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GESTION DES RISQUES BANCAIRES

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  • 1. RAROC: Outil de gestion du risque de créditSECTION 2: LA GESTION DES RISQUES BANCAIRES:La gestion des risques bancaires correspond à lensemble des techniques, outils et dispositifsorganisationnels mis en place par la banque pour identifier, mesurer et surveiller les risquesauxquels elle est confrontée.On distingue deux approches différentes dans la gestion des risques ; une première interneportant sur les risques pris individuellement et selon leur nature (risque de crédit, risque demarché, risque de liquidité...), quand à la seconde, elle est globale et constitue un processusholistique, qui suppose une consolidation de tous les risques et la prise en compte de leurinterdépendance.I. LES OBJECTIFS DE LA GESTION DES RISQUES:La gestion des risques vise la réalisation de quatre objectifs1 :· Assurer la pérennité de létablissement, par une allocation efficiente des ressources et uneallocation adéquate des fonds propres qui permettra une meilleure couverture contre les pertesfutures.· Elargir le control interne du suivi des performances au suivi des risques associés.· Faciliter la prise de décision pour les opérations nouvelles et permettre de les facturer auxclients.· Rééquilibrer le portefeuille de létablissement, sur la base des résultats et des effets dediversification.II. LES ETAPES DE LA GESTION DES RISQUES:La gestion des risques repose sur un processus de six étapes :1.1 Identification des risques:Cette étape consiste à établir une cartographie des risques auxquels la banque est confrontée.Cet exercice ne doit pas être limité dans le temps, vu les changements internes et externes quitouchent le milieu bancaire et qui peuvent engendrer lapparition de nouveaux risques.1.2 Evaluation et mesure des risques:Elle consiste à quantifier les coûts associés aux risques identifiés dans la première étape.
  • 2. 1 Joel BESSIS - Gestion des risques et gestion Actif-Passif des banques. Dalloz. Paris. 1995.P48La mesure du risque dépend de la nature de ce dernier, sil est quantifiable ou non. Lorsque lesrisques sont quantifiables comme dans le cas du risque de crédit et du risque de marché, leconcept le plus utilisé est celui de la Value-at-Risk. Dans le cas des risques non quantifiables,une méthodologie objective est appliquée pour les estimer, à travers deux variables:· La probabilité de survenance dun événement négatif, qui à défaut de quantification, peut sevoir attribuer des valeurs relatives : forte, moyenne et faible probabilité.· Gravité de lévénement en cas de survenance du risque : là aussi, en absence dedonnées quantifiables, on peut attribuer une variable relative : élevé, moyen, faible.Le croisement des deux séries de variables, permettra de donner une idée relative du risque.1.3 Sélection des techniques de gestion des risques:Les techniques de gestion des risques visent principalement lun des trois objectifs suivants :· Eviter le risque· Transférer le risque· Encourir le risque1.4 La mise en oeuvre:Cette étape consiste à mettre en oeuvre la technique choisie, elle doit être réalisée par uneunité clairement désignée à cet effet, par exemple : la salle des marchés pour les risques demarché, la direction des engagements pour le risque de crédit, ALM pour la gestion du risquede liquidité et de taux. Quand au risque opérationnel, il a la particularité dêtre plusdifficilement attribuable a une unité spécifique vu ça présence partout.Le principe fondamental de cette étape de gestion des risques est de minimiser les coûtsattribués à la mise en oeuvre de la solution.1.5 Surveillance des risques:Le suivi permanant des risque est primordial, et ce afin de sassurer que les stratégies adoptéesdonnent des résultats optimaux. En effet, au fil du temps et selon les circonstances, il se peutque les décisions initialement prises deviennent incompatibles avec la conjoncture et de ce faitelles doivent être modifiées ou carrément remplacées.1.6 Reporting des risques: Le reporting est laboutissement logique de tout processus de gestion, il sagit dune synthèse qui fait ressortir les éléments clés sous une forme analytique, adressée aux responsables sousforme dun rapport dont le contenu et le niveau de détail dépend de la fonction du destinataire.
  • 3. SECTION 3: LA REGLEMENTATION PRUDENTIELLE INTERNATIONALEDans un environnement concurrentiel, de nombreux facteurs peuvent inciter une banque àprendre des risques parfois importants, chose qui pourrait la mettre en péril et même menacerla stabilité de tout le système à cause des effets de contagion.Cest dans le but de limiter les effets néfastes de la prise de risque et de promouvoir la stabilitéet la sécurité du système financier que fut lavènement de la réglementation prudentielle.I. LE COMITE DE BALE:Le Comité de Bâle a été créé en 1974 par les gouverneurs des Banques Centrales du groupedes dix (G1 0) sous lappellation « Comité des règles et pratiques de contrôle bancaire », il estconstitué des pays suivants : Belgique, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon,Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis. Ces pays sontreprésentés par leurs banques centrales ou par lautorité de supervision bancaire. Leursreprésentants se rencontrent régulièrement à la Banque des Règlements Internationaux (BRI)localisée à Bâle pour parler des enjeux liés à leur responsabilité.Les taches du comité de Bale sont axées sur :· Léchange dinformations sur les pratiques nationales de contrôle ;· Lamélioration de lefficacité des techniques mises en oeuvre pour la surveillance de lactivitébancaire internationale ;· La fixation de normes prudentielles minimales dans les domaines ou elles apparaissentsouhaitables.Il est à noter que le comité de Bâle ne dispose daucun pouvoir légal national ou international,ses conclusions nont pas force exécutoire. Son rôle est plutôt détablir des normes deréférences et des lignes directrices générales et de formuler des recommandations à légarddes bonnes pratiques que ses membres sengagent à mettre en oeuvre.II. L ACCORD DE BALE DE 1988En 1988, le Comité de Bâle instaure pour les banques exerçant leur activité à linternational unnouveau cadre appelé « Accord de Bâle », définissant les exigences minimales de fondspropres que les banques doivent respecter en fonction des risques quelles prennent.Le ratio international de solvabilité, appelé ratio Cooke1 voit alors le jour avec la règle simpleet quasi uniforme de 8% de fonds propres alloués pour chaque crédit accordé.Fonds propres nets
  • 4. Ratio Cooke = > 8 %Selon Bâle I, les fonds propres exigibles sont calculés sur la base dune somme pondérée desdifférents types dactifs dune banque; ces pondérations cherchent à refléter le niveau de risquede chaque catégorie dactifs.Pondérations (%) Nature des encours0 Créances sur des Etats de lOCDE 20 Créances sur les banques 50 et les collectivités locales des Etats de lOCDECréances garanties par une hypothèque ou crédit bail 100immobilierToutes les autres créances telles que les obligations du secteurprivé, la dette des pays en voie de développement, les créancesdes pays hors OCDE, les actions, limmobilier, les bâtimentsindustriels et les machines Tableau 1.1 : La pondération des encours dans Bale 1Ce ratio, fut instauré dans la plupart des pays de lOCDE au début des années 1990. Il futaménagé en 1996 afin dy intégrer la gestion des risques de marché.Lamendement de 1996En plus de lintégration du risque de marché dans le calcul du ratio de solvabilité,lamendement de 1996 a accordé aux banques la possibilité de recourir à leurs propresmodèles internes de risque de marché pour définir le niveau de fonds propres nécessaires. Il aenfin, permis lintégration de certaines garanties hors bilan qui nétaient pas prises en comptedans laccord initial, telle que la titrisation des créances.Dabord appliqué aux pays du G10 et aux banques exerçant leur activité à linternational,laccord Bâle1 sétend progressivement à la plupart des banques dune centaine de pays.1 Du nom du Président du Comité de Bâle de lépoqueIII. LES LIMITES DE BALE IDepuis la fin des années 90, les limites des accords de Bâle, notamment en termes dexigencesde fonds propres pour les risques de crédit devenaient de plus en plus apparentes.
  • 5. En effet, Bâle I a permis datténuer les inégalités concurrentielles, les banques se couvrantsystématiquement de fonds propres à hauteur de 8 % de leurs engagements. Toutefois, ilcorrespond à un système simplifié, peu sensible au niveau réel des risques et qui présenteplusieurs limites:· Le ratio Cooke ne prend pas en considération de manière pertinente et suffisamment précisele niveau réel du risque de crédit, celui-ci est évalué de façon forfaitaire en fonction du typede contrepartie et du produit. En particulier, le ratio ne tient pas compte des différences dequalité des emprunteurs privés puisque quasiment tous les prêts au secteur privé supportentdes charges en fonds propres identiques, quelle que soit leur maturité, leur montant ou lasolidité financière de leurs bénéficiaires ;· Le ratio Cooke ne tient compte ni de lévolution du niveau de risque (changement de lanotation), ni du taux de recouvrement (qualité de la garantie) ;· Le ratio Cooke ne prend pas en considération la réduction potentielle du risque induite par ladiversification du portefeuille parmi de nombreux emprunteurs, industries et localisationsgéographiques. Par exemple, le capital réglementaire est le même, que la banque ait consentiun prêt de 100 millions de dinars à une seule entreprise ou que la banque ait fait 100 prêts de1 million de dinars chacun à 100 entreprises différentes appartenant à des secteurs dactivitédifférents ;· Fixer une borne inférieure du ratio à 8% nest basé sur aucun fondement économique.· Le ratio Cooke ignore dautres risques fortement présents dans lactivité bancaire comme lerisque opérationnel ;· Enfin, laccord de 1988 ne permet pas la compensation des risques (netting) et noffre ainsiaucune incitation au recours aux techniques de couverture du risque de crédit comme lesdérivés de crédit.Ratio bancaire sommaire, Bâle I nest plus adapté à la sophistication croissante des activitésbancaires.IV. LE DISPOSITIF BALE IIEn raison de lévolution considérable de lactivité bancaire, des marchés financiers, desméthodes de gestion du risque et des pratiques de surveillance, intervenus depuis la signaturedu premier accord, le Comité de Bâle, présidé alors par W. Mc Donough a jugé nécessaireden réviser le contenu.4.1 Les piliers de Bâle II :En 1999, le comité de Bâle propose son premier document consultatif (CP1) posant les termesde la réforme autours de trois piliers :1. les exigences minimales en matière de fonds propres (Pilier 1)2. le processus de surveillance prudentielle et de contrôle interne (Pilier 2)
  • 6. 3. la communication financière et la discipline du marché (Pilier 3)A. Le Pilier 1 : les exigences minimales en matière de fonds propresBâle II permet une plus grande différenciation dans les exigences de capital en fonction de laqualité des risques de crédit, qui dépend entre autres de la probabilité de défaut de lacontrepartie et de la perte en cas de défaut.Laccord permet également un traitement plus exigeant mais aussi plus adapté des opérationsde marché, avec des techniques renouvelées destimation de lexposition au risque decontrepartie (EPE) et une prise en compte plus stricte du risque de défaut dans la mesure durisque de marché et du risque de participation actions.La grande nouveauté est lapparition dune charge en capital pour le risque opérationnel, quipeut être évaluée de façon très forfaitaire en fonction des revenus ou selon le modèle internede la banque dans le cas du choix de méthodes avancées. .Lancien ratio de solvabilité connu par « ratio Cook » a été remplacé par le ratio dit «McDonough ». Ce nouveau ratio, ne change pas lassiette de calcul «fonds propres /risques»qui reste fixée à 8%. Par contre, une ventilation du risque en fonction de sa nature sera exigée(risque de crédit comptant pour 75%, le risque opérationnel pour 20% et le risque de marchépour 5%). Il faut marquer lintroduction du risque opérationnel dans lexigence des fondspropres.Fonds propres netsRatio Mc Donough = > 8 %Risque de crédit + Risque de marché + Risque opérationnelB. Le Pilier 2 : le processus de surveillance prudentielle et de contrôle interneLe deuxième pilier vise à introduire une cohérence entre les risques assumés et lallocation defonds propres. Il est fondé sur quatre principes fondamentaux :· Lappréciation, par létablissement bancaire, des fonds propres qui lui sont nécessaires (soncapital économique),· La surveillance prudentielle de ce processus de mesure et dallocation des fonds propres(avec la comparaison des fonds propres réglementaires et des fonds propres économiques),· Des fonds propres pouvant être supérieurs aux minima réglementaires,· Lintervention, en cas de besoin, des superviseurs.Un rôle plus important est octroyé aux autorités de surveillance. Ces dernières doivent, pourchaque établissement bancaire, sassurer du caractère adéquat du processus dévaluationinterne de la solvabilité et peuvent, si nécessaire, imposer des exigences de solvabilité plus
  • 7. élevées que les exigences minimales définies précédemment au titre des risques de crédit dansle cadre du pilier 1. Ce processus dévaluation interne de la solvabilité est appelé ICAAP «Internal Capital Adequacy Assessment Process »C. Le Pilier 3 : la communication financière et la discipline du marchéLa discipline de marché doit être plus efficace en sappuyant sur une communicationfinancière qui favorise la transparence, notamment sur létat des risques et la façon de lesmesurer. Le moyen datteindre ce but sera la publication dun niveau élevé dinformations et lerespect de pratiques saines en matière de comptabilité et de valorisation qui sont duneimportance décisive en matière de normes de fonds propres.4.2 La mesure du risque de crédit selon Bâle II:Les instruments de gestion des risques diffèrent sensiblement en fonction de la taille de labanque, des métiers quelle exerce et de son aversion au risque.Pour répondre à cette diversité, le Comité de Bâle propose pour chaque type de risque desméthodes de calcul entre lesquelles chaque banque pourra choisir, en fonction du degré dedéveloppement de ses techniques de gestion.En matière de traitement du risque de crédit, le Comité de Bâle propose deux approches pourle calcul des exigences en fonds propres: Une approche standard et une approche fondée sur lanotation interne :A. Lapproche standard (Standardized Approach):Lapproche standardisée est conceptuellement assez proche de celle précédemment utiliséedans lAccord de Bâle I. Elle consiste à mesurer le risque de crédit dune manière standard, ensappuyant sur des notations externes fournies par des agences de rating, reflétant la qualité decrédit des emprunteurs.Selon cette approche, les besoin en fonds propres sont calculés comme suit : FP = [E(Pondérations x Expositions)] x 8 %Les pondérations sont déterminées en fonction des notations externes, de la classe dactif et dela catégorie de lemprunteur. Les expositions sont les encours nets de provisions spécifiques.Les techniques de réduction des risques, telles que les garanties et les dérivés de crédit, sontprises en compte par cette approche de manière simplifiée.Lapproche standard est en principe réservée aux banques de petite et moyenne taille. Lesbanques de taille plus significative peuvent y recourir si elles ne peuvent adopter les méthodesde notations internes dans un premier temps.B. Lapproche fondée sur la notation interne (ou IRB):La promotion des méthodes de notation interne du risque de crédit est lun des principauxobjectifs du comité de Bâle,
  • 8. Cette approche a été conçue en tenant compte des résultats des enquêtes menées auprès desétablissements et associations bancaires qui ont mis en évidence que lensemble desétablissements ne sont pas à même de disposer des données nécessaires au calcul de tous lesparamètres quantitatifs du risque de crédit. Ainsi, la méthode de notation interne se déclineelle-même en deux approches :· Lapproche IRB Fondation (Internal Ratings Based approach Foundation): Dans laquellelétablissement évalue uniquement la probabilité de défaut (PD), les autres facteurs de risqueseront dérivés à travers lapplication de mesures standards fournies par les autorités desupervision.· Lapproche IRB Avancée (Internal Ratings Based approach Advanced): Cette approche estouverte aux banques ayant démontré leur capacité destimer de manière fiable et constantedautres paramètres de risque en plus de la probabilité de défaut (PD). Il sagit essentiellementde la perte en cas de défaut (LGD) et lencours lors du défaut.Il est à noter que le passage à une approche plus sophistiquée fait lobjet dun choixirréversible «effet cliquet», cela veut dire quun établissement adoptant une approche diteinterne ou avancée ne peut décider par la suite de revenir à une approche moins sophistiquée,que pour un motif dûment justifié, après autorisation des autorités de contrôle.4.3 La mise en place de Bâle IICent pays environ prévoient dappliquer Bâle II dans les prochaines années, selon une enquêtefaite en 2006 par lInstitut pour la stabilité financière. Cela montre tout lintérêt quy attachentles banques et leurs autorités de contrôle.Bien que les discussions sur Bâle II se concentrent généralement sur les approches avancées,les banques seront beaucoup plus nombreuses à appliquer les approches standards (qui sontparfaitement valables et appropriées pour de nombreux établissements), surtout pendant lespremières années.Pour gérer les risques du passage à Bâle II, les approches avancées seront introduitesprogressivement en un an ou deux, période pendant laquelle Bâle I continuera à sappliquer.Dans les deux ou trois premières années, un «plancher» de fonds propres sera mis en place,afin déviter une chute brutale des exigences de fonds propres. Ce plancher seraprogressivement supprimé à la fin de la période de transition, mais les autorités de contrôlepourront exiger quil soit maintenu pour certaines banques.Pour diverses raisons (retards de la législation et efforts quont dû faire les banques et lesautorités pour former le personnel et augmenter leurs capacités), la mise en oeuvre a étéreportée dans beaucoup de pays. Les pays de lUnion européenne ont adopté lapprochestandard en 2007 et commencent cette année dappliquer les approches avancées, tandis queles banques des États-Unis peuvent demander une période de fonctionnement parallèle desdeux approches pendant trois ans avant dadopter en 2011 les approches avancées.Actuellement, la plupart des systèmes bancaires qui ont adopté Bâle II sont encore à lapériode de transition, les plus avancés étant arrivés au stade du fonctionnement parallèle ou de
  • 9. lapplication du plancher. Le cadre nétait donc pas encore mis en oeuvre dans beaucoup depays à lété 2007, quand les turbulences ont commencé sur les marchés financiers.V. LES FONDS PROPRES REGLEMENTAIRES ET LES FONDS PROPRESECONOMIQUESEn plus de leur rôle de financement, les fonds propres jouent un rôle économique trèsimportant. Ceux-ci représentent un élément essentiel dans la gestion des risques dans lamesure où ils reflètent le niveau de solvabilité de létablissement et constituent la seulegarantie des créanciers en cas de faillite de ce dernier.Deux concepts de fonds propres bancaires sont souvent confondus, il sagit du concept defonds propres réglementaires et celui de fonds propres économiques.5.1 Les fonds propres réglementaires:Les fonds propres réglementaires correspondent à lexigence de fonds propres définie par lerégulateur pour faire face aux différents risques supportés par la banque. Ceux-ci sont scindésen 3 tiers et doivent couvrir lexigence de fonds propres telle que définie par le régulateur,sachant que le Tier 3 peut seulement couvrir une partie des risques de marché.A. Fonds propres de Base (Tier 1 ou noyau dur) :Les fonds propres de base sont définis par leur caractère permanent, leur subordination légaleaux droits des déposants et autres créanciers et par le fait quils nexigent pas de charges fixesobligatoires en contrepartie des gains. Ils incluent donc le capital, les réserves1 autres quecelles de réévaluation et le résultat de lexercice non distribué.B. Fonds propres complémentaires (Tier 2) :Ceux-ci ne sont pris en compte que dans la limite de 100% des fonds propres de base. Audelà, ils peuvent être inclus dans les fonds propres sur-complémentaires.1 Il sagit des réserves légales, statutaires, les réserves réglementées et les autres réserves quisont toutes constituées par affectation des résultats passés.Les fonds propres complémentaires incluent:· Les réserves de réévaluation comptable : elles ne sont incluses dans la catégorie 2 quàconcurrence de 50% de leur montant.· Les provisions générales : elles ne peuvent êtres supérieures à 1,25% des actifs auxquelselles font lobjet.· Les types de capitaux hybrides : peuvent faire partie de la catégorie 2 sils sont non garantis,subordonnés, entièrement versés, et sils ne sont pas remboursables sans consentementpréalable de lautorité de contrôle.
  • 10. · Les dettes à long terme subordonnées : elles comprennent les dettes traditionnelles nongaranties et subordonnées avec un terme initial fixe de plus de cinq ans. Le montant de cesdettes ne peut dépasser 50% des fonds propres de base.C. Fonds propres sur-complémentaires (Tier 3) : Ils sont composés des éléments suivants:· les bénéfices intermédiaires tirés du portefeuille de négociation ;· les emprunts subordonnés dune durée supérieure à deux (02) ans, et dont ni le paiement desintérêts ni le remboursement du principal ne peuvent contrevenir au respect de lexigenceglobale en fonds propres ;· la part des ressources subordonnées non retenues au titre des fonds propres complémentaires5.2 Les fonds propres économiques:Les fonds propres économiques représentent une estimation du montant de fonds propres quela Banque juge nécessaire pour couvrir les pertes inattendues, auxquelles elle peut avoir àfaire face dans le cours de ses activités, pour satisfaire aux exigences de ses actionnaires et deses créanciers, notamment en termes daversion au risque. Ils reflètent les risques propres àchaque métier et doivent être calculés à lhorizon correspondant à la période de tempsnécessaire pour résoudre les problèmes liés aux risques. Leur montant suffit donc à couvrirlensemble des risques de crédit, de marché, et des risques opérationnels.Le niveau des fonds propres économique est déterminé en fonction de laversion desdirigeants au risque mais aussi en fonction du rating auquel la Banque aspire, ce rating définitimplicitement le seuil maximal au-delà duquel les pertes possibles sont dune rareté et duneampleur telles quil est non économiquement viable de sen protéger.Prenons lexemple dune banque qui vise une note AA sur un horizon dun an. Cela correspondà un taux de défaut de 0,03%, ce qui veut dire que les Fonds propres doivent pouvoir couvrirles pertes dans 99,97% des cas : on parle alors de seuil de tolérance de 99,97%. Le capital économique se différencie du besoin en capital réglementaire que ça soit dans saversion « Cooke » ou même dans les propositions connues « Mc Donough » notamment par laprise en compte de la structure du portefeuille concerné, et de la diversification des risques ausein de ce portefeuille. Il repose sur une vision « économique » des risques, par nature adaptéeà un portefeuille dactivités et donc plus précise que la vision prudentielle étalonnée sur unevision moyenne de lindustrie des services financiers.
  • 11. Figure 1.1: Fonds propres économiques et réglementairesLa divergence entre les approches utilisées pour le risque réglementaire et le risqueéconomique, qui a eu pour conséquence des objectifs contradictoires en termes de gestion ducapital, a constitué un des problèmes majeurs soulevés par le nouvel accord de Bâle.En effet, dans le cadre des propositions initiales du nouvel accord de Bâle, le calibrage enmatière dexigence relative aux fonds propres était flou et non systématique. Grâce auprocessus de consultation mis en place par le Comité de Bâle, on a pu assister ces dernièresannées à une amélioration entre les approches propres au capital économique et au capitalréglementaire.CONCLUSIONDans son nouvel accord et à travers lapproche basée sur la notation interne, le comité de Bâlea incité les établissements de crédit à développer leurs propres outils dappréciation du risquede crédit.Cette incitation a poussé de nombreuses banques à adopter de nouvelles méthodes utilisant lanotation interne, particulièrement celles fondées sur un concept devenu commun dans ledomaine bancaire, connu sous lappellation RAROC ou Risk Adjusted Return On Capital.Lobjet du chapitre suivant sera de mettre laccent sur laspect théorique de ce concept.CHAPITRE I:LA NOTION DE RAROCDans lenvironnement bancaire, la gestion des risques et de la rentabilité sont indissociables.Dune part, les risques engendrent linstabilité des résultats de la banque. Dautre part la prisedes risques est la condition dune meilleure rentabilité future. Savoir gérer le couple Risque-Rentabilité constitue pour la banque un atout incontestable dans un environnement instable etcaractérisé par la concurrence.Etant conscientes de cette réalité, de nombreuses banques ont développé des méthodesavancées leurs permettant une meilleure gestion du couple Risque-Rentabilité. La plus utiliséeparmi ces méthodes est connue sous le nom RAROC pour Risk Adjested Return On Capial.
