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Livre blanc dess Livre blanc dess Document Transcript

  • Communautés virtuelles, témoignage d'un apprentissage. Retour sur une FOAD en tant qu'apprenant et que tuteur. Richard Peirano
  • Ce travail est dédié aux enseignants de l'université de Limoges qui ont accompagnés nos apprentissages, notamment Guy, Isabelle, Eunika... Ce travail est dédié à Serge, la cheville ouvrière du campus virtuel, celui qui jusqu'à peu n'avait pas de contrat fixe et qui pourtant est l'élément le plus important, le carrefour de toute l'activité. Il est dédié à mes condisciples de douleurs et aux étudiants que j'ai tuteuré les années suivantes. Ce travail est dédié à Anne avec qui j'ai depuis eu beaucoup d'aventures (et ça continue encore). Ce travail est dédié à mes enfants et à ma compagne.
  • Ce texte est avant tout une histoire. C'est l'histoire d'une année de formation sur le campus numérique de l'université de Limoges en 2005/2006 pour obtenir un DESS, aujourd'hui disparu, sur les communautés virtuelles. Cette histoire est constituée de courts récits qui ont été initialement publiés sous la forme de billets sur mon premier blog aujourd'hui disparu http://richard.peirano.free.fr Ces billets ont été sauvegardés sur un blog archive http://jadlat.wordpress.com Si je les reprends aujourd'hui, c'est parce qu'ils sont au cœur de la démarche de ce premier blog (témoigner et analyser ce que j'avais fait) et qu'ils sont constitutifs de ma naissance réelle au web. Ce récit témoigne des apprentissages que j'ai fait, des difficultés et des moments de grande joie ressentie. Il se poursuit ensuite par le récit de l'application professionnelle qui m'a permis de valider le DESS. Enfin, il se termine par mon activité de tuteur à l'université de Limoges pour accompagner les étudiants dans cette application professionnelle. Ce n'est qu'un témoignage, sans prétention aucune. Du moins je l'espère.
  • Table des matières Les apprentissages théoriques du DESS...............................................................................................5 DESS 1, pourquoi j'ai fait ça............................................................................................................5 DESS 2, dispositif d'enseignement..................................................................................................5 DESS 3, la première unité d'enseignement : un début en douceur..................................................6 DESS 4, premières difficultés..........................................................................................................7 DESS 5, le vif du sujet.....................................................................................................................8 DESS 6, de l'intelligence collective.................................................................................................9 DESS 7, « cette importante ue... » part.1.......................................................................................10 DESS 8, "cette importante ue...", part. 2........................................................................................10 DESS 9, "cette importante UE..." part.3........................................................................................11 DESS 10, "que de flow !" Part. 1...................................................................................................13 DESS 11, "que de flow !" part. 2...................................................................................................13 DESS 12, "que de flow !" part. 3...................................................................................................15 DESS 13, "que de flow !" part. 4...................................................................................................16 DESS 14, qualité............................................................................................................................16 DESS 15. Knowledge management, part 1....................................................................................18 DESS 16. Knowledge management, part. 2...................................................................................18 DESS 17. Knowledge management, part. 3...................................................................................19 L'application professionnelle..............................................................................................................20 Application professionnelle, 1. La recherche du stage..................................................................20 Application professionnelle, 2. Approche professionnelle............................................................21 Application professionnelle, 3. La lettre de mission.....................................................................22 Application professionnelle, 4. Mise en projet..............................................................................22 application professionnelle, 5. Expression et analyse des besoins................................................23 Application professionnelle 6. Etude d'avant projet......................................................................23 Application professionnelle, 7. animation du groupe initiateur.....................................................24 Application professionnelle, 8. Retour sur le travail effectué et méta-cognition..........................24 Application professionnelle, 9. This is the end..............................................................................25 Tuteur, une suite logique....................................................................................................................26 Tuteur à l'université de Limoges, 1. Légitimité.............................................................................26 Tuteur à l'université de Limoges, 2. Rôles.....................................................................................26 Tuteur à l'université de Limoges, 3. Passer de la théorie à la pratique..........................................27 Tuteur à l'université de Limoges, 4. Les positionnements multiples de l'étudiant........................28 Tuteur à l'université de Limoges, 5. Des outils..............................................................................29 Tutorat à l'université de Limoges 6. Travailler en communauté... de tuteurs................................29 Pour conclure......................................................................................................................................31
  • Les apprentissages théoriques du DESS DESS 1, pourquoi j'ai fait ça J'inaugure avec ce post, une série sur le DESS "communautés virtuelles et management de l'intelligence collective via les réseaux" que j'ai obtenu en septembre 2006, à l'université en ligne de Limoges. Je reviens ici sur le pourquoi j'ai fait ça. C'est en effet une drôle d'idée que d'avoir voulu faire un DESS, en formation permanente, à distance, sans congé formation, en temps plein, sans décharge horaire, avec deux enfants en bas âge. Pour faire ça, il faut une famille unie, car c'est un investissement de tous. Je crois d'ailleurs que c'est beaucoup plus difficile pour une femme que pour un homme, pour une mère de famille que pour un père de famille. Ce DESS, je l'avais repéré à sa naissance au début des années 2000 et l'intitulé m'avait toujours intéressé. Il répondait à quelques uns de mes centres d'intérêt (arbres de connaissances, KM, Communautés virtuelles...) Finalement, en juin 2005 je me suis inscrit. Des circonstances favorables ont permis cela et en premier lieu une rentrée d'argent (1500€ la formation). Au niveau professionnel, il m'a semblé que c'était le bon moment pour entamer une démarche de ce genre. J'ai eu l'impression d'arriver à une étape de ma carrière. Je crois que ce qui m'a surtout motivé c'est l'envie de me mettre en danger. Est-ce que j'en étais capable, tout simplement. Capable de relever le défi de la charge de travail, capable d'avoir le niveau, ne pas être un boulet. Envie également de changer d'image, ne plus subir les évènements. Une autre source de motivation a été d'acquérir de nouvelles compétences ou d'en formaliser certaines : passer de l'autodidacte bricoleur à l'étudiant formé selon les règles de l'art. Une dernière source de motivation, le dispositif. J'avais envie de voir en quoi consistait une Formation Ouverte A Distance et j'avais surtout envie de travailler en équipe, ce qui est aujourd'hui la principale source de plaisir professionnel. Avoir le diplôme n'est devenue une fin en soi que vers la fin, quand avec le recul, je me suis dis que j'avais réussi, au delà de mes espérances, et que désormais, avoir le diplôme consistait à valider cette réussite. DESS 2, dispositif d'enseignement Les principes de ce dess, complètement à distance réside dans le travail collaboratif autour d'études de cas. Les unités d'enseignement se sont toutes déroulées de la même manière, une première quinzaine de lecture d'apport théorique, ensuite un premier travail collaboratif d'initiation, d'une semaine, voire pour certaines UE un second travail d'initiation d'une semaine, et enfin un travail en ligne d'une quinzaine de jour demandant un investissement soutenu de la part des apprenants. En règle générale, nous avions deux UE en parallèle, mais décalées permettant de faire coïncider temps creux et temps pleins, en terme de charge de travail. Pour certaines UE, il y a eu un examen final, en ligne. À l'heure convenue pour tous, on est devant son micro, sur la page indiquée et on rafraichit sans cesse cette page pour voir arriver le sujet (non ce n'est pas
  • stressant ;-)). Ensuite, on le télécharge, on répond à la question posée et on doit l'uploader au terme fixé. Tout retard est pénalisé. Attention aux problèmes techniques !!! -- le serveur ne répond plus (sisi, c'est arrivé) – le disque dur flambe – et autres joyeusetés. Les situations problèmes choisies par les enseignants ont tout à voir avec les problématiques des Technologies de l'information et de la communication aujourd'hui. Il s'agit de ce fait d'un apport connexe de savoir, en situation. On doit donc apprendre un contenu disciplinaire, apprendre à chercher et à travailler ensemble et apprendre de sa réflexion sur les pratiques que nous déployons. Les outils utilisés jouent également leur rôle, à la fois comme outils, comme support de la pratique et comme réflexion sur l'usage de l'outil. Les mises en situation d'apprentissage ont également participé de l'apprentissage. Elles ont eu pour fonction de nous apprendre l'utilisation d'outils mais aussi et surtout d'une démarche : le travail / apprentissage collaboratif à distance. On va distinguer collaboratif de coopératif. En collaboratif, tout le monde travail sur tout et c'est par un processus itératif doublé par un processus de confrontation entre pairs que se construit la production finale attendue, la plus-value de cette production et les apprentissages individuels. En collaboratif, on ne peut distinguer les apports de chacun. Le coopératif, lui, se rapproche plutôt du travail à la chaine ou chacun fait un petit bout du projet. L'addition de chaque bout constituant le projet final. Cette distinction renvoie à celle entre compliqué (on tronçonne) et complexe (on traite en globalité). Ce qui me paraît la marque distinctive de cette opposition : le collaboratif recherche systématiquement l'interaction entre les membres, le coopératif pas forcément. Un autre avantage/inconvénient du collaboratif, c'est que on peut être porté par le groupe. Il nous est arrivé à tous d'être en difficulté pour diverses raisons (personnelle, professionnelle, technique, intellectuelle etc.), les groupes dans lesquels j'étais ont tous palliés ces temps de moins bien. Si j'ai eu le DESS, c'est grâce à Martine, Brigitte, Anne, Sandrine, Romain, Laurent, Trinh, etc. Concrètement, dans le cadre du DESS, on a principalement utilisé trois types d'outils : les chats (IRC ou IM) avec log et résumé, les forums et les wikis, le tout intégré à la plateforme LMS Moodle. DESS 3, la première unité d'enseignement : un début en douceur La première unité d'enseignement est l'ue 153. C'est une UE d'introduction au dess. Le premier objectif est de mettre tout le monde à niveau sur les outils à employer (chat – yahoogroup – IM – FTP etc.). Le second objectif est de gérer en douceur la montée en charge du travail à fournir individuellement ainsi que de permettre à l'étudiant d'appréhender l'importance de la gestion de son temps de travail. Le dernier objectif est d'introduire à la méthodologie de travail : travail collaboratif et travail à distance par la résolution d'études de cas. Le premier travail de ce type a été la construction d'un article journalistique sur la fracture numérique nord – sud. Nous avions pour cela un yahoo group à disposition.
