- fJ! fe prononce toujours eun, cefr un Cil nafal fi f2~lt obCerver que nous ne confidérons ici n~5 na- [lies que relatiement au (on, & non pas à rone- gr:lfe, parce quune même nafale sécrit fouventriune manière trè5-diférente. Par exemple, l"ana-fJl s~crjt diféremmenr dans anrre & dans fmbraf-l;:i. Le naral sécrit de) manières diférentes, ain6, A iiij
    • .. GBA.M1IIAIllE Glhlt1.ALE~) (,fin) (film) fIin. Notre oftogl.afe eit Ji .,i- cieufe, ltril ny faut avoir aucun égard en parlant .tes fons de la langue; on ne doit "onfuiter quejoreille. Plu6eurs Grammairiens adlllètent un i nara!,.encore le borntnt-ils ~ la lilabe initiale &. négativelui répond à l. privl&uf des Grecs, come ingrat,injufte, infidèle 1 &c. mais cell un fon provincial.~ui neft dufage ni à la Cour, ni à la Vile. 11 eft:nai que ri Dafal sdl introduit au Téâue, mais il J)en eft pas moins vicieus, puiCquil ncft pas auto-~jé par le bon prage, auquel le T éâtrc eft obligé de(e conformer, come la Chaire & le Bateau. On prononce airez généralement bien auTéâtre; maisil ne laifi"e pas de sy lt"ouver quelques prononcia~nons vitieufes , que cer.~s Aéteurs tiènent de leurProvince, ou dune mauvaife tradition. Lin n~­gatif ncft jamais nafal , lorfquil eft fuivi dune.:"oyète ; alors l; cft pur, &kn modifie la voyè-Je fuivante. Exemple ~ inutile, inouï) inatendu.-"c. Ll>rfque le fon eft naCal, COmme dans inconf- tant, ingrat &co ceft un e naCal POUI loreille,.~oiquil foit é,rit avec un i. Si nous joignons nos quatre nafales aux 10 .oyèlesreconues par MM. de P. R. il y en aura déja t 4. Mais puifquils difrmguent trois e & deus• J pou1CJuoi nadJllètroit~on pas detu a, lun grave
    • ET RAIsôif)iÉ~ j Il lautre aigu> come dans pât.r &, Ith, ~ & deus ,u come dans jeûa, & je"", !Laigu & le grave Jifèrent par le fon ~ indépendafiJenl de leur CZUa&:- cité. On doit encore faire.à lé:g:ud de lII ouven la même diltinttion du grave 8( de laigu ~ tels quil. font clans tête & tt". Ain6 nQW ZiVO!!S au moins 4 , gifél~ns ; e fermé dans bONi, t ouvert grave dau tit, > ouvert aigu dans ri" , t muet dans la de_ _ filabe de tomb,. V, muet neil proprement que la foyèle tU (ourde & afoiblie. Jen poutois çanter un cinquième ~ qui ef moyen erure ré fenat Be en ri? ouvert bref. Tel le fecond t de Flfwj". le premier de fUCC:lÙ ; mais nétant pas aufii fen( .. bie que les autres, > il ne feroit pas généralement admis. Cependant il Ce rencontre a1fés fouveD!, Be deviendra peut-érre encore plus uuté quil ne lcft. Je me permètrai.ici une réSexion fur le pen- chant que nous avons .i rendre notre langue moi~. effbninée & monotone. Nous avons raifon ~;éft­ ter la nuieffe dans la prononciation, mais je aoi I~ue nous tom bons trOp dans le défaut opotè. NOUI Fononcions ai/lrefois beaucoup plus de diftoaguaquaujourdhui; èles fe pronon~oiem dans les temlfdes verbes, teh que jalloù, jaurois, & dans plu-iieurs noms, tels que franCio;s ~ Angleû ~ Polo-C,i.4. a,l lieu que nous pronon~ns aujourdhui) avu ; ) ,lUTes 1 F rançes, ang1ti , .. O.OM1~ ro_" , .• . • , Dl ~
    • 10 GRAMMAt~E GÉNÉRAL!: pendant ces diftongues métoient de la foree Be deta variété dans la prononciation. & la fauvoient "une efpèce de monotonie qui vient en partie de floue multitude de muets. La même négligente de prononciation mit qo pluGèurs e qui cmginairementétoient accentué!, deviennent infen6hlement ou muets, ou moyen!.Plus un mot en manié, plus 13 prononciation endevient fcible. On a dit autrefois Roine & non pas Reine, & de nos jours Charolois endevenu oltl, harnoÎl a fait haTn~l. Ce quon apêle~ nou!!la fleUté 1 Bt ce que-le. antiens nau-roient apel~ que cOlm 1 dècide aujourdhui de la1angue Sc des mœun. Dès quun mot eft mani~CJ.uelque tems par Ile peuple des gens du monde, làprononciation sen amotit. Si nous wons dans unerdadon auffihabituèle daraires, de guète Bt deoc-om~rce avec les Suédois & les Danois quavec 1ft_~nglois , nous plononcerionsbientStDanit ScSuedè.r, come nous difons Anglèl. Avant quèHenri -nI. devint Roi de Pologne, on diroit les Pd-ionoÏi , mais ce nom ayant été fon manié. & dansce tems-là, & depuis. à loccanon àes éle8ions, laprononciation sen en afoiblle. Cète nonchalanceëfans la prononciation, qui neil pas incompatibleavec Jimpatience de sexprimer, nous faitlfitéret)ufquà la nature des mots, en les coupant àe façol
    • ET !t A t SON Nil:. 11~ue le fens nen en plus reconoiifable. On dft.par exempk, aujourdhui proverbialement, en d~pit de lui & de fa dmJ, au lieu de fer aidanJ. Nom:avons plus quon ne croit de ces mots mcomm 01aÎtéTés par l u ( a g e . Notre langue deviendra in(en{iblemen~ pluspropre pour la converlàtion que pour la Trit;ùne,& la conver[ation done le ton à la Chaire, au Ba:.reau & au T éâtre ; au lieu que chez les Grecs techez les Romains la Tribune ne 6Y aB"ernKoit pas.Une prononciation fomenue & une profodie fixe& diftinCte doivent Ce conf~rver partiailièreœentchez. des peuples qui (ont obligés de traiter publi-quement des matière. imérefrantes pour tous lesAuditeurs, parce que, toutes chores égales daij.leurs t un 0 rateur , dont la prOftonciaùon ei Fe...me 8< variée, doit être e11tt,ndu de plus loin quunautre qui nauroit pas ies mêmes avantages dans.langue, quoiquil parlat dun ton auffi élevé. Ce(croit la matière dun examen alfés filofofique, quedob(erver dar.s le fait & de montrer par des exem-ples combien le caraél:ère , les mœurs & les mtl"!rets dun peuple influent (ur (a langue. Pour revenir a notre Cujct, nous a.-ons dooe aumoms 17 voyèles.
    • ,I:l G Il  ,. • A liCE G N i Il A 1. :!a grave. pâte. 1 vertu." aigu.1 ouvert pate. t eû ~rave. Il. eu aJgu. jeûne. jeune. grave. tJte. ou. fou.:• ouvèrt 4n. ban J lent. aigu. tête. m. bien. pain ~i. =~. ;:~I on. UJ. tUn. b(Jl1~ifh bru".grave. Cate•• aigu. Cote. Il faut remarquer que ri. l" & lou font furup.. aibie$ cie diférente quantité comme toutesles au- ares voyèles , mais non pas de modification plus OclmoinS grave; ce qui pouroit les faire nomer peti- tes voyèles par opolition aux grandes Il • t ~ 0 , tu ~ tlw , indépendament de la quantité, peuvent être aipel , graves 8( nafale, Ct
    • ET B. A. ISO N Ii 8 E. IJ - CHA PIT REl 1. Des Confines. I nous faifons touchant les confones ceS que nous avons fait touchant les voyel-les, & Gue nous confiderions feulement le.fons fimples qui font en ufage dans les prin-cipales Langues, nous trouverons quil ny aque celles qui (ont dans la table fuivante, otace qui a be[oin dexplicacipn dl: marqué pardes chiffres qui renvoyent à lautre page•.
    • it": GR A,li If AI RE G fiNÉ RAL E~~-+o).~~"~~~"~":~~"+-~~*~" CONSONES Qui nont quun fon fimple.Latines &- fJulga;r~r. Grecques. Htbraïquu.B. b, B. ~, ;) 1 Beth.P; Ji, n.?r, E) Pe.F. f ~ ph, 4>.,~ 2- 3V. V, confine. d , ~, SG. c, li l{. le, :1 Caph.G.g, r.,., .l Gimel.r,~nfDne. * , lod.D. d, D.I, "t Daleth.T.t, T.~, CO Teth.R. r, P. p, ., Refch.L. l,m.· 1. A, • .. . , Lamed.M. m , . M. P. , D M~m.N. n, :N., J Nun.gn. S. s, ~. ~, o Samech.Z. z , z. " 10. T Zaiin.CH. ch,: t:1 Schin.H. h, U C. 1) n 14 Heth.·
    • E T RAI SON N É ~. 1S 1. alec un point. appelh( Dage.feh lent. o Le;-, lè prononce aulli maintenant comme on prcr.onee l:rl?tine, quoiquautrefois il euft plusil dafpir.luon. 3. CeI13u!1i comme fe prononce le Pt des He-- breux, quanJ il dl {;ans point. comme lor(quil finit les !)I1J.bes. 4. Cefl /; figure du Digamma des Eoliens ~ qui i"toit comme un double Gamma> quon a renvenc pour le dil1inguer de Ifcapitale; & ce Digamnu. avoit le Ion èe lv conlonne. 5. Comme encore le Beth> quand il finitles Cyl- labe,. f.. .. Prononcé îoujûüiS comme avant a J 0 ~ _ . cefi-à-dire comme un K. 1. Prononcé toujours comme avant la, 0, "- 8. l, comme dans fille. Les Efpagnols sten fer~ ..cnt au commencement des moL;" l1.Jm.J; les Italiens la marquer.t par il. 9. n, liqt;ide que les Efpagnols marquent paru ciret fur l" ; & nous comme les Italiens par g". 10. Comme on le prononce maintenant, car autrefois on le pronon~oit comme un J r;". 1 1. Comme on le prononce en François dlüil cbfe> (11er> Cht4, &c. l ~. A (pi rée, comme cl:!ns hauteur, honte; eat dans les mots où eUe ndt point afpirée ~ comme dans honneur, homme> ce nen quun caraâere , lit t". non OJS un Ln. E(?rit:ÎJre des Grecs, au litu duquel ils (e (ervoj{ra tlutTefais de lEloZ H J dont les Latins 0Gl pri< lH. 14. Sc!cr. J;:;n Yl:.i Ln , qui efi une afpiratioa.
    • t~ GRA.MAt1U~ GÉNÉ&A.LE Sil Y a quelques autres fans fimpIes; (comme pouvait être lafpiration de l.Ati" parmi les Hebreux) ils {ont fi difficiles 0 prOtloncer , quon peut bien ne les pas conter éntre les lettres qui entrent dans lufage or--: dinaire des Langues. Pour toutes les autres qui fe trouvent d,ms les alphabets Hebreux, Grecs, Latins, & des Langues vulgaires ; il eft airé de mon.. uer que ce ne font point des fons !impies, ,& qulls fe rapponent ~ quelques-uns de cel:IX. que nous avons marqués. Car des quatre gutturales des Hebreux, il ya de lapparence que lAleph valait au- trefois un a; le He, un e.& lAiin un " : ce qui fe voit par lordre de lalphabet Grec. qui a été pris de celui des Pheniciens juf- ques au ... , d. fone quil ny avait que le Htlh qui fût proprement afpiration. ~aintenant lAleph ne fert que pour lé cr i· ture, & na aucun fon que celui de la voyelle lui lui dl jointe. Le He nen a gueres davantage, & au plus ncft diilingué du Herh , que parce que llin cft uoe afpiration moins fone, & lautre plus forte, quoique plufieurs ne content pour afpirationque le He • & prononcel1t le Hel" comme un X. CheU,. Ppur 1).Aiin a quelques - uns ell font une afpiratioa
    • E T ft AIS 0 N N i: E. i1 8îpi~ion du gofier & du nez; mais tous les Juifs Orienta.ux ne iui donnent point de fon, nun plus quà lAhph : & dautres le pro- nOIlCent comme une n liquide. Le 71,.lll & le Teth , ou nont que le mê- me fOD, ou ne fODt difiingués que parce que J r. r:... n 1 un le prononce avec alpmlOon, oc a autre ft fans afpiration; & ainfi lun des deaa neft pas uo fon fimple. Jeo dis de même du Cap/ & du Coph. Le Tfade n"dl pas auffi uu fon fimple; mais vaut un t & une i. De même dans lalphabet Grec, les trois afpirées, 4, X J 9 ne font pas des fons 6m- 1> pl~s , mais comporés du " , Il. • 1. avec lafpi- ration. Et les trois doubles) ~ , ~, -l-, ne fODt vi- fiblement que des abregés décriture J pour dl, CI, FI. Il en dl de même de lx J du latin, qui n9efi que le ~ des Grecs. Le q & le k.. ne fom que le c, prononcédans le fan qui lui eft naturel. Le double Ir des langues du Nort, nea~ue lu Romain, cefi-à-dire ou, lorfquil cftlwvi de voyelle, comme "inum, rd""",; oulu confonc, lorfquil eft fuivi dune como-ne. B
    • RE Mil R QU ES. J. Il faudroit joindre au c le k & le fi pour ré-pondre exaélement aIl fon àu cappa & du c:aph,.parçeque le~S~emploie pout s devant le & 1;;l&U ;lieu flue le Jr. ga1de toujours le fon qui lui ell""pie. Il feroÏtmènre à·defi·rer quon lemployat préférablement au <q 1 auquel on joint un u prefque toujours inutile, .& quelquefois néce!faire , fans1ue lien indique le Cas de nécefiÏté. On écrit, par exen:pleot également:q~larante & quadrature, fan~ qùil-r ait rien qui défignle <Iue dans le premier mot ia première "lilàbe eft la .Gmple voyèle a, & dans le recond , la diftongue oua. . ~o. On doit obferver que le fon du q eft plus ou moins fort dans des mots diférens. Il eft plus fort dans <banqueroute que dans banquet. , , ·3 0 ~ Le.l ~ auffi:p1us ou moins fort. Il eft plus fott dans guen.n que dan"g.ueule. : .... o •. Nous, a.,vohs trois (ons mouillés, deus forts & un foible. Les èl.eusfons fontle En dans règne .. IeJtl dam,aiUe; "& le.mouillé foible Ce troUve &115 ayeal , ta,m, {oit qu,on lécrive par un , gre., ou par un~ï lr~m4~ CeJ}dans ces mots une vérùa- bie .confone quant au fon ,.puifquil ne sentend pas (eul , & quil ne (en quà modifier la voyèle fui- "ante pat uh mouillé foihle; & 61on vouloic {.lue
    • ET RAlgONNÉIt. -19~lItendre li , le mot deviendroit de trois fIhtbes •dünt la 1èconde (eroir un i pur; ca! on ne cicirpasoëlblier que nous traitOns ici des fons, qlreîs que10ient les cara{tùres qui ~ repréfentem. Nous aVOnsdonctroi!1 <:orllô,nes ~lusquon flen marquedan$les ,G..--ammaires; €e ~i fait u au iieu de"r,; . co NSONES.Sept folh.les. Sept forces.l" de lOIJ, f, de P()n.t~d, ,de fÙn. t, de toR.g , de gJtmle, g. de gueTllJt1.J dé jamais. ch, de cheval.c, de cuiller. ,k" q ,de kA1ende.s·,!Jlle-1) , lle vin. i, dejin.", de z.etc. f. de fiul. Deus naralet~ Deus 1iquides.m, de man. l, de lent.11" de nOl1. T - de rond. T rors mouillés. Deus forts. Il ) de p..mlej -ln. de J-eg,ge~ Un foible. .J ou ï trmla , de payen ) aïeul. B ij
    • ~o GRAMMAIIE GÊNJ!RA LE Les 17 voyèles & les :u con {on es font 39 (OMmples dans notre langue ; ~ ft Ion y jointlafpi-ration H, il Yaura 40 fons. La double confone :Il nca point un fon timp!e ice neft quune abréviation de cs dans .,1ft, de g~dans ~$;ll de ffdans AU$trr, 1 & CJ.w semploie im-proprement pour[ dans baalt , maux, &c. L" grec: dans notre ortografe aduèle eft un iJimple t quand il fait feul un mot. Exemple, il, a-Il eft ;i double dans 1; mais dans 1.,er, royau-me, moyen s &:e. il ea loyèle &: confone qu~"t au(on, ceft.à-dire, un ;. & un mouillé foible. Il eftpure confone dans ayeul, "} 1 ["lanee , ceO: 1.moui!1é fv:b1e. Vi trtma devient également UIl mouillé foibledans aieul &,2urres mOts pareils, & il ell voyèledans Sin,,i. Tous les Grammairiens ne convien~ dront. pe1lt-êue pas de ce troiGtme (on mouillé • parce quils ne lont jamais vu écrit avec un carac- sère doné pourconfone; mais tous les Filofofes fe{enriront... Un fon en tei fon par fa nature, & le ~raaère qui le d~6gne en arbitraire. On pOUfoit bien aulli ne pas reconoîue fous les {ons que je propore; mais je doute fort quon en exige, 81 qu,l Y-en ait aéhièlement dans ft langue rlus que je nen ai marqué. 11 peut bien Ce trouver cqeore quellues (QD$ mixtes, (edbles à Uo"1C oreille-
    • ET RAISONNÉE. ~.délicate &: exercée, mais ils ne font n,Î dés fixés,~Ù allfé$1 déterminés pour être ~ntés,. Cea POUt-qu.oi je ne fais point de fuWivifions cr.. muets plusou moins forts, parce que ft lon donoit à UJl ~D:Iuet plus de fOrce quil nen a ordinairement 1 ilcha.ngtfoit de nature en devenant un eu 1 commeil dl ait;:: de le remarquer dans ks finales du etumt.A légard de l~ muet qui répond au frhnJ/I des Hb-breux, &~ qui fe fait nêceifairement [entir ~ r ereiHt".quoiquill1e sécrive pas, lor(qull ya plufieurs ton-ones de fuite Q.ll [e prononcent, il ne diîere desautres que p.u la rapi(uté avec laquèle il paffë. Ce neft pas come la diférence dun ton à un autre ~cldt une diféreoce de dur~e, tèle que dune dou.~hIe croœe à une noire ou UDe blanche.. CHA PIT REl 1 1. Ves SjUabes·. eaL A Syllabe dl un fon complet, qui quelquefois compafé dune feule let-tre, mais pour lordinaire de plufieurs; dYoù vient quon lui a donné le nom de fyHahe ~."1>>>; If; comprehenJio , aj[mzhlttge. Une voy{Ue peut faire UDe feule fyllahc.
    • ~1 GRAMMArRE GÉNÉRALE Deu~ voyelles auffi peuvent comparer une :fYUabe, QtLcntr.er dans la même fylla. he : mais alûrs on les appelle diphtnongues.,. parce que leurstÙ!uK fons fe joignent en 1,10 fou, ((Of1fpht!l ~omr~:mien. hier, ùjam ..e~u! ·.La ipl~art des,diphthongues fe LOnt per- dues ,dans ia :prononciation ordinaire ·du La- fi~GQar leur· 4. & leur lE ne fe pl1000Dcentplus que C01l1me un e : mais elles [e reticn~ nent encore dans le Grec par ,eux qwi,pro-:noncent bien. . :Pour les Langues vulgaires, quelquefoisâeux voyelles ne "font .quun .fon limPJe,éomme nous avons dit d.e CIl, comme encor~en-Françofs oe, au. Mais elles ont pourra ntde veritab1es diphthongues " COInme ai;ayant; oite, foüet; oi, foi; je, mien, pre-mier ; eau, beau; ieu, Dieu : où il r ~ut re-mar<{uerque ces deux rlernieres ne font pasdes triphthongues, comme quelques-uns ontvoulu dire, parœque eu & au ne valentdans le fan quune fimple voyelle, non pasdeux. , Les confones nepeLlvent (eules compofc..rune fyUabe;mais il faut qu~elles [oient ac-compagnées de voyelles ou de .àiphthon-:~ues, fOit qu~~lles les fuivent, foitquellèSles. pré,cedent. ). PJufieut$n~anmoins peu~nt être defdite
    • E T RAI SON NiE. aJdans fa même (yHabe, de forte quil yenpeut avoir quelquefois jufques à trois devantla voyelle, & deux après, comme ferehsi& quelquefois deux devant, & trois après,~om~e .flirps. Les Hebreux nen fQu{frçntlamai " plus d~ U:UA. ~ •• .... ~ l.: ;l~ •• ~ au ~~~~"~""<>"""D"~ .. JUJl.LJ~lJO""IU- ... " "-L,,",la fyllabe , non plus quà la fin, & toutesleurs fyllahes commencent par des confo-nes, mais cefi en comptant Aleph pour uneconfone; & jamais une fyllabe na plus dunevoyelle. REM .A R QUE s. Quoique cette Grammaire foit remplie dexé.lentes réflexions, on y trouve plulieurs chofèsquifont voit que 13 nature des fans de la langue né-toit pas alors parfaitement conue, & cea enc.oréaujourd1lUi une matière affés neuve. Je ne conùspoim de Grammaire qui ne foit en défaut 1ûr lénon,bre & fUT la nature des [ons~ Il faut dabord difiinguer la lihlbe réèle & lin..que de la /ilaoe du rage, & la vraie diftongue de laf1r.s-e. La 1ilabe étarn un (on complet ,peut~forméeou duneoyèle (eule, ou dune voyèle précédéeèune confone qui la modifie. Ami dl: un mot dedeux filabes ; Il forme [eulla première ~ & la f~;mtonde.
    • •• GJlAIUIAIP.1 GÉN~RALE Pour dUlinguer la 6labe réèle de la (dabc filique; Il fiut obfe.-~ que toutes les fois que plufieur. confortes de (uite Ce font llêntir dans un mot, ii 1 liautant de 61abes réèles quil y a de ces confones~ui te font entendre, qùoiquïl ny aie point deto)èie écrite à la.fuite de chaque ron(one : ia pro-nonciation fupléant alors un e muet, la Jilabe de-Jlent réèie pour r oreille , au lieg que les Iilabe.dpfage ne fe content que par le nombre des voyè1esqui fe font entendre & qui sécrivent. Voilà ce quidiffingue la 61abe filique ou réèle de la lilabe duCa-ge. Par exempie, le mot armateur eft de trois lita·bes durage & de cinq réèl~s , parce quil faut 1üpléerun e muet après cl1aque,.; on entend mfteB"aire-~ent aremateure. Bill ea mQnolilabe dufage, 8(dUIilabe Mlue. Amant elt diffilabe réel & dufage,Mnutnllefr auai, parce que ai ne!llà que pour"It CiJuon nentend quune voyèle. CeA par cète raifon que dans nos vers, q!!! ne(ont pas dduaib1es ~ la mefure du tems come eeusdes Grecs &: des ~ûns , nous en avons tels quifont à la fois de J ~ îibbe& durage & de ~ S à 30 {l-labes fiGClues. A légard de.la diftoAgue, ccA Dne Glabe d>g,..Cage formée de deus voyèles , donc chacune Caiepne tilabe réè1e. Dù" ~ cieus ,fo ~ ou. Il.,;. 11 fautpour unt(diftongue lle les deus YoyèleJ $·ence.... ~tJ
    • ~ T R -AI SO Ii"N tE. 2) .lent, fans quoi ce quon apèle diftongue& ttifton- gue neft quun fon fimple , malgré la pluralité des Ihres. Aififi, des (ept exemples cités .dlifiS eèt. Grammaire, il Y en a deus de faus : la première fibbe dayant nefi point une diftongue; ce mot cil: compoîe dun a ou dun e quant au (on t (uivartt qua la prononciation en cil anciène ou moderae t & dIHI mouillé foible. A légard des trois voyèles du mot btall, ceil le limple (on 0 _it avec trois caraélè- res. il nexine point de ttiftongue. Les Grammai-- riens nom pas atÎes diftinglié les vraies diftongues des fauH"es, les auriculaires de cèles lui ne font quoculaires. Je pourois nomer tran!lIOÏre le premier (on denos diftongues, & repofeur le fecond; parce quele premier Ce prononce toujours rapidement, Bequon ne peut faire de tenue que (ur le fecond.Cea fans doute poUf cela que la première voyèlecft toujours un~des petires.; ; danscûl,,, dansn,,;,& ou dans oll;.;~r quoique lod écrive loi 1 foi ""moi avec un 0, on if~nte~~~e!fron ou. Cca encore à tortqb~~i dans cète Gram.l~:lire , en parlant de luo;lon des confones & desnyèles. foir qUCl/fi ln [!Jivent , Jo; queiles lup;iCe.ifnJ. La confonc précede toujours t & neleut jamais fuiyre la voyde quèle modifie: tàtÎGii iètres m & ri. CJ.ra{t~rifiiquc5 des nafales , ne C
    • s4 G BABMAla. GÊ If tRALBfoncpas le f~ dec.onfCiiê: t lOWJuèt:s mar~~nc la aafa1ilé; lune ou lautre neft alors lu,",fimpie îi«ne cp (ur1ée au défaut dun caradèrcJlÜ nOUl maDque pour chaque nafale. Le dernietanide du .piete ne doit sentendreCJU ... Gbbes dafago • & noD. de. réèles; aioliJlirt.1 cft .Il mono6labe efll1àlt 1# & il efi de cing..lilabeJ ti6qaes. Puüq. rai fait Jediiünébo.ll des vraies & de.fauffes diftongues t il oft à propos de marquer ici ~ les vaies. Après, l$! poir. examinée. a combinées avec _ention, je nen ai remarqué que J ~ cliférellte•• dom l)Uelqueto-llMl mime (c "OIWeat dauI uèJ.peu.010.. ,
    • ET 1 AIS 0 N N Ë E. 17 DIFTONGUES.11. Diacre, diable. ...;..... _,1_ __.:. ..ian, ient. y IGiIU; I.CI~II".iè , ié , iai. c.id ,pi ,biais.len. rIen.leu, 1eus. Dieu, cieus.10 , llU. p~oche , piautte.100. plOn.10U. Alpiou (terme de jeu.)uè. écuèle, équeftre.ut. lui.UIO. Alcuin, Quinquagéfime. crfJUttl nol tliftongut! •elont la wyèle tranfttoire eft un 0 .ft pnmoilçtint come fi c /toil U1l ou. je les range aalu III 7fIê.. 1IIt Ci4/fl.oua. couacre.ouao. Ecouan. (le chateau d)oè , oi, ooaî. boête, loi , mois , ouaÏl . . ( ÏDterjeélion.)om, oum. 1· _J .Oln, miUl.Owo.oui. OUI. C ij
    • d: GRA}flllAI1E G~NÉBALE CHA PIT REl V.Des Mots entant fueJOnr, où il eJl parlé de ! Accent.N Ous ne parlons pas encore des Mots felon leur fignification J mais feule- ment de ce qui le~1r convient entant que fons. On appelle Mot ce qui fe prononce à pan J & s écrit à part.. II Yen a dune fyl- labe J comme moi J da-, tU , faint » quon ap- pelle monofyllahes ~ &de ~eurs J comme pere, aominus J fIIi[eriçor~ituftment ) ConF, tt1lltinopfllitamJYItm, &c. Ce quil y a de plu$ remarquable dans la prononciation desMo~" dl laccent, qui eil une élevation de voix fur rune des fyllabes du Mot, après laquelle lav9ix vient néect: fa· . ! ft· ra~~er. lreJIllmt il _e b::-:~ .. ~Léle~ation de la Voix sappelle accent Il~U. & le rabaiffement, accent gral)e ; mais parce quil v avoit en Grec &en La"l tin de certaines tyllabes longues fur lefquel? les on élevoÏt & on rabaiifoit la voix, ils avaient inventé un troifiéine accent, quils appeUoieQt dTconJlexe) qui dabord sdl faiç
    • d: GRA}flllAI1E G~NÉBALE CHA PIT REl V.Des Mots entant fueJOnr, où il eJl parlé de ! Accent.N Ous ne parlons pas encore des Mots felon leur fignification J mais feule- ment de ce qui le~1r convient entant que fons. On appelle Mot ce qui fe prononce à pan J & s écrit à part.. II Yen a dune fyl- labe J comme moi J da-, tU , faint » quon ap- pelle monofyllahes ~ &de ~eurs J comme pere, aominus J fIIi[eriçor~ituftment ) ConF, tt1lltinopfllitamJYItm, &c. Ce quil y a de plu$ remarquable dans la prononciation desMo~" dl laccent, qui eil une élevation de voix fur rune des fyllabes du Mot, après laquelle lav9ix vient néect: fa· . ! ft· ra~~er. lreJIllmt il _e b::-:~ .. ~Léle~ation de la Voix sappelle accent Il~U. & le rabaiffement, accent gral)e ; mais parce quil v avoit en Grec &en La"l tin de certaines tyllabes longues fur lefquel? les on élevoÏt & on rabaiifoit la voix, ils avaient inventé un troifiéine accent, quils appeUoieQt dTconJlexe) qui dabord sdl faiç
    • ~ T RAI SON N É t. 19aiofi (), puis (- ), & les comprenait tOUSÀ.on ..~"WA. 00 peut voir ce quon a dit fur les ac-cens des Grecs & des Latins, dans les DOU.-veUes Méthodes pour les Langues Grec-que & Latine. Les Hébreux Ont beaucoup dfaccens..,quon (iOit avoir autrefois fervi à leur Mu-fique, & dom plufieurs font maintenant lemême urage que nos poims & nos virgules. Mais laccent.~ils appellent naturel &de Grammaire, tH !oûjours fur la penultié-me, ou fur la derniere fyllahe des mots.Ceux qui fom fu~ les précédentes, fom ap-pellés dccens de Rhétorique, & nempê-chent pas que lautre ne fOlt toûjours furlune des deux demieres; où il faut rertar-quer que la m~me figure daccent, commelatnach, &: jilluk...., qui marquent la difiinc-tion des périodes, ne Iaiffent pas auffi de~arquer en même temps laccent naturel. REM A R QUE J. Il eft (urprenant quen traitant des 3ccens t otane parle que de eeus des Grecs , de~ Laùns & desHébreus, fans rien dire de lufage quils ont ouçuih peuvent avoir en François. Il me femble en-core quon ne définit pas bien laccent en général, C iij
    • 3Q G R,"A lUI A 1 Jt B G t }{ B 1 ALEJKlf Nfft IUfI4tion de 14 1/0ix fur r,,,,e des JJ4bti tlumol" C,ela ne peut Ce dire que de laigu, pui(que le grave dl un abaiffement. Damt~urs, pour ôter cout~ équi,roque, jaimerois mieus dire du Ion qùe.te la Vo;x. Elever bu bailfer la voix: , peut senten- dre de parler plus haut ou plus bas e:n général, (lUIS diffinaion de lilabes particulière:,_, II nry a point de J.angue Clui nait fa pro(odie, çeft-à-dire , ou lon ne puiffe {enur les accens, fafpiration, la Cluantité, & !lJ>0nduation , ou les repos e~tre les dif~tentes paIL. du diifcours ; quoi-~ue cète profodie puüfe êtrt phu marquée dansune Langue lue dans une autte. Ele doit {e faire~~lcoU,p (~Ùt ~an_ le, Chinois, s1i e~ vrai queles dir,!rentell i...~xionll d~.n même mot ferveat a~er des idées diférentes. Ce nl~toitpas faute4lelFeffions que les Grecs avaient une profodie.tès~marquée ; .car nous ne voyons pas que la figni-fi~tiort dun mot dépendit de (a pr(ofodie, quoi- que~Cèlà put.fe trduveT dans les hornonime$. LesGrecs étoient fort fenfibles a lharmolnie des mots.Arifioxêne parle du chant du difcùurs , & Denis~~a~ic?-rnaffè dit que lélévation du ton dans 1at-~en~ aigu, &. raba~ernent dans le gJ:ave, étoient(fune .quinte; ainÎt laccent profodi~ue étoit auffi~lJfical, (ur-tout le circ;onflexe, ou la voix, après àvoir mont! dW1e quinte, defcendoiit dune autre
    • E 1 RAI SON NÉE. 11~inte fur la même ftlabe , qui par (.onféquent foprononçoit deus fois. On ne fait plus aujourdhui quèle étoit la propot-lion des ace.ens des Laùns t mais on nignore pasfiUils étoient fort fenûb1es si la profodie : ils avoiUlles accens , lafpiration ~ la quantité & les repos. NOUi avons auili notre profodie; Be quoiqae le.inrervales de nos acœns ne (oient pas déterJn1tl&par des règles, lufage feul nous rend fi fenGhlesaus lois de la profodie , que loreille feroit bief-!Ce, fi un Orateur ou un Aaeiii prcnonlioit un aigupour un grave, une longue pour une brève, Cu-primoit ou ajoutoit une afpiration ; sil difoit enfinumpire pour tempête, ut pour axe, lHolan/Ùpou.r 1. Hol:rmde, le honjç pOir lhome, & ,ilnob[ervoit poir.t dintervaies Cntre les diférentespanies du difcours. Nous avons, come les Lati!ls il~es ;"raticnèJu dans notre quantité, ceft-a-clire 11des longues plus ou moins lOGgues , & cies brèvesplus ou moins brèves. Mais Ji nous avons, c;omeles Anciens, la proCodie dans la langue parlée, nouine faifons pas abfolument le même ulàge queuides accens dans lécriture. Laigu ne fen qua mar-Cjuer lé fermé, bfJmé; le grave marque lè QUfeR. uccèl; on le met aulIi {ur les particules ;"là" f4 ,Ste. ou il eft abfolument inutile. AinG ni laigu ni1e grave ne font exaétement la fonétion da«eas • C iüj
    • 3Z GRAMMAI1Ù! GÊNÉRALESc ne délignem 1ue lâ .ature des e,. le circonflexene la fait pas davantage, &.neft qùun ligne d~guantité; au lieu que ch"é~ les Grecs cétoia Alndouble accent, qui élevoit & enfuite b~fIoit le ton61r une même voyè1e : nous le métons ordinàÏ.b!>ment fur les voyèles qui (ont longues & graves;exemples, âgce, flte , cdte , jeûne: on le met aù11ifur les voyèles qui"f6nt longues fans être graves;exempler, gîtt, ft/Ile, f)o:ûte. il eft a remarquer quenous navons point de fons graves qui ne {oientlongs; ce iui ne vient cependant pas de la naturedu grave, car lesAnglois ont des -graves bref,. Ona imaginé, pour marquer les brèves, de redoublerla conCone qui fuit la voyèle ; mais lemploi de cète.lètr~ oi6ve neft pas fort conféquent : on la fupri-me quelquefois par refpeét pour létimologie, C:000!medarts comm & profete; quelquefois on la re-double malgré lérimologie, come dans perJonne ihonneur &. couronne: dautres fois on redouble la.éonfone après une Jongue , jl4mfne, miinne,&lôn nen met quune après une brève;; dÀme ,rame.rIme, prune, &c. Le moyen de marquer exaétement la proCodie,feroit dabord dJen déterminer les fignes, & denfixerrufage, fans jamais en faire demplois inuti·les: il ne [croit pa~ même nOccffaire dimaginerde nouveaus fignes.
