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10 leglaiveetlescarabeev2charlespetitjean1erepartie

  1. 1. « Charles Petitjean fils de serfs » ère 1 Partie – Le Glaive et le Scarabée –Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 1
  2. 2. Le seigneur Tyrak de Roche NoireC’était au temps où les Seigneurs régnaient en maîtresabsolus sur leurs terres. Il y en avait de bons, des faibles,des justes, des fous, des débauchés et des cruels… etcertains étaient tout à la fois ; mais dans ces cas là, ilsn’étaient généralement ni bons ni justes.Les terres des seigneurs étaient exploitées par despaysans que l’on appelait alors les serfs. C’est un mot quivient du latin et qui veut dire esclave ! C’est dire la façondont ils étaient traités. C’étaient des familles trèsnombreuses car, à cette époque, les enfants, surtoutlorsque c’était des garçons, étaient autant de bras et dejambes pour accomplir les durs travaux de la ferme. Il n’yavait pas de tracteur. C’étaient les animaux, des bœufs,des chevaux ou des mulets, qui tiraient la charrue et lescharrettes pour transporter la paille, le foin ou allerchercher l’eau…Les seigneurs avaient droit de vie et de mort sur tous ceuxqui étaient à leur service ou vivaient sur leur terre, ainsique sur tous leurs enfants et le peu de biens qu’ilspossédaient… mais certains seigneurs enLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 2
  3. 3. abusaient. C’était le cas de celui dont je vais te conterl’aventure, mon petit, mon enfant : Le seigneur Tyrak deRoche Noire.Il était odieux, débauché et cruel. Il était toujours en noir,son armure était de métal sombre, ses vêtements develours noir, ses gants noirs, son cheval d’un noir de jais,le fourreau de son épée l’était aussi, mais, curieusement,son épée ne l’était pas.Cette épée n’était pas à lui ; il l’avait volée !Elle portait comme seule décoration gravée sur sonpommeau, une balance suivi du sceau de l’artisan forgeronet armurier qui l’avait conçue et forgée. Sur l’intérieur de lagarde était gravé de façon discrète, son nom :« Démocléter ». C’est avec une poignée de soldats, dansune province voisine, que le seigneur avait pillé unforgeron peu connu mais de grand talent. « Démocléter »se trouvait au milieu du butin, des boucliers, des massueset autres armes de main qu’ils emportèrent. On ne voyaitqu’elle. Elle avait une présence imposante. Tyrak de RocheNoire remarqua tout de suite la sobriété de sa forme et desa décoration ajoutée au sentiment de solidité et depuissance qui s’en dégageait.Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 3
  4. 4. Elle avait tout d’une arme exceptionnelle. Il choisit dansl’atelier un fourreau noir, qu’il vola et fixa à sa ceinture,puis y plaça Démocléter, qu’il décida donc de porter à soncôté.À ce jour, ce seigneur avait toujours fait exécuter leschâtiments quil infligeait par ses soldats, ne voulantaccomplir les basses besognes. Toute personne qui legênait, le contrariait ou se montrait désobligeante, étaitéliminée sur le champ. C’est à se demander si, en plus deLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 4
  5. 5. la débauche et de la cruauté, il n’avait pas hérité une folieimpulsive et perverse.Totalement à l’opposé étaient ses enfants: Henri, l’aîné, etCatherine, la cadette. Ils étaient aimés et choyés par tousles gens du château à l’image de Dame Blandine, leur mèreet son épouse, d’une beauté subtile et indéfinissable quidésarmait d’un simple regard toute agressivité tant soncharme et son sourire étaient apaisants ; les gens disaientde Blandine et de ses deux enfants, qu’ils étaient simpleset intelligents, qu’ils avaient l’intelligence qui venait dufond du coeur. Le mariage de Dame Blandine avec leseigneur avait été arrangé par les parents afin de préserverl’ensemble des terres, des domaines et des châteaux,comme cela se faisait à cette époque. Cependant DameBlandine ne se résignait pas à la cruauté capricieuse deson époux et le suppliait sans relâche de cesser de fairetuer ainsi les serfs et leurs familles pour des vétilles, desfutilités ou des caprices, car ils étaient suffisammentpauvres et malheureux. Malgré cela, il y avait tant demisère que lorsqu’une famille disparaissait, une autrevenait la remplacer sans tarder.Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 5