  • Cette étude a été l'occasion pour moi de tester un brainstorming à distance, par chat, ensuite à trois, nous avons réalisé une carte mentale (freemind) de ce brainstorming (je n'ai pas gardé traces de ces deux documents), avant d'utiliser forum et wiki pour la construction et l'écriture de l'article attendu. Enfin, un examen final (Un CIEL dans le jargon de l'université) a eu lieu qui portait sur les connexions internet, d'une durée d'une heure. J'ai bien apprécié cette ue car elle permet de rentrer progressivement dans les apprentissages en ligne, en terme d'espace et de charge de travail. Elle permet également de rencontrer l'autre (les étudiants) sur un terrain relativement neutre. Nous sommes tous, à ce moment en situation de découverte et de déséquilibre affectif. C'est une introduction en douceur. DESS 4, premières difficultés En parallèle à l'UE 153, l'ue 154 a comme objectif de nous introduire dans le droit de la propriété intellectuelle et le droit des contrats, donc du droit commercial. La première étude de cas devait aboutir à la création du cadre juridique permettant à un éditeur papier de vendre, via un site internet, des livres numériques. Le Cadre de travail de l'étude de cas explique pourquoi nous avons créer deux contrats, un entre l'éditeur et les clients, et un entre l'éditeur et les auteurs. La seconde étude de cas nous conduisait à nous interroger sur les conditions juridiques nécessaires pour qu'un chercheur puisse mettre en œuvre l'application de ces découvertes dans un cadre commercial. Un examen final d'une heure nous demandait « les limites juridiques à l'exploitation d'un site internet ». Ce premier CIEL fut quelque chose d'extraordinaire < :-) en terme de stress et de compréhension du sujet. Si j'ai bien apprécié la première unité d'enseignement, celle-ci fut cauchemardesque pour moi, et très formatrice sur le travail collaboratif, non en terme de contenu mais de dispositif. – Les relations avec les membres du groupe furent par certain moment tendues, par méconnaissance de l'autre ; – j'ai eu du mal à comprendre ce qui était attendu, par méconnaissance intellectuelle du dispositif d'apprentissage et notamment d'une étude de cas et par méconnaissance du travail collaboratif ; – l'examen final a été le premier que nous ayons passé et ce fut une épreuve stressante. Avec le recul, je pense qu'il y a eu une mauvaise coordination entre les deux premières UE (j'en suis même sûr). L'UE 154 n'aurait pas du être prévue pour être notre première étude de cas ni notre premier CIEL. Je retiens une chose, la constitution collaborative d'un glossaire. Un exercice qui m'a ouvert les yeux sur les besoins d'un langage commun. Cette UE n'a pas été celle où j'ai été le plus performant, ni en terme de résultat, ni en terme de collaboratif. J'ai beaucoup douté de mes capacités à réussir à l'issue de cette unité d'enseignement. Je me suis senti extrêmement seul car au début de la formation, on ne se connaît pas, et donc, on ne peut pas s'appuyer les uns sur les autres alors qu'à ce moment-là c'est ce dont j'aurais eu besoin le plus. Pouvoir se reposer sur l'autre, ne pas emmagasiner inutilement ce stress, un peu de douceur et d'empathie. Mais nous commencions et cela était alors impossible.
  • Et alors que j'aurai aimé ces liens, à ce moment-là, je savais qu'il me fallait surtout donner aux autres (mon temps, mon travail, un peu de choses privées aussi pour créer du lien), cacher du mieux possible mes doutes et mes incompréhensions, donner alors que j'étais en difficulté et que je croyais voir les autres se promener dans leur apprentissage (ce qui est faux) alors que les miens me semblait si écrasant. Et pourtant il faut donner car c'est le seul moyen au final d'être payé de retour par les autres. Peu importe ce qu'on les voit faire, peu importe les accrochages, au final, il faut que le groupe produise et pour cela, il faut soi- même s'accrocher. Dans ces moments-là accrochez-vous ! DESS 5, le vif du sujet Avec l'unité d'enseignement 155, on entre dans le vif du sujet. C'est de l'informatique, c'est de la sécurité des réseaux, c'est du lourd, on est tous là pour ça. Et si je dis "nous", je ne pense pas me tromper de beaucoup. Je pense que nous avons tous ressenti une certaine impatience à attaquer ce type d'UE pour laquelle, finalement, nous sommes là. Voir ! ?-) Cette UE est celle sur laquelle j'ai le plus investi individuellement et celle également qui a le plus demandé de travail. L'objectif précis se voulait une introduction aux systèmes d'information et à la sécurité informatique. Premier travail, équiper sa boite mail en PGP (pour "pretty good privacy") et échanger entre nous. Deuxième travail, l'enseignant avait prévu une douzaine de sujet de recherche (e-learning, langages dynamiques, xml, ldap etc.) sur lesquels ils nous a demandé de plancher dans un forum. Il s'agissait de créer une connaissance partagée. Beaucoup de mes camarades maîtrisaient bien ces aspects, moi, non. J'ai souvent eu le sentiment d'être perdu. Je me suis aussi rendu compte que nous étions plusieurs dans ce cas et que souvent, les posts qui étaient mis sur ces forums reflétaient plus la peur de ne pas être à la hauteur qu'une véritable expertise. En un sens c'était réconfortant. Le troisième travail est la désormais traditionnelle étude de cas collaborative. Ce fut quelque chose d'extrêmement enrichissant. Faire un chat avec une vietnamienne et des antillais avait quelquechose de très fraternel, surtout si on pensait en terme de fuseau horaire. Khanh s'est levée plus d'une fois à 3 h. du mat, alors qu'aux Antilles, c'était le plein après-midi. C'est aussi ça une formation à distance et il s'agit souvent pour les étudiants étrangers d'un investissement beaucoup plus important que pour nous. Cette étude de cas, c'est Anne qui en a trouvé le sujet, une entreprise sensible (sécurité nationale, dangerosité etc.) qui a besoin d'extraire la connaissance d'une partie de son personnel, proche de la retraite sur des ateliers d'âges et de fonctions différentes. On a proposé des PDA avec transfert XML vers des blogs perso, du minning, de la voix XML, l'utilisation d'un SIG, la totale. Un truc vraiment innovant. Et le plaisir est totale (le flow dirait Jean Heutte) quand deux ou trois mois plus tard, une entreprise limougeaude très web 2.0 propose un concept assez proche du notre. Il ne s'agit pas de plaggiat (de leur part), même si cela m'a titillé l'esprit, mais de l'air du temps. Nous l'avions vraiment bien senti. Cette troisième UE est aussi l'occasion de confirmer des prédilections affectives avec certains membres de la formation. Il existe une émulation qui nous porte à la créativité.
  • Autre chose également sur le DESS en lui-même. Je commence à me rendre compte qu'il ne s'agit pas forcément d'un DESS très technique mais que ce qui est privilégié est plutôt de l'ordre de l'interaction humaine. Nous avons eu une bonne note à cette étude de cas, et cette note valorisante était supérieure à celle obtenue par des groupes ayant, en leur sein, des membres aux compétences informatiques plus développées. Dernier travail enfin, une étude de cas individuelle à fournir. Mettre en place un système d'information sécurisé pour permettre à une agence institutionnelle de gérer les efforts environnementaux d'entreprises polluantes par le moyen d'une taxe à calculer. Ce fut mon cadeau de Noël. Je me souviens encore d'un hôtel, à Perpignan. Les enfants dormaient, mon amie aussi, il était plus de minuit et j'essayais de comprendre quelque chose des réseaux ou de PGP. Je me suis bien régalé quand même et je suis fier de la qualité du travail fourni, même si les commentaires du prof ont manqué. Ceci étant quelle masse de travail de correction pour lui, et puis on a pas eu de CIEL, et puis c'est un fan de Philipp K. Dick, et puis j'ai le DESS... DESS 6, de l'intelligence collective En parallèle à l'ue 155, on attaque une unité d'enseignement au schéma un peu différent des précédentes. L'espace dans lequel nous allons évoluer n'est pas la plateforme moodle de l'université mais un tiki wiki. C'est l'UE 174 pilotée par Jean-François Nouvel. Son objectif est de nous accompagner dans la création d'une connaissance partagée et l'objet créé sera le wiki qu'il met à notre disposition. Il attend de nous un maximum d'interaction, ce qui signifie créer du contenu et l'inter-relier. Il nous a demandé dans un premier temps de créer notre profil et de ne pas hésiter à créer des articles en lien avec l'intelligence collective. J'ai fais un article sur les arbres de connaissance, et j'ai participé à quelques discussions notamment sur l'autorité. Le prof avait également prévu des questions exploratoires. Il nous faisait un apport succinct sur une question, à charge pour nous de l'illustrer. L'ensemble des questions permettant de définir ce qu'est l'intelligence collective. Voici la liste des questions exploratoires : intelligence collective ; intelligence collective originelle, intelligence pyramidale, émergence, intelligence collective globale, holloptisme, développement personnel. A côté de cela, nous étions invités à nous présenter à la machine à café (chat intégré au wiki) pour discuter, échanger, faire du lien. Enfin, un chat était prévu avec le prof de temps à autre. Cette unité d'enseignement a été comme une récréation et je pense que plusieurs d'entre nous l'ont pris comme telle. Il y régnait une ambiance détendue et fraternelle. Oui Mais... Oui mais j'ai pas adhéré.