    • ~T RAISONNÉE. 11 Quant aux accens , le grave & laigu fuiiroienr, pourvu quon les employat toujours pour leur va. leur. A légard de la quantité, le circon8exe ne 1e mètroit lue ii,lf les JOiig-ües d~dées; de façc= que toutes les voyèles qui nauroient pas ce ligne,~[croient c,enfées brèves ou moyènes. Les fons ouvertS brefs, ce qui na lieu que poui des e, tels que dans pere> mere > frue # &c. pott-- roient fe marquer dun accent perpendiculaire, Illîe rciterait plus qua fuprimer lafpiration H par-tout ou de Deft pas afpirée. Cependant, quelque fom Ilion put de noter noue profodie , outre ie défagrémeDt de voir une impreffion hériffée de fignes , je doute foft que cela fut dune grande utilité. Il y a deschofes qui ne saprènent que par lufllge; èles font puremem organiques , & donent fi peu de prife a lefptit; quil (croit impo!Ilble dPîes lâifir par ia téori. feule, qui même en fautive dans les Auteurs qui en one traité expreffément. Les Gramm2.iriens, sils veulent être de boue foi 1 conviendront quils fe conduirent plus par lil. iâge que par leurs règles, & quil sell faut bien quils aient préfcm a lefprit tout ce quils ont écrit [ur la Gr2minairc ; quoiquil Coit utile que ces rè- gks 1 cefta-dire,les obferYa~ions furlufage,foient
    • 14 GRAMMAlaB GBNBRIlL firédigéèt., écrUes & c~.ûgnéM dam de. métodetualogiquea. Peu de règles, beaucoup de ré6c-,pons, IX encore plus dufage, ceft la dé de toutlesans. T ODS les fagnes plofQdiques de. Anciens,6poŒ que r.emploi en fpt bien fixé, nO nloiemfi ~COt•. ru{age~ On ne doit pat confoad.re 1~ ~t .,,""ac:c;entprofodique. Laccent oratQir~ inSue œ<)jns_ .chaque.1iW>e dun mot, par rnport apI au...tres ûlabes~;.~ (ur la fra(è entière par raponaiiCeiïs ~ au kAtiment: il modifie la fLlbilancemême du difcoufs., {an. alté,er fenûblcmm lae;c:eIItprolodique. La profodie pameulière det motldrW18 frare irdrogative , ne düêœ pu de la prOf~e ,cr... fcafeafirmative , .qlOique laece. Ofao!. . foittrà·diférent dan. lune &. dan. lawr~.1l0U1 ma,rquons dans lécriture lintérogacion & la(WpfiCe; mais çombien a,VODS·nOUS de mouvementcIe..l!a.tl1C, &. par conŒ4Ifent dinlexions oJatoira,q~ n.tpoint de fignes écrits, &. que lintelligence& le fentÏment peUvent feuls faire fai6r! Tèles fontlaiaaflexions qui marquent la colère t le mépris,.litonie, &.e. Laccent oratoire cO: le prindpe & la ba!, de la déd?-m~tion.
    • CHA PIT R E V~ Des Lettres confidérées comme caraé/4YII. N Oas navons pas pû jufques id parler des Lettres ,. que nous ne les ayo~ marquées par leurs carattéres.; mais ~ moins nous ne les avon:: pas confidér4è1 comme cara8eres, cefi-à-dire, fclon le rap- port que ces caraél:éres ont aux lOns. : Nous avons déja dit que les fons ont été pris far les hommes, pour être lignes det penft:es. & quils ont auffi invente· cettQi-t nes figures pour être les fignes de ~e$ fou; Mais quoique ces figures ou caraéére. fe10fl 4 ieur premiere infiirucion ne lignifient imIL. diatement que les fans, néanmoins les hom~ meS portent fOuvent ieurs penCées desqrac- téres à la chofe même fignifiée par les fons. Ce qui fait que les caraéléres peuvent ~é confidérés en ces deux manieres , ou comme:~ignifiant fimplement le fon, ou comme noua aidant à concevoir ce que le fon fIgnifie. En les confidérant en la premiere manie- re, il auroit fallu obferver quatre chofes pour les mettre en leur perfe8ion. 1. Que toute figure marquit quelque
    • i G RAIlMAtllE :Q~N.gR ALECon; ceft·à-dire> quon nécrivît rien qui nefe prononçât. ~. Que tout fonmt marqué par une figu-re; ceft·à-dire, quon ne pronon5ât rien quiDe fût ,écrit. " 3. Que chaque figure ne marquât quun(dl :t oû fimple, où dou>le. Càr ce neil pàS~()nuela perfeéHon. de récriture quil y aittied~tr~esidpubles "puifquelles la facilitentel) l~abré§eant . •. :4", fQu: tJI1même fon ne fût point rnaJquépar de dii"érentes figures. . .iM~isconfidérant les caraél:éres en li fc-~~_niere, cefr-à-dire, comme nous ài..• picQlJcevoirceque lefon fignifie , il ar"ri.{.el§l~efo~··quil nouseft avantageuxq.-;.tegles ne {oient pas toOjoufS obfer-,4CSfau moins ia premiere & la dcrnier~ :" i ,Gar:I"lÜ arrive fouvent, fur-tout dans lesLanp_ déri-vées,dautres Langues, quil ya~ c~iqes lettres qui ne té prononcent~nt:jqui aioli font inutiles quant au fon,ie(q"cUes ne la.i4fent, pas de nous fervir pourr~QU;lligence de. ce que les mots lignifient.Par <~xemple, dans les mots de champ! & chants, le p & ie t ne fè prononcent point, ql,li néanmoins font utiles pour la fignifica- tian, parce que nous apprenons de là, que le premier vient du Latin campi, & le fecond au Latin camUf.
    • E T RAI SON N É E. Dans lHébreu même il ya des mots qui 3ne fom ditférens que parce 1ue lun finitpar un .t1leph , & lautre par un He. qui nefe prononcent point, comme lltJ~ qui lignifiecraindre: & i1J~" qui fignifie jettet. E-t de là on voit que ceux qui fe plaignent tant de ce quon écrit autrement quon neprononce, nont pas toûjours grande raifon J & que ce quils appellent abus, ndl pas quel~quefois fans utilité. La différence des grandes & des petiteslettres femhle auffi contraire à la quatriéme régie, qui dl: quun même fon fût totijoursmarqué par la même figure. Et en effet celàferoie tout-à-fait inutile, fi Jon neconfi~roit les caraè1éres que pour marquer les fon~.puifquune grande & une petite lettre DOIitque le même fon. Doù vient qJe les Anciens"navoient pas cette différence , comme lesHébreux ne lont point encore, IV Sue p!.-;lieurs crayent que les Grecs & les Komainsont été long-temps à nécrire quen lettrtscapitales. Néanmoins cette difiinélioD etfon utile pour commencer les périodes, &pour diilinguer les noms propres dIavec lesautres. Il y a ~-uffi dam; une même Langue dedifférèntes fortes décriture> comme le Ro.-main &: lItalique dans liD;lpreffion du Latio:
    • li GRAMMÀtaE· GtNtRALE . deplufieurs Langues vulgaires, qui peu~ veM ~tre utilement employés pour le fèns. en diffing-.;;mt ou de certains mots , ou de certains difcoWS, quoique cela ne change rien dans la prononciation. S .. Voilà ce ql1 OB peut apporter pour excu- (~r I~ divedîte qui fe trouve entre la pronon- ~iation & lécritUre; mais cela n)empêche ~q1il nyen ait plufieurs qui fe foot faites &os taifon, & par la feule corruption qui sdl alliée dans les Langues. Car ceft un abus ~a~it d.onné , par ellemple, au ç la pronon- ~Dde Ps,avant le&li. davoir pronon.· c:Pat.ltr-em le g , devant ces deux mêmes ~D.J~fi~._, que devant les autres; davoir ~c19~ips c;ntre delx vt>yelles ; davoir don- ft4:a~ au l, le fon de ri avant li, fuivi tVune . " voyelle, cemme gtatia , aélio t aélion. e),. p«N~ veir ce ~ui a eté dit dans le traité T ft· •• ~ en dcM~tiUes , qlÜ dans la nouvelle l"éthode ~l~~-, " . ,-Qpe)q~&-unsCe font imaginés quils pour..., ~ coriiB- ce défaut dans les Langues. ~ires t e.n inventant de nouveaux carac- tér-es-" comme a fait Ramus dans fa Gram·· maire pour l~ Langue Françoife , ~etrancha~t, t8)S ,œJ.!Kq!l ne te prononceIit poInt, & écu· ~chBqJ1e fQJl paf la lettre à qui cette prO"· . . .tion ell: propre , comme en mettant
    • • l ~ RAI c! .n ... .....,. 1lJ M ~" ~.... Iz .., .D ~. ,- ~"une s; au ! ieu du c; devant le & ri. Maisils devoiem u.mfidérer quoutre que cela fe-roit [outcm dc6vamageux aux Langues vul-gaires; pour les raifons que nous avons dites~ils tentaient une chofe impoffible. Car il nefaut pas simaginer quil foit fadle de faire changer à tou~e une Nation tant de caraélé-res auxquels elle eft accoûrumée depuis lo~temps; puifque lEmpereur Claude ne putpilS même venir à bout den introduire un.1uil vouloit mettre en ufage. Tout ce que lon pourroit faire de plus raifonnable ~ [eroit de retrancher les lettresqui ne (ervent de rie.n ni à la prononciation.ni au feos, ni à r an;llogie des Langues, com-me on a déja commencé de faire; & confer- vant celles qui fODtutiJes, y mettre des petÎ- tes marques qui fitrent voir quelles ne fe pro- ûoncent point, ou qui fiffent connaître les dî- verres prononciations d~une même lettre. UB point au dedans ou au deffous de la lettre fi pourroit fervir pour le premier ufage) com- me tempi. Le c a déja fa cédille, dont OD pourrait lé fervir devant le & devant lj ~ auffi bien que devant les autres voyelles. Lel dont la queue ne fcroit pas toute fermée, pourroit marquer le [on quil a devant le &: devant li. Ce qui ne fait dit que poure~pIe.
    • RE .lI,{ .4 R ~ lJ E ,r. ,MM. de P. R. après avoir expofé dans ce chapt.;are. les meilleurs principes tipografiques , ne fontarêt6S que par le Ccrupule fur les étimologies; maisiij propoCent du moins un correaifqui fait voit quela caraétères fupedlut de.foient être, ou Cuprlmé.ii011" diffing-ués. 11e11: vrai quon ajoute auffitbt : Ce9ui·"l-{oiI di, tJu, pour exemple•• Il Cemble CIuon nepu~e p~opo(er la vérité quàvec timidité & réferve. an ~ étoné de ttouver,a la fois tant de taif~l1&.!d~préjugé. Celui ete, éûrnologieseR bien fort ..pflptftfàit regarder come. un avantage ce qui cilUtlv~ritàble défaut; car enfin lés caradères l1"ontét~itlièb(és ClUé p.Ot1r rêprérenfèr lés fons. Cétoitl~û[.â~ qûen rairoient nos anciens: : qùand le let:.pèapôur euS .nonS fait croire que flOUS lès imitons.n~ilS:·r~r.ons ,pfédCêment le contraire d. ce quil$~;f?jë~~. l1sp~ipoient leufs (o~s: fi un m,ot ut~~.~té tompotè dautres (ons quil n~ létoit, il.aji50~nt employédautrescaraétères. Ne confer-:-~qnp donc pas les. m~mes pour des Cons qui font de.ùifus~if~rens. Si lon emploie quelquefois les mê-Jlesfons dans la langue parU" pour exprimer desi!4esdj~~rentes , le Cens & la fuite des mou fufifent~.9t,!l~quivoque des homonimes.Linte:lligenc~.nc feroit-èle pas pour la langue écrite ce qude fait pOUl
    • E T RA! SON N B E. At "T-pour la langue parlée? Par exemple, ft lon ~crivoitchamp àe campuJ • come chant de cantus ; en con-fondroit-on plûtôt la lignification dans un écrit quedans le difcours ! Lefprit Ceroit·illa·deffus en dé-faut ~ ea Lufage , dit-on, le maître de la Langue, aintiil doit décider également de la parole &: de lécritu-oie. Je ferai ici une difiinffion. Dans les chofes pu~tement arbitraIres, on doit fuivre lufage. qui équi-":1ut alors a la f:liron : ainG lufage eft le maître dela langue par/rfe. Il peut Ce faire que ce qui sapèleaujourdhui un livre, sapèle dans la fuite un arbre;que vertlignifie un jour la couleur rouge, & rougela couleur verte, parcequil ny a rien dans la natureni Jans la raifon gui détermine un objet à être dé-ligné par un fon plufiôt que parun autre : luCage~qui arie la-dellus, neR point vicieus, puifquil ndlpoint inconféquent, quoiquil foit inconfiant. Maisil nen eR pas ainli de lécriture; tant quune Con-"eotion fubllRe, èle doit soblêrver. tufage doitélre wnféquent dans remploi dun -iigne dont lêta-biiffement étoit arbitraire : il eR inconféquent &:en contradidion quand il done a des caradères af-femblés une valeur diférente de cèle quîlleur adonée, & quil leur conferve dans leur dénomina-tion ; a moins que ce ne foit une combinai(on né-,effaire de carac1cres , pour en t€préfentrr un d!8 D
    • ... ~ G .ft " ,M. .M A IJUi: G Ê N É 1.A L E4)D maDClue. Par exemple, on unit un e &. un u pourexprimer le fon eu dans fiu;un 0 &. un Il pour rendre.c fon ouc:lans cou. Ces voyètes eu &. ou nayant paimde caraétères propres, la combinaifon qui 1è faitde deus lètres ne forme alors quun feul tign€. Maison peut dire que lufage eft videus lorCquil fait descombinaifons inutiles de lètres qui perdent leur fon, four exprimer des fons epi ont des caraétères pro- pres. On emploie 1 par exemple, pour exprimer le (on e ~ les comhinaifons a; 1 ei ~ oi:1 o;en, :f dans les mots vra;,}.Ji, peine, eonoitr, ,fRifoient. Dans ce dernier mot a; ne détipent ql,l"un e muet, &. les onq lètres oient ~n , onvert grave. Nous avons ce- pendant:> avec le feco~ dei aceen! 1 tous les e qui aous font néceffaires, fans recourir a de fauifes combinaifons. On pelt donc entrepr.endre de cori- 1er ruCage, du moins par degrés,. Be. non pas en le heurtant de front,. quoi1ue la nùfon en Dt le droit; mais la raifon même sen interdit lexercice trop fclatant, parce quen matière dutàge, ce nell que par des ménagemens quon parvient au fuccès. 11 _ut plus dégards flUe de mépriS,. ponr les préjugés pron veut guérir. Le corps dune Nation a feul droit Cur la langue ,arlée, &. les tcrivains ont droit fur la langue écri- If. Le pe..ple:1 diroit Varron, nejll,ulf m41rf d~ ,>;"i••re (;omI de Iii I.~. .
    • ET RAI SON N t If.· 4-~ En effet, les Écri,ins ont le droit ou pluft& j font dans lobligation de coriger ce quils ont cd- rompu. Ceft une vaine oftentation dérudition lui. a gâté lonografe : ce [ont des favans & non pas des filofofes qui lont altérée; le peuple ny a u aucune pan. L ortografe des ·fames , que les ~­ vans trouvent fi ridicule, eA plus raifonable que la leur. Quelques-unes v.eulent aprendre lonografo des favans; il vaudroit bien mieus que les favan. adoptaffent cèle des fames, en y (;origeant ce quune demi éducation y ,l mis de défeétueus, ceft-à-dire , de [avant. POUf conoitte qui doit décider dun Ufa- ge , il faut voir ql1i. en eft: lauteur. Ceft un peuple Cil corps qui fait une langue; cetl par le concours dune infinité de befoins , di-dees , & de caufes fifiques & momes, .ariées 8&«:ombinées durant une fucceffion de 1iècles, tàn.quil foit poffible de reconoÏtre lépoque des che-gemem , des altérations ou des progtts. Souventle c..price décide, quelquefois ceft iamétaiiJique ia .plus [ubOle , qui éch2pe a la réflexion & a laconoi1=Canee de ceus mêmes CfW en font les auteurs. lapeuple cft donc ie maine abfolu de la langue par-lée, & ceit un empire quil exerte fms ,co aper-cevOIr. Lecriture , je parle de cèie dl?s fons , Reft pasnée, come le langage, pat uae progreffion leDte &. D ij , 1
    • +t GRAMMAJ.ttB GÉ,NÉJtALEinfenfihle : èle a été bien des fJèdes avant que denaitre; mais èle eft née rout·a-coup; come la lu-mière. Suivons fomairement lordre de nos conoif-fances en cète matière. Les. homes ayant fenti lavan.ge de fe comuni-quer leurs idées danslabCence, nimaginèrent riende mieus que de tâcher de peindre les objets. Voiia,dit-on, lorigine de lécriture figurative. Mais, ou-tre quil netl guère vrai[emblable que dans cèteen-fance de lefprit, les arts fu{fent alfés perfettionéspour que lon fut en état de peindre les objets aupoint de les faire bien rec~)Roitre, quand même onfe feroit borné a peindre une partie pour un tout,on nen auroit pas été plus avancé. Il eil impoffible de parler des objets les plus matériels, (ans y joiJl- dre des idées, qui ne font pas fufeeptibles dimages, . & qui nont dexifrance que dans lefprit; ne fut-ce eple laffertion ou la négation de ce quon voudroit affurer ou Jlier dun fujet. JI faltlt donc inventer des lignes, qui par un raport diniliuttÎoa, fuffent atachés a ces idées. Tète fut lécowrehiéroglifique quon joignit a récriture figurative, Ji toutefois cèle-ci a jamais pu exifter quen projet ~ pour doner naiffan- te a lautre. On recelAut bientôt que ft les hiéro~ glifes étoient de néceffité pour les idées intellec- tuèles , il ~oit auffi fimple & plus facile dapiiquer tes mêmes ngnes cl~ tODvention pour défigner les
    • E T il. AIS 0 N N Ê E. 4Sobjets matériels = & quand il v auroit u quelque ra-port de figure entre le caraétère hiérogiifique &lobjet dont il étoit le lÎgne, ii ne pouvoit pas êtreconlidéré come figuratif. Par exemple. il ny a pasun ca.raétère allronomilue qui put réveiller par lw-même lidée de lobjet dont il porte le nom, quoi- quon ait afeété dans ~uelques-uns un peu dimita- tion. Ce fom de purs hiérogiifes. Lécriture hiéroglifique [e trouva établie. mais (u- rernent fon bornée dans fon uCage, & a portée dun uès-petit nomblFe dhomes. Chaque jour, le befoin de comuniquer une idée nouvèle, ou un,. nouveau l"3pOn did:e , bCoit convenir dun figne nouveau: cétoit un art qu;i navoit pointJie borne! ~ J~{ il a falu une longue fuite de tièdes avant quon itl.[ en état de fe comuniquer les idées le.. piC<8 uCuèles. Tèle efi aujourdhui lécriture des Chinois, qui, répond aus idées & non pas aus (ons = tels [ont parmi nous les lignes algébriques & les chifres arabes. Lécriture éWlt dans cet état, & navoit pas te moindre raport avec lécriture a.:tuèle, lorCquun génie heureus & profond remit que le di{coUfS, quelque varié &. quelquétendu quil puiffe être ponr les idées, ndl pourtant compoCé que dun aITéspe- tien ombre de [ons, & quil ne sagiifoit que de leu ai1îgner a chacun un caraftère repréfêntatif. , Si lon y ld:lécJl.Ît, on vèra que tet art ayant une
    • t6 GRA.M,Ala. GÉNÉRALEfoit été eQnçû, dut être formé prefqJJen môme tem5~Be cell ce qui relève la gloire de liinventeur. ERéfec, après avoir u le génie .rape~e"oir fiue les (on9clune langue pouvoienc fe décomp1cfCl & Ce difl:in-guer, lénuméraüon dut en être lt)iem~t faite. IlétoiJ bien plus facillt de COnter tous les Cons dune1aPgue, que de découvrir quils poutoient 1è con-ter. Lun eft un coup de gé1lie, lautlre un ftmple éfet..le latention. Peut-être ny a-t·i} jaœais u cfalfahetoompletque celui de linventeur de l"écriture. Il elbien mjCembJaJ>le CJue sil ny ut ])as alors autantcl., e.atallères quil nous en faudf()it aujourdhui #Ci. ~e la langue de linventeur n"eu exiglaoit pailtJanntage. LoftogrV"e na donc été parfaite quaÏI naifiitnte cie lécriture: èlé cû.=!!tença a 15alléret~,fqoe, pour cles fom nouveaus ou nou9èlement.~çus, ()n fit des combinaifons deis caraaères· co-.JI" .u lieu den iafiituer de nouVeaus; mais il n., ut plus ri(a de fixe, loriquon fit des combinaifons i.auwes"Bt par conf~uent vicieutè$, pour des fon9 CJuÎ avoient leurs caraéières propms. Tèle dl la (ource d~ la coruption de lonografie. Voilà ce qui I8J1d aujourdhui lart de la leaure ji dificiJe , que Ji on ne iaprenoit pas de routine dans lenfance, âge ttu le! inconféquenees de hl métode vulgaire ne fe- font pas encore apercevoir J on auroit beaucoup de Jcine "lap.encke dans un âge aVallté; & la pCiDe
    • ET RA i SON Nt,Ee .1(erait dautant plus grande, quQB auroit lefPritplus ju:fte. Quiconque fait lire, [ait la,"t le plus.ficile. Quoiquil y ait beaucoup de réalité dans l e .bleal,i abrégé que je viens de tracer, je ne le don,cepend.ant.. que pour une tonjefiure filo[o6que.Lan de lê•.riwre des [ons, dautant plus admiraWeque la pl-atique en dl facile, trouva de lopoii_adans les favans dÉgipte, dans les prêtres ,.ynu.Cew çui iloivent leur confidération aus tUèbr.,ui envelopent leur nullité &. augmenteDt leur V,G-lume impofant, craignent de produire leurs ~tères a la lumière : ils aimen.t mieas éue retpeaét<lUentendus , parce que sih; étoient enten.das t iIIcDe feco!ent peut-éare pas refpettét. Le,no.es ditgénie découvreIlt, inventent & publientl its fOAl les découvenes, &. nont point de (~rets : lngens médiocres ou intéreifés en font des miftères. Cependant lin/érét général a fait prévaloir lécri-tutc des fon&. Cet art Cere également a confoiidNle menfonge & a mMlifefier la y·érité : sil a q~fois été dangereus , il dt Ju momsle dép& des ar-Illes contre lerreur, celui de la religion & des1_. Après ..va;r déterminé tous les [on, dune Lan..gue , ce quil y auroil de plus ayantagellS feroit lue!Chaque Con Ut fon caraâère, qui ne put étre employé,u.e pçur le îQn auquel il auroÏ1 été deiliné, & ja.-
    • " GlAM1fAflBGÉNÉRALEmais htutiIemctlt. Il n., apeut-êtrè pas une languequi ait cet avantage; & les deus langues dont leslivres Cont le plus recherchés, la FrançoiCe & lAn-glbire , font cèles dont lonografe eft la plus vi-deufe. ,Une fetc>it peut-être pas fi dificile qüon (e 1ima.tine, de faite adopter par le pub!;c un alfabet com·plèt& régulier. Lobjeétion de la prétendue dificul· leslé quil y auroit a Ure livres anciens. eft une chi-mèfl, : nous les Iïfons, quoiquil y ait auffi loin deiéur ottografe a la nôtre, que de la nÔtre a une qui{troit raifonabYe. JO. Tous les livres dufage Cet8mpriment conrinuèlemenr. 1 <>. Il ny auroit poinedinnovation pour les livres écrits dans les languesmortes. 3". Ceus que leur profelJion oblige de lireles andens lï"res , y feroient bientôt llilés. Onobjeél:e encore quun Empereur na pas u lau·tc>rité dintroduire un caraétère nouVeau (le Di-gamma ou V confone). Cela prouve feulement qQ~î1 faut que cha.cun Ce renfèrme dans fon ertî- pire. -Des tcrivains tels que Cicéron, Virgile, Ho- laU , Tacite, &c. auroient été en cète matière plus puiftans quun Empereur. Dailleurs, ce qui était alors ill1poffible, ne le feroit pas aujoutdhui. Avant létahlifiement de lImprimerie, cornent luroit·on pu f.ire adopter une loi en fait dorfografe ~ On ne pouvoit
    • E T RAÏ SON NÉE. 49 po~~oi~ p~s aler y coltltraindre cbel. eus tOIlS tels am ccnVOlent. - Cependant Chilpéric a été plus heureus ou plus !labile que Claude, pui[quil a introduit quatra lètres dans lalfaJet fran~ais. II en vrai quil ne dut pas ~voir I:>eatlcoup de contradia;ons a effuye; dans une .. nation toute gUlri2:ce , ou il ny aoit peut-être que eeus qui [e mèloient du Gouvernement q~ ewrent lire & tcrire. Il y a grande a?arance que li la réforme de lal- fabet , au lieu dttre propoCée par un particulier, létoit par un corps de gens de lètres, ils finiroient par la faire adopter : la révolte du préjugé céderoit inièn!ibleOlent a la perCévérance des filofofes, &. a lutilité que le public y reeonoitroit bientôt pour ltC:ueatibn des en fans & linitruEtion des étrangers. Cere légère panie de la nation qui eit en droit ot!- en poffdEon de plaifanter de out ce qui en utile, {en quelquefois a familiarifer le public avec un objet, fans influer {üi le jugement quil en pûite. Alûïs raü.. tarité qui pr:!ide aux Leoles publiques pouroit con- courir ala réforme,en fixant une métode dinilitution. En cètc matiere les vrais légit1ateufs font les gens Je lètres, LautOrité proprement dite ne doit & ne peut SUC concourir. Pourquoi la raifon ne devien~ droit-èle pas enfin a la mode come autre chofe! Seroit-il pol1îble quune Nation reconue pOUf éclai~ Ill, E
    • ,Ô.* G JlAMft!AtlUI GBNÉlAL È et aeutëe de légèreté, ne fut eonflante quedans des choCes dc!raiConables. Tète eft là force deta pr~vention & de lhatlitude , que lorfque la rHor..me, dont la propofitiôn parait aujourd11ui chimé-tique, fera faite, car èle le fera, on ne croira pa.. gu·èle ait pu éprouver de la contradiétio!lo , Q.ué1ques r.éiés pal1ifans des ufages, qui nont de-mérite tJt!e lancieneté, voudroient faire croire queles changemens qui Ce font faits dans lonografe one altéré la profodie ; mais eeft exaétement le contrai.te. Les ehangemens atriT.és dans la prononciation oblig,ent ~t ou tard den faire dans lortografe. Si fon aVoit écrit javèl , françèl, &c. dans le temt qu"on prononçoit eneote ja1.ioil, fra1lçolf, on pou- .ôit croire que lortografe au~oit ocafioné le chan- gement arri"é dans la ptononciatiOI1 ; mais~atendu quil y a plus dun tiède que la finaie de ces mots Ce prononce come un e ouvert grave, & que r on con. tinue toujours de lécrire come une diftongue, 011 Île peut pas en acu(er lortografe, Bien·loin que la pro(odie fmve lortografe, lortografe ne fuit la ~rofodi~ que de très-ioin.• Nous ne fomes pas en. tore devenus affés raifonahles pour que le ~réiugé foit eil droit de nous faire des reproches. Je çroi devoir a cète ocalion rendre conte au lee* * leur de la diférence quil a pu remarquer entre l or- ~6grafe du text$f cèle des rcmarc.1ues. Jai fuivl
    • ÉTiAISON14Ét-. S«luîage clans le texte. parce que je naiepas le qroîtdy rien changer, mais dans les remarques j,ai un peu anticipé la réforme vers laquèle lufage même rend de jour en jour. Je me fuis borné au retran- chement des lètres doubles qui ne fe prononcent point. Jai Cubilitué des f & des , {impies aus ph &: 2t!S lb : lufage le fera fans doute un jour par-tout .~. come il a déja fait dans famaifie 1 fantôme, frénéjie ~ trône, tréJor 1 & dans quantité dautres mots. Si je fais quelques autres légers changemens ~cdl: toujours poür raprocher Les lètres de leuE.deilination & de leur valeur. Je nai pas cru devoir tOllcher aus fauffes combi- nairons de voydes , tètes que les a;, ei , 0; 1 Bec..pour ne pas trop éfaroucher les yeuse Je nai donc pas écrit conme au lieu de conoiue , ce qui ieroit pôuftant plùs naturel. Plufieurs Auteurs ont déja tenté la réforme dt§lortografe; & quoiquils naient pas été (uivis etrtout, on leur doit les changemens en bien 1 qui fefont faits depuis un tems. Je faif!5, pour faire lemême errai) loca1ion d.une Grammaire ttès-efli-ruée, ou lon remarque les défauts de notre orto-grafe, & ou lon indique lesfnoyens dy remédier.Dailleurs, il SCR faut bien que je me fois permist.out ce que la raifon autoriferoit; mais il faut alerfar degrés : eeuL-étre aurai-je des Jeaeurs .Cluï AC( E ij
    • Jt GRAalÎlA::nE)(Hhnht!I.E6~~petcittotlf!pas de ce qui en choquera luelqùe, autre•• C·HAPITRE VI.D"une nQuvelle manière P()U~ apprendre à lire facilement en touies fOrtes .de Langues,rE T T Ji Méthode regarde principale.;-....1 ment ceux qui ne favent pas encore lire. Ueficertairr que ce neft pas une grandepeine "à ceux qui cOl11mencent. que de con.. ,80itrëfhnplement lesdettres; mais qùe ,laplus grande eft de lesatfembler. , Or ce qui .end maintenant cela plus diffi..çile , .~ft q4~ chaqueleqre ayant fon nom,9~ la PFooopce feule autrement quen laf..~mblatit,~veç tautres. Par ex<mple, fi lonfait a[etJlhJ~r fr" à un enflnt) on hü faitpronon~er éf~,fr .y~reç, ce qui le brouille,infail1ibJel11~rit lorfqu il veut enfuîte joindre ces tr~is fonsenfei~le ~ pour en faire le fon ~ la fyiJahe fty. .... . . . Il femble}onc 3ue la. Voie la plus naru.,; f~t!e ~ c:o~me ,que~ques .~ens .deFprit lont" d~Ja r~tn~~é ~ ferolt que -ceux quI m~treni ~. ; -:>
    • 1. T RAI SON N"F; J!. .~ a l1re, n)appnt1icnt dabord aux emans a cOIl- , r .. naître leurs lettres, que par le nom de leut prononciation; & quainfi pour apprendre, ~ lire en Latin, par exemple, on ne donnât que le même nom de, à fe !impIe, lte &lœ, parce quon les prononce dune même façon; & de même à li & à ly > & encore à l{} &: à lau, felon quun les prononce aujourdht!i en France: car les J taliens font lau djphton~ gue. Quon ne leur nomm~t auai les coslOn.; "1 nes que par leur fon naturel, en y ajoutant: feulement le muet, qui eft néceifaire poar les prononcer: par exemple, quon donnât pour nom à h, ce quon. pronon(e dans la derniere f)rllabc de tombe; à li celui de la derniere fyHabe de ronde; & ainti des autres qui noDt quun feul fon. Que pour celles qui en ont pluficurs f cornille c , g, t, f, on les appelât par le fQDle plus naturel & plus ordinaire, qui dl ~r..u ç,le fon de que) & aug , le fo~ de gue, au ft jle fon de la derniere fyllabe deforte, & à 11;œ!ui de la dcrniere fyllahe de bourfe. Et enfuite on leur apprendroità pronon~cer à. part, & fans eppeler , les ryllab:s ce.ci ,ge , gi, lia , tie ,tii. Et on leur fermt en..tendre que lJ, entre deux voyelles., fe pro"nonce COlIijDe un ~ ) rniJeria) rnifere) com~ . E iij
    • J+ . G ICA MM Arll li: 0 ~ ~~l A L:Eme sal lavoit miu"ia " miz.ere ~ &c. Voilà les plus générales obfervations decette nouvelle Méthode dapprendre à lire,l~i teroit ~~rtainement très-utile aux enfans. Mais pour la mettre dans toute iàperfeéHon,il en faudroit faire un petit traité à part, où lon pourraitfaire les remarques neceîf.ùre~ pour raccommoder à toutes les langues., REM JI R <l U E J. , Tout -ce chapitre eft exélent. &. ne foufre hi,t.eption ni replique. Il eft étonant que lautorité de .P. :R. fUNout dans ce tems-Ja, Sc qui depuis a été apuyée de lexpérience , nait pa, encore fait tciomfer la raifon, desahfardités de la snétode vul•. gatte. Cei d~p»ès la réflexion de P. R. que le Bureau Tipografique a doné aus lètres leur déno-" iriination la plusrnaturèle ;ft , le" me ,ne, !Je, &c. &. nonpasèfe ,fIe, ème, è.e, If conJone. Cète m~­ 10J?IempDnefa-t6t ou-tard fur lanciène, par la- .atlta,e quon ~e poun Pas e1rlin sempêcher dy te~onOîu.e~~j Ufaudra du tellli.