  • 12. Lobjet de ce chapitre sera de mettre en évidence les principaux aspects théoriques liés à lanotion RAROC. Nous allons commencer dans une première section par introduire le conceptde mesure de rentabilité ajustée pour le risque. En suite, nous allons présenter la notion deRAROC dans une seconde section. Quand à la troisième, elle portera sur les paramètresconstituant RAROC. SECTION 1: LE CONCEPT DE MESURE DE PERFORMANCE AJUSTEE POUR LE RISQUETraditionnellement, les performances au niveau dun établissement bancaire sont mesurées enrapportant des indicateurs de rentabilité financière (marge dintérêts, PNB, Résultat net,...) auxfonds propres comptables de la banque. En effet, cette approche nest pas tout à fait correcte,elle présente en effet deux inconvénients majeurs : dabord la mesure comptable des fondspropres est un indicateur insuffisant du risque, en outre, ces mesures sont définies à léchellede létablissement, puisque les fonds propres ne sont pas alloués à des transactions ou lignesdactivité spécifiques.Dans lunivers financier, un niveau de performance na pas de sens indépendamment desrisques encourus pour latteindre. Pour chaque niveau de performance, il ya un prix à payer entermes de risque. Cest ce qui est traduit par le principe fondamental de la théorie financière :seul le risque est rémunéré.Les mesures de performances ajustées pour le risque (couramment appelées Risk AdjustedPerformance Measurement ou RAPM) ont été mises en place justement pour répondre àcette problématique et pour permettre de ce fait aux managers de déterminer lesquelles desactivités sont profitables, en comparant leur rendement ajusté pour le risque contre unemesure appropriée du coût de capital.I. DEFINITION DUNE RAPM :Une mesure de rentabilité ajustée pour le risque (RAPM) peut être définie comme le ratio durésultat obtenu (ou espéré) sur une position sur les capitaux quil faut mettre en réserve pourcouvrir la plus grande majorité des pertes possibles (perte maximale). Un ajustement peut sefaire en déduisant une prime de risque soit du résultat soit du capital soit des deux. Cetteprime de risque exprime la perte probable encourue sur la position.II. LES FONCTIONS DES RAPM :Les quatre principales fonctions dun système de performances ajustées pour le risque sont:1) La comparaison des performances dactivités présentant des niveaux de risque différents :Un gestionnaire qui dégage un bénéfice de un million en gérant des bons du trésor nutilisepas le capital de la banque de la même manière que celui qui gagne un million en spéculantsur des titres très volatiles1. Il faut tenir compte non seulement de la1 Jean Laurent VIVIANI - Mesures de performances ajustées pour le risque et allocation descapitaux propres.P2
  • 13. marge bénéficiaire dégagée par un gestionnaire mais aussi du risque quil fait subir à soninstitution.2) Laide à la décision dengagement sur la base du couple risque/rentabilité : Les RAPMpermettent de détecter les activités qui présentent un avantage compétitif et facilitent de cefait la tache du gestionnaire qui consiste à constituer le portefeuille lui permettant demaximiser la rentabilité de son établissement tout en prenant des risques acceptables. LesRAPM présentent des mesures ex-ante qui permettent donc de raisonner sur des anticipationsde résultat et de risque.3) La facturation clients en fonction des risques : Il serait déloyal de faire supporter descharges similaires à deux contreparties présentant des profils de risque différents. Les RAPMpermettent de mettre en place un système de tarification différentielle de façon à faire assumerindividuellement à chaque client le coût des risques auxquels son prêteur pourrait être exposé.Ainsi, les emprunteurs présentant une situation stable et rentable supporterons un coûtmoindre à ceux ayant un profil plus risqué paieront davantage.4) Lallocation efficiente des fonds propres : Les fonds propres globaux doivent être allouésaux centres de décisions. Inversement les consommations de fonds propres des centres dedécisions doivent être ajustées sur les fonds propres globaux. Les RAPM facilitent lesdécisions dallocation des fonds propres de la banque. Elles permettent ainsi le calcul descapitaux propres nécessaires pour couvrir lensemble des risques pris par les gestionnaires etde les ajuster sur les fonds propres économiques, réels ou réglementaires.III. LES PRINCIPALES RAPM :Selon la méthode dajustement utilisée, résultent trois ratios de type RAPM :· RAROC (Risk Adjusted Return On Capital) : lajustement se fait en déduisant une prime derisque du résultat, et le rapporter aux fonds propres qui lui sont alloués. Le RAROC consistedonc à moduler les marges, pour corriger la rentabilité requise en fonction du risque sansmoduler le capital de référence.·RAROC =Fonds propresRésultat ajustéRORAC (Return On Risk Adjusted Capital) : Un ajustement de type RORAC consiste àrapporter les résultats non-ajustés aux fonds propres corrigés par le risque encouru (Fondspropres économiques). RésultatRORAC = Fonds propres ajustés
  • 14. · RARORAC (Risk Adjusted Return On Risk Adjusted Capital): Il tient compte des deuxtypes dajustements: dabord une prime de risque sera retranchée du résultat, puis ce résultatajusté sera rapporté aux fonds propres corrigés par le risque encouru.RARORAC = Fonds propres ajustés Résultat ajustéAu plan conceptuel, le RARORAC est le meilleur ratio de référence. Dailleurs, par la suitenous allons nous intéresser uniquement à ce dernier. Cependant, du point de vue de laterminologie, la désignation RAROC sera adoptée tout au long de notre travail. SECTION 2 : PRESENTATION DE RAROCI. HISTOIRE DE RAROC :Lélaboration de la méthodologie RAROC a commencé vers la fin des années 70, dans unepériode où la finance directe a pris sa revanche sur la finance indirecte, notamment après lanouvelle théorie du portefeuille de Morkowitz (1952), basée sur la diversification et le coupleRentabilité-Risque.La méthode RAROC a été lancée aux Etats-Unis au sein de la Bankers Trust par soningénieur financier Charles S. SANFORD. Lidée originelle était de mesurer le risque duportefeuille de crédit bancaire, aussi bien que le montant de capitaux propres nécessaires pourlimiter lexposition des déposants de la banque et autres créanciers à une probabilité spécifiéede perte. Depuis lors, la méthode RAROC a connu une large diffusion au sein de plusieursbanques. Dabord dans les pays anglo-saxons, puis rapidement, son utilisation a connu unegénéralisation dans le reste du monde.Ladoption de la méthode RAROC par les banques françaises a été plus tardive. En effet, lepremier établissement bancaire à avoir introduit cet instrument était le Crédit Lyonnais avecson application OR2 (Optimisation Risque-Rentabilité), dont lobjectif essentiel était la luttecontre la dégradation durable des résultats de la banque, causée essentiellement par lesmanquements aux principes de base du métier, comme la diversification des engagements etle manque de professionnalisme la sous-tarification du crédit.Quelques années plus tard, dautres banques françaises ont suivi la même démarche, à limagede Société Générale qui a lancé « Le projet RAROC » en 1997, puis la BNP Paribas en 2000.II. DEFINITION DE RAROC :RAROC est un indicateur synthétique permettant de mettre en regard la rentabilité réelledune opération avec le risque qui lui est associé: cest le ratio entre la marge netteprévisionnelle après déduction des pertes moyennes anticipées (Expected loss) et une mesurede la perte inattendue (Unexpected Loss).
  • 15. En termes de gestion des fonds propres, le RAROC peut être défini comme étant un ratio quiexprime le taux de rendement des fonds propres économiques : Cest donc le rapport entre lerésultat ajusté des provisions correspondant à la perte attendue, et les fonds propres destinés àcouvrir les pertes inattendues. Comme il sagit dune mesure objective, et non réglementaire,les provisions et les fonds propres sont tous les deux économiques.Ainsi, nous pouvons écrire le RAROC sous la formule suivante:RAROC = Pertes inattenduesRevenus -- Coûts dopération -- Pertes attenduesOu encoreRAROC = Fonds Propres économiquesRevenus -- Coûts dopération -- Provisions économiquesUne fois calculé, le RAROC est comparé soit à un ratio-seuil (hurdle rate) tel que lerendement des capitaux propres (Return on Equity ou ROE), ou le coût moyen des fondspropres (Weighted Average Cost of Capital ou WACC), soit à un niveau RAROC* cible,fixé préalablement par la banque, à partir duquel elle estime que lopération apporte de lavaleur et devrait être réalisée.III. ILLUSTRATION NUMERIQUE DU CALCUL DE RAROC :Nous présentons dans lexemple suivant une approche comparative entre la méthode classiquede calcul de la rentabilité et la méthode RAROC. Nous considérons deux facilités de mêmemontant et de même maturité, accordés à deux clients de classes de risque différentes.Dans un but de simplification, les récupérations en cas de défaut sont supposées nulles. Cest-à-dire les pertes sont égales aux expositions. Aussi, les marges sont calculées nettes des coûtssupposés proportionnels aux encours. Contrepartie 01 Contrepartie 02Exposition nette A 100000 100000Echéance B 3ans 3ansNotations C A BTaux de défaut moyen sur 3 ans D 0.30% 0.90%
  • 16. Déviation du taux de défaut E 1.23 % 2.70 %Marge commerciale F 0.20 % 0.50 %Perte moyenne G=AxD 300 900Perte maximale H= A x E 1230 2700Recettes cumulées sur 3 ans I = Ax B x F 600 1500Recettes - Perte moyenne J=I-G 300 600Fonds propres économiques K=H-G 930 1800RAROC J/ K 32.25 % 33.33 % Tableau 2.1 : Calcul de RAROC pour deux clients de rating différentLa note de la contrepartie 1 étant meilleure que celle de la contrepartie 2, la margecommerciale va logiquement être plus élevée pour la contrepartie la plus risquée (2).En utilisant une mesure de performance non ajustée pour le risque, lon peut juger que latransaction avec le client 2 est plus rentable, dans la mesure où elle offre la plus forte marge.Toutefois, la mesure de la rentabilité ajustée pour le risque, nous montre que les RAROC desdeux transactions sont presque équivalents. Les deux transactions offrent le même niveau derentabilité ajustée pour le risque.IV. LES TYPES DE RAROC:Selon la date et le périmètre des calculs, nous pouvons distinguer entre quatre types deRAROC à savoir :4.1 RAROC à lorigine:Il est calculé à loctroi du crédit sur la période allant de la date doctroi du concours jusquà sadate déchéance, il est souvent utilisé comme outil daide à la décision ainsi quune méthode detarification des crédits.4.2 RAROC résiduel:Son calcul se fait pendant la période dutilisation du crédit, sur un horizon qui va de la datedobservation jusquà la date déchéance.
  • 17. Le calcul prend immédiatement les changements des caractéristiques des clients (notes), des crédits (provisions) et des garanties. Cependant, la volatilité de ce type ainsi que sa fortedépendance des différents évènements de vie du crédit (commissions, frais de gestion,... etc.)ne permettent pas ladoption dune stratégie par client.14.3 RAROC annuel:Solution intermédiaire aux deux précédentes, elle peut correspondre à lexercice budgétaire etdonner la possibilité dadopter une stratégie, de fixer des objectifs et de pouvoir mesurer lesrésultats à la fin de la période.4.4 RAROC complet:Le calcul prend en compte, à une date donnée, tous les éléments des engagements en cours, dela date dorigine à la date déchéance de chaque concours. Sa stabilité et son exhaustivité luirendent le plus adéquat pour ladoption dune stratégie que ça soit au niveau individuel (pourchaque client), pour un portefeuille ou encore une activité.Le choix parmi ces différents types de RAROC se fait principalement en fonction delutilisation finale et des attentes de lutilisateur. SECTION 3: LES PARAMETRES DE RAROCAprès avoir défini le concept RAROC, nous nous intéressons dans cette section à présenter lesparamètres rentrant dans son calcul. En effet, RAROC est une combinaison de plusieursparamètres que nous pouvons scinder en deux catégories : les paramètres liés au risque et lesparamètres comptables.I. LES PARAMETRES LIES AU RISQUE:Les deux paramètres de RAROC liés au risque sont évidemment : la perte attendue (Expectedloss) et la perte inattendue (Unexpected loss). Avant de présenter ces deux paramètres, il estindispensable de passer en revue au préalable les trois principales mesures de risque quirentrent dans leur calcul, en loccurrence la probabilité de défaut, lexposition en cas de défautet la perte en cas de défaut. 1.1 La probabilité de défaut (Expected Default Frequency ou EDF):La probabilité de défaut est une notion orientée « contrepartie ». Elle mesure la probabilitédoccurrence dun défaut sur une contrepartie sur un horizon déterminé.1 T. RONCALLI, La gestion des risques financiers. Ed. Economica, Paris, 2004, p. 434.Le concept de probabilité de défaut peut être évoqué selon deux approches : une approchebinaire et une approche graduée
  • 18. Lapproche binaire est basée sur lhypothèse qui suppose que les emprunteurs peuvent êtrerépartis en deux groupes : les défaillants et les non défaillants (sains). Ainsi, la probabilité dedéfaut désigne la probabilité dappartenance dun emprunteur au groupe des défaillants.Dans lapproche graduée, les contreparties sont dabord regroupées dans plusieurs classes derisque. Après on sintéresse à calculer la probabilité de migration de chaque contrepartie versles autres classes (y compris la classe de défaut). Ces migrations sont rassemblées dans unematrice de forme n x (n-1) appelée Matrice de Transition.RatingAAA AAA AA A BBB BB B CCC Default AA 90,81% 8,33% 0,68% 0,06% 0,12 % 0,00 % 0,00% 0,00 % ABBB BB 0,70% 90,65 % 7,79% 0,64% 0,06% 0,14 % 0,02 % 0,00 %B 0,09% 2,27% 91,05 % 5,52 % 0,74% 0,26 % 0,01% 0,06 %CCC 0,02 % 0,33% 5,95 % 86,93% 5,30% 1,17 % 0,12 % 0,18 % 0,02 % 0,14% 0,67% 7,73% 80,53% 8,84 % 1,00% 1,06 % 0,00% 0,11% 0,24% 0,43% 6,48% 83,46% 4,08% 5,20 % 0,22 % 0,00% 0,22 % 1,30% 2,38% 5,00 % 64,85 % 19,79%Tableau 2.2: Matrice de Transition(Source: CreditMetrics, JP Morgan, document technique, 1997)Exemple : La probabilité quune entreprise notée AAA migre vers la classe AA est 8,33%, etla probabilité que cette même entreprise garde sa note est 90,81%1.2 Lexposition en cas de défaut (Exposure At Default ou EAD):Cest la valeur effective du montant du crédit détenue par lemprunteur au moment du défaut.Elle est estimée sur la base des montants des engagements restant dus. La notion dexpositionenglobe les encours bilanciels ainsi quune quote-part des engagements hors bilan. LEADrevêt une double dimension qui couvre les aspects produits et emprunteur.Lexposition en cas de défaut des crédits standards correspond au montant total des fluxcontractuels encore dus. De ce fait, elle est fonction du mode de remboursement etdamortissement.Dans le cas des crédits sur compte comme les découverts et les facilités de caisse, la mesurede lexposition devient plus compliquée en raison du caractère optionnel du crédit et de
  • 19. lincertitude liée aux tirages futurs. En effet, il a été observé que plus la qualité dunemprunteur se détériore plus la probabilité de tirages supplémentaire augmente etinversement, plus sa qualité saméliore plus cette probabilité diminue. Ces constatations ontemmené les banques à faire recours à des mesures basées sur des hypothèses conservatrices,telles que considérer le total de lautorisation exposé à la perte, ou encore mettre deshypothèses sur les tirages futures en cas de changement de notation ou de défaut. Dans ce cas,la formule suivante peut être appliquée :EAD = Montant utilisé + (La part non utilisée x La probabilité de tirage)La probabilité de tirage est estimée à partir de la structure de la facilité et la notation delemprunteur.Dans le calcul de lEAD, le comité de Bâle distingue entre les facilités confirmées et lesfacilités non confirmées. Dans lapproche IRB fondation, il retient un taux forfaitaire de tiragede 75% pour les facilitées confirmées (committed facilities) qui ne peuvent pas faire lobjetdune annulation libre par la banque. Quant aux facilités non confirmées (uncommittedfacilities) qui peuvent être annulées inconditionnellement et en tout moment par la banque, untaux de tirage de 0% sera appliqué et lEAD sera égale par conséquent au montantdutilisation.1.3 La perte en cas de défaut (Loss Given Default ou LGD):La perte en cas de défaut est une notion orientée « Transaction », les pertes étantgénéralement dépendantes des caractéristiques du financement (caractéristiques delemprunteur, caractère subordonné du crédit, garanties reçues, etc...).Exprimée en pourcentage, elle correspond au taux de perte constaté en cas de défaillance. Ellese définit comme une perte économique, qui se mesure en prenant en compte tous les coûtsdirects et indirects liés au recouvrement.La LGD est appréhendée indépendamment du risque emprunteur. Un emprunteur a différentesLGD sil dispose de plusieurs produits.La perte en cas de défaut dépend directement du taux de recouvrement. Mathématiquementelle représente le complément du taux de recouvrement à lunité. LGD = 1 - Taux de recouvrementLe taux de recouvrement dépend principalement des suretés réelles ou personnelles présentéespar lemprunteur (garanties, cautions, hypothèque, etc...), du type de crédit et du niveau deséniorité de lengagement.1.4 La perte attendue (Expected Loss ou EL):La perte attendue correspond au montant que la banque risque de perdre en moyenne sur sonportefeuille de crédit à un horizon donné. Ce montant doit en principe être couvert par desprovisions économiques.
  • 20. Pour chaque ligne de crédit cette perte est fonction de la probabilité de défaut, de lencours audéfaut et de la perte en cas de défaut ELi = EADi x EDFi x LGDiLe caractère linéaire du moment dordre (un) fait que la perte attendue dun portefeuille estégale à la somme des pertes attendues des prêts constituants ce portefeuille. EL portefeuille =? ELiLa perte attendue nest pas évidemment la perte qui sera réalisée effectivement. En effet, lespertes réelles nont pratiquement aucune chance dêtre identiques à cette perte moyenne,celles-ci prennent des valeurs supérieures ou inferieures avec des probabilités nonnégligeables. Mais en moyenne, elles se rapprochent de cette valeur.1.5 La perte inattendue (UnexpectedLoss ou UL):La perte inattendue (ou Unexpected loss) mesure la volatilité des pertes futures nonanticipées. Elle correspond à lécart type de la distribution des pertes. Elle peut être donnéepar la formule suivante : UL = EAD SJEDF2.ó2LGD + LGD2. ó2EDFA. La perte inattendue dune transaction :La perte inattendue dune transaction est une mesure du risque de la transaction avant prise encompte des effets de diversification. Analytiquement, lUL est égale à la volatilité de la valeurde la transaction autour de sa moyenne et est liée à la volatilité des défauts, à la volatilité de lavaleur en cas de non défaut (possibilité de migration à lhorizon) et à la volatilité de la valeuren cas de défaut (la perte en cas de défaut étant une variable aléatoire).La perte inattendue dune transaction est indépendante du portefeuille dans lequel on laconsidère.B. La perte inattendue du portefeuille :LUL dun portefeuille est une mesure du risque du portefeuille après prise en compte de tousles effets de diversification, elle varie donc selon les corrélations de défaut des contrepartiesqui le composent.Grâce aux effets de diversification, lUL dun portefeuille est inférieure à la somme des ULdes transactions : UL portefeuille < ? ULtransactionCela sexplique par le fait que les ULtransaction ne sont pas additives:ULportefeuille = .tJ? j ? ~ ULi.ULj.ñij où:· i et j deux actifs du portefeuille
  • 21. · ñij est le facteur de corrélation entre les titres i et j· 0 ?ñij =1 et ULi > 0 ?éJ?~ ? ~ ULi.ULj.ñij = ? i ? jJULi.ULj.ñijPuisque ñij =1, nous avons :? i ? j %JULi.ULj.ñij = ? i ? jvULi.ULj = ? vULi . ? ~ vULj= (? , vULj )2 < ? |vULj 2| (inégalité de Cauchy)? ~ |vULj |2 = ?ULi , nous aboutissons donc à : ULportefeuille << ?ULiC. La contribution en risque (RC ou Risk Contribution):La perte inattendue du portefeuille est par construction la somme des Contributions en Risque(Risk contribution ou RC) de toutes les transactions le constituant.La contribution en risque (RCi) dune transaction mesure la quote-part de la perte inattendueportée dans le portefeuille, compte tenu de la diminution enregistrée grâce à la prise encompte de leffet de diversification. Elle peut être définie comme la variation du montant totaldes pertes futures non attendues (UL) lorsque lon ajoute cette exposition au portefeuille.La contribution en risque dun prêt i (RCi) est mesurée par : äULpRCi = Xi äXiOù Xi représente la proportion investie dans le crédit i,II. LES PARAMETRES COMPTABLES:Les paramètres comptables de RAROC sont le revenu et le coût dopération. La déterminationde ces deux paramètres au niveau global ne présente aucune difficulté particulière. Tandisquau niveau client ou transaction lestimation du revenu et coût savère très délicate etnécessite des procédures complexes basées sur la comptabilité analytique.3.1 Le revenu:Les revenus mesurent le profit direct tiré de lopération de crédit. Ce profit correspond à ladifférence entre la somme des intérêts et commissions perçus des clients et le montant desintérêts payés par létablissement pour financer les ressources mises à la disposition de laclientèle.
