actuel
Le “Livre noir” de la Présidence

Une honte
pour la République

''Le Système de propagande sous Ben Ali'' ou la «li...
EN COUVERTURE

actuel

Néjiba Hamrouni, Présidente du SNJT

«Le Livre Noir sert la campagne présidentielle
de Marzouki ava...
actuel

Réponse du Taïeb Zahar, président de la Fédération tunisienne des dire

“L’opinion publique saura discerner le m
d...
EN COUVERTURE

actuel

directeurs de journaux

e mensonge
fiant l’ATCE, au moment de sa création en 1990, d’outil de propa...
Actuel
Bchira Ben M’Rad

L’éternelle…
Sur un écran au Théâtre municipal nous pouvions voir la
photo, en noir et blanc, d’u...
NATION

Actuel

Une équipe provenant de générations différentes
a animé la cérémonie

mari à ses enfants d’une autre femme...
Actuel
Situation politique

Entre amendements et blocages
Au moment où les différentes
parties se réunissaient, entamant
u...
Actuel
Maroc

Sur tous les fronts

Inauguré par l’actrice américaine,
Sharon Stone, le Festival international
du film de M...
MAGHREB

Actuel

Algérie/France

Convergence de vues ?
Face au rapprochement Rabat – Washington,
l’Algérie conserve «sa li...
actuel

MONDE

Égypte

Une loi sur le droit de manifester
attise les controverses
La semaine dernière, l’Égypte a
de nouve...
ACTUALITÉS
Aujourd’hui, certes les langues se sont
déliées et il est plus facile de dénoncer
des crimes, mais il est impér...
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Livre noir une honte pour la république

466

Published on

2 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total Views
466
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
1
Actions
Shares
0
Downloads
10
Comments
2
Likes
0
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Transcript of "Livre noir une honte pour la république"