    • ET RA!SONNÉE~ r SECONDE PARTIE· DEL AGRAMMAIRE" GÉNÉRALE,Où il eft parlé des principes &: des rairons fur lefque!fes font appuyées les diverfes formes de la fignificà~ tion des mots. CHAPITRE PREMIER.Que la connoiJJance de ce qui ft paffi dam" notre efPrit , cIl néce;jarfc pou; com- prendre lesfondemens de la Gr~mmai­ re; & que ccft de-là que depend la diverfité des mots qui compofent le difèo«rs.J USl5criel, QUE S ici nous navons confidéré dans la parole que ce quelle a de maté- quf ell commun, au moins po~ le .-. . E iiij
    • S6 GRAMMAI:R! GÉNRRALEIon, aux hommes & aux perroquets. Il nous reLle à examiner ce quelle a de fpirituel.~ui fait lun des plus grands avan- tages de 1homme au-deflùs de tous les au-tres animaux, & qui eil: une des plus gran-des preuves de la raifon : ,eft lu1àgeque!lOUS en fairons pour fignifier nos penfées;& cette invention merveilleufe de compofèrde ~ S ou 30 fans cette infinie variété demots, qui nayant rien de femblable en euX-m~mes à ce qui fe paffe dans notre efprit , ne laitlènt pas den découvrir aux autres tout le fecret, &de faire entendre à ceux qui ny peuvent pénétrer, tout ce que nous conce- vans, & tous les divers lnouvemens de notre ame. Ainfi lon peut définir les mots, des [ons difiinéts & articulés dont les hommes ontfait des fignes pour fignifier leurs penftes. Ceft pourquoi on ne peut bien compren-dre les diverfes fortes de fignifications qui font enfermées dans les mots, quon nait bien comJris auparavant ce qui fe paffe dans nos penfees, puifque les mots nont été in~ ventés que pour les faire connaître.. Tous les PhiJofophes enfeignent quil y a trois opérations de notre efprit : CONGE-:VOIR, JUGER, RAISONNER.CO~CEYQ!l ~ Jlefl: autre chofe qu~
    • f:T RAISONNÊl!. 7flmple regard de notre efprit fur les choIes,foit dune maniere purement imelleéluelle,comme quand je connais lêtre, la durée,la penfée, Dieu ; foit avec des images cor-porelles, comme quand je mimagine Wlquarré, un rond, 90 chien, un cheval. ~ JUGER. cdl: armer quune chore quenous concevons eil: telle, ou ncil pas tellecomme lodquayant conçu ce que ,cft qt:ela terre, & cc que c dl que rondmr , raffir~me de la terre, quelle eft ronde. RAISONNER, eil: fe fervir de deux juge-mens pour en faire un troifiéme : comme, lorfquayan~jugé que toute vertu eilloua- ble, & que""la patience eft une vertu, jenconclus que la patience" dl louable. Doù lon voit que la troifiéme opération de lelprit neH quune exrenfion de la fe- conde; & ainfi il fuffira pour notre fujet de confidérer les deux premieres, ou ce qui cft enfermé de la premiere dans la feconde: car les hommes ne parlent guére pour ex-, primer fimplemenr ce quils conçoivent; mais ceil prefque toujours pour exprimer les jugemens quils fom des chofes quils conçoivent. Le jugement que nous fairons des. ch~, Ces, comme qu:md je dis, la terre cft nmde. sappelle P ROPO S IT lQN; & ~tou.t~
    • ·~8 GRAMMAIRE G~NÉ!ALn propofition enferme néceifairement deux ter- mes; lun appellé fujet, qui eft ce dom on affirme, comme terre; & lautre appellé at- trwut qui eft ce quon affirme, comme rOrI- 1 de : & de plus la liaifon entre ces deux ter- fIles, e f t . . Or ileR airé de voitÎtue les deux termes appartiennent proprement :.la premiere opé- ration de lefprit 1 parce que ceft ce que nous concevons, &ce qui cft lobjet de no- tre penfée; & que la liaifon appartient à la feconde, quon peut dire être proprement laélion de notre efprit, & la maniere dont nous penfOns. . Et ainfi la plus grande diâfnélion de ce qui Ce paffe dans notre efprit, dl: de dire quon y peut confidérer lobjet de notre pen- fée , & la forme ou la maniere de notre peu- fée, dont la principale cft Je jugement: mais on y doit encore rapporter les conjonélions , disjonétions • & autres femblables opérations de notre efprit, & tous les autres mouve-.m~ns de notre ame ; comme les de fi rs , le commandement, linterrogation, &c. TI ~ __ C."h ..1_ 1. il11f 1..." 1.".............." "y",nf 1>11 "1 5 a-Jt-Qd.,t.U;;~i. ~~ &"".,. <&lV"~".&" .-.u.. ""--befoin .de fignes pour marquer tout ce qui1e patre dans leur efprit, il faut auffi que la,plus générale difiinétion des mots foit , que~. uns fignifiene les objets des penfées. &
    • • T Il A J SO N NB t. "t9 les autres la forme & la maniere de nos pen- fées, quoique fouvent ils ne Ja fignifient pas feule, mais avec lobjet, comme nous le fe~ roiJs voit. Les mots de la premiere forte font Cen:. que lon a appeUés nom!. a~tiçlel • pronoms. participes. prépofitions & adverhes ; c~x de la feconde font les lIer6es. lei conjonf1ionJ & IfS ineerjeÜion.r ; qui font tous tirés par une fuite néceffaire, de la maniere naturelle en laqüelle nous exprimons nos penfées , com~ me nous lallons monuer• .. CHA PIT REl 1.}P,S W6mS1 &premitremmt desfuIJft:amift & adjeéJift· " L . Es objets de nos penfées font ou les chores, comme la terrI, le ftleil • f ealt. le hois , ce quIon appeile fU/PtINCil ; ou la ma.. Iliere des cbofes ,comme dêtre r!1na, dêtre "ou:ge, dêtre dur, d)être Javmu, &c. ce . gtfon afpelle acciJent.l Et i .ya- -cette différence entre les chois cu les fubfiance~.1 &- la Maniere des cbolès ou les accidens; que les fubfiances fuhmlent-lar eUes~1iieS , au lieu q.1e les ac:~e~s.e; font que par les fubl1ance~.
    • 60 GR A 1d M A j REG É NÉ ft ALE Gefl: ce qui a fait la principale ditlerence cntre les mots qui figmfiem les objers des penfées : car ceux qui fignifiel1t les (ubf.. tances {ot été appellés noms Iu~fl-antiff; &. ~eux qui lignifient les accidens, en marquant le fujet auquel ces accidcns conviennent , noms adjeDifs. Voilà la première origine des noms fu/;- ftantifi & adjeélif5. Mais on nen eH pas de- meuré là; & il fè trouve quon ne sdl pas tant arrêté à la fignification quà la manicre de fIgnifier. Car, parce que la fubfl:ance cfl: ce qui fubfifie par roi-même, on a appelé noms fubfl:antifs touS ceux qui fubfifl:enr par cux- mêmes dans le difcours, fans avoir be(oin dun autre nom, encore même quils figni- fient des accidens. Et au contraire 00 a ap- pelé adjeétifs ceux mêmes qui fignificnr des tùbfl:aoces, lorfque par leur manicre de {l- gnifier ils doivent être joints à d~autres noms dans le difcours. Or ce qui fait quun nom ne peut fubfifier par foi-même, eil quand outre-fa fignifica- tion difii.Péle, il en a encore une confuf~ , quon peut appeler connotation dune chofe. à laquelle convient ce qui dl marqué par la lignification difiinél:e. . Ainfi la lignification difiinéle de rouge. e.ft la rQugeur j mais HIa lignifie en marquaQt
    • E T R A - SON N 1:: It. 61confufément e li.Jj:t rl,e cet:! rougeur, dm,vient qu" ijC li.) :1:; ",)jJ l"cul dans le dif-cours, rar(C -lllor)" -, exprimer ou fous~entendre 1<: mot -1(1 ,;,j,l-ie ce fujet. Comme donc ·eni: connotar;on fait }ad-jeèl:if, lûrIgl.ùn l~:e des fé1C->1<; qui l;gnifientles accidens, (in en tait des ,ubfbnib , com- me de coloré, couleur; de rou/Z,e , rtJ~gmr; ide dur, dUi"etf; de rrude?t , prlldence, &c. f Etau contraire, fc!"iquon ;:,jOtltC aux motsqui fignifiem le<; [ubfiaoce s , cette connota-tion ou figniF.cation confufe dune chofe à lelaquelle ces fùbrtances rapportent, on enfait des adjeél:ifs; comme dhomme, humain;genre humain, vertu humaine &c. J . Les Grecs & les Lftins ont une infinitéde ces mots; ferreur, aureus, hovi;zus , vitu~linus, &c. Mais lHébreu, le François, & les autresLangues vulgaires en ont moins; car le Fran-çois lexplique "par un de ; dor, de fer, de.bœuf~ &<:. Que fi lon dépouWe ces adjeétifs formésdes noms de fubfiances , de leur connotation,ol,l en fait de nouveaux fubfl:amifs quon aprpeUe abftraiu, ou féparés. Ainfi d~hommeayant fait humain. dhumain on fait huma.,mté.&~., MaisHl! y a une autre forte de noms qui
    • 6 t, G R A !fi MAI REG Ê NF: R A r. Epafrent pour {ùbHantifs , qtloiqu{~n cffèt ils{oient adjectifs, puilquils tigmficnt une (or4 •me accidentelle, & quils marquent auffi lin{ujet auquel convient cette forme : tds iontles noms de diverfcs proteffions des hom-mes, comme Roi, Philofophe, Peintre, Sol-dat, &c. Et ce qui fait que ces noms palfentpour fubfiantifs, & que ne pouvant avoirpour fujct que lhomme feul , ail moins pourlordinaire, & Celon la premiere impofitiondes noms, il na pas été néceffaire dy join-dre leur fubftantif, parce quon Jy peut fous-entendre fans aucune confufion, le rapporene sen pouvant faire à aucun autre; & par-là ces macs unt eu dans lu!àge ce qui eftparticulier aux fubfràfttifs, qui eU de 1ubfif~ter Cculs dans le dikours. Ceft pour cette même raifon quon ditde certains noms ou pronoms , quils fompris fubftantivement, parce quils ie rappûr- teSt à un fubftantif fi général, quil fe (ous- entend facilement & déœrminémenr ; com- me trif/e lUlU! fJdbulis. fup. negotium; pa- tria 1 fup. terra; Judea, fup. Provineia. Voyez nouv..Meth. Laüne. Jai dit que les adjeéhfs ont deux fignifi- cations; lun{ difiinéle., qui efr ceHe de la forme; & r~.ltre confufe, qui efi celle du faiet: mais il ne faut pas condure de-là quils
    • l:: T li AIS 0 N NÉE. 6Jfignifient plus direélement la forme que lefujet, comme la fignification plus di1hnéteétoie auffi la plus direete. Car au contraireil eft certain quils fignifiem le fujet direae-ment, &, comme parlent les Grammairiens,in reéto, quoique plus confufémem; & quilsne fignifient la forme quindireétement , & ,comme Us parlent encore> in obliquo, quoi.que plus diftinélemcm. Ainfi hlanc , candi-dur, lignifie diredement ce qui a de la blan·cheur ,- hahens c411dorem, mais dune ma- . r _ r r .mere IOrt canmle , ne marquant en parucu....lier aucune des cbofes qui peuvent avoir dela blancheur; & il ne fignifie quindireéte...ment la blancheur, mais dune maniere auffidifiintle que le mot même de blanche.ur.>candor. CHAPITRE III. Des noms propres, & appellatifs J , ou generaux.N Ous avons deux fortes didées; les unes qui ne nous rep:-éfenrenr quunechofe finguliere, comme lidée que chaqueperfoDne a de fon pere & de Là mere J, d~
    • 64 GRAMMAIRE GÉNÉRALEtel ami, de fon cheval, de fon chien> de foi-même, &c. , Les autres qui nous en repréfentenr plu-fieurs femblables, auxquels cette idée peutégalement convenir, comme lidée que jaid,un homme en général> dun cheval en gé-neral, &co Les hommes ont eu befoin de noms ditfé- ,,y-, r ,. , ,rens pour ces deux dmeremes lOttes ct iUecs. Ils.nt appellé1WmJ propre! ceux qui con-viennent aux idées llnguheres, comme lenom de Socrate, qui convient à un certainPhilofophe appelé Socrate; le nom de PIZ"ri!, qui convient à la ville de Paris. Et ils ont appelé noms génhaux ou ap-pellatifs, ceux qui fignifient les idées com-munes ; comme le mot dhomme qui convientà tous les hommes en général; & de mêmedu mot de lion, chien, cheval> &c. Ce ndl pas quil narrive fouvent que lemot propre ne convienne à plufieurs, com- me Pierre, Jean> &c. mais ce neH que paraccident, parce que plufieurs ont pris un mê-me nom; & alors il faut y ajoûter dautres noms qui le déterminent, -& qui le font ren-trer dans la qualité de nom propre, comme le nom de LouÏf qui convient à plufieurs, eil: propre au Roi qui régne aujourdhui, en di-iànt Louif qttatordéme. Souvent même il ndl
    • ET -& AIS OiN N F: E. i 5 ileft pas néccffaire de rie~ ajoûter,. parte que les circonfiances dl1 difcours font aff.cz voir de qui lon parle., CHAPITRE IV.. Des nombres fingulicr & plarierr j T ~ s~ noms ~ommun; qui c.onvi~.nenr à ..L..,..< pl:UlreurS,. peuvent eere prIS en chverfes·, " . . .,.. . . . . . . . . . , -yvnp., :. (;ar, Ji 0. on peut ou fe-s appliqutr i ù~e· des (bof~s:auxqueltes ikEE.lDvienBéilt,. eu même les confId ~rer toutes dans une certli- Ile UI1Ité ~idl appelée parles J!bilofophes )· luNitlunit"tyfetle., ~o. Oh les peut <tppliquefà plufieaTS tous.· enfemhle ,. en les confIdérant coJnme plu- tieur9; . ,~Pour d.iilinguer ces deu~ forte.s de rmnie-: R$. dti a inventé ks deu~ nrrm. de, fignlner,· jres;. le finguJ.ier, h9m, r hgmme;:& le plu-, lier ,. hominu, hommefl. Et même quelques Langues, comme la Grecque, Gril fait uD-duel, lfJr[que les noms conviennent à dellx.. Les Héb1(e~x en ont·aUffi un, mais feulë- acJlt.lorfqut:les m()tS fi~ni!i(mt . un~"tho[e -- - g . - - - -- - li
    • " G.aA.MMAIlUi GÉNÉAALn double, ou par nature, comme les _Jeux) leI mains, lu pieds·, &c, ou par art, comme des/Mules de moulin, des cifeaux , <kc.. De-là il fe voit que les noms propres nont point deux-mêmes de plurier , parce que de leur nature ils ne conviennent quà un; &: lue fi on les met quelquefois au plurier, CQmme quand on dit les CéfarJ, les Ale- xAndra, les Platonl, ceO: par figure, en €OOlpenant dans le nom proprt~ toutes les .periOnues qui l~r reffembleroient : comme qui diroit, des Rois auffi vaillans quAle- :Kandf~ t de~ Piik><Ophes aufû favans que Platon, &c. ~ il Yen a même qui improu- lCD[ cette façon de parler , comme nétant pas affez conforme à la nature, quoiquil sen trouve des exemples dans toutes les Lan- gues, de forte qutelle femble trop autori- .fée pour la rejeter tout-à-fait : il faut feu- lement prendre-garde dten urer modéré~.ent. TOus les adjeéHfs au contraire doiventavoir un plurier, parce quil eft de leur na-ture denfermer toûjours une cenaine ligni-fication vague dun fujer t qui fait quils peu- 1U..eIlA"lP W~Jl . r _ n U ""...,. ~pl~ ,-urs .. D n , . a u. ,IPni"~ _ &W&.""~." ~n ..... . ut.(u,nQ. ..._ nn~nt ~ ~_---.." _la maniere de fignifier) quoiquen effet ils Dec>Dvinifeot quà un. Quant aux fubft~cifs qui foJ!t c:QDunW1$
    • ET RAtSoNN~E. 67& appellatifs, il femblc que par leur natureils devroient touS avoir un plurier; néall-moins il yen a plufieurs qui nen ont point ~fait par le {impie urage, fait par quelqueforte de raifon. Ainfi les noms de chaque mé-tal, or, argent, fer, nen ont point en prei:que toutes les Langues; dont la raif()O eH Jcomme je penCe, que la retfemblance fi gran-de qui eft entre les parties des l1létau:x: Wtque lon confidere dordinaire chaquë elPèêede métal, non comme une efpece qui aitfous foi plufieurs individus, mais COI:lilme untout qui a feulement plufieurs parti1es : cequi paroît bien en notre Langue, en ce quepour marquer un métalfingulier, 01.1 ajoûœla particule de partition; de for, de il argerll,duJt-r. On dit bien fer! au plurier, Dflais cef!pour lignifier des chaînes, & Don ff::ulementune partie du métal appelé fer. Lies Latins difent bien auffi Ifra , mais cdl poudig:ni- ner de la monnaie, ou des inftrutniimS à fairefon, comme des cymbales. Et aiiJIÛ des au--J1es. F ... - Il
    • CHA PIT R E V~·C turc conviennent àadjeéHfs de, onleurjugé 01lMEles noms plufieurs a na--·"ropos , pOlir rend;e le di~c~,moins ~on" tu; , & auffi pour l-embelltr par la vanété·ùes umninaifuns, cfinvemer dans les ad jec-;tifs une diverfité felon.les fubfianofs auxquelson les appliquerait.cOr lei hommes fe font premiérement con--fdérés eu)(-mêmes; & ayant remarqué par.. mi eux une diiféremce extrêmement confidé- table, qui eft celle des deux fcxes., ils ont:jugé à propos de varier les mêmes noms ad..;etiifs, ,:aonnant diverffs terminaifons, lorf- ~DjIs s"appliquoiertt aux hommes, & lorfquils êsappliquoient aux femmes; comme en di- -fàut , homu. ViT. un bon homme, bona m,,.. &1". une bonne fe~me "; & ,eft ce qùls ent appelé genre mafculin & féminin. Mais ii a bUu que cela ait tallé nlus avant. 1 • Car, comme ces mtn1es adjeéhfs fc pou- ",oient attribuer à dautres quà des hommes ou à des femmes, ils ont été obligés de Jeur dœner r~e ou lautre des terminaifons quils
    • . É l 1 li r j oN lfB"1f;" .~l?Olent inventées pour les hommes & pourles femmes : d"où il eH arrivé que par rap-P?rt a~x hommes & aux femmes" ils d~t di-{lIngue tous les autres noms flàbiantlfs enZIUlJcllli1u &Jémi»in.r. Quelquefois paf"qüeJ,.-que forte de raifon, œmme lorfque lc!yofli-ces dhommes, .Re"C) Iudex " PhiloJop),u/.. &c. (qui ne font qu)impreprerneot fupHan- tifs, comme nous avons dit) font du ,maf- culin, parce quon fous-entend h.o> & que·.~·offi.ces de femmesfontdeféminin,,;com- me mater. UXOT. legintl. &C.·é p.arp.:rqu~OD fOus-entend mulier. ; _.~ ", Dautres fois auffi par un pur caprke , .ai:ItD ufage. fans raifon; ce qui.fait que oe}a·va- mè fêl0n· tes Langues, & dans les mOtS mê- me quune Langue a empruntés.&u.Qe. a..utrt>;.-€omroe arhar eH du féminin el){Latin, k / arbre du mafculin en François; Je~1 mak...- lînen ~atin, ~ iJen,.t féminin. Fran~<)is.:" QuelquefCi>lS meme .-ela a ch~éj dabs lII1emême·Langue felon le tempS·;:,Q.omme . alvitS étoit autrefois mafculin· en Latin, ,kt· lon·Prifcien, & depuis il eft deve~émÏJ)iD. Navire en Franç.ois étoit aurrefois·féminin, en . & depUis il devenu,mafculin., l, ~"Cett~ vuiation dufage a fait auffi ~lIun -Diême-mot étant mis par les DM en unffenre~ ...~ pM les autr~ e.n.lautre" eft deH).elUé
    • rijt> G 1 AKlI At i . G t N f lt AL JI: 41outeux; comme bic ftnii, ou hlfe fitiiI en.Latin ; comme Cemtl & Duçhé en François. Mais ce quon appeUe-genre commun, Jidl pas ft commun que les Grammairiens·...~il1)lginent; car il ne convient propremem: "CJuàqueiques noms danimaux, qui en Grec Ik en Latill {è joignent à des adjeélifs maf-.culins &. féminins, felon quon veut fignifier le mile & la femelle; comme bot, taNis,[ut. ........~ a·...- .., qUll~ ""-------n-ü· r~ .. ~ 1... nom T ..., Uft"~ &5 OoVOuP-I"ÇU 1"1 ~ lVU" lb u • -tie genre commun, ne iOOt proprement que àes adjeélifs quon Fend pour ftlbilantifs, parce que dordinaire ils fubfiftent feuls dan, le difc~rs, & quils dont pas de différen- tes terminaifœas pour être joints aux divers genres, comme en ont "JiUfd & Viari"" ~~.&Nia(J";ufe; rex & regi,ta, roi j,t rli".; piftfW &: pi/fri;c hDulanger &. b,u- J ÛTlg.., &t. ~ "?~ rore par - que ce que !es a. Grammatrlall appellent EpteeNe neH POInt J un genr-e f~paré : car Ut!lpei , quoiquil figni- fie~ement le mile & la femelle dun re- mrd , dl vhÏtablement féminin dans le La- .tin. Et de même une aigleeft véritablement féminin dans le Franfois ,parce que le genre mafcul1nou féminin dans un mot he regarde ·pas propremem fa lignification, mais feul(f~ .mcmt tue de telle ·nature 7.quilfedoive joiB:
    • . Jr al. t·so ..... " "" arelladjeaif dans la,œrminaifèD &abline ou {éminine. Ainfi en Latia , mftogitt,. d4s gardes" ou des prifo.oiers; f1Ïgilit ,~es{ell·, tineUes, &c. font véritablement f~ll1inin$ J quoiquils figJ1i~~ des~mmes. V()iJà çe. ~...î,dl .oqullun l.to.uteS lesLangues~ pour. JercC~ des ~es. .... L~ Grecs & les Latins ont encote.tnvetté·,un troilléme genre avec le mafculin & féroJ- nio" quils ont appelé neutre. tomme Ilétapt.•ide.. l~an ni de lautre =, ,ce quils n~Q.nt p~ ~RP~<U,par la raUon , comme. ils eulfent .pu ,(;Pre, en .attri~nt le neutre aux D!?ms ~és . ~ofe$ qmJ/avolent Dul rapport au fete 1Jlif:. culin ou féminin, mats par fantaifIè, ~ ~ fllivant f~ulem~nt cenaines terminaitbœ. ; L,ùdlituti01l ou la di1linaion lesgenftls.d ad dJofèpuremem arbitraire, <}QÎ ne4 mùelnfintfon- è~e.en rIifoa ,qui ne paiO~. _oit le. tnoiodre ,namage , Sc llUi a beaucoup ciiJ)ooavéniena. Les Grecs &. les Latins en 1WOientUOÂ$; UU lieaavonsque deux, &.JesAngiois nt:a. ot1cpoim: .e"eit.poùt leur la~gue un avantage, qui woit en- ·core flu grand sils nen avoient pasdaasles pro- )"10 lIt 1Î>.Dt. utiles l dit-on, pOUf dillinguer de ,.el fc.xe cft le .-toniu1c,; QIl ~
    • f7,Z, G RA.• MA laB .G~i NÉ RA r. E ~du les berner à lhome & aus animaus; encore tiile particule diftihéli."e aUroit-è!e 1ûfi; mais on nau- . loit jamais du lapliquer universèlement a· tOus les . êtres. Il1 a la dedans URe déraifon, d{)nt rhabitude , feule nous empéche dêtre révoltés, , Nous perdons par-la une forte de vaTÎ~té qui , (e trotlveroit dans la t~minaifon des adjeélifs , au , liellqu~n lesf~mini1àht , nous augmenronsencore , lè no~bre de nos e muets. Mais un plus grand in- , ~onvé~ent des genres, cefi de rendre une langue crès~dmàile iuprèndie.Ceft une ocafion continuè1e c1:e~,reUr$ pour lès étrang.ers & pour beâucbûp dt na- ~elsJ;,un pays. On ne peut {e guider qué l -: la ,mémôiredal1I5 lcmplofdes genres, le raiforieme~t "~i étant pour rien. Auffivoy,ons-nous des étrang.~ts le b~~~coup d~~(prit, &, très-inarlÎts de notre fin- taxe, qui par~ero~ent très-co1Cdenlent ,fans les fau- tes contre les genres. Voila ce qui les rend quel.::fluelOii di:ridiculés devant les (ots, qui foilt.inçapa-• blesdfrd1fcerner ce qui dl de raiCen daveç ce qui. neftqu~ d-un 1J~~ arbitraire 8< capricieus. Les gens «Îefpdt font uu; qui ent!e plus de mémoire ~s ~his ch,~fe.qui (ont au refion:du raifonement , ac" qui en ont fouvende moins dans les autres •. ~. (Cetl:iciune obfervationpurement fpéculative. . . -oatfwneS"agÏl: pas 4ullabus quon puiffe coriger; mlÎs il: me fembie .quon, dût: en faire la" remarque;dans. Wle Grammaire fiiofQ~ique. " CHAP,
    • CHA PIT R E V J.Dts Cas & des PréptJjitiom entant quil ejl néceJJàîtt "en parler pour entendre que/que Cas. , parément les unes toûjours leson nauroitS1. lon confidéroit des autres,changemens chores fé-donné aux noms que les deuxque nous -eûoûs de marquer; favoir, du nom-bre pour toute fone de noms , & du genrepour les adjeéHfs : mais, parce quon les re-garde fouvent avec les divers rapports qu~el­les ont les unes aux autres, une des inven-tions dont on seil [ervi én quelques Languespour marquer ces rapports, a été de donnerencore aux noms diverfes terminaifons, quilsont appelées des Cal, du Latin cadere. tom.ifer ~ comme étant les diverfes ,hûtes dunmême ;nrot. " Il eft vrai que de toutes les LanRues il nva. peut--êue qlte la Grecque & la Latine qUiaiem .proprement des cas dans leg noms.NéaAmoiAs,.parce quauffi il y a peu deLan-guesqw naient quelques fanes de cas dansles.,proDoms, & que 1àns cela on ne fauroit G .