  • L'intelligence collective j'y crois, plus comme un moyen d'atteindre une efficacité collective que comme une fin en soi. Je crois aussi qu'il y a dans l'IC des dérives possibles qui me semble dangereuses et ces dérives je les ai ressenties dans cette UE et particulièrement dans un chat avec le prof. C'est pourquoi, à un moment je me suis arrêté de participer au wiki. Je crois plus à l'action collective qu'à l'action individuelle, je crois à la collaboration dans l'action, je crois que tous ce que nous avons vu, dans les questions exploratoires, est nécessaire pour que cette collaboration s'épanouisse et épanouisse ses membres mais il y a une dimension mystique qui m'a fondamentalement déplu et qui heurte qui je suis. DESS 7, « cette importante ue... » part.1 En parallèle à l'ue 155 et à l'ue 174, nous allons attaquer, juste avant les vacances de Noël l'ue 161 dite « apprentissage de l'étude d'avant projet ». Le prof est le responsable de la filière TIC à l'université de Limoges, Guy Casteignau . C'est le boss (le chief quoi !), le pacha (l'amiral de la flotte)... Il a donc cette aura avec lui ; le même de l'autorité. C'est aussi quelque chose qui compte dans la relation à distance. Et c'est vrai que son premier discours est de nous mettre en garde, avec insistance, sur l'importance de l'UE qui débute. On est avertit, c'est une importante UE. Aujourd'hui, c'est une "option conseillée" et je ne comprends pas pourquoi cet enseignement est devenu optionnel, car avec le recul c'est effectivement une la plus importante unité d'enseignement. Mais alors que je suis cet enseignement et dans ma quête de sens de ce qu'est exactement cette formation, le ciel s'assombrit. Je fais en même temps une ue sur les systèmes d'information, une autre sur l'intelligence collective et enfin celle ci sur l'étude d'avant projet et je ne vois pas bien le rapport, moi qui veut travailler sur les communautés virtuelles. Cela reste très périphérique, dans mon esprit, à ce moment-là de la formation. Je suis persuadé, qu'à ce moment-là, d'autres étudiants, hors ceux qui viennent du monde de l'informatique, sont aussi paumés que moi. DESS 8, "cette importante ue...", part. 2 Comme premier travail, quelques documents à lire nous sont proposés. Quelques documents internes, lexique, études de cas fictives courtes, méthodologie pour repérer les critères techniques dans une étude comparative de technologies sont donnés. Les supports sont multipliés .pdf, podcast du prof etc. L'objectif du prof est de nous familiariser avec un vocabulaire et une méthodologie : l'étude d'avant projet. Dans toute étude d'avant projet, on essaye d'abord de savoir ce que veut le client, de démêler ce qui est de l'ordre des attentes légitimes de ce qui est plus de l'ordre du rêve. Il faut donc analyser la situation, interroger d'autres personnes pour favoriser l'expression réelle des besoins. C'est un travail d'enquête sur le terrain. A partir de ce travail, il faut analyser les besoins, voir le possible, le faisable, le rêve, la fausse bonne idée etc.
  • Quand les besoins sont bien définis, classés, hiérarchisés les uns par rapport aux autres, il convient alors de proposer les fonctionnalités techniques, économiques, juridiques, humaines, etc. qui vont correspondre à ces besoins. Ces fonctionnalités, il faut enfin les critérier, proposer des indicateurs quantitatifs de fonctionnement qui seront repris ensuite pour l'outil choisi. Enfin, à partir de ce travail, il faut proposer une alternative, c'est à dire deux solutions possibles répondants aux besoins : des outils ayant, tout ou partie des fonctionnalités définies. A charge pour le client de choisir « la moins mauvaise des solutions ». Ce n'est qu'à partir de ce moment, que l'on va pouvoir travailler sur un cahier des charges... Pour acquérir cette méthodologie, l'enseignant a préparé un premier travail collaboratif : un petit quizz. Des questions que l'on doit travailler en groupe et qui doivent nous permettre de travailler le vocabulaire de l'étude d'avant projet. Pour le second travail, le prof nous propose une étude de cas des années précédentes qui contenait quelques défauts, et par les questions qu'il nous soumet, il pointe ainsi les dangers qui attendent un stagiaire quand il se retrouve en situation, face à des professionnels et des services dont les objectifs ne vont pas dans son sens. Bon ! Jusqu'à présent, on montait vers le camp de base. Désormais, on y est et là, il y a la première falaise : ça s'appelle le guide pour les maîtres d'ouvrages des services en ligne. indigeste, très indigeste. L'objectif de cette partie est d'apprendre à faire un cahier des charges fonctionnel. C'est rien ! La semaine suivante, on a droit aux fiches du moniteur sur la passation des marchés publics. Crise de foie ! Juste avant Noël ! Vomissements, froid dans les jointures. On comprend rien ! DESS 9, "cette importante UE..." part.3 Et c'est avec ce bagage, bourré de questions et relativement désappointé par le déroulement de l'UE qu'arrive enfin l'étude de cas, celle qui va nous tenir une bonne quinzaine de jours. Nous sommes en janvier. La thématique de cette étude de cas est centré sur le besoin de haut-débit pour une communauté de communes rurales et les services d'e-administration à y associer. Ma perplexité s'accroit. La méthodologie comme surtout la thématique choisie me renvoie à des lustres de mes attentes. C'est arrivé à un point tel, que lors de la recherche du stage pour l'application professionnelle, je vais contacter une mairie pour leur proposer de travailler sur leur site web et qu'il m'ont proposé de faire de l'e-administration. ce qui n'est pas du tout ce qu'on attend de nous et surtout ce que moi j'attendais, et heureusement que la mairie a refusé.
  • Cette étude de cas m'a perturbé d'autant plus que son déroulement a été un chemin de croix. Ne comprenant pas le sens de ce qui était attendu, j'ai eu l'impression et j'ai été un boulet pour mes trois camarades, Brigitte, Martine et Sandrine. Je répondais à côté de la plaque, m'énervait pour des broutilles, insistait sur des détails anecdotiques. Bref, j'ai essayé de survivre. Le groupe m'a maintenu à flot. Seul j'aurais coulé. La volonté, à tout prix, d'apporter quelque chose au groupe, de masquer du mieux que je pouvais mes insuffisances, a pris le pas sur le découragement. On est arrivé à produire quelque chose. Dernier week end, dernier soir, enfin ! On a fini. Le prof veut un rendu en format .rtf. Nous travaillons tous sur des versions différentes (word, Oo.o 1.0 et Oo.o 2.0) mais ce n'est pas un problème car le .rtf est compatible avec ces logiciels. Ouais, bien sûr !!! A 22 heures, on a fini. A 22h.05, le sommaire automatique issu d'O.oo part en vrille sur le .rtf. C'est moi qui me charge de formaliser le document. « Euh, les filles j'ai un problème... » A 22h.10, les images que nous avons insérer déboulent de partout dans le document. On va passer deux heures sur ça, avec le coeur à 180. Et 720 battements de coeur minutes, ça fait du boucan. Finalement, on a rendu le document à 23h.59 dans les termes fixés. Ouais, bien sûr !!! Le prof nous a enlevé un point car il aurait fallu le rendre une heure plus tôt. Hurlement !!! On a néanmoins eu une note correcte, sans plus . Ah oui, il y a eu le CIEL aussi, le traditionnel examen en ligne. 3 heures. Le prof a inversé certains termes de l'étude de cas et il nous demande quoi ? Je ne sais pas je n'ai jamais compris ! Je ne dirais jamais la note que j'ai eu à ce dernier exercice !!! C'est fini ! La note finale : 10. Une note comme ça, après plusieurs exercices et plusieurs coefficients différents ne signifie qu'une chose, les profs a un moment se sont posés la question de savoir si je devais continuer et ils ont répondu oui ! Cette méthodologie, je l'ai acquise, au forceps. J'ai souffert, intellectuellement, affectivement et physiquement. C'est mon plus mauvais souvenir de cette formation et un des pires qu'il m'ait été donné de vivre. Oui mais je l'ai acquise, surtout d'ailleurs parce que j'ai du la ré-employer lors de l'application professionnelle. L'aller retour constant entre théorie (l'UE) et pratique (l'étude de cas et l'application professionnelle) est vraiment le plus de cette formation et cet aller retour est profitable parce qu'il
  • est médiatisé par le groupe. Et puis surtout, quand il a fallu entamer l'unité d'enseignement suivante, les filles avec qui j'avais travaillé, m'ont invité à travailler à nouveau avec elles. Ce jour-là j'ai eu le plus grand bonheur de cette formation. Merci encore, Merci ! DESS 10, "que de flow !" Part. 1 Autant, j'ai (nous avons) eu beaucoup de mal avec l'ue 161 autant l'ue 165 va être un bonheur total. Je crois que son déroulement doit être l'exemple type du projet réussi en groupe. Il y a tout eu, la vision, les difficultés et les solutions innovantes construites en groupe, le conflit cognitif entre pairs ; à titre personnel le sentiment de maîtriser et d'apporter une plus-value au groupe. Outre le travail que nous avons fourni, j'ai apprécié le dispositif défini par les deux profs qui tout en restant dans la trame déjà vue au début de ce texte, ont aussi innové en pratiquant pour l'étude de cas centrale un maillage entre les trois groupes de 6 mis en place à l'occasion (voir plus bas). Allez, on commence ! Rendez-vous est pris avec la traditionnelle salve de documents à lire (très abordables pour la plupart) pour nous permettre de faire la part entre communauté de pratiques, communauté d'intérêts et communauté de projets. • Une communauté de pratiques est un ensemble de personnes qui discutent sur une pratique, en général, professionnelle. • Une communauté d'intérêt regroupe les personnes qui ont un intérêt en commun (lecture etc.) • Une communauté de projet est formée dans un temps donné pour la réalisation d'un projet. Cette UE va être l'occasion de découvrir Mayetic village. Comme je suis sur Open Office, et que MV ne reconnaît que microsoft, autant vous dire que je vais pas apprécié du tout et on est quelqu'uns comme ça. De manière générale j'ai eu beaucoup de mal avec cet environnement. J'avais déjà eu l'occasion de tester quickplace (c'était l'outil de mayetic) quelques années auparavant et je n'avais pas le souvenir d'un outil aussi lourd. Trois groupes de 6 sont constitués qui vont donner lieu à un travail coopératif dans un premier temps et ensuite à un travail collaboratif avec maillage entre les trois groupes. En guise de hors-d'œuvre, nous devons choisir trois communautés existantes sur le web qui répondent chacune à la définition des différentes communautés. Ensuite nous devons réaliser en groupe de deux une présentation d'une des trois communautés. Avec Sandrine, on va décrire la communauté de pratiques enseignant-documentaliste dont je suis un des membres. DESS 11, "que de flow !" part. 2 Dispositif principal Après le hors-d'œuvre, plat principal : chaque groupe de 6 va devoir se positionner dans une démarche commerciale comme étant à la fois le client d'un groupe et le consultant du troisième. Le client va proposer une