  1. 1. actuel Le “Livre noir” de la Présidence Une honte pour la République ''Le Système de propagande sous Ben Ali'' ou la «liste noire» des journalistes corrompus, longtemps attendue par tous, vient de tomber ! Il ne s’agit pas d’une liste établie par le syndicat des journalistes, pas plus que d’une publication réalisée par le ministère de la Justice transitionnelle, mais d’un livre édité par la présidence provisoire de la République ! De nombreuses personnes ont été surprises de voir le livre présenté par Salah Attia, zeélateur réputé de Leila Ben Ali et du régime déchu, sur une chaîne de télévision, Al Motawasset, connue pour être proche de la Troïka… É trangement, la scène d’une pareille présentation nous projette dans le passé, à une époque que nous croyons révolue et que le livre même prétend combattre : l’avant 14 janvier et les médias valorisant les «réalisations du régime.» Publier les noms de personnes ayant aidé l’ancien régime à tenir toutes ces années et faire justice à tous ces gens dont la réputation a été éclaboussée, voire dont la vie a été brisée par les écrits de journalistes à la solde du système est et reste, une revendication légitime. Les journalistes et les hommes de médias 8 - Réalités - N°1458 - du 5 au 11/12/2013 qui n’ont rien à se reprocher, demandent, depuis deux ans, l’ouverture du dossier. D’un côté, ils veulent connaître les noms de ceux qui ont gangréné le secteur de l’intérieur, empêchant toute possibilité de liberté d’expression et d’épanouissement personnel et d’un autre, ayant abattu la colère populaire sur les médias. Aujourd’hui, des journalistes honnêtes se font agresser, insulter, sont chassés des lieux de couverture des événements et sont accusés d’appartenir aux «médias de la honte» à cause de leurs collègues incriminés. Les anciens militants, la population, l’élite tous veulent connaître les noms de ceux qui ont nourri le système et qui ont trahi leur profession en étouffant la possibilité de toute revendication et réclament le droit de savoir. Mais la nouvelle de la sortie du livre ne comble pas ces attentes et pour cause, un véritable court-circuit a été opéré par cette publication. État de droit Le président provisoire, « ancien militant des droits de l’Homme » et ayant toujours vanté les mérites de la justice transitionnelle, a trouvé en la publication d’un pareil livre, la possibilité de faire passer ce
  2. 2. EN COUVERTURE actuel Néjiba Hamrouni, Présidente du SNJT «Le Livre Noir sert la campagne présidentielle de Marzouki avant l’heure» Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) n’a pas tardé à réagir à la suite de la publication du Livre Noir de Moncef Marzouki. Pour Néjiba Hamrouni, sa présidente, il s’agit d’une analyse incomplète de l’archive trouvée au Palais et une tentative de la part du président de la République de régler ses comptes et de faire sa propre propagande. Beaucoup pensent que le SNJT a fortement réagi à la publication du Livre Noir, car il avait demandé d’avoir accès à l’archive des journalistes impliqués dans le système Ben Ali et la Présidence avait refusé. Nous avons une position de principe : le SNJT est contre le traitement de l’archive, qui est la propriété de tout le peuple tunisien, par une institution ou une personne ou un parti. Cette opération ne peut avoir lieu en dehors du système de la justice transitionnelle et via des experts. Ces deux conditions n’étant pas réunies, cela met en doute la crédibilité de ce livre, d’autant plus qu’il y a eu des gens qui servaient le régime de Ben Ali et dont les noms n’ont pas été cités. On se demande alors quels sont les critères de sélection des journalistes cités dans le livre? En ce qui concerne le contenu lui-même, nous ne nions pas que ce bouquin contienne des vérités, mais elles auraient dû être traitées autrement. En plus, nous avons noté que certaines informations étaient fausses ou exagérées. On ne peut pas mettre sur un même pied d’égalité quelqu’un qui a écrit un seul article dans sa vie où il faisait l’éloge de Ben Ali et un autre qui a passé vingt ans à servir l’ancien régime ! Comment jugez-vous cette action de la part du président de la République et quel est son objectif selon vous ? Tout d’abord, nous voudrions comprendre pourquoi Le Livre Noir ne concerne que les journalistes. Il y a aussi des avocats, des juges, des hommes d’affaires qui ont servi l’ancien régime. Ce livre pourrait être une introduction pour dévoiler la vérité sur l’appareil de propagande de Ben Ali, mais cette affaire ne devrait pas être traitée de cette manière. Car elle concerne tout un pays. Il est impossible de la résoudre dans le cadre de règlements de comptes entre partis politiques ou pour servir une campagne présidentielle avant l’heure, entreprise par Moncef Marzouki. Le SNJT a demandé maintes fois d’avoir une copie de la liste noire des journalistes ayant servi le régime, mais la Présidence ne vous l’a pas donnée, pourquoi ? qu’il n’a pu réaliser par les lois. Mais il a oublié que l’exigence d’ouvrir le dossier des journalistes corrompus vient de l’aspiration des Tunisiens à construire un État de droit. Or, dans un État de droit, accuser À maintes reprises nous avons demandé à la Présidence de nous fournir cette liste et non l’archive retrouvée dans le Palais. Pour nous, il s’agissait d’une couverture pour le syndicat quand il allait la publier. Je me rappelle qu’Ayoub Massoudi, l’ancien conseiller du président, m’avait montré une partie de cette archive et je lui avais formulé cette demande. À chaque fois nous avons reçu de la Présidence des promesses qui n’ont jamais été tenues. Êtes-vous convaincue que, malgré tout, il est nécessaire de publier la liste noire des journalistes ayant servi l’ancien régime ? Nous avons besoin de connaître