    • If GIAMMA~RE GBNtRA"L Emen entlendre la liaifon du difèours qui sap-pelle ctmftruflion > il eil prefque néceffaire ,pour apprendre quelque Langue que ce foit,de [avoir ce quon entend par ces cas: ceftpourquoi nous les expliquerons lun aprèsjautre: ie pius clairement quil nous fera poi:fible. Du Nominatif: L:! fimple pafition du nom sappelle le No-mitz,atif> qui ndi pas proprement un cas,mais la maciere doù fe forment les cas parles 4ivers cbangemens quan donne à cettepf(~miere terminaifon du nom. Son principaluG.ge cft dêtre mis dans le difoours avantmus les verbes, pour être le fujet de la pro-pofition. Dwwm.r regit me > le Sei~l1tftr mfCiunduit;, Deus exalldit me, Dieu m?koutt. Du Focatif. Quand on nomme la perfonne à qui on [-Iparle , ou la chofe à laquelle on sadreffe(comme fi c~étoit une perfonne, ce nom ac-(quiert par...Jà un nouveau rapport, quon a,quelquefois marqué par une nouvelle termi-naifon quisappeUe JtftK4tij. Aiou de Domi- nuI au nominatif, on a fait D(I1nifllt-au: voca-tif; cfAni.mill, 14.1aImi. Mais comme c-ela
    • E T R Ael ~~ ~~ ,. . . 15.nétoic pas beauc.:oup néceftaire , & quonpouvoit employer le nomintif à cet ufage ,de·là il ea arrivé: 1°. Que cette ~rmioaif~ difI4~ilte idunom~natif, ,.rl«4:p.oint.all p~lrr~:., ,",. ,,0. Qllau fingulier m~rçlle. n:cttb ~n· Latin ql,1~1l1are.conde dédinaif~L.-, : ," " 3°· Qu?en,Gr~,..,où.cl,I~~PJU&:4~- .. Ile, on la néglige lOuVetDt, & 00 fe ftrr di nominatif au lieu du voc;atif" comn~ onPClt( voir dans la ver{:io.q grecq~e des. P.fea.ufllŒ·, doù S. Paul cite ces pa-r-olès.,daH8 rÉ[Jt."1re a~ Hébreux, ,our prouver la" diviniw-de JESUS-CHRIST, 9poGr t;/i 0 Q~ç ,oàii eft c4tit que O 6.u,eft un nominatif PQW unJyoql(; le fens nétant pas Dieu eft votre trône. ma~ I.lfJtre trône" (1 Dieu, demeidl!ra;&c. ..,. 4 • Et qu;enfin on joint qJjelqucfois des-· 0 nominatifs· a-vec desvoeatifs. DOIfIint o.s mtiti. Ntl.le 1tlC~ viru. mea mag1ia lPh1lilîa,[olUI•. Sur quQi lon peut Vùir la DQUV. :Meth. Lat. RfflDarq; fur Îft P·ronoms. . ED notre Langue·, & daRs les ·autr~S vul~· g;tires, ce càs~exprime dans leg- nQms ç-om- muns qui Ont un article au Deminat,Ïf ,; pat lif fllflpreffiClII de cet atticle. lA Seigneur eH mon lifpéranù. s.~~ur t WItS îteJ 1nt»J tfpêr~, G ij
    • 7,Ç - G ~ A ~ ,~. ~ t1iJi G~ NE R ALI! Du Génitif. r Le rapport irune chofe qui appartient ~une aJ;1~e , en quelque maniere que ce foit, afâle ddnlle~hs~ Langues qui ont des cas,une nouvelle ttifminaifon aux noms) quon aappelée le Géiliii{ i poar exprimer ce rapportgénéral,quifè~verfif.e enfuite en p!uficursêfpêêés, te1réS que font les rapports • DtH:out à la partie. Caput hominÏf. .De la gàrtie au tOUt. Honzo cralfi capitif. Du, fujét ~ taecident ou lattribut. Colorrof~.··· MiflrieDrdia Dei. De t"â(!dd~nt au fujet. Puer optimlt indo-lil. De la caMe efficiente à lder. Opur Dei.Oratio CiceroniJ. i De leffet à la- caufe. Creator mundi. De la caufe finale à leiret. Potio /oporÏf. De la ~atiere au comporé. V 4S auri. . . De lobjet ~ux aéles de notre ame. CQgt-tatio h,m. ContemptuJ mortil. Du poffeffeur à Ja chofe poffédéc. Pecu;Melib~i. Diviti.e C1œJi. . ~!l ~()m propre au ~ommun, ou .de liu-diVl-dU alefpece. Opptdum Lugdu11l. Et comme entre ces rapports il y en adoppofés, cela caufe quelqu~fois. des éqiji-
    • , II l 1 A ($-0.111 E." " :-71 roques. :.Car dans ces, pëüoles " .QulnUi Achil- lis , le génitif AC/ÜÜI peut lignifier ou le rapport dufujet. & alors cela fc prend paBi- vement peur la plaie quAchille areçûe; ou.leN:fp.srt rJeJa-ClLUft, &alors çelafe prud,âffiVemeDt. pOUf la. plaie quAchille a faite. Ainfi:dans ce paflàge de S. Paul :- CertuI fum tpUtî "eque-moTI, nef/ue Vita ~ &c. poteTU ms feparare «charitatt Dei in Chrift() Jefu Do- mino noffr(J; le génitif Da a été pris en deux fèns différens par les interpretes :.les uns, qui y ont donné lè rapport de fobj4t. aY3ntexpli- qué :ce paifage de lamour que les Élûspor- .tent àDieu en JESUS-CHRIST; & les autres" qui y ont donné lerapp()Tt du ji~j(t. lay,ant expliqué de lamour que Dieu porte aux Elûs en JESUS-CHlUST. Quoique les noms Hébreux ne fe décli- nent point par cas , néanmoins ce rapport exprimé par ce Génitif caufe un changement dans les noms, mais tout différent de celui de la Langue Grecque & de la Latine: car au lieu que dans ces Langues on change le nom qui eU régi, dans lHébreu on change celui qui réQit; comme~ ~1 v,rhum Jal.. fitatiJ • où fe changement ne fe fait pas dlns "i?! falfital) mais dans ?1 pour ,~, ver.. hum. .. .O. fe fe~t dune panicule dans tQUte5 les . G iii . 1
    • :78 G B. il • • • 1Jt$~ G BNi 1 ALE C Langues vulg~ÎfesipOut exprimer le Génitif, ..(;omme .6il;Je dans la nôtre ; DeUf • Dieu; C Dei, de Bi,u. Ce que Deus RYlU}S.-dit, que le Génitif fer· , Ut à.marquer le .rapport du .nom propre au i nom commua •.ou J ce qui dl la même chotè, de {individu àr cipece, eftbien plus ,orlti- maire cn. Fral1çois quen Latin ;-earen Latin . QO met [auvent le DOm commun & le nom -propre au nlême cas J ce quoD appelle appo- ~.!Irian .; Urhf:Roma. Fl1.ft1iUJ .st:quana, M.()7li : PU1Ulffiu. Aulieu.quenFrançois lordinaire; ·daqs cesrenceotres:cll: de ~tlre le nom pro- C pre au,(;iénitif: la Viile dtrRom&, la Riviere ;ae Sci,JÇ, lB M.oTlt .de ParnajJe. Du Datif.- Il Y a encore un autre rapport, qui eft de c:l,tchofe ituprQfit ou au dommage de laquelle -Idautres ,cbofes !è rapportent. Les Langu1!s -j(pliamdes cas..out encore un mot pour ~el3,·.qticijs am appelé le Datif. & qui sétend en-~!JI"e à .d~auttes ufages, quil dl preIque im-··pofflblè .de marquer en particulier. Commo- i:tilUe JlTati. prêter à Socrate. Ulilif Rei- lublïc4, utile -à la République. Pernitiofits EccleJù, pernicieux à lEglife. Promittere :Mmico t promettre 1,Up ami. ViJùm eft Pla-
    • E l ~ .. lS ClNN~e. 1ft4ni. ila femblé à Platon. Affin.is RIgi J alllifau Roi, &c. Les Langues vulgaires marquent encorece cas par une particule, comme eft a en lanôtre, ainfi quon peut voir dans ies exemplesci..de.iJi15. De lAccufâtif.. Les ,verbes q.uiftgnifiJentcles aélions qUipatfent ·hors de ce qui agit,) C<i>mme battre.oNmpr4 J guJrir , ttim"" haïr .,ont des fujets JOÙ,aescil01eS fontreçûes, ou des objets quel·Jesregardent. Car fi on bat~ on bat quel-.qtiun; on aime, CD aime quelque chofe ,&c. Et ainfi ces verbe.s demandent après euxun Rom qui foit le filjet ou lobjet de laéhonq.uils lignifient. CeU: ce qui a fait donneraux noms 1 dans les Langues qui ont des cas,une nouvelle terminaifon , <}uon appelleJ,AccufatiJ .Amo Deum. CaJar virit Pom~f~ium.l N_snavons rien dans notte Langue quidiiHngue ce cas du Nominatif. Mais commenous mettons preiqu.e toujours les mots dansleur @ldre naturel ,on .reconnaît le Nominatifde lAccuutif , en ce -que pour lordinaire leN,ominatif eft avant 1; verbe, & lAccufatifaprès. Le RoiaimdaRnne. La Reine aime leRoi. Le .Rn -eft nominatif dans le premier G iiij
    • 10 GR A MM A Ilt E C ~ N 11 R ALEftemp~, & accufatif dans le recond; & laReine au contraire. De r Ablatif. Outre ces cinq cas, les Latins en ont uniixieme, qui na"pas été inventé pour mar-~uer [cul aucun rapport paniculier, maispour être joint à quelqu)une des particulesquon appelle PrépoJitionf. Car comme lescinq preiiiÏers cas n) dm pas pû fuffire pourmarquer tous les rapports que les chofes ontles unes aux autres, on a eu recours danstoutes les Langues à une autre invention, quia été dinventer de petits mots pour être misavant les noms ce qui les a fait appeler Pré- Jfojitionf; comme le rapport dune chofe cnlaquelle une autre eft, sexprime en Latinpar in, & en François par dans: Vînum eft indolio, le v;n tft dan! le muid. Or dans lesLangues qui ont des cas, on ne joint pas cesprépofitions à la premiere forme du nom, quieft le nominatif. mais à ~uelquun des autrescas. Et en Latin, quoiqu il yen aitqu)on joi-gni 11accufatif amor erga Deum, amour Jtnleri Dieu, on a néanmoins inventé un caspmiculi.er, qui dl l A~rif, pour y en joindreplufieurs autres, dont il eft inféparable dansle fens : au lieu que laccufatif en eil: fouvent
    • :ETR AIS 0 N- N-ILe. -, 81réparé, comme quand il en après un v~rbçaaif ou devant lin infinitif. -. Ce cas, à proprement" pâTler, n~ Ce troU~ve point au plarier, où il n)y a jamais poutce cas une terminaifon di~tënte deceHè dàdatif. Mais parce que cela auroitbrouillélanalogie. de dire ,par exemple, quunéprépoûtion gouverne LAblatif au fmgulieri•& le datifau plurier, on a mieux aimé direque ce nombre avoit au1Ii un Ablatif, maistoûjours femblable au datif. Ceft par cette même raifon quil dl util~de donnerauffi un Ablatif aux noms G~ecs, qui foit toûjours {emblable au datif, parce que cela conferve une plus grande analogiè entre ces deux Langues, qui sapprennen~ordinairfment enfemhle. Et enfin toUtes les fois quen notre Langueun naDj eft gouverné par une prépofition tellequelle fait: Il a été puni pour fes crimes; na été amené par violence; Il a paffé par Ro..me; Il cft fans crime; Il eft allé chezfon enrapporteur; Il mOit devant fon pere: nouspouvons .dire quil en à lAblatif, ce qui fertbeaucou~ pour bien sexprimer en plufie~dlftkult. :t ..... .-L .... _. ~"s pronoms. : ~-_I ... _ lOU.U,UU. 1.ft REM A. R ~ U E s . Les cas nayant été imagints 9,ue pour marquer
    • Is G RA M"M:A1 R Yi G É N É R 1 L .Eles diférentes vttes de lefprit ~ ou les clivers tapom ~SObiG~~tre"1,ls(~ pour quune langue fut en état..te les ex,Ptimer tOUi par des cas, il faudroit lue les iIJloaB uitent autant·.te ternûn~ifons diférentes quil 1ar,lC~ ~PQf$S. iOf il nra vraiCemblabJemclHiaœ_n. u @ Jaope qui ide nombre néoe.traÏie dp~ns ,diférentes. La dénpmÎnatiotl des cas ~Rflriwde queJqU:un de l(luts ufages. Nous navons~oiltt de ·cas f t Fœnçois : nous nomons lobjet de notre pen fée ; & les raports (ont marqués par des"of1Ùons, ou par laplaoe du mot., FItÛeurs Grammaimns Ce fom fervis impropre-11ent c:fLno.m de cas. Come les "premières Gram-maires ont éJé faites pour le Latin & Je Grec, nos~Gramfrtaîr.esFrançoifes ne Ce font que trop re{fen- ties des fintaxes grecque & latine. On dit, par~~emple, que de marque le génitif, quoique cèteprch>QGtion exprime les tapons que luCage îeullu!~ a1J1gl~s ,fo.lvent très-diférens les uns des autres,.6nsJl"PJ1 puiffe dire qldls· répondent aus cas des~s ~puifquiLy abeautO~p d~ circonflances ouJescLatuu, pour rendre le Cens de i1(Jtre de, mètent~s_-Nominatifi , des 4C&Ufluift ~ dei ablatifs ~ ou des .3:~n~r ~_~! t:. __ __ t _ I r ! l -.f_ft__ ...... .1_ aUJcI-HJi. cXt;fI1pn:5• .L.i y ue ue nome, urbi Ii0T»4. Lamour de Dieu, en parlant de celui que nous luidevons, amorërga DlUm" U n te~ple de marbre,~/." de marmore. Vn vaû: dor, 1Ias aumlln.
    • ,- il - Des Artic.lts.T IAflgtiincation v~gue des noms!~o.L muns .& appellatIfs, dont nous avoq.;patléti-deffus. chap. 4, na pas feulemeDt~ngagé à les ~ettre en de~x fortes de n~4:>res, au finguher & au plurler, our la dé~miner; elle a fait auffi que prefqueeatou-t~S ies Langues on a inveméde -certaines"ardctiles , appelées Articl,S, qui en déter-minent la fignification ·d·ur..ê autre manietle:, -tant dans le iingulier. que dans le plurier. Les Latins nont point darticle;Ce qui afait dire fans raifoll à Jules Céfar Sc~liger"-MnSfon ilivre des Cames. de la Langue L~ iti~,que cette part1tul~ étGit inutile, quoi,- quelle foit très-utile pour rendre le difcoulS J>lusnet. & éviter llu6eurs< ambiguïtés. _ , . L es 6 rees en ont un, 0< , Il , TO. . 14s Langues nouvelles en oni deux; lun quon appelfe défini, comme le, la, en F~ çois; & lautre indéfini, un, une. CesanicIes nont point proprement de ÇaS, . non plus que les noms. Mais ce qui fait «pte larticle le femhle eD avoir, ceU quele
    • 84 GakMMAIR:! GÉNÉRALEgénitif& le datif fe font toûjours au pluricr,& fouvent au fingulier, par une romraéliofides parciclol.les de & a, qui font les marquesde ces deux cas, avec le plurier les , & le fin-gulier le. Carau pl~rier, qui eil commun auxdeux genres, on dit toûjours au génitif deipar contraétion de de lei. Les Rois, ,der Rois ,pour de les RoÎf ; & au datif aux pour à lu,aux RoÏi , pour à les RoÏ!, en ajoûtam à laèomraétion le changemem d1 en li, qui cftfort commuffen notre Langue; comme quandde mal on fait maux, de fr/UU, haut, dealnu!, aune. On fe fert de la même contraétioo & du même changement d1 en lt, au g€nitif & au datif du fingulier , aux noms mafculins qui commencent par une confone. Car on dit au pour de le , dit Roi, pour de le Roi; au.pour à le, au R(li , pour à le Roi. Dans tous les autres mafculins qui commencent par une voyelle J & tous les féminins généralement t on laiiTe larticle comme il étoit au nomina- tif; & on ne fait quajoûter de pour le geni- tif~& a pour le datif. Létat, de létat, àrétat. La ~et·tu, de la vertu à la ~erttt. 1 Quant à iautre artide, un & une, quenous avons appelé indéfini, on croit dordi-naire quil na point de plurier. Et il cil vraiquil nen a point qui fait formé de lui-m~-
    • E T RAI to N N Ê E. S1me; car on ne dit pas, mli, U11ef, commefont les Efpagnols , unof animalef: mais jedis quil en aun pris dun autre mGt, qui eftdu ~vant, les fubfiantifs, du animaux; oude quand ladjethf précede , de beaux litt. ce&c. Ou bien, qui eft la même chofe, jedis que la particule des Oll de , tient fouventau plurier le même lieu dartide indéfini,.quun au fingulier. • ,Ce qui me le perfuade , eft que dans tousles cas, hors.le génitif, pour la raifon quenous dirons ,dans la fuite, par-tout où on mecun au fingulier •on doi~ mettre des au.pfurier,ou tU avant les adjeél&. . { Un crime fi horrible mérite la molt.lhrnÎllalij. Der crime. fi horrib1e~ ( ou ) de fi hOfriPlr:u;i:i~ mes méritent la mort. ,.., crime horrible. lArrHf.qif.l,1 a,commis{ du cr;mes horribJes (ou) dhMa- ble8 crimes. " {,pollr"" criinehorribJe.M/Alif.11 cft puni ..P9ur der crimes horrible, ( ou) pOllI dhorribles crimes. à "If crime horrible. . .CI/if. Il. eû recours.{ a der c~imes horribles < ou}" dhoJti. . bles cmncs. . d"" crime horriMe.~tnitif. ,11 cR coupable.{ de cri~s horribJes( ou ) dh01Ti-, . bies cnn:es. " . Remarquez quonajotIte a, qui eft la par-ticule du datif, pour en faire le datîfde ceea~ticl~ , tant au fi~guli~r, à ~m, quau plu-ner, a dIt; & qu on aloûte auffi J" quiei
    • 8 G ft k MM :A IlU~Gf: N F:~ A: f. I!la particule du génitif, pour en faire le gé..Ditif du fingulier, [avoir, dtm. Il cH doncvifible que Celon cette analogie, le génitifplurier devoit être formé de même, en ajoû-tant d, à dt!, ou dt; mais quon ne la pasfait poüf üne raifon qui fait la plûpart des ir-régularités des Laogues, qui eft la cacopho-nie, ou mauvaife prononciation. Car de dei ,& encore plus de de eût trop choqué loreil-le, & elle eût eu peine à fouffiir quon eûtdit: Il ep accuJé de du crimes horrihleI, ou,Il cft accufé tie de grandI crimel. Et ainfi ,Cel~nla:,arole dun Ancien, Impetratum ejt àratione, ut peccare fuaflitatÏf cauJâ liceret. Cela fait voir que des cil quelquefois legénitlif plurier de larticle le; comme quandon dit: Le Sauveur des hommef pour de leihomme;. Et quelquefoi!! le nominatif ou lac 4curatif, ou lablatif. ou le datif du plurier defanitle. un, comme nous veijons de le fairevoir. Et que de dl auffi quelquefois la fim-pie marque de génitif fans article; commequand on dit: CeJont du [epinf de Roi. Etquelquefois, ou le génitif plurier du m~meanide un, au lieu d~ deI; ou les autres casd~même arcide devant les adjectifs. commeDOUS ravons montré. Nous avons dit en général que lufage desaRides étoit de déterminer la fignification
    • Eor- &AlSONNtE~ 17des _noms communs; mais il efi difficile de mar-quer précifément en quoi coofifie cette dét:ermi-nationl~rcc que cela nefi pas uniforme ,en t()u-tes les angue1 qui ont des articles. Voici ce~ejen ai remarqué dans la nôue. Le nom-commun) comme R 01.· ( , , r. - {Il a tjit un fdfin de ,!toi. ou fi a lu une J1gnm C3t10n Il c cl ".il.: d r l r • olle lait es ..,.uB" e I • lort r;on LUC. 1) hOLS .. •Sansar. Jtide; 1 . : .. é tOlll! XIV. dl 8,01> - lon en 3 U, ne d,crernun e par { , Xl" • & ,n hil" t " . e [ula de la prOpo"lQn - , .OUIS .~ . 1 _ (otlt Roi~. ~ ,ppe , J ( [le Roi ne dépend pClillt d,ed"c$ Le(pece danscouce (ujeu. fon étendue. les Roi; !le dép~ndcnt pt1ineA~~~ 1 • de leurs [u jets.:, , • ,;.[lCle lt!fI:., , . U n on p1nueu,s,Ji f:L,e Roi fait l3paix ccll·à. JO 111- , . . _,glllhé OUt, ,g,uliers d, éc<;rmin~$ -dm-le ~OI Letia X, IV,• ileau- l par 1t,>HirtOflljbflC~ ,fl.dc:sCirconllant:e!-du ~!. " ,de celui lui; lMIe, .L,es R01S onr.fonde. Ie.s .prlnel- on du difcoi:rs. ~pal~ Abbttyes de- Ftancè.· c. ;, ".. . L . "" les Rellll de France. .r Un ~u . plier.: flO-l r l un 1 1 (U" Roi détrUira 1 Conialitinople.~avr~c<! q~~~;~) Rome a été gou.Clcie.1 >ftgni-) f he. l l, D_s ou dt!j 1 plu- 1 g 011 r lIe50Î ~rnee par &lts Roill . (ou) par de grands l ail ~lur.,· ltïours) LR.oi&. N~~~Yoyons par-là qp.e ~arude ne fe dC)fOit
    • "8S GRAMMlIRÊ ;dffN-i P..ALE, point mettre aux noms proprès , parce que- ~~fiant une èho~e finguliere, & d~ter~1inée J. IlsIionrp~s befom de la determlnatlon de. laitiCle. Néanmoins lurage ne saccordant pas toÎi- jours avet la rauon, on en mer, que1qu~fois en ,("L" aux noms propre:; aes hommes, " :fiee , 1 me- mes, 0 <!-1}lnT1f. Et les Italiens en font un urage affez ordinaire, lArioflo, il Taflo, f Ariftotele : ce que nous imitons quelque- fois, mais feulement dans tes Doms pure- ment Italiens, en dilànt par exemple> lA- rione» le T affe, au lieu que nous ne dirions pas lArifiote, le Platon. Car nous najoû- tons point darticles aux noms propres des bpmmes» fi ce neft par mépris, ou en par- lant de perfonnes fort baffes, le tel, la telle; ou bien que dappellatifs ou communs, ils foient devenus propre~ : comme , il Y a des hommes qui sappeilept te R.oi, le Maiftre. le Clerc. Mais alors tout cela neil pris que comme un feul mot ;-de forte que ces noms patfans aux femmes, on ne change point l-article le eD la; mais une femme figne J Marie le Roi, Marie le Maiftre > C-e. .....T .... .o.... -""-_~ -..r-..;,.,t- . . . ".(i; ÀJ.r~~rl~C ":I1tV .i-VU~ 111; IlJ,..L,,-vua ,tVU,H" f,iU41U ,.f, "l-.H.".,L~J "".. n. noms propres des villes ou villag.es, PariI, Rome, Milan, Gentilly, fi ce neil auffi que dàppellatifs ils foiène devenus propres :- comme
    • E T Ii AIS ):8-, 0 N. Il É:E.. -comme la Cappelle, le PleJJù, lç,Cajhlç(. Ni pour lordinaire aux noms des Eglife~"quon nomme fimplemeDt par le n0111 du Saintauquel elles font dédiées. S. Pierre) S. P àul)S. fean. " , ."" Mais nous en mettons aux nohysptbpresdes Rc:>yaumes & des Provinces; la H·an.. rce, E}pagne, la Picardie, &c. Quoiqü~l yait quelques noms-de pays où on nen mettepoint; comme, COf1lf.Uailles, Commingcf ~Roan;Je~, Nous en mettons aux noms de rivreres:la Seine ,It Rhin. " li Et de~ontagn@s,lOlympe, le ,PIlTrrajfi. EnHR il faut remarquer que, lartid~ neconvient point aux adjeélifs, parce qu~Hsdoivent prendre leur détermination dufub-{landf. Queüo.nly joim qu~lq~efpis.d~Qm~me ~pand 0.0 dit, le blanc, le rouge; c di:qu;Ç),{, .~n fait des fubfiantifs ~ le bla1Jc4~aqtla _fi1e chofe que la blallclJeur :ou.qu~ppy fous-~~tend le ~u~fian,tj~; qo~me ,fi en P;~frlant du vm. pn diroit : j amle f!ZUU~ le Man,. , . . ~ RE,M A R Q.U ES •. ... •- Les premiers Grammaili~fisnonttètilementpasfoupçoné quil y ut la rno;nar~.diflcnltb fUr la nattl.re de larticle; ils ont cru fimp!tmeM!quiilfttrè1~ H
    • 90 G RAlIIlIAIS li: G É}; É aA LEvoit CJua mll~uertes gentes. Une retonde cla!re.le GramrMiriens plus ~dairés , ;Î la tête defquels je ~ts ,MM. de P. R: du moins pour la date, en voulant édaircir la quenion, nont fait qHC marquer lli<Üfiç"lté. r~N li! ré[ouqre. Je nai uouvé la ma- tihe ap)e>fondie lue par M. du MarCais. (V. le mot )rticle dans lEncyclopédie.) Mais ce quil en a dit cil uri mor4feal1 ~e filofofie qui nen peut·être pas aJ~Iol(age de tOllS l1es leiteJ,Us. Pour me renfermer dans des limites plus propor- ·~s A1~teI14~epeç~ Grammaire qua cCIe de la matière. jobferverai dabord ql;Je ces divifions .éIanides, défini ,i,.JjdMini )"ind~termi" ,nont [et· .Yi epiaijeter de la confufion fur la nalllre de larti- ,de. Sene ,.rétetls pas dire quun mot ne puilfe être pri.<ians an ff!DS indifini ,ce-fl:-a.-dirc , .caRi Ca ti- -gnification vague &. générale, mais, loin quil yait ·un artidepourill tttatCIuer, tHaut alors le fuprimer.iOn ,~it, par exemple, qupn -home a été traiAvec -~l1oneur. Come il ru: sag.it pas de fpécifier lhoneur, à:ttÎtulîèi quon lui a· rendu, on ny met point dar~ ride; honeur ef!: pris indéfiniment. Avec honeur , né veut dire quhonorablement; honeur eft le com-e plémeAt 4" • If. iJ,fJeç J,.9IUU· eR: le complément de u-a;," Ihn eft ai~ 4e tous les adverbes qui d~­. "t~ent QIl yer~.