  • situation propice à la réalisation d'une communauté virtuelle, alors que le consultant va se définir comme une web-agencie spécialiste des communautés virtuelles. Une fois les descriptifs constitués, le groupe 1 devient client du groupe 2 et consultant du groupe 3 etc. En tant que consultant d'un groupe, nous devons favoriser l'expression des besoins et conduire une mini étude d'avant-projet. En tant que client, nous devons répondre aux questions émanant de notre consultant (suis-je clair ?). C'est véritablement du collaboratif pur où chacun fait tout. Nous devons donc proposer une étude de cas à un groupe et présenter notre consulting web-agencie à un autre qui va être en charge de traiter l'étude de cas qui va nous être proposée. Nous sommes les clients Bon l'étude de cas que nous devons créer, c'est Anne qui va en trouver la ligne directrice : un besoin de collaboration entre une usine française et des clients japonnais occasionnant un transfert de technologie. Il va s'agir d'une collaboration triangulaire : une équipe support restant en France, une équipe opérationnelle au Japon et l'équipe des clients japonnais. Ce sera à l'autre groupe (nos consultants) de proposer la communauté virtuelle à mettre en oeuvre qui s'appellera, euh... « Soleil Levant ». Nous devons également proposer une fiche de notre entreprise dont se serviront nos consultants. Donc deux fiches à créer. Rien de plus à en dire. Nous sommes les consultants Nous avons donc élaboré une fiche (page d'accueil web) présentant notre web-agencie « cyber consulting » (là, on a bien déliré dans le langage marketting) avec comme commercial chargé des relations avec nos clients (un groupe de travail) : madame Fouji. L'objectif de cet exercice est bien entendu, outre l'utilisation du langage marketting, de nous projeter dans notre activité. Nous allons travailler pour la société Probat, une entreprise spécialisée dans le BTP qui doit étendre à la France entière, la vente d'une solution logicielle de gestion de commande qui est, pour l'heure, uniquement commercialisée en Île de France. Il faut donc embaucher des commerciaux qui vont être managé par le commercial francilien. Un premier aspect de la problématique de cette étude de cas est : comment transférer des connaissances acquises par un individu à une équipe, sur un espace géographique distant et constituer, entre autre un argumentaire de vente partagé ? Un second aspect est : comment faire travailler à distance des individus pour qui la non divulgation d'informations, notamment de leur carnet d'adresses et de leur techniques de vente, est la garantie de leur succès individuel et la marque de leur employabilité ? Il s'agit pour eux d'une donnée stratégique, comment alors les inciter à collaborer ? Un dernier aspect concerne le rôle tenu par le commercial francilien : collègue, chef, facilitateur, personne ressource, animateur de la communauté dans un premier temps... Ce n'est pas simple. Nous devons donc, dans un premier temps, faire l'analyse des besoins tel que nous l'avons vu dans l'ue 161. Pas de soucis ; dossier rendu en temps et en heure. Rien à dire !
  • DESS 12, "que de flow !" part. 3 Jusqu'à présent, tout va bien, on maîtrise. L'analyse des besoins est passée et on sait qu'on a réussi ! Nous devons ensuite faire une roadmap et là ça va coincer mortellement. C'est quoi ce truc là ? Pendant toute la semaine, on va chauffer sur le wiki, pas mal s'énerver dans les forums, et construire quelque chose qui va ressembler à l'étude des besoins en sachant tous qu'on fait fausse route mais sans savoir vraiment pourquoi ? Le vendredi soir, chat avec la prof, le dossier est à rendre le dimanche. On cause avec elle mais on comprend toujours pas et on sent qu'elle se rend compte de l'impasse dans laquelle on se trouve. En parallèle, on est sur MSN messenger, on critique, on crie, on essaie des solutions sans suite. Il est 23 heure et on a rien. On va donc tout reprendre à zéro. Je suis sur le wiki et je transcrits les indications des copains qui m'arrive de MSN. Ma seule contribution au chat : « rafraichissez vos navigateurs ! » A 1 heure du mat, on laisse tomber, on a quelque chose de bancal, mais qui commence à ressembler à quelque chose. On a des pistes : Anne va faire le Gantt, Yassir le chiffrage. Je sens pourtant qu'on est pas loin. A 6 heure du mat, le samedi, je suis réveillé. J'ai l'inspiration, je vais reprendre le problème et proposer autre chose : un bête enchaînement des actions permettant la mise en place de cette communauté de pratiques (réunion en présentiel, formations, kick off etc.), avec indication du rôle de chacun (membres, animation, coaching, parrainage etc.) et évolution des relations des uns par rapport aux autres ainsi que le rôle du consultant dans l'accompagnement et la croissance de la communauté. C'est accepté par les copains, car fondamentalement, on attendait tous quelque chose de ce genre. Ils vont ensuite grandement améliorer ce document de départ. A 14 heures, on a les trois documents majeurs (enchaînement des actions, gantt, chiffrage), le reste est sur les wiki pour proposer l'alternative technique (il me semble que c'est Martine qui s'y colle). Je propose en plus un schéma mettant en avant la structuration de notre communauté, par rapport à Probat et par rapport aux clients. Tout colle, comme par miracle. On rend à temps - Roulez jeunesse ! Le CIEL Bon, on va avoir un CIEL, la prof nous propose l'étude de cas faites par nos consultants (vous vous souvenez, « soleil levant ») et nous demande (en fait individuellement puisque le CIEL est un exercice en ligne solitaire), en deux heures, d'évaluer leur solution. Je ne résiste pas au plaisir de citer mon introduction, qui va vous donner le ton de mon devoir, celui d'un subordonné de haut rang qui répond à sa patronne en utilisant un ton de connivence alors que je suis en même temps un étudiant qui passe un examen pour l'obtention d'une unité d'enseignement et qui s'adresse à sa prof sur un ton de copinage qui peut déplaire (mais j'adore ce genre de carambolage et j'y résiste toujours difficilement, surtout quand il y a des enjeux) « Chère amie, vous me demandez, comme d'habitude, une analyse pour hier, sur le document que vous venez de recevoir de la part de Monsieur Lavoie. Je vous fait une analyse à la volée, au fil de la lecture. Si vous le désirez, je vous ferai une analyse plus fine mais il me faudra un peu plus de temps. » La note : 18 / 20 (là je vais pas me gêner pour la dire !)
  • DESS 13, "que de flow !" part. 4 Pour conclure cette unité d'enseignement qui reste pour moi l'accomplissement du DESS : pourquoi ce titre de flow ? C'est en référence à l'enquête menée par Jean Heutte pour identifier les groupes qui fonctionnent et ceux qui fonctionnent moins bien. A la suite de son enquête, il en vient à élargir sur ce concept de flow que je traduirais volontiers par "pied total dans une activité, à tel point que le temps passé s'estompe dans la réalisation de la tâche." On a tout vécu pour la réalisation de cette roadmap : le découragement, l'incompréhension, la rage, l'énervement, les engueulades, pour finir par un moment de grâce, la délivrance, l'enthousiasme : ce sentiment d'être porté par les dieux. C'est vraiment un moment rare que nous avons vécu ce week-end, et je crois que les autres membres du groupe seraient d'accord avec cette affirmation. A ce moment-là, le DESS est fini pour moi, et je pense que c'est un sentiment partagé par les autres membres du groupe, d'autant qu'il va y avoir un moment de flottement dans le démarrage des deux dernières UE. Je pense que j'ai vécu ces deux dernières UE dans un état second, sans vraiment être engagé car il me semblait vraiment avoir atteint une sorte de perfection aussi bien dans le collaboratif que dans l'investissement personnel. C'est vraiment un sentiment étonnant. A ce moment-là, je sais que j'ai atteint mes objectifs ! Je sais aussi que j'ai envie d'aller plus loin. J'ai été au bord du gouffre en ue 161 et c'est les autres qui m'ont sauvé. Pour celle-ci j'ai été un des éléments moteurs. On ne peut juger quelqu'un ou quelque chose sur un seul fait segment d'un tout qui nous échappe mais seulement sur la globalité. Leçon de vie. DESS 14, qualité L'ue 165 s'est achevé sur un sentiment de plénitude. Il m'est difficile de remettre les mains dans le cambouis, d'autant plus qu'une semaine de vacances nous est royalement accordé (ça, ça signifie que les profs sont partis faire du ski ) ;-) L'UE 177 qui s'annonce va nous faire découvrir le management de la qualité (ou par la qualité – j'ai jamais trop compris en fait). L'enseignement est assuré par des pros du secteur qui sont aussi des pros de la formation : consignes claires énoncées par écrit et par messages vidéo, communication préalable du dispositif et des critères d'évaluation, évaluation positive et valorisante des étudiants. Tout est carré, pensé, intelligent, pro quoi ! Les groupes ont changé aussi. Les personnes avec qui j'avais l'habitude de travailler sont dans d'autres groupes et je découvre d'autres étudiants/collègues avec qui le travail va bien se passer. Il aura simplement manqué un peu plus d'interaction, un peu plus de temps et de travail ensemble pour
  • développer des interactions affectives. Pour commencer, les profs nous demandent de revenir sur notre formation pour décrire quelques dysfonctionnement (ici, ma partie du travail). A partir de cette description, nous devons les classer grâce à une typologie personnelle (problèmes : organisationnels, dus à l'enseignement, relationnels...). Nous devons ensuite identifier les causes (supposées ou réelles) à cette anomalie, et décrire les effets produits. Enfin nous devons prendre du recul pour analyser la situation dans sa globalité. C'est du bête causes / conséquences. La qualité ce n'est que ça, plus pas mal d'anticipation. On doit ensuite faire des recherches sur le sujet sur le web et proposer un annuaire des sites pertinents sur le sujet. Il faut que ces sites soient rangées dans des catégories que nous devons créer. Créer une catégorie, c'est déjà produire de la connaissance et s'approprier un domaine. Dans le même temps, chacun des trois groupes définis doit faire une synthèse sur un des trois sujets suivants : ISO 9000 (Moyens, causes, ce qui est mise en œuvre dans une organisation pour garantir la qualité du service ou du produit final) Certification de service (engagement d'une organisation vis à vis de ces clients sur la qualité de ses services) TQM total quality management (autoévaluation successive de la qualité et sur le principe de l'amélioration continue) Cette synthèse va servir aux autres groupes pour un nouvel exercice à venir. Nous faisons donc notre synthèse sur la certification de service. A titre personnel, ce travail va me servir quand je vais avoir un problème avec un entrepreneur cette année. Il va me suffire de citer le nom de l'organisme certificateur dont il dépend pour voir mes demandes satisfaites. Étonnant ! Le travail suivant, le prof nous demande de définir les indicateurs fiables pour une formation à distance. Il définit pour cela 6 processus à analyser (cf sommaire). Cet exercice ne va pas être évident et heureusement que Laurent F. maîtrise ce genre de truc. Il va bien tirer le groupe pour ce boulot. Et en plus, il a, au cours de cet UE voir son petit Rémy arriver chez lui. C'est un moment fort de la formation que de partager, même à distance, de tels instants. (message perso, Laurent F., si tu lis un jour ce doc, donne moi ton mèl) Concernant les indicateurs, le prof nous conseille d'utiliser la méthode SMART (spécific – mesurable – achievable – relevant – time framed) Specific : objectifs et méthodes définis clairement Measurable (mesurable ou quantifiable) : objectifs numériques Achievable (réalistes) : humainement possibles et ressources existantes Relevant (pertinents) : avoir un sens réel par rapport aux objectifs Time framed ( définis dans le temps) : planning, deadlines Sur le papier, c'est très simple, mais c'est loin d'être évident quand même. Dernier travail enfin, nous devons lancer une démarche qualité dans le cadre d'un campus numérique. Nous nous servons du premier exercice et nous choisissons une des trois méthodes pour conduire cette démarche.