  6. 6. La famille PetitjeanCe jour là, Tyrak de Roche Noire faisait la tournée de sesdomaines afin d’y récolter la part du Maître et de préleverles différents impôts. Près de leur mère, la douce DameBlandine, son fils aîné et sa fille accompagnaient en retraitTyrak le maître tyrannique du domaine.Ils arrivaient à la ferme du Ru d’en Bas (le ru est unruisseau) dont la famille d’Augustin Petitjean étaitresponsable et qu’elle devait entretenir. Les Petitjeanétaient des serfs.Augustin devait montrer toute la récolte de l’année enfruits, céréales et légumes divers, les volailles et les porcs,dont une portée exceptionnellement belle et nombreuse deCaline, la plus belle truie du domaine, ainsi que lestroupeaux de moutons et de bovins, afin que le Régisseurdu château puisse, à la fin de la visite, évaluer ce qu’il allaitprélever pour le seigneur, les personnels du château, lesimpôts et… la maigre part qui resterait aux serfs … siLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 6
  7. 7. toutefois il en restait.Le Régisseur avait fini sa visite et rejoignait avec AugustinPetitjean, le seigneur et sa suite. Augustin suivait lerégisseur l’air abattu. Des amis paysans l’accompagnaient,l’air tout aussi résignés, mais on sentait la colère rentrée,sur l’injustice de leur sort. L’année avait été très mauvaise.Le gel et la pluie avaient détruit ou pourri la plus grandepartie de la récolte et plusieurs bêtes étaient mortes de lamaladie. Augustin demanda bien au seigneur de lui laisserune ou deux bêtes en plus ou un petit porcelet de Caline,quelques mesures de blé ou de seigle... Rien n’y fit !Mais au moment où le cortège s’apprêtait à repartir, nelaissant rien à la famille Petitjean, un petit porcelet égaré,qui avait échappé à la visite, sortit d’une remise en courant.… avant qu’Augustin n’ait pu comprendre, le seigneurTyrak en furie, la main sur le pommeau de Démocléter,hurla au serf :– D’où vient cet animal? Tu l’avais caché ? Tu es un tricheur, manant !Le Régisseur intervint et dit qu’il avait bien vu une portéede petits durant la visite, mais pas celui-là avec sa tachenoire.Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 7
  8. 8. – Tu entends ce que dit l’économe ? Tu me voles, tu me caches des biens… connais-tu le châtiment d’un tel acte de trahison ?Tirant Démocléter de son fourreau pour la première foisdepuis qu’il se l’était appropriée, Tyrak de Roche Noiretransperça Petitjean, qui s’effondra devant les yeux effarésde mère Petitjean, de ses enfants et de ses quelques amiset voisins paysans. Dame Blandine fondit en larmes devantce spectacle de désolation. Son fils et sa fille, effondrés,tentaient de la consoler…Personne ne voulait croire à ceLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 8
  9. 9. qui venait de se passer, tellement l’acte était cruel etinjuste ! Il n’avait pas même laissé à Augustin le temps des’expliquer.Après un instant de stupeur, les paysans qui avaientaccompagné Petitjean, devant cet acte de barbarie, voirede folie inhumaine, ramassèrent aussitôt de grossespierres et les lancèrent de toutes leurs forces sur leseigneur, qui s’écroula, atteint aux yeux et au cou !Aussitôt, à la place de Tyrak, une sorte de grappe de fuméenoire, épaisse et plus lourde que l’air, tomba en pointe surle sol, créant une boue noirâtre, d’où l’on vit émerger ungros scarabée lamellicorne (cornu) qui poussait une boulede bouse vers un terrier, dans une boue de fumier et decrasse terreuse.Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 9