    • !: T RAI SON NÉE. 91 rt ny aquune feule e(pèce Jarticle, .qui eft lepout le ma[culin ~"dont on fait la pour le féminin,& le..r pour le pluriel des deux genres. Le bien, Lav.enu , linjufiice; les biens, les VCttus, le.injul1i- ces. On pouroit apeler larticle un prinom. parce queneligniiant rien par lui-mème. il [e met avanttou,les noms pri~ [ubitantivement &. individuèlemem ,a moins quil ny ait un autre prépofitif qui inltvi-dualiîe le [ujet dont on parle; tels font, tOUI ~ cha-que. nUl • quelque. certam ) ce • mon. ton. fin. un •MU#( • &. tous les autres nombres cardinau,x. Touscesadjeétifs métafiûquesindividualifent les nom~cQmu~ , qui peuvent être con6dérés universèle-ment, particulièrement, ungulièrement, coUe&i-vementou diilcibutÏvement. TutU home marque die.tribuùvement lunivedàlité des nomes ; ceR lesprendre chacun en particulier. Les homes marquentluniverfalité colleétive :c.è qu on dit des homes engénéral"cfi: cenfé dit de chaque individu; ccil tou-jours une propoution universèle. Q!.elques homesmarquent desindivill!us particuliers; ceft le fujecdune propolition particulière. Le Roi Jflltt le fujecd~une propofition fingulière. Le peSlple. larmù-,la n4tÎon • font des colleétions .confidé·réc$ comeautant dindh.tdus particuliers. • Là l1clli:nati<>J1de l~ùcle eft 40ncùe fàire jl1en~ H ii •
    • 9S GRAMMAIRE GiNÉRALEdre individuèlement le nom don t il eil: le prépofitif.On nen met point avant les nhms propres, dumoins en Fran~ois , parce ql1C le nom propre nepeut marquer par lui-même quun individu. Socra-te, Louis, Charle, &c. A légard de ce que les Grammairiens dirent desarticles indéfinis, indéterminés, partitifs, moyens,il cil: aifé de voir, ou que ce ne (ont point des ar-ticl;s , ou que cteft larticle tel que nous venons dele marquer. Un home ma die. Un neft point arùcle ; ceil: oulunitê numérique, ou le ftnonime de certain, qui-dAm 1 pui[qué le même tour de fraCe semployoitpar les Latins qui navoient point darticle : Forteunam afpicio adolefcentulam 1 Ter. Ultam eil: pourfuamdam. Un Iltell en François que ce quil ell: en1.atin, ou lon difoit uni & unœ 1 come nous diConslu uns. Du nell: point non plus larticle plurier indéfini.te un : ceft la prépontion tk unie par contraétionavec larticle les, pour fignifier un fens partitif in-dividuel. Ainft des Javans mont die, eflla mêmechoCe que ce"ains 1 quelques, quelques-uns, de les ,tientre les [twans ment dit. Des ncil: donc pas leJlominatif plurier de un, come le difoient MM. deP. R. le vrai nomioatif efl fous-entendu. La juflite de Dieu j de netl nllH~ment id un
    • ET n A 1$ 0 N N Ê E. ,Jarticle; cen une prépofttion qui (ert à marquer telapon dapartenance 1 & qui répond au génitif desLatins. luflitia De; ; de neR donc ici qu"une prb-poGûon come toutes les autres CJuï fervent a mat-CJuer les diférens raports. Un palais de Roi: de neil point ici -ûtI article;eetl une prépofition eKtra[f;lIe 1 qui avec fan èom-plément RG; , équivaut a un adjeétif. De Ro; J veutdire royal: Palatium regium. Un te;ple de mar-bre; àe marbre eft un adje8jf: Templum marmo-reum ~ ou: de marmore. De ne peut -jamais être unarticle; teR toujours une prépo6tion (ervanVolmar-quer quelque rapon. . ( Il faut diRinguer le qualificaûf aàjeltif defpèc:e(lU d~ fane t du qualificarif individuel. Exemp. unfalon de marbre, de marbre eft un qualificatif fpê-afique adje8if; au lieu que li lon dit un falon di! marbre quon a fait venir d"Jtgipte, d" marbre eft un qualificatif individuel; teft pourquoi on y joim larticle avec la prépofltion du pour de le. On ,,)Ît par les aplications que nous venQf1S de faire, quil R"Y a quun article proprement dit, a: lüe les autfC"S particules que lon quaiifie darûcles font de tOUtie autre nature. Quelques Grammairiens ont pris la précaution :de prévenir. quils fe {ervoiegt du mot article pour fwvre le langage ordinaire des GramOlaHes., Mai$.
    • 94 G R. • • AlitE-GÉNÉ R~L:t:1ua.~a iagit de di[cuter des Jue,!lions déja: ;tfrésftabtik$ par ;èlei~mêmes, on doit (UHOUl éviter les~~s équivoques; il faut eA employer de précis,o.ut-Q,Q les fflire" Les ll9Ples ne [ont .que t1(~p nomi>- "aus : quand leur oreiJle ~Jl fra?ée dun mot quilsoconQir.,ils çroientcomprendre, quoiljue Cou· .v.ent ils ne e,onaprène:nj; rien. Pouréc1!Ùrcir dautant plus la queGion concer-~~Il~ lartiere.~ examiIW.1J$ fon origine, fuivoru-en.1uCage , & comparons enfin [es avantages avec {es.inC9nvéniem. LartiQle tire.km origine du pronom JJJe ~ lIIue les La.Wt:s-...emp.loyoient Couvent -pour do.. nerplus de force au di[cours. JUa".erumdDminafov·"una , ~lf1I"m iJh",tf4pHmem, Cie. lUe ego, Vi rg . Quoique ce-pronOQl 4émonfimlif & métafilique sépondeplU$lu~joutdbuiaJlOCie ,equa notre Je, no-.ne premier anic1e Iy.. dans fonorigine, étoitdémon- ftrauf; mais.1 fœcedêue employé, il ne fut plusoCJ&lun pronom explétif: fe demeura Ceul pronom démonftraQf. L] , & enfuite te , devint infenfible.. fllent)eprénom inféparable de tous les fubftantifs • CIe façon quen Ce joignant a un adjeErif feul , il le Sait prendre individuèlement & fubfiantÏvemenr. Exemple: Le [avMlt trCJZnle [es pla1jirs.dam lùude.. Le fiIU4111 eft la un fubitancif. Les Italiens mètent larticlemême aus nqp1i propres, ainfJ quen ufoient JesGrecs.
    • , li T B Â ! $-0 N III ÉI. 9- XI-i:iÇ i/~gie éonc plus d~examifier fi IlOUS,POUVOQs..e9royer ou fuprimer larticle dans le.c!ifcours, puif. CIuil~ft établi par lufage, &; lU en faitde langue lu-.(age eft la loi; mais de Cavo:ir fi, filotofu}uemeJlt.parlant -i,larti,:;le ~ft Jl~~<Ùre? Si~ n~eft"ilu~e l Dans quèles ocauons il ldl:? Sil jen a OU il cit.aô14lQentifu_tiJe PQ1r le fens:, " si! a des iJl(:on-"é~_l .le répondrai à .ces difétentts quenions , fUt ~o­.mençallt par ia derlière. &. en rétrogra<!ant, parGe.,~ Jafoluti~n deifJ;}lle.re délpo.nt! ,.le réellürcif...(e~nt~c, au.t.I~ .. . La"ü~ fe ~épète li fo~ent dans le qirlto~rs ~:~~il doit ,ollsurèlement -le. rendre un peu,langJliC- fnt; c-ellun iACOnvénieat, fi ltutic1e cA: inutile: mais _, pour peu quil contribue à la clarté , on eloic .îa.uüier les agrémens mlAtmeis .UnI langue, au ·Jèllls&.a 1"préci6cn.. 11 fautavouer quil y a beaucoup dont1oll$ . O!U larticle pouroit être fupriIlié ~ fans que la ~lartéCln foufrit : ce neft quê la Jo~çe de lhabitude qui fe- roit trouve: biCares & fauvages certaines frafes dont: il [croit oté • puiîque dans cèies ou iufage la fupri- mé, nous ne Cornes pas frapés de fa fupreffion, &: ,je difcouts qen parait que plus vif , [ans ~n êtr& .JB()in. «lair. Tel ea le pouvoir .de lhapitude ,que aous trouverions langlÀB.àn~ c·ète fnfe,/ap4UVTui
    • riefl plU un wce. en comparaifon du tour prover 4bial ,pa"fJretinèJllas vice. Si nous étions faQfjlîa-rifés avec ùnè infinité dautres [rafes (ans article.nous ne nous apercevrions pas même de (a fupref-BOn. Le Latin na le tour fi vif, que parce quil cftfort éliptique. Il y a dailleurs beaucoup de biCarerie dans lem-ploi de larticle. On le fuprime devant preÎque t01l5les noms de viles , & on le met dey"am ecus deroyaumes & de provinces, quoiquon ne ly con-ferve pas dam tous lesrapons. On dit lAngletère,avec larticle; & je viens dAngletèrc , fans article. Si le caprice a decidê delémploi de larticle dansplufieurs citconftances, il faut convenir quil y ena ou il détermine le {tms avec tine précifion qui nesy trouveroic plus, li l~n fuprimoit Jarticle. jeme bornerai a peu dexemples ; mais je les choifiraiairés diférens & airés fenubles, pour que laplica-tion que jen ferai, achève de déveloper la natupe delarticle. , r Charie ell: fils de touÏr.Exemp. J Charie cft un fils J de Louis. (Charle cft le fi/r àe Louit. Dans la première [rafe on aprend quèle eit faqualité de Charlc , m3is ori nç YÇiit pas $ii la par-tage avec daloltre~ individu$. Dans
    • li T :Il AIS () N N iz. 91 Dans la fecols«e, ~e Vois que Charle a un ou plu-ueursfrèNs. E;t4ans ~ troitième je tODOU que Charle fils eaunique••. Dltns1e prcunier exelrtple, fils eft un adjettif quipeut être commun à pluCUlurs individu" : car toutce qui~ qaalifie un f-ujet eft adjeétif. Dam le fecond, "" eft un adjeétif numériquequi fup.ofe p1uralité, & ~ont le mot fils déterminelefpèœ. Da,ns letroiûème, le fils marque un individu fin.gulier. li y a dans le fecond exemple unité, quinlarque un nombre quelconque; & dans le troiliè-me , unicité, qui exclut la pluralité. ~ Etes-,J0usReine ? Exem p•. Etes-vous une Reine? . Etes-vous la Rrine? Dans les deux premières queilions, Re;Hc eA: ad.je~tif;la feule diférence ell que la première ne (aitque fupofer pluralité dindividus, que la fecondeénonce expreffément. Dans la troiftème, Reineen un flibnantif i:adividuel, qüi exclut tout autreindividu frécifique de Reine dans le lieu ou 1011parle. ... Exemp. l ri~chA. ~~.~·.1l4~.: r Luc"1 ..ffe~~ ;~, Le }.,"> ,{ i~~" ::~J .":~~~~:i.~/ ï. -2~
    • §3 GRA:.MAIzt.:B Gl?>RÉRA.LE Dans le premier exemple, je voi que Lucu11eeft qualifié de riche. Le nom propre fubftantif l.u~etflle &. ladjeffif ricJ,e Re marquent, par ie capoc:didentité, quun [eul & même individu. Dans le teoond, radjettifrithe ayant larti-tle pOlif prépoMif , devient In fubftantif indivi.duel, & le nom propre Luctille ceffe den &re un :n devient un Mm (pécinque apeltatif, qui marque~il y a plus dun LlfC~. Luculle Je riche cft comele riche dentre les Lucullei. Il eft certain que dans les fraCe!; que nous venons&e voir, larticlê e1:t nécetraire , & met de la préci.fion dans le di{couts. Il ne faut p~urtalJt ~as sima-giner que les Latins uff;nt été fort embar.alTés a rendre ces idées avec darté & fansarricles. Dans ces oca1ions, leur frafe ut peu~étre I:~é un peu pluslongue que la nbtre ; maÏs dans une infinité dautres {rares, combien noilt.ils.-pas pk, de concilion que .,ous , fans avoir moins tle darté ! On dit tpe les Latilts noient réduits a rendre par tlne frak générale, ces trois-ci. Done~-moi te pa,n; donez-moi ... ~n; rrmtr<;-moi du pain. M1is Ilau- roient-ils pas pu dire ! D4 milti iflum pail"" ,. Utlum ptinem ; Ù pane. Quand ils di{oient fimplemem , da mihi paner», les cifC<~îfl:aÎÎces détermiooient allés le [ens; come il ny a que la ci:confbnce de lieu qui déterfiÙne Louis-XV. qualld nous difons le Roi.
    • E T ~A 1 $ 0 N N Ë f:. 991 C-e ndl pas que je croie notre langue inférieure a aucune autre, foit morte, foit vivaut-e. Si lon prétend que le Latin étoit, par la vivacité des ellipfes & par la variété des invertions, plus propre a lélo. quence , leFran~oîs le feroit plus a lafilofofic) parlordre &. la fÎtnp1i~ité de (a til1t3xe. Les tours élo- luens pouroient ~uel~uefois être aus dépens dune certaine jufiefi"e. La-peu-plè1 eufiroit en éloquence & en poëlie, pourvu quil y Ut de la chaleur & des images, parce quil sagit plus de toucher, démou- voir & de perfuader, que de dé1llootrcr &. de con- v.aincre : mais la filofofie veut de la précilion. Cependani: les langues des peuples policéS pur lesltttres , les fiences & les ans, ont leurs avantages refpeéÜfs dans toutes les matières. Sil eft vrai quil ny ait pointdetradutfion exaéte qui égale !origiFlal~ il senCuit que la langue la pius favorable en cHe dans Jaquèle on penCe &. lon Cent le miens. La Cu- périorité dune langue pouroit bien nêtre que la fu- périorité de. eeas qui favem lemployer. Lavantage le plus réel vient de la richeffe, de labondance des termes; enfin, du nombre des lignes didées: ainli ~te queGion ne feroit quune afaire de calcul. De tout ce qui vient dêtre dit [ur larticle, on peut conclure quil fertquelquefois beaucoup a la préciGon; mais qu··il y a une infinité dacaftons ou il ndl: que dW1e néceilité du.fage : cefr fans doute Iii 1
    • fÔO GR AMMAIRE GÉNÉ itALEce qui a fait dire a Jule SCiliger, otioJum loq,uaciJ-fim« gentil infirume,uum. CHAPITRE VIII. Des Pronoms.rOM MEles hommes ont été obligé3-J de parler fouvent des mêmes cbofesdans un même difcours, & quil eût été im..pomm de répérer toôjours les mêmes noms,ils Ont inventé certains mots pour tenir laplace de ces noms; & que pour cette raifotlils ont appelés Pronoms. Premierement ils ont reconnu quil étoitfou.vent inutile & de maJvai~ grace, de fenOIl)mer [oi~ même; & ajnfi ils onl: introduitle Pronom de la premiere perfonne, pourmettr~e au lieu du nom de celiji qui parle:Ego, moi, je. rour nêtre pas aufij obligé de nommercelui à qui on parle, ils ont trouvé bon dele marquer par un mot qu,iIs ont appeléPronom de la feconde p~rfonne, toi, tu. ouvous. Et f,0ur nêtre pas obligé non plus de ré-péter .es noms des autres p~rfonn~~ ou des ." .. ., ::~~:fi;,.... ~r1~ ~- _. _.. ,. •• :. ;?,.-:;.,:
    • ET :&AtSONN!!P:. IQI Qutres chores dont on parle, ils e>nt inventé ks pronoms de la troifiéme perfonnt, iJle, illa, illua; il, elle, lui, &c. Et de ceux-ci il y. en a qui marquent comme au doigt la cho-.fc dont on parle, & quà caure de cela on nomme démonftratifs i comme hic, celui-Ci • ifte • celui-là, &c. Il yen a a~ffi un quon nomme récipro- que. ce11-à·dire ~ qui rentre dans lui-même, qui eft, fui, fihi,Je ; Ce. Pierre saime. Ca- tin leÎl. tué. . Ces pronoms faifant loffice des autres noms, en ont aufii les propriétés : comme, LES NOMBRES fingulier & plurier : je. n"u; tlt, l1(JUJ : mais en François on fe [ert . ordinairement du plurierlous au Heu du fin- guiier tu ou toi. lors même que lon parle à une feule perronne : Vous êtes un homme depoméjJe. • LES GENRES. il, eUe; mais le pronom dela premierc perfonne eft toûjours commun; & celui de la feconde auffi, hors lHébreu, & lès LaEgues qui limitent, où le mafculin NJ;t~ eft difiingué du feminin ~~. LES CAS, Ego, mei; je, me, moi., Et mê- me nous avons déja dit en paiTant • que les Laggues qui nont point de cas dans les noms, en ont Couvent dans les pronoll}s. Ce~.~~nous voyons en la nôtre J où ;.:~. !,~~"~~-"-~ ...:~ . /-: 1 iiJ :i..,).t
    • 02. GR Al« MAI REG ~ N t RA L l!lon eeut confidércr les pronoms [elon troisI.lfage, que nous marquerons par cette T a-ble.1AVANT LES VERBES AU/ PARTOUT· AJLI.El:RS. Nom1l1at. 1DtJtif.IAleuf.iAblatif.1 Génitif, &c. Je ----- me . mOl nous .. Tu te 1 toi vous. fe foi Il, elle lui Ile.la lui elle Ils, elles. leur les eux elles Mais il Ya quelques remarques à faire furcette Table.- La 1. eft J que pOOl abréger, je nai mig nOUI & Vous quune feule fois, quoiquils fcdifent par-tout avant les verbes, après les verbes, & en touS les cas. Ceft pourquoi il ny a aucune difiiculté dans le langage- or- dinaire au pronom de la feconde perionne),parce quon ny emploie que "!fUi..
    • E-T 1l AIS 0 N N }jE. 103 La 1. efr. que cc que nous avons marqué,comme le datif & laccufàüf du pronom il,pour être mis avant les verbes, fe met auffiaprès les verbes quand ils fOnt à limpéra-tif. Vous lui dites; Dites-lui. Vota leur di-te.!; Dill/-aUT. VOUf le /nelll%.; menez..-Ie.Vous 14 CQ11Suijiz. ; conduiftz..-Ia. Mais me,te ,je, ne fe diffnt jamais quavant le verbe.VaU! me parlez:... VOUf me ment:%.. Et ainli,quand le verbe dl: à lImpératif. il faut met-tre nwi a.u lieu de me. Parll-r,.-7llOi. Menez.....moi. Cefi à quoi Monfieur de Vaugelas [em- ble navoir pas prilgarde , puifque cherchant la ratron pourquoi on dit menez..-ly, & quon ne dit pas menez..my, il nen a point trouvé daune;que la cacophonie. Au lien quétant dair que moi ne fe peut point apofiropher, il faudrait, afin quon p{lt dire mene::..-my: <JU,on dA auffi memz..-me; comme on peut lt 1 tire menez.. -ly, parce quon dit menez..-Ie. Or menez..-me nefi pas François, & par con- féquent meRe1...mY ne leU pas aufii. La 3. remarque efi que quand les pronoms font avant les verbes ou après les verbes à lImpératif, on ne met point au datif la par- tieulf: à. Vous m, donnez:.,; d,nne2:.·.oi, & non _pas aonnez.. à moi. Si ce nefi quOon en redouble le pronom, où lon ajoûte Of~ :dinlÛrement !Mme, qui ne [e joint aux pro",: 1 iiij
    • 1°4 G R AM MAI REG É N É R ALEIIOffiS quen la troifiéme ·perfonne. Diw ie m,; 4 moi : Je lOlti le donne.à vOUI: Il me le promet à moi-même : DiteJ~leur à eux-mé- mu : Trompe%.-la elle-même: DittJ-lui à elie- A meme. La 4, eît que dans le pronom il, le no- minatif il ou elle, & laccufatif le ou la, fe difent indifféremment de toutes fortes de chofes, au lieu que le datif, lablatif, le gé- nitif & le pronom fim ,fa, qui tient lieu du génitif, ne fe.doivent dire ordinairement que tics perfonnes. Ainfi lon dit fort bien dune mairon de ~ càmpagne; Elle cft bell" je la renarai belle: mais eefi: mal parler que de dire; Je lui ai Iljoûté un Ja""iLlon : Je ne puiJ vivre jans lile : C cfl pOlir f amONT elelle lue je quille[OUVlnt la ville: Sa jituation ml plaît. Puus bien parler, il faut dire: t, ai ajoûté un pa- villon : Je ne pui! vivre [am cela, ou , [ant le divertiJTenunt que jy prem : Elle eft calife que je quitte [olwent la ville : La fitltatirm m·en pl alt. , A Je fais bien que cette régIe peut füuffrir des exceptions. Car 1. les mots qui figni- fIcnt une multitude de perfonnes, comme Eglijé. peuple, compagnie, ny font point fujets . •. Quand on anime les chores, & quon
    • ET Il. 1 SON N É n. lOSles regarde comme des perfonnes , par un~figure quon appelle ProJopope, on y peutemployer l~s termes qui conviennent auxperfonnes. . 3. Les cbores fpirituelles. comme la tlQ-loneé la vertu, la vérité, peuvent feuffrir 1lels expreffions perfonnel1es ; & je ne croispas que ce fût mal parler que de dire : L4i-mour de Dieu a JeI mOltvemens, [es aefir S,fil joiu, auffi-hien que famour du miiiuit/: Jaime uniquement la vérité ; jai des ar- deur! pour elle, que je ne pltÏS expriIfUr. 4. Lufage a autorifé quon Ce ferve du pronom Jon en des cbores tout-à-fait propres ou e{rentieUes.~ celles dom on parle. Ainfi lon dit qulmc r;viere eft [ortie de Jon lit; quun chlval a rompu fa h,.ide, a mangéJon avoine; parce que lon confidére lavoine €:omme une nourrittue tout-à-fait propre au cheval: Q!!e chaque (ho[e fuit linjfinél de fa nature; que chaque chofe doit être en JOn lieu; quune maiftn cJt tomhée delle - même; ny ayant rien de plus dfcmiel à une cboCe que ~e quelle dl. Et cela me feroit croire que cet~é régIe na pas de lieu dans les difcours de [dence, où lon ne parle que de ce qui efi propre aux chores; & quainfi lon peut dire dun mot ,fa fignification principale el ,ullr; & dun Triangle; [on plu! gr4na cati.
    • 106GRAMMAIRE GÉNi&ALl!,ft celui qui j8ûûem[on plus grllnd angle. Il peut yavoirencore dautres difficultésfur cette régie, ne layant pas afl"ez méditéepour rendre raifon de tout ce quon y peutoppofer : mais au moins il cft certain quepour bien pader OR doit ordinairement yprendre garde, & que ceft une faute de lanégliger, fi ce neft en des phrafes qui fc)ntautorifées par lufage, on GIon nen a quel-que raifon particuHére. fv1. de Vaugdlls néan-moins ne la pas remarquée; mais une autretoure femblable touchant ie Q!ti , quil mon-tre fort bien ne Ce djrt~ que des perîonnes ;hors le nominatif, & lac<:ufatif Q!!e. Jufques ici nous avons expliqué les pro-noms principauJt & primitifs : mais il senforme (lautres quon appelle poJfeffi.fs; de Jamême forte que nous avons dic quil fe fai-Coit des adjeétifs des noms qui fignifient desfubfiances, en y ajoÎitant une fignificationconfufe : comme de terre, terreftre. AinÎlmeus, mon, fignifie difiinélement moi, &cQDfufémest quelque chofe qui mappartient& qui eH à moi. Meu! liber, mon livre, cefi-à-dire, le livre de mfli, comme le diènt or-tUnaire.ment les Grecs, ~I-O (1.. •• Il Ya de ces pronoms en notre Langue,qui fe mettent to&jours avec un nom fans ar-ticle; mOl} , tlln, ftn • & les pluriers mu , V9f;
    • ET :R Â 1 sON :N t :2. J07 dautres qui Ce mettent toûjours Zlvec larti; cle fans nom; mien, tim ,jien • &. les pluriers narres, vatres : & il Y en a qui fe mettent eD.toutes les deux manjéres, notre & (.JotTt au finguIier) leur & leurs. Je nen donne point dexemples, car cela eft trop facile. Je dirai feulement que ceft la raifon qui a fait rejetercette vieille façon de parler; un mien ami, un mien parmt ; parce que mien ne doit être mis quavec larticle le & fans nom. C cft 14 mjen; ce font leI natres , &c. REM JI R ~ II E .r. Les Grammairiens nont pas· alfés diffingué la nature des pronoms ~ CJui nont été inventés que pour tenir la place des noms ,. en r~peler lidée) & en. hicer la répétition trop fréquente. Mon; ton; Jôn,ne {ont point des pronoms, puiCquils ne Ce mètent pas à la place des noms, mais avec les noms mêmes. Ce font des adjeaifs poffeffifs. Le mien; le tien; le fien; font de vrais pronoms. Exe.mple ~ Donez.·moi m{)f, livre ; voila le fierr. Nom; f/tfle; l:ur • font ou pronoms:l ou ad- jeélli.fs, fuivant lemploi quon en fait. Lorfqui1s font adjeélifs , ils Ce mètent toujours avec & avant ;le nom: notre pays, VoIre patrie, leur nation. Lore. Cjlils font pronoms ~ ils· C~ mètent al lieu du nom 1>
    • -108 GRA:MMAIlE GÊNÊ-RALEfic prènent larticle, le ndtrt, la vdtre , le !rur. Mure, votre, nont point de plurier come ad-jeétifs; on dit nos & vos: ils en ont come pronom~,& leur première 1ilabe devient longue; le ndtre , les t,dtres. Leur a unplurier come adjeétif & come pro~ Jlom; leur bien, leurs biens, le leur, lu let/YI. Leur eft auffi pronom perfonet) & veut dire a eus: on leur a rendu jufiice.. Lufage feul peut infiruire de lemlloi des mots; mais les Grammairiens font obligés a plus de pré- cilion. On doit définir & qualifier les mots (Divant leur valeur, & non pas [ur leur fon matériel. Sil faut éviter les divifions inutiles, CJui chargeroient la mémoire [ans éclairer lefprit, on ne doit pas du moins confondre les efpèces diférentes. Il cil: imt ponant de dillinguèr entle les mots dune langqe teus qui marquent des [ubfiances réèles ou abfirai. tes, les vrais pronoms, les qualificatifs, les ad- jeétifs filiques ou métafiliques; les mots qui) fans doner aucune notion précife de CubRance ou de mode, ne font quune délignation, une indicatiol1~ & nexitent quune idée dexifience, tels que celui, cèle ~ ceci, cela 1 &c. que les circonfiances (eu!(s déterminent) & qui ne font que des termes métafi- .tiques, propres à marquer de (impIes concepts, lJc lei difécentes vues de lefprir.
    • li T RAI SON N Ê H. IO~ CHA PIT REl X. Du Pronom appeié Reiatif.I pelle -elatif,Un autre pronom, quon ap· L Yaenéorequel laquelle. J Q!!i , qUlf , quod;Q.!!i J II,,: Ce pronom relatif a quelque choCe decommun avec les autres pronoms, & quel-Que chofe de propre. • Ce quil a de commun. eft quil Ce met auEeu du nom, & plus généralement mêmeque toUS les autres pronoms ; fe mettantpour toutes les perfonnes. Moi QUI JuisChréti(n : VOU! QUI êtes thrétieN : LuiQUI ef! R o i . - Ce quil a de/propre peut être confidéréen deux manié/es, La J. en ce q.uila toÎ1jours rapport à uraautre nom ou pr<nom, quon appelle anté...cédent, comme : Dk~u qui eft Jaim. Dieu eft:lantécédent du Rel~t!f qui. Mais cet anté- cédent en queiquef~is fous-entendu & non exprimé ; fur-tout dans la Langue Latine t comme on a fait voir dans la Nouvelle Mé- thode pour cette Langue. La %oC, chofe que le Relatif a de propre,
    • triQ GRA..MMAIRli GÉ.NÉRALE& que je ne [ache point avoir encore été rc-ri1arquée par perfonne, dl: que la propofi-"tion dans laquelle il entlC J ( quon peut ap-peler incidente) peut faire partie âu Cujetou de -iattribut dune autre propofition,quon peut appeler principale. , On ne peut bien entendre ced , quon nefe Convienne de ce que nous avons dit dèsle commencement de ce difcours , quen tou-tepropofition il ya un fujet t qui cft ce dontan affirm.e quelque choLè , & un attribut, (1uicft ce quon affirme de quelque chore. Maisces deux termes peuvent être ou fimples,comme quand je dis, Dieu cft b()n ; ou com- plex-es f comme quand je dis, Un habile Ma-gi/ln~t tft utile à 14 République. Car ce dont j.aflirme neft ~as feulement un Magiftrat • m:8s un habile Magiflrat; & ce que jaffirme ri dl pas feulement quil eft h()mme , mais qui 1 dl: homme utile à la République. On peut voir ce qui a été dit dans la Logique ou Art de penler , fur les propofitions complexes, Part. ~. chap. 3· 4,5, &6. Cette union de plufieurs termes dans le ~jet & dans lattribut eft quelquefois telle, quene nempêche pas que la propofltion ne !Oit iimple) ne contenant en foi quun feul jugement, ou affirmation, comme quand je dis : La valmT dAchille a été cauft tic l.l
    • E T ft AIS 0 N NÉE. Il 1prift Je Troie. Ce qüi arrive toûjours tou-res les fois que des deux fubftantifs qui en-trent dans le fujet ou lattribut de lapropo-Sition, lQn eft régi par lautre. Mais dautres fois auffi ces fortes.de pro--pofitiol)s dont le fujet ou· lattribut fone com-~s de pluuewr$ termeS, enferffient~ a.uBloins dans notre eij.,rit, plufieurs juge-:I,IleftS t dont on peut faire autant de propoû-tions : comme quand je dis; Dieu invifzblaa créé le mflnde1.l ijible : il Ce paif.e trois juge:mens dans mon e prit, rentermés dans cettePl1opoGcion. Car je juge premiérement queDfez. eft invijible. 2. Quil a créé Le numdl. 3. Que le monde tfl viJihle. Et de ces trOÎ$propofitions, la lècoooe eH la principale &.le{fenti~He de la yropofition : mais la pre.. miere & la troifieme oe tOnt quincidentes, & ne JOnt que partie de la principale t dont lapremiere en compofe le fu;et, & la der- Diere lattribut. Ol ces propèfirions incidentes font [GU- Vent dans notre efprit, fans être exprimées. par des paroles, comme dans 1exemple pro- pofé. Mais quelquefois auffi on les marque expteff"ément; & ceft à quoi fert le. relatif: <:Gmme quand je réduis le même exemple à ces termes: Diezt , Q. ur cJi invifiblc , a cri; le montie, QUI cft 1Aftble.
