Télémédecine

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Dossier sur la télémédecine

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Télémédecine

  1. 1. © Nyul – Fotolia.com © Chassenet – BSIP TÉLÉMÉDECINE Vers une nouvelle médecine de proximité La télémédecine en France est aujourd’hui reconnue comme une pratique médicale. Son objectif : offrir des soins de proximité en limitant les déplacements pour le patient et en optimisant le temps des professionnels de santé. U n patient, son médecin trai- CHIFFRES consultation habituelle : on voit bien, on entend tant et un médecin spécialiste CLÉS bien, la barrière technologique n’existe pas vrai- dans un même bureau. C’est aujourd’hui possible grâce à la télémédecine qui rapproche le 26 millions d’euros ment. Le diagnostic a été rapide. Cela m’a ainsi évité de poser une demi-journée de congés pour le dépla- cement au CHU » témoigne Didier Dumonteil, patient et le médecin traitant, C’est l’enveloppe après une téléconsultation à Lacaune (Tarn). attribuée où qu’ils soient, des spécia- par l’Etat en 2011 listes y compris ceux des centres hospitaliers aux ARS pour La télémédecine, universitaires (CHU) : cardiologues, dermatolo- le développement une médecine de proximité des projets gues, neurologues, etc. Ces derniers ne sont pas de télémédecine. La télémédecine répond aussi au manque de méde- « physiquement » présents. Ils interviennent par cins spécialistes proches, en particulier en milieu 48 % écran, dispositifs et caméra interposés : c’est le rural, en maintenant des soins de proximité de principe d’une téléconsultation. Concrètement, qualité. Les radiologues sont une denrée rare dans comment ça marche ? Le médecin traitant prévoit les petites villes « nous estimons qu’il en manque Des actes puis « appelle » son confrère sur son ordinateur de télémédecine actuellement 35 % en France » note le docteur Cha- avec caméra intégrée, ce qui permet à tous les sont des actes briais, radiologue au centre hospitalier d’Aurillac. interlocuteurs de se voir et de communiquer en de télé expertise Pour éviter de fermer des services de radiologie direct. « Le spécialiste pose son diagnostic, prescrit (Source DGOS - ministère de la Santé) de proximité, la téléradiologie entre en jeu. Elle des produits ou assure un suivi thérapeutique », permet de rapprocher un manipulateur radio et les explique le professeur Louis Lareng, directeur patients des médecins radiologues des CHU. Car de l’Institut européen de télémédecine. Côté si le manipulateur radio a toutes les compétences patient le bénéfice est double : il évite un dépla- pour faire passer ladite radio, il ne peut en aucun cas cement à l’hôpital et obtient une téléconsultation l’interpréter. En un clic, il se relie au radiologue et en 48 heures en moyenne. « C’est comme une lui scanne la radio pour un diagnostic en quelques L E M U T U A L I S T E S E P T E M B R E 2 0 12 10D_Santevie.indd 10 27/08/12 10:41
  2. 2. © Picture Partners – Fotolia.com © Alexander Raths – Fotolia.com minutes. La téléradiologie est déjà opérationnelle E N SAVOI R P LUS dans plusieurs régions dont l’Auvergne et Midi- Pyrénées. En Provence-Alpes-Côtes d’Azur, les La télémédecine, qu’es aco ? centres hospitaliers de Martigues et d’Aubagne La télémédecine est une pratique médicale, définit par le décret l’expérimentent actuellement en partenariat avec du 19 octobre 2010. Cinq actes sont encadrés par ce décret : l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille. TÉLÉCONSULTATION Consultation par un médecin spécialiste. Maintenir les urgences TÉLÉ EXPERTISE Un médecin sollicite l’avis La prise en charge des accidents vasculaires céré- d’un spécialiste. braux (AVC) se construit sur le même dispositif. TÉLÉSURVEILLANCE Un spécialiste interprète à distance Suite à un AVC, une personne est transférée aux des résultats médicaux. urgences de l’hôpital le plus proche. Or tous TÉLÉASSISTANCE Un spécialiste assiste à distance les centres hospitaliers n’ont pas d’unité neuro- un autre médecin. RÉGULATION Réponse donnée dans une situation MÉDICALE d’urgence type