  • 22. Cette définition renvoie directement au concept du Produit Net Bancaire (PNB). On peutadmettre ainsi que le revenu dans le calcul de RAROC nest rien dautre que le PNB.Analytiquement, le PNB correspond à lagrégation de trois postes : la marge sur intérêts, lescommissions nettes et les produits et charges divers· La Marge sur intérêts : elle représente la marge sur lactivité dintermédiation du centre deprofit, elle est égale à la différence entre les intérêts reçus des clients et les intérêts payés.· Les commissions nettes : elles correspondent à la différence entre les commissions reçues dela clientèle et les commissions versées à la clientèle.· Les produits et charges divers : Correspondent essentiellement aux produits du portefeuilletitres de létablissement ainsi quaux opérations de trésorerie et interbancaires.La détermination du PNB par opération repose sur le calcul de la marge sur intérêts et lescommissions liées à cette opération.A. La marge sur intérêts:Lappréhension des marges sur intérêts dune opération de crédit est liée au système de mesuredes capitaux et des taux de cession interne des capitaux qui ont été retenus pour le calcul duPNB.Dans le cas dun RAROC historique, la solution la plus simple consiste à prendre les intérêtsréels versés par le client au cours de la période étudiée et à refinancer les crédits à laide duntaux unique, comme celui du taux de marché monétaire ou celui du coût moyen desressources. Dautres méthodes plus complexes peuvent être choisies, comme par exemplecelle consistant à refinancer les prêts consentis à la clientèle suivant des taux dépendantuniquement des conditions de marché1.Dans le cas dun RAROC ex-ante, lestimation des intérêts à percevoir seffectue en deuxétapes : le calcul des intérêts en prenant en compte le taux dintérêt appliqué et léchéance ducrédit, puis lactualisation de ces flux.B. Les commissions :Contrairement au calcul de la marge sur intérêts, le calcul des commissions ne pose pas tropde problèmes particuliers. Les commissions sont généralement bien appréhendées, client parclient, par les systèmes informatiquesF2F.Dans lapplication de RAROC, plusieurs approches liées au calcul des commissions ont étéproposées, cela revient à la disparité des auteurs quand à la prise en compte de quelques typesde commissions ou non. Lapproche la plus éminente est celle qui suppose que lescommissions qui doivent être prises en compte sont celles liées directement à lopération decrédit (frais de dossier, commissions dimpayés ou de remboursements anticipés, commissionsde cautions...).1 M. ROUACH & G. NAULLEAU. Le contrôle de gestion bancaire et financier .Ed La revuebanque. Paris. P172
  • 23. 2 Même ouvrage P173Dans une approche plus extensive, on intègre également les commissions perçues par labanque de sa relation avec la clientèle qui a pu naître suite à loctroi du crédit et qui permet lavente dautres produits et services (Les commissions de caisse, les commissions de tenue decompte...).Lapproche la plus restrictive suppose que les commissions doivent être écartées dunumérateur de RAROC, dans la mesure où ce dernier est considéré comme un outil detarification ajustée au risque qui sintéresse à la rentabilité intrinsèque du crédit (relative à latransformation des ressources en emplois) et non à la rentabilité additive (relative auxservices) générée par les commissions.3.2 Le coût dopération:Lestimation des coûts dopérations exige le passage par une étape primordiale dans lacomptabilité analytique, il sagit de faire transiter les charges par les centres de responsabilitéavant de les attribuer aux produits.Avant de passer au traitement des charges, nous allons aborder de façon succincte le conceptde répartition de la banque en centre de responsabilité.A. Définition des centres de responsabilité analytique :Un centre de responsabilité se définit comme une entité de gestion dont le responsable disposedune délégation formelle dautorité pour négocier des objectifs et des moyens et dotée dunsystème de pilotage de sa gestion. Plusieurs types de centre de responsabilité peuvent êtredistingués :Les centres de coûts : Ils nengendrent que des charges afin de réaliser une prestation ou unproduit. Pour le responsable, il sagit de respecter un niveau de charge et un budget global defonctionnement. Dans la banque, les centres de coût sont particulièrement nombreux, doùlintérêt de les rattacher à lune des catégories suivantes :· ULes centres de structureU: qui réalisent des prestations non identifiables et non répétitives.Leur mission est de contrôler et de coordonner les activités des autres centres comme parexemple la direction générale ou la direction des engagements ;· ULes centres de support:U qui réalisent des prestations identifiables et non répétitives et dontle mode opératoire nest pas aisé à formaliser. On trouve les centres de support au sein desservices généraux comme linformatique et lorganisation, le marketing ou les étudeséconomiques et financières ;· ULes centres opérationnels:U qui réalisent des prestations identifiables, répétitives et à modeopératoire formalisé, comme le traitement des chèques et virements ou lexécution des ordresde bourse. Ces centres livrent aux autres centres des prestations dont ils ne maîtrisent pas levolume et qui sont non rémunérées. Les centres de profits : ces entités de gestion sont responsables des coûts mais aussi génératrices de recettes car elles réalisent des prestations à caractère commerciale ou
  • 24. financier. Le responsable dun centre de profit dispose dune délégation de pouvoirs couvrantles conditions de la négociation commerciale. Les agences bancaires constituent les centres deprofit les plus importantsB. Nomenclature des charges de fonctionnement :Selon leur appartenance aux différents centres de responsabilité de la banque, les chargespeuvent être scindées en deux catégories : les charges directes et les charges indirectes :1) Les charges directes :Les charges directes sont des charges qui peuvent être reliées sans équivoque au produit quileur a donné naissance. La liaison est évidente et le facteur de production concourt totalementou partiellement à lélaboration du produit1.Ces charges peuvent être affectées directement au produit au moyen dunités daffectationchoisies de façon adéquate. Une unité daffectation peut être définie comme étant une unité demesure de charges pouvant être exprimées en terme monétaire.Les principales charges directes sont : les frais de personnel, les charges de machine, les coûtsimmobiliers et les charges déconomat.· Les frais de personnel : ces frais constituent la partie la plus importante des charges directes.Ils représentent tous les frais relatifs aux effectifs pris au sens large. Cest-à- dire incluant nonseulement la masse salariale mais aussi les frais de formation, de recrutement, de relationssociales... etc. Lunité daffectation la plus logique est le cout minute de lemployé.· Les charges de machines : elles représentent les charges issues de lutilisation des différentscalculateurs, imprimantes, trieuses de billets... etc. Lunité daffection la plus appropriée pources charges est le coût minute de fonctionnement de la machine.· Les charges immobilières : liées directement aux surfaces occupées qui incluent leurs fraisdentretien, lamortissement des locaux, les loyers et les différents impôts et taxes afférents,...etc. Lunité daffectation est le coût du mètre carré occupé par lunité administrative, lessurfaces communes sont ajoutées aux surfaces occupées au prorata des effectifs de chaqueunité.· Les charges déconomat : elles sont de natures extrêmement diverses. Elles regroupent lesfournitures de bureau, les charges en papier, imprimés, téléphone, fax, télex,... etc. Lescharges déconomat sont généralement évaluées selon un coût forfaitaire moyen par opération.1 Sylvie de Coussergues, gestion de la banque, édition DUNOD, Paris, 20002) Les charges indirectes :Les charges indirectes sont celles qui ne peuvent être reliées immédiatement au produit donton calcule le coût. Ce sont des charges engendrées par des structures qui ne participent pasdans lexploitation bancaire. Il sagit des structures de la fonction assistance ainsi que lesniveaux hiérarchiques les plus élevés des autres fonctions.
  • 25. Les charges indirectes représentent la difficulté principale du calcul du coût. Les clés derépartition utilisées pour leur affectation sont souvent arbitraires et ne permettent pas uncalcul fin des différentes rentabilités.C. Le processus daffectation des charges:1) La détermination des charges à retenir en comptabilité analytique :Certaines charges enregistrées en comptabilité générale ayant un caractère exceptionnel -charges non incorporables - sont exclues. Inversement, dautres charges qui ne sont pasenregistrées en comptabilité générale - charges supplétives - sont introduites.+ Charges de comptabilité générale + Charges supplétive- Charges non incorporables= Charges incorporables de comptabilité analytique2) Laffectation des charges aux centres de responsabilité :Dans cette étape, les charges incorporables calculées dans la première étape, vont êtreaffectées aux différents centres de responsabilités. Leur affectation suppose leur maîtrise parles responsables des centres, chose qui est difficile à appréhender dans la mesure où lesresponsables ne sont souvent capables de décider pour une part de leurs charges que suraccord de leur responsable.3) La ventilation des charges des centres fonctionnels et des centres de structureCette étape consiste à répercuter sur les centres de profit et opérationnels les chargesindirectes générées par les centres fonctionnels et les centres de structure. Cette démarchesappuie sur des clés de repartions conventionnels.4) Le calcul des coûts dopération :Les centres opérationnels livrent des prestations indentifiables et répétitives aux centres deprofit moyennant un prix, ce prix est appelé coût opératoire. Pour le calculer, plusieursméthodes peuvent être utilisées (coût réel, coût standard, ...).5) La facturation des coûts dopérations aux centres de profit :Cette dernière étape consiste en laffectation des charges des différents centres opérationnelsaux centres de profit. Il sagit dune facturation interne tenant compte du volume et des coûtsunitaires des opérations.D. Les méthodes de calcul des coûts dopération :De nombreuses méthodes sont possibles pour calculer les coûts des opérations, le recours àchacune dentre elles dépend des circonstances dutilisation et des besoins. Nous allonsprésenter brièvement les méthodes les plus utilisées:
  • 26. 1) La méthode du cout réel :Il est calculé en divisant lensemble des charges du centre opérationnel par le nombredopérations effectuées par ce dernier. Par exemple si le back-office effectue 10 000 ordres debourse sur une période déterminée et que le total des charges constatées durant cette périodeest de 100 000 um, le coût unitaire moyen dun ordre de bourse au back-office serait de10um.Cette méthode présente deux inconvénients : dabord, Les variations du coût réel dues auniveau dactivité des centres opérationnels nuisent à la perception des performances dans lamesure où le centre de profit nest pas responsable de ces variations. De plus, Les coûts réelsfacturés par les centres opérationnels peuvent être différents des prestataires externes lesquelsseront facturées au prix de marché.2) La méthode des coûts standards :Elle consiste à calculer des coûts prévisionnels - dans un contexte de fonctionnement normaldes centres de responsabilité - qui constitueront une norme à respecter pour une période futuretel que lexercice budgétaire. Ils sont obtenus en divisant les charges globales prévisionnellesdu centre opérationnel par le nombre dopérations prévues. Prenons lexemple dun centre detraitement de chèques qui prévoit de traiter 1 000 000 chèques sur une période future.lescharges prévisionnelles sont estimées à 10 000 000 um, ce qui fait que le coût moyen unitairestandard du traitement dun chèque serait de 10um pour la période considérée.Ainsi, la méthode des coûts standards permet déviter linfluence de la variation du niveaudactivité des centres opérationnels sur les centres de profit3) La méthode des coûts de marchéSelon cette méthode, la facturation des opérations sera faite au prix de marché. Ce prixcorrespond au coût pratiqué par lensemble du secteur ou sur la base des prix proposés par dessous-traitants. Elle permet de ce fait de comparer en permanence les niveaux de performanceinternes à ceux du marché. Cependant, la disparité des conventions analytiques employées parles banques dans la détermination de leurs coûts et le manque dinformations rendent sa miseen oeuvre délicate.4) La décomposition en coûts fixes et coûts variablesCette méthode distingue les charges liées à lactivité (les charges variables) de celles liées à lacapacité et à la période (les charges fixes). Elle sert à fixer un seuil de rentabilité (notion depoint mort) et à appréhender les effets de variations des volumes dactivité sur les coûtsunitaires. Toutefois, elle nest pas très sollicitée dans le secteur bancaire en raison dedifficultés techniques et dappréhension des critères de variabilité des charges.5) La méthode ABCLa méthode ABC (Activity Based Costing) découle du principe disant que les produitsconsomment des activités et les activités consomment des ressources. Les ressourcesconsommées par un service (personnel, équipement, locaux) sont allouées par « inducteurs deressources » aux différentes activités réalisées. Par la suite des « inducteurs de coûts » sont
  • 27. déterminés pour pouvoir allouer les coûts des activités aux produits. Ces inducteurs sesubstituent aux unités doeuvre ou aux clés de répartition utilisés dans la comptabilitéanalytique conventionnelle.Cette méthode permet un suivi par activité, cependant elle est complexe à mettre en oeuvre.La méthode ABC vise à améliorer lexploration des charges indirectes dans lensemble descoûts. Elle permet dapporter une aide en termes de tarification, en liaison directe avec lacomptabilité analytique.CONCLUSIONA travers ce chapitre, nous avons mis laccent sur le concept RAROC et ses différentsparamètres.Dans ce qui suit, nous allons voir comment peut-on appliquer ce concept dans la gestion durisque de crédit, que peut loutil RAROC apporter pour la banque et quels sont ses limites.CHAPITRE II: LA GESTION DU RISQUE DE CREDITPAR LA METHODE RAROCBien que RAROC en tant que concept soit loin de toute complexité, son application au seindune banque requiert la prise dune panoplie de mesures permettant lestimation des différentsparamètres le constituant.A travers ce chapitre, nous allons présenter RAROC en tant quinnovation managériale pour lagestion du risque de crédit au sein des établissements bancaires. Dans cette perspective, nousallons procéder par une première section traitant le concept de notation interne et lesprocédures des systèmes de rating pour lestimation des paramètres de risques au niveauindividuel.Dans la deuxième section nous allons aborder les principes essentiels de la modélisation durisque de crédit et lapport des modèles dans lestimation des pertes futures.Quand à la troisième section, elle portera essentiellement sur laspect pratique de la méthodeRAROC, ses applications en matière de gestion du risque de crédit et un aperçu sur lapport etles limites de cet outil. SECTION 1: LA NOTATION INTERNELexistence au préalable dun système performant de notation interne dans la banque estindispensable pour la mise en place dun outil de gestion de risque tel que RAROC. Lapertinence de ce dernier est fortement liée à la qualité des outputs du système de notation.Dans cette section nous allons présenter les principaux aspects liés à la notation interne et auxsystèmes de rating au sein des établissements bancaires.
  • 28. 1. ORIGINE DE LA NOTATION:La notation est apparue aux USA au début du vingtième siècle par la publication du premiermanuel de notation de John Moody en 1909. Ce dernier a introduit un système graduel denotation pour les obligations émises par les compagnies des chemins de fer aux Etats-Unis,dont le but était de résumer linformation sur la qualité du crédit et de fournir aux investisseursune information objective sur les entreprises. Depuis, plusieurs agences de rating ont vu lejour à linstar de Fitch Investor Services en 1922 et Standard & Poors en 1924. Cependant,ce nest quaux années 80 que les systèmes de rating ont été adoptés en Europe.2. DEFINITION DE LA NOTATION INTERNELa notation interne constitue un moyen dappréciation du risque de perte consécutif à ladéfaillance de lemprunteur. Cette appréciation tient compte de tous les aspects pouvantrenseigner sur la contrepartie quils soient qualitatifs ou quantitatifs. Le comité de Bâle retientla définition suivante des systèmes de notations internes :« Un système de notation recouvre lensemble des processus, méthodes, contrôles ainsique les systèmes de collecte et informatiques qui permettent dévaluer le risque decrédit, dattribuer des notations internes et de quantifier les estimations de défaut et depertes. »1Quil soit simple ou avancé, un système de notation interne a pour objectif principal daffecterchaque contrepartie à une classe de risque. Les individus ayant été classés au même niveau derisque doivent donc présenter des caractéristiques qui se rapprochent.3. LES DEUX APPROCHES DE LA NOTATION INTERNEIl existe deux grandes approches pour attribuer des notations à des prêts ou des emprunteurs :1 Document consultatif du comité de Bâle, avril 20031) Les systèmes expert : cette première approche repose sur lopinion dexperts ; on parle descore par expertise. Elle reste prépondérante pour les notations des grandes entreprises, despays, des collectivités locales, des financements de projets. Elle sappuie sur une analyseapprofondie des bilans, des projets... et sur une comparaison avec les notations des agences.2) Les systèmes de scoring : cette approche sappuie sur des analyses statistiques desdéfaillances observées dans le passé pour des dettes ou des emprunteurs comparables. Elle estprépondérante pour les crédits à la consommation, les prêts hypothécaires, les créditspermanents (cartes de crédit), les prêts aux PME... Par son caractère plus automatique, elle esttrès adaptée à la gestion des accords de crédit en ligne.4. LES CARACTERISTIQUES DUN SYSTEME DE NOTATION INTERNE:Des procédures et des critères clairs et précis doivent être bien définis pour quunétablissement bancaire puisse attribuer des notes. Dans son dernier document consultatif, lecomité de Bâle définit un certain nombre de paramètres indispensables à la mise en place dunsystème de notation interne :
  • 29. «... les systèmes et processus de notation et destimation doivent permettre dévalueravec pertinence les caractéristiques dun emprunteur et dune transaction, dedifférencier valablement ces risques et de les quantifier avec suffisamment de précisionet de cohérence ; ils doivent, en outre, faciliter un usage interne approprié desestimations obtenues. »14.1 La classification des expositions:Le comité de Bâle exige aux banques désireuses de se munir dun système de notationsinternes de segmenter leurs portefeuilles de crédit en fonction des caractéristiques de risque, ila proposé dans sa version préliminaire les six catégories dactifs suivantes : Entreprises,banques, emprunteurs souverains, banques de détail, financement de projets et enfin lesportefeuilles dactions. Une telle classification des risques est largement cohérente avec lespratiques bancaires en vigueur. Ce classement reste toutefois à titre indicatif uniquement, lesbanques gardent la possibilité dutiliser leurs propres classifications des expositions tout enveillant à leur régularité dans le temps.4.2 Les paramètres de notation:Pour être éligible à lapproche des notations internes, un système de notation doit êtrecaractérisé par deux paramètres bien distincts : le risque de défaut de lemprunteur et lesfacteurs spécifiques à la transaction.· Le risque de défaut de lemprunteur : Il doit être indépendant de la nature des engagementsdont a bénéficié le client. Ainsi, toutes les expositions sur cet emprunteur appartiendront à lamême classe de notation.1 Document consultatif du comité de Bâle, avril 2003· Les facteurs spécifiques à la transaction : Ils englobent des éléments tels que les sûretés, letype et la durée du produit et autres.4.3 Nombre des classes pour les actifs:Les banques doivent veiller à ce quil y ait une distinction claire entre les actifs sains et lesactifs compromis qui nécessitent une attention particulière de la part des gestionnaires. Enmoyenne, les banques adoptent un nombre de classes proche de 10 pour les actifs sains et de 2ou 3 pour les actifs douteux ou non productifs, en incluant les classes additionnelles, cest-àdire celles affectées des signes + ou - modifiant la totalité ou une partie des classes. Il estégalement fortement préconisé détablir les classes de façon à faciliter la comparaison avec leséchelles des agences de notations externes.Le système de notations internes doit permettre une différentiation correcte et significativedes expositions selon les classes de risques afin déviter une concentration excessive au seindune seule catégorie. De manière générale, les banques doivent veiller à ce quil ny ait pasplus de 30% environ dexpositions notées à lintérieur dune seule catégorie demprunteurs.4.4 Lestimation des paramètres de défaut:
  • 30. La banque doit utiliser toutes les données, les informations et les méthodes dont elle disposepour lestimation des PD, LGD, EAD. Elle peut même avoir recours à des sources externes sielle juge quelles soient cohérentes.A. Exigences pour lestimation des PD:Les méthodes destimation des PD pouvant être utilisées selon Bâle II doivent sappuyer surlune des trois techniques suivantes :· Lexpertise et les données de défaillances internes;· Le mapping vers les données externes : il sagit daccorder à lemprunteur non noté par lesagences de notation une note équivalente au rating externe quil aurait obtenu. Par la suite labanque peut utiliser les historiques de PD et de migrations déjà observés et publiés par cesagences.· Des modèles statistiques de prédiction des défauts.B. Exigences pour lestimation des LGD et EAD :Pour les banques sous le régime de lapproche avancée, les estimations de LGD et EADdoivent représenter une moyenne pondérée en fonction des défauts sur longue période pourchacun de ses engagements. Lestimation de LGD moyenne doit être fondée sur les taux derecouvrement antérieurs et pas uniquement sur la valeur de marché des sûretés. LestimationdEAD doit quant à elle être attribuée à chaque facilité, cest une moyenne pondérée enfonction des défauts observés pour des facilités et emprunteurs similaires sur une périodesuffisamment longue.4.5 Les dérogations :1Lattribution dune note doit reposer sur des preuves empiriques et satisfaire certainesexigences concernant lhistorique de la série de données, leur représentativité ou encore laconjoncture économique, néanmoins des jugements personnels peuvent intervenir et changerla note. Ces dérogations peuvent être légitimes mais doivent être clairement justifiées. Ellesdoivent comprendre des contrôles et des autorisations de personnes habilitées à effectuer detels changements.5. LA VALIDATION DU SYSTEME DE NOTATION INTERNE:Il ne suffit pas de développer un modèle de notation, mais il faut le mettre en place. Toutefois,avant de lexploiter, la banque doit sassurer que le modèle quelle a développé donne desrésultats fiables. Cest pourquoi le comité de Bâle a préconisé aux banques de développer unsystème de « backtesting » dont le but est de vérifier le pouvoir prédictif de loutil de notationet le faire évoluer afin davoir des prévisions de défaut plus exactes.Jusquaujourdhui, les autorités bancaires nont pas encore arrêté les règles communes devalidation des modèles internes de notation, néanmoins une liste des points dattention et desrègles de prudence régissant les étapes de lélaboration de ces modèles peut déjà être dressée.Ces règles reposent sur le respect de certaines normes qualitatives et laptitude de passer destests statistiques.
  • 31. 5.1 La démarche qualitative:Il sagit essentiellement de vérifier la qualité de linformation collectée et traitée par la banqueet de la validation des procédures de contrôle :Le niveau de performance du système dinformation reflète la qualité de linformation. A cestade, le contrôle se fait sur les éléments permettant lextraction, le stockage, la circulation etle traitement des données.Quand aux normes de contrôle, Celles-ci ont pour objectif de sassurer de la régularité desprocédures et règles de contrôle de la structure et du fonctionnement des modèles internes.Dans ce cadre danalyse, il est important de vérifier certains aspects liés à lindépendance de lafonction de gestion des risques, la pratique dun reporting périodique aux dirigeants delétablissement et le recours à des audits réguliers du modèle interne.5.2 La validation statistique:Cette étape repose sur deux type de tests ; les tests de puissance et les tests de calibrage. Lespremiers sintéressent à la capacité du système de notation à bien discriminer les emprunteursselon leur qualité de crédit, quand aux seconds, leur but est de mesurer la pertinence ducalibrage des PD associés à chaque classe de risque.1 Antoine SARDI - Audit et contrôle interne bancaire- AFGES - Paris 2002. P717 SECTION 2: LA MODELISATION DU RISQUE DE CREDIT:Dans leur gestion quotidienne du risque de crédit, les banques ont une préoccupation majeure,qui consiste à prévoir le montant des pertes quelles pourront subir dans le futur sur leursportefeuilles dengagements. Pour pouvoir estimer ces pertes futures, les banques ont recoursà des modèles dévaluation du risque de crédit.La modélisation est une étape primordiale dans le processus de mise en place dun systèmeRAROC, vue quelle fournie ses deux paramètres liés aux risques, en loccurrence, la perteattendue (Expected Loss) et la perte inattendue (Unexpected loss).Dans ce qui suit, nous allons passer en revue quelques notions sur la modélisation du risquede crédit.1. LES DIFFICULTES METHODOLOGIQUES DE LA MODELISATION DU RISQUE DECREDIT1.1 La nature de lévénement de crédit:A la différence du risque de marché, uniforme, le risque de crédit a des expressions fortdifférentes. En effet, la distribution de pertes dépend de lévénement retenu comme faitgénérateur (Défaut, changement de rating, variation du spread de signature, ...) et enconséquence les mesures des fonds propres associés vont être distinctes selon que lonretienne un événement ou un autre. Cette réalité était à lorigine de lapparition de deux types
  • 32. de modèles dévaluation du risque de crédit : les modèles de défaut et les modèles Markedto Market.1.2 Lhorizon du risque de crédit:Lestimation de lhorizon de crédit est un exercice beaucoup plus délicat, qui peut appeler desréponses légitimes très éloignées. Les deux réponses extrêmes sont dune part, lhorizon delexercice comptable (communément dune année), dautre part, léchéance de la position.Le choix de lhorizon de lexercice comptable suppose que lhorizon du risque de crédit estcelui de la constatation comptable des pertes réelles ou potentielles associées à la dégradationde la qualité du portefeuille de crédit. Ce choix est essentiellement guidé par desconsidérations pratiques : Cest lhorizon de décision ordinaire des prêteurs, celui au coursduquel les contrats de crédit sont renégociés et celui au cours duquel les banques peuventréunir des informations nouvelles pour évaluer la solvabilité des emprunteurs. Il représenteégalement lhorizon sur lequel sont définis les besoins de fonds propres. Enfin, cest sansdoute aussi, en moyenne, lhorizon qui correspond à la majorité des crédits.A lopposé, le choix de lhorizon de la position comme horizon du risque paraît indiscutable :un crédit à 7 ans engage la banque sur un horizon de 7 ans. Cependant, cette approche neparait pas aussi évidente quand il sagit de déterminer les fonds propres alloués à uneopération donnée. Le problème qui se pose est le suivant : le montant des fonds propresalloués lannée t à une opération doit-il couvrir le risque de dégradation de la qualité de créditsur cette seule année, ou couvrir le risque associé aux années ultérieures ?Dans la deuxième hypothèse, un montant inutile de fonds propres est engagé dés la premièreannée, entraînant une utilisation sub-optimale du capital. Une allocation constituée sur unebase annuelle semble en conséquence plus adaptée, mais elle ne repose alors pas sur uneperspective à long terme des risques encourus et peut se révéler insuffisante à la fin delexercice comptable.1.3 Le choix du niveau de pertes acceptable:La mesure des pertes inattendues nécessite la détermination au préalable dun seuil deconfiance, qui nest rien dautre quun quantile élevé de la distribution des pertes (99.9% parexemple). Le choix de ce paramètre repose sur plusieurs considérations :· Laversion au risque de la banque : Le degré de prudence des dirigeants ou de leur aversionau risque est le critère le plus naturel sur la base duquel le seuil de confiance peut êtredéterminé. Si la banque est très adverse au risque, elle choisit un quantile élevé de telle sorteque lestimation des pertes potentielles couvre les pertes induites par le plus grand nombrepossible de réalisations des facteurs de risque.· Lobjectif de raiting : Les agences de notation publient périodiquement les taux de défautassociés aux différents ratings. Si les dirigeants ont un objectif de rating, le niveau des fondspropres correspondant (doù le seuil de confiance) devrait être celui qui conduit à un taux dedéfaut correspondant au rating visé. Par exemple une note Aaa de lagence Moody scorrespond à une probabilité de défaut de 0,03%. De ce fait, une banque qui vise cette notechoisira alors un quantile de 99,97%.