  • Travail fait. UE terminée. Je suis désormais conscient de l'importance d'avoir une réflexion qualité dans le cadre de notre travail sur les communautés virtuelles, j'ai appris beaucoup de chose mais j'avoue ne pas avoir été emballé par ce sujet. DESS 15. Knowledge management, part 1. Enfin, la dernière unité d'enseignement. Elle porte sur le knowledge management qui est l'un de mes centres d'intérêt depuis que j'ai découvert ce concept au début des années 1990, avec les arbres de connaissances. Cette UE 173 arrive cependant un peu tard pour moi (et non dans le cursus). J'ai déjà signalé l'état dans lequel je suis au sortir de l'ue 165, mélange d'exhalation et de sentiment d'avoir atteint mes objectifs. Cet état ne va pas me quitter et c'est de manière un peu distante que j'aborde l'apprentissage, d'autant plus que la mise en route sur trois semaines va s'avérer très longue alors que nous finissons l'ue 165 et que celle sur la qualité bat son plein. Je me retrouve également dans un groupe avec des étudiants que je n'ai pas ou peu côtoyé jusqu'à présent si ce n'est Martine et Yassir. La collaboration va s'avérer plus compliquée que prévue car chacun a mis en place ses propres procédures et de ce fait, nous n'avons pas du tout la même conception du travail collaboratif. Certain pense que chacun doit faire un bout du boulot, je pense au contraire, avec Martine, que notre travail n'est pas une classique recherche documentaire mais qu'il doit se nourrir de l'interaction entre chacun d'entre nous. Ce sera le clash qui va nous conduire à changer de groupe. Le manque de collaboratif dans cette UE va être indéniablement un gros moins par rapport aux autres unités d'enseignement. Enfin, la méthodologie choisie par la prof va être très déroutante pour moi. Le support d'apprentissage est un diaporama. Apprendre avec un diaporama, aussi illustratif soit-il est quand même compliqué quand on n'a pas le son de la conférencière. Et l'enseignement qui en ressort est fortement basé sur l'entreprise et sur le management. On parle de relation client, de qualité, de développement durable, de communautés virtuelles un peu, de connaissances aussi sans que je perçoive vraiment la cohérence du propos. Et de la cohérence pourtant il y en a comme on va le voir plus loin. Cette UE va être en fait celle qui va me bousculer le plus. Je suis toujours dans ma quête de sens de cette formation et c'est alors le moment le plus aigu de cette crise. La quête de sens touche pourtant à sa fin, bientôt je saurais ce que j'ai fait : du management. DESS 16. Knowledge management, part. 2. Dans un premier, temps la prof nous a demandé de faire un travail de définition sur les mots knowledge, management, KM, rapport entre KM et communauté virtuelle, KM comme méthode de management etc. Son premier objectif, on le comprendra plus tard, est que nous acquérions un langage commun. Dans le même temps, d'ailleurs, elle nous demande de compléter un glossaire qui nous sera commun. Son second objectif est d'insister sur l'aspect humain lié au management au détriment des outils et du formalisme, l'entrée traditionnelle des années 90.
  • Ensuite, elle nous donne un certain nombre de documents à lire qui abordent les notions comme les ontologies, le web sémantique, les base de connaissances, la méthode KADS, la capitalisation des connaissances etc. Enfin, une étude de cas nous est proposée. Le sujet est de mettre en synergie des services locaux différents et éparpillé géographiquement et administrativement, en charge du traitement du chômage et du développement de l'emploi dans une agglomération. L'objectif est de faire travailler ces services à distance, en synergie les uns les autres. Nous devons faire l'analyse de situations, proposer des actions et préparer une présentation des actions sous forme de diaporama. Ce travail est un banc d'essai avant l'oral de l'application professionnelle en septembre. DESS 17. Knowledge management, part. 3 J'ai signalé dans le premier billet de cette réflexion sur mes enseignements la difficulté ressentie pour percevoir la cohérence de l'enseignement. Et pourtant... Ce n'est que dernièrement que j'ai compris tout l'intérêt et la puissance de l'approche managériale par les connaissances, prônée par l'enseignante, Eunika Mercier-Laurent. La synthèse des connaissances acquises, je l'ai opérée quand j'ai lu le livre de Martin Roulleaux Dugage « le prix de la confiance ». Effectivement, le KM est avant tout une démarche et certainement pas une collection d'outils. Effectivement, quand on parle de connaissances, on parle d'êtres humains et non de méthodes ou d'outils. Effectivement, quand on veut implémenter une démarche KM, il faut avoir une vision globale, systèmique de l'organisation et non une vision segmentée. Effectivement, le lieu le plus efficace du partage de connaissances, c'est probablement la machine à café c'est à dire l'endroit où la communauté se réunit et où les structures hiérarchiques sont les moins perceptibles. Effectivement, une communauté est le lieu d'échange par excellence des connaissances et s'il faut utiliser un outil, il faut alors que ce dernier répondent à un besoin et non qu'il soit imposé. Effectivement, la structure hiérarchique peut être un frein au partage des connaissances et toute organisation doit pouvoir développer en plus d'une structuration hiérarchique et d'une organisation par projet, une approche communautaire qui soit en parallèle. Effectivement, la connaissance n'est pas faite pour être stockée mais pour être opérationnelle. C'est un flux à organiser en vue de conduire l'innovation dans la structure. Tout ça je l'ai appris dans cette UE, mais, je l'ai bien compris et assimilée que plus tard. Et aujourd'hui, je me dis que cela a été l'enseignement le plus important que j'ai suivi. Avec cet enseignement je suis entré dans une dimension qui était jusqu'alors souterraine chez moi. Communautés et connaissances : quel bel enseignement j'ai suivi pendant 6 mois ! Merci aux enseignants, merci aux copains, merci à ma famille d'avoir vécu et surtout supporté cet investissement personnel. Avec ce billet ce clôt le récit de l'expérience vécue. Amitiés !
  • L'application professionnelle Application professionnelle, 1. La recherche du stage j'ai déjà signalé plus haut les difficultés que j'ai rencontré pour trouver du sens aux enseignements que j'ai suivi, ou plutôt un fil directeur, une logique de l'enseignement. Je l'ai déjà dit, je suis venu pour travailler sur les communautés virtuelles et j'ai rencontré d'autres trucs auxquels je ne m'attendais pas. Bon revenons un peu en arrière, nous sommes en janvier, on vient de finir l'ue 16. Il faut trouver un stage. A ce moment-là, je suis tellement content d'avoir survécu à cette UE que je me dis que si je ne trouves rien, ce n'est pas bien grave. En fait je ne vois pas comment résoudre l'équation travail salarié et application pro, non pas en terme de temps de travail, je sais désormais que j'assure à ce niveau, mais en terme de dispositif juridique. Je vais quand même essayer de trouver un lieu de stage. Par acquis de conscience, j'ai demandé à mon patron. Mes explications ont été peu convaincantes. Dont acte ! J'ai ensuite essayé par la mairie de mon village. Un élu que je connaissais m'a dirigé vers le secrétariat de la mairie. Il pense que c'est pour m'occuper du site internet (qui est pauvre d'ailleurs) et dans l'état de désappointement dans lequel je me trouve, je suis pas loin de penser la même chose. La piste ne donne rien et heureusement d'ailleurs. Mais on m'indique d'aller voir dans une mairie voisine. J'obtiens un rendez-vous. Ce qu'attend l'élu que je rencontre, c'est la mise en place, autour du site web de procédures administratives dématérialisées. Je parle vaguement d'échanges et de forum permettant à la majorité et à l'opposition municipale de s'exprimer. Très mauvaise pioche... La piste des mairies ne donnera rien. Il faut dire que je l'ai suivie, obnubilé par le thème choisi dans l'ue 161. Ces premières approches m'ont dégourdi un peu les neurones. Je sais ce que je ne veux pas. En même temps, on suit l'ue 165 qui nous permet de nous remettre un peu dans les objectifs du DESS, tel que je les voyais. Je reviens donc à ce que je connais, l'éducation. Je vais envoyer pas mal de CV dans les structures à distance des campus de la région, au cnam, à l'UVPL etc. Peu de réponse. Autre chose me turlupine depuis le début du DESS, l'absence d'une bibliothèque des anciens travaux et l'absence d'une communautés des anciens du DESS. J'ai donc proposé à Isabelle Gonon et à Guy Casteignau de mettre en oeuvre une communauté virtuelle des anciens qui inter-agirait avec les enseignements actuels, en appoint aux enseignements et à la découverte de lieu de stage etc. L'idée leur a plu mais le temps consacré à un stagiaire les a un peu effrayé. Mais désormais, je sais ce que je veux et je vais désormais cibler mes demandes.