ceux qui avaient servi ce système, mais cela doit se faire dans le cadre de la loi sur la justice transitionnelle, laquelle n’a toujours pas vu le jour. Nous réclamons que toute l’archive trouvée à la présidence soit révélée et pas seulement la partie mise dans le livre. Il faut aussi dévoiler l’archive du ministère de l’Intérieur, du RCD et de l’exministère de l’Information, relative à ce système de propagande. Nous estimons que le rôle d’un président de la République est de conserver l’archive et de la donner à la justice, au lieu de l’utiliser comme instrument de chantage. Le chef du gouvernement et le ministre de l’Intérieur devraient faire de même. Allez-vous entamer des actions concrètes après la publication du livre ? Nous n’allons pas lui donner davantage de valeur. Il s’agit d’une analyse partielle de l’archive trouvée au Palais. Il y a des gens qui sont cités et qui sont réellement impliqués et d’autres qui n’ont même pas été mentionnés. les gens de corruption ne se passe pas en dehors des tribunaux, mais via la voie de la justice. Il passe ainsi outre les fondamentaux des Droits de l’Homme et affiche un total mépris des lois et des institutions Propos recueillis par H.Z. en publiant une liste de personnes n’étant pas passées devant le juge ni ayant pu jouir de leur droit à la défense. Le président provisoire fait preuve également d’un dépassement inacceptable dans du 5 au 11/12/2013- N°1458 - Réalités - 9 ➥
  3. 3. actuel Réponse du Taïeb Zahar, président de la Fédération tunisienne des dire “L’opinion publique saura discerner le m de la vérité” « rité. Au niveau de la fédération, nous nous réservons toutes les mesures légales et avons tous les droits, par la loi, de défendre notre dignité et de faire éclore la vérité. Et M. Zahar de poursuivre : « Nous n’avons pas attendu la sortie de ce torchon truffé de calomnies et de mensonges pour réclamer la lumière sur le comportement concussionnaire de certains journalistes qui ont usé et abusé du temps de l’ancien régime et qui aujourd’hui sont “récupérés” par la Troïka pour continuer à faire leur sale boulot. C’est ce qui vaut probablement à “Réalités” d’être à “l’honneur”. Je souhaite rappeler les termes de l’édito que j’ai signé dans notre édition n°1317 du 24 mars 2011 qui porte le titre : «ATCE et Police Politique : le devoir de vérité ! » :« Il me parait évident d’affirmer que la presse tunisienne, tout medias confondus, est en train de jouer un rôle déterminant dans la réussite de la transition démocratique. Toutefois, pour se réconcilier avec l’opinion publique et conquérir son rang de quatrième pouvoir, il lui faudrait solder le lourd legs du passé. Car si un secteur est sorti sinistré des 23 ans de pouvoir de Ben Ali, c’est bien celui de l’information. Pour les directeurs de publications, le choix était clair, soit se soumettre au diktat de Abdelwaheb Abdallah et faire de la langue de bois la seule ligne de conduite et du harcèlement des démocrates le sport favori, soit d’essayer de résister en privilégiant un journalisme respectueux de la déontologie et de ses lecteurs et s’attirer par voie de conséquence les foudres de guerre du Pouvoir. Vous devenez de fait l’ennemi à abattre. Réalités a toujours adopté une attitude digne et en conformité avec ses principes de respect de la liberté d’expression. Des compromis oui, des compromissions jamais. Nous avons souvent dû payer un lourd tribu pour notre indépendance. Nos fidèles lecteurs pourront en témoigner. Bientôt nous publierons pour ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de nous lire, et en particulier les jeunes, des articles parus tout au long des trente deux années d’existence de notre journal et qui ont suscité de la part du pouvoir des sanctions allant de la suspension de six mois à la saisie du numéro incriminé, en passant par des périodes plus au moins longues de privation de publicité et d’abonnements publics. Pressions financières (même si nous n’avions jamais bénéficié de plus d’une page de publicité par numéro, alors que d’autres en avaient dix fois plus et employaient dix fois moins de journalistes) mais également pressions politiques intolérables. Si aujourd’hui j’ai décidé d’en parler, ce n’est pas pour rechercher une quelconque reconnaissance pour Réalités, mais plutôt pour demander des comptes à ceux qui ont mis en place et utilisé un instrument (l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure) créée dans le seul but de vassaliser la presse libre. Le député Mohamed Yahiaoui ne s’est guère trompé en quali- tion avec son bureau de presse et les personnes ayant participé à l’élaboration du livre, une archive qui devait être consultée par un comité spécial désigné pour trancher dans cette affaire et composé d’historiens, d’hommes de loi et de médias. Tant d’infractions commises par le Prési- dent provisoire dans cette publication dans un pays qui se veut démocrate… Pis encore le Président tente, à travers ce livre, de gagner des voix et de se faire «apprécier» , dans un geste plutôt populiste et irréfléchi dans une période de crise où le citoyen perd confiance en la classe politique. Le livre constitue un véritable blanchissement de nombreuses personnes impliquées et dont le nom n’a pas été cité. Il témoigne d’une bassesse politique jamais constatée auparavant, surtout venant d’une personne qui se targue d’être militante en Droits de l’Homme mais qui, en éditant cette liste, ne respecte ni la loi ni l’éthique. Il n’y a jamais eu recours à ce genre de procédure par le passé. Nous n’avons non plus jamais connu autant de diffamations dans les journaux comme on en connaît depuis deux ans sans aucune réaction de la part du locataire intérimaire de Carthage. Dans un édito paru en 2011, nous avons exigé l’ouverture du