  10. 10. Les soldats n’avaient pas eu le temps de réagir. C’est alorsqu’un drame horrible se produisit. Dame Blandine, qui sepenchait vers son époux, pourtant si cruel, fut atteinte à latempe par une des pierres, qui la tua tout net. Aucun despaysans, ni leur femmes ni leurs enfants n’avait jamaisvoulu cela : cétait un terrible et regrettable accident. Maischose étrange, tout le monde fut enveloppé d’un brouillardbrillant et doré. On ne voyait plus rien. On entendaitseulement un bourdonnement ouaté… comme dans ducoton ! Puis tout devint clair, et seul un essaim d’abeillesaccompagnée de sa reine survolaient l’emplacement dansun vol bourdonnant et stationnaire. Sais-tu, mon petit monenfant, que dans l’ancienne Egypte les abeilles étaientconsidérées comme les larmes du soleil Râ. C’est dire siles justes et les bons étaient en peine de la mort et de ladisparition de Dame Blandine qui était pour tous le rayonde soleil du château et de tous ceux qui travaillaient oudemeuraient sur le Domaine !Affolés, les soldats du seigneur tentèrent de s’approcherdes corps inertes. Mais, par extraordinaire, ils ne virentplus rien. Le temps de l’émotion puis de la fumée noire etdu brouillard doré, les trois corps avaient disparu commepar magie… même celui d’Augustin Petitjean.Tous étaient paralysés de terreur, ne sachant ni la raisonLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 10
  11. 11. de ces subites et bizarres disparitions, ni ce qu’il allaitadvenir.Quel sortilège ou quelle malédiction allait tomber sur ceuxqui avaient été témoins de cet événement.Tous se regardaient et scrutaient partout, dans tous lessens, pour trouver un indice un signe pour se rassurer !Rien !Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 11
  12. 12. Les enfants Petitjean étaient immobiles, pleins dune dureet grosse tristesse retenue. Ils avaient au coin des yeuxcette bulle de larme que tu connais, cette bulle qui pèse aucoin de l’œil quand on est très triste ? – Elle gonfle, puiséclate et dégouline comme un petit ruisseau. Celle-làdégoulinait le long des joues des petits, noircies par letravail de la ferme….La brave mère Petitjean rassembla les enfants. Ils setenaient tous par la main, et ensemble, dans le silence, ilsprirent le chemin de la ferme du Ru d’en Bas…Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 12
  13. 13. Mais comment expliquer que l’essaim d’abeilles les suivaitet que la reine des abeilles restait au-dessus d’Emilie ? Quelétait ce phénomène ?Ce que personne ne savait, c’est que Démocléter était unglaive enchanté, aux pouvoirs extraordinaires. Mais cetteépée ou ce glaive, comme tu voudras, avait un pouvoirindécelable et impitoyables ! Quel que fût le maître quil’avait en sa possession, Démocléter devait lui obéir, etexécuter l’action voulue par lui. Mais c’est après avoir service maître, que Démocléter avait le pouvoir magique dechâtier ou de gratifier suivant que l’action du maître étaitjuste, généreuse ou au contraire malfaisante. C’estpourquoi aucun de ses maîtres, à ce jour n’avait su qu’ilpossédait une épée aux pouvoirs magiques exceptionnels.Personne ne pouvait donc savoir que l’ordonnateur de cesfaits inexplicables était Démocléter resté par terre dans laboue, et que personne n’osait toucher. Charles, le fils aîné des Petitjean était fasciné par cettelame sobre et puissante. Il ramassa le glaive, sale etmouillé, l’essuya avec sa chemise en toile grise, puis leposa à plat sur son épaule. Il brillait d’un éclat rassurant.Charles l’emmena à la ferme sans que personne n’osât riendire ni s’y opposer. Il paraissait évident qu’il en étaitdevenu le nouveau maître, sans connaître pour autant saLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 13
  14. 14. particularité redoutable.Emilie Petitjean et la Reine des abeillesLa vie était tellement dure, que le travail reprit tout de suite,faisant oublier le dramatique événement et l’étrangeté desphénomènes qui s’étaient produits. Toute la famillePetitjean mettait les bouchées doubles. L’essaim qui avaitsuivi la mère Petitjean et ses petits s’installa au-dessus dela porte de la ferme. Emilie courut alors nettoyer une ruche,la plus solide et la plus grande. Elle voulait y fairedemeurer à l’aise et y loger le plus longtemps possible,cette reine des abeilles et son essaim au comportementétrange mais si amical. L’aîné, Charles, celui qui avaitramassé Démocléter, avait pris le rôle du père de la famillePetitjean. Mais le plus efficace, travailleur et malin étaitPaul. Il avait quatorze ans et menait tout le monde à labaguette ….. Tout le monde ? Non, car Emilie, qui était latroisième des neuf enfants et venait tout juste d’avoir sesonze ans, ne voulait s’occuper que des ruches de la ferme,car cela faisait partie des biens concédés à la famille deLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 14