  • Application professionnelle, 2. Approche professionnelle Une fois l'échec des premières recherches analysé, je vais concentrer mes efforts à des projets mûrement réfléchis. Chacune des trois demandes que je vais envoyer va donner lieu à l'élaboration d'un premier questionnement des besoins. La société Afteris a reçu une bourse de l'innovation de la région Pays de la Loire. C'est une petite structure qui est adossée à un groupe d'interim fortement implanté dans la région. Son objet est de mettre en contact des séniors en recherche d'emplois et des entreprises en recherche de compétences. Le réseau d'interim lui fournit automatiquement la matière des deux bases de données. Sa plus-value tiens dans sa capacité à faire les liens entre les deux bases, entre l'offre et la demande. Il me semble qu'il y a vraiment matière à faire quelque chose de plus intéressant et c'est en ce sens que j'ai commencé à creuser. Le patron de cette entreprise a été très engageant et très ouvert. Ca n'a rien donné car d'autres impératifs l'ont retenu et qu'il n'a pas été convaincu par ma proposition de communauté virtuelle de sénior. Autre projet : dans le cadre de mon emploi de documentaliste, un des serpents de mer concerne la mutualisation des notices documentaires (pourquoi refaire ce que d'autres ont déjà fait ?). Rien n'existe vraiment, mais on en parle beaucoup dans les listes professionnelles. Et justement à ce moment-là on en parle plus fort que d'habitude. Avec deux autres documentalistes, on décide de se fendre d'un courrier au big boss de la profession (le vraiment BIG – pas le bigger one mais pas loin, parisien et tout ce qui va bien) en lui expliquant ce qu'on attend. Il nous file son portable, je lui téléphone. Il peut rien faire parce que etc. Mais j'en profite pour lui parler de mon DESS, il me renvoie alors vers un responsable du SCEREN à Poitiers avec sésame ouvre-toi, son nom comme laisser-passer. Rendez-vous est pris, discussion hyper-interessante même si je ne suis pas d'accord sur tout. Le projet qu'il présente est mastodontique et il peut me trouver une petite place pour moi, à condition (je suis à 3 heures de route) que tout soit à distance. C'est les vacances de février, il part deux jours après, je n'aurai plus de nouvelles. Dommage car il y avait à faire ! Troisième et dernier projet, je contacte directement le leader politique de l'opposition en me disant qu'il doit y avoir du boulot en terme de communauté virtuelle dans une entité politique. J'y crois sans y croire, tout en y croyant un peu quand même. Il m'appelle, m'écoute, reste dubitatif sur la question, me parle vaguement de besoin internet et finalement me donne rendez-vous. A l'entretien, il est avec le président d'une association proche politiquement. Cette association est peu visible sur Laval. Elle a des groupes de travail, rentre en interaction avec les citoyens sur deux ou trois rendez-vous annuels. Il faudrait aider les groupes de travail qui sont peu productifs. Moi il faut que je puisse travailler sur des communautés virtuelles. On négocie, on se sépare bon ami. Le courant est passé, j'ai mon stage. En l'espace de trois semaines, j'ai pu produire trois ébauches de projet, toutes trois répondant à la commande universitaire, mettre en place des communautés virtuelles. J'ai finalement fait peu de demandes, mais si les premières étaient au hasard, les dernières étaient pertinentes, même si elles n'ont pas toute données un résultat. 25 % de réussite (si je rajoute le projet de Limoges) ; je pense que c'est pas mal.
  • Application professionnelle, 3. La lettre de mission Les responsables du DESS sont très précis sur les travaux qu'ils attendent de notre part. En premier lieu une lettre de mission qui va définir le périmètre du stage. Elle doit être signé par le maître de stage. Ensuite, trois rapports vont s'échelonner tout au long du stage. – Un rapport de lancement dans la quinzaine qui suit, – l'étude d'avant-projet au bout de deux mois – et enfin un rapport d'animation de la communauté virtuelle qui sera rendu trois semaines après la fin du stage. Enfin, pour l'oral, un diaporama doit accompagner notre présentation ainsi qu'un résumé en 1000 mots. On doit produire. La lettre de mission précède le lancement officiel de l'application. Il s'agit de cadrer les attentes de chacun. Nous sommes accompagnés, pour sa réalisation, par Béatrice qui est enseignante à Limoges. On a droit à trois versions avant de proposer une version définitive aux enseignants responsables de la formation. Une version pour se planter, une version pour tout mettre en place et une version pour affiner. Comme chaque fois, je lis rapidement les consignes et je fais un premier travail, histoire d'avoir le retour négatif que j'attends. Cette méthode me permet de bien comprendre les consignes et les attentes. Effectivement, le retour est assez négatif et la prof n'est pas dupe. A partir de là, je peux réellement réfléchir sur cette lettre. Le deuxième envoi est ok. Une dernière petite rectification et c'est parti. Alors que nous travaillons sur cette lettre de mission, une série de billets de Jean Heutte va changer en profondeur ma vision de ce diplôme et m'être d'une très grande utilité pour la suite de l'application. Il nous met en garde contre les dangers qui nous menacent. Des articles lumineux qui affirment notamment que ce que l'on attend de nous, n'est pas forcément la mise en place d'outils mais le management de notre communauté, ce qui implique essentiellement la prise en compte des facteurs humain. Et là je comprends tout. Ce qui est important dans l'intitulé du diplôme, c'est le mot « management ». Ce n'est pas une formation technologique, c'est une formation de management et je comprends alors les enseignements que j'ai suivi, management de projet, KM, qualité... Je sais enfin ce que je fais là. Ma quête de sens qui a irrigué une grande partie de l'année universitaire s'achève. Il reste juste à faire le stage ;-) Application professionnelle, 4. Mise en projet. Nous sommes de futurs managers de projet, il faut donc commencer par le début et planifier l'application. C'est parti pour mon deuxième Gantt. Premières difficultés, la prise en main de Gantt Project. Ce n'est pas un logiciel très intuitif et le temps d'apprentissage va être plus long qu'espéré. J'ai la chance d'avoir comme maitre de stage le patron de l'association, responsable de système d'information et ancien prof de fac. Il va relire tous les travaux que je dois transmettre à Limoges et va m'être d'une aide précieuse. Il m'a aidé pour la lettre de mission, il me conseille sur le Gantt. Nous travaillons également ensemble le projet qui prend sa forme définitive.
  • Ensuite, je m'informe sur le contexte de l'association, je m'entretiens avec un ou deux membres sur son histoire et je commence à mettre en place la veille que je vais mener jusqu'à la fin. Je prévois pour l'heure 3 pistes : le web politique en 2006, les outils collaboratifs, les associations similaires présentes sur le web. Enfin, le travail de relation commence vraiment avec la présentation au groupe du projet et de ma pomme. C'est aussi l'époque où il me faut envoyer mon premier rapport. application professionnelle, 5. Expression et analyse des besoins L'expression des besoins. Bien, il faut faire remonter les besoins de l'association en interrogeant et en menant des enquêtes pour voir si les attentes du président de l'association correspondent aux besoins réels. Une enquête ! Ah oui mais... Et je réalise tout à coup que je suis en situation de TPE (travaux personnels encadrés). Ce que je vais devoir faire, c'est ce que nous demandons aux élèves. Et finalement, je me rend également compte que ce que je demande aux élèves, je ne l'ai jamais fait !!! Je mène des entretiens auprès des membres du groupe initiateur ainsi qu'auprès de personnes qui ont eu une responsabilité dans le travail des groupes. J'ai réalisé pour cela un questionnaire support qui doit me permettre d'appréhender la vie de l'association, les interactions entre les membres et le degré d'utilisation d'internet. je réalise également une enquête, via mail, auprès de membres impliqués dans le travail de groupe. Cette enquête vise à comprendre le fonctionnement des groupes et les interactions inter-membres. Je vais avoir un retour correct de 25 %, ce qui n'est pas si mal je pense. Le traitement des données va être long et difficile à organiser. Et là c'est la grande découverte : je vais me servir de Cmap Tools, un logiciel qui permet d'éditer des cartes conceptuelles. Jusqu'à présent, les cartes mentales sont un outil que j'utilise en dilettante, de loin en loin. J'ai déjà testé plusieurs logiciels sans vraiment pousser plus loin l'utilisation. Avec ce traitement des besoins de l'association, je découvre un outil intellectuel d'une puissance que je ne soupçonnais pas. Grâce à cette carte, j'ai pu formaliser les besoins et j'ai aussi découvert que cela pouvait être un outil de communication. C'est cette carte qui m'a permis d'avoir du crédit auprès du maître de stage. Jusqu'à présent nous étions dans une relation prudente l'un face à l'autre. Avec cette carte, je pense que les portes se sont ouvertes. Application professionnelle 6. Etude d'avant projet. La première production d'envergure, c'est la carte mentale des besoins. A partir de cette carte, je vais pouvoir formaliser mon analyse des besoins en mettant en parallèle commande et expression des besoins. Je vais conduire cette analyse, d'abord au niveau global qui est celui de l'association et ensuite de manière spécifique autour des travaux des groupes et plus particulièrement ce groupe initiateur. A partir de ce travail d'analyse, je recentre mon travail en revenant au projet initial tel que nous l'avions défini et je présente les besoins pour les différentes communautés à venir.