dossier de la corruption et nous continuons aujourd’hui à exiger de faire la lumière sur le financement occulte qui arrose la presse et qui vient de milieux douteux. Jamais auparavant on n’a essayé de faire mesure de rétention sur la presse pour la mettre à genoux sur le plan financier, telle la suppression des abonnements publics, et par l’absence de transparence et d’équité dans la distribution de la publicité publique. On trouve aujourd’hui le moyen de sortir un torchon rempli de contre vérités et de mensonges qui fait honte au président et à tout le pays. Aujourd’hui nous exigeons que ces archives soient remises à la justice et non pas livré à l’apanage d’un clan pour régler des comptes partisans. De toutes les façons, l’opinion publique saura discerner le mensonge de la vé- ➥ un pays ayant connu une Révolution : celui du pouvoir exécutif qui s’immisce dans la justice. Le ministère de la Justice transitionnelle est ainsi court-circuité. Le président provisoire – éditeur – court-circuite aussi le syndicat des journalistes tunisiens… Il a également ouvert, en collabora- 10 - Réalités - N°1458 - du 5 au 11/12/2013
  4. 4. EN COUVERTURE actuel directeurs de journaux e mensonge fiant l’ATCE, au moment de sa création en 1990, d’outil de propagande digne de l’Allemagne Nazi et de Goebbels. D’ailleurs suite à sa déclaration, Ben Ali décida de boycotter la cérémonie de célébration de la fête de la République. Aujourd’hui, si l’on veut définitivement tourner la page et construire une presse digne de la Révolution, il faut que les Tunisiens sachent comment a été dépensé leur argent. Sur quels critères cette publicité publique a été distribuée aussi bien aux journaux locaux qu’aux journaux étrangers, et pour quels usages ? Quels étaient les mercenaires qui ont bénéficié de sommes d’argent pour faire de la désinformation ou harceler les opposants ? Beaucoup de surprises nous attendent, mais pour cela il faut que les pouvoirs publics jouent le jeu de la transparence. De même, et loin de nous l’idée d’instaurer une chasse aux sorcières, il me paraît impératif, au moment où nous venons juste de dissoudre la Police Politique, de voir quels étaient les «confrères» qui étaient payés pour faire de la délation. Certains faisaient des rapports quotidiens en contrepartie d’avantages de toutes sortes. C’est à ce prix seulement qu’on parlera d’assainissement du secteur et qu’on pourra distinguer le bon grain de l’ivraie. C’est à ce prix enfin que nous distinguerons les vrais journalistes des mercenaires qui, profitant de cette révolution, tentent de se retrouver une nouvelle virginité. Nous exigeons la vérité ». L’arroseur arrosé Et si l’on voulait procéder dans cette logique de délation sur laquelle s’est appuyée la présidence et ses collaborateurs dans l’élaboration du livre, nous découvrirons rapidement que le nom du président provisoire Moncef Marzouki Les articles rédigés par Moncef Marzouki en soutien à Ben Ali figurerait en tout mérite sur la liste en question. Ainsi, lui qui a toujours assuré s’être toujours opposé à Ben Ali, a écrit dans un article titré « Pour que réussise l’élève la Tunisie » et paru le 25 mars 1989 sur les pages d’Essabah : «Pour que viennent ces 99% non pas en réveillant en nous l’ironie mais pour exprimer la confiance que nous avons en l’homme du consensus, pour qu’il soit le président de tous les Tunisiens et non pas celui des uns et pas des autres et de l’attente que cette confiance soit réciproque ». En matière d’articles, les phrases ci-dessus citées, parues en soutien à l’ancien président Ben Ali à la veille des élections d’avril 1989, ne constituent nullement une exception puisqu’il avait publié d’autres écrits allant dans le même sens. Ainsi, si nous voulions passer outre le mépris des lois et des droits dont le président se réclame, et supposons même que le droit lui revenait d’écrire aujourd’hui pareil livre, en consultant les pages, l’on constate qu’il tombe luimême dans une campagne de diffamation qu’il dirige à l’encontre de ceux qu’il cite. Il éclabousse la réputation de personnes innocentes et omet de citer celles qui sont fortement et publiquement impliquées… Menaces Outre les dépassements commis et le fait de tenter, via ce livre, de manipuler l’opinion dans la promotion de sa propre image, le Président met en danger la vie des personnes citées. On ne peut trancher de l’acquittement ou de l’implication des personnes dont le nom a été publié, car cela nécessiterait une procédure judiciaire, mais la certitude est que certaines d’entre elles peuvent être agressées, harcelées, si ce n’est pire… Le président aura choisi une période d’insécurité, où nous avons connu deux assassinats politiques et où des listes de journalistes menacés de mort sont établies, afin d’en rajouter «une couche» et d’offrir à qui le souhaite le prétexte de de légitimer ses violences. … Hajer Ajroudi du 5 au 11/12/2013- N°1458 - Réalités - 11