    • ru GRA~NAtRE GÉNÉRALE Voilà donc ce que nous avons dit être propre au Relatif, de fa.ire que la propoli- rion dans laquelle il entre, puitre faire par... tie du fujet ou de lattribut dune autre pro,,: pofition. Sur quoi il faut remarquer, 1. Que lorf- quon joint enfemble·deux noms) dont lun neil pas en régime, mais convient a·vec lau- tre, fait par appofition, comme Url)! koma., fait comme adJeéHf, comme DeUf ::tUI, fur-tout fi cet adjeéHf eft: un participe) canif i:urrtnf; toutes ces façons de parler enfer- ment le relatif dans le fens, & fe peuvent réfoudre par le relatif: Urhs lUif diciwr Roma; Deuf qui cft Jànétttr; Canif qui cur- rit; & quil dépend du génie des .Langues de fe fervir de lune ou de lautre tnaniére. Et ainfi nous voyons quen Latin on emploie dordinaire lepartidpe : Video canem cur-t>mtem; & en François le relatif: Je vois unchien qui court. 2.. Jai dit que la propofition du Relatifpeut faire partie du fujet ou de lattributdune autre propofition, quon peut appe-ler principale. Car elle ne fait jamais ni lefujet entier, ni lattribut entier; mais il yfaut joindre le mot dont le relati( tient laplace, pour en faire le fujet entier, & quel-que autre mot pour en faire lattribut entier. Par
    • · ET RAI S O]J Nit. Il 3Par exemple, quand je dis: Diete. qui .efl in-l.IiJihle, cP le créateur du monde, qui cft viJihlc; Q!ti eft inviJiMe ne11:pas tout le fujet decette Propofition, mais il y faut ajoûter Dim; & Cft"; 41 viJible nen eit pas toutl,ob ut, mais 11 y C. ajouter • "rfateur attn 0" laut , ." . te dit monde. ;. Le relatif peut ~tre ou fujet ou partiede lattribut de la propofition incidente. Pour en être fujet, il faut quil foit au nominatif; qui creavit mundum; qui fanélui cJi. Mais quand il eH à un cas obiique , géni- tif, datif, accufatif, alors il fait J non pas lat~ tribut emier de cette propofition incidente, mais feulement une partie: Deuf quem ami},: Dieu que j4imc. Le fujet de la propofitioneil ego. & le verbe fait la liaifon & une par-tie de lattribut , dont quem fait une. autrepairie; comme sil y avoit : Ego amo qieem.ou Ego jum am4nJ quem. Et de meme ; C~­jus cœ!Hmjedef eft; duquel le Ciel eflle trô~ne. Ce qui cfl: toûjou.rs comme ii lon difuit :Cœlum cft fiaes &ujus : Le Gel eft 11 trôneduque/. Néanmoins dans ces rencontres mêmc~""on met toûjours le reÎatif à la tête de la pto...polition (quoique felon le f~ns il ne dût êtr.equà la fin) fi cc nell: q~il foit gouver~par ~ne pïépofition. _Car la prépofiüon pré~ K
    • rr4 G RÀ-MMAIR E G ÉN É RA L:t cede, au moins ordinairement : DeUf à quO mUTJdui eft conditus : Dieu par qui le monde1 a été créé. Ce que nous avons dit des deux uf(lges du ilelatif, run dêtre pronom, & lautre de marqüer lunion dune propofition avec une autre, fert à expliquer plufieurs chofes, dom les Grammairiens foot bien empêchts de rendre raiiOn. La premiere eft une façon de parler fort c ordinaire dans la Langue Hébraïque, qui c eil que lorique le relatif ncft ras le fùjet de la propofition dans laquelle i entre, mais _ feulement partie de lattribut, ~omme lorf- que lon dit, pmVis quem projirit lentuI; ~ les Hébreux alors ne laiffent au relatif que le dernier ufage, de marquer lunion de la propofition avec une autre; & pour lautre ufage , qui dl de tenir la place du nom ~, ils lexprimt:nt par le pronom démonftratif , -: comme sil ny avoit point de relatif : de forte quilsdifeDt; quem projicit emn !JfntllJ. Et cela apaifé dans le NouveauTefiamem ; QÙ S. Pierre faifant alluGon à un paffagc .dHaïe., dit de J E sus - CH RIS T , ~ 7~ , , "... 9 , ,.. . ,. • r P.$107r. tfJ).7d l:tl},,.n. t..UJUJ t!l.(}re eJlu Jtli1{ÎÎI I.fiiJ. Les Grammairiens nayant pas bien dit· tingué ces deux ufages du relatif, nont pt1 fendre aucune raifon de cette façuu di par-
    • ...... , .... ET RAï S 0 NNÉ Jt: . lI51er, & ont été réduits à dire que cé!Ok ufiPUrmafme, ceft-à-dire, une fuperfluité inu-tile. La [econde chore quon peut expliquerpar ce principe, eft la célébre dilflUtc entreles Grammairiens, touchant la natüre duquàd Latin après un verbe: comme quandCicéron dit: Non tibi ohjicio quod hominemfpoliafti; ce qui eft encore plus commundans les Auteurs de la baire latinité, quidifent prefque totl;ours par 6juOd, ce quondiroit plus ~Iegamment pa"r iinnnitif. Dico quOd trllus eft rotul1da, pour, dico telluremejfè rotzmdam. Les uns prétendent que ce fJuod cft un adverbe ou conjondion; & lesautres ,que Cl eft: le neutre du relatif même, qui, qu,z, quo.d. Pour moi je crois que ceft le relatif~ qui, a 1loûjonrs rapport à un antécédent (~infi GIue nous favons déja dit) mais qui cO: dépf:luil.. l-é de fon ufage de pronom; nenfermant rien dans ra fignifica~ion qu,i faffe partie ou du, fufetou de attribut de la propoCttÎbIl in- «tidente , & retenant feulement fuit fecond mfage dunir la propofition où il fe trouve, à une autre; comme nous venons de dire de rHébraïfrne , quem projicit tum vmtffJ. Cal tans ce paflàge de Cicéron : NiOn tirbi ohjicio ~ htJmirJem fpr.J/ia/ii; ces derFlierg motS, 1<. ij
    • u6GRAMMAllB GBN KRALEhominem fpoliafli. font une propofition par·faite, où le lfuoa qui la précede na;oûte rien,& ne fuppofe point aucun nom : mais toutce quil fait, eft que cette même propofitionoù il eft joint, ne fait plus que partie de lapropofition entiere : Non lih; objicio qlloa ho-mint11! fpoUaft; ; au lieu que fans le quOd ellefubfilteroit par: elle:..même , & feroit toutefeule une propofition. Ceft ce que nous pourrons encore ex-pliquer en parlant de linfinitif des verbes,oü nous ferons voir auffi <lue ceft la maniereàe réfoudre le que des François, (qui vientde ce q"od) comme,quand on dit: Je filp-111ft l Vous Jerl~ fage; Je VoUS dis queVous ave~ tort. Car ce que eft là tellementèlépouillé de la nature de pronom, qu>il nyfait office que de liaifon, laquelle faN: voirque ces propofitions. WUI feret.,fage. Vous.aVI~ tort ne font que partie des propofi- Jlions entieres;jefuppofe, &c.jt VOlli dis.&c. Nous venons de marquer deux rencon·tres, où le relatif perdant fan fage de pro"Dom, ne retieot que ceh.li dunir deux pro- pofitions enfemhle : mais nous pouvons au contraire remarquer deux autres rencontres, oà le relatif lerd fon uCage de liaifon, & ne renent que celui de pronom. La premierecft daDs UDC fa)on de parler où les Latins fe
    • Itr BAI S 0 N·N 5,!.. i t!f fervent Couvent du relatif) en D;e lui donnant prefque que la tOfce dun pronom déffiqnftra- tif, & lui laiffant fort peu de fon autre utàge, de lier la propofition dans laquelle ()n lelir ploie, à une autre propofition.Cefiçe qw fait quils commencent tant de périodes par le relatif) quon ne fàuroit traduire dans les Langues. vulgaires que rar le pronom dé7 monllratif. parce· que la force da relat~ comme liaiCon t y étant prefque toute per- due, oD trouveroit ,trange quon y en mît UD. Par exemple, Plme commence ainli fon Panégyrique: Bmè ac [apùntlJ, P. C. fn/lfoa j()TIi injiitlifTum, ut TlTU7R Ilgelldarum ,. ila di&mai illitium à PTecationibUJ capiTe .....t/UO. nihil titi , nibil(/ft provitU1lter hominff fine. D,fJrum im11ZQrtalium ope, confiliD, bonor" llufpi&IlUmur. QUI 71UJf, cui pDtizlS tplàm Con/uU, 411t quanJ.v magiJ îiJÎirpandui çJtfl: gufiue,fI? • Il cft certain que ce Qyi commence plu" tilt une nouvelle période) quelle ne joint celle-ci à la précedentc; doù vient même quil eft précédé dun point: & tdl pour- quoi en tradui1ànt cela en François, on nemeut"Ois ja.mais, laquelle ~ûtume., mais cetteÇCÛtI01Zé , commençant ainli la feconde pé..tiode :, Et par qui CETTE COUSTU.ME doit--,lu t"tre plmçl (J6fervle J lue par U// GJ1Jfulf. &c. ·
    • "h8" (JR,À:."A._* "GfÉNÈR"ALB: ;Oic~i(Jfl ~dl plein" de femblables exem-,l~, comnle. O.r.lt. V. in Verrem. lta-que al iiri~:Jtl: RomJ.ni. nt CQgtl0[ct.lCYJtuT • capitihzu tn-"uolutiJ· acarcere aà palwm •al que ad necem.,~mmd- : am Ntm à mulli! cit,ibuJ ROma-nis r«fJgllff1jÇtrentitr. ah omnicus d~fCYJtlereti. tFtr;·fiCM-i jwieIJanm,,: Quo R U!VI ego de .ff.erE;;jJim"t.1III?Y/e· • çrudtlifJimoque CrUcialleJi,(.I.l1Ir, Cftm rimaI lof>ltm traflare cœpero. Ce"Ulrrum li fe trt>duiroit en François comme-s·il y avtlÎt, tU ilJ,rtl. morte.; liautn:~ rencOuue où le relatif ne retient pt~qae que fOR uragede pronom, eeft dans11". des Glecs~ doot la nature nàvoit encore~cé a«ez iIlXaélerMnr ~lvée de perfonne tIue je iàcheJ avanr IaM~odeGretque. Car quoique Cétteparticute ait Couvent beaucoup :èe rappon avec le tptôdLatin, ainfi qùe nous"."oosœÎrvDir..datlllaMéthode Latine, Re- 7/11(tf"lUeJ fur teJ adverbes. n. 3 & 4, & quelle foit.prife du pronom relatif de cettc-Iangue , "eomIDê"leqHdrJ cft pris du relatif latin ; il Y :a fouventnéanltloins cette différence notable entre h, nature du quolJl& de rGn, quau lieu iue c~tte particule latine ndl que le relatif tiépoutUéde fon ufage de pronom, " ne re- tenant qu.e celui de liaifon , la particule grec- que.au, contraire dl le plus fouvent dépouilf. ·We defo~·ufa~ ~e liaifOl1 ~ & ne retient que
    • }; T 1 A Ü 0 N NB t. 7 rvcelui de pronom. Sur quoi lon peat voir laNouv. Méth. Grecque, lifJ. 8. ~h4p. I l . Ain-fi, par exemple, lorfque dans 1Apocalypfe,chap. 3. JESUS-CHRIST faifànt reproche àun Evêque qui avoit quelque fansfaélion delui-même, lui dit, AiJ~H 011 inr.·-ns .i~1 : âi-di q1l0d divu fum; ce neft pas à dire, .quoJ-go qui ad te loquor difJU fum ; mais àici! hoc,vous dites cela, ravoir, dive![um > je- fuis ri-che. De forte qualors il ya deux oraifonsou propofitions féparées ~ fans que la fecondefaffe partie de la premiere; tellemedt que1;17 n v fait nullement office de relatif ni de· liaifoü: Ce qui dl très-nécetfaire à remat..iuer pour réfoudre quantité de propofirious, difficiles en cette Langue. i C !-I API T REX..Examen dune Regle de la Langue Fran- foifè , qui efl quon ne doit pas mettre le- Reiatifaprès un nomfa,ns article. à entreprendre den..C miner parlerportépaffanr de beaucoup delIe E qui ma J fcjet de cette RégIe, eft queUe medon- en ~fes aH"és importantes pour bien raifonne:t
    • 1&0 GaAltllAIRE GÉNRRALE fur 1esLa~fiues, qui mobligeroienr dêtre.trop long fI je les owois traiter en parti- culier. Monfieur de Vaugelas eft le premier qui.a publié cette régIe, entre plufieurs autres très -1 udicieufes, dont fes remarques font re~pl~es : .Quaprès un no~ fa~s article 0.0 ne doIt pomt mettre de qUI. Amfi lon dit hien : Il a é!é traité Ilvec violence; mais li je veux marquer que cette violence a ét~ tout-i·fait inhumaine, je. ne le puis faire ,:!u<fy ajoûtant un article: Il a élé traité ilveê une vÙllence qui a été lout· à -fait in-.humaine. Cela paro1t dabord fort l-aifonnahIe : mais ~omme il fe rencontre pluneurs façons de }Jarler cn notre Langue, qui ne femblent PlS copformei à cette régIe; comme entre autres cell~s. . ci : Il agit en Politique qui [Nit louverner. Il efl coupable de "imes qui mé- ritent châtiment. Il ny a homme qui [tuhe cela. Seigneur, qui voyez:.. ma mifére, alfiJ--let. - moi. Une {orte de buis qui tll fort dur: jai ptllfé fi on ne pourroit point la conce- voir en des termes qui la rendîffent plus générale, & qui fi{fent voir que œs façons (le parler ~. autre~ femblables qui y paroif- lent ContraIres , n y font pas contr,lires CD .eKêt. Voî~i d~nc co~me je rai t:onçue. Dans
    • l: T n A [ SON N lÉ E. J 21 Daos lufage préfem de notre Langue, on ne doit point mettre de qui après un nomcommun, sil neft déterminé par un article,ou par quelque autre chofè qui ne le ciéter-:mine pas moins que feroit LIn article.. Pour bien entendre ceci» il faut le {ou- livenir quon peut diflinguer deux chofts dansle Dom commun, la lignification, qui eft fixe( car ,eH par accident fi elle varie quelque- fois, par équi,"oque ou par métaphore) & 1Pêrendue de cc:re fîgnitication , qui eft ujet- Il te à varier felon que le nom Ce prend ou pour tou~e lefp{?ce, ou pour une partie certaine ou mcertall1e. Ce neft quau regard de cette étendueque nous dirons quun nom commun eil in-déterminé, lorfquIl ny a rien qui marquesil doit être pris généralement ou particu-Iléremem, & étant pris p:micuiiéremcnt, ficeft pour un particulier ccltJin ou inü::rrain.Et au contraire nous dirons quun nom dl:dàerminé, quand il ya quelque chore qui enmarque la détermination. Ce qui fait VOlr gue 1par déterminé nous nentendons p,:s reflraint,pu.iCque, (elon ce gèle nous venons de dire, unnom commun doit paKer pour dÙfrminl.lorfquil ya quelque dlOfe qui marqt+e quildoit être pris dans toute fon é((tndue; com-me d~ilS cette propofition ToItt homml tft ·r r.rçurOl1llatie. L 1 ~
    • ri2. GRAMMAIRE GiNÉRALE Cefifur cela que cette régie eU fondée: car on peut bien Le ferviràu nom commUll,en ne regardant que fa fignification ; com- me dans lexemple que jai propofé : Il a ététrllué 4:oe& Violence; & alors il DeU pointbefoin que je le détermine: mais fi on en veutdire quelque chore de particulier, ce que lonfait en y ajoCltant un qlei, il eft bien raifon-nable que dans les Langues qui ont des ar-ticles pour déterminer létendue des nomscommuns ,on sen [erve alors, afin quon con·noitre mieux à quoi fe doit rapporter ce qui,fi ceU à tout ce que peut lignifier le nomcommun, ou feulement à une partie, certai- ne ou incertaine" Mais auffi lon voit par.là que commelarticle ndt néceflàire dans ces rencontres 1que pour déterminer le nom commun; sileft déterminé dailleurs, on y pourra ajoû-ter un qui ,de même que sil y avoit un arti-cle. Et cetl ce qui fait voir la néceffité dex-Frimer cette régIe comme nous avons falt 1pour la rendre générale ; & ce qui montreauffi que prefque toutes les façons de parlerqui y iemblent contraires, y font conformes,parce que le nom qui cft (ans article eft dé·terminé par quelque autre cbofe. Mais quandje dis ptIT tptelque autre chop, je ny corn·prens pas le qui que lon y joint : car fi on
    • ET F..AiSONNÉE. 12ly comprenait, on ne pécherait jamais con-tre cette régIe, puifquon pourrait toûjoursdire qu9D nemploie un qlli après un nomuns artiète, que dans une f~on de pader dé-terminée, parce quelle auroit été détermi-née par le qui même. A infi , pour rendre raifon de prefque toutcc quon peur opporer à cette régie, il nefaut que confîdérer les d,verles manieresdont un nom fans article peut être déterminé. 1. Il eH CertalO que les noms propres nefignifiam quune cboiè linguliére, fom déter-minés deux-mêmes, & ccft pourquoi je naiparlé dans la régie que des noms communs,étant indubitable que ceH fon bien parlerque de dire; Il imite Virgile, qui ejlle premierdei PoéUl. Toute ma confiance eft en JESUS-CS:UST , lui mil Tacheté. 3. Les vocatifs foat awn déterminés parla nature même du vocatif; de fone qUoDna garde dy defirer un article pour y join-dre un qui, puifque ceft la fuppreffion delarticle qui les rend vocatifs, & qui les diÇ.tingue des nominatifs, Ce nell donc pointcontre la régie de dire: Ciel, qui connoij[u..mu 1ff4Itx. Soleil, lui vtrye~ toutes chofts. 3. Ce, tpUl1ut > plufieurJ, les noms denombre, comme deux, troi! ) &c. tout, nul,aucun, &c. déterminent aufli-bien que les L ij
    • 114 GR A M MAI REG É NÉ R ALEarticles. Cela en trop clair pour sy arrêter. 4, Dans ies propofitions négatIves, lestermes fur lefquels tombe ia négaioD, fomdéterminés à être pris généralement par lanégation même, dont le propre cH de toutôter. Cefi: la raifon pourquoi on dit affirma-tivement avec larridc: li a de largent du 1cœur, de la charité, de lambition; & néga-tivement fans article: il na poim dargent,de cœur, de charité, dambition. Et ceil: cequi montre auffi que ces façons de parler nefont pas contraires à la régie: !ln) a poil:tef;njtiflice quil nc commette. Il rlya hommequi [ache cela. Ni même celie-ci : Ej}-ijville dans le Royaume qui Joit pitti oi.fijfali-te? parce que laffirmation avec un imerro-gant fè réduit dans le Cens à une négation:li ny a point de ville qui joït plus ob/iJfanu. 5, Ceft une régie de Logique très-véri-table, que dans les propofitions affirmativeste fùjet attire à foi lattribut, cdl-à-dire ,le détermine. Doù vient que ces raii~nl1e­mens font fê.ux : Lhomme cft animal) le jin-ge eft animal. dunc le finge eft homme;pàrce que lanimal étant attribut dans l~sdeux premieres propofitions, les deux di-. vers !ujets fè déterminent à deux diverfes 1 {ortesdanimal. GeU pourquoi cc ndl pointiioptre la régie de dHe : Je [ui! h~mmç q;.ti
    • r T R A J SoN N ~. E. t 25J.trle F/UiC/HIWlt, p,Hce que homme eil dé-rerminé par if : cc qui eH ii nai, que Je ver-be q~ü fuit le qui, eH mieux à la premiereperlèmnc quà la troj[iéme. ief:iJ homme quiai bien Vil des chofer , plûtôt que, qui a [,ien ,., d eJ i.U 1 J n)GJu. 6. Les ma:s. (1ru, c/1{cc , 10H,~, & fem- blablcs, Mterr~inem ~tUX q~i les fui vent ,qui pour certe rairon ne doi cnt point avoirdarticle. Une forte de fr:lit, & non pas dUrlfruit. Cefi F0urquoi cdl blen dit: U;:e jôr-te de fruit 111i lJI miir UI hIer. Une rjpece 1 /,. . 2tU vOIJ CjU! elr fort dur. 7. La panic~le en, dans Je fens de lut La-tin, til.tt ut Re.. .- , il tit en Roi, enferme enfoi-même larticle, valant ;Jutant que commeun Roi, m la maniere durt Roi. Cdl: pour-quoi ce ndl: point contre la régie de dire:Il agit en Roi qui j:ât régner. Il parle eJlhomme qui (ait f~âre (es "-({,.lires; cctl-à-dirc,çomme ~n Roi , ~u c(J:nm/;m homme, &c. 8. De, feul avec un pJurier, eH fouventpour deJ, qui dl: le plurier de larticle un,comme nous élI,ons montre Clans Je chapJrre 1 1 .de larticle. Er ainfi ces façons de parler fonttrès-bonnes, & ne fom point contraires à hrégie: Il eft accablé de mau.t qui ltâ ront per-dre patif71ce. Il eff chargé de dettt:J qui tonta:f-ddi de Jon t;ien. Li:j
    • i~6 GnAMZ4AtRE Gt~t:aALF. 9. Ces faço[,s de parler, bonnes ou mau·vaifes, Cell grac qui fO"mbe, CI font gmJ La-hi t.f qui mont dit cel.ét, ne fom point con-traires il la régie, parce que Je qui nc fè rap-pone point au Dom oui dl fàns article, maisà a q~ (11 de !cut genre & de tout nom-bre. Car le nom fans anide grêh ,gmJ h.z-1-iler, eH ce que jaffirme, & par confequec.tlaTtribut, (>;. lt qui fait panie du fuiet demjaffirme. Car jaffi-me de ce qui tcmle queceft dt 1.1 <.erfle; de ecu.. .: qui molt d.:{ ail,que ce fom deI c~em habiles: & <JinG le q:llne f(> fi"ponant point au nom far:s arr.;cle) , ~ • • J lcela ne regarde PUlilt cette fcge. S Il va daUTres façons de parler qui y fem Qblem contraires, & dom on ne puifie pas ren-dre rairon par toutes ces oblervations, ce nepourront étre, comme je le crois, que des re1: tes du vIeux Hile, où on obmettvlt prefque roûiours les articles. Or ,eil uni: maxin,e qu~ ceux qui travaillent fur une Langue Vi- vante doivem toûjours avoir devant les yeux, que les fJçons (1e parler qui iom 21 rorifées par un ufage général & non cunteHc , doivent p<tJ1cr pour bonnes, encore queh: k)ient contraires aux régies & à lanaloR" èe la Langue; mais quon ne doit pas les ~. Uguer pour faire douter des régIes & trot> bler lanalogie, ni pour aurorifer par con:.
    • ET RAISONNÉ. I~" quet.1œ dautres façons de parler que iufàge nauroit pas autorifées. Autrement ~ qui ne sarrêtera quaux bizarreries de lufage.., faQS obferver Cette maxime, fera quune Langue oemeurera toûjours incertaine, & que nayat!t aucuns principes J elle ne pourra jamais f.è fixer. R6 M.If R fJ."s: J. Vaugelas ayant fai~ lobCervation dont il sagit ici en auroit trouvé la nüfon, s~ lut cherchée: li MM. de P. R. en voulant la done:, p.y om pas mis a.fts àe précifion : le défaut vient de ce que le moe de tlhmrJÎlm ned pas défini. Ils ont bien fena qai1 ne voulon pas dire njlraindre, puifque l"ani- de semploie égal.ementrvec un nom cornun, pris---..uiftr5èJemem ~ ou particuliè~ment, ou iingu!iè.- • iWlem. Cependant ils fe .fervent _moc flémJdue_ !1Ü fupole celui de rej1r_tb~. Déterminer, en parlant de iarticle à légard dun . lftom apellatif, général ou cornun, veut dirê· faire prendre Ge nom fubiamivemeDt SC: individuè1ement. Or lu&ge ayant mis larticle à tous les fubfiantifs individual.ilès, pout quun fnblbntif foit pris adjec. tivemem dans une proPOfitioD, il n"y a qua fupri-: sacr larticle, Lans rien mètre qui en tiène lieu. E rVhomc dl tllJima/. xempol L"home dl ,"ifoublt. L ilii
    • 118 GR AM: MAI ft E G É Nt R A L Ji A1Jim4l, n"ayant point lalÙcle , eft pris aufti ai- jtltiventent dans la première propofitioD , que rm-flnllb/e dant la feconde. :Pàt la même raifon, un acfjetlif eft pris fuhfian-tivement, ft lcn y met larticle. Par exemple: Le,lIiwrt éli fa cab<ane ll .;<aa«<luvre, au moyen de latti-cle, eft pris fubftan.em dans ce vers. < Le relatif doit toujours rapeler lidée dune per-{one, ou dune choCe, dun individu, & non pasridée dun mode, dun atribut. qui na point dexü-tence propre. Or tous les fubftantifs réels OU m~ta­fifiques doivent avoir, pour être pris fubilanùve-ment, un article ou quelquautre prépolitif, CQ$lletout, chaque, quelque, ce, mon, ton, [on , nn , tÙU:t 6trois, Ble. qui ne fe joignent qua des fubfiantifs.Le relaùf ne peut donc jamais fe mètre quaprès UDnom ayant un article, ou quelquautre prépofitif. <Voila tout le (eeret de la règle de Vaugelas. CHA PIT REX 1. Des Prlpofitions. s 6. q~cN 0lespouravonslesditPrépotitionschap. mar-l < <inventés < Cas U ci-de{fus , & le mêmè urage , avaient été eft qui dequer les r:appçrtS queles cbôres ont les unesaux autres~ !
    • ET BAI SON N tE. u?: Ce font prefque les mêmes rapports danstoutes les Langues, qui font marqués par lesPrépofitions: cefi pourquoi je me conten-tecai de capponer ici les principaux de ceuxqui fom marqués par les Prépofitions de la;Langue Françoi1è , fans mobliger à en faireun dénombrtlnent.exaét , comme il feroit né-ceflàire pour une Grammaire particuliére. Je ccois donc quon peue réduire les prin~cipaux de~es rapports à ceux ddns Il efJ d_t P"rir. en JI e{t en Ilttlie.De lieu, à Il efl .t R.me.de iima- hors Cette m4iftn eft h.u de lA vilh•.rien. fllr ou fUi Il 11 fllr 14 mer.dordre. fous n., te f..i eft foNt le Ciel. devant Vn tel mArrh.it devAnt/e Il.i. apres Un tel mArch.iI Aprit le R.i. chez J/ eft (he, le /l,Ji.Du tenu. f l avant pendant At."n 1" ~Ie. Pe;;odttnt I,,-gllerre. depuis Dep"ù 1" g_t:rre. ~ «1 Il VA ea ItAlie. à à Il.,,.e. ~. oÙ lon tend crs L4im4nt fe ta,.,."e lJns le ..... N"d. LlTI envers .r." .:mo..r er,vers Die".terme qal lon quitte de Il pdrt Je Pnir. ~ erlkicnte par MAiJo~ b.ÎJie 141 "If Debit"" ~~1=(f... e <!1 matéridle de de pierre V de {".;1" t. &lAle pour
    • 11 Ya quelques remarques à faiTe fur tesPrépofitions, tant pour toutes les Langues,~ue pour la FrançOlfe en parrlculier. La 1. en quOB na fuivi erl aitcune Lan-gue ,fur le fujet des PrépofitioDs, ce que laraifOn auroit defiré:l qui eft quun rapport nefût marqué-que par une prépofitioa, & quunemême prépufitioD ne- marquit qn loKl fcul rap-pon. Car il ,arrive au cORtFaa-e daAs toutesles Langues, ce que nous avons va dans cesexemples pris· de la Françoife, quun mêmerapporteR fignifié par plafieurs prépofitions,comme d.tmS, ln, il ; & quune même prépo- {uil;)p, comme ln ,Il, marque divers rapports. Ceft ce qui cawe fouvent des obfcurités dans. la Langue Hébraïque, & daM le Grec de rEcriture ,qui etl plein dHébraïfme, parce que les Hébreux ayant peu de Prépofirions , Ü$ les- emploient à de fon dHfélens ufages. Aïnli 11 PrépofitioD:3, ~ui eft a.Rpelée af- he" paree quelle ce joUtt avec les mots,
    • E T BAI SON N É .1. 11.fe prenant en plufieurs fens , les Écrivaills danouveau T eilament, qui loot readue-par ü •.iJol. rreDnem aulU cCt ir ou in, en des _fort •différens ; comme Où voit paniculih~ment dans S. Paul, où cet in fe prend quel-quefois pour par. N(mo potefl dùere ~ Drmti-lIUJ JejUJ, nifi in Spin/u !an[Jo; queJqpefoiapour fi"m. Cui vuIt, nubat tantum ;", DmJi.fW; quelquefois pour avec. Omnia ",jlra ;.&haritau fiant; & encore en dautreS JDIoo!.niéres. Le ~. remarque dl que de & IZ ne fo~ J>4s feulement des marques du génitif & da datif, m"1S auffi des prépofirions qui fervent encore à dautres rapports. Car quand 6D dit:, Il dl Jorti DE la ville, ou, Il ejJ allé AfAn.ziJôn du ch.lmpf; de ne marque ,as ua,.génitif, mais la prépofition ah ou IX; l4;JUi ell IX UTin: & a ne marqu~ pas iD datif.mai~ la prépofition in; abiit Î!l.iilJaIIJfuâ La 3. eit quil faut bien dm:inguet ceacinq prépofitions, aJ:lTJJ, hoT!, [lU, jius ,.avam, de ces cinq mots qui ont Ja mime,fignjfication , mais qui ne fOBt point pré~fitions, au moins pour lord.inaire;.tL:JaN~dehe1J, dtffitl , deffiJu , auP""IlJIil1lk. Le dernier de ces mots dl un. adverbe. .iè met ab(oIumegt, & Don devant les DOms.Car lon dit bien: IL éûit 1Jm# iUlpàratJ4fII i.