Samu. vasculaire. L’urgentiste « local » se met alors en relation avec un confrère neurologue d’un autre établissement de santé pour une expertise neurologique. Ce dispositif de télé expertise neurologique est actuellement expérimenté entre Abbeville et le CHU d’Amiens. En Corse, il devrait voir le jour début 2013 sur les centres hospitaliers d’Ajaccio et de Bastia. Dans d’autres régions, il est déjà opérationnel. Chez soi, connecté à l’hôpital 24 h/24 Une autre priorité de la télémédecine est la prise en charge des personnes souffrant de maladies chroniques : insuffisance rénale, insuffisance cardiaque, diabète… Ces maladies sont souvent synonymes d’allers retours contraignants à l’hôpital pour les patients et leurs proches. Les insuffisants rénaux, par exemple, doivent s’y rendre deux ou trois fois par semaine pour la dialyse. Mais désormais, ils peuvent être dialysés chez eux, en toute sécurité ! Cette sécurité médi- cale est apportée par la télésurveillance. Tous les jours, le patient transmet au centre de dialyses des données simples comme son poids et sa tension. Ces données sont triées puis analysées. En cas d’anomalies, le néphrologue (1) est alerté et contacte, si besoin, le patient. En Lorraine, la L E M U T U A L I S T E S E P T E M B R E 2 0 12 11D_Santevie.indd 11 27/08/12 11:32
  3. 3. TÉLÉMÉDECINE V E R S U N E N OU V E L L E M É DE C I N E DE PROX I M I T É télésurveillance est mise en place depuis plus de dix ans avec succès. Le suivi à distance s’applique aussi aux insuffi- sants cardiaques. « Une sonde installée au niveau du ventricule cardiaque transmet à distance les variations de la pression des artères pulmonaires. En cas d’anomalies, comme l’augmentation de cette pression, le système alerte le cardiologue », explique le docteur Jacques Lucas, cardiologue et vice-président du conseil national de l’ordre des médecins. Pour les personnes présentant un risque élevé d’arrêt cardiaque ou qui ont subi un arrêt cardiaque, il existe un autre outil : le défibrillateur cardiaque implantable (DCI). « Quatre-vingt mille personnes, en France sont porteuses d’un DCI. Ces défibrillateurs peuvent transmettre 24/24 les données à un centre de liai- « Je peux avoir Le Mutualiste. – Comment son. En cas d’alerte, ce centre se met en relation trois ou quatre êtes-vous venu à la télémédecine ? téléconsultations avec le cardiologue du patient pour une prise en par mois et rien Dr Rouffet. – Par hasard. charge rapide », explique le docteur Lucas. pendant deux mois. Lors d’un stage d’informatique Nous nous adaptons au CHU de Toulouse, il y a 6/7 ans, au cas par cas », La technologie entre explique j’ai rencontré le responsable du service dans les maisons de retraite le docteur Rouffet, de réanimation du centre hospitalier Dans le cas des maisons de retraite, « la téléméde- médecin généraliste de Castres. Il a vu mon intérêt à Lacaune. cine est une réponse au vieillissement de la popu- pour les nouvelles technologies lation et à l’augmentation de patients souffrant et m’a convaincu d’essayer le dispositif de maladies chroniques et de poly-pathologies » de la télémédecine. C’était une première explique l’Agence régionale de santé Paca (2). Les chez un médecin généraliste dans le Tarn ! Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) peuvent être reliés à un L. M. – En quoi la télémédecine centre hospitalier pour des téléconsultations sur a-t-elle changé votre rapport les troubles du comportement, troubles cognitifs, au diagnostic ou au soin ? prise en charge de la douleur... En Ariège, sept Dr R. – Cela n’a pas été une révolution Ehpad sont déjà « connectés » : « Le travail en mais plutôt une belle évolution. visio-consultation est très important, par exemple pour les troubles du comportement en gériatrie. Le spécialiste peut interroger le patient, évaluer le trouble. Ensuite, l’équipe et le spécialiste dis- Rapport humain cutent sur la conduite à tenir », souligne le docteur Dans cette continuité technologique, la prescrip- Jacques Jacquet, médecin coordonnateur (3). tion médicale à distance est étudiée. Dans le cadre d’une