  • je vais faire ensuite deux tableaux. Le premier tableau est problématique dans la logique de l'AVP et pendant la durée du stage je vais me poser la question de sa pertinence dans l'enchaînement AVP sans arriver vraiment à trouver une réponse. Il s'agit de la mise en place d'une roadmap pour l'implémentation des différentes communautés tel que définies précédemment. Le deuxième tableau est celui des fonctionnalités. Nous sommes dans l'étude d'avant projet et c'est l'étape classique qui suit l'analyse des besoins. Pour finir, critères et alternative sont proposés. Et à ce niveau j'ai rencontré un problème au niveau du temps. Dans mon gantt, j'ai bien précisé la fin de l'étude d'avant projet pour le 12 juin, et de ce point de vue je suis dans les temps et même un peu en avance. Oui mais je dois envoyer le deuxième rapport contenant l'étude à Limoges pour le 6 juin, et là je suis un peu à la bourre. Je vais donc passer le dernier week-end à réfléchir sur cette alternative qui va prendre la forme suivante, soit un système de gestion de contenu avec toutes les fonctionnalités possibles à mettre en place selon l'état d'avancement de la roadmap, soit des briques logiciel simple que l'on ajoute au fur et à mesure. Je suis finalement dans les temps, et pour Limoges et pour mon employeur de l'association. C'est une chose dont je suis fier : avoir réussi à tenir le temps. Application professionnelle, 7. animation du groupe initiateur Le 9 juin, je présente aux membres de l'association qui le souhaite, le résultat du travail. Diaporama, vidéoprojecteur, présentation professionnelle du président de l'association. Et c'est le premier gros choc car si j'ai bien identifié les freins, j'ai mal apprécié l'importance de certains. Je ne m'étendrais pas sur la question pour des raisons de confidentialité vis à vis de l'association, mais je me rends compte de mon erreur. C'est ainsi ! Le dernier mois est consacré à l'animation de la communauté en gestation. Il faut construire un formalisme documentaire et préparer une charte d'utilisation de l'espace numérique. Le premier document est à travailler avec un yahoo group, le second avec un wiki. Je propose des réunions en présentiel, j'individualise des formations, je vais discuter avec les personnes, mais ça ne marche pas. Soit les personnes pressenties ne viennent pas, soit, le travail proposé n'avance pas. Fondamentalement, les gens ne sont pas prêts. Il faudrait un travail de formation en amont sur internet et les nouvelles technologies. Les personnes ont suivi avec un intérêt poli le travail que j'ai fait mais elles ne s'y sont pas impliqués, par manque de recul et de références, à mon avis. C'est un échec formateur. J'aurai du élargir le panel des personnes interrogées, j'aurais du les rencontrer en face à face. En un mois, temps réservé aux questionnements, et alors que je travaille par ailleurs, il m'était impossible de pousser plus avant l'expression des besoins. Pourtant, clairement, le problème est à ce niveau. L'application professionnelle se termine le 21 juillet. Il me reste désormais à faire le troisième et dernier rapport, dont le terme est pour le 14 août. Application professionnelle, 8. Retour sur le travail effectué et méta- cognition
  • Ce dernier rapport va me prendre une partie des vacances. Tous les matins, alors que mes enfants et ma compagne jouent dans le jardin ou vont au village où nous sommes, je suis dans une chambre avec le micro et j'écris. Sur les trois semaines de congés, je vais avoir trois jours sans micro. J'ai fait un choix ! Nous continuons à correspondre avec le président de l'association qui m'est d'une aide précieuse par ses conseils avisés. Pourtant il est un problème sur lequel nous n'aurons pas la même appréciation. Il s'agit du positionnement que je dois prendre dans ce dernier rapport. Pour le président, je dois garder la posture du consultant qui s'adresse à son client et mettre en valeur ce qui est réussi, garder sous silence ce qui l'est moins. Pour moi, je suis un étudiant qui doit analyser le plus finement possible son intervention. Cette analyse s'adresse ici à des enseignants mais pourrait tout aussi bien être l'analyse de l'intervention et des changements apportés, que le consultant se fait à lui-même dans un objectif d'apprentissage par ses erreurs. J'hésite à suivre les conseils du maître de stage. Il est persuasif mais mon vécu d'enseignant documentaliste, membre de jury de TPE et imprégné par cette notion de méta-cognition, plaide contre. Je vais faire à mon idée. L'oral me donnera raison. Une dernière chose concernant cette période et notre collaboration, l'université demande un rapport du maître de stage sur l'étudiant. Elogieux et sympa ! Application professionnelle, 9. This is the end... Dernière ligne droite l'oral. Une semaine pour faire le diaporama et le résumé de 1000 mots, moi qui déteste ce dernier exercice. Le diaporama est dans la lignée du dernier rapport, à savoir une auto-analyse de mon activité, de la démarche employée et des résultats obtenus. Le souvenir le plus marquant, rencontrer physiquement des camarades jusque là virtuels. Brigitte, Anne et Serge ne sont pas du tout comme le montre les photos de leur profils unilimiens. Surtout, ils ont une voix et un corps. Ce sont des êtres humains, vivants. C'est étonnant ! Les représentations que je me faisais s'effondrent, et une question me brûle désormais : qu'aurions-nous fait ensemble si nous nous étions côtoyés physiquement ? Bon l'oral, j'appréhendais un peu. Je tiens mon timing de 15 minutes. Les questions se passent bien, je sens que c'est in the pocket ! Béatrix, une des enseignantes le confirme assez rapidement. J'ai mon DESS ! A basta ! Quelques jours plus tard, nous recevons un mail de Guy Casteignau détaillant les notes obtenues pour l'application professionnelle. Le mail est ici. Je suis probablement dans les 6 sur 17 au départ. Je suis fier de moi.
  • Tuteur, une suite logique Tuteur à l'université de Limoges, 1. Légitimité Après avoir réussi le DESS va se poser la question de le valoriser. Avoir un diplôme et ne pas avoir de finalité est finalement stupide. Je sais qu'au niveau du boulot, je ne peux évoluer ni dans le cadre du lycée où j'ai reçue des félicitations polies, ni dans le cadre de l'éducation nationale car je suis dans le privé. Je propose alors mes services à Serge comme tuteur. Et c'est ainsi que je passe de l'autre côté de l'apprentissage à distance. Je découvre au deuxième trimestre de cette année 2007 que j'ai le don d'ubiquité. Je peux être documentaliste dans un lycée à Laval la journée et tuteur à l'université de Limoges, le soir. J'y suis toujours bien que le travail ai un peu changé. Je relate dans ces 6 billets qui suivent le rôle tenu à suivre l'application professionnelle des étudiants pendant les deux années qui suivirent l'obtention du DESS. Ce travail nous le faisons à deux, avec Anne, un de mes copines de DESS avec qui je continue ce moment rare de collaboration, vécu l'année précédente. Plus particulièrement, il s'agit d'accompagner les étudiants, tous des adultes en formation professionnelle qualifiante, à réussir leur application professionnelle. Car le point de départ qui fonde notre légitimité à les accompagner réside dans notre expérience personnelle de cette application professionnelle : nous SAVONS, de part notre vécu, la nature des diverses difficultés qui les attendent et qui vont s'enchainer. Lors de notre présentation au groupe d'étudiants, l'année dernière, cela avait été les premières questions. Très pratiques ! Comment est-ce que cela se passe exactement ? Notre premier rôle a donc été d'installer cette légitimité sur ce postulat : nous l'avons fait et vous non. Et c'est beaucoup. Je pense que ce sera différent cette année, car aujourd'hui nous ne sommes plus seulement les jeunes diplômés mais nous sommes aussi les anciens tuteurs. Et plus cela ira, et plus nous allons remplacer notre expérience vécue du dess par une expérience plus distanciée liée à notre métier de tuteur. Tuteur à l'université de Limoges, 2. Rôles dans un premier billet, j'ai indiqué quelle était ma légitimité à être tuteur à l'université de Limoges pour l'application professionnelle du DESS communautés virtuelles. Pour les étudiants que sommes-nous ? En creux, nous ne sommes pas des profs, tel que l'université les présente. A savoir des personnes qui mettent en place un dispositif pédagogique à distance, des situations d'enseignement, des ressources pédagogiques, des objectifs d'apprentissage etc. Mais l'application professionnelle n'est pas un cours non plus. il s'agit d'accompagner des étudiants adultes, en formation permanente dans la mise en place d'une communauté virtuelle.
  • Ces personnes ont payé. Ce sont aussi des clients. cette position de l'étudiant de Unilim est importante par rapport à un étudiant classique en formation initiale. Les personnes ont payé et elles attendent un résultat, si possible positif mais certainement pas galvaudé. Cet étudiant, j'ai pu le dire quand j'ai fait cette formation attend un diplôme, mais plus que ça acquérir des compétences et aussi vivre une expérience. Ce dernier aspect est très important. Par exemple, l'année dernière, un des membres de la promo 107 nous a expressément indiqué avoir fait cette formation pour voir ce qu'était une formation en e-learning ! Dans cette optique-là, si nous ne sommes pas des profs, nous allons avoir d'autres fonctions très importantes. Nous devons faire passer, auprès des étudiants un autre discours sur ce diplôme et l'application professionnelle. Nous devons arrondir les angles des consignes données par les profs. De la même manière, quand un étudiant éprouve une difficultés nous devons plaider sa cause ? Nous sommes les interfaces entre Limoges, l'application professionnelle et les étudiants. Nous sommes donc des médiateurs. Lors de l'application professionnelle, les étudiants peuvent éprouver des difficultés conceptuelles (traitement des données de l'AVP par exemple) ou expérimentale (comment faire pour intégrer un membre dans la communauté virtuelle qu'ils veulent mettre en oeuvre par exemple). Nous sommes donc des conseils. Nous pouvons aussi nous montrer plus directif dans les démarches à suivre. Nous pouvons apporter du contenu et élaborer avec les étudiants des stratégies. Nous devenons alors des coaches. Le travail demandé est très impliquant émotionnellement et certaines difficultés peuvent paraître insurmontable entraînant parfois des situation de désespoir. Nous devenons à ces moments-là, parfois pour certains étudiants, des confidents. Et parfois, nous allons plus loin et n'hésitons pas, quand nous ne sommes pas satisfait du travail de l'étudiant ou de son engagement à le lui dire de manière très affirmée. Nous devenons parfois des pères fouettards. Ces différents rôles montrent bien ce que nous sommes, des interfaces, parfois relationnel (médiateur), parfois techniques - apports de contenus, de méthodes, de pratiques partagées, de pilotage humain etc. (conseil), parfois de l'ordre du management (coaching) et toujours une bonne grosse dose de psychologique (confident et père fouetard). Dans tous les cas, nous avons l'obligation de doser notre intervention en fonction des personnes que nous accompagnons. Un qui est indépendant et nous respectons son fonctionnement, un qui a besoin de soutien et nous le lui prodigons. A chacun selon ses spécifictés. Et c'est un art de tous les instants. Tuteur à l'université de Limoges, 3. Passer de la théorie à la pratique Nous accompagnons les étudiants dans leur travail aussi en terme de connaissances. La différence qu'il y a alors entre eux et nous c'est que nous avons déjà appliqué les savoirs théoriques acquis lors de notre année de formation alors qu'eux en sont à ce stade. Notre boulot consiste donc à les accompagner dans l'application de leurs apprentissages théoriques. Quelles connaissances apportons nous ?