  • 33. · Les considérations prudentielles : le régulateur peut imposer le choix dun quantilesuffisamment élevé pour que les banques constituent un montant de fonds propreséconomiques suffisant pour couvrir une part plus importante des pertes potentielles. 2. LES ETAPES DE CONSTRUCTION DUN MODELE DE RISQUE DE CREDIT:La construction dun modèle de risque de crédit sopère en deux étapes :2.1 Lévaluation du risque au niveau individuelCette étape est consacrée à la collecte de linformation sur les éléments constitutifs du risquede chaque crédit. Elle consiste essentiellement à ranger les crédits en classes de risquedéfinies par le système de notation interne de la banque. Sur la base de cette classification, desprobabilités de migration de chaque crédit entre les différentes classes de risque vont êtredéterminées. Dans le cas dun modèle MTM toutes ces probabilités de migration sont prisesen considération, afin de constituer une matrice de transition. Tandis que dans le cas dunmodèle de défaut on sintéresse uniquement à la migration du crédit vers la classe de défaut.Celle-ci ne peut constituer une classe de départ, alors elle est dite « absorbante ».Létape suivante consiste à mesurer la valeur de chaque crédit en fonction de son appartenanceaux différentes classes de risque. Dans le cas dun modèle de défaut, on sintéresse àdéterminer la valeur de lexposition seulement dans le cas de défaut.Enfin, il importe de déterminer la perte en cas de défaut (LGD). Celle-ci dépend du taux derecouvrement en cas de défaut, qui dépend lui-même de la nature du crédit, de sa maturité etdes garanties qui lui sont associées.Une fois les facteurs du risque sont déterminés, létape suivante consiste à déterminer la perteattendue et la volatilité des pertes (perte maximale inattendue) pour chaque positionindividuelle.2.2 Lévaluation du risque au niveau du portefeuille:Cette étape consiste en une agrégation des résultats obtenus dans létape précédente, afin dedéterminer le risque global du portefeuille, ce qui suppose lintégration des corrélations entreles événements de crédit.Le but principal dun modèle de risque de crédit reste de construire une distribution de pertessur la base de laquelle la perte potentielle maximale (Value at Risk) et le niveau des fondspropres économique seront déterminés.A. La distribution des pertesLa distribution de perte dun portefeuille de crédit, à un horizon de temps choisi, correspond àune courbe qui relie la fréquence de perte de crédit à lintensité du niveau de celle-ci.La PDF présente la particularité de ne pas être de type normal. En effet, celle-ci est fortementasymétrique (coefficient dasymétrie1 positif) et leptokurtique (coefficient daplatissement2supérieur à 1)
  • 34. Quelle que soit la méthodologie retenue pour sa construction, le principe reste identique. Pour chaque état de la nature possible (réalisation des facteurs de risque), il sagit de déterminer conjointement la répartition de fin de période des emprunteurs au sein des classes de risque1 Appelé aussi Skewness , il correspond au moment dordre 32 Appelé aussi Kurtosis, , il correspond au moment dordre 4(y compris la classe de défaut) et la variation de la valeur de chaque crédit en fonction de laclasse de risque dans laquelle il se trouve.Dans le cas dun modèle MTM, la perte totale sobtient alors, compte tenu de lhypothèsedindépendance des migrations conditionnelles, par simple agrégation des positionsindividuelles. Pour un modèle sinscrivant dans lapproche de défaut, il suffit de déterminer lenombre de défauts dans chaque classe pour chaque réalisation des facteurs de risque et laperte relative à chaque défaut.Les corrélations entre événements de crédit interviennent entièrement dans ce cadre à traversle fait que les variations des valeurs individuelles (y compris en cas de défaut) dépendentdirectement de la réalisation des facteurs de risque et sont donc étroitement liées les unes auxautres.Deux approches bien distinctes sont utilisées pour la construction de la PDF: lapprocheanalytique et lapproche de simulation· Une approche de type analytique : consiste en la recherche dune forme de distributionsusceptible dapprocher la PDF et en particulier sa queue de distribution. Le modèleCreditRisk+ utilise ce type dapproche : la distribution des pertes est donnée par une relationde récurrence qui donne la probabilité de loccurrence dune perte de n unités dexposition enfonction de la probabilité de loccurrence dune perte de n-1 unités dexposition;· Une approche fondée sur la simulation Monte Carlo : applicable à de très grandsportefeuilles, elle permet de spécifier un montant de pertes agrégées lié à une réalisationparticulière des facteurs de risque. Dans un premier temps on effectue un nombre de tiragesaléatoires (100 000 par exemple) à partir de la loi de distribution des facteurs de risque(généralement normale), après on lie chaque réalisation à un montant de pertes. Il suffitensuite dordonner ces pertes pour construire lhistogramme de la distribution. Cette approcheest utilisée aussi bien par CreditMetrics que par KMV.Ces deux approches peuvent être complétées par une approche fondée sur la théorie desvaleurs extrêmes (EVT). Celle-ci permet de déduire une loi asymptotique pour la distributiondes grandes pertes. Lusage de cette loi permet de mieux cerner la distribution des pertesextrêmes pour lesquelles le nombre de données est généralement insuffisant.B. La Value at Risk (VaR)La Value at Risk (VaR) est la perte maximale sur un crédit (ou un portefeuille de crédits) àun horizon de temps et un niveau de confiance donnés.
  • 35. Dans sa forme générale, la VaR peur être tirée de la distribution de probabilité des pertes. Elleest alors égale au quantile dordre á de la fonction de densité des pertes (PDF) :~~P (x?x*)= 1-á = f f(x)~~dxOù á est le seuil de confiance choisi (ex : 99%), x* le quantile dordre á et f la PDF.Si la distribution de la valeur marchande dun titre est normale, que sa valeur moyenne est de100 DA et que son écart type est égal à 10 DA lapproche par la VaR nous renseigne quà 99%de chance la valeur du titre reste supérieure à 100 - 2,33 × 10 = 76,7 DA ou bien que la pertesoit inférieure à 100 - 76,7 = 23,3 DA.Ainsi, les éléments nécessaires pour le calcul de la VaR sont la moyenne et lécart type desprix des actifs. Si ces éléments sont facilement estimables pour les valeurs faisant lobjet dunecotation, leur estimation dans le cas des crédits bancaires présente une difficulté car leurvaleur nest pas directement observable. De plus, lhypothèse de normalité est difficilementjustifiable car la distribution de cette valeur est fortement asymétrique. Figure 2.1 : Distribution des pertes et VaR3. MODELES DE DEFAUT VS MODELES MTMLes modèles de quantification du risque de crédit peuvent être rangés en deux grandescatégories: les modèles de défaut (Default model ou DM) et les modèles Marked to market(ou MTM) :3.1 Les modèles de défaut (DM) :Ces modèles considèrent lévénement de défaut comme le seul risque de crédit. Enconséquent, deux états de la nature sont jugés pertinents : le défaut et labsence du défaut.Cette approche est généralement la plus adoptée par les banques car la plupart des prêtsconsentis par une banque ont vocation à rester dans son portefeuille jusquà léchéance finale,quelle quen soit lissue
  • 36. On retrouve dans cette catégorie le modèle de référence CreditRisk+ développé par CréditSuisse Financial Productes (CSFP),3.2 Les modèles Marked to market (MTM) :Dans ces modèles le risque de crédit correspond à lun des événements suivants :· Un défaut comme dans le cas des modèles DM· Un changement de rating· Une modification du spread, en se qui concerne les instruments de marchéDe ce fait, la dégradation de la cote dune obligation par exemple de BBB à BB, entraine uneperte pour son détenteur, malgré labsence de défaut.Dans les modèles MTM et contrairement aux modèles de défauts, la perte attendue peutprendre une valeur positive ( ce qui se traduit par un gain ) à partir du moment où la valeur demarché peut évoluer dans un sens positif.Lapproche sapplique principalement aux titres de marché émis par des firmes notées par lesgrandes agences de rating telles que S&P ou Moodys.Parmi les modèles appliquant cette approche, on trouve CreditMetrics de JPMorgan .4. LES MODELES DE REFERENCE: 4.1 CreditRisk+ de Crédit SuisseDéveloppé en 1996 par Crédit Suisse Financial Productes (CSFP), CréditRisk+ est unmodel de défaut qui utilise une approche dite actuarielle. Cest un modèle dans lequel laprobabilité de défaut est modélisée comme une variable continue caractérisée par unedistribution de probabilité. Le comportement des taux de défaut est alors représenté par lavolatilité de ce taux.Le modèle CreditRisk+ est fondé sur des hypothèses inspirées des techniques de calcul desprimes dassurance incendie. Dans un portefeuille dassurances incendie, chaque sinistre a unefaible probabilité de se réaliser et il est peu probable que toutes les maisons prennent feu. Deplus, le coût de chaque sinistre est incertain en ce sens quune maison peut bruler entièrementou partiellement. Par analogie, le modèle CreditRisk+ a été bâti sur les hypothèsessuivantes :· Chaque crédit est supposé avoir une faible probabilité de défaut.· Chaque défaut sur un crédit est supposé indépendant des défauts des autres crédits.· Les pertes peuvent être plus ou moins importantes et leur montant est considéré comme unesource dincertitude.Méthodologie du modèle :
  • 37. Le modèle CreditRisk+ procède à une décomposition du portefeuille en bandes. Chaquebande considérée comme un portefeuille distinct qui regroupe des crédits dont les expositionssapprochent de sa valeur moyenne.Dans une première étape, le modèle va sintéresser au calcul des pertes à lintérieur de chaquebande. Ainsi, une probabilité moyenne de défaut va être attribuée à chaque portefeuille.Cependant, cette probabilité est incertaine dans la mesure où le taux de défaut est considérécomme étant une variable aléatoire.Dans sa spécification la plus simple, CreditRisk+ suppose que le taux de défaut suit une loide poisson, la distribution de probabilité des défauts est alors de la forme : e -mmnP (n défauts) = n!Où m représente le nombre de prêts et n le nombre de défauts.En utilisant cette loi, on peut donc trouver les probabilités associées au nombre de défautsdans chaque bande. Cest-à-dire dans chaque portefeuille on calcul la probabilité quil y ait 0défaut, 1 défaut, 2 défauts, jusquà n défauts.Par la suite, la distribution des pertes sera calculée à lintérieur de chaque bande, et les pertesseront agrégées sur lensemble des bandes pour construire de cette manière la distribution despertes sur le portefeuille global.4.2 CréditMetrics de JP MorganLa méthode a été développée en 1997 par le groupe de recherche sur la gestion du risque de lafirme J.P. Morgan pour mesurer le risque de crédit et valoriser les portefeuilles dactifs nonnégociables tels que les prêts et obligations privées. Son objectif est de permettre auxétablissements de crédit dévaluer la valeur future de leur portefeuille et non pas seulementdestimer leurs pertes potentielles. En ce sens, il sagit dun modèle de transition et non pas dedéfaut.Méthodologie du modèle :Essentiellement concentré sur une évaluation des risques au niveau dun portefeuille, laprocédure ne propose pas de technique dévaluation des probabilités de défaut individuelles.En pratique, lévaluation des probabilités de transition se fait au niveau des classes de risque(rating) et non au niveau individuel, ce qui implique que toutes les firmes dune même classesont supposées porter le même risque.La mise en oeuvre de la méthode repose sur les étapes suivantes :1. Une note est attribué à chaque émetteur (ou émission) en fonction de sa solvabilitéprésumée. Cette notation peut être celle publiée par les agences spécialisées ou une notationinterne ;
  • 38. 2. On détermine une matrice de transition de rating. Cette matrice consiste à donner pour unémetteur auquel on a attribué un rating actuel, les différents ratings potentiels à un horizondonné avec la probabilité de migration de la note initiale à chacune des notes potentielles.Cette matrice peut être obtenue à partir des données historiques fournies par les agences denotation ou par estimation statistique ;3. A chaque type de rating, on attribue une courbe des taux prenant en compte le risquespécifique de cette catégorie de rating par rapport à un émetteur sans risque de crédit. Cettecourbe des taux peut être déterminée à partir dun panel démissions ayant ce rating ;4. A chaque émetteur (ou émission), on attribue un taux de recouvrement en cas de faillite. Cetaux de recouvrement est celui que donnera le liquidateur aux créanciers de la société en casde faillite. Afin de prendre en compte le caractère spécifique de chaque émission et enparticulier les garanties associées, il peut être plus judicieux dattribuer un taux derecouvrement par émission plutôt que par émetteur.La méthode permet également de se baser sur lespérance et la volatilité du taux derecouvrement correspondant au rating et à la séniorité de la dette.5. La dernière étape consiste en lestimation de la VaR, pour ce faire, CréditMetrics utiliselapproche fondée sur la simulation Monte-Carlo en générant des scénarios de valeurs destitres faisant partie du portefeuille. Ces scénarios sont traduits en transitions vers des classesde risque et donc directement en valeurs du portefeuille. La distribution empirique de lavaleur future du portefeuille de la banque est ensuite construite sur la base des résultatsobtenus.5. LA VALIDATION DES MODELES DE CREDIT:Avant dutiliser un model, la banque est tenue dévaluer sa performance. Elle doit sassurer dese fait que les résultats obtenus sont pertinents et convergent vers la réalité. Pour ce faire lesbanques procèdent régulièrement à des tests de validation de leurs modèles afin dajuster desparamètres (coefficients) ou même de modifier des composantes.Plusieurs testes de validations sont utilisés pour les modèles de crédit, les plus connus sont leBacktesting, le Benchmarking et le Stress testing :1) Backtesting : Cette méthode consiste à comparer les valeurs réelles des variables à cellesestimées par le model. Ceci se fait par le calcul de lécart dans le passé entre les variablesobjectifs (endogènes) estimées préalablement par le model et la réalité de ces variablesconstatée ex-post.2) Benchmarking : Ce teste consiste à comparer le modèle interne avec des référencesexternes. Les décalages significatifs dans les résultats restitués doivent être étudiés et justifiés.Les benchmarks consistent en des données fournies par des organismes externesde notation des crédits. Les écarts ainsi constatés permettent de mettre en lumière lesinsuffisances et les forces des méthodologies utilisées par la banque.3) Stress testing : cette méthode (appelée aussi Scénario-catastrophe ou de crise) consiste àintroduire différents scénarios extrêmes concernant les paramètres dentrée du model (Input),
  • 39. et voir comment se dernier va se comporter, en observant en particulier les variables de sortiedu model (Output). SECTION 3:LA MISE EN PLACE DE LOUTIL RAROC 1. LES DEUX APPROCHES DE RAROC :La méthode RAROC peut trouver une application tant au niveau dune cellule de managementde risque quauprès de la sphère commerciale. Dans le premier cas, on parle dapplicationglobale alors que dans le second cas lapproche est locale.1.1 Lapproche globale : RAROC Outil de gestionDans le cadre de lapproche globale, la méthode RAROC constitue à la fois un outil de gestionActif-Passif pour gérer le risque et un outil de mesure des performances. Il sagit dun RAROChistorique calculé par les cellules de management du risque sur la base des données réelles. Lecalcul peut porter sur un segment de clientèle, un secteur dactivité, une agence ou unedivision.Une telle utilisation de la méthode RAROC sinscrit dans le cadre dune évaluation des risqueset leur confrontation à la rentabilité générée pour décider dune réallocation différente desrisques. Elle peut être utilisée également par la direction financière comme moyen de mesurede performances.Lutilisation de cette approche dans la gestion du risque de crédit doit sappuyer sur le principede diversification ; de ce fait, lexistence dune opération insuffisamment rentable peut trèsbien se justifier puisquelle peut constituer une couverture à une autre opération relativement àce principe. Des actifs peuvent être négativement corrélés et permettre une diminution durisque global dans la mesure où la variation ne répond pas aux mêmes causes. Au-delà delapplication du principe de diversification, la cellule Risk Management peut utiliser destechniques de gestion active de portefeuille afin de réduire la consommation de fonds propresen ce sens que ces techniques permettent de réduire voir déliminer les pertes exceptionnellesen cas de survenance. La titrisation synthétique ou le recours à des dérivés decrédit ont pour objectif de rapprocher le portefeuille de créances bancaires de la frontièreefficiente cest-à-dire doptimiser le couple rentabilité/risque.1.2 Lapproche locale: RAROC TransactionnelDans cette approche, RAROC est considéré comme un outil prévisionnel tourné vers le futurdans sa conception. Il sagit dun RAROC transactionnel qui estime de manière ex-ante laprofitabilité de lopération sur la base des données estimées par le service commercial auxvues de sa connaissance et de son analyse du client.Le calcul en avant est particulièrement intéressant pour les nouveaux crédits. Pour cesderniers, le RAROC est considéré comme outil de base dévaluation, daide à la décision maisaussi de tarification.Au niveau de la relation directe avec le client, le commercial qui dispose dun outil detarification de type RAROC pourra proposer dans des délais relativement courts une offre
  • 40. personnalisée à son client. RAROC transactionnel vise à informer le promoteur commercialsur le couple « rentabilité/risque » prévisionnel au moment de lexamen dun dossier de crédit.Lobjectif est de parvenir à une plus grande rationalité dans la procédure doctroi de crédit enrendant plus transparente la négociation. Par la suite, Il y a de ce fait une meilleure gestion desfonds propres dans la mesure où le calcul systématique de la rentabilité prévisionnelle nette derisque permet dajuster la rentabilité des fonds propres à priori au niveau de lopération.Cependant, lapplication de lapproche locale de RAROC ne doit pas sarrêter à lappréciationtransaction sollicitée, la prise en compte dautres éléments est nécessaire. Dès lors que la seuleactivité de crédit est difficile à rentabiliser, les autres revenus et le potentiel de développementfutur de la relation peuvent constituer une donnée utile dans la prise de décision. RAROC transactionnel RAROC outil de gestionObjectif Niveau · Tarification · Calcul de performances financières · Décision de crédit · Gestion du portefeuille · Structuration · Client· Transaction Fréquence · Groupe· Client · Portefeuille Mensuelle, trimestrielle ouDemande de crédit Horizon annuelleEx-ante sur la durée des Ex-post sur 1an DonnéesengagementsPrévisionnelles Réelles AlimentationManuelle Automatique DétailFin Grossier Utilisateurs · Unités commerciales· Commerciaux · Direction des risques· Analystes crédits · Direction financière Tableau 3.1: Comparaison entre RAROC transactionnel et RAROC outil de gestion2. LES PRINCIPAUX AXES DE RAROC :
  • 41. Le calcul de RAROC peut être effectué à plusieurs niveaux. Ses axes de mesure sontmultiples et le choix de lun ou lautre dépendra des besoins du gestionnaire et du typedanalyses quil souhaite réaliser. Bien que la liste ne soit pas exhaustive, il est possible deretenir les axes auxquels on sintéresse le plus souvent.2.1 RAROC transaction:Au niveau transaction le calcul se fait dans le contexte de lapproche locale, RAROC est doncdu type transactionnel et est effectué au moment doctroi du crédit dans un but de tarificationsur la base des données prévisionnelles.Cette utilisation de RAROC au niveau transaction sinscrit comme une démarche daide à laprise de décision. Cependant à ce niveau le résultat fourni par loutil RAROC ne doit pas êtrele seul élément déterminant dans la prise de décision, la prise en compte dautres éléments estnécessaire, notamment les autres engagements du client et limportance de la relation pour labanque. De ce fait RAROC doit plutôt être un outil supplémentaire daide à la décision et nepeut en aucun cas remplacer lappréciation du chargé détude.2.2 RAROC client:Le calcul dun RAROC par client constitue lun des enjeux majeurs de la banque. Cettemesure permet de faciliter lorientation de ses choix commerciaux, ceux-ci seront orientésbien sûr vers les clients présentant une rentabilité cohérente avec le risque encouru. Lepréalable dans cet axe de mesure est de disposer dun système dinformation performantcapable de retracer les opérations effectuées par chaque client.2.3 RAROC produit:Le suivi de la rentabilité ajustée pour le risque au niveau produit constitue un élémentessentiel au déploiement stratégique de la banque dans la mesure où il permet de hiérarchiserles produits selon le couple « Risque/Rentabilité » en parallèle avec le classement selon lecritère « Profit ». Certains produits sont moins rentables mais présentent un risque mineur.Une banque qui vise une stratégie de minimisation du coût de capital donnera une importanceparticulière à ces produits. Quoique de telles orientations ne peuvent pas avoir lieu dans unenvironnement caractérisé par une concurrence sur les parts de marché qui oblige la banquedorienter sa stratégie en fonction des besoins de sa clientèle.2.4 RAROC secteur dactivité:En plus quil permet davoir une idée sur le couple « Risque/Rentabilité » au niveau de chaquesecteur et dorienter les choix commerciaux vers les secteurs les plus intéressants, le RAROCpar secteur est particulièrement intéressant quand il est pris comme référence dans lacomparaison entre entreprises. En effet, le calcul du RAROC dune entreprise (RAROCclient) doit saccompagner dune comparaison avec celui de ses principaux concurrents.Le calcul dun RAROC par secteur facilitera cette tâche puisque il permet de comparer toutesles entreprises du même secteur à une seule référence considérée comme une moyenne de larentabilité ajustée pour le risque du secteur.2.5 RAROC centre de profit:
  • 42. Cet axe de mesure est essentiel pour la banque en termes de gestion courante, en effet, ilpermet de juger les entités de la banque sur la base du risque et de la rentabilité de leurs actifsgérés et den faire une comparaison entre les différents centres de profit. Le RAROC parcentre de profit permet également une rémunération des gestionnaires sur la base durendement ajusté pour le risque de leur entité de gestion. Une telle méthode en plus quelle vaorienter le gestionnaire vers la maximisation du profit, elle va également linciter à bienmétriser le risque afin de maximiser le RAROC de son centre de profit.3. LA NECESSITE DE LA COMPTABILTE ANALYTIQUE POUR LAPPLICATION DERAROC :La comptabilité générale dégage de manière synthétique le résultat dun exercice pardifférence entre les produits et les charges classés par nature. Les informations relatives auxcoûts et revenus retournées par ce système comptable restent insuffisantes et ne répondent pasau besoin des outils de gestion et de mesures de performances. Lestimation dun indicateur detype RAROC axé sur la mesure de rentabilité à plusieurs niveaux devient impossible vu ladifficulté de distinction entre les exercices de la banque et par rapport à laxe opérationnel, etpar rapport à laxe temporel. De ce fait, la mise en place dun système de comptabilitéanalytique capable de remédier à ce problème savère indispensable pour pouvoir appliquer laméthode RAROC au sein dune banque.3.1 Définition de la comptabilité analytique1:La comptabilité analytique est un outil de gestion destiné à suivre et à examiner les fluxinternes à lentreprise afin de fournir les informations nécessaires à la prise de décision.Plusieurs objectifs peuvent être assignés à la comptabilité analytique. Il est possible de retenirles suivants :· Connaitre les couts des différentes fonctions assumées par lentreprise ;· Déterminer les bases dévaluation de certains éléments du bilan de lentreprise ;· Expliquer les résultats en calculant les coûts des produits (biens et services) pour lescomparer aux prix de vente correspondants ;· Etablir les prévisions de charges et de produits courants ;· Constater la réalisation des prévisions et expliquer les écarts éventuels.1 Gerard MELYON - Comptabilité analytique - Ed.Bréal- 2004- P8 & P9Pour atteindre ces objectifs, le système de comptabilité analytique dune entreprise doit êtreadapté exactement à sa structure organique et aux activités dexploitation particulières quelleexerce.3.2 Les fondements dun système de comptabilité analytique:Un système de comptabilité analytique doit être adapté à la structure organique de la banqueet aux activités dexploitation quelle exerce. Il doit tenir compte des caractéristiques des
  • 43. produits commercialisés (produits liés, dépendants... etc.) mais surtout de la finalité delinformation recherchée par le gestionnaire qui conditionnera le degré de finesse des calculs.La mise en place dun tel système nécessite la répartition de la banque en centres deresponsabilité, la définition des unités doeuvre et la collecte des informations de base.A. La répartition de la banque en centre de responsabilité :La décomposition de la banque en centres de responsabilité sinscrit dans un but derattachement des charges engendrées par les centres ayant une relation indirecte avec leprocessus de production (centres auxiliaires) aux centres productifs (centres principaux).Une fois cette démarche est accomplie, elle est complétée par une approche plus analytiquequi consiste à affecter les charges de chaque centre de profit aux produits pour lesquels ellesété engagées. La détermination du coût de chaque produit permettra par la suite uneaffectation à dautres entités et cela en fonction des préoccupations du gestionnaire.B. Lunité doeuvre :Une unité doeuvre dun centre peut être définie comme lunité de mesure de son activité.Celle-ci doit être représentative du travail effectué par le centre et doit traduire les variationsde son activité. Les unités doeuvre permettent dopérer des transferts de coûts soit dun centrede responsabilité à un autre soit aux produits. Le coût dune unité doeuvre est obtenu endivisant les coûts accumulés sur un centre de responsabilité par le nombre dunités doeuvrescorrespondant. Une unité doeuvre peut être exprimée en unité physique (de temps, poidsquantité, volume) ou en unité monétaire.C. Les informations de base :Le fonctionnement dun système de comptabilité analytique nécessite un recueildinformations de deux ordres : des données monétaires qui correspondent aux chargesenregistrées en comptabilité générale et des données physiques servant à rattacher les chargesaux produits.3.3 Les contraintes de mise en oeuvre:La mise en place dun système de comptabilité analytique dans une banque estparticulièrement difficile et constitue un investissement très coûteux pour celle-ci en raisondes spécificités relatives aux établissements bancaires, notamment :· La multiplicité des produits bancaires: Les produits et services bancaires sont de nature trèsdifférente, de plus lactivité bancaire donne naissance à des produits liés, ce qui compliquelapproche de la rentabilité par produit.· La rigidité des coûts bancaires : Les banques sont souvent des entreprises dune grande taillecomportant un grand nombre de structures qui ne participent pas dans lexploitation bancaire.Ces structures engendrent des coûts indirects qui rendent difficile la mise en place dun suivianalytique des résultats.