  5. 5. Actuel Bchira Ben M’Rad L’éternelle… Sur un écran au Théâtre municipal nous pouvions voir la photo, en noir et blanc, d’une femme dont le visage exprime la volonté et la force. Un sourire se dessine sur ses lèvres et son regard et déterminé… C’est feu Bchira Ben M’rad, militante des Droits de la femme à une époque où la femme tunisienne était reléguée au rang d’objet. Née en 1913 et décédée en 1993, c’est dimanche 1er décembre, au théâtre municipal, que de nombreuses personnalités, hommes et femmes, sont venues célébrer son centenaire. Ils sont venus rendre hommage à celle qui voua sa vie à l’émancipation des femmes tunisiennes et à leur libération du joug de l’ignorance. F ondatrice, en 1936, de l’Union musulmane des femmes de Tunisie, Ben Bchira M’rad, filleule d’illustres cheikhs d’Islam, a entamé le militantisme âgée d’à peine 22 ans, quelques années plus tôt, par la simple initiative d’une soirée de dons. Loin de l’extrémisme ou de l’agressivité d’un féminisme moderne, Bchira Ben M’Rad a caressé le rêve d’une société où hommes et femmes pouvaient avancer ensemble. Avant que le sujet des droits de la femme ne soit évoqué dans d’autres pays occidentaux, elle a commencé à bâtir la société dont elle rêvait en Tunisie, alors colonisée. Elle a milité tout d’abord pour améliorer les conditions de la femme tunisienne, pour arracher son droit à l’éducation, elle-même ayant joui d’une éduction rarement disponible aux femmes de sa génération. 14 - RéAlités - N°1458 du 5 au 11/12/2013 Bchira Ben M’Rad, une icône du militantisme féminin Bchira Ben M’Rad n’a pas seulement pensé à l’éducation des mères, mais aussi aux enfants de la patrie qui étaient également un peu les siens. Elle collectait les dons, voire fournissait son propre argent pour aider les étudiants à l’étranger à poursuivre leur cursus universitaire. Cette générosité naturelle venant d’une femme qui, dans un noble geste de pardon, a offert l’héritage légué par son Quand les jeunes découvrent une phase lumineuse de leur histoire !
  6. 6. NATION Actuel Une équipe provenant de générations différentes a animé la cérémonie mari à ses enfants d’une autre femme, découverts après sa mort, n’étonne pas. Car à cette bonté naturelle s’ajoutait la clairvoyance et la conviction que la Tunisie ne pouvait obtenir son indépendance sans une jeunesse éduquée et diplômée. Son combat d’alors n’excluait pas les hommes, mais si elle les soutenait par les dons financiers, elle se sacrifiait presque pour les femmes et leur émancipation. Convaincue également que les femmes devraient participer à l’Indépendance, elle fut parmi les premières à être d’une façon ou d’une autre sur les rangs. Sans porter les armes, elle fut une menace et les autorités françaises ne tardèrent pas à le savoir et à agir en conséquence. Ainsi, à une époque où la réputation de la femme était d’une telle fragilité que le simple fait de sortir même pouvait l’anéantir, elle ne s’est point retirée malgré les arrestations et l’emprisonnement. Bchira M’Rad, qui échappa à l’exil lors de sa lutte pour l’Indépendance, eut à le subir après sa proclamation. La femme qui avait lutté contre les ténèbres et qui avait ouvert la porte à ses compatriotes pour qu’elles puissent s’épanouir dans la lumière, se retrouva alors dans la «chambre noire» «Bit Dhlem»… exilée sans avoir quitté la Tunisie, oubliée par ceux qu’elle avait soutenus, trahie presque par ceux en qui elle avait cru… Les dizaines d’années que cette militante a dû passer dans les oubliettes n’ont pourtant effacé ni son souvenir, ni la grandeur de son œuvre, ni même la gratitude qu’éprouvent des gens qui ne l’ont pas connue, mais qui savent que c’est en partie grâce à elle et à des militantes de sa trempe que les droits ont été octroyés et l’éducation a pu être différente et riche. Alors, quand la voix suave de Sonia M’Barek s’est mise à déchirer le silence du théâtre municipal cantonnant «la perle», tous ont eu une pensée émue et reconnaissante pour Bchira Ben M’Rad qui n’a certes pas été présente pour assister à un pareil hommage, mais dont le souvenir sera éternel chez les générations tunisiennes. De nombreuses personnalités ont assisté au centenaire de Bchira Ben M’Rad Hajer Ajroudi du 5 au 11/12/2013 - N° 1458 - RéAlités - 15
  7. 7. Actuel Situation politique Entre amendements et blocages Au moment où les différentes parties se réunissaient, entamant un dialogue qui peine, des amendements ont été effectués au niveau du règlement interne de l’ANC. Le blocage et la méfiance régnant sur le dialogue national se sont alors propagés au sein de l’Assemblée. D’un côté, Ennahdha insistait pour imposer Ahmed Mestiri, ce qui a été jugé par certains comme une tentative d’installer au pouvoir quelqu’un sur qui le parti aurait de l’influence et, de l’autre, apportait des modifications pouvant lui octroyer plus de pouvoir au sein de l’ANC. Des deux côtés, Ennahdha semblait ne pas vouloir lâcher le pouvoir, mais aussi gagner du temps en cultivant la diversion… Décryptage D écidés le 4 novembre dernier, les amendements introduits sur les articles 38 et 79 du règlement interne de l’Assemblée constituante (ANC) ont été annulés le 27 du même mois. D’autres modifications apportées aux articles 106 et 126 ont par contre été maintenues. Un vif débat national et politique a été provoqué par ces amendements. L’opposition a souligné qu’ils servent l’intérêt d’Ennahdha et lui octroie plus de pouvoir au sein de l’ANC. Hormis les amendements effectués sur l’article 106 prévoyant d’accélérer le rythme de l’ANC et l’adoption de la Constitution, ceux ayant touché les autres articles ont été rejetés, provocant le boycott de la part de l’opposition. Ettakatol, partenaire dans la Troïka, a également exprimé son refus des mêmes modifications, notamment celles touchant à l’article 79, jugeant qu’elles visent particulièrement le président du parti et de l’ANC, Mustapha Ben Jâafer. Après presque trois semaines de négociations, le 27 novembre 2013, l’ANC a annulé lors d’une séance plénière les amendements apportés aux articles 36 et 79. Le vote a été emporté grâce à 150 voix appuyant le retrait contre 49 objections et 14 abstentions. On semble alors avoir dépassé le blocage… Néanmoins, les amendements ont été apportés lors d’une période critique où quartet, opposition et gouvernement essayaient de trouver un terrain d’entente pour pouvoir avancer sur le terrain du dialogue national. L’issue de ce dialogue aurait limité le pouvoir d’Ennahdha puisqu’elle aurait abouti à un nouveau gouvernement constitué de technocrates indépendants. Le parti au pouvoir aurait alors cherché