    • 1i3" G R A M MAI REG É N É R ALEmais il ne faut pas dire: Il éloit vtnlt aupa"NVa"t dîner, mais tlVtZ11t dîner) ou avant1 ae dinrr. Et pour les quarre autres, de-dans. dehors. dejJUJ , aejJolu, je crois que cer_-• .,t.-PQ. ...__ ~lOIn __.... ~III), "r"·W"~D ,",VIU""",, ,1 .1& (~ ."" un;.,. .. " .. " ~n r p .., • .1 r1t1on "__ &.Y joint prefque to~jours lar~icle; 1e ~eaa!.: le dehors, au dedam, au dehoTf; & qUIlsrégitfent le nom qui les fuit au génitif, quieŒ le régime des noms fubftamifs; au ae-tians Je la maifon, aU dejJus du toit. Il ya néanmoins ur:e exception, que Mon-fieur de Vaugelas a judicieufement remar-quée, qui dl: que ces mots redeviennent pré-poliâons , qpand on met enfemble les deuxoppofés, & quon ne joint le nom quau der-Bier, comme: La pefte eft aedam & aehflrJ laVille. Il.1 des animaux JeJ}u! & Jeffiu! laterre. La 4, remarque en de ces quatre parti-cules, en", , aont) oi, .qui lignifient ae ou adans toute leur étendue; de plus, lui ou qui.Gaf en lignifie de lui;,J à lui; dont, de qui,& ,,;, , à qui. Et le principal ufage de ces par-ticules en pour obferver les deux régiesdont fiOUS avons parlé dans le ch~p. des Pro-noms, qui efl que lui & qlti au génitif, datif,abtatif, ne fe dirent ordinairement que desperfonnes: & ainli quand on parle dautresdJofes, on fe fen den au lieu du génitif d,
    • E T RAI SON N HE, 13 Jlui. ou dû prunom ,Jon; d, au lieu du da-tif .i lui; de dont au lieu du génitif de qui Jou CÙUjllei, qui le peut dire, mais dl dor-d:naire aflez Janguilfam; & doù au lieu dudatif .i qui, ou dttqUe/, Voyez le chap. desPronoms. REM .A ~ Q Cl E ,f. r..; on feulement une méme pr~poficion malque2~5 tapons diférens, ce qui efi déja un défaut danscne langue; m:lls èle en marque dopofés , ce quiefi un vice, Dans ce dernier cas. la prépoliùon ne(uhr plus pour dél.:rminer les rapons , èle ne (ertalors qua u~ir les dt"JS termes; & le rapon enueeU$ dl !11~ rqué par Jintelligence, par le feus totalde b fr;J(e, par exemple, dan; ces deus frares) dont le (enseft opoCé , Louù a donni a CharIf, Louis Il été aCh .. r!c, la pn.policion a lie les deus termes de lapropofition ; mais le vrai rapon nefi pas mariqépar a) il ne Idt que par le Cens tOtal. A légarJ des rapons qui (ont diférens fans êtreOPOîei, comoien la prépJli:ion df nen a-t·He pas! 1°. Ete lêrr a f-.fmer des qU:Jlificaufs adjedifs;Wle élOfe J(Car:;;·f. ;:0, Dr cft parricuÎe extraéti-ye; du pain , pau aJjqllû paniJ. )". De marqueraport dapanenance; Je livre dt Charle. +0. Dejemploie pour ptn.:lanr ou durant ~ ek jour J" Jl1IÏl,
    • :.14 G B A M M A.i R li G~. t". É R ALE-. Pour ,.dsan, ~ fur; parlons de cète afaire. b". POUf" caufe ; je fuis charmé de fa fortune •.,0. .~ ~. (en a former des adverbes; de deffein pr~-InCtDllC. lld inUtile de sétendre d.lV:mt:lge fur lu(age.les prq.otitions, dont le lelteur peut Jiament falPeJapücuion. • CHA PIT R E XII.. Des Adverbes.L· E. detir que les hummes ont dabréger. . le difcours, eft ce qui a donné lieu aux Adverbes; car la plûpart de ces particules oc foot "{ue pour fignifier en un lèul mot, ce quoo ne pourroit marquer que par une ffépofitiou & uo nom: comme japitJlttr, ~emem, pour cua fapuntia , avec fagetfe ; ,,_ fOU:lin hoc 4iü , aujourdhui. Et ccft pourquoi dans ies Langues vulgai- res, la pl&pan de ces adverbes sexpliquent dordinaire llus élégamment par le nom avec 1a prépQ.fitioo : ainfi on dira plûtôt avecfa. gel» awc pt"IUknce f 4t.ec orgueil. tZVec mtI- 4/rMUm. que Jagnnmt ,prudemment. orgwil- "uf"""» 1IIOIUrément , quoiquen Latin au conuaire il tOit dordinaire p!us élégant de fe fenrir des Adverbet.
    • ET B.AISONNÈE. Ils De-là , ient auffi quon prend fùuvent pouradverbes ce qui eft un nom; comme inftiJren Latin, COfIlIDe prim:tm ,ou primo ,partim,&c. Voyez, N GUV. lIéth. Latine; & enFrançois, dtBUJ, dejJOlu, ded.mi, qui fontde vrais noms, comme nOQS lavons fait voirau Chap. précédent. Mais parce que ces particules fe joignentcl ordinaire au Verbe pour en modifier & dé-terminer laéhon, comme generore pugnavit,ï L11 , il .li a comoân:u vaUlammem, C Ca ce qUI afair quon les a appelées ADVERBES. REM Â Il Cl U E $. On ne doit pas dire la plMfpart h ces particulu:les adverbes ne ICont point des particules, quoiquily ait des panicules qui font des adverbes; &: la plufp.r: ne dit pas afles. Tout met qui peut être rendupat une prépoficion & un nom, eft un adverbe t "tout <idverbe peut sy rarder. ConJIamem 3 avec:ollftanc.e. On 1 va , on .,a dans ce lieu-la. o
    • 116 GRAM.MAIRE GÉNÉRALE CHA PIT REX 1 11. Des Verbes •t & de ce oui leur eO Pranre l r ,.1 1. &ejJentie/.1 Us QUE S ici nous avons expliqué lesJ mots qui fignifient les objets des pcnfées: il rcHe de parler de ceux qui lignifient ]a maniére des penfées. qui fom , lesVerbes, les Conjonttions, & les Imerjeétions. La connoiffance de la nature du Verbe dé- pend de ce que nous avons dit au commen- cement de ce direours ; que le jugement que nous fairons des cbofes (comme qu~nd je.àis, la terre cft ronde) enferme nécelrairc- ment deux teri11es • l~un appelé fujet, qui eil: ce dont on affirme, comme) terre; & lautre appelé attribut) qui etl ce quon affirme, camme ronde; & de plus, la liaifon entre ces deux term€S, qui eil proprement laébon de notre efprit qui affirme lattribut du fujet. Ainfi les hommes nont pas eu moins de hefoin dinventer des motS qui rnarqua{fent laffirmation, qui eft la pri!!cipale lP-aniére de notre penfée, que deo inventer qui marquaf- fent les objets de notre penfée. ~t ,eft ~ropre[J1ent ce que ,eftque le . Verbe.
    • E T RAï S û NN É E. 1 37Yerbe , un mot dont ü principal uJage efi defignifrr fa.lfirm.:uion, cefl à·dlre, de mar-quer que le ddcours où ce mot eft employé, eH le dilCours duD homme quine conçoit pasfeulement les (hores, mais qui en juge & qüi les affirme. En quoi le Verbe cft ddlîngué de quelques noms qui fignifient auffi laffir- mation, comme affirmanJ, a/firmatio; parce quils ne la fignificm queorant que par une réflexion derprit elle dl devenue lobjet de not~e penfée, & ainfi ne marquent pas que ee:. lui qui fe fen: de ces mots affirme, mais feu" lemenr quil conçoit une affirmation., Jai dit que le principal utàge du Verbt étoit de fignifier laffirmation. varee que ncdsferons voir plus bas que lon sen fen encort:pour fignifier dautres mouvemens de notreame , corn IDe deJirer , prier, commander, &V.mais ce ncft quen changeant dinflexion &de mode ; & ainfi nous ne confidérODs leVerbe dans tout ce Chapitre, que fdon faprincipale figniflcation, qui eftceHe quil3,tàlIndicdrif, nous rétervant de parler des.ad-ues en un autre endroit. Selon cela, lon peut dire que le Ve:bede IUl-méme ne devoir point avoir dametirage yue de marquer la liaifon que n:>llsfaifons dans notre efprit des deux termes dunepropofHion ; mais il ny a Iae le verbe Ji." 11
    • 138 GRAMMAIIU! GlhcBRALEquon appellefubfiantif, quifoit demeuré danscette fimplicité , & encore lon peut dire quilny eft propremenrderncuré que dans la troi~fiéme perfonnedu préiem. cft, & en de cer-taines rencontres. Car comme les hommes leportent EatureUemenr à abréger leurs expref-nons, us ont JOint prelque tQü10urs a l affi r-r " • • r ~ . mation dautres figni.6cacions dans un mêmemot. . J. Ils y joint celle de qu(tlque attri- Ont-kt, de forte qualors deux,mots font une,ropofition : comme quand je dis, Petr.1tfllivit, Pier~ vit; parce que le mot d.e 1Jil/it...ferme kul laifinnacion, & de plus lattrÎ- _dêtre vivant; & ainn ceilla même che-:II de dire, Pîerr, W~, que de dire It Finir ell ,,;vlll1A De-làd venue la grande divediœ• VCfbes dans chaque Langue; au lieu quei_ iétoit œmenté de donner au Verbe laigBification r;éD~ de. LaftinnatioD, fanst jeiodre aucu,attribut particulier, on nau-Bit eu befœn Ga»s chaque Lugue que dunfeul Ver»t , qui dl cdui qllj)ll appelle fab-.antif.. . .J . 2,. Ils y ont encore jlÎnt en de certaines.eŒemtlS le fuj.tde la propohtiQllt, de fom-It ~alorsticu1 mots peuvent {tncore, &; même un.feul ~, faire une propofuion m-ce. Deus.-s. comme ~ndie dis :fU/.
    • Il T r, A: r S o,• • B" IJ b-.; parce que fum IlC ftgnifie pas hl..ment faffirmation, mais enferme laJ~JlifiQr.-.tiono.u pronom ego. qw dl le fujet déceae - propofuion • & que 100 exprime totijou.rs, co.François: JefuiJhtnto.I. UDfèulmot,c;~ - me quand je dis lIWtJ.f_tl : atteS Ven-.enferment dans eux-mêmes laJfi.nut1œ klattribut. comme nous "YODS déja dit;- & - étant à la premiére perfooDC. ils aafamac,-- encore le filjet: Je juiJ fIÏWlI#, ; . fuis De-là dl wenae la dUféreaœ des penom.; ""II,.lw el ordinairement daœ tQIIS les. Verba. 3· Ils J ont encore joint UJl· rappon aatemps, ;,tu r~ CÙM}uel oaaftinne; de forte:,uun feu! mot, comme 1:a1z:;,fti, LieoiDe.-JaSinJle de ctiui ~ qui- ~ park.f"attioo. du.bJper, ,oon pour le ŒIJlP.pHiBt.-mais~le pdfé. Et de-là eftle.wat Ja. diveriitAf da.UUllpS, <pd! eoWie, ~ fwdiaaire,. ~mune à mus les Verbes. La diverfité Ge ces figDifiotiœs joi..,.aummême ~ ,dl ce quia empkb,....~.4e per(gnn6, da~Jeuo in habiles,tic: bien connoître la nature du Verbe, parot:.,.;* Be rem. pas. wofu1éré fdon CCl qw. lui:eietfenriél, qJ1idl l~~, mais !dolaas rappons qwmi foRt Kcidawds. cmu...-Verbe. . ~4ti6t.. ,,~. . . ~latvoi~ , A i 1i
    • d.o (}RAAt,ltA,lrE GÊNÉR~LEdes fit!nifioatibns- ajofitées à ceUe qui ea èf·fentiet1e~u Verbe ,la défini,fJoxjignijicd1tteit/n tnnpore, un mot qui lignifie avec temps. Dautres, commcfBuxtorf, yayantajoû-té-htfeeonde t lontdéfini. Vox flexilir cum .t~-&1r,;.(rina, tn m~ qui a diverfes_iti- fl~lomavectemps-& per.onne. =i>tuites ,tétint arrêtés à la premiére de cëf~1ignlfiotibnsajoûté~s,qui ,eft celte de ljtttibut, &: âyânf con6idéré que les attri.. buts que,-Ies hommes ont joints à laffi~­ tidti~âti~ uli même--mot , font dordinaire des·, -.aétions &: despaffions, ont (ru què- leffen- cè"-du verhe taiififtoit à pgnifler des afflont tJfi4lt1 raffionri, " .; , ~Eten6n ~Ju1~Qéf.lr- Stali~r a cru trod" vètKun "~na~êre, &los {on Livre dér prmcipes de~ l:.angue Latine, en difant què ia"-tliftintl:iorr~ckofês. în.pèrmanmteJ;"; fiùentes, en ce qui .demeure & ce qui patf~, éfôif"l.a~eorigitiê· de ladiflinélion enfte I~Norii$ at~VerbèS ; les-noms étanrpoor" ii!!~er!~~ ~~ure", & lesverbesœ,~~ ~e. .;.:1." !J" - ,< :i ,~iI " . , 1 9aniFefltiifélttè~:voir Que toMés ces défi:.lJ i nftrons font fanffèS-i &. nixpliquentpoiot fa" vniemturè·irTetbe. _d La Jl1"niére dOlllt fontconçOes;Jes deew ~i.Jdft.ttèit t pütR}.il ~eft !..... ~
    • Il: T BAI SON NÉE. 14rpoint dit ce que le verbe figni6e , mais feu-lement ce avec quoi il lignifie, cum lt7TJfore,cum perlana. Lës deux derniéres foDt encore plus mau-vaifes; car elles Ont les deux plus grands vi--ces dune définition, qui eft de ne convenirni à tout le défini, ni au feul défini; mque.omlii , neqlle Joli. Car il y a des verbes qui ne fignifient-Di.des aébons , ni des paffions, ni ce qui patTe;comme exiftit , quieJrit, friget. olget. tepet.calet, albet, Liret, dartt, &c. de quoi nouparlerons encore en un autre endroit. l Et il Ya des mOts, qui ne font poiDtver.-"bes, qui fignifiem des aélions & des paffi&ns& rnêm~ des (bofes qui pafi"ent, Jelon la;(W..; *finition de Scaliger. Car il cft certain que.!" "rti"rlpes 10 nt de ,,-~:" --mn • UI. -tU,!; .. k ..~.P ..... l ,,1 CUl:> UUIl l:> $l. ~ •• ~1,"i"U~moins ceux des verbes aéhfs ne fignifientpH-moins des ac1ions. & ceux des paffifs des,~fions, que les verbes mêmes dont ils "Ïè&}l.ôDent; & il ny a aucune raifon deprétendMque fluenJ ne ft?;oifie pas une chofe ~tti pa!e,auffi-bien que filât. . ,w;li A quoi on peut ajoûter, contre les de~pemiéres définirions du verbe, que les p~riopes 6gnitlent auffi avec temps, puiklliiyma du piéfent, du patfé.& dy futur, fur-:~enGtec.. Et€eax qui.coienç,.aGD ._~
    • ~. GAAltlllA.ilUi &:taÉBALEfOa J quùo vocatif ea une vraie feconde per-(oODe t .fur-tou.t quand il a une terminaifOlldifférente du nominatif, trouveront quil nyamoit dece côté-là qU>une différence du plusou du moins eaue le Participe & le Verbe. Et ainfi· la rah eifpntieUe pourquoi unParticipe neft point. un verbe, (eft quil ne-lignifie point lajfirmation ; clail. vient quii nepc:UIfàire une propolitioD.) ce qui eft le pro-pre du verH, queo ya;o6Îtant un v.erbe,ceA-à-dire, eD y 1elDettaDt cequoluA,a ôté"• ~eaat le verbe en participe. Car JoI"?urquol ei-ceq.I&ePetrUi vivit, lierre Vit.ci . . propofitioll, & que Petf.lu !Iivenl,l~, lJft411t t nea cll pas une, fi. .0US nyajot_ qI ~Ptr:1U tJ tIÎW#S, pJerr..t ,ft·vi-tI" 1 fi... paRe ClJ.le laSirmatioo. ClÙ ci....mk dans "iUit eD a ch€. ôt4ft PlUl en, ioD:.,Ie parti~ipe l1ÏtJ1lJ? Doù il par)ù que qui> fe: trouve ou qui nefe trou·wfiI èans· un 1Dot, dl ce qui. fait quil.efii. . . 09 Ii» ad pal verbe., , . . ~. OB peut eacOte remarquer .n,,.«an~ue l1nûni~,qui. e(l très -_venv. .,. ,~r.o.dirons,comme ~lion.,."IJtJÜ«,I: ~g~,~. ati}f$diiiNlltde! =,oicitJ~, .en " que: la Participa.ftum diS••"".,....... .-.aajetij&. at ti. &D . . . ._._cet~c.-
    • • T a AIS 0 N If j E. "J.tif; de me me que de cmti.ùhu fe &Ît ~tlIfI=adOT t & de bi.me vient blancheur. Aiofi,...Ive t verbe, lignifie cil rouge, enfermant en-femb1c laffirmarion & lattribut; rubellJ, par-ticipe, ti.gnifiefimplemem route, iàns aBirma-tkJn; & rulcre) pris pour ua nom. lignifieTiJugeliT. JI doit donc demeurer pour confiant quà~e ~)nfidérer f1mpl~ment q:le c~ q~ cft ef ..fennelau verbe,. il! teule vraie dèfinJtlOll eft atO.to/ignifiçam a.Ui,.maJi"lInt1, UN nt« ,ltÏ ft-J.ltÏ:;ie r.~tJirmolliQ1J. Car on ne fauroittroUveIde mot qui marque laffirmation, qui ne b~yerbe, ni de verbe qui-ne ferve ci la marquer.aD mo~ns dans lIndicarif, Et il eil indubit;a.ble que fi on avoir inventé un mot, commeks.-oit cft t qui marquât toûjours ItaftirmaÙOD..iüS avoir aucune ditrereece ni de pedàone.-.i de temps de f~nt: que la diYe~fjté du 1pertonnes le marquât tculement par les DiOIIIt&. les pronoms. & la diYedité des œmps. pliles adverbes> il ne ladleroir pa!; ciêtlC ua nai"e~.. Comme en effet dansles~~ les Phüofop~es ap~ll~ dt e ""lité , com.me: LN" efi i"p;; ,.. "P ~.#i"J~; i« tOIIl e:fI phu pll1ltJ If"/4 p~.. ; le fOOt eft ne lignifie que faJfirmàâtaiimp1e s 1âns ilUCUii rapport au. templl, pane9W œJa dl vmi feJœ ums la taDp&. tt
    • 14+ G R A lÙW AIR E G É N É RA L Efans que notre efprir sarrête à aucune di,oer-fité de perfonne. . Ainfi le verbe, felon ce qui lui eft effen-tiel, eft un mot qui lignifie laffirmationM2Ï! li lon veut joindre dans la définitÏonGu verbe fes principaux aceidens •on le pou r-ra définir ainfi : Vox fignificallI aJfirmatio-"em cum defignatione ptrJon", Humer; & tem-pori! : Un mot qui Jigl/pe laffirmation aw"JlfigntZtion de la ptrJonne, du nombre & J!!Imlf1J: ce oui convient proprement au ver- ~" .1be fubfhntif. Car pour les autres, entant quils en dif-~érent par lunion que les hommes ont faite delaffirmation avec de certains attributs, on ~s peut définir en cette forte... : Vox {igniJi-cans- àffirmtZti..nn aliCHjIt! ~tribllti. cumtl.efig"uJttione perlon", numer; , & tcmporÎl .-Un mot qui marque laffirmation dt quelque ~trtibllt, #lfleC déjignalion de la ptrJomu, Jlul "tnllbre f!J du tlJnf!. "dEtlco peUt remarquer en patTant, que r.tmQfio~ Jentant que conçûe, pouvant être n6i :1at:tr~l:Sut du Verbe , comme dans le ~crbe lIffirme , ce verbe fignifie deux atlirma- tiolls-.,dont lune r~arde la perfonne qui flrle~. & lautre la perfonne de qui on par- ie. folt que ce foit de foi-même, km que.. toit daDe autre. wq&iëJBd.je dia, Pt- tr:tJ
    • !: T Il Jo. 1 S 0 Il Ni.. 4 fTUJ affirmaI, affirmaI eft la même chore que 41 afJirman1 ; & alors 1ft marque mon affir- mation , ou le jugement que je fais touchant Pierre ,& affinnan1 , laffinnation que je con- çois J & ~ue jattribue àPierre. Le verbe rllgo au contraire congent une affirmation & une négation, par la même rai~ fon. Car il faut encore lemarquer que quoi- que toUS nos jugemens ne foient pas affirma- tifs, mais quil y en ait de négatifs, les ver. bes néanmoins ne flgnifiert jàmaisdeux-mê. mes que les affirmations, les négations ne fe marquant que par des particules, non, ne, ou par des noms qui les enferment, nullzu , nem~, DuI, perfonne ; qui étant joints aux Verbes, en changent laffirmation en négation. Nul hom1lZt: ncft immortel. Nullum COrpU1 efl in- dit:ijibi/ç. Mais après avoir expliqué leiTence da verbe, & en avoir marqué en peu de motsles principaux accidens , il eil néceifaire deconfidérer ces mêmes accidens un peu plusen partinùier J & de commencer par ceuxqui font communs à touS les verbes, qui font,la diverfité des perfonnes. du nombre. & destemps., N
    • CHA PIT R E XIV.. De la diverfité des Perfonnes& des "Nombres dans les J/erbes.N o u efi savons déja die que la diverlité des perfonnes & des nombres dansle sverbes , v€nue de ce que les hommes,pour abréger, Ol)t voulu joindre dans un mê-me mût, à laffirmation qui eft propre auverbe, le fujet de la propofition, au moinsen de certaines rencontres. Car quand unhomme pade de foi...même, le fu;et de lapropo6tion eft le pronom de la premiereperfonne, ego ,moi.je ; & quand il parle de celui auquel il adreffe la parole, le fujet de la propofition eft le pronom de la feconde perfonne, tu, toi, IJ()IU. Or, po~ difpenferde mettre totJjours ces pronoms, on acru quil fuffiroit de don- ner au mot qui lignifie laftirm~tion , une cer- taine terminaifon qui marqutt que ceft de toi-même quon parle; &: ceft ce quon CI appelé la premiere penonne du verbe, lJideo , je voiJ. On a fait de même au regard de celui à qui
    • ET Jt A. 1 SON r-; Ê E. 14-7cn 31.1reflc la parole; & ceft ce quon a ap-pelé la fetonde rerfonne , l.idu, fIt lDil. Etlümmc ces pronoms ont leur plurier, quandon parle de loi-même cn fe joignant à dau-tres, 110S , nOUJ; ou de celui à qui on parle;en le joignant auffi à daptres, lDi, lOUi; ona donné autli deux tcrminaifons différentes auplurier: l/iacmUJ, nous LOOni, videlÏi , lQUI ,vo)e~. Mais parce que le fujet de la propofitionnell: Couvent ni foi-même, ni celui à qui onparle; il a fa!!u néceffairement ,pour réfèrvecces deux terminaifons à ces deux fortes deperfonnes, en faire une troifiéme quon joi-gnît à tous les autres fujets de la propofi-tian. Et cdt cc quon a appelé troifiémeper[onnc, tant au 1ingulier, quau plurier;quoique le mot de perfonne, gui ne convientproprement quaux fubfiances raifonnables &lote IlIgemes. ne .Olt propre lU "aux aeux pre-. ft .mieres, pui(que la tfoifiéme cfl pour toutesfones de chufes, & non pas feulement pourles perfonnes. On voit par-là que naturellement ce quonappelle troifiéme perfonne devroit être lethême du verbe, comme il laft aufli danstoutes les Langues orientales. Car il ell pluanaturel que le verbe fignifie premierementlaffirmation, fans marquer pardculiérement N ij
    • 148 GRAMMAIR:H GÉNÉRAr.1t aucun filjet. & <juenfuice il foit déterminé par une nouv~Ue mflexion à renferm.er pour fujet la premlere ou la retonde perlonne. Cette diverfitéjde terminaifons pour les deux nremieres penonnes , fait voir que les Lang~es anciennes QPt grande raiîon de ne joindre aux verbes que rarement, & pour des confidéraùons particuliéres , les pronoms de la premiere & de la fetonde perfonoe, fe contentant de dire, video. vides, videmui ) cviâetÎi. Car ceft pour cela même que ces terminaifons ont été originairement inven- tées , pour fe difpenfer de joindre ces pro- noms aux verbes. Et néanmoins les Lan- gues vulgaires, & fur-tout la nôtre, ne lait: fènt pas de les y joindre tPûjours ; je 1)oi.r, tl voi!, nous vo.)orli, VOUi "·:rye.t.. Ce qui eft peut-être venu de ce quil fe rencontre affez fouvent que quelCues~unes de ces perfonnes nont pas de termmaifon différente, comme tous les verbes en eT, aimer, ont la premie- re & la troifiéme femblables, jaime, il aime; & dautres la premiere & la feconde • je lii, u.lis: & en Italien atfez Couvent les trois perfonnes du fingulier fe reffemblent; ou- tre que fouvent quelques-unes de ces per-- fonnes nétant pas jointes au pronom de- viennentImpératif, comme lI,is , aime, lil ~ &c.