  • 44. · Le processus de transformation : Cela rend les calculs de rentabilité délicats car il fautrésoudre le problème daffectation des ressources aux emplois.· La mesure de la rentabilité prévisionnelle de lactivité crédit : est délicate à cause des aléas etimprévus qui peuvent se produire pendant la durée de vie de crédit (défaillance delemprunteur, remboursements anticipé... etc.).· Le mode dorganisation de la banque : Les centres de profit de la banque exercentgénéralement plusieurs activités, ce qui rend difficile le calcul de la rentabilité par activités,ainsi que par client et segment clientèle. Les agences de la banque ne sont pas spécialisées parmarché et à lintérieur de lagence les effectifs ne sont pas affectés par marché.4. LAPPLICATION DE LA METHODE RAROC DANS LA GESTION DU RISQUE DECREDIT:Lapplication de la méthode RAROC dans le cadre de la gestion du risque de crédit peutseffectuer dans plusieurs contextes et à plusieurs niveaux :4.1 La gestion du portefeuille basée sur le couple Risque-Rentabilité:La gestion des risques et de la rentabilité sont indissociables. Dune part, les risques sontdéfinis par linstabilité des résultats, dautre part, la prise de risques est la condition dunemeilleure rentabilité future. Faire confronter ces deux notions a pour vocation de donner unemeilleure structure du portefeuille de crédit.Une première utilisation directe de RAROC est la gestion du portefeuille de crédit encomparant les couples Rentabilité/Risque à plusieurs niveaux (transaction, client, produit,centre de responsabilité...). Cela donne une image globale des opérations et permet de repérercelles qui présentent des RAROC au dessus ou au dessous de lobjectif de rentabilité de labanque. Dans le portefeuille de la banque, certains engagements sont trop peu rentables étant donnés les risques quils engendrent, dautres sont finalement plus rentables quil ny parait comptetenu de leur faible risque. Le calcul du RAROC pour chacune des transactions en plus quilpermet de rééquilibrer le portefeuille de manière à accroitre les poids des activités ou desopérations aux dessus de lobjectif fixé , il permet également deffectuer une analyse dans lebut de savoir pourquoi les revenus ne couvrent pas les frais dexploitation et les risques et deréviser en conséquence la facturation clients et la nature des opérations effectuées avec eux.4.2 Lallocation des fonds propres:Lune des fonctions majeures de RAROC est lutilisation de celui-ci comme outil dallocationde fonds propres. Il sagit pour la banque daffecter pour chaque unité daffaire et transactionindividuelle un montant de fonds propres permettant de couvrir les pertes inattendues.Les systèmes daffectation de type RAROC allouent le capital pour deux finalités : lemanagement des risques et la mesure de performance. Pour la fonction de management derisque, lobjectif primordial est la détermination de la structure financière optimale de labanque. Ce processus implique lestimation de combien le risque (volatilité) relatif à chaque
  • 45. unité daffaire contribue au risque total de la banque et par conséquent, aux besoins globauxde capitaux de la banque.Pour la fonction de mesure de performance, loutil RAROC affecte le capital aux unitésdaffaires en tant quélément dun processus pour déterminer le taux de rendement ajusté aurisque pour aboutir au calcul de la valeur économique ajoutée (EVA ou economic valueadded) pour chaque unité daffaire. Cette dernière mesure le revenu net du coût de capital delunité. Lobjectif ici est de mesurer la contribution de chaque unité daffaire dans la valeur delactionnaire et de fournir une règle pour une budgétisation efficace du capital et unerémunération au niveau de lunité daffaire.4.3 La tarification différenciée:La tarification différenciée des crédits consiste à calculer pour chaque crédit un taux dintérêttenant compte de ses caractéristiques. Cette approche permet de facturer pour chaque affaireun prix reflétant le coût réel du crédit.Plusieurs banques utilisent RAROC comme outil de tarification différenciée, permettant laprise en compte non seulement du coût du risque mais aussi le coût de rémunération ducapital. En effet, RAROC permet de facturer chaque transaction à un taux dintérêt compatibleavec les objectifs de rentabilité ajustée pour le risque fixés au préalable par la banque.La démarche est simple : Sachant les objectifs de rentabilité de la banque (RoE ou RAROCcible), il suffit de déterminer le taux client qui permet datteindre cet objectif.Lexpression de RAROC peut être donnée par :t x Encours - CR - C - EL / UL > Raroc*Où t est le taux client, CR est le coût de ressources, C est le coût dopération, EL est la pertemoyenne attendue, UL est la perte inattendue et Raroc* la valeur minimale de rentabilitéajustée pour le risque fixée par la banque (le RAROC cible).Pour que la rentabilité ajustée pour le risque soit acceptable, il faut que:Raroc*xUL+ EL+ CR+ C t> EncoursCette équation permet davoir un taux seuil sur la base duquel la banque peut facturer latransaction à son client en tenant compte non seulement de la marge quelle va tirer de cettetransaction mais aussi du risque que cette dernière présente.Lavantage que la banque peut tirer de lutilisation dun outil de tarification tel que RAROCréside dans la tendance de cet outil à attirer les meilleures relations. Dans lapproche RAROC,les entreprises bien notées bénéficient des concours bancaires à des taux relativement bas. Parcontre, les entreprises mal notées seront pénalisées en leur appliquant des taux plus élevés.Par conséquent, les premières préfèrent profiter de lavantage que loutil RAROC leur procure,quand aux secondes, elles vont chercher des établissements qui nont pas encore mis en placeun système de tarification ajustée pour le risque.4.4 Le provision nement ex-ante:
  • 46. Le provisionnement ex-ante peut-être défini comme une démarche consistant à engager leprocessus de provisionnement du risque de crédit dès loctroi dun concours et non ex-post aumoment du passage de celui-ci en Créances Douteuses et Litigieuses. Lestimation de ladotation au provisionnement ex-ante repose sur le calcul du risque de crédit moyen.En effet, le risque de crédit moyen (ou prime de risque) correspond à la moyenne des pertesconstatées sur un cycle économique complet. Cette perte moyenne a pour vocation à êtrecouverte ex ante par les revenus générés par le crédit. En dautres termes, elle doit être inclusedans la tarification du crédit, afin que les flux provenant du remboursement de lensemble descrédits permettent de couvrir cette perte. Il sagit dun pré-provisionnement constitué de façonrégulière tout au long du cycle économique, réduisant dautant la volatilité des résultats desétablissements de crédit et le risque de défaillance que cela induit.La mise en oeuvre dun provisionnement ex-ante reste un sujet très sensible en raison de sesimplications fiscales. Il sagit de constituer des provisions sur la base dune estimationstatistique prévisionnelle de la perte moyenne et non pas sur une constatation réelle des pertes.Or, les provisions connaissent un traitement fiscal spécifique jusquà un certain seuil et lesbanques ne sont pas prêtes à dépasser ces seuils sans contrepartie. Lutilisation de la pertemoyenne calculée sur le portefeuille global par la méthode RAROC fournie une bonne mesuredu montant quil faudrait provisionner de façon ex-ante. Cependant, en période de récessionéconomique, la perte moyenne donne une estimation des provisions bien plus forte quelannée précédente et la banque va se retrouver dans une situation darbitrage entre fiscalité etcouverture anticipée de ses pertes.Les avantages quoffre le provisionnement ex-ante - notamment la réduction de la volatilitédes résultats des banques - ont incité de nombreux pays occidentaux à mettre en oeuvre cettepratique. Les Etats Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Suisse,... sont des exemples depays qui ont fait un long chemin dans ce domaine.5. LAPPORT DE LA METHODE RAROC:5.1 RAROC médiateur entre le chargé daffaire et lanalyste du risque:Afin de préserver une certaine indépendance entre le chargé daffaires et le client, plusieursbanques ont adopté une organisation reposant sur une scission du processus de traitement dudossier de crédit en déléguant lévaluation du risque à une cellule nayant aucun contact avecle client (le pôle risque), en limitant ainsi le rôle du promoteur commercial à lanalyse derecevabilité, le traitement préliminaire et la transmission du dossier au pôle risques. Cedernier a pour mission danalyser le risque et de décider lacceptation ou le refus de loctroi ducrédit. Cette scission de la tâche, a donné lieu à des difficultés de communication entre le pôlerisques, cherchant à maîtriser les risques, et les promoteurs commerciaux qui ont pour objectifprincipal de faire fructifier leur portefeuille clients. Ainsi, les décisions du pôle risques vontsouvent à lencontre des vecteurs de pilotage sur lesquels se basent les commerciaux (volumedactivité, PNB,...). Ces derniers vivent cela comme des freins à leur politique dedéveloppement.Dans ce dialogue de plus en plus difficile, la méthode RAROC a joué le rôle de médiateurentre promoteur commercial et analyste de risque en contribuant de ce fait à unecompréhension réciproque. En effet, la méthode RAROC permet déviter une réponse
  • 47. exclusive dacceptation ou de refus doctroi de crédit. Elle donne ainsi au chargé daffaires lapossibilité de négocier les conditions dentrer en relation avec le client. Un chargé daffairepeut par exemple exiger que le client accepte de diminuer son exposition au risque (recueil degaranties supplémentaires) ou daugmenter le flux des revenus futurs. La dotation de lanalystede risque et de lagent commercial dun outil tel que RAROC participe ainsi à la régulation deleurs comportements dans la mesure où chacun des deux se base sur les mêmes vecteurs :risque et rentabilité.5.2 La normalisation des pratiques de gestion au sein de létablissement: La méthode RAROC participe à la réintégration des actions locales dans le coeur de lorganisation dans un but de gouvernement par la cohérence. Elle sert à faire accepter le contrôle et laccroissement des contraintes tout en normalisant lexigence de performance.Lintégration de la méthode RAROC permet non seulement de définir des critères objectifs dejugement des engagements dans une optique de gestion du risque bancaire mais aussidhomogénéiser les modes daction professionnelle. Le risque bancaire est objectivé, enfonction des produits et des segments, de façon à laisser le minimum de place à la subjectivitédes jugements de chaque commercial1. Lutilisation de RAROC peut assurer donc que lesdécisions de deux chargés détudes dans deux places différentes, à temps différent serontprises en utilisant les mêmes principes et méthodologie de calcul.Cette normalisation des pratiques de gestion permettra en outre deffectuer des comparaisonsbasées sur plusieurs axes au sein de létablissement. Ces comparaisons permettront par la suitede repérer les clients ayant des résultats sensiblement inférieurs à la moyenne.5.3 La rémunération du personnel sur la base du couple Risque/Rentabilité:Sont nombreuses les banques qui accordent à leurs chargés détudes ou directeurs dagencesdes primes en pourcentage fixe du profit réalisé. Cette façon de rémunération peut être jugéenon équitable dans la mesure où elle ne tient pas compte du risque pris. De ce fait, ceux quigénère un profit pour un niveau de risque donné vont être récompensés de la même manièreque ceux qui génère le même profit mais en prenant un risque plus important. Cette pratiquerend le chargé détudes moins exigeant en termes de risque et plus intéressé par le revenu queprésente laffaire.Lapplication de la méthode RAROC dans ce contexte peut contribuer à une distribution pluséquitable des primes de rendement. Ainsi, le calcul dun RAROC par agence peut constituerune règle de rémunération adéquate qui incitera les chargés détudes à accorder plusdattention au risque.5.4 La mesure de la valeur créée pour lactionnaire:Un principe fondamental dans le monde de la finance stipule que les sociétés existent pourfaire gagner leurs actionnaires. Par conséquent, une mesure clé de la performance de lagestion est de réussir à créer de la valeur pour lactionnaire.RAROC est extrêmement utile pour mesurer le taux de la valeur créée pour lactionnaire.Certes, nul ne peut prédire avec précision le mouvement du marché ou le prix daction dunesociété. Cependant, il est possible de modéliser la fluctuation théorique attendue dun cours
  • 48. daction par diverses mesures de gestion. Bien sûr, la fluctuation théorique peut ne pascorrespondre à la fluctuation réelle durant toute une période ; le cours au jour le jour évolueavec le marché, et le marché est soumis à une multitude de forces économiques. Toutefois,dans le long terme, les modèles dévaluation des cours dactions peuvent réussir à estimer lesmouvements à long terme des cours, car au final les gains dune société et son risque sont lespilotes les plus importants de son cours daction.1 Christophe Godowski - Lassimilation de la méthode RAROC en milieu bancaireRAROC mesure la valeur créée pour lactionnaire en comparant le rendement au coût ducapital (en prenant ROE comme taux butoir). La théorie de la finance définie le coût ducapital comme le rendement net du coût sans risque exigé par les actionnaires. En général, lecoût du capital est entre 4% et 5% à long terme. Le Modèle dEvaluation Des Actif Financier(MEDAF) stipule que le coût du capital des sociétés individuelles varie en fonction de leursensibilité aux fluctuations du marché (qui représente leur Beta).RAROC peut calculer le taux de la valeur créée pour actionnaires sur la base du montant derendement qui a été généré net du coût du capital (taux butoir). Si le taux butoir (hurdle rate)est de 15% est le RAROC est de 18%, les 3% dexcès (ou profits), multipliés par le total ducapital économique représentent la valeur ajoutée pour les actionnaires (appelée aussi le profitéconomique). Par conséquent, toutes les sociétés qui génèrent un RAROC supérieur au tauxbutoir devraient être poursuivies car elles créent une valeur additionnelle pour lactionnaire.6. LES LIMITES DE LA METHODE RAROC :Malgré ses apports multiples, la méthode RAROC présente quelques limites dordretechniques et environnementales:6.1 La sensibilité de RAROC aux paramètres:Un outil de type RAROC est très sensible aux paramètres de calcul et aux hypothèses. Lesparamètres tels que le taux de défaut et le taux de recouvrement comportent un aspectsubjectif et leur calcul repose sur des fondements différents, ceci peut affecter fortement lavaleur du RAROC. Les hypothèses sur les projections des utilisations et les règles que labanque peut imposer par prudence ont aussi leur impact significatif sur lOutput du modèle.Le paramètre le plus délicat à déterminer est sans conteste le seuil de confiance qui influefortement sur le niveau des fonds propres économiques et par conséquence sur le taux derentabilité du capital.Cette multiplicité des méthodes de détermination des paramètres a fait du RAROC unindicateur peu significatif dans la comparaison entre établissements, cest ce que expliqueBernard Hubert, le responsable du projet Bâle II à la direction des risques de la SociétéGénérale : « Ce système a quelques défauts, notamment le manque de normalisation desméthodes qui rend difficiles les comparaisons entre établissements ».Un autre problème qui peut se poser dans ce contexte, concerne la sensibilité de RAROCparticulièrement à la notation. En effet, la constitution de classes de risques relève le plussouvent dune étude statistique historique et de comparaisons avec les données des agences derating. Or, il sagit de définir des taux de défaillance prévisionnels sur 15 ans pour descontreparties le plus souvent nationales et non notées par les agences financières.
  • 49. Lamélioration de la précision de ces paramètres prendra plusieurs années, avec la constitutionde base de données sur une longue période et la simulation des impacts économiques etpolitiques.6.2 La non prise en compte des options cachées:Les bilans des établissements financiers comportent des options cachées (incorporées) à leursactifs et à leur passif. Loption cachée la plus connue est le remboursement de lemprunt paranticipation. Il sagit dune option car le client a la possibilité mais non lobligation delexercer.Le calcul du RAROC ex-ante dun crédit comportant loption du remboursement paranticipation supporte une source supplémentaire dincertitude dans la mesure où lon ne peutpas savoir si le client exercera cette option et quand il va lexercer. Une fois loption exercée,cela implique une perte de rémunération dune part et une réduction du risque dautre part. Enconséquence, le RAROC calculé verra sa valeur en augmentation ou en diminution et cela enfonction du revenu et du risque écartés.6.3 Le niveau dexpertise du personnel:Lutilisation de loutil RAROC requiert une assimilation de plusieurs concepts, notamment lanotation, la modélisation du risque de crédit ainsi que les techniques de réduction du risque.Une mauvaise assimilation de ces notions induira de mauvaises interprétations des résultatspar lutilisateur, ce qui peut lui empêchera de prendre de bonnes décisions.Au niveau de la notation, une erreur de deux degrés entre BBB- et BB (S&P) multiplie par 3ou 4 la probabilité de défaillance. Aussi, un retard dans le reclassement des contreparties suiteà la dégradation de leurs situations aura un effet significatif sur les résultats. Ce genre derreurmême sil nest pas directement lié à loutil RAROC conduit souvent à des résultats erronés dumodèle.Lassimilation des différents concepts et linterprétation des résultats retournés par loutilRAROC par les collaborateurs est lun des points clés de la réussite de lapplication de cetteméthode au sein de la banque. De ce fait il savère nécessaire dassurer une formationcomplète à larrivée des collaborateurs dans le réseau (promotion. reconversion, embauche,...).De plus une information continue est indispensable pour maintenir les compétences deséquipes.6.4 La contrainte du marchéAu delà des limites techniques et humaines, lapplication de la méthode RAROC peut êtrecontrainte par des constats spécifiques à lenvironnement dans lequel elle sera appliquée.La surcapacité de loffre, les contraintes de fonds propres et de rentabilité différentesexpliquent la moindre efficience du marché bancaire et limitent dautant les possibilités detarification offertes par les outils RAROC. Lapplication sans discernement de cetteméthodologie pourrait se traduire par des pertes de part de marché significatives, notammentsur le marché des PME.
  • 50. La mise en oeuvre dune approche RAROC ne doit pas être systématique et à court terme. Lechoix de mettre en place un outil couteux tel que RAROC doit intervenir comme une réponseaux besoins réels de létablissement et en fonction des exigences et contraintes du marché.CONCLUSIONLa méthode RAROC répond à plusieurs besoins et apporte des solutions multiples auxpréoccupations du Risk Management. Cependant son application au sein dune banque estloin dêtre aisée ; elle requiert la disponibilité préalable de certains ingrédients indispensableset la participation de tous les collaborateurs, en particulier la direction des risques et ladirection de contrôle de gestion.Dans le chapitre suivant nous allons essayer de toucher laspect pratique de la méthodeRAROC à travers une étude sur un portefeuille dengagements réel dune banque algérienne.CHAPITRE III : (ETUDEDECAS) APPLICATION DE LA METHODE RAROCDans ce qui précède, nous avons passé en revue les différents aspects théoriques relatifs à laméthode RAROC et à la gestion du risque de crédit en général.À travers ce chapitre, nous allons mettre en pratique les techniques étudiées en théorie. Dansce contexte, nous allons essayer dappliquer la méthode RAROC sur un portefeuilledengagements dune banque algérienne en même temps filiale dun grand groupe mondial, enloccurrence BNP Paribas El Djazaïr, dans laquelle nous avons effectué notre stage pratique.Notre étude portera sur le calcul dun RAROC historique annuel au niveau global, par secteuret par client, sur la période allant du 31/05/2007 au 3 1/05/2008.Afin de bien présenter notre travail, nous avons scindé ce chapitre en six (06) sections :· Nous allons commencer par une première section dans laquelle nous exposerons lesdifférents aspects organisationnels liés à la fonction «Risk Management» au sein du GroupeBNP Paribas.· Dans la deuxième section nous allons présenter le système de notation de BNP Paribas.· Dans la troisième section nous présenterons le portefeuille sur lequel nous avons effectuénotre étude. Nous allons exposer également les différentes étapes et dispositions relatives à laconstitution de notre base de données.· Dans la quatrième section, nous allons aborder la démarche que nous avons suivie pourmodéliser le risque de crédit ainsi que les résultats auxquels nous somme parvenus.· Dans la cinquième section, nous allons présenter la démarche et les résultats relatifs àlestimation des revenus et coûts dopérations.· Enfin, la sixième et dernière section portera sur le calcul de RAROC et linterprétation desrésultats.
  • 51. SECTION 1: PRESENTATION DE LA STRUCTURE DACCUEILCette première section sera consacrée à la présentation des aspects organisationnels de lentitéRisk Management au sein du Groupe BNP Paribas et le rôle du pôle Crédit Control &Reporting (CC&R) dans lequel nous avons effectué notre stage pratique.I. LE GROUPE BNP PARIBASCréé en 2000 suite à la fusion des deux groupes BNP et Paribas, le groupe BNP Paribas estaujourdhui un leader européen des services bancaires et financiers, avec une présencesignificative et en croissance aux États-Unis et des positions fortes en Asie. Le Groupepossède lun des plus grands réseaux internationaux, avec une présence dans plus de 85 payset plus de 162 000 collaborateurs, dont plus de 126 000 en Europe. BNP Paribas détient despositions clés dans ses trois domaines dactivité :· La Banque de Détail, regroupant trois pôles :· Banque de Détail en France (BDDF),· Banque de Détail en Italie : BNL Banca Commerciale (BNL bc),· Services Financiers et Banque de Détail à lInternational (SFDI) ;· le pôle Asset Management & Services (AMS) ;· le pôle Banque de Financement et dInvestissement (BFI). BNP Paribas SA est la maisonmère du groupe BNP Paribas.II. BNP PARIBAS EL-DJAZAIRBNP Paribas El Djazaïr est une filiale à 100% de BNP Paribas, créée en 2002. La banqueest devenue en moins de 6 ans une des toutes premières banques privées sur le territoirealgérien avec des fonds propres avoisinant les huit milliards de DZD. Forte de ces succès,BNP Paribas El Djazaïr sest engagée dans un programme très ambitieux de construction deplusieurs agences qui couvrent progressivement lensemble du pays, en partant dune base déjàtrès solide à Alger et ses environs. Le réseau compte actuellement 41 agences. La banquebénéficie aujourdhui dun solide partenariat avec Cetelem, filiale du groupe BNP Paribas,dans le domaine des crédits à la consommation. Sa filiale Cardif, dont lactivité est liée ausecteur des assurances a quant à elle débuté son activité dès 2006. Enfin, lactivité Leasing, adepuis quelques mois rejoint les différents métiers présents au sein de la Banque en Algérie.III. LORGANISATION DE LA STRUCTURE GROUP RISK MANAGEMENTGroup Risk Management (GRM) est une entité qui a pour mission de garantir à la DirectionGénérale que les risques pris par la banque sont conformes et compatibles avec son objectif derentabilité et de notation sur le marché. Cette entité exerce ses fonctions de contrôle encontinu, et de manière nettement différenciée de celle de laudit effectuée périodiquement.