à s’assurer plus de pouvoir à travers l’ANC, institution dont la dissolution fut en été exigée, mais que la Troïka a «réussi à sauver.» Est-ce le blocage du dialogue qui aurait, en cas de réussite, limité le pouvoir d’Ennahdha, qui a rassuré le parti islamiste et l’a incité à revenir sur les amendements pour ne pas ouvrir plusieurs fronts au même moment ? Sahbi Atig a par ailleurs déclaré qu’Ennahdha «revient sur les amendements pour renforcer le consensus et faire aboutir le dialogue national et la transition démocratique». Ennahdha ne semble donc plus avoir besoin de ces amendements puisque le parti est toujours en place dans le gouvernement et fait preuve de bonne foi en revenant sur ces modifications. Mais, encore une fois, le pays en pleine crise perd un temps précieux à résoudre des problèmes aléatoires et collatéraux. La situation à l’ANC ne s’améliore pas pour autant puisque l’Assemblée n’est pas encore sortie de l’impasse. Ainsi, même si le différend autour des amendements a été résolu, la question de l’ISIE demeure figée. En effet, le tribunal administratif a annulé pour la troisième fois les travaux de la commission chargée du tri des candidatures. Les raisons de l’annulation sont «non-conformité à la grille d’évaluation des candidatures à l’ISIE» et «défaut de promulgation et publication de la loi organique sur l’ISIE II au JORT.» La commission menace de son côté d’instaurer une loi, en dernier recours, empêchant le tribunal d’annuler ses propres travaux. Outre l’impasse concernant l’ISIE, dont la constitution est l’un des points de la feuille de route proposée par le Quartet, d’autres blocages parsèment le dialogue national, déclaré par ailleurs cliniquement mort par Lazher Akremi. 16 - RéAlités - N°1458 - du 5 au 11/12/2013 Dialogue national en réanimation Depuis deux semaines dure le blocage, à cause de la personnalité du chef du gouvernement, et à l’heure actuelle plus personne ou presque n’y croit. Rappelons que le gouvernement et l’opposition se sont retrouvés au point mort, les premiers soutenant la candidature d’Ahmed Mestiri et les derniers la rejetant. Abdessatar Ben Moussa, président de la Ligue des Droits de l’Homme en Tunisie, membre du Quartet, a proposé une solution «neutre», à savoir laisser aux quatre organismes initiateurs du dialogue le choix du nouveau chef de gouvernement. La solution pourrait en effet dénouer la situation à défaut d’un refus par les uns ou les autres du nom qui sera proposé. Néanmoins le dialogue national entamé malgré maints obstacles se déroule de plus en plus dans une ambiance plombée par la méfiance. Lazhar Akermi a souligné dans sa déclaration à Mosaïque FM que la raison de la mort du dialogue national est le manque de confiance entre les différents partis. Quant à Yassine Ibrahim, il a démontré que la crise autour du nom du chef du gouvernement prouve l’irréalisme et le manque de pragmatisme des acteurs politiques et des forces syndicales. Il est alors difficile de croire en une possibilité de réanimation du processus du dialogue, même si le quartet peut encore y apporter une solution en proposant un nom. En attendant le dénouement, la situation sécuritaire est plus précaire que jamais. Sahbi Jouini, chargé des affaires juridiques auprès de l’Union nationale des syndicats des forces de sûreté (UNSFS) a déclaré il y a quelques jours que 2 tonnes d’explosifs ont été saisis et que la situation ne présage rien de bon. Il a souligné par ailleurs que les autorités n’ont pas encore commencé à lutter contre le terrorisme. D’un autre côté, l’effondrement économique et l’approche des dates commémoratives de la Révolution des 17 décembre 2010 – 14 janvier 2011 alimentent les tensions et les revendications socio-politiques. Aujourd’hui et plus que jamais, le dialogue national devrait aboutir à des prémices de solution, quant à l’ANC, elle devrait commencer à présenter des projets et des institutions concrets et finis… Hajer Ajroudi
  8. 8. Actuel Maroc Sur tous les fronts Inauguré par l’actrice américaine, Sharon Stone, le Festival international du film de Marrakech fait du Maroc l’une des capitales du cinéma mondial Le Maroc continue à s’imposer dans la région. Cinéma, industrie, économie, opportunités d’investissements, tourisme et partenairiat dans la lutte contre le terrorisme, en constituent les points de force. Appuyé par Washington dans son plan d’autonomie du Sahara et considéré comme un allié stratégique au Maghreb, le royaume se trouve aujourd’hui sur tous les fronts… D u festival international du film de Marrakech, inauguré par l’actrice américaine, Sharon Stone,vendredi dernier, au forum maroco-russe, expression d’une diplomatie active, le Maroc donne l’impression d’être le seul pays du Maghreb à stable et sûr de lui-même. Une cinquantaine d’entreprises russes participent par exemple, entre le 1er et le 4 décembre, au forum organisé par le Conseil d’affaires maroco-russe, présidé par Hassan Sentissi El Idrissi du côté ma- rocain, en partenariat avec Maroc Export et l’ASMEX (Association marocaine des exportateurs.) L’objectif est de démontrer les opportunités et les leviers de croissance que peut offrir le Maroc en tant que marché et passage vers l’Afrique. De même que le royaume veut constituer une opportunité pour les asiatiques et entend être «leur carrefour». Ainsi se sont réunis les 21 et 22 novembre les hommes d’affaires marocains et asiatiques à Skhi- 26 - RéAlités - N°1458 - du 5 au 11/12/2013 rate pour discuter des opportunités de partenariat entre les deux continents, africain et asiatique, en faisant du Maroc le point de passage pour l’Afrique. La Chine, qui est le 4e partenaire du Maroc, a par ailleurs été l’invité d’honneur de la rencontre. Avec l’Espagne, le royaume vient de conclure la création d’un comité stratégique présidé par les deux chefs des services de sécurité, Bouchaib Rmail et Ignacio Cosido. Une réunion ordinaire est organisée d’une façon annuelle et des rencontres peuvent être tenues entre les deux chefs respectifs à n’importe quel moment si besoin est. Rappelons que les attentats du 11 mars 2004 à Madrid ont ouvert la porte à une collaboration maroco-espagnole en matière de sécurité. Le comité entend aussi renforcer la lutte contre l’immigration illégale et le terrorisme.