  15. 15. serfs. Elle faisait craquer tout le monde. Toujours sourianteet généreuse, elle avait une voix à la fois pétillante demalice mais douce et souple comme la tige d’une fleur quise courbe au moindre souffle : ce que nous appelleronsune âme pure. Et c’est elle qui prit en mains la compagniemagique de la Reine des abeilles et de son magnifiqueessaim.Un Dimanche, pendant le repas de midi, il y avait des amisdu père Petitjean qui étaient là, et comme certains seremémoraient le triste événement, Emilie prit la parole :– Ça y est ça la reprend ! elle est folle !– En tout cas Tyrak de Roche Noire est devenu un affreux Scarabée Bousier noir et cornu.– S’il te plait Emilie ! Ne plaisante pas avec ça. La mort de ton père fut un drame dont nous ne pourrons jamais nous remettre ! Intervint la mère.– Et d’abord comment peux-tu savoir cela ? lui demanda Paul le frère cadet.Les deux jumelles crièrent en chœur :– Nous l’avons entendu parler avec une abeille ! Même qu’elle parlait de Dame Blandine.– (s’adressant à Emilie, elles poursuivirent): c’est vrai ! Tu ne vas pas dire le contraire ?Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 15
  16. 16. – Je ne peux rien vous dire, mais je vous supplie de me laisser jusqu’à la récolte du miel, quand les marchands font la tournée des fermes pour acheter la cire, le miel et surtout la gelée royale. Je vous en prie … et après je vous dirais tout, si Dame Blandine me l’autorise !– Ça y est ça la reprend ! elle est folle !– Je vous en prie, faites-moi confiance … ne faites pas tout rater !La mère Petitjean calma tout le monde et défendit que l’onreparlât de cela à Emilie. Cette décision eut pour effetd’aiguiser la curiosité et la jalousie des deux jumelles,Hyacinthe et Catherine, qui, avec leur frère Benoît,formaient une triplette de pipelettes, hypocrites,malfaisantes et prêtes à tous les mauvais coups.Le printemps, avec ses giboulées, était passé. L’été, lesmoissons, le fauchage des foins, les fromages faits du laitde pâturage qui sentaient bon l’herbe fraîche et odorante,et non le foin sec de l’hiver…. Tout cela était terminé avecl’ouverture de la chasse et la très attendue tournée desmarchands, acheteurs de cire et de miel.Emilie avait fait le ménage dans la grande salle, elle avaitallumé un bon feu dans la cheminée, placé quelqueschâtaignes à griller pour les visiteurs, et préparé sur lagrande table de la ferme les petits pots de dégustation etLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 16
  17. 17. de cire que les marchands pourraient tester sur un coin dela table.La mère Petitjean et Paul le second des fils, devenu leresponsable de la ferme, essayèrent les cires et goûtèrentles miels pour les évaluer à la vente. À la surprise d’Emilie,les produits de la dernière ruche, celle de la reine desabeilles avec qui elle parlait de Dame Blandine étaientexceptionnels. Une seule goutte de cire frottée sur un coinde table devenait un vrai miroir et laissait une odeur demaison propre et accueillante avec ses fleurs sur le reborddes fenêtres, ses rideaux en dentelle et ses napperons surles meubles.Cette victoire pour Emilie attisa encore plus la jalousie dela fameuse triplette malfaisante. Comme Emilie terminait lapréparation des lieux, la triplette surgit affolée en criant :– Emilie ! Emilie ! ce doit être un ours, mais il y a une belle ruche qui a été renversée et toutes les abeilles s’envolent !!Emilie sort, angoissée, car les marchands devaient venird’un moment à l’autre…Pendant ce temps, la maléfique triplette se précipita dansla salle et se goinfra du miel de la fameuse ruche auxproduits merveilleux. Les trois petits diables jetèrent la ciredans la cheminée ce qui fit qu’il n’y avait plus d’échantillonLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 17