  • 52. Les pôles et les métiers demeurent responsables pour les risques quils initient. La mission deGRM est de rapporter à la Direction Générale de la Banque, indépendamment desresponsables des pôles/ Métiers/ Territoires.Au sein de GRM, on distingue dautres entités. Pour chacune on a attribué la mission degestion et de suivi dune catégorie de risque, pour lensemble des pôles BFI et SFDI. Nouscitons essentiellement :· Counterparty Risk & Financial Institutions (ou CRFI)· Market and Liquidity Risk (ou MLR)· Operationnal Risk (ou OR)· Credit Risk International (ou CRI)IV. LA STRUCTURE CREDIT RISK INTERNATIONAL (CRI)Credit Risk International est la structure au sein de GRM qui est chargée de la gestion et dusuivi des risques liées aux opérations de crédit à la clientèle de détail et des entreprises.Lorganisation typique de CRI dans un site de BNP Paribas est articulée autour de :· Un Senior Credit Officer (SCO) - ou deux dans certains cas - responsable de léquipe deCRI au sein du site et qui interagi à priori dans le processus doctroi du crédit avec les Métiers(Business) et les lignes clientèle (Client Lines) ;· Une équipe dadministration du crédit (Credit Control & Reporting ou CC&R);responsable de la validation des entrées dans les systèmes de « Risk Management », afin deservir à un but de reporting des données risque à la maison mère et aux différentes structuresde contrôle de conformité.V. LES MISSIONS DE LA FONCTION CREDITCONTROL & REPOTINGLe dispositif de surveillance et de reporting repose sur la fonction Credit Control &Reporting (CC&R) dont la responsabilité est de garantir en permanence: la conformité desautorisations mises en place aux décisions de crédit, la fiabilité des données contenues dansles rapports et la qualité du suivi des risques pris par la Banque.Les missions de CC&R sont scindées en :· Une mission de contrôle du crédit qui inclut les contrôles a priori/de conformité et lescontrôles à posteriori/surveillance du risque ;· Une mission de Reporting.5.1 La mission de Contrôle du Crédit:A. Contrôle à priori/de conformité :
  • 53. · Contrôle des données de la proposition de crédit ;· Participation au processus dapprobation ;· Saisie des données risque dans les systèmes ;· Contrôle de la documentation juridique ;· Validation des données saisies dans les systèmes ;· Contrôle de la première utilisation ;· Contrôle des utilisations irrégulières ;B. Contrôle à posteriori/surveillance des risques :· Responsabilité de suivi du risque ;· Surveillance quotidienne dues risques ;· Détection et suivi du risque impayé ;· Surveillance des utilisations en anomalie ;· Revue annuelle des clients ;· Suivi des pièces manquantes ;· Contrôle du suivi de la validité des garanties et autres sûretés.5.2 La mission de Reporting:· CC&R doit garantir au profit des lignes de Métiers, des Territoires, de GRM, la productionde rapports fiables et complets des risques. Ces rapports peuvent être pour lusage desrégulateurs locaux ou de Paris ;· Ces rapports de suivi des risques doivent permettre aux Métiers dêtre alertés des situationsanormales, des échéances à venir, des situations difficiles... etc.· CC&R doit également produire des rapports thématiques, qui sont des états réalisésponctuellement à la demande du directeur des risques (SCO), du directeur de territoire, deMétiers... permettant à ces structures danalyser leurs portefeuilles par : rating, secteurdactivité, type de crédit, montant, durée, capital économique... etc. SECTION 2: PRESENTATION DU SYSTEME DE NOTATION DE BNPPARI BAS
  • 54. La Politique Générale de Notation Corporate constitue le cadre qui définit les principes etla méthodologie de notation des entreprises au sein du Groupe BNP Paribas. Ce dispositif estfondé sur deux données : la Note de Contrepartie et le Taux de Récupération Global (TRG).Le but de cette section et de présenter les principales procédures et dispositions propre à BNPParibas en matière de notation des entreprises.I. LA NOTE DE CONTREPARTIE: 1.1 Léchelle de Notes:Léchelle de note de BNP Paribas est constituée de douze catégories principales (de 1 à 12)classées en deux groupes:· Contreparties saines : de 1 à 10· Contreparties en défaut : 11 et 12Des échelons matérialisés par ladjonction des signes + et - permettent, à titre facultatif, dehiérarchiser les contreparties appartenant aux catégories 1 à 10. Note Qualité de la contrepartie 1 Excellent 2 Très bon 3 Bon 4 Satisfaisant Contreparties saines Moyen 5 Acceptable 7 Médiocre 8 Faible 9 Préoccupant 10 Très préoccupant Contrepartie en défaut 11 Défaut
  • 55. Défaut irréversibleTableau 4.1: Echelle de notation de BNPParibasSource : Politique générale de notation corporate de BNPParibasLes critères de défaut :Les contreparties classées dans la catégorie 11 sont celles pour lesquelles on constate :· soit (a) un risque probable ou certain de défaut de paiement, susceptible dentraîner pour labanque un non recouvrement partiel ou total des créances indépendamment degaranties reçues (ceci inclut donc les emprunteurs dont tout ou partie de la dette présente unrisque probable ou certain dêtre restructurée en raison de leurs difficultés financières)· soit (b) lexistence dun quelconque défaut de paiement (en principal, intérêts oucommissions) non régularisé dans un délai de 3, 6 ou 9 mois suivant le type de créances,· soit (c) lexistence dune quelconque procédure contentieuse telle que mesures de protection,redressement, ou assimilées.Les contreparties classées dans la catégorie 12 sont celles dont la banque estime, en présencedun cas de défaut (a), (b) ou (c), quelles ont une probabilité quasi-nulle de retour en sain. Pardéfinition les contreparties en liquidation judiciaire sont incluses dans cette catégorie. 1.2 La correspondance avec les ratings des agences de notationPour chaque note dans léchelle BNP Paribas, une note équivalente dans les échelles desgrandes agences de notation1 a été attribuée. Cette comparaison permet de passer aisémentdune échelle à une autre, ce qui va nous permettre dexploiter les données statistiquespubliées par les agences de rating.
  • 56. BNPParibas Moodys S&P FITCH IBCA 1+Aaa AAA AAA 1Aa1 AA+ AA+ 1-Aa2 AA AA 2+Aa3 AA AA- 2A1 A+ A+ 2-A2 A AA3 A- A- 3+/3/3-Baa1 BBB+ BBB+ 4+/4/4-Baa2 BBB BBB 5+/5/5-Baa3 BBB BBB- 6+Ba1 BB+ BB+ 6/6Ba2 BB BB 7+/7Ba3 BB- BB- 7-
  • 57. B1 B+ B+ 8+/8/8- B2 B B 9+/9/9- B3 B- B- 10+ Caa1 CCC+ CCC+ 10 Caa2 CCC CCC CCC- CCC- Caa3 Ca CC CC 10- C C C 11 D SD/D DDD/DD/D 12 Tableau 4.2: Correspondance indicative avec les échelles de rating des agences de notation Source : Politique générale de notation corporate de BNPParibas1 Standard & Poors, Moodys et Fitch IBCA1.3 La méthodologie de notationA. Lattribution de la Note Contrepartie :Lattribution de la note de contrepartie résulte dune analyse en trois étapes : Première étape -Note Intrinsèque :Une note doit être déterminée pour chaque contrepartie considérée en tant que telle,indépendamment du support apporté par un tiers, en utilisant léchelle de Notes BNPParibas.Cette note, appelée Note Intrinsèque, sapprécie en fonction des catégories de critèressuivantes, communes à quasiment toutes les contreparties :A) Risque de Business :· Environnement :· Environnement politique, économique et social du Pays de Business· Secteur dactivité et positionnement de la contrepartie
  • 58. · Exposition de la contrepartie au risque environnemental.· Evaluation du management (notamment qualité et transparence de linformation financière),B) Risque financier :· Capacité de remboursement· Sources de financement.Deuxième étape - Support :Une contrepartie peut faire lobjet dun éventuel support positif (soutien) ou négatif, de la partdune autre personne morale1 à condition quil sagisse :· dun actionnaire direct ou indirect détenant en règle générale au moins une minorité deblocage,· exceptionnellement, dune entité sans participation au capital de la contrepartie mais ayant deforts liens économiques avec elle (à justifier).La prise en compte de leffet support dans la note de contrepartie requiert lidentification delentité de support, qui doit se voir attribuer elle-même une note de contrepartie.Il ne peut y avoir, par convention, quune seule entité de support. Lorsquune contrepartie aplusieurs actionnaires à parité, elle doit, en règle générale, être considérée comme nebénéficiant daucun support.Le support, quil soit positif ou négatif, on lui attribue le caractère : `Indéterminé, Faible,Fort ou Très fort.1 Les personnes physiques ne doivent pas être considérées comme entités de support.Le caractère Total peut être attribué juste pour un support positif. Son usage est réservé auxsituations où lentité de support est légalement indéfiniment et solidairement responsable detoutes les obligations de la contrepartie.Troisième étape - Note de Contrepartie :La note de contrepartie résulte de la combinaison de la note intrinsèque et dun éventuelsupport. Cette combinaison est fonction de la qualité du support - sil est positif ou négatif -mais aussi du caractère attribué à ce dernier (Indéterminé, Faible, Fort, ...). Le tableau suivantillustre les différentes combinaisons possibles :
  • 59. TotalTrès fort ou FortTrès fort ou FortFaible ou indéterminéFaible ou indéterminéCaractère Combinaison : Note intrinsèque/Note du supportLa note de contrepartie du débiteur est égale à la note de contrepartie de lentité de supportla note de contrepartie du débiteur est comprise entre sa note Intrinsèque et la note decontrepartie de lentité de support. Plus le support est fort, plus la note de contrepartie estproche de la note de contrepartie de lentité support. En aucun cas la note de contrepartie nestégale à la note de contrepartie de lentité supportLa note de contrepartie du débiteur est moins bonne que sa note intrinsèque, quelle que soit lanote de contrepartie de lentité de support. Un support négatif très fort se traduit par une notede contrepartie moins bonne quun support négatif fort.La note de contrepartie du débiteur est égale à sa note intrinsèqueLa note de contrepartie du débiteur est égale à sa note intrinsèqueTableau 4.3 : La combinaison Note intrinsèque / Note du Support B. La prise en compte durisque paysAucune contrepartie ne peut sabstraire de son environnement pays : ce principe conduit àattribuer une note intrinsèque à lemprunteur en le positionnant par rapport à la notemoyenne1 pays et à la note max2 de son pays de business: les contreparties jugées meilleuresque la moyenne des contreparties de leur pays peuvent ainsi se voir attribuer une note
  • 60. intrinsèque meilleure que la note moyenne de leur pays de business, en restant toutefois audessous de la Note Max.1 La Note Moyenne Pays reflète la probabilité de défaut médiane de lensemble descontreparties privées dun pays, sans tenir compte de la sélectivité du portefeuille de crédit dela banque2 La Note Max est la meilleure Note Intrinsèque pouvant être attribuée dans un pays donné.II. LE TAUX DE RECUPERATION GLOBAL (TRG) :Le TRG reflète, pour chaque facilité, la récupération espérée, en cas de défaut de lacontrepartie, par mise en jeu des garanties réelles et personnelles et par recours direct contrelemprunteur.Le Taux de Récupération Global caractérise ainsi le risque de non récupération associé àchaque facilité en cas de défaut, quelle que soit la probabilité de survenance de celui-ci, cest-à-dire quelle que soit la Note de Contrepartie de lemprunteur.Toutes les facilités octroyées à la même contrepartie et présentant les mêmes caractéristiques(garanties, rang...) doivent être considérées comme ayant la même espérance de récupération,donc le même Taux de Récupération Global.Le Taux de Récupération Global dépend :· de la position de la banque (position senior ou position subordonnée) par rapport aux autrescréanciers ;· du type de facilité et, en particulier, de la structuration éventuelle de la facilité par desgaranties réelles ou personnelles ;· de lenvironnement juridique du pays (qui peut être plus ou moins favorable aux créanciersen général et aux banques en particulier) ;· de la volatilité des actifs.La pratique conduit à retenir des fourchettes quant aux TRG à appliquer aux types detransactions pour lesquelles la position de BNP Paribas est senior : Par exemple, le TRGretenu pour des lignes en blanc où BNP Paribas est senior est compris entre 15 et 35%, pourdes lignes causées bénéficiant dune garantie sur actifs le TRG est compris entre 50 et 75%...etc.Les positions subordonnées doivent se traduire par des TRG plus faibles que les positionssenior. SECTION 3: PRESENTATION DU PORTEFEUILLE
  • 61. Il est utile avant dentamer notre étude de présenter le portefeuille sur lequel nous avonstravaillé et les procédures qui ont permis de disposer dune base de données compatible avecles objectif de notre étude.Cette section portera dabord sur une description des différentes étapes de constitution denotre base de données finale. Elle portera également sur les dispositions relatives àlattribution des paramètres de risque aux contreparties et enfin, une analyse descriptive denotre portefeuille finale.I. CONSTITUTION DE LA BASE DE DONNEES:Notre étude de cas porte sur un portefeuille de crédits accordés par BNP Paribas El-Djazairaux entreprises (Corporate) de différents secteurs dactivité.Les données relatives à ces engagements ont été extraites de la base de données centrale duGroupe BNP Paribes (CAPRI) par le biais du logiciel de gestion de base de données «Business Objects ». Ce dernier nous a permis dextraire une base donnée contenant 975engagements encours à la date du 31/05/2008, que nous avons prise comme date de référence.La base de données fournit les informations suivantes :· Lidentifiant international de lentreprise1· La raison sociale· La note de la contrepartie· Le secteur dactivité· Le type dengagement· La date dautorisation· La date déchéance· Le montant de lautorisation· Le montant utilisé· Le TRG (Taux récupération global) relatif à chaque facilité· Le TRG Senior Unsecured de chaque contrepartieA partir de cette base de données, des retraitements ont été faits afin dobtenir un échantillonplus cohérent avec les objectifs de notre étude. Les retraitements en question ont aboutit àlélimination de 53 lignes et de disposer en définitif dun échantillon composé de 922 créditsaccordés à 260 entreprises.1 Par souci de confidentialité, les identifiants et les raisons sociales ont été volontairementeffacées de la base de données annexée dans le support magnétique.
  • 62. Les crédits écartés présentent les caractéristiques suivantes :· Une utilisation de 0 DA qui rentrent dans le cadre dune ligne de crédit non confirmée;· Les autorisations bénéficiant dun TRG de 100%. Principalement, il sagit des lignescouvertes par des garanties à première demande émises par des institutions financièresinternationales de premier ordre.II. DISPOSITIONS RELATIVES A LATTRIBUTIONDES PARAMETRES DE RISQUE:2.1 Exposition en cas de défaut:Pour calculer lEAD dans notre cas, nous avons appliqué les dispositions de la conventioninterne adoptée au sein du Groupe BNPParibas. Il est à noter que cette dernière distingueentre le calcul de lEAD pour la détermination du capital réglementaire et son calcul pour lecapital économique. Dans le premier cas, les dispositions de la convention ne sont rien dautrequune application directe du texte Bâlois. Cependant, pour le calcul du capital économique,quelques divergences peuvent être constatées.Trois cas de figure peuvent alors se présenter :A. Les facilités confirmées :Il sagit des facilités qui ont fait lobjet dun engagement formel et qui ne peuvent pas de cefait être annulées librement par la banque.Pour le calcul du capital réglementaire, la part non-utilisée est pondérée à un coefficient de75% et rajoutée au montant utilisé. EAD = Utilisation + 75% (Autorisation - Utilisation)Dans le cas du capital économique, la même démarche a été adoptée. Toutefois, au lieu de75%, la pondération de la part non-utilisée nest que de 55%. EAD = Utilisation + 55% (Autorisation - Utilisation)B. Les facilités non confirmées :Il sagit des facilités sans engagement formel, qui peuvent être dénoncéesinconditionnellement ou entraîner à tout moment et sans préavis, une annulation automatiquepar la banque, par exemple à cause de la détérioration de la qualité de crédit dun emprunteur.11 Texte intégral Bâle2 - Comité de Bâle - §312 - Juin 2004Dans le cas des facilités non-confirmées, lhypothèse que lEAD soit égal au montant utiliséest adoptée par BNP Paribas, que ce soit pour le calcul du capital réglementaire ou pour lecapital économique.