  9. 9. MAGHREB Actuel Algérie/France Convergence de vues ? Face au rapprochement Rabat – Washington, l’Algérie conserve «sa ligne diplomatique» et continue à travailler en étroite collaboration avec la France. Les sujets discutés entre le président américain et le souverain marocain reflètent les mêmes enjeux qui animent la France et l’Algérie. Dans le cadre d’un entretien accordé à Al Watan, Hélène Le Gal, conseillère Afrique à la présidence de la République française qui était à Alger dans le cadre de la préparation du sommet Elysée – Afrique sur la paix et la sécurité, a déclaré que la France et l’Algérie avaient des préoccupations et des défis communs. Le dossier du Sahara occidental, discuté entre Obama et le monarque Mohamed VI, est également l’un des sujets étudié entre le ministre des Affaires étrangères algérien Lamamra, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines Bouguerra et Le Gal. La sécurité et les frontières sont également au cœur Hélène Le Gal des discussions, notamment avec la dégradation de la situation au Mali, en Libye et au Niger. L’éradication des groupes terroristes et de l’AQMI sont, selon Le Gal, l’un des enjeux communs, ainsi que la lutte contre le trafic de drogue aux frontières. L’économie et le développement ont également été évoqués dans les réunions entre les représentants des deux diplomaties. Libye Zone de grandes turbulences Un semblant de dénouement de la crise sécuritaire s’est fait ressentir la semaine dernière, mais pour peu de temps. La Libye, dont le facteur tribal alimente les frictions et les clivages, continue d’être la proie des différents clans qui s’y affrontent. Avec l’implantation des cellules de l’AQMI, la fragilité des institutions de l’État, dont celle de la sécurité, et l’artillerie dont dispose les milices, la situation se fait difficile à contrôler. A insi, un soldat des forces spéciales a été tué par balles en fin de semaine. Le quartier général de la section a été également attaqué par des assaillants disposant de mini anti-chars, de roquettes RPG et de mitraillettes. Les groupes terroristes s’en prennent à l’armée dans un affrontement dont qui vise la destruction de l’État Libyen, si la lutte était emEn Libye, comme en Tunisie, les combattants d’Ansar Achariaa portée par les représentent une menace sérieuse pour toute la région djihadistes, ou le début de la fin des troubles pour les Libyens, si l’armée et les forces de l’ordre l’emportaient. La Libye devient également une menace pour la région. Les cellules qui y sont installées représentent une expansion de celles du Mali et du Niger. La Tunisie et l’Algérie peuvent payer le prix d’un renforcement interterritorial de l’AQMI et les frontières des deux pays du Maghreb sont menacées. Ansar Alchariaa, combattant actuellement en Libye et dont les hommes opèrent également en Tunisie, représente la plus grande menace la Tunisie surtout avec l’implication de puissances qui, en combattant l’organisation en Libye, et la poussent à chercher refuge en Tunisie. Hajer Ajroudi du 5 au 11/12/2013- N°1458 - RéAlités - 27
  10. 10. actuel MONDE Égypte Une loi sur le droit de manifester attise les controverses La semaine dernière, l’Égypte a de nouveau connu de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Jeudi, un étudiant a été tué lors d’une manifestation des pro-Morsi, le président déchu. Néanmoins les manifestations ont continué, ainsi que les violences. Seulement, cette fois-ci, les «révoltés» ne se limitent plus aux islamistes. Deux visages laïcs connus de la Révolution de 2011 ont été arrêtés : Alaa Abdel Fattah et Ahmed Maher, fondateur du mouvement «6 avril». Aujourd’hui les militants égyptiens sortent de nouveau dans la rue protestant contre la loi relative aux manifestations. D imanche, le gouvernement a décrété une loi exigeant une autorisation délivrée par la police pour pouvoir manifester. La demande de l’autorisation devra être présentée trois jours avant le rassemblement et comporter le lieu et la trajectoire de la manifestation, les revendications, mais aussi les slogans qui y seront scandés. Les réseaux sociaux égyptiens se sont vite enflammés, jugeant cette initiative comme un retour à l’ère de la dictature. Les Égyptiens sortis protester avant le 2011 pour lutter ne l’ont pas fait uniquement contre le régime de Moubarek, mais également contre le pouvoir militaire et l’État d’urgence dont ils subissaient les abus. La loi promulguée stipule par ailleurs que les autorités peuvent interdire certaines manifestations pouvant représenter une menace à la sécurité publique. Elle leur permet de sévir contre les contrevenants et d’user de répression policière violente en Violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants refusant la loi relative aux manifestations cas de rassemblement. Le port de cagoule, tout comme le port d’arme lors de manifestations seront punis d’un an à cinq ans de prison. Dans le cadre de l’utilisation graduée de la force en cas de violence de la part des manifestants, les forces de l’ordre peuvent user d’avertissements, tirs de chevrotine, canons à eau, matraques et gaz lacrymogène. Aujourd’hui certains militants expliquent que la loi tend à les empêcher de protester, surtout à la veille d’un referendum national sur les amendements apportés à la Constitution. Le comité des 50 se chargeant de la révision 28 - Réalités - N°1458 - du 5 au 11/12/2013 de la Constitution a entamé samedi le vote final sur la nouvelle loi fondamentale. Elle sera ensuite soumise à référendum. Certains articles sont déjà critiqués pour avoir maintenu les privilèges de l’armée, tel le jugement d’un civil par les militaires ou le droit de regard sur la nomination du ministre de la Défense pendant deux mandants. De son côté, le gouvernement égyptien soutient que la loi a été adoptée pour organiser l’exercice de ce droit, sauvegarder la paix civile et mettre fin aux manifestations pro-Morsi. H.A.