  18. 18. pour les démonstrations aux marchands… et ils lancèrentà l’unisson :– Bien fait pour Emilie… c’est la préférée, la chouchoute !Sur ces entrefaites Emilie rentra.– Il n’y a pas de trace d’ours ! Qui a bien pu faire ça ? C’est vous ? Pourquoi avez-vous fait ça ?Voyant sur la table le pot de dégustation vide et sentantl’odeur qui venait de la cheminée, Emilie comprit et fonditen larmes.C’est à ce moment précis qu’entrèrent les marchands. Il yavait le père François qui était l’accompagnateur, mais,cette fois-ci, il y avait, en plus, un grand commerçantitalien.– Quelle odeur merveilleuse règne dans cette maison ! S’exclama l’italien sur un ton jovial et chantant, accompagnant son propos de grands gestes de bonheur et de plaisir.– Quel est donc ce produit qui sent si merveilleusement la maison propre et accueillante ?– C’est le travail d’Emilie répondit le père François. C’est elle qui s’occupe des ruches, et, dans le Domaine, on dit qu’elle a fait une récolte d’une qualité exceptionnelle avec une nouvelle ruche.– Peut-on goûter son miel ? Demanda l’italien.Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 18
  19. 19. Dans un flot de larmes, Emilie tenta de dire au pèreFrançois:– Père François, les deux jumelles et mon petit frère ont mangé le pot de dégustation de miel et ont jeté celui de cire pour la démonstration dans la cheminée. Que puis- je faire ? J’ai mis un petit pot de dégustation de côté pour vous, père François, pour vous remercier de votre gentillesse. Croyez-vous que je puisse l’utiliser ?– Va chercher le pot qui m’était destiné Emilie, et régalons-nous avec ces marchands et cet honorable acheteur italien.Lorsqu’ils eurent trempé leurs doigts et goûté ce miel siextraordinaire, les marchands qu’avait amenés le pèreFrançois voulurent tous acheter toute la production.C’est alors que se déroula la première vente aux enchèresdans le Domaine.Le père François faisait tomber sur la grande table lespièces d’or et d’argent…c’était à qui proposerait le plus …c’est l’italien qui l’emporta, parce qu’il acheta la cire à unprix très élevé.Devant tant de richesse, tout d’un coup, la mère Petitjeaninvita tout le monde à partager deux beaux poulets. Emilieavait retrouvé son sourire si doux et si charmant pendantque l’horrible triplette se trouvait prise à son propreLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 19
  20. 20. piège... mais, n’y tenant plus, Hyacinthe lança:– Tu nous as bien dit que tu nous expliquerais tout après la vente de la récolte de miel et de cire ? alors tiens parole !Personne ne répondit, mais tous attendaient que lesinvités s’en aillent pour régler le problème de cetteméchante triplette. Le père François, très heureux,remercia la mère Petitjean et tous les marchands s’enallèrent.C’est à ce moment, le calme revenu, que Charles intervint.Celui qui parlait peu lança avec une rare autorité :– Les deux jumelles et Benoît, vous avez tenté de détruire le travail d’Emilie! Paul dirige la ferme, il est obligé de travailler très dur et on sait ce que prennent les Seigneurs pour le château. Tandis que le travail d’Emilie est celui qui permet à la famille de survivre. Vous avez fait une faute grave, et, à la prochaine mauvaise action de ce genre, vous serez chassés de la ferme, je m’y engage personnellement !Il y eut un grand silence. Sur la table restaient des restesde pots de miel de démonstration, et l’argent de la venteaux enchères du père François ; plus d’argent qu’ils n’enavaient jamais vu et possédé à ce jour.C’est alors que la mère donna le signal de la réconciliationLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 20
  21. 21. ! Tous se précipitèrent sur les petits pots et se régalèrent.La fameuse reine des abeilles vint avec sa compagnieparticiper à ce moment de réconciliation et de joie.Charles Petitjean et le scarabéeCependant Charles avait l’esprit ailleurs. Il s’était mis enLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 21
  22. 22. retrait dans un coin près de la cheminée. Il avait placéDémocléter au-dessus de celle-ci. Mère Petitjean ne disaitrien, mais elle souffrait de voir cet objet à tout moment. Unjour n’y tenant plus elle demanda à Charles d’aller jetercette épée ; elle avait pourtant bien conscience que ceglaive avait une importance toute particulière pourCharles ; néanmoins elle lui demanda ce sacrifice. Ce qu’ilfit. Il alla à l’emplacement même où Augustin son père avaitété tué par le seigneur Tyrak de Roche Noire ; il pensaitl’enterrer à cet endroit.Arrivé sur place, au même endroit exactement, il aperçut leterrier du scarabée bousier qui poussait sa boule de bousepour l’enfoncer dans une petite galerie. Charles s’aidant deDémocléter commença à creuser en enfonçant la lamedans le terrier.Dégageant une motte de terre il mit en évidence le trouprincipal et les petites galeries qui partaient de chaqueLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 22