  • 63. C. Les cautions de marché :Dans le calcul du capital économique, ces engagements bénéficient dun traitement particulier.LEAD de chaque caution est égal à un pourcentage (á) de son montant utilisé. Ainsi : EAD = á * UtilisationLe tableau suivant donne les coefficients de pondération de chaque catégorie de caution demarché : Caution CoefficientCaution de bonne exécution 15%Garantie globale de cautionnement 15%Caution de restitution dacomptes 10%Caution de retenue de garantie 10%Caution de soumission 10%Caution en cas de sous-traitance de marché 15%Caution en faveur dun sous-traitant de marché 15%Performance bond 20%Ligne cautions de marché 20%Cautions de marché diverses 20% Tableau 4.4: Coefficients de pondération des encours sur cautions de marché2.2 La probabilité de défaut:Pour attribuer un taux de défaut moyen à chaque contrepartie, nous avons utilisé le tableaucontenu en annexe de la politique de notation du Groupe, qui associe à chaque note une sériede taux de défauts (de 1 à 10 ans) calculés sur la base des historiques de défaillances propresau groupe BNP Paribas. De ce fait, il nous a suffit dassocier à chaque contrepartie le taux dedéfaut moyen à un an qui correspond à sa note.Toutefois, il sest avéré être un peu plus compliqué de déterminer les écarts types des taux dedéfaut. En effet, cette donnée - nécessaire dans lapplication CreditRisk+ que nous allonsutiliser par la suite - nest pas fournie par la banque. Le recours à un processus de « matching
  • 64. » avec une autre échelle de notation était la seule solution dans ce cas. A cet effet, nous avonsconverti les notes de BNP Paribas vers léchelle de lagence Standard & Poors à laide de latable de correspondance présentée dans la section précédente. Les écarts types ont été ensuiteextraits dune table établie par lagence de notation Standard & Poors.2.3 La perte en cas de défaut:Pour le calcul de la Perte en cas de défaut de chaque facilité, il nous a suffit de calculer lecomplément du Taux de Récupération Global (LGD = 1 -TRG)Néanmoins, nous avons constaté que notre portefeuille contient des facilités pour lesquelles leTRG na pas été attribué. Pour ces crédits nous avons appliqué le TRG senior unsecured de lacontrepartie.Le TRG senior unsecured représente une estimation de la récupération espérée sur unecontrepartie sans la prise en compte des garanties. Sauf exceptions, il doit être attribué,comme la note de contrepartie, à chaque contrepartie de BNP PARIBAS et réexaminé àchaque fois que la note fait lobjet dun réexamen.III. ANALYSE DESCRIPTIVE DU PORTEFEUILLE:Cette analyse portera sur une répartition des entreprises et du volume dexposition par classede risque, par secteur dactivité et par type dengagement.3.1 Répartition des entreprises:A. Par classe de risque :Le tableau et le graphe ci-dessous illustrent la répartition des entreprises selon leurs ratings :4-6+66-7+77-8+
  • 65. 88-910-1112Note4- Nombre % 1 0.38%6 18 6.82%6- 16 6.06%7+ 52 19.70%7 72 27.27%7- 37 14.02%8+ 7 2.65%8 22 8.33%8- 10 3.79%9 9 3.41%
  • 66. 10- 1 0.38%11 4 1.52%12 4 1.52% Tableau 4.5: Répartition des entreprises par classe de risque Figure 4.1: Répartition des entreprises par Classe de risqueLes remarques pouvant être retirées de cette répartition sont les suivantes :· Les entreprises dont les notes sont comprises entre (7-) et (7+) représentent plus de 60% delensemble des entreprises· A lexception dune entreprise notée (4-), toutes les autres ont une note supérieure ou égale à(6). Ceci peut être expliqué par la prise en compte de la note pays : lAlgérie étant notée 6, lesmeilleures entreprises algériennes ne peuvent être mieux notées que cela.· Les contreparties en défaut (notées 11 et 12) sont de lordre de huit (8), elles représentent dece fait un pourcentage de 3% de lensemble des entreprises. Parmi ceshuit entreprises défaillantes on trouve cinq (5) entreprises exerçant dans le secteur « négoce-commerce ».B. Par secteur dactivité :Pour affecter les entreprises aux différents secteurs dactivité nous avons fait recours enpremier lieu aux codes sectoriels attribués par BNP Paribas aux entreprises. Ces codes étantconstitués de six chiffres présentent un degré élevé de précision, ce qui donne une répartitionsur des centaines dactivités. Cependant, lapplication simplifiée de CréditRisk+ que nousallons utiliser par la suite ne supporte plus que huit (08) secteurs y compris le secteurreprésentant le risque spécifique. Par conséquent, la solution était de construire notre propreclassification qui prend en compte deux critères essentiels : le nombre dentreprises quiévoluent dans chaque secteur et le niveau dexposition (EAD) par secteur. Cette démarchenous a permis de répartir les entreprises sur six (06) secteurs plus un que nous avons appelé «Autres » qui englobe toutes les entreprises qui nont pu être affectées à lun des six secteurs.Dans la modélisation, il sera considéré comme le secteur représentant le risque spécifique,cest-à-dire, que les entreprises qui y sont classées vont être considérées commeindépendantes.Les sept secteurs sont les suivants :· Industrie agroalimentaire : comprend les entreprises de production et distribution desproduits agroalimentaires ;
  • 67. · Négoce & commerce : comprend les entreprises dimport/export et celles de distribution desproduits de large consommation ;· Secteur pharmaceutique : comprend les entreprises de production et dimportation deproduits pharmaceutiques ;· BTPH: comprend les entreprises de Bâtiments et Travaux Publics ;· Distribution automobile : comprend les concessionnaires de différentes marques automobiles;· Autres industries : comprend toutes autres industrie hors agroalimentaire ;· Autres : comprend toutes les entreprises qui nont pu être classées dans les autres secteurs.La répartition des entreprises sur les sept (07) secteurs dactivité est donnée dans le tableau etle graphe ci-dessous : Secteur Nombre % Négoce - CommerceAgroalimentaire 22 8.46% 54 20.77% Pharmaceutique 18 6.92% Bâtiments & TP 36 13.85% Distribution Automobile 26 10.00% Autres industries 47 18.08% Autres 57 21.92% TOTAL 260 100% Tableau 4.6 : Répartition des entreprises par secteur dactivitéAgroalimentaire AutresAutres industries BTPHDistribution Automobile Négoce - Commerce Pharmaceutique
  • 68. Figure 4.2 : Répartition des entreprises par secteur dactivité3.2 Répartition du volume dexposition:A. Par classe de risque :La ventilation de lexposition selon les ratings est illustrée dans le tableau et le graphiquesuivants :4-6+66-7+77-8+88-910-1112
  • 69. Note EAD (en KDA) %4- 6+ 584 506.00 0.91%9499804.32 14.85% 612 420 256.16 19.42% 6-5 586 241.66 8.73% 7+6 865 215.48 10.73% 715 033 485.90 23.50% 7-6 416 150.70 10.03% 8+862 482.15 1.35% 83 612 730.09 5.65% 8-684 506.14 1.07% 91 422 333.68 2.22% 10 -118 035.39 0.18% 11323 769.00 0.51% 12531 842.00 0.83%
  • 70. Tableau 4.7: Répartition du volume des expositions par classe de risque Figure 4.3 : Répartition du volume dexposition par classe de risqueLa remarque que nous pouvons faire est que 88% du volume des expositions est reparti sur lesentreprises dont les notes sont inférieures ou égales à 7-.B. Par secteur dactivité :Le tableau et le graphique suivants représente la répartition du volume dexposition parsecteur dactivité Secteur EAD (en KDA) % Agroalimentaire 10 579 825.69 16.54% Autres 8 374 173.18 13.09% Autres industries 8 668 249.09 13.55% Bâtiments & TP Distribution 4 601 603.54 7.19% Automobile Négoce - 16 026 597.03 25.06% Commerce 6 385 369.07 9.98% Pharmaceutique 9 325 541.10 14.58% Tableau 4.8: Répartition du volume dexposition par secteur dactivitémentaire ndustriestion Automobile - Commerce ceutique Figure 4.4: Répartition du volume dexposition par secteur dactivitéC. Par type dengagement
  • 71. Notre portefeuille comprend différents types de crédits, que ce soit des crédits du bilan (parcaisse) ou des engagements du hors bilan (crédits par signature). Les crédits accordés par labanque sont regroupés en onze (11) catégories:Les crédits par caisse : crédits à moyen terme, crédit de trésorerie, découverts, facilités decaisse, escomptes et AvancesLes crédits par signatures : acceptations, avals, cautions, ouvertures de crédit documentaire etautres engagements par signature.Le tableau et le graphique suivants illustrent la répartition du volume dexposition par type decrédit : EAD (en KDA) %Engagement Autres créditsAcceptation 5 794 859.57 9.06% par signature 250 778.00 0.39% Aval 481 826.09 0.75% Avance 332 894.00 0.52% Caution 1 976 826.35 3.09% CMT Credit de 13 373 136.55 20.91% trésorerie 77 969.00 0.12% Decouvert 9 672 480.25 15.12% Escompte Facilité de 2 362 517.00 3.69% caisse Ouverture de 7 933 404.00 12.40% credoc 21 704 667.88 33.93% Tableau 4.9 : Répartition du volume Figure 4.5 : Répartition du volume dexposition par dexposition type dengagement par type dengagement
  • 72. SECTION 4:MODELISATION DU RISQUE DECREDITLa modélisation du risque de crédit nous fournit les deux principaux paramètres de risque deRAROC, en loccurrence : la perte attendue (EL) et la perte inattendue (UL). Pour estimer cesdeux paramètres nous avons utilisé une application simplifiée du modèle CréditRisk+,téléchargeable gratuitement sur le site de Crédit Suisse1.I. PRESENTATION DE LAPPLICATION CREDITR ISK+Cette application de « CreditRisk+ » est un classeur MS Excel muni dune macrocomplémentaire, qui permet le traitement dun portefeuille contenant jusquà 4000 facilités.Le classeur est composé de huit (08) feuilles de calcul:· La première « Control Page » est une page de contrôle, qui permet daccéder aux différentesfonctionnalités du modèle.1 www.csfb.com· Les pages 2-7 fournissent des exemples afin dillustrer les différentes options dutilisation delapplication.· La huitième page « Blank Template » est une page vide, sur laquelle nous allons introduirenos données.Lutilisateur doit introduire les inputs suivants :· Les expositions nettes (EAD LGD) ;· Les taux de défaut moyens ;· Les écart-types des taux de défaut ;· Les facteurs de risque (secteurs dactivité).Lapplication CreditRisk+ que nous avons utilisé prend en charge lapproche hold to maturityqui permet de prendre en compte des échéances différentes. Elle permet aussi une analysesectorielle généralisée en affectant une entreprise à plusieurs secteurs dactivité (ou régionsgéographiques). Cependant, dans notre cas, nous allons nous passer de cette option à cause dela difficulté de sa mise en oeuvre. Nous allons donc affecter chaque emprunteur à un seulsecteur dactivité.Le tableau ci-dessous présente les données du portefeuille telles quelles étaient introduites surla page Blank Template :
  • 73. Default rate Sector Split Mean Standard Distri Phar 1 Exposur Default Deviatio Négo Autr Auto Name e rate n Agroa BTPH Com indus2 2.11% 2.00% 0 0 0 0 0 0 1 2464.4193 2.11% 2.00% 0 0 1 0 0 0 0 3930.283 21.81% 7.78% 1 0 0 0 0 0 0 4262.50146 11.27% 7.78% 0 0 0 1 0 0 0 5791.387326.36 3.07% 2.00% 0 0 0 1 0 0 0 6731.16 1.00% 1.12% 0 1 0 0 0 0 0 7432.69 3.07% 2.00% 1 0 0 0 0 0 0 83 8.06% 4.44% 0 0 0 0 0 0 1 9419.204 2.11% 2.00% 0 0 1 0 0 0 0 10855.34176 3.07% 2.00% 0 0 0 0 1 0 0 11430.9957 6.82% 4.44% 0 0 0 1 0 0 0 12629.31204 11.27% 7.78% 0 0 0 0 0 1 0 13339.8530 3.07% 2.00% 0 0 1 0 0 0 0 14438.84
  • 74. 291 0.69% 0.99% 1 0 0 0 0 0 0 15505.61176 11.27% 7.78% 0 1 0 0 0 0 0121.35 Tableau 4.10 : Extrait1 des données introduites dans lapplication CreditRisk+Une fois les données sont bien renseignées, lutilisateur doit cliquer sur le bouton « Activatemodel » afin dafficher la boite de dialogue sur laquelle il pourra renseigner les plages decellules correspondant à chaque Input (exposition, taux de défaut moyen,...) et cellescorrespondant aux Outputs (les contributions au risque, les quantiles et la distribution despertes). On trouve aussi une case à cocher « use sector 1 for specific risk » qui permet de1 Lintégralité des résultats est disponible sur le support magnétique annexé.spécifier que le secteur N°1 concerne les entreprises dont le défaut nest affecté que par unrisque spécifique1. Cette boite de dialogue permet également de choisir un niveau deconfiance pour le calcul des contributions. Dans notre cas, le seuil de confiance choisi est99.9%. Figure 4.6: Boite de dialogue de lapplication CréditRisk+II. LES RESULTATS DE LA MODELISATION:En cliquant sur le bouton « Proceed », le programme procède à une vérification des donnéesintroduites, puis il affiche les résultats sur la page de calcul sous forme de trois tableaux :· La distribution des pertes· Les quantiles de la distribution
  • 75. · La perte attendue de chaque facilité et sa contribution en risque2.1 La distribution des pertes:Pour établir la distribution des pertes, le modèle procède à une décomposition du portefeuilleà des multiples n de lunité dexposition L. cette unité est choisie automatiquement par lemodèle (elle est de 20 204 KDA dans notre cas). Par la suite, le modèle associe à chaquemontant (nL) une probabilité doccurrence dune perte égale à ce montant.1 Dans notre cas, nous avons pris le secteur « Autres» pour représenter les entreprisesaffectées uniquement par le risque spécifique.Le tableau suivant est extrait1 du tableau de la distribution des pertes tel quil est retourné parle modèle sur la feuille de calcul :Figure 4.7 : Distribution des pertesExposition Probabilité 0 0.0016% 20 204 0.0019% 40 408 0.0031% 60 612 0.0051% 80 816 0.0073% 101 020 0.0106%
  • 76. 121 224 0.0147% 141 428 0.0187% 161 632 0.0255% · · · · 5 · · 253 040 0.0023% 5 273 244 0.0022% 5 293 448 0.0021% 5 313 652 0.0021% Tableau 4.11: Extrait du tableau de distribution des pertesLasymétrie de la courbe et sa queue longue étalée vers la droite nous laisse juger que ladistribution des pertes est conforme avec la forme théorique.Le tableau suivant donne les coefficients dasymétrie (moment dordre 3) et daplatissement(moment dordre 4) de la distribution des pertes.Statistique Formule Valeur [x --E(x)] 3Coefficient dasymétrie 1 1.03(Skewness) n 3 a Coefficient daplatissement 1 [x -- E (x)] 4 -0.44 (Kurtosis) na4 Tableau 4.12: Coefficients dasymétrie et saplatissement de la distribution des pertesLe Skewness (moment dordre 3) étant non nul confirme lasymétrie de la distribution. Lavaleur positive du coefficient explique létalement de la distribution vers la droite. Tandis quele Kurtoisis (moment dordre 4) négatif indique que les queues comptent moins dobservationsque dans une distribution gaussienne.
  • 77. 2.2 Les quantiles :Le tableau des quantiles nous permet davoir la valeur de la VaR à différents niveaux deconfiance.1 Lintégralité des résultats est disponible sur le support magnétiqueannexé. CHAPITRE III : (ETUDE DE CAS) APPLICATION DE LA METHODE RAROC 1514979 50 1389320 75 1 861 011 95 2 833 334 97.5 3 253 512 99 3 770 898 99.5 4137324 99.75 4496294 99.9 4 974 183 Tableau 4.13 : Tableau des qua nti lesComme nous lavons déjà précisé, le niveau de confiance retenu dans notre cas pour le calculdu capital économique et des contributions en risque est 99.90 %.De la table des quantiles, nous pouvons extraire la VaR à 99.90%VaR portefeuille = 4 974 183 KDALa meme table nous fournie la perte attendue (la perte moyenne) du portefeuille.EL portefeuille = 1 514 979 KDA
  • 78. À ce stade, il est devenu possible de calculer le montant du capital économique. Celui-cireprésente le montant de la perte inattendue (UL) du portefeuille. Il nous suffit donc desoustraire le montant de la perte attendue de la VaR: UL= VaR - ELUL portefeuille = 3 459 204 KDA2.3 La contribution en risque:Le troisième tableau fourni par le model, nous donne le montant de la perte attendue (EL) etla contribution en risque (RC) de chaque contrepartie. Le calcul des pertes attendues auniveau individuel se fait de la manière suivante :ULi = RCi - ELiLe tableau suivant est un extrait1 du calcul des pertes inattendues :1 Lintégralité des résultats est disponible sur le support magnétique annexé. Contrepartie EL RC UL 2 1 52.00 181.00 129.001 981.93 3 681.00 1 699.07 3711.55 1302.00 590.45 416543.39 37689.00 21 145.61 5224.92 363.00 138.08 67.31 125.00 117.69 713.28 96.00 82.72 8275.59 767.00 491.41 9102.45 214.00 111.55 105 416.43 14765.00 9348.57 113 930.32 5 960.00 2029.68 12
  • 79. 23 029.10 69875.00 46845.90 13934.47 1425.00 490.53 142011.39 6213.00 4201.61 1519848.88 53 758.00 33 909.12 Tableau 4.14: Extrait du calcul des pertes inattendues SECTION 5: ESTIMATION DES PARAMETRES COMPTABLESAprès avoir calculé les deux paramètres liés au risque, il nous reste destimer les deuxparamètres comptables : les revenus et les coûts dopérations.I. ESTIMATION DES REVENUS:Dans le calcul des revenus, nous avons adopté lapproche la plus restrictive qui suppose queles commissions quelque soit leur nature doivent être écartées. Ainsi, nous allons nousintéresser à calculer la marge sur intérêts par client et non pas le PNB qui supposelintégration des commissions.1.1 Détermination des intérêts perçus:Dans cette étape nous allons déterminer le montant des intérêts réels versés par chaque clientau cours de la période allant du 31/05/2007 au 31/05/2008.Grâce au logiciel de gestion de bases de données « Business Object » nous avons réussi àconcevoir une base de données contenant les soldes des comptes de produits sur opérationsavec clientèle. Cette démarche nous a permis davoir le montant des intérêts versés par chaqueclient au cours de la période étudiée.Dans le but de calculer un RAROC par secteur nous avons procéder à une consolidation descomptes afin dobtenir le montant des intérêts perçus de chaque secteur. Le tableau ci dessousillustre la ventilation de ses intérêts : Secteur Montant (en DZD) AgroalimentairePharmaceutique 628 779 860530 508 930 BTPH355990740 Négoce-commerce
  • 80. Distribution325 707 290 Automobiles760 155 900 Autres industries474 064 210 Autres478 396 740 TOTAL 3553603 670 Tableau 4.15 : Intérêts perçus par secteur dactivité1.2 Calcul du coût des ressources:Cette étape consiste à déterminer le coût de refinancement des crédits par caisse. Dans notrecas ce coût est le taux moyen pondéré des ressources. Pour lestimer, nous avons procédécomme suit :Nous avons calculé les intérêts versés par la banque à sa clientèle durant la période étudiée(du 31/05/2007 au 31/05/2008), le tableau suivant illustre la ventilation de ceux-ci.Compte Montant (en DZD) Intérêts sur comptes ordinaires créditeurs Intérêts sur livrets 19 788 295.62 ordinaires Intérêts sur comptes 38 396 846.52 créditeurs à terme Intérêts sur bon de 145 702 734.32 caisse et bon dépargne 29 723 019.71 TOTAL 233 610 896.17 Tableau 4.16: les intérêts versés par la banque sur les ressources rémunéréesPar le biais du logiciel « Business Object » nous avons pu obtenir le tableau ci-dessous quiillustre lévolution des comptes des ressources durant la période étudiée. Sur la base de cesdonnées, nous avons calculé une moyenne pour chaque catégorie de ressources.
  • 81. Juin-07 Juil-07 août-07 sept-07 oct-07 nov-07Ressources Dép(en MDZD) 29 500.00 29 350.00 29510.26 30446.46 30 753.44 29515.14 ôtsComptes deordinaires à garavue ntie Ressources4425.00 4420.40 4432.42 4 321.99 4 349.13 4384.90 non rémunérées33925.00 33770.40 33 942.68 34768.45 35 102.57 33 900.04 CERS Comptes à1413.20 1485.54 1518.29 1704.93 1805.58 1866.65 terme Ressources5 083.63 5 208.75 5 388.01 4 342.00 4 174.76 6 339.11 rémunérées6496.83 6 694.29 6 906.29 6046.93 5 980.34 8205.76 TOTAL40421.83 40464.69 40 848.97 40815.38 41082.91 42 105.80 déc-07 janv-08 févr-08 mars-08 avr-08 mai-08 Moyenne 30614.8430812.83 30708.12 33539.92 34487.04 35343.78 31215.15 4757.244700.23 4782.35 5434.84 5 748.15 6043.68 4 816.69 35372.0735 513.06 35490.47 38 974.76 40235.18 41 387.46 36 03 1.85 1932.901993.48 2 084.81 2 202.13 2 279.83 2424.13 1 892.62 5 749.596 943.25 9665.19 12 014.70 11850.81 10 190.15 7 245.83 7682.498936.73 11 750.00 14216.83 14130.64 12 614.28 9 138.45 43054.5644 449.79 47240.47 53 191.59 54365.82 54 001.74 45 170.30 Tableau 4.17: Evolution des ressources (de Juin 2007 à Mai 2008)
  • 82. Le taux moyen des ressources rémunérées peut être obtenu en rapportant le total des intérêtsversés par la banque sur ses opérations avec sa clientèle à la moyenne des ressourcesrémunérées estimée sur la période étudiée.TMPRr = 233. 61 / 9 138.45 = 2.56%Mais la banque dans son exploitation utilise non seulement les ressources rémunérées maisaussi les ressources gratuites provenant essentiellement des dépôts à vue1. Celles-cireprésentent une proportion de 80% du total des ressources de BNP Paribas El-Djazair.Pour calculer le TMP de toutes les ressources (rémunérées et non rémunérées), il nous a suffitde faire intégrer les ressources non rémunérées (dépôts à vue et dépôts de garantie) audénominateur.Ainsi le taux moyen pondéré des ressources (TMP) sera donné par:TMP= E Intérêts versés / E Ressources TMP = 0.52 %Après avoir déterminé le TMP, létape suivante sera de déterminer la maturité de chaquecrédit. Pour les crédits accordés avant le 31/05/2007 et échoiront après le 31/05/2008 nousavons pris la maturité égale à une (01) année. Pour les autres crédits, la maturité représente ladurée dexploitation du crédit pendant la période détude donnée en année. Elle peut êtrecalculée de la manière suivante :Nombre de jours dexploitationM365Une fois nous avons déterminé la maturité, lestimation du coût de ressources mises à ladisposition de chaque client devient possible. Pour ce faire, il suffit dappliquer le taux de 0.52sur le montant utilisé du crédit multiplié par sa maturité.Vue que les crédits par signature ne supportent pas un coût de ressource, le TMP seraappliqué uniquement sur crédits par caisse (facilités de caisses, découverts, crédit detrésorerie, CMT, escompte). Le tableau ci-dessous est extrait2 du calcul des coûts deressources Type crédit Date Date Utilisation Maturité Coût de C dautorisation déchéance (KDA) (Année) ressources (KDA) M T 2003 12 28 2008 06 03 149.00 1 0.77 ESCOMP TE
  • 83. 2008 02 27 2009 02 28 6 600.00 0.25 8.58 CMT 2005 02 16 2013 01 13 17 500.00 1 91.00 CMT FACILIT 2006 06 22 2012 09 05 52 250.00 1 271.70 E DE CAISSE 2007 07 12 2008 06 30 18 191.00 0.88 83.241 Celles-ci peuvent être assimilées à une ressource à un taux de 0%.2 Lintégralité des résultats est disponible sur le support magnétique annexé.CMT 200709 11 20120905 56000.00 0.72 209.66 CMT 200606 19 200806 27 2083.00 1 10.83 DECOUVERT 200805 19 200905 31 120 000.00 0.03 17.10 CMT FACILITE DE 200705 03 201204 15 13 065.00 1 67.94 CAISSE 2007 12 17 200803 31 15 153.00 0.29 22.98 DECOUVERT FACILITE DE 200704 18 200803 31 73 116.00 0.83 316.84 CAISSE 200803 09 2008 11 30 36768.00 0.22 41.91 DECOUVERT 2007 12 18 2008 03 31 74434.00 0.27 106.04 DECOUVERT 2007 12 18 200901 31 176 989.00 0.46 421.82 Tableau 4.18: Extrait du calcul des coûts de ressources par crédit1.3 Détermination de la marge sur intérêts:La marge sur intérêts est déterminée en retranchant le coût de ressources du montant desintérêts versés par le client sur ses lignes du bilan. Cette marge va représenter dans notre casle seul revenu généré par client.
  • 84. II. ESTIMATION DES COUTS DOPERATIONS:Lestimation des coûts par opération sest avérée être létape la plus compliquée en raison delabsence dun système de comptabilité analytique au sein de la structure daccueil.Pour estimer le coût dopération, nous avons fait recours à une démarche simplifiée basée surlhypothèse que le coût de chaque crédit soit proportionnel au revenu généré par ce dernier, dece fait notre démarche va consister à retrancher la même proportion de chaque revenudopération. Cette proportion reflète le poids des charges engendrées par les opérations de labanque avec sa clientèle par rapport aux produits générés de ces opérations.2.1 Les rubriques concernées:· Les frais de personnel· Les impôts et taxes· Les charges de locations· Les frais de transport et déplacement· Les charges diverses dexploitation bancaire Rubrique Montant (DZD) Frais de personnel Ch. diverses 1 860 424 033.90 dexploitation 90 853 707.26 Impôts et taxes 306 Charges de 057 474.97 locations 467 865 080.33 Frais de transports 212 443 649.44 TOTAL 2 937 643 945.90 Tableau 4.19: Répartition des charges de BNP Paribas El-Djazair (du 31/05/2007 au 31/05/2008)2.2 Estimation des charges sur opérations avec clientèle
  • 85. Dans cette étape nous allons supposer une relation linéaire entre les charges et les produits dela banque. Par conséquent, la proportion des charges sur opérations avec la clientèle coïncideavec la proportion des produits générés des opérations avec celle-ci. E Charges sur opération avec clientèle = E Produits sur opérations avec clientèleTotal Charges Total ProduitsLe tableau suivant illustre le calcul des charges sur opérations avec clientèle :1 Produits sur Total produitsopérations avec 3 730 143 867.82clientèle Proportion des produits sur 7 094 984 677.00 opérations avec clientèle 52.57% Total charges 1 charges sur 2 937 643 945.90 opérations avec clientèle 1 544 447 951.55Maintenant quon a estimé le total des charges de la banque sur ses opérations avec saclientèle, létape suivante sera de déterminer le coût dopération par client. Ce coût représenteune proportion des revenus générés par chaque client. Celle-ci peut être donnée par :E Charges sur opération avec E Produits sur opérations avecclientèle = 41.40% clientèleAinsi nous allons retrancher du revenu de chaque crédit une proportion 41.40% quireprésentera le coût de ce crédit. Cela suppose que le revenu dune opération couvreforcement le coût de cette dernière, ce qui nest pas toujours vrais.Nous tenons à préciser que notre méthode est basée sur une hypothèse purement arithmétique,qui ne repose sur aucune technique comptable.