    • E T RAI SON NÉE. 149 Mais outre les deux nombres. fmgulier ~ plurier, qui font dans les verbes comme dans les noms, les Grecs y ont ajoûté un Duel, quand on parle de deux choîes , quoi. <juils sen fervent affez rarement. Les Langues Orientales ont même cru t quil étoit bon de diftinguer quand laffir· mation r~rdoit lun ou lautre fne, le mafculin ou le féminin : ceft pourquoi le plus Couvent elles ont donné à une même pero: tonne du Verbe deux diverfes terminaifons le pour fervir aux deux genres; ce qui fen fOr vent pour éviter les équivoques. CHA PIT REX V. 1U NE autre chofe que bOUS avons dit avoir été jointe à laffirmation du Ver· be, eft la fignification du Temps ; car laffir..mation fe pouvant faire Celon les divers .. 1temps, puiCque 100 peut affûrer d>une cho-fe quelle eft. ou quelle a été, ou quellefera, de-là eft venu q"!oo a encore donnédautres inflexions au Verbe, pour fignifierces temps d" ers. IV • Il ny a que trois temps fimples; le Pr{-. N iij 1
    • 1 SC GR A li 111 A 11 E G t NF: R ALEfini, comme amo, jaime; le PafJé, commeamavi ,jai aimé; & le Futur, comme ama-h() , jaimerai. Mais parce que dans le patTé on peut marquer que la chofe ne vient que dêtre flite, ou indénniment quelle a été faite, de-·là il ell arrivé que dans la piûpart des Lan- gues vulgaires il y a deux fortes de prét~rit ; lun qui marque la chofe précifémenr faite, & que pour cela on somme défini, comme jai écrit, jai dit) jai fait, jai dîné; & lau- tre qui la marque indéterminément faite, & que pour cela on nomme indéfini ou aoriUe, comme jicrioif , je fis • jallai, je dînai, &c. ce qui ne fe dit proprement que dun temps qui foit au moins éloigné dun jour de celui auquel nous parlons: car on dit bien, par exemple, jécrivis hier, mais non pas, jécri- vis ce matin ni, jécrivis cette nuit; au lieu J -;(le quoiii faut dire, jai écrit"e matin) jai -écrit .cttte nuit, &c. Notre Langue dl fi -eitàéle dans la pr,opriété des expreffions, lueUe ;ne foufttc IU(;l.lne exception en ceci, qubique les Efpagnols & les Italiens confon- dent luelquefois ces deüx prétérits, les pre- nant lun pour lautre. Le .futur peut auffi recevoir les mêmes dif- férences f car on peut avoir envie de mar- .quer une cbofe qui doit arriver bientÔt; ainli
    • E T RAI SON NÉE. 1 S1nous voyons que les Grecs ont leur pauÙJpojJ-jutJlr, fJ.~7· .",,,oP fA-b)fII , qui marque que lachore Ce va faire ,. ou quon la doit prefquet€~nir comme faite, COlllme "uo~"/MI ,je ",entaS faire, voilà qui eft fait: & 100 peut auffi marquer une .:.hofe comme devant arriver 11fimplement , comme 70~AI 1 je ferai.; Ilmd."bo, jaimerai. t : oil~ pour ce ~ui eft des Temps, c~fi­cleres fimplement (lans leur nature de prpnt, ]de prétérit & de futur. Mais parce quon a voulu auffi DJarquerchacun de ces temos , avec rapport à un au-tre, par un feul m~t, de·là efi: venu quon aencore inventé dautres inflexions dans lesverbes, quon peut appeler des ttmp! ",mpfl-Ih dan! le fini. & lon en peUt remarquerauffi trois. l Le premier dl celui qui marque le pafféavec rapport au préfent, & on ra nomméprétérit imparfait. parce quil ne marque pasla chore fimplement & proprement commefaite, mais comme prélèhte à r~ard dune,hore qui eft déja néanmoins pa«êe. AinS,quand je dis, cùm imr.tT.it cœnabam, jlJô.pui! iorfquil 4/ entrl, laéiion de Couper dt .bien pa1Tée au regard du temps auquel je par-le, mais je la marque comme préfènte au re- engard de la chofe dont jle parle, qui lentréedn tel. N iiij
    • .St GRAMMAIRE G~NÉRALE Le deuxiéme temps compôfé en celui qlolÎmarque doublement le paffé, & qui à caurede cela sappelle pluI- que-parfait, commeçœnaIJerttm ) jaIJoÎÎ [OItpl ; par où je maf-ljue mon aélion de fouper non - feulementcomme paifée en foi ,mais auffi comme par:fée à légard dune autre cbofe qui cft auffipatrée ; comme quand je dis, javoiF JoupélorfiJu il eft entré, ce qui marque que monCouper avoit précédé cette entrée, qui cft pourtant auffi paffée. Le tfoifiéme temps compofé en celui quimarque lavenÛ avec rappt>rt au paffé, favoir , le fultlr parfait, comme cœnavero • jauraIJoupé; par où je marque mon aéHon de fou- per comme future en foi, & comme paifée au .regard dune autre cboCe à venir, qui la doit Cuivre ; comme; quana jaurai foupé il entrera: cela veut dire que mon fouper, qui ndl pas encore venu, fera paffé lorfque fon entrée, qui neft pas encore venue, felii pré- fente. On auroit pu de même ajotlter encore un Quatriéme temps compofé , favoir , celui qui êût marqué lavemr avec rapport au pré- fent, pour faire. autant de futurs com porés , sue de prétérits comparés; & peut-être que le deuxiéme futur des Grecs marquoit cela dans fon origine 1 doù vient même quil con-
    • E t 1. AIS 0 N !Il i E. J S1ferve prcfque toûjours la figurative du pré-fem : néanmoins dans lufage on la confonduavec le Fcmier , & en Latin même on fe fertpour cela du futur fimpJe : c1lm cœnabo in-trabi! , lJOUi entreTez.. quanà je louperai; paroù ie mareue mon fOu.... comme futur en foi, , 1 t·ermais comme préfent à légard de votre e~ ,tree. Voilà ce qui a donné lieu aux diverfes i~flexions des verbes, pour marquer les diverstemps ; fur quoi il faut remarquer que lesLangues Orientaies nont que le paifé & lefutur, fans toutes les autres différences dim- .parfait, de plus-que-parfait, &c. ce qui fendces Langues fujettes à beaucoup dambiguï-tés qui ne fe rencontrent point dans les au,,:ua. - CHAPITRE XVI. Des divtrs Modes , ou manitrtS des verbes.N·lafient 0 us avons déja dit que les verbes font de ce genre de mots qui figùi- maniere & la forme de nos penfées,dont la principale dll~matioll ~ " ~~UI
    • IS4 GRAMllIAIJlE GÉNÉRALEavons auffi remarqué que les verbes reçoi-veDt düférpntes infiexions, Celon que laffir-mation retarde différentes perfonnes & dif-férent r-emps. Mais les hommes ont troun:quil étoit bon dinventer encore dautres in-flexions t pour expliquer plus diilindement-«qui fe patfait dans leur efprit; car premie- rement ils ont remarqué quou ne les affirma-·tions fimples , comme, il aime, il aimeit , il Y en avoit de conditionnées & de modifiées, comme, qu."uJlil aimât, quand il aimeroit. Et pour mieux dlfiinguer ces affirmations des autres, ils ont double les inflexions des mê- mes temps, faiiànt fervir les unes aux affir- mations fimples, comme, aime, aimoit, &-séfervant les autres pour les affirmations mo- difiées, comme, aimat, aimtroit : quoique ne demeurant pas fermes dans leurs régies, ils fe fervent quélquefois des inflexions fim- pIes .four marquer les affirmanons modi- fiées: Et fivereor, pour (}-fi Vlrtar ; & ,cft de ces d~_rni~res fQttes dinflexions que les Grammairiens ont fait leur. Mode appelé fuhjonéliJ. ...., De plus, outre laffirmation, laélion de nOtre volœté fe peut prendre pour une ma- ·niere de DOtre penfee; & les hommes ont (eu befqin de faire entendre ce quils vou- ~ ,uai ~bien 1ue <:e.qu~~ penfuient. Or
    • E T RAI SON N HE. 1 $S nous pouvons vouloir une chofe en plufieurs manieres, dont on en peut confidérer trois comme les principales. J. Nous voulons des chofes Qui ne dépen- dent pas de nous , & alors nous ne les vou- lons que par un fimple fouhait; ce qui sex- plique en Latin par la particule utittam. & en la nôtre par plût à Di~u. Quelques Lan- gues, comme la Grecque, ont inventé des inflexions parriculieres pour cela; ce qui a donné iieu aux Grammairiens de les appeler le Mode optatif: & il Y en a dans notre Lan- gue, & dans lEfpagnole & lItalienne, qui sy peuven~ rapport~r, puifqu:il y a des te~ps qw .font triples. MalS en Latl? les .mêmes lB- fleXions fervent pour le fubJonfilf & pour loptatif; & ccft pourquoi on a fait forrbien de rerrancher ce mode des conjugaifons lati- nes. puiCque ce ndl pas feulement la ma- niere différente de fignifier qui peut être fort multipliée, mais les di~rentes infiexions qui doivent faire les modes. :1. Nous voulons encore dune autre {ortt, lorfque nous nous contentons daccorder une chofe, quoiquabfolument nous ne la voulm: fions pas; comme quand lérence dit, F""jUTidat, perdat • ["fat ; quil dépenJe • qt/ilperde, quil périJle, &c. Les hommes auroientpu inventer une inflexion pour marquer-ce
    • ." GRAMMAIRE GÉNÉBALEmouvement, auffi-bien quils en ont inventéen Grec pour marquer ie Jîmple defir; maisils ne lont pas fait, & ils fe fervent pour ce-la dufubjonélif: & en Fran~ois nous yajoû"tons ,ue. ~il dépenjè, &c. Quelques Gram-mairie!.! ont appelé ceci, modJi poten!ialir jou modlls nnceJfifJUI. 3. La troifiéme forte de vouioir eft quand ce que nous voulons dépendant dune per-fonne de qui nous pouvons lobtenir, nous lui.fignifions la volonté que nous avons quille &ffe. Cefi le mouvement que nous avons quand nous commandons, ou que nous prions:cdl PliNr marquer ce mouvement quon a inve[ué le mooe quon appelle Impératif, qui na point de prcmiere perfonne, (ur-tout au fingulier, parce qUOD ne Ce commande point proprement à foi-même; ni de troifié- me en plufieurs Langues, parce quon ne commande proprement quà ceux à qui on aadldfe & à qui on parle. Et parce que le ~mmandement ou la priére qui sy rappor- te Ce fait toCijours au regard de lavenir , j il arrive de-Ià que limpé1"citif & le futur fe prennent (ouvcnt lun pour lautre, (ur-tout en Hébreu;, c"me, non occidn, VDUS ne tuere%.. point, pour ne tue%.. point. Doù vient que quelques Grammairiens ont mis limpé--nill au nOPl~te ~es futurs.
    • 1: T 1 AIS 0 N N Ji If. 1 ST De tous ces modes dont nous venons deparler, les Langues Orientales nont que ccdernier, qui eil limpératif : & au contraire,les Langues vulgaires nont point dinflexionparticuliere pour limpératif; mais ce quenous faifons en François pour le marquer, cade prendre ta feconde perfonne du plurier ,& même la premiere fans pronoms qui leIprécedem. Ainfi, Vous aimet:. eft une fimpleaffirmation; aimez. , un impératif: nous ai...7ROm affirmation; aimonJ impératif. Mais J Jquand on commande par le fingulier, ce qui dl: fort rare , on ne prend pas la feconde per.Conne, tu aimes. mais la premiere • aime. CHA PIT REX VII. De rInfinitif.I LY a encore une inflexion au Verbe, qui ne reçoit point de nombre ni de perfon-nes, qui eil celle quon appelle Infinitif. com-me, eJlè. être; amare aimer. Mais il faut re- Jmarquer que quelquefois linfinitif retientlaffirmation> comme quand je dis :fcio ma-lum effi fugiendu m , je fail quil faut fui,. l,mal; & que (ouvent il la perd, & devientnom (principalement en Gre, & dam les
    • I~S. G RA MMAIRB GÉNRRALE~ngues vulgaires) comme quand 00 dit,le boire, le manger; & de même, je veu..boire, 1.1010 bibere; car ceft,à-dire , voiD Fa-tum , ou potionem. Cela étant fuppofé, on demande ce queceft proprement que linfinitif, lorfquil ncap.oint nom & quil retient fon affirmation,cpmme dans cet exemple, [cio maium efft fugundum. Je ndàis fi perfonne a remarqué C ce que je vas dire: ceft quil me femble que linfinitif eft entre les autres manieres du verb~, ce queft le relatif entre les autres 0 pronoms. Car, comme nous avons dit que le relatf ade plus que les autres pronoms, quil joint la propofition dans laquelle il entre à une autre propofition, je crois de même que linfinitifa ,par-detfus laffirmation du verbe, ce pouvoir de joindre la propolltion où il dl à une autre: car [cio vaut feul une propofi- tion, & fi vous ajoutiez malum cft fugien- dum ,ce feroit deux propolltions féparées; mais mettant ejJe au lieu defl, vous faites que la derniere propoution nea plus que panie de la premicre, comme nous avons expliqu~ plus au lon~ dans le ch. .9. du Relatif. Et de... la eft venu quen François nous tendons prefque toujours linfinitif par lin- dicatif du verbe & la particule que : Je Jais àiurr. tue le mal eft Et alors (comme nous
    • ET RAi SON NÉ ï!. J 5~aVOD5 dit au même lieu) ce lue ne fignmeque cerre union dune propofition avec uneautre, laquelle union dl: en Latin enferméedans linfinitif, & en François auffi, quoique plus rarement, comme quand on dit : Il croitfavoir toutu ChOjèf. Cette maoiere de joindre les propofidons par un infi~1itif, ou par le quod & le que, dt principalement en ufage quand on rapporteles difêours des autres : comme, li je veuxrapporter que le Roi ma dit, je lOUi dfJfIne- r.ti une Charge, je ne ferai pas ordinairement ce rapport en ces termes: Le Roi ma tÜl. jeVous donnerai une Charge, en lditfam les deuxpropofitioDS [éparées, lune de moi, & lau- tre du Roi; mais je lei joindrai enfèmble parun que: Le Roi ma dit quil me donnera unCharge. Et alors, comme ce ndl: plus quune propofîtion qui eft de moi, je change la pre-miere pedonne ,je donnerai, en la troifiéme,il dormn-a, & le pronom VOUJ, qui me ligni-fiait le Roi p.lrlant, au pronom me, qui mefignifie moi parlant. Cette unioD des propoCitions fe fait en-core par le fi en François, & par an en La-tin, quand le difcours quon rapporte dl in-terrogatif; comme fi cn ma demandé: Pou-vez.-vouS faire cela? je dirai en le rappor-tant : On ma demandé Ji je!ouVoufaire cela.
    • 160 GRAMMAI:!E G~NÉRALEEt quelquefois fans aucune particule,en chan..geant feulement de pcrfonne; comme, Il m"liemandé : Qui êtef·VOHJ f Il ma demAndé~ui jéloi!. Mais il faut remarquer que les HéJ:,reux , lors même quils parlent en une autre Lan-gue, comme les Evangélifies, fe fervent peu oe cette union des propofitions, & qüi13rapportent prefque toujours les difcours di-reél:ement , & comme ils ont été faits; deforte que r 017 , quad, quils ne laiffent pas demettre quelquefois, ne fert fouvent de rien,& ne lie point les propofitions, comme ilfait dans les autres Auteurs. En voilà unexemple dans le premier chapitre de SaintJean: Miferum Judlti ab HteroJobmii Sa-eerdotes & Levita! ad Joannem ut interroga-Jenl eum : Tu qUÎJ Ci ? Et confeffiu eft & n014negavit. & confeffu! eft : quia ( 071 ) mm [umego Chr~/luf. Et imerrogaverunt CUnt: Qt!idergof Elial et tu f Et dixit : Non fume Pro-pheta ÇJ tu? Et refpondit, non. Selon lura-ge ordinaire de noue Langue, on auroit rap-porté indireaement ces demandes & ces ré-ponfes en cette maniere. III envoyerem de-mander à Jeûn qui il/toit. Et il confeJfa quilnétoit pointie Chr;ft. Et iLJ lui demanderentqui il étoit donc: lit étoit Elie. Et il dit quenon. Sil étoit Prophéte) & il "Fondit que non. REftlARQ..
    • E T 1 AIS 0 l( N B E. ! 6J RE /tI A R QUE s. CtW qui ont fait des Grammaires Latines 1 Ce font formé gr:auitement bien dei dificultés fur le Q..ae rnranché : il fufifol de f.:ire la dillinaion des idiotifmes , la diférence dun latiniCme a un g~ cifme. Les Latins ne conoiffoient point la règle due.ut ntrlW1hi; mais, come ils ernployoient un nomina- tif pour fupôt des modes finis, ils fe fervoient de laccu(;.ui f pour fup§t du mode indt:fini : lorfquils y mètoient un nominatif, cétoit à lin<itation de~ Grecs, qui uCoient indiféremment des deux cas•. Outre la propriété qua linfinitif, de joindre une propoGtion a une autre. il faut obœrver que le Cens t"xprimé par un acufatif & un infinitif, peut être le fujet ou le terme de laétÏon dune propofition prin-cipale. Dans cète frafe. Magna arl non apparere ar-um) linfinitif & lacufatif font le fujet de la propo-ÎÎtion. Empêcher lart de paroitre, ejl un grand art. Dam cète autre frafe, le terme de laCtion dunverbe adif ea exprimé par le (ens total dun acufa-tif & dun infinitif. Credo tUai ad te fcripfij[e. Lit-téralement, je croil Val amillJOUS avoi, écrit; ~dans le tour fran~ois , je ,roit que 1.1. amÎllJUI7" "rit. o
    • Ith GRAlIMAIRE GtNÉRALE Linfinitif, au lieu du Que, neit pas rare en François, & il en quelquefois plus élégant. On ditPluton, Il prétend réuffir ùnJ[on emreprift, 1v.~ 1/ •,ri"nd quil riu!Jir"• CHAPITRE XVIII.. Dés Verbes quon peut appeler Adjedifs; 1 & de leurs différentes eJPéces ; Aélift, PaJ]ifs) Neutres. N o us joint déja dit avons , ayant que lès homme$ en une infinité de rencon- tres quelque attribut particulier avec laffir- mation, en avoient fait ce grand nombre de Verbes différens du fubftamif, qui fi~ trou- vent dans toutes les Langues, & que lon.Fourroit appeler AdjefiiJf. pour montrer que la lignification qui cft propre à cbacun • eft ajoutée à lalignificatioD commune à tous les verbes, qui cil celle de laffirmation. Mais ceft une erreur commune, de croire que tous ces verbes fi~nifient des aélions ou des paffions; car il ny a J:ien quun verbe !le Duiffeavoir bour fon attribut, sil plaît aux" ho~es dè joindre laffirmation avec cet attribut. Nous voyons même qae le ver:
    • ET RA J SON }Il t !. t6Jhe fubilamifJum, je fuiJ , eil fouvent adjcQ-tif, parce quau lieu de le prendre commefignifiant fimplemem: laffirmation, on y joilltle plus général de tous les attributs, qui eftlêtre; comme lorfque je dis, je pmfi t doncje fui!: je fuis fignifie là Jum ml , je fuis un être, une chofe : Exiflo fignifie auffi [Hm"xiftml, je fuis, jexifie. . Cel. nempêche pas néanmoins quon- ne puiffe retenir la divifion commune de ces vet- L~ -0 ~n;C~U~ It; .. _~n:( JO ... e......e.. t".111.&~ A". lA 1 «"".H.; , . . "".. ... On appelle proprement aéHfs, ceux qui fignifient une action à laquelle dl: uppofée une paffion, comme l"Utrl, Jtre battu-; ai-mer; être aimé; foit que ces aéHoDS- Ce ter- minent à un fujet, ce quOD appelle aétion réelle, comme battre t 1D11lprl, tilt,., noi1- riT, cf,-c. foit queUes 1è terminent feulement au n 0 bie" , - "1 11nn !ipnp1lp 2Ainn tntpn t.on- , J. ~rI> n. _- -rt;le- ---- i nelle, comme aimer; conmîtrt, Voir. De-là il dl arrivé quen plufieurs Lan-gues les hommes fe font fenis dLl même mot,en lui donnant diverfès inflexions, pour Îl-gnifier lun & lautre, appelant verpe aélif,celui qui a linflexion par laquelle ils ont mat.qué laéhon, & verbe paffif, celui pat la-quelle ils ont marqué la paffion.j amtJ, alJlfJr;Vtrbero, vtrberor. Cefi ce qui a été en uCa-ge dans toutes les Langues ancienna, La- O ij
    • 16+ GRAM MA IRB GÉNÉRAL li: tine, Grecque & Orientales; & qui plus dl , ces dernieres donnent à un même verbetrois aélifs, avec chacun leur paffif ~ & unréciproque qui tient de lun & de. lautre,comme feroie l aimer, qui fJgnifie If;thon duverbe fur le fujee même du verbe. Mais lesLangues vul~ires de lEurope ri ont pointde pamf, & elies fe fervent au lieu de cela.;dun panicipe fait du verbe aélif, qui Ceprend en fens paffif, avec le verbe fubftantifie fuis; comme ,je}Mil aimé. je Juil hallu, &c. Voill pour ce qui eft des verbes adifs & paifûs. Les Neutrtl. que quelques Gral11mairieœappellent Verba intranjitrva, verbes qui ne parent point au dehor, , fODe de deux fones. Les uns qui ne lignifient point daél:ion, mais, ou une qua lite , comme albu, il ei biané, viret, ii eft vert ,frigee. il eft froid, Algtt, il eft uanfi. ttptl, il eft tiedc, ç"letj il eft chaud, &c. . . Ou quelque fltuation, fidet • il eEl: affi5,flat, il eft debout, jaee:, Heft cOlIChé, &c•. Où quelque rapport au lieu, adejJ , il ei préfent • ahel1. ii eit ahfent , &c. Ou quelque autre état ou attribut, com- me, 1uufcit , il eft en repos, excellit , il ex- celle, pr_ft, il eft fupéricw , regnüt, il dl loi, &c.
    • ET ilâISONNi •• 161 Les autres verbes neutres figni6eBt de!aétions, mais qui ne patfent point dans unru jet différent de celui qui agit, ou qui neregardent point un autre objet comme,Jdîner. fouper • marcher, parlér. Néanmoins ces dernieres fortes de verbesneutres deviennent quelquefois tranfitifs,lorfquon leur donne un fujet, comme, ~bulare viam, où le (;bemin eft pris pour lefujtt de cette aélion. Souvent auffi dans leGrec. & Quelquefois auffi dans le Latin, 011leur donnê po~r fujet le nom même formé Jdu verbe, comme, pugnare pugnam ,[ervirore fervituttm !liveT vitam. &c. J Mais je crois que ces dernieres façons deparler ne LOnt venues que de ce quon a voU/-lu marquer quelque chofe de particulier, quinétoit Das entiérement enfermé dans le veï- 1 , be ; comme quand on a voulu dire qu un hom-me menoit üne vie heureufe • ce qui nJéto~pas enfermé dans le mot vivere, on a dit vA-lJere vitam beatam ; de même firvire duramfervitutem, & femblables ; ainfi quand on dit1Jivere /.Iitam , ceft fans doute un pléonafme,qui dl venu de ces autres façons de parler.Cdl: pourquoi auffi dans toutes les Languesnouvelles, on évite comme une faute de 1 joindre le nom à fon verbe, & lon ne dKpas, par exemple, ,GmbattTe un gr.llna ,~li.
    • ;1()1 G R·AMM Â1iB C tN t IiAL E On peut réfoudre par-là cerre quefiion ;,fa tout verbe pon paffifrégit toûjours lolO ac-~ufacif laumoiflS fOuS...entendu. Cefi le fen-o.timlDt de quelques Grammairiens fort habi- le~, mais pour ffiO. je ne l~ crois pas. Car 1.:lcsverbes: qui. ne lignifient aUlune aétion,,mais quelque état. comme, eptief-rit 7 lxi/fil,"Ou quelque· qualité, comme, alhet, calet,·.tl·ont point dfaccufatif quils puiifent régir,: & pour les autres, il faut regarder fi lac- tion quils fignifienta un fujet ou un objet, qui puitfe être différent de celui qui agit; car alors le verbe régit le fuiet , ou cet ob- j~t, à laccufatif. Mais quand 1aétion lignifiée :.pat le verbe na Di fujet,. ni objet différent de ~€el"i qui agit , comme, dîner , prandere; [oUpl" ,cœn.re, &c. alors il ny a pas a{fez deraifon pour dire .quils gouvernent laccu- -fatif, quoique ces Grammairiens aient cru :<]UOD y fuu~entendoit linfinitif du verbe" comme un nom formé par le Verbe; voulant, par exemple , que CUTYO fait, ou eurTo eur... fum, ou CU"O currere : néanmoins cela ne ,parait pas airez foUde; car le verbe fignifie tout ce que fignifie linfinitif pris comme .nom» & de plus, laffirmation & la défigna- :tion de la perfonne & du temps, comme [ad- :jeétif candidus, blanc. fignifie le fubfiantif, -tiré de ladjedif,fav.oir., &~ndo:)la.bla!; •
    • - 4 P • TABLEDES TITRES ET èHAPITRES de la Grammaire générale. PREMIERE PARTIEsOù il en parlé des Lettres & des Caraétéres. de lEcriture..C HAPITU 1. D Es lettrel comme finI, & premierement des . Voyelles. page 3CHAP. II. Rf!10nfonu. 1~,Table des confines Latines; vulgairu, Grtcques &- Hlbrllïquer. 14-CHip:!B:- Du hllahe1. 21 <;U~.·IV~ ]j~.fm()u entant que finI J orti.l eft parlé de laccent. . 18 CHAP. V. Des lettrel (umfidédes comme ca- raElerer. 35 CHAP. V I. Dune nouvele maniere pour apprendre à lire facilement en., tOUlel Jortes de LangltC.f~ . . S2r
    • TABLE DES CHAPITRES.. q, • en Rf? SEC,ONDE PARTIE,O~ il ea parIé dIs principes & des rairons fur lefquelles font appuyées les diverfes formes de la lignîfication des mots.CHAPITRÉ J. O"ue ,- ce la conno~rtlnu Je iJùi ft FctJ/è dafttf notre efprit, ifl nlçëlJ-dire pour compren- tire lu !,,,demenl de la Grammaire, .& IflteltfJl1e-l"à qfte 4Ipend ta iliVCI;(i1é fiermotf tpti. ct!tnptifenèle difcourJ. p. 5S·CHA,~. II. Des Noms, fi premiernnent tlel Suhftantifl & .AJjellif!. f9CHAP., III. Del nÔmJ proF* 6 appellatif., OU 2,lnlraux. , 63-CHAP. IV. Df! 1im:1Jréi fmgulitrr}- plu- r;er. 6J CHAP. V. Del Genrel. 68 CSAP. VI. Del Cal & ael Pr ojitionJ en- ,am quil eft nl.e/fi .,:-.,! ,der p.my ffltenare qu,llitt! .; ,~,)- n -t: 73 r. Du Nmz;natif.r]~_c.",; El 74 S. Du Vocatif. :..; ~;.; ,~ ibid. 3. Du Glnit~f. " d ,.. 76 4. Du Datif. 78 S. De f Accufatif. 79
    • TABLE DES CHAPI~ 6. De lAblllfij ~CHAP. VII. Dei Arti(e,f. . 8)CHAP. VIII. DIS p,.~nqms. l~CHAP. IX. Du Pronom appell Re1~f. 10CHAP. X.~EJ,4~n tlw: "R~l~ J, l~ ~4n:. gue Franfoife.~ 9~t eJ,t luQ(I. n.~ (klU p.-.". .. - • mettre le Re.~if 4frel un n4m,jtml 11X~ liele. 119CHAP. XI. Du Prlpofiti(Jf1!. 1308CHAP. XII. Des Adverbes. 13 ...CHAP. XIII. Des Verbe!. & Je ce lJU! ImT eJl -eropre f!r ejJentiel. 1 36CHAl.....IV. De la diverfitl au perfOnnu & des nombres dans [es Verbes. 14-6CBAP. XV. Del divers lems du Verbe. 14CHAP. XVI. D,sdiv"s MotUS flumanierll ail Vn-bes. 1 SJCHAP. XVII. De flnfinitif. 157CHAP. XVIII. Des Verber qtlon peut ap- peler Adjed:ifs, & ae leurs-différentes ehece!_, Amjt, Pa/Tifs. Nelltrer. 16aCHAY. XIX. Des Verbes lmper]ônnell. 167CHAP. XX. Del ParticÏJlI. 17&CHAP. X X 1. Des Gerondifs & Supint. 174-CHAP. XXII. nes Verbes auxiliaires tles L-" Languer vulgaiTu. . 180Table du Verbe 4uxiliair: Avoir, d- Jes tempf qJlil jorme. 118)
    • TABLE DES CHAPITRES.Deux rencontres où le Verbe auxiliaire Enre prend laylace au Verbe Avoir. IS9ClIAP. XXIII. Dt! Conjon[fions & Inter- jections. 201CRU. XXIV. De la SyntAxe lU Conffruc~ ti(Jn des mtt! enfembll. 204-Du FjgurJi eU çonft..ruétïon. ,.-:............. ~o8 !. 1 f:~:::~ ~ ) .. /2 (~l~M: ;~;,~ :, ,i
    • f li; :.APPROBATION.JA• 1 lu J par ordre de Montëigneur le Chance"; lier ~ un Livre intitulé ~ Gramma;fe général,Ù ra;fonnée. La réputation dont jouit cet OuvragedepuIs quil a paru pour la premiere fois , anno~cele (uccès de la nouvelle édition quon en veut filtre;& les notes quon y a ajoutées ~ ne peuvent 1u:~ug"menter lempreffement du public pour cette editton.A Paris, ce ftx Septembre 1753. G 1 BER T. ,r PRIVïLEGE .DU ROI. OU1 s, par la grace de Dieù ,Roi de FranceL & de Navarre : A nos amés & féaux Confeil-lers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maî.,ues des Requêtes ordinaires le notre Hôtel, GrandConfeil, Prevôt de Palis ~ Baillifs, Sénéchaux,leurs Lielttenans Civils, & autres nos Jufticiers quilappartiendra, SALUT. lfotre amé PIERRE PRAULTpere t Imprimeur & Libraire à Paris, Nous a faite~o(er quil déftreroit imprimer & donner au Pu-b~c un Ouvrage qui a pOUl titre, La Grar"m4iteginér41e ,.tdfl~e,-.4f~P.erl.B~~~lai(oitlui âGèôiaer-nos Lettres de Privilêge pour ce.né.;;ef-faires. A C Ii S ç A USE S ~ voulant favorablementtraiter iExpoiànt J MUS lui avons permis & permet..tons par ces Préfentes dimprimer ledit Ouvrage au..t;lnt de fois que bon lui (emblera, & de le vendre.;>~e vendre & débiter par tout notre Royaume pell"lam 1~ tems de nellf années conféc~tives, ~ com~ -~~ -
    • lft du jour de la date des PréLèntes. Fairons défen";tés ~ tous Itfipnmeurs., Libraiies • & autres perCon-nes de quelque qualité & condition quelles lOient., den iJ1t(Qduire di01preffion étrangere dans aucunlieu de notre obéïffance ; comme autli dimprimerOU faite imprimer., vendre., faire vendre., débite:eIi contrefaire ledit Ouvrage., ni den fai~e aucunextraits., fous quelque prétexte que ce puiffe être.,lâns la permiffion expre1fe ~ pal écrit dudit Expo-fant ou de CO~ qui ~uro.nc droit de lui, à peioe deconfifçatiop des e:lJ«:tIlpl,"rtll çootrefaits, de trois1l!Ülle livres damenck CQntw cnacü" des cÛÎÏÎfove..naJJS, dont un titr, à NolIS., un tiet$ à ltlôtel-l)ieude Paris, & lautre tiers audit ExpoCant , ou à celui4JUÏ aura droit d(llui , & de tous dépens , domma-ges & intérêts : à la charge que ces PrUentes fe-ront eJUcgitlrées tout au long (ur le Regifire de laCommunauté des Imprimeurs & Libraires de Paris,dans trois. mois de la date dicelles; que limpreffiondudit Ouvrage Ièra faite dans notre Royaume & nonailleurs ~ en bon papier & beaux caradéres, con-formément à la feuille imprimée, machéo pour mo-deI fous le contre-feel dos Pré(emes ; que lImpé-trant fe conformer!: en tout aux Réglemens de laLibrairie, Be notamment 3 celui du 10 Avril J 7; f. .ffU"aYMt de lexpoCer en vente, le manufcrit qui aura"rvi de copie à limpreffioft dudit Ouvrage, (eraremis dans le Ql~ ~t o~ l"~pprobation y aura~t~ doqnée., ès maina de notre trèN.1ter Be féal Che-Talïor. €hantt"licr d. France , l~ heur de Lamoi-gnon,·ac 4Ju~ es1 fen enfuÎte remk:d~ux ex~mplai­leS dant notre Bibüothéq,ue publique, un dans ceU.de nocre Château du Louvre t & un dans celle delJOtre très ~ cher 81: féal Chevalier" Chancelier deFaqCe, le tieur de Lamoignon" &: un dans cello
    • ~e notre trè s- cher & féal Chevalier, Garde des Sceaux de France; le lieur de Machault, Comman- deur de nos ordres : le tout à peine de nullité des Préfentes ; du contenu defquel1es vous mandons Be enjoignons de faire jouir ledit Expo{ant &: fes ayan. cau{e, pleinement & paifiblement, {ans {ouffiir quil leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie cl:s Préfentes , qui fera im- primée tout au lon~ au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, {ott tenue pour dûement lignifiée, & quaux copies collationnées par lun de nos am_ ,& féaux ConCeillers - Secrétaires, foi fait ajollt~.comme à loriginal. Commandons au premier no- tre Huiffier ou Sergent {ur ce requis , de faire pOUf lexécution dicelles tous.. afl:es requis & néceffairer, (ans demander autre permiaion , & nonobftant cla- meur de HaJo, Ol3rte Normande, & Lettres à ce contraires : Cil k tel ea notre plaitir. DONNE à Verfailles le vjngt-neuvi~e jour du mois de Dé-. cembre, lan de grace mil Cept cent cinquante-trou, "de notre Régne le uente-neuviéme. Par le Roi en Con ConCeil. SigM 1 P ERR iN. Reg;l!,~ifu, le Rtgijlre Xlll. dt la Chambre Ro,1f-l, tJes Libr"ires & Imprimeurs de Paris 1 ,.". 7.71..fol. J. 1 6. conjôr",m..:JI a"3t ""denl Réglemens confir-més par celui du 1.8 Févr;er 177.J. A Pari/, le If1",",", I1H- ~BRUNET, Adjoint. j{~i!I JI; I/~ {~ J~Jj~ ~J:~;j;1i ii;J "-1./ Dépôt légal. 4° trimestre 1971