  23. 23. côté; et dans chacune desquelles se trouvait une boule debouse un peu séchée qu’avait placée le Scarabée, et danslesquelles la femelle déposait un oeuf.L’œuf devenait larve, comme un petit animal emmaillotéqui ressemblait à une momie en plus petit. Un jour, sortaitun scarabée. C’est pour cela que les égyptiens pensaientque le scarabée était le symbole de la mort et de larenaissance.Mais revenons à Charles qui creusait le terrier avec la lamede Démocléter. Avec la pointe de l’épée il prit une boule etl’ouvrit. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’un éclatbrillant attira son regard. La boule ouverte entre ses doigtsdécouvrait une magnifique émeraude !Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 23
  24. 24. Par réflexe il ouvrit une autre boule, la prit entre ses doigts.Il vit alors briller un saphir du plus merveilleux bleu… etainsi de suite.Il y avait une dizaine de boules et autant de pierreséclatantes. Il resta sans voix et sans faire le moindre geste.Charles était peut-être noyé dans ses pensées, mais c’étaitun jeune responsable, et qui voulait aider sa famille. Il avaitune grande idée qu’il voulait réaliser, mais n’en avaitjamaisparlé à qui que ce soit. Charles voulait être explorateur,faire le commerce des épices, devenir riche afin deracheter la liberté de sa famille, offrir des études à sesfrères et sœurs, ainsi quune belle demeure avec des terresà la mère Petitjean, que Paul pourrait exploiter.C’est alors, devant tous ces diamants représentant unevéritable fortune, que Charles réalisa le côté anormal decertains phénomènes qui venaient de se passer ; ladisparition des corps du seigneur, de son père Augustin etde Dame Blandine. Il revit les abeilles au dessus du lieu dudrame, puis le Scarabée dans la boue se dirigeant vers sonterrier en poussant sa boule, puis Emilie, que ses sœursavaient surprise parlant de Dame Blandine avec une abeille… la récolte exceptionnelle de cette ruche et de celle-làseulement. Il prit alors le temps de réfléchir.Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 24
  25. 25. La décision de Charles PetitjeanTout d’abord il décida de garder Démocléter, car il sesentait protégé par cette arme sobre et solide. Puis ilcreusa plus profond, déchira un pan de chemise, y plaçales diamants sauf un. Dans le creux d’une poterie casséequi se trouvait là dans la boue, il mit cette sorte de petit sacet enfonça le tout au fond du trou qu’il reboucha et dont iltassa la terre avec ses sabots de bois. Dans son pantalon,il fit une poche cachée, dans laquelle il plaça l’émeraude etpartit d’un pied ferme voir qui ? Voir le pèreFrançois ! Celui qui connaissait les marchands de tous lespays. Quand il le vit arriver, le père François devint sérieuxet d’une voix posée dit à Charles :– Tu es un sage malgré ton âge, tu parles peu et tu as le sens des responsabilités. Alors que se passe-t-il de si grave pour que tu viennes me voir le soir avec l’ancienne épée du Seigneur Tyrak de Roche Noire?Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 25
  26. 26. – Je veux apprendre le métier de marin, d’explorateur et de marchand d’épices. Il me faut rencontrer un capitaine de vaisseau ou un armateur sérieux, et pour cela je ne connais que vous, père François !– Et ta mère ? as-tu pensé à ta mère ?– D’accord, Paul a pris la gestion de la ferme et il y a montré des compétences incontestables. Emilie fait des merveilles … sans que je j’aie pu comprendre comment elle s’y prend. La famille n’est donc pas vraiment en péril ! Mais ta mère? Tu as pris la place du père de famille maintenant.– C’est justement cela qui me tourmente et m’a poussé à partir. Il me faut penser à l’avenir et, avec le caractère des deux jumelles et de Benoît qui filent un mauvais cocon, il va falloir des moyens. La ferme ne nourrira pas tout le monde et nous finirons par nous entre déchirer. Il me faut donc penser à l’avenir de la famille et chercher fortune ailleurs.– Décidément, tu es bien raisonnable Charles.Père François tira quelques bouffée de tabac de sa pipepuis levant un doigt s’écria :– Je crois connaître l’homme qu’il te faut rencontrer.– Qui, père François ? Qui, s’il vous plaît ?Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 26