  • Nous les aidons en terme de démarche : démarche de veille, démarche de management de projet, démarche d'étude d'avant projet, démarche de management des connaissances, démarche de travail collaboratif, mindmapping et conceptmapping etc. Nous les aidons aussi en terme d'outils et notamment tous les outils estampillés web 2.0 : blog, wiki, web services, réseaux sociaux... Tuteur à l'université de Limoges, 4. Les positionnements multiples de l'étudiant En tant que tuteur, nous savons aussi quels sont les différents rôles que doit endosser un étudiant qui fait son application professionnelle pour le DESS communautés virtuelles... Il s'agit pour nous tuteurs, de les aider à se positionner dans ces différents rôles. Et pour cela, nous devons expliciter ces différents rôles. Un étudiant du DESS CVIR, quand il commence son application professionnelle va d'abord devoir se positionner par rapport à un interlocuteur qui est un client (même s'il fait son appli dans le cadre de son travail). Il est donc un consultant à qui on confie la mission de résoudre un problème organisationnelle en mettant en œuvre une solution qui soit à la fois technologique et managériale. La relation est donc une relation consultant/client. Mais c'est un stage ! Et le client est souvent aussi le maître de stage. C'est à dire celui qui à la fin du stage va donner son ressenti sur le travail de l'étudiant. Si le consultant doit apporter une réponse à un périmètre identifié et si possible se positionner pour obtenir un nouveau contrat, le stagiaire lui, doit avoir un diplôme. Et parfois, ce maitre de stage est aussi le patron de l'étudiant dans la vie professionnelle courante. Il faut donc veiller à ce que l'étudiant, surtout si l'application ne donne pas les résultats escomptés, ne se retrouve pas en porte à faux une fois le travail achevé. On ne peut pas tout dire dans un rapport de stage. L'oral est là pour cà ! L'étudiant, s'il est dans son contexte professionnel se retrouve également parfois à gérer deux rôles (surtout si ce stage est stratégique pour lui pour changer de statut) : le sien propre qui est connu de tous et le rôle de manager de projet qu'il tient pour cette application. Ce n'est pas simple pour lui d'indiquer à ses interlocuteurs la distinction, surtout quand le temps du projet et le temps du travail se télescope. Pas simple non plus de constituer une équipe avec des collègues de travail, voir des supérieurs hiérarchiques, qui ont une représentation de l'identité de l'étudiant qui n'est pas celle que veut véhiculer l'étudiant pour ce travail. Pas simple, pour lui non plus de changer de rôle plusieurs fois dans la journée. Il faut être un peu schizophrène. Enfin, le consultant, stagiaire, salarié, manager de projet en herbe est aussi... un étudiant. Et de ce fait, il doit des comptes (les rapports) aux enseignants qui le suivent (et accessoirement aux tuteurs). Si dans ces rapports, c'est le "je" du consultant qui s'exprime, c'est à destination des correcteurs qu'ils sont écrits. L'objectif est de montrer son action ET d'avoir son DESS. C'est un "je" de jeu. C'est notre rôle à nous, tuteurs, que d'aider l'étudiant à se positionner correctement face à ces différents
  • interlocuteurs. Tuteur à l'université de Limoges, 5. Des outils. Après avoir indiqué notre légitimité, notre rôle, notre position de passeur entre la théorie et la pratique et enfin les différents positionnement de l'étudiant. Ce dernier billet vise à présenter les outils de communauté et de suivi que nous avions mis en place. Pour cette formation le premier écueil entre le passage aux apprentissages théoriques et l'application professionnelle est le passage du travail de groupe au travail individuel du consultant. Cet écueil c'est le sentiment de solitude qui nous envahit. Pour pallier à ce problème, quand nous étions étudiants, Anne avait mis en place un wiki très simple avec lequel nous avions échangé pendant quelques temps. Passer du temps communautaire au temps individuel crée un vide et une angoisse. En tant que tuteur, nous avons repris l'idée en demandant à nos étudiants de créer des blogs de suivi de leur activité. il y a un intérêt évident pour nous mais il y a aussi en arrière plan cette idée que chacun puisse s'abonner aux blogs des copains. Et il y a un outil qui finalement est très bien pour ça (même si on départ j'étais pas fana), c'est netcipia. Netcipia, c'est un moteur xwiki qui permet d'avoir la double fonctionnalité : blog et wiki. Et surtout,une fois identifié sur la plateforme, l'utilisateur est à la fois administrateur de son wiki/blog et lecteur/commentateur, s'il le désire, de celui des copains. Un bon outil. Un dernier avantage pour ce que nous voulons en faire : il est privé et partageable. L'année dernière, par exemple, cela a permis à des étudiants qui étaient sur le même domaine d'activité, et parfois sur des problématiques très proche de se suivre mutuellement. Et je peux vous dire que cela a donné des résultats (de leur appli) très éloignés. Le collaboratif n'est pas du copier coller. Si les périmètres ont pu être proches, les analyse de situations et de besoins allaient dans des directions différentes. Une autre ferment communautaire a été la mise en place d'une veille partagée via delicious. C'était aussi pour nous et un moyen de faire partager notre veille et aussi et surtout un moyen de faire passer des informations aux étudiants en regard de leur travail et aux regards de leurs collègues. Histoire que chacun soit au courant des besoins de l'autre. Notre collaboration, nous l'avons initié par un chat de groupe, la première année via IRC mais l'année dernière c'était des services de chat en ligne (je ne me souviens plus exactement mais il me semble que l'on a utilisé le service de zoho). Et pendant le cours de l'application, c'est bien sur skype ouvert à n'importe quel moment de la journée (hors temps de travail légal), soir, week end et jours fériés. Au final, l'usage de ces outils, fortement conseillé, mais jamais obligatoire, nous a permis de suivre les étudiants de manière très fine. Bien entendu, nous avons rencontré tous les types de comportement et ces outils en ont été la fenêtre. Certain s'en sont accommodés, d'autre en ont eu besoin quasi compulsif, quelques uns ne s'en sont jamais servi. Finalement leur usage (ou non usage) a reflété les besoins et les personnalités de chacun. Tutorat à l'université de Limoges 6. Travailler en communauté... de tuteurs.
  • La deuxième année de tutorat sur l'application professionnelle du dess communautés virtuelles s'achève. Ce sera la dernière sur ce diplôme qui s'arrête avec la promotion 108. Nous allons continuer ce travail sur d'autres unités d'enseignement. Comme l'année dernière, nous avons 100 % de réussite au diplôme sur les étudiants qui se sont présentés à l'oral. et comme l'an dernier, le même qualificatif est revenu dans la bouche d'une étudiante : nous sommes des anges gardiens. Les chevilles vont bien, merci ! Ceci étant cela montre deux choses : on est dans les clous en ce qui concerne les besoins des étudiants ; le tutorat pour les étudiants, mais plus largement tout type d'accompagnement (coaching, mentorat, animateur de communautés etc.) est une pratique indispensable d'aujourd'hui. Les temps sont en effet aux hubs et aux connecteurs. L'occasion de revenir à nouveaux sur quelques aspects de notre action de tuteur et particulièrement la démarche que nous avions adoptée. Nous sommes deux tuteurs, Anne et moi. On travaille ensemble depuis trois ans et nous sommes complémentaires. Sur certains points Anne est beaucoup plus pertinente que moi, et il m'arrive parfois d'avoir une idée intéressante sur d'autres points ;-) Surtout, nous fonctionnons pas mal en gilette deux lames. Nous sommes vraiment deux individus avec une histoire professionnelle très différente, ce qui nous permet, quand nous intervenons, de proposer deux points de vue à la fois alternatifs (l'étudiant peut choisir de privilégier l'un plutot que l'autre ou d'écouter les deux ou pas du tout) et complémentaires. C'est un pure fonctionnement collaboratif. Une des caractéristiques fondamentale est que nous ne nous concertons pas avant d'intervenir. On intervient donc d'abord par rapport à un ressenti personnel. Ce qui peut expliquer que nous soyons plus en phase avec un projet plutôt qu'avec un autre. Ce qui peut expliquer que nous n'intervenions pas sur certain. Ce mode de fonctionnement n'est possible que si nous savons ce que l'autre dit (c'est la condition sine qua non du collaboratif). Donc nous sommes systématiquement en copie ou alors sur les autres outils mis en place et sur lesquels je reviendrais bientôt. Ensuite, on peut échanger sur des projets quand on sent des difficultés fortes chez un étudiant (par skype principalement) et déterminer comment on intervient. Et on peut aussi se refiler un projet que l'on a trop suivi quand on sent que notre discours ne passe plus, justement pour proposer à l'étudiant une autre façon de présenter les choses. Pour conclure, on fait je crois ce boulot, essentiellement pour travailler ensemble ! Et plus que ça, on fait essentiellement ce boulot pour collaborer ensemble, à distance.
  • Pour conclure Difficile de conclure sur ce sujet qui est pour moi fondateur de plein de choses. Juste une chose cependant, c'est à la suite du DESS que j'ai commencé à blogué. En ce sens cette expérience représente une introduction à ce que je fais maintenant dont le maitre mot est analyse de mes pratiques. En ce sens ce document est une première expérience d'analyse de pratiques. A prendre pour ce que cela vaut !