téléconsultation par exemple, le spécialiste E N S AVOI R P LU S rédigerait une prescription qu’il enverrait directe- ment sur un serveur sécurisé auquel le pharmacien Déontologie, médicale aurait accès. « Mais nous ne devons pas croire • Les données en télémédecine sont cryptées et protégées, respec- que la télémédecine, en tant que nouvelle techno- tant la déontologie médicale. logie, éloigne le médecin de son patient. C’est tout le • Un acte ou un dispositif de télémédecine ne peut se faire qu’avec contraire ! Ce sont les technologies qui s’adaptent aux l’accord du patient. besoins de la médecine et non l’inverse », souligne le • Tout acte médical, diagnostic ou prescription est inscrit sur le docteur Lucas. Le rapport humain avec son méde- dossier médical du patient. cin traitant a encore de beaux jours devant lui... • Les remboursements pour les patients se basent sur les actes dits Vanessa Pageot « classiques » : la téléconsultation est remboursée au même titre (1) Médecin spécialiste des maladies du rein. qu’une consultation. (2) Provence-Alpes-Côtes d’Azur (3) Extrait tiré du n° 6 de Question Santé, magazine de l’ARS Midi-Pyrénées. L E M U T U A L I S T E S E P T E M B R E 2 0 12 12D_Santevie.indd 12 27/08/12 11:03
  4. 4. TÉLÉMÉDECINE V E R S U N E N OU V E L L E M É DE C I N E DE PROX I M I T É Dr ROUFFET. MÉDECIN GÉNÉRALISTE À LACAUNE. TARN « Ce n’est pas une révolution mais une belle évolution » Le docteur Rouffet, médecin généraliste tarnais, fut l’un des pionniers de la télémédecine dans son département. Pour lui l’avantage pour le patient est double : un rendez-vous avec un spécialiste en 48 heures, sans se déplacer. Car, quand le cas se justifie, on peut du rendez-vous avec le spécialiste. les nouvelles technologies demander l’expertise d’un spécialiste Grâce à la télémédecine, restent de l’ordre de l’abstrait. via la téléconsultation et quelle que soit nous avons, en général, Mais tous les patients sont très vite la spécialité médicale : gastro-entérologie, un rendez-vous dans les 48 heures. à l’aise et intéressés. dermatologie, urologie, etc. Le deuxième, qui est évident, Cela permet aussi le suivi évolutif. est que le patient n’a pas besoin L. M. – Quelle sera la télémédecine Par exemple, dans le cas d’un bouton de se déplacer à Toulouse de demain en Midi-Pyrénées ? suspect chez un patient : je prends et s’épargne, ainsi, quatre heures Dr R. – J’espère qu’elle sera plus étoffée. une ou plusieurs photos le jour de la de route aller-retour. Car aujourd’hui encore, trop consultation. Deux ou trois jours après, Enfin, certaines personnes de généralistes et de spécialistes, lors du rendez-vous en téléconsultation refusent d’aller à l’hôpital pour des raisons qui leur sont propres, avec le dermatologue, je peux montrer sauf urgence. La téléconsultation ne s’insèrent pas dans cette dynamique au spécialiste les photos du bouton ou télé expertise, selon les cas, ou ne s’y intéressent pas. Pourtant, au stade précoce et au stade actuel est pour eux, une alternative. je suis convaincu, et mon expérience grâce à la caméra. le confirme, du bien-fondé L. M. – Les patients sont-ils réticents de la télémédecine, tant pour les patients L. M. – Quels sont les bénéfices à ce dispositif ? que pour le système médical en général. pour les patients ? Dr R. – Non. Certains sont plutôt Dr R. – Il y en a plusieurs. Le premier, curieux, je pense notamment Propos recueillis je viens de l’évoquer, est la rapidité aux personnes âgées pour qui par Vanessa Pageot E N SAVOI R P LU S La télémédecine par spécialité STRUCTURES MÉDICO SOCIALES OU HAD ; 27 • 44 % des projets sont opérationnels MALADIES CHRONIQUES ; 66 11 % (113 projets) au 1er juillet 2012. 26 % HORS CHANTIERS PRIORITAIRES ; 62 SANTÉ DES DÉTENUS ; 13 5% 24 % RÉPARTITION DES PROJETS PAR PRIORITÉ NATIONALE  AVC ; 27 10 % IMAGERIE EN PDS ; 61 24 % Source : Direction générale de l’offre de soins. Ministère de la Santé. Données présentées en nombre L E M U T U A L I S T E S E P T E M B R E 2 0 12 13D_Santevie.indd 13 27/08/12 11:04

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