  27. 27. – Vargas de la Lorca, explorateur, géographe, découvreur de nouvelles plantes et d’épices qu’il importe depuis des années des Amériques, des Indes et d’ailleurs. Il est veuf et ses enfants sont grands, ont fondé des familles, et ont créé des commerces dans tous les coins de France et de Navarre.– Comment puis-je le contacter, partir avec lui, pour qu’il m’apprenne tout ce que l’on doit savoir sur la mer, ses dangers, le commerce, les brigands?– Y a-t-il des brigands en mer, père François ?– Et comment ! Et ils sont féroces : on les appelle des pirates, et leur drapeau représente une tête de mort !– Que dois-je faire père François? Il me faut partir !– L’associé du marchand italien qui a acheté tout les produits de cette ruche exceptionnelle d’Emilie, est venu avec son épouse. Tous deux veulent découvrir des terres nouvelles pour trouver de nouvelles variétés de légumes et de fruits dont ils pourraient ramener les graines ou les oignons dans nos pays.– Crois-tu qu’ils accepteraient de m’emmener avec eux ?– Tu vois comme je suis vêtu, comme un pauvre !– Germaine, ma femme, va bien te trouver d’autres souliers, une autre chemise et nettoyer ton pantalon.Le lendemain, dès l’aube, Charles était prêt, devant laLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 27
  28. 28. porte d’entrée, dans le froid humide et perçant du petitmatin. Il savait que ce n’était rien à côté de ce qu’il allaitdevoir supporter comme épreuves… Il y était déterminé !– Bonjour, Charles ! C’est le grand départ ! Que veux-tu que je dise à ta mère ?– Père François, dites-lui que je l’aime plus que tout, et que je porte toute la famille en moi. Dites aussi à Paul que je l’estime et l’admire. Quant à Emilie dites-lui que je crois avoir compris, mais que je garderai le secret quoiqu’il arrive ; elle sera une femme exceptionnelle. En ce qui concerne la triplette dites-leur qu’il leur faut faire attention car tout se paie un jour et avec les intérêts… Alors, il vaut mieux être droit et généreux. Je les embrasse très fort tous les trois– Je leur dirai tout cela, Charles, pars et que la sagesse et l’honnêteté ne te quittent jamais !– Adieu père François !La bulle au coin de l’œil réapparut et un petit ruisseaucoula le long de la joue de Charles qui, levant la tête vit lemême sur la joue de père François.Après une bonne semaine de voyage au sommet d’unchemin, ils virent des bateaux, des quais, des gens quichargeaient et déchargeaient des paquets énormes… etLes contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 28
  29. 29. l’océan…L’Associé du marchand italien et son épouse se rendirentdans une maison sur la dune, et là, ce fut le jourinoubliable pour Charles : sa rencontre avec l’aventure etle Capitaineet armateur Vargas de la Lorca.– Tu es Charles Petitjean ?– Oui monsieur…– Capitaine !! Charles, on m’appelle «Capitaine-Armateur Vargas » ! Retiens bien cela si tu veux aller plus loin !Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 29
  30. 30. Il le prit par le bras et le retourna pour lui montrer l’océanet la flotte sur laquelle Charles Petitjean, fils de serfs, allaitpartir à l’aventure, emmenant dans son cœur toute safamille, les abeilles d’Emilie et Dame Blandine.– Merci Capitaine-Armateur Vargas !– Bien, mon petit ! Répondit Vargas, en appuyant sur « bien ». ère Fin de la 1 Partie bonne lecture… lecture… …et à bientôt sur : savoir-facile.com …et Jacques Bonnet-Dupeyron et Moufida Brahim – illustrations Hervé Leroux dit « Albert » ème 2 Partie Le Glaive et le Tatouage Maléfique…. (à venir)Les contes, légendes et aventures de Théoclès savoir-facile.com 30

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