  11. 11. ACTUALITÉS Aujourd’hui, certes les langues se sont déliées et il est plus facile de dénoncer des crimes, mais il est impératif de mettre en place un observatoire spécialisé qui aura la mission de gérer ces dossiers. Bien qu’on soit toujours dans le théorique, à travers le CTAF, le pôle juridique et financier pourrait être l’institution adéquate. Ceci dit, ce pôle intervient après coup, il nous faudra donc une institution qui permet d’agir en amont pour la prévention contre le blanchiment d’argent. Ceci est indispensable lors des appels d’offres. D’ailleurs, la Tunisie a failli vendre les parts de la Banque de Tunisie à un donds suspect, il s’agit d’un Fonds de Luxembourg dont les sources de financement étaient inconnues. À l’échelle internationale, sur le marché mondial, une affaire de blanchiment d’argent, à travers une société écran implantée en Tunisie, a été démasquée. Deux millions d’euros ont été gelés et l’affaire est actuellement entre les mains du Pôle juridique et financier. Comment prévenir le blanchiment d’argent Les moyens de prévention du blanchiment d’argent sont multiples mais difficiles à réaliser actuellement dans l’environnement d’insécurité qui règne dans le pays. Une mesure serait efficace dans l’immédiat et qui a été saluée par l’Ordre des experts comptables et faisant partie de la loi des Finances de 2014. Cette mesure propose de baisser les transactions cash à moins de 20.000 dinars. Cela permettra de baisser le flux illicite d’argent. Abderrahman Ladgham, ministre auprès du chef du gouvernement chargé de la Gouvernance et de la lutte contre la corruption, insiste sur le renforcement du cadre juridique, la diffusion de la culture de l’honnêteté et l’intégrité et la création de nouvelles sources de revenus stables. Selon le ministre, le département chargé de la gouvernance et de la lutte contre la corruption a adopté une démarche globale basée sur l’identification des zones à risques, le renforcement de la coordination entre les différents intervenants à l’échelle nationale et internationale, la réforme des systèmes financier, fiscal, douanier et bancaire, la protection des divulgateurs, ainsi que le renforcement de la loi sur la déclaration des biens. Économie Femmes et intégration économique Une «Compétition pour la diversité des Genres» Le programme EconoWin – bureau Tunis (Intégration économique des femmes dans la région MENA) soutenu par la Coopération internationale allemande GTZ et financé par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement BMZ – a lancé vendredi dernier l’initiative «Compétition pour la diversité des Genres.» L’initiative englobe la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie et le Maroc. Huit entreprises et 32 consultants locaux bénéficieront de l’appui du programme dans le cadre de l’intégration économique des femmes dans la région MENA, deux pour chaque pays. L a compétition pour la diversité des genres apportera son appui, en Tunisie, aux entreprises voulant promouvoir la mixité. Des experts internationaux assisteront ces entreprises durant 16 mois. En effet, en Tunisie, le taux de chômage atteint 22.5% des femmes contre 13.1% pour les hommes. 45% des femmes poursuivent un cursus universitaire contre 30% des hommes en Tunisie. 39% des femmes diplômées du supérieur sont au chômage contre 16% des hommes sans travail. Nous comptons seulement une seule femme sur 10 personnes dans des postes de responsabilité. Elles ne représentent, en Tunisie, que 24.3% de l’ensemble de la maind’œuvre. Dans la situation actuelle, où la décision d’achat dans le monde est prise à 85% par des femmes, ce pouvoir féminin devient un atout de compétitivité. En effet, les entreprises dominant le marché sont celles justement ayant favorisé l’équilibre entre le nombre d’hommes et de femmes dans les lieux de travail. Les équipes mixtes sont plus performantes et trouvent plus facilement réponse aux problèmes posés que des équipes homogènes. Promouvoir la mixité Outre la culture de l’entreprise qui devrait croître, promouvoir et donner la chance aux femmes, un appui au capital féminin s’impose. Ainsi, proposer des modalités de travail souples, prendre en charge la garde d’enfants ou de personnes âgées en offrant un service de garderie ou des cours supplémentaires, offrir des possibilités de mentorat aux jeunes employées, et lutter contre le harcèlement sexuel, optimiseraient le potentiel féminin et la présence des femmes dans le marché du travail. Des actions devraient être réalisées en Tunisie, améliorant l’évolution de la carrière professionnelle des femmes comme le mentorat, la formation, le coaching, la création d’un réservoir de talents et de plans de carrière pour les employées prometteuses. Les actions peuvent également être effectuées dans le développement de processus d’évaluation et de promotion transparent et sans préjugé de genre, la sensibilisation et la formation des managers en ressources humaines sur les préjugés liés au genre, la promotion des modèles de réussite de femmes cadres… À suivre. Hajer Ajroudi N.J du 5 au 11/12/2013 - N° 1458 - RÉalitÉs - 41

×