  • 86. SECTION 6: CALCUL DE RAROCAprès avoir réuni tous les paramètres constituant le RAROC, nous allons à présent procéder àlapplication de cette méthode. Pour ce faire, nous allons calculer dans un premier temps untaux butoir (hurdle rate) qui représentera notre objectif de rentabilité. Par la suite, Nousallons calculer le RAROC global du portefeuille, un RAROC par client et par secteurdactivité, pour aboutir à une analyse des résultats, sur la base de laquelle nous tirerons nosconclusions.I. LE CALCUL DU TAUX BUTOIR (HURDLE RATE):Le taux butoir que nous avons choisi est le taux de rendement des fonds propres ROE(Return On Equity), la formule de cet indicateur est donnée par : Resultat net ROE=La ventilation des fonds propres de la banque au 3 1/12/2007 est donnée par le tableau suivant: LIBELLE MONTANT (KDA) RESERVES AUTRESCAPITAL 3 500 000.00 QUE RESERVES DESOCIAL REEVALUATION 463 FONDS POUR RISQUES 406.84 BANCAIRES GENERAUX REPORTA NOUVEAU1 158 281.28 CREDITEUR1023540.00 BENEFICE DE LEXERCICE1 733 190.00 à déduire IMMOBILISATIONS INCORPORELLES DEXPLOITATION 53 128.00 FONDS PROPRES DE
  • 87. BASE FONDS PROPRES7 825 290.11 COMPLEMENTAIRE - à déduire PARTICIPATIONS DANS DES BANQUES ET EF 15 FONDS PROPRES 675.00 NETS7 809 615.11Tableau 4.20 : Ventilation des fonds propres de la banque au 31/12/2007 Le taux derentabilité des fonds propres (ROE) est donc de : ROE = 22. 19%II. LE CALCUL DE RAROC PORTEFFEUILLE:Bien quau niveau global RAROC ne puisse être considéré comme un outil gestion, son calculest peut être jugé intéressant pour mesurer la performance globale vu quil fournit unindicateur synthétique de la rentabilité ajustée pour le risque au niveau global.Dans le calcul du RAROC global sur notre portefeuille, nous nous sommes retrouvés devantun constat particulier qui nous a posé un problème dordre méthodologique. Il sagit de la priseen compte ou non des entreprises défaillantes. Celles-ci contribuent avec un pourcentage de29% dans la VaR du portefeuille, ce qui influera fortement le résultat. De plus nous avonsconstaté quaucune de ces contreparties na généré dintérêts durant la période de notre étude,cela nous laisse supposer que ces entreprises se sont retrouvées en cessation de paiementavant le début de cette période, ce qui pourra justifier leur élimination.De ce fait, nous avons jugé intéressant de procéder au calcul de RAROC global de deuxmanières différentes : dans un premier temps nous calculons RAROC en intégrant toutes lescontreparties (saines et défaillantes), par la suite nous allons écarter les entreprises défaillanteset voir limpact de celles-ci sur le RAROC.Le calcul de RAROC sur le portefeuille incluant toutes les contreparties (saines etdéfaillantes) est illustré dans le tableau suivant : MONTANT (KDA)LIBELLE Intérêts Coût de ressources
  • 88. perçus 3 551 371.38 112 448.15 Marge sur intérêt3 438 923.23 Coûts Perte attendue1470 428.07 (EL)1 514 979.17 VaR (à 99.9 %) UL4 974 188.00 RAROC global3459 208.83 13.11%Tableau 4.21 : Calcul de RAROC du portefeuille globalAvant destimer le RAROC sur le portefeuille des entreprises saines, il est utile de présenterquelques données relatives à la contribution des huit entreprises défaillantes dans le risqueglobal du portefeuille ID Secteur EL RC Contribution dans laVaR 11 65 Autres 5 769.00 11 861.00 5 industries 0.24%Négoce-commerce 84 148.20 160 820.00 3.23% 143Négoce-commerce 52 406.75 82 171.00 1.65% 153Négoce-commerce 147 515.25 335 143.00 6.74% 165Négoce-commerce 187 702.50 476 366.00 9.58% 167Autres industries 71 701.50 128 547.00 2.58% 171Autres 20 907.00 31 733.00 0.64% 201Négoce-commerce 115 433.10 223 678.00 4.50% TOTAL
  • 89. 685 583.30 1450319.00 29.16% Tableau 4.22: Contribution des entreprises défaillantes dans le risque globalLe calcul de RAROC global sur les entreprises saines est illustré dans le tableau suivant : MONTANT (KDA)LIBELLE Intérêts Coût de ressourcesperçus 3 551 371.38 108 020.03 Marge sur intérêt3 443 351.35 Coûts Perte attendue1 470 428.07 (EL) 829 395.87 VaR (à 99.9 %) UL3 523 869.00 RAROC global2694473.1342.44% Tableau 4.23: Calcul de RAROC global sans prise des expositions sur les clients en défautIII. LE CALCUL DE RAROC PAR CLIENT:Vue le nombre important de contreparties constituant notre portefeuille, nous allons limiternotre étude sur un nombre restreint de clients. Ainsi, notre étude va porter sur le calcul deRAROC pour 25 clients sur lesquels la banque a les expositions nettes les plus importantes.Notons que lexposition sur ces 25 clients représente 56% de lexposition totale de la banquesur son portefeuille Corporate. Le tableau ci-dessous illustre le calcul de RAROC de cesclients : Encours Marge Coûts EL UL RARO (KDA) (KDA) (KDA) (KDA) (KDA) C 1 Secteur Note 8 Distributi 6- 2 020 101 42 29496.77 440 7.36% 6 on Auto 145 326.47 928.91 198.57 133.00 6+ Agroalimen 1920 80 34420.95 13248.14 192 18.37% 25
  • 90. taire 020.28 518.09 086.00 Pharmaceut 1536 62 15 1826 26441.89 12.18% 26 ique 393.07 180.63 363.93 680.00 Distribution 1 119 85 35 11 1016 42.10% 168 Auto 578.19 277.18 960.29 195.78 743.00 Distribution 924 1216+ 50456.96 6 376.95 49 072.00 152.13% 63 Auto 195.30 785.35 Autres 832 67 25 1777 28767.39 8.55% 49 industries 159.70 278.52 547.30 180.00 Autres 698 487+ 20507.53 14745.05 87 544.00 18.65% 242 industries 817.34 827.07 Distribution 659 1207 13496.67 6073.69 20258.89 -12.77% 80 Auto 898.63 748.00 Distribution 6476 14428.78 6085.40 6478.97 39212.00 5.70% 29 Auto 896.66 Agroalimen 630 84 35 1137 19361.13 32.11% 189 taire 655.75 752.50 087.54 739.00 Agroalimen 607 18 1077 9 174.23 18647.35 -10.69% 261 taire 405.53 322.34 490.00 Pharmaceut 573 108 457 17603.64 94 932.00 58.65% 125 ique 408.55 837.49 880.71 571 227+ Commerce 9424.67 12067.06 61396.00 1.07% 126 898.41 021.08 Pharmaceut 563043.5 199071.08 70878.06 29439.66 38399.57 1.89% 74 ique 1 0 Autres 543 416 17536.68 5 437.10 25 722.00 93.08% 210 industries 709.82 855.786 Autres 520 75 31892.63 5 206.38 24 034.00 206.35% 260
  • 91. industries 637.90 949.00 Autres 468 21 7+ 9 107.43 9 877.30 43 795.00 8.89% 144 industries 118.29 998.62 Distribution 467 22 7 54434.02 14364.84 69428.00 31.39% 240 Auto 909.96 783.70 Agroalimen 447892.3 7 6571.19 2888.97 13750.30 64316.00 -19.91% 56 taire 9 Agroalimen 435 110 7 49684.77 13363.13 59 895.00 101.04% 45 taire 281.18 065.93 416 15 6 Commerce 6456.41 4 168.78 16533.00 40.08% 28 877.56 580.80 Distribution 408 6 6622.37 2746.55 4085.97 18068.00 -1.50% 194 Auto 597.22 393 6 BTPH 81998.97 34897.19 3932.19 15 330.00 378.75% 117 219.39 Autres 381 22 7 9566.10 11709.81 43849.00 3.14% 35 industries 427.13 285.11 371 1079.86 4- BTPH 42850.13 18688.63 780.84 2946.00 830.10 %Tableau 4.24: Calcul de RAROC par clientIV. LE CALCUL DE RAROC PAR SECTEUR DACTIVITE:Le calcul de RAROC par secteur dactivité permet de repérer les secteurs les plus rentablescompte tenu du risque quils génèrent ainsi que ceux qui produisent des risques importantssans procurer la rentabilité souhaitée.Comme nous avons fait dans le calcul du RAROC global, nous allons dabord calculer leRAROC de chaque secteur dactivité en intégrant le risque sur les entreprises défaillantes, ensuite nous allons le recalculer pour les secteurs dans lesquelles on trouve des contreparties endéfaut. Marge Charges EL UL RAROCSecteur Agroali
  • 92. Pharmac 610 383.28 260 314.86 133 510 42.29% mentair eutique 954.71 998.29 e 141 561501 867. 18 219 630.70 25.04% BTPH 540.49 966.51 Négoce-345 781.89 147 380.17 40520.45 46 058.55 342.78% commerce 696 858 Distribution317 798.60 134 842.82 -59.79% 488.11 926.89 -Auto 132 556. 825 Autres752 697. 17 314 704.54 36.98% 17 927.83 industries 234 492463 878.40 196 262.58 6.76% Autres 303.70 512.30 Calcul sans prise en compte de 135 162448 749.00 198 056.25 70.68% lexposition 615.54 818.46 sur les entreprises défaillantesNégoce-commerce 109 167 Autres321 596.52 134 842.82 46.13% 282.31 954.68 industries 156 429464 387.90 196 262.58 25.91% Autres 833.19 574.80 114 151448 869.80 198 056.25 89.55% 708.54 992.45 Tableau 4.25: Calcul de RAROC par secteurV. INTERPRETATION DES RESULTATS:Après avoir calculé le RAROC, nous passons à présent à létape la plus importante de notretravail qui consiste en linterprétation des résultats obtenus.
  • 93. Nous commençant dabord par le RAROC global ; le taux de 13,11% obtenu du calcul decelui-ci sur le portefeuille incluant les entreprises en défaut bien quil soit inférieur au tauxbutoir de 22.19%, sa valeur positive nous enseigne que le revenu total net des charges couvrebien le montant de la perte moyenne attendue et cela malgré limportance des pertesconstatées sur les contreparties défaillantes. Cependant, RAROC étant inferieur au taux derentabilité des fonds propres signifie que le revenu ne permet pas une rémunération du capitalau taux de 22.19%.Concernant le RAROC sur le portefeuille des entreprises saines ; celui-ci est égal à 42.44%, ildépasse donc largement le taux butoir. Le revenu permet dans ce cas de couvrir le risquemoyen et de rémunérer les fonds propres au taux de 22.19%. La différence de 20.25%représente la valeur créée en pourcentage. De ce fait le profit économique ou la valeuréconomique ajoutée (Economic Value Added ou EVA) est donné par : EVA= Marge - Coûts - EL - UL*22.19% = 545 623.82 KDADans le premier cas, où RAROC est inferieur au taux de rémunération du capital, la différencede - 9.08% représente une destruction de valeur en pourcentage, lEVA est donc de - 314082.449 KDA.Passons à présent au RAROC client ; le calcul de cet indicateur sur 25 clients nous a donnéles résultats suivants :· 4 clients ont un RAROC négatif, cest-à-dire les marges nettes des coûts dopérations nepermettent pas de couvrir la prime de risque (la perte attendue).· 10 clients présentent un RAROC positif mais inferieur au taux butoir, dans ce cas là, lerisque moyen est couvert, cependant les flux encaissés ne permettent pas datteindre le niveaude rentabilité de 22.19%.· 11 clients ont un RAROC supérieur au taux butoir ; les revenus générés permettent donc decouvrir le risque moyen et de rémunérer le capital.Le cas le plus remarquable est celui du client (35) qui présente un RAROC de 1079% ; celaparait aberrant, mais si on observe la note du client on peut déduire que ce taux très élevé peutêtre expliqué par la prime de risque et la contribution en risque qui sont très faibles et celagrâce à la note exceptionnelle du client (4-), ce dernier étant le seul client à avoir une noteinferieure à (6).Le calcul par secteur dactivité nous permet de repérer deux cas marquants, le premier est leRAROC très élevé du secteur des Bâtiments et Travaux Publiques (343%), cela sexplique parle niveau relativement faible de la perte attendue et la perte inattendue du secteur en question.Ce constat revient principalement aux types de crédits sollicités par les entreprises de cesecteur. En effet, nous avons constaté que les cautions de marché représentent une part trèsimportante des lignes accordées à ce secteur. Comme nous lavons déjà démontré, ce type decaution bénéficie dun traitement particulier dans le calcul de lEAD. La valeur de lexpositionsur ces engagements est égale au montant des utilisations pondéré par des coefficients nedépassant pas 20%, ceci donne des expositions faibles si on les compare au montant utilisé.
  • 94. Le deuxième cas est celui du secteur Négoce & Commerce, celui-ci affiche un RAROC de-59% dans le calcul incluant les entreprises défaillantes et une valeur de 46% quand on lacalculé uniquement sur les entreprises saines. Linterprétation serait évidente si on observe lemontant très important de la perte attendue et inattendues relatives aux cinq entreprisesdéfaillantes exerçant dans le secteur commercial celles-ci en plus quelles présentent unecontribution très importante dans la VaR du secteur , elles nont généré aucun revenu durant lapériode de notre étude.CONCLUSIONLapplication de la méthode RAROC repose sur un processus qui fait intervenir plusieurscellules de la banque, notamment la cellule « Risk Management » et la cellule « Contrôle degestion ». La multiplicité des types et des axes de RAROC en plus quelle permet à cet outilde trouver une application dans différents domaines, elle donne au gestionnaire des solutionsen fonction de ses propres besoins. CONCLUSIONLapplication de la méthode RAROC dans la gestion du risque de crédit apporte denombreuses solutions aux préoccupations quotidiennes du gestionnaire. Plusieurs banques derenommée internationale ont témoigné de son efficacité et de son importance non seulementen matière de gestion du risque de crédit mais aussi comme outil de mesure de performances.Cependant, ladoption dune telle approche en plus quelle requiert des procédures préalablesincontournables et très coûteuses à mettre en place, elle suppose que la banque doit êtreéveillée des limites techniques, humaines et environnementales qui peuvent être à loriginedune mauvaise application de cette méthode. Elle suppose également que lintégration deloutil RAROC au sein de létablissement doive se faire avec prudence et dune manièreprogressive.En dehors des dispositions relatives à sa mise en place, RAROC - comme tout modèle degestion - doit être considéré comme un outil supplémentaire daide à la prise de décisions. Sesrésultats ne peuvent en aucun cas se substituer à lavis du gestionnaire, si ce dernier juge quilssont erronés. En définitif, lefficacité de loutil RAROC et la qualité de ses résultats dépendentde la manière dont il sera utilisé.Pour en revenir au contexte national, nous pensons que ladoption de la méthode RAROC etde toute autre méthode similaire ne peut pas avoir lieu en létat actuel des choses. Labsencedes bases de données informatisées, des systèmes de notation interne et des systèmes decomptabilité analytique au sein des banques algériennes ainsi que le retard de laréglementions algérienne (celle-ci nétant pas encore en mesure de passer de Bâle I à Bâle II)tous ces éléments constituent un obstacle majeur empêchant les banques algériennes dadoptertoute nouvelle méthode de gestion des risques.La transition vers un système bancaire moderne bien quelle constitue un investissementénorme pour les banques, bien quelle soit coûteuse en termes de temps et dargent, elle estnécessaire et il est temps pour que nos banques réagissent en ce sens.Dans ce contexte, les banques algériennes sont tenues de constituer et de fiabiliser leursdonnées historiques des défauts comme une première étape pour adopter une politique de
  • 95. notation qui tiendraient mieux compte des spécificités de lenvironnement algérien. Elles sonttenues également de procéder à linformatisation de leurs données afin de rendre celles-cifacilement accessibles et plus sécurisée. En outre, il est indispensable de mettre en place dessystèmes de comptabilité analytique permettant de disposer dune information comptableminutieuse, nécessaire pour le contrôle de gestion et la gestion des risques. Enfin, le rôle desautorités de supervision est très important dans ce cadre; ceux-ci doivent tracer un plan detransition de Bâle I à Bâle II et veiller sur le passage commun et progressif des banques verslapplication du nouveau dispositif.Le fruit de la prise de telles mesures sera linstauration dune base solide dune gestion activedes risques qui permettra la mise en place de toute innovation managériale capable dapporterdu nouveau au Risk Management. BIBLIOGRAPHIEOUVRAGES:· Elie COHEN - Dictionnaire de gestion. Coll .Repères, La decouverte.1997· Gerard MELYON - Comptabilité analytique - Ed.Bréal - 2004· H.JACOB & A.SARDI - Management des risques bancaires. Ed AFGES. Paris. 2001.· Joel BESSIS - Gestion des risques et gestion Actif-Passif des banques. Dalloz. Paris. 1995.· M.ROUACH & G.NAULLEAU - Le control de gestion bancaire et financier. Ed La revuebanque. Paris.1994· M. DIETSCH et J. PETEY, Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutionsfinancières, Ed. REVUE BANQUE. Paris. 2003.· Thierry RONCALLI, La gestion des risques financiers. Ed. Economica, Paris, 2004· Zuhayr MIKDASHI - Les banques à lère de la mondialisation. Ed Economica. Paris. 1998ARTICLES:· Brian J. Ranson - The merit of the journey: a counterpoint to RAROC critics. RMA Journal.Novembre 2003.· B MARK & W V BISHOP -Risk Adjusted Return on Capital: Getting the DataInfrastructure Right. Teradat Raising Intelligence.2007.· C. GODOWSKY - Lassimilation de la méthode RAROC en milieu bancaire. CERMAT -IAE de Tours. Université François Rabelais de Tours. Paris. 2004.· C. JAMES - RAROC Based Capital Budgeting and Performance Evaluation: A Cas Study ofBank Capital Allocation, The Wharton Financial Institutions Center, septembre 1996.
  • 96. · Culp, Christopher - RAROC Revisited. The Journal of Lending & Credit Risk Management.Mars 2000.· Haubenstock, Michael J - Linking RAROC to strategic planning. (Risk-Adjusted Return OnCapital). The Journal of Lending & Credit Risk Management. 1998.· J. MATHIS - Fonds propres économiques « Raroc » et gestion bancaire, CEREG,UniversitéDauphine, 2002.· J. L. VIVIANI - Mesures de performances ajustées pour le risque (MPAR) et allocation desfonds propres. LARGO, Université dAngers. 2003.· Jean DERMINE - Pitfalls in the Application of RAROC in Loan Management. 1998.· Ninad MAUSKAR - Deriving Business Value from RAROC. Aout 2008.· Phuong Nga VO THI - Tarification du crédit : quapporte le nouveau ratio de solvabilité ?Université dOrléans - Faculté de Droit, dÉconomie et de Gestion. Rue de Blois. 2004.· Rocky Ieraci - Model Validation:A RAROC Case Study . Standard & Poors Risk SolutionsDecembre 2007.· S D AGUAIS & L R FOREST JR - The Future of Risk-Adjusted Credit Pricing in FinancialInstitutions. The RMA Journal. November 2000.· Thierry RONCALLI - Introduction à la Gestion des Risques. Cours ENSAI de 3ème année2001.· Vivien BRUNEL- Risk Adjusted Return On Risk Adjusted Capital (RARORAC).TRAVAUX UNIVERSITAIRES:· ABBAOUI Sabir- Modélisation du risque de crédit- Ecole Superieure de Banque, Alger,2005.· AMBAR Mohamed - La gestion du risque de crédit par la méthode RAROC - EcoleSupérieure de Banque, Alger, 2007.· BENNANI HASSAN Yasmine - Les modèles internes dans lévaluation du risque de crédit -Université RENE DESCARTES, Paris V,2001.· GUELLATI Rafik - RAROC: Outil de gestion du risque de crédit - Ecole Supérieure deBanque, Alger, 2006.· SAADAOUI Nassim - Modélisation du risque de crédit dans les établissements financiers -Ecole Supérieure de Bnaque, Alger, 2005.SITES WEB:· www.csfd.com
  • 97. · www.defaultrisk.com· www.findarticles.com· www.gtnews.com· www.standardandpoors.com LISTE DES TABLEAUXTableau 1.1: La pondération des encours dans Bâle I 13Tableau 2.1: Calcul de RAROC pour deux clients de rating différent 26Tableau 2.2: Matrice de Transition 28Tableau 3.1: Comparaison entre RAROC transactionnel et RAROC outil de gestion 52Tableau 4.1: Echelle de notation de BNPParibas 68Tableau 4.2: Correspondance indicative avec les échelles de rating des agences de notation 69Tableau 4.3: La combinaison Note intrinsèque / Note du Support 71Tableau 4.4: Coefficients de pondération des encours sur cautions de marché 75Tableau 4.5: Répartition des entreprises par classe de risque 76Tableau 4.6: Répartition des entreprises par secteur dactivité 77Tableau 4.7: Répartition du volume des expositions par classe de risque 78Tableau 4.8: Répartition du volume des expositions par secteur dactivité 78Tableau 4.9: Répartition du volume dexposition par type dengagement 79Tableau 4.10: Extrait des données introduites dans lapplication CreditRisk+ 80Tableau 4.11: Extrait du tableau de distribution des pertes 82Tableau 4.12 : Coefficients dasymétrie et saplatissement de la distribution des pertes 82Tableau 4.13 : Tableau des quantiles 83Tableau 4.14: Extrait du calcul des pertes inattendues 84Tableau 4.15 : Intérêts perçus par secteur dactivité 85Tableau 4.16 : les intérêts versés par la banque sur les ressources rémunérées 85
  • 98. Tableau 4.17: Evolution des ressources (de Juin 2007 à Mai 2008) 85Tableau 4.18: Extrait du calcul de coûts de ressources par crédit 87Tableau 4.19: Répartition des charges de BNP Paribas El-Djazair 87Tableau 4.20 : Ventilation des fonds propres de la banque au 31/12/2007 89Tableau 4.21: Calcul de RAROC du portefeuille global 90Tableau 4.22 : Contribution des entreprises défaillantes dans le risque global 90Tableau 4.23: Calcul de RAROC global sans prise des expositions sur les clients en défaut 91Tableau 4.24: Calcul de RAROC par client 91Tableau 4.25: Calcul de RAROC par secteur 92 LISTE DES FIGURESFigure 1.1: Fonds propres économiques et réglementaires 20Figure 2.1: Distribution des pertes et VaR 47Figure 4.1: Répartition des entreprises par classe de risque 76Figure 4.2: Répartition des entreprises par secteur dactivité 77Figure 4.3: Répartition du volume des expositions par classe de risque 78Figure 4.4: Répartition du volume des expositions par secteur dactivité 78Figure 4.5: Répartition du volume dexposition par type dengagement 79Figure 4.6: Boite de dialogue de lapplication CreditRisk+ 81Figure 4.7: Distribution des pertes 82LISTE DES ANNEXES1) Base de données des engagements2) Calcul de lencours net3) Calcul des coûts de ressources4) Consolidation par contrepartie5) Utilisation de lapplication CreditRisk+.
  • 99. 6) Calcul de RAROC global7) Calcul de RAROC client.8) Calcul de RAROC secteur.Annexes supplémentaires:1) La réglementation algérienne en matière de gestion de risque de crédit.2) Convergence internationale de la mesure et des normes de fonds propres TABLE DES MATIE RESINTRODUCTION 4CHAPITRE PRELIMINAIRE : GENERALITES SUR LES RISQUES BANCAIRES 6Section 1 : Nomenclature des risques bancaire 71 Risque de crédit 72 Risque de marché 93 Risque opérationnel 9Section 2: La gestion des risques bancaire 101 Les objectifs de la gestion des risques 102 Les étapes de la gestion des risques 10Section 3: La réglementation prudentielle internationale 121 Le comité de Bâle 122 Laccord de Bâle de 1988 123 Les limites de Bâle I 144 Le dispositif Bâle II 145 Les fonds propres réglementaires et les fonds propres économiques 18CHAPITRE I : LA NOTION DE RAROC 21Section 1: Le concept de mesure de performance ajustée pour le risque 221 Définition dune RAPM 22
  • 100. 2 Les fonctions des RAPM 223 Les principales RAPM 23Section 2: Présentation de RAROC 241 Histoire de RAROC 242 Définition de RAROC 253 Illustration numérique du calcul de RAROC 254 Les types de RAROC 26Section 3: Les paramètres de RAROC 271 Les paramètres liés au risque 272 Les paramètres comptables 31CHAPITRE II: LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT PAR LA METHODE RAROC 38Section 1: La notation interne 391 Origine de la notation 392 Définition de la notation interne 393 Les deux approches de la notation interne 394 Les caractéristiques de la notation interne 405 La validation du système de notation interne 42Section 2: La modélisation du risque de crédit 431 Les difficultés méthodologiques de la modélisation du risque de crédit 432 Les étapes de construction dun modèle de risque de crédit 443 Modèles de défaut Vs modèles MTM 474 Les modèles de référence 485 La validation des modèles de crédit 50Section 2: La mise en place de loutil RAROC 511 Les deux approches de RAROC 51
  • 101. 2 Les principaux axes de calcul de RAROC 533 La nécessité de la comptabilté analytique pour lapplication de RAROC 544 Lapplication de la méthode RAROC dans la gestion du risque de crédit 565 Lapport de la méthode RAROC 596 Les limites de la méthode RAROC 61CHAPITRE III : APPLICATION DE RAROC (ETUDE DE CAS) 64Section 1: Présentation de la structure daccueil 651 Le groupe BNP Paribas 652 BNP Paribas El Djazair 653 Lorganisation de la structure Group Risk Management 664 La structure Credit Risk International 665 Les missions de la fonction Credit Control & Reporting 66Section 2: Présentation du système de notation de BNP Paribas 681 La note de contrepartie 682 Le taux de récupération global (TRG) 72Section 3: Présentation du portefeuille 731 Constitution de la base de données 732 Dispositions relatives à lattribution des paramètres de risque 743 Analyse descriptive du portefeuille 76Section 4: Modélisation du risque de crédit 791 Présentation de lapplication CreditRisk+ 791 Les résultats de la modélisation 81Section 5 : Estimation des paramètres comptables 841 Estimation des revenus 842 Estimation des coûts dopérations 87
  • 102. Section 6 : Calcul de RAROC 891 Le calcul du taux butoir (Hurdle rate) 892 Le calcul de RAROC portefeuille 903 Le calcul de RAROC par client 914 Le calcul de RAROC par secteur dactivité 925 Interprétation des résultats 92CONCLUSION 95BIBLIOGRAPHIELISTE DES TABLESLISTE DES FIGURES LISTE DES ANNEXES TABLE DES MATIERES